Auteur : rene levy

Driss Ghali – consultant international et contributeur régulier sur Causeur – explique comment la vision de Galula peut répondre aux défis terribles que pose l’islamisme aux Français. Entretien.

Entretien recueilli par Jean-Baptiste Noé – Pour Causeur

David Galula (1919-1967) est peu connu en France, mais très apprécié aux États-Unis, les militaires américains voyant en lui un des stratèges de la contre-insurrection. Au cours de ses différents postes, il a été au contact de plusieurs guerres d’insurrection, notamment en Chine et en Algérie. Comment cela a-t-il contribué à forger sa pensée ? 

Tout a commencé en Chine au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Galula y a été envoyé comme adjoint de l’attaché militaire français à Pékin. Il avait 26 ans. À l’époque, la guerre civile entre communistes et nationalistes battait son plein. Un beau jour en 1947, Galula prend sa jeep et part en vadrouille. Il finit par rentrer en zone communiste, un peu sans s’en rendre compte, et se fait enlever par des insurgés maoïstes. Tout de suite, l’otage Galula (qui parle le mandarin) sympathise avec le chef des guérilleros qui le traite correctement et lui fait faire le tour du propriétaire. Il note la discipline des combattants communistes et l’attention portée à l’endoctrinement des soldats, des cadres, mais aussi des prisonniers. Il remarque aussi que la population obéit sans rechigner et que les routes sont sures, sans banditisme ni coupeurs de chemin, contrairement à la zone nationaliste. Libéré quelques jours plus tard, Galula se plonge dans les écrits de Mao puis dévore tout ce qui se rapporte aux guérillas communistes et indépendantistes (Malaisie, Philippines, Indochine, Grèce entre autres).

Dix ans plus tard, Galula se porte volontaire pour commander une compagnie d’infanterie en Algérie. Il aurait pu rester à l’État-Major à Paris, mais il a insisté (contrariant sa femme) pour aller sur le terrain. Son objectif ultime était de tester sur le terrain les leçons tirées de dix ans d’observation du phénomène insurrectionnel.

En quoi consiste la contre-insurrection prônée par Galula et comment sa théorie s’articule autour de son expérience vécue ? 

Galula prend à revers la stratégie des insurgés. Il comprend qu’ils tirent leur force et leur unique chance de l’emporter de leur relation fusionnelle avec la population. En effet, les insurgés obligent les civils, par la terreur et la persuasion, à leur fournir refuge, nourriture, argent et renseignement (voire des femmes).

Eh bien Galula propose à l’armée de priver l’insurrection de son oxygène c’est-à-dire la population. Il propose une méthodologie pratique et extrêmement claire pour éloigner les civils des insurgés. Il s’agit d’un programme en treize étapes qui combine des actions de choc (tuer ou emprisonner les virulents), du renseignement (recenser la population et identifier les cellules dormantes) et des initiatives d’ordre politique (déléguer des compétences à des élites locales).

Il s’agit d’une approche globale qui va bien au-delà du rôle classique du soldat. Avec Galula, la mission de l’officier acquiert une dimension politico-administrative qui rappelle le rôle d’un préfet. Le seul terrain qui vaille pour Galula est le terrain humain : celui des rapports de force et des croyances qui structurent une population donnée.

Galula a testé et ajusté ses théories in vivo en Algérie entre 1956 et 1958. Lors de ce conflit, il a constaté que l’armée n’avait pas de méthodologie unifiée de pacification, chacun faisait ce qu’il voulait dans son coin. Galula a ainsi formulé une doctrine ancrée dans le réel et qui s’appuie de bout en bout sur le bon sens. C’est ce qui la rend très facile d’accès pour le lecteur profane, cinquante ans plus tard.

Quelle place doivent avoir la répression militaire et la communication auprès des populations dans la contre-insurrection ?  

Elles vont de pair. Pour Galula, chaque soldat est un communicant et chaque contact avec la population est une occasion de communiquer avec elle. Il est hors de question de mal parler aux civils, de draguer leurs femmes ou de se servir chez l’habitant. L’idée de Galula est de combiner fermeté et empathie.  Les forces loyalistes, selon lui, doivent punir quand il le faut, mais d’une manière proportionnelle et prévisible. En Kabylie, il a édité une sorte de code pénal et en a fait une grande publicité auprès de la population. Il a compris que les gens acceptent de collaborer avec un pouvoir dont les réactions sont prévisibles à l’avance : ils détestent les fous furieux qui pour un rien explosent et se vengent sur les civils. Pour Galula, il ne sert à rien de distribuer les bonbons, les vaccins ou les allocations si la population n’a pas commencé à obéir aux forces loyalistes. Ces services doivent être perçus comme une récompense en contrepartie de la coopération avec la force de pacification.

Vous voyez donc que la communication est indissociable du travail militaire de pacification. Elle l’alimente et l’habite en permanence.

Galula est allé plus loin au point de proposer une chaîne de radio destinée aux musulmans et qui émet en arabe et en kabyle. Selon lui, la communication ne doit pas avoir de tabou : il faut parler la langue de la population cible. La radio de Galula aurait couvert l’Algérie, mais aussi la Seine-Saint-Denis, la région lyonnaise et le nord de la France, autant de secteurs à forte immigration algérienne. Vous vous rendez compte ? Il a fait cette proposition en 1962 ! S’il était vivant aujourd’hui, il aurait préconisé à la France de racheter Al Jazeera ou d’en créer une copie qui soit aussi percutante et professionnelle.

Nous avons France 24, de nos jours. Elle parle un arabe châtié que personne ne comprend en banlieue… Elle s’adresse (et elle le fait bien, je crois) aux élites qui vivent au Maghreb, mais elle tourne le dos aux masses musulmanes situées de l’autre côté du « périph ». Celles-ci parlent wolof, kabyle, des dialectes maghrébins et le français. Galula aurait monté une web-TV dans chacune de ses langues et aurait adapté leur ligne éditoriale à l’univers mental des populations cibles.

Galula décède très jeune d’un cancer rapide. Pendant quarante ans, ses thèses sont oubliées et ses écrits restent aux oubliettes. Pourquoi a-t-il ressurgi aux débuts des années 2000 ? 

La réponse porte un nom : la « Baraka » divine.

Plus sérieusement, Galula sort des oubliettes grâce au travail d’une poignée d’officiers américains, extrêmement curieux, et de chercheurs de la RAND Corporation. Ils ont fini par présenter les idées de Galula au général David Petraeus qui, en 2005, venait de prendre le commandement d’un centre d’excellence de l’armée (Fort Leavenworth, Kansas). Il a tout de suite accroché et a décidé d’inclure les écrits de Galula dans la doctrine enseignée aux élèves officiers !

Le fait que les deux livres majeurs de Galula aient été rédigés en anglais a joué un rôle déterminant dans ce renouveau. Par ailleurs, Petraeus est francophile, c’est un ancien parachutiste qui admire Bigeard. Il a trouvé dans Galula un cadre théorique qui lui a permis de coucher par écrit ses intuitions au sujet de la guerre insurrectionnelle. En effet, Petraeus a touché du doigt ce domaine en Bosnie, à Haïti et en Amérique Centrale.

Face au terrorisme islamiste d’aujourd’hui, quelles pourraient être les solutions tirées de la pensée de Galula pour le combattre et le vaincre ? 

Si Galula était vivant, il serait consterné par notre triple déni.

Tout d’abord, nous refusons d’admettre que nous sommes en guerre. Ensuite, nous refusons de nommer l’ennemi. On s’y perd entre salafistes, djihadistes, takfiristes, islamistes et autres wahhabites. Résultat : nous faisons la guerre au terrorisme c’est-à-dire à une méthodologie et non à des ennemis, ce qui est ridicule. Enfin, nous méconnaissons la nature de cette guerre qui est insurrectionnelle. Nous croyons naïvement que nos drones et nos sous-marins vont nous être d’une quelconque utilité face à des Merah, des Abdeslam ou des Mokhtar Bel Mokhtar (alias Marlboro).

La seule chose qui importe est la population, elle détient la clef de la victoire. Le jour venu, elle la donnera aux forces loyalistes (disons la France et ses alliés pour aller vite) ou aux islamistes.

La guerre d’insurrection n’est-elle pas d’abord affaire de volonté des populations et non pas question de moyens techniques ? Volonté des peuples de chasser un occupant ou d’un parti de prendre le pouvoir ? Dans ce cas-là, comment donner la volonté de vaincre l’islamisme aux populations musulmanes qui le subissent ? 

Vous avez raison. Les populations n’aiment pas être occupées et dominées par des étrangers. C’est vieux comme le monde. Or, il s’avère parfois que les étrangers sont meilleurs guerriers que les locaux au point de les soumettre et vivre parmi eux. C’est exactement ce qui s’est produit en Irak entre 2003 et 2008 lorsque les combattants étrangers d’Al Qaeda ont mis sous tutelle les zones tribales sunnites autour de Ramadi et Falloujah. Ils se passent la même chose aujourd’hui lorsque des combattants arabes s’installent au nord du Mali pour faire le djihad. Les gens ne les aiment pas, mais préfèrent se soumettre à eux pour avoir la vie sauve. Rendez-vous compte de la facilité avec laquelle Gao et Tombouctou ont été prises ! Il suffit de cent gars pour dominer une ville et la plonger dans la barbarie.

Galula propose les moyens de délivrer une population de l’emprise des violents, car toute seule elle n’y parviendrait pas.

Vous avez également raison en posant la question de la « volonté » des populations musulmanes de vaincre l’islamisme. En ont-elles vraiment la volonté ? Je veux dire que le djihad fait partie de la grammaire de l’histoire des pays musulmans. C’est notre manière à nous musulmans de renouveler les élites sans avoir à inventer des idéologies sur-mesure. Il s’agit d’un moyen low cost de provoquer le changement. Pas besoin d’inventer les Lumières ou d’attendre Rousseau ou Voltaire pour se mettre en mouvement : le djihad est disponible, sur étagère depuis 1400 ans.

Au Maghreb, à chaque grand cataclysme politique, vous trouverez toujours un appel au djihad pour chasser la dynastie « impie » ou soumettre les voisins « hérétiques ». Même en Afrique noire, le djihad a servi à bouleverser les équilibres politiques (Imamat de Fouta Jalon en Guinée, XVIIIe siècle).

La bonne nouvelle est que le recours au djihad est cyclique. Nous sommes certainement au pic, au maximum de la poussée. Il y aura un reflux. Bien malin est celui qui saura dire quand ce reflux se produira. Malheureusement pour nous, ce pic coïncide avec l’explosion démographique. Le djihad peut compter sur des dizaines de millions de jeunes mécontents et impatients d’en découdre.

Pour les élites des pays musulmans, deux choix se présentent à mon humble avis. Devenir islamistes par opportunisme afin d’éviter que le pouvoir ne tombe entre les mains des extrémistes, ou bien produire une alternative au discours djihadiste. Or, cette alternative n’existe pas, car les élites du sud ont péché par paresse et conformisme depuis les indépendances des années 1950-1960. Elles n’ont rien à opposer au discours djihadiste à part un vague projet néolibéral ou une espèce de nationalisme délavé.

Rares sont les pays musulmans qui ont une chance de s’en sortir. Parmi eux, le Maroc. Je ne le dis pas parce que j’y suis né ou parce que Galula y a grandi, je le crois profondément. La société marocaine a inventé ses propres mécanismes de défense contre le djihadisme. Elle l’a fait spontanément au cours des siècles. Nous avons créé un islam populaire et enraciné dans nos terroirs. Je me réfère à l’islam des marabouts, un islam qui se conjugue au féminin, celui de ma grand-mère qui occupe littéralement le mausolée d’un saint homme pour prier et se recueillir des jours durant. C’est un acte révolutionnaire lorsqu’on sait que les femmes sont admises en catimini dans les mosquées (elles occupent un espace ségrégé, loin de la vue des hommes). L’islam maraboutique est authentique et intense, il se moque du djihadisme et de ses histoires de kamikaze. Il est en danger malheureusement, mais cela est une autre histoire.

Un islam similaire existe certainement au Sénégal, celui des grandes confréries. Il faut absolument l’aider à survivre et à prospérer. C’est la seule et unique ligne de défense contre le djihadisme en Afrique de l’Ouest.

Vous appelez à une coopération entre le nord et le sud. Cette politique est essayée depuis plusieurs décennies et ne semble pas vraiment réussir. Quelles seraient pour vous les conditions à réaliser pour que la coopération soit efficace ? 

De toute façon, l’Europe n’a pas le choix. Elle court réellement le risque d’être entourée par une ceinture de théocraties sur son flanc sud. Si cela se produit, il faudra oublier les vacances à Ibiza ou en Grèce. Demain, les bateaux pneumatiques des passeurs seront remplacés par des go fast blindés qui débarqueront sur les plages européennes pour livrer de la drogue, enlever des femmes et commettre des attentats. Et nos systèmes de détection électronique n’y feront rien. Voyez comment l’Europe (avec tout son argent et sa technologie) peine à détecter les chalutiers déglingués qui quittent la Libye par temps clair et mer calme…

À mon avis, il manque deux choses à cette coopération nord-sud : un peu plus de Sérieux et un peu plus d’Amour.

Le Sérieux est de reconnaître que l’islamisme occupe tous les espaces délaissés par les élites du sud. Il a envahi le champ social (crèches, cliniques) puis les écoles et, aujourd’hui, il prospère au sein des médias et des syndicats professionnels (journalistes, médecins, ingénieurs entre autres). Il ne sert à rien d’organiser des grands colloques à Nice ou à Zurich si les élites du sud ne sont pas préparées pour résister au choc de l’islamisme. Nous n’avons pas besoin d’un équivalent de Ghandi au Maghreb, mais de plusieurs Reagan qui cumulent charisme naturel et volonté de se battre pour des idées. La priorité pour l’Europe est d’armer les élites du sud pour qu’elles soient plus robustes, plus agressives et surtout qu’elles restent sur place. Aujourd’hui, une partie non négligeable de l’intelligence maghrébine et sahélienne vit à Genève, Londres et New York. Ce n’est pas comme ça qu’on va gagner la bataille contre l’islamisme !

Enfin, il faut de l’Amour. On ne cesse de parler de sécurité et d’immigration. Parlons un peu de prospérité. À la pulsion de mort qu’est l’islamisme, opposons une pulsion de vie ! J’appelle de mes vœux à l’ouverture d’un arc de coprospérité qui irait de Dakar à Lisbonne en passant par Alger et Madrid. Un pays comme le Maroc a tout en commun avec le Sénégal ou le Portugal alors qu’il n’a presque rien à dire à l’Estonie ou à la Finlande. Or, l’Union européenne oblige les pays du flanc sud (France, Espagne, Italie, etc.) à se soumettre à des procédures et des politiques qui regardent vers l’est (c’est-à-dire vers l’hinterland allemand). Je pose la question : est-ce que le temps est venu de s’affranchir du carcan de l’UE ? Je crois que oui.  Je ne demande pas à démanteler l’UE, je dis juste qu’il faut redonner aux pays méditerranéens des marges de manœuvre pour approfondir leur collaboration sans avoir à demander, au préalable, l’avis d’un Letton ou d’un Danois.

« Il y a une résistance grandissante face à des concepts scientifiques bien établis »

INTERVIEW. Professeure au Williams College, la biologiste Luana Maroja déplore les sophismes et l’autocensure qui minent la liberté d’expression.

Propos recueillis par Thomas Mahler – Le Point.fr 

« L’autocensure sur les campus est mauvaise pour la science. » Dans un article pour The Atlantic, la biologiste Luana Maroja a alerté fin mai qu’avec la montée des tensions idéologiques, ses étudiants se mettent de plus en plus à contester des faits scientifiques comme le QI, l’héritabilité qui mesure statistiquement la part des facteurs génétiques et environnementaux, ou encore les différences hommes-femmes. « Des idées scientifiques bien établies que j’enseigne depuis des années ont, soudainement, rencontré une résistance idéologique rigide. » La chercheuse, née à Rio de Janeiro, enseigne pourtant l’évolution et la génétique dans le très élitiste Williams College (Massachusetts), souvent classé comme la meilleure université d’arts libéraux des États-Unis. Depuis quelques mois, à l’instar des universitaires Steven Pinker ou Jonathan Haidt, Luana Maroja s’est engagée pour la liberté d’expression sur les campus, expliquant que la raison et l’argumentation sont plus puissantes que les anathèmes. Elle-même explique avoir appris à affûter ses arguments en écoutant ses adversaires, « les créationnistes, climatosceptiques et mêmes certains bigots ». Entretien.

Le Point : Pouvez-vous présenter votre université, le Williams College  ?

Luana Maroja : Le Williams College est, en effectif, une très petite université très sélective. On n’accepte que 500 étudiants par année. Les taux de réussite sont élevés. C’est une université d’arts libéraux, c’est-à-dire que les étudiants ont des cours dans la discipline principale de leur choix, mais aussi dans d’autres, humanités, sciences sociales et sciences.

Vous enseignez là-bas depuis près d’une décennie. Longtemps, dites-vous, les réclamations des étudiants se limitaient aux notes…

Exactement (rires). Vous savez, ici, les étudiants n’aiment pas avoir ne serait-ce qu’un « B » (l’équivalent d’une note de 13 à 15 en France, NDLR). Quand j’en attribue un, je reçois deux heures plus tard un e-mail avec des commentaires comme « je ne comprends pas cette note ». Ça, c’était typique du passé. Mais j’ai commencé à voir des changements importants avec l’élection de Trump. Dans mes cours de biologie, mes étudiants se sont ainsi mis à protester contre la notion d’héritabilité appliquée à l’intelligence humaine. Sans doute ont-ils peur de la « Bell Curve » (« la courbe en cloche » de la répartition de la population par QI, popularisée par le livre controversé The Bell Curvede Richard Herrnstein et Charles Murray, qui évoquait les différences de QI entre groupes ethniques, NDLR). Ils oublient que ce n’est pas parce qu’on mesure des différences entre des groupes que celles-ci sont forcément biologiques. Je leur donne ainsi l’exemple de mon propre pays, le Brésil, où les moyennes de QI sont de 15 à 20 points plus basses qu’aux États-Unis. J’ai demandé à mes étudiants ce qu’ils en pensaient. Jusque-là, cela n’a jamais posé problème. Mais en 2017, un étudiant s’est levé et a expliqué que tout ça était n’importe quoi, car on ne pouvait pas mesurer l’intelligence. Un autre a assuré que le QI a été inventé par les Blancs pour ostraciser des minorités. Seul un petit nombre s’est levé pour protester, mais une majorité des élèves les a approuvés sur une classe d’une centaine d’étudiants. Or le QI peut bel et bien être mesuré, et s’il ne reflète pas le niveau de satisfaction dans une existence, il est en revanche corrélé avec le succès scolaire.

Ces élèves ont ainsi été victimes du sophisme naturaliste, c’est-à-dire le fait de penser qu’une chose est bonne parce qu’elle est naturelle

Comment alors expliquer ces différences de moyennes de QI entre Brésiliens et Américains ?

J’explique à mes élèves que les environnements sont complètement différents. Au Brésil, l’éducation est bien moins développée qu’aux États-Unis, et le budget qui lui est alloué bien plus faible. Il y a ainsi plein de facteurs qui peuvent expliquer ces différences, sans invoquer une supposée supériorité biologique. Il ne fait aucun doute qu’il y a une composante dans l’intelligence qui est héritée, mais l’environnement est aussi un facteur-clé. Si vous vivez dans une population où l’éducation n’est pas un objectif prioritaire, cela aura forcément un impact. Si vous avez les mêmes éléments génétiques mais dans des environnements différents, les résultats ne seront pas les mêmes.

Y a-t-il d’autres sujets dans votre domaine, la biologie évolutive, qui sont devenus polémiques ?

Oui. La sélection de parentèle est l’idée que quand des animaux aident ceux qui leur sont apparentés, c’est indirectement pour perpétuer leurs gènes. Mais ce phénomène biologique, qu’on observe par exemple chez les abeilles, a énervé des étudiants. Un élève a déboulé dans mon bureau après le cours, m’expliquant que je donnais raison à… Trump d’embaucher sa famille à la Maison-Blanche. Je n’avais évidemment jamais dit ça (rires). Ce n’est pas parce que cela arrive dans la nature que ce sont des choses moralement acceptables. Ces élèves ont ainsi été victimes du sophisme naturaliste, c’est-à-dire le fait de penser qu’une chose est bonne parce qu’elle est naturelle. Ce qui est totalement absurde. Je précise que je déteste Trump et que j’espère de tout mon cœur qu’il ne sera pas réélu.

Les différences entre hommes et femmes, dites-vous, sont de plus en plus taboues…

C’est une autre erreur sérieuse que font beaucoup de personnes : ils pensent que l’égalité en droits signifie aussi une similitude biologique. Alors que donner à tous l’opportunité de choisir la voie qu’ils souhaitent ne signifie pas nier les différences existant en moyenne entre hommes et femmes. Les garçons préfèrent généralement les jouets avec des roues et les filles les peluches. De la même façon, il n’est pas surprenant de voir des répartitions différentes entre les sexes selon les disciplines universitaires. Cela ne s’explique pas uniquement par les stéréotypes, le sexisme ou tout autre facteur sociologique. Ce n’est pas la réalité de ce que nous montrent les recherches scientifiques. Il y a ainsi un paradoxe de l’égalité de genres, comme l’a montré l’année dernière une étude publiée dans la revue Psychological Science. Si les stéréotypes et les biais étaient la seule explication au fait qu’il y ait moins de femmes dans les disciplines scientifiques, on s’attendrait à ce que dans les pays égalitaires, leur proportion soit la plus importante. Mais c’est le contraire que l’on observe. Dans les pays inégalitaires, comme l’Algérie, les taux de féminisation dans les filières STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques, NDLR) sont les plus élevées, alors qu’en Suède ou aux États-Unis, ces taux sont bien plus bas. Ce qui signifie que dans les pays où les femmes ne doivent pas uniquement se soucier de l’argent, elles ont la liberté de choisir ce qui les passionne, et c’est en moyenne plutôt des matières non scientifiques. Bien sûr, ce n’est qu’une moyenne, et j’en suis d’ailleurs la preuve (rires). Mais encore une fois, l’existence de ces différences génétiques ne signifie pas qu’on devrait traiter hommes et femmes différemment.

Vous avez aussi expliqué que le terme « femme enceinte » est devenu polémique…

Oui, il vaut mieux maintenant dire « humain enceint ». Un collègue m’a aussi raconté que l’un de ses étudiants, lors d’un exposé, n’utilisait plus le terme « homme », mais « individu sans utérus ». Mon collègue a sursauté (rires).

Des étudiants ont peur d’exprimer leurs opinions face à l’ensemble de leurs condisciples

Pensez-vous que ce sont là des menaces sérieuses pour l’enseignement de la science ou juste un phénomène de mode un peu excessif lié aux préoccupations pour l’égalité hommes-femmes et la défense des minorités ethniques comme sexuelles ?

Il y a une résistance grandissante face à des concepts scientifiques bien établis. Ces gens souhaitent proscrire tout discours qui offenserait les femmes, les minorités ou toute personne perçue comme une victime des sociétés patriarcales blanches. Mais en faisant cela, aussi bien intentionnés soient-ils, ils font du mal à ceux-là même qu’ils veulent protéger. On empêche les étudiants d’avoir la chance d’apprendre, d’acquérir un pouvoir intellectuel et d’argumenter contre les idées avec lesquelles ils ne sont pas d’accord. On n’apprend pas à débattre en jetant des pierres. Il vaut mieux faire appel à la raison et aux arguments. Et, par ailleurs, l’université sert à voir le monde tel qu’il est.

Vous vous êtes engagée pour la liberté d’expression sur votre campus, en œuvrant avec des collègues pour appliquer au Williams College les récents principes de Chicago, qui ne proscrivent dans les facultés que les opinions contraires à la loi. Pourquoi ?

Je suis née au Brésil dans une dictature et j’ai vu ce qui arrivait quand la liberté d’expression n’est pas garantie. Même aujourd’hui, alors que mon pays est une démocratie, on en paie encore les conséquences parce qu’on a empêché une ou deux générations de s’exprimer. Si vous commencez à bloquer des idées, c’est triste. La liberté d’expression a toujours été l’arme des opprimés et des subalternes. Je suis navrée de la voir devenir l’apanage de Trump et de la droite conservatrice.

Quelle a été la réaction de vos élèves après vos sorties médiatiques, comme le récent article dans The Atlantic dénonçant « une autocensure mauvaise pour la science »  ? 

Ce texte a été publié à la fin du semestre, donc je n’ai pas eu de réactions massives. Mais des étudiants viennent me voir dans mon bureau. Ils ont peur d’exprimer leurs opinions face à l’ensemble de leurs condisciples.

Pourquoi ?

Ils ont peur des critiques. Le degré d’autocensure est vraiment élevé, vous savez. Cette année, au Williams College, des étudiants ont ainsi réclamé à l’administration des logements ségrégués, basées sur la race ou les préférences sexuelles, ce qui pour moi est épouvantable. Ils appellent cela des « logements par affinités ». C’est le contraire de l’inclusion. J’ai des élèves noirs qui sont venus me voir pour me dire leur opposition à ce genre de projet, mais qu’ils ne peuvent pas affirmer publiquement.

Israël n’est pas une extension de l’Europe. Mais beaucoup de gens peinent à l’accepter

Journaliste et auteur israelo-canadien, Matti Friedman revient dans son livre “Espions de nulle part” sur l’identité israélienne, bien plus ancrée au Moyen-Orient que dans la culture européenne.  Avec Matti Friedman

Atlantico : Dans Espions de nulle part, votre dernier livre, vous écrivez que l'”Israël moderne n’a de sens qu’à travers une perspective moyen-orientale”. Qu’est-ce qui nous manque et qui est très important pour comprendre ce pays avec notre prisme occidental ?

Matti Friedman : En Occident, les gens ont tendance à considérer Israël comme une extension de leur propre histoire, l’histoire des Juifs en Europe, les Lumières, l’idée socialiste du kibboutz, l’Holocauste bien sûr. Et les Israéliens ont toujours aimé penser qu’ils faisaient partie de l’histoire européenne – une grande partie du sionisme primitif était en train de devenir, en quelque sorte, européen, après des siècles de rejet en Europe.

Ces histoires ont occulté un fait assez évident au sujet de la société israélienne, à savoir que la moitié de la population juive d’Israël vient du monde islamique et non d’Europe. Il y avait environ un million de Juifs originaires des pays islamiques dans les années 1940. Bagdad, par exemple, était constituée à un tiers de population juive. Casablanca, Alger, Alep : tous ces endroits étaient peuplés d’anciennes communautés juives. Tous les Juifs ont été déplacés à cause de l’hostilité de la majorité de la population musulmane, et la plupart d’entre eux sont venus ici et sont devenus des Israéliens, façonnant tout le pays. Pourtant, ils ont toujours été considérés comme secondaires par rapport à l’histoire du sionisme européen. Je pense que cela doit changer si nous voulons comprendre Israël en 2019. Nous sommes au Moyen-Orient. Un cinquième de nos citoyens sont arabo-musulmans, et notre population juive est en grande partie d’origine moyen-orientale et nord-africaine. Il suffit de se tenir debout dans une rue de Tel-Aviv pour comprendre que nous ne sommes pas en Europe – en fait, il y a une grande chanson pop d’il y a quelques années, “This Isn’t Europe”, qui se moque de cette idée. Mais le discours ambiant ne reflète pas toujours cela.

Comment une histoire d’espions israéliens nés dans le monde arabe vous a-t-elle conduit à cette conclusion ?

C’était l’inverse – j’ai écrit ce livre sur les espions parce que je voulais une façon de parler de cette conclusion. Une histoire de double identité semblait être une bonne façon de parler de l’identité secrète du pays.

Il y a quelques années, dans une banlieue de Tel-Aviv, j’ai rencontré un espion à la retraite qui avait alors presque 90 ans, né à Alep, de langue maternelle arabe. Il m’a raconté une histoire étonnante sur la façon dont lui et ses amis ont vécu la fondation d’Israël en 1948. C’était différent de toutes les histoires que j’avais entendues. Lui et ses camarades étaient tous juifs d’ici : Alep, Damas, Yémen. Aucun d’entre eux n’avait jamais été près de l’Europe. Quand ils sont arrivés ici à l’adolescence, ils n’étaient pas vraiment acceptés dans la société pionnière parce que la plupart des pionniers étaient est-européens, et ces jeunes hommes étaient très arabes dans leur apparence, leurs goûts, leur langue. Ils semblaient être l’ennemi, trop près pour être réconfortés. Mais alors ils ont découvert que cette qualité, leur identité arabe, pouvait aussi être une arme : ils pouvaient être des espions. Et ils l’utilisèrent pour aider à créer un État pour les Juifs, non seulement les Juifs de Pologne ou d’Allemagne, dont la plupart ne pouvaient plus être sauvés, mais les Juifs de Syrie, du Maroc et de Tunisie. Cette petite unité, très amatrice alors, sans équipement ni argent, connue sous le nom de “Section arabe”, est devenue l’une des graines du Mossad.

Cette histoire a fait de la fondation d’Israël une histoire sur le Moyen-Orient, et je pensais que c’est le genre d’histoire dont nous avons besoin en ce moment. Il a beaucoup à nous dire sur le pays dans lequel je vis aujourd’hui. J’adore aussi les histoires d’espions – qui ne les aime pas ?

L’histoire de la création d’Israël semble être un problème parce que ce récit oublie l’identité d’Israël au Moyen-Orient. Pourquoi est-ce vécu comme un péché originel de la part d’Israël ?

Lorsque Theodor Herzl a imaginé l’État juif à la fin des années 1800, il imaginait quelque chose comme une Vienne utopique. L’avant-garde pionnière qui a créé le pays, qui a construit les kibboutzim, qui est mort de la malaria et qui a créé cette nouvelle société hébraïque, était principalement des socialistes d’Europe de l’Est, et ils imaginaient une sorte de république dirigée par le prolétariat qui allait sauver le peuple juif dans le cadre du mouvement mondial des travailleurs. Aucune de ces idées n’avait à voir avec les Juifs de Casablanca, du Yémen ou du Levant.

Ainsi, lorsqu’une vague d’immigration en provenance de ces pays arrive ici littéralement quelques semaines après la création de l’État, les fondateurs ne sont pas certains de ce qu’il faut faire. Les nouveaux arrivants ne sont pas socialistes. Ils ne veulent pas particulièrement abandonner la religion et devenir laïcs. Ils sont profondément engagés envers Israël, mais leur engagement est très différent de celui des fondateurs. La plupart parlent arabe, écoutent de la musique arabe et semblent arabes. Bien que les dirigeants fassent d’immenses efforts pour loger les immigrants et les absorber, ils les traitent aussi avec mépris. Ce sont des communautés anciennes et fières qui s’attendaient à être accueillies ici comme des frères. Au lieu de cela, ils ont été traités comme des citoyens de seconde classe. C’était peut-être la pire erreur de la génération fondatrice. Ce genre d’insulte ne s’oublie pas facilement et résonne encore aujourd’hui.

Quels sont les effets de ce problème dans la société israélienne d’aujourd’hui ? Est-ce seulement un problème démographique et culturel ?

L’arrivée des Juifs d’Islam ici n’est pas un problème : c’est quelque chose qui a enrichi notre société, l’a rendue plus dynamique, hétérogène et excitante, et nous a donné des racines beaucoup plus fermes au Moyen-Orient. Si vous créez un État juif dans le monde islamique, il est bon d’avoir des gens qui vivent en tant que Juifs depuis des siècles dans le monde islamique. Il y a là beaucoup de sagesse utile. Je pense que le départ des Juifs des pays islamiques est avant tout un problème pour ces pays.

Mais les effets des erreurs qui ont été commises lors de leur absorption se font encore sentir. Beaucoup d’Israéliens qui ont des racines dans le monde islamique, par exemple, ne voteront jamais pour le Parti travailliste, le parti de l’ancien establishment. Ils s’identifient davantage au Likoud, qui les traite avec plus de respect et s’aligne davantage sur leur vision du monde. C’est une grande partie du succès du Likoud. Vous voyez encore beaucoup de colère contre les “élites”, les médias, le monde culturel, même le pouvoir judiciaire, pour leur condescendance envers la partie non européenne de la population, et Netanyahou a su puiser dans cette colère. C’est ironique, parce que Netanyahou est un élitiste riche et laïque d’origine européenne. Le parti travailliste, d’autre part, vient d’élire son deuxième leader consécutif qui est d’origine maghrébine.

Si la forme réelle d’Israël est une source de frustration pour les Israéliens, pourquoi ne la changent-ils pas ?

Le pays est en train de changer à cet égard, et dans le bon sens. La société est beaucoup plus à l’écoute des voix qui sont réprimées depuis longtemps. Autrefois, par exemple, la musique pop du Moyen-Orient en hébreu, un genre appelé “Mizrahi”, était quelque chose que l’on n’entendait pas beaucoup à la radio grand public – la musique israélienne signifiait musique occidentale. Depuis une quinzaine d’années, Mizrahi est devenu le genre pop dominant et ce sont les artistes Mizrahi qui remplissent les plus grands espaces de concert. Beaucoup d’Israéliens d’origine européenne, comme moi, sont devenus influencés par un style de religion plus moyen-oriental, dans lequel il n’est pas nécessaire d’être strictement religieux ou laïque, et c’est normal d’être traditionnel, plutôt souple.

Nous avons encore un long chemin à parcourir, évidemment. Une chose dont nous avons encore besoin, c’est de raconter des histoires annexes sur notre histoire qui la valorisent davantage. J’ai pensé qu’une nouvelle histoire de création serait utile, et c’est ce que j’ai essayé d’écrire dans “Espions de Nulle Part”.

Comment répondre à la provocation politique antisioniste?

Nous vivons à l’ère de la provocation, de la bêtise et de la vulgarité amplifiées par les réseaux sociaux. Ce fléau est planétaire, devenu le Mal des sociétés démocratiques. Comment le combattre tout en sauvegardant la liberté d’expression ? Quelles sont les lignes rouges à ne pas franchir ? Quelles sont les lois à appliquer ? Comment rééduquer à la bonne conduite ? Comment faire quand les propos prononcés sont à la limite, racistes et antisémites classiques ?

Toutes ces questions et tant d’autres présentent un véritable casse-tête aux législateurs et aux juristes. Elles sont plus pertinentes et dénotent de la compétence quand il s’agit du peuple juif et d’Israël. Là, tout prend des proportions inégales et les passions se déchaînent. Les préjugés et les préjudices, et surtout l’ignorance des faits historiques et politiques, prévalent sur la réalité du quotidien et du terrain. Certains blogueurs et quelques journalistes avec un agenda politique, qu’on pourrait qualifier tout simplement de « casseurs de mots et de verbes », profitent du charivari pour crier encore plus fort et focaliser les projecteurs sur eux.

Le refus des autorités israéliennes de faire entrer dans le pays deux députées du Congrès américain a suscité un déluge de réactions en Israël et aux Etats-Unis. 

Ilhan Omar et Rashida Tlaib sont des persona non grata. Ces deux membres de l’extrême gauche au sein du parti démocrate américain ne cessent, depuis leur élection au Congrès en novembre 2018, d’insulter l’Etat juif sioniste. Adhérant sans équivoque au boycottage d’Israël, elles traitent, à chaque occasion, notre Etat d’apartheid et de discriminatoire envers les Palestiniens. 

Le voyage de Rashida Tlaib (à g.) et Ilhan Omar ne visait qu’à alimenter la haine de l’Etat juif (photo Congrès)

Plus encore, dans leur demande de visiter Israël, les deux femmes n’avaient pas l’intention de rencontrer une personnalité officielle israélienne ni un membre de l’opposition pour s’instruire et étudier la complexité du conflit, mais voulaient aller directement en… « Palestine, pour mieux la connaître et témoigner sur les souffrances de leurs sœurs et frères palestiniens ». D’ailleurs tous les frais de ce voyage sont payés par une organisation partisane du BDS.

Soulignons que Rashida Tlaib est née en Amérique comme sa collègue Omar, mais sa grand-mère est palestinienne. 24 heures seulement après le refus d’entrée, Tlaib a demandé dans une lettre officielle écrite directement au ministre de l’Intérieur, Arié Derhi, de lui permettre une ultime rencontre familiale avec sa mamie âgée de 90 ans, en s’engageant formellement à ne provoquer personne.

Sans aucune hésitation, les autorités israéliennes lui ont donné leur feu vert sur le champ, bien entendu, sous certaines conditions préalables, et pour des raisons uniquement humanitaires.

Mais voilà que quelques heures plus tard, cette nouvelle députée démocrate change complètement d’avis et annonce sur Twitter qu’elle renonce à rendre visite à sa grand-mère, à cause des « conditions oppressives » imposées, selon elle, par Israël. Elle souligne que son combat se poursuivrait contre « le racisme, l’oppression et l’injustice. »

Comment faire confiance à cette députée ? Comment accorder un visa d’entrée à deux propagandistes et provocatrices dont le but déclaré est de venir salir l’Etat juif, sur son propre sol, dans son fief, devant chaque micro et caméra ?

C’est évidemment inadmissible ! Cela n’a aucun rapport avec la démocratie et la liberté d’expression mais prouve clairement la haine aveugle et la provocation préméditée.

Les relations entre Benjamin Nétanyahou et Donald Trump sont au beau fixe (photo GPO)

La provocation politique est l’arme du faible et de l’ignorant, celui qui souhaite être au-devant de la scène à tout prix, capable de faire à la fois le clown et le grand méchant loup. Prononcer des phrases incohérentes, insulter, outrager, diffamer, tromper et mentir comme il respire, sans jamais rougir de honte. Propager systématiquement des messages haineux et en réalité, tenter de délégitimer notre propre existence. Une ligne de conduite malsaine qui risque d’encourager les extrémistes de tous bords et surtout les terroristes, tels les « loups solitaires » qui surgissent soudainement comme ces derniers jours.

Dans tous les cas et dans tous les domaines, il ne faut jamais donner trop d’attention aux provocateurs car ils n’attendent que ça et se réjouissent cyniquement de la tempête qu’ils sèment à chaque fois.

Dans ce contexte, la presse en général et les réseaux sociaux, en particulier, jouent un grand rôle d’influence, et il est donc déconseillé de tomber dans ce piège.

Dès le départ, cette affaire a pris des proportions exagérées et a donné à deux marginales du Congrès une importance considérable qu’elles ne méritaient pas. Elles ne représentent pas l’ensemble du parti démocrate qui demeure toujours, et dans son écrasante majorité, en faveur de l’Etat d’Israël, et pour preuve : la visite récente de 40 députés de ce parti.

La décision des autorités israéliennes a été étudiée sur plusieurs plans et suite à de nombreuses consultations. Elle n’a pas été facile à prendre. La valse-hésitation du gouvernement témoigne de la sensibilité du dossier, de la controverse, des ambigüités et des dilemmes.

Israël souffre d’une mauvaise image à l’étranger et certains pourront dire que l’interdiction d’entrée à ces deux députées américaines risque d’aggraver encore plus notre image et d’apporter à nos détracteurs de l’eau à leur moulin. Nous devrions faire face avec fermeté aux critiques et aux condamnations non justifiées, sans perdre notre âme.

Les relations avec l’administration Trump sont certes au beau fixe, mais nous devrions éviter de rentrer dans le jeu politique américain entre les deux grands partis, surtout quand, dans chaque pays, la campagne électorale bat son plein.

Il est fort regrettable que le président Trump soit intervenu avant et après dans cette affaire. Certes, ses réactions démontrent une amitié profonde, mais le faire publiquement était inutile.

L’Etat d’Israël est souverain et c’est son plein droit d’autoriser l’entrée ou pas de tel ou tel « touriste », privé ou officiel. Nous refusons aussi de devenir une république bananière…

Benjamin Nétanyahou devant le Congrès américain en 2015 (photo Amos ben Gershom/GPO)

Dans les longues relations israélo-américaines, nous avons connu des hauts et des bas et de fortes divergences, à la fois avec les Démocrates et avec les Républicains une fois au pouvoir, mais toujours nous avons dit tout-haut nos quatre vérités, comme l’a fait justement le Premier ministre Nétanyahou devant le Congrès, dans son fameux discours sur le projet nucléaire de l’Iran. Après coup, nous réussissons toujours à trouver le juste chemin dans l’intérêt de deux pays.

Israël et les Etats-Unis demeurent, sur tous les plans, franchement et solidement, amis contrairement à notre ancienne « amie et alliée », la France.

Cette dernière affaire devrait servir d’épreuve et de leçons car nous n’avons rien à cacher. Ici tout est transparent et la presse dévoile toute défaillance ou faute sans aucune complaisance. Dans le passé, nous avons combattu avec fermeté et efficacement contre les flottilles à Gaza et interdit à des commissions internationales politisées et manipulées, de venir enquêter après chaque opération de Tsahal. C’est notre droit absolu !

Il est fort probable que d’autres provocations sont déjà planifiées. Nous devrions les affronter courageusement, froidement, et sagement.

Mais sans panique, en prenant toujours en considération les conséquences sécuritaires et seulement nos propres intérêts.

Freddy Eytan

Le BNVCA désapprouve la position des associations juives américaines, l’AIPAC et l’AJC

Le BNVCA désapprouve la position des associations juives américaines, l’AIPAC et l’AJC, mais soutient par contre la décision des dirigeants d’Israël de refuser l’entrée de son pays à Rachida Tlaib et Ilhan Omar, deux élues démocrates américaines, activistes de mouvement illégal BDS.

Ces deux élues américaines, musulmanes extrémistes, sont réputées non seulement être pro palestiniennes mais surtout antis israéliennes. Elles utilisent leur position pour relayer la propagande d’appel au Boycott d’Israël.

Le BNVCA qui recense les actes antisémites depuis 20 ans, et lutte en France contre ce fléau, atteste que c’est l’incitation à la haine d’Israël qui est la source principale de nouvel antisémitisme. 

Le BNVCA constate que depuis que les démocrates américains épousent la cause anti israélienne, les actes antijuifs se développent aux USA. 

Nous considérons que l ‘AJC et l’AIPAC commettent une faute grave en critiquant la décision d’Israël de se prémunir et de protéger en même temps les communautés juives dans le monde. 

Nous leur demandons de faire preuve de plus de raison et de plus d’unité avec l’Etat juif qui se bat contre un ennemi redoutable, l’antisémitisme initié par la propagande anti israélienne dont se font les porte parole Ilhan Omar et Tlaib Rashida.

Nous apprenons que pour des raisons « humanitaires » le Ministre Israélien de l’Intérieur vient d’autoriser la venue de Rachida Tlaib Député Démocrate Américaine.

Celle-ci a « promis de ne pas faire avancer la cause du boycott contre Israël durant son séjour »

Dernière minute :

L’élue Démocrate R.Tlaib refuse de se rendre en Israël « dans les conditions imposées par Israël »

LU DANS LA PRESSE “L’aveu de Bonnet prouve la connivence de l’Etat avec le terrorisme palestinien”

Posted by Freddy Eytan on 8/11/19 • Categorized as Editorial,L’événement du Jour

L’aveu de l’ancien chef de la DST, Yves Bonnet, révélé par Le Parisien, est, certes, révoltant et scandaleux, mais il ne peut nous surprendre en analysant la conduite des autorités françaises depuis l’affaire Abou Daoud en passant par la longue liste sinistre des attentats perpétrés en France de 1982 jusqu’à nos jours. 

37 ans après, l’ancien patron de la Direction de la surveillance du territoire (DST) ose dire sans rougir que le « deal verbal » avec Sabri Khalil al-Banna dit Abou Nidal « a marché » puisque, selon lui, « il n’y a plus eu d’attentats à partir de fin 83, en 84 et jusqu’à fin 1985 ». 

Yves Bonnet a aussi perdu la mémoire… Rappelons lui, entre autres, l’attentat contre la banque Léumi, boulevard des Capucines, et celui contre Mark & Spencer, boulevard Haussmann… 

L’ancien chef de la DST justifie la connivence avec les terroristes palestiniens en précisant que les attentats en Italie ou ailleurs ne le regardaient pas tant qu’il n’y avait rien sur le sol français. Belle solidarité européenne !L

Et alors, si Abou Nidal et ses complices avaient commis des dizaines d’attaques terroristes et notamment contre notre ambassadeur à Londres, Shlomo Argov… Un attentat dans un café du centre-ville de Madrid en tuant 18 innocents et blessant 82 autres… Puis le détournement d’un navire italien, Achille Lauro abattant un passager juif américain paraplégique, puis le jetant à la mer avec son fauteuil roulant… Puis des attentats contre les comptoirs d’El Al dans les aéroports de Rome et de Vienne. 18 morts, 140 blessés… Puis un taxi piégé qui explose au port du Pirée en Grèce faisant neuf morts et plus de 100 blessés… sans oublier le Boeing 747 de la Pan Am qui explose au-dessus de Lockerbie, en Écosse…

Dans l’esprit de Bonnet, l’essentiel est que ces attentats ne soient pas commis sur le sol français… Quelle lâcheté ! Ce manque de courage qui porte à l’hypocrisie.

Le pacte secret conclu lors du premier septennat de François Mitterrand avec Abou Nidal, celui qui fut le plus sanguinaire des terroristes qu’a connu l’Europe et le Moyen-Orient, a été suivi par Jacques Chirac avec le Hezbollah et les Iraniens après une nouvelle vague d’attentats à Paris, et à Beyrouth, le 23 octobre 1983, contre le Drakkar. 58 militaires français y avaient trouvé la mort.

Ces accords conclus avec des organisations terroristes prouvent l’incompétence et le désarroi à combattre le fléau. Une ligne de conduite suivie et appliquée par certains hauts-responsables politiques français.

Cette « collaboration » avec des terroristes notoires tels Abou Daoud, Georges Habache, ou Georges Ibrahim Abdallah, n’a pas arrêté les attentats contre la France depuis cette époque jusqu’à nos jours.

Abou Nidal a fomenté l’attentat du Pan Am 103 au-dessus de Lockerbie (photo Air Accident Investigation Branch)

Les patrons de la DST, tel Yves Bonnet, ne peuvent prendre des décisions sans avoir l’aval du Président de la République. Les services secrets français sont connus depuis la guerre d’Algérie comme étant parmi les meilleurs du monde pour la qualité du Renseignement et leur efficacité, mais ils doivent appliquer à la lettre la politique gouvernementale tracée par le chef de l’Etat.

Aujourd’hui, 37 ans après l’attaque terroriste contre le restaurant Goldenberg, qui a fait six morts et 22 blessés, le président Macron devrait nommer un juge d’instruction pour faire toute la lumière concernant l’aveu du patron de la DST.

Il est révoltant et scandaleux que des terroristes palestiniens pouvaient circuler librement en France avec la « permission » de la police et des services secrets.

Comment pouvoir garantir ainsi la sécurité de la communauté juive hier et d’autant plus aujourd’hui ?

Comment pouvoir faire confiance aux promesses des terroristes de ne pas perpétrer des attentats ? Que pourra dire demain le président Macron après un nouvel attentat ?

Freddy Eytan

Pacte secret après l’attentat de la rue des Rosiers : «Cela me semble lâche et immoral»


Elisabeth était serveuse au restaurant Jo Goldenberg à Paris lors de l’attaque. Miraculeusement rescapée, elle raconte la vie d’après et réagit à l’accord passé avec le groupe terroriste.

 L’attaque du bar avait fait six morts et 22 blessés.
L’attaque du bar avait fait six morts et 22 blessés. LP/Thierry Besnier

Par Jérémie Pham-LêL Le Parisien

Pour le 37e anniversaire de l’attentat de la rue des Rosiers, survenu le 9 août 1982, l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT) organise ce vendredi, à 13 heures, un rassemblement pour honorer la mémoire des victimes à Paris. Rescapée de la tuerie, Elisabeth, 74 ans, témoigne, alors que Le Parisien révèle que l’ancien patron du renseignement français a confié aux juges, en janvier, l’existence d’un pacte secret avec les terroristes .

Que faisiez-vous le jour de l’attentat ?

ELISABETH. J’avais 38 ans et j’étais engagée comme serveuse au restaurant Jo Goldenberg côté brasserie. Le 9 août 1982, j’étais rentrée de congé maternité depuis à peine huit jours lorsque l’attentat a eu lieu. Je me souviens que j’étais derrière le comptoir. Devant, il y avait un présentoir à gâteaux et deux tables qui étaient vides. C’est là que la première explosion a eu lieu. J’ai entendu comme un bruit de pétard, pas trop fort non plus. Le carrelage s’est brisé, mais les vitres n’ont pas tremblé. C’était le signal pour que les autres terroristes rentrent et tirent dans la salle.

La caissière a crié : « Sauvez-vous, cachez-vous », et Dieu m’a donné le réflexe de sauter dans la salle de la plonge, à l’arrière. Je me suis cachée sous une planche où était entreposé de la vaisselle sale, près de la poubelle. Un terroriste est rentré et a tiré sur les deux autres employés qui se cachaient avec moi. Ils ont survécu tous les deux, mais l’une est restée paralysée à cause d’une balle. L’autre gémissait terriblement, c’était horrible à entendre. La fusillade m’a paru une éternité. Heureusement, le terroriste ne m’a pas vue. Sinon je pense que je serais morte. J’ai pensé très fort à mon fils.

Comment vivez-vous depuis ?

On vit avec une blessure morale. J’essayais de ne pas trop y penser. J’ai changé de métier pour devenir esthéticienne, mais je suis restée avec à Paris. Aujourd’hui, je suis retraitée. Il faut savoir que c’est seulement en 2016 que je me suis constituée partie civile auprès de la justice. Après avoir discuté avec une autre rescapée dans la même situation, nous nous sommes tournées vers Me Avi Bitton.

J’ai été entendue par la DGSI pour la première fois fin 2018. Auparavant, la police ne m’avait jamais interrogée, même après l’attentat ! Je ne me suis pas non plus présentée spontanément pour passer à autre chose. Je pense que l’enquête a été un peu bâclée au départ. Pourtant, je suis sûre que l’un des clients au comptoir que j’ai servi était un des terroristes. J’ai la conviction que c’est lui qui est entré dans la plonge dès les coups de feu et qu’il a voulu m’éliminer par peur que je le reconnaisse. Mais je ne me souviens plus de son visage.

Selon l’ex-patron de la DST, un accord a été passé entre la France et un groupe terroriste soupçonné d’être impliqué dans l’attentat. Qu’est-ce que cela vous inspire ?Newsletter – L’essentiel de l’actuChaque matin, l’actualité vue par Le ParisienJE M’INSCRISVotre adresse mail est collectée par Le Parisien pour vous permettre de recevoir nos actualités et offres commerciales. En savoir plus

Cela me semble lâche et immoral de la part de la France si un tel accord a été passé. Dans ce dossier, il y a toujours eu des petites magouilles : des témoins n’ont pas été entendus, on a laissé partir des suspects hors de France avant de les retrouver seulement 30 ans plus tard… Qu’on ait pu s’arranger avec des gens aussi sanguinaires, cela me paraît inconcevable. Quel crédit pouvait-on accorder à leurs paroles ? Et pour quels bénéfices vraiment ? Avoir protégé ces malfaiteurs est une insulte à la mémoire des morts et des blessés qui sont décédés depuis.

AFFAIRE D’ETAT APRES L’ATTENTAT RUE DES ROSIERS: « Le Parisien » du 8 aout REVELE LE SCANDALEUX DEAL PASSE ENTRE LE CHEF DE SERVICE DES RENSEIGNEMENTS ET LES TERRORISTES PALESTINIENS.

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme  est consterné par l’information révélée dans le journal Le Parisien du 8 aout 2019 concernant le « deal » passé entre le responsable des renseignements et les terroristes palestiniens. Les journalistes d’investigation Vincent Gautronneau et Jeremie Pham-Le , rapportent que le chef du renseignement de l’époque Yves Bonnet vient d’avouer devant le juge qu’il avait passé un accord avec les terroristes palestiniens lors de l’attentat de la rue  des rosiers le 9 août 1982, qui a visé particulièrement le quartier juif de Paris, le restaurant juif Jo Goldenberg, les boutiques juives  de ce quartier et les passants. 

Yves Bonnet aura déclaré “On a passé une sorte de deal verbal en leur disant : Je ne veux plus d’attentat sur le sol français et en contrepartie, je vous laisse venir en France, je vous garantis qu’il ne vous arrivera rien».

Le président du BNVCA  est d’autant plus choqué qu’il est particulièrement concerné, car le  lendemain de l’attentat  le Premier Ministre Pierre Mauroy et son Directeur de Cabinet Jean Michel Rosenfeld, ont donné directement à cet inspecteur divisionnaire de Police Sammy Ghozlan la mission exceptionnelle d’assister la brigade criminelle de la Police Judiciaire de Paris dirigée par Alain Cances.

C’est  Sammy. Ghozlan qui avait reçu par téléphone la revendication du. Groupe Abou Nidal.     

Nous ne pouvons admettre que la France ait pu protéger les terroristes palestiniens et assurer les auteurs et complices des attentats antijuifs, qu’ils ne risquaient rien à venir en France et à s’y déplacer en tout quiétude.  Nous en déduisons que les citoyens juifs de France ont en fait été l’objet d’un marché de dupes.

Nous considérons que les arrangements et les promesses faites aux terroristes aux dépens des juifs de France n’ont pu se faire sans l’accord des plus hautes autorités de l’Etat, Président de la République, le Premier Ministre, le Ministre de l’Intérieur, le Ministre de  la justice et le Ministre des Affaires Etrangères.

  Nous rappelons que. le terroriste George  . Habache   auteur du détournement  de l’avion d’Air.France sur Entebbe  avait bénéficié de cette protection officielle Il était venu en France en 1992 pour se faire soigner mais suite à des révélations il a dû repartir  sans que le juge Bruguiere ait pu le faire arrêter                                  

Nous demandons que toute la lumière soit faite sur cette lamentable et grave affaire d’Etat qui laisse une grande amertume aux citoyens juifs cibles principales du terrorisme  international.   

Si ce “deal” scandaleux était encore appliqué, nous attendons du  Chef de l’Etat qu’il y mette fin sans délai.

Philippe Val: « Plus personne aujourd’hui ne publierait les caricatures de Mahomet »

parElisabeth Lévy


C’est l’histoire d’une vie réussie jalonnée de combats perdus. Dans Tu finiras clochard, comme ton Zola, Philippe Val raconte une existence qui l’a mené du cabaret au journalisme et des combats libertaires à la lutte contre l’islam radical. De son duo humoristique avec Font à la direction de France Inter en passant par Charlie hebdo, l’essayiste a vu une grande partie de la gauche renoncer à l’universalisme.


Elisabeth Lévy. Vous avez choisi la troisième personne et la forme romanesque pour raconter votre vie, qui est effectivement très romanesque.

Philippe Val. Cela m’a pris du temps. Pour écrire, il faut se libérer de soi-même. Comme je raconte une histoire qui est commune à beaucoup de gens, au moins par certains éléments, j’ai voulu que le personnage qui porte mon nom soit parmi les autres, et pas le narrateur des autres.

Tu finiras clochard comme ton Zola. Votre titre résume la distance qui vous a très vite opposé à votre milieu familial. Vos parents ne sont pas du tout des gens horribles, mais ils sont étrangers à vos émois d’adolescent pour la littérature, pour la beauté… Bref, vous éprouviez une forme de mépris pour leur côté terre à terre, mais peut-être vous a-t-il construit ?

Évidemment, on ne naît pas hors-sol. Je suis de là, de cette famille, de ces gens qui étaient des gens pauvres, probablement alcooliques dans la génération d’avant. Le père de ma mère faisait les trois-huit chez Renault, mon père était apprenti boucher à 12-13 ans… Et ils ont réussi. Après la guerre, mon père a travaillé comme une brute et il a fini par s’enrichir. Je suis donc né en 1952 dans la toute petite bourgeoisie d’après-guerre. Ce n’était pas un monde de l’abstraction, mais un milieu où le réel sautait à la gueule tout le temps…

Où le savoir comptait assez peu ?

Le savoir… C’était important, mais pas le plus important. Le plus important, c’était la force de travail. Se lever, bosser, le soir, avoir gagné sa journée. Un monde parisien, mais terrien. Mes parents coupaient de la viande…

C’est peut-être de là que vient votre rapport à la réalité, qui vous a empêché de suivre nombre de vos amis sur les pistes plus ou moins délirantes ouvertes par toutes les nuances de gauche.

Sans doute. Je le dois aussi au fait que ma formation politique a d’abord consisté à lire Zola et à écouter des chansons de Brassens ou de Ferré, Nougaro, Barbara. Alors bien sûr, en terminale, j’ai lu le Manifeste du parti communiste, mais déjà je n’y croyais pas, je n’aimais pas ça. Le premier philosophe que j’ai lu et aimé, c’était Nietzsche, certainement pas les théoriciens marxistes. Je suis entré dans le monde de la culture comme un animal égaré, sans être guidé par des professeurs ou des parents. J’ai forcé la porte à coups de pied, j’allais m’acheter des livres avec mon argent de poche. Quand on vient d’un milieu comme ça, on se sent con. Et on n’a pas envie de l’être. J’ai mis beaucoup de temps à me sentir un peu libre de penser.

Je me demande si cette fluidité culturelle est encore possible. En tout cas, votre livre retrace une existence personnelle passionnante. Artistes, politiques, médias, vous avez fréquenté des milieux très divers. Mais c’est en même temps le récit de beaucoup de combats perdus ! 

Oui et non. N’oubliez pas que ça se passe dans la seconde moitié du XXe siècle, qui est, avec le XVIe siècle et les guerres de religion, l’un des siècles les plus obscurs de notre histoire. Nous avons connu une véritable Bérézina des Lumières. À cette aune, on peut dire que nous avons accompli quelques trucs  : depuis la Seconde Guerre mondiale, en Europe de l’Ouest, on vit pas mal au niveau des droits, la personne humaine est respectée, les femmes et les hommes ont des droits égaux, sans oublier la contraception, le droit à l’avortement et la dépénalisation de l’homosexualité.

Mais c’est aussi cette logique des droits devenue folle qui est aujourd’hui à l’œuvre dans la fragmentation victimaire de la société et de l’imaginaire collectif.

La grande faillite de l’après-guerre, c’est de ne pas avoir compris les enjeux du savoir et de la culture, et d’avoir laissé la démocratie glisser sur une glace de plus en plus mince. Résultat, aujourd’hui, les gens n’ont pas le bagage nécessaire pour vivre en démocratie. Lorsqu’il donnait son premier cours à l’université de Nice, Clément Rosset, un philosophe que j’aimais beaucoup, disait aux élèves : « Je suis ici pour vous apprendre à penser par vous-même, ça ne sert à rien, vous n’y arriverez jamais. Maintenant on va commencer à travailler. »A

Certes, mais vous avez cheminé pendant trente ans dans une famille qui s’appelait la gauche. Lui appartenez-vous toujours ?

Je ne crois pas avoir beaucoup changé d’idées.
C’est la gauche qui s’est retirée et m’a laissé sur le sable. Après qu’elle a trahi l’Europe, trahi la laïcité, et trahi Israël,elle est devenue infréquentable. A

C’est ce que j’appelais vos combats perdus. En tout cas, vous avez toujours été minoritaire. Ainsi, à partir de Mai 68, vous choisissez la gauche libertaire, quand les gauchistes tiennent le haut du pavé.

Je ne pouvais pas les voir, ils étaient dogmatiques et ennuyeux. Pourtant, à cette époque, ils m’aimaient bien ! Ils pensent – et ça durera jusqu’à Charlie Hebdo – qu’ils peuvent se servir de moi parce que j’ai un peu de notoriété, que je dis parfois des trucs marrants. Je me suis retrouvé dans ce milieu sans opinion politique très structurée. Alors évidemment, comme tout le monde à l’époque, j’étais contre la peine de mort, contre le racisme, pour les femmes, le droit des homos, et je le suis toujours, d’ailleurs… Contre le mal et pour le bien, mais je n’ai jamais cru une seconde qu’ils étaient étrangers l’un à l’autre.

À vous lire, on baigne néanmoins dans la joyeuse atmosphère de cette époque pompidolienne dont les Français ont la nostalgie. C’est aussi l’époque Font et Val.

C’est une époque où, d’abord, on rit beaucoup. Même les vrais gauchistes, disciples de l’Albanie d’Enver Hodja, viennent voir les spectacles de Font et Val. Ils nous considéraient comme des pitres, ce qu’on était, mais des bons pitres, on faisait rire des salles entières ! Et on pouvait se foutre de leur gueule. Je pense que vers 1972 ou 1973, le premier spectacle de gauche, mais brutalement anticommuniste, a été « En ce temps-là, les gens mouraient » de Font et Val. On ne mesure pas aujourd’hui le choc que c’était, pour des gens de gauche, d’entendre des horreurs sur le communisme.

Aujourd’hui, l’humour de gauche est devenu l’humour officiel. Notamment grâce à France Inter.

Autrefois, on disait que l’humour, c’était la politesse du désespoir, aujourd’hui, ce serait plutôt l’insolence de l’inculture…

Le conformisme est passé à gauche, le flicage est passé à gauche, le racialisme même est passé à gauche. N’est-ce pas l’échec de votre génération ?

C’est Waterloo. Imaginez qu’il y a aujourd’hui à l’Assemblée nationale des élus de gauche favorables aux Indigènes de la République. Par inculture, on a transformé les idées en valeurs morales. Elles sont donc indiscutables, sauf à commettre une faute morale, c’est à-dire un péché. Étonnant, comme cette génération qui se croit sans dieu, tombe sans le savoir dans le christianisme le plus étroit.A

N’avez-vous pas vous-même passé une partie de votre vie à vous battre contre des moulins abattus depuis longtemps ?

Oui et non, parce que tout de même, on s’attaquait à des cadres qui étaient encore très forts dans la société, très puissants – la famille, la répression de la sexualité, un conformisme d’expression… On sortait d’une période qui s’enorgueillissait d’être coincée.

Seulement, beaucoup ont continué et continuent encore à ferrailler contre les fantômes du patriarcat.

En effet, il est arrivé un moment où beaucoup de choses étaient réglées. La peine de mort était abolie, ce n’étaient plus les parents qui nous empêchaient de baiser, c’était le sida, et nous jouissions pleinement des droits démocratiques. Mais ils ont continué à se battre contre des puissances à terre et à voir des fascistes partout. Sur ce terrain, avec Font, on a eu des intuitions. Dès qu’on a vu monter les régionalistes, les autonomistes, les identitaires – d’extrême gauche, hein – que bizarrement les anars défendaient, on a commencé à se payer leur tête. On allait en Bretagne, au Pays basque, en Occitanie, comme ils disaient, ça nous faisait beaucoup rire, l’Occitanie, on disait des choses très irrespectueuses, très blasphématoires sur les identités régionales. Et ça passait. Les ayatollahs de la cause se forçaient à sourire, et leur – notre – public se roulait par terre.

Photo prise le 22 novembre 2001 à Paris du rédacteur en chef du journal Charlie Hebdo, Philippe Val. Photo : FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Photo prise le 22 novembre 2001 à Paris du rédacteur en chef du journal Charlie Hebdo, Philippe Val.
Photo : FRANCOIS GUILLOT / AFP)

En même temps, Charlie Hebdo (que vous avez dirigé de 1992 à 2010) a longtemps regardé avec suspicion tout ce qui était tricolore.

Bien sûr, je venais d’une tradition anar, antimilitariste. Dans nos spectacles, avec Font, on était mondialistes, mais au fond de nous, on était aussi très français. J’ai toujours eu un intérêt passionné – et des sentiments partagés – pour la singularité française.

Vous n’en avez pas moins appartenu à cette gauche dite morale, qui a renoncé à faire de la politique pour faire la morale au populo, avec ses rassemblements de people luttant courageusement à Paris 6e contre le fascisme, incarné chez nous par Jean-Marie Le Pen, voire par Nicolas Sarkozy et son ministère de l’Identité nationale…

De fait, ces vingt-cinq ou trente dernières années, la droite a prospéré sur les silences et sur les dénégations de la gauche. Elle traite le réel que la gauche a refusé de voir, elle fait à sa façon, mais elle le fait. On peut détester Trump, mais on ne peut pas contester qu’il s’est fabriqué sur des dénégations de la gauche américaine, sur l’emprise effroyable du politiquement correct, dans les universités, sur le fait qu’un homme et une femme ne peuvent plus prendre l’ascenseur seuls aux États-Unis. Les gens qui bâtissent leur discours politique sur la victimisation sont des cons. J’étais très proche de Marceline Loridan. Elle a survécu à Auschwitz aussi parce qu’elle ne s’est jamais considérée comme une pauvre petite chose qu’on peut broyer, elle se disait tous les jours : « Ils ne m’auront pas. » Sur les murs de la prison d’Avignon, alors qu’elle venait d’être raflée, elle a écrit avec un caillou sur le mur : « C’est presque une joie de savoir qu’on peut être aussi malheureux. » Après cette digression, je reconnais qu’on s’est quand même fait avoir par des gens qui étaient très talentueux, très intelligents, très convaincants : Sartre et tous ses héritiers. On ne pouvait pas ne pas marcher un peu avec eux, d’autant qu’on avait l’impression qu’il n’y avait qu’eux…

De Sartre à Mitterrand…

Bien sûr, de Sartre à Mitterrand. Sans oublier Deleuze, tous les profs de Vincennes. Il fallait être très fort, très construit intellectuellement pour pouvoir contredire ça. On était bluffés par leur aura. Et on trouvait que ceux qui les critiquaient étaient des sales cons ou des salauds. Donc bien sûr, on refusait d’être alertés par ce que remuait l’extrême droite, tout ce qu’elle touchait devenait tabou.

On peut même se demander si, sous la couche de racisme et d’antisémitisme, Le Pen ne disait pas quelques vérités. Il parlait d’immigration de masse, d’identité, d’islam… sujets qui nous préoccupent aujourd’hui. 

Pour ma part, je n’adhérais pas du tout à ce qu’il était et à ses façons de voir, mais j’entendais qu’il parlait de sujets réels, parce que j’ai compris très vite que le retour de Khomeiny en Iran marquait le début de la politisation de l’islam et de ce qu’on n’appelait pas encore radicalisation. À la fin des années 1970, un de mes amis est devenu salafiste. J’ai traversé l’Algérie avec lui, on a passé des heures à s’engueuler dans le désert, et en rentrant en France j’ai compris qu’on était en train de passer à côté d’un phénomène gravissime. Mais j’étais un peu seul…Et je me suis fait très vite pourrir dans les conversations, dans les dîners, et plus tard dans les colonnes des journaux.A

Peut-être, mais dans votre journal on fustigeait le racisme supposé du petit Blanc !

J’ai toujours détesté ça. Je disais à ce copain, prof de fac, qui a viré frère musulman radical : « Eh oh, ce n’est pas moi qui ai colonisé l’Algérie »… 

Et « Mon beauf », ça n’a pas un peu contribué à populariser cette image du franchouillard à rejeter dans les ténèbres de l’extrême droite ?

Absolument pas ! Je peux en parler de façon un peu autorisée. L’archétype de « Mon beauf », pour Cabu, c’était aussi le mec de la CGT.

On s’est rencontrés au cours d’un dîner chez vous, à Joinville, vers 2005. J’étais la seule à voter Sarkozy (et aussi la seule à avoir voté « non » au référendum). Vous, vous étiez très européiste et très anti-Sarkozy ! Aujourd’hui, vous êtes ami avec l’ancien président.

Au début, une relation amicale s’est installée pour une raison quasi familiale, c’est qu’il a épousé Carla, qui était une amie. Ensuite, il y a eu une autre raison, plus politique : Sarkozy a remis en cause un dogme auquel ses prédécesseurs n’avaient pas touché depuis la conférence du général de Gaulle sur Israël en 1967, celui de la politique arabe de la France. Il y avait urgence. Plus tard, j’ai trouvé qu’il gérait la crise des subprimes avec efficacité et courage.

Du coup, qu’est-ce qui vous distingue aujourd’hui de ceux qu’on appelle les « réacs », comme Alain Finkielkraut ?

J’aime beaucoup Alain Finkielkraut, comme tous ces artistes qui écrivent des choses très belles sur ce qui nous arrive. Je suis parfois d’accord et parfois non. Ce qui me distingue d’eux, c’est que, sur les questions sociétales, je suis vraiment libéral. Bien sûr, l’extrémisme de certaines revendications liées aux droits des femmes, des homosexuels et des identités en général a souvent abouti au plus débile des communautarismes, néanmoins je pense qu’à un moment donné, cette lutte était nécessaire. Dans cette perspective, je ne suis pas hostile à la GPA : ça existe, ça viendra, la filiation s’établira autrement, mais elle s’établira. Faisons confiance aux romans que les gens inventent pour pouvoir vivre.

En somme, il ne faut pas être accroché à un modèle anthropologique.

C’est ça. De même, je crois qu’il ne faut pas se crisper sur l’identité nationale. J’aime bien cette phrase : « J’ignore d’où je viens, j’ignore où je vais, j’ignore quand je vais mourir, j’ignore pourquoi je suis si joyeux. » Pour moi, il y a une hiérarchie des appartenances. Je ne nie pas l’importance de l’appartenance à un pays, à une langue, mais je pense qu’il y a une culture européenne depuis très longtemps, donc un peuple européen qui partage cette culture.

Si vous le dites. Il y a une sorte de charnière dans votre vie : vous passez de l’art à la politique. Vous devenez journaliste. Avec le nouveau Charlie, on vous découvre comme un contestataire à l’intérieur de la gauche, notamment contre les délires antiisraéliens, etc.

Vous pouvez vous arrêter là, parce que la guerre a commencé avec la question d’Israël, bien sûr. Me faire pourrir par les gauchistes, je m’y attendais. Que le reste de la gauche attende silencieusement l’issue du combat pour, finalement, choisir l’autre camp, cela m’a halluciné. Ça a commencé avec l’Intifada. À l’exception de quelques personnalités isolées, comme Bertrand Delanoë, Élisabeth Badinter évidemment, la gauche nous a laissés partir en danseuse devant le peloton, et nous a abandonnés ensuite en rase campagne. Je croyais avoir affaire à la gauche de Léon Blum, c’était devenu la gauche Tariq Ramadan.

N’empêche, vos éditos dans Charlie avaient tendance à dénoncer comme ennemis de la démocratie tous ceux qui critiquaient un peu trop l’Europe ou le libéralisme.

C’est que je pense encore qu’à terme, l’avenir fragile de la démocratie – et de la paix – est indissolublement lié à la construction d’une puissance culturelle et politique européenne. Faute de quoi nos économies et nos droits vont s’effondrer d’un même mouvement. Il suffirait d’accepter ce que nous sommes : Shakespeare et Hugo sont des poètes européens, Fellini et Bergman des cinéastes européens, Freud et Darwin des génies européens, Goethe et Cervantès des esprits européens…

Je ne vais pas vous casser le moral avec le déclin de la culture. À France Inter, vous avez affronté à la puissance mille la « résistance » extrême gauchiste. Vous tirez de cette expérience sur cette lointaine planète qu’est la radio publique un chapitre drôlissime. Pourtant, vous n’avez pas dû rigoler tous les jours. 

Bien sûr, j’ai rigolé tous les jours au moins une fois… Pas toujours pour des raisons très charitables, je l’avoue. Mais je comprends qu’avec l’ambiance qui a régné autour de ma nomination, certains collaborateurs pensaient qu’ils n’avaient rien à voir avec un type comme moi. Au contraire, je me reconnaissais en eux, forcément, et j’avais envie de les emmener un peu ailleurs.

Pour votre cinquième ou sixième existence, vous envisageriez la politique en vrai ?

Non, non. Vraiment, je ne suis pas fait pour ça. Je m’intéresse davantage à Chopin et à Proust qu’aux catéchismes politiques. La politique doit rendre possible la liberté des créateurs, le reste suivra.

Le 7 janvier 2015, vos amis et votre compagnon de presque toujours, Cabu, sont assassinés. Vous avez déjà évoqué ici la période qui va du procès des caricatures de 2006 à l’attentat (1). Malgré nos proclamations d’alors, on dirait qu’une partie de la France est prête à sacrifier la laïcité et la liberté d’expression sur l’autel du respect des minorités sensibles. 

Il est certain que plus personne aujourd’hui ne publierait les caricatures de Mahomet. Alors, je continue ma petite aventure avec ceux qui le veulent bien. Quand Tareq Oubrou m’invite à m’exprimer à Bordeaux devant des musulmans, j’y vais et on parle du blasphème, de la nécessité de rire du sacré. Cela dit, dans ces combats là, on est beaucoup moins seuls qu’il y a quinze ans. Une partie de la gauche s’est réveillée. Au Printemps républicain, à la Fondation Jean-Jaurès ou dans le think tank L’Aurore, par exemple, il y a beaucoup de gens qui prennent en considération le réel et les périls, intellectuels et politiques, d’aujourd’hui.

Peut-être, mais au-delà de la question islamiste, la raison est de moins en moins notre monde commun.

C’est une évidence et certains journalistes, qui devraient exprimer le rappel à la raison, participent à la confusion. Sur les plateaux télé, quand il est question de sujets sensibles comme l’incendie de Notre-Dame ou les gilets jaunes, ils laissent parfois passer des choses hallucinantes, soit parce qu’ils ne sont pas outillés pour les contester, soit parce qu’ils ont peur de fâcher leur rédaction ou de contrarier une partie de leur public. Il y a un autre phénomène inquiétant : quelqu’un qui achète Charlie Hebdo ou Causeur sait qu’il peut tomber sur des articles avec lesquels il n’est pas d’accord. Mais de plus en plus de gens, en particulier les jeunes, ne s’informent que par les réseaux sociaux, où ils ne cherchent que l’information qui conforte leurs convictions. Ainsi, ils ne sont plus confrontés à la contradiction. Ça, c’est une catastrophe de civilisation.

Dans les années 1970, il y avait les gauchistes, les communistes et la droite. On ne connaissait pas ce foisonnement médiatique. Et pourtant, on a l’impression que le débat était plus libre.

Oui, il était plus libre. Et de meilleur niveau. Surtout, il pouvait y avoir un débat. J’aime la polémique, mais je n’aime pas le pamphlet, car il exclut l’adversaire intellectuel de l’humanité. Née plutôt à droite au moment de l’affaire Dreyfus, l’humeur pamphlétaire est aujourd’hui passée à gauche. Ruffin, Mélenchon n’ont plus d’autre argument que la diabolisation de leurs adversaires. Et le plus inquiétant, c’est que les romanciers sont atteints par ce sectarisme. Dans Quatre vingt-treize, de Victor Hugo, il y a des héros vendéens. Aujourd’hui, même dans un roman, l’adversaire doit être une ordure. Le résultat, c’est que beaucoup de romanciers sont mauvais. Ce sont des petits sociologues, bornés à une vision bourdieusienne du monde. En effet, depuis que Bourdieu a détrôné Aron, la sociologie française est agonisante, obnubilée par le déterminisme social. Et les comiques font de la sociologie de bazar et partagent le monde entre bons et méchants. Comment voulez-vous qu’ils soient drôles ?

Des membres de l'équipe de Charlie Hebdo dont les dessinateurs Cabu, Charb, Riss, Tignous et Honoré Julien Berjeaut aka Jul and Catherine Meurisse posent devant les bureaux de l'hebdomadaire satirique, le 15 mars 2006 à Paris. Photo: JOEL SAGET / AFP

Des membres de l’équipe de Charlie Hebdo dont les dessinateurs Cabu, Charb, Riss, Tignous et Honoré Julien Berjeaut aka Jul and Catherine Meurisse posent devant les bureaux de l’hebdomadaire satirique, le 15 mars 2006 à Paris.
Photo: JOEL SAGET / AFP

L’humour occupe une grande place dans votre vie d’artiste et d’homme. Ça aussi, c’est en train de disparaître, alors qu’on peut se faire virer pour une mauvaise, voire pour une bonne blague. 

Finalement, l’humour, c’est peut-être une question de style, si le style est l’expression de l’inconscient. Un comique stylé, c’est un comique qui s’englobe dans ce qu’il moque. Il n’y a pas de grâce sans rire, sans imaginer parfois qu’il y a des dieux rieurs derrière les nuages. Alors, il est vrai que le rire est sinistré par les comiques-sociologues que j’ai évoqués. Cela dit, j’ai récemment assisté au spectacle de Jérôme Commandeur, qui m’a bien fait éclater de rire, comme Blanche Gardin, dont le spectacle est étonnant. Il y a seulement cinq ou six ans, des gens comme ça n’existaient pas.

Quatre ans après l’attentat de Charlie Hebdo, vous vivez toujours sous surveillance. Avez-vous peur ? Avez-vous le sentiment d’être abandonné dans votre combat pour la liberté ? Cette journée funeste a-t-elle changé ce que vous êtes ?

Je n’ai pas peur, parce que je me sens bien protégé. Quand on se bat pour ce qu’on aime, il faut absolument avouer qu’on y prend du plaisir. Si je ne croyais pas à certaines choses, ma vie serait moins intense. Donc je suis payé. C’est un mauvais moment pour la liberté. Beaucoup de nouvelles libertés acquises pendant ce demi-siècle sont, en réalité, beaucoup moins bien acceptées qu’on ne le pense, dans une certaine partie de la population. Et ça nourrit une colère qui parle d’autre chose, parce que la cause – le refus de ces libertés – est encore indicible, sauf chez les religieux. Je pense que, par exemple, le mariage homosexuel ou le droit à l’avortement et les droits des femmes en général restent, dans un inconscient collectif, comme des éléments destructeurs d’un ordre fantasmé du monde d’avant. Les attentats nous ont tous changés à des degrés divers. Avant, il semblait dans l’ordre des choses d’avoir des moments de fantaisie, de ressentir de la joie. Après j’ai compris que la fantaisie et la joie étaient une victoire sur moi-même et sur le monde. Ça l’était sans doute déjà avant, mais je ne le savais pas aussi nettement.

Le BNVCA condamne la propagande discriminatoire à risque lancée par la Mairie d’Aubervilliers contre l’État juif Israël

Communiqué :

Le Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme, dénonce et condamne la campagne de propagande

anti-israélienne lancée par la Mairie d’Aubervilliers (93).

Plusieurs administrés de cette commune, surtout de confession juive nous ont fait part de leur inquiétude suscitée par cette publicité hostile à l’État juif à la fois discriminatoire et mensongère. Sur des panneaux, des affiches, des photos sont accrochées tout au long de la clôture du parc urbain à la vue des passants invités à cette haine d’Israël, qui depuis 20 ans pousse à l’acte anti-juif, agressif voire meurtrier. Les juifs d’Aubervilliers ont été les premiers à subir les attaques antisémites de 2000 et 2001 en raison de l´engagement sans discernement de         l´équipe municipale communiste en poste à cette période. Rabbin attaqué dans la rue. Autocars scolaires incendiés. Tirs sur la vitre d’un autobus scolaire. Graffitis anti-juifs menaces injures etc.

Nous considérons que la politique étrangère ne relève pas du domaine d’un conseil municipal, d’autant qu’elle est de nature à dresser les communautés les unes contre les autres et rendre vulnérable les juifs de la ville, de même que les élèves du groupe scolaire « Chne Or », situé à proximité du parc.

Nous demandons à Monsieur le Préfet d’user de son pouvoir pour faire retirer cette propagande à risque qui n’apporte rien au développement des palestiniens et ne contribue en rien à la paix.

Nous demandons au Ministre de l’Intérieur d’exprimer à la Maire d’Aubervilliers, les remontrances, avertissements ou blâme qui s’imposent. Le BNVCA a chargé son conseil de déposer une requête auprès du

Tribunal Administratif.          

           

Les services secrets français priés de modérer leurs critiques sur l’Iran

En juin, lors d’un conseil de défense, il a été demandé aux services secrets français, pour faciliter le dialogue avec Téhéran, de mettre en sourdine leurs inquiétudes sur ce qu’ils qualifient de « terrorisme d’Etat ». 

Par  Jacques Follorou   Publié par Le Monde

Abbas Araghchi, vice-ministre iranien des affaires étrangères, s’exprimant devant la presse après une réunion, à Vienne (Autriche), des pays parties de l’accord sur le nucléaire iranien.  Le 28 juillet 2019.
Abbas Araghchi, vice-ministre iranien des affaires étrangères, s’exprimant devant la presse après une réunion, à Vienne (Autriche), des pays parties de l’accord sur le nucléaire iranien.  Le 28 juillet 2019. ALEX HALADA / AFP

Si les services de renseignement occupent aujourd’hui une place centrale dans les affaires du monde, ils doivent, parfois, taire leurs exigences face au pouvoir politique. Ce fut ainsi le cas, en juin, lors d’un conseil de défense qui réunit, chaque semaine, les principaux acteurs de la sécurité du pays autour du chef de l’Etat, Emmanuel Macron.

Alors que la discussion abordait la question iranienne et le rôle que pouvait jouer la France pour sauver ­l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, il fut demandé aux services secrets français, pour faciliter le dialogue avec Téhéran, de mettre en sourdine leurs inquiétudes sur ce qu’ils qualifient de « terrorisme d’Etat » de Téhéran.

Projet d’attentat avorté à Villepinte

Les services français ont toujours à l’esprit, en effet, le projet d’attentat avorté ayant ciblé, le 30 juin 2018, un rassemblement, à Villepinte, au nord de Paris, des Moudjahidine du peuple, mouvement d’opposition au régime iranien. La tentative avait échoué après l’arrestation en Belgique, le jour même, d’un couple d’origine iranienne. Les enquêteurs avaient trouvé dans leur véhicule 500 grammes d’explosifs de type TATP et un détonateur. A en croire les services de renseignement, ils recevaient leurs ordres d’un diplomate iranien, Assadollah ­Assadi, en poste en Autriche depuis 2014.

Une grande part des informations avaient été fournies aux Français et aux Belges par le Mossad, l’un des services secrets israéliens. « Cetteaffaire est gravissime, elle aurait pu faire un carnage, assure un membre de la communauté du renseignement français, c’est notre Skripal à nous [Sergueï Skripal, un ex-agent russe passé à l’ennemi britannique, fut victime, en mars 2018, d’une tentative d’empoisonnement, dans le sud de l’Angleterre, perpétrée par le renseignement militaire russe], mais il faut faire profil bas. »

USA: B. Sanders prêt à réduire l’aide américaine à Israël pour faire pression sur le gouvernement

i24NEWS 28 juillet 2019 à 06:32 –

Le sénateur Bernie Sanders, candidat démocrate à la présidentielle américaine, le 13 décembre 2018 au Sénat
MANDEL NGAN (AFP/Archives)

“Sous Netanyahou, il y a eu un gouvernement d’extrême droite avec de nombreuses tendances racistes”

Le sénateur américain du Vermont, Bernie Sanders, candidat à la présidence du parti démocrate de 2020, serait “absolument” prêt à envisager des réductions budgétaires de l’aide étrangère américaine à Israël pour faire pression sur le gouvernement et Jérusalem.

Les États-Unis fournissent actuellement une aide militaire de 3.8 milliards de dollars à l’Etat hébreu. 

Interviewé dans l’émission podcast Pod Save America, Bernie Sanders a déclaré qu’il n’hésiterait pas à utiliser cette aide comme moyen de pression sur le gouvernement israélien “afin qu’il agisse différemment avec les Palestiniens.”

Il a par ailleurs affirmé qu’il ne prendrait pas de décisions qui rendraient Israël militairement vulnérable, mais donnerait au gouvernement un chèque en blanc.

“J’ai de la famille en Israël. Je suis Juif. Je ne suis pas anti-Israël”, a-t-il déclaré. “Evidemment je pense que le peuple d’Israël a le droit de vivre en paix et en sécurité mais ces dernières années, sous Netanyahou, il y a eu un gouvernement d’extrême droite avec de nombreuses tendances racistes,” a-t-il précisé.

En avril dernier, Sanders avait accusé le gouvernement Netanyahou d’être “raciste” alors qu’il participait à un événement local organisé par CNN avec des électeurs démocrates.

Celui qui est candidat démocrate à la présidence de 2020 avait appelé à un changement de la politique américaine vis-à-vis d’Israël, affirmant que l’approche du Premier ministre Benyamin Netanyahou à l’égard des Palestiniens était “oppressive”, et avait affirmé que s’il était élu, il afficherait davantage de sympathie envers les préoccupations des Palestiniens.Sanders accuse le gouvernement de Netanyahou de racisme

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Liaisons étranges entre un élu européen, le BDS et le terrorisme

Début juillet, le Parlement européen a donné la parole à un membre du FPLP, un groupe palestinien reconnu comme terroriste, à l’invitation de Manu Pineda, dit “Manu Abu Carlos”, un député européen communiste (Podemos) membre du BDS, le mouvement de boycott d’Israël.

Le 10 juillet dernier, le Parlement européen accueillait Khaled Barakat, membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), une organisation reconnue comme terroriste par les Etats-Unis, l’Union européenne, le Canada et Israël.

Cette visite a fait l’objet d’une vive controverse dans les milieux européens. Khaled Barakat était venu défendre le mouvement BDS (“boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël”) à l’invitation de Manu Pineda, un député communiste espagnol fraîchement élu au Parlement européen.

Eurodéputé et pro-BDS

Manu Pineda, connu sur Facebook sous le nom de “Manu Abu Carlos”, est un activiste du BDS, qui se présente sur le réseau social en compagnie de combattants des brigades du martyr Abu Ali Mustapha, le bras armé du FPLP, lance-roquettes et fusil-mitrailleur au poing (voir photo). Parmi eux, le leader de la brigade, Abu Jamal. Manu Pineda est aussi connu pour avoir fondé Unadikum, une association soutenant la résistance armée.CONSEIL

Cette visite met en lumière les liens entre le BDS et des groupes reconnus comme terroristes par la communauté internationale. Un lien dont de nombreux sympathisants du BDS, adhérant en bonne foi, ne sont pas informés. Le découvrir nécessite de faire des recherches.

Dans la structure du BDS, on retrouve les groupes terroristes du djihad islamique et du Hamas, aux côtés de plusieurs ONG palestiniennes. Le djihad islamique palestinien, formé militairement par le Hezbollah, prône dans sa charte la destruction de l’État d’Israël pour le remplacer par un État islamique palestinien. Il se concentre sur l’action armée avec ses Brigades Al-Qods.

Entraînements militaires

Peu avant sa visite au Parlement européen, Khaled Barakat venait d’être interdit de prendre la parole en Allemagne en raison de son activisme et de ses liens avec la lutte armée.

Khaled Barakat fait partie de Samidoum, une organisation pro-BDS et liée au FPLP. On y retrouve aussi le Belge Mustapha Awad, arrêté en Israël en juillet 2018 pour participation à un mouvement terroriste, puis relâché début 2019.

D’après un rapport du ministère israélien des Affaires stratégiques, “Khaled Barakat, membre du comité central du FPLP au Liban, a organisé l’entraînement militaire de Mustapha Awad en 2015 au Liban par le Hezbollah”, une autre organisation reconnue comme terroriste. Selon ce même rapport, “Mustapha Awad a transféré des fonds de Liban et de Syrie à Khaled Barakat en Belgique à deux occasions en 2016 et 2017”. D’autres détails interpellent, comme les similitudes entre le site internet de Samidoun et celui du FPLP.

Par ailleurs, sur la version anglaise du site de Samidoun, Khaled Barakat est présenté comme “un écrivain palestinien”, alors que sur la version arabe, il est associé au comité central du FPLP. Sur sa page Facebook, il fait aussi l’apologie d’Ashraf Na’alwa, le meurtrier de deux Israéliens, qu’il qualifie de“héros” qui s’est “sacrifié” pour la Palestine.

Le BDS condamné

Le mouvement BDS est considéré comme antisémite en Allemagne, comme dans d’autres pays. “Le mouvement BDS (…) est inacceptable et doit être fortement condamné. Les modèles et méthodes d’argumentation du BDS sont antisémites (…) et rallument inévitablement la mémoire de l’ère nazie”, dit une résolution du Parlement allemand votée en mai.

Les députés allemands y font la part des choses entre la critique de la politique de l’État d’Israël – relevant de la liberté d’expression – et une critique masquant un antisémitisme évident, comme les étiquettes du BDS collés sur les produits israéliens où l’on lit “N’achetez pas”, rappelant le slogan nazi “N’achetez pas aux Juifs” peint sur les commerces juifs dans les années 30. “Le Bundestag allemand condamne toutes les déclarations et attaques antisémites déguisées en critiques de la politique de l’État d’Israël, mais qui, en réalité, expriment de la haine envers les Juifs et leur religion”, indique la résolution.

Le BDS est également dénoncé par des législations votées dans 27 États américains, où ses comptes bancaires ont été fermés et ses campagnes sur internet interdites.

L’Europe n’a pas encore pris position. Pourtant, selon un autre rapport du ministère israélien des Affaires stratégiques, datant de janvier 2019, 5 millions d’euros iraient à des organisations soutenant le BDS. Le rapport “The Money Trail”, d’une trentaine de pages, décrypte cette chaîne de financement.

Vincent Georis,  JournalisteSource: L’Echo

Dominique Reynié «Le pire a eu lieu»

Pour le directeur général de la Fondation pour l’innovation politique, Dominique Reynié, si l’arrêté a été annulé, «le pire a eu lieu». «Cet arrêté préfectoral a une valeur historique, insiste-t-il. C’est une décision désastreuse car elle acte l’incapacité de la force publique à protéger nos compatriotes juifs. On leur demande de dissimuler leur judaïsme! Et on identifie même les quartiers où on peut se faire agresser si on est juif! C’est une déclaration d’impuissance et de défaite de l’État face à des groupes qu’il sait animés par des idées antisémites et qu’il sait localiser, comme en témoigne le texte. Par cet aveu, il favorise inévitablement l’expression de cet antisémitisme.»

Strasbourg suite: Croix gammées, saluts nazis et écharpes israëliennes brûlées en marge du match Racing – Haïfa

Vendredi 26 juillet, le groupuscule de supporters d’ultradroite Strasbourg Offender s’est affiché sur Facebook en brûlant des écharpes du club israëlien Maccabi Haïfa. Sur une autre photo, ils font le salut nazi et tendent un drapeau, plein de croix gammées. Par Guillaume Krempp publié le 27/07/2019 à 01h246 615 VISITES 6 COMMENTAIRES actualisé le 27/07/2019 à 11h30 

Cagoules, croix gammées et saluts nazis. Vers midi vendredi 26 juillet, les membres du groupuscule de hooligans d’ultradroite Strasbourg Offender font les fiers sur la page Facebook Ouest Casual Officiel. Ils sont parvenus à voler plusieurs écharpes du club de football israëlien Maccabi Haïfa en marge de la rencontre d’Europa League, disputée le 25 juillet dans le stade de la Meinau. Ce petit jeu consiste parfois en des bagarres à 13 contre 13 entre deux groupes. L’humiliation ultime : voler le drapeau du club rival et l’afficher sur les réseaux. Cette rivalité alimente aussi une autre page du réseau social. Sur Gruppaof, les mêmes deux photos de Strasbourg Offender ont été publiées dans la journée. 

La deuxième photo publiée sur Ouest Casual Officiel et Gruppaof. (capture d’écran)

Indignation autour d’un arrêté

Par arrêté préfectoral du 25 juillet dernier, les supporters israëliens étaient interdits de certaines zones à Strasbourg. Ils ne pouvaient non plus arborer des « signes ostentatoires » de leur club. Cette décision a suscité de vives indignations sur Twitter. Les internautes exprimaient leur incompréhension face à cette mesure, pourtant habituelle dans le football français. Régulièrement, les clubs de supporters en déplacement sont encadrés voire interdits de stade.

Des manifestations antisémites strasbourgeoises

Pour justifier cet arrêté, la Préfecture a notamment rappelé la présence supporters antisémites à Strasbourg :

« Des contacts ont été établis entre supporters violents des deux équipes, dont certains de ceux-ci sont politisés ou identifiés comme étant à l’origine de manifestations d’antisémitisme, et que des rencontres sont susceptibles d’être organisées pour en découdre. »

Rue89 Strasbourg a déjà révélé les liens entre hooligans strasbourgeois et l’ultradroite strasbourgeoiseAinsi des membres du Bastion Social ont pu afficher leur proximité avec le groupe Strasbourg Offender. Le groupuscule du Bastion Social a été dissous fin avril suite à l’annonce présidentielle du 20 février 2019.

L’antisémitisme insécurise les jeunes Juifs européens

Les 16-34 ans jugent qu’il a augmenté entre 2013 et 2018, faisant grandir leurs craintes au quotidien et le désir d’émigrer.

JEAN CHICHIZOLA

ANTISÉMITISME Les jeunes Juifs européens sont confrontés à un antisémitisme croissant. Tel est le constat dressé par un rapport sur les « expériences et perceptions de l’antisémitisme » publié en juillet par la Commission européenne et l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne. Le directeur de l’agence, l’avocat irlandais Michael O’Flaherty, déplore à cette occasion que « l’antisémitisme reste une souillure qui refuse de disparaître ». La commissaire européenne pour la Justice, la Tchèque Vera Jourova, souligne, elle, qu’il s’agit d’« une menace pour nos valeurs européennes ».

Cette enquête, qui confirme les événements observés notamment en France ces dernières années, se fonde sur les réponses d’un échantillon représentatif de plus de 2 700 Européens juifs âgés de 16 à 34 ans. Le rapport rappelle en introduction que, si dans la seconde moitié du XIXe siècle, 90 % de la population juive mondiale vivait sur le continent européen (Empire russe compris), ce chiffre n’est plus que de 10 % aujourd’hui. Sur un peu plus d’un million de Juifs aujourd’hui dans l’Union européenne, la grande majorité vit en France (quelque 500 000), au Royaume-Uni et en Allemagne. Et leur inquiétude grandit.

Plus de quatre jeunes interrogés sur cinq jugent ainsi que l’antisémitisme est un problème dans leur pays et qu’il a même augmenté entre 2013 et 2018. Un peu moins de la moitié (44 %) a été victime d’au moins un acte de harcèlement antisémite (agressions verbales, gestes insultants, harcèlement électronique ou téléphonique…) dans les douze mois précédant l’enquête. Et 4 % ont été la cible d’une agression physique antisémite.

Pour ces sondés, l’islam radical est le premier responsable des attaques. 31 % des jeunes harcelés (et plus de la moitié des agressés physiquement) l’ont été par une personne se réclamant « d’un point de vue islamique extrémiste ». 21 % des harceleurs se réclamaient de l’extrême gauche et 14 % de l’extrême droite.

Menaces 

L’élément le plus inquiétant du rapport tient à la description des conséquences de ces menaces persistantes et croissantes dans la vie quotidienne des jeunes juifs européens. Près de la moitié des jeunes faisant le choix de ne pas « revêtir, porter ou afficher en public des signes et objets distinctifs de leur identité juive » déclarent qu’ils agissent non pour des raisons de conviction personnelle mais « par souci de sécurité ».

Plus des deux tiers des jeunes Juifs qui affichent publiquement leur identité évitent de le faire dans certaines circonstances. Plus d’un jeune Juif sur dix a déménagé pour des raisons de sécurité. Et le rapport note notamment que, « en France, beaucoup de Juifs vivent dans des quartiers marqués par une forte mixité judéo-musulmane. Des tensions récentes ont eu un impact négatif sur le sentiment de sécurité de la population juive dans ces quartiers ».

Dans ces conditions, 41 % des jeunes Juifs européens interrogés ont déjà envisagé d’émigrer, en Israël pour la plupart, « parce qu’ils ne se sentaient pas en sécurité en tant que personne juive ». Le rapport revient sur la situation française, notant « qu’entre 1995 et 2012 », 1 750 Juifs ont quitté le pays en moyenne chaque année. Après les attentats islamistes de 2012 et 2015, continue le rapport, ils ont été 2 900 en 2013, puis plus de 6 000 en 2014 et de nouveau plus de 6 000 en 2015. « Si les chiffres ont baissé depuis lors, note l’étude, ils demeurent très au-dessus du niveau moyen observé dans les années 1990 et 2000. » L’étude précise toutefois que ces émigrants ne représentent sur la période 2012-2018, que 5,5 % de la population juive française. Et que ces données sont très inférieures, et stables depuis des années, au Royaume-Uni ou en Allemagne. Comme un signe d’une sinistre « exception française ».

Le Figaro – samedi 27 juillet 2019

Monsieur Castaner refuse d’interdire les rassemblements du mouvement antisémite BDS

Le gouvernement français rejette officiellement les demandes d’interdiction des rassemblements du mouvement antisémite anti-israélien BDS.

Dans un courrier adressé au député Meyer Habib, en pointe dans la lutte contre l’antisionisme, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, soutien notoire des terroristes palestiniens et des extrémistes du BDS, a justifié ce refus en insistant sur la liberté de manifestation.

Meyer Habib Hier, à 08:56 · INTERDIRE LES MANIFESTATIONS BDS : LETTRE AU PRÉFET – RÉPONSE DU MINISTRE DE L’INTÉRIEUR Le 13 mai, j’ai écrit au Préfet de Police de Paris – avec copie au Ministre de l’intérieur – pour mettre fin à ce scandale persistant : chaque semaine depuis dix ans sont organisées à Paris des manifestations du mouvement illégal BDS. L’appel au boycott est totalement illicite en droit français. Pire, ces rassemblements alimentent jour après jour un climat de haine d’Israël et des Français juifs. Hélas, la réponse ci-jointe du Ministre est courtoise mais se borne à rappeler les principes de la liberté de manifestation. Depuis des années, je me bats sans concession contre le BDS et je continuerai de le faire. Le 16 décembre 2015, j’ai interpellé devant toute l’Assemblée nationale l’ancien premier ministre Manuel Valls lors des questions d’actualité dont voici le lien : https://cutt.ly/nX7mbE . Le 4 juillet dernier encore, j’ai défendu un amendement anti-BDS à la proposition de loi Avia visant à lutter contre la haine sur Internet. En vain, il fût rejeté par le gouvernement et sa majorité. Quand il s’agit de boycott d’Israël, la loi reste lettre morte dans l’indifférence générale. Quel contraste avec l’Allemagne, où le Bundestag a voté le 17 mai dernier à la quasi-unanimité une résolution assimilant l’appel au boycott d’Israël à l’antisémitisme ! L’antisionisme militant – notamment du BDS – n’est que le paravent du nouvel antisémitisme politique. Il continue de vociférer sa haine sous le regard indulgent du gouvernement. Cette haine d’Israël et du Juif tue dans notre pays.

“Quand il s’agit de boycott d’Israël, la loi reste lettre morte dans l’indifférence générale. Quel contraste avec l’Allemagne, où le Bundestag a voté le 17 mai dernier à la quasi-unanimité une résolution assimilant l’appel au boycott d’Israël à l’antisémitisme ! L’antisionisme militant – notamment du BDS – n’est que le paravent du nouvel antisémitisme politique. Il continue de vociférer sa haine sous le regard indulgent du gouvernement. Cette haine d’Israël et du Juif tue dans notre pays”, a dénoncé le député dans un communiqué.

Match Maccabi-Strasbourg. Le BNVCA salue le nouvel arrêté du Préfet qui autorise les supporters du Maccabi à arborer leurs couleurs en ville et dans l’enceinte du stade.

Le BNVCA est heureux d’annoncer à tous ses  requérants que le Directeur du Cabinet du Préfet du Bas  Rhin vient  de prévenir le président du BNVCA Mr. Sammy Ghozlan  que l’arrêté Préfectoral perçu comme discriminatoire à l’égard des supporters israéliens de l’équipe du Maccabi a été remplacé par un nouvel  arrêté permettant à ces supporters d’arborer  leurs  couleurs en ville et dans l’enceinte du stade.

Les supporters israéliens ne sont ni des bandits ni des casseurs.  Ils sont désormais autorisés à se déplacer en ville à charge pour les services de police d’assurer leur sécurité. Le Bnvca salue la sage initiative du Prefet du Bas Rhin de revenir sur sa décision initiale et remercie tous ceux qui nous ont alertés ainsi que ceux qui ont contribué à obtenir ces nouvelles dispositions plus rassurantes pour les citoyens juifs et les nombreux amis d’Israel.      

Bas Rhin : Match Haifa / Strasbourg – Le BNVCA indigné par l’arrêté Préfectoral interdisant les supporters Israéliens de circuler dans certains secteurs de la ville.

Le BNVCA est requis par un grand nombre de correspondants choqués et indignés par l’arrêté pris par le préfet de région grand est à l’occasion du match que joue une équipe de Haïfa à Strasbourg ce jeudi 25 juillet 2019.

La Préfecture du Bas-Rhin a émis ce mercredi un arrêté préfectoral pour encadrer la rencontre. Le document interdit “à toute personne se prévalant de la qualité de supporter du Maccabi Haïfa FC, ou se comportant comme tel, de circuler ou stationner sur la voie publique”, dans certains secteurs de Strasbourg (gare et alentours, une partie du centre-ville et abords du stade).

Cet arrêté doit être immédiatement annulé. Il ose interdire la simple vue de maillots de Haïfa ou du drapeau israélien sous prétexte de risques causés à l’ordre public et à la sécurité des personnes ainsi que de risques de terrorisme. Cette décision inique est l’hommage de la vertu au vice ! Les supporters de Haïfa, au nombre estimé de 600 ne posent bien sûr aucun problème et ceux qui sont à craindre sont uniquement les antisémites et antisionistes de toutes obédiences qui peuvent perturber la fête sportive à venir. Il convient donc au contraire comme le veut l’usage Républicain d’assurer la sécurité des victimes potentielles et leur permettre de vivre au grand jour. Cet arrêté c’est comme si on fermait les synagogues parce que leur présence énerve certains. Pour les synagogues pour l’heure c’est la protection et l’ouverture qui est assurée mais la décision du Préfet du Bas Rhin laisse augurer l’abandon officiel de la défense de toute activité liée aux juifs ou à Israël sous des prétextes d’ordre public. Cet arrêté doit être annulé. 

Cet arrêté est d’autant plus incompréhensible qu’il y a quelques jours seulement, à Strasbourg comme dans tout le pays des supporters algériens (et français par dizaine de milliers) ont manifesté leur fidélité à l’Algérie avec tous les sigles et bannières de l’Algérie et causé de nombreux incidents parfois graves sans encourir la moindre interdiction.

Il y a donc pour le Préfet du Bas Rhin 2 poids 2 mesures : les supporters algériens (dizaine de milliers) oui, les israéliens (600 seulement qui ont eu l’autorisation) non.

Cet arrêté est perçu comme discriminatoire à l’égard des supporters qui ne sont ni des bandits ni des casseurs.

Nous avons alerté toutes les autorités competentes.

Joseph Kessel : A Haïfa, j’ai obtenu le visa d’entrée n°1 de l’Etat d’Israël

Joseph Kessel : A Haïfa, j’ai obtenu le visa d’entrée n°1 de l’Etat d’Israël

Hommage à Joseph Kessel (10 février 1898 – 23 juillet 1979), aviateur, journaliste, écrivain, résistant, auteur des paroles avec son neveu Maurice Druon du Chant des Partisans, académicien, amoureux d’Israël.«

« Les six passagers du ’’Petrel’’, petit avion qu’ils avaient loué à Paris pour essayer d’atteindre la Palestine en ces jours difficiles, écoutaient anxieusement leur pilote appeler en plein ciel le poste de contrôle du terrain de Haïfa. A l’horizon, dans la brume de chaleur, on devinait les neiges du mont Hermon et les lignes de la côte.

« Le pilote serra davantage contre ses oreilles le casque d’écoute, puis tourna vers nous son profil d’oiseau.

« ’’Ordre de se poser à Haïfa’’, dit-il.

« Je regardai mes compagnons de route et je les sentis tous liés par la même inquiétude. C’était à Tel-Aviv que nous voulions atterrir. Tel-Aviv appartenait entièrement aux juifs. Dans Haïfa, zone d’embarquement pour les troupes britanniques, que ferait-on de nous, à qui le visa anglais avait été refusé?

« – Insistez pour Tel-Aviv, demandai-je au pilote.

« Il tourna la tête et dit:

– C’est formel: Haïfa et pas ailleurs.

« Un homme brun, tout en nerfs, qui était assis derrière moi, gémit presque:

« – Avoir attendu cela pendant 2.000 ans et peut-être pour rien…

« Quand l’avion cessa de rouler sur la piste cimentée, trois garçons, en chemise et en short kaki, uniforme de tous les pays  chauds, se dirigent vers nous.

« – D’où venez-vous?, demanda brièvement leur chef.

« Il parlait anglais, mais avec un accent.

Alors, l’homme brun tout en nerfs se mit à lui donner des explications, très vite, dans une langue aux syllabes singulières, et le visage de l’autre s’éclaira profondément. Et il répondit dans la même langue. Notre camarade de route, passant de l’hébreu au français, s’écria alors:

« – Ce sont des juifs! Les Anglais leur ont cédé ce matin le contrôle civil de l’aérodrome. Notre avion est le premier à toucher le sol de la Palestine libre, de l’Etat d’Israël, et nous sommes les premiers passagers…

« Les premiers: ces mots, qu’il prononçait avec un frémissement religieux, semblaient inscrits tout autour de nous, sur les visages, dans les yeux, dans l’attitude des gens. Le premier contrôle, la première police, la première douane de l’Etat d’Israël. En uniforme ou en civil, tous ces hommes portaient sur eux une joie grave, l’expression éblouie des grands commencements.

« Leur émotion passa un peu en moi lorsque le garçon, jeune, roux et rude, apposa sur mon passeport, en caractères hébraïques et avec un timide et tendre sourire, le visa d’entrée de l’Etat millénaire qui venait d’être ressuscité, et me dit:

« – Vous en avez de la chance! C’est le visa numéro 1 de notre pays.

« Puis des voitures furent appelées de Haïfa pour nous conduire à Tel-Aviv. (…) » 

Source France-Soirg

La « Mort Lente » des Palestiniens du Liban

par Khaled Abu Toameh
24 juillet 2019
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P
  • Les mesures prises par les autorités libanaises à l’encontre des Palestiniens mettent à nouveau en lumière les discriminations qui pèsent sur les Palestiniens dans ce pays arabe. Une dépêche d’Associated Press de 2017 affirmait que, « au Liban, les Palestiniens sont discriminés dans presque tous les aspects de la vie quotidienne … ». La loi libanaise empêche les Palestiniens d’accéder à diverses professions, comme le droit, la médecine et les métiers d’ingénieurs. Ils n’ont pas droit aux prestations de sécurité sociale, et en 2001, le parlement libanais a voté une loi qui bloque leur accès à la propriété.
  • Les discriminations et mesures racistes instituées par le Liban à l’encontre des Palestiniens n’émeuvent guère les propalestiniens du monde entier. Ces mouvements ferment les yeux sur la ségrégation des Palestiniens en pays arabe. En revanche, ils scrutent Israël à la loupe pour rechercher des abus imaginaires contre les Palestiniens.
  • Il serait temps que les propalestiniens des campus universitaires des États-Unis, du Canada, de Grande-Bretagne et d’Australie organisent une « Semaine de l’apartheid arabe » au lieu d’accuser Israël de « discrimination » contre les Palestiniens. Il serait également grand temps que les médias internationaux réalisent que les mesures anti-palestiniennes prises au Liban se produisent à un moment où Israël augmente le nombre de travailleurs palestiniens autorisés à travailler en Israël.

Plus de 100 000 Palestiniens de Cisjordanie sont titulaires d’un permis de travail en Israël, affirment de manière concordante des sources palestiniennes et israéliennes. Les mêmes sources confirment que des milliers de Palestiniens entrent, tous les jours, en Israël sans autorisation.

Les mesures discriminatoires et racistes libanaises à l’encontre des Palestiniens ne semblent pas déranger les propalestiniens du monde entier. Ces mouvements ferment les yeux sur l’angoisse des Palestiniens qui vivent dans les pays arabes et focalisent leurs efforts sur les abus imaginaires que les Israéliens ont commis contre les Palestiniens. Photo : Burj Barajneh, un camp de réfugiés palestiniens au Liban administré par l’UNRWA. (Source image : Al Jazeera English / Flickr CC BY-SA 2.0)

Le 15 juillet, selon une estimation du ministère israélien de la Défense, plus de 80 000le travailleurs palestiniens sont entrés en Israël.

Dans le cadre des négociations menées pour aboutir à une trêve avec le Hamas, Israël aurait accepté que le quota de commerçants et de chefs d’entreprises palestiniens autorisés à entrer en Israël en provenance de la bande de Gaza passe de 3 500 à 5 000.

Des fuites dans la presse indiquent que cette ultime concession israélienne a été arrachée par l’Egypte et les Nations Unies afin d’éviter un affrontement militaire à grande échelle entre Israël et le Hamas.

Alors qu’Israël augmente constamment le nombre de permis de travail accordés aux Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, le Liban a au contraire lancé une chasse sans précédent aux travailleurs clandestins, déclenchant ainsi une vague de manifestations parmi les Palestiniens installés au Liban.

Les autorités libanaises expliquent que leur chasse aux clandestins vise principalement les Syriens arrivés au Liban en 2011, après le début de la guerre civile. Cette campagne contre les travailleurs illégaux a abouti à la fermeture de plusieurs entreprises, et de nombreux travailleurs palestiniens et syriens ont perdu leur emploi.

Le ministre libanais du Travail, Kamil Abu Sulieman, s’est défendu d’avoir « comploté » contre les 450 000 Palestiniens qui peuplent son pays. « Le plan de lutte contre le travail illégal a été préparé il y a plusieurs mois et ne vise pas les Palestiniens », a déclaré Abou Sulieman. « Il existe une loi sur le travail au Liban et nous avons décidé de l’appliquer. Nous avons informé les travailleurs clandestins et les entreprises qui les emploient qu’ils allaient devoir se mettre en règle ».

Le ministre libanais a toutefois reconnu que la lutte contre le travail clandestin avait amené un certain nombre d’entreprises palestiniennes à fermer leurs portes.

Les Palestiniens ont contesté les propos du ministre et ont manifesté leur mécontentement dans différentes parties du Liban. Des pneus ont été brûlés à l’entrée de plusieurs camps de réfugiés et des mouvements palestiniens ainsi que des responsables palestiniens, ont demandé aux autorités libanaises de mettre fin à la campagne qu’ils mènent contre les chefs d’entreprise et les travailleurs palestiniens.

« Les nouvelles dispositions libanaises font du tort aux Palestiniens », a déclaréAli Faisal, membre du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP), une organisation membre de l’OLP. Il a vivement conseillé aux autorités libanaises de mettre fin à leurs dispositions anti-palestiniennes et a rappelé que les Palestiniens contribuent à la croissance économique du Liban à hauteur de 11% au moins.

Ce responsable du FDLP a aussi rappelé que la loi libanaise empêche les Palestiniens d’exercer les métiers du droit, de la médecine et de l’ingénierie ; la loi les empêche aussi de percevoir des prestations de sécurité sociale. En 2001, le parlement libanais a aussi adopté une loi excluant les Palestiniens de l’accès à la propriété immobilière.

Certains médias arabes considèrent les manifestations palestiniennes au Liban comme le début d’une “Intifada” [soulèvement]. La colère est d’autant plus grande que les autorités libanaises délivrent les permis de travail avec réticence.

« Le taux de chômage des Palestiniens au Liban est très élevé », a déclarél’homme d’affaires palestinien Ziad Aref, et « nous devons avoir le droit de travailler. La nouvelle campagne des autorités libanaises pousse des milliers de Palestiniens au chômage et aggrave la crise financière. »

Aref situe le taux de chômage des Palestiniens du Liban aux environs de 56%. Il a aussi pris à partie les dirigeants palestiniens coupables à ses yeux d’indifférence envers la détresse des travailleurs et entrepreneurs palestiniens de la région.

Les dirigeants palestiniens de Cisjordanie, de la bande de Gaza et du Liban affirment multiplier les contacts avec les autorités libanaises dans le but de faire cesser le harcèlement économique des Palestiniens et aboutir à un arrangement.

Azzam al-Ahmed, haut responsable de l’OLP en charge du dossier des « Palestiniens du Liban », a exprimé la profonde inquiétude que lui causait la campagne menée contre les travailleurs étrangers illégaux. Il a affirmé avoir tenté, à plusieurs reprises, d’infléchir les responsables libanais.

Le Hamas aussi, a accusé les autorités libanaises d’orchestrer la « mort lente » des Palestiniens du Liban. Un communiqué du Hamas affirme que la campagne libanaise contre les travailleurs et les entreprises illégales relève d’un « complot pour liquider les droits des réfugiés palestiniens. Nous refusons qu’une quelconque menace pèse sur la vie et l’avenir des réfugiés palestiniens au Liban et nous ferons échec à cette politique de mort lente. »

Ces évènements braquent à nouveau le projecteur sur les politiques ouvertement discriminatoires du Liban contre les Palestiniens. Selon une dépêche d’Associated Press de 2017, « les Palestiniens du Liban sont discriminés dans presque tous les aspects de la vie quotidienne … Beaucoup vivent dans des zones de peuplement dites « camps de réfugiés », mais qui sont en réalité d’authentiques ghettos placés sous contrôle militaire et entourés de murs de béton et de barbelés ».

« Les discriminations et la marginalisation [qui frappent les Palestiniens] sont amplifiées par les barrières mises à l’entrée sur le marché du travail, lesquelles génèrent un taux de chômage élevé, des bas salaires et de mauvaises conditions de travail » indique un rapport de l’ONU. « Jusqu’en 2005, plus de 70 professions étaient interdites aux Palestiniens – et 20 branches professionnelles le sont encore. La pauvreté qui en résulte est exacerbée par diverses restrictions qui touchent à l’éducation et aux services sociaux ».

Les mesures discriminatoires et racistes prises à l’encontre des Palestiniens du Liban semblent laisser de marbre les propalestiniens du monde entier. Ces mouvements détournent systématiquement leur regard des tristes conditions de vie faites aux Palestiniens dans les pays arabes ; tous préfèrent scruter interminablement les abus imaginaires commis par les Israéliens contre les Palestiniens.

Il serait temps que les propalestiniens des campus universitaires des États-Unis, du Canada, de Grande-Bretagne et d’Australie organisent une « Semaine de l’apartheid arabe » plutôt que de se consacrer exclusivement aux « discriminations » commises par Israël. Il serait temps également que les médias internationaux comparent les mesures anti-palestiniennes du Liban et la récente augmentation par Israël des visas de travail accordés aux travailleurs palestiniens.

Qui peut répondre à la question suivante : pourquoi l’ONU et les autres institutions internationales gardent-elles le silence quand des Palestiniens sont exclus du monde du travail dans un pays arabe alors que plus de 100 000 Palestiniens franchissent quotidiennement la frontière israélienne pour y travailler ? La Ligue arabe ou le Conseil de sécurité des Nations Unies se réuniront-ils un jour en urgence pour dénoncer l’apartheid et le racisme libanais ? A moins qu’ils ne soient trop occupés à rédiger des résolutions condamnant Israël, un pays qui lui, a largement ouvert ses portes aux travailleurs palestiniens ?

Khaled Abu Toameh, journaliste primé basé à Jérusalem, est Shillman Journalism Fellow au Gatestone Institute.

Goldnadel: «L’étrange indulgence des Européens envers l’Iran»

TRIBUNE – Le Figaro Vox –

L’avocat Gilles-William Goldnadel déplore que la classe médiatique et politique soit plus sévère avec Trump qu’avec les mollahs. Il rappelle que le régime de Téhéran, loin d’être modéré, reste très répressif pour les femmes et les minorités.

Le point de vue qui suit est très minoritaire. C’est même sa raison d’être.

Il soutient que dans le bras de fer entre le président Trump et l’ayatollah Khamenei, la classe politique et médiatique européenne, avec sa supériorité habituelle teintée d’un antioccidentalisme inconscient, fait montre d’une sévérité à l’égard de la partie américaine qui n’a d’égale que son absence totale d’esprit critique à l’égard de la République islamique.

Nous ne considérons pas comme central le débat sur la sortie des Américains de l’accord nucléaire avec l’Iran. Tout a été écrit sur le sujet et assez correctement.

L’accord conclu avait ses faiblesses (durée trop limitée, inspections inopinées prohibées), mais il avait le mérite d’exister. Les Américains d’Obama tenaient à le signer en dépit d’une résistance des Français, qui s’y sont résignés.

«Les esprits supérieurs qui continuent de sévir l’ont vendu aux réticents en édictant le postulat indiscutable que les mollahs radicaux deviendraient des agneaux, une fois le traité signé»Gilles-William Goldnadel 

Sauf que ce qui ne faisait pas partie du deal nucléaire était aussi important que celui-ci. Les esprits supérieurs qui continuent de sévir l’ont vendu aux réticents en édictant le postulat indiscutable que les mollahs radicaux deviendraient des agneaux, une fois le traité signé.

Or c’est très exactement l’inverse de ce à quoi nous avons assisté.

Dans le domaine fondamental des armes balistiques, en violant la résolution 2231 du CSNU, les islamistes iraniens se sont surpassés pour avoir le bras long à l’égard de leurs cibles futures.

L’ONU comme l’Occident sont restés cois.

Sur les droits de l’homme, l’organisation Amnesty International, pourtant peu suspecte de tropismes pro-occidentaux, a baptisé l’année 2018 en Iran «année de la honte». Elle a stigmatisé «une répression effroyable de la dissidence avec plus de 7 000 personnes arrêtées».

Sans aucuns échos internationaux, Amnesty notait que «l’Iran a aussi intensifié sa répression discriminatoire contre des minorités religieuses et ethniques en arrêtant et en emprisonnant arbitrairement des centaines de personnes».

» LIRE AUSSI – Goldnadel: «En Iran, la France préfère avoir tort avec Obama que raison avec Trump» 

Sur les droits des femmes, ma consœur, la merveilleuse Nasrin Sotoudeh, a de nouveau été arrêtée et condamnée le 11 mars 2019 à dix ans d’incarcération supplémentaires et à 148 coups de fouet pour «incitation à la débauche». Tout cela pour avoir défendu des femmes qui refusaient de porter le voile. Il serait excessif de soutenir que les néoféministes occidentales ont fait montre, en la circonstance, de leur ordinaire alacrité lorsqu’il s’agit de fustiger le mâle européen.

«Dans le cadre international, loin de réduire à quia les interventions belliqueuses des mollahs, l’accord nucléaire les aura au contraire galvanisés»Gilles-William Goldnadel 

Dans le cadre international, loin de réduire à quia les interventions belliqueuses des mollahs, l’accord nucléaire les aura au contraire galvanisés: au Yémen, en Irak et surtout en Syrie, ils construisent des bases militaires avec leur supplétif, le Hezbollah, classé officiellement organisation terroriste.

Précisément, dans le domaine du terrorisme international, on constate que le régime de Téhéran n’a rien perdu de son activisme. Pour ne prendre qu’un seul exemple, il y a un an, l’Allemagne a arrêté un diplomate iranien qui avait personnellement remis des explosifs à des terroristes en vue de les utiliser contre le rassemblement annuel des Moudjahidins du peuple iranien à Villepinte.

On ne peut pas dire que la réaction médiatique ou politique française à une tentative d’attentat commis sur le sol français ait été d’une virulence extrême.

Pour terminer, qu’on m’autorise une observation personnelle: j’imagine d’avance certains expliquer notamment ma prise de position en raison d’un soutien à Israël aussi assumé que notoire.

Et ils auront parfaitement raison. Je reconnais bien volontiers que le fait que le régime de Téhéran inscrive sur ses missiles: «Israël sera détruit» ne me persuade pas davantage de ses intentions pacifiques. Et je vois dans l’indifférence européenne à ce sujet crucial une attitude dont j’ai peine à faire le départ entre la lâche démission et l’abandon d’un État juif et d’une démocratie occidentale.

Pour autant que les deux choses ne soient pas complémentaires.

«Je vois dans l’indifférence européenne à ce sujet crucial une attitude dont j’ai peine à faire le départ entre la lâche démission et l’abandon d’un État juif et d’une démocratie occidentale»Gilles-William Goldnadel 

Au-delà de la question israélienne, mais dans un domaine très voisin, je signale à l’opinion décidément assoupie qu’il y a quelques jours, le 18 juillet, l’Argentine du président Macri a désigné le Hezbollah pro-iranien comme responsable de l’attentat contre le centre communautaire juif Amia de Buenos Aires, qui avait fait 85 morts. Un ministre iranien est visé par un mandat d’arrêt international. Le procureur Nisman chargé des poursuites a été assassiné. L’ex-présidente Kirchner, qui a voulu régler amiablement l’affaire avec Téhéran, a été poursuivie en justice. Mais qui s’en soucie?

Lorsque je déplore cette lacune ornithologique de ne voir planer les «faucons» que dans le ciel de Washington et non de Téhéran, cette maladresse linguistique de désigner Trump comme un mégalomane imprévisible mais de qualifier constamment Rohani de président «modéré», cette erreur stratégique de ne réclamer des accommodements qu’au premier mais aucun renoncement au second, est-ce que j’exagère inconsidérément?

Je tiens à conclure en précisant inutilement que je ne confonds en rien le merveilleux peuple persan avec ses dictateurs en turban.

Son dernier ouvrage, «Névroses médiatiques. Le monde est devenu une foule déchaînée», est paru chez Plon.

Gérard Garouste expose à Chambon-sur-Lignon, village de Justes

L’artiste, habitué aux grands musées et galeries à travers le monde, rend ainsi hommage aux Justes de la commune, qui ont sauvé environ 5 000 Juifs pendant la guerre

Par TIMES OF ISRAEL STAFF21 juillet 2019, 18:14  0

L'une des toiles de Gérard Garouste exposées tout l'été au village de Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire. (Crédits photo : Capture d’écran France 3)

L’une des toiles de Gérard Garouste exposées tout l’été au village de Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire. (Crédits photo : Capture d’écran France 3)

Gérard Garouste est parmi les artistes contemporains français les plus cotés. Habitué aux grands musées et galeries à travers le monde, il fait pourtant escale cet été et jusqu’au 29 septembre au Lieu de Mémoire du village de Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire, situé entre Le Puy-en-Velay et Valence.

Les peintures de Garouste, essentiellement figuratives, font souvent référence à la Bible – qu’il a étudiée parallèlement à l’apprentissage de l’hébreu aux côtés des rabbins Marc-Alain Ouaknin et Philippe Haddad – mais également à l’horreur de la Shoah.

L’artiste a réalisé une œuvre à l’occasion de l’exposition, baptisée « Le Sablier ou l’âkédat d’Yitshak ».R

Fils d’Henri Auguste Garouste, antisémite et pétainiste convaincu, coupable de spoliations pendant la guerre, Gérard Garouste a étudié à l’École nationale supérieure des beaux-arts. Il s’est converti au judaïsme. L’artiste a découvert la région du Chambon en septembre dernier et s’est intéressé à « l’école des Prophètes », groupe d’intellectuels juifs français réfugiés ici durant la Seconde Guerre mondiale.

La commune – dont les habitants ont sauvé environ 5 000 Juifs pendant la guerre – a notamment caché le futur mathématicien Alexandre Grothendieck et l’écrivain André Chouraqui. C’est également là qu’est venu Albert Camus en 1942-1943 pour y faire soigner sa tuberculose. Il y a écrit le livre Le Malentendu et travaillé sur La Peste et L’Homme révolté.

Gérard Garouste, en 2018. (Crédits photo : Dezarts / Wikimedia / CC BY-SA 4.0)

Le lieu de mémoire où a lieu l’exposition de Gérard Garouste et commémorant l’acte d’héroïsme des habitants de l’époque a été inauguré en 2013.

Par l’évènement, Gérard Garouste entend faire passer un message, a-t-il expliqué à France Info : « Cette exposition s’adresse à l’Europe. Cette montée de l’extrême droite, ce populisme que l’on revoit partout, est à l’opposé de ce qu’il s’est passé au Chambon. Il faut résister. »

Une plaque commémorative du sauvetage des Juifs dans le village de Chambon-sur-Lignon. (Crédit photo : Wikipédia / CC BY-SA 4.0)

Chambon-sur-Lignon, surnommée la « montagne-refuge » par les historiens, est l’une des deux seules communes à avoir reçu collectivement en 1990 du gouvernement israélien le titre de « Juste parmi les nations » – avec celle de Nieuwlande, aux Pays-Bas. En mai dernier, elle a d’ailleurs accueilli les troisièmes « Journées des Justes », organisées par la LICRA.

Depuis 1990, le mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, rend hommage à la région du Chambon avec un jardin et une stèle.

Depuis 2006, Chambon-sur-Lignon est jumelée avec la commune de Meitar, située au nord-est de Beer Sheva, en Israël.

Le BNVCA salue l’action de la Police du 93 qui a identifié et interpellé l’un des auteurs d’une agression antisémite d’un chauffeur VTC commise à Clichy Sous-Bois.

Le BNVCA salue avec satisfaction l’action de la police de Seine Saint Denis qui a pu identifier et interpeller des auteurs de l’agression antisémite commise à Clichy Sous-Bois dans la nuit du 22 au 23 mai 2019 contre un chauffeur VTC auquel ils ont tendu un

guet-apens puis battu, frappé, grièvement blessé, dépouillé et abandonné sur la voie publique après lui avoir volé son véhicule.

Ils s’étaient acharnés sur lui après avoir découvert son prénom juif « ISRAEL ». 

10 jours d’ITT avaient été prescrits à la victime qui avait déposé plainte 

Le BNVCA s’est constitué partie civile.

Nous attendons que tous les auteurs de cette ignoble attaque, aggravée d’antisémitisme soient identifiés, interpellés et mis à la disposition de la justice pour que leur soient infligées des peines exemplaires et dissuasives, en dépit de leur éventuelle minorité pénale. 

Le BNVCA avait alors dénoncé cette agression et constaté “que le cliché du juif et de l’argent persiste et pollue les mentalités des antisémites infectés par ce virus de la haine du Juif ».

Nous apprenons de surcroît que l’un des adolescents interpellé par la police et placé en détention serait aussi soupçonné d’avoir participé à une extorsion de fonds avec menace d’une arme en février 2019 à l’encontre de trois jeunes filles. Une affaire dans laquelle neuf personnes sont mises en cause.

Le BNVCA a chargé son conseil Maitre Charles Baccouche de réclamer des sanctions pénales et administratives très sévères lors des audiences qui interviendront après les enquêtes de police

Renaud Girard: «Le cancer islamiste s’incruste dans le monde»

Par Renaud Girard 

CHRONIQUE – Depuis 2001, le cancer islamiste a plus progressé que régressé dans le monde. La contre-offensive occidentale a globalement échoué.

Presque une génération a passé depuis les attentats islamistes du 11 septembre 2001 à New York et Washington. À l’époque, du fait d’un nombre comparable de victimes américaines, les analystes du monde entier avaient comparé cette attaque à celle du 7 décembre 1941 à Pearl Harbor. Mais il fallut moins de quatre ans aux États-Unis pour détruire la menace nippone, et quelques années de plus pour transformer l’Archipel en allié stratégique en Asie, ce qu’il demeure aujourd’hui. Contrairement à leurs lointains prédécesseurs japonais, les kamikazes du 11 Septembre n’avaient pas d’État à défendre, seulement une idéologie à répandre. Force est de reconnaître que, malgré les moyens gigantesques mis par l’Amérique de George Bush dans sa contre-offensive, ces djihadistes, pour la plupart saoudiens, n’ont pas échoué dans leur opération de propagande. Depuis 2001, le cancer islamiste a plus progressé que régressé dans le monde. La contre-offensive occidentale a globalement échoué.

En Afghanistan, les Américains cherchent par tous les moyens une sortie «honorable», où le pays serait en fait remis, après un délai de décence, aux mains des talibans. Au Pakistan, pays dont les élites sont souvent formées aux États-Unis, il a fallu neuf ans au système judiciaire pour innocenter la mère de famille chrétienne Asia Bibi, accusée à tort, en 2010, d’avoir «insulté» Mahomet. 

Au Moyen-Orient, région de naissance et d’expansion du christianisme six siècles avant l’islam, les communautés chrétiennes n’ont jamais été autant menacées par l’intolérance musulmane

En Indonésie, le modèle de tolérance religieuse hérité des pères de l’indépendance est en train de s’effondrer. À Sumatra, dans la province d’Aceh, la charia est entrée en application. À Jakarta, l’ascension politique du très populaire Ahok (un chrétien) a été arrêtée net par une condamnation d’offense à l’islam (nullement avérée). Dans tout le pays, le nombre d’attaques contre les lieux de culte chrétiens connaît une croissance exponentielle.

Le cancer islamiste s’est propagé vers l’île de Mindanao, dans le sud de l’archipel des Philippines. Financés par l’Arabie saoudite et formés par les islamistes indonésiens, les islamistes philippins rêvent d’installer un califat sur l’île, avec pour capitale la ville de Marawi, qu’ils ont un moment investie (en 2017), non sans avoir égorgé nombre de civils chrétiens.

Au Moyen-Orient, région de naissance et d’expansion du christianisme six siècles avant l’islam, les communautés chrétiennes n’ont jamais été autant menacées par l’intolérance musulmane. Partout, que ce soit en Irak, en Syrie ou en Égypte, ces communautés rétrécissent (à l’exception notable du Kurdistan irakien, où l’actuelle administration Barzani a réussi à instaurer un vivre-ensemble entre ses différentes communautés religieuses). En mars 2003, le très chrétien George Bush a ordonné l’invasion de l’Irak baasiste, avant de confier sa vision d’un «Grand Moyen-Orient démocratique». Le chaos qui a suivi n’a pas accouché d’une démocratie ; il a seulement incité les chrétiens, victimes d’un nombre croissant d’agressions de leurs voisins musulmans, à fuir en grand nombre.

Le cancer islamiste trouve parfois d’infranchissables obstacles à sa propagation. La montagne libanaise en est un, car chacun sait que les chrétiens maronites n’ont pas peur de se battre pour défendre leur foi et leur liberté. Mais, en Afrique noire, le cancer islamiste progresse à pas de géant, sans que les gouvernements locaux aient trouvé le moyen de l’enrayer. Qui aurait pu imaginer il y a vingt ans que des prêtres burkinabés finiraient assassinés dans leurs églises?

Le cancer islamiste survit à tous les changements de latitude. En Europe, il s’incruste au sein de la jeunesse issue de l’immigration musulmane, alors même qu’elle est passée par un enseignement laïque, obligatoire et gratuit, censé prêcher la tolérance et le doute méthodique. 

L’islam a désespérément besoin d’une réforme, qui rétablisse l’ijtihâd (la faculté d’interpréter les textes sacrés fondateurs) et l’ouverture à la science

Réfugiée en Allemagne, une ex-esclave yazidie de Daech s’est retrouvée, un jour d’août 2018, nez à nez à Stuttgart avec son ancien tortionnaire de Mossoul, qui avait décidé de profiter de la générosité de Mme Merkel pour y faire une demande d’asile. Il n’avait renoncé ni à sa barbe, ni à son idéologie. Loin d’afficher le moindre remords, il jeta à la jeune fille: «Je suis Abou Humam et tu étais avec moi pendant un moment à Mossoul. Et je sais où tu vis, avec qui tu vis et ce que tu fais!» Effrayée par le laxisme migratoire de l’Allemagne, la jeune fille yazidie décida de fuir le pays.

Quelles sont les origines de ce cancer islamiste, dont les premières victimes sont les pays musulmans eux-mêmes? Il y a le mélange explosif entre le wahhabisme saoudien et l’argent du pétrole. Il y a l’ineptie de la politique américaine au Moyen-Orient, depuis le pacte du Quincy (février 1945 entre Roosevelt et Ibn Saoud), jusqu’aux guerres du Golfe (bientôt une quatrième?). Il y a surtout, sur des masses ignorantes et politiquement frustrées, la force d’attraction d’une idéologie simplificatrice et normative. Avec le mouvement des Frères musulmans (né en 1928 en Égypte), l’islam a connu sa réforme. Mais ce fut une réforme régressive, fondée sur le mythe de l’âge d’or des quatre premiers califes «bien guidés» (qui fut en réalité une époque extrêmement violente).

L’islam a désespérément besoin d’une réforme, qui rétablisse l’ijtihâd (la faculté d’interpréter les textes sacrés fondateurs) et l’ouverture à la science. Mais cette réforme ne pourra jamais être imposée de l’extérieur. Elle ne pourra jaillir que des musulmans eux-mêmes.

Zineb El Rahzoui : pourquoi la loi Avia est une faute

Pour la journaliste menacée en permanence, la loi défendue par Laetitia Avia, qui cible les injures et propos haineux, garantit l’impunité à leurs auteurs.

par Zineb el RhazouiPublié le 17/07/2019 à 15:00 | Le Point

Voilà des années que les atteintes à ma vie privée, menaces de mort, de viol, intimidations, diffamations et insultes racistes venant de personnes portant des noms qui ressemblent au mien sont mon lot quotidien. Cyberactiviste depuis 2009, journaliste à Charlie Hebdo depuis 2011, athée prosélyte avant l’avènement d’Internet, défenseuse de la laïcité depuis toujours et condamnée à mort par fatwa depuis 2015, j’ai l’habitude d’être traînée dans la boue dans plusieurs langues, à la chaîne, de façon régulière et cyclique, par des personnes physiques ou des robots-trolls, par Daech, par une petite frappe anonyme derrière son ordinateur ou par des islamistes militants qui voient en moi l’incarnation du mal. 

Peu de temps après les attentats de Charlie Hebdo, deux hashtags en langue arabe, diffusés sur Twitter et Facebook par des profils nommés Justicier du Califat ou encore Lion de Raqqa, ont appelé les « loups solitaires » parisiens à me localiser et à me « tuer pour venger le Prophète ». Partagés plusieurs milliers de fois, ces contenus ont expliqué – textes islamiques à l’appui – pourquoi il était dorénavant obligatoire pour tout musulman de me tuer et ont surtout détaillé la façon de s’y prendre : à défaut d’une balle ou d’une bombe, il fallait me trancher la gorge, m’isoler et me broyer la tête avec de grosses pierres, me brûler ou incendier ma maison. Depuis, je vis sous protection policière, ma vie d’avant, libre et insouciante, a été brisée en mille morceaux, sans doute à jamais. 

Les athées, parents pauvres de la loi Avia. Ce n’est qu’en juillet 2019 qu’une personne, Sami Benkhedim, a répondu pour la première fois d’un acte de menace envers moi devant un juge. C’est dire si j’avais accueilli l’annonce d’une loi contre la cyberhaine avec enthousiasme. Le parcours du combattant pour porter plainte, les sommes avancées en constats d’huissier et en frais d’avocat pour des résultats incertains, l’impunité, tout cela, je l’avais connu et je continue à en pâtir. Mais, à la lecture de la première mouture de la proposition de loi Avia de lutte contre la cyberhaine, panique. De victime je devenais coupable puisque la députée proposait de criminaliser l’« islamophobie », cette même accusation infondée juridiquement et qui a coûté la vie à l’équipe de Charlie Hebdo et à tant d’autres personnes à travers le monde. Quoi de plus normal lorsque l’on sait que l’un des rédacteurs du projet de loi est l’entrepreneur numérique Karim Amellal, qui déclarait en juin 2018 qu’il souhaitait que « toutes les expressions haineuses envers les religions soient punies » ? Loin de lui l’idée d’entendre les apostats de l’islam, catégorie de la population française particulièrement ciblée par la haine islamique, il a plutôt choisi d’auditionner le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), officine communautaire qui livre un combat à grands frais judiciaires pour introduire le délit de blasphème dans la loi française et faire des Français de confession musulmane une catégorie biologique. Si la députée Laetitia Avia est revenue sur le terme « islamophobie » après la levée de boucliers suscitée par la publication de sa proposition de loi pour le remplacer par « haine antimusulmans », elle a tout de même continué à l’utiliser dans une vidéo publiée ultérieurement, faisant de l’islam la seule opinion philosophique protégée par son texte. Défendre l’universalisme, la laïcité, le féminisme ou l’athéisme sur les réseaux sociaux, les identitaires musulmans appellent cela de la « haine ». La députée Laetitia Avia les a malheureusement crus sur parole. 

Militante de la liberté

19 janvier 1982 Naissance à Casablanca. 

2008-2009 Reportrice de guerre à Gaza. 

2009 Milite au Maroc pour les droits des femmes et l’instauration d’un Etat laïque. Elle est ciblée par une première fatwa après avoir organisé un pique-nique en plein mois de jeûne. 

2011 Premiers articles pour Charlie Hebdo.

Au-delà de ce grand malentendu autour de ce qu’est la cyberhaine et de la qualité de ses auteurs, les mesures proposées par la députée dans son texte, malheureusement voté à l’assemblée par 434 voix pour, 33 contre et 69 abstentions, risquent d’aggraver à la fois la censure algorithmique et l’impunité des haters

La mesure phare de la loi Avia, c’est de contraindre les réseaux sociaux ou autres opérateurs de plateformes à fort trafic à supprimer les contenus haineux dans un délai maximal de vingt-quatre heures après notification, sous peine d’amende. Si la suppression urgente des contenus apparaît pertinente dans les cas de divulgation de données personnelles – comme cela a été le cas récemment lorsque le militant LFI Taha Bouhafs a divulgué l’adresse de la chroniqueuse Zohra Bitan dans l’intention de lui nuire–, les dispositions de la loi risquent surtout d’abonder dans le sens des trolls à l’heure où l’effet de meute des signalements abusifs suffit à faire suspendre les comptes d’honnêtes activistes n’ayant commis aucune infraction. Pis encore, les réseaux sociaux qu’aucune loi ne pénalise lorsqu’ils pratiquent la censure abusive – comme Twitter, qui censure la critique de la théorie queer, ou Facebook, qui censure « L’origine du monde », de Gustave Courbet – préféreront faire dans la censure préventive plutôt qu’encourir une amende. La loi Avia propose ainsi de sous-traiter la censure, jusque-là prérogative du pouvoir judiciaire en France, à des entreprises privées, étrangères de surcroît. Privatisation de la censure. 

Privatisation de la censure. Mais le problème majeur de la loi Avia, c’est qu’elle est la meilleure alliée de l’impunité. En effet, si les contenus haineux disparaissent en moins de vingt-quatre heures, comment les victimes pourraient-elles procéder à leur référencement – un travail qui prend parfois plusieurs jours et, surtout, comment la police pourrait-elle remonter à leurs auteurs ? La loi Avia n’est ni plus ni moins que de l’effacement de preuves, de l’« invisibilisation » de la haine. Je ne veux pas que les propos de ceux qui me menacent disparaissent sans laisser de traces, je veux plutôt qu’ils soient retrouvés et jugés. Mais de la seule mesure que nous, victimes de cyberhaine, attendions de cette loi, à savoir la levée de l’anonymat des auteurs de propos haineux sur demande du juge et des sanctions pénales à la hauteur de leurs forfaits, la loi Avia ne dit strictement rien. Philosophiquement discriminatoire, techniquement inapplicable, elle privatise et déshumanise la censure, dépossède les victimes de leur droit d’ester en justice et garantit un océan d’impunité aux auteurs §

STUPEUR ET INDIGNATION AGRESSION FAMILLE PINTO A LIVRY-GARGAN EN 2017


Le BNVCA apprend avec stupeur et indignation que le juge d’instruction après une longue enquête ne retiendrait pas le caractère antisémite de l’odieuse agression dont a été victime en 2017 la famille Pinto à Livry-Gargan.

Il ressort manifestement que la famille Pinto a été rouée de coups pour qu’elle avoue ou serait caché son argent puisque pour les agresseurs il suffit d’être juif pour être riche.

Le BNVCA rappelle que le nombre d’agressions et parfois d’assassinats sont commis par des voyous convaincus de leur impunité pour frapper des personnes juives ou sensées être juives pour les démunir de leur supposée fortune.

Il suffit de rappeler Ilan Halimi torturé et assassiné par des barbares pour extorquer à sa famille des sommes considérables qu’elle n’avait jamais eues.

En dépit des engagements des autorités au plus haut sommet de l’état : le Président de la République, le Premier Ministre, le Ministre de l’Intérieur, Madame la Ministre de la Justice, de réprimer sévèrement les actes antisémites qui se multiplient dans notre pays la situation va en empirant.

Après l’assassinat de Sarah Halimi, c’est l’affaire de l’agression de la famille Pinto.

Encore une fois nous constatons et déplorons que certains magistrats s’efforcent d’éviter de qualifier antisémites les agressions commises contre les juifs

Le BNVCA attend de la chancellerie et des parquets qu’ils instruisent avec la plus grande rigueur les crimes commis en raison de la race de la religion de l’ethnie ou de la nationalité des victimes et retiennent en tant que de besoin le caractère antisémite.

L’histoire marquera d’une pierre noire ces dénis.

Le BNVCA qui salue la prochaine inauguration de la Place Jérusalem le 30/6/10 par la Maire de Paris, demande au Préfet de Police d’interdire et réprimer toute manifestation hostile.

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme, accueille avec joie et une grande satisfaction la décision de Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris et de son Conseil Municipal, de baptiser « JERUSALEM » une esplanade parisienne du 17eme arrondissement de Paris, le 30 juin 2019, en dépit des oppositions des communistes et écologistes toujours “palestinistes» invétérés et sans discernement.

La Maire de Paris, Madame Anne Hidalgo s’y était engagée auprès du Président de l’État d’Israël, Mr Réouven  Rivlin, et de Joël Mergui Président dus Consistoires de France. Elle a honoré sa parole et nous l’en félicitons.

Par contre nous apprenons que des organisations envisagent de contrarier cet évènement exceptionnel, par des manifestations de protestation inspirées d’un antisémitisme viscéral qui s’est déjà manifesté à Paris comme à Sarcelles, Toulouse ou Strasbourg.

Nous rappelons que Jérusalem, capitale du peuple juif depuis plusieurs millénaires fait partie au quotidien de l’ADN de tout juif dans le monde et des français juifs en particulier. Célébrer cela et le reconnaître ainsi n’est que justice et vérité.
Nous demandons au Préfet de Police de Paris d’interdire toute manifestation hostile à cet évènement et le cas échéant disperser et réprimer tout rassemblement sauvage de ce type.

Le BNVCA se réserve le droit de poursuivre en justice les organisations hostiles ainsi que leurs activistes.

L’agression d’une femme Juive à Paris 11 eme n’est pas antisémite

Le Bnvca  est rassuré d’apprendre par l’un de ses correspondants que l’agression commise contre une femme Juive devant le Centre Communautaire  juif du 11 eme art de Paris n’a pas de caractère antisémite.

Selon nos informations un jeune garçon demeurant à l’étage  du 10 rue Moufle à Paris 11 a lancé cette boule de pétanque qui a blessé à la tête la dame de 79 ans.

Les parents de cet enfant  emplis de  confusion en découvrant ces faits  ont appelé  et exprimé leurs excuses aux responsables de la synagogue. 

L’islamiste Rached Ghannouchi reçu par le gouvernement et les députés

Par Hadrien MathouxI

Le fondateur et président du parti islamo-conservateur tunisien Ennahdha a effectué une visite en France mi-mai, lors de laquelle il a rencontré une délégation parlementaire et le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne. Côté français, on assume ces contacts diplomatiques en affirmant que s’afficher avec Ghannouchi ne conduit pas à le légitimer.

Du quai d’Orsay au palais du Luxembourg, de l’hôtel Matignon à l’Assemblée nationale… Rached Ghannouchi a été dignement reçu, courant mai, lors d’une visite de courtoisie en France qui l’a vu dialoguer avec le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, le patron du Sénat, Gérard Larcher, un conseiller du Premier ministre Edouard Philippe ou encore les députés membres du groupe d’amitié France-Tunisie. Dans un premier temps, la rencontre organisée avec Jean-Baptiste Lemoyne est passée inaperçue, bien qu’elle ait été inscrite à l’agenda du secrétaire d’Etat à la date du 15 mai. C’est un tweet de la députée LREM Sira Sylla qui a attiré l’attention sur la tournée française de Ghannouchi, en faisant la promotion publique d’une audition centrée “sur les prochaines élections présidentielle et législatives, la jeunesse, les femmes, la lutte contre le terrorisme…“. L’élue de la 4e circonscription de Seine-Maritime est même allée jusqu’à citer le fondateur d’Ennahdha, en écrivant : “Ainsi que M. Rached Ghannouchi l’a affirmé, la lutte contre le terrorisme passe par le développement“.View image on Twitter

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Sira SYLLA@sirasylla76

🇫🇷
🇹🇳

Notre groupe d’amitié a accueilli à l’@AssembleeNat M. Rached Ghannouchi, président du parti Ennahdha, ainsi que des députés de son parti. Audition sur les prochaines élections présidentielle et législatives la jeunesse, les femmes, la lutte contre le terrorisme…378:28 PM – May 15, 2019289 people are talking about thisTwitter Ads info and privacy

L’exhumation des tweets de la députée, plus d’un mois après la rencontre au Palais Bourbon, a provoqué de vives réactions chez plusieurs figures laïques, agacées de voir le président du principal parti islamiste tunisien accueilli avec le sourire en France. “[Les membres d’Ennahdha] combattent l’égalité femmes-hommes“, relève l’enseignante Fatiha Boudjahlat, auteure de Combattre le voilement. “Vous les recevez et leur donnez une légitimité qui met en danger les femmes en Tunisie. J’ai le plus grand mépris pour vous, vos actes, vos mensonges. Vos trahisons”. La journaliste et militante laïque Zineb El Rhazoui a également attaqué : “La députée LREM Sira Sylla (…) s’affiche sans complexe avec le fascisme islamique. Est-ce cela représenter le peuple français ?“.

RACHED GHANNOUCHI, UN ISLAMISTE CONTRARIÉ

Nos huiles républicaines ont-elles oublié le pedigree du bonhomme ? Rached Ghannouchi est en effet connu pour être la tête pensante d’Ennahdha, parti politique tunisien islamiste et conservateur. Impliqué dans plusieurs actes de terrorisme dans les années 1980, lorsque le mouvement qu’il a fondé misait sur la violence et la clandestinité pour diffuser l’islamisme face au régime de Ben Ali, Ghannouchi a dû s’exiler de longues années hors de Tunisie. Il y est revenu en grâce en 2011 lors du Printemps arabe, qui a marqué le grand retour des héritiers des Frères musulmans dans le jeu politique tunisien. Par divers écrits et déclarations, le septuagénaire a laissé peu de doutes sur son adhésion à l’idéologie frériste, qui vise à islamiser tous les secteurs de la société… et pas seulement dans son pays. “Notre mission est l’islamisation de l’Occident“, assure ainsi Ghannouchi dans l’ouvrage d’Antoine Sfeir, Les réseaux d’Allah. Concernant les femmes, le leader d’Ennahdha a également des positions tranchées : pour la polygamie, contre l’égalité des héritages, contre la mixité dans les écoles, contre le travail des femmes hors du foyer. Dans une vidéo publiée en 2012, il certifie que les salafistes ne sont “pas une menace pour la sécurité” de la Tunisie, saluant même la “nouvelle culture” qu’ils apportent.

Néanmoins, depuis le passage au pouvoir d’Ennahdha entre 2011 et 2014, le parti s’est considérablement modéré. Ayant accepté le jeu démocratique et renoncé à instaurer un califat islamique avant les premières élections, Ennahdha a même annoncé séparer religion et politique en 2016 en se définissant comme un parti de “musulmans démocrates“. Comment interpréter la position de Rached Ghannouchi aujourd’hui ? “C’est un conservateur qui comprend que le jeu politique ne se fait pas tout seul“, analyse Haoues Seniguer, maître de conférences à l’IEP de Lyon et spécialiste de l’islamisme. “Il est obligé de prendre en compte les aspirations de la société tunisienne, plus sécularisée que dans d’autres pays musulmans, de donner des garanties sur le respect de certaines libertés publiques et de ne pas rompre les relations diplomatiques avec un certain nombre de pays occidentaux, dont la France“.

Quant à Ennahdha, le chercheur le décrit comme un parti “islamo-nationaliste, qui défend la préservation d’une identité tunisienne reliée à une vision conservatrice de la religion musulmane”. N’hésitant pas à qualifier ses membres de “néo-frères musulmans : ils n’ont pas rompu avec l’héritage des Frères, mais ont actualisé certains aspects de cette idéologie face aux circonstances. Il est aujourd’hui impossible pour eux d’afficher leur volonté d’islamiser la société, d’instaurer la charia et un Etat islamique… même s’ils voudraient bien le faire, ils ne peuvent pas l’imposer. Ce sont des minimalistes à marche forcée”.

“Mes idées sont une chose, les relations officielles et diplomatiques en sont une autre”

Sans en faire des complices du djihadisme, l’idéologie portée par Ghannouchi et son parti en font tout de même des adversaires objectifs d’une République laïque. Fallait-il donc leur dérouler le tapis rouge ? Face aux critiques, Sira Sylla s’est justifiée sur Twitter : “Quoi qu’il puisse leur être reproché et jusqu’à preuve du contraire, ils ont été élus légitimement et sont partie prenante du gouvernement dans une coalition avec des destouriens (membre du parti libéral Destour, ndlr) héritiers de Bourguiba“, a rappelé la députée LREM. “A ce titre, il est tout à fait légitime de les recevoir à l’Assemblée nationale (…), ce qui ne veut pas dire que nous sommes d’accord sur tout !“.

Contacté par Marianne, Jérôme Lambert, député rattaché au PS et président du groupe d’amitié France-Tunisie, tient le même langage : “Dans tout mon engagement parlementaire, je ne cesse de rencontrer et discuter, débattre, avec des forces politiques dont je ne partage pas le point de vue… quelquefois aux antipodes de mes idées – y compris en France“, revendique-t-il, expliquant que “la règle lors d’une visite organisée très officiellement dans notre pays par une délégation composée de parlementaires d’un pays ami‘, est de les recevoir. Mes idées sont une chose, les relations officielles et diplomatiques en sont une autre“. En effet, si la France souhaite entretenir des relations diplomatiques avec la Tunisie, il sera difficile de garder les islamistes en dehors de l’équation. De là à les considérer comme des interlocuteurs légitimes pour discuter droits des femmes ou lutte contre le terrorisme, il y a peut-être une marge… Contacté, le cabinet du secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne n’a pour l’heure pas donné suite.

Le BNVCA condamne l’Agression d’une femme juive devant la synagogue Rue Mouffle à Paris 11e.

Le BNVCA  condamne l’agression dont a été victime Mme G. qui sortait de la synagogue libérale sise 10 Rue Moufle à Paris 11 le 18/6/19 vers 18h30. Selon une information parvenue ce matin au BNVCA, la victime a été blessée à la tête par une boule de pétanque tombée à pic sur son crâne. Elle a été soignée à  l’hôpital parisien Lariboisière.

Selon nos renseignements, la veille c’est un seau d’eau qui a été renversé toujours au même endroit et depuis l’un des étages supérieurs.

Nous apportons tout notre soutien aux responsables et fidèles de la synagogue, et nous souhaitons un  prompt rétablissement à la victime
Le BNVCA demande au Préfet de Police de Paris qui doit se rendre sur place ce 19/6/19 à 19h30 , de donner toutes instructions aux services placés sous son autorité, afin que tout soit mis en oeuvre pour identifier le ou les auteurs de           ces actes inqualifiables , les interpeller et  les mettre à la disposition de la Justice .

Le BNVCA se constituera partie civile si le caractère antisémite est avéré.

La Détresse Masquée des Chrétiens Palestiniens

par Raymond Ibrahim
16 juin 2019

Traduction du texte original: The Suppressed Plight of Palestinian Christians

Le christianisme est sur le point de disparaître de son lieu de naissance, y compris Bethléem (photo). Selon Justus Reid Weiner, avocat et universitaire, « les persécutions systématiques des Arabes chrétiens qui vivent dans les zones palestiniennes ne rencontrent aucun écho au sein de la communauté internationale, ni auprès des ONG, des défenseurs des droits de l’homme, des médias… Dans une société où les chrétiens arabes n’ont ni porte-parole, ni protection, il n’est guère surprenant qu’ils finissent par s’en aller ». (Source image : Daniel Case / Wikimedia Commons)
  • « Le Fatah oblige les chrétiens à ne jamais signaler les violences et le vandalisme dont ils sont victimes. Sinon, l’Autorité palestinienne apparaîtrait incapable de protéger la vie et les biens des citoyens de la minorité chrétienne… Cette mauvaise image pourrait aussi avoir des répercussions négatives sur le plan financier. N’oublions pas que l’Autorité Palestinienne est puissamment aidée, notamment par l’Europe. » – Dr. Edy Cohen, Centre d’études stratégiques Begin-Sadat.
  • Le labeur quotidien de l’Autorité palestinienne, de ses partisans, des médias et autres, est d’ériger les Palestiniens en victimes permanentes des agressions et discriminations israéliennes. Ce narratif victimaire serait compromis si la communauté internationale prenait soudain conscience que les Palestiniens persécutent certains de leurs compatriotes – uniquement pour des motifs religieux.
  • « Plutôt que d’arrêter les auteurs de violences contre des édifices chrétiens, l’Autorité palestinienne préfère bloquer l’information. Ce qu’elle réussit parfaitement. A part quelques petits journaux locaux, les grands médias internationaux ont complètement ignoré les faits. » – Dr. Edy Cohen, Israël Today .
  • Comme l’explique Justus Reid Weiner, avocat et universitaire spécialiste de la région, « la persécution systématique des Arabes chrétiens qui vivent dans les zones palestiniennes ne rencontre aucun écho au sein de la communauté internationale, ni auprès des défenseurs des droits de l’homme, des médias et des ONG. Dans une société où les chrétiens arabes n’ont ni porte-parole, ni protection, il ne faut pas s’étonner qu’ils finissent par s’en aller. »

En cette période de persécution des chrétiens au sein du monde musulman, la détresse des chrétiens palestiniens fait l’objet d’une omerta particulière.

Open Doors, une association humanitaire spécialisée dans la défense des droits des chrétiens, positionne les persécutions que les chrétiens palestiniens subissent à un niveau « élevé ». L’origine de cette oppression tient, selon Open Doors, en deux mots, « oppression islamique » :

« Les musulmans convertis au christianisme subissent les pires exactions anti-chrétiennes et la simple adhésion à l’une ou l’autre des églises de la région les met en danger. En Cisjordanie, ils vivent sous la menace et sont soumis à de fortes pressions ; à Gaza, le danger est si grand que la plupart vivent leur foi chrétienne dans le plus grand secret … L’islamisme radical a une telle influence aujourd’hui que les églises historiques doivent adopter une approche quasi diplomatique lorsqu’elles s’adressent à des musulmans. »

Si la persécution des chrétiens qui vivent dans des pays musulmans – Pakistan, Égypte, Nigéria pour ne citer qu’eux…- commence à être sérieusement documentée, les souffrances des chrétiens sous tutelle de l’Autorité palestinienne demeurent masquées.

Ce silence tient-il à un niveau de persécution moindre que dans d’autres pays musulmans ? Ou est-ce l’extrême conflictualité de l’arène politique et médiatique israélo-palestinienne qui place les chrétiens palestiniens dans une situation unique ?

« The Persecution of Christians in the Palestinian Authority » (La persécution des chrétiens sous l’Autorité palestinienne), un récent article du Dr. Edy Cohen, publié le 27 mai, par le Centre d’études stratégiques Begin-Sadate, répond longuement à ces questions.

L’étude du Dr Cohen fait état de trois cas de persécutions récentes de chrétiens, que les soi-disant « grands médias » ont parfaitement ignoré :

« Le 25 avril, les habitants terrifiés du village chrétien de Jifna près de Ramallah … ont été attaqués par des musulmans en armes… L’attaque a eu lieu peu après qu’une femme du village ait porté plainte contre le fils d’un éminent dirigeant du Fatah qui avait agressé sa famille. En représailles, des dizaines d’hommes du Fatah ont fait irruption dans le village, tirant des centaines de balles en l’air, lançant des bidons d’essence enflammés et hurlant des injures. Des équipements publics ont été gravement endommagés. C’est un miracle que personne n’ait été tué ou blessé…

« Le deuxième incident a eu lieu dans la nuit du 13 mai. Des vandales ont brisé la clôture d’une église de la communauté maronite du centre de Bethléem, ont pénétré le bâtiment par effraction, puis l’ont profané avant de se retirer emportant un coûteux matériel, notamment des caméras de sécurité.

« Trois jours plus tard, ce fut le tour de l’église anglicane du village d’Aboud, à l’ouest de Ramallah. Des vandales ont percé la clôture, brisé les fenêtres de l’église et y ont pénétré par effraction. Ils l’ont profanée, ont recherché des objets de valeur et volé beaucoup d’équipement.

« Selon sa page Facebook, l’église maronite de Bethléem a signalé qu’elle était victime pour la sixième fois d’actes de vandalisme et de cambriolages ; en 2015, un incendie criminel a provoqué des dégâts considérables et contraint l’église à fermer pendant une longue période. »

Ces trois attaques qui ont eu lieu en l’espace de trois semaines sont conformes au type de sévices que les chrétiens subissent dans d’autres régions à majorité musulmane. La profanation et le pillage d’églises sont les brutalités les plus répandues, mais il n’est pas rare que la populace musulmanes attaque les minorités chrétiennes chaque fois que celles-ci – perçues comme des « dhimmis » ou des « citoyens » de troisième classe, qui devraient s’estimer heureux d’être tolérés – osent évoquer leurs droits, comme ce fut le cas au village chrétien de Jifna le 25 avril :

“[L] es émeutiers ont réclamé [aux chrétiens] le paiement de la jizya– une taxe par tête qui a été imposée tout au long de de l’histoire aux minorités non musulmanes vivant sous domination islamique. Les victimes les plus récentes de la jizya sont les communautés chrétiennes d’Irak et de Syrie mises en coupe réglée par l’Etat islamique. »

En outre, comme chaque fois quand des musulmans attaquent des chrétiens, la police de l’Autorité palestinienne est resté sourde aux appels à l’aide des habitants [chrétiens] » de Jifna. Aucun suspect n’a été arrêté non plus. Il en a été de même pour les deux autres églises attaquées, « aucun suspect n’a été arrêté ».

En résumé, les chrétiens palestiniens subissent le même schéma de persécution – attaques d’égliseenlèvements et conversions forcées – que leurs coreligionnaires de dizaines d’autres pays musulmans. La différence cependant, est que la persécution des chrétiens palestiniens n’est jamais « couverte par les médias palestiniens ». En fait, explique Cohen, « un bâillon complet a été imposé le plus souvent » :

« La seule chose qui intéresse l’Autorité palestinienne est que ces exactions ne soient jamais divulguées. Le Fatah exerce ainsi de fortes pressions sur les chrétiens pour qu’ils ne dénoncent pas les actes de violence ni le vandalisme dont ils sont fréquemment victimes. Une mauvaise publicité risquerait de porter atteinte à l’image de l’Autorité Palestinienne, celle d’un acteur incapable de protéger la vie et les biens de la minorité chrétienne placée sous son autorité. L’Autorité palestinienne ne souhaite évidemment pas apparaître comme une entité radicalisée qui persécute les minorités religieuses. Une telle image aurait forcément des répercussions négatives sur l’aide internationale massive, d’origine européenne notamment, que l’AP reçoit. »

Il faut aussi garder en mémoire que le gagne-pain quotidien de l’Autorité palestinienne, de ses partisans, des médias et d’autres acteurs de la scène moyen orientale, repose sur la victimisation des Palestiniens. Le narratif du souffre-douleur permanent des agressions et discriminations commises par Israël serait compromis si la communauté internationale apprenait que les Palestiniens eux-mêmes persécutent leurs compatriotes – essentiellement pour des raisons religieuses. Un peuple soi-disant opprimé aurait du mal à susciter la sympathie s’il apparaissait qu’il opprime lui aussi, sans vergogne d’autres minorités.

Les responsables de l’AP sont si sensibles à cette difficulté « qu’ils font pression localement sur les chrétiens pour que jamais, ils ne dénoncent de tels incidents, lesquels aboutiraient à lever le masque. L’Autorité Palestinienne apparaitrait alors comme un régime islamiste de plus au Moyen-Orient », écrit Cohen dans un autre article.

« Plutôt que d’arrêter les agresseurs des lieux de culte chrétiens, l’Autorité palestinienne préfère empêcher les grands médias de rapporter de tels incidents. Et elle y réussit très bien. A part une poignée de journaux locaux qui se donnent la peine d’informer réellement, les grands médias internationaux observent un silence total ».

Une dynamique similaire est à l’œuvre concernant les réfugiés musulmans. Les politiciens et les médias d’Europe occidentale les présentent comme des personnes persécutées et des opprimés en quête d’une main secourable, alors que ces migrants musulmans persécutent et oppriment eux-mêmes souvent les réfugiés chrétiens qui sont parmi eux. Ils les terrorisent dans les centres d’accueil de réfugiés ou bien les noient en Méditerranée.

Dans tous les cas de figure, la triste et simple évidence est que le christianisme est sur le point de disparaître sur les lieux mêmes où il est né, y compris Bethléem. Justus Reid Weiner, avocat et universitaire, expert de la région, explique :

« La communauté internationale, les défenseurs des droits de l’homme, les médias et les ONG observent un silence presque total sur les persécution systématique dont sont victimes les Arabes chrétiens vivant dans les zones palestiniennes … Dans une société où les chrétiens arabes n’ont ni porte-parole, ni protection, il n’est pas surprenant qu’ils s’en aillent. »

Raymond Ibrahim, auteur du livre Sword and Scimitar, Fourteen Centuries of War between Islam and the West, (Le sabre et le cimeterre, quatorze siècles de guerre entre l’islam et l’Occident), est Distinguished Senior Fellow du Gatestone Institute et Fellow du Judith Rosen Friedman du Middle East Forum.

Enfant de djihadiste ET Enfant de victime du terrorisme. Sarah Cattan

Avertissement: pour respecter la demande légitime d’intimité d’une mère et son enfant, nous ne citons pas leur identité et ne publions pas leurs photos.

Alors que l’Etat s’honore à faire revenir des enfants de djihadistes sur le sol français, il est … fort malvenu que, concomitamment, un jeune élève, fils d’un des 3 soldats assassinés par Merah, se voie refuser l’attribution d’une AVS, laquelle a été demandée par le corps enseignant.

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Victimes de Merah

Rappelons que la compagne d’un des 3 soldats était enceinte de 7 mois lorsqu’un terroriste ôta la vie de l’homme qu’elle aimait, du père de l’enfant qu’elle portait.

Chacun imaginera comment se déroula la fin de cette grossesse.

Quand l’enfant eut 5 mois, un nystagmus, perturbation de la coordination des muscles de l’œil, fut diagnostiqué.

Se posa alors la question de l’origine de cette pathologie : la médecine prouva qu’elle n’était pas génétique et les médecins se disputèrent pour affirmer si oui ou non le fœtus avait pu souffrir, par ricochet, de l’extrême déflagration vécue dans le ventre de cette mère.

Doit-on débatte ad nauseam là-dessus ?

Comment prouver l’impact sur un fœtus de 7 mois de ce qu’une femme a ressenti lorsqu’on lui a téléphoné pour lui apprendre que le père de son enfant avait été assassiné.

Comment.

Dolto n’est plus là. Pour nous dire que le fœtus entend et ressent tout. Nos peines. Nos joies. Nos malheurs.

Le futur père le savait qui chantait à l’enfant à venir ce Définitivement de Grand Corps malade…

Beaucoup d’entre nous pencheront à l’évidence sur la très forte probabilité que ce nystagmus ait pu être causé par ce grand malheur.

Mais chacun aussi sait que ça ne se prouve pas.

Je me pose juste une question

Lorsqu’on sait que ces Auxiliaires à la Vie Scolaire sont payées quelque 600€ par mois pour cette aide précieuse apportée à un enfant,

Lorsqu’on sait que cet enfant devra vivre avec cette réalité : que son père lui a été fauché par un terroriste,

Lorsqu’on imagine les tourments à venir, même entouré qu’il est de la plus aimante des mères et de la plus bienveillante des familles,

Lorsqu’on sait comment l’Etat ne compte pas l’argent dans tant de situations,

Lorsqu’enfin, concomitamment, la France va s’honorer à faire rentrer les enfants de djihadistes et à les éduquer,

Il y a quelque chose d’éminemment choquant à répondre négativement, via un imprimé, à l’équipe pédagogique qui a formulé une demande forcément justifiée d’AVS pour cet enfant dont le père fut assassiné avant même sa venue au monde.

Il est question ici de justice. De morale élémentaire. 

Il n’est pas question de faire pleurer Margot en sa chaumière.

Pour info, le père du jeune soldat écrit régulièrement à ce fils que le terrorisme islamiste lui a enlevé. Il lui raconte la France comment elle va. Mais il lui parle aussi de son enfant:

3 décembre 2017, On a vu ton fils hier : ton fils est un beau garçon, grand pour son âge, très espiègle comme toi, 
Sa maman s’en occupe très bien. Il est dans une école catholique et est un enfant très studieux. Tu lui manques !
Mon fils, on va fêter Noël cette année. Ce sera la première fois depuis ta mort qu’on dressera le grand sapin. Tu seras présent par ta lourde et injuste absence.

Lorsqu’enfin on accepte de se souvenir qu’en première instance, l’Etat fut jugé par Le Tribunal administratif de Nîmes en partie responsable de la mort le 15 mars du caporal-chef : si la fiche S n’avait pas été levée, le tueur n’aurait peut-être pas commis les 6 autres crimes. Le tribunal juge que la décision de supprimer toute mesure de surveillance de Mohamed Merah, prise à la fin de l’année 2011 (…) est constitutive d’une faute engageant la responsabilité de l’Etat, nous fut-il dit.

Lorsqu’on sait qu’en appel il fut décidé que Malgré des erreurs d’appréciation et des méprises, l’État n’avait commis aucune faute lourde susceptible d’engager sa responsabilité.

Qu’il s’agissait d’une faute certes, mais simple, et non lourde, des services de renseignement, juste des erreurs d’appréciation de la part des services de renseignement qui les ont conduits à abandonner une surveillance qui aurait dû être maintenue. 

Lorsqu’on repense à cet enfant.

Comment ne pas être éminemment choqué par cette décision et ne pas espérer qu’elle soit reconsidérée.

Sarah Cattan

Sarah Halimi: le parquet demande un procès du suspect pour meurtre antisémite

i24NEWS – AFP

Il revient désormais à la juge d’instruction de décider de la tenue ou non de ce procès

Le parquet de Paris a requis lundi le renvoi aux assises du suspect du meurtre à caractère antisémite de Sarah Halimi, une sexagénaire morte en 2017 après avoir été jetée par dessus son balcon par son voisin.

Il revient désormais à la juge d’instruction de décider de la tenue ou non de ce procès, alors que trois expertises psychiatriques contradictoires font craindre aux parties civiles que le suspect de 29 ans, Kobili Traoré, soit reconnu comme pénalement irresponsable et bénéficie d’un non-lieu.

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017 à Paris, Kobili Traoré, pris d’une “bouffée délirante” selon les experts, s’était introduit chez sa voisine Lucie Attal – aussi appelée Sarah Halimi – au troisième étage d’un immeuble HLM du quartier populaire de Belleville, après avoir traversé l’appartement d’autres voisins qui s’étaient barricadés dans une chambre. 

Aux cris d'”Allah Akbar”, entrecoupés d’insultes et de versets du coran, ce jeune musulman l’avait rouée de coups sur son balcon avant de la précipiter dans la cour.

Trois expertises psychiatriques réalisées au cours de l’enquête concordent pour dire que le jeune homme, sans antécédent psychiatrique, ne souffre pas de maladie mentale mais qu’il a agi lors d’une “bouffée délirante” provoquée par une forte consommation de cannabis. Elles divergent cependant sur la question de l’abolition ou de l’altération du discernement du suspect.Deux ans après le meurtre de Sarah Halimi

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Helena Rubinstein, impératrice du beau

EXPOSITION Au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, des  œuvres et des archives racontent la vie de cette femme d’affaires, au goût très sûr. À la tête d’un empire de cosmétiques, elle fut aussi une collectionneuse d’art.

CLAIRE BOMMELAER

Helena Rubinstein dans son laboratoire, à Saint-Cloud, dans les années 1930.

Helena Rubinstein, partie de rien, fut à la tête d’un empire au point d’être considérée comme une des femmes les plus riches du monde dans les années 30. Son parcours hors normes, qui démarre dans une famille juive traditionnelle de Pologne, est raconté au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, à Paris. Assez longue, « L’aventure de la beauté » expose le portrait d’une femme indépendante, versée dans les affaires, possédant un goût sûr, y compris pour les œuvres d’art. Grâce aux archives prêtées par L’Oréal, qui détient la marque depuis 1984, la vie d’Helena est racontée comme dans un livre hagiographique. Outre des photos, des œuvres d’art, issues de sa collection, sont exposées.

Un rapide coup d’œil sur les murs permet de comprendre qu’Helena Rubinstein fut un personnage, à tous les sens du terme. Le parcours regorge de portraits où elle pose, toujours élégante avec son sempiternel chignon noir, mais sans jamais sourire. On apprend qu’elle faisait retoucher les photos, à la fin de sa vie, qui fut aussi un exercice de communication. À la fin de l’exposition, une interview radio, réalisée dans les années 60, permet d’entendre sa voix, à l’accent chantant : Helena, que Jean Cocteau nommait « l’impératrice de la beauté », était cosmopolite, déterminée et intelligente.

Née à Cracovie en 1872 dans une modeste famille juive orthodoxe, Chaja fait très tôt montre d’une indépendance extraordinaire pour son milieu. Elle refuse notamment le destin qui lui est proposé, y compris un mariage arrangé. Sa famille l’envoie chez un oncle en Australie, et c’est là-bas que la saga Rubinstein va démarrer. En 1902, elle crée sa marque, qui veut allier sciences et beauté (plus tard, elle prétendra même avoir fait deux ans de médecine). Grâce au bouche-à-oreille, celle qui s’appelle désormais Helena ouvre bientôt trois autres instituts, puis retourne en Europe, à Londres. Sa vie et sa réussite passeront par New York et, bien sûr, Paris.

On est presque étonné d’apprendre qu’elle épouse un certain Edward William Titus, avec qui elle aura deux enfants Royce et Horace. Edward, qui la surnomme Madame, tient un rôle important au sein de l’entreprise de sa femme, puisqu’il assure le volant publicitaire de la maison. L’affaire Rubinstein raconte aussi l’avènement de la réclame, dans les années 1930 à 60. Tandis que les clientes sont incitées à répondre à l’injonction de la beauté (« il n’y a pas de femmes laides, il n’y a que des femmes paresseuses », dira-t-elle), Madame commence une collection d’art premier, ce qui prouve un peu plus son côté avant-gardiste.

Elle plébiscite aussi des artistes comme Picasso ou Braque. Dans une salle du musée, des œuvres de Marc Chagall, Michel Kikoïne, Sarah Lipska, Louis Marcoussis, Élie Nadelman ou Maurice Utrillo, provenant de sa célèbre collection personnelle, font toucher du doigt son goût. De même, les photos très léchées de son appartement du boulevard Raspail, à Paris, valent toutes les démonstrations.

Statue du commandeur 

Ses relations autant que sa prestance lui permettent de poser pour Raoul Dufy, Salvador Dali ou Marie Laurencin. On la voit, statue du commandeur, près d’une table, dans sa « clinique de la beauté », en haut d’un escalier, habillée par les plus grands couturiers, qu’ils se nomment Poiret, Chanel ou Dior. Elle se lie avec Madeleine Vionnet, Jeanne Lanvin, Balenciaga et Yves Saint Laurent, dont elle sera l’une des premières clientes.

L’exposition ne dit pas grand-chose de sa relation au judaïsme, même si un des derniers actes de sa vie y a trait. Sensible à la création de l’État d’Israël, elle va financer le pavillon d’art contemporain du Musée d’art de Tel-Aviv, auquel elle léguera une collection de maisons de poupée.

« L’aventure de la beauté » au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, à Paris (IIIe), jusqu’au 25 août.

2500 années de présence juive en Afrique du Nord, un monde qui s’éteint

Les traces d’une présence juive sur les côtes méditerranéennes de l’Afrique remonte à la haute Antiquité. Elle précède d’au moins neuf siècles la conquête arabe et l’islamisation de l’Afrique. 

Juif originaire de Libye en prière dans une ancienne synagogue de Tripoli, aujourd\'hui à l\'abandon. 38 000 juifs libyens ont été expulsés par le colonel Kadhafi en 1969. La plupart des synagogues du pays ont été détruites ou converties en mosquées.
Juif originaire de Libye en prière dans une ancienne synagogue de Tripoli, aujourd’hui à l’abandon. 38 000 juifs libyens ont été expulsés par le colonel Kadhafi en 1969. La plupart des synagogues du pays ont été détruites ou converties en mosquées. (SUHAIB SALEM / X90014)
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Michel LachkarRédaction AfriqueFrance Télévisions

Mis à jour le 09/06/2019 | 13:02
publié le 09/06/2019 | 11:16PartagerTwitterPartagerEnvoyerLA NEWSLETTER ACTUNous la préparons pour vous chaque matin

On retrouve les premières traces d’une présence juive à Carthage (aujourd’hui la banlieue de Tunis), ville fondée par les Phéniciens au VIIe siècle avant J.-C. Quatre siècles plus tard, cette cité portuaire florissante devient une rivale de Rome en termes de commerce, de richesse et de population. Non loin de Carthage, les juifs de Djerba arrivent au VIe siècle avant J.-C., fuyant la Judée après la destruction du Premier temple par Nabuchodonosor. C’est en 586 avant J.-C. à Djerba, où quelques milliers de juifs trouvent refuge, que commence la construction de la plus vieille synagogue du continent africain (la Ghriba).

Stèle funéraire écrite en grec, épitaphe d\'un rabbin nommé Caecilianos, retrouvée dans les ruines de Volubilis, près de la ville marocaine de Meknès. Ces ruines romaines datent du Ier siècle avant J.-C.
Stèle funéraire écrite en grec, épitaphe d’un rabbin nommé Caecilianos, retrouvée dans les ruines de Volubilis, près de la ville marocaine de Meknès. Ces ruines romaines datent du Ier siècle avant J.-C. (MANUEL COHEN / MANUEL COHEN)

Les juifs arrivent à Carthage avec les Phéniciens… et les Romains

Des mosaïques représentant des chandeliers à 7 branches (symbole du judaïsme) ont également été découvertes dans une villa (lors de travaux de voirie) à 110 km au sud de Tunis. Selon les archéologues, ces vestiges constituent une preuve supplémentaire d’une présence juive dans la région de Cap Bon entre le IVe et le Ve siècle avant J.-C.

Le premier compte-rendu historique évoquant la présence de juifs dans une région à l’ouest de l’Egypte apparaît dans l’œuvre de Flavius Josèphe. L’historiographe romain écrit dans La guerre des juifs qu’au IIIe siècle avant J.-C., 100 000 juifs furent déportés d’Israël en Egypte. De là, ils se rendirent en Cyrénaïque (est de la Libye actuelle) et probablement plus à l’Ouest.

Dans ces régions, ils “côtoyèrent” durant plusieurs siècles les populations berbères, qu’ils ont parfois même judaïsées. Cette population “judéo-berbère” longera l’Atlas saharien pour finalement se fractionner et se fixer au Mzab, au Touat, Tafilalet, Dra’ et Sous (sud algérien et marocain d’aujourd’hui).

A partir du IVe siècle, le christianisme devient religion de l’empire romain. Il relègue dès lors le judaïsme au nord et au sud de la Méditerranée. Cependant, des communautés juives subsistent dans les périphéries de l’empire.

Saint Augustin témoigne de la présence juive au Maghreb

Tertullien, puis Saint Augustin, témoignent à plusieurs reprises de la présence juive au Maghreb, dans de grandes discussions théologiques et liturgiques qui les opposent au judaïsme au sud de la Méditerranée (mais qui les rapprochent aussi face “aux païens”).

Ils évoquent notamment dans leurs écrits “le prosélytisme juif” (de cette époque) envers les Berbères “qu’ils judaïsent en masse”. Ces judéo-berbères et ces chrétiens opposeront par la suite une farouche résistance à l’envahisseur arabe. Ibn Khaldoun, le grand historien arabe du XVe siècle, relate que “lorsque les armées venues d’Arabie ont pénétré en pays berbère, de nombreuses tribus berbères étaient influencées par le judaïsme. (…) Une partie des Berbères pratiquait le judaïsme, religion qu’ils avaient reçue de leur puissants voisins, les israélites de la Syrie. Parmi les Berbères juifs, on distinguait les Djeroua, tribu qui habitait l’Aurès et à laquelle appartenait la Kahina, femme qui fut tuée par les Arabes à l’époque des premières invasions (VIIe siècle).”

Les tout premiers habitants juifs du Touat et Gourra (situées à la frontière algéro-marocaine) seraient arrivés plus tard, au IXe siècle, en provenance de Mésopotamie. La réalisation de foggaras (canalisations d’eau souterraines qui évitent l’évaporation) au Touat en témoigne, selon les archéologues. C’est également par la littérature talmudique, que les historiens peuvent aujourd’hui retracer les différentes communautés juives dispersées autour de la Méditerranée. Les rabbins sont engagés dans des correspondances et des discussions juridiques et religieuses qui traversent l’ensemble du Maghreb. 

Les Almohades détruisent le judaïsme maghrébin

En 1147, les Almohades s’emparent du Maghreb et de l’Andalousie et sont sans pitié envers ceux qui refusent de se convertir à l’islam. Ils ne leur laissent le choix qu’entre la conversion à l’islam et la mort, ce qui, après un siècle de persécutions, entraîne la disparition de nombre de communautés juives. Les grandes villes comme Kairouan sont alors interdites aux juifs, qui se réfugient dans les régions isolées.

Le rabbin Abraham Ibn Ezra (1092-1167) originaire de Cordoue énumère, après une longue traversée de l’Afrique du Nord, l’étendue du désastre qui frappe les juifs de Kairouan, Sfax, Gabès et Meknès, massacrés juste avant ceux de Fès et Marrakech. “Avant la destruction de sa communauté juive par les Almohades vers 1150, Sijilmassa, située dans le Tafilalet au carrefour des caravanes, était un centre important de la civilisation juive. (…) Une cité de sages et d’études talmudiques qui maintenait une correspondance avec les Yéchivas de toute la Méditerranée”, relate le rabbin andalou. Au XIIe siècle, le judaïsme maghrébin manque de disparaître. 

Hassan el-Wazzan, dit Léon l’Africain, de passage dans le “sud algérien”, annonce que l’aventure du petit royaume juif saharien du Touat a été brutalement interrompue en 1492 par un prédicateur musulman venu de Tlemcen, scandalisé de voir à Tamentit des “juifs arrogants” auxquels n’est pas appliqué, comme dans le reste du Maghreb, le statut (infamant) des dhimmis (minorités du Livre soumises aux vexations et à la dîme). Ce prédicateur ordonne la destruction des synagogues de Tamentit et le massacre des juifs, promettant 7 mithqals d’or par tête de juif assassiné. Les rares rescapés se partageront entre une adhésion à l’islam et un exode massif à travers le Sahara, tant vers le Nord que vers le Sud… Certains, chrétiens persécutés compris, se réfugieront en Castille et en Aragon, en Sicile, d’autres sans doute dans la région de Tombouctou (actuel Mali).

Le judaïsme revit en Afrique du Nord grâce à l’arrivée massive des juifs espagnols et portugais, chassés par les persécutions de l’Inquisition, sur les côtes du Maroc et d’Algérie. Ce qui reste des communautés juives du Maghreb sera grossit par ces expulsés d’Espagne et du Portugal, entre les XVe et XVIe siècles. Les familles portant les noms de Toledano, Cordoba, Berdugo témoignent de ces racines ibériques.

Cimetière juif de Tanger (nord du Maroc), où sont enterrés les nombreux juifs expulsés d\'Espagne et du Portugal entre les XVe et XVIe siècles.
Cimetière juif de Tanger (nord du Maroc), où sont enterrés les nombreux juifs expulsés d’Espagne et du Portugal entre les XVe et XVIe siècles. (CREATIVE TOUCH IMAGING LTD / NURPHOTO)

Les juifs expulsés d’Espagne sauvent le judaïsme nord-africain

Cette élite érudite d’éducation andalouse finit par imposer sa suprématie culturelle et économique aux juifs du Maghreb. Parlant plusieurs langues, ces négociants sont en contact avec les autres ports de la Méditerranée. Ces juifs espagnols se distinguent parfois des juifs “indigènes”, comme à Tunis, où ils forment une communauté à part. En Tunisie, on retrouve les familles Lumbroso, Cartoso, Boccara, Valensi venues pour la plupart de Livourne, en Italie.

Des quartiers juifs séparés existent un peu partout au Maghreb, notamment au Maroc (mellah). En passant à la fin du XVIe siècle sous l’administration ottomane de Souleymane le Magnifique, les choses iront alors un peu mieux pour les juifs du Maghreb.

La colonisation française à partir de 1830 finit de détacher les juifs de leurs voisins musulmans. La “France des Lumières et républicaine”, plus protectrice que l’islam, libère les juifs de leur statut inférieur (dhimmis) de servitude. Le décret Crémieux accorde la nationalité française aux juifs d’Algérie en 1870. Désormais français, ils vont combattre durant la guerre de 14-18 aux Dardanelles ou au Chemin des dames.

La fin d’une histoire

Beaucoup quittent le Maroc et la Tunisie en 1948 pour Israël, d’autres préfèrent le Canada ou les Etats-Unis. La plupart des juifs d’Algérie seront “rapatriés” en France métropolitaine où ils n’ont, le plus souvent, jamais mis les pieds. Les derniers contingents seront “chassés” par les indépendances algérienne, marocaine et tunisienne dans les années 60. Moins de 5000 juifs vivent aujourd’hui au Maroc, en Algérie et en Tunisie… Ils étaient encore près de 700 000 dans les années 50.

Ce judaïsme nord-africain a aujourd’hui quasiment disparu. Il survit encore dans la tête de quelques témoins vivants. Comme le disait Paul Valery, “nous savons que les civilisations sont mortelles”. La vieille culture juive du monde arabe est sur le point de s’éteindre définitivement.

« Il faut arrêter de faire des juifs français des faire-valoir du vivre-ensemble »

Par Shmuel Trigano 

FIGAROVOX/TRIBUNE – Shmuel Trigano analyse les causes actuelles de l’antisémitisme en France et en Europe. Selon lui, le meilleur rempart face à ce phénomène se trouve dans la consolidation de l’État-nation et non dans leur dilution.


Professeur émérite des Universités, Shmuel Trigano est philosophe et sociologue, spécialiste de la tradition hébraïque et du judaïsme contemporain.


Le débat qui divise l’Union européenne aujourd’hui, et sans doute pour une longue période à venir, retentit très profondément sur la condition juive en Europe et notamment en France, sans compter qu’il concerne directement l’État d’Israël. Il a été erronément et idéologiquement défini par Macron comme le conflit entre «progressistes» et «nationalistes». 

Quel est l’enjeu?

L’enjeu est clair: l’unification européenne affaiblit les États-nations qui structurent l’Europe depuis le 17 ème siècle et donc les identités nationales qui sont le cadre dans lequel la démocratie s’est développée. Ce processus s’accompagne de deux phénomènes connexes: le flux migratoire en provenance du monde musulman africain dont l’intégration n’est plus possible du fait de l’affaiblissement de l’identité nationale, ce qui provoque nécessairement en retour un repli sur soi des différents secteurs de populations: la communalité se retrouve pulvérisée. Par ailleurs, au-delà de la bureaucratisation qu’a connue l’Union Européenne, aucune identité européenne ne s’est forgée, ce qui se traduit par le fait qu’au sommet de l’Union il n’y a aucun pouvoir personnifié. Le groupe des présidents est au plus une autre commission bureaucratique, et si, à la rigueur, le duo Merkel-Macron (avec une si faible assise électorale dans leurs pays respectifs), donne un visage quelconque à cet entassement d’États, ce dédoublement même souligne la faiblesse du pouvoir en question. En somme, l’Union européenne apparaît comme un empire sans empereur et sans le culte adéquat à un tel régime , un culte de la personnalité capable de maintenir ensemble des territoires aussi contrastés qu’immenses. «Jupiter» n’y suffit pas…

La nature morphologique de l’Union européenne implique en effet un ordre du pouvoir qui n’est plus celui de l’État-nation démocratique sans être pourtant celui de l’empire. D’un côté, la forme empire est à l’œuvre, ce qu’illustrent par exemple la faiblesse et le flou des frontières, les marges trop loin du centre, l’absence de langue commune, la faiblesse du centre conjuguée avec son poids bureaucratique, un régime politique, pourrait-on dire, post-démocratique, c’est-à-dire non démocratique. Aucun ajustement de la réalité aux besoins demandés par l’évolution n’a été fait. Une profonde division sépare les élites européennes, engagées dans le cadre européen, de larges secteurs de la population, dans la quasi-totalité des États membres.

Au-delà de la bureaucratisation qu’a connue l’Union Européenne, aucune identité européenne ne s’est forgée.

Ce qui est en jeu, à travers l’afflux massif de populations étrangères qui forcent les frontières de l’Union, c’est le statut des États et des nations dans une Union incertaine sur le plan de la légitimité et du sens. Ce qui est en jeu, c’est le régime éventuel de l’Union par-delà la démocratie qui, depuis ses origines, s’est développée dans le cadre des Etats-nations. Ce sont des questions très lourdes qui sont posées. Elles ne peuvent être rejetées par des invectives. Un pouvoir de type impérial n’a rien de «progressiste» et l’opinion soucieuse de la nation et de l’identité nationale n’a rien à voir avec le nationalisme. Elle se soucie avant tout de la continuité de la démocratie.

L’impact sur la condition juive

Dans cette évolution du cadre global de la vie en Europe, en France, comment les choses se présentent-elles pour les Juifs? Voyons d’abord les faits. C’est dans le cadre de l’UE qu’est né et s’est développé le «nouvel antisémitisme» qui en est inséparable. Il est inhérent à l’UE, à la fois du fait de ses fondations idéologiques (la mémoire de la Shoah qu’elle a développée (et qui implique un surinvestissement symbolique de l’État d’Israël), en lien avec sa politique musulmane en son sein et en Méditerranée). L’UE trouve sa légitimité dans une mémoire de la Shoah qui assigne les Juifs à la victimitude et voue donc nécessairement l’État d’Israël à une souveraineté conditionnée. 

L’UE trouve sa légitimité dans une mémoire de la Shoah qui assigne les Juifs à la victimitude.

Un lien est fait entre l’Israël souverain, le peuple juif victime et les Palestiniens, «victimes des victimes» (Edward Said). Ce syndrome obsessionnel (l’UE a totalement adopté le narratif de l’OLP et presque celui du Hamas) ouvre la voie à toutes sortes de dérapages et d’abus et retentit sur les Juifs locaux de façon très négative. Il suscite avant tout la fureur des populations musulmanes, encouragées à manifester leur antisionisme très ancien, rendu légitime par un discours journalistique et officiel qui met toujours en cause Israël, au nom des «droits de l’homme» – que l’Union se croit incarner à elle seule (tout en accordant son soutien à l’Iran qui clame chaque matin son projet de détruire Israël!). Cette attitude crée l’ambiance générale d’une inimitié et d’une animosité de principe envers les Juifs, qui offre un lit favorable au développement d’un antisémitisme ambiant, en provenance, dans ses motivations, d’Afrique du Nord et du Moyen Orient.

C’est sur le plan de la condition citoyenne que l’unification européenne met en danger la condition juive, appelée à passer obligatoirement du statut de citoyen national au statut de minorité religieuse transnationale. Sur ce plan-là, les Juifs sont condamnés à subir le même recul de la citoyenneté individuelle que leurs concitoyens, mais avec le caractère aggravant qui fait que le statut juif ne sera plus national mais «religieux». Or, ce statut de «minorité» constitue une terrible régression sur le plan de l’égalité des droits. C’est un ghetto soft qui ressemble à ce que fut la condition des Juifs dans l’empire ottoman. C’est une régression de la liberté des individus et de l’égalité car la société «européenne» fonctionnera sur la base de quotas et non du mérite individuel. Les Juifs jouiront d’une égalité adéquate à leur pourcentage dans la population. sans compter que «le vivre ensemble», sans le liant national, ne sera qu’un entassement de communautés engagées dans des rapports de force inéluctables (petites et grandes minorités…).

l’Union européenne ne manque pas une occasion de manifester son inimitié envers l’État d’Israël

Enfin, un autre signe ne trompe pas: l’Union européenne ne manque pas une occasion de manifester de la façon la plus sournoise son inimitié envers l’État d’Israël dans toutes les arènes internationales, ce que ses votes vérifient. Elle se tient décisivement aux côtés du monde arabe et de l’Iran. Son discours morigène sans cesse Israël et le tance du haut d’une morale qu’elle n’incarne pas dans la réalité de sa politique, dont la vente d’armes à des dictatures n’est pas le moindre des traits.

L’impasse

Le problème du choix entre «progressistes» et «nationalistes» (populistes, fascistes, etc) n’est cependant pas facile pour les Juifs. S’ils choisissent les premiers, par horreur du «fascisme», ils se retrouvent avec des amis douteux sur le plan de la lutte contre l’antisémitisme, notamment islamique et de leur credo politique (prônant la fin de l’État-nation républicain en France). S’ils choisissent les seconds, ils feraient le choix le plus immédiatement efficace pour la condition juive ( l’assurance que l’islamisme politique, principale menace, sera réprimé) mais ils se retrouveraient avec des partis, même rénovés, dont les origines et les fondements restent problématiques sur le plan du rapport aux Juifs. Cela n’a pas empêché par exemple en Allemagne qu’un cercle juif se soit créé dans l’AFD. Mais, de l’autre côté, leur rapprochement avec les «progressistes» les mettra mal à l’aise sur la question d’Israël car les «progressistes» sont pro-palestine et pro-islam: l’islamo-gauchisme est le principal foyer aujourd’hui de l’antisémitisme. Par contre, ils trouveraient plus de soutien d’Israël auprès des «nationalistes» qui ont plus de raisons de comprendre la situation d’Israël face à l’hostilité du monde arabo-musulman. 

L’islamo-gauchisme est le principal foyer aujourd’hui de l’antisémitisme

Il est, à ce propos, fort possible que dans un avenir pas si lointain la droite européenne, dans un mouvement de balancier, se rapproche d’Israël. Nétanyahou l’a bien compris en nouant des rapports plus étroits avec le bloc de pays européens qui s’opposent à la politique des «progressistes» dans l’UE, et notamment l’alliance avec le «Groupe de Wisegrad» qui réunit des pays que les élites européennes de l’ouest qualifient de «fascistes» ou de «populistes» et récemment avec les États des Balkans qui se souviennent de la domination ottomane. 

Une autre dimension est importante, en France notamment et en Grande Bretagne, c’est que l’extrême gauche pose désormais aux Juifs un problème aussi important sinon plus que l’extrême droite car elle est versée dans l’islamo-gauchisme (que l’on pense aux travaillistes de Jeremy Corbin). Deux des trois camps opposés à l’effacement des États dans l’unification européenne, et dans lesquels les Juifs pourraient trouver un appui, s’avèrent ainsi très problématiques pour eux. C’est une impasse majeure, on y va de Charybde en Scylla. Plus généralement, le fait que l’extrême gauche rejoigne l’extrême droite est éminemment inquiétant sur le plan de la menace antisémite. Il y a un précédent: à la fin du XIX° siècle.

Le coup du CRIF est-il encore possible?

La campagne des élections européennes ressuscite, déjà, en France, avant même de commencer, le dilemme qui stérilise la vie politique française depuis 30 ans et maintenant la politique européenne: «X ou Le Pen /AFD, etc?», «tout pour barrer Le Pen!». 

Alors, lutter contre «l’antisémitisme», devenait lutter contre le racisme anti-arabe.

C’est ce dispositif qui a assuré son élection à Macron qui, peu avant son débat avec Marine Le Pen, était allé visiter Oradour et le Mémorial du martyr juif: suivez mon regard… Il n’y a pas meilleure instrumentalisation de la mémoire de la Shoah. Or, les Juifs de France sous le sigle du CRIF, ont été depuis les années 1990 les principaux acteurs et arbitres de ce dilemme. 

Les origines de cet état de faits sont complexes. Je l’ai définie dans quelques livres. Cette posture s’était développée dans la résurrection du «Front antifasciste» d’avant-guerre, imaginé par Mitterrand à la fin des années 1980 pour renforcer le PS et affaiblir la droite. Le CRIF fut alors lourdement instrumentalisé par le Pouvoir pour accréditer la réalité de la menace antisémite émanant du FN – dont Mitterrand avait fait son vis-à-vis exclusif pour réunir ainsi autour du PS déclinant «les républicains», dans l’objectif de conserver le pouvoir. Il fallait, pour ce faire, amplifier la menace du FN, et la faire accréditer par ses victimes électives alors, la communauté juive. L’opération mitterrandienne impliqua la création de la mouvance de SOS Racisme dans laquelle l’UEJF de l’époque joua un très grand rôle sur le plan de l’opinion publique au point de se voir étroitement associée au CRIF dans toutes sortes d’occasions. Elle confirmait la crédibilité de «la lutte contre l’antisémitisme» alors que SOS Racisme avait comme finalité d’embrigader les Beurs, juste au sortir de la «marche des Beurs», premier acte politique de la population immigrée, contre le «racisme anti-immigrés». C’est la première fois qu’on assimilait ce racisme (qui deviendra «l’islamophobie») à l’antisémitisme et donc que l’on mettait en balance l’antisémitisme d’extrême droite et le racisme anti-arabe, la première fois que l’on définissait le problème de l’immigration en termes de racisme plutôt qu’en termes politiques, la première fois que l’on établissait l’équivalence «Juifs-arabes/immigrés» et donc l’interchangeabilité des conditions. 

La lutte contre l’ « islamophobie» cachera la lutte contre l’antisémitisme.

Alors, lutter contre «l’antisémitisme», devenait lutter contre le racisme anti-arabe. 20 ans plus tard, c’est la lutte contre l’»islamophobie» qui cachera ou démobilisera la lutte contre l’antisémitisme qui se manifestait dans la population que défendait SOS Racisme. 

C’est ce qui explique pourquoi le système symbolique mis en place ne permit pas plus tard de rendre compte de ce nouvel antisémitisme qui s’était développé dans le milieu de l’islam politique ou identitaire plutôt que dans le milieu de l’extrême-droite. C’est ce que vérifia l’année 2001 avec les 500 agressions antisémites perpétrées par des ressortissants des milieux de l’immigration, restées objet d’une censure totale de l’État comme de la société et des médias. 

Si Le CRIF avait pour tâche de justifier la stratégie du Front antifasciste, l’UEJF comme acteur de SOS Racisme eut pour tâche de la sanctuariser, de la «judaïser» en transférant la charge symbolique de l’antisémitisme à l’islamophobie. Si le CRIF devenait le gardien de la républicanité, il transférait en fait ainsi à la supposée «communauté de l’immigration» le statut (dans l’ordre des valeurs) de la «communauté juive» d’après-guerre. La stratégie mitterrandienne installa ainsi sur le plan symbolique la» communauté de l’immigration» dans le lieu (symbolique) même de «la communauté juive». Ce ne fut pas simplement un enjeu de prestige et de justification mais aussi un enjeu aux graves conséquences qui explique pourquoi dans les années 2000, on ne voulut pas reconnaître la réalité de l’antisémitisme sauf quand il venait du FN, alors qu’il s’agissait d’un antisémitisme provenant exclusivement des milieux que la lutte contre l’islamophobie défendait, au nom de la lutte contre… l’antisémitisme: le comble de la confusion. La «communauté» et la lutte contre l’antisémitisme disparaissaient derrière la «communauté de l’immigration» et la lutte contre «l’islamophobie», deux développements dont le CRIF et l’UEJF furent les artisans zélés.

La fin du CRIF mitterrandien

Ce modèle arrive aujourd’hui à sa fin, pas seulement du fait de l’évolution de l’Europe mais de l’évolution de la France. Le phénomène central, c’est la nouveauté du paysage d’après la victoire de Macron, marqué par l’effondrement du duo Républicains-Socialistes et surtout la convergence extrême droite-extrême gauche, cette dernière marquée également par l’islamo-gauchisme et donc foyer de l’antisionisme qui est en général au cœur du «nouvel antisémitisme». C’est justement cette convergence qui met un terme à ce que le CRIF était devenu depuis les années 1990.

Le CRIF ne s’est pas rendu compte qu’il y avait quelque chose qui avait changé en France.

La lettre que le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy a envoyée aux organisateurs de la marche blanche en souvenir de Mireille Knoll est passée inaperçue. Elle marque pourtant un tournant dans l’histoire de la communauté juive. Il y critique, sans le nommer, le fait que le CRIF ait exclu certains groupes politiques de l’unanimité nationale démontrée par l’Assemblée nationale dans la dénonciation de l’antisémitisme, à savoir le Front national et la France insoumise qui ne sont pas nommés dans ce reproche, sauf qu’y sont fustigées les «violences verbales» et les «intimidations physiques» dont les représentants, venus malgré les consignes du CRIF à leur encontre, ont été l’objet sur le terrain.

Cette remarque, si on y réfléchit bien, accuse le CRIF d’avoir brisé l’union nationale (dont les extrêmes étaient formellement parties prenantes dans ce cas) dans le rejet de l’antisémitisme, une union nationale qu’il appelait pourtant déclarativement de ses vœux, au point d’apparaître comme un facteur de division de la France «morale» et parlementaire. Le paradoxe veut que ce fut au profit de partis et de leaders – Mélenchon et Marine Le Pen – dont le discours ou l’héritage s’inscrit dans l’atmosphère du «nouvel antisémitisme» de ces 30 dernières années.

Le CRIF ne s’était pas rendu compte qu’il y avait quelque chose qui avait changé en France. Jusqu’alors, en effet, il se voulait incarner la France Républicaine unie contre le Front National, accusé, alors, de casser, du fait de son antisémitisme, l’unité de la nation. Celle-ci, se réunissait ainsi (autour du CRIF et par son entremise), en excluant le FN. Le CRIF était ainsi devenu le garant moral et historique de l’exclusion unanime du FN hors de la communauté nationale républicaine. Et donc un dispositif central de l’avènement au pouvoir de candidats se faisant élire par exclusion, pourrait -on dire. Ce qui fut suprêmement le cas de Macron. Dans la situation que l’élection de ce dernier a créée, le dispositif dans lequel le CRIF s’était inscrit s’est démantelé et dans le cas que je viens d’évoquer, est même devenu, par un retournement mécanique de la donne, l’élément exclu de l’unanimité nationale contre le «fascisme». 

Le deuxième pilier: le Consistoire

Si le CRIF a été instrumentalisé par le parti socialiste au pouvoir au point de devenir le garant systémique d’une configuration qui a volé en éclats avec la montée au pouvoir de Macron, le pilier religieux de l’identité juive française, le Consistoire et le Rabbinat, se sont vus, eux aussi, embrigadés dans une politique gouvernementale profondément défaillante sur le plan de l’État et nocive pour la continuité juive. 

Les élites françaises n’eurent pas le courage de poser d’abord le jalon politique de l’intégration.

Si le CRIF contribuait à retenir la vie politique en suspens sous «la menace Le Pen», le Consistoire devenait le support et le modèle d’une politique de gestion de l’islam en France, une religion nouvelle venue dans le cadre républicain (ébranlé en son fond par l’unification européenne). En effet, là où la question de l’islam devait être traitée «politiquement» (n’est-il pas attaché à une population immigrée, détentrice d’autres nationalités et non autochtone?) – ce qui compliquait bien les choses avec la question de la nation et de l’État, alors affaiblis – elle fut traitée par la «religion» et encore dans une amnésie historique totale de la part d’une élite politique sans grande culture qui avait oublié qu’en France la forme «religieuse» avait été imposée aux religions concordataires (dont le judaïsme) du fait d’un acte et d’une finalité politiques et étatiques. 

Les élites françaises n’eurent pas le courage de poser d’abord le jalon politique de l’intégration (à savoir comment l’islam se réformerait pour être accepté dans l’État et la nation et à quelles conditions cela serait possible: à l’époque de Napoléon ce fut un diktat de l’État sur les Juifs et les Catholiques). Ce jalon est d’autant plus nécessaire que l’islam confond pouvoir religieux et pouvoir politique – ce qui n’est pas le cas du judaïsme – alors que les candidats à la résurgence du Califat, exigeant une obéissance religieuse et politique universelle, sont déjà sur les rangs: je pense surtout à un candidat proche de l’Europe, le président Erdogan.

Les «progressistes» ont trouvé dans le pilier religieux du judaïsme le moyen symbolique et pratique de la gestion du «vivre ensemble», c’est-à-dire du spectacle illusoire de l’intégration de l’islam en France. En n’assumant pas l’exigence d’intégration politique et identitaire propre à la nation, ils ne peuvent en effet que «gérer» la population récemment immigrée par le biais de sa religion (réputée spécificité «culturelle», à «protéger» donc), d’autant que cette dernière n’a jamais connu la modernisation et donc la séparation du politique et du religieux. 

Le «dialogue des religions» est devenu un instrument de gouvernement, promu par l’État «républicain»

Le «dialogue des religions» est ainsi devenu un instrument de gouvernement, promu par l’État «républicain». Il vise à identifier l’islam aux deux religions originelles en France, pour le socialiser et le poser en situation de ressemblance, de façon totalement indue car ces religions se sont déjà réformées et pleinement insérées dans la société républicaine, mais qui, de ce fait, se voient rétrogradées au stade où en est l’islam dans son processus d’insertion. L’institution religieuse juive est cependant bien plus sollicitée que l’Église, car elle est minoritaire et, de surcroît, elle est la référence dans le champ social de la «communauté de l’immigration» . 

On ne peut négliger à ce propos le fait que, composée en majorité de Juifs d’AFN, la plupart (Algérie) français de longue date, son assimilation à la communauté arabo-musulmane ait tenté le pouvoir, comme exemple de réussite à proposer aux nouveaux venus. Les concessions faites au «vivre ensemble» s’autorisent ainsi de ce qui est concédé aux Juifs alors que ces «concessions» sont le résultat de la réforme du Grand Sanhédrin de 1897, réforme loin de toute réalisation chez les musulmans et qui, sans doute, soulèveraient leur fureur tant elles furent exigeantes. Ces mises en équivalence des Juifs «communautaires» et de la «communauté de l’immigration» représentent en fait, de façon rampante, une régression pour ceux qui sont des citoyens français depuis le 19eme siècle à la condition de nouveaux venus. C’est une sorte d’abandon «statique» (sans exclusion) de ces Juifs sur le plan de la légitimité nationale, qui réveille en eux d’autres abandons (1962, 1940…) et qui incite à la jalousie et au ressentiment les nouveaux venus, conviés ainsi à se comparer et se mesurer aux Juifs, ce qui pour nombre d’entre eux est la pire des situations. Les autorités consistoriales et rabbiniques se prêtent en général à cette stratégie sans se rendre compte qu’elles jouent le rôle du cheval de Troie qui accrédite en France un islam qui n’a pas fait sa réforme républicaine et dont elles n’ont pu obtenir aucune condamnation claire et massive de l’antisémitisme qui sévit dans nombre de ses milieux, ce que tous les sondages vérifient. 

Ainsi sur le plan du religieux comme sur le plan du politique ou de la sécurité, l’intérêt de la continuité juive est en 2019 du côté de la République souveraine, de l’État-nation et non de la France des religions, des cultures et des minorités. La situation n’est absolument plus celle des années 1970-1980.

Sur le plateau du Golan, bienvenue à Trump City

INFOGRAPHIE – Benyamin Nétanyahou a lancé un programme immobilier baptisé du nom du président américain. Un geste destiné à le remercier pour son dernier cadeau: la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté d’Israël sur le Golan.

Par Thierry Oberlé

Envoyé spécial sur le plateau du Golan

Benyamin Nétanyahou a lancé un programme immobilier baptisé du nom du président américain. Un geste destiné à le remercier pour son dernier cadeau: la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté d’Israël sur le Golan.

Quelques bicoques, des jardins bucoliques et des bâtiments communautaires en ruine. Bienvenue à Kela Beruchim, cité perdue au bout du plateau du Golan. Au loin, se dessine le mont Hermon et son pic enneigé. La frontière syrienne est à 7 kilomètres, le Liban à 25 kilomètres. C’est ici que le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a prévu de poser au centre d’un terrain de football en friche la première pierre d’un programme immobilier baptisé du nom de son ami Donald Trump. Un geste destiné à remercier le président américain pour son dernier cadeau: la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté d’Israël sur le Golan, un territoire occupé par l’État hébreu depuis 1967 et dont la communauté internationale refuse d’avaliser l’annexion.»

Trump City doit devenir le symbole d’une nouvelle ère pour la région mais le magnat de l’immobilier n’investirait sans doute pas un dollar à titre personnel dans son village éponyme. Kela Beruchim (les bénis en hébreu, NDLR) est un lieu étrange peuplé de gens bizarres. Les volets des maisonnettes sont clos mais du linge pend ici ou là dans les cours. La première personne croisée après avoir fait le tour de l’implantation est un apiculteur bodybuildé. D’origine russe, Denys est affalé dans un fauteuil défoncé en cuir sur le perron d’un bâtiment en déshérence. Il est venu surveiller ses ruches qui lui posent bien du souci. «On m’a demandé du jour au lendemain de les déplacer à l’occasion de la visite surprise de Nétanyahou en avril pendant les vacances de Pâques. Elles étaient installées à l’endroit où ils vont soi-disant commencer à construire», peste-t-il. «Je suis dans ce coin pour mener une vie paisible à la campagne et on raconte maintenant que la population du Golan va doubler. On va être envahi par des religieux qui vont nous imposer leur mode de vie. De toute façon, je ne crois pas que ce projet va marcher. Rien ne marche ici!» dit-il avant de s’éloigner pour retrouver ses abeilles.

«Je suis dans ce coin pour mener une vie paisible à la campagne et on raconte que la population du Golan va doubler. On va être envahi par des religieux qui vont nous imposer leur mode de vie.»Denys, apiculteur

Au détour d’un chemin, une vieille femme ouvre sa porte après des hésitations. «Je ne suis pas présentable avec mon tablier», minaude Nina. Elle et son mari ont quitté l’URSS en 1990 peu avant sa désintégration pour émigrer en Israël et échouer sur le Golan. Trump City l’inquiète, elle aussi, car «on ne sait pas ce qui va se passer et on ne sait pas qui sont ces gens qui vont venir vivre autour de nous». Puis elle fredonne en français, Parole, parole, parole !, la chanson de Dalida.

Les bureaux du centre communautaire se réduisent à une pièce vaguement entretenue. Le reste de la bâtisse n’a plus tous ses murs et peu de plafonds. L’ensemble dégage une telle impression d’apocalypse qu’il a servi de décor à une série télé d’épouvante intitulée Colonnes de fumée. La fiction raconte les péripéties d’une enquête policière dans un kibboutz sectaire du nord d’Israël dont les habitants ont mystérieusement disparu. La vraie histoire de l’implantation est moins effrayante. Elle est juste celle d’un échec. À Kela Beruchim, le nombre de résidents se compte sur les doigts des deux mains. Il faut y ajouter une poignée de jeunes squatters qui ont l’intention de fonder une école de préparation au service militaire. Ils sont convaincus que le Golan est une terre juive depuis les temps de la Bible, mais les précédents habitants du secteur étaient des Arabes syriens chassés par la guerre des Six-Jours. Leur armée s’était retirée de cette hauteur stratégique sans livrer véritablement bataille. 

«Il faut comprendre que lorsque l’on s’installe sur le plateau, surtout dans le nord, on va vivre en périphérie loin des avantages de la société moderne comme le système de santé ou les loisirs.»Mehamem Ender, un retraité de Kela Beruchim

Après l’annexion de 1981, une politique de colonisation s’est mise en place avec ses hauts et ses bas. Puis en 1991, Ariel Sharon, alors ministre du Logement, a peuplé la région de migrants russes fraîchement débarqués en Israël. Une vingtaine de familles s’installèrent à Kela Beruchim. Elles parlaient mal l’hébreu, étaient au chômage, la perspective d’un logement gratuit était, pour elles, une aubaine. Les couples avaient suivi des études universitaires dans leur pays d’origine. Le Golan a été pour ces déclassés un exil dans l’exil. «La greffe n’a pas pris mais d’autres projets engagés aux alentours fonctionnent bien», constate Chaim Rikeach, le président du Conseil régional du Golan dans ses bureaux de Katzrin, la «capitale» du Golan.

«Il faut comprendre que lorsque l’on s’installe sur le plateau, surtout dans le nord, on va vivre en périphérie dans l’éloignement des avantages de la société moderne comme le système de santé ou les loisirs», explique, pour sa part, Mehamem Ender, un retraité de Kela Beruchim. «Je suis venu pour réaliser le rêve sioniste de peupler ce pays qui est le nôtre», ajoute-t-il. Deux de ses fils ont été grièvement blessés au Liban et à Gaza. Ses quatre enfants ont quitté le plateau. «Les jeunes ne restent pas sauf s’ils sont agriculteurs», précise Mehamem Ender.

Sentiment de précarité

L’économie du Golan repose sur ses ranchs de vaches et de bœufs. Environ 40 % de la viande consommée en Israël provient de la région mais aussi 30 % du vin. Le tourisme vert s’y développe malgré les tensions avec la Syrie et l’ennemi juré, le Hezbollah libanais. Reste qu’un sentiment de précarité est toujours présent chez les 18.000 Israéliens qui cohabitent avec 22.000 Druzes dont la plupart ont refusé de prendre la nationalité israélienne. «Une petite crainte d’être expulsé existe toujours alors quand Trump a pris sa décision historique, les doutes se sont levés», dit Chaim Rikeach. «Nous n’avons pas en revanche d’inquiétude sécuritaire. Il y a de temps en temps un tir de missile quand quelqu’un fait une connerie de l’autre côté de la frontière et voici deux ans encore nous avions al-Qaida et Daech comme voisins mais nous maîtrisons la situation», minimise-t-il.

«Il y a de temps en temps un tir de missile quand quelqu’un fait une connerie de l’autre côté de la frontière et voici deux ans encore nous avions al-Qaida et Daech comme voisins mais nous maîtrisons la situation.»Chaim Rikeach

À Katzrin comme à Kela Beruchim, le geste du président américain fait comme il se doit l’unanimité. «C’est fabuleux! L’homme le plus puissant du monde nous a donné un cadeau incroyable. Je sais que Trump est très contesté dans le monde mais un Israélien qui le critique est pour moi un dérangé», s’enthousiasme Mehamem Ender.

Tirant un trait sur des décennies de politique étrangère américaine, Donald Trump a brisé le consensus international sur la question de Golan le 21 mars par un tweet puis a rapidement signé la proclamation de reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le Golan dans le Bureau ovale aux côtés d’un Benyamin Nétanyahou aux anges.

Relancer les implantations juives

Le premier ministre israélien n’a pas non plus perdu de temps pour montrer sa gratitude. Le 23 avril, il publiait une vidéo dans laquelle, debout au milieu des collines ondoyantes du Golan, il annonçait fièrement qu’une ville porterait le nom du président américain. L’idée de fonder une Trump City a dans l’esprit du premier ministre une valeur symbolique mais elle s’inscrit aussi dans une volonté de relancer les implantations juives dans la région après un arrêt total de la colonisation pendant vingt ans. «Nous avons renforcé les sites existants mais ce n’est pas suffisant. Des jeunes sionistes veulent venir construire de nouveaux lieux alors la création de Trump City est pour nous une bénédiction», confirme Chaim Rikeach.»

Les premiers résidents devraient prendre possession de leur logement à la fin de l’année, à l’occasion des fêtes d’Hanouka, mais il est probable que les délais annoncés par le Conseil régional ne seront pas respectés. 25 familles aménageront à Trump City. Elles devraient être ensuite 100 et à terme 400. «Les plans sont prêts. Le quartier comprend des jardins publics pour les enfants, des synagogues. Pour l’instant, 150 personnes se sont adressées à nous. Nous sommes dans le processus de sélection avec pour objectif de créer une communauté mixte de religieux et de laïcs. Nous cherchons des couples jeunes car le Nord qui est beaucoup moins peuplé que le Sud compte surtout des habitants âgés», explique Chaim Rikeach. Il veut croire qu’ils trouveront des emplois dans le tertiaire, l’agriculture géothermique, l’agrotech et le high-tech grâce au développement de pôles d’innovation. Seule ombre au tableau mais elle est de taille: la dissolution du nouveau Parlement qui ne permet pas de valider l’initiative du premier ministre. Benyamin Nétanyahou et un représentant de l’Administration américaine devaient assister sur place le 12 juin à une cérémonie pour célébrer à la fois le 52eanniversaire de la prise du Golan et la reconnaissance américaine, mais ils ne viendront pas.

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«Baptiser notre implantation Trump City, c’est un peu comme donner le rôle de parrain dans une cérémonie de circoncision. On l’honore pour le congratuler», commente Noemi Ish Shalom, une enseignante excentrique installée un peu à l’écart de Kela Beruchim. «J’espère que le projet va permettre de ramener les services de l’État chez nous», ajoute-t-elle. Docteur en biologie, en botanique et en écologie, elle entretient seule un immense jardin organique aux allures de capharnaüm peuplé de poules, de chèvres et de chiens. Sa propriété est un promontoire avec vue sur la Syrie. Entre les deux, la lande est truffée de mines. «Cette implantation a toujours été un rêve quel que soit son nom», sourit-elle. Un rêve qui a pour l’instant des allures de chimère.

Comment l’État mène la lutte contre les mosquées radicales

Par Jean Chichizola et  Christophe Cornevin

ENQUÊTE – Surveillance, constitution de dossiers, fermetures, procédures judiciaires… Dans le Nord, l’Isère ou les Bouches-du-Rhône, les pouvoirs publics mènent un âpre combat de terrain.

Île-de-France, Bouches-du-Rhône, Nord, Isère… À l’ère de «l’imam Google», de la propagande sur Internet et de l’adhésion des terroristes, comme celui de Lyon, aux thèses de Daech «en leur for intérieur», la lutte contre l’islam radical se joue encore dans le monde réel et passe toujours par la fermeture de mosquées ou de centres communautaires tombés aux mains de prédicateurs de la haine.

Un exercice délicat, réclamant vigilance et prudence. Et une procédure complexe, en vertu de la loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme adoptée en novembre 2017, qui doit respecter l’État de droit face à des adversaires qui savent se montrer procéduriers. Ces derniers mois, trois fermetures ont notamment été ordonnées à Grande-SyntheHautmont (Nord) et Grenoble (Isère).

Le Nord est, avec les Bouches-du-Rhône, le Rhône ou l’Île-de-France, un des territoires les plus touchés par la radicalisation islamiste. Pour mieux la prévenir, Michel Lalande, préfet du Nord, a mis en place depuis son arrivée en 2016 un dispositif unique en France, avec, sous son autorité, une déconcentration du signalement et du suivi des cas de radicalisation au niveau de groupes d’évaluation départementaux dans les six arrondissements du département (Lille, Dunkerque, Avesnes-sur-Helpe, Cambrai, Douai, Valenciennes). Chose plutôt inhabituelle, les deux fermetures qu’il a décidées ont visé des extrémistes chiites et sunnites.

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De façon imagée, Michel Lalande explique la méthode: «Identifier le mal, l’observer et le soigner.» Et les conditions nécessaires: une procédure validée par la justice, une stratégie au long cours défendant les valeurs de la République et un dialogue serein avec les autorités religieuses. Le 15 octobre 2018, treize jours après des visites domiciliaires ayant mobilisé près de deux cents policiers, le préfet du Nord annonçait ainsi la fermeture administrative, pour une durée de six mois, du lieu de culte et du siège de l’association Centre Zahra France, d’obédience chiite. Une action engagée après une longue surveillance et des inquiétudes face à de possibles dérives, notamment antisémites. 

La fermeture est validée par le tribunal administratif le 19 octobre puis par le Conseil d’État le 22 novembre 2018. Enfin, le 22 mars dernier, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, propose au chef de l’État de dissoudre les associations Centre Zahra France, Fédération chiite de France, Parti anti sioniste et France Marianne télé. Ces associations sont accusées de légitimer «de façon régulière le djihad armé tant par les prêches dispensés que par les écrits mis à la disposition des fidèles et des internautes» et d’endoctriner «la jeunesse du Centre Zahra dans la perspective de la guerre sainte et d’une apologie constante, notamment via Internet, des actions d’organisation telles que le Hamas, le djihad islamique palestinien et la branche armée du Hezbollah, toutes inscrites sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne».

«Sur la soixantaine de mosquées et salles de prière qui sont répertoriées en Isère, deux ou trois attirent l’attention des services»La préfecture

Quelques mois après le coup porté aux ultras chiites, le préfet Lalande décidait, le 13 décembre 2018, de fermer pour une durée de six mois la salle de prière salafiste As-Sunnah d’Hautmont. Motif invoqué: «Les idées qui y sont diffusées et les activités qui s’y déroulent provoquent à la violence, à la haine et à la discrimination et font l’apologie d’actes de terrorisme.» L’imam saoudien qui y officiait aurait notamment prononcé des prêches ayant «clairement provoqué à la haine et à la violence envers les non-croyants». Des conférences ont par ailleurs été organisées au sein de la salle de prière, ouverte en 2014 dans un ancien café, et des intervenants «ont tenu des propos de même nature». 

L’association Assalem, responsable de la salle, saisit aussitôt le tribunal administratif de Lille qui, le 18 décembre, valide la fermeture. Six mois plus tard, la situation est des plus claires: l’imam est reparti pour l’Arabie saoudite et l’association ne semble plus être en état de poursuivre ses activités. À noter qu’en amont de la décision de fermeture, l’État et la mairie s’étaient déjà inquiétés des questions de sécurité dans un lieu de culte de 97 places accueillant 150 à 200 fidèles. Des risques d’incendie et le non-respect des règles pour les établissements recevant du public avaient entraîné la fermeture d’une partie du bâtiment. Après Grande-Synthe et Haumont, la lutte contre les prêcheurs de la haine a été poursuivie plus au sud en 2019.

À la différence du Nord, l’Isère ne figure pas au nombre des départements les plus touchés par le fléau de l’islam radical. Il n’empêche. «Sur la soixantaine de mosquées et salles de prière qui y sont répertoriées, deux ou trois attirent l’attention des services», confie-t-on en préfecture. 

Mères voilées à l’école : un recul pour la laïcité ? – Regarder sur Figaro Live

Des barnums pour permettre aux fidèles de prier

Le préfet Lionel Beffre a décidé le 4 février dernier de fermer pour une durée de six mois la mosquée al-Kawthar de Grenoble, drainant près de 400 fidèles parmi les plus «rigoristes» de l’agglomération. Fermeture confirmée par le tribunal administratif. Dans son mémoire de défense, observent les magistrats, le préfet de l’Isère a mentionné «des références religieuses qualifiées de radicales» proférées dans la mosquée et reprises à de nombreuses reprises sur la chaîne YouTube «comportant de nombreux passages incitant à la haine et à la violence envers les chrétiens et les juifs, légitimant la discrimination et la charia, et justifiant le djihad armé».

Au total, au moins une «vingtaine d’individus radicalisés» aurait fréquenté al-Kawthar «dont certains ont été interpellés, parfois condamnés pour des faits d’apologie du terrorisme». «Une petite dizaine est partie en 2013 et 2014 pour faire le djihad dans les zones de combat et d’autres en avaient la velléité», confie au Figaro un fonctionnaire de haut rang. Pointé du doigt pour ses virulents discours «antirépublicains, antichrétiens et antijuifs» qui «légitiment la charia, la supériorité du Coran sur la loi des hommes et la discrimination envers les femmes sommées de porter la burqa», l’imam algérien a préféré s’exiler vers son pays d’origine. 

«Très courtois, très habiles, sans jamais un mot qui dépasse, les défenseurs de la mosquée ont mené un travail de lobbying pour plaider leur cause, mais le mal est trop profond» Un haut fonctionnaire

Soucieux de mettre un terme au gel des avoirs, particulièrement pénalisant à l’approche du hajj , le très lucratif pèlerinage à La Mecque en août prochain, des responsables musulmans ont tout tenté pour rouvrir cette mosquée de la discorde. En réponses aux menaces de prières de rue brandies par certains de ses partisans, des «barnums» ont été installés par la mairie afin de permettre aux fidèles de prier sous des tentes à proximité du village olympique de Grenoble.

Avant le ramadan, un nouveau «collectif musulman métropolitain» a plaidé en faveur d’une réouverture au nom du «vivre ensemble». Les responsables de la mosquée sont remontés au créneau pour défendre la mise en place d’une «charte républicaine». Mais cette stratégie de la «main tendue» n’a pas convaincu. Même la proposition d’installations des caméras sur l’édifice, formulée par l’association qui la gère, a été recalée le 23 mai par la commission administrative de vidéoprotection présidée par un magistrat de l’ordre judiciaire. Motif? «Dossier mal ficelé», lâche un expert.

«Très courtois, très habiles, sans jamais un mot qui dépasse, les défenseurs de la mosquée ont mené un travail de lobbying pour plaider leur cause, mais le mal est trop profond pour changer la situation en quelques semaines», juge un haut fonctionnaire, assurant que le «plus grand flou» régnerait encore sur l’identité des futurs imams, que la «composition de l’association gérant le lieu de culte ne s’est guère renouvelée» et qu’aucun «message correctif» n’aurait été envoyé aux fidèles depuis la fermeture administrative. Elle est prévue pour durer jusqu’au mois d’août.

On ne parle pas de la haine des Juifs aux petits lycéens niçois

Mais on peut leur décrire les massacres à la machette au Rwanda

parRenée Fregosi – 5 juin

Renée Frégosi. ©BALTEL/SIPA / 00884429_000041

Invitée à parler de la mémoire des génocides devant des lycéens niçois, j’ai tenté d’évoquer la haine dont sont l’objet les Juifs aujourd’hui. Élèves et professeurs se sont insurgés. 


Il y a quelques semaines, je participai dans un lycée niçois à événement intitulé « La Semaine de la mémoire et de la recherche ». Pendant quatre jours, des lycéens écoutaient des témoignages de victimes de génocides et des universitaires censés les éclairer sur les processus génocidaires et, au-delà, les processus complotistes et négationnistes, l’antisémitisme et le totalitarisme.

Parmi ces lycéens, une classe de 1ère avec cinq de ses enseignantes à l’origine de cette initiative pédagogique, avait travaillé durant l’année scolaire plus spécifiquement sur le génocide rwandais et s’était même rendu sur place lors d’un voyage passionnant et très émouvant.Ouverture dans 0Sponsorisé par Ministère de l’Action et des Comptes publicsDroit à l’erreur !Evitez les erreurs dans toutes vos démarches administratives avec oups.gouv.frEn savoir plus

La victime devient coupable

Contactée par les organisatrices de cette rencontre pour y faire une intervention, j’avais proposé d’aborder la question de la stratégie de victimisation mise en œuvre par les autorités pour persécuter leurs ennemis voire aller jusqu’à leur massacre de masse. Mon exposé étant le dernier de ces journées, je lui donnai une forme un peu conclusive en insistant sur les mécanismes de retournement des termes et l’inversion des charges de la preuve très souvent utilisés par les persécuteurs pour présenter leurs victimes comme des agresseurs.

Évoquant des sujets traités par des orateurs précédents et étudiés par les lycéens, je rappelai donc brièvement que les Turcs massacrant les Arméniens pendant la guerre de 14-18, les présentaient comme des agents de l’ennemi après les avoir exclus de la communauté ottomane et soumis à une ségrégation rigoureuse. Les nazis massacrant les Juifs d’Europe, dénonçaient leur visée dominatrice et les présentaient comme les fauteurs de guerre et les corrupteurs de la race aryenne, justifiant leur exclusion de la nation allemande puis leur relégation dans les ghettos et enfin la « solution finale ». Les massacreurs hutus présentaient les Tutsis comme des privilégiés et des expropriateurs et les déshumanisaient en les qualifiant de cafards à exterminer systématiquement. Les Khmers rouges présentaient leurs victimes comme des exploiteurs occidentalisés à éradiquer jusqu’au dernier, en les traitant de punaises qu’il fallait tuer jusqu’aux œufs (les enfants).

La vérité des lycéens

Puis je me hasardai à aborder la stratégie palestinienne de victimisation et le dit « antisionisme ». Ayant remarqué que l’intervenant qui m’avait précédé avait montré dans son document PowerPoint des photos de victimes françaises récentes d’actes antisémites (Ilan Halimi, les enfants de l’école Ohr Torah, Mireille Knoll, Sébastien Selam, Sarah Halimi) sans indiquer explicitement le lien avec le caractère islamiste de l’antisémitisme de leurs auteurs, je rappelai les différents types de haine des Juifs à travers les âges (antijudaïsmes romain puis chrétien, antisémitismes politiques modernes, antijudaïsme musulman et antisionisme déniant en fait le droit à l’existence de l’Etat d’Israël).

Les réactions de nombreux jeunes dans l’auditoire ne se sont alors pas faites attendre : négation de l’existence de propos anti-Juifs dans le Coran, renvoi dos-à-dos des Israéliens et des Palestiniens revendiquant « la même terre », accusation de manque d’objectivité de mon intervention. Cela, je m’y attendais un peu étant donné la sociologie de ce lycée « périphérique ». Raison de plus à mes yeux pour ne pas édulcorer mon propos.

« Trop jeunes pour entendre de telles choses »

En revanche, ce qui m’a interloquée c’est la réprobation explicite de mon intervention de la part des enseignantes, au motif que ces élèves « étaient trop jeunes pour entendre de telles choses et qu’il ne fallait pas les choquer ». Les récits des horreurs des camps d’extermination nazis, des massacres khmers rouges ou du génocide à la machette au Rwanda ne les auraient pas traumatisés, mais instiller un doute quant au bien-fondé des roquettes et des tirs de mortier sur Israël ou quant au mythe d’al Andalus en leur parlant de la dhimmitude, ou encore révéler l’existence de passages anti-Juifs dans le Coran et les hadiths, cela ne pouvait se faire car il ne fallait pas perturber ces jeunes esprits fragiles.A

Autrement dit, la contradiction des idées reçues constituait non pas un élément fondamental de la pédagogie de l’esprit critique censé être dispensée dans le cadre de l’Education nationale, mais quelque chose d’intolérable, de nocif et d’indécent. Je pris alors conscience que toutes ces recherches en bibliothèque, ces voyages scolaires sur les « lieux de mémoire », tous ces travaux d’élèves et ces débats autour des victimes n’avaient en somme qu’agité du pathos, de la compassion voire de l’identification avec les victimes mais n’avaient nullement contribué à la compréhension de la complexité des phénomènes politiques autoritaires pouvant conduire jusqu’au génocide.

Commémorer pour ne pas comprendre, un nouveau négationnisme

Journées de la mémoire certes, mais la recherche n’était-elle pas restée vaine si la contradiction, le paradoxe et l’ambivalence étaient d’emblée refusés à la formation de ces jeunes esprits ? Les dérives de l’esprit victimaire que je m’étais proposé d’analyser étaient ici-même à l’œuvre : l’individualisation des victimes, avec l’audition de témoignages poignants notamment, conduisaient à ignorer la dimension politique des souffrances subies. Les stratégies, les modes de justification des massacres passés étant ainsi méconnus, on s’interdisait toute analyse comparative, toute réflexion en somme sur d’autres stratégies et discours de légitimation d’actions meurtrières actuelles. Le passé sert ainsi à enfouir le présent sous ses cendres, et les larmes noient l’intelligence des événements d’aujourd’hui.

C’est finalement à un nouveau négationnisme auquel on assiste : l’agression génocidaire en acte ou en projet est masquée par les horreurs du passé qui saturent l’espace mental et médiatique. Ressassant les génocides historiques dans la repentance et la bonne conscience, sans en comprendre les ressorts universels, on dénie au présent son véritable potentiel génocidaire. A dénoncer en boucle les totalitarismes d’hier, on s’aveugle sur ceux en germe aujourd’hui qui n’ont aucune filiation historique avec ceux-là. Paradoxes de notre temps : l’antifascisme occulte le totalitarisme islamiste en action ici et maintenant comme l’antiracisme dénie aux « blancs » leur statut possible de victimes, et le travail mémoriel plein de bonnes intentions entrave celui de l’histoire tentant d’éclairer crûment le présent.

L’ex directeur général adjoint de l’AEIA: « L’Iran est à six mois d’une bombe atomique » ?????

5 juin 2019 | 

Olli Heinonen, l’ancien responsable du suivi de la prolifération nucléaire pour l’Agence internationale de l’énergie atomique, a déclaré sur les ondes de la radio militaire qu’Israël et les États du Golfe « avaient toutes les raisons d’être inquiets des nouvelles capacités nucléaires de l’Iran« …

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L’homme a souligné que la plupart des Israéliens « n’avaient pas conscience de la gravité de la menace iranienne ». « Les Israéliens se doivent d’être inquiets et les pays du Golfe ont également toutes les raisons de s’inquiéter »  a déclaré Olli Heinonen. Lors de l’interview, qui sera diffusée jeudi matin, Olli Heinonen a déclaré: « Malgré les affirmations de l’AIEA, l’Iran sera en possession d’armes nucléaires d’ici six à huit mois« .P

Selon lui, l’AIEA ignorerait tout de la course à la guerre nucléaire menée par Téhéran et, qui plus est, même la décision de l’administration Trump de laisser tomber le plan d’action global commun (JCPOA) qu’on appelle communément « l’accord iranien », servirait aussi les objectifs de l’Iran.

« Les Ayatollahs gèrent les nouvelles sanctions  à leur guise et  pendant de temps, ils continuent de fabriquer de nouvelles centrifugeuses « , a-t-il conclu.

Peu de gens ont une meilleure connaissance sur le sujet que Olli Heinonen, qui a travaillé 27 ans à l’AIEA dont il a été le directeur général adjoint et le responsable de son Département des contrôles. Il a rédigé sa thèse sur l’analyse des matières nucléaires et a supervisé les efforts de l’AIEA pour surveiller et contrôler le développement nucléaire de l’Iran. L’homme a également  dirigé et participé à des équipes internationales d’inspection de surveillance des installations nucléaires dans de nombreux États comme la Corée du Nord, l’Afrique du Sud, l’Irak, la Syrie, la Libye.

Tel-Avivre – source israelnationalnews

Le BNVCA saisit le CSA suite à la chronique de Mr Pascal Romedenne Télé Matin du 3/6/19 relative à l’affaire des “Faux Le Drian”.

Le BNVCA exprime les protestations de nombreux correspondants émus et scandalisés par la façon discriminatoire voire insultante dont le chroniqueur a relaté l’affaire de l’énorme escroquerie commise par des français installés  en Israel  qui se faisaient passer pour le Ministre des Affaires Etrangères, Monsieur Jean Yves Le Drian afin d’extorquer illégalement des sommes d’argent importantes à des hautes personnalités fortunées, sous prétexte de contribuer à la libération d’otages français

Le journaliste en question Mr Patrice Romedenne  qui présente sa chronique quotidienne sur Télématin le 3 juin 2019 déclare le plus simplement possible “Le chef du gang a été arrêté, c’est un “JUIF tunisien” Il était refugié en Israel etc ...(voir vidéo à 2 mn13).

Nos correspondants font remarquer de façon judicieuse que même lorsque les terroristes revendiquent leur attentat au nom de l’Islam, jamais aucun reporter n’a fait référence à leur religion.

Comme nos requérants, le BNVCA  reproche à Mr Romedenne d’avoir insisté si maladroitement sur la religion de cet escroc et de ce chef de gang  dont la communauté francophone d’Israel s’est toujours désolidarisée.

Nous faisons remarquer au journaliste en question que le Code Pénal français n’a pas été rédigé pour les juifs.

Nous demandons à la rédaction de Télé Matin, d’inviter Mr Romedenne à rectifier  ses propos et à présenter ses excuses .

A la demande de ses requérants,le BNVCA a décidé de saisir  le C S A .

Colis piégé à Lyon : Mohamed Hichem Medjoub est incarcéré

Par  Auteurvaleursactuelles.com /

La police autour du domicile du suspect, à Oullins © Laurent Cipriani/AP/SIPA

L’homme soupçonné d’être l’auteur de l’attaque au colis piégé à Lyon a été mis en examen et écroué après ses aveux.

Mohamed Hichem Medjoub, qui est soupçonné d’avoir planifié l’explosion d’un colis piégé dans le IIe arrondissement de Lyon, a été mis en examen par le juge d’instruction ce vendredi à Paris pour « tentative d’assassinats terroristes », « association de malfaiteurs terroriste criminelle », « fabrication, détention, et transport d’explosifs en relation avec une entreprise terroriste ». Il a été placé en détention provisoire, a annoncé le parquet de Paris, rapporte BFMTV.

Mohamed Hichem Medjoub est passé aux aveux

C’est mercredi 29 mai que le principal suspect est passé aux aveux. Interpellé par les forces de l’ordre lundi 27 mai aux alentours de 10 heures, le présumé responsable de l’attaque au colis piégé vendredi 24 mai, a reconnu avoir posé l’engin explosif, selon les informations du Point. Comme le précise l’hebdomadaire, cet Algérien de 24 ans a détaillé la façon dont il a fabriqué son engin explosif dans sa cuisine. Il assure avoir agi seul. BFMTV indique de son côté que l’ancien étudiant en informatique a effectué des recherches internet sur le djihad, la fabrication de bombes artisanales et le moyen de les déclencher à distance.SUR LE MÊME SUJET Colis piégé à Lyon : l’étonnant témoignage d’un ami du suspect

Jeudi, LCI a indiqué que Mohamed Hichem Medjoub reconnaissait des liens avec Daech, à qui il a prêté allégeance « en son for intérieur », selon le parquet.Durant sa garde à vue, le suspect avait tenu un discours religieux intégriste, mais ne s’était revendiqué d’aucune organisation terroriste. Voir l’image sur Twitter

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Le Parisien@le_Parisien

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Colis piégé à #Lyon : le suspect dit avoir agi au nom de Daech > http://l.leparisien.fr/rKQ 3416:11 – 30 mai 201979 personnes parlent à ce sujetInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité

L’arrestation de Mohamed Hichem Medjoub s’est suivie lundi 27 mai d’une deuxième interpellation par les forces de l’ordre, à savoir celle d’un lycéen majeur, identifié comme étant le frère cadet du suspect numéro un, puis de celle de son père et de sa mère. La garde à vue des parents a été levée jeudi. Le suspect vivait chez ses parents, à Oullins, en proche banlieue, où une perquisition a été menée par une unité du Raid, appuyés d’une service de déminage.

David explique pourquoi il n’est pas un colon et montre les vestiges archéologiques juifs là où il habite à Beïth El en Judée samarie appelée : « Cisjordanie »

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« Dieu dit à Jacob: «Lève-toi, monte à Beït Hel et installe-toi là-bas. Tu y construiras un autel en l’honneur du Dieu qui t’est apparu lorsque tu fuyais ton frère Esaü.» (Genèse 35.1-15)

Beït Hel est lié dans la Bible au passage des patriarches Abraham et Jacob sur ce lieu : Abraham y construit un autel, tandis que Jacob s’y endort et rêve de l’échelle de Jacob, une échelle parcourue par des anges qui s’élève jusqu’au ciel.

L’Arche d’alliance y réside plus tard à l’époque des Juges d’Israël et Samuel y tient sa cour de justice.

« Avant que Jacob ne le nomme Beït Hel, le lieu s’appelait Louz », dit le texte hébreu (Oulam Louz). Et c’est sous ce nom qu’apparaît en Luc 24:13 dans le codex Bezae, le village vers lequel se dirigeaient les deux compagnons d’Emmaüs qui, selon les Évangiles chrétiens, le soir de la Résurrection quittaient Jérusalem et où Jésus serait apparu pour la première fois après sa résurrection.

Les fouilles archéologiques à Beit El ont révélé une grande concentration de bâtiments datant de l’époque des Patriarches et de la période de la Royauté, ainsi que des statuettes sur le Mont Bethel.

Selon la tradition, Abraham a été le premier à construire un autel à l’est de Beit El. C’est également le lieu où se déroule l’histoire de Saul, lorsqu’il cherchait les ânesses. Samuel lui a dit de faire demi-tour et quand il rencontrerait des hommes qui iront prier Dieu à Béthel.

Ces sources indiquent que l’endroit est sacré, avant même Jéroboam. Le lieu de culte est mentionné plus d’une fois dans les Prophètes, et il y a beaucoup de discussions à son sujet. Josias est celui qui a détruit cet endroit car il servait à l’idolâtrie.

Alors si les juifs sont colons sur cette terre, comment se fait-il que l’archéologie relève leurs traces lors des fouilles? Il est bien évident que nous n’avons rien à prouver, et il est hors de question de se positionner en victimes ou en conquérants… Nous sommes le peuple indigène dans ce pays…

Source https://www.terrepromise.fr 


Le BNVCA condamne la décision de la Cour de Cassation Jordanienne qui refuse l’extradition d’un terroriste palestinien suspecté d’avoir participé à l’attentat de la rue des Rosiers en 1982 à Paris.

Le BNVCA  condamne la décision scandaleuse de la Cour de Cassation Jordanienne qui a rejeté la demande d’extradition vers la France de Nizar Tawfiq Mussa Hamada suspecté d’avoir participé à l’attentat de la Rue des Rosiers contre un restaurant juif à Paris en 1982, qui a fait 6 morts et 22 blessés.

Cette plus haute instance de justice d’Amman a maintenu sa décision de ne pas extrader le suspect au motif que les conditions d’extradition n’étaient pas réunies et l’affaire, remontant à 30 ans, dépassait “le délai de prescription”. Pour le BNVCA ce prétexte insoutenable discrédite la Jordanie qui recèle et protège un terroriste international, et vient nous dire que le temps est dépassé.

L”attentat a été perpétré dans le quartier juif de Paris par un commando terroriste palestinien le 9 août 1982. Une grenade avait été jetée dans le restaurant de Jo Goldenberg, explosant au milieu d’une cinquantaine de clients. Deux tueurs étaient ensuite entrés, ouvrant le feu faisant 6 morts et 22 blessés.

Le BNVCA rappelle que son Président Mr Sammy Ghozlan inspecteur divisionnaire de police  lors de l’attentat, chargé d’une mission exceptionnelle par le premier Ministre Pierre Maurois, dans le but de collaborer avec la Brigade Criminelle sous l’autorité du Commissaire Claude Cancès. avait reçu personnellement par téléphone la revendication d’Abou Nidal.

Nous demandons aux autorités françaises de prendre toutes les dispositions judiciaires, et diplomatiques de nature à faire juger le suspect concerné, âgé aujourd’hui de 57 ans  et ce même après 30 ans. Les victimes de cet attentat terroriste anti-juif méritent que justice soit rendue.

Le Bureau

Dissolution (pour klum) de la Knesset réélue le 17 septembre

By Marc – Mai 30, 20196

La Knesset vote sa dissolution et tiendra de nouvelles élections le 17 septembre
74 députés sur 120 approuvent une motion sans précédent demandant un nouveau vote après que Netanyahu a dépassé le délai pour former une coalition; Au cœur de l’impasse se situe la querelle sur la conscription pour les hommes ultra-orthodoxes -un texte qui, s’il est voté, prendra effet dans… 6 ans ; Le premier ministre avait tenté de convaincre le parti travailliste de former une coalition

Les membres de la Knesset ont voté mercredi soir pour dissoudre le Parlement, à peine un mois après l’assermentation de la nouvelle assemblée, après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas réussi à conclure un accord de coalition avec ses partenaires potentiels.

Dissoudre la Knesset et organiser une nouvelle série d’élections à peine quelques mois après les dernières et sans avoir jamais formé de gouvernement est un événement sans précédent, même dans le paysage politique trépidant d’Israël.

Benjamin Netanyahu à la Knesset pour le vote sur la tenue de nouvelles élections (Photo: Alex Kolomoisky)

Benjamin Netanyahu à la Knesset pour le vote sur la tenue de nouvelles élections (Photo: Alex Kolomoisky)

Sur les 120 députés qui composent la Knesset, 74 ont voté en faveur de la dissolution du parlement et 45 ont voté contre. Au cœur de la tentative infructueuse de Netanyhu de former une coalition après les élections du 9 avril, il y avait une législation visant à intégrer des hommes Haredim à l’armée, qui a vu deux de ses partenaires politiques souhaités se disputer.

Alors qu’il s’apprêtait à voter mercredi soir, le dirigeant de Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a déclaré qu’Israël tenait de nouvelles élections en raison du refus du parti Likoud de voter sur la version originale d’un projet de loi concernant les hommes Haredi, sur lequel il avait insisté, de même que les partis ultra-orthodoxes.

Avigdor Liberman assiste au vote de la Knesset sur l'opportunité de se disperser et d'organiser de nouvelles élections (Photo: Alex Kolomoisky)

Avigdor Liberman assiste au vote de la Knesset sur l’opportunité de se dissoudre et d’organiser de nouvelles élections (Photo: Alex Kolomoisky)

Plus tôt mercredi soir, le Likoud a annoncé que Netanyahu avait tenté d’offrir à Liberman et aux partis ultra-orthodoxes un compromis sur le projet de loi, ce qui aurait ouvert la voie à la formation d’une coalition et empêché la répétition d’élections, mais l’offre a été rejetée par les deux partis.

Chambre de la Knesset

Chambre de la Knesset

Selon l’offre, Netanyahu a proposé que le projet de loi initial soit soumis au vote et que si les Haredim refusaient de soutenir la mesure, la suspension automatique dont bénéficient actuellement les étudiants en yeshiva (séminaire juif)serait dûment annulée, conformément à une décision de la Cour suprême.

Le Likoud a annoncé qu’il avait recueilli le soutien et finalisé les accords de coalition avec 60 membres de la Knesset, ce qui laisserait à Netanyahu à court  d’un législateur pour s’assurer la majorité à la Knesset, forte de 120 membres. Cependant, le parti Kulanu, qui a accepté mardi de rejoindre la liste du Likoud en cas d’élections, a nié avoir signé quoi que ce soit. Le Likoud a répondu que les accords étaient en place dans le cas où Liberman rejoindrait la coalition.

Selon la loi, le Premier ministre avait jusqu’à mercredi à 23h59 pour informer le président de la formation d’une coalition. Dans le cas contraire, la tâche de former un gouvernement pourrait être confiée à un autre député. La détermination de Netanyhu de prévenir une telle situation est à l’origine de la convocation de nouvelles élections.

À 22 heures, les députés montaient vers l’estrade pour présenter leur évaluation de la situation. L’opposition avait l’intention de voter contre la motion visant à disperser la Knesset mais a décidé de retirer ses réserves et de permettre au vote de se dérouler immédiatement.

Benny Gantz, président des Blue and White

Benny Gantz, président des Bleus et Blancs

Faisant face à la perspective de nouvelles élections après avoir échoué à former une coalition, Netanyahu a tenté de persuader le parti travailliste de rejoindre son gouvernement. Le Premier ministre aurait offert le ministère de la Justice à Shelly Yachimovich, ancienne dirigeante du parti travailliste, ainsi qu’un soutien à la candidature à la présidence de l’ancien ministre de la Défense, Amir Peretz.

Avi Gabbay du travail

Avi Gabbay du parti travailliste

Le président du parti travailliste, Avi Gabbay, a convoqué une réunion pour discuter de l’offre, mais les membres du parti l’ont finalement rejetée. Le parti a réitéré son désir de voir Benny Gantz, président du Parti bleu et blanc, s’efforcer de former une coalition après l’échec de Netanyahu.

Les députés du parti travailliste ont déclaré que Netanyahu était très généreux dans son offre et se montrait disposé à s’abstenir de lois lui garantissant l’immunité des poursuites pénales ainsi que de lois visant à restreindre le pouvoir de la Cour suprême, deux questions très controversées.

Shelly Yachimovich

Shelly Yachimovich

Lorsque l’offre a été rendue publique, le député bleu et blanc Yair Lapid a imploré Gabbay de ne pas l’accepter: “Il y a une limite au dégoût que le public peut avaler. Je ne peux pas croire que vous fassiez une telle chose.”

Un peu plus tôt, on a signalé que les membres de la coalition craignent de ne pas recueillir assez de voix pour adopter une motion visant à dissoudre la Knesset. Le sachant, les partis arabes ont reconsidéré leur vote et pouvaient rester à l’écart ou s’abstenir. Ils ont finalement majoritairement voté pour la dissolution.

Shelli Yachimovich et Miki Zohar

Shelli Yachimovich et Miki Zohar

Mercredi après-midi également, Naftali Bennet et Ayelet Shaked se sont rencontrés au bureau de Bennett à Tel Aviv. Il est largement admis que Shaked a l’intention de rejoindre les rangs du Likoud, mais il y a encore une chance qu’elle se présente avec le parti Nouvelle Droite de Bennett.

Benjamin Netanyahu et Avigdor Liberman à la Knesset (Photo: AP)

Benjamin Netanyahu et Avigdor Liberman à la Knesset (Photo: AP)

Des membres du Likoud ont lancé une offensive verbale contre le dirigeant de Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, pour son refus de transiger sur le projet de loi sur les étudiants de Yeshiva et l’accusent d’avoir tenté de “renverser le Premier ministre”. Ils ont souligné que Liberman avait, par le passé, conclu des accords avec des partis Haredi et que, soudainement, “sa soif de pouvoir va entraîner tout le pays aux élections“.

Les membres de l'opposition se rencontrent à la cafétéria de la Knesset

Les membres de l’opposition se rencontrent à la cafétéria de la Knesset (Tibi et Zanberg)

Le président Reuven Rivlin a pris la parole pour expliquer quelles options sont actuellement sur la table. «Mes chers concitoyens, je reçois et lis toutes vos demandes de renseignements concernant la formation du gouvernement. Compte tenu du nombre de demandes de renseignements que nous avons reçues à ce sujet, il est important pour moi d’expliquer quelle est l’autorité légale du président.

“Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait 28 jours pour former un gouvernement. Selon la loi, il disposait de 14 jours supplémentaires, qui se terminent aujourd’hui à minuit.

“Si un gouvernement n’est pas formé avant minuit ce soir, j’ai deux options et je dois en choisir une dans les trois jours. La première option consiste à confier à tout autre membre de la Knesset, à l’exception d’un membre de la Knesset qui en a déjà eu l’occasion, de former le gouvernement.  La seconde option est d’informer le Président de la Knesset qu’il n’ya aucune possibilité de former un gouvernement et qu’il n’y a pas d’autre solution que de convoquer des élections. 

Rivlin donne à Netanyahu le mandat de former une coalition

Rivlin donne à Netanyahu le mandat de former une coalition

“Pour prendre cette décision, j’inviterai à nouveau les représentants des factions à des consultations. Soit dit en passant, vous devez savoir que si j’informe le Président de la Knesset que je ne crois pas qu’un autre membre de la Knesset puisse former un gouvernement, les membres de la Knesset peuvent recueillir 61 signatures et demander que l’un des 120 membres de la Knesset, y compris ceux qui en ont déjà eu la possibilité, soit mandaté pour former un gouvernement.

“Vous vous demandez probablement comment cela se rapporte à ce qui se passe actuellement à la Knesset. Eh bien, ce n’est pas le cas. Parallèlement à mon autorité en tant que président, la Knesset peut promulguer une loi visant à disperser la Knesset. Si la loi passe devant la Knesset ses deuxième et troisième lectures avec une majorité de membres – au moins 61 -, les procédures pour former un gouvernement vont cesser, la Knesset sera dissoute et, malheureusement, nous irons à une autre campagne électorale.

“Pour ma part, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher l’État d’Israël de se lancer dans une nouvelle campagne électorale. Merci de m’avoir écouté”, a déclaré le président dans une vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux.

Yuval Karni, Shahar Hai et Kobi Nachshoni | Dernière mise à jour: 05.29.19, 23:23

ynetnews.com

La prière musulmane récitée dans l’église Saint-Louis-des-Invalides

«

La prière en question est plutôt le Adhan (en arabe: أَذَان), l’ « appel » psalmodié à la prière (salat) islamique par un récitant ou un imam (et qui commence ensuite par la Fatiha) :

« Allah est le plus grand (2 fois). J’atteste qu’il n’y a de dieu qu’Allah (2 fois). J’atteste que Muhammad est le messager de Allah (2 fois). Venez à la prière. Venez à la félicité (2 fois), La prière est meilleure que le sommeil (2 fois). Allah est le plus grand. Allah est le plus grand. Il n’y a de vraie divinité hormis Allah (1 fois). »

De ce qui précède, c’est la négation claire, nette et retentissante du Dieu des chrétiens au sein même de la cathédrale Saint-Louis des Invalides (Diocèse aux armées françaises).

Cet appel à la prière insiste sur la supériorité et l’unicité de Dieu, Allah. Le allah-u akbar, « Allah est le plus grand » est dans la forme comparative, superlative : Dieu, Allah, est le plus grand que tous les autres dieux, plus grand que toute autre personne, notamment le Christ.

Autrement dit, les maîtres des lieux en la cathédrale « attestent » (par bêtise ?) qu’ils sont désormais musulmans, malgré eux, eux et ceux qui le suivent, puisqu’ils permettent « qu’il n’y a de Dieu qu’Allah », le plus grand (de tous), et « que Muhammad est le messager d’Allah », reniant ainsi par la même occasion (par complaisance, zèle et inculture) implicitement la Trinité et Jésus des chrétiens.

Le roi Louis XIV doit se retourner dans sa dernière demeure en la basilique cathédrale de Saint-Denis…

L’Hôtel des Invalides est le monument parisien dont la construction fut ordonnée par le roi Louis XIV (édit royal du 24 février 1670) pour abriter les invalides de ses armées. Aujourd’hui, il accueille toujours des invalides, mais également la cathédrale Saint-Louis des Invalides, plusieurs musées et une nécropole militaire avec notamment le tombeau de Napoléon Ier. C’est aussi le siège de hautes autorités militaires, comme le chef d’état-major de l’armée de Terre ou le gouverneur militaire de Paris, et rassemble beaucoup d’organismes dédiés à la mémoire des anciens combattants ou le soutien aux soldats blessés.

Une certaine Église de France est en train de nous enfoncer de plus en plus dans la dhimmitude de l’islam et dans la perdition.

Et les maître des lieux ne savent-ils pas que l’appel à la prière islamique dans un édifice de culte non musulman (quel que soit la religion) est une prise de possession symbolique, le transformant en potentielle mosquée ?

C’est ainsi, par exemple, que la basilique Sainte-Sophie de Constantinople fut ‟sacralisée” mosquée en 1453 avec l’appel à la prière (le Adhan), ordonné par le sultan Mehmet II le Conquérant. Après le massacre abominable des prêtres et des fidèles (les femmes prises comme butin, candidates au viol ‟halal”), un imam est monté en chaire (comme dans cathédrale Saint-Louis des Invalides) pour l’appel à la prière de la victoire et ‟rebaptiser” l’édifice en mosquée par le Adhan.

Avant d’entrer dans la basilique Sainte-Sophie, Mehmet II a pris lui-même un prisonnier chrétien, mis à genoux, égorgé comme un mouton, le sultan plonge sa main dans la flaque de sang puis apposa sa paume (main de Fatma) à l’un des battants en bronze de la porte de la basilique. C’est le geste symbolique d’un sacrifice à Allah et d’islamisation du lieu en prononçant « bism Allah » (« au nom d’Allah »), avant d’entrer dans les lieux pour la première prière (la Fatiha) dans la nouvelle mosquée.

Aujourd’hui nous n’avons plus besoin de tout cela, on y invite pacifiquement l’islam à prendre possession des lieux saints chrétiens avec beaucoup de zèle. Mais viendra un jour prochain où cette dhimmitude et cet esclavage vont amener forcément à l’effusion de sang.

« Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre » – Winston Churchill

On a l’impression que tout cela relève d’une inculture immense et que nos décideurs – y compris nos prélats – sont nullissimes en histoire, sinon amnésiques… Et celui qui ignore l’histoire ou la perd de vue risque de la voir se répéter.

© François Sweydan pour Dreuz.info.


La démocratie turque balayée par la dérive autoritaire d’Erdogan

L’annulation récente des résultats électoraux à Istanbul, tout comme les attaques physiques contre des journalistes et les arrestations de professeurs d’université, suscite l’inquiétude.

MINOUI, DELPHINE

« LA DÉMOCRATIE, c’est comme un tramway. Une fois arrivé au terminus, on en descend. » La petite phrase de Recep Tayyip Erdogan, prononcée il y a plus de vingt ans, trouve une résonance particulièrement glaçante dans la ­Turquie d’aujourd’hui. Après un déluge de recours et de pressions venant de son parti, l’AKP, le Haut Comité électoral turc a ­annulé, lundi 6 mai, le scrutin municipal d’Istanbul du 31 mars et la victoire du candidat de l’opposition, Ekrem Imamoglu. Motif invoqué : selon ce même organisme, dans l’indépendance duquel voulait encore croire la population, certains des présidents de bureaux de vote n’étaient pas des fonctionnaires.

Pour nombre d’observateurs, ce « putsch des urnes » constitue le dernier clou dans le cercueil de la fragile démocratie turque. « À ce jour, c’était un homme, un vote. C’est désormais : votez jusqu’à ce que le parti du gouvernement l’emporte », déplore Soner Cagaptay, chercheur au Washington Institute of Near East Policy sur son compte Twitter. Ces dernières années, les irrégularités n’ont cessé de se multiplier à chaque campagne électorale : temps d’antenne limité pour les candidats anti-Erdogan, opposants taxés de « soutien au terrorisme », difficulté d’accès à certains bureaux de vote dans les provinces kurdes du ­Sud-Est.

Répression 

Mais les militants démocrates voulaient encore croire au pouvoir des urnes, comme le dernier maillon d’une chaîne d’espoir qui est en train de voler en éclats. « Un nouveau coup d’État a eu lieu en Turquie », s’emporte Ahmet Sik, député du parti prokurde HDP et ex-journaliste embastillé de Cumhuriyet.

Que s’est-il passé dans la tête d’Erdogan ? Celui qui, en 2011, se retrouva fièrement propulsé à la une de Time Magazine, était, il n’y a encore pas si longtemps, salué comme étant l’homme du miracle économique turc et le symbole d’un modèle alliant islam et démocratie.

Son ascension commence en novembre 2002, quand les islamo-conservateurs du Parti de la justice et du développement (AKP) remportent les élections législatives. Devenu premier ministre l’année suivante, Recep Tayyip Erdogan modifie profondément le pays : urbanisation, croissance, processus d’adhésion à l’Union européenne, pourparlers de paix avec le PKK. En 2014, il est élu président au suffrage universel direct. Entre-temps, les premiers signes de dérive autoritaire ont commencé à pointer leur nez, notamment lors de la répression des manifestations de Gezi en 2013. En juin 2015 survient la première véritable infraction à la loi des urnes avec l’annulation des législatives et l’organisation d’un scrutin anticipé pour récupérer la majorité parlementaire et barrer la route au parti prokurde HDP, en vertu d’un nouveau discours dans l’ère du temps : « L’AKP ou le chaos. »

Le putsch raté de juillet 2016 l’encourage à accélérer les tours de vis : chasse aux partisans de Fethullah Gülen, accusé d’en être le maître d’œuvre, aux journalistes, aux étudiants, aux professeurs jugés trop critiques… Dans la foulée, Erdogan consolide son alliance avec les ultranationalistes du parti MHP et fait réformer la Constitution pour renforcer son pouvoir. Sa réélection, en juin 2018, entérine l’entrée en vigueur du nouveau régime hyperprésidentiel. En parallèle, des dizaines de mairies situées dans la région du Sud-Est kurde sont placées sous tutelle d’Ankara… à l’instar de ce que vit aujourd’hui Istanbul, sous contrôle temporaire du gouverneur de la métropole, dans l’attente du nouveau scrutin du 23 juin prochain.

« Le pouvoir, une véritable boîte noire » 

« L’État est désormais aux mains du président turc, de son clan, de son parti et de leurs nouveaux alliés ultranationalistes », estime la journaliste Ariane Bonzon dans son ­livre Turquie, l’heure de vérité (Éd.  Empreinte-Temps présent). Aujourd’hui, rien ne doit échapper au « nouveau sultan » – c’est ainsi que le surnomment ses détracteurs : ni les relations internationales, ni la politique et encore moins l’économie. Au fil des années, il a consolidé un empire parallèle, où les entreprises de son entourage ont largement bénéficié de ses faveurs : un véritable maillage de réseaux clientélistes qui s’est notamment tissé autour de la municipalité d’Istanbul – son ancien fief, dont il fut élu maire en 1994 – et qui l’aurait poussé à annuler le scrutin du 31 mars. « Entre seulement 2011 et 2018, le nombre de compagnies privées ayant signé des contrats avec Istanbul est passé de 20 à 30. Certains de leurs patrons ont des relations personnelles avec Erdogan », observe Osman Savaskan, professeur de sciences politiques à l’université de Marmara. Les rumeurs vont bon train sur le pouvoir d’influence de son gendre et ministre des Finances, Berat Albayrak, dans cette décision controversée de convoquer de nouvelles élections. Le nom de Süleyman Soylu, ministre de l’Intérieur et cacique de l’AKP, revient également souvent. « D’année en année, le noyau dur du pouvoir s’est resserré. À vrai dire, il est de plus en plus difficile de dire qui conseille Erdogan et qui prend les décisions. Aujourd’hui, le pouvoir est une véritable boîte noire », relève le politologue Ilhan Uzgel.

D’où la difficulté à anticiper les résultats du scrutin du 23 juin. ­« Impossible de décrypter la stratégie de l’AKP pour regagner des voix. D’ailleurs, parviendra-t-il à séduire ses électeurs déçus ? Doit-on voir les récentes attaques contre des journalistes et opposants comme une arme de dissuasion ? Le pouvoir sera-t-il capable de fausser les ­résultats ? Personne n’ose faire de pronostics. La politique turque n’a jamais autant manqué de rationalité », souffle un professeur de ­sociologie.

RECTIFICATIF COMMUNIQUE DE PRESSE AGRESSION CLICHY SOUS BOIS LA VICTIME AGISSAIT EN TANT QUE VTC DE HEETCH ET NON DE UBER

                             

Le BNVCA rectifie son communiqué de Presse du 23 mai 2019, dans lequel par erreur il a été mentionné que Monsieur S.  victime de l’agression à

Clichy Sous Bois a bien été agressé en tant que VTC agissant suivant l’application HEETCH et non UBER.

En effet l’épouse de Monsieur S… ayant subie de plein fouet le choc de cette agression nous a communiqué que son mari avait accepté la course à partir de l’application UBER alors qu’en réalité il s’agissait de l’application HEETCH.

Nous avons eu un appel de la direction de UBER qui s’inquiétait uniquement de la santé de Monsieur S… et qui a très bien compris que vu la situation son épouse ait pu se tromper.

Nous tenons à les en remercier.

Le Bureau

Biélorussie : des centaines de corps de Juifs réinhumés après leur découverte dans un charnier>

Brest (Biélorussie), le 27 février dernier. Des hommes en treillis récoltaient dans des sacs les ossements découverts. AFP/Alexander Grebenkin

Une fosse commune inconnue avait été découverte dans la ville de Brest, ghetto juif pendant le Seconde guerre mondiale, par les ouvriers d’un chantier.

Sur la Shoah, tout n’a pas été encore découvert. Les ossements découverts en février dernier dans une fosse commune inconnue de la ville biélorusse de Brest doivent être réinhumés ce mercredi après-midi dans différents cimetières juifs.

En février dernier, les ouvriers préparant les fondations d’une résidence d’habitations découvraient des centaines de restes humains, probablement 790 corps d’hommes, de femmes et d’enfants, ensevelis dans une zone de la ville qui bordait l’ancien ghetto juif.

Envahie conjointement par les Allemands et les Russes en 1939, la ville polonaise (NDLR : à l’époque, l’ouest de la république biélorusse était polonaise et l’est soviétique) de Brest-Litovsk, située sur la route qui va de Varsovie à Moscou, est finalement annexée par l’Allemagne le 22 juin 1941, au premier jour de l’opération Barbarossa. Dès lors, l’entreprise d’extermination nazie peut commencer. La ville compte alors 40 000 habitants. 18 000 juifs sont cadenassés dans le ghetto, soumis à un rançonnement méticuleux.

Dix mois plus tard, ils ont tous été exterminés. Dans le quartier de la gare Berioza Kartouskaia, à Brest, et au camp de concentration de Bronnaïa Gora, à 125 km de là, on abat sans distinction de sexe ou d’âge, mais avec une cruauté égale : charriés par wagons entiers, les juifs devaient descendre dans l’une des huit fosses creusées à l’orée des bois. Là, ordre leur était donné de s’allonger sur les personnes tuées avant eux, ventre et visage posé sur le dos des dépouilles. Ainsi les fosses étaient-elles bien ordonnées, faciles à remplir encore et à recouvrir. On estime que 50 000 personnes ont été livrées ainsi à la barbarie, dont tous les juifs de Brest. Vieille de plus de 600 ans, la communauté disposait au XVIe siècle de la plus grande synagogue d’Europe. Le père d’Ariel Sharon y enseignait l’hébreu avant d’émigrer en Palestine en 1920.


Tunisie : une foule cosmopolite converge vers Djerba, pour le pèlerinage juif de la Ghriba

Une foule de fidèles juifs venus des quatre coins du monde, des ministres et des dignitaires ont assisté, le 22 mai 2019, au début du pèlerinage annuel de la Ghriba sur l’île tunisienne de Djerba.

Les pèlerins participent à un pèlerinage juif annuel à la synagogue El Ghriba, le plus ancien monument juif construit en Afrique, sur l\'île tunisienne de Djerba le 22 mai 2018. 
Les pèlerins participent à un pèlerinage juif annuel à la synagogue El Ghriba, le plus ancien monument juif construit en Afrique, sur l’île tunisienne de Djerba le 22 mai 2018.  (YASSINE GAIDI / ANADOLU AGENCY)

franceinfo

Organisé au 33e jour après la Pâque juive, ce pèlerinage coïncide cette année, pour la première fois depuis 1987, avec le mois sacré de jeûne musulman du ramadan. Un repas commun de rupture du jeûne entre musulmans et juifs est prévu le 23 mai 2019 au soir à la Ghriba, la plus ancienne synagogue d’Afrique.

“Cette année, c’est archi-plein, les gens viennent en confiance”

Des centaines de pèlerins ont défilé pour prier, allumer des bougies et inscrire des vœux sur des œufs, placés ensuite dans une cavité de la synagogue. Au milieu des youyous et des chants, certains ont fait bénir fruits secs et boukha, l’alcool de figue local, par les rabbins.

“Ce n’est pas facile d’organiser tout cela, alors que les gens jeûnent ici. Ils sont fatigués, mais on est aussi bien accueillis que d’habitude”, se réjouit Laura Tuil-Journo, venue de Paris, comme chaque année. “Cette année c’est archi plein, les gens viennent maintenant en pleine confiance, d’autant que M. Trabelsi est devenu ministre”.

René Trabelsi, voyagiste et coorganisateur du pèlerinage, fils du responsable de la synagogue de la Ghriba, est devenu en novembre ministre du Tourisme. Il est le premier Tunisien de confession juive à occuper un poste de ministre depuis l’ère de Habib Bourguiba (1957-1987).

La culture de la tolérance et l’ouverture

La Ghriba, construite sur la tombe d’une mystérieuse sainte locale, est un lieu de coexistence pacifique des monothéismes.

“La culture de la tolérance et de l’ouverture garantit la capacité à développer la citoyenneté et la démocratie et le renforcement de la relation sociale entre les individus et les groupes, ainsi que le sentiment de l’appartenance à ce cher pays”, a déclaré le Premier ministre Youssef Chahed, qui s’est rendu sur place, accompagné de deux ministres dont M. Trabelsi.

En 2002, un attentat suicide contre la synagogue avait tué 21 personnes. Plusieurs centaines de policiers et militaires, accompagnés de tanks et d’hélicoptères, sont déployés sur l’île pour protéger les pèlerins, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Le pèlerinage de la Ghriba est au cœur des traditions des Tunisiens de confession juive, qui ne sont plus que 1500, majoritairement installés à Djerba, contre 100 000 avant l’indépendance en 1956.

Plus de 5000 personnes, venues de France, d’Israël, de Russie ou d’Angleterre, sont attendues pour ce pèlerinage de deux jours, dans la petite synagogue couverte de faïences, qui attirait avant 2002 quelque 8000 fidèles chaque année.

Le chef de la diplomatie britannique : “Boycotter Israël – le seul Etat juif au monde – est antisémite !”


Le chef de la diplomatie britannique, Jeremy Hunt, a exprimé son soutien à la résolution du parlement allemand qualifiant “d’antisémite” le mouvement BDS(Boycott, Désinvestissement et Sanctions), a rapporté mardi le journal britannique Jewish News.

Hunt, possible successeur à Theresa May en tant que Premier ministre, a fait ces remarques sur Twitter après que le Bundestag eut approuvé la résolution vendredi dernier.

“Les secousses, la turbulence et la terreur au Moyen-Orient nous rappellent le besoin urgent de paix: une solution à deux États. Mais les fondements de la paix sont le respect et la coexistence. Le boycott d’Israël – le seul État juif au monde – est antisémite. Je salue l’Allemagne d’avoir pris position”, a-t-il écrit.

La résolution allemande demande au gouvernement de s’abstenir de tout soutien aux organisations impliquées dans des activités de boycott contre Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué la décision du parlement allemand.

La Ligue arabe a appelé le parlement allemand à annuler la résolution condamnant un mouvement de boycott contre Israël comme étant antisémite.

David Stern –

Le BNVCA salue et félicite le Parlement Allemand qui le 17 mai 2019 a adopté à une large majorité, une motion condamnant enfin le mouvement anti israélien B D S, jugé antisémite.

Le BNVCA salue et félicite le Bundestag, le Parlement Allemand qui a adopté le vendredi 17 mai à une large majorité, une motion condamnant enfin le mouvement anti israélien B D S, jugé antisémite.

 La majorité des législateurs du Bundestag ont votés en faveur de cette résolution visant à qualifier le mouvement international Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) d’entité qui utilise des tactiques antisémites pour atteindre ses objectifs politiques.

« Les schémas et méthodes d’argumentation utilisés par le mouvement BDS sont antisémites », peut-on lire dans la motion présentée par les Conservateurs de la Chancelière Angela Merkel, leurs partenaires de la Coalition Sociale-Démocrate ainsi que les Verts et les Démocrates libres.

Pour autant nous attendons que les lois, les textes, les déclarations soient suivies d’effet sur le terrain, pour que la Police et la Justice dissuadent les militants de ce mouvement illégal antisioniste et antisémite, et les répriment.

Le BNVCA rappelle qu’en France l’appel au boycott constitue un délit prévu et réprimé par nos lois (Art 225 du Code Pénal). De plus suite à une question au Gouvernement posée par Mr Eric Raoult requis par le BNVCA, la garde des Sceaux Mme Alliot Marie en février 2010 demandait par une lettre – circulaire aux Parquets d’engager des poursuites contre les personnes appelant ou participant à des actions de boycott des produits déclarés israéliens. S’appuyant sur un article de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, elle assimilait ces actions à de la provocation à la discrimination ou à la haine raciale.

Nous soulignons en outre que le 12 avril 2013, suite aux procès intentés par le BNVCA aux activistes de BDS, le Conseil Constitutionnel a déclaré conforme à la Constitution l’art 65-3 de la Loi du 27/7/1881 sur la presse interdisant ainsi aux activistes de BDS d’invoquer la QPC.

Malgré ces dispositions, les manifestations sauvages de BDS se multiplient. A nos requêtes, à nos remarques selon lesquelles on ne peut manifester pour défendre un délit, les Préfets, les Ministres répondent que la “République respecte le droit de réunion, la liberté de manifester et la liberté d’expression”.

Le BNVCA qui est la principale Association en France à poursuivre systématiquement les boycotteurs, déplore le nombre important de plaintes classées sans suite, et les sites appelant au boycott qui   fleurissent sur la toile, ne soient ni interdits, ni dissous, d’initiative par les autorités publiques, administratives, de Police et de Justice.

En dépit de toutes les difficultés, le BNVCA poursuit le combat, convaincu que l’incitation à la haine d’Israël propagée par BDS est la source principale de l’antisémitisme contemporain, inspiré par un  “palestinisme” exacerbé et dévoyé.

L’Allemagne désigne le mouvement BDS (boycott contre Israël) comme antisémite

Le parlement allemand a voté vendredi pour condamner comme antisémite un mouvement connu sous le nom de BDS, qui appelle aux pressions économiques contre Israël. 

Sous couvert de « mettre fin à l’occupation des terres palestiniennes, accorder aux citoyens arabes des droits égaux et reconnaître le droit au retour des réfugiés palestiniens », le mouvement, selon les déclarations de son fondateur, milite pour la disparition de l’Etat d’Israël et l’expulsion des juifs du Moyen-Orient.

Dans un geste salué par Israël, la majorité des législateurs du Bundestag ont voté en faveur d’une motion visant à qualifier le mouvement international Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) d’entité qui utilise des tactiques antisémites pour atteindre ses objectifs politiques.

Les schémas et méthodes d’argumentation utilisés par le mouvement BDS sont antisémites », peut-on lire dans la motion présentée par les conservateurs de la Chancelière Angela Merkel, leurs partenaires de la coalition sociale-démocrate ainsi que les Verts et les Démocrates libres.Reuters

Assurer la survie d’Israël est une priorité pour l’Allemagne depuis la défaite de la dictature nazie qui a commis l’Holocauste, au cours duquel environ six millions de Juifs ont été tués.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué la décision du Bundestag.

« J’espère que cette décision entraînera des mesures concrètes et j’appelle les autres pays à adopter une législation similaire », a-t-il déclaré sur Twitter.

BDS a condamné la motion comme étant anti-palestinienne.

La France, dont la loi punit sévèrement le boycott, laisse les groupes de boycott manifester et appeler à la destruction d’Israël dans les rues des principales villes, y compris Paris.

  • PUBLIÉ PAR CHRISTIAN LARNET LE 18 MAI 2019 .

Le BNVCA condamne la profanation de la stèle commémorative de la “Rafle du Vel d’Hiv”. Le BNVCA dépose plainte.

Le BNVCA indigné, condamne avec force la profanation de la stèle commémorative de la rafle du Vel d’Hiv.

Ce monument est situé Rue Nélaton, Paris 15eme à quelques mètres du Ministère de l’Intérieur. Il est érigé en mémoire des enfants juifs victimes de la rafle du 17 juillet 1942, déportés à Auschwitz Birkenau et tués en totalité.

Les vandales antisémites ont souillé cette stèle en effaçant au feutre noir les noms de certains enfants  gravés dans le marbre ainsi que le chiffre de 4115 qui rappelle le nombre de ces petites victimes.innocentes.

Pour le BNVCA ceux qui ont commis ce crime contre la mémoire, contre des enfants, ne sont que des lâches.

Selon nos informations les services de la police scientifique ont été saisis et les tags effacés par les services de la Ville de Paris.

Nous demandons aux autorités que tout soit mis en oeuvre pour identifier et interpeller les auteurs antujuifs. Leur méfait doit être sérieusement punis.

Le BNVCA  qui a décidé de se constituer partie civile a demandé à son conseil Maitre Charles  Baccouche de déposer immédiatement plainte auprès du Procureur de la République de Paris,

Affaire Sarah Halimi : Maître Loïc Henri monte au créneau. Sarah Cattan

Une dépêche de l’AFP est tombée hier, officialisant ce que d’aucuns savaient depuis une semaine : la juge Anne Ihuellou a informé les parties de sa décision la semaine dernière et a annoncé la clôture des investigations dans l’Affaire Sarah Halimi, après qu’une troisième contre-expertise psychiatrique eût conclu à l’abolition du discernement de Kobili Traoré, pénalement irresponsable.

L’heure est désormais aux observations finales des avocats ainsi qu’aux réquisitions du parquet. Elle annoncera ensuite sa décision très attendue sur la tenue ou non d’un procès contre Kobili Traoré, l’unique suspect, mis en examen pour meurtre à caractère antisémite.

De rares voix se lamentent sur la fin de l’histoire et concluent déjà à l’absence de procès dans cette affaire extra-ordinaire où une femme juive fut lynchée et défenestrée en plein Paris par un délinquant musulman qui implora Allah pendant son forfait.

La plupart se taisent.

Avec une lâcheté extrême.

Il en est un qui depuis le début s’est intéressé à l’Affaire. Nous avions déjà rencontré pour Tribune juive Maître Loïc Henri, qui envoya de New York le 24 septembre un courrier au CSM, dans lequel il demanda des comptes sur le traitement judiciaire du dossier par les Juges Ihuellou et Van Geyte.

Ainsi, de pair avec Paul Leslie ou Fiamma Nirenstein qui interpella le Parlement italien au sujet de l’Affaire Sarah Halimi, Maître Loïc Henri, s’interrogea lui aussi sur la place du Juif dans la société française, voulut en effet savoir ce qu’il en était de la présence de ces 28 policiers qui assistèrent sans réagir au lynchage et à la défenestration de Sarah Halimi qui eurent lieu sous leurs yeux, en live.

S’adressant au CSM, Maître Loïc Henri demande des comptes aux magistrats en charge du dossier, au Parquet, et à la Chambre de l’Instruction, qu’avait déjà saisie Maître Buchinger.

Rappelant qu’un magistrat a obligation de restituer aux faits leur exacte qualification juridique, Maître Loïc Henri demanda pourquoi était refusée systématiquement la reconstitution du drame et ne se contenta pas du motif selon lequel la dite reconstitution eût pu être dommageable à l’esprit fragile de Traoré.

Nous avons rencontré hier l’avocat.

Tribune juive : Loïc Henri Vous avez suivi avec nous, depuis New York, « l’affaire Sarah Halimi ». Ce communiqué tombe : clôture des investigations dans le dossier, après 3 expertises et contre-expertises psychiatriques… Votre avis d’Homme de Loi nous intéresse …

Loïc Henri : Clôture des investigations dans le dossier Sarah Halimi : Nous sommes donc en présence d’un Magistrat refusant la reconstitution de l’assassinat de Sarah Halimi afin d’éviter l’implication de par leur inaction des 28 policiers présents ce soir-là. La juge Anne Ihuellou commet donc un faux en écriture publique. 

Il ne sert à rien de se focaliser sur la responsabilité pénale de Kobili Traoré, qui sera reconnu très certainement irresponsable. N’oublions pas que si les 28 policiers étaient intervenus l’assassinat de Sarah Halimi n’aurait pas eu lieu. Je saisis le Parquet de Paris.

Mon avis, dont je vous faisais part déjà il y a de cela quelques mois, c’est que nous sommes en face d’un Magistrat ayant épuisé tous les artifices afin de préserver les 28 policiers présents ce soir-là. Artifice de l’irresponsabilité de l’assassin, et maintenant le grand écart afin d’éviter l’épineux dossier des policiers présents…Mon avis est simple : nous devons affirmer au travers de ce dossier le respect que nous devons à tous citoyens mais également…au peuple JUIF. Car si nous baissons les bras devant une telle offense alors nous ne pourrons plus nous plaindre quand nos sœurs et frères JUIFS seront assassinés en toute liberté…

C’est à nous hommes de Droit de nous engager. Nous connaissons parfaitement les rouages de la justice et personne d’autre n’est mieux placé pour défendre la République

Tribune juive : Que peut-on faire. Vous aviez déjà amorcé une action…

Loïc Henri : Je me suis manifesté auprès du CSM afin qu’ils m’apportent une réponse. Ce qu’ils ont fait…soulignant par là même la présence des 28 policiers. En droit il faut aussi jouer comme au billard avec las bandes…

Tribune juive : Et à présent. La clôture des investigations étant décrétée, que peut-il se passer ? Et vous, que pouvez-vous faire ?

Loïc Henri : Je saisis le Parquet de Paris ainsi que les instances de l’ONU afin de pousser le Parquet à apporter une réponse…j’ai déjà fait déplacer deux Magistrats et je sais aussi que ce dossier doit être plaider hors des tribunaux auprès des instances internationales comme je l’ai fait dernièrement à l’ONU à Genève…

J’entends souligner à l’international l’antisémitisme des Magistrats Français…

Antisémitisme qui trouve dans le dossier Sarah Halimi une forme d’apogée…

Je ne ferai pas les plateaux télé : Ce n’est pas ma tasse de thé. Je suis plutôt sniper et l’expérience fait que je sais que certains dossiers se gagnent hors des tribunaux dans les couloirs feutrés des instances internationales…Je suis totalement impliqué et je ne fermerai pas les yeux… Hors de question que mes sœurs et frères JUIFS se fassent assassiner dans l’indifférence du plus grand nombre…

Pendant ce temps…

Maître Gilles-William Goldnadel, avocat de la belle-sœur de la victime, réclame un renvoi aux assises : Depuis près de 40 ans que j’exerce ce métier, je n’ai jamais eu l’occasion de voir aussi peu d’empathie et de préoccupations pour le sort de la victime et de sa famille de la part d’un magistrat instructeur, s’insurge-t-il…

Maîtres Toby et Szpiner, avocats des enfants, déclarent que l’expert psychiatre ne peut se substituer au juge et qu’en l’absence d’unanimité entre les experts, il appartient à une juridiction de jugement de discuter les circonstances de purs faits, comme la tentative de maquillage du crime en suicide ou le choix, selon eux ciblé, de la victime, avant de pouvoir confirmer ou infirmer les réponses des psychiatres.

L’enquête sur le meurtre de Sarah Halimi touche à sa fin. La juge en charge de l’affaire doit désormais se prononcer sur la tenue ou non d’un procès contre Kobili Traoré.

Rappelons que cette affaire avait relancé le débat sur la persistance de l’antisémitisme dans certains quartiers populaires sous l’effet d’un islam identitaire. La qualification antisémite de ce crime avait donné lieu à un bras de fer entre la juge, qui ne l’avait pas retenu à l’origine, et le parquet de Paris, qui au contraire la réclamait.

En juillet 2017, l’affaire avait définitivement pris une tournure politique lorsque Emmanuel Macron, fraîchement élu président, avait réclamé à la justice toute la clarté sur les faits, et ce 2 avril, Nicole Belloubet avait demandé La plus grande fermeté dans les affaires jugeant les actes antisémites…

Sarah Cattan

UN RAPPORT ALLEMAND MET EN GARDE CONTRE LA MONTRÉE L’ANTISÉMITISME ISLAMIQUE


L’agence de renseignement a décrit cette étude comme un bond en avant, au milieu de préoccupations croissantes sur la montrée de la haine dans le pays

JTA — L’agence de renseignement d’Allemagne a écrit ce qui est défini comme son analyse la plus importante sur la montée de l’antisémitisme par des extrémistes islamistes. Le Bureau fédéral pour la Protection de la Constitution, ou BfV, a décrit sa brochure de 40 pages comme un outil pour les éducateurs, les travailleurs sociaux et les autres personnes qui travaillent étroitement avec les immigrants ou réfugiés musulmans récemment arrivés.

Intitulé « L’antisémitisme dans l’islamisme », le rapport récemment publié représente un bond en avant en terme de focalisation par l’agence sur le sujet, a déclaré la porte-parole Angela Pley au JTA dans un entretien téléphonique. Elle a déclaré que l’agence n’a jamais publié d’analyse aussi large du sujet en se basant sur des données empiriques. « Nous sommes un système d’avertissement précoce », a expliqué Pley. « Les recommandations sur ce qui doit être fait doivent venir de la société et des responsables politiques. » Pley a déclaré qu’il n’y avait eu aucune réaction publique au rapport par des associations musulmanes en Allemagne, et qu’il avait été téléchargé 1 439 fois depuis sa publication.

Il s’agit de l’une des quelques récentes mesures gouvernementales qui témoignent de la préoccupation croissante sur l’antisémitisme en Allemagne.

En 2018, le gouvernement a nommé un émissaire spécial, Felix Klein, pour se pencher sur le sujet. En 2012, une commission du Bundestag a été établie pour faire un rapport sur l’antisémitisme dans le pays et dans toutes les catégories.

« L’antisémitisme dans l’islamisme » se focalise sur la dimension islamiste extrémiste, qui représente une menace qui se profile, a déclaré l’agence, même si relativement peu de crimes antisémites ont été attribués à l’islamisme extrémiste en Allemagne.

Le rapport fait la distinction entre l’islam, la religion, et « l’islamisme », qu’il décrit comme une forme d’extrémisme politique qui « vise à une abolition partielle ou complète de la constitution libérale démocratique de la République fédérale d’Allemagne ». Entre 2010 et 2016, le centre de recherche Pew a annoncé que le nombre de Musulmans vivant en Allemagne a grimpé à près de 5 millions, soit 6% de la population, contre 3,3 millions, ou 4,1 % en 2010.

La vaste majorité des crimes antisémites en Allemagne viennent de l’extrême-droite. En 2018, un total de 755 actes antisémites ont été recensés. 670 ont été attribués à l’extrême droite et 25 à des « étrangers ». Des 707 cas de l’année précédente, 651 ont été attribués à l’extrême-droite et 15 à des étrangers.

Mais le nouveau rapport, qui identifie des organisations et des mouvements islamistes et leur propagande, avertit que la radicalisation et l’incitation à la haine antisémite « forment le terreau pour une escalade violente ».

Le rapport mentionne quelques cas spécifiques de ces dernières années:

    En avril 2016, une femme à Berlin a été approchée par deux hommes d’origine arabe qui lui ont posé des questions sur le pendentif en forme d’Etat d’Israël qu’elle portait. Les hommes ont répondu : « Pu****s de Juifs! Vous êtes les déchets de la terre ».

    En décembre 2017, une lycéenne juive à Berlin a été prise à partie par un camarade de classe arabe qui lui a dit : « Vous êtes des meurtriers d’enfants, vous devriez avoir la tête coupée ».

    Ce même mois, deux agresseurs ont attaqué une synagogue dans l’Etat de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et s’en sont pris au personnel, déclarant qu’ »Al-Quds nous appartient! Partez, fils de p***s! » Al-Quds est le nom arabe pour la ville de Jérusalem

Les croyances antisémites défendues par des groupes et des individus islamistes « représentent déjà un défi considérable pour une coexistence paisible et tolérante en Allemagne », a expliqué le rapport.

Ce n’est pas la première fois que l’agence a étudié l’antisémitisme dans ce contexte : d’anciens rapports annuels sur le crime extrémiste se sont penchés sur l’islamisme et ses composantes antisémites. Une conférence s’est tenue sur le sujet au début des années 2000, a déclaré Pley au JTA.

Juliane Wetzel, chercheuse au Centre de Recherche sur l’Antisémitisme à l’Université technique de Berlin, a qualifié le rapport « d’ »excellente contribution sur le sujet ». « La conclusion est importante : l’antisémitisme islamiste se diffuse en Allemagne », a déclaré Wetzel, membre de la commission des experts sur l’antisémitisme du Bundestag.

Le nouveau rapport est important, même le sujet de l’antisémitisme dans l’islamisme n’a pas été tabou en Allemagne comme certains critiques l’ont affirmé, a déclaré le politologue Clemens Hani, directeur du Centre international de Berlin pour l’Etude de l’Antisémitisme. Entre autres organisations, « l’agence de renseignement en parle depuis des années », a déclaré Hani au JTA.

Dans sa définition de l’antisémitisme, la brochure inclut l’antisionisme, puisqu’il « vise à une élimination complète de l’Etat d’Israël », et définit à tort le conflit du Moyen-Orient « comme une ‘guerre juive d’annihilation’ contre les Palestiniens ». La brochure précise que les antisionistes en Allemagne avancent souvent l’argument qu’ils sont contre Israël, mais pas contre les Juifs. Pourtant, étant donné qu’ »Israël est le seul Etat juif dans le monde et que sa destruction entraînerait inévitablement la mort et l’expulsion de millions de Juifs, cette argumentation est devenu un tour de passe-passe pour cacher le véritable sens de l’anti-sionisme », a conclu le rapport. Entre autres points, la brochure aborde les clichés antisémites repris dans l’islamisme et le rejet de l’Etat d’Israël par des organisations islamistes.

Sa liste de groupes et de mouvement extrémistes islamistes en Allemagne comprend, entre autres, les Frères musulmans et le Hamas.

Même s’il n’y a pas eu de réaction publique de la part d’organisations musulmanes en Allemagne, l’Association libérale islamique a récemment publié son propre apport de 178 pages sur les résultats de son programme de trois ans, Extreme Out: Empowerment, Not Antisemitism. Le projet visait à « mettre en lumière le travail [contre] les attitudes antisémites parmi les jeunes de confession musulmane », et à aider les jeunes à se sentir intégrés dans la société allemande.

Source : timesofisrael.com, 10 mai 2019

Pascal Bruckner – Ce négationnisme qui échappe aux procès

Comme le rappelle Thierry Wolton, chez de nombreux intellectuels perdure un « négationnisme de gauche » qui minimise la barbarie communiste.

Par Pascal Bruckner | Le Point 

Pascal Bruckner - Ce negationnisme qui echappe aux proces

Notre représentation du mal se limite exclusivement à la peste brune. Il ne vient à l’esprit de personne d’inclure la catastrophe du communisme et ses dizaines de millions de morts dans ce bilan. Bien que beaucoup d’intellectuels se battent depuis Hannah ArendtRaymond AronFrançois Furet, pour équilibrer les totalitarismes, le deux poids deux mesures se poursuit. Comme le relève l’historien Thierry Wolton dans un livre (1) à la fois glaçant et mélancolique, il n’y a pas eu de Nuremberg du communisme. L’URSS s’est effondrée sans procès et la Russie n’a pas, comme l’Allemagne postnazie, procédé au moindre travail de mémoire. Rappelant que le système concentrationnaire a commencé dès 1918 sous la direction de Trotski, que Lénine est le véritable inventeur du totalitarisme, que le NKVD (la police politique) utilisait des camions à gaz lors de la grande terreur de 1937-1938 pour liquider les opposants, l’auteur déplore qu’à l’hypermnésie du nazisme corresponde l’amnésie du communisme. Mais ce négationnisme qui minimise les faits ou les déforme ne choque personne lorsqu’il s’agit d’évaluer l’histoire de la Chine, du bloc soviétique ou du Cambodge. Les régimes marxistes sont toujours pardonnés en raison de la pureté de leurs intentions. Qu’importent alors leurs dommages collatéraux, ils gardent le monopole de l’espérance et sont exonérés du simple fait de la noblesse de leur idéal. Pourtant, si le fascisme a tué au nom de la race, le communisme a tué sans relâche au nom de la classe.

Assourdissant silence. Les deux négationnismes se rejoignent dans la synthèse brun-rouge dont témoignent de nos jours tant de nos intellectuels. Serge Thion, militant d’extrême gauche, ardent défenseur, comme le linguiste américain Noam Chomsky, des Khmers rouges, soutient Robert Faurisson sur la négation de la Shoah. Chomsky, lui, préfacera en 1980 un ouvrage du même Faurisson publié à La Vieille Taupe. Il s’agit toujours de minimiser les crimes réels du communisme pour mieux souligner ceux du capitalisme. Le goulag ? « La meilleure source de propagande pour l’Occident », dira Régis Debray en 1979 dans un dialogue avec Noam Chomsky et Jean-Pierre Faye. En 1987, il dénoncera « les imposteurs du Goulag Circus » sans en souffrir dans sa brillante carrière de conseiller du prince et de phare désabusé de l’intelligentsia. Le négationnisme de gauche oscille entre deux positions : soit atténuer les horreurs constatées – « les communistes n’ont pas de sang jusqu’aux coudes », s’exclame Jean-Luc Mélenchon. Ou bien soutenir que le vrai communisme n’a jamais existé, qu’il reste à venir ; ainsi exonère-t-on les régimes qui s’en réclament. Thierry Wolton rappelle avec cruauté que feu Daniel Bensaïd, tête pensante de la Ligue communiste révolutionnaire, refusa de sabler le champagne à la chute du Mur en 1989 et conseilla plutôt à ses amis de prendre un Alka-Seltzer. Les trotskistes, ces staliniens faillis, ont soutenu sans sourciller le Vietnam de Hô Chi Minh, le castrisme, le chavisme, comme ils soutiennent aujourd’hui l’islamisme, par détestation de l’Etat bourgeois.

Mais, dans ce domaine, la part du lion revient au philosophe Alain Badiou. Fondateur et mâle dominant d’une secte autoproclamée qui contrôlait les lectures et la sexualité de ses membres, Alain Badiou regrettera la défaite des Khmers rouges face aux troupes vietnamiennes en 1979 dans un article du Monde, « Kampuchea vaincra ». Il ne reconnaîtra du bout des lèvres son erreur qu’en… 2012, ici même, dans Le Point. Pour Badiou, l’ennemi suprême n’est pas seulement le capitalisme ou l’empire nord-américain, c’est la démocratie, ni plus ni moins. D’où l’adulation qu’il porte à Mao Tsé-toung, ce « seigneur marxiste du désordre », comme le baptise son disciple slovène, Slavoj Zizek. « Le problème des tentatives révolutionnaires à ce jour n’a pas été qu’elles étaient “trop extrêmes”, mais qu’elles n’étaient pas assez radicales », poursuit Zizek, qui vante la liquidation des paysans pratiquée par Mao lors de la famine du « Grand Bond en avant ». Alors que Hitler a commis un « excès irrationnel » en tuant les juifs, Mao savait exactement ce qui se passait en disant : « Il se pourrait que la moitié de la Chine doive mourir. » Résultat : « 38 millions de Chinois furent affamés et réduits en esclavage mortel. » Il ne s’agit plus de nier le crime, mais de le louer pour le bien de la cause. Affamer des millions de paysans est excusable pour construire le communisme ; exterminer des millions de juifs ne répond à aucune logique.

Il est vrai que, sur cette ligne, nos penseurs furent précédés par Sartre, qui expliquait à Michel-Antoine Burnier que « les révolutionnaires de 1793 n’ont probablement pas assez tué ».

L’assourdissant silence qui accompagne le calvaire communiste vient de l’impunité qu’il procure à ses défenseurs. Ni la ruine économique ni la désolation culturelle et écologique ne leur sont imputées. Comment s’étonner alors que Che Guevara, véritable tueur en série, soit devenu une icône christique, que le Venezuela de Maduro soit soutenu par La France insoumise, que même un Claude Lanzmann n’ait vu la Corée du Nord que sous l’angle narcissique d’une idylle avec son accompagnatrice locale ?

Liens consubstantiels. Il n’est pas surprenant que la mort du messianisme communiste ait libéré un espace d’utopie dans lequel le djihad s’est engouffré. Bertrand Russell, dès les années 1920, et le sociologue Jules Monnerot l’avaient établi : l’islam politique et le communisme ont des liens consubstantiels. Une idéologie totalitaire et une religion totalisante qui mobilise des millions d’hommes et prescrit leur vie quotidienne dans ses moindres gestes ont plus d’une analogie. Régis Debray, toujours lui, confessera « une certaine compassion pour les djihadistes de chez nous » et leur trouvera même un romantisme révolutionnaire.

Il était inévitable que les négationnistes finissent par enfourcher le vieux cheval fourbu de l’antisémitisme. Dans la lignée d’un Garaudy passé du stalinisme a la haine des juifs, Zizek, avec de gros sabots, et Badiou, plus subtilement, tonnent de conserve contre la « religion » de l’Holocauste et l’alibi qu’elle fournit à l’Etat colonialiste d’Israël, qui fait des Palestiniens les nouveaux damnés de la Terre. Pour Badiou, les Palestiniens étant aussi des juifs, comme toutes les victimes, font de l’Etat d’Israël qui les opprime un Etat antisémite.

Les jeunes générations, ayant oublié le désastre soviétique et maoïste, ne voient plus désormais que le capitalisme comme source du mal. Dès lors, elles applaudissent de vieux staliniens juchés sur une montagne de cadavres et retrouvent de la séduction aux utopies marxisantes. Les Faurisson rouges peuvent dormir tranquilles : aucune loi Gayssot ne viendra les sanctionner§

1. « Le négationnisme de gauche » (Grasset, 224 p., 18 €).

* Philosophe et romancier. Dernier livre paru : « Un an et un jour » (roman, Grasset, 2018).

Le BNVCA indigné par le comportement de la “Boutique de la Cité des Vins de Bordeaux”

                                                COMMUNIQUE

Le BNVCA, informé par des citoyens indignés que la Boutique de la Cité du Vin de Bordeaux expose dans sa vitrine des vins de différents pays et se permette de désigner des vins d’Israël, produits en Haute Galilée dits-Golan seraient issus de «Colonies israéliennes».

Le BNVCA dénie à des Commerçants dont la profession est d fournir des biens et services à leurs clients, le droit de se substituer au gouvernement pour décider ce que serait ou non une Colonie. La Galilée est un territoire sous souveraineté incontestée d’Israël et la marque

« Golan » est une marque de commerce sans lien avec un quelconque conflit international.

Cette décision de cette Boutique de la Cité du vin… relève de la discrimination interdite par le code pénal qui interdit le boycott en ses articles 225-1 et 225 -2

Le BNVCA exprime son inquiétude devant des initiatives qui s’assimilent plus à des comportements antisémites et racistes sous jacents, car aucune raison légitime ne peut justifier ces traitements discriminatoires et de l’importation d’un conflit étranger à la France.

Le BNVCA dont la vocation est de combattre tous les racismes et toutes les discriminations par les voies de droit, a décidé de saisir le Parquet de Bordeaux et a donné instruction à son avocat M° Charles Baccouche de déposer plainte entre les mains du Procureur de la République de cette ville.

Le BNVCA déplore et condamne l’agression dont ont été l’objet des étudiants de l’UEJF et leur Président Sacha Ghozlan le 1/5/19 par des activistes du R N à Metz.

Le BNVCA déplore et condamne l’agression dont ont été l’objet des étudiants de l’UEJF et leur Président Sacha Ghozlan, alors qu’ils distribuaient des tracts devant la salle du banquet patriotique organisé à Metz par le Rassemblement National le 1/5/19.

Des militants du RN et des membres du service d’ordre s’en sont pris aux étudiants juifs, 5 d’entre eux ont été violemment agressés à coup de matraque et jetés à terre, blessés, après avoir été aspergés de bombes lacrymogènes.

Le BNVCA apporte tout son soutien à Sacha et à l’UEJF

La cellule terroriste voulait s’attaquer à l’Elysée


Attentat déjoué : la cellule terroriste voulait s’attaquer à l’Elysée

Les personnes arrêtées, mardi, envisageaient d’attaquer le palais de l’Élysée à la Kalachnikov. LP/Frédéric Dugit

Selon nos informations, les quatre hommes interpellés en région parisienne vendredi dernier avaient effectué des repérages aux abords de la présidence de la République.

En garde à vue, ils n’ont pas caché leur adhésion à l’islam radical. Ni leur projet d’action violente, déjà à un stade avancé lors de leurs interpellations. Selon des sources concordantes, les quatre suspects, Alexandre B., Karim B., Anis M. et M.C., arrêtés vendredi et mis en examen mardi pour « association de malfaiteurs terroriste et criminelle » et écroués, envisageaient d’attaquer l’Élysée à la Kalachnikov, mais aussi le commissariat d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). C’est ce qui ressort des investigations menées par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), qui a fait usage de techniques de surveillance très intrusives, pour mettre hors d’état de nuire le groupe.

Plusieurs des suspects, âgés de 17 à 39 ans et interpellés à Paris, dans le Val-d’Oise ainsi qu’en Seine-Saint-Denis, ont effectué des repérages rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le VIIIe arrondissement de Paris, où est située la présidence de la République. Des analyses téléphoniques laissent penser qu’ils se trouvaient dans le secteur. Dans leurs discussions, l’un des suspects se serait même vanté de bien connaître l’endroit. L’enquête vise à déterminer s’ils cherchaient à attaquer des policiers en faction ou s’ils envisageaient de rentrer dans le bâtiment pour frapper aveuglément. Fait inquiétant : l’un des terroristes présumés aurait évoqué l’idée de chercher une entrée de service.

Un passage à l’acte pour le ramadan évoqué

Les investigations démontrent aussi que la cellule avait ciblé le commissariat d’Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, département d’où sont originaires deux des suspects. « Je m’en fiche de tirer sur des flics », a expliqué en substance l’un des suspects en garde à vue.

Le groupe, qui échangeait sur des messageries chiffrées et se revendique de Daech, avait collecté 1200 euros pour acquérir un fusil d’assaut Kalachnikov. Des réunions entre les protagonistes ont eu lieu à Chelles (Seine-et-Marne). Un passage à l’acte lors du début du ramadan ce week-end a été évoqué, précipitant le coup de filet des enquêteurs de la DGSI.

L’un des suspects, M.C., le mineur, était fiché S : il avait été condamné pour un projet de départ en Syrie puis placé en centre éducatif fermé. Les trois autres n’étaient connus que pour des délits de droit commun. Le plus âgé, Alexandre B., était fonctionnaire à la mairie de Paris, affecté à un stade du nord de la capitale.Jean-Michel Décugis, Éric Pelletier et Jérémie Pham-Lê02 mai 2019, 13h17 | MAJ : 02 mai 2019, 14h20leparisien.fr/

Dans la poudrière identitaire

Dans la poudrière identitaire – Le Point

Islamistes, identitaires, indigénistes, néo-évangéliques, Gilets jaunes… Trois mois d’enquête au plus près de ces Français au bord de la sécession.

Dossier réalisé par Nadjet Cherigui et Clément Pétreault Modifié le 02/05/2019 à 12:11 – Publié le 02/05/2019 à 11:45 | Le Point

Des militants de Generation identitaire tractent et collent devant la gare de Metz, le 21 mars.
Des militants de Génération identitaire tractent et collent devant la gare de Metz, le 21 mars.
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  • Ségrégation. Des militants de Génération identitaire tractent et collent devant la gare de Metz, le 21 mars.
  • Religion. Rassemblement de fidèles et religieux musulmans, le 6 avril, devant la basilique pour protester contre la fermeture administrative de mosquées à Saint-Denis.
  • Violence. Heurts avec la police le 16 mars, à Paris, lors de l’acte 18 des gilets jaunes. Casseurs et Black blocs se sont déchaînés sur les Champs-Elysées.
  • Prosélytisme. Messe dominicale du mouvement évangélique à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), le 24 mars.
  • Territoires perdus. Parc Corot, une cité délabrée de Marseille où mafias et religieux prospèrent sur la misèr

Rien, à part peut-être l’imagination, ne semble aujourd’hui capable d’épuiser les nouvelles passions de l’affirmation de soi. Religion, opinion politique, origine géographique, sexualité, couleur de peau, goûts musicaux, niveau de revenu, maladie… N’importe quelle aspérité personnelle peut servir de point d’arrimage à une revendication particulariste, un repli sur une appartenance victimaire. Pas un endroit de France ne semble échapper à ce phénomène, chaque événement de la vie publique peut potentiellement devenir prétexte à une instrumentalisation identitaire, comme n’ont pas manqué de nous le rappeler ceux qui ont fait annuler la représentation des « Suppliantes » d’Eschyle à la Sorbonne le 25 mars. Même le gilet jaune aura été – au début du mouvement tout du moins – le symbole de ralliement d’un mouvement aux motivations identitaires implicites. Ceux qui fréquentent les réseaux sociaux peuvent mesurer à chaque instant combien la période fait fleurir ces identités vindicatives et composites, parfois contradictoires comme ces « antiracistes » qui ne veulent plus se mélanger « aux Blancs », ces féministes plus promptes à défendre le droit des femmes à porter le voile que leur droit à se dévoiler, ou ces exaltés de la « blanchité » qui proposent une citoyenneté conditionnée à des critères pigmentaires.

« L’affirmation identitaire revendique toujours un statut d’exception. Il y a ceux qui ont un statut et les autres. Cela conduit souvent au conflit de normes dans l’espace social », explique Gérald Bronner, sociologue et auteur de « Déchéance de rationalité » (Grasset). L’obsession identitaire, après avoir pris le contrôle des consciences, peut vouloir prendre celui du monde réel, imposant ses codes, ses lois et ses représentations peu portés sur l’altérité et les règles jusqu’ici communément partagées. « Risque-t-on sérieusement de voir des enclaves salafistes, zadistes, identitaires, régionalistes, mafieuses, que sais-je encore, faire sécession sur le sol hexagonal, chacune observant les autres avec méfiance et le doigt sur la gâchette ? Oui, c’est une hypothèse qu’il faut considérer », prévient Eric Delbecque dans son ouvrage « Les ingouvernables » (Grasset). L’expert en intelligence économique et stratégique utilise le terme de « France léopard » pour désigner cette juxtaposition de replis, l’essayiste Jérôme Fourquet y voit un processus d’« archipélisation », quand le géographe Christophe Guilluy décrit un réseau de « fractures françaises »… Tous trois racontent et documentent ce phénomène d’émiettement qui ronge aujourd’hui la société et qui bouleverse profondément les démocraties occidentales.

Notre méthode

Pour réaliser ce dossier, nous avons parcouru la France du nord au sud, en TGV, en voiture, en TER, en RER, à pied… Nous avons discuté avec des militants d’extrême droite, d’extrême gauche, des imams, des évangéliques en mission dans des gares… Nous avons aussi rencontré des migrants déboussolés, des dealers suspicieux, des gilets jaunes en colère, des féministes découragées, des enseignants inquiets, des chefs d’entreprise désemparés. Nous avons passé du temps avec des fonctionnaires, des députés, des maires, des syndicalistes, des universitaires, des responsables associatifs… et d’innombrables inconnus, qui, pour beaucoup d’entre eux, nous ont demandé de préserver leur anonymat. Car la France fracturée est un monde peuplé d’inquiétudes.

Replis et assignations. Sommes-nous condamnés à vivre repliés dans un paysage d’îlots identitaires ? Pour Didier Leschi, président de l’Institut européen en sciences des religions, réveil identitaire et réveil religieux vont nécessairement de pair. « Nous assistons à un réveil des identités premières, rustres et tribales », indique l’ancien chef du bureau central des cultes, qui constate « un retour global du religieux comme identité première ». Les fondamentalismes religieux se révèlent particulièrement actifs dès lors qu’il s’agit d’offrir à leurs convertis le confort d’une identité toute prête. Ainsi peut-on assister dans certains quartiers à une concurrence des prosélytismes, néo-évangéliques contre salafistes, deux cultes dynamiques cherchant à recruter et à sauver les âmes égarées (lire p. 42).

La quête identitaire est aussi portée par des mouvements politiques qui supportent difficilement la nuance. « On voit, du coup, émerger un mouvement de refus de l’autre, une ligne de défense qui passerait par le fait que l’autre représente un obstacle à sa propre existence. Celui qui refuse de rentrer dans le rang est alors désigné comme traître et s’expose à un châtiment », poursuit Didier Leschi. Voilà qui expliquerait la violence qui s’abat régulièrement sur nos concitoyens immigrés, hâtivement qualifiés de « traîtres à leur race » dès lors qu’ils s’écartent des modèles entretenus par les obsédés de l’identité de tout bord. « C’est de l’assignation à résidence identitaire », affirme Amine El-Khatmi, président du Printemps républicain, un mouvement laïque de gauche qui cristallise les obsessions de la gauche particulariste et des islamistes de tout poil. « Lorsque Marine Le Pen dit que l’islam est en conquête, la gauche lui répond “fasciste”, c’est facile. Mais lorsque des gens de gauche qui ont ma tête et mon nom disent que l’islam doit se soumettre aux lois de la République, c’est tout à coup plus compliqué de nous taxer de fascistes », s’amuse-t-il, si souvent confronté aux menaces et aux violences verbales qu’il ne s’en émeut même plus.

Ainsi va l’époque : l’assignation identitaire est devenue l’arme ultime de ceux qui prétendent la combattre. Et gare à celui qui s’écarte de la trame manichéenne proposée par ces bricoleurs de l’identité, inspirés par les mouvements américains de défense de l’organisation communautaire. Quelle que soit l’identité transformée en cause politique, le rattrapage communautaire s’organise en construisant inlassablement l’idée d’un « nous » et d’un « eux » bien étanches, en dressant l’inventaire compulsif de ce qui nous divise plutôt que de ce qui nous rassemble. Avec un seul objectif : augmenter la conflictualité et durcir les débats, faire en sorte que personne ne puisse plus adopter de position raisonnable. La mouvance dite « décoloniale » et le Parti des indigènes de la République sont passés maîtres en la matière : ils s’appuient sur une histoire de France tronquée pour entretenir la victimisation d’un côté et la culpabilité coloniale de l’autre. Assumant pleinement la dimension identitaire de sa réflexion, Houria Bouteldja, fondatrice de ce mouvement racialiste, n’écrit-elle pas : « Le foulard renvoie un message clair à la société blanche : nous ne sommes pas des corps disponibles à la consommation masculine blanche » ?

Cette passion pour les origines et les assignations grossières empêcherait-elle les ambitions collectives ? C’est le risque que souligne le sociologue Gérald Bronner, pour qui « la définition de l’identité par les origines empêche la projection vers un avenir commun. L’héroïsme se tourne alors vers le passé, entraînant dans son repli l’émiettement de l’idée de progrès ». Plus problématique encore, ces constructions identitaires imperméables à l’idée d’un avenir commun peuvent, lorsqu’elles se conjuguent à un récit victimaire, aboutir à des formes d’identité plus radicales. « Djihadisme ou grand remplacement font appel aux mêmes ingrédients : un récit identitaire victimaire, fondé sur l’urgence à agir et l’indignation morale, cet héroïsme à portée de main », explique Bronner.

Question ethnique. Plus optimiste, Malek Boutih juge ces phénomènes de repli exagérés, « le dynamisme de la culture française est hyperpuissant, confie l’ancien député PS. La capacité assimilationniste de la France est telle qu’elle a absorbé des peuples avec lesquels elle était en guerre il y a quarante ans ». La rhétorique de l’indignation permanente agit comme un cordon sanitaire qui interdit de penser le collectif. Y compris chez ceux qui sont censés organiser la vie de la cité. Ainsi Hamid, élu (PS) chargé du logement dans une ville de l’Essonne, raconte comment il fait preuve de prudence quand il tente d’organiser la mixité ethnique dans le parc social de sa commune. « Comme j’ai peur d’être traité de raciste, j’agis en douce, en utilisant par exemple le contingent de la ville pour rétablir un semblant de mixité. En fait, je travaille la question ethnique sans avoir le droit de le faire, tout en ayant à l’esprit qu’il est nécessaire de le faire sans le dire… Bref, c’est intenable », révèle l’élu, qui se montre inquiet : « Lorsque vous assistez à une concentration de femmes voilées, de dealers, de gamins qui ne traînent qu’entre Blacks… ça devient dangereux. Après les “petits Blancs” ne veulent plus venir dans ces logements, car ils considèrent qu’il y a trop de Rebeus et de Blacks et ça devient impossible à gérer. Les gens ne sont pas forcément racistes, mais ils n’ont pas envie d’être en minorité dans leur immeuble ou leur quartier », explique-t-il. 

Pour aller plus loin

« L’archipel français », 

de Jérôme Fourquet (Seuil, 2019).

« Déchéance de rationalité », 

de Gérald Bronner (Grasset, 2019).

« Le temps des passions tristes »,

de François Dubet (Seuil, 2019).

« La dictature des identités », 

de Laurent Dubreuil, (Gallimard, 2019).

« La nouvelle question laïque »,

de Laurent Bouvet (Flammarion, 2019).

« Les ingouvernables »,

d’Eric Delbecque (Grasset, 2019).

« No Society »,

de Christophe Guilluy (Flammarion, 2018).

« L’obsession identitaire »,

de Philippe Forget (Berg International, 2017).

La peur de devoir affronter un torrent de réprobations hante la politique. L’ancien ministre de la Ville Patrick Kanner, aujourd’hui président du groupe socialiste au Sénat, se souvient du tollé général qu’il avait déclenché lorsqu’il avait expliqué qu’une centaine de quartiers en France « présentaient des similitudes potentielles » avec Molenbeek : « C’était 110 à 120 quartiers. Avec des élus débordés qui gèrent la paix sociale à tout prix et des mouvements salafistes structurés qui gèrent une économie liée à la drogue. Nous avions croisé les données des ministères de l’Intérieur, des Sports et de la Ville pour constituer ces analyses. » Et les clubs sportifs tenus par des religieux (lire p. 52) faisaient déjà partie des signaux forts.

Le marché identitaire est infini et se reconfigure en permanence, au gré de l’actualité. « Tout fonctionnait comme si nos valeurs premières se propageaient mécaniquement, comme si l’ouverture nous avait permis de nous affranchir de tout risque de penser. Si nous n’avons pas d’idées, d’autres en ont pour nous, c’est un marché ouvert », avançait Emmanuel Macron lors de son débat avec les intellectuels. L’universalisme est en voie de ringardisation, attaqué par les petits boutiquiers de l’identité, prêts à surfer sur les angoisses pour élargir leur fonds de commerce. S’ils se détestent et s’affrontent en façade, tous ont bien compris, dans un monde sans idéologie et sans repères, que tous les coups sont permis§

Saint-Denis, berceau de l’indigénisme

S’il devait y avoir une capitale de la pensée indigéniste en France, ce serait sans conteste la ville de Saint-Denis. A en croire certains militants laïques, ce serait ici, dans cet ancien faubourg ouvrier à quelques stations de métro au nord de Paris, qu’a été théorisé et mis en pratique un rapprochement entre la mouvance islamiste et les courants d’un communisme déclinant des années 2000. Saint-Denis, berceau de la pensée décoloniale et de l’« islamo-gauchisme » français ? « Oui ! » répond Djemila Benhabib, auteure de « Ma vie à contre-Coran » (H&O). Avec sa famille établie à Saint-Denis pour fuir les islamistes de la décennie noire algérienne, elle a assisté de l’intérieur à ce glissement de la gauche vers ces nouvelles alliances. « La ville de Saint-Denis s’est ghettoïsée et communautarisée, elle a perdu son visage universaliste et le terreau indigéniste a prospéré », déplore-t-elle. C’est effectivement à Saint-Denis que s’est développé le centre Tawhid lié à Tariq Ramadan ; à Saint-Denis toujours que s’est installé le centre de formation d’imams proche des Frères musulmans ; à Saint-Denis encore que des universitaires de Paris-8 étayent les fondations idéologiques de ce mouvement à grand renfort d’études intersectionnelles sur la démultiplication des dominations. Il ne faudrait pas oublier le rôle joué par la Bourse du travail, une salle souvent prêtée aux associations, qui a accueilli le congrès fondateur du Parti des indigènes de la République le 28 février 2010. Depuis, cette salle ne cesse d’accueillir des rassemblements de militants venus renforcer ce courant de la gauche radicale, identitaire, particulariste, décoloniale, proreligieuse et racialiste. On ne compte plus les meetings « contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire », les réunions en « non-mixité racisée » (entendez : Blancs s’abstenir) ou encore les réunions politiques avec un Tariq Ramadan bénéficiant, à l’époque, d’une large audience. Si aujourd’hui la mairie récuse toute proximité avec ces réseaux, certains élus proches du Parti des indigènes de la République, tel Madjid Messaoudene, ne manquent aucune occasion de manifester leurs sympathies avec les religieux. Ces rapprochements politiques mènent parfois à des situations inhabituelles : ainsi, le 6 avril, on a pu voir défiler des conseillers municipaux La France insoumise aux côtés de dirigeants et fidèles de mosquées venus protester contre la fermeture administrative de deux mosquées à Saint-Denis (photo)§ 

Une synagogue attaquée en Californie lors de la Pâque juive : une femme tuée

L’auteur présumé de la fusillade, John Earnest, revendique son antisémitisme et son islamophobie. Le président Donald Trump dénonce « un crime motivé par la haine ».

Par L’Obs avec AFP

Un homme de 19 ans se revendiquant comme antisémite et islamophobe a tiré à l’arme automatique sur une synagogue près de San Diego, au sud de la Californie aux Etats-Unis. Il a tué une femme et fait trois blessés, dont un rabbin.

C’est une femme de 60 ans qui a succombé à ses blessures, tandis que les blessés sont une mineure, le rabbin et un homme de 34 ans, a indiqué le shérif du comté de San Diego, Bill Gore, au cours d’une conférence de presse. Leurs jours ne sont pas en danger.

L’attaque, au dernier jour des festivités de la Pâque juive, a visé la communauté juive de Poway, une ville d’environ 50.000 habitants.

Inspiré par la tuerie de Christchuch

La police locale a annoncé que le tireur présumé, un jeune homme de 19 ans habitant San Diego, avait été arrêté. Il s’appelle John T. Earnest, et n’était pas connu des services de police.

D’après les médias locaux, il avait annoncé publiquement sur internet son intention de tuer des juifs.« Nous avons des copies de ses publications sur les réseaux sociaux et de sa lettre ouverte, et nous les examinerons pour déterminer leur authenticité et savoir ce que cela apporte à l’enquête », a précisé le shérif.

Le texte présenté par les médias comme sur celui du tueur, lu par l’AFP, revendique comme inspiration celui écrit par Brenton Tarrant, un Australien suprémaciste blanc qui a tué 50 personnes dans l’attaque de mosquées le 15 mars à Christchurch (Nouvelle-Zélande).« Tous les Juifs sont responsables du génocide méticuleusement organisé de la race européenne » , a-t-il notament écrit. « Défendez-vous, rappelez vous Robert Bowers, rappelez vous Brenton Tarrant. »

Par ailleurs, il revendique un incendie volontaire contre une mosquée de Californie une semaine après les attaques de Christchurch.

L’arme s’est enrayée

Le shérif a précisé que le jeune homme était entré dans la synagogue Chabad peu après 11h20, à une heure où une centaine de fidèles y étaient rassemblés. Il a ouvert le feu avec une arme qui apparemment s’est enrayée, ce qui explique le faible nombre de victimes.

Il s’agissait d’un fusil d’assaut AR-15, utilisé dans de nombreuses fusillades aux Etats-Unis ces dernières années.

« J’étais devant la maison, je m’apprêtais à faire du jardinage, et j’ai entendu six ou sept détonations », a raconté à la télévision locale NBC7 Christopher Folts, qui habite à proximité de la synagogue.« Il y a eu une pause, une voix d’homme qui criait et six ou sept autres détonations ».

Le tireur s’est enfui en voiture à l’arrivée de la police, mais a ensuite été rattrapé, interpellé et conduit au commissariat de San Diego.

Placé en détention

Un garde-frontière de repos, qui se trouvait sur place, a tiré sur le suspect au moment où il s’enfuyait et il a atteint sa voiture. L’arrestation est l’oeuvre d’une brigade cynophile qui s’est précipité sur les lieux, a précisé le chef de la police de San Diego, David Nisleit.« Lorsque le policier a arrêté l’homme de 19 ans, il a clairement vu un fusil sur le siège passager du véhicule. L’homme a été placé en détention sans autre incident », a-t-il ajouté.

Une veillée d’hommage était prévue dans une église presbytérienne toute proche samedi soir. La police de Los Angeles a indiqué qu’elle renforçait sa surveillance autour des synagogues et autres lieux de culte.

Veillée à la bougie en hommage aux victimes de l’attaque de la synagogue de Poway, ici au sein de la communauté presbytérienne Rancho Bernardo de Poway

Veillée à la bougie en hommage aux victimes de l’attaque de la synagogue de Poway, ici au sein de la communauté presbytérienne Rancho Bernardo de Poway

Le maire de Poway a rendu hommage « aux membres de la congrégation qui se sont opposés au tireur et qui ont évité ainsi un incident beaucoup plus horrible ».

« La Nation tout entière est en deuil »

Le président américain Donald Trump a présenté ses « plus sincères condoléances »« A ce stade il semble qu’il s’agisse d’un crime motivé par la haine », a-t-il déclaré depuis la Maison Blanche.

Puis, arrivé pour une réunion publique à Green Bay (Wisconsin, nord), il a dit que « la Nation tout entière (était) en deuil ».« Nous condamnons avec force les maux de l’antisémitisme et de la haine, qui doivent être vaincus », a-t-il souligné.

Onze personnes avaient été tuées exactement six mois auparavant, le 27 octobre, dans une fusillade dans une synagogue de Pittsburgh, en Pennsylvanie (est des Etats-Unis). Il s’agissait de l’attaque la plus meurtrière contre la communauté juive jamais commise aux Etats-Unis.

LIRE : 11 morts dans une synagogue à Pittsburgh, la pire attaque antisémite aux Etats-Unis

« Il est temps de passer à l’action, de déclarer une guerre déterminée (à l’antisémitisme), et pas de condamner mollement, ce qui permet aux forces de la haine de revivre les heures sombres de l’histoire », a estimé l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon.

« Une attaque sur quelque lieu de culte que ce soit, depuis les églises du Sri Lanka ou de France, en passant par les synagogues de Jérusalem, jusqu’aux mosquées de Christchurch, sont une agression contre la dignité humaine et notre droit en tant que croyants de prier Dieu », a affirmé le centre Simon-Wiesenthal de Los Angeles.

L’Anti-Defamation League, une organisation qui combat l’antisémitisme, avait dénombré un bond de 57% des incidents antisémites aux Etats-Unis en 2017, la hausse la plus brutale depuis les années 1970.

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Le quotidien The New York Times a présenté ses excuses après la publication d’une caricature du Premier ministre israélien

Le quotidien américain The New York Times a présenté ses excuses après la publication d’une caricature antisémite représentant le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou en chien-guide du Président Trump……Détails……

The New York Times s’est excusé après la publication d’une caricature antisémite représentant le Premier ministre israélien et le Président des États-Unis ayant scandalisé les médias israéliens et les usagers de Twitter.
La caricature, publiée le 25 avril dans l’édition imprimée internationale du journal, montre Benyamin Netanyahou en chien-guide avec une étoile de David sur son collier et qui conduit Donald Trump, lequel porte des lunettes noires et est coiffé d’une kippa.
La caricature était sans légende et n’était liée à aucun des articles de la même page.V

Dans ses excuses publiées sur Twitter et à paraître également dans l’édition de lundi, la section Opinion du New York Times estime que «l’image était offensante, et que c’était une erreur de jugement de la publier».
Plusieurs personnalités ont condamné la caricature pour l’antisémitisme.
«Répugnant. Je n’ai pas de mots pour l’antisémitisme flagrant qui est affiché ici. Imaginez que cela soit dans une autre publication et non pas dans un journal de gauche ? », déplore pour sa part Donald Trump Jr.
«Un chien juif Netanyahou conduisant un Trump aveugle à la recherche de Juifs Dans l’édition internationale du New York Times. 
Combien bas sommes-nous tombés. Méprisable», s’est indigné Mark Dubowitz, directeur exécutif de la Fondation pour la defense des démocraties. 

Source Sputnik NewsV

“Pour être antisémite, il faut être un salaud, mais en plus un imbécile” : l’interview de Robert Badinter dans “Envoyé spécial”

Après la diffusion dans “Envoyé spécial” d’un reportage sur “l’antisémitisme au quotidien”, Elise Lucet reçoit Robert Badinter. L’ancien ministre de la Justice, adolescent pendant la Seconde Guerre, ami de Simone Veil, s’exprime longuement, avec force et émotion, sur la résurgence du “poison pour la société” qu’est l’antisémitisme, manifestation de “cette haineuse connerie : le racisme”. ENVOYE SPECIAL / FRANCE 2

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France 2France Télévisions

Robert Badinter est l’invité d'”Envoyé spécial” après la diffusion d’un reportage sur “l’antisémitisme au quotidien”. Que lui inspire la résurgence des actes antisémites en France (ils ont bondi de 74% en 2018), au point que des Juifs de France redoutent d’habiter dans leur propre pays ? “D’abord une réaction d’indignation à l’égard de ceux qui les menacent, qui se livrent à ces agressions verbales, voire physiques, qui peuvent aller jusqu’au crime. Y compris, ces dernières années, les vieilles femmes qu’on jette par la fenêtre, y compris la petite fille tuée par Mohamed Merah d’une balle dans la tête.” C’est la même chose, souligne-t-il, très ému, qu’“un comportement de SS des Einsatzgruppen dans la forêt ukrainienne, qui abattent les Juifs parce qu’ils sont juifs. C’est d’abord cette résurgence-là qui fait naître chez moi cette rage. Je ne croyais pas que c’était possible”.

Qu’on s’en prenne au portrait de Simone Veil : “quelle profondeur de haine !”

Comment imaginer voir, au XXIe siècle, un portrait de Simone Veil barré d’une croix gammée ? “Du côté des fanatiques que sont par définition les antisémites, tout est toujours possible. Ils s’attaquent au symbole, à quelqu’un qui incarne la condition si cruelle des Juifs au XXe siècle. Il ne faut jamais oublier son parcours si significatif, les camps de concentration, Auschwitz et, dans son cas, sa mère morte dans un  camp, dans ses bras, rappelle celui qui était son ami. Elle a vécu là l’extrême limite de la détresse humaine. Qu’on s’en prenne à ce symbole-là… quelle profondeur de haine, quelle abjection !”

“Les mêmes clichés et affabulations” qu’il y a trois quarts de siècle

Sur la question de la “libération” de la parole antisémite sur les réseaux sociaux, où “tout ce qu’il y a de méprisable s’exprime aisément, et encore plus dès l’instant où c’est l’anonymat”, posant “un problème de droit extrêmement complexe (…), il faut la volonté au moins de la lutte”, juge celui qui a “connu ces événements adolescent, il y a soixante-quinze ans”, et retrouve “les mêmes clichés et affabulations” que devant l’exposition Le Juif et la France au palais Berlitz en 1941 : “L’or juif, le Juif aux doigts crochus, au nez crochu, un mélange bizarre de rabbin et de banquier, et puis cette haine qui se perpétue à travers les siècles… Comment ne pas prendre la mesure de ce que ça signifie ?”

“Qui peut croire sérieusement au complot juif mondial ?”

“Vous savez, j’ai beaucoup réfléchi à l’antisémitisme, poursuit Robert Badinter. Et je vais vous dire le fond de ma pensée. Non seulement, pour être un antisémite, il faut être, comme pour tous les racistes, un salaud, mais en plus il faut être un imbécile. Qui peut croire sérieusement au complot juif mondial, (…) au protocole des Sages de Sion, qui est un faux, fabriqué dans les caves de l’Okhrana, la police tsariste, avant la guerre de 14 pour nourrir l’antisémitisme ? Et que l’on retrouve ensuite chez Goebbels, et un siècle plus tard, sous forme de cassette, traduit en arabe au marché du Caire…”

“On a pensé que la bête était gavée de sang. Pas du tout : elle renaît”

“On a pensé que la bête était gavée de sang, avec les six millions de morts en Europe, femmes, enfants, vieillards, hommes génocidés par Hilter. Pas du tout : elle renaît.” Que faut-il faire ? Se souvenir, d’abord. Eduquer, dire “non, absolument non”. L’Etat fait-il ce qu’il doit ? L’ancien garde des Sceaux s’en dit “convaincu, ce n’est pas de ce côté-là que l’on doit porter la critique. C’est à chacun de faire défense dans l’âme des enfants, et de s’opposer de toutes ses forces à ce poison, cette infamie… et, à bien des égards, une haineuse connerie : le racisme.”

Pourra-t-on dire un jour : “L’antisémitisme, c’est terminé” ? “Je le croyais, mais je me trompais. On a vu renaître, doucement, puis de plus en plus, sous le masque de l’antisionisme, l’antisémitisme de toujours.” L’invité relève tout de même unsigne encourageant dans ce contexte de montée des partis populistes et d’extrême droite : en Ukraine, “pays qui a une très longue tradition d’antisémitisme”, le nouveau président de la République… est juif.

“Disons-le clairement, conclut un homme qui s’est toujours su obsédé par la justice. C’est un combat qui ne peut pas ne pas requérir constamment toute l’attention de chacun. Parmi les grands combats qu’on puisse mener pour un monde plus juste, il y a le combat contre le racisme. C’est une grande et noble cause. Que nos jeunes s’en souviennent et agissent en conséquence.”

Interview diffusée dans “Envoyé spécial” le 25 avril 2019.

Journaliste saoudien : « Allah nous a ordonné d’aimer et de respecter » les juifs – « l’antisémitisme dans le monde arabe est le produit d’une éducation raciste détestable »

Dans son éditorial paru le 3 mars 2019 dans le grand quotidien saoudien publié à Londres Al-Sharq Al-Awsat, le journaliste et homme d’affaires saoudien Hussein Shobakshi a condamné la haine des juifs profondément enracinée dans la culture islamique, dans laquelle le terme « juif » est fortement péjoratif. Shobakshi s’est interrogé sur la raison pour laquelle les musulmans ne font pas de différence entre les sionistes israéliens et les juifs en général, alors même qu’Allah a ordonné aux musulmans d’aimer et de respecter les juifs et les chrétiens, et que le prophète Mohammed lui-même a épousé une juive, a conclu des pactes avec les juifs et a entretenu des relations avec eux. Il a appelé les musulmans à trouver en premier lieu la paix entre eux et avec ceux qui les entourent, et à reconnaître qu’ils sont atteints d’une haine antisémite et d’un racisme profonds, et qu’ils sont néanmoins capables de suivre le commandement d’Allah et de respecter les juifs. Extraits :

Lorsque les extrémistes des organisations de l’islam politique veulent diffamer un dirigeant du monde arabe, ils répètent à l’envi que « sa mère était juive » ou qu’il « a des racines juives ». Souvent, les partisans d’un dirigeant répondent en disant du dirigeant des Frères musulmans que « sa mère était juive ». [1] Cela m’a interpellé sur l’étendue de la haine envers les juifs dans notre culture, et sur notre incapacité à distinguer entre les juifs en tant que Peuple du Livre – qu’Allah nous a ordonné d’aimer et de respecter et nous a permis de commercer avec eux, de partager leur nourriture et de nous marier avec eux – et le projet politique sioniste israélien, qui a instillé [en nous] la schizophrénie [dans notre attitude envers les juifs] et dont nous ne sommes toujours pas sortis.

L’intensité de la haine des juifs diffusée par les médias et par l’art, la littérature et les caricatures politiques [dans le monde arabe] a atteint un degré qui ne peut être ignoré. Personne, bien entendu, ne soutient que la scène juive et israélienne est elle-même exempte de culture de la haine en son sein. Dans les écoles juives religieuses extrémistes, il existe le même takfir [l’accusation d’hérésie, comme chez les musulmans] et la différentiation entre le peuple [juif] et les « gentils » qui ne valent rien et peuvent être volés et tués. De ces écoles ont émergé des terroristes extrémistes notoires, comme Meïr Kahana et Baruch Goldstein.

Toutefois, l’antisémitisme dans le monde arabe est le produit d’une éducation raciste détestable, ancrée dans la mentalité arabe, habituée à étiqueter les gens en fonction de leur affiliation tribale, familiale et raciale, et selon l’école religieuse à laquelle ils appartiennent. C’est cette éducation qui a amené des milliers de juifs citoyens de pays arabes à émigrer après la création de l’Etat d’Israël… [c’est la même mentalité à laquelle sont confrontés les chrétiens de l’Orient arabe et tous les autres courants religieux (non-musulmans) de la région].

Le prophète Mohammed a épousé une juive, il a conclu un accord de coexistence pacifique avec les juifs de Médine, a mis en gage son bouclier au profit de son voisin juif,[2] et il s’est rendu aux funérailles d’un juif, et le Coran dit des gens du Livre qu’ils ne sont pas tous semblables [c’est-à-dire qu’il y a des gens respectables parmi eux].[3] [Toutefois], nous négligeons toutes ces références très positives [aux juifs] et nous présentons des théories, interprétations et motifs qui justifient la haine des juifs et, sur ce fondement, nous avons formulé des opinions pleines de suspicion et de crainte envers eux, qui découlent en vérité de la haine…

Il est inconcevable que [toi, musulman] soutiennes que ta religion t’ordonne de respecter le Peuple du Livre sans toutefois mettre cela en pratique de manière concrète. Mais le [véritable] défi [auquel tu fais face est de répondre aux questions] : La paix avec l’autre est-elle possible, sans avoir au préalable fait la paix avec toi-même et avec ceux qui t’entourent ? Et avons-nous un problème de haine et de racisme envers les juifs ? Une réponse honnête et crédible à ces questions est nécessaire, et  elles pourraient être les premières d’une série de questions embarrassantes, que nous nous abstenons depuis de nombreuses années de traiter et de résoudre.L

NEMRI

Notes :

[1] Ici, Shobakshi fait allusion aux Frères musulmans, qui ont accusé plus d’une fois le président égyptien Al-Sissi d’avoir une mère juive. Pour plus de détails sur ce sujet et sur les contre-accusations selon lesquelles le fondateur des Frères musulmans Hassan Al-Banna était juif, voir MEMRI Special Dispatch No. 5657, Muslim Brotherhood Supporters, Opponents Accuse Each Other Of Being Jewish, 25 février 2014.

[2] Selon un hadith de la troisième épouse de Mohammed, « Quand le Prophète est mortson bouclier était mis en gage, chez un juif, pour trente mesures d’orge. »

[3] Coran 3:113 : « Mais ils ne sont pas tous pareils. Il est, parmi les gens du Livre, une communauté droite qui, aux heures de la nuit, récite les versets d’Allah en se prosternant [dans la prière]. »

Shoah: des archives de l’ONU indiquent que les Alliés savaient dès 1942

i24NEWS

“L’Empire britannique était déjà trop rempli de réfugiés” pour accueillir des juifs (ex-ministre de Churchill)

Les puissances alliées durant la Seconde Guerre mondiale étaient au courant de l’ampleur de la Shoah deux ans et demi plus tôt que ce qui était généralement supposé, selon des documents inédits de l’ONU, rendus publics pas le chercheur Dan Plesch, auteur du livre Les Droits de l’Homme après Hitler.

“Les grandes puissances ont émis des commentaires sur le meurtre de masse des Juifs deux ans et demi plus tôt que ce qui était généralement supposé “, explique Plesch au quotidien britannique The Independent.

“On pensait qu’ils l’avaient appris quand ils ont découvert les camps de concentration, mais ces commentaires datent de décembre 1942”, ajoute le chercheur, qui travaille depuis une décennie sur ces documents.

Les archives en question révèlent entre autres que dès le mois de décembre 1942, les gouvernements américain, britannique et soviétique savaient qu’au moins deux millions de Juifs avaient été assassinés et que cinq millions de Juifs supplémentaires risquaient le même sort.

Yad Vashem
Shoah

Par ailleurs, un document datant de mars 1943, cite le vicomte Cranborne, l’un des ministres membre du cabinet de guerre de Winston Churchill, déclarant que les juifs ne devraient pas être considérés comme “un cas particulier” et que l’Empire britannique comptait déjà trop de réfugiés.

Dan Plesh, auteur et professeur au Centre d’études internationales et diplomatiques de l’Université SOAS de Londres, explique aussi que les grandes puissances ont commencé à émettre des actes d’accusations de crimes de guerre basés sur des témoignages provenant des camps de concentration et des mouvements de résistance dans divers pays occupés par les nazis, dont des fichiers de 1944, accusant Hitler de crimes de guerre.

Cependant, indique le chercheur, malgré les nombreuses preuves et la poursuite de centaines de nazis, les puissances alliées ont peu fait pour tenter d’aider les juifs en danger.

L’une des raisons invoquées sont les “pressions antisémites” provenant du Département d’Etat américain à l’encontre de l’envoyé du président Roosevelt à la Commission des crimes de guerre des Nations Unies (UNWCC), Herbert Pell.

Ce n’est que suite à l’exposition des déclarations de Pell et au scandale qui en a découlé, que le Département d’Etat aurait accepté de poursuivre les responsables nazis au procès de Nuremberg.

DR
Tatouage de déporté de la Shoah

Plesch invoque aussi la menace communiste, considérée à l’époque comme un “danger majeur” par Washington, comme l’une des raisons qui auraient freiné les poursuites contre les nazis.

En effet, “certains d’entre eux” étaient “nécessaires pour reconstruire l’Allemagne et faire face au communisme”, écrit-il.

Par ailleurs, Plesch a indiqué que les archives sur lesquelles il s’est concentré étaient interdites aux chercheurs depuis 70 ans précisant que ceux qui voulaient les consulter devaient recevoir l’accord non seulement du gouvernement, mais aussi du Secrétaire général de l’ONU.

Même en obtenant ces autorisations, les chercheurs n’étaient pas autorisés à prendre des notes jusqu’à ce que la dernière ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Powers, prenne la décision de les rendre accessibles.

“La France insoumise a passé des années à mettre citoyens d’honneur des terroristes palestiniens” (A. El-Khatmi à i24NEWS)

i24NEWS

Amine El-Khatmi, président du Printemps républicain et conseiller municipal d'Avignon, dans "Conversations avec Benjamin Petrover" le 23.04.2019
i24NEWS

“Ils condamnent d’islamophobes toutes personnes qui osent critiquer l’islam politique”

“A la France insoumise, ils ont passé des années à mettre citoyens d’honneur dans leurs villes des terroristes palestiniens en mettant des cibles sur le dos des juifs à tel point que dans la quasi-totalité des villes de Seine-Saint-Denis, le nombre de juifs a été divisé par cinq ou dix”, a dénoncé mardi soir Amine El-Khatmi, président du Printemps républicain et conseiller municipal d’Avignon dans “Conversations avec Benjamin Petrover”.

“Ils (la France insoumise ndlr) pensent tout et leur contraire. Des gens qui aiment Charb et Charlie Hebdo et en même temps, des gens qui veulent le censurer et qui trouvent que Charb était un raciste patenté. Aussi, ils condamnent d’islamophobes toutes personnes qui osent critiquer l’islam politique”, a-t-il poursuivi sur i24NEWS.

“Est-ce-que c’est cette gauche-là qui va pouvoir réveiller l’esprit républicain dans ce pays? je ne le crois pas”, a martelé celui qui a pour combat de redresser une gauche “laïque, république et universaliste.”

Le fondateur et président du Printemps républicain aspire à refonder une gauche qui “n’a pas d’hésitation sur la lutte contre l’antisémitisme, ni sur le communautarisme qui gangrène un certain nombre de villes françaises.”

“Je crois qu’il y a une gauche républicaine à construire et qui demande à être structurée, incarnée et qui est prête à parler à nouveau aux Français”, a-t-il souligné en ajoutant que la gauche n’était pas “condamnée à être celle du déni et du reniement.”

Le Printemps républicain a été fondé en mars 2016 par le politologue Laurent Bouvet et Gilles Clavreul, alors délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, en lançant un manifeste signé notamment par Frédéric Encel, Jérôme Guej ou encore Anne Sinclair. 

Le mouvement met en avant la République et à la laïcité.

Amine el-Khatmi a été critiqué le mois dernier par ses opposants après s’être rendu à un rassemblement en hommage aux victimes de Christchurch, devant l’ambassade de Nouvelle-Zélande à Paris, en arborant une écharpe tricolore.

Pour revoir l’intégralité de l’intervention d’Amine El-Khatmi

Le Mossad a peut-être tenté de récupérer le corps d’Eli Cohen

L’agence de renseignement israélienne aurait mené une opération en Syrie il y a 40 ans pour récupérer la dépouille du légendaire espion

Par TIMES OF ISRAEL STAFF

Cette photo sans date montre l'espion israélien Eli Cohen en Syrie alors qu'il porte un bracelet retrouvé par le Mossad en 2018. 
(Bureau du Premier ministre)

Cette photo sans date montre l’espion israélien Eli Cohen en Syrie alors qu’il porte un bracelet retrouvé par le Mossad en 2018. (Bureau du Premier ministre)

L’agence israélienne de renseignement du Mossad aurait essayé de faire sortir la dépouille du légendaire espion Eli Cohen de Syrie il y a environ 40 ans, selon un enregistrement fait par le frère de Cohen, Maurice, et qui a été diffusé sur la Douzième chaîne.

Dans l’enregistrement qui aurait été effectué par Maurice Cohen – lui-même un agent du Mossad – dans une conversation avec un historien avant sa mort en 2006, Cohen parle de l’incertitude entourant le site où son frère a été enterré et d’une tentative sans succès de récupérer le corps.

Cohen avait infiltré les plus hautes sphères du pouvoir syrien au début des années 1960 et a obtenu des renseignements top-secrets avant d’être démasqué et exécuté publiquement à Damas en 1965.

« Il y a une version affirmant que l’ancien président Amin al-Hafiz a mis (son corps) dans un camp entouré par un bataillon de tanks pour le protéger », a déclaré Maurice Cohen dans l’enregistrement diffusé mercredi.

« Après le président Assad, le père défunt, ils ont dit qu’il avait creusé une énorme fosse et placé une bombe à gaz à l’intérieur et l’a recouverte de béton ».

Eli Cohen, agent espion du Mossad, exécuté en Syrie en 1965. (Crédit: capture d’écran YouTube)

« D’autres ont affirmé que des responsables syriens impulsifs auraient brûlé le corps, mais je doute que cette version soit correcte parce qu’il s’agissait d’une monnaie d’échange politique très importante », a-t-il dit.

Selon Cohen, la raison du secret qui entoure cette affaire en Syrie vient du fait que le Mossad avait déjà essayé de faire sortir le corps du pays.

« Je suis presque sûr qu’ils le gardent dans un secret très strict en Syrie, que très peu de gens savent où il se trouve, parce qu’il y a eu une tentative d’enlever le corps, a déclaré Cohen. Il a été transporté à proximité de la frontière entre la Syrie et le Liban ».

Il n’a pas donné d’autres détails dans l’enregistrement sur la tentative ni pourquoi elle avait fini par échouer. La Douzième chaîne a dit que la tentative avait eu lieu il y a 40 ans.

Sophie, la fille d’Eli Cohen, a déclaré à la Douzième chaîne qu’elle n’avait jamais entendu parler de cette information auparavant, et elle a appelé le gouvernement à publier toutes les informations dont il dispose sur le sujet.

Le reportage sur la localisation de Cohen a été diffusé après des semaines de spéculations selon lesquelles la Russie aurait trouvé son corps, une information qui a été démentie par le Bureau du Premier ministre et qui a été fermement réfutée par Moscou.

Citant des informations non-confirmées de groupes de l’opposition syrienne, des médias israéliens ont déclaré plus tôt ce mois qu’une délégation russe avait récupéré la dépouille de Cohen en Syrie.

Des officiels israéliens ont gardé le silence après la révélation de ces informations. Israël avait auparavant fait appel à la Russie pour l’aider à retrouver Cohen.

De son côté, le ministère des Affaires étrangères russe a formellement rejeté ces informations, en publiant un communiqué qui « réfute fermement » cette affirmation, présentée comme une « provocation ».

Le ministère russe a demandé aux médias israéliens de faire preuve de plus de « précision, de professionnalisme et d’honnêteté pour couvrir des questions aussi sensibles ».

La Russie, qui est un allié du président syrien Bashar al-Assad, a récemment aidé Israël à retrouver et à récupérer la dépouille du soldat israélien Zachary Baumel qui avait disparu en 1982 pendant la première guerre du Liban.

Le Premier minister Benjamin Netanyahu (à droite) et Valery Gerasimov, le chef de l’Etat major russe, lors d’une cérémonie officielle, le 4 avril 2019, au cours de laquelle Israël a reçu la dépouille du soldat israélien Zachary Baumel. (Kobi Gideon / GPO)

La dépouille de Baumel a été renvoyée en Israël plus tôt ce mois, après 37 années d’efforts pour retrouver son corps. Des officiels israéliens recherchent toujours deux soldats capturés et tués dans la même bataille : Tzvi Feldman et Yehuda Katz.

Le corps de Cohen n’est jamais revenu de Syrie malgré des décennies d’appels lancés par sa famille.

Cohen avait infiltré les plus hauts-rangs des responsables politiques syriens dans les années qui avaient précédé la guerre des Six jours, en 1967, et les informations qu’il avait obtenues auraient joué un rôle déterminant dans la réussite sidérante de l’Etat juif au cours de ce conflit.

Cohen avait été traduit en justice et exécuté pour espionnage par le gouvernement syrien le 18 mai 1965, après être parvenu à infiltrer ce dernier sous le nom d’emprunt de Kamel Amin Thaabet pendant quatre ans.

L’année dernière, l’agence de renseignements du Mossad avait découvert une montre-bracelet qui avait appartenu à Cohen et elle l’avait ramenée en Israël lors d’une opération spéciale. Le bureau du Premier ministre n’avait pas expliqué comment la montre, qui se trouvait entre des « mains ennemies », avait été récupérée.

La montre qui appartenait à l’espion israélien Eli Cohen, ramenée en Israël le 5 juillet 2018. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)

Au fil des années, Nadia Cohen avait appelé en vain le gouvernement syrien à rendre la dépouille de son défunt mari. En 2008, un ancien chef de bureau de feu le président syrien Hafez al-Assad avait clamé que personne ne savait où Cohen avait été inhumé.

« Le corps avait été déplacé après un jour ou deux », avait noté Monjer Motsley dans un entretien. « Nous redoutions alors qu’Israël envoie des forces pour le récupérer ».

« C’est difficile de retrouver les ossements de Cohen », avait-il ajouté.
« Assad avait promis de les rendre à Israël mais lorsqu’il a demandé aux responsables de la sécurité de le faire, ils lui ont répondu : ‘Nous ignorons où se trouve sa tombe, monsieur’, et il n’a donc pas été en mesure de tenir sa promesse ».

Alain Finkielkraut et la meute de chacals

L’académicien a été menacé et insulté par une dizaine d’étudiants de l’IEP approuvés par des suiveurs. Qu’attend la direction pour exclure ces élèves qui recourent à l’intimidation et à la violence ?, souligne l’écrivain.

BRUCKNER, PASCAL

Alain Finkielkraut a été victime le 23 avril d’un pogrom antiraciste. Invité à parler à Sciences Po Paris, par une association d’étudiants souverainistes, il en a été expulsé par un groupe se réclamant de « l’antifascisme », « Sciences Po en lutte, Institut Clément Méric ». Il a pu finalement tenir sa conférence mais sous la protection de la police. Cet incident abominable est symptomatique d’un climat d’intolérance générale qui a déjà vu, par exemple, fin mars le blocage d’une représentation des Suppliantes d’Eschyle par des groupes racialistes ou le peintre Hervé Rosa accusé de colporter des clichés coloniaux pour une peinture réalisée au Sénat et censée célébrer l’abolition de l’esclavage.

Qu’est-ce que cela dit de notre époque ? Que nous vivons une inversion complète des valeurs. Que le fascisme nouveau se drape dans les atours de l’antifascisme, que la nouvelle peste brune se déguise en ennemi de la peste brune et celle-là irréfutable puisqu’elle comprend déjà sa propre critique. Les black blocs, anticapitalistes et antisystème, n’ont-ils pas adopté la chemise noire, l’uniforme mussolinien ? J’avais moi-même été, en août 2018, lors d’un colloque sur l’islamophobie, en Bretagne, la cible de ces groupes camouflés sous le logo de l’anarchie qui avaient tagué les murs de l’école où je devais intervenir.

De la même façon, comme l’a bien noté Pierre-André Taguieff, lors de la conférence de Durban en 2000, l’antiracisme est devenu la courroie de transmission d’un nouveau racisme, inattaquable celui-là puisque paré du bouclier de la vertu. Un renouvellement du racisme d’hier reconverti dans son contraire apparent : une aubaine. N’a-t-on pas vu apparaître, en 2015, un nouveau venu dans la lutte politique, « l’antifasciste antisémite », comme l’étaient les profanateurs d’un cimetière juif de Sarre-Union qui promettaient de combattre le nazisme… jusqu’au dernier juif. Voilà qu’il est permis et même recommandé d’être antisémite pour mieux tuer la bête immonde. Il y a quelque chose de pourri dans le monde de l’antiracisme qui voit l’alliance de la bêtise et du fanatisme prendre des proportions considérables. Voyez la navrante évolution de l’Unef, jadis grand syndicat étudiant, devenu le bastion d’un nouvel apartheid anti-Blancs. Il est étrange et effrayant qu’une génération qui n’a pas connu la guerre, ni Mai 68 et se réclame de la Résistance, commence par reproduire la geste des bourreaux. Les jeunes gens qui animent ces groupuscules sont peut-être, pour certains, bien intentionnés mais en tout cas abusés. Pour ces demeurés au front bas est fasciste quiconque ne pense pas comme eux. S’il est seul, juif de surcroît, comme Alain Finkielkraut, et a déjà été l’objet d’attaques antérieures, à Nuit debout et par des « gilets jaunes », c’est une merveilleuse occasion. Il y a chez ces chacals une attitude de meute flairant la bête blessée pour mieux l’achever.

Alain Finkielkraut n’est pas seulement un ami cher, il est un intellectuel majeur de notre époque. Que l’on soit d’accord ou non avec lui, sa parole est essentielle dans le débat. C’est la divergence qui est fondatrice de la vie de l’esprit et non le consensus béat. Derrière cette agression, c’est la liberté d’expression qui est en jeu ; demain n’importe quel intellectuel, en butte au politiquement correct, pourra être interdit d’accès aux universités, comme c’est déjà le cas sur de nombreux campus américains. Le vrai scandale, en l’occurrence, réside dans la passivité de l’administration. La direction de Sciences Po, même si elle a fini par garantir la sécurité de la conférence, devrait exclure les fauteurs de troubles. Décoloniaux, indigénistes, antifas : il faut bloquer ces groupuscules brun rouge dans l’œuf, les frapper du bras de la loi. C’est à la justice de combattre l’intolérance et à cet égard l’affaire Soral pourrait faire jurisprudence. Si une grande école, une université n’est pas capable d’assurer la liberté de parole d’un académicien, c’est à désespérer de l’état de nos libertés. La lâcheté mène à tous les renoncements.

PASCAL BRUCKNER

« Le BNVCA était partie civile au procès Merah »


4 semaines d’audiences et de combat pour faire reconnaître la complicité d’assassinat contre Abdelkader Merah, la Cour d’Assises a pris acte de la réalité du dossier. Le BNVCA représenté par Me Stéphanie Cohen, Me Muriel Ouaknine Melki et Me Oudy Bloch, Avocats de l’OJE, solidaire de l’ensemble des parties civiles, s’en félicite et continue ” le combat contre l’antisémitisme et la haine anti Juive”. 


Agression à domicile d’un couple de juifs à Aubervilliers le 22 avril à 22 h

Le. Bnvca condamne l’agression violente dont a été victime un couple de confession juive Shalom H. à leur domicile à Aubervilliers (93)  le lundi 22 avril à 22 h. Les 4 auteurs cagoulés ont probablement repéré  leurs victimes à la “mezouza” apposée sur la porte de l’appartement et qui contient des passages écrits en hébreu. Les victimes ont été violentées menacées de mort et dévalisées. Elles sont de surcroît très traumatisées. Nous demandons à la police de tout mettre en œuvre  pour découvrir les agresseurs et les mettre à la disposition de la justice. Encore une fois le mythe du juif et l’argent conduit les malfaiteurs à s’attaquer de préférence à des juifs qui sont  pris pour cible. Le BNVCA qui recense les actes antisémites observe, que depuis près d’un an les juifs sont attaqués au plus proche de leur domicile.

Le BNVCA a décidé d’apporter son aide aux victimes de cette agression tant sur le  plan social qu’administratif et judiciaire. 

Le BNVCA horrifié, condamne avec force la série d’explosions survenue au Sri- Lanka visant des Eglises pendant la messe de Pâques et faisant 310 morts et plus de 500 blessés.

 

Les déflagrations se sont produites dans l’Eglise Saint Anthony de Colombo, l’Eglise Saint Sébastien de Negombo, et l’Eglise de Batticaloa.

Nous sommes scandalisés par ces attentats terroristes qui s’attaquent lâchement à des hommes, des femmes des enfants, en prière et sans défense.

Cette guerre anti-chrétienne s’apparente aujourd’hui à la guerre antijuive. Elles sont menées par des  mouvements religieux, extrémistes, racistes, intolérants, dominateurs et hégémoniques. 

FOG – L’escroquerie du halal

Présentée comme une prescription séculaire, cette fiction récente isole les hommes et inflige des souffrances révoltantes aux animaux.

Publié le 12/04/2019 à 09:01 | Le Point

FOG - L’escroquerie du halal

La halalisation de la France est en marche. Apparemment, rien ne l’arrêtera. Après les boucheries, des commerces de toute sorte se mettent au halal (« licite », en arabe).

Certes, toutes les religions ont ou ont eu des codes alimentaires, et les musulmans ont les leurs comme les enfants d’Israël ont la cacherout, qui, dans la Bible hébraïque, fixe les interdits (porc, fruits de mer, poissons sans écailles ni nageoires, etc.). 

A ceci près : le halal n’est pas un héritage du passé, mais une mode sans fondement qui prétend réglementer aussi l’eau, les dentifrices, les rouges à lèvres, les loisirs, les « vacances éthiques ». Sans rapport avec les traditions musulmanes, la sphère s’étend chaque jour un peu plus. 

Dire cette évidence vous exposera à une campagne de haine sur les réseaux sociaux : c’est qu’en 2019 l’ignorance ne cesse de faire des progrès et que d’incroyables foutaises sont désormais inscrites sur le marbre des stèles de la bien-pensance. Les vessies deviennent des lanternes. 

A force d’être répétés, les mensonges deviennent des vérités. Ainsi, aux yeux de nos contemporains, Israël est une terre arabe que les juifs ont envahie alors que c’est exactement le contraire qui s’est produit, comme le montre l’histoire des trois derniers millénaires si l’on prend la peine de l’étudier. De la même façon, le halal est toujours présenté faussement comme une prescription vieille de plusieurs siècles, alors qu’il s’agit d’une fiction nouvellement créée au cœur du système capitaliste mondialisé. 

L’auteur de ces lignes croyait que le halal remontait aux temps premiers de l’islam jusqu’à ce qu’il tombe, par un pur hasard, sur l’un des livres les plus subversifs et sulfureux de cette décennie, et qui, au train où vont les choses, sera peut-être interdit un jour. Sa publication, en 2017, a au demeurant été accueillie, à la notable exception du quotidien Libération, par un silence assourdissant. « Le marché halal ou l’invention d’une tradition » (1), de Florence Bergeaud-Blackler, fait voler en éclats la ridicule légende urbaine selon laquelle le halal serait consubstantiel à l’islam. A lire d’urgence. 

Florence Bergeaud-Blackler n’est pas une polémiste en quête de buzz, mais une anthropologue très sérieuse, rattachée à l’université de recherche Paris-Sciences-et-Lettres. Elle explique que le halal n’est pas une coutume islamique, mais l’enfant monstrueux des industriels de la viande et des fondamentalistes, Frères musulmans ou mollahs iraniens, qui ont trouvé là, à la fin du siècle dernier, un moyen de creuser le fossé entre les musulmans et l’Occident. 

Jusqu’aux années 1970, les musulmans pouvaient manger comme les chrétiens ou les juifs. La cinquième sourate du Coran le stipule clairement : « Vous est permise la nourriture des gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise. » En 1987 encore, l’ancien recteur de la mosquée de Paris, le cheikh Abbas, considérait que le sacrifice du mouton était une pratique « non obligatoire ».

Qu’est-ce qui a changé depuis ? La vogue halal, fruit de l’appât du gain des industriels de la viande et de la volonté de puissance des intégristes qui ont décidé de retrancher les musulmans des sociétés occidentales, de les empêcher de s’assimiler. Contrairement à ce qui se passe dans le reste de l’Europe, la lâcheté de la France a fait le reste : le « djihad économique » a permis de jeter les bases d’une islamic way of life.

Marginal chez les juifs, qui ne le respectent guère, mais en pleine croissance chez les musulmans, l’abattage rituel, donc sans étourdissement, est un scandale moral tant est grande la souffrance des animaux tués dans ces conditions, leur agonie pouvant durer plus d’un quart d’heure. De nombreux pays refusent cette méthode barbare et imposent que la bête subisse un choc électrique avant d’être saignée. 

Pourquoi ne pas être humains avec les animaux ? Bien qu’elles exportent beaucoup de viande vers des pays musulmans tels que l’Indonésie, la Jordanie ou les Emirats, l’Australie et la Nouvelle-Zélande n’en étourdissent pas moins les animaux avant de les tuer. Comme le rappelle l’association L214 dans « La face cachée de nos assiettes » (2), pour beaucoup d’experts religieux, l’étourdissement par choc électrique est « compatible avec les textes sacrés » puisque la bête n’est pas cliniquement morte au moment de la saignée. 

Dans cette affaire, nous autres Français, nous nous sommes encore couchés devant les islamistes radicaux, au mépris de la souffrance animale. Nous mangeons donc de la viande halal sans le savoir puisque, pour « ne pas stigmatiser », le mode d’abattage ne figure pas sur les étiquettes. En dégustant notre steak, soit dit en passant, nous finançons de surcroît l’islam, dont les autorités reçoivent une taxe proportionnelle aux kilos de bêtes abattues. 

Comment s’étonner si, de démission en démission de ce genre, notre pays devient de plus en plu

Notre Dame en Flammes par MICHEL GURFINKIEL, Special to the Sun

Traduit par nos soins

Sur le plan émotionnel, l’incendie qui a détruit la cathédrale Notre-Dame à Paris peut être décrit comme le 11 septembre de la France. Peu importe ce que la cause puisse révéler. À l’instar de New York, qui, même en temps de guerre, était censé être à l’abri d’attaques étrangères, Paris était censé être épargnée par des catastrophes irrémédiables, civiles ou militaires.

Cela a pris fin pour New York en 2001. La dernière fois que la capitale de la France a été détruite à grande échelle a été la guerre franco-prussienne de 1870 et 1871 et sa suite révolutionnaire, la Commune de Paris, qui a brûlé le palais royal des Tuileries et l’hôtel de ville.

En 1918, dernière année de la Première Guerre mondiale, l’artillerie allemande trouva sa marque à Paris, notamment dans le Marais. Contrairement à Londres, Berlin, Varsovie ou Florence, Paris «n’a pas brûlé» pendant la Seconde Guerre mondiale. Le résultat fut que la plupart des parisiens se sont livrés, tout au long de la seconde moitié du XXe siècle et des deux premières décennies du XXIe siècle, au fait que leur ville était trop belle, trop «historique», et faisait trop partie du patrimoine mondial de l’Unesco pour être frappée.


On a rappelé aux Parisiens que les choses pouvaient aller dans le sens contraire, après tout. Il y a eu des émeutes, des attaques terroristes, des bombardements. Mais Paris elle-même semblait être immortelle. Les gens ont commencé à se réveiller véritablement après la tuerie islamiste de novembre 2015, au théâtre Bataclan et ailleurs. Plus récemment, plusieurs scènes effrayantes se sont succédées à la suite de la récente manifestation des Gilets jaunes: saccage de l’Arc de Triomphe, incendies des boutiques et des restaurants des Champs-Élysées. Et maintenant, Notre-Dame était en flammes. De ma fenêtre, je pouvais voir une colonne de fumée noire et rougeâtre s’élever au-dessus des toits, un hélicoptère tournant au-dessus du feu. La flèche de fer, une addition du XIXe siècle à l’église gothique, s’est effondrée soudainement – révélant des hoquets d’horreur non seulement à Paris mais aussi dans le monde entier. Un peu comme le moment où les tours jumelles du World Trade Center sont tombées soudainement. Aujourd’hui, toute la France et le monde entier tremblaient sous l’effet de l’ampleur de ce qui se passait. Même si l’incendie était accidentel (il a peut-être commencé à un endroit où des travaux de rénovation étaient en cours), il s’est avéré être la coda d’un hiver inquiétant. Et on ne pourrait pas non plus entièrement écarter la possibilité d’un incendie criminel: de nombreux incidents antichrétiens ont été récemment rapportés, notamment le vandalisme d’églises, de cimetières ou de sanctuaires; et des groupes djihadistes ont à plusieurs reprises menacé de faire «quelque chose de grand» à Paris, de préférence contre un bâtiment emblématique. Rien d’étonnant à ce que le président Macron ait reporté le discours télévisé à la nation qu’il était censé prononcer ce soir et que, avec son épouse Brigitte et le Premier ministre Edouard Philippe, M. Macron s’est approché au plus près de la cathédrale. Il n’est pas nécessaire d’être catholique, ni chrétien, ni même religieux pour être dévasté par la destruction de Notre-Dame. La cathédrale, vieille de neuf cents ans, est le cœur de la France: elle se trouve sur l’île de la ville, entre les deux canaux de la Seine, un lieu qu’elle partage avec le Palais de justice (le premier palais royal du Moyen Âge); et tout kilométrage dans le pays commence symboliquement à «kilomètre zéro», juste en face de la cathédrale. Pendant que les rois étaient couronnés à Reims par l’archevêque du lieu, Napoléon se couronna à Notre-Dame, devant le pape Pie VI. Notre-Dame est le premier lieu parisien visité par De Gaulle en 1944, lorsque la capitale fut libérée des Allemands. C’est de Notre-Dame que De Gaulle traversa la ville jusqu’à l’Arc de Triomphe. Il est difficile d’imaginer la France sans Notre Dame. Laissons la reconstruction commencer.

L’appel de 39 intellectuels dans Le Figaro: «L’assassin de Sarah Halimi ne doit pas échapper à un procès»

  1. Vox
  2. Vox Société

Par Tribune Collective 

FIGAROVOX/TRIBUNE – Il y a deux ans, une Française juive était tuée sauvagement à Paris aux cris d’«Allah akbar». La question du discernement du suspect est au cœur de l’instruction. Une troisième contre-expertise a conclu à son irresponsabilité. Trente-neuf intellectuels, parmi lesquels Alain Finkielkraut, Jacques Julliard, Pierre Manent, Pierre Nora, Mona Ozouf et Paul Thibaud, demandent que ce crime soit jugé.

Voici deux ans, dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, à Paris, dans une HLM de Belleville, rue Vaucouleurs, Sarah Attal-Halimi, une retraitée de 65 ans, était tirée de son sommeil à 4h30 par un voisin âgé de 27 ans. Kobili Traoré se déchaîne contre elle, il la frappe pendant plus de vingt minutes. Les cris de douleur de madame Halimi alertent immédiatement les voisins qui entendent aussi les insultes que Traoré lui adresse, les «Allahou Akbar» et autres psalmodies coraniques. Un petit effectif de police est rapidement sur les lieux, mais pensant être en présence d’un terroriste, les policiers n’interviennent pas et attendent des renforts. Tout le monde entend donc le calvaire de Sarah Halimi. Finalement, peu avant 5h00, Kobili Traoré défenestre sa victime, tout en criant à la police postée dans la cour: «attention! Une femme va se suicider», comme pour couvrir ce geste final qui tuera sa victime. Le rapport du médecin légiste est terrible: «la mort de Sarah Halimi est due à un poly-traumatisme par chute d’un lieu élevé», relevant «des lésions d’hémorragie massive pulmonaire, myocardique, méningée, et diverses fractures associées», plus d’une vingtaine sur le corps et le visage. 

Avant son forfait, l’assassin s’était d’abord introduit dans l’appartement mitoyen, celui de la famille Diarra. Il ne cherche pas à les attaquer. Effrayés par la grande nervosité de Kobili Traoré qu’ils connaissent bien, leurs familles venant du même village du Mali, les Diarra se verrouillent dans une pièce et contactent la police, se considérant comme «séquestrés» par Kobili Traoré. En fait, ce dernier avait quitté les lieux pour enjamber le balcon et entrer par effraction chez Sarah Halimi. Il reprendra le même chemin à l’issue du meurtre pour venir terminer ses prières et changer de vêtements chez les Diarra. La police attend toujours sur le palier… Presque une heure après le début des faits, la porte est enfoncée. L’Arrêt du 5 juillet 2018 indique «précisément à 5h35, les effectifs de la BAC du 11èmearrondissement assistés d’effectifs de la BAC 75, présents sur les lieux suite à l’appel d’une des filles de la famille Diarra ayant indiqué que sa famille était victime de séquestration, interpellaient Traoré, en train de réciter des versets du Coran». Kobili Traoré n’oppose aucune résistance à l’interpellation. Mais à son arrivée au commissariat, il est pris d’un soudain accès de violence. Il sera immédiatement transféré en hôpital psychiatrique. Il ne fera pas une minute de garde à vue, ni ne sera interrogé par la police.

Pour mieux étouffer l’affaire, on communautarise le crime.

La sauvagerie de ce crime fit irruption dans une campagne électorale où les sujets de sécurité sont quasi absents. Cet assassinat dérange, le profil de l’assassin sans doute davantage que celui de la victime. D’autant que le caractère antisémite du crime est vite identifiable: Kobili Traoré a ciblé sa victime, il ne s’est pas attaqué à un membre de la famille Diarra chez qui il s’est invité en pleine nuit, il a fait ses prières avant d’aller chez Sarah Halimi, cette voisine qu’il côtoie depuis vingt ans qu’il traitera de «Sheitan» (Satan) tout en la frappant. L’enquête de voisinage montrera que Sarah Halimi et ses proches qui la visitaient, avaient été l’objet d’insultes antijuives de la part de certains membres de la famille Traoré. Dans les heures et jours précédant le crime, la police apprendra qu’il avait fréquenté assidûment la mosquée salafiste défavorablement connue de la rue Jean-Pierre Timbaud. Tout cela est embarrassant en pleine élection présidentielle et les candidats comme les médias généralistes ignorent l’évènement. Pour mieux étouffer l’affaire, on communautarise le crime: «l’émotion dans la communauté juive» est évoquée, comme pour passer à autre chose, comme si Sarah Halimi n’était pas, d’abord, une citoyenne française.

Deux mois après cet assassinat barbare, pour rompre ce silence médiatique, dix-sept d’entre nous avions publié une tribune pour informer l’opinion publique. Deux ans après, rejoints par d’autres signataires, nous venons informer des avancées de l’enquête, de la probabilité d’un non-lieu «psychiatrique» pour le mis en examen. Alors que Kobili Traoré a reconnu les faits d’homicide dès le départ, la juge principale du dossier, Anne Ihuellou, aura paru conduire une instruction à décharge, davantage qu’à charge et à décharge, posture équilibrée de mise au cours d’une instruction. 

Tout d’abord rappelons les épisodes de la procédure judiciaire. Après son interpellation et son accès de violence au commissariat, Kobili Traoré est placé en Unité pour Malades Difficiles (UMD). Il reconnaît les faits, mais assure n’avoir pas été dans son état normal. Le 10 juillet 2017, il est mis en examen pour homicide volontaire. La gravité de l’affaire conduit dès le départ à la nomination d’une seconde juge, Virginie Geyte. Entre le crime et cette mise en examen, l’élection présidentielle et les législatives sont passées ; l’affaire est désormais davantage médiatisée, notamment autour de son caractère antisémite de cet assassinat. 

Kobili Traoré est un délinquant multirécidiviste connu dans son quartier, craint dans son immeuble. Il vend notamment de la drogue, il est lui-même un consommateur compulsif de cannabis. Si son casier est déjà chargé par vingt-deux condamnations pour violences et vols, il n’a en revanche aucun antécédent de troubles psychiatriques. Avant le 3 avril 2017, il a été incarcéré à quatre reprises, dont une peine d’un an qu’il vient d’accomplir. Au cours de ses périodes de prison, Kobili Traoré n’a apparemment pas été identifié par l’administration pénitencière pour des troubles psychologiques quelconques. 

Tout au long de la procédure, les avocats de la partie civile ont été contraints de faire des demandes d’actes pour être tenus informés de l’avancée de l’instruction. 

Le 27 février 2018, a enfin lieu l’interrogatoire du mis en examen devant la juge Ihuellou. Après onze mois, sur insistance du Parquet, la juge finit par retenir la circonstance aggravante d’antisémitisme. En revanche, elle et sa collègue résistent à toute reconstitution, ce qui est pourtant habituel dans les affaires criminelles de ce type. Il serait, en effet, indispensable de clarifier la chronologie des faits en organisant une reconstitution, d’autant que ce crime a pratiquement eu lieu sous les yeux des voisins et de la police, que des témoignages ont été recueillis et doivent être mis en regard des faits tels qu’ils pourront être reconstitués in situ. Pour les avocats des deux parties, il est nécessaire de vérifier l’enchainement des évènements durant ces 70 minutes, entre le moment où Kobili Traoré pénètre chez les Diarra et celui où il est interpelé, de retour chez eux, après l’assassinat de Sarah Halimi. L’avocat du mis en examen lui-même accède à la logique d’une reconstitution, mais la juge Ihuellou s’y oppose, par humanisme à l’égard de Kobili Traoré, voulant «protéger le mis en examen d’une possible décompensation et d’un milieu hostile (…) lui qui ne possède plus que des bribes de souvenirs filmiques» (sic). 

Tout au long de la procédure, les avocats de la partie civile ont été contraints de faire des demandes d’actes pour être tenus informés de l’avancée de l’instruction. Suite à une saisie d’un d’entre eux en janvier 2018, la 6è chambre de l’instruction est réunie le 30 mai. Le 5 juillet 2018, elle annonce suivre l’avis de la juge concernant la non-opportunité de reconstitution. Pas plus que ne sont retenus les actes de torture et de barbarie ainsi que la préméditation que les avocats de la partie civile avaient demandé voir inscrits dans le cadre de l’instruction. Depuis cette date, aucun nouvel acte de procédure n’a été réalisé.

La procédure judiciaire est aussi ponctuée par des rebondissements d’expertises psychiatriques essentielles dans ce dossier puisque les conclusions des experts-psychiatres sur l’état de Kobili Traoré au moment de la commission des faits, contribuent à déterminer le choix des juges d’instruction: le renvoi devant la Cour d’Assises ou le non-lieu pour irresponsabilité pénale.

Une première expertise est ordonnée. La juge désigne un expert-psychiatre reconnu, Daniel Zagury. Au bout de six mois, il conclut que Kobili Traoré a fait une bouffée délirante aiguë (BDA) suite à une consommation massive de stupéfiants (cannabis). Zagury estime qu’il y a eu altération du discernement mais que le mis en examen est responsable. A ce titre, il peut être jugé devant une cour d’Assises. Il indique que l’identification de Sarah Halimi comme juive l’a diabolisée aux yeux de Kobili Traoré: «L’existence avérée d’une bouffée délirante aiguë n’était pas incompatible avec une dimension antisémite. Un crime pouvant être délirant et antisémite». Pour Daniel Zagury, le simple préjugé antijuif se serait transformé en conviction absolue que Sarah Halimi était l’incarnation du Sheitan (Satan) à tuer. Il explique en outre que la lucidité dont a fait preuve l’assassin avant de la défenestrer est compatible avec une BDA.

Est-ce parce que cette expertise déplaît à la juge d’instruction qu’elle en ordonne une seconde? On peut se poser cette question dans la mesure où ce type de requête provient habituellement de l’avocat de la Défense, qui ici n’avait formulé aucune demande en ce sens. Cette fois, Anne Ihuellou nomme trois experts au lieu d’un. Kobili Traoré est entendu le 24 mai pendant deux heures par deux experts- psychiatres, et le 7 juin durant deux heures trente par le troisième. Ils viennent contredire la première expertise et rendent leurs conclusions le 10 juillet 2018: la BDA de Kobili Traoré signifie pour eux abolition du discernement. À leurs yeux, il était irresponsable au moment des faits. La juge pourrait dès lors prononcer un non lieu ; il n’y aurait pas de procès aux Assises. Voici quelques extraits édifiants de ce second rapport d’expertise: «Kobili Traoré souffre d’un trouble psychotique chronique, vraisemblablement de nature schizophrénique, faisant suite à un épisode délirant aigu inaugural. Il souffre par ailleurs d’une addiction ancienne au cannabis. Il dispose encore d’une personnalité pathologique antisociale et d’une propension à la violence. Oui, son discernement était aboli. Kobili Traoré est inaccessible à une sanction pénale. (…) Nous sommes en plein accord avec le diagnostic d’état psychotique aigu et avec l’analyse qui est faite de la dimension antisémite du geste, même si nous ne pensons pas qu’elle a été déterminante dans le processus psychopathologique du passage à l’acte. Nous dirions en résumé que Monsieur Traoré était au moment des faits, du fait de la prégnance du délire, un baril de poudre. Mais que la conscience du judaïsme de Madame Attal a joué le rôle de l’étincelle».

La psychiatrisation serait-elle le nouvel outil du déni de réalité ? 

Outre qu’au cours de sa vie Kobili Traoré – qui a croisé à de nombreuses reprises l’institution judiciaire – n’a jamais été détecté comme porteur de «trouble psychotique chronique» ; outre qu’il est rarissime qu’une pathologie schizophrénique surgisse à 27 ans sans aucun antécédent clinique ; outre que l’apparition brutale de troubles délirants suite à l’usage de stupéfiants est peu probable chez un sujet qui consommait depuis des années de fortes quantités de cannabis… On pourrait penser à lire les dernières lignes que nous avons soulignées, qu’en France, aujourd’hui, être juif serait, en quelque sorte, une incitation au meurtre pour les déséquilibrés psychiatriques. Et puisque les trois experts désignent Traoré comme schizophrène, a-t-on observé une recrudescence de passage à l’acte criminel antijuif chez les centaines de milliers de personnes souffrant de schizophrénie en France? Si c’était le cas, ce serait une nouvelle expression de cette pathologie qui devrait alerter urgemment l’Académie de médecine… À moins qu’il ne s’agisse de proposer à l’opinion une réinterprétation des assassinats de Français juifs depuis 2003 par des islamistes? La psychiatrisation serait-elle le nouvel outil du déni de réalité? 

Devant ces conclusions contraires à la première expertise, les deux juges en commandent une troisième. Quatre experts devaient rendre leur conclusion en octobre 2018, elles ont finalement été reçues mi mars 2019. Interminable attente pour la famille et leurs avocats. Finalement, cette troisième expertise confirme l’avis de la précédente: Kobili Traoré était victime d’une BDA avec abolition du discernement.

Désormais, la balle est dans le camp des deux juges d’instruction. Elles peuvent rendre une ordonnance de non lieu «psychiatrique», avec un renvoi vers la chambre de l’instruction pour juger notamment des mesures de sureté à prendre à l’égard de l’assassin. Dans ce cas, la société tout entière se trouvera exposée car ses médecins affirment que Kobili Traoré va mieux, qu’il ne souffre pas de pathologie mentale chronique. Sa place ne sera donc ni en prison (irresponsabilité pénale pour abolition du discernement lors de la commission des faits), ni en hôpital psychiatrique (absence de pathologie mentale chronique). Il est à parier, que d’ici quelques mois, l’amnésie médiatique aidant, il sortira libre de l’hôpital psychiatrique où il réside actuellement, avec une simple obligation de suivi psychiatrique en ville.

Mais les juges ne sont pas tenues par les expertises judiciaires pour ordonner le non lieu. Elles peuvent aussi décider de rendre une ordonnance de mise en accusation devant la Cour d’Assises. On ne saurait ignorer la possibilité d’un acquittement si les jurés estiment que Kobili Traoré était pénalement irresponsable comme l’affirment deux expertises sur trois. Néanmoins, il y aurait un procès, des débats contradictoires. Existerait au moins un espoir que justice soit rendue à Sarah Halimi, victime d’un assassinat antisémite barbare.

Signataires : Michel Aubouin, ancien préfet ; Élisabeth Badinter, philosophe ; Georges Bensoussan, historien ; Laurent Bouvet, professeur de science politique ; Pascal Bruckner, philosophe ; Philippe d’Iribarne, sociologue ; Élisabeth de Fontenay, philosophe ; Bernard de la Villardère, journaliste ; Jacques de Saint Victor, historien ; Alain Finkielkraut, philosophe ; Martine Gozlan, journaliste ; Noémie Halioua, journaliste ; Jacques Julliard, historien ; Suzanne Julliard, professeur de lettres ; Alexandra Lagnel-Lavastine, philosophe ; Josépha Laroche, politiste ; Michel Laval, avocat ; Marcel Gauchet, philosophe ; Damien Le Guay, philosophe ; Jean-Pierre Le Goff, sociologue ; Barbara Lefebvre, essayiste ; Bérénice Levet, philosophe ; Sonia Mabrouk, journaliste ; Yves Mamou, journaliste ; Pierre Manent, philosophe ; François Margolin, réalisateur ; Lina Murr Nehmé, historienne ; Pierre Nora, historien ; Michel Onfray, philosophe ; Mona Ozouf, historienne ; Céline Pina, essayiste ; Pierre-André Taguieff, historien ; Jacques Tarnero, chercheur ; Paul Thibaud, philosophe ; Michèle Tribalat, démographe ; Monette Vacquin, psychanalyste ; Caroline Valentin, essayiste ; Jean-Pierre Winter, psychanalyste ; Michel-Gad Wolkowicz, psychanalyste.

Près de Lyon, une inquiétante école musulmane sous contrat et… sous influence

L'entrée de l'établissement à la rentrée 2009.

L’entrée de l’établissement à la rentrée 2009. – PHILIPPE MERLE / AFPSOCIÉTÉRévélations

Par Marianne

Par Ian Hamel

Nazir Hakim, président du groupe scolaire Al Kindi, situé à Décines-Charpieu, dans la métropole lyonnaise, est proche d’une organisation suédoise, The Commission for civilians protection, qui a procuré des armes à Al-Qaïda en Syrie.

Depuis 2007, date de l’ouverture d’Al Kindi à Décines-Charmieu, grosse bourgade de près de 30 000 âmes située à un coup d’accélérateur de Lyon, cet établissement scolaire privé musulman mène une vie plutôt discrète. Le collège et le lycée ont signé en 2012 un contrat d’association avec l’Éducation nationale. En revanche, l’école primaire ne bénéficie que d’un contrat simple. Certes, un ancien proviseur adjoint a posé un congé sabbatique après avoir été élu sur une liste présentée par le parti Ennahda en Tunisie. Un autre s’est porté candidat au nom du Parti égalité et justice, qui ne cache pas ses liens avec le pouvoir turc. Mais, jusqu’à nouvel ordre, il n’est pas interdit en France d’appartenir à la mouvance des Frères musulmans. Ni de faire profiter le demi-millier d’élèves d’Al Kindi des « lumières » d’Hani Ramadan, sulfureux directeur du Centre islamique de Genève et frère du non moins sulfureux Tariq, plusieurs fois mis en examen pour diverses affaires de « viol » et « viol sur personne vulnérable ». Ou encore de Nabil Ennasri, fondateur de l’Observatoire du Qatar, invité pour des conférences.

Évoquant ses activités spirituelles et citoyennes, le site d’Al Kindi nous apprend qu’en novembre 2014, « l’établissement a organisé, en collaboration avec l’ONG humanitaire CBSP, une course solidaire pour Gaza, à laquelle ont participé tous les élèves du collège et du lycée. » CBSP, c’est le Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens. Une ONG parfois soupçonnée, même si elle s’en défend, de liens financiers avec le Hamas. Malgré ce CV que d’aucuns jugeraient un peu chargé, après douze années d’existence, cet établissement privé musulman n’avait jamais attiré l’attention des autorités locales ou nationales.

DES FINANCEMENTS VENUS DU QATAR ?

Mais les quelques lignes que lui consacrent Christian Chesnot et Georges Malbrunot dans l’ouvrage Qatar papers : comment l’émirat finance l’islam de France et d’Europe (Ed. Michel Lafon), paru le 4 avril, risquent de provoquer des remous, bien au-delà de la métropole lyonnaise. Ainsi, l’association Al Kindi, à l’origine du projet du lycée du même nom, aurait perçu aux environs de 133 000 euros en mai 2008 provenant de l’Association musulmane d’Alsace (AMAL). Plus précisément, il s’agit de deux versements, l’un de 45 935 euros, le 5 février 2008, et l’autre de 87 360 euros, le 28 mars 2008. Problème : l’argent a été versé précédemment à l’AMAL par la Qatar foundation, financée par la famille régnante de l’émirat gazier, comme le révèle un document de la Direction générale de la police nationale (DGPN). Ce cheminement, pour le moins complexe, ne révélerait-il pas une volonté de dissimuler le véritable donateur ? Les sommes devaient initialement permettre l’édification d’une mosquée.

Par ailleurs la personnalité même de Nazir Hakim, fondateur et actuel président du groupe scolaire Al Kindi, ajoute aux interrogations que suscite cet étrange établissement.

Les deux auteurs de Qatar papers racontent l’avoir croisé en novembre 2012 à Marrakech, lors d’une conférence des amis de la Syrie. Nazir Hakim leur confie que « toutes les armes étaient bonnes à utiliser contre Bachar al-Assad, y compris celles du Front al-Nosra », filiale d’Al-Qaïda en Syrie. Or, les États-Unis venaient juste d’inscrire le Front al-Nosra sur la liste des organisations terroristes. Cela n’a pas empêché François Hollande de recevoir Nazir Hakim à l’Élysée, avec d’autres opposants syriens, lit-on également dans le livre de Chesnot et Malbrunot.

“NOUS SOMMES PARTOUT”

Plus perspicaces, les autorités suédoises, comme Marianne le révèle aujourd’hui, ont mis leur nez dès 2013 dans un trafic d’armes vers la Syrie via une organisation baptisée The Commission for civilians protection (CCP). Elle a été fondée par un certain Haytham Rahmeh, né à Homs, d’origine syrienne et naturalisé suédois. Il s’agit d’un ancien imam d’une mosquée de Stockholm. Les armes et munitions étaient acheminées depuis la Libye et la Bosnie et entraient en Syrie par la frontière turque. Le 1er novembre 2013, la radio nationale suédoise Sveriges Radio était en mesure d’affirmer que la CCP n’est autre qu’une émanation du Syrian national council, créé à Doha en novembre 2011, dont Nazir Hakim, né à Alep en 1950, est l’un des fondateurs. Le président du Groupe scolaire Al Kindi aurait d’ailleurs reconnu sur les ondes de la radio suédoise que son organisation comptait 2 000 combattants en Syrie et qu’elle collaborait avec des groupes djihadistes, comme le Front al-Nosra (rebaptisé depuis Jabhat Fatah al-Sham), lié à Al-Qaïda. Le plus tranquillement du monde Nazir Hakim précisait même que cette « milice » opérait à « Halab (Alep), Al-Asor (Deir ez-Zor), Latakia (Lattaquié), Hama, Homs and Damaskus (Damas). »Concluant : « Nous sommes partout. »

Étonnamment, depuis 2013, ces informations ne semblent jamais être parvenues aux oreilles de la lutte antiterroriste française. Les services suédois n’ont, il est vrai, apparemment pas conduit des investigations très poussées pour en apprendre un peu plus. Pourtant Haytham Rahmeh, citoyen suédois, aurait pu être au minimum poursuivi pour avoir fait commerce de matériel militaire sans autorisation…

UN MATRICULE PAS BANAL

Quant à Nazir Hakim, il n’a jamais fait mystère de ses liens avec les Frères musulmans. Dans un portrait publié sur le site de la Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution syrienne, on apprend qu’il a rejoint le mouvement politique islamique en Syrie et a été contraint de quitter le pays en 1976 pour échapper au régime, en raison de son « activité dissidente ». Il serait titulaire de trois doctorats en informatique et en microélectronique, obtenus en France. D’autre part, Nazir Hakim affirme avoir « enseigné dans les universités françaises ».

Ce matricule pas banal avait tout de même attiré l’attention d’Alain Morvan, spécialiste de la littérature anglaise et ancien recteur de l’académie de Lyon. Pour s’être publiquement opposé à la création du groupe scolaire Al Kindi, qualifiant d’« intégristes » les porteurs du projet, le fonctionnaire a été débarqué sans ménagement en mars 2007 par Gilles de Robien, alors ministre de l’Éducation nationale. Accusé de « manquements multiples à l’obligation de réserve », l’ancien recteur a réglé ses comptes dans un livre intitulé L’Honneur et les honneurs. Souvenirs d’un recteur « kärcherisé » (Ed. Grasset). Selon Morvan, Nicolas Sarkozy aurait pareillement exercé des pressions pour que l’ancien recteur de Lyon assouplisse son attitude… Quant à Nazir Hakim, alors vice-président de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) – proche, elle aussi, des Frères musulmans – il organisait des manifestations sous les fenêtres du rectorat de Lyon aux cris de « Morvan taliban ! » Contacté le mercredi 3 avril, le président du Centre scolaire Al Kindi n’a pas répondu à notre appel.

Au procès du frère Merah, un témoin raconte « l’insoutenable » à l’école juive

Par AFPAujourd’hui, 17:29  0

Jonathan, 17 ans au moment des faits, a raconté la douleur “de ce 19 mars 2012, devant la cour d’assises spéciale de Paris, au procès d’Abdelkader Merah

Par AFP

Des policiers devant l'école Ozar Hatorah, à Toulouse, le 19 mars 2012. (Crédit : AFP/Archives Remy Gabalda)

Des policiers devant l’école Ozar Hatorah, à Toulouse, le 19 mars 2012. (Crédit : AFP/Archives Remy Gabalda)

C’était le moment de la prière des morts (le Kadish) quand Mohamed Merah a surgi et tué un enseignant et trois enfants de l’école Ozar Hatorah de Toulouse : Jonathan, alors 17 ans, a raconté lundi la douleur « insoutenable » de ce 19 mars 2012, devant la cour d’assises spéciale de Paris.

Il ne regarde pas Abdelkader Merah, le frère du tueur, rejugé après avoir été condamné à 20 ans de réclusion en première instance pour association de malfaiteurs terroriste mais acquitté du chef de « complicité ».

Elève avocat, le jeune homme surmonte sa peine pour tâcher d’être précis, relater en détail ces 36 secondes d’horreur et les heures interminables où les élèves restèrent confinés au réfectoire, pendant que les médecins légistes travaillaient dans la cour.!

Ce jour-là, il est dans la synagogue de l’école quand il entend les premiers coups de feu. « Des pétards », pense-t-il. Mohamed Merah vient de tuer Jonathan Sandler, professeur de religion, 30 ans, et ses deux fils, Arié et Gabriel, 5 et 3 ans. Se penchant à la fenêtre, il voit « une personne casquée entrer dans l’école » qu’il imagine être « un coursier ».

Les tirs reprennent. Brian, comme les autres enfants, s’est rué dans l’école pour se mettre à l’abri. Dans la cour, le tueur a fait feu sur Myriam, revenue chercher son cartable. Puis il rattrape Gabriel, qu’il achève d’une balle dans la tête.

Brian peine à prononcer le prénom de Myriam, dit le plus souvent « la fille du directeur ». Il garde de cet instant le souvenir de la douleur et une cicatrice de 30 cm. Tout le reste est plus flou, mais il a tenu à venir : « c’est une étape de mon rétablissement ».

Jonathan Sandler, shot to death Monday in Toulouse, France, pictured with his two slain sons and with his wife (who was not hurt in the attack). (photo credit: via Facebook)

Jonathan Sandler, avec ses deux fils assassinés par Mohammed Merah à Toulouse en mars 2012, et son épouse, qui n’a pas été blessée physiquement dans l’attaque. (Crédit : Facebook)

Les tirs reprennent. Dans la cour, le tueur a fait feu sur Myriam Monsonégo, 8 ans, la fille du directeur d’école, revenue chercher son cartable.

La conseillère pédagogique fait irruption dans la synagogue et crie « Il y a un tireur dans l’école ! » Jonathan répète le message au directeur. « Ses yeux s’écarquillent, il court. Dehors, il tombe sur sa fille ».

Dans cette « toute petite école », 200 élèves de la 6e à la terminale, tout le monde se connaît. Comme une « famille ». Jonathan a déjà gardé Myriam, une gamine discrète, qui se cachait dans sa chambre sauf quand il « se mettait au piano ». Il a aussi gardé Arié et Gabriel, des petits joyeux.

Dans la panique qui croît, les élèves cherchent un réconfort. « J’ai 17 ans, les plus petits viennent vers moi, me prennent les mains, les bras. » Ils vont être conduits au réfectoire, où il seront confinés de 8H00 à 11H00.

« Moment de folie »

Reproduction photo of 8-year-old Miriam Monsonego (Flash90/JTA)

Reproduction photo of 8-year-old Miriam Monsonego (Flash90/JTA)

« Il y a 50 ou 60 gamins qui hurlent, pleurent, tapent du poing contre les murs. Un gamin de 13 ans hurle à se griffer le visage, jusqu’à s’en arracher les vêtements. Il crie ‘Myriam est morte, Myriam est morte !’. C’est quelque chose qu’on n’est pas censé vivre », dit le jeune homme.

« C’est tellement insoutenable que j’ai un moment de folie. C’est trop dur. Je sors, je cours vers la sortie. Je tombe. Il y avait du sang partout, je vois le cartable de Myriam plein de sang. Même les médecins avaient l’air choqués », poursuit-il.

Sept ans plus tard, « la vie reprend ses droits » mais il y pense « tout le temps ». « Il n’y a rien ni personne qui pourrait réparer ça ». Il dit sobrement « la peur » des survivants, ceux qui ne vont plus jamais au cinéma ou en terrasse, ceux qui sont venus témoigner et ceux qui n’ont pas eu la force.

Futur avocat, il a « totalement conscience du droit de la défense à un procès équitable », et il espère que les preuves permettront de « retenir la complicité » d’Abdelkader Merah. « J’ai du mal à vivre avec l’idée que peut-être il est complice et que peut-être il ne sera pas condamné pour ça. »

Les portraits des sept victimes – Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouad, Gabriel Sandler, Aryeh Sandler, Myriam Monsonégo et Jonathan Sandler – de Mohamed Merah pendant une cérémonie de commémoration organisée par le CRIF à Toulouse, le 19 mars 2014. (Crédit : Rémy Gabalda/AFP)

Le matin de ce 19 mars, le jihadiste s’était caché dans une résidence pour tuer deux autres militaires, qu’il n’est pas parvenu à approcher. Furieux, il avait alors tourné en scooter dans les rues et s’était retrouvé devant l’école juive, avait-il lui-même expliqué aux enquêteurs avant d’être abattu par la police.

Sans prononcer le nom d’Abdelkader, Samuel Sandler, qui a perdu un fils et deux petits-enfants, avait peu avant cité Albert Camus : « On ne pense pas mal parce qu’on est meurtrier. On est meurtrier parce qu’on pense mal. C’est ainsi qu’on peut être meurtrier sans jamais tuer apparemment ».

Cette journée du 19 mars clôt la déambulation sanglante de Mohamed Merah, qui avait déjà tué trois militaires – Imad Ibn Ziaten, 30 ans, Abel Chennouf, 25 ans, et Mohamed Legouad, 23 ans – les 11 et 15 mars.

Le verdict est attendu le 18 avril.

“Je voulais tuer un Juif ” : un homme agresse violemment un habitant de Bourdon au couteau

Vendredi 5 avril, un habitant de Bourdon agresse violemment un voisin parec qu'il voulait "tuer un Juif" / © FTV
Vendredi 5 avril, un habitant de Bourdon agresse violemment un voisin parec qu’il voulait “tuer un Juif” / © FTV

Vendredi 5 avril, à Bourdon dans la Somme, un homme a violemment agressé au couteau un habitant de ce village situé entre Abbeville et Amiens. Il a été mis en examen pour tentative de meurtre en raison de la race ou de l’éthnie : il aurait justifié son geste par sa volonté de “tuer un Juif”.

Par Jennifer AlbertsPublié le 08/04/2019 à 12:04
Les faits se sont déroulés vendredi 5 avril à Bourdon dans la Somme, un village situé entre Abbeville et Amiens. Vers 15h, un homme s’introduit chez un de ses voisins. Il se retrouve face à face avec deux personnes dont le propriétaire des lieux. Celui-ci lui demande ce qu’il vient faire chez lui.

8 coups de couteau

L’intrus se jette alors sur lui et le frappe violemment de plusieurs coups de couteau : 8 au total, à l’abdomen et au visage.

La deuxième personne qui se trouvait chez la victime maîtrise alors l’agresseur en le frappant à la tête.

Sur place, les secours découvrent deux blessés. L’agressé, gravement touché au foie et à la face, est transporté en urgence absolue au CHU d’Amiens. Il est opéré dans les heures qui suivent. Le lendemain, son état de santé ne présentait plus d’inquiétudes. Et l’agresseur qui a pris plusieurs coups sur le crâne et sur une de ses mains. Il sera hospitalisé sous le régime de la garde à vue.

Le suspect n’a pas encore été entendu

L’enquête est confiée à la brigade de recherche d’Amiens. Une enquête qui va prendre un tournant inattendu au vu des premiers témoignages recueillis par les policiers. Plusieurs témoins leur auraient confié que l’agresseur aurait justifié son geste en disant qu’il voulait “tuer un Juif”. Un élément suffisamment prégnant dans la procédure pour que le parquet d’Amiens le retienne pour la qualification des faits.

Car le suspect, inconnu des services de justice et de police, n’a pour l’heure pas encore pu être entendu par le juge d’instruction désormais en charge du dossier. Et cela en raison de son état de santé. Il n’a donc pas pu donner sa version des faits ni confirmer ou infirmer le mobile de son geste. “Il était dans un tel état au moment de sa mise en examen qu’il n’a pas pu comprendre les chefs d’accusation retenus, explique Stéphane Diboundje, son avocat. Il n’a même pas pu signer plusieurs documents. Il y a pas mal d’irrégularités de procédure. C’est pour cette raison que je vais saisir la chambre d’instruction et également faire appel de sa détention provisoire.”


Tentative d’évasion

Son client a été écroué à la prison d’Amiens sous un régime médical et sera entendu “quand son état de santé le permettra”, précise le Parquet. Il doit subir une opération à la main ce lundi.

Le jeune homme de 18 ans, sans emploi, est malgré tout mis en examen pour tentative de meurtre en raison de la race ou de l’éthnie. Car d’autres chefs d’accusation vont s’ajouter.

Alors hospitalisé, le suspect aurait essayé de s’évader du CHU et blessé dans sa tentative de fuite deux des gendarmes qui le surveillaient. L’un d’eux a eu une ITT d’une journée. Il est dès lors mis également en examen pour tentative d’évasion et violences volontaires sur gendarmes. Des analyses toxicologiques et d’alcoolémie sont en cours. Une autre, psychiatrique, devrait également être pratiquée.

La victime a été instituteur à la Chaussée-Tirancourt et directeur de l’école primaire de Flixecourt. Toujours hospitalisé, ce père de famille de 58 ans va mieux.

France 3 Hauts de France

Sarah Halimi, un crime sans responsable?

Une nouvelle expertise psychiatrique a conclu à l'”irresponsabilité pénale” du tueur présumé

parOudy Ch. Bloch – Causeur.fr

Rassemblement contre l’antisémitisme à Paris, février 2019. ©LAURE BOYER / HANS LUCAS 

Deux ans après le massacre de Sarah Halimi dans son appartement parisien, la perspective d’un procès s’éloigne. Une troisième expertise psychiatrique du tueur présumé, Kobili Traoré, a conclu à son « irresponsabilité pénale ». 


Deux ans.ADVERTISING

Il y a deux ans, presque jour pour jour, Sarah Halimi mourait sous les coups de poings acharnés de son agresseur, celui-ci alternant insultes, sourates du Coran, cris d’ « Allahou Akbar » et de « Sheitan ».

Sarah Halimi, deux ans de combat

Deux ans de combat. Pour tenter d’obtenir la reconnaissance de la préméditation, des actes de torture et de barbarie, une reconstitution. Vaines tentatives, toutes les demandes d’actes ayant été rejetées par la juge d’instruction.

Il aura fallu attendre dix mois à compter de ces faits ignobles pour que la circonstance aggravante d’antisémitisme soit enfin retenue.A

Deux ans et trois expertises judiciaires dont deux penchent désespérément vers l’abolition du discernement, alors que la première avait seulement estimé qu’il était altéré. Une abolition provoquée, nous dit-on, par l’usage abusif de cannabis. Deux ans après les faits, sur les seules déclarations du tueur présumé Kobili Traoré, deux collèges d’experts concluent à la démence de ce dernier pendant les 20 minutes de torture qu’il a fait subir à Sarah Halimi. Pas de démence avant, pas non plus après.

Qui est irresponsable ?

Peu importe que Kobili Traoré ait eu suffisamment conscience de la présence du chandelier et de la Torah dans l’appartement de Mme Halimi ce qui aurait accentué son agressivité.

Peu importe que Kobili Traoré ait eu suffisamment conscience de la présence des policiers dans la cour de l’immeuble pour leur hurler qu’une femme venait de se suicider après avoir défenestré sa victime encore vivante.A

Peu importe que Kobili Traoré ait vécu plus de vingt ans un étage en dessous de l’appartement de Mme Halimi et savait, comme tous ses voisins, qu’elle était juive pratiquante.

Peu importe que Kobili Traoré ait prétendument décidé de fumer du cannabis toute la journée précédant le meurtre alors qu’il avait parfaitement conscience de l’effet de la drogue sur son organisme – pour en consommer à haute dose depuis l’âge de seize ans. Mais dès lors, eut-il subi une bouffée délirante aigüe causée par une surdose cannabinique intentionnelle, ne reste-t-il pas néanmoins responsable de ses actes pour s’être mis délibérément dans cet état ?

In memoriam Sarah Halimi

Alors que la consommation volontaire d’alcool est une circonstance aggravante dans tous les délits, se pourrait-il que l’intoxication volontaire au cannabis soit désormais considérée comme une circonstance atténuante dans les procès criminels ?

Et les terroristes sous drogue qui commettent des attentats seront-ils considérés comme irresponsables pénalement ?

Dément, Kobili Traoré ne serait pas pénalement responsable. Mais en l’absence de pathologie mentale chronique, il ne serait pas non plus hospitalisable d’office à long terme.A

Deux ans et un procès aux assises qui semble s’éloigner.

Que fera-t-on de Kobili Traoré ?

Que fera-t-on pour la mémoire de Sarah Halimi ?

Que fera-t-on pour que justice soit rendue ?

Le BNVCA vous appelle à venir nombreux pour assister à l’office religieux à la mémoire de Madame Mireille Knoll lâchement assassinée

Chère famille et amis, 

Daniel et Allan Knoll  vous prient d’être à leurs côtés jeudi 11 avril au soir à la synagogue de la place des Vosges à 18:45 pour assister à  l’office religieux qui sera  donné pour leur regrettée maman,  MIREILLE KNOLL .

Le vendredi 12 avril, au cimetière de Bagneux, nous poserons  la pierre tombale.

Les horaires vous seront communiqués.

Nous et nos enfants vous embrassons

Allan et Daniel

Khalkhin-Gol, 1939 : la guerre oubliée qui a fait basculer le monde


Pendant cinq mois, les Russes et les Japonais s’affrontent en Mongolie. Ce sont les Russes qui l’emportent… 

PAR MICHEL GURFINKIEL.

Une « guerre oubliée » s’est déroulée de mai à août 1939 le long du Khalkhin-Gol, une rivière de quelque deux cents kilomètres qui serpente au milieu de la steppe glaciaire d’Extrême-Orient. Non pas entre les Chinois et les Mongols, ennemis héréditaires depuis trois mille ans, mais entre les deux puissances qui les ont supplantés : les Russes, venus d’Europe au XVIIe siècle, et les Japonais, européanisés depuis le XIXe siècle. Ce conflit s’achève au moment précis où commence la Seconde Guerre mondiale. Ce n’est pas un hasard.

Entrés en Sibérie en 1582, les Russes ont atteint l’océan Pacifique en 1647. Quelques années plus tard, ils sont en contact avec Mandchous, un peuple nomade apparenté aux Mongols, qui vient de conquérir la Chine et d’y fonder la dynastie Qing. Le traité de Nertchinsk, en 1689, place la frontière entre les deux Empires au nord du fleuve Amour : dans une sorte de no man’s land. Mais au XIXe siècle, les Russes ont bénéficié, comme tous les Européens, d’une révolution technologique, et donc militaire, tandis que la Chine s’est endormie sur ses traditions. Le traité de Pékin, en 1860, consacre un nouveau rapport de forces : la frontière suivra désormais le lit de l’Amour jusqu’à Khabarovsk, puis descendra jusqu’aux confins de la Corée, six cents kilomètres plus au sud. Les Russes y fondent un port moderne, libre de glaces tout au long de l’année. Ils le baptisent Vladivostok : « Dominateur de l’Orient ».

Le mouvement s’accélère avec l’avènement de Nicolas II, en 1893. La Russie obtient de prolonger le transsibérien par une ligne transmandchourienne, qui relie Tchita à Vladivostok en passant par Harbin, puis par d’autres lignes allant jusqu’à Pékin, Séoul ou encore Port-Arthur, une base navale dont elle a pris le contrôle.

Le Japon somnolait, comme la Chine. Il se réveille brusquement en 1868, avec la « Révolution Meiji », qui construit un pays de type occidental en moins de trente ans. En 1894, le nouveau Japon écrase la Chine. En 1900, il participe, aux côtés des Occidentaux, à l’occupation de Pékin. Mais pourrait-il tenir face à la Russie, si celle-ci s’installait durablement en Mandchourie et même en Corée ? Mieux vaut prendre les devants : en 1904, les Japonais lancent une attaque surprise sur Port-Arthur, assiègent la ville, obtiennent sa reddition ; ils progressent ensuite en Mandchourie, du sud au nord. La Russie décide de contre-attaquer en frappant le Japon lui-même par la mer : la flotte de la Baltique fait le tour de l’Europe, de l’Afrique et de l’Asie, et s’approche enfin de la mer du Japon – pour y être détruite en quelques heures, les 27 et 28 mai 1905, par la flotte japonaise, dans le détroit de Tsushima. Le traité de Portsmouth, fruit d’une médiation américaine, attribue aux Japonais la moitié sud de l’île de Sakhaline, Formose, Port-Arthur, une position dominante en Corée, et contraint les Russes à renoncer à la Mandchourie.

Pendant les trente années suivantes, par delà la conversion de la Russie au communisme, les deux Etats veillent à ne plus entrer en conflit. L’anarchie qui règne en Chine après la chute du pouvoir impérial, en 1911, est fort utile à cet égard : l’ancienne province chinoise de Mongolie-Extérieure, nominalement indépendante, devient un glacis soviétique en 1924, la République populaire de Mongolie ; la Mandchourie, rebaptisée Empire du Mandchoukouo en 1932, un glacis japonais. Mais celui-ci se développe beaucoup plus vite que celle-là. Le Mandchoukouo compte 30 millions d’habitants en 1934, et les Japonais y ont créé d’importantes industries. La Mongolie, avec 700 000 habitants seulement, ne dispose que d’une économie archaïque, mis à part quelques mines exploitées par les Soviétiques.

Certains militaires japonais, notamment ceux de l’armée du Guandong, qui occupe la Mandchourie et la Chine du Nord et a pris l’habitude d’agir sans en référer au gouvernement impérial, commencent à rêver à une conquête de l’Extrême-Orient russe. Un événement imprévu et rocambolesque précipite les choses. Le 13 juin 1938, le chef du NKVD – la police politique soviétique – pour l’Extrême-Orient, le général Genrikh Lioushkov, se réfugie au Mandchoukouo avec une valise emplie de documents secrets. Il a en effet appris qu’il serait bientôt « liquidé ». Le débriefing auquel il se soumet convainc les services secrets japonais que l’URSS a été totalement désorganisée par les purges staliniennes. Et que l’Armée rouge n’est plus opérationnelle.

Quelques semaines plus tard, en août 1938, l’armée du Guandong lance un raid dans une zone frontalière, au sud de Vladivostok, pour éprouver les positions soviétiques. En fait, celles-ci tiennent bon. D’où l’idée d’une autre tentative, dans une direction opposée : le long du Khalkhin-Gol, qui sert de frontière entre la Mongolie et le Mandchoukouo. Une zone quasi désertique, très éloignée de l’URSS proprement dite. Si l’opération réussit, les Japonais pourront s’emparer de la Mongolie et menacer la Sibérie orientale. Si elle échoue, ils prétendront que ce n’est qu’un incident de frontière entre les deux Etats « souverains », et que ni Tokyo, ni Moscou ne sont concernés.

L’armée du Guandong lance son offensive le 14 mai 1939, sans prévenir l’état-major impérial. Mais Staline s’attendait à une opération de ce type. Il a considérablement renforcé l’armée d’Extrême-Orient et nommé à sa tête un général de quarante-trois ans, épargné par les purges : Georgy Joukov, un cavalier, ancien sous-officier de l’armée impériale, qui a gravi tous les échelons sous le nouveau régime. Sa mission n’est pas seulement de repousser les Japonais mais aussi d’expérimenter un nouveau concept stratégique, fondé sur l’emploi massif des forces motorisées et de l’aviation. Elaborées par le maréchal Mikhaïl Toukhatchevski, une victime des purges de 1937, ces méthodes ressemblent beaucoup au Blitzkrieg que prépare la Wehrmacht allemande. Avec une différence majeure : elles attachent autant d’importance à la défensive qu’à l’offensive.

Alors qu’ils progressent en territoire mongol, les Japonais sont soudain confrontés aux forces de Joukov : une armée entièrement motorisée (500 chars et 400 automitrailleuses), appuyée par l’aviation. Ils tentent de réagir en bombardant des positions de l’Armée rouge en URSS : Tokyo s’y oppose. Joukov opère à près de 800 kilomètres de ses bases sibériennes, mais une noria de 2600 camions le ravitaille constamment en matériels et en troupes fraiches. Les unités japonaises, plus proche de leurs propres bases, n’ont pas prévu un ravitaillement analogue. Elles sont laminées.

Le 23 juillet 1939, les Japonais tentent de mener une contre-offensive. Nouvel échec. Début août, Joukov les leurre en leur permettant de repousser successivement trois assauts soviétiques : ses pertes sont élevées, mais il peut reconnaître le dispositif ennemi et surtout persuader les commandants japonais de ne pas battre en retraite. Ce qui lui permet, le 20 août, de donner le coup de grâce, en déployant trois divisions blindées, deux divisions mécanisées, 4000 camions de ravitaillement, 550 avions. Les Japonais sont encerclés le 25 août, anéantis le 31 août.

Première conséquence de cette bataille : le Japon décide de renoncer à toute nouvelle confrontation avec l’URSS, vidant ainsi de toute substance le pacte de défense mutuelle (dit « anti-Komintern ») qu’il avait conclu en 1936 avec l’Allemagne national-socialiste. En avril 1941, il signe même un pacte de non-agression avec son voisin du nord. Les deux parties s’y tiendront scrupuleusement jusqu’en août 1945 : Tokyo n’ouvre pas de second front en juin 1941, quand l’Allemagne envahit la Russie. Ni en décembre 1941, quand Hitler déclare la guerre aux Etats-Unis.

Deuxième conséquence : la défaite du Khalkhin-Gol fait perdre la face à l’armée du Guandong et favorise la Marine, sa principale rivale au sein de l’état-major impérial. A la conquête de la Sibérie, celle-ci préfère l’occupation des colonies occidentales d’Asie du Sud-Est, même au prix d’une guerre avec les Etats-Unis. Le compte à rebours vers Pearl Harbor commence.

Troisième conséquence : la guerre du Khalkhin-Gol se déroule au moment où Staline et Hitler négocient leur propre pacte de non-agression et le partage de l’Europe orientale. Leurs accords sont signés le 23 août, alors que les Japonais s’effondrent. Staline se sent suffisamment fort. Hitler admet que, provisoirement, il ne peut mener une guerre sur deux fronts.

Quatrième et ultime conséquence : le Khalkhin-Gol a servi de laboratoire à une nouvelle Armée rouge. Celle-ci n’est pas encore pleinement déployée en 1941, lors de l’attaque allemande : Staline croyait disposer d’un répit de deux années supplémentaires au moins. Mais ce sont les unités d’élite d’Extrême-Orient qui sauvent Moscou en décembre 1941. Et c’est Joukov, le vainqueur de Mongolie, qui est nommé chef de l’état-major général en 1941, et qui conquiert Berlin en 1945.

© Michel Gurfinkiel & Valeurs Actuelles, 2019

Fondateur et président du Colloquium Jean Bodin, Michel Gurfinkiel est Ginsberg-Ingerman Fellow au Middle East Forum.

Des tags antisémites et racistes ont été découverts sur des commerces à Lyon

Des inscriptions racistes et antisémites ont été taguées sur des commerces à Lyon. Le Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation se trouve dans la même rue.

Lyon croix gammées

Acte antisémite et raciste à Lyon

Ce sont de nouveaux actes antisémites et racistes que connait la France. Une vingtaine d’inscriptions ont été taguées sur des commerces et un cabinet d’infirmier dans le 7ème arrondissement de Lyon. Des croix gammées et des insultes racistes faites à la peinture orange ont été retrouvées dans l’avenue Berthelot. Inscrites dans la nuit de jeudi à vendredi, les autorités ont “unanimement condamné ces actes odieux, d’autant plus dans une ville comme Lyon qui fut le théâtre de la Résistance” , a rapporté le service de presse de la préfecture.

La ministre de la santé Agnès Buzin, en visite à Lyon, s’est rendue sur les lieux ce matin, accompagnée du préfet du Rhône Pascal Mailhos et du maire de la ville Gérard Collomb. Le président de la Métropole David Kimelfeld a posté sur Twitter son dégout en exprimant avoir “de la nausée à la colère” . “La Ville de Lyon et la mairie du 7e arrondissement font le nécessaire pour que ces horreurs soient effacées rapidement. Les coupables devront être traduits devant la justice” , écrit-il. Il insiste également sur le fait que ces inscriptions avaient été taguées sur l’avenue où se trouve le Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation. Ces inscriptions sont d’autant plus prises au sérieux car le Centre commémore demain la rafle des enfants d’Izieu.

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David Kimelfeld@DavidKimelfeld

De la nausée à la colère. Des tags infâmes ont été découverts ce matin avenue Berthelot à #Lyon : SS, croix gammées, “arabes”, “negro”… Avenue qui accueille le centre d’histoire de la résistance et de la déportation.

Un acte odieux

Ces mots ne sont pas anodins, ils s’inscrivent dans un contexte de multiplication des actes et propos racistes” , exprime l’association SOS Racisme dans un communiqué remis au HuffPost. ”Ces tags à Lyon visent à la fois les arabes, les noirs, et font l’apologie du nazisme. SOS Racisme se tient aux côtés des personnes visées, en solidarité des commerçants et habitants indignés qui ont découvert ces inscriptions macabres” , conclut l’association.

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Agnès Buzyn@agnesbuzyn

Arrivée devant les croix gammées et les insultes racistes taguées avenue Berthelot à Lyon, tout près du Centre National d’Histoire de la Résistance et de la Déportation. @CHRDLyon

Révoltant, insupportable. #ÇaSuffit35212:20 – 5 avr. 2019 · Lyon, France

Zineb El Rhazoui : « Si on applique les textes islamiques, cela donne un totalitarisme absolu et liberticide »

GRAND ENTRETIEN 1/2. L’ex-journaliste de « Charlie Hebdo » évoque sa famille, son athéisme, le 7 janvier 2015 et ce qu’elle nomme le « fascisme islamique ».

Propos recueillis par Thomas Mahler | Le Point 


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Confessions. « Je me suis revendiquée athée à l’adolescence, vers l’âge de 15 ans », se souvient Zineb El Rhazoui.

Le Point : En décembre, vous avez reçu de nouvelles menaces de mort pour avoir déclaré que « l’islam doit se soumettre à la critique ». Où en êtes-vous côté sécurité ?

Zineb El Rhazoui : C’est cyclique. Ces tempêtes de menaces de mort s’accompagnent aussi d’énormément de messages de soutien, qui proviennent de l’ensemble du spectre politique français, de la gauche, voire de l’extrême gauche (la cellule JR Hébert du 18 e arrondissement, qui se revendiquait comme l’aile laïque de La France insoumise avant d’en être exclue pour les mêmes raisons), à la droite souverainiste. Cela démontre que c’est une question républicaine qui transcende les partis politiques. Ce qui est très difficile à vivre, ce n’est pas tant les menaces que l’impunité. Alors que je peux parfois recevoir des centaines de menaces par jour sur les réseaux sociaux, il faudrait pour chaque menace faire un constat d’huissier à plusieurs centaines d’euros et saisir un avocat. C’est très difficile financièrement de poursuivre ces gens et donc de faire valoir ses droits. J’ai récemment redéposé plainte, mais pour l’instant ça n’a abouti à rien. Est-ce à la police qu’il faut le reprocher ? A la justice ? Aux plateformes comme Facebook ou Twitter, qui rechignent à faire le ménage ? Ou simplement à l’absence de volonté politique de retrouver les auteurs ? L’impunité mène à la banalisation, puis à la normalisation.

Votre première fatwa date de 2009. S’habitue-t-on aux menaces de mort ?

En 2009, la ligue Mohammedia des oulémas du Maroc a, à la suite du pique-nique que nous avions organisé pendant le ramadan avec le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali), fait un communiqué qui me désignait nommément comme chef de file de ce mouvement hérétique et qui dénonçait un acte odieux défiant les enseignements d’Allah et du Prophète, donc méritant un châtiment exemplaire. Vous vous rendez compte ? Parce que nous voulions manger pendant le ramadan ! Pour moi, une fatwa, c’est un galon d’honneur. La première, j’avais envie de l’imprimer et de l’accrocher dans mon salon. Quand les plus hautes juridictions islamiques commencent à vous désigner comme une personne à abattre, cela veut dire que vous avez mis le doigt là où ça fait mal. Mais bien sûr qu’on ne s’habitue jamais aux menaces de mort, comme on ne s’habitue pas à vivre sous surveillance. On l’intègre comme une donnée du quotidien, mais il ne faut pas s’y habituer, car ce serait normaliser quelque chose de fondamentalement inacceptable.

Comme beaucoup d’athées de culture musulmane, vous insistez sur le fait que islam n’est pas « religion de paix et d’amour ». C’est peut-être ce qui choque le plus, même chez les non-musulmans, non ?

Connaissez-vous une religion inventée il y a des dizaines de siècles que l’on peut vraiment présenter comme telle selon nos normes contemporaines ? N’importe quelle société appliquant une religion à la lettre, même le christianisme, ne sera guère exemplaire en matière d’acceptation de l’homosexualité, de contraception, de divorce… Je ne comprends pas pourquoi les musulmans tiennent absolument à ce qu’on considère leur religion comme étant de paix et d’amour, alors qu’ils censurent toute tentative de critique rationnelle de leur dogme. Les textes islamiques sont des textes misogynes. Ils autorisent explicitement la polygamie et l’esclavage, incitent à la barbarie, comme dans la 8e sourate du Coran), verset 12 : « Je jetterai la terreur dans le cœur de ceux qui ont mécru. Vous pouvez les frapper au-dessus du cou et les frapper sur chaque doigt. » Aujourd’hui, ce que l’islam exige de ses ouailles, que ce soit dans les pays où il est religion d’Etat ou à travers la mainmise communautariste de ses représentants autoproclamés en Occident, c’est quand même l’application d’un totalitarisme se considérant comme supérieur aux droits humains. Ce qui ne veut pas dire que l’essentiel des musulmans ne sont pas des gens pacifiques, mais ils le sont parce que leur humanité prévaut sur l’application à la lettre de leurs textes sacrés. Affirmer que l’islam est une « religion de paix et d’amour », c’est mentir, car l’islam s’est largement répandu par le sabre, qui figure sur le drapeau du royaume d’Arabie saoudite, celui de la République islamique d’Iran(verticalement), sur celui des Frères musulmans, celui des Talibans pakistanais ou encore celui du Front Moro philippin. Aujourd’hui encore, dans les théocraties islamiques, la foi n’est pas une option, elle est imposée par la coercition.

Courage. Zineb El Rhazoui, en mars. « Ceux qui se taisent lorsqu’il s’agit de dénoncer une injustice mettent en danger ceux qui parlent. »

Vous refusez aussi la distinction entre islam et islamisme. Pourquoi ?

Je fais déjà une distinction entre Islam et islam. L’islam avec un petit « i », c’est la religion musulmane, les textes coraniques, la sîra, la sunna, l’exégèse… L’Islam avec un grand « i », c’est la civilisation islamique qui recouvre d’autres réalités : le droit coutumier, des cultures poétiques, musicales ou culinaires, une Histoire qui n’est pas forcément islamique mais qui est aussi païenne, juive, chrétienne, zoroastrienne… L’islamisme est le courant politique qui croit que l’islam doit intervenir dans la cité. L’application stricto sensu de l’islam avec un petit « i », c’est bien l’islamisme. Il n’y a pas de séparation entre la spiritualité et la notion d’oumma, la nation islamique. L’islam est d’ailleurs une orthopraxie : le bon musulman, selon l’islam, est celui qui accomplit scrupuleusement les rituels religieux : les cinq prières, le ramadan, le pèlerinage à La Mecque, où certaines sunnas, comme le sacrifice du mouton, ou la omra (pèlerinage facultatif). La foi doit se voir dans la façon de vivre. Si on applique les textes, cela donne un totalitarisme absolu et liberticide. Mais cet islamisme peut bien sûr avoir des degrés divers. Cela va de l’islamisme « fréro-salafiste » de l’UOIF, qui affirme hypocritement être pacifique, voire compatible avec la société moderne, jusqu’à l’islamisme de Daech, qui a la prétention de singer dans les moindres détails la société primitive du Prophète et de ses compagnons, tout en utilisant des kalachnikovs et des smartphones fabriqués par les mécréants.

Mais est-ce vraiment nécessaire, comme vous le faisiez dans votre dernier livre, de parler de « fascisme islamique », lorsque l’on sait que le fascisme est un phénomène historique du XXe siècle ?

Mais l’islamisme est un phénomène du XXe siècle, précisément né dans les années 1930, d’ailleurs ! C’est non seulement nécessaire, mais salutaire d’identifier cette idéologie mortifère comme étant un fascisme, parce qu’elle n’a jamais été autre chose. La quasi-totalité des organisations ou régimes islamistes qui existent aujourd’hui sont sortis de la matrice de la secte des Frères musulmans, cette mouvance créée par Hassan el-Banna, le grand-père de Tariq Ramadan, en Egypte, en 1928, à l’époque où les idéologies fascistes avaient le vent en poupe dans le monde et notamment en Europe. Hassan el-Banna n’a d’ailleurs jamais caché sa grande admiration pour Hitler. Par ailleurs, la simple observation de ce qu’est l’islamisme en 2019 nous permet de constater qu’il ne s’agit pas là d’une spiritualité individuelle, mais plutôt d’un bloc identitaire qui possède nombre des caractéristiques méthodologiques des fascismes. D’abord, il y a la vénération aveugle, la quasi-déification du leader éternel, le prophète Mahomet, qui quinze siècles après sa mort continue à tuer. On a vu ce qu’il est arrivé aux derniers qui ont essayé d’ironiser sur sa figure – ce sont mes collègues de Charlie Hebdo. Comme dans tous les fascismes, l’islamisme possède également des bras armés, des milices qui tuent au nom de cette idéologie. Il y aussi cette aversion profonde pour les intellectuels et les arts : lorsque les partis islamistes comme le Parti de la justice et du développement (PJD) marocain accèdent au pouvoir, ils commencent à parler d’« art propre », avec cette notion d’art pur et impur. Comme dans les fascismes, on constate un sexisme répressif envers les femmes et les homosexuels. L’Etat islamique a jeté les homosexuels des bâtiments les plus hauts et, même dans les théocraties islamiques se disant « light » comme le Maroc, l’homosexualité est punie de prison. Et a-t-on dans l’histoire de l’humanité connu un sexisme plus oppressif que cette idéologie souhaitant quasiment faire disparaître le corps des femmes du paysage public ? Comme les fascismes, qui sont expansionnistes, l’islamisme a clairement une logique impérialiste : par le djihad ou par le prosélytisme politique, il faut étendre cette foi partout. Le monde selon cette idéologie se divise en deux : Dar al-Islam, « la maison de l’islam », et « Dar al-Harb, « la maison de la guerre ». Il y a également un uniforme : pour les hommes, la barbe ou le qamis ; pour les femmes, toutes les gradations du voile. Cet uniforme sert d’outil de marquage visuel pour identifier les adhérents et non-adhérents à l’idéologie, comme cela s’est fait dans d’autres fascismes. Et puis les fascismes, avant l’accession au pouvoir, prétendent apporter des réformes sociales, s’adresser aux plus faibles. Mais une fois au pouvoir, ils appliquent un libéralisme effréné. On voit bien dans des pays comme l’Arabie saoudite ou le Qatar que les droits des travailleurs ne sont absolument pas respectés et qu’il n’y a pas beaucoup de place pour les revendications sociales. Enfin, il y a le sentiment d’appartenance à une communauté persécutée, qui doit se redresser pour accéder à une grandeur fictive perdue. Les fascismes se sont tous fondés sur ce sentiment exacerbé d’un âge d’or. Aujourd’hui, malheureusement, nous avons en France des personnes à gauche qui alimentent ce sentiment victimaire et qui ne comprennent pas qu’elles jouent avec le feu. La seule différence, finalement, avec d’autres fascismes, c’est que l’islamisme a réussi à se draper d’une respectabilité aux yeux de ceux-là mêmes qu’il veut détruire.

Vos parents sont-ils religieux ?

Lorsqu’on naît au Maroc, la question de la religion ne se pose pas. Il y a deux communautés religieuses officielles, l’islam et le judaïsme. Si l’on n’est pas juif, on est considéré comme étant musulman sunnite de rite malékite par défaut. C’est cela, un Etat non laïque. Mon grand-père maternel a toujours eu une aversion pour la bigoterie et l’islam visible. La famille de mon père était, elle, une famille marocaine lambda, avec la foi du charbonnier. Mon père se définit comme musulman, mais avec une pratique très minimaliste, faisant uniquement le jeûne du ramadan par tradition, comme beaucoup de Marocains. Dès l’école primaire, on commence l’apprentissage du Coran. En plus des cours coraniques, il y avait des cours de charia ou des cours de hadiths. Dans ma famille, je voyais ma grand-mère paternelle, tatouée au menton et analphabète, accomplir la prière. Pourtant, cette femme traditionnelle marocaine, qui est toujours vivante, n’était pas voilée. Lorsque je vais la voir, elle qui chaque année fait sa omra à La Mecque me dit qu’elle prie pour moi lorsqu’elle est à la Kaaba, un lieu que je rêve de voir ouvert aux touristes un jour. Et, lorsque je lui rends visite pendant le ramadan, elle se lève pour me préparer son thé à la menthe et un plateau de victuailles. L’islam de ma famille était donc un islam traditionnel, mais pas traditionaliste. La consommation d’alcool et les mariages mixtes ne posaient pas problème. Le voile islamique que l’on voit aujourd’hui en France, et que l’on présente maintenant comme inhérent à l’identité islamique, nous l’avons vu apparaître dans la société marocaine seulement dans les années 1990. Lorsque je me rends dans des villes marocaines non touristiques, dans ce « Maroc inutile », selon Lyautey, un Maroc pauvre et enclavé, je constate avec horreur que quasiment toutes les femmes portent le voile, alors qu’il n’est absolument pas obligatoire dans les textes de loi et qu’il était quasi inexistant dans mon enfance. Les premières qui ont commencé à le porter n’étaient d’ailleurs pas des filles de milieux populaires, mais des étudiantes qui se sont frottées à l’idéologie de l’islam politique dans les universités marocaines dans les années 1980.

Comment votre famille regarde-t-elle vos engagements ?

La famille El Rhazoui, très nombreuse, me soutient de manière indéfectible, y compris ceux parmi eux qui se définissent comme musulmans. Ils estiment que ma liberté est un droit absolu et qu’elle porte la parole d’une partie de la société marocaine qui en est privée. Mon oncle paternel, venu en France à l’âge adulte, a une reconnaissance infinie envers la France de l’avoir accueilli, de lui avoir permis de trouver un travail, de vivre dignement. Lorsqu’il est avec ses amis au bistrot, il est très fier de me voir passer à la télévision. Pour lui, je donne une image plus positive, plus moderne des Arabes ou musulmans. Mes parents me soutiennent, mais, évidemment, ils ont aussi peur. Si je ne réponds pas à un SMS de ma mère dans le quart d’heure, elle s’imagine le pire. Dans ma famille, il y a aussi des gens plus bigots, car malheureusement l’islamisme n’a épargné aucune strate de la société marocaine. J’ai par exemple plusieurs tantes voilées. Mais mes critiques envers le voile n’ont jamais altéré notre lien d’affection. Dans leur sagesse teintée de bon sens, elles comprennent que s’opposer à l’idéologie n’est en aucun cas une attaque personnelle, une haine de l’individu.

A quel moment êtes-vous devenue athée ?

Je me suis revendiquée athée à l’adolescence, vers l’âge de 15 ans. J’ai cessé de pratiquer le ramadan tout en continuant à faire semblant, car, socialement, on ne pouvait pas s’afficher en tant que tel. Mais l’athéisme n’est pas quelque chose qui vient du jour au lendemain. C’est toujours un processus qui prend des années lorsqu’on a reçu une éducation religieuse qui confine au lavage de cerveau, surtout quand on est enfant et qu’on est très malléable. Au lycée, me dire athée m’a procuré un certain confort intellectuel intime, car c’était en adéquation avec la liberté à laquelle j’aspirais et l’aversion que je ressentais pour la religion qui, en tant que femme, ne me réservait que mépris et la perspective de n’être que la moitié d’un homme, une mineure à vie. Le point de départ de mon athéisme était ainsi féministe. Je savais que la religion est un joug dont il faut se débarrasser, mais j’ai continué pendant quelque temps à manquer d’outils intellectuels me permettant de théoriser mon athéisme. J’ai alors entamé une quête intellectuelle. J’ai commencé à lire tout ce qui pouvait me tomber entre les mains, en sachant que les livres sur l’athéisme sont censurés au Maroc. J’ai d’abord lu des romans évoquant d’autres réalités à travers le monde. Puis des livres d’exégèse, en essayant de leur appliquer un esprit critique. Pourquoi le Prophète, qui avait au moins treize femmes officielles, a-t-il limité le nombre à quatre pour les autres ? Pourquoi était-il obsédé par sa sexualité ? En arrivant en France pour mes études, j’ai eu accès à tous les livres. Je me suis plongée dans les penseurs issus de l’islam, mais qui ont émis des critiques, telle la grande féministe égyptienne Nawal el-Saadawi, mais aussi dans des textes sur les Lumières. En 2004, assistante à l’université française au Caire, j’ai découvert à la bibliothèque de l’université Al-Azhar des thèses de doctorat plus débiles et dangereuses les unes que les autres. Je me souviens d’une thèse se demandant si l’on avait le droit d’ouvrir le ventre d’un mort en charia. Si c’est une personne ayant avalé un diamant hors de prix, les quatre écoles de jurisprudence s’accordent pour dire que c’est possible. Mais, si c’est une femme enceinte avec un bébé toujours vivant, on ne peut ouvrir son ventre que si une autre femme est disponible pour l’opération. Même pour sauver une vie, il faut à tout prix éviter qu’un homme puisse ressentir un émoi sexuel devant un cadavre ! Les bigots de l’islam accusent ses apostats d’ignorance, mais c’est le contraire qui est vrai. Il suffit de se plonger dans la doctrine islamique pour en mesurer toute l’absurdité et la fantaisie.

Le 7 janvier 2015, alors que les frères Kouachi abattent vos collègues de Charlie Hebdo, vous êtes à Casablanca…

Avec Charb, on avait un deal. Si je ne venais pas à la réunion, je lui envoyais un mail avec mon sujet avant 10 heures du matin. Cette semaine-là, je lui ai dit que je voulais écrire sur le tract de Daech réglementant la vente et l’achat de femmes yézidies. Quand Charlieavait commencé à parler de djihad sexuel, on s’était fait attaquer par plein de gens nous qualifiant d’islamophobes, et qui prétendaient que cette histoire d’esclaves sexuelles était une infox. Or, dans ce tract, les femmes avaient un prix selon leur âge, les deux tranches les plus chères étaient les femmes qui ont entre 0 et 10 ans, et celles qui ont entre 10 ans et 20 ans. Ce document répondait à des questions juridiques du type : « Si j’achète deux sœurs, ai-je le droit de coucher avec les deux ? » (la réponse est non, on peut coucher avec l’une et garder l’autre pour le ménage, par exemple). J’avais écrit à Charb tôt pour qu’il ne m’engueule pas. J’étais certaine qu’il allait me prendre le sujet. Puis mon téléphone marocain s’est mis à sonner. C’était un ami journaliste, affolé, qui m’a prévenue qu’il y avait une fusillade à Charlie. J’ai appelé Charb, Luz, Luce Lapin… Je me disais que c’était un allumé venu avec une arme de poing et qui a dû casser deux vitres… Luce me répond et me dit qu’elle était planquée dans le bureau de Cécile Thomas, responsable des éditions Les Echappées, avec un autre collègue. « Il y a au moins dix morts, Charb est mort », m’annonce-t-elle. J’avais du mal à y croire, je pensais qu’elle me faisait une blague, comme souvent à Charlie, puis j’ai entendu des hurlements de bête blessée. C’était Patrick Pelloux qui pleurait. Je suis tombée sur les genoux. J’ai rappelé Charb en lui laissant un message : « Allez, mon vieux, ça va le faire. » Je ne voulais pas accepter sa mort. Devant la liste des morts qui s’allongerait, j’ai senti le sol se dérober sous mes pieds, je me suis même demandé si après un tel cataclysme il fallait rentrer en France. Mais, quand j’ai appris que Simon Fieschi, mon grand pote, était entre la vie et la mort, je me suis dit : « Il faut y aller. » J’ai atterri à Paris le 8 janvier par le premier avion.

C’est à l’aéroport que vous découvrez votre premier officier de sécurité et cette prison ambulante qui sera désormais votre vie…

A la porte de l’avion, je suis cueillie par Cyril. J’ai découvert ce qu’était vraiment la protection policière. Je n’avais pas d’appartement à Paris. Je squattais d’habitude chez ma mère, mais de son salon on voyait l’immeuble où habitait l’un des frères Kouachi. Pendant des mois, jusqu’en mai, j’ai été une SDF, passant des canapés d’amis à des hôtels. J’ai rapidement été mise en protection très élevée, du fait de menaces très ciblées à la suite de mes interventions dans des médias arabophones. C’était une période de ma vie où je me ramassais à la petite cuillère. J’avais des crises de larmes très fréquentes, mais les flics étaient là. Ils me disaient qu’il me fallait manger, alors que ce n’est pas leur boulot. Le matin, souvent, je ne voulais pas me lever, j’étais dans un état de marasme absolu. Les policiers du SDLP, qui détestent habituellement les VIP qui les font poireauter, ont compris l’état dans lequel je me trouvais et ont fait preuve d’une grande humanité. Mes flics m’ont littéralement retenue à la vie, car cette protection, si contraignante qu’elle pouvait être, m’obligeait à m’astreindre à un agenda, à honorer mes rendez-vous et à faire bonne figure. En plus, ils étaient là pour éventuellement qu’on meure ensemble. Cela crée un lien extraordinaire de confiance. Ils ont suivi les aléas de ma vie privée, ont vu naître ma fille. Mais cette protection m’a aussi extraite de la société. Je n’ai pas pris le métro depuis décembre 2014. Quand je suis au supermarché et que j’achète du PQ ou des serviettes protectrices, entourée de gentlemen, bonjour l’intimité. Je dis d’ailleurs souvent à mes officiers de sécurité : quel est ce pays où des types surentraînés comme vous, plutôt que d’aller tuer des terroristes, doivent m’accompagner pour faire mes courses ?

Qu’avez-vous pensé de la réaction des Français après les attentats ?

On espérait vraiment qu’après Charlie il y aurait un sursaut, un éveil national. Quand, le 11 janvier, on a marché boulevard Voltaire entourés de millions de personnes, une foule souffrant avec nous, on s’est dit : « Enfin, ils ont compris notre travail. La mort de nos amis n’aura pas servi à rien ! » Mais très rapidement il y a eu ce débat nauséabond, avec toujours les mêmes « je condamne les attentats, mais je ne suis pas Charlie ». Après le 13 novembre 2015, on a entendu des gens dire aux Parisiens affligés : « Il y a eu des attentats à Beyrouth, mais on ne vous a pas entendus vous indigner. » J’avais envie de leur répondre : « Quand tu perds ton frère, ça te fait mal, non ? Pourtant, le même jour, des milliers d’autres personnes meurent sur cette planète. Tu ne leur veux aucun mal, c’est juste que tu souffres plus pour ton frère que pour un inconnu ailleurs. » Les ressorts de ce discours pestilentiel sont nombreux : le négationnisme, qui ne veut y voir aucun lien avec l’islam, le complotisme, qui attribuait les attentats à des forces obscures, ceux qui estimaient que les musulmans sont les premières victimes, ceux qui ont attribué les attentats à la politique étrangère française, voire au racisme supposé du peuple français, etc. Même cette douleur pour les nôtres nous a été reprochée en tant que Français. Après, il y a eu Nice. Un type au volant d’un camion s’est dit qu’il allait tuer des enfants venus admirer les feux d’artifices du 14 Juillet au nom d’Allah. J’en étais si meurtrie que j’ai voulu révoquer ma protection, car tout le monde était désormais menacé. Quel sens a cette protection si des enfants se font tuer dans leur poussette ? Mes amis m’en ont dissuadée, me disant que j’étais ciblée à titre individuel. Peut-être que l’histoire aurait été différente si en 2006 tous les journaux de France et du monde avaient décidé de publier les caricatures de Mahomet. Ceux qui ont alors maquillé leur couardise en un prétendu respect de la religion ont contribué à isoler et à cibler Charlie. Ceux qui se taisent lorsqu’il s’agit de dénoncer une injustice mettent en danger ceux qui parlent.

Les derniers survivants

Publié le 3 avril 2019  dans Culture & Sports/Entre les Lignes

„Et puis ils m’ont tatouée : 71978. J’ai tellement pleuré. Pas à cause de la douleur, non, à cause du numéro. J’avais perdu mon nom, je n’étais plus qu’un numéro. Ma mère m’a dit : « Ne pleure pas, ce n’est rien. Quand nous rentrerons, tu iras à l’école de danse et je te donnerai un grand bracelet qui cachera le numéro ». « Je ne suis jamais allée à l’école de danse et je n’ai jamais reçu le bracelet ».  Nina Weil, qui raconte ce qu’elle a vécu pendant la Shoah, fait partie des 14 survivants représentés dans l’exposition « The Last Swiss Holocaust Survivors » qui narrent leur histoire. Après Zurich, Singapour, Berlin et New York, cette exposition itinérante vient enfin d’arriver en Israël où elle est abritée dans le Musée Hecht de l’université de Haïfa.

La photo de Nina Weil, une survivante de la Shoah, figure en tête de l’exposition (photo : KHC)
LA PHOTO DE NINA WEIL, UNE SURVIVANTE DE LA SHOAH, FIGURE EN TÊTE DE L’EXPOSITION (PHOTO : KHC)

« Qui va en appeler à notre humanité ? » a demandé la psychologue Tsipi Gon-Cross dans son discours inaugural. Le président de l’université, le professeur Ron Robin, et l’ambassadeur suisse Jean-Daniel Ruch se sont posé la même question. Qui va raconter l’indicible et nous mettre en garde quand les derniers témoins auront disparu ? On recense 86 survivants en Suisse et, d’après le bureau central des statistiques en Israël, il y avait encore 186 500 rescapés en Terre Sainte fin 2016. Il est clair qu’en deux ans ce chiffre a dû sensiblement diminuer. « C’est la fin d’une génération mais nous devons préserver leur histoire et la transmettre à nos descendants » a déclaré l’adjoint au maire de Haïfa, le rabbin Dov Haiyun.

L’exposition est abritée dans le musée Hecht de Haïfa (photo : KHC)
L’EXPOSITION EST ABRITÉE DANS LE MUSÉE HECHT DE HAÏFA (PHOTO : KHC)

C’est exactement ce que fait cette exposition bouleversante. Plusieurs photographes dont Doris Fanconi et Frédéric Diserens ont réalisé des photos poignantes des survivants. Les textes de ces témoins, rédigés avec l’assistance du Dr Pascal Krauthammer et de Cristina Schaffner, nous ramènent à cette terrible époque. Bronislaw Erlich, que les nazis ont utilisé comme travailleur forcé, raconte : « Quand je vais me coucher et que j’éteins la lumière je pense à mes parents et à mon petit frère qui ont tous été assassinés. Je n’arrive pas à dormir la nuit. Une femme à Berne m’avait conseillé de prendre des gouttes de valériane. Je m’en suis acheté un flacon. Ça ne m’aide pas ».

Trump a eu Raison de Reconnaître la Souveraineté d’Israël sur les Hauteurs du Golan

par Alan M. Dershowitz

Traduction du texte original: Trump Is Right about the Golan Heights

  • Aucun pays n’a jamais restitué à un ennemi juré une position stratégique conquise au cours d’une guerre défensive.
  • L’Union européenne, mais on pouvait s’y attendre, a critiqué la reconnaissance de l’annexion par les États-Unis. Mais sans fournir aucun argument convaincant, réitérant juste sa traditionnelle demande de ne pas toucher au statu quo.
  • Quel pays européen a déjà restitué une hauteur stratégique conquise sur un ennemi juré au cours d’une guerre défensive ? Rappelons qu’à la fin de la première et de la seconde guerre mondiale, les Européens ont procédé à des ajustements territoriaux pour aider au maintien de la paix. Pourquoi l’Union européenne obligerait-elle Israël à un deux poids deux mesures qu’elle ne s’est jamais imposée à elle-même ? La réponse est claire : l’Union européenne a toujours agi de manière hypocrite vis-à-vis d’Israël, et elle ne fait pas exception aujourd’hui.
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Les hauteurs du Golan. Le contrôle de ce plateau par Israël fait office de statu quo depuis plus d’un demi-siècle. Et la légitimité stratégique de ce contrôle n’a fait qu’augmenter avec le temps. (Photo : Wikipédia)

Aucune personne sensée ne peut exiger des Israéliens qu’ils restituent les hauteurs du Golan à ce meurtrier de masse syrien qu’est Bachar al Assad. Céder un site qui surplombe des villes et villages israéliens à un dingue qui pourrait larguer des bombes chimiques sur les civils israéliens – comme Assad l’a fait sur ses propres citoyens -, serait suicidaire. Aucun pays n’a jamais rendu un cuirassé pris à un ennemi juré au cours d’une guerre défensive. Le plateau du Golan est comme un grand navire de guerre qui, une fois restitué, serait utilisé contre Israël.

Les hauteurs du Golan ne comptent pas, à l’instar de la Cisjordanie, une importante population civile qui se perçoit comme occupée ou déplacée. Les civils qui vivaient sur les hauteurs du Golan avant l’arrivée d’Israël au dernier jour de la guerre des Six jours, étaient surtout des Druzes. Ceux qui y sont restés ont vu leurs conditions de vie s’améliorer. Depuis qu’Assad a commencé sa campagne d’assassinats, nombre de Druzes du Golan sont devenus citoyens israéliens. Comme en a témoigné l’un des 25 000 arabes druzes à un journalistedu Los Angeles Times:

« Le niveau de sécurité dont jouissent les Druzes et les Israéliens dans le Golan est sans comparaison avec ce que vivent les gens de l’autre côté … Chaque soir au dîner, il rappelle à ses enfants qu’ils ont à manger alors qu’en Syrie, les enfants meurent de faim ».

Cela dit, le contrôle des hauteurs du Golan par Israël a peu à voir avec la satisfaction des besoins de la population locale ; ce contrôle est un avantage militaire. Aucun pays dans l’histoire n’a jamais restitué un territoire stratégique conquis sur un ennemi juré au cours d’une guerre défensive.

La question n’est pas de savoir si Israël doit rendre les hauteurs du Golan. Peu soutiennent cette position, laquelle n’adviendra jamais. Aucun Premier ministre israélien, aussi à gauche soit-il, n’a même jamais imaginé de rétrocéder le plateau du Golan à Assad. De cette position surélevée, les Syriens avaient pris l’habitude d’abattre les agriculteurs israéliens travaillant dans la vallée : le Golan était un stand de tir.

Israël a annexé le Golan et ne l’abandonnera pas dans un avenir proche. La seule question est de savoir si les États-Unis et d’autres pays doivent reconnaître l’annexion de cette position stratégique par Israël. Ils le devraient, et cela pour plusieurs raisons importantes.

Sauf solution négociée avec une Syrie pacifiée, pacifique et démocratique qui met fin aux hostilités et reconnait Israël comme l’État-nation du peuple juif, Israël ne cédera jamais les hauteurs du Golan. Cette situation n’est guère envisageable à brève échéance. Mais dans le cadre d’un accord de paix durable, rien n’empêcherait Israël de rendre les hauteurs du Golan à la Syrie. La décision d’Israël d’annexer le Golan et la décision des États-Unis de reconnaître cette annexion ne portent pas préjudice et laissent l’avenir ouvert. En outre, l’annexion et la reconnaissance de cette annexion présentent un avantage secondaire important : le Golan quitte son statut de territoire occupé et le statu quo devient une réalité de facto et de jure à la fois.

J’ai eu l’occasion de discuter cette question avec le président des États-Unis, Donald J. Trump, deux semaines avant l’annonce de sa décision. Mon analogie du cuirassé, a semblé lui plaire. Je lui ai dit aussi qu’à mon avis, le monde arabe sunnite pouvait bien se plaindre, mais en réalité, ils se moquent du Golan qui n’a aucune signification religieuse pour l’islam. Depuis, quelques protestations mineures ont eu lieu, mais rien d’important.

Comme on pouvait s’y attendre, l’Union européenne a critiqué la reconnaissance de l’annexion par les États-Unis. Mais sans apporter aucun argument convaincant, réitérant juste sa position habituelle en faveur du statu quo. Le contrôle d’Israël sur les hauteurs du Golan est en fait un statu quo depuis plus d’un demi-siècle. Et le contrôle d’Israël sur ces hauteurs est devenu toujours plus légitime au fil du temps, notamment depuis le début de la guerre en Syrie et l’arrivée de forces iraniennes et du Hezbollah à proximité. L’Union européenne demanderait-elle à Israël de remettre maintenant le plateau du Golan à Assad ? Un pays européen a-t-il déjà cédé une hauteur stratégique enlevée à un ennemi juré dans une guerre défensive ?

Rappelons qu’à la fin des deux guerres mondiales, les pays européens ont procédé à des ajustements territoriaux pour aider au maintien de la paix. Pourquoi l’Union européenne soumettrait-elle Israël à un deux poids deux mesures qu’elle ne s’est jamais imposée à elle-même ? La réponse est claire : parce que l’Union européenne a toujours agi de manière hypocrite vis-à-vis d’Israël. Et elle ne déroge pas à la tradition aujourd’hui.

Félicitations au président Trump d’avoir bien agi. Je continuerai à le critiquer s’il n’agit pas comme il le doit, en séparant des familles à la frontière sud des États-Unis par exemple.

Telle est la signification de « bipartisan » en anglais : féliciter le président pour qui je n’ai pas voté quand il fait ce qui est juste et critiquer les présidents pour lesquels j’ai voté (comme Barack Obama) quand ils se comportent mal (comme s’abstenir quand une résolution du Conseil de sécurité fait des lieux saints juifs un territoire occupé).

La préservation du contrôle d’Israël sur les hauteurs du Golan augmente les chances de paix et réduit les risques de voir la Syrie, l’Iran et/ou le Hezbollah utiliser cette position dominante comme une rampe de tir contre les Israéliens. C’est une bonne nouvelle pour le monde, pour les États-Unis et pour Israël.

Alan M. Dershowitz est professeur de droit émérite Felix Frankfurter de la Harvard Law School, auteur de “The Case against the Democratic House, Impeaching Trump”, et membre distingué du Gatestone Institute.

L’UEJF DÉNONCE LA VANDALISATION DE SON LOCAL À L’UNIVERSITE PARIS DAUPHINE

L’UEJF dénonce la vandalisation de son local à l’Université Paris Dauphine : 

Le 30 mars 2019, des individus se sont introduits dans le local de l’Union des Étudiants Juifs de Dauphine à l’Université Paris Dauphine (Paris 16ème). Ces individus qui ont uriné sur le matériel du local associatif, ont filmé leur délit puis l’ont partagé sur les réseaux sociaux.

C’est le local des étudiants juifs de Dauphine qui a été visé exclusivement et spécifiquement comme en atteste la vidéo diffusée sur le réseau social Snapchat par les auteurs de cet acte inadmissible.

L’UEJF qui a déposé plainte et s’est entretenue avec les responsables de l’Université Paris Dauphine et salue leur réactivité et leur intention de signaler ces faits au Procureur de la République de Paris.

L’UEJF rappelle qu’en mars 2018, le local de l’UEJF avait été saccagé à Tolbiac avec des inscriptions antisémites, et que depuis le début de l’année universitaire des inscriptions antisémites se sont multipliées et banalisées à HEC, La Sorbonne, Assas, Grenoble ou Toulouse.

L’UEJF appelle à la plus grande sévérité à l’encontre des individus responsables du saccage du local des étudiants juifs de Dauphine et rappelle que la dégradation d’un bien en raison de l’appartenance réelle ou supposée du propriétaire du bien et de son utilisateur à une ethnie ou une religion est passible de trois ans de prison et de 45 000 € d’amende au sens du Code Pénal.

Pour Sacha Ghozlan, Président de l’UEJF : « Cet acte de vandalisme s’inscrit dans un contexte de recrudescence des actes antisémites à l’Université. Alors que 89% des étudiants juifs de France ont déjà été confrontés à l’antisémitisme dans leur vie étudiante, selon notre Baromètre de l’antisémitisme à l’Université IFOP pour UEJF, l’antisémitisme se banalise dans l’Enseignement Supérieur. Il suffit d’une minorité active et virulente pour que ces actes s’inscrivent dans le quotidien des étudiants. Nous demandons des sanctions extrêmement fermes à l’encontre des auteurs et une mobilisation totale de la communauté universitaire pour que ce type d’agissement cesse ».

Que veut dire « apartheid » pour BDS ?

Posted on 26/02/2019 by CERSP

BDS qualifie Israël dans toute sa communication non pas d’Etat sioniste mais d’Etat d’apartheid. Ce terme fait bien évidemment directement écho à la lutte contre la ségrégation raciale en Afrique du Sud qui est une constante au sein du mouvement national palestinien. 

Pour BDS, le boycott d’Israël est un devoir moral

Il existerait tout d’abord un apartheid à l’intérieur même de l’Etat hébreu puisque les droits des Juifs n’y sont pas les mêmes que les droits des non-Juifs. Il existerait ensuite un apartheid extérieur puisque le droit de retour est autorisé pour les Juifs mais interdit pour les Palestiniens. Ainsi la loi israélienne confère aux Juifs du monde entier le droit d’entrer en Israël et d’obtenir la citoyenneté israélienne, quel que soit leur pays d’origine alors que les Palestiniens sont privés d’un droit comparable. Il existerait un apartheid extérieur encore dès lors que les droits des 350.000 colons juifs sont différents des droits des Palestiniens en Cisjordanie occupée puisque les premiers sont soumis au droit civil israélien alors que les seconds sont régis par le droit militaire.

Le boycott d’Israël serait donc pour le collectif palestinien comme pour ses soutiens occidentaux[1]un devoir moral.

Le crime d’apartheid en droit international

En accolant systématiquement le qualificatif « d’apartheid » à l’Etat d’Israël, le message que BDS entend faire passer à la communauté internationale va cependant bien au-delà de la simple référence à l’apartheid sud-africain. 

Pour le collectif palestinien, la reconnaissance par la communauté internationale de l’Etat d’Israël « en tant qu’Etat juif » est une erreur historique car « elle contient inévitablement la légitimation d’un régime dans lequel l’appartenance ethnico-religieuse ou raciale de quelqu’un constitue le critère de base pour un système institutionnel universel de ségrégation tenant à privilégier les uns et à discriminer les autres » [2]Pour BDS, le crime d’apartheid, le caractère juif de l’Etat d’Israël, se situe donc dans la conception même de l’Etat.

Or l’apartheid est considéré par le droit international comme le deuxième crime le plus grave contre l’Humanité (le génocide étant le premier). Le crime international d’apartheid est défini dans l’article II de la Convention internationale de 1973 sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid qui énonce ce qui suit : « L’expression « crime d’apartheid », qui englobe les politiques et pratiques semblable de ségrégation et de discriminations raciales, telles qu’elles sont pratiqués en Afrique australe, désigne les actes inhumains indiqués ci-après, commis en vue d’instituer ou d’entretenir la domination d’un groupe racial d’êtres humains sur n’importe quel autre groupe racial d’êtres humains et d’opprimer systématiquement celui-ci ». Il est également repris à l’article 7 du Statut de Rome établissant le cadre légal de la Cour pénale internationale qui indique ce qui suit : « Par « crime d’apartheid », on entend des actes inhumains …commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination d’un groupe racial sur tout autre groupe ou tous autres groupes raciaux et dans l’intention de maintenir ce régime.

Le véritable message de BDS sur l’apartheid n’est pas celui que l’on croit

En d’autres termes, pour le collectif palestinien et ses soutiens occidentaux, le fait pour les Juifs d’avoir un Etat au sein duquel ils seraient majoritaires et où ils auraient un droit exclusif au retour est constitutif d’un crime aussi grave que le crime nazi

Tel est plus que probablement le message subliminal que BDS entend faire passer à la communauté internationale lorsqu’il accole le terme « apartheid » à celui de l’État d’Israël. L’utilisation de ce qualificatif n’a donc en réalité strictement rien à voir avec la lutte contre la ségrégation raciale en Afrique du Sud. 


[1] Herman De Ley :” Le boycott d’Israël (BDS), un devoir moral”, BACBI-Dossier N° 3, 2017.

[2] Voir notamment à ce sujet la Charte de l’association américaine US Campaign for Palestinian Rights (USCPR), un des partenaires américaines de B.D.S., qui stipule ce qui suit : « We stand against Zionism as a political system that privileges the rights of Jews over the rights of others ».

Racisme et antisémitisme: Belloubet demande aux parquets de «serrer la vis»

LE BNVCA JUGERA SUR LES ACTES

  1. Flash Actu

Par Le Figaro avec AFP 

Nicole Belloubet a demandé aujourd’hui aux parquets de «serrer la vis» dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme pour qu’«aucune agression ne reste impunie», lors d’une table ronde au tribunal d’Evry (Essonne).»

La ministre de la Justice y a présenté une circulaire destinée à ««réattirer» l’attention des parquets» sur ce sujet, «une priorité», et à rassembler l’ensemble des dispositifs législatifs existants dans un même texte. Elle y encourage notamment l’utilisation de procédures simplifiées et donc plus rapides, telles que les référés civils pour bloquer l’accès aux «sites haineux», et les ordonnances pénales (procédure de jugement sans audience) pour poursuivre et condamner les auteurs de propos haineux.

Elle a aussi insisté sur «la nécessité d’un accueil particulier» des victimes afin d’encourager le dépôt de plainte, et souligné l’importance de la peine de stages de citoyenneté pour les auteurs. Nicole Belloubet a également demandé à ce qu’il y ait dans tous les parquets de France un magistrat référent sur ces questions, ce qui n’est pas encore le cas.

Une proposition de loi de la députée LREM Laeticia Avia sur la lutte contre «la cyber-haine» sera examinée à l’Assemblée au mois de mai. Elle prévoit notamment le retrait sous 24 heures des propos haineux sur les plateformes, et un bouton unique de signalement des contenus illicites. Le texte avait été annoncé en février par Emmanuel Macron devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) après une vague d’actes antisémites, qui ont connu une poussée de 74% en 2018 selon les chiffres officiels.»

Michel Jonasz sur l’antisémitisme : “Heureusement que ma mère n’est plus là pour voir ça”

Éric Hazan – © Le Monde Juif .info | Photo : DR

Le musicien Michel Jonasz a réagi dimanche à la multiplication des actes antisémites commis ces derniers temps en France.

“Vous savez à quoi je pensais ces derniers temps ? Heureusement que ma mère n’est plus là pour voir ça. Ma mère, partie de Hongrie pour arriver en France, a eu ses parents et quatre de ses frères qui sont partis en fumée par les cheminées d’Auschwitz”, a-t-il dit, du magazine ’20h30 le dimanche’ diffusé sur France 2.

“Je me dis : heureusement qu’elle n’est pas là pour voir les croix gammées sur le portrait de Simone Veil, pour voir marqué “Juden” sur la vitrine d’un commerçant juif. Sarah Halimi et Mireille Knoll assassinées parce que juives, la mémoire souillée d’Ilan Halimi, et tant d’autres actes antisémites, encore hier… [l’agression dont a été victime le philosophe Alain Finkielkraut, samedi 16 février 2019, à Paris, en marge d’une manifestation de “gilets jaunes”]. Elle me dirait : ‘Michel, je ne comprends pas, ça existe encore ?’ Eh bien oui…”, a-t-ilAntisémitisme : “Heureusement que ma mère n’est plus là pour voir ça”, affirme Michel Jonasz à 20 h 3O Dimanche

“J’ai bien conscience qu’on ne peut pas comparer l’antisémitisme d’aujourd’hui avec celui que l’on évoque dans la pièce [Michel Jonasz est sur scène dans Le Cas Eduard Einstein à la Comédie des Champs-Elysées, à Paris]. Non, ce serait indécent de comparer cet antisémitisme d’aujourd’hui avec celui du parti nazi, d’Auschwitz, de la Shoah, des six millions de juifs exterminés. Ce serait complètement indécent”, a ajouté le musicien.

“Celui qui ne dit rien est aussi fautif que celui qui commet l’acte, peut-être même plus. Ces signes-là doivent faire de nous des vrais combattants parce que c’est dangereux… Notre révolte doit s’incarner en actes. L’indignation ne suffit plus. Il y a deux axes : la justice qui doit être à la hauteur du défi, être plus sévère, et surtout la base : l’éducation. Quand j’étais môme à Drancy, d’où sont partis deux de mes oncles, la journée commençait avec la leçon de morale à la communale. Elle tournait autour du respect du voisin, quels que soient sa religion, sa couleur de peau, son milieu social… Je m’adresse aux parents : c’est votre rôle de transmettre ce message-là à vos mômes, ce sentiment qu’on appartient à une famille humaine. Sinon, vous ratez votre rôle, vous n’êtes pas de bons parents. Et l’Education nationale doit faire des leçons d’histoire pour éviter le révisionnisme.”, a-t-il conclu.

Un homme mis en examen et écroué pour avoir projeté d’attaquer une école maternelle

police
L’homme a été interpellé par la DGSI. – AFP

INFO BFMTV – Un homme a été arrêté à son domicile en Seine-et-Marne le 25 mars dernier par la DGSI dans le cadre d’une enquête sur un projet d’attentat contre une école maternelle. Le suspect a reconnu ses intentions meurtrières. Il a été mis en examen et écroué.

Il se revendique comme “le fils spirituel” de Mohamed Merah, le tueur de Toulouse et Montauban. A l’instar de son mentor, un homme a reconnu avoir voulu commettre un attentat dans une école maternelle et tuer des policiers. Interpellé le 25 mars à son domicile de Seine-et-Marne, selon nos informations, il a été mis en examen 4 jours plus tard pour “association de malfaiteur terroriste” et est désormais écroué.

Déjà connu des services du renseignement territorial pour sa radicalisation depuis fin 2017, l’homme cherchait à se procurer des armes, selon les informations qui sont remontées aux oreilles des enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) qui ont déjoué cet attentat. Un deuxième homme, un ami d’enfance de ce suspect, a d’ailleurs été mis en examen dans ce dossier. Il avait été interpellé en août 2018 par les douaniers alors qu’il cherchait à importer des armes.

Tuer des policiers

Entendu pendant 96 heures en garde à vue, l’homme âgé de 21 ans a reconnu son intention meurtrière et le scénario qu’il avait imaginé. Il a raconté avoir voulu entrer dans une école, s’en prendre physiquement aux enfants, puis les prendre en otages en attendant l’arrivée des policiers. Il avait ensuite prévu de tuer les membres des forces de l’ordre. Le suspect a d’ailleurs précisé avoir repéré l’établissement scolaire qu’il souhaitait viser, ce que l’enquête n’a pour l’instant pu déterminer.

Au cours de ce projet meurtrier, cet homme souhaitait également assassiner à un policier de Seine-et-Marne qui l’avait arrêté dans le passé pour une affaire de droit commun. Il a affirmé aux enquêteurs de la DGSI qu’il avait déjà trouvé son adresse. Si le suspect reconnait les faits, il a tenté de les justifier par des problèmes psychologiques. Il a expliqué souffrir d’une dépression et a précisé avoir voulu “sublimer son suicide” en lui donnant un impact médiatique retentissant.

Menace endogène

Toujours selon nos informations, aucune propagande jihadiste n’a été retrouvée ni lors des perquisitions menées à son domicile, ni sur son ordinateur ou son téléphone portable. Lors de l’analyse de son matériel numérique, les enquêteurs ont toutefois noté que l’homme avait cherché à effacer ses traces et son historique, notamment en utilisant le dark web. 

A ce stade de l’enquête, les policiers considèrent que le suspect présente davantage des troubles psychiatriques qu’une réelle radicalité et adhésion pour les thèses jihadistes. Mais son mode opératoire et les cibles qu’ils envisageait font directement écho à la propagande du groupe Etat islamique. Pour les enquêteurs spécialisés, cet individu est représentatif d’une menace endogène avec des individus fragiles psychologiquement et perméables aux idéologies radicales.

Cécile Ollivier

Le voile est de retour à l’école

Parents d’élèves et intervenants extérieurs sont autorisés à le porter dans l’école

parLaurence David –  CAUSEUR

©Pascal Fayolle/SIPA / 00709187_000010

Malgré la loi de 2004 sur les signes religieux, le voile est de nouveau accepté à l’école publique. La création des « espaces-parents » par Najat Vallaud-Belkacem et la possibilité pour les intervenants extérieurs de manifester leur appartenance religieuse lui permettent de s’exposer à la vue des individus les plus influençables, les enfants. 


Revenue à la une, à l’occasion d’une action commerciale, l’insubmersible question du voile n’en finit pas d’occuper le champ médiatique. Et si, pour une fois, nous l’envisagions avec des yeux d’enfants, ceux de ces petits garçons élevés dans cette conception de la femme pudique et ceux de ces fillettes qui ne naissent pas femmes voilées mais le deviennent, avec la conviction parfois intense que « c’est leur choix ».open in 0

Une école sous influence

Parce que la question du voile jouxte celle de la sexualité et de l’égalité homme/femme, la lecture du rapport parlementaire rédigé par Chantal Jouanno en 2012 se révèle particulièrement éclairante sur la façon dont se construisent, dès l’enfance,  nos normes et références en la matière. Intitulé « Contre l’hypersexualisation, un nouveau combat pour l’égalité », ce riche document, appuyé sur la recherche anthropologique, explique : « La sexualité des individus, bien qu’elle puise ses sources dans des pulsions inconscientes, est régie par des codes culturels et sociaux qui s’imposent aux individus et qui édictent le cadre dans lequel elle peut s’exprimer ‘socialement’. […] On peut noter que ces formes d’expression imposées aux femmes et aux hommes sont étroitement liées aux places et rôles assignés à ces derniers au sein de la société. La sexualité est donc une construction sociale. […] On peut définir la socialisation comme l’intériorisation des normes et des références qui permettent de devenir membre d’un groupe social, de se percevoir comme tel, et d’agir de façon appropriée dans ce groupe. […] L’intériorisation signifie que ce n’est que très rarement un apprentissage conscient. En général au contraire on apprend les normes parce que les autres autour de nous les appliquent. »A

Ces autres, ce sont la famille, les pairs, l’école et les médias. Le rôle des deux premiers facteurs n’est plus à démontrer. La conquête des médias saute aux yeux, puisque, hors de ceux à vocation communautaire, les mannequins voilés se glissent de plus en plus dans les vitrines et campagnes publicitaires. Reste l’école… Elle a montré son impuissance à endiguer le phénomène, mais a-t-elle vraiment tout tenté ? Est-elle ce sanctuaire où l’on peut espérer qu’une autre image de la femme se construise ? L’école émancipatrice ne serait-elle qu’un mythe ?

Les « espaces-parents » de Najat Vallaud-Belkacem

Le voile pénètre l’école laïque de deux façons : par l’ingérence conviviale des parents d’élèves et, c’est moins connu, par les intervenantes extérieures.

Le sujet des accompagnatrices de sortie est connu de tous. Ce qui l’est moins, c’est que Najat Vallaud-Belkacem a jugé indispensable d’ajouter, à cette présence ponctuelle,  une présence plus continue « des signes et tenues qui manifestent ostensiblement une appartenance religieuse » en milieu scolaire, en inscrivant dans le code de l’éducation l’obligation d’aménager des « espaces-parents », conviviaux, à l’intérieur des écoles. Le goût pour la relation client efficace de la nouvelle mandature explique le maintien de cette politique.A

Le site ministériel Eduscol nous explique que « la relation de confiance et le dialogue entre les parents et l’école constituent un enjeu déterminant pour la réussite de tous les enfants ». « Propices aux échanges entre les personnels et les parents, ces espaces encouragent les relations entre parents eux-mêmes dans leur diversité. » Si la motivation est noble, on peut malgré tout s’interroger sur la relation que pourrait y nouer des mamans qui s’y retrouveraient, tête nue et en minorité, face à leurs pairs, toutes voilées, voire en abaya. De même, offrir un lieu de propagande par le fait, infiniment plus symbolique que le parvis de l’école, aux plus prosélytes d’entre elles, en nombre possiblement supérieur à l’équipe enseignante, interroge sur les figures d’identification que l’on souhaite donner aux petites filles scolarisées dans la même enceinte.

Intervenants extérieurs à la laïcité

Mais le plus étonnant demeure la fiche 22 du Vademecum de la laïcité, dans laquelle les sages du Conseil du même nom ont rappelé que les intervenants extérieurs « ont le droit, au même titre que les parents d’élèves, de manifester ostensiblement leurs convictions philosophiques ou religieuses ». Par ces quelques lignes, est désormais connue de tous la possibilité, pour une intervenante portant des signes religieux ostensibles, de tenir un rôle pédagogique, devenant ainsi un modèle, tant par le fond de son action, que par la forme de sa tenue, au même titre que peut l’être un enseignant.

Etonnamment, le silence règne parmi les défenseurs de la laïcité et de l’émancipation des femmes, sur cette possibilité offerte, à cet emblématique signe religieux, de s’afficher en milieu scolaire. Pourtant, des cas concrets se présentent, par exemple lorsque l’Education nationale encourage les interventions de Latifa Ibn Ziaten, par ailleurs gratifiée par le Printemps républicain d’un prix de citoyenneté. Ne peut-on s’interroger sur les conséquences de cette démarche qui contribue à renforcer la légitimité, par l’institution, d’une femme voilée donnée en modèle à des élèves ? Souvenons-nous d’un autre cas de port du voile qui a créé une polémique récemment : celui de Maryam Pougetoux,  la présidente de la section locale de l’Union nationale des étudiants de France (Unef) à Paris IV. Le débat fut vif concernant cette syndicaliste dont l’action ne ciblait que de jeunes adultes. Mais alors, ne doit-on pas réfléchir avec encore plus d’intensité, à l’impact du signifiant et du signifié du même accessoire, sur un public adolescent, voire enfantin ? Car, soyons honnêtes, qui peut prétendre, par son regard, distinguer le sens du foulard de l’une de celui de l’autre ? Surtout avec des yeux d’enfants…

« On apprend les normes parce que les autres autour de nous les appliquent »

Face à ce constat, l’espoir réside dans l’avènement d’un courage politique, éclairé par les mots de Jean Zay. Dans sa circulaire  du 31 décembre 1936, il définissait  « les enfants ou les jeunes gens » en ces termes : « Encore peu conscients des risques encourus et dont l’inexpérience et la faculté d’enthousiasme sont exploités ». S’il évoquait alors la propagande politique, le risque demeure pour le prosélytisme religieux à l’œuvre aujourd’hui. Découlant de ce prisme d’analyse, la loi de 2004, fut un premier rempart face au pouvoir d’intégration par pression des pairs de la pratique du voilement. Mais alors, pourquoi, aujourd’hui, renforcer la puissance de l’exemplarité des mères et des intervenantes en tenue « pudique », en les laissant affirmer leur présence dans l’enceinte scolaire

Il sera trop tard lorsque des associations, plus ou moins bien intentionnées, auront exploité la faille de la fiche 22 du Vademecum, pour faire de leurs intervenantes, dont l’aura et le statut se rapproche de celui d’une enseignante, les chevaux de Troie de la vision rétrograde du rôle de la femme, au nom de ce partenariat entre acteurs de terrain que valorise le ministère de l’Education nationale.

« On apprend les normes parce que les autres autour de nous les appliquent », disait le rapport Jouanno. La présence de femmes voilées, sur le temps scolaire, dans un rôle pouvant aller jusqu’à la conduite d’activités éducatives, contribue donc tout autant que le voilement des fillettes, à conditionner les enfants à une vision hiérarchisée des sexes. Pour que l’école ne concoure pas à faire de ce particularisme une norme, emmenant dans son sillage une conception rétrograde du rôle de la femme, il est urgent d’oser sanctuariser l’école face à la pénétration de tout signe religieuxG

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«Revenants» du djihad: le piège de l’angélisme

LE FIGARO
  1. Actualité
  2. France

Par Isabelle Lasserre et  Adrien Jaulmes

DÉCRYPTAGE – Rapatrier les djihadistes exposerait la France à de nombreux risques.

Sur le sujet ultra-sensible des «revenants», la politique française a fluctué en fonction de l’actualité syrienne ou de la politique intérieure. Ainsi a-t-on vu, au fil des années, la ministre des Armées espérer que les djihadistes français tombent au combat, le chef de la diplomatie désirer qu’ils soient jugés par ceux qu’ils ont combattus, le président prôner des solutions au cas par cas et le ministre de l’Intérieur envisager leur retour. Plus récemment, les tweets de Donald Trump annonçant le retrait américain de Syrie et enjoignant aux Européens de rapatrier leurs combattants ont poussé la garde des Sceaux à considérer leur retour avant de préférer, une fois la certitude acquise que les États-Unis maintiendraient 200 hommes, qu’ils soient jugés sur place. «La politique du gouvernement a été inconstante. Les problèmes étaient prévisibles mais la France a laissé l’abcès se développer», regrette Marc Hecker, spécialiste de l’Ifri, lors d’une rencontre au Conseil européen des relations internationales (ECFR).» LIRE AUSSI – Ces «revenants» du djihad libérables en 2019 qui inquiètent les services antiterroristes

Devenue brûlante depuis l’effondrement du califat, l’épineuse question du retour des djihadistes a trois volets: les hommes, les femmes et les enfants. Des personnalités de gauche ont réclamé, au nom de «nos valeurs» et en signant des pétitions, le retour des «enfants de Daech» qui n’ont pas choisi leur sort. On peut se demander pourquoi, dans le long cortège de malheurs semé par l’organisation djihadiste depuis qu’elle s’est transformée en État au cœur du Moyen-Orient, leur compassion s’adresse en priorité aux enfants de ceux qui ont perpétré ces crimes, avant ceux de leurs victimes, par exemple les orphelins yazidis convertis de force à l’islam par les meurtriers de leurs parents. L’argument selon lequel Paris aurait des devoirs envers les enfants de ceux qui ont choisi de rejoindre une organisation responsable de la mort de centaines de Français peut paraître spécieux. Comme peut être contestable celui qui consiste à affirmer qu’ils sont plus dangereux à l’étranger qu’en France. Les adolescents entraînés par Daech qui se trouvent dans le camp de déplacés d’al-Hol au nord-est de la Syrie sont des combattants plus que des enfants, endoctrinés par une idéologie qui ne laisse pas beaucoup de place à la discussion et aux bons sentiments. C’est l’une des raisons pour lesquelles le gouvernement français, prudent, n’a pour l’instant rapatrié que cinq orphelins, en mars 2019, qui se trouvaient dans une situation «vulnérable».

Risques de récidive

Les nouveau-nés et les enfants en bas âge peuvent sans doute être rapatriés et élevés en dehors de l’idéologie de l’EI, surtout s’ils ont de la famille en France qui peut les accueillir. Mais ils devraient alors revenir avec leurs mères, dont la plupart n’ont pas exprimé de regrets envers leurs victimes et adhèrent à l’idéologie islamiste. Présentées par certaines associations comme des victimes, elles sont pourtant parfois jugées «aussi violentes et dangereuses que les combattants» par les spécialistes.

Certains voudraient que les djihadistes adultes soient jugés en France, où les procédures mises en place depuis le début de la guerre ont déjà permis de «traiter» plus de 300 revenants. Mais la plupart nient avoir combattu au sein de l’EI, se faisant passer pour des cuisiniers ou des brancardiers. Or, les preuves de leur culpabilité manquent souvent. Les spécialistes soulignent en outre les risques de récidive: départ vers une autre terre de djihad, attaques perpétrées en prison, attentats commis après la sortie. Cinq cents terroristes et mille détenus radicalisés peuplent déjà les prisons françaises. «80 % des personnes emprisonnées pour terrorisme seront libérables d’ici 2022», prévient Marc Hecker, le chercheur de l’Ifri. Le camp d’al-Hol, où s’est reconstituée sous les tentes de l’ONU une petite ville peuplée d’environ 65 000 djihadistes, est par ailleurs loin d’être le plus insalubre des camps de réfugiés. L’afflux imprévu de dizaines de milliers de personnes sorties de la poche de Baghouz pendant la dernière bataille contre l’EI a pris de court les Nations unies, mais les conditions matérielles se sont depuis améliorées. Les familles de Daech y sont aussi bien traitées que les autres réfugiés dans la région. Et beaucoup mieux que l’étaient les prisonniers de l’État islamique. 

Approche précautionneuse

Tous les pays européens confrontés au problème mènent des réflexions différentes. Seuls le Danemark et la Grande-Bretagne pratiquent la déchéance de nationalité pour les binationaux. Y compris désormais pour les enfants en ce qui concerne le Danemark. Le Quai d’Orsay a adopté une approche précautionneuse, privilégiant le jugement des combattants sur place. «Les Européens durcissent leur ligne et sont de plus en plus réticents à l’idée du retour des djihadistes», observe Anthony Dworkin, chercheur au Conseil européen des relations internationales (ECFR). Les Kurdes syriens, qui détiennent à al-Hol plus de 9 000  djihadistes et familles de djihadistes étrangers, réclament pour les juger la création d’un tribunal international spécial. La France a émis des réserves vis-à-vis de cette idée très «complexe» à mettre en œuvre: le Rojava, la région autonome des Kurdes de Syrie, n’est pas reconnu internationalement, le territoire reste au regard du droit celui du régime de Damas et la Chine et la Russie ne manqueraient pas de mettre leur veto à la création d’un tribunal onusien. «Les Européens ont tous les mêmes dilemmes. On ne sait que faire des djihadistes de Daech car on ne sait pas quoi penser d’eux. Qui sont-ils? Des combattants ennemis? Ou bien, depuis que le califat est à terre et qu’ils ont perdu la guerre, des criminels ayant violé la loi en rejoignant une organisation terroriste?» interroge Anthony Dworkin.

Ariel Goldmann réélu président du Fonds social juif unifié

Le FSJU fédère plus de 300 associations qu’il représente auprès des pouvoirs publics et conduit des programmes associatifs et développe des actions dans le champ socio-culturel

Par AFP

Ariel Goldmann, président de l'AUJF. (Crédit : Alain Azria - autorisation Ariel Goldmann)

Ariel Goldmann, président de l’AUJF. (Crédit : Alain Azria – autorisation Ariel Goldmann)

Ariel Goldmann a été réélu dimanche président du Fonds social juif unifié, institution de la communauté juive en France dans le domaine social et ceux de la culture, de l’éducation et de la jeunesse.

Réélu à l’unanimité par les 30 membres du comité directeur, M. Goldmann, 55 ans, avocat au barreau de Paris depuis 1989, était le seul à se représenter à la tête de cette association reconnue d’utilité publique, pour un mandat de quatre ans.

En tant que tête de réseau, le FSJU fédère plus de 300 associations qu’il représente auprès des pouvoirs publics. En tant qu’opérateur il conduit des programmes associatifs et développe des actions dans le champ socio-culturel.R

Le FSJU a été créé en 1950 pour aider la communauté juive victime de la Shoah pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment en ce qui concerne les spoliations et les préjudices matériels subis.

Le groupe Auchan vendait en Pologne des sacoches avec une croix gammée

“Il s’agit d’une omission de notre part, une situation que nous déplorons”, a déclaré le groupe français

Par AFP

La banane flanquée d'une croix gammée et vendue par le groupe Auchan en Pologne (Crédit : capture d'écran Twitter)

La banane flanquée d’une croix gammée et vendue par le groupe Auchan en Pologne (Crédit : capture d’écran Twitter)

Le groupe français de grande distribution Auchan a reconnu mardi à l’AFP avoir vendu des sacoches type « bananes » style militaire avec une croix gammée nazie, qu’elle a mises en vente « par pure négligence », selon sa porte-parole Me Dorota Patejko.

« Nous avons en effet compté en 2018 dans notre offre de produits ces sacoches provenant d’un fabriquant polonais, mais notre chaîne n’en avait pas conscience. Il s’agit d’une omission de notre part, une situation que nous déplorons », a déclaré à l’AFP Mme Patejko.

Elle a ajouté que la chaîne passait actuellement en revue ses magasins dans tout le pays pour rappeler les produits incriminés qui pourraient être encore en stock. « Une seule sacoche avec le symbole nazi a pour l’instant été retrouvée et retirée des rayons ».R

Auchan en a été informé par une journaliste de Gazeta Krakowska qui a rapporté lundi le cas d’une habitante de Cracovie ayant acheté l’une de ces sacoches dans un hypermarché Auchan à Cracovie (sud).V

Voir l'image sur Twitter

« Ce n’est qu’un certain temps après avoir acheté la sacoche que j’ai découvert sur son dos un aigle de l’armée allemande Wehrmacht et une croix gammée nazie. Le choc ! Pendant quelque semaines j’ai porté la sacoche avec un symbole nazi sans le savoir ! C’est inimaginable qu’une grande surface ait pu avoir cela en vente en Pologne », a raconté la femme au journal.

La reproduction des croix gammées nazies est interdite par la loi en Pologne. Les contrevenants sont passibles de poursuites qui peuvent donner lieu à des amendes ou à des peines allant jusqu’à deux ans de prison pour propagation de l’idéologie nazie.

Il n’a pas été possible de joindre dans l’immédiat le producteur des sacoches. Auchan a refusé d’indiquer son nom.

Ferrand accuse Ruffin d’utiliser « les clichés qui relèvent de l’antisémitisme »

Le député LFI a écrit un livre très critique à l’égard du président français

Par AFP3

Richard Ferrand, député du Finistère et secrétaire général d'En Marche !, à Paris, le 18 avril 2017. (Crédit : Joël Saget/AFP)

Richard Ferrand, député du Finistère et secrétaire général d’En Marche !, à Paris, le 18 avril 2017. (Crédit : Joël Saget/AFP)

François Ruffin prêche « la haine », a fustigé dimanche le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, en réaction à l’affirmation par le député de la Somme qu’Emmanuel Macron « suscite la haine ».

« Ce sont des propos de prêcheur de haine », a commenté M. Ferrand sur Radio J : « S’il est un sentiment qui est étranger (à Emmanuel Macron), c’est tout sentiment de haine. En revanche, je ne dirais pas la même chose de celui que vous venez de citer ».

« Je crois qu’en effet, je le dis depuis le début, Emmanuel Macron suscite la haine. Je ne l’éprouve pas », a déclaré François Ruffin dans l’émission « On n’est pas couché » diffusée samedi soir.

« Par son comportement depuis le début du mandat, Emmanuel Macron suscite une colère permanente, parce qu’il y a une inégalité profonde dans le pays. Il y rajoute des décisions qui sont manifestement injustes », poursuit le député de La France insoumise (LFI).

L’ancien journaliste, essayiste et réalisateur a fait d’Emmanuel Macron la cible principale de ses critiques, notamment dans son récent livre Ce pays que tu ne connais pas (Les Arènes).

Selon Richard Ferrand, certaines des critiques contre le président dans ce livre sur « l’image du banquier, ensuite en citant la banque Rothschild » sont à connotation antisémite.

« Il utilise clairement tous les clichés qui relèvent de l’antisémitisme militant pour exprimer sa haine à l’égard du président Macron », a-t-il affirmé sur Radio J.

A Paris, une manifestation anti-Bouteflika tourne à l’agression transphobe

"Petite douceur", "chocolat", lancent ironiquement les manifestants à destination de la jeune femme.

“Petite douceur”, “chocolat”, lancent ironiquement les manifestants à destination de la jeune femme. – Capture d’écran TwitterSOCIÉTÉMeute

Par Louis Nad

Des opposants au régime d’Abdelaziz Bouteflika qui manifestaient dimanche place de la République, à Paris, s’en sont pris à une femme transgenre qui passait par là. La vidéo de l’agression a été diffusée sur Twitter ce mardi 2 avril et une enquête a été ouverte par le parquet de Paris. Enquête ouverte par le Parquet pour violences aggravées.

Selon BFMTV, une enquête a été ouverte par le parquet de Paris pour “violences aggravées par la circonstance qu’elles ont été commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre”. Une personne d’abord placée en garde à vue aurait été relâchée.

Une personne agressée pour ce qu’elle est en pleine manifestation pour la liberté ? C’est possible. La scène, filmée par un témoin, se passe à Paris, place de la République, ce dimanche 31 mars. Dans la vidéo diffusée sur Twitter, on voit une jeune femme grimper la volée de marches de la sortie du métro, qui débouchent sur ce lieu de rassemblement traditionnel des manifestations politiques en tout genre. La veille de l’annonce de la démission prochaine du président Abdelaziz Bouteflika, des membres de la communauté algérienne y sont ce jour-là en pleine manifestation contre le pouvoir.

Embedded video

Lyes Alouane@Lyes_Alouane

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Agression transphobe.
Nous sommes bien en plein @Paris, à République.

Une honte pour notre pays.
Une honte pour le drapeau auquel vous pensiez faire honneur.

#Transphobies

@stop_homophobie
@FVauglin@ACORDEBARD@Prefet75_IDF3,4798:25 AM – Apr 2, 20193,196 people are talking about thisTwitter Ads info and privacy

Plusieurs jeunes hommes l’entourent alors et lancent des moqueries à son encontre, manifestement en raison du fait que la victime soit transgenre. “Petite douceur“, “chocolat“, entend-on fuser sur la vidéo de l’incident. Un homme se permet également de lui ébouriffer les cheveux, avant de s’éloigner. Une jeune manifestante vient soutenir la passante, lui prenant le bras pour l’éloigner à son tour, puis un jeune homme tente de s’interposer alors que la victime de ces humiliations publiques se dirige vers celui qui l’a agressée. Une brève échauffourée s’engage, ce dernier lui assénant plusieurs coups de poing, avant que des manifestants puis des agents de la RATP ne les séparent.

“D’autres hommes m’ont jeté de la bière du haut des marches, m’ont insultée. Un homme m’a giflée.”

La vidéo de cette agression transphobe a été diffusée sur Twitter par le militant LGBTQ Lyes Alouane, qui a lui-même déjà témoigné publiquement des agressions homophobes qu’il a subies dans son quartier de Gennevilliers. “Effet de meute insupportable contre cette personne. Nous adressons tout notre soutien à la victime. Les auteurs de ces actes doivent être sanctionnés“, a réagi l’association SOS homophobie.

SOS homophobie@SOShomophobie

Agression verbale et physique #transphobe place de la République à Paris. Effet de meute insupportable contre cette personne. Nous adressons tout notre soutien à la victime. Les auteurs de ces actes doivent être sanctionnés. Cc: @Lyes_Alouane pic.twitter.com/Kz1aCPvcuk7,3248:55 AM – Apr 2, 2019Twitter Ads info and privacy8,550 people are talking about this

La victime, qui se prénomme Julia, a livré son témoignage au Huffington Post, expliquant que son agression a commencé dès sa sortie de la rame de métro, avant la scène captée en vidéo, lorsque plusieurs hommes l’ont bloquée, dont l’un a “sorti son sexe et m’a demandé de ‘lui faire du bien’. J’ai voulu partir et remonter les escaliers. D’autres hommes m’ont jeté de la bière du haut des marches, m’ont insultée. Un homme m’a giflée”. Une fois mise à l’abri, la jeune femme rapporte par ailleurs que les agents de la RATP l’ont sermonnée sur sa présence place de la République ce jour-là, ainsi que sur sa tenue : “Ils m’ont ensuite dit ‘il ne faut pas s’habiller comme ça, Monsieur’, sous-entendant que si je n’avais pas mis ce short, je n’aurais pas été agressée”. Elle annonce également qu’après avoir hésité, elle portera plainte mercredi.

Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, a réagi : “Les auteurs de cette lâche agression doivent être identifiés et condamnés“, a tweeté le bras droit d’Anne Hidalgo, qui s’est elle-même dite “indignée par cette agression transphobe“. 

Emmanuel GREGOIRE@egregoire

Agression intolérable, une enquête va être ouverte. Les auteurs de cette lâche agression doivent être identifiés et condamnés @Anne_Hidalgo @cbrossel @PAidenbaum @ACORDEBARD @FVauglinLyes Alouane@Lyes_AlouaneAgression transphobe.
Nous sommes bien en plein @Paris, à République.

Une honte pour notre pays.
Une honte pour le drapeau auquel vous pensiez faire honneur.

#Transphobies

@stop_homophobie
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17111:05 AM – Apr 2, 2019 · Paris, FranceTwitter Ads info and privacy97 people are talking about this

«De Battisti à Donald Trump, l’insupportable deux poids, deux mesures de la gauche morale»

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Gilles-William Goldnadel souligne la différence de traitement médiatique accordé à Cesare Battisti, qui a avoué être coupable de quatre meurtres, et Donald Trump, innocenté de collusion avec la Russie.


Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox. Son dernier ouvrage, Névroses Médiatiques. Le monde est devenu une foule déchaînée, est paru chez Plon.


Certains esprits libres, ceux que la presse convenue et prévisible irrite, les défenseurs d’une justice qui ne verserait pas dans le préjugé essentialiste, ont accueilli avec une satisfaction mordante à la fois les aveux du quadruple terroriste assassin Cesare Battisti et la relaxe de Donald Trump prévenu de collusion avec la Russie.

Ils auraient tort néanmoins d’espérer voir les pré-jugements médiatiques disparaître en suite d’une improbable méditation de deux leçons sur l’innocence et la culpabilité idéologiquement obligatoires. 

Pour l’église cathodique encore dominante, Cesare Battisti ne pouvait être qu’extrêmement innocent parce que d’extrême gauche et artiste bohème et le locataire blanc d’une maison blanche très coupable parce que très à droite et très riche.

Bien évidemment Libération et le Monde ne furent pas en reste.

En somme la version barrésienne du préjugé judiciaire qu’un Callas connut dans sa chair: «que Dreyfus soit coupable, je le déduis de par sa race».

S’agissant de Battisti tout d’abord, la gauche germanopratine ne se figurait certainement pas dans la peau rêche d’un intellectuel d’extrême droite, mais plutôt dans celle, plus esthétique et luisante, d’un Zola terrassant le parti de l’ordre.

Dans son excellent article dans ces mêmes colonnes daté du 30 mars, notre cher Guillaume Perrault rappelait sans hypocrite aménité combien la gauche journalistique, et notamment de service public s’est perdu une nouvelle fois dans ses jugements sans appel. C’est ainsi que chez le journaliste de Radio France Jean Lebrun, Battisti poussait le point Godwin au sommet de la cime: «le parti fasciste avait changé de nom: il s’appelait la démocratie chrétienne».

Bien évidemment Libération et le Monde ne furent pas en reste. L’auteur du présent article, alors qu’il perdait ses pas dans une salle du palais de justice, se souvient encore de la jubilation extatique d’une chroniqueuse de l’un de ces deux titres de la gauche morale tandis qu’elle apprenait un bon jugement de la Cour de Paris, elle aussi sous fatale influence, rendu en faveur de l’assassin de quatre pauvres italiens. Et encore aujourd’hui, après que l’on ait appris les aveux circonstanciés du criminel retors, le journal vespéral comme France Info continuaient à lui donner de l’«activiste» plutôt que du «terroriste». Comme si, même à présent, un étrange surmoi inconscient, surgi du passé militant, empêchait de faire cohabiter totalement le mal absolu avec la gauche extrême.

Qu’on ne croit pas que l’église cathodique retiendra la double leçon reçue dernièrement…

En ce qui concerne à présent le président des États-Unis honni, la pression médiatique de la gauche morale était telle avant le dépôt du rapport Mueller l’innocentant de toute connivence illégale avec la Russie de Poutine qu’il était difficile pour un observateur extérieur de tenter toutes réserves sur sa culpabilité sans passer soit pour un dévot primaire, soit pour un naïf primitif.

On se souviendra notamment que la presse américaine excessivement aux mains des démocrates, pour tenter d’accréditer ce crime de trahison imaginaire qui aux États-Unis conduit non seulement à la destitution mais encore à la peine de mort, n’aura pas hésité à salir un homme jusqu’à utiliser sans vergogne les confidences d’une actrice pornographique maîtresse chanteuse et ses gausseries sur la taille de son sexe. Peu de journalistes des deux côtés de l’Atlantique auront eu le courage, l’intelligence, la décence, le sens de l’équité ou l’élémentaire bonne foi de faire remontrance avant ou pénitence ensuite.

À ce stade d’écœurement, on rougirait de devoir préciser que ces observations de principe ne sauraient emporter obligatoirement adhésion aux thèses du président trop blanc aujourd’hui blanchi.

Ses contradicteurs se seraient grandis à poser précisément des bornes à la décence. Trop bornés pour le faire, c’est à présent trop tard.

Qu’on ne croit pas que l’église cathodique retiendra la double leçon reçue dernièrement. Elle est imperméable à ce genre de sermon et ses grands prêtres disent leur catéchisme toujours avec la même ferveur.

L’église cathodique est imperméable à ce genre de sermon et ses grands prêtres disent leur catéchisme toujours avec la même ferveur.

C’est ainsi, par exemple, qu’on apprenait que le journaliste du service public audiovisuel, Bernard Guetta, qui tenait jusqu’à une date récente et avec distinction la chronique de politique étrangère sur France Inter avait été choisi pour figurer en position avantageuse sur la liste En Marche pour les élections européennes.

À une journaliste de l’émission télévisée Quotidien qui s’étonnait d’une éventuelle incompatibilité et lui demandait s’il allait remettre sa carte de presse, M. Guetta, outré, répondit avec himalayenne hauteur: «je ne suis pas un ex-journaliste, mais un journaliste». Avant cela, il avait fait remarquer qu’il n’avait jamais dissimulé sur l’antenne étatique ses convictions européistes, au demeurant respectables. Il aurait pu ajouter qu’il n’avait jamais non plus dissimulé, nonobstant ses obligations de neutralité, la détestation que lui inspirait un président américain dont il doutait de la santé mentale.

Et sur un point, on ne peut que lui donner raison, qu’il n’existe aucune contradiction de convictions entre Bernard Guetta journaliste et Guetta Bernard politicien.

On peut donc parfaitement être journaliste dans l’audiovisuel de service public et promouvoir, en même temps, ses convictions politiques.

À la seule petite condition qu’elles oscillent entre le macronisme de gauche et la gauche extrême.

Tant qu’une telle absence criante de pluralisme existera, et que nul ou presque ne criera, l’injustice médiatique dont le pré-jugé judiciaire n’est qu’une vilaine manifestation, aura fort belle vie.La rédaction vous conseille

Gilles William Goldnadel

La presse absente

La sonde Beresheet est passée près de la Terre pour la dernière fois avant son atterrissage sur la Lune !

Le premier vaisseau spatial israélien a Beresheet  a achevé sa dernière manœuvre ce lundi matin, à seulement 10 jours de l’atterrissage…….Détails………

Selon une déclaration publiée par SpaceIL, la société privée qui a conçu et construit le vaisseau spatial Beresheet, le vaisseau a effectué une combustion moteur de 72 secondes ce lundi matin, alignant le vaisseau spatial sur la trajectoire prévue pour son atterrissage sur la lune le 11 avril. Les ingénieurs de SpaceIL et de IAI évaluent maintenant les résultats de la manœuvre afin de déterminer si une autre opération d’alignement sera nécessaire avant l’alunissage. Ce jeudi, le vaisseau spatial atteindra l’orbite de la lune et effectuera une manœuvre complexe destinée à entrer dans la gravité de la lune et à se rendre vers le site d’atterrissage prévu. Dimanche aux environs de midi (heure d’Israël), la sonde Beresheet est passée près de la Terre pour la dernière fois à environ 1.700 kilomètres. L’équipe technique a réussi à prendre une rare photo de la terre à une distance d’env. 16.000 kilomètres (10.000 milles).Sur la photo (ci-dessus), la péninsule arabique et l’Afrique du sud-est sont visibles. La vue d’Israël était fortement obscurcie par les nuages de pluie.
Source Koide9enisrael

INQUIÉTANTE ALLEMAGNE


Jusqu’à présent, depuis la seconde guerre mondiale l’Allemagne avait toujours agi en amie des Juifs et d’Israël. Quand on parle de l’Allemagne il s’agit évidemment de l’Allemagne de l’ouest, celle de l’est étant alignée sur l’antisémitisme soviétique rebaptisé antisionisme.

L’Allemagne de l’ouest s’est fait un devoir d’indemniser les victimes juives de la politique nazie et Israël avec des dommages de guerre non négligeables.

Elle a également accueilli de façon proactive les Juifs soviétiques qui fuyaient les persécutions communistes et elle a souvent soutenu Israël dans les enceintes internationales. Elle a largement octroyé la nationalité allemande à une immigration juive venant de tous pays.

L’Allemagne a toujours estimé avoir une dette imprescriptible à l’égard d’Israël.

Mais, depuis 2 ou 3 ans cette retenue bienveillante a totalement disparu.

Les incidents antisémites sont en augmentation exponentielle sans qu’une parade véritable soit mise en place par les autorités allemandes.

Le seul restaurant israélien de Berlin fait l’objet de plusieurs agressions hebdomadaires, insultes, outrages, agressions, menaces de mort, jets de projectiles, tout y passe, et les autorités ne bougent pas ni celles de la ville de Berlin ni celles de l’État.

Toujours à Berlin en 2018 un israélien arabe qui avait fait le pari de se promener avec une kippa dans la rue n’a fait que quelques mètres avant de se faire casser la gueule d’importance par un migrant syrien au cri de yahoud, Juif en arabe. Le syrien interpellé n’a eu qu’une peine de principe.

L’Allemagne ne soutient plus du tout Israël au sein de l’Union Européenne et à l’ONU à la différence d’autres pays européens qui restent amis d’Israël.

Mais en donnant l’Ours d’or du festival international de cinéma de Berlin en 2019 au cinéaste israélien Nadav Lapid pour son film intitulé Synonymes, le principal festival allemand a franchi une ligne rouge proprement incroyable, une ligne qui nous ramène indiscutablement à des temps obscurs.
Dans ce film qui reçoit l’équivalent de la palme d’or de Cannes, on entend l’acteur représentant Nadav Lapid dire je le cite « Je suis arrivé en France pour fuir Israël. Fuir cet État méchant, obscène, ignorant, idiot, abominable, sordide, fétide, grossier, odieux, lamentable, répugnant, détestable, abruti, étriqué, bas d’esprit, bas de cœur » fin de citation.
A noter aussi que l’auteur refuse dorénavant de parler l’hébreu, langue à laquelle il voue la même haine.

Voilà donc ce qui a charmé notre grand jury du festival de Berlin.

Convenons qu’on peut faire plus amical et qu’il est étonnant que dans le pays des nazis on ose vilipender ainsi l’État Juif et la langue la plus parlée au monde par les Juifs, l’hébreu. Curieux retour en arrière sauf que là c’est au nom de la culture et du boboisme qui ont bon dos.

Quelle jouissance pour les antisémites de tous poils que de trouver un israélien qui vienne autant satisfaire leurs désirs les plus sombres.

C’est une constante dans le cinéma israélien. Ceux qui veulent trouver une oreille attentive et des spectateurs en Europe doivent dire le plus de mal possible d’Israël et là, la critique unanime s’extasie devant le chef d’œuvre et prime le film anti-israélien.

On peut peut-être penser que ce film est génial mais il n’en est semble-t-il rien.
Il n’y a qu’à voir la bande annonce pour constater qu’il est d’un ennui absolu.

Cas unique dans la presse française trop contente de taper sur Israël par le biais de la culture avec un grand K, le canard enchainé classe ce film en dernière position des sorties de la semaine dans la rubrique la plus négative sous l’intitulé « les films qu’on peut ne pas voir cette semaine ».

Quand l’Allemagne retrouvera-t-elle la raison ?
Imagine-t-on par exemple que serait primé un film parlant ainsi de l’Allemagne ou de la France ? Que dirait-on en France d’un cinéaste qui insulterait ainsi la France et la langue française ?
Qu’un cinéaste israélien le fasse c’est donc la preuve que tout est possible en Israël, une démocratie qui peut en remontrer à beaucoup.

Mais ce manque de clairvoyance et cette haine exprimée via ce grand prix du cinéma de Berlin devraient logiquement provoquer une vague d’indignation en Allemagne et en Europe.

On en est loin et désormais l’Allemagne ne pourra plus s’exonérer de sa grande part de responsabilité dans la renaissance d’un antisémitisme virulent sur son sol. Elle l’adore.

Raphaël NISAND

Chroniqueur le lundi matin 8H30 sur Radio Judaïca.

Procès Merah : les remords de l’ancien patron du Renseignement toulousain

Christian Ballé-Andui, ancien policier à la tête du service des renseignements à Toulouse, en octobre 2017, lors du premier procès d’Abdelkader Merah à Paris.

Journal LA DEPECHE

L’ancien patron du renseignement intérieur de Toulouse a passé plus de 5 heures à la barre, hier. L’occasion de solides mises au point, de convictions, de vrais regrets et même d’émotion, pour le commissaire Christian Ballé-Andui.

«Le clan salafiste toulousain», le commissaire Christian Ballé-Andui maîtrise. 90 minutes sans notes, précis. «Très intéressante conférence sur le salafisme», sourit Me Dupond-Moretti, habile aussi dans la mauvaise foi. Cela a plongé la cour au cœur du «terreau, de la matrice» du jihadisme toulousain. Dans ce clan où s’est «construit idéologiquement» Mohammed Merah et où ses leaders ont forgé une culture salafiste jihadiste «qui les a conduits au plus haut niveau de l’Etat islamique», rappelle le témoin.

Les frères Clain, Sabri Essid, Thomas Barnouin… «Nous les avons vus grandir à Toulouse autour d’Olivier Corel au début des années 2000», prévient le commissaire, en retraite depuis 2013. Ses surveillances détectent Abdelkader Merah à partir de 2006. «Proche de Sabri Essid, sans doute une des personnalités du clan la plus violente, la plus dangereuse. Il se chargeait de recruter aux Izards», se souvient l’ancien patron du Service régional du renseignement intérieur. Bientôt Mohammed Merah «apparaît sur les radars».

Cette «recrue», très vite, inquiète les hommes du Renseignement. «Son profil d’ancien délinquant n’est pas nouveau. Son comportement, sa paranoïa, ses codes de sécurité pour déjouer les surveillances en revanche sont plus surprenantes», confie le témoin. «Notre expérience des milieux terroristes nous a très vite alertés parce que nous connaissions déjà le clan qu’il fréquentait. Ses voyages au Moyen-Orient, son arrestation en Afghanistan en 2010, pas du tourisme, appuient notre inquiétude.»

Les surveillances se sont alors accentuées en 2011. «Compliquées, très compliquées», affirme l’ancien chef du Renseignement. «J’ai fait deux demandes de judiciarisation en juin 2011. Je n’ai jamais eu de réponse», regrette Christian Ballé-Andui. Le terroriste est lancé, rien ne l’arrêtera. Après son séjour au Pakistan où le renseignement toulousain le repère depuis Toulouse (sa fiche S n’a pas sonné) et une rencontre à son retour le 14 novembre 2011, des «spécialistes parisiens» suggèrent mi-février 2012 «d’en faire une source». À Toulouse, on s’étrangle.

«C’est notre métier de recruter des sources. Elles apportent des informations fiables mais pas comme ça, pas sans un travail sérieux», s’emporte l’ancien patron. Poussé par la présidente, Christian Ballé-Andui lâche : «Lorsque je lis dans ce rapport qu’il n’a aucun contact avec un réseau terroriste, avec mon équipe, on se demande s’ils ont lu le dossier ! Ses contacts, on les constate depuis 2006 ! Et notre demande de judiciarisation ? Non seulement ils ne le considèrent pas dangereux mais ils se demandent s’il ne pourrait pas être recruté ! Pardonnez-moi mais…»

Un même silence, et même une voix soudain affectée, traduit son désarroi sur l’après-Montauban, et avant la tuerie de l’école juive (lire l’encadré). Quant à la question essentielle de la complicité d’Abdelkader Merah, Christain Ballé-Andui ne se défausse pas : «Les passages à l’acte de Mohammed Merah n’ont rien d’une lubie. Il existait chez lui un sentiment fort de vengeance mais aussi de reconnaissance. La question, c’est qui met le détonateur dans sa tête ? Les théoriciens installent ce détonateur idéologique. J’ai la conviction que tout le clan jihadiste toulousain connaissait la nature du projet. Pas les cibles précises mais les passages à l’acte. Après qui actionne ? Jean-Michel Clain ? Sabri Essid ? Abdelkader Merah ? Tous les trois ? Je n’ai pas la réponse.»


Autopsie d’un échec

Christian Ballé-Andui parle de «fautes» dans la gestion post-attentat de Montauban. «Quand on m’a raconté la froideur mécanique des assassinats, j’ai tout de suite pensé à un crime religieux et à la mouvance salafiste». Il alerte Paris, veut participer à une réunion des enquêteurs de la PJ mais reste à la porte. «Quand mon chef opérationnel a vu les vidéos de Montauban et de l’école juive le lundi soir, il a identifié Mohammed Merah. L’adresse IP de la mère Merah est identifiée le dimanche en fin de journée mais je n’ai pas été prévenu…» Relancé sur le sujet par Me Masliat, avocate de certaines victimes de l’école, Christian Ballé- Andui se bloque, la voix cassée. «Mon cœur, mon âme comme ceux des gens de mon service n’oublieront jamais ces enfants. C’est le coût de notre métier. Quand on va à la guerre, il faut être très rapide, l’information doit circuler. Il faut éclairer la police judiciaire, éclairer le magistrat parce que la crainte, c’est qu’il recommence. Notre organisation de l’époque n’a pas permis ces échanges. Ils croyaient à la piste de l’extrême droite. À Toulouse, elle n’a jamais été violente au contraire des salafistes jihadistes, mais ils ont cru que nous forcions le trait…»

Selon l’ex-aide de Trump, l’enquête Mueller l’a visé pour ses liens avec Israël

George Papadopoulos a dit à la radio israélienne que l’attention portée aux accords commerciaux avec l’Etat juif révélait une enquête “corrompue” lancée à son encontre

Par TIMES OF ISRAEL STAFFAujourd’hui, 19:25  0

George Papadopoulos, ancien conseiller de campagne de Trump à l'origine de l'enquête sur la Russie, lors de sa première apparition devant les enquêteurs du congrès au Capitole, à Washington, le 25 octobre 2018 (Crédit : AP Photo/Carolyn Kaster)

George Papadopoulos, ancien conseiller de campagne de Trump à l’origine de l’enquête sur la Russie, lors de sa première apparition devant les enquêteurs du congrès au Capitole, à Washington, le 25 octobre 2018 (Crédit : AP Photo/Carolyn Kaster)

George Papadopoulos, ancien conseiller de Donald Trump au cours de sa campagne électorale de 2016, a affirmé dans un entretien accordé à une station de radio israélienne que ses interrogatoires dans le cadre de l’enquête menée par Robert Mueller s’étaient concentrés sur ses liens avec Israël et non avec la Russie.

S’exprimant samedi au micro de la radio militaire, Papadopoulos a clamé que ses accords commerciaux passés avec l’Etat juif avaient été « déterminants » dans son dossier.

« Ce pour quoi j’ai été réellement pris pour cible par l’équipe de Mueller et par ces individus n’avait rien à voir avec la Russie. Cela avait à avoir avec mon travail en Israël et mon travail en tant que lobbyiste dans le secteur de l’énergie », a-t-il dit.R

Papadopoulos, conseiller en politique étrangère de Trump durant sa campagne, a purgé une peine de 14 jours de prison après avoir admis qu’il avait menti au FBI au sujet d’une conversation avec un professeur maltais en 2016, qui lui avait dit que la Russie avait des « saletés » à sortir sur Hillary Clinton – sous la forme de courriels piratés.

Les informations concernant les contacts de Papadopoulos pendant la campagne avaient lancé l’enquête du FBI au sujet de la Russie.

Le président Donald Trump s’adresse aux médias avant de monter à bord de l’Air Force One, pour se rendre à Washington depuis l’aéroport international Palm Beach, le dimanche 24 mars 2019. (Crédit : AP/Carolyn Kaster)

Interrogé pendant l’interview de samedi sur les conclusions de l’enquête Mueller – qui a statué qu’il n’y avait pas eu de collusion entre la campagne de Trump et les responsables russes – Papadopoulos a répondu : « je pense qu’il s’agit d’une légitimation totale de la campagne, l’équipe de transition et de l’administration actuelle. »

Il a ajouté qu’il pensait qu’une nouvelle enquête devait dorénavant être ouverte pour découvrir « ceux qui ont mené cette chasse aux sorcières illégale et injuste, comme l’a qualifiée le président. Je n’ai jamais rencontré un seul responsable russe dans ma vie entière et même pendant la campagne de Trump. Toutes ces personnalités apparues dans mon histoire et qui ont été décrites à tort comme des Russes par le FBI et par Bob Mueller étaient en fait des agents des renseignements occidentaux envoyés pour tenter de saboter la campagne de Trump. »

Alors qu’il lui était demandé s’il pensait que Trump lui rendrait grâce par le biais d’une ordonnance, Papadopoulos a répondu : « Mes avocats pensent qu’il pourrait le faire – je n’ai de toute façon aucune attente particulière. Je pense que le fondement du dossier contre moi était malhonnête, et le président Trump constatera que l’enquête entière de Mueller sur moi a concerné mon travail avec Israël et non avec la Russie. »

Une version rédigée du rapport établi par le conseiller spécial Robert Mueller sera transmise au Congrès américain à la mi-avril et ne sera pas présentée au préalable à la Maison Blanche, a expliqué vendredi le procureur général américain William Barr.

Le calendrier de Barr, inclus dans une lettre adressée aux présidents des commissions judiciaires de la chambre et du sénat, laisse présager une épreuve de force possible avec les parlementaires démocrates qui insistent sur le fait qu’ils souhaitent accéder au rapport dans son intégralité dès cette semaine.

Le procureur spécial américain Robert Mueller après avoir assisté à une messe à Washington, DC, le 24 mars 2019. (Crédit : Tasos Katopodis/Getty Images/AFP)

Dans sa lettre, Barr indiquait partager le désir que le Congrès comme le public puissent lire les conclusions de Mueller, intégrées dans le rapport de presque 400 pages soumis le 22 mars par le procureur spécial. Deux jours après, Barr avait envoyé une lettre de quatre pages au Congrès qui détaillait les « conclusions principales » de Mueller.

Barr a déclaré que Trump avait le droit de ne pas communiquer certaines informations sur le rapport – un privilège présidentiel aux Etats-Unis. Mais il a noté que Trump « a publiquement établi qu’il avait l’intention de s’en remettre à moi, et il n’y a donc aucun projet de soumettre le rapport à la Maison Blanche pour révision ».

Mueller n’a pas pu prouver que Trump s’était coordonné ou qu’il avait conspiré avec la Russie, a écrit Barr, et il n’a pu tirer de conclusion sur une éventuelle obstruction à la justice de la part du président américain. Barr a noté que lui et le procureur général adjoint avaient décidé seuls que les preuves apportées par Mueller étaient insuffisantes pour établir une éventuelle entrave à la justice.

INQUIÉTANTE ALLEMAGNE


Jusqu’à présent, depuis la seconde guerre mondiale l’Allemagne avait toujours agi en amie des Juifs et d’Israël. Quand on parle de l’Allemagne il s’agit évidemment de l’Allemagne de l’ouest, celle de l’est étant alignée sur l’antisémitisme soviétique rebaptisé antisionisme.

L’Allemagne de l’ouest s’est fait un devoir d’indemniser les victimes juives de la politique nazie et Israël avec des dommages de guerre non négligeables.

Elle a également accueilli de façon proactive les Juifs soviétiques qui fuyaient les persécutions communistes et elle a souvent soutenu Israël dans les enceintes internationales. Elle a largement octroyé la nationalité allemande à une immigration juive venant de tous pays.

L’Allemagne a toujours estimé avoir une dette imprescriptible à l’égard d’Israël.

Mais, depuis 2 ou 3 ans cette retenue bienveillante a totalement disparu.

Les incidents antisémites sont en augmentation exponentielle sans qu’une parade véritable soit mise en place par les autorités allemandes.

Le seul restaurant israélien de Berlin fait l’objet de plusieurs agressions hebdomadaires, insultes, outrages, agressions, menaces de mort, jets de projectiles, tout y passe, et les autorités ne bougent pas ni celles de la ville de Berlin ni celles de l’État.

Toujours à Berlin en 2018 un israélien arabe qui avait fait le pari de se promener avec une kippa dans la rue n’a fait que quelques mètres avant de se faire casser la gueule d’importance par un migrant syrien au cri de yahoud, Juif en arabe. Le syrien interpellé n’a eu qu’une peine de principe.

L’Allemagne ne soutient plus du tout Israël au sein de l’Union Européenne et à l’ONU à la différence d’autres pays européens qui restent amis d’Israël.

Mais en donnant l’Ours d’or du festival international de cinéma de Berlin en 2019 au cinéaste israélien Nadav Lapid pour son film intitulé Synonymes, le principal festival allemand a franchi une ligne rouge proprement incroyable, une ligne qui nous ramène indiscutablement à des temps obscurs.
Dans ce film qui reçoit l’équivalent de la palme d’or de Cannes, on entend l’acteur représentant Nadav Lapid dire je le cite « Je suis arrivé en France pour fuir Israël. Fuir cet État méchant, obscène, ignorant, idiot, abominable, sordide, fétide, grossier, odieux, lamentable, répugnant, détestable, abruti, étriqué, bas d’esprit, bas de cœur » fin de citation.
A noter aussi que l’auteur refuse dorénavant de parler l’hébreu, langue à laquelle il voue la même haine.

Voilà donc ce qui a charmé notre grand jury du festival de Berlin.

Convenons qu’on peut faire plus amical et qu’il est étonnant que dans le pays des nazis on ose vilipender ainsi l’État Juif et la langue la plus parlée au monde par les Juifs, l’hébreu. Curieux retour en arrière sauf que là c’est au nom de la culture et du boboisme qui ont bon dos.

Quelle jouissance pour les antisémites de tous poils que de trouver un israélien qui vienne autant satisfaire leurs désirs les plus sombres.

C’est une constante dans le cinéma israélien. Ceux qui veulent trouver une oreille attentive et des spectateurs en Europe doivent dire le plus de mal possible d’Israël et là, la critique unanime s’extasie devant le chef d’œuvre et prime le film anti-israélien.

On peut peut-être penser que ce film est génial mais il n’en est semble-t-il rien.
Il n’y a qu’à voir la bande annonce pour constater qu’il est d’un ennui absolu.

Cas unique dans la presse française trop contente de taper sur Israël par le biais de la culture avec un grand K, le canard enchainé classe ce film en dernière position des sorties de la semaine dans la rubrique la plus négative sous l’intitulé « les films qu’on peut ne pas voir cette semaine ».

Quand l’Allemagne retrouvera-t-elle la raison ?
Imagine-t-on par exemple que serait primé un film parlant ainsi de l’Allemagne ou de la France ? Que dirait-on en France d’un cinéaste qui insulterait ainsi la France et la langue française ?
Qu’un cinéaste israélien le fasse c’est donc la preuve que tout est possible en Israël, une démocratie qui peut en remontrer à beaucoup.

Mais ce manque de clairvoyance et cette haine exprimée via ce grand prix du cinéma de Berlin devraient logiquement provoquer une vague d’indignation en Allemagne et en Europe.

On en est loin et désormais l’Allemagne ne pourra plus s’exonérer de sa grande part de responsabilité dans la renaissance d’un antisémitisme virulent sur son sol. Elle l’adore.

Raphaël NISAND

Chroniqueur le lundi matin 8H30 sur Radio Judaïca.

Amazon a supprimé les liens de livres négationnistes

Stéphanie Courouble Share

historienne, étude du négationnisme internationalnullnull

La semaine dernière, j’ai envoyé à Amazon, une liste mentionnant une centaine de revues et ouvrages négationnistes vendus par leur biais et leur ai demandé qu’ils soient retirés sans délai de leur site.  Peu après cet envoi, j’ai pu constater qu’ils avaient en effet été supprimés.

Robert Faurisson, Écrits Révisionnistes (La collection complète) :

Maurice Bardèche, Nuremberg ou la Terre promise :

Je remercie Amazon d’avoir réagi si rapidement à ma demande. C’est, je crois, une petite victoire pour tous ceux qui luttent contre la diffusion du négationnisme et de la haine.

Hélas, le travail n’est pas fini. Certains ouvrages et revues que j’avais signalés se retrouvent sous d’autres liens, mis en vente soit par Amazon lui-même, soit par d’autres vendeurs (Ainsi, l’ouvrage ci-dessous, Les mythes fondateurs de la politique israélienne de Roger Garaudy). Dans les prochains jours, j’enverrai à Amazon les détails sur les ouvrages et revues négationnistes encore en vente. Malgré mon intervention et la bonne volonté d’Amazon de soustraire les ouvrages incriminés, il reste malheureusement possible que de nouveaux livres négationnistes soient encore mis en ligne dans l’avenir. Cependant, et puisqu’il semble que l’aval de Amazon ne soit pas automatiquement requis, le problème pourrait être facilement contourné, à mon avis, en affinant le système de filtrage des ouvrages mis en ligne.

Roger Garaudy, Les mythes fondateurs de la politique israélienne :

A la suite de la publication de ce livre, Roger Garaudy fut condamné, en 1998, pour contestation de crimes contre l’humanité, diffamation raciale et provocation à la haine raciale.

Amazon n’est pas le seul à présenter et à vendre des ouvrage répréhensibles, dont certains sont interdits de diffusion sur le territoire national1. D’autres grandes plateformes en effet, la Fnac.fr par exemple, vendent aussi des ouvrages négationnistes.

Par exemple :

Robert Faurisson, Mémoire en défense (contre ceux qui m’accusent de falsifier l’Histoire : la question des chambres à gaz) sur Fnac.fr :

Comme le stipulait l’arrêté du Journal officiel du 19 décembre 1994 pour l’ouvrage négationniste de J. Graf, l’holocauste au scanner, la mise en circulation de cet ouvrage « est de nature à causer des dangers pour l’ordre public en raison de l’apologie des crimes contre l’humanité et de la contestation de l’existence de ces crimes qu’il contient, et de la provocation à l’égard des anciens déportés et des familles des victimes de ces crimes qu’il constitue». L’arrêté du ministère de l’Intérieur ajoutait que «la circulation, la distribution et la mise en vente de l’ouvrage sont interdites sur l’ensemble du territoire ».

De même, tous les ouvrages négationnistes ne devraient pas se retrouver diffusés sur des grands sites de vente en ligne.

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L’analyste américano-libanais Tom Harb : Les Palestiniens continuent de refuser la paix – L’économie libanaise est faible car le Hezbollah fait peur aux investisseurs

Source NEMRI

Tom Harb, coprésident de la Coalition américaine du Moyen-Orient pour la démocratie, a déclaré dans une interview diffusée sur la chaîne Al-Alam (Iran), le 7 mars 2019, que les Palestiniens avaient refusé la paix avec Israël dès le plan de partage de 1947. Les Palestiniens ne proposant toujours aucune solution, les pays arabes préfèreraient désormais se concentrer sur leurs propres intérêts. Il a ajouté que l’économie libanaise était faible et que les entreprises étrangères n’étaient pas disposées à investir à cause de l’influence incontrôlée du Hezbollah. Extraits:

Tom Harb : En 1948 [sic], il y a eu la résolution [de partage] des Nations unies, et c’est à ce moment-là que les Palestiniens ont commencé à opposer leur refus. Ce refus persiste à ce jour. […] Les pays arabes disent : « Les Palestiniens refusent toujours tout, mais ils n’offrent pas de solution. Sommes-nous voués à être à jamais pris dans le tourbillon d’une tempête politique et sécuritaire ? Ou souhaitons-nous pouvoir enfin penser à notre économie et à notre industrie ? » […]

Lorsque Bachar Al-Assad détruisait le camp de réfugiés de Yarmouk et son père les camps de réfugiés de Nahr Al-Bared et de Badawi à Tripoli, étaient-ils occupés à libérer la Palestine ? […]

Le Hezbollah a pointé ses armes sur le front intérieur libanais en 2008. Aujourd’hui, il dépend de l’Iran et dispose de missiles que même l’armée libanaise n’a pas. On devrait demander pourquoi notre économie n’est pas forte au Liban.

Animateur : À cause des sanctions américaines…

Tom Harb : Aucune entreprise étrangère n’est disposée à investir au Liban, qui nous rappelle Europe de l’Est après l’effondrement de l’URSS. Pour la simple raison que [le Hezbollah] fait peur et échappe au contrôle de l’État.

Tags antisémites sur les murs du pavillon d’un administré de confession juive, résidant aux Lilas 93

Le BNVCA dénonce et condamne les inscriptions antisémites taguées sur les murs du pavillon de la famille H. qui réside aux Lilas (93).

Mr. H qui a déposé plainte au commissariat de police des Lilas, nous rapporte qu’en rentrant le 25/4/2019 à 13 h à son domicile rue du Maréchal Koenig, il découvre l’inscription de “SALE JUIF” inscrite au feutre noir, sur sa porte d’entrée ainsi que sur le mur contigu. 

La photo qu’il nous a transmise montre qu’une “mézouza” est fixée sur le chambranle de la porte d’entrée, ce qui a pu permettre aux antisémites d’identifier l’appartenance religieuse des occupants.

Il nous exprime son inquiétude du fait que sa fillette âgée seulement de 12 ans était restée à la maison seule toute cette matinée.

Mr H nous relate encore que le week-end précèdent, les pneus de la voiture de son épouse ainsi que de son autre fille de 19 ans ont été crevés.

Le BNVCA qui recense les actes antisémites, et reçoit les doléances des victimes, observe que les juifs sont identifiés par leurs agresseurs et attaqués au plus près de leur domicile. 

Nous demandons aux autorités de Police de tout mettre en œuvre pour rechercher les auteurs de cette infamie, les identifier et les mettre à la disposition de la Justice qui devra les sanctionner très sévèrement. 

Ces persécutions qui se développent et se répandent sur tout le territoire national accroissent le malaise des citoyens juifs de France de plus en plus angoissés sur leur avenir.

Magnifique lettre ouverte à Leila Shahid de Patrick Simon

Posté le 30 mars 2019 Tribune Juive

Madame,

Je ne suis ni juif, ni musulman, seulement né chrétien et de philosophie bouddhiste attaché viscéralement aux principes de vie et de liberté de conscience. J’ai des amis en Israël, mais aussi en Palestine, en Égypte, au Liban, en Syrie; comme organisateur, j’ai participé activement aux conférences de Genève et de Lausanne pour la paix au Liban où j’ai eu l’occasion et souvent le plaisir de côtoyer les Gemayel, Chamoun, Michel Aoun, Nabi Berrih et Walid Joumblatt et j’ai toujours eu une empathie profonde pour les persécutés pour lesquels je me suis toujours investi et pour lesquels j’ai prêté mon aide sans distinction de race ou de religion afin de trouver des solutions durables à la paix au Proche-Orient ce, depuis plus de 30 ans.

Leila Shahid

Or, j’ai cru, en lisant l’article dans le Monde, que j’avais une brutale déficience de la vue et que je ne comprenais plus la langue de Molière, tant vos propos sont éloignés de la réalité. Vous transgressez, travestissez, pervertissez, maquillez la vérité, mais ça, vous en avez l’habitude, puisque vous mentez, trompez, volez, exilez et assassinez ceux que vous prétendez défendre ce, dans le seul but de vivre une existence interdite au 99% des gens qui vous font confiance n’ayant pas d’autre choix que l’enfer du Hamas ou du Hezbollah ou la corruption du Fatah !

Singulier paradoxe que vos propos, car la vérité est que cette guerre vous arrange car elle est pour vous synonyme de puissance, de reconnaissance et de richesse, basée sur une corruption permanente et omnipotente présente à tous les niveaux qui a permis au Hezbollah et au Hamas de prendre l’ascendant sur le mouvement duquel vous êtes issue et dont vous êtes la triste représentante auprès de l’Union européenne. Les détournements dont votre mouvement s’est rendu coupable et dont certains ont été révélés au grand jour à la mort de Yasser Arafat avec des milliards de dollars ou d’Euros subtilisés à la collectivité devraient vous faire rougir de honte tout comme l’argent que vous et vos coreligionnaires dilapidez en dépenses fastueuses et dont la presse se fait régulièrement l’écho.

Comme le Hezbollah et le Hamas, vous terrorisez les populations dont vous prétendez être les défenseurs, vous vous camouflez dans les régions hautement densifiées, dans les hôpitaux, les écoles, obligez des enfants de maternelle, auxquels vous volez l’enfance, à se tenir derrière les roquettes que vous lancez sur les territoires israéliens ou à suivre des formations paramilitaires ce, depuis le plus jeune âge, afin de les transformer en robots disciplinés afin de devenir de parfaits petits chahids en se faisant exploser près de femmes et d’enfants, peu vous importe, pourvu qu’ils soient juifs.

Vous voulez faire comparaître Israël et ses militaires devant une juridiction internationale pour crimes de guerre ? J’en serais enchanté si, parallèlement, l’on pouvait faire citer tous les meurtriers et assassins dont votre mouvement est l’un des formateurs confirmés, le seul problème est qu’il faudrait redimensionner la taille des tribunaux et le nombre de prisons eu égard au nombre des futurs inculpés !

Je suis aujourd’hui convaincu, qu’il n’y aura pas de paix possible dans cette région du monde, tant que vos mouvements terroristes alimentés par les monarchies pétrolières et les extrémistes religieux de tous bords, trouveront de quoi jeter une fusée, une grenade ou un caillou contre les juifs et les israéliens. Votre seule volonté est de faire perdurer les avantages que vous vous êtes octroyés par le sang de vos enfants et de gens asservis à une cause perdue, en réduisant ces derniers au désespoir, car votre vie est faite du mépris de celle des autres.

Je ne vous salue pas, Madame !

Patrick Simon

Les églises, victimes d’un inquiétant vandalisme

  1. F

Par Christophe Cornevin et  Service Infographie

Le Figaro

EXCLUSIF – Saccages, vols, profanations… Les lieux de culte catholiques sont pris pour cible sur tout le territoire, avec près de trois actes commis par jour. Des élus LR interpellent les autorités.

«Dieu pardonnera, moi pas»: Bernard Carayon, maire de Lavaur, dans le Tarn, ne décolère pas depuis la profanation qui a visé, le 5 février dernier, la cathédrale Saint-Alain, joyau du gothique méridional. En fin de journée, deux lycéens, identifiés grâce à des caméras situées à proximité, investissent le lieu de culte, embrasent l’autel d’une des chapelles de l’édifice ainsi qu’une crèche. Un crucifix est retourné, un second jeté tandis qu’un troisième Christ en croix a le bras tordu pour lui faire prendre une pose grotesque dans le confessionnal.

» LIRE AUSSI – Les églises, cibles d’une série de profanations

«On venait d’achever cinq  années de travaux de restauration, pour une facture de 2 millions d’euros. Il a fallu en appeler aux pompiers pour aspirer l’épaisse fumée noire»Bernard Carayon, maire de Lavaur

«Cet acte fondamentalement antichrétien a été perpétré au moment même où l’on venait d’achever cinq  années de travaux de restauration, pour une facture de 2 millions d’euros, s’indigne l’édile du Tarn. Il a fallu en appeler aux pompiers pour aspirer l’épaisse fumée noire et à une quarantaine de paroissiens pour remettre de l’ordre.»

Si l’élu se dit «très chagriné et très surpris de l’entreprise de relativisation des évêques, en particulier de Mgr Georges Pontier, président de la conférence des évêques de France et originaire de Lavaur», Laurent Wauquiez, de son côté, se rend vite sur place pour fustiger la «christianophobie dans le pays». Dans la même semaine, quatre autres dégradations avaient été répertoriées dans des lieux de culte catholiques: à Maisons-Laffitte et Houilles, dans les Yvelines, à Dijon et à Nîmes. «Plusieurs églises profanées en peu de jours, ce n’est pas anodin, lance alors le chef de file des Républicains. Il ne doit pas y avoir d’omerta là-dessus. On doit pouvoir réagir […] C’est quelque chose qui blesse la France .»

Dans la foulée, le premier ministre, Édouard Philippe, est à son tour monté au créneau avec ce tweet: «Dans notre République laïque, on respecte les lieux de culte. De tels actes me choquent et doivent être unanimement condamnés. Je le dirai aux évêques de France lors de la réunion de l’instance de dialogue avec l’Église catholique.» 

Un dernier bilan, daté du 14 mars et que révèle Le Figaro, est édifiant. Dressé par le Service central de renseignement criminel (SCRC) de la gendarmerie, qui couvre 95 % du territoire, il recense 129 vols et pas moins de 877  dégradations ciblant des édifices catholiques sur l’ensemble du pays en 2018. Soit près de trois actes de vandalisme (2,75) par jour. Même s’il traduit un léger tassement au regard des années précédentes, en particulier de 2017 où un pic de 1045  faits a été atteint, le phénomène se maintient à un seuil plus que préoccupant. Un constat confirmé par le ministère de l’Intérieur qui a relevé, pour sa part, 1063 actes antichrétiens en 2018, en comptant les cimetières.

Dépeçage généralisé

Sur le front les dégradations, l’enchevêtrement des faits donne le vertige. Leur nature suscite l’indignation. Vitraux brisés, bénitiers renversés et tabernacles forcés dans le sanctuaire vendéen de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, croix de cinquante centimètres tracée à l’aide d’excréments et «ornée» d’hosties collées aux murs de Notre-Dame-des-Enfants à Nîmes, mais aussi statues détériorées, troncs cassés et autres cierges brisés à Morteau… Aucune parcelle du territoire n’est épargnée par ces actes.

Au chapitre des «vols d’objets religieux dans les églises», les gendarmes spécialisés sont formels: «Il s’agit majoritairement de vols d’opportunité et plus rarement de groupes criminels organisés.» Si l’on fait exception du spectaculaire cambriolage du Trésor de la cathédrale d’Angoulême, en novembre 2017, pour un préjudice estimé à 60.000 euros, l’un des faits les plus saillants remonte à seulement deux semaines, avec le démantèlement d’une équipe ayant écumé vingt églises du nord de la France et de Belgique. Au total, une centaine de pièces liturgiques, classées au patrimoine pour certaines, ont été récupérées pour une valeur globale de 100.000 euros.

«Ces vols n’ont aucune motivation antichrétienne mais bel et bien un intérêt financier»Des militaires spécialisés

Formels, les gendarmes assurent qu’il s’agit de «vols d’opportunité, commis sans effraction, l’accès aux églises étant facilité par le fait qu’elles sont le plus souvent ouvertes pour être accessibles au public ou, lorsqu’elles sont closes, les systèmes de fermeture présentent peu de résistance». Ce dépeçage généralisé n’a plus de limite, puisqu’il vise même les installations électriques ou le dallage, très prisé de collectionneurs comme ont pu le déplorer des églises bourguignonnes il y a deux ans.

«Ces vols n’ont aucune motivation antichrétienne mais bel et bien un intérêt financier », observent les militaires spécialisés en rappelant qu’«un calice peut être monnayé entre 200 et 2000 euros». Toujours selon nos informations, les deux zones les plus touchées s’étendent actuellement de Vannes à Saint-Nazaire ainsi qu’entre Valence et Avignon.

L’une des affaires les plus insolites remonte au 2 janvier 2017. Ce jour-là, l’hebdomadaire normand Les Nouvelles de Falaise diffuse une étrange «alerte enlèvement d’un nourrisson» à Thury-Harcourt, une commune de 3700 âmes dans le Calvados. Elle émane du père Michel Roger, curé de la paroisse de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, «cambriolée» sans effraction deux jours après Noël. «Le nourrisson était vêtu d’une couche seulement. Il répond au nom de Jésus. Ses parents, Marie et Joseph, très inquiets demandent que leur soit rendu leur enfant et, si possible, son petit mouton préféré dans les meilleurs délais, à leur domicile ou proche de leur domicile», poursuit non sans malice l’ecclésiastique qui exerce son magistère sur 61  clochers, isolés pour certains au cœur de la campagne. 

Comment protéger les quelque 42.258 églises et chapelles paroissiales dénombrées au 1er mars dernier par l’Observatoire du patrimoine religieux? En raison de la désertification des campagnes, du reflux de la fréquentation des fidèles et de la crise des vocations des prêtres, la question frise la gageure. Si, dans nombre de sites, la solution réside dans la fermeture des églises en dehors des horaires des messes ou dans les visites sur rendez-vous, les édifices les plus importants sont désormais équipés d’alarmes et de vidéosurveillance. Mais la facture, souvent lourde, interdit de généraliser ces dispositifs de défense passive qui ont pourtant fait leurs preuves dans les commerces, même les plus modestes.

Après l’Italie, la France reste aujourd’hui encore le deuxième pays dont le patrimoine cultuel est le plus convoité. Pillée, vandalisée, martyrisée, la fille aînée de l’Église n’en finit plus de subir la ronde pastorale des profanateurs.

Vandalisme dans les églises : en parle-t-on assez ? – Regarder sur Figaro Live

Le BNVCA est présent au procès en appel de l’affaire Merah qui s’est ouvert ce 25 mars 2019 à la Cour d’Assises de Paris.

  

Nous rappelons que du 11 au 19 mars 2012 le djihadiste assassine ,trois soldats français, Imad Ibn Ziaten, à Montauban, Mohamed  Legouad et Adel Chenouf à Toulouse et attaque l’école juive de Toulouse où il abat de sang froid Jonathan Sandler 30 ans, ses enfants Gabriel 3 ans, Aryeh 6 ans et la petite fille Myriam Monsonego 8 ans.

Le frère de Mohamed Merah, Albdelkader et Fettah Maki son ami d’enfance  sont poursuivis pour complicité. L’enjeu majeur de ce procès est d’obtenir leur condamnation pour complicité de crimes terroristes.
Me Muriel Ouaknine Melki et Me Oudy Ch Bloch Avocats de l OJE portent  la parole du BNVCA. Le BNVCA espère que ces individus seront  sévèrement punis .et que la sanction sera à la hauteur de nos attentes.

Quand les nazis prétendaient que le Coran annonçait la venue d’Hitler

Alors que, dans « Mein Kampf », Hitler évoque l’infériorité raciale des peuples non européens, pendant la dernière guerre, la propagande allemande en Afrique du Nord tentait de le présenter comme « le protecteur de l’islam ».

Par notre correspondant à Genève, Ian Hamel | Le Point.fr 

Pendant la campagne de Libye en 1942, un jeune autochtone et un soldat allemand.
Pendant la campagne de Libye en 1942, un jeune autochtone et un soldat allemand.© ULLSTEIN

La photo d’Amin al-Husseini, le grand mufti de Jérusalem, en grande conversation avec le Führer à Berlin en 1941 a déjà été publiée des dizaines de milliers de fois. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands s’étaient attaché les services de quelques religieux qui appelaient les musulmans de l’ex-Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et des Balkans à rejoindre le Reich. Le Croissant et la Croix gammée, paru en 1990, montre également le grand mufti en train de passer en revue des Waffen-SS bosniaques, tout en faisant le salut nazi*. Mais de là à imaginer que la propagande allemande à destination du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord était allée jusqu’à promouvoir un Adolf Hitler grand protecteur de l’islam. Et à diffuser sur les ondes une chanson qui scandait « Allah au ciel, Hitler sur terre »… 

« Achever le travail du prophète »

C’est ce que nous révèle David Motadel, professeur d’histoire internationale à la London School of Economics and Political Science, dans l’ouvrage Les Musulmans et la Machine de guerre nazie, qui vient d’être traduit en français**. David Motadel est déjà l’auteur d’Islam and Nazi Germany’s War. Il raconte que Heinrich Himmler, l’un des plus hauts dignitaires du IIIe Reich, donna l’ordre à l’Office central de la sécurité de « trouver quels passages du Coran fournissent aux musulmans un fondement à l’opinion selon laquelle le Führer était déjà prédit dans le Coran et [avait] reçu l’autorisation d’achever le travail du prophète ». Les experts de la section Orient de l’Office central de la sécurité du Reich finissent par lui répondre que Hitler ne pouvait tout de même pas être décrit comme un prophète. En revanche, pourquoi ne pas le présenter en « Issa » (Jésus), dont le retour était « prédit dans le Coran et qui, à l’instar du chevalier George, triomphe du géant Dajjal, roi des juifs, à la fin du monde ».

Radio Berlin appelle à tuer les juifs

Cette propagande est bien évidemment liée à l’arrivée en 1941 de l’Afrika Korps de Rommel en Afrique du Nord, venue à la rescousse des troupes italiennes (qui occupaient un territoire correspondant à l’actuelle Libye), de plus en plus en difficulté face aux Britanniques. Les Allemands se battent en Tunisie, en Libye, passent la frontière égyptienne et arrivent en juillet 1942 dans le désert à 250 kilomètres du Caire. La campagne anti-juive devient virulente. Le présentateur arabe de Radio Berlin affirme que les juifs fuient le pays et déclare : « Nous remercions Dieu de purifier l’Égypte de ces reptiles venimeux. » Il va jusqu’à inciter ses auditeurs à la violence : « Tuez les juifs avant qu’ils ne vous tuent. »

Mohammed V contre les lois anti-juives

Malgré la montée de l’opposition au sionisme dans cette région, liée à l’arrivée massive de juifs en Palestine, David Motadel constate qu’il n’y a pas eu d’émeutes majeures contre les juifs pendant la guerre. De leur côté, les troupes allemandes n’ont pas eu le temps d’organiser l’extermination de la population juive, car, après leurs premiers succès, à partir de 1943, les militaires britanniques reprennent le dessus. Le sultan du Maroc, Mohammed V, s’oppose même aux lois anti-juives promulguées par le gouvernement de Vichy. En Algérie, une partie des dignitaires musulmans « se montra également solidaire de la population juive », lit-on dans Les Musulmans et la Machine de guerre nazie.

Les Frères musulmans financés par l’Axe

Finalement, les tentatives allemandes d’utiliser la religion pour nourrir l’effort de guerre en Afrique du Nord ont échoué. Est-ce très étonnant ? Les Arabes n’étaient-ils pas, aux yeux des nazis, des sémites, au même titre que les juifs ? Hitler, le premier, insistait sur l’infériorité raciale des peuples non européens. En revanche, en Égypte, l’organisation des Frères musulmans exprimait de la sympathie pour l’Axe. Dès les années 1930, « la délégation allemande au Caire avait même soutenu financièrement les Frères musulmans », révèle David Motadel. Certains de ses membres auraient distribué des tracts favorables aux Allemands au moment où les troupes de Rommel marchaient sur Le Caire. Un court instant placé en garde à vue, Hassan el-Banna, le fondateur de la Confrérie, s’en était sorti en déclarant publiquement qu’il faisait « allégeance aux autorités en place ».

Les musulmans et la machine de guerre nazie, David Motadel (Éditions, La Découverte).© La découverte

* Roger Faligot et Rémi Kauffer, Albin Michel.

** Éditions La Découverte, 435 pages.

Vannes. Des tags menaçants avant la venue de Christine Angot

Au total, six tags menaçants ont été retrouvés près du Palais des arts de Vannes. Ils ciblent l’écrivaine et chroniqueuse Christine Angot.
Au total, six tags menaçants ont été retrouvés près du Palais des arts de Vannes. Ils ciblent l’écrivaine et chroniqueuse Christine Angot. | OUEST-FRANCE

Mélanie BÉCOGNÉE. Ouest France

Ce mercredi 20 mars, six tags antisémites ont été découverts aux abords et sur une porte du Palais des arts de Vannes. Ils visent directement l’écrivaine et chroniqueuse Christine Angot, invitée le week-end prochain dans le cadre du festival Les émancipées.

Balafres sur des visages déjà peints, croix gammées et appel au lynchage. La directrice du Palais des arts Ghislaine Gouby est encore sous le choc. « C’est d’une violence totale. »

Six tags ont été peints au cours de la nuit de mardi à mercredi, à proximité du Palais des arts. Ils visent directement l’écrivaine et chroniqueuse, Christine Angot, qui sera à Vannes samedi 23 2019, à l’occasion du festival Les Émancipées. « Ça a été un très gros choc » , ajoute la directrice.

« Acte antisémite, raciste, appel à la haine »

Le premier a été découvert ce mercredi, vers 10 h, à l’arrière du bâtiment, au niveau de l’accès des décors et du plateau. À peine la directrice avait-elle porté plainte au commissariat « pour acte antisémite, raciste, appel à la haine et dégradation d’un lieu public », que d’autres tags étaient trouvés aux abords du Palais des arts, sur les graffs. « Quand j’ai été portée plainte, les policiers m’ont dit qu’ils n’avaient jamais vu ça. Ghislaine Gouby a également eu le maire de Vannes David Robo au téléphone. « Il va porter plainte au nom de la ville. Et exprime tout son soutien et son estime à Christine Angot. »

Au total, six tags menaçants ont été retrouvés près du Palais des arts de Vannes. Ils ciblent l’écrivaine et chroniqueuse Christine Angot. | OUEST-FRANCE

Celle-ci a été la toute première informée de ces actes. « Je l’ai appelée immédiatement. »Cela remet-il en cause la venue de l’écrivaine ce samedi aux Émancipées ? « Elle m’a seulement dit qu’elle serait heureuse de me voir ce samedi. »

Tous les tags ont été effacés, dès le début d’après-midi, par les services de la Ville de Vannes.

Pour le maire, « ces inscriptions n’ont pas lieu d’être à Vannes »

Dans un communiqué, le maire de Vannes, David Robo, a réagi, en milieu d’après-midi.

« Je condamne avec la plus grande fermeté les inscriptions antisémites découvertes aujourd’hui sur le Palais des Arts et aux abords. J’ai déposé plainte au commissariat,indique David Robo. Ces inscriptions, en lien avec la programmation du Festival les Emancipéés, n’ont pas lieu d’être à Vannes. Je soutiens pleinement Ghislaine Gouby et son équipe : la culture, socle de l’ouverture aux autres et de tolérance, ne doit pas être l’otage de messages nauséabonds ! »

« La haine n’a jamais eu sa place à Vannes et ne l’aura jamais. Notre pays connaît aujourd’hui une fracture morale et sociale sans précédent, les villes n’y échappent pas, mais nous devons trouver des ressources collectives. La lutte contre l’antisémitisme est un combat de tous les instants, et la mobilisation il y a encore un mois sur l’esplanade du Port, avec un millier de personnes, a montré combien nous devions continuer à rester unis contre ce fléau. »

Christophe Castaner réclame la dissolution de quatre associations “légitimant le djihad armé”

Article LCI

Christophe Castaner réclame la dissolution de quatre associations "légitimant le djihad armé"
AFP

SÉCURITÉ – Christophe Castaner a proposé ce mercredi de procéder à la dissolution des associations “Centre Zahra France”, “Fédération Chiite de France”, “Parti Anti Sioniste” et “France Marianne Télé”, au motif que celles-ci “légitiment de façon régulière le djihad armé”. 20 mars 14:04 – La rédaction de LCI

Le ministre de l’Intérieur estime qu’elles “légitiment de façon régulière le djihad armé”. Christophe Castaner a annoncé ce mercredi avoir demandé en Conseil des ministres la dissolution de quatre associations, qu’il accuse notamment de faire “une apologie constante” d’organisations telles que le Hamas, le Djihad islamique palestinien et la branche armée du Hezbollah, “toutes inscrites sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne”, selon le communiqué diffusé par Beauvau.

Les associations visées sont les suivantes : le “Centre Zahra France”, la “Fédération chiite de France”, le “Parti Anti Sioniste” et “France Marianne Télé”. 

Ces organisations “légitiment en effet de façon régulière le djihad armé tant par les prêches dispensés, que par les écrits mis à la disposition des fidèles et des internautes, dont les dirigeants du ‘Centre Zahra’ recommandent vivement la lecture aux fidèles”, poursuit le communiqué. “Ces justifications du djihad armé, sans modération d’aucune sorte, s’accompagnent d’un endoctrinement de la jeunesse du ‘Centre Zahra’ dans la perspective de la guerre sainte.” 

Pour rappel, le Centre Zahra de Grande-Synthe avait déjà été fermé par un arrêté du préfet du Nord en octobre dernier, au motif qu’il contribuait à “la diffusion de l’islam radical”. 

Ce que l’on sait du Centre Zahra France de Grande-Synthe, accusé de contribuer à “la diffusion de l’islam radical”

Pour procéder à ces dissolutions, Christophe Castaner s’appuie sur l’article L212-1 du Code de la sécurité intérieure, et notamment ses alinéas 6 et 7. Deux alinéas qui permettent de viser tout groupement “qui, soit provoquent à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, soit propagent des idées ou théories tendant à justifier ou à encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence”, “ou qui se livrent, sur le territoire français ou à partir de ce territoire, à des agissements en vue de provoquer des actes de terrorisme en France ou à l’étranger”. 

Le ministre de l’Intérieur se dit en tout cas “pleinement déterminé à procéder à la dissolution de toutes les associations qui attisent la haine, appellent aux discriminations et font l’apologie de la violence”. 

Dieudonné Mbala Mbala poursuivi en justice par le BNVCA pour sa chanson “C EST MON CHHOAA” interprétée sur youtube le 22 juin 2017

Le BNVCA sera présent et représenté par Maitre Charles Baccouche aux différentes audiences prévues par la 17 eme Chambre correctionnelle de Paris, suite  notre plainte déposée en 2017 contre le sieur MBALA MBALA ALIAS DIEUDONNE.

Ce dernier s’était rendu complice du délit d’injure publique envers une nation, une race, une religion déterminée, commis par Noémie M. qui a consenti à publier sur youtube, via son compte, la vidéo intitulée “c’est mon shoaa” contenant les paroles suivantes:  Le 22 juin 2017, il avait chanté  “J’ai chaud à la tête devant le barbecue si les merguez sont cachers,  j’aurais peut être la corde au cou, J’en suis déjà à 20.000 euros pour une brochette d’ananas. C’est décidé, je ferai profil bas, c’est comme ça, c’est mon shoaa c’est mon choaaa, …bla bla bla

Nous rappelons que toujours suite aux plaintes déposées par le BNVCA Dieudonné a déjà été condamné définitivement le 16 janvier 2015 par le  tribunal correctionnel de Paris, pour avoir interprété la chanson SHOAH NANAS.

Cette forme de caricature et de moquerie des victimes du plus grand génocide des juifs constitue un délit prévu et réprimé par nos lois. Dieudonné le récidiviste n’a toujours pas payé les amendes auxquelles les tribunaux l’ont condamné.

Le BNVCA compte bien sur les prochaines audiences du  21 Mai et du 10 juillet pour relais, et le 25 septembre 2019 pour plaider, afin que des peines sévères d’amende voire d”emprisonnement soient prononcées à l’encontre des Dieudonné et sa complice Noémie M. qui avait demandé de regarder la vidéo en boucle, 10 fois par personne et par jour, pour “aider Dieudonné à payer ses amendes”. 

Puisque Dieudonné continue à défier les autorités de police et de justice en organisant clandestinement, et illégalement ses spectacles, le BNVCA reste vigilant et le poursuit devant les tribunaux de tout l’hexagone, jusqu’à ce qu’il soit mis hors d’état de nuire.

89% des étudiants juifs de France déclarent avoir subi un acte antisémite

Par Amandine Hirou  L’Express

D'après une vaste enquête Ifop, réalisée à la demande de l'UEJF en mars 2019, 89% des étudiants juifs interrogés affirment avoir été victimes d'au moins un acte antisémite (injure, agression, blague "potache" sur la Shoah, stéréotype) au cours de leurs études.
D’après une vaste enquête Ifop, réalisée à la demande de l’UEJF en mars 2019, 89% des étudiants juifs interrogés affirment avoir été victimes d’au moins un acte antisémite (injure, agression, blague “potache” sur la Shoah, stéréotype) au cours de leurs études. Reuters

L’enseignement supérieur, reflet de la société, n’est pas un rempart contre l’antisémitisme. Un sondage Ifop fournit pour la première fois des chiffres éloquents.

Ces derniers mois, plusieurs événements inquiétants avaient mis en émoi le monde universitaire : comme le saccage du local de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) sur le site de Paris I-Tolbiac, en mars 2018 ; ou, la même année, cette inscription sur les murs de l’université Grenoble-Alpes, soupçonnée de viser son président, Patrick Lévy (“La rentrée, ça gaze(ra) ?”) ; ces tags (croix gammées, mot Juden écrit au marqueur) découverts dans une salle de cours d’HEC à Jouy-en-Josas (Yvelines) ; sans oublier la plainte, le 20 octobre dernier, de cette étudiante en médecine de Paris XIII (Seine-Saint-Denis) qui affirme avoir été victime de “harcèlement à caractère antisémite” au sein de sa fac…  

Des cas isolés ? Combien de jeunes sont-ils confrontés à des propos, des injures ou des agressions antisémites derrière les murs des écoles et des universités française ? Quelle est l’ampleur des préjugés et des stéréotypes véhiculés dans le cadre étudiant ? Une vaste enquête Ifop, réalisée à la demande de l’UEJF en mars 2019 – “le regard des étudiants sur l’antisémitisme” – donne enfin des éléments de réponse. Cette étude est constituée de deux volets : Le premier concerne le ressenti et le vécu des étudiants dans leur ensemble (échantillon de 1007 personnes représentatives de la population étudiante française). Le second concerne le ressenti et le vécu des étudiants de confession ou de culture juives (405 personnes). L’Express vous livre, en exclusivité, ses principaux enseignements.  

Question : Dans le cadre de votre vie étudiante (cours, vie associative étudiante, soirée…) avez-vous déjà été victime de l’un des actes suivants ?  

89% des étudiants juifs interrogés affirment avoir été victimes d’au moins un acte antisémite (injure, agression, blague “potache” sur la Shoah, stéréotype) au cours de leurs études. “Dans un souci de coller au plus près de la réalité du terrain, nous avons comparé ces réponses à celles données par des étudiants non juifs. Or, 45% de ces derniers disent, pour leur part, avoir assisté à au moins un acte antisémite au cours de leurs études. Ce qui donne une idée de l’ampleur du phénomène”, explique Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop.  

Question : Comment avez-vous réagi ? 

Parmi les étudiants juifs qui affirment avoir été un jour victimes d’actes antisémites, seulement 1 % déclarent avoir porté plainte, 8 % ont procédé à un signalement auprès de l’administration de leur université ou école, 19% n’ont rien dit par peur de représailles et 58 % ont tenté de régler la situation directement avec les personnes concernées. “Cela montre le décalage abyssal entre le discours officiel, qui proclame que tout acte antisémite doit faire l’objet d’une plainte, et la réalité du terrain”, affirme Frédéric Dabi.  

Question : Êtes-vous d’accord ou pas d’accord avec les affirmations suivantes ?  

63 % des étudiants interrogés estiment que “les juifs sont injustement attaqués quand les choses vont mal”. L’Ifop les a également questionnés sur différents stéréotypes : 22% pensent que “les juifs sont plus riches que la moyenne des Français”, 18% que “les juifs utilisent dans leur propre intérêt leur statut de victimes du génocide nazi pendant la Seconde guerre mondiale”, 17% que “les juifs ont trop de pouvoir dans le domaine de l’économie et de la finance”…. “Ils sont tout de même moins nombreux à adhérer à certains de ces stéréotypes, comparé à la moyenne des Français, fait remarquer Frédéric Dabi. Cela peut s’expliquer par le fait que le niveau d’études des sondés est plus élevé que la moyenne.”  

Après les attentats de Charlie Hebdo, en 2015, des référents racisme et antisémitisme avaient été nommés dans les établissements du supérieur. On en compte aujourd’hui 150 sur tout le territoire. Problème, 88% des étudiants interrogés n’en ont jamais entendu parler. Confrontés à un manque de visibilité, de moyens, de formation, de manque de structuration… ces référents peinent à s’imposer comme des recours. Un vade-mecumrecensant les outils et les procédures juridiques à leur disposition leur sera bientôt distribué. Une vaste campagne serait également prévue. Comme le prouve cette enquête de l’Ifop, il est grand temps. 

Le BNVCA dénonce et condamne les persécutions antisémites dont se dit victime Mr Jérémy K.. habitant de Sarcelles (95)

Le 16 mars 2019 il dépose plainte après avoir constaté que son véhicule garé dans le parking  situé au sous sol de l’immeuble 19 rue André Gruning à Sarcelles, a été vandalisé, les rétroviseurs brisés, et recouvert d’immondices.

Et de nouveau le 17 mars 2019, il dépose plainte car il découvre des croix gammées taguées sur le mur du même parking, au niveau de sa place de stationnement.

Toutefois la victime nous déclare être étonné, que le fonctionnaire de police n’aura pas jugé utile de souligner le caractère antisémite de ces infractions.

Le BNVCA qui recense les actes antisémites, observe que les attaques visent les juifs au plus près de leur domicile.

Ce type de graffitis est signalé de plus en plus fréquemment  depuis novembre 2018. Anonymes mais ciblés, ils provoquent un réel malaise chez les citoyens juifs qui le découvrent et le subissent comme une sorte de persécution.

Le BNVCA recommande à tout témoin toute victime  de lui signaler ces faits en appelant la hot line 0663883029 ou sur le site BNVCA.ORG.

Assassinat antisémite de Mme Sarah Halimi: Le BNVCA révolté et indigné redoute l’absence de procès du criminel.

Le BNVCA apprend avec consternation, que le meurtrier antisémite de Madame SARAH HALIMI ne sera pas jugé au motif que, selon des  experts son discernement était aboli au moment des faits. 

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, Kobili Traoré s’était introduit chez sa voisine Lucie Attal – aussi appelée Sarah Halimi – au troisième étage d’une HLM de Belleville. Aux cris d’«Allah Akbar», entrecoupés d’insultes et de versets du coran, ce jeune musulman l’avait torturée et rouée de coups avant de la précipiter dans la cour.  

Les enfants de Madame SARAH HALIMI sa famille, comme tous les juifs de France incrédules ressentent un malaise profond, une grande frustration qui marqueront “d’une  pierre noire” l’histoire de la lutte de la France contre l’antisémitisme. Dès le début de l’instruction le Bnvca avait pressenti que ce crime resterait impuni.  

La juge avait dès le début de son instruction refusé la participation des associations  juives et celles qui combattent l’antisémitisme. 

 Aucune enquête n’a été diligentée pour tenter de comprendre pourquoi les policiers arrivés sur place 3 minutes après avoir été appelés au secours puis fortement renforcés par d’autres patrouilles n’ont pas délivré Madame Sarah Halimi des griffes de son tueur alors qu’ils étaient en situation de légitime défense. De nombreux compatriotes de confession juive nous font part de leur désespoir engendré par la façon dont ce crime anti-juif  a été instruit et traité.        

Pour le BNVCA il est paradoxal qu’un conducteur automobile sous l’emprise d’un état alcoolique voit sa peine lourdement aggravée et qu’un drogué  soit excusé légalement.  

Cette affaire rend le BNVCA très pessimiste sur les possibilités réelles d’éradiquer antisémitisme quand les coupables ne sont ni jugés ni condamnés.   

Nous craignons que cette décision n’encourage d’autres prétendus malades mentaux à commettre d’autres crimes  anti-juifs. 

Antisémitisme : les réponses de l’enseignement supérieur

By Haï – Mar 15, 20190139

Le 19 février 2019, en présence du Premier ministre, Édouard Philippe, 20.000 personnes se sont réunies place de la République à Paris. // © Xavier POPY/REAFace à la recrudescence des actes antisémites et racistes, les établissements du supérieur s’organisent. Mise en place de référents, formation des membres du personnel, sensibilisation des étudiants… Les initiatives se multiplient pour enrayer un phénomène dont on mesure encore mal l’ampleur.

Locaux saccagés, tags antisémites, inscriptions de croix gammées, insultes… Ces dernières années, et plus encore ces derniers mois, des actes racistes et antisémites ont troublé la vie de certains établissements d’enseignement supérieur.

Des inscriptions antisémites ont été ainsi été découvertes dans une salle de classe à HEC le 12 octobre 2018. Plus récemment, les 21 et 22 février 2019, des propos antisémites ont été tenus lors d’un colloque international portant sur “la nouvelle école polonaise d’histoire de la Shoah” organisé à l’EHESS.

Ces incidents s’inscrivent dans un contexte particulier : le nombre d’actes antisémites a augmenté de 74 % en France entre 2017 et 2018, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

La Conférence des doyens des facs de médecine a ainsi publié, le 11 février 2019, un communiqué dans lequel elle s’indigne de la recrudescence ” d’actes racistes et antisémites perpétrés à l’encontre des enseignants, des autorités et des étudiants de confession juive et/ou d’origine étrangère”.

Le même jour, la section disciplinaire à l’égard des usagers de l’université Paris 13 annonçait avoir condamné un étudiant à un an d’exclusion, dont deux mois ferme, pour “antisémitisme et harcèlement”. Dix jours plus tard, le 21 février 2019, la CPU (Conférence des présidents d’université) invitait les universités à “prendre des initiatives”.

120 référents racisme et antisémitisme

Pourtant, dès janvier 2015, à la suite des attentats visant la rédaction de “Charlie Hebdo” et l’Hyper-Cacher de la Porte de Vincennes, le gouvernement a incité les établissements du supérieur à mettre en place des référents “RA” (racisme et antisémitisme).

Cette initiative était l’un des volets du grand plan de mobilisation initié par Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur. Le 19 mars 2018, la rue Descartes et la Licra signaient une convention afin de former les référents. Trois sessions doivent avoir lieu courant mars 2019.

Il existe aujourd’hui 120 référents “RA” – 45 dans des universités, et 75 dans des écoles de commerce, ingénieurs, IEP, etc. –, selon Samuel Ghilès-Meilhac, chargé de mission au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Leur rôle ? Traiter les problèmes et faire remonter les informations en cas d’incident, tout en formant les membres du personnel et les étudiants, afin de libérer la parole des victimes.

Encore faut-il que les référents soient connus de tous, ce qui n’est pas toujours le cas. Isabelle de Mecquenem est référente à l’université de Reims Champagne-Ardenne depuis 2015, mais ses coordonnées n’ont été communiquées sur le site web de l’établissement qu’à la rentrée 2018.

Pour accroître leur visibilité et favoriser l’échange d’expérience, certains référents ont décidé de s’organiser en créant un réseau.

À l’université Grenoble-Alpes, syndicats, associations, villes et universités se sont regroupés pour “mutualiser tout ce qui touche à l’enseignement supérieur et la recherche sur les discriminations”, indique Samuel Ghilès-Meilhac.

Une convention entre la Dilcrah (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT) et le Défenseur des droits devrait d’ailleurs bientôt être signée. Et un vade-mecum, à l’image de celui produit sur le harcèlement sexuel, serait également en cours d’élaboration.

Des statistiques encore imprécises

Malgré la présence de référents, le nombre de remontées d’informations ne reflète pas toujours la réalité. Depuis septembre 2018, Isabelle de Mecquenem a été informée “de deux cas d’insultes”, alors que son établissement accueille 40.000 étudiants.

Idem pour Daniel Verba, référent RA à l’université Paris 13, qui a été saisi de six cas en un an, “allant du graffiti raciste, antisémite ou homophobe jusqu’à des cas de harcèlement”,précise-t-il.

Difficile, dans ces circonstances, de mesurer précisément l’ampleur du phénomène. Pour affiner leur perception de la situation, certains établissements ont lancé leurs propres enquêtes. Comme l’université de Lorraine qui, par le biais d’un questionnaire diffusé auprès de 2.000 étudiants, a recensé pas moins de 470 témoignages de discrimination religieuse et 740 cas de discrimination racistes. L’université Paris 13 a également prévu sa propre enquête, qui sera réalisée par le CNRS.

Sensibiliser les étudiants, former les membres du personnel

En attendant que les résultats des enquêtes offrent une photographie plus nette de la situation, des actions de sensibilisation sont organisées un peu partout en France, durant la “semaine d’éducation et d’actions contre le racisme et l’antisémitisme”, du 18 au 24 mars 2019.

À travers des événements organisés par les établissements – conférences, expos, débats… – des sessions de formation pour les membres du personnel et des actions de sensibilisation auprès des étudiants sont prévues“L’objectif n’est pas de s’attaquer aux individus racistes, mais à la socialisation raciste. Il faut chercher à comprendre ce qui se joue”, souligne Daniel Verba.

Parallèlement, des actions plus pérennes sont mises en place dans de nombreuses universités. À l’université de Lille, dans le cadre d’une unité d’enseignement transversale, un module d’une heure et demie sur l’antisémitisme sera proposé aux étudiants.

DANS L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE, ON NE PARLE DES JUIFS EN FRANCE QU’AU SUJET DE LA SHOAH ET DE L’AFFAIRE DREYFUS. IL N’EST JAMAIS QUESTION D’HISTOIRE JUIVE, DE LA PRÉSENCE DES JUIFS DANS LA CULTURE. 
(M. BENOIT)

Une nécessité pour Martine Benoit, la référente RA de l’établissement : Dans l’enseignement secondaire, on ne parle des Juifs en France qu’au sujet de la Shoah et de l’affaire Dreyfus. Il n’est jamais question d’histoire juive, de la présence des Juifs dans la culture. Ils sont toujours montrés comme des victimes”, argumente-t-elle.

L’UPJV (université de Picardie-Jules-Verne) a ainsi développé un projet original de Mooc, soutenu par la Dilcrah :“Déconstruire les préjugés racistes antisémites”, quand des cours sur l’histoire de la médecine nazie sont dispensés à l’université de Strasbourg.

Le doyen de la faculté de médecine, Jean Sibilia, aimerait aussi y organiser une reconstitution théâtrale du procès de Nuremberg.

Au-delà des cours, la sensibilisation des étudiants peut aussi passer par la recherche sur le terrain. À l’INU (Institut national universitaire) Champollion d’Albi, les enseignants emmènent leurs étudiants en Ukraine, afin d’y étudier la Shoah par balles. Ceux-ci doivent ensuite restituer leurs connaissances dans des conférences.

“Les bonnes intentions ne suffisent plus”

Les mesures en matière de lutte contre le racisme et l’antisémitisme à l’université sont récentes, et les référents tâtonnent encore, se questionnent, essaient d’innover. Faut-il une formation spécifique pour les community managers des universités, en prise directe avec la haine en ligne?” se demande Daniel Verba.

“Ces responsabilités-là sont relativement nouvelles pour un certain nombre d’établissements, il faut un temps d’adaptation”, rappelle Samuel Ghilès-Meilhac.

Cependant, les universités doivent parfois prendre des sanctions. Qu’est-il prévu dans ces cas-là? Le référent de l’université Paris 13 est justement en train d’élaborer, avec le ministère, un protocole de signalement, allant du simple rappel à l’ordre à des sanctions plus sévères : “Il existe des procédures en cas d’attaques terroristes, pourquoi ne pas faire de même pour sanctionner les actes de racisme ?”

Si les faits sont graves, répétés, ou qu’il ne semble pas y avoir de prise de conscience de la part des intéressés, l’intervention de la commission disciplinaire est envisagée. À l’étape suivante, l’établissement peut choisir de déposer plainte conjointement avec la victime.

“La tolérance et les bons principes ne suffisent plus. Pour arriver à extraire ce poison du corps social, il ne faut pas hésiter à être volontariste dans la manière d’opérer. Ce qui s’est passé avec #balancetonporc a été relativement efficace pour cette raison, observe Daniel Verba. À l’université, ce n’est pas la tradition, mais il est nécessaire aujourd’hui d’inventer de nouvelles formes de lutte, plus radicales.”

Aude Lorriaux 

La distinction entre antisionisme et antisémitisme par Shmuel Trigano

Le débat sur les formes antisionistes de l’antisémitisme n’a pas eu lieu après les remarques de Monsieur Emmanule Macron à ce propos. On a même eu droit à une pétition de type stalinien avec la publication dans Libération d’une pétition de personnalités – des vieux de la vieille de l’antisionisme – qui ont lancé le défi à Monsieur Emmanuel Macron de venir les chercher si jamais il criminalisait l’antisionisme qu’ils avouent être leur credo. Ce travail sur la convergence de l’antisionisme et de l’antisémitisme a de toutes façons déjà eu lieu durant les années 2000[1] mais les gens ont la mémoire courte.

Une réponse simplifiée avait été donnée par Nathan Shtaransky sous la forme du modèle des 3D: double standard, delegitimation, diabolisation. En somme si, dans votre  critique “légitime” d’Israël, vous pratiquez le double standard moral, critiquant excessivement la politique israélienne sans critiquer celle d’autres pays censés perpétrer la même supposée infraction, alors vous êtes antisémite.

Si, dans votre critique, vous prétendez qu’Israël n’a pas le droit d’exister pour une raison ou une autre, si vous le peignez dans les traits d’une caricature malfaisante et démoniaque alors votre supposé “antisionisme” n’est que la feuille de vigne de votre haine des Juifs.

Si vous fustigez soir et matin la supposée “occupation” de territoires supposés “palestiniens”, sans critiquer l’occupation armée de la moitié de l’ïle de Chpre par la Turquie, l’occupation du Sahara occidental par le Maroc, l’occupation du Tibet par la Chine, l’occupation de la Crimée par la Russie, alors là, oui, vous êtes antisémite.

Si vous condamnez Israël pour commetttre à Gaza des éliminations ciblées de terroristes sans condamner la France qui en commet en Irak, alors là, oui, vous êtes antisémite.

Si vous pensez que l’Etat d’Israël n’a pas le droit moral d’exister parce qu’il se serait fondé sur un crime, à savoir la dépossession de 600 000 réfugiés palestiniens, sans prendre en considération que la majorité de la population israélienne que vous condamnez est issue de l’expulsion et de la spoliation de 900 000 Juifs de 11 pays arabo-musulmans, alors là, oui, vous êtes antisémite.

Si toute critique des actes du gouvernement israélien ou des caractères de l’Etat d’Israël vous conduit à accuser Israël de fascisme et d’apartheid en restant silencieux sur la terreur et la persécution des Chrétiens qui règne dans le monde musulman sous tous les cieux (à commencer par Bethléem), alors là, oui, vous êtes antisémite.

Si vous estimez que les Juifs n’ont pas droit à un Etat qui, par définition, serait raciste parce qu’il serait un Etat “juif”, sans condamner la République parce qu’elle est déclarée constitutionnellement “française” où l’Algérie dont le code de nationalité exige pour être citoyen algérien qu’un des deux parents soit musulman, alors là, oui, vous êtes antisémite.

Si vous pensez que l’Etat d’Israël et le “lobby” juifs mènent le monde, sans fustiger la Conférence de l’Organisation islamique qui compte 67 pays, alors là, oui, vous êtes antisémite.

Si l’on analyse bien le système logique du modèle des 3 D, on se rend compte qu’il repose sur le critère du double standard. C’est un critère pratique et opératoire pour juger de la chose, car il ne rentre pas dans le contenu des arguments. Si on condamne en Israël ce à quoi on reste indifférent ailleurs, il est clair qu’on discrimine Israël, que les enjeux soient vrais ou supposés. Ce qui est stigmatisé en Israël (la diabolisation) est en même temps le contenu du jugement  (la déligitimation). En somme, on condamne ce que l’on a d’abord jugé à charge sans avoir fait la démonstration de la raison du jugement, sans avoir examiné la chose.

On voit qu’en fait le problème fondamental, c’est le récit qui rend compte de la réalité. UN fake récit selon l’expression aujourd’hui courant. C’est une fable manigancée par le “ministère de la propagande palestinien”, sis à Ramallah, à 15 km de Jérusalem. J’ai évoqué la “supposée” occupation des territoires “supposés” palestiniens, je faisais référence à une description de la réalité courante mais fausse, si cette affirmation prétend se fonder sur le “droit international” invoqué à hue et à dia[2]. Elle est fausse car la présence d’Israël dans ces territoires n’est pas juridiquement une occupation. Elle est la conséquence d’une guerre d’agression et du rejet de plusieurs plans de paix successifs par les vaincus. De surcroît, ces territoires n’ont jamais été sous une quelconque instance palestinienne auparavant. Ces territoires se trouvaient sous occupation jordanienne et égyptienne du fait de la guerre de 1948, ils étaient auparavant sous le Mandat britannique au terme duquel les Palestiniens ont refusé le plan de partage de l’ONU (alors qu’ils n’ont jamais contesté par la suite l’occupation jordanienne). Avant le Mandat, ces territoires dépendaient de l’empire ottoman. Ils n’ont jamais été auparavant “palestiniens”. Ils ne constituaient pas une instance politique spécifique et encore moins “palestinienne”.

*à partir d’une chronique sur Radio J le vendredi 1 er mars 2019


[1] CF. les 18 numéros de la revue Controverses en accès libre : controverses.fr

[2] Voir les travaux d’Alan Baker (Jerusalem Center for Public Affairs)

http://jcpa-lecape.org/author/abbjcpa-com/

Le BNVCA salue l’action de la Police de Dijon qui a réprimé la manifestation sauvage organisée contre l’Ambassadrice d’Israel par l’UNEF Sciences Po Dijon dont nous réclamons la dissolution.

Le BNVCA salue l’action de la police de Dijon qui a dispersé et réprimé une manifestation sauvage organisée par les étudiants de l’Unef, et Sciences Po  ce jeudi 14 mars 2018 pour tenter de bloquer la conférence de son excellence Mme Aliza Ben Noun, Ambassadrice de l’Etat d’Israël.

Cette action était aussi menée par des organisations subversives pro palestiniennes comme l’UJFP, la Ligue des Droits de l’Homme, le mouvement de la paix, Sud Solidaire, Collectif 21 pour la Palestine, le Mouvement pour une alternative no-violente, Attac et l’association France Palestine solidarité. Ces mouvements antisionistes sont régulièrement incitatifs à la haine d’Israël qui pousse à l’acte antijuif, et font croître l’antisémitisme le plus meurtrier qui sévit en France.

Le BNVCA a décidé de saisir le Ministre de l’Intérieur et le Ministre des Universités pour réclamer la dissolution, l’interdiction de ce syndicat étudiant, l’UNEF Dijon qui fait preuve de discrimination.

Le BNVCA demande que des sanctions sévères administratives et pénales  soient prononcées contre les dirigeants de ce syndicat qui abusent de leur mandat pour déchaîner la  détestation de l’Etat juif et agresser ses représentants officiels en France.

Le BNVCA salue également Monsieur le Maire de Dijon et le Préfet de Bourgogne qui ont reçu la diplomate israélienne dont la conférence a été très appréciée par les étudiants présents.

Pourquoi ce qui est possible dans d’autres pays ne l’est pas en France. Ne n’avons probablement pas la capacité ou la volonté d’être à la hauteur de cette situation.

Victoire israélienne anti-BDS en Allemagne

Shraga Blum

 par Shraga Blummars 16, 2019in A LA UNEINTERNATIONAL 

Les efforts conjugués d’organisations juives allemandes ainsi que du ministre israélien de la Sécurité intérieure et des Enjeux stratégiques Guilad Erdan auront porté leurs fruits. La terroriste et activiste anti-israélienne Rasmaya Oudeh ne pourra pas s’exprimer lors d’une soirée anti-israélienne prévue à Berlin, que les autorités allemandes ont annulée. La terroriste sera même expulsée d’Allemagne.

Rasmaya Oudeh avait assassiné des civils israéliens en 1969 et depuis sa sortie de prison elle milite à travers le monde en faveur du BDS.

Le ministre allemand de l’Intérieur Horst Seehofer a expliqué que la liberté d’expression est un principe très important mais lorsqu’elle est utilisée pour inciter contre l’Etat d’Israël, les Juifs ou le Judaïsme il s’agit d’un franchissement des lignes rouges. Berlin est une ville d’unité et de solidarité et non de division et de propagande ».

Le ministre Guilad Erdan a déclaré : « La justice et le bon sens l’ont emporté. Je remercie les autorités allemandes pour la décision éthique et sans ambiguïté qu’elles ont prises. Il s’agit d’une décision importante et j’appelle les autres pays en Europe à adopter la politique allemande de tolérance zéro envers les terroristes déguisés en militants des droits de l’homme ».

L’an passé déjà, Rasmaya Oudeh avait été chassée des Etats-Unis après avoir caché pendant des années son implication passée dans le terrorisme meurtrier.

Photo IllustrationTags:BDS

Marseille : Un élan de solidarité contre l’antisémitisme et le racisme

Par Gilbert Gabbay Actualités Juives

Le maire Yves Moraine et la présidente Martine Vassal lors du dévoilement de la plaque. (G.G)

Alors que deux arbres en hommage à Ilan Halimi ont été arrachés dans l’Essonne, à Marseille, le maire des 6e et 8e arrondissements, Yves Moraine, a invité des élus, des responsables communautaires et de nombreux citoyens à se joindre à la plantation d’un chêne pour Ilan Halimi et contre le racisme et l’antisémitisme, dans le parc de la mairie.

Deux actions conjointes pour dénoncer les horribles dégradations, mais aussi pour vilipender toutes formes de racisme et d’antisémitisme. L’antisémitisme est une maladie qui se distille insidieusement dans notre société moderne à travers les réseaux sociaux et ailleurs. À lire Léon Pinsker (1881), ce médecin juif d’Odessa, « maladie » est bien le terme à employer. « La judéophobie est une psychose. En tant que psychose, elle est héréditaire, en tant que maladie transmise depuis 2 000 ans, elle est incurable ». Avec un tel constat, la guérison sera longue à venir, mais les actions comme celle de la mairie des 6e et 8e arrondissements sont nécessaires et salutaires pour tenter d’extirper ce mal.

Devant la stèle contre l’antisémitisme et le chêne, le maire de secteur Yves Moraine a été le premier à prendre la parole en lançant : « Nous sommes réunis ici, citoyens français, juifs et non-juifs pour dire aux sauvages de toutes sortes qu’ils ne gagneront jamais ! Ils arrachent un arbre, nous en planterons mille, l’humanité l’emportera toujours sur la barbarie ! » Puis les responsables institutionnels de la communauté ont unanimement exprimé leur satisfaction pour une telle initiative. Du président du CRIF, Bruno Benjamin, au président du FSJU, Lionel Stora, en passant par Michel Cohen-Tenoudji pour le consistoire et Jean-Jacques Zenou, président de la radio juive de Marseille, ils ont tous exprimé le vœu de voir un jour la France débarrassée de cette gangrène. En fin de cérémonie, le maire de secteur et la présidente LR de la Métropole Martine Vassal ont fini de planter l’arbre et découvert une stèle contre l’antisémitisme et le racisme.

Le BNVCA horrifié condamne l’attentat raciste commis contre des musulmans en prière à Chritchurch en Nouvelle Zelande le 14/3/2019

Le BNVCA condamne avec force l’attentat raciste commis le 14 mars 2019, dans la ville de Christchurch en Nouvelle Zélande où des assaillants d’extrême droite ont massacré des musulmans en prière dans leurs mosquées situées toutes deux sur la Deans Avenue et Linwood Avenue.

Cet attentat islamophobe a fait près de 50 mort et 50 blessés. 

Le BNVCA exprime son soutien et sa sympathie à toute  la communauté musulmane  ainsi éprouvée et à celle de Christchurch en particulier.

Le BNVCA demande aux autorités françaises de prendre les mesures préventives nécessaires de nature à protéger les sites musulmans susceptibles d’être ciblés par des terroristes racistes.

Les origines de l’antisémitisme (Freddy Eytan)

By Haï – 

Pour cibler le fléau actuel voici un rappel sur l’histoire de l’antisémitisme des origines à nos jours:

L’antisémitisme est une pensée déformée et négative, une conception tordue et fausse. L’antisémite se base sur des préjugés primitifs, des idées barbares enveloppées d’une haine coléreuse. L’antisémite est lâche, médiocre et ignorant. Il agit par réflexe collectif et par une passion irrationnelle et trompeuse.

Son raisonnement est contestable et ses arguments sont ridicules. Il pense avoir le monopole de la vérité mais dès qu’on lui démontre le contraire, il sort ses griffes et réagit avec férocité et haine aveugle. L’antisémite est un mégalomane raciste qui croit détenir la marche du monde, le pouvoir de jugement entre les hommes et les femmes, les vieux et les jeunes, et entre le Bien et le Mal.

L’antisémitisme représente le contraire absolu de l’humanisme, l’opposé extrême des valeurs judéo-chrétiennes et des Dix commandements. Ces lois fondamentales et universelles  protègent l’homme au sein d’une société anarchique et bestiale et lui offrent des droits et des obligations civiques élémentaires : “honore ton père et ta mère! “Ne commets point d’homicide! “Ne vole pas!” Ne donne point contre ton prochain un faux témoignage!…

Pour frayer son chemin, pour aboutir à ses fins, l’anti-juif abandonne la conscience des hommes et les libertés. Il écrase les incompatibles et les faibles et écarte les étrangers, les marginaux et tous ceux qui lui font obstacle. Le Juif est la victime et le bouc émissaire. Il représente donc le Mal et il est à l’origine de tous les maux de la terre. Tout ce qui se passe sur terre: les conflits, les guerres, les maladies, les famines, les révolutions et les crises financières sont, selon lui, à cause des Juifs. C’est eux qui sont responsables de la mort de Jésus, c’est le Juif qui sème la discorde entre les peuples, qui détient le pouvoir de l’argent et les banques.

C’est un être différent par sa religion, sa foi, son habillement, son comportement. Ainsi, le Juif est dépeint comme un parasite, un criminel et un être ignoble. Il est caractérisé par sa petite taille, son nez crochu, porteur d’une longue barbe, de papillotes, et un grand chapeau; un individu malpropre, vicieux, intrigant et abject qu’il faut rejeter de la société.

Un jeune élève qui côtoie tout naturellement des camarades juifs en classe peut sourire avec dégoût contre ces allégations stupides puisque la réalité quotidienne est tout à fait différente. Souvent, le jeune catholique, le musulman ou l’agnostique ne sait pas si son ami est Juif et il en ignore la signification.

Quelle différence a-t-il avec lui? Il n’a rien trouvé de spécial, de particulier dans son comportement ou dans son attitude, il est égal à tous les camarades de classe. En effet, n’est-il pas ridicule, idiot et bête de penser comme les antisémites ? Quand j’observe les photos familiales et je relis les lettres de mes ancêtres, de mes grands-parents, de mes parents et de mes anciens camarades d’école, je ne trouve que des récits de fraternité, de tendresse et de bonté. Ces personnages ont éduqué en faveur de la tolérance et de l’amour d’autrui et n’ont jamais fait du mal à une mouche… Les visages de mes anciens coreligionnaires sont heureux, souriants et doux, leur vie était paisible et ils agissaient toujours dans l’intérêt public et pour la sauvegarde de leur Etat.

Les Juifs de la diaspora ont accédé à la citoyenneté pleine et entière et s’efforçaient de s’intégrer dans la société. Ils se comportent en patriotes, combattent dans toutes les batailles et sont fidèles à leur pays natal. Pourquoi donc les blâmer, les repousser et les haïr? Pourquoi les mettre, durant des siècles, au ban de la société? Pourquoi les avoir traqués, les avoir chassés par des pogroms, les avoir brûlé vifs, jetés dans les fours crématoires et fusillé en masse. Pourquoi les antisémites ont-ils incendié des synagogues? Des lieux de culte, de fraternité et de recueillement. Pourquoi ont-ils brûlé des livres de prières, de littérature et de savoir ?

Ces ouvrages ne sont-ils pas destinés à étudier, à apprendre et à enseigner et pour être diffusés à l’humanité entière? L’Ancien Testament juif, la Bible, le Talmud, la Cabale, le Zohar n’ont pas approfondi notre savoir, notre culture et notre sagesse? Des génies, des noms célèbres, comme Baruch Spinoza, Albert Einstein, Sigmund Freud, Franz Kafka, Marc Chagall, Abel Gance, Charlie Chaplin, Marcel Marceau, Maurice Ravel, Yehudi Menuhin, Artur Rubinstein ou Marcel Proust, et tant d’autres, n’ont-ils pas éclairé, chacun dans son domaine et son style, les énigmes de l’univers et les réalités de notre existence? N’ont-ils pas apporté leur contribution lumineuse à chacun de nous y compris aux antisémites? L’Allemagne qui a offert son destin à Hitler n’a-t-elle pas donné au monde: Gutenberg, Goethe, Heine et Beethoven…

Le racisme est une théorie non scientifique de la hiérarchie des races. Comment définir une race supérieure? De la préserver de tout croisement et lui donnant le droit de dominer les autres? C’est absolument absurde! L’antisémitisme définit un racisme uniquement envers les Juifs et il est généralement attribué aux idées de conspiration, de complot et de discours de haine diabolique. Rien de positif dans cette théorie, tout l’univers juif est à mépriser, à haïr.

Pourquoi le Juif est calomnié, accusé et menacé de danger de mort? Pourquoi un enfant Juif de la diaspora doit-il craindre à sa vie, aujourd’hui encore? Pourquoi un jeune israélien entend toujours des discours flamboyants et de haine féroce prononcés par des leaders de pays voisins et des propos antisémites et des arguments rabâchés de la bouche d’un enfant arabe? Hier, le nazisme enseigné aux jeunes allemands la haine de l’étranger et  Hitler était fier de ces enfants blonds, aux yeux bleus, portant l’uniforme avec le brassard de la croix gammée.

Aujourd’hui, un gamin palestinien du Hamas, plongé  dans  la misère est vêtu d’un uniforme de commando et porte un fusil en bandoulière, plus grand que sa taille…Il nous apprend, suite à un lavage de cerveau, que les Juifs sont des ennemis de toujours “sales et puants” et qu’ils sont destinés à l’enfer. Il l’affirme avec conviction avant même de savoir ce que signifie le mot Yahoud? (juif en arabe).

Ce jeune arabe ignore sans doute que durant plusieurs siècles, les Arabes et les Juifs ont vécu ensemble dans une unité de civilisation. Les penseurs de l’Islam et d’Israël puisaient leur vision dans le même monde sémite. Juifs et Musulmans se sentaient frères et vivaient dans le même univers spirituel et intellectuel.

Ce jeune musulman devrait relire les merveilleuses sourates du Coran qui rappellent l’importance du Livre de la Loi de Moise et le rôle constructive des enfants d’Israël. Il doit savoir que la Parole de Dieu manifestée dans la Bible juive, puis dans Jésus-Christ l’est aussi dans le Coran.

Le comportement antijuif consiste dans le manque d’éducation, d’instruction et de connaissance. Les leaders, les éducateurs, les populistes et les démagogues, ainsi que les prêtres religieux intégristes y sont responsables. L’enfant est innocent et un naïf qui récite son chapelet et répète, souvent comme un perroquet, ce que les grands, ses parents et ses supérieurs lui enseignent.

Les antisémites musulmans, chrétiens ou athées représentent un défaut d’intelligence et de jugement et sont emportés par des vagues d’ignorance, d’erreurs fondamentales et de bêtises primaires. Les caricatures et les sermons télévisés diffusés par les chaines arabes constituent une incitation féroce à la haine des Juifs et de l’Etat d’Israël.

Les origines de cette haine féroce et aveugle remonte à la chute de l’empire romain. En l’an 325, le concile de Nicée prend des mesures restrictives contre les Juifs.

Dans la Gaule romaine le code Théodosien contient un grand nombre de dispositions antijuives. En 533, le concile d’Orléans interdit les mariages entre les Juifs et les Chrétiens. Plus tard, sous Robert II le Pieux, les Juifs de France sont placés face à un redoutable dilemme: le baptême ou l’exil.

Les racines du mal sont, nul le doute, d’essence religieuse. Les antisémites ignorent que le Judaïsme appartient à la famille des  trois religions monothéistes avec le christianisme et l’islam.

Ces trois religions ont leurs racines au Proche-Orient et présentent un unique Dieu, créateur, maître de l’univers. Celui qui a été, qui est et qui sera. Israël, frère aîné et préféré de la chrétienté, n’existe par ce qu’il a accepté, sans aucune équivoque et à lettre, les lois de Dieu et a écouté attentivement sa bonne parole.

Elohim, Dieu, est Un et pluriel. Il est uni par un traité d’alliance avec l’Homme. Il n’est pas méchant et cruel, il aime ses fidèles, les hommes et les femmes et les enfants, qu’ils soient Chrétiens, Musulmans ou Juifs. Les trois religions monothéistes se réclament du même prophète, qu’il porte le nom de Moshé, Moise ou Moussa. Elles se ressemblent  par leur rituel qui comporte des lectures et des prières. Les points communs sont aussi nombreux que les différences, et les divergences peuvent donc être aplanies.

Dans ce contexte, il est inexplicable et impardonnable que la chrétienté a pratiqué contre les Juifs une politique d’avilissement, de déshonneur, de rabaissement et de pogromes. La source de l’antisémitisme est sans doute l’enseignement religieux chrétien sous toutes ses formes. Rappelons que le mot “sémite” provient du nom Shem,  fils de Noé, qui signifie en hébreu, à la fois,  nom et Dieu. Ce mot  date de 1845 et il a désigné les différents peuples qui appartiennent à un groupe ethnique d’Asie occidentale et d’Afrique du Nord et parlant des langues apparentées.

La langue arabe, l’hébreu, l’araméen ou l’assyrien sont donc des langues sémites. Le mot sémite s’applique uniquement à une famille sémite et non aux peuples, ni aux races. L’amalgame fait par les antisémites pourrait dire, dans la même veine, qu’un musulman sunnite  d’Afrique du Nord, ou d’Arabie Saoudite comme le célèbre terroriste, Ben Laden, est également sémite tel un juif de France ou d’Israël. Absurdité encore! Depuis toujours, le terme antisémite est utilisé exclusivement contre les Juifs.

Contrairement au christianisme, l’islam n’a pas défini des attitudes spécifiques envers les Juifs. Ils bénéficiaient du statut de “dhmmi”, c’est-à-dire, peuple protégé mais soumis et  demeurant subordonné.

En échange d’une protection physique et de la liberté de culte, les Juifs devaient payer des taxes et porter des vêtements distinctifs. Dans les villes, ils vivaient dans des Mellah, des quartiers séparés, tels que les ghettos de la chrétienté, mais leur rassemblement était volontaire et non forcé et ils n’étaient pas chassés du pays. Lors des persécutions chrétiennes en Europe, il a eu une migration juive importante  vers les pays musulmans.

La religion dans l’islam est inséparable de la politique et elle s’adaptait selon des critères pratiques et spirituels. Les théologiens de l’islam se base sur le verset coranique III, 106: “vous ordonnez ce qui est bon et défendez ce qui est mauvais, et vous croyez en Dieu.”

Le 30 mars 1492, dans l’Alhambra de Grenade, le décret d’expulsion de tous les Juifs d’Espagne est exécuté. Plus de 200 000 Juifs ont pris le chemin de l’exil dans des conditions pénibles et douloureuses. Une partie s’est réfugiée, temporairement,  au Portugal, et les autres se sont dispersés en Afrique du Nord, en Grèce, en Egypte et en Palestine.

La population musulmane était hostile et les autorités appliquaient avec rigueur la ségrégation. Ce n’est qu’à partir de 1517, lors de la victoire des Ottomans que les Juifs séfarades, (Espagnols en hébreu) étaient  accueillis sans contrainte majeure.

Quant aux juifs qui ont fui le Portugal, les Marranes, ils ont renoncé au christianisme et se sont installés à Amsterdam, tels que le philosophe Baruch Spinoza et  les ancêtres de Pierre Mendés France, qui ont trouvé refuge à Agen, en France.

Les premières vagues antisémites débutent donc juste après la chute de l’empire romain et c’est la chrétienté qui a contribué à propager la haine du Juif. Pourtant, comme l’affirme très justement Jules Isaac:

“La religion chrétienne est fille de la religion juive. Le Nouveau Testament chrétien s’est édifié sur la base de l’Ancien Testament juif. A ce seul titre, le judaïsme doit inspirer le respect.”

La majorité des Juifs ont refusé la conversion à la chrétienté comme à l’islam. Ceux qui se sont convertis étaient considérés comme indignes, inférieurs et citoyens de deuxième zone. L’époque médiévale se caractérisait par la séparation forcée des Juifs.

Déjà, en 1179, la loi canonique du Troisième Concile de Latran interdit aux Juifs et aux Chrétiens de vivre ensemble. C’est en Italie, à Venise, la superbe ville romantique, qu’on commence à appliquer la ségrégation. Elle se répandra dans toute l’Italie, puis en France, en 1227, par le concile de Narbonne, et après, dans toute l’Europe.

Les Juifs sont mis à part, parqués dans des ghettos, dans des quartiers séparés où ils sont obligés de résider. Pour pénétrer dans le Ghetto (un mot italien désignant le quartier des fonderies où les Juifs étaient établis) on passe sous une voûte basse pourvue de portes massives et surveillés par des gardiens chrétiens.

La nuit, on a appliqué le couvre- feu et personne ne sortait ni rentrait. Les jours de fêtes chrétiennes et durant les Messes, les portes du ghetto étaient fermées. Le statut politique et juridique et leur organisation socio-économique des Juifs étaient inférieurs et formaient un monde particulier et différent.

Les Juifs ne jouissaient d’aucun droit, ils étaient soumis à toutes vexations et affublés de rouelles jaunes. L’agriculture et la plupart des métiers et des commerces étaient interdit. Un Juif n’avait pas le droit d’acquérir des biens immobiliers et notamment d’être propriétaire d’une maison.

Les Chrétiens justifiaient la ségrégation par des considérations théologiques. L’antijudaïsme catholique accusait les Juifs d’être infidèles à Dieu. Cette doctrine était fondée sur l’idée que la perte de l’indépendance juive en Terre Sainte et la destruction du Second temple de Jérusalem par les Romains, en l’an 70, était un acte de Dieu punissant le peuple coupable de la mort du Christ.

Une  accusation contraire aux faits historiques puisque ce sont les Romains et non pas les Juifs qui on crucifié Jésus et que le Sanhédrin, qui était à la fois, le conseil du gouvernement et cour de Justice, ne pouvait plus prononcer des peines capitales. Cette doctrine chrétienne justifiait à compléter l’œuvre de la Providence et permettait les massacres et les expulsions.  A la fin du 19ième siècle, une grande partie des Catholiques acceptent le mot et l’idée d’antisémitisme. Il s’agissait  d’une lutte sociale, politique et surtout religieuse.

Pour les masses paysannes et ignorantes de l’époque, le Juif est le “buveur de sang”.  Depuis le Moyen Age, les antisémites racontent que les Juifs ont l’habitude de kidnapper un enfant; après l’avoir torturé et tué, ils prennent le sang pour cuire du pain d’azyme.

Des rumeurs, des histoires à dormir debout et stupides, des mensonges et calomnies absurdes et sans fondement ont alimenté de nombreux ignorants à travers les siècles. Le préjugé du meurtre a pu s’accréditer,  pendant des siècles, parmi les populations les plus diverses d’Europe. Il a provoqué des assassinats, des pillages et des exécutions en masse.

Le 26 mai 1171, sur les bords de la Loire, à Blois, l’accusation du meurtre rituel est lancée contre les Juifs. Refusant le baptême, la communauté entière sera brûlée. Les Juifs mourront en proclamant l’unité de Dieu et en le glorifiant publiquement.

Plus de 7 siècles plus tard, en 1913, à Kiev, le procès de Mendel Beilis fera sensation. Il a été accusé du meurtre rituel d’un enfant chrétien. De brillants avocats venus de l’étranger réussissent à prouver son innocence et le jury composé de 12 paysans russes l’a acquitté. Une histoire infâme parmi tant d’autres.

 Le Juif est accusé d’empoisonner les puits, de profaner les hosties et il représentait le Diable en personne. Lié à la finance, le juif est assimilé à l’usurier qui vole l’argent de la population chrétienne.  Des récits sans preuves sont propagés, comme la vitesse de l’éclair, par des curés envoyés par l’Eglise. Des amalgames extravagants, des mensonges flagrants, et des méthodes artificielles qui comparent le sang  de couleur rouge  avec le vin pur et bénit, cette boisson alcoolisée qui réjouit le cœur de l’homme…Tout cela est monstrueux d’ineptie.

La Révolution française marque un tournant dans l’histoire des Juifs d’Europe. Le principe de l’égalité des Juifs devant la loi est établi.

Pourtant en Angleterre, quand en 1868, Benjamin Disraeli devient Premier ministre, ses adversaires ironisaient sur son origine juif, c’est ainsi que Disraeli a répondu au Parlement de Westminster:

“Oui, je suis Juif et quand les ancêtres de mes honorables adversaires étaient des brutes sauvages dans une île inconnue, les miens étaient prêtres au Temple de Salomon…”

En 1807, Napoléon Bonaparte réunit un grand Sanhédrin (assemblée). Il soutient le principe de la fraternité entre Français de toutes confessions y compris les mariages mixtes. Les rabbins s’y opposent mais ne peuvent arrêter le mouvement de conversion. Par milliers, les Juifs se faisaient baptiser mais ne couper pas les ponts avec leur communauté d’origine.

Les Juifs qui étaient fidèles à leur foi trouvent la formule en se définissant, à la fois comme juifs et comme citoyens. Ils étaient donc Français, Allemand ou Anglais de confession juive ou israélite. La séparation de l’Eglise et de l’Etat accentuera le mouvement d’intégration. La communauté religieuse cesse d’être une entité politique pour devenir une composante de l’Etat-nation.

A cette époque, des nouvelles idéologies et des évolutions scientifiques et linguistiques se propagent. Elles distinguent l’indo-européen des langues sémites. Charles Darwin, naturaliste anglais, explique l’évolution biologique par la sélection naturelle. Le comte Joseph Arthur de Gobineau, diplomate et écrivain français, et théoricien du racisme, publie son “Essai sur l’inégalité des races humaines”.

Il expliquait que “les Allemands, représentants parfaits de la pureté raciale, sont en droit de se dire supérieurs par définition, aux juifs qui, eux, sont de petite taille, ont de cheveux bruns et les yeux foncés.”

Quand on observe les milliers de juifs blonds et grands de taille venus en Israël de Russie; les albums de photos des premiers pionniers israéliens, en majorité des athlètes, installées au début du siècle dernier, ou les jeunes joueurs de basketball dans les équipes israéliennes, dépassants les deux mètres de haut,  on peut sourire avec mépris et interroger: sur quelle étude scientifique? Sur quelle enquête approfondie se base cet indigne diplomate?

En 1863, éclate en Autriche  une crise financière qui se répandra en Europe centrale et le mot “antisémite” apparaît pour la première fois. En 1879, il est utilisé par un juif converti, le journaliste allemand, Wilhelm Marr. Les flèches haineuses seront  visées uniquement contre les Juifs pour bien montrer le mépris qu’éprouvent les Allemands et les Autrichiens à leurs égards.

La “supériorité et la pureté” de la race aryenne n’est plus basée sur la religion mais s’appuie, par les nouveaux antisémites, sur une argumentation, soit disant pseudo-scientifique, et sur le postulat d’une race sémitique. Selon cette théorie, les Juifs constitueraient une race inférieure porteuse de caractères nocifs pour le groupe social de sang non sémite.

En Allemagne, le thème du “complot juif” apparaît avec le roman “Biarritz” d’Hermann Goedsche, publié plus tard en France sous un autre titre. Il raconte comment, dans la nuit noire, les chefs des douze tribus d’Israël se rassemblent dans le cimetière de Prague et proclament, sous la présidence du diable, la domination du monde…Quelle fâcheuse fabulation!

En Amérique, le mouvement extrémiste et raciste Ku Klux Klan se répand contre les Juifs, les catholiques, et les Noirs. Vêtus comme des fantômes, couverts de la tête aux pieds et cachant leur visage par lâcheté, ils pratiquent, dans la nuit noire, un cérémonial obscur et abject.

Leur idéologie xénophobe, lancée lors de la guerre civile entre le Nord et le Sud au début du 20ième siècle, est dirigée contre les nouveaux immigrants venus d’Europe dont une grande partie était juive. Ce n’est qu’un siècle plus tard, que l’Amérique  nomme un Secrétaire d’Etat, un ministre ou un ambassadeur juif, et a élu triomphalement, un Président noir!

En 1825, Nicolas 1er, nouveau Tsar de Russie, note dans son journal: “les Juifs sont la cause de ruine pour les provinces paysannes. Ils sont ici les plus riches et les plus importants propriétaires fonciers, après la noblesse; ils exploitent le peuple jusqu’à épuisement.

Tout est concentré entre leurs mains. Ce sont de véritables sangsues qui s’accrochent au peuple et boivent son sang”. Le tsar qui considérait les Juifs comme un élément nuisible, décide d’imposer le service militaire obligatoire à la communauté juive. A l’époque, dés l’âge de 12 ans, les enfants étaient enlevés à leur famille pour la préparation militaire mais pour les Juifs on les mobilisés déjà  à l’âge de 8 ans!

Aujourd’hui encore, des chefs de bandes terroristes et de tribus, préparent des enfants à la violence et à la guerre. En Afrique ou dans les territoires palestiniens, des jeunes innocents sont mobilisés et éduqués pour haïr et tuer sans savoir pourquoi. En Russie de l’époque, des enfants fragiles étaient secoués dans leur sommeil et effrayés par des soldats cruels et obsédés du sadisme. Ils étaient arrachés de leurs parents et amenés de force dans le froid de Sibérie. L’enfant juif qui refusait le baptême était soumis à la torture. Il restait agenouiller durant de longues nuits jusqu’à l’épuisement total.

Pour pouvoir forcer l’assimilation des Juifs, Nicolas 1er  a imposé des zones à résidence obligatoire et a contrôlé les écoles juives en les privant de l’étude de l’hébreu. Son successeur Alexandre II a tenté d’alléger les contraintes discriminatoires  mais a divisé les Juifs en classes. Il récompensera les “bons” Juifs et réprimera les “mauvais”, selon des critères basées surtout sur l’instruction et les diplômes.

En 1871, lors de la Pâques orthodoxe éclate à Odessa une manifestation violente sans précédent. C’est le premier pogrome (saccage en russe) au sein de l’empire russe.

10 ans plus tard, le 1er mars 1881, le tsar Alexandre II, est assassiné  après 26 années de règne absolu. Les Juifs sont mis, une fois de plus, sur la sellette et seront victimes de plus de deux cents pogromes terribles et des vagues de terreur  sauvages qui dureront  plusieurs années.

Dans des dizaines de localités, les Juifs sont attaqués par des foules déchainées qui tuent, violent et pillent sous le regard passive des autorités. A Kichinev, à Kiev, à Varsovie, et dans les pays Baltes,  on dénombre des centaines de morts et des milliers de blessés. Les Juifs sont expulsés de Moscou. Les pogroms sanglants, la famine, la misère et l’angoisse de l’avenir incitent des Juifs a quitté leur pays natal pour s’installer en Palestine, la Terre promise.

En Allemagne, le pasteur protestant, Adolf Stocker, fonde l’Union des travailleurs socialistes chrétiens et préside le premier congrès antisémite international qui se tient à Dresde en 1882.

Dans plusieurs pays, des mouvements et des partis antisémites se forment et des publications racistes et ignobles sont publiées.

Sous le régime des tsars, l’antisémitisme est largement répandu avec la bénédiction des autorités et de l’Eglise. En 1898, la police secrète de Nicolas II, l’Okhrana, publie les Protocoles des Sages de Sion, ouvrage apocryphe et ignoble écrit par Mathieu Golovinski. Ce faussaire russe antisémite est présenté comme un projet juif d’hégémonie mondiale.

Les Juifs sont dénoncés comme une présence étrangère qui agit clandestinement à des fins subversives. Ce faux ouvrage sera traduit dans plusieurs langues et sera publié dans de nombreux pays.  Sa publication  a incité les pogroms de 1906 et 1907 en Russie, et inspireront la propagande nazie et Adolf Hitler pour exprimer des idées racistes et antisémites qui figurent notamment dans Mein Kampf.

Ce n’est qu’en 1921 que le Times de Londres dévoile la supercherie. Trop tard! Jusqu’à ce jour, les Protocoles des sages de Sion sont présentés par les antisémites et antisionistes comme un “ouvrage de référence”…Au début du siècle dernier, aux Etats-Unis, Henry Ford, le magnat de l’automobile, les publies dans son journal The “Dearborn Independent” et le père Charles E. Coughlin les a reproduis dans son livre “Social Justice”.

La France n’est pas épargnée par l’antisémitisme. Pourtant, deux Juifs siégeaient au parlement: Achille Fould et Adolphe Crémieux, le fondateur de l’Alliance israélite universelle, qui devient ministre de la Justice et signe, en 1870, le décret accordant aux Juifs d’Algérie la nationalité française. Un an plus tard, après l’annexion de l’Alsace Lorraine par la Prusse, une grande partie des Juifs manifestent leur attachement inébranlable à La France. Rien à faire, les antisémites sont toujours présents et élèvent leurs voix.

Gougenot des Mousseaux publie: “le judaïsme et la judaïsation des peuples modernes”. Il considérait que la Cabbale a été inspirée par Satan et était persuadé qu’il s’agit d’un ouvrage qui prêche la destruction de la société chrétienne pour instaurer un régime juif. D’autres livres et brochures paraîtront tels que “l’antijuif”, “Juifs nos maîtres” ou “le Juif, voilà l’ennemi”.

L’Europe entière traversait une crise économique profonde et les faillites se multipliaient. En France, le krach de l’Union Générale a renforcé la thèse du “complot juif”. Le bruit a couru qu’Eugène Bontoux, le fondateur de cette banque catholique, et un ancien employé de Rothschild, a été étranglé par le célèbre baron et philanthrope juif. Une rumeur absurde propagée par l’extrême droite et la presse catholique de l’époque.

En 1872, on dénombre en France métropolitaine 86 000 Juifs sur 39 millions d’habitants. À cette époque vivent en Autriche-Hongrie deux millions de Juifs et cinq millions en Russie.

Cependant, la défaite militaire de 1870, l’annexion de l’Alsace-Lorraine par les Allemands et l’écroulement de l’Empire créent des bouleversements sociaux et des tensions. Ils menacent gravement l’équilibre de la société française. Les couches ultraconservatrices se font entendre et lancent des campagnes antisémites virulentes. Elles sont encouragées par une partie de l’Église et par les leaders d’opinion catholiques. Bien que l’antisémitisme religieux en France soit omniprésent et latent depuis des siècles, il remonte à la surface avec férocité, encouragé par les philosophes et écrivains de l’époque qui s’appuient sur des textes de Voltaire décrivant ainsi les Juifs : « Il est un peuple obscur, imbécile, volage, amateur insensé de superstitions. Vaincu par ses voisins, rampant dans l’esclavage. »

Des publications et journaux antisémites sont nés avec des caricatures abjectes, dont  La France Juive, un ouvrage infâme qui impute aux Juifs tous les malheurs économiques et sociaux en France, alors que les Juifs représentaient moins de un pour cent de la population. En 1845, le révolutionnaire et anticapitaliste, Alphonse Toussenel, publie “les Juifs, roi de l’époque: histoire de la féodalité financière”. Cet ouvrage ignoble publié chez Marpon et Flammarion est diffusé en 13 éditions.  En juin 1883 est publié dans “L’Antisémitique”  une enquête sur les Juifs. Ses lecteurs sont invités à signaler “tous ceux qui occupent dans leur ville et dans leur département, des fonctions politiques, administratives ou judiciaires. L’armée n’est pas épargnée.

En janvier 1892, Edouard Drumont lance La Libre Parole avec le sous-titre « La France aux Français ». Il dénonce “le complot international” fomenté par les Juifs et les francs-maçons pour détruire la chrétienté et contrôler la planète. Absurdité monstre!

Les Juifs de France, dont plusieurs milliers ont quitté l’Alsace-Lorraine occupée par les Allemands, sont désignés comme les complices des ennemis d’hier. L’esprit de « revanche » domine l’opinion. Pour Drumont et ses adeptes, tout Juif est considéré comme un traître en puissance aux ordres de l’Allemagne. Désormais, les nouveaux racistes qualifient le Juif de « traître à la nation française et à son armée, à l’Église, un agent démoniaque et corrupteur, appartenant à un peuple monstrueux maniant les puissances mystérieuses de l’argent ».

Ces accusations insultantes sont prises au sérieux par toutes les strates de la population. Dans l’armée, les officiers juifs protestent et demandent réparation. Ils sont isolés, humiliés.

Et pourtant, depuis un siècle, les Juifs de France servent la France avec un dévouement passionné. Ils ont versé leur sang pour sa défense et sur tous les champs de batailles, notamment au cours de la guerre de 1870.

Samedi 5 janvier 1895, sur la place Fontenoy et dans la grande cour de l’école militaire, une foule dense hurle : « Morts aux Juifs ! À mort le traître » ! Le capitaine Alfred Dreyfus apparaît en uniforme, droit et blême. Le général Darras donne le jugement du Conseil de Guerre :

” Alfred Dreyfus, vous êtes indigne de porter les armes. Au nom du peuple français, je vous dégrade ! Exécution !”

“Soldats, on dégrade un innocent ! Soldats, on déshonore un innocent ! Vive la France ! Vive l’armée ! » Répond le capitaine juif, innocent et impuissant à se défendre.

Cette scène ignoble et scandaleuse déclenchera une vague d’antisémitisme en France, mais aussi une importante polémique sur la place publique avec le fameux J’accuse d’Émile Zola paru dans l’Aurore. L’Affaire Dreyfus a ébranlé la société française et a modifié la politique de la France. Elle  provoque surtout un changement profond dans la pensée des Juifs d’Europe. Théodore Herzl, journaliste autrichien qui assiste au procès de Dreyfus, écrit à Paris : L’État Juif.

C’est dans la ville Lumières que le sionisme est né. Un an après, en 1897, le premier Congrès sioniste se réunit à Bâle. L’affaire Dreyfus n’illustre pas seulement une erreur judiciaire monstre, elle a démontré le fait que des Français de la France républicaine et civilisée, celle de la Déclaration des droits de l’Homme désire condamner, à travers un Juif (qui était d’ailleurs assimilé) l’ensemble de tout un peuple, en scandant avec haine: “Mort aux Juifs! Mort aux Juifs!

Les pogromes et les vagues antisémites provoqueront l’exode et un grand courant d’émigration.

En 1927, Staline et Kalinine ont voulu régler la question juive par une solution rationnelle. Ils  décident d’installer des Juifs au Birobidjan, à plus de 8000 kilomètres de Moscou; la distance aérienne entre Tel-Aviv et Paris, aller retour… Le Birobidjan est un territoire de 37 314 km2  situé entre la Mandchourie et  la mer du Japon. La température en hiver plonge à -20 degrés! Le projet a pour but de renforcer la sécurité de l’Union Soviétique en Extrême-Orient mais surtout d’isoler les Juifs, de les détourner du sionisme, et de leur permettre une vie autonome.

En 1934, un premier congrès constitutif est réuni à Birobidjan. Cent soixante deux délégués juifs, d’imminentes figures du monde de la littérature, des beaux-arts et des sciences sont présentes. Un vibrant poème intitulé Birobidjan est publié. Le grand retentissement encouragé et orchestré par les autorités soviétiques transforme ce poème en hymne national de la République autonome juive.

En dépit des efforts considérables du Politburo et les échos favorables au sein de la classe politique et de l’intelligentsia, le projet Birobidjan sera un véritable fiasco : moins de quinze mille Juifs suivent l’appel.

Plus tard, en 1958, Nikita Khrouchtchev expliquera cet échec par la réflexion suivante : « Au départ, il existait un énorme enthousiasme pour le Birobidjan, des dizaines de milliers de Juifs se sont inscrits. Dans ce vaste et riche pays, les conditions étaient excellentes pour développer l’industrie et l’agriculture mais les Juifs ne se sont pas adaptés parce qu’ils ne sont pas capables de vivre en collectivité, les Juifs sont en fait des Gitans intellectuels… »

Sous certains  tsars, les Juifs ont bénéficié d’une relative tolérance sur le plan religieux, et il existait en 1917 plus de trois mille synagogues. Ce n’est qu’après la Révolution bolchevique qu’il n’existe plus d’autorité religieuse centrale, ni d’organisme représentatif. En dépit du fait que la population juive est par ordre d’importance numérique, la deuxième dans le monde, la communauté juive d’URSS, officiellement l’une des cent nationalités de l’Union, ne possède aucun organisme central de coordination ni un Consistoire comme en France. Dans cet Etat athée, le code pénal restreint l’expression de la liberté du culte et le judaïsme ne reçoit aucune subvention d’un Etat laïque par définition. Selon la doctrine marxiste, « la question juive » n’existe plus, ni non plus la notion de « grande nation juive unifiée ».

Pour les Soviétiques, les Juifs font partie des différents peuples du monde dans lesquels ils ont choisi de vivre. L’Union Soviétique reconnaît la nationalité « juive » qui figure sur les documents d’identité de ses « ressortissants » mais contrairement aux autres nationalités, il n’y a pas d’enseignement officiel de la culture et de l’histoire dans la langue « nationale » des Juifs russes, le yiddish.

La doctrine officielle décourage la religion et propage l’antisionisme. La dernière édition  russe de la Bible remonte à avril 1917, quelques mois avant  la Révolution bolchevique.

Le 5 février 1918, c’est la séparation totale de l’Eglise orthodoxe de l’Etat. L’enseignement à l’école est athée et les lois de l’époque tsariste sur le mariage et le divorce sont abolies. Les Juifs  sont les plus touchés par les nouvelles lois antireligieuses décrétées par Lénine. La Thora est la source du judaïsme et durant des millénaires a préservé le caractère unique du peuple juif. Après la révolution bolchevique, les menaces d’assimilation sont omniprésentes et le nouveau régime encourage l’athéisme.

Toutefois, malgré ce déchirement dans les valeurs du judaïsme, nombreux sont les Juifs qui adhérent à l’appareil du parti communiste et certains comme Trotski (Bronstein) se trouvent avec Lénine à la direction du parti et dirigeront l’Armée Rouge et la politique étrangère de l’Union Soviétique. Tous les dirigeants juifs seront écartés par Staline puis déportés ou assassinés.

Après la Deuxième Guerre mondiale, les autorités soviétiques interdisent la publication du Livre noir, un recueil de témoignages sur les atrocités de la Shoah. Les éditeurs de cet ouvrage sont arrêtés et emprisonné dans une Psykhouchka, hôpital  psychiatrique tristement célèbre. Pourquoi les chefs communistes ont préféré garder le mutisme? Pourtant, les Russes se sont battus courageusement contre les barbares nazis et ont été les premiers à découvrir les usines de la mort. Ne sont pas t-ils pas les premiers à  libérer le camp d’Auschwitz- Birkenau ? La réponse est simple, Staline à lui aussi commis  des crimes abominables contre l’humanité, contre son propre peuple. Maître absolu de l’Union-Soviétique, il a appliqué la Grande Terreur, avec des faux procès, la déportation massive dans des camps de concentration et de travail, et l’extermination collective. Plus de dix millions de citoyens soviétiques ont trouvé la mort par des purges staliniennes. Un chiffre effroyable et inimaginable, impensable après l’hécatombe de la deuxième Guerre mondiale et la Shoah.

Entre 1881 et 1914, année du déclenchement de la Première Guerre mondiale, plus de 2750000 Juifs quittent  l’Europe orientale pour s’installer en Grande Bretagne, en Amérique, et principalement à New York, d’autres partiront en Palestine. La carte démographique du monde juif commence à se  transformer d’une manière considérable et spectaculaire. Les Juifs de la diaspora s’intègrent parfaitement dans leurs nouveaux pays en tant que groupe dans une société où ils sont minoritaires, tandis qu’en Palestine, les Juifs sionistes combattent l’assimilation et souhaitent créer un Etat juif indépendant.

A la fin de la Première Guerre mondiale, l’empire ottoman s’effondre. La France et la Grande Bretagne se partagent le Proche-Orient (accord Sykes-Picot) Londres accorde un foyer national aux Juifs (déclaration Balfour). Lors de la guerre mondiale de 14-18, un grand nombre de Juifs périssent sur les champs de bataille (plus de 140000). La révolution russe de 1917 a aboli les restrictions tsaristes mais les bolcheviques n’élimineront pas les préjugés anti-juifs et leurs persécutions ont désormais pour motif des aspects idéologiques.

Les premières vagues d’immigration en Palestine ont été très mal accueilli par les Arabes. Des émeutes éclatent contre les Juifs, à Jérusalem, Safed et Hébron, sous les yeux de soldats Britanniques indifférents. De véritables pogromes à caractère religieux et fanatique, revêtus de propagande à des fins politiques. Ils feront  des dizaines de morts et des centaines de blessés; des vieillards, des femmes et des enfants seront les  victimes. Cette lutte antijuive et antisioniste est orchestrée par le Mufti de Jérusalem, Amin El Husseini. Le même Mufti qui le 21 novembre 1941 rencontre Hitler et lui demande un engagement en faveur de la cause arabe.

    Ce texte a été publié dans l’ouvrage La Shoah expliquée aux jeunes, publié en 2010 aux Editions Alphée-Jean-Paul Bertrand.


Pour citer cet article

Le CAPE, « Conférence du JCPA-CAPE sur l’antisémitisme et l’antisionisme », Le CAPE de Jérusalem, publié le 12 mars 2019

Pour un prix Nobel de mathématiques juif, la théorie des jeux serait la solution

À Jérusalem, Robert Yisrael Aumann raconte son histoire entre l’Allemagne et New York, et dissèque le conflit israélo-palestinien

Par AMANDA BORSCHEL-DAN

Le Prix Nobel israélien, le professeur Robert Yisrael Aumann (à droite) s'entretient avec le journaliste Matthew Kalman lors d'un événement organisé par le Times of Israel Presents, organisé en partenariat avec Beit Avi Chai à Jérusalem, le 12 décembre 2018. (Dana Bar Siman Tov)

Le Prix Nobel israélien, le professeur Robert Yisrael Aumann (à droite) s’entretient avec le journaliste Matthew Kalman lors d’un événement organisé par le Times of Israel Presents, organisé en partenariat avec Beit Avi Chai à Jérusalem, le 12 décembre 2018. (Dana Bar Siman Tov)

En avril 1938, deux garçons juifs à Francfort, en Allemagne, discutent de l’arrestation du rabbin de leur communauté dans le mois ayant suivi l’annexion de l’Autriche. Comme seulement 1 % des citoyens allemands, leur rabbin a voté contre le référendum du 10 avril qui demandait : « Approuvez-vous la réunification de l’Autriche avec le royaume allemand réalisée le 13 mars 1938 et votez-vous pour la liste de notre Führer, Adolf Hitler ? »

Lors d’une soirée portant sur des histoires et des explications académiques organisée par le Times of Israël, en partenariat avec Beit Avi Chai, le mathématicien et prix Nobel Robert Yisrael Aumann a déclaré au théâtre bondé de Jérusalem que lui et son grand frère, sur le moment, pensaient que le rabbin devait être arrêté et emmené dans un camp de concentration.

« Le rabbi l’avait bien cherché », se souvient-il s’être dit. « Il le méritait, car on était supposé voter oui », a déclaré Aumann, expliquant le processus de sa réflexion lorsqu’il avait à peine 8 ans.R

« Nous étions deux enfants juifs dans l’Allemagne nazie, tellement influencés par le narratif qui nous entourait que nous, enfants juifs, c’est ce que nous pensions ! », a déclaré Aumann, encore surpris, des années plus tard.

En 2005, Aumann a reçu le prix Nobel en Sciences économiques. Le professeur de l’Université hébraïque est surtout connu pour ses travaux sur l’analyse de la théorie des jeux, qui ont pour objectif de trouver des modèles mathématiques et stratégiques conduisant à des solutions aux conflits menés par des organismes rationnels. Une grande partie de la solution, a déclaré Aumann, réside dans les mesures incitatives.

La théorie des jeux est utilisée dans des situations où les joueurs interagissent et visent différents objectifs, a déclaré Aumann. Il peut être appliqué à presque toutes les zones de conflit, de l’achat d’une maison à la paix au Moyen-Orient.

Interrogé par le journaliste Matthew Kalman, Aumann fait des pauses et réfléchit avant de répondre aux questions les plus difficiles, tout en racontant sa vie avec humour et comment il est arrivé à la fois à sa spécialisation dans les mathématiques et dans un État jeune, Israël, en 1956.

Aumann a raconté comment sa famille, très pratiquante, avait fui l’Allemagne nazie juste avant la Nuit de Cristal et était arrivée aux États-Unis par voie maritime, en couchette première classe.

« Nous ne pouvions pas emmener de l’argent d’Allemagne », a-t-il déclaré. La famille a donc expédié tous ses biens durant ce voyage, dont un magnifique piano Steinway, toujours en possession des Aumann.

Une fois sur les côtes new-yorkaises, cependant, les parents ont dû multiplier les petits boulots pour joindre les deux bouts. Il a dit qu’il avait eu une belle enfance, à la fois en Allemagne et à New York.

Le professeur Robert Yisrael Aumann, lauréat du prix Nobel israélien, prend la parole lors d’un événement du Times of Israel Presents, organisé en partenariat avec Beit Avi Chai à Jérusalem, le 12 décembre 2018. (Dana Bar Siman Tov)

« Nous achetions des œufs fêlés, qui étaient moins chers, mais c’étaient des œufs », a-t-il dit en haussant les épaules. « Nous allions bien. »

Ce sont les difficultés financières de sa famille qui ont initié le futur mathématicien à la théorie des jeux. Sa mère apportait parfois des friandises à la maison, telle une barre chocolatée, à partager entre les deux fils. Comme la plupart des enfants, ils se plaignaient de la division des bonbons.

Sa mère eut une idée brillante : Aumann divisait puis son frère Moshe choisissait. De cette façon, aucun des deux ne pouvait se plaindre et Aumann fut incité à couper les parts de manière équitable. Comme tout bon fils juif, a-t-il ri, il doit son succès à sa mère.

Quand on lui a demandé pourquoi il a été attiré par les mathématiques, il a réfléchi et a répondu : « C’est beau, c’est beau. » Il aime la pensée précise, – « un art ».

Un jeu aux conséquences graves

Ayant atteint l’âge adulte pendant la guerre froide, la plupart des premiers travaux d’Aumann sur la théorie des jeux portaient sur la réflexion stratégique concernant la réduction de la course aux armements entre l’Union soviétique et les États-Unis.

C’était une période existentiellement effrayante et dans les années 1960, par exemple, il y avait une tendance aux États-Unis de la part des particuliers à construire des abris anti-bombes. Les Soviétiques, a-t-il dit, y voyaient un comportement extrêmement agressif, comme s’ils se préparaient à une deuxième frappe. Dans l’esprit soviétique, les abris anti-bombes signifiaient que les Américains allaient attaquer, puis se terrer lors de la réaction soviétique.

« La théorie des jeux était la colonne vertébrale de la politique de la période de la guerre froide », a-t-il déclaré, ajoutant que l’ancien secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger avait été professeur sur le sujet à l’université de Harvard.

Professeur Yisrael Robert Aumann (Flash90)

La clé, a-t-il déclaré, est de maintenir un « équilibre de peur » tel que les deux camps n’utilisent pas leur stock d’armes en plein essor.

Lors de la crise des missiles cubains de 1962, toutefois, cet équilibre fut mise en péril, a déclaré Aumann, « Je pensais que le monde serait anéanti dans trois semaines. C’était effrayant ! »

Trouver un équilibre de la peur au Moyen-Orient

Tout le monde veut la paix au Moyen-Orient, a déclaré Aumann, toutefois, cela peut avoir pour conséquence de l’éloigner au contraire. Cela s’applique également à toutes les « concessions », telles que le désengagement de Gaza de 2005, dans lequel Israël a unilatéralement retiré les habitants de ses implantations et ses troupes de la région, qui est rapidement devenue un bastion de l’organisation terroriste Hamas.

« Quand vous criez : ‘paix, paix, paix’, c’est un signe [pour l’adversaire] de faire monter les enchères », a déclaré Aumann. « L’expulsion de Gaza – c’est de l’histoire ancienne – était une très très mauvaise décision », a-t-il déclaré, et a enseigné aux Palestiniens que, s’ils mettaient suffisamment de pression, Israël capitulerait. « Nous les incitons à continuer », a-t-il déclaré.

Israeli Le Prix Nobel, le Prof. Robert Yisrael Aumann, prend la parole lors d’un événement du Times of Israel Presents, produit en partenariat avec Beit Avi Chai à Jérusalem, le 12 décembre 2018. (Dana Bar Siman Tov)

« La sagesse commune – ou la folie – consiste à penser que faire des concessions amènera la paix. Cela n’apporte pas la paix, mais la guerre, c’est le contraire », a-t-il déclaré. « L’expulsion de Gaza a conduit à toutes les guerres dans la région de Gaza qui ont suivi. Nous les incitons à continuer à faire pression. Nous récompensons leurs attaques. »

Convenant qu’Israël avait besoin d’un homme d’État théoricien du jeu, Aumann a ajouté sobrement que le gouvernement israélien lui avait déjà demandé son avis et qu’il semblait l’avoir suivi pendant quelques années. Mais ensuite, pour obtenir la libération de Gilad Shalit, le gouvernement a changé de cap et a fait exactement l’inverse de ce qu’il avait conseillé, et Israël a libéré 1 027 prisonniers lors de l’échange.

Tout n’est pas sombre, cependant. « Nous faisons beaucoup de mauvaises mais aussi de bonnes choses », a-t-il déclaré, ajoutant qu’Israël devait prêter attention aux incitations qu’il présente aux Palestiniens.

L’un des premiers moyens d’assurer un changement, a-t-il dit, est de mettre fin à l’endoctrinement de leurs enfants à détester suffisamment les Juifs pour sacrifier leur vie dans l’espoir de les chasser.

Peut-être fait-il référence à sa propre enfance et de la façon dont lui, enfant juif religieux, a été influencé par l’idéologie nazie, a-t-il déclaré : « Cela est profondément enraciné et doit changer. Cela aurait dû être notre première priorité. »

Un rassemblement au lycée Calmette à Nice après la dégradation d’une plaque rendant hommage à d’anciens élèves déportés

 PAR R.D.  NICE MATIN

Des stickers ont été apposés sur une plaque commémorative.
Des stickers ont été apposés sur une plaque commémorative. Capture écran Twitter 

C’est à la suite de l’alerte lancée par les Jeunes Communistes qu’un rassemblement a été organisé mercredi devant le lycée Calmette afin de dénoncer la dégradation de la plaque commémorative apposée le 23 novembre 2005 et rappelant la déportation entre 1942 et 1944 d’élèves de cet établissement.

Quatre auto-collants différents qui semblent issus du groupuscule ” Nice Nationaliste “, clamant ” Français d’abord!” avaient été placés sur la plaque.

Christian Estrosi avait demandé ce mercredi après-midi la dissolution et des poursuites contre ce “groupe néo-nazi qui multiplie les provocations”.

Le Crif Sud Est a condamné ce mercredi soir un acte antisémite qui “s’inscrit dans la continuité d’actes nombreux et répétés, consistant notamment en des provocations et appels à la haine, enregistrés ces derniers mois devant, entre autres lieux la grande synagogue de Nice”.

Les maires du monde s’unissent contre l’antisémitisme

Les maires du monde s’unissent contre l’antisémitisme

By Marc – Mar 7, 20191150

Face à la recrudescence d’incidents anti-juifs à l’échelle mondiale, une coalition de chefs de villes de 40 localités ont annoncé leur engagement à prendre des mesures concrètes pour lutter contre la haine et la violence.

En réponse à la hausse récente de l’antisémitisme dans le monde, une coalition de maires de villes du monde entier se sont engagés à combattre la haine, l’antisémitisme et le mouvement BDS (boycott, désinvestissement et sanctions) visant Israël.

L’initiative est dirigée par le maire de Modi’in, Haim Bibas, le maire de Bal Harbour (Floride), Gabriel Groisman et le maire de Francfort, Uwe Becker.

Les maires derrière l'initiative (Photo: Jorge Novominsky)

Les maires derrière l’initiative (Photo: Jorge Novominsky)

Ils ont l’intention de publier une déclaration signée par les maires de 40 villes pour lutter contre l’antisémitisme. Ils s’engageront dans un certain nombre d’étapes, notamment en organisant une réunion annuelle pour débattre de la question, en prenant des mesures concrètes pour sensibiliser le système éducatif, en examinant les possibilités de législation applicable et en explorant les moyens de s’unir contre la montée de l’extrémisme autour de la société. le monde.

“” Nous condamnons sans équivoque toutes les formes de haine, de préjugés et de mépris qui ont imprégné notre société, et nous, dirigeants municipaux du monde entier, comprenons que nous ne pouvons pas éviter de prendre nos responsabilités et de prendre part aux efforts mondiaux pour contrer ces phénomènes ” déclaration signée par les maires la semaine dernière.

Graffiti antisémite à Athènes

Graffiti antisémite à Athènes

La formation de la coalition a été annoncée lors de la Conférence des gouvernements locaux pour l’innovation MUNI-Expo 2019, rassemblement des maires d’Israël et du monde entier.

Parmi les maires éminents participant à la cérémonie figurent les maires de Pittsburgh, États-Unis; Montevideo, Uruguay; Belgrade, Serbie; Kiev, Ukraine; Taipei, Taiwan; Tirana, Albanie; et Tegucigalpa, Honduras.

Tolérance zéro

“Ce qui nous unit, ce n’est pas notre religion ou notre nationalité, mais le fait que nous ayons une tolérance zéro pour la haine et la violence, et que notre devoir est de mettre fin à la violence dirigée contre nos résidents et de travailler à l’amélioration de leur vie, quelle que soit leur religion, leur croyance ou leur nationalité », a déclaré Bibas, président de l’Union des pouvoirs locaux et maire de Modi’in Maccabim-Reut.

“Nous constatons une montée fulgurante de la haine et de l’antisémitisme dans le monde entier et, en tant que maires, nous devons participer à cette lutte importante. Avec l’établissement de cette coalition, nous faisons une déclaration ferme contre ceux qui propagent la haine et qui servira. comme un outil vital pour les maires du monde entier pour partager des idées et des conclusions pour lutter contre ces phénomènes “, a déclaré Gabriel Groisman, maire de Bal Harbour, en Floride et l’un des initiateurs de la coalition.

“Notre partenariat en tant que dirigeants municipaux unis contre l’antisémitisme est un signe fort de solidarité envers Israël et un message clair contre ceux qui propagent la haine contre les Juifs dans le monde. Je suis heureux de diriger cette initiative avec Haim Bibas et Gabriel Groisman, et en tant que coalition, nous créerons une voix forte pour les Juifs du monde entier “, a déclaré le maire de Francfort, Uwe Becker.

“J’ai vu une étude montrant comment certaines régions des États-Unis sont laissées pour compte dans les domaines du développement économique. Certaines régions ne font pas partie de l’accélération de la technologie, et cela se produit dans l’ensemble des États-Unis”, a déclaré le maire de Pittsburgh, Bill Peduto.

“C’est là que prend racine le discours raciste et antisémite le plus extrême sur les réseaux sociaux. Là où l’État néglige économiquement les résidents, on crée des communautés plus enclines à la haine sur les réseaux sociaux et aux crimes haineux, et donc le contexte de négligence économique ne peut être séparé de ce contexte de crime de haine “.

Itamar Eichner 

ynetnews.com

Un cardiologue de Ramat Gan sauve la vie de son patient en utilisant une technique inédite

7 mars 2019 | 

Le Pr. Victor Guetta, Directeur de l’unité de cardiologie invasive du Centre Médical Sheba à Ramat Gan, Israël a effectué cette semaine une technique inédite jamais encore réalisée. Le patient tout juste âgé de 29 ans était entré à l’hôpital avec un anévrisme dans la région du ventricule gauche de son cœur entraînant une hémorragie de la cavité thoracique. Être jeune n’était pas un avantage dans ce cas, car le patient avait déjà subi plusieurs interventions cardiaques dans le passé pour des problèmes cardiaques chroniques….

Le professeur Victor Guetta

Un anévrisme à ce stade était littéralement une course contre la montre. « Plutôt que d’effectuer une procédure invasive qui aurait pris des heures, nous avons agi dans l’urgence face à la situation critique du patient. J’ai décidé de résoudre le problème rapidement en utilisant une procédure de cathétérisme- un dispositif à double disque auto-extensible fabriqué à partir d’un treillis métallique qui présente la même pathologie que celle utilisée dans le cathétérisme classiques, tel que l’angioplastie et permettant ainsi la dilatation des artères obstruées.P

Cette procédure unique n’a encore jamais été pratiquée auparavant. « J’ai pu stopper l’hémorragie et reboucher la zone qui saignait à l’aide de ce dispositif « , a révélé le Pr Guetta, avant d’ajouter, « deux jours après cette intervention, le patient est rentré chez lui. Aujourd’hui, son pronostic est bon. »

Tel- Avivre –

Le professeur Victor Guetta, Directeur de l’unité de cardiologie invasive du Centre Médical Sheba, est également professeur associé de cardiologie à l’école de médecine Sackler de l’Université de Tel-Aviv. Le professeur Guetta a obtenu son doctorat en sciences à l’Université Ben Gourion du Néguev, Beer-Sheva, Israël. Il est titulaire d’une bourse de recherche à l’Institut national de la santé de Bethesda, dans le Maryland, et d’une bourse de recherche clinique à la Cleveland ClinicFoundation, dans l’Ohio. Le professeur Guetta est responsable des opérations quotidiennes de l’unité au Centre Médical Shebaet participe également à l’introduction de nouvelles technologies et des traitements invasifs, dont l’un de ces traitements a été utilisé cette semaine chez le patient âgé de 29 ans.

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La tribune des 400 antisionistes pour les nuls

400 antisionistes (artistes, écrivains mais aussi bibliothécaires, philosophes, infirmières ou retraités…) ont publié une tribune pour demander au Président Macron de ne pas criminaliser l’antisionisme. Parue dans Libération, le média détenu par l’homme d’affaires franco-israélien Patrick Drahi (ben oui, les juifs contrôlent les médias en France, tout le monde le sait !), cette tribune nous a semblé mériter une petite explication de texte. Pour bien comprendre ce qui se dit à travers ces quelques lignes (NDLR : le texte de la tribune publiée dans Libération est reproduit ici en italiques et entre guillemets).

Photo représentant un membre de la secte Netourei Karta sur l'esplanade du Trocadéro à Paris Jewpop


“CONTRE LA CRIMINALISATION DE L’ANTISIONISME”

Comme souvent chez les ennemis des juifs, il est bon d’avancer masqué… On ne dit pas : « je suis antisioniste », mais plutôt « je suis contre la criminalisation de l’antisionisme », car moi je suis pour la liberté d’expression.

“Monsieur le Président, Vous avez récemment déclaré votre intention de criminaliser l’antisionisme. Vous avez fait cette déclaration après en avoir discuté au téléphone avec Benyamin Netanyahu, juste avant de vous rendre au diner du CRIF.”

Première phrase et, déjà, tout est dit : Le président Macron, président des riches, ex-salarié de la banque Rothschild, prend ses ordres auprès de Bibi Netanyahou et du Crif, son représentant en France. C’est pas un peu complotiste comme première phrase d’accroche ? En tous cas, c’est bien dans la mouvance actuelle dieudonnisto-soralienne.

“MONSIEUR LE PRÉSIDENT,”

Oui, on répète « Monsieur le Président ». Sous-entendu : vous êtes le président des Français, pas la marionnette d’une puissance étrangère (en l’occurrence Israël). Toujours les mêmes fantasmes sur la puissance supposée des juifs qui contrôlent jusqu’au président français…

“vous n’êtes pas sans savoir que la constitution de la République énonce en son article 4 que «La loi garantit les expressions pluralistes des opinions.”

Bien entendu, si nous défendons l’antisionisme, c’est au nom de la liberté d’expression. Nous ne sommes pas des antisémites des années 30, quelle horreur, non, nous sommes des démocrates, des amoureux de la liberté, des humanistes. « Au nom de l’autre », l’ouvrage de référence d’Alain Finkielkraut, nous a appris à décoder ce beau langage antisémitecaché à travers de belles paroles humanistes.

“OR, L’ANTISIONISME EST UNE OPINION, UN COURANT DE PENSÉE NÉ PARMI LES JUIFS EUROPÉENS AU MOMENT OÙ LE NATIONALISME JUIF PRENAIT SON ESSOR”

Ah ben voilà qu’on ré-interprète l’histoire. Évidemment pour dire « vous voyez bien, on n’est pas antisémite puisque même les juifs pensent comme nous ! ». Et c’est vrai que parmi les retraités, infirmières et bibliothécaires qui ont signé cet appel, il y a beaucoup de noms juifs. Ça claque, un nom bien juif, c’est chouette pour se dédouaner des accusations d’antisémitisme.

Alors si on refait l’histoire, allons-y… Avant l’indépendance d’Israël, les anti-sionistes étaient principalement des «ultra-orthodoxes» (pour des raisons essentiellement religieuses, et non politiques) ou des juifs d’extrême-gauche. Mais le gros des troupes antisionistes a toujours été (et il l’est probablement pour encore longtemps) parmi les populations du monde arabo-musulman.

Il s’oppose à l’idéologie sioniste qui préconisait (et préconise toujours) l’installation des juifs du monde en Palestine, aujourd’hui Israël.

La construction de la phrase elle-même est une absurdité. L’idéologie sioniste préconiserait de s’installer sur une terre appelée Palestine ? Cela suppose, dans le langage des signataires, que cette terre est une terre arabe, la Palestine, et donc que l’idéologie sioniste consiste à coloniser une terre arabe. Il faudrait leur donner quelques cours élémentaires de «sionisme pour les nuls» pour leur rappeler qu’il s’agit de l’aspiration des Juifs du monde entier à retourner sur leur terre, pas à coloniser une terre étrangère.

La fin de la phrase est énigmatique… « s’installer en Palestine, aujourd’hui Israël », ça veut dire quoi ? Qu’Israël occupe une terre arabe appelée Palestine ? Donc cela revient à remettre en cause l’existence même d’Israël ? Même les Saoudiens et les Qataris sont plus progressistes que les 400 signataires sur ce sujet, il me semble…

L’argument essentiel de l’antisionisme était (et est toujours) que la Palestine n’a jamais été une terre vide d’habitants, qu’un «peuple sans terre» serait libre de coloniser du fait de la promesse divine qui lui en aurait été donnée, mais un pays peuplé par des habitants bien réels pour lesquels le sionisme allait bientôt être synonyme d’exode, de spoliation et de négation de tous leurs droits. Chez les antisionistes, on trouve un ramassis d’arguments en tous genres. Le fait que la Palestine ait été une terre habitée n’est pas l’argument essentiel.

Il faut rappeler que le « peuple sans terre » n’a pas été accueilli à bras ouverts sur cette terre. Il a fallu un vote de l’ONU puis de nombreuses guerres contre tous les pays arabes de la région (avec son cortège de morts de chaque côté) pour pouvoir s’installer sur cette terre. À l’époque de Josué (Yehoshoua Bin Noun), il y a plus de 3300 ans, il a fallu aussi mener de longues guerres avant de conquérir cette terre.

Évoquer « la promesse divine », voilà autre chose… Toujours cette idée des juifs barbus, l’équivalent des fous d’Allah, qui sont prêts à égorger leurs voisins au nom de leur divinité. Faut-il rappeler que ni Herzl, ni Ben Gourion, ni même Netanyahou, ne sont de grands adeptes de la religion ? Mais c’est tellement plus simple d’imaginer Israël comme une théocratie dirigée par des Mollahs messianiques…

LE SIONISME ALLAIT BIENTÔT ÊTRE SYNONYME D’EXODE, DE SPOLIATION ET DE NÉGATION DE TOUS LEURS DROITS.”

Voilà, doucement, doucement, on y arrive : donc Israël a chassé les Palestiniens de chez eux (ce qui historiquement est en grande majorité faux, il suffit de relire les témoignages de l’époque), leur a volé leurs biens (spoliation, tiens le même terme qu’on utilise pour évoquer la spoliation des juifs par les nazis, comme c’est curieux cette obsession de toujours faire le rapprochement entre ce qu’ont subi les juifs et ce qu’ils feraient subir aux Palestiniens, désormais victimes des nazis modernes d’aujourd’hui, les Israéliens) et enfin leur dénie leurs droits (Israël pays d’apartheid, mythe véhiculé par tous les ignorants qui n’ont jamais mis les pieds dans un centre commercial de Jérusalem ou sur une plage de Tel-Aviv, qui ignorent que le numéro 2 d’Apple dans le monde est un arabe israélien ayant fait ses études au Technion de Haïfa, qui n’ont aucune idée de ce qu’est la discrimination positive permettant aux étudiants arabes israéliens d’entrer à l’université avec moins de points que les juifs…).

“LES ANTISIONISTES ÉTAIENT, ET SONT TOUJOURS, DES ANTICOLONIALISTES.”

Ah bon ? Les Iraniens qui occupent le Liban et la Syrie n’ont aucune vocation colonialiste ? Le sultan Erdogan n’a aucune volonté expansionniste ? Les légions arabes qui occupent le Kurdistan sont anti-colonialistes ? Il me semble plutôt que les antisionistes sont anti-colonialistes à deux vitesses. Quand il s’agit des européens, des américains ou des israéliens, ils sont farouchement anti-colonialistes. Pour les autres… ça dépend !

“Leur interdire de s’exprimer en prenant prétexte du fait que des racistes se servent de cette appellation pour camoufler leur antisémitisme, est absurde.”

Bon, au moins ils reconnaissent que l’antisionisme permet à certains de camoufler leur antisémitisme, c’est bien, c’est un début d’aveu.

“Monsieur le Président, nous tenons à ce que les Français juifs puissent rester en France,”

Merci de cette précision, importante. Non parce que, si on est contre le sionisme (donc le fait que les juifs puissent s’établir en Israël), il faut bien les mettre quelque part, les juifs ! Là, c’est rassurant, les signataires ne veulent pas tuer tous les juifs (ouf, j’ai eu peur), ni les faire retourner dans le pays de leurs grands-parents – Algérie, Tunisie, Maroc, Pologne, Russie, etc – (re-ouf !) mais on veut bien les garder. (Salomon, vous êtes juif ? Bon, ben je vous garde quand même…)

“qu’ils s’y sentent en sécurité,”

Vous préconisez par exemple qu’on mette des militaires devant les écoles juives et les synagogues pour qu’on se sente en sécurité ? Ou bien c’est juste du blabla ?

“et que leur liberté d’expression et de pensée y soit respectée dans sa pluralité.”

Pourquoi c’est pas le cas ? Encore un fantasme… Il y a des juifs de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, avec des opinions très diverses sur à peu près tous les sujets.

“L’ignominie des actes antisémites qui se multiplient ravive le traumatisme et l’effroi de la violence inouïe dont leurs parents ont eu à souffrir de la part d’un État français et d’une société française qui ont largement collaboré avec leurs bourreaux.”

Pourquoi parler de ce sujet maintenant ? Pour se dédouaner d’une culpabilité d’il y a plus de 70 ans ? Plutôt pour dire « nous on est des humanistes ! ». Au cas où on aurait toujours pas compris. Sinon, pour info, il est bon de rappeler qu’une grande proportion de nos parents et grands-parents vivaient hors de France à l’époque de Vichy. S’ils sont venus en France, c’est parce qu’ils ont été chassés des pays arabes. Juste pour mémoire, hein, je dis ça je dis rien.

“Nous attendons donc de vous que vous déployiez d’importants moyens d’éducation et que les auteurs de ces actes soient sévèrement punis.”

Prévention et répression en même temps. Si même des gens classés à l’extrême-gauche signent cette tribune où on demande une justice plus sévère… C’est bien, la société française évolue petit à petit…

“MAIS NOUS NE VOULONS CERTAINEMENT PAS QUE VOUS LIVRIEZ LES JUIFS DE FRANCE ET LEUR MÉMOIRE À L’EXTRÊME DROITE ISRAÉLIENNE, COMME VOUS LE FAITES EN AFFICHANT OSTENSIBLEMENT VOTRE PROXIMITÉ AVEC LE SINISTRE «BIBI» ET SES AMIS FRANÇAIS.”

C’est pas un peu violent et excessif comme expression « livrer les juifs de France et leur mémoire à l’extrême-droite israélienne » ? Ainsi donc le Président Macron livre les juifs de France et leur mémoire à l’extrême droite israélienne ? En dehors de la formule qui claque, c’est un peu abscons… J’ai comme l’impression qu’on veut juste dire que Macron est complice de l’extrême-droite israélienne. Ou à sa solde, comme vous préférez. Le « sinistre Bibi », comme ils l’appellent, est donc à l’extrême-droite en Israël ? On leur parle, ou pas de Bennet, Libermann, Feiglin et de tous les (nombreux) partis à droite de Bibi ? On leur dit que Bibi est démocratiquement élu depuis 20 ans dans la seule démocratie de la région ? J’aime bien aussi l’expression « et ses amis français » pour suggérer comme ça, l’air de rien, la supposée double allégeance des citoyens juifs.

“C’est pourquoi nous tenons à vous faire savoir que nous sommes antisionistes, ou que certains de nos meilleurs amis se déclarent comme tels.”

Moi je suis pas antisioniste mais j’ai un bon ami qui l’est. Ah OK…

“Nous éprouvons du respect et de l’admiration pour ces militants des droits humains et du droit international qui, en France, en Israël et partout dans le monde, luttent courageusement et dénoncent les exactions intolérables que les sionistes les plus acharnés font subir aux Palestiniens.”

Toujours le couplet sur l’humanisme, on a compris. Les exactions intolérables, bon c’est assez vague, mais on a compris l’idée. Les sionistes les plus acharnés, ça veut dire quoi ? Par exemple moi, qui habite en Israël, je suis un sioniste acharné ou modéré ou en dilettante ? Et on repart sur la rhétorique habituelle des ennemis d’Israël. Vous voyez ma bonne dame tout ce qu’ils font subir aux Palestiniens…

“BEAUCOUP DE CES MILITANTS SE DISENT ANTISIONISTES CAR LE SIONISME A PROUVÉ QUE LORSQUE SA LOGIQUE COLONISATRICE EST POUSSÉE À L’EXTRÊME COMME C’EST LE CAS AUJOURD’HUI, IL N’EST BON NI POUR LES JUIFS DU MONDE, NI POUR LES ISRAÉLIENS, NI POUR LES PALESTINIENS.”

Qu’est-ce qui est suggéré ici ? Que le sionisme apporte l’antisémitisme et la haine du juif ? Mais alors cela signifie que l’antisionisme et l’antisémitisme sont liés ? Aïe, c’est pas bon pour leur démonstration ça… Ou alors ça veut dire que si les juifs subissent l’antisémitisme, c’est à cause de leur sionisme acharné. Donc finalement, ils en sont un peu responsables. Donc c’est un peu de leur faute quoi ! Un classique de la phraséologie antisémite…

“Monsieur le président, nous sommes des citoyens français respectueux des lois de la République, mais si vous faites adopter une loi contre l’antisionisme, ou si vous adoptez officiellement une définition erronée de l’antisionisme qui permettrait de légiférer contre lui, sachez que nous enfreindrons cette loi inique par nos propos, par nos écrits, par nos œuvres artistiques et par nos actes de solidarité.”

On est respectueux des lois mais bon, si elles vont à l’encontre de nos idées, alors on ne les respecte pas. Mmmm… Si on respecte les lois, alors on n’appelle pas au boycott d’un pays par exemple, puisque c’est interdit par la législation française. C’est bien, je note.

“Et si vous tenez à nous poursuivre, à nous faire taire, ou même à nous embastiller pour cela, eh bien, vous pourrez venir nous chercher.”

Pour la liberté, non je ne me tairai point. C’est beau. J’ai envie de verser une larmichette. L’emploi du terme « embastiller » est intéressant car il suggère l’idée de résistants pour une noble cause, pour des idées, pour défendre le peuple, contre un roi despotique et tout puissant. « Vous pourrez venir nous chercher », oui enfin tout cela est quand même très exagéré. Qui aurait encore envie d’aller chercher Jean-Luc Godard, Elli Medeiros et Rony Brauman ?

Pierre Acher

Le BNVCA indigné par l’horrible affiche annonçant la quinzaine antiraciste à Saint Denis. Le BNVCA dénonce le programme de cette quinzaine qui ne prend pas en compte l’antisémitisme

Le BNVCA exprime le choc et l’indignation suscitées par l’horrible affiche collée mercredi 6/3/2019 sur les murs dans les Rues de Saint Denis (93), montrant le visage caricaturé d’Hitler éructant, et portant un pin’s du drapeau tricolore français.  Cette affiche est sensée faire la promotion de la “quinzaine anti raciste et solidaire”, proposée par un collectif  d’associations,  du 17 au 30 mars. Si de nombreux événements sont programmés  autour des questions de discriminations raciales, nous constatons que la Ville de Saint Denis, comme la plupart des villes  dirigées par  des élus communistes ou d’extrême gauche, leur lutte contre le racisme ne fait aucune référence à l’antisémitisme, à ses causes, ses sources, ses auteurs, ses conséquences. Nous observons et regrettons que si de nombreuses associations sont invitées à participer aux événements aux débats aux conférences, aucune association juive de la commune ou du département, ni aucune organisation de lutte contre l’antisémitisme n’y sont  conviées. Nous rappelons que le BNVCA a tout récemment déposé plainte contre un élu FG de Saint Denis, et réclamé au Préfet du 93 qu’il prenne des sanctions contre cet adjoint qui a tenu des propos racistes et appelé illégalement au boycott du chanteur français Enrico Macias de confession juive. Tous ceux qui prétendent lutter contre les discriminations sans prendre en compte l’antisémitisme tentent d’occulter le nouvel antisémitisme qui sévit depuis déjà 20 ans dans notre pays. 

Cérémonie des 7 jours du décès de Mr Albert Balouka Président de la Communauté du Pré St Gervais

Le CCJ 93 a la douleur d’annoncer le décès de l’un de ses membres, Mr Albert Balouka, Président fondateur de la communauté du Pré Saint GERVAIS 93.

Notre ami décédé en Israël a été inhumé la semaine dernière à Netanya où des prières seront dites ce jour dans la synagogue du Rabbin Denis Akoun.

Les prières des 7 jours seront dites le 26/02/19 à 18 H dans la synagogue du Pré Saint Gervais KEKHAL SHLOMO 7 Avenue du Belvédère 93310 Le Pré Saint Gervais en présence des maires de la commune et des villes voisines.

ALORS QUE LA GRANDE-BRETAGNE ET LA FRANCE APPELLENT AU BOYCOTT DE L’EUROVISION EN ISRAËL, L’ALLEMAGNE HISSE LE DRAPEAU ISRAÉLIEN SUR SCÈNE !

BY RAK BE ISRAEL


Alors que d’autres pays européens, tels que la Grande-Bretagne et la France , tentent de boycotter le concours Eurovision de la chanson, qui se tiendra à Tel-Aviv dans quelques mois, il semble que l’atmosphère en Allemagne soit différente et réellement pro-israélienne.

Les vainqueurs allemands du concours pré-Eurovision dans le pays ont brandi le drapeau israélien avec joie et fierté sur la scène de Berlin et ont honoré Israël. Les lauréats pré-allemands se produiront au concours Eurovision de la chanson à Tel-Aviv en mai.

Rappelez-vous, il y a deux jours , la France a menacé de ne pas participer à l’Eurovision à Tel-Aviv, en raison d’une série humoristique réalisée bien avant la sélection des chanteurs à l’Eurovision qui par un concours de circonstance représente le candidat français à l’Eurovision comme un marocain et gay mais lié avec Daesh et le Mossad.

Par coïncidence, le candidat français pour cette année est Bilal Hassan 19 ans, d’une famille marocaine, et gay. Les créateurs de la série israéliens ont été surpris par la réaction des Français, car c’est une série humoristique, (bien plus légère que Charly Hebdo)et qui n’est pas du tout lié au jeune Bilal Hasani : « La production ne va pas contre la France ou le représentant français ».

En Suède , au début du mois, les quatre chansons avec lesquelles Israël a remporté les concours de la chanson Eurovision ont été chantés dans ce pays : TOY, Diva, Hallelujah et Abanibi. Les chansons ont été interprétées par les hôtes de la soirée lors du concours Eurovision de la chanson . Cela contraste avec les manifestations  d’autres pays, y compris de la Grande-Bretagne, qui ont organise des manifestations pour ne pas représenter leur pays en compétition uniquement parce qu’il se tient en Israël.

Pourquoi l’antisionisme est un antisémitisme

Être antisioniste, ce n’est pas contester la politique du gouvernement israélien

parOudy Ch. Bloch – 25 février

Manifestation qui appelle au boycott d’Israël à Lyon, 2016. ©KONRAD K./SIPA / 00759052_000002

Être antisioniste, ce n’est pas contester la politique du gouvernement israélien. Être antisioniste, c’est contester l’existence même de l’Etat israélien, parce qu’il est juif. Une tribune d’Oudy Bloch.


Oui, l’antisionisme est bien la forme réinventée de l’antisémitisme. Et ce n’est pas nouveau.

Écoutons le philosophe Vladimir Jankélévitch en 1978 : « L’antisionisme est la trouvaille miraculeuse, l’aubaine providentielle qui réconcilie la gauche anti-impérialiste et la droite antisémite ; l’antisionisme donne la permission d’être démocratiquement antisémite. » 

Et Martin Luther King encore un peu plus tôt (1967) : « L’antisémitisme, la haine envers le peuple juif, a été et reste une tache sur l’âme de l’humanité. Nous sommes pleinement d’accord sur ce point. Alors sache aussi cela : antisioniste signifie de manière inhérente antisémite, et il en sera toujours ainsi. »

Être antisioniste, c’est refuser aux Juifs la qualité de peuple

Être antisioniste, ce n’est pas contester la politique de tel ou tel gouvernement israélien, ce que les Israéliens font assez bien eux-mêmes sans avoir besoin des leçons de morale indigéno-gauchisantes.

Non. Être antisioniste, c’est refuser aux Juifs la qualité de peuple et son corollaire : le droit à l’auto-détermination et à un État. La finalité de l’antisionisme est la disparition de l’État d’Israël. Or, remettre en cause l’existence même de l’État d’Israël – compte tenu de sa spécificité juive – ne peut s’analyser autrement qu’au travers du prisme de l’antisémitisme.

Derrière les attaques contre l’existence même d’Israël au prétexte d’une prétendue solidarité pro-palestinienne, ce sont les Juifs qui sont visés. Si ce n’était pas le cas, d’autres pays seraient également, et plus encore qu’Israël, visés par ces boycotts incessants : le Liban, la Jordanie, la Syrie, l’Irak, l’Égypte… pour leur traitement véritablement discriminatoire des Palestiniens.

Personne ne condamne l’Arabie saoudite

Nombreuses sont les accusations d’État-apartheid contre Israël. Pourtant tous les citoyens israéliens, quelle que soit leur culture, couleur, religion, idées politiques, orientation sexuelle disposent des mêmes droits. Les musulmans, les druzes, les chrétiens israéliens ont le droit de vote, sont députés, juges, hauts-gradés dans l’armée, acteurs, chanteurs, travaillent en Israël, ont le droit de se marier avec des Israéliens de toutes religions, peuvent s’exprimer librement au point de souhaiter publiquement le bombardement de Tel-Aviv par le Hamas même quand ils sont députés comme Hanin Zoabi. C’est un juge arabe, Salim Joubran, qui a condamné Moshé Katsav, ancien président de l’Etat d’Israël, à une peine de prison. Ce sont des arabes israéliennes qui ont représenté Israël à l’Eurovision et au concours de Miss Monde. Alors de quel « apartheid » parle-t-on ?

A lire aussi: Ce « nouvel antisémitisme » que les médias refusent toujours de nommer

Personne ne condamne la Malaisie ou l’Arabie saoudite qui refusent d’accueillir des sportifs israéliens, ni l’Iran ou le Maroc dont les athlètes ont interdiction de concourir contre des athlètes israéliens, ni l’Autorité palestinienne qui, d’après Mahmoud Abbas, interdira la présence d’israéliens dans un éventuel État palestinien. Alors comment expliquer cette focalisation sur Israël si ce n’est en raison de sa spécificité juive ?

Personne ne reproche aux 57 pays de l’Organisation de la coopération islamique d’être officiellement musulmans ni au Vatican d’être catholique ? Pourquoi en serait-il différemment avec Israël ?

L’antisionisme est dirigé contre les Juifs

Qui voudrait encore nous faire croire qu’un Etat binational, comme le souhaitent BDS et consorts, avec une population qui serait vite majoritairement palestinienne et musulmane serait un lieu de coexistence pacifique ? Tous les jours, les Palestiniens de Gaza comme de Cisjordanie sont soumis à une violente propagande anti-juive.

Les prêches et des discours officiels promouvant les « Protocoles des Sages de Sion », les livres scolaires palestiniens qui enseignent depuis des décennies à haïr les Juifs, les programmes télévisés pour la jeunesse dans lesquels de jeunes enfants ânonnent que les Juifs sont les descendants des singes et des porcs et qu’ils souhaiteraient mourir en martyrs en en tuant le plus possible, l’interdiction légale de vendre des terres à des Juifs sous peine de mort, autant d’exemples qui illustrent la volonté des dirigeants palestiniens, qu’ils soient islamistes ou à tendance nationaliste, de ne jamais accepter les Juifs à leur côté.

L’antisionisme ou l’éloge du Juif errant

Alors, refuser aux Juifs l’État d’Israël, c’est les condamner à fuir comme ils ont dû fuir les pays arabes après la création à partir de 1948, non sans avoir auparavant été privés de leurs biens, de leurs commerces, de leur argent. 800 000 Juifs chassés d’Irak, de Syrie, d’Égypte, du Yémen, d’Algérie, du Liban, du Maroc dont personne ne se soucie du retour ni de l’indemnisation.

Les Juifs devront fuir, mais pour aller où ? En France où la foule pogromiste tente d’incendier des synagogues et crie « mort aux Juifs » dans les rues, où les croix gammées fleurissent sur les murs, où les cimetières sont profanés, où les tags antisémites du plus ordurier au plus sinistre « Juden ! » sont désormais quasiment quotidiens, où l’on agonit d’injures un philosophe dont personne n’ignore qu’il est Juif en le traitant de « sale race », « sale sioniste » – comment ne pas faire le lien – ? En Russie où l’on prétend que la guerre en Ukraine est un complot juif ? En Afrique où l’islamisation à l’œuvre dans de nombreux pays laisse libre cours à une propagande antisémite ?

Israël est devenu le prétexte commode à la détestation des Juifs.

Il n’y a pas si longtemps, sur les quais de Seine, des partisans de BDS déclaraient que les Juifs devaient quitter la Palestine pour retourner « chez eux », c’est-à-dire nulle part précisément. Le Juif errant, voilà le seul juif supportable pour les antisionistes.

C’est aussi en tout cela que l’antisionisme confine à l’antisémitisme. C’est aussi pour cela qu’il faut le condamner.

Gilles Kepel – Identitaires et salafistes

Comment les islamistes s’intéressent aux Gilets jaunes. L’essayiste livre une analyse qu’il développera dans un ouvrage à paraître.

PAR Gilles Kepel Le Point 


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Gilles Kepel Politologue, spécialiste de l’islam et du monde arabe. Dernier livre paru : « Sortir du chaos » (Gallimard, 2018). 

Un certain nombre de jeunes des banlieues populaires, principalement issus de l’immigration nord-africaine et subsaharienne, ont profité du désordre lié aux manifestations des Gilets jaunes pour « franchir le périphérique » et pénétrer au cœur de l’espace urbain. Ils y ont décliné les formes propres de leur mobilisation – réminiscence des grandes émeutes de 2005. Les deux phénomènes sont comparables par leur saisonnalité, leur récurrence ainsi que leur ampleur territoriale. Il y a treize ans était advenue en effet la première occurrence massivement médiatisée de crémation d’automobiles et de pillage de commerces, critère de l’émeute française « post moderne ». En 2018, des « jeunes des quartiers » s’infiltrèrent donc derrière les habitants des « territoires périurbains » dans une sorte de juxtaposition de groupes sociaux. Les seconds revendiquaient avec ostentation une citoyenneté déniée par les élites urbaines en montant à Paris drapeau tricolore au vent pour s’approprier les espaces symboliques de la République – les Champs-Élysées de la parade du 14 Juillet – depuis leurs ronds-points. Et, contrairement aux « banlieues » de 2005 dominées par le chômage, et où incendies et caillassages se déroulaient à la nuit tombée, la France périurbaine qui gagne difficilement sa vie durant les jours ouvrés ne pouvait se permettre de sacrifier son gagne-pain quotidien : les défilés se déroulèrent donc le jour chômé du samedi, à charge pour les retraités, les intermittents et les personnes en recherche d’emploi de tenir la permanence durant la semaine pour bloquer les péages et les carrefours.

La mouvance djihadiste s’intéressa explicitement aux Gilets jaunes début décembre 2018. Depuis la chute de Raqqa un an plus tôt, la capacité de Daech à coordonner des attentats spectaculaires en France avait disparu, laissant la place à des attaques isolées au couteau, ainsi à Trèbes le 23 mars (5 morts) et à Paris le 12 mai (2 morts). Leurs auteurs avaient fait allégeance au califat mais agi spontanément. Dans le désarroi après l’effondrement de l’État islamique, la mouvance djihadiste ne parvenait plus à trouver un mode opératoire global. Dans ce contexte défavorable, le mouvement des Gilets jaunes – en dépit des préventions contre les manifestants, dépeints au départ comme autant de kouffar (« mécréants ») – apparut comme une opportunité, car il creusait dans l’Hexagone des failles où s’infiltrer pour hâter les guerres d’enclaves débouchant sur la guerre civile, prélude au triomphe du djihad. Telle était la vision de l’idéologue Abou Moussab al-Souri, ingénieur syrien éduqué en France, dans son « Appel à la résistance islamique mondiale ». C’est ainsi qu’une Web TV djihadiste mit en ligne un photomontage mêlant l’Arc de triomphe maculé de graffitis et entouré de Gilets jaunes incendiant une barricade avec un djihadiste en uniforme de combat, kalachnikov en main, qui paraissait diriger l’émeute…

  • Propagande. Affiche (photomontage) mise en ligne par une Web TV djihadiste montrant l’Arc de triomphe en feu.
  • Propagande. Affiche (photomontage) mise en ligne par une Web TV djihadiste montrant l’Arc de triomphe en feu.

Interpénétration. L’exhortation à passer à l’action était accompagnée de la reproduction en arabe de la déclaration d’allégeance au calife Baghdadi. Dans un registre proche, des photos montraient un immeuble haussmannien des beaux quartiers de l’Ouest parisien couvert d’un tag en arabe reprenant le principal slogan des printemps arabes de 2011, « Le peuple veut la chute du régime », assimilant le destin de Ben Ali, Moubarak ou Kadhafi à l’avenir d’Emmanuel Macron.

Le 21 décembre, à Angoulême, un mannequin à l’effigie du président fut décapité par un bourreau tout de noir vêtu, comme les exécuteurs de Daech – selon une scénographie macabre qui empruntait aux vidéos djihadistes. Alors que, trois jours avant, des touristes scandinaves avaient été égorgées au Maroc et que les images atroces circulaient en ligne.

Sur ces entrefaites se produisit l’attaque meurtrière du marché de Noël à Strasbourg. Dans un pathétique déni, les pages « Débats » du Mondeplaidèrent que le tueur Cherif Chekatt était un « faux djihadiste », alors qu’on découvrit peu après sa vidéo d’allégeance à Daech. L’hommage de la nation aux victimes, par une cérémonie que présida à Strasbourg le président de la République, en exprimant sa gratitude aux forces de l’ordre qui avaient éliminé le tueur, mais qui étaient harcelées, voire lynchées par ailleurs par les plus radicaux des Gilets jaunes, mit le mouvement en porte-à-faux. Il commença à amorcer une décrue significative – tandis que ses membres complotistes accusaient en ligne le gouvernement d’avoir monté l’attentat pour briser la mobilisation. Cette confusion entre divers registres et ce mélange des genres qui banalisait la violence aboutirent à la scène du 16 février où l’on vit, en plein cœur du quartier parisien de Montparnasse, une horde pogromiste vêtue de gilets jaunes harceler, en marge d’un défilé, le philosophe et académicien Alain Finkielkraut aux cris de « Retourne en Israël »« La France est à nous » et « Tu iras en enfer ». L’interpénétration entre salafisme et identitaires n’était plus une scène de fiction tirée de Soumission, de Michel Houellebecq, mais un phénomène bien réel qui interroge les dérives profondes de notre société§

Souleimane – Suis-je juif ?

CHRONIQUE. Le jeune écrivain syrien installé en France raconte son expérience de l’antisémitisme dans le métro parisien il y a quelques années.

Par Omar Youssef Souleimane Le Point.fr 

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« Je suis juif quand il s’agit de l’Holocauste ou lorsque les islamistes invitent à anéantir les juifs. »

Minuit dans le métro parisien. Il tend le bras et palpe doucement la poche de l’homme assis juste derrière lui. Le pickpocket est en face de moi et personne ne remarque son manège. D’un clin d’œil, il me signifie de ne rien dire et je le regarde à mon tour avec insistance. Il ne trouve rien à voler dans la poche de son voisin et échange quelques mots dans un dialecte du Maghreb avec son camarade. Je détourne le regard jusqu’à l’arrivée à la station Robespierre.

Le pickpocket se lève, s’approche de moi et me demande un mouchoir. Je ne réponds pas. Il me demande alors comment je m’appelle. Je n’ouvre pas la bouche. «  Je hais les juifs, vous êtes des tueurs, des animaux, vous détestez les musulmans. Je vais te casser la gueule, je vais te tuer  », me dit-il en français. Il pose ses mains autour de mon cou et m’étrangle presque. Je prends ses mains et le repousse vivement. Il recule d’un pas, s’arrête devant la porte de la rame qui vient de s’ouvrir. Il sort alors un couteau de sa poche et hurle : «  Sale juif, espèce de connard ! Descends et tu vas voir ce que je vais faire de toi !  » Un des voyageurs se lève et lui donne un coup de pied qui le fait tomber sur le quai où son copain le suit. Je dis alors aux voyageurs : «  D’habitude je ne suis pas juif, mais aujourd’hui je le suis.  » Le signal de départ retentit et les portes se referment. Depuis le quai, le pickpocket fait glisser une vitre du wagon et me crache dessus ainsi que sur l’homme qui l’a frappé. Le métro repart. Une jeune fille se met à pleurer, elle veut retourner à la station Robespierre histoire de lui apprendre la politesse. Son ami la calme et, arrivés au terminus, tout le monde descend.

«  Vous, les Souleimane, vous êtes bien des juifs. Pas étonnant que vous fassiez autant de mal autour de vous !  »

Chaque fois que ma grand-mère se disputait avec mon grand-père, elle lui disait : «  Vous, les Souleimane, vous êtes bien des juifs. Pas étonnant que vous fassiez autant de mal autour de vous !  » Je me demandais alors pourquoi ma grand-mère répétait à l’envi ces paroles. Une fois, j’ai osé poser la question à mon oncle. Il m’a répondu qu’à l’époque ottomane, un de nos ancêtres, appelé Souleimane, était un commerçant juif de Damas. Quelques années plus tard, j’ai étudié l’arbre généalogique de la famille et tout ce que j’ai trouvé, c’est que le père de mon grand-père s’appelait Younès. Il s’était établi à Quotayfa, à cinquante kilomètres au nord de Damas, comme beaucoup d’autres familles ayant quitté la capitale lors du mandat français.

Notre origine juive est toujours restée confuse et secrète. Dans notre village, comme dans tous les pays arabes, le mot «  juif  » est synonyme de bassesse, d’avarice, de haine et de perfidie. Dans mon enfance, je n’avais pas besoin de demander pourquoi nous détestions les juifs. Les aînés nous mettaient en garde de ne jamais rester seuls avec un juif, le prophète Mahomet ayant dit un jour : «  Un juif ne reste pas avec un musulman sans songer à le tuer. » Mon grand-père possédait un modeste magasin de chaussures à Quotayfa et chaque semaine se rendait à Damas s’approvisionner auprès d’un commerçant juif. Parfois, lorsqu’il rentrait tard le soir, ma grand-mère lui demandait s’il avait faim et lorsqu’il lui répondait qu’il avait mangé chez son collègue juif, elle lui rétorquait que c’était «  haram  » et que les gens du Livre ne doivent pas être pris comme amis.

Des «  racines  » juives, réelles ou fictives

Pendant les congés d’été, nous allions à la mosquée pour y apprendre le Coran et le cheikh nous répétait ce verset : «  Tu constateras que les plus agressifs vis-à-vis des croyants sont les juifs et les polythéistes  » (Coran, sourate 5, La table dressée, verset 82). Il nous racontait l’histoire de la bataille contre la tribu juive des Banu Quorayza pendant laquelle le prophète aurait fait égorger 40 hommes, 300 d’après certaines sources. Après quoi il s’empara de leurs terres, de leurs biens, de leurs femmes et de leurs enfants pour avoir collaboré avec les Quoreychites lors de la bataille du Fossé. Après tous ces récits et ces textes pleins de haine, je ne m’étonnais plus que ma grand-mère utilise le mot juif à chaque fois qu’elle voulait insulter mon grand-père.

L’incident du pickpocket a précédé de deux mois le massacre de l’équipe de Charlie Hebdo et des clients juifs de l’Hyper Cacher. Un pickpocket arabe a agressé un autre Arabe issu d’une famille musulmane pensant qu’il était juif du fait de son apparence physique. Je me dois de le remercier pour m’avoir rappelé les «  racines  » juives de ma famille, qu’elles soient réelles ou fictives. Si elles étaient prouvées, cela ne changerait rien à ma façon de voir le monde. Quoi qu’il en soit, je suis juif quand il s’agit de l’Holocauste ou lorsque les islamistes invitent à anéantir les juifs. Je suis juif et je suis fier d’avoir combattu les régimes qui persécutent les juifs tout en condamnant, dans le même temps, la politique de l’État d’Israël à l’égard des civils palestiniens.

La première mission lunaire israélienne décollera ce soir de Cap Canaveral en Floride

21 février 2019 | 

Lancée par une fusée Falcon 9, le vaisseau spatial sans pilote baptisé Bereshit (ndlr Genèse en hébreu) doit décoller ce soir au plutôt demain vers 01h45 du matin heure israélienne de la base aérienne de Cape Canaveral en Floride. À 60 000 km au-dessus de la Terre, il se séparera du lanceur Falcon et orbitera d’abord autour de la Terre dans des ellipses et se dirigera ensuite vers l’orbite de la lune. Puis il ralentira et effectuera un « alunissage » en douceur. Si la mission réussie, Israël sera le quatrième pays à entrer dans le club très fermé des puissances spatiales après les États-Unis, la Russie et la Chine….

Crédit: Image YouTube

La fusée Falcon 9 propulsera Bereshit dans une orbite terrestre « longue et complexe », où elle élargira  progressivement son orbite pendant environ cinq semaines jusqu’à ce qu’elle soit suffisamment proche de la Laune pour entrer dans son champ de gravitation. À partir de là, le vaisseau spatial effectuera une série de manœuvres afin d’atteindre sa destination entre les sites d’atterrissage d’Apollo 15 et 17 d’ici la mi-avril.P

Le vaisseau spatial a la forme d’une table ronde avec quatre pieds en fibre de carbone. De la taille d’un lave-vaisselle, il mesure environ 1,5 mètre de hauteur et pèse 585 kg. Au cours d’une mission qui ne devrait durer que deux ou trois jours sur la Lune, Bereshit utilisera des instruments embarqués pour photographier le site d’atterrissage, mesurer le champ magnétique de la lune (pour mieux comprendre comment l’astre de la nuit s’est formé) et renvoyer toutes les données au centre de contrôle d’Israël Aerospace Industries. Tout cela  pendant deux ou trois jours avant que son système cesse de fonctionner.

Ce projet entrepris pour la première fois par une association privée à but non lucratif marque incontestablement un tournant dans l’industrie spatiale israélienne qui, jusqu’à présent, n’a été centrée que sur des projets liés à la sécurité, notamment des lancements de satellite.

« C’est le début de l’histoire d’Israël dans le grand espace, qu’elle réussisse ou non« , a déclaré à Reuters, Morris Kahn, le milliardaire du  high-tech qui a investi 44 millions de dollars  dans le projet Beresheet.

C’est l’ingénieur Alex Friedman, 68 ans, qui dirige l’équipe en charge de cette mission. Il est Haredi (ndlr orthodoxe) et père de 7 enfants et 21 petits-enfants. « Les gens sont persuadés que les Haredim ne font qu’étudier la Torah toute la journée, c’est un stigmate qui me dérange », confie Alex, « Maimonides était bien médecin et astronome et le Rabbi de Loubavitch a étudié le génie électrique, les mathématiques et la physique » ajoute-t-il.

SpaceIL est principalement soutenu par des donateurs privés, dont le magnat des casinos américain Sheldon Adelson et le milliardaire Morris Kahn cité plus haut, cofondateur d’Amdocs, l’une des plus grandes entreprises de haute technologie israélienne. Israël Aerospace Industries, appartenant au secteur de la défense, a également collaboré à ce projet. Le succès de cette mission signera une nouvelle ère: celle des sociétés privées se lançant leurs propres missions spatiales.

Tel-Avivre –