Franck Serfati, avocat du BNVCA, au Procès Hyper Cacher.

Franck Serfati, avocat du BNVCA, au Procès Hyper Cacher

Aujourd’hui 22 septembre, auditions des Parties civiles de  l’HYPER  CACHER.

Il est 9 heures 20.  

Zarie  Sibony, une des 2 caissières, ancienne salariée de l’Hyper Cacher, rapporte que le 9 janvier 2015, le terroriste menace de tuer tout le monde si les otages ne remontent pas.

Vous  les  juifs   vous aimez la vie,  nous on préfère la mort .   Vous représentez ce  que je déteste le plus,  vous  êtes juifs et  français, dit-il.

La police a été appelée. L’attente est insoutenable. 4 heures et 4 minutes. Vous n’êtes pas suffisamment importants pour que la Police réponde, ironise-t-il, alors qu’il est lui-même en contact avec le commissariat de Vincennes.  

Un client, téléphone à l’oreille,  essaie de rentrer au moment où je ferme le rideau mais  il  insiste,  pénètre,   et reçoit 2 balles dans le dos.  

Yohan est monté du sous – sol,  il a de suite tenté de prendre l’arme du  terroriste mais il a pris immédiatement une balle dans la tête.  
Le terroriste a ouvert son sac noir, rempli  d’armes, de grenades, de munitions.   Il a  parlé  de lui  et de  la  Syrie où  l’armée  française tue  ses  frères.   Il exigeait d’être  en relation avec les médias, notamment B. F. M. 

Il restait  alors 5 ou 6 personnes dans la chambre froide qui ne voulaient absolument pas monter.  
Zahri poursuit: Comment rester aussi calme après  avoir tué 4 personnes sans pitié, aussi cruellement ? Pour moi ces 4 victimes sont des héros ; pour moi elles nous ont sauvé la vie. 

Chaque fois qu’il  s’adressait à nous, il rechargeait ses armes,  ce qui rajoutait à la pression.  Il nous a demandaé si on souhaitait qu’il  achève  Yohan Cohen qui agonisait.  

Il a tué comme si ces personnes étaient des choses ; je pense à elles tous les jours.  
Le terroriste est ensuite allé prié.

On a alors entendu des coups au niveau de la porte de secours ;  la police intervenait.  On s’est tous couché à plat ventre. J’ai vu  le terroriste une arme à la main,  son téléphone dans l’autre, disant à la police: Je les tue tous si vous essayez d’entrer.  J’ai alors vu des lasers rouges. 

Le  terroriste  n’aura pas  gagné,  je  vais  continuer à me faire suivre psychologiquement le  temps qu’il faudra, mais je  vais  continuer à vivre.”

Pour info, Zarie a dû attendre les résultats d’un test de dépistage du Covid, pour quitter Israël où elle réside désormais.

Elle est, à 28 ans, l’une des rares survivantes de confession juive à déposer au procès des attentats de janvier 2015.

Elle entendait représenter la voix de François-Michel Saada, Philippe Braham, Yohan Cohen et Yoav Hattab, les quatre personnes tombées sous les balles du jihadiste. Mission accomplie!

   

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