Auteur : rene levy

Le BNVCA qui salue la prochaine inauguration de la Place Jérusalem le 30/6/10 par la Maire de Paris, demande au Préfet de Police d’interdire et réprimer toute manifestation hostile.

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme, accueille avec joie et une grande satisfaction la décision de Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris et de son Conseil Municipal, de baptiser « JERUSALEM » une esplanade parisienne du 17eme arrondissement de Paris, le 30 juin 2019, en dépit des oppositions des communistes et écologistes toujours “palestinistes» invétérés et sans discernement.

La Maire de Paris, Madame Anne Hidalgo s’y était engagée auprès du Président de l’État d’Israël, Mr Réouven  Rivlin, et de Joël Mergui Président dus Consistoires de France. Elle a honoré sa parole et nous l’en félicitons.

Par contre nous apprenons que des organisations envisagent de contrarier cet évènement exceptionnel, par des manifestations de protestation inspirées d’un antisémitisme viscéral qui s’est déjà manifesté à Paris comme à Sarcelles, Toulouse ou Strasbourg.

Nous rappelons que Jérusalem, capitale du peuple juif depuis plusieurs millénaires fait partie au quotidien de l’ADN de tout juif dans le monde et des français juifs en particulier. Célébrer cela et le reconnaître ainsi n’est que justice et vérité.
Nous demandons au Préfet de Police de Paris d’interdire toute manifestation hostile à cet évènement et le cas échéant disperser et réprimer tout rassemblement sauvage de ce type.

Le BNVCA se réserve le droit de poursuivre en justice les organisations hostiles ainsi que leurs activistes.

L’agression d’une femme Juive à Paris 11 eme n’est pas antisémite

Le Bnvca  est rassuré d’apprendre par l’un de ses correspondants que l’agression commise contre une femme Juive devant le Centre Communautaire  juif du 11 eme art de Paris n’a pas de caractère antisémite.

Selon nos informations un jeune garçon demeurant à l’étage  du 10 rue Moufle à Paris 11 a lancé cette boule de pétanque qui a blessé à la tête la dame de 79 ans.

Les parents de cet enfant  emplis de  confusion en découvrant ces faits  ont appelé  et exprimé leurs excuses aux responsables de la synagogue. 

L’islamiste Rached Ghannouchi reçu par le gouvernement et les députés

Par Hadrien MathouxI

Le fondateur et président du parti islamo-conservateur tunisien Ennahdha a effectué une visite en France mi-mai, lors de laquelle il a rencontré une délégation parlementaire et le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne. Côté français, on assume ces contacts diplomatiques en affirmant que s’afficher avec Ghannouchi ne conduit pas à le légitimer.

Du quai d’Orsay au palais du Luxembourg, de l’hôtel Matignon à l’Assemblée nationale… Rached Ghannouchi a été dignement reçu, courant mai, lors d’une visite de courtoisie en France qui l’a vu dialoguer avec le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, le patron du Sénat, Gérard Larcher, un conseiller du Premier ministre Edouard Philippe ou encore les députés membres du groupe d’amitié France-Tunisie. Dans un premier temps, la rencontre organisée avec Jean-Baptiste Lemoyne est passée inaperçue, bien qu’elle ait été inscrite à l’agenda du secrétaire d’Etat à la date du 15 mai. C’est un tweet de la députée LREM Sira Sylla qui a attiré l’attention sur la tournée française de Ghannouchi, en faisant la promotion publique d’une audition centrée “sur les prochaines élections présidentielle et législatives, la jeunesse, les femmes, la lutte contre le terrorisme…“. L’élue de la 4e circonscription de Seine-Maritime est même allée jusqu’à citer le fondateur d’Ennahdha, en écrivant : “Ainsi que M. Rached Ghannouchi l’a affirmé, la lutte contre le terrorisme passe par le développement“.View image on Twitter

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Sira SYLLA@sirasylla76

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Notre groupe d’amitié a accueilli à l’@AssembleeNat M. Rached Ghannouchi, président du parti Ennahdha, ainsi que des députés de son parti. Audition sur les prochaines élections présidentielle et législatives la jeunesse, les femmes, la lutte contre le terrorisme…378:28 PM – May 15, 2019289 people are talking about thisTwitter Ads info and privacy

L’exhumation des tweets de la députée, plus d’un mois après la rencontre au Palais Bourbon, a provoqué de vives réactions chez plusieurs figures laïques, agacées de voir le président du principal parti islamiste tunisien accueilli avec le sourire en France. “[Les membres d’Ennahdha] combattent l’égalité femmes-hommes“, relève l’enseignante Fatiha Boudjahlat, auteure de Combattre le voilement. “Vous les recevez et leur donnez une légitimité qui met en danger les femmes en Tunisie. J’ai le plus grand mépris pour vous, vos actes, vos mensonges. Vos trahisons”. La journaliste et militante laïque Zineb El Rhazoui a également attaqué : “La députée LREM Sira Sylla (…) s’affiche sans complexe avec le fascisme islamique. Est-ce cela représenter le peuple français ?“.

RACHED GHANNOUCHI, UN ISLAMISTE CONTRARIÉ

Nos huiles républicaines ont-elles oublié le pedigree du bonhomme ? Rached Ghannouchi est en effet connu pour être la tête pensante d’Ennahdha, parti politique tunisien islamiste et conservateur. Impliqué dans plusieurs actes de terrorisme dans les années 1980, lorsque le mouvement qu’il a fondé misait sur la violence et la clandestinité pour diffuser l’islamisme face au régime de Ben Ali, Ghannouchi a dû s’exiler de longues années hors de Tunisie. Il y est revenu en grâce en 2011 lors du Printemps arabe, qui a marqué le grand retour des héritiers des Frères musulmans dans le jeu politique tunisien. Par divers écrits et déclarations, le septuagénaire a laissé peu de doutes sur son adhésion à l’idéologie frériste, qui vise à islamiser tous les secteurs de la société… et pas seulement dans son pays. “Notre mission est l’islamisation de l’Occident“, assure ainsi Ghannouchi dans l’ouvrage d’Antoine Sfeir, Les réseaux d’Allah. Concernant les femmes, le leader d’Ennahdha a également des positions tranchées : pour la polygamie, contre l’égalité des héritages, contre la mixité dans les écoles, contre le travail des femmes hors du foyer. Dans une vidéo publiée en 2012, il certifie que les salafistes ne sont “pas une menace pour la sécurité” de la Tunisie, saluant même la “nouvelle culture” qu’ils apportent.

Néanmoins, depuis le passage au pouvoir d’Ennahdha entre 2011 et 2014, le parti s’est considérablement modéré. Ayant accepté le jeu démocratique et renoncé à instaurer un califat islamique avant les premières élections, Ennahdha a même annoncé séparer religion et politique en 2016 en se définissant comme un parti de “musulmans démocrates“. Comment interpréter la position de Rached Ghannouchi aujourd’hui ? “C’est un conservateur qui comprend que le jeu politique ne se fait pas tout seul“, analyse Haoues Seniguer, maître de conférences à l’IEP de Lyon et spécialiste de l’islamisme. “Il est obligé de prendre en compte les aspirations de la société tunisienne, plus sécularisée que dans d’autres pays musulmans, de donner des garanties sur le respect de certaines libertés publiques et de ne pas rompre les relations diplomatiques avec un certain nombre de pays occidentaux, dont la France“.

Quant à Ennahdha, le chercheur le décrit comme un parti “islamo-nationaliste, qui défend la préservation d’une identité tunisienne reliée à une vision conservatrice de la religion musulmane”. N’hésitant pas à qualifier ses membres de “néo-frères musulmans : ils n’ont pas rompu avec l’héritage des Frères, mais ont actualisé certains aspects de cette idéologie face aux circonstances. Il est aujourd’hui impossible pour eux d’afficher leur volonté d’islamiser la société, d’instaurer la charia et un Etat islamique… même s’ils voudraient bien le faire, ils ne peuvent pas l’imposer. Ce sont des minimalistes à marche forcée”.

“Mes idées sont une chose, les relations officielles et diplomatiques en sont une autre”

Sans en faire des complices du djihadisme, l’idéologie portée par Ghannouchi et son parti en font tout de même des adversaires objectifs d’une République laïque. Fallait-il donc leur dérouler le tapis rouge ? Face aux critiques, Sira Sylla s’est justifiée sur Twitter : “Quoi qu’il puisse leur être reproché et jusqu’à preuve du contraire, ils ont été élus légitimement et sont partie prenante du gouvernement dans une coalition avec des destouriens (membre du parti libéral Destour, ndlr) héritiers de Bourguiba“, a rappelé la députée LREM. “A ce titre, il est tout à fait légitime de les recevoir à l’Assemblée nationale (…), ce qui ne veut pas dire que nous sommes d’accord sur tout !“.

Contacté par Marianne, Jérôme Lambert, député rattaché au PS et président du groupe d’amitié France-Tunisie, tient le même langage : “Dans tout mon engagement parlementaire, je ne cesse de rencontrer et discuter, débattre, avec des forces politiques dont je ne partage pas le point de vue… quelquefois aux antipodes de mes idées – y compris en France“, revendique-t-il, expliquant que “la règle lors d’une visite organisée très officiellement dans notre pays par une délégation composée de parlementaires d’un pays ami‘, est de les recevoir. Mes idées sont une chose, les relations officielles et diplomatiques en sont une autre“. En effet, si la France souhaite entretenir des relations diplomatiques avec la Tunisie, il sera difficile de garder les islamistes en dehors de l’équation. De là à les considérer comme des interlocuteurs légitimes pour discuter droits des femmes ou lutte contre le terrorisme, il y a peut-être une marge… Contacté, le cabinet du secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne n’a pour l’heure pas donné suite.

Le BNVCA condamne l’Agression d’une femme juive devant la synagogue Rue Mouffle à Paris 11e.

Le BNVCA  condamne l’agression dont a été victime Mme G. qui sortait de la synagogue libérale sise 10 Rue Moufle à Paris 11 le 18/6/19 vers 18h30. Selon une information parvenue ce matin au BNVCA, la victime a été blessée à la tête par une boule de pétanque tombée à pic sur son crâne. Elle a été soignée à  l’hôpital parisien Lariboisière.

Selon nos renseignements, la veille c’est un seau d’eau qui a été renversé toujours au même endroit et depuis l’un des étages supérieurs.

Nous apportons tout notre soutien aux responsables et fidèles de la synagogue, et nous souhaitons un  prompt rétablissement à la victime
Le BNVCA demande au Préfet de Police de Paris qui doit se rendre sur place ce 19/6/19 à 19h30 , de donner toutes instructions aux services placés sous son autorité, afin que tout soit mis en oeuvre pour identifier le ou les auteurs de           ces actes inqualifiables , les interpeller et  les mettre à la disposition de la Justice .

Le BNVCA se constituera partie civile si le caractère antisémite est avéré.

La Détresse Masquée des Chrétiens Palestiniens

par Raymond Ibrahim
16 juin 2019

Traduction du texte original: The Suppressed Plight of Palestinian Christians

Le christianisme est sur le point de disparaître de son lieu de naissance, y compris Bethléem (photo). Selon Justus Reid Weiner, avocat et universitaire, « les persécutions systématiques des Arabes chrétiens qui vivent dans les zones palestiniennes ne rencontrent aucun écho au sein de la communauté internationale, ni auprès des ONG, des défenseurs des droits de l’homme, des médias… Dans une société où les chrétiens arabes n’ont ni porte-parole, ni protection, il n’est guère surprenant qu’ils finissent par s’en aller ». (Source image : Daniel Case / Wikimedia Commons)
  • « Le Fatah oblige les chrétiens à ne jamais signaler les violences et le vandalisme dont ils sont victimes. Sinon, l’Autorité palestinienne apparaîtrait incapable de protéger la vie et les biens des citoyens de la minorité chrétienne… Cette mauvaise image pourrait aussi avoir des répercussions négatives sur le plan financier. N’oublions pas que l’Autorité Palestinienne est puissamment aidée, notamment par l’Europe. » – Dr. Edy Cohen, Centre d’études stratégiques Begin-Sadat.
  • Le labeur quotidien de l’Autorité palestinienne, de ses partisans, des médias et autres, est d’ériger les Palestiniens en victimes permanentes des agressions et discriminations israéliennes. Ce narratif victimaire serait compromis si la communauté internationale prenait soudain conscience que les Palestiniens persécutent certains de leurs compatriotes – uniquement pour des motifs religieux.
  • « Plutôt que d’arrêter les auteurs de violences contre des édifices chrétiens, l’Autorité palestinienne préfère bloquer l’information. Ce qu’elle réussit parfaitement. A part quelques petits journaux locaux, les grands médias internationaux ont complètement ignoré les faits. » – Dr. Edy Cohen, Israël Today .
  • Comme l’explique Justus Reid Weiner, avocat et universitaire spécialiste de la région, « la persécution systématique des Arabes chrétiens qui vivent dans les zones palestiniennes ne rencontre aucun écho au sein de la communauté internationale, ni auprès des défenseurs des droits de l’homme, des médias et des ONG. Dans une société où les chrétiens arabes n’ont ni porte-parole, ni protection, il ne faut pas s’étonner qu’ils finissent par s’en aller. »

En cette période de persécution des chrétiens au sein du monde musulman, la détresse des chrétiens palestiniens fait l’objet d’une omerta particulière.

Open Doors, une association humanitaire spécialisée dans la défense des droits des chrétiens, positionne les persécutions que les chrétiens palestiniens subissent à un niveau « élevé ». L’origine de cette oppression tient, selon Open Doors, en deux mots, « oppression islamique » :

« Les musulmans convertis au christianisme subissent les pires exactions anti-chrétiennes et la simple adhésion à l’une ou l’autre des églises de la région les met en danger. En Cisjordanie, ils vivent sous la menace et sont soumis à de fortes pressions ; à Gaza, le danger est si grand que la plupart vivent leur foi chrétienne dans le plus grand secret … L’islamisme radical a une telle influence aujourd’hui que les églises historiques doivent adopter une approche quasi diplomatique lorsqu’elles s’adressent à des musulmans. »

Si la persécution des chrétiens qui vivent dans des pays musulmans – Pakistan, Égypte, Nigéria pour ne citer qu’eux…- commence à être sérieusement documentée, les souffrances des chrétiens sous tutelle de l’Autorité palestinienne demeurent masquées.

Ce silence tient-il à un niveau de persécution moindre que dans d’autres pays musulmans ? Ou est-ce l’extrême conflictualité de l’arène politique et médiatique israélo-palestinienne qui place les chrétiens palestiniens dans une situation unique ?

« The Persecution of Christians in the Palestinian Authority » (La persécution des chrétiens sous l’Autorité palestinienne), un récent article du Dr. Edy Cohen, publié le 27 mai, par le Centre d’études stratégiques Begin-Sadate, répond longuement à ces questions.

L’étude du Dr Cohen fait état de trois cas de persécutions récentes de chrétiens, que les soi-disant « grands médias » ont parfaitement ignoré :

« Le 25 avril, les habitants terrifiés du village chrétien de Jifna près de Ramallah … ont été attaqués par des musulmans en armes… L’attaque a eu lieu peu après qu’une femme du village ait porté plainte contre le fils d’un éminent dirigeant du Fatah qui avait agressé sa famille. En représailles, des dizaines d’hommes du Fatah ont fait irruption dans le village, tirant des centaines de balles en l’air, lançant des bidons d’essence enflammés et hurlant des injures. Des équipements publics ont été gravement endommagés. C’est un miracle que personne n’ait été tué ou blessé…

« Le deuxième incident a eu lieu dans la nuit du 13 mai. Des vandales ont brisé la clôture d’une église de la communauté maronite du centre de Bethléem, ont pénétré le bâtiment par effraction, puis l’ont profané avant de se retirer emportant un coûteux matériel, notamment des caméras de sécurité.

« Trois jours plus tard, ce fut le tour de l’église anglicane du village d’Aboud, à l’ouest de Ramallah. Des vandales ont percé la clôture, brisé les fenêtres de l’église et y ont pénétré par effraction. Ils l’ont profanée, ont recherché des objets de valeur et volé beaucoup d’équipement.

« Selon sa page Facebook, l’église maronite de Bethléem a signalé qu’elle était victime pour la sixième fois d’actes de vandalisme et de cambriolages ; en 2015, un incendie criminel a provoqué des dégâts considérables et contraint l’église à fermer pendant une longue période. »

Ces trois attaques qui ont eu lieu en l’espace de trois semaines sont conformes au type de sévices que les chrétiens subissent dans d’autres régions à majorité musulmane. La profanation et le pillage d’églises sont les brutalités les plus répandues, mais il n’est pas rare que la populace musulmanes attaque les minorités chrétiennes chaque fois que celles-ci – perçues comme des « dhimmis » ou des « citoyens » de troisième classe, qui devraient s’estimer heureux d’être tolérés – osent évoquer leurs droits, comme ce fut le cas au village chrétien de Jifna le 25 avril :

“[L] es émeutiers ont réclamé [aux chrétiens] le paiement de la jizya– une taxe par tête qui a été imposée tout au long de de l’histoire aux minorités non musulmanes vivant sous domination islamique. Les victimes les plus récentes de la jizya sont les communautés chrétiennes d’Irak et de Syrie mises en coupe réglée par l’Etat islamique. »

En outre, comme chaque fois quand des musulmans attaquent des chrétiens, la police de l’Autorité palestinienne est resté sourde aux appels à l’aide des habitants [chrétiens] » de Jifna. Aucun suspect n’a été arrêté non plus. Il en a été de même pour les deux autres églises attaquées, « aucun suspect n’a été arrêté ».

En résumé, les chrétiens palestiniens subissent le même schéma de persécution – attaques d’égliseenlèvements et conversions forcées – que leurs coreligionnaires de dizaines d’autres pays musulmans. La différence cependant, est que la persécution des chrétiens palestiniens n’est jamais « couverte par les médias palestiniens ». En fait, explique Cohen, « un bâillon complet a été imposé le plus souvent » :

« La seule chose qui intéresse l’Autorité palestinienne est que ces exactions ne soient jamais divulguées. Le Fatah exerce ainsi de fortes pressions sur les chrétiens pour qu’ils ne dénoncent pas les actes de violence ni le vandalisme dont ils sont fréquemment victimes. Une mauvaise publicité risquerait de porter atteinte à l’image de l’Autorité Palestinienne, celle d’un acteur incapable de protéger la vie et les biens de la minorité chrétienne placée sous son autorité. L’Autorité palestinienne ne souhaite évidemment pas apparaître comme une entité radicalisée qui persécute les minorités religieuses. Une telle image aurait forcément des répercussions négatives sur l’aide internationale massive, d’origine européenne notamment, que l’AP reçoit. »

Il faut aussi garder en mémoire que le gagne-pain quotidien de l’Autorité palestinienne, de ses partisans, des médias et d’autres acteurs de la scène moyen orientale, repose sur la victimisation des Palestiniens. Le narratif du souffre-douleur permanent des agressions et discriminations commises par Israël serait compromis si la communauté internationale apprenait que les Palestiniens eux-mêmes persécutent leurs compatriotes – essentiellement pour des raisons religieuses. Un peuple soi-disant opprimé aurait du mal à susciter la sympathie s’il apparaissait qu’il opprime lui aussi, sans vergogne d’autres minorités.

Les responsables de l’AP sont si sensibles à cette difficulté « qu’ils font pression localement sur les chrétiens pour que jamais, ils ne dénoncent de tels incidents, lesquels aboutiraient à lever le masque. L’Autorité Palestinienne apparaitrait alors comme un régime islamiste de plus au Moyen-Orient », écrit Cohen dans un autre article.

« Plutôt que d’arrêter les agresseurs des lieux de culte chrétiens, l’Autorité palestinienne préfère empêcher les grands médias de rapporter de tels incidents. Et elle y réussit très bien. A part une poignée de journaux locaux qui se donnent la peine d’informer réellement, les grands médias internationaux observent un silence total ».

Une dynamique similaire est à l’œuvre concernant les réfugiés musulmans. Les politiciens et les médias d’Europe occidentale les présentent comme des personnes persécutées et des opprimés en quête d’une main secourable, alors que ces migrants musulmans persécutent et oppriment eux-mêmes souvent les réfugiés chrétiens qui sont parmi eux. Ils les terrorisent dans les centres d’accueil de réfugiés ou bien les noient en Méditerranée.

Dans tous les cas de figure, la triste et simple évidence est que le christianisme est sur le point de disparaître sur les lieux mêmes où il est né, y compris Bethléem. Justus Reid Weiner, avocat et universitaire, expert de la région, explique :

« La communauté internationale, les défenseurs des droits de l’homme, les médias et les ONG observent un silence presque total sur les persécution systématique dont sont victimes les Arabes chrétiens vivant dans les zones palestiniennes … Dans une société où les chrétiens arabes n’ont ni porte-parole, ni protection, il n’est pas surprenant qu’ils s’en aillent. »

Raymond Ibrahim, auteur du livre Sword and Scimitar, Fourteen Centuries of War between Islam and the West, (Le sabre et le cimeterre, quatorze siècles de guerre entre l’islam et l’Occident), est Distinguished Senior Fellow du Gatestone Institute et Fellow du Judith Rosen Friedman du Middle East Forum.

Enfant de djihadiste ET Enfant de victime du terrorisme. Sarah Cattan

Avertissement: pour respecter la demande légitime d’intimité d’une mère et son enfant, nous ne citons pas leur identité et ne publions pas leurs photos.

Alors que l’Etat s’honore à faire revenir des enfants de djihadistes sur le sol français, il est … fort malvenu que, concomitamment, un jeune élève, fils d’un des 3 soldats assassinés par Merah, se voie refuser l’attribution d’une AVS, laquelle a été demandée par le corps enseignant.

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Victimes de Merah

Rappelons que la compagne d’un des 3 soldats était enceinte de 7 mois lorsqu’un terroriste ôta la vie de l’homme qu’elle aimait, du père de l’enfant qu’elle portait.

Chacun imaginera comment se déroula la fin de cette grossesse.

Quand l’enfant eut 5 mois, un nystagmus, perturbation de la coordination des muscles de l’œil, fut diagnostiqué.

Se posa alors la question de l’origine de cette pathologie : la médecine prouva qu’elle n’était pas génétique et les médecins se disputèrent pour affirmer si oui ou non le fœtus avait pu souffrir, par ricochet, de l’extrême déflagration vécue dans le ventre de cette mère.

Doit-on débatte ad nauseam là-dessus ?

Comment prouver l’impact sur un fœtus de 7 mois de ce qu’une femme a ressenti lorsqu’on lui a téléphoné pour lui apprendre que le père de son enfant avait été assassiné.

Comment.

Dolto n’est plus là. Pour nous dire que le fœtus entend et ressent tout. Nos peines. Nos joies. Nos malheurs.

Le futur père le savait qui chantait à l’enfant à venir ce Définitivement de Grand Corps malade…

Beaucoup d’entre nous pencheront à l’évidence sur la très forte probabilité que ce nystagmus ait pu être causé par ce grand malheur.

Mais chacun aussi sait que ça ne se prouve pas.

Je me pose juste une question

Lorsqu’on sait que ces Auxiliaires à la Vie Scolaire sont payées quelque 600€ par mois pour cette aide précieuse apportée à un enfant,

Lorsqu’on sait que cet enfant devra vivre avec cette réalité : que son père lui a été fauché par un terroriste,

Lorsqu’on imagine les tourments à venir, même entouré qu’il est de la plus aimante des mères et de la plus bienveillante des familles,

Lorsqu’on sait comment l’Etat ne compte pas l’argent dans tant de situations,

Lorsqu’enfin, concomitamment, la France va s’honorer à faire rentrer les enfants de djihadistes et à les éduquer,

Il y a quelque chose d’éminemment choquant à répondre négativement, via un imprimé, à l’équipe pédagogique qui a formulé une demande forcément justifiée d’AVS pour cet enfant dont le père fut assassiné avant même sa venue au monde.

Il est question ici de justice. De morale élémentaire. 

Il n’est pas question de faire pleurer Margot en sa chaumière.

Pour info, le père du jeune soldat écrit régulièrement à ce fils que le terrorisme islamiste lui a enlevé. Il lui raconte la France comment elle va. Mais il lui parle aussi de son enfant:

3 décembre 2017, On a vu ton fils hier : ton fils est un beau garçon, grand pour son âge, très espiègle comme toi, 
Sa maman s’en occupe très bien. Il est dans une école catholique et est un enfant très studieux. Tu lui manques !
Mon fils, on va fêter Noël cette année. Ce sera la première fois depuis ta mort qu’on dressera le grand sapin. Tu seras présent par ta lourde et injuste absence.

Lorsqu’enfin on accepte de se souvenir qu’en première instance, l’Etat fut jugé par Le Tribunal administratif de Nîmes en partie responsable de la mort le 15 mars du caporal-chef : si la fiche S n’avait pas été levée, le tueur n’aurait peut-être pas commis les 6 autres crimes. Le tribunal juge que la décision de supprimer toute mesure de surveillance de Mohamed Merah, prise à la fin de l’année 2011 (…) est constitutive d’une faute engageant la responsabilité de l’Etat, nous fut-il dit.

Lorsqu’on sait qu’en appel il fut décidé que Malgré des erreurs d’appréciation et des méprises, l’État n’avait commis aucune faute lourde susceptible d’engager sa responsabilité.

Qu’il s’agissait d’une faute certes, mais simple, et non lourde, des services de renseignement, juste des erreurs d’appréciation de la part des services de renseignement qui les ont conduits à abandonner une surveillance qui aurait dû être maintenue. 

Lorsqu’on repense à cet enfant.

Comment ne pas être éminemment choqué par cette décision et ne pas espérer qu’elle soit reconsidérée.

Sarah Cattan

Sarah Halimi: le parquet demande un procès du suspect pour meurtre antisémite

i24NEWS – AFP

Il revient désormais à la juge d’instruction de décider de la tenue ou non de ce procès

Le parquet de Paris a requis lundi le renvoi aux assises du suspect du meurtre à caractère antisémite de Sarah Halimi, une sexagénaire morte en 2017 après avoir été jetée par dessus son balcon par son voisin.

Il revient désormais à la juge d’instruction de décider de la tenue ou non de ce procès, alors que trois expertises psychiatriques contradictoires font craindre aux parties civiles que le suspect de 29 ans, Kobili Traoré, soit reconnu comme pénalement irresponsable et bénéficie d’un non-lieu.

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017 à Paris, Kobili Traoré, pris d’une “bouffée délirante” selon les experts, s’était introduit chez sa voisine Lucie Attal – aussi appelée Sarah Halimi – au troisième étage d’un immeuble HLM du quartier populaire de Belleville, après avoir traversé l’appartement d’autres voisins qui s’étaient barricadés dans une chambre. 

Aux cris d'”Allah Akbar”, entrecoupés d’insultes et de versets du coran, ce jeune musulman l’avait rouée de coups sur son balcon avant de la précipiter dans la cour.

Trois expertises psychiatriques réalisées au cours de l’enquête concordent pour dire que le jeune homme, sans antécédent psychiatrique, ne souffre pas de maladie mentale mais qu’il a agi lors d’une “bouffée délirante” provoquée par une forte consommation de cannabis. Elles divergent cependant sur la question de l’abolition ou de l’altération du discernement du suspect.Deux ans après le meurtre de Sarah Halimi

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Helena Rubinstein, impératrice du beau

EXPOSITION Au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, des  œuvres et des archives racontent la vie de cette femme d’affaires, au goût très sûr. À la tête d’un empire de cosmétiques, elle fut aussi une collectionneuse d’art.

CLAIRE BOMMELAER

Helena Rubinstein dans son laboratoire, à Saint-Cloud, dans les années 1930.

Helena Rubinstein, partie de rien, fut à la tête d’un empire au point d’être considérée comme une des femmes les plus riches du monde dans les années 30. Son parcours hors normes, qui démarre dans une famille juive traditionnelle de Pologne, est raconté au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, à Paris. Assez longue, « L’aventure de la beauté » expose le portrait d’une femme indépendante, versée dans les affaires, possédant un goût sûr, y compris pour les œuvres d’art. Grâce aux archives prêtées par L’Oréal, qui détient la marque depuis 1984, la vie d’Helena est racontée comme dans un livre hagiographique. Outre des photos, des œuvres d’art, issues de sa collection, sont exposées.

Un rapide coup d’œil sur les murs permet de comprendre qu’Helena Rubinstein fut un personnage, à tous les sens du terme. Le parcours regorge de portraits où elle pose, toujours élégante avec son sempiternel chignon noir, mais sans jamais sourire. On apprend qu’elle faisait retoucher les photos, à la fin de sa vie, qui fut aussi un exercice de communication. À la fin de l’exposition, une interview radio, réalisée dans les années 60, permet d’entendre sa voix, à l’accent chantant : Helena, que Jean Cocteau nommait « l’impératrice de la beauté », était cosmopolite, déterminée et intelligente.

Née à Cracovie en 1872 dans une modeste famille juive orthodoxe, Chaja fait très tôt montre d’une indépendance extraordinaire pour son milieu. Elle refuse notamment le destin qui lui est proposé, y compris un mariage arrangé. Sa famille l’envoie chez un oncle en Australie, et c’est là-bas que la saga Rubinstein va démarrer. En 1902, elle crée sa marque, qui veut allier sciences et beauté (plus tard, elle prétendra même avoir fait deux ans de médecine). Grâce au bouche-à-oreille, celle qui s’appelle désormais Helena ouvre bientôt trois autres instituts, puis retourne en Europe, à Londres. Sa vie et sa réussite passeront par New York et, bien sûr, Paris.

On est presque étonné d’apprendre qu’elle épouse un certain Edward William Titus, avec qui elle aura deux enfants Royce et Horace. Edward, qui la surnomme Madame, tient un rôle important au sein de l’entreprise de sa femme, puisqu’il assure le volant publicitaire de la maison. L’affaire Rubinstein raconte aussi l’avènement de la réclame, dans les années 1930 à 60. Tandis que les clientes sont incitées à répondre à l’injonction de la beauté (« il n’y a pas de femmes laides, il n’y a que des femmes paresseuses », dira-t-elle), Madame commence une collection d’art premier, ce qui prouve un peu plus son côté avant-gardiste.

Elle plébiscite aussi des artistes comme Picasso ou Braque. Dans une salle du musée, des œuvres de Marc Chagall, Michel Kikoïne, Sarah Lipska, Louis Marcoussis, Élie Nadelman ou Maurice Utrillo, provenant de sa célèbre collection personnelle, font toucher du doigt son goût. De même, les photos très léchées de son appartement du boulevard Raspail, à Paris, valent toutes les démonstrations.

Statue du commandeur 

Ses relations autant que sa prestance lui permettent de poser pour Raoul Dufy, Salvador Dali ou Marie Laurencin. On la voit, statue du commandeur, près d’une table, dans sa « clinique de la beauté », en haut d’un escalier, habillée par les plus grands couturiers, qu’ils se nomment Poiret, Chanel ou Dior. Elle se lie avec Madeleine Vionnet, Jeanne Lanvin, Balenciaga et Yves Saint Laurent, dont elle sera l’une des premières clientes.

L’exposition ne dit pas grand-chose de sa relation au judaïsme, même si un des derniers actes de sa vie y a trait. Sensible à la création de l’État d’Israël, elle va financer le pavillon d’art contemporain du Musée d’art de Tel-Aviv, auquel elle léguera une collection de maisons de poupée.

« L’aventure de la beauté » au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, à Paris (IIIe), jusqu’au 25 août.

2500 années de présence juive en Afrique du Nord, un monde qui s’éteint

Les traces d’une présence juive sur les côtes méditerranéennes de l’Afrique remonte à la haute Antiquité. Elle précède d’au moins neuf siècles la conquête arabe et l’islamisation de l’Afrique. 

Juif originaire de Libye en prière dans une ancienne synagogue de Tripoli, aujourd\'hui à l\'abandon. 38 000 juifs libyens ont été expulsés par le colonel Kadhafi en 1969. La plupart des synagogues du pays ont été détruites ou converties en mosquées.
Juif originaire de Libye en prière dans une ancienne synagogue de Tripoli, aujourd’hui à l’abandon. 38 000 juifs libyens ont été expulsés par le colonel Kadhafi en 1969. La plupart des synagogues du pays ont été détruites ou converties en mosquées. (SUHAIB SALEM / X90014)
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Michel LachkarRédaction AfriqueFrance Télévisions

Mis à jour le 09/06/2019 | 13:02
publié le 09/06/2019 | 11:16PartagerTwitterPartagerEnvoyerLA NEWSLETTER ACTUNous la préparons pour vous chaque matin

On retrouve les premières traces d’une présence juive à Carthage (aujourd’hui la banlieue de Tunis), ville fondée par les Phéniciens au VIIe siècle avant J.-C. Quatre siècles plus tard, cette cité portuaire florissante devient une rivale de Rome en termes de commerce, de richesse et de population. Non loin de Carthage, les juifs de Djerba arrivent au VIe siècle avant J.-C., fuyant la Judée après la destruction du Premier temple par Nabuchodonosor. C’est en 586 avant J.-C. à Djerba, où quelques milliers de juifs trouvent refuge, que commence la construction de la plus vieille synagogue du continent africain (la Ghriba).

Stèle funéraire écrite en grec, épitaphe d\'un rabbin nommé Caecilianos, retrouvée dans les ruines de Volubilis, près de la ville marocaine de Meknès. Ces ruines romaines datent du Ier siècle avant J.-C.
Stèle funéraire écrite en grec, épitaphe d’un rabbin nommé Caecilianos, retrouvée dans les ruines de Volubilis, près de la ville marocaine de Meknès. Ces ruines romaines datent du Ier siècle avant J.-C. (MANUEL COHEN / MANUEL COHEN)

Les juifs arrivent à Carthage avec les Phéniciens… et les Romains

Des mosaïques représentant des chandeliers à 7 branches (symbole du judaïsme) ont également été découvertes dans une villa (lors de travaux de voirie) à 110 km au sud de Tunis. Selon les archéologues, ces vestiges constituent une preuve supplémentaire d’une présence juive dans la région de Cap Bon entre le IVe et le Ve siècle avant J.-C.

Le premier compte-rendu historique évoquant la présence de juifs dans une région à l’ouest de l’Egypte apparaît dans l’œuvre de Flavius Josèphe. L’historiographe romain écrit dans La guerre des juifs qu’au IIIe siècle avant J.-C., 100 000 juifs furent déportés d’Israël en Egypte. De là, ils se rendirent en Cyrénaïque (est de la Libye actuelle) et probablement plus à l’Ouest.

Dans ces régions, ils “côtoyèrent” durant plusieurs siècles les populations berbères, qu’ils ont parfois même judaïsées. Cette population “judéo-berbère” longera l’Atlas saharien pour finalement se fractionner et se fixer au Mzab, au Touat, Tafilalet, Dra’ et Sous (sud algérien et marocain d’aujourd’hui).

A partir du IVe siècle, le christianisme devient religion de l’empire romain. Il relègue dès lors le judaïsme au nord et au sud de la Méditerranée. Cependant, des communautés juives subsistent dans les périphéries de l’empire.

Saint Augustin témoigne de la présence juive au Maghreb

Tertullien, puis Saint Augustin, témoignent à plusieurs reprises de la présence juive au Maghreb, dans de grandes discussions théologiques et liturgiques qui les opposent au judaïsme au sud de la Méditerranée (mais qui les rapprochent aussi face “aux païens”).

Ils évoquent notamment dans leurs écrits “le prosélytisme juif” (de cette époque) envers les Berbères “qu’ils judaïsent en masse”. Ces judéo-berbères et ces chrétiens opposeront par la suite une farouche résistance à l’envahisseur arabe. Ibn Khaldoun, le grand historien arabe du XVe siècle, relate que “lorsque les armées venues d’Arabie ont pénétré en pays berbère, de nombreuses tribus berbères étaient influencées par le judaïsme. (…) Une partie des Berbères pratiquait le judaïsme, religion qu’ils avaient reçue de leur puissants voisins, les israélites de la Syrie. Parmi les Berbères juifs, on distinguait les Djeroua, tribu qui habitait l’Aurès et à laquelle appartenait la Kahina, femme qui fut tuée par les Arabes à l’époque des premières invasions (VIIe siècle).”

Les tout premiers habitants juifs du Touat et Gourra (situées à la frontière algéro-marocaine) seraient arrivés plus tard, au IXe siècle, en provenance de Mésopotamie. La réalisation de foggaras (canalisations d’eau souterraines qui évitent l’évaporation) au Touat en témoigne, selon les archéologues. C’est également par la littérature talmudique, que les historiens peuvent aujourd’hui retracer les différentes communautés juives dispersées autour de la Méditerranée. Les rabbins sont engagés dans des correspondances et des discussions juridiques et religieuses qui traversent l’ensemble du Maghreb. 

Les Almohades détruisent le judaïsme maghrébin

En 1147, les Almohades s’emparent du Maghreb et de l’Andalousie et sont sans pitié envers ceux qui refusent de se convertir à l’islam. Ils ne leur laissent le choix qu’entre la conversion à l’islam et la mort, ce qui, après un siècle de persécutions, entraîne la disparition de nombre de communautés juives. Les grandes villes comme Kairouan sont alors interdites aux juifs, qui se réfugient dans les régions isolées.

Le rabbin Abraham Ibn Ezra (1092-1167) originaire de Cordoue énumère, après une longue traversée de l’Afrique du Nord, l’étendue du désastre qui frappe les juifs de Kairouan, Sfax, Gabès et Meknès, massacrés juste avant ceux de Fès et Marrakech. “Avant la destruction de sa communauté juive par les Almohades vers 1150, Sijilmassa, située dans le Tafilalet au carrefour des caravanes, était un centre important de la civilisation juive. (…) Une cité de sages et d’études talmudiques qui maintenait une correspondance avec les Yéchivas de toute la Méditerranée”, relate le rabbin andalou. Au XIIe siècle, le judaïsme maghrébin manque de disparaître. 

Hassan el-Wazzan, dit Léon l’Africain, de passage dans le “sud algérien”, annonce que l’aventure du petit royaume juif saharien du Touat a été brutalement interrompue en 1492 par un prédicateur musulman venu de Tlemcen, scandalisé de voir à Tamentit des “juifs arrogants” auxquels n’est pas appliqué, comme dans le reste du Maghreb, le statut (infamant) des dhimmis (minorités du Livre soumises aux vexations et à la dîme). Ce prédicateur ordonne la destruction des synagogues de Tamentit et le massacre des juifs, promettant 7 mithqals d’or par tête de juif assassiné. Les rares rescapés se partageront entre une adhésion à l’islam et un exode massif à travers le Sahara, tant vers le Nord que vers le Sud… Certains, chrétiens persécutés compris, se réfugieront en Castille et en Aragon, en Sicile, d’autres sans doute dans la région de Tombouctou (actuel Mali).

Le judaïsme revit en Afrique du Nord grâce à l’arrivée massive des juifs espagnols et portugais, chassés par les persécutions de l’Inquisition, sur les côtes du Maroc et d’Algérie. Ce qui reste des communautés juives du Maghreb sera grossit par ces expulsés d’Espagne et du Portugal, entre les XVe et XVIe siècles. Les familles portant les noms de Toledano, Cordoba, Berdugo témoignent de ces racines ibériques.

Cimetière juif de Tanger (nord du Maroc), où sont enterrés les nombreux juifs expulsés d\'Espagne et du Portugal entre les XVe et XVIe siècles.
Cimetière juif de Tanger (nord du Maroc), où sont enterrés les nombreux juifs expulsés d’Espagne et du Portugal entre les XVe et XVIe siècles. (CREATIVE TOUCH IMAGING LTD / NURPHOTO)

Les juifs expulsés d’Espagne sauvent le judaïsme nord-africain

Cette élite érudite d’éducation andalouse finit par imposer sa suprématie culturelle et économique aux juifs du Maghreb. Parlant plusieurs langues, ces négociants sont en contact avec les autres ports de la Méditerranée. Ces juifs espagnols se distinguent parfois des juifs “indigènes”, comme à Tunis, où ils forment une communauté à part. En Tunisie, on retrouve les familles Lumbroso, Cartoso, Boccara, Valensi venues pour la plupart de Livourne, en Italie.

Des quartiers juifs séparés existent un peu partout au Maghreb, notamment au Maroc (mellah). En passant à la fin du XVIe siècle sous l’administration ottomane de Souleymane le Magnifique, les choses iront alors un peu mieux pour les juifs du Maghreb.

La colonisation française à partir de 1830 finit de détacher les juifs de leurs voisins musulmans. La “France des Lumières et républicaine”, plus protectrice que l’islam, libère les juifs de leur statut inférieur (dhimmis) de servitude. Le décret Crémieux accorde la nationalité française aux juifs d’Algérie en 1870. Désormais français, ils vont combattre durant la guerre de 14-18 aux Dardanelles ou au Chemin des dames.

La fin d’une histoire

Beaucoup quittent le Maroc et la Tunisie en 1948 pour Israël, d’autres préfèrent le Canada ou les Etats-Unis. La plupart des juifs d’Algérie seront “rapatriés” en France métropolitaine où ils n’ont, le plus souvent, jamais mis les pieds. Les derniers contingents seront “chassés” par les indépendances algérienne, marocaine et tunisienne dans les années 60. Moins de 5000 juifs vivent aujourd’hui au Maroc, en Algérie et en Tunisie… Ils étaient encore près de 700 000 dans les années 50.

Ce judaïsme nord-africain a aujourd’hui quasiment disparu. Il survit encore dans la tête de quelques témoins vivants. Comme le disait Paul Valery, “nous savons que les civilisations sont mortelles”. La vieille culture juive du monde arabe est sur le point de s’éteindre définitivement.

« Il faut arrêter de faire des juifs français des faire-valoir du vivre-ensemble »

Par Shmuel Trigano 

FIGAROVOX/TRIBUNE – Shmuel Trigano analyse les causes actuelles de l’antisémitisme en France et en Europe. Selon lui, le meilleur rempart face à ce phénomène se trouve dans la consolidation de l’État-nation et non dans leur dilution.


Professeur émérite des Universités, Shmuel Trigano est philosophe et sociologue, spécialiste de la tradition hébraïque et du judaïsme contemporain.


Le débat qui divise l’Union européenne aujourd’hui, et sans doute pour une longue période à venir, retentit très profondément sur la condition juive en Europe et notamment en France, sans compter qu’il concerne directement l’État d’Israël. Il a été erronément et idéologiquement défini par Macron comme le conflit entre «progressistes» et «nationalistes». 

Quel est l’enjeu?

L’enjeu est clair: l’unification européenne affaiblit les États-nations qui structurent l’Europe depuis le 17 ème siècle et donc les identités nationales qui sont le cadre dans lequel la démocratie s’est développée. Ce processus s’accompagne de deux phénomènes connexes: le flux migratoire en provenance du monde musulman africain dont l’intégration n’est plus possible du fait de l’affaiblissement de l’identité nationale, ce qui provoque nécessairement en retour un repli sur soi des différents secteurs de populations: la communalité se retrouve pulvérisée. Par ailleurs, au-delà de la bureaucratisation qu’a connue l’Union Européenne, aucune identité européenne ne s’est forgée, ce qui se traduit par le fait qu’au sommet de l’Union il n’y a aucun pouvoir personnifié. Le groupe des présidents est au plus une autre commission bureaucratique, et si, à la rigueur, le duo Merkel-Macron (avec une si faible assise électorale dans leurs pays respectifs), donne un visage quelconque à cet entassement d’États, ce dédoublement même souligne la faiblesse du pouvoir en question. En somme, l’Union européenne apparaît comme un empire sans empereur et sans le culte adéquat à un tel régime , un culte de la personnalité capable de maintenir ensemble des territoires aussi contrastés qu’immenses. «Jupiter» n’y suffit pas…

La nature morphologique de l’Union européenne implique en effet un ordre du pouvoir qui n’est plus celui de l’État-nation démocratique sans être pourtant celui de l’empire. D’un côté, la forme empire est à l’œuvre, ce qu’illustrent par exemple la faiblesse et le flou des frontières, les marges trop loin du centre, l’absence de langue commune, la faiblesse du centre conjuguée avec son poids bureaucratique, un régime politique, pourrait-on dire, post-démocratique, c’est-à-dire non démocratique. Aucun ajustement de la réalité aux besoins demandés par l’évolution n’a été fait. Une profonde division sépare les élites européennes, engagées dans le cadre européen, de larges secteurs de la population, dans la quasi-totalité des États membres.

Au-delà de la bureaucratisation qu’a connue l’Union Européenne, aucune identité européenne ne s’est forgée.

Ce qui est en jeu, à travers l’afflux massif de populations étrangères qui forcent les frontières de l’Union, c’est le statut des États et des nations dans une Union incertaine sur le plan de la légitimité et du sens. Ce qui est en jeu, c’est le régime éventuel de l’Union par-delà la démocratie qui, depuis ses origines, s’est développée dans le cadre des Etats-nations. Ce sont des questions très lourdes qui sont posées. Elles ne peuvent être rejetées par des invectives. Un pouvoir de type impérial n’a rien de «progressiste» et l’opinion soucieuse de la nation et de l’identité nationale n’a rien à voir avec le nationalisme. Elle se soucie avant tout de la continuité de la démocratie.

L’impact sur la condition juive

Dans cette évolution du cadre global de la vie en Europe, en France, comment les choses se présentent-elles pour les Juifs? Voyons d’abord les faits. C’est dans le cadre de l’UE qu’est né et s’est développé le «nouvel antisémitisme» qui en est inséparable. Il est inhérent à l’UE, à la fois du fait de ses fondations idéologiques (la mémoire de la Shoah qu’elle a développée (et qui implique un surinvestissement symbolique de l’État d’Israël), en lien avec sa politique musulmane en son sein et en Méditerranée). L’UE trouve sa légitimité dans une mémoire de la Shoah qui assigne les Juifs à la victimitude et voue donc nécessairement l’État d’Israël à une souveraineté conditionnée. 

L’UE trouve sa légitimité dans une mémoire de la Shoah qui assigne les Juifs à la victimitude.

Un lien est fait entre l’Israël souverain, le peuple juif victime et les Palestiniens, «victimes des victimes» (Edward Said). Ce syndrome obsessionnel (l’UE a totalement adopté le narratif de l’OLP et presque celui du Hamas) ouvre la voie à toutes sortes de dérapages et d’abus et retentit sur les Juifs locaux de façon très négative. Il suscite avant tout la fureur des populations musulmanes, encouragées à manifester leur antisionisme très ancien, rendu légitime par un discours journalistique et officiel qui met toujours en cause Israël, au nom des «droits de l’homme» – que l’Union se croit incarner à elle seule (tout en accordant son soutien à l’Iran qui clame chaque matin son projet de détruire Israël!). Cette attitude crée l’ambiance générale d’une inimitié et d’une animosité de principe envers les Juifs, qui offre un lit favorable au développement d’un antisémitisme ambiant, en provenance, dans ses motivations, d’Afrique du Nord et du Moyen Orient.

C’est sur le plan de la condition citoyenne que l’unification européenne met en danger la condition juive, appelée à passer obligatoirement du statut de citoyen national au statut de minorité religieuse transnationale. Sur ce plan-là, les Juifs sont condamnés à subir le même recul de la citoyenneté individuelle que leurs concitoyens, mais avec le caractère aggravant qui fait que le statut juif ne sera plus national mais «religieux». Or, ce statut de «minorité» constitue une terrible régression sur le plan de l’égalité des droits. C’est un ghetto soft qui ressemble à ce que fut la condition des Juifs dans l’empire ottoman. C’est une régression de la liberté des individus et de l’égalité car la société «européenne» fonctionnera sur la base de quotas et non du mérite individuel. Les Juifs jouiront d’une égalité adéquate à leur pourcentage dans la population. sans compter que «le vivre ensemble», sans le liant national, ne sera qu’un entassement de communautés engagées dans des rapports de force inéluctables (petites et grandes minorités…).

l’Union européenne ne manque pas une occasion de manifester son inimitié envers l’État d’Israël

Enfin, un autre signe ne trompe pas: l’Union européenne ne manque pas une occasion de manifester de la façon la plus sournoise son inimitié envers l’État d’Israël dans toutes les arènes internationales, ce que ses votes vérifient. Elle se tient décisivement aux côtés du monde arabe et de l’Iran. Son discours morigène sans cesse Israël et le tance du haut d’une morale qu’elle n’incarne pas dans la réalité de sa politique, dont la vente d’armes à des dictatures n’est pas le moindre des traits.

L’impasse

Le problème du choix entre «progressistes» et «nationalistes» (populistes, fascistes, etc) n’est cependant pas facile pour les Juifs. S’ils choisissent les premiers, par horreur du «fascisme», ils se retrouvent avec des amis douteux sur le plan de la lutte contre l’antisémitisme, notamment islamique et de leur credo politique (prônant la fin de l’État-nation républicain en France). S’ils choisissent les seconds, ils feraient le choix le plus immédiatement efficace pour la condition juive ( l’assurance que l’islamisme politique, principale menace, sera réprimé) mais ils se retrouveraient avec des partis, même rénovés, dont les origines et les fondements restent problématiques sur le plan du rapport aux Juifs. Cela n’a pas empêché par exemple en Allemagne qu’un cercle juif se soit créé dans l’AFD. Mais, de l’autre côté, leur rapprochement avec les «progressistes» les mettra mal à l’aise sur la question d’Israël car les «progressistes» sont pro-palestine et pro-islam: l’islamo-gauchisme est le principal foyer aujourd’hui de l’antisémitisme. Par contre, ils trouveraient plus de soutien d’Israël auprès des «nationalistes» qui ont plus de raisons de comprendre la situation d’Israël face à l’hostilité du monde arabo-musulman. 

L’islamo-gauchisme est le principal foyer aujourd’hui de l’antisémitisme

Il est, à ce propos, fort possible que dans un avenir pas si lointain la droite européenne, dans un mouvement de balancier, se rapproche d’Israël. Nétanyahou l’a bien compris en nouant des rapports plus étroits avec le bloc de pays européens qui s’opposent à la politique des «progressistes» dans l’UE, et notamment l’alliance avec le «Groupe de Wisegrad» qui réunit des pays que les élites européennes de l’ouest qualifient de «fascistes» ou de «populistes» et récemment avec les États des Balkans qui se souviennent de la domination ottomane. 

Une autre dimension est importante, en France notamment et en Grande Bretagne, c’est que l’extrême gauche pose désormais aux Juifs un problème aussi important sinon plus que l’extrême droite car elle est versée dans l’islamo-gauchisme (que l’on pense aux travaillistes de Jeremy Corbin). Deux des trois camps opposés à l’effacement des États dans l’unification européenne, et dans lesquels les Juifs pourraient trouver un appui, s’avèrent ainsi très problématiques pour eux. C’est une impasse majeure, on y va de Charybde en Scylla. Plus généralement, le fait que l’extrême gauche rejoigne l’extrême droite est éminemment inquiétant sur le plan de la menace antisémite. Il y a un précédent: à la fin du XIX° siècle.

Le coup du CRIF est-il encore possible?

La campagne des élections européennes ressuscite, déjà, en France, avant même de commencer, le dilemme qui stérilise la vie politique française depuis 30 ans et maintenant la politique européenne: «X ou Le Pen /AFD, etc?», «tout pour barrer Le Pen!». 

Alors, lutter contre «l’antisémitisme», devenait lutter contre le racisme anti-arabe.

C’est ce dispositif qui a assuré son élection à Macron qui, peu avant son débat avec Marine Le Pen, était allé visiter Oradour et le Mémorial du martyr juif: suivez mon regard… Il n’y a pas meilleure instrumentalisation de la mémoire de la Shoah. Or, les Juifs de France sous le sigle du CRIF, ont été depuis les années 1990 les principaux acteurs et arbitres de ce dilemme. 

Les origines de cet état de faits sont complexes. Je l’ai définie dans quelques livres. Cette posture s’était développée dans la résurrection du «Front antifasciste» d’avant-guerre, imaginé par Mitterrand à la fin des années 1980 pour renforcer le PS et affaiblir la droite. Le CRIF fut alors lourdement instrumentalisé par le Pouvoir pour accréditer la réalité de la menace antisémite émanant du FN – dont Mitterrand avait fait son vis-à-vis exclusif pour réunir ainsi autour du PS déclinant «les républicains», dans l’objectif de conserver le pouvoir. Il fallait, pour ce faire, amplifier la menace du FN, et la faire accréditer par ses victimes électives alors, la communauté juive. L’opération mitterrandienne impliqua la création de la mouvance de SOS Racisme dans laquelle l’UEJF de l’époque joua un très grand rôle sur le plan de l’opinion publique au point de se voir étroitement associée au CRIF dans toutes sortes d’occasions. Elle confirmait la crédibilité de «la lutte contre l’antisémitisme» alors que SOS Racisme avait comme finalité d’embrigader les Beurs, juste au sortir de la «marche des Beurs», premier acte politique de la population immigrée, contre le «racisme anti-immigrés». C’est la première fois qu’on assimilait ce racisme (qui deviendra «l’islamophobie») à l’antisémitisme et donc que l’on mettait en balance l’antisémitisme d’extrême droite et le racisme anti-arabe, la première fois que l’on définissait le problème de l’immigration en termes de racisme plutôt qu’en termes politiques, la première fois que l’on établissait l’équivalence «Juifs-arabes/immigrés» et donc l’interchangeabilité des conditions. 

La lutte contre l’ « islamophobie» cachera la lutte contre l’antisémitisme.

Alors, lutter contre «l’antisémitisme», devenait lutter contre le racisme anti-arabe. 20 ans plus tard, c’est la lutte contre l’»islamophobie» qui cachera ou démobilisera la lutte contre l’antisémitisme qui se manifestait dans la population que défendait SOS Racisme. 

C’est ce qui explique pourquoi le système symbolique mis en place ne permit pas plus tard de rendre compte de ce nouvel antisémitisme qui s’était développé dans le milieu de l’islam politique ou identitaire plutôt que dans le milieu de l’extrême-droite. C’est ce que vérifia l’année 2001 avec les 500 agressions antisémites perpétrées par des ressortissants des milieux de l’immigration, restées objet d’une censure totale de l’État comme de la société et des médias. 

Si Le CRIF avait pour tâche de justifier la stratégie du Front antifasciste, l’UEJF comme acteur de SOS Racisme eut pour tâche de la sanctuariser, de la «judaïser» en transférant la charge symbolique de l’antisémitisme à l’islamophobie. Si le CRIF devenait le gardien de la républicanité, il transférait en fait ainsi à la supposée «communauté de l’immigration» le statut (dans l’ordre des valeurs) de la «communauté juive» d’après-guerre. La stratégie mitterrandienne installa ainsi sur le plan symbolique la» communauté de l’immigration» dans le lieu (symbolique) même de «la communauté juive». Ce ne fut pas simplement un enjeu de prestige et de justification mais aussi un enjeu aux graves conséquences qui explique pourquoi dans les années 2000, on ne voulut pas reconnaître la réalité de l’antisémitisme sauf quand il venait du FN, alors qu’il s’agissait d’un antisémitisme provenant exclusivement des milieux que la lutte contre l’islamophobie défendait, au nom de la lutte contre… l’antisémitisme: le comble de la confusion. La «communauté» et la lutte contre l’antisémitisme disparaissaient derrière la «communauté de l’immigration» et la lutte contre «l’islamophobie», deux développements dont le CRIF et l’UEJF furent les artisans zélés.

La fin du CRIF mitterrandien

Ce modèle arrive aujourd’hui à sa fin, pas seulement du fait de l’évolution de l’Europe mais de l’évolution de la France. Le phénomène central, c’est la nouveauté du paysage d’après la victoire de Macron, marqué par l’effondrement du duo Républicains-Socialistes et surtout la convergence extrême droite-extrême gauche, cette dernière marquée également par l’islamo-gauchisme et donc foyer de l’antisionisme qui est en général au cœur du «nouvel antisémitisme». C’est justement cette convergence qui met un terme à ce que le CRIF était devenu depuis les années 1990.

Le CRIF ne s’est pas rendu compte qu’il y avait quelque chose qui avait changé en France.

La lettre que le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy a envoyée aux organisateurs de la marche blanche en souvenir de Mireille Knoll est passée inaperçue. Elle marque pourtant un tournant dans l’histoire de la communauté juive. Il y critique, sans le nommer, le fait que le CRIF ait exclu certains groupes politiques de l’unanimité nationale démontrée par l’Assemblée nationale dans la dénonciation de l’antisémitisme, à savoir le Front national et la France insoumise qui ne sont pas nommés dans ce reproche, sauf qu’y sont fustigées les «violences verbales» et les «intimidations physiques» dont les représentants, venus malgré les consignes du CRIF à leur encontre, ont été l’objet sur le terrain.

Cette remarque, si on y réfléchit bien, accuse le CRIF d’avoir brisé l’union nationale (dont les extrêmes étaient formellement parties prenantes dans ce cas) dans le rejet de l’antisémitisme, une union nationale qu’il appelait pourtant déclarativement de ses vœux, au point d’apparaître comme un facteur de division de la France «morale» et parlementaire. Le paradoxe veut que ce fut au profit de partis et de leaders – Mélenchon et Marine Le Pen – dont le discours ou l’héritage s’inscrit dans l’atmosphère du «nouvel antisémitisme» de ces 30 dernières années.

Le CRIF ne s’était pas rendu compte qu’il y avait quelque chose qui avait changé en France. Jusqu’alors, en effet, il se voulait incarner la France Républicaine unie contre le Front National, accusé, alors, de casser, du fait de son antisémitisme, l’unité de la nation. Celle-ci, se réunissait ainsi (autour du CRIF et par son entremise), en excluant le FN. Le CRIF était ainsi devenu le garant moral et historique de l’exclusion unanime du FN hors de la communauté nationale républicaine. Et donc un dispositif central de l’avènement au pouvoir de candidats se faisant élire par exclusion, pourrait -on dire. Ce qui fut suprêmement le cas de Macron. Dans la situation que l’élection de ce dernier a créée, le dispositif dans lequel le CRIF s’était inscrit s’est démantelé et dans le cas que je viens d’évoquer, est même devenu, par un retournement mécanique de la donne, l’élément exclu de l’unanimité nationale contre le «fascisme». 

Le deuxième pilier: le Consistoire

Si le CRIF a été instrumentalisé par le parti socialiste au pouvoir au point de devenir le garant systémique d’une configuration qui a volé en éclats avec la montée au pouvoir de Macron, le pilier religieux de l’identité juive française, le Consistoire et le Rabbinat, se sont vus, eux aussi, embrigadés dans une politique gouvernementale profondément défaillante sur le plan de l’État et nocive pour la continuité juive. 

Les élites françaises n’eurent pas le courage de poser d’abord le jalon politique de l’intégration.

Si le CRIF contribuait à retenir la vie politique en suspens sous «la menace Le Pen», le Consistoire devenait le support et le modèle d’une politique de gestion de l’islam en France, une religion nouvelle venue dans le cadre républicain (ébranlé en son fond par l’unification européenne). En effet, là où la question de l’islam devait être traitée «politiquement» (n’est-il pas attaché à une population immigrée, détentrice d’autres nationalités et non autochtone?) – ce qui compliquait bien les choses avec la question de la nation et de l’État, alors affaiblis – elle fut traitée par la «religion» et encore dans une amnésie historique totale de la part d’une élite politique sans grande culture qui avait oublié qu’en France la forme «religieuse» avait été imposée aux religions concordataires (dont le judaïsme) du fait d’un acte et d’une finalité politiques et étatiques. 

Les élites françaises n’eurent pas le courage de poser d’abord le jalon politique de l’intégration (à savoir comment l’islam se réformerait pour être accepté dans l’État et la nation et à quelles conditions cela serait possible: à l’époque de Napoléon ce fut un diktat de l’État sur les Juifs et les Catholiques). Ce jalon est d’autant plus nécessaire que l’islam confond pouvoir religieux et pouvoir politique – ce qui n’est pas le cas du judaïsme – alors que les candidats à la résurgence du Califat, exigeant une obéissance religieuse et politique universelle, sont déjà sur les rangs: je pense surtout à un candidat proche de l’Europe, le président Erdogan.

Les «progressistes» ont trouvé dans le pilier religieux du judaïsme le moyen symbolique et pratique de la gestion du «vivre ensemble», c’est-à-dire du spectacle illusoire de l’intégration de l’islam en France. En n’assumant pas l’exigence d’intégration politique et identitaire propre à la nation, ils ne peuvent en effet que «gérer» la population récemment immigrée par le biais de sa religion (réputée spécificité «culturelle», à «protéger» donc), d’autant que cette dernière n’a jamais connu la modernisation et donc la séparation du politique et du religieux. 

Le «dialogue des religions» est devenu un instrument de gouvernement, promu par l’État «républicain»

Le «dialogue des religions» est ainsi devenu un instrument de gouvernement, promu par l’État «républicain». Il vise à identifier l’islam aux deux religions originelles en France, pour le socialiser et le poser en situation de ressemblance, de façon totalement indue car ces religions se sont déjà réformées et pleinement insérées dans la société républicaine, mais qui, de ce fait, se voient rétrogradées au stade où en est l’islam dans son processus d’insertion. L’institution religieuse juive est cependant bien plus sollicitée que l’Église, car elle est minoritaire et, de surcroît, elle est la référence dans le champ social de la «communauté de l’immigration» . 

On ne peut négliger à ce propos le fait que, composée en majorité de Juifs d’AFN, la plupart (Algérie) français de longue date, son assimilation à la communauté arabo-musulmane ait tenté le pouvoir, comme exemple de réussite à proposer aux nouveaux venus. Les concessions faites au «vivre ensemble» s’autorisent ainsi de ce qui est concédé aux Juifs alors que ces «concessions» sont le résultat de la réforme du Grand Sanhédrin de 1897, réforme loin de toute réalisation chez les musulmans et qui, sans doute, soulèveraient leur fureur tant elles furent exigeantes. Ces mises en équivalence des Juifs «communautaires» et de la «communauté de l’immigration» représentent en fait, de façon rampante, une régression pour ceux qui sont des citoyens français depuis le 19eme siècle à la condition de nouveaux venus. C’est une sorte d’abandon «statique» (sans exclusion) de ces Juifs sur le plan de la légitimité nationale, qui réveille en eux d’autres abandons (1962, 1940…) et qui incite à la jalousie et au ressentiment les nouveaux venus, conviés ainsi à se comparer et se mesurer aux Juifs, ce qui pour nombre d’entre eux est la pire des situations. Les autorités consistoriales et rabbiniques se prêtent en général à cette stratégie sans se rendre compte qu’elles jouent le rôle du cheval de Troie qui accrédite en France un islam qui n’a pas fait sa réforme républicaine et dont elles n’ont pu obtenir aucune condamnation claire et massive de l’antisémitisme qui sévit dans nombre de ses milieux, ce que tous les sondages vérifient. 

Ainsi sur le plan du religieux comme sur le plan du politique ou de la sécurité, l’intérêt de la continuité juive est en 2019 du côté de la République souveraine, de l’État-nation et non de la France des religions, des cultures et des minorités. La situation n’est absolument plus celle des années 1970-1980.

Sur le plateau du Golan, bienvenue à Trump City

INFOGRAPHIE – Benyamin Nétanyahou a lancé un programme immobilier baptisé du nom du président américain. Un geste destiné à le remercier pour son dernier cadeau: la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté d’Israël sur le Golan.

Par Thierry Oberlé

Envoyé spécial sur le plateau du Golan

Benyamin Nétanyahou a lancé un programme immobilier baptisé du nom du président américain. Un geste destiné à le remercier pour son dernier cadeau: la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté d’Israël sur le Golan.

Quelques bicoques, des jardins bucoliques et des bâtiments communautaires en ruine. Bienvenue à Kela Beruchim, cité perdue au bout du plateau du Golan. Au loin, se dessine le mont Hermon et son pic enneigé. La frontière syrienne est à 7 kilomètres, le Liban à 25 kilomètres. C’est ici que le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a prévu de poser au centre d’un terrain de football en friche la première pierre d’un programme immobilier baptisé du nom de son ami Donald Trump. Un geste destiné à remercier le président américain pour son dernier cadeau: la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté d’Israël sur le Golan, un territoire occupé par l’État hébreu depuis 1967 et dont la communauté internationale refuse d’avaliser l’annexion.»

Trump City doit devenir le symbole d’une nouvelle ère pour la région mais le magnat de l’immobilier n’investirait sans doute pas un dollar à titre personnel dans son village éponyme. Kela Beruchim (les bénis en hébreu, NDLR) est un lieu étrange peuplé de gens bizarres. Les volets des maisonnettes sont clos mais du linge pend ici ou là dans les cours. La première personne croisée après avoir fait le tour de l’implantation est un apiculteur bodybuildé. D’origine russe, Denys est affalé dans un fauteuil défoncé en cuir sur le perron d’un bâtiment en déshérence. Il est venu surveiller ses ruches qui lui posent bien du souci. «On m’a demandé du jour au lendemain de les déplacer à l’occasion de la visite surprise de Nétanyahou en avril pendant les vacances de Pâques. Elles étaient installées à l’endroit où ils vont soi-disant commencer à construire», peste-t-il. «Je suis dans ce coin pour mener une vie paisible à la campagne et on raconte maintenant que la population du Golan va doubler. On va être envahi par des religieux qui vont nous imposer leur mode de vie. De toute façon, je ne crois pas que ce projet va marcher. Rien ne marche ici!» dit-il avant de s’éloigner pour retrouver ses abeilles.

«Je suis dans ce coin pour mener une vie paisible à la campagne et on raconte que la population du Golan va doubler. On va être envahi par des religieux qui vont nous imposer leur mode de vie.»Denys, apiculteur

Au détour d’un chemin, une vieille femme ouvre sa porte après des hésitations. «Je ne suis pas présentable avec mon tablier», minaude Nina. Elle et son mari ont quitté l’URSS en 1990 peu avant sa désintégration pour émigrer en Israël et échouer sur le Golan. Trump City l’inquiète, elle aussi, car «on ne sait pas ce qui va se passer et on ne sait pas qui sont ces gens qui vont venir vivre autour de nous». Puis elle fredonne en français, Parole, parole, parole !, la chanson de Dalida.

Les bureaux du centre communautaire se réduisent à une pièce vaguement entretenue. Le reste de la bâtisse n’a plus tous ses murs et peu de plafonds. L’ensemble dégage une telle impression d’apocalypse qu’il a servi de décor à une série télé d’épouvante intitulée Colonnes de fumée. La fiction raconte les péripéties d’une enquête policière dans un kibboutz sectaire du nord d’Israël dont les habitants ont mystérieusement disparu. La vraie histoire de l’implantation est moins effrayante. Elle est juste celle d’un échec. À Kela Beruchim, le nombre de résidents se compte sur les doigts des deux mains. Il faut y ajouter une poignée de jeunes squatters qui ont l’intention de fonder une école de préparation au service militaire. Ils sont convaincus que le Golan est une terre juive depuis les temps de la Bible, mais les précédents habitants du secteur étaient des Arabes syriens chassés par la guerre des Six-Jours. Leur armée s’était retirée de cette hauteur stratégique sans livrer véritablement bataille. 

«Il faut comprendre que lorsque l’on s’installe sur le plateau, surtout dans le nord, on va vivre en périphérie loin des avantages de la société moderne comme le système de santé ou les loisirs.»Mehamem Ender, un retraité de Kela Beruchim

Après l’annexion de 1981, une politique de colonisation s’est mise en place avec ses hauts et ses bas. Puis en 1991, Ariel Sharon, alors ministre du Logement, a peuplé la région de migrants russes fraîchement débarqués en Israël. Une vingtaine de familles s’installèrent à Kela Beruchim. Elles parlaient mal l’hébreu, étaient au chômage, la perspective d’un logement gratuit était, pour elles, une aubaine. Les couples avaient suivi des études universitaires dans leur pays d’origine. Le Golan a été pour ces déclassés un exil dans l’exil. «La greffe n’a pas pris mais d’autres projets engagés aux alentours fonctionnent bien», constate Chaim Rikeach, le président du Conseil régional du Golan dans ses bureaux de Katzrin, la «capitale» du Golan.

«Il faut comprendre que lorsque l’on s’installe sur le plateau, surtout dans le nord, on va vivre en périphérie dans l’éloignement des avantages de la société moderne comme le système de santé ou les loisirs», explique, pour sa part, Mehamem Ender, un retraité de Kela Beruchim. «Je suis venu pour réaliser le rêve sioniste de peupler ce pays qui est le nôtre», ajoute-t-il. Deux de ses fils ont été grièvement blessés au Liban et à Gaza. Ses quatre enfants ont quitté le plateau. «Les jeunes ne restent pas sauf s’ils sont agriculteurs», précise Mehamem Ender.

Sentiment de précarité

L’économie du Golan repose sur ses ranchs de vaches et de bœufs. Environ 40 % de la viande consommée en Israël provient de la région mais aussi 30 % du vin. Le tourisme vert s’y développe malgré les tensions avec la Syrie et l’ennemi juré, le Hezbollah libanais. Reste qu’un sentiment de précarité est toujours présent chez les 18.000 Israéliens qui cohabitent avec 22.000 Druzes dont la plupart ont refusé de prendre la nationalité israélienne. «Une petite crainte d’être expulsé existe toujours alors quand Trump a pris sa décision historique, les doutes se sont levés», dit Chaim Rikeach. «Nous n’avons pas en revanche d’inquiétude sécuritaire. Il y a de temps en temps un tir de missile quand quelqu’un fait une connerie de l’autre côté de la frontière et voici deux ans encore nous avions al-Qaida et Daech comme voisins mais nous maîtrisons la situation», minimise-t-il.

«Il y a de temps en temps un tir de missile quand quelqu’un fait une connerie de l’autre côté de la frontière et voici deux ans encore nous avions al-Qaida et Daech comme voisins mais nous maîtrisons la situation.»Chaim Rikeach

À Katzrin comme à Kela Beruchim, le geste du président américain fait comme il se doit l’unanimité. «C’est fabuleux! L’homme le plus puissant du monde nous a donné un cadeau incroyable. Je sais que Trump est très contesté dans le monde mais un Israélien qui le critique est pour moi un dérangé», s’enthousiasme Mehamem Ender.

Tirant un trait sur des décennies de politique étrangère américaine, Donald Trump a brisé le consensus international sur la question de Golan le 21 mars par un tweet puis a rapidement signé la proclamation de reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le Golan dans le Bureau ovale aux côtés d’un Benyamin Nétanyahou aux anges.

Relancer les implantations juives

Le premier ministre israélien n’a pas non plus perdu de temps pour montrer sa gratitude. Le 23 avril, il publiait une vidéo dans laquelle, debout au milieu des collines ondoyantes du Golan, il annonçait fièrement qu’une ville porterait le nom du président américain. L’idée de fonder une Trump City a dans l’esprit du premier ministre une valeur symbolique mais elle s’inscrit aussi dans une volonté de relancer les implantations juives dans la région après un arrêt total de la colonisation pendant vingt ans. «Nous avons renforcé les sites existants mais ce n’est pas suffisant. Des jeunes sionistes veulent venir construire de nouveaux lieux alors la création de Trump City est pour nous une bénédiction», confirme Chaim Rikeach.»

Les premiers résidents devraient prendre possession de leur logement à la fin de l’année, à l’occasion des fêtes d’Hanouka, mais il est probable que les délais annoncés par le Conseil régional ne seront pas respectés. 25 familles aménageront à Trump City. Elles devraient être ensuite 100 et à terme 400. «Les plans sont prêts. Le quartier comprend des jardins publics pour les enfants, des synagogues. Pour l’instant, 150 personnes se sont adressées à nous. Nous sommes dans le processus de sélection avec pour objectif de créer une communauté mixte de religieux et de laïcs. Nous cherchons des couples jeunes car le Nord qui est beaucoup moins peuplé que le Sud compte surtout des habitants âgés», explique Chaim Rikeach. Il veut croire qu’ils trouveront des emplois dans le tertiaire, l’agriculture géothermique, l’agrotech et le high-tech grâce au développement de pôles d’innovation. Seule ombre au tableau mais elle est de taille: la dissolution du nouveau Parlement qui ne permet pas de valider l’initiative du premier ministre. Benyamin Nétanyahou et un représentant de l’Administration américaine devaient assister sur place le 12 juin à une cérémonie pour célébrer à la fois le 52eanniversaire de la prise du Golan et la reconnaissance américaine, mais ils ne viendront pas.

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«Baptiser notre implantation Trump City, c’est un peu comme donner le rôle de parrain dans une cérémonie de circoncision. On l’honore pour le congratuler», commente Noemi Ish Shalom, une enseignante excentrique installée un peu à l’écart de Kela Beruchim. «J’espère que le projet va permettre de ramener les services de l’État chez nous», ajoute-t-elle. Docteur en biologie, en botanique et en écologie, elle entretient seule un immense jardin organique aux allures de capharnaüm peuplé de poules, de chèvres et de chiens. Sa propriété est un promontoire avec vue sur la Syrie. Entre les deux, la lande est truffée de mines. «Cette implantation a toujours été un rêve quel que soit son nom», sourit-elle. Un rêve qui a pour l’instant des allures de chimère.

Comment l’État mène la lutte contre les mosquées radicales

Par Jean Chichizola et  Christophe Cornevin

ENQUÊTE – Surveillance, constitution de dossiers, fermetures, procédures judiciaires… Dans le Nord, l’Isère ou les Bouches-du-Rhône, les pouvoirs publics mènent un âpre combat de terrain.

Île-de-France, Bouches-du-Rhône, Nord, Isère… À l’ère de «l’imam Google», de la propagande sur Internet et de l’adhésion des terroristes, comme celui de Lyon, aux thèses de Daech «en leur for intérieur», la lutte contre l’islam radical se joue encore dans le monde réel et passe toujours par la fermeture de mosquées ou de centres communautaires tombés aux mains de prédicateurs de la haine.

Un exercice délicat, réclamant vigilance et prudence. Et une procédure complexe, en vertu de la loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme adoptée en novembre 2017, qui doit respecter l’État de droit face à des adversaires qui savent se montrer procéduriers. Ces derniers mois, trois fermetures ont notamment été ordonnées à Grande-SyntheHautmont (Nord) et Grenoble (Isère).

Le Nord est, avec les Bouches-du-Rhône, le Rhône ou l’Île-de-France, un des territoires les plus touchés par la radicalisation islamiste. Pour mieux la prévenir, Michel Lalande, préfet du Nord, a mis en place depuis son arrivée en 2016 un dispositif unique en France, avec, sous son autorité, une déconcentration du signalement et du suivi des cas de radicalisation au niveau de groupes d’évaluation départementaux dans les six arrondissements du département (Lille, Dunkerque, Avesnes-sur-Helpe, Cambrai, Douai, Valenciennes). Chose plutôt inhabituelle, les deux fermetures qu’il a décidées ont visé des extrémistes chiites et sunnites.

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De façon imagée, Michel Lalande explique la méthode: «Identifier le mal, l’observer et le soigner.» Et les conditions nécessaires: une procédure validée par la justice, une stratégie au long cours défendant les valeurs de la République et un dialogue serein avec les autorités religieuses. Le 15 octobre 2018, treize jours après des visites domiciliaires ayant mobilisé près de deux cents policiers, le préfet du Nord annonçait ainsi la fermeture administrative, pour une durée de six mois, du lieu de culte et du siège de l’association Centre Zahra France, d’obédience chiite. Une action engagée après une longue surveillance et des inquiétudes face à de possibles dérives, notamment antisémites. 

La fermeture est validée par le tribunal administratif le 19 octobre puis par le Conseil d’État le 22 novembre 2018. Enfin, le 22 mars dernier, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, propose au chef de l’État de dissoudre les associations Centre Zahra France, Fédération chiite de France, Parti anti sioniste et France Marianne télé. Ces associations sont accusées de légitimer «de façon régulière le djihad armé tant par les prêches dispensés que par les écrits mis à la disposition des fidèles et des internautes» et d’endoctriner «la jeunesse du Centre Zahra dans la perspective de la guerre sainte et d’une apologie constante, notamment via Internet, des actions d’organisation telles que le Hamas, le djihad islamique palestinien et la branche armée du Hezbollah, toutes inscrites sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne».

«Sur la soixantaine de mosquées et salles de prière qui sont répertoriées en Isère, deux ou trois attirent l’attention des services»La préfecture

Quelques mois après le coup porté aux ultras chiites, le préfet Lalande décidait, le 13 décembre 2018, de fermer pour une durée de six mois la salle de prière salafiste As-Sunnah d’Hautmont. Motif invoqué: «Les idées qui y sont diffusées et les activités qui s’y déroulent provoquent à la violence, à la haine et à la discrimination et font l’apologie d’actes de terrorisme.» L’imam saoudien qui y officiait aurait notamment prononcé des prêches ayant «clairement provoqué à la haine et à la violence envers les non-croyants». Des conférences ont par ailleurs été organisées au sein de la salle de prière, ouverte en 2014 dans un ancien café, et des intervenants «ont tenu des propos de même nature». 

L’association Assalem, responsable de la salle, saisit aussitôt le tribunal administratif de Lille qui, le 18 décembre, valide la fermeture. Six mois plus tard, la situation est des plus claires: l’imam est reparti pour l’Arabie saoudite et l’association ne semble plus être en état de poursuivre ses activités. À noter qu’en amont de la décision de fermeture, l’État et la mairie s’étaient déjà inquiétés des questions de sécurité dans un lieu de culte de 97 places accueillant 150 à 200 fidèles. Des risques d’incendie et le non-respect des règles pour les établissements recevant du public avaient entraîné la fermeture d’une partie du bâtiment. Après Grande-Synthe et Haumont, la lutte contre les prêcheurs de la haine a été poursuivie plus au sud en 2019.

À la différence du Nord, l’Isère ne figure pas au nombre des départements les plus touchés par le fléau de l’islam radical. Il n’empêche. «Sur la soixantaine de mosquées et salles de prière qui y sont répertoriées, deux ou trois attirent l’attention des services», confie-t-on en préfecture. 

Mères voilées à l’école : un recul pour la laïcité ? – Regarder sur Figaro Live

Des barnums pour permettre aux fidèles de prier

Le préfet Lionel Beffre a décidé le 4 février dernier de fermer pour une durée de six mois la mosquée al-Kawthar de Grenoble, drainant près de 400 fidèles parmi les plus «rigoristes» de l’agglomération. Fermeture confirmée par le tribunal administratif. Dans son mémoire de défense, observent les magistrats, le préfet de l’Isère a mentionné «des références religieuses qualifiées de radicales» proférées dans la mosquée et reprises à de nombreuses reprises sur la chaîne YouTube «comportant de nombreux passages incitant à la haine et à la violence envers les chrétiens et les juifs, légitimant la discrimination et la charia, et justifiant le djihad armé».

Au total, au moins une «vingtaine d’individus radicalisés» aurait fréquenté al-Kawthar «dont certains ont été interpellés, parfois condamnés pour des faits d’apologie du terrorisme». «Une petite dizaine est partie en 2013 et 2014 pour faire le djihad dans les zones de combat et d’autres en avaient la velléité», confie au Figaro un fonctionnaire de haut rang. Pointé du doigt pour ses virulents discours «antirépublicains, antichrétiens et antijuifs» qui «légitiment la charia, la supériorité du Coran sur la loi des hommes et la discrimination envers les femmes sommées de porter la burqa», l’imam algérien a préféré s’exiler vers son pays d’origine. 

«Très courtois, très habiles, sans jamais un mot qui dépasse, les défenseurs de la mosquée ont mené un travail de lobbying pour plaider leur cause, mais le mal est trop profond» Un haut fonctionnaire

Soucieux de mettre un terme au gel des avoirs, particulièrement pénalisant à l’approche du hajj , le très lucratif pèlerinage à La Mecque en août prochain, des responsables musulmans ont tout tenté pour rouvrir cette mosquée de la discorde. En réponses aux menaces de prières de rue brandies par certains de ses partisans, des «barnums» ont été installés par la mairie afin de permettre aux fidèles de prier sous des tentes à proximité du village olympique de Grenoble.

Avant le ramadan, un nouveau «collectif musulman métropolitain» a plaidé en faveur d’une réouverture au nom du «vivre ensemble». Les responsables de la mosquée sont remontés au créneau pour défendre la mise en place d’une «charte républicaine». Mais cette stratégie de la «main tendue» n’a pas convaincu. Même la proposition d’installations des caméras sur l’édifice, formulée par l’association qui la gère, a été recalée le 23 mai par la commission administrative de vidéoprotection présidée par un magistrat de l’ordre judiciaire. Motif? «Dossier mal ficelé», lâche un expert.

«Très courtois, très habiles, sans jamais un mot qui dépasse, les défenseurs de la mosquée ont mené un travail de lobbying pour plaider leur cause, mais le mal est trop profond pour changer la situation en quelques semaines», juge un haut fonctionnaire, assurant que le «plus grand flou» régnerait encore sur l’identité des futurs imams, que la «composition de l’association gérant le lieu de culte ne s’est guère renouvelée» et qu’aucun «message correctif» n’aurait été envoyé aux fidèles depuis la fermeture administrative. Elle est prévue pour durer jusqu’au mois d’août.

On ne parle pas de la haine des Juifs aux petits lycéens niçois

Mais on peut leur décrire les massacres à la machette au Rwanda

parRenée Fregosi – 5 juin

Renée Frégosi. ©BALTEL/SIPA / 00884429_000041

Invitée à parler de la mémoire des génocides devant des lycéens niçois, j’ai tenté d’évoquer la haine dont sont l’objet les Juifs aujourd’hui. Élèves et professeurs se sont insurgés. 


Il y a quelques semaines, je participai dans un lycée niçois à événement intitulé « La Semaine de la mémoire et de la recherche ». Pendant quatre jours, des lycéens écoutaient des témoignages de victimes de génocides et des universitaires censés les éclairer sur les processus génocidaires et, au-delà, les processus complotistes et négationnistes, l’antisémitisme et le totalitarisme.

Parmi ces lycéens, une classe de 1ère avec cinq de ses enseignantes à l’origine de cette initiative pédagogique, avait travaillé durant l’année scolaire plus spécifiquement sur le génocide rwandais et s’était même rendu sur place lors d’un voyage passionnant et très émouvant.Ouverture dans 0Sponsorisé par Ministère de l’Action et des Comptes publicsDroit à l’erreur !Evitez les erreurs dans toutes vos démarches administratives avec oups.gouv.frEn savoir plus

La victime devient coupable

Contactée par les organisatrices de cette rencontre pour y faire une intervention, j’avais proposé d’aborder la question de la stratégie de victimisation mise en œuvre par les autorités pour persécuter leurs ennemis voire aller jusqu’à leur massacre de masse. Mon exposé étant le dernier de ces journées, je lui donnai une forme un peu conclusive en insistant sur les mécanismes de retournement des termes et l’inversion des charges de la preuve très souvent utilisés par les persécuteurs pour présenter leurs victimes comme des agresseurs.

Évoquant des sujets traités par des orateurs précédents et étudiés par les lycéens, je rappelai donc brièvement que les Turcs massacrant les Arméniens pendant la guerre de 14-18, les présentaient comme des agents de l’ennemi après les avoir exclus de la communauté ottomane et soumis à une ségrégation rigoureuse. Les nazis massacrant les Juifs d’Europe, dénonçaient leur visée dominatrice et les présentaient comme les fauteurs de guerre et les corrupteurs de la race aryenne, justifiant leur exclusion de la nation allemande puis leur relégation dans les ghettos et enfin la « solution finale ». Les massacreurs hutus présentaient les Tutsis comme des privilégiés et des expropriateurs et les déshumanisaient en les qualifiant de cafards à exterminer systématiquement. Les Khmers rouges présentaient leurs victimes comme des exploiteurs occidentalisés à éradiquer jusqu’au dernier, en les traitant de punaises qu’il fallait tuer jusqu’aux œufs (les enfants).

La vérité des lycéens

Puis je me hasardai à aborder la stratégie palestinienne de victimisation et le dit « antisionisme ». Ayant remarqué que l’intervenant qui m’avait précédé avait montré dans son document PowerPoint des photos de victimes françaises récentes d’actes antisémites (Ilan Halimi, les enfants de l’école Ohr Torah, Mireille Knoll, Sébastien Selam, Sarah Halimi) sans indiquer explicitement le lien avec le caractère islamiste de l’antisémitisme de leurs auteurs, je rappelai les différents types de haine des Juifs à travers les âges (antijudaïsmes romain puis chrétien, antisémitismes politiques modernes, antijudaïsme musulman et antisionisme déniant en fait le droit à l’existence de l’Etat d’Israël).

Les réactions de nombreux jeunes dans l’auditoire ne se sont alors pas faites attendre : négation de l’existence de propos anti-Juifs dans le Coran, renvoi dos-à-dos des Israéliens et des Palestiniens revendiquant « la même terre », accusation de manque d’objectivité de mon intervention. Cela, je m’y attendais un peu étant donné la sociologie de ce lycée « périphérique ». Raison de plus à mes yeux pour ne pas édulcorer mon propos.

« Trop jeunes pour entendre de telles choses »

En revanche, ce qui m’a interloquée c’est la réprobation explicite de mon intervention de la part des enseignantes, au motif que ces élèves « étaient trop jeunes pour entendre de telles choses et qu’il ne fallait pas les choquer ». Les récits des horreurs des camps d’extermination nazis, des massacres khmers rouges ou du génocide à la machette au Rwanda ne les auraient pas traumatisés, mais instiller un doute quant au bien-fondé des roquettes et des tirs de mortier sur Israël ou quant au mythe d’al Andalus en leur parlant de la dhimmitude, ou encore révéler l’existence de passages anti-Juifs dans le Coran et les hadiths, cela ne pouvait se faire car il ne fallait pas perturber ces jeunes esprits fragiles.A

Autrement dit, la contradiction des idées reçues constituait non pas un élément fondamental de la pédagogie de l’esprit critique censé être dispensée dans le cadre de l’Education nationale, mais quelque chose d’intolérable, de nocif et d’indécent. Je pris alors conscience que toutes ces recherches en bibliothèque, ces voyages scolaires sur les « lieux de mémoire », tous ces travaux d’élèves et ces débats autour des victimes n’avaient en somme qu’agité du pathos, de la compassion voire de l’identification avec les victimes mais n’avaient nullement contribué à la compréhension de la complexité des phénomènes politiques autoritaires pouvant conduire jusqu’au génocide.

Commémorer pour ne pas comprendre, un nouveau négationnisme

Journées de la mémoire certes, mais la recherche n’était-elle pas restée vaine si la contradiction, le paradoxe et l’ambivalence étaient d’emblée refusés à la formation de ces jeunes esprits ? Les dérives de l’esprit victimaire que je m’étais proposé d’analyser étaient ici-même à l’œuvre : l’individualisation des victimes, avec l’audition de témoignages poignants notamment, conduisaient à ignorer la dimension politique des souffrances subies. Les stratégies, les modes de justification des massacres passés étant ainsi méconnus, on s’interdisait toute analyse comparative, toute réflexion en somme sur d’autres stratégies et discours de légitimation d’actions meurtrières actuelles. Le passé sert ainsi à enfouir le présent sous ses cendres, et les larmes noient l’intelligence des événements d’aujourd’hui.

C’est finalement à un nouveau négationnisme auquel on assiste : l’agression génocidaire en acte ou en projet est masquée par les horreurs du passé qui saturent l’espace mental et médiatique. Ressassant les génocides historiques dans la repentance et la bonne conscience, sans en comprendre les ressorts universels, on dénie au présent son véritable potentiel génocidaire. A dénoncer en boucle les totalitarismes d’hier, on s’aveugle sur ceux en germe aujourd’hui qui n’ont aucune filiation historique avec ceux-là. Paradoxes de notre temps : l’antifascisme occulte le totalitarisme islamiste en action ici et maintenant comme l’antiracisme dénie aux « blancs » leur statut possible de victimes, et le travail mémoriel plein de bonnes intentions entrave celui de l’histoire tentant d’éclairer crûment le présent.

L’ex directeur général adjoint de l’AEIA: « L’Iran est à six mois d’une bombe atomique » ?????

5 juin 2019 | 

Olli Heinonen, l’ancien responsable du suivi de la prolifération nucléaire pour l’Agence internationale de l’énergie atomique, a déclaré sur les ondes de la radio militaire qu’Israël et les États du Golfe « avaient toutes les raisons d’être inquiets des nouvelles capacités nucléaires de l’Iran« …

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L’homme a souligné que la plupart des Israéliens « n’avaient pas conscience de la gravité de la menace iranienne ». « Les Israéliens se doivent d’être inquiets et les pays du Golfe ont également toutes les raisons de s’inquiéter »  a déclaré Olli Heinonen. Lors de l’interview, qui sera diffusée jeudi matin, Olli Heinonen a déclaré: « Malgré les affirmations de l’AIEA, l’Iran sera en possession d’armes nucléaires d’ici six à huit mois« .P

Selon lui, l’AIEA ignorerait tout de la course à la guerre nucléaire menée par Téhéran et, qui plus est, même la décision de l’administration Trump de laisser tomber le plan d’action global commun (JCPOA) qu’on appelle communément « l’accord iranien », servirait aussi les objectifs de l’Iran.

« Les Ayatollahs gèrent les nouvelles sanctions  à leur guise et  pendant de temps, ils continuent de fabriquer de nouvelles centrifugeuses « , a-t-il conclu.

Peu de gens ont une meilleure connaissance sur le sujet que Olli Heinonen, qui a travaillé 27 ans à l’AIEA dont il a été le directeur général adjoint et le responsable de son Département des contrôles. Il a rédigé sa thèse sur l’analyse des matières nucléaires et a supervisé les efforts de l’AIEA pour surveiller et contrôler le développement nucléaire de l’Iran. L’homme a également  dirigé et participé à des équipes internationales d’inspection de surveillance des installations nucléaires dans de nombreux États comme la Corée du Nord, l’Afrique du Sud, l’Irak, la Syrie, la Libye.

Tel-Avivre – source israelnationalnews

Le BNVCA saisit le CSA suite à la chronique de Mr Pascal Romedenne Télé Matin du 3/6/19 relative à l’affaire des “Faux Le Drian”.

Le BNVCA exprime les protestations de nombreux correspondants émus et scandalisés par la façon discriminatoire voire insultante dont le chroniqueur a relaté l’affaire de l’énorme escroquerie commise par des français installés  en Israel  qui se faisaient passer pour le Ministre des Affaires Etrangères, Monsieur Jean Yves Le Drian afin d’extorquer illégalement des sommes d’argent importantes à des hautes personnalités fortunées, sous prétexte de contribuer à la libération d’otages français

Le journaliste en question Mr Patrice Romedenne  qui présente sa chronique quotidienne sur Télématin le 3 juin 2019 déclare le plus simplement possible “Le chef du gang a été arrêté, c’est un “JUIF tunisien” Il était refugié en Israel etc ...(voir vidéo à 2 mn13).

Nos correspondants font remarquer de façon judicieuse que même lorsque les terroristes revendiquent leur attentat au nom de l’Islam, jamais aucun reporter n’a fait référence à leur religion.

Comme nos requérants, le BNVCA  reproche à Mr Romedenne d’avoir insisté si maladroitement sur la religion de cet escroc et de ce chef de gang  dont la communauté francophone d’Israel s’est toujours désolidarisée.

Nous faisons remarquer au journaliste en question que le Code Pénal français n’a pas été rédigé pour les juifs.

Nous demandons à la rédaction de Télé Matin, d’inviter Mr Romedenne à rectifier  ses propos et à présenter ses excuses .

A la demande de ses requérants,le BNVCA a décidé de saisir  le C S A .

Colis piégé à Lyon : Mohamed Hichem Medjoub est incarcéré

Par  Auteurvaleursactuelles.com /

La police autour du domicile du suspect, à Oullins © Laurent Cipriani/AP/SIPA

L’homme soupçonné d’être l’auteur de l’attaque au colis piégé à Lyon a été mis en examen et écroué après ses aveux.

Mohamed Hichem Medjoub, qui est soupçonné d’avoir planifié l’explosion d’un colis piégé dans le IIe arrondissement de Lyon, a été mis en examen par le juge d’instruction ce vendredi à Paris pour « tentative d’assassinats terroristes », « association de malfaiteurs terroriste criminelle », « fabrication, détention, et transport d’explosifs en relation avec une entreprise terroriste ». Il a été placé en détention provisoire, a annoncé le parquet de Paris, rapporte BFMTV.

Mohamed Hichem Medjoub est passé aux aveux

C’est mercredi 29 mai que le principal suspect est passé aux aveux. Interpellé par les forces de l’ordre lundi 27 mai aux alentours de 10 heures, le présumé responsable de l’attaque au colis piégé vendredi 24 mai, a reconnu avoir posé l’engin explosif, selon les informations du Point. Comme le précise l’hebdomadaire, cet Algérien de 24 ans a détaillé la façon dont il a fabriqué son engin explosif dans sa cuisine. Il assure avoir agi seul. BFMTV indique de son côté que l’ancien étudiant en informatique a effectué des recherches internet sur le djihad, la fabrication de bombes artisanales et le moyen de les déclencher à distance.SUR LE MÊME SUJET Colis piégé à Lyon : l’étonnant témoignage d’un ami du suspect

Jeudi, LCI a indiqué que Mohamed Hichem Medjoub reconnaissait des liens avec Daech, à qui il a prêté allégeance « en son for intérieur », selon le parquet.Durant sa garde à vue, le suspect avait tenu un discours religieux intégriste, mais ne s’était revendiqué d’aucune organisation terroriste. Voir l’image sur Twitter

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Colis piégé à #Lyon : le suspect dit avoir agi au nom de Daech > http://l.leparisien.fr/rKQ 3416:11 – 30 mai 201979 personnes parlent à ce sujetInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité

L’arrestation de Mohamed Hichem Medjoub s’est suivie lundi 27 mai d’une deuxième interpellation par les forces de l’ordre, à savoir celle d’un lycéen majeur, identifié comme étant le frère cadet du suspect numéro un, puis de celle de son père et de sa mère. La garde à vue des parents a été levée jeudi. Le suspect vivait chez ses parents, à Oullins, en proche banlieue, où une perquisition a été menée par une unité du Raid, appuyés d’une service de déminage.

David explique pourquoi il n’est pas un colon et montre les vestiges archéologiques juifs là où il habite à Beïth El en Judée samarie appelée : « Cisjordanie »

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« Dieu dit à Jacob: «Lève-toi, monte à Beït Hel et installe-toi là-bas. Tu y construiras un autel en l’honneur du Dieu qui t’est apparu lorsque tu fuyais ton frère Esaü.» (Genèse 35.1-15)

Beït Hel est lié dans la Bible au passage des patriarches Abraham et Jacob sur ce lieu : Abraham y construit un autel, tandis que Jacob s’y endort et rêve de l’échelle de Jacob, une échelle parcourue par des anges qui s’élève jusqu’au ciel.

L’Arche d’alliance y réside plus tard à l’époque des Juges d’Israël et Samuel y tient sa cour de justice.

« Avant que Jacob ne le nomme Beït Hel, le lieu s’appelait Louz », dit le texte hébreu (Oulam Louz). Et c’est sous ce nom qu’apparaît en Luc 24:13 dans le codex Bezae, le village vers lequel se dirigeaient les deux compagnons d’Emmaüs qui, selon les Évangiles chrétiens, le soir de la Résurrection quittaient Jérusalem et où Jésus serait apparu pour la première fois après sa résurrection.

Les fouilles archéologiques à Beit El ont révélé une grande concentration de bâtiments datant de l’époque des Patriarches et de la période de la Royauté, ainsi que des statuettes sur le Mont Bethel.

Selon la tradition, Abraham a été le premier à construire un autel à l’est de Beit El. C’est également le lieu où se déroule l’histoire de Saul, lorsqu’il cherchait les ânesses. Samuel lui a dit de faire demi-tour et quand il rencontrerait des hommes qui iront prier Dieu à Béthel.

Ces sources indiquent que l’endroit est sacré, avant même Jéroboam. Le lieu de culte est mentionné plus d’une fois dans les Prophètes, et il y a beaucoup de discussions à son sujet. Josias est celui qui a détruit cet endroit car il servait à l’idolâtrie.

Alors si les juifs sont colons sur cette terre, comment se fait-il que l’archéologie relève leurs traces lors des fouilles? Il est bien évident que nous n’avons rien à prouver, et il est hors de question de se positionner en victimes ou en conquérants… Nous sommes le peuple indigène dans ce pays…

Source https://www.terrepromise.fr 


Le BNVCA condamne la décision de la Cour de Cassation Jordanienne qui refuse l’extradition d’un terroriste palestinien suspecté d’avoir participé à l’attentat de la rue des Rosiers en 1982 à Paris.

Le BNVCA  condamne la décision scandaleuse de la Cour de Cassation Jordanienne qui a rejeté la demande d’extradition vers la France de Nizar Tawfiq Mussa Hamada suspecté d’avoir participé à l’attentat de la Rue des Rosiers contre un restaurant juif à Paris en 1982, qui a fait 6 morts et 22 blessés.

Cette plus haute instance de justice d’Amman a maintenu sa décision de ne pas extrader le suspect au motif que les conditions d’extradition n’étaient pas réunies et l’affaire, remontant à 30 ans, dépassait “le délai de prescription”. Pour le BNVCA ce prétexte insoutenable discrédite la Jordanie qui recèle et protège un terroriste international, et vient nous dire que le temps est dépassé.

L”attentat a été perpétré dans le quartier juif de Paris par un commando terroriste palestinien le 9 août 1982. Une grenade avait été jetée dans le restaurant de Jo Goldenberg, explosant au milieu d’une cinquantaine de clients. Deux tueurs étaient ensuite entrés, ouvrant le feu faisant 6 morts et 22 blessés.

Le BNVCA rappelle que son Président Mr Sammy Ghozlan inspecteur divisionnaire de police  lors de l’attentat, chargé d’une mission exceptionnelle par le premier Ministre Pierre Maurois, dans le but de collaborer avec la Brigade Criminelle sous l’autorité du Commissaire Claude Cancès. avait reçu personnellement par téléphone la revendication d’Abou Nidal.

Nous demandons aux autorités françaises de prendre toutes les dispositions judiciaires, et diplomatiques de nature à faire juger le suspect concerné, âgé aujourd’hui de 57 ans  et ce même après 30 ans. Les victimes de cet attentat terroriste anti-juif méritent que justice soit rendue.

Le Bureau

Dissolution (pour klum) de la Knesset réélue le 17 septembre

By Marc – Mai 30, 20196

La Knesset vote sa dissolution et tiendra de nouvelles élections le 17 septembre
74 députés sur 120 approuvent une motion sans précédent demandant un nouveau vote après que Netanyahu a dépassé le délai pour former une coalition; Au cœur de l’impasse se situe la querelle sur la conscription pour les hommes ultra-orthodoxes -un texte qui, s’il est voté, prendra effet dans… 6 ans ; Le premier ministre avait tenté de convaincre le parti travailliste de former une coalition

Les membres de la Knesset ont voté mercredi soir pour dissoudre le Parlement, à peine un mois après l’assermentation de la nouvelle assemblée, après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas réussi à conclure un accord de coalition avec ses partenaires potentiels.

Dissoudre la Knesset et organiser une nouvelle série d’élections à peine quelques mois après les dernières et sans avoir jamais formé de gouvernement est un événement sans précédent, même dans le paysage politique trépidant d’Israël.

Benjamin Netanyahu à la Knesset pour le vote sur la tenue de nouvelles élections (Photo: Alex Kolomoisky)

Benjamin Netanyahu à la Knesset pour le vote sur la tenue de nouvelles élections (Photo: Alex Kolomoisky)

Sur les 120 députés qui composent la Knesset, 74 ont voté en faveur de la dissolution du parlement et 45 ont voté contre. Au cœur de la tentative infructueuse de Netanyhu de former une coalition après les élections du 9 avril, il y avait une législation visant à intégrer des hommes Haredim à l’armée, qui a vu deux de ses partenaires politiques souhaités se disputer.

Alors qu’il s’apprêtait à voter mercredi soir, le dirigeant de Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a déclaré qu’Israël tenait de nouvelles élections en raison du refus du parti Likoud de voter sur la version originale d’un projet de loi concernant les hommes Haredi, sur lequel il avait insisté, de même que les partis ultra-orthodoxes.

Avigdor Liberman assiste au vote de la Knesset sur l'opportunité de se disperser et d'organiser de nouvelles élections (Photo: Alex Kolomoisky)

Avigdor Liberman assiste au vote de la Knesset sur l’opportunité de se dissoudre et d’organiser de nouvelles élections (Photo: Alex Kolomoisky)

Plus tôt mercredi soir, le Likoud a annoncé que Netanyahu avait tenté d’offrir à Liberman et aux partis ultra-orthodoxes un compromis sur le projet de loi, ce qui aurait ouvert la voie à la formation d’une coalition et empêché la répétition d’élections, mais l’offre a été rejetée par les deux partis.

Chambre de la Knesset

Chambre de la Knesset

Selon l’offre, Netanyahu a proposé que le projet de loi initial soit soumis au vote et que si les Haredim refusaient de soutenir la mesure, la suspension automatique dont bénéficient actuellement les étudiants en yeshiva (séminaire juif)serait dûment annulée, conformément à une décision de la Cour suprême.

Le Likoud a annoncé qu’il avait recueilli le soutien et finalisé les accords de coalition avec 60 membres de la Knesset, ce qui laisserait à Netanyahu à court  d’un législateur pour s’assurer la majorité à la Knesset, forte de 120 membres. Cependant, le parti Kulanu, qui a accepté mardi de rejoindre la liste du Likoud en cas d’élections, a nié avoir signé quoi que ce soit. Le Likoud a répondu que les accords étaient en place dans le cas où Liberman rejoindrait la coalition.

Selon la loi, le Premier ministre avait jusqu’à mercredi à 23h59 pour informer le président de la formation d’une coalition. Dans le cas contraire, la tâche de former un gouvernement pourrait être confiée à un autre député. La détermination de Netanyhu de prévenir une telle situation est à l’origine de la convocation de nouvelles élections.

À 22 heures, les députés montaient vers l’estrade pour présenter leur évaluation de la situation. L’opposition avait l’intention de voter contre la motion visant à disperser la Knesset mais a décidé de retirer ses réserves et de permettre au vote de se dérouler immédiatement.

Benny Gantz, président des Blue and White

Benny Gantz, président des Bleus et Blancs

Faisant face à la perspective de nouvelles élections après avoir échoué à former une coalition, Netanyahu a tenté de persuader le parti travailliste de rejoindre son gouvernement. Le Premier ministre aurait offert le ministère de la Justice à Shelly Yachimovich, ancienne dirigeante du parti travailliste, ainsi qu’un soutien à la candidature à la présidence de l’ancien ministre de la Défense, Amir Peretz.

Avi Gabbay du travail

Avi Gabbay du parti travailliste

Le président du parti travailliste, Avi Gabbay, a convoqué une réunion pour discuter de l’offre, mais les membres du parti l’ont finalement rejetée. Le parti a réitéré son désir de voir Benny Gantz, président du Parti bleu et blanc, s’efforcer de former une coalition après l’échec de Netanyahu.

Les députés du parti travailliste ont déclaré que Netanyahu était très généreux dans son offre et se montrait disposé à s’abstenir de lois lui garantissant l’immunité des poursuites pénales ainsi que de lois visant à restreindre le pouvoir de la Cour suprême, deux questions très controversées.

Shelly Yachimovich

Shelly Yachimovich

Lorsque l’offre a été rendue publique, le député bleu et blanc Yair Lapid a imploré Gabbay de ne pas l’accepter: “Il y a une limite au dégoût que le public peut avaler. Je ne peux pas croire que vous fassiez une telle chose.”

Un peu plus tôt, on a signalé que les membres de la coalition craignent de ne pas recueillir assez de voix pour adopter une motion visant à dissoudre la Knesset. Le sachant, les partis arabes ont reconsidéré leur vote et pouvaient rester à l’écart ou s’abstenir. Ils ont finalement majoritairement voté pour la dissolution.

Shelli Yachimovich et Miki Zohar

Shelli Yachimovich et Miki Zohar

Mercredi après-midi également, Naftali Bennet et Ayelet Shaked se sont rencontrés au bureau de Bennett à Tel Aviv. Il est largement admis que Shaked a l’intention de rejoindre les rangs du Likoud, mais il y a encore une chance qu’elle se présente avec le parti Nouvelle Droite de Bennett.

Benjamin Netanyahu et Avigdor Liberman à la Knesset (Photo: AP)

Benjamin Netanyahu et Avigdor Liberman à la Knesset (Photo: AP)

Des membres du Likoud ont lancé une offensive verbale contre le dirigeant de Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, pour son refus de transiger sur le projet de loi sur les étudiants de Yeshiva et l’accusent d’avoir tenté de “renverser le Premier ministre”. Ils ont souligné que Liberman avait, par le passé, conclu des accords avec des partis Haredi et que, soudainement, “sa soif de pouvoir va entraîner tout le pays aux élections“.

Les membres de l'opposition se rencontrent à la cafétéria de la Knesset

Les membres de l’opposition se rencontrent à la cafétéria de la Knesset (Tibi et Zanberg)

Le président Reuven Rivlin a pris la parole pour expliquer quelles options sont actuellement sur la table. «Mes chers concitoyens, je reçois et lis toutes vos demandes de renseignements concernant la formation du gouvernement. Compte tenu du nombre de demandes de renseignements que nous avons reçues à ce sujet, il est important pour moi d’expliquer quelle est l’autorité légale du président.

“Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait 28 jours pour former un gouvernement. Selon la loi, il disposait de 14 jours supplémentaires, qui se terminent aujourd’hui à minuit.

“Si un gouvernement n’est pas formé avant minuit ce soir, j’ai deux options et je dois en choisir une dans les trois jours. La première option consiste à confier à tout autre membre de la Knesset, à l’exception d’un membre de la Knesset qui en a déjà eu l’occasion, de former le gouvernement.  La seconde option est d’informer le Président de la Knesset qu’il n’ya aucune possibilité de former un gouvernement et qu’il n’y a pas d’autre solution que de convoquer des élections. 

Rivlin donne à Netanyahu le mandat de former une coalition

Rivlin donne à Netanyahu le mandat de former une coalition

“Pour prendre cette décision, j’inviterai à nouveau les représentants des factions à des consultations. Soit dit en passant, vous devez savoir que si j’informe le Président de la Knesset que je ne crois pas qu’un autre membre de la Knesset puisse former un gouvernement, les membres de la Knesset peuvent recueillir 61 signatures et demander que l’un des 120 membres de la Knesset, y compris ceux qui en ont déjà eu la possibilité, soit mandaté pour former un gouvernement.

“Vous vous demandez probablement comment cela se rapporte à ce qui se passe actuellement à la Knesset. Eh bien, ce n’est pas le cas. Parallèlement à mon autorité en tant que président, la Knesset peut promulguer une loi visant à disperser la Knesset. Si la loi passe devant la Knesset ses deuxième et troisième lectures avec une majorité de membres – au moins 61 -, les procédures pour former un gouvernement vont cesser, la Knesset sera dissoute et, malheureusement, nous irons à une autre campagne électorale.

“Pour ma part, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher l’État d’Israël de se lancer dans une nouvelle campagne électorale. Merci de m’avoir écouté”, a déclaré le président dans une vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux.

Yuval Karni, Shahar Hai et Kobi Nachshoni | Dernière mise à jour: 05.29.19, 23:23

ynetnews.com

La prière musulmane récitée dans l’église Saint-Louis-des-Invalides

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La prière en question est plutôt le Adhan (en arabe: أَذَان), l’ « appel » psalmodié à la prière (salat) islamique par un récitant ou un imam (et qui commence ensuite par la Fatiha) :

« Allah est le plus grand (2 fois). J’atteste qu’il n’y a de dieu qu’Allah (2 fois). J’atteste que Muhammad est le messager de Allah (2 fois). Venez à la prière. Venez à la félicité (2 fois), La prière est meilleure que le sommeil (2 fois). Allah est le plus grand. Allah est le plus grand. Il n’y a de vraie divinité hormis Allah (1 fois). »

De ce qui précède, c’est la négation claire, nette et retentissante du Dieu des chrétiens au sein même de la cathédrale Saint-Louis des Invalides (Diocèse aux armées françaises).

Cet appel à la prière insiste sur la supériorité et l’unicité de Dieu, Allah. Le allah-u akbar, « Allah est le plus grand » est dans la forme comparative, superlative : Dieu, Allah, est le plus grand que tous les autres dieux, plus grand que toute autre personne, notamment le Christ.

Autrement dit, les maîtres des lieux en la cathédrale « attestent » (par bêtise ?) qu’ils sont désormais musulmans, malgré eux, eux et ceux qui le suivent, puisqu’ils permettent « qu’il n’y a de Dieu qu’Allah », le plus grand (de tous), et « que Muhammad est le messager d’Allah », reniant ainsi par la même occasion (par complaisance, zèle et inculture) implicitement la Trinité et Jésus des chrétiens.

Le roi Louis XIV doit se retourner dans sa dernière demeure en la basilique cathédrale de Saint-Denis…

L’Hôtel des Invalides est le monument parisien dont la construction fut ordonnée par le roi Louis XIV (édit royal du 24 février 1670) pour abriter les invalides de ses armées. Aujourd’hui, il accueille toujours des invalides, mais également la cathédrale Saint-Louis des Invalides, plusieurs musées et une nécropole militaire avec notamment le tombeau de Napoléon Ier. C’est aussi le siège de hautes autorités militaires, comme le chef d’état-major de l’armée de Terre ou le gouverneur militaire de Paris, et rassemble beaucoup d’organismes dédiés à la mémoire des anciens combattants ou le soutien aux soldats blessés.

Une certaine Église de France est en train de nous enfoncer de plus en plus dans la dhimmitude de l’islam et dans la perdition.

Et les maître des lieux ne savent-ils pas que l’appel à la prière islamique dans un édifice de culte non musulman (quel que soit la religion) est une prise de possession symbolique, le transformant en potentielle mosquée ?

C’est ainsi, par exemple, que la basilique Sainte-Sophie de Constantinople fut ‟sacralisée” mosquée en 1453 avec l’appel à la prière (le Adhan), ordonné par le sultan Mehmet II le Conquérant. Après le massacre abominable des prêtres et des fidèles (les femmes prises comme butin, candidates au viol ‟halal”), un imam est monté en chaire (comme dans cathédrale Saint-Louis des Invalides) pour l’appel à la prière de la victoire et ‟rebaptiser” l’édifice en mosquée par le Adhan.

Avant d’entrer dans la basilique Sainte-Sophie, Mehmet II a pris lui-même un prisonnier chrétien, mis à genoux, égorgé comme un mouton, le sultan plonge sa main dans la flaque de sang puis apposa sa paume (main de Fatma) à l’un des battants en bronze de la porte de la basilique. C’est le geste symbolique d’un sacrifice à Allah et d’islamisation du lieu en prononçant « bism Allah » (« au nom d’Allah »), avant d’entrer dans les lieux pour la première prière (la Fatiha) dans la nouvelle mosquée.

Aujourd’hui nous n’avons plus besoin de tout cela, on y invite pacifiquement l’islam à prendre possession des lieux saints chrétiens avec beaucoup de zèle. Mais viendra un jour prochain où cette dhimmitude et cet esclavage vont amener forcément à l’effusion de sang.

« Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre » – Winston Churchill

On a l’impression que tout cela relève d’une inculture immense et que nos décideurs – y compris nos prélats – sont nullissimes en histoire, sinon amnésiques… Et celui qui ignore l’histoire ou la perd de vue risque de la voir se répéter.

© François Sweydan pour Dreuz.info.


La démocratie turque balayée par la dérive autoritaire d’Erdogan

L’annulation récente des résultats électoraux à Istanbul, tout comme les attaques physiques contre des journalistes et les arrestations de professeurs d’université, suscite l’inquiétude.

MINOUI, DELPHINE

« LA DÉMOCRATIE, c’est comme un tramway. Une fois arrivé au terminus, on en descend. » La petite phrase de Recep Tayyip Erdogan, prononcée il y a plus de vingt ans, trouve une résonance particulièrement glaçante dans la ­Turquie d’aujourd’hui. Après un déluge de recours et de pressions venant de son parti, l’AKP, le Haut Comité électoral turc a ­annulé, lundi 6 mai, le scrutin municipal d’Istanbul du 31 mars et la victoire du candidat de l’opposition, Ekrem Imamoglu. Motif invoqué : selon ce même organisme, dans l’indépendance duquel voulait encore croire la population, certains des présidents de bureaux de vote n’étaient pas des fonctionnaires.

Pour nombre d’observateurs, ce « putsch des urnes » constitue le dernier clou dans le cercueil de la fragile démocratie turque. « À ce jour, c’était un homme, un vote. C’est désormais : votez jusqu’à ce que le parti du gouvernement l’emporte », déplore Soner Cagaptay, chercheur au Washington Institute of Near East Policy sur son compte Twitter. Ces dernières années, les irrégularités n’ont cessé de se multiplier à chaque campagne électorale : temps d’antenne limité pour les candidats anti-Erdogan, opposants taxés de « soutien au terrorisme », difficulté d’accès à certains bureaux de vote dans les provinces kurdes du ­Sud-Est.

Répression 

Mais les militants démocrates voulaient encore croire au pouvoir des urnes, comme le dernier maillon d’une chaîne d’espoir qui est en train de voler en éclats. « Un nouveau coup d’État a eu lieu en Turquie », s’emporte Ahmet Sik, député du parti prokurde HDP et ex-journaliste embastillé de Cumhuriyet.

Que s’est-il passé dans la tête d’Erdogan ? Celui qui, en 2011, se retrouva fièrement propulsé à la une de Time Magazine, était, il n’y a encore pas si longtemps, salué comme étant l’homme du miracle économique turc et le symbole d’un modèle alliant islam et démocratie.

Son ascension commence en novembre 2002, quand les islamo-conservateurs du Parti de la justice et du développement (AKP) remportent les élections législatives. Devenu premier ministre l’année suivante, Recep Tayyip Erdogan modifie profondément le pays : urbanisation, croissance, processus d’adhésion à l’Union européenne, pourparlers de paix avec le PKK. En 2014, il est élu président au suffrage universel direct. Entre-temps, les premiers signes de dérive autoritaire ont commencé à pointer leur nez, notamment lors de la répression des manifestations de Gezi en 2013. En juin 2015 survient la première véritable infraction à la loi des urnes avec l’annulation des législatives et l’organisation d’un scrutin anticipé pour récupérer la majorité parlementaire et barrer la route au parti prokurde HDP, en vertu d’un nouveau discours dans l’ère du temps : « L’AKP ou le chaos. »

Le putsch raté de juillet 2016 l’encourage à accélérer les tours de vis : chasse aux partisans de Fethullah Gülen, accusé d’en être le maître d’œuvre, aux journalistes, aux étudiants, aux professeurs jugés trop critiques… Dans la foulée, Erdogan consolide son alliance avec les ultranationalistes du parti MHP et fait réformer la Constitution pour renforcer son pouvoir. Sa réélection, en juin 2018, entérine l’entrée en vigueur du nouveau régime hyperprésidentiel. En parallèle, des dizaines de mairies situées dans la région du Sud-Est kurde sont placées sous tutelle d’Ankara… à l’instar de ce que vit aujourd’hui Istanbul, sous contrôle temporaire du gouverneur de la métropole, dans l’attente du nouveau scrutin du 23 juin prochain.

« Le pouvoir, une véritable boîte noire » 

« L’État est désormais aux mains du président turc, de son clan, de son parti et de leurs nouveaux alliés ultranationalistes », estime la journaliste Ariane Bonzon dans son ­livre Turquie, l’heure de vérité (Éd.  Empreinte-Temps présent). Aujourd’hui, rien ne doit échapper au « nouveau sultan » – c’est ainsi que le surnomment ses détracteurs : ni les relations internationales, ni la politique et encore moins l’économie. Au fil des années, il a consolidé un empire parallèle, où les entreprises de son entourage ont largement bénéficié de ses faveurs : un véritable maillage de réseaux clientélistes qui s’est notamment tissé autour de la municipalité d’Istanbul – son ancien fief, dont il fut élu maire en 1994 – et qui l’aurait poussé à annuler le scrutin du 31 mars. « Entre seulement 2011 et 2018, le nombre de compagnies privées ayant signé des contrats avec Istanbul est passé de 20 à 30. Certains de leurs patrons ont des relations personnelles avec Erdogan », observe Osman Savaskan, professeur de sciences politiques à l’université de Marmara. Les rumeurs vont bon train sur le pouvoir d’influence de son gendre et ministre des Finances, Berat Albayrak, dans cette décision controversée de convoquer de nouvelles élections. Le nom de Süleyman Soylu, ministre de l’Intérieur et cacique de l’AKP, revient également souvent. « D’année en année, le noyau dur du pouvoir s’est resserré. À vrai dire, il est de plus en plus difficile de dire qui conseille Erdogan et qui prend les décisions. Aujourd’hui, le pouvoir est une véritable boîte noire », relève le politologue Ilhan Uzgel.

D’où la difficulté à anticiper les résultats du scrutin du 23 juin. ­« Impossible de décrypter la stratégie de l’AKP pour regagner des voix. D’ailleurs, parviendra-t-il à séduire ses électeurs déçus ? Doit-on voir les récentes attaques contre des journalistes et opposants comme une arme de dissuasion ? Le pouvoir sera-t-il capable de fausser les ­résultats ? Personne n’ose faire de pronostics. La politique turque n’a jamais autant manqué de rationalité », souffle un professeur de ­sociologie.

RECTIFICATIF COMMUNIQUE DE PRESSE AGRESSION CLICHY SOUS BOIS LA VICTIME AGISSAIT EN TANT QUE VTC DE HEETCH ET NON DE UBER

                             

Le BNVCA rectifie son communiqué de Presse du 23 mai 2019, dans lequel par erreur il a été mentionné que Monsieur S.  victime de l’agression à

Clichy Sous Bois a bien été agressé en tant que VTC agissant suivant l’application HEETCH et non UBER.

En effet l’épouse de Monsieur S… ayant subie de plein fouet le choc de cette agression nous a communiqué que son mari avait accepté la course à partir de l’application UBER alors qu’en réalité il s’agissait de l’application HEETCH.

Nous avons eu un appel de la direction de UBER qui s’inquiétait uniquement de la santé de Monsieur S… et qui a très bien compris que vu la situation son épouse ait pu se tromper.

Nous tenons à les en remercier.

Le Bureau

Biélorussie : des centaines de corps de Juifs réinhumés après leur découverte dans un charnier>

Brest (Biélorussie), le 27 février dernier. Des hommes en treillis récoltaient dans des sacs les ossements découverts. AFP/Alexander Grebenkin

Une fosse commune inconnue avait été découverte dans la ville de Brest, ghetto juif pendant le Seconde guerre mondiale, par les ouvriers d’un chantier.

Sur la Shoah, tout n’a pas été encore découvert. Les ossements découverts en février dernier dans une fosse commune inconnue de la ville biélorusse de Brest doivent être réinhumés ce mercredi après-midi dans différents cimetières juifs.

En février dernier, les ouvriers préparant les fondations d’une résidence d’habitations découvraient des centaines de restes humains, probablement 790 corps d’hommes, de femmes et d’enfants, ensevelis dans une zone de la ville qui bordait l’ancien ghetto juif.

Envahie conjointement par les Allemands et les Russes en 1939, la ville polonaise (NDLR : à l’époque, l’ouest de la république biélorusse était polonaise et l’est soviétique) de Brest-Litovsk, située sur la route qui va de Varsovie à Moscou, est finalement annexée par l’Allemagne le 22 juin 1941, au premier jour de l’opération Barbarossa. Dès lors, l’entreprise d’extermination nazie peut commencer. La ville compte alors 40 000 habitants. 18 000 juifs sont cadenassés dans le ghetto, soumis à un rançonnement méticuleux.

Dix mois plus tard, ils ont tous été exterminés. Dans le quartier de la gare Berioza Kartouskaia, à Brest, et au camp de concentration de Bronnaïa Gora, à 125 km de là, on abat sans distinction de sexe ou d’âge, mais avec une cruauté égale : charriés par wagons entiers, les juifs devaient descendre dans l’une des huit fosses creusées à l’orée des bois. Là, ordre leur était donné de s’allonger sur les personnes tuées avant eux, ventre et visage posé sur le dos des dépouilles. Ainsi les fosses étaient-elles bien ordonnées, faciles à remplir encore et à recouvrir. On estime que 50 000 personnes ont été livrées ainsi à la barbarie, dont tous les juifs de Brest. Vieille de plus de 600 ans, la communauté disposait au XVIe siècle de la plus grande synagogue d’Europe. Le père d’Ariel Sharon y enseignait l’hébreu avant d’émigrer en Palestine en 1920.


Tunisie : une foule cosmopolite converge vers Djerba, pour le pèlerinage juif de la Ghriba

Une foule de fidèles juifs venus des quatre coins du monde, des ministres et des dignitaires ont assisté, le 22 mai 2019, au début du pèlerinage annuel de la Ghriba sur l’île tunisienne de Djerba.

Les pèlerins participent à un pèlerinage juif annuel à la synagogue El Ghriba, le plus ancien monument juif construit en Afrique, sur l\'île tunisienne de Djerba le 22 mai 2018. 
Les pèlerins participent à un pèlerinage juif annuel à la synagogue El Ghriba, le plus ancien monument juif construit en Afrique, sur l’île tunisienne de Djerba le 22 mai 2018.  (YASSINE GAIDI / ANADOLU AGENCY)

franceinfo

Organisé au 33e jour après la Pâque juive, ce pèlerinage coïncide cette année, pour la première fois depuis 1987, avec le mois sacré de jeûne musulman du ramadan. Un repas commun de rupture du jeûne entre musulmans et juifs est prévu le 23 mai 2019 au soir à la Ghriba, la plus ancienne synagogue d’Afrique.

“Cette année, c’est archi-plein, les gens viennent en confiance”

Des centaines de pèlerins ont défilé pour prier, allumer des bougies et inscrire des vœux sur des œufs, placés ensuite dans une cavité de la synagogue. Au milieu des youyous et des chants, certains ont fait bénir fruits secs et boukha, l’alcool de figue local, par les rabbins.

“Ce n’est pas facile d’organiser tout cela, alors que les gens jeûnent ici. Ils sont fatigués, mais on est aussi bien accueillis que d’habitude”, se réjouit Laura Tuil-Journo, venue de Paris, comme chaque année. “Cette année c’est archi plein, les gens viennent maintenant en pleine confiance, d’autant que M. Trabelsi est devenu ministre”.

René Trabelsi, voyagiste et coorganisateur du pèlerinage, fils du responsable de la synagogue de la Ghriba, est devenu en novembre ministre du Tourisme. Il est le premier Tunisien de confession juive à occuper un poste de ministre depuis l’ère de Habib Bourguiba (1957-1987).

La culture de la tolérance et l’ouverture

La Ghriba, construite sur la tombe d’une mystérieuse sainte locale, est un lieu de coexistence pacifique des monothéismes.

“La culture de la tolérance et de l’ouverture garantit la capacité à développer la citoyenneté et la démocratie et le renforcement de la relation sociale entre les individus et les groupes, ainsi que le sentiment de l’appartenance à ce cher pays”, a déclaré le Premier ministre Youssef Chahed, qui s’est rendu sur place, accompagné de deux ministres dont M. Trabelsi.

En 2002, un attentat suicide contre la synagogue avait tué 21 personnes. Plusieurs centaines de policiers et militaires, accompagnés de tanks et d’hélicoptères, sont déployés sur l’île pour protéger les pèlerins, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Le pèlerinage de la Ghriba est au cœur des traditions des Tunisiens de confession juive, qui ne sont plus que 1500, majoritairement installés à Djerba, contre 100 000 avant l’indépendance en 1956.

Plus de 5000 personnes, venues de France, d’Israël, de Russie ou d’Angleterre, sont attendues pour ce pèlerinage de deux jours, dans la petite synagogue couverte de faïences, qui attirait avant 2002 quelque 8000 fidèles chaque année.

Le chef de la diplomatie britannique : “Boycotter Israël – le seul Etat juif au monde – est antisémite !”


Le chef de la diplomatie britannique, Jeremy Hunt, a exprimé son soutien à la résolution du parlement allemand qualifiant “d’antisémite” le mouvement BDS(Boycott, Désinvestissement et Sanctions), a rapporté mardi le journal britannique Jewish News.

Hunt, possible successeur à Theresa May en tant que Premier ministre, a fait ces remarques sur Twitter après que le Bundestag eut approuvé la résolution vendredi dernier.

“Les secousses, la turbulence et la terreur au Moyen-Orient nous rappellent le besoin urgent de paix: une solution à deux États. Mais les fondements de la paix sont le respect et la coexistence. Le boycott d’Israël – le seul État juif au monde – est antisémite. Je salue l’Allemagne d’avoir pris position”, a-t-il écrit.

La résolution allemande demande au gouvernement de s’abstenir de tout soutien aux organisations impliquées dans des activités de boycott contre Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué la décision du parlement allemand.

La Ligue arabe a appelé le parlement allemand à annuler la résolution condamnant un mouvement de boycott contre Israël comme étant antisémite.

David Stern –

Le BNVCA salue et félicite le Parlement Allemand qui le 17 mai 2019 a adopté à une large majorité, une motion condamnant enfin le mouvement anti israélien B D S, jugé antisémite.

Le BNVCA salue et félicite le Bundestag, le Parlement Allemand qui a adopté le vendredi 17 mai à une large majorité, une motion condamnant enfin le mouvement anti israélien B D S, jugé antisémite.

 La majorité des législateurs du Bundestag ont votés en faveur de cette résolution visant à qualifier le mouvement international Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) d’entité qui utilise des tactiques antisémites pour atteindre ses objectifs politiques.

« Les schémas et méthodes d’argumentation utilisés par le mouvement BDS sont antisémites », peut-on lire dans la motion présentée par les Conservateurs de la Chancelière Angela Merkel, leurs partenaires de la Coalition Sociale-Démocrate ainsi que les Verts et les Démocrates libres.

Pour autant nous attendons que les lois, les textes, les déclarations soient suivies d’effet sur le terrain, pour que la Police et la Justice dissuadent les militants de ce mouvement illégal antisioniste et antisémite, et les répriment.

Le BNVCA rappelle qu’en France l’appel au boycott constitue un délit prévu et réprimé par nos lois (Art 225 du Code Pénal). De plus suite à une question au Gouvernement posée par Mr Eric Raoult requis par le BNVCA, la garde des Sceaux Mme Alliot Marie en février 2010 demandait par une lettre – circulaire aux Parquets d’engager des poursuites contre les personnes appelant ou participant à des actions de boycott des produits déclarés israéliens. S’appuyant sur un article de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, elle assimilait ces actions à de la provocation à la discrimination ou à la haine raciale.

Nous soulignons en outre que le 12 avril 2013, suite aux procès intentés par le BNVCA aux activistes de BDS, le Conseil Constitutionnel a déclaré conforme à la Constitution l’art 65-3 de la Loi du 27/7/1881 sur la presse interdisant ainsi aux activistes de BDS d’invoquer la QPC.

Malgré ces dispositions, les manifestations sauvages de BDS se multiplient. A nos requêtes, à nos remarques selon lesquelles on ne peut manifester pour défendre un délit, les Préfets, les Ministres répondent que la “République respecte le droit de réunion, la liberté de manifester et la liberté d’expression”.

Le BNVCA qui est la principale Association en France à poursuivre systématiquement les boycotteurs, déplore le nombre important de plaintes classées sans suite, et les sites appelant au boycott qui   fleurissent sur la toile, ne soient ni interdits, ni dissous, d’initiative par les autorités publiques, administratives, de Police et de Justice.

En dépit de toutes les difficultés, le BNVCA poursuit le combat, convaincu que l’incitation à la haine d’Israël propagée par BDS est la source principale de l’antisémitisme contemporain, inspiré par un  “palestinisme” exacerbé et dévoyé.

L’Allemagne désigne le mouvement BDS (boycott contre Israël) comme antisémite

Le parlement allemand a voté vendredi pour condamner comme antisémite un mouvement connu sous le nom de BDS, qui appelle aux pressions économiques contre Israël. 

Sous couvert de « mettre fin à l’occupation des terres palestiniennes, accorder aux citoyens arabes des droits égaux et reconnaître le droit au retour des réfugiés palestiniens », le mouvement, selon les déclarations de son fondateur, milite pour la disparition de l’Etat d’Israël et l’expulsion des juifs du Moyen-Orient.

Dans un geste salué par Israël, la majorité des législateurs du Bundestag ont voté en faveur d’une motion visant à qualifier le mouvement international Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) d’entité qui utilise des tactiques antisémites pour atteindre ses objectifs politiques.

Les schémas et méthodes d’argumentation utilisés par le mouvement BDS sont antisémites », peut-on lire dans la motion présentée par les conservateurs de la Chancelière Angela Merkel, leurs partenaires de la coalition sociale-démocrate ainsi que les Verts et les Démocrates libres.Reuters

Assurer la survie d’Israël est une priorité pour l’Allemagne depuis la défaite de la dictature nazie qui a commis l’Holocauste, au cours duquel environ six millions de Juifs ont été tués.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué la décision du Bundestag.

« J’espère que cette décision entraînera des mesures concrètes et j’appelle les autres pays à adopter une législation similaire », a-t-il déclaré sur Twitter.

BDS a condamné la motion comme étant anti-palestinienne.

La France, dont la loi punit sévèrement le boycott, laisse les groupes de boycott manifester et appeler à la destruction d’Israël dans les rues des principales villes, y compris Paris.

  • PUBLIÉ PAR CHRISTIAN LARNET LE 18 MAI 2019 .

Le BNVCA condamne la profanation de la stèle commémorative de la “Rafle du Vel d’Hiv”. Le BNVCA dépose plainte.

Le BNVCA indigné, condamne avec force la profanation de la stèle commémorative de la rafle du Vel d’Hiv.

Ce monument est situé Rue Nélaton, Paris 15eme à quelques mètres du Ministère de l’Intérieur. Il est érigé en mémoire des enfants juifs victimes de la rafle du 17 juillet 1942, déportés à Auschwitz Birkenau et tués en totalité.

Les vandales antisémites ont souillé cette stèle en effaçant au feutre noir les noms de certains enfants  gravés dans le marbre ainsi que le chiffre de 4115 qui rappelle le nombre de ces petites victimes.innocentes.

Pour le BNVCA ceux qui ont commis ce crime contre la mémoire, contre des enfants, ne sont que des lâches.

Selon nos informations les services de la police scientifique ont été saisis et les tags effacés par les services de la Ville de Paris.

Nous demandons aux autorités que tout soit mis en oeuvre pour identifier et interpeller les auteurs antujuifs. Leur méfait doit être sérieusement punis.

Le BNVCA  qui a décidé de se constituer partie civile a demandé à son conseil Maitre Charles  Baccouche de déposer immédiatement plainte auprès du Procureur de la République de Paris,

Affaire Sarah Halimi : Maître Loïc Henri monte au créneau. Sarah Cattan

Une dépêche de l’AFP est tombée hier, officialisant ce que d’aucuns savaient depuis une semaine : la juge Anne Ihuellou a informé les parties de sa décision la semaine dernière et a annoncé la clôture des investigations dans l’Affaire Sarah Halimi, après qu’une troisième contre-expertise psychiatrique eût conclu à l’abolition du discernement de Kobili Traoré, pénalement irresponsable.

L’heure est désormais aux observations finales des avocats ainsi qu’aux réquisitions du parquet. Elle annoncera ensuite sa décision très attendue sur la tenue ou non d’un procès contre Kobili Traoré, l’unique suspect, mis en examen pour meurtre à caractère antisémite.

De rares voix se lamentent sur la fin de l’histoire et concluent déjà à l’absence de procès dans cette affaire extra-ordinaire où une femme juive fut lynchée et défenestrée en plein Paris par un délinquant musulman qui implora Allah pendant son forfait.

La plupart se taisent.

Avec une lâcheté extrême.

Il en est un qui depuis le début s’est intéressé à l’Affaire. Nous avions déjà rencontré pour Tribune juive Maître Loïc Henri, qui envoya de New York le 24 septembre un courrier au CSM, dans lequel il demanda des comptes sur le traitement judiciaire du dossier par les Juges Ihuellou et Van Geyte.

Ainsi, de pair avec Paul Leslie ou Fiamma Nirenstein qui interpella le Parlement italien au sujet de l’Affaire Sarah Halimi, Maître Loïc Henri, s’interrogea lui aussi sur la place du Juif dans la société française, voulut en effet savoir ce qu’il en était de la présence de ces 28 policiers qui assistèrent sans réagir au lynchage et à la défenestration de Sarah Halimi qui eurent lieu sous leurs yeux, en live.

S’adressant au CSM, Maître Loïc Henri demande des comptes aux magistrats en charge du dossier, au Parquet, et à la Chambre de l’Instruction, qu’avait déjà saisie Maître Buchinger.

Rappelant qu’un magistrat a obligation de restituer aux faits leur exacte qualification juridique, Maître Loïc Henri demanda pourquoi était refusée systématiquement la reconstitution du drame et ne se contenta pas du motif selon lequel la dite reconstitution eût pu être dommageable à l’esprit fragile de Traoré.

Nous avons rencontré hier l’avocat.

Tribune juive : Loïc Henri Vous avez suivi avec nous, depuis New York, « l’affaire Sarah Halimi ». Ce communiqué tombe : clôture des investigations dans le dossier, après 3 expertises et contre-expertises psychiatriques… Votre avis d’Homme de Loi nous intéresse …

Loïc Henri : Clôture des investigations dans le dossier Sarah Halimi : Nous sommes donc en présence d’un Magistrat refusant la reconstitution de l’assassinat de Sarah Halimi afin d’éviter l’implication de par leur inaction des 28 policiers présents ce soir-là. La juge Anne Ihuellou commet donc un faux en écriture publique. 

Il ne sert à rien de se focaliser sur la responsabilité pénale de Kobili Traoré, qui sera reconnu très certainement irresponsable. N’oublions pas que si les 28 policiers étaient intervenus l’assassinat de Sarah Halimi n’aurait pas eu lieu. Je saisis le Parquet de Paris.

Mon avis, dont je vous faisais part déjà il y a de cela quelques mois, c’est que nous sommes en face d’un Magistrat ayant épuisé tous les artifices afin de préserver les 28 policiers présents ce soir-là. Artifice de l’irresponsabilité de l’assassin, et maintenant le grand écart afin d’éviter l’épineux dossier des policiers présents…Mon avis est simple : nous devons affirmer au travers de ce dossier le respect que nous devons à tous citoyens mais également…au peuple JUIF. Car si nous baissons les bras devant une telle offense alors nous ne pourrons plus nous plaindre quand nos sœurs et frères JUIFS seront assassinés en toute liberté…

C’est à nous hommes de Droit de nous engager. Nous connaissons parfaitement les rouages de la justice et personne d’autre n’est mieux placé pour défendre la République

Tribune juive : Que peut-on faire. Vous aviez déjà amorcé une action…

Loïc Henri : Je me suis manifesté auprès du CSM afin qu’ils m’apportent une réponse. Ce qu’ils ont fait…soulignant par là même la présence des 28 policiers. En droit il faut aussi jouer comme au billard avec las bandes…

Tribune juive : Et à présent. La clôture des investigations étant décrétée, que peut-il se passer ? Et vous, que pouvez-vous faire ?

Loïc Henri : Je saisis le Parquet de Paris ainsi que les instances de l’ONU afin de pousser le Parquet à apporter une réponse…j’ai déjà fait déplacer deux Magistrats et je sais aussi que ce dossier doit être plaider hors des tribunaux auprès des instances internationales comme je l’ai fait dernièrement à l’ONU à Genève…

J’entends souligner à l’international l’antisémitisme des Magistrats Français…

Antisémitisme qui trouve dans le dossier Sarah Halimi une forme d’apogée…

Je ne ferai pas les plateaux télé : Ce n’est pas ma tasse de thé. Je suis plutôt sniper et l’expérience fait que je sais que certains dossiers se gagnent hors des tribunaux dans les couloirs feutrés des instances internationales…Je suis totalement impliqué et je ne fermerai pas les yeux… Hors de question que mes sœurs et frères JUIFS se fassent assassiner dans l’indifférence du plus grand nombre…

Pendant ce temps…

Maître Gilles-William Goldnadel, avocat de la belle-sœur de la victime, réclame un renvoi aux assises : Depuis près de 40 ans que j’exerce ce métier, je n’ai jamais eu l’occasion de voir aussi peu d’empathie et de préoccupations pour le sort de la victime et de sa famille de la part d’un magistrat instructeur, s’insurge-t-il…

Maîtres Toby et Szpiner, avocats des enfants, déclarent que l’expert psychiatre ne peut se substituer au juge et qu’en l’absence d’unanimité entre les experts, il appartient à une juridiction de jugement de discuter les circonstances de purs faits, comme la tentative de maquillage du crime en suicide ou le choix, selon eux ciblé, de la victime, avant de pouvoir confirmer ou infirmer les réponses des psychiatres.

L’enquête sur le meurtre de Sarah Halimi touche à sa fin. La juge en charge de l’affaire doit désormais se prononcer sur la tenue ou non d’un procès contre Kobili Traoré.

Rappelons que cette affaire avait relancé le débat sur la persistance de l’antisémitisme dans certains quartiers populaires sous l’effet d’un islam identitaire. La qualification antisémite de ce crime avait donné lieu à un bras de fer entre la juge, qui ne l’avait pas retenu à l’origine, et le parquet de Paris, qui au contraire la réclamait.

En juillet 2017, l’affaire avait définitivement pris une tournure politique lorsque Emmanuel Macron, fraîchement élu président, avait réclamé à la justice toute la clarté sur les faits, et ce 2 avril, Nicole Belloubet avait demandé La plus grande fermeté dans les affaires jugeant les actes antisémites…

Sarah Cattan

UN RAPPORT ALLEMAND MET EN GARDE CONTRE LA MONTRÉE L’ANTISÉMITISME ISLAMIQUE


L’agence de renseignement a décrit cette étude comme un bond en avant, au milieu de préoccupations croissantes sur la montrée de la haine dans le pays

JTA — L’agence de renseignement d’Allemagne a écrit ce qui est défini comme son analyse la plus importante sur la montée de l’antisémitisme par des extrémistes islamistes. Le Bureau fédéral pour la Protection de la Constitution, ou BfV, a décrit sa brochure de 40 pages comme un outil pour les éducateurs, les travailleurs sociaux et les autres personnes qui travaillent étroitement avec les immigrants ou réfugiés musulmans récemment arrivés.

Intitulé « L’antisémitisme dans l’islamisme », le rapport récemment publié représente un bond en avant en terme de focalisation par l’agence sur le sujet, a déclaré la porte-parole Angela Pley au JTA dans un entretien téléphonique. Elle a déclaré que l’agence n’a jamais publié d’analyse aussi large du sujet en se basant sur des données empiriques. « Nous sommes un système d’avertissement précoce », a expliqué Pley. « Les recommandations sur ce qui doit être fait doivent venir de la société et des responsables politiques. » Pley a déclaré qu’il n’y avait eu aucune réaction publique au rapport par des associations musulmanes en Allemagne, et qu’il avait été téléchargé 1 439 fois depuis sa publication.

Il s’agit de l’une des quelques récentes mesures gouvernementales qui témoignent de la préoccupation croissante sur l’antisémitisme en Allemagne.

En 2018, le gouvernement a nommé un émissaire spécial, Felix Klein, pour se pencher sur le sujet. En 2012, une commission du Bundestag a été établie pour faire un rapport sur l’antisémitisme dans le pays et dans toutes les catégories.

« L’antisémitisme dans l’islamisme » se focalise sur la dimension islamiste extrémiste, qui représente une menace qui se profile, a déclaré l’agence, même si relativement peu de crimes antisémites ont été attribués à l’islamisme extrémiste en Allemagne.

Le rapport fait la distinction entre l’islam, la religion, et « l’islamisme », qu’il décrit comme une forme d’extrémisme politique qui « vise à une abolition partielle ou complète de la constitution libérale démocratique de la République fédérale d’Allemagne ». Entre 2010 et 2016, le centre de recherche Pew a annoncé que le nombre de Musulmans vivant en Allemagne a grimpé à près de 5 millions, soit 6% de la population, contre 3,3 millions, ou 4,1 % en 2010.

La vaste majorité des crimes antisémites en Allemagne viennent de l’extrême-droite. En 2018, un total de 755 actes antisémites ont été recensés. 670 ont été attribués à l’extrême droite et 25 à des « étrangers ». Des 707 cas de l’année précédente, 651 ont été attribués à l’extrême-droite et 15 à des étrangers.

Mais le nouveau rapport, qui identifie des organisations et des mouvements islamistes et leur propagande, avertit que la radicalisation et l’incitation à la haine antisémite « forment le terreau pour une escalade violente ».

Le rapport mentionne quelques cas spécifiques de ces dernières années:

    En avril 2016, une femme à Berlin a été approchée par deux hommes d’origine arabe qui lui ont posé des questions sur le pendentif en forme d’Etat d’Israël qu’elle portait. Les hommes ont répondu : « Pu****s de Juifs! Vous êtes les déchets de la terre ».

    En décembre 2017, une lycéenne juive à Berlin a été prise à partie par un camarade de classe arabe qui lui a dit : « Vous êtes des meurtriers d’enfants, vous devriez avoir la tête coupée ».

    Ce même mois, deux agresseurs ont attaqué une synagogue dans l’Etat de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et s’en sont pris au personnel, déclarant qu’ »Al-Quds nous appartient! Partez, fils de p***s! » Al-Quds est le nom arabe pour la ville de Jérusalem

Les croyances antisémites défendues par des groupes et des individus islamistes « représentent déjà un défi considérable pour une coexistence paisible et tolérante en Allemagne », a expliqué le rapport.

Ce n’est pas la première fois que l’agence a étudié l’antisémitisme dans ce contexte : d’anciens rapports annuels sur le crime extrémiste se sont penchés sur l’islamisme et ses composantes antisémites. Une conférence s’est tenue sur le sujet au début des années 2000, a déclaré Pley au JTA.

Juliane Wetzel, chercheuse au Centre de Recherche sur l’Antisémitisme à l’Université technique de Berlin, a qualifié le rapport « d’ »excellente contribution sur le sujet ». « La conclusion est importante : l’antisémitisme islamiste se diffuse en Allemagne », a déclaré Wetzel, membre de la commission des experts sur l’antisémitisme du Bundestag.

Le nouveau rapport est important, même le sujet de l’antisémitisme dans l’islamisme n’a pas été tabou en Allemagne comme certains critiques l’ont affirmé, a déclaré le politologue Clemens Hani, directeur du Centre international de Berlin pour l’Etude de l’Antisémitisme. Entre autres organisations, « l’agence de renseignement en parle depuis des années », a déclaré Hani au JTA.

Dans sa définition de l’antisémitisme, la brochure inclut l’antisionisme, puisqu’il « vise à une élimination complète de l’Etat d’Israël », et définit à tort le conflit du Moyen-Orient « comme une ‘guerre juive d’annihilation’ contre les Palestiniens ». La brochure précise que les antisionistes en Allemagne avancent souvent l’argument qu’ils sont contre Israël, mais pas contre les Juifs. Pourtant, étant donné qu’ »Israël est le seul Etat juif dans le monde et que sa destruction entraînerait inévitablement la mort et l’expulsion de millions de Juifs, cette argumentation est devenu un tour de passe-passe pour cacher le véritable sens de l’anti-sionisme », a conclu le rapport. Entre autres points, la brochure aborde les clichés antisémites repris dans l’islamisme et le rejet de l’Etat d’Israël par des organisations islamistes.

Sa liste de groupes et de mouvement extrémistes islamistes en Allemagne comprend, entre autres, les Frères musulmans et le Hamas.

Même s’il n’y a pas eu de réaction publique de la part d’organisations musulmanes en Allemagne, l’Association libérale islamique a récemment publié son propre apport de 178 pages sur les résultats de son programme de trois ans, Extreme Out: Empowerment, Not Antisemitism. Le projet visait à « mettre en lumière le travail [contre] les attitudes antisémites parmi les jeunes de confession musulmane », et à aider les jeunes à se sentir intégrés dans la société allemande.

Source : timesofisrael.com, 10 mai 2019

Pascal Bruckner – Ce négationnisme qui échappe aux procès

Comme le rappelle Thierry Wolton, chez de nombreux intellectuels perdure un « négationnisme de gauche » qui minimise la barbarie communiste.

Par Pascal Bruckner | Le Point 

Pascal Bruckner - Ce negationnisme qui echappe aux proces

Notre représentation du mal se limite exclusivement à la peste brune. Il ne vient à l’esprit de personne d’inclure la catastrophe du communisme et ses dizaines de millions de morts dans ce bilan. Bien que beaucoup d’intellectuels se battent depuis Hannah ArendtRaymond AronFrançois Furet, pour équilibrer les totalitarismes, le deux poids deux mesures se poursuit. Comme le relève l’historien Thierry Wolton dans un livre (1) à la fois glaçant et mélancolique, il n’y a pas eu de Nuremberg du communisme. L’URSS s’est effondrée sans procès et la Russie n’a pas, comme l’Allemagne postnazie, procédé au moindre travail de mémoire. Rappelant que le système concentrationnaire a commencé dès 1918 sous la direction de Trotski, que Lénine est le véritable inventeur du totalitarisme, que le NKVD (la police politique) utilisait des camions à gaz lors de la grande terreur de 1937-1938 pour liquider les opposants, l’auteur déplore qu’à l’hypermnésie du nazisme corresponde l’amnésie du communisme. Mais ce négationnisme qui minimise les faits ou les déforme ne choque personne lorsqu’il s’agit d’évaluer l’histoire de la Chine, du bloc soviétique ou du Cambodge. Les régimes marxistes sont toujours pardonnés en raison de la pureté de leurs intentions. Qu’importent alors leurs dommages collatéraux, ils gardent le monopole de l’espérance et sont exonérés du simple fait de la noblesse de leur idéal. Pourtant, si le fascisme a tué au nom de la race, le communisme a tué sans relâche au nom de la classe.

Assourdissant silence. Les deux négationnismes se rejoignent dans la synthèse brun-rouge dont témoignent de nos jours tant de nos intellectuels. Serge Thion, militant d’extrême gauche, ardent défenseur, comme le linguiste américain Noam Chomsky, des Khmers rouges, soutient Robert Faurisson sur la négation de la Shoah. Chomsky, lui, préfacera en 1980 un ouvrage du même Faurisson publié à La Vieille Taupe. Il s’agit toujours de minimiser les crimes réels du communisme pour mieux souligner ceux du capitalisme. Le goulag ? « La meilleure source de propagande pour l’Occident », dira Régis Debray en 1979 dans un dialogue avec Noam Chomsky et Jean-Pierre Faye. En 1987, il dénoncera « les imposteurs du Goulag Circus » sans en souffrir dans sa brillante carrière de conseiller du prince et de phare désabusé de l’intelligentsia. Le négationnisme de gauche oscille entre deux positions : soit atténuer les horreurs constatées – « les communistes n’ont pas de sang jusqu’aux coudes », s’exclame Jean-Luc Mélenchon. Ou bien soutenir que le vrai communisme n’a jamais existé, qu’il reste à venir ; ainsi exonère-t-on les régimes qui s’en réclament. Thierry Wolton rappelle avec cruauté que feu Daniel Bensaïd, tête pensante de la Ligue communiste révolutionnaire, refusa de sabler le champagne à la chute du Mur en 1989 et conseilla plutôt à ses amis de prendre un Alka-Seltzer. Les trotskistes, ces staliniens faillis, ont soutenu sans sourciller le Vietnam de Hô Chi Minh, le castrisme, le chavisme, comme ils soutiennent aujourd’hui l’islamisme, par détestation de l’Etat bourgeois.

Mais, dans ce domaine, la part du lion revient au philosophe Alain Badiou. Fondateur et mâle dominant d’une secte autoproclamée qui contrôlait les lectures et la sexualité de ses membres, Alain Badiou regrettera la défaite des Khmers rouges face aux troupes vietnamiennes en 1979 dans un article du Monde, « Kampuchea vaincra ». Il ne reconnaîtra du bout des lèvres son erreur qu’en… 2012, ici même, dans Le Point. Pour Badiou, l’ennemi suprême n’est pas seulement le capitalisme ou l’empire nord-américain, c’est la démocratie, ni plus ni moins. D’où l’adulation qu’il porte à Mao Tsé-toung, ce « seigneur marxiste du désordre », comme le baptise son disciple slovène, Slavoj Zizek. « Le problème des tentatives révolutionnaires à ce jour n’a pas été qu’elles étaient “trop extrêmes”, mais qu’elles n’étaient pas assez radicales », poursuit Zizek, qui vante la liquidation des paysans pratiquée par Mao lors de la famine du « Grand Bond en avant ». Alors que Hitler a commis un « excès irrationnel » en tuant les juifs, Mao savait exactement ce qui se passait en disant : « Il se pourrait que la moitié de la Chine doive mourir. » Résultat : « 38 millions de Chinois furent affamés et réduits en esclavage mortel. » Il ne s’agit plus de nier le crime, mais de le louer pour le bien de la cause. Affamer des millions de paysans est excusable pour construire le communisme ; exterminer des millions de juifs ne répond à aucune logique.

Il est vrai que, sur cette ligne, nos penseurs furent précédés par Sartre, qui expliquait à Michel-Antoine Burnier que « les révolutionnaires de 1793 n’ont probablement pas assez tué ».

L’assourdissant silence qui accompagne le calvaire communiste vient de l’impunité qu’il procure à ses défenseurs. Ni la ruine économique ni la désolation culturelle et écologique ne leur sont imputées. Comment s’étonner alors que Che Guevara, véritable tueur en série, soit devenu une icône christique, que le Venezuela de Maduro soit soutenu par La France insoumise, que même un Claude Lanzmann n’ait vu la Corée du Nord que sous l’angle narcissique d’une idylle avec son accompagnatrice locale ?

Liens consubstantiels. Il n’est pas surprenant que la mort du messianisme communiste ait libéré un espace d’utopie dans lequel le djihad s’est engouffré. Bertrand Russell, dès les années 1920, et le sociologue Jules Monnerot l’avaient établi : l’islam politique et le communisme ont des liens consubstantiels. Une idéologie totalitaire et une religion totalisante qui mobilise des millions d’hommes et prescrit leur vie quotidienne dans ses moindres gestes ont plus d’une analogie. Régis Debray, toujours lui, confessera « une certaine compassion pour les djihadistes de chez nous » et leur trouvera même un romantisme révolutionnaire.

Il était inévitable que les négationnistes finissent par enfourcher le vieux cheval fourbu de l’antisémitisme. Dans la lignée d’un Garaudy passé du stalinisme a la haine des juifs, Zizek, avec de gros sabots, et Badiou, plus subtilement, tonnent de conserve contre la « religion » de l’Holocauste et l’alibi qu’elle fournit à l’Etat colonialiste d’Israël, qui fait des Palestiniens les nouveaux damnés de la Terre. Pour Badiou, les Palestiniens étant aussi des juifs, comme toutes les victimes, font de l’Etat d’Israël qui les opprime un Etat antisémite.

Les jeunes générations, ayant oublié le désastre soviétique et maoïste, ne voient plus désormais que le capitalisme comme source du mal. Dès lors, elles applaudissent de vieux staliniens juchés sur une montagne de cadavres et retrouvent de la séduction aux utopies marxisantes. Les Faurisson rouges peuvent dormir tranquilles : aucune loi Gayssot ne viendra les sanctionner§

1. « Le négationnisme de gauche » (Grasset, 224 p., 18 €).

* Philosophe et romancier. Dernier livre paru : « Un an et un jour » (roman, Grasset, 2018).

Le BNVCA indigné par le comportement de la “Boutique de la Cité des Vins de Bordeaux”

                                                COMMUNIQUE

Le BNVCA, informé par des citoyens indignés que la Boutique de la Cité du Vin de Bordeaux expose dans sa vitrine des vins de différents pays et se permette de désigner des vins d’Israël, produits en Haute Galilée dits-Golan seraient issus de «Colonies israéliennes».

Le BNVCA dénie à des Commerçants dont la profession est d fournir des biens et services à leurs clients, le droit de se substituer au gouvernement pour décider ce que serait ou non une Colonie. La Galilée est un territoire sous souveraineté incontestée d’Israël et la marque

« Golan » est une marque de commerce sans lien avec un quelconque conflit international.

Cette décision de cette Boutique de la Cité du vin… relève de la discrimination interdite par le code pénal qui interdit le boycott en ses articles 225-1 et 225 -2

Le BNVCA exprime son inquiétude devant des initiatives qui s’assimilent plus à des comportements antisémites et racistes sous jacents, car aucune raison légitime ne peut justifier ces traitements discriminatoires et de l’importation d’un conflit étranger à la France.

Le BNVCA dont la vocation est de combattre tous les racismes et toutes les discriminations par les voies de droit, a décidé de saisir le Parquet de Bordeaux et a donné instruction à son avocat M° Charles Baccouche de déposer plainte entre les mains du Procureur de la République de cette ville.

Le BNVCA déplore et condamne l’agression dont ont été l’objet des étudiants de l’UEJF et leur Président Sacha Ghozlan le 1/5/19 par des activistes du R N à Metz.

Le BNVCA déplore et condamne l’agression dont ont été l’objet des étudiants de l’UEJF et leur Président Sacha Ghozlan, alors qu’ils distribuaient des tracts devant la salle du banquet patriotique organisé à Metz par le Rassemblement National le 1/5/19.

Des militants du RN et des membres du service d’ordre s’en sont pris aux étudiants juifs, 5 d’entre eux ont été violemment agressés à coup de matraque et jetés à terre, blessés, après avoir été aspergés de bombes lacrymogènes.

Le BNVCA apporte tout son soutien à Sacha et à l’UEJF

La cellule terroriste voulait s’attaquer à l’Elysée


Attentat déjoué : la cellule terroriste voulait s’attaquer à l’Elysée

Les personnes arrêtées, mardi, envisageaient d’attaquer le palais de l’Élysée à la Kalachnikov. LP/Frédéric Dugit

Selon nos informations, les quatre hommes interpellés en région parisienne vendredi dernier avaient effectué des repérages aux abords de la présidence de la République.

En garde à vue, ils n’ont pas caché leur adhésion à l’islam radical. Ni leur projet d’action violente, déjà à un stade avancé lors de leurs interpellations. Selon des sources concordantes, les quatre suspects, Alexandre B., Karim B., Anis M. et M.C., arrêtés vendredi et mis en examen mardi pour « association de malfaiteurs terroriste et criminelle » et écroués, envisageaient d’attaquer l’Élysée à la Kalachnikov, mais aussi le commissariat d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). C’est ce qui ressort des investigations menées par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), qui a fait usage de techniques de surveillance très intrusives, pour mettre hors d’état de nuire le groupe.

Plusieurs des suspects, âgés de 17 à 39 ans et interpellés à Paris, dans le Val-d’Oise ainsi qu’en Seine-Saint-Denis, ont effectué des repérages rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le VIIIe arrondissement de Paris, où est située la présidence de la République. Des analyses téléphoniques laissent penser qu’ils se trouvaient dans le secteur. Dans leurs discussions, l’un des suspects se serait même vanté de bien connaître l’endroit. L’enquête vise à déterminer s’ils cherchaient à attaquer des policiers en faction ou s’ils envisageaient de rentrer dans le bâtiment pour frapper aveuglément. Fait inquiétant : l’un des terroristes présumés aurait évoqué l’idée de chercher une entrée de service.

Un passage à l’acte pour le ramadan évoqué

Les investigations démontrent aussi que la cellule avait ciblé le commissariat d’Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, département d’où sont originaires deux des suspects. « Je m’en fiche de tirer sur des flics », a expliqué en substance l’un des suspects en garde à vue.

Le groupe, qui échangeait sur des messageries chiffrées et se revendique de Daech, avait collecté 1200 euros pour acquérir un fusil d’assaut Kalachnikov. Des réunions entre les protagonistes ont eu lieu à Chelles (Seine-et-Marne). Un passage à l’acte lors du début du ramadan ce week-end a été évoqué, précipitant le coup de filet des enquêteurs de la DGSI.

L’un des suspects, M.C., le mineur, était fiché S : il avait été condamné pour un projet de départ en Syrie puis placé en centre éducatif fermé. Les trois autres n’étaient connus que pour des délits de droit commun. Le plus âgé, Alexandre B., était fonctionnaire à la mairie de Paris, affecté à un stade du nord de la capitale.Jean-Michel Décugis, Éric Pelletier et Jérémie Pham-Lê02 mai 2019, 13h17 | MAJ : 02 mai 2019, 14h20leparisien.fr/

Dans la poudrière identitaire

Dans la poudrière identitaire – Le Point

Islamistes, identitaires, indigénistes, néo-évangéliques, Gilets jaunes… Trois mois d’enquête au plus près de ces Français au bord de la sécession.

Dossier réalisé par Nadjet Cherigui et Clément Pétreault Modifié le 02/05/2019 à 12:11 – Publié le 02/05/2019 à 11:45 | Le Point

Des militants de Generation identitaire tractent et collent devant la gare de Metz, le 21 mars.
Des militants de Génération identitaire tractent et collent devant la gare de Metz, le 21 mars.
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  • Ségrégation. Des militants de Génération identitaire tractent et collent devant la gare de Metz, le 21 mars.
  • Religion. Rassemblement de fidèles et religieux musulmans, le 6 avril, devant la basilique pour protester contre la fermeture administrative de mosquées à Saint-Denis.
  • Violence. Heurts avec la police le 16 mars, à Paris, lors de l’acte 18 des gilets jaunes. Casseurs et Black blocs se sont déchaînés sur les Champs-Elysées.
  • Prosélytisme. Messe dominicale du mouvement évangélique à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), le 24 mars.
  • Territoires perdus. Parc Corot, une cité délabrée de Marseille où mafias et religieux prospèrent sur la misèr

Rien, à part peut-être l’imagination, ne semble aujourd’hui capable d’épuiser les nouvelles passions de l’affirmation de soi. Religion, opinion politique, origine géographique, sexualité, couleur de peau, goûts musicaux, niveau de revenu, maladie… N’importe quelle aspérité personnelle peut servir de point d’arrimage à une revendication particulariste, un repli sur une appartenance victimaire. Pas un endroit de France ne semble échapper à ce phénomène, chaque événement de la vie publique peut potentiellement devenir prétexte à une instrumentalisation identitaire, comme n’ont pas manqué de nous le rappeler ceux qui ont fait annuler la représentation des « Suppliantes » d’Eschyle à la Sorbonne le 25 mars. Même le gilet jaune aura été – au début du mouvement tout du moins – le symbole de ralliement d’un mouvement aux motivations identitaires implicites. Ceux qui fréquentent les réseaux sociaux peuvent mesurer à chaque instant combien la période fait fleurir ces identités vindicatives et composites, parfois contradictoires comme ces « antiracistes » qui ne veulent plus se mélanger « aux Blancs », ces féministes plus promptes à défendre le droit des femmes à porter le voile que leur droit à se dévoiler, ou ces exaltés de la « blanchité » qui proposent une citoyenneté conditionnée à des critères pigmentaires.

« L’affirmation identitaire revendique toujours un statut d’exception. Il y a ceux qui ont un statut et les autres. Cela conduit souvent au conflit de normes dans l’espace social », explique Gérald Bronner, sociologue et auteur de « Déchéance de rationalité » (Grasset). L’obsession identitaire, après avoir pris le contrôle des consciences, peut vouloir prendre celui du monde réel, imposant ses codes, ses lois et ses représentations peu portés sur l’altérité et les règles jusqu’ici communément partagées. « Risque-t-on sérieusement de voir des enclaves salafistes, zadistes, identitaires, régionalistes, mafieuses, que sais-je encore, faire sécession sur le sol hexagonal, chacune observant les autres avec méfiance et le doigt sur la gâchette ? Oui, c’est une hypothèse qu’il faut considérer », prévient Eric Delbecque dans son ouvrage « Les ingouvernables » (Grasset). L’expert en intelligence économique et stratégique utilise le terme de « France léopard » pour désigner cette juxtaposition de replis, l’essayiste Jérôme Fourquet y voit un processus d’« archipélisation », quand le géographe Christophe Guilluy décrit un réseau de « fractures françaises »… Tous trois racontent et documentent ce phénomène d’émiettement qui ronge aujourd’hui la société et qui bouleverse profondément les démocraties occidentales.

Notre méthode

Pour réaliser ce dossier, nous avons parcouru la France du nord au sud, en TGV, en voiture, en TER, en RER, à pied… Nous avons discuté avec des militants d’extrême droite, d’extrême gauche, des imams, des évangéliques en mission dans des gares… Nous avons aussi rencontré des migrants déboussolés, des dealers suspicieux, des gilets jaunes en colère, des féministes découragées, des enseignants inquiets, des chefs d’entreprise désemparés. Nous avons passé du temps avec des fonctionnaires, des députés, des maires, des syndicalistes, des universitaires, des responsables associatifs… et d’innombrables inconnus, qui, pour beaucoup d’entre eux, nous ont demandé de préserver leur anonymat. Car la France fracturée est un monde peuplé d’inquiétudes.

Replis et assignations. Sommes-nous condamnés à vivre repliés dans un paysage d’îlots identitaires ? Pour Didier Leschi, président de l’Institut européen en sciences des religions, réveil identitaire et réveil religieux vont nécessairement de pair. « Nous assistons à un réveil des identités premières, rustres et tribales », indique l’ancien chef du bureau central des cultes, qui constate « un retour global du religieux comme identité première ». Les fondamentalismes religieux se révèlent particulièrement actifs dès lors qu’il s’agit d’offrir à leurs convertis le confort d’une identité toute prête. Ainsi peut-on assister dans certains quartiers à une concurrence des prosélytismes, néo-évangéliques contre salafistes, deux cultes dynamiques cherchant à recruter et à sauver les âmes égarées (lire p. 42).

La quête identitaire est aussi portée par des mouvements politiques qui supportent difficilement la nuance. « On voit, du coup, émerger un mouvement de refus de l’autre, une ligne de défense qui passerait par le fait que l’autre représente un obstacle à sa propre existence. Celui qui refuse de rentrer dans le rang est alors désigné comme traître et s’expose à un châtiment », poursuit Didier Leschi. Voilà qui expliquerait la violence qui s’abat régulièrement sur nos concitoyens immigrés, hâtivement qualifiés de « traîtres à leur race » dès lors qu’ils s’écartent des modèles entretenus par les obsédés de l’identité de tout bord. « C’est de l’assignation à résidence identitaire », affirme Amine El-Khatmi, président du Printemps républicain, un mouvement laïque de gauche qui cristallise les obsessions de la gauche particulariste et des islamistes de tout poil. « Lorsque Marine Le Pen dit que l’islam est en conquête, la gauche lui répond “fasciste”, c’est facile. Mais lorsque des gens de gauche qui ont ma tête et mon nom disent que l’islam doit se soumettre aux lois de la République, c’est tout à coup plus compliqué de nous taxer de fascistes », s’amuse-t-il, si souvent confronté aux menaces et aux violences verbales qu’il ne s’en émeut même plus.

Ainsi va l’époque : l’assignation identitaire est devenue l’arme ultime de ceux qui prétendent la combattre. Et gare à celui qui s’écarte de la trame manichéenne proposée par ces bricoleurs de l’identité, inspirés par les mouvements américains de défense de l’organisation communautaire. Quelle que soit l’identité transformée en cause politique, le rattrapage communautaire s’organise en construisant inlassablement l’idée d’un « nous » et d’un « eux » bien étanches, en dressant l’inventaire compulsif de ce qui nous divise plutôt que de ce qui nous rassemble. Avec un seul objectif : augmenter la conflictualité et durcir les débats, faire en sorte que personne ne puisse plus adopter de position raisonnable. La mouvance dite « décoloniale » et le Parti des indigènes de la République sont passés maîtres en la matière : ils s’appuient sur une histoire de France tronquée pour entretenir la victimisation d’un côté et la culpabilité coloniale de l’autre. Assumant pleinement la dimension identitaire de sa réflexion, Houria Bouteldja, fondatrice de ce mouvement racialiste, n’écrit-elle pas : « Le foulard renvoie un message clair à la société blanche : nous ne sommes pas des corps disponibles à la consommation masculine blanche » ?

Cette passion pour les origines et les assignations grossières empêcherait-elle les ambitions collectives ? C’est le risque que souligne le sociologue Gérald Bronner, pour qui « la définition de l’identité par les origines empêche la projection vers un avenir commun. L’héroïsme se tourne alors vers le passé, entraînant dans son repli l’émiettement de l’idée de progrès ». Plus problématique encore, ces constructions identitaires imperméables à l’idée d’un avenir commun peuvent, lorsqu’elles se conjuguent à un récit victimaire, aboutir à des formes d’identité plus radicales. « Djihadisme ou grand remplacement font appel aux mêmes ingrédients : un récit identitaire victimaire, fondé sur l’urgence à agir et l’indignation morale, cet héroïsme à portée de main », explique Bronner.

Question ethnique. Plus optimiste, Malek Boutih juge ces phénomènes de repli exagérés, « le dynamisme de la culture française est hyperpuissant, confie l’ancien député PS. La capacité assimilationniste de la France est telle qu’elle a absorbé des peuples avec lesquels elle était en guerre il y a quarante ans ». La rhétorique de l’indignation permanente agit comme un cordon sanitaire qui interdit de penser le collectif. Y compris chez ceux qui sont censés organiser la vie de la cité. Ainsi Hamid, élu (PS) chargé du logement dans une ville de l’Essonne, raconte comment il fait preuve de prudence quand il tente d’organiser la mixité ethnique dans le parc social de sa commune. « Comme j’ai peur d’être traité de raciste, j’agis en douce, en utilisant par exemple le contingent de la ville pour rétablir un semblant de mixité. En fait, je travaille la question ethnique sans avoir le droit de le faire, tout en ayant à l’esprit qu’il est nécessaire de le faire sans le dire… Bref, c’est intenable », révèle l’élu, qui se montre inquiet : « Lorsque vous assistez à une concentration de femmes voilées, de dealers, de gamins qui ne traînent qu’entre Blacks… ça devient dangereux. Après les “petits Blancs” ne veulent plus venir dans ces logements, car ils considèrent qu’il y a trop de Rebeus et de Blacks et ça devient impossible à gérer. Les gens ne sont pas forcément racistes, mais ils n’ont pas envie d’être en minorité dans leur immeuble ou leur quartier », explique-t-il. 

Pour aller plus loin

« L’archipel français », 

de Jérôme Fourquet (Seuil, 2019).

« Déchéance de rationalité », 

de Gérald Bronner (Grasset, 2019).

« Le temps des passions tristes »,

de François Dubet (Seuil, 2019).

« La dictature des identités », 

de Laurent Dubreuil, (Gallimard, 2019).

« La nouvelle question laïque »,

de Laurent Bouvet (Flammarion, 2019).

« Les ingouvernables »,

d’Eric Delbecque (Grasset, 2019).

« No Society »,

de Christophe Guilluy (Flammarion, 2018).

« L’obsession identitaire »,

de Philippe Forget (Berg International, 2017).

La peur de devoir affronter un torrent de réprobations hante la politique. L’ancien ministre de la Ville Patrick Kanner, aujourd’hui président du groupe socialiste au Sénat, se souvient du tollé général qu’il avait déclenché lorsqu’il avait expliqué qu’une centaine de quartiers en France « présentaient des similitudes potentielles » avec Molenbeek : « C’était 110 à 120 quartiers. Avec des élus débordés qui gèrent la paix sociale à tout prix et des mouvements salafistes structurés qui gèrent une économie liée à la drogue. Nous avions croisé les données des ministères de l’Intérieur, des Sports et de la Ville pour constituer ces analyses. » Et les clubs sportifs tenus par des religieux (lire p. 52) faisaient déjà partie des signaux forts.

Le marché identitaire est infini et se reconfigure en permanence, au gré de l’actualité. « Tout fonctionnait comme si nos valeurs premières se propageaient mécaniquement, comme si l’ouverture nous avait permis de nous affranchir de tout risque de penser. Si nous n’avons pas d’idées, d’autres en ont pour nous, c’est un marché ouvert », avançait Emmanuel Macron lors de son débat avec les intellectuels. L’universalisme est en voie de ringardisation, attaqué par les petits boutiquiers de l’identité, prêts à surfer sur les angoisses pour élargir leur fonds de commerce. S’ils se détestent et s’affrontent en façade, tous ont bien compris, dans un monde sans idéologie et sans repères, que tous les coups sont permis§

Saint-Denis, berceau de l’indigénisme

S’il devait y avoir une capitale de la pensée indigéniste en France, ce serait sans conteste la ville de Saint-Denis. A en croire certains militants laïques, ce serait ici, dans cet ancien faubourg ouvrier à quelques stations de métro au nord de Paris, qu’a été théorisé et mis en pratique un rapprochement entre la mouvance islamiste et les courants d’un communisme déclinant des années 2000. Saint-Denis, berceau de la pensée décoloniale et de l’« islamo-gauchisme » français ? « Oui ! » répond Djemila Benhabib, auteure de « Ma vie à contre-Coran » (H&O). Avec sa famille établie à Saint-Denis pour fuir les islamistes de la décennie noire algérienne, elle a assisté de l’intérieur à ce glissement de la gauche vers ces nouvelles alliances. « La ville de Saint-Denis s’est ghettoïsée et communautarisée, elle a perdu son visage universaliste et le terreau indigéniste a prospéré », déplore-t-elle. C’est effectivement à Saint-Denis que s’est développé le centre Tawhid lié à Tariq Ramadan ; à Saint-Denis toujours que s’est installé le centre de formation d’imams proche des Frères musulmans ; à Saint-Denis encore que des universitaires de Paris-8 étayent les fondations idéologiques de ce mouvement à grand renfort d’études intersectionnelles sur la démultiplication des dominations. Il ne faudrait pas oublier le rôle joué par la Bourse du travail, une salle souvent prêtée aux associations, qui a accueilli le congrès fondateur du Parti des indigènes de la République le 28 février 2010. Depuis, cette salle ne cesse d’accueillir des rassemblements de militants venus renforcer ce courant de la gauche radicale, identitaire, particulariste, décoloniale, proreligieuse et racialiste. On ne compte plus les meetings « contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire », les réunions en « non-mixité racisée » (entendez : Blancs s’abstenir) ou encore les réunions politiques avec un Tariq Ramadan bénéficiant, à l’époque, d’une large audience. Si aujourd’hui la mairie récuse toute proximité avec ces réseaux, certains élus proches du Parti des indigènes de la République, tel Madjid Messaoudene, ne manquent aucune occasion de manifester leurs sympathies avec les religieux. Ces rapprochements politiques mènent parfois à des situations inhabituelles : ainsi, le 6 avril, on a pu voir défiler des conseillers municipaux La France insoumise aux côtés de dirigeants et fidèles de mosquées venus protester contre la fermeture administrative de deux mosquées à Saint-Denis (photo)§ 

Une synagogue attaquée en Californie lors de la Pâque juive : une femme tuée

L’auteur présumé de la fusillade, John Earnest, revendique son antisémitisme et son islamophobie. Le président Donald Trump dénonce « un crime motivé par la haine ».

Par L’Obs avec AFP

Un homme de 19 ans se revendiquant comme antisémite et islamophobe a tiré à l’arme automatique sur une synagogue près de San Diego, au sud de la Californie aux Etats-Unis. Il a tué une femme et fait trois blessés, dont un rabbin.

C’est une femme de 60 ans qui a succombé à ses blessures, tandis que les blessés sont une mineure, le rabbin et un homme de 34 ans, a indiqué le shérif du comté de San Diego, Bill Gore, au cours d’une conférence de presse. Leurs jours ne sont pas en danger.

L’attaque, au dernier jour des festivités de la Pâque juive, a visé la communauté juive de Poway, une ville d’environ 50.000 habitants.

Inspiré par la tuerie de Christchuch

La police locale a annoncé que le tireur présumé, un jeune homme de 19 ans habitant San Diego, avait été arrêté. Il s’appelle John T. Earnest, et n’était pas connu des services de police.

D’après les médias locaux, il avait annoncé publiquement sur internet son intention de tuer des juifs.« Nous avons des copies de ses publications sur les réseaux sociaux et de sa lettre ouverte, et nous les examinerons pour déterminer leur authenticité et savoir ce que cela apporte à l’enquête », a précisé le shérif.

Le texte présenté par les médias comme sur celui du tueur, lu par l’AFP, revendique comme inspiration celui écrit par Brenton Tarrant, un Australien suprémaciste blanc qui a tué 50 personnes dans l’attaque de mosquées le 15 mars à Christchurch (Nouvelle-Zélande).« Tous les Juifs sont responsables du génocide méticuleusement organisé de la race européenne » , a-t-il notament écrit. « Défendez-vous, rappelez vous Robert Bowers, rappelez vous Brenton Tarrant. »

Par ailleurs, il revendique un incendie volontaire contre une mosquée de Californie une semaine après les attaques de Christchurch.

L’arme s’est enrayée

Le shérif a précisé que le jeune homme était entré dans la synagogue Chabad peu après 11h20, à une heure où une centaine de fidèles y étaient rassemblés. Il a ouvert le feu avec une arme qui apparemment s’est enrayée, ce qui explique le faible nombre de victimes.

Il s’agissait d’un fusil d’assaut AR-15, utilisé dans de nombreuses fusillades aux Etats-Unis ces dernières années.

« J’étais devant la maison, je m’apprêtais à faire du jardinage, et j’ai entendu six ou sept détonations », a raconté à la télévision locale NBC7 Christopher Folts, qui habite à proximité de la synagogue.« Il y a eu une pause, une voix d’homme qui criait et six ou sept autres détonations ».

Le tireur s’est enfui en voiture à l’arrivée de la police, mais a ensuite été rattrapé, interpellé et conduit au commissariat de San Diego.

Placé en détention

Un garde-frontière de repos, qui se trouvait sur place, a tiré sur le suspect au moment où il s’enfuyait et il a atteint sa voiture. L’arrestation est l’oeuvre d’une brigade cynophile qui s’est précipité sur les lieux, a précisé le chef de la police de San Diego, David Nisleit.« Lorsque le policier a arrêté l’homme de 19 ans, il a clairement vu un fusil sur le siège passager du véhicule. L’homme a été placé en détention sans autre incident », a-t-il ajouté.

Une veillée d’hommage était prévue dans une église presbytérienne toute proche samedi soir. La police de Los Angeles a indiqué qu’elle renforçait sa surveillance autour des synagogues et autres lieux de culte.

Veillée à la bougie en hommage aux victimes de l’attaque de la synagogue de Poway, ici au sein de la communauté presbytérienne Rancho Bernardo de Poway

Veillée à la bougie en hommage aux victimes de l’attaque de la synagogue de Poway, ici au sein de la communauté presbytérienne Rancho Bernardo de Poway

Le maire de Poway a rendu hommage « aux membres de la congrégation qui se sont opposés au tireur et qui ont évité ainsi un incident beaucoup plus horrible ».

« La Nation tout entière est en deuil »

Le président américain Donald Trump a présenté ses « plus sincères condoléances »« A ce stade il semble qu’il s’agisse d’un crime motivé par la haine », a-t-il déclaré depuis la Maison Blanche.

Puis, arrivé pour une réunion publique à Green Bay (Wisconsin, nord), il a dit que « la Nation tout entière (était) en deuil ».« Nous condamnons avec force les maux de l’antisémitisme et de la haine, qui doivent être vaincus », a-t-il souligné.

Onze personnes avaient été tuées exactement six mois auparavant, le 27 octobre, dans une fusillade dans une synagogue de Pittsburgh, en Pennsylvanie (est des Etats-Unis). Il s’agissait de l’attaque la plus meurtrière contre la communauté juive jamais commise aux Etats-Unis.

LIRE : 11 morts dans une synagogue à Pittsburgh, la pire attaque antisémite aux Etats-Unis

« Il est temps de passer à l’action, de déclarer une guerre déterminée (à l’antisémitisme), et pas de condamner mollement, ce qui permet aux forces de la haine de revivre les heures sombres de l’histoire », a estimé l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon.

« Une attaque sur quelque lieu de culte que ce soit, depuis les églises du Sri Lanka ou de France, en passant par les synagogues de Jérusalem, jusqu’aux mosquées de Christchurch, sont une agression contre la dignité humaine et notre droit en tant que croyants de prier Dieu », a affirmé le centre Simon-Wiesenthal de Los Angeles.

L’Anti-Defamation League, une organisation qui combat l’antisémitisme, avait dénombré un bond de 57% des incidents antisémites aux Etats-Unis en 2017, la hausse la plus brutale depuis les années 1970.

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Le quotidien The New York Times a présenté ses excuses après la publication d’une caricature du Premier ministre israélien

Le quotidien américain The New York Times a présenté ses excuses après la publication d’une caricature antisémite représentant le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou en chien-guide du Président Trump……Détails……

The New York Times s’est excusé après la publication d’une caricature antisémite représentant le Premier ministre israélien et le Président des États-Unis ayant scandalisé les médias israéliens et les usagers de Twitter.
La caricature, publiée le 25 avril dans l’édition imprimée internationale du journal, montre Benyamin Netanyahou en chien-guide avec une étoile de David sur son collier et qui conduit Donald Trump, lequel porte des lunettes noires et est coiffé d’une kippa.
La caricature était sans légende et n’était liée à aucun des articles de la même page.V

Dans ses excuses publiées sur Twitter et à paraître également dans l’édition de lundi, la section Opinion du New York Times estime que «l’image était offensante, et que c’était une erreur de jugement de la publier».
Plusieurs personnalités ont condamné la caricature pour l’antisémitisme.
«Répugnant. Je n’ai pas de mots pour l’antisémitisme flagrant qui est affiché ici. Imaginez que cela soit dans une autre publication et non pas dans un journal de gauche ? », déplore pour sa part Donald Trump Jr.
«Un chien juif Netanyahou conduisant un Trump aveugle à la recherche de Juifs Dans l’édition internationale du New York Times. 
Combien bas sommes-nous tombés. Méprisable», s’est indigné Mark Dubowitz, directeur exécutif de la Fondation pour la defense des démocraties. 

Source Sputnik NewsV

“Pour être antisémite, il faut être un salaud, mais en plus un imbécile” : l’interview de Robert Badinter dans “Envoyé spécial”

Après la diffusion dans “Envoyé spécial” d’un reportage sur “l’antisémitisme au quotidien”, Elise Lucet reçoit Robert Badinter. L’ancien ministre de la Justice, adolescent pendant la Seconde Guerre, ami de Simone Veil, s’exprime longuement, avec force et émotion, sur la résurgence du “poison pour la société” qu’est l’antisémitisme, manifestation de “cette haineuse connerie : le racisme”. ENVOYE SPECIAL / FRANCE 2

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France 2France Télévisions

Robert Badinter est l’invité d'”Envoyé spécial” après la diffusion d’un reportage sur “l’antisémitisme au quotidien”. Que lui inspire la résurgence des actes antisémites en France (ils ont bondi de 74% en 2018), au point que des Juifs de France redoutent d’habiter dans leur propre pays ? “D’abord une réaction d’indignation à l’égard de ceux qui les menacent, qui se livrent à ces agressions verbales, voire physiques, qui peuvent aller jusqu’au crime. Y compris, ces dernières années, les vieilles femmes qu’on jette par la fenêtre, y compris la petite fille tuée par Mohamed Merah d’une balle dans la tête.” C’est la même chose, souligne-t-il, très ému, qu’“un comportement de SS des Einsatzgruppen dans la forêt ukrainienne, qui abattent les Juifs parce qu’ils sont juifs. C’est d’abord cette résurgence-là qui fait naître chez moi cette rage. Je ne croyais pas que c’était possible”.

Qu’on s’en prenne au portrait de Simone Veil : “quelle profondeur de haine !”

Comment imaginer voir, au XXIe siècle, un portrait de Simone Veil barré d’une croix gammée ? “Du côté des fanatiques que sont par définition les antisémites, tout est toujours possible. Ils s’attaquent au symbole, à quelqu’un qui incarne la condition si cruelle des Juifs au XXe siècle. Il ne faut jamais oublier son parcours si significatif, les camps de concentration, Auschwitz et, dans son cas, sa mère morte dans un  camp, dans ses bras, rappelle celui qui était son ami. Elle a vécu là l’extrême limite de la détresse humaine. Qu’on s’en prenne à ce symbole-là… quelle profondeur de haine, quelle abjection !”

“Les mêmes clichés et affabulations” qu’il y a trois quarts de siècle

Sur la question de la “libération” de la parole antisémite sur les réseaux sociaux, où “tout ce qu’il y a de méprisable s’exprime aisément, et encore plus dès l’instant où c’est l’anonymat”, posant “un problème de droit extrêmement complexe (…), il faut la volonté au moins de la lutte”, juge celui qui a “connu ces événements adolescent, il y a soixante-quinze ans”, et retrouve “les mêmes clichés et affabulations” que devant l’exposition Le Juif et la France au palais Berlitz en 1941 : “L’or juif, le Juif aux doigts crochus, au nez crochu, un mélange bizarre de rabbin et de banquier, et puis cette haine qui se perpétue à travers les siècles… Comment ne pas prendre la mesure de ce que ça signifie ?”

“Qui peut croire sérieusement au complot juif mondial ?”

“Vous savez, j’ai beaucoup réfléchi à l’antisémitisme, poursuit Robert Badinter. Et je vais vous dire le fond de ma pensée. Non seulement, pour être un antisémite, il faut être, comme pour tous les racistes, un salaud, mais en plus il faut être un imbécile. Qui peut croire sérieusement au complot juif mondial, (…) au protocole des Sages de Sion, qui est un faux, fabriqué dans les caves de l’Okhrana, la police tsariste, avant la guerre de 14 pour nourrir l’antisémitisme ? Et que l’on retrouve ensuite chez Goebbels, et un siècle plus tard, sous forme de cassette, traduit en arabe au marché du Caire…”

“On a pensé que la bête était gavée de sang. Pas du tout : elle renaît”

“On a pensé que la bête était gavée de sang, avec les six millions de morts en Europe, femmes, enfants, vieillards, hommes génocidés par Hilter. Pas du tout : elle renaît.” Que faut-il faire ? Se souvenir, d’abord. Eduquer, dire “non, absolument non”. L’Etat fait-il ce qu’il doit ? L’ancien garde des Sceaux s’en dit “convaincu, ce n’est pas de ce côté-là que l’on doit porter la critique. C’est à chacun de faire défense dans l’âme des enfants, et de s’opposer de toutes ses forces à ce poison, cette infamie… et, à bien des égards, une haineuse connerie : le racisme.”

Pourra-t-on dire un jour : “L’antisémitisme, c’est terminé” ? “Je le croyais, mais je me trompais. On a vu renaître, doucement, puis de plus en plus, sous le masque de l’antisionisme, l’antisémitisme de toujours.” L’invité relève tout de même unsigne encourageant dans ce contexte de montée des partis populistes et d’extrême droite : en Ukraine, “pays qui a une très longue tradition d’antisémitisme”, le nouveau président de la République… est juif.

“Disons-le clairement, conclut un homme qui s’est toujours su obsédé par la justice. C’est un combat qui ne peut pas ne pas requérir constamment toute l’attention de chacun. Parmi les grands combats qu’on puisse mener pour un monde plus juste, il y a le combat contre le racisme. C’est une grande et noble cause. Que nos jeunes s’en souviennent et agissent en conséquence.”

Interview diffusée dans “Envoyé spécial” le 25 avril 2019.

Journaliste saoudien : « Allah nous a ordonné d’aimer et de respecter » les juifs – « l’antisémitisme dans le monde arabe est le produit d’une éducation raciste détestable »

Dans son éditorial paru le 3 mars 2019 dans le grand quotidien saoudien publié à Londres Al-Sharq Al-Awsat, le journaliste et homme d’affaires saoudien Hussein Shobakshi a condamné la haine des juifs profondément enracinée dans la culture islamique, dans laquelle le terme « juif » est fortement péjoratif. Shobakshi s’est interrogé sur la raison pour laquelle les musulmans ne font pas de différence entre les sionistes israéliens et les juifs en général, alors même qu’Allah a ordonné aux musulmans d’aimer et de respecter les juifs et les chrétiens, et que le prophète Mohammed lui-même a épousé une juive, a conclu des pactes avec les juifs et a entretenu des relations avec eux. Il a appelé les musulmans à trouver en premier lieu la paix entre eux et avec ceux qui les entourent, et à reconnaître qu’ils sont atteints d’une haine antisémite et d’un racisme profonds, et qu’ils sont néanmoins capables de suivre le commandement d’Allah et de respecter les juifs. Extraits :

Lorsque les extrémistes des organisations de l’islam politique veulent diffamer un dirigeant du monde arabe, ils répètent à l’envi que « sa mère était juive » ou qu’il « a des racines juives ». Souvent, les partisans d’un dirigeant répondent en disant du dirigeant des Frères musulmans que « sa mère était juive ». [1] Cela m’a interpellé sur l’étendue de la haine envers les juifs dans notre culture, et sur notre incapacité à distinguer entre les juifs en tant que Peuple du Livre – qu’Allah nous a ordonné d’aimer et de respecter et nous a permis de commercer avec eux, de partager leur nourriture et de nous marier avec eux – et le projet politique sioniste israélien, qui a instillé [en nous] la schizophrénie [dans notre attitude envers les juifs] et dont nous ne sommes toujours pas sortis.

L’intensité de la haine des juifs diffusée par les médias et par l’art, la littérature et les caricatures politiques [dans le monde arabe] a atteint un degré qui ne peut être ignoré. Personne, bien entendu, ne soutient que la scène juive et israélienne est elle-même exempte de culture de la haine en son sein. Dans les écoles juives religieuses extrémistes, il existe le même takfir [l’accusation d’hérésie, comme chez les musulmans] et la différentiation entre le peuple [juif] et les « gentils » qui ne valent rien et peuvent être volés et tués. De ces écoles ont émergé des terroristes extrémistes notoires, comme Meïr Kahana et Baruch Goldstein.

Toutefois, l’antisémitisme dans le monde arabe est le produit d’une éducation raciste détestable, ancrée dans la mentalité arabe, habituée à étiqueter les gens en fonction de leur affiliation tribale, familiale et raciale, et selon l’école religieuse à laquelle ils appartiennent. C’est cette éducation qui a amené des milliers de juifs citoyens de pays arabes à émigrer après la création de l’Etat d’Israël… [c’est la même mentalité à laquelle sont confrontés les chrétiens de l’Orient arabe et tous les autres courants religieux (non-musulmans) de la région].

Le prophète Mohammed a épousé une juive, il a conclu un accord de coexistence pacifique avec les juifs de Médine, a mis en gage son bouclier au profit de son voisin juif,[2] et il s’est rendu aux funérailles d’un juif, et le Coran dit des gens du Livre qu’ils ne sont pas tous semblables [c’est-à-dire qu’il y a des gens respectables parmi eux].[3] [Toutefois], nous négligeons toutes ces références très positives [aux juifs] et nous présentons des théories, interprétations et motifs qui justifient la haine des juifs et, sur ce fondement, nous avons formulé des opinions pleines de suspicion et de crainte envers eux, qui découlent en vérité de la haine…

Il est inconcevable que [toi, musulman] soutiennes que ta religion t’ordonne de respecter le Peuple du Livre sans toutefois mettre cela en pratique de manière concrète. Mais le [véritable] défi [auquel tu fais face est de répondre aux questions] : La paix avec l’autre est-elle possible, sans avoir au préalable fait la paix avec toi-même et avec ceux qui t’entourent ? Et avons-nous un problème de haine et de racisme envers les juifs ? Une réponse honnête et crédible à ces questions est nécessaire, et  elles pourraient être les premières d’une série de questions embarrassantes, que nous nous abstenons depuis de nombreuses années de traiter et de résoudre.L

NEMRI

Notes :

[1] Ici, Shobakshi fait allusion aux Frères musulmans, qui ont accusé plus d’une fois le président égyptien Al-Sissi d’avoir une mère juive. Pour plus de détails sur ce sujet et sur les contre-accusations selon lesquelles le fondateur des Frères musulmans Hassan Al-Banna était juif, voir MEMRI Special Dispatch No. 5657, Muslim Brotherhood Supporters, Opponents Accuse Each Other Of Being Jewish, 25 février 2014.

[2] Selon un hadith de la troisième épouse de Mohammed, « Quand le Prophète est mortson bouclier était mis en gage, chez un juif, pour trente mesures d’orge. »

[3] Coran 3:113 : « Mais ils ne sont pas tous pareils. Il est, parmi les gens du Livre, une communauté droite qui, aux heures de la nuit, récite les versets d’Allah en se prosternant [dans la prière]. »

Shoah: des archives de l’ONU indiquent que les Alliés savaient dès 1942

i24NEWS

“L’Empire britannique était déjà trop rempli de réfugiés” pour accueillir des juifs (ex-ministre de Churchill)

Les puissances alliées durant la Seconde Guerre mondiale étaient au courant de l’ampleur de la Shoah deux ans et demi plus tôt que ce qui était généralement supposé, selon des documents inédits de l’ONU, rendus publics pas le chercheur Dan Plesch, auteur du livre Les Droits de l’Homme après Hitler.

“Les grandes puissances ont émis des commentaires sur le meurtre de masse des Juifs deux ans et demi plus tôt que ce qui était généralement supposé “, explique Plesch au quotidien britannique The Independent.

“On pensait qu’ils l’avaient appris quand ils ont découvert les camps de concentration, mais ces commentaires datent de décembre 1942”, ajoute le chercheur, qui travaille depuis une décennie sur ces documents.

Les archives en question révèlent entre autres que dès le mois de décembre 1942, les gouvernements américain, britannique et soviétique savaient qu’au moins deux millions de Juifs avaient été assassinés et que cinq millions de Juifs supplémentaires risquaient le même sort.

Yad Vashem
Shoah

Par ailleurs, un document datant de mars 1943, cite le vicomte Cranborne, l’un des ministres membre du cabinet de guerre de Winston Churchill, déclarant que les juifs ne devraient pas être considérés comme “un cas particulier” et que l’Empire britannique comptait déjà trop de réfugiés.

Dan Plesh, auteur et professeur au Centre d’études internationales et diplomatiques de l’Université SOAS de Londres, explique aussi que les grandes puissances ont commencé à émettre des actes d’accusations de crimes de guerre basés sur des témoignages provenant des camps de concentration et des mouvements de résistance dans divers pays occupés par les nazis, dont des fichiers de 1944, accusant Hitler de crimes de guerre.

Cependant, indique le chercheur, malgré les nombreuses preuves et la poursuite de centaines de nazis, les puissances alliées ont peu fait pour tenter d’aider les juifs en danger.

L’une des raisons invoquées sont les “pressions antisémites” provenant du Département d’Etat américain à l’encontre de l’envoyé du président Roosevelt à la Commission des crimes de guerre des Nations Unies (UNWCC), Herbert Pell.

Ce n’est que suite à l’exposition des déclarations de Pell et au scandale qui en a découlé, que le Département d’Etat aurait accepté de poursuivre les responsables nazis au procès de Nuremberg.

DR
Tatouage de déporté de la Shoah

Plesch invoque aussi la menace communiste, considérée à l’époque comme un “danger majeur” par Washington, comme l’une des raisons qui auraient freiné les poursuites contre les nazis.

En effet, “certains d’entre eux” étaient “nécessaires pour reconstruire l’Allemagne et faire face au communisme”, écrit-il.

Par ailleurs, Plesch a indiqué que les archives sur lesquelles il s’est concentré étaient interdites aux chercheurs depuis 70 ans précisant que ceux qui voulaient les consulter devaient recevoir l’accord non seulement du gouvernement, mais aussi du Secrétaire général de l’ONU.

Même en obtenant ces autorisations, les chercheurs n’étaient pas autorisés à prendre des notes jusqu’à ce que la dernière ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Powers, prenne la décision de les rendre accessibles.

“La France insoumise a passé des années à mettre citoyens d’honneur des terroristes palestiniens” (A. El-Khatmi à i24NEWS)

i24NEWS

Amine El-Khatmi, président du Printemps républicain et conseiller municipal d'Avignon, dans "Conversations avec Benjamin Petrover" le 23.04.2019
i24NEWS

“Ils condamnent d’islamophobes toutes personnes qui osent critiquer l’islam politique”

“A la France insoumise, ils ont passé des années à mettre citoyens d’honneur dans leurs villes des terroristes palestiniens en mettant des cibles sur le dos des juifs à tel point que dans la quasi-totalité des villes de Seine-Saint-Denis, le nombre de juifs a été divisé par cinq ou dix”, a dénoncé mardi soir Amine El-Khatmi, président du Printemps républicain et conseiller municipal d’Avignon dans “Conversations avec Benjamin Petrover”.

“Ils (la France insoumise ndlr) pensent tout et leur contraire. Des gens qui aiment Charb et Charlie Hebdo et en même temps, des gens qui veulent le censurer et qui trouvent que Charb était un raciste patenté. Aussi, ils condamnent d’islamophobes toutes personnes qui osent critiquer l’islam politique”, a-t-il poursuivi sur i24NEWS.

“Est-ce-que c’est cette gauche-là qui va pouvoir réveiller l’esprit républicain dans ce pays? je ne le crois pas”, a martelé celui qui a pour combat de redresser une gauche “laïque, république et universaliste.”

Le fondateur et président du Printemps républicain aspire à refonder une gauche qui “n’a pas d’hésitation sur la lutte contre l’antisémitisme, ni sur le communautarisme qui gangrène un certain nombre de villes françaises.”

“Je crois qu’il y a une gauche républicaine à construire et qui demande à être structurée, incarnée et qui est prête à parler à nouveau aux Français”, a-t-il souligné en ajoutant que la gauche n’était pas “condamnée à être celle du déni et du reniement.”

Le Printemps républicain a été fondé en mars 2016 par le politologue Laurent Bouvet et Gilles Clavreul, alors délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, en lançant un manifeste signé notamment par Frédéric Encel, Jérôme Guej ou encore Anne Sinclair. 

Le mouvement met en avant la République et à la laïcité.

Amine el-Khatmi a été critiqué le mois dernier par ses opposants après s’être rendu à un rassemblement en hommage aux victimes de Christchurch, devant l’ambassade de Nouvelle-Zélande à Paris, en arborant une écharpe tricolore.

Pour revoir l’intégralité de l’intervention d’Amine El-Khatmi

Le Mossad a peut-être tenté de récupérer le corps d’Eli Cohen

L’agence de renseignement israélienne aurait mené une opération en Syrie il y a 40 ans pour récupérer la dépouille du légendaire espion

Par TIMES OF ISRAEL STAFF

Cette photo sans date montre l'espion israélien Eli Cohen en Syrie alors qu'il porte un bracelet retrouvé par le Mossad en 2018. 
(Bureau du Premier ministre)

Cette photo sans date montre l’espion israélien Eli Cohen en Syrie alors qu’il porte un bracelet retrouvé par le Mossad en 2018. (Bureau du Premier ministre)

L’agence israélienne de renseignement du Mossad aurait essayé de faire sortir la dépouille du légendaire espion Eli Cohen de Syrie il y a environ 40 ans, selon un enregistrement fait par le frère de Cohen, Maurice, et qui a été diffusé sur la Douzième chaîne.

Dans l’enregistrement qui aurait été effectué par Maurice Cohen – lui-même un agent du Mossad – dans une conversation avec un historien avant sa mort en 2006, Cohen parle de l’incertitude entourant le site où son frère a été enterré et d’une tentative sans succès de récupérer le corps.

Cohen avait infiltré les plus hautes sphères du pouvoir syrien au début des années 1960 et a obtenu des renseignements top-secrets avant d’être démasqué et exécuté publiquement à Damas en 1965.

« Il y a une version affirmant que l’ancien président Amin al-Hafiz a mis (son corps) dans un camp entouré par un bataillon de tanks pour le protéger », a déclaré Maurice Cohen dans l’enregistrement diffusé mercredi.

« Après le président Assad, le père défunt, ils ont dit qu’il avait creusé une énorme fosse et placé une bombe à gaz à l’intérieur et l’a recouverte de béton ».

Eli Cohen, agent espion du Mossad, exécuté en Syrie en 1965. (Crédit: capture d’écran YouTube)

« D’autres ont affirmé que des responsables syriens impulsifs auraient brûlé le corps, mais je doute que cette version soit correcte parce qu’il s’agissait d’une monnaie d’échange politique très importante », a-t-il dit.

Selon Cohen, la raison du secret qui entoure cette affaire en Syrie vient du fait que le Mossad avait déjà essayé de faire sortir le corps du pays.

« Je suis presque sûr qu’ils le gardent dans un secret très strict en Syrie, que très peu de gens savent où il se trouve, parce qu’il y a eu une tentative d’enlever le corps, a déclaré Cohen. Il a été transporté à proximité de la frontière entre la Syrie et le Liban ».

Il n’a pas donné d’autres détails dans l’enregistrement sur la tentative ni pourquoi elle avait fini par échouer. La Douzième chaîne a dit que la tentative avait eu lieu il y a 40 ans.

Sophie, la fille d’Eli Cohen, a déclaré à la Douzième chaîne qu’elle n’avait jamais entendu parler de cette information auparavant, et elle a appelé le gouvernement à publier toutes les informations dont il dispose sur le sujet.

Le reportage sur la localisation de Cohen a été diffusé après des semaines de spéculations selon lesquelles la Russie aurait trouvé son corps, une information qui a été démentie par le Bureau du Premier ministre et qui a été fermement réfutée par Moscou.

Citant des informations non-confirmées de groupes de l’opposition syrienne, des médias israéliens ont déclaré plus tôt ce mois qu’une délégation russe avait récupéré la dépouille de Cohen en Syrie.

Des officiels israéliens ont gardé le silence après la révélation de ces informations. Israël avait auparavant fait appel à la Russie pour l’aider à retrouver Cohen.

De son côté, le ministère des Affaires étrangères russe a formellement rejeté ces informations, en publiant un communiqué qui « réfute fermement » cette affirmation, présentée comme une « provocation ».

Le ministère russe a demandé aux médias israéliens de faire preuve de plus de « précision, de professionnalisme et d’honnêteté pour couvrir des questions aussi sensibles ».

La Russie, qui est un allié du président syrien Bashar al-Assad, a récemment aidé Israël à retrouver et à récupérer la dépouille du soldat israélien Zachary Baumel qui avait disparu en 1982 pendant la première guerre du Liban.

Le Premier minister Benjamin Netanyahu (à droite) et Valery Gerasimov, le chef de l’Etat major russe, lors d’une cérémonie officielle, le 4 avril 2019, au cours de laquelle Israël a reçu la dépouille du soldat israélien Zachary Baumel. (Kobi Gideon / GPO)

La dépouille de Baumel a été renvoyée en Israël plus tôt ce mois, après 37 années d’efforts pour retrouver son corps. Des officiels israéliens recherchent toujours deux soldats capturés et tués dans la même bataille : Tzvi Feldman et Yehuda Katz.

Le corps de Cohen n’est jamais revenu de Syrie malgré des décennies d’appels lancés par sa famille.

Cohen avait infiltré les plus hauts-rangs des responsables politiques syriens dans les années qui avaient précédé la guerre des Six jours, en 1967, et les informations qu’il avait obtenues auraient joué un rôle déterminant dans la réussite sidérante de l’Etat juif au cours de ce conflit.

Cohen avait été traduit en justice et exécuté pour espionnage par le gouvernement syrien le 18 mai 1965, après être parvenu à infiltrer ce dernier sous le nom d’emprunt de Kamel Amin Thaabet pendant quatre ans.

L’année dernière, l’agence de renseignements du Mossad avait découvert une montre-bracelet qui avait appartenu à Cohen et elle l’avait ramenée en Israël lors d’une opération spéciale. Le bureau du Premier ministre n’avait pas expliqué comment la montre, qui se trouvait entre des « mains ennemies », avait été récupérée.

La montre qui appartenait à l’espion israélien Eli Cohen, ramenée en Israël le 5 juillet 2018. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)

Au fil des années, Nadia Cohen avait appelé en vain le gouvernement syrien à rendre la dépouille de son défunt mari. En 2008, un ancien chef de bureau de feu le président syrien Hafez al-Assad avait clamé que personne ne savait où Cohen avait été inhumé.

« Le corps avait été déplacé après un jour ou deux », avait noté Monjer Motsley dans un entretien. « Nous redoutions alors qu’Israël envoie des forces pour le récupérer ».

« C’est difficile de retrouver les ossements de Cohen », avait-il ajouté.
« Assad avait promis de les rendre à Israël mais lorsqu’il a demandé aux responsables de la sécurité de le faire, ils lui ont répondu : ‘Nous ignorons où se trouve sa tombe, monsieur’, et il n’a donc pas été en mesure de tenir sa promesse ».

Alain Finkielkraut et la meute de chacals

L’académicien a été menacé et insulté par une dizaine d’étudiants de l’IEP approuvés par des suiveurs. Qu’attend la direction pour exclure ces élèves qui recourent à l’intimidation et à la violence ?, souligne l’écrivain.

BRUCKNER, PASCAL

Alain Finkielkraut a été victime le 23 avril d’un pogrom antiraciste. Invité à parler à Sciences Po Paris, par une association d’étudiants souverainistes, il en a été expulsé par un groupe se réclamant de « l’antifascisme », « Sciences Po en lutte, Institut Clément Méric ». Il a pu finalement tenir sa conférence mais sous la protection de la police. Cet incident abominable est symptomatique d’un climat d’intolérance générale qui a déjà vu, par exemple, fin mars le blocage d’une représentation des Suppliantes d’Eschyle par des groupes racialistes ou le peintre Hervé Rosa accusé de colporter des clichés coloniaux pour une peinture réalisée au Sénat et censée célébrer l’abolition de l’esclavage.

Qu’est-ce que cela dit de notre époque ? Que nous vivons une inversion complète des valeurs. Que le fascisme nouveau se drape dans les atours de l’antifascisme, que la nouvelle peste brune se déguise en ennemi de la peste brune et celle-là irréfutable puisqu’elle comprend déjà sa propre critique. Les black blocs, anticapitalistes et antisystème, n’ont-ils pas adopté la chemise noire, l’uniforme mussolinien ? J’avais moi-même été, en août 2018, lors d’un colloque sur l’islamophobie, en Bretagne, la cible de ces groupes camouflés sous le logo de l’anarchie qui avaient tagué les murs de l’école où je devais intervenir.

De la même façon, comme l’a bien noté Pierre-André Taguieff, lors de la conférence de Durban en 2000, l’antiracisme est devenu la courroie de transmission d’un nouveau racisme, inattaquable celui-là puisque paré du bouclier de la vertu. Un renouvellement du racisme d’hier reconverti dans son contraire apparent : une aubaine. N’a-t-on pas vu apparaître, en 2015, un nouveau venu dans la lutte politique, « l’antifasciste antisémite », comme l’étaient les profanateurs d’un cimetière juif de Sarre-Union qui promettaient de combattre le nazisme… jusqu’au dernier juif. Voilà qu’il est permis et même recommandé d’être antisémite pour mieux tuer la bête immonde. Il y a quelque chose de pourri dans le monde de l’antiracisme qui voit l’alliance de la bêtise et du fanatisme prendre des proportions considérables. Voyez la navrante évolution de l’Unef, jadis grand syndicat étudiant, devenu le bastion d’un nouvel apartheid anti-Blancs. Il est étrange et effrayant qu’une génération qui n’a pas connu la guerre, ni Mai 68 et se réclame de la Résistance, commence par reproduire la geste des bourreaux. Les jeunes gens qui animent ces groupuscules sont peut-être, pour certains, bien intentionnés mais en tout cas abusés. Pour ces demeurés au front bas est fasciste quiconque ne pense pas comme eux. S’il est seul, juif de surcroît, comme Alain Finkielkraut, et a déjà été l’objet d’attaques antérieures, à Nuit debout et par des « gilets jaunes », c’est une merveilleuse occasion. Il y a chez ces chacals une attitude de meute flairant la bête blessée pour mieux l’achever.

Alain Finkielkraut n’est pas seulement un ami cher, il est un intellectuel majeur de notre époque. Que l’on soit d’accord ou non avec lui, sa parole est essentielle dans le débat. C’est la divergence qui est fondatrice de la vie de l’esprit et non le consensus béat. Derrière cette agression, c’est la liberté d’expression qui est en jeu ; demain n’importe quel intellectuel, en butte au politiquement correct, pourra être interdit d’accès aux universités, comme c’est déjà le cas sur de nombreux campus américains. Le vrai scandale, en l’occurrence, réside dans la passivité de l’administration. La direction de Sciences Po, même si elle a fini par garantir la sécurité de la conférence, devrait exclure les fauteurs de troubles. Décoloniaux, indigénistes, antifas : il faut bloquer ces groupuscules brun rouge dans l’œuf, les frapper du bras de la loi. C’est à la justice de combattre l’intolérance et à cet égard l’affaire Soral pourrait faire jurisprudence. Si une grande école, une université n’est pas capable d’assurer la liberté de parole d’un académicien, c’est à désespérer de l’état de nos libertés. La lâcheté mène à tous les renoncements.

PASCAL BRUCKNER

« Le BNVCA était partie civile au procès Merah »


4 semaines d’audiences et de combat pour faire reconnaître la complicité d’assassinat contre Abdelkader Merah, la Cour d’Assises a pris acte de la réalité du dossier. Le BNVCA représenté par Me Stéphanie Cohen, Me Muriel Ouaknine Melki et Me Oudy Bloch, Avocats de l’OJE, solidaire de l’ensemble des parties civiles, s’en félicite et continue ” le combat contre l’antisémitisme et la haine anti Juive”. 


Agression à domicile d’un couple de juifs à Aubervilliers le 22 avril à 22 h

Le. Bnvca condamne l’agression violente dont a été victime un couple de confession juive Shalom H. à leur domicile à Aubervilliers (93)  le lundi 22 avril à 22 h. Les 4 auteurs cagoulés ont probablement repéré  leurs victimes à la “mezouza” apposée sur la porte de l’appartement et qui contient des passages écrits en hébreu. Les victimes ont été violentées menacées de mort et dévalisées. Elles sont de surcroît très traumatisées. Nous demandons à la police de tout mettre en œuvre  pour découvrir les agresseurs et les mettre à la disposition de la justice. Encore une fois le mythe du juif et l’argent conduit les malfaiteurs à s’attaquer de préférence à des juifs qui sont  pris pour cible. Le BNVCA qui recense les actes antisémites observe, que depuis près d’un an les juifs sont attaqués au plus proche de leur domicile.

Le BNVCA a décidé d’apporter son aide aux victimes de cette agression tant sur le  plan social qu’administratif et judiciaire. 

Le BNVCA horrifié, condamne avec force la série d’explosions survenue au Sri- Lanka visant des Eglises pendant la messe de Pâques et faisant 310 morts et plus de 500 blessés.

 

Les déflagrations se sont produites dans l’Eglise Saint Anthony de Colombo, l’Eglise Saint Sébastien de Negombo, et l’Eglise de Batticaloa.

Nous sommes scandalisés par ces attentats terroristes qui s’attaquent lâchement à des hommes, des femmes des enfants, en prière et sans défense.

Cette guerre anti-chrétienne s’apparente aujourd’hui à la guerre antijuive. Elles sont menées par des  mouvements religieux, extrémistes, racistes, intolérants, dominateurs et hégémoniques. 

FOG – L’escroquerie du halal

Présentée comme une prescription séculaire, cette fiction récente isole les hommes et inflige des souffrances révoltantes aux animaux.

Publié le 12/04/2019 à 09:01 | Le Point

FOG - L’escroquerie du halal

La halalisation de la France est en marche. Apparemment, rien ne l’arrêtera. Après les boucheries, des commerces de toute sorte se mettent au halal (« licite », en arabe).

Certes, toutes les religions ont ou ont eu des codes alimentaires, et les musulmans ont les leurs comme les enfants d’Israël ont la cacherout, qui, dans la Bible hébraïque, fixe les interdits (porc, fruits de mer, poissons sans écailles ni nageoires, etc.). 

A ceci près : le halal n’est pas un héritage du passé, mais une mode sans fondement qui prétend réglementer aussi l’eau, les dentifrices, les rouges à lèvres, les loisirs, les « vacances éthiques ». Sans rapport avec les traditions musulmanes, la sphère s’étend chaque jour un peu plus. 

Dire cette évidence vous exposera à une campagne de haine sur les réseaux sociaux : c’est qu’en 2019 l’ignorance ne cesse de faire des progrès et que d’incroyables foutaises sont désormais inscrites sur le marbre des stèles de la bien-pensance. Les vessies deviennent des lanternes. 

A force d’être répétés, les mensonges deviennent des vérités. Ainsi, aux yeux de nos contemporains, Israël est une terre arabe que les juifs ont envahie alors que c’est exactement le contraire qui s’est produit, comme le montre l’histoire des trois derniers millénaires si l’on prend la peine de l’étudier. De la même façon, le halal est toujours présenté faussement comme une prescription vieille de plusieurs siècles, alors qu’il s’agit d’une fiction nouvellement créée au cœur du système capitaliste mondialisé. 

L’auteur de ces lignes croyait que le halal remontait aux temps premiers de l’islam jusqu’à ce qu’il tombe, par un pur hasard, sur l’un des livres les plus subversifs et sulfureux de cette décennie, et qui, au train où vont les choses, sera peut-être interdit un jour. Sa publication, en 2017, a au demeurant été accueillie, à la notable exception du quotidien Libération, par un silence assourdissant. « Le marché halal ou l’invention d’une tradition » (1), de Florence Bergeaud-Blackler, fait voler en éclats la ridicule légende urbaine selon laquelle le halal serait consubstantiel à l’islam. A lire d’urgence. 

Florence Bergeaud-Blackler n’est pas une polémiste en quête de buzz, mais une anthropologue très sérieuse, rattachée à l’université de recherche Paris-Sciences-et-Lettres. Elle explique que le halal n’est pas une coutume islamique, mais l’enfant monstrueux des industriels de la viande et des fondamentalistes, Frères musulmans ou mollahs iraniens, qui ont trouvé là, à la fin du siècle dernier, un moyen de creuser le fossé entre les musulmans et l’Occident. 

Jusqu’aux années 1970, les musulmans pouvaient manger comme les chrétiens ou les juifs. La cinquième sourate du Coran le stipule clairement : « Vous est permise la nourriture des gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise. » En 1987 encore, l’ancien recteur de la mosquée de Paris, le cheikh Abbas, considérait que le sacrifice du mouton était une pratique « non obligatoire ».

Qu’est-ce qui a changé depuis ? La vogue halal, fruit de l’appât du gain des industriels de la viande et de la volonté de puissance des intégristes qui ont décidé de retrancher les musulmans des sociétés occidentales, de les empêcher de s’assimiler. Contrairement à ce qui se passe dans le reste de l’Europe, la lâcheté de la France a fait le reste : le « djihad économique » a permis de jeter les bases d’une islamic way of life.

Marginal chez les juifs, qui ne le respectent guère, mais en pleine croissance chez les musulmans, l’abattage rituel, donc sans étourdissement, est un scandale moral tant est grande la souffrance des animaux tués dans ces conditions, leur agonie pouvant durer plus d’un quart d’heure. De nombreux pays refusent cette méthode barbare et imposent que la bête subisse un choc électrique avant d’être saignée. 

Pourquoi ne pas être humains avec les animaux ? Bien qu’elles exportent beaucoup de viande vers des pays musulmans tels que l’Indonésie, la Jordanie ou les Emirats, l’Australie et la Nouvelle-Zélande n’en étourdissent pas moins les animaux avant de les tuer. Comme le rappelle l’association L214 dans « La face cachée de nos assiettes » (2), pour beaucoup d’experts religieux, l’étourdissement par choc électrique est « compatible avec les textes sacrés » puisque la bête n’est pas cliniquement morte au moment de la saignée. 

Dans cette affaire, nous autres Français, nous nous sommes encore couchés devant les islamistes radicaux, au mépris de la souffrance animale. Nous mangeons donc de la viande halal sans le savoir puisque, pour « ne pas stigmatiser », le mode d’abattage ne figure pas sur les étiquettes. En dégustant notre steak, soit dit en passant, nous finançons de surcroît l’islam, dont les autorités reçoivent une taxe proportionnelle aux kilos de bêtes abattues. 

Comment s’étonner si, de démission en démission de ce genre, notre pays devient de plus en plu

Notre Dame en Flammes par MICHEL GURFINKIEL, Special to the Sun

Traduit par nos soins

Sur le plan émotionnel, l’incendie qui a détruit la cathédrale Notre-Dame à Paris peut être décrit comme le 11 septembre de la France. Peu importe ce que la cause puisse révéler. À l’instar de New York, qui, même en temps de guerre, était censé être à l’abri d’attaques étrangères, Paris était censé être épargnée par des catastrophes irrémédiables, civiles ou militaires.

Cela a pris fin pour New York en 2001. La dernière fois que la capitale de la France a été détruite à grande échelle a été la guerre franco-prussienne de 1870 et 1871 et sa suite révolutionnaire, la Commune de Paris, qui a brûlé le palais royal des Tuileries et l’hôtel de ville.

En 1918, dernière année de la Première Guerre mondiale, l’artillerie allemande trouva sa marque à Paris, notamment dans le Marais. Contrairement à Londres, Berlin, Varsovie ou Florence, Paris «n’a pas brûlé» pendant la Seconde Guerre mondiale. Le résultat fut que la plupart des parisiens se sont livrés, tout au long de la seconde moitié du XXe siècle et des deux premières décennies du XXIe siècle, au fait que leur ville était trop belle, trop «historique», et faisait trop partie du patrimoine mondial de l’Unesco pour être frappée.


On a rappelé aux Parisiens que les choses pouvaient aller dans le sens contraire, après tout. Il y a eu des émeutes, des attaques terroristes, des bombardements. Mais Paris elle-même semblait être immortelle. Les gens ont commencé à se réveiller véritablement après la tuerie islamiste de novembre 2015, au théâtre Bataclan et ailleurs. Plus récemment, plusieurs scènes effrayantes se sont succédées à la suite de la récente manifestation des Gilets jaunes: saccage de l’Arc de Triomphe, incendies des boutiques et des restaurants des Champs-Élysées. Et maintenant, Notre-Dame était en flammes. De ma fenêtre, je pouvais voir une colonne de fumée noire et rougeâtre s’élever au-dessus des toits, un hélicoptère tournant au-dessus du feu. La flèche de fer, une addition du XIXe siècle à l’église gothique, s’est effondrée soudainement – révélant des hoquets d’horreur non seulement à Paris mais aussi dans le monde entier. Un peu comme le moment où les tours jumelles du World Trade Center sont tombées soudainement. Aujourd’hui, toute la France et le monde entier tremblaient sous l’effet de l’ampleur de ce qui se passait. Même si l’incendie était accidentel (il a peut-être commencé à un endroit où des travaux de rénovation étaient en cours), il s’est avéré être la coda d’un hiver inquiétant. Et on ne pourrait pas non plus entièrement écarter la possibilité d’un incendie criminel: de nombreux incidents antichrétiens ont été récemment rapportés, notamment le vandalisme d’églises, de cimetières ou de sanctuaires; et des groupes djihadistes ont à plusieurs reprises menacé de faire «quelque chose de grand» à Paris, de préférence contre un bâtiment emblématique. Rien d’étonnant à ce que le président Macron ait reporté le discours télévisé à la nation qu’il était censé prononcer ce soir et que, avec son épouse Brigitte et le Premier ministre Edouard Philippe, M. Macron s’est approché au plus près de la cathédrale. Il n’est pas nécessaire d’être catholique, ni chrétien, ni même religieux pour être dévasté par la destruction de Notre-Dame. La cathédrale, vieille de neuf cents ans, est le cœur de la France: elle se trouve sur l’île de la ville, entre les deux canaux de la Seine, un lieu qu’elle partage avec le Palais de justice (le premier palais royal du Moyen Âge); et tout kilométrage dans le pays commence symboliquement à «kilomètre zéro», juste en face de la cathédrale. Pendant que les rois étaient couronnés à Reims par l’archevêque du lieu, Napoléon se couronna à Notre-Dame, devant le pape Pie VI. Notre-Dame est le premier lieu parisien visité par De Gaulle en 1944, lorsque la capitale fut libérée des Allemands. C’est de Notre-Dame que De Gaulle traversa la ville jusqu’à l’Arc de Triomphe. Il est difficile d’imaginer la France sans Notre Dame. Laissons la reconstruction commencer.

L’appel de 39 intellectuels dans Le Figaro: «L’assassin de Sarah Halimi ne doit pas échapper à un procès»

  1. Vox
  2. Vox Société

Par Tribune Collective 

FIGAROVOX/TRIBUNE – Il y a deux ans, une Française juive était tuée sauvagement à Paris aux cris d’«Allah akbar». La question du discernement du suspect est au cœur de l’instruction. Une troisième contre-expertise a conclu à son irresponsabilité. Trente-neuf intellectuels, parmi lesquels Alain Finkielkraut, Jacques Julliard, Pierre Manent, Pierre Nora, Mona Ozouf et Paul Thibaud, demandent que ce crime soit jugé.

Voici deux ans, dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, à Paris, dans une HLM de Belleville, rue Vaucouleurs, Sarah Attal-Halimi, une retraitée de 65 ans, était tirée de son sommeil à 4h30 par un voisin âgé de 27 ans. Kobili Traoré se déchaîne contre elle, il la frappe pendant plus de vingt minutes. Les cris de douleur de madame Halimi alertent immédiatement les voisins qui entendent aussi les insultes que Traoré lui adresse, les «Allahou Akbar» et autres psalmodies coraniques. Un petit effectif de police est rapidement sur les lieux, mais pensant être en présence d’un terroriste, les policiers n’interviennent pas et attendent des renforts. Tout le monde entend donc le calvaire de Sarah Halimi. Finalement, peu avant 5h00, Kobili Traoré défenestre sa victime, tout en criant à la police postée dans la cour: «attention! Une femme va se suicider», comme pour couvrir ce geste final qui tuera sa victime. Le rapport du médecin légiste est terrible: «la mort de Sarah Halimi est due à un poly-traumatisme par chute d’un lieu élevé», relevant «des lésions d’hémorragie massive pulmonaire, myocardique, méningée, et diverses fractures associées», plus d’une vingtaine sur le corps et le visage. 

Avant son forfait, l’assassin s’était d’abord introduit dans l’appartement mitoyen, celui de la famille Diarra. Il ne cherche pas à les attaquer. Effrayés par la grande nervosité de Kobili Traoré qu’ils connaissent bien, leurs familles venant du même village du Mali, les Diarra se verrouillent dans une pièce et contactent la police, se considérant comme «séquestrés» par Kobili Traoré. En fait, ce dernier avait quitté les lieux pour enjamber le balcon et entrer par effraction chez Sarah Halimi. Il reprendra le même chemin à l’issue du meurtre pour venir terminer ses prières et changer de vêtements chez les Diarra. La police attend toujours sur le palier… Presque une heure après le début des faits, la porte est enfoncée. L’Arrêt du 5 juillet 2018 indique «précisément à 5h35, les effectifs de la BAC du 11èmearrondissement assistés d’effectifs de la BAC 75, présents sur les lieux suite à l’appel d’une des filles de la famille Diarra ayant indiqué que sa famille était victime de séquestration, interpellaient Traoré, en train de réciter des versets du Coran». Kobili Traoré n’oppose aucune résistance à l’interpellation. Mais à son arrivée au commissariat, il est pris d’un soudain accès de violence. Il sera immédiatement transféré en hôpital psychiatrique. Il ne fera pas une minute de garde à vue, ni ne sera interrogé par la police.

Pour mieux étouffer l’affaire, on communautarise le crime.

La sauvagerie de ce crime fit irruption dans une campagne électorale où les sujets de sécurité sont quasi absents. Cet assassinat dérange, le profil de l’assassin sans doute davantage que celui de la victime. D’autant que le caractère antisémite du crime est vite identifiable: Kobili Traoré a ciblé sa victime, il ne s’est pas attaqué à un membre de la famille Diarra chez qui il s’est invité en pleine nuit, il a fait ses prières avant d’aller chez Sarah Halimi, cette voisine qu’il côtoie depuis vingt ans qu’il traitera de «Sheitan» (Satan) tout en la frappant. L’enquête de voisinage montrera que Sarah Halimi et ses proches qui la visitaient, avaient été l’objet d’insultes antijuives de la part de certains membres de la famille Traoré. Dans les heures et jours précédant le crime, la police apprendra qu’il avait fréquenté assidûment la mosquée salafiste défavorablement connue de la rue Jean-Pierre Timbaud. Tout cela est embarrassant en pleine élection présidentielle et les candidats comme les médias généralistes ignorent l’évènement. Pour mieux étouffer l’affaire, on communautarise le crime: «l’émotion dans la communauté juive» est évoquée, comme pour passer à autre chose, comme si Sarah Halimi n’était pas, d’abord, une citoyenne française.

Deux mois après cet assassinat barbare, pour rompre ce silence médiatique, dix-sept d’entre nous avions publié une tribune pour informer l’opinion publique. Deux ans après, rejoints par d’autres signataires, nous venons informer des avancées de l’enquête, de la probabilité d’un non-lieu «psychiatrique» pour le mis en examen. Alors que Kobili Traoré a reconnu les faits d’homicide dès le départ, la juge principale du dossier, Anne Ihuellou, aura paru conduire une instruction à décharge, davantage qu’à charge et à décharge, posture équilibrée de mise au cours d’une instruction. 

Tout d’abord rappelons les épisodes de la procédure judiciaire. Après son interpellation et son accès de violence au commissariat, Kobili Traoré est placé en Unité pour Malades Difficiles (UMD). Il reconnaît les faits, mais assure n’avoir pas été dans son état normal. Le 10 juillet 2017, il est mis en examen pour homicide volontaire. La gravité de l’affaire conduit dès le départ à la nomination d’une seconde juge, Virginie Geyte. Entre le crime et cette mise en examen, l’élection présidentielle et les législatives sont passées ; l’affaire est désormais davantage médiatisée, notamment autour de son caractère antisémite de cet assassinat. 

Kobili Traoré est un délinquant multirécidiviste connu dans son quartier, craint dans son immeuble. Il vend notamment de la drogue, il est lui-même un consommateur compulsif de cannabis. Si son casier est déjà chargé par vingt-deux condamnations pour violences et vols, il n’a en revanche aucun antécédent de troubles psychiatriques. Avant le 3 avril 2017, il a été incarcéré à quatre reprises, dont une peine d’un an qu’il vient d’accomplir. Au cours de ses périodes de prison, Kobili Traoré n’a apparemment pas été identifié par l’administration pénitencière pour des troubles psychologiques quelconques. 

Tout au long de la procédure, les avocats de la partie civile ont été contraints de faire des demandes d’actes pour être tenus informés de l’avancée de l’instruction. 

Le 27 février 2018, a enfin lieu l’interrogatoire du mis en examen devant la juge Ihuellou. Après onze mois, sur insistance du Parquet, la juge finit par retenir la circonstance aggravante d’antisémitisme. En revanche, elle et sa collègue résistent à toute reconstitution, ce qui est pourtant habituel dans les affaires criminelles de ce type. Il serait, en effet, indispensable de clarifier la chronologie des faits en organisant une reconstitution, d’autant que ce crime a pratiquement eu lieu sous les yeux des voisins et de la police, que des témoignages ont été recueillis et doivent être mis en regard des faits tels qu’ils pourront être reconstitués in situ. Pour les avocats des deux parties, il est nécessaire de vérifier l’enchainement des évènements durant ces 70 minutes, entre le moment où Kobili Traoré pénètre chez les Diarra et celui où il est interpelé, de retour chez eux, après l’assassinat de Sarah Halimi. L’avocat du mis en examen lui-même accède à la logique d’une reconstitution, mais la juge Ihuellou s’y oppose, par humanisme à l’égard de Kobili Traoré, voulant «protéger le mis en examen d’une possible décompensation et d’un milieu hostile (…) lui qui ne possède plus que des bribes de souvenirs filmiques» (sic). 

Tout au long de la procédure, les avocats de la partie civile ont été contraints de faire des demandes d’actes pour être tenus informés de l’avancée de l’instruction. Suite à une saisie d’un d’entre eux en janvier 2018, la 6è chambre de l’instruction est réunie le 30 mai. Le 5 juillet 2018, elle annonce suivre l’avis de la juge concernant la non-opportunité de reconstitution. Pas plus que ne sont retenus les actes de torture et de barbarie ainsi que la préméditation que les avocats de la partie civile avaient demandé voir inscrits dans le cadre de l’instruction. Depuis cette date, aucun nouvel acte de procédure n’a été réalisé.

La procédure judiciaire est aussi ponctuée par des rebondissements d’expertises psychiatriques essentielles dans ce dossier puisque les conclusions des experts-psychiatres sur l’état de Kobili Traoré au moment de la commission des faits, contribuent à déterminer le choix des juges d’instruction: le renvoi devant la Cour d’Assises ou le non-lieu pour irresponsabilité pénale.

Une première expertise est ordonnée. La juge désigne un expert-psychiatre reconnu, Daniel Zagury. Au bout de six mois, il conclut que Kobili Traoré a fait une bouffée délirante aiguë (BDA) suite à une consommation massive de stupéfiants (cannabis). Zagury estime qu’il y a eu altération du discernement mais que le mis en examen est responsable. A ce titre, il peut être jugé devant une cour d’Assises. Il indique que l’identification de Sarah Halimi comme juive l’a diabolisée aux yeux de Kobili Traoré: «L’existence avérée d’une bouffée délirante aiguë n’était pas incompatible avec une dimension antisémite. Un crime pouvant être délirant et antisémite». Pour Daniel Zagury, le simple préjugé antijuif se serait transformé en conviction absolue que Sarah Halimi était l’incarnation du Sheitan (Satan) à tuer. Il explique en outre que la lucidité dont a fait preuve l’assassin avant de la défenestrer est compatible avec une BDA.

Est-ce parce que cette expertise déplaît à la juge d’instruction qu’elle en ordonne une seconde? On peut se poser cette question dans la mesure où ce type de requête provient habituellement de l’avocat de la Défense, qui ici n’avait formulé aucune demande en ce sens. Cette fois, Anne Ihuellou nomme trois experts au lieu d’un. Kobili Traoré est entendu le 24 mai pendant deux heures par deux experts- psychiatres, et le 7 juin durant deux heures trente par le troisième. Ils viennent contredire la première expertise et rendent leurs conclusions le 10 juillet 2018: la BDA de Kobili Traoré signifie pour eux abolition du discernement. À leurs yeux, il était irresponsable au moment des faits. La juge pourrait dès lors prononcer un non lieu ; il n’y aurait pas de procès aux Assises. Voici quelques extraits édifiants de ce second rapport d’expertise: «Kobili Traoré souffre d’un trouble psychotique chronique, vraisemblablement de nature schizophrénique, faisant suite à un épisode délirant aigu inaugural. Il souffre par ailleurs d’une addiction ancienne au cannabis. Il dispose encore d’une personnalité pathologique antisociale et d’une propension à la violence. Oui, son discernement était aboli. Kobili Traoré est inaccessible à une sanction pénale. (…) Nous sommes en plein accord avec le diagnostic d’état psychotique aigu et avec l’analyse qui est faite de la dimension antisémite du geste, même si nous ne pensons pas qu’elle a été déterminante dans le processus psychopathologique du passage à l’acte. Nous dirions en résumé que Monsieur Traoré était au moment des faits, du fait de la prégnance du délire, un baril de poudre. Mais que la conscience du judaïsme de Madame Attal a joué le rôle de l’étincelle».

La psychiatrisation serait-elle le nouvel outil du déni de réalité ? 

Outre qu’au cours de sa vie Kobili Traoré – qui a croisé à de nombreuses reprises l’institution judiciaire – n’a jamais été détecté comme porteur de «trouble psychotique chronique» ; outre qu’il est rarissime qu’une pathologie schizophrénique surgisse à 27 ans sans aucun antécédent clinique ; outre que l’apparition brutale de troubles délirants suite à l’usage de stupéfiants est peu probable chez un sujet qui consommait depuis des années de fortes quantités de cannabis… On pourrait penser à lire les dernières lignes que nous avons soulignées, qu’en France, aujourd’hui, être juif serait, en quelque sorte, une incitation au meurtre pour les déséquilibrés psychiatriques. Et puisque les trois experts désignent Traoré comme schizophrène, a-t-on observé une recrudescence de passage à l’acte criminel antijuif chez les centaines de milliers de personnes souffrant de schizophrénie en France? Si c’était le cas, ce serait une nouvelle expression de cette pathologie qui devrait alerter urgemment l’Académie de médecine… À moins qu’il ne s’agisse de proposer à l’opinion une réinterprétation des assassinats de Français juifs depuis 2003 par des islamistes? La psychiatrisation serait-elle le nouvel outil du déni de réalité? 

Devant ces conclusions contraires à la première expertise, les deux juges en commandent une troisième. Quatre experts devaient rendre leur conclusion en octobre 2018, elles ont finalement été reçues mi mars 2019. Interminable attente pour la famille et leurs avocats. Finalement, cette troisième expertise confirme l’avis de la précédente: Kobili Traoré était victime d’une BDA avec abolition du discernement.

Désormais, la balle est dans le camp des deux juges d’instruction. Elles peuvent rendre une ordonnance de non lieu «psychiatrique», avec un renvoi vers la chambre de l’instruction pour juger notamment des mesures de sureté à prendre à l’égard de l’assassin. Dans ce cas, la société tout entière se trouvera exposée car ses médecins affirment que Kobili Traoré va mieux, qu’il ne souffre pas de pathologie mentale chronique. Sa place ne sera donc ni en prison (irresponsabilité pénale pour abolition du discernement lors de la commission des faits), ni en hôpital psychiatrique (absence de pathologie mentale chronique). Il est à parier, que d’ici quelques mois, l’amnésie médiatique aidant, il sortira libre de l’hôpital psychiatrique où il réside actuellement, avec une simple obligation de suivi psychiatrique en ville.

Mais les juges ne sont pas tenues par les expertises judiciaires pour ordonner le non lieu. Elles peuvent aussi décider de rendre une ordonnance de mise en accusation devant la Cour d’Assises. On ne saurait ignorer la possibilité d’un acquittement si les jurés estiment que Kobili Traoré était pénalement irresponsable comme l’affirment deux expertises sur trois. Néanmoins, il y aurait un procès, des débats contradictoires. Existerait au moins un espoir que justice soit rendue à Sarah Halimi, victime d’un assassinat antisémite barbare.

Signataires : Michel Aubouin, ancien préfet ; Élisabeth Badinter, philosophe ; Georges Bensoussan, historien ; Laurent Bouvet, professeur de science politique ; Pascal Bruckner, philosophe ; Philippe d’Iribarne, sociologue ; Élisabeth de Fontenay, philosophe ; Bernard de la Villardère, journaliste ; Jacques de Saint Victor, historien ; Alain Finkielkraut, philosophe ; Martine Gozlan, journaliste ; Noémie Halioua, journaliste ; Jacques Julliard, historien ; Suzanne Julliard, professeur de lettres ; Alexandra Lagnel-Lavastine, philosophe ; Josépha Laroche, politiste ; Michel Laval, avocat ; Marcel Gauchet, philosophe ; Damien Le Guay, philosophe ; Jean-Pierre Le Goff, sociologue ; Barbara Lefebvre, essayiste ; Bérénice Levet, philosophe ; Sonia Mabrouk, journaliste ; Yves Mamou, journaliste ; Pierre Manent, philosophe ; François Margolin, réalisateur ; Lina Murr Nehmé, historienne ; Pierre Nora, historien ; Michel Onfray, philosophe ; Mona Ozouf, historienne ; Céline Pina, essayiste ; Pierre-André Taguieff, historien ; Jacques Tarnero, chercheur ; Paul Thibaud, philosophe ; Michèle Tribalat, démographe ; Monette Vacquin, psychanalyste ; Caroline Valentin, essayiste ; Jean-Pierre Winter, psychanalyste ; Michel-Gad Wolkowicz, psychanalyste.

Près de Lyon, une inquiétante école musulmane sous contrat et… sous influence

L'entrée de l'établissement à la rentrée 2009.

L’entrée de l’établissement à la rentrée 2009. – PHILIPPE MERLE / AFPSOCIÉTÉRévélations

Par Marianne

Par Ian Hamel

Nazir Hakim, président du groupe scolaire Al Kindi, situé à Décines-Charpieu, dans la métropole lyonnaise, est proche d’une organisation suédoise, The Commission for civilians protection, qui a procuré des armes à Al-Qaïda en Syrie.

Depuis 2007, date de l’ouverture d’Al Kindi à Décines-Charmieu, grosse bourgade de près de 30 000 âmes située à un coup d’accélérateur de Lyon, cet établissement scolaire privé musulman mène une vie plutôt discrète. Le collège et le lycée ont signé en 2012 un contrat d’association avec l’Éducation nationale. En revanche, l’école primaire ne bénéficie que d’un contrat simple. Certes, un ancien proviseur adjoint a posé un congé sabbatique après avoir été élu sur une liste présentée par le parti Ennahda en Tunisie. Un autre s’est porté candidat au nom du Parti égalité et justice, qui ne cache pas ses liens avec le pouvoir turc. Mais, jusqu’à nouvel ordre, il n’est pas interdit en France d’appartenir à la mouvance des Frères musulmans. Ni de faire profiter le demi-millier d’élèves d’Al Kindi des « lumières » d’Hani Ramadan, sulfureux directeur du Centre islamique de Genève et frère du non moins sulfureux Tariq, plusieurs fois mis en examen pour diverses affaires de « viol » et « viol sur personne vulnérable ». Ou encore de Nabil Ennasri, fondateur de l’Observatoire du Qatar, invité pour des conférences.

Évoquant ses activités spirituelles et citoyennes, le site d’Al Kindi nous apprend qu’en novembre 2014, « l’établissement a organisé, en collaboration avec l’ONG humanitaire CBSP, une course solidaire pour Gaza, à laquelle ont participé tous les élèves du collège et du lycée. » CBSP, c’est le Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens. Une ONG parfois soupçonnée, même si elle s’en défend, de liens financiers avec le Hamas. Malgré ce CV que d’aucuns jugeraient un peu chargé, après douze années d’existence, cet établissement privé musulman n’avait jamais attiré l’attention des autorités locales ou nationales.

DES FINANCEMENTS VENUS DU QATAR ?

Mais les quelques lignes que lui consacrent Christian Chesnot et Georges Malbrunot dans l’ouvrage Qatar papers : comment l’émirat finance l’islam de France et d’Europe (Ed. Michel Lafon), paru le 4 avril, risquent de provoquer des remous, bien au-delà de la métropole lyonnaise. Ainsi, l’association Al Kindi, à l’origine du projet du lycée du même nom, aurait perçu aux environs de 133 000 euros en mai 2008 provenant de l’Association musulmane d’Alsace (AMAL). Plus précisément, il s’agit de deux versements, l’un de 45 935 euros, le 5 février 2008, et l’autre de 87 360 euros, le 28 mars 2008. Problème : l’argent a été versé précédemment à l’AMAL par la Qatar foundation, financée par la famille régnante de l’émirat gazier, comme le révèle un document de la Direction générale de la police nationale (DGPN). Ce cheminement, pour le moins complexe, ne révélerait-il pas une volonté de dissimuler le véritable donateur ? Les sommes devaient initialement permettre l’édification d’une mosquée.

Par ailleurs la personnalité même de Nazir Hakim, fondateur et actuel président du groupe scolaire Al Kindi, ajoute aux interrogations que suscite cet étrange établissement.

Les deux auteurs de Qatar papers racontent l’avoir croisé en novembre 2012 à Marrakech, lors d’une conférence des amis de la Syrie. Nazir Hakim leur confie que « toutes les armes étaient bonnes à utiliser contre Bachar al-Assad, y compris celles du Front al-Nosra », filiale d’Al-Qaïda en Syrie. Or, les États-Unis venaient juste d’inscrire le Front al-Nosra sur la liste des organisations terroristes. Cela n’a pas empêché François Hollande de recevoir Nazir Hakim à l’Élysée, avec d’autres opposants syriens, lit-on également dans le livre de Chesnot et Malbrunot.

“NOUS SOMMES PARTOUT”

Plus perspicaces, les autorités suédoises, comme Marianne le révèle aujourd’hui, ont mis leur nez dès 2013 dans un trafic d’armes vers la Syrie via une organisation baptisée The Commission for civilians protection (CCP). Elle a été fondée par un certain Haytham Rahmeh, né à Homs, d’origine syrienne et naturalisé suédois. Il s’agit d’un ancien imam d’une mosquée de Stockholm. Les armes et munitions étaient acheminées depuis la Libye et la Bosnie et entraient en Syrie par la frontière turque. Le 1er novembre 2013, la radio nationale suédoise Sveriges Radio était en mesure d’affirmer que la CCP n’est autre qu’une émanation du Syrian national council, créé à Doha en novembre 2011, dont Nazir Hakim, né à Alep en 1950, est l’un des fondateurs. Le président du Groupe scolaire Al Kindi aurait d’ailleurs reconnu sur les ondes de la radio suédoise que son organisation comptait 2 000 combattants en Syrie et qu’elle collaborait avec des groupes djihadistes, comme le Front al-Nosra (rebaptisé depuis Jabhat Fatah al-Sham), lié à Al-Qaïda. Le plus tranquillement du monde Nazir Hakim précisait même que cette « milice » opérait à « Halab (Alep), Al-Asor (Deir ez-Zor), Latakia (Lattaquié), Hama, Homs and Damaskus (Damas). »Concluant : « Nous sommes partout. »

Étonnamment, depuis 2013, ces informations ne semblent jamais être parvenues aux oreilles de la lutte antiterroriste française. Les services suédois n’ont, il est vrai, apparemment pas conduit des investigations très poussées pour en apprendre un peu plus. Pourtant Haytham Rahmeh, citoyen suédois, aurait pu être au minimum poursuivi pour avoir fait commerce de matériel militaire sans autorisation…

UN MATRICULE PAS BANAL

Quant à Nazir Hakim, il n’a jamais fait mystère de ses liens avec les Frères musulmans. Dans un portrait publié sur le site de la Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution syrienne, on apprend qu’il a rejoint le mouvement politique islamique en Syrie et a été contraint de quitter le pays en 1976 pour échapper au régime, en raison de son « activité dissidente ». Il serait titulaire de trois doctorats en informatique et en microélectronique, obtenus en France. D’autre part, Nazir Hakim affirme avoir « enseigné dans les universités françaises ».

Ce matricule pas banal avait tout de même attiré l’attention d’Alain Morvan, spécialiste de la littérature anglaise et ancien recteur de l’académie de Lyon. Pour s’être publiquement opposé à la création du groupe scolaire Al Kindi, qualifiant d’« intégristes » les porteurs du projet, le fonctionnaire a été débarqué sans ménagement en mars 2007 par Gilles de Robien, alors ministre de l’Éducation nationale. Accusé de « manquements multiples à l’obligation de réserve », l’ancien recteur a réglé ses comptes dans un livre intitulé L’Honneur et les honneurs. Souvenirs d’un recteur « kärcherisé » (Ed. Grasset). Selon Morvan, Nicolas Sarkozy aurait pareillement exercé des pressions pour que l’ancien recteur de Lyon assouplisse son attitude… Quant à Nazir Hakim, alors vice-président de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) – proche, elle aussi, des Frères musulmans – il organisait des manifestations sous les fenêtres du rectorat de Lyon aux cris de « Morvan taliban ! » Contacté le mercredi 3 avril, le président du Centre scolaire Al Kindi n’a pas répondu à notre appel.

Au procès du frère Merah, un témoin raconte « l’insoutenable » à l’école juive

Par AFPAujourd’hui, 17:29  0

Jonathan, 17 ans au moment des faits, a raconté la douleur “de ce 19 mars 2012, devant la cour d’assises spéciale de Paris, au procès d’Abdelkader Merah

Par AFP

Des policiers devant l'école Ozar Hatorah, à Toulouse, le 19 mars 2012. (Crédit : AFP/Archives Remy Gabalda)

Des policiers devant l’école Ozar Hatorah, à Toulouse, le 19 mars 2012. (Crédit : AFP/Archives Remy Gabalda)

C’était le moment de la prière des morts (le Kadish) quand Mohamed Merah a surgi et tué un enseignant et trois enfants de l’école Ozar Hatorah de Toulouse : Jonathan, alors 17 ans, a raconté lundi la douleur « insoutenable » de ce 19 mars 2012, devant la cour d’assises spéciale de Paris.

Il ne regarde pas Abdelkader Merah, le frère du tueur, rejugé après avoir été condamné à 20 ans de réclusion en première instance pour association de malfaiteurs terroriste mais acquitté du chef de « complicité ».

Elève avocat, le jeune homme surmonte sa peine pour tâcher d’être précis, relater en détail ces 36 secondes d’horreur et les heures interminables où les élèves restèrent confinés au réfectoire, pendant que les médecins légistes travaillaient dans la cour.!

Ce jour-là, il est dans la synagogue de l’école quand il entend les premiers coups de feu. « Des pétards », pense-t-il. Mohamed Merah vient de tuer Jonathan Sandler, professeur de religion, 30 ans, et ses deux fils, Arié et Gabriel, 5 et 3 ans. Se penchant à la fenêtre, il voit « une personne casquée entrer dans l’école » qu’il imagine être « un coursier ».

Les tirs reprennent. Brian, comme les autres enfants, s’est rué dans l’école pour se mettre à l’abri. Dans la cour, le tueur a fait feu sur Myriam, revenue chercher son cartable. Puis il rattrape Gabriel, qu’il achève d’une balle dans la tête.

Brian peine à prononcer le prénom de Myriam, dit le plus souvent « la fille du directeur ». Il garde de cet instant le souvenir de la douleur et une cicatrice de 30 cm. Tout le reste est plus flou, mais il a tenu à venir : « c’est une étape de mon rétablissement ».

Jonathan Sandler, shot to death Monday in Toulouse, France, pictured with his two slain sons and with his wife (who was not hurt in the attack). (photo credit: via Facebook)

Jonathan Sandler, avec ses deux fils assassinés par Mohammed Merah à Toulouse en mars 2012, et son épouse, qui n’a pas été blessée physiquement dans l’attaque. (Crédit : Facebook)

Les tirs reprennent. Dans la cour, le tueur a fait feu sur Myriam Monsonégo, 8 ans, la fille du directeur d’école, revenue chercher son cartable.

La conseillère pédagogique fait irruption dans la synagogue et crie « Il y a un tireur dans l’école ! » Jonathan répète le message au directeur. « Ses yeux s’écarquillent, il court. Dehors, il tombe sur sa fille ».

Dans cette « toute petite école », 200 élèves de la 6e à la terminale, tout le monde se connaît. Comme une « famille ». Jonathan a déjà gardé Myriam, une gamine discrète, qui se cachait dans sa chambre sauf quand il « se mettait au piano ». Il a aussi gardé Arié et Gabriel, des petits joyeux.

Dans la panique qui croît, les élèves cherchent un réconfort. « J’ai 17 ans, les plus petits viennent vers moi, me prennent les mains, les bras. » Ils vont être conduits au réfectoire, où il seront confinés de 8H00 à 11H00.

« Moment de folie »

Reproduction photo of 8-year-old Miriam Monsonego (Flash90/JTA)

Reproduction photo of 8-year-old Miriam Monsonego (Flash90/JTA)

« Il y a 50 ou 60 gamins qui hurlent, pleurent, tapent du poing contre les murs. Un gamin de 13 ans hurle à se griffer le visage, jusqu’à s’en arracher les vêtements. Il crie ‘Myriam est morte, Myriam est morte !’. C’est quelque chose qu’on n’est pas censé vivre », dit le jeune homme.

« C’est tellement insoutenable que j’ai un moment de folie. C’est trop dur. Je sors, je cours vers la sortie. Je tombe. Il y avait du sang partout, je vois le cartable de Myriam plein de sang. Même les médecins avaient l’air choqués », poursuit-il.

Sept ans plus tard, « la vie reprend ses droits » mais il y pense « tout le temps ». « Il n’y a rien ni personne qui pourrait réparer ça ». Il dit sobrement « la peur » des survivants, ceux qui ne vont plus jamais au cinéma ou en terrasse, ceux qui sont venus témoigner et ceux qui n’ont pas eu la force.

Futur avocat, il a « totalement conscience du droit de la défense à un procès équitable », et il espère que les preuves permettront de « retenir la complicité » d’Abdelkader Merah. « J’ai du mal à vivre avec l’idée que peut-être il est complice et que peut-être il ne sera pas condamné pour ça. »

Les portraits des sept victimes – Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouad, Gabriel Sandler, Aryeh Sandler, Myriam Monsonégo et Jonathan Sandler – de Mohamed Merah pendant une cérémonie de commémoration organisée par le CRIF à Toulouse, le 19 mars 2014. (Crédit : Rémy Gabalda/AFP)

Le matin de ce 19 mars, le jihadiste s’était caché dans une résidence pour tuer deux autres militaires, qu’il n’est pas parvenu à approcher. Furieux, il avait alors tourné en scooter dans les rues et s’était retrouvé devant l’école juive, avait-il lui-même expliqué aux enquêteurs avant d’être abattu par la police.

Sans prononcer le nom d’Abdelkader, Samuel Sandler, qui a perdu un fils et deux petits-enfants, avait peu avant cité Albert Camus : « On ne pense pas mal parce qu’on est meurtrier. On est meurtrier parce qu’on pense mal. C’est ainsi qu’on peut être meurtrier sans jamais tuer apparemment ».

Cette journée du 19 mars clôt la déambulation sanglante de Mohamed Merah, qui avait déjà tué trois militaires – Imad Ibn Ziaten, 30 ans, Abel Chennouf, 25 ans, et Mohamed Legouad, 23 ans – les 11 et 15 mars.

Le verdict est attendu le 18 avril.

“Je voulais tuer un Juif ” : un homme agresse violemment un habitant de Bourdon au couteau

Vendredi 5 avril, un habitant de Bourdon agresse violemment un voisin parec qu'il voulait "tuer un Juif" / © FTV
Vendredi 5 avril, un habitant de Bourdon agresse violemment un voisin parec qu’il voulait “tuer un Juif” / © FTV

Vendredi 5 avril, à Bourdon dans la Somme, un homme a violemment agressé au couteau un habitant de ce village situé entre Abbeville et Amiens. Il a été mis en examen pour tentative de meurtre en raison de la race ou de l’éthnie : il aurait justifié son geste par sa volonté de “tuer un Juif”.

Par Jennifer AlbertsPublié le 08/04/2019 à 12:04
Les faits se sont déroulés vendredi 5 avril à Bourdon dans la Somme, un village situé entre Abbeville et Amiens. Vers 15h, un homme s’introduit chez un de ses voisins. Il se retrouve face à face avec deux personnes dont le propriétaire des lieux. Celui-ci lui demande ce qu’il vient faire chez lui.

8 coups de couteau

L’intrus se jette alors sur lui et le frappe violemment de plusieurs coups de couteau : 8 au total, à l’abdomen et au visage.

La deuxième personne qui se trouvait chez la victime maîtrise alors l’agresseur en le frappant à la tête.

Sur place, les secours découvrent deux blessés. L’agressé, gravement touché au foie et à la face, est transporté en urgence absolue au CHU d’Amiens. Il est opéré dans les heures qui suivent. Le lendemain, son état de santé ne présentait plus d’inquiétudes. Et l’agresseur qui a pris plusieurs coups sur le crâne et sur une de ses mains. Il sera hospitalisé sous le régime de la garde à vue.

Le suspect n’a pas encore été entendu

L’enquête est confiée à la brigade de recherche d’Amiens. Une enquête qui va prendre un tournant inattendu au vu des premiers témoignages recueillis par les policiers. Plusieurs témoins leur auraient confié que l’agresseur aurait justifié son geste en disant qu’il voulait “tuer un Juif”. Un élément suffisamment prégnant dans la procédure pour que le parquet d’Amiens le retienne pour la qualification des faits.

Car le suspect, inconnu des services de justice et de police, n’a pour l’heure pas encore pu être entendu par le juge d’instruction désormais en charge du dossier. Et cela en raison de son état de santé. Il n’a donc pas pu donner sa version des faits ni confirmer ou infirmer le mobile de son geste. “Il était dans un tel état au moment de sa mise en examen qu’il n’a pas pu comprendre les chefs d’accusation retenus, explique Stéphane Diboundje, son avocat. Il n’a même pas pu signer plusieurs documents. Il y a pas mal d’irrégularités de procédure. C’est pour cette raison que je vais saisir la chambre d’instruction et également faire appel de sa détention provisoire.”


Tentative d’évasion

Son client a été écroué à la prison d’Amiens sous un régime médical et sera entendu “quand son état de santé le permettra”, précise le Parquet. Il doit subir une opération à la main ce lundi.

Le jeune homme de 18 ans, sans emploi, est malgré tout mis en examen pour tentative de meurtre en raison de la race ou de l’éthnie. Car d’autres chefs d’accusation vont s’ajouter.

Alors hospitalisé, le suspect aurait essayé de s’évader du CHU et blessé dans sa tentative de fuite deux des gendarmes qui le surveillaient. L’un d’eux a eu une ITT d’une journée. Il est dès lors mis également en examen pour tentative d’évasion et violences volontaires sur gendarmes. Des analyses toxicologiques et d’alcoolémie sont en cours. Une autre, psychiatrique, devrait également être pratiquée.

La victime a été instituteur à la Chaussée-Tirancourt et directeur de l’école primaire de Flixecourt. Toujours hospitalisé, ce père de famille de 58 ans va mieux.

France 3 Hauts de France

Sarah Halimi, un crime sans responsable?

Une nouvelle expertise psychiatrique a conclu à l'”irresponsabilité pénale” du tueur présumé

parOudy Ch. Bloch – Causeur.fr

Rassemblement contre l’antisémitisme à Paris, février 2019. ©LAURE BOYER / HANS LUCAS 

Deux ans après le massacre de Sarah Halimi dans son appartement parisien, la perspective d’un procès s’éloigne. Une troisième expertise psychiatrique du tueur présumé, Kobili Traoré, a conclu à son « irresponsabilité pénale ». 


Deux ans.ADVERTISING

Il y a deux ans, presque jour pour jour, Sarah Halimi mourait sous les coups de poings acharnés de son agresseur, celui-ci alternant insultes, sourates du Coran, cris d’ « Allahou Akbar » et de « Sheitan ».

Sarah Halimi, deux ans de combat

Deux ans de combat. Pour tenter d’obtenir la reconnaissance de la préméditation, des actes de torture et de barbarie, une reconstitution. Vaines tentatives, toutes les demandes d’actes ayant été rejetées par la juge d’instruction.

Il aura fallu attendre dix mois à compter de ces faits ignobles pour que la circonstance aggravante d’antisémitisme soit enfin retenue.A

Deux ans et trois expertises judiciaires dont deux penchent désespérément vers l’abolition du discernement, alors que la première avait seulement estimé qu’il était altéré. Une abolition provoquée, nous dit-on, par l’usage abusif de cannabis. Deux ans après les faits, sur les seules déclarations du tueur présumé Kobili Traoré, deux collèges d’experts concluent à la démence de ce dernier pendant les 20 minutes de torture qu’il a fait subir à Sarah Halimi. Pas de démence avant, pas non plus après.

Qui est irresponsable ?

Peu importe que Kobili Traoré ait eu suffisamment conscience de la présence du chandelier et de la Torah dans l’appartement de Mme Halimi ce qui aurait accentué son agressivité.

Peu importe que Kobili Traoré ait eu suffisamment conscience de la présence des policiers dans la cour de l’immeuble pour leur hurler qu’une femme venait de se suicider après avoir défenestré sa victime encore vivante.A

Peu importe que Kobili Traoré ait vécu plus de vingt ans un étage en dessous de l’appartement de Mme Halimi et savait, comme tous ses voisins, qu’elle était juive pratiquante.

Peu importe que Kobili Traoré ait prétendument décidé de fumer du cannabis toute la journée précédant le meurtre alors qu’il avait parfaitement conscience de l’effet de la drogue sur son organisme – pour en consommer à haute dose depuis l’âge de seize ans. Mais dès lors, eut-il subi une bouffée délirante aigüe causée par une surdose cannabinique intentionnelle, ne reste-t-il pas néanmoins responsable de ses actes pour s’être mis délibérément dans cet état ?

In memoriam Sarah Halimi

Alors que la consommation volontaire d’alcool est une circonstance aggravante dans tous les délits, se pourrait-il que l’intoxication volontaire au cannabis soit désormais considérée comme une circonstance atténuante dans les procès criminels ?

Et les terroristes sous drogue qui commettent des attentats seront-ils considérés comme irresponsables pénalement ?

Dément, Kobili Traoré ne serait pas pénalement responsable. Mais en l’absence de pathologie mentale chronique, il ne serait pas non plus hospitalisable d’office à long terme.A

Deux ans et un procès aux assises qui semble s’éloigner.

Que fera-t-on de Kobili Traoré ?

Que fera-t-on pour la mémoire de Sarah Halimi ?

Que fera-t-on pour que justice soit rendue ?

Le BNVCA vous appelle à venir nombreux pour assister à l’office religieux à la mémoire de Madame Mireille Knoll lâchement assassinée

Chère famille et amis, 

Daniel et Allan Knoll  vous prient d’être à leurs côtés jeudi 11 avril au soir à la synagogue de la place des Vosges à 18:45 pour assister à  l’office religieux qui sera  donné pour leur regrettée maman,  MIREILLE KNOLL .

Le vendredi 12 avril, au cimetière de Bagneux, nous poserons  la pierre tombale.

Les horaires vous seront communiqués.

Nous et nos enfants vous embrassons

Allan et Daniel

Khalkhin-Gol, 1939 : la guerre oubliée qui a fait basculer le monde


Pendant cinq mois, les Russes et les Japonais s’affrontent en Mongolie. Ce sont les Russes qui l’emportent… 

PAR MICHEL GURFINKIEL.

Une « guerre oubliée » s’est déroulée de mai à août 1939 le long du Khalkhin-Gol, une rivière de quelque deux cents kilomètres qui serpente au milieu de la steppe glaciaire d’Extrême-Orient. Non pas entre les Chinois et les Mongols, ennemis héréditaires depuis trois mille ans, mais entre les deux puissances qui les ont supplantés : les Russes, venus d’Europe au XVIIe siècle, et les Japonais, européanisés depuis le XIXe siècle. Ce conflit s’achève au moment précis où commence la Seconde Guerre mondiale. Ce n’est pas un hasard.

Entrés en Sibérie en 1582, les Russes ont atteint l’océan Pacifique en 1647. Quelques années plus tard, ils sont en contact avec Mandchous, un peuple nomade apparenté aux Mongols, qui vient de conquérir la Chine et d’y fonder la dynastie Qing. Le traité de Nertchinsk, en 1689, place la frontière entre les deux Empires au nord du fleuve Amour : dans une sorte de no man’s land. Mais au XIXe siècle, les Russes ont bénéficié, comme tous les Européens, d’une révolution technologique, et donc militaire, tandis que la Chine s’est endormie sur ses traditions. Le traité de Pékin, en 1860, consacre un nouveau rapport de forces : la frontière suivra désormais le lit de l’Amour jusqu’à Khabarovsk, puis descendra jusqu’aux confins de la Corée, six cents kilomètres plus au sud. Les Russes y fondent un port moderne, libre de glaces tout au long de l’année. Ils le baptisent Vladivostok : « Dominateur de l’Orient ».

Le mouvement s’accélère avec l’avènement de Nicolas II, en 1893. La Russie obtient de prolonger le transsibérien par une ligne transmandchourienne, qui relie Tchita à Vladivostok en passant par Harbin, puis par d’autres lignes allant jusqu’à Pékin, Séoul ou encore Port-Arthur, une base navale dont elle a pris le contrôle.

Le Japon somnolait, comme la Chine. Il se réveille brusquement en 1868, avec la « Révolution Meiji », qui construit un pays de type occidental en moins de trente ans. En 1894, le nouveau Japon écrase la Chine. En 1900, il participe, aux côtés des Occidentaux, à l’occupation de Pékin. Mais pourrait-il tenir face à la Russie, si celle-ci s’installait durablement en Mandchourie et même en Corée ? Mieux vaut prendre les devants : en 1904, les Japonais lancent une attaque surprise sur Port-Arthur, assiègent la ville, obtiennent sa reddition ; ils progressent ensuite en Mandchourie, du sud au nord. La Russie décide de contre-attaquer en frappant le Japon lui-même par la mer : la flotte de la Baltique fait le tour de l’Europe, de l’Afrique et de l’Asie, et s’approche enfin de la mer du Japon – pour y être détruite en quelques heures, les 27 et 28 mai 1905, par la flotte japonaise, dans le détroit de Tsushima. Le traité de Portsmouth, fruit d’une médiation américaine, attribue aux Japonais la moitié sud de l’île de Sakhaline, Formose, Port-Arthur, une position dominante en Corée, et contraint les Russes à renoncer à la Mandchourie.

Pendant les trente années suivantes, par delà la conversion de la Russie au communisme, les deux Etats veillent à ne plus entrer en conflit. L’anarchie qui règne en Chine après la chute du pouvoir impérial, en 1911, est fort utile à cet égard : l’ancienne province chinoise de Mongolie-Extérieure, nominalement indépendante, devient un glacis soviétique en 1924, la République populaire de Mongolie ; la Mandchourie, rebaptisée Empire du Mandchoukouo en 1932, un glacis japonais. Mais celui-ci se développe beaucoup plus vite que celle-là. Le Mandchoukouo compte 30 millions d’habitants en 1934, et les Japonais y ont créé d’importantes industries. La Mongolie, avec 700 000 habitants seulement, ne dispose que d’une économie archaïque, mis à part quelques mines exploitées par les Soviétiques.

Certains militaires japonais, notamment ceux de l’armée du Guandong, qui occupe la Mandchourie et la Chine du Nord et a pris l’habitude d’agir sans en référer au gouvernement impérial, commencent à rêver à une conquête de l’Extrême-Orient russe. Un événement imprévu et rocambolesque précipite les choses. Le 13 juin 1938, le chef du NKVD – la police politique soviétique – pour l’Extrême-Orient, le général Genrikh Lioushkov, se réfugie au Mandchoukouo avec une valise emplie de documents secrets. Il a en effet appris qu’il serait bientôt « liquidé ». Le débriefing auquel il se soumet convainc les services secrets japonais que l’URSS a été totalement désorganisée par les purges staliniennes. Et que l’Armée rouge n’est plus opérationnelle.

Quelques semaines plus tard, en août 1938, l’armée du Guandong lance un raid dans une zone frontalière, au sud de Vladivostok, pour éprouver les positions soviétiques. En fait, celles-ci tiennent bon. D’où l’idée d’une autre tentative, dans une direction opposée : le long du Khalkhin-Gol, qui sert de frontière entre la Mongolie et le Mandchoukouo. Une zone quasi désertique, très éloignée de l’URSS proprement dite. Si l’opération réussit, les Japonais pourront s’emparer de la Mongolie et menacer la Sibérie orientale. Si elle échoue, ils prétendront que ce n’est qu’un incident de frontière entre les deux Etats « souverains », et que ni Tokyo, ni Moscou ne sont concernés.

L’armée du Guandong lance son offensive le 14 mai 1939, sans prévenir l’état-major impérial. Mais Staline s’attendait à une opération de ce type. Il a considérablement renforcé l’armée d’Extrême-Orient et nommé à sa tête un général de quarante-trois ans, épargné par les purges : Georgy Joukov, un cavalier, ancien sous-officier de l’armée impériale, qui a gravi tous les échelons sous le nouveau régime. Sa mission n’est pas seulement de repousser les Japonais mais aussi d’expérimenter un nouveau concept stratégique, fondé sur l’emploi massif des forces motorisées et de l’aviation. Elaborées par le maréchal Mikhaïl Toukhatchevski, une victime des purges de 1937, ces méthodes ressemblent beaucoup au Blitzkrieg que prépare la Wehrmacht allemande. Avec une différence majeure : elles attachent autant d’importance à la défensive qu’à l’offensive.

Alors qu’ils progressent en territoire mongol, les Japonais sont soudain confrontés aux forces de Joukov : une armée entièrement motorisée (500 chars et 400 automitrailleuses), appuyée par l’aviation. Ils tentent de réagir en bombardant des positions de l’Armée rouge en URSS : Tokyo s’y oppose. Joukov opère à près de 800 kilomètres de ses bases sibériennes, mais une noria de 2600 camions le ravitaille constamment en matériels et en troupes fraiches. Les unités japonaises, plus proche de leurs propres bases, n’ont pas prévu un ravitaillement analogue. Elles sont laminées.

Le 23 juillet 1939, les Japonais tentent de mener une contre-offensive. Nouvel échec. Début août, Joukov les leurre en leur permettant de repousser successivement trois assauts soviétiques : ses pertes sont élevées, mais il peut reconnaître le dispositif ennemi et surtout persuader les commandants japonais de ne pas battre en retraite. Ce qui lui permet, le 20 août, de donner le coup de grâce, en déployant trois divisions blindées, deux divisions mécanisées, 4000 camions de ravitaillement, 550 avions. Les Japonais sont encerclés le 25 août, anéantis le 31 août.

Première conséquence de cette bataille : le Japon décide de renoncer à toute nouvelle confrontation avec l’URSS, vidant ainsi de toute substance le pacte de défense mutuelle (dit « anti-Komintern ») qu’il avait conclu en 1936 avec l’Allemagne national-socialiste. En avril 1941, il signe même un pacte de non-agression avec son voisin du nord. Les deux parties s’y tiendront scrupuleusement jusqu’en août 1945 : Tokyo n’ouvre pas de second front en juin 1941, quand l’Allemagne envahit la Russie. Ni en décembre 1941, quand Hitler déclare la guerre aux Etats-Unis.

Deuxième conséquence : la défaite du Khalkhin-Gol fait perdre la face à l’armée du Guandong et favorise la Marine, sa principale rivale au sein de l’état-major impérial. A la conquête de la Sibérie, celle-ci préfère l’occupation des colonies occidentales d’Asie du Sud-Est, même au prix d’une guerre avec les Etats-Unis. Le compte à rebours vers Pearl Harbor commence.

Troisième conséquence : la guerre du Khalkhin-Gol se déroule au moment où Staline et Hitler négocient leur propre pacte de non-agression et le partage de l’Europe orientale. Leurs accords sont signés le 23 août, alors que les Japonais s’effondrent. Staline se sent suffisamment fort. Hitler admet que, provisoirement, il ne peut mener une guerre sur deux fronts.

Quatrième et ultime conséquence : le Khalkhin-Gol a servi de laboratoire à une nouvelle Armée rouge. Celle-ci n’est pas encore pleinement déployée en 1941, lors de l’attaque allemande : Staline croyait disposer d’un répit de deux années supplémentaires au moins. Mais ce sont les unités d’élite d’Extrême-Orient qui sauvent Moscou en décembre 1941. Et c’est Joukov, le vainqueur de Mongolie, qui est nommé chef de l’état-major général en 1941, et qui conquiert Berlin en 1945.

© Michel Gurfinkiel & Valeurs Actuelles, 2019

Fondateur et président du Colloquium Jean Bodin, Michel Gurfinkiel est Ginsberg-Ingerman Fellow au Middle East Forum.

Des tags antisémites et racistes ont été découverts sur des commerces à Lyon

Des inscriptions racistes et antisémites ont été taguées sur des commerces à Lyon. Le Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation se trouve dans la même rue.

Lyon croix gammées

Acte antisémite et raciste à Lyon

Ce sont de nouveaux actes antisémites et racistes que connait la France. Une vingtaine d’inscriptions ont été taguées sur des commerces et un cabinet d’infirmier dans le 7ème arrondissement de Lyon. Des croix gammées et des insultes racistes faites à la peinture orange ont été retrouvées dans l’avenue Berthelot. Inscrites dans la nuit de jeudi à vendredi, les autorités ont “unanimement condamné ces actes odieux, d’autant plus dans une ville comme Lyon qui fut le théâtre de la Résistance” , a rapporté le service de presse de la préfecture.

La ministre de la santé Agnès Buzin, en visite à Lyon, s’est rendue sur les lieux ce matin, accompagnée du préfet du Rhône Pascal Mailhos et du maire de la ville Gérard Collomb. Le président de la Métropole David Kimelfeld a posté sur Twitter son dégout en exprimant avoir “de la nausée à la colère” . “La Ville de Lyon et la mairie du 7e arrondissement font le nécessaire pour que ces horreurs soient effacées rapidement. Les coupables devront être traduits devant la justice” , écrit-il. Il insiste également sur le fait que ces inscriptions avaient été taguées sur l’avenue où se trouve le Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation. Ces inscriptions sont d’autant plus prises au sérieux car le Centre commémore demain la rafle des enfants d’Izieu.

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David Kimelfeld@DavidKimelfeld

De la nausée à la colère. Des tags infâmes ont été découverts ce matin avenue Berthelot à #Lyon : SS, croix gammées, “arabes”, “negro”… Avenue qui accueille le centre d’histoire de la résistance et de la déportation.

Un acte odieux

Ces mots ne sont pas anodins, ils s’inscrivent dans un contexte de multiplication des actes et propos racistes” , exprime l’association SOS Racisme dans un communiqué remis au HuffPost. ”Ces tags à Lyon visent à la fois les arabes, les noirs, et font l’apologie du nazisme. SOS Racisme se tient aux côtés des personnes visées, en solidarité des commerçants et habitants indignés qui ont découvert ces inscriptions macabres” , conclut l’association.

Vidéo intégrée

Agnès Buzyn@agnesbuzyn

Arrivée devant les croix gammées et les insultes racistes taguées avenue Berthelot à Lyon, tout près du Centre National d’Histoire de la Résistance et de la Déportation. @CHRDLyon

Révoltant, insupportable. #ÇaSuffit35212:20 – 5 avr. 2019 · Lyon, France

Zineb El Rhazoui : « Si on applique les textes islamiques, cela donne un totalitarisme absolu et liberticide »

GRAND ENTRETIEN 1/2. L’ex-journaliste de « Charlie Hebdo » évoque sa famille, son athéisme, le 7 janvier 2015 et ce qu’elle nomme le « fascisme islamique ».

Propos recueillis par Thomas Mahler | Le Point 


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Confessions. « Je me suis revendiquée athée à l’adolescence, vers l’âge de 15 ans », se souvient Zineb El Rhazoui.

Le Point : En décembre, vous avez reçu de nouvelles menaces de mort pour avoir déclaré que « l’islam doit se soumettre à la critique ». Où en êtes-vous côté sécurité ?

Zineb El Rhazoui : C’est cyclique. Ces tempêtes de menaces de mort s’accompagnent aussi d’énormément de messages de soutien, qui proviennent de l’ensemble du spectre politique français, de la gauche, voire de l’extrême gauche (la cellule JR Hébert du 18 e arrondissement, qui se revendiquait comme l’aile laïque de La France insoumise avant d’en être exclue pour les mêmes raisons), à la droite souverainiste. Cela démontre que c’est une question républicaine qui transcende les partis politiques. Ce qui est très difficile à vivre, ce n’est pas tant les menaces que l’impunité. Alors que je peux parfois recevoir des centaines de menaces par jour sur les réseaux sociaux, il faudrait pour chaque menace faire un constat d’huissier à plusieurs centaines d’euros et saisir un avocat. C’est très difficile financièrement de poursuivre ces gens et donc de faire valoir ses droits. J’ai récemment redéposé plainte, mais pour l’instant ça n’a abouti à rien. Est-ce à la police qu’il faut le reprocher ? A la justice ? Aux plateformes comme Facebook ou Twitter, qui rechignent à faire le ménage ? Ou simplement à l’absence de volonté politique de retrouver les auteurs ? L’impunité mène à la banalisation, puis à la normalisation.

Votre première fatwa date de 2009. S’habitue-t-on aux menaces de mort ?

En 2009, la ligue Mohammedia des oulémas du Maroc a, à la suite du pique-nique que nous avions organisé pendant le ramadan avec le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali), fait un communiqué qui me désignait nommément comme chef de file de ce mouvement hérétique et qui dénonçait un acte odieux défiant les enseignements d’Allah et du Prophète, donc méritant un châtiment exemplaire. Vous vous rendez compte ? Parce que nous voulions manger pendant le ramadan ! Pour moi, une fatwa, c’est un galon d’honneur. La première, j’avais envie de l’imprimer et de l’accrocher dans mon salon. Quand les plus hautes juridictions islamiques commencent à vous désigner comme une personne à abattre, cela veut dire que vous avez mis le doigt là où ça fait mal. Mais bien sûr qu’on ne s’habitue jamais aux menaces de mort, comme on ne s’habitue pas à vivre sous surveillance. On l’intègre comme une donnée du quotidien, mais il ne faut pas s’y habituer, car ce serait normaliser quelque chose de fondamentalement inacceptable.

Comme beaucoup d’athées de culture musulmane, vous insistez sur le fait que islam n’est pas « religion de paix et d’amour ». C’est peut-être ce qui choque le plus, même chez les non-musulmans, non ?

Connaissez-vous une religion inventée il y a des dizaines de siècles que l’on peut vraiment présenter comme telle selon nos normes contemporaines ? N’importe quelle société appliquant une religion à la lettre, même le christianisme, ne sera guère exemplaire en matière d’acceptation de l’homosexualité, de contraception, de divorce… Je ne comprends pas pourquoi les musulmans tiennent absolument à ce qu’on considère leur religion comme étant de paix et d’amour, alors qu’ils censurent toute tentative de critique rationnelle de leur dogme. Les textes islamiques sont des textes misogynes. Ils autorisent explicitement la polygamie et l’esclavage, incitent à la barbarie, comme dans la 8e sourate du Coran), verset 12 : « Je jetterai la terreur dans le cœur de ceux qui ont mécru. Vous pouvez les frapper au-dessus du cou et les frapper sur chaque doigt. » Aujourd’hui, ce que l’islam exige de ses ouailles, que ce soit dans les pays où il est religion d’Etat ou à travers la mainmise communautariste de ses représentants autoproclamés en Occident, c’est quand même l’application d’un totalitarisme se considérant comme supérieur aux droits humains. Ce qui ne veut pas dire que l’essentiel des musulmans ne sont pas des gens pacifiques, mais ils le sont parce que leur humanité prévaut sur l’application à la lettre de leurs textes sacrés. Affirmer que l’islam est une « religion de paix et d’amour », c’est mentir, car l’islam s’est largement répandu par le sabre, qui figure sur le drapeau du royaume d’Arabie saoudite, celui de la République islamique d’Iran(verticalement), sur celui des Frères musulmans, celui des Talibans pakistanais ou encore celui du Front Moro philippin. Aujourd’hui encore, dans les théocraties islamiques, la foi n’est pas une option, elle est imposée par la coercition.

Courage. Zineb El Rhazoui, en mars. « Ceux qui se taisent lorsqu’il s’agit de dénoncer une injustice mettent en danger ceux qui parlent. »

Vous refusez aussi la distinction entre islam et islamisme. Pourquoi ?

Je fais déjà une distinction entre Islam et islam. L’islam avec un petit « i », c’est la religion musulmane, les textes coraniques, la sîra, la sunna, l’exégèse… L’Islam avec un grand « i », c’est la civilisation islamique qui recouvre d’autres réalités : le droit coutumier, des cultures poétiques, musicales ou culinaires, une Histoire qui n’est pas forcément islamique mais qui est aussi païenne, juive, chrétienne, zoroastrienne… L’islamisme est le courant politique qui croit que l’islam doit intervenir dans la cité. L’application stricto sensu de l’islam avec un petit « i », c’est bien l’islamisme. Il n’y a pas de séparation entre la spiritualité et la notion d’oumma, la nation islamique. L’islam est d’ailleurs une orthopraxie : le bon musulman, selon l’islam, est celui qui accomplit scrupuleusement les rituels religieux : les cinq prières, le ramadan, le pèlerinage à La Mecque, où certaines sunnas, comme le sacrifice du mouton, ou la omra (pèlerinage facultatif). La foi doit se voir dans la façon de vivre. Si on applique les textes, cela donne un totalitarisme absolu et liberticide. Mais cet islamisme peut bien sûr avoir des degrés divers. Cela va de l’islamisme « fréro-salafiste » de l’UOIF, qui affirme hypocritement être pacifique, voire compatible avec la société moderne, jusqu’à l’islamisme de Daech, qui a la prétention de singer dans les moindres détails la société primitive du Prophète et de ses compagnons, tout en utilisant des kalachnikovs et des smartphones fabriqués par les mécréants.

Mais est-ce vraiment nécessaire, comme vous le faisiez dans votre dernier livre, de parler de « fascisme islamique », lorsque l’on sait que le fascisme est un phénomène historique du XXe siècle ?

Mais l’islamisme est un phénomène du XXe siècle, précisément né dans les années 1930, d’ailleurs ! C’est non seulement nécessaire, mais salutaire d’identifier cette idéologie mortifère comme étant un fascisme, parce qu’elle n’a jamais été autre chose. La quasi-totalité des organisations ou régimes islamistes qui existent aujourd’hui sont sortis de la matrice de la secte des Frères musulmans, cette mouvance créée par Hassan el-Banna, le grand-père de Tariq Ramadan, en Egypte, en 1928, à l’époque où les idéologies fascistes avaient le vent en poupe dans le monde et notamment en Europe. Hassan el-Banna n’a d’ailleurs jamais caché sa grande admiration pour Hitler. Par ailleurs, la simple observation de ce qu’est l’islamisme en 2019 nous permet de constater qu’il ne s’agit pas là d’une spiritualité individuelle, mais plutôt d’un bloc identitaire qui possède nombre des caractéristiques méthodologiques des fascismes. D’abord, il y a la vénération aveugle, la quasi-déification du leader éternel, le prophète Mahomet, qui quinze siècles après sa mort continue à tuer. On a vu ce qu’il est arrivé aux derniers qui ont essayé d’ironiser sur sa figure – ce sont mes collègues de Charlie Hebdo. Comme dans tous les fascismes, l’islamisme possède également des bras armés, des milices qui tuent au nom de cette idéologie. Il y aussi cette aversion profonde pour les intellectuels et les arts : lorsque les partis islamistes comme le Parti de la justice et du développement (PJD) marocain accèdent au pouvoir, ils commencent à parler d’« art propre », avec cette notion d’art pur et impur. Comme dans les fascismes, on constate un sexisme répressif envers les femmes et les homosexuels. L’Etat islamique a jeté les homosexuels des bâtiments les plus hauts et, même dans les théocraties islamiques se disant « light » comme le Maroc, l’homosexualité est punie de prison. Et a-t-on dans l’histoire de l’humanité connu un sexisme plus oppressif que cette idéologie souhaitant quasiment faire disparaître le corps des femmes du paysage public ? Comme les fascismes, qui sont expansionnistes, l’islamisme a clairement une logique impérialiste : par le djihad ou par le prosélytisme politique, il faut étendre cette foi partout. Le monde selon cette idéologie se divise en deux : Dar al-Islam, « la maison de l’islam », et « Dar al-Harb, « la maison de la guerre ». Il y a également un uniforme : pour les hommes, la barbe ou le qamis ; pour les femmes, toutes les gradations du voile. Cet uniforme sert d’outil de marquage visuel pour identifier les adhérents et non-adhérents à l’idéologie, comme cela s’est fait dans d’autres fascismes. Et puis les fascismes, avant l’accession au pouvoir, prétendent apporter des réformes sociales, s’adresser aux plus faibles. Mais une fois au pouvoir, ils appliquent un libéralisme effréné. On voit bien dans des pays comme l’Arabie saoudite ou le Qatar que les droits des travailleurs ne sont absolument pas respectés et qu’il n’y a pas beaucoup de place pour les revendications sociales. Enfin, il y a le sentiment d’appartenance à une communauté persécutée, qui doit se redresser pour accéder à une grandeur fictive perdue. Les fascismes se sont tous fondés sur ce sentiment exacerbé d’un âge d’or. Aujourd’hui, malheureusement, nous avons en France des personnes à gauche qui alimentent ce sentiment victimaire et qui ne comprennent pas qu’elles jouent avec le feu. La seule différence, finalement, avec d’autres fascismes, c’est que l’islamisme a réussi à se draper d’une respectabilité aux yeux de ceux-là mêmes qu’il veut détruire.

Vos parents sont-ils religieux ?

Lorsqu’on naît au Maroc, la question de la religion ne se pose pas. Il y a deux communautés religieuses officielles, l’islam et le judaïsme. Si l’on n’est pas juif, on est considéré comme étant musulman sunnite de rite malékite par défaut. C’est cela, un Etat non laïque. Mon grand-père maternel a toujours eu une aversion pour la bigoterie et l’islam visible. La famille de mon père était, elle, une famille marocaine lambda, avec la foi du charbonnier. Mon père se définit comme musulman, mais avec une pratique très minimaliste, faisant uniquement le jeûne du ramadan par tradition, comme beaucoup de Marocains. Dès l’école primaire, on commence l’apprentissage du Coran. En plus des cours coraniques, il y avait des cours de charia ou des cours de hadiths. Dans ma famille, je voyais ma grand-mère paternelle, tatouée au menton et analphabète, accomplir la prière. Pourtant, cette femme traditionnelle marocaine, qui est toujours vivante, n’était pas voilée. Lorsque je vais la voir, elle qui chaque année fait sa omra à La Mecque me dit qu’elle prie pour moi lorsqu’elle est à la Kaaba, un lieu que je rêve de voir ouvert aux touristes un jour. Et, lorsque je lui rends visite pendant le ramadan, elle se lève pour me préparer son thé à la menthe et un plateau de victuailles. L’islam de ma famille était donc un islam traditionnel, mais pas traditionaliste. La consommation d’alcool et les mariages mixtes ne posaient pas problème. Le voile islamique que l’on voit aujourd’hui en France, et que l’on présente maintenant comme inhérent à l’identité islamique, nous l’avons vu apparaître dans la société marocaine seulement dans les années 1990. Lorsque je me rends dans des villes marocaines non touristiques, dans ce « Maroc inutile », selon Lyautey, un Maroc pauvre et enclavé, je constate avec horreur que quasiment toutes les femmes portent le voile, alors qu’il n’est absolument pas obligatoire dans les textes de loi et qu’il était quasi inexistant dans mon enfance. Les premières qui ont commencé à le porter n’étaient d’ailleurs pas des filles de milieux populaires, mais des étudiantes qui se sont frottées à l’idéologie de l’islam politique dans les universités marocaines dans les années 1980.

Comment votre famille regarde-t-elle vos engagements ?

La famille El Rhazoui, très nombreuse, me soutient de manière indéfectible, y compris ceux parmi eux qui se définissent comme musulmans. Ils estiment que ma liberté est un droit absolu et qu’elle porte la parole d’une partie de la société marocaine qui en est privée. Mon oncle paternel, venu en France à l’âge adulte, a une reconnaissance infinie envers la France de l’avoir accueilli, de lui avoir permis de trouver un travail, de vivre dignement. Lorsqu’il est avec ses amis au bistrot, il est très fier de me voir passer à la télévision. Pour lui, je donne une image plus positive, plus moderne des Arabes ou musulmans. Mes parents me soutiennent, mais, évidemment, ils ont aussi peur. Si je ne réponds pas à un SMS de ma mère dans le quart d’heure, elle s’imagine le pire. Dans ma famille, il y a aussi des gens plus bigots, car malheureusement l’islamisme n’a épargné aucune strate de la société marocaine. J’ai par exemple plusieurs tantes voilées. Mais mes critiques envers le voile n’ont jamais altéré notre lien d’affection. Dans leur sagesse teintée de bon sens, elles comprennent que s’opposer à l’idéologie n’est en aucun cas une attaque personnelle, une haine de l’individu.

A quel moment êtes-vous devenue athée ?

Je me suis revendiquée athée à l’adolescence, vers l’âge de 15 ans. J’ai cessé de pratiquer le ramadan tout en continuant à faire semblant, car, socialement, on ne pouvait pas s’afficher en tant que tel. Mais l’athéisme n’est pas quelque chose qui vient du jour au lendemain. C’est toujours un processus qui prend des années lorsqu’on a reçu une éducation religieuse qui confine au lavage de cerveau, surtout quand on est enfant et qu’on est très malléable. Au lycée, me dire athée m’a procuré un certain confort intellectuel intime, car c’était en adéquation avec la liberté à laquelle j’aspirais et l’aversion que je ressentais pour la religion qui, en tant que femme, ne me réservait que mépris et la perspective de n’être que la moitié d’un homme, une mineure à vie. Le point de départ de mon athéisme était ainsi féministe. Je savais que la religion est un joug dont il faut se débarrasser, mais j’ai continué pendant quelque temps à manquer d’outils intellectuels me permettant de théoriser mon athéisme. J’ai alors entamé une quête intellectuelle. J’ai commencé à lire tout ce qui pouvait me tomber entre les mains, en sachant que les livres sur l’athéisme sont censurés au Maroc. J’ai d’abord lu des romans évoquant d’autres réalités à travers le monde. Puis des livres d’exégèse, en essayant de leur appliquer un esprit critique. Pourquoi le Prophète, qui avait au moins treize femmes officielles, a-t-il limité le nombre à quatre pour les autres ? Pourquoi était-il obsédé par sa sexualité ? En arrivant en France pour mes études, j’ai eu accès à tous les livres. Je me suis plongée dans les penseurs issus de l’islam, mais qui ont émis des critiques, telle la grande féministe égyptienne Nawal el-Saadawi, mais aussi dans des textes sur les Lumières. En 2004, assistante à l’université française au Caire, j’ai découvert à la bibliothèque de l’université Al-Azhar des thèses de doctorat plus débiles et dangereuses les unes que les autres. Je me souviens d’une thèse se demandant si l’on avait le droit d’ouvrir le ventre d’un mort en charia. Si c’est une personne ayant avalé un diamant hors de prix, les quatre écoles de jurisprudence s’accordent pour dire que c’est possible. Mais, si c’est une femme enceinte avec un bébé toujours vivant, on ne peut ouvrir son ventre que si une autre femme est disponible pour l’opération. Même pour sauver une vie, il faut à tout prix éviter qu’un homme puisse ressentir un émoi sexuel devant un cadavre ! Les bigots de l’islam accusent ses apostats d’ignorance, mais c’est le contraire qui est vrai. Il suffit de se plonger dans la doctrine islamique pour en mesurer toute l’absurdité et la fantaisie.

Le 7 janvier 2015, alors que les frères Kouachi abattent vos collègues de Charlie Hebdo, vous êtes à Casablanca…

Avec Charb, on avait un deal. Si je ne venais pas à la réunion, je lui envoyais un mail avec mon sujet avant 10 heures du matin. Cette semaine-là, je lui ai dit que je voulais écrire sur le tract de Daech réglementant la vente et l’achat de femmes yézidies. Quand Charlieavait commencé à parler de djihad sexuel, on s’était fait attaquer par plein de gens nous qualifiant d’islamophobes, et qui prétendaient que cette histoire d’esclaves sexuelles était une infox. Or, dans ce tract, les femmes avaient un prix selon leur âge, les deux tranches les plus chères étaient les femmes qui ont entre 0 et 10 ans, et celles qui ont entre 10 ans et 20 ans. Ce document répondait à des questions juridiques du type : « Si j’achète deux sœurs, ai-je le droit de coucher avec les deux ? » (la réponse est non, on peut coucher avec l’une et garder l’autre pour le ménage, par exemple). J’avais écrit à Charb tôt pour qu’il ne m’engueule pas. J’étais certaine qu’il allait me prendre le sujet. Puis mon téléphone marocain s’est mis à sonner. C’était un ami journaliste, affolé, qui m’a prévenue qu’il y avait une fusillade à Charlie. J’ai appelé Charb, Luz, Luce Lapin… Je me disais que c’était un allumé venu avec une arme de poing et qui a dû casser deux vitres… Luce me répond et me dit qu’elle était planquée dans le bureau de Cécile Thomas, responsable des éditions Les Echappées, avec un autre collègue. « Il y a au moins dix morts, Charb est mort », m’annonce-t-elle. J’avais du mal à y croire, je pensais qu’elle me faisait une blague, comme souvent à Charlie, puis j’ai entendu des hurlements de bête blessée. C’était Patrick Pelloux qui pleurait. Je suis tombée sur les genoux. J’ai rappelé Charb en lui laissant un message : « Allez, mon vieux, ça va le faire. » Je ne voulais pas accepter sa mort. Devant la liste des morts qui s’allongerait, j’ai senti le sol se dérober sous mes pieds, je me suis même demandé si après un tel cataclysme il fallait rentrer en France. Mais, quand j’ai appris que Simon Fieschi, mon grand pote, était entre la vie et la mort, je me suis dit : « Il faut y aller. » J’ai atterri à Paris le 8 janvier par le premier avion.

C’est à l’aéroport que vous découvrez votre premier officier de sécurité et cette prison ambulante qui sera désormais votre vie…

A la porte de l’avion, je suis cueillie par Cyril. J’ai découvert ce qu’était vraiment la protection policière. Je n’avais pas d’appartement à Paris. Je squattais d’habitude chez ma mère, mais de son salon on voyait l’immeuble où habitait l’un des frères Kouachi. Pendant des mois, jusqu’en mai, j’ai été une SDF, passant des canapés d’amis à des hôtels. J’ai rapidement été mise en protection très élevée, du fait de menaces très ciblées à la suite de mes interventions dans des médias arabophones. C’était une période de ma vie où je me ramassais à la petite cuillère. J’avais des crises de larmes très fréquentes, mais les flics étaient là. Ils me disaient qu’il me fallait manger, alors que ce n’est pas leur boulot. Le matin, souvent, je ne voulais pas me lever, j’étais dans un état de marasme absolu. Les policiers du SDLP, qui détestent habituellement les VIP qui les font poireauter, ont compris l’état dans lequel je me trouvais et ont fait preuve d’une grande humanité. Mes flics m’ont littéralement retenue à la vie, car cette protection, si contraignante qu’elle pouvait être, m’obligeait à m’astreindre à un agenda, à honorer mes rendez-vous et à faire bonne figure. En plus, ils étaient là pour éventuellement qu’on meure ensemble. Cela crée un lien extraordinaire de confiance. Ils ont suivi les aléas de ma vie privée, ont vu naître ma fille. Mais cette protection m’a aussi extraite de la société. Je n’ai pas pris le métro depuis décembre 2014. Quand je suis au supermarché et que j’achète du PQ ou des serviettes protectrices, entourée de gentlemen, bonjour l’intimité. Je dis d’ailleurs souvent à mes officiers de sécurité : quel est ce pays où des types surentraînés comme vous, plutôt que d’aller tuer des terroristes, doivent m’accompagner pour faire mes courses ?

Qu’avez-vous pensé de la réaction des Français après les attentats ?

On espérait vraiment qu’après Charlie il y aurait un sursaut, un éveil national. Quand, le 11 janvier, on a marché boulevard Voltaire entourés de millions de personnes, une foule souffrant avec nous, on s’est dit : « Enfin, ils ont compris notre travail. La mort de nos amis n’aura pas servi à rien ! » Mais très rapidement il y a eu ce débat nauséabond, avec toujours les mêmes « je condamne les attentats, mais je ne suis pas Charlie ». Après le 13 novembre 2015, on a entendu des gens dire aux Parisiens affligés : « Il y a eu des attentats à Beyrouth, mais on ne vous a pas entendus vous indigner. » J’avais envie de leur répondre : « Quand tu perds ton frère, ça te fait mal, non ? Pourtant, le même jour, des milliers d’autres personnes meurent sur cette planète. Tu ne leur veux aucun mal, c’est juste que tu souffres plus pour ton frère que pour un inconnu ailleurs. » Les ressorts de ce discours pestilentiel sont nombreux : le négationnisme, qui ne veut y voir aucun lien avec l’islam, le complotisme, qui attribuait les attentats à des forces obscures, ceux qui estimaient que les musulmans sont les premières victimes, ceux qui ont attribué les attentats à la politique étrangère française, voire au racisme supposé du peuple français, etc. Même cette douleur pour les nôtres nous a été reprochée en tant que Français. Après, il y a eu Nice. Un type au volant d’un camion s’est dit qu’il allait tuer des enfants venus admirer les feux d’artifices du 14 Juillet au nom d’Allah. J’en étais si meurtrie que j’ai voulu révoquer ma protection, car tout le monde était désormais menacé. Quel sens a cette protection si des enfants se font tuer dans leur poussette ? Mes amis m’en ont dissuadée, me disant que j’étais ciblée à titre individuel. Peut-être que l’histoire aurait été différente si en 2006 tous les journaux de France et du monde avaient décidé de publier les caricatures de Mahomet. Ceux qui ont alors maquillé leur couardise en un prétendu respect de la religion ont contribué à isoler et à cibler Charlie. Ceux qui se taisent lorsqu’il s’agit de dénoncer une injustice mettent en danger ceux qui parlent.

Les derniers survivants

Publié le 3 avril 2019  dans Culture & Sports/Entre les Lignes

„Et puis ils m’ont tatouée : 71978. J’ai tellement pleuré. Pas à cause de la douleur, non, à cause du numéro. J’avais perdu mon nom, je n’étais plus qu’un numéro. Ma mère m’a dit : « Ne pleure pas, ce n’est rien. Quand nous rentrerons, tu iras à l’école de danse et je te donnerai un grand bracelet qui cachera le numéro ». « Je ne suis jamais allée à l’école de danse et je n’ai jamais reçu le bracelet ».  Nina Weil, qui raconte ce qu’elle a vécu pendant la Shoah, fait partie des 14 survivants représentés dans l’exposition « The Last Swiss Holocaust Survivors » qui narrent leur histoire. Après Zurich, Singapour, Berlin et New York, cette exposition itinérante vient enfin d’arriver en Israël où elle est abritée dans le Musée Hecht de l’université de Haïfa.

La photo de Nina Weil, une survivante de la Shoah, figure en tête de l’exposition (photo : KHC)
LA PHOTO DE NINA WEIL, UNE SURVIVANTE DE LA SHOAH, FIGURE EN TÊTE DE L’EXPOSITION (PHOTO : KHC)

« Qui va en appeler à notre humanité ? » a demandé la psychologue Tsipi Gon-Cross dans son discours inaugural. Le président de l’université, le professeur Ron Robin, et l’ambassadeur suisse Jean-Daniel Ruch se sont posé la même question. Qui va raconter l’indicible et nous mettre en garde quand les derniers témoins auront disparu ? On recense 86 survivants en Suisse et, d’après le bureau central des statistiques en Israël, il y avait encore 186 500 rescapés en Terre Sainte fin 2016. Il est clair qu’en deux ans ce chiffre a dû sensiblement diminuer. « C’est la fin d’une génération mais nous devons préserver leur histoire et la transmettre à nos descendants » a déclaré l’adjoint au maire de Haïfa, le rabbin Dov Haiyun.

L’exposition est abritée dans le musée Hecht de Haïfa (photo : KHC)
L’EXPOSITION EST ABRITÉE DANS LE MUSÉE HECHT DE HAÏFA (PHOTO : KHC)

C’est exactement ce que fait cette exposition bouleversante. Plusieurs photographes dont Doris Fanconi et Frédéric Diserens ont réalisé des photos poignantes des survivants. Les textes de ces témoins, rédigés avec l’assistance du Dr Pascal Krauthammer et de Cristina Schaffner, nous ramènent à cette terrible époque. Bronislaw Erlich, que les nazis ont utilisé comme travailleur forcé, raconte : « Quand je vais me coucher et que j’éteins la lumière je pense à mes parents et à mon petit frère qui ont tous été assassinés. Je n’arrive pas à dormir la nuit. Une femme à Berne m’avait conseillé de prendre des gouttes de valériane. Je m’en suis acheté un flacon. Ça ne m’aide pas ».

Trump a eu Raison de Reconnaître la Souveraineté d’Israël sur les Hauteurs du Golan

par Alan M. Dershowitz

Traduction du texte original: Trump Is Right about the Golan Heights

  • Aucun pays n’a jamais restitué à un ennemi juré une position stratégique conquise au cours d’une guerre défensive.
  • L’Union européenne, mais on pouvait s’y attendre, a critiqué la reconnaissance de l’annexion par les États-Unis. Mais sans fournir aucun argument convaincant, réitérant juste sa traditionnelle demande de ne pas toucher au statu quo.
  • Quel pays européen a déjà restitué une hauteur stratégique conquise sur un ennemi juré au cours d’une guerre défensive ? Rappelons qu’à la fin de la première et de la seconde guerre mondiale, les Européens ont procédé à des ajustements territoriaux pour aider au maintien de la paix. Pourquoi l’Union européenne obligerait-elle Israël à un deux poids deux mesures qu’elle ne s’est jamais imposée à elle-même ? La réponse est claire : l’Union européenne a toujours agi de manière hypocrite vis-à-vis d’Israël, et elle ne fait pas exception aujourd’hui.
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Les hauteurs du Golan. Le contrôle de ce plateau par Israël fait office de statu quo depuis plus d’un demi-siècle. Et la légitimité stratégique de ce contrôle n’a fait qu’augmenter avec le temps. (Photo : Wikipédia)

Aucune personne sensée ne peut exiger des Israéliens qu’ils restituent les hauteurs du Golan à ce meurtrier de masse syrien qu’est Bachar al Assad. Céder un site qui surplombe des villes et villages israéliens à un dingue qui pourrait larguer des bombes chimiques sur les civils israéliens – comme Assad l’a fait sur ses propres citoyens -, serait suicidaire. Aucun pays n’a jamais rendu un cuirassé pris à un ennemi juré au cours d’une guerre défensive. Le plateau du Golan est comme un grand navire de guerre qui, une fois restitué, serait utilisé contre Israël.

Les hauteurs du Golan ne comptent pas, à l’instar de la Cisjordanie, une importante population civile qui se perçoit comme occupée ou déplacée. Les civils qui vivaient sur les hauteurs du Golan avant l’arrivée d’Israël au dernier jour de la guerre des Six jours, étaient surtout des Druzes. Ceux qui y sont restés ont vu leurs conditions de vie s’améliorer. Depuis qu’Assad a commencé sa campagne d’assassinats, nombre de Druzes du Golan sont devenus citoyens israéliens. Comme en a témoigné l’un des 25 000 arabes druzes à un journalistedu Los Angeles Times:

« Le niveau de sécurité dont jouissent les Druzes et les Israéliens dans le Golan est sans comparaison avec ce que vivent les gens de l’autre côté … Chaque soir au dîner, il rappelle à ses enfants qu’ils ont à manger alors qu’en Syrie, les enfants meurent de faim ».

Cela dit, le contrôle des hauteurs du Golan par Israël a peu à voir avec la satisfaction des besoins de la population locale ; ce contrôle est un avantage militaire. Aucun pays dans l’histoire n’a jamais restitué un territoire stratégique conquis sur un ennemi juré au cours d’une guerre défensive.

La question n’est pas de savoir si Israël doit rendre les hauteurs du Golan. Peu soutiennent cette position, laquelle n’adviendra jamais. Aucun Premier ministre israélien, aussi à gauche soit-il, n’a même jamais imaginé de rétrocéder le plateau du Golan à Assad. De cette position surélevée, les Syriens avaient pris l’habitude d’abattre les agriculteurs israéliens travaillant dans la vallée : le Golan était un stand de tir.

Israël a annexé le Golan et ne l’abandonnera pas dans un avenir proche. La seule question est de savoir si les États-Unis et d’autres pays doivent reconnaître l’annexion de cette position stratégique par Israël. Ils le devraient, et cela pour plusieurs raisons importantes.

Sauf solution négociée avec une Syrie pacifiée, pacifique et démocratique qui met fin aux hostilités et reconnait Israël comme l’État-nation du peuple juif, Israël ne cédera jamais les hauteurs du Golan. Cette situation n’est guère envisageable à brève échéance. Mais dans le cadre d’un accord de paix durable, rien n’empêcherait Israël de rendre les hauteurs du Golan à la Syrie. La décision d’Israël d’annexer le Golan et la décision des États-Unis de reconnaître cette annexion ne portent pas préjudice et laissent l’avenir ouvert. En outre, l’annexion et la reconnaissance de cette annexion présentent un avantage secondaire important : le Golan quitte son statut de territoire occupé et le statu quo devient une réalité de facto et de jure à la fois.

J’ai eu l’occasion de discuter cette question avec le président des États-Unis, Donald J. Trump, deux semaines avant l’annonce de sa décision. Mon analogie du cuirassé, a semblé lui plaire. Je lui ai dit aussi qu’à mon avis, le monde arabe sunnite pouvait bien se plaindre, mais en réalité, ils se moquent du Golan qui n’a aucune signification religieuse pour l’islam. Depuis, quelques protestations mineures ont eu lieu, mais rien d’important.

Comme on pouvait s’y attendre, l’Union européenne a critiqué la reconnaissance de l’annexion par les États-Unis. Mais sans apporter aucun argument convaincant, réitérant juste sa position habituelle en faveur du statu quo. Le contrôle d’Israël sur les hauteurs du Golan est en fait un statu quo depuis plus d’un demi-siècle. Et le contrôle d’Israël sur ces hauteurs est devenu toujours plus légitime au fil du temps, notamment depuis le début de la guerre en Syrie et l’arrivée de forces iraniennes et du Hezbollah à proximité. L’Union européenne demanderait-elle à Israël de remettre maintenant le plateau du Golan à Assad ? Un pays européen a-t-il déjà cédé une hauteur stratégique enlevée à un ennemi juré dans une guerre défensive ?

Rappelons qu’à la fin des deux guerres mondiales, les pays européens ont procédé à des ajustements territoriaux pour aider au maintien de la paix. Pourquoi l’Union européenne soumettrait-elle Israël à un deux poids deux mesures qu’elle ne s’est jamais imposée à elle-même ? La réponse est claire : parce que l’Union européenne a toujours agi de manière hypocrite vis-à-vis d’Israël. Et elle ne déroge pas à la tradition aujourd’hui.

Félicitations au président Trump d’avoir bien agi. Je continuerai à le critiquer s’il n’agit pas comme il le doit, en séparant des familles à la frontière sud des États-Unis par exemple.

Telle est la signification de « bipartisan » en anglais : féliciter le président pour qui je n’ai pas voté quand il fait ce qui est juste et critiquer les présidents pour lesquels j’ai voté (comme Barack Obama) quand ils se comportent mal (comme s’abstenir quand une résolution du Conseil de sécurité fait des lieux saints juifs un territoire occupé).

La préservation du contrôle d’Israël sur les hauteurs du Golan augmente les chances de paix et réduit les risques de voir la Syrie, l’Iran et/ou le Hezbollah utiliser cette position dominante comme une rampe de tir contre les Israéliens. C’est une bonne nouvelle pour le monde, pour les États-Unis et pour Israël.

Alan M. Dershowitz est professeur de droit émérite Felix Frankfurter de la Harvard Law School, auteur de “The Case against the Democratic House, Impeaching Trump”, et membre distingué du Gatestone Institute.

L’UEJF DÉNONCE LA VANDALISATION DE SON LOCAL À L’UNIVERSITE PARIS DAUPHINE

L’UEJF dénonce la vandalisation de son local à l’Université Paris Dauphine : 

Le 30 mars 2019, des individus se sont introduits dans le local de l’Union des Étudiants Juifs de Dauphine à l’Université Paris Dauphine (Paris 16ème). Ces individus qui ont uriné sur le matériel du local associatif, ont filmé leur délit puis l’ont partagé sur les réseaux sociaux.

C’est le local des étudiants juifs de Dauphine qui a été visé exclusivement et spécifiquement comme en atteste la vidéo diffusée sur le réseau social Snapchat par les auteurs de cet acte inadmissible.

L’UEJF qui a déposé plainte et s’est entretenue avec les responsables de l’Université Paris Dauphine et salue leur réactivité et leur intention de signaler ces faits au Procureur de la République de Paris.

L’UEJF rappelle qu’en mars 2018, le local de l’UEJF avait été saccagé à Tolbiac avec des inscriptions antisémites, et que depuis le début de l’année universitaire des inscriptions antisémites se sont multipliées et banalisées à HEC, La Sorbonne, Assas, Grenoble ou Toulouse.

L’UEJF appelle à la plus grande sévérité à l’encontre des individus responsables du saccage du local des étudiants juifs de Dauphine et rappelle que la dégradation d’un bien en raison de l’appartenance réelle ou supposée du propriétaire du bien et de son utilisateur à une ethnie ou une religion est passible de trois ans de prison et de 45 000 € d’amende au sens du Code Pénal.

Pour Sacha Ghozlan, Président de l’UEJF : « Cet acte de vandalisme s’inscrit dans un contexte de recrudescence des actes antisémites à l’Université. Alors que 89% des étudiants juifs de France ont déjà été confrontés à l’antisémitisme dans leur vie étudiante, selon notre Baromètre de l’antisémitisme à l’Université IFOP pour UEJF, l’antisémitisme se banalise dans l’Enseignement Supérieur. Il suffit d’une minorité active et virulente pour que ces actes s’inscrivent dans le quotidien des étudiants. Nous demandons des sanctions extrêmement fermes à l’encontre des auteurs et une mobilisation totale de la communauté universitaire pour que ce type d’agissement cesse ».

Que veut dire « apartheid » pour BDS ?

Posted on 26/02/2019 by CERSP

BDS qualifie Israël dans toute sa communication non pas d’Etat sioniste mais d’Etat d’apartheid. Ce terme fait bien évidemment directement écho à la lutte contre la ségrégation raciale en Afrique du Sud qui est une constante au sein du mouvement national palestinien. 

Pour BDS, le boycott d’Israël est un devoir moral

Il existerait tout d’abord un apartheid à l’intérieur même de l’Etat hébreu puisque les droits des Juifs n’y sont pas les mêmes que les droits des non-Juifs. Il existerait ensuite un apartheid extérieur puisque le droit de retour est autorisé pour les Juifs mais interdit pour les Palestiniens. Ainsi la loi israélienne confère aux Juifs du monde entier le droit d’entrer en Israël et d’obtenir la citoyenneté israélienne, quel que soit leur pays d’origine alors que les Palestiniens sont privés d’un droit comparable. Il existerait un apartheid extérieur encore dès lors que les droits des 350.000 colons juifs sont différents des droits des Palestiniens en Cisjordanie occupée puisque les premiers sont soumis au droit civil israélien alors que les seconds sont régis par le droit militaire.

Le boycott d’Israël serait donc pour le collectif palestinien comme pour ses soutiens occidentaux[1]un devoir moral.

Le crime d’apartheid en droit international

En accolant systématiquement le qualificatif « d’apartheid » à l’Etat d’Israël, le message que BDS entend faire passer à la communauté internationale va cependant bien au-delà de la simple référence à l’apartheid sud-africain. 

Pour le collectif palestinien, la reconnaissance par la communauté internationale de l’Etat d’Israël « en tant qu’Etat juif » est une erreur historique car « elle contient inévitablement la légitimation d’un régime dans lequel l’appartenance ethnico-religieuse ou raciale de quelqu’un constitue le critère de base pour un système institutionnel universel de ségrégation tenant à privilégier les uns et à discriminer les autres » [2]Pour BDS, le crime d’apartheid, le caractère juif de l’Etat d’Israël, se situe donc dans la conception même de l’Etat.

Or l’apartheid est considéré par le droit international comme le deuxième crime le plus grave contre l’Humanité (le génocide étant le premier). Le crime international d’apartheid est défini dans l’article II de la Convention internationale de 1973 sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid qui énonce ce qui suit : « L’expression « crime d’apartheid », qui englobe les politiques et pratiques semblable de ségrégation et de discriminations raciales, telles qu’elles sont pratiqués en Afrique australe, désigne les actes inhumains indiqués ci-après, commis en vue d’instituer ou d’entretenir la domination d’un groupe racial d’êtres humains sur n’importe quel autre groupe racial d’êtres humains et d’opprimer systématiquement celui-ci ». Il est également repris à l’article 7 du Statut de Rome établissant le cadre légal de la Cour pénale internationale qui indique ce qui suit : « Par « crime d’apartheid », on entend des actes inhumains …commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination d’un groupe racial sur tout autre groupe ou tous autres groupes raciaux et dans l’intention de maintenir ce régime.

Le véritable message de BDS sur l’apartheid n’est pas celui que l’on croit

En d’autres termes, pour le collectif palestinien et ses soutiens occidentaux, le fait pour les Juifs d’avoir un Etat au sein duquel ils seraient majoritaires et où ils auraient un droit exclusif au retour est constitutif d’un crime aussi grave que le crime nazi

Tel est plus que probablement le message subliminal que BDS entend faire passer à la communauté internationale lorsqu’il accole le terme « apartheid » à celui de l’État d’Israël. L’utilisation de ce qualificatif n’a donc en réalité strictement rien à voir avec la lutte contre la ségrégation raciale en Afrique du Sud. 


[1] Herman De Ley :” Le boycott d’Israël (BDS), un devoir moral”, BACBI-Dossier N° 3, 2017.

[2] Voir notamment à ce sujet la Charte de l’association américaine US Campaign for Palestinian Rights (USCPR), un des partenaires américaines de B.D.S., qui stipule ce qui suit : « We stand against Zionism as a political system that privileges the rights of Jews over the rights of others ».

Racisme et antisémitisme: Belloubet demande aux parquets de «serrer la vis»

LE BNVCA JUGERA SUR LES ACTES

  1. Flash Actu

Par Le Figaro avec AFP 

Nicole Belloubet a demandé aujourd’hui aux parquets de «serrer la vis» dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme pour qu’«aucune agression ne reste impunie», lors d’une table ronde au tribunal d’Evry (Essonne).»

La ministre de la Justice y a présenté une circulaire destinée à ««réattirer» l’attention des parquets» sur ce sujet, «une priorité», et à rassembler l’ensemble des dispositifs législatifs existants dans un même texte. Elle y encourage notamment l’utilisation de procédures simplifiées et donc plus rapides, telles que les référés civils pour bloquer l’accès aux «sites haineux», et les ordonnances pénales (procédure de jugement sans audience) pour poursuivre et condamner les auteurs de propos haineux.

Elle a aussi insisté sur «la nécessité d’un accueil particulier» des victimes afin d’encourager le dépôt de plainte, et souligné l’importance de la peine de stages de citoyenneté pour les auteurs. Nicole Belloubet a également demandé à ce qu’il y ait dans tous les parquets de France un magistrat référent sur ces questions, ce qui n’est pas encore le cas.

Une proposition de loi de la députée LREM Laeticia Avia sur la lutte contre «la cyber-haine» sera examinée à l’Assemblée au mois de mai. Elle prévoit notamment le retrait sous 24 heures des propos haineux sur les plateformes, et un bouton unique de signalement des contenus illicites. Le texte avait été annoncé en février par Emmanuel Macron devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) après une vague d’actes antisémites, qui ont connu une poussée de 74% en 2018 selon les chiffres officiels.»

Michel Jonasz sur l’antisémitisme : “Heureusement que ma mère n’est plus là pour voir ça”

Éric Hazan – © Le Monde Juif .info | Photo : DR

Le musicien Michel Jonasz a réagi dimanche à la multiplication des actes antisémites commis ces derniers temps en France.

“Vous savez à quoi je pensais ces derniers temps ? Heureusement que ma mère n’est plus là pour voir ça. Ma mère, partie de Hongrie pour arriver en France, a eu ses parents et quatre de ses frères qui sont partis en fumée par les cheminées d’Auschwitz”, a-t-il dit, du magazine ’20h30 le dimanche’ diffusé sur France 2.

“Je me dis : heureusement qu’elle n’est pas là pour voir les croix gammées sur le portrait de Simone Veil, pour voir marqué “Juden” sur la vitrine d’un commerçant juif. Sarah Halimi et Mireille Knoll assassinées parce que juives, la mémoire souillée d’Ilan Halimi, et tant d’autres actes antisémites, encore hier… [l’agression dont a été victime le philosophe Alain Finkielkraut, samedi 16 février 2019, à Paris, en marge d’une manifestation de “gilets jaunes”]. Elle me dirait : ‘Michel, je ne comprends pas, ça existe encore ?’ Eh bien oui…”, a-t-ilAntisémitisme : “Heureusement que ma mère n’est plus là pour voir ça”, affirme Michel Jonasz à 20 h 3O Dimanche

“J’ai bien conscience qu’on ne peut pas comparer l’antisémitisme d’aujourd’hui avec celui que l’on évoque dans la pièce [Michel Jonasz est sur scène dans Le Cas Eduard Einstein à la Comédie des Champs-Elysées, à Paris]. Non, ce serait indécent de comparer cet antisémitisme d’aujourd’hui avec celui du parti nazi, d’Auschwitz, de la Shoah, des six millions de juifs exterminés. Ce serait complètement indécent”, a ajouté le musicien.

“Celui qui ne dit rien est aussi fautif que celui qui commet l’acte, peut-être même plus. Ces signes-là doivent faire de nous des vrais combattants parce que c’est dangereux… Notre révolte doit s’incarner en actes. L’indignation ne suffit plus. Il y a deux axes : la justice qui doit être à la hauteur du défi, être plus sévère, et surtout la base : l’éducation. Quand j’étais môme à Drancy, d’où sont partis deux de mes oncles, la journée commençait avec la leçon de morale à la communale. Elle tournait autour du respect du voisin, quels que soient sa religion, sa couleur de peau, son milieu social… Je m’adresse aux parents : c’est votre rôle de transmettre ce message-là à vos mômes, ce sentiment qu’on appartient à une famille humaine. Sinon, vous ratez votre rôle, vous n’êtes pas de bons parents. Et l’Education nationale doit faire des leçons d’histoire pour éviter le révisionnisme.”, a-t-il conclu.

Un homme mis en examen et écroué pour avoir projeté d’attaquer une école maternelle

police
L’homme a été interpellé par la DGSI. – AFP

INFO BFMTV – Un homme a été arrêté à son domicile en Seine-et-Marne le 25 mars dernier par la DGSI dans le cadre d’une enquête sur un projet d’attentat contre une école maternelle. Le suspect a reconnu ses intentions meurtrières. Il a été mis en examen et écroué.

Il se revendique comme “le fils spirituel” de Mohamed Merah, le tueur de Toulouse et Montauban. A l’instar de son mentor, un homme a reconnu avoir voulu commettre un attentat dans une école maternelle et tuer des policiers. Interpellé le 25 mars à son domicile de Seine-et-Marne, selon nos informations, il a été mis en examen 4 jours plus tard pour “association de malfaiteur terroriste” et est désormais écroué.

Déjà connu des services du renseignement territorial pour sa radicalisation depuis fin 2017, l’homme cherchait à se procurer des armes, selon les informations qui sont remontées aux oreilles des enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) qui ont déjoué cet attentat. Un deuxième homme, un ami d’enfance de ce suspect, a d’ailleurs été mis en examen dans ce dossier. Il avait été interpellé en août 2018 par les douaniers alors qu’il cherchait à importer des armes.

Tuer des policiers

Entendu pendant 96 heures en garde à vue, l’homme âgé de 21 ans a reconnu son intention meurtrière et le scénario qu’il avait imaginé. Il a raconté avoir voulu entrer dans une école, s’en prendre physiquement aux enfants, puis les prendre en otages en attendant l’arrivée des policiers. Il avait ensuite prévu de tuer les membres des forces de l’ordre. Le suspect a d’ailleurs précisé avoir repéré l’établissement scolaire qu’il souhaitait viser, ce que l’enquête n’a pour l’instant pu déterminer.

Au cours de ce projet meurtrier, cet homme souhaitait également assassiner à un policier de Seine-et-Marne qui l’avait arrêté dans le passé pour une affaire de droit commun. Il a affirmé aux enquêteurs de la DGSI qu’il avait déjà trouvé son adresse. Si le suspect reconnait les faits, il a tenté de les justifier par des problèmes psychologiques. Il a expliqué souffrir d’une dépression et a précisé avoir voulu “sublimer son suicide” en lui donnant un impact médiatique retentissant.

Menace endogène

Toujours selon nos informations, aucune propagande jihadiste n’a été retrouvée ni lors des perquisitions menées à son domicile, ni sur son ordinateur ou son téléphone portable. Lors de l’analyse de son matériel numérique, les enquêteurs ont toutefois noté que l’homme avait cherché à effacer ses traces et son historique, notamment en utilisant le dark web. 

A ce stade de l’enquête, les policiers considèrent que le suspect présente davantage des troubles psychiatriques qu’une réelle radicalité et adhésion pour les thèses jihadistes. Mais son mode opératoire et les cibles qu’ils envisageait font directement écho à la propagande du groupe Etat islamique. Pour les enquêteurs spécialisés, cet individu est représentatif d’une menace endogène avec des individus fragiles psychologiquement et perméables aux idéologies radicales.

Cécile Ollivier

Le voile est de retour à l’école

Parents d’élèves et intervenants extérieurs sont autorisés à le porter dans l’école

parLaurence David –  CAUSEUR

©Pascal Fayolle/SIPA / 00709187_000010

Malgré la loi de 2004 sur les signes religieux, le voile est de nouveau accepté à l’école publique. La création des « espaces-parents » par Najat Vallaud-Belkacem et la possibilité pour les intervenants extérieurs de manifester leur appartenance religieuse lui permettent de s’exposer à la vue des individus les plus influençables, les enfants. 


Revenue à la une, à l’occasion d’une action commerciale, l’insubmersible question du voile n’en finit pas d’occuper le champ médiatique. Et si, pour une fois, nous l’envisagions avec des yeux d’enfants, ceux de ces petits garçons élevés dans cette conception de la femme pudique et ceux de ces fillettes qui ne naissent pas femmes voilées mais le deviennent, avec la conviction parfois intense que « c’est leur choix ».open in 0

Une école sous influence

Parce que la question du voile jouxte celle de la sexualité et de l’égalité homme/femme, la lecture du rapport parlementaire rédigé par Chantal Jouanno en 2012 se révèle particulièrement éclairante sur la façon dont se construisent, dès l’enfance,  nos normes et références en la matière. Intitulé « Contre l’hypersexualisation, un nouveau combat pour l’égalité », ce riche document, appuyé sur la recherche anthropologique, explique : « La sexualité des individus, bien qu’elle puise ses sources dans des pulsions inconscientes, est régie par des codes culturels et sociaux qui s’imposent aux individus et qui édictent le cadre dans lequel elle peut s’exprimer ‘socialement’. […] On peut noter que ces formes d’expression imposées aux femmes et aux hommes sont étroitement liées aux places et rôles assignés à ces derniers au sein de la société. La sexualité est donc une construction sociale. […] On peut définir la socialisation comme l’intériorisation des normes et des références qui permettent de devenir membre d’un groupe social, de se percevoir comme tel, et d’agir de façon appropriée dans ce groupe. […] L’intériorisation signifie que ce n’est que très rarement un apprentissage conscient. En général au contraire on apprend les normes parce que les autres autour de nous les appliquent. »A

Ces autres, ce sont la famille, les pairs, l’école et les médias. Le rôle des deux premiers facteurs n’est plus à démontrer. La conquête des médias saute aux yeux, puisque, hors de ceux à vocation communautaire, les mannequins voilés se glissent de plus en plus dans les vitrines et campagnes publicitaires. Reste l’école… Elle a montré son impuissance à endiguer le phénomène, mais a-t-elle vraiment tout tenté ? Est-elle ce sanctuaire où l’on peut espérer qu’une autre image de la femme se construise ? L’école émancipatrice ne serait-elle qu’un mythe ?

Les « espaces-parents » de Najat Vallaud-Belkacem

Le voile pénètre l’école laïque de deux façons : par l’ingérence conviviale des parents d’élèves et, c’est moins connu, par les intervenantes extérieures.

Le sujet des accompagnatrices de sortie est connu de tous. Ce qui l’est moins, c’est que Najat Vallaud-Belkacem a jugé indispensable d’ajouter, à cette présence ponctuelle,  une présence plus continue « des signes et tenues qui manifestent ostensiblement une appartenance religieuse » en milieu scolaire, en inscrivant dans le code de l’éducation l’obligation d’aménager des « espaces-parents », conviviaux, à l’intérieur des écoles. Le goût pour la relation client efficace de la nouvelle mandature explique le maintien de cette politique.A

Le site ministériel Eduscol nous explique que « la relation de confiance et le dialogue entre les parents et l’école constituent un enjeu déterminant pour la réussite de tous les enfants ». « Propices aux échanges entre les personnels et les parents, ces espaces encouragent les relations entre parents eux-mêmes dans leur diversité. » Si la motivation est noble, on peut malgré tout s’interroger sur la relation que pourrait y nouer des mamans qui s’y retrouveraient, tête nue et en minorité, face à leurs pairs, toutes voilées, voire en abaya. De même, offrir un lieu de propagande par le fait, infiniment plus symbolique que le parvis de l’école, aux plus prosélytes d’entre elles, en nombre possiblement supérieur à l’équipe enseignante, interroge sur les figures d’identification que l’on souhaite donner aux petites filles scolarisées dans la même enceinte.

Intervenants extérieurs à la laïcité

Mais le plus étonnant demeure la fiche 22 du Vademecum de la laïcité, dans laquelle les sages du Conseil du même nom ont rappelé que les intervenants extérieurs « ont le droit, au même titre que les parents d’élèves, de manifester ostensiblement leurs convictions philosophiques ou religieuses ». Par ces quelques lignes, est désormais connue de tous la possibilité, pour une intervenante portant des signes religieux ostensibles, de tenir un rôle pédagogique, devenant ainsi un modèle, tant par le fond de son action, que par la forme de sa tenue, au même titre que peut l’être un enseignant.

Etonnamment, le silence règne parmi les défenseurs de la laïcité et de l’émancipation des femmes, sur cette possibilité offerte, à cet emblématique signe religieux, de s’afficher en milieu scolaire. Pourtant, des cas concrets se présentent, par exemple lorsque l’Education nationale encourage les interventions de Latifa Ibn Ziaten, par ailleurs gratifiée par le Printemps républicain d’un prix de citoyenneté. Ne peut-on s’interroger sur les conséquences de cette démarche qui contribue à renforcer la légitimité, par l’institution, d’une femme voilée donnée en modèle à des élèves ? Souvenons-nous d’un autre cas de port du voile qui a créé une polémique récemment : celui de Maryam Pougetoux,  la présidente de la section locale de l’Union nationale des étudiants de France (Unef) à Paris IV. Le débat fut vif concernant cette syndicaliste dont l’action ne ciblait que de jeunes adultes. Mais alors, ne doit-on pas réfléchir avec encore plus d’intensité, à l’impact du signifiant et du signifié du même accessoire, sur un public adolescent, voire enfantin ? Car, soyons honnêtes, qui peut prétendre, par son regard, distinguer le sens du foulard de l’une de celui de l’autre ? Surtout avec des yeux d’enfants…

« On apprend les normes parce que les autres autour de nous les appliquent »

Face à ce constat, l’espoir réside dans l’avènement d’un courage politique, éclairé par les mots de Jean Zay. Dans sa circulaire  du 31 décembre 1936, il définissait  « les enfants ou les jeunes gens » en ces termes : « Encore peu conscients des risques encourus et dont l’inexpérience et la faculté d’enthousiasme sont exploités ». S’il évoquait alors la propagande politique, le risque demeure pour le prosélytisme religieux à l’œuvre aujourd’hui. Découlant de ce prisme d’analyse, la loi de 2004, fut un premier rempart face au pouvoir d’intégration par pression des pairs de la pratique du voilement. Mais alors, pourquoi, aujourd’hui, renforcer la puissance de l’exemplarité des mères et des intervenantes en tenue « pudique », en les laissant affirmer leur présence dans l’enceinte scolaire

Il sera trop tard lorsque des associations, plus ou moins bien intentionnées, auront exploité la faille de la fiche 22 du Vademecum, pour faire de leurs intervenantes, dont l’aura et le statut se rapproche de celui d’une enseignante, les chevaux de Troie de la vision rétrograde du rôle de la femme, au nom de ce partenariat entre acteurs de terrain que valorise le ministère de l’Education nationale.

« On apprend les normes parce que les autres autour de nous les appliquent », disait le rapport Jouanno. La présence de femmes voilées, sur le temps scolaire, dans un rôle pouvant aller jusqu’à la conduite d’activités éducatives, contribue donc tout autant que le voilement des fillettes, à conditionner les enfants à une vision hiérarchisée des sexes. Pour que l’école ne concoure pas à faire de ce particularisme une norme, emmenant dans son sillage une conception rétrograde du rôle de la femme, il est urgent d’oser sanctuariser l’école face à la pénétration de tout signe religieuxG

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«Revenants» du djihad: le piège de l’angélisme

LE FIGARO
  1. Actualité
  2. France

Par Isabelle Lasserre et  Adrien Jaulmes

DÉCRYPTAGE – Rapatrier les djihadistes exposerait la France à de nombreux risques.

Sur le sujet ultra-sensible des «revenants», la politique française a fluctué en fonction de l’actualité syrienne ou de la politique intérieure. Ainsi a-t-on vu, au fil des années, la ministre des Armées espérer que les djihadistes français tombent au combat, le chef de la diplomatie désirer qu’ils soient jugés par ceux qu’ils ont combattus, le président prôner des solutions au cas par cas et le ministre de l’Intérieur envisager leur retour. Plus récemment, les tweets de Donald Trump annonçant le retrait américain de Syrie et enjoignant aux Européens de rapatrier leurs combattants ont poussé la garde des Sceaux à considérer leur retour avant de préférer, une fois la certitude acquise que les États-Unis maintiendraient 200 hommes, qu’ils soient jugés sur place. «La politique du gouvernement a été inconstante. Les problèmes étaient prévisibles mais la France a laissé l’abcès se développer», regrette Marc Hecker, spécialiste de l’Ifri, lors d’une rencontre au Conseil européen des relations internationales (ECFR).» LIRE AUSSI – Ces «revenants» du djihad libérables en 2019 qui inquiètent les services antiterroristes

Devenue brûlante depuis l’effondrement du califat, l’épineuse question du retour des djihadistes a trois volets: les hommes, les femmes et les enfants. Des personnalités de gauche ont réclamé, au nom de «nos valeurs» et en signant des pétitions, le retour des «enfants de Daech» qui n’ont pas choisi leur sort. On peut se demander pourquoi, dans le long cortège de malheurs semé par l’organisation djihadiste depuis qu’elle s’est transformée en État au cœur du Moyen-Orient, leur compassion s’adresse en priorité aux enfants de ceux qui ont perpétré ces crimes, avant ceux de leurs victimes, par exemple les orphelins yazidis convertis de force à l’islam par les meurtriers de leurs parents. L’argument selon lequel Paris aurait des devoirs envers les enfants de ceux qui ont choisi de rejoindre une organisation responsable de la mort de centaines de Français peut paraître spécieux. Comme peut être contestable celui qui consiste à affirmer qu’ils sont plus dangereux à l’étranger qu’en France. Les adolescents entraînés par Daech qui se trouvent dans le camp de déplacés d’al-Hol au nord-est de la Syrie sont des combattants plus que des enfants, endoctrinés par une idéologie qui ne laisse pas beaucoup de place à la discussion et aux bons sentiments. C’est l’une des raisons pour lesquelles le gouvernement français, prudent, n’a pour l’instant rapatrié que cinq orphelins, en mars 2019, qui se trouvaient dans une situation «vulnérable».

Risques de récidive

Les nouveau-nés et les enfants en bas âge peuvent sans doute être rapatriés et élevés en dehors de l’idéologie de l’EI, surtout s’ils ont de la famille en France qui peut les accueillir. Mais ils devraient alors revenir avec leurs mères, dont la plupart n’ont pas exprimé de regrets envers leurs victimes et adhèrent à l’idéologie islamiste. Présentées par certaines associations comme des victimes, elles sont pourtant parfois jugées «aussi violentes et dangereuses que les combattants» par les spécialistes.

Certains voudraient que les djihadistes adultes soient jugés en France, où les procédures mises en place depuis le début de la guerre ont déjà permis de «traiter» plus de 300 revenants. Mais la plupart nient avoir combattu au sein de l’EI, se faisant passer pour des cuisiniers ou des brancardiers. Or, les preuves de leur culpabilité manquent souvent. Les spécialistes soulignent en outre les risques de récidive: départ vers une autre terre de djihad, attaques perpétrées en prison, attentats commis après la sortie. Cinq cents terroristes et mille détenus radicalisés peuplent déjà les prisons françaises. «80 % des personnes emprisonnées pour terrorisme seront libérables d’ici 2022», prévient Marc Hecker, le chercheur de l’Ifri. Le camp d’al-Hol, où s’est reconstituée sous les tentes de l’ONU une petite ville peuplée d’environ 65 000 djihadistes, est par ailleurs loin d’être le plus insalubre des camps de réfugiés. L’afflux imprévu de dizaines de milliers de personnes sorties de la poche de Baghouz pendant la dernière bataille contre l’EI a pris de court les Nations unies, mais les conditions matérielles se sont depuis améliorées. Les familles de Daech y sont aussi bien traitées que les autres réfugiés dans la région. Et beaucoup mieux que l’étaient les prisonniers de l’État islamique. 

Approche précautionneuse

Tous les pays européens confrontés au problème mènent des réflexions différentes. Seuls le Danemark et la Grande-Bretagne pratiquent la déchéance de nationalité pour les binationaux. Y compris désormais pour les enfants en ce qui concerne le Danemark. Le Quai d’Orsay a adopté une approche précautionneuse, privilégiant le jugement des combattants sur place. «Les Européens durcissent leur ligne et sont de plus en plus réticents à l’idée du retour des djihadistes», observe Anthony Dworkin, chercheur au Conseil européen des relations internationales (ECFR). Les Kurdes syriens, qui détiennent à al-Hol plus de 9 000  djihadistes et familles de djihadistes étrangers, réclament pour les juger la création d’un tribunal international spécial. La France a émis des réserves vis-à-vis de cette idée très «complexe» à mettre en œuvre: le Rojava, la région autonome des Kurdes de Syrie, n’est pas reconnu internationalement, le territoire reste au regard du droit celui du régime de Damas et la Chine et la Russie ne manqueraient pas de mettre leur veto à la création d’un tribunal onusien. «Les Européens ont tous les mêmes dilemmes. On ne sait que faire des djihadistes de Daech car on ne sait pas quoi penser d’eux. Qui sont-ils? Des combattants ennemis? Ou bien, depuis que le califat est à terre et qu’ils ont perdu la guerre, des criminels ayant violé la loi en rejoignant une organisation terroriste?» interroge Anthony Dworkin.

Ariel Goldmann réélu président du Fonds social juif unifié

Le FSJU fédère plus de 300 associations qu’il représente auprès des pouvoirs publics et conduit des programmes associatifs et développe des actions dans le champ socio-culturel

Par AFP

Ariel Goldmann, président de l'AUJF. (Crédit : Alain Azria - autorisation Ariel Goldmann)

Ariel Goldmann, président de l’AUJF. (Crédit : Alain Azria – autorisation Ariel Goldmann)

Ariel Goldmann a été réélu dimanche président du Fonds social juif unifié, institution de la communauté juive en France dans le domaine social et ceux de la culture, de l’éducation et de la jeunesse.

Réélu à l’unanimité par les 30 membres du comité directeur, M. Goldmann, 55 ans, avocat au barreau de Paris depuis 1989, était le seul à se représenter à la tête de cette association reconnue d’utilité publique, pour un mandat de quatre ans.

En tant que tête de réseau, le FSJU fédère plus de 300 associations qu’il représente auprès des pouvoirs publics. En tant qu’opérateur il conduit des programmes associatifs et développe des actions dans le champ socio-culturel.R

Le FSJU a été créé en 1950 pour aider la communauté juive victime de la Shoah pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment en ce qui concerne les spoliations et les préjudices matériels subis.

Le groupe Auchan vendait en Pologne des sacoches avec une croix gammée

“Il s’agit d’une omission de notre part, une situation que nous déplorons”, a déclaré le groupe français

Par AFP

La banane flanquée d'une croix gammée et vendue par le groupe Auchan en Pologne (Crédit : capture d'écran Twitter)

La banane flanquée d’une croix gammée et vendue par le groupe Auchan en Pologne (Crédit : capture d’écran Twitter)

Le groupe français de grande distribution Auchan a reconnu mardi à l’AFP avoir vendu des sacoches type « bananes » style militaire avec une croix gammée nazie, qu’elle a mises en vente « par pure négligence », selon sa porte-parole Me Dorota Patejko.

« Nous avons en effet compté en 2018 dans notre offre de produits ces sacoches provenant d’un fabriquant polonais, mais notre chaîne n’en avait pas conscience. Il s’agit d’une omission de notre part, une situation que nous déplorons », a déclaré à l’AFP Mme Patejko.

Elle a ajouté que la chaîne passait actuellement en revue ses magasins dans tout le pays pour rappeler les produits incriminés qui pourraient être encore en stock. « Une seule sacoche avec le symbole nazi a pour l’instant été retrouvée et retirée des rayons ».R

Auchan en a été informé par une journaliste de Gazeta Krakowska qui a rapporté lundi le cas d’une habitante de Cracovie ayant acheté l’une de ces sacoches dans un hypermarché Auchan à Cracovie (sud).V

Voir l'image sur Twitter

« Ce n’est qu’un certain temps après avoir acheté la sacoche que j’ai découvert sur son dos un aigle de l’armée allemande Wehrmacht et une croix gammée nazie. Le choc ! Pendant quelque semaines j’ai porté la sacoche avec un symbole nazi sans le savoir ! C’est inimaginable qu’une grande surface ait pu avoir cela en vente en Pologne », a raconté la femme au journal.

La reproduction des croix gammées nazies est interdite par la loi en Pologne. Les contrevenants sont passibles de poursuites qui peuvent donner lieu à des amendes ou à des peines allant jusqu’à deux ans de prison pour propagation de l’idéologie nazie.

Il n’a pas été possible de joindre dans l’immédiat le producteur des sacoches. Auchan a refusé d’indiquer son nom.

Ferrand accuse Ruffin d’utiliser « les clichés qui relèvent de l’antisémitisme »

Le député LFI a écrit un livre très critique à l’égard du président français

Par AFP3

Richard Ferrand, député du Finistère et secrétaire général d'En Marche !, à Paris, le 18 avril 2017. (Crédit : Joël Saget/AFP)

Richard Ferrand, député du Finistère et secrétaire général d’En Marche !, à Paris, le 18 avril 2017. (Crédit : Joël Saget/AFP)

François Ruffin prêche « la haine », a fustigé dimanche le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, en réaction à l’affirmation par le député de la Somme qu’Emmanuel Macron « suscite la haine ».

« Ce sont des propos de prêcheur de haine », a commenté M. Ferrand sur Radio J : « S’il est un sentiment qui est étranger (à Emmanuel Macron), c’est tout sentiment de haine. En revanche, je ne dirais pas la même chose de celui que vous venez de citer ».

« Je crois qu’en effet, je le dis depuis le début, Emmanuel Macron suscite la haine. Je ne l’éprouve pas », a déclaré François Ruffin dans l’émission « On n’est pas couché » diffusée samedi soir.

« Par son comportement depuis le début du mandat, Emmanuel Macron suscite une colère permanente, parce qu’il y a une inégalité profonde dans le pays. Il y rajoute des décisions qui sont manifestement injustes », poursuit le député de La France insoumise (LFI).

L’ancien journaliste, essayiste et réalisateur a fait d’Emmanuel Macron la cible principale de ses critiques, notamment dans son récent livre Ce pays que tu ne connais pas (Les Arènes).

Selon Richard Ferrand, certaines des critiques contre le président dans ce livre sur « l’image du banquier, ensuite en citant la banque Rothschild » sont à connotation antisémite.

« Il utilise clairement tous les clichés qui relèvent de l’antisémitisme militant pour exprimer sa haine à l’égard du président Macron », a-t-il affirmé sur Radio J.

A Paris, une manifestation anti-Bouteflika tourne à l’agression transphobe

"Petite douceur", "chocolat", lancent ironiquement les manifestants à destination de la jeune femme.

“Petite douceur”, “chocolat”, lancent ironiquement les manifestants à destination de la jeune femme. – Capture d’écran TwitterSOCIÉTÉMeute

Par Louis Nad

Des opposants au régime d’Abdelaziz Bouteflika qui manifestaient dimanche place de la République, à Paris, s’en sont pris à une femme transgenre qui passait par là. La vidéo de l’agression a été diffusée sur Twitter ce mardi 2 avril et une enquête a été ouverte par le parquet de Paris. Enquête ouverte par le Parquet pour violences aggravées.

Selon BFMTV, une enquête a été ouverte par le parquet de Paris pour “violences aggravées par la circonstance qu’elles ont été commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre”. Une personne d’abord placée en garde à vue aurait été relâchée.

Une personne agressée pour ce qu’elle est en pleine manifestation pour la liberté ? C’est possible. La scène, filmée par un témoin, se passe à Paris, place de la République, ce dimanche 31 mars. Dans la vidéo diffusée sur Twitter, on voit une jeune femme grimper la volée de marches de la sortie du métro, qui débouchent sur ce lieu de rassemblement traditionnel des manifestations politiques en tout genre. La veille de l’annonce de la démission prochaine du président Abdelaziz Bouteflika, des membres de la communauté algérienne y sont ce jour-là en pleine manifestation contre le pouvoir.

Embedded video

Lyes Alouane@Lyes_Alouane

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Agression transphobe.
Nous sommes bien en plein @Paris, à République.

Une honte pour notre pays.
Une honte pour le drapeau auquel vous pensiez faire honneur.

#Transphobies

@stop_homophobie
@FVauglin@ACORDEBARD@Prefet75_IDF3,4798:25 AM – Apr 2, 20193,196 people are talking about thisTwitter Ads info and privacy

Plusieurs jeunes hommes l’entourent alors et lancent des moqueries à son encontre, manifestement en raison du fait que la victime soit transgenre. “Petite douceur“, “chocolat“, entend-on fuser sur la vidéo de l’incident. Un homme se permet également de lui ébouriffer les cheveux, avant de s’éloigner. Une jeune manifestante vient soutenir la passante, lui prenant le bras pour l’éloigner à son tour, puis un jeune homme tente de s’interposer alors que la victime de ces humiliations publiques se dirige vers celui qui l’a agressée. Une brève échauffourée s’engage, ce dernier lui assénant plusieurs coups de poing, avant que des manifestants puis des agents de la RATP ne les séparent.

“D’autres hommes m’ont jeté de la bière du haut des marches, m’ont insultée. Un homme m’a giflée.”

La vidéo de cette agression transphobe a été diffusée sur Twitter par le militant LGBTQ Lyes Alouane, qui a lui-même déjà témoigné publiquement des agressions homophobes qu’il a subies dans son quartier de Gennevilliers. “Effet de meute insupportable contre cette personne. Nous adressons tout notre soutien à la victime. Les auteurs de ces actes doivent être sanctionnés“, a réagi l’association SOS homophobie.

SOS homophobie@SOShomophobie

Agression verbale et physique #transphobe place de la République à Paris. Effet de meute insupportable contre cette personne. Nous adressons tout notre soutien à la victime. Les auteurs de ces actes doivent être sanctionnés. Cc: @Lyes_Alouane pic.twitter.com/Kz1aCPvcuk7,3248:55 AM – Apr 2, 2019Twitter Ads info and privacy8,550 people are talking about this

La victime, qui se prénomme Julia, a livré son témoignage au Huffington Post, expliquant que son agression a commencé dès sa sortie de la rame de métro, avant la scène captée en vidéo, lorsque plusieurs hommes l’ont bloquée, dont l’un a “sorti son sexe et m’a demandé de ‘lui faire du bien’. J’ai voulu partir et remonter les escaliers. D’autres hommes m’ont jeté de la bière du haut des marches, m’ont insultée. Un homme m’a giflée”. Une fois mise à l’abri, la jeune femme rapporte par ailleurs que les agents de la RATP l’ont sermonnée sur sa présence place de la République ce jour-là, ainsi que sur sa tenue : “Ils m’ont ensuite dit ‘il ne faut pas s’habiller comme ça, Monsieur’, sous-entendant que si je n’avais pas mis ce short, je n’aurais pas été agressée”. Elle annonce également qu’après avoir hésité, elle portera plainte mercredi.

Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, a réagi : “Les auteurs de cette lâche agression doivent être identifiés et condamnés“, a tweeté le bras droit d’Anne Hidalgo, qui s’est elle-même dite “indignée par cette agression transphobe“. 

Emmanuel GREGOIRE@egregoire

Agression intolérable, une enquête va être ouverte. Les auteurs de cette lâche agression doivent être identifiés et condamnés @Anne_Hidalgo @cbrossel @PAidenbaum @ACORDEBARD @FVauglinLyes Alouane@Lyes_AlouaneAgression transphobe.
Nous sommes bien en plein @Paris, à République.

Une honte pour notre pays.
Une honte pour le drapeau auquel vous pensiez faire honneur.

#Transphobies

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17111:05 AM – Apr 2, 2019 · Paris, FranceTwitter Ads info and privacy97 people are talking about this

«De Battisti à Donald Trump, l’insupportable deux poids, deux mesures de la gauche morale»

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Gilles-William Goldnadel souligne la différence de traitement médiatique accordé à Cesare Battisti, qui a avoué être coupable de quatre meurtres, et Donald Trump, innocenté de collusion avec la Russie.


Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox. Son dernier ouvrage, Névroses Médiatiques. Le monde est devenu une foule déchaînée, est paru chez Plon.


Certains esprits libres, ceux que la presse convenue et prévisible irrite, les défenseurs d’une justice qui ne verserait pas dans le préjugé essentialiste, ont accueilli avec une satisfaction mordante à la fois les aveux du quadruple terroriste assassin Cesare Battisti et la relaxe de Donald Trump prévenu de collusion avec la Russie.

Ils auraient tort néanmoins d’espérer voir les pré-jugements médiatiques disparaître en suite d’une improbable méditation de deux leçons sur l’innocence et la culpabilité idéologiquement obligatoires. 

Pour l’église cathodique encore dominante, Cesare Battisti ne pouvait être qu’extrêmement innocent parce que d’extrême gauche et artiste bohème et le locataire blanc d’une maison blanche très coupable parce que très à droite et très riche.

Bien évidemment Libération et le Monde ne furent pas en reste.

En somme la version barrésienne du préjugé judiciaire qu’un Callas connut dans sa chair: «que Dreyfus soit coupable, je le déduis de par sa race».

S’agissant de Battisti tout d’abord, la gauche germanopratine ne se figurait certainement pas dans la peau rêche d’un intellectuel d’extrême droite, mais plutôt dans celle, plus esthétique et luisante, d’un Zola terrassant le parti de l’ordre.

Dans son excellent article dans ces mêmes colonnes daté du 30 mars, notre cher Guillaume Perrault rappelait sans hypocrite aménité combien la gauche journalistique, et notamment de service public s’est perdu une nouvelle fois dans ses jugements sans appel. C’est ainsi que chez le journaliste de Radio France Jean Lebrun, Battisti poussait le point Godwin au sommet de la cime: «le parti fasciste avait changé de nom: il s’appelait la démocratie chrétienne».

Bien évidemment Libération et le Monde ne furent pas en reste. L’auteur du présent article, alors qu’il perdait ses pas dans une salle du palais de justice, se souvient encore de la jubilation extatique d’une chroniqueuse de l’un de ces deux titres de la gauche morale tandis qu’elle apprenait un bon jugement de la Cour de Paris, elle aussi sous fatale influence, rendu en faveur de l’assassin de quatre pauvres italiens. Et encore aujourd’hui, après que l’on ait appris les aveux circonstanciés du criminel retors, le journal vespéral comme France Info continuaient à lui donner de l’«activiste» plutôt que du «terroriste». Comme si, même à présent, un étrange surmoi inconscient, surgi du passé militant, empêchait de faire cohabiter totalement le mal absolu avec la gauche extrême.

Qu’on ne croit pas que l’église cathodique retiendra la double leçon reçue dernièrement…

En ce qui concerne à présent le président des États-Unis honni, la pression médiatique de la gauche morale était telle avant le dépôt du rapport Mueller l’innocentant de toute connivence illégale avec la Russie de Poutine qu’il était difficile pour un observateur extérieur de tenter toutes réserves sur sa culpabilité sans passer soit pour un dévot primaire, soit pour un naïf primitif.

On se souviendra notamment que la presse américaine excessivement aux mains des démocrates, pour tenter d’accréditer ce crime de trahison imaginaire qui aux États-Unis conduit non seulement à la destitution mais encore à la peine de mort, n’aura pas hésité à salir un homme jusqu’à utiliser sans vergogne les confidences d’une actrice pornographique maîtresse chanteuse et ses gausseries sur la taille de son sexe. Peu de journalistes des deux côtés de l’Atlantique auront eu le courage, l’intelligence, la décence, le sens de l’équité ou l’élémentaire bonne foi de faire remontrance avant ou pénitence ensuite.

À ce stade d’écœurement, on rougirait de devoir préciser que ces observations de principe ne sauraient emporter obligatoirement adhésion aux thèses du président trop blanc aujourd’hui blanchi.

Ses contradicteurs se seraient grandis à poser précisément des bornes à la décence. Trop bornés pour le faire, c’est à présent trop tard.

Qu’on ne croit pas que l’église cathodique retiendra la double leçon reçue dernièrement. Elle est imperméable à ce genre de sermon et ses grands prêtres disent leur catéchisme toujours avec la même ferveur.

L’église cathodique est imperméable à ce genre de sermon et ses grands prêtres disent leur catéchisme toujours avec la même ferveur.

C’est ainsi, par exemple, qu’on apprenait que le journaliste du service public audiovisuel, Bernard Guetta, qui tenait jusqu’à une date récente et avec distinction la chronique de politique étrangère sur France Inter avait été choisi pour figurer en position avantageuse sur la liste En Marche pour les élections européennes.

À une journaliste de l’émission télévisée Quotidien qui s’étonnait d’une éventuelle incompatibilité et lui demandait s’il allait remettre sa carte de presse, M. Guetta, outré, répondit avec himalayenne hauteur: «je ne suis pas un ex-journaliste, mais un journaliste». Avant cela, il avait fait remarquer qu’il n’avait jamais dissimulé sur l’antenne étatique ses convictions européistes, au demeurant respectables. Il aurait pu ajouter qu’il n’avait jamais non plus dissimulé, nonobstant ses obligations de neutralité, la détestation que lui inspirait un président américain dont il doutait de la santé mentale.

Et sur un point, on ne peut que lui donner raison, qu’il n’existe aucune contradiction de convictions entre Bernard Guetta journaliste et Guetta Bernard politicien.

On peut donc parfaitement être journaliste dans l’audiovisuel de service public et promouvoir, en même temps, ses convictions politiques.

À la seule petite condition qu’elles oscillent entre le macronisme de gauche et la gauche extrême.

Tant qu’une telle absence criante de pluralisme existera, et que nul ou presque ne criera, l’injustice médiatique dont le pré-jugé judiciaire n’est qu’une vilaine manifestation, aura fort belle vie.La rédaction vous conseille

Gilles William Goldnadel

La presse absente

La sonde Beresheet est passée près de la Terre pour la dernière fois avant son atterrissage sur la Lune !

Le premier vaisseau spatial israélien a Beresheet  a achevé sa dernière manœuvre ce lundi matin, à seulement 10 jours de l’atterrissage…….Détails………

Selon une déclaration publiée par SpaceIL, la société privée qui a conçu et construit le vaisseau spatial Beresheet, le vaisseau a effectué une combustion moteur de 72 secondes ce lundi matin, alignant le vaisseau spatial sur la trajectoire prévue pour son atterrissage sur la lune le 11 avril. Les ingénieurs de SpaceIL et de IAI évaluent maintenant les résultats de la manœuvre afin de déterminer si une autre opération d’alignement sera nécessaire avant l’alunissage. Ce jeudi, le vaisseau spatial atteindra l’orbite de la lune et effectuera une manœuvre complexe destinée à entrer dans la gravité de la lune et à se rendre vers le site d’atterrissage prévu. Dimanche aux environs de midi (heure d’Israël), la sonde Beresheet est passée près de la Terre pour la dernière fois à environ 1.700 kilomètres. L’équipe technique a réussi à prendre une rare photo de la terre à une distance d’env. 16.000 kilomètres (10.000 milles).Sur la photo (ci-dessus), la péninsule arabique et l’Afrique du sud-est sont visibles. La vue d’Israël était fortement obscurcie par les nuages de pluie.
Source Koide9enisrael

INQUIÉTANTE ALLEMAGNE


Jusqu’à présent, depuis la seconde guerre mondiale l’Allemagne avait toujours agi en amie des Juifs et d’Israël. Quand on parle de l’Allemagne il s’agit évidemment de l’Allemagne de l’ouest, celle de l’est étant alignée sur l’antisémitisme soviétique rebaptisé antisionisme.

L’Allemagne de l’ouest s’est fait un devoir d’indemniser les victimes juives de la politique nazie et Israël avec des dommages de guerre non négligeables.

Elle a également accueilli de façon proactive les Juifs soviétiques qui fuyaient les persécutions communistes et elle a souvent soutenu Israël dans les enceintes internationales. Elle a largement octroyé la nationalité allemande à une immigration juive venant de tous pays.

L’Allemagne a toujours estimé avoir une dette imprescriptible à l’égard d’Israël.

Mais, depuis 2 ou 3 ans cette retenue bienveillante a totalement disparu.

Les incidents antisémites sont en augmentation exponentielle sans qu’une parade véritable soit mise en place par les autorités allemandes.

Le seul restaurant israélien de Berlin fait l’objet de plusieurs agressions hebdomadaires, insultes, outrages, agressions, menaces de mort, jets de projectiles, tout y passe, et les autorités ne bougent pas ni celles de la ville de Berlin ni celles de l’État.

Toujours à Berlin en 2018 un israélien arabe qui avait fait le pari de se promener avec une kippa dans la rue n’a fait que quelques mètres avant de se faire casser la gueule d’importance par un migrant syrien au cri de yahoud, Juif en arabe. Le syrien interpellé n’a eu qu’une peine de principe.

L’Allemagne ne soutient plus du tout Israël au sein de l’Union Européenne et à l’ONU à la différence d’autres pays européens qui restent amis d’Israël.

Mais en donnant l’Ours d’or du festival international de cinéma de Berlin en 2019 au cinéaste israélien Nadav Lapid pour son film intitulé Synonymes, le principal festival allemand a franchi une ligne rouge proprement incroyable, une ligne qui nous ramène indiscutablement à des temps obscurs.
Dans ce film qui reçoit l’équivalent de la palme d’or de Cannes, on entend l’acteur représentant Nadav Lapid dire je le cite « Je suis arrivé en France pour fuir Israël. Fuir cet État méchant, obscène, ignorant, idiot, abominable, sordide, fétide, grossier, odieux, lamentable, répugnant, détestable, abruti, étriqué, bas d’esprit, bas de cœur » fin de citation.
A noter aussi que l’auteur refuse dorénavant de parler l’hébreu, langue à laquelle il voue la même haine.

Voilà donc ce qui a charmé notre grand jury du festival de Berlin.

Convenons qu’on peut faire plus amical et qu’il est étonnant que dans le pays des nazis on ose vilipender ainsi l’État Juif et la langue la plus parlée au monde par les Juifs, l’hébreu. Curieux retour en arrière sauf que là c’est au nom de la culture et du boboisme qui ont bon dos.

Quelle jouissance pour les antisémites de tous poils que de trouver un israélien qui vienne autant satisfaire leurs désirs les plus sombres.

C’est une constante dans le cinéma israélien. Ceux qui veulent trouver une oreille attentive et des spectateurs en Europe doivent dire le plus de mal possible d’Israël et là, la critique unanime s’extasie devant le chef d’œuvre et prime le film anti-israélien.

On peut peut-être penser que ce film est génial mais il n’en est semble-t-il rien.
Il n’y a qu’à voir la bande annonce pour constater qu’il est d’un ennui absolu.

Cas unique dans la presse française trop contente de taper sur Israël par le biais de la culture avec un grand K, le canard enchainé classe ce film en dernière position des sorties de la semaine dans la rubrique la plus négative sous l’intitulé « les films qu’on peut ne pas voir cette semaine ».

Quand l’Allemagne retrouvera-t-elle la raison ?
Imagine-t-on par exemple que serait primé un film parlant ainsi de l’Allemagne ou de la France ? Que dirait-on en France d’un cinéaste qui insulterait ainsi la France et la langue française ?
Qu’un cinéaste israélien le fasse c’est donc la preuve que tout est possible en Israël, une démocratie qui peut en remontrer à beaucoup.

Mais ce manque de clairvoyance et cette haine exprimée via ce grand prix du cinéma de Berlin devraient logiquement provoquer une vague d’indignation en Allemagne et en Europe.

On en est loin et désormais l’Allemagne ne pourra plus s’exonérer de sa grande part de responsabilité dans la renaissance d’un antisémitisme virulent sur son sol. Elle l’adore.

Raphaël NISAND

Chroniqueur le lundi matin 8H30 sur Radio Judaïca.

Procès Merah : les remords de l’ancien patron du Renseignement toulousain

Christian Ballé-Andui, ancien policier à la tête du service des renseignements à Toulouse, en octobre 2017, lors du premier procès d’Abdelkader Merah à Paris.

Journal LA DEPECHE

L’ancien patron du renseignement intérieur de Toulouse a passé plus de 5 heures à la barre, hier. L’occasion de solides mises au point, de convictions, de vrais regrets et même d’émotion, pour le commissaire Christian Ballé-Andui.

«Le clan salafiste toulousain», le commissaire Christian Ballé-Andui maîtrise. 90 minutes sans notes, précis. «Très intéressante conférence sur le salafisme», sourit Me Dupond-Moretti, habile aussi dans la mauvaise foi. Cela a plongé la cour au cœur du «terreau, de la matrice» du jihadisme toulousain. Dans ce clan où s’est «construit idéologiquement» Mohammed Merah et où ses leaders ont forgé une culture salafiste jihadiste «qui les a conduits au plus haut niveau de l’Etat islamique», rappelle le témoin.

Les frères Clain, Sabri Essid, Thomas Barnouin… «Nous les avons vus grandir à Toulouse autour d’Olivier Corel au début des années 2000», prévient le commissaire, en retraite depuis 2013. Ses surveillances détectent Abdelkader Merah à partir de 2006. «Proche de Sabri Essid, sans doute une des personnalités du clan la plus violente, la plus dangereuse. Il se chargeait de recruter aux Izards», se souvient l’ancien patron du Service régional du renseignement intérieur. Bientôt Mohammed Merah «apparaît sur les radars».

Cette «recrue», très vite, inquiète les hommes du Renseignement. «Son profil d’ancien délinquant n’est pas nouveau. Son comportement, sa paranoïa, ses codes de sécurité pour déjouer les surveillances en revanche sont plus surprenantes», confie le témoin. «Notre expérience des milieux terroristes nous a très vite alertés parce que nous connaissions déjà le clan qu’il fréquentait. Ses voyages au Moyen-Orient, son arrestation en Afghanistan en 2010, pas du tourisme, appuient notre inquiétude.»

Les surveillances se sont alors accentuées en 2011. «Compliquées, très compliquées», affirme l’ancien chef du Renseignement. «J’ai fait deux demandes de judiciarisation en juin 2011. Je n’ai jamais eu de réponse», regrette Christian Ballé-Andui. Le terroriste est lancé, rien ne l’arrêtera. Après son séjour au Pakistan où le renseignement toulousain le repère depuis Toulouse (sa fiche S n’a pas sonné) et une rencontre à son retour le 14 novembre 2011, des «spécialistes parisiens» suggèrent mi-février 2012 «d’en faire une source». À Toulouse, on s’étrangle.

«C’est notre métier de recruter des sources. Elles apportent des informations fiables mais pas comme ça, pas sans un travail sérieux», s’emporte l’ancien patron. Poussé par la présidente, Christian Ballé-Andui lâche : «Lorsque je lis dans ce rapport qu’il n’a aucun contact avec un réseau terroriste, avec mon équipe, on se demande s’ils ont lu le dossier ! Ses contacts, on les constate depuis 2006 ! Et notre demande de judiciarisation ? Non seulement ils ne le considèrent pas dangereux mais ils se demandent s’il ne pourrait pas être recruté ! Pardonnez-moi mais…»

Un même silence, et même une voix soudain affectée, traduit son désarroi sur l’après-Montauban, et avant la tuerie de l’école juive (lire l’encadré). Quant à la question essentielle de la complicité d’Abdelkader Merah, Christain Ballé-Andui ne se défausse pas : «Les passages à l’acte de Mohammed Merah n’ont rien d’une lubie. Il existait chez lui un sentiment fort de vengeance mais aussi de reconnaissance. La question, c’est qui met le détonateur dans sa tête ? Les théoriciens installent ce détonateur idéologique. J’ai la conviction que tout le clan jihadiste toulousain connaissait la nature du projet. Pas les cibles précises mais les passages à l’acte. Après qui actionne ? Jean-Michel Clain ? Sabri Essid ? Abdelkader Merah ? Tous les trois ? Je n’ai pas la réponse.»


Autopsie d’un échec

Christian Ballé-Andui parle de «fautes» dans la gestion post-attentat de Montauban. «Quand on m’a raconté la froideur mécanique des assassinats, j’ai tout de suite pensé à un crime religieux et à la mouvance salafiste». Il alerte Paris, veut participer à une réunion des enquêteurs de la PJ mais reste à la porte. «Quand mon chef opérationnel a vu les vidéos de Montauban et de l’école juive le lundi soir, il a identifié Mohammed Merah. L’adresse IP de la mère Merah est identifiée le dimanche en fin de journée mais je n’ai pas été prévenu…» Relancé sur le sujet par Me Masliat, avocate de certaines victimes de l’école, Christian Ballé- Andui se bloque, la voix cassée. «Mon cœur, mon âme comme ceux des gens de mon service n’oublieront jamais ces enfants. C’est le coût de notre métier. Quand on va à la guerre, il faut être très rapide, l’information doit circuler. Il faut éclairer la police judiciaire, éclairer le magistrat parce que la crainte, c’est qu’il recommence. Notre organisation de l’époque n’a pas permis ces échanges. Ils croyaient à la piste de l’extrême droite. À Toulouse, elle n’a jamais été violente au contraire des salafistes jihadistes, mais ils ont cru que nous forcions le trait…»

Selon l’ex-aide de Trump, l’enquête Mueller l’a visé pour ses liens avec Israël

George Papadopoulos a dit à la radio israélienne que l’attention portée aux accords commerciaux avec l’Etat juif révélait une enquête “corrompue” lancée à son encontre

Par TIMES OF ISRAEL STAFFAujourd’hui, 19:25  0

George Papadopoulos, ancien conseiller de campagne de Trump à l'origine de l'enquête sur la Russie, lors de sa première apparition devant les enquêteurs du congrès au Capitole, à Washington, le 25 octobre 2018 (Crédit : AP Photo/Carolyn Kaster)

George Papadopoulos, ancien conseiller de campagne de Trump à l’origine de l’enquête sur la Russie, lors de sa première apparition devant les enquêteurs du congrès au Capitole, à Washington, le 25 octobre 2018 (Crédit : AP Photo/Carolyn Kaster)

George Papadopoulos, ancien conseiller de Donald Trump au cours de sa campagne électorale de 2016, a affirmé dans un entretien accordé à une station de radio israélienne que ses interrogatoires dans le cadre de l’enquête menée par Robert Mueller s’étaient concentrés sur ses liens avec Israël et non avec la Russie.

S’exprimant samedi au micro de la radio militaire, Papadopoulos a clamé que ses accords commerciaux passés avec l’Etat juif avaient été « déterminants » dans son dossier.

« Ce pour quoi j’ai été réellement pris pour cible par l’équipe de Mueller et par ces individus n’avait rien à voir avec la Russie. Cela avait à avoir avec mon travail en Israël et mon travail en tant que lobbyiste dans le secteur de l’énergie », a-t-il dit.R

Papadopoulos, conseiller en politique étrangère de Trump durant sa campagne, a purgé une peine de 14 jours de prison après avoir admis qu’il avait menti au FBI au sujet d’une conversation avec un professeur maltais en 2016, qui lui avait dit que la Russie avait des « saletés » à sortir sur Hillary Clinton – sous la forme de courriels piratés.

Les informations concernant les contacts de Papadopoulos pendant la campagne avaient lancé l’enquête du FBI au sujet de la Russie.

Le président Donald Trump s’adresse aux médias avant de monter à bord de l’Air Force One, pour se rendre à Washington depuis l’aéroport international Palm Beach, le dimanche 24 mars 2019. (Crédit : AP/Carolyn Kaster)

Interrogé pendant l’interview de samedi sur les conclusions de l’enquête Mueller – qui a statué qu’il n’y avait pas eu de collusion entre la campagne de Trump et les responsables russes – Papadopoulos a répondu : « je pense qu’il s’agit d’une légitimation totale de la campagne, l’équipe de transition et de l’administration actuelle. »

Il a ajouté qu’il pensait qu’une nouvelle enquête devait dorénavant être ouverte pour découvrir « ceux qui ont mené cette chasse aux sorcières illégale et injuste, comme l’a qualifiée le président. Je n’ai jamais rencontré un seul responsable russe dans ma vie entière et même pendant la campagne de Trump. Toutes ces personnalités apparues dans mon histoire et qui ont été décrites à tort comme des Russes par le FBI et par Bob Mueller étaient en fait des agents des renseignements occidentaux envoyés pour tenter de saboter la campagne de Trump. »

Alors qu’il lui était demandé s’il pensait que Trump lui rendrait grâce par le biais d’une ordonnance, Papadopoulos a répondu : « Mes avocats pensent qu’il pourrait le faire – je n’ai de toute façon aucune attente particulière. Je pense que le fondement du dossier contre moi était malhonnête, et le président Trump constatera que l’enquête entière de Mueller sur moi a concerné mon travail avec Israël et non avec la Russie. »

Une version rédigée du rapport établi par le conseiller spécial Robert Mueller sera transmise au Congrès américain à la mi-avril et ne sera pas présentée au préalable à la Maison Blanche, a expliqué vendredi le procureur général américain William Barr.

Le calendrier de Barr, inclus dans une lettre adressée aux présidents des commissions judiciaires de la chambre et du sénat, laisse présager une épreuve de force possible avec les parlementaires démocrates qui insistent sur le fait qu’ils souhaitent accéder au rapport dans son intégralité dès cette semaine.

Le procureur spécial américain Robert Mueller après avoir assisté à une messe à Washington, DC, le 24 mars 2019. (Crédit : Tasos Katopodis/Getty Images/AFP)

Dans sa lettre, Barr indiquait partager le désir que le Congrès comme le public puissent lire les conclusions de Mueller, intégrées dans le rapport de presque 400 pages soumis le 22 mars par le procureur spécial. Deux jours après, Barr avait envoyé une lettre de quatre pages au Congrès qui détaillait les « conclusions principales » de Mueller.

Barr a déclaré que Trump avait le droit de ne pas communiquer certaines informations sur le rapport – un privilège présidentiel aux Etats-Unis. Mais il a noté que Trump « a publiquement établi qu’il avait l’intention de s’en remettre à moi, et il n’y a donc aucun projet de soumettre le rapport à la Maison Blanche pour révision ».

Mueller n’a pas pu prouver que Trump s’était coordonné ou qu’il avait conspiré avec la Russie, a écrit Barr, et il n’a pu tirer de conclusion sur une éventuelle obstruction à la justice de la part du président américain. Barr a noté que lui et le procureur général adjoint avaient décidé seuls que les preuves apportées par Mueller étaient insuffisantes pour établir une éventuelle entrave à la justice.

INQUIÉTANTE ALLEMAGNE


Jusqu’à présent, depuis la seconde guerre mondiale l’Allemagne avait toujours agi en amie des Juifs et d’Israël. Quand on parle de l’Allemagne il s’agit évidemment de l’Allemagne de l’ouest, celle de l’est étant alignée sur l’antisémitisme soviétique rebaptisé antisionisme.

L’Allemagne de l’ouest s’est fait un devoir d’indemniser les victimes juives de la politique nazie et Israël avec des dommages de guerre non négligeables.

Elle a également accueilli de façon proactive les Juifs soviétiques qui fuyaient les persécutions communistes et elle a souvent soutenu Israël dans les enceintes internationales. Elle a largement octroyé la nationalité allemande à une immigration juive venant de tous pays.

L’Allemagne a toujours estimé avoir une dette imprescriptible à l’égard d’Israël.

Mais, depuis 2 ou 3 ans cette retenue bienveillante a totalement disparu.

Les incidents antisémites sont en augmentation exponentielle sans qu’une parade véritable soit mise en place par les autorités allemandes.

Le seul restaurant israélien de Berlin fait l’objet de plusieurs agressions hebdomadaires, insultes, outrages, agressions, menaces de mort, jets de projectiles, tout y passe, et les autorités ne bougent pas ni celles de la ville de Berlin ni celles de l’État.

Toujours à Berlin en 2018 un israélien arabe qui avait fait le pari de se promener avec une kippa dans la rue n’a fait que quelques mètres avant de se faire casser la gueule d’importance par un migrant syrien au cri de yahoud, Juif en arabe. Le syrien interpellé n’a eu qu’une peine de principe.

L’Allemagne ne soutient plus du tout Israël au sein de l’Union Européenne et à l’ONU à la différence d’autres pays européens qui restent amis d’Israël.

Mais en donnant l’Ours d’or du festival international de cinéma de Berlin en 2019 au cinéaste israélien Nadav Lapid pour son film intitulé Synonymes, le principal festival allemand a franchi une ligne rouge proprement incroyable, une ligne qui nous ramène indiscutablement à des temps obscurs.
Dans ce film qui reçoit l’équivalent de la palme d’or de Cannes, on entend l’acteur représentant Nadav Lapid dire je le cite « Je suis arrivé en France pour fuir Israël. Fuir cet État méchant, obscène, ignorant, idiot, abominable, sordide, fétide, grossier, odieux, lamentable, répugnant, détestable, abruti, étriqué, bas d’esprit, bas de cœur » fin de citation.
A noter aussi que l’auteur refuse dorénavant de parler l’hébreu, langue à laquelle il voue la même haine.

Voilà donc ce qui a charmé notre grand jury du festival de Berlin.

Convenons qu’on peut faire plus amical et qu’il est étonnant que dans le pays des nazis on ose vilipender ainsi l’État Juif et la langue la plus parlée au monde par les Juifs, l’hébreu. Curieux retour en arrière sauf que là c’est au nom de la culture et du boboisme qui ont bon dos.

Quelle jouissance pour les antisémites de tous poils que de trouver un israélien qui vienne autant satisfaire leurs désirs les plus sombres.

C’est une constante dans le cinéma israélien. Ceux qui veulent trouver une oreille attentive et des spectateurs en Europe doivent dire le plus de mal possible d’Israël et là, la critique unanime s’extasie devant le chef d’œuvre et prime le film anti-israélien.

On peut peut-être penser que ce film est génial mais il n’en est semble-t-il rien.
Il n’y a qu’à voir la bande annonce pour constater qu’il est d’un ennui absolu.

Cas unique dans la presse française trop contente de taper sur Israël par le biais de la culture avec un grand K, le canard enchainé classe ce film en dernière position des sorties de la semaine dans la rubrique la plus négative sous l’intitulé « les films qu’on peut ne pas voir cette semaine ».

Quand l’Allemagne retrouvera-t-elle la raison ?
Imagine-t-on par exemple que serait primé un film parlant ainsi de l’Allemagne ou de la France ? Que dirait-on en France d’un cinéaste qui insulterait ainsi la France et la langue française ?
Qu’un cinéaste israélien le fasse c’est donc la preuve que tout est possible en Israël, une démocratie qui peut en remontrer à beaucoup.

Mais ce manque de clairvoyance et cette haine exprimée via ce grand prix du cinéma de Berlin devraient logiquement provoquer une vague d’indignation en Allemagne et en Europe.

On en est loin et désormais l’Allemagne ne pourra plus s’exonérer de sa grande part de responsabilité dans la renaissance d’un antisémitisme virulent sur son sol. Elle l’adore.

Raphaël NISAND

Chroniqueur le lundi matin 8H30 sur Radio Judaïca.

Amazon a supprimé les liens de livres négationnistes

Stéphanie Courouble Share

historienne, étude du négationnisme internationalnullnull

La semaine dernière, j’ai envoyé à Amazon, une liste mentionnant une centaine de revues et ouvrages négationnistes vendus par leur biais et leur ai demandé qu’ils soient retirés sans délai de leur site.  Peu après cet envoi, j’ai pu constater qu’ils avaient en effet été supprimés.

Robert Faurisson, Écrits Révisionnistes (La collection complète) :

Maurice Bardèche, Nuremberg ou la Terre promise :

Je remercie Amazon d’avoir réagi si rapidement à ma demande. C’est, je crois, une petite victoire pour tous ceux qui luttent contre la diffusion du négationnisme et de la haine.

Hélas, le travail n’est pas fini. Certains ouvrages et revues que j’avais signalés se retrouvent sous d’autres liens, mis en vente soit par Amazon lui-même, soit par d’autres vendeurs (Ainsi, l’ouvrage ci-dessous, Les mythes fondateurs de la politique israélienne de Roger Garaudy). Dans les prochains jours, j’enverrai à Amazon les détails sur les ouvrages et revues négationnistes encore en vente. Malgré mon intervention et la bonne volonté d’Amazon de soustraire les ouvrages incriminés, il reste malheureusement possible que de nouveaux livres négationnistes soient encore mis en ligne dans l’avenir. Cependant, et puisqu’il semble que l’aval de Amazon ne soit pas automatiquement requis, le problème pourrait être facilement contourné, à mon avis, en affinant le système de filtrage des ouvrages mis en ligne.

Roger Garaudy, Les mythes fondateurs de la politique israélienne :

A la suite de la publication de ce livre, Roger Garaudy fut condamné, en 1998, pour contestation de crimes contre l’humanité, diffamation raciale et provocation à la haine raciale.

Amazon n’est pas le seul à présenter et à vendre des ouvrage répréhensibles, dont certains sont interdits de diffusion sur le territoire national1. D’autres grandes plateformes en effet, la Fnac.fr par exemple, vendent aussi des ouvrages négationnistes.

Par exemple :

Robert Faurisson, Mémoire en défense (contre ceux qui m’accusent de falsifier l’Histoire : la question des chambres à gaz) sur Fnac.fr :

Comme le stipulait l’arrêté du Journal officiel du 19 décembre 1994 pour l’ouvrage négationniste de J. Graf, l’holocauste au scanner, la mise en circulation de cet ouvrage « est de nature à causer des dangers pour l’ordre public en raison de l’apologie des crimes contre l’humanité et de la contestation de l’existence de ces crimes qu’il contient, et de la provocation à l’égard des anciens déportés et des familles des victimes de ces crimes qu’il constitue». L’arrêté du ministère de l’Intérieur ajoutait que «la circulation, la distribution et la mise en vente de l’ouvrage sont interdites sur l’ensemble du territoire ».

De même, tous les ouvrages négationnistes ne devraient pas se retrouver diffusés sur des grands sites de vente en ligne.

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L’analyste américano-libanais Tom Harb : Les Palestiniens continuent de refuser la paix – L’économie libanaise est faible car le Hezbollah fait peur aux investisseurs

Source NEMRI

Tom Harb, coprésident de la Coalition américaine du Moyen-Orient pour la démocratie, a déclaré dans une interview diffusée sur la chaîne Al-Alam (Iran), le 7 mars 2019, que les Palestiniens avaient refusé la paix avec Israël dès le plan de partage de 1947. Les Palestiniens ne proposant toujours aucune solution, les pays arabes préfèreraient désormais se concentrer sur leurs propres intérêts. Il a ajouté que l’économie libanaise était faible et que les entreprises étrangères n’étaient pas disposées à investir à cause de l’influence incontrôlée du Hezbollah. Extraits:

Tom Harb : En 1948 [sic], il y a eu la résolution [de partage] des Nations unies, et c’est à ce moment-là que les Palestiniens ont commencé à opposer leur refus. Ce refus persiste à ce jour. […] Les pays arabes disent : « Les Palestiniens refusent toujours tout, mais ils n’offrent pas de solution. Sommes-nous voués à être à jamais pris dans le tourbillon d’une tempête politique et sécuritaire ? Ou souhaitons-nous pouvoir enfin penser à notre économie et à notre industrie ? » […]

Lorsque Bachar Al-Assad détruisait le camp de réfugiés de Yarmouk et son père les camps de réfugiés de Nahr Al-Bared et de Badawi à Tripoli, étaient-ils occupés à libérer la Palestine ? […]

Le Hezbollah a pointé ses armes sur le front intérieur libanais en 2008. Aujourd’hui, il dépend de l’Iran et dispose de missiles que même l’armée libanaise n’a pas. On devrait demander pourquoi notre économie n’est pas forte au Liban.

Animateur : À cause des sanctions américaines…

Tom Harb : Aucune entreprise étrangère n’est disposée à investir au Liban, qui nous rappelle Europe de l’Est après l’effondrement de l’URSS. Pour la simple raison que [le Hezbollah] fait peur et échappe au contrôle de l’État.

Tags antisémites sur les murs du pavillon d’un administré de confession juive, résidant aux Lilas 93

Le BNVCA dénonce et condamne les inscriptions antisémites taguées sur les murs du pavillon de la famille H. qui réside aux Lilas (93).

Mr. H qui a déposé plainte au commissariat de police des Lilas, nous rapporte qu’en rentrant le 25/4/2019 à 13 h à son domicile rue du Maréchal Koenig, il découvre l’inscription de “SALE JUIF” inscrite au feutre noir, sur sa porte d’entrée ainsi que sur le mur contigu. 

La photo qu’il nous a transmise montre qu’une “mézouza” est fixée sur le chambranle de la porte d’entrée, ce qui a pu permettre aux antisémites d’identifier l’appartenance religieuse des occupants.

Il nous exprime son inquiétude du fait que sa fillette âgée seulement de 12 ans était restée à la maison seule toute cette matinée.

Mr H nous relate encore que le week-end précèdent, les pneus de la voiture de son épouse ainsi que de son autre fille de 19 ans ont été crevés.

Le BNVCA qui recense les actes antisémites, et reçoit les doléances des victimes, observe que les juifs sont identifiés par leurs agresseurs et attaqués au plus près de leur domicile. 

Nous demandons aux autorités de Police de tout mettre en œuvre pour rechercher les auteurs de cette infamie, les identifier et les mettre à la disposition de la Justice qui devra les sanctionner très sévèrement. 

Ces persécutions qui se développent et se répandent sur tout le territoire national accroissent le malaise des citoyens juifs de France de plus en plus angoissés sur leur avenir.

Magnifique lettre ouverte à Leila Shahid de Patrick Simon

Posté le 30 mars 2019 Tribune Juive

Madame,

Je ne suis ni juif, ni musulman, seulement né chrétien et de philosophie bouddhiste attaché viscéralement aux principes de vie et de liberté de conscience. J’ai des amis en Israël, mais aussi en Palestine, en Égypte, au Liban, en Syrie; comme organisateur, j’ai participé activement aux conférences de Genève et de Lausanne pour la paix au Liban où j’ai eu l’occasion et souvent le plaisir de côtoyer les Gemayel, Chamoun, Michel Aoun, Nabi Berrih et Walid Joumblatt et j’ai toujours eu une empathie profonde pour les persécutés pour lesquels je me suis toujours investi et pour lesquels j’ai prêté mon aide sans distinction de race ou de religion afin de trouver des solutions durables à la paix au Proche-Orient ce, depuis plus de 30 ans.

Leila Shahid

Or, j’ai cru, en lisant l’article dans le Monde, que j’avais une brutale déficience de la vue et que je ne comprenais plus la langue de Molière, tant vos propos sont éloignés de la réalité. Vous transgressez, travestissez, pervertissez, maquillez la vérité, mais ça, vous en avez l’habitude, puisque vous mentez, trompez, volez, exilez et assassinez ceux que vous prétendez défendre ce, dans le seul but de vivre une existence interdite au 99% des gens qui vous font confiance n’ayant pas d’autre choix que l’enfer du Hamas ou du Hezbollah ou la corruption du Fatah !

Singulier paradoxe que vos propos, car la vérité est que cette guerre vous arrange car elle est pour vous synonyme de puissance, de reconnaissance et de richesse, basée sur une corruption permanente et omnipotente présente à tous les niveaux qui a permis au Hezbollah et au Hamas de prendre l’ascendant sur le mouvement duquel vous êtes issue et dont vous êtes la triste représentante auprès de l’Union européenne. Les détournements dont votre mouvement s’est rendu coupable et dont certains ont été révélés au grand jour à la mort de Yasser Arafat avec des milliards de dollars ou d’Euros subtilisés à la collectivité devraient vous faire rougir de honte tout comme l’argent que vous et vos coreligionnaires dilapidez en dépenses fastueuses et dont la presse se fait régulièrement l’écho.

Comme le Hezbollah et le Hamas, vous terrorisez les populations dont vous prétendez être les défenseurs, vous vous camouflez dans les régions hautement densifiées, dans les hôpitaux, les écoles, obligez des enfants de maternelle, auxquels vous volez l’enfance, à se tenir derrière les roquettes que vous lancez sur les territoires israéliens ou à suivre des formations paramilitaires ce, depuis le plus jeune âge, afin de les transformer en robots disciplinés afin de devenir de parfaits petits chahids en se faisant exploser près de femmes et d’enfants, peu vous importe, pourvu qu’ils soient juifs.

Vous voulez faire comparaître Israël et ses militaires devant une juridiction internationale pour crimes de guerre ? J’en serais enchanté si, parallèlement, l’on pouvait faire citer tous les meurtriers et assassins dont votre mouvement est l’un des formateurs confirmés, le seul problème est qu’il faudrait redimensionner la taille des tribunaux et le nombre de prisons eu égard au nombre des futurs inculpés !

Je suis aujourd’hui convaincu, qu’il n’y aura pas de paix possible dans cette région du monde, tant que vos mouvements terroristes alimentés par les monarchies pétrolières et les extrémistes religieux de tous bords, trouveront de quoi jeter une fusée, une grenade ou un caillou contre les juifs et les israéliens. Votre seule volonté est de faire perdurer les avantages que vous vous êtes octroyés par le sang de vos enfants et de gens asservis à une cause perdue, en réduisant ces derniers au désespoir, car votre vie est faite du mépris de celle des autres.

Je ne vous salue pas, Madame !

Patrick Simon

Les églises, victimes d’un inquiétant vandalisme

  1. F

Par Christophe Cornevin et  Service Infographie

Le Figaro

EXCLUSIF – Saccages, vols, profanations… Les lieux de culte catholiques sont pris pour cible sur tout le territoire, avec près de trois actes commis par jour. Des élus LR interpellent les autorités.

«Dieu pardonnera, moi pas»: Bernard Carayon, maire de Lavaur, dans le Tarn, ne décolère pas depuis la profanation qui a visé, le 5 février dernier, la cathédrale Saint-Alain, joyau du gothique méridional. En fin de journée, deux lycéens, identifiés grâce à des caméras situées à proximité, investissent le lieu de culte, embrasent l’autel d’une des chapelles de l’édifice ainsi qu’une crèche. Un crucifix est retourné, un second jeté tandis qu’un troisième Christ en croix a le bras tordu pour lui faire prendre une pose grotesque dans le confessionnal.

» LIRE AUSSI – Les églises, cibles d’une série de profanations

«On venait d’achever cinq  années de travaux de restauration, pour une facture de 2 millions d’euros. Il a fallu en appeler aux pompiers pour aspirer l’épaisse fumée noire»Bernard Carayon, maire de Lavaur

«Cet acte fondamentalement antichrétien a été perpétré au moment même où l’on venait d’achever cinq  années de travaux de restauration, pour une facture de 2 millions d’euros, s’indigne l’édile du Tarn. Il a fallu en appeler aux pompiers pour aspirer l’épaisse fumée noire et à une quarantaine de paroissiens pour remettre de l’ordre.»

Si l’élu se dit «très chagriné et très surpris de l’entreprise de relativisation des évêques, en particulier de Mgr Georges Pontier, président de la conférence des évêques de France et originaire de Lavaur», Laurent Wauquiez, de son côté, se rend vite sur place pour fustiger la «christianophobie dans le pays». Dans la même semaine, quatre autres dégradations avaient été répertoriées dans des lieux de culte catholiques: à Maisons-Laffitte et Houilles, dans les Yvelines, à Dijon et à Nîmes. «Plusieurs églises profanées en peu de jours, ce n’est pas anodin, lance alors le chef de file des Républicains. Il ne doit pas y avoir d’omerta là-dessus. On doit pouvoir réagir […] C’est quelque chose qui blesse la France .»

Dans la foulée, le premier ministre, Édouard Philippe, est à son tour monté au créneau avec ce tweet: «Dans notre République laïque, on respecte les lieux de culte. De tels actes me choquent et doivent être unanimement condamnés. Je le dirai aux évêques de France lors de la réunion de l’instance de dialogue avec l’Église catholique.» 

Un dernier bilan, daté du 14 mars et que révèle Le Figaro, est édifiant. Dressé par le Service central de renseignement criminel (SCRC) de la gendarmerie, qui couvre 95 % du territoire, il recense 129 vols et pas moins de 877  dégradations ciblant des édifices catholiques sur l’ensemble du pays en 2018. Soit près de trois actes de vandalisme (2,75) par jour. Même s’il traduit un léger tassement au regard des années précédentes, en particulier de 2017 où un pic de 1045  faits a été atteint, le phénomène se maintient à un seuil plus que préoccupant. Un constat confirmé par le ministère de l’Intérieur qui a relevé, pour sa part, 1063 actes antichrétiens en 2018, en comptant les cimetières.

Dépeçage généralisé

Sur le front les dégradations, l’enchevêtrement des faits donne le vertige. Leur nature suscite l’indignation. Vitraux brisés, bénitiers renversés et tabernacles forcés dans le sanctuaire vendéen de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, croix de cinquante centimètres tracée à l’aide d’excréments et «ornée» d’hosties collées aux murs de Notre-Dame-des-Enfants à Nîmes, mais aussi statues détériorées, troncs cassés et autres cierges brisés à Morteau… Aucune parcelle du territoire n’est épargnée par ces actes.

Au chapitre des «vols d’objets religieux dans les églises», les gendarmes spécialisés sont formels: «Il s’agit majoritairement de vols d’opportunité et plus rarement de groupes criminels organisés.» Si l’on fait exception du spectaculaire cambriolage du Trésor de la cathédrale d’Angoulême, en novembre 2017, pour un préjudice estimé à 60.000 euros, l’un des faits les plus saillants remonte à seulement deux semaines, avec le démantèlement d’une équipe ayant écumé vingt églises du nord de la France et de Belgique. Au total, une centaine de pièces liturgiques, classées au patrimoine pour certaines, ont été récupérées pour une valeur globale de 100.000 euros.

«Ces vols n’ont aucune motivation antichrétienne mais bel et bien un intérêt financier»Des militaires spécialisés

Formels, les gendarmes assurent qu’il s’agit de «vols d’opportunité, commis sans effraction, l’accès aux églises étant facilité par le fait qu’elles sont le plus souvent ouvertes pour être accessibles au public ou, lorsqu’elles sont closes, les systèmes de fermeture présentent peu de résistance». Ce dépeçage généralisé n’a plus de limite, puisqu’il vise même les installations électriques ou le dallage, très prisé de collectionneurs comme ont pu le déplorer des églises bourguignonnes il y a deux ans.

«Ces vols n’ont aucune motivation antichrétienne mais bel et bien un intérêt financier », observent les militaires spécialisés en rappelant qu’«un calice peut être monnayé entre 200 et 2000 euros». Toujours selon nos informations, les deux zones les plus touchées s’étendent actuellement de Vannes à Saint-Nazaire ainsi qu’entre Valence et Avignon.

L’une des affaires les plus insolites remonte au 2 janvier 2017. Ce jour-là, l’hebdomadaire normand Les Nouvelles de Falaise diffuse une étrange «alerte enlèvement d’un nourrisson» à Thury-Harcourt, une commune de 3700 âmes dans le Calvados. Elle émane du père Michel Roger, curé de la paroisse de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, «cambriolée» sans effraction deux jours après Noël. «Le nourrisson était vêtu d’une couche seulement. Il répond au nom de Jésus. Ses parents, Marie et Joseph, très inquiets demandent que leur soit rendu leur enfant et, si possible, son petit mouton préféré dans les meilleurs délais, à leur domicile ou proche de leur domicile», poursuit non sans malice l’ecclésiastique qui exerce son magistère sur 61  clochers, isolés pour certains au cœur de la campagne. 

Comment protéger les quelque 42.258 églises et chapelles paroissiales dénombrées au 1er mars dernier par l’Observatoire du patrimoine religieux? En raison de la désertification des campagnes, du reflux de la fréquentation des fidèles et de la crise des vocations des prêtres, la question frise la gageure. Si, dans nombre de sites, la solution réside dans la fermeture des églises en dehors des horaires des messes ou dans les visites sur rendez-vous, les édifices les plus importants sont désormais équipés d’alarmes et de vidéosurveillance. Mais la facture, souvent lourde, interdit de généraliser ces dispositifs de défense passive qui ont pourtant fait leurs preuves dans les commerces, même les plus modestes.

Après l’Italie, la France reste aujourd’hui encore le deuxième pays dont le patrimoine cultuel est le plus convoité. Pillée, vandalisée, martyrisée, la fille aînée de l’Église n’en finit plus de subir la ronde pastorale des profanateurs.

Vandalisme dans les églises : en parle-t-on assez ? – Regarder sur Figaro Live

Le BNVCA est présent au procès en appel de l’affaire Merah qui s’est ouvert ce 25 mars 2019 à la Cour d’Assises de Paris.

  

Nous rappelons que du 11 au 19 mars 2012 le djihadiste assassine ,trois soldats français, Imad Ibn Ziaten, à Montauban, Mohamed  Legouad et Adel Chenouf à Toulouse et attaque l’école juive de Toulouse où il abat de sang froid Jonathan Sandler 30 ans, ses enfants Gabriel 3 ans, Aryeh 6 ans et la petite fille Myriam Monsonego 8 ans.

Le frère de Mohamed Merah, Albdelkader et Fettah Maki son ami d’enfance  sont poursuivis pour complicité. L’enjeu majeur de ce procès est d’obtenir leur condamnation pour complicité de crimes terroristes.
Me Muriel Ouaknine Melki et Me Oudy Ch Bloch Avocats de l OJE portent  la parole du BNVCA. Le BNVCA espère que ces individus seront  sévèrement punis .et que la sanction sera à la hauteur de nos attentes.

Quand les nazis prétendaient que le Coran annonçait la venue d’Hitler

Alors que, dans « Mein Kampf », Hitler évoque l’infériorité raciale des peuples non européens, pendant la dernière guerre, la propagande allemande en Afrique du Nord tentait de le présenter comme « le protecteur de l’islam ».

Par notre correspondant à Genève, Ian Hamel | Le Point.fr 

Pendant la campagne de Libye en 1942, un jeune autochtone et un soldat allemand.
Pendant la campagne de Libye en 1942, un jeune autochtone et un soldat allemand.© ULLSTEIN

La photo d’Amin al-Husseini, le grand mufti de Jérusalem, en grande conversation avec le Führer à Berlin en 1941 a déjà été publiée des dizaines de milliers de fois. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands s’étaient attaché les services de quelques religieux qui appelaient les musulmans de l’ex-Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et des Balkans à rejoindre le Reich. Le Croissant et la Croix gammée, paru en 1990, montre également le grand mufti en train de passer en revue des Waffen-SS bosniaques, tout en faisant le salut nazi*. Mais de là à imaginer que la propagande allemande à destination du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord était allée jusqu’à promouvoir un Adolf Hitler grand protecteur de l’islam. Et à diffuser sur les ondes une chanson qui scandait « Allah au ciel, Hitler sur terre »… 

« Achever le travail du prophète »

C’est ce que nous révèle David Motadel, professeur d’histoire internationale à la London School of Economics and Political Science, dans l’ouvrage Les Musulmans et la Machine de guerre nazie, qui vient d’être traduit en français**. David Motadel est déjà l’auteur d’Islam and Nazi Germany’s War. Il raconte que Heinrich Himmler, l’un des plus hauts dignitaires du IIIe Reich, donna l’ordre à l’Office central de la sécurité de « trouver quels passages du Coran fournissent aux musulmans un fondement à l’opinion selon laquelle le Führer était déjà prédit dans le Coran et [avait] reçu l’autorisation d’achever le travail du prophète ». Les experts de la section Orient de l’Office central de la sécurité du Reich finissent par lui répondre que Hitler ne pouvait tout de même pas être décrit comme un prophète. En revanche, pourquoi ne pas le présenter en « Issa » (Jésus), dont le retour était « prédit dans le Coran et qui, à l’instar du chevalier George, triomphe du géant Dajjal, roi des juifs, à la fin du monde ».

Radio Berlin appelle à tuer les juifs

Cette propagande est bien évidemment liée à l’arrivée en 1941 de l’Afrika Korps de Rommel en Afrique du Nord, venue à la rescousse des troupes italiennes (qui occupaient un territoire correspondant à l’actuelle Libye), de plus en plus en difficulté face aux Britanniques. Les Allemands se battent en Tunisie, en Libye, passent la frontière égyptienne et arrivent en juillet 1942 dans le désert à 250 kilomètres du Caire. La campagne anti-juive devient virulente. Le présentateur arabe de Radio Berlin affirme que les juifs fuient le pays et déclare : « Nous remercions Dieu de purifier l’Égypte de ces reptiles venimeux. » Il va jusqu’à inciter ses auditeurs à la violence : « Tuez les juifs avant qu’ils ne vous tuent. »

Mohammed V contre les lois anti-juives

Malgré la montée de l’opposition au sionisme dans cette région, liée à l’arrivée massive de juifs en Palestine, David Motadel constate qu’il n’y a pas eu d’émeutes majeures contre les juifs pendant la guerre. De leur côté, les troupes allemandes n’ont pas eu le temps d’organiser l’extermination de la population juive, car, après leurs premiers succès, à partir de 1943, les militaires britanniques reprennent le dessus. Le sultan du Maroc, Mohammed V, s’oppose même aux lois anti-juives promulguées par le gouvernement de Vichy. En Algérie, une partie des dignitaires musulmans « se montra également solidaire de la population juive », lit-on dans Les Musulmans et la Machine de guerre nazie.

Les Frères musulmans financés par l’Axe

Finalement, les tentatives allemandes d’utiliser la religion pour nourrir l’effort de guerre en Afrique du Nord ont échoué. Est-ce très étonnant ? Les Arabes n’étaient-ils pas, aux yeux des nazis, des sémites, au même titre que les juifs ? Hitler, le premier, insistait sur l’infériorité raciale des peuples non européens. En revanche, en Égypte, l’organisation des Frères musulmans exprimait de la sympathie pour l’Axe. Dès les années 1930, « la délégation allemande au Caire avait même soutenu financièrement les Frères musulmans », révèle David Motadel. Certains de ses membres auraient distribué des tracts favorables aux Allemands au moment où les troupes de Rommel marchaient sur Le Caire. Un court instant placé en garde à vue, Hassan el-Banna, le fondateur de la Confrérie, s’en était sorti en déclarant publiquement qu’il faisait « allégeance aux autorités en place ».

Les musulmans et la machine de guerre nazie, David Motadel (Éditions, La Découverte).© La découverte

* Roger Faligot et Rémi Kauffer, Albin Michel.

** Éditions La Découverte, 435 pages.

Vannes. Des tags menaçants avant la venue de Christine Angot

Au total, six tags menaçants ont été retrouvés près du Palais des arts de Vannes. Ils ciblent l’écrivaine et chroniqueuse Christine Angot.
Au total, six tags menaçants ont été retrouvés près du Palais des arts de Vannes. Ils ciblent l’écrivaine et chroniqueuse Christine Angot. | OUEST-FRANCE

Mélanie BÉCOGNÉE. Ouest France

Ce mercredi 20 mars, six tags antisémites ont été découverts aux abords et sur une porte du Palais des arts de Vannes. Ils visent directement l’écrivaine et chroniqueuse Christine Angot, invitée le week-end prochain dans le cadre du festival Les émancipées.

Balafres sur des visages déjà peints, croix gammées et appel au lynchage. La directrice du Palais des arts Ghislaine Gouby est encore sous le choc. « C’est d’une violence totale. »

Six tags ont été peints au cours de la nuit de mardi à mercredi, à proximité du Palais des arts. Ils visent directement l’écrivaine et chroniqueuse, Christine Angot, qui sera à Vannes samedi 23 2019, à l’occasion du festival Les Émancipées. « Ça a été un très gros choc » , ajoute la directrice.

« Acte antisémite, raciste, appel à la haine »

Le premier a été découvert ce mercredi, vers 10 h, à l’arrière du bâtiment, au niveau de l’accès des décors et du plateau. À peine la directrice avait-elle porté plainte au commissariat « pour acte antisémite, raciste, appel à la haine et dégradation d’un lieu public », que d’autres tags étaient trouvés aux abords du Palais des arts, sur les graffs. « Quand j’ai été portée plainte, les policiers m’ont dit qu’ils n’avaient jamais vu ça. Ghislaine Gouby a également eu le maire de Vannes David Robo au téléphone. « Il va porter plainte au nom de la ville. Et exprime tout son soutien et son estime à Christine Angot. »

Au total, six tags menaçants ont été retrouvés près du Palais des arts de Vannes. Ils ciblent l’écrivaine et chroniqueuse Christine Angot. | OUEST-FRANCE

Celle-ci a été la toute première informée de ces actes. « Je l’ai appelée immédiatement. »Cela remet-il en cause la venue de l’écrivaine ce samedi aux Émancipées ? « Elle m’a seulement dit qu’elle serait heureuse de me voir ce samedi. »

Tous les tags ont été effacés, dès le début d’après-midi, par les services de la Ville de Vannes.

Pour le maire, « ces inscriptions n’ont pas lieu d’être à Vannes »

Dans un communiqué, le maire de Vannes, David Robo, a réagi, en milieu d’après-midi.

« Je condamne avec la plus grande fermeté les inscriptions antisémites découvertes aujourd’hui sur le Palais des Arts et aux abords. J’ai déposé plainte au commissariat,indique David Robo. Ces inscriptions, en lien avec la programmation du Festival les Emancipéés, n’ont pas lieu d’être à Vannes. Je soutiens pleinement Ghislaine Gouby et son équipe : la culture, socle de l’ouverture aux autres et de tolérance, ne doit pas être l’otage de messages nauséabonds ! »

« La haine n’a jamais eu sa place à Vannes et ne l’aura jamais. Notre pays connaît aujourd’hui une fracture morale et sociale sans précédent, les villes n’y échappent pas, mais nous devons trouver des ressources collectives. La lutte contre l’antisémitisme est un combat de tous les instants, et la mobilisation il y a encore un mois sur l’esplanade du Port, avec un millier de personnes, a montré combien nous devions continuer à rester unis contre ce fléau. »

Christophe Castaner réclame la dissolution de quatre associations “légitimant le djihad armé”

Article LCI

Christophe Castaner réclame la dissolution de quatre associations "légitimant le djihad armé"
AFP

SÉCURITÉ – Christophe Castaner a proposé ce mercredi de procéder à la dissolution des associations “Centre Zahra France”, “Fédération Chiite de France”, “Parti Anti Sioniste” et “France Marianne Télé”, au motif que celles-ci “légitiment de façon régulière le djihad armé”. 20 mars 14:04 – La rédaction de LCI

Le ministre de l’Intérieur estime qu’elles “légitiment de façon régulière le djihad armé”. Christophe Castaner a annoncé ce mercredi avoir demandé en Conseil des ministres la dissolution de quatre associations, qu’il accuse notamment de faire “une apologie constante” d’organisations telles que le Hamas, le Djihad islamique palestinien et la branche armée du Hezbollah, “toutes inscrites sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne”, selon le communiqué diffusé par Beauvau.

Les associations visées sont les suivantes : le “Centre Zahra France”, la “Fédération chiite de France”, le “Parti Anti Sioniste” et “France Marianne Télé”. 

Ces organisations “légitiment en effet de façon régulière le djihad armé tant par les prêches dispensés, que par les écrits mis à la disposition des fidèles et des internautes, dont les dirigeants du ‘Centre Zahra’ recommandent vivement la lecture aux fidèles”, poursuit le communiqué. “Ces justifications du djihad armé, sans modération d’aucune sorte, s’accompagnent d’un endoctrinement de la jeunesse du ‘Centre Zahra’ dans la perspective de la guerre sainte.” 

Pour rappel, le Centre Zahra de Grande-Synthe avait déjà été fermé par un arrêté du préfet du Nord en octobre dernier, au motif qu’il contribuait à “la diffusion de l’islam radical”. 

Ce que l’on sait du Centre Zahra France de Grande-Synthe, accusé de contribuer à “la diffusion de l’islam radical”

Pour procéder à ces dissolutions, Christophe Castaner s’appuie sur l’article L212-1 du Code de la sécurité intérieure, et notamment ses alinéas 6 et 7. Deux alinéas qui permettent de viser tout groupement “qui, soit provoquent à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, soit propagent des idées ou théories tendant à justifier ou à encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence”, “ou qui se livrent, sur le territoire français ou à partir de ce territoire, à des agissements en vue de provoquer des actes de terrorisme en France ou à l’étranger”. 

Le ministre de l’Intérieur se dit en tout cas “pleinement déterminé à procéder à la dissolution de toutes les associations qui attisent la haine, appellent aux discriminations et font l’apologie de la violence”. 

Dieudonné Mbala Mbala poursuivi en justice par le BNVCA pour sa chanson “C EST MON CHHOAA” interprétée sur youtube le 22 juin 2017

Le BNVCA sera présent et représenté par Maitre Charles Baccouche aux différentes audiences prévues par la 17 eme Chambre correctionnelle de Paris, suite  notre plainte déposée en 2017 contre le sieur MBALA MBALA ALIAS DIEUDONNE.

Ce dernier s’était rendu complice du délit d’injure publique envers une nation, une race, une religion déterminée, commis par Noémie M. qui a consenti à publier sur youtube, via son compte, la vidéo intitulée “c’est mon shoaa” contenant les paroles suivantes:  Le 22 juin 2017, il avait chanté  “J’ai chaud à la tête devant le barbecue si les merguez sont cachers,  j’aurais peut être la corde au cou, J’en suis déjà à 20.000 euros pour une brochette d’ananas. C’est décidé, je ferai profil bas, c’est comme ça, c’est mon shoaa c’est mon choaaa, …bla bla bla

Nous rappelons que toujours suite aux plaintes déposées par le BNVCA Dieudonné a déjà été condamné définitivement le 16 janvier 2015 par le  tribunal correctionnel de Paris, pour avoir interprété la chanson SHOAH NANAS.

Cette forme de caricature et de moquerie des victimes du plus grand génocide des juifs constitue un délit prévu et réprimé par nos lois. Dieudonné le récidiviste n’a toujours pas payé les amendes auxquelles les tribunaux l’ont condamné.

Le BNVCA compte bien sur les prochaines audiences du  21 Mai et du 10 juillet pour relais, et le 25 septembre 2019 pour plaider, afin que des peines sévères d’amende voire d”emprisonnement soient prononcées à l’encontre des Dieudonné et sa complice Noémie M. qui avait demandé de regarder la vidéo en boucle, 10 fois par personne et par jour, pour “aider Dieudonné à payer ses amendes”. 

Puisque Dieudonné continue à défier les autorités de police et de justice en organisant clandestinement, et illégalement ses spectacles, le BNVCA reste vigilant et le poursuit devant les tribunaux de tout l’hexagone, jusqu’à ce qu’il soit mis hors d’état de nuire.

89% des étudiants juifs de France déclarent avoir subi un acte antisémite

Par Amandine Hirou  L’Express

D'après une vaste enquête Ifop, réalisée à la demande de l'UEJF en mars 2019, 89% des étudiants juifs interrogés affirment avoir été victimes d'au moins un acte antisémite (injure, agression, blague "potache" sur la Shoah, stéréotype) au cours de leurs études.
D’après une vaste enquête Ifop, réalisée à la demande de l’UEJF en mars 2019, 89% des étudiants juifs interrogés affirment avoir été victimes d’au moins un acte antisémite (injure, agression, blague “potache” sur la Shoah, stéréotype) au cours de leurs études. Reuters

L’enseignement supérieur, reflet de la société, n’est pas un rempart contre l’antisémitisme. Un sondage Ifop fournit pour la première fois des chiffres éloquents.

Ces derniers mois, plusieurs événements inquiétants avaient mis en émoi le monde universitaire : comme le saccage du local de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) sur le site de Paris I-Tolbiac, en mars 2018 ; ou, la même année, cette inscription sur les murs de l’université Grenoble-Alpes, soupçonnée de viser son président, Patrick Lévy (“La rentrée, ça gaze(ra) ?”) ; ces tags (croix gammées, mot Juden écrit au marqueur) découverts dans une salle de cours d’HEC à Jouy-en-Josas (Yvelines) ; sans oublier la plainte, le 20 octobre dernier, de cette étudiante en médecine de Paris XIII (Seine-Saint-Denis) qui affirme avoir été victime de “harcèlement à caractère antisémite” au sein de sa fac…  

Des cas isolés ? Combien de jeunes sont-ils confrontés à des propos, des injures ou des agressions antisémites derrière les murs des écoles et des universités française ? Quelle est l’ampleur des préjugés et des stéréotypes véhiculés dans le cadre étudiant ? Une vaste enquête Ifop, réalisée à la demande de l’UEJF en mars 2019 – “le regard des étudiants sur l’antisémitisme” – donne enfin des éléments de réponse. Cette étude est constituée de deux volets : Le premier concerne le ressenti et le vécu des étudiants dans leur ensemble (échantillon de 1007 personnes représentatives de la population étudiante française). Le second concerne le ressenti et le vécu des étudiants de confession ou de culture juives (405 personnes). L’Express vous livre, en exclusivité, ses principaux enseignements.  

Question : Dans le cadre de votre vie étudiante (cours, vie associative étudiante, soirée…) avez-vous déjà été victime de l’un des actes suivants ?  

89% des étudiants juifs interrogés affirment avoir été victimes d’au moins un acte antisémite (injure, agression, blague “potache” sur la Shoah, stéréotype) au cours de leurs études. “Dans un souci de coller au plus près de la réalité du terrain, nous avons comparé ces réponses à celles données par des étudiants non juifs. Or, 45% de ces derniers disent, pour leur part, avoir assisté à au moins un acte antisémite au cours de leurs études. Ce qui donne une idée de l’ampleur du phénomène”, explique Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop.  

Question : Comment avez-vous réagi ? 

Parmi les étudiants juifs qui affirment avoir été un jour victimes d’actes antisémites, seulement 1 % déclarent avoir porté plainte, 8 % ont procédé à un signalement auprès de l’administration de leur université ou école, 19% n’ont rien dit par peur de représailles et 58 % ont tenté de régler la situation directement avec les personnes concernées. “Cela montre le décalage abyssal entre le discours officiel, qui proclame que tout acte antisémite doit faire l’objet d’une plainte, et la réalité du terrain”, affirme Frédéric Dabi.  

Question : Êtes-vous d’accord ou pas d’accord avec les affirmations suivantes ?  

63 % des étudiants interrogés estiment que “les juifs sont injustement attaqués quand les choses vont mal”. L’Ifop les a également questionnés sur différents stéréotypes : 22% pensent que “les juifs sont plus riches que la moyenne des Français”, 18% que “les juifs utilisent dans leur propre intérêt leur statut de victimes du génocide nazi pendant la Seconde guerre mondiale”, 17% que “les juifs ont trop de pouvoir dans le domaine de l’économie et de la finance”…. “Ils sont tout de même moins nombreux à adhérer à certains de ces stéréotypes, comparé à la moyenne des Français, fait remarquer Frédéric Dabi. Cela peut s’expliquer par le fait que le niveau d’études des sondés est plus élevé que la moyenne.”  

Après les attentats de Charlie Hebdo, en 2015, des référents racisme et antisémitisme avaient été nommés dans les établissements du supérieur. On en compte aujourd’hui 150 sur tout le territoire. Problème, 88% des étudiants interrogés n’en ont jamais entendu parler. Confrontés à un manque de visibilité, de moyens, de formation, de manque de structuration… ces référents peinent à s’imposer comme des recours. Un vade-mecumrecensant les outils et les procédures juridiques à leur disposition leur sera bientôt distribué. Une vaste campagne serait également prévue. Comme le prouve cette enquête de l’Ifop, il est grand temps. 

Le BNVCA dénonce et condamne les persécutions antisémites dont se dit victime Mr Jérémy K.. habitant de Sarcelles (95)

Le 16 mars 2019 il dépose plainte après avoir constaté que son véhicule garé dans le parking  situé au sous sol de l’immeuble 19 rue André Gruning à Sarcelles, a été vandalisé, les rétroviseurs brisés, et recouvert d’immondices.

Et de nouveau le 17 mars 2019, il dépose plainte car il découvre des croix gammées taguées sur le mur du même parking, au niveau de sa place de stationnement.

Toutefois la victime nous déclare être étonné, que le fonctionnaire de police n’aura pas jugé utile de souligner le caractère antisémite de ces infractions.

Le BNVCA qui recense les actes antisémites, observe que les attaques visent les juifs au plus près de leur domicile.

Ce type de graffitis est signalé de plus en plus fréquemment  depuis novembre 2018. Anonymes mais ciblés, ils provoquent un réel malaise chez les citoyens juifs qui le découvrent et le subissent comme une sorte de persécution.

Le BNVCA recommande à tout témoin toute victime  de lui signaler ces faits en appelant la hot line 0663883029 ou sur le site BNVCA.ORG.

Assassinat antisémite de Mme Sarah Halimi: Le BNVCA révolté et indigné redoute l’absence de procès du criminel.

Le BNVCA apprend avec consternation, que le meurtrier antisémite de Madame SARAH HALIMI ne sera pas jugé au motif que, selon des  experts son discernement était aboli au moment des faits. 

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, Kobili Traoré s’était introduit chez sa voisine Lucie Attal – aussi appelée Sarah Halimi – au troisième étage d’une HLM de Belleville. Aux cris d’«Allah Akbar», entrecoupés d’insultes et de versets du coran, ce jeune musulman l’avait torturée et rouée de coups avant de la précipiter dans la cour.  

Les enfants de Madame SARAH HALIMI sa famille, comme tous les juifs de France incrédules ressentent un malaise profond, une grande frustration qui marqueront “d’une  pierre noire” l’histoire de la lutte de la France contre l’antisémitisme. Dès le début de l’instruction le Bnvca avait pressenti que ce crime resterait impuni.  

La juge avait dès le début de son instruction refusé la participation des associations  juives et celles qui combattent l’antisémitisme. 

 Aucune enquête n’a été diligentée pour tenter de comprendre pourquoi les policiers arrivés sur place 3 minutes après avoir été appelés au secours puis fortement renforcés par d’autres patrouilles n’ont pas délivré Madame Sarah Halimi des griffes de son tueur alors qu’ils étaient en situation de légitime défense. De nombreux compatriotes de confession juive nous font part de leur désespoir engendré par la façon dont ce crime anti-juif  a été instruit et traité.        

Pour le BNVCA il est paradoxal qu’un conducteur automobile sous l’emprise d’un état alcoolique voit sa peine lourdement aggravée et qu’un drogué  soit excusé légalement.  

Cette affaire rend le BNVCA très pessimiste sur les possibilités réelles d’éradiquer antisémitisme quand les coupables ne sont ni jugés ni condamnés.   

Nous craignons que cette décision n’encourage d’autres prétendus malades mentaux à commettre d’autres crimes  anti-juifs. 

Antisémitisme : les réponses de l’enseignement supérieur

By Haï – Mar 15, 20190139

Le 19 février 2019, en présence du Premier ministre, Édouard Philippe, 20.000 personnes se sont réunies place de la République à Paris. // © Xavier POPY/REAFace à la recrudescence des actes antisémites et racistes, les établissements du supérieur s’organisent. Mise en place de référents, formation des membres du personnel, sensibilisation des étudiants… Les initiatives se multiplient pour enrayer un phénomène dont on mesure encore mal l’ampleur.

Locaux saccagés, tags antisémites, inscriptions de croix gammées, insultes… Ces dernières années, et plus encore ces derniers mois, des actes racistes et antisémites ont troublé la vie de certains établissements d’enseignement supérieur.

Des inscriptions antisémites ont été ainsi été découvertes dans une salle de classe à HEC le 12 octobre 2018. Plus récemment, les 21 et 22 février 2019, des propos antisémites ont été tenus lors d’un colloque international portant sur “la nouvelle école polonaise d’histoire de la Shoah” organisé à l’EHESS.

Ces incidents s’inscrivent dans un contexte particulier : le nombre d’actes antisémites a augmenté de 74 % en France entre 2017 et 2018, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

La Conférence des doyens des facs de médecine a ainsi publié, le 11 février 2019, un communiqué dans lequel elle s’indigne de la recrudescence ” d’actes racistes et antisémites perpétrés à l’encontre des enseignants, des autorités et des étudiants de confession juive et/ou d’origine étrangère”.

Le même jour, la section disciplinaire à l’égard des usagers de l’université Paris 13 annonçait avoir condamné un étudiant à un an d’exclusion, dont deux mois ferme, pour “antisémitisme et harcèlement”. Dix jours plus tard, le 21 février 2019, la CPU (Conférence des présidents d’université) invitait les universités à “prendre des initiatives”.

120 référents racisme et antisémitisme

Pourtant, dès janvier 2015, à la suite des attentats visant la rédaction de “Charlie Hebdo” et l’Hyper-Cacher de la Porte de Vincennes, le gouvernement a incité les établissements du supérieur à mettre en place des référents “RA” (racisme et antisémitisme).

Cette initiative était l’un des volets du grand plan de mobilisation initié par Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur. Le 19 mars 2018, la rue Descartes et la Licra signaient une convention afin de former les référents. Trois sessions doivent avoir lieu courant mars 2019.

Il existe aujourd’hui 120 référents “RA” – 45 dans des universités, et 75 dans des écoles de commerce, ingénieurs, IEP, etc. –, selon Samuel Ghilès-Meilhac, chargé de mission au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Leur rôle ? Traiter les problèmes et faire remonter les informations en cas d’incident, tout en formant les membres du personnel et les étudiants, afin de libérer la parole des victimes.

Encore faut-il que les référents soient connus de tous, ce qui n’est pas toujours le cas. Isabelle de Mecquenem est référente à l’université de Reims Champagne-Ardenne depuis 2015, mais ses coordonnées n’ont été communiquées sur le site web de l’établissement qu’à la rentrée 2018.

Pour accroître leur visibilité et favoriser l’échange d’expérience, certains référents ont décidé de s’organiser en créant un réseau.

À l’université Grenoble-Alpes, syndicats, associations, villes et universités se sont regroupés pour “mutualiser tout ce qui touche à l’enseignement supérieur et la recherche sur les discriminations”, indique Samuel Ghilès-Meilhac.

Une convention entre la Dilcrah (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT) et le Défenseur des droits devrait d’ailleurs bientôt être signée. Et un vade-mecum, à l’image de celui produit sur le harcèlement sexuel, serait également en cours d’élaboration.

Des statistiques encore imprécises

Malgré la présence de référents, le nombre de remontées d’informations ne reflète pas toujours la réalité. Depuis septembre 2018, Isabelle de Mecquenem a été informée “de deux cas d’insultes”, alors que son établissement accueille 40.000 étudiants.

Idem pour Daniel Verba, référent RA à l’université Paris 13, qui a été saisi de six cas en un an, “allant du graffiti raciste, antisémite ou homophobe jusqu’à des cas de harcèlement”,précise-t-il.

Difficile, dans ces circonstances, de mesurer précisément l’ampleur du phénomène. Pour affiner leur perception de la situation, certains établissements ont lancé leurs propres enquêtes. Comme l’université de Lorraine qui, par le biais d’un questionnaire diffusé auprès de 2.000 étudiants, a recensé pas moins de 470 témoignages de discrimination religieuse et 740 cas de discrimination racistes. L’université Paris 13 a également prévu sa propre enquête, qui sera réalisée par le CNRS.

Sensibiliser les étudiants, former les membres du personnel

En attendant que les résultats des enquêtes offrent une photographie plus nette de la situation, des actions de sensibilisation sont organisées un peu partout en France, durant la “semaine d’éducation et d’actions contre le racisme et l’antisémitisme”, du 18 au 24 mars 2019.

À travers des événements organisés par les établissements – conférences, expos, débats… – des sessions de formation pour les membres du personnel et des actions de sensibilisation auprès des étudiants sont prévues“L’objectif n’est pas de s’attaquer aux individus racistes, mais à la socialisation raciste. Il faut chercher à comprendre ce qui se joue”, souligne Daniel Verba.

Parallèlement, des actions plus pérennes sont mises en place dans de nombreuses universités. À l’université de Lille, dans le cadre d’une unité d’enseignement transversale, un module d’une heure et demie sur l’antisémitisme sera proposé aux étudiants.

DANS L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE, ON NE PARLE DES JUIFS EN FRANCE QU’AU SUJET DE LA SHOAH ET DE L’AFFAIRE DREYFUS. IL N’EST JAMAIS QUESTION D’HISTOIRE JUIVE, DE LA PRÉSENCE DES JUIFS DANS LA CULTURE. 
(M. BENOIT)

Une nécessité pour Martine Benoit, la référente RA de l’établissement : Dans l’enseignement secondaire, on ne parle des Juifs en France qu’au sujet de la Shoah et de l’affaire Dreyfus. Il n’est jamais question d’histoire juive, de la présence des Juifs dans la culture. Ils sont toujours montrés comme des victimes”, argumente-t-elle.

L’UPJV (université de Picardie-Jules-Verne) a ainsi développé un projet original de Mooc, soutenu par la Dilcrah :“Déconstruire les préjugés racistes antisémites”, quand des cours sur l’histoire de la médecine nazie sont dispensés à l’université de Strasbourg.

Le doyen de la faculté de médecine, Jean Sibilia, aimerait aussi y organiser une reconstitution théâtrale du procès de Nuremberg.

Au-delà des cours, la sensibilisation des étudiants peut aussi passer par la recherche sur le terrain. À l’INU (Institut national universitaire) Champollion d’Albi, les enseignants emmènent leurs étudiants en Ukraine, afin d’y étudier la Shoah par balles. Ceux-ci doivent ensuite restituer leurs connaissances dans des conférences.

“Les bonnes intentions ne suffisent plus”

Les mesures en matière de lutte contre le racisme et l’antisémitisme à l’université sont récentes, et les référents tâtonnent encore, se questionnent, essaient d’innover. Faut-il une formation spécifique pour les community managers des universités, en prise directe avec la haine en ligne?” se demande Daniel Verba.

“Ces responsabilités-là sont relativement nouvelles pour un certain nombre d’établissements, il faut un temps d’adaptation”, rappelle Samuel Ghilès-Meilhac.

Cependant, les universités doivent parfois prendre des sanctions. Qu’est-il prévu dans ces cas-là? Le référent de l’université Paris 13 est justement en train d’élaborer, avec le ministère, un protocole de signalement, allant du simple rappel à l’ordre à des sanctions plus sévères : “Il existe des procédures en cas d’attaques terroristes, pourquoi ne pas faire de même pour sanctionner les actes de racisme ?”

Si les faits sont graves, répétés, ou qu’il ne semble pas y avoir de prise de conscience de la part des intéressés, l’intervention de la commission disciplinaire est envisagée. À l’étape suivante, l’établissement peut choisir de déposer plainte conjointement avec la victime.

“La tolérance et les bons principes ne suffisent plus. Pour arriver à extraire ce poison du corps social, il ne faut pas hésiter à être volontariste dans la manière d’opérer. Ce qui s’est passé avec #balancetonporc a été relativement efficace pour cette raison, observe Daniel Verba. À l’université, ce n’est pas la tradition, mais il est nécessaire aujourd’hui d’inventer de nouvelles formes de lutte, plus radicales.”

Aude Lorriaux 

La distinction entre antisionisme et antisémitisme par Shmuel Trigano

Le débat sur les formes antisionistes de l’antisémitisme n’a pas eu lieu après les remarques de Monsieur Emmanule Macron à ce propos. On a même eu droit à une pétition de type stalinien avec la publication dans Libération d’une pétition de personnalités – des vieux de la vieille de l’antisionisme – qui ont lancé le défi à Monsieur Emmanuel Macron de venir les chercher si jamais il criminalisait l’antisionisme qu’ils avouent être leur credo. Ce travail sur la convergence de l’antisionisme et de l’antisémitisme a de toutes façons déjà eu lieu durant les années 2000[1] mais les gens ont la mémoire courte.

Une réponse simplifiée avait été donnée par Nathan Shtaransky sous la forme du modèle des 3D: double standard, delegitimation, diabolisation. En somme si, dans votre  critique “légitime” d’Israël, vous pratiquez le double standard moral, critiquant excessivement la politique israélienne sans critiquer celle d’autres pays censés perpétrer la même supposée infraction, alors vous êtes antisémite.

Si, dans votre critique, vous prétendez qu’Israël n’a pas le droit d’exister pour une raison ou une autre, si vous le peignez dans les traits d’une caricature malfaisante et démoniaque alors votre supposé “antisionisme” n’est que la feuille de vigne de votre haine des Juifs.

Si vous fustigez soir et matin la supposée “occupation” de territoires supposés “palestiniens”, sans critiquer l’occupation armée de la moitié de l’ïle de Chpre par la Turquie, l’occupation du Sahara occidental par le Maroc, l’occupation du Tibet par la Chine, l’occupation de la Crimée par la Russie, alors là, oui, vous êtes antisémite.

Si vous condamnez Israël pour commetttre à Gaza des éliminations ciblées de terroristes sans condamner la France qui en commet en Irak, alors là, oui, vous êtes antisémite.

Si vous pensez que l’Etat d’Israël n’a pas le droit moral d’exister parce qu’il se serait fondé sur un crime, à savoir la dépossession de 600 000 réfugiés palestiniens, sans prendre en considération que la majorité de la population israélienne que vous condamnez est issue de l’expulsion et de la spoliation de 900 000 Juifs de 11 pays arabo-musulmans, alors là, oui, vous êtes antisémite.

Si toute critique des actes du gouvernement israélien ou des caractères de l’Etat d’Israël vous conduit à accuser Israël de fascisme et d’apartheid en restant silencieux sur la terreur et la persécution des Chrétiens qui règne dans le monde musulman sous tous les cieux (à commencer par Bethléem), alors là, oui, vous êtes antisémite.

Si vous estimez que les Juifs n’ont pas droit à un Etat qui, par définition, serait raciste parce qu’il serait un Etat “juif”, sans condamner la République parce qu’elle est déclarée constitutionnellement “française” où l’Algérie dont le code de nationalité exige pour être citoyen algérien qu’un des deux parents soit musulman, alors là, oui, vous êtes antisémite.

Si vous pensez que l’Etat d’Israël et le “lobby” juifs mènent le monde, sans fustiger la Conférence de l’Organisation islamique qui compte 67 pays, alors là, oui, vous êtes antisémite.

Si l’on analyse bien le système logique du modèle des 3 D, on se rend compte qu’il repose sur le critère du double standard. C’est un critère pratique et opératoire pour juger de la chose, car il ne rentre pas dans le contenu des arguments. Si on condamne en Israël ce à quoi on reste indifférent ailleurs, il est clair qu’on discrimine Israël, que les enjeux soient vrais ou supposés. Ce qui est stigmatisé en Israël (la diabolisation) est en même temps le contenu du jugement  (la déligitimation). En somme, on condamne ce que l’on a d’abord jugé à charge sans avoir fait la démonstration de la raison du jugement, sans avoir examiné la chose.

On voit qu’en fait le problème fondamental, c’est le récit qui rend compte de la réalité. UN fake récit selon l’expression aujourd’hui courant. C’est une fable manigancée par le “ministère de la propagande palestinien”, sis à Ramallah, à 15 km de Jérusalem. J’ai évoqué la “supposée” occupation des territoires “supposés” palestiniens, je faisais référence à une description de la réalité courante mais fausse, si cette affirmation prétend se fonder sur le “droit international” invoqué à hue et à dia[2]. Elle est fausse car la présence d’Israël dans ces territoires n’est pas juridiquement une occupation. Elle est la conséquence d’une guerre d’agression et du rejet de plusieurs plans de paix successifs par les vaincus. De surcroît, ces territoires n’ont jamais été sous une quelconque instance palestinienne auparavant. Ces territoires se trouvaient sous occupation jordanienne et égyptienne du fait de la guerre de 1948, ils étaient auparavant sous le Mandat britannique au terme duquel les Palestiniens ont refusé le plan de partage de l’ONU (alors qu’ils n’ont jamais contesté par la suite l’occupation jordanienne). Avant le Mandat, ces territoires dépendaient de l’empire ottoman. Ils n’ont jamais été auparavant “palestiniens”. Ils ne constituaient pas une instance politique spécifique et encore moins “palestinienne”.

*à partir d’une chronique sur Radio J le vendredi 1 er mars 2019


[1] CF. les 18 numéros de la revue Controverses en accès libre : controverses.fr

[2] Voir les travaux d’Alan Baker (Jerusalem Center for Public Affairs)

http://jcpa-lecape.org/author/abbjcpa-com/

Le BNVCA salue l’action de la Police de Dijon qui a réprimé la manifestation sauvage organisée contre l’Ambassadrice d’Israel par l’UNEF Sciences Po Dijon dont nous réclamons la dissolution.

Le BNVCA salue l’action de la police de Dijon qui a dispersé et réprimé une manifestation sauvage organisée par les étudiants de l’Unef, et Sciences Po  ce jeudi 14 mars 2018 pour tenter de bloquer la conférence de son excellence Mme Aliza Ben Noun, Ambassadrice de l’Etat d’Israël.

Cette action était aussi menée par des organisations subversives pro palestiniennes comme l’UJFP, la Ligue des Droits de l’Homme, le mouvement de la paix, Sud Solidaire, Collectif 21 pour la Palestine, le Mouvement pour une alternative no-violente, Attac et l’association France Palestine solidarité. Ces mouvements antisionistes sont régulièrement incitatifs à la haine d’Israël qui pousse à l’acte antijuif, et font croître l’antisémitisme le plus meurtrier qui sévit en France.

Le BNVCA a décidé de saisir le Ministre de l’Intérieur et le Ministre des Universités pour réclamer la dissolution, l’interdiction de ce syndicat étudiant, l’UNEF Dijon qui fait preuve de discrimination.

Le BNVCA demande que des sanctions sévères administratives et pénales  soient prononcées contre les dirigeants de ce syndicat qui abusent de leur mandat pour déchaîner la  détestation de l’Etat juif et agresser ses représentants officiels en France.

Le BNVCA salue également Monsieur le Maire de Dijon et le Préfet de Bourgogne qui ont reçu la diplomate israélienne dont la conférence a été très appréciée par les étudiants présents.

Pourquoi ce qui est possible dans d’autres pays ne l’est pas en France. Ne n’avons probablement pas la capacité ou la volonté d’être à la hauteur de cette situation.

Victoire israélienne anti-BDS en Allemagne

Shraga Blum

 par Shraga Blummars 16, 2019in A LA UNEINTERNATIONAL 

Les efforts conjugués d’organisations juives allemandes ainsi que du ministre israélien de la Sécurité intérieure et des Enjeux stratégiques Guilad Erdan auront porté leurs fruits. La terroriste et activiste anti-israélienne Rasmaya Oudeh ne pourra pas s’exprimer lors d’une soirée anti-israélienne prévue à Berlin, que les autorités allemandes ont annulée. La terroriste sera même expulsée d’Allemagne.

Rasmaya Oudeh avait assassiné des civils israéliens en 1969 et depuis sa sortie de prison elle milite à travers le monde en faveur du BDS.

Le ministre allemand de l’Intérieur Horst Seehofer a expliqué que la liberté d’expression est un principe très important mais lorsqu’elle est utilisée pour inciter contre l’Etat d’Israël, les Juifs ou le Judaïsme il s’agit d’un franchissement des lignes rouges. Berlin est une ville d’unité et de solidarité et non de division et de propagande ».

Le ministre Guilad Erdan a déclaré : « La justice et le bon sens l’ont emporté. Je remercie les autorités allemandes pour la décision éthique et sans ambiguïté qu’elles ont prises. Il s’agit d’une décision importante et j’appelle les autres pays en Europe à adopter la politique allemande de tolérance zéro envers les terroristes déguisés en militants des droits de l’homme ».

L’an passé déjà, Rasmaya Oudeh avait été chassée des Etats-Unis après avoir caché pendant des années son implication passée dans le terrorisme meurtrier.

Photo IllustrationTags:BDS

Marseille : Un élan de solidarité contre l’antisémitisme et le racisme

Par Gilbert Gabbay Actualités Juives

Le maire Yves Moraine et la présidente Martine Vassal lors du dévoilement de la plaque. (G.G)

Alors que deux arbres en hommage à Ilan Halimi ont été arrachés dans l’Essonne, à Marseille, le maire des 6e et 8e arrondissements, Yves Moraine, a invité des élus, des responsables communautaires et de nombreux citoyens à se joindre à la plantation d’un chêne pour Ilan Halimi et contre le racisme et l’antisémitisme, dans le parc de la mairie.

Deux actions conjointes pour dénoncer les horribles dégradations, mais aussi pour vilipender toutes formes de racisme et d’antisémitisme. L’antisémitisme est une maladie qui se distille insidieusement dans notre société moderne à travers les réseaux sociaux et ailleurs. À lire Léon Pinsker (1881), ce médecin juif d’Odessa, « maladie » est bien le terme à employer. « La judéophobie est une psychose. En tant que psychose, elle est héréditaire, en tant que maladie transmise depuis 2 000 ans, elle est incurable ». Avec un tel constat, la guérison sera longue à venir, mais les actions comme celle de la mairie des 6e et 8e arrondissements sont nécessaires et salutaires pour tenter d’extirper ce mal.

Devant la stèle contre l’antisémitisme et le chêne, le maire de secteur Yves Moraine a été le premier à prendre la parole en lançant : « Nous sommes réunis ici, citoyens français, juifs et non-juifs pour dire aux sauvages de toutes sortes qu’ils ne gagneront jamais ! Ils arrachent un arbre, nous en planterons mille, l’humanité l’emportera toujours sur la barbarie ! » Puis les responsables institutionnels de la communauté ont unanimement exprimé leur satisfaction pour une telle initiative. Du président du CRIF, Bruno Benjamin, au président du FSJU, Lionel Stora, en passant par Michel Cohen-Tenoudji pour le consistoire et Jean-Jacques Zenou, président de la radio juive de Marseille, ils ont tous exprimé le vœu de voir un jour la France débarrassée de cette gangrène. En fin de cérémonie, le maire de secteur et la présidente LR de la Métropole Martine Vassal ont fini de planter l’arbre et découvert une stèle contre l’antisémitisme et le racisme.

Le BNVCA horrifié condamne l’attentat raciste commis contre des musulmans en prière à Chritchurch en Nouvelle Zelande le 14/3/2019

Le BNVCA condamne avec force l’attentat raciste commis le 14 mars 2019, dans la ville de Christchurch en Nouvelle Zélande où des assaillants d’extrême droite ont massacré des musulmans en prière dans leurs mosquées situées toutes deux sur la Deans Avenue et Linwood Avenue.

Cet attentat islamophobe a fait près de 50 mort et 50 blessés. 

Le BNVCA exprime son soutien et sa sympathie à toute  la communauté musulmane  ainsi éprouvée et à celle de Christchurch en particulier.

Le BNVCA demande aux autorités françaises de prendre les mesures préventives nécessaires de nature à protéger les sites musulmans susceptibles d’être ciblés par des terroristes racistes.

Les origines de l’antisémitisme (Freddy Eytan)

By Haï – 

Pour cibler le fléau actuel voici un rappel sur l’histoire de l’antisémitisme des origines à nos jours:

L’antisémitisme est une pensée déformée et négative, une conception tordue et fausse. L’antisémite se base sur des préjugés primitifs, des idées barbares enveloppées d’une haine coléreuse. L’antisémite est lâche, médiocre et ignorant. Il agit par réflexe collectif et par une passion irrationnelle et trompeuse.

Son raisonnement est contestable et ses arguments sont ridicules. Il pense avoir le monopole de la vérité mais dès qu’on lui démontre le contraire, il sort ses griffes et réagit avec férocité et haine aveugle. L’antisémite est un mégalomane raciste qui croit détenir la marche du monde, le pouvoir de jugement entre les hommes et les femmes, les vieux et les jeunes, et entre le Bien et le Mal.

L’antisémitisme représente le contraire absolu de l’humanisme, l’opposé extrême des valeurs judéo-chrétiennes et des Dix commandements. Ces lois fondamentales et universelles  protègent l’homme au sein d’une société anarchique et bestiale et lui offrent des droits et des obligations civiques élémentaires : “honore ton père et ta mère! “Ne commets point d’homicide! “Ne vole pas!” Ne donne point contre ton prochain un faux témoignage!…

Pour frayer son chemin, pour aboutir à ses fins, l’anti-juif abandonne la conscience des hommes et les libertés. Il écrase les incompatibles et les faibles et écarte les étrangers, les marginaux et tous ceux qui lui font obstacle. Le Juif est la victime et le bouc émissaire. Il représente donc le Mal et il est à l’origine de tous les maux de la terre. Tout ce qui se passe sur terre: les conflits, les guerres, les maladies, les famines, les révolutions et les crises financières sont, selon lui, à cause des Juifs. C’est eux qui sont responsables de la mort de Jésus, c’est le Juif qui sème la discorde entre les peuples, qui détient le pouvoir de l’argent et les banques.

C’est un être différent par sa religion, sa foi, son habillement, son comportement. Ainsi, le Juif est dépeint comme un parasite, un criminel et un être ignoble. Il est caractérisé par sa petite taille, son nez crochu, porteur d’une longue barbe, de papillotes, et un grand chapeau; un individu malpropre, vicieux, intrigant et abject qu’il faut rejeter de la société.

Un jeune élève qui côtoie tout naturellement des camarades juifs en classe peut sourire avec dégoût contre ces allégations stupides puisque la réalité quotidienne est tout à fait différente. Souvent, le jeune catholique, le musulman ou l’agnostique ne sait pas si son ami est Juif et il en ignore la signification.

Quelle différence a-t-il avec lui? Il n’a rien trouvé de spécial, de particulier dans son comportement ou dans son attitude, il est égal à tous les camarades de classe. En effet, n’est-il pas ridicule, idiot et bête de penser comme les antisémites ? Quand j’observe les photos familiales et je relis les lettres de mes ancêtres, de mes grands-parents, de mes parents et de mes anciens camarades d’école, je ne trouve que des récits de fraternité, de tendresse et de bonté. Ces personnages ont éduqué en faveur de la tolérance et de l’amour d’autrui et n’ont jamais fait du mal à une mouche… Les visages de mes anciens coreligionnaires sont heureux, souriants et doux, leur vie était paisible et ils agissaient toujours dans l’intérêt public et pour la sauvegarde de leur Etat.

Les Juifs de la diaspora ont accédé à la citoyenneté pleine et entière et s’efforçaient de s’intégrer dans la société. Ils se comportent en patriotes, combattent dans toutes les batailles et sont fidèles à leur pays natal. Pourquoi donc les blâmer, les repousser et les haïr? Pourquoi les mettre, durant des siècles, au ban de la société? Pourquoi les avoir traqués, les avoir chassés par des pogroms, les avoir brûlé vifs, jetés dans les fours crématoires et fusillé en masse. Pourquoi les antisémites ont-ils incendié des synagogues? Des lieux de culte, de fraternité et de recueillement. Pourquoi ont-ils brûlé des livres de prières, de littérature et de savoir ?

Ces ouvrages ne sont-ils pas destinés à étudier, à apprendre et à enseigner et pour être diffusés à l’humanité entière? L’Ancien Testament juif, la Bible, le Talmud, la Cabale, le Zohar n’ont pas approfondi notre savoir, notre culture et notre sagesse? Des génies, des noms célèbres, comme Baruch Spinoza, Albert Einstein, Sigmund Freud, Franz Kafka, Marc Chagall, Abel Gance, Charlie Chaplin, Marcel Marceau, Maurice Ravel, Yehudi Menuhin, Artur Rubinstein ou Marcel Proust, et tant d’autres, n’ont-ils pas éclairé, chacun dans son domaine et son style, les énigmes de l’univers et les réalités de notre existence? N’ont-ils pas apporté leur contribution lumineuse à chacun de nous y compris aux antisémites? L’Allemagne qui a offert son destin à Hitler n’a-t-elle pas donné au monde: Gutenberg, Goethe, Heine et Beethoven…

Le racisme est une théorie non scientifique de la hiérarchie des races. Comment définir une race supérieure? De la préserver de tout croisement et lui donnant le droit de dominer les autres? C’est absolument absurde! L’antisémitisme définit un racisme uniquement envers les Juifs et il est généralement attribué aux idées de conspiration, de complot et de discours de haine diabolique. Rien de positif dans cette théorie, tout l’univers juif est à mépriser, à haïr.

Pourquoi le Juif est calomnié, accusé et menacé de danger de mort? Pourquoi un enfant Juif de la diaspora doit-il craindre à sa vie, aujourd’hui encore? Pourquoi un jeune israélien entend toujours des discours flamboyants et de haine féroce prononcés par des leaders de pays voisins et des propos antisémites et des arguments rabâchés de la bouche d’un enfant arabe? Hier, le nazisme enseigné aux jeunes allemands la haine de l’étranger et  Hitler était fier de ces enfants blonds, aux yeux bleus, portant l’uniforme avec le brassard de la croix gammée.

Aujourd’hui, un gamin palestinien du Hamas, plongé  dans  la misère est vêtu d’un uniforme de commando et porte un fusil en bandoulière, plus grand que sa taille…Il nous apprend, suite à un lavage de cerveau, que les Juifs sont des ennemis de toujours “sales et puants” et qu’ils sont destinés à l’enfer. Il l’affirme avec conviction avant même de savoir ce que signifie le mot Yahoud? (juif en arabe).

Ce jeune arabe ignore sans doute que durant plusieurs siècles, les Arabes et les Juifs ont vécu ensemble dans une unité de civilisation. Les penseurs de l’Islam et d’Israël puisaient leur vision dans le même monde sémite. Juifs et Musulmans se sentaient frères et vivaient dans le même univers spirituel et intellectuel.

Ce jeune musulman devrait relire les merveilleuses sourates du Coran qui rappellent l’importance du Livre de la Loi de Moise et le rôle constructive des enfants d’Israël. Il doit savoir que la Parole de Dieu manifestée dans la Bible juive, puis dans Jésus-Christ l’est aussi dans le Coran.

Le comportement antijuif consiste dans le manque d’éducation, d’instruction et de connaissance. Les leaders, les éducateurs, les populistes et les démagogues, ainsi que les prêtres religieux intégristes y sont responsables. L’enfant est innocent et un naïf qui récite son chapelet et répète, souvent comme un perroquet, ce que les grands, ses parents et ses supérieurs lui enseignent.

Les antisémites musulmans, chrétiens ou athées représentent un défaut d’intelligence et de jugement et sont emportés par des vagues d’ignorance, d’erreurs fondamentales et de bêtises primaires. Les caricatures et les sermons télévisés diffusés par les chaines arabes constituent une incitation féroce à la haine des Juifs et de l’Etat d’Israël.

Les origines de cette haine féroce et aveugle remonte à la chute de l’empire romain. En l’an 325, le concile de Nicée prend des mesures restrictives contre les Juifs.

Dans la Gaule romaine le code Théodosien contient un grand nombre de dispositions antijuives. En 533, le concile d’Orléans interdit les mariages entre les Juifs et les Chrétiens. Plus tard, sous Robert II le Pieux, les Juifs de France sont placés face à un redoutable dilemme: le baptême ou l’exil.

Les racines du mal sont, nul le doute, d’essence religieuse. Les antisémites ignorent que le Judaïsme appartient à la famille des  trois religions monothéistes avec le christianisme et l’islam.

Ces trois religions ont leurs racines au Proche-Orient et présentent un unique Dieu, créateur, maître de l’univers. Celui qui a été, qui est et qui sera. Israël, frère aîné et préféré de la chrétienté, n’existe par ce qu’il a accepté, sans aucune équivoque et à lettre, les lois de Dieu et a écouté attentivement sa bonne parole.

Elohim, Dieu, est Un et pluriel. Il est uni par un traité d’alliance avec l’Homme. Il n’est pas méchant et cruel, il aime ses fidèles, les hommes et les femmes et les enfants, qu’ils soient Chrétiens, Musulmans ou Juifs. Les trois religions monothéistes se réclament du même prophète, qu’il porte le nom de Moshé, Moise ou Moussa. Elles se ressemblent  par leur rituel qui comporte des lectures et des prières. Les points communs sont aussi nombreux que les différences, et les divergences peuvent donc être aplanies.

Dans ce contexte, il est inexplicable et impardonnable que la chrétienté a pratiqué contre les Juifs une politique d’avilissement, de déshonneur, de rabaissement et de pogromes. La source de l’antisémitisme est sans doute l’enseignement religieux chrétien sous toutes ses formes. Rappelons que le mot “sémite” provient du nom Shem,  fils de Noé, qui signifie en hébreu, à la fois,  nom et Dieu. Ce mot  date de 1845 et il a désigné les différents peuples qui appartiennent à un groupe ethnique d’Asie occidentale et d’Afrique du Nord et parlant des langues apparentées.

La langue arabe, l’hébreu, l’araméen ou l’assyrien sont donc des langues sémites. Le mot sémite s’applique uniquement à une famille sémite et non aux peuples, ni aux races. L’amalgame fait par les antisémites pourrait dire, dans la même veine, qu’un musulman sunnite  d’Afrique du Nord, ou d’Arabie Saoudite comme le célèbre terroriste, Ben Laden, est également sémite tel un juif de France ou d’Israël. Absurdité encore! Depuis toujours, le terme antisémite est utilisé exclusivement contre les Juifs.

Contrairement au christianisme, l’islam n’a pas défini des attitudes spécifiques envers les Juifs. Ils bénéficiaient du statut de “dhmmi”, c’est-à-dire, peuple protégé mais soumis et  demeurant subordonné.

En échange d’une protection physique et de la liberté de culte, les Juifs devaient payer des taxes et porter des vêtements distinctifs. Dans les villes, ils vivaient dans des Mellah, des quartiers séparés, tels que les ghettos de la chrétienté, mais leur rassemblement était volontaire et non forcé et ils n’étaient pas chassés du pays. Lors des persécutions chrétiennes en Europe, il a eu une migration juive importante  vers les pays musulmans.

La religion dans l’islam est inséparable de la politique et elle s’adaptait selon des critères pratiques et spirituels. Les théologiens de l’islam se base sur le verset coranique III, 106: “vous ordonnez ce qui est bon et défendez ce qui est mauvais, et vous croyez en Dieu.”

Le 30 mars 1492, dans l’Alhambra de Grenade, le décret d’expulsion de tous les Juifs d’Espagne est exécuté. Plus de 200 000 Juifs ont pris le chemin de l’exil dans des conditions pénibles et douloureuses. Une partie s’est réfugiée, temporairement,  au Portugal, et les autres se sont dispersés en Afrique du Nord, en Grèce, en Egypte et en Palestine.

La population musulmane était hostile et les autorités appliquaient avec rigueur la ségrégation. Ce n’est qu’à partir de 1517, lors de la victoire des Ottomans que les Juifs séfarades, (Espagnols en hébreu) étaient  accueillis sans contrainte majeure.

Quant aux juifs qui ont fui le Portugal, les Marranes, ils ont renoncé au christianisme et se sont installés à Amsterdam, tels que le philosophe Baruch Spinoza et  les ancêtres de Pierre Mendés France, qui ont trouvé refuge à Agen, en France.

Les premières vagues antisémites débutent donc juste après la chute de l’empire romain et c’est la chrétienté qui a contribué à propager la haine du Juif. Pourtant, comme l’affirme très justement Jules Isaac:

“La religion chrétienne est fille de la religion juive. Le Nouveau Testament chrétien s’est édifié sur la base de l’Ancien Testament juif. A ce seul titre, le judaïsme doit inspirer le respect.”

La majorité des Juifs ont refusé la conversion à la chrétienté comme à l’islam. Ceux qui se sont convertis étaient considérés comme indignes, inférieurs et citoyens de deuxième zone. L’époque médiévale se caractérisait par la séparation forcée des Juifs.

Déjà, en 1179, la loi canonique du Troisième Concile de Latran interdit aux Juifs et aux Chrétiens de vivre ensemble. C’est en Italie, à Venise, la superbe ville romantique, qu’on commence à appliquer la ségrégation. Elle se répandra dans toute l’Italie, puis en France, en 1227, par le concile de Narbonne, et après, dans toute l’Europe.

Les Juifs sont mis à part, parqués dans des ghettos, dans des quartiers séparés où ils sont obligés de résider. Pour pénétrer dans le Ghetto (un mot italien désignant le quartier des fonderies où les Juifs étaient établis) on passe sous une voûte basse pourvue de portes massives et surveillés par des gardiens chrétiens.

La nuit, on a appliqué le couvre- feu et personne ne sortait ni rentrait. Les jours de fêtes chrétiennes et durant les Messes, les portes du ghetto étaient fermées. Le statut politique et juridique et leur organisation socio-économique des Juifs étaient inférieurs et formaient un monde particulier et différent.

Les Juifs ne jouissaient d’aucun droit, ils étaient soumis à toutes vexations et affublés de rouelles jaunes. L’agriculture et la plupart des métiers et des commerces étaient interdit. Un Juif n’avait pas le droit d’acquérir des biens immobiliers et notamment d’être propriétaire d’une maison.

Les Chrétiens justifiaient la ségrégation par des considérations théologiques. L’antijudaïsme catholique accusait les Juifs d’être infidèles à Dieu. Cette doctrine était fondée sur l’idée que la perte de l’indépendance juive en Terre Sainte et la destruction du Second temple de Jérusalem par les Romains, en l’an 70, était un acte de Dieu punissant le peuple coupable de la mort du Christ.

Une  accusation contraire aux faits historiques puisque ce sont les Romains et non pas les Juifs qui on crucifié Jésus et que le Sanhédrin, qui était à la fois, le conseil du gouvernement et cour de Justice, ne pouvait plus prononcer des peines capitales. Cette doctrine chrétienne justifiait à compléter l’œuvre de la Providence et permettait les massacres et les expulsions.  A la fin du 19ième siècle, une grande partie des Catholiques acceptent le mot et l’idée d’antisémitisme. Il s’agissait  d’une lutte sociale, politique et surtout religieuse.

Pour les masses paysannes et ignorantes de l’époque, le Juif est le “buveur de sang”.  Depuis le Moyen Age, les antisémites racontent que les Juifs ont l’habitude de kidnapper un enfant; après l’avoir torturé et tué, ils prennent le sang pour cuire du pain d’azyme.

Des rumeurs, des histoires à dormir debout et stupides, des mensonges et calomnies absurdes et sans fondement ont alimenté de nombreux ignorants à travers les siècles. Le préjugé du meurtre a pu s’accréditer,  pendant des siècles, parmi les populations les plus diverses d’Europe. Il a provoqué des assassinats, des pillages et des exécutions en masse.

Le 26 mai 1171, sur les bords de la Loire, à Blois, l’accusation du meurtre rituel est lancée contre les Juifs. Refusant le baptême, la communauté entière sera brûlée. Les Juifs mourront en proclamant l’unité de Dieu et en le glorifiant publiquement.

Plus de 7 siècles plus tard, en 1913, à Kiev, le procès de Mendel Beilis fera sensation. Il a été accusé du meurtre rituel d’un enfant chrétien. De brillants avocats venus de l’étranger réussissent à prouver son innocence et le jury composé de 12 paysans russes l’a acquitté. Une histoire infâme parmi tant d’autres.

 Le Juif est accusé d’empoisonner les puits, de profaner les hosties et il représentait le Diable en personne. Lié à la finance, le juif est assimilé à l’usurier qui vole l’argent de la population chrétienne.  Des récits sans preuves sont propagés, comme la vitesse de l’éclair, par des curés envoyés par l’Eglise. Des amalgames extravagants, des mensonges flagrants, et des méthodes artificielles qui comparent le sang  de couleur rouge  avec le vin pur et bénit, cette boisson alcoolisée qui réjouit le cœur de l’homme…Tout cela est monstrueux d’ineptie.

La Révolution française marque un tournant dans l’histoire des Juifs d’Europe. Le principe de l’égalité des Juifs devant la loi est établi.

Pourtant en Angleterre, quand en 1868, Benjamin Disraeli devient Premier ministre, ses adversaires ironisaient sur son origine juif, c’est ainsi que Disraeli a répondu au Parlement de Westminster:

“Oui, je suis Juif et quand les ancêtres de mes honorables adversaires étaient des brutes sauvages dans une île inconnue, les miens étaient prêtres au Temple de Salomon…”

En 1807, Napoléon Bonaparte réunit un grand Sanhédrin (assemblée). Il soutient le principe de la fraternité entre Français de toutes confessions y compris les mariages mixtes. Les rabbins s’y opposent mais ne peuvent arrêter le mouvement de conversion. Par milliers, les Juifs se faisaient baptiser mais ne couper pas les ponts avec leur communauté d’origine.

Les Juifs qui étaient fidèles à leur foi trouvent la formule en se définissant, à la fois comme juifs et comme citoyens. Ils étaient donc Français, Allemand ou Anglais de confession juive ou israélite. La séparation de l’Eglise et de l’Etat accentuera le mouvement d’intégration. La communauté religieuse cesse d’être une entité politique pour devenir une composante de l’Etat-nation.

A cette époque, des nouvelles idéologies et des évolutions scientifiques et linguistiques se propagent. Elles distinguent l’indo-européen des langues sémites. Charles Darwin, naturaliste anglais, explique l’évolution biologique par la sélection naturelle. Le comte Joseph Arthur de Gobineau, diplomate et écrivain français, et théoricien du racisme, publie son “Essai sur l’inégalité des races humaines”.

Il expliquait que “les Allemands, représentants parfaits de la pureté raciale, sont en droit de se dire supérieurs par définition, aux juifs qui, eux, sont de petite taille, ont de cheveux bruns et les yeux foncés.”

Quand on observe les milliers de juifs blonds et grands de taille venus en Israël de Russie; les albums de photos des premiers pionniers israéliens, en majorité des athlètes, installées au début du siècle dernier, ou les jeunes joueurs de basketball dans les équipes israéliennes, dépassants les deux mètres de haut,  on peut sourire avec mépris et interroger: sur quelle étude scientifique? Sur quelle enquête approfondie se base cet indigne diplomate?

En 1863, éclate en Autriche  une crise financière qui se répandra en Europe centrale et le mot “antisémite” apparaît pour la première fois. En 1879, il est utilisé par un juif converti, le journaliste allemand, Wilhelm Marr. Les flèches haineuses seront  visées uniquement contre les Juifs pour bien montrer le mépris qu’éprouvent les Allemands et les Autrichiens à leurs égards.

La “supériorité et la pureté” de la race aryenne n’est plus basée sur la religion mais s’appuie, par les nouveaux antisémites, sur une argumentation, soit disant pseudo-scientifique, et sur le postulat d’une race sémitique. Selon cette théorie, les Juifs constitueraient une race inférieure porteuse de caractères nocifs pour le groupe social de sang non sémite.

En Allemagne, le thème du “complot juif” apparaît avec le roman “Biarritz” d’Hermann Goedsche, publié plus tard en France sous un autre titre. Il raconte comment, dans la nuit noire, les chefs des douze tribus d’Israël se rassemblent dans le cimetière de Prague et proclament, sous la présidence du diable, la domination du monde…Quelle fâcheuse fabulation!

En Amérique, le mouvement extrémiste et raciste Ku Klux Klan se répand contre les Juifs, les catholiques, et les Noirs. Vêtus comme des fantômes, couverts de la tête aux pieds et cachant leur visage par lâcheté, ils pratiquent, dans la nuit noire, un cérémonial obscur et abject.

Leur idéologie xénophobe, lancée lors de la guerre civile entre le Nord et le Sud au début du 20ième siècle, est dirigée contre les nouveaux immigrants venus d’Europe dont une grande partie était juive. Ce n’est qu’un siècle plus tard, que l’Amérique  nomme un Secrétaire d’Etat, un ministre ou un ambassadeur juif, et a élu triomphalement, un Président noir!

En 1825, Nicolas 1er, nouveau Tsar de Russie, note dans son journal: “les Juifs sont la cause de ruine pour les provinces paysannes. Ils sont ici les plus riches et les plus importants propriétaires fonciers, après la noblesse; ils exploitent le peuple jusqu’à épuisement.

Tout est concentré entre leurs mains. Ce sont de véritables sangsues qui s’accrochent au peuple et boivent son sang”. Le tsar qui considérait les Juifs comme un élément nuisible, décide d’imposer le service militaire obligatoire à la communauté juive. A l’époque, dés l’âge de 12 ans, les enfants étaient enlevés à leur famille pour la préparation militaire mais pour les Juifs on les mobilisés déjà  à l’âge de 8 ans!

Aujourd’hui encore, des chefs de bandes terroristes et de tribus, préparent des enfants à la violence et à la guerre. En Afrique ou dans les territoires palestiniens, des jeunes innocents sont mobilisés et éduqués pour haïr et tuer sans savoir pourquoi. En Russie de l’époque, des enfants fragiles étaient secoués dans leur sommeil et effrayés par des soldats cruels et obsédés du sadisme. Ils étaient arrachés de leurs parents et amenés de force dans le froid de Sibérie. L’enfant juif qui refusait le baptême était soumis à la torture. Il restait agenouiller durant de longues nuits jusqu’à l’épuisement total.

Pour pouvoir forcer l’assimilation des Juifs, Nicolas 1er  a imposé des zones à résidence obligatoire et a contrôlé les écoles juives en les privant de l’étude de l’hébreu. Son successeur Alexandre II a tenté d’alléger les contraintes discriminatoires  mais a divisé les Juifs en classes. Il récompensera les “bons” Juifs et réprimera les “mauvais”, selon des critères basées surtout sur l’instruction et les diplômes.

En 1871, lors de la Pâques orthodoxe éclate à Odessa une manifestation violente sans précédent. C’est le premier pogrome (saccage en russe) au sein de l’empire russe.

10 ans plus tard, le 1er mars 1881, le tsar Alexandre II, est assassiné  après 26 années de règne absolu. Les Juifs sont mis, une fois de plus, sur la sellette et seront victimes de plus de deux cents pogromes terribles et des vagues de terreur  sauvages qui dureront  plusieurs années.

Dans des dizaines de localités, les Juifs sont attaqués par des foules déchainées qui tuent, violent et pillent sous le regard passive des autorités. A Kichinev, à Kiev, à Varsovie, et dans les pays Baltes,  on dénombre des centaines de morts et des milliers de blessés. Les Juifs sont expulsés de Moscou. Les pogroms sanglants, la famine, la misère et l’angoisse de l’avenir incitent des Juifs a quitté leur pays natal pour s’installer en Palestine, la Terre promise.

En Allemagne, le pasteur protestant, Adolf Stocker, fonde l’Union des travailleurs socialistes chrétiens et préside le premier congrès antisémite international qui se tient à Dresde en 1882.

Dans plusieurs pays, des mouvements et des partis antisémites se forment et des publications racistes et ignobles sont publiées.

Sous le régime des tsars, l’antisémitisme est largement répandu avec la bénédiction des autorités et de l’Eglise. En 1898, la police secrète de Nicolas II, l’Okhrana, publie les Protocoles des Sages de Sion, ouvrage apocryphe et ignoble écrit par Mathieu Golovinski. Ce faussaire russe antisémite est présenté comme un projet juif d’hégémonie mondiale.

Les Juifs sont dénoncés comme une présence étrangère qui agit clandestinement à des fins subversives. Ce faux ouvrage sera traduit dans plusieurs langues et sera publié dans de nombreux pays.  Sa publication  a incité les pogroms de 1906 et 1907 en Russie, et inspireront la propagande nazie et Adolf Hitler pour exprimer des idées racistes et antisémites qui figurent notamment dans Mein Kampf.

Ce n’est qu’en 1921 que le Times de Londres dévoile la supercherie. Trop tard! Jusqu’à ce jour, les Protocoles des sages de Sion sont présentés par les antisémites et antisionistes comme un “ouvrage de référence”…Au début du siècle dernier, aux Etats-Unis, Henry Ford, le magnat de l’automobile, les publies dans son journal The “Dearborn Independent” et le père Charles E. Coughlin les a reproduis dans son livre “Social Justice”.

La France n’est pas épargnée par l’antisémitisme. Pourtant, deux Juifs siégeaient au parlement: Achille Fould et Adolphe Crémieux, le fondateur de l’Alliance israélite universelle, qui devient ministre de la Justice et signe, en 1870, le décret accordant aux Juifs d’Algérie la nationalité française. Un an plus tard, après l’annexion de l’Alsace Lorraine par la Prusse, une grande partie des Juifs manifestent leur attachement inébranlable à La France. Rien à faire, les antisémites sont toujours présents et élèvent leurs voix.

Gougenot des Mousseaux publie: “le judaïsme et la judaïsation des peuples modernes”. Il considérait que la Cabbale a été inspirée par Satan et était persuadé qu’il s’agit d’un ouvrage qui prêche la destruction de la société chrétienne pour instaurer un régime juif. D’autres livres et brochures paraîtront tels que “l’antijuif”, “Juifs nos maîtres” ou “le Juif, voilà l’ennemi”.

L’Europe entière traversait une crise économique profonde et les faillites se multipliaient. En France, le krach de l’Union Générale a renforcé la thèse du “complot juif”. Le bruit a couru qu’Eugène Bontoux, le fondateur de cette banque catholique, et un ancien employé de Rothschild, a été étranglé par le célèbre baron et philanthrope juif. Une rumeur absurde propagée par l’extrême droite et la presse catholique de l’époque.

En 1872, on dénombre en France métropolitaine 86 000 Juifs sur 39 millions d’habitants. À cette époque vivent en Autriche-Hongrie deux millions de Juifs et cinq millions en Russie.

Cependant, la défaite militaire de 1870, l’annexion de l’Alsace-Lorraine par les Allemands et l’écroulement de l’Empire créent des bouleversements sociaux et des tensions. Ils menacent gravement l’équilibre de la société française. Les couches ultraconservatrices se font entendre et lancent des campagnes antisémites virulentes. Elles sont encouragées par une partie de l’Église et par les leaders d’opinion catholiques. Bien que l’antisémitisme religieux en France soit omniprésent et latent depuis des siècles, il remonte à la surface avec férocité, encouragé par les philosophes et écrivains de l’époque qui s’appuient sur des textes de Voltaire décrivant ainsi les Juifs : « Il est un peuple obscur, imbécile, volage, amateur insensé de superstitions. Vaincu par ses voisins, rampant dans l’esclavage. »

Des publications et journaux antisémites sont nés avec des caricatures abjectes, dont  La France Juive, un ouvrage infâme qui impute aux Juifs tous les malheurs économiques et sociaux en France, alors que les Juifs représentaient moins de un pour cent de la population. En 1845, le révolutionnaire et anticapitaliste, Alphonse Toussenel, publie “les Juifs, roi de l’époque: histoire de la féodalité financière”. Cet ouvrage ignoble publié chez Marpon et Flammarion est diffusé en 13 éditions.  En juin 1883 est publié dans “L’Antisémitique”  une enquête sur les Juifs. Ses lecteurs sont invités à signaler “tous ceux qui occupent dans leur ville et dans leur département, des fonctions politiques, administratives ou judiciaires. L’armée n’est pas épargnée.

En janvier 1892, Edouard Drumont lance La Libre Parole avec le sous-titre « La France aux Français ». Il dénonce “le complot international” fomenté par les Juifs et les francs-maçons pour détruire la chrétienté et contrôler la planète. Absurdité monstre!

Les Juifs de France, dont plusieurs milliers ont quitté l’Alsace-Lorraine occupée par les Allemands, sont désignés comme les complices des ennemis d’hier. L’esprit de « revanche » domine l’opinion. Pour Drumont et ses adeptes, tout Juif est considéré comme un traître en puissance aux ordres de l’Allemagne. Désormais, les nouveaux racistes qualifient le Juif de « traître à la nation française et à son armée, à l’Église, un agent démoniaque et corrupteur, appartenant à un peuple monstrueux maniant les puissances mystérieuses de l’argent ».

Ces accusations insultantes sont prises au sérieux par toutes les strates de la population. Dans l’armée, les officiers juifs protestent et demandent réparation. Ils sont isolés, humiliés.

Et pourtant, depuis un siècle, les Juifs de France servent la France avec un dévouement passionné. Ils ont versé leur sang pour sa défense et sur tous les champs de batailles, notamment au cours de la guerre de 1870.

Samedi 5 janvier 1895, sur la place Fontenoy et dans la grande cour de l’école militaire, une foule dense hurle : « Morts aux Juifs ! À mort le traître » ! Le capitaine Alfred Dreyfus apparaît en uniforme, droit et blême. Le général Darras donne le jugement du Conseil de Guerre :

” Alfred Dreyfus, vous êtes indigne de porter les armes. Au nom du peuple français, je vous dégrade ! Exécution !”

“Soldats, on dégrade un innocent ! Soldats, on déshonore un innocent ! Vive la France ! Vive l’armée ! » Répond le capitaine juif, innocent et impuissant à se défendre.

Cette scène ignoble et scandaleuse déclenchera une vague d’antisémitisme en France, mais aussi une importante polémique sur la place publique avec le fameux J’accuse d’Émile Zola paru dans l’Aurore. L’Affaire Dreyfus a ébranlé la société française et a modifié la politique de la France. Elle  provoque surtout un changement profond dans la pensée des Juifs d’Europe. Théodore Herzl, journaliste autrichien qui assiste au procès de Dreyfus, écrit à Paris : L’État Juif.

C’est dans la ville Lumières que le sionisme est né. Un an après, en 1897, le premier Congrès sioniste se réunit à Bâle. L’affaire Dreyfus n’illustre pas seulement une erreur judiciaire monstre, elle a démontré le fait que des Français de la France républicaine et civilisée, celle de la Déclaration des droits de l’Homme désire condamner, à travers un Juif (qui était d’ailleurs assimilé) l’ensemble de tout un peuple, en scandant avec haine: “Mort aux Juifs! Mort aux Juifs!

Les pogromes et les vagues antisémites provoqueront l’exode et un grand courant d’émigration.

En 1927, Staline et Kalinine ont voulu régler la question juive par une solution rationnelle. Ils  décident d’installer des Juifs au Birobidjan, à plus de 8000 kilomètres de Moscou; la distance aérienne entre Tel-Aviv et Paris, aller retour… Le Birobidjan est un territoire de 37 314 km2  situé entre la Mandchourie et  la mer du Japon. La température en hiver plonge à -20 degrés! Le projet a pour but de renforcer la sécurité de l’Union Soviétique en Extrême-Orient mais surtout d’isoler les Juifs, de les détourner du sionisme, et de leur permettre une vie autonome.

En 1934, un premier congrès constitutif est réuni à Birobidjan. Cent soixante deux délégués juifs, d’imminentes figures du monde de la littérature, des beaux-arts et des sciences sont présentes. Un vibrant poème intitulé Birobidjan est publié. Le grand retentissement encouragé et orchestré par les autorités soviétiques transforme ce poème en hymne national de la République autonome juive.

En dépit des efforts considérables du Politburo et les échos favorables au sein de la classe politique et de l’intelligentsia, le projet Birobidjan sera un véritable fiasco : moins de quinze mille Juifs suivent l’appel.

Plus tard, en 1958, Nikita Khrouchtchev expliquera cet échec par la réflexion suivante : « Au départ, il existait un énorme enthousiasme pour le Birobidjan, des dizaines de milliers de Juifs se sont inscrits. Dans ce vaste et riche pays, les conditions étaient excellentes pour développer l’industrie et l’agriculture mais les Juifs ne se sont pas adaptés parce qu’ils ne sont pas capables de vivre en collectivité, les Juifs sont en fait des Gitans intellectuels… »

Sous certains  tsars, les Juifs ont bénéficié d’une relative tolérance sur le plan religieux, et il existait en 1917 plus de trois mille synagogues. Ce n’est qu’après la Révolution bolchevique qu’il n’existe plus d’autorité religieuse centrale, ni d’organisme représentatif. En dépit du fait que la population juive est par ordre d’importance numérique, la deuxième dans le monde, la communauté juive d’URSS, officiellement l’une des cent nationalités de l’Union, ne possède aucun organisme central de coordination ni un Consistoire comme en France. Dans cet Etat athée, le code pénal restreint l’expression de la liberté du culte et le judaïsme ne reçoit aucune subvention d’un Etat laïque par définition. Selon la doctrine marxiste, « la question juive » n’existe plus, ni non plus la notion de « grande nation juive unifiée ».

Pour les Soviétiques, les Juifs font partie des différents peuples du monde dans lesquels ils ont choisi de vivre. L’Union Soviétique reconnaît la nationalité « juive » qui figure sur les documents d’identité de ses « ressortissants » mais contrairement aux autres nationalités, il n’y a pas d’enseignement officiel de la culture et de l’histoire dans la langue « nationale » des Juifs russes, le yiddish.

La doctrine officielle décourage la religion et propage l’antisionisme. La dernière édition  russe de la Bible remonte à avril 1917, quelques mois avant  la Révolution bolchevique.

Le 5 février 1918, c’est la séparation totale de l’Eglise orthodoxe de l’Etat. L’enseignement à l’école est athée et les lois de l’époque tsariste sur le mariage et le divorce sont abolies. Les Juifs  sont les plus touchés par les nouvelles lois antireligieuses décrétées par Lénine. La Thora est la source du judaïsme et durant des millénaires a préservé le caractère unique du peuple juif. Après la révolution bolchevique, les menaces d’assimilation sont omniprésentes et le nouveau régime encourage l’athéisme.

Toutefois, malgré ce déchirement dans les valeurs du judaïsme, nombreux sont les Juifs qui adhérent à l’appareil du parti communiste et certains comme Trotski (Bronstein) se trouvent avec Lénine à la direction du parti et dirigeront l’Armée Rouge et la politique étrangère de l’Union Soviétique. Tous les dirigeants juifs seront écartés par Staline puis déportés ou assassinés.

Après la Deuxième Guerre mondiale, les autorités soviétiques interdisent la publication du Livre noir, un recueil de témoignages sur les atrocités de la Shoah. Les éditeurs de cet ouvrage sont arrêtés et emprisonné dans une Psykhouchka, hôpital  psychiatrique tristement célèbre. Pourquoi les chefs communistes ont préféré garder le mutisme? Pourtant, les Russes se sont battus courageusement contre les barbares nazis et ont été les premiers à découvrir les usines de la mort. Ne sont pas t-ils pas les premiers à  libérer le camp d’Auschwitz- Birkenau ? La réponse est simple, Staline à lui aussi commis  des crimes abominables contre l’humanité, contre son propre peuple. Maître absolu de l’Union-Soviétique, il a appliqué la Grande Terreur, avec des faux procès, la déportation massive dans des camps de concentration et de travail, et l’extermination collective. Plus de dix millions de citoyens soviétiques ont trouvé la mort par des purges staliniennes. Un chiffre effroyable et inimaginable, impensable après l’hécatombe de la deuxième Guerre mondiale et la Shoah.

Entre 1881 et 1914, année du déclenchement de la Première Guerre mondiale, plus de 2750000 Juifs quittent  l’Europe orientale pour s’installer en Grande Bretagne, en Amérique, et principalement à New York, d’autres partiront en Palestine. La carte démographique du monde juif commence à se  transformer d’une manière considérable et spectaculaire. Les Juifs de la diaspora s’intègrent parfaitement dans leurs nouveaux pays en tant que groupe dans une société où ils sont minoritaires, tandis qu’en Palestine, les Juifs sionistes combattent l’assimilation et souhaitent créer un Etat juif indépendant.

A la fin de la Première Guerre mondiale, l’empire ottoman s’effondre. La France et la Grande Bretagne se partagent le Proche-Orient (accord Sykes-Picot) Londres accorde un foyer national aux Juifs (déclaration Balfour). Lors de la guerre mondiale de 14-18, un grand nombre de Juifs périssent sur les champs de bataille (plus de 140000). La révolution russe de 1917 a aboli les restrictions tsaristes mais les bolcheviques n’élimineront pas les préjugés anti-juifs et leurs persécutions ont désormais pour motif des aspects idéologiques.

Les premières vagues d’immigration en Palestine ont été très mal accueilli par les Arabes. Des émeutes éclatent contre les Juifs, à Jérusalem, Safed et Hébron, sous les yeux de soldats Britanniques indifférents. De véritables pogromes à caractère religieux et fanatique, revêtus de propagande à des fins politiques. Ils feront  des dizaines de morts et des centaines de blessés; des vieillards, des femmes et des enfants seront les  victimes. Cette lutte antijuive et antisioniste est orchestrée par le Mufti de Jérusalem, Amin El Husseini. Le même Mufti qui le 21 novembre 1941 rencontre Hitler et lui demande un engagement en faveur de la cause arabe.

    Ce texte a été publié dans l’ouvrage La Shoah expliquée aux jeunes, publié en 2010 aux Editions Alphée-Jean-Paul Bertrand.


Pour citer cet article

Le CAPE, « Conférence du JCPA-CAPE sur l’antisémitisme et l’antisionisme », Le CAPE de Jérusalem, publié le 12 mars 2019

Pour un prix Nobel de mathématiques juif, la théorie des jeux serait la solution

À Jérusalem, Robert Yisrael Aumann raconte son histoire entre l’Allemagne et New York, et dissèque le conflit israélo-palestinien

Par AMANDA BORSCHEL-DAN

Le Prix Nobel israélien, le professeur Robert Yisrael Aumann (à droite) s'entretient avec le journaliste Matthew Kalman lors d'un événement organisé par le Times of Israel Presents, organisé en partenariat avec Beit Avi Chai à Jérusalem, le 12 décembre 2018. (Dana Bar Siman Tov)

Le Prix Nobel israélien, le professeur Robert Yisrael Aumann (à droite) s’entretient avec le journaliste Matthew Kalman lors d’un événement organisé par le Times of Israel Presents, organisé en partenariat avec Beit Avi Chai à Jérusalem, le 12 décembre 2018. (Dana Bar Siman Tov)

En avril 1938, deux garçons juifs à Francfort, en Allemagne, discutent de l’arrestation du rabbin de leur communauté dans le mois ayant suivi l’annexion de l’Autriche. Comme seulement 1 % des citoyens allemands, leur rabbin a voté contre le référendum du 10 avril qui demandait : « Approuvez-vous la réunification de l’Autriche avec le royaume allemand réalisée le 13 mars 1938 et votez-vous pour la liste de notre Führer, Adolf Hitler ? »

Lors d’une soirée portant sur des histoires et des explications académiques organisée par le Times of Israël, en partenariat avec Beit Avi Chai, le mathématicien et prix Nobel Robert Yisrael Aumann a déclaré au théâtre bondé de Jérusalem que lui et son grand frère, sur le moment, pensaient que le rabbin devait être arrêté et emmené dans un camp de concentration.

« Le rabbi l’avait bien cherché », se souvient-il s’être dit. « Il le méritait, car on était supposé voter oui », a déclaré Aumann, expliquant le processus de sa réflexion lorsqu’il avait à peine 8 ans.R

« Nous étions deux enfants juifs dans l’Allemagne nazie, tellement influencés par le narratif qui nous entourait que nous, enfants juifs, c’est ce que nous pensions ! », a déclaré Aumann, encore surpris, des années plus tard.

En 2005, Aumann a reçu le prix Nobel en Sciences économiques. Le professeur de l’Université hébraïque est surtout connu pour ses travaux sur l’analyse de la théorie des jeux, qui ont pour objectif de trouver des modèles mathématiques et stratégiques conduisant à des solutions aux conflits menés par des organismes rationnels. Une grande partie de la solution, a déclaré Aumann, réside dans les mesures incitatives.

La théorie des jeux est utilisée dans des situations où les joueurs interagissent et visent différents objectifs, a déclaré Aumann. Il peut être appliqué à presque toutes les zones de conflit, de l’achat d’une maison à la paix au Moyen-Orient.

Interrogé par le journaliste Matthew Kalman, Aumann fait des pauses et réfléchit avant de répondre aux questions les plus difficiles, tout en racontant sa vie avec humour et comment il est arrivé à la fois à sa spécialisation dans les mathématiques et dans un État jeune, Israël, en 1956.

Aumann a raconté comment sa famille, très pratiquante, avait fui l’Allemagne nazie juste avant la Nuit de Cristal et était arrivée aux États-Unis par voie maritime, en couchette première classe.

« Nous ne pouvions pas emmener de l’argent d’Allemagne », a-t-il déclaré. La famille a donc expédié tous ses biens durant ce voyage, dont un magnifique piano Steinway, toujours en possession des Aumann.

Une fois sur les côtes new-yorkaises, cependant, les parents ont dû multiplier les petits boulots pour joindre les deux bouts. Il a dit qu’il avait eu une belle enfance, à la fois en Allemagne et à New York.

Le professeur Robert Yisrael Aumann, lauréat du prix Nobel israélien, prend la parole lors d’un événement du Times of Israel Presents, organisé en partenariat avec Beit Avi Chai à Jérusalem, le 12 décembre 2018. (Dana Bar Siman Tov)

« Nous achetions des œufs fêlés, qui étaient moins chers, mais c’étaient des œufs », a-t-il dit en haussant les épaules. « Nous allions bien. »

Ce sont les difficultés financières de sa famille qui ont initié le futur mathématicien à la théorie des jeux. Sa mère apportait parfois des friandises à la maison, telle une barre chocolatée, à partager entre les deux fils. Comme la plupart des enfants, ils se plaignaient de la division des bonbons.

Sa mère eut une idée brillante : Aumann divisait puis son frère Moshe choisissait. De cette façon, aucun des deux ne pouvait se plaindre et Aumann fut incité à couper les parts de manière équitable. Comme tout bon fils juif, a-t-il ri, il doit son succès à sa mère.

Quand on lui a demandé pourquoi il a été attiré par les mathématiques, il a réfléchi et a répondu : « C’est beau, c’est beau. » Il aime la pensée précise, – « un art ».

Un jeu aux conséquences graves

Ayant atteint l’âge adulte pendant la guerre froide, la plupart des premiers travaux d’Aumann sur la théorie des jeux portaient sur la réflexion stratégique concernant la réduction de la course aux armements entre l’Union soviétique et les États-Unis.

C’était une période existentiellement effrayante et dans les années 1960, par exemple, il y avait une tendance aux États-Unis de la part des particuliers à construire des abris anti-bombes. Les Soviétiques, a-t-il dit, y voyaient un comportement extrêmement agressif, comme s’ils se préparaient à une deuxième frappe. Dans l’esprit soviétique, les abris anti-bombes signifiaient que les Américains allaient attaquer, puis se terrer lors de la réaction soviétique.

« La théorie des jeux était la colonne vertébrale de la politique de la période de la guerre froide », a-t-il déclaré, ajoutant que l’ancien secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger avait été professeur sur le sujet à l’université de Harvard.

Professeur Yisrael Robert Aumann (Flash90)

La clé, a-t-il déclaré, est de maintenir un « équilibre de peur » tel que les deux camps n’utilisent pas leur stock d’armes en plein essor.

Lors de la crise des missiles cubains de 1962, toutefois, cet équilibre fut mise en péril, a déclaré Aumann, « Je pensais que le monde serait anéanti dans trois semaines. C’était effrayant ! »

Trouver un équilibre de la peur au Moyen-Orient

Tout le monde veut la paix au Moyen-Orient, a déclaré Aumann, toutefois, cela peut avoir pour conséquence de l’éloigner au contraire. Cela s’applique également à toutes les « concessions », telles que le désengagement de Gaza de 2005, dans lequel Israël a unilatéralement retiré les habitants de ses implantations et ses troupes de la région, qui est rapidement devenue un bastion de l’organisation terroriste Hamas.

« Quand vous criez : ‘paix, paix, paix’, c’est un signe [pour l’adversaire] de faire monter les enchères », a déclaré Aumann. « L’expulsion de Gaza – c’est de l’histoire ancienne – était une très très mauvaise décision », a-t-il déclaré, et a enseigné aux Palestiniens que, s’ils mettaient suffisamment de pression, Israël capitulerait. « Nous les incitons à continuer », a-t-il déclaré.

Israeli Le Prix Nobel, le Prof. Robert Yisrael Aumann, prend la parole lors d’un événement du Times of Israel Presents, produit en partenariat avec Beit Avi Chai à Jérusalem, le 12 décembre 2018. (Dana Bar Siman Tov)

« La sagesse commune – ou la folie – consiste à penser que faire des concessions amènera la paix. Cela n’apporte pas la paix, mais la guerre, c’est le contraire », a-t-il déclaré. « L’expulsion de Gaza a conduit à toutes les guerres dans la région de Gaza qui ont suivi. Nous les incitons à continuer à faire pression. Nous récompensons leurs attaques. »

Convenant qu’Israël avait besoin d’un homme d’État théoricien du jeu, Aumann a ajouté sobrement que le gouvernement israélien lui avait déjà demandé son avis et qu’il semblait l’avoir suivi pendant quelques années. Mais ensuite, pour obtenir la libération de Gilad Shalit, le gouvernement a changé de cap et a fait exactement l’inverse de ce qu’il avait conseillé, et Israël a libéré 1 027 prisonniers lors de l’échange.

Tout n’est pas sombre, cependant. « Nous faisons beaucoup de mauvaises mais aussi de bonnes choses », a-t-il déclaré, ajoutant qu’Israël devait prêter attention aux incitations qu’il présente aux Palestiniens.

L’un des premiers moyens d’assurer un changement, a-t-il dit, est de mettre fin à l’endoctrinement de leurs enfants à détester suffisamment les Juifs pour sacrifier leur vie dans l’espoir de les chasser.

Peut-être fait-il référence à sa propre enfance et de la façon dont lui, enfant juif religieux, a été influencé par l’idéologie nazie, a-t-il déclaré : « Cela est profondément enraciné et doit changer. Cela aurait dû être notre première priorité. »

Un rassemblement au lycée Calmette à Nice après la dégradation d’une plaque rendant hommage à d’anciens élèves déportés

 PAR R.D.  NICE MATIN

Des stickers ont été apposés sur une plaque commémorative.
Des stickers ont été apposés sur une plaque commémorative. Capture écran Twitter 

C’est à la suite de l’alerte lancée par les Jeunes Communistes qu’un rassemblement a été organisé mercredi devant le lycée Calmette afin de dénoncer la dégradation de la plaque commémorative apposée le 23 novembre 2005 et rappelant la déportation entre 1942 et 1944 d’élèves de cet établissement.

Quatre auto-collants différents qui semblent issus du groupuscule ” Nice Nationaliste “, clamant ” Français d’abord!” avaient été placés sur la plaque.

Christian Estrosi avait demandé ce mercredi après-midi la dissolution et des poursuites contre ce “groupe néo-nazi qui multiplie les provocations”.

Le Crif Sud Est a condamné ce mercredi soir un acte antisémite qui “s’inscrit dans la continuité d’actes nombreux et répétés, consistant notamment en des provocations et appels à la haine, enregistrés ces derniers mois devant, entre autres lieux la grande synagogue de Nice”.

Les maires du monde s’unissent contre l’antisémitisme

Les maires du monde s’unissent contre l’antisémitisme

By Marc – Mar 7, 20191150

Face à la recrudescence d’incidents anti-juifs à l’échelle mondiale, une coalition de chefs de villes de 40 localités ont annoncé leur engagement à prendre des mesures concrètes pour lutter contre la haine et la violence.

En réponse à la hausse récente de l’antisémitisme dans le monde, une coalition de maires de villes du monde entier se sont engagés à combattre la haine, l’antisémitisme et le mouvement BDS (boycott, désinvestissement et sanctions) visant Israël.

L’initiative est dirigée par le maire de Modi’in, Haim Bibas, le maire de Bal Harbour (Floride), Gabriel Groisman et le maire de Francfort, Uwe Becker.

Les maires derrière l'initiative (Photo: Jorge Novominsky)

Les maires derrière l’initiative (Photo: Jorge Novominsky)

Ils ont l’intention de publier une déclaration signée par les maires de 40 villes pour lutter contre l’antisémitisme. Ils s’engageront dans un certain nombre d’étapes, notamment en organisant une réunion annuelle pour débattre de la question, en prenant des mesures concrètes pour sensibiliser le système éducatif, en examinant les possibilités de législation applicable et en explorant les moyens de s’unir contre la montée de l’extrémisme autour de la société. le monde.

“” Nous condamnons sans équivoque toutes les formes de haine, de préjugés et de mépris qui ont imprégné notre société, et nous, dirigeants municipaux du monde entier, comprenons que nous ne pouvons pas éviter de prendre nos responsabilités et de prendre part aux efforts mondiaux pour contrer ces phénomènes ” déclaration signée par les maires la semaine dernière.

Graffiti antisémite à Athènes

Graffiti antisémite à Athènes

La formation de la coalition a été annoncée lors de la Conférence des gouvernements locaux pour l’innovation MUNI-Expo 2019, rassemblement des maires d’Israël et du monde entier.

Parmi les maires éminents participant à la cérémonie figurent les maires de Pittsburgh, États-Unis; Montevideo, Uruguay; Belgrade, Serbie; Kiev, Ukraine; Taipei, Taiwan; Tirana, Albanie; et Tegucigalpa, Honduras.

Tolérance zéro

“Ce qui nous unit, ce n’est pas notre religion ou notre nationalité, mais le fait que nous ayons une tolérance zéro pour la haine et la violence, et que notre devoir est de mettre fin à la violence dirigée contre nos résidents et de travailler à l’amélioration de leur vie, quelle que soit leur religion, leur croyance ou leur nationalité », a déclaré Bibas, président de l’Union des pouvoirs locaux et maire de Modi’in Maccabim-Reut.

“Nous constatons une montée fulgurante de la haine et de l’antisémitisme dans le monde entier et, en tant que maires, nous devons participer à cette lutte importante. Avec l’établissement de cette coalition, nous faisons une déclaration ferme contre ceux qui propagent la haine et qui servira. comme un outil vital pour les maires du monde entier pour partager des idées et des conclusions pour lutter contre ces phénomènes “, a déclaré Gabriel Groisman, maire de Bal Harbour, en Floride et l’un des initiateurs de la coalition.

“Notre partenariat en tant que dirigeants municipaux unis contre l’antisémitisme est un signe fort de solidarité envers Israël et un message clair contre ceux qui propagent la haine contre les Juifs dans le monde. Je suis heureux de diriger cette initiative avec Haim Bibas et Gabriel Groisman, et en tant que coalition, nous créerons une voix forte pour les Juifs du monde entier “, a déclaré le maire de Francfort, Uwe Becker.

“J’ai vu une étude montrant comment certaines régions des États-Unis sont laissées pour compte dans les domaines du développement économique. Certaines régions ne font pas partie de l’accélération de la technologie, et cela se produit dans l’ensemble des États-Unis”, a déclaré le maire de Pittsburgh, Bill Peduto.

“C’est là que prend racine le discours raciste et antisémite le plus extrême sur les réseaux sociaux. Là où l’État néglige économiquement les résidents, on crée des communautés plus enclines à la haine sur les réseaux sociaux et aux crimes haineux, et donc le contexte de négligence économique ne peut être séparé de ce contexte de crime de haine “.

Itamar Eichner 

ynetnews.com

Un cardiologue de Ramat Gan sauve la vie de son patient en utilisant une technique inédite

7 mars 2019 | 

Le Pr. Victor Guetta, Directeur de l’unité de cardiologie invasive du Centre Médical Sheba à Ramat Gan, Israël a effectué cette semaine une technique inédite jamais encore réalisée. Le patient tout juste âgé de 29 ans était entré à l’hôpital avec un anévrisme dans la région du ventricule gauche de son cœur entraînant une hémorragie de la cavité thoracique. Être jeune n’était pas un avantage dans ce cas, car le patient avait déjà subi plusieurs interventions cardiaques dans le passé pour des problèmes cardiaques chroniques….

Le professeur Victor Guetta

Un anévrisme à ce stade était littéralement une course contre la montre. « Plutôt que d’effectuer une procédure invasive qui aurait pris des heures, nous avons agi dans l’urgence face à la situation critique du patient. J’ai décidé de résoudre le problème rapidement en utilisant une procédure de cathétérisme- un dispositif à double disque auto-extensible fabriqué à partir d’un treillis métallique qui présente la même pathologie que celle utilisée dans le cathétérisme classiques, tel que l’angioplastie et permettant ainsi la dilatation des artères obstruées.P

Cette procédure unique n’a encore jamais été pratiquée auparavant. « J’ai pu stopper l’hémorragie et reboucher la zone qui saignait à l’aide de ce dispositif « , a révélé le Pr Guetta, avant d’ajouter, « deux jours après cette intervention, le patient est rentré chez lui. Aujourd’hui, son pronostic est bon. »

Tel- Avivre –

Le professeur Victor Guetta, Directeur de l’unité de cardiologie invasive du Centre Médical Sheba, est également professeur associé de cardiologie à l’école de médecine Sackler de l’Université de Tel-Aviv. Le professeur Guetta a obtenu son doctorat en sciences à l’Université Ben Gourion du Néguev, Beer-Sheva, Israël. Il est titulaire d’une bourse de recherche à l’Institut national de la santé de Bethesda, dans le Maryland, et d’une bourse de recherche clinique à la Cleveland ClinicFoundation, dans l’Ohio. Le professeur Guetta est responsable des opérations quotidiennes de l’unité au Centre Médical Shebaet participe également à l’introduction de nouvelles technologies et des traitements invasifs, dont l’un de ces traitements a été utilisé cette semaine chez le patient âgé de 29 ans.

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La tribune des 400 antisionistes pour les nuls

400 antisionistes (artistes, écrivains mais aussi bibliothécaires, philosophes, infirmières ou retraités…) ont publié une tribune pour demander au Président Macron de ne pas criminaliser l’antisionisme. Parue dans Libération, le média détenu par l’homme d’affaires franco-israélien Patrick Drahi (ben oui, les juifs contrôlent les médias en France, tout le monde le sait !), cette tribune nous a semblé mériter une petite explication de texte. Pour bien comprendre ce qui se dit à travers ces quelques lignes (NDLR : le texte de la tribune publiée dans Libération est reproduit ici en italiques et entre guillemets).

Photo représentant un membre de la secte Netourei Karta sur l'esplanade du Trocadéro à Paris Jewpop


“CONTRE LA CRIMINALISATION DE L’ANTISIONISME”

Comme souvent chez les ennemis des juifs, il est bon d’avancer masqué… On ne dit pas : « je suis antisioniste », mais plutôt « je suis contre la criminalisation de l’antisionisme », car moi je suis pour la liberté d’expression.

“Monsieur le Président, Vous avez récemment déclaré votre intention de criminaliser l’antisionisme. Vous avez fait cette déclaration après en avoir discuté au téléphone avec Benyamin Netanyahu, juste avant de vous rendre au diner du CRIF.”

Première phrase et, déjà, tout est dit : Le président Macron, président des riches, ex-salarié de la banque Rothschild, prend ses ordres auprès de Bibi Netanyahou et du Crif, son représentant en France. C’est pas un peu complotiste comme première phrase d’accroche ? En tous cas, c’est bien dans la mouvance actuelle dieudonnisto-soralienne.

“MONSIEUR LE PRÉSIDENT,”

Oui, on répète « Monsieur le Président ». Sous-entendu : vous êtes le président des Français, pas la marionnette d’une puissance étrangère (en l’occurrence Israël). Toujours les mêmes fantasmes sur la puissance supposée des juifs qui contrôlent jusqu’au président français…

“vous n’êtes pas sans savoir que la constitution de la République énonce en son article 4 que «La loi garantit les expressions pluralistes des opinions.”

Bien entendu, si nous défendons l’antisionisme, c’est au nom de la liberté d’expression. Nous ne sommes pas des antisémites des années 30, quelle horreur, non, nous sommes des démocrates, des amoureux de la liberté, des humanistes. « Au nom de l’autre », l’ouvrage de référence d’Alain Finkielkraut, nous a appris à décoder ce beau langage antisémitecaché à travers de belles paroles humanistes.

“OR, L’ANTISIONISME EST UNE OPINION, UN COURANT DE PENSÉE NÉ PARMI LES JUIFS EUROPÉENS AU MOMENT OÙ LE NATIONALISME JUIF PRENAIT SON ESSOR”

Ah ben voilà qu’on ré-interprète l’histoire. Évidemment pour dire « vous voyez bien, on n’est pas antisémite puisque même les juifs pensent comme nous ! ». Et c’est vrai que parmi les retraités, infirmières et bibliothécaires qui ont signé cet appel, il y a beaucoup de noms juifs. Ça claque, un nom bien juif, c’est chouette pour se dédouaner des accusations d’antisémitisme.

Alors si on refait l’histoire, allons-y… Avant l’indépendance d’Israël, les anti-sionistes étaient principalement des «ultra-orthodoxes» (pour des raisons essentiellement religieuses, et non politiques) ou des juifs d’extrême-gauche. Mais le gros des troupes antisionistes a toujours été (et il l’est probablement pour encore longtemps) parmi les populations du monde arabo-musulman.

Il s’oppose à l’idéologie sioniste qui préconisait (et préconise toujours) l’installation des juifs du monde en Palestine, aujourd’hui Israël.

La construction de la phrase elle-même est une absurdité. L’idéologie sioniste préconiserait de s’installer sur une terre appelée Palestine ? Cela suppose, dans le langage des signataires, que cette terre est une terre arabe, la Palestine, et donc que l’idéologie sioniste consiste à coloniser une terre arabe. Il faudrait leur donner quelques cours élémentaires de «sionisme pour les nuls» pour leur rappeler qu’il s’agit de l’aspiration des Juifs du monde entier à retourner sur leur terre, pas à coloniser une terre étrangère.

La fin de la phrase est énigmatique… « s’installer en Palestine, aujourd’hui Israël », ça veut dire quoi ? Qu’Israël occupe une terre arabe appelée Palestine ? Donc cela revient à remettre en cause l’existence même d’Israël ? Même les Saoudiens et les Qataris sont plus progressistes que les 400 signataires sur ce sujet, il me semble…

L’argument essentiel de l’antisionisme était (et est toujours) que la Palestine n’a jamais été une terre vide d’habitants, qu’un «peuple sans terre» serait libre de coloniser du fait de la promesse divine qui lui en aurait été donnée, mais un pays peuplé par des habitants bien réels pour lesquels le sionisme allait bientôt être synonyme d’exode, de spoliation et de négation de tous leurs droits. Chez les antisionistes, on trouve un ramassis d’arguments en tous genres. Le fait que la Palestine ait été une terre habitée n’est pas l’argument essentiel.

Il faut rappeler que le « peuple sans terre » n’a pas été accueilli à bras ouverts sur cette terre. Il a fallu un vote de l’ONU puis de nombreuses guerres contre tous les pays arabes de la région (avec son cortège de morts de chaque côté) pour pouvoir s’installer sur cette terre. À l’époque de Josué (Yehoshoua Bin Noun), il y a plus de 3300 ans, il a fallu aussi mener de longues guerres avant de conquérir cette terre.

Évoquer « la promesse divine », voilà autre chose… Toujours cette idée des juifs barbus, l’équivalent des fous d’Allah, qui sont prêts à égorger leurs voisins au nom de leur divinité. Faut-il rappeler que ni Herzl, ni Ben Gourion, ni même Netanyahou, ne sont de grands adeptes de la religion ? Mais c’est tellement plus simple d’imaginer Israël comme une théocratie dirigée par des Mollahs messianiques…

LE SIONISME ALLAIT BIENTÔT ÊTRE SYNONYME D’EXODE, DE SPOLIATION ET DE NÉGATION DE TOUS LEURS DROITS.”

Voilà, doucement, doucement, on y arrive : donc Israël a chassé les Palestiniens de chez eux (ce qui historiquement est en grande majorité faux, il suffit de relire les témoignages de l’époque), leur a volé leurs biens (spoliation, tiens le même terme qu’on utilise pour évoquer la spoliation des juifs par les nazis, comme c’est curieux cette obsession de toujours faire le rapprochement entre ce qu’ont subi les juifs et ce qu’ils feraient subir aux Palestiniens, désormais victimes des nazis modernes d’aujourd’hui, les Israéliens) et enfin leur dénie leurs droits (Israël pays d’apartheid, mythe véhiculé par tous les ignorants qui n’ont jamais mis les pieds dans un centre commercial de Jérusalem ou sur une plage de Tel-Aviv, qui ignorent que le numéro 2 d’Apple dans le monde est un arabe israélien ayant fait ses études au Technion de Haïfa, qui n’ont aucune idée de ce qu’est la discrimination positive permettant aux étudiants arabes israéliens d’entrer à l’université avec moins de points que les juifs…).

“LES ANTISIONISTES ÉTAIENT, ET SONT TOUJOURS, DES ANTICOLONIALISTES.”

Ah bon ? Les Iraniens qui occupent le Liban et la Syrie n’ont aucune vocation colonialiste ? Le sultan Erdogan n’a aucune volonté expansionniste ? Les légions arabes qui occupent le Kurdistan sont anti-colonialistes ? Il me semble plutôt que les antisionistes sont anti-colonialistes à deux vitesses. Quand il s’agit des européens, des américains ou des israéliens, ils sont farouchement anti-colonialistes. Pour les autres… ça dépend !

“Leur interdire de s’exprimer en prenant prétexte du fait que des racistes se servent de cette appellation pour camoufler leur antisémitisme, est absurde.”

Bon, au moins ils reconnaissent que l’antisionisme permet à certains de camoufler leur antisémitisme, c’est bien, c’est un début d’aveu.

“Monsieur le Président, nous tenons à ce que les Français juifs puissent rester en France,”

Merci de cette précision, importante. Non parce que, si on est contre le sionisme (donc le fait que les juifs puissent s’établir en Israël), il faut bien les mettre quelque part, les juifs ! Là, c’est rassurant, les signataires ne veulent pas tuer tous les juifs (ouf, j’ai eu peur), ni les faire retourner dans le pays de leurs grands-parents – Algérie, Tunisie, Maroc, Pologne, Russie, etc – (re-ouf !) mais on veut bien les garder. (Salomon, vous êtes juif ? Bon, ben je vous garde quand même…)

“qu’ils s’y sentent en sécurité,”

Vous préconisez par exemple qu’on mette des militaires devant les écoles juives et les synagogues pour qu’on se sente en sécurité ? Ou bien c’est juste du blabla ?

“et que leur liberté d’expression et de pensée y soit respectée dans sa pluralité.”

Pourquoi c’est pas le cas ? Encore un fantasme… Il y a des juifs de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, avec des opinions très diverses sur à peu près tous les sujets.

“L’ignominie des actes antisémites qui se multiplient ravive le traumatisme et l’effroi de la violence inouïe dont leurs parents ont eu à souffrir de la part d’un État français et d’une société française qui ont largement collaboré avec leurs bourreaux.”

Pourquoi parler de ce sujet maintenant ? Pour se dédouaner d’une culpabilité d’il y a plus de 70 ans ? Plutôt pour dire « nous on est des humanistes ! ». Au cas où on aurait toujours pas compris. Sinon, pour info, il est bon de rappeler qu’une grande proportion de nos parents et grands-parents vivaient hors de France à l’époque de Vichy. S’ils sont venus en France, c’est parce qu’ils ont été chassés des pays arabes. Juste pour mémoire, hein, je dis ça je dis rien.

“Nous attendons donc de vous que vous déployiez d’importants moyens d’éducation et que les auteurs de ces actes soient sévèrement punis.”

Prévention et répression en même temps. Si même des gens classés à l’extrême-gauche signent cette tribune où on demande une justice plus sévère… C’est bien, la société française évolue petit à petit…

“MAIS NOUS NE VOULONS CERTAINEMENT PAS QUE VOUS LIVRIEZ LES JUIFS DE FRANCE ET LEUR MÉMOIRE À L’EXTRÊME DROITE ISRAÉLIENNE, COMME VOUS LE FAITES EN AFFICHANT OSTENSIBLEMENT VOTRE PROXIMITÉ AVEC LE SINISTRE «BIBI» ET SES AMIS FRANÇAIS.”

C’est pas un peu violent et excessif comme expression « livrer les juifs de France et leur mémoire à l’extrême-droite israélienne » ? Ainsi donc le Président Macron livre les juifs de France et leur mémoire à l’extrême droite israélienne ? En dehors de la formule qui claque, c’est un peu abscons… J’ai comme l’impression qu’on veut juste dire que Macron est complice de l’extrême-droite israélienne. Ou à sa solde, comme vous préférez. Le « sinistre Bibi », comme ils l’appellent, est donc à l’extrême-droite en Israël ? On leur parle, ou pas de Bennet, Libermann, Feiglin et de tous les (nombreux) partis à droite de Bibi ? On leur dit que Bibi est démocratiquement élu depuis 20 ans dans la seule démocratie de la région ? J’aime bien aussi l’expression « et ses amis français » pour suggérer comme ça, l’air de rien, la supposée double allégeance des citoyens juifs.

“C’est pourquoi nous tenons à vous faire savoir que nous sommes antisionistes, ou que certains de nos meilleurs amis se déclarent comme tels.”

Moi je suis pas antisioniste mais j’ai un bon ami qui l’est. Ah OK…

“Nous éprouvons du respect et de l’admiration pour ces militants des droits humains et du droit international qui, en France, en Israël et partout dans le monde, luttent courageusement et dénoncent les exactions intolérables que les sionistes les plus acharnés font subir aux Palestiniens.”

Toujours le couplet sur l’humanisme, on a compris. Les exactions intolérables, bon c’est assez vague, mais on a compris l’idée. Les sionistes les plus acharnés, ça veut dire quoi ? Par exemple moi, qui habite en Israël, je suis un sioniste acharné ou modéré ou en dilettante ? Et on repart sur la rhétorique habituelle des ennemis d’Israël. Vous voyez ma bonne dame tout ce qu’ils font subir aux Palestiniens…

“BEAUCOUP DE CES MILITANTS SE DISENT ANTISIONISTES CAR LE SIONISME A PROUVÉ QUE LORSQUE SA LOGIQUE COLONISATRICE EST POUSSÉE À L’EXTRÊME COMME C’EST LE CAS AUJOURD’HUI, IL N’EST BON NI POUR LES JUIFS DU MONDE, NI POUR LES ISRAÉLIENS, NI POUR LES PALESTINIENS.”

Qu’est-ce qui est suggéré ici ? Que le sionisme apporte l’antisémitisme et la haine du juif ? Mais alors cela signifie que l’antisionisme et l’antisémitisme sont liés ? Aïe, c’est pas bon pour leur démonstration ça… Ou alors ça veut dire que si les juifs subissent l’antisémitisme, c’est à cause de leur sionisme acharné. Donc finalement, ils en sont un peu responsables. Donc c’est un peu de leur faute quoi ! Un classique de la phraséologie antisémite…

“Monsieur le président, nous sommes des citoyens français respectueux des lois de la République, mais si vous faites adopter une loi contre l’antisionisme, ou si vous adoptez officiellement une définition erronée de l’antisionisme qui permettrait de légiférer contre lui, sachez que nous enfreindrons cette loi inique par nos propos, par nos écrits, par nos œuvres artistiques et par nos actes de solidarité.”

On est respectueux des lois mais bon, si elles vont à l’encontre de nos idées, alors on ne les respecte pas. Mmmm… Si on respecte les lois, alors on n’appelle pas au boycott d’un pays par exemple, puisque c’est interdit par la législation française. C’est bien, je note.

“Et si vous tenez à nous poursuivre, à nous faire taire, ou même à nous embastiller pour cela, eh bien, vous pourrez venir nous chercher.”

Pour la liberté, non je ne me tairai point. C’est beau. J’ai envie de verser une larmichette. L’emploi du terme « embastiller » est intéressant car il suggère l’idée de résistants pour une noble cause, pour des idées, pour défendre le peuple, contre un roi despotique et tout puissant. « Vous pourrez venir nous chercher », oui enfin tout cela est quand même très exagéré. Qui aurait encore envie d’aller chercher Jean-Luc Godard, Elli Medeiros et Rony Brauman ?

Pierre Acher

Le BNVCA indigné par l’horrible affiche annonçant la quinzaine antiraciste à Saint Denis. Le BNVCA dénonce le programme de cette quinzaine qui ne prend pas en compte l’antisémitisme

Le BNVCA exprime le choc et l’indignation suscitées par l’horrible affiche collée mercredi 6/3/2019 sur les murs dans les Rues de Saint Denis (93), montrant le visage caricaturé d’Hitler éructant, et portant un pin’s du drapeau tricolore français.  Cette affiche est sensée faire la promotion de la “quinzaine anti raciste et solidaire”, proposée par un collectif  d’associations,  du 17 au 30 mars. Si de nombreux événements sont programmés  autour des questions de discriminations raciales, nous constatons que la Ville de Saint Denis, comme la plupart des villes  dirigées par  des élus communistes ou d’extrême gauche, leur lutte contre le racisme ne fait aucune référence à l’antisémitisme, à ses causes, ses sources, ses auteurs, ses conséquences. Nous observons et regrettons que si de nombreuses associations sont invitées à participer aux événements aux débats aux conférences, aucune association juive de la commune ou du département, ni aucune organisation de lutte contre l’antisémitisme n’y sont  conviées. Nous rappelons que le BNVCA a tout récemment déposé plainte contre un élu FG de Saint Denis, et réclamé au Préfet du 93 qu’il prenne des sanctions contre cet adjoint qui a tenu des propos racistes et appelé illégalement au boycott du chanteur français Enrico Macias de confession juive. Tous ceux qui prétendent lutter contre les discriminations sans prendre en compte l’antisémitisme tentent d’occulter le nouvel antisémitisme qui sévit depuis déjà 20 ans dans notre pays. 

Cérémonie des 7 jours du décès de Mr Albert Balouka Président de la Communauté du Pré St Gervais

Le CCJ 93 a la douleur d’annoncer le décès de l’un de ses membres, Mr Albert Balouka, Président fondateur de la communauté du Pré Saint GERVAIS 93.

Notre ami décédé en Israël a été inhumé la semaine dernière à Netanya où des prières seront dites ce jour dans la synagogue du Rabbin Denis Akoun.

Les prières des 7 jours seront dites le 26/02/19 à 18 H dans la synagogue du Pré Saint Gervais KEKHAL SHLOMO 7 Avenue du Belvédère 93310 Le Pré Saint Gervais en présence des maires de la commune et des villes voisines.

ALORS QUE LA GRANDE-BRETAGNE ET LA FRANCE APPELLENT AU BOYCOTT DE L’EUROVISION EN ISRAËL, L’ALLEMAGNE HISSE LE DRAPEAU ISRAÉLIEN SUR SCÈNE !

BY RAK BE ISRAEL


Alors que d’autres pays européens, tels que la Grande-Bretagne et la France , tentent de boycotter le concours Eurovision de la chanson, qui se tiendra à Tel-Aviv dans quelques mois, il semble que l’atmosphère en Allemagne soit différente et réellement pro-israélienne.

Les vainqueurs allemands du concours pré-Eurovision dans le pays ont brandi le drapeau israélien avec joie et fierté sur la scène de Berlin et ont honoré Israël. Les lauréats pré-allemands se produiront au concours Eurovision de la chanson à Tel-Aviv en mai.

Rappelez-vous, il y a deux jours , la France a menacé de ne pas participer à l’Eurovision à Tel-Aviv, en raison d’une série humoristique réalisée bien avant la sélection des chanteurs à l’Eurovision qui par un concours de circonstance représente le candidat français à l’Eurovision comme un marocain et gay mais lié avec Daesh et le Mossad.

Par coïncidence, le candidat français pour cette année est Bilal Hassan 19 ans, d’une famille marocaine, et gay. Les créateurs de la série israéliens ont été surpris par la réaction des Français, car c’est une série humoristique, (bien plus légère que Charly Hebdo)et qui n’est pas du tout lié au jeune Bilal Hasani : « La production ne va pas contre la France ou le représentant français ».

En Suède , au début du mois, les quatre chansons avec lesquelles Israël a remporté les concours de la chanson Eurovision ont été chantés dans ce pays : TOY, Diva, Hallelujah et Abanibi. Les chansons ont été interprétées par les hôtes de la soirée lors du concours Eurovision de la chanson . Cela contraste avec les manifestations  d’autres pays, y compris de la Grande-Bretagne, qui ont organise des manifestations pour ne pas représenter leur pays en compétition uniquement parce qu’il se tient en Israël.

Pourquoi l’antisionisme est un antisémitisme

Être antisioniste, ce n’est pas contester la politique du gouvernement israélien

parOudy Ch. Bloch – 25 février

Manifestation qui appelle au boycott d’Israël à Lyon, 2016. ©KONRAD K./SIPA / 00759052_000002

Être antisioniste, ce n’est pas contester la politique du gouvernement israélien. Être antisioniste, c’est contester l’existence même de l’Etat israélien, parce qu’il est juif. Une tribune d’Oudy Bloch.


Oui, l’antisionisme est bien la forme réinventée de l’antisémitisme. Et ce n’est pas nouveau.

Écoutons le philosophe Vladimir Jankélévitch en 1978 : « L’antisionisme est la trouvaille miraculeuse, l’aubaine providentielle qui réconcilie la gauche anti-impérialiste et la droite antisémite ; l’antisionisme donne la permission d’être démocratiquement antisémite. » 

Et Martin Luther King encore un peu plus tôt (1967) : « L’antisémitisme, la haine envers le peuple juif, a été et reste une tache sur l’âme de l’humanité. Nous sommes pleinement d’accord sur ce point. Alors sache aussi cela : antisioniste signifie de manière inhérente antisémite, et il en sera toujours ainsi. »

Être antisioniste, c’est refuser aux Juifs la qualité de peuple

Être antisioniste, ce n’est pas contester la politique de tel ou tel gouvernement israélien, ce que les Israéliens font assez bien eux-mêmes sans avoir besoin des leçons de morale indigéno-gauchisantes.

Non. Être antisioniste, c’est refuser aux Juifs la qualité de peuple et son corollaire : le droit à l’auto-détermination et à un État. La finalité de l’antisionisme est la disparition de l’État d’Israël. Or, remettre en cause l’existence même de l’État d’Israël – compte tenu de sa spécificité juive – ne peut s’analyser autrement qu’au travers du prisme de l’antisémitisme.

Derrière les attaques contre l’existence même d’Israël au prétexte d’une prétendue solidarité pro-palestinienne, ce sont les Juifs qui sont visés. Si ce n’était pas le cas, d’autres pays seraient également, et plus encore qu’Israël, visés par ces boycotts incessants : le Liban, la Jordanie, la Syrie, l’Irak, l’Égypte… pour leur traitement véritablement discriminatoire des Palestiniens.

Personne ne condamne l’Arabie saoudite

Nombreuses sont les accusations d’État-apartheid contre Israël. Pourtant tous les citoyens israéliens, quelle que soit leur culture, couleur, religion, idées politiques, orientation sexuelle disposent des mêmes droits. Les musulmans, les druzes, les chrétiens israéliens ont le droit de vote, sont députés, juges, hauts-gradés dans l’armée, acteurs, chanteurs, travaillent en Israël, ont le droit de se marier avec des Israéliens de toutes religions, peuvent s’exprimer librement au point de souhaiter publiquement le bombardement de Tel-Aviv par le Hamas même quand ils sont députés comme Hanin Zoabi. C’est un juge arabe, Salim Joubran, qui a condamné Moshé Katsav, ancien président de l’Etat d’Israël, à une peine de prison. Ce sont des arabes israéliennes qui ont représenté Israël à l’Eurovision et au concours de Miss Monde. Alors de quel « apartheid » parle-t-on ?

A lire aussi: Ce « nouvel antisémitisme » que les médias refusent toujours de nommer

Personne ne condamne la Malaisie ou l’Arabie saoudite qui refusent d’accueillir des sportifs israéliens, ni l’Iran ou le Maroc dont les athlètes ont interdiction de concourir contre des athlètes israéliens, ni l’Autorité palestinienne qui, d’après Mahmoud Abbas, interdira la présence d’israéliens dans un éventuel État palestinien. Alors comment expliquer cette focalisation sur Israël si ce n’est en raison de sa spécificité juive ?

Personne ne reproche aux 57 pays de l’Organisation de la coopération islamique d’être officiellement musulmans ni au Vatican d’être catholique ? Pourquoi en serait-il différemment avec Israël ?

L’antisionisme est dirigé contre les Juifs

Qui voudrait encore nous faire croire qu’un Etat binational, comme le souhaitent BDS et consorts, avec une population qui serait vite majoritairement palestinienne et musulmane serait un lieu de coexistence pacifique ? Tous les jours, les Palestiniens de Gaza comme de Cisjordanie sont soumis à une violente propagande anti-juive.

Les prêches et des discours officiels promouvant les « Protocoles des Sages de Sion », les livres scolaires palestiniens qui enseignent depuis des décennies à haïr les Juifs, les programmes télévisés pour la jeunesse dans lesquels de jeunes enfants ânonnent que les Juifs sont les descendants des singes et des porcs et qu’ils souhaiteraient mourir en martyrs en en tuant le plus possible, l’interdiction légale de vendre des terres à des Juifs sous peine de mort, autant d’exemples qui illustrent la volonté des dirigeants palestiniens, qu’ils soient islamistes ou à tendance nationaliste, de ne jamais accepter les Juifs à leur côté.

L’antisionisme ou l’éloge du Juif errant

Alors, refuser aux Juifs l’État d’Israël, c’est les condamner à fuir comme ils ont dû fuir les pays arabes après la création à partir de 1948, non sans avoir auparavant été privés de leurs biens, de leurs commerces, de leur argent. 800 000 Juifs chassés d’Irak, de Syrie, d’Égypte, du Yémen, d’Algérie, du Liban, du Maroc dont personne ne se soucie du retour ni de l’indemnisation.

Les Juifs devront fuir, mais pour aller où ? En France où la foule pogromiste tente d’incendier des synagogues et crie « mort aux Juifs » dans les rues, où les croix gammées fleurissent sur les murs, où les cimetières sont profanés, où les tags antisémites du plus ordurier au plus sinistre « Juden ! » sont désormais quasiment quotidiens, où l’on agonit d’injures un philosophe dont personne n’ignore qu’il est Juif en le traitant de « sale race », « sale sioniste » – comment ne pas faire le lien – ? En Russie où l’on prétend que la guerre en Ukraine est un complot juif ? En Afrique où l’islamisation à l’œuvre dans de nombreux pays laisse libre cours à une propagande antisémite ?

Israël est devenu le prétexte commode à la détestation des Juifs.

Il n’y a pas si longtemps, sur les quais de Seine, des partisans de BDS déclaraient que les Juifs devaient quitter la Palestine pour retourner « chez eux », c’est-à-dire nulle part précisément. Le Juif errant, voilà le seul juif supportable pour les antisionistes.

C’est aussi en tout cela que l’antisionisme confine à l’antisémitisme. C’est aussi pour cela qu’il faut le condamner.

Gilles Kepel – Identitaires et salafistes

Comment les islamistes s’intéressent aux Gilets jaunes. L’essayiste livre une analyse qu’il développera dans un ouvrage à paraître.

PAR Gilles Kepel Le Point 


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Gilles Kepel Politologue, spécialiste de l’islam et du monde arabe. Dernier livre paru : « Sortir du chaos » (Gallimard, 2018). 

Un certain nombre de jeunes des banlieues populaires, principalement issus de l’immigration nord-africaine et subsaharienne, ont profité du désordre lié aux manifestations des Gilets jaunes pour « franchir le périphérique » et pénétrer au cœur de l’espace urbain. Ils y ont décliné les formes propres de leur mobilisation – réminiscence des grandes émeutes de 2005. Les deux phénomènes sont comparables par leur saisonnalité, leur récurrence ainsi que leur ampleur territoriale. Il y a treize ans était advenue en effet la première occurrence massivement médiatisée de crémation d’automobiles et de pillage de commerces, critère de l’émeute française « post moderne ». En 2018, des « jeunes des quartiers » s’infiltrèrent donc derrière les habitants des « territoires périurbains » dans une sorte de juxtaposition de groupes sociaux. Les seconds revendiquaient avec ostentation une citoyenneté déniée par les élites urbaines en montant à Paris drapeau tricolore au vent pour s’approprier les espaces symboliques de la République – les Champs-Élysées de la parade du 14 Juillet – depuis leurs ronds-points. Et, contrairement aux « banlieues » de 2005 dominées par le chômage, et où incendies et caillassages se déroulaient à la nuit tombée, la France périurbaine qui gagne difficilement sa vie durant les jours ouvrés ne pouvait se permettre de sacrifier son gagne-pain quotidien : les défilés se déroulèrent donc le jour chômé du samedi, à charge pour les retraités, les intermittents et les personnes en recherche d’emploi de tenir la permanence durant la semaine pour bloquer les péages et les carrefours.

La mouvance djihadiste s’intéressa explicitement aux Gilets jaunes début décembre 2018. Depuis la chute de Raqqa un an plus tôt, la capacité de Daech à coordonner des attentats spectaculaires en France avait disparu, laissant la place à des attaques isolées au couteau, ainsi à Trèbes le 23 mars (5 morts) et à Paris le 12 mai (2 morts). Leurs auteurs avaient fait allégeance au califat mais agi spontanément. Dans le désarroi après l’effondrement de l’État islamique, la mouvance djihadiste ne parvenait plus à trouver un mode opératoire global. Dans ce contexte défavorable, le mouvement des Gilets jaunes – en dépit des préventions contre les manifestants, dépeints au départ comme autant de kouffar (« mécréants ») – apparut comme une opportunité, car il creusait dans l’Hexagone des failles où s’infiltrer pour hâter les guerres d’enclaves débouchant sur la guerre civile, prélude au triomphe du djihad. Telle était la vision de l’idéologue Abou Moussab al-Souri, ingénieur syrien éduqué en France, dans son « Appel à la résistance islamique mondiale ». C’est ainsi qu’une Web TV djihadiste mit en ligne un photomontage mêlant l’Arc de triomphe maculé de graffitis et entouré de Gilets jaunes incendiant une barricade avec un djihadiste en uniforme de combat, kalachnikov en main, qui paraissait diriger l’émeute…

  • Propagande. Affiche (photomontage) mise en ligne par une Web TV djihadiste montrant l’Arc de triomphe en feu.
  • Propagande. Affiche (photomontage) mise en ligne par une Web TV djihadiste montrant l’Arc de triomphe en feu.

Interpénétration. L’exhortation à passer à l’action était accompagnée de la reproduction en arabe de la déclaration d’allégeance au calife Baghdadi. Dans un registre proche, des photos montraient un immeuble haussmannien des beaux quartiers de l’Ouest parisien couvert d’un tag en arabe reprenant le principal slogan des printemps arabes de 2011, « Le peuple veut la chute du régime », assimilant le destin de Ben Ali, Moubarak ou Kadhafi à l’avenir d’Emmanuel Macron.

Le 21 décembre, à Angoulême, un mannequin à l’effigie du président fut décapité par un bourreau tout de noir vêtu, comme les exécuteurs de Daech – selon une scénographie macabre qui empruntait aux vidéos djihadistes. Alors que, trois jours avant, des touristes scandinaves avaient été égorgées au Maroc et que les images atroces circulaient en ligne.

Sur ces entrefaites se produisit l’attaque meurtrière du marché de Noël à Strasbourg. Dans un pathétique déni, les pages « Débats » du Mondeplaidèrent que le tueur Cherif Chekatt était un « faux djihadiste », alors qu’on découvrit peu après sa vidéo d’allégeance à Daech. L’hommage de la nation aux victimes, par une cérémonie que présida à Strasbourg le président de la République, en exprimant sa gratitude aux forces de l’ordre qui avaient éliminé le tueur, mais qui étaient harcelées, voire lynchées par ailleurs par les plus radicaux des Gilets jaunes, mit le mouvement en porte-à-faux. Il commença à amorcer une décrue significative – tandis que ses membres complotistes accusaient en ligne le gouvernement d’avoir monté l’attentat pour briser la mobilisation. Cette confusion entre divers registres et ce mélange des genres qui banalisait la violence aboutirent à la scène du 16 février où l’on vit, en plein cœur du quartier parisien de Montparnasse, une horde pogromiste vêtue de gilets jaunes harceler, en marge d’un défilé, le philosophe et académicien Alain Finkielkraut aux cris de « Retourne en Israël »« La France est à nous » et « Tu iras en enfer ». L’interpénétration entre salafisme et identitaires n’était plus une scène de fiction tirée de Soumission, de Michel Houellebecq, mais un phénomène bien réel qui interroge les dérives profondes de notre société§

Souleimane – Suis-je juif ?

CHRONIQUE. Le jeune écrivain syrien installé en France raconte son expérience de l’antisémitisme dans le métro parisien il y a quelques années.

Par Omar Youssef Souleimane Le Point.fr 

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« Je suis juif quand il s’agit de l’Holocauste ou lorsque les islamistes invitent à anéantir les juifs. »

Minuit dans le métro parisien. Il tend le bras et palpe doucement la poche de l’homme assis juste derrière lui. Le pickpocket est en face de moi et personne ne remarque son manège. D’un clin d’œil, il me signifie de ne rien dire et je le regarde à mon tour avec insistance. Il ne trouve rien à voler dans la poche de son voisin et échange quelques mots dans un dialecte du Maghreb avec son camarade. Je détourne le regard jusqu’à l’arrivée à la station Robespierre.

Le pickpocket se lève, s’approche de moi et me demande un mouchoir. Je ne réponds pas. Il me demande alors comment je m’appelle. Je n’ouvre pas la bouche. «  Je hais les juifs, vous êtes des tueurs, des animaux, vous détestez les musulmans. Je vais te casser la gueule, je vais te tuer  », me dit-il en français. Il pose ses mains autour de mon cou et m’étrangle presque. Je prends ses mains et le repousse vivement. Il recule d’un pas, s’arrête devant la porte de la rame qui vient de s’ouvrir. Il sort alors un couteau de sa poche et hurle : «  Sale juif, espèce de connard ! Descends et tu vas voir ce que je vais faire de toi !  » Un des voyageurs se lève et lui donne un coup de pied qui le fait tomber sur le quai où son copain le suit. Je dis alors aux voyageurs : «  D’habitude je ne suis pas juif, mais aujourd’hui je le suis.  » Le signal de départ retentit et les portes se referment. Depuis le quai, le pickpocket fait glisser une vitre du wagon et me crache dessus ainsi que sur l’homme qui l’a frappé. Le métro repart. Une jeune fille se met à pleurer, elle veut retourner à la station Robespierre histoire de lui apprendre la politesse. Son ami la calme et, arrivés au terminus, tout le monde descend.

«  Vous, les Souleimane, vous êtes bien des juifs. Pas étonnant que vous fassiez autant de mal autour de vous !  »

Chaque fois que ma grand-mère se disputait avec mon grand-père, elle lui disait : «  Vous, les Souleimane, vous êtes bien des juifs. Pas étonnant que vous fassiez autant de mal autour de vous !  » Je me demandais alors pourquoi ma grand-mère répétait à l’envi ces paroles. Une fois, j’ai osé poser la question à mon oncle. Il m’a répondu qu’à l’époque ottomane, un de nos ancêtres, appelé Souleimane, était un commerçant juif de Damas. Quelques années plus tard, j’ai étudié l’arbre généalogique de la famille et tout ce que j’ai trouvé, c’est que le père de mon grand-père s’appelait Younès. Il s’était établi à Quotayfa, à cinquante kilomètres au nord de Damas, comme beaucoup d’autres familles ayant quitté la capitale lors du mandat français.

Notre origine juive est toujours restée confuse et secrète. Dans notre village, comme dans tous les pays arabes, le mot «  juif  » est synonyme de bassesse, d’avarice, de haine et de perfidie. Dans mon enfance, je n’avais pas besoin de demander pourquoi nous détestions les juifs. Les aînés nous mettaient en garde de ne jamais rester seuls avec un juif, le prophète Mahomet ayant dit un jour : «  Un juif ne reste pas avec un musulman sans songer à le tuer. » Mon grand-père possédait un modeste magasin de chaussures à Quotayfa et chaque semaine se rendait à Damas s’approvisionner auprès d’un commerçant juif. Parfois, lorsqu’il rentrait tard le soir, ma grand-mère lui demandait s’il avait faim et lorsqu’il lui répondait qu’il avait mangé chez son collègue juif, elle lui rétorquait que c’était «  haram  » et que les gens du Livre ne doivent pas être pris comme amis.

Des «  racines  » juives, réelles ou fictives

Pendant les congés d’été, nous allions à la mosquée pour y apprendre le Coran et le cheikh nous répétait ce verset : «  Tu constateras que les plus agressifs vis-à-vis des croyants sont les juifs et les polythéistes  » (Coran, sourate 5, La table dressée, verset 82). Il nous racontait l’histoire de la bataille contre la tribu juive des Banu Quorayza pendant laquelle le prophète aurait fait égorger 40 hommes, 300 d’après certaines sources. Après quoi il s’empara de leurs terres, de leurs biens, de leurs femmes et de leurs enfants pour avoir collaboré avec les Quoreychites lors de la bataille du Fossé. Après tous ces récits et ces textes pleins de haine, je ne m’étonnais plus que ma grand-mère utilise le mot juif à chaque fois qu’elle voulait insulter mon grand-père.

L’incident du pickpocket a précédé de deux mois le massacre de l’équipe de Charlie Hebdo et des clients juifs de l’Hyper Cacher. Un pickpocket arabe a agressé un autre Arabe issu d’une famille musulmane pensant qu’il était juif du fait de son apparence physique. Je me dois de le remercier pour m’avoir rappelé les «  racines  » juives de ma famille, qu’elles soient réelles ou fictives. Si elles étaient prouvées, cela ne changerait rien à ma façon de voir le monde. Quoi qu’il en soit, je suis juif quand il s’agit de l’Holocauste ou lorsque les islamistes invitent à anéantir les juifs. Je suis juif et je suis fier d’avoir combattu les régimes qui persécutent les juifs tout en condamnant, dans le même temps, la politique de l’État d’Israël à l’égard des civils palestiniens.

La première mission lunaire israélienne décollera ce soir de Cap Canaveral en Floride

21 février 2019 | 

Lancée par une fusée Falcon 9, le vaisseau spatial sans pilote baptisé Bereshit (ndlr Genèse en hébreu) doit décoller ce soir au plutôt demain vers 01h45 du matin heure israélienne de la base aérienne de Cape Canaveral en Floride. À 60 000 km au-dessus de la Terre, il se séparera du lanceur Falcon et orbitera d’abord autour de la Terre dans des ellipses et se dirigera ensuite vers l’orbite de la lune. Puis il ralentira et effectuera un « alunissage » en douceur. Si la mission réussie, Israël sera le quatrième pays à entrer dans le club très fermé des puissances spatiales après les États-Unis, la Russie et la Chine….

Crédit: Image YouTube

La fusée Falcon 9 propulsera Bereshit dans une orbite terrestre « longue et complexe », où elle élargira  progressivement son orbite pendant environ cinq semaines jusqu’à ce qu’elle soit suffisamment proche de la Laune pour entrer dans son champ de gravitation. À partir de là, le vaisseau spatial effectuera une série de manœuvres afin d’atteindre sa destination entre les sites d’atterrissage d’Apollo 15 et 17 d’ici la mi-avril.P

Le vaisseau spatial a la forme d’une table ronde avec quatre pieds en fibre de carbone. De la taille d’un lave-vaisselle, il mesure environ 1,5 mètre de hauteur et pèse 585 kg. Au cours d’une mission qui ne devrait durer que deux ou trois jours sur la Lune, Bereshit utilisera des instruments embarqués pour photographier le site d’atterrissage, mesurer le champ magnétique de la lune (pour mieux comprendre comment l’astre de la nuit s’est formé) et renvoyer toutes les données au centre de contrôle d’Israël Aerospace Industries. Tout cela  pendant deux ou trois jours avant que son système cesse de fonctionner.

Ce projet entrepris pour la première fois par une association privée à but non lucratif marque incontestablement un tournant dans l’industrie spatiale israélienne qui, jusqu’à présent, n’a été centrée que sur des projets liés à la sécurité, notamment des lancements de satellite.

« C’est le début de l’histoire d’Israël dans le grand espace, qu’elle réussisse ou non« , a déclaré à Reuters, Morris Kahn, le milliardaire du  high-tech qui a investi 44 millions de dollars  dans le projet Beresheet.

C’est l’ingénieur Alex Friedman, 68 ans, qui dirige l’équipe en charge de cette mission. Il est Haredi (ndlr orthodoxe) et père de 7 enfants et 21 petits-enfants. « Les gens sont persuadés que les Haredim ne font qu’étudier la Torah toute la journée, c’est un stigmate qui me dérange », confie Alex, « Maimonides était bien médecin et astronome et le Rabbi de Loubavitch a étudié le génie électrique, les mathématiques et la physique » ajoute-t-il.

SpaceIL est principalement soutenu par des donateurs privés, dont le magnat des casinos américain Sheldon Adelson et le milliardaire Morris Kahn cité plus haut, cofondateur d’Amdocs, l’une des plus grandes entreprises de haute technologie israélienne. Israël Aerospace Industries, appartenant au secteur de la défense, a également collaboré à ce projet. Le succès de cette mission signera une nouvelle ère: celle des sociétés privées se lançant leurs propres missions spatiales.

Tel-Avivre –

Israël bientôt quatrième pays à se poser sur la Lune

Par Vincent Coste  avec AFP• 
Pleine lune photographiée à Leeuw-Saint-Pierre, Belgique | 20/02/2019

@ Copyright :REUTERS/Yves Herman 

Le Lune redevient tendance. Après, la Russie (l’URSS à l’époque), les Etats-Unis et la Chine, Israël ambitionne de devenir le quatrième pays à poser un engin spatial sur le sol lunaire. Cet objectif, porté par le projet SpaceIL, va se concrétiser ce 21 février avec la lancement d’un satellite embarquant un alunissage baptisé “Bereshit”, soit le Genèse en hébreu. L’opération aura lieu depuis Cap Canaveral, en Floride, d’où une fusée Falcon 9 de la firme américaine SpaceX décollera à 20h45 heure locale, soit 2h45 heure française.

Si tout se passe bien, “Bereshit” devrait alunir le 11 avril, après avoir parcouru 6,5 millions de kilomètres à une vitesse maximale de 10 kilomètres à la seconde, correspondant 36 000 km à l’heure. Un fois sur le sol lunaire, l’engin de 585 kg collectera des données sur la formation du notre satellite, qui seront partagées avec l’agence spatiale américaine la Nasa.

La mission comporte également une dimension beaucoup plus symbolique. En effet des souvenirs d’un rescapé de la Shoah, des dessins israéliens, sans oublier une bible ont été numérisés et placées à l’intérieur de l’engin qui restera sur la Lune, après les deux jours que devrait durer sa mission. 

Le projet d’un coût de 100 millions de dollars (un peu plus de 88 millions d’euros) a été en partie financé par des fonds privés. Toutefois, le ministère israélien de la Science et de la Technologie, l’agence spatiale israélienne (ISA) ainsi que Israel Aerospace Industries (entreprise publique notamment spécialisée dans la défense), se sont joints au programme porté par SpaceIL. 

Le décollage de la mission, à suivre en direct à l’heure H :

Pascal Bruckner: «La haine anti-juive prend plusieurs formes»

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Par Guillaume Perrault 

INTERVIEW – Le philosophe et romancier Pascal Bruckner réagit à la profanation du cimetière juif de Quatzenheim (Bas-Rhin). Il analyse ensuite, par ailleurs, ce qu’est l’islamo-gauchisme, qui semble manifeste dans les insultes et les menaces proférées contre le penseur Alain Finkielkraut samedi à Paris.

LE FIGARO. – Quelle réaction vous inspire la profanation des tombes du cimetière juif de Quatzenheim? 

Pascal BRUCKNER. – Quelle que soit l’identité des coupables, toute transgression d’un tabou, comme les vociférations antisémites lors de certains défilés des «gilets jaunes» samedi dernier, donne lieu à un phénomène d’emballement mimétique. Les suiveurs désirent faire parler d’eux à leur tour et accaparer l’attention publique pendant un jour ou deux. Ils se croient en état d’impunité et autorisés à surenchérir. Ils profanent les tombes avec des croix gammées. C’est comme les répliques d’un tremblement de terre, une sorte de réveil de l’abjection. La haine antijuive va ainsi jusqu’à s’en prendre aux morts, comme pour les tuer une seconde fois. 

Il existe différentes variétés d’antisémitisme. Les insultes et les menaces contre Alain Finkielkraut, samedi, à Paris, ont paru relever de ce qu’on appelle l’islamo-gauchisme. Qu’entend-on par cette expression? 

L’islamo-gauchisme naît avec Michel Foucault en 1979 et son enthousiasme pour la révolution khomeyniste de Téhéran. Après Louis Massignon (1883-1962) et Jacques Berque (1910-1995), Foucault reconnaît la force politique explosive de l’islam renaissant. La date de naissance officielle de l’islamo-gauchisme est la publication en 1994 par Chris Harman, leader du SWP (Socialist Workers Party), le minuscule parti trotskyste anglais, d’un long article intitulé Le Prophète et le prolétariat, où il prône l’alliance entre militants de gauche et associations musulmanes radicales. Il faut selon lui ramener les brebis égarées de l’islamisme et les mobiliser au service de la seule cause qui vaille: la destruction du capitalisme. 

D’emblée c’est une duperie réciproque qui s’installe: tandis qu’une frange d’altermondialistes prônent l’accommodement avec l’islam, les intégristes, déguisés en amis de la tolérance, se servent de la gauche pour avancer leurs pions sous le masque d’une rhétorique progressiste. C’est toute l’histoire de l’alliance tragique de Tariq Ramadan avec la gauche européenne et surtout, en France, avec Mediapart. Double tromperie: les uns soutiennent le voile, au nom de la lutte contre le racisme et le colonialisme. Les autres feignent d’attaquer la mondialisation pour imposer leur version de la foi. 

Le stupéfiant dans ces palinodies, c’est à quel point une certaine gauche est prête à piétiner ses valeurs pour complaire aux barbus: l’égalité homme-femme, le doute salvateur, l’esprit critique, tout ce qui était associé traditionnellement à une position éclairée. L’islamo-gauchisme? La conjonction des ressentiments: une religion en plein désarroi fait alliance avec une gauche en pleine débâcle pour tenter de se sauver l’une par l’autre.

«Ce mariage contre-nature est le fruit d’un constat : l’effondrement total de tous les idéaux de la gauche.»

La fascination d’une certaine extrême gauche pour l’islamisme est-elle ancienne? Comment l’expliquer? Cette fascination a-t-elle évolué?

Ce mariage contre-nature est le fruit d’un constat: l’effondrement total de tous les idéaux de la gauche. L’Union soviétique s’est désintégrée, la classe ouvrière s’est massivement réfugiée chez Marine Le Pen, le tiers-monde embrasse avec enthousiasme l’économie de marché et le consumérisme: pour une fraction du mouvement progressiste, seule la jonction avec le fondamentalisme du Croissant sera l’occasion d’un second souffle. La bigoterie néo-bolchevique des fidèles égarés du marxisme a ceci de touchant qu’elle contraint les militants aux pires contorsions idéologiques. L’islam, cette «religion des opprimés» (Emmanuel Todd), devient le dernier grand récit auquel se raccrocher et qui remplace le communisme, la décolonisation, le panarabisme. La grandeur des musulmans vient de ce qu’ils sont les derniers porteurs de la promesse. 

«Jamais la schizophrénie entre le féminisme et l’antiracisme n’a été aussi marquée.»

Mais à quel prix? Au prix du reniement de soi et de la régression totale. Pour prendre un exemple, on a vu ainsi des féministes pures et dures (Caroline De Haas, Clémentine Autain) et le sociologue Éric Fassin chercher à minimiser le viol, à l’occasion des événements de Cologne le 1er janvier 2016, dès lors qu’il était commis par des immigrés contre des Européennes. Jamais la schizophrénie entre le féminisme et l’antiracisme n’a été aussi marquée. Le mâle en rut n’est coupable que s’il est blanc, hétérosexuel ou occidental. Les autres sont disculpés par avance, par remords postcolonial. Et haro sur les intellectuels arabo-musulmans tels Kamel Daoud ou Boualem Sansal qui osent remettre en cause leur propre religion! 

C’est une même culture de l’excuse qui touche les meurtres de masse: ainsi, les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, qui ont fait 130 morts, ont été expliqués par le sociologue Geoffroy de Lagasnerie par le fait que «les terrasses de café sont un des lieux les plus intimidants pour les jeunes des minorités ethniques […] Un espace où l’on n’ose pas s’asseoir, où l’on n’est pas bien accueilli, où l’on n’est pas servi, où, quand on est servi, c’est cher. Un des lieux les plus traumatisants […] Au fond, vous pouvez dire qu’ils ont plaqué des mots djihadistes sur une violence sociale qu’ils ont ressentie quand ils avaient 16 ans». Bref, la gauche est malade du déni: les terroristes, loin d’être des meurtriers, sont des archanges dont les forfaits nous incombent. «Ces monstres sont le produit de notre société. Ce n’est pas l’islam qui a produit ces terroristes. Ces derniers se prétendent de l’islam mais n’ont rien à voir avec l’islam. En revanche, ils sont le produit de toutes les fractures, de toutes les déchirures de notre société»,a écrit le journaliste Edwy Plenel (Bondy Blog, 14 janvier 2015). 

Le discours assimilant Israël à un État raciste pratiquant l’apartheid comme l’Afrique du Sud d’antan est très présent à l’extrême gauche. Pourquoi ces propos sont-ils aussi fréquents dans cette famille de pensée? 

«La haine d’Israël est le principal aphrodisiaque du monde arabe», disait feu le roi Hassan II. Il est aussi le seul fédérateur de toutes ces familles politiques souvent en désaccord. Selon cette vulgate, les Juifs ont perdu tout droit au titre de parias, lequel est désormais l’apanage des Palestiniens. Les musulmans sont devenus les nouveaux Juifs de l’humanité, alors que les Israéliens sont les nouveaux nazis. «Sionisme ADN criminel de l’humanité», criait-on dans les rues de Paris en 2006, «Hitler était sioniste», déclare en 2016 l’ancien maire travailliste de Londres Ken Livingstone. C’est au nom de l’antiracisme et de l’anticolonialisme que l’on condamne l’État hébreu. 

Pour citer un historien italien, Enzo Traverso, depuis la création d’Israël, il est arrivé aux Juifs une malédiction pigmentaire: ils ont «blanchi», ont franchi «la ligne de couleur» et sont devenus «Blancs» c’est-à-dire oppresseurs. Avec la fin de l’antisémitisme, le Juif est entré dans la race supérieure, avec la création d’Israël, il est entré dans la maladie européenne du nationalisme et c’est ce qui l’a perdu. Et tout Juif est comptable de l’existence d’Israël, sauf s’il rompt publiquement avec lui. À ces torrents de sottises, il n’est qu’une réponse: aujourd’hui, l’État d’Israël est la seule zone de paix, de prospérité et de respect des libertés individuelles dans un Moyen-Orient en proie au chaos.

* Auteur de près d’une trentaine d’ouvrages, Pascal Bruckner a notamment publié un essai remarqué, «Un racisme imaginaire. La querelle de l’islamophobie» (Grasset, 2017, 272 p., 19 €).

Antisémitisme: Paris appliquera la définition de l’IHRA intégrant l’antisionisme

“L’antisémitisme n’est pas le problème des Juifs, c’est le problème de la République”, a martelé le chef de l’Etat français au dîner du Crif

Par AFP et  TIMES OF ISRAEL

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors du 34e dîner annuel du groupe CRIF, Conseil représentatif des institutions juives de France, à Paris, le mercredi 20 février 2019. (Crédit : Ludovic Marin, Pool Photo via AP)

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors du 34e dîner annuel du groupe CRIF, Conseil représentatif des institutions juives de France, à Paris, le mercredi 20 février 2019. (Crédit : Ludovic Marin, Pool Photo via AP)

Emmanuel Macron a annoncé mercredi que la France allait mettre en oeuvre une définition de l’antisémitisme élargie à l’anti-sionisme, sans toutefois modifier le Code pénal, dans un discours prononcé lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) à Paris.

« La France, qui l’a endossée en décembre avec ses partenaires européens, mettra en œuvre la définition de l’antisémitisme adoptée par l’Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah » (qui intègre l’anti-sionisme, NDLR), a dit le chef de l’État, en martelant que « l’anti-sionisme est une des formes modernes de l’antisémitisme » – à l’instar de son discours lors de la 75e cérémonie du Vel d’Hiv.

Il s’agit de recommandations, qui permettront de mieux former les agents publics, les policiers ou les enseignants à lutter contre l’antisémitisme, mais pas d’une modification des textes juridiques, a expliqué l’Elysée. Le président de la République avait fait part de cette décision un peu plus tôt au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui avait alors envoyé un communiqué à la presse.

« Il ne s’agit pas de modifier le code pénal, encore moins d’empêcher ceux qui veulent critiquer la politique israélienne de le faire, non, ni de revenir sur des sujets que nous connaissons et qui sont ceux de la politique internationale (…), il s’agit de préciser et raffermir les pratiques de nos forces de l’ordre, de nos magistrats, de nos enseignants, de leur permettre de mieux lutter contre ceux qui cachent, derrière le rejet d’Israël, la négation même de l’existence d’Israël, la haine des juifs la plus primaire. »

Le président français Emmanuel Macron, à droite, s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe aux côtés du Premier ministre Benjamin Netanyahu suite à leur rencontre au palais de l’Elysée à Paris, le 10 décembre 2017 (Crédit : AFP/Pool/Philippe Wojazer)

« Le président Macron a informé le Premier ministre qu’il allait adopter la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), qui a fixé que l’antisionisme est une forme d’antisémitisme », a affirmé un communiqué du bureau de M. Netanyahu. Celui-ci a exprimé son « estime » pour cette décision, selon le communiqué.

Le président israélien Reuven Rivlin avait plus tôt apporté mercredi son soutien au président français et au philosophe français Alain Finkielkraut face aux actes antisémites, qu’il a qualifié d’ « affront » à la France.

Quelques minutes avant le discours de M. Macron, le président du Crif, Francis Kalifat, en avait fait la demande. « À l’unisson des autres pays européens, la France a voté en faveur de cette définition lors de son adoption par l’IHRA en 2016 et encore tout récemment fin 2018 dans la résolution du Conseil européen sur la lutte conte l’antisémitisme. Conformément aux recommandations du Parlement européen et du Conseil européen, plusieurs États membres l’ont déjà intégrée dans leurs propres textes de référence », avait-il dit.

« L’antisionisme aujourd’hui constitue le visage dissimulé de l’antisémitisme », a pour sa part déclaré le député Eric Ciotti (LR), qui salue cette décision mais estime « personnellement » qu’ »une résolution ne suffira pas » et demande « une traduction législative ». 

Sur ce sujet, Gil Taïb et Joël Mergui ont dit leur satisfaction. « On demandait depuis des années la reconnaissance de l’antisionisme. Si les moyens sont mis en oeuvre pour que les paroles antisémites puissent être condamnées, c’est pour nous une avancée essentielle », a déclaré M. Taïeb.A

« Depuis plusieurs années, et la situation s’est encore aggravée ces dernières semaines, notre pays – comme d’ailleurs l’ensemble de l’Europe et la quasi-totalité des démocraties occidentales – est confrontée à une résurgence de l’antisémitisme sans doute inédite depuis la Seconde Guerre mondiale ».

« À nouveau, depuis plusieurs années, l’antisémitisme tue en France ». C’est bien que les visages peuplant ce soir nos consciences ne sont pas seulement ceux des héros que je viens d’évoquer mais bien ceux des martyrs récemment assassinés parce qu’ils étaient juifs », a-t-il poursuivi.

Extrait d’un montage d’Esther Grinberg, diffusé sur Instagram (Crédit : https://www.instagram.com/esthergrinberg/)

Quelles différences entre antisémitisme et anti-sionisme ?

« Il n’y a pas en France de définition officielle de l’antisémitisme, tout comme il n’y a pas de définition officielle, par exemple, du racisme anti-musulman ou envers les personnes asiatiques. Notre droit est fondé sur une conception universaliste et globale, pas sur un ciblage explicite de chaque religion », explique Frédéric Potier, le Délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah).

L’avocat Richard Malka abonde : « La loi n’utilise jamais le terme ‘antisémitisme’. De même qu’elle n’utilise jamais le mot ‘juif’ ou ‘musulman’ ou ‘catholique’ ».

L’antisémitisme est appréhendé par le droit pénal à travers la loi de 1881 sur la liberté de la presse, pour ce qui est des injures publiques, de la provocation publique à la haine et de la provocation publique à la discrimination fondées sur l’appartenance « à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ».

Pas de définition officielle non plus de l’antisionisme.

Selon la Chancellerie, les tribunaux peuvent déjà condamner des personnes qui, « sous couvert d’un anti-sionisme de circonstance, véhiculent en réalité un antisémitisme réel ». « A charge pour l’accusation d’établir que le mobile final vise bien à s’en prendre à un individu soit à raison de sa religion, soit à raison de sa nationalité ».

Une proposition de loi

Un texte qui « reprendra les propositions » faites dans un rapport remis en septembre au Premier ministre, dont une vise à renforcer la pression sur les opérateurs du Net, dans le cadre d’un renforcement de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme sur internet, sera déposé « dès le mois de mai » par la députée LREM Laëtitia Avia, a annoncé le président.

« La députée Laëtitia Avia déposera dès le mois de mai, c’est-à-dire dès la première fenêtre parlementaire possible au Parlement, une proposition de loi pour lutter contre la haine sur Internet reprenant les propositions de ce rapport », a expliqué le président.

« Nous devons à ce titre nous inspirer de ce que nos voisins allemands ont su faire de manière efficace et pragmatique : apporter des sanctions judiciaires, pénales et pécuniaires, appeler à la responsabilité des individus comme des plate-formes. Il s’agira de mettre fin aux stratégies d’éviction déployées par des sites étrangers qui, changeant régulièrement de serveurs, sont aujourd’hui très difficiles à bloquer. »

Ce texte « reprendra les propositions » faites dans un rapport remis en septembre au Premier ministre, qui vise à renforcer la pression sur les plateformes numériques dans le cadre d’un renforcement de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, a-t-il dit.

Cette loi imposera aux plateformes de retirer les contenus appelant à la haine « dans les meilleurs délais » et de « mettre en oeuvre toutes les techniques permettant de repérer l’identité » de leurs auteurs et enfin responsabilisera ces plateformes sur le plan juridique -une annonce saluée comme « fondamentale » par le président du Consistoire Joël Mergui et Gil Taïeb vice-président du Crif.

Gilles Taieb, co-auteur du rapport de septembre, a précisé à l’AFP « qu’on s’oriente sur un délai de 24 heures ».

Macron a accusé « des plateformes comme Twitter, pour citer des mauvais exemples, qui attend des semaines ou des mois pour donner les identifiants qui permettent de lancer les procédures judiciaires » et « parfois prend des jours, des semaines pour retirer les contenus ainsi identifiés ».

Il s’est prononcé en revanche contre l’interdiction générale de l’anonymat sur internet qui pourrait « aller vers le pire ».

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors du 34e dîner annuel du groupe CRIF, Conseil représentatif des institutions juives de France, à Paris, le mercredi 20 février 2019. (Crédit : Ludovic Marin, Pool Photo via AP)

Emmanuel Macron a demandé la dissolution d’ »associations ou groupements » racistes ou antisémites, à commencer par les organisations d’extrême droite Bastion social, Blood and Honour Hexagone et Combat 18.

« Parce que la période met en cause ce que nous sommes, la France doit tracer de nouvelles lignes rouges (…). J’ai demandé au ministre de l’Intérieur d’engager des procédures visant à dissoudre des associations ou groupements qui par leur comportement nourrissent la haine, promeuvent la discrimination ou appellent à l’action violente », a déclaré le chef de l’Etat, citant nommément les trois organisations « pour commencer ».

Enonçant une ligne de conduite « poursuivre, punir et éduquer », il a également annoncé avoir demandé au ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, « de procéder à un audit des établissement marqués par le phénomène de déscolarisation des enfants de confession juive ».

« Quand une telle déscolarisation se passe, elle dit quelque chose, parfois de ce que nous voulions ou ne pouvions voir, de ce qui ne se disait plus », a-t-il estimé.

« L’école doit jouer à plein son rôle de rempart républicain contre les préjugés et contre la haine, mais aussi contre ce qui en fait le lit: l’empire de l’immédiateté, le règne d’une forme de relativisme absolu. L’enseignement de la méthode scientifique, de la méthode historique sera renforcée. Tous les enfants de France seront sensibilisés au temps long des grandes civilisations », a-t-il souligné.A LIRE : Stella: « Ce n’est pas pour rien qu’on met nos enfants dans des écoles juives »

« L’antisémitisme n’est pas le problème des Juifs, c’est le problème de la République », a martelé le chef de l’Etat.

« La honte doit changer de camp », a martelé le chef de l’État, ajoutant, ému : « Nous sommes chez nous. Nous tous ». Cette déclaration entendait répondre au slogan « On est chez nous », largement scandé dans divers rassemblements d’extrême droite depuis plusieurs années.

La France a connu récemment une multiplication d’actes antisémites – +74 % en 2018. Mardi, 96 tombes ont été découvertes profanées dans un cimetière juif alsacien.

L’intellectuel et membre de l’Académie française Alain Finkielkraut a été violemment pris à partie samedi en marge d’un défilé des « gilets jaunes » par des manifestants, dont l’un a notamment utilisé le mot « sioniste ». Cela a suscité un débat en France sur le sens à donner à ce mot dans ce contexte.

Quelques jours plus tôt, des portraits de Simone Veil, rescapée d’Auschwitz et figure récemment décédée de la vie politique française, avaient été barrés d’une croix gammée. Et un arbre planté à la mémoire d’Ilan Halimi, un jeune juif torturé à mort en 2006, avait été retrouvé scié.

Des rassemblements contre l’antisémitisme se sont tenus mardi dans de nombreuses villes à travers la France, notamment place de la République à Paris où près de 20 000 personnes ont dénoncé ces actes.

« La masse n’était pas là, la foule n’était pas là », a ainsi regretté à l’antenne de la chaîne CNews l’avocat Serge Klarsfeld, connu pour sa traque d’anciens nazis. « L’antisémitisme, ça ne se guérit pas facilement, c’est un travail très long ».

En 2018, l’Agence juive estimait à 45 000 – un dixième de la communauté – le nombre des juifs de France ayant fait leur alyah, l’émigration vers Israël, en une décennie.

Dans son discours, le président du Crif, Francis Kalifat, avait lancé un appel aux musulmans et aux imams à lutter contre l’antisémitisme et à « en finir avec la justification religieuse de la haine des juifs ».

Il avait également dénoncé « l’antisémitisme de certains musulmans, l’antisémitisme de certains gilets jaunes ».

« L’engagement du président français Macron d’adopter la définition de l’IHRA, reconnaissant ainsi que l’antisémitisme est un problème dominant qui doit être abordé de manière frontale et universelle, est une étape encourageante. Cependant, il ne s’agit que du début d’un long chemin à parcourir et nous devons tous continuer à être aussi vigilants que possible. Des actions, et non des mots, sont nécessaires pour éradiquer réellement ce problème. L’adoption de cette définition de l’antisémitisme doit être suivie de mesures concrètes pour légiférer et veiller à son application dans tous les domaines, » a déclaré Ronald S. Lauder, président du Congrès juif mondial, qui s’est dit prêt à aider le gouvernement français.

La haine judéo-sioniste en France

Posted by Freddy Eytan on 2/21/19 •

Le Président Macron a reconnu l’échec du combat contre l’antisémitisme et appelle maintenant à des actes. Sans doute, mieux vaut tard que jamais. 

Certes, l’aveu de la part du président français est courageux et encourageant, mais il a été entendu à plusieurs reprises par ses prédécesseurs. La recrudescence des actes antisémites est criante et dépasse tout entendement.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, jamais les Juifs de France n’avaient connu une menace aussi pesante sur leur avenir. Les attentats et les actes antisémites les inquiètent profondément.

Contrairement aux promesses des autorités françaises, les actes antisémites augmentent chaque jour. Cette recrudescence dangereuse est le résultat d’une incitation à la haine permanente de la part de nos détracteurs. Des mensonges et des calomnies et des voix pour la délégitimation et le boycottage de l’Etat juif sont entendus par les prêcheurs dans les mosquées, par des professeurs dans les universités, dans certains médias et sur les sites internet.

Comment ne pas lancer un cri d’alarme et de pointer du doigt l’origine du Mal ? Pourquoi ne pas dire la vérité sur les auteurs ? Ne sont-ils pas en majorité des jeunes musulmans intoxiqués par la radicalisation et influencés par une incitation à la haine, y compris dans les prisons de France ? Fallait-il attendre 48 heures pour identifier l’agresseur d’Alain Finkielkraut ? La police ne sait-elle pas que les salafistes portent une barbe sans moustache ? Stupéfiante aussi la réaction du philosophe qui ne souhaite pas porter plainte et qui veut comprendre le phénomène. Comprendre quoi ? La fascination des intellectuels de gauche depuis Foucault et Sartre pour l’islam politique ? Des Ayatollahs ? Du soutien d’une certaine extrême gauche pour l’islamisme ? Que les insultes sont encouragées par des islamo-gauchistes au sein des Gilets-jaunes ? N’a-t-il pas entendu les propos de ce méchant salafiste le menaçant de mort ? De l’égorger ? De chasser les Juifs de France car ce pays est maintenant à eux ?

Désormais, ils pensent que la France leur appartient et qu’ils sont devenus les propriétaires. Dans ce contexte alarmant, cessons donc de réfléchir, de philosopher, ou de manifester après chaque grave incident, car il est temps vraiment de passer aux actes. Adopter des lois radicales et jeter en prison par un tribunal spécial tous les auteurs des actes anti judéo-sionistes.

Le président Macron au dîner du CRIF, le 20 février 2019 (capture d’écran)

Le président Macron a annoncé que la France allait endosser la définition de l’alliance internationale pour la mémoire de l’holocauste (IHRA), une organisation intergouvernementale fondée en 1998 qui intègre l’antisionisme dans la définition de l’antisémitisme. Toutefois, nous apprenons que ce texte n’est pas contraignant et il s’agit seulement de recommandations. Si selon Macron « l’antisionisme est une des formes modernes de l’antisémitisme » pourquoi ne pas modifier la législation dans ce sens ?

Certes, il est légitime de critiquer la politique d’un gouvernement mais comment lutter contre la vague anti judéo-sioniste quand l’incitation à la haine à l’égard d’Israël et des Juifs prend des proportions incalculables ? Quand la haine va jusqu’à s’en prendre à la profanation des cimetières, aux morts, comme pour tuer le Juif une seconde fois.

La communauté juive est la plus importante de la diaspora en Europe. Structurée depuis Napoléon, elle est héritière de souffrances, de pogroms et de la Shoah, elle doit se défendre et être défendue. Elle est profondément française et européenne mais revendique légitimement le droit à la différence. Comment peut-elle gommer un passé millénaire, se détacher de l’appartenance au peuple du Livre ? Comment rompre avec la tradition et pourquoi couper ses liens avec les Juifs d’Israël ? Comment ne pas être solidaires de l’Etat d’Israël et ne pas le défendre dans les moments de crise et de conflits ?

Les Juifs forment une grande famille, un groupe humain et humaniste qui se caractérise par la conscience de son unité et la volonté de vivre en commun : Juifs de la diaspora avec les Juifs de l’Etat d’Israël. Les Juifs sont une nation, mais ils ne sont pas une nation comme les autres. En dépit de la dispersion à travers les continents, les Juifs demeurent un peuple uni, solidaire et structuré malgré leurs divergences d’opinion et les multiples facettes socio-économiques qu’ils représentent. La nation juive a toujours eu une vocation universelle d’union, de rassemblement, de solidarité et de respect envers l’Etat, la laïcité, les religions, la Justice et les droits de l’Homme. Cette spécificité est unique. Contrairement à d’autres communautés, elle n’est pas sectaire et ne souhaite pas devenir missionnaire.

Les Juifs, venus d’Europe de l’Est ou après la décolonisation des pays du Maghreb, se sentaient d’abord français et la France était leur havre d’accueil et le pays des libertés par excellence. Depuis leur arrivée en France, ils se sont intégrés et ont prouvé une loyauté exemplaire. Ils ne peuvent gommer du jour au lendemain leurs racines françaises. Elles sont profondes, elles datent du début de l’ère chrétienne.

Les Juifs attendent de véritables actes

Les Juifs français aiment la France et Israël. La question d’un double amour dans l’âme juive, pour sa patrie spirituelle et sa patrie temporelle, date de l’exode des Hébreux après la destruction du Temple de Jérusalem. On retrouve des philosophes et poètes qui aimaient profondément leur pays natal et tout autant que Jérusalem. Ce double amour ne leur posait pas de problème car l’affection que l’on ressent pour son père ne diminue en rien celle que l’on éprouve pour sa mère.

Cependant, les Juifs de France souhaitent être rassurés par les autorités, non seulement par des déclarations mais aussi par des actes. Circuler librement dans les rues avec une kippa ou un talith sans être agressés par des voyous. Envoyer leurs enfants à l’école en toute tranquillité sans être insultés de « sale juif » ou de « youpin ». Pouvoir mener une vie normale et paisible et gommer une fois pour toutes les profanations des cimetières, des graffitis et des croix gammées sur les murs des synagogues de Paris et de province.

Il est temps aussi que les dirigeants de la communauté musulmane sortent de leurs mosquées et lancent avec les imams des appels à une véritable intégration et une coexistence plutôt de se dérober des responsabilités et boycotter tout ce qui concerne Israël.

La France vit actuellement des moments difficiles sur tous les plans et dans tous les domaines. Si le gouvernement souhaite vraiment que les Juifs ne partent pas en Israël ou ailleurs, s’il préfère que les Juifs contribuent à son succès dans la crise économique et sociale, il devrait apporter des gages, prendre des décisions audacieuses et rassurer la communauté. Cependant, l’appel de dirigeants israéliens à quitter la France est déplacée et contreproductive.

Enfin, mettons à l’épreuve le président Macron et attendons donc de véritables actes.

Freddy Eytan

L’antisémitisme en nous

  1. LOPINION

SYLVAIN COURAGE

STÉPHANE MANEL

On ne naît pas antisémite, on le devient. A force de chercher une cause simple aux malheurs du monde. On le devient en cultivant la haine de soi et des autres. Par envie, par jalousie, par complexe d’infériorité, par « peur de la castration », disait Freud. La judéophobie, aussi vieille que le monde, est la plus archaïque, la plus ténébreuse et la plus violente des passions sociales. La foule cherche un bouc émissaire, une victime expiatoire pour sceller son unité en éliminant la différence.

« Enlève ton gilet, sale juive! » Ce cri s’est échappé de la mêlée vociférante qui encerclait Ingrid Levavasseur, figure médiatique des « gilets jaunes », conspuée pour avoir osé prétendre à l’élection. Surtout pas d’élu(e)s, pour les plus amers des « gilets jaunes » ! Haro sur Alain Finkielkraut, ce « sale sioniste » croisé à un carrefour, ou sur Emmanuel Macron, « pute à juifs » selon un calicot placé, cet hiver, au-dessus de l’autoroute A6.

Certes, ce mouvement, réceptacle de toutes les colères, n’épuise pas le triste sujet. La destruction des arbres plantés en mémoire d’Ilan Halimi ou les croix gammées tracées sur l’image de Simone Veil ne sont pas encore attribuées. Mais l’insurrection des oubliés, des invisibles et de la France périphérique a porté la haine des juifs comme la nuée, l’orage. La mythification d’un peuple purificateur opposé à une élite corrompue ne pouvait que raviver les souvenirs d’Edouard Drumont, des « Protocoles des Sages de Sion » et du grand complot juif, point de fuite de tous les schémas conspirationnistes.

« Nous sommes devant la banque Rothschild, c’est là que ça se passe », lançaient une poignée de « gilets jaunes » venus repérer les lieux du « pouvoir profond des usuriers » censés réduire le reste de l’humanité en esclavage pour satisfaire leur diabolique cupidité. Dans leur vidéo, ces manifestants se gardent de prononcer quelque slogan antisémite, mais tournent autour du tabou, comme des obsédés. Dénonciation de l’argent roi, de la finance apatride et de l’oligarchie des ploutocrates : cette idéologie forgée au xixe siècle n’est ni de droite ni de gauche. Ni religieuse ni athée. Même les Lumières y ont succombé. « Le plus abominable peuple de la terre », a écrit Voltaire au sujet des juifs.

Le fantasme, universellement répandu, permet de surmonter les contradictions de toute société en rejetant les fautes sur un coupable idéal ­ censément oisif, lascif, usurier, immoral, subversif… ­, regardé comme un agent de destruction de la communauté religieuse (persécutions antijudaïques), villageoise (pogroms) ou nationale (lois antijuives). Ce délire a conduit tout droit à la politique exterminatrice nazie et à la Shoah.

Sa résurgence ne souffre aucune excuse. Les progressistes de gauche se pensent immunisés. Le sont-ils vraiment? Avant d’être l’apanage des ultranationalistes de l’extrême droite, l’antisémitisme a été une construction des mouvements anarchistes, socialistes et ouvriers. Selon la formule prêtée au révolutionnaire allemand Karl Liebknecht, il faut bien y voir un « socialisme des imbéciles ».

L’antisionisme en est aujourd’hui la traduction « politiquement correcte ». Dans les pays arabo-musulmans et leur diaspora, dans la mouvance islamiste, dans les officines de la gauche décoloniale comme de la droite extrême, la pulsion judéophobe se dissimule derrière un nouveau signifiant. Mais elle n’a pas changé de signification. Revendiquer le droit de dire « A bas Israël! », comme le fait Eric Coquerel (1), député de La France insoumise, ne revient pas à critiquer la politique ­ hautement contestable ­ d’un Etat, mais bien à poursuivre la plus avilissante entreprise de haine conçue par l’humanité. L’hypocrisie en plus. S. C.(1) Sur France 2, le 18 février.

Source L’Obs

Antisémitisme: une peste plus rouge que brune

parElisabeth Lévy – 19 février

antisemitisme finkielkraut ps gilets jaunes
Manifestation des gilets jaunes, 9 février 2019. Auteurs : Francois Mori/AP/SIPA. Numéro de reportage : AP22299320_000001

Affirmer, comme le font certains, que « les gilets jaunes sont antisémites », est à la fois une insulte et une sottise. Mais il y a des antisémites parmi eux.  On notera que les expressions anti-juives sont devenues de plus en plus récurrentes à mesure que le mouvement s’est gauchisé. 


Ce sera un chouette festival de proclamations républicaines. On se serrera les uns contre les autres, on répètera sur tous les tons que l’antisémitisme c’est mal et qu’on est contre. On dira en boucle qu’attenter aux juifs c’est attenter à la France. Les chaînes infos feront des « spéciales », les journaux titreront sur « le sursaut ». Les injures lancées à Alain Finkielkraut ont déclenché la mobilisation générale qui n’a pas eu lieu après l’assassinat de quatre enfants et d’un adulte juifs à l’école Ozar Hatorah de Toulouse en mars 2012. L’appel à « l’union contre l’antisémitisme » et à la manifestation de ce mardi a été publié quelques jours avant l’agression de l’académicien. Mais c’est l’émoi soulevé par celle-ci qui a sonné le branle-bas de combat. Ainsi, si le président a renoncé à ouvrir la marche, une grande partie du gouvernement sera présente derrière le Premier ministre. Il y aura même François Hollande qui avait tellement de mal à évoquer l’antisémitisme des quartiers. Le soir, tout le monde se félicitera de cette belle journée pour la République. Peut-être même parlera-t-on de « l’esprit du 19 février ».

L’alya de l’intérieur

Depuis des années, nous évoquons régulièrement – trop pour certains ­- la montée d’un antisémitisme qui a provoqué chez les juifs de banlieue une « alya de l’intérieur », beaucoup ayant quitté les villes islamisées pour se regrouper dans des zones plus sûres. Nous avons enragé du déni qui a recouvert cette tragédie à bas bruit que beaucoup ne voulaient pas voir. Nous devrions donc nous réjouir de ce que la haine des juifs devienne une grande cause nationale. Après tout, un excès  de bons sentiments vaut mieux que les mauvais ou que l’indifférence. Sauf qu’il y a un loup et même plusieurs.

Il y a l’usure des mots, des slogans, des marches, des bougies et de l’indignation elle-même. Certains rêvent d’un petit 11 janvier.

Il est vrai que les foules sentimentales sont réconfortantes. On a envie d’en être, de marcher et de marcher. Seulement, on sait ce qu’il est advenu de l’esprit du 11 janvier et de nos belles promesses de défendre la liberté d’expression et la laïcité. Dans nos banlieues, la sécession islamiste a continué à progresser, s’appuyant sur les calculs politiques des uns, la résignation des autres et notre indifférence à tous. Alors j’ai de plus en plus de mal à croire aux phrases qui commencent par « nous n’accepterons pas », « nous ne tolérerons pas », « nous résisterons » car elles précèdent souvent les abdications en rase campagne. On déclare, la voix grave, que rien ne sera plus comme avant. Et tout est comme avant. Ou pire.

L’obsession de Rothschild et des sionistes

Et puis, c’est un peu délicat à écrire, mais on peut craindre que cette focalisation subite et exclusive sur le malheur juif  finisse par lasser. D’accord, il y a ces tags et ces chiffres inquiétants. L’obsession de Rothschild et des sionistes qui dirigent le monde qui court les réseaux sociaux sur fond de désastre éducatif. Mais nombre d’autres groupes souffrent. Ne faudrait-il pas par exemple faire aussi place à la tristesse des catholiques qui voient des églises profanées ? Les images terribles d’autels souillés, de statues dégradées, de tabernacles déversés n’auraient-elles pas dû faire la « une » de nos journaux et tourner en boucle sur nos écrans ? On n’aimerait pas que des catholiques en arrivent, par délaissement, à penser qu’il n’y en a que pour les juifs. Comme le dit Alain Finkielkraut, « nous sommes dans le même bateau ».

Ce qui reste de la gauche (renforcée sur ce terrain qui ne mange pas de pain par la droite et la macronie) voudrait bien rejouer Carpentras et le bon temps de la lutte antifa. Rappelons pour la jeunesse qu’en 1990, après la profanation de tombes juives dans le cimetière de Carpentras, des centaines de milliers de manifestants ont défilé à Paris, derrière le président de la République soi-même. Contre le « F-Haine » et Jean-Marie Le Pen. Pas de chance, on découvrira des années plus tard que les néo-nazis qui ont fait le coup n’avaient strictement aucun lien avec le parti lepéniste. Ces jours-ci, on n’en a pas moins entendu beaucoup d’élus et de responsables de gauche invoquer cette scène fondatrice et appeler le président à participer au remake. Tous contre qui vous savez, on allait bien s’amuser. Ainsi, alors que même la France insoumise était finalement invitée après quelques atermoiements, le Rassemblement national et Debout la France ont d’abord été oubliés. Ce qui revenait à les désigner sinon comme fauteurs d’antisémitisme, comme suspects. La ficelle était un peu grosse et pas mal de voix se sont élevées pour dénoncer cette exclusion, comme celle de Jean-François Kahn qui a déclaré sur BFM : « Marine Le Pen a beaucoup de défauts, mais pas l’antisémitisme. » Olivier Faure, le patron du PS qui était à la manœuvre a finalement déclaré qu’elle était la bienvenue de même que tous les électeurs du Rassemblement national. Ce à quoi elle a répliqué qu’elle organiserait son propre hommage, ne voulant pas défiler avec tous les responsables de la montée de l’islamisme et de l’antisémitisme qui va avec. Elle se demande par ailleurs pourquoi le gouvernement ne fait rien contre les milieux d’extrême droite qui sont archi-connus.

Tous n’ont pas en tête le même antisémite

Toutefois, il ne les a pas inventés, ces dérapages. Au sein du mouvement et sur les réseaux sociaux où il s’exprime, on a vu se déployer les éléments de langage du conspirationnisme qui mènent toujours aux juifs. Affirmer, comme le font certains, que « les gilets jaunes sont antisémites », est à la fois une insulte et une sottise. Mais il y a des antisémites parmi eux. Il y en a aussi chez les bouchers-charcutiers ou les cégétistes. On peut cependant observer que ces expressions anti-juives sont devenues de plus en plus récurrentes à mesure que le mouvement s’est mélenchonisé et même nuitdeboutisé. Parmi les pionniers des ronds-points, beaucoup sont partis, lassés d’entendre parler de Palestine et de vegan. Les défilés sont de plus en plus noyautés par des groupuscules organisés d’extrême droite et d’extrême gauche, sans oublier quelques islamistes en colère, auxquels se joignent quelques bataillons indigénistes, ou les membres de Justice pour Adama et de quelques autres associations, tout cela reformant le fond de sauce haineux du « Jour de colère ».

Antisémites au nom de l’antiracisme

Nombre de commentateurs ont souligné triomphalement que les déclarations antisémites intervenues dans les marges de la mobilisation des Gilets jaunes n’avaient rien à voir avec les musulmans. Sans doute ont-ils raison, quoi qu’il n’y ait guère moyen de le savoir. De toute façon, que l’antisémitisme islamiste ne soit pas au cœur de l’actualité ne permet pas de conclure à sa disparition. Et le « on est chez nous » lancé à la face de notre plus cher mécontemporain jouait bien la musique du grand remplacement. Surtout, au lieu de se demander qui sont les antisémites, exercice voué à l’échec car ils ne forment pas un groupe homogène, on ferait mieux de s’interroger sur la nature de l’antisémitisme qui a cours aujourd’hui. On ne dénonce pas les juifs comme juifs, mais comme capitalistes, comme colonialistes, et comme sionistes. « L’antisémitisme s’exprime dans la langue de l’antiracisme », résume Finkielkraut qui l’avait vu venir en 2000 dans Au nom de l’Autre. Du coup, des députés En Marche se sont mis en tête de faire de l’antisionisme un délit. Une deuxième loi Gayssot, quelle brillante idée. Non seulement la première n’a pas fait taire le négationnisme, mais en instaurant un privilège juridique pour les juifs, elle a ouvert la course à la reconnaissance mémorielle. Certes, la haine d’Israël cache ou entraîne toujours la haine des juifs. Y répondre par la censure ne serait pas seulement contre-productif, ce serait aussi une défaite intellectuelle. En attendant, ce fatras qui séduit aussi bien des fachos que des gauchos est bien, d’un point de vue idéologique, la facette gauchiste de l’islamo-gauchisme. C’est de cette matrice, et pas des années 1930, que vient la haine des juifs déguisée en haine d’Israël qui se lâche aujourd’hui. Dans son inspiration, cette peste est plus rouge que brune. Beaucoup de ceux qui s’apprêtent à défiler préfèrent ne pas le savoir. Autant dire qu’on n’attend pas grand-chose d’une mobilisation qui a toutes les chances de rester sans lendemain, à moins qu’elle n’accouche d’autres billevesées du genre de la loi anti-antisioniste. « Tout de même, me glisse un ami, c’est quand même bien que les gens se réveillent, non ? » Peut-être. Je l’avoue, ce grand raout m’agace à l’avance, mais s’il n’y avait personne ça m’inquiéterait. Ces juifs ne sont jamais contents.

« Nouvelle forme d’antisémitisme »

par Ingrid Riocreux | Causeur.fr

salaf

C’est triste à dire mais… heureusement qu’Alain Finkielkraut a été agressé.

Et heureusement que deux caméras se trouvaient là : celle de Charles Baudry et de Yahoo Actualités, d’après Libé.

Sinon quoi ?

Sinon, nous étions bons pour subir encore longtemps des refrains mi-faux mi-flous sur « l’antisémitisme aujourd’hui en France ».

Coïncidence, cette agression verbale violente a eu lieu juste après une succession d’actes antisémites allant de la profanation des lieux de mémoires (les arbres plantés en mémoire d’Ilan Halimi ont été coupés) à l’agression physique d’un enfant (le petit garçon de 8 ans à Sarcelles) et la publication des chiffres de l’antisémitisme : une hausse de 74% a été enregistrée par rapport à l’année dernière.

Mais justement, dans cette atmosphère, il était assez fascinant de voir comme le discours journalistique s’employait à rabattre les soupçons vers « l’extrême droite » et à reconstruire le portait robot fantasmatique de l’aryen blond: çà et là, on nous rappelait qu’ »il y a une tradition de l’antisémitisme en France » dans laquelle on mélange tranquillement un certain antijudaïsme chrétien et les avatars hexagonaux de l’antisémitisme national-socialiste; sur France 24, on nous disait que l’antisémitisme d’aujourd’hui « amalgame des traditions ». Certes, on évoquait un peu partout l’existence d’un « antisémitisme d’extrême gauche ». Une concession a minima.

Edouard Philippe mentionnait, il y a deux semaines, l’existence d’une « nouvelle forme d’antisémitisme ». L’expression allait faire florès ; on s’interrogeait : « existe-t-il une nouvelle forme d’antisémitisme ? » Mais cette question a bien peu de sens et l’expression du premier ministre plaît justement parce qu’elle est elliptique et même euphémistique. On a l’impression que l’on parle de la résurgence d’un phénomène ancien, qui reviendrait sous une « nouvelle forme ». Ou d’une permanence qui muterait seulement par sa forme, alors que c’est bien sa nature et son contenu qui sont en cause. En tout cas, on est prié de croire qu’on a affaire à une réalité qu’on ne sait pas, ou pas encore, nommer.

Certes, on parlait de « l’antisémitisme dans les quartiers » mais dans tous les débats que j’ai pu entendre, en tout ou parties, ce thème n’était jamais assumé par les journalistes, toujours par des intervenants invités. Ce procédé me paraît souvent symptomatique de ces situations dans lesquelles on aurait tort de prétendre qu’on ne nous dit pas la vérité, mais où, pourtant, nous avons l’impression que nous ne sommes pas tout à fait autorisés à la penser. C’est une chose, en effet, de laisser dire qu’il existe dans notre pays un antisémitisme musulman, c’en est une autre de l’affirmer.

L’épisode Finkielkraut a permis de voir et d’entendre ce qu’on ne nous affirmait pas : les journalistes ont montré les images de ce barbu hurlant « Dieu va te punir » et nous ont informés que « l’un des agresseurs de Finkielkraut  [était] membre de la mouvance salafiste ».

Mais nos médias auront à faire un examen de conscience : quand on stimule le communautarisme et la concurrence victimaire, quand on se scandalise de certaines haines et qu’on en banalise d’autres, on porte une responsabilité dans l’exacerbation des tensions qui déchirent une société.

Pourim ou la Face cachée de Dieu

אחרית הימים

A la fin des temps lorsque l’on ne fêtera plus les solennités juives on fêtera encore Pourim.

Pourquoi Pourim est il si important? N’y a-t-il pas les grandes solennités de Pessah, Shavouot et Souccot qui scandent l’année juive?

On dit et on transmet de génération en génération, que Kippour-le grand Pardon, jour de jeûne et de Téchouva, est comme Pourim qui est un jour de fête, de déguisement, le jour ou le peuple juif a été sauvé de la fureur d’Haman, le descendant d’Amalec.

Parce que « ki » en hébreu signifie « comme » et « Pour » le sort, donc le sort a protégé le peuple juif en exil, et par conséquent, à la merci des Nations, de la destruction par un opportun et salutaire  retournement de la situation.

Kippour serait un Pourim inversé, c’est-à-dire, qu’au soir de la journée de jeûne, alors que le Tribunal céleste a rendu ses arrêts de vie ou de mort, que les prières se sont accumulées au pied du Trône de gloire, que le peuple a fait un véritable retour, la Téchouva, etsort lavé de ses fautes  et réintègre la haute protection de la Shéhina, qui nous rétablit dans l’alliance ancestrale.

Nous voila bien avancés, car nous n’avons pas bien compris ces élans de la foi, il est vrai qu’avec les juifs, il faut s’attendre à des questions compliquées tant ils connaissent toutes les réponses.

Essayons de voir plus clair: Pourim est l’Histoire du peuple juif exilé à Babylone, menacé d’extermination par un Ministre haineux et zélé d’un puissant Roi, très distrait.

Cette menace mortelle va inaugurer le long martyre de ce petit peuple qui sera menacé jusqu’à la fin des temps, d’être anéanti et d’être victime de la haine tenace des Nations.

Pourim qui signifie «les Sorts» serait un miracle naturel, c’est-à-dire que le peuple aurait échappé à la catastrophe par le jeu du hasard, sans intervention surnaturelle, mais par une succession de chanceux hasards et par l’adresse d’un chef éclairé et d’une femme d’exception. Il s’agit de Mordekhaï le Juif et d’Esther sa nièce,

C’est-à-dire le Maitre c’est Mordekhaï et Esther c’est la beauté cachée de l’âme, comme son nom l’indique, de la racine Léastir = cacher, masquer. הסתר פנים (Esther hapanim)

Dieu cache sa face, mais sa présence plane sur tout le récit, en donnant force et adresse à Esther, la reine improbable du Royaume d’Assuérus,

En quelque sorte, elle est mandatée par le Tout Puissant pour agir dans le Monde des Hommes, mais nul ne le sait, pas même elle, la principale intéressée.

Le récit nous rapporte que le très puissant Roi Arashverosh, régnant sur 127 provinces de Médie et de Perse, donna à Chouchan sa capitale, une grande fête qui dura sept jours (pourquoi sept ?) comme il convient lorsque l’on est roi. Le septième jour il fit querir la Reine Vachti, femme fort belle, ce qui est normal quand on est Reine d’un si grand royaume.

Mais voilà que la Belle refusa d’obtempérer au désir de son royal époux.

Pourquoi se rebella-t-elle ? Le récit ne le dit pas, peut être pour nous donner la joie de le découvrir par nous-mêmes. Une joie dont probablement on se serait passé, si on avait connu la suite.

On imagine que cette résistance ne manqua pas de déclencher la fureur du Roi et de ses conseillers, ne supportant pas d’être moqués et méprisés par une simple femme, Reine certes, mais reine par la grâce de son seigneur et maître.

Sur d’avisés conseils, le Roi fit annoncer: « Que l’on recherche pour le roi de belles jeunes filles vierges, les rassembler à Chouchan, la capitale, dans le harem, sous la responsabilité du gardien des femmes. (Donc un eunuque de toute confiance) Ainsi, la jeune fille qui aura la faveur du roi, deviendra reine à la place de Vachti. »

Il faut reconnaitre que Vachti a eu une riche idée de se mettre le roi à dos, comme on le verra.

Bien sur, Vachti la rebelle, ne pouvait pas savoir qu’il y avait à Chouchan, un homme juif craignant Dieu, nommé Mordekhaï, de la tribu de Binyamin, qui, (le hasard fait bien les choses) était l’oncle d’une orpheline belle et sage, dénommée Hadassa-Esther, qui figurait parmi les jeunes filles présentées au Roi.

(S’il nous est resté le prénom d’Esther, ce n’est pas pour rien, le levain caché dans la pate fait monter l’Histoire du Monde)

Esther prit appartement dans le harem et fut entretenue par 7 servantes (curieux ces chiffres qui reviennent 7, 3) mais prudemment, masqua son origine, sur les instructions de son oncle  qui chaque jours « allait et venait devant le Harem » pour vérifier qu’elle fut bien traitée, pendant une année de préparation, comme les autres, avant de paraitre devant le Roi. Il avait de la patience ce Roi.

Par sa gentillesse et sa pudeur, Esther trouvait grâce aux yeux de tout son entourage.

L’attente prit fin le dixième mois, à Tévet, dans la septième année du règne, elle apparut devant sa Majesté.

Le miracle de l’amour agit immédiatement, bref, un coup de foudre les statufia,  « Le roi aima Esther plus que toutes les autres femmes. Elle acquit sa faveur et sa grâce, plus que toutes les autres vierges. Il plaça la couronne royale sur sa tête et en fit sa reine, à la place de Vachti… ».

Naturellement le Roi ignorait les origines de sa nouvelle épouse qui continuait d’obéir en tous points aux instructions de Mordekhaï. Ce dernier (encore un sort favorable) connut une renommée soudaine en découvrant que deux Serviteurs du Palais complotaient l’assassinat du Monarque, il en fit part à Esther qui s’empressa de les dénoncer à son époux, en précisant que Mordekhaï avait découvert les traitres.

Mais les choses se compliquèrent hélas comme toujours, car une sorte de folie s’empara du Roi qui s’enticha d’Amman, un homme ambitieux et sans scrupules, dont il fit son premier ministre doté de pouvoirs exorbitants.

Mordékhaï, fidèle à la foi de ses pères, ne s’inclinait ni devant Haman ni devant les dignitaires de la Cour, qui s’émurent de cette inconvenance. Haman décida que Mordékhaï devait mourir et pour faire bonne mesure, tout le peuple auquel cet impoli, doublé probablement d’un coquin, appartenait.

Il tira au sort (Pour) au mois de Nissan et le mois d’Adar fut désigné comme le plus propice pour ce nettoyage ethnique, plus précisément le 7 adar, date de la mort de Moïse, et donc selon lui un jour néfaste pour les juifs,

Cependant le coquin de sort lui avait caché que Moïse était né justement un 7 adar, et qu’il avait vécu 120 ans, temps parfait disent nos Sages, pour qu’un personne accomplisse complètement son cycle en ce bas monde et retourne vers le Créateur, mission accomplie.

C’est là justement, le sort des Justes.

Il s’efforça avec succès, de convaincre le Roi qu’un peuple rétif et révolté vivait sur ses terres et menaçait la cohésion du royaume. Il reçut le sceau royal et l’entière liberté d’agir à sa guise.

Nous retrouvons le reflexe habituel des juifs en cas de danger, ils firent Téchouva, déchirèrent leurs vêtements et même, jeunèrent trois jours à la demande d’Esther, terrifiée en apprenant l’effrayante nouvelle et redoutant d’apparaitre devant le Roi sans y être invitée.

Mordekhaï, homme avisé la mit en garde : «si tu restes silencieuse le salut viendra d’une autre source » Esther pas très rassurée, demanda que les juifs jeunent avec elle, trois jours durant.

Enfin, nous entrevoyons le rapport avec Kippour qui est le jour de la « Techouva », et Pourim, temps de «  Techouva » jeûne et repentir.

Mais…….« Elle trouva grâce aux yeux du Roi » qui, magnanime et    amoureux, lui offrit la moitié du Royaume, mais elle lui demanda simplement de l’inviter avec Haman à un banquet.

Haman se réjouit de cette invitation, rancunier, il se devait auparavant de régler le sort de Mordekhaï, il décida donc, de faire pendre cet effronté, et avant de festoyer il fit ériger une potence (sur le conseil de sa femme) destinée à éliminer l’importun, et tout son peuple.

On sait que Mordekhaï fut revêtu des habits royaux pour avoir sauvé le Roi

La suite des péripéties de cette dramatique histoire, sont à consulter dans la Méguila

(Rouleau) d’Esther, Haman fut mortifié, sa chute va commencer à partir de cet instant.

Il sera conduit au Banquet d’Esther au cours duquel, elle présentera sa requête au Roi :

« Si j’ai trouvé grâce  à tes yeux, ô roi, que ma vie me soit accordée et la vie de mon peuple soit accordée, Nous allons être anéantis…. »

Fort intrigué, le Roi voulut savoir (Il est dans la nature des Rois, de ne point connaitre le destin de leurs sujets) qui était l’auteur d’une telle horreur.

Esther s’empressa de désigner Haman, encore tout réjoui et grisé de vin et de festivités, mais il déchanta rapidement et se transforma en suppliant aux pieds d’Esther, l’implorant d’apaiser la colère royale.

Le sort d’Aman et de ses fils (tous mauvais) fut scellé, lui-même sera pendu à la même potence qu’il avait fait dresser pour Mordekhaï. Eux aussi furent pendus dans le même souffle.

Mordekhaï prit la place d’Haman comme Conseiller du Roi : Le roi A’hachvéroch dit à la reine Esther et à Mordekhaï, le Juif. Il lui donna pleins pouvoirspour agir au mieux dans l’intérêt des juifs, dans tout son Royaume.

Les juifs célébrèrent ce salut inespéré, produit sans aucune intervention divine. Le sort (Pour)  a voulu que le complot fomenté par Haman, se retournât contre lui, sa famille et ses partisans.

S’est depuis lors, en nos foyers, instaurée la tradition de narrer chaque année à la même date, le récit de Pourim, ou le sort fut favorable aux juifs, par une grande fête ou on danse on jette des bonbons on se déguise, comme est déguisée toute l’Histoire, qui est celle d’un permanent maquillage.

Mais pourquoi nous dire que Mordekhaï est «  JUIF »? En fait, ce sera la première fois dans la Bible que le mot Juif est inscrit. Cela n’est pas anodin, ce seul mot justifie presqu’à lui seul, l’importance de Pourim dans notre tradition.

La Méguila dont la racine vient de gal, donne: « découvrir en déroulant », comme les vagues si vous voulez, qui se déroulent indéfiniment sur toutes les plages du Monde.

Mais que découvrir sinon ce qui est caché ?  

Esther désigne ce qui est caché et c’est Dieu lui-même qui est caché tout au long de cette histoire.

Son nom n’est prononcé sous aucun de ses vocables ou de ses attributs, Le juif désormais, prend l’Histoire en charge et va porter les pour-im, les aléas affectant le peuple juif dans ses tribulations sur toute la surface de la Terre.

Le Juif ira, déguisé en mendiant sur les routes de l’Histoire, à la merci des Nations prenant ce Roi pour un Gueux

Que nous dit la Tradition ?

Que Joseph qui est l’Hébreu solidement investi dans son identité hébraïque, revêt les habits de l’exil en devenant le vice Roi d’Egypte,

Que Moïse dans son habit royal égyptien recouvre son identité hébraïque en emmenant le peuple hors de l’exil, dont l’Egypte est la figure totalitaire (Léon Ashkenazi Z’’al)

Que Mordekhaï a du abandonner ses habits et son identité hébraïques pour adopter l’identité de l’exil qui est l’identité juive, ou l’hébreu en exil.

Le Juif est contraint d’enfouir le nom d’Israël et de redevenir Jacob, et pour longtemps.

Car Israël est le nom de l’hébreu lorsqu’il est « chez lui » en terre d’Israël, et il est Jacob lorsqu’il est hors de son pays. Nous dit Manitou le Maitre juif-hébreu du XXème siècle.

Il est fort et droit Israël, il tient ce nom nouveau du combat avec l’ange, dans la nuit du Yabok, ou Jacob sur la route du retour « au pays de ses pères » a obtenu la bénédiction et le nom d’Israël, parce qu’il a pu tenir tête aux Puissances du Ciel et aux Puissances terrestres.

(Yachar Hael veut dire D… est droit) et sa Shékhina, la Providence protège le peuple, lorsqu’il réside sur la Terre donnée par le Tout Puissant, aux hébreux, en héritage.

Jacob absent, est vulnérable, il est « à découvert » car la Présence divine, est aussi en exil et ne le protège que de loin.

Nous serions désespérés si nous n’apprenions pas enfin, que le Juif Mordekhaï est de la Tribu de Binyamin, dont le territoire jouxte celui de Judas, Judas qui est le signe et la racine de la Royauté d’Israël.

Judas implique le retour des juifs à leur Dieu et le retour des hébreux à leur identité et à leur Terre. Téchouva et Shivat tsion.

Pourim est l’épisode qui lance l’Histoire d’Israël sur les routes des exils et des retours

De retours en exils il en sera ainsi, jusqu’à la fin des temps, lorsque l’Eternel se souviendra de son alliance avec Abraham, avec Isaak, avec Jacob.

Il ramènera et rassemblera en ce temps là, les restes d’Israël, les exilés de Sion, au pays qu’il a juré de donner à son peuple de toute éternité.

Le jour ou Achem sera UN et son nom sera UN.

N’est ce pas à ce Retour inouï auquel nous assistons de nos jours, sans trop y croire et en y croyant tout de même?

Dans l’attente de la réponse dernière, réjouissons-nous des miracles de Pourim.

Célébrons la beauté du pays d’Israël et buvons à la santé du peuple juif, vivant sous le regard vigilant de son de son Père, de son Roi qui est aux cieux.

Avinou Malkhénou ché Bachamaïm

                                                                       Charles BACCOUCHE

Le président de la Conférence des rabbins européens : “L’antisémitisme s’aggrave et conduit au pire”

“Faut-il rester ou partir?” Cette question sera l’un des trois thèmes de débat qui sera organisé dimanche à Munich, en marge de la conférence annuelle sur la sécurité, le “Davos” des questions stratégiques. Le rabbin Goldschmidt a présidé la communauté juive de Moscou avant de succéder, en 2011, au rabbin Sitruk à la tête de la conférence des rabbins européens, basée à Bruxelles……..Interview………

La thématique du départ des Juifs d’Europe n’a pas été ajoutée au dernier moment, comme si elle prolongeait une crise qui vient de plus loin. Il livre au JDD sa réaction sur la hausse des agressions antisémites. Voici quelques extraits de son interview.

Comment avez-vous réagi cette semaine au débat sur l’augmentation des agressions antisémites?
Ce sont des chiffres qui traduisent ce que l’on vit au quotidien depuis des années et qui prouvent que le phénomène s’aggrave et nous conduit vers le pire. 
En France, nous étions focalisés depuis dix ans sur les attentats terroristes d’origine islamiste qui visaient notre communauté. Aujourd’hui, nous voyons ressurgir des comportements antisémites, qui coïncident avec le mouvement social des Gilets jaunes soutenu par l’extrême droite et l’extrême gauche françaises. 
En Allemagne, où les attaques ont progressé de plus de 50%, leurs auteurs sont en majorité des individus d’extrême droite. 
En Hongrie, nous avons assisté le week-end dernier à un rassemblement de néonazis venus de toute l’Europe.

Vous posez la question du départ des Juifs d’Europe pour ceux qui se sentent menacés. Quelle est la réalité des chiffres?
En une décennie, le nombre des Juifs en Europe est passé de 2 millions à 1,6 million. Ceux qui sont partis craignaient davantage le terrorisme islamiste que l’extrême droite. 
Mais s’ils partent, c’est parce qu’ils pensent à demain et à après-demain, à l’avenir de leurs enfants. 
Doivent-ils continuer à les faire venir dans des centres culturels comme celui où nous nous trouvons, derrière des portes blindées et sous surveillance en permanence? 
Ils se posent également certainement, je le crois, la question du respect qu’ils estiment ne plus avoir ici.

Source Le Journal du Dimanche
V

« Les ‘‘gilets jaunes’’, avocats involontaires de la démocratie représentative »

EUGÉNIE BASTIÉ VINCENT TREMOLET DE VILLERS LE FIGARO

LE FIGARO. – Vous avez exprimé au mois de novembre une forme de sympathie pour les « gilets jaunes ». Quand on voit la tournure que prend ce mouvement, le regrettez-vous ?

Alain FINKIELKRAUT.- Il y a quelques années, une amie journaliste m’a confié, avec un grand sourire, qu’elle se sentait beaucoup plus proche d’un Londonien ou d’un Berlinois que d’un habitant de Limoges. J’ai été estomaqué par cet aveu tranquille. Je n’imaginais pas que les progressistes des « smart métropoles » assument leur hors-sol avec une telle sérénité et tiennent en si piètre estime les « péquenots » du périurbain, des villes moyennes ou de la campagne. Le mouvement des « gilets jaunes », c’est Limoges, mais aussi Villeneuve-sur-Lot, Dieppe, Issoudun ou Paimpol qui se sont rendues visibles à tous ceux qui n’avaient d’yeux que pour les villes-mondes et les migrants. Les « somewhere » (les gens de quelque part) se sont rappelés au bon souvenir des « anywhere » (les citoyens de partout). Les « déplorables » ont relevé la tête. Les laissés-pour-compte de la nouvelle économie et des aides sociales ont fait entendre leur voix, ils ont temporairement converti les ronds-points, ces hauts lieux de l’âge des flux, en places de village, et je me sens aujourd’hui comme hier solidaire de cette protestation. Mais les choses se sont très vite gâtées. Cette France négligée et souvent méprisée est passée d’un seul coup de l’ombre à la lumière et les défilés hebdomadaires ont été filmés en intégralité comme les étapes du Tour de France. Les différents leaders de cette révolte protéiforme ont été accueillis à bras ouverts sur tous les plateaux de télévision. Ils sont devenus les stars du petit écran. Cette promotion leur est montée à la tête et l’arrogance a changé de camp. L’aide-soignante Ingrid ­Levavasseur, si sincère et si émouvante lors de sa première apparition, regarde, trois mois après, le premier ministre avec une moue de dégoût et le traite comme un moins-que-rien. Cette ­corruption médiatique d’un mouvement salutaire a quelque chose de désespérant. Les maires qui interviennent dans le grand débat national ont une tout autre tenue et une véritable compétence. Les « gilets jaunes » sont les avocats involontaires de la démocratie représentative.

Que vous inspirent ces manifestations hebdomadaires sans autre objet que la destitution du chef de l’État ?

Les manifestations aujourd’hui, c’est le Golem. Il avance, il marche, il dévaste sans égard pour rien ni personne, les commerçants crient grâce, les édiles s’arrachent les cheveux, l’opinion s’exaspère, mais on a perdu la formule pour l’arrêter.

La police est mise en accusation. Que vous inspire cette notion de violence policière que l’on oppose à celle des casseurs ?

Aux États-Unis, si les policiers avaient été attaqués, frappés ou lynchés par des manifestants, ils auraient fait usage de leurs armes létales, et, au nom de la légitime défense, ils n’auraient subi aucune sanction. Ce n’est certes pas un exemple à suivre, mais ne nous trompons pas d’époque : nous sommes entrés dans l’âge de la banalisation des violences antipolicières. En 1968, on criait bêtement « CRS SS » mais aucun étudiant, aucun ouvrier n’aurait eu l’idée de jeter sur les policiers des boules de pétanque, des bouteilles d’acide ou des billes d’acier. Dans les quartiers dit sensibles ou lors de toutes les manifestations, ce sont les flics désormais qui ont peur. Il y a des violences de leur côté, c’est vrai, mais la plupart d’entre eux font preuve d’une retenue exemplaire et parfois héroïque, hantés qu’ils sont par la mort de Malik Oussekine pendant une manifestation contre la loi Devaquet. Malik Oussekine : c’est précisément la bavure que les émeutiers parmi les manifestants appellent de leurs vœux pour faire converger les luttes et embraser le pays.

Le ministre de l’Intérieur a donné les chiffres de l’antisémitisme, qui indiquent une forte hausse l’an passé. Cette poussée vous inquiète-t-elle ?

Les actes antisémites ont augmenté de 74 % en 2018. Si on n’avait pas vu certains « gilets jaunes » faire la quenelle ou d’autres associer les noms de Macron et de Rothschild, et si deux portraits de Simone Veil n’avaient pas été recouverts par des croix gammées, ces chiffres seraient probablement passés inaperçus. Comme les voitures quotidiennement incendiés, ç’aurait été « business as usual ». Là, l’occasion était belle de rapatrier l’antisémitisme et de dénoncer la résurgence d’une haine bien de chez nous. Mais ce n’est pas la faute des « gilets jaunes » si la France connaît aujourd’hui ce qu’Édouard Philippe a appelé une « alya intérieure ». De plus en plus de Juifs quittent les communes de banlieue où leur vie devient infernale pour certains quartiers de Paris ou pour… Limoges, justement. Un antisémitisme venu du Maghreb, de Turquie, du Moyen-Orient, d’Afrique et des Antilles s’implante en France et on en a pour longtemps. Quand, lors d’une de mes émissions de France Culture, Georges Bensoussan a mis cette réalité en évidence, il a été accusé par Olivier Schrameck, alors président du CSA, d’« encourager des comportements discriminatoires ». Dans sa lettre envoyée à France Culture, le même Schrameck m’a reproché (en me nommant « l’animateur ») de « n’avoir, à aucun moment, contribué à la maîtrise de l’antenne ». Bensoussan a été poursuivi en justice et finalement relaxé par la 17e chambre. Sa mésaventure témoigne de la force en France du parti du déni. Ce parti est très prompt à se mobiliser contre l’extrême droite. Mais ce ne sont pas des « gilets jaunes » qui ont scié les deux arbres plantés à la mémoire d’Ilan Halimi là où il a été retrouvé agonisant. Ce ne sont pas non plus des excités de la fachosphère qui ont traité l’ancienne journaliste de Charlie Hebdo Zineb El Rhazoui de « pute à Juifs » parce que après l’attentat de Strasbourg elle a osé déclarer : « Il faut que l’islam se soumette à la critique ! Qu’il se soumette à l’humour ! Qu’il se soumette aux lois de la République ! On ne peut pas venir à bout de cette idéologie en disant aux gens : “L’islam est une religion de paix et d’amour et c’est juste le terrorisme qui est mal.” »

N’assiste-t-on pas tout de même à la résurgence du vieil antisémitisme d’extrême droite ?

Pour bien comprendre ce qui arrive, il faut relier les agressions antisémites aux profanations d’églises et aux actes antichrétiens qui connaissent, eux aussi, une croissance exponentielle. Qu’on ne nous refasse pas, de grâce, le coup des années 30. En France au XXIe siècle, les Juifs et les catholiques sont dans le même bateau.

Reste, bien sûr, qu’on ne peut pas répondre à un déni par un autre déni. Lors d’un Facebook Live (comme je crois qu’on dit) opéré depuis son camion, le désormais célèbre Éric Drouet a pris l’appel d’un certain Stéphane Colin, et celui-ci, entre deux couplets contre les « merdias », a dit que « c’est une mafia sioniste qui est en train de nous entretuer » (sic). Éric Drouet ponctuait ces propos de « ouais, je sais, je sais » et il a, pour finir, invité Stéphane Colin à se mettre en relation avec tous les gens qui exprimaient leur enthousiasme pour ses propos en temps réel.

Dieudonné et Soral ont fait un rêve : agréger une France black-blanc-beur autour de la haine des Juifs. Ce rêve risque d’autant plus d’être notre cauchemar que nous vivons à l’ère des réseaux sociaux. Dans ce nouveau monde, les inhibitions sont levées, chacun se lâche et vient pêcher, en guise de vérité, le mensonge qui comble son attente. L’imprimerie avait rendu possible la démocratisation de la culture. L’écran interactif opère son remplacement. Tous les grands partages du vrai et du faux, du beau et du laid, du haut et du bas, de la barbarie et de la civilisation sont abolis. L’égalité règne et elle a un goût de mort.

La violence est de nouveau un mode d’expression politique. Vivons-nous un moment de dé-civilisation ?

Les « gilets jaunes » veulent pouvoir vivre dignement de leur travail. Avec sa casquette à l’envers, ses délires conspirationnistes et son anti-élitisme forcené, le non moins célèbre Maxime Nicolle ne porte pas cette revendication, il la caricature et il annexe les « gilets jaunes » incapables de le désavouer au processus de dé-civilisation qui menace de nous engloutir.

Plusieurs France (en étant schématique, les « quartiers », les urbains et la France périphérique) se regardent avec défiance. Le vivre-ensemble est-il plus que jamais une illusion ?

Le mot « vivre-ensemble » a été inventé pour masquer la disparition de la chose. Mis à part quelques militants associatifs, ce mot ne trompe plus personne. Il y a plusieurs France, en effet, et l’alliance terra-novienne entre les métropoles et les quartiers est un fantasme que la réalité se chargera bientôt d’anéantir.

Le Figaro – samedi 16 février 2019

L’Académicien Alain Finkelkraut lâchement agressé verbalement, en marge de la manifestation des Gilets Jaunes du 16/2/19 Boulevard du Montparnasse à Paris.

Le BNVCA condamne l’agression verbale anti-juive commise ce 16/2/19, en marge de la manifestation hebdomadaire des “Gilets Jaunes” au cours de laquelle  à hauteur du Boulevard du Montparnasse, le philosophe Alain Finkielkraut a été la cible de violentes insultes antisémites .” Sale sioniste de merde”, “dégage”, “Nique ta mère”. Pendant que certains des manifestants crient “sale juif”, d’autres  hurlent ‘Palestine”.

Que lui serait-il advenu sans l’intervention des forces de l’ordre.

La preuve de ces violences est apportée par des images qui ont été tournées par Yahoo Actualités . Cette vidéo montre aussi l’un des manifestants lancer à l”Académicien “Espèce de raciste, t’es un haineux, tu vas mourir, tu vas aller en enfer, espèce de sioniste”.

Ces faits rappellent à beaucoup les prémices des pogroms anti-juifs qui ont été commis dans les années noires de notre histoire. 

Pour le BNVCA ces expressions répétées, faisant allusion au sionisme, à Israël, à la Palestine, ces menaces de mort, caractérisent clairement ceux qui les les ont prononcées. Elles sont la démonstration flagrante .du nouvel  ” antisémitisme, anti-sioniste” que nous dénonçons depuis 20 ans et qui devra être enfin pris en compte, par tous ceux qui appellent à manifester  contre ce fléau, le mardi 19 février, s’ils veulent vraiment le combattre et le vaincre. 

Le BNVCA qui apporte son soutien à Alain Finkelkraut  a décidé de déposer plainte contre les auteurs de ces menaces et injures publiques, auprès du Procureur de la République de Paris.

Nous demandons qu’une enquête soit rapidement ouverte afin d’identifier et trainer devant la Justice ces antijuifs  

Mesdames et Messieurs nos gouvernants(es) inspirez vous du Maire de New York

Le maire de New York condamne le BDS et appelle à “éradiquer” l’antisémitisme

15/02/201915:08:15MIS À JOUR LE15/02/201915:33:51Écrit pari24NEWS

New York Governor Andrew Cuomo (R), pictured with with Police Commissioner James O’Neil (C) and Mayor Bill de Blasio, received a suspicious package that turned out to be a false alarm
TIMOTHY A. CLARY (AFP)

Le maire de New York Bill De Blasio a promis jeudi d'”éradiquer une fois pour toutes” toutes les manifestations antisémites et a vivement condamné le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement et de Sanctions) lors d’un rassemblement organisé à Brooklyn contre l’antisémitisme.

“C’est une triste réalité, mais l’antisémitisme est bien vivant dans ce monde, dans cette ville, dans ce pays. L’histoire nous dit que si vous le prenez à la légère, les gens seront blessés et mourront et nous ne le permettrons pas à New York”, a-t-il déclaré.

En tant que maire de cette ville connue pour sa tolérance, De Blasio a indiqué que New York devrait être “un exemple pour le monde entier en matière de protection pour la communauté juive.”

Lors d’une conférence de presse tenue le 3 janvier par le maire et les responsables de la NYPD, le chef des détectives de la NYPD, Dermot Shea, a précisé que sur les 361 crimes de haine enregistrés à New York en 2018, plus de 50% étaient de nature antisémite.

De Blasio a révélé lors de l’événement de jeudi que les chiffres des premières semaines de 2019 témoignent d’une augmentation continue de tels incidents.

Au 10 février, 47 crimes de haine ont été signalés à New York, contre 27 au cours de la même période en 2018. Plus des deux tiers des crimes de haine, soit 32 incidents, visaient la communauté juive.

De Blasio considère que la fusillade d’octobre 2018 dans la synagogue Tree of Life à Pittsburg, est une “sonnette d’alarme”.

Le maire a également réitéré son soutien à Israël, affirmant qu’il avait été créé “non seulement comme le rêve d’une patrie pour les personnes qui ont perdu le leur, mais aussi comme un refuge contre un monde rempli de haine”.

“Les démocrates et les républicains doivent faire preuve de la même ferveur. Israël doit exister pour que le peuple juif sache qu’il est toujours protégé,” a-t-il souligné.

Le Consul général d’Israël à New York, Dani Dayan, a salué les propos de De Blasio, ajoutant que “l’État d’Israël se tient aux côtés de la communauté juive américaine et continuera de collaborer avec les autorités contre l’antisémitisme croissant”.

“Peut-être que certaines personnes ne le réalisent pas, mais quand ils soutiennent le mouvement BDS, ils bafouent le droit d’Israël à exister et c’est inacceptable,”a-t-il dénoncé.

“Charlottesville, Pittsburgh et les récentes agressions physiques contre les Juifs à Brooklyn sont inquiétants et nécessitent une action”, a affirmé M. Dayan dans un communiqué.

“Nous devons lutter de toutes nos forces contre la bête antisémite,” a-t-il conclu.

Le BNVCA s’associe à la manifestation nationale contre l’antisémitisme organisée par tous les partis politiques français réunis le 19/2/19 dans toute la France.

Le  Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme accueille avec un intérêt exceptionnel,et une attention particulière, l’appel à manifester seulement contre l’antisémitisme, le mardi 19 février à 19 heures Place de la République, et partout en France, lancé par le PS et suivi par toutes les organisations et partis politiques Français représentés au Parlement. Cette annonce nous réjouit d’autant qu’elle est imprévue, inattendue sinon inespérée. Lorsque l’équipe de volontaires a créé en 2001 le BNVCA pour identifier le nouvel antisémitisme nous n’imaginions pas que 20 ans après nous en serions encore à devoir le combattre. LE BNVCA A DECIDE DE S’ASSOCIER A CE RASSEMBLEMENT. pour dénoncer toutes les formes d’antisémitisme que subissent  nos concitoyens juifs, agressés, insultés, assassinés au motif q’ils sont juifs. LE BNVCA A DECIDE DE S’ASSOCIER A CE RASSEMBLEMENT QUI PREND EN COMPTE UNIQUEMENT LE SEUL ANTISEMITISME  SANS DEVOIR  LE COMPARER AU RACISME OU L’ISLAMOPHOBIE. Le  BNVCA n’a eu de cesse de clamer et de démontrer que le nouvel antisémitisme puise son venin dans la haine d’Israel qui pousse à l’acte anti-juif. Le BNVCA veillera à ce que cette protestation Nationale inédite et encourageante dénonce autant l’antisémitisme d’extrême droite, que celui d’extrême gauche, ou commis par des musulmans d’origine africaine et nord africaine. Nous souhaitons que cette nouvelle prise de conscience restaure  et renforce la confiance des français juifs dans leur pays.

Le chanteur juif français Enrico Macias triomphe à Casablanca et fait échec aux antisémites de BDS.

Le BNVCA  se réjouit du triomphe  sans conteste remporté ce 14 février par Enrico Macias lors de son  concert donné devant le public chaleureux du Mégarama de Casablanca (Maroc).

La salle comble, l’enthousiasme des spectateurs qui chantaient avec Enrico, sont la preuve de l’échec cinglant infligé aux organisateurs de la campagne violemment  antisémite orchestrée par le mouvement BDS et ses acolytes extrémistes, qui tentaient de défier l’autorité de leur souverain Mohamed VI. Les manifestants regroupés dehors scandaient “Macias dégage, Jerusalem aux palestiniens dehors les sionistes”.

Nous saluons à la fois le talent le courage et la détermination du chanteur  juif français, Enrico Macias qui n’a pas cédé aux menaces.

Nous restons convaincus que les organisateurs marocains du spectacle ont programmé Enrico, assurés de l’intérêt et de la bonne réputation du peuple marocain pour l’artiste et ses chansons célèbres.

Démonstration est faite de la vilénie de BDS, de ses appels au boycott et de sa haine anti-juive. 

Hausse «effrayante» des actes antisémites en Allemagne en 2018

Le gouvernement allemand a relevé en 2018 être confronté à deux formes d’antisémitisme, celui lié à l’extrême droite, mais aussi celui attribué à l’afflux de centaines de milliers de migrants du monde arabo-musulman en 2015-2016.
Photo: Jens Meyer Archives Associated Press Le gouvernement allemand a relevé en 2018 être confronté à deux formes d’antisémitisme, celui lié à l’extrême droite, mais aussi celui attribué à l’afflux de centaines de milliers de migrants du monde arabo-musulman en 2015-2016. 

Antoine Lambroschini – Agence France-Presse à Berlin

Une augmentation des actes antisémites a été recensée l’an passé en Allemagne, atteignant un sommet depuis 10 ans, une résurgence qui inquiète le gouvernement confronté à un essor de l’extrême droite.

Cette montée de l’antisémitisme intervient alors que d’autres pays européens sont confrontés à un phénomène similaire, en particulier la France où la communauté juive a appelé mardi à « un sursaut national ».

En Allemagne, pays dont l’identité nationale est largement fondée sur la repentance de l’Holocauste, 1646 actes antisémites ont été recensés en 2018, une hausse de 9,4 % par rapport à 2017, selon les données préliminaires de la police allemande transmises à la demande du groupe parlementaire de la gauche radicale Die Linke et dont l’AFP a obtenu une copie mercredi.

Les violences antisémites sont passées de 37 à 62, faisant 43 blessés l’an dernier, selon ces données préliminaires, les statistiques définitives étant publiées en mai.

Le président du Conseil central des juifs d’Allemagne, Josef Schuster, a dénoncé mercredi « une tendance effrayante » et appelé à « un engagement plus fort et urgent contre l’antisémitisme des politiques, de la police et de la justice ».

Et « si l’on pense à tous les actes qui ne relèvent pas du pénal, les choses sont encore plus inquiétantes », a ajouté le responsable de cette communauté qui compte environ 200 000 personnes en Allemagne.

La criminalité antisémite est ainsi à son apogée depuis 2009 (1690 actes), tandis qu’il faut remonter à 2007 pour retrouver un nombre équivalent de violences antijuives (64).

Deux formes d’antisémitisme

Le gouvernement allemand a relevé en 2018 être confronté à deux formes d’antisémitisme, celui lié à l’extrême droite, mais aussi celui attribué à l’afflux de centaines de milliers de migrants du monde arabo-musulman en 2015-2016.

Plusieurs affaires ont choqué le pays l’an passé, en particulier l’agression en avril à Berlin d’un Arabe israélien portant une kippa. L’agresseur était un jeune Syrien de 19 ans récemment arrivé et qui a été condamné à un mois de prison ferme. L’agression, filmée, a eu un retentissement énorme.

Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui a fait une entrée historique au parlement fin 2017, a lui été au centre de nombreuses polémiques liées au nazisme.

En janvier encore, une figure de premier plan de la communauté juive d’Allemagne, Charlotte Knobloch, avait dénoncé l’AfD – « qui relativise les crimes des nazis » – dans un discours au parlement bavarois à l’occasion de la journée de commémoration de la libération d’Auschwitz.

Une grande partie des élus de la formation avait quitté la salle et peu après, cette femme de 86 ans indiquait recevoir « chaque minute des insultes brutes, des menaces et des injures ».

Dans ce contexte, Angela Merkel a décidé en 2018 de nommer pour la première fois un délégué gouvernemental pour la lutte contre l’antisémitisme.

La chancelière s’est aussi inquiétée à de nombreuses reprises, notamment en novembre lors de la commémoration du pogrom nazi de la Nuit de Cristal, de l’essor des actes antijuifs en Allemagne et ailleurs en Europe, sur fond d’envolée électorale des partis populistes et d’extrême droite.

En hausse en France également

L’antisémitisme a aussi fait les gros titres ces derniers jours en France après un week-end marqué par plusieurs cas de vandalisme.

L’image de Simone Veil — une figure politique française et européenne, déportée à 15 ans au camp d’Auschwitz — a été barrée d’une croix gammée, un tag « Juden » (Juifs en allemand) a été tracé sur la vitrine d’un restaurant parisien et un arbre à la mémoire d’un jeune Juif assassiné en 2006 a été sectionné.

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Francis Kalifat, a déploré, auprès de l’AFP, la « libération et la banalisation de la haine antijuive ».

Lundi, le ministre français de l’Intérieur Christophe Castaner avait dénoncé un « poison », annonçant une hausse de 74 % du nombre des actes antisémites en 2018 : 541 contre 311 l’année précédente, selon le ministère.

Antisémitisme : les juifs vont-ils quitter la France ?

ENTRETIEN. Dans « La France sans les juifs », Danny Trom pense que le départ massif des juifs est inéluctable face à la montée du sentiment d’insécurité.

Modifié le 13/02/2019 – Publié par:| Le Point 


Danny Trom, charge de recherche au CNRS depuis 1997.
Danny Trom, chargé de recherche au CNRS depuis 1997.

Le Point : Dans La France sans les juifs, vous alertez sur le départ des juifs. D’après le ministère israélien de l’Immigration, ils étaient 8 000 en 2015, mais 3 000 en 2017. Sur une population estimée à 600 000 personnes, on est loin du phénomène de masse, d’autant que les retours après un an se situent entre 10 et 30 %…

Danny Trom : C’est quand même un départ massif. Et le flux ne tarit pas. La France a été longtemps un pays d’immigration idéale pour les juifs, mais elle est devenue depuis 2001-2002 un pays d’émigration. Ils ne partent pas sous le coup de la panique, sur un coup de tête. Leur projet a mûri, du fait des expériences répétées, parfois quotidiennes, de manifestations d’hostilité.

La France est-elle antisémite ?

On a eu l’impression après la guerre que l’antisémitisme était discrédité, mais il a perduré à l’extrême droite et a pointé son nez à gauche. La première formulation du négationnisme a été soutenue dans les années 1970 par l’extrême gauche de la maison d’édition La Vieille Taupe. En faisant passer l’extermination des juifs pour un mensonge, il s’agissait déjà de démontrer la mainmise de ces derniers sur la France. La Shoah n’était qu’une invention destinée à justifier l’existence de l’État d’Israël, État colonial produit d’une culpabilisation mensongère de l’Occident. À partir de la fin des années 1980, cette construction idéologique a trouvé un écho d’autant plus large qu’étaient en train de s’effondrer les instances de socialisation et d’intégration de la classe ouvrière. Avant, quand les immigrés arrivaient dans les usines, ils avaient non seulement du travail, mais étaient aussi pris en charge par la CGT et le PC. Avec l’effondrement du communisme et l’affaiblissement du syndicalisme, ces populations se sont retrouvées sans repères. Cette désorientation peut être à l’origine d’un nouvel antisémitisme, qui s’exprime de manière de plus en plus légitime, trouvant dans les universités des prolongements savants.

Les intellectuels en seraient responsables ?

Une certaine intelligentsia de gauche travaille aujourd’hui à faire des juifs les porte-parole du néocapitalisme prédateur, du néocolonialisme. Le grand problème de la gauche révolutionnaire en France, c’est qu’elle doit faire face au délitement de sa clientèle, la gauche ouvrière. Le nouvel acteur de la révolution, ce sont les dominés ; les immigrés, souvent, remplissent ce rôle. Or ces « souffrants » veulent que les injustices dont ils ont été victimes soient reconnues et, à leurs yeux, le drame vécu par les juifs fait écran aux crimes de l’esclavage et de la colonisation. Il y aurait deux poids, deux mesures au profit des juifs, qui gagneraient sur tous les tableaux : la reconnaissance, l’argent, l’influence… Le juif incarnerait la classe dominante, aux plans matériel et symbolique. Ainsi se referme le piège de la concurrence victimaire.

Pour vous, si cette revendication antisémite a pu s’exprimer, c’est que la République s’est délitée.

Les juifs tiennent en France une place très ancienne, et c’est avec eux que la République a testé la validité générale de son modèle : les juifs de Bordeaux ou d’Alsace étaient des « nations juives » complètement distinctes à la fin du XVIIIe siècle. Si l’on réussissait à en faire des citoyens, cela signifiait que la formule républicaine était universellement valide. L’intégration des juifs et la modernité politique ont donc été intimement liées. Bénéficiant d’une émancipation complète, devenus israélites, les juifs ont été des partisans acharnés de la République, lui vouant une confiance sans bornes. Mais, quand la République s’affaiblit, la situation des juifs est menacée.

« La France sans les juifs » (PUF, 192 p., 15 €). Parution le 13 février.

Vous allez jusqu’à écrire que le projet européen s’inscrit en opposition à l’État d’Israël. Cela nécessite une explication…

Il n’y aurait pas eu de construction européenne sous cette forme et à ce rythme si l’État-nation n’avait pas été discrédité après la Première, mais surtout la Seconde Guerre mondiale. Le nationalisme a été accusé d’avoir ruiné l’Europe et engendré le génocide. Des pays qui, à des degrés divers, ont été fascistes puis vaincus, ou vaincus puis fascistes, ont décidé de s’unir. Or, dès lors que l’État-nation est considéré comme une forme révolue, l’État d’Israël devient un anachronisme. Doté d’une armée puissante, cet État qui recourt à la force est en porte à faux par rapport à une Europe politiquement impuissante. Sa création est en outre le miroir de l’incapacité des Européens à protéger les juifs. En réalité, l’État d’Israël est perçu comme l’échec du projet d’universalisme européen.

Aujourd’hui, l’Europe est devenue un lieu d’accueil peu exigeant. C’est l’esprit de la bienveillance universelle. Mais, logiquement, un émigré turc en Allemagne ne se sent pas concerné par la repentance allemande face à la Shoah. Or, si l’accueillant ne manifeste aucune exigence parce qu’il n’a plus une conscience vive de sa propre histoire, c’est la communauté politique qui se délite d’autant. C’est ainsi que la place des juifs en Europe est en cours d’effacement.

L’hostilité à Israël n’est-elle pas d’abord liée au conflit israélo-palestinien ?

Il en sert de prétexte, mais il n’en est pas la cause. La légitimité de l’État d’Israël a toujours posé problème, et les variations de la politique moyen-orientale n’expliquent pas la dégradation de la situation des juifs en Europe.

Vous revenez aussi sur le rapport particulier des juifs à Israël…

Les juifs ont développé des stratégies politiques de survie, parce qu’ils savaient d’expérience que le peuple leur était souvent hostile et que leur protection dépendait de leur alliance avec le pouvoir suprême. Avec l’émancipation, ils se sont intégrés dans les nations, mais malgré cela s’est posée la question de savoir si l’État démocratique, où le peuple est souverain, pouvait les protéger. C’est dans ce contexte qu’est né le sionisme politique qui a fait de l’État d’Israël le garant d’une protection de substitution. Pour les juifs d’Europe, l’État d’Israël n’est pas leur État-nation, mais un refuge virtuel. Les cas de Raymond Aron et de Hannah Arendt sont un révélateur de cette place particulière. Le premier était indifférent au sionisme, la seconde y était hostile, mais tous deux ont ressenti une peur panique face à la disparition possible d’Israël lors de la guerre des Six Jours, en 1967. Cela ne se situe pas sur le plan politique, mais existentiel.

En vous lisant, on a l’impression que la France ne serait plus capable de protéger ses citoyens juifs. Les actes antisémites ont été en hausse de 69 % sur les neuf premiers mois de 2018, mais nous demeurons dans un État de droit.

Le problème est la société. Les autorités ont fait ce qu’il fallait. Premier ministre, Manuel Valls avait rappelé que « la France sans les juifs ne serait plus la France ». Mais cette phrase n’a pas été comprise ou a été réprouvée. Il s’est développé en France une sous-culture du ressentiment extrêmement puissante, pour laquelle cette affirmation était un scandale. Ce n’est pas un hasard si Valls est l’un des hommes politiques les plus détestés de France.

On se centre trop sur le terrorisme islamiste, pas assez sur le large terreau sur lequel il prospère. Pour que quelques-uns soient prêts à passer à l’acte, il faut un milieu qui sympathise, au moins sur le plan des idées. Dieudonné, que je sache, n’est ni musulman ni arabe.

Vous allez jusqu’à parler d’un « soulagement maladroitement dissimulé » de la part des Européens devant le départ des juifs. N’est-ce pas excessif ?

Face à la revendication dite décoloniale – qui trouve un écho dans une population numériquement beaucoup plus importante que ce qui reste de Juifs d’Europe -, l’Europe n’a ni la force ni l’envie d’arbitrer en faveur des juifs. Ce processus d’émigration va ainsi suivre son cours, parachevant le départ des Juifs d’Europe, qui s’est amorcé dans l’est du continent à la fin du XIXe siècle et qui a eu pour point d’orgue la Shoah. Nous savons que nombre de parents juifs ont retiré leurs enfants de l’école républicaine, que beaucoup d’enseignants se font houspiller dès qu’ils évoquent la Shoah. Connaissez-vous des Français d’origine algérienne ou marocaine qui sont retournés au Maroc ou en Algérie parce que la société française serait trop xénophobe ? Je ne nie aucunement les discriminations réelles ni le vote frontiste qui les touchent directement, mais personne ne part aujourd’hui pour ce motif, alors que des juifs quittent la France parce qu’ils se sentent en insécurité.

Comment sont calculés les chiffres des actes antisémites?

Par Alexis Feertchak 
Mis à jour le 13/02/2019 à 10h55 | Publié le 12/02/2019 à 19h28

FOCUS – Après deux années de baisse, le nombre d’actes antisémites a augmenté de 74% en 2018, selon le ministère de l’Intérieur. Des chiffres à analyser avec prudence, car il n’existe pas de réelles statistiques en France permettant de qualifier une agression selon l’origine religieuse de la victime.

Chaque année, les chiffres des actes antisémites sont communiqués par le ministère de l’Intérieur. Ils se sont élevés à 541 en 2018, soit une hausse de 74% par rapport aux 311 recensés en 2017, qui représentait alors le chiffre le plus faible enregistré depuis 2001.

Cette hausse a été présentée par Christophe Castaner alors que plusieurs inscriptions antisémites ont été découvertes ce week-end dans la capitale, notamment des croix gammées sur le portrait de Simon Weil ou le mot «Juden» sur la vitrine du magasin Bagelstein. Dans ce contexte, Le Figaro précise comment ces chiffres sont établis et dans quelle mesure ils permettent de dresser un état des lieux de l’antisémitisme en France. 

● Une méthode statistique imparfaite

En France, les chiffres sur les actes antisémites comme sur les actes anti-chrétiens ou anti-musulmans sont à utiliser avec précaution. En effet, la loi interdit de qualifier une agression selon l’origine religieuse de la victime. Lors du dépôt de plainte, seul le caractère raciste ou discriminatoire de l’infraction est retenu. Les chiffres dont on dispose sont fournis par des associations cultuelles – comme le Service de protection de la communauté juive, dépendant du CRIF – puis recoupés par les services du ministère de l’Intérieur. «Cela permet de déceler une tendance, mais cela n’a aucune valeur statistique et ne décrit même pas la réalité», déclarait François Pupponi, député et ancien maire de Sarcelles, sur Europe 1.

Cet appel à la prudence est répété chaque année par la Commission nationale consultative des droits de l’homme. «La CNCDH appelle, depuis plusieurs années, à la prudence et à la retenue dans l’interprétation des chiffres publiés sur le racisme, sujet sensible s’il en est. Il convient d’être précis dans les termes utilisés, et de mettre en perspective toute annonce de chiffres avec la question de la fiabilité de leur source et de la méthode de leur collecte», précise-t-elle dans la dernière édition de son rapport annuel sur le racisme et l’antisémitisme. 

● La «nouvelle judéophobie» en débat

Depuis plusieurs années, sous l’impulsion notamment du sociologue Pierre-André Taguieff, d’aucuns observent la percée d’une nouvelle forme d’antisémitisme, qualifiée souvent de «nouvelle judéophobie», qui se distingue des formes historiques d’antisémitisme d’extrême droite. Ce nouvel antisémitisme, qui prendrait racine dans le conflit israélo-arabe sur fond de «concurrence victimaire», serait principalement le fait de milieux islamistes et d’extrême gauche. 

Depuis une quinzaine d’années, plusieurs attentats djihadistes récents visant la communauté juive ont représenté la plus tragique illustration de cet antisémitisme islamiste, à l’image de la tuerie commise devant le collège Ozar-Hatorah par Mohamed Merah en 2012 (quatre morts) et la prise d’otage de l’Hyper Cacher à Paris en 2015 (quatre morts également). On compte encore plusieurs meurtres dont le mobile antisémite a été retenu par la justice, comme celui de Sarah Alimi en avril 2017 ou de Mireille Knoll en mars 2018. Deux meurtres qui rappellent également une autre affaire antisémite, celle du «gang des barbares» de 2006: une vingtaine de personnes, dirigées par Youssouf Fofana, ont enlevé, séquestré et torturé le jeune Ilan Halimi, qui est mort après une longue agonie. Cette semaine, deux arbres plantés en sa mémoire ont été sciés à Sainte-Geneviève-des-Bois.

● Corrélation avec l’actualité du confit israélo-arabe

Un constat réalisé par la CNCDH dès son rapport annuel de 2004: «Les auteurs connus des actes visant la communauté juive n’appartiennent plus, dans leur très grande majorité, à des groupes influencés de façon notable par l’idéologie extrémiste de droite, mais aux milieux d’origine arabo-musulmane». Déjà, deux ans plus tôt, cette même commission notait la corrélation entre le nombre d’actes antisémites répertoriés et l’actualité du conflit israélo-arabe, remarquant que ceux-ci provenaient alors en majorité d’«acteurs originaires des quartiers dits ‘sensibles’». 

Ainsi, alors que les actes antisémites avaient nettement diminué à la fin des années 1990, ils ont réaugmenté avec la seconde Intifada (2000-2006). Une même recrudescence a pu être observée en 2009 après l’opération militaire «Plomb durci» de l’Armée israélienne à Gaza. De même en 2014, un nouveau pic à 851 coïncide avec la guerre de Gaza. Le chiffre toujours élevé de 2015 correspond quant à lui à une nouvelle vague de violences entre Israéliens et Palestiniens, parfois connue sous le nom d’Intifada des couteaux.» LIRE AUSSI – Israël, Palestine: qu’est-ce qu’une «intifada»?

La baisse de leur nombre en 2016 et en 2017 pourrait traduire une moindre médiatisation du conflit israélo-arabe. À l’inverse, l’année 2018, marquée par une recrudescence des actes antisémites, a aussi connu un nouveau pic de violences à Gaza, à l’image de la «marche du retour», manifestation palestinienne annuelle commémorant la «Nakba» (exode palestinien de 1948). Cette année, correspondant au 70e anniversaire de cet événement historique en même temps qu’au moment du déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem, la manifestation s’est soldée par 120 morts et plus de 4 000 blessés.

● La persistance des anciens stéréotypes antisémites

Mais ce n’est pas tout. Si les actes antisémites semblent bien en majorité provenir de cette «nouvelle judéophobie», les études d’opinion réalisées en France sur l’antisémitisme révèlent plutôt la persistance des anciens stéréotypes plutôt qu’une focalisation sur la question israélo-palestinienne. «À la différence des actes antisémites, très liés aux péripéties du conflit israélo-palestinien, les opinions restent structurées par les vieux stéréotypes liés au pouvoir, à l’argent, à la suspicion de double allégeance», note en 2018 la CNCDH. La commission s’appuie sur un sondage de l’IPSOS réalisé en 2017 selon laquelle 20% des Français jugent que «les juifs ont trop de pouvoir en France», 38% pensent que «les juifs ont un rapport particulier à l’argent» et 39% estiment que «pour les juifs français, Israël compte plus que la France». 

La CNCDH fait aussi remarquer qu’il manque «les perceptions que les diverses minorités ont les unes des autres». En 2005, une enquête de Sylvain Brouard et Vincent Tiberj sur les Français issus de l’immigration maghrébine, africaine et turque, en majorité musulmane faisait «apparaître une tension sur la question israélienne et une plus grande réceptivité aux préjugés antisémites» sur fond de «malaise identitaire, d’intolérance religieuse, de jalousie à l’égard d’une communauté perçue comme plus anciennement installée, socialement plus favorisée, plus présente dans l’espace public», note cependant la commission. Deux tendances qui se retrouvent par ailleurs dans le sondage de l’IFOP à la fois parmi les électeurs les plus à gauche et les plus à droite. Sur fond de chiffres imparfaits, l’antisémitisme apparaît plus que jamais comme un phénomène protéiforme et complexe. 

Le Bnvca qui confirme l’augmentation régulière et exponentielle des actes antisémites en France prend acte des déclarations de Mr Castaner, Ministre de l’Intérieur qui déplore cette situation.

Toutefois le Bnvca ne comprend pas l’indolence du gouvernement face à ce fléau qui persiste alors qu’aucune mesure “Pénale ni Administrative” n’est  à la hauteur de la gravité des agissements des coupables, ni de cette situation notamment contre BDS et ses activistes qui, partout dans l’hexagone, organisent des manifestations sauvages d’incitation à cette haine d Israël qui pousse immanquablement à l’acte anti juif. Leur objectif aujourd’hui, est d’empêcher que le concours Eurovision de la chanson se déroule à Tel-Aviv, comme prévu. 

Il est regrettable que le Secrétaire d’ Etat auprès du Ministre de l’Intérieur (très certainement sur ses instructions de Monsieur le Ministre) excuse ces délinquants du délit d’appel au boycott pourtant prévu et réprimé par nos lois, sous le faux prétexte que leurs rassemblements ne troublent pas l’ordre public.  Cette  attitude est de nature à les encourager et faire accroître le nombre des actes antisémites auxquels viennent s’ajouter les exactions anti-juives de nombreux individus infiltrés et participant aux défilés des Gilets Jaunes.

Le malaise ressenti par les français de confession Juive, leur donne le sentiment être isolés en dépit des assurances répétées dans leurs discours, par les dirigeants de. L’État. Or ils ne voient pas et ne demandent rien d’autre que la loi soit appliquée.

Le Bureau

Happening de l’UEJF lors d’un cours d’Elie Hatem, anti-sioniste et monarchiste

Mégaphone au poing, le président de l’UEJF a confronté le professeur de droit et ex-conseiller de Jean Marie Le Pen à quelques-unes de ses déclarations passées

Par TIMES OF ISRAEL STAFF6 février 2019, 14:06  1

Elie Hatem sur la chaîne de télévision Al Arabiya le 12 février 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube/MEMRI)

Elie Hatem sur la chaîne de télévision Al Arabiya le 12 février 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube/MEMRI)

« Vous faîtes partie d’un mouvement antisémite, un mouvement qui soutient Charles Maurras. Est-ce que vous êtes proche d’Alain Soral, de Serge Ayoub, de Fréderic Chatillon ? »

Des militants de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) sont allés perturber un cours de droit donné par l’avocat Elie Hatem, cadre de l’Action française (AF) à l’université de Bobigny le 31 janvier 2019.

Mégaphone au poing et face à l’amphithéâtre, Sacha Ghozlan, président de l’UEJF a confronté Elie Hatem à quelques-unes de ses déclarations et de ses fréquentations :

A cette liste de figures à l’antisémitisme éprouvé, et parfois condamné par la justice, Elie Hatem, sarcastique, ajoute : « Et de Jean-Marie Le Pen! » .

En effet, Elie Hatem a été le conseiller politique de l’ancien président du Front national (aujourd’hui Rassemblement national) Jean-Marie Le Pen. Il est cependant très hostile à sa fille Marine Le Pen qui lui a succédé à la tête du mouvement.

Il en donne les raisons : « Nous savons que Marine Le Pen se rapproche de certains mouvements qui contrôlent l’opinion publique en France, a déclaré Hatem, chrétien maronite d’origine libanaise, sur Al Arabiya TV en février 2016. Une transcription de cet entretien a été traduite depuis l’arabe par le site de veille sur les médias arabes et orientaux MEMRI.

« Elle a agi ainsi afin de blanchir le Front national. Ces mouvements comprennent les mouvements sionistes et la franc-maçonnerie qui contrôlent la presse et le gouvernement en France », avait alors déclaré Hatem.

Plus récemment, Elie Hatem a également été annoncé à une réunion de personnalités de l’extrême droite antisémite et complotiste, qui tente de récupérer une partie du mouvement de protestation des gilets jaunes.

Ils s’étaient donnés rendez-vous à Paris pour participer à une « grande réunion publique » le 19 janvier dernier autour du thème « Gilets jaunes ou la révolution qui vient ».

On y retrouvait Yvan Benedetti, ancien président du groupe ultranationaliste et pétainiste ‘L’œuvre française’, dissout en 2013 après la mort de Clément Méric, mais aussi Jérôme Bourbon. Directeur de l’hebdomadaire d’extreme-droite Rivarol, Bourbon appelle régulièrement à la réhabilitation d’Adolf Hitler. Il y a un an, la Licra se plaignait auprès de Twitter que le compte de Jérôme Bourbon soit toujours actif.

Alain Soral d’Egalité et Réconciliation et Hervé Ryssen étaient également présents à cette réunion « publique » dont le lieu confidentiel n’est dévoilé que via téléphone.

Le militant d’extrême droite Hervé Lalin, dit Ryssen, a été condamné en juin dernier à Paris à un an de prison, la peine maximale encourue, pour des messages antisémites dans une vidéo diffusée sur la plate-forme YouTube.

Aujourd’hui, l’UEJF demande publiquement « au président de l’Université, Jean-Pierre Astruc, d’exclure Elie Hatem de ses fonctions de professeur ».o

L’engouement pour l’étude du Talmud conquiert la Corée du Sud

Certains pensent que la clé de la réussite scolaire réside dans les approches juives de l’éducation, et ont conduit à la création de dizaines d’institutions basées sur la “havruta”

Par TIM ALPER6 février 2019, 12:211

SEOUL, Corée du Sud (JTA) – En 2014, Kim Hye-kyung s’est retrouvée dans un abîme éducatif.

Cette mère de deux enfants vit en Corée du Sud, un pays passionné par les études, où les parents versent chaque année plus de 17 milliards de dollars en soutien scolaire privé. Les enfants commencent tôt – 83 % des enfants de 5 ans reçoivent une éducation privée – et le rythme ne cesse de s’accélérer jusqu’à ce que, à 18 ans, les élèves passent le redoutable examen d’entrée de huit heures à l’université de Suneung. Si vous échouez au concours de Suneung, vos perspectives d’emploi pourraient s’effondrer. Si vous réussissez avec brio, vous pourrez décrocher une place convoitée dans une université de premier ordre.

« J’ai détesté l’idée d’envoyer mes enfants dans des écoles privées, où les enseignants amoncèlent l’information dans la tête des jeunes sans penser à nourrir la créativité », a déclaré Kim Hye-kyung. « Quand mes enfants étaient plus jeunes, je leur lisais des livres ou je les sortais au lieu de les envoyer à l’école. Mais en grandissant, j’ai commencé à m’inquiéter de ce que leurs résultats scolaires pâtissent de mes décisions. »R

Kim Hye-kyung se trouvait dans ce dilemme lorsque, par hasard, elle est tombée sur un livre d’un auteur coréen sur ce qui était pour elle une nouvelle méthode d’étude. C’était la havruta, une méthode utilisée par les érudits du Talmud dans laquelle des binômes d’étudiants débattent et se posent des questions basées sur des textes rabbiniques anciens.

« Quand j’ai lu un article sur la havruta, j’ai tout de suite senti un lien émotionnel », a dit Kim Hye-kyung. « C’était le chemin éducatif dont j’avais rêvé. J’ai cru que mon cœur allait éclater de joie. »

La plupart des Sud-Coréens n’ont jamais rencontré de juif. A part un petit centre Habad dans cette capitale et quelques groupes informels d’expatriés juifs (pour la plupart laïcs), la communauté juive de Corée du Sud est pratiquement inexistante. Ainsi, les Sud-Coréens ne savent pratiquement rien sur la façon dont les Juifs vivent, ce qu’ils mangent (et ne mangent pas) ou ce en quoi ils croient.

Une Sud-Coréenne et son enfant lisent des livres sur le Talmud dans une librairie de Séoul. (Tim Alper via JTA)

Cependant, il y a un point concernant les Juifs que presque tous les Sud-Coréens peuvent raconter.

« Les Juifs ne représentent que 0,2 % de la population mondiale, mais 23 % des lauréats du prix Nobel sont des Juifs », a déclaré Choi Jae-young, étudiant à Séoul. « Et malgré tout le temps et l’argent que nous consacrons à l’éducation, un seul Coréen a déjà reçu un prix Nobel. Cela irrite beaucoup de Coréens. Ça nous donne envie d’apprendre les secrets des Juifs. »

Certains Sud-Coréens pensent que la clé pour percer ces « secrets » se trouve dans les approches juives de l’éducation.

« Les Coréens n’ont pas besoin d’imiter les systèmes de croyances juives, a déclaré le chercheur en éducation Seol Dong-ju, mais nous devons copier la façon dont les Juifs enseignent à leurs enfants.

Il en résulte des douzaines d’écoles privées sur le thème de la chavruta, avec des succursales très fréquentées dans les grandes villes du pays, s’adressant à tous, des tout-petits aux adultes. Certains utilisent des textes talmudiques en coréen, tandis que d’autres suivent des programmes entièrement laïcs.

Kim Jung-wan, qui dirige l’une de ces institutions – la Havruta Culture Association – explique que la quête d’éducation juive en Corée du Sud a plus de 40 ans. Tout a commencé au milieu des années 1970, lorsque les traductions coréennes d’histoires inspirées du Talmud de Rabbi Marvin Tokayer, aumônier militaire américain en poste au Japon, ont fait leur apparition dans des librairies de Séoul.

Les histoires de Tokayer ont rencontré un vif succès. Le Talmud, le vaste recueil hébreu et araméen des lois et coutumes du premier millénaire, est effectivement devenu viral en Corée du Sud : Au cours des décennies qui ont suivi, des centaines de versions coréennes du Talmud ont été publiées, la plupart provenant de traductions et de commentaires en anglais. Il peut s’agir de livres d’images pour enfants ou de volumes plus épais et plus lourds pour les adultes.

Mais la fièvre sud-coréenne pour le Talmud a également suscité une grande fascination pour le savoir juif – une fascination qui a donné naissance à toutes sortes de publications remarquables, dont une traduction en coréen de la Haggadah, le livre que les Juifs lisent lors du Seder de Pessah.

Traduction en coréen de la Haggadah, le livre que les Juifs lisent au Seder de Pessah. (Tim Alper via JTA)

Et, comme l’explique Kim Jung-wan, l’intérêt pour le Talmud a fini par amener les universitaires coréens à étudier comment les Juifs étudient les textes religieux. Ils ont commencé à apprendre à connaître les yeshiva, des académies qui se consacrent à l’étude du Talmud. Des consultants sud-coréens se sont rendus dans certains des centres d’études du Talmud les plus fréquentés d’Israël.

Ce qu’ils y ont découvert les a subjugué : de vastes salles qui résonnaient de la clameur des discussions animées des élèves, sans que les voix des enseignants puissent se faire entendre. Des binômes d’étudiants du Talmud – havruta vient d’une racine hébraïque signifiant « ami » ou « compagnon » – étaient plongés dans un débat animé sur les textes, analysant leur logique et débattant une série de questions écrites posées par des rabbins.

Pour de nombreux penseurs sud-coréens, c’était le « secret » qu’ils recherchaient depuis les années 1970 : une méthodologie d’apprentissage qui ajoutait du dynamisme à l’apprentissage basé sur le livre et supprimait l’enseignant en tant que point focal des leçons.

Le long chemin de Kim Jung-wan en havruta a commencé en 2001, lorsqu’une connaissance universitaire lui a suggéré d’utiliser le Talmud comme outil d’enseignement pour son fils, alors âgé d’à peine un an.

« J’ai continué à explorer le sujet. J’étais fasciné », dit-il.

Kim Jung-wan a ensuite étudié l’hébreu au Israel Culture Center, une filiale de l’ambassade d’Israël à Séoul.

« Finalement, j’ai commencé à essayer de traduire en coréen certaines parties du texte original du Talmud en utilisant la traduction anglaise de Schottenstein comme référence », dit-il. « Ce mois-ci, je vais me rendre dans une yeshiva en Israël, où je vais étudier pendant un mois. Ce n’était pas facile pour un non-juif comme moi d’être admis, mais j’ai réussi. »

En fait, la plupart des yeshivot orthodoxes ont pour politique de dissuader avec tact les non-juifs de poursuivre l’étude du Talmud. Les universitaires sud-coréens, cependant, ne semblent pas découragés.

Photo illustrative d’une yeshiva ultra-orthodoxe de Jérusalem, 16 août 2018. (Aharon Krohn/Flash90)

Les sceptiques appellent à la prudence, notant que les modes éducatifs sud-coréens ont tendance à aller et venir, en particulier dans le monde ultra-compétitif des institutions universitaires privées. Les critiques mettent en garde contre le fait que même si les partisans chantent actuellement les louanges de la havruta dans les talk-shows télévisés, le phénomène pourrait s’avérer être éphémère.

Mais les faits suggèrent le contraire.

La méthodologie est de mieux en mieux acceptée par le grand public, passant des écoles privées aux salles de classe publiques classiques. En décembre, l’un des plus grands syndicats d’enseignants du pays, la Fédération coréenne des associations d’enseignants [Korean Federation of Teachers’ Associations – KFTA], a conclu un protocole d’accord avec la Havruta Culture Association. Le partenariat qui en résultera verra des dizaines d’enseignants traditionnels apprendre à initier des sessions d’apprentissage de type havruta.

« Beaucoup de nouvelles tendances en matière d’éducation sont apparues et ont disparu ici », a déclaré Lee Hyo-sang des fédérations des enseignants. « La plupart tombent en désuétude après environ cinq ans après avoir manqué aux promesses de leurs promoteurs. Mais pour la havruta c’est différent. Son histoire remonte à des siècles.

« Les experts de la KFTA ont visité de nombreuses écoles de havruta et ont constaté que, plutôt que d’être trop calmes comme la plupart des salles de classe coréennes typiques, elles étaient toutes animées de discussions et de débats bruyants. C’est une percée dans la culture scolaire coréenne. Il pourrait trouver des applications dans les écoles, les ménages et même les entreprises. »

Même les enfants d’âge préscolaire participent à cette initiative.

Yoojung Kindergarten, une école maternelle du nord de Séoul, a récemment ajouté des modules de havruta à son programme. Les enfants écoutent les histoires du Talmud, puis se lancent dans des discussions en binômes de type havruta.

Des parents prient pour que leurs enfants réussissent le test d’aptitude scolaire au temple Jogye à Séoul, Corée du Sud, le 15 novembre 2017 (AP Photo/Ahn Young-joon).

« Nous voulions trouver une activité amusante et vivante en classe qui encouragerait la créativité, mais aussi l’éducation morale », a déclaré le directeur Jung Geum-sook. « La havruta semble cocher toutes ces cases. »

Les parents croient aussi qu’ils peuvent jouer un rôle. Alors qu’elle se documentait sur la façon dont les étudiants juifs pratiquent la havruta dans les yeshivot, Kim Hye-kyung a commencé à réfléchir à des moyens d’adapter la même méthodologie à la maison.

Elle a commencé par des lectures familiales de livres d’histoires illustrées, encourageant son mari et ses enfants à se poser des questions dans le style de la havruta, à chaque étape du processus.

« Cela a ouvert tout un monde de pensées et de sentiments inexprimés », dit-elle. « Nous avons découvert que les questions que nous avons posées n’avaient pas de bonnes ou de mauvaises réponses. Tout le processus est devenu à la fois instructif et amusant. »

Kim Hye-kyung a ensuite appliqué sa méthodologie de la havruta à la maison à un éventail de matières laïques, y compris les mathématiques, les langues et les sciences, et a fini par écrire deux livres populaires de style manuel décrivant ses méthodes.

« L’apprentissage basé sur la discussion en havruta est même efficace pour les enfants qui se préparent aux examens », dit-elle. « Ça les aide à s’attacher émotionnellement à du matériel d’étude impersonnel qui, autrement, les ennuierait à en pleurer. »

Un rapport révèle l’implication de terroristes dans les activités du BDS |i24NEWS

Le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, a révélé dimanche un rapport complet rédigé par son ministère selon lequel des organisations liées à la campagne internationale BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) entretiennent des liens étroits avec le groupe islamiste Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza et le Front populaire de libération de la Palestine.

La charte du mouvement BDS appelle à exercer un boycott et diverses pressions économiques, académiques, culturelles et politiques sur Israël afin “d’aboutir à la fin de l’occupation et de la colonisation des terres arabes, ainsi que le respect du droit au retour des réfugiés palestiniens”.

Selon le rapport, au moins une trentaine d’activistes, parmi lesquels, certains ont passé plusieurs années dans une prison israélienne après avoir été reconnus coupables d’actes terroristes ou d’attentats, sont liés aux organisations du BDS, dont certaines sont financées par l’Union européenne.Voir l’image sur Twitter

Voir l'image sur Twitter

גלעד ארדן@giladerdan1

Today we revealed the web of hidden ties between terrorist organizations and 13 leading #BDS groups in the EU, US and PA. All countries & financial institutions must investigate and end funding to BDS groups tied to terror. The BDS masquerade is ending. #TerroristsInSuits14321:12 – 3 févr. 201999 personnes parlent à ce sujetInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité

“Les organisations terroristes et les mouvements de boycott sont unis autour d’un seul objectif, celui de détruire Israël et voient dans la délégitimation de l’Etat hébreu un moyen complémentaire à la lutte armée”, a déclaré dimanche M. Erdan lors d’une conférence de presse.

“J’espère qu’avec la publication de notre rapport, l’UE et tous les pays qui subventionnent les organisations de boycott reconsidèreront la légitimité et le financement qu’ils accordent aux organisations BDS”, a-t-il expliqué.

“Les organisations de boycott ont construit un réseau mondial visant à répandre la haine et les mensonges contre Israël, et c’est une politique de riposte que je m’efforce de mener”, a-t-il poursuivi notant qu’à présent “26 États américains ont adopté des lois contre des organisations qui boycottent Israël”.

Ahmad GHARABLI (AFP/File)

Israel’s Public Security Minister Gilad Erdan is threatening to ban Amnesty International from the country over a campaign for digital accommodation providers to stop listing properties in occupied Palestinian territories
Ahmad GHARABLI (AFP/File)

Il a par ailleurs rappelé qu’Israël luttait contre les tentatives de boycott international des produits issus des implantations israéliennes de Cisjordanie.

“De hauts responsables européens commencent à comprendre les objectifs du BDS, qui sont purement antisémites, et ont cessé de financer les organisations BDS”, a indiqué M. Erdan.

“Le BDS et les organisations terroristes sont les deux côtés d’une même médaille, qui rejettent Israël en tant qu’Etat juif, et ne cherchent qu’à le rayer de la carte”, a-t-il fustigé.

Le ministre a précisé que le rapport sera publié dans plusieurs langues afin d’inciter les leaders mondiaux à agir contre la campagne BDS. Il a en outre affirmé détenir des informations supplémentaires qui pour l’heure ne seront pas dévoilées.


04/02/201908:45:20MIS À JOUR LE 04/02/201909:10:50Écrit par i24NEWS

Maître Nisand avocat du BNVCA à Strasbourg

Raphaël Nisand: Le retour des djihadistes en France, un risque inconsidéré


Qu’est-ce qu’un djihadiste ?

Pour moi c’est quelqu’un, homme ou femme, qui en toute connaissance de cause a décidé d’entrer en guerre contre toutes les personnes et institutions qui n’adhèrent pas à la charia, la loi islamique fondamentaliste.

Ces gens ont pris les armes afin de terroriser l’humanité entière vouée à devenir un grand califat où s’appliquerait une loi moyenâgeuse. Les djihadistes français ont quitté la France pour mener cette guerre contre le monde entier et d’abord contre leur propre pays qu’ils affrontent les armes à la main. Les djihadistes ont donc sciemment trahi la France qui les a vus grandir et ils sont partis en terre de djihad afin d’y commettre les pires crimes. Là-bas ils ont décapité, forcé des enfants à exécuter des prisonniers devant les caméras, ils ont réduit des populations en esclavage, violé et contraint au mariage forcé les femmes yézidies, ils ont fait creuser des fosses communes par des prisonniers qu’ils exécutaient ensuite, bref ils se sont comportés en barbares et ont fait régner une terreur comme rarement il y en eut.

Le nombre de djihadistes qui pourraient revenir en France atteint le nombre de 700. Photo d’illustration. MaxPPP/PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE

Ceux d’entre eux qui sont revenus en France après entraînement ont déjà commis les pires attentats terroristes comme par exemple ceux commis à Toulouse, au Bataclan ou encore au musée Juif de Bruxelles.

Le terroriste de Bruxelles auparavant tortionnaire de journalistes français otages en Syrie n’hésite pas quant à lui à faire plaider que les vieux israéliens assassinés par lui ont été en fait tués par le Mossad.

Ces gens ne renoncent en rien à leur idéologie mortifère et ils ne respectent rien. Alors on nous explique aujourd’hui qu’au fur et à mesure des pertes territoriales de l’état islamique, des islamistes étrangers de plus en plus nombreux tombent entre les mains des forces kurdes et que les kurdes menaceraient de les relâcher dans la nature si la France ne les récupère pas.

On nous explique aussi qu’il serait donc dans l’intérêt de la France de rapatrier les djihadistes avec leurs femmes, plusieurs par homme puisque c’est la polygamie qui prévaut, ainsi que des centaines d’enfants dont certains déjà endoctrinés.

Tout ceci est très problématique. D’abord on fait semblant d’oublier que pour qu’un système carcéral fonctionne, il faut que les détenus soient d’accord pour purger leur peine. Dans le cas contraire le personnel des prisons est confronté à des fauves ingérables ce qui est déjà le cas avec de nombreuses tentatives d’égorgement qui transforment en enfer le travail des surveillants de prison.

Rajouter à cette actuelle problématique déjà existante des centaines d’individus forcenés et qui ont par nature accompagné l’état islamique jusqu’au bout, c’est faire courir un risque considérable au personnel pénitentiaire bien sûr mais aussi à tout le pays.

De combien d’attentats la France sera-t-elle victime suite à ces retours ?

Que deviendront les Juifs, cible première comme l’ont montré Merah et Nemmouche ?
Que deviendra l’ordre public dans notre pays lorsqu’on admettra des centaines de familles polygames qui auront parfaitement droit aux allocations familiales et donneront un signal exécrable dans tout le pays alors que la polygamie est un interdit absolu en France.

En bref on le voit, le prix à payer pour ce rapatriement est beaucoup trop élevé et ceci pour complaire à des principes dépourvus de réalité en ce qui concerne ces gens.

Alors évidemment il n’y a pas de solution toute faite et il faudrait poser tous les termes de ce débat. Dire que ces gens seront jugés à leur retour n’a pas de sens. La justice française ne pourra pas connaitre l’étendue des crimes commis par chaque individu dans ces contrées lointaines où aucun témoin non acquis à la cause islamiste ne pouvait survivre et où les rares journalistes qui y sont allés ont été tués ou pris comme otages. La justice française a besoin de preuves et il n’y en aura pas et ce seront donc de faibles peines de principe qui, à défaut de preuves seront prononcées.

Les djihadistes avec leurs familles seront donc nos voisins de demain, ce qui donne à penser.
François HOLLANDE avait imaginé la déchéance de nationalité mais il n’a pas réussi à faire passer cette idée qui l’a même empêché de se représenter.

Les américains ont Guantanamo, prison spéciale très décriée située hors des Etats-Unis dont personne ne s’est jamais évadé pour commettre un attentat, mais une telle solution est-elle possible pour la France ? Non bien sûr en raison notamment des engagements internationaux de la France et de la convention européenne des droits de l’homme.

Les américains toujours eux avaient interné les familles japonaises dont ils se méfiaient pour des raisons de sécurité intérieure après Pearl Harbour. Autre temps autres mœurs ces solutions là ne semblent ni possibles ni souhaitables mais il faut trouver des solutions sécuritaires qui préservent tous les français d’un éventuel retour de ces terroristes sur le sol français.

Raphaël Nisand 
Chroniqueur le lundi matin 8H30 sur Radio Judaïca.

Posté le 3 février 2019 par admin — 1 commentaire ↓

Holocauste: Comment Une Série Télévisée Américaine A Changé L’Allemagne


DivertissementBy Sameh On Jan 30, 2019

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Toujours de la série télévisée sur l'Holocauste
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La mini-série a dramatisé le génocide des nazis à travers l’histoire fictive de la famille Weiss

C’était un gros budget pour la télévision américaine avec Meryl Streep. Et en 1979, la mini-série L’Holocauste a changé la façon dont les Allemands ont perçu leur propre histoire. 

Il introduisit l’horreur des crimes nazis dans les salons des gens et fit du mot “Holocauste” un terme couramment utilisé en allemand. 

Ce mois-ci, le drame a de nouveau été diffusé à la télévision allemande – et il est toujours aussi d’actualité. 

Un tiers de la population ouest-allemande, soit environ 20 millions de personnes, a vu en 1979 au moins une partie de la série en quatre parties. 

L’Holocauste raconte l’histoire d’une famille juive fictive – Karl Weiss, médecin réputé à Berlin, et de sa femme et de ses enfants – qui documente leur parcours tragique allant de la prospérité bourgeoise aux chambres à gaz. 

Une histoire parallèle se concentre sur Erik Dorf, un avocat au chômage qui, au départ, était apolitique mais trouve un travail avec la SS de Hitler et devient partie intégrante de la machine à tuer nazie. 

Les effets sociaux des victimes des nazis

La série a déclenché un débat national. Les sondages montrent que 86% des téléspectateurs ont discuté de l’Holocauste après le programme avec des amis ou la famille. 

Dix mille Allemands ont appelé la station de radio WDR, beaucoup en larmes pour exprimer leur choc et leur honte. Dans certains cas, d’anciens soldats se sont manifestés pour confirmer les détails des crimes nazis.

C’était la première fois qu’un grand drame grand public décrivait la vie des victimes de Hitler.

À cette époque, un documentaire sérieux traitait de faits et de chiffres et, dans les années 1960, le débat était principalement axé sur les auteurs, dont certains avaient été déclenchés par les procès d’Auschwitz à Francfort entre 1963 et 1965. 

“Les survivants sont venus aux procès d’Auschwitz, et les journalistes ne les ont même pas interviewés, et personne ne s’est intéressé aux victimes, ce qui a changé avec l’Holocauste (la série télévisée)”, explique le professeur Prof. Frank Bösch, historien.

Il a écrit un livre sur les événements majeurs de 1979 qui ont changé le monde. Il pense que ce drame télévisé fait partie de ceux-ci aux côtés de la révolution iranienne et de l’élection de Margaret Thatcher. 

La mini-série sur l’Holocauste raconte des histoires personnelles émotionnelles de gens ordinaires – faciles à identifier pour les téléspectateurs et accessibles à la société ordinaire. 

De manière inhabituelle, les auteurs ne sont pas diabolisés comme des sadiques fous diaboliques, mais paraissent comme de simples Allemands, cogs de la machine nazie qui ont contribué à l’Holocauste par le biais de petites atrocités quotidiennes ou de la lâcheté. 

La série était controversée et ne venait presque jamais en Allemagne. Il a été produit par la chaîne de télévision américaine NBC et observé en 1978 par 120 millions d’Américains. 

Les commentateurs allemands, cependant, ont salué la série comme étant un feuilleton mélodramatique au fromage qui banalise la Shoah (l’Holocauste). 

Les néo-nazis ont même bombardé deux chaînes de télévision pour arrêter des émissions en Allemagne. 

Les gauchers ont accusé les chaînes de télévision américaines d’exploiter cyniquement le crime nazi pour obtenir des subventions à la télévision. Les nationalistes de droite se sont plaints que les victimes de guerre allemandes aient été oubliées. 

La série a été critiquée à ce jour: certains survivants de l’Holocauste ont déclaré que le drame avait été réaménagé et simple. Mais cela a changé la manière dont l’Allemagne gère son passé nazi. 

Et le débat national a conduit à une soif de connaissances. Dans les années 1980, les écoles réclamaient davantage de matériel pédagogique, les historiens allemands se concentraient de plus en plus sur l’Holocauste et les camps de concentration ouvraient les premières grandes expositions et monuments.

Certains responsables allemands ont d’abord craint que la série ne conduise à une attitude anti-allemande à l’étranger, explique le professeur Bösch. Cependant, les recherches nationales sur l’âme suscitées par le drame ont conduit l’Allemagne à faire face à son crime par le passé. 

Un rappel opportun pour les Allemands

Maintenant que la minisérie touche à sa fin à la télévision, l’Allemagne a réévalué la façon dont le drame a changé le pays il ya 40 ans. 

Le souvenir de l’Holocauste et les mots “plus jamais” sont devenus des principes clés de l’identité politique de l’Allemagne moderne. 

Cependant, l’alternative d’extrême droite pour l’Allemagne (AfD) stipule que les Allemands devraient maintenant passer à autre chose et tracer une ligne dans cette culture du souvenir. 

Le chef de l’AfD, Alexander Gauland, a décrit le régime nazi l’année dernière comme “un simple excrément d’oiseau dans plus de 1 000 ans de réussite de l’histoire allemande”.

Et moins de la moitié des étudiants allemands savent ce qu’était Auschwitz, selon une enquête de la Fondation Körber.

Quarante ans après la première diffusion de l’Holocauste en Allemagne, des drames accessibles sont toujours nécessaires pour mettre en lumière les crimes nazis.

Quelques mois après la diffusion de la série, l’Allemagne a levé la période prescrite pour le meurtre afin de permettre aux nazis d’être jugés pour leur participation à l’Holocauste. 






Alfred Nakache, le «nageur d’Auschwitz», bientôt au Panthéon mondial de la natation


MEMOIRE  Champion de natation à la vie brisée par la Seconde Guerre mondiale, Alfred Nakache (1915-1983) intégrera au mois de mai le Swimming Hall of Fame de Fort Lauderdale, aux Etats-Unis…

Nicolas Stival

Le nageur Alfred Nakache en 1946.
Le nageur Alfred Nakache en 1946. — AFP
  • Né dans une famille juive en Algérie, le nageur Alfred Nakache s’est bâti un impressionnant palmarès à Paris puis à Toulouse.
  • Rescapé du camp d’extermination d’Auschwitz, il y a perdu sa femme et sa petite fille.
  • Brisé par la déportation, cet homme exceptionnel est parvenu à retrouver le haut niveau et à participer aux Jeux olympiques de Londres, en 1948.

En engloutissant les JO de 1940 et 1944, au zénith de sa carrière, l’Histoire l’a sans doute privé de médaille olympique. Alfred Nakache (1915-1983) sera pourtant intronisé le week-end du 18-19 mai au Swimming Hall Of Fame de Fort Lauderdale, en Floride. Ce panthéon mondial de la natation s’apprête à accueillir le « nageur d’Auschwitz », rescapé des camps de la mort, dont sa femme Paule et leur petite Annie, deux ans, ne sont pas revenues.

Deuxième d’une fratrie juive de onze enfants, Alfred Nakache a vu le jour à Constantine, en Algérie. Il s’est éteint sur une plage des Pyrénées-Orientales, à Cerbère, des suites d’un malaise cardiaque survenu lors de son kilomètre de natation habituel. Entre ces deux bornes, près de 68 ans d’une vie exceptionnelle et tragique, dont la famille du nageur, sa nièce Yvette Benayoun-Nakache en tête, entretient le souvenir.

Un grand sportif rattrapé par l’Histoire

15 titres de champion de France, deux records du monde, trois d’Europe et neuf de France. Le puissant Alfred Nakache est un modèle de polyvalence : quatrième du relais 4×200 m nage libre aux Jeux olympiques de Berlin, en 1936, il participera douze ans plus tard, à Londres, au 200 m brasse papillon (deux disciplines alors jumelées) et… au tournoi de water-polo.

« Enfant, il n’aimait pourtant pas l’eau, assure Yvette Benayoun-Nakache, ancienne députée de la Haute-Garonne, de 1997 à 2002. C’est son père David qui un jour l’y a poussé. Il ne l’a plus quittée. » Parti de son Algérie natale en 1933, à 18 ans, Alfred rejoint Paris, son prestigieux lycée Janson-de-Sailly et le Racing Club de France. Il y devient professeur d’éducation physique, comme son épouse Paule.

Fin 1940, l’abrogation du décret Crémieux par le régime de Vichy le prive de sa nationalité française. Il fuit la capitale pour la zone libre.

A Toulouse, Artem (son surnom) intègre les Dauphins du TOEC où il tissera des relations pour la vie, notamment avec son entraîneur Alban Minville et la famille du nageur Alex Jany. Le Constantinois se rapproche aussi des réseaux de résistance juifs, dont il entraîne les recrues, dans le gymnase qu’il gère avec sa femme. Dénoncée, la famille est arrêtée le 20 novembre 1943, déportée vers Drancy puis Auschwitz. A l’arrivée dans le camp d’extermination, Alfred y sera immédiatement séparé de Paule et d’Annie. Il ne les reverra plus.

L’horreur et la reconstruction

« Alfred se rendait à la gare Matabiau où arrivaient les convois des déportés, pour voir si sa femme et sa fille revenaient, raconte-t-elle. Jusqu’au jour où le responsable d’un convoi lui a tendu un billet, qui disait qu’elles avaient été gazées dès leur arrivée à Auschwitz. »

Avril 1945 : Alfred Nakache ne pèse plus qu’une quarantaine de kilos, la moitié de son poids normal, lorsqu’il est libéré de Buchenwald. Il avait rallié ce camp depuis Auschwitz au cours des marches de la mort organisées par les nazis devant la progression des Soviétiques. A son retour à Toulouse, il est recueilli par son frère Prosper, le père d’Yvette Benayoun-Nakache.

Une postérité gravée dans la pierre

Brisé, l’athlète se reconstruira, en redevenant champion de France puis en battant le record du monde du 3X100 mètres trois nages dès 1946. Il se remariera avec Marie, originaire de Sète où l’ancien nageur terminera sa vie, après un passage par La Réunion. Sur sa tombe du cimetière Le Py, à quelques mètres de celle de Georges Brassens, deux autres prénoms sont couchés : ceux de Paule et d’Annie.

Paris, Montpellier, Nancy, Sète… Le « nageur d’Auschwitz » a donné son nom à de nombreuses installations sportives. Dix ans après sa mort, l’Etat d’Israël lui a décerné en 1993 le trophée du grand exemple au Musée du sport juif international. A Toulouse, un espace nautique a été baptisé en juin 2018. Mais dès 1944, le maire de l’époque Raymond Badiou avait inauguré la piscine d’hiver Alfred-Nakache, près du Stadium.

Beaucoup plus tard, elle découvrira une autre facette de sa personnalité, bien plus enjouée. « A Sète, il nous recevait dans sa maison de pêcheur sur la corniche, au mois d’août. Toute la famille était là. Il sortait ses médailles, et il les distribuait. » Dans un peu moins de quatre mois, c’est Alfred Nakache qui sera honoré en Floride, au côté des plus grands nageurs de l’Histoire.Société

« Mon oncle avait été déporté et on pensait alors qu’on ne le reverrait pas vivant », explique Yvette Benayoun-Nakache. Enfant, l’ancienne députée se souvient d’un homme qui l’« impressionnait par sa voix, sa carrure et ses sourcils ». « Il ne parlait pas beaucoup de la déportation. »

Source 20 Minutes

Golnadel : « Qui enquêtera sur la violence de l’extrême-gauche ?

»PUBLIÉ PAR  GILLES WILLIAM GOLDNADEL LE 28 JANVIER 2019

Gilles-William Golnadel déplore la bienveillance de nombreux médias à l’égard de la violence des groupuscules d’extrême-gauche, alors que celle de l’extrême-droite fait désormais l’objet d’une commission d’enquête parlementaire.

Je soutiens depuis trop longtemps qu’en raison notamment de l’absence de tout procès en règle du totalitarisme communiste de Staline à Mao, d’équivalent de Nuremberg pour le nazisme, il existe à l’égard de l’extrême gauche une extrême indulgence dont ne bénéficie certainement le pôle radical opposé situé sur le planisphère politique, et qui mobilise au contraire fantasmatiquement le fantôme d’Hitler.

Il n’est que de voir les larmes versées sur le sort de l’Humanité en dépôt de bilan et sous protection des juges du tribunal de commerce, journal sans lecteurs d’un parti sans électeurs mais sous perfusion d’argent public, pour constater que le sort des défunts journaux nationalistes n’avait pas éveillé autant de publique compassion dans le milieu des défenseurs acharnés d’une presse pluraliste.

L’auteur du présent article, tout autant partisan de ce pluralisme invoqué rituellement, mais n’ayant oublié ni la publication des exemplaires faisant bon accueil à l’occupant allemand et invectivant «juif Mandel» ou «juif Moch», ni l’approbation du procès des blouses blanches, ni l’entrée des troupes soviétiques dans Budapest, ni dernièrement l’indulgence envers Chavez, prendra sur lui.

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Mais si l’on veut mesurer encore davantage l’hémiplégie intellectuelle et morale de traitement entre extrêmes, la création d’une commission d’enquête parlementaire uniquement consacrée aux violences de l’extrême droite en apporte une énième fois la consternante démonstration.

Initiée par la France Insoumise, cette commission investiguera certainement utilement sur ces groupuscules de l’ultra-droite aussi violents que, pardon pour le pléonasme, conspirationnistes et antisémites.

Mais il relève du déni, de la cécité, à moins qu’il ne s’agisse que du cynisme, de laisser dans l’ombre une extrême gauche toute aussi violente mais infiniment plus nombreuse.

Dans l’ombre, les Blacks Blocs, en dépit notamment de la manifestation du 1er mai 2018, quand 1 200 cagoulés, tous de noirs vêtus et armés de cocktails Molotov ou de pavés, descendirent dans la rue pour s’en prendre aux policiers.

Dans l’ombre les zadistes, qui, avant de voir leur violence récompensée, avaient laissé pour mort un malheureux vigile à Notre-Dame des Landes.

Dans l’ombre les Antifas, ces soi-disant «antifascistes» tels que repris sans ironie trop souvent par une presse en bonne disposition, qui ont expédié le maire de Béziers Robert Ménard à l’hôpital pour avoir eu le front, sans doute trop national, de vouloir participer à un débat public près de Bordeaux sans que cela n’émeuve aucun député ou journaliste prétendument démocrate ou opposé à la violence politique, et qui font régner la terreur dans les facultés aujourd’hui minées par le racialisme anti-blanc et l’indigénisme le plus indigent.

En passant, on remarquera sans trop s’étonner de l’habituelle et perverse contradiction, que cette France Insoumise qui condamne les violences policières et d’extrême droite à Paris, absout les violences policières et d’extrême gauche à Caracas.

Et à l’intérieur de ce déni de la réalité violente, habite la pure folie. On apprend en effet que cette commission censée vouloir étudier la violence politique a accepté en son sein la désignation du député anciennement de la République En Marche M’jid El Guerrab dont la principale contribution aura été d’avoir agressé en août 2018 son collègue socialiste Boris Faure à coups de casque de motards à la suite d’une réflexion. Le malheureux parlementaire avait vu son crâne fracassé et un pronostic vital engagé pendant qu’il était dirigé pour quatre jours au service de réanimation…

Certains soutiennent encore assez niaisement que ce qui séparerait extrême gauche et droite extrême serait la question du racisme et de l’antisémitisme.N

À titre indicatif, je signale la parution du palmarès de l’antisémitisme 2018 publié par le Centre Simon Wiesenthal. Celui-ci place le Ku Klux Klan en première position, le leader noir musulman Louis Farrakhan en second, les campus universitaires dominés par l’extrême gauche en troisième et Jeremy Corbyn chef du parti travailliste du Royaume-Uni en quatrième position.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro Vox.

La situation en France n’a rien de très différent, sauf que le Klan n’existe pas.

Voilà qui ne devrait donc pas justifier cette flagrante différence dans le traitement de la radicalité la plus violente qui encourage la plus épargnée à redoubler d’activité.

Encore faudrait-il que ce débat se situe dans la rationalité et que la gauche médiatique issue de «CRS SS» ne tienne pas encore le haut du pavé.

Profanation de la synagogue de la communauté Française “Yonathan Sandler”, à Jérusalem (Photos)

La synagogue qui porte le nom de Yonathan Sandler, Juif francais assasiné avec ses enfants lors de l’attaque terroriste orchestrée par Mohamed Merah contre l’école Otzar Hatorah de Toulouse, qui se trouve dans le quartier de Kyriat Yovel, à Jérusalem, été profanée…….Détails………

La synagogue Shaykh Israëlת à Kiryat Yovelת à Jérusalem a été profanée dans la nuit de lundi a mardi. 
Les forces de police sont arrivées sur le site et ont constaté de gros dégats.
De nombreux objets, notamment des rouleaux de la Torah, ont été jetés au sol. 
La police enquête sur l’incident.
Le ministre de l’Intérieur, Aryeh Deri (Shas) a déclaré: “J’ai été profondément choqué par les terribles scènes de profanation qui se sont déroulées cette nuit dans la synagogue de la communauté française de Kiryat Yovel à Jérusalem.
Deri a déclaré: 
“Il est difficile de croire qu’une profanation antisémite aussi scandaleuse se soit déroulée ici, en Eretz Yisrael, dans une synagogue portant le nom de Yonathan Sandeler, assassiné avec ses deux enfants lors de l’attaque terroriste de Toulouse, en France”.



Profanation of the synagogue of the French community “Yonathan Sandler”, in Jerusalem (Photos)
The synagogue which bears the name of Yonathan Sandler, French Jew murdered with his children during the terrorist attack orchestrated by Mohamed Merah against the school Otzar Hatorah of Toulouse, which is in the district of Kyriat Yovel, in Jerusalem, was desecrated …….Details………
The Shaykh Israel Synagogue at Kiryat Yovel in Jerusalem was desecrated on the night of Monday to Tuesday.
Police forces arrived at the site and found big damage.
Many objects, including Torah scrolls, were thrown to the ground.
Police investigate the incident.
Interior Minister Aryeh Deri (Shas) said: “I was deeply shocked by the terrible scenes of desecration that took place that night in the synagogue of the French community of Kiryat Yovel in Jerusalem.
Deri said:
“It is hard to believe that such an outrageous anti-Semitic desecration took place here, in Eretz Yisrael, in a synagogue bearing the name of Yonathan Sandeler, murdered with his two children during the terrorist attack in Toulouse, France”.

Source Koide9enisrael

France: des tags antisémites et racistes sur la maison d’un maire en Alsace

09/11/201820:39:47MIS À JOUR LE09/11/201821:30:08Écrit pari24NEWS – AFP

Deux croix gammées et des messages antisémites ont été découvert à l’entrée de la synagogue de Verdun
AFP

Des tags antisémites et racistes, visant notamment le préfet de la région Grand Est et les migrants, ont été inscrits sur la maison du maire de Brumath (Bas-Rhin) dans la nuit de jeudi à vendredi, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

“Toutes les façades de la maison et la porte du garage ont été taguées sur deux mètres de haut”, a expliqué le maire de Brumath, Etienne Wolf, “effaré”.PUBLICITÉ

Il était écrit, a-t-il détaillé: “Marx=Jude” (juif en allemand) à côté d’une croix gammée, “Le préfet juif Marx, on ne veut plus de migrants”, “Migrant raus” (dehors en allemand) ou encore “Elus alsaciens=vendus”.

“Mon nom n’était nulle part, mais ma maison a été visée en tant qu’élu alsacien”, a-t-il ajouté, précisant qu’il était de confession catholique et avait enseigné la religion pendant trente ans.

Une plainte a été déposée auprès de la gendarmerie et des techniciens en identification criminelle ont procédé à un relevé d’indices, a précisé l’élu, qui est aussi vice-président du conseil départemental du Bas-Rhin.

M. Wolf a ensuite fait recouvrir de peinture les inscriptions. “Ca fait 18 ans que je suis maire, je n’ai jamais été confronté à cette problématique”, a-t-il ajouté. 

DOMINIQUE FAGET (AFP)

Le Premier ministre Manuel Valls (G) et le préfet de Seine-et-Marne Jean-Luc Marx, le 2 juin 2016 à Nemours
DOMINIQUE FAGET (AFP)

Des inscriptions antisémites visant entre autres le préfet, Jean-Luc Marx, ont été relevées ces dernières semaines dans cinq autres communes du Bas-Rhin, a indiqué la préfecture.

Après deux années de baisse, les actes antisémites en France ont fortement augmenté (+69%) sur les neuf premiers mois de 2018, s’est alarmé le Premier ministre Edouard Philippe dans une tribune publiée vendredi sur Facebook.

Marine Le Pen a par ailleurs estimé vendredi que “refuser de désigner la cause” de la montée de l’antisémitisme, identifiée comme étant “l’islamisme radical” par son compagnon Louis Aliot, revenait à “se condamner à l’impuissance et donc renoncer à le combattre.”

Le BNVCA salue avec une grande satisfaction la décision courageuse et morale du Comité International Paralympique

Le BNVCA salue avec une grande satisfaction la décision courageuse et morale du Comité International Paralympique qui a retiré dimanche l’organisation des Mondiaux-2019 Paralympiques de Natation à la Malaisie car elle refusait d’accueillir les athlètes israéliens. Le BNVCA avait condamné la position discriminatoire de la Malaisie et les discours antisémites  du premier ministre malaisien Mahathir Mohamed, et de son Ministre des Sports Sayed Saddik dont l’obsession palestiniste et la haine antijuive les prive de tout jugement, de toute humanisme, leur  enlève tout sens moral et leur fait perdre l’esprit sportif. Le BNVCA félicite et approuve  Monsieur Marc-André Fabien, président, Comité Paralympique Canadien, qui déclare “qu’aucune forme de discrimination ne doit être tolérée. Tous les athlètes méritent de concourir dans un environnement sécuritaire et inclusif”.

L’auteur canadien-égyptien Saïd Shoaib : Les imams occidentaux qui louent le califat islamique sont des terroristes

Lors d’une interview avec le politologue et auteur égypto-allemand Hamed Abdel-Samad, l’écrivain canadien-égyptien Saïd Shoaib a déclaré que les imams d’Occident adhèrent à l’islam colonialiste et dupent les Occidentaux en parlant de « la grandeur du califat islamique ». Selon lui, de tels propos constituent une forme de terrorisme, susceptible de se transformer en terrorisme armé, si l’occasion se présentait. C’est une menace que l’Occident ne comprend pas. Cette forme d’islamisme est enseignée dans les mosquées et les écoles islamiques en Occident et l’aboutissement naturel de cette éducation est le terrorisme, a-t-il renchéri.

Saïd Shoaib : Les imams d’ici font quelque chose qui trompe beaucoup de gens, tout particulièrement en Occident. Ils parlent, par exemple, de la grandeur du califat islamique. Est-ce que cela relève du terrorisme ? Oui. Les [Occidentaux] ne comprennent pas qu