Auteur : rene levy

CORONAVIRUS: Communiqué du Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme.


Toute l’équipe du BNVCA, derrière son Président, adhère à toutes les mesures de confinement édictées par les Autorités Gouvernementales et médicales. L’ensemble de ses membres, ses bienfaiteurs et tous ses correspondants, tiennent à s’associer à toutes les marques de soutien, toutes les félicitations, tous les encouragements adressés au corps médical, aux infirmières et infirmiers, à tous les soignants et aide soignants, ces soldats courageux, qui combattent en première ligne cette terrible épidémie mondiale causée par le Coronavirus.

Nous recommandons à la Communauté Nationale, d’observer strictement les consignes de “Confinement”, y compris celles concernant la fermeture des Oratoires et Synagogues décidées par le Grand Rabbin de France Mr Haim Korsia.

D’après les informations parvenues au BNVCA, il apparaîtrait qu’un grand nombre de Membres, Dirigeants et Rabbins de la communauté juive aient été atteints par cette contamination notamment en Alsace, à Paris et à Marseille. 

Nous adressons toutes nos sincères condoléances à toutes les familles endeuillées.

Nous nous associons aux prières prononcées pour le rétablissement rapide en bonne santé, de tous les patients hospitalisés auxquels nous souhaitons une prompte guérison  et notamment à nos amis: Joel MERGUI, Président des Consistoires israélites de France ainsi que son épouse, Claude BAROUCH, Président de l’Union des Patrons Juifs de France. 

Nous restons convaincus que l’humanité toute entière sortira  vainqueure de cette guerre menée contre ce fléau mondial et invisible. 

Coronavirus: Le BNVCA dépose plainte contre les internautes antisémites mettant en cause, Madame Agnes Buzyn ancien Ministre de la Santé.

Le BNVCA a décidé dé déposer plainte contre tous ceux qui diffusent sur internet des messages antisémites accusant  Madame Agnes. Buzyn ancien ministre de la santé d’être à l’origine de la pandémie mondiale de Coronavirus.  

Ces internautes anti juifs se comportent comme au moyen âge en  qualifiant mme Buzyn d’être une « empoisonneuse des  puits d’eau».

L’image fabriquée par les internautes malfaisants montrent le portrait de l’ancienne ministre à côté d’une étoile jaune de triste mémoire.  

Nous rappelons que des affiches de la campagne municipale  de Mme Buzyn à Paris avaient été souillées de croix gammées.  

Le BNVCA reste attentif et vigilant et n’hésite pas à poursuivre en justice tout délinquant antisémite qu’il identifiera aisément.

Tour témoin  ou victime peut nous joindre sur BNVCA.ORG ou en téléphonant à la hot-line au 0663883029. 

Iran : les Mensonges des Mollahs sur le Coronavirus

par Majid Rafizadeh
12 mars 2020

Traduction du texte original: Iran: The Mullahs’ Coronavirus Lies

  • Le Guide Suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a récemment qualifié le coronavirus de « bénédiction ».
  • La situation est devenue si périlleuse que certains membres du Parlement iranien ont osé prendre la parole et dénoncer les carences de l’establishment théocratique.
  • La dissimulation et les mensonges des dirigeants iraniens ont contribué à la propagation du coronavirus à d’autres pays. En considérant le coronavirus comme une “bénédiction”, le Guide Suprême iranien laisse entendre qu’il a pour objectif de propager le virus dans d’autres pays, en particulier Israël et l’Occident.
Après la Chine, la République islamique d’Iran arrive au second rang de propagation du coronavirus. Les mensonges et dissimulations des mollahs ont fait de ce pays l’un des principaux centres de propagation du virus au reste de la planète. Photo : désinfection du mausolée Masumeh de Qom le 25 février 2020. (Photo de Mehdi Marizad / Agence de presse Fars / AFP via Getty Images)

Le Guide Suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a récemment qualifié le coronavirus de «bénédiction». La République islamique d’Iran est, après la Chine, son alliée, le second foyer de coronavirus au monde. Les mensonges et dissimulations des mollahs au pouvoir en Iran ont fait de ce pays l’un des principaux centres de propagation du virus au reste de la planète.

Les autorités iraniennes ont d’abord affirmé que personne en Iran n’avait contracté la maladie. Mais très vite, des fuites ont permis de comprendre que de hauts responsables iraniens avaient décidé de cacher la vérité.

Chaque fois qu’elles ont été en position de fournir des informations, les autorités iraniennes ont déclaré qu’elles n’étaient pas autorisées à communiquer sur le nombre réel de personnes infectées ou décédées. Ainsi, le président de la Faculté de médecine de Qom, Mohammad Reza Ghadir, a déclaré à la télévision publique iranienne que le ministère de la Santé avait interdit de divulguer des statistiques sur l’épidémie de coronavirus.

La question est : les mollahs au pouvoir considèrent-ils le coronavirus comme un outil du djihad mondial et tentent-ils délibérément de le propager à d’autres pays ? Comment comprendre autrement que le premier ayatollah iranien qualifie le coronavirus de « bénédiction » ?

Non seulement le régime iranien refuse d’informer la population et la communauté internationale sur l’impact de l’épidémie de coronavirus dans le pays, mais en outre, il ne prend pas les mesures et les précautions nécessaires pour enrayer l’épidémie.

Qom est aujourd’hui l’épicentre de la dissémination du virus au plan national et international, mais le président iranien Hassan Rouhani a précisé que le gouvernement n’avait pas l’intention de mettre la ville en quarantaine ni aucune autre ville d’ailleurs.

Bien que les dirigeants iraniens soient conscients du nombre élevé de personnes contaminées, ils n’ont pas interrompu leurs déplacements à l’étranger.

Le site Internet Eghtesad Online a écrit le 19 février que les responsables iraniens qui avaient affirmé avoir suspendu leurs vols ont menti.

Il est important de rappeler au public que les compagnies aériennes iraniennes, en particulier Iran Air et Mahan Air, ont été utilisées pour le transport illicite d’armes et de personnel militaire, y compris des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), le corps d’élite de la Force Qods et les miliciens Basij. Les avions de ces compagnies aériennes desserventgénéralement des pays comme la Syrie sans être annoncés. Mahan Air est interdit de vol dans plusieurs pays dont l’Allemagne et la France.

La République islamique ne dispose pas des moyens de mesurer l’impact de la maladie en Iran. Mohammad Reza Ghadir a confirmé que « la plupart des tests doivent être effectués à Téhéran, et que l’annonce a lieu ensuite à Téhéran ». Le régime semble également dans l’incapacité de procéder à des examens médicaux individuels complets. Après la mort de plusieurs personnes à l’hôpital Kamkar de Qom, un employé de l’hôpital a déclaré :

« Nous ne disposons pas de statistiques précises ; nous avions des décès suspects depuis 10 jours et, jusqu’à il y a deux jours, tous étaient enterrés sans examen minutieux. La probabilité est forte que ces personnes aient été contaminées par le virus. »

La situation est devenue si périlleuse que des élus au Parlement iranien ont osé se manifester et critiquer l’establishment théocratique pour ne pas avoir traité le dossier sérieusement.

Ahmad Amirabadi, membre du parlement iranien, s’est livré à quelques révélations lors de son entretien avec l’agence de presse ILNA (Iranian Labour News Agency). Il a déclaré :

« Toutes les mesures prises pour contrôler le coronavirus ont échoué, Qom n’a pas réussi à empêcher sa propagation.

« Les infirmières manquent de vêtements de quarantaine appropriés et ont la peur au ventre quand elles s’occupent des patients. Les infirmières ont beaucoup de problèmes et ont peu de postes d’infirmeries. Qom manque également de kits de laboratoire.

« Nous devons garder notre calme, mais face à l’ampleur de la crise rien ne nous oblige à faire comme si rien ne s’était passé … L’épidémie de coronavirus est à Qom depuis trois semaines et cela a été annoncé tard. »

La dissimulation et les mensonges des dirigeants iraniens ont contribué en sous- main à la propagation du coronavirus en dehors des frontières de l’Iran. En appelant le coronavirus une “bénédiction”, le Guide Suprême iranien semble suggérer que son objectif est de propager le virus dans d’autres pays, en particulier Israël et l’Occident.

Majid Rafizadeh, stratège et consultant en affaires, est un universitaire diplômé de Harvard, politologue, membre du conseil d’administration de la Harvard International Review et président du Conseil international américain sur le Moyen-Orient. Il est l’auteur de plusieurs livres sur l’islam et la politique étrangère américaine.

Dieudonné : « Le coronavirus va justifier une crise financière par laquelle Rothschild et consorts vont dérober la totalité de l’épargne des moutons »

L’humoriste français controversé Dieudonné M’bala M’bala a été condamné mercredi 27 novembre 2019 à 9 000 euros d’amende pour complicité d’injure à caractère antisémite, suite à la diffusion de sa chanson « C’est mon Choaa », le 22 juin 2017.

La vidéo, toujours en ligne, avait obtenu 344 835 vues à la date du 8 mars 2020. Elle s’ouvre sur le message suivant, par lequel Dieudonné cherche à obtenir des vues pour engranger des fonds : « Afin de lui permettre de payer son amende, Dieudonné vous demande de regarder cette vidéo EN BOUCLE. 10 fois par personne et par jour, au minimum. Partagez en masse ! » On y voit ensuite Dieudonné chanter son texte : « J’ai chaud à la tête devant le barbecue. Si les merguez sont casher, j’aurai peut-être la corde au cou. J’en suis déjà à 20 000 euuu[ros] pour une brochette d’ananas. C’est décidé, je fais profil bas, c’est comme ça, c’est mon Choaa… ».

C’est avec « C’est mon Choaa » que Dieudonné introduit une autre de ses interventions en ligne consacrée à Simone Weil. La vidéo, intitulée « Dieudonné : Hommage à Simone Veil », mise en ligne le 4 juillet 2017, est également toujours en ligne. « (…) Je vous dédie, Simone, une petite chanson qui va faire danser un peu tout le monde cet été autour du barbecue », y dit Dieudonné.

Bien que condamné, Dieudonné continue de mettre régulièrement en ligne des vidéos liées à l’actualité sur sa page YouTube officielle. Sur son bureau sont toujours posés un ou deux ananas, rappelant sa chanson « Shoananas », qui tourne en dérision l’Holocauste, avec ces mots dans le refrain : « Tu me tiens par la Shoah, je te tiens par l’ananas »[1]. Expulsé du théâtre de la Main d’Or puis du théâtre de l’Ampoule et rencontrant des difficultés à se produire en salle, Dieudonné continue ses représentations à bord d’un « Dieudobus ».[2]

Dans une vidéo mise en ligne le 3 mars 2020 et intitulée « Dieudonné : 49-3 »[3], Dieudonné, vêtu d’un gilet jaune affublé d’un ananas, s’attaque au CRIF, qualifiant le dîner du CRIF de « dîner de la haine », et au président Emmanuel Macron, présenté comme obéissant docilement au CRIF. Il s’en prend en outre aux Rothschild, qui profiteraient de l’épidémie de COVID 19, et les accuse en filigrane d’avoir commandité une « propagande de terreur » autour du virus afin de remplir leurs propres caisses : « Ne soyez pas les derniers à comprendre ce qui est en train de se passer », recommande-t-il. La vidéo avait obtenu 147 936 vues à la date du 10 mars 2020.

Pour remédier à la supposée menace de la mainmise des Rothschild sur l’épargne du peuple, Dieudonné propose une solution : placer cette épargne dans sa cryptomonnaie à lui, le Sestrel, monnaie numérique dont la sortie est prévue pour novembre 2020.[4] Extraits :

Dieudonné : « une démocratie représentative qui ne représente que les intérêts de la banque Rothschild et consorts » 

« (…) Le mépris extrême que nous renvoient ces marionnettes de la banque Rothschild [le gouvernement] est étonnant et exponentiel. Ils semblent n’avoir aucune limite… ll n’y a plus de limite à leur arrogance. Votre vie et la mienne ne représentent pas plus que celle d’un poisson pris dans les filets d’un chalutier : on vous ramasse, vous n’existez pas. Nous ne sommes que de la matière première indispensable à leur mécanisme de domination. Rien n’a vraiment changé d’ailleurs depuis l’abolition de l’esclavage… si ce n’est que l’esclave à présent a accepté sa condition.

(…) Finissons-en avec cette imposture de démocratie représentative, une démocratie représentative qui ne représente que les intérêts de la banque Rothschild et consorts… Nous ne sommes pas nés esclaves, nous le sommes devenus, par cet endoctrinement. On peut même parler de dressage : nous avons été dressés, comme des chiens… Qu’ils nous considèrent comme des animaux, ce n’est pas un problème, le tout c’est qu’on n’ait rien à voir avec eux, qu’ils soient pas dans nos pattes.

Dieudonné au sujet du dîner du CRIF : Une « soirée à la gloire de la haine », un « dîner de la haine », « je leur pisse dans la bouche »

(…) La bonne nouvelle c’est que le dîner annuel du CRIF a été reporté. Ah, enfin une bonne nouvelle dans la journée. Cette soirée, à la gloire du communautarisme hystérique, à la gloire de la haine, n’aura donc pas lieu, il sera reporté, nous dit-on, et la présence d’Emmanuel Macron a été exigée. (…) Les institutions juives attendent une parole forte d’Emmanuel Macron au dîner du CRIF. Il a intérêt à réviser un petit peu sa copie, parce que là il va se faire remonter les bretelles. Moi je serais à sa place, je t’enverrai chier tout ce petit monde. Je leur dirais : allez tous vous faire enculer bien profondément. Ils doivent le sentir d’ailleurs parce que je n’ai pas été invité au dîner de la haine, non, et c’est tant mieux, et je continuerai pour ma part, vous l’avez compris, à leur pisser dru dans la bouche.

(…)  certaines personnes bien informées renchérissent : le coronavirus et sa propagande de terreur vont justifier une crise financière hors du commun par laquelle Rothschild et consorts vont dérober la totalité de l’épargne des moutons partout sur la planète. (…) Ne soyez pas les derniers à comprendre ce qui est en train de se passer. Placez votre épargne à l’extérieur de leur champ d’action. Dépêchez-vous. Ils ont pour projet de le saisir. Placez-le dans la cryptomonnaie, et plus précisément dans le sestrel [projet de cryptomonnaie de Dieudonné], le sestrel qui grimpe, qui grimpe, qui grimpe, la première cryptomonnaie de culture française. Elle se situe à l’étranger parce qu’en France évidemment… Vous savez : ne vous faites plus saisir votre argent par un Etat que vous jugez voyou. »

Notes :

[1] Voir les rapports MEMRI sur Dieudonné : Quenelle+, la page Facebook ouvertement antisémite des fans de Dieudonné, 4 mai 2016 ; Dieudonné attaque des personnalités juives françaises dans sa nouvelle vidéo « BHL fait un four », 12 décembre 2014 ; L’Antisémite : Une coproduction franco-iranienne d’un film de Dieudonné tourne en dérision Auschwitz, 31 décembre 2013 ; Dieudonné appelle à l’alliance des chrétiens et des musulmans contre « ceux qui ont persécuté Jésus et Mahomet », 10 juillet 2012 ; Une coproduction franco-iranienne d’un film de Dieudonné tourne en dérision Auschwitz, 20 février 2012 ; Dieudonné prépare son prochain film : L’Antisémite, 25 novembre 2011.

FOG – Après Trotski, Plenel a une nouvelle idole : Marat !

Quand Edwy Plenel se range derrière Marat le sanguinaire, il y a fort à parier que d’autres journalistes lui emboîtent le pas.

| Le Point 

Nos prétendues élites intellectuelles sont-elles devenues folles ? Alors que le coronavirus commence à plomber l’économie, ne sommes-nous pas tombés dans la phase agonique de la décadence, quand la société commence à se désintégrer ? Ces temps-ci, il flotte sur la France un parfum soufré, annonciateur de guerre civile.

Après l’effarante cérémonie des César, qui n’a pas fini de traumatiser le pays, on se frotte les yeux : voici qu’une supposée grande conscience des médias, Edwy Plenel, se range subrepticement derrière l’une des figures les plus abominables de la Révolution française, maboul avéré, le citoyen Marat spécialisé, entre autres, dans l’appel au meurtre.

Grand manitou autoproclamé du camp du Bien, Plenel publie régulièrement des livres laborieux qui lui permettent de tourner dans les médias pour faire la réclame de Mediapart, l’entreprise qu’il a créée et qui l’a bien enrichi. Leur principale qualité : quand elles vous tombent des mains, ces publications ne font pas mal au pied, tant elles sont petites, légères. Toujours sans surprise, elles distillent la même musiquette, celle de la vieille ultragauche.

Le sujet de son dernier pensum, La Sauvegarde du peuple (La Découverte), est une pseudo-enquête autour d’une phrase de Jean-Sylvain Bailly, astronome, mathématicien et maire de Paris (1789-1791), un révolutionnaire trop modéré pour ne pas finir guillotiné : « La publicité est la sauvegarde du peuple. » Traduire : il faut rendre public tout ce qui est de l’intérêt du peuple. Cette formule, c’est ce qu’il y a de mieux dans le livre où il apparaît vite que, dans la Révolution, Plenel préfère les ennemis de l’édile parisien, à commencer par Marat.

Révélation qui laisse pantois, au milieu de maintes digressions : le héros de tant de journalistes considère Marat comme un modèle. Brrr… Son originalité, écrit Plenel, « est qu’il ne se contente pas de défendre le contre-pouvoir de la presse, la nécessité de ses vigilances et de ses défiances ». Notre libelliste est en pâmoison devant sa « théorie radicale de la démocratie comme lieu d’un conflit créateur », conflit dont il assume qu’il puisse « aller jusqu’à l’insurrection si ceux qui gouvernent se dérobent à sa vitalité ».

Face à une vision de la démocratie « qui la borne et la contient, la résumant et la réduisant à la légitimité de l’ordre issu du vote et des élections », Plenel adopte de toute évidence, pardonnez sa logomachie, la vision de Marat qui « l’étend et l’encourage, la stimulant et l’activant grâce aux désordres dynamiques d’un espace public pluraliste ». Et de citer le député montagnard qui publie un journal, L’Ami du peuple : « On voit la liberté sortir sans cesse des feux de la sédition. »

Le journalisme consistant souvent, comme dit l’humoriste, à parler de choses qu’on ne connaît ni ne comprend, Plenel n’a sans doute pas pris le temps de travailler sur la Révolution française. Mais il ne peut ignorer que Marat, « pasionaria » de l’insurrection, prêchait la haine et prônait les tueries ou les pillages, quand il ne contribuait pas à orchestrer des massacres, comme ceux de septembre 1792. C’est dans tous les livres d’Histoire.

Disciple de Rousseau, faux philosophe, scientifique bidon, mais ne doutant jamais de son génie, le monstrueux Marat est rongé par la haine et l’aigreur comme par des vers. Dans son chef-d’œuvre, Les Origines de la France contemporaine (Laffont, « Bouquins »), Hippolyte Taine a tout dit sur cet histrion à la « logique de fou », qui souffre d’un délire de persécution et appelle sans arrêt le peuple à semer la mort. En septembre 1792, devant le conseil de la Commune, l’idole de Plenel estime à 40 000 le nombre de têtes qu’il faut abattre pour que la Révolution triomphe. Six semaines plus tard, l’abcès social ayant grossi, il considère qu’il faut tuer 170 000 personnes pour assurer la « tranquillité publique » et demande qu’on le charge de cette besogne.

Edwy Plenel n’a jamais cessé de célébrer la mémoire de Trotski, sa première idole : en 1918, quand il était le grand maître de l’Armée rouge, cet expert en terreur fut, comme l’a rappelé l’ami Étienne Gernelle (1), le sinistre concepteur du premier camp de concentration à la soviétique, préfiguration du Goulag, mouroir pour des millions de personnes (entre 10 et 20 millions) dont le grand tort était de penser mal. Mais bon, ça n’a jamais troublé la digestion de notre saint patron des médias, désormais converti aussi à Marat. Souvent plenellisés, nos chers confrères seront-ils maratisés dans la foulée ?

Pauvre presse ! Pauvre France ! §

1. Cf. « Le Point », le 15 novembre 2018.

CoronaVirus. L’Institut Biologique (Ness Ziona), le plus secret et mystérieux d’Israël, va t-il ouvrir la voie à un vaccin?

Par Israelvalley Desk|

Des sources au ministère de la Santé affirment que l’Institut Biologique israélien situé à Ness Ziona annoncera prochainement avoir mis au point un vaccin contre le Coronavirus-Covid 19… mais les tests pré-cliniques et cliniques devraient prendre plusieurs mois. Cette annonce est diffusée par Nathalie Sosna Ophir. IsraelValley peut garantir que cette news est sérieuse et ne s’apparente pas à un « Techno-Bluff ».  Nous connaissons très bien les travaux de cet Institut exceptionnel.

L’Israel Institute for Biological Research est un institut de recherche de défense du gouvernement israélien spécialisé dans la biologie, la chimie médicinale et les sciences de l’environnement. Le travail de l’institut est un secret bien gardé. (DR)

A SAVOIR.

Selon différents rapports internationaux, cités par le journal israélien Ha’aretz, des armes biologiques et chimiques sont développées à l’Institut pour la recherche biologique, situé à Ness-Ziona, à côté de Tel Aviv. Officiellement, des scientifiques et techniciens font partie du staff, qui depuis cinq décennies accomplit des recherches en biologie, chimie, biochimie, biotechnologie, pharmacologie, physique et d’autres disciplines scientifiques. L’Institut, avec le Centre nucléaire de Dimona, est « une des institutions les plus secrètes d’Israël » sous juridiction directe du premier ministre. Le plus grand secret entoure la recherche sur les armes biologiques : bactéries et virus qui, disséminés chez l’ennemi, peuvent déclancher des épidémies. Parmi eux, la bactérie de la peste bubonique (la « mort noire » du Moyen-âge) et le virus Ebola, contagieux et létal, pour lequel n’est disponible aucune thérapie. On peut avec la biotechnologie produire de nouveaux types d’agents pathogènes auxquels la population cible n’est pas en mesure de résister, ne disposant pas du vaccin spécifique. On dispose aussi de sérieux indices sur des recherches pour développer des armes biologiques pouvant anéantir chez l’homme son système immunitaire.

Officiellement l’Institut israélien effectue des recherches sur des vaccins contre des bactéries et virus, comme celles sur l’anthrax financées par le Pentagone, mais il est évident qu’elles permettent de développer de nouveaux agents pathogènes à usage guerrier. Le même expédient est utilisé aux Etats-Unis et dans d’autres pays pour contourner les Conventions qui interdisent les armes biologiques et chimiques.

SOURCE NON ISRAELIENNE. SELON (1) « Officiellement, l’Institut israélien de recherches biologiques de Nes Ziona n’existe pas. Officiellement, pendant dix longues années, Avraham Marcus Klingberg, son directeur adjoint, n’existait pas non plus. Le scientifique de renommée internationale, auteur de savants ouvrages et conférencier courtisé, s’était volatilisé, un matin de janvier 1983. Il fallut attendre 1993 pour apprendre ce qui lui était arrivé. Arrêté pour espionnage au profit de l’ex-URSS, Marcus Klingberg fut jugé à huis clos, secrètement condamné à vingt ans d’enfermement et embastillé au pénitencier d’Ashkelon sous une fausse identité. Il fallut plusieurs appels de la presse israélienne auprès de la Cour suprême de l’Etat juif pour que le secret soit partiellement levé et que commence l’ « affaire Ness-Ziona ».

C’est une petite ville de banlieue, à 18 km au sud-est de Tel-Aviv. Lorsque Israël décide, quatre ans après sa fondation, en 1952, de se doter d’un centre de recherches sur les armes chimiques et biologiques, Ness-Ziona n’est encore qu’un gros bourg de quatre mille habitants. Aujourd’hui, c’est un faubourg, avec trente mille résidents. En 1998, inquiet pour la santé de ses concitoyens, le maire s’est opposé à l’agrandissement du complexe. Sans succès. Le complexe est placé depuis toujourssous le contrôle direct du premier ministre. Que fabrique-t-on derrière les hauts murs parsemés de projecteurs et de censeurs électroniques qui cernent l’endroit ? Mystère.  » Au moins quarante-trois types d’armements non conventionnels, des virus aux toxines de champignons en passant par les bactéries et les poisons de synthèse « , affirmait une enquête du Nouvel Observateur en janvier 1994.

Signataire, en 1993, de la convention internationale bannissant les armes chimiques, Israël – qui se refuse également à adhérer au traité de non-prolifération nucléaire – ne l’a finalement jamais ratifiée. Le contraire l’obligerait à révéler tous ses programmes et à détruire les armes. Pas question ». (1) http://espionnage.over-blog.com/article-6929078.html

Le BNVCA exprime les protestations de nombreux correspondants indigné par l’attitude de la maîtresse de la 45 ème cérémonie Des Césars du Cinéma Florence Foresti.

Le BNVCA exprime les protestations de nombreux correspondants choqués et indignés de la façon dont s’est déroulée la 45eme  édition de la    “soirée des césars” présentée par l’humoriste Florence Foresti.

Cette 45eme Cérémonie des Césars du cinéma, organisée en 2020 par l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma était diffusée par la chaîne de télévision Canal Plus.

Non contente d’ironiser sur le physique de Roman Polanski, Florence Foresti, maîtresse de Cérémonie s’est livrée à dresser une liste de délinquants sexuels dans le monde du cinéma.

Dans son intention de laisser croire que ces personnalités sont des prédateurs, c’est parce qu’ils sont juifs, elle ajoute de façon scandaleuse (probablement pas par hasard) le nom de Strauss Kahn à ceux d’Harvey Weinstein, Jeffrey Epstein et bien sûr Roman Polanski, grand vainqueur de ces “CESARS” pour son film « J’ACCUSE ». De plus elle se permet de faire une référence indirecte à Patrick Bruel.

Il est certain que nous ne pouvons que condamner tous les agresseurs sexuels de ce type et leurs comportements répréhensibles. Nous ne pouvons tolérer de militantes qui se présentent comme « les Terriennes » qui ont tweeter “celui qui devrait être gazé c est Polanski”.

Toutefois l’attitude de Foresti comme celle de Jean Pierre Darroussin sont condamnables et inqualifiables, notamment quand cet acteur oublie volontairement de prononcer une syllabe afin d’écorcher le nom de Polanski.
Le BNVCA a décidé de saisir la Présidence de Canal Plus et la Présidence du CSA.

Le Président Sammy GHOZLAN 

Ces Arabes Privilégiés du Moyen-Orient

par Bassam Tawil

Traduction du texte original: The Fortunate Arabs in the Middle East

  • Au Moyen Orient, il est d’autres Arabes qui ont plus de chance que les Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les Arabes d’Israël – c’est d’eux dont il s’agit – ne subissent pas la corruption et l’incompétence des dirigeants de l’Autorité palestinienne et du Hamas. Ils ont de la chance car ils vivent en Israël.
  • Une malencontreuse bonne nouvelle de plus vise les citoyens arabes d’Israël : le gouvernement israélien a annoncé en 2018 qu’au cours des deux dernières années, 4,5 milliards de shekels (1,2 milliard d’euros) avaient été investis dans les zones à forte densité de population arabe. Le gouvernement a également annoncé qu’il investirait 20 millions de shekels (5,4 millions d’euros) dans le secteur arabe de la haute technologie. Globalement, le gouvernement a décidé d’investir 15 milliards de shekels (4 milliards d’euros) en faveur des Arabes israéliens d’ici la fin de 2020 …
  • Les 50 milliards de dollars que le plan Trump met sur la table en faveur des Palestiniens risquent de ne pas être utilisés parce que les dirigeants palestiniens préfèrent continuer de s’enrichir au détriment de leur peuple. Comment s’étonner ensuite que les Arabes – y compris les Palestiniens – qui rêvent d’une vie meilleure, n’aspirent qu’à déménager en Israël ? Comment s’étonner enfin que la plupart des Arabes israéliens ne veuillent pas être rattachés à un État palestinien et réclament de rester en Israël ?
Les deux millions de citoyens arabes d’Israël suscitent l’envie de leurs frères palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza. La ville arabe d’Arraba (photo), en Galilée, au nord d’Israël, offre un exemple éclatant de réussite économique. Avec 26 000 habitants, Arraba est l’une des villes du monde qui compte le plus grand nombre de médecins. (Source image : Yaakov / Wikimedia Commons)

Les Palestiniens qui vivent en Cisjordanie sous contrôle de l’Autorité palestinienne (AP) et dans la bande de Gaza sous le joug du Hamas n’imaginent qu’en rêve d’obtenir un jour la qualité de vie de leurs frères arabes qui résident en Israël.

Pauvreté, chômage, répression sont le lot des populations palestiniennes de Cisjordanie et de Gaza, et cela depuis des décennies. La faute en revient aux dirigeants de l’AP et du Hamas qui ont systématiquement rejeté différents plans de paix qui incluaient la prospérité pour les Palestiniens.

Récemment, l’Autorité palestinienne et le Hamas ont rejeté le plan de paix du président américain Donald Trump qui prévoyait d’injecter 50 milliards de dollars pour rénover les infrastructures et créer un million d’emplois nouveaux. Des financements de projets étaient prévus à hauteur de 27,5 milliards de dollars en Cisjordanie et dans la bande de Gaza et des investissements de 9,1 milliards de dollars devaient bénéficier aux Palestiniens d’Égypte, de Jordanie et du Liban. Les premiers secteurs à bénéficier de la manne seraient « ceux de la santé, de l’éducation, de l’électricité, de l’eau, de la haute technologie, du tourisme et de l’agriculture ».

Les dirigeants palestiniens ont dit « non » au plan Trump et l’ont qualifié de « complot américano-sioniste pour liquider la question palestinienne et les droits du peuple palestinien ».

Ces dirigeants ont rejeté le plan Trump avant même de le lire, un signe très clair de l’intérêt qu’ils portent au bien-être de leur peuple. Ce refus d’une offre à 50 milliards de dollars qui aurait pu financer de nombreux projets et créer de nombreux emplois ne peut être interprété que d’une seule manière : les dirigeants palestiniens ont fait le choix de la pauvreté et de la misère pour leur peuple. Le vrai perdant du « rejectionnisme » des dirigeants palestiniens est, tragiquement, le peuple palestinien lui-même.

D’autres arabes de la région ont plus de chance que les Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Nous parlons ici des citoyens arabes d’Israël. Ces personnes-là ne subissent pas la corruption et l’incompétence des dirigeants de l’Autorité palestinienne et du Hamas, ces arabes-là ont de la chance car ils vivent en Israël.

Les deux millions de citoyens arabes d’Israël suscitent même l’envie de leurs frères palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Pas un jour ne passe sans que les Palestiniens ne soient informés de la vie agréable et confortable des citoyens arabes d’Israël.

Le dernier exemple en date est celui d’Arraba, une ville de Galilée au nord d’Israël. Avec ses 26 000 habitants, Arraba est l’une des villes qui dispose du plus grand nombre de médecins rapporté au nombre d’habitants.

« Il y a 400 médecins à Arraba », a déclaré le Dr Tarek al-Sa’di, interne de l’hôpital RamBam fondé en 1938 à Haïfa, 10 ans avant la création de l’État d’Israël. « Arraba a le plus grand nombre de médecins au monde. Nous parlons de 15 médecins pour 15 000 habitants. C’est un pourcentage très élevé. »

Le chirurgien plasticien Yusef Nassar, également résident d’Arraba, a déclaré : « Une chose étrange a lieu dans notre ville. Dans chaque maison, vous trouverez trois ou quatre médecins. J’ai plusieurs cliniques dans tout le pays. Qui vient dans mes cliniques ? Des juifs comme des arabes qui vivent aussi bien en ville que dans un village. »

Saeed Yassin, médecin généraliste retraité d’Arraba, est le fier père de trois médecins – deux garçons et une fille. « J’ai également deux autres fils qui sont pharmaciens », a-t-il déclaré.

Le Dr Yassin souligne que ses 10 frères et sœurs exercent également comme médecins. « Tous les six mois, des feux d’artifice célèbrent la remise des diplômes de 15 ou 20 autres médecins », a-t-il ajouté . « Il n’est pas rare qu’une famille se compose de médecins, d’avocats et d’ingénieurs. C’est très banal chez nous. »

Les femmes arabes d’Israël profitent semble-t-il de plus d’opportunités que celles de Ramallah ou Gaza. A Arraba, les femmes médecins sont plus nombreuses que les hommes médecins.

Le Dr Wuroud Yassin, qui travaille à l’hôpital Carmel de Haïfa, est diplômée du prestigieux Technion – l’Institut israélien de technologie de Haïfa.

« J’ai étudié au Technion avec des gens très divers tant sur le plan des origines que de la religion, y compris des Arabes et des Juifs », a-t-elle déclaré. « J’étais la seule fille de ma famille, et j’ai été éduquée avec l’idée que je n’étais pas différente d’un garçon et que rien n’est impossible quand on travaille dur. »

Arraba est également le berceau d’une autre success-story, celle du Centre de diagnostic, de traitement et de réadaptation El-Razi. Ce centre fondé et dirigé par le psychologue Saleh Kana’neh est le premier du genre à regrouper un personnel professionnel pour diagnostiquer les handicaps d’enfants et de jeunes adultes et développer des remèdes innovants adaptés à la communauté arabe, le tout en pleine coordination avec le gouvernement, les services de santé et les autorités locales.

Le Centre el Razi est considéré comme la Mecque du diagnostic et du traitement des troubles mentaux pour les enfants arabes : le centre a dispensé près de 50 000 traitements à 1 500 enfants en accueil de jour et a dispensé et supervisé 20 000 diagnostics sans parler des milliers d’heures d’accompagnement des patients et du personnel.

« Nous soignons également les Juifs », a déclaré le Dr Kana’neh. « Nous sommes fiers que la plupart de nos employés soient des femmes. Il y a au moins un universitaire par foyer à Arraba. Cela fait la fierté de notre communauté arabe. Arraba compte aussi 100 psychologues. Cela signifie que nous en avons un pour 2 500 habitants ».

Ces Arabes israéliens vivent de grandes réussites professionnelles et jouissent d’un niveau de vie très confortable, mais leurs prouesses sont généralement ignorées des médias et de la communauté internationale.

S’ils vivaient en Cisjordanie et dans la bande de Gaza et passaient leur temps à se plaindre d’Israël, ils auraient l’attention du monde entier.

Les journalistes internationaux couvrant le Moyen-Orient et de nombreuses organisations internationales préfèrent fermer les yeux sur toutes les histoires qui montrent les aspects positifs de la vie en Israël.

Voilà également une autre malencontreuse bonne nouvelle concernant les citoyens arabes d’Israël : le gouvernement israélien a annoncé en 2018, qu’au cours des deux dernières années, il avait investi 4,5 milliards de shekels (1,2 milliard d’euros) dans les zones à forte densité arabe. Le gouvernement a également annoncé qu’il investirait 20 millions de shekels (5,4 millions d’euros) dans le secteur arabe de la haute technologie. Globalement, le gouvernement a décidé d’investir 15 milliards de shekels (4 milliards d’euros) en faveur des Arabes israéliens d’ici la fin de 2020 afin de « réduire les écarts sociaux et économiques des minorités par une réforme des mécanismes d’allocation de fonds ».

Alors que le gouvernement israélien investit des centaines de millions de dollars pour améliorer les conditions de vie de ses citoyens arabes, les dirigeants de l’Autorité palestinienne et du Hamas continuent de priver leur peuple de l’aide étrangère, d’un avenir meilleur et d’espoir.

Les 50 milliards de dollars que le plan Trump envisage de mobiliser en faveur des Palestiniens pourraient bien ne jamais être investis tant il est évident que les dirigeants palestiniens ont autre chose en tête. Ils ne souhaitent qu’alimenter leurs comptes bancaires personnels au détriment de leur peuple. Comment s’étonner que les Arabes – y compris les Palestiniens – qui rêvent d’une vie meilleure, n’aspirent qu’à déménager en Israël ? Pourquoi s’ébahir que la plupart des Israéliens arabes ne souhaitent pas faire partie d’un Etat palestinien et exigent de rester en Israël ?

Bassam Tawil est basé au Moyen-Orient.

Pourquoi tue-t-on des juifs en France ?

CHARLIE HEBDO

YANNICK HAENEL· LE 4 MARS 2020 

Je me suis réveillé en sursaut, vers 4 heures du matin, avec cette phrase en tête : « Pourquoi tue-t-on des Juifs en France ? » J’avais lu, avant de m’endormir, cette liste : « 20 janvier-13 février 2006 : assassinat d’Ilan Halimi. 19 mars 2012 : assassinats à l’école juive Ozar-Hatorah. 9 janvier 2015 : assassinats à l’Hyper Cacher de Vincennes. 4 avril 2017 : assassinat de Sarah Halimi. 23 mars 2018 : assassinat de Mireille Knoll. 20 septembre 2018 : inscriptions sur une porte cochère de la rue Ordener : « Ici vivent des ordures juives. Notamment au troisième ». »

J’ai lu cette liste glaçante dans Il y a l’antisémitisme, un petit livre de Stéphane Habib qui vient de paraître aux éditions Les Liens qui libèrent. En 90 pages décisives, l’auteur condense ce qu’il en est de l’antisémitisme aujourd’hui : « la mise à mort de corps juifs ». Sa seule fin, dit-il – l’unique objet de cette haine qui n’en finit pas –, c’est le meurtre. 

Stéphane Habib remarque bien cette volonté qu’a l’anti­sémitisme de s’intégrer dans le débat, de se faire accepter comme une « opinion » : la perversité consistant à «  prêcher partout la croisade antijuive […] au nom des institutions démocratiques, au nom de la liberté d’opinion ». Car dans une société où triomphe le règne des communautarismes, tel adversaire de telle communauté s’octroie désormais le droit d’avoir tous les droits.

L’antisémitisme n’est pas une opinion

Mais l’antisémitisme n’est pas une opinion, ni même une simple opposition à la communauté juive : c’est, dit Stéphane Habib, une structure, un langage, une «  affaire politique  ». Réécrivant Jean-Claude Milner, Stéphane Habib définit le politique comme une « inquiétude pour la survie de corps parlants les uns avec les autres  ». 

On remarque qu’il ne s’agit déjà plus d’en appeler au « vivre-­ensemble », comme on le faisait après 2015, mais de témoigner d’un « survivre-ensemble », ce qui en dit long sur la menace criminelle qui rôde à chaque instant dans les rapports en France, menace qui ne relève d’ailleurs pas seulement de la possibilité d’attentats islamistes ou de l’abjection antisémite, mais d’une désinhibition radicale de chacun qui s’exprime par exemple sur les réseaux sociaux, où les appels au meurtre sont devenus une routine : en 2020, chaque conscience veut la mort de l’autre.

Le livre de Stéphane Habib pense cette folle diffraction de la mise à mort. Il analyse très bien ce qu’il y a d’ambigu dans l’anti­sionisme, qui peut tout à la fois répondre à l’abjection des lois proposées en Israël, et maquiller une haine des Juifs. Il redonne à penser le mot « réel », c’est-à-dire ce sur quoi on bute. Il relit l’extraordinaire lettre écrite le 4 mai 1924 par Arnold Schoenberg à Kandinsky (allez-y voir). Il se demande ce que c’est que de vivre une époque où tous les signaux passent au rouge.

Une liste de 12.000 nazis révélée en Argentine !

Une liste comprenant les noms de 12.000 nazis installés en Argentine a été révélée mardi par le centre Simon Wiesenthal de lutte contre l’antisémitisme et le racisme. Beaucoup d’entre eux «ont alimenté un ou plusieurs comptes bancaires au Schweizerische Kreditanstalt, devenu ensuite la banque Credit Suisse, dont le siège est à Zurich», a rapporté le centre, qui traque les criminels nazis de la Seconde Guerre mondiale…….Détails……..

Régime pro-nazi

«Nous pensons que ces comptes longtemps inactifs abritaient de l’argent volé aux victimes juives» du nazisme, estime le centre Simon Wiesenthal, dans un communiqué. 
«Pendant les années 1930, le régime militaire pro-nazi du président José Félix Uriburu, surnommé ‘Von Pepe’ pour sa germanophilie, et de son successeur Agustin Pedro Justo, a accueilli une présence nazie croissante en Argentine», explique le centre Wiesenthal.
En 1938, le NSDAP/AO, branche internationale du parti nazi, comptait ainsi 1400 membres en Argentine, où il avait pignon sur rue. 
Par ailleurs, un syndicat argentin sympathisant du nazisme, l’Union allemande des syndicats, recensait 12’000 membres, et 8000 personnes étaient affiliées à diverses organisations ayant prêté leur concours aux Nazis, selon le centre.

Tentative d’effacer les preuves

Celles-ci «allaient d’entreprises allemandes comme IG Farben (fournisseur du gaz Zyklon-B, utilisé pour tuer les Juifs et autres victimes du nazisme dans les camps) à des organismes financiers comme la Banque allemande transatlantique et la Banque germanique d’Amérique du Sud», selon le centre.
«Ces deux banques ont apparemment servi à effectuer des virements des Nazis vers la Suisse», a affirmé Shimon Samuels, l’un des directeurs de l’organisme. «De nombreuses personnes mentionnées dans la liste avaient des liens avec des entreprises pro-nazies figurant dans la liste noire des Etats-Unis et du Royaume-Uni pendant la Seconde Guerre mondiale», indique le centre Wiesenthal.

Des archives brûlées

Des groupes argentins pro-nazis ont tenté d’effacer les preuves de ces activités en brûlant des archives. 
Mais l’enquêteur argentin Pedro Filipuzzi, travaillant dans l’ancien siège des Nazis à Buenos Aires, y a découvert par hasard une copie originale de la liste de ces 12’000 noms et l’a communiquée au centre Wiesenthal.
Plusieurs dizaines de dirigeants nazis responsables de l’Holocauste, dont le docteur Josef Mengele et le SS Adolf Eichmann, responsable de l’acheminement des Juifs dans les camps de la mort, se sont réfugiés après-guerre en Argentine, majoritairement sous de fausses identités pour tromper les enquêteurs.

Source 24 heures

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Rare sight: Iranian and Israeli beauty gurus share championship podium

The two countries’ participants were also put in a joint work room early on, leading to an unusual friendship during a prestigious hairdressing, make-up and nail-art competition in Russia last week

Itamar Eichner 

The latest championship between beauty gurus and professionals in Russia brought an unusual sight, when an Israeli and an Iranian participant shared a podium after both finished second in the prestigious competition.Follow Ynetnews on Facebook and TwitterThe third International Open Championship CMC in hairdressing, make-up and nail-art took place last week in the Russian city of Yekaterinburg. As the two contenders stood side by side on the podium, the crowd erupted in cheers as they held up the flags of their respective countries simultaneously.

Israeli and Iranian hair stylists share the podium in an international competition in Russia

“Beauty trumped animosity,” said Moti and Rafael Rubin who jointly headed the Israeli hairstylist’s organization, “seeing such a friendship between Iranians and Israelis is a rare occurrence and a moving experience.”The Iranian and Israeli teams found out they would be working in the same work room at an early stage of the competition. But, after some initial tension, the Iranian team leader grabbed his Israeli counterpart, hugged him, planted a kiss on his cheek and said, “we love you guys.” From that moment on, all barriers fell, and the team members began forging warm friendships.”They have good methods and their style is advanced,” one Israeli stylist said. “It showed us how they work around the restrictions imposed by the Revolutionary Guard Corps to give their customers the best look possible.”One Iranian hairstylist confided in her Israeli counterpart that she had lost touch with a Jewish family she knew that had escaped Iran and probably relocated to Israel. She wondered whether there was any way to contact them and send warm regards.The Israeli team members said the Iranians expressed interest in learning about life in Israel and agreed the animosity caused by their respective leaders was a shame.The Israeli team returned home having won first, second and third prizes in six different categories.

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Amitié israélo-iranienne lors d’un concours en Russie

Publié le 4 mars 2020  dans Culture & Sports/Entre les Lignes

Lors du troisième concours international de coiffure et de cosmétique (International Open Championship CMC) à Ekaterinbourg en Russie, les compétiteurs israéliens et iraniens ont travaillé côte à côté et se sont même partagé la scène lors de la remise des prix. Sous les applaudissements nourris du public, les vainqueurs ont fièrement tenu leur drapeau, une image « rare et émouvante » pour le coiffeur israélien Motie Rubin.

Les équipes israélienne et iranienne devaient se partager le même espace et, après des tensions initiales, le chef de l’équipe iranienne s’est dirigé vers son homologue israélien, l’a pris dans ses bras et a dit Nous vous aimons. A partir de cet instant, l’amitié et l’harmonie ont régné entre les deux équipes. « Ils sont très professionnels et ont un style très moderne » a déclaré l’un des stylistes israéliens.

« Ils nous ont montré comment ils contournent les nombreuses interdictions du régime et s’arrangent pour que leurs clientes et clients soient aussi bien coiffés que possible ».Une telle photo reste une véritable sensation : des stylistes israéliens et iraniens célébrant ensemble leur victoire lors d’un concours en Russie (photo : Organisation israélienne de stylistes capillaires)

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Manuel Valls: «L’antisémitisme et l’antisionisme plus que jamais à combattre»

EXCLUSIF – L’actualité récente démontre qu’antisémitisme et antisionisme demeurent très virulents en Europe, et singulièrement en France, s’inquiète l’ancien premier ministre.

Par Manuel Valls pour Le Figaro

C’est le génie des grands intellectuels, ils sont visionnaires. Le 16 mai 1896, Émile Zola publie en première page du Figaro un article intitulé «Pour les juifs». Zola entend dénoncer avec force l’immonde campagne antisémite menée essentiellement par Édouard Drumont depuis la publication de son ouvrage, La France juive, en 1886. Zola n’est pas encore engagé dans la défense du capitaine Dreyfus, condamné et embastillé à l’île du Diable depuis deux ans. Il ignore tout à ce moment de l’affaire et de son innocence.

Le grand mérite de l’auteur des Rougon-Macquart est d’avoir compris la gravité de ce qui se passait dans la société française. Les termes «antisémite» et «antisémitisme» s’installent progressivement dans le vocabulaire et changent le contenu du débat intellectuel et politique. Zola les intègre dans son article qui, comme son célèbre «J’accuse», publié le 13 janvier 1898 dans L’Aurore, grâce à Clemenceau, est un «moment de la conscience humaine» pour reprendre les mots d’Anatole France devant sa tombe le 5 octobre 1902.

À lire aussi : Georges Bensoussan: «Le vrai tabou n’est pas l’antisémitisme, mais qui sont les antisémites»

Zola est porteur d’une pensée prophétique. Il s’avance seul devant une opinion avide de revanche depuis la défaite de 1870, à la recherche de boucs émissaires, chauffée à blanc parun nationalisme haineux. Il s’oppose à la plupart de ses contemporains. Il offre une argumentation solide et cohérente face à l’antisémitisme et à la judéophobie de Drumont. Cet antisémitisme moderne et populiste – les Juifs assimilés aux bourgeois, à l’argent et au pouvoir -, dépassant les clivages entre la gauche et la droite, est une véritable répétition générale du XXe siècle.À l’antique antisémitisme chrétien disséqué par Léon Poliakov s’est greffé un modernisme antijuif, une haine des Juifs – si proche de la « France juive  » de Drumont – et une détestation d’Israël

Les mots de Zola n’ont rien perdu de leur actualité. Dans un portrait qui lui était consacré, il y a quelques jours, le président du Congrès juif mondial, Ronald Lauder, s’interrogeait: «Qui s’élève en France pour les Juifs? Qui s’élève en Allemagne pour les Juifs? Qui s’élève en Europe pour les Juifs?»«Niemand, personne, nobody», répondait-il lui-même, cinglant. Ces mots m’ont bouleversé. Ils peuvent paraître injustes. Nous sommes nombreux à parler et à agir contre l’antisémitisme, la haine des Juifs, et l’antisionismela haine d’Israël, qui convergent depuis des années. Et pourtant je me sens concerné par le reproche. Les actes antisémites traduisent partout en Europe mais aussi aux États-Unis un mal profond. Ils sont par essence annonciateurs de grandes catastrophes. Ces vagues antijuives sont le fruit de l’antisémitisme radical d’extrême droite – qui s’attaque aussi aux musulmans -, d’extrême gauche et de l’islamisme. Ils accompagnent la crise de la démocratie et la montée du national-populisme.

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Il faut d’abord admettre et connaître cette réalité, qui est plus forte en France que dans d’autres pays européens, pour mieux la combattre. À l’antique antisémitisme chrétien disséqué par Léon Poliakov s’est greffé un modernisme antijuif, une haine des Juifs – si proche de la «France juive» de Drumont – et une détestation d’Israël, présents dans une large partie de la sphère politique, de l’extrême gauche à l’extrême droite. Dieudonné et Soral parmi d’autres sont l’expression de cette haine. Cet antisémitisme, nous l’avons retrouvé parmi les «gilets jaunes» ou dans un carnaval odieux en Belgique.

Ce que j’ai nommé l’islamo-gauchisme qui a prospéré dans les quartiers populaires, dans les banlieues, cache son antisémitisme sous une forme d’anticapitalisme, de rejet de la mondialisation, assimilée «aux Juifs qui dominent le monde grâce à l’argent» (rien de très original dans la rhétorique…) et de l’antisionisme qui n’est quela négation de l’État d’Israël, instrument de cette domination dont les Palestiniens seraient les premières victimes… Vous trouvez ces discours dans les rangs de La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon et de l’extrême gauche française, chez Podemos en Espagne ou Corbyn en Grande-Bretagne. La haine du Juif et d’Israël a également prospéré avec l’essor de l’islamisme dans nos pays européens, à travers les réseaux sociaux ou les paraboles relayant la culture antisémite et antiisraélienne d’une partie du monde arabe.Je vis comme un échec pour la République le fait que, depuis vingt ans, de nombreux Français juifs aient décidé de partir en Israël à cause de la montée en puissance de l’antisémitisme

Faute d’avoir compris ces phénomènes et aussi cette complexité, une partie des responsables politiques hésite à s’engager dans cette condamnation claire et évidente de l’antisionisme qui n’est que le paravent de l’antisémitisme. Il faut en prendre toute la mesure pour mener un combat déterminé. Il faut donc nommer les choses, ne pas avoir peur de s’exposer, avoir du courage. Zola nous montre la voie. Les hésitations ou les lâchetés au moment des assassinats antisémites d’Ilan Halimi ou de Sarah Halimi doivent nous révulser.

Je vis comme un échec pour la République le fait que, depuis vingt ans, de nombreux Français juifs aient décidé de partir en Israël à cause de la montée en puissance de l’antisémitisme et parce qu’ils avaient le sentiment que la France ne les protégeait plus. Bien entendu, l’antisémitisme ou le négationnisme ne sont pas, seulement, l’affaire des Juifs mais bien de tous. Pourtant je le redis, comme je l’avais proclamé devant l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes le 10 janvier 2015: la France sans les Juifs ne serait plus la France. Alors, comme Zola, nous devons nous engager, pour les Juifs.

Nous devons savoir que le combat sera long et difficile. Sur tous les fronts: sécuritaire et judiciaire, éducatif et culturel, mémoriel. Dans la société, dans les quartiers, à l’école, sur les réseaux sociaux. C’est donc une bataille idéologique, culturelle, intellectuelle et civilisationnelle. Il faut la gagner.

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Le journaliste saoudien Abd Al-Rahman Al-Rashed : Macron a raison de lutter contre l’extrémisme islamique dans son pays – Istanbul est la capitale mondiale de l’extrémisme

Le 18 février 2020, le président français Emmanuel Macron s’est rendu dans la ville de Mulhouse, riche d’une importante communauté musulmane et dans laquelle une grande mosquée est en construction, la mosquée Al-Nour, financée par des fonds étrangers, principalement en provenance du Koweït et du Qatar [1]. 

Dans un éditorial intitulé « Macron et les musulmans », paru dans le quotidien saoudien Arab News, le journaliste Abd Al-Rahman Al-Rashed, ancien rédacteur en chef d’Al-Sharq Al-Awsat et ancien directeur de la chaîne télévisée Al-Arabiya, défend les propos de Macron relatifs aux musulmans de France qui refusent de se conformer aux valeurs fondamentales de la République française. Tout en exprimant des réserves quant à certaines de ses positions, Abd Al-Rashed écrit qu’il soutient pleinement la lutte de Macron contre les mouvements islamiques extrémistes et séparatistes hostiles à la société et à la loi française. Macron, souligne-t-il, a raison de combattre ces groupes, liés à des organismes dangereux au Moyen-Orient et dirigés et financés depuis l’étranger – notamment par Istanbul, « capitale mondiale de l’extrémisme ». Accusant l’Europe de permettre à ces mouvements de profiter des libertés occidentales pour agir contre la liberté même de leurs pays d’accueil, il conclut : « Le fait d’interdire ces groupes sauvera les musulmans en Occidentet l’Occident de lui-même »

Dans sa conférence de presse donnée à Mulhouse, Macron a présenté la nouvelle stratégie de son gouvernement pour lutter contre l’extrémisme et le séparatisme islamiste en France. Cette stratégie prévoit de mettre fin aux cours d’instruction de langues et de cultures étrangères donnés en langue étrangère et non supervisés par l’Education nationale. Il prévoit en outre de mettre fin, progressivement, à l’importation d’imams étrangers pour les remplacer par des imams formés en France [2].

« Lorsque l’on a affaire à des individus ou à des groupes perturbateurs potentiellement dangereux au sein de la société, le défi consiste à faire la différence entre les brebis et les loups. C’est ce que le président Emmanuel Macron tente de faire en France.

Le problème ne se trouve pas chez les citoyens musulmans de France, mais chez les extrémistes. Il en va de même pour l’ensemble de la population du pays. S’il existe des groupes racistes extrémistes et hostiles dans d’autres secteurs de la société française, la majorité pacifique des membres de ces communautés ne fait pas l’objet de soupçons et de persécutions au même degré que les musulmans.

Macron s’est rendu dans une mosquée la semaine dernière [3], où il s’est adressé à la communauté musulmane et a fait des remarques qui n’ont pas plu à certains. Il a déclaré qu’il ne permettrait pas aux mouvements séparatistes de s’épanouir en France, puisque le pays est une seule et même République, et que tout le monde doit coexister et accepter ses lois. Il a dénoncé, par exemple, ceux qui refusent de serrer la main des femmes, qui évitent les traitements médicaux modernes ou qui refusent que leurs enfants fréquentent des écoles publiques, qualifiant ces actes de séparatisme culturel.

La vérité est que certains comportements sont des choix personnels. L’État ne peut forcer aucun homme à serrer la main des femmes, par exemple, mais il a le droit de prendre des mesures contre les parents qui tentent de limiter l’éducation de leurs enfants ou de les garder à domicile. Les autorités peuvent intervenir dans ce type de séparatisme culturelle, en s’appuyant sur la force de la loi, et punir les parents pour cela.

Comme de nombreux hommes politiques européens, Macron est favorable au respect de la liberté de religion et de culte, car ces droits sont inscrits dans la Constitution. Cependant, il déplore que certains groupes tentent de mobiliser l’importante communauté musulmane de France pour atteindre des objectifs politiques. Certains musulmans français ont souffert de l’extrémisme intellectuel et religieux, qu même titre que les musulmans dans leurs pays d’origine. Ce ne sont pas seulement les idées extrémistes qui se propagent quand les personnes se déplacent d’un pays à l’autre, ou sont transférées par les voyages et les interférences avec autrui. Ce sont surtout les activités organisées et dirigées par des groupes ayant des objectifs et des programmes politiques.

Macron a lancé un avertissement à la Turquie en particulier, l’accusant d’être une source de financement, de soutien et d’organisation de l’extrémisme. Cela fait effectivement partie du problème. Istanbul est aujourd’hui la capitale mondiale de l’extrémisme. Elle est la officiellement la destination privilégiée des groupes islamistes fuyant l’Égypte, les pays du Golfe, le Soudan, la Syrie et d’autres pays.

Le réel problème, cependant, ne concerne pas la Turquie mais l’Europe. L’Europe a permis à ces groupes d’exister et de créer des entités juridiques, économiques et politiques, même lorsqu’il est devenu évident qu’ils sont affiliés à des groupes dangereux au Moyen-Orient, et qu’ils opèrent conforméméent à un programme politique hostile aux régimes qui les abritent.

La notion occidentale de « liberté », que ces groupes utilisent comme couverture pour opérer, contredit leurs croyances fondamentales. Le fondateur de l’un de ces groupes a déclaré publiquement à Londres que l’Occident est semblable aux toilettes où il défèque.

Ces groupes ont été créés facilement, en profitant des libertés d’expression qui existent dans des pays tels que la France, la Belgique et les Pays-Bas. Aujourd’hui, ils sont devenus une source de préoccupation et une menace pour la sécurité de l’Europe, confrontée à un problème complexe : comment interdire l’expression d’idées problématiques tout en sanctifiant la notion de liberté ?

Le second problème est que l’Europe doit gérer d’autres groupes qui ne sont pas moins dangereux pour la société. Ils comprennent les fascistes d’extrême droite, les nazis et des extrémistes de gauche. Comment l’Europe peut-elle interdire les organisations islamistes alors que leurs membres ont appris les règles des jeux juridiques et politiques et jouissent de droits de la citoyenneté acquise ?

Ce qui rend ces groupes extrémistes affiliés à l’islam plus dangereux que d’autres organisations extrémistes est qu’ils s’opposent à la société dans son ensemble. Ils visent les musulmans avec leurs messages pro-changement, les utilisent, les isolent presque, les laissant à leur propre merci.

En outre, ces groupes sont soutenus par des bienfaiteurs étrangers qui disposent de considérables ressources financières, et sont également gérés et dirigés par des intérêts étrangers. Alors, comment devons-nous les percevoir : comme des marionnettes contrôlées par d’autres, ou comme des dissidents dans leurs nouvelles sociétés d’accueil ?

Après un long sommeil, l’Europe s’est éveillée au problème et a commencé à agir, très lentement, soit suite à des pressions électorales, soit en raison d’informations choquantes comme celles publiées par la presse française sur les personnes et les financiers qui se trouvent derrière ces groupes.

Interdire ces groupes sauvera les musulmans en Occident, et l’Occident de lui-même. » [4]

Harvard a choisi un Israélien pour diriger son bureau de transfert de technologie.

Par Israelvalley Desk article dans Forbes de Muriel Touaty – Membre d’honneur de la CEPS (Centre d’études et de prospective stratégique), Membre fondateur de l’Institut de l’Autisme, et Membre du Conseil d’administration de Geci International.

Israël obtient des résultats vraiment remarquables dans le domaine des transfert de technologie. L’écosystème israélien, notamment le Technion, fait désormais référence dans le monde.

Les établissements d’enseignement supérieur doivent doubler leurs efforts de recherche et d’innovation axés sur le marché et leur engagement dans le monde commercial, sinon ils risquent de perdre leur pertinence. « Les collèges qui n’intègrent pas les innovations axées sur le marché dans leur ADN nuisent énormément à leurs étudiants, qui devront inventer leurs propres emplois ».

Les bureaux de transfert de technologie israéliens ont généré plus de revenus sur les ventes de propriété intellectuelle que tout autre pays en dehors des États-Unis au cours des dernières années. Harvard et UCLA ont choisi des Israéliens expérimentés pour diriger leurs bureaux de transfert de technologie ces dernières années. Le budget de recherche du Technion, d’environ 90 millions de dollars, représente une fraction de celui du MIT, mais les revenus issus  de la commercialisation de la recherche sont globalement similaires.

Une des raisons spécifiques de son succès dans le transfert de technologie réside dans la concentration des efforts de deux éléments distincts de l’État. L’armée israélienne concentre ses efforts de recherche sur un petit nombre de domaines, y compris le big data et le cryptage, tandis que le secteur universitaire se concentre sur tout le reste.

La biopharmacie est l’un des domaines clés du secteur universitaire. L’industrie israélienne des sciences de la vie est particulièrement forte et a connu une croissance phénoménale au cours des dernières années. Selon l’organisme israélien Advanced Technologies Industries, il existe actuellement environ 1 600 entreprises du secteur des sciences de la vie en Israël, employant 83 000 personnes. De ce nombre, près de 1 400 ont été créées au cours de la dernière décennie.

La rapidité et l’agilité, associées à un cadre national solide qui donne la priorité à la suppression des obstacles bureaucratiques, sont parmi les principales raisons pour lesquelles Israël domine dans ces sujets.  Il faut penser à avoir une flotte de petites, d’identifier  où sont les opportunités et à réagir rapidement.

Les budgets limités et les petites équipes étroitement ciblées génèrent souvent des approches innovantes et gagnantes dans la recherche et les petites entreprises dérivées. En effet, confrontés au ” rien est acquis ”  on se doit d’être rapide, disruptif, créatif et audacieux.  Sortir des sentiers battus inclut de nouveaux moyens d’obtenir un financement.

Une nouvelle tendance  intéressante est le nombre d’universités qui développent maintenant leurs propres fonds de capital-risque. Le Technion, par exemple, est en train de réunir un fonds de 200 millions de dollars pour ses propres activités de recherche.

Il n’y a pas de miracle, synchronisation des acteurs et transversalité. Les universités fonctionnent souvent dans des délais de 10 ans ou plus, alors que les sociétés de capital-risque fonctionnent dans des fenêtres beaucoup plus courtes. Les sociétés de capital-risque cherchent à entrer et à sortir rapidement de leurs investissements tout en facturant le maximum de frais de gestion.

Les universités doivent s’engager plus étroitement sur le marché, et  le gouvernement doit également investir dans une recherche plus pure avec des institutions de niveau supérieur et que les deux ne s’excluent pas mutuellement. Après tout, la recherche fondamentale est un élément fondamental du rôle des universités.

Cependant, même à ce niveau, la recherche doit avoir une relation avec le marché et un engagement plus précoce avec le secteur privé.  Traditionnellement que de nombreuses recherches académiques finissent par «chercher des problèmes à résoudre» alors que ce devrait clairement être l’inverse.

Établir des liens entre les chercheurs et le secteur privé est essentiel,  le processus comme un «sport de contact».

Israël est un pionnier dans les bureaux de transfert de technologie, organisations qui recherchent, développent et commercialisent activement le savoir-faire accumulé dans les institutions publiques telles que les collèges et les hôpitaux, transformant les brevets en produits commerciaux.

Les bureaux de transfert de technologie joueraient un rôle majeur dans le soutien du secteur des sciences de la vie en Israël, avec de nombreux brevets, sociétés d’essaimage et accords de licence dans l’industrie, émanant de huit universités de recherche et de onze instituts de recherche répartis dans tout le pays. En 2017, les bureaux de transfert de technologie israéliens ont déposé 604 demandes de brevet et ont participé à la création de 39 entreprises en phase de démarrage.

Le drapeau du BDS en berne. C’est officiel : l’Autriche refuse l’antisémitisme.

Par Israelvalley

Le Parlement national autrichien a adopté jeudi à l’unanimité une résolution condamnant le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions BDS et demandé que le mouvement anti-Israël ne soit pas soutenu, rapporte leJérualem Post.

« Le BDS, qui est apparu de plus en plus en Autriche ces dernières années, utilise ce schéma antisémite » qui vise à ne pas « reconnaître le droit du peuple juif à l’autodétermination. »

« La décision historique prise aujourd’hui par le Parlement autrichien de condamner tout boycott des biens israéliens montre que l’Autriche se tient aux côtés d’Israël. C’est un partenaire clé de l’Europe au Moyen-Orient pour la sécurité, la coopération économique et la création d’emplois, le partage de nos valeurs fondamentales de l’État de droit et de la démocratie » a déclaré Lukas Mandl, membre autrichien du Parlement européen, Lukas Mandl.

« Le partenariat de l’Autriche avec Israël est un brillant exemple à suivre pour les autres pays européens », a-t-il poursuivi.

« Mais nous devons aller encore plus loin et établir un programme positif avec l’État juif, à Vienne et à Bruxelles. Nous devons de toute urgence tenir un Conseil d’association UE-Israël qui, inexplicablement, n’a pas été convoqué depuis 2012. »

La semaine dernière, le président du Parlement autrichien, Wolfgang Sobotka, avait déclaré que « l’attitude envers Israël est tout simplement injuste, et c’est en fait la base de l’antisémitisme que nous voyons aujourd’hui. 

“L’Autriche ne fera aucun compromis dans la lutte contre ce phénomène “.

«Le Conseil arabe pour l’intégration régionale», de Londres à Paris

Noor Abedallah

De l’enceinte du Parlement français, les artisans de paix ont évoqué leurs projets, et ont demandé la publication d’un rapport annuel concernant les gouvernements arabes, qui criminalisent ceux qui prônent la paix avec les Israéliens. Aussi, ont-ils appelé à affronter ce qu’on appelle les «lois anti-normalisation».

«Le Conseil arabe pour l’intégration régionale» est une initiative digne d’attention et de suivi. Il a vu le jour, au mois de Novembre 2019, à Londres. Sachant que cette date coïncide avec l’initiative de paix du président égyptien Anouar el-Sadate. Le Conseil et ses 32 Membres ont affirmé aux observateurs, puis aux peuples arabes et du monde, que leur initiative est unique du genre… Ceci apparait ou plutôt se distingue du fait, que les Membres sont tous Arabes, sans la présence d’aucun Israélien parmi eux… Plutôt des Membres de différents pays arabes, porteurs des préoccupations de leurs peuples, qui ont osé briser les frontières de la peur, et ont défié tout ce qu’ils peuvent subir comme insultes, et ont été traités de traitres, ou même ont reçu des menaces de liquidation. Se sont réunis pour dire : Oui à des relations normales avec Israël… Afin d’instaurer une coopération entre tous les pays de la région sans exclusion. Ceci, dans le but de rendre la région prospère, et en faire profiter les pays en voie de développement…

La première rencontre du Conseil, a constitué une «surprise» pour certains, mais fut une réalité et le début d’un rêve qui commence à se concrétiser. Le congrès a connu une réussite certaine, et laissé une excellente impression chez certains responsables du monde, à leur tête le secrétaire d’État américain Pompeo, qui a publié un tweet dans lequel il a exprimé son appréciation pour les efforts consentis par ce congrès, et son importance pour la région.

Le Conseil ne s’est pas arrêté à Londres, mais a poursuivi sa progression vers le succès. Sa direction fut le Parlement français, l’Elysée, puis le ministère des Affaires étrangères.

Au Parlement français, qui fut la première étape de la visite en France, les Membres du Conseil se sont exprimé chacun, au sujet des projets et des buts qu’ils visent. Aussi, concernant les raisons qui les ont conduits à rejoindre le Conseil. Ceci devant les députés du Parlement français, mais aussi des ministres et des médias locaux et internationaux. Une atmosphère très positive, et la partie française fut impressionnée par la présentation faites de la part des Membres du Conseil. L’ancien ministre koweïtien de l’Information, Sami Al-Nisf, a été le premier à prendre la parole. Il s’est présenté, puis a considéré que le Parlement français peut rendre un service humain exceptionnel, en publiant un rapport annuel concernant les procédures de criminalisation, que prônent les gouvernements arabes pour soi-disant «combattre la normalisation». Des législations encore en vigueur dans plusieurs pays arabes, et qui sont en opposition totale avec notre intérêt national. A savoir que ces dites législations, interdisent tout contact humain entre les peuples de la région, et considère tout appel à la paix, ou rencontre avec un partenaire Israélien, comme un délit, passible d’une peine de prison, ou la peine capitale.

– Il a souligné également que l’objectif commun entre les Membres, hommes et femmes, du «Conseil arabe pour l’intégration régionale», consiste à l’engagement à œuvrer pour pousser tous les peuples de la région à participer au processus de paix et de développement.

Quant à l’ancien député égyptien, le neveu du partenaire de la paix, Anouar el-Sadate, et le chef du Parti de «La Réforme et le développement», M. Mohamed Anouar el-Sadate, il a mentionné dans son intervention : «Il y a 41 ans, mon oncle, le Président égyptien, Anouar el-Sadate, a signé un traité de paix avec son homologue israélien. Mais depuis lors, on ne constate qu’une «paix froide» entre les gouvernements, les services de sécurité, et les élites économiques. La société civile de nos pays, n’en fait pas partie.

Il n’a pas non plus caché ses sérieuses réserves quant au contenu de l’initiative de paix Trump : «Nous voulons que le peuple palestinien concrétise ses aspirations légitimes à un État indépendant et à une vie meilleure. Nous pensons qu’une représentation plus large des acteurs – à commencer par les Palestiniens eux-mêmes – devrait faire partie de ce processus.

Puis a ajouté : Je suis venu au Parlement français pour réaffirmer la nécessité de «réchauffer la paix». Seul le lien direct entre le peuple israélien et ses voisins peut faire ressortir le meilleur du leadership et assurer une protection contre le pire. Nous devons renforcer les conditions qui permettent d’intégrer les énergies les plus prometteuses dans le processus de développement, et le maintien de la paix dans la région.

Parmi les participants, il y avait une jeunesse ambitieuse, à l’exemple du jeune tunisien Oussama Salami, un ingénieur innovant qui, en rejoignant le Conseil, a également pu transmettre les souffrances de sa génération de diplômés, qui portent des idées mais n’ont pas trouvé le terrain approprié pour les concrétiser Dans son intervention, il a expliqué son projet et la réalité dans son pays: Je travaille sur un projet pour développer mon pays et son économie en portant des améliorations au niveau de l’énergie (infrastructures aquatiques et électriques). Mes recherches indiquent que l’expérience dont j’ai besoin pour réaliser cette vision n’est disponible qu’en Israël, et que grâce à un partenariat civil avec des spécialistes israéliens dans ces domaines, nous pouvons obtenir des avantages significatifs et de taille.

Mais certaines élites politiques de mon pays s’opposent à ce genre de progrès, allant jusqu’à inciter contre tout Tunisien qui cherche à s’engager avec des Israéliens de quelque manière que ce soit. Ceci malgré l’importance de l’histoire des Juifs en Tunisie, qui remonte bien loin avant l’ère chrétienne. Une histoire qui a enregistré la participation des juifs tunisiens, au développement depuis plusieurs siècles, avant qu’ils ne soient pourchassés par la force dans les années quarante et cinquante du siècle écoulé. Des politiciens tentent d’instaurer une législation qui considère toute personne ayant rencontré un citoyen israélien, comme un «traître», qui doit être jugé pour cet acte et emprisonné. Pensez au paradoxe : Des dizaines d’extrémistes tunisiens sont allés en Syrie et en Irak pour tuer des innocents, puis sont rentrés, pour commettre des actes terroristes, et tuer d’autres innocents, et détruire le tourisme, épine dorsale de notre économie. Il n’y a pas de proposition d’une loi, en Tunisie, qui considère ces terroristes comme des «traîtres». Mais, en voulant servir mon pays, avec la certitude que ceci ne peut se faire sans des contacts avec des Israéliens. Mon patriotisme sera méprisé et peut-être serai-je puni. Quant au jeune journaliste algérien Sami Baaziz, il ne diffère pas beaucoup de ce que son collègue tunisien a dit, car il a évoqué les difficultés rencontrées par sa génération, en particulier dans sa profession, à savoir le quatrième pouvoir. Aziz en a parlé en disant : Les médias de mon pays continuent de tirer profit des stéréotypes antisémites, et véhiculer des théories du complot, au sujet des Juifs. Et de ce fait, incitent à la violence contre les citoyens israéliens et les Juifs en général. Pendant des générations, ce contenu a servi d’outil pour occulter les problèmes internes de corruption et de violations des droits de l’homme. Il a permis de cultiver une mentalité défaitiste, et a contribué à une culture d’extrémisme. Cela a rendu plus difficile pour nous, la résolution de nos propres problèmes, et d’engager nos voisins et le monde qui nous entoure de manière mature.

Je dispose d’un projet pour réformer cette situation en éduquant la prochaine génération tenante des médias dans mon pays. Le but sera de montrer la vérité sur Israël, son peuple et les Juifs. Je pense que cela contribuera à la paix civile en Algérie et à une paix plus large dans la région. Cela nous permettra également de réfléchir à nos défis locaux de manière analytique et constructive, et ainsi nous pourrons trouver des solutions réalistes à nos problèmes.

Il serait naturel, en se lançant dans un tel projet, de faire appel à des experts de l’histoire israélienne et juive, ainsi qu’à des experts dans le domaine de la réforme des médias. Beaucoup d’entre eux sont, bien sûr, des citoyens israéliens. Cependant, les lois de mon pays m’empêchent même de les rencontrer, et encore moins de travailler en partenariat avec eux.

Nous devons surmonter ce problème. Ce vouloir, explique la raison de ma présence parmi vous, aujourd’hui.

Quant à la jeune égyptienne, avocate britannique de parents égyptiens, Ijlal Ghiteh, elle s’est exprimée d’une manière différente, vu qu’elle réside en Europe, concernant son engagement et sa présence à Paris. Elle a évoqué le mouvement de boycott BDS, dirigé essentiellement par des occidentaux, en copiant les manières de boycott dans le Monde Arabe. Ce mouvement a causé des dommages infinis aux sociétés arabes. D’une part, il n’a pas réussi à vaincre les Israéliens, qui ont, sous l’effet du boycott, inventé des méthodes, qui ont eu pour conséquence la revitalisation de l’économie et la société de leur pays.

– Elle a également montré que le boycott d’Israël est devenu un modèle pour des boycotts interarabes : les divisions ethniques et sectaires sont devenues plus aigues. Chose qui a précipité la désintégration de la Syrie, de l’Irak, de la Libye et du Yémen.

– Elle a également mentionné que les Arabes ont perdu, en raison du boycott, des avantages économiques, qui pouvaient résulter des partenariats avec les Israéliens. Aussi, ont perdu l’opportunité de constituer une force de paix et de réconciliation entre Israéliens et Palestiniens, en instaurant des relations civiles et d’amitié entre les deux parties.

Pour sa part, le musicien irakien, résidant aux Pays-Bas, Mohamed Kamar, a évoqué dans son intervention l’importance de la présence des juifs en Irak, depuis l’Antiquité. Aussi, qu’il souhaite raviver le patrimoine des artistes juifs irakiens, en partenariat avec des musiciens israéliens d’origine irakienne. Essentiellement, le patrimoine des frères Saleh et Daoud al-Koweiti, les plus grands compositeurs de musique de l’histoire moderne irakienne. Mais il a déclaré que : Dans notre pays, existe une loi qui prévoit des peines, variant de l’emprisonnement à la peine de mort, à l’encontre de ceux qui commettent le soi-disant «crime de normalisation». Cette loi est injuste, contre nos intérêts en tant que nation et en tant que peuple.

Le musicien, Mohamed Kamar, a passé en revue la situation de Bagdad à la veille de la Seconde Guerre mondiale, où vivait la plus grande communauté juive : Ils étaient nos professeurs, nos partenaires commerciaux, nos médecins et nos avocats, nos innovateurs en musique et nos amis bien-aimés. Cependant, la culture de la majorité, a rendu la vie de ces juifs intolérable. Nous avons confisqué leurs biens et les avons forcés à fuir leur patrie de 2 600 ans. Ce faisant, nous avons perdu un morceau de l’esprit collectif, et une classe professionnelle dont nous avions désespérément besoin, pour continuer à construire une société juste.

Nooman Chaari, en confirmation de l’intervention du musicien, compositeur et compositeur irakien : Je suis citoyen tunisien, et comme mon collègue irakien Mohamed Kamar, je suis compositeur et artiste. Je pense que la musique, le langage universel, peut rapprocher les gens. L’année dernière, j’ai cherché à construire sur ce principe en développant une coopération musicale avec un chanteur israélien. Maintenant, je voudrais faire un pas de plus en créant un opéra du Moyen-Orient, qui sera une coproduction avec des artistes de la région qui participent à revivre leur héritage musical commun.

Pensez aux nombreux obstacles qui entravent un tel projet : guerres, guerre civile, culture de l’extrémisme et de l’exclusion. En cherchant à mettre fin aux représailles du gouvernement contre les Arabes qui rencontrent les Israéliens, nous savons qu’il ne s’agit que d’une mesure infinie de mesures qui seront nécessaires pour ramener la paix et la prospérité dans notre région. Mais l’expulsion des Juifs autochtones de notre région – suivie de l’évitement du peuple israélien – est le processus d’exclusion le plus ancien et le plus long de notre histoire moderne. L’expulsion des Juifs a ouvert une politique d’exclusion qui a visé depuis longtemps d’autres objectifs. Nous pensons donc qu’il y a une signification et une importance, spéciales, pour extirper ce fléau de ses racines.

Quant à Maryam Al-Ahmadi, des Émirats arabes unis, conseillère juridique, militante civile, et engagée pour la promotion de la société, elle a présenté une opinion différente, lors de son intervention. Indiquant qu’elle croit au rôle déterminant de la femme pour l’établissement de la paix. Elle n’a pas caché sa fierté de constater que le Conseil est composé à une proportion respectable de femmes. Ajoutant que sa collègue, absente à cette rencontre, Saloua Seïf, militante civile, veut préparer les enfants à devenir la prochaine génération de pacificateurs.

Ajoutant : L’année dernière, la direction politique des Émirats arabes unis, a annoncé «l’Année de la tolérance», a soutenu des activités interconfessionnelles et interculturelles visant à rassembler les musulmans, les chrétiens et les juifs. Cette année, dans une nouvelle étape, mon pays accueillera des Israéliens du secteur privé, du domaine de la technologie, de la culture et des arts pour participer à l’Expo 2020 à Dubaï.

– La conseillère juridique des EAU, Maryam Al-Ahmadi, a conclu son intervention en disant : J’espère et je crois que d’autres pays de la région imiteront l’expérience des EAU en donnant aux citoyens, aux artisans de la paix, les moyens de poursuivre leurs objectifs. Je pense que la voix du Parlement français peut bien contribuer à encourager ces progrès.

Quant au chercheur universitaire palestinien, Mohammed Al-Dajani Al-Dawi, qui vit à Jérusalem, professeur d’université et fondateur d’un mouvement civil pour promouvoir la paix et la compréhension entre le peuple israélien et palestinien, son intervention est très importante, car il est présent sur le théâtre des événements et sa position est plus difficile que les autres Membres. Il en dit : j’ai fait face à des critiques dans ma communauté à cause de ma défense du dialogue doux et de la recherche de la connaissance. La critique vient principalement des éléments de la ligne dure, qui croient que nous sommes dans une meilleure position, si nous boycottons, isolons et excluons les Israéliens. Mais je souligne que le dialogue et l’engagement sont la seule voie à suivre pour nous tous. La raison doit être claire : c’est une caractéristique universelle de la nature humaine que l’hostilité et l’exclusion engendrent la colère et l’entêtement, tandis que l’amitié et l’inclusion conduisent au compromis et à la confiance. Cela vaut autant pour les Israéliens que pour les Palestiniens.

Ajoutant : Lors de la réunion d’inauguration du «Conseil arabe pour l’intégration régionale», j’ai proposé des plans pour que le premier programme, qualifie pour un doctorat en études de la paix, modération, dialogue interconfessionnel et réconciliation. Pour mettre en œuvre ces initiatives, nous avons tous besoin de faire notre travail sans harcèlement ni crainte de punition. Le soi-disant «combat contre la normalisation», pose un énorme défi à de nombreuses personnes dans la région, qui veulent se joindre à nous, d’une manière ouverte.

Quant à Sana Wajid Ali, chercheuse universitaire, et militante civile irakienne, basée à Berlin, elle nous a raconté son histoire émouvante en disant : Je suis étroitement liée à ma ville natale Karbala, que je visite de temps en temps pour donner des conférences aux élites communautaires de cette ville sainte. Quand je suis arrivé à Berlin en tant que réfugié irakien, je suis allé voir d’autres personnes pour m’aider à reconstruire ma vie. L’aide, dont j’avais tant besoin, je l’ai reçue d’une famille juive avec de nombreux parents israéliens. L’histoire de leur exode conjoint, les a conduits à me traiter avec miséricorde et bienfaisance, dont les Juifs ont manqué tout au long de l’histoire. J’ai découvert l’étendue de la désinformation sur la vie des Juifs et d’Israël, et aussi notre humanité commune.

Concernant son projet, elle explique : Je suis en train de développer un projet avec mon collègue au «Conseil arabe pour l’intégration régionale», le jordanien Abdullah Sawalha, pour créer un nouveau centre d’études israéliennes en Irak. A savoir, sauver les générations des mensonges concernant Israël, et son peuple, en menant des recherches objectives, et en enseignant la langue hébraïque. Mais les lois irakiennes criminalisent toute communication avec les Israéliens. Chose qui constitue un obstacle majeur devant nous.

Toutes les interventions des Membres du Conseil devant le Parlement, bien qu’elles diffèrent, versent dans le concept de relations naturelles avec Israël, sans crainte ni intimidation.

Au deuxième jour de la visite, la délégation s’est rendue au palais de l’Élysée, sur invitation du Conseiller du président français, qui a accueilli et a discuté avec les Membres, qui se sont présentés en mentionnant les points les plus importants de leurs projets. Pour conclure la journée par une réunion avec le Conseiller du ministre des Affaires étrangères au Moyen-Orient, qui à son tour a pris connaissance du groupe, et a discuté avec, des projets et des buts qu’ils portent. Il a les remerciés pour leur courage et leur ont souhaité plein succès.

Ainsi, a pris fin la visite à Paris, et les membres sont rentrés, chacun dans son pays. Ils ont gagné en force, en détermination et en courage grâce au succès qu’ils ont connu, et à l’admiration et aux encouragements des plus importants politiciens européens… En espérant un brillant avenir.


Noor Abedallah écrivaine et chercheuse palestinienne spécialisée dans les sujets économiques et politiques dans les pays arabesElle tweete à @noorabedallah .

“Quand la République est fragile, la situation des Juifs est compliquée”, dit le grand-rabbin de France

INVITÉ RTL – Le grand-rabbin de France Haïm Korsia a notamment réagi à la recrudescence des actes antisémites en France. 

Plus d’un tiers des juifs de France se sentent menacés, selon une étude de l’Ifop. Mais le grand-rabbin de France, Haïm Korsia, réfute de dire que la France serait antisémite. 

Invité de RTL ce mercredi 26 février, il a ainsi affirmé que “pour un juif, la République, c’est l’espérance. Mais à chaque fois que la République est fragile, la situations des juifs est compliquée, l’antisémitisme à visage ouvert se poursuit”. 

“La France n’est pas antisémite. Mais quand la République tombe, comme en 1940, le statut des juifs est catastrophique”, a déclaré Haïm Korsia. Selon lui, la solution est de renforcer les institutions. “Plus on renforce la République, plus on renforce le statut de chacun et chacune dans le pays“, a déclaré le grand-rabbin de France, “on se plaint d’une société que nous contribuons à déstabiliser”.

Il faut muter les façons de lutter contre l’antisémitismeLe grand-rabbin de France Partager la citation

Selon le grand-rabbin de France, les Juifs en France ne considèrent pas qu’ils vivent dans une société antisémite. “Ils constatent que, malgré toute la volonté des pouvoirs publics, il y a une recrudescence des actes antisémites, parce qu’il y a une libération de la parole, parce que la haine sur Internet est dite quasiment sans contrôle“, déclare Haïm Korsia. 

«Non, Madame Obono, l’islamisme n’est pas une race!»

FIGAROVOX/TRIBUNE – En accusant Jean-Michel Blanquer de promouvoir un «racisme d’État» pour avoir parlé de séparatisme islamiste, la députée Danièle Obono dévoie le sens et le poids historique de cette expression, juge Céline Pina.Par Céline PinaPublié


Danièle Obono, députée LFI, dénonce une fois de plus dans un tweet le racisme d’État qui caractériserait la France et s’en prend par ce biais à Jean-Michel Blanquer. L’accusation est grave, on imagine donc que la phrase qui fait réagir la professionnelle de l’indignation raciale doit être particulièrement violente et insultante. Même si la dame est familière des positions aussi virulentes qu’incohérentes: selon elle, interdire des réunions aux Blancs parce qu’ils sont blancs n’est pas raciste, caractériser quelqu’un par la couleur de la peau, non plus. Difficile de s’y retrouver.

En attendant, voilà Jean-Michel Blanquer accusé d’être l’incarnation du racisme d’État pour avoir répondu, alors qu’il était questionné sur le séparatisme islamiste: «c’est une réalité depuis un certain nombre d’années. C’est un phénomène qui s’est accentué (…) Il m’arrive d’aller dans certaines villes où ça se voit.» Ainsi, selon la députée LFI, témoigner de l’existence d’un islamisme virulent qui impose sa marque sur notre société, en prônant le rejet de la France, de ses mœurs, de sa culture, de ses principes et de ses idéaux, c’est déjà être «raciste». Aujourd’hui on peut donc être qualifié de raciste envers une idéologie ou une idée. Par la grâce de Danièle Obono, et de bien d’autres hélas, l’islamisme est devenu une race. Rien qu’en écrivant la phrase ou en la lisant, l’absurdité intellectuelle de ce positionnement saute aux yeux.

Second point, le racisme aujourd’hui n’est même pas lié à l’individu, à la personnalité de Jean-Michel Blanquer mais à sa fonction: il représente la France, il parle donc au nom d’un État raciste et tout ce qu’il dit est une preuve de l’existence d’un racisme d’État. La vie est simple chez les alliés des islamistes et des indigènes de la république, surtout que nul ne s’embarrasse jamais de preuves. L’accusation suffit.La marque du pouvoir des islamistes se lit dans les comportements et la mentalité du quartier. Elle se dit, se vit et se donne à voir.

En effet, on se demande bien pourquoi tant de haine: la phrase de Jean-Michel Blanquer n’est en rien provocante, nombre de Français auraient pu la prononcer et la réalité dont il témoigne a été décrite dans nombre d’ouvrage depuis Les territoires perdus de la République, en passant par les ouvrages de Georges Bensoussan, Gilles Keppel, Pierre Vermeren, Davet et Lhomme, Bernard Rougier, David Thomson, Hugo Micheron, Jérôme Fourquet, les études de l’institut Montaigne, d’Anne Muxel sur les lycéens… la liste est loin d’être exhaustive. L’ancien ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, était même allé plus loin lors de son départ du gouvernement, évoquant à mots pas si couverts un risque de guerre civile, lié à la constitution d’une contre-société. Le Président lui-même s’en est inquiété.

» À voir aussi – L’islam de France en criseL’islam de France en criseDe moins en moins de musulmans de France se sentent représentés par le Conseil Français du Culte Musulman : Figaro Live revient sur les raisons de la crise au sein de la plus importante organisation de l’Islam de France. SharePlayUnmuteCurrent Time 0:38/Duration 7:29Loaded: 35.61% Fullscreen

En septembre 2019, l’IFOP et la Fondation Jean-Jaurès faisaient d’ailleurs état d’un sondage autour de l’affaire du foulard de Creil, 30 ans après. L’indication la plus inquiétante en était le renforcement de l’emprise de l’islam dans les comportements quotidiens. Cette emprise se traduisait par l’adhésion à des pratiques séparatistes: extension du domaine du halal (ce qui est considéré comme pur), investissement des marqueurs du radicalisme (voile, jilbeb, barbe fournie), accentuation de la pression sociale. Bref distinguer le musulman du non-musulman est l’un des objectifs de réislamisation, voilà pourquoi, sur les territoires où cette emprise est déjà bien avancée, le ministre a raison: «cela se voit». La marque du pouvoir des islamistes se lit dans les comportements et la mentalité du quartier. Elle se dit, se vit et se donne à voir. Pour se renforcer, en phase de conquête le pouvoir s’exhibe et pour déshonorer ceux qui osent l’attaquer, il se victimise dans le même temps. Cela a un avantage et il est de taille, manier à la fois la menace et la victimisation, c’est pouvoir passer d’un terrain à l’autre en fonction des besoins, c’est échapper à perpétuité à la responsabilité de ses actes.

Ainsi l’islamiste peut à la fois faire pression sur les femmes pour qu’elles ne puissent échapper au voile, transformé en marqueur identitaire. Ensuite, confronté à sa dimension sexiste, le même portera l’affaire sur le terrain du respect de la religion pour expliquer que le rejet du voile est un marqueur de la haine de l’islam, laquelle n’est que le faux-nez de la haine du musulman, laquelle dissimule la haine des Arabes. Combattre le voile devient par glissement sémantique l’attribut des racistes, le porter un acte de résistance et au nom de l’antiracisme, une partie de la gauche se met à défendre un signe ouvertement sexiste. À la fin pour défendre des prescriptions antidémocratiques, car l’idéologie des islamistes est ouvertement fasciste, une partie de la gauche sacrifie le droit des femmes et dévoie la lutte contre le racisme au profit du soutien apporté à une extrême droite islamiste qui ne les considère pourtant que comme des idiots utiles et sacrifiables le moment venu. Car cette danse de mort unissant islamistes et pseudos marxistes dans son lit n’est pas nouvelle. C’est un classique des remises en cause du pouvoir au Proche et Moyen-Orient. Le flirt eut lieu en Iran, plus récemment en Syrie. L’idylle s’est toujours terminée de la même façon par l’élimination, et pas seulement symbolique, de la partie marxiste au profit des islamistes.Pour censurer la réalité, il faut détruire le langage, le déstructurer.

Des antifascistes qui se comportent comme ne le renieraient pas les pires extrémistes de droite… Des personnes se présentant comme antiracistes mais ne prenant en compte l’autre qu’en fonction de sa couleur de peau… Des discours qui réhabilitent les pires marques de sexisme an nom du féminisme… Aujourd’hui le dévoiement permanent et perpétuel des combats et des mots a de quoi rendre fou, et c’est bien le but du jeu. Il faut ôter au politique comme au médiatique la possibilité de faire émerger le réel dans le champ du débat politique. Pour censurer la réalité, il faut détruire le langage, le déstructurer. C’est seulement à ce prix qu’ «une femme peut être père» , que «porter le voile peut devenir une liberté», que dire ce qui est peut vous valoir un procès en racisme.

Si les mots peuvent dire tout et son contraire, alors plus moyen d’être en phase avec le réel, plus moyen d’échanger, plus de référentiel commun. Et on arrive à cette absurdité de voir le qualificatif de racisme d’État utilisé sans discernement alors qu’il correspond à une réalité historique terrible. Car le racisme d’État a existé: en Allemagne, sous le régime nazi, en Afrique du sud à l’époque de l’apartheid, dans le Sud des États-Unis pour les États ségrégationnistes. Cela correspond à une vision du monde où l’égalité en droit des individus est refusée à raison de la couleur de peau ou de l’origine ethnique. Ce refus se traduit par des lois, des droits et des devoirs différents selon l’appartenance. L’existence de différences visibles se traduisant en hiérarchisation de la place des groupes ethniques dans la société. L’idéologie officielle, dans ces cas, s’appuie sur la reconnaissance de ces hiérarchies pour justifier et appuyer sa vision du monde.

Faire ce procès à la France est profondément absurde mais c’est oublier surtout que ce sont les Occidentaux et nombre de ces Blancs que la députée Obono vomit, qui ont pensé et théorisé la fin de l’esclavage, le refus de la référence à la race, le souhait d’égalité en droits entre tous les hommes au nom de leur nature commune.Faire ce procès à la France est profondément absurde.

Alors quoi? Peu importe ce que signifie le racisme d’État, qu’il ait eu de terribles conséquences et ait brisé nombre de vies? À rebours de toute honnêteté intellectuelle, ceux qui pensent comme Danièle Obono ne vont pas se laisser arrêter par la vérité des faits. Il suffit donc de substituer à la définition du racisme institutionnel, la reconnaissance d’un sentiment de persécution et là, tout devient justifiable. Du coup le racisme d’État peut être dénoncé même dans des pays où il n’existe pas. En effet, selon l’analyse de ceux pour qui la victimisation et le ressentiment sont les deux mamelles de la conscientisation politique, la promesse d’égalité n’est qu’un leurre puisqu’elle ne peut être totalement et parfaitement réalisée. C’est un subterfuge qui permet de maintenir un racisme de fait en affichant une égalité de façade.

Pourtant, le fait même que cette femme soit devenue députée démontre l’inanité de ces thèses par l’exemple. Mais surtout, il se trouve que tous ceux qui ont attaqué la démocratie en la réduisant à une promesse fallacieuse, le font alors qu’ils parlent de position souvent encore plus «idéalistes» ou déconnectées, au nom d’un Dieu par exemple ou d’une refondation totale de la nature humaine. Ils semblent surtout oublier que si la perfection n’est pas de ce monde, la façon dont un pays s’engage, détermine et choisit les principes qui le guident, change la manière dont on vit à l’intérieur de ses frontières. Demandez donc aux femmes iraniennes si la promesse d’égalité que porte l’Occident ne change pas concrètement la vie des femmes chez nous, ne se traduit pas par la jouissance de libertés fort concrètes? Demandez-leur si la vie d’une femme n’est pas différente selon que l’égalité femmes/hommes est un objectif politique ou pas? Demandez à Asia Bibi si cela ne fait pas une vraie différence de vivre dans un pays où le blasphème est interdit ou de vivre là où les libertés sont garanties?

Rappelons donc à Danièle Obono, marxiste revendiquée, qui s’étrangle à l’idée de dire «Vive la France» à la radio et s’en justifie bizarrement en expliquant qu’elle ne chante pas la Marseillaise tous les matins, que Danielle Casanova, résistante communiste, dénoncée par des Français, arrêtée par la police française, n’en a pourtant pas moins entamé La Marseillaise avec ses camarades lors de leur arrivée à Auschwitz. C’était à une époque où l’on savait combattre pour des idées et en payer le prix, sans haïr son pays ni ses habitants. Ces gens-là ont vécu la réalité de la violence raciale et idéologique, que ceux qui se réclament de leur héritage aient aujourd’hui la décence de se taire.

«L’activisme d’ultra-droite à propension violente: un problème aigu en Allemagne»

GRAND ENTRETIEN – Jean-Yves Camus, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des mouvements radicaux*, analyse les deux fusillades qui ont fait neuf morts en Allemagne. L’universitaire rappelle le poids particulier, outre-Rhin, d’une ultra-droite prompte à la violence, qu’il distingue de l’AfD, de ses membres et de ses électeurs.

Par Alexandre Devecchio

LE FIGARO.- Que penser de la tuerie perpétrée à Hanau (Hesse)?

Jena-Yves CAMUS.- Le rapport annuel des services de renseignement allemands pour 2018 signale une hausse des actes illégaux provenant de l’ultra-droite et d’ailleurs, celle-ci est la plus forte dans une région de l’Ouest, la Rhénanie-Westphalie, suivie par une région de l’Est, la Saxe, et par Berlin. La police isole désormais, à l’intérieur de l’ultra-droite, une catégorie de militants: ceux du mouvement des Reichsbürger, qui considèrent que la République allemande est juridiquement illégitime parce que le Reich n’a jamais cessé d’exister. Ces gens ont une propension à la violence qui se manifeste d’abord en Bavière. Autre catégorie nouvelle: les auto-radicalisés, qui n’appartiennent à aucun courant précis, comme cela semble le cas du terroriste de Hanau. La spécificité allemande, c’est le nombre des militants d’ultra-droite: 25.350 dont 12.700 jugés «orientés vers la violence». Autre spécificité: la majorité d’entre ceux-ci n’appartiennent à aucun parti, pas même au NPD néo-national-socialiste. Et évidemment pas à l’AfD qui est un parti légal. Il ne faut d’ailleurs pas commettre l’erreur de dater l’apparition de la scène violente d’ultra-droite de la période où l’AfD émerge électoralement: le 26 septembre 1980, l’attentat commis par des néonazis à la fête de la bière à Munich tue douze personnes et en blesse plus de 200. Dès les années 1990, les foyers de migrants et de demandeurs d’asile sont attaqués à coups de bombes incendiaires.À lire aussi : Allemagne: neuf morts dans deux fusillades près de Francfort, le mobile «raciste» ne fait plus de doute

La menace d’un terrorisme d’ultra-droite inquiète les autorités allemandes…

Ce risque est sérieux, selon les renseignements allemands, qui pointent un saut qualitatif et quantitatif remontant à ce qu’ils appellent le «mouvement anti-asile», consécutif à l’arrivée – avec l’accord explicite, assumé, de la chancelière et de son gouvernement – d’un million de réfugiés. Cet afflux n’a pas seulement fait d’Angela Merkel quelqu’un de détesté par l’ultra-droite (et la détestation est réciproque). Il n’a pas seulement fait monter l’AfD dans les urnes. Il a fait des élus de la CDU, pourtant un parti démocrate-chrétien de droite, une cible. D’ailleurs, la semaine passée, une cellule d’ultra-droite a été démantelée, qui envisageait à la fois d’attaquer des mosquées et des politiciens. L’assassinat du préfet de Kassel, en juin 2019, a été le premier meurtre politique de l’ère post-1945. C’est un fait considérable.

Fusillade en Allemagne: craignez-vous l’émergence d’un terrorisme d’extrême droite?

Fusillade en Allemagne: craignez-vous l’émergence d’un terrorisme d’extrême droite?Deux fusillades ont fait 9 morts près de Francfort. Le mobile «raciste» ne fait plus de doute. Craignez-vous l’émergence d’un terrorisme d’extrême droite?

S’agit-il de néonazis?

Le néonazisme stricto sensu, donc la tentative de reformer un parti national-socialiste ou de faire l’apologie du régime hitlérien, est interdit en Allemagne, et l’État ne lésine pas sur les interdictions de groupuscules. Horst Mahler, ancien avocat de la Fraction armée rouge devenu néonazi et négationniste, a beau avoir 80 ans passés, avoir été amputé d’une jambe et être très mal en point, il a été maintenu en détention. À côté des néonazis assumés, il y a ceux qui flirtent avec les limites légales: ainsi le NPD (Parti national-démocrate), qui se définit comme «social-national», minimise la Shoah et conteste la culture de la culpabilité. Après avoir conquis des sièges dans plusieurs parlements régionaux à l’est du pays, il est en déclin avec quand même environ 4000 militants. Il existe aussi une scène skinhead néonazie active, violente, qui se subdivise en deux groupes, Combat 18 et Hammerskins, qui reprennent certains codes associés au nazisme mais sont plutôt une «troupe d’assaut» à mi-chemin entre les SA et les gangs. Une des spécificités de l’ultra-droite allemande prête à l’action armée est l’existence de petits groupes locaux ou régionaux semi-clandestins ou clandestins du type Nationalsozialistischer Untergrund (NSU), ce groupe dont le noyau opérationnel comptait trois personnes et qui a écumé l’Allemagne entre 2000 et 2015, enchaînant 15 attaques de banques, 9 meurtres de personnes d’origine turque, celui d’une policière…Le poids historique du nazisme est évidemment spécifique à l’Allemagne. Il induit aussi une culpabilité collective dont une partie de la jeunesse refuse de porter le poids

Ce type de groupuscule est-il propre à l’Allemagne?

Numériquement, l’Allemagne est le principal vivier. La Grande-Bretagne connaît un fort regain d’activité de petits groupes racialistes qui préparent des actions terroristes, heureusement toujours déjouées à ce jour. Le Mouvement de résistance nordique, en Suède, reste sous surveillance de la police et se cantonne, à ce stade, à la violence physique comme aux manifestations de rue. À l’inverse l’Italie s’est débarrassée du «terrorisme noir» des années de plomb.

En quoi cela s’inscrit-il dans la culture et l’histoire allemande?

Le poids historique du nazisme est évidemment spécifique à l’Allemagne (et à l’Autriche, où le milieu terroriste néonazi semble contenu). Il induit aussi une culpabilité collective dont une partie de la jeunesse refuse de porter le poids. Pour les ultras de droite, l’Allemagne a aussi été une victime de la guerre: raison pour laquelle le NPD vient d’organiser à Dresde une cérémonie d’hommage aux 25.000 victimes des bombardements alliés qui ont détruit la ville en février 1945. Plusieurs survivants très âgés ont accepté de témoigner à cette occasion. Tous ont insisté sur l’horreur réelle des bombes au phosphore, sur leur malheur individuel et familial, sur ce qu’ils considèrent comme un crime de guerre anglo-américain.

Certains dénoncent la proximité de membres de l’AfD avec les néonazis. Est-ce le cas?

Une aile de l’AfD appelée Der Flügel, qui prédomine en Thuringe, est mise sous observation par les services de renseignement. Il lui est reproché son révisionnisme historique (la relativisation des crimes nazis, pas leur négation pure et simple), sa propension à un nationalisme agressif pangermaniste et antijuif. L’AfD a réagi au crime de Hanau en le relativisant aussi et en rappelant la propension à la violence de l’ultra-gauche et des antifas. On ne peut pas faire l’amalgame: l’AfD est un parti nationaliste identitaire, pas néonazi.

Ce type d’attaque ou celle de Christchurch en Nouvelle-Zélande pourraient-elles avoir lieu en France?

Ce type d’attaque peut avoir lieu partout. Un homme seul, un couteau ou un fusil et vous avez un massacre. Mais heureusement, à population égale, la France n’a pas 12.000 activistes d’ultra-droite à propension violente, nous n’en sommes pas même au dixième de cela.

* Jean-Yves Camus dirige l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès.

COMMUNIQUE DE PRESSE EN SOUTIEN A JEAN CHRISTOPHE LAGARDE

DRANCY LE 20 FEVRIER 2020

En ma qualité de Président du BNVCA (Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme) et du CCJ 93 dont les sièges sont tous deux situés à Drancy, 8 Boulevard Saint Simon.

Je tiens à exprimer au Député Jean Christophe Lagarde, ancien Maire de Drancy, tout mon soutien, face à la calomnie dont il est l’objet, dans un livre l’accusant d’être un suppôt de l’islamisme et un complice du. “Gang des Barbares”.

Je peux témoigner que dès la nomination de Mr Lagarde à la Mairie de Drancy, le cirque Zavatta n’a plus été autorisé à installer son chapiteau Cité de la Muette devant les bâtiments du Camp de Drancy où avaient été détenus les juifs raflés et emprisonnés pour être déportés vers les camps de la mort.

Je peux témoigner que c’est Monsieur LAGARDE qui a obtenu le classement de la Cité de la Muette comme Monument Historique. C’est aussi Monsieur LAGARDE qui a travaillé avec Simone VEIL et Eric de ROTSCHILD pour la construction du bâtiment du Mémorial de la Shoah face à la Cité de la Muette.

Je peux témoigner que la communauté musulmane de Drancy dirigée notamment par mon ami l’imam Hassan CHALGHOUMI pratique un islam Républicain exemplaire. Je me souviens même que l’ouverture de cette mosquée avait été marquée par des manifestations violentes d’islamistes aux abords, si bien que les fidèles venaient prier, protégés par des policiers.

Je suis fréquemment invité dans cette mosquée où je peux prendre la parole devant près de 4000 fidèles dans un climat de tolérance et de fraternité.

Je peux témoigner que les musulmans de Drancy, organisent chaque année à l’occasion de la fête de L’Aid un dîner Républicain auquel en présence de M.LAGARDE, les plus hauts dignitaires juifs de France comme les Rabbins et Présidents des Communautés juives du 93 participent, reçoivent un repas cacher préparé et servi par un traiteur cacher.

Je peux témoigner que la Ville de Drancy est l’une des rares communes de la Seine St Denis où il fait bon vivre pour les citoyens de cette confession.

Drancy comme Pantin, les Lilas, Le Pré St Gervais, Epinay et Le Raincy,s ont les seules villes que les juifs n’ont pas fuies pour se réfugier dans d’autres communes ou d’autres département en raison du “clientélisme” de certains Maires et Conseils Municipaux. Ces derniers, édiles politiques, engagés dans un “palestinisme sans discernement” ont déclenché cette forme d’incitation à la haine d’Israël qui a poussé à l’acte antijuif, et qui a conduit de nombreuses familles juives à se déplacer.

Je peux témoigner que c’est cette forme d’insécurité qui a fait qu’il n’y a plus d’élèves juifs dans les Ecoles et les Lycées de la République, que des Professeurs juifs ont dû être mutés, qu’il n’y a plus d’étudiants juifs ou israéliens dans l’Université de Villetaneuse, et que le cursus d’études hébraïques a été réduit puis supprimé par l’Université de  Paris 8.

Déjà en 2002 sous ma présidence, le CCJ 93 avait dénoncé au Préfet le parti pris dangereux de même que le “clientélisme” de ces communes et du Conseil Général du 93 de l’époque, ainsi que leur financement à des associations pro palestiniennes illicites.

Les dirigeants des communautés juives du CCJ 93, le Bureau et les membres du BNVCA assurent Mr jean Christophe Lagarde de toute leur confiance 

 Le Président Sammy GHOZLAN 

Président du Conseil des Communautés Juives De Seine St Denis

Chevalier de la Légion d’Honneur

Commissaire Honoraire de Police

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme condamne fermement la Ville flamande belge d’Alost qui envisage de faire défiler le 23 février 2020 son carnaval manifestement antijuif.

Le BNVCA exprime les protestations de très nombreux correspondants indignés par ce  carnaval traditionnel qui voit défiler presque chaque année des chars antisémites. L’année dernière, des organisations juives mais aussi la Commission européenne avait pourtant condamné les caricatures antisémites du carnaval, Alost récidive cette année encore et  plus particulièrement en faisant défiler un char caricaturant des Juifs orthodoxes arborant des nez crochus, se tenant debout sur des sacs d’argent et entourés de rats. Ces stéréotypes reproduisent la propagande nazie la plus violente .

Le BNVCA demande aux autorités belges de ne pas se dédouaner en condamnant seulement l’organisation de ce défilé qui fait honte à la Belgique, , mais en l’interdisant officiellement et  en réprimant ses organisateurs.
Le BNVCA a décidé de saisir l’ambassadeur de Belgique en France pour lui demander d’exprimer à son gouvernement  notre réprobation , notre requête, et la colère légitime de tous nos concitoyens  .

Nous  demandons également à son excellence Mr François de Kerchove d’Exaerde , de rappeler aux dirigeants de son pays que la ville d’Alost est toute proche de la Kazerne Dossin à Malines, ce camp de transit d’où plus de 25 000 Juifs et Tziganes ont été déportés par les nazis entre 1942 à 1944 par 28 convois vers le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Seuls 1 219 Juifs ont survécu.

Nous attendons de l’Etat belge que ce carnaval soit annulé cette année et définitivement interdit .

L’UE en a-t-elle fini avec l’arnaque palestinienne?

Il semble que même les Européens en aient assez de la méthode palestinienne de “militant des droits de l’homme de jour et terroriste de nuit” – sans parler de la demande de continuer à le financer.

 par  Shai Har-Zvi 

Au fil des ans, l’Union européenne a fourni un soutien économique de dizaines de millions de shekels à des organisations civiles palestiniennes sur la base d’une disposition standard appliquée aux ONG du monde entier: pour recevoir une aide financière, elles ne doivent avoir aucune affiliation avec des éléments terroristes.

Dernièrement, les Palestiniens ont été scandalisés par une stipulation supplémentaire et légitime que l’UE a introduite: les bénéficiaires des subventions de l’UE doivent s’assurer que des éléments tiers (tels que les sous-traitants, les participants à l’atelier et autres) qui ont des liens avec eux et bénéficient indirectement des fonds européens, ne figurent pas sur la liste des sanctions de l’UE. Les Palestiniens sont furieux et ont carrément refusé de signer la clause. Ils rejettent complètement la décision européenne, selon laquelle des groupes tels que le Hamas et le Front populaire de libération de la Palestine sont considérés comme des organisations terroristes car, de leur point de vue, ce sont des partis politiques légitimes.

L’innocence feinte des Palestiniens et leur position de rejet ne sont pas surprenantes. Fin 2019, l’agence de sécurité du Shin Bet a découvert un réseau terroriste complet et organisé du FPLP, qui a perpétré l’attaque au cours de laquelle Rina Shnerb, 17 ans, a été assassinée et son frère et son père ont été blessés. Les Palestiniens affirment que le FPLP n’est pas une organisation terroriste et ont cherché à cacher le fait que plusieurs membres du réseau terroriste découvert par le Shin Bet occupaient un certain nombre de postes clés dans l’ONG palestinienne Addameer (partie prenante de BDS). Ces dernières années, Addameer a reçu plus de 8 millions de shekels d’aide de la part de pays et d’institutions européennes. En 2018, par exemple, Addameer a reçu une subvention de 500000 NIS de la Suisse. Les hauts responsables d’autres ONG palestiniennes étaient membres de groupes terroristes déclarés depuis des années ; certains d’entre eux ont même purgé des peines de prison en Israël.

Le refus des organisations palestiniennes de délégitimation – qui sont soutenues officiellement par des éléments de l’Autorité palestinienne – de rompre les liens avec des organisations terroristes meurtrières, illustre la mesure dans laquelle les ONG sont utilisées pour camoufler et promouvoir la campagne armée menée par des organisations terroristes contre Israël.

L’écart d’interprétation entre l’UE et les Palestiniens est fondamental: la méthode du «militant des droits de l’homme de jour et terroriste de nuit», que les Palestiniens considèrent comme naturelle et légitime, est-elle acceptable pour l’UE?

Il semble que même l’UE en ait assez du métier de l’escroquerie palestinienne – sans parler de son financement. L’UE doit résister fermement à la campagne de pression concentrée des Palestiniens. Y succomber délivrera un message terrible, donnant aux organisations terroristes une forme de légitimité. L’UE doit subordonner toute fourniture d’aide à la renonciation complète aux affiliations terroristes – directes, indirectes, de premier degré, de deuxième degré, de tiers ou autrement. C’est la seule chose correcte, appropriée et morale à faire.

israelhayom.com

Nathalie Goulet: «En matière de lutte contre le terrorisme, il reste des failles évidentes»

FIGAROVOX/TRIBUNE – Un rebelle islamiste syrien, Majdi Mustapha Nameh, a été arrêté à Marseille car il est soupçonné d’avoir commis des crimes de guerre. Il est pourtant entré en France grâce à un visa Erasmus. La sénatrice Nathalie Goulet dénonce des failles persistantes dans la lutte contre le terroriste islamiste.Par Nathalie GouletPublié le 7 février 2020 à 19:29, mis à jour le 7 février 2020 à 19:29


Nathalie Goulet est sénatrice UDI de l’Orne. Elle a présidé au Sénat une Commission d’enquête sur l’organisation et les moyens de la lutte contre les réseaux djihadistes en France et en Europe.


Alors que le Président de la République devrait annoncer des mesures contre le communautarisme et l’islam radical, quelques constats s’imposent.

Je ne veux en aucun cas être alarmiste et je refuse de me ranger derrière une vision exagérée selon laquelle les Frères musulmans seraient aux portes du pouvoir. Mais ceux qui suivent mes travaux sur ce sujet savent à quel point j’ai à cœur de rester fidèle aux lois et aux principes fondateurs de la République. Il est impératif que les religions s’adaptent à la République et non l’inverse. Les événements récents sonnent donnent une étrange sensation de «déjà-vu». Cette incessante répétition de l’histoire ne peut que provoquer une (légitime) vague d’indignation, de fatigue, de colère et incompréhension auprès des citoyens.Un terroriste rentré avec un visa étudiant ? Ce scénario rappelle la tragédie de l’assassinat de la jeune Aurélie Châtelain.

Le 29 janvier à Marseille a été arrêté Majdi Mustapha Nameh, alias Islam Alloush, présumé coupable de graves crimes commis au nom de Jaysh Al-Islam, «Armée de l’Islam», un groupe islamiste syrien notoire. Ce terroriste soupçonné est entré sur notre territoire avec un visa ERASMUS+. Cet incident n’est malheureusement pas inédit, au point même que les spécialistes ont affirmé lors de différentes auditions par des commissions d’enquête depuis 2015 laisser sciemment ce type d’individus entrer sur le territoire pour mieux maîtriser leur arrestation. Permettez-moi d’en douter…

Un terroriste rentré avec un visa étudiant? Ce scénario rappelle la tragédie de l’assassinat de la jeune Aurélie Châtelain le 19 avril 2015, par Sid Ahmed Ghlam, un pseudo-étudiant algérien de 24 ans. Ce dernier n’avait jamais suivi les cours auxquels il était supposé assister, et planifiait un attentat dans une église de Villejuif, projet qui fut heureusement déjoué.

Nous sommes alors en droit de nous interroger, aujourd’hui comme hier, sur les conditions de délivrance de ces visas étudiants. Ce terroriste recherché par toutes les polices a bénéficié d’un visa Erasmus, comme tout bon étudiant européen: c’est à peine croyable et pourtant c’est une réalité. Le manque de coordination entre les services consulaires, l’absence de listes d’individus indésirables, de partage des fichiers des personnes recherchées est inacceptable, alors que cinq années nous séparent du drame de Charlie et de l’Hyper Cacher. Nous devons reposer ces questions, encore et encore.

On a vu un manque de rigueur similaire lorsque les autorités ont laissé se dérouler au mois de mai 2019 une série de douze conférences et collectes de fonds pour une école d’Ouléma en Mauritanie, alors que parmi les intervenants figurait Mahfoudh Ould Brahim Vall, connu des services français et mauritaniens pour son appartenance aux Frères musulmans comme Hassan Iquioussen. Je me suis alors interrogé sur l’autorité qui a délivré un visa à cet individu, il ne s’agissait pas de notre consulat en Mauritanie. Il devrait alors s’agir d’une autorité consulaire d’un de nos partenaires européens, sans consultation. Nous ne pouvons pas tolérer un tel manque de rigueur dans un contexte aussi tendu de risque d’attentats sur notre territoire.

Le 28 septembre 2019, à la mairie de Rouen s’est déroulé un séminaire tenu par Othmane Iquioussen, bien connu des services pour son adhésion lui aussi aux thèses des Frères musulmans. En septembre, une réunion du centre arabe de recherche et d’études politiques de Paris (Carep), «think tank» connu pour ses liens avec le Qatar offrait à son directeur exécutif une tribune appelant les Français de confession musulmane à constituer des listes communautaires indiquant que: «tous ceux qui ne sont pas d’accord avec ce processus (…) doivent savoir qu’ils ont 6 millions de voix à portée de mains», recommandant «de taper aux urnes». Alors que le Président de la République prétend vouloir lutter contre le communautarisme, les autorités autorisent ce type de manifestation et de propos. Il faut avouer que la logique paraît bien lointaine dans cette situation.Cette liste est nécessaire pour montrer l’accumulation de failles dans nos systèmes malgré les mises en garde régulières des experts et des parlementaires.

Le 24 janvier 2020, à Bordeaux , la Librairie Mollat (ça ne s’invente pas) accueillait un colloque intitulé «Foi musulmane et Valeurs de la République». Le maire de Bordeaux, Nicolas Florian, candidat à sa propre succession, a lancé ce colloque, organisé par la Fédération musulmane de la Gironde, branche locale de l’ex-UOIF (les Frères musulmans en France). Outre les responsables locaux des Frères musulmans, cette assemblée accueillait une personnalité radicale, le «Cheikh Al-Arabi Al-Bichri», le directeur des études du sulfureux Institut IESH de Château Chinon, et membre du Conseil Européen pour la Fatwa et la Recherche, antenne du réseau frériste.

Cette liste, indigeste, est nécessaire pour montrer l’accumulation de failles dans nos systèmes malgré les mises en garde régulières des experts et des parlementaires qui multiplient les rapports et les propositions, rarement pris en considération.

Comment expliquer que les maires, qui réclament toujours d’être plus associés à la lutte contre la radicalisation, et qui demandent à avoir la communication des fichés S résidant sur le territoire de leur commune, peuvent-ils agir avec une telle légèreté sans solliciter les référents de leur préfecture? Ainsi, ils laissent la porte ouverte à des prêcheurs dont les discours sont loin des valeurs républicaines. La République reconnaît, et garantit, la liberté d’association et de réunion, mais celles-ci doivent se conformer au respect de l’ordre public. On est alors en droit de s’interroger sur le fonctionnement du renseignement territorial. À Rouen, le préfet semblait pourtant ignorer la tenue de ce séminaire.

Pour lutter contre l’influence de cette tendance de l’islam, incompatible avec nos règles républicaines, il faut prendre des mesures plus concrètes.La mise en place d’une liste européenne des personnalités non grata en Europe permettrait d’uniformiser les informations.

Une communication claire et automatique avec nos postes à l’étranger et ceux de nos collègues européens pour autoriser avec prudence les octrois de visas, avec une attention particulière aux visas étudiants, est impérative.

De plus, il faut tenir à jour les listes de détenteurs de ces documents et s’assurer que la communication entre les services de renseignement intérieur et extérieur se fasse rapidement. La mise en place d’une liste européenne des personnalités non grata en Europe permettrait d’uniformiser les informations. Cette mesure devra évidemment prendre en compte le Brexit, qui pourrait provoquer d’autres failles dans le PNR, les bases de données et Europol.

Au-delà des mesures de renseignement, il est urgent de mieux contrôler les associations, les think-tanks et leurs voies de financement.

Les dispositifs de notre République sont faillibles, nous sommes nombreux à dénoncer ces failles, et à répéter jusqu’au renoncement les mêmes préconisations. Nous devons assurer la sécurité de nos concitoyens, dans un cadre républicain mais avec une fermeté légitime. Les brèches, que nous dénonçons, existent. Elles font de nos compatriotes musulmans les otages d’une poignée de radicaux qui font prévaloir leur loi sur les lois de la République.

Pourtant, nous ne manquons ni de travaux ni de rapports sur le sujet de la gangrène de certains territoires par un islam radical, les travaux des parlementaires sur la radicalisation dans les services publics ou bien ceux d’Hugo Micheron, sont édifiants et tirent, à juste titre, une sonnette d’alarme sur ce que j’appelle depuis longtemps le délit de naïveté ou déni de réalité. Le Président doit annoncer un plan au plus vite, qui devra commencer par l’affirmation d’une tolérance zéro face au refus des normes républicaines.

Les achats des musées sous l’Occupation

par Vincent Noce

Le 22 janvier, la ministre allemande de la Culture Monika Grütters a restitué à la famille d’Armand Isaac Dorville trois œuvres de Jean-Louis Forain et Constantin Guys, retrouvées dans la collection Gurlitt. Elle a ainsi reconnu le caractère forcé des ventes de succession de ce grand avocat parisien, décédé le 28 juillet 1941 en son château de Cubjac, en Dordogne, où il avait trouvé refuge. Ce n’est pas une excellente nouvelle pour la France. La commission d’indemnisation des victimes des spoliations (CIVS) doit en effet, à partir de mi-février, examiner une demande épineuse de restitution, qui rencontre l’opposition du service des musées nationaux. Cette démarche fait suite aux découvertes d’un généalogiste, Antoine Djikpa, et d’Emmanuelle Pollack, désormais chargée au Louvre de la recherche de provenance et de la restitution. La vente phare de la collection de tableaux de Dorville se tient à Nice du 24 au 27 juin 1942, sous le marteau de Me Jean-Joseph Terris. Les 450 lots comprennent neuf Vuillard, sept Vallotton, quatre Bonnard, 95 aquarelles de Guys, 34 de Forain et une de Manet. Le premier jour, le Commissariat aux questions juives dépêche un administrateur provisoire, Amédée Croze, qui part saisir les 8 millions de francs obtenus. René Huyghe discute avec lui des emplettes des musées nationaux, sans se soucier de cette situation imposée, constate-t-il, par «les nouvelles lois juives» alors même que le Louvre et le musée des Arts décoratifs ont bénéficié de généreux legs de ce collectionneur. Le conservateur achète douze œuvres pour près de 300 000 F, aujourd’hui détenues par le Louvre et Orsay. S’ajoutent quatre tableaux acquis via des donations après la guerre par le musée de Nice et celui de Troyes (déjà mis en cause pour les œuvres spoliées à René Gimpel).Une vente, quels qu’en soient les termes, consentie par une famille juive traquée peut-elle être considérée comme pleinement volontaire ?

Il faudra bien un jour que les institutions acceptent d’écrire cette histoire des acquisitions de biens «aryanisés», qui se sont poursuivies comme si de rien n’était. Mais, aujourd’hui, le service des musées de France est surtout occupé à plaider que cette succession est plus complexe qu’il n’y paraît. Il estime que la famille a dû consentir à cette mise aux enchères. Conservé sur des comptes, le résultat lui a été rétrocédé en 1947. La vente aurait été, au fond, normale. Du reste, le premier jour, avant l’arrivée de l’administrateur, certains légataires ont encore pu retirer 46 lots qu’ils souhaitaient conserver. Pour Me Corinne Hershkovitch, qui défend les héritiers, cela indiquerait plutôt qu’ils avaient été empêchés auparavant de conduire normalement le partage des biens. Et si l’argent n’avait pas été bloqué, la famille aurait-elle pu fuir à temps ? Il serait bon que la France se penche enfin sur cette interrogation, sur laquelle l’Allemagne et les Pays-Bas ont déjà avancé : est-il seulement concevable qu’une vente à cette époque, quels qu’en soient les termes, consentie par une famille juive traquée puisse être considérée comme pleinement volontaire ? L’avis attendu de la CIVS dans les mois qui viennent se heurte à une autre difficulté : si elle se montre favorable à la restitution, ce qui est bien possible, sa mise en oeuvre est toujours entravée par l’absence de dispositif facilitant, dans de tels cas, les sorties des collections nationales. La même avocate, au terme d’un procès retentissant, avait obtenu en 1999 la restitution de cinq tableaux provenant d’une vente de succession à Drouot, en 1941, que lui refusait le Louvre avec les mêmes arguments. En vingt ans, rien ne semble avoir changé dans la mentalité de l’administration de la Culture (on pourrait aussi citer le cas des céramiques de la collection Colloredo, dont la restitution, décidée il y a un an et demi, n’est toujours pas effective). En 1999, contre le Louvre, la cour d’appel de Paris avait jugé que les enfants Gentili, ayant dû fuir Paris, ne se trouvaient pas en situation de gérer la succession de leur père. Cinq parentes n’ont jamais pu hériter d’Armand Dorville : une sœur, deux nièces et leurs enfants, âgées de 2 et 4 ans, arrêtées en 1944 par la police française, envoyées et assassinées à Auschwitz. Une succession «normale» ? 

LA GAZETTE DE DROUOT

Le BNVCA condamne la nouvelle agression antisémite commise dans la nuit de samedi 1er février à minuit dans le métro station “Jaurès”, contre un jeune juif portant la kippa.

Le BNVCA condamne avec force la nouvelle agression antisémite commise encore une fois dans le métro contre un homme, français de confession juive, identifié comme tel par ses attaquants parce qu’il avait la tête couverte d’une kippa. Notre BUREAU a été alerté par la victime qui a appelé sur la hot line du BNVCA et prévenu  à 1 heure du matin notre  secrétaire général Mr René Lévy qui lui a immédiatement fourni les conseils sur les mesures à prendre, notamment de déposer plainte à la police.

La victime âgée de 25 ans rapporte qu’alors qu’elle se trouvait dans le métro à la station Jaurès le 1er février à minuit, elle a été prise à partie par 4 individus décrits d’origine nord africaine, et âgés de 30 à 40 ans.

Après avoir tenté de le dépouiller, puis lui demandant des cigarettes, l’un d’entre eux lui déclare “ vous les juifs vous avez de l’argent, tu peux m’en acheter “. La victime a été épargnée grâce à des passagers  qui ont bloqué l’entrée de ces individus dans la rame de métro, et l’ont délivré des mains de l’agresseur qui l’avait plaqué contre le mur.

Encore une fois le vieux poncif du juif et de l’argent empoisonne certaines mentalités.
Le BNVCA demande aux autorités de police, de tout mettre en oeuvre pour identifier les agresseurs antisémites et les mettre à la disposition de la justice.
Le BNVCA qui soutient la victime se constituera “partie civile”.

Affaire Mila: «Non, Madame Belloubet, injurier l’islam n’est pas une atteinte à la liberté de conscience!»

FIGAROVOX/ENTRETIEN – La Garde des Sceaux a déclaré ce mercredi matin sur Europe 1 que «l’insulte à la religion» est «une atteinte à la liberté de conscience». Richard Malka, l’avocat de Mila, rappelle que ces propos sont juridiquement faux.Par Paul SugyPublié le 29 janvier 2020 à 11:04, mis à jour le 29 janvier 2020 à 18:55Affaire Mila : «L’insulte à la religion, est une atteinte à la liberté de conscience»Au micro d’Europe 1, Nicole Belloubet, la Garde des Sceaux, a réagi à l’affaire Mila déclarant que «l’insulte à la religion» est «une atteinte à la liberté de conscience». Des propos qui ont provoqué un tollé. PartagerPlayUnmuteCurrent Time 0:06/Duration 0:22Loaded: 99.65% Fullscreen

Richard Malka est avocat au barreau de Paris. Spécialiste du droit à la liberté d’expression, il défend notamment le journal Charlie Hebdo.


FIGAROVOX. – «L’insulte à la religion, c’est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c’est grave» a déclaré le 29 janvier Nicole Belloubet, garde des Sceaux, sur Europe 1 à propos de Mila, une adolescente menacée de mort après avoir tenu des propos injurieux sur l’islam. Devant le tollé, Belloubet a regretté, plus tard dans la journée, une «expression maladroite» et jugé inacceptables les menaces dont cette adolescente est victime. Qu’en pensez-vous?

Richard MALKA. – Les propos de Nicole Belloubet mercredi matin sont tout simplement gravissimes! Ils participent à la mise en danger de Mila, qui a vu sa scolarité et sa vie sociale brisées après le harcèlement et les menaces dont elle a fait l’objet. Nicole Belloubet a fait montre à la radio d’une culture juridique fantaisiste, ce qui est extrêmement inquiétant, mais surtout elle donne ainsi raison aux milliers d’anonymes qui depuis plusieurs jours adressent lâchement des menaces à Mila en lui promettant de l’égorger, de la découper ou de la brûler!

On aimerait qu’elle lise davantage les fiches que lui préparent ses conseillers, et pas la propagande de la Ligue islamique mondiale qui milite partout en Europe pour l’interdiction du blasphème. Car c’est la terminologie exacte de cette organisation prosélyte, qui a plusieurs fois déposé des demandes en ce sens auprès de l’ONU: empêcher les injures envers l’islam au nom de la liberté de conscience. Nicole Belloubet a énoncé la définition même du blasphème telle que promue par la Ligue islamique mondiale ou l’Organisation de coopération islamique. Pris à la lettre, ses mots marqueraient le passage d’une société laïque et républicaine à une théocratie: si l’on ne peut pas offenser une religion, alors la respecter devient obligatoire. Le Code pénal du Pakistan l’énonce dans son article 295-C: «Toute injure ou tout propos abîmant une représentation de Dieu est un blasphème».On entrave la liberté de conscience en privant quelqu’un de la liberté de croire. Pas en injuriant sa religion.

Ce que dit la ministre de la Justice est donc parfaitement inepte, et heureusement toute la jurisprudence française en la matière dément ses propos. En 2007, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de l’Agrif à la suite de la publication par Libération d’un dessin représentant le Christ nu avec un préservatif sur le sexe. Le juge n’a pas reconnu l’existence d’une injure envers un groupe de personne en raison de leur religion. Idem lors du procès des caricatures de Mahomet publiées par le journal Charlie Hebdo. Rappelons que le journal n’a pas été condamné, «en dépit du caractère choquant, voire blessant, de cette caricature pour la sensibilité des musulmans» pour reprendre les mots mêmes de la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris. Et ainsi de suite. Jamais un seul juge français n’a reconnu que des propos, même vulgaires, même injurieux, envers une religion ou des symboles religieux pouvaient constituer une «atteinte à la liberté de conscience». Jamais! Et que Nicole Belloubet l’affirme au micro d’une émission de radio est irresponsable. Je la mets au défi de trouver une quelconque décision de justice qui corrobore ses propos!

La «liberté de conscience» est l’un des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, et elle garantit notamment la liberté de religion. Pourquoi ce terme est-il inapproprié en l’espèce?

Mais tout simplement parce que Mila n’a empêché personne de croire en l’islam! La liberté de conscience, c’est de croire dans ce que l’on veut. On y fait entrave en privant quelqu’un de cette liberté, en empêchant de se rendre dans une église, une synagogue ou une mosquée. Pas en injuriant sa religion.

C’est au contraire la liberté de conscience de Mila qui est ici en jeu, car elle a le droit de penser ce qu’elle veut de l’islam, et de le dire, même sur les réseaux sociaux. C’est ça le droit français: le fondement de la liberté de conscience n’est pas d’interdire la critique ou même l’injure, mais de protéger la liberté d’expression. Ces deux libertés n’ont rien d’incompatibles, au contraire elles participent l’une de l’autre. On peut tout aussi bien adhérer à une religion que la rejeter. Et prétendre le contraire, lorsqu’on est ministre de la Justice, c’est comme un ministre de l’Économie qui ne saurait pas compter.

Cette erreur est-elle selon vous symptomatique d’une méconnaissance grandissante des principes de la laïcité en France?

Bien sûr que la laïcité est de moins en moins bien connue et comprise. Ses termes juridiques échappent à beaucoup de nos concitoyens. On peut le déplorer, mais c’est hors sujet ici: on parle tout de même de la garde des Sceaux! Elle n’a pas le droit, elle, de se tromper à ce sujet. Même si c’est une confusion, elle est trop grave.

Ou alors, allons au bout de la logique: faut-il interdire aussi le Mahometde Voltaire? Lautréamont qui a représenté Jésus ivre? Nietzsche qui affirme que Dieu est mort? Ce serait anéantir le patient édifice des libertés que les siècles passés ont construit.

Encore une fois, il faut rappeler les mots qu’a employés le juge français lors du procès de Charlie: la liberté d’expression vaut aussi pour les paroles «qui heurtent, choquent ou inquiètent, ainsi que l’exigent les principes de pluralisme et de tolérance qui s’imposent particulièrement à une époque caractérisée par la coexistence de nombreuses croyances et confessions au sein d’une même nation». Cette mention est en réalité inspirée de la jurisprudence qui vaut à la Cour européenne des droits de l’homme depuis 1976: si l’on s’interdit de critiquer une religion, on ne peut plus vivre ensemble.

Shoah: Tachkent, la Capitale de l’Ouzbékistan honorée comme une « ville juste »

A l’initiative de KODIROV Khurshid, Une soirée prestigieuse s’est tenue par l’ambassade d’Ouzbekistan au cercle interallié pour rendre hommage au pays qui a accueilli plus de 3 millions de réfugiés ( dont environ 1 million juifs) pendant la seconde guerre mondiale.

Après le discours de S.E.M. Sardor Rustambaev, l’ambassadeur Ouzbékistan en France, ce fut au tour de Vyacheslav Shlomo Shatokhin de nous présenter son film « Dernier enfance d’été » consacré à l’accueil des enfants juifs par les peuples ouzbeks lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Après la projection de ce documentaire, quelques personnes d’origine polonaise, dont Marek Halter, Waldemar Kobryner, Henri Bielasiak qui ont été évacués en Ouzbékistan et ainsi pu être sauvés sont venus témoigner.

La soirée qui a bénéficié du soutien de l’Ambassade d’Israël à Paris se termina par un succulent dîner.

Un peu d’histoire

J’ai voulu avec Viatcheslav (Shlomo est son prénom juif) Shatokhin l’auteur du film « Dernière été d’Enfance », organiser cette soirée pour sensibiliser le gouvernement ouzbèk à créer les musées d’Evacuation à Tachkent et Boukhara, confie KODIROV Khurshid.

Nous nous sommes tous les deux passionnés par l’histoire de l’évacuation des enfants orphelins et des juifs vers l’Ouzbékistan.

Durant 2019, j’ai collecté beaucoup de mémoires et témoignages des juifs (habitant actuellement en France) qui étaient réfugiés en Ouzbékistan pendant la Seconde Guerre Mondiale.

L’une des pages les plus fameuses de l’histoire de l’Asie Centrale est étroitement liée à la plus grande tragédie connue par le peuple juif ainsi que le terrible désastre qui a touché la population de la partie européenne de l’Union Soviétique durant la seconde guerre mondiale. Cela s’est passé dans ce qui était alors la République Soviétique d’Ouzbékistan, au cœur de l’Asie centrale.

En 1939, le pacte Germano-Soviétique est signé et stipule que les deux puissances ne s’affronteront pas durant les dix années suivantes. Mais en Juin 1941, Hitler rompt cet accord et lance l’opération Barbarossa qui vise à envahir l’URSS.

Cette invasion, nommée « Grande Guerre Patriotique » en Union Soviétique trouve l’armée Rouge et le pays complétement impréparés, ce qui provoque un incroyable désastre militaire et humain dans toutes les zones occupées par les nazis, c’est-à-dire l’Ouest de l’immense URSS et plus précisément : l’Ukraine, la Biélorussie, et l’Ouest de la Russie.

Mais la taille du pays, qui s’étend jusqu’à l’océan Pacifique permis à de nombreux réfugiés de fuir les zones de combats en partant vers l’Est. C’est ainsi que l’Ouzbékistan accueillis 1.5 millions de réfugiés dont environ 500.000 juifs, parmi lesquels environ 200-300 mille orphelins, des adolescents, des veuves et des personnes âgées qui venaient d’Ukraine, de Moldavie, de Biélorussie, de Russie et aussi de Pologne.

A l’époque, l’Ouzbékistan comptait 6 millions d’habitants dont 1.5 millions avaient été prélevés par l’Armée Rouge pour combattre le nazisme.

Les Ouzbeks qui demeurèrent dans leur République s’illustrèrent par la bravoure et l’humanité avec laquelle ils accueillirent les réfugiés, le plus souvent de la même manière qu’ils auraient donné l’hospitalité à des membres de leur propre famille. Il existe trop d’histoire d’orphelins littéralement adoptés comme de nouveaux enfants par les familles d’accueil. Un véritable mouvement d’adoption est né durant ces années de guerre. Les Ouzbeks qui avaient déjà des familles nombreuses à l’époque ont redoublé d’efforts pour se donner les moyens d’aider les réfugiés. Ils montrèrent ainsi leur détermination à en accueillir le plus grand nombre possible.

Shaakhmed Shamakhmudov et son épouse Bahri sont célèbres pour avoir adopté 14 orphelins de guerre provenant de différentes Républiques soviétiques y compris deux juifs. Un monument qui leur était dédié avait été déplacé du centre de Tachkent vers la périphérie à l’époque du Président Karimov. Or, le nouveau Président de l’Ouzbékistan (indépendante depuis 1991), Shavkat Mirziyoyev a tenu à ramener ce monument au centre-ville (à côté du palais de l’amitié entre les peuples) pour lui donner la visibilité qu’il mérite.

Vyacheslav Shatokhin, né en 1961 d’une mère évacuée vers l’Ouzbékistan pendant la grande guerre patriotique, et dont la famille avait décidé de demeurer en Asie centrale après le conflit, connait des quantités d’histoires pleines d’humanité datant de cette sombre période. « Un véritable mouvement pour l’adoption est né en Ouzbékistan à l’époque et ce sont des centaines de milliers d’enfants et d’adolescents sans familles qui ont trouvé un foyer ».

Shatokhin considère que tout film, livre, voire musée consacré à cet épisode constituerait une « mizvah » envers le peuple Ouzbek et ses incroyables et innombrables bonnes actions envers les réfugiés.

Avant d’arriver à Tachkent, la mère de Shatokhin, Nazarovna Hotimlyanskaya (née en 1930) était passée par Ferghana (au Nord-Est de l’Ouzbékistan), accompagnée de sa propre mère et de sa tante, en provenance de Poltava (Ukraine), cependant que son grand père, Nazar était tué dans les combats de l’année 1941.

Diplômé en Droit de l’Université de Tachkent en 1983, Vyacheslav Shatokhin a émigré à New York en 1997. Depuis 2010, il a dédié beaucoup de temps à la collecte d’information concernant l’évacuation des juifs vers l’Ouzbékistan. Il possède aujourd’hui de très importantes archives contenant des récits de quantité de témoins.

Pendant de nombreuses années, Shatokhin a cherché la meilleure façon de remercier le peuple Ouzbèk pour son comportement envers les réfugiés de guerre. Depuis 2010 il a collecté une immense base de photos et documents. Il a également collecté les témoignages de personnes dont les familles furent accueillies en Ouzbékistan. Avec ses propres modestes économies, il a financé le tournage de « Dernier été d’enfance » en 2018. Par ailleurs, il travaille actuellement avec Leonid Teruchkine (Directeur du département de recherche au centre d’éducation sur l’Holocauste de Moscou) afin de rédiger un livre à propos de la contribution du peuple Ouzbèk au sauvetage des juifs soviétiques.

Le documentaire « Dernier été d’enfance» a été diffusé à la télévision ouzbèke. Les héros de ce film, ce sont les enfants évacués vers l’Ouzbékistan pour les sauver des camps de concentration et d’une mort certaine. Dans ce documentaire, ils se souviennent comment le peuple ouzbèk a partagé ses derniers morceaux de pain avec les réfugiés sans jamais envoyer aucun enfant dans un orphelinat !

Le message-clé est de rendre hommage et de faire passer à la postérité les actes de bravoure du peuple ouzbèk pendant la période la plus dure de ce conflit mondial.

Des poèmes de Gafur Gulom, un fameux écrivain et poète ouzbèk, tels que « Je suis juif » ou encore « Tu n’es pas orphelin » montrent l’attitude des Ouzbèks vis-à-vis des réfugiés juifs et des orphelins. Selon Vyacheslav Shatokhin, sans l’héroïsme de la nation ouzbèke, le nombre de victimes juives de la Shoah eut été plus élevé.

Tachkent, la capitale de l’Ouzbékistan peut être nommée avec raison la « Capitale soviétique de l’évacuation », étant la ville qui a reçu le plus grand nombre de réfugiés durant la grande guerre patriotique. La taille de la communauté juive de la ville a considérablement augmenté à cette époque. Et nombre des juifs évacués sont demeurés sur place après le conflit parce qu’ils n’avaient nulle part où aller.

Un Musée de l’évacuation est en construction. Ce projet sera présenté à Paris cette année.

Sylvie Bensaid

«Des territoires perdus de la République aux territoires gagnés par les islamistes?»

GRAND ENTRETIEN – À la veille des élections municipales, Bernard Rougier comme Xavier Lemoine alertent contre le danger représenté par les listes communautaires, mais aussi par les «accommodements raisonnables» passés entre élus et entrepreneurs religieux.

Par Alexandre Devecchio et MARGUERITE RICHELME

Les Territoires conquis de l’islamisme* (PUF), ouvrage collectif dirigé par Bernard Rougier, directeur du Centre des études arabes et orientales de l’université Sorbonne Nouvelle Paris-III, est une plongée effrayante dans ce que l’islamologue appelle les «écosystèmes islamistes»: des enclaves, de plus en plus nombreuses en France, noyautées par les salafistes et les Frères musulmans pour contrôler la population d’origine immigrée de confession musulmane. Nous avons confronté le regard de cet observateur à celui d’un homme de terrain.

Maire de Montfermeil, ville qui fut l’un des épicentres des émeutes de 2005, Xavier Lemoine se bat depuis près de vingt ans contre les pressions islamistes. Il partage le diagnostic de Bernard Rougier et appelle la République à renforcer sa présence et son autorité dans ces territoires pour éviter la partition.

LE FIGARO. – Bernard Rougier, Les Territoires conquis de l’islamisme, le titre de votre livre, n’est-il pas un peu provocateur?

Bernard ROUGIER. – Il y a une provocation volontaire. Nous avons voulu restituer l’idée qu’il y avait eu constitution d’espaces physiques enclavés, marqués par un écosystème autour de la mosquée, de la sandwicherie hallal, de la librairie islamique, de la salle de sport, du terrain de foot. Ce sont des lieux d’apprentissage de la norme islamiste où les individus créent du lien et qui sont investis par un discours religieux à coloration salafiste. À travers tous les entretiens, on s’aperçoit qu’une socialisation islamiste s’accomplit à l’échelle locale, au point de former un territoire avec ses différents marqueurs. Cette notion de territoire a une réalité physique: elle est constitutive de la communauté, sous-entendu islamique, et s’oppose à d’autres espaces où la norme religieuse ne va plus de soi, n’est plus aussi légitime. Il y a aussi les espaces institutionnels: celui de la prison, lieu privilégié de diffusion des discours religieux et des pratiques rigoristes ; et, dans le registre de la démocratie locale, celui du conseil municipal où le clientélisme communautaire et religieux s’exerce. Il existe une diversité de scènes et de sites où les acteurs religieux tentent de pousser leur agenda idéologique. Ce sont ces éléments qui justifient l’idée de territoire.

Évidemment, il y a un écho avec le livre Les Territoires perdus de la République. Nous n’avons pas parlé de la délinquance, sauf quand celle-ci pouvait s’articuler avec l’engagement djihadiste ; ce n’est pas un livre de sociologie urbaine, ni de sociologie des banlieues. C’est un ouvrage sur l’action d’entrepreneurs religieux qui, à travers le maillage d’espaces physiques, cherchent à contrôler la population d’origine immigrée de confession musulmane.

Ces systèmes religieux peuvent cohabiter dans certains cas avec diverses formes de délinquance. Dans certains réseaux salafistes, on trouve l’idée qu’il n’est pas grave de vendre de la drogue si cette drogue est destinée aux «mécréants». La délinquance est alors un moyen de lutter contre le système républicain désigné comme l’expression de la mécréance. De manière plus générale, c’est l’existence d’espaces salafisés dans certaines communes françaises qui explique le nombre de départ vers la zone syro-irakienne à partir de 2012-2013, et plus encore après la proclamation du «califat» islamique en 2014. Plus l’espace a été travaillé par ces réseaux, plus la socialisation a été forte autour des différents sites et plus la recherche de la pureté religieuse est devenue une exigence telle que lorsqu’une opportunité extérieure surgit, ces individus s’en saisissent. L’hypothèse du livre est d’affirmer un lien entre ces espaces islamisés ou réislamisés et les départs pour le djihad en terre orientale.

LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU

Xavier LEMOINE. – Le titre de l’ouvrage de Bernard Rougier n’est en rien provocateur. S’il faut le comprendre comme des enclaves dûment identifiées avec des frontières géographiques, cela existe mais elles sont encore rares. En revanche, la définition d’écosystème est plus appropriée puisque c’est protéiforme et diffus à l’échelle de nos villes. C’est donc bien plus profond et dilué que l’enclave. Ce sont les mêmes personnes qui peuvent aller à l’école de la République durant la journée, mais dès la sortie de classes sont prises en charge par les mosquées ou l’association sportive, si bien que le sport est fait en autarcie communautaire. On observe une cohabitation de modes de vie intriqués. L’appréhension en est bien plus subtile que lorsqu’un périmètre est déjà tracé. Si les quartiers populaires ont pu être touchés par les salafistes, on trouve des personnes d’obédience islamiste tout à fait organisées et déterminées au sein des classes moyennes supérieures.

Pour les pouvoirs publics, cela représente une plus grande difficulté d’identification et plus encore d’action. Autant les quartiers populaires représentent des périmètres identifiés, autant ces classes moyennes supérieures sont réparties de manière diffuse et disposent d’une bien plus grande autonomie d’action. Le contact est rompu.

Si les politiques publiques relevant de la politique de la ville ont permis à la République de maintenir le lien et son influence dans les quartiers populaires par le truchement des élus locaux, il reste à imaginer un autre mode opératoire pour la partie diffuse et autonome du phénomène étudié.

Vous décrivez la mise en place de ces enclaves que l’on peut qualifier de «salafo-fréristes». Quel a été le processus?

B. R. – Le processus fonctionne entre les deux rives de la Méditerranée. On ne peut pas étudier les formes d’islam en France sans prendre en considération le Maghreb et le Moyen-Orient. Dans la dynamique salafiste en Europe, il y a le contre-effet d’une révolution salafiste qui a bouleversé l’expression de l’islam dans le monde musulman après les indépendances politiques. Des facteurs conjoncturels ont aussi joué: le rôle de l’Arabie saoudite, bien sûr, mais aussi les modalités d’achèvement de la guerre civile algérienne à la fin des années 1990. Il y a eu alors un pacte entre militaires et salafistes, par l’intermédiaire des religieux saoudiens: les combattants du GIA ont abandonné la lutte en échange de positions d’influence dans le paysage religieux algérien. L’Algérie a ainsi servi de relais privilégié à la diffusion salafiste vers la France et vers l’Europe. Comme si le pacte algérien de sortie de la guerre civile avait pour effet mécanique de détricoter le pacte français républicain en y semant les germes de la division.

La diffusion du salafisme s’opère aussi évidemment par les pèlerinages qui sont un enjeu commercial et idéologique. La défense d’un islam salafiste va donner aux agences de pèlerinage la possibilité d’obtenir des visas pour aller de plus en plus souvent à La Mecque et à Médine. Le passage dans les lieux saints, c’est l’immersion dans un univers de sens – avec ses cheikhs, ses maisons d’éditions, ses sites internet – qui rétroagit ensuite dans les banlieues françaises pour diffuser le «véritable» islam. Il y a une sorte de concordance des sources de validation de celui-ci: Google, la librairie islamique de quartier, le prédicateur de la mosquée, celui du bled diffusent la même interprétation de l’islam. Cela rend donc très difficile la possibilité de sortir de cette définition de l’islam qui est validée par toutes ces sources d’autorité.

X. L. – Lorsque les pouvoirs publics ont maintenu une forte et exigeante présence, y compris dans la confrontation, on observe également la convergence de tous ces signaux extérieurs mais les pouvoirs publics ont aussi contribué à maintenir certaines personnes dans une forme de liberté quant à la manière dont ils entendent pratiquer. En dépit de certains signes extérieurs qui semblent appartenir à cette codification générale, ce sont des personnes qui savent parfaitement se démarquer d’un certain nombre de codes ou d’usages imposés. Ils parviennent à conserver une certaine liberté, grâce à un rapport constant et fréquent avec la République. En revanche, dès lors qu’il y a rupture avec la société française, alors nous entrons parfaitement dans le schéma indiqué dans Les Territoires conquis de l’islamisme. Il est important, par une cohabitation bienveillante, exigeante parfois, que les institutions maintiennent et intensifient leur présence pour établir un contrepoint à cette convergence de signaux qui existe.

Pour autant, les récentes réformes sociétales (théorie du genre à l’école, loi Taubira, lois de bioéthiques, PMA, peut-être GPA à l’avenir) constituent un repoussoir absolu parfaitement instrumentalisé par ceux qui veulent couper les musulmans de l’influence de la culture française.

L’emprise islamiste se nourrit-elle de la détresse sociale?

X. L. – Elle est beaucoup plus prégnante, déterminée, durable et intelligente, auprès de cette nouvelle classe moyenne supérieure, évoquée plus haut, que dans les quartiers populaires où il y a une interaction plus forte avec la République. Pour peu qu’une présence affirmée permette d’agir. Il n’y a donc aucune corrélation automatique entre la détresse sociale et l’emprise islamiste.

B. R. – Chez les Frères Musulmans, le discours est porté par des ingénieurs, des professeurs, des universitaires, des cadres. Il y a clairement une partie de la classe moyenne diplômée qui veut imposer cette conception au reste de la population musulmane. On le voit dans l’histoire et la sociologie de l’islamisme. Le djihadisme, type Al-Qaïda, a été dirigé par des personnalités issues des Frères Musulmans, venus pour Ben Laden et Zawahiri de milieux très aisés. En revanche, dans le salafisme dijahdisme, on trouve des profils plus variés où l’excellence sociale repose sur la connaissance religieuse de l’arabe et des textes sacrés. Ils mettent d’ailleurs en cause les Frères, en dénonçant les positions de pouvoir qu’ils occupent dans la sphère profane grâce à leurs diplômes. Chez les sympathisants francophones d’Al-Qaïda, on voit apparaitre l’idée que l’on peut faire des thèses à l’Université et acquérir des positions d’influence dans la société. Chez les salafistes, on survalorise exclusivement la dimension religieuse. Il y a presque une forme de clivage de classe entre les Frères et les salafistes.

Les élus doivent prendre conscience des risques de « l’orientalisation  » des pratiques politiques. L’individu n’est pas vu comme individu mais comme membre du collectifBernard Rougier

Quelle est la part de responsabilité de l’État et des élus locaux?

X. L. – J’accepte qu’il puisse y avoir plusieurs pratiques de l’islam pour autant la version prônée par les frères musulmans n’est en rien une nouveauté, au regard de l’histoire de l’islam. J’ai toujours été surpris de la part des hommes politiques et de la part de la haute administration de leur méconnaissance des ressorts fondamentaux de l’islam qui sont à mon sens, pour certains d’entre eux, incompatibles avec les piliers sur lesquels notre société européenne, judéo-chrétienne est bâtie. Je vois trois sujets majeurs, la question de la laïcité, la question de l’égale dignité de l’homme et de la femme et la question de la liberté de conscience.

Ce sont bien plus que des divergences qui existent là. Peut-il vraiment alors y avoir durablement cohabitation pacifique de principes si antagonistes?

Il convient donc aux pouvoirs publics dans ses actions en direction de nos populations d’avoir bien présent à l’esprit la nécessité de faire connaître, d’expliquer et le cas échéant de défendre ces principes communs sans quoi nous assisterions à de graves dérèglements de notre vie sociale. Ces politiques voulues, déterminées et soutenues au niveau national sont mises en œuvre avec bienveillance et persévérance au niveau local. Il doit y avoir «unité de vue» et de «commandement».

Ces actions sont indispensables pour venir aider les personnes qui prises sous la contrainte de la communauté veulent s’en émanciper et poser librement les actes de leur vie personnelle, familiale, professionnelle, … La nature a horreur du vide et il est urgent de reprendre pied.

B. R. – Il y a risque pour le fonctionnaire «de souche» de bonne foi ou l’élu local de croire que des revendications islamistes sont légitimes sur le plan culturel et religieux. C’est par méconnaissance de l’islam et de la distinction islam/islamisme que l’on donne une solennité culturelle à ce qui est en réalité un projet idéologique et un discours orienté. Il y a eu un manque de vigilance dans les autorisations données à certaines associations sur la nature de leurs représentants, la nature de leurs discours et leurs liens avec l’extérieur. Il y a eu la mise en place d’une islamisation sous couvert de revendications culturelles. Ce qui a été dit, fait et diffusé notamment dans certaines mosquées, a brisé le lien républicain. C’est à la fois l’appareil d’Etat et les systèmes politiques locaux qui ont manqué de vigilance ou qui ont fait preuve de naïveté. C’est pour cela qu’il est indispensable de conserver cette distinction entre islam et islamisme. Sur les 20 dernières années, on observe la création d’un groupe de pression qui va vendre «les voix des musulmans» en échange de la satisfaction des revendications spécifiques sur les écoles confessionnelles, sur l’obtention de postes stratégiques dans les mairies , l’accès au logement social etc. . Dans certaines communes d’île -de-France, on voit que localement certains habitants ont abdiqué leur citoyenneté et considèrent qu’il faut passer par l’association religieuse pour obtenir des ressources publiques. C’est déjà un exemple de désintégration républicaine relayée – ce qui est choquant – par une partie du tissu républicain local. Il y a une responsabilité des élus.

Je me refuse fermement à la politique des grands frères, forme déguisée de sous-traitance politico-culturelle. C’est le seul moyen de ne pas être pris en otageXavier Lemoine

La tentation est-elle importante pour les élus locaux de consentir à des «accommodements raisonnables» avec les islamistes dans l’espoir de pacifier la délinquance?

X. L. – Malgré la réapparition dans nos villes de drogues dures, ces dernières ont été combattues il y a quinze ou vingt ans par certains religieux. C’est une réalité. Concernant par ailleurs des accommodements qui ont pu être passés, à certains endroits, ils peuvent perdurer encore aujourd’hui. Je me refuse fermement à la politique des «grands frères» qui est une forme déguisée de sous-traitance politico-culturelle. La République doit s’adresser à tous les citoyens, le discours n’est pas légitimé par l’origine, la religion ou la qualité de celui qui l’exprime. Cela peut sembler coûteux de ne pas sous-traiter la paix sociale mais c’est le seul moyen de ne pas être pris en otage. Pour cela, il faut savoir dépasser quelques manifestations hostiles qui ont pour but de vous faire céder. Il faut rester très vigilant, à tous les niveaux, y compris dans ses propres services municipaux.

B. R. – Nous avons interrogé, dans nos recherches, des anciens employés de la mairie d’Argenteuil. Selon eux, sous l’ancien mandat municipal, des médiateurs urbains ont été recrutés en échange de l’appui électoral du réseau salafiste local. Il a été rapporté que sur une quinzaine de médiateurs urbains, la moitié était salafiste et refusait de serrer la main des femmes. À l’échelle locale, la République se détruit elle-même, au nom d’un calcul électoral à courte vue et de l’achat d’une paix sociale forte de tensions futures bien plus grandes. En certains cas, la proximité entre la mosquée et l’école peut être préoccupante, puisque la première diffusera différents types d’interdits dans l’espace scolaire dès la maternelle. Il faut que les élus prennent conscience des risques de «l’orientalisation» des pratiques politiques. (Dans les lieux que nous avons étudiés), l’individu n’est pas vu comme individu mais comme membre du collectif. Cela ressemble à l’Empire ottoman, ou au Liban communautaire. Jérôme Fourquet a montré, à travers les listes électorales, que les jeunes femmes quittaient ces quartiers pour aller dans des zones où la pression islamiste était plus relâchée. Il y a une stratégie de sortie des jeunes femmes quand elles en ont les moyens.

Vous subissez, Xavier Lemoine, des pressions, j’en subis aussi. Nous entrons dans une société très compliquée puisque les réseaux sociaux et l’exigence de transparence font que toute critique de ces acteurs est considérée, par eux, comme des attaques. Les acteurs ne veulent pas être mis au jour et pour cela brandissent l’accusation d’«islamophobie». Quand les politiques, voire des universitaires, relaient ces accusations, le champ de la recherche se ferme. Si nous n’avons pas une connaissance claire, dépassionnée et documentée de ces phénomènes, nous irons vers la constitution homogène de territoires dont on ne saura rien. C’est précisément ce que l’on veut éviter. L’école est le prolongement de l’Etat, le lieu où celui-ci affirme son autorité et sa promesse d’émancipation. On a perdu beaucoup de temps sur le voile, il faut garantir la qualité de sanctuaire à l’école et d’instrument d’émancipation.

Existe-t-il une majorité silencieuse qui aspire à l’émancipation?

X. L. – Il y a une majorité de personnes, dans une très grande diversité de pratiques, qui veulent pouvoir garder la maîtrise personnelle de leur mode et choix de vie. Pour consolider cet état de fait, voire l’encourager, il importe que la République soit crédible pour protéger ces personnes des pressions subies. Si elles sentent un fléchissement des institutions, elles fléchiront aussi puis basculeront de l’autre côté.

Que pensez-vous des listes communautaires?

B. R. – Dans la réalité, il y a des listes communautaires «invisibles» qui se mêlent à des listes politiques dites normales. L’exemple d’Aubervilliers est frappant: un membre de l’Association des musulmans d’Aubervilliers, très marqué par le salafo-frérisme, est en position éligible sur une liste proche de La France Insoumise. En réalité, il s’agit donc d’une liste «mixte». Soulever la question des listes communautaires est intéressant pour créer la vigilance mais les interdire ne fonctionne pas véritablement. Cela s’est produit dans certains pays musulmans et les partis religieux ont pris d’autres noms pour prétendre à l’ouverture et à la représentativité. Le vrai problème réside chez les partis qui placent des candidats communautaires en position éligibles. Il me semble qu’une partie des violences contre les élus émanent de promesses d’«accommodements» non tenues après les élections. La manifestation contre «l’islamophobie» du 10 novembre 2019 est une réponse d’une partie de la gauche face à cette problématique, consistant à accepter ces listes et ce communautarisme. La France Insoumise a abandonné une partie de ses convictions républicaines en prenant part à cette manifestation. Le 10 novembre, un pacte s’est noué entre les islamistes et une partie de la gauche.

X. L. – Les listes communautaires pures existent, elles sont rares cependant. Elles permettent à la communauté de se rassembler, de se compter et de commencer un rapport de force. Une autre stratégie, celle du coucou, consiste à emprunter la notoriété d’un parti politique localement en déshérence qui, à son score résiduel, ajoute le score de la communauté. Le résultat électoral peut en être ainsi nettement amélioré et permettre d’obtenir quelques élus. On peut noter la part très active de certaines mosquées dans ces campagnes électorales. Enfin, à ces deux procédés assez visibles se rajoute, de plus en plus souvent, ces fameuses listes communautaires «invisibles» telles que décrites à l’instant par Bernard Rougier. C’est une stratégie d’influence et de noyautage.

Quelle réponse les pouvoirs nationaux et locaux peuvent-ils apporter à cette islamisation des territoires?

X. L. – Je suis maire depuis 18 ans. J’arrive à la fin de mon troisième mandat. J’ai pu, lors des deux premiers mandats mesurer les effets des politiques menées localement.

Mais durant ce troisième mandat, obtenir des résultats dans le domaine éducatif, culturel, citoyen est beaucoup plus aléatoire. En effet, les politiques publiques se trouvent en concurrence directe avec les réseaux sociaux, avec les associations qui, en marge de notre société, œuvrent dans le domaine éducatif, culturel, social, sportif… L’écosystème s’est mis en place et a densifié son offre.

Si au regard des enjeux qui nous concernent, une politique générale n’est pas portée de manière claire et forte au niveau national, les politiques menées localement seront inopérantes. Nous avons besoin au plan national d’une vision non négociable pour être efficient au niveau local. Je continue mais je sais que mon action est fragilisée pour n’être pas, sur certains sujets, relayée à l’échelle nationale.

Ce basculement est lié à la faiblesse de l’Etat. Est-il aussi lié à des phénomènes de basculement démographique ou d’immigration?

B. R. – Il y a eu une prise de conscience de la part du gouvernement, avec la circulaire sur l’islamisme et la réunion des préfets. L’idée qu’il ne faut plus seulement se focaliser sur le sécuritaire et empêcher les attentats mais aussi que le volet sociétal est fondamental et commence à s’imposer. Il y a une vraie prise de conscience de la part de ministres de la nécessité de nommer les choses, pour obtenir un consensus plus large sur la lutte contre l’islamisme. Contre ce phénomène, il faut recréer du collectif. Il faut des agents de l’Etat qui prennent des risques, en allant sur le terrain pour s’imposer. Il faut s’appuyer sur des personnes qui connaissent bien le terrain. Il faut reconstituer le renseignement territorial, connaître l’histoire du tissu local pour agir efficacement. L’enjeu est de recréer la République au niveau local, chose qui demande des personnalités hors du commun.

X. L. – La démographie a toujours commandé l’Histoire. Nos politiques, pour des raisons incompréhensibles, n’en ont jamais tenu compte.

Néanmoins, il est incontestable que la France vit une mutation démographique sans précédant dans son histoire. Aux enjeux strictement démographiques s’ajoutent également de sérieux enjeux culturels.Sujets

De l’inquiétant au dramatique : ces réalités diverses qui se cachent derrière le chiffre global de la hausse des actes racistes et xénophobes

© REUTERS/Gonzalo Fuentes 

Illustrations

Les actes racistes et xénophobes ont augmenté de +130 % en France, selon le bilan du ministre de l’intérieur en 2019. Qu’est ce qui se cache vraiment derrière cette réalité dramatique ? 

Selon un bilan du ministère de l’Intérieur, les actes racistes et xénophobes ont augmenté de 130% en 2019. Les actes antisémites ont quant à eux augmenté de 27%. 

Atlantico : Les actes racistes, xénophobes et antisémites sont certes en hausse, mais de quoi parle-t-on réellement ? De la violence physique ? D’insultes ? De menaces ? Qu’est-ce que ces chiffres expliquent ?

Guylain Chevrier : Les données communiquées, dimanche 26 janvier, par le ministère de l’intérieur recensent, comme de coutume, deux types de faits : les « actions » (atteintes aux personnes et aux biens comme les violences physiques, les dégradations…) et les « menaces » (propos, gestes, inscriptions…). Le nombre de faits racistes et xénophobes, a très fortement augmenté en 2019, avec une hausse de plus de 130% selon le bilan annuel du ministère de l’Intérieur. Après un repli sur les deux dernières années, on arrive à 1142 faits comptabilisés en 2019 contre 496 en 2018. « Pour l’essentiel, ces faits relèvent de la catégorie des ‘menaces’ (977) », recense la place Beauvau.  Les faits antireligieux augmentent sensiblement en 2019. 687 faits à caractère antisémite ont été constatés (soit une hausse de 27% par rapport à 2018) : 151 faits sont des actions (dégradations, violences physiques, etc.), 536 relèvent de la catégorie “menace”. 1052 faits antichrétiens ont été recensés : 996 dans la catégorie “action” (atteintes aux biens religieux), 56 dans la catégorie “menace”. Le chiffre est stable par rapport à 2018. 154 faits antimusulmans ont été recensés contre 100 en 2018 (soit une hausse de 54%) : 63 dans la catégorie “action”, 91 dans la catégorie “menace”.  Premier élément de bilan, selon Frédéric Potier délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, « ce sont quasi exclusivement les menaces qui augmentent, tandis que les actions sont en baisse. C’est peut-être le signe que les menaces ne sont plus banalisées, que les victimes portent davantage plainte et que leur plainte est sérieusement prise en compte ».

Atlantico : Si l’on ne se préoccupe que des faits – et sans minimiser la réalité de ces chiffres – y a-t-il vraiment une aggravation ? Qui est le plus touché par ces agissements ?

Guylain Chevrier : Des causes sont évoquées à cette évolution. Concernant l’augmentation importante des faits racistes et xénophobes, essentiellement constitués de menaces, cela traduit selon Frédéric Potier « une montée des extrémismes identitaires, un climat de tension anxiogène. » Un argument nouveau qui rend compte d’une problématique pour les pouvoirs publics qui reste à creuser, qui actualise l’enjeu autour la publication annuelle de ces chiffres. Et d’ajouter « Le combat doit être tout aussi résolu contre la xénophobie et contre l’antisémitisme. » Toute proportion gardée, puisque l’on ne peut que constater concernant les actes antisémites qu’ils continuent d’être marqués par « des actions » impliquant fréquemment des violences qui cochent toutes les cases, même si elles sont en recul pour 2019, avec certaines qui frappent régulièrement l’actualité dans toute leur horreur comme pour Sarah Halimi assassinée en 2017 ou encore Mireille Knoll en 2018, aux cris d’« Allah Akbar ». L’augmentation des menaces qui caractérise l’augmentation des actes antisémites reste dans ce climat inquiétant. Si la hausse est aussi sensible pour les faits antimusulmans (+ 54 %), leur nombre demeure « relativement faible » (154), souligne le ministère de l’intérieur. Parmi les 63 « actions », hormis les deux qui ont consisté en des fusillades devant deux mosquées, à Brest en juin 2019 et à Bayonne en octobre 2019, qui ont fait plusieurs blessés, dont un imam, il s’agit pour l’essentiel de dégradations. Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, considère que l’écart entre la proportion d’actions et de menaces, qui est peu important concernant les faits antimusulmans, présente un bilan décalé au regard de la tendance qui domine les autres secteurs maqués par l’augmentation des menaces, et avance que c’est peut-être le fait que les personnes de confession musulmane ne portent pas toujours plainte pour des menaces. Par ailleurs, contrairement à l’impression qu’a pu laisser une série de profanations d’églises en 2019, les actes antichrétiens demeurent stables ces dernières années, 1 052 en 2019 et 1 063 en 2018. 

Atlantico : La situation peut-elle empirer en 2020 ? Que peuvent faire les pouvoirs publics, concrètement, face à ces agissements ? 

Guylain Chevrier : S’il y a une nouveauté, c’est la grille d’analyse qui est faite de cette situation, pour dire sa gravité. Telle que l’augmentation très forte des menaces pour les faits racistes et xénophobes, analysée par Frédéric Potier comme étant la manifestation d’une « montée d’extrémismes identitaires ». Faut-il encore en tirer toutes les conséquences si on ne veut pas voir cela empirer. Si les préjugés jouent un rôle prépondérant dans la dynamique discriminatoire, pointant par exemple des groupes de personnes abusivement « catégorisées » comme le voit la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, qui rend un rapport annuel sur le sujet, ce n’est pas le seul angle de ce combat. L’organisation en minorités de droit que recherchent certains groupes identitaires agressifs, n’est pas sans incidence sur les tensions qui traversent la société française. La montée des affirmations identitaires avec son corollaire, la mise en concurrence des groupes identitaires, voire le communautarisme, constitue aussi un puissant facteur de rejet des autres, qui est largement oublié derrière l’idée un peu courte de préjugés à combattre, qui est sans doute valable pour un racisme et un antisémitisme considérés comme résiduels s’inscrivant dans un courant traditionnellement classé à l’extrême droite, mais pas pour comprendre l’évolution actuelle. Sinon, on ne s’expliquerait pas que le baromètre de Sciences-po auquel se réfère la CNCDH, présente un indice de tolérance des Français à l’altérité qui n’ait jamais été aussi bon, pendant que les faits racistes et xénophobes progressent. La montée des affirmations identitaires impacte cette situation de façon significative aujourd’hui, avec une extrême droite qui peut aussi par réaction en tirer profit. On retrouve ce phénomène « extrême » sous différentes formes. Du courant indigéniste (Indigènes de la République) au discours d’une Rokhaya Diallo qui crie en permanence au racisme d’Etat en se posant en défenderesse de ce qu’elle considère comme des minorités opprimées issues de l’immigration, qui justifient des réunions interdites aux blancs considérés comme héritiers d’un passé colonial qui en feraient par prédestination potentiellement des racistes. Un discours essentialiste extrêmement dangereux, qui n’est pas sans contenir les graines d’un encouragement à la haine de l’autre. Dans ce prolongement, indigénistes et autres racisés expliquent que le racisme ne peut exister qu’en raison de s’être historiquement constitué sur une idéologie visant une catégorie particulière de population et dans un rapport de domination, pour justifier de dire que le racisme antiblancs ne peut pas exister, puisqu’il n’y aurait jamais eu de théorie raciale tournée contre les blancs dominants. Mais n’est-ce pas précisément là initier une nouvelle théorie raciale justifiant un nouveau racisme ? Le combat universel contre le racisme est ici directement attaqué. Dans la même veine, le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) et la Ligue de défense noire africaine (LDNA) ou encore la Brigade anti-négrophobie, mouvement controversés et communautaristes, qui pratiquent l’interdiction de manifestations culturelles/débats lorsqu’elles ne leurs conviennent pas, se sont opposés physiquement à la représentation de la pièce d’Eschyle « Les Suppliantes » à la Sorbonne en mars 2019, parce que les visages des comédiens étaient grimés en noir, comme dans l’antiquité, ceci étant assimilé par  ces censeurs à un « Blackface » et donc à du racisme. S’ils se sont couverts de ridicule, ils ont porté en toute impunité gravement atteinte à des libertés fondamentales. Une action soutenue par Rokhaya Diallo sur fond de dénonciation de propagande coloniale… Doit-on là laisser faire côté pouvoirs publiques ? Mieux encore, la LDNA a manifesté devant l’ambassade d’Afrique du sud à Paris le 6 septembre 2019, dans le contexte des violences racistes qui s’y déroulaient entre noirs nationaux et noirs étrangers accusés de venir prendre le travail des premiers. L’association disant vouloir contrer cette xénophobie, par l’entremise de l’un de ses intervenants, s’est exprimer comme suit : « Si vous voulez être xénophobe, d’accord. Commencez par tuer les Blancs, commencez par tuer les Chinois, commencez par tuer les Indiens. Ne tuez pas vos frères […] nous avons la même couleur [de peau].” Un discours applaudi par les sympathisants de la LDNA présents sur place. Encore là, que font les pouvoirs publics ? Une telle organisation ne devrait-elle pas être purement et simplement interdite en raison du trouble à l’ordre public qu’elle constitue ? Des associations pro-migrants ou/et communautaires, largement subventionnés par l’Etat, la CAF, les collectivités territoriales, développent un discours ayant pour moteur la dénonciation d’un racisme d’Etat, parce qu’il fait respecter la loi en n’acceptant pas le principe d’un accueil inconditionnel. Une autre dimension de cet extrémisme, qui galvaude le sens du racisme en le dévoyant au nom de la défense d’une grande cause qui autorise tous les excès.  Par ailleurs, le président de la République profite des vœux aux cultes pour faire des annonces sur la radicalisation et la laïcité, au lieu de les faire aux partis politiques ou/et aux associations laïques, et le gouvernement continue de considérer comme naturel que le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, puisse affirmer que « La laïcité, c’est accompagner la pratique d’une religion » en demandant aux préfets de favoriser l’émergence de structures départementales des acteurs du culte musulman, soufflant ainsi sur la logique communautaire sinon le communautarisme. L’Etat ne donne pas, à tout le moins, le bon exemple. Ce pouvoir donné à un culte de s’installer en bénéficiant de moyens divers émanant de l’Etat ou des collectivités territoriales, alors que se développe un communautarisme islamique et qu’une radicalisation religieuse est pointée au milieu de celui-ci par différentes études, avec des risques d’attentats, n’est pas fait pour calmer les esprits. La volonté de l’Etat de créer de toute pièce un « islam de France » quitte à contourner voire amender la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, qui est le socle de la laïcité républicaine, n’est sans doute pas la bonne voie pour faire baisser les tensions envers le culte musulman. Quoi que le niveau des faits relevé soit considéré comme assez faible au regard des 5 à 6 millions de concitoyens de confession musulmane. Pour finir, le président de la République, le 23 janvier dernier, dans l’avion qui le ramenait d’Israël où il venait de participer aux commémorations de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, a estimé devant plusieurs journalistes que la France “avait peut-être un travail à faire” sur la mémoire de la guerre d’Algérie (1954-1962) afin de mettre un terme au “conflit mémoriel”, tout en faisant le parallèle avec la reconnaissance par Jacques Chirac en 1995 de la responsabilité de l’Etat Français dans la déportation des juifs pendant la Seconde guerre mondiale. Si faire ce parallèle c’est banaliser la Shoah, c’est aussi comme attester en quelque sorte d’un inconscient post-colonial français dont la dette serait à régler, soupçonné de racisme. Rien qui n’améliore le rapport extrême à la question identitaire qui monte dans notre pays ni ne clarifie les enjeux de la lutte contre l’antisémitisme. Concernant les faits antisémites qui augmentent encore, ce qui doit inquiéter, rapportés aux quelques moins de 1% de la population que les juifs en France représentent (600.000 personnes), ils demeurent sans commune mesure avec les atteintes enregistrées pour les autres populations. Selon une étude Ifop parue le 21 janvier, un tiers des Français (34%) de confession ou de culture juive déclare se sentir régulièrement menacé.

Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNCVA), une association communautaire, estime qu’en dix ans, 60.000 Juifs d’Île-de-France ont déménagé.

Jérôme Fourquet, de l’Ifop, auteur d’un livre-enquête sur l’antisémitisme en France, y voit un “mouvement de fond lié à cette montée de l’insécurité”. ” Une situation des plus préoccupante, qui n’a connu aucune involution, pas plus que d’initiatives majeures des représentants de l’Etat pour l’infléchir. « Bien des choses se sont fracturées depuis la marche de 2015 (Pour Charlie hebdo), estime le rabbin Delphine Horvilleur, sur le plateau de France 2 le 26 janvier dernier. J’ai l’impression de faire partie d’une génération qui a fait de la lutte contre le racisme et contre l’antisémitisme des luttes conjointes, inséparables”, pour dire déplorer qu'”on assiste malheureusement à une fracturation de ces combats”…

« La haine d’Israël sert de masque à l’antisémitisme »


INTERVIEW. Comme chaque année, le ministère de l’Intérieur dresse le bilan des actes de haine racistes, antisémites, antichrétiens et antimusulmans.

Propos recueillis par Valentine Arama

Frédéric Potier, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), revient pour le Point sur les chiffres concernant les actes racistes en France. Le bilan dressé par le ministère de l’Intérieur  fait état d’une hausse importante des actes racistes et antisémites . Les données – communiquées dimanche 26 janvier – recensent, comme de coutume, deux types de faits : les « actions » (atteintes aux personnes et aux biens, comme les violences physiques, les dégradations…) et les « menaces » (propos, gestes, inscriptions…).

Le Point : Selon les données communiquées par le ministère de l’Intérieur, les faits antisémites sont de nouveau en hausse (+ 27 %), après le bond de + 74 % enregistré en 2018. Pas moins de 687 faits ont été comptabilisés par les services de police. Comment expliquer cette poussée ?

Frédéric Potier : Ce qu’on peut noter par rapport à l’an dernier, c’est qu’il y a une hausse qui est mesurée. Elle s’explique en partie par une augmentation des menaces (+ 50 % en un an) et des discours de haine, plus que par des atteintes aux personnes ou des dégradations de biens. Sur ces actions, les statistiques sont en nette diminution. Face à ces tendances inquiétantes, il y a tout de même une petite note d’espoir qu’il ne faut pas occulter, puisque les faits les plus graves reculent (les atteintes aux personnes ont reculé de 44 % par rapport à 2018, NDLR).

Toutefois, cette progression de l’antisémitisme se traduit par une montée des extrémismes identitaires, un climat de tension anxiogène général. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les actes racistes montent en même temps que les actes antisémites ou antimusulmans. Il y a une forme de matrice de la haine, qui est le rejet de l’autre, le rejet de la tolérance.

Quelles sont, selon vous, les causes exactes de cette poussée de l’antisémitisme ?

Je distingue trois sources. Il existe évidemment un islamisme radical, qui se traduit par des actes striés, et des formes de communautarismes qui sont très présents et qui ont été clairement dénoncés par les plus hautes autorités de l’État. Il y a aussi la résurgence de l’extrême droite, de groupuscules qui ont réalisé un certain nombre de dégradations, comme on l’a vu notamment dans les cimetières juifs alsaciens . Je dirais donc que le nouvel antisémitisme n’a pas fait disparaître l’ancien… La dernière source d’antisémitisme, c’est évidemment la haine d’Israël, qui sert de masque à l’antisémitisme.

Ces trois problèmes ne datent pas d’hier, ils ont été identifiés et dénoncés depuis longtemps. Dès lors, comment lutter contre ces différentes formes d’antisémitisme ?

Ces sources-là ne disparaissent pas d’un coup de baguette magique. Ce qu’on essaye de privilégier, ce ne sont pas de grands discours moralisateurs, mais des actions très concrètes. Sur les discours de haine, il y a notamment la proposition de loi de Laetitia Avia, qui doit permettre de supprimer en 24 heures les contenus de haine sur Internet.

S’agissant des faits antichrétiens, leur nombre est assez stable sur l’année 2019 (1 052 faits recensés), et le nombre d’actes antimusulmans, quant à lui, demeure assez faible (154 faits). Si l’on ne peut que s’en féliciter, comment expliquer la forte différence avec les chiffres concernant l’antisémitisme ?

Il y a une difficulté qui est inhérente à ces chiffres-là : il y a quand même une explosion des actes racistes (qui ont augmenté en 2019, avec 1 142 faits comptabilisés, contre 496 en 2018, NDLR). Quand une personne se fait insulter de « sale Arabe » dans la rue, ça ne va pas figurer dans la liste des actes antimusulmans, mais dans celle des actes racistes. Il y a donc une difficulté à saisir tous ces chiffres-là.

Si je prends le côté vraiment religieux concernant les méfaits antichrétiens, ça vise surtout les cimetières. Là aussi, c’est parfois assez difficile de savoir ce qui dépend d’une profanation avec motivation idéologique ou d’un acte de pur vandalisme.

Vous parliez plus haut de la profanation des cimetières juifs en Alsace, la région est-elle aux prises à l’antisémitisme ?

Je ne dirais pas qu’il y a un antisémitisme alsacien, mais il y a effectivement des groupuscules très actifs, avec des signes de reconnaissance très directs, comme l’utilisation des chiffres 1-8, qui correspondent aux initiales d’Adolf Hitler. On a affaire à ce type de groupuscules, ils ne sont pas très nombreux, mais, hélas, ils sévissent beaucoup. C’est la raison pour laquelle le ministre de l’Intérieur a annoncé la création d’un « office national de lutte contre la haine » au sein de la gendarmerie.

Schiappa qualifie de « criminelles » les déclarations d’un responsable du CFCM sur l’affaire Mila

Abdallah Zekri, délégué du général du CFCM, avait réagi à propos de l’affaire Mila, l’adolescente menacée de mort pour avoir critiqué l’islam, en estimant qu’elle l’avait « cherché ».

Par L’Obs avec AFP

L’affaire Mila continue de faire réagir, jusqu’au gouvernement. Ce mardi 28 janvier, sur France-Inter, la secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a qualifié de « criminelles » les déclarations du délégué général du Conseil français du Culte musulman (CFCM), Abdallah Zekri, contre la jeune Mila, une lycéenne qui avait tenu des propos hostiles à l’islam dans une vidéo.

Le responsable de l’institution représentative des mosquées, tout en se disant « contre » le fait que cette adolescente de l’Isère ait été menacée de mort sur les réseaux sociaux, avait estimé vendredi : « Qui sème le vent récolte la tempête. »

« Elle l’a cherché, elle assume. Les propos qu’elle a tenus, les insultes qu’elle a tenues, je ne peux pas les accepter », avait-il dit sur Sud Radio.

Ces mots sont « indignes d’un responsable, qui est un leader d’opinion et qui a une parole dans le débat public », a déclaré Marléne Shiappa sur l’antenne de France-Inter, rappelant que « s’adonner à du cyberharcèlement en meute » constitue « un délit ».Affaire Mila : où sont les voix de gauche ?

Ouverture de deux enquêtes

Dans un message diffusé sur Twitter après les propos d’Abdallah Zekri, le nouveau président du CFCM, Mohammed Moussaoui, avait pour sa part souligné que « rien ne saurait justifier les menaces de mort à l’égard d’une personne ».

« C’est la justice qui doit prononcer les sanctions prévues par la loi s’il y a provocation et incitation à la haine », avait-il ajouté.

Le parquet de Vienne (Isère) a ouvert deux enquêtes dans l’affaire de la jeune Mila, qui a dû être déscolarisée après un déferlement de menaces de mort.

L’une, « ouverte du chef de provocation à la haine raciale », a pour but « de vérifier si les propos tenus sur la vidéo diffusée » par la jeune fille « sont de nature à recouvrir une qualification pénale ou s’inscrivent dans la liberté d’expression reconnue à chacun ».

L’autre, « ouverte du chef de menaces de mort, menace de commettre un crime, harcèlement » notamment, s’attache à retrouver et poursuivre les auteurs de ces faits « gravement attentatoires à l’intégrité » de l’adolescente, selon le parquet.

Le BNVCA tient à saluer la forte prise de position du Chef de l’Etat, à bord de l’avion Présidentiel, lors de son retour de Jérusalem.

● Affaire Sarah Halimi: «On ne peut pas, sur ces sujets, décider de s’en remettre uniquement à la justice»

«Je vais être très précis, parce que c’est un sujet compliqué». Après avoir relevé, depuis Jérusalem, le «besoin d’un procès » dans l’affaire de l’assassinat de Sarah Halimi, Emmanuel Macron clarifie sa position jeudi soir. Évoquant d’abord la reconnaissance du caractère antisémite du crime, il déclare: «Je crois qu’on ne peut pas, sur ces sujets, décider de nous en remettre uniquement à la justice. Il faut parfois assumer cette caractérisation, dont on estime qu’elle correspond au pays, et que la politique a sa part». Puis il a soulevé «la question de savoir s’il est possible de juger des fous», et il a dit n’être «pas pour qu’on aille dans une judiciarisation de la folie, parce que ça nous amènerait à des choses qui sont, à (son) avis, extraordinairement non-souhaitables». Il dit cependant vouloir «faire évoluer ou clarifier» – sans forcément passer par la loi – «l’idée que le rapport de l’expert ne (puisse) pas préempter la décision finale du juge, même sur ce sujet».

Le BNVCA tient à féliciter le Centre Simon Wiesenthal et tout particulièrement Monsieur Shimon Samuels pour l’accord conclu avec la Principauté de Monaco

Le ministre d’État de Monaco accorde au Centre Wiesenthal un accès complet aux archives liées à l’Holocauste
 
 «Nous avons commis l’irréparable … Des femmes, des hommes et des enfants ont fui vers nous … Nous ne les avons pas protégés comme c’était notre responsabilité … ils étaient venus chez nous chercher refuge, pensant qu’ils avaient trouvé un accueil neutre … Dire cela aujourd’hui, c’est reconnaître un fait. Le dire aujourd’hui, ici et devant vous, c’est demander pardon. »
 
Jérusalem, 24 janvier
 
En marge du «5e Forum mondial de l’Holocauste» à Jérusalem, auquel ont participé des représentants de 49 États, le Centre Simon Wiesenthal et la Principauté de Monaco se sont rencontrés pour discuter de coopération.
 
Le directeur des relations internationales du Centre, le Dr Shimon Samuels, a noté «sa campagne pour accéder aux archives liées à l’Holocauste et indemniser tardivement les survivants et les familles des victimes, expulsés de Monaco».
 
Lors de leur réunion, le ministre d’État de Monaco, Serge Telle, a montré une politique de porte ouverte en offrant un accès aux domaines de préoccupation du Centre, notamment:
– Saisie d’objets de valeur;
– Comptes bancaires et coffres bloqués;
– Vol d’objets d’art, collections de livres, instruments de musique, etc .;
– Ventes aux enchères d’actifs et de biens juifs;
– Indemnisation pour spoliation et «aryanisation» des entreprises.
Le ministre d’État Telle a encouragé le Centre Wiesenthal “à nommer un chercheur professionnel pour commencer, espérons-le en mars 2020, l’identification des matériaux connexes”, a déclaré Samuels.
 
Le Centre a souligné que «ce projet contribuera à fournir une fermeture tant attendue aux familles des victimes et à Monte Carlo de rendre sa dette morale à l’histoire».
 
Le ministre d’État a déclaré: «Nous avons commis l’irréparable … Des femmes, des hommes et des enfants ont fui vers nous … Nous ne les avons pas protégés comme c’était notre responsabilité … ils étaient venus nous chercher refuge, pensant qu’ils avaient trouvé un accueil neutre … Dire cela aujourd’hui, c’est reconnaître un fait. Le dire aujourd’hui, ici et devant vous, c’est demander pardon. »
 
  Le ministre d’État de Monaco accorde au Centre Wiesenthal un accès complet aux archives liées à l’Holocauste  «Nous avons commis l’irréparable … Des femmes, des hommes et des enfants ont fui vers nous … Nous ne les avons pas protégés comme c’était notre responsabilité … ils étaient venus nous chercher refuge, pensant qu’ils avaient trouvé un accueil neutre … Dire cela aujourd’hui, c’est reconnaître un fait. Le dire aujourd’hui, ici et devant vous, c’est demander pardon. » Jérusalem, 24 janvier En marge du «5e Forum mondial de l’Holocauste» à Jérusalem, auquel ont participé des représentants de 49 États, le Centre Simon Wiesenthal et la Principauté de Monaco se sont rencontrés pour discuter de coopération.   Le directeur des relations internationales du Centre, le Dr Shimon Samuels, a noté «sa campagne pour accéder aux archives liées à l’Holocauste et indemniser tardivement les survivants et les familles des victimes, expulsés de Monaco».   Lors de leur réunion, le ministre d’État de Monaco, Serge Telle, a montré une politique de porte ouverte en offrant un accès aux domaines de préoccupation du Centre, notamment: – Saisie d’objets de valeur; – Comptes bancaires et coffres bloqués; – Vol d’objets d’art, collections de livres, instruments de musique, etc .; – Ventes aux enchères d’actifs et de biens juifs; – Indemnisation pour spoliation et «aryanisation» des entreprises …   image.jpeg Shimon Samuels avec Serge Telle Le ministre d’État Telle a encouragé le Centre Wiesenthal “à nommer un chercheur professionnel pour commencer, espérons-le en mars 2020, l’identification des matériaux connexes”, a déclaré Samuels.   Le Centre a souligné que «ce projet contribuera à fournir une fermeture tant attendue aux familles des victimes et à Monte Carlo de rendre sa dette morale à l’histoire».   Le ministre d’État a déclaré: «Nous avons commis l’irréparable … Des femmes, des hommes et des enfants ont fui vers nous … Nous ne les avons pas protégés comme c’était notre responsabilité … ils étaient venus nous chercher refuge, pensant qu’ils avaient trouvé un accueil neutre … Dire cela aujourd’hui, c’est reconnaître un fait. Le dire aujourd’hui, ici et devant vous, c’est demander pardon. » Pour plus d’informations, contactez Shimon Samuels à [email protected] ou visitez www.wiesenthal-europe.com

Monaco State Minister Grants Wiesenthal Centre Full Access to Holocaust Related Archives

Jerusalem, 24 January

 “We have committed the irreparable… Women, men and children fled to us… We did not protect them as was our responsibility… they had come to us seeking refuge, thinking they had found a neutral welcome… To say this today is to recognize a fact. To say it today, at this place and in front of you, is to request a pardon.”

On the sidelines of the “5th World Holocaust Forum” in Jerusalem, attended by representatives of 49 states, the Simon Wiesenthal Centre and the Principality of Monaco met to discuss cooperation.

The Centre’s Director for International Relations, Dr. Shimon Samuels, noted “its campaign to gain access to the Holocaust-related archives and belated indemnification to survivors and families of the victims, deported from Monaco.”

At their meeting, State Minister of Monaco, Serge Telle, showed an open door policy in offering access relating to the Centre’s areas of concern, including:

– Seizure of valuables;

– Blocked bank accounts and deposit boxes;

– Theft of art objects, book collections, musical instruments, etc.;

– Auction sales of Jewish assets and properties;

– Indemnification for spoliation and “aryanization” of businesses…

State Minister Telle encouraged the Wiesenthal Centre “to appoint a professional researcher to begin, hopefully in March 2020, the identification of related materials,” stated Samuels.

The Centre emphasized that “this project will help to provide a long awaited closure for the families of victims and for Monte Carlo to render its moral debt to history.”

The State Minister declared: “We have committed the irreperable… Women, men and children fled to us… We did not protect them as was our responsibility… they had come to us seeking refuge, thinking they had found a neutral welcome… To say this today is to recognize a fact. To say it today, at this place and in front of you, is to request pardon.”

or visit www.wiesenthal-europe.com

Soixante-quinze ans de la Shoah : « L’antisémitisme est avant tout une histoire – et une pensée – européenne »

IIl y a soixante-quinze ans, le camp d’extermination d’Auschwitz était libéré. Pourtant, l’antisémitisme encore très présent en Europe. Tal Bruttmann, historien, revient pour « 20 Minutes » sur les liens entre le Vieux continent et la discrimination des juifs

Propos recueillis par Jean-Loup Delmas

  • Alors que les dirigeants mondiaux rendent hommage aux soixante-quinze ans de la libération d’Auschwitz, 20 Minutes se demande si l’Europe aura un jour terminé son travail sur elle-même, pour en finir avec antisémitisme.
  • Comment expliquer qu’une telle discrimination perdure à ce point dans le temps sur le Vieux continent ?
  • Pour Tal Bruttmann, historien et spécialiste de la Shoah, revient pour 20 Minutessur l’histoire de l’antisémitisme en Europe.

Il y a soixante-quinze ans, le camp d’extermination et de concentration d’Auschwitzétait libéré par l’armée soviétique. A l’occasion de cet anniversaire particulier, quarante dirigeants, dont Emmanuel Macron, se rendent cette semaine en Israël pour rendre hommage aux victimes de la Shoah.

Au-delà des commémorations et du devoir de mémoire sur le passé se pose la question d’un antisémitisme encore actuel, particulièrement en Europe. Un sondage Ifop, révélé par Le Parisien ce mardi, indiquait que 34 % des juifs en France se sentaient menacés. Tal Bruttmann est historien spécialiste de la Shoah et de l’antisémitisme. Il revient pour 20 Minutes sur les liens entre l’Europe et la discrimination des juifs.

Soixante-quinze ans après la Shoah, peut-on encore parler d’une Europe antisémite ?

Non. L’antisémitisme est combattu et rejeté par l’immense majorité des Etats, et la majorité des opinions publiques. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas présent en Europe, ni qu’en ce moment il ne connaît pas un net regain.

Comment l’expression de l’antisémitisme a-t-elle évolué en Europe depuis la Shoah ?

Avant la guerre, l’antisémitisme, comme le racisme, était considéré comme une simple « opinion », sans même évoquer qu’il y avait avant-guerre et pendant la guerre de nombreuses politiques d’Etat dans un certain nombre de pays. La Shoah a disqualifié l’antisémitisme, en premier lieu celui venant de l’extrême droite. Après la guerre, l’expression de l’antisémitisme est très largement bannie de la sphère publique, et ne trouve plus à s’exprimer que dans des cercles restreints, même s’il ressurgit cependant régulièrement sur le devant de la scène.

On parle beaucoup du sentiment d’insécurité ressenti par les juifs en France. Notre pays est-il l’un des plus touchés du continent européen par l’antisémitisme ?

La France se range parmi les pays les plus touchés, en raison du nombre d’actes antisémites mais aussi du nombre d’assassinats qui ont visé des juifs depuis le début des années 2000. Le phénomène a longtemps été nié et négligé – aucune mobilisation après les attentats de Merah par exemple et l’assassinat d’enfants.

Depuis la fin des années 1990, on assiste à un retour de l’antisémitisme en France, porté aussi bien par l’extrême droite incarnée depuis plus d’une décennie par des Soral et Dieudonné, qui constitue une forme de jonction avec des pans de l’extrême gauche qui n’ont pas de problème avec l’antisémitisme. A cela s’ajoute l’antisémitisme émanent de l’islamisme radical.

On voit néanmoins qu’en Allemagne (avec l’attentat de Halle par exemple) la violence se manifeste également, tandis qu’aux Etats-Unis, l’antisémitisme devient violent et meurtrier, dans des proportions largement inédites.

L’occupation soviétique de l’Europe de l’Est a-t-elle empêché une introspection des pays du bloc soviétique à laquelle a pu se livrer la France notamment ?

Officiellement, l’antisémitisme n’existait pas à l’Est. Mais dès la fin de la guerre, Staline déclenche des politiques antisémites, la plupart du temps sous couvert « d’antisionisme » visant les « cosmopolites sans racines » comme le disait la terminologie soviétique. On assiste à des vagues d’arrestations et d’exécutions. En 1968, la Pologne déclenchera elle aussi une politique antisémite sous ce couvert, expulsant des administrations et des universités les juifs et chassant du pays des milliers d’entre eux. Alors que l’antisémitisme d’extrême droite était disqualifié, celui à gauche, notamment dans le bloc de l’Est, a largement continué a existé y compris officiellement, sous couvert « d’antisionisme ».

D’autre part dans le bloc de l’Est, la Shoah n’était pas reconnue, le discours officiel parlant de citoyens soviétiques (ou autres) victimes des fascistes, à Babi Yar, en Ukraine, où 33.771 juifs ont été exécutés fin septembre 1941 par exemple. Mais cela vaut pour l’ensemble des lieux, le mot juif ne figure pas sur le monument érigé après guerre.

Quelques pays ont mené une introspection après la chute du communisme, en premier lieu la Pologne, où une part importante de la société s’est penchée sur ce sujet, et une école historiographique de premier plan est apparue au début des années 2000. Mais avec le pouvoir nationaliste du PIS depuis plusieurs années, on assiste à une résurgence de l’antisémitisme, sous diverse forme. Officiellement, ce sont les nazis qui ont tué les juifs, jetant dans l’ombre les responsabilités de certaines parties de la population où l’antisémitisme était vivace.

L’antisémitisme est-il similaire à l’Ouest et à l’Est ?

Le terreau est le même, de même que les ressorts. On note cependant des différences au gré des pays. En Pologne, le « crime de sang » (accusation qui remonte au Moyen-Age, selon laquelle les juifs enlèvent des enfants pour les tuer et utiliser leur sang…) reste particulièrement prégnant – alors qu’en France ce type d’accusation a totalement disparu depuis le Moyen-age.

La principale différence réside dans la manière dont les Etats à l’Est se sont constitués, non pas sur le modèle que l’on connaît en France, où depuis la Révolution la citoyenneté se confond avec la nationalité. A l’Est les Etats, en particuliers avec la Seconde Guerre mondiale, étaient multinationaux (un citoyen soviétique était de nationalité russe, ukrainienne, tatar ou juive par exemple). Les Juifs constituent une nationalité, ce qui n’est plus le cas en Europe de l’Ouest depuis en particulier la révolution française, qui a rendu le fait juif uniquement religieux, tandis qu’à l’Est il est demeuré national. Ce qui permet donc d’une certaine manière de considérer que les Juifs étaient une nation étrangère, que leur sort ne concerne pas l’histoire nationale de tel ou tel pays…

Y a-t-il quelque chose d’antisémite propre au continent européen qui n’existe pas ailleurs ?

L’antisémitisme est avant tout une histoire – et une pensée – européenne, qui s’est diffusée depuis l’Europe, à partir du XIXe siècle. La quasi-totalité des penseurs et théoriciens de l’antisémitisme sont européens, ou occidentaux. Reste que l’antisémitisme a aussi été largement instrumentalisé au Moyen Orient, par les régimes au pouvoir, dans le cadre de la lutte contre Israël. Mein Kampf, les protocoles des Sages de Sion etc ont été largement distribués à partir des années 1950 par exemple, et certains Etats (Iran, Arabie saoudite) ont financé, voire continue à financer, l’antisémitisme à l’international.

Antisémitisme en France : “On n’a pas la même vie” si on est juif, alerte un spécialiste

INVITÉ RTL – Dominique Reynié, professeur à Sciences Po, revient sur une enquête qui indique que 70% des juifs français ont déjà été exposés à un acte antisémite. 

https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/antisemitisme-en-france-on-n-a-pas-la-meme-vie-si-on-est-juif-alerte-un-specialiste-7799935090

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Ainsi, 34% d’entre eux se sentent menacés au quotidien. “Nous ne menons pas la même vie en France. Nous ne menons pas la même existence“, explique sur RTL Dominique Reynié, professeur à Sciences Po et et directeur de la Fondaton pour l’innovation politique. 

On commémore cette semaine les 75 ans de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz. À cet effet, Emmanuel Macron doit se rendre à Jérusalem pour l’un des plus grands rassemblement de chefs d’État jamais vu. Mais ce mardi 21 janvier, une étude Ifop pour l’American Jewish Committee montre un réel malaise chez les juifs de France

“Une jeune femme de 22 ans, de religion juive, me disait récemment que son père avait passé durant le weekend deux heures à effacer un tag antisémite sur le palier de leur appartement“, illustre-t-il. “Je ne suis pas juif, je ne suis pas du tout confronté à ça. On n’a pas du tout la même vie”, martèle le politologue. 

25% des agressions ont lieu dans les écoles

Ce dernier a rappelé que les questions de l’étude avaient été posées à un échantillon de juifs de France, mais aussi à un échantillon de non juifs. Les réponses illustrent une forte différences dans la vie au quotidien. “70% des juifs que nous avons interrogés ont connu un acte antisémite. 84% des 18-24 ans ont connu un acte antisémite”, révèle Dominique Reynié. 

Les personnes interrogées témoignent ainsi d’une augmentation des actes antisémites, qu’il s’agisse d’agressions ou de dégradations. “Ces agressions se déroulent dans la rue, dans nos écoles. 25% des agressions antisémites se déroulent dans nos écoles. 25% de nos compatriotes juifs n’osent pas dire, sur leur lieu de travail, qu’ils sont juifs”, explique-t-il. 

Dominique Reynié insiste sur le fait que “nous n’avons pas cette vie quand on n’est pas juif”. Un antisémitisme qui a trouvé dans en internet le “carrefour de toutes les expressions de l’antisémitisme”. Par ailleurs, l’islamisme est la première cause de l’antisémitisme, selon les juifs de France. 

Un haut dignitaire religieux saoudien se rend à Auschwitz

Le prince Mohammed al-Issa, d’autres chefs religieux musulmans et des responsables de l’AJC doivent visiter un musée juif et une mosquée à Varsovie, et partager un repas de Shabbat

Par ADAM RASGO

Mohammed al-Issa, le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, s'exprimant le 25 avril 2018 au Musée du patrimoine juif - Un mémorial vivant de la Shoah. (Capture d'écran : American Sephardi Federation)

Mohammed al-Issa, le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, s’exprimant le 25 avril 2018 au Musée du patrimoine juif – Un mémorial vivant de la Shoah. (Capture d’écran : American Sephardi Federation)

Un haut responsable religieux saoudien doit visiter le camp de la mort d’Auschwitz en Pologne jeudi, avant le 75e anniversaire de sa libération par l’Armée rouge soviétique.

Mohammed al-Issa, secrétaire général de la Ligue islamique mondiale (LIM) basée à La Mecque et ancien ministre de la Justice saoudien, doit arriver à Auschwitz aux côtés de chefs religieux musulmans de plus de 24 pays et d’une délégation de responsables de l’American Jewish Committee (AJC).

Le président de l’AJC, David Harris, a déclaré que ce voyage représentait « la plus haute délégation de chefs religieux musulmans à avoir jamais visité Auschwitz ».

Issa, les religieux musulmans et les responsables de l’AJC visiteront le musée de l’Histoire des Juifs polonais à Varsovie vendredi, ainsi que la synagogue Nozyk dans la capitale polonaise et une mosquée locale, a déclaré Kenneth Bandler, un porte-parole de l’AJC, ajoutant que le groupe partagera également un repas de Shabbat interconfessionnel.

Ils prévoient également de rencontrer des survivants de la Shoah vendredi à la synagogue, selon une personne qui connaît les détails du voyage et qui a demandé à ne pas être nommée.

La visite prévue d’Issa à Auschwitz intervient après qu’il eut visité le US Holocaust Memorial Museum à Washington, DC, en mai 2018 et écrit un article d’opinion dans le Washington Post en janvier 2019 condamnant les « crimes odieux » des nazis. Il a également déclaré que « les musulmans du monde entier ont la responsabilité d’apprendre » les leçons de la Shoah.

La voie ferrée d’où des centaines de milliers de personnes ont été dirigées vers les chambres à gaz pour être assassinées, à l’intérieur de l’ancien camp de la mort nazi d’Auschwitz Birkenau ou Auschwitz II, à Oswiecim, en Pologne, le 7 décembre 2019. (Markus Schreiber/AP)

« J’exhorte tous les musulmans à apprendre l’histoire de la Shoah, à visiter les mémoriaux et les musées de cet horrible événement et à en enseigner la leçon à leurs enfants », avait alors écrit Issa, qui est considéré comme un allié du prince héritier saoudien Mohammed bin Salman.

De 1940 à 1945, les nazis ont tué environ 1,1 million de personnes, principalement des Juifs européens, à Auschwitz. Ils ont assassiné la plupart des victimes dans des chambres à gaz.

M. Harris de l’AJC a qualifié la visite prévue d’Issa à Auschwitz de très importante, soulignant qu’il pense qu’elle permettra aux musulmans de mieux comprendre la Shoah.

« Ce voyage sera révolutionnaire. Ce n’est pas exagéré », a-t-il déclaré au téléphone.

Pawel Sawicki, un fonctionnaire du bureau de presse du Mémorial d’Auschwitz, a déclaré dans un courriel que si des ecclésiastiques, des dirigeants et des militants arabes et musulmans ont déjà visité le camp, il semble qu’Issa soit le plus haut responsable religieux à le faire.

En mai 2019, l’AJC et la LIM ont signé un protocole d’accord, dans lequel ils ont convenu de participer ensemble à un voyage à Auschwitz cette semaine.

Depuis 2016, Issa est à la tête de la Ligue islamique mondiale, qui mène une action missionnaire islamique dans le monde entier.

Robert Satloff@robsatloff

Honored to join Director #SaraBloomfield in escorting @MWLOrg_en sec-gen Dr. Mohammed #Alissa on comprehensive tour of @HolocaustMuseum. In January, he talked the talk on recognizing calamity/enormity of #Holocaust; today, he walked the walk.

Voir l'image sur Twitter

Robert Satloff, le directeur exécutif du Washington Institute for Near East Policy, a déclaré que l’organisation a historiquement propagé « une souche virulente d’écrits, de pensées et de prédications anti-Israël et antisémites », mais que, sous Issa, elle a radicalement changé d’approche, repoussant les partisans de la ligne dure et intensifiant l’ouverture aux autres confessions.

La LIM, qui a été fondée en 1962, est subventionnée par le gouvernement saoudien ; elle soutient également les mosquées et les centres islamiques dans le monde entier.

Satloff, qui a accompagné la directrice du US Holocaust Memorial Museum, Sara Bloomfield, dans sa visite du musée de Washington, a également déclaré qu’il pensait que la visite attendue du chef religieux saoudien à Auschwitz avait « une signification particulière ».

« Le fait que le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, qui représentait autrefois le pire visage du leadership musulman sur les questions liées aux Juifs et à l’histoire juive, se rende à Auschwitz – normalisant la discussion sur la Shoah et marginalisant les négationnistes – est quelque chose de remarquable », a-t-il déclaré.

Abdel Wahab al-Shahari, le directeur de la communication de la LIM, a déclaré qu’il vérifiait si Issa serait disponible pour une interview, mais n’a finalement pas dit s’il serait en mesure de le faire ou de répondre aux messages de suivi.

Mohammed al-Issa, le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, aux côtés de hauts fonctionnaires saoudiens, dont le ministre adjoint de la Défense Khalid bin Salman, lors d’une rencontre entre une délégation de chrétiens évangéliques et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, le 10 septembre 2019 à Djeddah. (Délégation Joel C. Rosenberg)

Joel Rosenberg, un chrétien évangélique et un auteur américano-israélien qui a rencontré Issa à deux reprises en Arabie Saoudite, a déclaré qu’il pensait que le chef religieux saoudien avait le soutien des dirigeants de Ryad pour effectuer le voyage à Auschwitz.

« Il ne ferait certainement pas cette visite si le prince héritier ne voulait pas qu’il le fasse », a déclaré M. Rosenberg lors d’un appel téléphonique, faisant référence à Issa comme étant dans le cercle rapproché du prince Mohammed.

L’Arabie saoudite a entrepris un certain nombre de réformes sociales et économiques ces dernières années et a fait preuve d’une plus grande ouverture à l’égard d’Israël, mais a également fait l’objet de vives critiques à la suite du meurtre du chroniqueur du Washington Post Jamal Khashoggi, qui, selon la CIA, a été ordonné par le prince Mohammed.

La semaine prochaine, Issa devrait également se rendre à Srebrenica, en Bosnie-Herzégovine, où plus de 8 000 musulmans ont été tués en juillet 1995 par les forces serbes bosniaques.

Islamisme : Emmanuel Macron cherche un plan

Le gouvernement doit présenter son plan de lutte avant les municipales. Mais entre la flambée du phénomène, l’impréparation et le cloisonnement des administrations et le risque de stigmatisation des musulmans, la tâche s’avère délicate.

Que faire? Alors qu’Emmanuel Macron estimait en octobre, après l’attentat de la préfecture de police, que le combat contre le communautarisme constituait “une lutte essentielle”, l’exécutif recherche activement un dispositif pour contrer ce phénomène. L’ampleur du chantier est énorme – les signaux d’alerte se multiplient sur la montée de l’influence islamiste dans de nombreux quartiers, mais aussi dans des secteurs comme l’éducation, le sport ou la santé. Face à cela, les administrations semblent désarmées.Et le risque de stigmatiser les musulmans de France complique la tâche. “Le plan n’est pas ficelé, mais il sera prêt avant les élections municipales”, promet-on à l’Élysée, sans craindre d’être accusé d’électoralisme.

Lire aussi – Enquête, l’association qui veut éduquer les ­enfants à la ­laïcité

Mais un ministre se montre dubitatif : “Macron veut avancer, c’est certain. Mais le problème, c’est qu’on avance dans le flou…” Le sujet, quoi qu’il en soit, est “au cœur de l’acte II”, selon l’Élysée. Il a déjà occupé la partie D – consacrée aux débats – du Conseil des ministres, en décembre et encore le 6 janvier. Deux réunions des membres du gouvernement concernés (Intérieur, Justice, Éducation nationale, Santé, Collectivités locales, Jeunesse…) se sont tenues les 5 et 16 décembre, à l’Élysée. Les mêmes devraient se retrouver dans les prochains jours. “Les ministres sont sous la pression de Macron, qui leur a demandé de faire des propositions fortes”, souligne un connaisseur du dossier.

La DGSI a listé 150 quartiers sous l’emprise de l’islam radical

Le 5 janvier, après l’attentat de Villejuif, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a adressé un télégramme aux préfets pour leur demander de réunir les GED (groupes d’évaluation départementaux). La DGSI vient de cartographier les quelque 150 quartiers “tenus” selon elle par les islamistes : un document classé secret-défense, qui n’a pas été divulgué, à l’exception de l’Intérieur, même aux ministres intéressés.Lesquels se voient présenter le document oralement par un fonctionnaire assermenté, tant le sujet est sensible…

Outre les banlieues de Paris, Lyon et Marseille, depuis longtemps touchées par le phénomène, y figurent plusieurs cités du Nord : entre autres Maubeuge, où l’Union des démocrates musulmans français (UDMF) a atteint 40% dans un bureau de vote et où “la situation est alarmante” ; l’agglomération de Denin ; ou encore Roubaix, où, “bien qu’historique, la situation prend des proportions inquiétantes”, selon un préfet. Mais aussi des zones plus inattendues, comme en Haute-­Savoie ou dans l’Ain, à Annemasse, Bourg-en-Bresse, Oyonnax ou Bourgoin-Jallieu. Encore plus surprenante, “l’apparition de microterritoires qui se salafisent dans des zones improbables”, poursuit ce préfet, comme Nogent-le-Rotrou, en Eure-et-Loir.

Christophe Castaner a publié fin novembre une circulaire sur le communautarisme 

Le 27 novembre, Castaner a adressé aux préfets une circulaire édictant que “la lutte contre l’islamisme et le repli communautaire constitue un nouvel axe de [leur] action”. Le ministre exhorte les services de l’État à insister sur le “suivi de la déscolarisation” et le “respect des réglementations” en matière “d’hygiène”, “d’activités sportives”, d'”accueil des mineurs”, de “fraudes” et de “blanchiment”. L’Intérieur a d’ailleurs demandé aux services de Gérald Darmanin, à Bercy, de fournir outils et experts pour procéder aux contrôles financiers de certaines associations.

De même, la circulaire Castaner incite à la “mise en place d’une cellule départementale des services de l’État” sur le sujet. Mais également à “l’association des élus au travail de détection”, ces derniers étant par définition les mieux informés quant aux “revendications sur les horaires de piscine” non mixtes, les “services communautaires” et les “déscolarisations”.

Ceci afin de répondre à ce sombre diagnostic d’un haut fonctionnaire : “Quel niveau d’information partagée entre les services de l’État? Zéro. Y compris entre l’État et la commune, et même au sein d’une préfecture, c’est rare qu’ils se parlent. Les préfets et les flics ont des infos qu’ils ne partagent pas avec l’Éducation nationale. Les élus en savent aussi beaucoup. Le décloisonnement, c’est l’enjeu crucial de ce combat.”Un ministre confirme : “Castaner peut faire son show avec ses petits bras musclés mais si nous n’avons pas le soutien des collectivités locales, nous allons dans le mur.”

Le risque de stigmatisation n’est jamais loin

Dans la continuité, c’est la ministre de la Justice, Nicole ­Belloubet, qui a signé, le 10 janvier, une “circulaire relative à la protection de la laïcité et à la lutte contre la radicalisation et le communautarisme”, accompagnée d’une fiche pratique récapitulant la palette des qualifications pénales que les magistrats peuvent utiliser. Parmi les angles d’attaque, “l’égalité entre les femmes et les hommes”: “Il importe que la politique pénale sanctionne les infractions d’outrage sexiste observées dans certains quartiers dans lesquels certains prétendent dicter aux femmes la façon dont elles devraient se comporter et s’habiller”, recommande la garde des Sceaux. Encore faut-il que ces cas de discrimination visant les femmes, ou les femmes non voilées, soient transmis à la justice…

Elle attire aussi l’attention des procureurs sur les “phénomènes dits d’évitement scolaire, à la faveur du fonctionnement d’écoles hors contrat ou d’enseignements en ligne, susceptibles de constituer autant de vecteurs alimentant les fractures communautaristes”. En cas d’enseignement non conforme à l’instruction obligatoire, “la fermeture de l’établissement scolaire en infraction apparaît tout à fait opportune”, est-il recommandé

Mais dans le domaine scolaire, où le ministre Jean-Michel ­Blanquer campe sur une laïcité ferme, le risque de stigmatisation n’est jamais loin. Maryvonne Caillibotte, procureure de Versailles, résume : “Il nous faut savoir faire la part des choses entre une contestation des valeurs républicaines, avec la mise en place d’une contre-­société basée sur un texte religieux, et l’exercice libre et respectable d’une religion.” Avec un écueil juridique : “En réalité, quand on parle de communautarisme, on ne parle pas des religions, mais de l’islamisme, note un responsable policier. Et en droit français, ce n’est pas possible de traiter uniquement de l’islamisme.”

Faut-il un nouveau projet de loi spécifique?

Faut-il alors un nouveau projet de loi spécifique? Les ministres en débattent actuellement. Ni l’Élysée, ni l’Intérieur n’en sont convaincus, qui considèrent que cette politique doit se mener à “droit constant”. Un haut responsable place Beauvau plaide pour “une stratégie d’entrave, où l’on utilise le droit commun”. “Avec la loi Silt, dit-il, on a pu fermer sept mosquées radicales ; avec le droit commun, une trentaine!” Reflet de cette nouvelle stratégie visant à taper au portefeuille, sur le plan de l’hygiène ou de règlements sans rapport avec la religion, l’État a fermé fin novembre l’Institut européen des sciences humaines, une université musulmane de Saint-Denis, en invoquant un défaut de “sécurité des personnes”.

La lutte contre le communautarisme, un casse-tête politique. D’autant que Macron refuse de la lier au sujet de l’organisation de l’islam de France. Au JDD, il annonçait il y a deux ans qu’il s’exprimerait au premier semestre 2018 sur sa structuration. Il ne l’a toujours pas fait. À l’Élysée, on assure que le dispositif anticommunautarisme sera cette fois dévoilé rapidement et que “le Président considère que cet engagement doit être tenu”. Certains affirment que c’est lui qui portera le dossier. D’autres pensent le contraire. Un point d’interrogation de plus. “À l’automne, je me suis dit que Macron commençait à comprendre, soupire un haut fonctionnaire. Mais je ne vois rien arriver…” Or le temps joue pour les communautaristes. Un ministre s’inquiète : “La vraie question : est-ce qu’il n’est pas déjà trop tard?” 

Un nouveau président pour le CFCM

Sauf surprise, Mohammed Moussaoui devrait être élu aujourd’hui président du Conseil français du culte musulman (CFCM), le principal interlocuteur des pouvoirs publics sur ce qui a trait à cette religion. Ce Franco-Marocain de 55 ans, qui a déjà présidé l’instance de 2008 à 2013, reste en effet le seul candidat en lice après le retrait de son concurrent, Chems-eddine Hafiz, tout nouveau recteur de la Grande Mosquée de Paris. Cet homme, qui est aussi à la tête de l’Union des mosquées de France, devrait occuper la fonction pour une période de dix-huit mois à deux ans. L’institution, créée en 2003, est très attendue sur le renforcement de la lutte contre la radicalisation. Emmanuel Macron attend notamment une “parole forte sur la place du voile, les femmes, l’école”. Mais seulement 40 % des 2 500 mosquées et salles de prières ont participé à ce scrutin visant à désigner les représentants régionaux, qui votent aujourd’hui pour élire le président. 

Paris: une mannequin israélienne refoulée d’un défilé à cause de sa nationalité

i24NEWS

Illustration - Des mannequins défilant lors du défilé Louis Vuitton à Paris, le 1er octobre 2019.
Thomas SAMSON / AFP

“Le client est libanais et n’a pas accepté que je défile car je viens d’Israël”

La mannequin israélienne Arbel Kynan a été refoulée d’un défilé de mode à Paris en raison de sa nationalité, a rapporté mardi le magazine israélien de mode MakoFashion Forward.

“Le client libanais n’a pas accepté que je défile car je viens d’Israël”, s’est-elle désolée sur les réseaux sociaux.

“L’autre jour, je suis arrivée à Paris pour être photographiée par une entreprise de mode très réputée qui participe également à la semaine de la mode Haute Couture”, a-t-elle expliqué.

“Ils m’ont dit qu’ils seraient ravis que je participe au défilé également. Je suis arrivée le jour J avec beaucoup d’énergie, j’ai travaillé si dur !”, a poursuivi la mannequin.

“Ils ont demandé aux mannequins d’où nous venons, et j’ai répondu avec un grand sourire que je viens de Tel-Aviv”, a poursuivi Kynan.

“Quelques jours se sont écoulés, et j’ai reçu un e-mail de mon agence m’indiquant que le client était libanais et qu’il ne voulait pas que je participe parce que j’habite à Tel-Aviv en Israël”, a-t-elle affirmé.

“J’écris tout cela pour transmettre un message : au final, nous sommes tous humains, quelle que soit notre origine, la couleur de notre peau, la race ou quoi que ce soit. Soyez humains ! C’est la chose la plus importante”, a conclu la mannequin.

De nombreux abonnés ont demandé à Arbel Kynan de révéler le nom du créateur mais elle a refusé de le faire.

Mes remerciements au nom d’une femme syrienne

By Haï – Jan 17, 20202346

Au nom d’une femme syrienne, je vous transmets mes remerciements, Noam Shalev

Vendredi soir, petit restaurant au cœur de Stockholm. Je finis de manger et commande l’addition.

La serveuse s’approche et je lui tends ma carte de crédit qui soudain m’échappe et tombe par terre.

Elle se penche tout de suite pour la ramasser et observe ma carte. “D’où viens-tu ?” demande-t-elle. “Israël” ai-je répondu, alors que je la vois me dévisager, bouche bée, tremblante et commençant à pleurer.

Puis l’espace d’un instant elle disparaît, je me dépêche alors de prendre mon manteau et mon chapeau pour trouver la sortie la plus proche, car il me semble clair que je suis perçu comme juif indésirable, dans un environnement hostile.

Mais avant d’avoir pu m’enfuir dans la rue gelée, elle revient avec une autre fille vêtue comme une cuisinière et me pointe du doigt, toujours en pleurant et tremblant.

Je m’apprête à m’échapper à toute vitesse, mais remarque qu’il n’y a aucune animosité de leur part.

La serveuse me demande pardon, et sa sœur m’explique qu’elles n’ont jamais rencontré d’israélien, et que la seule chose qu’elles souhaiteraient… c’est me dire Merci.

Il se trouve qu’elles sont réfugiées syriennes, et qu’il y a quelques années leur mère est tombée très malade, elle était au seuil de la mort.

En pleine nuit, on l’a transportée à la frontière avec Israël, et de là à l’hôpital de Safed pour trois semaines.

Et aujourd’hui la mère est vivante et en pleine santé, et vit avec ses filles dans une banlieue de Stockholm.

La serveuse ne peut se retenir d’appeler sa mère, et je me retrouve en train de parler en arabe mêlé d’anglais et d’allemand avec une femme émue et en pleurs, qui me demande une seule chose : “transmets mes remerciements à tous tes frères d’Israël, parce que grâce à eux mes filles ont toujours une maman”.

Alors voilà, avec tout le cynisme, notre politique politicienne pourrie et l’énervement permanent pour beaucoup de choses dans notre vie en Israël, j’ai du voyager jusqu’à Stockholm pour ressentir les choses autrement.

Et au nom d’une femme syrienne je transmets donc ses remerciements, à nous tous.

Traduction du post de Noam Shalev par Michael Grynszpan

Sarajevo et l’histoire du sionisme

 par  Zehra Sikias  

Depuis 2018 une rue de Zemun, près de Belgrade, porte le nom de Theodor Herzl, le père de l’Israel, dont les parents sont originaires d’ici. Toutefois, au delà de ce lien familial, l’importance de Zemun est plus grande encore pour l’Israel car la petite communauté juive de l’ancienne Semlin autrichienne semble avoir joué un rôle crucial dans l’émergence de la pensée sioniste. La clef de cette énigme qui restera depuis toutes ces années méconnue s’appelle Yehuda ben Salomon Hay Alkalay, un érudit respecté né à Sarajevo en 1798 dont les idées sionistes ont précédé de 57 ans celles de Theodor Herzl et qui l’ont fortement influencé.

Officiant en tant qu’instituteur puis en tant que rabbin des deux communautés séfarade et ashkénaze de Zemun, Yehuda Alkalay a fréquenté la famille Herzl pendant près de 49 ans et sur deux générations : par le biais de Simon, le grand père de Theodor Herzl, et Jacob, fils de Simon et futur père de Theodor, qui comptera parmi ses élèves durant toute son enfance et son adolescence.

Qui est le rabbin Alkalay ?

Sous l’empire ottomane, la famille de Yehuda Alkalay, chassée d’Espagne en 1492, s’installe à Sarajevo vers 1521, amenée par le père Shlomo Haï Ben Moshe Alkalay de Salonique, appelée en ce temps la Jérusalem des Balkans. Né donc à Sarajevo, Yehuda Alkalay s’installe très jeune à Jérusalem en Palestine ottomane où il étudie mais en 1825, à l’âge de 27 ans, il retourne à Zemun où il restera jusqu’en 1874.


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Yehuda Alkalay

Le rabbin Alkalay commence très tôt à s’intéresser à la condition du peuple juif. En 1834, il publie son premier livre à Belgrade, Ecoute O Israël dans lequel il lance un premier appel à retourner en Palestine afin d’y regrouper tous les Juifs du monde. Toutefois, c’est en 1840 que sa pensée sioniste se forge, dans la foulée de l’affaire de Damas qui lui fait réaliser le danger de l’antisémitisme et lui fait comprendre l’importance de créer un mouvement d’émancipation juive qui réunirait les Juifs d’Orient et d’Occident pour un retour en Israel. Dans les années qui suivent, Yehuda Alkalay publie plusieurs livres : La Paix de JérusalemLes Chemins plaisants et en 1843, L’offrande de Juda préconisant le rassemblement des exilés en Israël, un Retour positif et constructif pour mettre fin à l’exil. Dans ce livre, il parle aussi de l’idée de constituer une assemblée nationale pour faciliter les conditions diplomatiques et politiques du Retour des Juifs et de la création d’un futur État pour protéger son peuple d’un déferlement antisémite comme dans l’affaire de Damas.


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Yehuda et Esther Alkalay à Vienne

Pour essayer de faire avancer son projet sioniste, le rabbin Alkalay parcourt l’Europe dont la Grande-Bretagne mais il ne rencontre qu’un succès limité auprès des communautés juives. Son projet, il le développe encore en 1857 dans le livre intitulé Désigné pour Dieu publié à Vienne dans lequel il préconise également la renaissance de la langue hébraïque, la création d’une société par actions à laquelle chaque Juif pourrait participer et le rachat par les Juifs qui souhaitent s’y implanter des terres en Palestine ottomane en accord avec le Sultan de Constantinople. Une idée qui se réalisera en 1901 avec la mise en place du futur Fond National Juif (Keren Kayemeth LeIsrael – KKL), suite à la conférence de Katowice en 1884 et le premier Congrès sioniste de Bâle de 1897.

En 1874, le rabbin Alkalay quitte Zemun et retourne à Jerusalem. Lui qui écrivait en ladino se consacre désormais à écrire en hébreu afin de sensibiliser les Juifs occidentaux à son projet sioniste. Quatre ans plus tard, il mourra dans la ville sainte à l’âge de 80 ans et sera enterré au Cimetière juif du mont des Oliviers avec son épouse Esther. En son souvenir, la ville de Or Yehuda, proche de Tel-Aviv, construite en 1950, porte son nom.

Influence de sa pensée sur Theodor Herzl

A l’âge de 13 ans, le père de Theodor Herzl quitte lui aussi Zemun pour s’installer en Autriche-Hongrie. En 1860, Theodor Herzl naît à Pest, non encore relié à Buda. Il y restera jusqu’en 1878 lorsque sa famille quitte Budapest pour Vienne, la capitale de l’empire double.

Élevé dans son enfance dans la tradition juive pratiquante, Theodor est initié aux idées sionistes par son père qui connaît bien le projet du rabbin Alkalay. Mais ce qui le pousse à l’action sioniste qui marquera sa vie, c’est surtout l’affaire Dreyfus qu’il couvre en 1894 en tant que journaliste pour la Neue freie Presse à Paris. Pour Theodor Herzl, l’affaire Dreyfus est ce que l’affaire de Damas fut pour Yehuda Alkalay 50 ans plus tôt, soit une véritable prise de conscience du danger antisémite et donc de l’importance de la création d’une nation pour les Juifs.

Deux ans après l’affaire Dreyfus, en 1894, Herzl publie à Vienne L’État juif. Laïc, assimilé à la modernité viennoise et inspiré des idées de lumières, Theodor Herzl devient un ardent sioniste qui ne cessera de se battre pour diffuser son projet, un projet qui s’inspire largement des idées du rabbin Alkalay.

Comme lui, Herzl motive l’origine du sionisme du fait de la persécution des Juifs, précise lui aussi le caractère collectif du Retour et l’action diplomatique auprès du Sultan pour y parvenir et devant les sionistes britanniques, il fait lui aussi une proposition de création d’un Fond National. Par ailleurs, dans son roman Altneuland (Pays ancien, Pays nouveau), celui qui est chargé d’acheter des terres en Palestine est un certain Alladino qui n’est pas sans rappeler notre rabbin : « La première chose que je fis, ce fut d’envoyer Alladino en Palestine pour acheter autant de terres que possible. C’était un juif séfarade, parlant l’arabe et le grec, un homme intelligent et sûr, appartenant à l’une de ces familles distinguées dont l’arbre généalogique remonte à l’expulsion d’Espagne ». Et pourtant, s’il reprend les principales idées du sionisme d’Alkalay, Herzl ne fera jamais pour autant référence à lui.


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Premier congrès sioniste à Bâle

En 1897, à Bâle, au premier congrès sioniste, la création d’une banque nationale juive est votée. Le mouvement sioniste est officiellement né. Theodor Herz meurt cinq ans plus tard, en 1902. Quarante-quatre après sa mort, Ben Gourion déclare l’Indépendance d’Israël le 12 mai 1948 sous le portrait de Theodor Herzl trônant au-dessus de la tribune officiel. Les cendres de Theodor Herzl ont été ramenées en Israël le 16 août 1949 et des obsèques nationales ont eu lieu le lendemain. Le titre de son roman Altneuland sera traduit en hébreu comme Tel-Aviv, la colline du printemps, et sera à l’origine du nom de la ville de Tel-Aviv.

par Zehra Sikias

Des manifestants Iraniens refusent de marcher sur des drapeaux Américains et Israéliens.

Traduit de l’Anglais – JERUSALEM POST

Quelques personnes qui ont franchi les drapeaux ont été sifflées par des manifestants dans la région avec des chants de « Honte à vous ». Selon certaines informations, les manifestants ont scandé « Notre ennemi est en Iran, pas en Amérique ».       

Des étudiants manifestants à l’Université Beheshti de Téhéran s’efforcent d’éviter de piétiner des drapeaux américains et israéliens sur la passerelle

Alors que les manifestations anti-gouvernementales ont balayé l’Iran au lendemain de la chute d’un avion ukrainien, les étudiants de Téhéran ont évité de marcher sur des drapeaux américains et israéliens massifs placés sur la route devant eux.

Hillel Neuer, le directeur exécutif de l'ONG UN Watch, a tweeté en réponse "ces courageux étudiants iraniens qui refusent de fouler aux pieds les drapeaux américain et israélien représentent l'espoir d'un meilleur Moyen-Orient".
Les protestations se sont répandues dans tout Téhéran et dans plusieurs autres villes iraniennes après que le Corps des gardiens de la révolution iranien (CGR) a pris la responsabilité samedi de la destruction d'un avion de ligne civil ukrainien mercredi, tuant toutes les personnes à bord.
Les familles des victimes iraniennes de l'avion ukrainien auraient été averties de ne pas parler aux médias étrangers au risque de ne pas recevoir les corps de leurs proches, selon Al-Arabiya.      Des menaces similaires de retenir les corps de leurs proches ont été utilisées lors des manifestations antigouvernementales de novembre.
L'ambassadeur britannique à Téhéran, Robert Macaire, a été arrêté par les forces de sécurité au milieu des manifestants à Téhéran, mais a été libéré après quelques heures, selon Radio Farda. L'ambassadeur "a commencé à provoquer et à organiser les manifestants et a été arrêté dans un magasin après que les forces de sécurité se sont méfiées de lui", selon l'agence de presse iranienne Tasnim. Il aurait filmé les manifestations.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a déclaré samedi que l'arrestation de Macaire "sans motif ni explication constituait une violation flagrante du droit international".
"Le gouvernement iranien est à la croisée des chemins. Il peut poursuivre sa marche vers le statut de paria avec tout l'isolement politique et économique qui en découle, ou prendre des mesures pour apaiser les tensions et s'engager sur la voie diplomatique", a ajouté Raab.
Des sources informées ont déclaré à « Iran International » que des vols civils ont été autorisés dans la nuit de l'attaque au missile du CGRI contre des bases américaines en Irak comme "mesure de bouclier humain".
Des vidéos des manifestations ont montré des manifestants criant des cris contre le chef suprême, l'ayatollah Ali Khamenei et le régime en général. Les forces de sécurité sont présentes et ont utilisé certaines mesures anti-émeutes telles que le gaz lacrymogène, mais jusqu'à présent aucune victime n'a été signalée. Internet a peut-être été fermé dans certaines parties de Téhéran. Selon certaines informations, des manifestants à Téhéran auraient déchiré des photos de l'ancien commandant de la Force Quds des CGR, Qasem Soleimani.
L'ancien président du Parlement iranien Mehdi Karroubi a déclaré à Khamenei dans une lettre que "sans aucun doute, vous n'êtes pas qualifié pour la direction comme l'exige la Constitution", selon Radio Farda.
Karroubi a également blâmé Khamenei pour la répression et le meurtre de manifestants en novembre, le truquage des élections aux élections présidentielles de 2009 et les assassinats à la  chaine de personnalités politiques de 1988 à 1998. 

Karroubi est assigné à résidence depuis 2011.
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Chelsea FC: “Non à l’antisémitisme”

By Haï – 

Chelsea FC “Non à l’antisémitisme”

Nathalie Sosna-Ofir 

Chelsea se souvient. Une fresque murale sera dévoilée au stade de football Stamford Bridge, le 27 janvier, Jour du souvenir de la Shoah.

Elle représentera 3 joueurs de football juifs et prisonniers de guerre britanniques envoyés dans des camps nazis.

Une initiative qui s’inscrit dans la campagne menée par le Chelsea FC “Non à l’antisémitisme” financée par le propriétaire du club Roman Abramovich.

“En partageant les images de ces 3 joueurs nous espérons inspirer les générations futures à toujours lutter contre l’antisémitisme, la discrimination et le racisme”.

La fresque rendra hommage à Julius Hirsch, premier joueur juif à représenter l’équipe nationale allemande et qui a disputé 7 matches internationaux pour l’Allemagne entre 1911 et 1913. Il prend sa retraite en 1923 et est déporté à Auschwitz le 1er mars 1943 d’où il ne reviendra pas. A Árpád Weisz joueur et entraîneur de football juif hongrois qui a joué pour Törekvés SE et fut membre de l’équipe hongroise aux Jeux olympiques d’été de 1924 à Paris.

Après avoir pris sa retraite en tant que joueur en 1926, Weisz s’intalle en Italie et devient entraîneur adjoint du club d’Allesandria avant de rejoindre F.C. Internazionale de Milan. A la montée du nazisme, Weisz et sa famille sont contraints de fuir l’Italie et trouvent refuge aux Pays-Bas où Weisz devient entraîneur du FC Dordrecht.

En 1942, lui et sa famille sont déportés à Auschwitz où ils seront exterminés. Et à Ron Jones, prisonnier de guerre britannique envoyé à Auschwitz en 1942 où il fait partie de la Ligue de football du camp. En 1945 il est forcé de participer à la marche de la mort à travers l’Europe.

Des centaines de kilomètres de la Pologne en Autriche où les 80 survivants sont libérés par les Américains. Après la guerre Jones retourne en Angleterre où pendant plus de 30 ans, jusqu’à son décès en 2019 à 102 ans, il est volontaire pour le Poppy Appeal, la Campagne du Coquelicot, un appel aux dons lancé chaque année au bénéfice des familles des soldats morts ou blessés au combat.

On en parle dans ma correspondance depuis Jérusalem dans le journal de Judaïques 94.8fm.
#chelseafc
#notoantisemitism

“Une dérive antisémite” : Cyril Hanouna outré par des propos de Raquel Garrido, il la recadre sèchement

Cyril Hanouna recadre très violemment Raquel Garrido et l’accuse d’antisémitisme : “Votre petite phrase est inadmissible”

Ce jeudi 9 janvier 2020, Cyril Hanouna était aux commandes de l’émission Balance ton Post sur C8. Encore une fois, la tension est montée sur le plateau… et encore plus lors d’un débat sur Charlie Hebdo. Face aux tensions, Cyril est monté au créneau pour recadrer Raquel Garrido…

En plus d’animer Touche pas à mon poste tous les soirs sur C8, Cyril Hanouna est également aux commandes de l’émission Balance ton post chaque jeudi soir. Dans le programme très suivi par les fans du trublion de la 8, plusieurs sujets d’actualité parfois houleux, sont abordés sur le plateau. Plateau sur lequel plusieurs intervenants et éditorialistes se relayent. Ce jeudi 9 janvier, Cyril Hanouna a comme toujours rebondi sur l’actualité et a proposé à ses chroniqueurs de revenir sur leur perception de Charlie Hebdo cinq ans après les attentats perpétrés dans les locaux du journal satirique.

La présence de Yassine Belattar fait réagir

Parmi les invités, Geneviève de Fontenay, qui a toujours affirmé ne pas être Charlie. La venue de Yassine Belattar a également fait réagir vivement les internautes. En effet, l’humoriste fait plutôt dans la controverse ces dernières années, comme lorsqu’il avait été placé en garde à vue après différentes plaintes de Bruno Gaccio, ou après un tweet qui appellerait à la violence contre Zineb El Rhazoui, selon certains. Mais sur C8, Laurence Sailliet ou Eric Naulleau lui ont plutôt reproché sa proximité avec le président Macron. Il avait en effet présidé le Conseil présidentiel des villes avant d’en démissionner en octobre dernier suite aux propos de Jean-Michel Blanquer sur le port du voile, “pas souhaitable dans notre société” selon le ministre. Et c’est précisément sur ce point que l’ex-porte-parole des Républicains l’a attaqué.

“Ce que vous dites, c’est de l’antisémitisme !”

Accusant Yassine Belattar de défendre le port du voile, Laurence Sailliet l’a interpellé : “Si il avait dit ‘pas de kippa en sortie scolaire’, est-ce que vous auriez démissionné ?“, a-t-elle cherché à savoir. Et Raquel Garrido de les interrompre : “Si il avait dit ça, il ne serait plus ministre“. Une sortie déplacée qui a fait réagir Cyril Hanouna en la recadrant violemment. “Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? Raquel Garrido, ce que vous venez de dire là ça rejoint les propos de Jean-Luc Mélenchon qu’il a eu il y a quelque temps, j’ai l’impression il y a une dérive antisémite des Insoumis. Ce que vous êtes en train de dire insidieusement, c’est qu’il aurait été sorti du gouvernement parce qu’il y a un lobby… C’est extrêmement grave ce que vous venez de dire, vous rejoignez Jean-Luc Mélenchon et ce qu’il a dit sur le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France, ndlr), c’est extrêmement grave. Raquel ne vous enfoncez pas, votre petite phrase elle est inadmissible. Vous êtes insupportable. Ce que vous dites, c’est de l’antisémitisme !”, a conclu l’animateur.

Vingt siècles de judaïsme à Paris

Les synagogues se cachaient dans des rues secondaires. Cette discrétion s’est prolongée jusqu’à nos jours. Surprise, l’ouverture du Centre européen du judaïsme…

Par Michel Gurfinkiel.

Une présence juive est attestée en Gaule et à Paris dès l’époque romaine. Au IIIe siècle, quand Lutèce était l’une des capitales impériales, une communauté juive s’était constituée sur la rive gauche, près de l’actuel musée de Cluny. Au Moyen-Age, de nouveaux quartiers juifs se créèrent : d’abord dans la Cité, sur l’emplacement de l’actuel Quai des Orfèvres et du boulevard du Palais (correspondant à une « rue de Jérusalem » jusqu’en 1862), puis dans le Marais (avec une « rue des Juifs » renommée Ferdinand Duval en 1900). 5 à 10 % de la population de la capitale professe alors la foi mosaïque. Ces habitants ne se dotent pas de synagogues, au sens actuel du mot, mais d’« écoles »Scholae en latin, Batei-Midrash en hébreu -, des lieux consacrés à l’étude de la Torah, et accessoirement seulement aux offices.

On connaît mieux ces lieux depuis quelques décennies, avec l’essor d’une nouvelle discipline historique, « l’archéologie du judaïsme », qui sait réinterpréter et réattribuer de nombreux vestiges médiévaux. La découverte fortuite en 1976 de l’ancienne Schola Rhotomagi du XIIe siècle, enfouie sous le Palais de Justice de Rouen, permet de mieux représenter ce que pouvaient être les « écoles » parisiennes de la même époque : des bâtiments fonctionnels de grande taille, assez semblables aux « collèges » de l’Université de Paris, qui venait d’être créée. La bibliothèque pouvait contenir trois cents codex ; celle du roi était alors à peine mieux fournie.

Plusieurs édits de bannissement, en particulier un édit « définitif » pris en 1394, pendant la guerre de Cent Ans, frappent ensuite les juifs français : bon nombre d’entre eux émigrent en Allemagne puis en Pologne, où ils fondent le judaïsme dit « ashkénaze ». Cela n’empêche pas quelques petits groupes de se maintenir à Paris, par dérogation, notamment dans le Marais. A partir du roi Henri II, les juifs sont à nouveau acceptés de manière officielle et permanente au sein du royaume : en Lorraine, en Alsace, dans les ports de l’Atlantique (Bayonne, Bordeaux, Nantes), et enfin dans la capitale.

Les nouvelles communautés renouent le plus souvent avec le modèle de l’« école », mais sur un plan infiniment plus modeste : dans des appartements ou des arrière-cours. L’un de ces oratoires, créé vers 1750, subsiste à Paris, rue des Rosiers.

Emancipés par la Constituante en 1790 et 1791 – les décrets sont encore promulgués au nom de Louis XVI –, les juifs français ne voient leur culte reconnu et réorganisé que près de vingt ans plus tard, sous Napoléon. Ils se dotent alors, dans un double souci d’intégration et de respectabilité bourgeoise, d’édifices plus vastes et plus élégants. La construction du premier « temple » israélite parisien, rue Notre-Dame de Nazareth, dans le IIIe, est autorisée en 1819 par Louis XVIII. Rebâti en 1852, il peut accueillir mille deux cents fidèles assis.

Mais la population juive parisienne croît si rapidement sous le Second Empire que le baron Haussmann lance deux nouveaux chantiers, pris en charge pour moitié par l’Etat : cette fois, il s’agira de « cathédrales », susceptibles d’accueillir plus de deux mille fidèles assis.

La Grande Synagogue, rue de la Victoire, inaugurée sous la IIIe République, en 1875, est l’œuvre d’Alfred-Philibert Aldrophe, l’architecte attitré des Rothschild : elle a tout d’une basilique romane. Celle des Tournelles, dans le Marais, inaugurée un an plus tard, est beaucoup plus originale : Marcellin-Emmanuel Varcollier, disciple de Victor Baltard, a mis en valeur la charpente et les colonnes métalliques, mises au point par Gustave Eiffel aux ateliers de Normandie.

D’autres synagogues, un peu plus petites, seront bâties à la fin du XIXe siècle et au XXe siècle, avant et après la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. Dans tous les styles : éclectique (rue Buffault), alsacien (rue Chasseloup-Laubat, rue des Abondances à Boulogne), Art Nouveau (rue Pavée), Arts Déco (rue Sainte-Isaure), néo-classique (rue de Montevideo)…

Curieusement, ces monuments, en dépit de leur intérêt urbanistique, semblent toujours se cacher dans des rues secondaires. Reflet d’un statut, officiel ou officieux, de culte « minoritaire » ? La Grande Synagogue avait été bâtie sur un terrain offert personnellement par Napoléon III : mais il fut rapidement admis, tant par Haussmann que par les dirigeants du Consistoire, qu’elle ne pouvait entrer en concurrence avec l’église catholique Notre-Dame de Lorette, sa voisine, ni « dominer » la rue La Fayette,  percée en 1823, puis prolongée en 1862.

Les habitudes de discrétion  (qui n’ont pas eu nécessairement d’équivalent en province ou dans d’autres pays européens) ont persisté jusqu’à nos jours : peut-être, en ce qui concerne la fin du XXe siècle, pour des préoccupations nouvelles de « laïcité » ou d’effacement du religieux. La synagogue du Mouvement juif libéral de France, construite en 1980, est pour ainsi dire ensevelie au milieu des tours du Front de Seine. Et celle du XIXe arrondissement, ouverte en 1993, lovée dans une impasse.

En 1939, près de 1,5 million de juifs vivent dans l’espace géopolitique français : en France métropolitaine (350 000), dans les possessions d’Afrique du Nord et du Levant (400 000), mais aussi dans des pays pénétrés par des influences françaises indirectes, comme l’Egypte, la Turquie, la Grèce, l’Iran ou la Roumanie. Nombre de ces juifs français ou francisés périssent pendant la Seconde Guerre mondiale. Près de 700 000 sont ensuite chassés des pays musulmans entre 1948 et 1989.

Au terme de ces bouleversements, survivants, rapatriés et réfugiés constituent une nouvelle communauté, forte de 700 000 âmes au moins. Elle réinvestit les anciennes synagogues, ou en crée de nouvelles, notamment dans les banlieues parisiennes. Retour de balancier : l’« école », qualifiée de « centre communautaire », reprend l’avantage sur le « temple », et le fonctionnel sur l’esthétique.

Mais déjà une nouvelle crise se profile à partir des années 2000. C’est dans ce contexte que la « visibilité » du nouveau Centre européen du judaïsme (CEJ) prend tout son sens. Cet ensemble de trois bâtiments, dont une synagogue de cinq cents places aux larges baies vitrées, répond sans doute à l’afflux de juifs parisiens dans l’Ouest de l’agglomération, réputé plus sûr, ainsi qu’à « l’aliyah intérieure », un regain général de participation à la vie communautaire et religieuse. Tout comme de nombreux oratoires et deux autres synagogues en construction dans le XVIe arrondissement. Mais en acceptant désormais la pleine lumière, le judaïsme parisien semble aussi prendre position pour une France qui n’aurait pas peur d’elle-même.

Inauguré le 29 octobre dernier par le président de la République et par le président du Consistoire israélite de France, Joël Mergui, le CEJ se situe à l’angle de deux grandes artères du XVIIe arrondissement de Paris, la rue de Courcelles et le boulevard de Reims. Il donne sur un espace public que la maire de la capitale, Anne Hidalgo, a baptisé « place de Jérusalem ». Et il porte, sur l’une de ses façades, une étoile de David dorée.

Il y a là une sorte de défi. Joël Mergui a rappelé que lorsque le projet a été lancé, voici trente ans, « la question de la sécurité quotidienne ne se posait quasiment pas : on n’avait pas besoin de penser à des caméras, à des sas d’entrée, à des gardes statiques, à des rondes… » La situation est devenue bien différente : « Des territoires entiers de la République ont été perdus, conquis par des extrémistes islamistes qui ont semé la mort. » Conséquence inévitable : « Des milliers de juifs ont choisi de quitter certains quartiers, certaines banlieues, certains pays d’Europe, inquiets de voir l’histoire se répéter… »

Fallait-il donc que le judaïsme se replie sur lui-même, ou qu’il s’inscrive, plus nettement que dans le passé, dans le paysage urbain ? « Le doute nous a sans cesse poursuivis », reconnaît Mergui. Mais en définitive, le Consistoire – qui fédère la quasi-totalité des synagogues françaises – l’a surmonté. Le Centre européen du judaïsme est le symbole d’un pari sur l’avenir.

© Michel Gurfinkiel et Valeurs Actuelles, 2020

Charles Baccouche. SHOAH


« Jamais je n’oublierai cette nuit, la première nuit au camp qui a fait de ma vie une nuit longue et sept fois verrouillée.

Jamais je n’oublierai cette fumée.

Jamais je n’oublierai les petits visages des enfants dont j’avais vu les corps se transformer en volutes sous un azur muet.

Jamais je n’oublierai ces flammes qui consumèrent pour toujours ma Foi.

Jamais je n’oublierai ce silence nocturne qui ma privé pour l’éternité du désir de vivre.

Jamais je n’oublierai ces instants qui assassinèrent mon Dieu et mon âme, et mes rêves qui prirent le visage du désert.

Jamais je n’oublierai cela, même si j’étais condamné à vivre aussi longtemps que Dieu lui même.

JAMAIS

Elie Wiesel »

Ils étaient des millions qui animaient l’Europe de leur humour, de la gaité de leurs musiques klezmers, des shabats des cours de Rabbins hassidiques et de la ferveur de leurs talmidé yéshiva se balançant face à face pour s’enseigner mutuellement les règles de la vie juive, ce qui est permis et ce qui le ne l’est pas, ou pour approfondir la pensée de tel Sage opposée à celle de tel autre Hakham (Sage), dans un tourbillon qui monte à l’infini, car tous deux ont raison devant les Instances du ciel (Chamaïm) et on écoute leurs débats là haut pour que les Anges s’en inspirent, tellement la sagesse humaine est supérieure à la leur, les Anges du service (Malakhé hacharet)

Ils étaient si nombreux dans leurs shétteles, que les synagogues devaient miraculeusement élargir leurs murs pour contenir les hommes aux offices du matin, de l’après midi et du soir, elles s’ouvraient de plus en plus avec l’affluence des femmes et des enfants les Shabats et pour les fêtes qui scandent depuis des millénaires la vie des juifs, se souvenant, commémorant les « Exploits d’Achem » les miracles de la sortie d’Egypte qui signent la découverte de la liberté par un peuple opprimé depuis 210 ans, Peuple qui reçut la LOI et la Responsabilité qui en procède, Peuple des cabanes du désert (Souccot) qui rappelle la précarité de l’existence et la main du Tout Puissant qui bénit son peuple.

Que dire des nappes blanches tendues pour les repas de Shabbat! 

Que dire du taleth couvrant les épaules lors de l’office du matin  jusqu’au repas du Shabat 

Que dire du juif, roi en son village un jour par semaine et gueux le reste du temps!

Que dire de ces Princes découvrant les rouleaux de la Loi !

Que dire, sinon qu’ils étaient pauvres parmi les pauvres, mais surs que la Présence d’Hachem  par sa Shékhina (la Providence), protégeait la communauté de tout mal et que la bénédiction des Cohen leur apporterait l’abondance, la santé, et la paix, surtout la paix.

Leurs métiers n’assuraient que la survie, mais l’étude de la Thora et les enseignements des Maitres siégeaient dans le cœur de chaque homme et de chaque femme, les uns pour apprendre et  transmettre, les autres pour entretenir la maison, préparer les halot et le repas de la famille, familles serrées dans de tout petits logements, battus par les vents et les froidures des plaines orientales

Chaque Shabat (une fois tous les sept jours) c’était fête au shtettel, les hassidim dansaient, les violonistes enchantaient leurs violons pour réjouir le cœur du peuple fidèle, les enfants courraient insouciants mais déjà imprégnés de la joie du Shabat, 

Les hazzanims psalmodiaient les psaumes et décollaient en les déroulant, les Paroles de la Thora de leurs rouleaux au moment de la lecture de la Sidra,

Les villages juifs de la Mittle-Europa, de la Pologne à la Bessarabie, de la Germanie à l’immense Russie, ruisselaient de la joie et de la foi des juifs qui n’oubliaient pas de redouter les monstres les environnant, qui sans cesse, les menaçaient et souvent s’abreuvaient de leurs sangs dans d’ignobles massacres.

Mais eux de l’espérance, comme dit Edmond Fleg, reprenaient le cours de l’existence juive, remontaient leur masures, retournaient dans leurs Synagogues et Maisons d’étude avec l’innocence de ne pas imaginer le prochain massacre (Pogrom) 

Ainsi allait la vie des juifs en Europe centrale et Orientale, communautés pressurées de taxes, rejetées et ou accueillies selon l’humeur des princes et des rois, leurs maitres en somme. 

Ils étaient si nombreux les juifs d’Europe, mais ils résistaient aux vicissitudes de la faim, de la menace permanente des populations chrétiennes et paysannes de leurs environs.

Ils n’avaient pas les droits élémentaires : Pas le droit de travailler la terre, pas le droit d’occuper des fonctions administratives, pas le droit de porter l’épée, pas le droit d’exercer des professions nobles, pas le droit pas le droit… Mais  le droit de prêter sur gage et même d’usure (Le prêt à intérêt est de l’usure pour un bon chrétien), leur était ouvert, le droit de servir les Puissants, d’exercer de petits métiers, de colporteur, de porteur d’eau, de ferblantier, de matelassier…. Enfin des métiers qui permettaient de ne pas mourir de faim.

Mais ils étaient si nombreux que même les pogroms les plus efficaces ne parvenaient pas à réduire leur nombre, tandis qu’ils disaient : (Lo yanoum vé lo Ychan shomer Israël)

« Il ne dort ni ne sommeille le Gardien d’Israël » que la Providence veillait.

Ils se mettaient sous la protection du Très Haut qui devait les protéger de tout mal.

Mais qui peut savoir comment le Maitre du Monde protège son peuple ? 

Ils se savaient être un peuple «à la nuque raide » qui renâcle à obéir à la Grande Voix du Sinaï, qui se révolte contre Moïse, humble Serviteur de l’Eternel.

Mais la « Nuque raide » (Qché oref) a aussi une autre acception, car oref signifie aussi horizon en hébreu, cette langue exceptionnelle,

Les Sages d’Israël ont compris qu’à l’horizon de l’Histoire, ce peuple têtu est un peuple fidèle à l’alliance avec son Père qui est aux cieux, fidèle à son Roi qui le gouverne en silence, fidèle aux commandements divins, fidèle à la parole dure de Moshé et à la voix douce d’Aaron, un peuple qui ne renonce pas à la révélation du Sinaï, un peuple qui reste lui-même dans les pires tribulations que les Nations lui ont infligé, d’exils en massacres tout aux long de deux mille ans de calvaire.

C’est ce peuple à la nuque raide que le Maitre du monde bénit et protège, mais nous n’avons probablement pas compris en quoi consiste cette protection.

Les Nations non plus d’ailleurs, qui ont usé de cette ignorance pour ne jamais cesser leurs persécutions. En effet, dans un affolant renversement du chant de Pessah « cela ne leur a pas suffit » aux Nations. La Nuit ténébreuse est descendue et a enseveli par millions, ces gens simples et pacifiques, emportant leurs familles leurs ainés, leurs enfants, leurs bébés dans une horreur sans nom. 

Ils attendaient la guéoula-la rédemption, le Mashiah, le retour à Sion, transportés sur 

« Les ailes de l’aigle ». Tout le temps, ils chantaient et priaient « l’an prochain à Jérusalem »

Ce n’est pas ce que la réalité du monde profane, le monde réel, leur réservait.

Un vent diabolique, monstrueux s’est levé sur l’Europe pour souffler les juifs de leurs provinces, pour qu’ils disparaissent de la Communauté des hommes, pour qu’un jour, leurs tortionnaires créent un Musée qui «  Rappelle un peuple disparu » 

Ils devaient disparaitre par tous les moyens modernes entre les mains de l’Etat de barbares assis au centre de l’Europe.

Mais les massacreurs n’étaient pas des anges mauvais ou des extraterrestres démoniaques ou des créatures sorties des entrailles de la terre ou des robots sans âme créés pour terroriser les humains. C’était des Hommes et des femmes, des habitants de la Terre qui se sont livrés aux délices de leurs plus bas et sales instincts, en avilissant leurs semblables dans des océans d’humiliations, pour se faire croire qu’ils étaient supérieurs. 

Supérieurs à ces torturés par les poux, par la faim, par le froid, par le travail forcé et inutile, par les ruses imbéciles ou on demande aux mères de désigner celui de ses enfants qui sera envoyé aux flammes, ou de vénérables vieillards sont forcés sous le fouet à danser devant des brutes avinées, ou de vieilles femmes obligées de relever la tête, le knout sous le menton,

Les enfants brutalisés, sans soins et abandonnés sans nourriture et promis aux flammes des crématoires.

Les Lagers infestés par la vermine et le typhus, les appels dégradants sous le regard mort des pendus du jour, la course infâme des corps nus dans la neige jusqu’aux chambres de la mort, et la déshumanisation par tous les moyens disponibles, 

C’est ce qui attendait les juifs au milieu du siècle de la science et du progrès: La mort massive et programmée de tout ce peuple qui croyait au Ciel, alors qu’il était abandonné du Monde, car personne n’est venu les secourir, ni les guerriers d’Occident ni la Puissance d’outre atlantique ne leur ont porté aide ou assistance, au contraire ils ont fermé leurs ports et rejeté les réprouvés dans les griffes des barbares.

Même ceux qui tentaient de rejoindre leurs frères en lutte entre le Jourdain et la mer orientale, ont été empêchés de débarquer par un grand pays. 

Leur ciel était de plomb et leur terre était de fer.

C’est cet immense malheur que l’Humanité toute entière devrait pleurer, parce que c’est elle qui a été tuée dans chaque juif massacré et brulé. 

Cette ignominie, contre toute prévision, sous des noms nouveaux, renait de son sommeil (Le ventre de la bête immonde….) le cauchemar recommenceau nom d’un humanitarisme dévoyé, qui par un renversement inouï des valeurs, transforme les victimes en bourreaux et les bourreaux en victimes.

Voici que de nouveau, comme en ces temps maudits, les juifs sont vilipendés, accusés de turpitudes inventées par leurs ennemis qui sont leurs propres ennemis, mais qui se risquerait à le dire ou les en accuser, tant il est confortable de se tenir à l’écart, indifférent et coi devant l’âtre de la douce demeure. 

Voilà que même le nom hébreu de cette catastrophe est désormais galvaudé, utilisé par des voyous qui le retournent contre les juifs.

Ce qui a emporté l’Europe naguère, la menace de nouveau, car elle n’a rien appris et rien transmis des malheurs du temps.

Quant aux juifs, Ils inscrivent le nom des millions de victimes dans leur mémoire et, chaque année rappellent les noms de ceux qui avaient même été dépossédés de leur identité.

Les Juifs à la fidélité infinie, se relèvent et renaissent aux pays de leurs pères. 

Le Pays que le Tout puissant a juré de leur donner tant que le Ciel sera tiré au dessus de la Terre.

                                                                       Charles BACCOUCHE

Frédéric Sroussi livre à TJ une interview exclusive de l’ancien Chef du Mossad en Iran: Eliezer ( Gueizi ) Tsafrir

J’ai interviewé  aujourd’hui, en exclusivité pour Tribune Juive, l’ancien haut responsable du Mossad, Eliezer (Gueizi) Tsafrir qui fut le chef des légendaires services de renseignements israéliens en Iran (en 1979, en pleine Révolution islamique), au Kurdistan irakien du temps de Saddam Hussein et au Liban. Il fut aussi le conseiller spécial pour les affaires de terrorisme d’un Premier ministre israélien. Eliezer (Gueizi) Tsafrir fut un combattant de l’ombre qui sauva la vie de centaines de personnes en contrecarrant les tentatives d’attentats des groupes et mouvements terroristes les plus redoutables, et ce aux quatre coins du monde. 

TJ : Tous les gens qui s’intéressent au conflit avec l’Iran connaissaient plus ou moins la terrible réputation du Général iranien Qassem Soleimani qui vient d’être neutralisé par une frappe américaine en Irak . Mais quelle était réellement sa fonction ? 

 Eliezer (Gueizi) Tsafrir : D’abord, je veux commencer par une belle citation issue de notre Torah : «Quand ton ennemi tombe, ne te réjouis pas». Ceci dit, c’était la chose à faire. Félicitations et merci aux États-Unis, au Président Trump et à l’aviation américaine pour avoir fait ce travail. 

Cet homme (Soleimani) avait comme fonction d’organiser des actions terroristes dans le monde entier et de créer un axe chiite pro-iranien allant de Téhéran , en passant par Bagdad jusqu’ à Damas et le Liban (avec l’aide du Hezbollah), sans oublier le Yémen. Il faut savoir que la force Quods qui veut dire  »Jérusalem »   en Arabe et en Parsi  dirigée par Soleimani  est active également en Afrique et en Amérique du Sud. Rappelons que cette unité (Quods) par le biais du Hezbollah ou directement est responsable des attentats perpétrés en Argentine (N.D.A attentat contre l’ambassade d’ Israël à Buenos Aires en 1992 qui coûta la vie à 30 personnes et l’attentat perpétré contre le centre communautaire juif de Buenos Aires en 1994 qui fit 85 morts).

Rappelons que le Djihad Islamique Palestinien (DIP) qui est sunnite a été influencé par la Révolution Islamique iranienne chiite et qu’il est financé par l’Iran. 

I’Iran veut imposer le chiisme partout et n’oublions pas que l’Iran croit, selon la tradition chiite, en l ’arrivée du Maadi (N.D.A le Messie). 

TJ : Vous qui êtes un spécialiste du monde arabo-musulman, cette vision eschatologique, cette arrivée du  »dernier imam », y-croient-ils vraiment ?

EGT : Oui, ils y croient. C’est un régime d’ extrémistes irrationnels. 

Il faut dire surtout que l’Iran poursuit un programme nucléaire en vue d’obtenir la bombe atomique. Et croyez-moi, l’arme atomique dans les mains de fous pareils sera une immense menace pour le monde entier. Ils ont vraiment l’intention de faire disparaître Israël de la carte. Ils n’auront aucun problème moral pour lancer l’arme atomique contre Israël ! 

TJ : Que pensez-vous de ceux qui disent que L’Iran aura la bombe atomique, qu’ Israël l’a, et qu’il existera alors un équilibre de la terreur et de ce fait tout ira bien ?  

EGT : Pardon, mais même si les Iraniens savent qu’en frappant Israël, ils seront frappés à leur tour par une seconde frappe venant de nous, nous n’avons pas le luxe de permettre qu’une seule bombe atomique explose sur Israël . Vraiment pas !

Il y a une ligne rouge qu’il faut leur interdire de dépasser. Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre de savoir exactement quand ils auront franchi cette ligne rouge…

TJ : De plus l’ État d’Israël est un petit pays qui ne peut pas se permettre de recevoir une seule frappe nucléaire !

EGT : Oui, évidemment. 

Pour en revenir à Qassem Soleimani, même si ce n’ était pas officiel, il était le numéro deux du régime après l’Ayatollah Khameinei. Son agressivité , son expérience faisaient de lui un homme très dangereux. Son élimination est donc une bonne chose et il faudra en faire de même avec les autres…

Les Iraniens s’imposent en Irak, au Liban, en Syrie et c’est très dangereux pour nous. C’est surtout pour éviter l’implantation des iraniens en Syrie d’où ils pourront nous attaquer encore plus facilement que Benjamin Netanyahou a donné l’ordre à notre aviation de frapper les bases iraniennes en Syrie. 

TJ :OK , mais même malgré toutes nos opérations aériennes, les iraniens sont quand même implantés en Syrie. 

EGT : Exact

TJ : Il y a aussi ce «jeu» avec la Russie qui se trouve en Syrie et qui nous empêche d’agir à notre guise contre Téhéran. 

EGT : En effet.

TJ : Alors, pensez-vous que l’ élimination du général Soleimani va changer quelque peu la donne ? 

EGT : Je ne pense pas qu’il y aura une différence car son remplaçant, Esmail Qaani, sera peut-être moins «talentueux» mais il continuera la même politique. C’est vraiment,vraiment dommage que la Russie offre une sorte de protection aux iraniens pour qu’ils continuent leur politique agressive envers nous, même s’ il existe, malgré tout, des désaccords entre l’Iran et la Russie. 

Tsahal doit donc continuer à les empêcher de réaliser ce qu’ils veulent tant en Syrie qu’ au Liban où le Hezbollah a 140 000 missiles qui peuvent devenir de plus en plus précis et ceci représente un très grave danger pour nous en Israël. 

TJ : Ne pensez-vous pas que même si nous nous attaquons à la présence iranienne en Syrie et même en Irak où notre aviation exécute des missions périlleuses, il faudra bien un jour frapper l’ Iran en Iran même…? 

EGT : C’est ce que je disais. Si l’Iran est prêt à dépasser la ligne rouge (par l’acquisition de l’arme atomique) et que la grande Amérique n’agit pas, alors il nous faudra frapper le territoire iranien. Il n’y a aucun doute sur ce point. 

Eliezer ( Gueizi ) Tsafrir, ancien Chef du Mossad en Iran

TJ : Mais pensez-vous que nos dirigeants politiques et l’état-major de Tsahal pensent comme vous? Qu’ils sont prêts à le faire ? 

EGT : J ’espère que oui, j’espère qu’il existe bien une préparation dans le cas où il faudra intervenir directement contre l’Iran. Il y a quelques années, Benjamin Netanyahou et Ehud Barak (alors ministre de la défense) avaient demandé de se préparer à cette éventualité mais hélas le Mossad (N.D.A dirigé alors par Meir Dagan) s’y était opposé, ce qui fit avorter l’ opération. Peut-être qu’ à cette époque c’ était trop tôt. 

TJ : Oui mais, il n’y avait pas que Meir Dagan qui était contre une telle opération. Il y avait aussi le chef du Shabak (le service de sécurité intérieure), Youval Diskin et surtout le chef d’état-major de l’époque, Gaby Ashkenazi.   

EGT : Il n’y a pas de doute qu’il y a eu des disputes concernant une attaque contre l’Iran mais peut-être qu’à l’époque c’était trop prématuré de l’envisager. Mais je répète que nous ne devons pas permettre à l’Iran d’obtenir l’arme atomique. Nous devrons donc agir; si ce ne sont pas les États-Unis, alors ce sera nous ! 

TJ : Mais Israël a-t-il les capacités de réaliser une attaque contre l’Iran afin d’ empêcher le régime des ayatollahs d’obtenir la bombe ? 

EGT : Ce ne sera pas une tâche facile, mais nous réussirons à faire le principal.

TJ : Pensez-vous que l’Iran pourra réellement se «venger» des États-Unis ? Et que penser – même si nous avons malheureusement l’habitude d’entendre cela  – des menaces de l’ ancien chef des Pasdarans Moshzen Rezai, annonçant que Tel-Aviv et Haifa seront frappées ?  

EGT : Les iraniens ont des options partout où se trouvent des troupes américaines dans la région et ailleurs. Même s’il existe une différence entre menacer et agir, il faut prendre au sérieux les iraniens. 

TJ : Ils ont la possibilité de frapper les troupes américaines avec des missiles ou faire des attentats aux États-Unis même , mais ne pensez-vous pas que ce serait alors la fin pour le régime des ayatollahs s’ils osent attaquer l’Amérique ? 

EGT : Je pense en effet que si Téhéran lance une attaque sérieuse contre les États-Unis , alors Donald Trump fera ce qu’il a dit , c’est-à-dire frapper 52 cibles en Iran, en «souvenir» des 52 otages de l’ambassade américaine de Téhéran. 

TJ : Pour terminer, quels sont les risques encourus par Israël après la neutralisation de Soleimani ? 

EGT : Cela empirera tant que nous n’aurons pas agi afin d’ empêcher l’Iran d’obtenir l’arme atomique. 

TJ: Eliezer (Gueizi) Tsafrir, merci beaucoup. 

Interview réalisée et traduite de l’hébreu par Frédéric Sroussi en exclusivité pour Tribune Juive. 

Frédéric Sroussi, Essayiste, journaliste

Contrairement à tous les commentateurs de la Presse écrite et parlée: Iran : Macron dit à Trump son «entière solidarité»

Par Le Figaro avec Reuters

Emmanuel Macron s’est entretenu dimanche avec Donald Trump au sujet des tensions au Moyen-Orient au surlendemain d’une frappe américaine en Irak ayant tué le général iranien Qassem Soleimani, a annoncé l’Élysée.

Au cours de cet entretien avec son homologue américain, le président français a dit son «entière solidarité» avec les alliés de la France et a souligné que la priorité «devait aller à la poursuite de l’action de la coalition internationale contre Daech, dans le plein respect de la souveraineté de l’Irak»«Le président de la République a souligné son entière solidarité avec nos alliés face aux attaques perpétrées ces dernières semaines contre les emprises de la coalition en Irak», est-il écrit dans un communiqué de l’Élysée.

«Il a exprimé sa préoccupation concernant les activités déstabilisatrices de la force Al Qods sous l’autorité du général Qassem Soleimani, rappelé la nécessité que l’Iran y mette maintenant un terme et s’abstienne de toute mesure d’escalade militaire susceptible d’aggraver encore l’instabilité régionale», ajoute la présidence française. «Il a marqué la détermination de la France à travailler aux côtés de ses partenaires régionaux et internationaux à l’apaisement des tensions.»

par Taboola

Depuis Charlie Hebdo, cinq ans de reculades

Par Ivan Rioufol  – Le Figaro

Les Cassandre ont changé de camp. A la veille de 1914, les sonneurs de tocsin mettaient en garde avec raison contre la montée du bellicisme et les “phraseurs de guerre” dénoncés par Stefan Zweig (1). Aujourd’hui, ils alertent en vain contre la généralisation de la complaisance et de la lâcheté face à la montée du totalitarisme islamiste et de ses méthodes terroristes. Cinq ans après la tuerie à Charlie Hebdo,le 7 janvier 2015, il faut bien constater que la culture djihadiste a fait des émules en France et ailleurs. Le sursaut d’indignation du peuple français, rassemblé à Paris pour une manifestation monstre le 11 janvier 2015, n’a pas suffi à réveiller l’esprit de résistance des dirigeants et des médias face à l’islamo-fascisme et à ses collaborateurs. Le 10 novembre 2019, la gauche perdue a manifesté avec des musulmans fanatiques qui ont incité la foule à hurler “Allah Akbar !” à quelques encablures de Charlie Hebdo et du Bataclan, ces scènes affreuses de la barbarie importée. Or cette infecte trahison n’a guère suscitée de remous chez ceux qui font habituellement profession de distribuer des bons points et de dire la morale. Aujourd’hui, le premier réflexe des autorités confrontées à un islamiste qui tue au nom du Coran, est de le présenter comme un “déséquilibré”, potentiellement irresponsable de ses actes. Samedi, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à Paris et à Marseille pour protester contre la décision de la cour d’appel de Paris qui a déclaré pénalement irresponsable l’assassin de Sarah Halimi, Kobili Traoré, au prétexte que le tueur avait consommé du cannabis. Traoré avait défenestré la victime en lui reprochant d’être juive et en proférant des “Allah Akbar !”.

L’”esprit Charlie”, cet élan contre un obscurantisme, n’a pas survécu au massacre d’une rédaction qui avait été désignée comme islamophobe par les censeurs et leurs sicaires. “C’est la publication des caricatures de Mahomet en 2006 qui fut à l’origine de cet attentat”, rappelle Riss, un des rares survivants de la tragédie (2). Le soir même de l’attentat, une capitulation des esprits m’était déjà apparue à l’occasion d’un débat sur RTL dans l’émission On refait le monde. J’y avais repris un argument de mon blog du jour (lire ici) invitant les musulmans à se désolidariser de ceux qui tuent en leur nom. Or l’activiste Rokhaya Diallo, soutenue par les autres intervenants, avait voulu voir dans mon propos une stigmatisation des musulmans et s’était même mise à pleurer. A ce moment de tension, je n’avais pas eu la présence d’esprit de lui rappeler un texte glacial du 5 novembre 2011 que la militante avait cosigné avec Houria Bouteldja, égérie anti-Souchiens, après l’incendie criminel des locaux de Charlie. “Il n’y a pas lieu de d’apitoyer sur les journalistes de Charlie Hebdo (…)”, soutenaient notamment les jeunes femmes. Elles accusaient la rédaction, qui allait être décimée quatre ans plus tard, de participer à une “vision raciste du monde”. Depuis, cette dialectique victimaire des islamistes, qui se comparent aux juifs persécutés sous Vichy tout en laissant voir leur judéophobie, a pris le pas sur la mesure du danger islamiste. Quand Donald Trump décide d’éliminer, vendredi en Irak, le terroriste iranien Qassem Soleimani, les capitulards s’empressent d’accabler le président américain et de se lamenter sur les mauvaises manières faites aux tyrans iraniens. A Troie, c’est Cassandre qui avait raison.

(1) Le monde d’hier, souvenirs d’un Européen, Livre de poche

(2) Une minute quarnate-neuf secondes, Actes Sud

Je participerai, ce lundi, à L’heure des pros 2 sur CNews (20h-21h)

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Le BNVCA condamne l’attentat islamo-terrorise commis le 3/1/2020 à Villejuif faisant un mort et plusieurs blessés. Entre radicalisation et folie meurtrière il n’y a pas de frontière.

Le BNVCA condamne sévèrement l’attentat islamo-terroriste commis le 3/1/2020 par un individu converti à l’islam qui a fait un mort et plusieurs blessés dans le Parc des Hautes Bruyères à Villejuif (Val de marne).

L’auteur âgé de 22 ans a été neutralisé par les Policiers qui ont réagi en situation de Légitime Défense.

Le criminel a toutefois épargné une victime parce cette personne de confession musulmane comme lui  a récité une prière du Coran à sa demande. 

Ce crime nous rappelle que KOBILI TRAORE l’assassin islamiste de Sarah Halimi avait lui aussi épargné les Diara, ses voisins Maliens et musulmans comme lui, pour s’attaquer à sa voisine de confession juive        « Sarah Halimi » qu’il a torturée, violentée, et défenestrée sans que personne ne le “neutralise “.

Comme cela s’est produit dans la Préfecture de Police de Paris, ces comportements, ces crimes commis aux cris « d’Allah Akhbar » par des individus musulmans ou convertis à l’islam, et qui se répètent sont de nature à nous inquiéter très sérieusement.

Pour le BNVCA entre Radicalisation et folie meurtrière, il n’y a pas de frontière.

Nous demandons aux autorités de Police et de Justice, compétentes, de prendre sans délai toutes les mesures préventives de nature à mettre hors d’état de nuire ceux qui fichés S ou pas, peuvent passer à l’acte à tout moment.

Le BNVCA apprécie que le Parquet Anti-Terroriste se soit finalement saisi de l’enquête. Pour le BNVCA il était évident que cette agression mortelle était de nature Terroriste.

Georges Bensoussan: «Le vrai tabou n’est pas l’antisémitisme, mais qui sont les antisémites»

GRAND ENTRETIEN – La cour d’appel de Paris vient de prononcer l’irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi, une retraitée de confession juive. Pour l’historien Georges Bensoussan, un procès aurait permis d’éclairer une affaire révélatrice des fractures françaises.

Par Alexandre Devecchio

LE FIGARO MAGAZINE. – Le caractère antisémite du meurtre de Sarah Halimi a été reconnu. Mais la cour d’appel de Paris a jugé que la surconsommation de cannabis abolissait le discernement du meurtrier. Kobili Traoré ne sera pas jugé. Que vous inspire cette décision?

Georges BENSOUSSAN. – Sur le plan des faits, cette décision paraît étrange. Cette nuit-là, en effet, Traoré avait assez de discernement pour pénétrer chez les Diarra, ses voisins maliens, sans leur faire aucun mal et avec le seul souci de passer par le balcon de leur appartement mitoyen de celui de Sarah Halimi. En proie à une bouffée délirante due à sa consommation de cannabis, il pouvait agresser n’importe quel voisin. Ce qu’il ne fait pas. Il s’en prend à cette femme spécifiquement, qu’il va massacrer en la qualifiant de «sheitan» (diable en arabe) après avoir passé une partie de la journée à la mosquée voisine connue pour son «radicalisme religieux», comme on dit en novlangue. S’en prendre à une personne précise (et pourquoi celle-ci?) et non au premier venu croisé sur sa route invalide la thèse d’une abolition totale du discernement. Pourquoi cette femme plutôt que ses voisins immédiats? La maladie mentale épouse les codes sociaux et culturels de son temps. La grande scène d’hystérie des mardis de Charcot à la Salpêtrière a massivement disparu: le désordre mental a pris d’autres visages. Avec Traoré, la bouffée délirante prend la forme (tout aussi délirante) de la propagande islamiste dont il s’imprègne continûment. Le crime qu’il commet est un marqueur social, c’est en cela qu’il est paradoxalement, et en même temps, structuré par la raison: il bat à mort une femme que les codes culturels de son environnement présentent comme le diable sur la terre: le «Juif», celui dont Youssef al-Qaradawi, le prédicateur le plus suivi dans les milieux Frères musulmans, en France et ailleurs, estime que le génocide qui l’a frappé était un châtiment divin, et que si Dieu le veut, le prochain massacre sera exécuté par la main des musulmans eux-mêmes.

Deuxième paradoxe: l’évocation d’une bouffée délirante sous l’emprise du cannabis comme circonstance atténuante, alors qu’en d’autres circonstances, la prise de drogue ou d’alcool est un facteur aggravant. Par ailleurs, dès lors qu’un épisode épouse les codes culturels en usage, refuser le procès, c’est s’interdire de questionner cet environnement pathogène. In fine, c’est le dédouaner. Cette décision laisse donc dans l’ombre ces zones du territoire contrôlées par les propagandistes salafistes. Elle illustre ce que l’historien Pierre Vermeren nomme Déni français (Albin Michel). Un déni qui a un prix, le sang d’une femme battue à mort et défenestrée au vu des voisins et des policiers qui n’interviennent pas faute d’ordre adéquat.

Qu’est-ce qu’un débat contradictoire aurait pu nous apprendre de plus sur cette affaire?

Précisément ceci: qui a fabriqué un tel environnement? Qu’est-ce que cette affaire dit d’une immigration qui n’a pas toujours été bien intégrée? Voire qui, dans certains cas aujourd’hui, se désassimile sous l’effet d’un processus récent de réislamisation? Un procès aurait éclairé ce délitement de la nation, il aurait questionné la frilosité des autorités qui n’ont pas donné à temps l’ordre d’intervenir, alors que le calvaire de cette femme a duré près d’une heure. Il aurait interrogé le silence des médias dans les jours qui ont suivi, et qui renvoyait les Juifs à leur solitude ancienne, celle qui fait de l’antisémitisme (plus de la moitié des actes racistes pour 0,7 % de la population) une «affaire juive», une solitude qu’en 2016 déjà, dans Marianne, Éric Conan évoquait avec justesse en titrant «Extension du domaine de la solitude juive».

Vous avez été l’un des premiers à mettre en lumière la question du nouvel antisémitisme dans Les Territoires perdus de la République, en 2002. Cette affaire illustre-t-elle cette dérive que vous décrivez dans cet essai? Pourquoi, presque vingt ans après, s’agit-il toujours d’un tabou?

L’antisémitisme est aujourd’hui si criant qu’il serait difficile de le cacher sans sombrer dans le ridicule. Ce qui est tabou, ce sont les antisémites. On dénoncera le mal en laissant dans l’ombre ses auteurs, ce qu’on résume en français par l’expression: «Parler pour ne rien dire.» Le tout accompagné d’exaltation au «plus jamais ça», d’une visite obligée au Mémorial et d’une certaine forme de commémoration qui honore les Juifs morts pour mieux oublier les vivants. Cette affaire offre le spectacle pathétique d’une défaite annoncée quand se marient déni, démission et lâcheté.

Cette affaire signe un double abandon, celui du ­judaïsme populaire sacrifié sur l’autel d’une hypothétique paix civile, et de manière plus générale, l’abandon des classes populaires. Georges Bensoussan

Au-delà de la question du nouvel antisémitisme, que révèle cette affaire de la société française? Iriez-vous jusqu’à dire qu’il s’agit d’un précipité des fractures françaises?

On a vu avec quelle célérité, parfois aussi avec quelle sévérité la justice avait sanctionné les «gilets jaunes» auteurs de violences. On sait aussi avec quel empressement elle relaie les plaintes pour incitation à la haine raciale, à la discrimination et autres attaques contre le genre humain. Ici, en revanche, il fallut des mois de discussion pour reconnaître le caractère antisémite de l’agression, et pour conclure, deux ans plus tard, par ce dénouement d’autant plus étrange que tous les experts médicaux s’accordent à reconnaître que Kobili Traoré est sain d’esprit, qu’il l’était d’ailleurs tout autant avant la nuit du meurtre. Qu’en d’autres termes, il n’a pas sa place dans un hôpital psychiatrique. Loin de nous l’idée de jeter le doute sur la justice française. On la sait indépendante et courageuse, ce qu’elle a montré tout au long du siècle dernier. Loin de nous également la supposition de quelque pression politique. Ce serait oublier que la France est le pays des droits de l’homme, que le monde entier regarde avec admiration et envie. Même si, à part soi, on a parfois le sentiment de balancer entre Kundera et Orwell.

Cette affaire est révélatrice des fractures françaises en ceci qu’elle signe un double abandon, celui du judaïsme populaire (dont Sarah Halimi était emblématique) sacrifié sur l’autel d’une hypothétique paix civile, et de manière plus générale, l’abandon des classes populaires. C’est pourquoi la mise à l’écart des Juifs ne doit pas être lue au prisme de l’antisémitisme (il n’y a pas de dimension antisémite dans cette décision, et c’est peut-être le plus inquiétant), elle doit être lue comme une illustration de la déchirure du tissu social français.

L’affaire a été longtemps ignorée par les médias et les politiques – et aujourd’hui, elle ne sera pas jugée. Illustre-t-elle également un certain nombre de dysfonctionnements et de lâchetés?

Quand l’affaire a éclaté, début avril 2017, nous étions en pleine campagne présidentielle: il ne fallait pas ébrécher le dogme du «vivre ensemble» quand ce meurtre montrait, au contraire, la faillite de cette mythologie. En quittant son poste, l’ancien ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, déclarait: «Il faut une vision d’ensemble car on vit côte à côte, et je le dis: moi, je crains que demain, on vive face à face. Nous sommes en face de problèmes immenses.» Juger le meurtrier de Sarah Halimi aurait pu éclairer, à cet égard, le déni des élites françaises, un déni dont elles ne paieront pas le prix, puisqu’elles pratiquent, on le sait, un entre-soi résidentiel, culturel et scolaire. Elles n’auront pas non plus à payer (du moins dans l’immédiat) l’échec de l’intégration d’une partie de cette immigration qui a affecté les classes populaires. Qui se souvient, à ce propos, de l’argumentaire du PCF en 1981? Les conséquences de ces bouleversements seront acquittées par ceux qui n’ont pas les moyens d’ériger la frontière invisible de l’entre-soi social. Et par les Juifs dont beaucoup, en particulier venus des quartiers populaires, ont déjà quitté le pays. Cette décision laisse l’impression qu’en haut lieu, on est prêt à sacrifier les plus fragiles pour sauver un semblant de paix sociale. Aux Juifs, elle indique la direction de la sortie. Et aux complotistes, qui fantasment nuit et jour sur le «pouvoir juif», elle dit le vide dudit pouvoir. A fortiori dans un pays où 62 % de leurs compatriotes se disent «indifférents» à leur départ…

Chacun sait les aberrations juridiques dont profitent les ennemis proclamés de la démocratie et de la nation, qui voient l’Occident, la France en particulier, comme des États faibles, sans énergie. Georges Bensoussan

Cinq ans presque jour pour jour après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher de Vincennes, quelles leçons ont été tirées de ces événements?

La menace islamiste est prise au sérieux, et le renseignement français a fait d’incontestables progrès, à preuve les attentats déjoués grâce à ce travail en amont, même si l’on sait qu’il n’existe pas de bouclier imparable. Cela dit, la modification de la loi s’impose dans de nombreux domaines. Chacun sait les aberrations juridiques dont profitent les ennemis proclamés de la démocratie et de la nation, qui voient l’Occident, la France en particulier, comme des États faibles, sans énergie, des «terres de conquête». Il suffit de lire leurs textes et de les prendre au sérieux, tout y est dit en termes clairs.

Et sur le plan de la liberté d’expression?

Après janvier 2015, la situation a continué à se dégrader pour les Juifs, premiers signaux d’alerte comme chaque fois que l’État s’affaiblit. Si 4 millions de personnes «étaient Charlie», le 11 janvier 2015, cinq ans plus tard, on constate qu’aucune caricature du «Prophète» n’a été publiée dans la presse occidentale. Les menaces de représailles et l’atmosphère de terrorisme intellectuel alimentée par un gauchisme culturel suicidaire ont porté leurs fruits. Quatre ans après le Bataclan, loin de s’épanouir, la liberté d’expression s’est réduite. La France n’est pas seulement le pays du déni, c’est aussi le pays de la crainte, celui où les procès d’opinion se multiplient et où, sur le qui-vive, comme s’il s’agissait de rejouer la guerre d’Espagne, une armée de bien-pensants «antifascistes» se tient en embuscade en quête des «dérapages» des malpensants. De là que les véritables débats se font rares, qu’il faut parler en langage codé et par métaphores. Nous sommes revenus à une forme d’autocensure qui prévalait dans la seconde moitié du XVIIIesiècle. Comment écrire Le Neveu de Rameau en évitant la Bastille, ou son équivalent contemporain, la mise à l’index médiatique et social? En ne le publiant pas. De là cet entre-soi poli entre gens qui pensent correctement, se montrent hostiles à «toutes les discriminations»comme aux normes genrées, et favorables à la «diversité», au multiculturalisme, au vivre ensemble et à l’écriture inclusive. Et, s’il le faut, à une relecture de la culture qui implique d’épurer bibliothèques et cinémathèques.

Comment expliquez-vous cette dérive?

C’est qu’en premier lieu, à l’inverse de la croyance commune, comme Jacques Julliard l’avait magistralement analysé dans vos colonnes il y a quelques mois, les intellectuels ne sont pas forcément amoureux de la liberté, et certains d’entre eux, au moins, sont fascinés par le pouvoir et la violence. Il faudrait faire l’historique des errements de certains intellectuels du siècle dernier en matière de déni et de caution apportée aux entreprises totalitaires. On comprendrait mieux alors la défiance que montrait George Orwell à leur endroit à la fin de sa vie. En second lieu, ce glissement vers la soumission interroge une sourde aspiration au totalitarisme, à ce rêve archaïque d’un monde sans conflit d’où l’angoisse première aurait disparu.

Depuis plusieurs années déjà, l’alarme a été donnée, de nombreux livres ont été publiés, fréquemment étouffés il est vrai par une chape de silence. Ainsi, suffit-il d’évoquer tel ou tel titre de presse, tel ou tel éditeur pour qu’une petite, mais puissante et grégaire coterie médiatique hurle à l’«extrême droite». Aujourd’hui, tel un combat à fronts renversés, ce chantage apparaît comme le meilleur moyen de bâillonner la colère des classes populaires.

Dans le même temps, le démantèlement des cadres de référence nés du christianisme, véritable bouleversement anthropologique en moins d’un siècle, laisse sans voix cette gauche sociétale qui domine les grands médias et les écoles de journalisme et se focalise sur les «discriminations» en laissant de côté à la fois cette fracture de civilisation et la lutte des classes (des mots qui paraissent d’un autre âge), la grande oubliée de ces trente dernières années. Les mêmes qui subissent la discrimination sociale, l’exploitation et le mépris, la précarisation comme l’absence de perspectives – les «sans dents», en un mot – sont aussi ceux qui vivent au jour le jour l’insécurité culturelle et identitaire avec le sentiment de devenir étrangers dans leur propre pays, et d’y vivre un exil intérieur plus incompréhensible et plus douloureux peut-être encore que l’éloignement physique de la patrie.

Gernelle – Cinq ans après « Charlie » et l’Hyper Cacher : Rhinocéros II

Face à l’islamisme et à l’antisémitisme, sommes-nous devenus faibles, aveugles et lâches comme les personnages de la pièce de Ionesco ? Triste anniversaire.

par Étienne GernelleModifié | Le Point 

Comment « l’anormal » devient-il la norme ? Dans sa pièce « Rhinocéros », Eugène Ionesco raconte la contagion mentale par laquelle les hommes se changent peu à peu en pachydermes. La « rhinocérite » évoque la montée du fascisme en Roumanie dans les années 1930, mais aussi la tentation du communisme dans la Francedes années 1950.

Ce phénomène d’accoutumance à l’anormal est particulièrement bien incarné dans la pièce par un personnage nommé Dudard : éduqué, courtois et soucieux d’être toujours dans le bon camp. Florilège des répliques de ce Dudard : « Peut-on savoir où est le mal, où est le bien ? » ; « II faut toujours essayer de comprendre » ; « Laissez-les donc tranquilles ! En quoi vous gênent-ils ? Vraiment, ils vous obsèdent. Ce n’est pas bien » ; « Vous n’avez qu’à éviter de vous mettre sur leur passage » ; « Ils ne vous attaquent pas. Si on les laisse tranquilles ils vous ignorent »… Cela vous rappelle quelque chose ?

Pour ceux qui étaient dans la rue le 11 janvier 2015, après l’attentat de Charlie Hebdo, après celui de l’Hyper Cacher, il y avait de la peine, de la colère, mais aussi le sentiment revigorant qu’une nation entière s’était levée. Il est difficile aujourd’hui de ne pas voir qu’une partie du pays s’est peu à peu couchée. Il en est des trahisons comme des poisons : la lenteur les rend plus redoutables encore.

Charlie d’abord, puisque c’est le carnage qui a ouvert, le 7 janvier, cette atroce année 2015. Le bilan a été dressé par le patron de l’hebdo satirique, Riss, dans ce livre puissant et bouleversant sorti il y a quelques mois : « Une minute quarante-neuf secondes ». Il y faisait le compte des lâchages, des lâchetés, des compromissions. « Si on publiait à nouveau les caricatures, on serait à nouveau seuls », nous avait-il alors confié.

Entre-temps, le travail de sape des marchands de « l’islamophobie » a payé. Ce terme ambigu, qui peut renvoyer tant à la haine des musulmans – à combattre – qu’à la critique de l’islam – qui est libre -, s’est assez largement imposé. Le délit de blasphème revient par la fenêtre. On a vu aussi le retour des « mais ». Des dessins de Charliejugés inconvenants : « C’est leur liberté, mais… » Comme si seuls les morts de 2015 retenaient les irrités de céder aux pulsions de censure ambiantes.

A l’unisson. Le 11 janvier 2015, à Marseille.

Il est frappant de voir que le livre de Riss – l’un des plus importants de ces dernières années – n’a reçu qu’un écho modéré. Sympathique, mais gêné. À entendre certaines belles âmes françaises, Riss serait un survivant traumatisé donc excessif. On l’écoute poliment et on passe à autre chose. En attendant, lui et ses amis sont toujours condamnés à mort par les islamistes. Ils sont obligés de se cacher, alors que les militants d’un islam radical et politique, eux, déploient leur influence, comme le montre l’impressionnante enquête de Bernard Rougier  « Les territoires conquis de l’islamisme »,  éditée aux PUF.

L’Hyper Cacher, ensuite. Le 9 janvier 2015, le meurtre antisémite revenait sur le devant de la scène. Sans doute les crimes de Merah, trois ans plus tôt, n’avaient-ils pas été saisis dans toute leur dimension. Le réveil fut brutal. « Je suis juif », lisait-on sur les pancartes lors de la manifestation du 11 janvier, au côté des « Je suis Charlie ». De même que les « Charlie » se font plus discrets, on est de moins en moins « juif » aujourd’hui. Les profanations de cimetières juifs indignent encore, mais l’habitude émousse les chocs. En, février 2019, Alain Finkielkraut était poursuivi boulevard du Montparnasse, à Paris, par plusieurs individus : « Sale sioniste », « Rentre chez toi en Israël »,hurlaient-ils. Est-on en France ? Que nous arrive-t-il ? Alors Finkielkraut a certes été soutenu. Avec, souvent, des « mais ». « Ce n’est pas acceptable mais je ne partage pas ses opinions. » « C’est honteux, même si… » En décembre 2019, Jean-Luc Mélenchon commente la défaite de son ami Jeremy Corbyn aux élections outre-Manche en pointant la prise de position défiante du grand rabbin britannique à l’égard du leader travailliste. Pourtant, le problème de l’antisémitisme au Labour est documenté, y compris de l’intérieur. Mais Mélenchon insiste, et ajoute ce curieux parallèle avec la France : « Génuflexion devant les oukases arrogante (sic) des communautaristes du CRIF : c’est non. »

Stupéfiant ! Que venait faire le CRIF ici ? Certes, ceux qui le connaissent bien disent que Mélenchon n’est pas antisémite. C’est sûrement vrai, mais on s’en fiche : un homme politique français de premier plan, ayant obtenu près de 20 % des voix à la présidentielle de 2017, a désigné gratuitement une institution juive comme un adversaire. Mélenchon est évidemment dûment interrogé sur le sujet, à la radio et la télévision. Mais cela finit par s’arrêter. Finalement, il s’en est remis très vite. Les mouvements indigénistes, si prompts à brandir leur « antisionisme » (et si étrangement muets sur le cas des Ouïgours en Chine, tous les musulmans ne se valent pas pour eux), peuvent être contents, leur rengaine contre leur cible favorite vient de recevoir une onction inespérée.

Dans « Rhinocéros », Béranger, le personnage principal de la pièce, finit par dire à Dudard que sa « tolérance excessive » est de la « faiblesse », de « l’aveuglement ». Dudard se transformera en pachyderme cornu. Et Béranger restera seul §

Les territoires conquis de l’islamisme

Dans un livre choc, l’universitaire Bernard Rougier décrit la prise de contrôle de l’islam de France et de certains quartiers par les islamistes.

Par Thomas Mahler et Clément Pétreault  –Le Point 

Bernard Rougier est un homme stressé. Dans quelques jours paraîtront « Les territoires conquis de l’islamisme » (PUF), une enquête universitaire implacable sur la manière dont des « écosystèmes islamistes » se sont développés à l’intérieur des quartiers populaires, succédant au communisme de l’après-guerre. Le chercheur sait que son ouvrage risque d’entraîner des réactions courroucées. Pour ce spécialiste de l’idéologie salafo-djihadiste en France et au Moyen-Orient, il aura été paradoxalement plus facile de travailler au cœur des camps de réfugiés palestiniens il y a vingt ans que dans la France actuelle où, déplore-t-il, fleurissent les « sensibilités exacerbées ». 

Le livre raconte les étapes d’une « prise de contrôle » par une frange littéraliste et minoritaire de l’islam, du développement des idéologies émanant d’oulémas de la péninsule arabique jusqu’aux combines électorales dans la banlieue parisienne. Par le biais des mosquées, écoles confessionnelles, associations sportives religieuses ou commerces halal, un islam salafo-frériste a imposé sa norme à l’islam en France, tout en encourageant la constitution de « territoires d’islam ». Que ce soit par ignorance ou par intérêt clientéliste, des élus ont accompagné ce hold-up religieux. « Ce livre documente l’islamisme au niveau local et démontre comment des dynamiques locales ont conduit 1 500 Français dans les filières syriennes », explique le chercheur Hugo Micheron, qui signe un des chapitres. Rougier a collaboré avec des universitaires, mais il a surtout bénéficié des contributions de ses étudiants au Centre des études arabes et orientales de Paris III-Sorbonne nouvelle. Souvent d’origine maghrébine ou subsaharienne, ceux-ci ont discrètement enquêté dans les mosquées, d’Aubervilliers à Champigny, ou ont fait des tournées avec les tablighis à Sevran. « Nous démontrons le double discours islamiste, la rupture culturelle avec la société française, l’antisémitisme larvé, les ambiguïtés avec le djihadisme… Tout cela, les islamistes, aidés des décoloniaux, ne le supporteront pas. Je m’attends à être accusé d’islamophobie pour m’empêcher de poursuivre mes recherches », assure Bernard Rougier.

Un expert du monde arabe

1966 Naissance de Bernard Rougier.

2002 Soutient sa thèse sur le djihadisme dans les camps de réfugiés palestiniens.

2004 « Jihad au quotidien » (PUF).

2005 Maître de conférences à l’université de Clermont-Ferrand.

2008 Enseignant à la chaire Moyen-Orient Méditerranée de Sciences po. Dirige l’ouvrage collectif « Qu’est-ce que le salafisme ? » (PUF).

2011 « L’oumma en fragments » (PUF). Directeur du Cedej, au Caire.

2015 Professeur à la Sorbonne nouvelle.

2017 Membre senior de l’Institut universitaire de France. Dirige le domaine d’intérêt majeur (DIM) « Islam en Ile-de-France ».

L’un de nos meilleurs spécialistes du monde arabe taxé d’« islamophobie » ? Même ses plus féroces contradicteurs de l’université n’oseraient s’aventurer sur ce terrain. Diplômé de Sciences po, Bernard Rougier s’orientait vers les concours administratifs quand un voyage au Liban, au début des années 1990, lui a donné envie d’apprendre l’arabe, sésame indispensable pour comprendre les tensions géopolitiques de la région. « Avec la littérature classique arabe ou la poésie, un univers a surgi. » En troisième cycle en « analyse arabe du monde contemporain », il a pour professeurs Ghassan Salamé et Gilles Kepel, qui lui donnent le goût de la recherche. Après avoir enseigné en Jordanie et au Liban, il trouve son sujet de thèse dans le camp de réfugiés palestiniens Ain al-Hilweh, au Liban sud. Il mesure alors l’essor d’une idéologie religieuse salafo-djihadiste qui ronge de l’intérieur la construction d’une identité nationale menée par l’OLP et le Fatah : filles et garçons sont subitement séparés dans les écoles, le grand poète Mahmoud Darwich devient le symbole de la dépravation des mœurs… Le chercheur se demande s’il n’est pas un salaud en écrivant sur cette population déjà privée de tout et que la sociologie de gauche considère comme l’archétype des dominés. C’est un réfugié, Salam, ancien militant du Fatah, qui le libère de ses scrupules : « Il m’a dit : “On subit la violence de ces djihadistes… Si toi qui peux partir, tu ne le racontes pas, personne le fera.” »

Mentor. Bernard Rougier et Gilles Kepel, professeur à Sciences po. Les deux fustigent les « dénégationnistes du djihad » et défendent un lien entre salafisme et djihadisme.

Le « complot » du 11 Septembre. Directeur du Centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociales (Cedej) au Caire, Bernard Rougier revient à Paris en 2015 comme professeur à Paris III. Des étudiants lui expliquent que le 11 septembre 2001 a été un complot. « Je ne savais pas si je devais rester en cours ou démissionner. J’ai un public des banlieues qui me fait dire que ce que j’avais vu il y a vingt ans dans les camps palestiniens est devenu en partie la réalité de notre société. La boucle était bouclée, ce qui m’a plongé dans un état quasi dépressif. » Les attentats du 13 novembre 2015 n’arrangeront rien au moral de l’universitaire.

Comme Gilles Kepel, Bernard Rougier pense que les phénomènes de radicalisation en France s’inscrivent dans le prolongement logique d’une « révolution salafiste » qui a eu lieu dans les pays musulmans et qui a réactivé le patrimoine sunnite le plus conservateur et littéraliste. En établissant un « continuum » entre salafisme et djihadiste, les deux universitaires  s’opposent à des confrères comme Olivier Roy . Pour Rougier, c’est toute la manière d’étudier le phénomène qu’il faut changer : « L’islam de France était un champ universitaire à part. Il y avait d’un côté les spécialistes du Moyen-Orient qui parlaient arabe, et de l’autre ceux de l’Europe qui ne parlaient pas arabe. Celui qui a fait le lien, c’est Gilles Kepel, qui a fait sa thèse sur les mouvements islamistes en Egypte, avant de travailler sur les banlieues françaises. Il est impossible de comprendre cet islamisme en France sans avoir une connaissance pointue du Moyen-Orient et du Maghreb. Parce que tout se fait dans l’interaction entre les deux rives de la Méditerranée ! »

Rupture avec la société. Le chercheur fustige aussi « l’idéologie dominante »au sein des sciences humaines, largement inspirée par un marxisme crépusculaire : « On remplace la figure de l’ouvrier par celle de l’immigré, on survalorise les facteurs sociaux et les discriminations territoriales… Kepel ou moi ne nions pas le facteur social, mais il y a une rencontre entre les logiques sociales européennes et les logiques idéologiques moyen-orientales qui doit être étudiée. L’investissement religieux des quartiers est fait de manière stratégique et pensée. Hélas, par démagogie ou par volonté d’avoir des postes aux Etats-Unis, des intellectuels français se plient aux normes de la “political correctness”… » 

Pour Rougier, les quatre forces principales de l’islamisme- tablighis, Frères musulmans, salafistes et djihadistes – sont différentes, mais toutes encouragent une rupture avec la société française. Mais il ne faut pas se tromper : cette « conquête » est avant tout celle de l’islamisme sur l’islam. Une étude menée par des chercheurs strasbourgeois documente une « salafisation » des livres confessionnels : un tiers des ouvrages étudiés (31 %) offrent un discours de nature normative et juridique, tandis que d’autres présentent l’islam comme « la vraie religion » face à un Occident décadent et agresseur. C’est ainsi, rappelle Rougier, qu’idéologues intégristes et identitaires d’extrême droite sont finalement les meilleurs alliés du monde : tous essaient de nous faire croire que l’islamisme, c’est l’islam. Depuis quelques années, ils peuvent compter sur la complicité d’une partie croissante de la gauche décoloniale, pour qui la critique de l’islamisme relève de l’islamophobie, apportant une caution inespérée aux fous de pureté de toute sorte…§

Albert Camus, le toujours juste

RÉCIT – Le 4 janvier 1960, l’écrivain mourait dans un accident de la route. Soixante ans après, son aura est intacte, son œuvre est très lue et ses idées restent plus que jamais d’actualité.Par Mohammed AïssaouiPublié le 1 janvier 2020 à 17:51, mis à jour le 1 janvier 2020 à 18:53

Le lundi 4 janvier 1960, vers 14 heures, sur une route de l’Yonne, une voiture s’écrase contre un platane au lieu-dit Petit-Villeblevin, près de Sens. À l’intérieur se trouvent Michel Gallimard, sa femme et la fille de cette dernière, ainsi qu’Albert Camus qui sera tué sur le coup – l’éditeur Michel Gallimard ne survivra que quelques jours à ses blessures.

Le lendemain, dans son édition de 5 heures, Le Figaro, comme la plupart des quotidiens, traite l’information en une, sur plusieurs pages, et le journal lui consacre son éditorial: «Un homme juste». Soixante ans après sa mort, un constat: Camus est toujours vivant.

1960-2020: rarement un écrivain aura eu une vie posthume aussi riche. C’est qu’il continue de nous parler, aux anciens comme aux jeunes. On le lit plus que jamais. Ses succès de librairie ne faiblissent pas. Lors d’un sondage que nous avions réalisé avec GfK sur les classiques les plus lus, Camus figure à la 4e place, juste derrière Maupassant, Molière et Zola! Son nom est l’un des plus célébrés sur le fronton de nos écoles.

” Plutôt mourir debout que de vivre à genouxAlbert Camus dans «L’Homme révolté»

L’histoire l’a largement réhabilité. Dans le combat intellectuel qui l’a opposé à Sartre et ses affidés, la victoire a changé de camp. Rappel des faits. En octobre 1951 paraît L’Homme révolté. Cet essai est un pavé étincelant lancé dans la mare de la philosophie existentialiste et plus largement des nihilistes – entre autres, il met dans le même sac nazisme et communisme, et fustige les idéologues. C’est dans ce texte que Camus reprend la citation «Plutôt mourir debout que de vivre à genoux». La réaction est violente. La revue Les Temps modernes, dirigée par Sartre, riposte sous la plume de Francis Jeanson: «C’est d’abord un grand livre manqué.» Jeanson parle de «morale de Croix-Rouge». Pour discréditer Camus, il s’agit pour le réseau Sartre de lui refuser le statut de philosophe – c’est aussi un mépris de classe dont on trouvera l’écho dans les mémoires de Simone de Beauvoir: Camus, l’ami, s’éloignant de Sartre devient tout à coup négligeable.

L’écrivain est touché. L’attribution du prix Nobel de littérature en 1957, loin d’être un moment de joie, ne fait que raviver les rancœurs. Sartre, à l’annonce de la proclamation, aurait dit: «C’est bien fait!» Le critique des Temps modernes Bernard Frank n’y va pas de main morte: «C’est le style d’un timide, d’un homme du peuple qui, les gants à la main, le chapeau encore sur la tête, entre pour la première fois dans un salon. Les autres invités se détournent, ils savent à qui ils ont affaire. Quand Camus pense, il met son beau style. Les résultats ne sont pas très bons.»

Camus écrivain emprunté, penseur simpliste, cette réputation aura la vie dure. En 1957, on se contente de dire que son œuvre intellectuelle est derrière lui: le Nobel en est la preuve: n’a-t-il pas vocation à couronner une œuvre achevée?Les “événements” d’Algérie font entrer Camus dans un silence assourdissant

C’est le théâtre qui le maintient en vie: il crée, adapte, monte des pièces. Il est même question que Malraux, ministre des Affaires culturelles, lui confie la direction d’une scène parisienne – dix-sept ans plus tôt, il avait déjà appuyé la parution de L’Étranger chez Gallimard. Les «événements» d’Algérie le font entrer dans un silence assourdissant. La peur du malentendu. Lui qui rêve de «trêve civile» sait sa position intenable face aux radicalismes qui s’expriment de part et d’autre.

Après sa mort, la postérité de Camus est loin d’être avantageuse. Sartre, vivant, règne en maître sur les esprits. L’université regarde de loin les œuvres de cet homme largement autodidacte. Camus n’est qu’un «philosophe pour classes terminales», comme l’écrit avec culot le journaliste Jean-Jacques Brochier dans un pamphlet paru en 1970.

Le renversement de tendance surviendra dans les années 1990. D’abord avec le succès inentamé de ses livres, L’Étranger, La Peste. Son style éblouissant renforce chaque jour son œuvre. Les adaptations en bande dessinée de Jacques Ferrandez montrent ce qu’elle doit aux saveurs, aux couleurs de l’Algérie. La publication de son roman inachevé Le Premier Homme fut un événement. Il y travaillait au moment de sa mort. À lire ce grand récit familial, son humanité saute aux yeux.

Albert Camus soigne le désespoir par le sentiment qu’il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendreRaphaël Enthoven

Un nouveau regard sur Camus s’installe avec la chute du mur de Berlin et, partant, l’écroulement de l’idéologie communiste. Sa clairvoyance, sa mesure sont reconnues. Par effet de contraste, l’aveuglement de ses adversaires, les Sartre, Merleau-Ponty, Jeanson, est accablant.

Aujourd’hui, on ne peut lire ou voir une représentation des Justes sans songer aux problématiques posées par le terrorisme contemporain. Dans le superbe volume «Quarto» qui rassemble dix-sept textes de Camus, Raphaël Enthoven, explique bien ce que nous ressentons en compagnie de l’écrivain: «À ceux qui cherchent un sens à la vie, Camus répond qu’on ne sort pas du ciel qui nous contient. À ceux qui se désolent de l’absurde, Camus raconte que le monde est beau et que cela suffit à remplir le cœur d’un homme. À ceux qui souhaitent la tyrannie parce que l’Homme n’est pas à la hauteur du bien qu’on lui veut, Camus dit qu’il faut aimer les hommes avant les idées. Aux partisans de la haine, il décrit la gratitude. (…) Albert Camus soigne le désespoir par le sentiment qu’il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre.»

En 2009, il fut sérieusement envisagé par le président Sarkozy de le faire entrer au Panthéon. Ses enfants, Catherine et Jean, ont décliné l’offre, préférant le laisser là où il repose, au cimetière de Lourmarin, dans le Vaucluse qui lui renvoyait des parfums de son pays natal.


Bio express

1913 Le 7 novembre, naissance à la ferme Saint-Jean, près de Mondovi, en Algérie.

1914 Mort de son père, enterré dans le carré militaire du cimetière de Saint-Brieuc.

1937 et 1939 Les éditions Charlot publient L’Envers et l’Endroit, puis Noces, recueil de quatre essais dont Noces à Tipasa.

1940 Épouse Francine Faure, en secondes noces.

1942 Publication chez Gallimard de L’Étranger et du Mythe de Sisyphe.

1944 Camus devient rédacteur en chef de Combat.

1945 Naissance de ses jumeaux Catherine et Jean. Première de Caligula, avec Gérard Philipe.

1947 Parution de La Peste.

1951 Publication de L’Homme révolté, rupture avec Sartre.

1957 Reçoit le prix Nobel de littérature.

1960 Mort d’Albert Camus, le 4 janvier.

1994 Publication chez Gallimard du Premier Homme, son roman inachevé.

Les cheminots ne se battent pas pour la classe ouvrière, ils défendent leurs avantages

parAlain Finkielkraut – 

Photo: Hannah Assouline

Dans l’Esprit de l’Escalier, Alain Finkielkraut commente une fois par mois l’actualité face à Elisabeth Lévy. Un rythme qui permet, dit-il, de s’arracher au magma ou flux des humeurs. Retrouvez dans Causeur ses réflexions sur:

– Le désaveu de Jeremy Corbyn en Grande-Bretagne
– Quand le travail n’est plus aimé (la réforme des retraites)


Jeremy Corbyn et Jean-Luc Mélenchon

Ce que je retiens d’abord des élections législatives en Grande-Bretagne, c’est la déroute historique du Parti travailliste. Jeremy Corbyn a été massivement désavoué par les Anglais, de droite comme de gauche. Ils n’ont pas voulu payer du prix de l’antisémitisme la transformation peut-être inéluctable de leur nation en société multiculturelle. Les accointances de Jeremy Corbyn et de nombre de caciques ou de militants du Labour avec tous ceux qui pensent qu’un bon Israélien est un Israélien mort ont été sanctionnées. On ne peut pas dire, comme Ken Livingstone, l’ancien maire de Londres, qu’Hitler était sioniste et prétendre au pouvoir dans le pays qui a mené une guerre victorieuse contre le nazisme.

Il reste à souhaiter que le peuple français réagira avec la même dignité que le peuple anglais et punira dans les urnes ce Corbyn en pire qu’est devenu Jean-Luc Mélenchon

Et en France ? Commentant le revers électoral de Corbyn, Jean-Luc Mélenchon a écrit que celui-ci, au lieu de riposter, a composé : « Il a dû subir sans secours la grossière accusation d’antisémitisme à travers le grand rabbin d’Angleterre et les divers réseaux d’influence du Likoud (parti d’extrême droite de Netanyahou en Israël). » Et le leader de la France insoumise prévient : lui, il ne se laissera pas faire. Il ne cédera pas. Il ne pliera pas le genou « devant les oukases arrogants des communautaristes du CRIF ». Mélenchon a défilé, en revanche, contre l’islamophobie en France et manifesté ainsi son soutien au seul communautarisme vivant et inquiétant aujourd’hui en France.

Voilà où conduit l’alliance de la fureur anti-israélienne et du comptage des voix. Comme il a été dit dans le manifeste « contre le nouvel antisémitisme » publié en avril 2018 : « La bassesse électorale calcule que le vote musulman est dix fois supérieur au vote juif. » Il reste à souhaiter que le peuple français réagira avec la même dignité que le peuple anglais et punira dans les urnes ce Corbyn en pire qu’est devenu Jean-Luc Mélenchon.

Quand le travail n’est plus aimé

« Que le gouvernement retire son projet de réforme des retraites et nous interromprons la grève des transports », disent, en substance, les porte-parole de la CGT et de Sud-Rail. Michel Rocard, autrement dit, avait mille fois raison : « On ne traite pas, en France, le compromis avec la noblesse qu’il mérite. Il est, en fait, la vraie alternative à la guerre. On blague sur le flou de la distinction entre compromis et compromission alors qu’il y a entre eux une différence éthique majeure. On plaint ou on plaisante le gouvernement qui n’a à son actif que des compromis, et l’ensemble des activistes, des militants de toutes les forces politiques connues, n’aspirent qu’à la victoire. »

Repousser l’âge de départ à la retraite fait l’unanimité syndicale contre lui

Il y a, certes, aussi une noblesse de la lutte de classes. Mais, sauf à se payer de mots, on ne peut pas dire que le bras de fer entre les cheminots et le gouvernement relève de ce type de confrontation. Les cheminots ne se battent pas pour la classe ouvrière, ils défendent leurs avantages. Et comme les cotisations ne suffisent pas à payer les pensions des retraités du rail, c’est la collectivité, donc les autres travailleurs, qui comble le manque.

Comme l’a dit le Premier ministre, il y avait quatre actifs pour financer un retraité en 1950, il y en a 1,7 aujourd’hui. Trois options s’offrent donc à nous pour maintenir à flot le système français de retraite par répartition. La première a été énoncée par Jean-Paul Delevoye quand il était encore au gouvernement : accueillir en Europe dans les décennies à venir 50 millions de travailleurs étrangers. Ainsi, lui et d’autres adversaires résolus de ce qu’ils appellent « la théorie complotiste du Grand Remplacement » militent activement pour le changement de peuple. Si l’on pense avec Christopher Caldwell que l’Europe ne peut rester la même si sa population change, il faut refuser cette solution.

On peut aussi augmenter les cotisations, mais cela ferait baisser le niveau de vie de ceux qui travaillent. Reste la troisième possibilité : repousser l’âge du départ à la retraite. Cette option fait l’unanimité syndicale contre elle, alors même que, d’ici peu, les femmes vivront en moyenne 93 ans et les hommes 90. Cela signifie que, pour une majorité de Français, le travail n’est pas un accomplissement, mais une corvée et même une malédiction. On en vient même à écrire que travailler plus, ou plus longtemps, ne ferait qu’aggraver les crises écologique et climatique en cours. D’où la popularité d’un salaire indépendant de toute activité : le revenu universel. Cette proposition est sans doute encore utopique, mais très révélatrice, comme l’a écrit Pierre Manent, « d’une tendance profonde de notre sentiment social ». À cause peut-être de ce qu’il est devenu dans le monde moderne, le travail n’est plus aimé. Et, en même temps, comme le montrait Hannah Arendt, dès les années soixante du vingtième siècle, dans la société de travailleurs qu’est la nôtre, « il ne reste plus de classes, plus d’aristocratie politique ou spirituelle, qui puisse provoquer une restauration des autres facultés de l’homme. Même les présidents, les rois, les Premiers ministres voient dans leur fonction des emplois nécessaires à la vie de la société, et parmi les intellectuels il ne reste que quelques solitaires pour considérer ce qu’ils font comme des œuvres et non comme des moyens de gagner leur vie. Ce que nous avons devant nous, c’est la perspective d’une société de travailleurs sans travail, c’est-à-dire privés de la seule activité qui leur reste. On ne peut rien imaginer de pire ».

Robert Badinter, une voix contre l’antisémitisme

LE NOËL DU POSTILLON. Alors que le pays est frappé par une hausse des actes antisémites, l’ancien ministre était sorti en mars du silence.

Propos recueillis par Saïd Mahrane

Robert Badinter, une voix contre l'antisemitisme

Durant les fêtes de fin d’année, nous vous proposons les meilleurs entretiens parus dans la rubrique Postillon. Cet article a été mis en ligne initialement le 31 mars 2019.

Son émotivité est toujours là, intense, la colère étant sa première manifestation. Du murmure aux grondements, sa voix semble jaillir des profondeurs, où se rassemblent les souvenirs d’un vieux monsieur qui, enfant, a connu l’Occupation et vu de près ses horreurs. Il ne change pas, Robert Badinter, car il est des combats qui jamais ne cessent, et celui contre l’antisémitisme est de ceux-là. Aucune loi ne viendra à bout de la haine. L’ancien ministre de la Justice ne s’imaginait pas, en 2019, devoir évoquer le drame de Français juifs assassinés, d’autres contraints de quitter leur quartier, ou devoir commenter des caricatures visibles sur les réseaux sociaux et les « Rothschild » scandés lors de manifestations… Nous en sommes encore là. L’auteur d’« Idiss »*, un livre dédié à sa grand-mère, a tonné, ses yeux par moments se sont mouillés. Il ne se fait pas d’illusions. C’est pourquoi son message, il veut l’adresser aux jeunes générations.

Le Point : Que vous inspirent les récents actes antisémites que nous avons connus en France, en augmentation de 74 % en 2018 ?

Robert Badinter : L’augmentation des attaques verbales ou physiques contre les juifs ou les édifices juifs témoigne de l’agressivité accrue à leur encontre et dans une partie de l’Union européenne. S’agit-il seulement de la libération d’une inimitié permanente longtemps refoulée par l’horreur de la Shoah ou d’un nouvel antisémitisme, lié à l’hostilité, voire à la haine, que certains éprouvent contre les juifs de France, considérés par eux comme des militants de la cause « sioniste » ? Les deux sources se rejoignent dans la réapparition de l’antisémitisme en France. Pour moi, les choses sont simples : l’antisémitisme comme le racisme sont des fléaux qu’une société démocratique, qui se réclame des droits de l’homme, doit combattre avec fermeté par toutes les voies légales. S’agissant des juifs en France, pour les générations de juifs qui se sont succédé depuis la guerre, c’est la Shoah qui leur a fait prendre conscience de leur singularité. On ne massacre pas 6 millions de juifs européens, hommes, femmes, enfants, sans que les survivants et leurs descendants s’interrogent : pourquoi les a-t-on persécutés et tués ? Et la seule réponse est : parce qu’ils étaient juifs, même quand ils étaient baptisés chrétiens. Les survivants ont ressenti cette spécificité tragique : si les nazis et leurs alliés l’avaient emporté, que serait-il advenu des miens et de moi ? Auschwitz demeure ainsi symboliquement ancré dans la conscience des juifs, particulièrement en Europe. D’où leur hypersensibilité à toute expression de l’antisémitisme. Ce n’est en rien comparable à ce qu’il fut pendant l’Occupation et le régime de Vichy. Mais l’angoisse et la douleur n’ont pas disparu, même si le temps en a effacé l’intensité. Et on ne comprend la sensibilité des juifs d’aujourd’hui que si on prend la mesure de ce que la Shoah signifie encore pour eux.

Est-ce la raison pour laquelle, après tant d’années, vous avez écrit « Idiss », l’histoire de votre grand-mère, née dans le Yiddishland, cette zone frontalière de l’Empire russe avant 1914 où les juifs subissaient le mépris, les lois d’exception et parfois les violences allant jusqu’au massacre, les pogroms ?

Idiss et sa famille sont venus de Russie avant la Première Guerre mondiale en France, où les juifs bénéficiaient d’une pleine égalité de droits. Mais elle sera rattrapée après la défaite de 1940 par un antisémitisme pire encore que celui de la Russie tsariste. Et elle meurt à Paris, en 1943, en pleine Occupation nazie. Ajoutez à la tragédie de cette vie d’une juive européenne l’amour du petit garçon pour sa grand-mère. Et vous comprenez pourquoi j’ai écrit « Idiss ».

Vous dites que le monde juif d’où venait Idiss est un monde mort. Pourquoi ?

Le génocide des juifs, décidé par Hitler et réalisé par les nazis et leurs alliés ou complices en Europe, a détruit physiquement et culturellement le judaïsme ashkénaze, surtout en Europe centrale et orientale. Les sources vivantes du judaïsme européen ont été taries par ce génocide. J’ajoute que c’est un monde mort avec sa culture et sa langue. Le yiddish n’est plus une langue vivante comme il l’était en Europe centrale avant la guerre. Paradoxalement, après la Shoah, dans la sphère communiste, l’antisémitisme avait subsisté, mais sans juifs. Tout cela a créé un traumatisme profond chez les survivants et leurs enfants.

Alors à quoi assiste-t-on aujourd’hui ?

A la résurgence des vieux mythes antisémites. On voit réapparaître le thème du contrôle de la finance internationale par les banquiers juifs et en particulier les Rothschild. La dernière fois que je suis allé en Egypte, à un colloque de juristes, je me suis rendu au marché du Caire et là, j’ai vu des exemplaires des « Protocoles des sages de Sion », ce faux fabriqué par la police tsariste en 1894 ! Le conspirationnisme prolifère toujours. En 1941, j’avais 13 ans quand je suis allé voir dans Paris occupé, avec mon frère, et en dépit de l’interdiction parentale, l’exposition « Le juif et la France » au palais Berlitz. Franchement, on s’est « marrés », mon frère et moi, pas publiquement, mais à la sortie devant ces caricatures de juifs au nez crochu, tenant le monde dans leurs griffes, avec un mélange bizarre de châles de prière et de pièces d’or. Ce complotisme, on le retrouve aujourd’hui.

Que faut-il entendre par « nouvel » antisémitisme ?

C’est l’antisémitisme de toujours, de surcroît avec l’antisionisme, lié à la création de l’Etat d’Israël et à l’humiliation permanente que cela représente pour une partie du monde arabe.

Faut-il revoir la définition de l’antisémitisme en y incluant l’antisionisme ?

Juridiquement non. Certes, c’est un des aspects communément utilisés aujourd’hui par les antisémites, mais il n’est pas besoin d’en faire une incrimination en soi. La justice sait bien retrouver la haine antisémite derrière l’antisionisme. Le sionisme est un phénomène historique. Il a des acteurs, des partisans et des antisionistes, y compris parmi les juifs.

Il est de bon ton d’affirmer que la culture est un antidote à l’antisémitisme. Vous n’y croyez pas trop…

L’Allemagne était en 1933 un pays de haute culture, dans lequel le nombre de Prix Nobel était important, y compris des juifs. On comptait de grandes universités, à Berlin, à Heidelberg… L’Allemagne a donné à l’Europe des philosophes parmi les plus grands. L’amour de l’art, et spécialement de la musique, y a été élevé au plus haut niveau. Et pourtant, c’est ce peuple cultivé qui a porté au pouvoir Hitler et sa haine des juifs. L’entreprise génocidaire s’est poursuivie pendant la guerre avec l’aide de fonctionnaires, des gens ordinaires, y compris dans des unités d’extermination en Russie. Ce n’étaient pas tous des SS emportés par la haine. On les a transformés en tueurs d’enfants. On reste confondu. Comment ces hommes ont-ils pu descendre à ce niveau de barbarie ? Après la guerre et leurs crimes, ils sont retournés à leurs vies paisibles et, le week-end, allaient au cinéma en famille…

Qu’est-ce qui peut nous prémunir de la haine, si l’éducation ne suffit pas ?

L’éducation est nécessaire, mais n’est pas suffisante. A l’école, il y a des élèves qui écoutent et d’autres qui n’écoutent pas, ceux qui croient l’enseignant et ceux qui refusent ses propos. Alors quand Mohammed Merah tue des enfants dans une école juive de Toulouse, on se demande où est la différence avec les tueurs nazis dans les villages russes. Merah court après une fillette de 8 ans, l’attrape par les cheveux et lui tire une balle dans la tête à bout portant. Une enfant ! C’est l’acte le plus atroce qui soit. Il faut imaginer le geste. Ce fanatisme porte un nom, c’est l’antisémitisme à son degré ultime. Certes, il faut toujours se souvenir que 80 % des victimes du terrorisme dans le monde sont des musulmans. Mais il existe chez certains fanatiques une haine des juifs qui fait horreur.

N’y a-t-il pas un vide juridique ?

Il existe déjà de nombreuses dispositions législatives qui permettent de poursuivre et de sanctionner les actes ou les propos racistes ou antisémites. Mais la question aujourd’hui est celle de l’évolution des techniques. Le triomphe du numérique et l’essor des réseaux sociaux, grands vecteurs de haine, posent des problèmes nouveaux aux sociétés démocratiques.

Et qu’en est-il des populismes qui montent en Europe ?

Le populisme charrie toujours des relents antisémites et xénophobes. On retrouve, là aussi, la fonction traditionnelle du bouc émissaire que les juifs ont assumée en Europe et ailleurs. Le changement technologique accentue cette tendance avec les brèches qu’il ouvre dans les défenses légales. La liberté d’expression garantie par la Constitution des Etats-Unis ouvre la voie à des propagandes racistes, antisémites, sans risque de poursuites, car les plateformes sont domiciliées dans des Etats qui ignorent l’injure ou la diffamation raciale. Les juristes courent derrière cette maîtrise du temps et de l’espace par les nouvelles technologies et les problèmes qu’elle pose.

Vous croyez beaucoup dans l’exemplarité…

En Savoie, où nous étions réfugiés ma mère, mon frère et moi durant les années 1943 et 1944, nous demeurions dans un village, Cognin, près de Chambéry. Nous y avons vécu jusqu’à la Libération avec des cartes d’identité sur lesquelles ne figuraient plus le mot juif. Nous nous faisions passer pour une famille de réfugiés bretons de Saint-Nazaire, car la ville avait été détruite par les bombardements, y compris les bureaux de l’état civil. En allant au lycée, je passais tous les jours devant les locaux de la Milice, dirigée par Touvier. Il aurait suffi d’une dénonciation pour que nous soyons arrêtés. Les habitants du village ne pouvaient ignorer que cette famille sans père, ne recevant jamais de courrier ni de visites, était à l’évidence une famille juive cachée. Le silence complice du village entier nous a sauvés. Au moment du procès Touvier, je présidais le Conseil constitutionnel. J’ai appelé le maire de Cognin et je lui ai dit : « Je souhaiterais que vous réunissiez les enfants des écoles, je viendrai leur décrire la réalité de 1944. Il faut qu’ils sachent que leurs parents étaient des gens bien. » Je crois dans l’exemplarité. Il est important à mes yeux que les enfants devenus adultes puissent penser : « Mes parents étaient des gens bien ». C’est une puissante inspiration dans la vie.

Malgré tout, êtes-vous optimiste ? Qu’est-ce qui peut nous donner de l’espoir ?

Je m’efforce d’être lucide. Mais les voies de l’action sont claires : tous ceux qui ont foi dans la démocratie et les droits de l’homme doivent lutter ensemble pour combattre le fanatisme, le racisme et l’antisémitisme. C’est une exigence morale de premier rang. Quant aux modalités de la lutte, je fais confiance aux nouvelles générations pour les définir et les mettre en œuvre. Mes vœux les accompagnent§

« Idiss », de Robert Badinter (Fayard, 236 p., 20 €).

Shalom Lévy, blessé au couteau en 2016 à Strasbourg, est décédé

Son assaillant a été reconnu pénalement irresponsable le 19 décembre, alors qu’il avait déjà attaqué un Juif en 2010

Par TIMES OF ISRAEL STAFF

Shalom Lévy, Juif loubavitch de Strasbourg qui a été grièvement blessé au couteau le 19 août 2016 dans une attaque antisémite. (Crédit : famille Lévy)

Shalom Lévy, Juif Loubavitch de Strasbourg qui a été grièvement blessé au couteau le 19 août 2016 dans une attaque antisémite. (Crédit : famille Lévy)

Shalom Lévy, Juif loubavitch de Strasbourg qui a été grièvement blessé au couteau le 19 août 2016 dans une attaque antisémite, est décédé ce dimanche à âge de 65 ans, a rapporté le journal Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Il laisse derrière lui douze enfants.

Son assaillant, un musulman âgé de 45 ans au moment des faits et qui a crié « Allah Akbar » durant l’attaque selon des témoins, a été reconnu pénalement irresponsable le 19 décembre car atteint de troubles psychiatriques. Il ne sera ainsi pas jugé et a été libéré après 18 mois en détention provisoire.

La lame de 30 centimètres avait touché Shalom Lévy au rein et au foie. La victime avait néanmoins réussi à prendre la fuite.

« Il ne s’en est jamais bien remis, ni physiquement, ni psychologiquement. C’était pourtant un homme solide, boucher de profession, qui venait tout juste de prendre sa retraite », a rapporté son avocat, Maître Raphaël Nisand, au journal alsacien.

L’assaillant avait déjà attaqué un quadragénaire juif à Strasbourg en 2010, et avait été également reconnu irresponsable dans cette affaire. Il avait ensuite passé deux ans en hôpital psychiatrique.

Évoquant l’assassin, l’avocat Raphaël Nisand ajoute : « Voilà un homme qui en est à son deuxième Juif poignardé à Strasbourg. Qu’est-ce que la justice a à nous dire par rapport à ça ? », qui explique « qu’on perd toute traçabilité de l’individu à partir du moment où il est déclaré irresponsable pénalement et qu’il sort de détention ».

L’avocat a ainsi réclamé un changement de la loi afin que « l’irresponsabilité pénale ne puisse pas jouer pour quelqu’un qui allègue des motifs terroristes ou racistes. Le terroriste qui agresse, il sait ce qu’il fait. Même s’il a un petit vélo dans la tête ».

« Ces jours-ci, il est facile de déclarer quelqu’un fou », avait déclaré peu après l’attaque Moyal, fille de Shalom Lévy, au site The Algemeiner. Elle réagissait au fait que la police n’avait pas reconnu la dimension antisémite et terroriste de l’attaque. « Tout d’abord, c’est vrai, il faut être fou pour vouloir tuer quelqu’un. Donc le gars est fou. Mais quand vous voyez mon père, c’est évident qu’il est Juif. Il a une barbe et porte une kippa. »

L’affaire évoque celle de Sarah Halimi, sexagénaire juive assassinée à Paris en avril 2017 après avoir été défenestrée. Son meurtrier, Kobili Traoré, en proie à une bouffée délirante au moment des faits, a lui aussi été déclaré irresponsable pénalement le 19 décembre par la cour d’appel de Paris.

Des graffitis antisémites tagués sur la Synagogue de Londres pendant Hanouka

La police enquête sur un « crime de haine à caractère antisémite» après la découverte pendant la fête juive de Hanouka, de  graffitis tagués sur le mur d’une synagogue de Londres et sur les vitrines de plusieurs boutiques du nord de la capitale britannique…

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Une étoile de David  et le chiffre 911 ont été peints à la bombe sur une synagogue et sur les vitrines de boutique à Hampstead (dont Oddbins et Esclot) et à Belsize Park samedi soir, le chiffre 911 fait référence à une théorie du complot antisémite qui suggère que les Juifs sont responsables de l’attentat du 11 septembre 2001.

« C’est un lieu de paix et de prière, profané par la plus ancienne haine du monde« , a twitté le conseiller conservateur de Hampstead, Oliver Cooper. Il s’est dit  «écœuré» et choqué après avoir découvert les graffitis dans neuf endroits différents du quartier. « Ma première réaction a été un choc et une horreur« , a-t-il commenté.

Oliver Cooper@OliverCooper

Sickened by the anti-Semitic graffiti on walls all over Hampstead and Belsize Park this morning. All decent people across Britain stand with our Jewish community – and we must move heaven and earth to eradicate this racist hatred, which was unimaginable just a few years ago.

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LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU

Lettre du Dr Bloch . Lettre ouverte à Madame Nicole Belloubet, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice.

Madame La Ministre,

Je m’appelle Claude Bloch, je suis de nationalité française, psychiatre de profession depuis 40 ans et de religion juive.

Il va sans dire que je me suis interrogé sur l’intérêt et l’utilité d’ajouter ma voix aux nombreuses réactions d’incompréhension et d’indignation concernant ce qu’il faut bien appeler à présent « l’Affaire Sarah Halimi ». Mais, dans la mesure où je n’arrive pas à laisser cela de côté et à continuer à vaquer à mes occupations quotidiennes, dans la mesure où je me sens triplement atteint, dans ma qualité de citoyen français, dans ma profession de psychiatre et en tant que Juif, je me suis décidé à vous écrire. Je suis révolté en tant que français, consterné en tant que psychiatre et profondément blessé en tant que Juif.

Si je me permets de vous écrire aujourd’hui, sortant ainsi du « colloque singulier » et du secret professionnel qui sied d’ordinaire à ma pratique, c’est que j’ai le sentiment persistant, depuis le 19 décembre pour être précis, que quelque chose ne va plus du tout dans la Justice de notre pays et qu’une perte de confiance en cette même Justice est en train de s’installer chez un grand nombre de français Juifs et même chez un certain nombre de français non juifs comme je le constate chaque jour d’avantage.

Ce 19 décembre, comme nous en informait le (seul) quotidien Le Figaro, « Le meurtrier présumé de Sarah Halimi ne sera pas jugé ». La cour d’appel de Paris avait conclut à l’irresponsabilité pénale de Kabili Traoré. Toujours selon ce journal, trois expertises psychiatriques concordaient pour affirmer que le suspect avait agit lors d’une « bouffée délirante » liée à une forte consommation de cannabis. Toutefois, ces expertises divergeaient sur la question de l’abolition ou de l’altération de son discernement. La chambre de l’instruction a tranché et a conclu à l’abolition du discernement au moment des faits.

Or, qu’entend-on par ce terme « discernement » ? Le dictionnaire Le petit Robert le définit, dans l’usage courant, comme la disposition de l’esprit à juger clairement et sainement des choses.

Dans le manuel « Criminologie et psychiatrie », ouvrage collectif sous la direction de Thierry Albernhe, ce dernier écrit : « ….Il convient donc pour que l’irresponsabilité puisse être déclarée ou tout au moins reconnue, et ce à quelque stade que ce soit de la procédure, que les troubles de nature psychiques soient suffisamment importants pour anéantir le discernement, c’est à dire la capacité même de comprendre et de vouloir…. ».

Dans l’ouvrage intitulé « Expertise psychiatrique pénale » sous la direction de Jean-Louis Senon, Jean-Charles Pascal et Gérard Rossinelli (Ed. John Libbey, 2007) au chapitre concernant l’appréciation du discernement, Marc Schweitzer écrit ce qui suit : « Terme non médical utilisé dans le champ juridique, le discernement ne figure ni dans les dictionnaires de médecine, ni dans les dictionnaires de psychologie clinique » et plus loin « Des recherches effectuées, il ressort que très peu d’auteurs contemporains se sont exprimés sur leur conception du discernement et sur la complexité que représente son évaluation » (c’est moi qui souligne).

Plus loin encore Marc Schweitzer ajoute: « ….le discernement renvoie au fonctionnement psychique individuel et apparait comme une composante de l’activité de pensée (cognition-affective-émotionnelle) et aussi de la personnalité (…). Son évaluation recèle d’ailleurs bien des difficultés dans la mesure où il s’agit de tracer une « ligne de démarcation » entre les divers niveaux de discernement et les secteurs sur lesquels il s’exerce, elle pourrait alors s’appuyer sur une codification des critères, ce à quoi les recherches menées dans notre équipe s’attachent ».

Monsieur Traoré ne comprenait-il pas qu’il allait s’introduire dans l’appartement de sa voisine Sarah Halimi, ne comprenait-il plus que c’est précisément chez cette femme là qu’il avait décidé de s’introduire en enjambant le balcon du troisième étage (quelle habileté pour quelqu’un supposé avoir perdu le contrôle de ses actes) et non pas chez sa voisine ou son voisin du deuxième étage ou du quatrième ? Voulait-il aller frapper un voisin quelconque de son immeuble ou avait-il plutôt choisi sa future victime?

Concernant cette bouffée délirante, et comme nombre des collègues de ma génération, bien avant l’arrivée du DSM IV, j’ai étudié la psychiatrie et préparé l’Internat de Psychiatrie dans le Manuel de Psychiatrie de Henry Ey, Paul Bernard et Charles Brisset, « le Henry Ey », comme nous l’appelions à époque. Dans la sixième édition de ce fameux Manuel, la « bouffée délirante aiguë » fait partie des psychoses délirantes aiguës.

Le tableau clinique indique que le délire éclate avec une brusquerie étonnante: « il jaillit violemment avec l’instantanéité d’une inspiration »….. « Dès son apparition, le délire est constitué, armé de toutes pièces, de pied en cap, enveloppé dès sa naissance de son cortège de troubles sensoriels, c’est un délire d’emblée ».

Nos maîtres et les collègues plus anciens qui nous préparaient à l’Internat de psychiatrie avaient coutume de dire, comme un aide-mémoire, que la bouffée délirante s’apparente à « un coup de tonnerre dans un ciel serein »…..

Or, le ciel surplombant Kabili Traoré était-il serein ? Non! Loin s’en faut, et tous ses antécédents nous prouvent le contraire. Son casier judiciaire est bien rempli. Il a été condamné vingt-deux fois, incarcéré quatre fois dont une fois pour une durée d’un an pour des délits tels que vol, tentative de vol, refus d’obtempérer, conduite sans permis, violences, usage et détention de stupéfiants. M. Traoré était un consommateur régulier et de très longue date de cannabis.Tout le monde sait, et M.Traoré ne pouvait l’ignorer, que les stupéfiants ont des effets dangereux sur le psychisme d’un individu.

Vouloir nous faire croire qu’il l’ignorait c’est nous considérer, au mieux, comme des personnes naïves, ou pire, comme des imbéciles. Et ce serait nier les troubles, dont l’irritabilité, reconnus par Traoré lui-même ou les crises de rages incontrôlées rapportées par sa mère.

Comme l’a souligné Me.Oudy Bloch, avocat de la famille de Sarah Halimi, si le discernement de M. Traoré était aboli au moment des faits, cela signifie qu’il n’avait absolument conscience de rien. Et cela est contradictoire avec l’oppression qu’il a ressenti en voyant un livre de prière en hébreu ou un chandelier à sept branches. Contradictoire avec le fait d’avoir voulu faire passer le meurtre de Sarah Halimi pour un prétendu suicide. Contradictoire également avec la conscience de vouloir fuir la scène du crime mais de ne pouvoir le faire à cause des trois étages.

Le Dr. Zagury, dans son expertise réalisée le 4 septembre 2017 conclut à une bouffée délirante aiguë au moment des faits et il attribue ces troubles à l’augmentation de la consommation de cannabis. Le Dr. Zagury souligne dans son rapport qu’en dépit du caractère indiscutable du trouble mental aliénant, le discernement de Traoré ne peut être considéré comme ayant été aboli. La symptomatologie qu’il présente est celle de « troubles psychotiques induits par des toxiques ». Le Dr. Zagury indique que, une fois soigné, Traoré est accessible à une sanction pénale, autrement dit à un procès devant une cour d’assise.

Une deuxième expertise psychiatrique est réalisée en mai et juin 2018 par le Dr. Bensussan et ses collègues. Cette expertise conclut à « un trouble psychotique chronique, vraisemblablement de nature schizophrénique », ainsi qu’à une addiction ancienne au cannabis, le tout sur fond de personnalité pathologique de type antisocial .

Le rapport de cette deuxième expertise conclut à l’abolition du discernement de Traoré. Il mentionne que c’est « le seul point de désaccord  avec le Dr. Zagury », alors que ce dernier n’a jamais fait mention d’une pathologie mentale préexistante.

Ce rapport nous explique également que Traoré, comme tous les patients addicts, n’était pas aussi libre de consommer de manière délibérée et ce rapport insiste sur le fait que Traoré était inconscient des effets inducteurs (de sa prise de cannabis) sur la survenue d’un délire. Le rapport précise encore que Traoré, du fait de sa pathologie mentale, est dangereux est que, en conséquence, on ne peut pas envisager une « détention ordinaire ».

Finalement le rapport conclut que Traoré est inaccessible à une sanction pénale : il est réadaptable, mais les soins seront longs et difficiles.

A la lecture de ces conclusions je m’interroge. Si je ne suis pas conscient (ou prétend ne pas l’être) de toutes les conséquences possibles d’un de mes actes, alors je peux être exonéré de ma responsabilité quant aux conséquences de ces actes, quelles que soient ces conséquences, y compris l’assassinat de ma voisine Juive et le fait de la défenestrer du troisième étage.

Or, toute personne qui consomme des stupéfiants, sait très bien que ceux-ci sont illicites, dangereux pour la santé et qu’ils vont altérer le psychisme et l’état de conscience de celui qui en consomme. C’est d’ailleurs la raison même de leur prise de ces stupéfiants. Vous me pardonnerez, j’espère, ce langage familier, Madame la Ministre, mais vous connaissez comme moi ces expressions, très couramment employées comme « se torcher », dans le cas de l’abus d’alcool ou « se défoncer » dans le cas de la prise de stupéfiants et que cet état altéré de conscience est précisément le but recherché par les consommateurs.

Qui nous fera croire que Traoré n’était pas conscient que son psychisme serait altéré du fait de cette consommation de cannabis ? Qu’il n’ait pas expressément voulu que cette consommation excessive aboutisse à l’éclosion d’une bouffée délirante aigüe, c’est plus que probable, mais il a consciemment et volontairement pris le risque que ce trouble psychotique aigu survienne. Pourquoi la consommation, la détention et le trafic de stupéfiants sont ils, jusqu’à présent, illicites et sanctionnés pas la Loi ? Parce que l’on sait, depuis très longtemps déjà, que leur consommation risque d’avoir des conséquences dramatiques sur la santé et sur la vie elle-même.

Un sujet « accroc » à l’héroïne qui se fait son injection quotidienne recherche l’état altéré du psychisme que va lui procurer ce « shoot ». Il sait, bien entendu, que la détention et la consommation de ce stupéfiant sont illicites. Si il est dépendant de l’héroïne depuis longtemps, il a sûrement connu des relations ou des amis qui ont fait des overdoses, dont certains ont pu réchapper et dont d’autres sont morts.

Dans le cas du meurtre de Sarah Halimi, l’accent est mis sur l’irresponsabilité éventuelle de Traoré, liée à sa bouffée délirante aigüe, consécutive à sa consommation de cannabis en grande quantité, alors que l’accent devrait être mis, en amont, sur la responsabilité de Traoré de s’être mis de manière délibérée et consciente dans cet état-là, que sa consommation de cannabis ait entrainé une bouffée délirante aiguë ou n’importe quel autre état psychique.

Dans le même ouvrage précité, au chapitre concernant l’abolition du discernement (p.84), Marc Schweitzer pose la question de savoir quel trouble peut abolir « c’est à dire annuler ou anéantir une capacité tel le discernement ou le contrôle de l’action ». Après avoir commencé à répondre à cette question, il écrit : « En ce qui concerne les conduites addictives, nous relevons que la jurisprudence se refuse généralement à voir dans l’ivresse une exemption de peine. L’argument avancé, maintenant repris concernant les addictions toxiques ou médicamenteuses, porte sur le fait que l’information étant de nos jours largement connue. La personne manifeste son intention de parvenir graduellement à un état source de jouissance pour elle-même mais entraînant une excitation psychique, donc une absence de contrôle des actes ».

Nous assistons ici la à un déplacement très grave et préjudiciable du lieu où réside la question même de la responsabilité de Traoré.

Faut-il être absolument conscient de toutes les conséquences possibles de ses actes, sur soi-même ou sur les autres, pour être considéré comme responsable des conséquences tragiques que l’acte initial, commis, en conscience et volontairement, aura entraîné ?

Une troisième expertise a lieu en août et septembre 2018. celle-ci confirme la bouffée délirante aiguë d’origine exotique mais infirme toute pathologie mentale chronique. Elle relève la dangerosité de Traoré mais conclut que au moment des faits son libre arbitre était nul. En conséquence de quoi il n’est pas accessible à une sanction pénale.

Il est à noter, car ce n’est pas rien, que ce troisième rapport conclut que « la distinction entre altération et abolition est difficile ».

Nous pouvons donc constater que les trois expertises divergent quant à cette question de l’altération ou de l’abolition du discernement de Traoré.

Me.William Goldnadel, avocat de la soeur de Sarah Halimi, nous informe qu’il a fourni à la cour d’appel un récent arrêt de la Cour de cassation précisant qu’en cas de contradiction entre plusieurs expertises, comme c’est le cas ici, il revient à la Cour d’assise d’arbitrer. Il ajoute « J’attends donc de la Cour de cassation qu’elle se conforme à sa propre jurisprudence ».

Tous les psychiatres qui se sont trouvés face à une personne souffrant d’une bouffée délirante aigüe ont pu constaté que la conscience de ladite personne était souvent « en dents de scie », faisant alterner des périodes de lucidité avec des périodes de black out.

Ainsi, et comme le souligne Me Francis Szpiner, une jurisprudence Sarah Halimi vient d’être créée par la chambre d’instruction de la cour d’appel. Ces conclusions, si elles étaient confirmées constitueraient un véritable « permis de tuer » des Juifs, en toute impunité, à la condition de s’être mis, au préalable et volontairement dans un état suffisamment altéré de conscience en consommant de grosses quantités d’alcool, de stupéfiants, ou mieux encore, d’un mélange des deux.

Si cette jurisprudence venait à s’installer, il deviendrait alors très facile à n’importe quel individu éprouvant une haine farouche envers les Juifs de les assassiner..

Mais, au-delà de l’affaire Sarah Halimi et des Juifs, c’est toute la justice de notre pays et l’ordre public qui se verraient bouleversés par cette décision si elle se voyait confirmée en cassation.

En effet, désormais n’importe quel individu pourrait consommer chez lui, chez des amis ou dans un bar cinq ou six whiskys et « sniffer » un ou deux rails de cocaïne, puis quitter ce lieu, se mettre au volant de sa berline rapide, et une fois sur la route, provoquer un accident tuant une famille entière. Mais, compte tenu de son discernement manifestement aboli (il faut bien être un peu fou pour prendre le volant dans de telles conditions, non ?), cet individu se verrait dégagé de sa responsabilité pénale dans l’accident mortel qu’il aura causé du fait qu’il ne savait pas que ce mélange alcool-cocaïne allait lui faire avoir des hallucinations visuelles, entendre des voix et lui faire perdre le contrôle de sa voiture à cent quatre vingt kilomètres heure.

Un homme, régulièrement violent avec sa compagne ou sa femme pourrait, dans les mêmes conditions, un de ces mauvais jours, où il aurait fumé plus de joints, (ou pris un autre stupéfiant) ou bu plus d’alcool que d’habitude, décompenser sur le mode d’une bouffée délirante aigüe et, dans cet accès de folie meurtrière passager, tuer cette femme, et se voir exonéré de sa responsabilité car il aurait perdu le contrôle de ses actes au moment des faits, à savoir le meurtre de cette femme. Après expertise, le diagnostic d’abolition du discernement au moment des faits pourrait être posé et cet individu, déclaré irresponsable pénalement serait donc non accessible à un procès ni à une sanction pénale telle que l’incarcération.

Un autre individu, ayant lui aussi consommé des stupéfiants en quantité, et s’imaginant soudain que la foule sur cette place du centre-ville lui en veut pour telle ou telle raison et qu’il doit impérativement se défendre en lançant son camion sur cette foule, bénéficierait-il lui aussi de la même impunité de la part de nos juges qui le dégageraient de sa responsabilité lui aussi ?

Je suis à peu près convaincu, Madame la Ministre, que ces trois scénarios heurtent à la fois votre bon sens et votre sens de la justice. Mais peut-être seriez-vous tentée de me répondre: « oui mais là, ce n’est pas pareil »…..

Madame la Ministre, ne percevez-vous pas cette vague d’incompréhension, de consternation et d’indignation qui agite une grande partie des francais Juifs et, au-delà de cette communauté, d’un nombre de plus en plus grand de français non Juifs épris de justice?

Chaque jour, des messages de plus en plus nombreux sur les réseaux sociaux réclament cette justice pour Sarah Halimi. Des pétitions sont initiées, dont une a recueilli jusqu’à présent quarante mille signatures.

Je vous demande, Madame la Ministre, en mon nom propre, et au nom de toutes celles et ceux qui adhèreront au contenu de cette Lettre ouverte, de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour rendre justice à Sarah Halimi et à sa famille et d’agir de façon à ce que M. Kabili Traoré soit jugé devant une Cour d’assise.

Le grand rabbin de France, Haïm Korsia qui, comme il l’écrit lui-même, n’a pas pour habitude de commenter les décisions de justice, vous a interpelée dans une tribune, parue dans le quotidien « Le Figaro, daté du 26 décembre. Il déplore, je le cite, « la décision tragique et ubuesque de ne pas juger l’assassin présumé de Lucie Attal Halimi ». Plus loin il vous demande « Comment ne pas s’indigner, non pas de la décision, qui est de la responsabilité des magistrats, mais que l’on empêche le procès ? (…) mais juste que vous fassiez en sorte que ces guerres d’experts ne se déroulent pas devant la chambre d’instruction, mais au cours d’un véritable procès, mais avec toute sa charge symbolique portée par le tribunal et le jury populaire. Comment envisager que le suspect puisse échapper à la justice ? ».

Madame la Ministre, ne laissez pas s’installer ce poison du doute et de la méfiance qui inciterait une partie de la population française à croire qu’il y a désormais en France deux sortes de justice, l’une pour les criminels lambda, pour lesquels la détention et la consommation de stupéfiants ayant altéré leur discernement seront considérées comme des circonstances aggravantes et une autre justice, celle pour les tueurs de Juifs, pour lesquels la consommation de stupéfiants, pris consciemment et volontairement leur vaudra d’être dégagé de toute responsabilité et d’échapper à un procès en Cour d’assise.

En privant la famille de Mme. Halimi d’un tel procès, on confisque à ses proches et à la société entière la possibilité que toutes les parties prenantes puissent s’exprimer et être entendues à savoir : les voisins, la police, les juges, les experts- psychiatres, la famille de Kabili Traoré et Traoré lui-même. On escamote l’unique possibilité de voir la réalité des faits avoir une chance d’être établie.

Si, par malheur, la décision de la chambre d’instruction n’était pas annulée en Cassation, nul doute qu’un de nos intellectuels ou écrivains de grande notoriété, non juif de préférence, se sente à son tour interpellé par cette « Affaire Sarah Halimi » et qu’il se voit offrir la première page d’un grand quotidien national afin d’y publier le « J’accuse » de ce début de vingt et unième siècle, que cette Affaire Sarah Halimi mérite amplement.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, en mes sentiments les plus respectueux.

Docteur Claude Bloch.

Et il continue, encore et encore

Par mon Ami Alain KAMINSKI

Dans les colonnes de Libération du 17 décembre 2019, Jean-Luc Mélenchon persiste et signe. Sans vergogne, il s’en prend à nouveau au Président du CRIF Francis Kalifat en le traitant de manipulateur.
De qui se moque-t-on ? Qui est le manipulateur ? Mélenchon s’évertue à chercher une paille dans l’œil de son voisin sans voir la poutre qui est dans le sien et cette référence aux Evangiles dont je ne suis certes guère coutumier m’autorise à penser qu’en matière de manipulation, le leader de la France Insoumise mérite le titre de meilleur ouvrier de France.
Manipulateur étoilé, il n’hésite plus à alimenter son fond de commerce électoral sur la haine d’Israël, sur une théorie du complot et sur une existence de milices du CRIF qui seraient chargées d’exfiltrer des personnes indésirables lors de certaines manifestations comme celle à la mémoire de Mireille Knoll.
Francis Kalifat aurait au cours de cette manifestation « lâché sa milice » sur les élus de la France Insoumise, s’insurge-t-il, dans ces mêmes colonnes.
Dans la dialectique de nos jeunes d’aujourd’hui, on appelle cela du grand n’importe quoi.
Jean-Luc Mélenchon, réputé lettré, en a même perdu son latin pour user du mot milice. Une honte, un irrespect total pour nos coreligionnaires, âgés aujourd’hui, qui ont vraiment connu des milices lesquelles les ont vraiment exfiltrés non pas d’une manifestation mais du monde des humains.
Cracher son venin sur le CRIF en le qualifiant de “secte” ne lui suffisait plus, il lui fallait désormais l’attaque ad hominem.
Mais en constatant le naufrage intellectuel du Député des Bouches-du-Rhône, Francis Kalifat a clairement démontré que l’idéologie doriotiste avait droit de citer au sein de la France Insoumise, cette formation politique qui, dans un autre registre, reste la seule à ne pas s’être offusquée à l’annonce de la « clôture judiciaire » du meurtre de Sarah Halimi.
Dans ces mêmes colonnes, l’élu ose dire que tout le monde sait qu’il a de nombreuses raisons de ne pas être antisémite. C’est qui tout le monde ? Et de s’en justifier pose déjà problème et puis, après tout, qu’il nous les liste toutes ces raisons et on jugera sur pièces.
En attendant, tout cela me rappelle ce juste « point de vue » que me livra Roger Cukierman lors d’un dîner annuel du CRIF et que je prenais pour une galéjade : “Un antisémite c’est quelqu’un qui n’aime pas les juifs, plus que nécessaire.”
Cette vérité semble plus que jamais d’actualité.

Alain Kaminski
Rueil-Malmaison

Comite de Soutien ” VERITE ET JUSTICE POUR Sarah Halimi “

Affaire Sarah Halimi: Lettre ouverte au Président de la République !

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Affaire Sarah Halimi: Lettre ouverte au Président de la République !

Monsieur le Président de la République,

Nous, les soussignés, nous nous adressons à vous afin d’attirer votre attention sur les conséquences du crime abominable de Madame Sarah Halimi auquel vous avez été sensible et auquel vous avez fait de multiples références lors de vos prises de paroles publiques.

Nous sommes totalement conscients de l’indépendance de la Justice et de la séparation des pouvoirs dans notre République mais nous savons également que le Président de la République est le 1er magistrat de notre pays, qu’il est le garant de notre Constitution et de nos libertés fondamentales. Il est de surcroît le garant de la cohésion nationale.

Le sujet est suffisamment grave pour que nous prenions notre plume pour nous adresser à vous sur les conséquences de cette affaire qui dépasse largement le cas d’espèce.

Voici deux ans, dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, à Paris, dans un HLM de Belleville, rue Vaucouleurs, Sarah Attal-Halimi, une retraitée de 65 ans, était tirée de son sommeil à 4h30 par un voisin âgé de 27 ans. Celui-ci, dénommé Kobili Traoré, se déchaîne contre elle, il la frappe pendant plus de vingt minutes. Les cris de douleur de madame Halimi alertent immédiatement les voisins qui entendent aussi les insultes que Traoré lui adresse, les « Allahou Akbar » et autres versets coraniques.

Alors que Kobili Traoré a reconnu les faits d’homicide dès le départ, la juge principale du dossier, Anne Ihuellou, semble avoir conduit une instruction uniquement à décharge au grand dam des parties civiles

Il aura fallu onze mois de combat des parties civiles pour que, finalement, le Parquet requière une mise en examen supplétive avec la circonstance aggravante d’antisémitisme et que la juge d’instruction finisse par fléchir et retenir la nature antisémite du crime…visiblement à contre cœur puisque, depuis, elle n’a cessé de tenter de démontrer l’irresponsabilité de l’assassin !

Et, ce, alors même qu’il a été établi que Kobili Traoré est un délinquant multirécidiviste connu de son quartier et  craint dans son immeuble, alors même qu’il est établi qu’il était un dealer de drogue et qu’il est lui-même un consommateur compulsif de cannabis, alors même qu’il a été condamné vingt-deux fois pour violences et vols, alors même que lors de tous ses procès les autorités n’ont jamais évoqué de quelconques troubles psychiatriqueset alors même qu’avant le 3 avril 2017, il a été incarcéré à quatre reprises, dont une peine d’un an qu’il venait d’accomplir sans que jamais il ne soit évoqué un quelconque trouble psychiatrique.

Nous ne reviendrons pas sur toutes les incohérences de l’instruction qui ont été si justement listées dans l’appel de 39 intellectuels paru dans Le Figaro du 8 avril 2019.

Cependant, nous ne pouvons rester silencieux face à une instruction qui a été ponctuée par de multiples rebondissements, souvent incompréhensibles, au gré de mesures initiées par le juge d’instruction et qui ne semblent avoir eu qu’un seul but, celui d’obtenir l’irresponsabilité de Kobili Traoré au moment de la commission des faits, et ainsi d’éviter son renvoi devant la Cour d’Assises.

Comme cela semblait prévisible depuis le début de l’instruction, la Juge a conclu à l’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental en application de l’article 122-1 du Code Pénal.

Au vu du tollé prévisible lié à cette décision, la juge d’instruction a choisi de transmettre le dossier de la procédure à la chambre de l’instruction, d’autant plus que le Procureur de la République de Paris, insatisfait, avait fait appel de cette décision et avait demandé le renvoi de Traoré Kobili devant les assises pour assassinat avec circonstance aggravante d’antisémitisme.

Mais, lors de l’audience devant la Chambre d’Instruction, quelle ne fut pas notre surprise de constater que le Parquet Général avait pris des réquisitions en contre-pied de celle du procureur de Paris et, en opposition avec l’objet même de son appel, requiert que soit prononcé l’irresponsabilité pénale du prévenu.

Cette incohérence du Ministère public laisse pantois !

La Chambre d’Instruction a suivi, comme cela était prévisible, les réquisitions du Ministère public.

Or, il est paradoxal que la circonstance d’antisémitisme ait été retenue alors même que le discernement du criminel aurait été aboli au moment des faits.

Il est également significatif que les sept experts psychiatriques ont tous été désignés par la Juge et UNIQUEMENT par elle.

Un procès équitable a pour but de permettre aux victimes de faire leur deuil, d’apaiser leur souffrance et de comprendre les motivations de leur agresseur, et cela indépendamment de la présomption d’irresponsabilité pénale.

Nous tenons à rappeler qu’à la suite des décisions de la Juge d’Instruction en charge de l’Affaire Halimi, la Ministre de la Justice a été saisie par nos soins afin de permettre à la Cour d’Assises de statuer sur l’irresponsabilité pénale et, ainsi, faire valoir ce devoir de justice non seulement envers les victimes d’un crime abominable mais également afin d’apaiser l’inquiétude des juifs de France face à la montée de l’antisémitisme dans notre pays.

De plus, un tel débat devant la Cour d’Assises permettrait d’affirmer la politique pénale du gouvernement face à la montée de l’antisémitisme.

La Ministre de la Justice a fait valoir que « il n’appartient pas à la ministre de la Justice de donner quelque instruction que ce soit aux parquets dans le cadre de dossiers individuels, ni d’interférer dans les procédures judiciaires, en raison des principes constitutionnels de séparation des pouvoirs et d’indépendance de l’autorité judiciaire. »

Or, il ressort de cette réponse que la Ministre de la Justice ne prend aucunement la mesure de la portée de cette affaire d’une particulière gravité.

Il convient de rappeler la circulaire du 2 juin 2016 en matière de politique pénale liée à l’antisémitisme dont Madame la Ministre se devait de rappeler les termes au Parquet Général.

Tant du point de vue politique que sociétal, l’Affaire Sarah Halimi ne peut être considéré comme un « simple dossier individuel » mais plutôt comme un marqueur essentiel de la politique pénale du gouvernement.

C’est précisément parce que « l’Affaire Sarah Halimi » n’est pas un « simple dossier individuel » que vous avez tenu, Monsieur le Président, à intervenir personnellement et publiquement afin que « la justice fasse son travail » !

Cette affaire n’implique pas uniquement quelques parties civiles jointes au procès !

Cette affaire constitue, indubitablement, un dossier emblématique phare, un marqueur, dans la lutte que vous menez contre « l’antisémitisme qui sévit dans notre pays » et qui met en péril l’avenir de la communauté juive de France.

Monsieur le Président, vous avez considéré la lutte contre l’antisémitisme comme une priorité de votre quinquennat, le moment est venu de le prouver.

Notre requête ne portera aucune atteinte au droit de la défense, bien au contraire, nous ne demandons, en aucune manière, la « condamnation » de Kobili Traoré mais son renvoi en Cour d’Assises afin qu’il soit jugé, que les victimes aient une réponse à leurs interrogations et que l’on puisse faire le procès des motivations antisémites de l’assassin !

Laissons donc à la seule Cour d’Assises le soin et l’autorité de déterminer si Kobili Traoré est responsable de ses actes ou pas ; cela est d’autant plus nécessaire que le collège des experts n’a pas pu se mettre d’accord et qu’un des plus réputés d’entre eux, le Docteur Daniel Zagury, a conclu à la possibilité de juger Kobili Traoré !

Nous vous demandons « solennellement » d’intervenir, comme naguère l’avait fait le Président Mitterrand dans l’Affaire Touvier, afin que le Parquet Général reprenne la position du Parquet de Paris, qu’il la défende avec conviction pour que justice soit rendue à Sarah Halimi et qu’elle ne soit pas assassinée une seconde fois, et qu’il se pourvoit en cassation dans l’intérêt de la loi, conformément à l’article 620 du Code de Procédure Pénale.

Toute attitude, qui ne permettrait pas la tenue d’un procès équitable, serait susceptible d’être perçu comme une volonté, consciente ou inconsciente, de refuser de juger l’assassin de madame Sarah Halimi ; ce qui serait un signe détestable envoyé aux français de confession juive.

Le simple fait qu’il puisse apparaître ou être perçu que la Justice de notre pays ne serait plus un bouclier fiable contre ce fléau serait un terrible message d’abandon aux conséquences désastreuses.

Dans l’attente de votre retour et en espérant que vous aurez entendu et écouté notre désarroi face à une décision aussi inique.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, nos considérations les plus respectueuses.

Affaire Sarah Halimi: Lettre ouverte au Président de la République !

Le BNVCA condamne l’agression violente antisémite commise le 29/12/19 dans la maison d’un Rabbin de Monsey (USA) par un homme armé d’une machette.

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme condamne avec une très grande indignation, mêlée d’une forte inquiétude, l’attaque antisémite violente commise le 29 décembre 2019, à 21 h 50 à Moncey au Nord de l’Etat de New York aux USA,

Un homme armé d’une machette a fait irruption dans la maison d’un Rabbin orthodoxe Haim Rottenberg, où des personnes s’étaient rassemblées à l’occasion de la célébration de la Fête juive de Hanoukah.

L’assaillant est parvenu à poignarder au moins cinq personnes présentes avant de prendre la fuite. La ville de  Moncey abrite une importante communauté juive. L’une des victimes est le fils du Rabbin.

L’assaillant a été arrêté à Harlem

Plusieurs attaques à caractère antisémite ont eu lieu ces dernières années aux Etats-Unis.  

Le BNVCA considère que le terrorisme anti juif qui se développe aux USA trouve sa source dans l’incitation à la haine d’Israël notamment entretenue par certaines personnalités politiques. 

Le BNVCA a décidé de saisir par écrit l’Ambassadeur des USA en France pour lui demander d’exprimer aux Elus Américains, et particulièrement à Ilhan Omar et à Rachida Tlaib, favorables au boycott d’Israël, ainsi qu’à Mr Bennie Sandler, candidat à l’Election Présidentielle, de mesurer leurs paroles et leurs critiques systématiques formulées contre l’Etat juif. Nous considérons que ces attaques verbales hostiles à Israël, publiques et répétées, conduisent les antisémites à les interpréter comme un encouragement, et une justification de leur passage à l’acte antijuif.

Nous tenons à assurer la Communauté juive orthodoxe de Moncey de notre solidarité. Nous souhaitons un prompt rétablissement aux blessés.

Le Président Sammy Ghozlan

Monsieur le Grand Rabbin de France Haim Korsia: «Madame la Ministre, il faut que le meurtre de Sarah Halimi soit jugé»

TRIBUNE – Alors que la chambre de l’instruction a déclaré pénalement irresponsable Kobili Traoré, le suspect du meurtre de la sexagénaire juive, le grand rabbin de France lance un appel à la garde des Sceaux. Un procès doit avoir lieu, estime-t-il.

Par Haïm Korsia

Madame la Garde des Sceaux, Madame la Ministre,

Je m’astreins d’habitude à ne pas commenter les décisions de justice, estimant que, rendues au nom du peuple et avec l’assentiment de la société, elles ne peuvent souffrir la contradiction, si ce n’est celle des parties prenantes.

Mais, concernant la décision tragique et ubuesque de ne pas juger l’assassin présumé de Lucie Attal-Halimi, sous prétexte de «bouffée délirante» ponctuelle, il y a une grave rupture de confiance et je ne peux croire que ce choix soit le reflet de ce que pensent les Français.

Madame la Ministre, la grandeur de notre justice réside, par-delà la sentence, en sa capacité à poser des mots sur les drames et à obtenir, pour les personnes lésées ou meurtries dans leurs chairs, la reconnaissance par la société de leur douleur. Oui, la justice se doit de cautériser les plaies, à défaut de ne pouvoir les réparer, en constatant la culpabilité d’un suspect et en lui infligeant une peine à la hauteur de la gravité des actes commis.

Le 19 décembre dernier, la chambre de l’instruction a tranché et décrété l’abolition du discernement de Kobili Traoré, donc son irresponsabilité au moment des faits, alors même qu’il a reconnu avoir tué Mme Lucie Attal. Il ne va donc y avoir ni procès, ni condamnation… Aujourd’hui, même parler de «l’assassin» de Lucie Attal serait impossible puisque les faits ne sont pas établis dans un procès. Mais elle ne s’est pas tuée toute seule.

Comment ne pas s’indigner, non pas de la décision, qui est de la responsabilité des magistrats, mais que l’on empêche le procès? Et il ne s’agit pas que vous, en tant que ministre, donniez des consignes aux juges, mais juste que vous fassiez en sorte que ces guerres d’experts ne se déroulent pas devant la chambre d’instruction, mais au cours d’un véritable procès, mais avec toute sa charge symbolique portée par le tribunal et le jury populaire.

Devrait-on déduire de cette décision que tout individu drogué serait doté d’un permis de tuer les Juifs ?Haïm Korsia

Comment envisager que le suspect puisse échapper à la justice? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Priver la famille de Mme Attal et la société dans son ensemble, d’un procès. Cela ne rendrait certes pas vie à la pauvre disparue, mais cela apporterait un peu d’apaisement, de soulagement, sur une plaie à jamais béante. Non seulement ses proches seront à jamais privés de sa présence, mais on leur confisque même la possibilité d’être entendus et de voir la réalité des faits établie. C’est déposséder les citoyens d’un des droits les plus précieux qui soit en démocratie: celui de faire appel à la justice pour faire la lumière sur un tel déferlement de violence et de haine.

Sans antécédent psychiatrique connu, le suspect a fait l’objet de plusieurs expertises. Il est établi qu’il avait consommé une forte dose de stupéfiants, ayant provoqué une «bouffée délirante aiguë», qui serait la cause de cet effroyable assassinat. Pourquoi l’emprise de la drogue constituerait-elle ici une circonstance atténuante, voire excluante? Ne serait-ce pas précisément l’inverse? Pourquoi un automobiliste ayant causé un accident sous l’effet de stupéfiants écoperait-il d’une circonstance aggravante tandis qu’un assassin présumé bénéficierait, lui, sous l’emprise de la même drogue, d’une circonstance atténuante?

Comment expliquer qu’une bouffée délirante aiguë consécutive à une absorption volontaire et considérable de stupéfiants puisse exonérer quiconque de ses responsabilités? Devrait-on en déduire que tout individu drogué serait doté d’un permis de tuer les Juifs?

Madame la Ministre, dans ce drame, in fine, qui est coupable? Si l’altération de la condition du suspect a exacerbé ses pulsions antisémites, cela signifie bien qu’elles étaient préexistantes! Donc constitutives à tout le moins d’un délit répréhensible, et en l’occurrence ici, d’un crime!

Il y va de notre crédibilité collective de ne pas laisser ce crime impuniHaïm Korsia

Madame la Ministre, il est aisé de déceler la dangerosité d’un tel état de fait pour l’avenir. Il n’est pas pensable qu’une telle décision puisse faire jurisprudence. Car au-delà de ce crime odieux, on voit ici et là émerger d’autres dangers, parmi lesquels celui de la non prise en considération de l’antisémitisme par la justice, alors que je sais les efforts de formation des magistrats que vous déployez en la matière. Mais, tandis que nous sommes engagés aux côtés des pouvoirs publics pour éradiquer ce virus qui ne cesse de muter en mettant en place tant des mesures éducatives que des sanctions lourdes visant à marquer la gravité de ce fléau, il y va de notre crédibilité collective de ne pas laisser ce crime impuni.

En cette fête d’Hanouka, fête des Lumières, célébrée depuis le 22 décembre dans tous les foyers juifs et au lendemain de Noël, toutes deux synonymes d’espérance, je forme le vœu que le cri de colère et de douleur des proches de MmeAttal, ce cri qui est celui de l’ensemble de la Nation, soit entendu. Parce que nos petites lumières ont l’ambition de changer le monde tant elles instillent l’espérance alors que plus personne ne croit, j’en appelle à vos responsabilités afin d’éclairer enfin ce drame ignoble du procès digne et respectable qu’il mérite, pour que chacune et chacun puisse raviver la flamme de l’espoir, de la confiance, et de l’espérance qu’incarne la République.

Sachant que vous comprendrez l’esprit républicain qui m’anime, je vous prie de croire, Madame la Garde des Sceaux, en l’expression de ma très haute considération.

*Haïm Korsia, grand rabbin de France, est membre de l’Institut.

FOG – Meurtre de Sarah Halimi : la honte du 19 décembre

En refusant de juger Kobili Traoré, l’auteur du meurtre antisémite de Sarah Halimi, la justice française a commis une faute. De quoi a-t-elle peur ?

Par Franz-Olivier Giesbert

Franz-Olivier Giesbert
Franz-Olivier Giesbert

Il y a deux façons de rendre la justice : couché ou debout. Après avoir fait preuve d’une grande lâcheté pendant l’occupation nazie, la justice française a de temps en temps de grosses rechutes. Le 19 décembre, elle a commis une grande faute, et le mot est faible, en décidant que le jeune musulman Kobili Traoré, meurtrier de Sarah Halimi, une sexagénaire juive, ne serait pas jugé : parce qu’il aurait été sous l’empire du cannabis au moment du crime, la cour d’appel de Paris a conclu à l’abolition de son discernement pendant les faits et donc à son irresponsabilité pénale.

Circulez, il n’y a rien à voir. Mais de quoi la justice est-elle le nom quand elle absout sans autre forme de procès ? De quoi a-t-elle peur pour mettre un mouchoir sur un crime en évitant au coupable d’aller aux assises ? A-t-elle conscience qu’elle envoie un mauvais signal aux futurs assassins de juifs ? L’antisémitisme est en pleine recrudescence dans notre pays : avec 541 actes antisémites recensés, il a augmenté l’an dernier de 74 %, alors que les actes antimusulmans, beaucoup moins nombreux, tombaient de 121 à 100.

Ces dernières années, plusieurs juifs ont été tués par des musulmans parce qu’ils étaient juifs. C’est une réalité qu’il faut oser regarder en face et elle aurait dû troubler les magistrats. Mais non, ont-ils estimé, Kobili Traoré, grand consommateur de cannabis, était en proie, le pauvre chat, à une « bouffée délirante. »

Si cette décision fait jurisprudence, c’est toute la justice qui est à repenser. Il ne fallait pas juger Charles Manson, gourou satanique d’une « famille » droguée qui a tué l’actrice Sharon Tate, ainsi que trois de ses amis, à Los Angeles en 1968. Si on en avait eu l’occasion, il n’aurait pas non plus fallu juger Hitler qui, comme on le sait aujourd’hui, se faisait administrer toutes sortes de substances, de stéroïdes comme la Testoviron ou le Gyconorm.

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, Kobili Traoré s’était introduit dans l’appartement de sa voisine, Sarah Halimi, au troisième étage d’un immeuble HLM de Belleville. Il a roué sa victime de coups en criant « Allah akbar » et en récitant des versets du Coran, avant de la jeter dans le vide. Quand un homme est capable de réciter des versets du Coran, son « discernement » est-il « aboli », est-il atteint d’une « bouffée délirante » ? S’agit-il du message qu’ont voulu nous envoyer les magistrats de la cour d’appel de Paris ?

Vous avez bien compris qu’après cette ignominie il est inutile de rechercher la justice. Sur sa porte, elle a laissé un écriteau : « Est partie en RTT. Reviendra peut-être après les fêtes. »

Berlin: un élève de 14 ans étranglé par trois autres adolescents pour des raisons antisémites

i24NEWS

People distribute kippas, or Jewish religious skull cap, in a call to show solidarity with Jewish people during an action under the slogan "head up" on April 29, 2018 at the Mauer park in Berlin.
Gregor Fischer / dpa / AFP

La victime a survécu à l’attaque et les autorités ont ouvert une enquête

La police de Berlin a indiqué que trois adolescents ont agressé jeudi un autre élève de 14 ans et l’ont insulté en ayant recours à des termes antisémites alors qu’ils tentaient de l’étrangler. 

Selon un communiqué de la police, les trois agresseurs l’auraient “attaché et étranglé tout en proférant des insultes antisémites”.

“Quand un professeur de sport a remarqué l’attaque, il est immédiatement intervenu et a éloigné les trois agresseurs présumés de l’adolescent de 14 ans, dont la gorge était marquée par des traces rouges”, indique également le communiqué. 

La victime a survécu à l’attaque et les autorités ont ouvert une enquête.

La ville de Berlin, de même que son maire social-démocrate Michael Müller, a été critiquée pour son laxisme envers la haine contre les Juifs et la violence antisémite dans la capitale.

Jeremy Issacharoff, ambassadeur d’Israël en Allemagne, avait appelé début décembre le gouvernement de Berlin à annuler une conférence pro-Hamas

Un porte-parole du département de la police de la ville avait cependant déclaré que “nous n’avons pour l’instant aucune indication démontrant qu’il s’agit d’un événement non-pacifique” et l’événement avait eu lieu. 

Quand Valéry Zeitoun tacle Mélenchon, Le Bolloc’h et Gaccio……(Vidéos)

Par SUD RADIO

Le producteur de musique Valéry Zeitoun était invité, ce dimanche 22 décembre, dans l’émission Les Incorrectibles sur Sud Radio et animée par Éric Morillot, et l’émission était l’occasion de revenir sur les événements marquants de l’année 2019…….Détails & Vidéos………Valery Zeitoun, très actif sur les réseaux sociaux, et qui n’hésite pas à dire ce qu’il pense de l’actualité, a donné son avis sur quelques personnalités que nous vous proposons de voir dans la vidéo posté par Sud Radio.
Concernant Jean-Luc Mélenchon : « Ce monsieur a un ego surdimensionné, lorsque l’on dit ‘La république c’est moi, ma personne est sacrée’ on a un ego surdimensionné… je ne pense pas que ce monsieur fasse de la politique pour les gens, il fait de la politique pour avoir son ego rassasié. »

Dans la version intégrale disponible sur Youtube, Valery Zeitoun lance une phrase sur Jean-Luc Mélenchon qui pourrait faire grand bruit, il dit (à partir de 8:03 minutes) que le patron de La France Insoumise : 
« Vous remarquez que tous les pays qui sont dirigés aujourd’hui par des populistes, l’ont été avant par la gauche, il n’y a pas une seule exception… en Hongrie avant Monsieur Orbán c’était les socialistes, aux États-Unis, avant Monsieur Trump c’était Monsieur Obama, au Brésil, 15 ans de gauche, 2 présidents et un président qui sont tous éclaboussés par des scandales pour avoir les doigts dans le pot de confiture, donc je me dit qu’il y a un problème, cette gauche progressiste dans le monde… 
On voit aussi la raclée historique que Monsieur Corbin anti-sémite notoire soutenue par notre antisémite local, Monsieur Mélenchon a prise puisque la gauche Anglaise n’a pas pris une raclée comme ça depuis 35 ans. »
Interloqué, Éric Morillot lui demande s’il pense vraiment que Jean-luc Mélenchon est antisémite, ce à quoi répond Valery Zeitoun : « Oui bien sûr, il a lâché les digues en expliquant la défaite de Monsieur Corbin par une internationale juive qui serait au-dessus… « J’assume », ajoute-t-il.
« Quand on dit que c’est à cause du Grand Rabbin d’Angleterre et du CRIF Anglais que Monsieur Corbin a perdu les élections, alors que les juifs représentent 0,35% de la population Anglaise… 
il y a 300.000 juifs en Angleterre sur 70 millions d’habitants, il y en a 550.000 en France sur 67 millions d’habitants, donc je dit que quand un responsable politique met une défaite électorale sur une organisation tel quelle soit, pour moi, c’est de l’antisémitisme et aussi de l’antisionisme puisque il dit que le Likoud est un parti d’extrême droite, c’est une fausse information.
Le Likoud était le parti de droite Israélien classique, j’en veut pour preuve que le Likoud a participé à une époque au gouvernement de Simon Perez qui est réputé pour être quelqu’un de gauche. »

Yvan Le Bolloc’h et Bruno Gaccio sur Les Gilets Jaunes : « Ne mélangeons pas les torchons sales et les serviettes propres… 
Ces gens-là sont d’une démagogie extrême » en expliquant, dans des vidéos, « que Jean-Jacques Goldman et Gad Elmaleh sont pas des gens bien car ils ne vont pas dans les manifs des Gilets Jaunes. »
Il ajoute : 
« Faire un procès d’intention à Jean-Jacques Goldman qui ne va pas chez les Gilets Jaunes parce qu’il habite à Londres, Goldman, ça fait 30 ans qu’il nourrit les pauvres avec les restos du cœur… et je pense que les restos du cœur font plus bouffer de gens que ces deux messieurs-là »

Source Stephane Delarue

Israël est plus démocratique et tolérant que la Turquie, M. Erdogan.

Traduit du “The Jerusalem Post”

Pour comprendre les accusations non fondées d’Erdogan, il faut se faire une idée de la façon dont Israël et la Turquie traitent leurs propres minorités.

Le Président Turc Recep Tayyip Erdogan assiste à une réunion avec le Président Russe Vladimir Poutine dans la station balnéaire de la mer Noire de Sotchi.

S’adressant à l’Organisation de la coopération islamique (OCI) en décembre, le Président Turc Recep Tayyip Erdogan a franchi la ligne rouge contre Israël et a accusé le pays de ne pas respecter les droits, la justice et l’humanité pour les Palestiniens et d’avoir provoqué des crises dans la région.

M. Erdogan doit mettre de l’ordre dans sa propre maison avant de critiquer les autres. Pour comprendre les accusations non fondées d’Erdogan, il faut se faire une idée de la façon dont Israël et la Turquie traitent leurs propres minorités.

Alors que la loi sur l’État-nation d’Israël reconnaît le pays comme la patrie des Juifs avec l’hébreu comme langue officielle, la même loi donne à l’arabe un statut spécial géré par des lois. Les citoyens arabes israéliens ont la liberté d’étudier dans les écoles israéliennes standard, les écoles arabes ou même les écoles juives. En outre, toutes les publications du Gouvernement, y compris les panneaux de signalisation, les messages, les documentations et les identifications, sont imprimées en arabe et en l’hébreu. Les Arabes israéliens pratiquent librement leur religion dans l’État juif, et il y a même des partis islamiques en Israël. En fait, Israël est le seul pays du Moyen-Orient où les juifs, les chrétiens et les musulmans coexistent pacifiquement.

La constitution de la Turquie, en revanche, met l’accent sur une identité turque monolithique de l’État et du peuple, sans aucune référence à l’existence de Kurdes ou d’autres minorités à l’intérieur des frontières de la Turquie. La constitution turque affirme que seul le turc peut être enseigné comme «langue maternelle» aux citoyens turcs, imposant ainsi le turc aux Kurdes comme langue principale.

Étant donné que la Turquie ne reconnaît même pas légalement l’existence de plus de 15 millions de Kurdes à l’intérieur de ses frontières, Erdogan n’a pas le droit de critiquer le traitement réservé aux Palestiniens par Israël. Malgré les critiques d’Erdogan, Israël a accordé une certaine autonomie aux Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza et a transféré les droits du gaz naturel au large de Gaza à l’Autorité palestinienne. La Turquie, en revanche, refuse toute autonomie aux Kurdes.

Même Saddam Hussein, l’ancien dictateur irakien qui a utilisé des armes de destruction massive et massacré des centaines de milliers de Kurdes en Irak, a accordé une certaine autonomie aux Kurdes, a autorisé l’éducation en kurde, a parfois porté des vêtements traditionnels kurdes et a même tenté d’apprendre le kurde.

Il est grotesque d’Erdogan d’accuser Israël de ne pas respecter les droits des Palestiniens alors que son propre pays empiète sur les droits des Kurdes en Turquie et dans la région. Imaginez si le gouvernement israélien empêchait les Arabes israéliens de voter dans les régions arabes d’Israël en délocalisant les urnes des villes pour décourager les gens d’exprimer leurs droits de vote et s’il avait commis d’autres irrégularités électorales pour réduire le décompte des partis arabes à la Knesset, ou que Israël s’est plaint de l’utilisation de la langue arabe au Japon ou de tweets arabes publiés par l’armée américaine, ou que des responsables israéliens ont déclaré publiquement qu’ils combattraient un État arabe indépendant, même en Afrique, ou qu’Israël a refusé de négocier avec des parties arabes qui reconnaissent le territoire l’intégrité d’Israël et étaient disposés à engager Israël pour trouver une solution pacifique à la question israélo-palestinienne, et qu’Israël a limogé des Maires arabes élus, avec des accusations non fondées.

Erdogan ne peut pas accuser Israël d’avoir provoqué des crises dans la région lorsque son propre gouvernement travaille avec des groupes liés à l’Etat islamique. Imaginez si Israël a envahi un pays voisin sur la base de la lutte contre le terrorisme mais avec la seule intention de nettoyer ethniquement la région et de démanteler une administration dirigée par des Arabes, qui a reconnu le droit d’Israël d’exister et a sacrifié des milliers de vies dans la guerre contre l’Etat islamique, et qu’Israël percevait une entité arabe comme une menace existentielle pour Israël, ou qu’Abou Bakr al-Baghdadi et ses principaux lieutenants ont été tués dans les zones contrôlées par Israël d’un État voisin.

Erdogan devrait peut-être se regarder dans un miroir avant de critiquer les autres. Au lieu de critiquer Israël pour consolider les islamistes radicaux autour de lui, il devrait répondre aux appels des dirigeants kurdes à reprendre les négociations pour résoudre le problème kurde en Turquie. Ce n’est qu’alors qu’Erdogan pourra gagner le droit de critiquer d’autres pays.

L’auteur est un observateur politique indépendant.

Assassinat antisémite de Madame Sarah Halimi: Arrêt de la Cour d’Appel ressenti comme un outrage à la Communauté Juive.

Le BNVCA apprend avec amertume et colère la décision de la Cour d’Appel de ce 19 décembre qui déclare le meurtrier de Sarah Halimi irresponsable pénalement et donc de ne pas le renvoyer en Cour d’Assises.

Nous accueillons cet arrêt avec beaucoup de déception mêlée d’une forte inquiétude car désormais, nous en déduisons qu’en vertu des attendus de ce jugement,

“quiconque peut assassiner un juif, sans craindre d’être sanctionné, il n’aura qu’à se droguer “.

Nous rappelons que Sarah Halimi née Attal a été assassinée par Kobile Traoré son voisin qui, sachant qu’elle était juive, lui a fait subir des tortures atroces, pendant qu’il récitait des versets du Coran ou criait ce slogan islamo terroriste “AllahAkbar ” , avant de la défenestrer vivante.

 Malgré l’évidence des faits reconnus par Traoré, les Magistrats se sont sans cesse interrogés  pour savoir si le criminel était sous ” l’effet d’une bouffée  délirante” durant son crime.

Non le BNVCA persiste à penser que le sieur Traoré aurait du être condamné sévèrement à la prison, à la réclusion criminelle à perpétuité. 

Aucune circonstance atténuante n’aurait du lui être accordée bien au contraire.

Comme nous l’avons fait remarquer à plusieurs reprises lorsque un automobiliste en état ivresse commet un accident mortel sa peine est aggravée  son permis de conduire retiré et annulé, il va en prison.

Et on voudrait nous faire croire que sous l’effet de la drogue un  assassin échapperait à la peine de prison à perpétuité.

En dépit des expertises psychiatriques nous restons convaincus que Traoré n’est pas malade mental.

Dès le début de l’enquête le BNVCA s’était plaint à la Garde des Sceaux et au Procureur de la République de Paris, et fait part de nos observations car nous avions déjà le sentiment que l’instruction tournait plutôt à la décharge de l’assassin.

Il aura fallu  “un bras de fer” entre le Parquet de Paris et la Magistrate chargée de l’Instruction pour que celle-ci admette enfin que l’acte était de nature antisémite.

Nous persistons à considérer qu’un individu intoxiqué, soit à l’alcool, soit au cannabis, soit à une autre drogue, doit être sévèrement sanctionné sans qu’aucune distinction soit faite entre les produits ingérés, et leurs conséquences sur ses agissements criminels.

Cette décision de la Cour d’Appel  va rester une nouvelle tâche indélébile dans l’histoire de l’antisémitisme qui frappe en France depuis 20 ans et qui a tué à de multiples reprises.

Erdogan autorise le Hamas à planifier des attaques contre Israël depuis la Turquie

Selon un rapport de mardi publié par le Telegraph, le gouvernement turc aurait accueilli des terroristes du Hamas sur son sol pour leur permettre de planifier des attaques terroristes contre des cibles israéliennes…

Avec la promesse de continuer à soutenir le groupe terroriste, Receip Erdogan a rencontré le week-end dernier, le chef du Hamas Ismail Haniyah. «Nous continuerons à soutenir nos frères en Palestine.» a déclaré le chef du gouvernement turc.

Lors de cette rencontre, la délégation du groupe terroriste palestinien du Hamas dirigée par son chef, Ismail Haniyeh,  aurait fait part à Erdogan de la situation humanitaire très difficile dans la bande de Gaza et aurait aussi évoqué le soutien de la Turquie au peuple palestinien, la question de Jérusalem et plus particulièrement celle du Mont du Temple. Ça c’est la version officielle de la diplomatie turque.

La version officieuse est moins convenable. Des  terroristes palestiniens dirigeraient depuis les plus grandes villes de Turquie, les activités du Hamas à Jérusalem, en Judée et en Samarie explique le rapport publié par le Telegraph. Le complot déjoué qui visait à assassiner le maire de Jérusalem a été selon le Telegraph, piloté depuis Istanbul. C’est Zacharia Najib, un terroriste du Hamas qui a planifié l’attaque à Jérusalem par l’intermédiaire d’Adham Muselmani, un Arabe de Jérusalem de 23 ans recruté pour l’occasion. Cette attaque déjouée visait Nir Barkat le maire de Jérusalem de l’époque. Selon le rapport, ces informations auraient été obtenues par le Shabak et le Mossad.

Le soutien tacite de la Turquie au Hamas viole l’accord conclu avec les États-Unis en 2015 dans lequel la Turquie a accepté d’empêcher le Hamas de fomenter des attaques contre Israël à partir de son sol.

Tel-Avivre –

Homme politique britannique: Le Grand Rabbin doit danser dans la rue. La Baronne Jenny Tonge a dit ” le lobby pro-Israel” a gagné les élections Britanniques en mentant sur le leader Travailliste.

Arutz Sheva Staff,

La baronne Jenny Tonge, connue pour son attitude anti-israélienne, a déclaré à la suite de la victoire du Parti Conservateur aux élections britanniques, que le       Grand Rabbin du pays “doit danser dans la rue”. Tonge, un ancien politicien Libéral Démocrate qui a démissionné du parti après avoir été suspendu en 2016, est entré sur Facebook après la victoire écrasante des conservateurs jeudi, a rapporté le Jewish News basé au Royaume-Uni.

«Le grand rabbin doit danser dans la rue. Le lobby pro-israélien a remporté notre élection générale en mentant à propos de Jeremy Corbyn », a-t-elle écrit. Avant les élections, dans une démarche sans précédent, le Grand Rabbin de Grande-Bretagne, le Rabbin Ephraim Mirvis, a publié un article dans lequel il critiquait le chef du Parti Travailliste Jeremy Corbyn et la réponse “totalement inadéquate” du parti à l’antisémitisme dans ses rangs. Dans une interview ultérieure à la BBC, il a été demandé à quatre reprises à Corbyn s’il souhaitait s’excuser de l’échec du parti à réprimer l’antisémitisme au sein du parti, et a refusé de le faire. Plus tard, Corbyn a accordé une interview à Philip Schofield d’ITV dans laquelle l’intervieweur a pressé le leader travailliste de s’excuser auprès de la communauté juive. Corbyn a alors répondu: «Évidemment, je suis vraiment désolé pour ce qui s’est passé, mais je veux que ce soit clair, je m’en occupe. Je l’ai réglé. » Ce n’est pas la première fois que Tonge se prononce contre les Juifs et Israël. En 2004, elle a déclaré qu’elle envisagerait de devenir un kamikaze si elle était arabe et vivait dans l’Autorité palestinienne. En 2006, Tonge a déclaré que «le lobby pro-israélien a mis la main sur le monde occidental, ses prises financières. Je pense qu’ils ont probablement une emprise sur notre parti. » Quatre ans plus tard, en 2010, Tonge a accusé Israël d’être la «cause du terrorisme» et a déclaré que le traitement des musulmans par l’Occident était causé par ce qu’elle appelait la «culpabilité de l’Holocauste» et le «pouvoir du lobby pro-israélien».

En 2012, elle a démissionné de son poste de whip du parti, une tâche équivalente aux États-Unis à celle de conférencière, après avoir parlé de la disparition d’Israël lors d’un événement promouvant le boycott de l’État juif. En 2016, Tonge a été suspendue par les Lib Dems après avoir organisé une réunion à la Chambre des Lords au cours de laquelle un membre du public a blâmé les Juifs pour l’Holocauste et Israël a été comparé au groupe terroriste État islamique (ISIS). L’année suivante, elle a accusé le Community Security Trust (CST), qui a rédigé un rapport constatant une augmentation du nombre d’incidents antisémites en Grande-Bretagne, d’afficher «une mentalité de victime perpétuelle» et de ne pas avoir aidé «un vrai peuple juif décent “.

Il ne fait aucun doute que l’agression à Jersey City est de nature antisémite.

Le BNVCA profondément choqué, éprouve une grande tristesse et une forte colère en constatant que l’antisémitisme qui a frappé l’Europe en général et la France en particulier se développe et frappe aussi aux USA dans les synagogues, et dans les commerces destinés à la communauté juive. Six personnes ont été tuées à Jersey City. Les attaquants qui ont pénétré dans une épicerie casher, visaient effectivement ce commerce juif. La fusillade a éclaté dans l’après-midi, près d’un cimetière. Un policier a été abattu, il était père de cinq enfants. Ensuite les deux tireurs sont partis dans une camionnette vers une autre partie de la ville. Ils sont entrés dans un magasin et là il y a eu une nouvelle fusillade, dans les rues de la ville.  
Il ne fait aucun doute que cette agression est de nature antisémite.

Pour le BNVCA l’incitation à la haine d’Israël et la détestation de l’Etat juif par des organisations islamo gauchistes reste la source du passage à l’acte antijuif. Nous craignons que la campagne de membres Démocrates Américains, particulièrement dirigée contre le soutien du gouvernement actuel en Israel, ne cristallise cette forme d’antisionisme, qui dégénère et atteint les juifs aux USA.

Nous présentons nos condoléance aux familles des victimes juives et à celle du policier tué. Nous souhaitons un prompt rétablissement aux blessés. Nous assurons la communauté juive de Jersey City et celle de tous les USA de notre entière solidarité et notre sincère sympathie. Nous demandons aux autorités des USA de tout mettre en oeuvre pour assurer la sécurité des citoyens juifs Américains et des biens juifs en protégeant les sites juifs, tout en prenant des mesures préventives  en neutralisant les organisations animées par la haine d’Israël et des juifs.  

Le BNVCA salue l’action de la Police qui a interpellé l’auteur de l’agression commise dans le métro le 9/12/2019 contre un étudiant israélien.


Le BNVCA salue l’action de la Police de Paris qui dans un temps proche de l’infraction a identifié et interpellé l’auteur de l’agression antisioniste de nature antisémite commise  contre un étudiant israélien le 9 décembre 2019 à 7 h du matin dans le métro station  Château d’Eau.

Prévenu sur sa ligne rouge d’urgence le BNVCA avait  conseillé, soutenu et pris en charge l’étudiant israélien et communiqué l’information.

Nous rappelons que l’agresseur s’était acharné contre l’étudiant israélien parce que celui-ci parlait en hébreu au téléphone laissant un message vocal à son père.

L’étudiant, victime des coups violents portés par l’agresseur  l’avait décrit ainsi grand, de couleur d’origine africaine, portant un manteau blanc à plumes.

Au BNVCA nous étions convaincu que le signalement  ainsi présenté, allait permettre aux enquêteurs  l‘arrestation rapide.

L’étudiant israelien assisté de notre collaborateur a maintenu et confirmé  sa plainte ce jour au commissariat de Police.

Il s’agit d’un mineur de 17 ans Oscar J…. déjà connu des services de police et qui  a reconnu les faits.

Pour le BNVCA cette agression illustre parfaitement l’agression antisioniste motivée par la haine d’Israel et la détestation de l’Etat Juif, propagées tant sur les réseaux sociaux, que par les organisations islamo gauchistes ou le mouvement illégal BDS.

Pour le BNVCA le mobile antisémite est clair et doit être retenu contre l’auteur comme circonstance aggravante.

Le BNVCA qui se constitue partie civile  confie la défense de la victime et celle du BNVCA à Maitre Charles  Baccouche conseil du BNVCA.

Nous demanderons qu’une peine sévère soit prononcée contre cl’agresseur en dépit de sa minorité pénale .

Agression antisémite de nature antisioniste commise le 9/12/2019 à 7h00 à la station de métro Château d’Eau à Paris.

Le BNVCA dénonce et condamne avec force l’agression antisémite de nature antisioniste commise à 6h55 ce 9 décembre 2019 contre un étudiant israélien en France, dans la rame de métro à la station Château d’Eau à Paris 10e.

Alors que l’étudiant  B. Yogev, âgé d’une trentaine d’années, pénétrait dans la rame de métro à la station Château d’Eau, il  a du répondre en hébreu à son père qui venait juste de l’appeler au téléphone.

A ce moment deux hommes, décrits, grands, 1m90 environ et de couleur, d’origine africaine, se mettent à crier, sur lui, aidés par des passagers qui le menaçaient et le pointaient du doigt,

L’agresseur, décrit par sa victime, recouvert d’u manteau blanc à plumes, reconnaissant la langue Hébreu parlée par l’étudiant, s’est alors acharné sur lui, le frappant violemment sur la tête, sur  le corps et le visage Il s’est même évanoui sur le plancher du wagon.

 L’étudiant israélien a été transporté à l’hôpital Lariboisière à Paris par les secours arrivés sur place, prévenus par son ami qui l’accompagnait.

La victime souffre d’une plaie orbitaire gauche, d’une fracture des OPN avec plaie orbitaire gauche.

L’agresseur s’est enfui et n’a pu être rattrapé.

Cette nouvelle attaque tend à confirmer que l’antisionisme est bien de nature antisémite.

Nous avons recommandé à l’étudiant de déposer plainte auprès de la Police.

Nous demandons aux services de police et de sécurité de la RATP de tout mettre en oeuvre pour identifier l’auteur antijuif antisioniste et l’interpeller.

MÉMOIRE – COMMÉMORATION : SOUVENIRS DE LA RAFLE DES JUIFS DE TUNIS PAR L’ARMÉE NAZIE

Dimanche 8 décembre, à 10h45, une cérémonie commémorative en mémoire de la rafle des Juifs de Tunis par les soldats SS aura lieu au Mémorial de la Shoah. 

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, 90 000 Juifs vivaient en Tunisie. Le 9 novembre 1942, les nazis envahissent le pays. Ils organisent des rafles, dont la plus importante se déroule à Tunis. Au total, près de 5 000 Juifs sont envoyés aux travaux forcés dans 32 camps éparpillés dans le pays. À partir d’avril 1943 commenceront les premières déportations vers les camps en Europe. 

Sur cette photo, des Juifs sont réquisitionnés par l’administration nazie pour le travail forcé, à Tunis. (Tunisie, décembre 1942)

La Société d’Histoire des Juifs de Tunisie (SHJT) et le Mémorial de la Shoah vous prient d’assister à la cérémonie commémorative de la rafle des Juifs de Tunis par les S.S. (9 décembre 1942)

qui se tiendra le Dimanche 8 Décembre 2019 à 10h45

au Mémorial de la Shoah

17 rue Geoffroy l’Asnier – Paris 4ème (Métro Hôtel de Ville)

sous la haute présidence du Grand Rabbin de France, et en présence de différentes personnalités civiles, militaires et religieuses.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site du Mémorial de la Shoah ou de la SHJT

Entrée libre et gratuite

Crédit Photo : © Mémorial de la Shoah/CDJC 

Iran : massacre à Mahshahr

ShareAmerica – 

Des individus masqués (© Vahid Salemi/AP Images)
Les forces de sécurité iraniennes, dont des membres en photo ci-dessus, sont accusées d’avoir tué des manifestants non armés en novembre 2019. (© Vahid Salemi/AP Images)

Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a massacré jusqu’à 100 personnes à Mahshahr dans le sud-ouest de l’Iran, a déclaré Brian Hook, le représentant spécial des États-Unis pour l’Iran, lors d’un point de presse tenu le 5 décembre.

Le mois dernier, le CGRI a ouvert le feu sur des manifestants descendus dans les rues de Mahshahr, tuant plusieurs d’entre eux et forçant de nombreux autres à prendre la fuite pour tenter d’avoir la vie sauve, a-t-il ajouté. Les membres du CGRI se sont lancés à la poursuite des protestataires dans des camions équipés de mitrailleuses et les ont encerclés dans un marécage du coin.

« Ils ont alors ouvert le feu sur les manifestants, a ajouté M. Hook. Entre les salves des mitrailleuses, on entendait les cris des victimes. »

Une foule épaisse de gens assis ou debout dans une rue (© Mostafa Shanechi/ISNA/AP Images)
En Iran, la population a récemment manifesté pour protester contre les politiques du régime. (© Mostafa Shanechi/ISNA/AP Images)

Le massacre à Mahshahr n’est qu’un exemple des violences perpétrées par le régime iranien contre son propre peuple qui ont été révélées par internet une fois que Téhéran a levé son couvre-feu numérique qui avait affecté pratiquement tout le pays.

Le régime a fermé l’accès à internet le 16 novembre pour camoufler sa réponse aux manifestations, organisées au départ pour protester contre une hausse du prix de l’essence. Elles ont évolué pour dénoncer des décennies de répression aux mains du régime et sa mauvaise gestion de l’économie nationale.

Secretary Pompeo@SecPompeo

Last week, I asked the courageous Iranian people to send us evidence documenting the regime’s violent crackdown of #IranProtests. So far, we received nearly 20,000 messages. The U.S. already took action against Iran’s Disinformation Minister. More sanctions are coming.

Embedded video

Face à la censure d’internet, le secrétaire d’État américain, Michael Pompeo, a demandé aux Iraniens de fournir au gouvernement des États-Unis des vidéos des atrocités commises par Téhéran. Selon Amnesty International, les forces de sécurité du régime auraient tué des civils, puis même cherché à obtenir des compensations monétaires auprès des familles des victimes pour leur rendre la dépouille de leurs êtres chers.

Outre le massacre à Mahshahr, a souligné M. Hook, des centaines de manifestants auraient été tués à Téhéran et dans les environs de la capitale, y compris au moins douze enfants, dont certains âgés de 13 ans seulement.

« Nous sommes en train d’en apprendre toujours plus sur la façon dont le régime iranien traite son peuple, a dit M. Hook. Au fur et à mesure que la vérité émerge d’Iran, il semble que le régime aurait pu tuer plus de mille citoyens iraniens depuis le début des manifestations. »

Le régime a également détenu au moins 7 000 manifestants, dont beaucoup dans deux prisons décrites par M. Hook comme étant notoires pour leurs conditions inhumaines et leurs violations flagrantes des droits de l’Homme, notamment leur surpopulation, les infestations de rongeurs et les mauvais traitements, y compris les viols.

« Les États-Unis appellent à la remise en liberté immédiate de tous les manifestants détenus derrière les barreaux ainsi que de tous les prisonniers politiques actuellement placés en détention par le régime, a martelé M. Hook. Il est temps que tous les pays se tiennent aux côtés du peuple iranien, isolent le régime sur le plan diplomatique et prennent des sanctions contre les responsables qui se sont rendus coupables du meurtre d’Iraniens innocents. »

LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU

Policiers : des lettres de menace reçues à leur domicile

Des policiers et des CRS ont reçu des lettres de menace à leur domicile jeudi 5 décembre. Les mots sont très violents et la profession est en émoi.france 2

France 2 – France Télévisions

La lettre est explicite. “Pensez à votre famille que vous laissez seule les week-ends. Pour chaque citoyen blessé, ce sera un membre de famille de FDO (forces de l’ordre) qui subira les mêmes préjudices et sans remords”.Ces mots ont été adressés à des policiers et CRS. Au total, ils sont une dizaine a avoir reçu ce courrier depuis jeudi 5 décembre. “Je n’accepterai jamais que l’on menace ceux qui nous protègent, jusque dans leurs foyers”, a indiqué le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, sur Twitter. Des plaintes ont été déposées et une enquête a été ouverte.

Les syndicats réclament l’anonymat

Pour les syndicats de police, ces lettres illustrent le climat de tension dans lequel vivent les forces de l’ordre, dont les identités peuvent circuler sur internet. “Nous, ce qu’on veut c’est qu’il y ait de la sécurité, qu’on nous accorde l’anonymat pour pouvoir exercer nos fonctions et aussi ne pas mettre en danger nos familles”, réclame Sylvain Durante, du syndicat Alternative Police Île-de-France. La police scientifique a été saisie pour tenter de relever des indices sur les lettres


LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU

Quand des survivants de la Shoah rencontrent les élèves d’un cours de théâtre

Le documentaire ‘Witness Theater’ montre comment des cours de comédie comblent les écarts de communication entre des octogénaires et lycéens et leurs amitiés conséquentes 

Par RICH TENORIO5 Pour The Times Of Israël

Une journée d’automne, une professeure de théâtre apprend à sa classe, formée de 24 élèves, à se promener dans une pièce et à se saluer par le regard seulement. Ce qui est plus inhabituel, c’est que ces acteurs néophytes sont un mélange de lycéens et de survivants de la Shoah.

Ce programme intergénérationnel, appelé Witness Theater, est au cœur d’un nouveau documentaire qui porte le même nom et qui a été réalisé par Oren Rudavsky. « Witness Theater » a été projeté du festival du film juif de Boston le 11 et le 14 novembre.

Le programme Witness Theater est né en Israël et il s’est exporté aux Etats-Unis, notamment à New York, par le biais d’une organisation pour les survivants de la Shoah appelée Selfhelp Community Services.

Le film de Rudavsky a été tourné à la Joel Braverman High School, à la yeshiva de Flatbush à Brooklyn, pendant la mise en oeuvre du programme qui a eu lieu au cours de l’année scolaire 2016-2017.

« L’une des raisons d’être de ce programme, c’est que ces communautés survivantes sont en train de disparaître », explique Rudavsky au Times of Israel. « C’est un projet qui vise à créer une autre génération de personnes qui sera en mesure de raconter leurs histoires ».

Selon le site Selfhelp, il y a approximativement 40 000 survivants dans la ville de New York – ce qui représente plus de la moitié de la population de survivants de tous les Etats-Unis – et leur nombre devrait chuter à 23 000 d’ici 2025 dans la Grande pomme.

Selfhelp fait état de pourcentages significatifs de survivants à New York dans un état de santé médiocre, et presque 50% de la population dont s’occupe l’organisation vit légèrement au-dessous du seuil de pauvreté fédéral américain.

La pauvreté des survivants est un phénomène mondial qui a été notamment mis en avant dans la Déclaration Terezin de la Conférence sur les avoirs liés à l’époque de la Shoah à Prague, le 30 juin 2009, qui disait qu’il « est inacceptable que ceux qui ont tellement souffert au début de leurs vies doivent vivre dans la pauvreté à la fin de leur existence ».

Au commencement du film, huit survivants rencontrent 16 élèves et leur professeure de théâtre, Sally Shatzkes. Certains vivent seuls : c’est le cas de Claudine Barbit, une survivante française âgée de 89 ans. D’autres sont des couples mariés, comme Aron et Cipora Tambor, ou Eazek et Rosa Blum. Aron, qui était âgé de 88 ans au moment du tournage, dit de Cipora dans le film : « cela fait 63 ans et demi que je suis tombé amoureux de ce visage ».

« Ils m’ont enthousiasmé », dit Rudavsky des survivants. « Certains étaient réellement des vedettes-nées. Eazek et Aron étaient des vedettes phénoménales ».

« Et », ajoute-t-il, « j’ai trouvé Claudine merveilleusement irrévérencieuse et charmante. Ces trois-là m’ont charmé dès le début ».

Rudavsky explique que les élèves qui ont rencontré le trio « se sont fortement liés à eux », notant en particulier l’un d’entre eux, Max. Pour Rudavsky, Max a été « quelqu’un de très particulier pendant tout ce processus ».

Il mentionne également Sarali et Mimi, deux autres élèves, expliquant que Mimi lui a confié un « récit poignant » au sujet de ses propres grands-parents survivants.

Oren Rudavsky, réalisateur de ‘Witness Theater.’ (Autorisation)

Le travail exigé par le théâtre permet d’unir le groupe en utilisant des moyens nouveaux – ce qui amène à Aron à plaisanter en comparant cette expérience à « un cours de psychologie ».

Rudavsky se réjouit du fait qu’il y ait beaucoup d’humour dans le documentaire.

Mais il y a aussi les souffrances endurées pendant la Shoah, que les élèves apprennent de la bouche des survivants.

Eazek, 94 ans, revient sur une vie qui avait commencé en Argentine en 1922, un pays dans lequel il était resté jusqu’en 1929. Sa famille était ensuite retournée dans sa Pologne d’origine.

Il évoque l’antisémitisme subi dans son nouveau pays, remarquant qu’il n’avait jamais rencontré ce problème en Argentine. Son père devait refuser une opportunité de partir vers la Palestine en 1936.

« Je ne sais pas pourquoi », dit Eazek.

Pendant la Seconde guerre mondiale, Eazek avait été forcé de travailler dans une usine de fabrication de munitions, dans le ghetto. Dans le film, il évoque la « peur constante » de la déportation à Treblinka, où sont morts de 700 000 à 900 000 Juifs ainsi que 2000 Roms. Un élève note que plus de Juifs sont morts là-bas que dans d’importe quel autre camp, à l’exception d’Auschwitz-Birkenau.

Dans le documentaire, Eazek clame que c’est l’amour qu’il portait à Rosa, qui travaillait également dans l’usine, qui l’avait sauvé de la déportation. Dans l’une des quelques animations présentées dans le film apparaît un wagon destiné à transporter les victimes vers le fameux camp de la mort.

Eazek dit néanmoins que « j’ai été sauvé. Ils m’ont fait descendre ».

Seconde chance : Il avait dit à un officier allemand qu’il voulait être avec la femme qu’il aimait et un gardien avait réuni le couple. Ils devaient finalement se marier et, poursuit Eazek, « cela fait déjà 74 ans que nous sommes ensemble ».

Aron, pour sa part, se souvient de sa captivité à Auschwitz-Birkenau. L’un de ses amis, un garçon de son âge, avait appris que son père était sur le point de se faire fusiller. Aron n’était pas parvenu à le retenir et son camarade s’était précipité pour se mettre à côté de son père, au sol. Les nazis les avaient exécutés tous les deux.

Extrait animé de l’invasion nazie de Paris extraite du film « Witness Theater » (Autorisation : Rudavsky)

Claudine raconte la tragédie du suicide de sa mère « juste avant la guerre » et elle indique que dans la France occupée par les nazis, « ma famille entière a été assassinée, les uns après les autres », amenant Schatzkes à suggérer une pièce écrite en l’honneur de la mère de Claudine.

« Nous sommes à vos côtés, ici, pour vous rendre hommage et rendre hommage à la mémoire de votre mère », dit Schatzkes, qui demande à Claudine de décrire cette dernière en trois mots. Ce sont finalement « très belle, talentueuse et une bonne personne » qui sont choisis – après quoi le groupe se réunit autour de Claudine et l’étreint, un moment, qui, dit Rudavsky, « est d’une certaine manière, à mes yeux, au cœur du film ».

« Pour certains survivants, il y a un processus qu’il faut comprendre, un processus thérapeutique qui intervient », explique-t-il. « Je pense que c’est, d’une certaine façon, symbolisé par ce sentiment qu’a Claudine qu’il est impossible pour qui que ce soit de réellement et pleinement comprendre autrui, en particulier lorsqu’il s’agit de quelque chose d’aussi horrible que la Shoah. C’est impossible – et pourtant c’est bien ce qui est en jeu dans ce processus ».

La survivante de la Shoah Claudine Barbot dans une production interprétée par les les étudiants de la yeshiva du lycée Flatbush Joel Braverma, le 23 avril 2017 dans le film Witness Theater (Crédit : Debbie Egan-Chin/New York Daily News)

Une expérience qui touche les élèves comme les survivants. Alors qu’Aron raconte ce qu’il a vécu à Auschwitz-Birkenau, une adolescente commence à pleurer. Aron lui dit qu’il est désolé, ajoutant : « Je pense que ça suffit pour aujourd’hui ».

« Je pense que les élèves ont leurs propres craintes d’être traumatisés émotionnellement, peut-être, de se laisser envahir par les récits, et qu’il est difficile pour eux d’écouter ces histoires », dit Rudavsky.

Malgré les difficultés, les élèves apprennent à connaître les survivants au niveau personnel. Ils vont les voir et ils apprennent les détails de leurs existences pendant et après la guerre.

Dans son habitation, Claudine montre l’étoile jaune qu’elle devait porter en France et qu’elle a conservé. Elle partage également d’autres aspects de sa vie, notamment les sculptures de feu son époux, un artiste. Et, dit-elle, elle-même a été danseuse de ballet pendant sept ans.

« Finalement, le film devient un documentaire sur la Shoah, sur les survivants de la Shoah », dit Rudavsky. « Je pense – c’est bien plus important – qu’il parle des jeunes et des personnes âgées qui parviennent à partager des choses ensemble – ce qui arrive de moins en moins ».

Rudavsky note qu’aujourd’hui, les gens sont « tous sur leurs téléphones mobiles, ils n’interagissent plus » tandis que le film présente « des interactions sans passer par le téléphone… Oui, nous vivons dans une culture jetable et au-delà de ça, dans une culture où plus personne n’a besoin de se regarder dans les yeux pour parler. Les parents ne parlent pas nécessairement aux enfants. Les enfants ne parlent pas nécessairement à leurs amis. ‘Witness Theater’ remonte à un temps où l’idée de partager quelque chose était différente ».

La survivante de la Shoah Khana Kuperman, à droite, avec Samantha Schabot, à gauche, et Diana Hoffstein, au centre, dans une production du Witness Theater ‘The Spirit of Hope,’ par les étudiants de la yeshiva du lycée Flatbush Joel Braverma, le 23 avril 2017 (Crédit : Debbie Egan-Chin/New York Daily News/ Autorisation : Rudavsky)

Evoquant le programme Witness Theater, le réalisateur indique qu’il « n’est pas surprenant pour moi qu’il soit d’origine israélienne », ajoutant qu’il lui rappelle « les premiers jours du sionisme israélien ».

« Ce sont les premières expériences du kibboutz en collectivité, lorsque les gens comptaient les uns sur les autres de manière unique et qu’ils partageaient une expérience à la fois individuelle mais qui s’appuyait toutefois sur autrui », dit Rudavsky.

« Dans le film, c’est une expérience collective. Toutes les sessions s’achèvent avec les élèves et les survivants qui se tiennent en cercle… Tout commençait et tout se terminait avec un cercle, chacun entrant dans le cercle et partageant avec le reste du groupe… S’ils se rendaient aux domiciles des uns et des autres, qu’ils sortaient ainsi du groupe, c’était le moment de ramener leurs expériences au sein du groupe », ajoute-t-il.

Les élèves incorporent tout ce qui leur a été donné d’apprendre au cours du programme dans une pièce qu’ils interprètent eux-mêmes aux côtés des survivants, qui s’émerveillent face aux lumières, aux étreintes et aux gros plans – ainsi que de la présence des médias de New York. La pièce permet de découvrir des moments glanés au cours de leurs nombreuses interactions, comme la reconstitution du refus de Claudine d’abandonner son étoile juive, qui est jouée en français.

Eazek, pour sa part, évoque sa rencontre avec Rosa, cette « jeune fille belle, gentille, pleine d’abnégation ». Max interprète l’officier allemand qui réunit le couple après qu’Eazek a échappé à la déportation à Treblinka.

Isaac Blum, survivant de la Shoah, dans « The Spirit of Hope », interprété par les les étudiants de la yeshiva du lycée Flatbush Joel Braverma, dans le film Witness Theater, le 23 avril 2017 (Crédit : Debbie Egan-Chin/New York Daily News)

Depuis que le film a été tourné, Eazek, Claudine et Aron sont décédés.

Rudavsky, pour sa part, se concentre sur la projection du film qui aura lieu dans la région de Boston après plusieurs présentations réussies – notamment au festival du film juif d’Atlanta et au festival international du film de Cleveland.

« Mon plus grand espoir, c’est que des enfants voient le documentaire », dit Rudavsky. « Qu’ils voient d’autres élèves comme eux travailler aux côtés de ces personnes âgées, pleurant, créant des liens – c’est vraiment la thématique du film. Puis tous les publics du festival. Vous savez, d’un côté, les gens ont tendance à se dire : ‘Oh, j’ai tout vu en ce qui concerne la Shoah, je sais tout’. Mais ils ne connaissent pas cette histoire ».

Le premier degré fait-il la loi en France?

par Alain Finkielkraut – Pour Causeur

(c) Hannah Assouline

« L’Esprit de l’escalier », l’émission culte d’Alain Finkielkraut et d’Elisabeth Lévy est de retour en exclusivité sur RNR.TV. Au programme d’Alain Finkielkraut ce mois-ci: l’affaire Polanski, la confession du violeur et la manifestation contre l’islamophobie


L’affaire Polanski

Faut-il aller voir J’accuse ? Oui et de toute urgence. De la scène inoubliable de la dégradation de Dreyfus à la réhabilitation finale, Polanski raconte l’Affaire du point de vue du colonel Picquart, l’officier plein d’avenir et de préjugés antisémites qui a mis sa carrière et même sa vie en péril quand il a découvert que le prisonnier de l’île du Diable n’était pas le traître. C’est un film tout ensemble austère et palpitant qui donne beaucoup à penser.

Mais, comme Polanski est accusé de viol par une ancienne actrice, quarante-cinq ans après les faits, les néoféministes appellent au boycott, avec l’agrément du ministre de la Culture en personne. Et la bonne presse, Télérama en tête, nous explique qu’il est temps d’en finir avec le dogme proustien de la distinction entre l’homme et l’artiste. Tzvetan Todorov affirmait déjà, naguère, que « si Shakespeare, miraculeusement revenu au monde, nous apprenait que son passe-temps favori était le viol de petites filles, nous ne devrions pas l’encourager dans cette voie, sous prétexte qu’il pourrait produire un autre Roi Lear. Le monde n’est pas fait pour aboutir à une œuvre d’art ».

Mais admettons un instant que cette hypothèse délirante soit vraie ou que Shakespeare nous cache encore quelque secret honteux. Le Roi Lear n’en resterait pas moins une des pièces les plus profondément humaines du répertoire européen. Preuve éclatante du mystère de la création et qu’on peut confondre dans un même opprobre l’artiste et l’homme. Salaud intégral, Céline a écrit le Voyage au bout de la nuit qui n’est, en aucune manière, l’expression de son ignominie.

Jean Dujardin en colonel Picquart, dans J'accuse, de Roman Polanski (c) Guy Ferrandis / Légendaire - R.P. Productions

Jean Dujardin en colonel Picquart, dans J’accuse, de Roman Polanski (c) Guy Ferrandis / Légendaire – R.P. Productions

Mais nos procureur.e.s. n’en ont cure. Gauguin, Balthus, Woody Allen, Polanski : ils et elles ont mis sur pied un tribunal affranchi des règles du droit qui, pour faire la place aux femmes et aux minorités, n’épargnera bientôt aucun mâle blanc.

La confession du violeur

Sous l’influence de Cyrano de Bergerac (long, mon nez ? Non : immense. « C’est un cap. Que dis-je ? C’est une péninsule »), j’ai toujours pensé que la réaction la plus civilisée à une moquerie ou à une agression verbale était la surenchère ironique. À Caroline de Haas, qui m’accusait, sur le plateau de LCI, de faire l’apologie du viol, j’ai donc répondu par un vibrant coming out : « Je dis aux hommes : “Violez les femmes”, d’ailleurs je viole la mienne tous les jours. » Résultat : le Parti socialiste a saisi le CSA, quatre députés de la France insoumise ont fait un signalement au parquet, une pétition exigeant l’arrêt immédiat de mon émission « Répliques » a été envoyée à Radio France et toute la gauche béarnaise – des radicaux aux communistes – a réclamé la déprogrammation d’une conférence que je devais tenir à Pau le 23 novembre. Les organisateurs n’ayant pas cédé, j’ai bénéficié dès ma descente d’avion d’une protection policière rapprochée. Et deux officiers de sécurité m’ont raccompagné jusqu’à l’aéroport. La gauche qui incarna longtemps, comme le dit Jacques Julliard, l’alliance de la justice et du progrès, est-elle en train de mourir de bêtise ? Le premier degré fait-il la loi en France ? Cette patrie littéraire devient-elle une société littérale ?

Comme les Insoumis n’ont pas, malgré une démagogie effrénée, réussi à séduire les gilets jaunes de la France périphérique, ils tablent sur la France des quartiers, dont la population ne cesse de croître

Toutes les personnes qui me clouent au pilori n’ont pas pris, il est vrai, mon « cri du cœur » au pied de la lettre. Mais, proclament-elles, on ne rigole pas avec ces choses-là.Ah, bon ? Croit-on que lorsque, du fait de mon souci constant d’Israël ou de ma défense de l’identité française, on me traite de raciste voire de nazi, j’évoque, la voix tremblante, l’avant-bras tatoué de mon père ? Non, j’en rajoute et je dis que la déportation des mauvais Français est mon plus cher désir. Plus les accusations portées contre moi sont lourdes et plus ma fureur prend le ton de l’ironie.

Cette indignation ridicule a dissimulé, qui plus est, le vrai scandale qui s’est produit pendant l’émission. La chercheuse militante Maboula Soumahoro développant le thème hélas rebattu du racisme d’État, Francis Szpiner l’a interpellée vivement : « Il y a du racisme en France, mais je ne vous permets pas de dire que la France est un pays raciste. » Réponse de Maboula Soumahoro : « Je suis française comme vous, je fais ce que je veux, je dis ce que je veux. » Je suis alors intervenu : « Vous êtes universitaire, vous n’êtes pas victime de la ségrégation, vous exercez dans ce pays. Ne pourriez-vous pas montrer un peu de gratitude ? » David Pujadas me demandant de m’expliquer, j’ai précisé que j’étais moi-même un enfant de parents immigrés, que j’avais fait mes études à Paris, que j’avais pu enseigner à l’école Polytechnique et que j’étais reconnaissant d’avoir un accès direct, par ma langue maternelle, à une littérature magnifique. Et j’ai demandé à Maboula Soumahoro pourquoi, quels que soient par ailleurs ses griefs, elle se refusait à dire merci. La représentante des écologistes Sandra Regol a pris alors Pujadas à témoin de l’insulte dont je venais de me rendre coupable. Le contraire de la gratitude, c’est le ressentiment, c’est la haine. Et la haine, nous a-t-on appris sur le plateau de LCI, est l’attitude désormais requise par l’antiracisme.

Cette francophobie va triompher, prévient, avec un large sourire, Maboula Soumahoro : « Vous paniquez parce que votre monde est en train de finir. » J’aimerais que cette prédiction soit fausse. Mais vu le train où va l’Histoire, je n’y mettrais pas ma main au feu.

La manifestation contre l’islamophobie

Même s’ils sont beaucoup moins nombreux que les actes antisémites ou antichrétiens, les actes antimusulmans doivent être dénoncés sans relâche et punis sans faiblesse. Mais le concept d’islamophobie est l’alibi de l’islam séparatiste et de l’islam conquérant. Ce concept installe ses utilisateurs dans le seul registre du grief et de la plainte. Peu importe qu’il y ait aujourd’hui 3 000 lieux de culte musulmans contre 900 en 1985, on s’érige en victimes d’une société et d’un État islamophobe comme si, en dépit même de toutes les violences commises au nom de l’islam, la pensée critique et la remise en question de soi devaient rester à jamais une prérogative européenne.

La présence, le 10 novembre, à la manifestation contre l’islamophobie, de nombreux écologistes et des leaders de la France insoumise témoigne de la conjonction inédite entre l’idéalisme compassionnel et le réalisme sordidement calculateur. Nos « progressistes » se portent au secours des humiliés pour mieux flatter un électorat potentiel. À chaque fois qu’il fustige le communautarisme, Jean-Luc Mélenchon vise le CRIF. Aucun risque de sécession de ce côté-là, mais il n’y a que 700 000 juifs en France pour 6 millions de musulmans. Le compte est vite fait. Et comme les Insoumis n’ont pas, malgré une démagogie effrénée, réussi à séduire les gilets jaunes de la France périphérique, ils tablent sur la France des quartiers, dont la population ne cesse de croître. Il y aura donc aux prochaines élections des listes communautaires et des listes clientélistes, c’est-à-dire communautarisées. L’ingratitude a de beaux jours devant elle.

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« Le silence ne doit pas être la seule réponse » face aux crimes nazis, pour Merkel

La chancelière est arrivée ce vendredi matin dans le camp de concentration d’Auschwitz. Une première pour un chef de gouvernement allemand depuis 1995.

Source AFP

C’est une visite historique et un discours fort de la part d’Angela Merkel. Pour la première fois depuis 1995, un chef de gouvernement allemand s’est rendu à Auschwitz. Angela Merkel, la chancelière, est arrivée vendredi dans l’ancien camp nazi, lieu marquant de l’Holocauste, selon les journalistes de l’Agence France-Presse. Ce déplacement intervient alors que l’antisémitisme ressurgit en Europeet que la disparition des témoins complique la transmission de la mémoire.

Selon elle, le souvenir des crimes nazis demeure « inséparable » de l’identité allemande. « Se souvenir des crimes, nommer leurs auteurs et rendre aux victimes un hommage digne, c’est une responsabilité qui ne s’arrête jamais. Ce n’est pas négociable. Et c’est inséparable de notre pays. Être conscient de cette responsabilité est une part de notre identité nationale », a martelé la dirigeante. La voix altérée, après avoir écouté le témoignage d’un rescapé arrivé à 12 ans à Auschwitz, la chancelière a reconnu qu’il était « tout sauf facile » de se présenter dans un lieu où les crimes des Allemands ont « dépassé tout ce qui est imaginable ».

« Le silence ne doit pas être la seule réponse »

Angela Merkel a insisté sur le fait qu’il était « important » de rendre à Auschwitz son « nom complet ». Certes situé dans l’actuelle Pologne, le camp était dans une région « annexée en octobre 1939 par le Reich » et fut « administré par les Allemands ». « Il est important de nommer clairement les criminels. Nous, les Allemands, le devons aux victimes et à nous mêmes », a-t-elle déclaré. Mais, si elle a expliqué avoir « profondément honte » des crimes nazis, « le silence ne doit pas être la seule réponse ». « Le lieu lui-même nous oblige à garder en vie la mémoire » et, face à la montée des actes antisémites, « on doit se lever et dire notre désaccord », a-t-elle exhorté.

Insistant sur le fait que chacune des 1,1 million de personnes tuées à Auschwitz avait « un nom, une dignité inaltérable, une origine, une histoire », elle leur a rendu hommage, tout en évoquant la culpabilité et la douleur des survivants. « Je m’incline profondément » devant chacun d’entre eux, a-t-elle conclu, avant un entretien prévu loin des caméras avec un rescapé d’Auschwitz.

1,1 million de personnes tuées

La chancelière allemande est accompagnée, lors de ce déplacement, par le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, et par un survivant d’Auschwitz, Stanislaw Bartnikowski, 87 ans, ainsi que des représentants de la communauté juive. À la veille de ce déplacement, Angela Merkel a annoncé l’octroi de 60 millions d’euros à la Fondation Auschwitz-Birkenau pour le maintien du site où furent assassinées quelque 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs, entre 1940 et 1945. La majorité d’entre eux étaient tués dès leur arrivée dans ce camp de concentration et d’extermination nazi situé dans la Pologne d’aujourd’hui.

La chancelière, née neuf ans après la Seconde Guerre mondiale, effectue cette visite peu avant les commémorations du 75eanniversaire de la libération d’Auschwitz par l’Armée rouge, le 27 janvier 1945. Elle doit observer une minute de silence devant le mur de la Mort, où furent fusillés des milliers de détenus.

« Une rupture dans la civilisation »

Ensuite, elle se rendra à Birkenau, distant de 3 kilomètres du camp principal, notamment sur la rampe où étaient « sélectionnés » les déportés à leur descente des wagons à bestiaux : les plus jeunes, les plus âgés et les plus fragiles étaient immédiatement envoyés à la mort. La chancelière, pour qui la Shoah est « une rupture dans la civilisation », doit s’exprimer en milieu de journée.

En Allemagne, qui a fait du souvenir de la Shoah le cœur de son identité d’après-guerre, les autorités s’inquiètent d’une hausse très nette des actes antisémites. Jeudi, avant son déplacement, Angela Merkel a d’ailleurs réaffirmé que « la lutte contre l’antisémitisme et contre toute forme de haine » était l’une des priorités de son gouvernement. Elle a aussi insisté sur la « détermination » des autorités à voir une communauté juive, en plein essor, s’épanouir en Allemagne.

En octobre, un attentat finalement avorté contre une synagogue de Halle a suscité un choc dans le pays. Son auteur, qui a tué deux personnes au hasard, est un jeune adepte des thèses négationnistes. Le parti d’extrême droite AfD, qui siège depuis deux ans au Bundestag, prône par ailleurs la fin de la culture du repentir. Le nom d’Auschwitz est devenu le synonyme du Mal absolu. Des Juifs de toute l’Europe, de la Hongrie à la Grèce, y ont été exterminés.

Après Helmut Schmidt et Helmut Kohl

Des détenus, parmi lesquels des enfants, ont été soumis aux expérimentations effroyables du docteur Josef Mengele, l’« ange de la mort ». C’est également dans ce camp, qui comprenait quatre chambres à gaz et quatre crématoriums, qu’a été employé pour la première fois en 1941 le gaz Zyklon B.

Pour le président du Conseil central des Juifs d’Allemagne, Josef Schuster, qui accompagne Angela Merkel, « il n’y a aucun autre lieu de mémoire qui montre avec tant d’acuité ce qui s’est passé avec la Shoah ». « L’assassinat industrialisé de masse » continue 75 ans plus tard de faire « frissonner » le visiteur, ajoute Josef Schuster auprès de l’Agence France-Presse.

Angela Merkel ne sera que la troisième dirigeante de gouvernement allemand à se rendre à Auschwitz, après Helmut Schmidt en 1977 et Helmut Kohl en 1989 et 1995. En 14 ans au pouvoir, la dirigeante a multiplié les gestes forts en se rendant à Ravensbrück, Dachau, Buchenwald, et au Mémorial de l’Holocauste de Yad Vashem à Jérusalem. Surtout, en 2008, elle fut la première cheffe de gouvernement allemand à prononcer un discours à la Knesset, le parlement israélien. Elle avait répété « la honte » qui entache les Allemands.

Depuis 23 ans, le 27 janvier est la Journée du souvenir des victimes du nazisme en Allemagne.

L’ANTISIONISME SYSTÉMATIQUE EST UN ANTISÉMITISME, PAR JOËL MERGUI

Un siècle ne s’est pas encore totalement écoulé, des témoins et des acteurs de l’époque la plus sombre de l’Europe sont encore en vie, des familles conservent toujours la mémoire douloureuse de leur disparus, que déjà resurgissent sur le vieux continent les violences, la haine et les relents antisémites.

En France, lorsque ce n’est pas sur les synagogues, des graffitis souillent les murs d’une faculté de Droit à Strasbourg, des croix gammées vandalisent massivement des cimetières juifs, dont celui, il y a quelques jours de Westhoffen, où s’égrènent sur les tombes profanées des noms de familles juives célèbres, synonymes de grands serviteurs de l’État comme Blum ou Debré.

Les vieilles thèses nazies – que l’on avait espérées bannies à jamais de la conscience collective – reprennent de la vigueur. Elles s’appuient sur toutes sortes d’inepties, à la faveur de la banalisation des théories complotistes, de la superficialité des connaissances, de la floraison bavarde de réseaux sociaux concurrents et de la difficulté politique et sociale à voir se construire un sens commun de l’intérêt général.

Lorsque les forums d’internet confondent liberté d’expression et appels à la haine, lorsqu’en réaction à la peur de l’immigration et à la dissolution des identités, les violences des suprémacistes blancs – nouvelle garde des nazis d’hier- se conjuguent à la terreur des islamistes radicaux, le produit de cette confrontation explosive est comme toujours l’opprobre et la condamnation des juifs et désormais celles d’Israël.

Certains font mine de croire qu’il est juste, moral et pacifique d’appeler aux sanctions, au boycott et de mettre à l’index un seul pays au monde, son économie entière, son peuple sans distinction, tous les pans de sa culture, ses universités, ses sportifs, ses scientifiques, tout autant que ceux qui partagent partout ailleurs le même culte et la même identité de cœur.

Ceux-là ne reconnaissent jamais rien de positif aux israéliens ni aux juifs que ces derniers soient : Prix Nobel, chercheurs, artistes, intellectuels, inventeurs, politiciens, créateurs, hommes ou femmes de bien.

Ils affirment pourtant refuser tout amalgame – un bien joli mot qui bouche les carences de la pensée -, ceux qui refusent la « judéophobie, » créée sur le modèle de « l’islamophobie ». Et pour cause, l’antisémitisme traine un lourd passé de juifs assassinés par millions, toujours sauvagement. Le négationnisme et la révision de l’histoire n’empêchent pas de réviser la réalité d’aujourd’hui et les mots du présent. L’antisémitisme n’a cessé d’évoluer, la sémantique antisémite aussi. Les faits ne mentent pas : c’est bien un nouveau visage de l’antisémitisme qu’abrite l’antisionisme systématique, lequel n’a rien de critique !

Voilà pourquoi, je remercie les 154 députés qui viennent d’adopter la résolution du député Sylvain Maillard de souscrire à la définition de l’organisation intergouvernementale pour la mémoire de la Shoah (IHRA). Celle-ci, qui compte 31 pays membres dont la France, avait adopté, en mai 2016, une définition consensuelle et non contraignante de l’antisémitisme permettant d’inclure cet antisionisme négateur. Leur vote permet enfin à la France de suivre la recommandation du Parlement européen qui, depuis sa validation en juin 2017, appellent ses États membres à en faire de même.

L’Allemagne qui y avait souscrit dès septembre 2017, a connu pour 2018 une augmentation de près de 20% des actes antisémites par rapport à l’année précédente, des actes principalement dus à des néonazis, comme celui qui a tué deux personnes à Halle, après avoir voulu commettre un massacre dans la synagogue, le jour emblématique de Yom Kippour. La même année en 2017, l’Office fédéral pour la protection de la Constitution (BfD) attirait l’attention sur les campagnes de boycott systématique d’Israël accusé de tous les maux et nié dans son droit à l’existence.

Si l’Allemagne dénonce sans fard les rejetons d’une idéologie mortifère antisémite et antidémocratique qu’elle a vu naître et prospérer, pourquoi en France devrions nous avoir des états d’âme et nous effaroucher d’une réalité dont la méconnaissance risque de nous faire perdre de précieuses années dans la lutte contre la haine des juifs et toutes les haines ?

C’est à l’honneur de l’Allemagne démocratique d’aujourd’hui que sa Chancelière madame Angela Merkel,  refuse d’oublier le passé en allant se recueillir à Auschwitz, ce vendredi 6 décembre, pour tenter d’éveiller à la paix les consciences des jeunes générations d’aujourd’hui, pour que ces dernières n’oublient pas combien il est facile de sombrer dans l’horreur absolue, avec au départ simplement la haine de tous les juifs, quels qu’ils soient.

DES ÉTUDIANTS DU TECHNION DÉVELOPPENT UN ALGORITHME POUR FAIRE ATTERRIR UN AVION EN PANNE DE MOTEUR

Un dysfonctionnement du moteur, des fuites de carburant ou un entretien inadéquat peuvent entraîner la mort des pilotes, de leurs équipages et de leurs passagers. Un groupe de recherche de l’ Institut de technologie Technion-Israël, dirigé par le professeur Nahum Shimkin, doyen de la Faculté de génie électrique de Viterbi, a développé un algorithme en ligne pour résoudre ce problème.

« L’algorithme en ligne calcule (et revérifie périodiquement) la trajectoire optimale globale en termes de perte d’altitude minimale, en tenant compte des obstacles de terrain générés par la descente et des estimations intenses dans le plan et dans le vent de travers », écrit le Technion dans un communiqué de presse. L’algorithme aiderait les pilotes en détresse, à l’instar de Chesley Sullenberger , qui a été contraint d’atterrir sur la rivière Hudson en 2009 après que ses deux moteurs aient été compromis.

“Puisque nous visons à aider un pilote soumis à un stress extrême, il est impératif de valider l’algorithme en vol réel”, a déclaré l’équipe à Technion. «Nous avons choisi de tester en vol notre algorithme optimal sur un Cessna 172 – afin de démontrer à la fois le choix optimal de la piste d’atterrissage, la génération de trajectoire et le suivi de cette trajectoire par le pilote en détresse.»

La simulation mise au point par les étudiants pour tester l’algorithme «implique la modélisation du vol, la génération de la trajectoire optimale vers la meilleure piste d’atterrissage et des repères sur un écran – pour que le pilote puisse suivre cette trajectoire. Cet environnement [simulé] a énormément contribué à notre débogage S / W intégré et donc au succès de notre expérience aéroportée », a déclaré l’équipe.

L’algorithme a pu acheminer un vol simulé en panne de moteur à l’ouest du mont Tabor jusqu’à une piste d’atterrissage à l’est de la montagne et lui a donné la trajectoire optimale à suivre par le pilote d’essai.

« Nous avons ainsi validé notre concept en vol, en tant qu’algorithme temps réel permettant de suivre la trajectoire optimale du pilote. Cet algorithme d’optimisation globale en temps réel, développé par l’équipe de recherche Technion, peut être facilement adopté dans les cockpits d’avions GA ainsi que pour les UAV », a déclaré l’équipe Technion.

Source : The Jerusalem Post

Des pays européens accusent l’Iran de développer des «missiles balistiques à capacité nucléaire»

Paris, Berlin et Londres dénoncent dans une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU les activités de l’Iran. Téhéran a condamné un «mensonge désespéré».Par Le Figaro avec ReutersPublié il y a 13 heures, mis à jour il y a 2 heures

L’Iran développe des «missiles balistiques à capacité nucléaire», violant une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies, dénoncent l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France dans une lettre commune au secrétariat général de l’ONU.

Les ambassadeurs de ces pays à l’ONU exhortent le secrétaire général Antonio Guterres à informer le Conseil dans son prochain rapport que l’activité de l’Iran en matière de missiles balistiques est «incompatible» avec une résolution du Conseil approuvant l’accord nucléaire avec l’Iran en 2015. Cette lettre est «un mensonge désespéré pour dissimuler leur misérable incompétence dans l’accomplissement du strict minimum de leurs propres obligations», a réagi sur Twitter Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères. Si les trois pays veulent avoir «un minimum de crédibilité mondiale, ils peuvent commencer par exercer leur souveraineté plutôt que de se plier aux pressions américaines», dénonce-t-il.

Detailed, legal rebuttal of the E3 letter to the UN by Iran’s Ambassador and Permanent Representative:

Voir l'image sur Twitter

Cette résolution des Nations unies, rappellent les trois puissances européennes, prévoit que «l’Iran est tenu de ne mener aucune activité liée aux missiles balistiques conçus pour pouvoir emporter des armes nucléaires, y compris les tirs recourant à la technologie des missiles balistiques». Or, ils «notent avec préoccupation» que l’Iran aurait contrevenu à cette résolution.

«Forte préoccupation»

Ils s’appuient notamment sur des images diffusées sur les «médias sociaux» le 22 avril 2019 montrant un essai d’une nouvelle version de missile balistique à moyenne portée Shahab-3, selon eux capable de transporter une arme nucléaire. Les États-Unis, qui se sont retirés en 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien, accusent l’Iran de tenter de développer des missiles à capacité nucléaire, ce que les Iraniens nient.

Londres, Berlin et Paris citent d’autres preuves de développement de ces missiles balistiques, comme le lancement le 2 août 2019 par les rebelles Houthis au Yémen, soutenus par l’Iran, du Borkan-3, un «missile balistique à propulsion liquide, d’une portée d’environ 1.300 kilomètres». Les trois puissances évoquent aussi le lancement, le 24 juillet 2019, d’un missile balistique qui aurait parcouru plus de 1.000 kilomètres et qui pourrait être «un missile Shahab-3 de moyenne portée».

«Nous avons exprimé à de nombreuses reprises notre forte préoccupation au sujet des activités balistiques de l’Iran qui ne sont pas conformes à ses obligations au titre de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies et constituent une menace pour la sécurité régionale et internationale», a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. «Nous appelons à nouveau l’Iran à respecter l’ensemble de ses obligations», a-t-elle ajouté.

«L’Iran est déterminé à poursuivre résolument ses activités liées aux missiles balistiques et aux lanceurs spatiaux», dit quant à lui l’ambassadeur iranien à l’ONU, Majid Takhte Ravanchi, dans une lettre adressée à Antonio Guterres. La commission conjointe des parties prenantes de l’accord sur le nucléaire iranien doit se réunir vendredi à Vienne, en Autriche.

“Vous ne nous effacerez pas” : à Westhoffen, les paroles fortes du grand Rabbin de Strasbourg

Suite à la profanation de 107 tombes au cimetière israélite de Westhoffen (Bas-Rhin), découverte ce mardi, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner s’est rendu sur place ce mercredi en fin de matinée. Il était notamment accompagné de représentants des cultes, d’élus bas-rhinois et de Jean-Louis Debré.

par Anne-Camille Beckelynck et Céline Rousseau ,

Pour L’ALSACE

Christophe Castaner s'est exprimé vers midi. Photo DNA - Franck Delhomme
Photo DNA - Franck Delhomme
107 tombes ont été couvertes d'inscriptions antisémites. Photo DNA - Franck Delhomme
Photo DNA - Franck Delhomme

12h. “Cette profanation, c’est la profanation, de toute la République”, a déclaré le ministre de l’Intérieur à la suite de sa visite du cimetière. Christophe Castaner a ensuite annoncé la création d’un Office national de lutte contre la haine.

Les enquêteurs sont toujours sur le site.

Attendu ensuite à la préfecture du Haut-Rhin (Colmar) pour une visite du service des étrangers, puis à une inauguration de l’espace France Services installé dans la sous-préfecture d’Altkirch, il a quitté les lieux vers 12h30.

Juste avant le ministre de l’Intérieur, le maire de Westhoffen, Pierre Geist, avait déclaré : “Ce n’est pas ça l’Alsace. C’est une terre de tolérance où catholiques, protestants et juifs ont vécu en harmonie parfaite pendant des siècles. Cette intolérance est inadmissible. Je ne pensais pas que ça arriverait chez nous.”

Harold Abraham Weill, grand rabbin de Strasbourg a a dénoncé un “acte ignoble” et remercié les représentants des autres cultes : “Malheureusement, on s’est trop croisés ces derniers mois….” Puis il a martelé ces paroles fortes : “Ce n’est pas un coup de peinture qui va effacer notre mémoire, ce n’est pas un coup de peinture qui va effacer notre identité, ce n’est pas un coup de peinture qui va effacer notre présence en Alsace depuis des siècles.” Et s’adressant à l’auteur ou aux auteurs des profanations : “Vous ne nous effacerez pas.”

Maurice Dahan, président du Consistoire israélite du Bas-Rhin, a pour sa part assené que “cette violence n’est plus supportable”.

Christophe Castaner✔

Profaner une tombe.
Souiller une sépulture.
Salir la mémoire de nos morts.
Qu’y a-t-il de plus lâche, de plus vil, de plus odieux ?
Ici, à Westhoffen, je le redis : nous nous battrons de toutes nos forces pour que le poison antisémite ne contamine jamais la République.

Voir l'image sur Twitter

11h30. Le ministre de l’Intérieur vient d’arriver à Westhoffen. Jean-Louis Debrė est également présent : sa tombe familiale fait partie des tombes profanées.

Christophe Castaner et Jean-Louis Debré entre les tombes profanées de Westhoffen. Photo DNA - Franck Delhomme
Christophe Castaner et Jean-Louis Debré entre les tombes profanées de Westhoffen. Photo DNA – Franck Delhomme

11h. Le 19 février 2019, le ministre de l’Intérieur était à Quatzenheim, où le cimetière juif venait d’être profané. Ce mercredi, le ministre de l’Intérieur était une nouvelle fois attendu dans le Bas-rhin, à Westhoffen, pour le même motif.

Ce mercredi matin, les enquêteurs sont toujours sur place. Le président de la Région Grand Est Jean Rottner, mais aussi de nombreux élus strasbourgeois, à commencer par le maire de Strasbourg Roland Ries et ses adjoints Alain Fontanel, Pernelle Richardot et Mathieu Cahn, ou encore le conseiller municipal d’opposition Jean-Philippe Vetter.

> Rappel des faits

Des inscriptions antisémites ont été découvertes ce mardi 3 décembre sur 107 tombes du cimetière israélite de Westhoffen, à l’ouest de Strasbourg.

Des croix gammées et le chiffre 14 ont été tracés sur les tombes. 
Le chiffre 14 ferait référence à un slogan suprémaciste blanc, en anglais, composé de 14 mots.

Des tags antisémites ont également été constatés mardi matin dans la commune de Schaffhouse-sur-Zorn. Tracés à l’arrière de la mairie, ils faisaient référence au cimetière de Westhoffen : c’est par cette voie que les gendarmes en sont venus à se rendre sur le lieu des profanations.

De même, des inscriptions à caractère raciste et antisémite découvertes le 26 novembre à Rohr, dans le Kochersberg, faisaient déjà référence à Westhoffen

Appel à témoins

Comme lors des récentes profanations commises à Herrlisheim et à Quatzenheim, c’est la Section de recherches (SR) de Strasbourg qui est chargée de mener les investigations relatives à la profanation du cimetière israélite de Westhoffen. Les gendarmes invitent les éventuels témoins et toutes les personnes susceptibles de fournir des informations utiles à l’enquête à se manifester auprès d’eux en composant le 17.

Antisémitisme: Vote à l’Assenmblee Nationale le 3 décembre 2019 Le BNVCA soutient la résolution qui pénalise l’antisémitisme antisioniste, et fustige les 127 prétendus intellectuels juifs qui s’y opposent .

LE BUREAU NATIONAL DE VIGILANCE CONTRE L’ANTISEMITISME qui se fait le porte-voix des milliers de juifs français victimes depuis 20 ans de l’antisémitisme de nature antisioniste, qui a commencé en même temps que ” l’Intifada ” condamne avec la plus grande sévérité ce collectif de prétendus intellectuels juifs du monde entier qui appellent l’Assemblée Nationale Française à ne pas adopter la résolution 2043 proposée par Sylvain Maillard et déjà co-signée par une centaine de députés.

Nous constatons qu’il aura fallu que ce comité drague dans le monde entier pour que des prétendues personnalités, illustres inconnues, qui ne représentent qu’elles-mêmes publient cet appel autant irresponsable qu’inutile sinon dangereux et insultant pour les victimes.

Leur appel démontre qu’ils sont bornés, qu’ils n’ont rien compris au nouvel antisémitisme qui sévit et se développe, et qu’en fait ils font surtout preuve de détestation d’eux-mêmes.

Parce que tous les recensements effectués depuis 20 ans démontrent que c’est bien l’incitation à la haine d’Israël qui pousse à l’acte antijuif, nous considérons qu’il est urgent de pénaliser non seulement l’antisémitisme mais aussi l’antisémitisme antisioniste.

Dans son communiqué daté du 2/12/2019 nous avons déclaré soutenir fermement cette résolution qui fait de l’antisionisme un délit au même titre que l’antisémitisme.

Le BNVCA confirme que les actes antisémites perpétrés contre les citoyens de confession juive sont motivés par la haine de l’Etat juif propagée par les antisionistes.

Le BNVCA encourage tous les Députés Français à voter ce 3 décembre 2019 cette résolution qui deviendra un outil efficace entre les mains des Préfets et des Procureurs de la République pour combattre les sources du nouvel antisémitisme contemporain.

Le Président

Sammy GHOZLAN 

Liste :
‌- Howard Tzvi Adelman, professeur associé d’Histoire et d’Histoire du Judaïsme, Queen’s
University, Kingston, Ontario.
– Karin Adelman, médecin.
– Ofer Aharony  professeur, faculté de Physique, Institut Weizmann des Sciences.
– Mateo Alaluf, professeur (émérite), Institut de Sociologie, université Libre de Bruxelles.
– Gadi Algazi, professeur d’Histoire médiévale, département d’Histoire, université de Tel Aviv
– Hila Amit , écrivain, chercheur.
– Gil Anidjar, professeur du département d’études Moyen-Orientales, Asiatiques et Africaines, Columbia University.
Seth Anziska, professeur Associé, département d’études de l’Hébreu et du Judaïsme, University College London.

– Yonathan Anson, professeur, département de service social, université Ben-Gurion du Néguev.
– Jean-Christophe Attias, professeur et titulaire de la chaire de pensée juive médiévale, Ecole pratique des hautes études, université PSL, Paris.
– Elsa Auerbach, professeure (émérite), département d’Anglais, université du Massachusetts Boston.
– Joel Beinin, professeur (émérite), Donald J. Mc Lachlan d’Histoire et professeur d’Histoire du Moyen Orient, Université de Stanford.
– Avner Ben-Amos professeur, département d’Histoire, université de Tel Aviv.
– Ayelet Ben-Yishai, professeure Associée, département d’Anglais, université de Haifa.
Andrew Stuart Bergerson, professeur, département d’Histoire, université du Missouri-Kansas City.
– Michael Berkowitz, professeur d’Histoire moderne du judaïsme, University College London.
– Louise Bethlehem, professeure, études Culturelles et d’Anglais, université Hébraïque de Jérusalem.
– David Blanc, professeur, département de Mathématiques, université de Haifa.
Daniel D. Blatman, professeur, Directeur de l’Institut de Recherche Avraham Harman sur le  judaïsme contemporain, université Hébraïque, Jérusalem.
– Hagit Borer, professeure, titulaire de la chaire en Linguistique, SLLF, Queen Mary University of London.
– Daniel Boyarin, professeur Taubman de Culture Talmudique, université de Californie, Berkeley.
– Rony Brauman, professeur à l’université de Manchester.
– Jose Brunner, professeur (émérite), Institut Cohn d’Histoire de la science et des idées et faculté de Droit Buchmann, université de Tel Aviv.
– Judith Butler, professeure Maxine Elliot professeur de littérature compare et de théorie critique, université de Californie, Berkeley.
– Jane Caplan, professeure (émérite) d’Histoire Européenne Moderne, université d’Oxford.
– Nina Caputo, professeure Associée, département d’Histoire, université de Floride.
– Michael Chanan, professeur de Film et Vidéo, université de Roehampton, Londres.
Stephen Clingman, professeur, département d’Anglais, université du Massachusetts, Amherst.
– Eyal Clyne, non-affilié.
– James Cohen, professeur, Institut du monde anglophone, université Sorbonne Nouvelle Paris 3.
 
 – Alon Confino, professeur, titulaire de la chaire Pen Tishkach d’études de l’Holocauste, Directeur de l’Institut d’études de l’holocauste, du génocide et de la mémoire, département d’Histoire, université du Massachusetts.
– Mike Cushman, chargé de recherche, London School of Economics and Political Science.
– Hilla Dayan, chercheure au département de Sociologie, Amsterdam University College.
Sonia Dayan-Herzbrun, professeure (émérite), faculté de sciences sociales, université Paris Diderot Paris 7.
– Sidra DeKoven Ezrahi, professeure de littérature compare, université Hébraïque de Jérusalem.
– Tal Dor, chercheur adjoint, centre de Recherche Experice Paris 8.
– Tommy Dreyfus, professeur (émérite) de Mathématiques, faculté d’éducation, université de Tel Aviv.
– David Enoch, professeur, faculté de Droit et département de philosophie, université Hébraïque de Jérusalem.
– Judith Ferster, professeure (émérite), département d’Anglais, université de Caroline du Nord.
– Cynthia Franklin, département d’Anglais, université d’Hawaï.
– Gideon Freudenthal, professeur (émérite), Institut Cohn Institute d’Histoire de la science et des idées, université de Tel Aviv.
– Chaim Gans, professeur (émérite) faculté de Droit, université de Tel Aviv.
– Tamar Garb , professeure d’histoire de l’art Durning Lawrence, directrice Institute of Advanced Studies in Humanities and Social Sciences, University College London.
– Amos Goldberg, professeur, département d’Histoire du Judaïsme et du judaïsme contemporain, université Hébraïque de Jérusalem.
– Katharina Galor, professeure Associé Invité Hirschfeld, Programme d’études du judaïsme, université Brown.
– Shai Ginsburg, professeur, département d’études Asiatiques et Moyen-Orientales, université Duke.
– Rachel Giora , professeure, département de Linguistique, université de Tel Aviv.
– Steve Golin, professeur (émérite), département d’Histoire, Bloomfield College.
– Neve Gordon, professeur, département de Politique et gouvernement, université Ben-Gurion du  Néguev.
– Joel Gordon, professeur, département d’Histoire, université d’Arkansas Fayetteville.
– Nir Gov, professeur, département de Physique chimique et biologique, Institut – Weizmann des Sciences.
– Yann Guillaud, conférencier à Sciences Po et à l’université Catholique de Paris.
– Gérard Haddad, psychiatre, psychanalyste, écrivain.
– Ilana Hammerman, écrivain lauréate du prix Yeshayahu Leibowitz (2015).
– David Harel, professeur, département de Sciences informatiques et mathématiques appliquées,Institut Weizmann des Sciences.
– Elizabeth Heineman, professeure, département d’Histoire, université de l’Iowa.
– Shir Hever, Sciences Politiques, université libre de Berlin.
– Eva Jablonka, professeure, Institut Cohn Institute d’Histoire de la science et des idées,
université de Tel Aviv.
– Michal Kaiser-Livne, sychanalyste, Institut de Berlin Institute pour l’Analyse de groupe
Amnon Raz-Karkotzkin, professeur, Histoire juive.
– Brian Klug, agrégé supérieur de recherche et enseignant en Philosophie, université d’Oxford.
– Yehoshua Kolodny, professeur (émérite), Institut des Sciences de la terre, université Hébraïque de Jérusalem.
– Hubert Krivine, médecin.
– Pascal Lederer, médecin, directeur de recherche honoraire au CNRS.
– Micah Leshem, professeur (émérite), département de Psychologie, université de Haifa.
Les Levidow, faculté d’Art et de Sciences sociales, The Open University, Royaume-Uni.
– Mark Levene, membre émérite, département d’Histoire, université de Southampton, Royaume- Uni.
– Joseph Levine, professeur de Philosophie, université du Massachusetts, Amherst.
R. Ruth Linden, Président, Tree of Life Health Advocates, San Francisco.
Adi Liraz, artiste interdisciplinaire, formateur sur l’histoire des juifs de Grèce et d’Allemagne.
– Rachel Livne-Freudenthal, Institut Leo Baeck, Jérusalem.

 – Moshé Machover, professeur (émérite) de Philosophie, université de Londres.
– Joëlle Marelli, universitaire indépendante, ancienne directrice de programme du Collège
Internationale de Philosophie, Paris.
– Anat Matar, département de Philosophie, université de Tel Aviv.
 – Yehoshua Mathias, conférencier titulaire, faculté d’Education, université Hébraïque de
Jérusalem.
– David Mednicoff, professeur Associé d’études Moyen-Orientales et de politique publique, université du Massachusetts, Amherst.
– Oded Na’aman, The Martin Buber Society of Fellows, université Hébraïque de Jérusalem.
– Sheryl Nestel, universitaire indépendante.
– Isaac Nevo, professeure associé de philosophie.
– Benita Parry, professeure (émérite), études d’Anglais et de littérature comparée, université de Warwick.
– Hadas Pe’ery, conférencier à l’Ecole de musique Buchmann, université de Tel Aviv.
– Nurit Peled-Elhanan, professeure, faculté d’Education, université Hébraïque de Jérusalem.
– Yael Politi, centre de bio ingénierie moléculaire et cellulaire, Technische Universität Dresden.
– David Ranan, Birkbeck University, Londres.
– Ada Rapoport-Albert, professeure (émérite) d’études Hébraïques et du judaïsme, University College London.
– Ben Ratskoff, université de Californie, Los Angeles.
– Shlomith Rimmon-Kenan, professeure (émérite), département de littérature anglaise et
littérature comparée, université Hébraïque de Jérusalem.
– Noa Roei, professeure adjoint Analyse culturelle et littéraire, université d’Amsterdam.
– Lisa Rofel , professeure (émérite) université de Californie, Santa Cruz.
– Dana Ron, professeur, faculté d’Ingénierie, université de Tel Aviv.
–  Steven Rose, professeur (émérite) de biologie et neurobiologie, The Open University, Royaume-Uni.
– Jonathan Rosenhead, professeur de recherche opérationnelle, département de Management, London School of Economics and Political Science
– David M. Rosenthal, professeur, Cognitive Science Concentration Graduate Center, City University of New York.
– Michael Rothberg, professeur, 1939 Society Samuel Goetz Chair in Holocaust Studies,
département de littérature comparée université de Californie.
– E. Natalie Rothman, département d’études historiques et culturelles, université de Toronto Scarborough.
– Catherine Rottenberg, professeure, département d’études Américaines and Canadiennes, université de Nottingham
– Sara Roy, maître de recherche, centre d’études Moyen Orientales, université d’Harvard.
Hannah Safran, centre de recherche féministe de Haifa.
– Ariel Salzmann, département d’Histoire, Queen’s University, Ontario.
– Catherine Samary, économiste (ret.), université Paris Dauphine.
– Donald Sassoon, professeur (émérite) d’Histoire Européenne comparée, Queen Mary, université de Londres.
-Naomi Scheman, professeure (émérite) Philosophie et Genre, féminines et de la sexualité, université du Minnesota.
– Sir Stephen Sedley, ancien Lord Juge de la Cour d’Appel, Angleterre et Pays de Galle, ancien professeur invité de droit, université d’Oxford.
– Graeme Segal, professeur (émérite),Mathématiques, All Souls College.
– Gershon Shafir, professeur, département de Sociologie, université de Californie, San Diego.
– Alice Shalvi, professeur (émérite), département d’Anglais, université Hébraïque de Jérusalem et université Ben-Gurion du Néguev.
– Dimitry Shevchenko, chercheur postdoctorale, département d’études Asiatiques, université Hébraïque de Jérusalem.
– Avi Shlaim, professeur (émérite), département d’études Politiques et Relations Internationales, St. Antony’s College et université d’Oxford.
– David Shulman, professeur, département d’études Asiatiques, université Hébraïque de
Jérusalem.
– Dmitry Shumsky, département d’Histoire juive et Directeur du centre Cherrick Center pour l’étude du Sionisme, université Hébraïque de Jérusalem.
– Robert Yerachmiel Sniderman, université Simon Fraser.
– Lisa Stampnitzky, conférencier en Politique, département d’études Politiques et relations internationales, université de Sheffield.
– Marc Steinling, professeur, Médecin, Biophysicien.
– Sacha Stern, professeur, Directeur du département d’études Hébraïques et du Judaïsme, University College London.
– Zeev Sternhell, professeur (émérite) Léon Blum, université Hébraïque de Jérusalem.
– Howard Rechavia Taylor, Columbia University.
– Barry Trachtenberg, Michael R. et Deborah K. Rubin Président de la Chaire d’Histoire du judaïsme, département d’Histoire, université Wake Forest.
– Rolf Verleger, professeur (émérite), Psychologue.
– Dominique Vidal, historien et journaliste.
– Roy Wagner, professeur, département de Sciences Humaines, sciences sociales et politiques ETH Zürich.
-Yair Wallach, directeur du centre d’études du judaïsme, département des langues et cultures du   proche et moyen orient, SOAS, université de Londres.
– Joan Wallach Scott, professeure (émérite), Institute for Advanced Study, Princeton.
– Daphna Westerman, Master Beaux-Arts Fine, université Bauhaus, Weimar.
– Diane L. Wolf, professeure, département de Sociologie, université de Californie, Davis.
– Niza Yanay, professeur (émérite) département de Sociologie et Anthropologie, université Ben-Gurion du Néguev.
– Moshe Zimmermann, professeur (émérite), ancien directeur du centre Richard Koebner
Minerva pour l’Histoire allemande, université Hébraïque de Jérusalem.
– Moshe Zuckermann, professeur (émérite), Institut Cohn d’Histoire de la science et des idées,u niversité de Tel Aviv.

Le BNVCA qui réclame justice pour Sarah Halimi torturée et assassinée par son voisin antisémite Traoré, qui devrait être condamné à la réclusion à perpétuité, et surtout pas excusé pour irresponsabilité pénale.

Le BNVCA réclame avec force que justice soit rendue à Sarah Halimi née Attal  assassinée par Kobile Traoré son voisin qui, sachant qu’elle était juive, s’est introduit la nuit par effraction dans son appartement, lui a fait subir des tortures atroces, pendant qu’il récitait des versets du Coran ou criait ce slogan islamo terroriste “AllahAkbar ” avant de la défenestrer  vivante .           

Malgré l’évidence des faits, les Magistrats s’interrogent toujours pour savoir si le criminel était ou non sous “l’effet  d’une bouffée  délirante durant son crime”, ce qui pourrait  le dispenser d’une peine  de prison longue et  ferme.                                                

Non le BNVCA  persiste à penser que le sieur Traoré doit être condamné sévèrement à la prison, voire à la réclusion criminelle à perpétuité. Toute autre décision serait très mal acceptée par l’opinion en général et les citoyens juifs en particulier. 

Aucune circonstance atténuante ne peut lui être accordée, bien au contraire. Comme nous l’avons fait remarquer à plusieurs reprises lorsque un automobiliste en état ivresse commet un accident mortel sa peine est aggravée, son permis de conduire retiré, annulé et il va en prison. Et on voudrait nous faire croire que sous l’effet de la drogue un  assassin échapperait a la peine de prison  à perpétuité. Traoré n’était pas malade mental,. Il ne peut pas, il ne doit pas bénéficier de la circonstance d’irresponsabilité pénale.         

Nous n’accepterons pas le “deux poids deux mesures” qui semblent poindre pour les raisons suivantes. Dès le début de l’enquête le BNVCA s’était plaint à la Garde des Sceaux et au Procureur de la République de Paris de notre  sentiment que l’instruction tournait plutôt  à la décharge de l’assassin. Nous persistons à considérer qu’un individu intoxiqué, soit à l’alcool, soit au cannabis, soit à une autre drogue, doit être sévèrement sanctionné sans qu’aune distinction soit faite entre ces produits qui produisent tous des graves conséquences sur les agissements de ceux qui les ingèrent ou les inhalent.
L’absorption  d’alcool ou la prise de drogue quelle qu’elle soit ayant les mêmes effets sur la volonté d’un individu et sur son  comportement, il sera donc inadmissible et incohérent que l’automobiliste en état d’ébriété  soit gravement condamné et  que l’assassin de surcroît antisémite sous l’effet de la drogue ne le soit pas.  

Selon nous Madame Sarah  HALIMI n’aurait pas du mourir. Nous ne comprenons toujours pas pourquoi et comment les secours et les policiers arrivés 3 minutes après avoir été alertés par des voisins, ainsi que les renforts ne soient pas intervenus, et qu’aucun des 18 policiers présents sur place, ne l’auront ni assistée ni tirée des griffes de son agresseur, alors qu’ils pouvaient agir en état de légitime défense.

Le Président Sammy Ghozlan

La Turquie sème la zizanie au sein de l’OTAN

DÉCRYPTAGE – Les relations entre Paris et Ankara sont au bord de la rupture

Par Isabelle Lasserre

La Turquie va-t-elle faire imploser l’Otan, dont le sommet s’ouvre mardi à Londres? Pendant longtemps, les réunions annuelles de l’organisation ont été l’occasion de réaffirmer l’unité transatlantique. Elles étaient si préparées que le communiqué final était connu de tous avant le début des rencontres, qui laissaient rarement place au hasard et à l’improvisation. Depuis 2017, l’élection de Donald Trump a chamboulé l’ennuyeux train-train des sommets de l’Otan en lui rajoutant suspens et incertitude. L’affirmation autoritaire et stratégique de la Turquie d’Erdogan rajoute cette année un chaos supplémentaire dont l’Alliance, déjà fragilisée par les hésitations trumpiennes, n’avait sans doute pas besoin.

Entre Paris et Ankara, les relations diplomatiques n’avaient pas été aussi dégradées depuis longtemps. Les critiques d’Emmanuel Macron, qui a déploré que la Turquie ait mis ses alliés «devant le fait accompli» en intervenant au nord-est de la Syrie contre les partenaires kurdes de la coalition anti-Daech, ont provoqué une réponse violente de Recep Tayyip Erdogan. Il a multiplié les «insultes» contre son homologue français, faisant monter la tension à la veille du sommet de l’Otan. Macron avait aussi mis en doute la bonne santé de l’Alliance, dont la Turquie est un pilier, dans son interview à The Economist début novembre. Il s’était interrogé sur la pertinence de l’article 5, le cœur de la défense collective, en se demandant s’il serait actionné pour la Turquie, si elle était attaquée par l’armée syrienne.À lire aussi : Au sommet de l’Otan, Macron réclame des clarifications à ses alliés

Les propos du président turc, qui a accusé son homologue français d’être un «amateur»,«inexpérimenté», fanfaron et lui-même «en état de mort cérébrale», ont mené à la convocation de l’ambassadeur turc au Quai d’Orsay. Il avait déjà été appelé à s’expliquer en octobre, juste après le lancement de l’offensive turque contre la milice kurde YPG au nord de la Syrie. La France accuse la Turquie d’avoir agi unilatéralement et de faciliter une «résurgence» de l’État islamique. «De tous les pays de l’Alliance, elle est le pays qui a critiqué le plus ouvertement l’offensive turque en Syrie. Or, pour Erdogan, la rhétorique est plus forte que tout. Il a donc besoin de répondre encore plus fort aux provocations», explique un expert proche du dossier.

Les relations entre les deux capitales se sont envenimées depuis qu’Emmanuel Macron a reçu à Paris des représentants des Forces démocratiques syriennes, dominées par la milice kurde YPG, considérée par Ankara comme une extension de son ennemi, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Mais le lien franco-turc est en mauvais état depuis longtemps. En janvier 2018, Emmanuel Macron avait jeté un froid en affirmant que la situation des droits de l’homme en Turquie excluait «toute avancée» dans les négociations d’adhésion à l’Union européenne. Sous Nicolas Sarkozy, la relation avait déjà subi des secousses à cause de la reconnaissance du génocide arménien.À lire aussi : François d’Orcival: «France, États-Unis, Royaume-Uni, trois alliés proches mais bien séparés»

Le problème turc n’est pas seulement celui de la France, mais aussi celui de l’Otan. L’intervention contre un allié clé de la lutte anti-Daech a allumé un incendie au sein de l’Alliance, où les Européens sont directement visés par la menace djihadiste. Plus récemment, la Turquie a rejeté un plan de défense de l’Otan pour les pays Baltes et la Pologne. Elle menace d’utiliser son veto tant qu’elle n’est pas davantage soutenue par les alliés dans son combat contre les YPG, qu’elle considère comme une organisation terroriste. Elle reproche aux membres de l’Alliance de ne pas tenir suffisamment compte de ses préoccupations sécuritaires, surtout depuis la tentative de coup d’État de l’été 2016.

Mais au sein de l’Otan, les menaces de la Turquie sont considérées comme une manière de faire du «chantage» envers les pays d’Europe de l’Est. Les alliés sont aussi vent debout contre l’achat par Ankara d’un système de défense antiaérienne russe, le S400, incompatible avec celui de l’Otan. Ce geste de défiance a déjà provoqué l’exclusion des Turcs du programme d’avions de chasse F35.À lire aussi : En visant l’Otan, Macron veut rendre à l’Europe une vision stratégique

Malgré l’ampleur de la crise qui oppose la Turquie, seul pays musulman de l’Otan, à ses alliés, nul ne parie aujourd’hui sur un divorce. «Le préjugé contre la France est énorme en Turquie. Mais les deux pays ont besoin l’un de l’autre», poursuit l’expert proche du dossier. La coopération antiterroriste entre Paris et Ankara fonctionne bien. Les pays de l’Union européenne ont besoin que le robinet migratoire soit maintenu fermé par la Turquie.

Et même dans les pires moments de tension avec les États-Unis, les responsables turcs n’ont jamais bloqué la base américaine d’Incirlik, où sont entreposées jusqu’à 50 bombes nucléaires. Macron et Erdogan discuteront de leurs différends syriens lors d’une réunion où seront également présents Angela Merkel et Boris Johnson. Le président français espère une «clarification» de la politique turque. Quant aux États-Unis, ils se sont donnés quelques semaines supplémentaires pour tenter de résoudre la question des S400.

Menace de dislocation

En s’exprimant sans filtre dans The Economist, Emmanuel Macron a renversé la table otanienne. Reste à savoir si les alliés réussiront à recoller les morceaux de l’unité brisée, tout en tirant les leçons du diagnostic fait par le président français. Ou si, au contraire, les désaccords vont s’amplifier et s’étaler sur la place publique, quitte à menacer de dislocation une organisation qui a pourtant su se réformer depuis la fin de la guerre froide et qui demeure, tant que l’Europe n’aura pas pris son destin stratégique en main, la seule défense du Vieux Continent.

Quelles stratégies pour compléter la réponse militaire contre le terrorisme ?

ANALYSE. L’accident qui a coûté la vie à 13 soldats français au Mali le 25 novembre dernier rappelle que d’autres pistes doivent être explorées.

Par Laurence Frank* pour The conversation.com

Pour Le Point

L’hommage national aux 13 soldats morts dans le crash de deux hélicoptères au Mali aura lieu ce lundi 2 décembre, une semaine après l’accident survenu lors d’une opération d’envergure lancée quelques jours plus tôt dans la vallée d’Eranga, située au sud d’Indelimane, dans le Liptako, région du centre-est du Mali où sévit l’organisation État islamique au grand Sahara (EIGS). Cette région dite des « trois frontières » située entre Mali, Burkina et Niger est la zone d’action du groupe EIGS depuis sa création en 2015. Il compte entre 100 et 200 combattants sur ce territoire du centre-nord du pays.

En août 2014, 22 pays se sont unis pour lutter militairement contre Daech, mais maintenant que les frappes de la coalition ont cessé en Syrie, il ne reste plus guère que la France pour combattre la progression des mouvements djihadistes au Sahel. Protéger notre sécurité et nos libertés qui sont nos biens communs, c’est pourtant l’affaire de tous.

Mali : Florence Parly salue « les 13 héros morts pour la France » (ministère des Armées).

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La mort des treize soldats français ne cessera de nous rappeler que l’État islamique et l’instauration du « califat » ne concernent plus seulement la Syrie et l’Irak. Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a proclamé un « califat islamique » dans le nord-est du Nigeria le 24 août 2014. Ce groupe islamiste nigérian lié à Al-Qaïda prend de l’ampleur en essayant de gagner du terrain dans cette zone. Il menace les pays voisins, tout comme l’État islamique le faisait au Moyen-Orient. Le modus operandi de ces deux organisations présente de nombreuses similitudes bien que la spécificité de Boko Haram se situe dans le fait d’utiliser des femmes et de très jeunes filles pour commettre des attentats suicides.

Appréhender le problème autrement

Pour honorer la mémoire des victimes du terrorisme et celle des soldats morts au combat, il faut donc tout mettre en œuvre pour venir à bout de ces hydres malveillantes.

De nouvelles pistes doivent être explorées. La première mènerait vers une compréhension plus pointue de la résilience du mouvement en étudiant l’architecture organisationnelle complexe de Daech qui agrège divers sous-systèmes. Cette structure permet au mouvement de fonctionner même lorsque l’un de ces systèmes est atteint ou affaibli. Le système de filiales et de franchises apporte des éclairages essentiels sur la capacité de Daech à fédérer des mouvements djihadistes dispersés dans le monde qui risquent de former à terme une « méta-organisation Daech 2.0. ».

Dans une méta-organisation, les membres ne sont pas des individus mais des organisations qui partagent un trait d’identité en commun et décident de créer une entité pour les représenter, pour partager l’information, pour agir en commun afin de mieux maîtriser leur environnement. Daech a créé une nouvelle forme organisationnelle rampante, imprévisible, difficile à qualifier, et donc in extenso à combattre.

La réponse militaire reste insuffisante

Considérer que Daech est une organisation militaire relève, comme le souligne le spécialiste du renseignement Jean‑François Gayraud, d’une « persistance rétinienne ». Autrement dit, l’application de modèles connus à des phénomènes sociaux émergents mènerait à préparer la guerre de demain avec des conceptions d’hier.

Dans un article intitulé « La bataille d’Hajin : victoire tactique, défaite stratégique ? » publié dans la Revue Défense nationale de février 2019, François-Régis Legrier, commandant la task force Wagram au Levant d’octobre 2018 à février 2019, écrivait : « Une bataille ne se résume pas à détruire des cibles comme au champ de foire. […] Seule une vue globale du problème aurait permis d’ébaucher une stratégie globale et d’éviter le constat amer de voir Daech resurgir là où on l’a chassé il y a deux ans. »

En Syrie, l’excellente connaissance du territoire (topographie, météo, localisation des ressources) a conféré à Daech le coup d’avance. À cela s’opposerait donc une excellente connaissance de Daech.

Sur le plan financier et matériel, la deuxième piste consisterait à identifier des moyens d’assécher les ressources du mouvement de manière à empêcher les investissements dans de nouvelles actions.

Une surveillance accrue des systèmes financiers internationaux, notamment par des applications de l’intelligence artificielle qui permettent le traitement d’une grande quantité de données et la corrélation de variables que seule la puissance d’une machine peut effectuer. À cela s’ajoute une surveillance accrue des infrastructures de transport qui constituent des bases arrière logistiques et des lieux de transfert de marchandises, de matériel et d’armes.

La surveillance, une arme clé contre les djihadistes. © Michele Cattani/AFP

Enfin, un système de détection d’émergence d’activités djihadistes assurerait un monitoring en temps réel des zones sensibles avec la collaboration des acteurs présents sur le terrain (ONG, entreprises, etc.). Des systèmes de remontée d’information immédiate seraient mis en place pour déceler les modifications dans l’environnement avec des paramètres spécifiques.

Pauvreté et vulnérabilités

Les avis divergent quant à l’espérance de vie du mouvement, mais les zones de prédilection de Daech possèdent des caractéristiques spécifiques : un gouvernement faible, la présence d’une minorité musulmane opprimée, un grand nombre de ressources naturelles et des groupes ethniques qui se déchirent. Ces lieux sont relativement faciles à identifier. L’État islamique se nourrit également du délitement d’États quasi impossibles à réformer. Ces derniers ne peuvent en effet plus représenter l’ensemble de la population et se sont rendus vulnérables par une corruption endémique et une incapacité à assumer leurs responsabilités (par exemple, le paiement des fonctionnaires).

Les mouvements djihadistes en question sont les suivants : Al-Qaïda au Maghreb islamique, Ansar Dine, Mouvement pour l’unicité du Jihad en Afrique de l’Ouest, Al-Morabitoune, Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, État islamique au Grand Sahara, Ansaroul Islam. © DR, Author provided

La pauvreté de certains territoires peut inciter des populations isolées à rejoindre les mouvements djihadistes pour obtenir une source de revenus. Les agences internationales et les bailleurs du fonds de l’aide au développement sont également concernés, car une partie de l’aide versée peut être détournée dans les régions les plus pauvres, soit par l’extorsion, soit par des incitations plus ou moins coercitives à acheter des « services de sécurité ». En témoignent les déboires du cimentier Lafarge en Syrie.

Atouts de l’économie dématérialisée

D’autres éléments favorisent la résilience du mouvement, comme l’impossibilité de réguler Internet pour empêcher son expansion virtuelle. L’usage des outils et des technologies de collaboration du Web 2.0 lui confère une grande agilité. Les adhérents deviennent des acteurs d’un écosystème et rejoignent des communautés de membres et des groupes d’intérêts dispersés dans le monde. Ce sens du collectif permet de réunir des expertises internes et externes, d’évoluer vers une plus grande transversalité et d’exploiter les brèches des systèmes traditionnels dans le secteur financier, par exemple.

Daech joue de la complexité du difficile traçage des comptes pour bâtir et exploiter son propre réseau bancaire et l’inscrire dans un système international. L’ouverture des marchés, le déclin de l’État providence, les privatisations, la déréglementation de la finance et du commerce international tendent à favoriser la croissance des activités illicites, ainsi que l’internationalisation d’une économie criminelle concurrente.

Dans la phase initiale, l’organisation criminelle introduit ses bénéfices illégaux sur les circuits financiers à travers une série de déplacement des fonds, souvent dans des centres financiers off shore, communément appelés « paradis fiscaux », afin de les éloigner de leur source. La seconde phase consiste à réintégrer ces fonds dans des activités économiques légitimes pour leur donner l’apparence d’une origine légale afin de pouvoir les utiliser.

Seule une stratégie à 360 degrés permettra donc de faire converger ces divers champs d’analyse. Le succès de cette démarche découlera en conséquence nécessairement de collaborations disciplinaires, interorganisationnelles et interétatiques.

* Laurence Frank est Professeure de management stratégique au sein du Groupe ESC Clermont. 

La France salue ses soldats morts au Mali

Devant treize cercueils alignés aux Invalides, le chef de l’État a honoré la mémoire des militaires.

Par Nicolas Barotte

Peu avant midi, lundi, les treize corbillards ont traversé la Seine. Sur le pont Alexandre III, en direction des Invalides, militaires et civils sont venus nombreux. Ils sont là, à Paris, pour saluer la mémoire de ces soldats morts il y a une semaine au Mali. À bord de deux hélicoptères, un Cougar et un Tigre, ceux-ci ont été victimes d’un accident au cours d’une opération de combat. La communauté militaire a été choquée par ces pertes, les plus importantes depuis l’attentat contre le Drakkar en 1983 au Liban. L’opinion publique aussi.

Dans la cour des Invalides, les familles endeuillées ont pris place. Un bébé pleure, sans doute à cause de la faim ou du froid. Sa mère tente de le calmer. Dans la foule, on aperçoit d’autres enfants. À côté d’eux, les officiels sont là, majorité et oppositions. Les anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande arrivent ensuite, rejoints par le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta. Le chef de l’État Emmanuel Macron l’a longuement salué et embrassé à son arrivée. Au Sahel, les 4 500 soldats français se battent pour maintenir la sécurité dans une région vaste comme l’Europe et éviter qu’elle ne retombe sous le contrôle des groupes djihadistes.

«La liberté a souvent, hélas, le goût du sang versé»

Les treize cercueils couverts du drapeau tricolore font lentement, et sous les tambours, leur entrée dans la cour. Des détachements de leurs régiments, le 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau, le 4erégiment de chasseurs de Gap, le 93e régiment d’artillerie de montagne de Varces et le 2e régiment étranger de génie de Saint-Christol, se tiennent au garde à vous. L’air est chargé de tristesse et d’honneur. «La liberté a souvent, hélas, le goût du sang versé», commence Emmanuel Macron.

L’hommage du chef de l’État est celui de la nation. Dans son discours, le président retrace les circonstances du drame, raconte la geste de ces militaires, «l’opacité» et le «silence» de la nuit rompu par les explosions des hélicoptères qui touchent le sol. Emmanuel Macron replace le «destin» de ces hommes «hors normes» dans le roman national et la lutte «de tout un pays» pour sa liberté et contre le terrorisme. «Vous étiez treize soldats, treize engagés volontaires, engagés pour une certaine idée de la France qui vaut d’être servie. Un engagement profond, modeste et discret, rendu public par le sacrifice. Volontaire, car chacun avait choisi seul le parcours, le chemin de l’honneur d’être un homme», souligne Emmanuel Macron. Il s’agit de faire d’eux des héros.

La France est fragmentée par les tensions sociales ; le chef de l’État voudrait la ressouder dans la peine. «Les larmes coulent sur les terres où vous avez vécu, sur toute la terre de France. Ces larmes sont mêlées de tristesse et de détermination à faire triompher les valeurs de notre République», dit-il. «Soldats, voyez la nation s’unir [au-delà] des opinions et des croyances», poursuit-il en insistant: «Nous ferons bloc pour cette vie de peuple libre conquis grâce à vous.»L’issue de l’opération « Barkhane » n’est pas à attendre avant des années

Puis vient le temps des hommages individuels. Le chef de l’État dresse un court portrait de ces treize hommes, salue leur courage. Puis il annonce qu’ils sont promus au grade supérieur à titre posthume et qu’ils sont faits chevaliers de la Légion d’honneur. Lentement, le président s’approche des cercueils un à un et épingle l’insigne sur le coussin rouge posé sur le drapeau. Un dernier appui de la main signale l’adieu. La cérémonie s’achève. Leurs frères d’armes s’approchent à nouveau pour porter les cercueils et leur faire quitter la cour des Invalides. Emmanuel Macron et son épouse Brigitte suivent. Puis les familles quittent l’enceinte, le dos courbé, en se tenant par la main, tristement.

Si l’opération «Barkhane» est soutenue par 58 % des Français, selon un sondage Ifop paru lundi, des questionnements émergent sur la stratégie à l’œuvre au Sahel. Les militaires y sont engagés depuis 2013 mais les groupes djihadistes continuent de prospérer sur les défaillances de l’État malien. Dans la région d’Indélimane, où sont tombés les treize soldats, le groupe État islamique au grand Sahara mène des opérations de plus en plus audacieuses qui ont coûté, ces dernières semaines, une centaine de vies aux militaires maliens. L’issue de l’opération «Barkhane» n’est pas à attendre avant des années.

Face aux doutes naissants, Emmanuel Macron a tenu à donner du sens au combat des militaires.

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Proche-Orient: l’Europe peut-elle encore faire entendre sa voix?

DÉCRYPTAGE – Malgré ses divisions, l’UE veut préserver un consensus international de plus en plus menacé par les coups de boutoir de l’Administration Trump.

Par Cyrille Louis

Après le transfert de son ambassade à Jérusalem, la remise en cause de son soutien à l’agence des Nations unies en charge des réfugiés palestiniens (Unrwa) et la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan, l’Administration Trump a franchi une nouvelle étape en estimant, le 18 novembre, que la colonisation juive en Cisjordanie occupée n’enfreint pas «en tant que telle» le droit international. Les Européens, qui assistent depuis deux ans à ces coups de boutoir contre un consensus vieux d’un demi-siècle, ont réagi par la voix de leur haute représentante pour les Affaires étrangères. «Toute activité de colonisation est illégale au regard du droit international et compromet la viabilité de la solution à deux États comme les perspectives d’une paix durable», a déclaré Federica Mogherini. Mais à l’heure où d’autres crises éclipsent le conflit israélo-palestinien, les Européens ont-ils encore les moyens et la volonté de défendre leurs positions?

● Comment l’Europe traite-elle les colonies israéliennes?

Considérant que la présence d’environ 435.000 colons en Cisjordanie sape la possibilité d’y créer un État palestinien viable, les gouvernements européens ont décidé en 2012 d’instaurer une politique de «différenciation» entre Israël et ses implantations situées à l’est de la «ligne verte». Celle-ci s’est d’abord traduite, en 2013, par la publication de «lignes directrices» qui prévoient d’exclure les Territoires occupés de tout futur accord signé par l’UE ou ses États membres avec Israël. Malgré les protestations de l’État hébreu, qui accuse l’Europe de faire le jeu des militants antisionistes, une clause «territoriale» a été intégrée au programme de coopération scientifique Horizon 2020 ainsi qu’à plusieurs textes réglementant l’agriculture biologique et les soins vétérinaires. En 2015, la Commission est allée plus loin en réclamant l’étiquetage des produits fabriqués dans les implantations (lire ci-dessous). «Si on examine les accords bilatéraux, il arrive que l’insistance de certains pays à intégrer une clause de différenciation fasse capoter un projet de partenariat. Mais force est de constater que la grande majorité des accords signés avec Israël continue de bénéficier aux colonies», déplore Hugh Lovatt, chercheur au European Council on Foreign Relations

Les Pays-Bas, qui ont réduit en 2016 le niveau des pensions de retraite versées à leurs ressortissants établis dans des colonies de Cisjordanie, font à cet égard figure d’exception. De même que le Danemark, qui s’est engagé l’an dernier à exclure les colonies de tout futur accord avec Israël. En France, une dizaine d’accords bilatéraux susceptibles d’être rouverts en vue d’y intégrer une clause territoriale ont été identifiés par le ministère des Affaires étrangères. Mais la décision d’engager des négociations sur ce point avec Israël n’a pas été prise.

En République d’Irlande, enfin, un projet de loi visant à interdire l’importation de produits fabriqués dans des colonies par une puissance occupante est en cours d’examen au Parlement, après avoir été approuvé par le Sénat. Le gouvernement de Leo Varadkar estime que son adoption contredirait l’accord de libre-échange signé entre l’UE et Israël, mais il n’a pas le pouvoir de s’y opposer. «Les produits des colonies représentent à peine 1 % du commerce avec Israël, observe-t-on au bureau de la sénatrice Frances Black, à l’origine du texte, mais c’est une question de principe. Si on dit que les colonies sont illégales, il faut les traiter en tant que telles.»

● Qu’a décidé la justice européenne sur l’étiquetage des produits fabriqués dans les colonies?

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), saisie l’an dernier par un vigneron établi dans une colonie proche de Ramallah, a jugé le 12 novembre que les denrées alimentaires produites dans les implantations juives de Cisjordanie devront à l’avenir porter mention explicite de leur origine. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Israel Katz, a déploré une décision «inacceptable à la fois moralement et en principe». Son collègue Yuval Steinitz, en charge de l’Économie, a renvoyé aux heures sombres «durant lesquelles les produits juifs étaient étiquetés en Europe». Quant à Danny Danon, ambassadeur d’Israël à l’ONU, il a estimé que «la discrimination de l’UE contre l’entreprise sioniste fournit une couverture légale à l’antisémitisme».

À l’origine de l’arrêt controversé, une «notice interprétative» publiée en 2015 par la Commission européenne appelle à garantir la libre information des consommateurs sur l’origine des produits fabriqués dans les colonies. Selon une étude menée depuis lors par l’ONG European Middle East Project auprès de 189 magasins européens, seuls 10 % des bouteilles de vin produites dans les implantations de Cisjordanie et du Golan sont convenablement étiquetées. Paradoxalement, la saisine de la CJUE par les colons israéliens va donc contraindre les États membres à mettre en œuvre une réglementation qui n’était jusqu’à présent que peu appliquée. Dénonçant cette politique, les dirigeants israéliens soulignent qu’aucun étiquetage n’est imposé par l’Europe aux puissances impliquées dans des dizaines de conflits territoriaux comparables. «Ils oublient de dire que l’importation de produits fabriqués par la puissance occupante en Crimée ou dans la partie nord de Chypre est tout simplement interdite par l’UE», répond Hugh Lovatt.

● Une reconnaissance groupée de l’État de Palestine est-elle d’actualité?

Comme plus de 130 pays avant elle, dont une dizaine d’États de l’est et du sud de l’Europe qui ont franchi ce pas en 1988, la Suède a reconnu le 30 octobre 2014 l’État de Palestine. L’initiative visait à acter l’enlisement des négociations de paix amorcées à l’époque des accords d’Oslo (1993-1994), au terme desquelles Israéliens et Palestiniens étaient censés conclure une paix juste et durable. Cherchant à créer une dynamique, les Parlements de plusieurs pays européens ont dans la foulée appelé leur gouvernement à faire de même. Pour l’heure sans résultat. En décembre 2017, Emmanuel Macron a estimé qu’une telle reconnaissance unilatérale ne serait pas «efficace». Le président français semblait à l’époque vouloir attendre que Donald Trump présente le plan de paix sur lequel planchait son gendre, Jared Kushner, avant de reprendre éventuellement l’initiative. La Belgique, l’Irlande, le Portugal et le Luxembourg, qui étaient disposés à envisager une reconnaissance collective, ont aussi décidé d’attendre. Le récent revirement américain sur l’illégalité des colonies peut-il changer la donne? Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a estimé le 20 novembre que «l’UE doit reconnaître l’État de Palestine». «La reconnaissance est un fusil à un coup, prévient une source diplomatique. La démarche peut avoir du sens si elle est collective, intervient au bon moment et s’inscrit dans une séquence. Mais la concevoir comme une réponse aux récentes décisions américaines serait la pire chose à faire.»

● Les divisions de l’UE empêchent-elle l’adoption d’une position commune?

L’Europe continue de dépenser chaque année plus de 600 millions d’euros pour soutenir l’Autorité palestinienne et financer l’Unrwa, mais ses États membres ont de plus en plus de mal à trouver un terrain d’entente sur l’issue au conflit. Si les grands pays de l’ouest du continent campent sur leur position traditionnelle (solution dite des deux États avec Jérusalem pour capitale, rejet de la violence et de la colonisation), la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie, la Grèce et d’autres tendent à s’en éloigner. Depuis deux ans, plusieurs de ces pays bloquent chroniquement l’adoption de déclarations condamnant les politiques israéliennes à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Au printemps 2018, Prague et Bucarest ont envisagé d’emboîter le pas aux États-Unis en transférant leur ambassade à Jérusalem – avant de faire marche arrière. La République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie y ont depuis ouvert une représentation commerciale en charge des relations avec Israël.

Les diplomates européens, sur le terrain, décrivent avec minutie l’érosion de la solution des deux États. Dans un rapport diffusé aux États membres en juillet 2018, ils évoquent une situation «d’occupation quasi permanente» et soulignent que «les Palestiniens subissent une discrimination légale en tant qu’individus et sont confrontés à des restrictions de mouvements permanentes et nombreuses». La haute représentante de l’UE, Federica Mogherini, évoque désormais «une réalité à un État avec des droits inégaux», sur fond d’«occupation et de conflits perpétuels».

«Dans ce contexte très difficile, observe la source diplomatique, il faut être lucide sur ce qu’on peut faire. Face aux récentes prises de position de l’Administration Trump, la France réaffirme constamment la primauté du droit international pendant que la Palestine poursuit sa stratégie de rehaussement de son statut diplomatique. Ces efforts ont contribué à protéger l’essentiel du consensus international face à des tentatives répétées de le mettre à mal.» Une façon de «tenir les murs», observe un bon connaisseur du conflit, en attendant des jours meilleurs.

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Islam: l’étrange lettre de la préfecture du Rhône

Dans un courrier envoyé en vue de prochaines assises territoriales, elle invite à «mieux faire connaître l’islam dans la société».

Par Stéphane Kovacs

Est-ce à l’État de «mieux faire connaître l’islam»? De «valoriser des interactions entre l’islam et la société civile»? Dans un courrier à en-tête du préfet du Rhône envoyé notamment à l’université Lyon-II, le sous-préfet demande à sa présidente d’inviter les professeurs et les élèves à prendre part aux assises territoriales de l’islam de France, qui se tiendront le 17 décembre à la préfecture. Alors que nombre de militants laïques crient au «prosélytisme d’État», le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, fustige une «lettre inadmissible» et demande au ministre de l’Intérieur de «s’expliquer rapidement sur l’attitude de la préfecture du Rhône».

C’est l’ancien ministre de l’Intérieur Gérard Collomb qui avait demandé, l’an dernier, à chaque département d’organiser ces assises territoriales de l’islam de France, en continuité des «instances de dialogue» lancées en 2015. Dans sa lettre, qui selon Bruno Retailleau a été envoyée à plusieurs universités, le sous-préfet écrit qu’«elles constitueront l’occasion de réfléchir à la consolidation de la représentativité d’une structure départementale déjà en gestation, afin d’être en mesure d’avancer sur les multiples enjeux auxquels l’islam est confronté dans le département». Et d’énumérer: «mieux faire connaître l’islam dans la société civile, notamment via les médias» ; «mieux lutter contre la radicalisation» ; «travailler sur la formation et le statut des imams» ou encore «permettre une meilleure implication d’une structure de représentation départementale ancrée dans les valeurs de la République». Avant de préciser que «ces échanges ne seront fructueux que s’ils permettent aux représentants des imams et des gestionnaires d’association cultuelle de dialoguer avec des élus, des représentants d’autres cultes, des acteurs professionnels ou associatifs de la société civile».

«Infractions à la laïcité»

Trois jours après un séminaire gouvernemental où Christophe Castaner avait enjoint aux préfets d’«agir contre la radicalisation et le communautarisme», il ne peut pas «rappeler à grands coups de communication les principes qui fondent notre laïcité, s’offusque le sénateur de Vendée, et laisser l’État ignorer ces mêmes principes dans les territoires! L’État a-t-il la prétention de devenir l’attaché de presse d’un culte?». Même émotion pour l’association Esprit Laïque: «Comment l’État peut-il organiser à ce point l’abattage du principe de séparation, de neutralité, et de non-reconnaissance des cultes par les instances régaliennes?», s’indigne-t-elle. «On a franchi une étape supplémentaire dans les infractions à la laïcité, renchérit Laurence Taillade, présidente du Parti républicain solidariste (PRS). Voilà l’État qui organise la promotion du culte musulman, et un concordat qui ne dit pas son nom avec l’islam!» Sur Twitter, la militante laïque Zineb El Rhazoui martèle: «Les médias sont indépendants. La société civile n’est pas le clergé. La préfecture n’est pas une mosquée.»

À la préfecture, on répond qu’«il ne s’agit absolument pas de faire la promotion d’une religion, mais de permettre un espace de dialogue entre les cultes et les autorités au niveau départemental – qui n’existe pas actuellement – pour traiter de tout un tas de problématiques comme la lutte contre le communautarisme et la radicalisation». Pour Bruno Retailleau, «c’est sans doute la faute d’une préfecture, mais pas seulement»«En refusant de faire évoluer la loi sur les signes religieux dans les sorties scolaires ou sur la présence de listes communautaires aux élections, le gouvernement sème le doute sur la réalité de son engagement à lutter contre les menaces que fait peser sur la République l’islam politique, insiste-t-il. Et on attend toujours le grand discours d’Emmanuel Macron sur la laïcité! S’il n’y a pas de cap en haut, cela ouvre à toutes les erreurs…»


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Le BNVCA soutient la résolution 2043 proposée par le député Sylvain Maillard sur l’antisémitisme et invite tous les députés à la voter unanimement ce 3 décembre 2019

Le BNVCA encourage vivement tous les députés à voter le 3 décembre 2019  la résolution 2043 visant à lutter efficacement contre l’antisémitisme. Cette nouvelle résolution proposée par le Député Sylvain Maillard et de nombreux autres députés confirme ce que le BNVCA a maintes fois annoncé et prouvé, à savoir que “l’incitation à la haine d’Israël pousse à l’acte antisémite”. La résolution de Mr Maillard que nous soutenons l’exprime ainsi: le masque de l’antisémitisme nous le connaissons, c’est bien souvent l’antisionisme” ou encore “critiquer l’existence d’un état juif revient donc à exprimer une haine à l’égard de l’ensemble de la communauté juive”. Désormais la critique de l’existence même d’Israël en ce qu’elle constitue une collectivité composée de citoyens juifs reviendra à exprimer une haine à l’égard de la communauté juive dans son ensemble. De même, rendre collectivement responsables les juifs de la politique menée par les autorités politiques israéliennes sera une manifestation d’antisémitisme. De telles dérives font de plus en plus de l’antisionisme “une des formes contemporaines de l’antisémitisme”, pour reprendre les mots du Président de la République Emmanuel Macron, et de tous les Présidents qui l’ont précédé, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François  Hollande ainsi que de tous les Premiers Ministres et Ministres de l’Intérieur ou Ministres de la Justice. Cette notion a été particulièrement soulignée par le Président de l’Assemblée Nationale Mr Claude BARTOLONE lors de la  conférence que nous avions organisée sous sa Présidence le 18 février 2013 au Palais Bourbon, et déjà  intitulée “LES SOURCES CONTEMPORAINES DE L ‘ANTISEMITISME”

Si le vieil antisémitisme français d’extrême droite subsiste, il se manifeste sur internet ou décliné par des auteurs racistes et il n’a commis aucune agression violente à ce jour. 

Mais depuis les années 2000 de nouvelles formes se sont développées.  Depuis l’Intifada déclenchée contre  Israel et soutenue par des islamo gauchistes, les recensements des actes antisémites révèlent qu’en France, porter un nom ou un prénom juif, porter une kippa sur la tête, apposer une “mézouza” au fronton de sa porte, oublier un objet religieux dans sa voiture, fréquenter une école juive etc.. revient à s’exposer à des injures voire à des agressions physiques ou des meurtres qui développent chez nos compatriotes de confession juive un sentiment d’insécurité et de mal-être dans notre République. 

Le BNVCA reste convaincu que l’adoption de cette loi très attendue, contribuera à lutter efficacement contre l’antisémitisme qui ne cesse de se développer.

Elle conduira les Préfets et les Procureurs de la République à faire appliquer plus efficacement l’article 225 du Code Pénal qui prévoit et punit le délit d’appel au Boycott que commettent impunément les activistes du mouvement illégal B D S qui participent de cette incitation à la détestation  d’Israel, à la tentative de délégitimisation de l’Etat juif poussant au crime antisémite.

Ainsi renforcés par cette Loi, les services éducatifs, répressifs et judiciaires auront enfin les moyens de combattre ce fléau qui fracture notre société,  stigmatise et fragilise encore les citoyens juifs de notre pays, dont le malaise et le sentiment d’insécurité s’amplifient  malgré les mesures prises par l’Etat et qui les conduisent à abandonner leurs résidences pour des lieux plus sûrs et plus sereins.

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CI APRES PROJET DE RESOLUTION ET SES PREMIERS SIGNATAIRES

Vu la résolution du Parlement européen du 1er juin 2017 sur la lutte contre l’antisémitisme,

Vu la déclaration du Conseil de l’Union européenne du 6 décembre 2018 sur la lutte contre l’antisémitisme et la mise en place d’une approche commune en matière de sécurité afin de mieux protéger les communautés et institutions juives en Europe ;

Estime que la définition opérationnelle utilisée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste permet de désigner le plus précisément possible ce qu’est l’antisémitisme contemporain ;

Considérant qu’elle constituerait un instrument efficace de lutte contre l’antisémitisme dans sa forme moderne et renouvelée, en ce qu’elle englobe les manifestations de haine à l’égard de l’État d’Israël justifiées par la seule perception de ce dernier comme collectivité juive ;

Approuve la définition opérationnelle de l’antisémitisme utilisée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste, en tant qu’instrument d’orientation utile en matière d’éducation et de formation et afin de soutenir les autorités judiciaires et répressives dans les efforts qu’elles déploient pour détecter et poursuivre les attaques antisémites de manière plus efficiente et plus efficace ;

Invite le Gouvernement, dans un travail de pédagogie, à la diffuser auprès des services éducatifs, répressifs et judiciaires.

Sylvain MAILLARD, Gilles LE GENDRE, Stanislas GUERINI, Brigitte BOURGUIGNON, Roland LESCURE, Yaël BRAUN-PIVET, Françoise DUMAS, Bruno STUDER, Sabine THILLAYE, Damien ABAD, Caroline ABADIE, Jean-Félix ACQUAVIVA, Damien ADAM, Éric ALAUZET, Christophe AREND, Sophie AUCONIE, Laetitia AVIA, Jean-Noël BARROT, Sophie BEAUDOUIN-HUBIÈRE, Justine BENIN, Aurore BERGÉ, Hervé BERVILLE, Grégory BESSON-MOREAU, Barbara BESSOT BALLOT, Bruno BONNELL, Jean-Claude BOUCHET, Florent BOUDIÉ, Jean-Louis BOURLANGES, Bertrand BOUYX, Valérie BOYER, Marine BRENIER, Jean-Jacques BRIDEY, Anne BRUGNERA, Stéphane BUCHOU, Pierre CABARÉ, Jacques CATTIN, Sébastien CAZENOVE, Émilie CHALAS, Guillaume CHICHE, Francis CHOUAT, Paul CHRISTOPHE, Éric CIOTTI, Fabienne COLBOC, Paul-André COLOMBANI, François CORMIER-BOULIGEON, Olivier DAMAISIN, Dominique DA SILVA, Olivier DASSAULT, Dominique DAVID, Marc DELATTE, Stéphanie DO, Nicole DUBRÉ-CHIRAT, Frédérique DUMAS, Jean-François ELIAOU, Catherine FABRE, Jean-Michel FAUVERGUE, Agnès FIRMIN LE BODO, Laurence GAYTE, Annie GENEVARD, Séverine GIPSON, Joël GIRAUD, Olga GIVERNET, Claude GOASGUEN, Philippe GOSSELIN, Guillaume GOUFFIER-CHA, Fabien GOUTTEFARDE, Olivia GREGOIRE, Benjamin GRIVEAUX, Émilie GUEREL, Marie GUÉVENOUX, Meyer HABIB, Michel HERBILLON, Danièle HÉRIN, Antoine HERTH, Philippe HUPPÉ, Monique IBORRA, Catherine KAMOWSKI, Guillaume KASBARIAN, Brigitte KUSTER, Jean-Christophe LAGARDE, Jean-Luc LAGLEIZE, Guillaume LARRIVÉ, Philippe LATOMBE, Marie LEBEC, Constance LE GRIP, Martine LEGUILLE-BALLOY, Geneviève LEVY, Richard LIOGER, Brigitte LISO, Gilles LURTON, Lise MAGNIER, Franck MARLIN, Stéphane MAZARS, Thomas MESNIER, Thierry MICHELS, Patricia MIRALLÈS, Jean-Michel MIS, Adrien MORENAS, Mickaël NOGAL, Claire O’PETIT, Catherine OSSON, Didier PARIS, Bernard PERRUT, Anne-Laurence PETEL, Valérie PETIT, Damien PICHEREAU, Laurent PIETRASZEWSKI, Éric POULLIAT, Natalia POUZYREFF, François PUPPONI, Didier QUENTIN, Bruno QUESTEL, Cathy RACON-BOUZON, Pierre-Alain RAPHAN, Rémy REBEYROTTE, Frédéric REISS, Stéphanie RIST, Laurianne ROSSI, François de RUGY, Pacôme RUPIN, Laetitia SAINT-PAUL, Thierry SOLÈRE, Joachim SON-FORGET, Éric STRAUMANN, Michèle TABAROT, Agnès THILL, Alice THOUROT, Huguette TIEGNA, Élisabeth TOUTUT-PICARD, Laurence TRASTOUR-ISNART, Frédérique TUFFNELL, Alexandra VALETTA ARDISSON, Laurence VANCEUNEBROCK, Michèle de VAUCOULEURS, Guillaume VUILLETET, Jean-Marc ZULESI, députés

Israël : pays du lait, du miel… et du cannabis

L’État hébreu pourrait devenir le leader mondial du cannabis médical. Plus de 46 000 patients traités, des technologies de pointe et une ouverture à l’export pour un marché colossal.

Par Sébastien Leban, en Israël – Le Point.fr 

Vue d'une ferme de cannabis de l'entreprise Israel Medical Cannabis.
Vue d’une ferme de cannabis de l’entreprise Israel Medical Cannabis.© IMC Israel Medical Cannabis

C’est dans un sombre et minuscule bureau de Jérusalem, à l’hiver 1964, que débute l’histoire du cannabis en Israël. Face à son tableau noir, Rafael Mechoulam, jeune et brillant chimiste, achève de dessiner, craie blanche à la main, la structure moléculaire du tétrahydrocannabinol. Plusieurs mois de recherche ont permis cette découverte capitale qui tient en trois lettres : THC. Aujourd’hui encore, sa simple évocation fascine. « Le THC est le principe actif dominant du cannabis, que mon équipe du Weitzman Institute est parvenue à identifier et à isoler », détaille le Pr Mechoulam. Fasciné par la chimie des plantes, il constate à l’époque que le principe actif du cannabis reste méconnu alors que, par exemple, on a isolé la morphine de l’opium dès le XIXe siècle. Cinquante-cinq ans après cette découverte, l’histoire continue de s’écrire en Terre sainte.

LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU

Autorisé depuis une dizaine d’années, le cannabis médical est prescrit à près de 50 000 patients en Israël (soit moins de 1 % de la population). Son efficacité est reconnue en oncologie et dans le traitement d’Alzheimer, de l’épilepsie, de douleurs chroniques ou du stress post-traumatique. Sous la coupe du ministère de la Santé, la IMCA (Israel Medical Cannabis Agency) délivre depuis 2012 les permis de consommation aux patients et régule production et distribution.

Le Professeur Rafael Mechoulam dans son bureau de Jerusalem© SEBASTIEN LEBAN POUR « LE POINT

Depuis, un cercle fermé de huit entreprises autorisées à cultiver la marijuana se partage le marché. Auquel s’ajoute un écosystème de plus de 70 start-up qui proposent des solutions innovantes pour l’agriculture, le conditionnement ou encore les inhalateurs. Le secteur, qui rapporte 234 millions de shekels par an à l’État hébreu, affiche une croissance de 30 % et attire les investisseurs étrangers.

« La Bible décrit Israël comme le pays du lait et du miel »

Ce boom incroyable, Saul Kaye l’a flairé dès 2015, lorsqu’il organise la première conférence CannaTech à Jérusalem et rassemble les rares scientifiques et entrepreneurs du domaine pour deux jours de networking. Expert du marché mondial du cannabis et prolifique entrepreneur, Saul Kaye conseille la Knesset (le parlement israélien) sur le développement de ce nouvel or vert dans le pays. D’un événement confidentiel, la CannaTech s’est muée en grand-messe du cannabis mondial : 300 participants venus de 40 pays et un ticket d’entrée à 1 000 dollars. Posée cette année sur les docks flambant neuf du port de Tel-Aviv, la CannaTech 2019 entamera ensuite une tournée mondiale : Sydney, Panama, Hongkong, Cape Town et même le Forum économique de Davos. Télécommande dans une main, smartphone dans l’autre, c’est sur scène que l’on retrouve le charismatique Saul Kaye, coiffé pour l’occasion de sa kippa siglée d’une feuille de cannabis : « Israël effectue plus de recherches que partout ailleurs dans le monde ! Nous avons réussi à déstigmatiser pour aller vers une approche de médicalisation plutôt que de légalisation du cannabis. Mais il reste du travail, les gouvernements traînent alors que les patients souffrent. »

Saul Kaye et Ehud Barak à la Cannatech© SEBASTIEN LEBAN POUR « LE POINT

Cette année, Kaye s’est offert un invité de marque en la personne d’Ehud Barak pour donner le coup d’envoi de sa conférence. Enserré dans un costume-cravate qui dénote avec l’atmosphère « start-up » décontractée de la CannaTech, Barak lance : « La Bible décrit Israël comme le pays du lait et du miel. Désormais, je peux vous souhaiter la bienvenue dans le pays du lait, du miel… et du cannabis ! » Avant de quitter la scène sous les applaudissements. L’ancien Premier ministre (de 1999 à 2001), qui reste l’une des personnalités politiques les plus respectées du pays, vient d’être nommé à la tête de Canndoc Pharma, firme biomédicale qui domine la production de cannabis en Israël. À l’annonce de sa nomination, « l’effet Barak » fait bondir de 300 % l’action de l’entreprise, cotée à la Bourse de Tel-Aviv. Canndoc a désormais en ligne de mire le marché américain avec son entrée au Nasdaq (deuxième marché d’actions des États-Unis) prévue avant la fin de l’année 2019.

Signe des temps, d’anciens hauts responsables du pays ont suivi le sillon creusé par Barak en s’engageant dans le cannabis médical. On peut citer Ehud Olmert, ancien Premier ministre, Yohanan Danino, ancien chef de la police, ou Haim Ramon, qui fut ministre de l’Intérieur et de la Justice. L’engagement public de ces poids lourds participe à une légitimation à grande vitesse du cannabis, et laisse entrevoir un marché colossal. D’après une étude récente de l’ONU, le marché du cannabis médical devrait représenter annuellement, au niveau mondial, 150 milliards de dollars. Et Israël joue des coudes avec le Canada pour remporter la part du lion, avec dans son viseur l’Europe. Le 27 janvier dernier, la Knesset a donné son feu vert à l’exportation du cannabis. Une décision qui fait entrer la production locale dans une autre dimension mais qui semble laisser de côté les principaux concernés : les patients.

Le business avant la santé des patients ?

Devant l’entrée de la CannaTech, un petit groupe déploie des banderoles sur lesquelles on peut lire, en hébreu et en anglais, « Le cannabis sauve des vies, les réformes du ministère de la Santé nous tuent ». Pour Ofir, 41 ans, « le gouvernement a les yeux tournés vers la manne financière du cannabis médical alors qu’il devrait d’abord s’occuper des patients ». « Aujourd’hui, je paye ma prescription mensuelle de 50 grammes 370 shekels (90 euros), une somme fixe, identique pour tous. Avec les nouvelles réformes qui vont entrer en vigueur, je vais devoir débourser 900 euros chaque mois, c’est impossible ! » explique Ofir. Après un accident de voiture qui lui brise la colonne vertébrale, l’homme reste alité pendant des mois, tétanisé par des douleurs que seul le cannabis parvient à atténuer.

Un employé de Tikun Olam, une entreprsie qui cultive du cannabis forme un patient à l’utilisation d’un vaporisateur© SEBASTIEN LEBAN POUR « LE POINT

Ces réformes, qui accompagnent l’ouverture de l’exportation, ont plusieurs objectifs. Le premier permettra la distribution via le réseau de pharmacies classiques et le second vise à standardiser la qualité des produits : « Le patient a besoin de savoir ce qu’il consomme et de connaître précisément les dosages de THC (psychoactif) et de CBD (tranquillisant). Nous travaillons avec des produits naturels donc instables, mais Israël est à la pointe pour la médicalisation de ces substances », détaille le Dr Michael Dor, médecin en chef de l’Israel Medical Cannabis Agency et caution scientifique du gouvernement.

En cause, également, le permis. En effet, afin d’obtenir le précieux document, chaque patient doit consulter pendant plus d’un an un praticien et tester la gamme des opioïdes traditionnellement indiqués pour sa pathologie avant de se voir prescrire du cannabis. « Une hérésie », pour Erez, 47 ans. « Le problème, c’est qu’en Israël on doit d’abord devenir un junkie avant d’avoir accès à un remède naturel, le cannabis. J’ai vécu un enfer avec les effets secondaires de ces opioïdes : perte d’appétit, nervosité, dépendance. » Le processus décrié par de nombreux médecins va évoluer, selon le Dr Dor : « Nous savons que le chemin est long et contraignant et nous allons le modifier. Un comité de spécialistes devrait statuer d’ici la fin de l’année. »

Erez fume du cannabis avec sa pipe© SEBASTIEN LEBAN POUR « LE POINT

Même s’il avance à tâtons, le ministère de la Santé s’appuie sur des médecins qui assurent le relais avec les patients et font remonter les informations. Pour le Dr Orna de Shalit, clinicienne de la douleur en banlieue de Tel-Aviv, « la recherche du dosage idéal entre THC et CBD est capitale pour mieux s’adapter aux différentes pathologies ». Après plus de cinq ans à prescrire du cannabis médical, elle dresse un bilan positif : « J’ai été moi-même sceptique, mais je dois avouer que ça aide beaucoup de patients et que ça permet de diminuer les doses d’opiacés et de morphiniques. Cela dit, il faut accompagner les patients, notamment les jeunes de moins de 25 ans et les profils fragiles, pour éviter la dépendance ou le décrochage. Mon rôle de thérapeute n’est pas de faire disparaître la douleur, mais de permettre à mes patients de retrouver une vie normale. »

Telegrass ou le dealer 2.0

Si le cannabis médical est autorisé, il est toujours illégal sous sa forme récréative, bien que dépénalisé depuis 2017. Il suffit de flâner autour du Shouk HaCarmel, le grand marché de Tel-Aviv, pour sentir des effluves de chanvre s’échapper çà et là des terrasses. Les 250 shekels (60 euros) d’amende pour consommation en public ne semblent dissuader personne. Shmuel, grand gaillard de 37 ans, assume sa consommation récréative de cannabis : « J’aime fumer de temps en temps pour me détendre ou juste pour bien dormir. » Sans permis en poche, Shmuel se tourne vers le marché noir. Et, là encore, Israël innove… Confortablement installé dans son canapé, Shmuel attrape son smartphone et ouvre l’application Telegram, version russe et encryptée de WhatsApp : « Ici, nous avons Telegrass (contraction de Telegram et de grass, herbe en anglais). C’est un groupe qui me permet de commander de la marijuana 24 heures sur 24 comme je commande une pizza, avec en prime la livraison à domicile en moins d’une heure ! »

La version 2.0 du dealer de quartier a été créée à Tel-Aviv il y a cinq ans par Amos Dov Silver, un ancien religieux reconverti en chantre du cannabis. Le principe : mettre en relation « commerçants » et consommateurs sur une plateforme cryptée censée garantir l’anonymat. Sur la page de Telegrass, il suffit de « scroller » parmi les centaines de messages quotidiens classés par zone géographique et de faire son marché : par exemple, « Koko Lida » propose « un service courtois avec plus de 120 recommandations, une fiabilité du poids livré et de la variété que nous aimons tous : la bluegreen », et affiche les tarifs : 1 gramme pour 100 shekels (25 euros), 3 pour 200. Le 12 mars dernier, une impressionnante opération de police a permis d’arrêter Amos Dov Silver en Ukraine, ainsi que 42 personnes qui géraient Telegrass. La police affichait alors fièrement sur ses réseaux sociaux la fermeture du groupe aux 20 000 abonnés. Avant qu’il ne réapparaisse 48 heures plus tard. Cette ubérisation du deal est totalement illégale et donne des cauchemars à la police israélienne. D’autant plus que l’on estime à 20 % la part de cannabis médical qui se retrouve vendu sur le marché noir via Telegrass.

Quid d’une légalisation prochaine ? Plusieurs partis politiques ont mis le sujet à leur agenda et la société israélienne, aussi protéiforme soit-elle, semble prête à passer le cap. Le Dr Michael Dor estime quant à lui que « si nos sociétés ont accepté de payer le prix social lié à la légalisation du tabac ou de l’alcool, nous sommes largement prêts à légaliser le cannabis ». 

Si Sarah Halimi s’était appelée Malika Ashraoui…

Frédéric Sroussi Pour TRIBUNE JUIVE

La motivation qui a poussé la justice-du-mur-des-cons à  écarter le caractère antisémite, – pourtant avéré d’un point de vue factuel – du meurtre barbare de Mme Sarah Halimi nous laisse à penser que la justice française n’est pas toujours impartiale quand il s’agit des Juifs. Rappelons que les juges français prêtèrent allégeance au Maréchal Pétain et participèrent donc à la spoliation de milliers de Juifs en faisant appliquer les lois antisémites de l’ État français.

Une question aujourd’hui me taraude : que serait-il passé si Sarah Halimi s’était appelée Malika Ashraoui (j’ai choisi ce nom de façon arbitraire) ?

Je dirai, comme le philosophe Pierre Boutang sur un tout autre sujet, : «Pour le savoir, appliquons la méthode des différences; même hypothétique, la différence est souvent révélatrice.»

Imaginons donc (même si cela relève heureusement de la pure science-fiction !) qu’un Juif pratiquant se soit introduit dans l’appartement d’une femme musulmane, l’ait torturée pendant des heures avant de la défenestrer encore vivante – sans que la police, présente sur les lieux, n’intervienne – et qu’ensuite, ce Juif ait récité des prières en hébreu.

Quelle aurait été la réaction de la classe politique, des médias, des juges et de l’opinion publique ?

Nul besoin d’ être extralucide pour deviner que la France serait tout bonnement à feu et à sang et que des pogroms (à Dieu ne plaise) auraient lieu dans tout le pays.

Les banlieues s’enflammeraient et les policiers paieraient le prix fort pour s’être abstenus de sauver une femme musulmane victime d’un crime odieux.

Le concept du «pas-d’-amalgame» ne serait  évidemment pas utilisé à des fins d’ apaisement (les Juifs, ils sont tous solidaires…).

La justice se précipiterait pour qualifier le meurtre d’acte terroriste, etc, etc.  

Mais, Sarah Halimi n’ était pas musulmane car si elle l’avait été, elle serait vivante aujourd’hui…

Comparons maintenant le désintérêt, voire le mépris pour l’affaire Sarah Halimi avec l’hystérie collective qui suivit l’affaire de cette femme voilée présente au Conseil régional Bourgogne-Franche-Comté, et vous comprendrez le principe dont les Juifs et Israël sont toujours les victimes : le deux poids, deux mesures

Les débats au sujet de cette affaire de voile , ô combien essentielle, ne cessèrent pas pendant des jours dans tous les médias. Les innombrables défenseurs de cette femme voilée clouèrent au pilori cette «pathologie française » que serait « la chasse au foulard islamique », dixit les affreux bobos du NouvelObs (14/10/19).

Bah oui, d’un côté on ne parle «que» d’un crime accompagné d’actes de barbarie perpétré par un djihadiste contre une femme juive parce ce que juive, alors que l’autre affaire concerne (c’est pas rien !) la sortie un peu prématurée d’une femme voilée d’un endroit public… Ce dernier cas est quand même bien plus grave et nous devrions comprendre le tollé, les manifestations et les pétitions contre l’«islamophobie» qui suivirent cette, ô combien,  douloureuse histoire…

Remercions tout de même les quelques dizaines d’intellectuels (très majoritairement non Juifs) et les deux journalistes qui se sont levés pour dénoncer le silence complice des medias et les décisions iniques de cette justice-du-mur-des-cons qui a depuis longtemps choisi son camp…

Le coup d’état permanent

Shmuel Trigano

La démocratie israélienne traverse une crise structurelle. Le concept de « coup d’Etat permanent » que François Mitterand avait forgé du temps de l’Etat gaullien pourrait nous aider à décrire la situation qui prévaut en Israël depuis plusieurs années. Un arc de forces s’est créé objectivement entre la Cour Suprême, la police et les médias, en tension avec le pouvoir exécutif et donc aussi le pouvoir législatif, celui du parlement. Si ce dernier pouvoir repose sur une majorité parlementaire de centre-droit, le « coup d’Etat permanent » voit l’autorité judiciaire instrumentaliser le droit en fonction d’un credo politico-idéologique objectif qui s’oppose clairement à la politique voulue par la majorité.

On l’identifie en général à « la gauche » mais cette gauche-là n’a plus rien à voir avec la gauche d’antan, sioniste (face à la scène externe) et attachée au peuple juif (sur la scène interne).

On l’identifie aux « élites » qui, il est vrai, étaient celles de la gauche quand elle était au pouvoir mais qui, aujourd’hui, n’accapare que les étiquettes réputées nobles, comme celle de « gauche », ou celle de « démocratie » et bien sûr celle de « Droit ». Il y a des dizaines de citations qui l’attestent. Un simple exemple : il y a quelques jours quinze ambassadeurs israéliens (dont Elie Barnavi-) ont signé une pétition destinée à soutenir la discrimination économique (l’apartheid ?) d’Israël décrété par la Cour suprême européenne envers les produits commercialisés par les producteurs de Judée Samarie. Bel exemple de « patriotisme », et terrible lumière rétrospective sur la façon dont ces ambassadeurs ont défendu leur pays ces dernières années ! La gauche, qui a perdu depuis longtemps le pouvoir qu’elle avait avec le parti travailliste, un pouvoir pour ainsi dire confondu alors avec l’Etat, s’est en effet barricadée dans le système juridico-médiatique (et académique), à défaut d’avoir la majorité parlementaire.

Le problème n’est malheureusement pas qu’institutionnel et élitiste. Il s’inscrit aussi dans la politique politicienne comme le montre la paralysie du corps électoral résultatnt des exclusions lancées par les laïcistes (Yaïr Lapid et Liberman) envers la participation à une coalition où seraient présents les religieux, mais il s’inscrit aussi dans la détestation personnelle et jalouse de certains leaders envers Natanyahou, sans compter la détestation du corps électoral de droite, mise en œuvre de façon permanente par les élites et répercutée par les médias. Chaque année l’anniversaire de l’assassinat de Rabin est exploité par la famille Rabin et la gauche pour fustiger le fascisme de la droite. Et cette année n’a pas dérogé à ce rite de détestation et de ressentiment qui jette l’opprobre sur une majorité du corps électoral. Bien évidemment, les dimensions socio-économiques et identitaires se greffent sur ce clivage global.

En mettant en examen à tour de bras les hommes politiques de la majorité,en frappant à son cœur, le cercle autour de Natanyahou, la justice paralyse l’exécutif, empêche ses nominations, ruine son autorité, et, surtout, livre à Natanyahou une guérilla médiatique qui dure depuis des mois et des mois. Le moyen d’action est très simple : il suffit aux juges et à la police d’organiser régulièrement des fuites – et donc de trahir le secret de l’instruction – pour que les médias s’en emparent goulument et se livrent à une chasse à l’homme.

Le spectacle des informations télévisées est de ce point de vue devenu un cauchemar : chaque soir depuis des mois et des mois, une flêche est décochée sur Natanyahou, son épouse, ses fils, son entourage… Il n’est question que de mises en examen, de témoins de l’accusation, de procès… C’est devenu le quotidien de la « démocratie » (devenue méconnaissable). Ce qui se passe depuis un an est proprement inimaginable. J’ai fait le tour de toutes les chaines d’information israéliennes que j’ai désertées les unes après les autres au spectacle de cette traque odieuse, ni juridique, ni morale et en infraction avec la Loi, à l’écoute de ce discours judiciaire qui scande désormais la vie collective. Si rire est encore possible, ce spectacle est digne de Molière ! Champagne, cigares et recherche d’influence médiatique sont les pièces à conviction de la corruption de Natanyahou … Un grand avocat américain a déclaré que c’est la première fois dans le monde qu’une telle accusation prévaut contre un chef d’Etat. Quant à Sara Natanyahou, son majordome, qui a organisé chaque semaine pendant des mois une manifestation contre elle, lui reproche d’avoir fait des commandes excessives de victuailles en dehors de la cuisine du premier ministre, d’avoir maltraité une employée de maison, ou, pire, d’avouer une consommation excessive de glace à la pistache… Et tous ces gens, ces journalistes, ces juristes discutent doctement de la corruption du premier ministre…

L’origine de cette crise de régime est très claire. Elle a pour nom « la révolution constitutionnelle », une réforme de la Cour suprême, sous la houlette de son président d’alors, de 1996 à 2006, Aharon Barak, qui a étendu la juridiction de la Cour à des domaines qui n’étaient pas les siens, réservant son droit de retoquer les lois votées par le parlement, d’intervenir dans les domaines régaliens propres au pouvoir exécutif, y compris la sécurité et la guerre. Non plus au nom de la loi du parlement mais de droits « fondamentaux » supérieurs, quasi trancendants, dont la Cour suprême serait la représentante. Sans doute de droit divin ?

Un véritable monstre judiciaire s’est créé. Si l’on pense en termes français, la Cour suprême israélienne – soient 15 juges cooptés à vie, ni élus, ni contrôlés – est à la fois un Sénat, un Conseil d’Etat, une Cour constitutionnelle, une Cour de cassation, et on se demande aujourd’hui si elle pourra être aussi une Haute Cour de justice.

Celà n’a rien à voir évidemment avec l’équilibre des pouvoirs. Je rappelle son schéma classique : le parlement vote la loi, le gouvernement l’applique et l’autorité judiciaire veille à son application conforme. Quant à la Loi et aux principes du droit, en démocratie, ils émanent du parlement. La Loi n’a rien d’absolu. Le Parlement peut la changer. C’’est le peuple constituant qui en décide, sinon nous serions dans une théocratie, fût-elle laïque.

La judiciarisation de la vie collective sera fatale à la société, au sentiment du commun. Le peuple, le demos, a disparu derrière ses juges, alors que les électeurs de droite, majoritaires, sont dépeints artificiellement par les medias sous les traits de la violence, de la vulgarité quand ce n’est pas de l’« imbécilité » (selon un important professeur de droit ).

La judiciarisation qui tente de prendre le dessus dans la politique israélienne risque d’être fatale à un Etat qui, entre autres défis, doit faire face à une menace stratégique considérable et immédiate, c’est ce que tous ces importuns semblent avoir oublié. Un sondage récent montre déjà ses dégats sur le plan militaire. 62% des conscrits pensent que les juristes militaires avec leurs définitions légales de l’usage de la force, interfèrent dans leurs missions et nuisent à leur capacité de défendre le pays, sans compter qu’il pensent que la section légale de l’armée ne les soutiendrait pas s’ils prenaient une décision tactique inadéquate. On se souvient du scandale de l’affaire Elor Azaria, accusé d’avoir éliminé un terroriste (un cas très semblable à celui du Pont de Londres il y a 2 jours (29/11/2019) qui, au fait, n’a donné lieu à aucun scandale chez les hypocrites européens !). On comprend pourquoi les habitants du sud d’Israël, abandonnés aux missiles de Gaza, ont le sentiment que Tsahal a perdu sa volonté de vaincre légendaire.

Aujourd’hui, après l’armée, c’est l’Etat institutionnel qui est secoué sous l’effet du coup d’Etat légal avec une crise politique insoluble et un troisième tour d’élections au résultat incertain. L’administration de l’Etat est abandonnée depuis des mois dans l’impasse à laquelle l’autorité judiciaire assigne toute une société.

La judiciarisation de la Cité et de l’existence ne peut faire que des ravages ! Il faut rendre au parlement sa prééminence et à l’exécutif sa puissance. II n’est pas possible que le pouvoir des juges et de la police soient en roue libre. Ils doivent être sous le contrôle du Souverain, sans lequel ils ne sont rien.

La crise n’est pas uniquement politique et sociale. Elle est aussi spirituelle. L’état des faits actuel rappelle irrésistiblement le début du Livre de Ruth : Vayehi bymei shfot hashoftim : « Il était une fois aux jours du jugement des juges ». Le livre s’ ouvre sur la description d’une ville, Bethléem, ravagée par la pénurie et la famine et que s’apprête à quitter pour survivre la famille d’un juge, Elimelekh, qui part trouver refuge dans le pays de Moab. Le père et ses deux fils mourront laissant Noémi seule avec sa bru moabite, Ruth.

Cette désolation est éclairée par le verset inaugural. Le « jugement des juges », c’est autant une désignation d’un système de gouvernement régi par les juges qu’un jugement des juges eux-mêmes dans l’exercice de leur pouvoir, générateur de pénurie et de famine, de désertion d’une Cité autrefois prospère. La pénurie est le résultat de l’excès de pouvoir des juges, ainsi jugés par les effets qu’ils ont produits. En abusant du jugement, ils se sont jugés eux-mêmes et voué la Cité à la désolation au point d’en chasser les citoyens autant qu’eux-mêmes. L’excès de jugement vise à rendre si « transparente » l’épaisseur de l’existence et de la socialité qu’elles en sont ruinées. Tout n’est pas « jugeable » ! Le Juge Suprême lui même n’endosse pas à temps plein l’habit du jugement…

500 commissariats français seront équipés d’un système israélien…

Le “ kiosque” de l’entreprise israélienne Cellebrite est un système capable d’aspirer et de traiter toutes les données d’un téléphone portable en moins de dix minutes. Cellebrite fabrique des dispositifs d’extraction, de transfert et d’analyse de données cachées dans un dispositif mobile (téléphone, tablette, GPS) aussi bien dans le cadre d’enquête policière que dans d’autres services d’investigation. Le système israélien  sera installé dans 500 commissariats français, il suffira de brancher le téléphone et toutes les données seront extraites en 10 minutes pendant la garde à vue. L’entreprise israélienne qui fête ses 20 ans avait déjà fait beaucoup parler d’elle en 2016 dans l’affaire opposant Apple au FBI…

En février 2016, le FBI avait demandé les services d’Apple pour déverrouiller le smartphone de l’auteur de l’attentat de San Bernardino pour les besoins de son enquête. S’en est suivi un long bras de fer entre les deux et en mars 2016, le FBI a fait savoir qu’il n’avait plus besoin de l’aide d’Apple puisqu’une tierce partie (notamment Cellebrite) avait réussi à le faire. Déjà en 2016, Cellebrite  collaborait avec 15 000 forces de sécurité de par le monde. L’entreprise a par exemple été sollicitée par le gouvernement croate en 2012 dans une affaire de pédophilie. La société affichait un chiffre d’affaires dépassant la barre des 100 millions de dollars. Fort d’un effectif de 400 personnes, Cellebrite dispose de bureaux en Israël, aux États-Unis, au Brésil, en Allemagne, à Singapour et au Royaume-Uni. La startup, a été créée en 1999 à Petah Tikva, en banlieue de Tel-Aviv, par Yossi Carmil et Ro

Actuellement, en France, les téléphones saisis doivent être envoyés dans un des 35 centres spécialisés de la police technique et scientifique, qui sont souvent embouteillés. Avec le système “ kiosque”, qui sera installé dans les commissariats de premier niveau, il suffira de brancher le téléphone et toutes les données seront extraites pendant la garde à vue : SMS, photos géolocalisées…

Le système est en cours de déploiement dans le nord de la France. L’an prochain, cent nouveaux systèmes seront installés en Île-de-France et dans le Sud. En tout, cinq cents systèmes doivent être installés d’ici 2024, pour un coût de quatre millions d’euros. Il a déjà été testé lors du G7, pour traiter les téléphones des personnes gardées à vue, avec des résultats jugés “très positifs”…

Tel-Avivre source – Secours rouge

Le BNVCA reçu par Monsieur Elan S. Carr Envoyé spécial des Etats Unis pour la surveillance et la lutte contre l’antisémitisme dans le monde

En visite officielle en France, Mr Elan S . CARR,  Envoyé spécial des Etats-Unis pour la surveillance et la lutte contre l’antisémitisme dans le monde, a rencontré des représentants de Mr Sammy GHOZLAN, Président du BNVCA, afin d’avoir une meilleure compréhension de la situation de l’antisémitisme en France.

En coordination avec les services de l’ambassade des Etats-Unis à Paris, présents à la réunion, celle-ci  s’est tenue dans les locaux de l’ambassade le 7 novembre à 14 h.

Le BNVCA et son Président étaient représentés par une délégation composée du Vice-Président Richard Odier, du Secrétaire Général René Lévy et de Maître Baccouche, avocat du Bureau.

En préliminaire, Maître Baccouche a lu la lettre que le président Sammy Ghozlan adressait à l’Envoyé spécial des Etats-Unis.

La délégation a présenté à l’Envoyé spécial auprès du Département de l’Etat des Etats-Unis les chiffres 2018/2019 des actes violents antisémites et lui a donné des perspectives.  Elle a souligné l’efficacité de l’observatoire de la lutte contre l’antisémitisme en ligne.

Les échanges ont aussi porté sur la nature et les sources principales du nouvel antisémitisme, ainsi que sur les conséquences sociales et sécuritaires.

Le BNVCA a noté ses efforts contre le mouvement illégal en France BDS, de même que les réactions du BNVCA et celles des autorités de l’Etat français pour endiguer le phénomène d’incitation à la haine d’Israël et à l’antisémitisme qui poussent à l’acte anti-juif et aux assassinats comme ceux des élèves de l’école juive de Toulouse, des deux femmes juives à leur domicile, et de l’attentat terroriste mortel commis contre l’Hypercacher.

L’Envoyé spécial des Etats-Unis s’est engagé à suivre de près l’évolution du fléau de l’antisémitisme et à veiller à le combattre .

Le documentaire qui défait les préjugés sur les juifs et l’argent

Cimetière de charité juif. Capture d’écran.

SOCIÉTÉ

PAR Nicolas Bove –

“Si vous nous piquez, ne saignons-nous pas ? Si vous nous chatouillez, ne rions-nous pas ? Si vous nous empoisonnez, ne mourrons-nous pas? “ Ces vers du Marchand de Venise, de William Shakespeare (acte III, scène 1), écrits en 1596, pourraient résumer les enseignements de ce documentaire. Et le premier d’entre eux est que l’appartenance à la confession juive, sans même parler d’une communauté juive, ne préserve nullement de la misère ou des accidents de la vie.

Une réalité sociale 

Jews Got Money, réalisé en 2012 par Sasha Andreas, entend mettre la lumière sur un préjugé ayant la vie dure et répandu bien au-delà des cercles antisémites, jusque chez certains juifs eux-mêmes : les juifs auraient tous de l’argent et auraient tous réussi dans la société. Le film est consultable en ligne sur le site ReelHouse. À travers l’histoire de l’immigration juive à New York, le documentariste français montre, d’hier à aujourd’hui, à quel point cette assertion est fausse.

Au cours des 40 minutes que dure le documentaire, nous faisons la connaissance de membres éminents de la communauté juive new-yorkaise : Malcolm Hoenlein, PDG de la Confédération des présidents des principales organisations juives américaines, William Rapfogel, PDG du Conseil métropolitain de New York pour la pauvreté juive. Tous deux œuvrent pour que des organisations sociales viennent en aide aux plus démunis, juifs mais pas seulement. Au-delà d’une conception néolibérale de la société et du statut des personnes en son sein, les deux hommes mettent l’accent sur l’existence d’une part importante (20%) des juifs qui à New York vivent sous le seuil de pauvreté et sur la faible conscience qu’en ont les membres plus aisés de la communauté.

À New York, comme ailleurs, 1 juif sur 5 vit dans la pauvreté

D’autres, moins connus mais œuvrant pour cette communauté racontent ces vies difficiles dont ils sont les ultimes témoins. C’est le cas d’Amy Koplow, directrice exécutive de l’association pour l’enterrement hébraïque gratuit (Hebrew Free Burial Association) et Shmuel Plafber, rabbin membre de l’association, officiant à toutes les cérémonies. Les juifs qui, au moment de leur mort, ne peuvent s’offrir même un cercueil, et n’ont pas de proches qui pourraient y remédier, ont vécu dans la marginalité, vis-à-vis de leur famille, de leurs voisins, souvent appartenant à d’autres communautés, et même des autres juifs. Les plus aisés n’ont pas nécessairement conscience de leur existence et eux-mêmes restent discrets sur leur situation, en partie tant ils ont intégré l’idée qu’être juif signifie aussi être riche.

À ces quatre personnalités, sur les interviews desquelles repose le documentaire, s’ajoutent des visages anonymes, apparaissant dans un cadre au format réduit, comme plus lointain, témoignant de leur vie, leur misère et aussi de l’aide qu’ils reçoivent. Les uns sont vieux et faibles, les autres ont tout perdu à la suite d’une catastrophe. Plusieurs parcours sont mis à nu à l’écran, et toujours la même histoire se répète, celui d’un drame, social, familial, économique, politique même (de la Shoah à la chute de l’URSS). Ce que ce documentaire, par ces témoignages de personnes ordinaires, réussit le mieux, c’est de mettre le spectateur au contact de personnes qui pourraient vivre sur le même pallier, arpenter les mêmes rues.

Des individus face aux accidents de la vie

En se concentrant sur des portraits et récits de juifs ayant vécu ou vivant dans la pauvreté, aujourd’hui et hier, ce documentaire fait progressivement passer leur confession au second plan, loin des préjugés et représentations d’une communauté uniforme et aisée. Derrière un titre tapageur, Sasha Andreas dévoile la banalité de la vie de tous les jours des classes moyennes et pauvres de nos sociétés. En somme, la religion ne change rien à l’argent.

Sasha ANDREAS, “Jews Got Money”, 2015, 40 min. Achat 6.20 €. Location 2.70€.

Alain Finkielkraut défend l’ironie contre les «bataillons du premier degré»

GRAND ENTRETIEN – Le philosophe, dont les propos sur le viol ont déclenché un tollé, dissèque une polémique dont il fut le premier surpris et répond point par point à ses détracteurs.Par Eugénie BastiéPublié le 20 novembre 2019 à 20:25, mis à jour le 21 novembre 2019 à 12:12

Accusé de «banaliser» la réalité du viol par une militante féministe sur un plateau de télévision le 13 novembre, l’académicien avait répondu vivement et avec ironie: «Violez, violez, violez! Voilà, je dis aux hommes: violez les femmes! D’ailleurs, je viole la mienne tous les soirs!» Ces propos délibérément sarcastiques relevant de l’antiphrase ont suscité un tollé, certains militants et des députés allant jusqu’à saisir le CSA et le procureur de la République. Le philosophe prend le temps dans nos colonnes de disséquer une polémique dont il fut le premier surpris et répond point par point à ses détracteurs. Se défendant de toute provocation, le penseur déplore que «les bataillons du premier degré envahissent notre monde» et que la conversation française ne soit plus possible. Il critique la notion de «culture du viol» et s’inquiète d’un «tribunal médiatique» qui voit triompher la passion justicière sur l’État de droit et la présomption d’innocence.

LE FIGARO. – Les propos que vous avez tenus mercredi 13 novembre à l’émission «La Grande Confrontation» sur LCI ont suscité un tollé, certains députés ont même saisi le procureur de la République. Comment réagissez-vous?

Alain FINKIELKRAUT. – Sur un plateau de télévision, Caroline de Haas m’a accusé de faire l’apologie du viol. Face à une calomnie aussi monstrueuse, j’avais le choix entre deux attitudes: la protestation outragée ou l’ironie. J’ai opté pour l’ironie et j’ai renchéri sur l’imputation afin d’en faire ressortir le caractère absurde. J’ai dit que j’exhortais, en effet, tout un chacun à s’adonner à cette pratique exquise, et que moi-même je violais quotidiennement ma femme. Et voici que, pour cette boutade, le Parti socialiste saisit le CSA, que quatre députés de La France insoumise font un signalement au procureur de la République, que la porte-parole du gouvernement me cloue au pilori et qu’une pétition exigeant l’arrêt immédiat de mon émission «Répliques» est envoyée à la direction de Radio France.

Dans les manuels de français, on trouvait naguère « De l’esclavage des Nègres », chapitre de « L’Esprit des lois  » de Montesquieu. Un professeur qui ferait aujourd’hui étudier ce texte ironique aurait à répondre d’apologie de crimes contre l’humanitéAlain Finkielkraut

Je reste pantois, je l’avoue, devant ce déferlement de réactions indignées. Les gros bataillons du premier degré envahissent notre monde. Autrefois patrie littéraire, la France devient, pour son plus grand malheur, une société littérale. Dans les manuels de français, on trouvait naguère le texte de Montesquieu De l’esclavage des Nègres «Ceux dont il s’agit sont noirs des pieds jusqu’à la tête, et ils ont le nez si écrasé qu’il est presque impossible de les plaindre. On ne peut se mettre dans l’idée que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme surtout une âme bonne, dans un corps tout noir (…). Il est impossible que nous supposions que ces gens-là sont des hommes, parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens.» Un professeur qui ferait aujourd’hui étudier ce chapitre de L’Esprit des lois s’exposerait aux pires ennuis. Il aurait à répondre d’apologie de crimes contre l’humanité, et certains élèves, particulièrement sensibles à la douleur des opprimés, déchireraient le livre où cette infamie figure.

Dans le climat qui est le nôtre, on ne peut plus dire le contraire de ce qu’on pense sans être aussitôt accusé de penser ce qu’on dit. Adieu Montesquieu. Bienvenue dans la post-France!

Certains vous reprochent de vous rendre dans des émissions télévisées où le clash et la petite phrase l’emportent systématiquement sur la culture du débat. En vous y rendant, ne vous faites-vous pas complice de la grande déculturation et de l’amoindrissement du débat que vous fustigez par ailleurs?

Dans son livre L’Empire du politiquement correct, Mathieu Bock-Côté cite cette phrase lumineuse d’Alfred Sauvy: «Le but de la démocratie n’est pas de s’entendre, mais de savoir se diviser.» À la télévision, à l’université, et dans l’espace public en général, ce savoir se perd sous l’effet de l’extension démente des domaines du racisme, de l’islamophobie, de l’homophobie et du sexisme. L’émission de LCI a révélé la crise, peut-être terminale, de la conversation française. À ce titre, elle a été utile.

Trente ans après la chute du communisme, on persécute la plaisanterie dans un pays démocratique soumis, par ailleurs, au règne des « humoristes », c’est-à-dire au matraquage permanent du ricanement imbécileAlain Finkielkraut

Même si votre réaction était de l’humour, ces sujets ne méritent-ils pas plutôt du sérieux?

Bien conscients que je n’ai pas fait, l’autre soir, moncoming out de violeur impénitent, certains de mes accusateurs me reprochent de banaliser l’horreur par une blague déplacée. Mais si Alain Badiou m’avait dit en face ce qu’il a écrit pour motiver son refus de venir dans mon émission de France Culture, à savoir, qu’avec L’Identité malheureuse, «le concept proprement néonazi d’État ethnique» était devenu central dans ma pensée, croyez-vous que j’aurais crié au scandale en invoquant, les larmes aux yeux, les mânes de ma famille assassinée? Bien sûr que non. Je l’aurais félicité chaudement de m’avoir percé à jour. J’aurais même précisé que mon objectif politique ultime était d’ouvrir des camps d’extermination pour les mauvais Français. Cette réponse profane-t-elle la mémoire des suppliciés? La vérité est tout autre: trente ans après la chute du communisme, on persécute la plaisanterie dans un pays démocratique soumis, par ailleurs, au règne des «humoristes», c’est-à-dire au matraquage permanent du ricanement imbécile.

N’y a-t-il pas chez vous un côté provocateur? Pourquoi défendre à tout prix le cinéaste Roman Polanski, accusé de viol?

Je trouve que la provocation est un comportement puéril. Je dis ce qui me semble vrai, sans me soucier du qu’en-dira-t-on, c’est tout. Et malgré l’appel au boycott validé par le ministre de la Culture et la porte-parole du gouvernement décidément infatigable, je suis allé voir le dernier film de Polanski. Je n’ai pas été déçu: la scène de la dégradation de Dreyfus, notamment, est inoubliable. Mais, m’objectera-t-on, on ne peut séparer l’artiste de l’homme. Au nom de ce grand principe moral, la majorité des biographies de cinéastes, de dramaturges ou de romanciers se donnent maintenant pour mission de déterrer le honteux secret enfoui sous l’œuvre géniale. Kundera, dans son essai Une rencontre, évoque le livre de 800 pages consacré à Bertolt Brecht par un professeur de littérature comparée de l’université du Maryland. Après avoir démontré la bassesse de l’âme de Brecht (homosexualité dissimulée, érotomanie, exploitation des maîtresses qui étaient les vrais auteurs de ses pièces), «il arrive enfin à son corps, notamment à sa très mauvaise odeur», attestée trente ans après sa mort par une collaboratrice du Berliner Ensemble. Les grands auteurs puent et ils ont tous un cadavre dans leur placard: voilà ce que les enquêteurs minutieux nous dévoilent, mettant fin ainsi à l’hégémonie culturelle des «White European Males».

Le débat sur LCI portait sur la «culture du viol». On vous accusait de la promouvoir en tenant des propos relativisant la portée de certains actes. Comment interprétez-vous cette notion de «culture du viol»?

Le viol est une abomination. La «culture du viol» est un concept attrape-tout qui englobe dans une même réprobation la drague lourde, les allusions salaces, les attouchements, et même la galanterie, dont la déconstruction s’impose, nous dit l’historienne Michelle Perrot, «tant elle dissimule l’inégalité sous les fleurs». Ainsi se répand la fiction d’un Occident intégralement et continûment misogyne. Énigmatique puissance de l’imaginaire! Alors même que les femmes accèdent à tous les métiers, qu’elles occupent, dans l’audiovisuel notamment, des postes de pouvoir, et que l’homme est devenu facultatif dans la procréation, les néoféministes s’en prennent, comme si de rien n’était, à l’omnipotence de l’ordre patriarcal. On connaissait les mauvais perdants, elles sont de mauvaises gagnantes, d’autant plus belliqueuses que la domination masculine tombe en désuétude. Et elles font tellement peur que les féministes authentiques, qui n’ont aucune envie d’être traînées dans la boue sur les réseaux sociaux, préfèrent, pour le moment, garder le silence.

Ce discours militant s’appuie sur le continuum qui existerait entre violence physique et violence symbolique, ce qui signifierait que «les mots tuent». N’y a-t-il pas une part de vérité dans ce discours? N’est-il pas juste que les paroles peuvent pousser à l’acte?

On doit à Pierre Bourdieu l’invention du concept de violence symbolique. Il désigne ainsi, dans La Reproduction, le livre qu’il a coécrit avec Jean-Claude Passeron, l’action pédagogique, c’est-à-dire, soyons clairs, la transmission de la culture: «Toute action pédagogique est objectivement une violence symbolique en tant qu’imposition, par un pouvoir arbitraire, d’un arbitraire culturel.» Et quelle est la réponse appropriée à la violence symbolique? La violence tout court. C’est du moins la conclusion à laquelle sont parvenus les étudiants en sciences sociales qui interdisent de parole Sylviane Agacinski, et avec elle les conférenciers qu’ils rangent parmi les dominants. Au procès intenté contre l’historien Georges Bensoussan parce qu’il avait osé dire que dans de nombreuses familles arabes les enfants «tétaient l’antisémitisme avec le lait de leur mère», j’ai entendu le procureur de la République lui reprocher «un passage à l’acte dans le champ lexical». Passer à l’acte, croyait-on, c’était sortir du champ lexical. On se trompait. Le sens commun n’est plus de mise à l’heure de la lutte contre toutes les stigmatisations dont l’Occident hétéronormatif et postcolonial se rend coupable.

Plus largement, on observe de plus en plus de demandes de censure émanant de minorités militantes voulant éradiquer du domaine public tout discours jugé blessant. Cette volonté de restreindre la liberté d’expression vous inquiète-t-elle?

Sur les campus américains, le multiculturalisme fait la loi. Les professeurs enseignent sous la surveillance des étudiantes et des étudiants qui exigent le respect absolu de toutes les minorités. Ce n’est pas que par McDonald’s ou Coca Cola que la France s’américanise, c’est aussi par l’université. Le fanatisme s’installe dans les lieux dédiés à la liberté de l’esprit. Comme il ne s’agit pas d’un emballement rétrograde, mais d’un fanatisme égalitaire et anti-discriminatoire, je crains qu’il n’ait l’avenir devant lui.

La passion justicière s’émancipe du droit car le droit fait des distinctions, le droit confronte les témoignages, le droit cherche les preuves, le droit se refuse à remplacer la présomption d’innocence par la présomption de culpabilitéAlain Finkielkraut

L’État de droit vous semble-t-il menacé par le tribunal médiatique, qui juge avant même que les procès ne se tiennent?

L’affaire Adèle Haenel marque un grand tournant. L’actrice, qui raconte une épreuve extrêmement douloureuse, a choisi de ne pas porter plainte. Elle l’a dit à Mediapart. Et Edwy Plenel, qui l’interrogeait avec une délectation obséquieuse, ne peut que se frotter les mains. Car le modèle du fondateur de Mediapartn’est pas, comme il le prétend, Albert Londres, mais Fouquier-Tinville. Et son rêve se réalise. Il n’a plus besoin d’écrire au procureur, il est le procureur, il est le magistrat du siège, et son studio, le Tribunal révolutionnaire. Pas d’avocats, pas de contradictoire, l’accusé est condamné sans appel à la mort sociale. D’autres journaux suivent le mouvement. Toute une partie de la presse se «médiapartise» et le procès quitte l’enceinte judiciaire pour l’espace médiatique et les réseaux sociaux. Le quatrième pouvoir avale goulûment le troisième. La passion justicière s’émancipe du droit car le droit fait des distinctions, le droit confronte les témoignages, le droit cherche les preuves, le droit se refuse à remplacer la présomption d’innocence par la présomption de culpabilité: autant d’insultes à la souffrance des victimes que les nouveaux prétoires se chargent de réparer. Pour des actes qui ne méritent évidemment pas la moindre indulgence, on est en train de régresser, avec les techniques les plus sophistiquées, au stade du lynchage. Aucune cause, même la plus noble, ne mérite qu’on lui sacrifie la civilisation.

LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU

Il m’arrive parfois d’avoir honte pour la France…

UN AVEU 

Surtout quand j’entends Maboula Soumahoro. Mais pourquoi lui donne-t-on encore la parole ? 

« Notre pays à nous, c’est celui à l’égard duquel nous pouvons éprouver de la honte ». Voilà une belle et très juste définition de l’identité nationale. La formule est d’un des plus grands historiens contemporains, Carlo Ginzburg, juif d’origine russe et passionnément italien.

Des Allemands qui aimaient l’Allemagne ont eu honte pour leur pays, en entendant des centaines de milliers de voix hurler “Heil Hitler”. Des Russes qui aimaient la Russie ont eu honte pour leur pays en voyant les horreurs de la terreur stalinienne. Des Français qui aimaient la France ont eu honte pour leur pays quand celui-ci était sous la coupe du régime ignoble de Vichy.

Moi, j’ai honte pour la France quand j’entends parler Maboula Soumahoro. Elle était à la télévision, conviée parce que Noire, pour porter la réplique à Alain Finkielkraut. Le philosophe expliquait tout ce qu’il devait à la France qui avait accueilli ses parents étrangers et qui lui avait permis de faire des études. Et il concluait par un « merci la France ».

Maboula Soumahoro le cassa aussitôt avec la suffisance des imbéciles assumés. « Ici, c’est chez moi. Je ne dois rien à la France. Et je n’ai pas à lui dire merci ». J’ai honte pour Finkielkraut qui s’est cru obligé de participer à une émission où elle était invitée.

J’ai honte pour les radios et les télévisions qui servent la soupe à cette femme haineuse. J’ai honte pour l’université française qui a accordé un poste de chargé de cours à Maboula Soumahoro. J’ai honte pour la France qui autorise des « camps décoloniaux » interdits aux Blancs et donc parfaitement racistes.

J’ai honte pour la France quand les pouvoirs publics permettent à Marwan Muhammad de venir dédicacer son livre à Magnanville là où deux policiers ont été égorgés aux cris de « Allah Akbar ». J’ai honte pour la France quand des émules des Gardes Rouges maoïstes interdisent (sans réaction aucune) dans leurs universités des livres ou des philosophes qui ne leur plaisent pas. J’ai honte pour la France parce que c’est mon pays et que je l’aime.  

Misérable, totalitaire et islamophobe, la France devient le premier pays d’Europe pour les demandes d’asile

L’ENFER, C’EST NOUS AUTRES

Diffuser le baratin indigéno-gauchiste sur l’enfer français serait sans doute plus efficace – et moins coûteux – que le recrutement de douaniers pour une meilleure maîtrise des flux migratoires. 

J’apprends que la France, censément le pays le plus misérable (on y meurt fréquemment de faim et de maladie dit-on), le moins libre (on y succombe également très souvent sous les coups d’une milice aux ordres) et le plus islamophobe (la plupart des charcutiers refusent de prendre des jeunes filles voilées en apprentissage selon les testings du CCIF) d’Europe, vient de repasser devant l’Allemagne en termes de demandes d’asile

Eh oui ! Aussi incroyable que ça puisse paraître, en ces temps où, Internet oblige, l’information circule à la vitesse de l’éclair, notre vallée de larmes fascistoïde est la destination la plus populaire auprès des réfugiés du monde entier, qu’ils soient forcés de quitter une nation en détresse économique ou un champ de bataille permanent à bord de rafiots plein de trous sur une Méditerranée démontée.

Bobo mondialisé et généreux à bon compte moi-même, ça ne me dérange pas spécialement. Au contraire. J’aime bien la diversité et la cuisine exotique et, surtout, j’apprécie l’idée que mon pays reste fidèle à sa tradition d’accueil (je préférais juste que les demandes de visas soient plus nombreuses chez les chefs cuisiniers que chez les nostalgiques du califat – c’est une petite coquetterie que j’ai).

Mais je me dis que ce gouvernement de crapules ultra-néolibérales racistes, s’il souhaitait réellement réduire ces flux, ferait mieux d’organiser lui-même la propagation des discours indigénistes et mélenchonnistes vers les pays de départ. Ca serait moins coûteux que de recruter des douaniers (et l’on sait bien que Macron déteste recruter des fonctionnaires) et certainement plus efficace.

Après tout, en 42, les juifs français persécutés pat Vichy se réfugiaient rarement en Allemagne..

7% des musulmans ont été agressés en raison de leur religion et 34% des juifs

Entretien avec François Kraus de l’Ifop

parDaoud Boughezala – 

musulmans juifs ifop kraus
Manifestation “anti-islamophobie” du 10 novembre 2019, Paris. SIPA/Patrick Gely. Numéro de reportage : 00931698_000006 

Les organisateurs de la manifestation du 10 novembre le martèlent : les musulmans français seraient massivement montrés du doigt. Or, les enquêtes d’opinion montrent que si la discrimination est réelle, elle ne concerne heureusement qu’une minorité de musulmans, moins agressés en raison de leur religion que ne le sont leurs concitoyens juifs. François Kraus, directeur du pôle Politique/Actualités de l’Ifop, nous donne les détails. Entretien. 


Daoud Boughezala. L’une des dernières études de l’IFOP semble donner raison aux organisateurs de la marche contre l’islamophobie du 10 novembre. En effet, 42% des musulmans de France ont déjà été victimes d’une discrimination liée à leur religion et se révèlent nettement plus discriminés que les non-musulmans…

François Kraus.  Ce n’est pas si simple.Certes, l’ampleur des discriminations religieuses subies par les musulmans de France est nettement plus grande que dans le reste de la population française. Cela transparaît par exemple dans le marché du travail où l’on observe que près d’un musulman actif sur quatre (23%) a été discriminé au cours des cinq dernières années de sa vie professionnelle en raison de sa religion, soit une proportion cinq fois plus élevée que chez l’ensemble des Français (5,9%).ouverture dans 0

Mais au total, les discriminations et agressions religieuses subies par les musulmans vivant en France restent au quotidien un phénomène minoritaire : 42% des musulmans déclarent avoir fait l’objet d’au moins une forme de discrimination liée à leur religion au cours de leur vie. C’est beaucoup mais cela n’est pas un phénomène de masse.

Par ailleurs, ces résultats contredisent aussi l’idée que ces organisateurs de la manifestation ont essayé d’imposer dans le débat à public, à savoir que les musulmans seraient la minorité la plus ostracisée aujourd’hui en France, notamment en raison de « lois liberticides » que constitueraient à leurs yeux les lois de 2004 et de 2010.

Sans vouloir jouer le jeu de la concurrence victimaire chère aux identitaires de tous poils, on est bien forcé de constater que d’autres minorités sont aujourd’hui plus exposées que les musulmans à des agressions en raison de leur religion.

En effet, la comparaison de ces données avec celles observées pour les juifs en 2015 dans le cadre d’une enquête pour la Fondation Jean Jaurès montre que ce n’est pas chez les musulmans que les agressions liées à la religion sont les plus élevées en France. Presque trois fois moins de musulmans (24%) que de juifs (66%) ont déjà été victimes d’une agression verbale liée à leur religion. Et l’écart est encore plus net pour les agressions physiques: 7% des musulmans en ont subi en raison de leur religion contre 34% des juifs. Certes, en raison des différences de mode de collecte avec l’étude auprès des juifs et des légères nuances dans la formulation des questions, la comparaison entre les deux enquêtes est à interpréter avec prudence mais, au regard de l’ampleur des écarts, il est peu probable qu’un protocole identique en aurait changé fondamentalement les enseignements. De même, ces résultats montrent que si des processus discriminatoires affectent indéniablement les musulmans, notamment dans l’accès au logement et à l’emploi, ils n’ont jamais affecté plus de 30% des musulmans ayant déjà vécu une situation potentiellement discriminante. Même la discrimination la plus répandue – celle vécue lors de contrôle des forces de l’ordre est loin du seuil des 50%: 28% en ont été victimes parmi les musulmans ayant déjà été contrôlés, et à peine 13% parmi l’ensemble de la population musulmane. Aussi grave soit-il, le phénomène de « musulmanophobie » est donc heureusement encore loin d’être un phénomène de masse. En cela, ces résultats ne vont pas vraiment dans le sens de ce qu’affirment les organisateurs de la marche contre l’islamophobie du 10 novembre.

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L’ « islamophobie » serait donc largement surestimée par les entrepreneurs communautaires types CCIF ?

Disons que ce n’est pas un mouvement prégnant qui affecterait la majorité des musulmans de France, comme certains collectifs associatifs essaient de le présenter.

L’ampleur de la musulmanophobie – terme plus approprié à mes yeux que « l’islamophobie » pour designer ces formes d’hostilité car il fait référence au rejet des musulmans en tant qu’individus et non à l’opposition à l’Islam qui, comme tout autre système de pensée, peut être critiqué – ne fait pas des musulmans la catégorie de la population la plus victime d’agressions en raison de leur religion. Tout en restant préoccupante, elle est loin d’être massive. Chez les protestants et évangéliques, 17% ont déjà été victimes d’insultes liées à leur confession, ce qui n’est pas si éloigné des musulmans (24%). Dans tous les cas, les juifs restent en France ceux qui subissent le plus d’agressions physiques ou verbales en raison de leur religion. Bref, non seulement le sort des musulmans actuels n’est pas comparable à celui des juifs sous l’Occupation mais il est aussi encore très éloigné de celui des juifs vivant dans la France des années 2010…

Distinguons bien discriminations et agressions. Pour résumer, beaucoup de juifs sont agressés en tant que juifs et une part des musulmans discriminés socialement en raison de leur confession. Dans ce dernier cas, la condition sociale modeste de bien des musulmans de France joue-t-elle en leur défaveur ?

Les musulmans de France forment une population très jeune. Ils ont un niveau de diplôme supérieur à la moyenne des Français, qui comprend beaucoup de personnes âgées ayant arrêté l’école tôt. Notre enquête brise d’ailleurs les idées reçues qui font des musulmans discriminés essentiellement de jeunes hommes vivant en milieu populaire. Or, les plus confrontés aux discriminations au logement ou à l’emploi sont les musulmans qui ont un niveau de diplôme élevé et qui veulent sortir des métiers et des ghettos sociaux qui leur sont assignés. En revanche, l’étude corrobore le lien observé entre visibilité et exposition à des agressions que Jérôme Fourquetavait pu mesurer pour les juifs portant une kippa régulièrement: 83% d’entre eux rapportaient avoir déjà été insultés en raison de leur religion, contre 37% chez les juifs n’en portant jamais… On retrouve en effet ce lien entre visibilité, exposition et discrimination chez les musulmans pour les femmes voilées, lesquelles sont les plus discriminées: 60% l’ont déjà été une fois dans leur vie contre 44% de celles ne se voilant jamais et 38% des hommes.

Ces discriminations contre les musulmans ne croisent-elles pas d’autres critères (ethnie, race)?

Vous avez raison. Il paraît important d’apporter à cette comparaison avec les juifs un point essentiel à l’interprétation des résultats: les violences verbales, physiques ou symboliques qui affectent la plupart des musulmans ne se réduisent pas au rejet de leur confession mais aussi à d’autres facteurs comme le racisme, la xénophobie, l’âgisme ou le classisme. L’enchevêtrement des représentations négatives de l’Islam, notamment autour des enjeux liés au terrorisme, au féminisme et à l’immigration, oblige notamment à prendre en compte la dimension intersectionnelle des phénomènes de rejet dont ces adeptes sont l’objet. En cela, contrairement à ce qu’on observe pour les juifs – où religion et ethnicité sont plus imbriquées dans le rejet dont ils font l’objet – l’ampleur des agressions qui affectent les musulmans vivant en France ne peut se réduire uniquement à celles liées à leur religion. Les réponses à la question visant à évaluer l’expérience d’une forme de racisme (tous motifs confondus) montrent justement que le rejet dont font l’objet les populations musulmanes en France repose autant sur leur appartenance religieuse (16%) que sur leurs origines ethniques (15%).

Par rapport aux années 80, qui furent celles de SOS Racisme, on parle beaucoup moins de racisme anti-arabes. Un supposé racisme anti-musulmans a pris le relais. Est-ce un changement purement sémantique ou la conséquence d’une plus grande visibilité des musulmans ?

Depuis l’affaire de Creil, en 1989, on parle de moins en moins de « maghrébins » et de plus en plus de « musulmans », signe que le référent religieux est de plus en plus présent dans la manière dont ils sont présentés médiatiquement. C’est le résultat d’un double processus: une tendance à réduire les minorités visibles en France à leur religion – réelle ou supposée et à « islamiser » les discriminations dont elles sont victimes. Or, aussi préoccupantes soient-elles, les discriminations religieuses dont souffrent les musulmans doivent être relativisées: par rapport à d’autres groupes comme les juifs mais aussi par rapport à d’autres pays. En effet, si l’on se fie aux données de l’enquête sociale européenne cumulées par Vincent Tournier (ESS, données cumulées 2002-2012) et publiées par la Fondapol en 2016, la proportion de musulmans vivant dans l’hexagone ayant le sentiment d’appartenir à « une catégorie de gens qui subit des discriminations dans [leur] pays » en raison de leur religion » est la plus faible (15%) de l’Union européenne après la Bulgarie.

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Certes, ces résultats mériteraient d’être réactualisés avec des données postérieures à la vague d’attentats de masse amorcée en 2015 en France, laquelle a provoqué une explosion des actes anti-musulmans. Toutefois, ils contredisent la vulgate « plénelienne » selon laquelle la France, avec sa conception spécifique de la laïcité et ses « lois liberticides », serait pour les musulmans le pire des pays européens.

Comment évolue la situation ?

En termes de tendances, on est loin de constater une explosion de la « musulmanophobie » en France. En effet, si elles ne mettent en exergue que la partie immergée de l’iceberg (car elles ne recensent que les plaintes ou les interventions de police et non l’ensemble des agressions envers les musulmans), les dernières données du ministère de l’intérieur (SCRT) tendent à montrer une décrue continue des actes anti-musulmans depuis 2015: 100 en 2018, contre 121 en 2017, 185 en 2016 et 429 en 2015: l’année des attentats constituant le pic de la musulmanophobie en France. Il est toutefois probable que ces chiffres repartent cette année à la hausse au regard de la place prise par la question de l’Islam dans le débat public: les débats ayant suivi les attentats de la préfecture de Police comme ceux ayant récemment porté sur la question des « signaux faibles de radicalisation » ont pu contribuer à renforcer l’amalgame entre musulmans pratiquants et terroristes et plus largement l’hostilité à l’égard de l’ensemble des adeptes du Coran.

Un Genevois achète le haut-de-forme d’Hitler

Des objets ayant appartenu au Führer ont été vendus aux enchères mercredi. Un promoteur genevois en a acquis plusieurs et en fera don à une ONG israélienne.

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Le promoteur a acheté un haut-de-forme du dictateur allemand. (Photo: Keystone/AP)on off i

L’homme d’affaires et promoteur immobilier Abdallah Chatila a acheté mercredi plusieurs objets ayant appartenu à Adolf Hitler lors d’une vente aux enchères controversée. «Il est extrêmement important pour moi que les objets de cette douloureuse époque ne tombent pas entre de mauvaises mains», a expliqué dans un communiqué le businessman d’origine libanaise. Installé en Suisse depuis 1988, il a notamment acheté un haut-de-forme pliable, dont la mise à prix était fixée à 12’500 euros (13’700 francs) et une édition limitée du livre d’Hitler, «Mein Kampf». 

Ces objets seront offerts à l’organisation israélienne à but non lucratif et non politique, Keren Hajessod. Cette dernière aura «la liberté de décider des suites à donner», précise le communiqué. Le Genevois espère qu’ils iront dans un musée sur l’Holocauste. «En ces jours où les tendances nationalistes et antisémites se développent en Europe, je voudrais donner l’exemple avec les moyens dont je dispose», a ajouté le quadragénaire.

Indignation dans la communauté juive

Organisée par la maison d’enchères Hermann Historica, la vente avait suscité l’indignation dans la communauté juive. «Ce n’est pas un appel juridique mais moral», a écrit le rabbin Menachem Margolin, qui dirige l’Association juive européenne, dans un courrier paru jeudi dernier dans le quotidien «Tagesspiegel». «Ce que vous faites n’est pas interdit mais ce n’est pas convenable», a-t-il poursuivi. Le rabbin estime que ces effets personnels n’ont pas de valeur historique et sont avant tout convoités par ceux qui glorifient le Troisième Reich.

«Oui, Hitler fait vendre», a admis le directeur de la maison d’enchères Bernhard Pacher. Mais ces objets sont destinés «avant tout à des clients qui abordent de façon critique» le dictateur nazi, selon des propos reproduits dans le quotidien «Bild». En 2016, un mystérieux acheteur, qui se présentait comme un Argentin, s’était offert l’essentiel des effets personnels nazis (paires de chaussettes, cravates, etc.) mis aux enchères au cours d’une vente controversée, déboursant plus de 600’000 euros, selon les médias.

« Colonies israéliennes » : le Deux Poids-Deux Mesures de la Cour Européenne de Justice

par Soeren Kern
21 novembre 2019

Traduction du texte original: European Court Applies Double Standard against Israeli Product

  • La décision de la Cour de justice d’étendre à l’ensemble de l’Union européenne les normes d’étiquetage très strictes qui prévalent en France, a été fermement condamnée. De nombreux commentateurs y ont vu la réaffirmation du parti pris anti-israélien de l’Union européenne. D’autres ont fait remarquer que, de tous les conflits territoriaux qui hantent la planète – de la Crimée au nord de Chypre, en passant par le Tibet et le Sahara occidental –, seul Israël est soumis à des exigences d’étiquetage particulières.
  • « Plus de 200 conflits territoriaux meurtrissent la planète à l’heure actuelle, mais la CJUE n’a encore rendu aucune décision relative à l’étiquetage de produits originaires de ces territoires. La décision d’aujourd’hui est à la fois politique et discriminatoire à l’égard d’Israël. » – Ministère des affaires étrangères israélien.
  • « Cet arrêt va à l’encontre des normes commerciales internationales établies par l’Organisation mondiale du commerce … Ce sont des pitreries alors que Rome est en flammes. Que la Cour européenne mette Israël à l’index au nom de soi-disant « violations de la législation internationale sur les droits de l’homme » au moment même où le Hamas et ses acolytes bombardent des populations civiles innocentes en Israël est l’une des situations les plus perversement ironiques qu’il m’ait été donné de connaître » – Menahem Margolin, président de l’Association juive européenne, Bruxelles.
La Cour de justice de l’Union européenne a statué que les produits alimentaires fabriqués dans de prétendues colonies juives à Jérusalem-Est, en Cisjordanie et sur les hauteurs du Golan ne pouvaient être étiquetées « Fabriqué en Israël » ; ces produits doivent porter une étiquette spécifique. Cette décision est la conséquence d’un procès intenté par Psagot Winery (photo), qui exploite des vignobles dans un soi-disant territoire palestinien occupé, et par l’Organisation juive européenne. (Source image : iStock)

La Cour de justice de l’Union européenne, la plus haute juridiction de l’UE, a rendu un arrêt qui stipule que les produits alimentaires fabriqués dans les « colonies » juives de Jérusalem-Est, de Cisjordanie et des hauteurs du Golan doivent faire l’objet d’un étiquetage spécifique. Ces marchandises ne sauraient, à en croire les magistrats européens, se contenter de l’étiquette générique « Fabriqué en Israël. »

La protection des consommateurs européens et leur sécurité alimentaire n’est pas au fondement de l’arrêt de la Cour européenne de justice. Cet arrêt qui singularise Israël est en réalité une décision de politique étrangère et, plus particulièrement de politique étrangère anti-israélienne. Cette décision de justice a été vivement critiquée pour son parti pris, son caractère discriminatoire et son antisémitisme.

Cette affaire d’étiquetage repose sur une interprétation du règlement (UE) n°1169/2011 du 25 octobre 2011 portant sur l’information des consommateurs de produits alimentaires. Le règlement d’origine ne permettait pas d’aborder la question de l’étiquetage des produits alimentaires en provenance d’Israël.

Le 12 novembre 2015, dans un souci de clarification, la Commission européenne a publié une « Communication interprétative ». Cette notule règlementaire précise que les produits alimentaires en provenance d’Israël ne pourront pas être étiquetés « Fabriqué en Israël » s’ils ont été produits ou fabriqués en dehors des territoires qui étaient sous contrôle israélien jusqu’à 1967. Le document explique que :

« Conformément au droit international, l’Union européenne ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël sur les territoires qu’il occupe depuis le mois de juin 1967, à savoir le plateau du Golan, la bande de Gaza et la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et ne considère pas que ceux-ci font partie du territoire d’Israël, indépendamment de leur statut juridique en vertu du droit interne israélien. »

Le 24 novembre 2016, le ministère français de l’Économie et des Finances a publié au Journal Officiel un “Avis ministériel” (JORF n°0273, texte n° 81) qui a indiqué aux distributeurs l’interprétation qu’il convenait de donner à la législation de l’UE sur l’étiquetage des produits israéliens. Les exigences françaises, plus strictes que celles de l’UE, stipulent :

« En ce qui concerne les produits issus de Cisjordanie ou du plateau du Golan qui sont originaires de colonies de peuplement, une mention limitée à « produit originaire du plateau du Golan » ou « produit originaire de Cisjordanie » n’est pas acceptable. Bien que ces expressions désignent effectivement la zone ou le territoire au sens large dont le produit est originaire, l’omission de l’information géographique complémentaire selon laquelle le produit est issu de colonies israéliennes est susceptible d’induire le consommateur en erreur quant à la véritable origine du produit. Dans de tels cas, il est nécessaire d’ajouter, entre parenthèses, l’expression « colonie israélienne » ou des termes équivalents. Ainsi, des expressions telles que « produit originaire du plateau du Golan (colonie israélienne) » ou « produit originaire de Cisjordanie (colonie israélienne) » peuvent être utilisées. »

En janvier 2017, Psagot Winery Ltd., une entreprise vinicole israélienne exploitant des vignobles en « territoire palestinien occupé », et une association juive française appelée Organisation juive européenne ont engagé une actionauprès du Conseil de État. Ils ont demandé à la plus haute magistrature française d’annuler l’avis ministériel, au motif que les exigences françaises équivalent à un boycott économique d’Israël.

Le 30 mai 2018, le Conseil d’État a déclaré ne pas être en mesure de statuer et a renvoyé l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne.

Le 12 novembre 2019, la Cour de justice luxembourgeoise s’est prononcée en faveur du gouvernement français:

« Les denrées alimentaires originaires des territoires occupés par l’État d’Israël doivent porter la mention de leur territoire d’origine, accompagnée, lorsque ces denrées proviennent d’une colonie israélienne à l’intérieur de ce territoire, de la mention de cette provenance. »

« l’omission d’une telle mention est susceptible d’induire en erreur les consommateurs, en leur laissant penser que cette denrée alimentaire a un pays d’origine ou un lieu de provenance différent de son pays d’origine ou de son lieu de provenance réel.

« la Cour a précisé que le fait d’apposer, sur des denrées alimentaires, la mention selon laquelle l’État d’Israël est leur « pays d’origine », alors que ces denrées sont en réalité originaires de territoires disposant chacun d’un statut international propre et distinct de celui de cet État, tout en étant occupés par ce dernier et soumis à une juridiction limitée de celui-ci, en tant que puissance occupante au sens du droit international humanitaire, serait de nature à induire les consommateurs en erreur

« la mention du territoire d’origine des denrées alimentaires en cause est obligatoire …, afin d’éviter que les consommateurs ne puissent être induits en erreur quant au fait que l’État d’Israël est présent dans les territoires concernés en tant que puissance occupante et non pas en tant qu’entité souveraine.

« L’omission de cette mention, impliquant que seul le territoire d’origine serait mentionné, est susceptible d’induire les consommateurs en erreur. En effet, ceux-ci ne peuvent pas savoir, en l’absence de toute information de nature à les éclairer à ce sujet, qu’une denrée alimentaire a pour lieu de provenance une localité ou un ensemble de localités constituant une colonie de peuplement installée dans l’un desdits territoires en méconnaissance des règles de droit international humanitaire.

« L’information des consommateurs doit permettre à ces derniers de se décider en toute connaissance de cause et dans le respect non seulement de considérations sanitaires, économiques, écologiques ou sociales, mais également de considérations d’ordre éthique ou ayant trait au respect du droit international.

« La Cour a souligné à cet égard que de telles considérations pouvaient influencer les décisions d’achat des consommateurs. »

La décision de la Cour de justice qui étend à l’ensemble de l’Union européenne les normes d’étiquetage très strictes des français a été fermement condamnée comme la manifestation d’un parti pris anti-israélien. De nombreux commentateurs ont fait remarquer que de tous les conflits territoriaux qui hantent la planète – de la Crimée au nord de Chypre, en passant par le Tibet et le Sahara occidental – l’UE exige que seul Israël soit soumis à des exigences d’étiquetage particulières.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré que cette décision était « inacceptable, tant au plan moral que sur celui des principes ». Dans un communiqué, il a ajouté :

« Israël rejette fermement l’arrêt récent de la Cour de justice européenne (CJUE), qui sert d’instrument à une campagne politique contre Israël. Le seul objectif de cet arrêt est de distinguer notre pays et de lui appliquer un deux poids – deux mesures. Il existe plus de 200 litiges territoriaux par le monde, et la CJUE n’a jamais décidé d’étiqueter les produits originaires de ces territoires. La décision d’aujourd’hui est à la fois politique et discriminatoire à l’égard d’Israël.

« Cet arrêt ne fait que diminuer les chances de parvenir à la paix et contredit les positions de l’Union européenne sur le conflit. Il fait le jeu de l’Autorité palestinienne, qui persiste à refuser d’engager des négociations directes avec Israël et encourage des groupes radicaux anti-israéliens qui appellent au boycott d’Israël et nient son droit à exister ».

L’ambassadeur d’Israël aux Nations Unies, Danny Danon, a déclaré que cette décision était le reflet du climat antisémite qui prévaut en Europe aujourd’hui :

« C’est un autre exemple de la préférence de l’Europe pour les ennemis d’Israël. Les discriminations de l’UE contre le projet sioniste offrent une couverture légale à l’antisémitisme. La décision de la Cour ne fera que réveiller le vieux sectarisme européen et encourager toutes les forces qui tentent de saper et de nuire à l’État juif. Aujourd’hui, une tache sombre a marqué l’action de l’Europe qui ne pourra pas être effacée ».

Le Lawfare project de New York, une association qui finance des actions en justice pour lutter contre l’antisémitisme, a déclaré que l’arrêt de la Cour de justice européenne autorise la discrimination à l’encontre des juifs israéliens et pave le chemin d’un usage politique des étiquettes :

« La décision de la Cour est à l’évidence discriminatoire ; les biens produits par les Juifs et les Musulmans dans la même région auront des étiquettes différentes en raison des choix politiques des responsables européens. Attribuer un caractère ethnique et religieux à l’étiquetage des produits est un précédent dangereux. De plus, la décision est totalement inapplicable dans des régions comme le Golan où il n’y a pas de « colonies » clairement définies et où l’application de l’arrêt nécessiterait une sorte de recensement qui obligerait à faire la différence entre nationalité et appartenance ethnique et/ou religieuse des producteurs afin de déterminer comment les produits doivent être étiquetés. L’illogisme de la décision tient également au fait que les musulmans palestiniens — cette population que la Cour considère comme les habitants légaux de la région et qui font des affaires dans les zones contrôlées par les Israéliens — seront eux-mêmes soumis à un étiquetage désobligeant. Israël est la patrie historique du peuple juif, mais la Cour considère que les juifs qui y vivent sont étrangers sur leur propre sol. Dire que la juste localisation ou l’adresse exacte du fabricant ne sont pas suffisantes, affirmer que l’étiquetage doit aussi comporter l’origine ethnique et/ou la nationalité des producteurs est une claire indication d’une intention de discriminer ».

La directrice exécutive du Lawfare Project, Brooke Goldstein, a déclaré que « la décision d’introduire la discrimination religieuse dans la loi est embarrassante pour l’Europe ». Elle a ajouté :

« Il n’y a aucune raison légitime pour que les produits fabriqués sur un même lieu géographique par les musulmans et par les juifs soient étiquetés différemment. Introduire un traitement distinctif en fonction de la religion correspond à la définition même du fanatisme et nous savons ce qui se produit lorsque l’Europe s’engage sur cette voie. Les musulmans qui résident là sous l’autorité de l’Autorité palestinienne sont des « colons » au même titre que les Juifs – ils sont légalement autorisés à s’établir en fonction du même traité, les Accords d’Oslo. »

L’avocat principal du Lawfare Project, François-Henri Briard, a déclaré que la Cour agissait en fonction de « préjugés politiques ». Il a ajouté :

« Si un tel étiquetage est appliqué aux produits israéliens, il devra évidemment s’appliquer à de nombreux pays dont les agissements peuvent être considérés comme étant en infraction avec le droit international. »

Le conseiller juridique de Psagot Winery, Gabriel Groisman, a déclaré :

« Alors que de nombreux efforts sont déployés pour discriminer et boycotter Israël, les personnes touchées par le boycott doivent continuer à défendre leurs droits devant les tribunaux de toutes les parties du monde. Malgré la décision défavorable de cette Cour, soyez assuré que Psagot ne cessera pas de se battre pour que ses droits soient respectés. »

Le département d’Etat américain a déclaré que les exigences que la Cour en matière d’étiquetage « suggéraient un parti pris anti-israélien ». Le Département d’Etat a ajouté :

« Cette exigence ne fait qu’encourager, faciliter et promouvoir les activités du mouvement Boycott, Désinvestissements, Sanctions (BDS) contre Israël. Les États-Unis s’opposent sans équivoque à toute tentative de BDS ainsi qu’à des pressions économiques, des manœuvres d’isolement ou de délégitimation d’Israël. Le processus de résolution du conflit israélo-palestinien passe par des négociations directes. L’Amérique se tient aux côtés d’Israël et s’oppose à des pressions économiques, ou toute autre tentative qui pourraient conduire à l’isolement ou à la délégitimation d’Israël ».

Eugene Kontorovich, professeur à la faculté de droit Antonin Scalia de l’Université George Mason et directeur du Kohelet Policy Forum, basé à Jérusalem, a déclaré que la Cour européenne « appliquait un nouveau type d’étoile jaune aux produits fabriqués par des juifs ». Il a ajouté :

« À présent, les marchandises produites par des juifs devront, seules, porter des étiquettes spéciales en fonction de leur origine. Cette discrimination flagrante oblige l’administration Trump à prendre le contrepied de Bruxelles et à officialiser cette vieille pratique américaine qui consiste à permettre à ces produits d’être labellisés « Fabriqué en Israël ».

« La décision montre également que ce sont les Juifs qui sont visés. Les Européens ont imposé le même règlement aux hauteurs du Golan, là où il n’y a ni Palestiniens, ni discussion d’un éventuel État palestinien. Le problème n’est pas non plus celui de l’occupation, car cette règle ne s’applique à aucun autre territoire occupé dans le monde ni ailleurs. »

Le président de l’Association juive européenne basée à Bruxelles, Menahem Margolin, a résumé la situation :

« Toute cette politique d’étiquetage est purement discriminatoire et ne vise que le seul État juif. Existe-t-il un autre pays au monde ayant un litige territorial qui soit soumis à une politique aussi unilatérale ? La réponse est non. Cet arrêt va également à l’encontre de la norme internationale des échanges établie par l’Organisation mondiale du commerce.

« Ce qui est particulièrement irritant, c’est le message que cela envoie au public israélien aujourd’hui.

« Alors qu’en Israël, les magasins, les écoles et les entreprises sont obligés de fermer à cause des tirs de roquettes massifs et aveugles en provenance de Gaza, alors que les Israéliens s’abritent et que les villes et villages frontaliers s’attendent au pire, l’Union européenne prend une décision punitive et inutile en matière d’étiquetage qui marque sa distance et son absence de solidarité.

« C’est la pire des chicaneries alors que Rome brûle. Cette Cour européenne qui épingle Israël en raison de ses « violation du droit international humanitaire » au moment même où le Hamas et ses acolytes bombardent des populations civiles innocentes en Israël fait preuve d’une ironie perverse qui demeure pour moi sans exemple à ce jour. »

Une résolution contre l’antisémitisme suscite des remous dans la majorité

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner affirme au Figaroqu’il est «important» que le texte soit voté à l’Assemblée le 3 décembre.Par Arthur Berdah et Mathilde SiraudPublié hier à 17:18, mis à jour hier à 20:42

Sylvain Maillard ne s’attendait pas à de telles difficultés. Le député La République en marche, auteur d’une proposition de résolution – d’apparence consensuelle – visant à lutter contre l’antisémitisme, fait face à une vive hostilité de la part de ses collègues. Ce texte, rédigé en février dernier – au lendemain de l’agression d’Alain Finkielkraut par des «gilets jaunes» – vise à adopter la définition de l’antisémitisme telle qu’elle est présentée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) et donc à reconnaître l’antisionisme comme une forme d’antisémitisme. Le vote symbolique, initialement prévu en mai dernier, a d’abord été repoussé au mois d’octobre. Il vient finalement d’être inscrit à l’ordre du jour du 3 décembre prochain.

Or, plusieurs responsables du groupe LREM, dont Sylvain Maillard, craignent que la proposition de résolution ne soit pas adoptée, ou bien d’une très courte majorité – et ce grâce aux voix des Républicains. «C’est difficile, car tout le monde a un avis tranché sur cette question, explique au Figaro l’élu macroniste de Paris. Je vois les députés un par un pour tenter de lever les fantasmes, d’autant que les lobbys pro-palestiniens mènent une campagne active contre mon texte.» Selon nos informations, seul un tiers des députés LREM seraient prêts à signer la résolution. Ils sont autant à y être farouchement opposés, susceptibles de voter contre ou bien de s’abstenir. Le dernier tiers n’aurait pas exprimé d’avis tranché. «Pour moi, c’est simple: le 3 décembre, j’irai à la pêche, fait savoir un élu réfractaire. Je suis mal à l’aise avec ce texte, qui revient à du clientélisme.»

«Ceux qui s’y opposent sont des pisse-froid», peste un ministre

Les opposants au texte ont eu l’occasion d’exprimer leur désaccord, mardi 12 novembre, au cours d’une réunion de groupe agitée. «La manifestation contre l’islamophobie, deux jours plus tôt, a cristallisé les réticences», décrypte Sylvain Maillard. Des élus, parmi lesquels Fiona Lazaar, ont ainsi évoqué «des réserves sur le calendrier». D’autres émettent des doutes sur la rédaction du texte, y voyant le risque d’instaurer l’interdiction de critiquer l’existence de l’État d’Israël. «J’aurais préféré que la résolution porte sur toutes les discriminations. Or, en l’état, elle apporte des gradations et laisse penser que l’antisémitisme est la plus importante», juge Ludovic Mendès, député LREM de Moselle.«La faiblesse idéologique du groupe le rend très perméable aux arguments extérieurs. Il y a aussi un défaut de coordination qui n’aide pas», regrette une parlementaire. «Si on avait été trop peu nombreux, on aurait reculé», assure une responsable du groupe. Le dernier comptage faisait état d’environ 70 de signataires parmi les élus LREM et MoDem.

Contacté par Le Figaro, le ministre de l’Intérieur lui-même en appelle à l’adoption de ce texte. «Il est important que cette proposition de résolution puisse être votée dans un esprit conforme à ce que porte Sylvain Maillard. À la fois parce qu’elle a été impulsée par le président de la République (il en a pris l’engagement au dernier Dîner du Crif, ndlr). Mais aussi parce qu’aujourd’hui, plus encore qu’hier, il faut pouvoir défendre toutes les religions», exhorte Christophe Castaner. Conscient que la macronie risque d’être entravée par sa propre majorité sur ce texte, l’un de ses collègues du gouvernement s’agace: «Ceux qui s’y opposent sont des pisse-froid! Aujourd’hui, qui attaque Israël? Ce sont bien évidemment des antisémites. Aujourd’hui, dans les quartiers, le juif est devenu un adversaire fantasmé», peste ce ministre. Et de conclure: «La proposition de résolution ne dit pas la loi, elle donne un élément d’interprétation».

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Lionel Messi et son hommage émouvant «à la nation juive»

 Nathalie Sivan Pour COOLAMNEWs

Argentine-Uruguay c’est ce lundi soir et le match amical se joue en Israël. Lionel Messi ne se contente pas de fouler la pelouse, il se rend utile.  Le voici en visite auprès d’enfants du monde entier soignés à l’hôpital Wolfson.

L’hommage de la star du football est beau.  » La nation Juive travaille pour sauver des âmes partout dans le monde. Je suis fier de mener ensemble avec les meilleurs médecins en Israël ce projet extraordinaire de chirurgie cardiaque afin de sauver des vies « , a dit Lionel Messi.

Une petite phrase prononcée à l’hôpital Wolfson situé à Holon près de Tel-Aviv. Messi est l’un des parrains de l’association « sauver le cœur d’un enfant ». Au cours de son séjour en Israël, Lionel Messi a tenu à rendre visite à des enfants venus du monde entier pour une délicate opération du cœur.

A son arrivée à l’hôpital Wolfson et en compagnie de Sylvan Adams, l’initiateur du projet, le joueur argentin  a passé un bon moment avec des enfants africains. La plupart sont originaires de Zanzibar et du Sénégal. Des bambins qui n’en revenaient pas de côtoyer la star. Chacun a souhaité se faire photographier en sa compagnie.

L’un d’eux a eu ce commentaire amusant : « Les Israéliens ont sauvé mon cœur et la venue de Messi a provoqué un vrai coup de cœur ».

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News Release: I boycott

The BNVCA condemns the attitude and approach of a small group of Israelis who not only congratulate the European Union that has decided the mandatory but discriminatory labeling of products from Israel but still want to go further by asking the European Union to ban Israeli products from Jewish-controlled territories. The group of signatories includes some former Israeli Ambassadors, a former Prosecutor, a former Speaker of the Knesset, and a few other writers and so-called intellectuals.

We consider that the new provisions of the European Union encourage the general boycott of Israel. In the 1940s the French, who were seated on the side of the enemy acting against their country, were called traitors. While several countries have banned the boycott, this group of Israel believed to act in the name of a certain outdated political morality is wrong.

The freedom of expression that Israeli supra democracy allows them will undoubtedly reinforce the influence of the illegal BDS movement whose actions to incite hatred of Israel contribute to increase anti-Semitism and push for the anti-Jewish act in Europe in general and in France in particular.

We expect the Israeli government to take stock of the risk to diaspora Jews and to reframe the irresponsible signatories of this unjust and dangerous petition.

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Communiqué : Je boycott

Le BNVCA condamne l’attitude et la démarche d’un petit groupe d’Israéliens qui non seulement félicitent l’Union Européenne qui a décidé de l’étiquetage obligatoire mais discriminatoire des produits en provenance d’Israël mais veulent encore aller plus loin en demandant à l’Union Européenne d’interdire les produits Israéliens en provenance des territoires sous contrôle de l’état juif. Le groupe de signataires comprend quelques anciens Ambassadeurs d’Israël un ancien Procureur un ancien Président de la Knesset et quelques autres écrivains et prétendus intellectuels.

Nous considérons que les nouvelles dispositions de l’Union Européenne encouragent le boycott général d’Israël. Dans les années 40 les Français qui c’étaient rangés au côté de l’ennemi agissant contre leur pays étaient qualifiés de traîtres. Alors que plusieurs pays ont interdit le boycott, ce groupe d israéliens croyant agir au nom d’une certaine morale politique désuète se fourvoie.  

La liberté d’expression que leur permet la supra démocratie Israélienne va sans aucun doute renforcer l’influence du mouvement illégal BDS dont les actions d’incitation à la haine d’Israël contribuent à accroître l’antisémitisme et pousser à l’acte anti juif en Europe en général et en France en particulier.

Nous attendons du gouvernement Israélien qu’il prenne la mesure du risque qui menace les juifs de diaspora et qu’il recadre les signataires irresponsables de cette pétition inique et dangereuse.  

Polémique sur Finkielkraut: «Faudra-t-il désormais un permis de second degré?»

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Invité mercredi soir d’une émission sur LCI, le philosophe a été accusé sur les réseaux sociaux de faire l’apologie du viol. David Desgouilles dénonce la manipulation de militantes féministes qui prennent pour argent comptant une phrase ironique.

Par Marguerite Richelme


David Desgouilles est membre de la rédaction de Causeur. Il a publiéDérapage (éd. du Rocher, 2017). Son dernier roman,

Leurs guerres perdues, vient de paraître aux éditions du Rocher.


FIGAROVOX-. L’académicien a lancé à son interlocutrice, Caroline de Haas: «Je dis aux hommes: violez les femmes. D’ailleurs, je viole la mienne tous les soirs et elle en a marre.». Cette phrase reprise en boucle sur les réseaux sociaux, et les chaînes d’info, est un extrait tronqué de ces propos. Vous qui avez écrit sur les dérives des réseaux sociaux dans Dérapage, comment réagissez-vous au détournement des propos du philosophe?

David DESGOUILLES-. Il s’agit effectivement d’un détournement. Alain Finkielkraut a répondu avec ironie à Caroline De Haas. Comme chacun de nous peut le faire quotidiennement, il a voulu illustrer le côté absurde de ce qu’il venait d’entendre, par une réponse elle-même volontairement absurde. En écoutant la séquence entière, aucune personne de bonne foi ne peut croire que le philosophe viole son épouse chaque soir.

J’ai découvert que le compte Facebook du collectif NousToutes dont Caroline De Haas est l’une des dirigeantes, propageait une vidéo de quelques secondes, découpée afin qu’on n’entende que ce petit extrait et qu’on ne puisse en saisir le contexte et son raisonnement. En usant ainsi malhonnêtement de leur paire de ciseaux, les auteurs de cette vidéo scandaleuse ont en fait signé leur forfait. Si les propos d’Alain Finkielkraut étaient si scandaleux – même dans le contexte – comme on a pu me répondre, pourquoi alors le collectif n’a pas posté la séquence en entier? Évidemment pour lui faire dire autre chose qu’il voulait dire et pis, le contraire de ce qu’il voulait dire. Un cas d’école de procédé honteux.

Au-delà de la polémique, à notre époque, le second degré devient-il impossible?

Cette expérience qui arrive après d’autres, démontre que – au minimum – certaines personnes n’y ont plus droit. Il suffit d’être catalogué dans le «Camp du Mal» par un groupe d’activistes.À l’instar du permis de conduire, il y a donc dorénavant un permis de second degré et d’ironie.

Lorsqu’un humoriste de France Inter a déroulé un sketch dans lequel il expliquait les outrages qu’il ferait subir à une journaliste de Valeurs actuelles «derrière un canapé» (sketch qui d’ailleurs, n’avait pas besoin de la paire de ciseaux de NousToutes), où était Caroline De Haas? Il se trouve qu’on peut très bien admettre que le sketch en question ne révélait en rien les intentions de l’humoriste et qu’il fallait effectivement le prendre au second degré. À l’instar du permis de conduire, il y a donc dorénavant un permis de second degré et d’ironie. Mais je trouve que les inspecteurs chargés de délivrer ledit permis n’ont pas toute l’indépendance requise…

Certaines personnes demandent la démission d’Alain Finkielkraut de France Culture. On peut rapprocher cela du contexte brûlant de la censure dans les universités. L’intolérance totale pour la pensée contradictoire a-t-elle gagné?

Elle est en train de gagner. Sylviane Agacinski, Mohamed Sifaoui et François Hollande en ont été les dernières victimes à l’Université, ce scandale s’accompagnant d’ailleurs d’une faiblesse consternante des pouvoirs publics.L’activiste refuse le débat et le contradictoire.

Dans Dérapage, que vous avez bien voulu citer, je tentais de décrire le phénomène de meutes numériques qui demandent la mort sociale de leur prochain. Pour une remarque graveleuse alors qu’il se croit hors antenne, le héros du roman perd tout: travail, perspective d’en trouver un autre, sa conjointe, et son logement. La mort sociale est proche de se transformer en mort physique. Mais un activiste n’a pis que pendre de ces conséquences triviales. Pour lui, la fin justifie les moyens comme l’illustre le découpage honteux de la séquence concernant Alain Finkielkraut.

L’activiste refuse le débat et le contradictoire. Ces derniers légitiment l’adversaire, alors que l’objectif est de le délégitimer, de le faire disparaître du paysage. Les propos de l’universitaire Maboula Soumahoro sur le même plateau de LCI n’exprimaient pas autre chose: Alain Finkielkraut, c’est un monde révolu: il doit disparaître, il n’est pas légitime.

Un appel a été lancé pour un rassemblement féministe contre les violences sexistes à la suite de cette polémique. Que cela vous inspire-t-il?

Cet appel à rassemblement fait partie des armes habituelles des activistes pour faire passer leur message. Après la vidéo tronquée, le rassemblement. L’important, c’est de faire passer l’adversaire pour un salaud. Que le message imprime, et que tout le monde oublie qu’il n’a pas dit ce qu’on lui fait dire. Qu’on oublie aussi peut-être que Madame De Haas a manifesté dimanche avec des gens qui préconisent qu’on frappe sa femme, et qui légitiment, eux, le viol conjugal. Maître Szpiner qui avait été placé par David Pujadas tout près d’elle semblait regretter ce voisinage et l’a clairement fait savoir en début d’émission. C’est une des rares raisons d’espérer. Tout le monde n’est pas dupe de ce genre d’activisme à géométrie variable.

“L’antisionisme, c’est de l’antisémitisme” (Ex-rédacteur en chef du Figaro)

“Les médias français sont biaisés chaque fois que la question israélienne ou juive est évoquée”

Franz-Olivier Giesbert, journaliste et ancien rédacteur en chef du Figaro,a souligné samedi que l’antisionisme, c’est de l’antisémitisme, rapporte le Jérusalem Post.

Le célèbre écrivain a tenu ces propos lors d’un discours prononcé à la conférence iVision organisée par le département des activités de la diaspora de l’Organisation mondiale des sionistes (WZO), qui a eu lieu à Marseille ce week-end.

Une partie de la conférence était consacrée à la montée de l’antisémitisme ces dernières années en France.

“Il y a la jonction entre antisionisme et antisémitisme, simplement Hitler est passé par là, il a sali le nom, c’est embêtant de se dire “antisémite” donc aujourd’hui les antisémites se disent antisionistes” @

Giesbert a déclaré que l’antisémitisme “est un gros mot et que nous devons donc utiliser le terme antisioniste”, indiquant clairement que les deux termes sont devenus interchangeables.

“Nous devons préserver l’Histoire et la raconter telle qu’elle est, car certains la falsifient”, a-t-il déclaré, faisant allusion aux antisémites et aux négationistes.

L’ancien rédacteur en chef a également affirmé que “les médias français sont biaisés chaque fois que la question israélienne ou juive est évoquée”, ajoutant que c’est quelque chose que “nous devrions prendre en compte.”

En France, les incidents antisémites étaient 76% plus élevés au premier semestre 2019 que lors de la même période en 2018.

Contre toute attente, Netanyahou rétablit sa popularité

Le Premier ministre israélien en difficulté, Benjamin Netanyahu, a inscrit un succès cette semaine, faisant revivre sa popularité politique avec une série de mesures habiles.

Cela commence par l’assassinat ciblé de Baha Abu al-Ata, leader du Jihad Islamique Palestinien, alors que la frappe aérienne israélienne a attaqué son domicile à Gaza le 12 novembre.

En plus d’éliminer l’un des ennemis terroristes les plus implacables d’Israël, Bibi a également défendu ses intérêts dans deux autres domaines. Avoir simultanément réduit à néant les options de son rival Benny Gantz de concocter un gouvernement minoritaire avec le soutien de la liste commune arabe.

Ce n’est pas une mauvaise semaine pour un homme qui risque toujours d’être inculpé de corruption et dont son avenir politique peut-être suspendu.

 Et malgré une bonne semaine, il est toujours suspendu à ce fil.

 Une question de timing

Abu al-Ata était le commandant de la division nord du JIP, à Gaza, et le principal instigateur de la terreur et des attaques contre Israël.

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 Par Almonitor traduit de l’anglais par le BNVCA

Israël en a eu assez et l’a emmené via une frappe aérienne le 12 novembre. Le Jihad islamique, principal agent d’influence iranienne à Gaza, a lancé un barrage de roquettes sur Israël en réponse. Israël a intercepté la plupart des roquettes et seuls trois Israéliens ont été blessés. Les frappes aériennes israéliennes ont tué 34 personnes, dont 16 civils, dont huit enfants, selon le ministère de la Santé à Gaza.

L’ONU et l’Égypte ont négocié un cessez-le-feu entre Israël et le JIP, le 14 novembre. Le Hamas, le parti palestinien qui dirige Gaza, est resté sur les lignes de côté.

"Abstraction faite de l'analyse coûts-avantages de l'assassinat de terroristes de haut niveau, aussi diaboliques soient-ils, il y a une question de timing", écrit Akiva Eldar. Et par timing, Eldar signifie l'impact des événements sur les efforts de Gantz et de son parti bleu et blanc pour former un gouvernement.
Le plan était que Gantz obtienne le soutien "extérieur" d'au moins quatre à cinq des 13 membres élus des partis arabes pour renverser Bibi et former un gouvernement minoritaire.
 
La Liste commune, comme on le sait, est composée de quatre parties : Hadash, dirigée par Ayman Odeh ; le Mouvement arabe pour le changement, dirigé par Ahmad Tibi ; les islamistes dirigés par Mansour Abbas ; et Balad, à la tête de Mtanes Shehadeh.
Le flirt entre Gantz et les partis arabes allait probablement toujours rester taquin. Même avant le coup sur Abu al-Ata, Gantz a été chahuté pour toute transaction avec "les Arabes". Avigdor Liberman, chef du parti de droite Yisrael Betineu (avec huit sièges à la Knesset) et intermédiaire de force présumé de la prochaine coalition gouvernementale, n'aurait rien à voir avec la liste commune. Les trois membres de Balad, pour leur part, n'ont jamais été à bord.
« Il est impossible d’ignorer la campagne de délégitimassions menée avec succès par Netanyahu contre les citoyens arabes d’Israël, affirmant qu’ils ne devraient pas pouvoir influer sur la formation du gouvernement », écrit Afif Abu Much. "Les mesures considérées comme standard et légitimes dans tous les pays démocratiques, telles que l'adhésion à une coalition, méritent d'être condamnées quand il s'agit des citoyens arabes d'Israël et de leurs représentants."
Mais les parties à la liste commune ne soutiendront pas les assassinats ciblés ou les attaques à Gaza quelles que soient les conditions, même sans aucune affinité avec le Jihad islamique. Bien entendu, Gantz n'avait d'autre choix que de soutenir les grèves. Ce faisant, écrit Daoud Kuttab, « Gantz s'est éloigné de toute coopération potentielle avec la liste commune arabe et l'a contraint à rechercher une solution de coalition avec Avigdor Lieberman ou Netanyahu ». Ou à défaut, un troisième tour des élections.
Une sorte d’alliance Israël-Hamas contre le JIP
Le geste de Bibi contre Abu al-Ata présente également l’avantage étrange de rendre discrètement service à son ennemi de longue date, le Hamas, acronyme arabe du Mouvement de résistance islamique, et peut-être de creuser un fossé dans ses relations avec Téhéran. Le Hamas a cherché à gouverner et à fournir des services simultanément à Gaza tout en maintenant son rôle d'organisation de résistance liée à l'Iran. Abu al-Ata et le JIP, en revanche, sont des mandataires iraniens à part entière avec un soutien populaire limité.
"Al-Ata avait été assez épineux aux côtés des dirigeants du Hamas au cours de l'année écoulée", écrit Shlomi Eldar. Le JIP a « adopté une ligne de plus en plus provocante contre le Hamas, qui ne trouve rien de plus insultant que d'être décrit aux Palestiniens de partout comme ayant abandonné sa guerre sainte pour collaborer avec le« diable ». Al-Ata a frappé le dessous sensible du Hamas : son image. Le Hamas l'aurait depuis longtemps arrêté et emprisonné s'il n'avait pas été commandant en chef d'une organisation soutenue par l'Iran, ce qu'il ne veut pas fâcher maintenant qu'il a rétabli ses liens avec Téhéran à la suite d'une longue interruption de son ancien chef politique Khaled Meshaal. ”
 
Ben Caspit décrit l'intérêt commun entre Israël et le Hamas contre le JIP comme une "sorte d'alliance".
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