14 interpellations pour l’agression de deux policiers au Nouvel An

14 interpellations pour l’agression de deux policiers au Nouvel An

L'agression avait relancé la grogne des policiers qui dénonçaient la «haine anti-flics».

Quatorze individus ont été placés en garde à vue pour violences en réunion sur personnes dépositaires de l’autorité publique, non-assistance à personne en danger et enregistrement ou diffusion d’images de violences. Gérard Collomb assure que «tous les auteurs» de l’agression de 2 policiers au Nouvel An ont été arrêtés.

Les images d’une policière rouée de coups avaient fait le tour des réseaux sociaux. Au moins 14 personnes ont été interpellées ce mardi dans l’enquête sur l’agression de deux gardiens de la paix le soir du Nouvel An à Champigny-sur-Marne (94). Ils ont été arrêtés dans le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine, les Yvelines, le Val-d’Oise, en Seine-et-Marne et dans l’Eure puis placés en garde à vue.

Il s’agissait de sa première affectation. Âgée de 25 ans, la jeune policière était de permanence avec son capitaine, chef du service de sécurité publique de Chennevières-sur-Marne, la circonscription voisine de Champigny. Le soir de la Saint Sylvestre, ils sont appelés dans un quartier à proximité de la zone industrielle pour une soirée organisée dans un hangar sans l’autorisation de la préfecture ni de la mairie. Arrivés sur place, les deux policiers tombent sur 300 individus en colère de ne pas avoir pu entrer dans la soirée. Dès qu’ils sortent de leur véhicule, ils sont pris à partie, isolés puis violemment agressés.

La vidéo de la policière à terre, encerclée et rouée de coups de pied est largement diffusée. Frappée au visage, au ventre et aux jambes, elle se voit attribuer sept jours d’interruption totale de travail (ITT). Le capitaine, 48 ans, a, lui, le nez fracturé et 10 jours d’ITT.

Vêtements et grenade de désencerclement retrouvés

Trois mois plus tard, c’est donc 12 hommes et 2 femmes, soupçonnés d’avoir porté des coups ou d’avoir filmé la scène, qui ont été interpellés. Ils ont été placés en garde à vue pour violences en réunion sur personnes dépositaires de l’autorité publique, non-assistance à personne en danger et enregistrement ou diffusion d’images de violences.

Les perquisitions au domicile des suspects ont notamment permis de «retrouver les tenues vestimentaires portées par certains au moment des faits» et une grenade de désencerclement probablement dérobée lors de l’agression, a détaillé une source proche de l’enquête à l’AFP. Parmi les interpellés, certains étaient connus des services de police.

Contacté par Le Figaro, le secrétaire général adjoint d’Alliance Police Nationale, Frédéric Lagache, salue le travail effectué par ses collègues: «Il s’agissait d’une affaire complexe, avec une multiplicité d’auteurs. Mes collègues ont volontairement pris tout le temps nécessaire afin que l’enquête n’ait pas la moindre faille.» Il espère que les individus ne seront pas relâchés à l’issue de leur garde à vue, en cas de mise en examen: «Ce serait inconcevable de les voir libres. Il faut un mandat de dépôt.»

«On finit toujours par la loi»

L’agression avait immédiatement suscité l’indignation générale. Le président Emmanuel Macron avait condamné un «lynchage lâche et criminel», en promettant que les coupables seraient «retrouvés et punis». L’agression avait également relancé la grogne des policiers, de nouveau rassemblés dans plusieurs villes de France pour dénoncer la «haine anti-flics».

Interrogé sur l’affaire ce mardi sur LCI, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a confirmé que «tous les auteurs ont été arrêtés ce matin». Il a également déclaré: «La France avait été émue, les policiers scandalisés. On s’aperçoit que dans notre pays, on finit toujours par la loi. Cela prend un peu de temps, les enquêtes sont minutieuses mais les auteurs sont arrêtés et demain ils seront châtiés.»

Dans la nuit de la Saint Sylvestre, huit policiers et trois militaires avaient été blessés sur tout le territoire, tandis que 1031 véhicules avaient été incendiés et 510 personnes arrêtées.

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