Auteur : rene levy

Comment Guy Bedos contribua à sauver la maison d’Izieu

Guy Bedos Jewpop

Par ses appels à la générosité du public qui assistait à ses spectacles, Guy Bedos, qui s’est éteint le 28 mai 2020, contribua de façon décisive en 1990 à l’acquisition de la Maison d’Izieu par l’association qui en fit un mémorial en 1994. En 1993, Sabine Zlatin rappelait ainsi l’engagement de l’acteur à ses côtés ainsi que le rôle de son fils, Nicolas Bedos.

Extrait de Sabine Zlatin in « Mémoires de la Dame d’Izieu » (Gallimard, 1993), pp. 95-96

« Une partie de la réussite populaire de notre souscription [ndlr : allusion à la souscription nationale lancée en 1990 par l’association des amis du musée-mémorial d’Izieu pour acheter la Maison] est grandement redevable à Guy Bedos. Pendant le procès de Klaus Barbie, j’avais lu que le fils de Bedos, Nicolas, qui avait alors 8 ou 9 ans, lui avait demandé : « Qui c’est Barbie ? Est-ce la poupée Barbie ? » Guy Bedos avait raconté à son fils l’histoire d’Izieu. Nicolas lui avait dit : « C’est trop fort. J’aimerais bien connaître Madame Zlatin ». Il m’avait alors écrit une petite lettre à laquelle j’avais répondu. Bedos m’avait téléphoné en me disant que s’il pouvait faire quelque chose pour moi, je pourrais compter sur lui.

En 1989, il y a eu un grand spectacle Bedos au Zénith auquel je voulais assister. J’y suis allée avec mes amis Rappaport. Après le spectacle, nous nous sommes retrouvés dans une sorte de jardin d’hiver où un buffet avait été servi et où Guy Bedos et sa femme recevaient quelques amis. Nous avons pu y faire vraiment connaissance et parler de nos projets pour Izieu.

Un an plus tard, lors de la souscription, il a fait beaucoup, notamment l’interview donnée à L’Evénement du jeudi de Jean-François Kahn […]. Qu’il soit ici, du fond du cœur, remercié pour ce qu’il a fait pour Izieu. »

Article dans l’Événement du jeudi, 31 mai au 6 juin 1990

Article Événement du jeudi Guy Bedos

Lettre de Nicolas Bedos à Sabine Zlatin, Document d’archives : © Maison d’Izieu / Coll. Sabine Zlatin

Lettre de Nicolas Bedos

Jewpop

Les Juifs de Los Angeles font le point après les dégâts subis lors des émeutes

Lors des manifestations suivant la mort de George Floyd, écoles, synagogues, et autres institutions juives ont été vandalisées et des commerces détruits, principalement à Fairfax

Par TOM TUGEND – TIMES OF ISRAEL

LOS ANGELES-CA-MAY 31, 2020: Marc Canter prend des mesures au cas où il doive abriter les portes et les vitres de son restaurant Canter's Deli de Fairfax, le 31 mai 2020 (Crédit :  Christina House / Los Angeles Times via Getty Images)

LOS ANGELES-CA-MAY 31, 2020: Marc Canter prend des mesures au cas où il doive abriter les portes et les vitres de son restaurant Canter’s Deli de Fairfax, le 31 mai 2020 (Crédit : Christina House / Los Angeles Times via Getty Images)

LOS ANGELES (JTA) – Des graffitis écrits sur les murs d’une synagogue disent : « Libérez la Palestine » et « f*** Israël ». Une statue de Raoul Wallenberg, le diplomate suédois qui avait sauvé des milliers de Juifs hongrois des nazis, a été recouverte de slogans antisémites.

En plus des synagogues, des commerces et des bâtiments juifs ont été pris d’assaut et vandalisés à l’aide de graffitis antisémites. Et des magasins ont été pillés.

Ce district de Fairfax, dans la ville – un secteur fortement juif qui a été représenté de manière continue par un membre juif du conseil municipal depuis 1953 – a été particulièrement frappé par les actes de destruction survenus dans les grandes villes suite à la mort de George Floyd, alors qu’il se trouvait sous la garde de la police.

« Les attaques commises à l’encontre de notre communauté, la nuit dernière, sont odieuses et criminelles », a clamé dimanche dans une déclaration Paul Koretz, membre du conseil municipal du district. « Alors que toute l’attention se portait sur les incendies et les pillages, nous n’avons pas vu les crimes de haine et les incidents antisémites. Sous couvert de manifestations, certains ont fait avancer leur ordre du jour antijuif », a-t-il ajouté.

Des graffitis peints sur les murs de la Congrégation Beth Israel dans le district de Fairfax, à Los Angeles, le 30 mai 2020 (Crédit : Lisa Daftari/Twitter via JTA)

Les actes antisémites ont inclus les messages visibles sur la photo, découverts sur le Temple El Beth, et des graffitis similaires peints sur les murs de la congrégation Baba Sale voisine.

En face de la synagogue de Beth El, deux magasins juifs, la Kosher Mensch Bakery and Kitchen et le magasin de vêtements Go Couture ont été détruits. Des enseignes de la Melrose Avenue, une artère chic située à la frontière nord du district, ont aussi été endommagées ainsi que de multiples institutions juives du secteur : La congrégation Beth Israel, la congrégation Tivereth Avi/Centre éducatif Morasha, la synagogue Shaarei Tefilah et l’école pour filles Shalhevet, selon Aram Goldberg, vice-président du conseil de la fédération juive.

L’Association juive des prêts sans taux d’intérêt propose dorénavant ses services pour des emprunts allant jusqu’à 18 000 dollars en faveur des entreprises endommagées ou détruites.

Des gens s’emparent de bijoux dans une joaillerie de Melrose Avenue après avoir brisé la vitre du magasin à Los Angeles lors des manifestations qui ont suivi la mort de George Floyd, afro-américain mort après avoir été victime de violences policières, le 30 mai 2020 (Crédit : AP Photo/Chris Pizzello)

Indemne dans le chaos, le Canter’s deli, une marque prisée au sein de la communauté qui survit depuis 1931. Ce restaurant, ouvert 24 heures sur 24 et devenu célèbre pour ses gaufres et ses sandwichs, n’a subi aucune dégradation grâce à une stratégie mise en place par le propriétaire de l’établissement, Marc Canter, et son personnel pendant les émeutes de Rodney Kings, en 1992.

Lors d’un entretien accordé au Jewish Journal of Los Angeles, Canter a expliqué que lui et ses employés avaient placé un panneau exprimant la solidarité de l’enseigne avec le mouvement Black Lives Matter. Peut-être plus persuasif encore, le deli a offert des bouteilles d’eau gratuites aux manifestants et à la police. Les protestataires ont eu également le droit d’utiliser les toilettes du restaurant et de passer commande.

« Nous soutenons la liberté d’expression et tout ce qui est pacifique », a déclaré Canter. « Certaines personnes sortent du bois et tentent de se mêler aux vrais manifestants mais ils ne sont que des fauteurs de troubles qui cherchent à profiter de la situation, et qui ne s’intéressent pas véritablement à la cause qui est défendue ici ».

Canter a toutefois ajouté qu’il comprenait la raison de l’éclatement des violences dans les manifestations.

« Les tensions sont très élevées depuis la COVID-19 et beaucoup de gens n’ont plus de travail. C’est donc dur de faire des manifestations pacifiques alors qu’il y a tellement de choses qui se passent en ce moment », a-t-il noté. note-t-il.

Le district de Fairfax était, dans le passé, le centre juif de Los Angeles. Les premiers Juifs arrivés au milieu du 19e siècle s’étaient installés dans la partie Est de la ville mais, après la Seconde Guerre mondiale, les soldats revenus du front avaient préféré Fairfax. Dans les décennies qui avaient suivi, des Juifs russes et israéliens étaient venus ajouter de la diversité à cette communauté majoritairement orthodoxe. En 1953, environ 60 % des résidents du districts étaient Juifs, selon Pini Herman, ancien directeur de recherche pour la Fédération juive.

Une femme passe devant un magasin incendié après des manifestations massives qui ont donné lieu à des scènes de pillage, dans la nuit de samedi, suite à la mort de George Floyd, dans le district de Fairfax de Los Angeles, le 1er juin 2020 (Crédit : AP Photo/Richard Vogel)

Mais, les Juifs devenant plus nombreux, certains devaient se tourner vers les résidences luxueuses de Beverly Hills ou vers des habitats plus abordables, dans la vallée de San Fernando, les orthodoxes se réinstallant pour leur part dans le sud de Los Angeles.

Environ 600 000 Juifs vivraient à Los Angeles, ce qui fait de la ville la deuxième plus importante ville juive du monde – après New York mais avant Tel Aviv.

L’agence de presse officielle algérienne accusée d’antisémitisme

L’agence de presse a qualifié un groupe d’eurodéputés, dans lequel figurent les Français Raphaël Glucksman et Bernard Guetta, de “lobby maroco-sioniste”

Par TIMES OF ISRAEL STAFF

Raphaël Glucksmann. (Crédit : Harald Krichel/CC BY-SA 4.0)

Raphaël Glucksmann. (Crédit : Harald Krichel/CC BY-SA 4.0)

Le mois dernier, un groupe d’eurodéputés a tenté d’attirer l’attention de l’Union européenne (UE) sur la situation délétère de la liberté de la presse en Algérie. En réaction, dans une dépêche du 19 mai, l’Agence de presse officielle algérienne (APS), a qualifié le groupe de « lobby maroco-sioniste ».

Le qualificatif visait ainsi en particulier les députés européens Raphaël Glucksman et Bernard Guetta. Dans le groupe de responsables politiques, on retrouve également Salima Yenbou de France, Hannah Neumann d’Allemagne, Maria Arena de Belgique, Tinek Strik de Hollande et Heidi Hautala de Finlande.

« Quel crédit accorder au soutien de cette coalition à la cause de la liberté d’expression lorsqu’elle vient en appui à un régime [au Maroc] où les détenus d’opinion croupissent par centaines dans des geôles où ils retrouvent pour la plupart leur dernier refuge sur terre », ajoutait l’Agence de presse officielle algérienne, répondant à un article de l’Agence de presse marocaine, au sujet du groupe d’eurodéputés.

Interrogé par Medi1TV, William Lawrence, professeur des sciences politiques et des affaires internationales à l’American University et ancien responsable Afrique du nord à l’International Crisis Group, a estimé que, par le qualificatif employé, l’Agence de presse algérienne adoptait un discours antisémite.

“Il est évident que la déclaration algérienne vient alimenter l’antisémitisme en essayant d’attaquer la croyance juive”, a déclaré le chercheur. « C’est vraiment obscène et antisémite de fonder leur critique sur le sionisme et le judaïsme. »

Alors qu’ils étaient 130 000 en 1940, la communauté juive d’Algérie ne compterait aujourd’hui plus qu’une poignée de personnes, qui « vivent cachés au milieu d’une population qui confond antisémitisme et haine d’Israël », écrivait l’an dernier la LICRA.

«Israélites» comme «Israéliens», «Philistins» comme «Palestiniens» à la British National Gallery

“Un conférencier qualifie Samson de” terroriste “

Une lettre adressée à Gabriele Finaldi, directrice de la British National Gallery (NG), du directeur du Centre des relations internationales Simon Wiesenthal, le Dr Shimon Samuels, fait état d’une plainte d’un membre. Apparemment – au lendemain du récent scandale antisémite de diffamation sanguine entourant une peinture italienne – une étrange altercation avec un collègue avait eu lieu lors d’une présentation sur YouTube de la peinture Rubens de Samson et Delilah à la National Gallery.

Voir: “><https://www.nationalgallery.org.uk/paintings/glossary/samson-and-delilah>

Le collègue considérait les «Israélites» comme des «Israéliens» et les «Philistins» comme des «Palestiniens».

Samuels a rapporté que «cet amalgame a été enflammé par une présentation sur YouTube par l’artiste conférencier, James Heard, qui, entre 7 h 56 et 8 h 46, parle de« l’Israélite Samson, qui était essentiellement un terroriste qui a massacré 1 000 Philistins ». .. “

Il a ajouté: “encore plus étrange est la déclaration de Heard selon laquelle Samson” a pris 300 renards, attachant des torches à leur queue “et les a allumés” les a envoyés dans les champs de maïs des Israélites “… conduisant à la conclusion – dans le jargon des collègues – que Samson était un «agent double». »

Voir

“Israelites” as “Israelis”, “Philistines” as “Palestinians” at the British National Gallery

F O R   I M M E D I A T E   R E L E A S E

A letter to Gabriele Finaldi, Director of the British National Gallery (NG), from Simon Wiesenthal Centre Director for International Relations, Dr. Shimon Samuels, noted a complaint from a member. Apparently – in the aftermath of the recent antisemitic blood libel furore surrounding an Italian painting – a bizarre altercation with a colleague had taken place over a YouTube presentation of the Rubens painting of Samson and Delilah in the National Gallery.

See: <https://www.youtube.com/watch?v=xGmST-tPbGs>

The letter drew attention to the NG online glossary, which calls Samson “an Israelite hero who was a scourge of the Philistines,” consonant with the Biblical account in the Book of Judges.

See: <https://www.nationalgallery.org.uk/paintings/glossary/samson-and-delilah>

The colleague viewed the “Israelites” as “Israelis” and the “Philistines” as “Palestinians.”

Samuels reported that, “this amalgam was enflamed by a YouTube presentation by lecturer artist, James Heard, who, between minutes 7:56 until 8:46 speaks of ‘the Israelite Samson, who in essence was a terrorist who slaughtered 1,000 Philistines’…”

He added, “even more odd is Heard’s statement that Samson ‘took 300 foxes, tieing torches to their tails’ and setting them alight ‘sent them into the cornfields of the Israelites’… leading to the conclusion – in the colleagues parlance – that Samson was a ‘double agent’.”

See <https://biblehub.com/judges/15-4.htm> makes clear that Samson, indeed, sent the foxes against his enemy – the Philistines.

“Mr. Director, we understand that this very beautiful painting has been property of the National Gallery since the 1980s… During that period – as in the case of other masterpieces – it has been subject to continuous research and academic interpretation.”

“Mr. Heard’s presentation is contentious and erroneous. We urge the National Gallery to request YouTube to remove ‘the clip’ to avoid any further misunderstanding or politicization,” concluded the Centre.

Farhoud, le massacre islamo-nazi oublié…

 par Shraga Blum  LPH INFO

Les Juifs originaires d’Irak ont commémoré à Chavouout le 79e anniversaire des terribles massacres qui eurent lieu à Bagdad les 1er et 2 juin 1941, connus sous le nom de « Farhoud » synonyme de « progrom ».

Profitant du laps de temps entre la fuite du Premier ministre pro-allemand Rashid Ali A-Gallini et l’arrivée des troupes britanniques, des foules galvanisées de haine et imbibées de propagande antisémite nazie se livrèrent durant deux jours à des horreurs envers les Juifs qui rentraient de la synagogue ou se promenaient en famille. Les scènes racontées par les survivants soulèvent le coeur : hommes, femmes, enfants et vieillards battus à mort ou abattus, femmes violées, membres d’enfants arrachés, personnes écrasées ou jetées depuis les toits des maisons, enfants jetés dans des puits ou le fleuve etc. Le bilan oscille selon les versions entre 200 et 600 tués, des centaines de blessés ainsi qu’un nombre impressionnant de magasins et de maisons détruits et pillés. Ce fut le signal de la fin d’une prestigieuse communauté présente depuis plus de vingt siècles dans ce pays.

Cette rencontre entre le mufti de Jérusalem et Adolf Hitler eut lieu quelques mois après le Fahroud

Ce massacre ne fut pas le fruit d’une initiative spontanée mais le résultat de nombreux mois de propagande antisémite instillée quasi quotidiennement par le gouvernement irakien pro-nazi installé en 1940 et surtout, par le mufti de Jérusalem Hadj Amin Al-Husseini, l’un des instigateurs principaux de cet antisémitisme meurtrier.

Recherché par les Britanniques pour sa responsabilité dans la Grande révolte arabe en Palestine de 1936, cet admirateur de Hitler, partisan de la Solution Finale et inventeur du mouvement nationaliste « palestinien » avait fui la Palestine mandataire en 1937 pour le Liban. Recherché ensuite par les Français, il avait fui le pays du Cèdre en 1939 pour se réfugier en Irak où il fut accueilli en héros national. Jusqu’à sa nouvelle fuite vers l’Iran après la victoire britannique sur l’Irak en mai 1941, le mufti eut l’occasion de diffuser sa propagande nazie dans les médias irakiens et à orchestrer le massacre du Farhoud, notamment avec des fonds venus d’Allemagne.

Lors d’une émission télévisée dimanche soir, la question s’est posée de savoir pourquoi ce massacre qui s’est déroulé en Orient durant la Shoah n’a pas été retenu dans l’historiographie israélienne comme conséquence de la propagande nazie et qu’il est si méconnu de la jeunesse. La réponse la plus pertinente qui a été donnée est qu’il ne fallait pas mettre en évidence le lien ontologique entre le nazisme et le mouvement national palestinien qui s’en est pourtant grandement inspiré. Ce n’était pas « politiquement correct ». Il y a encore aujourd’hui en Israël une réticence coupable à insister sur les passerelles établies entre le nazisme et les mouvements islamiques entre les années 1920 et 1940 et sur les liens étroits, structurels même, entre le nazisme et la naissance du nationalisme arabe dit « palestinien ».

Cette occultation aux conséquences politiques très graves se double d’une injustice criante envers les familles des victimes: tout comme en mars 2019, la Cour suprême a rejeté cette année un recours déposé par des organisations représentant des Juifs originaires d’Irak qui demandaient à ce que les victimes de ces progroms ou leurs descendants soient reconnus comme victimes des persécutions nazies. Bien que reconnaissant que l’Allemagne nazie était en partie responsable des émeutes du Farhoud, les juges ont interprété de manière restrictive la loi de compensations de 1957, excluant de son champ les victimes du « Farhoud »!

La résolution du Parlement autrichien appelle à une action contre le Hezbollah.

Israël salue la décision du parlement autrichien appelant à des mesures contre l'organisation terroriste du Hezbollah.
Arutz Sheva 7
Israël a salué la décision du Parlement autrichien appelant à des mesures contre l'organisation terroriste du Hezbollah.
La résolution, adoptée à l'unanimité au Parlement, appelle le gouvernement autrichien à prendre des mesures contre les militants et les partisans du terrorisme, et cherche également à changer la politique qui sépare artificiellement les branches militaire et politique de l'organisation.
Le ministre israélien des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi a répondu à cette décision en    déclarant : "Il s'agit d'une décision importante contre le Hezbollah, et j'espère que le gouvernement autrichien adoptera la décision parlementaire et rejoindra le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Pays-Bas qui ont reconnu le Hezbollah dans son intégralité en tant qu’organisation terroriste. "
"Précédente à cette décision, comme des décisions similaires prises en Europe ces derniers mois, a été un travail diplomatique important des ministres des Affaires étrangères menant un effort inter-institutions pour lutter contre le Hezbollah sur la scène politique internationale."

Austrian parliament resolution calls for action against Hezbollah

Israel welcomes decision by the Austrian parliament calling for measures against the Hezbollah terrorist organization.

Arutz Sheva Staff

Israel welcomed the decision by the Austrian parliament calling for measures against the Hezbollah terrorist organization.

The resolution, unanimously passed in Parliament, calls on the Austrian government to take action against terror activists and supporters, and also seeks to change the policy that artificially separates the military and political arm of the organization.

Israeli Foreign Minister Gabi Ashkenazi responded to the move, saying, “This is a significant decision against Hezbollah, and I hope that the Austrian government adopts the parliamentary decision and joins the UK, Germany, and the Netherlands who recognized Hezbollah in its entirety as a terror organization.”

“Preceding this decision, like similar decisions made in Europe in recent months, was significant diplomatic work by foreign ministers leading an inter-agency effort to combat Hezbollah in the international political arena.”

Los Angeles: Synagogue vandalized during protests over George Floyd’s death

Anti-Israel graffiti found on one of Los Angeles’ oldest synagogues on the same day as mass protests over police killing of man in custody.Gary Willig , 31/05/20 10:57Share

Riots in Los Angeles, California

Riots in Los Angeles, CaliforniaREUTERS/Kyle Grillot

A synagogue in Los Angeles, California was vandalized with anti-Israel graffiti Saturday.

The graffiti was found on the wall of Congregation Beth Israel, one of the oldest synagogues in Los Angeles, in the Fairfax District and read “F-Israel, Free Palestine.”

Lisa Daftari@LisaDaftari

Synagogue Congregation Beth El on Beverly Blvd in Los Angeles vandalized… Tell me this ugly hatred is still about #blm or #georgefloyd?!

צפייה בתמונה בטוויטר

The vandalism occurred as Los Angeles and other parts of the country were rocked by protests over the wrongful death of an African American man in police custody in Minneapolis.

The Anti-Defamation League’s Los Angeles branch tweeted in response to the vandalism: “Vandalism is never ok. Antisemitism is never ok. The answer to hate and bigotry is not more hate. We are better than this Los Angeles.”

Derek Chauvin, the policeman videotaped pressing down on the neck of detainee George Floyd, was arrested and charged with third-degree murder, Minneapolis authorities reported over the weekend.

Synagogue vandalisée à Los Angeles lors de manifestations contre la mort de George Floyd.

Des graffitis anti-israéliens trouvés sur l’une des plus anciennes synagogues de Los Angeles le même jour que des manifestations de masse contre le meurtre par la police d’un homme en garde à vue.

Une synagogue de Los Angeles, en Californie, a été vandalisée samedi avec des graffitis anti-israéliens.

Le graffiti a été trouvé sur le mur de la Congrégation Beth Israel, l’une des plus anciennes synagogues de Los Angeles, dans le district de Fairfax et se lisait “F-Israël, Palestine libre”.

Le vandalisme s’est produit alors que Los Angeles et d’autres parties du pays étaient secouées par des protestations contre la mort injustifiée d’un homme afro-américain en garde à vue à Minneapolis.

La branche de Los Angeles de l’Anti-Defamation League a tweeté en réponse au vandalisme : “Le vandalisme n’est jamais ok. L’antisémitisme n’est jamais ok. La réponse à la haine et au fanatisme n’est pas plus de haine. Nous sommes meilleurs que ce Los Angeles.”

Derek Chauvin, le policier filmé sur le cou du détenu George Floyd, a été arrêté et accusé de meurtre au troisième degré, ont rapporté les autorités de Minneapolis ce week-end.

ARUTZ SHEVA 7

L’annexion de terres en Judée-Samarie n’est pas contraire au droit international

Les établissements juifs ne sont pas illégaux

par Michel Calvo

Traduction du texte original: Israel: The Settlements Are Not Illegal

La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (« la Déclaration »), adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 13 septembre 2007, à la majorité de 144 États favorables, 4 qui ont voté contre et 11 qui se sont abstenus (A/RES/61/295), a reconnu que les peuples autochtones ont droit aux terres, aux territoires et aux ressources qu’ils possèdent et occupent traditionnellement ou qu’ils ont utilisés ou acquis (Art. 26.1) et qu’ils ont le droit de ne faire l’objet, dans l’exercice de leurs droits, d’aucune forme de discrimination (Art.2).

Avec les pratiques des États, le statut juridique et les droits des peuples autochtones ont évolué et se sont cristallisés en « droit coutumier international ». Par exemple, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a déclaré qu’«il existe une norme internationale de droit coutumier qui affirme les droits des peuples autochtones sur leurs terres traditionnelles». La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a affirmé que les droits fonciers des peuples autochtones sont protégés et que ces droits sont des « principes généraux de droit ».

La France, l’Angleterre, la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, etc… ont voté en faveur de la Déclaration. Depuis 2007, l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis qui ont voté contre ont officiellement approuvé la Déclaration en 2010. Dans leurs relations avec Israël (qui a également voté en faveur de la Déclaration), ces États ne peuvent prétendre que la Déclaration ne s’applique pas aux Juifs israéliens, car une telle position équivaudrait à une discrimination raciale flagrante.[1]

Selon le droit international, les Juifs sont le peuple autochtone, aussi connus sous le nom de peuple premier, peuple indigène, ou peuple natif de la terre appelée Judée-Samarie, Palestine ou Terre Sainte, et remplissent donc les critères exigés par le droit international. Les Juifs sont le peuple qui était le peuple de la Judée-Samarie il y a 3 500 ans, lorsque la Terre a été accordée aux Juifs par le Tout-Puissant. Les dirigeants du monde, qui ont choisi de faire abstraction de l’histoire, se réfèrent de manière trompeuse à la Judée-Samarie comme la « Cisjordanie » ou la Rive occidentale du Jourdain (qui comprend Israël) ou les « Territoires palestiniens occupés ».

Après la Déclaration Balfour (1917), le Traité de Lausanne (1923), le Mandat britannique (1922), la Résolution de San Remo (1920) et le Traité de Sèvres (1920) ont créé le droit international, reconnu et rétabli les droits autochtones historiques des Juifs à leur Terre. Les signataires de ces traités et du Mandat (Grande-Bretagne, France, Turquie, Japon, Italie, etc…), sont liés contractuellement à ces accords.

Dans le Mandat pour la Palestine accordé à la Grande-Bretagne en août 1922, la Société des Nations reconnaissait « les liens historiques du peuple juif avec la Palestine et des raisons pour la reconstitution de son foyer national dans ce pays ». Le droit du peuple juif de s’installer dans la Terre de Palestine, sa patrie historique et d’y établir son État, son foyer national pour le peuple juif, est donc un droit légal ancré dans le droit international.

La Déclaration sur les droits des peuples autochtones réaffirme le droit du peuple juif, en tant que peuple autochtone, et «en particulier leurs droits à leurs terres, territoires et Ressources». (UNDRIP – préambule). Les résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies stipulant que les colonies des Juifs en Judée-Samarie sont contraires au droit international, ne sont rien de plus que des recommandations et n’ont jamais abouti à des modifications des traités contraignants existants. Les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU stipulant que les colonies de peuplement en Judée-Samarie sont illégales ne sont pas contraignantes. Seules les résolutions prises en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unies sont contraignantes pour tous les États membres de l’ONU. Par exemple, la résolution 2334 du Conseil de sécurité a été adoptée le 23 décembre 2016 par 14 voix contre 0. Quatre membres permanents du Conseil de sécurité – la Chine, la France, la Russie et le Royaume-Uni – ont voté en faveur, les États-Unis se sont abstenus. Cette résolution n’a pas été adoptée en vertu du chapitre VII de la Charte. Elle n’est pas contraignante. Cette résolution stipule que l’activité de colonisation israélienne constitue une « violation flagrante ». Elle n’a « aucune valeur juridique ». Cette résolution viole la Déclaration, le Mandat britannique et les autres traités.

Le droit du peuple juif de « s’installer » en Cisjordanie, et le droit d’Israël d’annexer certaines parties de la Judée-Samarie (parties de la Palestine) découlent accords internationaux et du Mandat britannique (Rapport Levy du 9 juillet 2012). Conformément au Mandat, le droit d’annexer certaines parties de la Judée-Samarie est une conséquence directe du droit des Juifs de s’installer dans toute la Palestine, c’est-à-dire le territoire du mandat de 1936.

L’article 80 de la Charte des Nations Unies (1945) reconnaissait la validité des droits existants acquis par les États et les peuples sous les différents mandats, y compris le mandat britannique sur la Palestine (1922), et le droit des Juifs de s’installer dans le pays de Palestine (Judée-Samarie) en vertu de ces instruments. (Pr. E. Rostow). Ces droits ne peuvent être modifiés par l’ONU.

« A l’exception de ce qui peut être convenu dans les accords particuliers de tutelle… aucune disposition du présent Chapitre ne sera interprétée comme modifiant directement ou indirectement en aucune manière les droits quelconques d’aucun État ou d’aucun peuple ou les dispositions d’actes internationaux en vigueur auxquels des Membres de l’Organisation peuvent être parties. » (Article 80, paragraphe 1 de la Charte des Nations Unies)

Dans une série de décisions et d’avis consultatifs sur la Namibie, la Cour internationale de Justice a statué qu’un Mandat de la Ligue des Nations est un accord international contraignant comme un traité, qui continue comme une obligation fiduciaire de la communauté internationale jusqu’à ce que ses termes soient réalisés/remplis. Dans le cas de la Namibie, la Cour a confirmé la décision du Conseil de sécurité selon laquelle l’Afrique du Sud avait abandonné ses droits en tant que Pouvoir Mandataire en violant certaines de ses obligations fondamentales. Le Mandat a survécu en tant que fiducie (trust), sur la base de principes juridiques confirmés par l’article 80 de la Charte.

Comme le Mandat du Sud-Ouest Africain, le Mandat de la Palestine a survécu à la fin de l’administration britannique en tant que fiducie (trust) en vertu de l’article 80 de la Charte des Nations Unies (Pr. E Rostow).

Les droits juifs de « s’établir » en Judée Samarie – Cisjordanie – Palestine existent donc; on ne peut pas sérieusement soutenir, comme le font l’Union Européenne, la France, la Grande-Bretagne, la Russie, la Chine et d’autres États, que les établissements – colonies israéliennes en Judée Samarie – Cisjordanie – Palestine sont illégales et que l’annexion est contraire au droit international. Cette position est politique, pas légale. Malgré les résolutions contraires de l’ONU, l’établissement des juifs en Judée Samarie – Cisjordanie – Palestine n’est pas incompatible avec le droit international.

Israël, l’État juif, foyer du peuple juif, en tant que membre de la communauté internationale a le droit, mais aussi le devoir, d’accomplir le Mandat dont la plupart des nations n’ont pas tenu compte, ayant peur du terrorisme et du monde musulman, animés par 2000 ans de haine religieuse et d’antisémitisme et par opportunisme économique et financier..

Cent trois ans se sont écoulés depuis la Déclaration Balfour, 73 ans après le rejet de la résolution 181 de l’Assemblée Générale des Nations Unies du 29 novembre 1947, 52 ans après la guerre des Six Jours de 1967 et 27 ans depuis les accords d’Oslo. Les accords d’Oslo de 1993 et 1995 ont été signés mais n’ont pas conduit à la paix. Les dirigeants arabes musulmans de Judée-Samarie et de Gaza ne veulent pas la paix, ils ont refusé l’offre d’Israël faite en 2000 et en 2008 de vivre en paix.

La participation de l’Appareil de Sécurité de l’Autorité palestinienne aux assassinats de Juifs depuis 1993 en est une preuve, ainsi que les « paiements pour tuer » versés mensuellement aux prisonniers condamnés pour des attaques terroristes. Les menaces de Mahmoud Abbas, Président de l’Autorité palestinienne, selon lesquelles les Palestiniens provoqueront un « soulèvement » après la Conférence de Bahreïn et après une annexion devraient être prises très au sérieux. Mahmoud Abbas n’est définitivement pas intéressé par la paix.

Israël a le devoir de tirer les conséquences logiques de ce comportement et d’annexer tout ou partie des territoires de la zone C, de sécuriser l’existence de sa population à l’intérieur de frontières sûres, et de pouvoir recevoir ceux des 6 millions de Juifs qui vivent encore en exil, qui souhaitent ou souhaiteront s’installer en Israël.

L’auteur est né à Tunis, Tunisie. Expert en droit international, il était membre de la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de Commerce Internationale représentant Israël. Il est l’auteur du livre The Middle East and World War III – Why No Peace? Preface par le Colonel Richard Kemp.www.themiddleeastandworldwar3.com

A l’occasion des prières du Mois « Sheloshim » nous tenions à manifester notre peine et notre émotion suite à la triste disparition de Claude Barouch (Zal) notre fidèle AMI.

La communauté juive de France et les amis sincères d’Israël sont orphelins depuis la disparition de Claude Barouch, survenue le 25 avril 2020 victime de ce virus implacable.

Permettez-moi de rappeler comment j’ai rencontré Claude Barouch.

En 2000 l’antisémitisme avait réapparu de façon violente, sans que l’on n’en comprenne ni l’origine, ni les auteurs, ni leurs mobiles.
Afin de faire pression sur les instances communautaires nationales et politiques, Claude a pris l’initiative de réunir les dirigeants des entreprises françaises dirigées par des juifs.

Il a créé l’UPPJF « UNION DES PATRONS ET PROFESSIONNELS JUIFS DE France ».

Cette organisation a bouleversé le paysage de la communauté juive nationale.

Je m’en souviens, j’avais assisté aux premières réunions prometteuses.

Et il faut le savoir, c’est à la demande expresse de Claude que j’ai créé le BNVCA appuyé par Serge Hadjenberg directeur de Radio J et feu Serge Benattar le fondateur d’Actu J.

Permettez-moi d’en raconter les circonstances.

Alors que je suis hospitalisé suite à un accident survenu avant la fête de Pessah à l’hôpital d’Aubervilliers, nous apprenons qu’une agression violente antisémite a été commise contre des jeunes juifs à BONDY. Cette attaque s’est produite le mercredi 10 avril 2002 et a visé l’équipe de foot de l’association Maccabi.

Les agresseurs, encagoulés, armés de barres de métal et de boules de pétanque, ont foncé sur les joueurs juifs. Ils ont fait main basse sur les cartes d’identité, les cartes de crédit ainsi que les téléphones portables des joueurs du Maccabi. J’ai aussitôt été interviewé depuis mon lit d’hôpital par France 2 en ma qualité de Commissaire de Police Honoraire pour donner mon analyse sur cette nouvelle attaque.

Et c’est durant mon hospitalisation que Claude et deux membres du Bureau de l’UPJF sont venus me rendre visite.
C’est à ce moment que Claude a insisté pour que je mette en place une structure de nature à identifier ce nouvel antisémitisme et le combattre avec l’aide de l’UPPJF.

Avec le concours de mon ami feu André Scemama qui a été mon Secrétaire Général efficace du CCJ 93, nous avons créé SOSANTISEMITISME « BUREAU NATIONAL DE VIGILANCE CONTRE L’ANTISEMITISME ».

Claude a décidé de faire imprimer les premiers 10.000 formulaires de “déclaration” que nous avions créés, qu’il a fait distribuer, et mis à la disposition des témoins et victimes d’actes antisémites.

Nous avions les mêmes positions et les mêmes analyses sur la situation des juifs en France et cela a renforcé nos liens.

Nous nous consultions sans cesse face à des évènements qui touchaient à la communauté ou à Israël.

J’ai alors découvert en Claude un homme responsable, prévoyant, un grand défenseur des juifs et d’Israël.
Il savait faire la part des choses, Il savait prodiguer les meilleurs conseils.

J’ai eu la chance d’avoir en Claude un ami sincère, fidèle en amitié, intelligent, volontaire, franc, courageux.

Un défenseur redoutable des actions et du rôle du BNVCA.

Il fallait écouter ses conseils car Claude m’est apparu comme un véritable visionnaire, qui comprenait la situation actuelle et prévoyait l’avenir. Il veillait à réunir les arguments de défense de nos positions communes, dans le but de convaincre nos interlocuteurs.

Malgré certaines divergences de vue, qu’il pouvait avoir avec certains dirigeants des institutions juives nationale ou européenne, Claude respectait scrupuleusement leur rôle et leurs prérogatives.

Son principe était surtout d’éviter les fractures et de favoriser l’unité.

Grace à sa personnalité et fort des membres et adhérents de son organisation Claude Barouch a pu côtoyer et rencontrer les hommes politiques les plus importants de l’État de même que de grands journalistes et reporters des médias nationaux.

Il n’a jamais manqué de me faire participer aux conférences et galas qu’il organisait afin d’exposer l’état de l’antisémitisme, et ce devant une assistance toujours très nombreuse.

Régulièrement, il me faisait participer aux réunions restreintes, de réflexions de l’UPPJF au cours desquelles des hommes politiques, de premier plan ou experts réputés étaient invités

A chacun des galas de lUPPJF Claude permettait aux collaborateurs du BNVCA, (Maitre Charles Baccouche Maîtres Marc et Julien Bensimhon, Danièle ferra, Sylvain Zenouda, Sylvain Romano Fabrice Amsellam, Jean Simonnet) de tenir un stand pour présenter l’actualité antisémite en France afin que des participants deviennent des adhérents et des donateurs du BNVCA.

Claude a toujours été mon appui lorsque le BNVCA décidait d’organiser des conférences à l’Assemblée Nationale, ou des galas de soutien. Il a toujours été le premier consulté, le premier à répondre présent. Claude a été notre force et je ne peux compter le nombre de fois où il est intervenu pour délivrer des jeunes gens interpellés par la police pour avoir manifesté leur soutien à Israël.

Il était en tête de la marche organisée devant l’ambassade de Palestine à Paris pour réclamer la libération des trois jeunes israéliens capturés et retenus par les terroristes palestiniens.

Il était encore en tête de tous les rassemblements organisés à la mémoire. d’Ilan Halimi Zal.

Ou encore devant le siège des télévisions françaises qui diffusaient des reportages incitatifs à cette haine d’Israël qui pousse à l’antisémitisme.

C’est vrai, Claude était de tous le combats. Sa présence était pour nous tous un gage de soutien et de succès.

Claude a su user des médias pour communiquer notre point de vue, et notamment à travers l’émission hebdomadaire de l’UPPJF sur les ondes de Radio J avant l’avènement de la nouvelle direction de cette fréquence juive.

Tour récemment Claude a mobilisé “in extremis “autour de lui des donateurs pour sauver ACTU J en danger de dissolution. Et il a réussi.

Claude restera dans nos cœurs et nos mémoires comme un grand ami, un pilier, un homme au franc parler, respectueux des institutions, un homme engagé, un leader audacieux, un militant exemplaire qui m’a marqué à la fois par sa gentillesse, et par la valeur de son jugement toujours sûr.

Son engagement, un chef, un dirigeant exemplaire, était à la fois déterminé, éclairé, audacieux et réfléchi.

Avec le respect et l’affection que je lui portais je témoigne que Claude était bien cet homme d’action amoureux de La République française autant que de l’État d’Israël

Claude va manquer à nous tous sa famille bien sûr, ses amis ainsi qu’à la communauté toute entière.

Nous ne l’oublierons jamais, ce grand MONSIEUR.

Nous assurons son épouse, ses enfants, toute sa famille, ses amis et les nombreux amis de. L’UPPJF, de notre affection notre soutien et de notre sympathie.

Sammy Ghozlan le Président, le Bureau ainsi que tous nos adhérents et sympathisants.

Ci-dessous lien du Colloque que nous avions organisé ensemble à Rachi en souvenir et à la mémoire de Claude Barouch (Zal)

Colloque UPJF & BNVCA
1er tablehttps://youtu.be/wNQUbcpE6Ps

Ce syndrome Camélia Jordana qui affaiblit la démocratie française

DANGER PUBLIC

Les propos de la chanteuse Camélia Jordana sur la police ont été repris par le député Aurélien Taché. N’y-a-t-il par une contradiction, pour des discours considérés comme “progressistes”, à condamner l’ensemble du corps policier pour les actes de quelques-uns ? 

Avec Éric Verhaeghe, Céline Pina – Pour ATLANTICO

Atlantico.fr : Les propos de la  chanteuse Camélia Jordana ont été repris par le député, désormais ex-LREM, Aurélien Taché. N’y-a-t-il par un paradoxe, pour des discours dit “progressistes”, à condamner l’ensemble du corps policier pour les actes de quelques-uns ? 

Eric Verhaeghe : Paradoxalement, pour vous paraphraser, je dirais que ce genre de généralisation est inhérent au progressisme lui-même. Le progressisme se fonde implicitement sur une philosophie de l’histoire qui fonctionne à coup de généralités : les forces de l’obscurité reculent à chaque étape pour faire place aux forces du progrès. C’est une vision du monde par grands blocs ou par grandes entités. Dans cet ensemble, les forces de l’ordre incarnent forcément l’obscurantisme, qui empêchent un monde fait d’amour et de bienveillance d’émerger. Car, pour les progressistes, le destin de l’humanité est d’avancer vers une grande entité faite de bienveillance, une sorte de monde candide où le mal n’existerait plus. On peut même dire que ce qu’on appelle aujourd’hui le camp du bien est la résurgence tardive, l’espèce d’excroissance maniériste de ce que fut le progressisme à ses grandes heures. Beaucoup ont acté que la dictature du prolétariat non seulement n’aurait pas lieu mais ne serait pas souhaitable, mais ils en conservent la finalité profonde : le royaume de l’amour entre les hommes, l’amour selon leurs critères bien entendu. 

Dans cet ensemble, les forces de l’ordre sont forcément le symbole du mal, de la violence, de l’interdit, du fait qu’il faut punir ou sévir pour que les règles soient respectées. Et, dans l’imaginaire progressiste d’un Aurélien Tâché, la police, c’est la matraque entre les mains des méchants capitalistes pour faire obéir le prolétariat, dont le visage le plus familier est, dans la France d’aujourd’hui, celui d’un Maghrébin barbu en djellabah. Dans la pratique du progressisme version 2020, le Musulman est devenu le synonyme du prolétaire déifié par Marx. Et donc toute parole prononcée par un Musulman ou une Musulmane pour dénoncer la discrimination dont l’Islam et ses adeptes feraient l’objet prend valeur de parole prophétique qu’il serait blasphématoire de critiquer. Ce que les progressistes jouent en permanence n’est évidemment pas la recherche d’une délibération démocratique, mais plutôt la récitation en boucle d’un grand poème homérique où les forces du bien combattent les forces du mal. Dans leur chapitre contemporain, les progressistes soutiennent évidemment tout ce que la banlieue compte comme racailles, car celles-ci sont, dans leur esprit, autant de Jean Valjean persécutés par les Javert en képi de la Police Nationale. 

Et c’est sans doute ce qu’il faut retenir du progressisme, particulièrement dans sa phase actuelle qu’on pourrait qualifier de manériste : il ne diffuse pas une parole opératoire, réaliste. Il se projette dans un monde symbolique manichéen grâce auquel il retrouve des repères que la chute du mur de Berlin a complètement brouillés. 

Céline Pina : Les propos de cette jeune femme sont abjects et dangereux, qu’un député les reprenne montre à quel point notre personnel politique manque de discernement. Mais surtout on se demande bien comment il est possible de mentir ainsi sans avoir à rendre des comptes. La jeune chanteuse ne parle pas de discriminations, de tensions, elle parle de massacres (“[les] hommes et [les] femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue et qui se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau”) et elle en accuse les policiers. Les mots ont un sens, un massacre signifie une tuerie de masse. Ce n’est pas rien, d’autant qu’elle persiste et signe.

Le problème c’est qu’il y a eu de vrais massacres en France ces dernières années. Les victimes y étaient diverses et la couleur de la peau ne protégeait personne, mais les assassins, eux, venaient souvent de ces quartiers difficiles et portaient en bandoulière leur islamisme radical. Des « massacres » autres, il n’y en a pas eu. Si la jeune femme voulait parler de racisme, le moins que l’on puisse dire c’est que son outrance rend son discours absolument inaudible voire contreproductif..1

De la même façon, elle nous demande de considérer les personnes vivant dans les quartiers populaires comme des victimes de violences policières. En revanche, elle ne s’interroge pas sur le fait que dans certains quartiers les pompiers, les médecins ne viennent plus car ils se font agresser et caillasser,. Or cela dit quelque chose d’une violence endémique et revendiquée au sein même de ces quartiers. Les soignants, par exemple, ne pratiquent pas de contrôles, ils viennent aider. Et bien ils subissent quand-même des violences. Selon la logique que Camélia Jordana applique à tous les policiers, nous devrions donc considérer tous les jeunes de cités comme des voyous agresseurs d’infirmières, de médecins et de pompiers ? On le voit tout de suite, le raisonnement est stupide et insultant pour les habitants. Il est exact que les jeunes en banlieue peuvent être des victimes, mais leur principal prédateur n’est pas le policier, ce sont bien souvent d’autres jeunes de banlieue hélas. Elue et travaillant dans des villes populaires, j’ai souvent vu des décès ou des agressions dûs à des affrontements entre bande, à des règlements de compte entre dealers, à des questions « d’honneur » ou à des conduites dangereuses, en revanche aucun lié à une bavure policière.

Or le problème de cette affirmation fausse sur le fond et dangereuse sur la forme, c’est qu’aujourd’hui les policiers se font agresser parce qu’il existe des idéologies, celle des islamistes et des décoloniaux, qui les désigne comme des cibles et des assassins. Quand il existe des collectifs appelés « Urgence la police assassine » et que l’on parle plus du moindre dérapage oral d’un policier que des attaques de commissariats en banlieue, forcément la réalité est biaisée. Cela provoque beaucoup de passage à l’acte. Après les policiers ne sont pas parfaits. Il y a des brebis galeuse partout, mais outre qu’il y a des enquêtes et des condamnations quand les faits sont avérés, souvent même lorsque les policiers ne sont pas en cause, on invente une injustice pour le plaisir de déclencher des émeutes. L’histoire de Villeneuve-la-Garenne est instructive : 3 jours d’émeutes pour un voyou qui s’est blessé tout seul parce que dans la tête de certains jeunes, la police ne peut être que coupable. Le problème c’est que la fausseté de ces représentations, importées des USA, où pour le coup on peut être abattu simplement parce que l’on a la peau noire, n’est pas combattue par ceux qui le devraient. La gauche en premier lieu. Faire croire à un gamin que parce qu’il vit dans un quartier, ou parce qu’il a des origines étrangères, il ne sera jamais accepté et sera toujours exploité, l’empêche de trouver sa place dans la société. A quoi bon se lever le matin si on nous dit tout jeune que l’on n’a pas d’avenir. C’est vouer les personnes à l’échec. Or Camélia Jordana est la preuve même que les origines comptent peu. Elle est la démonstration que l’on peut aller très haut et que la couleur de la peau n’empêche rien. Au lieu d’en faire un tremplin pour montrer par l’exemple que la réussite est possible, elle préfère tenir des discours que ne renierait pas une Houria Bouteldja et présente la France comme un endroit où l’on massacre à cause de la couleur de la peau. Elle est tout bonnement pathétique mais montre aussi à quel point le discours victimaire et belliqueux de Décoloniser les Arts, discours qui réduit l’individu à la couleur de sa peau, commence à imprégner le monde de la culture. Et c’est bien plus inquiétant que le dérapage d’une jeune femme immature et gâtée.

En quoi ce paradoxe va-t-il l’encontre de l’esprit républicain ? 

Eric Verhaeghe : Bien évidemment, quand un Tâché prend la défense d’interventions où l’ordre républicain est remis en cause par ses ennemis, il se range mécaniquement du côté des ennemis de la République. Et il ne faut pas entendre dans les propos de Camélia Jordana autre chose qu’une contestation de la République, c’est-à-dire d’un régime politique fondé sur l’égalité de tous devant la loi. Comme beaucoup de partisans de la tolérance vis-à-vis de l’Islam, Jordan suggère implicitement, en effet, que nous devrions aller très loin dans le respect des minorités pour éviter tout soupçon de “racisme” : idéalement, tout ce petit monde considère que la France fonctionnerait mieux si elle était morcelée en une multitude de communautés bénéficiant chacune de sa loi et de sa propre police. Il est sûr que Jordana ne soutiendrait pas que la police lui fait peur si la peur était communautaire. Ce qui la gêne, ce qui l’effraie, c’est que des Français de souche en uniforme contrôlent des enfants issus de l’immigration. Et Taché est d’accord avec cela. 

On regrettera ici que de nombreux élus très étrangers au communautarisme soient prisonniers ou dupes de ces arguments qui sont toujours présentés de façon cachée ou acceptable. Cette duperie, il faut le reconnaître, est souvent aidée par le comportement imprévisible ou capricieux de nos forces de l’ordre vis-à-vis du citoyen, quelle que soit son origine ou sa couleur de peau. 

Mais dans le cas d’un Aurélien Tâché, la logique est encore différente. Elle est celle des élus de la République qui font alliance avec les islamistes pour obtenir des voix. Le calcul repose sans doute sur une part de sincérité, mais il rejoint toutes les basses compromissions que des élus comme ceux de la France Insoumise (mais pas que…) font en Seine-Saint-Denis pour gagner facilement leur réélection. Dans cette alliance contre nature entre les bouffeurs de curé et les porteurs de djellabah, la rhétorique est bien connue : la question sociale ne doit pas être occultée par la question religieuse, qui est une invention des nationalistes. Autrement dit, qu’un Musulman crache sur la République n’est pas un problème. S’il le fait, c’est parce qu’il est victime du capitalisme et de la colonisation. Donc il doit être sanctuarisé. Ce mensonge en bande organisée cimente la trahison que les élus de gauche (et parfois de droite, on connaît quelques exemples célèbres) commettent au jour le jour pour aller à la gamelle. Et s’appuyer sur le communautarisme pour être élu, c’est évidemment trahir l’esprit républicain. 

Céline Pina : Quand un député cautionne l’idée que la police en France est raciste et “massacre” des personnes à raison de leur couleur de peau, il commet un acte grave. D’abord en lançant une accusation gratuite,  et non étayée envers toute une profession, ensuite parce qu’il délégitime toute action de cette police. En accréditant le discours de la chanteuse faisant passer la police pour une milice constituée de brutes sanguinaires, il appelle les jeunes de banlieue à refuser ses interventions et à considérer les forces de police comme des forces d’agression. Or toute la logique démocratique vise à sortir la violence de la société pour ne réserver son exercice qu’à un pouvoir légitime, là au contraire il s’agit de justifier la violence commise envers les policiers en en faisant une sorte de légitime défense. Nombre de médias jouent un rôle négatif dans ces histoires, le nombre croissant de meurtres et d’agression de policiers voire de commissariats par certains habitants des quartiers difficiles est souvent passé sous silence, alors que la moindre parole raciste d’un policier est mise en une, même si le policier est condamné par sa hiérarchie et sanctionné. Que les policiers soient sanctionnés est tout à fait normal dans ce cadre mais il serait temps aussi d’arrêter la complaisance envers les voyous, adeptes de rodéos urbains, et de mettre en accusation systématiquement l’intervention de la police. Quand on est élue, on se retrouve soudain dans la situation cocasse d’avoir la majorité des habitants des quartiers qui passent leur temps à se plaindre des rodéos urbains et reprochent à la police de ne jamais intervenir contre cette nuisance, et souvent en face la police qui refuse d’intervenir par crainte des conséquences et parce qu’elle sait qu’en cas d’ennui, le premier à les lâcher sera probablement le maire qui a tant insisté pour qu’ils interviennent…. Il y a dans ce deux poids, deux mesures, quelque chose de dangereux car elles faussent les représentations et oublient surtout que le policier qui dérape est sanctionnable et sanctionné parce qu’il intervient dans le cadre d’un état de droit et qu’il intervient au nom de quelque chose qui le dépasse et nous unit: la loi. Contre les caïds qui mettent les quartiers sous coupe réglée, il n’y a pas de recours et pas d’autres lois que leurs caprices. D’ailleurs ceux qui vivent dans ces quartiers n’aspirent qu’à en partir et ce n’est pas l’urbanisme le problème mais bien le voisinage et les mentalités. 

En République, c’est l’Etat qui a le monopole de l’exercice de la violence physique légitime selon Max Weber. La violence fait même partie de ses prérogatives régaliennes dans la mesure où les hommes font société en abandonnant une part de leur souveraineté au nom de leur sécurité mutuelle. C’est donc afin de garantir ce contrat social que l’état peut faire usage de la violence contre tout individu qui mettrait en cause cette sécurité collective. Mais si la police est présentée comme un outil destiné à tuer des citoyens à raison de la couleur de leur peau, alors elle perd toute légitimité et n’est plus qu’une force d’oppression contre laquelle il est nécessaire de se battre. Cela signifie aussi que notre démocratie n’est plus représentative et que la République n’est plus. Dans ce cas de figure nous ne sommes plus un peuple partageant un imaginaire commun, une histoire riche et un projet d’avenir mais des factions constituées et rivales dont le seul objectif est de savoir quel groupe ethnique sera au sommet de la chaîne alimentaire. Derrière l’outrance et le ridicule du discours véhiculé par la chanteuse, il y a l’adhésion à l’idée qu’il y aurait en France deux peuples dont l’un serait victime l’autre à raison de la couleur de sa peau. cette représentation est porté par le mouvement des indigènes de la république et toute la mouvance dite “décoloniale”, elle importe sur notre sol les représentations raciales américaines et les logiques multiculturalistes alors que notre tradition politique n’a rien à voir. Pour les Français, les questions de couleur de peau importent peu, la France est une histoire, un imaginaire, un état et un projet, il suffit d’adhérer à cette idée de Nation pour pouvoir y trouver sa place. Vouloir y importer une guerre des races qui n’existe que dans la tête de ceux qui la dénoncent est dangereux et sans retour. Une fois que l’on n’est plus que le porte-drapeau de son groupe ethnique, et plus un individu libre de ses choix, on sort de la société démocratique pour appartenir à une tribu. C’est une régression terrible.

Comment résoudre les tensions entre une partie de la population et les forces de l’ordre et ainsi éviter une fracture du pays dangereuse pour sa sécurité intérieure ? 

Eric Verhaeghe : La peur n’évite pas le danger. Il existe une croyance naïve dans nos élites, qui consiste à obéir à la peur de l’affrontement. Par peur, on renonce à faire appliquer les règles dans les minorités visibles, en s’imaginant qu’on gagnera ainsi la paix sociale. Ce faisant, le pouvoir politique laisse se créer des zones de non-droit sans retour. Les membres de ces minorités visibles grandissent loin de nos lois, loin de l’idée qu’ils y sont soumis, et plus le temps passe, plus le rappel éventuel à la loi est vécu comme une preuve de discrimination ou d’hostilité. Dans les quartiers sensibles, il n’est plus possible de demander à un jeune Maghrébin de respecter des règles élémentaires de politesse sans être accusé de racisme. 

La passivité de la communauté nationale vis-à-vis de ces déviances est fondée sur une erreur de calcul. On croit que laisser faire évitera l’affrontement. Au contraire, la passivité, la résignation, la peur, ne feront que rendre l’affrontement inéluctable et très violent. Car la tumeur grossit en notre sein et devient de plus en plus agressive. 

La meilleure façon d’éviter un dérapage incontrôlé est de traiter le mal dès maintenant. Il faut le traiter comme un cancer. En urgence, il faut neutraliser les chefs en les retirant de la communauté nationale. Cela signifie qu’il faut expulser massivement tous les imams et tous les barbus qui nourrissent la haine de la France. Cette mesure doit être prise sans état d’âme. Il faut aussi des séances de chimiothérapie pour nécroser la tumeur. La France doit valider un Coran et une doctrine coranique compatible avec ses valeurs, et réglementer clairement l’enseignement de cette religion pour qu’elle s’intègre à la communauté nationale. L’Ancien Régime l’a abondamment pratiqué avec le christianisme, Napoléon l’a fait avec le judaïsme. Il n’y a aucune raison pour que l’Islam ne subisse pas le même traitement que les autres religions monothéistes. Rappelons par ailleurs que nos bonnes vieilles religions païennes, notamment les cultes celtiques ont été interdits pendant des siècles sans qu’aucun Tâché ne vienne aujourd’hui déplorer le racisme dont l’héritage gaulois a été victime. Enfin, il faut se donner les moyens d’expliquer clairement aux jeunes issus de l’immigration qu’ils appartiennent à la communauté nationale et que cette appartenance est créatrice d’obligations. Sur ce point, le retour à une formule de service militaire long ne serait pas absurde, même si ce service d’un an ne serait pas militaire mais civique.  

Céline Pina : En arrêtant d’être complaisant et d’accepter des lectures fausses de ce qui se passe dans les quartiers. On est ici dans une bataille de territoire. La victimisation permanente cherche surtout à masquer la prédation réelle qui sévit dans ces espaces. La véritable question est celle du contrôle. Les caïds de banlieue fonctionnent selon une logique tribale où on se taille des fiefs et où il faut inspirer la peur et engendrer la soumission. Ils veulent être l’autorité sur leur domaine et l’exercent en faisant baisser les yeux de leurs voisins. Ils se sentent respectés quand ils inspirent la peur. Les choses sont simples. C’est à une volonté de partition du territoire que l’on assiste. Sur le territoire soustrait à l’autorité nationale, ce sont d’autres règles qui fleurissent et d’autres autorités qui s’exercent. 

La fermeté est encore possible car si les habitants des quartiers sont ambigus, c’est parce que le pouvoir qu’ils connaissent et subissent est celui des voyous. Ils n’ont d’autres choix que de les soutenir, sauf à s’attirer des ennuis, les quartiers étant livrés à eux-mêmes. Leur quotidien, ce sont des espaces contrôlés par les voyous, non par les policiers. Si l’état était ferme, il y aurait certes des tensions, mais il y aurait à terme un basculement : les habitants des quartiers veulent une vie meilleure. Ils subissent la loi des caïds mais préféreront l’état de droit s’il devient une réalité pour eux. Pour cela il va falloir peut-être accepter la tension, au lieu de laisser des pans de territoires entiers aux voyous pour acheter la paix sociale en sacrifiant une partie des habitants des quartiers.

Goldnadel: L’extrême-gauche a la passion des étiquettes

FIGAROVOX/CHRONIQUE –

La nouvelle revue de Michel Onfray a été accusée par certains de séduire un public d’«extrême droite». Pour l’essayiste Gilles-William Goldnadel, l’emploi intempestif de cette épithète la vide de son sens.Par Gilles William GoldnadelPublié hier à 08:50, mis à jour hier à 08:50

Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Chaque semaine, il décrypte l’actualité pour FigaroVox. Son dernier ouvrage, Névroses médiatiques. Le monde est devenu une foule déchaînée est paru chez Plon.


J’ai souvent été conduit dans ces colonnes à décrire de manière critique l’obsession de la gauche médiatique de vouloir décrédibiliser ses adversaires en les accusant de flirter peu ou prou avec le fascisme. L’accusation, fantasmatique voire névrotique, reproche à l’un d’être vichyssois, à l’autre d’appartenir à une «fachosphère» (notez le rapprochement historique audacieux), à tous d’être d’ «extrême droite». S’agissant de l’accusation, nul besoin de l’étayer, l’épithète censée être infamante, valant preuve.

Ces dernières années, la gauche médiatique a commencé à renoncer au lien direct avec la Seconde Guerre mondiale, ayant fini par comprendre à quel point le fameux point Godwin était devenu un boomerang violent. Reste l’insulte d’appartenir à l’extrême droite censée encore disqualifier. Cette extrémité reposait principalement sur l’antisémitisme, le racisme, l’usage de la violence, l’intolérance et la détestation de la démocratie. Force est de constater qu’il est difficile de trouver dans les partis politiques de droite représentés à l’Assemblée nationale ou chez les personnalités médiatiques de premier plan classées à droite des individus cochant plusieurs des cases de la définition précitée.Le simple fait de regarder avec inquiétude le phénomène migratoire illégal donne la certitude de pouvoir postuler à l’étiquetage « extrême droite  ».

Mais aujourd’hui, le simple fait de regarder avec inquiétude le phénomène migratoire illégal et ses effets sur les banlieues, se plaindre du laxisme judiciaire, ou encore protester contre le traitement particulier réservé au président des États-Unis honni, donne la certitude de pouvoir postuler à l’étiquetage «extrême droite».

C’est dans ces conditions, exemple le plus récent, que le journal Le Monde a manifestement espéré décrédibiliser l’initiative de Michel Onfray de créer la revue «Front Populaire» autour de souverainistes de droite et de gauche en accusant celle-ci le 19 mai «de séduire les milieux d’extrême droite». La lecture de l’article confirmait la règle habituelle de ce que le journal vespéral de la gauche s’attribuait un droit d’appellation contrôlée sans autre nécessité de démonstration.

L’un des moyens qui permet le plus sûrement aux candidats d’entrer dans le club est d’énoncer des vérités urticantes pour l’épiderme sensible à l’idéologie gauchisante.

Démonstration par l’actualité de la semaine: un jeune homme de 18 ans prénommé Sabri est décédé dans un accident de motocross nocturne à Argenteuil. Ce motard, non casqué, a heurté un poteau électrique à proximité d’une voiture de police. S’en sont suivies des émeutes tristement classiques et une marche blanche très médiatisée en souvenir du malheureux jeune homme. Pour tenter de calmer la révolte qui couvait, il a fallu que les forces de police certifient n’avoir pas exercé leur office.

Si j’écris à présent que la mort récente de Valentin, un petit gamin rémois de 12 ans, fauché sur un passage clouté par un délinquant multirécidiviste conduisant sans permis de conduire, n’avait pas donné lieu aux mêmes déferlements médiatiques. Si j’ajoute que ne peut espérer cette compassion médiatique qu’un jeune des quartiers, victime avant tout de sa témérité. Et que si d’aventure, un policier peut être impliqué, l’on passe alors de la compassion au martyrologe, je ne fais que constater une triste réalité.À lire aussi : Roger Scruton: «En France, l’intellectuel de gauche est un prêtre sans Dieu»

Mais ma hardiesse à dénoncer tant cette dilection pour l’altérité que cette détestation suspicieuse des forces de police me vaut à coup sûr un droit d’entrée dans la catégorie à stigmatiser, pour employer un mot cher au stigmatisant.

Deuxième exemple: le vendredi 22 mai, dans un entretien accordé à une radio new-yorkaise, Joe Biden, candidat démocrate à la présidence des USA, déclarait à un interlocuteur de couleur: «Je vais vous dire que si vous avez un problème pour décider si vous êtes pour moi ou pour Trump, alors vous n’êtes pas noir.»

Si j’écris à présent que réduire un être humain à sa couleur de peau relève de l’obsession racialiste. Si je constate que les habituels contempteurs de Donald Trump en France sont demeurés très discrets sur cette sortie de son rival qui l’a obligé à faire amende honorable, je ne fais que constater une amère vérité.

Mais le fait de critiquer l’occultation d’information par le courant mainstream de la presse française et de pouvoir faire le jeu par contrecoup du président des États-Unis honni, me donne un bon supplémentaire pour mon passeport pour l’enfer.

Troisième et dernier exemple: une affiche sur le site du Guide Suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, chef de la République Islamique d’Iran, appelait cette semaine «à la Solution Finale pour détruire Israël ». Alors que l’ensemble des faits sociétaux, des migrants au climat, font l’objet de comparaisons obscènes sauce Shoah, la presse française est demeurée mutique. Au rebours de la classe médiatique et politique allemande et américaine, notamment.

Ici encore mes affirmations factuelles et mes constatations sont exclusives de toute approximation. Mais le simple fait de défendre un État-nation occidental en lutte contre un état oriental et musulman, fût-il autocratique et théocratique, n’est pas de nature à améliorer mon dossier.

Reste à savoir, pour conclure, si aujourd’hui être étiqueté arbitrairement à l’extrême droite par la gauche serait disqualifiant. Ou pour le dire autrement l’épouvantail est-il encore «épeurant», comme on dit au Québec?L’extrême-gauche utilise trop souvent l’imprécation plutôt que le raisonnement.

J’ai aujourd’hui acquis la conviction que non. Les Français ne sont plus des buses qu’on affole avec des mannequins que grossièrement l’on bricole. Ou plus exactement le bricoleur a perdu son droit unilatéral à l’injure à force de trop bricoler la vérité. Sur sa complaisance à l’égard du communisme totalitaire ; sur la banqueroute économique et politique de toutes ses expériences pratiques ; sur son regard extatique sur l’immigration incontrôlée ; sur la faillite d’une politique pénale par indulgence idéologique ; sur sa candeur xénophile et par contrecoup anti-française à l’égard de l’islam radical, souvent criminel.

Il apparaît également qu’aujourd’hui le portrait-robot de l’individu farouchement intolérant aux idées de l’adversaire, utilisant l’imprécation plutôt que le raisonnement, complaisant à l’égard de l’antisémitisme meurtrier, ne répugnant pas à la violence urbaine, refusant parfois le scrutin électoral, utilisant l’injure gratuite pour disqualifier du débat démocratique, ressemble bien davantage à un extrémiste de gauche.

Pour parler stupidement: le fascisme a changé de camp. Après tant d’erreurs et d’errements, appartenir à l’extrême gauche semble aujourd’hui autrement plus épouvantable sans qu’il soit besoin de fabriquer d’épouvantail. Mais ne le dites surtout pas à l’actuel fabriquant, il se croit irréprochable.

Le BNVCA salue les policiers de la DGSI qui ont identifié et interpellé ce 26 mai, à Limoges, un extrémiste soupçonné de commettre un attentat contre un site juif.

Communiqué de Presse

Le BNVCA salue l’action des policiers de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure. qui ont interpellé ce jour 26 mai 2020, à Limoges (Haute Vienne), un homme de 36 ans soupçonné de préparer un attentat contre un lieu de culte juif.

Cet individu ancien militaire reconverti dans la sécurité privée avait été repéré en raison de ses opinions extrémistes et complotistes, qu’il postait sur les réseaux sociaux.

Le BNVCA a constaté que les thèses complotistes, antisionistes et antisémites se propagent abondamment sur les réseaux sociaux..

Le BNVCA a déposé plusieurs plaintes contre plusieurs auteurs de ces théories mensongères et des “fake news”. Délinquants révisionnistes, négationistes, antisionistes et antisémites qui tentent de convaincre l’opinion les internautes que ceux qu’ils appellent sionistes et juifs, détiennent tous les pouvoirs de la finance, de la presse, de la politique.

Comme nous l’avons exprimé lors de notre condamnation des tags antisémites et complotistes  découverts à Angoulême, nous craignons que ces thèses calomnieuses et ces préjugés racistes, poussent à court terme à l’acte violent antijuif.

Nous demandons à la Police de tout mettre en oeuvre pour neutraliser ces groupuscules,

Nous demandons à Monsieur  Christophe Castaner,  Ministre de l’Intérieur de faire interdire toutes les parutions, videos complotistes, antisémites et antisionistes qui se développent encore impunément  sur la toile.

Nous réclamons que des mesures urgentes soient décidées  avant que de nouveaux drames atteignent les personnes et les biens juifs de France, particulièrement visés par ces menaces et déjà très éprouvés.

Le Président Sammy GHOZLAN

Albert Memmi : vie et oeuvre de l’auteur du «Portrait du colonisé», par Claude Sitbon


Claude Sitbon Pour TRIBUNE JUIVE

Albert Memmi est l’auteur de livres majeurs sur la question de la domination, mais pas seulement. Leçons de l’un des plus grands écrivains francophones du XXe siècle.

Portrait de l'écrivain tunisien Albert Memmi.
Portrait d’Albert Memmi. Décembre 1982. Photo. : Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

Voilà bientôt près d’un siècle qu’Albert Memmi, un des grands écrivains francophones du 20ème siècle, est né à Tunis, en 1920, dans une famille et un milieu dont les composantes seront un facteur important dans son œuvre ainsi que dans son évolution personnelle et intellectuelle. Son père François était bourrelier, installé à la lisière du ghetto juif de Tunis, la Hara. Ce lieu n’était pas le fruit du hasard, mais plutôt celui d’attaches communautaires et d’intérêts commerciaux. Les licols que fabriquait François avec son ouvrier italien Peppino, étaient vendus à des cochers maltais ou à des charretiers de Gabès. Son épouse était une Berbère de pure souche qui ne parlait que le judéo-arabe; quant à François, il pratiquait l’arabe, le maltais et l’italien et il possédait également quelques notions de français. Les odeurs du cuir, les artisans juifs et arabes, les traditions familiales ainsi que le milieu linguistique seront pour Memmi tant une source d’inspiration que des sujets à réflexion.

Albert étudiera au Koutab où il apprendra aussi le français, qui deviendra sa langue d’écriture. Elève brillant, il parvint à décrocher une bourse qui lui ouvrira les portes du lycée. Cet évènement, dira Memmi, «sera l’évènement majeur de ma vie»puisque le voilà en possession de la clé qui l’aidera dans la maitrise de la langue française, l’instrument essentiel de son périple d’intellectuel et d’écrivain français.
Il adhéra au mouvement de jeunesse sioniste Hachomer Hatsair dont la finalité était d’aller vivre au kibboutz. Or Memmi voulait écrire des livres et devenir un grand philosophe, même si, dit-il, «j’en ai rabattu depuis». Il va donc étudier la philosophie à Paris et c’est là qu’il rencontre le chef du Département de Français de l’Université Hébraïque de Jérusalem, Monsieur Duff, lequel était venu en France pour constituer une équipe de Juifs universitaires, chargés d’enseigner à Jérusalem la langue et la littérature françaises; Memmi me racontera que le projet l’intéressait vraiment mais il ajoutera aussi combien il était difficile de changer de langue pour écrire. Il pensait qu’enseigner et continuer à écrire en français à Jérusalem «pouvaient concilier ces deux tendances contradictoires en moi… Monsieur Duff me demanda si j’étais sioniste, je dis que oui; la conversation glissa sur le côté social et brusquement il se révéla anti-Hachomer Hatsair et anti-démocratique. Je m’énerve, je lui réponds, il s’énerve aussi et voilà mon engagement par terre… J’ai raté une des meilleures occasions de ma carrière et même de ma vie».

Avec le recul, on peut dire que l’Etat d’Israël a perdu un nouvel immigrant de qualité et que le monde littéraire a gagné un grand écrivain.
A Paris, il épousa Germaine, une Lorraine, catholique, agrégée d’Allemand et retourna à Tunis avec elle pour enseigner la philosophie. Le choc des cultures s’impose – Germaine doit se fondre dans un milieu partagé entre judaïsme et islam; nous avons là la trame de son second roman Agar, dont le pivot sera le mariage mixte.

Son premier roman La statue de Sel est déjà en gestation et Jean Paul Sartre le publiera, par épisodes dans Les Temps modernes. Ce premier roman est en fait comme la matrice de toute l’œuvre d’Albert Memmi. En réalité, il a déjà décidé de prendre sa vie comme exemple et d’en faire les sujets de ses ouvrages et de sa réflexion.

Quand La statue de Sel paraîtra à Tunis, les réactions furent des plus mitigées; en effet, quelle communauté aimerait que l’on porte sur elle un regard acerbe et critique – et de surcroît de la part d’un de ses fils? Memmi n’avait, tout compte fait, que disposé un miroir, implacable certes, mais fidèle. Avec le temps, ce sera un des livres majeurs dans l’œuvre d’Albert Memmi, ainsi que sa carte d’identité; ces lignes si claires et si transparentes dans le roman en sont l’expression la plus sincère:
«Descendrais-je d’une tribu berbère que les Berbères ne me reconnaitraient pas, car je suis Juif et non Musulman, citadin et non montagnard; porterais-je le nom exact du peintre que les Italiens ne m’accueilleraient pas, car je suis Africain et non Européen. Toujours je me retrouverai Mordekhaï, Alexandre Bénillouche, indigène dans un pays de colonisation, Juif dans un univers antisémite, Africain dans un monde où triomphe l’Europe.»
Écrire cela – quand on a à peine 30 ans et quand la décolonisation en est à ses premiers balbutiements – c’est malgré tout faire preuve d’une grande lucidité et d’un désir profond de se définir et de comprendre la colonisation et la condition du colonisé, qui seront le thème de son troisième ouvrage, Portrait du colonisé, préfacé par Jean-Paul Sartre, traduit dans plusieurs dizaines de langues, dont l’hébreu, aux éditions Carmel. Rappelons qu’au même moment parurent trois ouvrages qui servirent de livre de chevet à tous les combattants pour l’indépendance – Peaux noires, masques blancs de Frantz Fanon, Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire et Le Portrait du coloniséd’Albert Memmi. Le sujet était dans l’air et Sartre ajoutera que l’ouvrage de Memmi «était une géométrie passionnée» dans laquelle rien n’était laissé au hasard et toutes les cartes étaient mises au grand jour avec fougue. Indéniablement cet ouvrage fait date dans l’histoire de la sociologie de la colonisation, puisque Memmi y analyse avec rigueur les rapports qui, dans un duo étonnant, unissent le colonisateur au colonisé, imposant à chacun attitudes et réactions.

Lors de mes nombreuses visites chez Memmi, dans son antre parisienne de la rue Saint-Merri, entre la Seine et le Centre Pompidou, et d’où l’on peut voir les toits de Paris, je découvris dans ce coquet bureau de travail, deux objets qui m’interpelèrent – l’un, un bout de parchemin de Sefer Thora jauni, l’autre, une médaille. L’histoire qui se cache derrière ces deux objets, gardés précieusement par l’écrivain, nous éclaire tant sur la personnalité de Memmi que sur les sujets qui lui tenaient à cœur. En effet, le père de Memmi – bourrelier rappelons-le – reçut un jour de l’année 1943, «la visite» d’un officier nazi – c’était pendant les «six mois sous la botte» que connut la Tunisie – lequel, sous la menace d’un révolver, lui tendit un Sefer Thora et l’obligea à y tailler un sac pour sa femme. Albert Memmi gardait ce qu’il en restait, en souvenir de son père mais aussi en souvenir des travaux obligatoires qu’il dût accomplir, dans un des camps de travail établis par les occupants allemands en Tunisie. Cette pièce se trouve aujourd’hui au Musée de Yad Vachem, à Jérusalem, après que je le convainquis que c’était sa place naturelle.

Pour ce qui est de la «médaille», l’histoire est aussi très intéressante et nous laisserons parler Memmi lui-même: 

«Un jour, amassant des matériaux pour un roman familial – Le Scorpion – je reçus un message du conservateur de la Grande Bibliothèque de Tunis… il me remit un minuscule paquet que j’ouvris aussitôt; il contenait justement cette petite et fort jolie médaille, qu’il avait trouvée lui-même dans les ruines de Carthage. Côté face, j’y vis, en relief, une tête de Numide, couronnée de lauriers; côté pile, deux cavaliers, également couronnés, tenant chacun les brides de son cheval; sous les cavaliers, cette inscription extraordinaire, fort visible: L. Memmi. Stupeur! Vertige! Ainsi le passé de la famille, celui de la communauté, dont je recherchais les jalons dans les archives des comptoirs coloniaux, reculait prodigieusement: deux millénaires ! Donc nous fûmes au Maghreb, avant les Chrétiens et bien avant  les Arabo-Musulmans; le monothéisme juif a préparé les gens au christianisme et à l’islam.» 

Dans une certaine mesure, cette histoire sera l’un des jalons de son roman historique – Le Pharaon – qui raconte l’histoire de l’indépendance de la Tunisie et la place que certains Juifs y ont tenue.

Après avoir tenté l’expérience tunisienne, Memmi quittera la Tunisie pour Paris, car – il avouera lui-même – «j’ai aidé les nationalistes en sachant que je n’aurai pas ma place dans cette aventure». Tunisien certes, mais Juif, ses chances de s’intégrer dans une nation nouvelle étaient pratiquement nulles. Ses aspirations intellectuelles ainsi que son profond désir de faire une carrière littéraire lui feront choisir la France, ce pays où il continuera aussi de s’interroger sur sa condition de Juif. C’est ainsi que quelques années plus tard, il publiera Portrait d’un Juif,un ouvrage où la condition juive est décrite comme un malaise, et où la prise de conscience et l’analyse qu’il en fait sont d’un rigorisme que Memmi reconnait comme nécessaire, puisqu’il n’avait pas pour dessein de tracer seulement un autoportrait. En fait, dans ce livre – que d’aucuns considèreront comme pessimiste – il utilisera la même démarche d’analyse que l’on avait rencontrée dans Portrait d’un colonisé: les deux – le Juif et le colonisé – sont des opprimés et comme il le dira si clairement:

«Si je me crois différent? Oui je le crois: sur de très nombreux points, le Juif est différent du non-Juif… Je ne vois même plus pourquoi je chercherai à l’atténuer (la différence) comme je me suis efforcé si longtemps de le faire. Je suis au contraire persuadé aujourd’hui que cette hésitation, ces réticences inquiètes à propos d’une telle évidence sont l’un des signes de l’oppression juive… dans la bouche d’un opprimé, l’affirmation de l’égalité et de la fraternité déjà réalisée a toujours ce même ton désespéré, humble et non convaincu».

A la parution de ce livre, certains critiques l’ont comparé au livret Auto-émancipation du grand penseur sioniste Léo Pinsker, publié en 1882; si pour Pinsker, l’antisémitisme était une maladie incurable et le Juif devait donc s’en libérer, «s’émanciper» en choisissant la solution nationale, pour Memmi, la condition de Juif est une condition d’opprimé et, là aussi, la libération ne peut s’opérer qu’au mode national. 

C’est d’ailleurs cette thèse qu’il développera dans un autre ouvrage: Libération du Juif.
Une facette peu connue dans l’œuvre de Memmi, ce sont ses poèmes dont certains sont rassemblés dans Le Mirliton du ciel. Parlant de l’acte poétique, Memmi dira de manière suggestive «la poésie, c’est l’amande, le reste, c’est du commentaire» et il est vrai que quand on parcourt ses poésies, on retrouve les images et l’ambiance où baigna son enfance :

Une poignée de sel

pour aveugler le mal

Un morceau de charbon

contre les regards noirs… 

Et sur le parchemin

les sept bénédictions

Tu peux partir en paix

Te voilà protégé

Mais reviens au plus vite

Pour que vive ta mère

Ou encore les dialogues métaphysiques qu’il entame dans Pourquoi le Seigneur Dieu n’aurait pas un adjoint.

Arrivé sur le tard à la poésie, Memmi a su aller jusqu’au fond de ses émotions – fort maîtrisées toutefois – et, comme il le dit lui-même:

«l’acte poétique est l’acte littéraire réduit à l’essentiel, au sens où l’on dit d’un bouillon qu’il est réduit, c’est-à-dire qu’on en prend le meilleur, par évaporation et condensation»Quel délice !

En 2003, conscient que le temps lui est désormais compté, Memmi publie un livre-bilan, Le Nomade immobile, qui apparaît comme la clef de voûte des quelques trente ouvrages qu’il a écrits. Ce livre est d’abord le récit d’une vie, celle de l’auteur, mais constamment accompagné des leçons qu’il a cru pouvoir en tirer, pour vivre au mieux. Albert Memmi en est convaincu : découvrir comment vivre, tel est le but implicite ou explicite de la plupart des religions et des philosophies. Homme d’ouverture, Memmi revendique sa triple appartenance de Juif, Tunisien et Français, et d’ailleurs il rapporte cette prise de conscience dans un entretien qu’il eut, à son arrivée à Paris, avec le poète juif, Edmond Fleg, à qui il confie sa perplexité devant son identité multiple; la réponse de Fleg ne se fit pas attendre «Gardez tout, soyez tout cela à la fois». De plus, Memmi s’exprime sur les nationalismes arabes; il réaffirme ses amitiés, mais sans complaisance pour le fréquent mutisme des intellectuels arabes, leur solidarité inconditionnelle. La symbiose entre les Arabes et les Juifs est, à ses yeux, inesquivable pour les uns et pour les autres; toutefois, affirme-t-il, il est nécessaire de désacraliser le conflit israélo-arabe. C’est une analyse prémonitoire et on peut avancer que Memmi a eu un seul tort, celui d’avoir eu raison trop tôt.

ANGOULÊME: TAGS ANTISÉMITES AU CENTRE-VILLE

 Par charentelibre.fr,

Une croix gammée et des insultes à l’encontre de Simone Veil. Des caricatures antisémites d’Emmanuel Macron et Edouard Philippe. Des propos orduriers et aussi antisémites sur Brigitte Macron. Et une signature, ZOG, pour “Zionist Occupation Government”, théorie antisémite du complot juif qui s’est notamment répandue dans les milieux nazis américains dans les années 80.

Une vague de tags antisémites est apparue ce week-end parking Vauban, dans le Vieil-Angoulême. La mairie vient d’être alertée.

A notre connaissance, c’est la première fois que la signature “ZOG” fait son apparition sur des tags à Angoulême.

Pour l’ancien ambassadeur de France à Pékin, “la Chine tente d’imposer un autre système international”

"Officiellement, les Chinois disent vouloir défendre le multilatéralisme, mais ce n’est pas la réalité du projet chinois", explique Jean-Maurice Ripert.

“Officiellement, les Chinois disent vouloir défendre le multilatéralisme, mais ce n’est pas la réalité du projet chinois”, explique Jean-Maurice Ripert. – ISAAC LAWRENCE / AFPMONDEEntretien

Propos recueillis par Louis Hausalter Pour MARIANNE


Jean-Maurice Ripert, ambassadeur de France à Pékin jusqu’à l’été dernier, livre à Marianne son regard sur la gestion de l’épidémie de coronavirus par la Chine et ses conséquences pour les relations internationales. Il appelle à un sursaut du multilatéralisme face aux ambitions chinoises.

Ambassadeur de France en Chine de 2017 à l’été 2019, Jean-Maurice Ripert a connu une riche carrière aux quatre coins du monde. Il fut notamment conseiller diplomatique de Lionel Jospin à Matignon et représentant permanent de la France auprès des Nations unies.

Marianne : Le régime chinois sort-il vraiment fragilisé de cette épidémie ?

Jean-Maurice Ripert : Il est extrêmement difficile de répondre à votre question, car en réalité, personne ne sait ce qui se passe derrière les murs de la Cité interdite et de ses annexes ministérielles. Les députés de l’Assemblée nationale populaire se réunissent en ce moment pour leur session plénière annuelle, mais c’est une comédie parlementaire, qui ne fait qu’entériner des décisions prises par d’autres. La réalité du pouvoir se situe bien sûr au sein du Parti communiste, et notamment au comité permanent du bureau politique. Ce qui est certain, c’est que depuis le dernier congrès du Parti, en 2017, la prise de pouvoir totale de Xi Jinping ne fait pas l’unanimité. Des discussions tendues ont lieu entre ceux qui soutiennent ce retour en arrière et les libéraux, plutôt partisans d’une ligne d’ouverture à la Den Xiaoping. Mais on ne sait rien de l’état de ce rapport de forces.

Le narratif du régime consistant à dire qu’il a fait tout ce qu’il fallait est clairement remis en cause.

La popularité de Xi Jinping pourrait-elle être affectée ?

L’opinion publique ne compte pas en Chine, mais elle existe. Entre deux phases de censure, les Chinois s’emparent de certains sujets sur les réseaux sociaux. Pas des sujets politiques, puisqu’il est hors de question de les aborder, mais des sujets de société : la sécurité sanitaire, la sécurité alimentaire ou le réchauffement climatique. La population y est sensible : souvenons-nous du SRAS, de la grippe aviaire ou encore du lait infantile contaminé.

Il est clair que cette épidémie ne va pas favoriser l’adhésion populaire à la façon dont le régime gouverne. Il existe une opposition interne au Parti, mais aussi un mécontentement populaire. Il ne faut pas oublier que la croissance avait déjà ralenti en Chine depuis plusieurs années, notamment en raison de l’impact de la guerre commerciale avec les Etats-Unis. Or, c’est sans doute la promesse de prospérité qui permettait de faire passer la pilule du resserrement idéologique imposé par Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir, en 2012… La récession actuelle en Chine (-6%) peut sérieusement perturber le pays, sur le plan social notamment comme le prouvent les nombreux conflits sociaux, qui existent bien qu’ils soient cachés par le pouvoir.

Les pays membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont décidé cette semaine d’une évaluation de la réponse de l’instance à l’épidémie. Cela peut-il embarrasser la Chine ?

Ce n’est pas une enquête sur la Chine à proprement parler, mais sur le comportement de l’OMS. Cela ne devrait tout de même pas satisfaire Pékin, car le narratif du régime consistant à dire qu’il a fait tout ce qu’il fallait est clairement remis en cause. En retardant l’annonce de l’épidémie, en ne transmettant que des données partielles, en asséchant le marché mondial des masques, la Chine a fait des choix lourds de responsabilités, qui ont facilité la propagation du virus et retardé la réponse de l’OMS. Les semaines perdues en novembre et décembre ont eu un effet dramatique.

Ce n’est pas parce que la Chine est devenue une grande puissance que nous devons nous imaginer qu’elle est dotée d’un Etat efficace.

On peut, a minima, parler de négligence ?

C’est plus que ça. Malheureusement, nous assistons à une conséquence du fonctionnement structurel de la Chine. Quand un problème survient, la première chose que fait le pouvoir chinois, c’est nier. Cela lui permet de gagner du temps pour adopter la réaction qui lui convient. A l’apparition du virus, des lanceurs d’alerte ont été arrêtés, certains ne sont jamais réapparus. Pékin a ensuite minimisé les choses, puis assuré que l’épidémie était restreinte à Wuhan. En réalité, des mesures de confinement ont été prises dans toute la Chine. Le nombre officiel de victimes est donc hélas très sous-estimé.

Cette crise a mis en lumière un autre phénomène : le caractère dysfonctionnel de l’Etat chinois. Au niveau politique, l’Etat-parti fonctionne et il est tenu. Mais en-dessous, c’est l’agitation et la pagaille. Chacun fait ce qu’il veut et ce qu’il peut, sachant que les responsables locaux et les maires, surtout membres du Parti, sont terrorisés à l’idée de déplaire. Ce n’est pas parce que la Chine est devenue une grande puissance que nous devons nous imaginer qu’elle est dotée d’un Etat efficace. Le résultat, c’est que si les normes sanitaires étaient très strictes sur le papier, il a en réalité été difficile de les faire appliquer.

Trump a-t-il raison quand il accuse l’OMS d’être une « marionnette de la Chine » ?

Non. Il faut rappeler comment fonctionne une organisation internationale. Le directeur général de l’OMS, le Docteur Tedros, ne fait pas tout ce qu’il veut et ne peut donc pas être responsable de tout. Certes, il ne faut pas oublier qu’il a été membre du gouvernement éthiopien, l’un des pays qui se sont le plus vendus aux Chinois à travers les « Nouvelles routes de la soie », et qu’il a été élu patron de l’OMS avec le soutien de la Chine. Cela crée une suspicion. Mais ce qui est en cause, c’est surtout un dysfonctionnement global de l’OMS qui, malgré ses bataillons d’experts et de médecins, n’a pas su réagir à temps. Or, n’oubliez pas que dans une organisation comme celle-ci, ce sont les Etats membres qui décident. Il faudrait revoir en profondeur son fonctionnement. Le problème, c’est que Donald Trump a menacé de quitter l’OMS, tandis que la Chine n’a visiblement pas communiqué toutes les informations nécessaires à l’organisation pour faire correctement son travail. Si chacun se met à limer un pied de la chaise…

Autre instance onusienne, le Conseil de sécurité de l’ONU n’a même pas pu s’entendre pour lancer un appel à un cessez-le-feu mondial. Cette pandémie révèle-t-elle un peu plus la crise du multilatéralisme ?

Oui, et le paradoxe, c’est qu’elle la révèle au moment où nous avons pourtant le plus besoin du multilatéralisme. J’en suis un fervent partisan : j’y ai consacré trente ans de ma vie ! Je pense que c’est la responsabilité de l’Europe de le faire revivre. C’est une opportunité et une chance pour nous. D’abord parce que le multilatéralisme est une invention européenne, qui correspond à nos valeurs. Ensuite parce que l’Europe en a plus besoin que les trois autres sommets du quadrilatère mondial, qu’elle forme avec les Etats-Unis, la Chine et la Russie. C’est le sens de l’« Alliance pour le multilatéralisme », une initiative franco-allemande lancée l’an dernier, qui fait la proposition suivante : cessons de vouloir réformer globalement les instances de l’ONU, c’est très difficile, et travaillons plutôt à des coalitions de bonnes volontés, sujet par sujet. Cela permet de ne pas se retrouver systématiquement bloqués par un veto des Américains, des Chinois ou des Russes.

Les Chinois défendent un schéma où chacun se définirait par rapport à la Chine.

Sommes-nous entrés dans une nouvelle guerre froide ?

Je ne le pense pas car les éléments du conflit actuel sont très différents de l’affrontement américano-soviétique. Nous assistons aujourd’hui à une réaffirmation de la puissance américaine face au développement de l’hégémonie chinoise. La Chine tente d’imposer un autre système international, que l’on pourrait appeler le « multi-bilatéralisme ». En gros, c’est comme une roue de bicyclette : les Etats sont des rayons qui conduisent vers un centre unique, la Chine ! Officiellement, les Chinois disent vouloir défendre le multilatéralisme, mais ce n’est pas la réalité du projet chinois. Ils défendent un schéma où chacun se définirait par rapport à la Chine, et où la juxtaposition de ces relations formerait un nouveau système international, fondé sur les valeurs chinoises.

Comment réagir ?

Il faut que l’Europe se réveille ! Il faut être ferme sur nos valeurs et notre identité – la « diplomatie du paillasson », cela ne marche pas – et en même temps tendre la main, parce que nous avons besoin de la Chine. Nous devons la convaincre de jouer le jeu d’un multilatéralisme renforcé, au lieu de créer ses propres institutions parallèles à celles de l’ONU. Finalement, cela arrangerait à la fois les Américains et les Chinois d’avoir un système à deux interlocuteurs… Cela, il faut que l’Europe l’empêche. Tout le monde se moque de la faiblesse de l’Europe, mais sa faiblesse est une force, parce que personne ne craint une hégémonie européenne – oubliant que nous sommes la première puissance économique et commerciale au monde. Nous ne faisons pas peur, profitons-en !

“La crise à Hong Kong vient de loin”

L’épidémie n’a pas tué la contestation à Hong Kong, alors que Pékin tente d’imposer une nouvelle loi sécuritaire. Comment peut évoluer ce bras-de-fer ?

La crise à Hong Kong vient de loin, liée à l‘incapacité du gouvernement de la région administrative spéciale à redresser une situation économique et sociale dégradée depuis plusieurs années (éducation, logement, santé) et à la volonté de Pékin de mettre un terme au régime « un pays, deux système », contrairement à ses engagements. En 2019, des millions de Hongkongais ont dit « non » à la Chine et au président chinois personnellement, ils ont proclamé qu’ils refusaient d’être Chinois selon la « pensée de XI Jinping ». Ils ont dit qu’ils voulaient continuer à vivre dans un État de droit, une démocratie respectueuse des droits humains. Le bloc pro-démocratie a obtenu 85% des sièges au élections de novembre 2019, du jamais vu ! Et dans la foulée, les Taïwanais ont également rejeté la Chine et réélu la présidente indépendantiste en janvier 2020. Le peuple a parlé.

Mais Xi Jinping est resté sourd. Son projet de loi sécuritaire marque un tournant, conforme au fonctionnement du régime communiste chinois : nier la réalité, dénoncer un complot (occidental), menacer, réprimer. La question est de savoir si Xi Jinping ira jusqu’au bout de sa menace. S’il passe effectivement à l’acte, il y aura de nouveau des millions de Hongkongais dans la rue et donc une nouvelle répression, de nouvelles arrestations, de nouvelles disparitions d’opposants, de nouveaux morts. Peut-il céder devant la rue et la perspective de sanctions internationales – qui pourraient être décrétées par les Américains et les Européens entre autres ? Cela dépend à mon avis du rapport de force au sein du PCC. Des partisans de la négociation y coexistent avec des durs ultra-nationalistes. Si les premiers l’emportent, la menace peut se diluer dans le temps. Si ce sont les seconds qui l’emportent à Pékin, alors le pire est à craindre. Pour les Hongkongais et pour tous les démocrates du monde.

Le BNVCA dénonce et condamne l’article publié par l’organisation d’extrême droite “JEUNE NATION”.

Le BNVCA dénonce et condamne l’article publié par l’organisation d’extrême droite JEUNE NATION en infraction avec la loi sur  le négationnisme et le révisionnisme dont les auteurs  de ce texte, se sont rendus coupables.

Ils contestent la réalité du génocide  de 6 millions de juifs.

De la sorte, ls commettent un déni répréhensible des faits historiques malgré les preuves.  

L’article est daté du 21 mai 2020.  Il est intitulé: 6.000.000 “LES SIX MILLIONS INVENTES LORS D’UNE CONFERENCE SIONISTE DE 1944”.

L ‘auteur ne s’est pas identifié mais il a illustré son texte, de l’image d’une ancienne caisse enregistreuse. 

Le BNVCA qui lutte depuis l’an 2000 contre  le nouvel antisémitisme d’inspiration islamo-gauchiste constate et déplore une recrudescence des textes au contenu anti-juif et des actes antisémites d’origine extrême droite qui sévit désormais et ce depuis près de 10  mois.  

L’auteur de l’article incriminé se retranche derrière un certain Eliezer Unger, israélien d’origine polonaise, qui aurait prétendu avoir “lu des documents des archives “sionistes” centrales, dans lesquelles la première mention de la revendication des 6 millions de victimes a eu lieu de 19 janvier 1944 lors dirigeants sionistes en Palestine plus d’un an avant a fin de la guerre en Europe et un an avant que l’Armée rouge n’entre à Auschwitz” .

Or ce UNGER reconnaissait plus tard qu’il n’avait aucune preuve de ce qu’il avançait. Il n’empêche; le rédacteur de l’article de “Jeune Nation” s’en est servi pour vomir sa haine. 

Nous avons chargé notre conseil maître Charles Baccouche de déposer plainte contre l’auteur de l’article incriminé et contre la rédaction de ce média qui a publié ce texte “négationniste et révisionniste “.

 .

https://jeune-nation.com/actualite/actu-internationale/les-6-millions-inventes-lors-dune-conference-sioniste-en-1944.html?fbclid=IwAR2D8q6RGMLcWjHiiFd9Ezv3FOr6CZkSieNnqFkQLRorh3tBORAk5uV_gJI

Cyber-haine le BNVCA dépose plainte contre les auteurs d’appels au Boycott d’Israel postés sur FaceBook incitatifs à la haine.

Le BNVCA vient d’être alerté par des internautes que sur le réseau Face Book  circule un post intitulé “Palestine vaincra.com miniguide boycott Israel- pourquoi -comment”. 

Ce post invite à acquérir le guide en question L’image de ce fascicule figure sur le message ainsi qu’une description du contenu.

L’un des  usagers de Facebook, qui se fait nommer  Nabs Hawach demande “qu’on lui  fournisse 50000 exemplaires de ce guide pour les distribuer dans le 93 “.

Sur un autre commentaire écrit par Lahoussine, on peut lire “Israel Terroriste Israel ennemi de l’Humanité, Boycottez Israel Boycottez les 112” et Karima écrit aussi à la suite:   “Free Palestine amine Jboycotte absolument tout “.

Il est clair que le Boycott est une incitation à la haine, prévu et réprimé par les articles 225-1 et 225-2 de Code pénal ce délit doit être sévèrement sanctionné par la justice et leurs auteurs punis.

Tous ceux qui militent pour combattre l’antisémitisme, sont convaincus que  les appels à Boycotter l’Etat juif sont à la source de l’antisémitisme contemporain et contribuent à l’étendre. 

Nous sommes persuadés qu’au delà des discours éloquents de tous nos dirigeants, les mesures légales, administratives et pénales, décidées à l’encontre de tous ceux qui appellent au boycott, contribueront efficacement à lutter contre ce fléau de l’antisémitisme qui vise une partie de la communauté nationale.

Il suffirait d’appliquer d’ores et déjà les lois existantes et faire exécuter les peines prononcées.

Ce phénomène pourra être enfin réduit de façon notable. Ces mesures auront  aussi pour effet certain, de restaurer la confiance et la sécurité des citoyens de confession juive, ainsi que  le retour d’un véritable “vivre ensemble”.

Ce type de posts relèvent aussi de la loi Avia sur la “Cyber-haine”  et nous attendons vigilants , que les pouvoirs publics, Préfets, Policiers, Procureurs de la République, agissent d’initiative contre tous ces internautes délinquants  

Le BNVCA a chargé son conseil Maître Charles Baccouche de déposer plainte contre tous les usagers compromis dans ces messages répréhensibles postés de FaceBook.    .https://www.facebook.com/661817300576804/posts/2958360520922459/

Une juive française donne naissance à des sextuplés à Strasbourg .

Les sextuplés comprennent cinq filles et un garçon, nés 24 semaines et six jours d’aménorrhée (absence de règles), ce qui rend les naissances très prématurées.

Une femme juive de la ville de Strasbourg, en France, a donné naissance à des sextuplés jeudi, ce qui est extrêmement rare, selon des informations du journal Les Actualités Nouvelles d’Alsace (DNA).

Les sextuplés comprennent cinq filles et un garçon, nés 24 semaines et six jours d’aménorrhée (absence de règles), ce qui rend les naissances extrêmement prématurées.

Ils sont nés par césarienne et sont actuellement hospitalisés en réanimation néonatale. Ils passeront probablement des mois en soins hospitaliers.

Antisémitisme sur Twitter: Le BNVCA réclame l’application immédiate de la loi sur la Cyber-haine votée le 13/5/20. Le BNVCA dépose plainte contre les auteurs des post anti-juifs.

Le BNVCA est outré par le réseau Twitter qui ne modère pas les messages antisémites et commentaires haineux postés sur leur réseau et notamment le # qui est posté avec le mot clé ” sijetaitunjuif “.

De prime abord nous constatons que l’auteur de ce tweet est un individu probablement illettré, tant il commet des fautes d’orthographe à chacun des mots qu’il emploie.

Il n’est pas impossible que sa haine des juifs vomisse sa jalousie des juifs.

Mr Potier Directeur de la Dilcrah que nous avons sollicité, nous apprend qu’il a déjà pris l’initiative de saisir le réseau Twitter qui s’est empressé de faire effacer certains messages en cause. 

Le BNVCA a décidé de charger son conseil maître Charles Baccouche de déposer plainte auprès du Procureur de la République afin que les auteurs de ces post antijuifs soient identifiés et poursuivis.

Le BNVCA réclame l’application rapide de la loi sur la Cyber haine votée le 13 mai 2020 qui trouve aujourd’hui toute son utilité.

Le BNVCA tient à souligner l’excellence de notre collaboration avec BTA qui veille sur les tous les réseaux.

Le site juif sacré d’Esther et de Mordechai a brûlé en Iran

“Des informations troublantes en provenance d’Iran indiquent que la tombe d’Esther et de Mordechai, un site juif sacré, a été incendiée du jour au lendemain”, a tweeté le directeur national de l’ADL, Jonathan Greenblatt.

Par BENJAMIN WEINTHAL.

The Jerusalem Post - Israel News

BERLIN – Le directeur national de la Ligue anti-diffamation (ADL), Jonathan Greenblatt, a annoncé vendredi sur Twitter que la tombe d’Esther et de Mordechai en Iran avait été incendiée.

“Des informations troublantes en provenance d’Iran selon lesquelles le tombeau d’Esther et de Mordechai, un lieu juif sacré, a été incendiée pendant la nuit. Nous espérons que les autorités traduiront en justice les auteurs de cet acte antisémite et s’engageront à protéger les lieux saints de toutes les minorités religieuses de Iran », a tweeté Greenblatt.

Des rapports inquiétants de #Iran indiquent que la tombe d’Esther et de Mordechai, un site juif sacré, a été incendiée pendant la nuit. Nous espérons que les autorités traduiront en justice les auteurs de cet acte antisémite et s’engageront à protéger les lieux saints de toutes les minorités religieuses en Iran.

“En tant que président de Musulmans contre l’antisémitisme, je condamne sans équivoque de tels actes barbares de la part du régime de Téhéran. La communauté internationale doit immédiatement enquêter et tenir le régime responsable de tout dommage qui pourrait arriver au site du Tzadikkim”, des droits humains de premier plan.

Activiste, Ghanem Nuseibeh, a tweeté.  

En tant que président des musulmans contre l’antisémitisme, je condamne sans équivoque de tels actes barbares du régime de Téhéran. La communauté internationale doit immédiatement agir pour enquêter et tenir le régime responsable de tout dommage qui pourrait arriver au site du Tzadikkim.

Ghanem Nuseibeh ✔ @ gnuseibeh  https://twitter.com/benweinthal/status/1261331144219471872…

Le Post a rapporté en février que la Commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale avait condamné le régime iranien pour ses menaces de raser le tombeau d’Esther et de Mordechai à Hamadan.

Karmel Melamed, un expert irano-américain sur la communauté juive en République islamique d’Iran, a tweeté: « Mes sources qui ont des contacts avec la communauté juive iranienne ont confirmé qu’il y avait eu une” tentative “de brûler la synagogue au tombeau, mais le feu a été minime ».

Aucune arrestation de suspects n’a encore été effectuée par le régime de l’ayatollah.   

Karmel Melamed @ KarmelMelamed


L’Agence de presse de la République islamique (IRNA), contrôlée par le régime iranien, a rapporté le samedi qu’un suspect avait cherché à entrer dans la tombe. Radio Farda, le média financé par le gouvernement américain qui rapporte l’Iran, a écrit que l’IRNA “a confirmé qu’il y avait eu une tentative d’effraction dans le tombeau d’Esther et de Mordechai, un site juif sacré à Hamedan, mais a supprimé le rapport de son site Web. deux heures après sa publication. ” L’IRNA a déclaré que l’agresseur avait essayé d’entrer dans le bâtiment par une banque adjacente mais n’y avait pas réussi, a écrit Radio Farda, ajoutant que l’IRNA a affirmé que le sanctuaire n’avait pas subi de dommages et que le visage du suspect avait été capturé sur une vidéo CCTV.

L’IRNA a déclaré que la police recherchait l’agresseur. Le journaliste de Voice of America, Michael Lipin, a tweeté: “RUPTURE: Un témoin oculaire dans la ville de Hamadan, en Iran, a déclaré à @ VOAIran / @ VOANews qu’il avait vu plusieurs camions de pompiers se rendre au tombeau d’Esther et de Mordechai après un incendie criminel apparent sur un lieu saint juif jeudi soir, mais les autorités n’ont pas autorisé les gens à s’approcher. ”   “L’USCIRF est troublé par les informations faisant état de menaces contre la tombe d’Esther et de Mordechai à Hamadan, en Iran, et souligne la responsabilité du gouvernement iranien de protéger les sites religieux”, a tweeté l’agence américaine. La Commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) est une entité gouvernementale indépendante, bipartite et fédérale qui surveille, analyse et rend compte des menaces à la liberté de religion. L’Alliance pour les droits de toutes les minorités (ARAM) en Iran a tweeté dimanche que, « selon des reportages, des membres des Basij iraniens ont tenté de faire une descente dans le site historique [tombeau d’Esther et Mordechai] hier dans un acte de vengeance contre le [ Plan de paix israélo-palestinien] du président américain Donald Trump ».

L’ARAM a noté que « les autorités iraniennes menacent de détruire le tombeau historique d’Ester et de Mordechai à Hamadan et de convertir le site en bureau consulaire pour la Palestine ».

Le Post n’a pas pu confirmer les « reportages » cités par ARAM.

Esther et Mordechai « étaient des héros juifs bibliques qui ont sauvé leur peuple d’un massacre dans une histoire connue sous le nom de Pourim. Leur lieu de sépulture a été un point de repère juif important pour les juifs et les passionnés d’histoire du monde entier », a écrit ARAM.

L’agence de presse des chrétiens iraniens (Mohabat) a annoncé début février que les Basij avaient menacé le tombeau. « Le Conseil pour l’exploration de la mobilisation des étudiants des universités de Hamadan a déclaré dans une déclaration aux États-Unis, à Israël et aux pays arabes de la région qu’ils transformeraient la tombe en consulat palestinien si des mesures étaient prises ». ARAM promeut l’égalité des droits pour les femmes et les minorités religieuses et ethniques en Iran, ainsi que pour la communauté LGBT iranienne.

Victime d’un tag antisémite, le conseiller municipal d’Évreux et régional Timour Veyri, porte plainte

Fait divers. Conseiller municipal PS et candidat aux municipales, Timour Veyri fait l’objet d’une inscription haineuse à laquelle est aussi associée Emmanuel Macron 

Guillaume LEJEUNE – Paris Normandie

Le conseiller municipal (et régional) Timour Veyri va déposer plainte suite à la découverte d’un tag à caractère antisémite, place Bertrand-du-Pouget, dans le quartier de Navarre, à Évreuxa relayé le candidat aux élections municipales sur son compte Twitter.

Timour VEYRI@TimourVEYRI

On ne badine pas avec la haine et l’#antisémitisme. Dès demain, j’irai donc porter plainte et je demande, dès aujourd’hui, à la @VilleEvreux de faire le nécessaire.

Voir l'image sur Twitter

« On ne badine pas avec la haine et l’#antisémitisme. Dès demain, j’irai donc porter plainte et je demande, dès aujourd’hui, à la @VilleEvreux de faire le nécessaire », a twitté jeudi 14 mai 2020 le jeune homme, chef de file du PS de l’Eure.

Demande d’effacement

L’auteur de cette inscription haineuse, outre ne pas être un champion de l’orthographe, démontre ne pas être bien au fait de la vie politique, le PS étant l’un des adversaires de la politique menée par le président de la République Emmanuel Macron, lui aussi stigmatisé dans ce tag…

En attendant qu’une enquête permette éventuellement d’identifier l’auteur de ce tag antisémite, Timour Veyri demande expressément à la Ville, gérée par le maire LR Guy Lefrand, d’effacer cette inscription qui tombe sous le coup de poursuites judiciaires. Ce que le premier magistrat a rapidement mis en œuvre, comme il en a informé le conseiller municipal en début d’après-midi. Plusieurs messages de soutiens sont également parvenus à Timour Veyri, dont ceux du candidat aux municipales à Rouen (et ex-président de la Région Normandie) Nicolas Mayer-Rossignol ou encore de Raphaël Glucksmann.

Carole Delga, la présidente de la région Occitanie, reçoit un courrier antisémite et injurieux

SOCIETE  La présidente de la région Occitanie a reçu une lettre insultante et antisémite. L’auteur la menace aussi directement si elle ne démissionne pasB

Carole Delga, la présidente socialiste de la Région Occitanie
Carole Delga, la présidente socialiste de la Région Occitanie — A. Robert – Sipa

Carole Delga, la présidente de la région Occitanie, écrivait jeudi aux délégations de la région du Conseil représentatif des institutions juives de France « pour leur faire part de la détermination sans faille de la Région à combattre l’antisémitisme ».

Le matin même, elle avait reçu elle-même une lettre qui ne doit pas lui avoir fait regretter ses écrits où elle dénonçait l’augmentation de 74 % des actes antisémitesen 2018.

« Chère salope et cher sale juif, voilà plusieurs mois que vous nous pourrissez la vie tout les deux la pute et le juif » sont les mots (faute d’orthographe comprise) noircis sur un papier à lettres envoyé à sa destinataire depuis Béziers.

Carole Delga@CaroleDelga

Reçu au courrier…
Je ne baisserai jamais les yeux et la garde face à l’extrême droite.

Voir l'image sur Twitter

L’auteur de cette missive n’a pas oublié d’y réaliser des croix gammées, se trompant au passage dans le sens des crochets.

Menaces et plainte

« Nous allons le signaler au Procureur de la république de Béziers, car au-delà des insultes, il y a cette phrase de menace : “Nous vous donnons trois mois pour démissionner sinon « boum boum », à bon entendeur salut” Une plainte va également être déposée pour « insultes et menaces ». Je reçois parfois des lettres d’insultes, et c’est la deuxième fois avec des menaces de mort, mais la première fois avec des symboles fascistes… Je n’entends pas baisser les yeux et la garde face à l’extrême droite », a-t-elle réagi vendredi

Ces dernières semaines, des nombreux tags antisémites ont fleuri sur les murs de la Ville rose, notamment des croix gammées sur la façade du Capitole ou des « Macron Youpin » inscrits au gré des manifestations des dernières semaines.

Par 20 minutes

Les dix principales raisons pour lesquelles Israël a vaincu le coronavirus

Les Israéliens sont maintenant à nouveau descendus dans la rue en grand nombre. La circulation automobile a repris, des écoles, des magasins et des gymnases ouvrent, et même des marchés et des centres commerciaux qui ont fermé. Il y a encore certaines restrictions qui limitent le nombre de personnes dans les zones fermées, et les masques faciaux sont exigés par la loi.

Cependant, de nombreux Israéliens n’ont pas tardé à abandonner les masques ou à les porter sur le menton ou à l’extérieur, car le nombre de nouveaux cas de coronavirus continue de diminuer. Le Premier ministre Netanyahu a annoncé que toutes les restrictions sur les coronavirus devraient être levées d’ici la mi-juin, à condition que le nombre de nouveaux cas reste faible.

Le nombre de morts en Israël était l’un des plus bas au monde et relativement inférieur à celui des autres pays du Moyen Orient avec le même nombre de cas. Depuis que le virus a attaqué Israël pour la première fois en mars, 254 Israéliens sont morts. La plupart de ceux qui ont contracté le virus ont vécu dans des maisons de retraite. D’autres étaient âgés et avaient des problèmes de santé préexistants. Le nombre de personnes auparavant en bonne santé qui sont décédées du corona est de quelques dizaines au maximum.

Toute mort humaine cause une grande souffrance à la nation tout entière. Cependant, un récent rapport du ministère de la Santé a montré que les Israéliens sont morts de 12% de décès en moins en mars 2020 qu’en mars 2019. Ces deux mois de l’épidémie de coronavirus en Israël ont été littéralement les deux mois de vie les plus sûrs en Israël de ces dernières années.

Ces chiffres contrastent fortement avec de nombreuses communautés à travers le monde où les Juifs vivent en grand nombre, notamment Paris, Londres, New York, New Jersey, Chicago et Miami.

Vous trouverez ci-dessous une liste qui explique pourquoi Israël a peut-être mieux performé que d’autres pays pendant l’épidémie (jusqu’à présent), et pourquoi les Israéliens continueront probablement de revenir à la vie normale dans les semaines à venir, tandis que d’autres pays sont confrontés aux graves conséquences du virus.

10. Israël sait faire face au danger existentiel

Israël est une nation qui est souvent en crise. Les Israéliens ne sont pas naïfs quant au niveau de sécurité ou de danger auquel ils se trouvent. Et les Israéliens sont instinctivement prêts à se mobiliser lorsqu’une crise éclate, à combattre un ennemi et à sécuriser le front intérieur. En plus de protéger la nation contre les attaques par armes classiques, les forces de sécurité israéliennes et les entreprises privées ont pivoté ces dernières années pour lutter contre les cyberattaques. Un virus représente simplement un nouveau type de danger et un nouveau terrain de jeu.

9. Israël a un leadership national fort

Israël est un petit pays avec un gouvernement national centralisé. À partir du moment où le coronavirus a éclaté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a profité de ses relations de longue date avec les dirigeants du monde, périodiquement par vidéoconférence avec ses homologues pour mieux comprendre le virus, qui était le plus à risque, et quelles mesures devaient être prises.

Au début de la crise, les opposants de Netanyahu se sont plaints du manque de préparation du système hospitalier à une pandémie, affirmant qu’une commission d’enquête serait lancée alors que le nombre de malades et de morts s’accumulerait.

Plusieurs semaines après la pandémie, Netanyahu a cité une enquête qui classait Israël comme le pays le plus sûr du monde pendant l’épidémie. Bien que divers médias aient publié des articles discréditant l’enquête et se demandant si Netanyahu était lié à ses rédacteurs, les chiffres bruts ont clairement indiqué que l’État juif était en effet parmi les pays les plus sûrs au monde.

Les Israéliens qui soutiennent le Premier ministre israélien et beaucoup de ceux qui s’opposent à lui conviennent que Netanyahu a admirablement bien géré la pandémie, et ils apprécient généralement qu’un leader mondial expérimenté était aux commandes plutôt qu’un député novice.

8. Israël a des frontières sûres

Israël, contrairement à de nombreux autres pays développés, a très peu de points d’entrée. Les frontières avec la Syrie et le Liban sont pratiquement fermées de façon permanente. Il y a peu de passages à faible trafic le long de nos plus longues frontières avec la Jordanie et l’Égypte. La plupart de ceux qui entrent dans le pays le font via l’aéroport international Ben Gourion, près de Tel Aviv, ou l’aéroport international Ramón, près d’Eilat. Au début de la crise, les vols ont été sévèrement limités, empêchant les porteurs de coronavirus d’entrer dans le pays.

7. Israël a un système médical de haut niveau

En période de tragédie, Israël est connu pour sa capacité à créer rapidement des hôpitaux de campagne, comme il l’a fait en Haïti, au Népal, en Syrie et ailleurs. En Israël, des services de protection contre les coronavirus ont été rapidement établis, notamment l’ouverture immédiate d’une nouvelle salle d’urgence au sous-sol du centre médical de Sheba.

En coordination avec le ministère israélien de la Santé, le ministère de la Défense a rapidement converti les hôtels soudainement vides en centres de quarantaine pour les patients infectés par des symptômes bénins, afin que les hôpitaux ne soient pas surchargés. Ces centres de quarantaine ont également servi à accueillir le petit nombre de passagers arrivant dans le pays depuis l’étranger, pendant une période de quarantaine obligatoire de 14 jours.

6. L’armée israélienne est agile

Israël s’est empressé, grâce à la capacité d’approvisionnement des Forces de défense israéliennes et des services secrets du Mossad, d’importer rapidement du matériel d’essai, des ventilateurs, des combinaisons de matières dangereuses, des masques faciaux, des gants, de la chloroquine et d’autres fournitures qui ont été considérées nécessaire pour lutter contre la pandémie.

Les solides industries militaires d’Israël ont rapidement développé des capacités de fabrication pour produire localement des infrastructures critiques , y compris des ventilateurs et des réservoirs d’oxygène, souvent avec des mises à jour vitales et efficaces des technologies existantes.

5. Les Israéliens savent comment se protéger

Les Israéliens ont déjà été dans des situations d’urgence. Le front intérieur a pris au sérieux les ordres de mise en quarantaine. Plutôt que d’avoir à courir pour bombarder des abris, mettre des masques à gaz et sceller les chambres contre les attaques potentielles d’armes chimiques, comme cela a été nécessaire dans le passé, les exigences imposées aux Israéliens pendant le coronavirus étaient légères en comparaison et faciles pour se conformer.

4. Les industries israéliennes savent s’adapter

Comme la plupart des travailleurs de haute technologie sont des diplômés de Tsahal, la même agilité présente dans l’armée se transmet au secteur privé. Ils ont réagi rapidement et efficacement, manœuvrant les compétences militaires et l’innovation médicale pour mener la nouvelle bataille. Plus que de chercher à gagner de l’argent, les Israéliens démontrent continuellement leur volonté de trouver des solutions aux problèmes les plus urgents du monde.

Une fois les marchés mondiaux rouverts, les industries israéliennes seront prêtes à faire les pivots rapides nécessaires pour fournir au marché de nouveaux produits et solutions, et pour rester rentables.

3. Les Israéliens savent comment tourner la page

Israël est un pays qui, depuis sa fondation moderne, a été complètement traumatisé par la menace d’une guerre et d’un terrorisme en cours. Lorsque le terrorisme frappe, les services d’urgence israéliens soignent rapidement les blessés et nettoient immédiatement les lieux. Il est tout simplement incroyable de voir à quelle vitesse les Israéliens retournent au travail même après d’horribles attaques terroristes. Pour les Israéliens, le coronavirus est un autre type d’attaque. Une fois l’attaque terminée, les Israéliens feront tout ce qui est en leur pouvoir pour nettoyer le gâchis et retourner au travail.

2. Les Israéliens n’aiment pas être mis à profit

Tout comme les Israéliens sont prêts à esquiver et à se mobiliser pour se protéger et protéger les autres en cas de danger, les Israéliens ne sont pas disposés à esquiver ou à se mobiliser lorsqu’ils ne croient pas qu’ils sont en danger. Comme les Israéliens voient le nombre de cas de coronavirus diminuer et leur risque d’infection diminuer continuellement, ils seront plus disposés à revenir à la normale et moins disposés à prendre des mesures potentiellement inutiles telles que des tests de masse, à rester à l’écart. du lieu de travail et même dans une certaine mesure porter des masques.

Si les Israéliens sentent qu’ils sont mis à profit, ils sont notoirement moins disposés à respecter les règles. Bien que ce modèle de comportement soit souvent présenté comme un inconvénient, en particulier pour les Occidentaux, qui ont tendance à faire preuve de plus de discipline externe et de courtoisie envers les autres, le modèle israélien a souvent ses avantages également.

S’il devenait clair que le nombre d’infections augmentait à nouveau, les Israéliens recourraient volontiers à des mesures plus strictes.

1. Le facteur «miracle»

Alors que les Israéliens sont connus pour faire leur part en temps de danger, ils sont également connus pour leur forte adhésion à la tradition et à la foi. Dans l’expression juive fondamentale de la foi, les Juifs disent : ” Écoutez, Israël, le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est un .”

En fin de compte, il peut être impossible de savoir pourquoi certaines nations ou villes font mieux contre le coronavirus que d’autres qui ont apparemment pris des décisions similaires. Au cours de sa courte histoire, l’État d’Israël a réussi non seulement à survivre, mais même à prospérer malgré les menaces existentielles. Et bien qu’Israël n’ait pas été à l’abri de nombreuses pertes extrêmement douloureuses, l’État juif a généralement eu la chance de sortir victorieux, souvent au-delà de la raison, lorsque les enjeux sont élevés.

Via: JNS  Israel News

INFO FRANCE 2. Attentats de janvier 2015 : Hayat Boumeddiene vivante ? Une enquête ouverte après qu’une jihadiste affirme l’avoir croisée dans un camp en Syrie

Une jihadiste présumée, incarcérée dès son retour en France à la fin de l’année dernière, affirme que l’épouse du terroriste ayant mené l’attentat de l’Hyper Cacher, Amedy Coulibaly, était encore vivante en octobre 2019.

avatar

Sophie Neumayer et Eric PelletierFrance 2France Télévisions

Hayat Boumeddiene était présumée morte. Personnage central des attentats contre le journal Charlie Hebdo et le magasin Hyper Cacher, à Paris en janvier 2015, elle avait pris la fuite en Syrie. La jeune femme, aujourd’hui âgée de 31 ans, pourrait avoir échappé aux forces arabo-kurdes à l’automne dernier et serait bel et bien vivante quelque part dans la zone irako-syrienne. Elle est, depuis la fin du mois d’avril, visée par une enquête pour “association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste”, a appris France 2 de sources concordantes. 

Hayat Boumeddiene est recherchée dans le cadre de l\'enquête sur les attentats de janvier 2015. 
Hayat Boumeddiene est recherchée dans le cadre de l’enquête sur les attentats de janvier 2015.  (FRANCE 2)

Ce rebondissement repose sur un témoignage couché sur procès-verbal en mars. Une jihadiste présumée, incarcérée dès son retour en France à la fin de l’année dernière, affirme qu’Hayat Boumeddiene était encore vivante en octobre 2019. Les deux femmes se seraient croisées alors qu’elles étaient toutes deux retenues dans l’immense camp d’Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, là où vivent dans des conditions précaires bon nombre de familles de combattants islamistes de toutes nationalités. Bien que visée par un mandat d’arrêt international, Hayat Boumeddiene n’aurait pas été identifiée lors de son séjour dans le camp.

Un témoignage jugé “crédible”

Elle aurait réussi à s’évader en octobre dernier en se faisant passer pour une autre grâce à un réseau de complicités au sein du camp. Ce témoignage est jugé “crédible”, selon plusieurs sources au sein de la communauté du renseignement car il “corrobore des indications antérieures”, remontant à l’été 2019. Pour l’heure, la justice ne disposerait cependant d’aucune preuve matérielle, telles que des empreintes digitales ou génétiques, des photos ou vidéos, susceptibles de corroborer ces déclarations.

Les dernières images connues d’Hayat Boumeddiene ont été prises à l’aéroport de Madrid, le 2 janvier 2015. Le système de vidéosurveillance la montre passant le filtre de sécurité avant d’embarquer sur un vol Air Pegasus à destination d’Istanbul, en Turquie, à 14h25. Elle a été conduite jusqu’à Madrid en voiture par Amedy Coulibaly, l’homme avec lequel elle est mariée religieusement.

Hayat Boumeddiene est filmée à l’aéroport de Madrid, le 2 janvier 2015. 
Hayat Boumeddiene est filmée à l’aéroport de Madrid, le 2 janvier 2015.  (IMAGES DE VIDEOSURVEILLANCE / FRANCE 2)

Pour la justice, cette fuite, quelques jours seulement avant les attaques, ressemble à une mise à l’abri. Le 8 janvier 2015, à Montrouge (Hauts-de-Seine), Coulibaly tue une policière municipale. Le lendemain, il se retranche à l’Hyper Cacher, assassinant quatre clients de confession juive avant d’être tué à son tour par les forces de l’ordre lors de l’assaut. Au total, les attaques de janvier 2015, menées par les frères Kouachi et Amedy Coulibaly, ont fait 17 morts.

Elle donne des nouvelles à ses proches jusqu’en 2015

La présence en Syrie de la “veuve” de Coulibaly est alors mise en scène par les services de propagande de l’Etat islamique. Dans une interview à la revue Dar Al islam, le magazine francophone du groupe terroriste, Hayat Boumeddiene se félicite de vivre sur une terre qui est régie par les lois d’Allah”. La Française, veuve d’un jihadiste présenté comme un martyr, acquiert immédiatement “un statut et une protection particuliers au regard des actes terroristes commis par Amedy Coulibaly”, selon l’ordonnance de mise en accusation, le document qui résume les charges à l’encontre des 14 accusés. [Boumeddiene] s’est revendiquée de ce groupe terroriste en précisant qu’elle était armée et qu’elle suivait des cours religieux au sein de l’organisation.”

En septembre 2015, les services de renseignement français entendent le son de sa voix pour la dernière fois. A cette époque, la fugitive donne encore régulièrement des nouvelles à ses proches, décrivant la situation dans le califat autoproclamé : “Si tu savais ce qu’il y avait ici. […] Wallah si tu savais… […] Ils s’occupent de moi comme si j’étais une princesse. […] Ils prennent des précautions pour ma sécurité.” Lors d’un de ses appels, les fonctionnaires affectés aux écoutes sursautent : ils entendent un tir d’arme. Boumeddiene, armée, vient de lâcher accidentellement un coup de feu.

“Elle a été tuée”

Au fur et à mesure que les années passent et que les combats succèdent aux combats, les nouvelles se raréfient. En mars 2019, après la chute de la dernière grande poche de résistance des jihadistes face aux forces arabo-kurdes, à Baghouz, Dorothée Maquere, l’épouse du jihadiste français Jean-Michel Clain, accorde un entretien à des journalistes européens. Elle donne Hayat Boumeddiene pour morte : Elle a été tuée […]. On ne peut pas vous dire les conditions, les heures, c’était quand, tout s’est précipité ces derniers jours”, explique-t-elle. Et réaffirme: “Elle a bien été tuée en tout cas.” Sans que l’on sache s’il agissait de protéger une “sœur” en livrant une fausse version.

Hasard du calendrier, le procès des attentats de Charlie Hebdo, des meurtres de Montrouge et de l’Hyper Cacher devait se tenir ce mois-ci. Mais il a dû être reporté au 2 septembre pour cause de pandémie de Covid-19. Les audiences devant la cour d’assises spécialement composée, compétente en matière de terrorisme, sont prévues pour durer plus de deux mois. Hayat Boumeddiene, mise en examen pour “financement du terrorisme” et “association de malfaiteurs terroriste en vue de préparer des crimes d’atteintes aux personnes”, figure parmi les accusés.

Pour les juges d’instruction spécialisés, cette dernière a participé activement à la préparation des attaques, en se livrant à des escroqueries pour se procurer des voitures grâce à de faux bulletins de salaires et à de faux avis d’imposition : “Elle ne pouvait ignorer que l’argent ainsi obtenu frauduleusement puis retiré en espèces sur son compte bancaire à partir du mois d’octobre 2014, allait être utilisé à des fins terroristes”, estiment les juges dans leur ordonnance de mise en accusation. Hayat Boumeddiene pourrait être jugée par défaut si elle reste introuvable d’ici à l’ouverture de l’audience.

Corona et antisémitisme: rapport inquiétant du gouvernement

 par Shraga Blummai

Haine du Juif, haine de l’Etat d’Israël

Un rapport publié par le ministère des Enjeux stratégiques établit le même constat que l’Anti-Defamation League américaine: la crise du Corana a encore donné un coup d’accélérateur à la recrudescence déjà constatée de l’antisémitisme à travers le monde. Le rapport indique deux origines distinctes à ces manifestation même si elles se rejoignent dans la haine des Juifs et de l’Etat d’Israël. D’une part certains milieux d’extrême-droite en Europe et aux Etats-Unis et de l’autre des pays, Ong, organisations semi-étatiques et groupes terroristes qui rajoutent la corde de la crise du Corona à l’arc de leur campagne de délégitimation d’Israël.

Le rapport intitulé « Le virus de la haine » met en évidence les thèmes similaires de l’antisémitisme classique employés par ces deux sources différentes, dans leurs écrits ou les caricatures qu’elles diffusent, notamment à travers leurs réseaux sociaux. Les Juifs et l’Etat Israël sont conjointement accusés de répandre le virus du Corona, de profiter de la crise mondiale pour s’enrichir ou pour asseoir leur « domination sur le monde », et sur le plan régional pour « liquider la question ‘palestinienne’ ».

Le BDS tient une part non négligeable dans la diffusion du virus antisémite, comme le montrait un rapport précédent du ministère des Enjeux stratégiques intitulé « Derrière le masque ». Ce rapport recensait – de manière non exhaustive – de plus de quatre-vingt déclarations, photos ou caricatures diffusées par le BDS, de nature totalement antisémite et sans rapport aucun avec avec les objectifs officiels affichés par cette organisation tentaculaire. En fait, ces éléments démasquent définitivement leurs organisateurs.

Un exemple avec ce dessin du caricaturiste « officiel » du BDS, le Brésilien Carlos Latuff, qui figure comme accompagnement de cet article: on n’y voit un camp clôturé empli de ‘Palestiniens’, avec des miradors, fermé par un cadenas au couleurs du drapeau d’Israël et gardé par un soldat de Tsahal. Les « prisonniers » appellent à l’aide car Israël a introduit le virus du Corona dans cette enceinte afin de contaminer – donc tuer – tout le groupe. En plus d’être à l’opposé de la vérité, puisqu’Israël aide l’Autorité Palestinienne et même le Hamas à combattre le virus, il s’agit aussi d’une nazification de Tsahal et de l’Etat d’Israël en utilisant machiavéliquement des thèmes empruntés à la Shoah.

La crise du Corona vient donc à point nommé pour les antisémites et antisionistes de tous poils pour revigorer leur entreprise de délégitimation des Juifs et de l’Etat d’Israël.

Photo Yonatan Sindel/Flash90

Après la publication de ce rapport, le ministre aux Enjeux stratégiques Guilad Erdan a déclaré: « Le ministère duquel je suis responsable a pour mission de faire tomber les masques et révéler le visage hideux des antisémites à travers le monde. Il est inquiétant de constater que même en période de crise mondiale, certains font des heures supplémentaires pour inciter contre le peuple juif et l’Etat d’Israël, et cette fois-ci, c’est le Corona qui en est le prétexte. J’appelle la communauté internationale à adopter une attitude ferme contre toute manifestation d’antisémitisme et d’empêcher ce type de discours particulièrement en cette période. Nous continuerons notre combat de toutes nos forces contre ceux qui haïssent Israël ».

Une tribune inattendue dans » Le Point » contre le boycott d’Israël

Un appel anti-boycott dans le Point

« Protégeons les Arabes qui dialoguent avec Israël »

Le Point publie une tribune signée par plus de soixante députés et sénateurs français de droite, du centre et de gauche, anciens chefs de gouvernement, anciens ministres, intellectuels, qui s’engagent contre le virus de la haine en apportant leur soutien aux représentants de la société civile de seize pays arabes qui ont fondé le Conseil arabe pour l’intégration régionale. Celui-ci a pour objectif de tendre la main à Israël et de lutter contre les préjugés en instaurant un véritable dialogue israélo-arabe pour normaliser les relations et mettre fin à toute forme de boycottage.

« Nous, responsables politiques de la majorité comme de l’opposition, anciens ministres de la République, intellectuels, souhaitons apporter notre soutien à l’initiative historique du Conseil arabe pour l’intégration régionale (ACRI), dont les membres appellent à briser le tabou du boycott de la société civile israélienne dans le monde arabe. Le Conseil arabe rassemble plus d’une trentaine de leaders d’opinion – intellectuels, hommes politiques, artistes, militants des droits de l’homme – originaires de plus de quinze pays arabes, du Maghreb au Machrek. Ces hommes et ces femmes savent que la paix est un combat et que ce combat se mène sur le terrain des idées. Pour faire reculer la culture de haine et sortir de l’impasse actuelle, ils estiment qu’il est temps de tirer les leçons des échecs passés en prenant le parti du dialogue avec la société israélienne plutôt que celui de la censure, de la coexistence judéo-arabe plutôt que celui du rejet et de l’exclusion.

Le Conseil arabe n’entend pas se substituer aux diplomaties des États de la région, mais semer les graines d’une vision différente et novatrice, posant à la fois un défi et une opportunité pour toutes les parties au conflit. Cette vision est fondée sur un constat. Les propositions traditionnelles de paix politique « par le haut » n’ont pas résisté à l’épreuve de la réalité, les sociétés civiles de la région n’ayant pas été suffisamment mobilisées et engagées à répercuter sur le terrain ces efforts. De la même manière, le développement économique est certes indispensable pour créer les infrastructures matérielles d’une paix future, mais il ne déterminera pas à lui seul l’attitude qu’adopteront les sociétés concernées à l’égard d’un accord qui impliquera de part et d’autre des compromis douloureux. Il n’y aura pas de paix sans le développement d’une culture de paix, laquelle passe par l’établissement d’un dialogue franc et ouvert entre les sociétés civiles du monde arabe et la société israélienne.Or le boycott d’Israël a eu un triple effet pervers. Il a impacté négativement la dynamique israélo-palestinienne en empêchant les Arabes d’influer sur ce conflit de manière positive et en contribuant à isoler la société civile palestinienne de son environnement arabe. Dans le même temps, il a alimenté le scepticisme et la défiance d’une société israélienne en butte à l’hostilité et à l’ostracisme de son environnement géopolitique proche. Enfin, il a servi de modèle aux boycotts intra-arabes et intra-islamiques qui balkanisent cette région du monde. Le boycott est donc une démarche contre-productive qui n’a avantagé que les radicaux et les extrémistes de tous bords.

Les mêmes logiques de haine et d’exclusion qui déstabilisent l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient s’exportent malheureusement chez nous

« En tant qu’élus de la République, nous partageons sur ces sujets une préoccupation commune, quelles que soient nos orientations politiques. Nous sommes confrontés, depuis les années 2000, à l’instrumentalisation du conflit israélo-palestinien sur le territoire national. Ce phénomène s’est traduit par l’explosion sans précédent des actes antisémites. Les mêmes logiques de haine et d’exclusion qui déstabilisent l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient s’exportent malheureusement chez nous. Ces répercussions violentes affaiblissent notre tissu social alors que notre pays est le foyer des plus grandes communautés juives et musulmanes du Vieux Continent. Nous pensons qu’en mobilisant les sociétés civiles du Maghreb et du Machrek pour faire avancer une véritable culture de paix, le Conseil arabe peut contribuer à faire reculer l’extrémisme non seulement dans cette région du monde, mais aussi sous nos latitudes.

Les membres du Conseil arabe sont des bâtisseurs de paix. Ils proposent des projets de coopération concrets et innovants qui peuvent avoir un réel impact sur le terrain. Mohammed Dajani, un intellectuel palestinien militant pour la paix, a ainsi l’intention de créer le premier programme conjoint de doctorat pour les études sur la paix dans la région, réunissant Arabes, Israéliens et spécialistes internationaux de la résolution des conflits. Le journaliste algérien Sami Baziz propose quant à lui une formation avancée pour les professionnels des médias arabes, malheureusement imprégnés par les fausses théories du « complot juif » qui ont bloqué toute discussion constructive sur l’avenir de l’Algérie et sa relation avec le monde juif et Israël. Maryam al-Ahmedi, militante émiratie des droits de l’homme, propose de créer une ligue des femmes de l’ensemble du Moyen-Orient pour faire avancer la cause de la tolérance et de l’égalité hommes-femmes. Ces projets constituent, selon Sami al-Nesef, ancien ministre koweïtien de l’Information, l’extension culturelle et civique de l’Initiative de paix arabe, introduite pour la première fois par la monarchie saoudienne en 2002. Le député égyptien Mohamed Anwar el-Sadate appelle de son côté à la mise en œuvre de projets similaires dans son pays, afin de mettre en œuvre les promesses originelles des accords de Camp David signés par son oncle défunt et martyr de la paix, le président Sadate.

La coopération israélo-arabe pour lutter contre le Covid-19 est un impératif moral et pratique

D’autres membres du Conseil arabe qui ont également témoigné le 11 février dernier à l’Assemblée nationale envisagent une coopération dans les domaines de la santé publique, du développement des infrastructures et de l’hydrologie. Tous conviennent que, dans le contexte de pandémie mondiale affectant tous les peuples sans exception, la coopération israélo-arabe pour lutter contre le Covid-19 est un impératif moral et pratique. La crise sanitaire actuelle fournit une belle illustration du pouvoir de la société civile lorsque celle-ci est mobilisée au service du bien commun. Nous nous félicitons de ce point de vue de l’efficacité de la coopération israélo-palestinienne, qui a permis d’endiguer la propagation du coronavirus entre le Jourdain et la Méditerranée. Cette coopération inédite a sauvé des vies et redonné espoir aux partisans du dialogue et de la réconciliation.

« Mais ces nobles projets ne pourront voir le jour tant que les lois de la plupart des pays arabes continueront de menacer les partisans arabes du dialogue avec les Israéliens. Ces lois « anti-normalisation » criminalisent et marginalisent la démarche des membres du Conseil arabe qui pourrait pourtant apporter une contribution utile à l’établissement d’une culture de paix digne de ce nom dans la région.

La France peut jouer un rôle bénéfique

C’est pourquoi nous appelons le gouvernement français et nos partenaires européens à offrir une protection internationale aux membres du Conseil arabe pour l’intégration régionale et, plus généralement, aux Arabes du Maghreb et du Machrek qui appellent à la paix et au dialogue avec les Israéliens. Nos agents diplomatiques en poste à l’étranger devraient, le cas échéant, pouvoir être mobilisés afin d’assurer une telle protection fondée sur le principe d’inviolabilité diplomatique reconnu par le droit international. Outre la garantie d’une protection internationale, nous proposons également la création d’un groupe d’études à l’Assemblée nationale comme au Sénat, dont la mission serait d’assurer une veille juridique et technique des obstacles auxquels sont confrontés les partisans arabes du dialogue avec les Israéliens. Nos assemblées pourraient se réunir chaque année – à l’occasion notamment du Forum de Paris sur la paix – pour dresser un bilan des actions entreprises par le Conseil arabe et des difficultés rencontrées sur le terrain par ses membres pour faire avancer leurs nobles projets.

Forte de ses liens historiques et de ses relations diplomatiques, militaires, économiques et culturelles avec l’ensemble des pays du monde arabe, la France peut jouer un rôle bénéfique en encourageant la démarche constructive des membres du Conseil arabe et les projets qu’ils portent. En renforçant nos liens avec les acteurs de ce rapprochement entre les sociétés civiles du monde arabe et d’Israël, notre pays pourra peser davantage et permettre à la paix de trouver son chemin dans une région qui en a tant besoin. »

Voici la liste des premiers signataires de cette tribune :

Édith Cresson, ancienne Première ministre

Manuel Valls, ancien Premier ministre

Christophe Arend, député, président du bureau de l’assemblée parlementaire franco-allemande

Julien Aubert, député

Valérie Bazin-Malgras, députée

Aurore Bergé, députée, présidente du groupe d’amitié France-Israël à l’Assemblée nationale

Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France, ancien ministre

Jean-Marie Bockel, sénateur, membre de la commission des Affaires étrangères et des Forces armées, ancien ministre

Pierre-Yves Bournazel, député, secrétaire de la commission des Affaires culturelles et de l’Éducation

Guy Bricout, député

Pascal Bruckner, essayiste

Jacques Cattin, député

Paul Christophe, député

Ilana Cicurel, députée européenne

Daniel Cohn-Bendit, ancien député européen

Philippe Dallier, vice-président du Sénat, président du groupe d’amitié France-Israël au Sénat

Bernard Deflesselles, député, membre de la commission des Affaires étrangères

Stéphane Demilly, député

Catherine Deroche, secrétaire du Sénat

Philippe Douste-Blazy, ancien ministre de la Santé et des Affaires étrangères

François de Rugy, député, membre de la commission des Affaires étrangères, ancien ministre d’État

Roger-Pol Droit, écrivain, philosophe

Christophe-André Frassa, secrétaire de la commission des Lois

Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice, secrétaire de la commission des Affaires étrangères

André Gattolin, sénateur, vice-président de la commission des Affaires européennes

Sandro Gozi, député européen

Meyer Habib, député, vice-président de la commission des Affaires étrangères

Michel Herbillon, député, vice-président de la commission des Affaires étrangères

Loïc Hervé, sénateur, secrétaire de la commission des Lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du règlement et d’administration générale

Anne Hidalgo, maire de Paris

Alain Houpert, sénateur

Jacques Julliard, essayiste, historien

Roger Karoutchi, sénateur, ancien ministre

Rodrigue Kokouendo, député, vice-président de la commission des affaires étrangères

Bernard Kouchner, ancien ministre des Affaires étrangères

Jean-Christophe Lagarde, député, président de l’UDI et président UDI-AGIR & Indépendants à l’Assemblée nationale

Jean-Luc Lagleize, député

Guillaume Larrivé, député, président de La France demain

Philippe Latombe, député

Geneviève Lévy, députée

Marc Le Fur, député, vice-président de l’Assemblée nationale

Constance Le Grip, députée, vice-présidente de la commission des Affaires culturelles et de l’Éducation

Jean-Marie Le Guen, ancien ministre

François Léotard, ancien ministre

Olivier Léonhardt, sénateur

Corinne Lepage, ancienne ministre

Nicole Le Peih, députée, membre de la commission des Affaires étrangères

Geneviève Lévy, députée

Jean-François Longeot, sénateur

Gérard Longuet, sénateur, ancien ministre

Sylvain Maillard, député, président du groupe d’étude antisémitisme

Jacques Maire, député, président du groupe ALDE à l’Assemblée parlementaire, membre de la commission des Affaires étrangères et de l’Europe

Didier Mandelli, sénateur

Hervé Maurey, sénateur, président de la commission de l’Aménagement du territoire et du Développement durable

Pierre Médevielle, sénateur, secrétaire de la commission des Affaires européennes, président du groupe d’amitié France-Oman

Jean-Michel Mis, député

Adrien Morenas, député, vice-président de la commission du Développement durable

Catherine Morin-Dessailly, sénatrice, présidente de la commission de la Culture, de l’Education et de la Communication

Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, président de Toulouse métropole

Olivier Paccaud, sénateur

Cyril Pellevat, sénateur, vice-président de la commission des Affaires européennes

Guillaume Peltier, député, vice-président délégué, Les Républicains

François Pupponi, député

Didier Quentin, député, membre de la commission des Affaires étrangères

Claude Raynal, sénateur, vice-président de la commission des Finances

Bruno Retailleau, sénateur, président du groupe Les Républicains

Boualem Sansal, écrivain

Thierry Solère, député

Bertrand Sorre, député, secrétaire de l’Assemblée nationale

Simon Sutour, sénateur, vice-président de la commission des Affaires européennes

Jean-Pierre Sueur, sénateur, vice-président de la commission des Lois, ancien ministre

Simon Sutour, sénateur, vice-président de la commission des Affaires européennes

Agnès Thill, députée

Laurence Trastour-Isnart, députée, membre de la commission de la Défense nationale et des Forces armées

Guy Teissier, député, membre de la commission des Affaires étrangères

André Vallini, sénateur, ancien ministre, membre de la commission des Affaires étrangères

Arnaud Vialla, député

Michel Vialay, député

Philippe Vigier, député, président Libertés et Territoires

Sylvain Waserman, député, vice-président de l’Assemblée nationale, membre de la commission des Affaires étrangères

Richard Yung, sénateur, membre de la commission des Affaires étrangères

Le BNVCA accueille avec satisfaction la décision du Parquet de Paris qui dans l’affaire de l’assassinat de Madame Mireille Knoll, réclame un procès pour meurtre à caractère antisémite contre deux suspects

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le BNVCA accueille avec satisfaction la décision du Parquet de Paris qui dans l’affaire de l’assassinat de Madame Mireille Knoll, réclame un procès pour meurtre à caractère antisémite contre deux suspects.

Le meurtre a été commis à Paris  11eme le 23 mars 2018 au domicile de la victime, âgée de 85 ans.

Madame Mireille Knoll avait été poignardée et brûlée par deux individus dont l’un était son voisin.

Nous rappelons que c’est le BNVCA qui informé par un voisin de la victime avait immédiatement communiqué sa conviction que l”assassinat était de nature antisémite et qualifié ce meurtre d’anti -juif.


Le BNVCA est partie civile dans ce procès, et son avocat Maitre Charles Baccouche défend la famille Knoll avec Maitre Goldnadelet et représente le BNVCA.

Le Président Sammy GHOZLAN 

Le BNVCA salue la décision du Parquet de Paris d’ouvrir un enquête à l’encontre de Dieudonné prétendu humoriste, mais antisémite notoire.

Communique de Presse

Le BNVCA salue la décision du Parquet de Paris d’ouvrir un enquête à l’encontre de Dieudonné  prétendu humoriste, mais antisémite notoire

 L’enquête visant le polémiste Dieudonné M’Bala M’Bala, notamment pour “apologie de crimes contre l’humanité”, a été ouverte jeudi à la suite d’une plainte du Conseil représentatif des institutions juives (Crif).  qui avait déposé plainte suite à la diffusion de vidéos humiliant Simone Veil rescapée d’Auchswitz la mettant en  scène avec le négationniste Faurisson.

Le BNVCA rappelle que nous avons récemment déposé plainte contre Dieudonné qui vient à nouveau de diffuser une vidéo  abjecte antisémite.

Nous attendons que la justice fasse enfin appliquer les décisions des tribunaux qui ont déjà condamné ce délinquant récidiviste à plusieurs peines qui n’ont pas été exécutées à ce jour.

Le Président Sammy GHOZLAN 

Jérusalem : Israël envoie un message de solidarité à la diaspora juive meurtrie par le coronavirus

Israël a envoyé mardi soir un message de solidarité à la diaspora juive meurtrie par l’épidémie de coronavirus.

Des drapeaux de la France, des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de l’Italie ont été projetés sur les murailles de la vieille ville de Jérusalem. Quatre communautés juives particulièrement touchées par l’épidémie.

“Jérusalem prie pour la guérison des communautés juives de Paris, Londres, Rome et New York”, a déclaré la ministre de la Diaspora Tzipi Hotovely.

Projected right now on walls of Old City of Jerusalem, initiative of the Diaspora Affairs Ministry to show solidarity with Jewish communities which have been hit hard by the COVID-19 pandemic, including the US, France, UK and Italy.

Voir l'image sur Twitter

“Les communautés juives de diaspora se sont tenues à nos côtés lors des guerres et des attentats. Elles aussi ont célébré avec nous les périodes de triomphe. Aujourd’hui, nous sommes avec vous”, a-t-elle ajouté.

La ministre a noté que la fête juive de Lag Ba’omer qui est tombée mardi commémore la cessation d’une peste enregistrée par le Talmud qui a tué 24 000 disciples du sage Rabbi Akiva.

“La peste s’est arrêtée à Lag Ba’omer et donc ce jour symbolise l’unité. Notre cœur bat comme un et nous devons rester unis dans les moments difficiles. Nous prions pour que nos prières soient exaucées”, a-t-elle poursuivi.

Le Monde Juif

Tags antisémites et anti-sionistes à Paris le BNVCA réclame une action de La Maire de Paris.

Le BNVCA est requis par de nombreux parisiens scandalisés par les tags antisémites et anti sionistes qui fleurissent sur les murs de certains arrondissements de la ville de Paris ou sur divers supports.  

Nous soulignons que déjà Mr Shimon Samuels, Directeur des Relations Internationales du Centre Simon WIesenthal en avait alerté la Mairie de Paris à plusieurs reprises afin que les services techniques de la ville de Paris procèdent à la destruction de ces tags et de ces sticks haineux, antisémites et anti-israéliens.

Nous rappelons que ce sont ces sortes de slogans qui ont conduit des antisémites et des antisionistes à assassiner des juifs et des juives en plein Paris.

Ces insanités ont été vues d’une manière générale dans le X ème arrondissement aux abords des Gares de l’Est et du Nord.

Des autocollants appellent à une « séparation entre l’État français et le CRIF » (Conseil juif de direction juive). 

D’autres assimilent Israël à l ‘Allemagne nazie.

Quant aux appels à boycott ils sont notamment collés sur les murs des banques (comme HCBC et LCL) ou encore sur les vitrines de certaines agences d’assurances.

Nous rappelons que tout appel à boycott constitue un délit prévu et réprimé par nos lois.

Nous tenons à préciser que ce sont bien les slogans anti israéliens de ce type qui, parce qu’ils incitent à la haine de l’État juif ont poussé à l’acte violent antisémite voire meurtrier.

Le BNVCA réclame instamment à Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris qu‘elle donne sans délai des instructions précises à ses services afin que ces autocollants antisémites ou anti sionistes qui polluent les murs de la capitale, soient détruits et tous ces graffitis anti juifs effacés.  

Nous exercerons notre vigilance jusqu’à ce que ces souillures aient disparu du paysage parisien. 

France : le FSJU envoie des masques aux survivants de la Shoah

Le FSJU a acheté plusieurs milliers de masques, qui seront envoyés par voie postale aux survivants et enfants cachés de la Shoah suivis par le service Passerelles

Par TIMES OF ISRAEL STAF

Une bénévole du Fonds social juif unifié prépare les kits de masques envoyés aux survivants de la Shoah. (Crédit : Twitter @fsju)

Une bénévole du Fonds social juif unifié prépare les kits de masques envoyés aux survivants de la Shoah. (Crédit : Twitter @fsju)

Le Fonds social juif unifié (FSJU) a lancé une nouvelle opération à destination des survivants de la Shoah.

Mise en place via l’initiative Passerelles, dédié à l’écoute, l’orientation et l’aide aux survivants, le nouveau projet vise à distribuer des masques dans le cadre de la pandémie de coronavirus.

L’association a ainsi acheté plusieurs milliers de masques, qui seront envoyés par voie postale aux survivants et enfants cachés de la Shoah suivis par le service Passerelles.

Cela leur évitera « d’aller dans un supermarché, où c’est anxiogène de faire la queue, en pharmacie… Ils recevront tous un kit de masques chirurgicaux aux normes CE », a expliqué vendredi Richard Odier, directeur général du FSJU, au micro de RCJ.

Le projet vise ainsi à les soutenir directement et touchera dans un premier temps 800 à 900 personnes, avec l’envoi de 4 000 masques – des personnes isolées et des écoles pourront également en recevoir suivant le stock disponible.

Richard Odier, directeur général du FSJU. (Crédit : fsju.org)

« C’est une action magnifique, puisqu’on vient aussi amener un petit courrier d’accompagnement, on maintient le lien avec eux, et il y a aussi les plateformes téléphoniques [du FSJU] », a expliqué Richard Odier.

Le responsable associatif rappelle ainsi que, « depuis le début de la crise, tous nos bénévoles et les équipes de Passerelles de Lyon à Nice, de Marseille à Paris, appellent tous les jours [les survivants]. Nos professionnels, nos éducateurs, nos psys, font des jeux, des devinettes, partagent des vidéos, traduisent des textes parfois en yiddish, parfois en ladino, sur Zoom ou par téléphone. […] Un lien hors du commun a été maintenu », dit-il.

FSJU@fsju

🚨

Envoi à domicile de masques pour les survivants de la Shoah.
Opération du @FSJU avec le service d’accompagnement Passerelles.@GOLDMANNAriel @Les_Derniers @lauratenoudji @Fondation_Shoah @Shoah_Memorial @arnoklarsfeld @OdierRichard

Voir l'image sur Twitter
Voir l'image sur Twitter
Voir l'image sur Twitter

L’animatrice de RCJ a rappelé la nécessite des dons au FSJU (sur le site de l’association). Richard Odier a ajouté que les messages de soutien, notamment sur les réseaux sociaux, aux bénévoles du FSJU étaient également importants.

Le soldat Amit Ben Igal a été tué ce matin par un palestinien

L’incident s’est produit alors que les troupes israéliennes quittaient le village de Yaabed près de la ville de Jénine. Le sergent d’état-major Amit Ben Yigal, âgé de 21 ans, et ses camarades de l’unité de reconnaissance de la brigade Golani procédaient à l’arrestation de quatre terroristes, a indiqué Tsahal. Les soldats ont été la cible de jets de parpaing lancés depuis les toits des immeubles. L’un d’entre eux a touché Amit à la tête et malgré son casque, le jeune homme a été grièvement blessé. Transporté à l’hôpital Rambam de Haïfa par hélico dans un état critique, Amit a succombé à ses blessures. 

« Nous retrouverons les responsables » a déclaré Benjamin Netanyahou.  » Tsahal retrouvera les terroristes et les traduira en justice » a ajouté Naftali Bennett. A l’heure qu’il est, l’armée israélienne ratisse le secteur. 

Amit Ben Igal, originaire de la ville de Ramat Gan près de Tel Aviv, est, depuis le début de l’année, la première victime de Tsahal en Judée Samarie .

« J’ai perdu mon fils unique pour Israël, il était le seul but de ma vie, je ne sais pas comment je vais continuer ma vie » a confié le père d’Amit a radio Khan. 

L’enterrement d’Amit aura lieu cet après-midi. 

L’année dernière un soldat de l’Unité d’élite Douvdevan avait été tué dans les mêmes conditions. Il avait été la cible d’un jet de pierre (ressemblant plus a un bloc de béton) dans la banlieue de Ramallah en Judée Samarie. Aux environs des cinq heures du matin, le commando était entré dans le camp de réfugiés d’al-Am’ari dans la banlieue de Ramallah pour arrêter un Palestinien recherché. Lors de l’opération, de violentes émeutes avaient éclaté, des objets lancés et un soldat resté dans la ruelle pour sécuriser les environs, avait reçu le bloc de béton sur la tête jeté depuis le toit. 

Ce n’est pas un événement inhabituel, les soldats des unités d’intervention opérant dans les camps palestiniens surpeuplés sont souvent l’objet d’attaque par les résidents qui leur lancent des blocs de béton et même des meubles ou des machines à laver.

Tel-Avivre –

LE BNVCA EXCÉDÉ PAR LES FACÉTIES VIOLEMMENT ANTISÉMITES DE DIEUDONNÉ DÉPOSE UNE NOUVELLE PLAINTE CONTRE CE DÉLINQUANT RÉCIDIVISTE ANTIJUIF.

Communique de Presse

Drancy le 11 mai 2020


Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme dénonce et condamne avec la plus grande vigueur la nouvelle vidéo violemment antijuive diffusée sur Internet par le sieur M Bala M Bala, alias Dieudonné.

En faisant référence à Jésus il traite les juifs de «marchands du Temple» dans le but d’attirer les chrétiens à sa rhétorique.  

Cette information capitale nous a été transmise par le groupe BTA (Balance ton antisémite), une organisation qui observe et détecte efficacement l’antisémitisme sur internet.

Dans son délire antisémite Dieudonné accuse les juifs de détenir tous les pouvoirs. Il répète le vieux poncif du « juif et de l’argent ». 

Il termine en mimant vocalement et physiquement Hitler et en prétendant que si ce dictateur a pris des dispositions contre les juifs c’est parce           « qu’il y avait certainement des raisons de part et d’autre ».

Nous ne supportons plus les facéties et les discours dangereux de cet individu qui incite impunément ses fans sinon toute la population à la haine du juif. 

Nous demandons à la justice de notre pays de mettre un terme une fois pour toutes aux nuisances de ce personnage  délinquant récidiviste plusieurs fois condamné mais qui n’a jamais exécuté aucune des peines qui lui ont  été infligées.                

Le BNVCA a chargé son conseil Maître Charles Baccouche  de déposer une nouvelle plainte et de réclamer l’effacement de cette nouvelle vidéo obscène et incendiaire

Le Président Sammy Ghozlan  

Le BNVCA proteste énergiquement auprès de l’ambassadeur d’Ukraine en France après que le chef de la police ukrainienne ait réclamé la liste des juifs de leur pays.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme a été requis par un grand nombre de correspondants scandalisés à juste titre par une information publiée par la chaîne télévisée I24 News ainsi que par des réseaux sociaux.

Selon cette information, le chef de la police d’Ukraine aurait réclamé la liste des juifs vivant dans leur pays.

Cette demande surréaliste constitue une grave forme de discrimination qui nous rappelle la période la plus noire du XXe siècle. 

Rien ne justifie que l’on distingue les juifs des autres citoyens de cette nation.

Le BNVCA a saisi par courrier recommandé Mr Oleh Shamshur Ambassadeur d’Ukraine en France auquel nous demandons qu’il exprime à son gouvernement notre protestation énergique et notre inquiétude. 

Nous lui précisons que nous attendons de ses dirigeants qu’ils annulent sans délai cette demande inadmissible dangereuse et ignoble du chef de la police d’Ukraine.

Nous l’invitons à nous indiquer les dispositions que son gouvernement prendra à ce sujet. 

Simultanément nous sollicitons par écrit recommandé Mr Yves Le Drian Ministre français des Affaires Etrangères, afin que le Quai d’Orsay suive attentivement ce dossier et appuie notre requête légitime. 

 Le Président Sammy Ghozlan – 01 77 38 49 44

INTERVIEW CRIF – GESTION DE LA CRISE COVID-19 EN ISRAËL : DROR EVEN-SAPIR RÉPOND À NOS QUESTIONS SUR LE MÊME THÈME

Avec moins de 300 morts pour 9 millions d’habitants, Israël fait figure de modèle dans la gestion de la crise du covid-19. Depuis quelques jours déjà, Israël a initié un déconfinement graduel de la population. Le journaliste Dror Even-Sapir fait le bilan d’un début de sortie de crise maîtrisé. 

Propos recueillis par Marie-Sarah Seeberger

Le Crif – Il y a quelques jours, le gouvernement israélien a annoncé la sortie progressive du confinement. Quelle est la situation sanitaire actuelle ?

Dror Even-Sapir – La tendance au ralentissement du rythme des contaminations se confirme avec une quarantaine de nouveaux cas détectés par jour, un chiffre nettement inférieur aux moyennes constatées il y a encore deux ou trois semaines. A l’heure ou je réponds à vos questions, 5586 personnes sont malades, et quelques dizaines seulement ont dû être hospitalisées. A l’échelle de la population israélienne, ces chiffres sont relativement bas. De nombreux départements hospitaliers, établis dans l’urgence pour faire face à l’épidémie, ont récemment fermé leurs portes, faute de patients.  

La proportion de décès dus au covid-19 est elle aussi très faible, puisque sur les 16 289 personnes dont la contamination a été avérée depuis l’apparition de la pandémie en Israël, 238 ont perdu la vie.

Le Crif – Comment les Israéliens ont-ils vécu, d’abord le confinement, puis le déconfinement ?

Dror Even-Sapir – On aurait pu craindre que, fidèles à leur réputation, les Israéliens ne parviennent pas à s’auto-discipliner, ni à se comporter avec le minimum de civisme nécessaire dans ce genre de crise. Mais force est de constater que la population a respecté les consignes émises par les autorités, et que les restrictions liées au confinement ont été globalement appliquées. Quelques exceptions ont bien sur été constatées, notamment dans certaines franges des communautés ultra-orthodoxes, traditionnellement méfiantes à l’égard de l’État et de ses institutions. 

L’attitude de la population a permis à la période de confinement de faire la preuve de son efficacité, et au gouvernement d’annoncer, le 4 mai dernier, un déconfinement partiel et graduel. Par étapes, les commerces rouvrent leurs portes, les restrictions aux déplacements et aux regroupements sont soit allégées soit supprimées , les transports en commun reprennent la fréquence habituelle de leurs trajets, les élèves reprennent le chemin des établissements scolaires… 

Mais cette amorce d’un retour à la normale s’accompagne d’une injonction plus ferme encore qu’auparavant à respecter les gestes-barrière : le port du masque reste obligatoire sur la voie publique, et les Israéliens doivent continuer à se tenir à aux moins deux mètres les uns des autres. Les autorités craignent que l’allègement des restrictions et le bilan positif de la gestion de la crise entraînent un relâchement de l’autodiscipline ainsi qu’une érosion de la prudence des Israéliens. Les critères d’un retour en arrière ont d’ailleurs été rendus publics : cent cas ou davantage de nouvelles contaminations quotidiennes, leur doublement tous les dix jours au moins, ou bien encore un nombre total de malades graves atteignant les 250 cas, et le pays devra, à nouveau, se confiner.

Pour éviter d’en arriver là, le ministère de la santé s’apprête à lancer une campagne de tests sérologiques à grande échelle, qui permettra de localiser d’éventuels foyers de contaminations et d’isoler le plus rapidement possible les personnes infectées.

Sur le plan économique, la reprise récentes de certaines activités a entraîné ces derniers jours une baisse du nombre de chômeurs. Mais les experts s’accordent à dire qu’une grande partie des salariés ayant perdu leur emploi pendant la crise ont peu de chance de le retrouver. Le pays compte désormais un million quinze cents chômeurs, alors que leur nombre était particulièrement bas, environ quatre pour cent des actifs, avant le début de la crise.

L’inquiétude est grande également parmi les petits et moyens entrepreneurs, nombreux à avoir du  considérablement diminuer voire interrompre leurs activités. Un système d’aide a été mis en place par le gouvernement, mais les entrepreneurs concernés se plaignent de son manque de générosité.

“Une politique efficace de gestion de crise, caractérisée essentiellement par la rapidité avec laquelle les autorités ont pris conscience de la gravité de la situation, puis pris les décisions qui s’imposaient.”

Le Crif – Dans la lutte contre le Covid-19, Israël fait figure de modèle – avec 238 morts pour 9 millions d’habitants. Un savant mélange de prises de décisions percutantes et de technologies ? 

Dror Even-Sapir – Incontestablement, la crise sanitaire a été bien gérée. Même si se livrer à un travail de comparaison avec d’autres pays peut s’avérer trompeur, la situation en Israël est, en termes de nombre de contaminations, de malades, et de décès, de loin préférable à celle que connaissent la plupart des pays occidentaux.

Certaines des particularités de la société israélienne n’incitaient pourtant pas à l’optimisme : la très forte densité de la population dans le centre du pays, et le mode de vie très familial et communautaire de nombreux Israéliens auraient pu favoriser une propagation rapide du virus. A l’inverse, la jeunesse de la population a joué un rôle positif. La grande majorité des Israéliens contaminés l’ont été pendant des séjours à l’étranger ou des rassemblements festifs ou religieux occasionnées par la fête de Pourim, deux contextes qui ne concernaient que marginalement les personnes appartenant aux tranches d’ages considérées comme étant à risque.

A cela s’ajoute naturellement une politique efficace de gestion de crise, caractérisée essentiellement par la rapidité avec laquelle les autorités ont pris conscience de la gravité de la situation, puis pris les décisions qui s’imposaient. Très rapidement, les Israéliens revenant de l’étranger ont du respecter une période d’auto-confinement total de quinze jours dès leur retour au pays, et seuls les ressortissants étrangers étant en mesure d’en faire autant étaient autorisés à se rendre en Israël. Rapidement également, plusieurs hôtels ont été réquisitionnés et transformés en centres d’accueil pour les nombreuses personnes contaminées ne nécessitant pas d’être hospitalisées.

Aspect crucial de la lutte contre la propagation du covid-19, les tests de dépistage ont pu être pratiqués à une échelle relativement grande. Les chiffres les concernant n’ont pas toujours été communiqués, mais au plus fort de la crise plus de dix mille personnes étaient testées par jour, soit loin de l’objectif des trente mille test que s’était fixé le premier, mais davantage, proportionnellement, que bien des pays occidentaux.

La question du traçage numérique par les services de sécurité intérieur continue d’être débattue. Sa mise en œuvre a permis de localiser et de prévenir de nombreuses personnes qui se sont trouvées en contact avec des porteurs du virus, et de fait elle a sans doute permis de ralentir sa propagation.  Mais les associations de défense des libertés, et pas seulement elles, insistent pour que davantage de garanties soient obtenues pour que les données personnelles recueillies par ce système soient effacées dès que possible.

De manière générale la mise à contribution des services de sécurité et de l’armée a été un élément central du dispositif de lutte contre le coronavirus, qu’il s’agisse de l’action du Mossad à l’étranger visant à se procurer du matériel médical, ou des opérations d’assistance humanitaires menées par certaines unités de Tsahal dans des quartiers isolés temporairement du reste du pays, comme dans la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak.

Enfin, la médecine publique israélienne a démontré une fois de plus sa qualité et son efficacité, alors même que les budgets qui lui étaient consacrés ces dernières années étaient considérés comme insuffisants , au regard de la croissance démographique du pays.

Le Crif – La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a invité le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou à participer à une conférence consacrée à la lutte contre la pandémie du Covid-19. Cette reconnaissance – quasi-unanime – de la bonne gestion de la crise en Israël peut-elle changer la donne pour le pays sur la scène internationale ?

Dror Even-Sapir – A l’occasion de cette vidéo-conférence, Benyamin Netanyahou a annoncé qu’Israël allait contribuer, à hauteur de 60 millions de dollars, à l’effort mondial de recherche visant à trouver un vaccin et à élaborer des traitements. La situation internationale d’Israël était assez avantageuse avant que la pandémie ne soit le principal sujet de préoccupation de la communauté internationale : proximité avec l’administration Trump, bonne entente avec la Russie de Vladimir Poutine, rapprochement avec les dirigeants chinois et indiens, rétablissements de relations officielles avec plusieurs pays d’Afrique, coopération discrète mais étroite avec un certain nombre de pays arabes face à l’ennemi commun iranien.

Seuls les pays d’Europe occidentale se sont inquiétés, et ils l’ont fait savoir officiellement il y a quelques jours, des projets d’annexion de certains territoires de Cisjordanie, dont la mise en œuvre est prévue pour juillet, en coordination avec Washington. Du point de vue de Londres, Paris ou encore Bruxelles, la bonne gestion de la crise sanitaire en Israël, ou la motivation de Jérusalem à prendre une part active à la lutte contre la pandémie au niveau mondial, n’y change rien : ces projets d’annexion sont considérés comme un développement dangereux, susceptible de porter un coup fatal au principe des deux États pour les deux peuples.

Dror Even-Sapir est journaliste et analyste diplomatique sur la chaîne d’information i24news

Le BNVCA condamne l’agression commise à Paris contre Mr Éric Zemmour et se constitue partie civile contre l’auteur des faits.

Communiqué de Presse

Le BNVCA condamne sévèrement l’agression dont a été victime le journaliste Éric Zemmour.

Le 30 avril 2020 un individu a insulté et menacé Mr Zemmour à Paris. 

Nous saluons l’action de la Police qui trois jours après l’infraction, a identifié l’agresseur et l’a déféré au Parquet de Paris.

Le journal Valeurs actuelles a révélé qu’il s’agit du nommé Mehdi Korchi, domicilié à Orléans.

Ce dernier avait filmé son acte se vantant d’avoir craché sur Mr Zemmour.

Cette vidéo qu’il avait diffusé sur Snapchat a fait scandale et a conduit de nombreuses personnalités de droite comme de gauche à apporter leur soutien à Mr Éric Zemmour.  

Nous considérons que Mr Éric Zemmour réputé polémiste, expose ses opinions.

La règle veut que celles-ci ne peuvent être contestées que dans le cadre de débats contradictoires libres.

Conformément à son objet social le BNVCA, satisfait des diligences déployées par le Parquet de Paris, a décidé de se constituer partie civile et a chargé son Conseil Maître Charles Baccouche de déposer plainte contre le présumé agresseur de Mr Éric Zemmour.

Le BNVCA assume sans faiblesse et sans relâche sa tâche de vigie du respect de la liberté d’expression et des autres libertés démocratiques menacées par le racisme et les discriminations inquiétantes qui se développent aussi en France. 

Tout témoin ou victime peut effectuer son signalement en téléphonant au 06 63 88 30 29 ou en se connectant sur le site BNVCA.ORG.

Le Président

Sammy Ghozlan

Le BNVCA a été alerté par de nombreux internautes et téléspectateurs indignés par la diffusion d’une scène de la, série “Il était une fois… la vie” perçue comme antisémite

La scène mise en cause se situe au niveau de l’épisode 3, les sentinelles du corps, que le bât blesse. On y voit des globules blancs tuer des bactéries à l’aide d’un gaz bleu. Après l’avoir inhalé, les bactéries toussent et s’écroulent avant de mourir. A un moment, on entend une des bactéries s’écrier «Oy vey gevalt», une expression yiddish exprimant le désespoir.

Le BNVCA a été alerté par de nombreux internautes et téléspectateurs indigné par la diffusion d’une scène de la série “Il était une fois… la vie’ perçue comme antisémite

La scène mise en cause se situe au niveau de l’épisode 3.” Les sentinelles du corps que le bât blesse” On peut y voir des globules blancs tuer des bactéries à l’aide d’un gaz gleu.Après l’voir inhalé,les bactéries toussent et s”écroulent avant de mourir?1 un moment des bactéries s’écrient “Oy Vey Gevalt” une expression yidish exprimant le désespoir.

Cette exclamation se retrouve uniquement dans la version allemande de la série. Sur le site officiel allemand de «Es war einmal…das Leben», il est ainsi précisé que la scène est censée faire allusion au Troisième Reich. Une explication quelque peu «naïve» selon la revue«Übermedien» (https://uebermedien.de/48718/es-war-einmal-der-antisemitismus/) qui rappelle que dans l’épisode en question les Juifs sont ainsi comparés à des bactéries devant être gazées.

La série  télévisée “Il était une fois la vie “est un grand classique parmi les dessins animés: la série TV française «Il était une fois…la vie»,a été  réalisée en 1986 . Expliquant aux enfants le fonctionnement du corps humain, elle a été diffusée dans de nombreux pays du monde entier. Même après près de 35 ans, les épisodes continuent à être diffusés à la télévision. La série est même actuellement proposée sur Netflix.

Or après toutes ces années, la série se retrouve désormais sous le feu des critiques, rapporte «Blick»,(https://www.blick.ch/news/ausland/beliebte-kinderserie-in-der-kritik-nazi-skandal-bei-es-war-einmal-das-leben-id15869599.html) reprenant une information du magazine «Übermedien»

S’agissant d’une série télévisée d’animation française ;le BNVCA a décidé de saisir Mr Roch Olivier Maistre Président du  CSA (Conseil Supérieur de l’Audio Visuel), ainsi que Mr Franck Riester,  Ministre français de la Culture  pour lui demander de prendre sans délai des mesures de nature  faire les observations producteurs de cette série,  leur exprimer un sermon sévère, et les contraindre à supprimer  et détruire définitivement les scènes scandaleuses de cette série

Le BNVCA réclame également à Mr Nikolaus Meyer-Landrut.,ambassadeur d’Allemagne en France afin qu’il informe son gouvernement, de notre protestation et de notre souhait qu’il prenne les mesures qui s’imposent. 

Le Président Sammy Ghozlan

Tel. 01 77 38 49 44

«La demande antisémite»

Dans les situations d’incertitude et de détresse qui ne manquent pas de provoquer la peur, voire la panique, les Juifs figurent toujours au banc des accusés, rappelle dans une carte blanche Joël Kotek

Le réflexe accusatoire antisémite a par exemple frappé le milliardaire et philanthrope George Soros.

Le réflexe accusatoire antisémite a par exemple frappé le milliardaire et philanthrope George Soros. – afp

Par Joël Kotek (professeur à l’ULB et enseignant à Sciences Po Paris) Pour Le Soir

Le besoin d’expliquer tout phénomène naturel, imprévu et inquiétant en termes de complot semble irrépressible. Ainsi, le 6 mars dernier, Fatih Erbakan, le chef du parti Refah, fils de Necmettin Erbakan, un ancien Premier ministre turc, généralement considéré comme le mentor politique du président Recep Tayyip Erdogan, n’a pas hésité à dénoncer les manigances sionistes : «  Bien que nous n’ayons pas de preuves certaines, ce virus sert les objectifs du sionisme de réduire la population et d’empêcher son augmentation, et d’importantes recherches le disent. […] Le sionisme est une bactérie vieille de cinq mille ans, cause de la souffrance des gens  ».

Bref, on n’a pas de preuve mais on a des coupables tout désignés : les juifs car le… sionisme n’a pas 5.000 ans d’âge ! Dans les situations d’incertitude et de détresse qui ne manquent pas de provoquer la peur, voire la panique, les Juifs figurent toujours au banc des accusés : «  Il y a des liens directs entre l’actuelle propagation du coronavirus et celle de l’antisémitisme  » de constater le commissaire du gouvernement allemand chargé de l’antisémitisme, Félix Klein. À chaque fois que les individus subissent une perte de contrôle – une pandémie est le prototype même de perte de contrôle – ils se rabattent sur les théories du complot qui leur donnent l’illusion de trouver un sens là où il n’y en a pas. Ce réflexe somme toute rassurant ressortit au concept de causalité diabolique élaboré par l’historien de l’antisémitisme Léon Poliakov : rien (tsunami, décès inopiné, pandémie, krach boursier) ne procèderait du hasard mais d’une entreprise criminelle, fomentée, dans le cas du Covid19, de la Chine, des États-Unis, des firmes pharmaceutiques et bien sûr des Juifs, rebaptisés sionistes ou non.

Aux États-Unis et en Hongrie, on dénonce le financier et philanthrope Georges Soros. En France, Dieudonné M’Bala Bala s’en prend aux Rothschild et à ses supposés acolytes, tous d’origine juive, entendez le trio formé par l’ancienne ministre de la santé, Agnès Buzin, son mari, le Dr Yves Lévy, et le Dr Jérôme Salomon, le directeur général de la santé française. Ce réflexe accusatoire qui présente les Juifs comme les responsables des maux du monde plonge ses racines dans un passé lointain mais toujours signifiant. Il remonte au début de l’Antiquité chrétienne où l’on vit les Pères de l’Eglise poser, très tôt, le Juif en figure du Mal à travers l’« invention » du personnage de Judas. Que de plus ingénieux, en effet, que de nommer… juif (Judas/Yehuda/Judée) le traître des Evangiles celui qui complota avec les autorités juives (Sanhédrin) à la perte de Jésus contre argent sonnant et trébuchant (30 deniers). À travers ce personnage maudit qui est présenté par Matthieu comme le trésorier du groupe, c’est évidemment l’ensemble du peuple juif qui est visé. Accusation absurde s’il en fut, si l’on songe que Jésus était tout aussi juif que Judas, tout comme d’ailleurs l’ensemble des apôtres, Simon-Pierre, Barthélemy, Thomas et bien sûr Marie-Madelaine.

Cette infox, l’une des premières de l’histoire humaine, était évidemment destinée à absoudre les autorités romaines du crime des crimes, le déicide et ce, parce que les Romains étaient destinés à devenir chrétien et donc à diriger l’Église ! L’on ne s’étonnera pas que fut, dès lors associée aux Juifs per se, l’idée de complot (cf. Les Protocoles de Sages de Sion) et d’argent mal gagné (capitalisme financier). Ainsi, lorsque la peste noire survint des steppes d’Asie, en 1347, les Juifs se retrouvèrent logiquement accusés d’en être les fauteurs. Ces assassins du Christ n’étaient-ils pas coutumiers de pratiques et crimes horribles : de la profanation des saintes hosties (cf. vitraux de la cathédrale St Gudule et Michel) aux meurtres d’enfants chrétiens ? Nous en connaissons les conséquences : des pogromes par centaines, des dizaines de milliers et ce, jusqu’en nos pays. A Tournai, en 1349 des Juifs sont brûlés vifs, les survivants expulsés de la ville. Rien qu’en Allemagne trois cents communautés sont détruites. ou expulsées. Les survivants fuiront, avec leur parler judéo-allemand, vers la Grande Pologne qui regroupera dès lors près de 80 % du total de la judaïcité mondiale.

Depuis lors, les Juifs se retrouveront assimilés aux agents infectieux (rats), puis avec le développement de la science, à la maladie elle-même (microbe, parasite, bactérie). C’est dans ce concept sanitaire qu’il faut comprendre la décision finale des nazis d‘assassiner le peuple juif dans sa totalité : on ne négocie pas avec un microbe, son élimination est un même devoir sacré. Étrangement, ce mythe du Juif empoisonneur n’est pas étranger à l’univers musulman et communiste. Des hadiths accusent une certaine Zainab Bint al-Harith, une rescapée juive du massacre de Khaybar, d’avoir causé la mort du Prophète par empoisonnement. 1300 ans plus tard, en janvier 1953, éclate en URSS le complot des blouses blanches : des médecins juifs, évidemment requalifiés de sionistes, parmi lequel figure le médecin personnel de Staline, sont accusés d’avoir assassiné deux dirigeants soviétiques et de prévoir d’assassiner d’autres dirigeants du parti.

Des accusations similaires furent portées dans les années 1980 et 1990 dans le cadre de la propagande nationaliste arabe radicale et fondamentaliste musulmane qui n’ont pas manqué d’accuser les Juifs de propager le sida ou encore le H1N1. Et lorsqu’en 2004, Yasser Arafat, le leader de l’Autorité palestinienne mourut à 75 ans dans un hôpital français, les Israéliens furent évidemment accusés de l’avoir empoisonné. D’Ankara à Téhéran, les Israéliens sont accusés d’avoir créé le nouveau virus, dans ce cas précis, en coopération avec la Chine pour éliminer leur population, ici, palestinienne, là Uigur. Les Juifs n’ont pas fini d’être désignés comme les responsables des malheurs du monde.

Lettre à Pascal Boniface

Monsieur Boniface,

Votre propos est dégueulasse et ignoble.

Dégueulasse, parce qu’il ramène Zemmour et Finkielkraut à leur identité juive,

Ignoble, parce qu’il sous-entend qu’en tant que juif, des privilèges sont possibles,

Dégueulasse, parce qu’il sous entend qu’en tant on a l’oreille des puissants,

Ignoble, parce que vous attisez la haine en agitant de vieux poncifs antisémites,

Dégueulasse, parce que votre égocentrisme vous pousse à ramener cette agression à votre propre personne, niant par la même la souffrance de ceux qui ont été agressés,

Pascal Boniface, vous êtes dégueulasse et ignoble, et espérons que cette fois-ci c’est la Justice qui vous “agressera”.

Jéremie pour le BNVCA

Le BNVCA appréhende l’influence néfaste d’une série TV égyptienne sur des téléspectateurs abonnés à la chaîne privée “ON E”.

Le BNVCA alerté par de nombreux correspondants et internautes, tous scandalisés, dénonce et condamne la diffusion sur la chaîne privée ON E en Égypte, de la série « THE END », série discriminatoire incitative à la haine anti juive.

Cette série prédit la destruction d’Israël alors que l’Égypte a signé un traité de paix avec Israël.

De Nombreuses personnes en France ont visualisé un épisode de cette série publiée sur YouTube (même si elle a été supprimée).

Nos correspondants déplorent le laxisme des autorités égyptiennes qui autorisent ce brûlot. 

Nous craignons fortement que cette série soit publiée de nouveau et que relayée sur les réseaux sociaux elle provoque une recrudescence des actes antisémites en France.

Le BNVCA a décidé de saisir l’Ambassadeur d’Égypte en France pour lui exprimer ses craintes et lui demander de faire part à son gouvernement de nos appréhensions de même que notre souhait de faire arrêter la diffusion de cette série source de haine et de violence.   

                                          

Gaza fournit à Israël des masques de protection, des gants et des blouses

La pandémie de COVID-19 a relancé l’industrie textile dans la bande de Gaza au cours de cette épidémie, les usines locales cousent des masques de protection, des gants et des blouses pour Israël et les marchés mondiaux qui connaissent une grave pénurie de ces produits.

Selon l’Azerbaïdjan, les travailleurs des usines de confection de Gaza sont payés 8 $ chacun (environ 30 shekels) pour un quart de travail complet, mais pour les résidents d’une enclave isolée, c’est mieux que rien, et les usines fonctionnent à pleine capacité.

L’une de ces sociétés a expédié un million de masques faciaux en Israël au cours des trois dernières semaines. Une autre usine opère en trois équipes et produit 150 000 masques, blouses chirurgicales et gants par jour. Les tissus et autres matériaux pour cette production sont achetés en Israël.

Il n’y a pas d’épidémie de coronavirus à Gaza. Dix-sept Palestiniens rentrant de l’étranger sont tombés malades en quarantaine et aucun autre cas n’a été identifié à ce jour.

Par Infos Israel News

Hommage à la mémoire de notre ami, notre frère Claude BAROUCH

Un ami, un militant, un entrepreneur, un mensch, un homme de valeurs et une figure majeure de la Communauté Juive française vient de décéder de cet affreux virus .

Claude Barouch était non seulement le fondateur de l’UPJF où il a porté haut les couleurs de La Défense d’Israel et de ses valeurs mais a été aussi un des plus proches amis, partenaire et acteur du BNVCA.

◦ Avec nous il a combattu cet antisémitisme nauséabond et renouvelé autour de l’antisionsime

◦ Il n’a jamais refusé une aide pour un combat judiciaire, pour aider les victimes que le BNVCA aide au quotidien depuis près de 20 ans.

◦ Sa présence et sa rigueur vont nous manquer .

◦ Nous perdons un frère d’armes et nous devrons nous montrer fier dans le futur de son combat.

◦ Merci pour tout ce que tu as fait et nous partageons notre douleur avec sa femme et ses enfants .

La condamnation d’Abdelkader Merah définitive après le rejet de son pourvoi

Le frère de Mohamed Merah est condamné à trente ans de réclusion criminelle pour complicité des sept assassinats perpétrés en mars 2012

Par AFP

La Cour de cassation a rejeté mercredi le pourvoi d’Abdelkader Merah, rendant définitive sa condamnation à trente ans de réclusion criminelle pour complicité des sept assassinats perpétrés en mars 2012 par son frère Mohamed.

Le 18 avril 2019, la cour d’assises spéciale de Paris avait condamné en appel le frère du jihadiste toulousain à trente ans de réclusion, dont deux tiers de sûreté et l’avait déclaré coupable, contrairement à la première instance, de « complicité » des crimes de Mohamed Merah.

La cour avait estimé qu’Abdelkader Merah était bien coupable du vol, le 6 mars 2012, du puissant scooter utilisé par son frère pour perpétrer, seul, les tueries entre le 11 et le 19 mars à Montauban et Toulouse.

Il avait assassiné trois militaires – Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf et Mohamed Legouad -, un professeur et trois enfants juifs – Jonathan Sandler, ses fils Arié et Gabriel, et Myriam Monsonégo – avant d’être abattu par la police après un siège de 32 heures suivi par les médias du monde entier.

« En permettant à Mohamed Merah de disposer d’un scooter, il a apporté son aide à la préparation des actions criminelles de son frère » alors qu’il était « parfaitement informé des projets criminels », avait affirmé la cour d’assises spéciale dans ses motivations.

Dans sa décision consultée par l’AFP, la Cour de cassation a jugé que les motifs énoncés par la cour d’assises pour déclarer Abdelkader Merah coupable de complicité n’étaient pas « dénués d’insuffisance » et que la peine prononcée avait été « légalement appliquée ».

Contacté par l’AFP, l’un des avocats d’Abdelkader Merah, Me Eric Dupond-Moretti, a dit « (prendre) acte » de cette condamnation définitive.

« J’aurai toujours dans cette affaire une amertume, car une juridiction professionnelle l’a acquitté (du chef de complicité, NDLR) et une autre l’a condamné », a réagi Me Dupond-Moretti.

« Et en le condamnant, elle l’a considéré complice des crimes les plus atroces sans prononcer la peine maximum », la réclusion criminelle à perpétuité, a ajouté l’avocat pénaliste qui avait dénoncé cette incohérence lors du verdict.

« Les conseils d’Abdelkader Merah avaient dénoncé à tort une justice partiale. En réalité la justice française est définitivement passée et c’est une très bonne chose pour tous ceux qui luttent contre les terroristes », a déclaré de son côté Me Olivier Morice, avocat de la famille Legouad, un des militaires tués.

« J’ai pu dire aujourd’hui à mon client, ‘ça y est, c’est fini, justice a été rendue’ », a déclaré Me Patrick Klugman, avocat de Samuel Sandler, père et grand-père de trois victimes. « C’est un sentiment apaisant, par contraste avec l’horreur et à la souffrance infinie qu’aurait été un troisième procès », a-t-il ajouté.

Le BNVCA condamne la vidéo antisémite et complotiste diffusée sur la toile par le délinquant antijuif récidiviste Alain Soral, et dépose une nouvelle plainte contre SORAL.

Le BNVCA dénonce et condamne le délinquant antisémite récidiviste Alain Soral qui diffuse sur le net une vidéo manifestement antijuive dans laquelle il développe ce qu’il affirme être un complot juif contre la France et les français.

Pour faire le rapport avec la situation sanitaire que traverse la France, Soral intitule sa pourriture Couillonavirus 7 Communauté organisée qui tient la France”

Le BNVCA souligne qu’un pourcentage important des citoyens juifs sont contaminés à Marseille Strasbourg, Paris, etc. 

Alors que de nombreux citoyens juifs se débattent contre la maladie, dans son discours obscène, Soral persiste à penser que les juifs détiennent en France

“le spectacle, la politique, la médecine l’économie”.

Pour appuyer sa démonstration complotiste, il cite les noms de Bauer, Lévy, Buzyn, Hirsch, Guedj, Solomon, Jacob qu’il qualifie de “Liste de Schindler”.     

De la sorte il les livre en pâture aux antisémites.

« On a le gang qui a en charge la médecine d’État : Buzyn, Lévy, Bauer, Hirsch, Jacob, Guedj, Salomon… C’est la liste de Schindler ».  

Dans son discours antijuif, reprenant les vieux poncifs néo nazis, il prétend que les juifs veulent faire du pognon sur le dos des français, affaiblir le peuple français par le nombre de morts “.

Soral le délinquant antijuif récidiviste a déjà fait l’objet de plusieurs plaintes du BNVCA. Il a plusieurs fois été condamné par les tribunaux, y compris à des peines de prison ferme mais qu’il n’a jamais effectuées. 

Nous considérons que si notre gouvernement veut véritablement lutter contre l’antisémitisme, il se doit d’obtenir de la Justice de ce pays qu’elle fasse exécuter les décisions des tribunaux et mette Soral hors d’état de nuire, en le jetant en prison sans délai, en l’empêchant de diffuser ses insanités antijuives sur la toile.

Le BNVCA a décidé de saisir à cet effet le Procureur de la République, la Ministre de la Justice et le Premier Ministre.

Le BNVCA a chargé son conseil maître Charles Baccouche de déposer une nouvelle plainte contre Soral. 

Les Juifs de New York

Ecrit par Jean-Pierre Allali pour L’Eclaireur

Des Juifs vivaient déjà à New York avant même que la ville porte ce nom. Et, surtout, c’est à New York que l’on rencontre la plus grande variété de Juifs, des orthodoxes aux libéraux en passant par les Budjews, des Juifs qui pratiquent le bouddhisme. Certains aiment dire que New York est la « Jérusalem du Nouveau Monde ». Vivent ici, dit Corinne Levitt, l’une des meilleures spécialistes de la question, des Américains juifs et des Juifs américains. Les premiers sont aux États-Unis depuis plusieurs générations et sont profondément américanisés. Les seconds, arrivés plus récemment, ont conservé les mœurs de leur terre d’origine. Certains sont français, d’autres viennent d’Israël (150 000 à New York !), d’Allemagne, de Pologne, de l’Empire austro-hongrois, de Russie ou d’ailleurs. Ils sont de nationalité américaine ou sur le point de l’être. Pour le sociologue Michel Maffesoli, ils font partie des « tribus urbaines ».

Vingt-trois. Ils étaient 23, les premiers Juifs à avoir mis les pieds à New York. C’était en 1654 et la ville s’appelait alors La Nouvelle-Amsterdam. Débarqués d’un navire, le « Saint-Charles », ils sont très mal accueillis par le gouverneur Peter Stuyvesant qui n’hésite pas à les qualifier de « race fourbe » et de « blasphémateurs et ennemis du Christ ». Menacés d’expulsion dès 1655, victimes de mesures vexatoires et de limitation d’activités, ces premiers Juifs vont faire le gros dos et il faudra attendre la conquête anglaise en 1664 pour qu’ils puissent se sentir un peu plus libres. Toutefois, comme la « Charter of Liberties » promulguée en 1683 n’autorisait que les Chrétiens à pratiquer leur religion en public, la première synagogue new-yorkaise, Shearit Israel, ne verra le jour qu’en 1729.

Entre 1654 et 1820, la communauté juive, certains préfèrent dire la « société juive », va se construire peu à peu. En 1820, il y a 60 000 Juifs à New York.

1822 marque un événement notable, une première : un Juif, Mordechaï Manuel Noah, membre du parti démocrate, est élu High Sheriff de New York. Il sera plus tard consul à Tunis.

Dans l’ensemble, à cette époque, les Juifs pratiquent le commerce, derrière un comptoir ou à cheval à travers les campagnes. Leur spécialité, c’est l’achat et la vente de biens en tout genre.

Entre 1870 et 1920, le nombre de Juifs va croître de manière exponentielle. Ils représentent 4% de la population en 1870 et passent à 29% cinquante ans plus tard. Le commerce n’est plus leur occupation principale, même si beaucoup se lancent dans le porte-à-porte. Les voilà qui s’impliquent dans l’industrie vestimentaire, la fabrication du verre, la confection de cigares. En 1909, la synagogue Beth Tefila est érigée. Elle sera classée monument historique en 2016.

Dans les années 1930, la moitié des médecins, des dentistes, des avocats et des instituteurs new-yorkais sont juifs. En 1930 aussi, on voit un Juif d’origine italienne, Fiorello La Guardia, être élu maire de la ville. Les Juifs s’impliquent désormais fortement en politique et dans le combat syndical. Ils sont très nombreux au sein des sections du parti socialiste à Manhattan et dans le Bronx et, à cette période, 40% des membres du Communist Party of the USA sont juifs. On parle à présent ouvertement d’un « vote juif ».

La vie juive s’organise, les synagogues se construisent et, désormais, les Juifs disposent d’un quotidien, le Forward.

D’un point de vue religieux, les Juifs de New York se répartissent entre orthodoxes (14%), réformés (34%), conservateurs et reconstructionnistes (1%). Il existe également à Harlem une congrégation de Juifs noirs, l’Ethiopian Hebrew Congregation, qui compte 2000 membres.

En 1972, pour la première fois, une femme, Sally Priesand, a été ordonnée rabbin. Le mouvement réformé s’est largement ouvert aux homosexuels et il existe en son sein des rabbins homosexuels.

Quant au hassidisme, on peut considérer que New York est la ville au monde où vivent le plus grand nombre de sectes hassidiques, formant de véritables enclaves : loubavitchs, satmars, bobovers…

Bien que les Juifs de New York se soient très tôt investis dans l’action sociale et l’aide aux défavorisés, devenant notamment les plus fervents partisans de la discrimination positive (Affirmative Action), on constate depuis quelques années un refroidissement des relations avec la communauté noire.

Enfin, dans le domaine des arts et de la culture, la contribution des Juifs de New York est exceptionnelle.

Depuis quelques années, les campagnes antisémites internationales, notamment à travers le BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) organisation contre laquelle le maire de la ville, Bill De Blasio, s’est vivement opposé, finissent par avoir un certain impact sur le judaïsme américain, en particulier à New York. En 2016, les agressions antisémites se sont multipliées, en particulier à Brooklyn, où on a pu parler d’ « atmosphère d’intifada ». Cela n’a pas empêché de bonnes relations avec la communauté musulmane. En janvier 2016, un hommage a été rendu au roi Mohamed V du Maroc par les Juifs new-yorkais et, en janvier 2017, c’est un jeune musulman, Ahmed Khalifa, qui a été honoré pour avoir porté secours à une femme juive orthodoxe agressée dans le métro.

Néanmoins, malgré les aléas dus à l’évolution de la situation internationale et du conflit israélo-arabe, nul doute que les « enfants de Woody Allen » vivent heureux dans la « Goldene Medine » et que, tout compte fait, à New York, en 2020, « Jewish is beautiful ».

Coronavirus – Kersauson : «A un moment, l’envie de bouger dominera la trouille»

Confinement, vieillesse, privation de libertés, maladie… Le regard intransigeant mais plein de compassion du navigateur sur la crise que nous traversons.

Propos recueillis par Sébastien Le Fol

« Je vous parle en regardant le lagon. » Samedi 18 avril, 20 h 30 (heure de Paris), Olivier de Kersauson a une voix enjouée au téléphone. Depuis la Polynésie, il accepte de parler de la crise que nous vivons. Le confinement, ce grand marin sait ce que c’est. Il l’a vécu à bord. Lui, qui a couru les océans, jette un regard amusé et indulgent sur notre monde à l’arrêt. Il y a quelques mois, il publiait un livre de sagesse, De l’urgent, du presque rien et du rien du tout (Cherche Midi), bien utile pour affronter cette étrange traversée du Covid-19. Conversation à bâtons rompus avec un esprit libre, qui n’a jamais accepté d’être assigné à résidence.

Le Point : À quoi votre vie en confinement ressemble-t-elle ?

Olivier de Kersauson : Je ne peux plus aller à la pêche. Je fais une heure trente de sport par jour. Après ma maladie, j’avais le physique d’un type de 90 ans. Je reprends en main mon organisme. Comme les mecs prisonniers qui creusaient un tunnel pour s’évader, j’essaie de me construire un corps pour survivre.

Comment ça se passe en Polynésie ?

Dans le Pacifique, la réaction des iliens a été rapide et nette. Les habitants des Tuamotu savent qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Comme les marins. La circulation entre les îles a été interdite sauf pour les bâteaux transportant les produits de première nécessité. Les marchandises débarquées restent plusieurs heures sur le quai avant d’être distribuées.

Lisez-vous ?

Non, je déteste l’odeur des livres ! Ça me rappelle l’école. Collégien, j’ai lu pour m’évader. Ce que l’on prend pour de la culture chez moi, ce ne sont que les restes de mon confinement obligatoire au collège ! Je n’ai plus besoin de lire, car je me suis évadé. Je suis un évadé permanent.

Que vous évoque ce monde à l’arrêt ?

Cela me rappelle le monde arrêté de l’après-guerre 39-45. Il n’y a pas trop de bruit. C’est un son de fin du monde. La nature reprend ses droits. Les animaux peuvent se parler de plus loin. Quand un cerf brame en temps normal, le son qu’il émet porte à 800 mètres. Avec la quasi-disparition des moteurs, on l’entend davantage. Ce que nous vivons m’évoque aussi mes années d’internat au collège, mes séjours au cachot. Cela m’a aidé à vivre de savoir que l’on peut être privé de liberté. Le manque change votre regard sur les choses.

Le misanthrope que vous êtes ne se réjouit-il pas de cette situation ?

Comment ne pas penser aux gens confinés dans des espaces restreints ? Pour beaucoup, c’est une vie de merde qui s’instaure. Comment ne pas penser aux gamins enfermés ? Aux gens qui savent qu’ils ne vont pas vivre éternellement et pour qui le temps presse ? Je pense aussi à la souffrance de ceux qui ne peuvent même pas dire adieu à leurs morts. À cette femme de 70 ans qui a été verbalisée parce qu’elle faisait coucou à son mari enfermé dans un Ehpad. Cette histoire me donne envie de vomir. Non, je n’arrive pas me réjouir de cette situation.

Quels conseils donneriez-vous à ces « gamins enfermés » ?

Je n’ai pas de conseils à donner. Je dirais juste à ces gamins : « C’est la première fois que la vie exige autant de vous. C’est votre honneur de vous confiner et de le faire bien. La révolte est pour les cons aujourd’hui. »

La perspective d’un confinement prolongé pour les plus de 65 ans en France a suscité beaucoup d’inquiétude et même de colère ces derniers jours. Qu’est-ce cela vous inspire ?

Le simple fait que l’on envisage de prolonger l’assignation à résidence des vieux est odieux. Si cela devait se réaliser, je descendrais dans la rue. Et je ne serais pas seul ! Les gens ont le droit de choisir la façon dont ils veulent vivre et mourir. Il y a aujourd’hui au pouvoir une génération qui ne se souvient de rien. Sa seule connaissance de la vie se borne aux couloirs des préfectures ou des ambassades. La génération que l’on veut enfermer chez elle a fait ce qu’elle a pu. On n’a pas à la traiter comme ça.

Y voyez-vous là une forme d’ingratitude ?

Non, pas de l’ingratitude. L’ingratitude est un concept. C’est plutôt de la connerie.

Je les prenais pour des cons : je n’ai pas été déçu !

Entendez-vous beaucoup de conneries depuis le début de la pandémie ?

Je suis marin, je sais vivre en autarcie. Mais, à chaque fois que j’allume la télévision, je suis frappé par tous ces tchatcheurs qui défilent sur les plateaux. Ils ne savent même pas de quoi ils parlent. Je les prenais pour des cons : je n’ai pas été déçu ! Lorsque j’étais enfant, il y avait un idiot, un innocent dans chaque village. Où sont-ils passés ? Sur les réseaux sociaux.

Cette pandémie nous prive d’une partie de nos libertés. Ne craignez-vous pas que le pouvoir politique nous dise un jour que « ces virus peuvent revenir, on va donc conserver dans le droit commun ces lois d’exception » ?

Ce coronavirus, c’est la roulette russe. Si vous sortez de chez vous, vous risquez de l’attraper. Les gens ne consentent pas à cette privation de liberté par civisme, mais par trouille. D’ailleurs, on obtient plus de choses de l’homme par la trouille. L’urgence, c’est de ne pas mourir. Au Moyen Âge, les lépreux qui entraient dans les villages faisaient sonner une crécelle pour signaler leur approche. Les choses n’ont guère changé. Le malade du coronavirus est regardé de la même manière. Pour revenir à votre question sur la liberté, cette situation n’aura qu’un temps. On l’accepte provisoirement. À un moment donné, l’envie de bouger dominera la trouille. Notre société a fabriqué des peurs. Avoir inscrit le principe de précaution dans la Constitution, c’est sanctifier la couardise. Or il n’y a pas de vie sans risques. C’est la prise de risque qui fait progresser.

Ne sommes-nous pas démunis face à l’imprévu ?

Nous faisons ce que nous pouvons. Nous sommes imparfaits biologiquement. Il nous faut donc faire preuve d’indulgence à l’égard de nous-mêmes. Il faut que nous apprenions à nous moquer de nous-mêmes. Ne soyons pas trop sévères à l’égard de nos échecs. C’est l’impuissance qui domine dans l’homme. Nous sommes gauches et incapables. Certains d’entre nous, avec du courage et de la générosité, parviennent à dépasser ce stade. Ils sont rares. Il nous faut accepter notre condition et tenter de comprendre ce qui nous arrive. Sinon, nous allons finir par nous haïr entre nous.

Après le coronavirus, la nature humaine sera plus attentive, mais elle ne changera pas.

Nous donnons l’impression de découvrir que nous sommes mortels. Que répondez-vous à ceux qui pensent que nous en faisons trop face à une pandémie qui tue, certes, mais moins que le cancer ?

Qu’une société se fixe pour ambition de protéger ses membres, je trouve cela cohérent. Que le même hélicoptère aille sauver le chômeur et le milliardaire sur une quatre-voies, c’est bien. La seule chose qui compte, c’est la vie.

Depuis le début de la crise, on entend le même refrain : « Après le coronavirus, plus rien ne sera comme avant. » Le pensez-vous ?

Pas du tout ! Après la guerre de 39, tout le monde a décidé que ce serait différent. Quand j’avais 7-8 ans, dans le train, les gens vous proposaient de partager leur repas. Ça a duré trois ans ! Après le coronavirus, la nature humaine sera plus attentive, mais elle ne changera pas.

Certaines choses vont changer, non ?

On se prépare un monde où il sera probablement plus difficile d’aller et venir. Le 11 Septembre nous a apporté le passeport biométrique. Le coronavirus exigera peut-être que chacun soit muni d’un pass santé excessivement sévère. Avant, on plaçait les navires en quarantaine. On ne l’a pas fait avec les avions. C’est pourtant avec eux que la maladie s’est répandue.

À 20 heures, les gens applaudissent le personnel médical. Que restera-t-il de ce geste ? Ne se donne-t-on pas bonne conscience ?

Je ne pense pas. Rien n’est blanc ou noir. Le coronavirus a tué aussi des soignants. Tout le monde a l’air de découvrir la qualité de notre monde médical. Durant ma maladie, je l’ai côtoyé de près. Je faisais attention à bien me tenir afin de ne pas être un boulet pour les gens qui me soignaient.

Nos dirigeants n’acceptent pas d’être haïs ; ils veulent être réélus.

Les dirigeants politiques sont ballottés entre les recommandations des scientifiques, la peur de la maladie et les nécessités économiques. Comment bien barrer par gros temps lorsqu’on exerce le pouvoir ?

Les dirigeants d’aujourd’hui sont dans la lignée de ceux qui ont conçu la ligne Maginot : nous sommes dirigés par des pleutres. Le commandement et le pouvoir exigent parfois de donner des ordres qui vous font haïr des gens à qui vous les donnez. Nos dirigeants n’acceptent pas d’être haïs ; ils veulent être réélus. Ils ne sont ni aimés ni respectés.

Quelles leçons devrions-nous tirer de cette épreuve ?

Cette crise est terrible. Mais elle peut apprendre à certaines personnes que la privation existe. Tout n’est pas donné. Tout n’est pas dû. Tout est fragile. Si on lève les yeux de sa tablette, il y a une nature extraordinaire à contempler. Et il nous faut mieux l’aimer.

LE RETOUR DES HEBREUX

Par Maitre Charles BACCOUCHE

Nations, ouvrez les yeux, peuples tendez l’oreille, vous êtes concernés.

Les Hébreux sont de retour.

Après 2000 ans d’absence, ils arpentent à nouveau la terre de leurs ancêtres, alors que leur disparition a été programmée et a été mise en œuvre tout au long de l’Histoire.

Pourtant, ils sont là, sur cette Terre, l’unique, ils n’en n’ont pas d’autre, celle que le Tout Puissant a juré aux Patriarches, de leur donner à jamais, il a réitéré ce don à Moïse et Aaron, puis l’a rappelé aux Prophètes et l’a maintenu même lorsqu’il cachait sa face aux temps ténébreux ou le juif était seul et désarmé face à ses impitoyables ennemis.

Jamais il n’a été question de promesse, cette Terre ne fut promise à personne, elle a été donnée une fois pour toute, aux hébreux et à leurs descendants. Les 2000 ans d’exil n’y ont rien changé, car ce qui vient du Ciel est indénouable. Les contestations des hommes souvent truffées d’arrières pensées, ne peuvent se mesurer aux décrets du Très Haut.

Ils surgissent du fond du temps, intacts et lumineux, longeant les plaines et les monts d’Israël, reprenant possession de leur pays avec leurs pieds, de l’Aarava au doigt de la Galilée, ils se reconnaissent les enfants du pays vers lequel D… a conduit Abraham, le pays qu’Isaac n’a jamais quitté, et que Jacob a rejoint après 20 ans d’exil, en obtenant de haute lutte le nom d’Israël, du Dieu droit et fort.

La portée de l’évènement va au-delà de la stupeur du Monde, qui observe incrédule et déçu la résurrection de la Nation juive, avec ses hommes et ses femmes parlant l’antique langue des hébreux, peuplant des villes riantes ou austères, à l’image de la diversité chatoyante de ce peuple, il faut voir ces enfants devenus de rudes et tendres soldats, surveillant les frontières, déjouant les plans de ses innombrables ennemis, il faut voir ces savants qui portent haut les progrès de la science, ses savants donnant d’Israël l’image d’une Nation avancée et inventrice dans tous les domaines, agricole, médical, scientifique, technologiques, biologique etc.….

Mais là ne s’arrête pas la surprise des peuples de la Terre, qui pressentent en la niant, une Présence infinie planant sur leurs têtes. C’est pourquoi ils devront le jour qu’on nomme benoitement le jour du Jugement, mais qui est celui de la prise de conscience de l’importance de la pérennité d’Israël, ils devront alors, s’éveiller à la révélation inimaginable de l’Histoire.

Revenant dans leurs pays, les juifs non seulement réapprennent leur identité, mais surtout annoncent de grandes choses, comme par exemple la fin de gesticulations religieuses auxquelles plus personne ne croit, ou qui sont devenues l’apanage de fanatiques assoiffés de puissance plutôt que de piété. Par leur retour, Ils démontrent, au Monde que le Très haut ne s’enferme pas dans des catégories religieuses ou philosophiques, mais que sa présence s’enracine dans la terre retrouvée de son Peuple.

Les juifs n’étaient plus qu’une petite communauté dispersés dans le vaste Monde, à cause de la volonté implacable de les détruire, qui a ravagé le cœur des Hommes pendant plus de 2000 ans.

On les a déguisés en miséreux courbés et soumis, en gueux sans espoir et sans autre avenir que celui des flammes des pogromes, des expulsions, des chambres à gaz et des fours crématoires.

Ils ont été accusés par l’Occident, d’avoir tué Dieu lui-même au nom d’une légende qui, au cours des siècles, s’exprima par des guerres fratricides et des massacres imbéciles.

Ils ont été honnis en Orient, pour avoir refusé la voie de la soumission au prophète Mohamed qui s’est dit le dernier et le vrai, ils auraient trahi selon son enseignement, les engagements d’Abraham à l’égard du Dieu unique.

Enfin, au cœur de leur exil au 20ème siècle, ce siècle de fer, de feu et de fureur, la persécution a atteint son paroxysme dans une Europe devenue folle, sous les coups de boutoirs d’un médiocre caporal allemand, qui a instauré l’assassinat organisé et industriel des juifs par balles, par le gaz, par les exécutions gratuites, par les déportations, par l’extermination des innocents le massacre des enfants dans les camps de la mort nazie,

Ils visaient les massacreurs se disant « ariens », à anéantir le peuple juif pour la plus grande gloire de leur folie barbare niant l’Homme et la Morale, au moyen des techniques modernes. Les descendants d’Amalec ont poursuivi leur entreprise meurtrière dans les camps de la mort allemande.

L’Occident à affublé le juif des tares et des vices rédhibitoires qui sont en fait, des alibis destinés à masquer ses propres turpitudes et son mal-être, il a reporté ses fureurs meurtrières sur les innocents sans défense, exilés de leur patrie depuis deux milles ans, chassés par Rome de leur terre que jamais ils n’oublièrent.

L’Occident a tenté dans les buchers d’Espagne, les pogromes slaves, de la Russie impériale, de l’URSS communiste à la Pologne, des pays baltes au Bosphore, d’éradiquer les juifs, gens pourtant pacifiques, pauvres, mais terribles, car portant la Loi morale depuis le lumineux Sinaï jusqu’aux fins fonds de la Terre.

L’Islam pas mieux intentionné, a réduit les vieilles communautés juives chassées de leur pays d’antan; à des mendiants, des dhimmis méprisés, opprimés, humiliés, pressurés par la Ouma musulmane triomphante.

Voleurs déicides, vicieux, rusés et pleutres, rebelles et traitres à leur propre Loi, les juifs méritaient bien leur destin répugnant, leur Dieu les avait chassés du pays de la promesse, en raison de leur entêtement à trahir et à violer la Loi du Ciel.

Manitou le grand, le Maitre du 20eme siècle, a répercuté cet aphorisme saisissant: «  les chrétiens nous refusent le ciel, les musulmans nous refusent la Terre, il ne nous reste que l’horizon »

Mais cet horizon même, resta de fer tant l’espérance, ultime recours, leur était interdite et leur survie condamnée. Accablés d’injures et de coups, les juifs courbaient le dos, taiseux et impassibles, ils étaient encore plus juifs que nature aux yeux des Gentils (c’est donc, qu’ils étaient foncièrement méchants)

Les belles âmes étaient obligées de reconnaitre que la persistance de ce peuple sans avenir et étriqué, prouvait définitivement son éternelle malédiction.

La preuve de leur déchéance ressortait de la vindicte des peuples qui les poursuivaient sous tous les cieux, comme des apostats sans foi ni loi, comme des rebuts de la Terre qui les vomissait, il y avait là manifestement une punition, qui échappait aux Lois de l’Histoire,   harcelant un peuple insoumis, voué à une éternelle damnation.

Puis à l’aube des temps dits modernes, une poignée de révoltés, défrichaient la Palestine, convaincus qu’ils étaient que le salut des juifs, passait par l’enracinement national dans le seul endroit du Monde qui revenait sans cesse dans leurs prières, sous le nom de « Shivat Sion »  retour à Sion et à Jérusalem, leur eternel amour.

Les sionistes, socialistes agnostiques, se moquant du jeu des Puissances qui se déchiraient l’agonisant Empire ottoman, construisaient en Palestine mandataire et même avant, sous la férule du grand Turc, les structures de l’Etat juif en Palestine passant sous le contrôle de la Grande Bretagne avec le grand moyen Orient alors que la France étendait son mandat sur le Liban et la Syrie.

Dans cette région désolée, les pionniers juifs ensemençaient les terres stériles, sous le regard goguenard et haineux des nomades arabes, qui eux savaient qu’il n’y avait rien à tirer de ces sols sauvages. (Romantisme du Bédouin fier et pauvre qui a tellement séduit les occidentaux)

Cette folle entreprise ne pouvait apparemment pas, entraver la marche du Monde et de la guerre terrible qui annonçait la dévastation que les légions d’Hitler et ses complices s’apprêtaient à infliger au Monde, et leur volonté d’éradiquer le peuple juif de la surface de la Terre.

Mettant toutes les forces vives de la nation la plus puissante, la plus industrialisée, la plus cultivée, la plus brutale aussi, tapie au cœur de l’Europe, l’Allemagne s’est ruée sur l’Europe et a massacré les anciennes Communautés juives de Pologne de Russie et d’Ukraine, de tout les territoires conquis par son armée.

Amalec l’emportait sur tous les fronts, des millions de juifs désarmés, furent exterminés, l’Europe centrale et orientale se réveilla orpheline des grandes communautés juives qui en formaient le cœur vibrant.

L’Europe toute entière mourut de la mort juive.

Mais du fond de leurs tombeaux, c’est-à-dire du fond de leur mémoire et en mémoire des martyrs, les restes de Jacob, les surgeons d’Israël réveillèrent l’antique Espérance.

Les Nations, toutes ces Nations qui avaient abandonné les juifs à la barbarie allemande, s’aperçurent qu’au fond de la méditerranée, entre la mer et le Jourdain, une grande voix murmurante (Kol dmama daka) annonçait le retour des hébreux au pays de leurs pères.

Cette voix de plus en plus audible disait que le malheur juif peut être surmonté, que le Dieu d’Israël les attendait là-bas, pour que leurs mains et leurs âmes rallient leurs frères et avec eux, assèchent les marais du Houlé, fassent lever le blé de la Galilée, plantent des arbres sur les monts de Judée, cueillent les fruits des vergers du Sharon, et fassent refleurir le Néguev,

Tout cela et en combattant et en repoussant les ravageurs et pilleurs arabes, les impérieux Anglais et pour célébrer ensemble, la renaissance d’Israël.

Cependant, les Etats arabes prirent la relève y compris ceux  nés de la baguette magique britannique. Du golfe persique aux cotes du Liban, sourds à cette grande aventure, ils décidèrent d’étouffer  ce nouveau-né dans son berceau et lancèrent une guerre  de destruction totale du jeune et fragile Etat à peine proclamé, une insulte à la fierté arabe disaient ils

(Pourquoi la fierté arabe aurait-elle été atteinte? Personne ne le sait)

C’est alors que le monde stupéfait et incrédule vit à la place de dos courbés en guenilles, des soldats juifs en uniformes, armés (hamouchim) comme les hébreux sortant d’Egypte, en ordre de bataille, alliant la force et la ruse et battant toutes ces Nations coalisées, puis encore une fois, puis encore et encore.

Tout en combattant, ils régénèrent leur Terre ancestrale, eux les fils revenus des enfers de l’exil et par delà les siècles, fidèles à leur Histoire et à la vielle alliance (la Brit) qui leur a donné, pas promis, cette Terre tant que les Cieux seront tendus sur le Monde, pour l’Eternité « Lanetsar»

Ils n’ont en réalité, jamais été totalement absents du pays les juifs puisque que le vieux yshouv perpétuait silencieusement, la présence de Jacob dans son pays oublié de tous.

Cependant un évènement massif s’est produit à l’orée de la modernité, et se perpétue en Orient : En masse ou individuellement, parfois de gré et parfois de force, au long des années, les juifs reviennent et se transforment en Hébreux.

Nous ne percevons pas encore nettement que l’Histoire dite dans la Bible  répercute ses échos de nos jours, la sortie de l’Exil est une sortie d’Egypte moderne, avec ses mêmes dangers et ses mêmes aléas que lors de la conquête de Canaan.

Regardez comme ils sont calmes et puissants dans leurs habits de guerre, les soldats d’Israël, Judas revient et la royauté d’Israël revient avec lui.

Il règne à nouveau, le quatrième fils de Jacob sur le pays que l’Eternel a donné à sa descendance pour l’Eternité des hommes.

Animé de forces nouvelles, Judas à nouveau, ressort le sceptre royal comme aux temps anciens, mieux que dans les temps anciens, sur les monts de Judée, dans la plaine du Sharon, sur les vallons de Galilée, dans l’Aarava, au Néguev sur les Terres de Dan et d’Ephraïm.

De Métoula à Eilath, Israël est de retour.

Jacob laisse son ombre aux frontières de l’exil, il a retrouvé son nom Israël, gagné de haute lutte dans son combat avec l’ange, il reprend le pays ou coulent le lait et le miel.

L’évènement est tellement massif qu’il suscite à la fois, stupéfaction et dénégation.

Il n’est censément pas possible qu’un tout petit peuple massacré, humilié, haï, méprisé balloté d’un pays à l’autre au gré des Princes, pendant deux mille ans, que ce peuple opprimé, haï, accusé de toutes les turpitudes et des péchés des hommes, moqué pour ses apparences chétives et ses pauvres vêtements, que ce peuple tout petit, rétablisse sa souveraineté sur des terres abandonnées et subitement proclamées saintes par des Etats et des religions jusqu’alors indifférentes, pour le priver de ses droits immémoriaux.

Pourtant, elles ne savent pas encore, mais elles commencent à l’apprendre, les Nations, que les Hébreux, ceux qui passent, (c’est le sens hébraïque de leur nom) foulent la terre d’Israël et que devant eux, marche le Maitre du Monde, son Rocher, le Saint d’Israël, le Tout Puissant, qui sanctionne sous un Nom et récompense sous son autre Nom.

Devant Israël s’avance la colonne de feu la nuit et la colonne de nuées le jour, le Tout Puissant se souvient de son alliance et lui sert de guide, qui pourrait le contrarier ?

Qui peut résister à la puissance de «  Sa main forte et de son bras tendu » ?

Rappelons cet engagement divin, cette parole du Très Haut à Jérémie qui, du fond de sa détresse, rapportait la Parole divine à Israël:

Je me souviens de toi, de la grâce de ta jeunesse, de l’amour de tes fiançailles, lorsque tu me suivais amoureuse dans le désert, une terre non ensemencée.

Le parcours effroyable et meurtrier de l’assaillant de Romans-sur-Isère

INFO LE FIGARO – Un homme a tué deux personnes et en a blessé quatre autres lors d’une attaque au couteau perpétrée ce samedi matin dans le centre de Romans-sur-Isère. Une attaque qualifiée de «parcours terroriste» par le ministre de l’Intérieur.

Par Jean ChichizolaJean-Marc Leclerc et Christophe Cornevin

Samedi, le terrorisme islamiste a frappé la France pour la deuxième fois depuis le début de l’année. En début de soirée, le parquet national antiterroriste s’est saisi de l’attaque au couteau qui a fait deux morts et cinq blessés plus tôt dans la matinée à Romans-sur-Isère (Drôme). Une enquête, confiée à la Sous-Direction antiterroriste de la PJ, à la Direction centrale de la police judiciaire et à la Direction générale de la sécurité intérieure, a été ouverte pour assassinats et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle.

Tout a commencé samedi, à 10h50 avec plusieurs appels qui arrivent au 17 (police secours). Un réfugié soudanais de 33 ans, Abdallah A. O., résidant dans la ville, vient de se lancer dans un parcours meurtrier rue Ernest Gally, non loin de son domicile. Il s’en est pris tout d’abord à un bureau de tabac où, armé d’un couteau à cran d’arrêt, il a blessé le couple de buralistes, âgés de 65 et 49 ans. Pris à partie, il a alors lâché son arme et s’est rendu dans une boucherie où il s’est saisi d’un couteau et a blessé mortellement un client, âgé de 55 ans. Le périple sanglant s’est poursuivi devant une supérette où un passant de 59 ans a été blessé. L’agresseur a ensuite tué un habitant de 44 ans qui ouvrait ses volets et blessé deux personnes, un homme âgé de 63 ans et une femme âgée de 38 ans. De source proche du dossier, on précise que des témoins auraient entendu l’assaillant crier «Allah Akbar». Vers 11 heures, Abdallah A. O. se met à genoux à la vue de plusieurs équipages de de la brigade de sûreté urbaine de Romans-sur-Isère. Sans opposer la moindre résistance, il récite quelques incantations en langue arabe semblant faire référence, selon des témoins, au « dieu Allah ». dans l’attente de son interpellation. Et il lâche alors le couteau de boucher qu’il avait conservé. De source proche de l’enquête, il a sur lui un titre de séjour en bonne et due forme délivré en janvier 2017, pour une validité d’au moins cinq ans.Attaque à Romans-sur-Isère: «Il a pris un couteau de boucherie et a poignardé un client»Après une attaque au couteau faisant deux morts et quatre blessés à Romans-sur-Isère (Drôme) le 4 avril, le gérant d’une boucherie dans laquelle s’est rendu l’assaillant raconte.

Toujours selon nos informations, Abdallah A.O., qui dit être né un 1er janvier, bénéficie en outre du statut de réfugié. Selon plusieurs sources concordantes, à la demande de la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris, un « criblage » avait été réalisé à son arrivée en région parisienne en 2016. Il a permis d’établir qu’il était inconnu des services antiterroristes mais aussi des fichiers de droits commun. L’homme ne présenterait en outre aucun antécédent psychiatrique. Lors de la perquisition menée à son domicile, dont l’adresse figurait sur son titre de séjour, son colocataire, âgé de 28 ans et de nationalité soudanaise, a été interpellé et placé également en garde à vue.

Le parquet national antiterroriste a précisé qu’il se saisissait car « les premières investigations ont mis en évidence un parcours meurtrier déterminé de nature à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ». « En outre, ajoute le parquet, lors de la perquisition réalisée à son domicile, ont été retrouvés des documents manuscrits à connotation religieuse dans lesquels l’auteur des lignes se plaint notamment de vivre dans un pays de mécréants. »

Pour l’heure, le périple meurtrier d’Abdallah A. O. ressemble furieusement à celui du terroriste islamistequi, le 3 janvier dernier à Villejuif (Val-de-Marne), a fait un mort et deux blessés.

Journaliste syrien sur l’accord de supervision iranienne en Syrie : que peut offrir aux Syriens un régime qui ne croit ni à l’art, ni la musique, ni au droit des femmes d’assister à un match ?

Abd Al-Razzak Diab (Source : Horrya.net, 29 mars 2017)

Le 23 janvier 2020, la Syrie et l’Iran signaient un protocole d’accord relatif à l’éducation mentionnant, entre autres, l’engagement iranien à rénover 250 écoles en Syrie, à aider à la formation du personnel éducatif, à évaluer les programmes scolaires syriens et à soutenir la formation professionnelle dans le pays. [1] 

Suite à sa signature, le journaliste syrien Abd Al-Razzaq Diab avertissait, dans un article mis en ligne sur un site web de l’opposition, que ce protocole permettrait aux Iraniens d’injecter leurs « drogues communautaires » dans les esprits des Syriens et de propager la philosophie iranienne, qui prône « le meurtre, la mort et les armes ».

Selon lui, les Syriens ne devraient pas être surpris si les cours de mécanique et d’électricité se trouvaient remplacés par des cours de fabrication d’explosifs, et les cours de tissage et de broderie pour femmes par des cours de fabrication de gilets explosifs.

Notons que, tout au long de la guerre en Syrie, les opposants ont alerté sur la propagation de l’idéologie iranienne et chiite dans le pays [2].  Extraits : [3]

Le ministère de l’Education du gouvernement du régime [syrien] a signé il y a quelques jours un protocole avec son homologue iranien, autorisant ce dernier à superviser la révision des programmes scolaires [syriens], à imprimer [les manuels syriens] en Iran et à rénover 250 écoles, [protocole qui mentionne] en outre la participation iranienne à la formation et à l’instruction [des enseignants], à [la gestion] et à la correction des examens, ainsi qu’au soutien à l’enseignement professionnel.

Cela signifie que le régime [syrien] remet aux Iraniens, non seulement les clés de l’économie syrienne, mais aussi les clés des cerveaux des Syriens, afin de les endommager, leur injecter leurs ridicules drogues communautaires et créer de nouvelles générations qui croient au Gouvernement du docte [chiite] et au Corps des Gardiens de la Révolution islamique qui prône la résistance et la loyauté envers la Sainte République islamique [d’Iran].

Sous le patronage iranien, nos enfants apprendront à scander « Mort à l’Amérique et à Israël » et à fréquenter les Husseiniyyas [centres religieux chiites] pour pleurer les délaissés et les tués de la bataille de Karbala. Ils prépareront la vengeance contre les descendants des criminels qui ont porté la tête de [ibn Ali] Hussein à Yazid ibn Muawiyah [5] et chaque matin, ils chanteront le sempiternel hymne khomeyniste de la révolution [iranienne], au lieu de l’hymne national [syrien]…

Que peut offrir aux Syriens le ministère de l’Education iranien, produit d’un régime qui ne croit pas au rôle de l’art, de la musique, du cinéma et du théâtre, ni même au droit d’une femme à assister à un match de football ou de choisir ses vêtements ou son style ? C’est un régime qui ne déclare [son engagement qu’envers] l’industrie des milices portant les noms des opprimés et des piétinés et des porte-drapeaux de la vengeance et du meurtre.

Le protocole [signé par la Syrie et l’Iran] évoque en outre l’implication de l’Iran dans l’enseignement professionnel. Il est donc tout à fait possible que nous ayons bientôt des cours de formation à la fabrication de bombes et d’explosifs au lieu de cours de mécanique et d’électricité, ainsi que [des cours de] fabrication de gilets explosifs au lieu de cours de tissage et de broderie pour filles et femmes… Et le chiisme fera partie du programme d’études, inscrit dans les contrats officiels, sans que [les Syriens ne reçoivent] quoi que ce soit en retour.

Les dirigeants tyranniques nous ont apporté non seulement des occupants, mais leurs modes de pensée et leurs méthodes opératoires, si bien que la catastrophe sera totale et insurmontable… Maintenant que les ressources du pays – phosphate, gaz naturel et bases militaires – ont été livrées [aux occupants], ils fabriquent des humains qui défendront cette spoliation en utilisant le pouvoir de la pensée, et produisent une nouvelle génération qui  considérera ces occupants comme des partenaires…

[Certes,] les Français ont [aussi] occupé la Syrie, mais ils ont établi le plan de l’infrastructure de Damas, construit des écoles progressistes et établi l’État syrien moderne. Les dirigeants nationaux et les intellectuels de cette époque ont reçu [des Français] l’expérience du gouvernement et du parlement, et [les Français] ont également contribué à la création des banques syriennes et de leur administration. Mon intention ici n’est pas d’honorer le colonialisme, comme certains aiment croire, mais plutôt de comparer un colonialisme doté d’un héritage culturel et humaniste à un occupant qui ne possède rien d’autre qu’une philosophie de meurtre, de mort et d’armes.

Covid-19 : le retour du « Juif empoisonneur »

Sur les télévisions d’État comme sur le « dark web », les islamistes et les suprémacistes blancs accusent les Juifs d’être derrière l’épidémie de Covid-19, à grand renfort de théories du complot. Chercheur au Center for Cyber Law and Policy (CCLP) de l’université de Haïfa (Israël), Lev Topor estime qu’« aucun virus n’a montré une plus grande capacité d’adaptation que l’antisémitisme ».

Le Covid-19 (acronyme anglais de « Coronavirus Disease 2019 ») a fait son apparition dans la métropole chinoise de Wuhan. Le CDC (l’agence fédérale américaine de contrôle et de prévention des épidémies), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et les chercheurs du monde entier associent les premiers cas de contamination à l’activité d’un marché situé dans cette ville et qui abritait un commerce d’animaux sauvages. Le virus y est très vraisemblablement apparu en novembre 2019, les autorités chinoises ne confirmant cependant les premiers cas chez l’homme qu’en décembre.

Les coronavirus sont des virus qui infectent la faune sauvage. Sept d’entre eux, dont le Covid-19, ont « fait le saut » zoonotique de l’animal à l’homme. Les cas précédents furent, en 2002, le SRAS (« Syndrome respiratoire aigu sévère ») transmis à l’homme par la chauve-souris et, en 2012, le MERS (« Syndrome respiratoire du Moyen-Orient ») transmis à l’homme par le dromadaire. Selon les experts, les marchés du type de celui de Wuhan posent un grave problème sanitaire car la consommation d’animaux sauvages est très difficile à contrôler.

Malgré ces faits clairement établis, certains n’hésitent pas à associer le virus aux Juifs et à l’État d’Israël. Pour certains responsables politiques et hauts fonctionnaires turcs et iraniens, les États-Unis et Israël auraient propagé le virus à des fins stratégiques tandis que des djihadistes accusent les Juifs de complot contre l’islam. Enfin, pour les suprémacistes blancs américains, les Juifs chercheraient avec ce virus à accroître leurs profits et renforcer leur domination sur le monde. Dans certains médias gouvernementaux, sur Internet et sur le « dark web », le conspirationnisme antisémite s’est propagé plus vite encore que la pandémie [1].

Il convient d’accorder à ces faits la plus grande attention, car ces théories du complot risquent toujours de déboucher sur des passages à l’acte violent [2]. En outre, sur le plan du droit international, la diffusion de fausses informations n’est pas illégale d’après le Manuel de Tallinn relatif au droit applicable en matière de cyberguerre. C’est pourquoi les pays qui entendent contrecarrer la diffusion des théories du complot se heurtent à tant de difficultés juridiques [3]. D’autant que ces mensonges se trouvent repris à leur compte par les utilisateurs des réseaux sociaux qui se défient des médias professionnels classiques et des informations officielles émanant des autorités [4]. Toutes ces tendances concourent à ce que l’antisémitisme s’ancre de manière toujours plus profonde au sein de groupes sociaux marginaux [5].

Tout au long de l’histoire, on a fait des Juifs des boucs émissaires accusés d’être la cause de tous les problèmes, d’être des fléaux eux-mêmes quand on ne les accusait pas carrément d’empoisonner ou de se livrer à des sacrifices rituels de non-Juifs. Aux IVe et Ve siècles, les Grecs n’avaient pas de mots assez durs pour stigmatiser les Juifs. Les empereurs byzantins Théodose II ou Justinien les qualifiaient de « perversité, contagion, pollution, peste, contamination » [6]. Lorsqu’au Moyen Âge l’Europe fut la proie de la terrible Peste noire (1347-61), on accusa les Juifs « d’empoisonner les puits » [7]. Quant aux nazis, ils voyaient les Juifs comme une menace biologique [8]. Plus tard, des responsables politiques arabes ont accusé Israël et les Juifs d’avoir inoculé le sida à certains de leurs leaders [9]. Des organisations terroristes, comme le Hamas, ont propagé la fable selon laquelle les sionistes utilisaient des femmes infectées par le VIH pour contaminer et éliminer des leader arabes. Aujourd’hui, des islamistes et des suprémacistes blancs associent le Covid-19 aux Juifs, quoique, typiquement, ils utilisent le vocable plus acceptable de « sionistes » en lieu et place de « Juifs ».

La construction d’une pandémie « juive »

  • Les islamistes

Les islamistes prétendent que le Covid-19 est le résultat d’une conspiration sioniste ou américano-israélienne. Al Masdar, un site d’actualités algérien, a récemment publié un article intitulé « Une organisation sioniste derrière le coronavirus, et [Israël] prétend avoir trouvé le vaccin ». En Iran, le professeur Ali Karami de l’Université Baqiyatallah, principale institution médicale du Corps des Gardiens de la révolution islamique, a déclaré sur la chaîne de télévision nationale que le Covid-19 était une « arme biologique ethnique » conçue par « les Américains et le régime sioniste » pour détruire l’ADN iranien. Il a ajouté que seule cette conspiration sioniste expliquait le nombre élevé de morts en Iran. Quand on lui a fait valoir que l’Italie enregistrait également un grand nombre de victimes, il a rétorqué : « Le génome des Italiens est très semblable à celui des Iraniens. »

Le journaliste turc Abdullah Bozkurt accuse les Juifs et les sionistes d’avoir créé le coronavirus et d’autres maladies (capture d’écran Twitter, 11 mars 2020).

En mars 2020, des ténors de la scène politique turque ont accusé Israël de chercher à faire délibérément décroître leur population nationale. Ainsi, Fatih Erbakan, chef du Yeniden Refah Partisi [le « Nouveau Parti de la Prospérité », islamiste – ndlr] a déclaré : « Ce virus sert les objectifs sionistes de diminuer le nombre des gens. » Il a continué avec une citation de son père, Necmettin Erbakanpoliticien islamiste et ancien Premier ministre (1996-1997) : « Le sionisme est une bactérie vieille de cinq mille ans qui n’a causé que souffrances. » Un invité des plateaux turcs, Abdullah Bozkurt, est allé jusqu’à affirmer : « Les Juifs, les sionistes ont organisé et fabriqué le coronavirus comme arme biologique, tout comme la grippe aviaire et la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (FHCC). Ils veulent redessiner le monde, s’emparer des pays, stériliser la population mondiale. »

  • Les suprémacistes blancs

Le site néo-nazi Daily Stormer a commencé à relayer des théories du complot à caractère antisémite sur l’épidémie rapidement après son apparition. Son animateur, Andrew Anglin, a ainsi écrit le 26 mars 2020 : « Le coronavirus est officiellement devenu un bobard du même niveau que l’Holocauste et le réchauffement climatique. »

Les théories conspirationnistes prolifèrent de façon particulièrement imaginative sur le « dark web » où l’on peut par exemple trouver un document intitulé « Les Illuminati et le Council on Foreign Relations, la conspiration du Gouvernement mondial et les Protocoles des Sages de Sion ». Ainsi, les réseaux suprémacistes blancs accusent les Juifs de causer le chaos mondial, les famines et tous les fléaux possibles. Ce sont ces sources qui légitiment et promeuvent les théories du complot qui prolifèrent autour du nouveau virus.

Certains suprémacistes blancs encouragent leurs membres, s’ils sont porteurs, à transmettre le Covid-19 aux policiers et aux Juifs. Un internaute du « dark web » est même allé jusqu’à prier : « S’il vous plaît, mon Dieu, faites que cela frappe l’Europe aussi fort que possible, et foute en l’air tout ce putain de (((système))) là-bas. »

Pour beaucoup de suprémacistes, « le système » est juif, et il est responsable de la pandémie. En janvier 2020Paul Nehlen, suprémaciste blanc et ancien candidat à la députation dans le Wisconsin, déclarait qu’Israël avait « lancé une arme biologique [contre la Chine] pour vous signifier qu’ils vous contrôlent aussi ». Et il a demandé : « Vous allez laisser ces Juifs jaloux et vindicatifs s’en tirer comme ça ? » David Clarke Jr, shérif du comté de Milwaukee de 2002 à 2017, a accusé George Soros de tirer les ficelles de la pandémie. Fin mars 2020, les juifs orthodoxes de New York ont aussi été accusés de répandre le virusTruth3, un abonné du site conspirationniste The Unz Review, a posté ce commentaire : « Le coronavirus SRAS et Ebola étaient des armes biologiques du Pentagone conçues et mises en œuvre par les sionistes qui contrôlent le gouvernement ».

Tout au long de l’histoire, durant des périodes et sur des zones immenses, les antisémites ont réussi à mettre sur le dos des Juifs leurs problèmes politiques et sociaux, les associant aux guerres, aux crises économiques, aux épidémies et aux crimes, utilisant des discours de toute nature, de gauche ou de droite, à caractère religieux ou pas. Aujourd’hui, les stéréotypes antisémites traditionnels sont réactualisés par les islamistes et les suprémacistes blancs qui reprochent aux Juifs d’être derrière le nouveau coronavirus. Aucun virus n’a montré une plus grande capacité d’adaptation que l’antisémitisme. Il nous incombe de forger notre immunité de groupe contre chacune de ses résurgences.

Notes :
[1] Les comptes antisémites ont souvent recours aux triples parenthèses, nommées (((échos))). Cette trouvaille typographique de l’Alt-Right a été lancée comme tentative d’identifier et de marquer les utilisateurs réellement ou supposés être juifs de Twitter, afin que les antisémites puissent ensuite les attaquer en ligne. Les antiracistes ont parfois adopté ces parenthèses dans un esprit ironique d’auto-affirmation (comme l’ont fait les gays et les lesbiennes en s’appropriant le terme « queer ».)
[2] Topor, 2019.
[3] Schmitt, pp. 160-175, 2017.
[4] Topor & Shuker, 2019 ; Flanagin & Metzger, 2000.
[5] Topor, 2019.
[6] Linder, pp. 150-51, 2008.
[7] Cohn Jr., 2007.
[8] Cf. Dundes, 1984 ; Wistrich, 2013.
[9] Laqueur, pp. 60-62, 2006.

Bibliographie :

  • Cohn Jr, Samuel K, “The Black Death and the Burning of Jews,’ Past and Present, 196, 1: 3-36, 2007.
  • Dundes, Alan, Life is Like a Chicken Coop Ladder: A Portrait of German Culture Through Folklore, New York: Columbia University Press, 1984.
  • Flanagin, Andrew J. & Miriam J. Metzger, ‘Perceptions of Internet Information Credibility,’ Journalism & Mass Communication Quarterly 77, 3: 515-540, 2000.
  • Laqueur, Walter, The Changing Face of anti-Semitism: From Ancient Times to the Present Day, Oxford University Press, 2006.
  • Linder, Amnon, ‘The Legal Status of Jews in the Roman Empire,’ in Katz, Steven T. (ed), Judaism, Volume 4, Cambridge University Press, pp. 128-73, 2008.
  • Schmitt, Michael N. (ed), Tallinn Manual 2.0 on the International Law Applicable to Cyber Warfare, Cambridge University Press, 2017.
  • Topor, Lev, ‘Dark Hatred: Antisemitism on the Dark Web,’ Journal of Contemporary Antisemitism 2, 2: 25-42, 2019.
  • Topor, Lev & Pnina, Shuker, Cyber Influence Campaigns in the Dark Web. Cyber, Intelligence, and Security, 3,2: 63-79, 2019.
  • Wistrich, Robert S. (ed), Demonizing the Other: Antisemitism, Racism and Xenophobia, Routledge, 2013.

🕯️ À LA MÉMOIRE DE NOTRE CHÈRE MAMAN ET MAMIE *SARAH* *HALIMI* Zal 🕯️

Chers amis/es,

Cela fait déjà trois ans que notre chère et regrettée maman et mamie, nous a quitté de manière si tragique, assassinée parce que juive….

Aujourd’hui, (à partir de ce soir après la tombée de la nuit et ce jusqu’à demain soir au coucher du soleil) le 8 Nissan c’est la date anniversaire de son décès. 

Le confinement nous empêchant de pouvoir se réunir pour un office, on vous demande 🙏🙏🙏que chacun honore sa mémoire en allumant une bougie, en étudiant la Torah, en faisant des bénédictions, en disant un tehilim ou peut être même de prendre sur soi quelque chose de petit pour ces 24h leilouy nichmata.

Svp essayez chacun de faire un effort car malheureusement on n’a pas la possibilité de le faire tous ensemble, réunis mais même chacun chez soi pourra bhm élever son âme et en espérant que chaque action aidera à la guérison des malades et à sortir le monde de cette pandémie.

Puisse Hachem écouter nos prières et nous délivrer de ce fléau à la faveur du mois de Nissan, mois de la gueoula.

Leilouy nichmat 
Sarah bat Maroma

Merci d’avance .

Familles Halimi et Attal.

le BNVCA condamne la vidéo antisémite et complotiste diffusée sur la toile par le délinquant antifuif récidiviste Alain Soral. Le BNVCA dépose une nouvelle plainte contre SORAL.

Communiqué de Presse

Le BNVCA dénonce et condamne le délinquant antisémite récidiviste Alain Soral, qui diffuse sur le net une vidéo manifestement antijuive dans laquelle il développe ce qu’il affirme être un complot juif contre la France et les français.

Pour faire le rapport avec la situation sanitaire que traverse la France, Soral intitule sa pourriture “Couillonavirus, Communauté organisée qui tient la France”.

Le BNVCA souligne qu’un pourcentage important des citoyens juifs sont contaminés à Marseille Strasbourg, Paris, etc. 

Alors que de nombreux citoyens juifs se débattent contre la maladie, dans son discours obscène, Soral persiste à penser que les juifs détiennent en France “le spectacle, la politique, la médecine, l’économie”.

Pour appuyer sa démonstration complotiste, il cite les noms de, Bauer, Lévy, Buzyn, Hirsch, Guedj, Solomon, Jacob, qu’il qualifie de “Liste de Schindler”.     

De la sorte il les livre en pâture aux antisémites.

« On a le gang qui a en charge la médecine d’État: Buzyn, Lévy, Bauer, Hirsch, Jacob, Guedj, Salomon… C’est la liste de Schindler ».  

Dans son discours antijuif, reprenant les vieux poncifs néo nazis, il prétend que les juifs : “veulent faire du pognon sur le dos des français, affaiblir le peuple français par le nombre de morts “.

Soral le délinquant antijuif récidiviste a déjà fait l’objet de plusieurs plaintes du BNVCA.

Il a plusieurs fois été condamné par les tribunaux, y compris à des peines de prison ferme mais qu’il n’a jamais effectuées. 

Nous considérons que si notre Gouvernement veut véritablement lutter contre l’antisémitisme, il se doit d’obtenir de la Justice de ce pays qu’elle fasse exécuter les décisions des tribunaux et mette Soral hors d’état de nuire, en le jetant en prison sans délai, en l’empêchant de diffuser ses insanités antijuives sur la toile.

Le BNVCA a décidé de saisir à cet effet le Procureur de la République, la Ministre de la Justice et le Premier Ministre.

Le BNVCA a chargé son conseil maître Baccouche de déposer une nouvelle plainte contre Soral. 

Le Président: Sammy GHOZLAN 01 77 38 49 44

Médecins arabes et juifs oeuvrent côte à côte

En Israël, médecins juifs et arabes s’entraident pour combattre l’épidémie de coronavirus et faire taire aussi les propagateurs de la «haine».

storybild

Près de Tel-Aviv, l’hôpital Sheba est classé parmi les meilleurs au monde et ses responsables affirment que c’est grâce au travail qu’effectuent les soignants arabes et juifs. (Photo: AFP)on off i

«Il n’y a pas de différence entre nous». En Israël, médecins juifs et arabes oeuvrent ensemble, côte à côte, en première ligne pour combattre l’épidémie de coronavirus et faire taire aussi les propagateurs de la «haine». Près de Tel-Aviv, l’hôpital Sheba est classé parmi les meilleurs au monde et ses responsables affirment que c’est grâce au travail qu’effectuent les soignants arabes et juifs, dans une société pourtant marquée par les divisions.Deux infirmiers à Beersheba faisant la prière devant leur ambulance: l’un, juif, tourné vers Jérusalem, l’autre, musulman, agenouillé sur un tapis de prière en direction de La Mecque. (photo: AFP/-)

«Nous travaillons ensemble avec l’équipe médicale arabe et pas seulement au temps du coronavirus», rapporte Rafi Walden, directeur adjoint émérite de l’établissement. «Sans (les médecins arabes), le système de santé israélien s’effondrerait», affirme-t-il à l’AFP, estimant qu’il n’y a aucune différence entre eux et les soignants juifs.

Une photo virale

Les Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leurs terres après la création d’Israël en 1948 qui représentent environ 20% de la population israélienne, se disent régulièrement victimes de discrimination sociale et dénoncent la loi de l’Etat-nation qui consacre le caractère juif d’Israël.

Mais ironie du sort au temps du coronavirus, une photo de deux infirmiers faisant la prière devant leur ambulance est devenue virale: l’un, juif, prie tourné vers Jérusalem, l’autre, musulman, agenouillé sur un tapis de prière en direction de La Mecque.

L’app vidéo Zoom, un bon mouchard pour Facebook

Le service de vidéoconférence envoie des données de ses utilisateurs à la firme de Mark Zuckerberg, même en l’absence d’un compte sur le réseau social.o

L’adoption de Zoom s’est répandue au fil des mesures de confinement imposées dans les pays touchés par le Covid-19. Gratuite dans sa version de base, l’app de visiophonie est devenue la chouchou des travailleurs à distance. On l’utilise pour discuter avec des membres de la famille, des amis, des collègues, des camarades de classe, des profs ou encore des clients. Même des pompes funèbres y ont recours à l’exemple de «Himmelblau», qui diffuse en Autriche les funérailles. 

Zoom a su se rendre populaire grâce aux recommandations de ses utilisateurs et des touches originales comme l’option de télécharger une photo ou une vidéo pour créer un arrière-plan virtuel, repris récemment par Microsoft dans son outil de communication professionnel Teams.

Transparence lacunaire

Mais la transparence de Zoom sur la gestion des données fait débat. On reproche à la start-up californienne de passer sous silence ses liens avec Facebook. L’application iOS de Zoom pour l’iPhone envoie en effet des données d’analyse à la firme de Mark Zuckerberg, même si les utilisateurs de Zoom n’ont pas de compte Facebook, a révélé Motherboard (Vice Media). Will Strafach, un chercheur d’iOS et fondateur de l’application Guardian, spécialisée sur la protection de la vie privée, a confirmé les conclusions.

Ce type de transfert est cependant courant pour les applications comme Zoom qui utilisent le kit de développement logiciel de Facebook pour implémenter plus facilement leurs fonctionnalités. Mais selon les défenseurs de la protection des données, cela ne dispense pas pour autant Zoom d’en faire explicitement mention pour que les utilisateurs en soient conscients au moment de choisir s’ils veulent utiliser ou non le service. «C’est choquant. Il n’y a rien dans la politique de confidentialité qui traite de cela», s’est offusqué sur Twitter Pat Walshe, un activiste de Privacy Matters qui a analysé la politique de confidentialité de Zoom.

Confidentialité douteuse

L’application Zoom informe notamment Facebook lorsque l’utilisateur ouvre l’application, fournit des détails sur l’appareil de l’utilisateur tels que le modèle, le fuseau horaire et la ville à partir de laquelle il se connecte, l’opérateur téléphonique qu’il utilise, et un identifiant publicitaire unique créé par l’appareil de l’utilisateur que des entreprises peuvent ensuite cibler pour des messages publicitaires. Il n’y a par contre aucune preuve directe de partage de données sensibles dans les versions actuelles, selon les analyses.

De son côté, Facebook dit exiger explicitement des développeurs qu’ils soient transparents avec les utilisateurs sur les données que leurs applications lui envoient 

La politique de confidentialité de Zoom indique que «nos fournisseurs de services tiers et nos partenaires publicitaires (par exemple, Google Ads et Google Analytics) collectent automatiquement certaines informations vous concernant lorsque vous utilisez nos produits», mais ne lie pas ce type d’activité à Facebook en particulier.

Par ailleurs, l’application Zoom présenterait de sérieuses failles de confidentialité. Les administrateurs peuvent par exemple voir l’adresse IP, les données de localisation et les informations sur les appareils de chaque participant.

Devenue un verbe

Fondée par Eric Yuan, un Américain d’origine chinoise âgé de 50 ans, Zoom défie les grands noms de l’informatique comme Microsoft (applications Teams et Skype). La valorisation boursière de la firme basée à San José avoisine les 40 milliards de francs, soit le double de Twitter à titre de comparaison. Elle avait fait son entrée en bourse il y a juste un an. «C’est intéressant de voir à quelle vitesse c’est devenu un verbe dans la Silicon Valley», a résumé Jonathan Heiliger, un associé de la société d’investissement Vertex Ventures.

Caricatures, complot, liste de noms : le coronavirus engendre des attaques antisémites sur le web

par France Inter  publié le 30 mars 2020 à 6h01

Caricatures, insultes, accusations complotistes… Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, les messages de haine à l’encontre de personnalités identifiées comme “juives” essaiment sur les réseaux sociaux et certains forums. Des plaintes ont été déposées.

Agnès Buzyn, son mari Yves Lévy, ou encore le directeur de la Santé Jérôme Salomon sont victimes d'attaques antisémites.
Agnès Buzyn, son mari Yves Lévy, ou encore le directeur de la Santé Jérôme Salomon sont victimes d’attaques antisémites. © AFP / Alain Jocard

Ce sont des messages antisémites diffusés dans des groupes Facebook qui comptent plusieurs milliers d’utilisateurs. Ce sont des tweets accompagnés d’une caricature antisémite qui ont été massivement relayés avant d’être supprimés. Ce sont des vidéos Youtube complotistes visionnées des centaines de milliers de fois sous lesquelles on trouve des commentaires antisémites “likés” parfois par près de 300 personnes. C’est un forum très populaire où la haine des juifs resurgit à l’aune de l’épidémie.

Pour certains internautes, il faut absolument trouver un responsable à l’épidémie de coronavirus, et ce coupable est tout trouvé : “le juif”“les juifs” ou tout du moins des personnes catégorisées comme juives, souvent sur la base de leur simple nom de famille. Derrière les attaques se cachent régulièrement des soupçons complotistes, qui renvoient au fantasme d’une “communauté organisée” tirant les ficelles dans les coulisses du pouvoir. 

Face à cette parole antisémite qui se répand sur les réseaux sociaux, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) a déposé depuis une semaine une douzaine de plaintes auprès du procureur de la République de Paris. Particulièrement visée, Agnès Buzyn n’a pas souhaité répondre à France Inter, sa conseillère presse précisant que la communication de l’ancienne ministre est “suspendue” le temps de la crise.

Youtube : des commentaires antisémites sous des vidéos vues des milliers de fois

Exemple flagrant sous une vidéo vue presque 170 000 fois et qui évoque le professeur Didier Raoult, convaincu que la chloroquine permet de traiter le Covid-19, l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn ainsi que son mari Yves Lévy, professeur immunologiste. Parmi les commentaires, certains très “likés” par les internautes comme celui-ci, qui emporte l’adhésion de plus de 250 personnes et donne lieu à une surenchère basée sur des “blagues” autour du“nez” :

CORONAVIRUS: Communiqué du Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme.


Toute l’équipe du BNVCA, derrière son Président, adhère à toutes les mesures de confinement édictées par les Autorités Gouvernementales et médicales. L’ensemble de ses membres, ses bienfaiteurs et tous ses correspondants, tiennent à s’associer à toutes les marques de soutien, toutes les félicitations, tous les encouragements adressés au corps médical, aux infirmières et infirmiers, à tous les soignants et aide soignants, ces soldats courageux, qui combattent en première ligne cette terrible épidémie mondiale causée par le Coronavirus.

Nous recommandons à la Communauté Nationale, d’observer strictement les consignes de “Confinement”, y compris celles concernant la fermeture des Oratoires et Synagogues décidées par le Grand Rabbin de France Mr Haim Korsia.

D’après les informations parvenues au BNVCA, il apparaîtrait qu’un grand nombre de Membres, Dirigeants et Rabbins de la communauté juive aient été atteints par cette contamination notamment en Alsace, à Paris et à Marseille. 

Nous adressons toutes nos sincères condoléances à toutes les familles endeuillées.

Nous nous associons aux prières prononcées pour le rétablissement rapide en bonne santé, de tous les patients hospitalisés auxquels nous souhaitons une prompte guérison  et notamment à nos amis: Joel MERGUI, Président des Consistoires israélites de France ainsi que son épouse, Claude BAROUCH, Président de l’Union des Patrons Juifs de France. 

Nous restons convaincus que l’humanité toute entière sortira  vainqueure de cette guerre menée contre ce fléau mondial et invisible. 

Coronavirus: Le BNVCA dépose plainte contre les internautes antisémites mettant en cause, Madame Agnes Buzyn ancien Ministre de la Santé.

Le BNVCA a décidé dé déposer plainte contre tous ceux qui diffusent sur internet des messages antisémites accusant  Madame Agnes. Buzyn ancien ministre de la santé d’être à l’origine de la pandémie mondiale de Coronavirus.  

Ces internautes anti juifs se comportent comme au moyen âge en  qualifiant mme Buzyn d’être une « empoisonneuse des  puits d’eau».

L’image fabriquée par les internautes malfaisants montrent le portrait de l’ancienne ministre à côté d’une étoile jaune de triste mémoire.  

Nous rappelons que des affiches de la campagne municipale  de Mme Buzyn à Paris avaient été souillées de croix gammées.  

Le BNVCA reste attentif et vigilant et n’hésite pas à poursuivre en justice tout délinquant antisémite qu’il identifiera aisément.

Tour témoin  ou victime peut nous joindre sur BNVCA.ORG ou en téléphonant à la hot-line au 0663883029. 

Iran : les Mensonges des Mollahs sur le Coronavirus

par Majid Rafizadeh
12 mars 2020

Traduction du texte original: Iran: The Mullahs’ Coronavirus Lies

  • Le Guide Suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a récemment qualifié le coronavirus de « bénédiction ».
  • La situation est devenue si périlleuse que certains membres du Parlement iranien ont osé prendre la parole et dénoncer les carences de l’establishment théocratique.
  • La dissimulation et les mensonges des dirigeants iraniens ont contribué à la propagation du coronavirus à d’autres pays. En considérant le coronavirus comme une “bénédiction”, le Guide Suprême iranien laisse entendre qu’il a pour objectif de propager le virus dans d’autres pays, en particulier Israël et l’Occident.
Après la Chine, la République islamique d’Iran arrive au second rang de propagation du coronavirus. Les mensonges et dissimulations des mollahs ont fait de ce pays l’un des principaux centres de propagation du virus au reste de la planète. Photo : désinfection du mausolée Masumeh de Qom le 25 février 2020. (Photo de Mehdi Marizad / Agence de presse Fars / AFP via Getty Images)

Le Guide Suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a récemment qualifié le coronavirus de «bénédiction». La République islamique d’Iran est, après la Chine, son alliée, le second foyer de coronavirus au monde. Les mensonges et dissimulations des mollahs au pouvoir en Iran ont fait de ce pays l’un des principaux centres de propagation du virus au reste de la planète.

Les autorités iraniennes ont d’abord affirmé que personne en Iran n’avait contracté la maladie. Mais très vite, des fuites ont permis de comprendre que de hauts responsables iraniens avaient décidé de cacher la vérité.

Chaque fois qu’elles ont été en position de fournir des informations, les autorités iraniennes ont déclaré qu’elles n’étaient pas autorisées à communiquer sur le nombre réel de personnes infectées ou décédées. Ainsi, le président de la Faculté de médecine de Qom, Mohammad Reza Ghadir, a déclaré à la télévision publique iranienne que le ministère de la Santé avait interdit de divulguer des statistiques sur l’épidémie de coronavirus.

La question est : les mollahs au pouvoir considèrent-ils le coronavirus comme un outil du djihad mondial et tentent-ils délibérément de le propager à d’autres pays ? Comment comprendre autrement que le premier ayatollah iranien qualifie le coronavirus de « bénédiction » ?

Non seulement le régime iranien refuse d’informer la population et la communauté internationale sur l’impact de l’épidémie de coronavirus dans le pays, mais en outre, il ne prend pas les mesures et les précautions nécessaires pour enrayer l’épidémie.

Qom est aujourd’hui l’épicentre de la dissémination du virus au plan national et international, mais le président iranien Hassan Rouhani a précisé que le gouvernement n’avait pas l’intention de mettre la ville en quarantaine ni aucune autre ville d’ailleurs.

Bien que les dirigeants iraniens soient conscients du nombre élevé de personnes contaminées, ils n’ont pas interrompu leurs déplacements à l’étranger.

Le site Internet Eghtesad Online a écrit le 19 février que les responsables iraniens qui avaient affirmé avoir suspendu leurs vols ont menti.

Il est important de rappeler au public que les compagnies aériennes iraniennes, en particulier Iran Air et Mahan Air, ont été utilisées pour le transport illicite d’armes et de personnel militaire, y compris des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), le corps d’élite de la Force Qods et les miliciens Basij. Les avions de ces compagnies aériennes desserventgénéralement des pays comme la Syrie sans être annoncés. Mahan Air est interdit de vol dans plusieurs pays dont l’Allemagne et la France.

La République islamique ne dispose pas des moyens de mesurer l’impact de la maladie en Iran. Mohammad Reza Ghadir a confirmé que « la plupart des tests doivent être effectués à Téhéran, et que l’annonce a lieu ensuite à Téhéran ». Le régime semble également dans l’incapacité de procéder à des examens médicaux individuels complets. Après la mort de plusieurs personnes à l’hôpital Kamkar de Qom, un employé de l’hôpital a déclaré :

« Nous ne disposons pas de statistiques précises ; nous avions des décès suspects depuis 10 jours et, jusqu’à il y a deux jours, tous étaient enterrés sans examen minutieux. La probabilité est forte que ces personnes aient été contaminées par le virus. »

La situation est devenue si périlleuse que des élus au Parlement iranien ont osé se manifester et critiquer l’establishment théocratique pour ne pas avoir traité le dossier sérieusement.

Ahmad Amirabadi, membre du parlement iranien, s’est livré à quelques révélations lors de son entretien avec l’agence de presse ILNA (Iranian Labour News Agency). Il a déclaré :

« Toutes les mesures prises pour contrôler le coronavirus ont échoué, Qom n’a pas réussi à empêcher sa propagation.

« Les infirmières manquent de vêtements de quarantaine appropriés et ont la peur au ventre quand elles s’occupent des patients. Les infirmières ont beaucoup de problèmes et ont peu de postes d’infirmeries. Qom manque également de kits de laboratoire.

« Nous devons garder notre calme, mais face à l’ampleur de la crise rien ne nous oblige à faire comme si rien ne s’était passé … L’épidémie de coronavirus est à Qom depuis trois semaines et cela a été annoncé tard. »

La dissimulation et les mensonges des dirigeants iraniens ont contribué en sous- main à la propagation du coronavirus en dehors des frontières de l’Iran. En appelant le coronavirus une “bénédiction”, le Guide Suprême iranien semble suggérer que son objectif est de propager le virus dans d’autres pays, en particulier Israël et l’Occident.

Majid Rafizadeh, stratège et consultant en affaires, est un universitaire diplômé de Harvard, politologue, membre du conseil d’administration de la Harvard International Review et président du Conseil international américain sur le Moyen-Orient. Il est l’auteur de plusieurs livres sur l’islam et la politique étrangère américaine.

Dieudonné : « Le coronavirus va justifier une crise financière par laquelle Rothschild et consorts vont dérober la totalité de l’épargne des moutons »

L’humoriste français controversé Dieudonné M’bala M’bala a été condamné mercredi 27 novembre 2019 à 9 000 euros d’amende pour complicité d’injure à caractère antisémite, suite à la diffusion de sa chanson « C’est mon Choaa », le 22 juin 2017.

La vidéo, toujours en ligne, avait obtenu 344 835 vues à la date du 8 mars 2020. Elle s’ouvre sur le message suivant, par lequel Dieudonné cherche à obtenir des vues pour engranger des fonds : « Afin de lui permettre de payer son amende, Dieudonné vous demande de regarder cette vidéo EN BOUCLE. 10 fois par personne et par jour, au minimum. Partagez en masse ! » On y voit ensuite Dieudonné chanter son texte : « J’ai chaud à la tête devant le barbecue. Si les merguez sont casher, j’aurai peut-être la corde au cou. J’en suis déjà à 20 000 euuu[ros] pour une brochette d’ananas. C’est décidé, je fais profil bas, c’est comme ça, c’est mon Choaa… ».

C’est avec « C’est mon Choaa » que Dieudonné introduit une autre de ses interventions en ligne consacrée à Simone Weil. La vidéo, intitulée « Dieudonné : Hommage à Simone Veil », mise en ligne le 4 juillet 2017, est également toujours en ligne. « (…) Je vous dédie, Simone, une petite chanson qui va faire danser un peu tout le monde cet été autour du barbecue », y dit Dieudonné.

Bien que condamné, Dieudonné continue de mettre régulièrement en ligne des vidéos liées à l’actualité sur sa page YouTube officielle. Sur son bureau sont toujours posés un ou deux ananas, rappelant sa chanson « Shoananas », qui tourne en dérision l’Holocauste, avec ces mots dans le refrain : « Tu me tiens par la Shoah, je te tiens par l’ananas »[1]. Expulsé du théâtre de la Main d’Or puis du théâtre de l’Ampoule et rencontrant des difficultés à se produire en salle, Dieudonné continue ses représentations à bord d’un « Dieudobus ».[2]

Dans une vidéo mise en ligne le 3 mars 2020 et intitulée « Dieudonné : 49-3 »[3], Dieudonné, vêtu d’un gilet jaune affublé d’un ananas, s’attaque au CRIF, qualifiant le dîner du CRIF de « dîner de la haine », et au président Emmanuel Macron, présenté comme obéissant docilement au CRIF. Il s’en prend en outre aux Rothschild, qui profiteraient de l’épidémie de COVID 19, et les accuse en filigrane d’avoir commandité une « propagande de terreur » autour du virus afin de remplir leurs propres caisses : « Ne soyez pas les derniers à comprendre ce qui est en train de se passer », recommande-t-il. La vidéo avait obtenu 147 936 vues à la date du 10 mars 2020.

Pour remédier à la supposée menace de la mainmise des Rothschild sur l’épargne du peuple, Dieudonné propose une solution : placer cette épargne dans sa cryptomonnaie à lui, le Sestrel, monnaie numérique dont la sortie est prévue pour novembre 2020.[4] Extraits :

Dieudonné : « une démocratie représentative qui ne représente que les intérêts de la banque Rothschild et consorts » 

« (…) Le mépris extrême que nous renvoient ces marionnettes de la banque Rothschild [le gouvernement] est étonnant et exponentiel. Ils semblent n’avoir aucune limite… ll n’y a plus de limite à leur arrogance. Votre vie et la mienne ne représentent pas plus que celle d’un poisson pris dans les filets d’un chalutier : on vous ramasse, vous n’existez pas. Nous ne sommes que de la matière première indispensable à leur mécanisme de domination. Rien n’a vraiment changé d’ailleurs depuis l’abolition de l’esclavage… si ce n’est que l’esclave à présent a accepté sa condition.

(…) Finissons-en avec cette imposture de démocratie représentative, une démocratie représentative qui ne représente que les intérêts de la banque Rothschild et consorts… Nous ne sommes pas nés esclaves, nous le sommes devenus, par cet endoctrinement. On peut même parler de dressage : nous avons été dressés, comme des chiens… Qu’ils nous considèrent comme des animaux, ce n’est pas un problème, le tout c’est qu’on n’ait rien à voir avec eux, qu’ils soient pas dans nos pattes.

Dieudonné au sujet du dîner du CRIF : Une « soirée à la gloire de la haine », un « dîner de la haine », « je leur pisse dans la bouche »

(…) La bonne nouvelle c’est que le dîner annuel du CRIF a été reporté. Ah, enfin une bonne nouvelle dans la journée. Cette soirée, à la gloire du communautarisme hystérique, à la gloire de la haine, n’aura donc pas lieu, il sera reporté, nous dit-on, et la présence d’Emmanuel Macron a été exigée. (…) Les institutions juives attendent une parole forte d’Emmanuel Macron au dîner du CRIF. Il a intérêt à réviser un petit peu sa copie, parce que là il va se faire remonter les bretelles. Moi je serais à sa place, je t’enverrai chier tout ce petit monde. Je leur dirais : allez tous vous faire enculer bien profondément. Ils doivent le sentir d’ailleurs parce que je n’ai pas été invité au dîner de la haine, non, et c’est tant mieux, et je continuerai pour ma part, vous l’avez compris, à leur pisser dru dans la bouche.

(…)  certaines personnes bien informées renchérissent : le coronavirus et sa propagande de terreur vont justifier une crise financière hors du commun par laquelle Rothschild et consorts vont dérober la totalité de l’épargne des moutons partout sur la planète. (…) Ne soyez pas les derniers à comprendre ce qui est en train de se passer. Placez votre épargne à l’extérieur de leur champ d’action. Dépêchez-vous. Ils ont pour projet de le saisir. Placez-le dans la cryptomonnaie, et plus précisément dans le sestrel [projet de cryptomonnaie de Dieudonné], le sestrel qui grimpe, qui grimpe, qui grimpe, la première cryptomonnaie de culture française. Elle se situe à l’étranger parce qu’en France évidemment… Vous savez : ne vous faites plus saisir votre argent par un Etat que vous jugez voyou. »

Notes :

[1] Voir les rapports MEMRI sur Dieudonné : Quenelle+, la page Facebook ouvertement antisémite des fans de Dieudonné, 4 mai 2016 ; Dieudonné attaque des personnalités juives françaises dans sa nouvelle vidéo « BHL fait un four », 12 décembre 2014 ; L’Antisémite : Une coproduction franco-iranienne d’un film de Dieudonné tourne en dérision Auschwitz, 31 décembre 2013 ; Dieudonné appelle à l’alliance des chrétiens et des musulmans contre « ceux qui ont persécuté Jésus et Mahomet », 10 juillet 2012 ; Une coproduction franco-iranienne d’un film de Dieudonné tourne en dérision Auschwitz, 20 février 2012 ; Dieudonné prépare son prochain film : L’Antisémite, 25 novembre 2011.

FOG – Après Trotski, Plenel a une nouvelle idole : Marat !

Quand Edwy Plenel se range derrière Marat le sanguinaire, il y a fort à parier que d’autres journalistes lui emboîtent le pas.

| Le Point 

Nos prétendues élites intellectuelles sont-elles devenues folles ? Alors que le coronavirus commence à plomber l’économie, ne sommes-nous pas tombés dans la phase agonique de la décadence, quand la société commence à se désintégrer ? Ces temps-ci, il flotte sur la France un parfum soufré, annonciateur de guerre civile.

Après l’effarante cérémonie des César, qui n’a pas fini de traumatiser le pays, on se frotte les yeux : voici qu’une supposée grande conscience des médias, Edwy Plenel, se range subrepticement derrière l’une des figures les plus abominables de la Révolution française, maboul avéré, le citoyen Marat spécialisé, entre autres, dans l’appel au meurtre.

Grand manitou autoproclamé du camp du Bien, Plenel publie régulièrement des livres laborieux qui lui permettent de tourner dans les médias pour faire la réclame de Mediapart, l’entreprise qu’il a créée et qui l’a bien enrichi. Leur principale qualité : quand elles vous tombent des mains, ces publications ne font pas mal au pied, tant elles sont petites, légères. Toujours sans surprise, elles distillent la même musiquette, celle de la vieille ultragauche.

Le sujet de son dernier pensum, La Sauvegarde du peuple (La Découverte), est une pseudo-enquête autour d’une phrase de Jean-Sylvain Bailly, astronome, mathématicien et maire de Paris (1789-1791), un révolutionnaire trop modéré pour ne pas finir guillotiné : « La publicité est la sauvegarde du peuple. » Traduire : il faut rendre public tout ce qui est de l’intérêt du peuple. Cette formule, c’est ce qu’il y a de mieux dans le livre où il apparaît vite que, dans la Révolution, Plenel préfère les ennemis de l’édile parisien, à commencer par Marat.

Révélation qui laisse pantois, au milieu de maintes digressions : le héros de tant de journalistes considère Marat comme un modèle. Brrr… Son originalité, écrit Plenel, « est qu’il ne se contente pas de défendre le contre-pouvoir de la presse, la nécessité de ses vigilances et de ses défiances ». Notre libelliste est en pâmoison devant sa « théorie radicale de la démocratie comme lieu d’un conflit créateur », conflit dont il assume qu’il puisse « aller jusqu’à l’insurrection si ceux qui gouvernent se dérobent à sa vitalité ».

Face à une vision de la démocratie « qui la borne et la contient, la résumant et la réduisant à la légitimité de l’ordre issu du vote et des élections », Plenel adopte de toute évidence, pardonnez sa logomachie, la vision de Marat qui « l’étend et l’encourage, la stimulant et l’activant grâce aux désordres dynamiques d’un espace public pluraliste ». Et de citer le député montagnard qui publie un journal, L’Ami du peuple : « On voit la liberté sortir sans cesse des feux de la sédition. »

Le journalisme consistant souvent, comme dit l’humoriste, à parler de choses qu’on ne connaît ni ne comprend, Plenel n’a sans doute pas pris le temps de travailler sur la Révolution française. Mais il ne peut ignorer que Marat, « pasionaria » de l’insurrection, prêchait la haine et prônait les tueries ou les pillages, quand il ne contribuait pas à orchestrer des massacres, comme ceux de septembre 1792. C’est dans tous les livres d’Histoire.

Disciple de Rousseau, faux philosophe, scientifique bidon, mais ne doutant jamais de son génie, le monstrueux Marat est rongé par la haine et l’aigreur comme par des vers. Dans son chef-d’œuvre, Les Origines de la France contemporaine (Laffont, « Bouquins »), Hippolyte Taine a tout dit sur cet histrion à la « logique de fou », qui souffre d’un délire de persécution et appelle sans arrêt le peuple à semer la mort. En septembre 1792, devant le conseil de la Commune, l’idole de Plenel estime à 40 000 le nombre de têtes qu’il faut abattre pour que la Révolution triomphe. Six semaines plus tard, l’abcès social ayant grossi, il considère qu’il faut tuer 170 000 personnes pour assurer la « tranquillité publique » et demande qu’on le charge de cette besogne.

Edwy Plenel n’a jamais cessé de célébrer la mémoire de Trotski, sa première idole : en 1918, quand il était le grand maître de l’Armée rouge, cet expert en terreur fut, comme l’a rappelé l’ami Étienne Gernelle (1), le sinistre concepteur du premier camp de concentration à la soviétique, préfiguration du Goulag, mouroir pour des millions de personnes (entre 10 et 20 millions) dont le grand tort était de penser mal. Mais bon, ça n’a jamais troublé la digestion de notre saint patron des médias, désormais converti aussi à Marat. Souvent plenellisés, nos chers confrères seront-ils maratisés dans la foulée ?

Pauvre presse ! Pauvre France ! §

1. Cf. « Le Point », le 15 novembre 2018.

CoronaVirus. L’Institut Biologique (Ness Ziona), le plus secret et mystérieux d’Israël, va t-il ouvrir la voie à un vaccin?

Par Israelvalley Desk|

Des sources au ministère de la Santé affirment que l’Institut Biologique israélien situé à Ness Ziona annoncera prochainement avoir mis au point un vaccin contre le Coronavirus-Covid 19… mais les tests pré-cliniques et cliniques devraient prendre plusieurs mois. Cette annonce est diffusée par Nathalie Sosna Ophir. IsraelValley peut garantir que cette news est sérieuse et ne s’apparente pas à un « Techno-Bluff ».  Nous connaissons très bien les travaux de cet Institut exceptionnel.

L’Israel Institute for Biological Research est un institut de recherche de défense du gouvernement israélien spécialisé dans la biologie, la chimie médicinale et les sciences de l’environnement. Le travail de l’institut est un secret bien gardé. (DR)

A SAVOIR.

Selon différents rapports internationaux, cités par le journal israélien Ha’aretz, des armes biologiques et chimiques sont développées à l’Institut pour la recherche biologique, situé à Ness-Ziona, à côté de Tel Aviv. Officiellement, des scientifiques et techniciens font partie du staff, qui depuis cinq décennies accomplit des recherches en biologie, chimie, biochimie, biotechnologie, pharmacologie, physique et d’autres disciplines scientifiques. L’Institut, avec le Centre nucléaire de Dimona, est « une des institutions les plus secrètes d’Israël » sous juridiction directe du premier ministre. Le plus grand secret entoure la recherche sur les armes biologiques : bactéries et virus qui, disséminés chez l’ennemi, peuvent déclancher des épidémies. Parmi eux, la bactérie de la peste bubonique (la « mort noire » du Moyen-âge) et le virus Ebola, contagieux et létal, pour lequel n’est disponible aucune thérapie. On peut avec la biotechnologie produire de nouveaux types d’agents pathogènes auxquels la population cible n’est pas en mesure de résister, ne disposant pas du vaccin spécifique. On dispose aussi de sérieux indices sur des recherches pour développer des armes biologiques pouvant anéantir chez l’homme son système immunitaire.

Officiellement l’Institut israélien effectue des recherches sur des vaccins contre des bactéries et virus, comme celles sur l’anthrax financées par le Pentagone, mais il est évident qu’elles permettent de développer de nouveaux agents pathogènes à usage guerrier. Le même expédient est utilisé aux Etats-Unis et dans d’autres pays pour contourner les Conventions qui interdisent les armes biologiques et chimiques.

SOURCE NON ISRAELIENNE. SELON (1) « Officiellement, l’Institut israélien de recherches biologiques de Nes Ziona n’existe pas. Officiellement, pendant dix longues années, Avraham Marcus Klingberg, son directeur adjoint, n’existait pas non plus. Le scientifique de renommée internationale, auteur de savants ouvrages et conférencier courtisé, s’était volatilisé, un matin de janvier 1983. Il fallut attendre 1993 pour apprendre ce qui lui était arrivé. Arrêté pour espionnage au profit de l’ex-URSS, Marcus Klingberg fut jugé à huis clos, secrètement condamné à vingt ans d’enfermement et embastillé au pénitencier d’Ashkelon sous une fausse identité. Il fallut plusieurs appels de la presse israélienne auprès de la Cour suprême de l’Etat juif pour que le secret soit partiellement levé et que commence l’ « affaire Ness-Ziona ».

C’est une petite ville de banlieue, à 18 km au sud-est de Tel-Aviv. Lorsque Israël décide, quatre ans après sa fondation, en 1952, de se doter d’un centre de recherches sur les armes chimiques et biologiques, Ness-Ziona n’est encore qu’un gros bourg de quatre mille habitants. Aujourd’hui, c’est un faubourg, avec trente mille résidents. En 1998, inquiet pour la santé de ses concitoyens, le maire s’est opposé à l’agrandissement du complexe. Sans succès. Le complexe est placé depuis toujourssous le contrôle direct du premier ministre. Que fabrique-t-on derrière les hauts murs parsemés de projecteurs et de censeurs électroniques qui cernent l’endroit ? Mystère.  » Au moins quarante-trois types d’armements non conventionnels, des virus aux toxines de champignons en passant par les bactéries et les poisons de synthèse « , affirmait une enquête du Nouvel Observateur en janvier 1994.

Signataire, en 1993, de la convention internationale bannissant les armes chimiques, Israël – qui se refuse également à adhérer au traité de non-prolifération nucléaire – ne l’a finalement jamais ratifiée. Le contraire l’obligerait à révéler tous ses programmes et à détruire les armes. Pas question ». (1) http://espionnage.over-blog.com/article-6929078.html

Le BNVCA exprime les protestations de nombreux correspondants indigné par l’attitude de la maîtresse de la 45 ème cérémonie Des Césars du Cinéma Florence Foresti.

Le BNVCA exprime les protestations de nombreux correspondants choqués et indignés de la façon dont s’est déroulée la 45eme  édition de la    “soirée des césars” présentée par l’humoriste Florence Foresti.

Cette 45eme Cérémonie des Césars du cinéma, organisée en 2020 par l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma était diffusée par la chaîne de télévision Canal Plus.

Non contente d’ironiser sur le physique de Roman Polanski, Florence Foresti, maîtresse de Cérémonie s’est livrée à dresser une liste de délinquants sexuels dans le monde du cinéma.

Dans son intention de laisser croire que ces personnalités sont des prédateurs, c’est parce qu’ils sont juifs, elle ajoute de façon scandaleuse (probablement pas par hasard) le nom de Strauss Kahn à ceux d’Harvey Weinstein, Jeffrey Epstein et bien sûr Roman Polanski, grand vainqueur de ces “CESARS” pour son film « J’ACCUSE ». De plus elle se permet de faire une référence indirecte à Patrick Bruel.

Il est certain que nous ne pouvons que condamner tous les agresseurs sexuels de ce type et leurs comportements répréhensibles. Nous ne pouvons tolérer de militantes qui se présentent comme « les Terriennes » qui ont tweeter “celui qui devrait être gazé c est Polanski”.

Toutefois l’attitude de Foresti comme celle de Jean Pierre Darroussin sont condamnables et inqualifiables, notamment quand cet acteur oublie volontairement de prononcer une syllabe afin d’écorcher le nom de Polanski.
Le BNVCA a décidé de saisir la Présidence de Canal Plus et la Présidence du CSA.

Le Président Sammy GHOZLAN 

Ces Arabes Privilégiés du Moyen-Orient

par Bassam Tawil

Traduction du texte original: The Fortunate Arabs in the Middle East

  • Au Moyen Orient, il est d’autres Arabes qui ont plus de chance que les Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les Arabes d’Israël – c’est d’eux dont il s’agit – ne subissent pas la corruption et l’incompétence des dirigeants de l’Autorité palestinienne et du Hamas. Ils ont de la chance car ils vivent en Israël.
  • Une malencontreuse bonne nouvelle de plus vise les citoyens arabes d’Israël : le gouvernement israélien a annoncé en 2018 qu’au cours des deux dernières années, 4,5 milliards de shekels (1,2 milliard d’euros) avaient été investis dans les zones à forte densité de population arabe. Le gouvernement a également annoncé qu’il investirait 20 millions de shekels (5,4 millions d’euros) dans le secteur arabe de la haute technologie. Globalement, le gouvernement a décidé d’investir 15 milliards de shekels (4 milliards d’euros) en faveur des Arabes israéliens d’ici la fin de 2020 …
  • Les 50 milliards de dollars que le plan Trump met sur la table en faveur des Palestiniens risquent de ne pas être utilisés parce que les dirigeants palestiniens préfèrent continuer de s’enrichir au détriment de leur peuple. Comment s’étonner ensuite que les Arabes – y compris les Palestiniens – qui rêvent d’une vie meilleure, n’aspirent qu’à déménager en Israël ? Comment s’étonner enfin que la plupart des Arabes israéliens ne veuillent pas être rattachés à un État palestinien et réclament de rester en Israël ?
Les deux millions de citoyens arabes d’Israël suscitent l’envie de leurs frères palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza. La ville arabe d’Arraba (photo), en Galilée, au nord d’Israël, offre un exemple éclatant de réussite économique. Avec 26 000 habitants, Arraba est l’une des villes du monde qui compte le plus grand nombre de médecins. (Source image : Yaakov / Wikimedia Commons)

Les Palestiniens qui vivent en Cisjordanie sous contrôle de l’Autorité palestinienne (AP) et dans la bande de Gaza sous le joug du Hamas n’imaginent qu’en rêve d’obtenir un jour la qualité de vie de leurs frères arabes qui résident en Israël.

Pauvreté, chômage, répression sont le lot des populations palestiniennes de Cisjordanie et de Gaza, et cela depuis des décennies. La faute en revient aux dirigeants de l’AP et du Hamas qui ont systématiquement rejeté différents plans de paix qui incluaient la prospérité pour les Palestiniens.

Récemment, l’Autorité palestinienne et le Hamas ont rejeté le plan de paix du président américain Donald Trump qui prévoyait d’injecter 50 milliards de dollars pour rénover les infrastructures et créer un million d’emplois nouveaux. Des financements de projets étaient prévus à hauteur de 27,5 milliards de dollars en Cisjordanie et dans la bande de Gaza et des investissements de 9,1 milliards de dollars devaient bénéficier aux Palestiniens d’Égypte, de Jordanie et du Liban. Les premiers secteurs à bénéficier de la manne seraient « ceux de la santé, de l’éducation, de l’électricité, de l’eau, de la haute technologie, du tourisme et de l’agriculture ».

Les dirigeants palestiniens ont dit « non » au plan Trump et l’ont qualifié de « complot américano-sioniste pour liquider la question palestinienne et les droits du peuple palestinien ».

Ces dirigeants ont rejeté le plan Trump avant même de le lire, un signe très clair de l’intérêt qu’ils portent au bien-être de leur peuple. Ce refus d’une offre à 50 milliards de dollars qui aurait pu financer de nombreux projets et créer de nombreux emplois ne peut être interprété que d’une seule manière : les dirigeants palestiniens ont fait le choix de la pauvreté et de la misère pour leur peuple. Le vrai perdant du « rejectionnisme » des dirigeants palestiniens est, tragiquement, le peuple palestinien lui-même.

D’autres arabes de la région ont plus de chance que les Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Nous parlons ici des citoyens arabes d’Israël. Ces personnes-là ne subissent pas la corruption et l’incompétence des dirigeants de l’Autorité palestinienne et du Hamas, ces arabes-là ont de la chance car ils vivent en Israël.

Les deux millions de citoyens arabes d’Israël suscitent même l’envie de leurs frères palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Pas un jour ne passe sans que les Palestiniens ne soient informés de la vie agréable et confortable des citoyens arabes d’Israël.

Le dernier exemple en date est celui d’Arraba, une ville de Galilée au nord d’Israël. Avec ses 26 000 habitants, Arraba est l’une des villes qui dispose du plus grand nombre de médecins rapporté au nombre d’habitants.

« Il y a 400 médecins à Arraba », a déclaré le Dr Tarek al-Sa’di, interne de l’hôpital RamBam fondé en 1938 à Haïfa, 10 ans avant la création de l’État d’Israël. « Arraba a le plus grand nombre de médecins au monde. Nous parlons de 15 médecins pour 15 000 habitants. C’est un pourcentage très élevé. »

Le chirurgien plasticien Yusef Nassar, également résident d’Arraba, a déclaré : « Une chose étrange a lieu dans notre ville. Dans chaque maison, vous trouverez trois ou quatre médecins. J’ai plusieurs cliniques dans tout le pays. Qui vient dans mes cliniques ? Des juifs comme des arabes qui vivent aussi bien en ville que dans un village. »

Saeed Yassin, médecin généraliste retraité d’Arraba, est le fier père de trois médecins – deux garçons et une fille. « J’ai également deux autres fils qui sont pharmaciens », a-t-il déclaré.

Le Dr Yassin souligne que ses 10 frères et sœurs exercent également comme médecins. « Tous les six mois, des feux d’artifice célèbrent la remise des diplômes de 15 ou 20 autres médecins », a-t-il ajouté . « Il n’est pas rare qu’une famille se compose de médecins, d’avocats et d’ingénieurs. C’est très banal chez nous. »

Les femmes arabes d’Israël profitent semble-t-il de plus d’opportunités que celles de Ramallah ou Gaza. A Arraba, les femmes médecins sont plus nombreuses que les hommes médecins.

Le Dr Wuroud Yassin, qui travaille à l’hôpital Carmel de Haïfa, est diplômée du prestigieux Technion – l’Institut israélien de technologie de Haïfa.

« J’ai étudié au Technion avec des gens très divers tant sur le plan des origines que de la religion, y compris des Arabes et des Juifs », a-t-elle déclaré. « J’étais la seule fille de ma famille, et j’ai été éduquée avec l’idée que je n’étais pas différente d’un garçon et que rien n’est impossible quand on travaille dur. »

Arraba est également le berceau d’une autre success-story, celle du Centre de diagnostic, de traitement et de réadaptation El-Razi. Ce centre fondé et dirigé par le psychologue Saleh Kana’neh est le premier du genre à regrouper un personnel professionnel pour diagnostiquer les handicaps d’enfants et de jeunes adultes et développer des remèdes innovants adaptés à la communauté arabe, le tout en pleine coordination avec le gouvernement, les services de santé et les autorités locales.

Le Centre el Razi est considéré comme la Mecque du diagnostic et du traitement des troubles mentaux pour les enfants arabes : le centre a dispensé près de 50 000 traitements à 1 500 enfants en accueil de jour et a dispensé et supervisé 20 000 diagnostics sans parler des milliers d’heures d’accompagnement des patients et du personnel.

« Nous soignons également les Juifs », a déclaré le Dr Kana’neh. « Nous sommes fiers que la plupart de nos employés soient des femmes. Il y a au moins un universitaire par foyer à Arraba. Cela fait la fierté de notre communauté arabe. Arraba compte aussi 100 psychologues. Cela signifie que nous en avons un pour 2 500 habitants ».

Ces Arabes israéliens vivent de grandes réussites professionnelles et jouissent d’un niveau de vie très confortable, mais leurs prouesses sont généralement ignorées des médias et de la communauté internationale.

S’ils vivaient en Cisjordanie et dans la bande de Gaza et passaient leur temps à se plaindre d’Israël, ils auraient l’attention du monde entier.

Les journalistes internationaux couvrant le Moyen-Orient et de nombreuses organisations internationales préfèrent fermer les yeux sur toutes les histoires qui montrent les aspects positifs de la vie en Israël.

Voilà également une autre malencontreuse bonne nouvelle concernant les citoyens arabes d’Israël : le gouvernement israélien a annoncé en 2018, qu’au cours des deux dernières années, il avait investi 4,5 milliards de shekels (1,2 milliard d’euros) dans les zones à forte densité arabe. Le gouvernement a également annoncé qu’il investirait 20 millions de shekels (5,4 millions d’euros) dans le secteur arabe de la haute technologie. Globalement, le gouvernement a décidé d’investir 15 milliards de shekels (4 milliards d’euros) en faveur des Arabes israéliens d’ici la fin de 2020 afin de « réduire les écarts sociaux et économiques des minorités par une réforme des mécanismes d’allocation de fonds ».

Alors que le gouvernement israélien investit des centaines de millions de dollars pour améliorer les conditions de vie de ses citoyens arabes, les dirigeants de l’Autorité palestinienne et du Hamas continuent de priver leur peuple de l’aide étrangère, d’un avenir meilleur et d’espoir.

Les 50 milliards de dollars que le plan Trump envisage de mobiliser en faveur des Palestiniens pourraient bien ne jamais être investis tant il est évident que les dirigeants palestiniens ont autre chose en tête. Ils ne souhaitent qu’alimenter leurs comptes bancaires personnels au détriment de leur peuple. Comment s’étonner que les Arabes – y compris les Palestiniens – qui rêvent d’une vie meilleure, n’aspirent qu’à déménager en Israël ? Pourquoi s’ébahir que la plupart des Israéliens arabes ne souhaitent pas faire partie d’un Etat palestinien et exigent de rester en Israël ?

Bassam Tawil est basé au Moyen-Orient.

Pourquoi tue-t-on des juifs en France ?

CHARLIE HEBDO

YANNICK HAENEL· LE 4 MARS 2020 

Je me suis réveillé en sursaut, vers 4 heures du matin, avec cette phrase en tête : « Pourquoi tue-t-on des Juifs en France ? » J’avais lu, avant de m’endormir, cette liste : « 20 janvier-13 février 2006 : assassinat d’Ilan Halimi. 19 mars 2012 : assassinats à l’école juive Ozar-Hatorah. 9 janvier 2015 : assassinats à l’Hyper Cacher de Vincennes. 4 avril 2017 : assassinat de Sarah Halimi. 23 mars 2018 : assassinat de Mireille Knoll. 20 septembre 2018 : inscriptions sur une porte cochère de la rue Ordener : « Ici vivent des ordures juives. Notamment au troisième ». »

J’ai lu cette liste glaçante dans Il y a l’antisémitisme, un petit livre de Stéphane Habib qui vient de paraître aux éditions Les Liens qui libèrent. En 90 pages décisives, l’auteur condense ce qu’il en est de l’antisémitisme aujourd’hui : « la mise à mort de corps juifs ». Sa seule fin, dit-il – l’unique objet de cette haine qui n’en finit pas –, c’est le meurtre. 

Stéphane Habib remarque bien cette volonté qu’a l’anti­sémitisme de s’intégrer dans le débat, de se faire accepter comme une « opinion » : la perversité consistant à «  prêcher partout la croisade antijuive […] au nom des institutions démocratiques, au nom de la liberté d’opinion ». Car dans une société où triomphe le règne des communautarismes, tel adversaire de telle communauté s’octroie désormais le droit d’avoir tous les droits.

L’antisémitisme n’est pas une opinion

Mais l’antisémitisme n’est pas une opinion, ni même une simple opposition à la communauté juive : c’est, dit Stéphane Habib, une structure, un langage, une «  affaire politique  ». Réécrivant Jean-Claude Milner, Stéphane Habib définit le politique comme une « inquiétude pour la survie de corps parlants les uns avec les autres  ». 

On remarque qu’il ne s’agit déjà plus d’en appeler au « vivre-­ensemble », comme on le faisait après 2015, mais de témoigner d’un « survivre-ensemble », ce qui en dit long sur la menace criminelle qui rôde à chaque instant dans les rapports en France, menace qui ne relève d’ailleurs pas seulement de la possibilité d’attentats islamistes ou de l’abjection antisémite, mais d’une désinhibition radicale de chacun qui s’exprime par exemple sur les réseaux sociaux, où les appels au meurtre sont devenus une routine : en 2020, chaque conscience veut la mort de l’autre.

Le livre de Stéphane Habib pense cette folle diffraction de la mise à mort. Il analyse très bien ce qu’il y a d’ambigu dans l’anti­sionisme, qui peut tout à la fois répondre à l’abjection des lois proposées en Israël, et maquiller une haine des Juifs. Il redonne à penser le mot « réel », c’est-à-dire ce sur quoi on bute. Il relit l’extraordinaire lettre écrite le 4 mai 1924 par Arnold Schoenberg à Kandinsky (allez-y voir). Il se demande ce que c’est que de vivre une époque où tous les signaux passent au rouge.

Une liste de 12.000 nazis révélée en Argentine !

Une liste comprenant les noms de 12.000 nazis installés en Argentine a été révélée mardi par le centre Simon Wiesenthal de lutte contre l’antisémitisme et le racisme. Beaucoup d’entre eux «ont alimenté un ou plusieurs comptes bancaires au Schweizerische Kreditanstalt, devenu ensuite la banque Credit Suisse, dont le siège est à Zurich», a rapporté le centre, qui traque les criminels nazis de la Seconde Guerre mondiale…….Détails……..

Régime pro-nazi

«Nous pensons que ces comptes longtemps inactifs abritaient de l’argent volé aux victimes juives» du nazisme, estime le centre Simon Wiesenthal, dans un communiqué. 
«Pendant les années 1930, le régime militaire pro-nazi du président José Félix Uriburu, surnommé ‘Von Pepe’ pour sa germanophilie, et de son successeur Agustin Pedro Justo, a accueilli une présence nazie croissante en Argentine», explique le centre Wiesenthal.
En 1938, le NSDAP/AO, branche internationale du parti nazi, comptait ainsi 1400 membres en Argentine, où il avait pignon sur rue. 
Par ailleurs, un syndicat argentin sympathisant du nazisme, l’Union allemande des syndicats, recensait 12’000 membres, et 8000 personnes étaient affiliées à diverses organisations ayant prêté leur concours aux Nazis, selon le centre.

Tentative d’effacer les preuves

Celles-ci «allaient d’entreprises allemandes comme IG Farben (fournisseur du gaz Zyklon-B, utilisé pour tuer les Juifs et autres victimes du nazisme dans les camps) à des organismes financiers comme la Banque allemande transatlantique et la Banque germanique d’Amérique du Sud», selon le centre.
«Ces deux banques ont apparemment servi à effectuer des virements des Nazis vers la Suisse», a affirmé Shimon Samuels, l’un des directeurs de l’organisme. «De nombreuses personnes mentionnées dans la liste avaient des liens avec des entreprises pro-nazies figurant dans la liste noire des Etats-Unis et du Royaume-Uni pendant la Seconde Guerre mondiale», indique le centre Wiesenthal.

Des archives brûlées

Des groupes argentins pro-nazis ont tenté d’effacer les preuves de ces activités en brûlant des archives. 
Mais l’enquêteur argentin Pedro Filipuzzi, travaillant dans l’ancien siège des Nazis à Buenos Aires, y a découvert par hasard une copie originale de la liste de ces 12’000 noms et l’a communiquée au centre Wiesenthal.
Plusieurs dizaines de dirigeants nazis responsables de l’Holocauste, dont le docteur Josef Mengele et le SS Adolf Eichmann, responsable de l’acheminement des Juifs dans les camps de la mort, se sont réfugiés après-guerre en Argentine, majoritairement sous de fausses identités pour tromper les enquêteurs.

Source 24 heures

LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU

Rare sight: Iranian and Israeli beauty gurus share championship podium

The two countries’ participants were also put in a joint work room early on, leading to an unusual friendship during a prestigious hairdressing, make-up and nail-art competition in Russia last week

Itamar Eichner 

The latest championship between beauty gurus and professionals in Russia brought an unusual sight, when an Israeli and an Iranian participant shared a podium after both finished second in the prestigious competition.Follow Ynetnews on Facebook and TwitterThe third International Open Championship CMC in hairdressing, make-up and nail-art took place last week in the Russian city of Yekaterinburg. As the two contenders stood side by side on the podium, the crowd erupted in cheers as they held up the flags of their respective countries simultaneously.

Israeli and Iranian hair stylists share the podium in an international competition in Russia

“Beauty trumped animosity,” said Moti and Rafael Rubin who jointly headed the Israeli hairstylist’s organization, “seeing such a friendship between Iranians and Israelis is a rare occurrence and a moving experience.”The Iranian and Israeli teams found out they would be working in the same work room at an early stage of the competition. But, after some initial tension, the Iranian team leader grabbed his Israeli counterpart, hugged him, planted a kiss on his cheek and said, “we love you guys.” From that moment on, all barriers fell, and the team members began forging warm friendships.”They have good methods and their style is advanced,” one Israeli stylist said. “It showed us how they work around the restrictions imposed by the Revolutionary Guard Corps to give their customers the best look possible.”One Iranian hairstylist confided in her Israeli counterpart that she had lost touch with a Jewish family she knew that had escaped Iran and probably relocated to Israel. She wondered whether there was any way to contact them and send warm regards.The Israeli team members said the Iranians expressed interest in learning about life in Israel and agreed the animosity caused by their respective leaders was a shame.The Israeli team returned home having won first, second and third prizes in six different categories.

LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU

Amitié israélo-iranienne lors d’un concours en Russie

Publié le 4 mars 2020  dans Culture & Sports/Entre les Lignes

Lors du troisième concours international de coiffure et de cosmétique (International Open Championship CMC) à Ekaterinbourg en Russie, les compétiteurs israéliens et iraniens ont travaillé côte à côté et se sont même partagé la scène lors de la remise des prix. Sous les applaudissements nourris du public, les vainqueurs ont fièrement tenu leur drapeau, une image « rare et émouvante » pour le coiffeur israélien Motie Rubin.

Les équipes israélienne et iranienne devaient se partager le même espace et, après des tensions initiales, le chef de l’équipe iranienne s’est dirigé vers son homologue israélien, l’a pris dans ses bras et a dit Nous vous aimons. A partir de cet instant, l’amitié et l’harmonie ont régné entre les deux équipes. « Ils sont très professionnels et ont un style très moderne » a déclaré l’un des stylistes israéliens.

« Ils nous ont montré comment ils contournent les nombreuses interdictions du régime et s’arrangent pour que leurs clientes et clients soient aussi bien coiffés que possible ».Une telle photo reste une véritable sensation : des stylistes israéliens et iraniens célébrant ensemble leur victoire lors d’un concours en Russie (photo : Organisation israélienne de stylistes capillaires)

LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU

Manuel Valls: «L’antisémitisme et l’antisionisme plus que jamais à combattre»

EXCLUSIF – L’actualité récente démontre qu’antisémitisme et antisionisme demeurent très virulents en Europe, et singulièrement en France, s’inquiète l’ancien premier ministre.

Par Manuel Valls pour Le Figaro

C’est le génie des grands intellectuels, ils sont visionnaires. Le 16 mai 1896, Émile Zola publie en première page du Figaro un article intitulé «Pour les juifs». Zola entend dénoncer avec force l’immonde campagne antisémite menée essentiellement par Édouard Drumont depuis la publication de son ouvrage, La France juive, en 1886. Zola n’est pas encore engagé dans la défense du capitaine Dreyfus, condamné et embastillé à l’île du Diable depuis deux ans. Il ignore tout à ce moment de l’affaire et de son innocence.

Le grand mérite de l’auteur des Rougon-Macquart est d’avoir compris la gravité de ce qui se passait dans la société française. Les termes «antisémite» et «antisémitisme» s’installent progressivement dans le vocabulaire et changent le contenu du débat intellectuel et politique. Zola les intègre dans son article qui, comme son célèbre «J’accuse», publié le 13 janvier 1898 dans L’Aurore, grâce à Clemenceau, est un «moment de la conscience humaine» pour reprendre les mots d’Anatole France devant sa tombe le 5 octobre 1902.

À lire aussi : Georges Bensoussan: «Le vrai tabou n’est pas l’antisémitisme, mais qui sont les antisémites»

Zola est porteur d’une pensée prophétique. Il s’avance seul devant une opinion avide de revanche depuis la défaite de 1870, à la recherche de boucs émissaires, chauffée à blanc parun nationalisme haineux. Il s’oppose à la plupart de ses contemporains. Il offre une argumentation solide et cohérente face à l’antisémitisme et à la judéophobie de Drumont. Cet antisémitisme moderne et populiste – les Juifs assimilés aux bourgeois, à l’argent et au pouvoir -, dépassant les clivages entre la gauche et la droite, est une véritable répétition générale du XXe siècle.À l’antique antisémitisme chrétien disséqué par Léon Poliakov s’est greffé un modernisme antijuif, une haine des Juifs – si proche de la « France juive  » de Drumont – et une détestation d’Israël

Les mots de Zola n’ont rien perdu de leur actualité. Dans un portrait qui lui était consacré, il y a quelques jours, le président du Congrès juif mondial, Ronald Lauder, s’interrogeait: «Qui s’élève en France pour les Juifs? Qui s’élève en Allemagne pour les Juifs? Qui s’élève en Europe pour les Juifs?»«Niemand, personne, nobody», répondait-il lui-même, cinglant. Ces mots m’ont bouleversé. Ils peuvent paraître injustes. Nous sommes nombreux à parler et à agir contre l’antisémitisme, la haine des Juifs, et l’antisionismela haine d’Israël, qui convergent depuis des années. Et pourtant je me sens concerné par le reproche. Les actes antisémites traduisent partout en Europe mais aussi aux États-Unis un mal profond. Ils sont par essence annonciateurs de grandes catastrophes. Ces vagues antijuives sont le fruit de l’antisémitisme radical d’extrême droite – qui s’attaque aussi aux musulmans -, d’extrême gauche et de l’islamisme. Ils accompagnent la crise de la démocratie et la montée du national-populisme.

LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU


Il faut d’abord admettre et connaître cette réalité, qui est plus forte en France que dans d’autres pays européens, pour mieux la combattre. À l’antique antisémitisme chrétien disséqué par Léon Poliakov s’est greffé un modernisme antijuif, une haine des Juifs – si proche de la «France juive» de Drumont – et une détestation d’Israël, présents dans une large partie de la sphère politique, de l’extrême gauche à l’extrême droite. Dieudonné et Soral parmi d’autres sont l’expression de cette haine. Cet antisémitisme, nous l’avons retrouvé parmi les «gilets jaunes» ou dans un carnaval odieux en Belgique.

Ce que j’ai nommé l’islamo-gauchisme qui a prospéré dans les quartiers populaires, dans les banlieues, cache son antisémitisme sous une forme d’anticapitalisme, de rejet de la mondialisation, assimilée «aux Juifs qui dominent le monde grâce à l’argent» (rien de très original dans la rhétorique…) et de l’antisionisme qui n’est quela négation de l’État d’Israël, instrument de cette domination dont les Palestiniens seraient les premières victimes… Vous trouvez ces discours dans les rangs de La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon et de l’extrême gauche française, chez Podemos en Espagne ou Corbyn en Grande-Bretagne. La haine du Juif et d’Israël a également prospéré avec l’essor de l’islamisme dans nos pays européens, à travers les réseaux sociaux ou les paraboles relayant la culture antisémite et antiisraélienne d’une partie du monde arabe.Je vis comme un échec pour la République le fait que, depuis vingt ans, de nombreux Français juifs aient décidé de partir en Israël à cause de la montée en puissance de l’antisémitisme

Faute d’avoir compris ces phénomènes et aussi cette complexité, une partie des responsables politiques hésite à s’engager dans cette condamnation claire et évidente de l’antisionisme qui n’est que le paravent de l’antisémitisme. Il faut en prendre toute la mesure pour mener un combat déterminé. Il faut donc nommer les choses, ne pas avoir peur de s’exposer, avoir du courage. Zola nous montre la voie. Les hésitations ou les lâchetés au moment des assassinats antisémites d’Ilan Halimi ou de Sarah Halimi doivent nous révulser.

Je vis comme un échec pour la République le fait que, depuis vingt ans, de nombreux Français juifs aient décidé de partir en Israël à cause de la montée en puissance de l’antisémitisme et parce qu’ils avaient le sentiment que la France ne les protégeait plus. Bien entendu, l’antisémitisme ou le négationnisme ne sont pas, seulement, l’affaire des Juifs mais bien de tous. Pourtant je le redis, comme je l’avais proclamé devant l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes le 10 janvier 2015: la France sans les Juifs ne serait plus la France. Alors, comme Zola, nous devons nous engager, pour les Juifs.

Nous devons savoir que le combat sera long et difficile. Sur tous les fronts: sécuritaire et judiciaire, éducatif et culturel, mémoriel. Dans la société, dans les quartiers, à l’école, sur les réseaux sociaux. C’est donc une bataille idéologique, culturelle, intellectuelle et civilisationnelle. Il faut la gagner.

LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU


Le journaliste saoudien Abd Al-Rahman Al-Rashed : Macron a raison de lutter contre l’extrémisme islamique dans son pays – Istanbul est la capitale mondiale de l’extrémisme

Le 18 février 2020, le président français Emmanuel Macron s’est rendu dans la ville de Mulhouse, riche d’une importante communauté musulmane et dans laquelle une grande mosquée est en construction, la mosquée Al-Nour, financée par des fonds étrangers, principalement en provenance du Koweït et du Qatar [1]. 

Dans un éditorial intitulé « Macron et les musulmans », paru dans le quotidien saoudien Arab News, le journaliste Abd Al-Rahman Al-Rashed, ancien rédacteur en chef d’Al-Sharq Al-Awsat et ancien directeur de la chaîne télévisée Al-Arabiya, défend les propos de Macron relatifs aux musulmans de France qui refusent de se conformer aux valeurs fondamentales de la République française. Tout en exprimant des réserves quant à certaines de ses positions, Abd Al-Rashed écrit qu’il soutient pleinement la lutte de Macron contre les mouvements islamiques extrémistes et séparatistes hostiles à la société et à la loi française. Macron, souligne-t-il, a raison de combattre ces groupes, liés à des organismes dangereux au Moyen-Orient et dirigés et financés depuis l’étranger – notamment par Istanbul, « capitale mondiale de l’extrémisme ». Accusant l’Europe de permettre à ces mouvements de profiter des libertés occidentales pour agir contre la liberté même de leurs pays d’accueil, il conclut : « Le fait d’interdire ces groupes sauvera les musulmans en Occidentet l’Occident de lui-même »

Dans sa conférence de presse donnée à Mulhouse, Macron a présenté la nouvelle stratégie de son gouvernement pour lutter contre l’extrémisme et le séparatisme islamiste en France. Cette stratégie prévoit de mettre fin aux cours d’instruction de langues et de cultures étrangères donnés en langue étrangère et non supervisés par l’Education nationale. Il prévoit en outre de mettre fin, progressivement, à l’importation d’imams étrangers pour les remplacer par des imams formés en France [2].

« Lorsque l’on a affaire à des individus ou à des groupes perturbateurs potentiellement dangereux au sein de la société, le défi consiste à faire la différence entre les brebis et les loups. C’est ce que le président Emmanuel Macron tente de faire en France.

Le problème ne se trouve pas chez les citoyens musulmans de France, mais chez les extrémistes. Il en va de même pour l’ensemble de la population du pays. S’il existe des groupes racistes extrémistes et hostiles dans d’autres secteurs de la société française, la majorité pacifique des membres de ces communautés ne fait pas l’objet de soupçons et de persécutions au même degré que les musulmans.

Macron s’est rendu dans une mosquée la semaine dernière [3], où il s’est adressé à la communauté musulmane et a fait des remarques qui n’ont pas plu à certains. Il a déclaré qu’il ne permettrait pas aux mouvements séparatistes de s’épanouir en France, puisque le pays est une seule et même République, et que tout le monde doit coexister et accepter ses lois. Il a dénoncé, par exemple, ceux qui refusent de serrer la main des femmes, qui évitent les traitements médicaux modernes ou qui refusent que leurs enfants fréquentent des écoles publiques, qualifiant ces actes de séparatisme culturel.

La vérité est que certains comportements sont des choix personnels. L’État ne peut forcer aucun homme à serrer la main des femmes, par exemple, mais il a le droit de prendre des mesures contre les parents qui tentent de limiter l’éducation de leurs enfants ou de les garder à domicile. Les autorités peuvent intervenir dans ce type de séparatisme culturelle, en s’appuyant sur la force de la loi, et punir les parents pour cela.

Comme de nombreux hommes politiques européens, Macron est favorable au respect de la liberté de religion et de culte, car ces droits sont inscrits dans la Constitution. Cependant, il déplore que certains groupes tentent de mobiliser l’importante communauté musulmane de France pour atteindre des objectifs politiques. Certains musulmans français ont souffert de l’extrémisme intellectuel et religieux, qu même titre que les musulmans dans leurs pays d’origine. Ce ne sont pas seulement les idées extrémistes qui se propagent quand les personnes se déplacent d’un pays à l’autre, ou sont transférées par les voyages et les interférences avec autrui. Ce sont surtout les activités organisées et dirigées par des groupes ayant des objectifs et des programmes politiques.

Macron a lancé un avertissement à la Turquie en particulier, l’accusant d’être une source de financement, de soutien et d’organisation de l’extrémisme. Cela fait effectivement partie du problème. Istanbul est aujourd’hui la capitale mondiale de l’extrémisme. Elle est la officiellement la destination privilégiée des groupes islamistes fuyant l’Égypte, les pays du Golfe, le Soudan, la Syrie et d’autres pays.

Le réel problème, cependant, ne concerne pas la Turquie mais l’Europe. L’Europe a permis à ces groupes d’exister et de créer des entités juridiques, économiques et politiques, même lorsqu’il est devenu évident qu’ils sont affiliés à des groupes dangereux au Moyen-Orient, et qu’ils opèrent conforméméent à un programme politique hostile aux régimes qui les abritent.

La notion occidentale de « liberté », que ces groupes utilisent comme couverture pour opérer, contredit leurs croyances fondamentales. Le fondateur de l’un de ces groupes a déclaré publiquement à Londres que l’Occident est semblable aux toilettes où il défèque.

Ces groupes ont été créés facilement, en profitant des libertés d’expression qui existent dans des pays tels que la France, la Belgique et les Pays-Bas. Aujourd’hui, ils sont devenus une source de préoccupation et une menace pour la sécurité de l’Europe, confrontée à un problème complexe : comment interdire l’expression d’idées problématiques tout en sanctifiant la notion de liberté ?

Le second problème est que l’Europe doit gérer d’autres groupes qui ne sont pas moins dangereux pour la société. Ils comprennent les fascistes d’extrême droite, les nazis et des extrémistes de gauche. Comment l’Europe peut-elle interdire les organisations islamistes alors que leurs membres ont appris les règles des jeux juridiques et politiques et jouissent de droits de la citoyenneté acquise ?

Ce qui rend ces groupes extrémistes affiliés à l’islam plus dangereux que d’autres organisations extrémistes est qu’ils s’opposent à la société dans son ensemble. Ils visent les musulmans avec leurs messages pro-changement, les utilisent, les isolent presque, les laissant à leur propre merci.

En outre, ces groupes sont soutenus par des bienfaiteurs étrangers qui disposent de considérables ressources financières, et sont également gérés et dirigés par des intérêts étrangers. Alors, comment devons-nous les percevoir : comme des marionnettes contrôlées par d’autres, ou comme des dissidents dans leurs nouvelles sociétés d’accueil ?

Après un long sommeil, l’Europe s’est éveillée au problème et a commencé à agir, très lentement, soit suite à des pressions électorales, soit en raison d’informations choquantes comme celles publiées par la presse française sur les personnes et les financiers qui se trouvent derrière ces groupes.

Interdire ces groupes sauvera les musulmans en Occident, et l’Occident de lui-même. » [4]

Harvard a choisi un Israélien pour diriger son bureau de transfert de technologie.

Par Israelvalley Desk article dans Forbes de Muriel Touaty – Membre d’honneur de la CEPS (Centre d’études et de prospective stratégique), Membre fondateur de l’Institut de l’Autisme, et Membre du Conseil d’administration de Geci International.

Israël obtient des résultats vraiment remarquables dans le domaine des transfert de technologie. L’écosystème israélien, notamment le Technion, fait désormais référence dans le monde.

Les établissements d’enseignement supérieur doivent doubler leurs efforts de recherche et d’innovation axés sur le marché et leur engagement dans le monde commercial, sinon ils risquent de perdre leur pertinence. « Les collèges qui n’intègrent pas les innovations axées sur le marché dans leur ADN nuisent énormément à leurs étudiants, qui devront inventer leurs propres emplois ».

Les bureaux de transfert de technologie israéliens ont généré plus de revenus sur les ventes de propriété intellectuelle que tout autre pays en dehors des États-Unis au cours des dernières années. Harvard et UCLA ont choisi des Israéliens expérimentés pour diriger leurs bureaux de transfert de technologie ces dernières années. Le budget de recherche du Technion, d’environ 90 millions de dollars, représente une fraction de celui du MIT, mais les revenus issus  de la commercialisation de la recherche sont globalement similaires.

Une des raisons spécifiques de son succès dans le transfert de technologie réside dans la concentration des efforts de deux éléments distincts de l’État. L’armée israélienne concentre ses efforts de recherche sur un petit nombre de domaines, y compris le big data et le cryptage, tandis que le secteur universitaire se concentre sur tout le reste.

La biopharmacie est l’un des domaines clés du secteur universitaire. L’industrie israélienne des sciences de la vie est particulièrement forte et a connu une croissance phénoménale au cours des dernières années. Selon l’organisme israélien Advanced Technologies Industries, il existe actuellement environ 1 600 entreprises du secteur des sciences de la vie en Israël, employant 83 000 personnes. De ce nombre, près de 1 400 ont été créées au cours de la dernière décennie.

La rapidité et l’agilité, associées à un cadre national solide qui donne la priorité à la suppression des obstacles bureaucratiques, sont parmi les principales raisons pour lesquelles Israël domine dans ces sujets.  Il faut penser à avoir une flotte de petites, d’identifier  où sont les opportunités et à réagir rapidement.

Les budgets limités et les petites équipes étroitement ciblées génèrent souvent des approches innovantes et gagnantes dans la recherche et les petites entreprises dérivées. En effet, confrontés au ” rien est acquis ”  on se doit d’être rapide, disruptif, créatif et audacieux.  Sortir des sentiers battus inclut de nouveaux moyens d’obtenir un financement.

Une nouvelle tendance  intéressante est le nombre d’universités qui développent maintenant leurs propres fonds de capital-risque. Le Technion, par exemple, est en train de réunir un fonds de 200 millions de dollars pour ses propres activités de recherche.

Il n’y a pas de miracle, synchronisation des acteurs et transversalité. Les universités fonctionnent souvent dans des délais de 10 ans ou plus, alors que les sociétés de capital-risque fonctionnent dans des fenêtres beaucoup plus courtes. Les sociétés de capital-risque cherchent à entrer et à sortir rapidement de leurs investissements tout en facturant le maximum de frais de gestion.

Les universités doivent s’engager plus étroitement sur le marché, et  le gouvernement doit également investir dans une recherche plus pure avec des institutions de niveau supérieur et que les deux ne s’excluent pas mutuellement. Après tout, la recherche fondamentale est un élément fondamental du rôle des universités.

Cependant, même à ce niveau, la recherche doit avoir une relation avec le marché et un engagement plus précoce avec le secteur privé.  Traditionnellement que de nombreuses recherches académiques finissent par «chercher des problèmes à résoudre» alors que ce devrait clairement être l’inverse.

Établir des liens entre les chercheurs et le secteur privé est essentiel,  le processus comme un «sport de contact».

Israël est un pionnier dans les bureaux de transfert de technologie, organisations qui recherchent, développent et commercialisent activement le savoir-faire accumulé dans les institutions publiques telles que les collèges et les hôpitaux, transformant les brevets en produits commerciaux.

Les bureaux de transfert de technologie joueraient un rôle majeur dans le soutien du secteur des sciences de la vie en Israël, avec de nombreux brevets, sociétés d’essaimage et accords de licence dans l’industrie, émanant de huit universités de recherche et de onze instituts de recherche répartis dans tout le pays. En 2017, les bureaux de transfert de technologie israéliens ont déposé 604 demandes de brevet et ont participé à la création de 39 entreprises en phase de démarrage.

Le drapeau du BDS en berne. C’est officiel : l’Autriche refuse l’antisémitisme.

Par Israelvalley

Le Parlement national autrichien a adopté jeudi à l’unanimité une résolution condamnant le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions BDS et demandé que le mouvement anti-Israël ne soit pas soutenu, rapporte leJérualem Post.

« Le BDS, qui est apparu de plus en plus en Autriche ces dernières années, utilise ce schéma antisémite » qui vise à ne pas « reconnaître le droit du peuple juif à l’autodétermination. »

« La décision historique prise aujourd’hui par le Parlement autrichien de condamner tout boycott des biens israéliens montre que l’Autriche se tient aux côtés d’Israël. C’est un partenaire clé de l’Europe au Moyen-Orient pour la sécurité, la coopération économique et la création d’emplois, le partage de nos valeurs fondamentales de l’État de droit et de la démocratie » a déclaré Lukas Mandl, membre autrichien du Parlement européen, Lukas Mandl.

« Le partenariat de l’Autriche avec Israël est un brillant exemple à suivre pour les autres pays européens », a-t-il poursuivi.

« Mais nous devons aller encore plus loin et établir un programme positif avec l’État juif, à Vienne et à Bruxelles. Nous devons de toute urgence tenir un Conseil d’association UE-Israël qui, inexplicablement, n’a pas été convoqué depuis 2012. »

La semaine dernière, le président du Parlement autrichien, Wolfgang Sobotka, avait déclaré que « l’attitude envers Israël est tout simplement injuste, et c’est en fait la base de l’antisémitisme que nous voyons aujourd’hui. 

“L’Autriche ne fera aucun compromis dans la lutte contre ce phénomène “.

«Le Conseil arabe pour l’intégration régionale», de Londres à Paris

Noor Abedallah

De l’enceinte du Parlement français, les artisans de paix ont évoqué leurs projets, et ont demandé la publication d’un rapport annuel concernant les gouvernements arabes, qui criminalisent ceux qui prônent la paix avec les Israéliens. Aussi, ont-ils appelé à affronter ce qu’on appelle les «lois anti-normalisation».

«Le Conseil arabe pour l’intégration régionale» est une initiative digne d’attention et de suivi. Il a vu le jour, au mois de Novembre 2019, à Londres. Sachant que cette date coïncide avec l’initiative de paix du président égyptien Anouar el-Sadate. Le Conseil et ses 32 Membres ont affirmé aux observateurs, puis aux peuples arabes et du monde, que leur initiative est unique du genre… Ceci apparait ou plutôt se distingue du fait, que les Membres sont tous Arabes, sans la présence d’aucun Israélien parmi eux… Plutôt des Membres de différents pays arabes, porteurs des préoccupations de leurs peuples, qui ont osé briser les frontières de la peur, et ont défié tout ce qu’ils peuvent subir comme insultes, et ont été traités de traitres, ou même ont reçu des menaces de liquidation. Se sont réunis pour dire : Oui à des relations normales avec Israël… Afin d’instaurer une coopération entre tous les pays de la région sans exclusion. Ceci, dans le but de rendre la région prospère, et en faire profiter les pays en voie de développement…

La première rencontre du Conseil, a constitué une «surprise» pour certains, mais fut une réalité et le début d’un rêve qui commence à se concrétiser. Le congrès a connu une réussite certaine, et laissé une excellente impression chez certains responsables du monde, à leur tête le secrétaire d’État américain Pompeo, qui a publié un tweet dans lequel il a exprimé son appréciation pour les efforts consentis par ce congrès, et son importance pour la région.

Le Conseil ne s’est pas arrêté à Londres, mais a poursuivi sa progression vers le succès. Sa direction fut le Parlement français, l’Elysée, puis le ministère des Affaires étrangères.

Au Parlement français, qui fut la première étape de la visite en France, les Membres du Conseil se sont exprimé chacun, au sujet des projets et des buts qu’ils visent. Aussi, concernant les raisons qui les ont conduits à rejoindre le Conseil. Ceci devant les députés du Parlement français, mais aussi des ministres et des médias locaux et internationaux. Une atmosphère très positive, et la partie française fut impressionnée par la présentation faites de la part des Membres du Conseil. L’ancien ministre koweïtien de l’Information, Sami Al-Nisf, a été le premier à prendre la parole. Il s’est présenté, puis a considéré que le Parlement français peut rendre un service humain exceptionnel, en publiant un rapport annuel concernant les procédures de criminalisation, que prônent les gouvernements arabes pour soi-disant «combattre la normalisation». Des législations encore en vigueur dans plusieurs pays arabes, et qui sont en opposition totale avec notre intérêt national. A savoir que ces dites législations, interdisent tout contact humain entre les peuples de la région, et considère tout appel à la paix, ou rencontre avec un partenaire Israélien, comme un délit, passible d’une peine de prison, ou la peine capitale.

– Il a souligné également que l’objectif commun entre les Membres, hommes et femmes, du «Conseil arabe pour l’intégration régionale», consiste à l’engagement à œuvrer pour pousser tous les peuples de la région à participer au processus de paix et de développement.

Quant à l’ancien député égyptien, le neveu du partenaire de la paix, Anouar el-Sadate, et le chef du Parti de «La Réforme et le développement», M. Mohamed Anouar el-Sadate, il a mentionné dans son intervention : «Il y a 41 ans, mon oncle, le Président égyptien, Anouar el-Sadate, a signé un traité de paix avec son homologue israélien. Mais depuis lors, on ne constate qu’une «paix froide» entre les gouvernements, les services de sécurité, et les élites économiques. La société civile de nos pays, n’en fait pas partie.

Il n’a pas non plus caché ses sérieuses réserves quant au contenu de l’initiative de paix Trump : «Nous voulons que le peuple palestinien concrétise ses aspirations légitimes à un État indépendant et à une vie meilleure. Nous pensons qu’une représentation plus large des acteurs – à commencer par les Palestiniens eux-mêmes – devrait faire partie de ce processus.

Puis a ajouté : Je suis venu au Parlement français pour réaffirmer la nécessité de «réchauffer la paix». Seul le lien direct entre le peuple israélien et ses voisins peut faire ressortir le meilleur du leadership et assurer une protection contre le pire. Nous devons renforcer les conditions qui permettent d’intégrer les énergies les plus prometteuses dans le processus de développement, et le maintien de la paix dans la région.

Parmi les participants, il y avait une jeunesse ambitieuse, à l’exemple du jeune tunisien Oussama Salami, un ingénieur innovant qui, en rejoignant le Conseil, a également pu transmettre les souffrances de sa génération de diplômés, qui portent des idées mais n’ont pas trouvé le terrain approprié pour les concrétiser Dans son intervention, il a expliqué son projet et la réalité dans son pays: Je travaille sur un projet pour développer mon pays et son économie en portant des améliorations au niveau de l’énergie (infrastructures aquatiques et électriques). Mes recherches indiquent que l’expérience dont j’ai besoin pour réaliser cette vision n’est disponible qu’en Israël, et que grâce à un partenariat civil avec des spécialistes israéliens dans ces domaines, nous pouvons obtenir des avantages significatifs et de taille.

Mais certaines élites politiques de mon pays s’opposent à ce genre de progrès, allant jusqu’à inciter contre tout Tunisien qui cherche à s’engager avec des Israéliens de quelque manière que ce soit. Ceci malgré l’importance de l’histoire des Juifs en Tunisie, qui remonte bien loin avant l’ère chrétienne. Une histoire qui a enregistré la participation des juifs tunisiens, au développement depuis plusieurs siècles, avant qu’ils ne soient pourchassés par la force dans les années quarante et cinquante du siècle écoulé. Des politiciens tentent d’instaurer une législation qui considère toute personne ayant rencontré un citoyen israélien, comme un «traître», qui doit être jugé pour cet acte et emprisonné. Pensez au paradoxe : Des dizaines d’extrémistes tunisiens sont allés en Syrie et en Irak pour tuer des innocents, puis sont rentrés, pour commettre des actes terroristes, et tuer d’autres innocents, et détruire le tourisme, épine dorsale de notre économie. Il n’y a pas de proposition d’une loi, en Tunisie, qui considère ces terroristes comme des «traîtres». Mais, en voulant servir mon pays, avec la certitude que ceci ne peut se faire sans des contacts avec des Israéliens. Mon patriotisme sera méprisé et peut-être serai-je puni. Quant au jeune journaliste algérien Sami Baaziz, il ne diffère pas beaucoup de ce que son collègue tunisien a dit, car il a évoqué les difficultés rencontrées par sa génération, en particulier dans sa profession, à savoir le quatrième pouvoir. Aziz en a parlé en disant : Les médias de mon pays continuent de tirer profit des stéréotypes antisémites, et véhiculer des théories du complot, au sujet des Juifs. Et de ce fait, incitent à la violence contre les citoyens israéliens et les Juifs en général. Pendant des générations, ce contenu a servi d’outil pour occulter les problèmes internes de corruption et de violations des droits de l’homme. Il a permis de cultiver une mentalité défaitiste, et a contribué à une culture d’extrémisme. Cela a rendu plus difficile pour nous, la résolution de nos propres problèmes, et d’engager nos voisins et le monde qui nous entoure de manière mature.

Je dispose d’un projet pour réformer cette situation en éduquant la prochaine génération tenante des médias dans mon pays. Le but sera de montrer la vérité sur Israël, son peuple et les Juifs. Je pense que cela contribuera à la paix civile en Algérie et à une paix plus large dans la région. Cela nous permettra également de réfléchir à nos défis locaux de manière analytique et constructive, et ainsi nous pourrons trouver des solutions réalistes à nos problèmes.

Il serait naturel, en se lançant dans un tel projet, de faire appel à des experts de l’histoire israélienne et juive, ainsi qu’à des experts dans le domaine de la réforme des médias. Beaucoup d’entre eux sont, bien sûr, des citoyens israéliens. Cependant, les lois de mon pays m’empêchent même de les rencontrer, et encore moins de travailler en partenariat avec eux.

Nous devons surmonter ce problème. Ce vouloir, explique la raison de ma présence parmi vous, aujourd’hui.

Quant à la jeune égyptienne, avocate britannique de parents égyptiens, Ijlal Ghiteh, elle s’est exprimée d’une manière différente, vu qu’elle réside en Europe, concernant son engagement et sa présence à Paris. Elle a évoqué le mouvement de boycott BDS, dirigé essentiellement par des occidentaux, en copiant les manières de boycott dans le Monde Arabe. Ce mouvement a causé des dommages infinis aux sociétés arabes. D’une part, il n’a pas réussi à vaincre les Israéliens, qui ont, sous l’effet du boycott, inventé des méthodes, qui ont eu pour conséquence la revitalisation de l’économie et la société de leur pays.

– Elle a également montré que le boycott d’Israël est devenu un modèle pour des boycotts interarabes : les divisions ethniques et sectaires sont devenues plus aigues. Chose qui a précipité la désintégration de la Syrie, de l’Irak, de la Libye et du Yémen.

– Elle a également mentionné que les Arabes ont perdu, en raison du boycott, des avantages économiques, qui pouvaient résulter des partenariats avec les Israéliens. Aussi, ont perdu l’opportunité de constituer une force de paix et de réconciliation entre Israéliens et Palestiniens, en instaurant des relations civiles et d’amitié entre les deux parties.

Pour sa part, le musicien irakien, résidant aux Pays-Bas, Mohamed Kamar, a évoqué dans son intervention l’importance de la présence des juifs en Irak, depuis l’Antiquité. Aussi, qu’il souhaite raviver le patrimoine des artistes juifs irakiens, en partenariat avec des musiciens israéliens d’origine irakienne. Essentiellement, le patrimoine des frères Saleh et Daoud al-Koweiti, les plus grands compositeurs de musique de l’histoire moderne irakienne. Mais il a déclaré que : Dans notre pays, existe une loi qui prévoit des peines, variant de l’emprisonnement à la peine de mort, à l’encontre de ceux qui commettent le soi-disant «crime de normalisation». Cette loi est injuste, contre nos intérêts en tant que nation et en tant que peuple.

Le musicien, Mohamed Kamar, a passé en revue la situation de Bagdad à la veille de la Seconde Guerre mondiale, où vivait la plus grande communauté juive : Ils étaient nos professeurs, nos partenaires commerciaux, nos médecins et nos avocats, nos innovateurs en musique et nos amis bien-aimés. Cependant, la culture de la majorité, a rendu la vie de ces juifs intolérable. Nous avons confisqué leurs biens et les avons forcés à fuir leur patrie de 2 600 ans. Ce faisant, nous avons perdu un morceau de l’esprit collectif, et une classe professionnelle dont nous avions désespérément besoin, pour continuer à construire une société juste.

Nooman Chaari, en confirmation de l’intervention du musicien, compositeur et compositeur irakien : Je suis citoyen tunisien, et comme mon collègue irakien Mohamed Kamar, je suis compositeur et artiste. Je pense que la musique, le langage universel, peut rapprocher les gens. L’année dernière, j’ai cherché à construire sur ce principe en développant une coopération musicale avec un chanteur israélien. Maintenant, je voudrais faire un pas de plus en créant un opéra du Moyen-Orient, qui sera une coproduction avec des artistes de la région qui participent à revivre leur héritage musical commun.

Pensez aux nombreux obstacles qui entravent un tel projet : guerres, guerre civile, culture de l’extrémisme et de l’exclusion. En cherchant à mettre fin aux représailles du gouvernement contre les Arabes qui rencontrent les Israéliens, nous savons qu’il ne s’agit que d’une mesure infinie de mesures qui seront nécessaires pour ramener la paix et la prospérité dans notre région. Mais l’expulsion des Juifs autochtones de notre région – suivie de l’évitement du peuple israélien – est le processus d’exclusion le plus ancien et le plus long de notre histoire moderne. L’expulsion des Juifs a ouvert une politique d’exclusion qui a visé depuis longtemps d’autres objectifs. Nous pensons donc qu’il y a une signification et une importance, spéciales, pour extirper ce fléau de ses racines.

Quant à Maryam Al-Ahmadi, des Émirats arabes unis, conseillère juridique, militante civile, et engagée pour la promotion de la société, elle a présenté une opinion différente, lors de son intervention. Indiquant qu’elle croit au rôle déterminant de la femme pour l’établissement de la paix. Elle n’a pas caché sa fierté de constater que le Conseil est composé à une proportion respectable de femmes. Ajoutant que sa collègue, absente à cette rencontre, Saloua Seïf, militante civile, veut préparer les enfants à devenir la prochaine génération de pacificateurs.

Ajoutant : L’année dernière, la direction politique des Émirats arabes unis, a annoncé «l’Année de la tolérance», a soutenu des activités interconfessionnelles et interculturelles visant à rassembler les musulmans, les chrétiens et les juifs. Cette année, dans une nouvelle étape, mon pays accueillera des Israéliens du secteur privé, du domaine de la technologie, de la culture et des arts pour participer à l’Expo 2020 à Dubaï.

– La conseillère juridique des EAU, Maryam Al-Ahmadi, a conclu son intervention en disant : J’espère et je crois que d’autres pays de la région imiteront l’expérience des EAU en donnant aux citoyens, aux artisans de la paix, les moyens de poursuivre leurs objectifs. Je pense que la voix du Parlement français peut bien contribuer à encourager ces progrès.

Quant au chercheur universitaire palestinien, Mohammed Al-Dajani Al-Dawi, qui vit à Jérusalem, professeur d’université et fondateur d’un mouvement civil pour promouvoir la paix et la compréhension entre le peuple israélien et palestinien, son intervention est très importante, car il est présent sur le théâtre des événements et sa position est plus difficile que les autres Membres. Il en dit : j’ai fait face à des critiques dans ma communauté à cause de ma défense du dialogue doux et de la recherche de la connaissance. La critique vient principalement des éléments de la ligne dure, qui croient que nous sommes dans une meilleure position, si nous boycottons, isolons et excluons les Israéliens. Mais je souligne que le dialogue et l’engagement sont la seule voie à suivre pour nous tous. La raison doit être claire : c’est une caractéristique universelle de la nature humaine que l’hostilité et l’exclusion engendrent la colère et l’entêtement, tandis que l’amitié et l’inclusion conduisent au compromis et à la confiance. Cela vaut autant pour les Israéliens que pour les Palestiniens.

Ajoutant : Lors de la réunion d’inauguration du «Conseil arabe pour l’intégration régionale», j’ai proposé des plans pour que le premier programme, qualifie pour un doctorat en études de la paix, modération, dialogue interconfessionnel et réconciliation. Pour mettre en œuvre ces initiatives, nous avons tous besoin de faire notre travail sans harcèlement ni crainte de punition. Le soi-disant «combat contre la normalisation», pose un énorme défi à de nombreuses personnes dans la région, qui veulent se joindre à nous, d’une manière ouverte.

Quant à Sana Wajid Ali, chercheuse universitaire, et militante civile irakienne, basée à Berlin, elle nous a raconté son histoire émouvante en disant : Je suis étroitement liée à ma ville natale Karbala, que je visite de temps en temps pour donner des conférences aux élites communautaires de cette ville sainte. Quand je suis arrivé à Berlin en tant que réfugié irakien, je suis allé voir d’autres personnes pour m’aider à reconstruire ma vie. L’aide, dont j’avais tant besoin, je l’ai reçue d’une famille juive avec de nombreux parents israéliens. L’histoire de leur exode conjoint, les a conduits à me traiter avec miséricorde et bienfaisance, dont les Juifs ont manqué tout au long de l’histoire. J’ai découvert l’étendue de la désinformation sur la vie des Juifs et d’Israël, et aussi notre humanité commune.

Concernant son projet, elle explique : Je suis en train de développer un projet avec mon collègue au «Conseil arabe pour l’intégration régionale», le jordanien Abdullah Sawalha, pour créer un nouveau centre d’études israéliennes en Irak. A savoir, sauver les générations des mensonges concernant Israël, et son peuple, en menant des recherches objectives, et en enseignant la langue hébraïque. Mais les lois irakiennes criminalisent toute communication avec les Israéliens. Chose qui constitue un obstacle majeur devant nous.

Toutes les interventions des Membres du Conseil devant le Parlement, bien qu’elles diffèrent, versent dans le concept de relations naturelles avec Israël, sans crainte ni intimidation.

Au deuxième jour de la visite, la délégation s’est rendue au palais de l’Élysée, sur invitation du Conseiller du président français, qui a accueilli et a discuté avec les Membres, qui se sont présentés en mentionnant les points les plus importants de leurs projets. Pour conclure la journée par une réunion avec le Conseiller du ministre des Affaires étrangères au Moyen-Orient, qui à son tour a pris connaissance du groupe, et a discuté avec, des projets et des buts qu’ils portent. Il a les remerciés pour leur courage et leur ont souhaité plein succès.

Ainsi, a pris fin la visite à Paris, et les membres sont rentrés, chacun dans son pays. Ils ont gagné en force, en détermination et en courage grâce au succès qu’ils ont connu, et à l’admiration et aux encouragements des plus importants politiciens européens… En espérant un brillant avenir.


Noor Abedallah écrivaine et chercheuse palestinienne spécialisée dans les sujets économiques et politiques dans les pays arabesElle tweete à @noorabedallah .

“Quand la République est fragile, la situation des Juifs est compliquée”, dit le grand-rabbin de France

INVITÉ RTL – Le grand-rabbin de France Haïm Korsia a notamment réagi à la recrudescence des actes antisémites en France. 

Plus d’un tiers des juifs de France se sentent menacés, selon une étude de l’Ifop. Mais le grand-rabbin de France, Haïm Korsia, réfute de dire que la France serait antisémite. 

Invité de RTL ce mercredi 26 février, il a ainsi affirmé que “pour un juif, la République, c’est l’espérance. Mais à chaque fois que la République est fragile, la situations des juifs est compliquée, l’antisémitisme à visage ouvert se poursuit”. 

“La France n’est pas antisémite. Mais quand la République tombe, comme en 1940, le statut des juifs est catastrophique”, a déclaré Haïm Korsia. Selon lui, la solution est de renforcer les institutions. “Plus on renforce la République, plus on renforce le statut de chacun et chacune dans le pays“, a déclaré le grand-rabbin de France, “on se plaint d’une société que nous contribuons à déstabiliser”.

Il faut muter les façons de lutter contre l’antisémitismeLe grand-rabbin de France Partager la citation

Selon le grand-rabbin de France, les Juifs en France ne considèrent pas qu’ils vivent dans une société antisémite. “Ils constatent que, malgré toute la volonté des pouvoirs publics, il y a une recrudescence des actes antisémites, parce qu’il y a une libération de la parole, parce que la haine sur Internet est dite quasiment sans contrôle“, déclare Haïm Korsia. 

«Non, Madame Obono, l’islamisme n’est pas une race!»

FIGAROVOX/TRIBUNE – En accusant Jean-Michel Blanquer de promouvoir un «racisme d’État» pour avoir parlé de séparatisme islamiste, la députée Danièle Obono dévoie le sens et le poids historique de cette expression, juge Céline Pina.Par Céline PinaPublié


Danièle Obono, députée LFI, dénonce une fois de plus dans un tweet le racisme d’État qui caractériserait la France et s’en prend par ce biais à Jean-Michel Blanquer. L’accusation est grave, on imagine donc que la phrase qui fait réagir la professionnelle de l’indignation raciale doit être particulièrement violente et insultante. Même si la dame est familière des positions aussi virulentes qu’incohérentes: selon elle, interdire des réunions aux Blancs parce qu’ils sont blancs n’est pas raciste, caractériser quelqu’un par la couleur de la peau, non plus. Difficile de s’y retrouver.

En attendant, voilà Jean-Michel Blanquer accusé d’être l’incarnation du racisme d’État pour avoir répondu, alors qu’il était questionné sur le séparatisme islamiste: «c’est une réalité depuis un certain nombre d’années. C’est un phénomène qui s’est accentué (…) Il m’arrive d’aller dans certaines villes où ça se voit.» Ainsi, selon la députée LFI, témoigner de l’existence d’un islamisme virulent qui impose sa marque sur notre société, en prônant le rejet de la France, de ses mœurs, de sa culture, de ses principes et de ses idéaux, c’est déjà être «raciste». Aujourd’hui on peut donc être qualifié de raciste envers une idéologie ou une idée. Par la grâce de Danièle Obono, et de bien d’autres hélas, l’islamisme est devenu une race. Rien qu’en écrivant la phrase ou en la lisant, l’absurdité intellectuelle de ce positionnement saute aux yeux.

Second point, le racisme aujourd’hui n’est même pas lié à l’individu, à la personnalité de Jean-Michel Blanquer mais à sa fonction: il représente la France, il parle donc au nom d’un État raciste et tout ce qu’il dit est une preuve de l’existence d’un racisme d’État. La vie est simple chez les alliés des islamistes et des indigènes de la république, surtout que nul ne s’embarrasse jamais de preuves. L’accusation suffit.La marque du pouvoir des islamistes se lit dans les comportements et la mentalité du quartier. Elle se dit, se vit et se donne à voir.

En effet, on se demande bien pourquoi tant de haine: la phrase de Jean-Michel Blanquer n’est en rien provocante, nombre de Français auraient pu la prononcer et la réalité dont il témoigne a été décrite dans nombre d’ouvrage depuis Les territoires perdus de la République, en passant par les ouvrages de Georges Bensoussan, Gilles Keppel, Pierre Vermeren, Davet et Lhomme, Bernard Rougier, David Thomson, Hugo Micheron, Jérôme Fourquet, les études de l’institut Montaigne, d’Anne Muxel sur les lycéens… la liste est loin d’être exhaustive. L’ancien ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, était même allé plus loin lors de son départ du gouvernement, évoquant à mots pas si couverts un risque de guerre civile, lié à la constitution d’une contre-société. Le Président lui-même s’en est inquiété.

» À voir aussi – L’islam de France en criseL’islam de France en criseDe moins en moins de musulmans de France se sentent représentés par le Conseil Français du Culte Musulman : Figaro Live revient sur les raisons de la crise au sein de la plus importante organisation de l’Islam de France. SharePlayUnmuteCurrent Time 0:38/Duration 7:29Loaded: 35.61% Fullscreen

En septembre 2019, l’IFOP et la Fondation Jean-Jaurès faisaient d’ailleurs état d’un sondage autour de l’affaire du foulard de Creil, 30 ans après. L’indication la plus inquiétante en était le renforcement de l’emprise de l’islam dans les comportements quotidiens. Cette emprise se traduisait par l’adhésion à des pratiques séparatistes: extension du domaine du halal (ce qui est considéré comme pur), investissement des marqueurs du radicalisme (voile, jilbeb, barbe fournie), accentuation de la pression sociale. Bref distinguer le musulman du non-musulman est l’un des objectifs de réislamisation, voilà pourquoi, sur les territoires où cette emprise est déjà bien avancée, le ministre a raison: «cela se voit». La marque du pouvoir des islamistes se lit dans les comportements et la mentalité du quartier. Elle se dit, se vit et se donne à voir. Pour se renforcer, en phase de conquête le pouvoir s’exhibe et pour déshonorer ceux qui osent l’attaquer, il se victimise dans le même temps. Cela a un avantage et il est de taille, manier à la fois la menace et la victimisation, c’est pouvoir passer d’un terrain à l’autre en fonction des besoins, c’est échapper à perpétuité à la responsabilité de ses actes.

Ainsi l’islamiste peut à la fois faire pression sur les femmes pour qu’elles ne puissent échapper au voile, transformé en marqueur identitaire. Ensuite, confronté à sa dimension sexiste, le même portera l’affaire sur le terrain du respect de la religion pour expliquer que le rejet du voile est un marqueur de la haine de l’islam, laquelle n’est que le faux-nez de la haine du musulman, laquelle dissimule la haine des Arabes. Combattre le voile devient par glissement sémantique l’attribut des racistes, le porter un acte de résistance et au nom de l’antiracisme, une partie de la gauche se met à défendre un signe ouvertement sexiste. À la fin pour défendre des prescriptions antidémocratiques, car l’idéologie des islamistes est ouvertement fasciste, une partie de la gauche sacrifie le droit des femmes et dévoie la lutte contre le racisme au profit du soutien apporté à une extrême droite islamiste qui ne les considère pourtant que comme des idiots utiles et sacrifiables le moment venu. Car cette danse de mort unissant islamistes et pseudos marxistes dans son lit n’est pas nouvelle. C’est un classique des remises en cause du pouvoir au Proche et Moyen-Orient. Le flirt eut lieu en Iran, plus récemment en Syrie. L’idylle s’est toujours terminée de la même façon par l’élimination, et pas seulement symbolique, de la partie marxiste au profit des islamistes.Pour censurer la réalité, il faut détruire le langage, le déstructurer.

Des antifascistes qui se comportent comme ne le renieraient pas les pires extrémistes de droite… Des personnes se présentant comme antiracistes mais ne prenant en compte l’autre qu’en fonction de sa couleur de peau… Des discours qui réhabilitent les pires marques de sexisme an nom du féminisme… Aujourd’hui le dévoiement permanent et perpétuel des combats et des mots a de quoi rendre fou, et c’est bien le but du jeu. Il faut ôter au politique comme au médiatique la possibilité de faire émerger le réel dans le champ du débat politique. Pour censurer la réalité, il faut détruire le langage, le déstructurer. C’est seulement à ce prix qu’ «une femme peut être père» , que «porter le voile peut devenir une liberté», que dire ce qui est peut vous valoir un procès en racisme.

Si les mots peuvent dire tout et son contraire, alors plus moyen d’être en phase avec le réel, plus moyen d’échanger, plus de référentiel commun. Et on arrive à cette absurdité de voir le qualificatif de racisme d’État utilisé sans discernement alors qu’il correspond à une réalité historique terrible. Car le racisme d’État a existé: en Allemagne, sous le régime nazi, en Afrique du sud à l’époque de l’apartheid, dans le Sud des États-Unis pour les États ségrégationnistes. Cela correspond à une vision du monde où l’égalité en droit des individus est refusée à raison de la couleur de peau ou de l’origine ethnique. Ce refus se traduit par des lois, des droits et des devoirs différents selon l’appartenance. L’existence de différences visibles se traduisant en hiérarchisation de la place des groupes ethniques dans la société. L’idéologie officielle, dans ces cas, s’appuie sur la reconnaissance de ces hiérarchies pour justifier et appuyer sa vision du monde.

Faire ce procès à la France est profondément absurde mais c’est oublier surtout que ce sont les Occidentaux et nombre de ces Blancs que la députée Obono vomit, qui ont pensé et théorisé la fin de l’esclavage, le refus de la référence à la race, le souhait d’égalité en droits entre tous les hommes au nom de leur nature commune.Faire ce procès à la France est profondément absurde.

Alors quoi? Peu importe ce que signifie le racisme d’État, qu’il ait eu de terribles conséquences et ait brisé nombre de vies? À rebours de toute honnêteté intellectuelle, ceux qui pensent comme Danièle Obono ne vont pas se laisser arrêter par la vérité des faits. Il suffit donc de substituer à la définition du racisme institutionnel, la reconnaissance d’un sentiment de persécution et là, tout devient justifiable. Du coup le racisme d’État peut être dénoncé même dans des pays où il n’existe pas. En effet, selon l’analyse de ceux pour qui la victimisation et le ressentiment sont les deux mamelles de la conscientisation politique, la promesse d’égalité n’est qu’un leurre puisqu’elle ne peut être totalement et parfaitement réalisée. C’est un subterfuge qui permet de maintenir un racisme de fait en affichant une égalité de façade.

Pourtant, le fait même que cette femme soit devenue députée démontre l’inanité de ces thèses par l’exemple. Mais surtout, il se trouve que tous ceux qui ont attaqué la démocratie en la réduisant à une promesse fallacieuse, le font alors qu’ils parlent de position souvent encore plus «idéalistes» ou déconnectées, au nom d’un Dieu par exemple ou d’une refondation totale de la nature humaine. Ils semblent surtout oublier que si la perfection n’est pas de ce monde, la façon dont un pays s’engage, détermine et choisit les principes qui le guident, change la manière dont on vit à l’intérieur de ses frontières. Demandez donc aux femmes iraniennes si la promesse d’égalité que porte l’Occident ne change pas concrètement la vie des femmes chez nous, ne se traduit pas par la jouissance de libertés fort concrètes? Demandez-leur si la vie d’une femme n’est pas différente selon que l’égalité femmes/hommes est un objectif politique ou pas? Demandez à Asia Bibi si cela ne fait pas une vraie différence de vivre dans un pays où le blasphème est interdit ou de vivre là où les libertés sont garanties?

Rappelons donc à Danièle Obono, marxiste revendiquée, qui s’étrangle à l’idée de dire «Vive la France» à la radio et s’en justifie bizarrement en expliquant qu’elle ne chante pas la Marseillaise tous les matins, que Danielle Casanova, résistante communiste, dénoncée par des Français, arrêtée par la police française, n’en a pourtant pas moins entamé La Marseillaise avec ses camarades lors de leur arrivée à Auschwitz. C’était à une époque où l’on savait combattre pour des idées et en payer le prix, sans haïr son pays ni ses habitants. Ces gens-là ont vécu la réalité de la violence raciale et idéologique, que ceux qui se réclament de leur héritage aient aujourd’hui la décence de se taire.

«L’activisme d’ultra-droite à propension violente: un problème aigu en Allemagne»

GRAND ENTRETIEN – Jean-Yves Camus, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des mouvements radicaux*, analyse les deux fusillades qui ont fait neuf morts en Allemagne. L’universitaire rappelle le poids particulier, outre-Rhin, d’une ultra-droite prompte à la violence, qu’il distingue de l’AfD, de ses membres et de ses électeurs.

Par Alexandre Devecchio

LE FIGARO.- Que penser de la tuerie perpétrée à Hanau (Hesse)?

Jena-Yves CAMUS.- Le rapport annuel des services de renseignement allemands pour 2018 signale une hausse des actes illégaux provenant de l’ultra-droite et d’ailleurs, celle-ci est la plus forte dans une région de l’Ouest, la Rhénanie-Westphalie, suivie par une région de l’Est, la Saxe, et par Berlin. La police isole désormais, à l’intérieur de l’ultra-droite, une catégorie de militants: ceux du mouvement des Reichsbürger, qui considèrent que la République allemande est juridiquement illégitime parce que le Reich n’a jamais cessé d’exister. Ces gens ont une propension à la violence qui se manifeste d’abord en Bavière. Autre catégorie nouvelle: les auto-radicalisés, qui n’appartiennent à aucun courant précis, comme cela semble le cas du terroriste de Hanau. La spécificité allemande, c’est le nombre des militants d’ultra-droite: 25.350 dont 12.700 jugés «orientés vers la violence». Autre spécificité: la majorité d’entre ceux-ci n’appartiennent à aucun parti, pas même au NPD néo-national-socialiste. Et évidemment pas à l’AfD qui est un parti légal. Il ne faut d’ailleurs pas commettre l’erreur de dater l’apparition de la scène violente d’ultra-droite de la période où l’AfD émerge électoralement: le 26 septembre 1980, l’attentat commis par des néonazis à la fête de la bière à Munich tue douze personnes et en blesse plus de 200. Dès les années 1990, les foyers de migrants et de demandeurs d’asile sont attaqués à coups de bombes incendiaires.À lire aussi : Allemagne: neuf morts dans deux fusillades près de Francfort, le mobile «raciste» ne fait plus de doute

La menace d’un terrorisme d’ultra-droite inquiète les autorités allemandes…

Ce risque est sérieux, selon les renseignements allemands, qui pointent un saut qualitatif et quantitatif remontant à ce qu’ils appellent le «mouvement anti-asile», consécutif à l’arrivée – avec l’accord explicite, assumé, de la chancelière et de son gouvernement – d’un million de réfugiés. Cet afflux n’a pas seulement fait d’Angela Merkel quelqu’un de détesté par l’ultra-droite (et la détestation est réciproque). Il n’a pas seulement fait monter l’AfD dans les urnes. Il a fait des élus de la CDU, pourtant un parti démocrate-chrétien de droite, une cible. D’ailleurs, la semaine passée, une cellule d’ultra-droite a été démantelée, qui envisageait à la fois d’attaquer des mosquées et des politiciens. L’assassinat du préfet de Kassel, en juin 2019, a été le premier meurtre politique de l’ère post-1945. C’est un fait considérable.

Fusillade en Allemagne: craignez-vous l’émergence d’un terrorisme d’extrême droite?

Fusillade en Allemagne: craignez-vous l’émergence d’un terrorisme d’extrême droite?Deux fusillades ont fait 9 morts près de Francfort. Le mobile «raciste» ne fait plus de doute. Craignez-vous l’émergence d’un terrorisme d’extrême droite?

S’agit-il de néonazis?

Le néonazisme stricto sensu, donc la tentative de reformer un parti national-socialiste ou de faire l’apologie du régime hitlérien, est interdit en Allemagne, et l’État ne lésine pas sur les interdictions de groupuscules. Horst Mahler, ancien avocat de la Fraction armée rouge devenu néonazi et négationniste, a beau avoir 80 ans passés, avoir été amputé d’une jambe et être très mal en point, il a été maintenu en détention. À côté des néonazis assumés, il y a ceux qui flirtent avec les limites légales: ainsi le NPD (Parti national-démocrate), qui se définit comme «social-national», minimise la Shoah et conteste la culture de la culpabilité. Après avoir conquis des sièges dans plusieurs parlements régionaux à l’est du pays, il est en déclin avec quand même environ 4000 militants. Il existe aussi une scène skinhead néonazie active, violente, qui se subdivise en deux groupes, Combat 18 et Hammerskins, qui reprennent certains codes associés au nazisme mais sont plutôt une «troupe d’assaut» à mi-chemin entre les SA et les gangs. Une des spécificités de l’ultra-droite allemande prête à l’action armée est l’existence de petits groupes locaux ou régionaux semi-clandestins ou clandestins du type Nationalsozialistischer Untergrund (NSU), ce groupe dont le noyau opérationnel comptait trois personnes et qui a écumé l’Allemagne entre 2000 et 2015, enchaînant 15 attaques de banques, 9 meurtres de personnes d’origine turque, celui d’une policière…Le poids historique du nazisme est évidemment spécifique à l’Allemagne. Il induit aussi une culpabilité collective dont une partie de la jeunesse refuse de porter le poids

Ce type de groupuscule est-il propre à l’Allemagne?

Numériquement, l’Allemagne est le principal vivier. La Grande-Bretagne connaît un fort regain d’activité de petits groupes racialistes qui préparent des actions terroristes, heureusement toujours déjouées à ce jour. Le Mouvement de résistance nordique, en Suède, reste sous surveillance de la police et se cantonne, à ce stade, à la violence physique comme aux manifestations de rue. À l’inverse l’Italie s’est débarrassée du «terrorisme noir» des années de plomb.

En quoi cela s’inscrit-il dans la culture et l’histoire allemande?

Le poids historique du nazisme est évidemment spécifique à l’Allemagne (et à l’Autriche, où le milieu terroriste néonazi semble contenu). Il induit aussi une culpabilité collective dont une partie de la jeunesse refuse de porter le poids. Pour les ultras de droite, l’Allemagne a aussi été une victime de la guerre: raison pour laquelle le NPD vient d’organiser à Dresde une cérémonie d’hommage aux 25.000 victimes des bombardements alliés qui ont détruit la ville en février 1945. Plusieurs survivants très âgés ont accepté de témoigner à cette occasion. Tous ont insisté sur l’horreur réelle des bombes au phosphore, sur leur malheur individuel et familial, sur ce qu’ils considèrent comme un crime de guerre anglo-américain.

Certains dénoncent la proximité de membres de l’AfD avec les néonazis. Est-ce le cas?

Une aile de l’AfD appelée Der Flügel, qui prédomine en Thuringe, est mise sous observation par les services de renseignement. Il lui est reproché son révisionnisme historique (la relativisation des crimes nazis, pas leur négation pure et simple), sa propension à un nationalisme agressif pangermaniste et antijuif. L’AfD a réagi au crime de Hanau en le relativisant aussi et en rappelant la propension à la violence de l’ultra-gauche et des antifas. On ne peut pas faire l’amalgame: l’AfD est un parti nationaliste identitaire, pas néonazi.

Ce type d’attaque ou celle de Christchurch en Nouvelle-Zélande pourraient-elles avoir lieu en France?

Ce type d’attaque peut avoir lieu partout. Un homme seul, un couteau ou un fusil et vous avez un massacre. Mais heureusement, à population égale, la France n’a pas 12.000 activistes d’ultra-droite à propension violente, nous n’en sommes pas même au dixième de cela.

* Jean-Yves Camus dirige l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès.

COMMUNIQUE DE PRESSE EN SOUTIEN A JEAN CHRISTOPHE LAGARDE

DRANCY LE 20 FEVRIER 2020

En ma qualité de Président du BNVCA (Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme) et du CCJ 93 dont les sièges sont tous deux situés à Drancy, 8 Boulevard Saint Simon.

Je tiens à exprimer au Député Jean Christophe Lagarde, ancien Maire de Drancy, tout mon soutien, face à la calomnie dont il est l’objet, dans un livre l’accusant d’être un suppôt de l’islamisme et un complice du. “Gang des Barbares”.

Je peux témoigner que dès la nomination de Mr Lagarde à la Mairie de Drancy, le cirque Zavatta n’a plus été autorisé à installer son chapiteau Cité de la Muette devant les bâtiments du Camp de Drancy où avaient été détenus les juifs raflés et emprisonnés pour être déportés vers les camps de la mort.

Je peux témoigner que c’est Monsieur LAGARDE qui a obtenu le classement de la Cité de la Muette comme Monument Historique. C’est aussi Monsieur LAGARDE qui a travaillé avec Simone VEIL et Eric de ROTSCHILD pour la construction du bâtiment du Mémorial de la Shoah face à la Cité de la Muette.

Je peux témoigner que la communauté musulmane de Drancy dirigée notamment par mon ami l’imam Hassan CHALGHOUMI pratique un islam Républicain exemplaire. Je me souviens même que l’ouverture de cette mosquée avait été marquée par des manifestations violentes d’islamistes aux abords, si bien que les fidèles venaient prier, protégés par des policiers.

Je suis fréquemment invité dans cette mosquée où je peux prendre la parole devant près de 4000 fidèles dans un climat de tolérance et de fraternité.

Je peux témoigner que les musulmans de Drancy, organisent chaque année à l’occasion de la fête de L’Aid un dîner Républicain auquel en présence de M.LAGARDE, les plus hauts dignitaires juifs de France comme les Rabbins et Présidents des Communautés juives du 93 participent, reçoivent un repas cacher préparé et servi par un traiteur cacher.

Je peux témoigner que la Ville de Drancy est l’une des rares communes de la Seine St Denis où il fait bon vivre pour les citoyens de cette confession.

Drancy comme Pantin, les Lilas, Le Pré St Gervais, Epinay et Le Raincy,s ont les seules villes que les juifs n’ont pas fuies pour se réfugier dans d’autres communes ou d’autres département en raison du “clientélisme” de certains Maires et Conseils Municipaux. Ces derniers, édiles politiques, engagés dans un “palestinisme sans discernement” ont déclenché cette forme d’incitation à la haine d’Israël qui a poussé à l’acte antijuif, et qui a conduit de nombreuses familles juives à se déplacer.

Je peux témoigner que c’est cette forme d’insécurité qui a fait qu’il n’y a plus d’élèves juifs dans les Ecoles et les Lycées de la République, que des Professeurs juifs ont dû être mutés, qu’il n’y a plus d’étudiants juifs ou israéliens dans l’Université de Villetaneuse, et que le cursus d’études hébraïques a été réduit puis supprimé par l’Université de  Paris 8.

Déjà en 2002 sous ma présidence, le CCJ 93 avait dénoncé au Préfet le parti pris dangereux de même que le “clientélisme” de ces communes et du Conseil Général du 93 de l’époque, ainsi que leur financement à des associations pro palestiniennes illicites.

Les dirigeants des communautés juives du CCJ 93, le Bureau et les membres du BNVCA assurent Mr jean Christophe Lagarde de toute leur confiance 

 Le Président Sammy GHOZLAN 

Président du Conseil des Communautés Juives De Seine St Denis

Chevalier de la Légion d’Honneur

Commissaire Honoraire de Police

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme condamne fermement la Ville flamande belge d’Alost qui envisage de faire défiler le 23 février 2020 son carnaval manifestement antijuif.

Le BNVCA exprime les protestations de très nombreux correspondants indignés par ce  carnaval traditionnel qui voit défiler presque chaque année des chars antisémites. L’année dernière, des organisations juives mais aussi la Commission européenne avait pourtant condamné les caricatures antisémites du carnaval, Alost récidive cette année encore et  plus particulièrement en faisant défiler un char caricaturant des Juifs orthodoxes arborant des nez crochus, se tenant debout sur des sacs d’argent et entourés de rats. Ces stéréotypes reproduisent la propagande nazie la plus violente .

Le BNVCA demande aux autorités belges de ne pas se dédouaner en condamnant seulement l’organisation de ce défilé qui fait honte à la Belgique, , mais en l’interdisant officiellement et  en réprimant ses organisateurs.
Le BNVCA a décidé de saisir l’ambassadeur de Belgique en France pour lui demander d’exprimer à son gouvernement  notre réprobation , notre requête, et la colère légitime de tous nos concitoyens  .

Nous  demandons également à son excellence Mr François de Kerchove d’Exaerde , de rappeler aux dirigeants de son pays que la ville d’Alost est toute proche de la Kazerne Dossin à Malines, ce camp de transit d’où plus de 25 000 Juifs et Tziganes ont été déportés par les nazis entre 1942 à 1944 par 28 convois vers le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Seuls 1 219 Juifs ont survécu.

Nous attendons de l’Etat belge que ce carnaval soit annulé cette année et définitivement interdit .

L’UE en a-t-elle fini avec l’arnaque palestinienne?

Il semble que même les Européens en aient assez de la méthode palestinienne de “militant des droits de l’homme de jour et terroriste de nuit” – sans parler de la demande de continuer à le financer.

 par  Shai Har-Zvi 

Au fil des ans, l’Union européenne a fourni un soutien économique de dizaines de millions de shekels à des organisations civiles palestiniennes sur la base d’une disposition standard appliquée aux ONG du monde entier: pour recevoir une aide financière, elles ne doivent avoir aucune affiliation avec des éléments terroristes.

Dernièrement, les Palestiniens ont été scandalisés par une stipulation supplémentaire et légitime que l’UE a introduite: les bénéficiaires des subventions de l’UE doivent s’assurer que des éléments tiers (tels que les sous-traitants, les participants à l’atelier et autres) qui ont des liens avec eux et bénéficient indirectement des fonds européens, ne figurent pas sur la liste des sanctions de l’UE. Les Palestiniens sont furieux et ont carrément refusé de signer la clause. Ils rejettent complètement la décision européenne, selon laquelle des groupes tels que le Hamas et le Front populaire de libération de la Palestine sont considérés comme des organisations terroristes car, de leur point de vue, ce sont des partis politiques légitimes.

L’innocence feinte des Palestiniens et leur position de rejet ne sont pas surprenantes. Fin 2019, l’agence de sécurité du Shin Bet a découvert un réseau terroriste complet et organisé du FPLP, qui a perpétré l’attaque au cours de laquelle Rina Shnerb, 17 ans, a été assassinée et son frère et son père ont été blessés. Les Palestiniens affirment que le FPLP n’est pas une organisation terroriste et ont cherché à cacher le fait que plusieurs membres du réseau terroriste découvert par le Shin Bet occupaient un certain nombre de postes clés dans l’ONG palestinienne Addameer (partie prenante de BDS). Ces dernières années, Addameer a reçu plus de 8 millions de shekels d’aide de la part de pays et d’institutions européennes. En 2018, par exemple, Addameer a reçu une subvention de 500000 NIS de la Suisse. Les hauts responsables d’autres ONG palestiniennes étaient membres de groupes terroristes déclarés depuis des années ; certains d’entre eux ont même purgé des peines de prison en Israël.

Le refus des organisations palestiniennes de délégitimation – qui sont soutenues officiellement par des éléments de l’Autorité palestinienne – de rompre les liens avec des organisations terroristes meurtrières, illustre la mesure dans laquelle les ONG sont utilisées pour camoufler et promouvoir la campagne armée menée par des organisations terroristes contre Israël.

L’écart d’interprétation entre l’UE et les Palestiniens est fondamental: la méthode du «militant des droits de l’homme de jour et terroriste de nuit», que les Palestiniens considèrent comme naturelle et légitime, est-elle acceptable pour l’UE?

Il semble que même l’UE en ait assez du métier de l’escroquerie palestinienne – sans parler de son financement. L’UE doit résister fermement à la campagne de pression concentrée des Palestiniens. Y succomber délivrera un message terrible, donnant aux organisations terroristes une forme de légitimité. L’UE doit subordonner toute fourniture d’aide à la renonciation complète aux affiliations terroristes – directes, indirectes, de premier degré, de deuxième degré, de tiers ou autrement. C’est la seule chose correcte, appropriée et morale à faire.

israelhayom.com

Nathalie Goulet: «En matière de lutte contre le terrorisme, il reste des failles évidentes»

FIGAROVOX/TRIBUNE – Un rebelle islamiste syrien, Majdi Mustapha Nameh, a été arrêté à Marseille car il est soupçonné d’avoir commis des crimes de guerre. Il est pourtant entré en France grâce à un visa Erasmus. La sénatrice Nathalie Goulet dénonce des failles persistantes dans la lutte contre le terroriste islamiste.Par Nathalie GouletPublié le 7 février 2020 à 19:29, mis à jour le 7 février 2020 à 19:29


Nathalie Goulet est sénatrice UDI de l’Orne. Elle a présidé au Sénat une Commission d’enquête sur l’organisation et les moyens de la lutte contre les réseaux djihadistes en France et en Europe.


Alors que le Président de la République devrait annoncer des mesures contre le communautarisme et l’islam radical, quelques constats s’imposent.

Je ne veux en aucun cas être alarmiste et je refuse de me ranger derrière une vision exagérée selon laquelle les Frères musulmans seraient aux portes du pouvoir. Mais ceux qui suivent mes travaux sur ce sujet savent à quel point j’ai à cœur de rester fidèle aux lois et aux principes fondateurs de la République. Il est impératif que les religions s’adaptent à la République et non l’inverse. Les événements récents sonnent donnent une étrange sensation de «déjà-vu». Cette incessante répétition de l’histoire ne peut que provoquer une (légitime) vague d’indignation, de fatigue, de colère et incompréhension auprès des citoyens.Un terroriste rentré avec un visa étudiant ? Ce scénario rappelle la tragédie de l’assassinat de la jeune Aurélie Châtelain.

Le 29 janvier à Marseille a été arrêté Majdi Mustapha Nameh, alias Islam Alloush, présumé coupable de graves crimes commis au nom de Jaysh Al-Islam, «Armée de l’Islam», un groupe islamiste syrien notoire. Ce terroriste soupçonné est entré sur notre territoire avec un visa ERASMUS+. Cet incident n’est malheureusement pas inédit, au point même que les spécialistes ont affirmé lors de différentes auditions par des commissions d’enquête depuis 2015 laisser sciemment ce type d’individus entrer sur le territoire pour mieux maîtriser leur arrestation. Permettez-moi d’en douter…

Un terroriste rentré avec un visa étudiant? Ce scénario rappelle la tragédie de l’assassinat de la jeune Aurélie Châtelain le 19 avril 2015, par Sid Ahmed Ghlam, un pseudo-étudiant algérien de 24 ans. Ce dernier n’avait jamais suivi les cours auxquels il était supposé assister, et planifiait un attentat dans une église de Villejuif, projet qui fut heureusement déjoué.

Nous sommes alors en droit de nous interroger, aujourd’hui comme hier, sur les conditions de délivrance de ces visas étudiants. Ce terroriste recherché par toutes les polices a bénéficié d’un visa Erasmus, comme tout bon étudiant européen: c’est à peine croyable et pourtant c’est une réalité. Le manque de coordination entre les services consulaires, l’absence de listes d’individus indésirables, de partage des fichiers des personnes recherchées est inacceptable, alors que cinq années nous séparent du drame de Charlie et de l’Hyper Cacher. Nous devons reposer ces questions, encore et encore.

On a vu un manque de rigueur similaire lorsque les autorités ont laissé se dérouler au mois de mai 2019 une série de douze conférences et collectes de fonds pour une école d’Ouléma en Mauritanie, alors que parmi les intervenants figurait Mahfoudh Ould Brahim Vall, connu des services français et mauritaniens pour son appartenance aux Frères musulmans comme Hassan Iquioussen. Je me suis alors interrogé sur l’autorité qui a délivré un visa à cet individu, il ne s’agissait pas de notre consulat en Mauritanie. Il devrait alors s’agir d’une autorité consulaire d’un de nos partenaires européens, sans consultation. Nous ne pouvons pas tolérer un tel manque de rigueur dans un contexte aussi tendu de risque d’attentats sur notre territoire.

Le 28 septembre 2019, à la mairie de Rouen s’est déroulé un séminaire tenu par Othmane Iquioussen, bien connu des services pour son adhésion lui aussi aux thèses des Frères musulmans. En septembre, une réunion du centre arabe de recherche et d’études politiques de Paris (Carep), «think tank» connu pour ses liens avec le Qatar offrait à son directeur exécutif une tribune appelant les Français de confession musulmane à constituer des listes communautaires indiquant que: «tous ceux qui ne sont pas d’accord avec ce processus (…) doivent savoir qu’ils ont 6 millions de voix à portée de mains», recommandant «de taper aux urnes». Alors que le Président de la République prétend vouloir lutter contre le communautarisme, les autorités autorisent ce type de manifestation et de propos. Il faut avouer que la logique paraît bien lointaine dans cette situation.Cette liste est nécessaire pour montrer l’accumulation de failles dans nos systèmes malgré les mises en garde régulières des experts et des parlementaires.

Le 24 janvier 2020, à Bordeaux , la Librairie Mollat (ça ne s’invente pas) accueillait un colloque intitulé «Foi musulmane et Valeurs de la République». Le maire de Bordeaux, Nicolas Florian, candidat à sa propre succession, a lancé ce colloque, organisé par la Fédération musulmane de la Gironde, branche locale de l’ex-UOIF (les Frères musulmans en France). Outre les responsables locaux des Frères musulmans, cette assemblée accueillait une personnalité radicale, le «Cheikh Al-Arabi Al-Bichri», le directeur des études du sulfureux Institut IESH de Château Chinon, et membre du Conseil Européen pour la Fatwa et la Recherche, antenne du réseau frériste.

Cette liste, indigeste, est nécessaire pour montrer l’accumulation de failles dans nos systèmes malgré les mises en garde régulières des experts et des parlementaires qui multiplient les rapports et les propositions, rarement pris en considération.

Comment expliquer que les maires, qui réclament toujours d’être plus associés à la lutte contre la radicalisation, et qui demandent à avoir la communication des fichés S résidant sur le territoire de leur commune, peuvent-ils agir avec une telle légèreté sans solliciter les référents de leur préfecture? Ainsi, ils laissent la porte ouverte à des prêcheurs dont les discours sont loin des valeurs républicaines. La République reconnaît, et garantit, la liberté d’association et de réunion, mais celles-ci doivent se conformer au respect de l’ordre public. On est alors en droit de s’interroger sur le fonctionnement du renseignement territorial. À Rouen, le préfet semblait pourtant ignorer la tenue de ce séminaire.

Pour lutter contre l’influence de cette tendance de l’islam, incompatible avec nos règles républicaines, il faut prendre des mesures plus concrètes.La mise en place d’une liste européenne des personnalités non grata en Europe permettrait d’uniformiser les informations.

Une communication claire et automatique avec nos postes à l’étranger et ceux de nos collègues européens pour autoriser avec prudence les octrois de visas, avec une attention particulière aux visas étudiants, est impérative.

De plus, il faut tenir à jour les listes de détenteurs de ces documents et s’assurer que la communication entre les services de renseignement intérieur et extérieur se fasse rapidement. La mise en place d’une liste européenne des personnalités non grata en Europe permettrait d’uniformiser les informations. Cette mesure devra évidemment prendre en compte le Brexit, qui pourrait provoquer d’autres failles dans le PNR, les bases de données et Europol.

Au-delà des mesures de renseignement, il est urgent de mieux contrôler les associations, les think-tanks et leurs voies de financement.

Les dispositifs de notre République sont faillibles, nous sommes nombreux à dénoncer ces failles, et à répéter jusqu’au renoncement les mêmes préconisations. Nous devons assurer la sécurité de nos concitoyens, dans un cadre républicain mais avec une fermeté légitime. Les brèches, que nous dénonçons, existent. Elles font de nos compatriotes musulmans les otages d’une poignée de radicaux qui font prévaloir leur loi sur les lois de la République.

Pourtant, nous ne manquons ni de travaux ni de rapports sur le sujet de la gangrène de certains territoires par un islam radical, les travaux des parlementaires sur la radicalisation dans les services publics ou bien ceux d’Hugo Micheron, sont édifiants et tirent, à juste titre, une sonnette d’alarme sur ce que j’appelle depuis longtemps le délit de naïveté ou déni de réalité. Le Président doit annoncer un plan au plus vite, qui devra commencer par l’affirmation d’une tolérance zéro face au refus des normes républicaines.

Les achats des musées sous l’Occupation

par Vincent Noce

Le 22 janvier, la ministre allemande de la Culture Monika Grütters a restitué à la famille d’Armand Isaac Dorville trois œuvres de Jean-Louis Forain et Constantin Guys, retrouvées dans la collection Gurlitt. Elle a ainsi reconnu le caractère forcé des ventes de succession de ce grand avocat parisien, décédé le 28 juillet 1941 en son château de Cubjac, en Dordogne, où il avait trouvé refuge. Ce n’est pas une excellente nouvelle pour la France. La commission d’indemnisation des victimes des spoliations (CIVS) doit en effet, à partir de mi-février, examiner une demande épineuse de restitution, qui rencontre l’opposition du service des musées nationaux. Cette démarche fait suite aux découvertes d’un généalogiste, Antoine Djikpa, et d’Emmanuelle Pollack, désormais chargée au Louvre de la recherche de provenance et de la restitution. La vente phare de la collection de tableaux de Dorville se tient à Nice du 24 au 27 juin 1942, sous le marteau de Me Jean-Joseph Terris. Les 450 lots comprennent neuf Vuillard, sept Vallotton, quatre Bonnard, 95 aquarelles de Guys, 34 de Forain et une de Manet. Le premier jour, le Commissariat aux questions juives dépêche un administrateur provisoire, Amédée Croze, qui part saisir les 8 millions de francs obtenus. René Huyghe discute avec lui des emplettes des musées nationaux, sans se soucier de cette situation imposée, constate-t-il, par «les nouvelles lois juives» alors même que le Louvre et le musée des Arts décoratifs ont bénéficié de généreux legs de ce collectionneur. Le conservateur achète douze œuvres pour près de 300 000 F, aujourd’hui détenues par le Louvre et Orsay. S’ajoutent quatre tableaux acquis via des donations après la guerre par le musée de Nice et celui de Troyes (déjà mis en cause pour les œuvres spoliées à René Gimpel).Une vente, quels qu’en soient les termes, consentie par une famille juive traquée peut-elle être considérée comme pleinement volontaire ?

Il faudra bien un jour que les institutions acceptent d’écrire cette histoire des acquisitions de biens «aryanisés», qui se sont poursuivies comme si de rien n’était. Mais, aujourd’hui, le service des musées de France est surtout occupé à plaider que cette succession est plus complexe qu’il n’y paraît. Il estime que la famille a dû consentir à cette mise aux enchères. Conservé sur des comptes, le résultat lui a été rétrocédé en 1947. La vente aurait été, au fond, normale. Du reste, le premier jour, avant l’arrivée de l’administrateur, certains légataires ont encore pu retirer 46 lots qu’ils souhaitaient conserver. Pour Me Corinne Hershkovitch, qui défend les héritiers, cela indiquerait plutôt qu’ils avaient été empêchés auparavant de conduire normalement le partage des biens. Et si l’argent n’avait pas été bloqué, la famille aurait-elle pu fuir à temps ? Il serait bon que la France se penche enfin sur cette interrogation, sur laquelle l’Allemagne et les Pays-Bas ont déjà avancé : est-il seulement concevable qu’une vente à cette époque, quels qu’en soient les termes, consentie par une famille juive traquée puisse être considérée comme pleinement volontaire ? L’avis attendu de la CIVS dans les mois qui viennent se heurte à une autre difficulté : si elle se montre favorable à la restitution, ce qui est bien possible, sa mise en oeuvre est toujours entravée par l’absence de dispositif facilitant, dans de tels cas, les sorties des collections nationales. La même avocate, au terme d’un procès retentissant, avait obtenu en 1999 la restitution de cinq tableaux provenant d’une vente de succession à Drouot, en 1941, que lui refusait le Louvre avec les mêmes arguments. En vingt ans, rien ne semble avoir changé dans la mentalité de l’administration de la Culture (on pourrait aussi citer le cas des céramiques de la collection Colloredo, dont la restitution, décidée il y a un an et demi, n’est toujours pas effective). En 1999, contre le Louvre, la cour d’appel de Paris avait jugé que les enfants Gentili, ayant dû fuir Paris, ne se trouvaient pas en situation de gérer la succession de leur père. Cinq parentes n’ont jamais pu hériter d’Armand Dorville : une sœur, deux nièces et leurs enfants, âgées de 2 et 4 ans, arrêtées en 1944 par la police française, envoyées et assassinées à Auschwitz. Une succession «normale» ? 

LA GAZETTE DE DROUOT

Le BNVCA condamne la nouvelle agression antisémite commise dans la nuit de samedi 1er février à minuit dans le métro station “Jaurès”, contre un jeune juif portant la kippa.

Le BNVCA condamne avec force la nouvelle agression antisémite commise encore une fois dans le métro contre un homme, français de confession juive, identifié comme tel par ses attaquants parce qu’il avait la tête couverte d’une kippa. Notre BUREAU a été alerté par la victime qui a appelé sur la hot line du BNVCA et prévenu  à 1 heure du matin notre  secrétaire général Mr René Lévy qui lui a immédiatement fourni les conseils sur les mesures à prendre, notamment de déposer plainte à la police.

La victime âgée de 25 ans rapporte qu’alors qu’elle se trouvait dans le métro à la station Jaurès le 1er février à minuit, elle a été prise à partie par 4 individus décrits d’origine nord africaine, et âgés de 30 à 40 ans.

Après avoir tenté de le dépouiller, puis lui demandant des cigarettes, l’un d’entre eux lui déclare “ vous les juifs vous avez de l’argent, tu peux m’en acheter “. La victime a été épargnée grâce à des passagers  qui ont bloqué l’entrée de ces individus dans la rame de métro, et l’ont délivré des mains de l’agresseur qui l’avait plaqué contre le mur.

Encore une fois le vieux poncif du juif et de l’argent empoisonne certaines mentalités.
Le BNVCA demande aux autorités de police, de tout mettre en oeuvre pour identifier les agresseurs antisémites et les mettre à la disposition de la justice.
Le BNVCA qui soutient la victime se constituera “partie civile”.

Affaire Mila: «Non, Madame Belloubet, injurier l’islam n’est pas une atteinte à la liberté de conscience!»

FIGAROVOX/ENTRETIEN – La Garde des Sceaux a déclaré ce mercredi matin sur Europe 1 que «l’insulte à la religion» est «une atteinte à la liberté de conscience». Richard Malka, l’avocat de Mila, rappelle que ces propos sont juridiquement faux.Par Paul SugyPublié le 29 janvier 2020 à 11:04, mis à jour le 29 janvier 2020 à 18:55Affaire Mila : «L’insulte à la religion, est une atteinte à la liberté de conscience»Au micro d’Europe 1, Nicole Belloubet, la Garde des Sceaux, a réagi à l’affaire Mila déclarant que «l’insulte à la religion» est «une atteinte à la liberté de conscience». Des propos qui ont provoqué un tollé. PartagerPlayUnmuteCurrent Time 0:06/Duration 0:22Loaded: 99.65% Fullscreen

Richard Malka est avocat au barreau de Paris. Spécialiste du droit à la liberté d’expression, il défend notamment le journal Charlie Hebdo.


FIGAROVOX. – «L’insulte à la religion, c’est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c’est grave» a déclaré le 29 janvier Nicole Belloubet, garde des Sceaux, sur Europe 1 à propos de Mila, une adolescente menacée de mort après avoir tenu des propos injurieux sur l’islam. Devant le tollé, Belloubet a regretté, plus tard dans la journée, une «expression maladroite» et jugé inacceptables les menaces dont cette adolescente est victime. Qu’en pensez-vous?

Richard MALKA. – Les propos de Nicole Belloubet mercredi matin sont tout simplement gravissimes! Ils participent à la mise en danger de Mila, qui a vu sa scolarité et sa vie sociale brisées après le harcèlement et les menaces dont elle a fait l’objet. Nicole Belloubet a fait montre à la radio d’une culture juridique fantaisiste, ce qui est extrêmement inquiétant, mais surtout elle donne ainsi raison aux milliers d’anonymes qui depuis plusieurs jours adressent lâchement des menaces à Mila en lui promettant de l’égorger, de la découper ou de la brûler!

On aimerait qu’elle lise davantage les fiches que lui préparent ses conseillers, et pas la propagande de la Ligue islamique mondiale qui milite partout en Europe pour l’interdiction du blasphème. Car c’est la terminologie exacte de cette organisation prosélyte, qui a plusieurs fois déposé des demandes en ce sens auprès de l’ONU: empêcher les injures envers l’islam au nom de la liberté de conscience. Nicole Belloubet a énoncé la définition même du blasphème telle que promue par la Ligue islamique mondiale ou l’Organisation de coopération islamique. Pris à la lettre, ses mots marqueraient le passage d’une société laïque et républicaine à une théocratie: si l’on ne peut pas offenser une religion, alors la respecter devient obligatoire. Le Code pénal du Pakistan l’énonce dans son article 295-C: «Toute injure ou tout propos abîmant une représentation de Dieu est un blasphème».On entrave la liberté de conscience en privant quelqu’un de la liberté de croire. Pas en injuriant sa religion.

Ce que dit la ministre de la Justice est donc parfaitement inepte, et heureusement toute la jurisprudence française en la matière dément ses propos. En 2007, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de l’Agrif à la suite de la publication par Libération d’un dessin représentant le Christ nu avec un préservatif sur le sexe. Le juge n’a pas reconnu l’existence d’une injure envers un groupe de personne en raison de leur religion. Idem lors du procès des caricatures de Mahomet publiées par le journal Charlie Hebdo. Rappelons que le journal n’a pas été condamné, «en dépit du caractère choquant, voire blessant, de cette caricature pour la sensibilité des musulmans» pour reprendre les mots mêmes de la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris. Et ainsi de suite. Jamais un seul juge français n’a reconnu que des propos, même vulgaires, même injurieux, envers une religion ou des symboles religieux pouvaient constituer une «atteinte à la liberté de conscience». Jamais! Et que Nicole Belloubet l’affirme au micro d’une émission de radio est irresponsable. Je la mets au défi de trouver une quelconque décision de justice qui corrobore ses propos!

La «liberté de conscience» est l’un des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, et elle garantit notamment la liberté de religion. Pourquoi ce terme est-il inapproprié en l’espèce?

Mais tout simplement parce que Mila n’a empêché personne de croire en l’islam! La liberté de conscience, c’est de croire dans ce que l’on veut. On y fait entrave en privant quelqu’un de cette liberté, en empêchant de se rendre dans une église, une synagogue ou une mosquée. Pas en injuriant sa religion.

C’est au contraire la liberté de conscience de Mila qui est ici en jeu, car elle a le droit de penser ce qu’elle veut de l’islam, et de le dire, même sur les réseaux sociaux. C’est ça le droit français: le fondement de la liberté de conscience n’est pas d’interdire la critique ou même l’injure, mais de protéger la liberté d’expression. Ces deux libertés n’ont rien d’incompatibles, au contraire elles participent l’une de l’autre. On peut tout aussi bien adhérer à une religion que la rejeter. Et prétendre le contraire, lorsqu’on est ministre de la Justice, c’est comme un ministre de l’Économie qui ne saurait pas compter.

Cette erreur est-elle selon vous symptomatique d’une méconnaissance grandissante des principes de la laïcité en France?

Bien sûr que la laïcité est de moins en moins bien connue et comprise. Ses termes juridiques échappent à beaucoup de nos concitoyens. On peut le déplorer, mais c’est hors sujet ici: on parle tout de même de la garde des Sceaux! Elle n’a pas le droit, elle, de se tromper à ce sujet. Même si c’est une confusion, elle est trop grave.

Ou alors, allons au bout de la logique: faut-il interdire aussi le Mahometde Voltaire? Lautréamont qui a représenté Jésus ivre? Nietzsche qui affirme que Dieu est mort? Ce serait anéantir le patient édifice des libertés que les siècles passés ont construit.

Encore une fois, il faut rappeler les mots qu’a employés le juge français lors du procès de Charlie: la liberté d’expression vaut aussi pour les paroles «qui heurtent, choquent ou inquiètent, ainsi que l’exigent les principes de pluralisme et de tolérance qui s’imposent particulièrement à une époque caractérisée par la coexistence de nombreuses croyances et confessions au sein d’une même nation». Cette mention est en réalité inspirée de la jurisprudence qui vaut à la Cour européenne des droits de l’homme depuis 1976: si l’on s’interdit de critiquer une religion, on ne peut plus vivre ensemble.

Shoah: Tachkent, la Capitale de l’Ouzbékistan honorée comme une « ville juste »

A l’initiative de KODIROV Khurshid, Une soirée prestigieuse s’est tenue par l’ambassade d’Ouzbekistan au cercle interallié pour rendre hommage au pays qui a accueilli plus de 3 millions de réfugiés ( dont environ 1 million juifs) pendant la seconde guerre mondiale.

Après le discours de S.E.M. Sardor Rustambaev, l’ambassadeur Ouzbékistan en France, ce fut au tour de Vyacheslav Shlomo Shatokhin de nous présenter son film « Dernier enfance d’été » consacré à l’accueil des enfants juifs par les peuples ouzbeks lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Après la projection de ce documentaire, quelques personnes d’origine polonaise, dont Marek Halter, Waldemar Kobryner, Henri Bielasiak qui ont été évacués en Ouzbékistan et ainsi pu être sauvés sont venus témoigner.

La soirée qui a bénéficié du soutien de l’Ambassade d’Israël à Paris se termina par un succulent dîner.

Un peu d’histoire

J’ai voulu avec Viatcheslav (Shlomo est son prénom juif) Shatokhin l’auteur du film « Dernière été d’Enfance », organiser cette soirée pour sensibiliser le gouvernement ouzbèk à créer les musées d’Evacuation à Tachkent et Boukhara, confie KODIROV Khurshid.

Nous nous sommes tous les deux passionnés par l’histoire de l’évacuation des enfants orphelins et des juifs vers l’Ouzbékistan.

Durant 2019, j’ai collecté beaucoup de mémoires et témoignages des juifs (habitant actuellement en France) qui étaient réfugiés en Ouzbékistan pendant la Seconde Guerre Mondiale.

L’une des pages les plus fameuses de l’histoire de l’Asie Centrale est étroitement liée à la plus grande tragédie connue par le peuple juif ainsi que le terrible désastre qui a touché la population de la partie européenne de l’Union Soviétique durant la seconde guerre mondiale. Cela s’est passé dans ce qui était alors la République Soviétique d’Ouzbékistan, au cœur de l’Asie centrale.

En 1939, le pacte Germano-Soviétique est signé et stipule que les deux puissances ne s’affronteront pas durant les dix années suivantes. Mais en Juin 1941, Hitler rompt cet accord et lance l’opération Barbarossa qui vise à envahir l’URSS.

Cette invasion, nommée « Grande Guerre Patriotique » en Union Soviétique trouve l’armée Rouge et le pays complétement impréparés, ce qui provoque un incroyable désastre militaire et humain dans toutes les zones occupées par les nazis, c’est-à-dire l’Ouest de l’immense URSS et plus précisément : l’Ukraine, la Biélorussie, et l’Ouest de la Russie.

Mais la taille du pays, qui s’étend jusqu’à l’océan Pacifique permis à de nombreux réfugiés de fuir les zones de combats en partant vers l’Est. C’est ainsi que l’Ouzbékistan accueillis 1.5 millions de réfugiés dont environ 500.000 juifs, parmi lesquels environ 200-300 mille orphelins, des adolescents, des veuves et des personnes âgées qui venaient d’Ukraine, de Moldavie, de Biélorussie, de Russie et aussi de Pologne.

A l’époque, l’Ouzbékistan comptait 6 millions d’habitants dont 1.5 millions avaient été prélevés par l’Armée Rouge pour combattre le nazisme.

Les Ouzbeks qui demeurèrent dans leur République s’illustrèrent par la bravoure et l’humanité avec laquelle ils accueillirent les réfugiés, le plus souvent de la même manière qu’ils auraient donné l’hospitalité à des membres de leur propre famille. Il existe trop d’histoire d’orphelins littéralement adoptés comme de nouveaux enfants par les familles d’accueil. Un véritable mouvement d’adoption est né durant ces années de guerre. Les Ouzbeks qui avaient déjà des familles nombreuses à l’époque ont redoublé d’efforts pour se donner les moyens d’aider les réfugiés. Ils montrèrent ainsi leur détermination à en accueillir le plus grand nombre possible.

Shaakhmed Shamakhmudov et son épouse Bahri sont célèbres pour avoir adopté 14 orphelins de guerre provenant de différentes Républiques soviétiques y compris deux juifs. Un monument qui leur était dédié avait été déplacé du centre de Tachkent vers la périphérie à l’époque du Président Karimov. Or, le nouveau Président de l’Ouzbékistan (indépendante depuis 1991), Shavkat Mirziyoyev a tenu à ramener ce monument au centre-ville (à côté du palais de l’amitié entre les peuples) pour lui donner la visibilité qu’il mérite.

Vyacheslav Shatokhin, né en 1961 d’une mère évacuée vers l’Ouzbékistan pendant la grande guerre patriotique, et dont la famille avait décidé de demeurer en Asie centrale après le conflit, connait des quantités d’histoires pleines d’humanité datant de cette sombre période. « Un véritable mouvement pour l’adoption est né en Ouzbékistan à l’époque et ce sont des centaines de milliers d’enfants et d’adolescents sans familles qui ont trouvé un foyer ».

Shatokhin considère que tout film, livre, voire musée consacré à cet épisode constituerait une « mizvah » envers le peuple Ouzbek et ses incroyables et innombrables bonnes actions envers les réfugiés.

Avant d’arriver à Tachkent, la mère de Shatokhin, Nazarovna Hotimlyanskaya (née en 1930) était passée par Ferghana (au Nord-Est de l’Ouzbékistan), accompagnée de sa propre mère et de sa tante, en provenance de Poltava (Ukraine), cependant que son grand père, Nazar était tué dans les combats de l’année 1941.

Diplômé en Droit de l’Université de Tachkent en 1983, Vyacheslav Shatokhin a émigré à New York en 1997. Depuis 2010, il a dédié beaucoup de temps à la collecte d’information concernant l’évacuation des juifs vers l’Ouzbékistan. Il possède aujourd’hui de très importantes archives contenant des récits de quantité de témoins.

Pendant de nombreuses années, Shatokhin a cherché la meilleure façon de remercier le peuple Ouzbèk pour son comportement envers les réfugiés de guerre. Depuis 2010 il a collecté une immense base de photos et documents. Il a également collecté les témoignages de personnes dont les familles furent accueillies en Ouzbékistan. Avec ses propres modestes économies, il a financé le tournage de « Dernier été d’enfance » en 2018. Par ailleurs, il travaille actuellement avec Leonid Teruchkine (Directeur du département de recherche au centre d’éducation sur l’Holocauste de Moscou) afin de rédiger un livre à propos de la contribution du peuple Ouzbèk au sauvetage des juifs soviétiques.

Le documentaire « Dernier été d’enfance» a été diffusé à la télévision ouzbèke. Les héros de ce film, ce sont les enfants évacués vers l’Ouzbékistan pour les sauver des camps de concentration et d’une mort certaine. Dans ce documentaire, ils se souviennent comment le peuple ouzbèk a partagé ses derniers morceaux de pain avec les réfugiés sans jamais envoyer aucun enfant dans un orphelinat !

Le message-clé est de rendre hommage et de faire passer à la postérité les actes de bravoure du peuple ouzbèk pendant la période la plus dure de ce conflit mondial.

Des poèmes de Gafur Gulom, un fameux écrivain et poète ouzbèk, tels que « Je suis juif » ou encore « Tu n’es pas orphelin » montrent l’attitude des Ouzbèks vis-à-vis des réfugiés juifs et des orphelins. Selon Vyacheslav Shatokhin, sans l’héroïsme de la nation ouzbèke, le nombre de victimes juives de la Shoah eut été plus élevé.

Tachkent, la capitale de l’Ouzbékistan peut être nommée avec raison la « Capitale soviétique de l’évacuation », étant la ville qui a reçu le plus grand nombre de réfugiés durant la grande guerre patriotique. La taille de la communauté juive de la ville a considérablement augmenté à cette époque. Et nombre des juifs évacués sont demeurés sur place après le conflit parce qu’ils n’avaient nulle part où aller.

Un Musée de l’évacuation est en construction. Ce projet sera présenté à Paris cette année.

Sylvie Bensaid

«Des territoires perdus de la République aux territoires gagnés par les islamistes?»

GRAND ENTRETIEN – À la veille des élections municipales, Bernard Rougier comme Xavier Lemoine alertent contre le danger représenté par les listes communautaires, mais aussi par les «accommodements raisonnables» passés entre élus et entrepreneurs religieux.

Par Alexandre Devecchio et MARGUERITE RICHELME

Les Territoires conquis de l’islamisme* (PUF), ouvrage collectif dirigé par Bernard Rougier, directeur du Centre des études arabes et orientales de l’université Sorbonne Nouvelle Paris-III, est une plongée effrayante dans ce que l’islamologue appelle les «écosystèmes islamistes»: des enclaves, de plus en plus nombreuses en France, noyautées par les salafistes et les Frères musulmans pour contrôler la population d’origine immigrée de confession musulmane. Nous avons confronté le regard de cet observateur à celui d’un homme de terrain.

Maire de Montfermeil, ville qui fut l’un des épicentres des émeutes de 2005, Xavier Lemoine se bat depuis près de vingt ans contre les pressions islamistes. Il partage le diagnostic de Bernard Rougier et appelle la République à renforcer sa présence et son autorité dans ces territoires pour éviter la partition.

LE FIGARO. – Bernard Rougier, Les Territoires conquis de l’islamisme, le titre de votre livre, n’est-il pas un peu provocateur?

Bernard ROUGIER. – Il y a une provocation volontaire. Nous avons voulu restituer l’idée qu’il y avait eu constitution d’espaces physiques enclavés, marqués par un écosystème autour de la mosquée, de la sandwicherie hallal, de la librairie islamique, de la salle de sport, du terrain de foot. Ce sont des lieux d’apprentissage de la norme islamiste où les individus créent du lien et qui sont investis par un discours religieux à coloration salafiste. À travers tous les entretiens, on s’aperçoit qu’une socialisation islamiste s’accomplit à l’échelle locale, au point de former un territoire avec ses différents marqueurs. Cette notion de territoire a une réalité physique: elle est constitutive de la communauté, sous-entendu islamique, et s’oppose à d’autres espaces où la norme religieuse ne va plus de soi, n’est plus aussi légitime. Il y a aussi les espaces institutionnels: celui de la prison, lieu privilégié de diffusion des discours religieux et des pratiques rigoristes ; et, dans le registre de la démocratie locale, celui du conseil municipal où le clientélisme communautaire et religieux s’exerce. Il existe une diversité de scènes et de sites où les acteurs religieux tentent de pousser leur agenda idéologique. Ce sont ces éléments qui justifient l’idée de territoire.

Évidemment, il y a un écho avec le livre Les Territoires perdus de la République. Nous n’avons pas parlé de la délinquance, sauf quand celle-ci pouvait s’articuler avec l’engagement djihadiste ; ce n’est pas un livre de sociologie urbaine, ni de sociologie des banlieues. C’est un ouvrage sur l’action d’entrepreneurs religieux qui, à travers le maillage d’espaces physiques, cherchent à contrôler la population d’origine immigrée de confession musulmane.

Ces systèmes religieux peuvent cohabiter dans certains cas avec diverses formes de délinquance. Dans certains réseaux salafistes, on trouve l’idée qu’il n’est pas grave de vendre de la drogue si cette drogue est destinée aux «mécréants». La délinquance est alors un moyen de lutter contre le système républicain désigné comme l’expression de la mécréance. De manière plus générale, c’est l’existence d’espaces salafisés dans certaines communes françaises qui explique le nombre de départ vers la zone syro-irakienne à partir de 2012-2013, et plus encore après la proclamation du «califat» islamique en 2014. Plus l’espace a été travaillé par ces réseaux, plus la socialisation a été forte autour des différents sites et plus la recherche de la pureté religieuse est devenue une exigence telle que lorsqu’une opportunité extérieure surgit, ces individus s’en saisissent. L’hypothèse du livre est d’affirmer un lien entre ces espaces islamisés ou réislamisés et les départs pour le djihad en terre orientale.

LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU

Xavier LEMOINE. – Le titre de l’ouvrage de Bernard Rougier n’est en rien provocateur. S’il faut le comprendre comme des enclaves dûment identifiées avec des frontières géographiques, cela existe mais elles sont encore rares. En revanche, la définition d’écosystème est plus appropriée puisque c’est protéiforme et diffus à l’échelle de nos villes. C’est donc bien plus profond et dilué que l’enclave. Ce sont les mêmes personnes qui peuvent aller à l’école de la République durant la journée, mais dès la sortie de classes sont prises en charge par les mosquées ou l’association sportive, si bien que le sport est fait en autarcie communautaire. On observe une cohabitation de modes de vie intriqués. L’appréhension en est bien plus subtile que lorsqu’un périmètre est déjà tracé. Si les quartiers populaires ont pu être touchés par les salafistes, on trouve des personnes d’obédience islamiste tout à fait organisées et déterminées au sein des classes moyennes supérieures.

Pour les pouvoirs publics, cela représente une plus grande difficulté d’identification et plus encore d’action. Autant les quartiers populaires représentent des périmètres identifiés, autant ces classes moyennes supérieures sont réparties de manière diffuse et disposent d’une bien plus grande autonomie d’action. Le contact est rompu.

Si les politiques publiques relevant de la politique de la ville ont permis à la République de maintenir le lien et son influence dans les quartiers populaires par le truchement des élus locaux, il reste à imaginer un autre mode opératoire pour la partie diffuse et autonome du phénomène étudié.

Vous décrivez la mise en place de ces enclaves que l’on peut qualifier de «salafo-fréristes». Quel a été le processus?

B. R. – Le processus fonctionne entre les deux rives de la Méditerranée. On ne peut pas étudier les formes d’islam en France sans prendre en considération le Maghreb et le Moyen-Orient. Dans la dynamique salafiste en Europe, il y a le contre-effet d’une révolution salafiste qui a bouleversé l’expression de l’islam dans le monde musulman après les indépendances politiques. Des facteurs conjoncturels ont aussi joué: le rôle de l’Arabie saoudite, bien sûr, mais aussi les modalités d’achèvement de la guerre civile algérienne à la fin des années 1990. Il y a eu alors un pacte entre militaires et salafistes, par l’intermédiaire des religieux saoudiens: les combattants du GIA ont abandonné la lutte en échange de positions d’influence dans le paysage religieux algérien. L’Algérie a ainsi servi de relais privilégié à la diffusion salafiste vers la France et vers l’Europe. Comme si le pacte algérien de sortie de la guerre civile avait pour effet mécanique de détricoter le pacte français républicain en y semant les germes de la division.

La diffusion du salafisme s’opère aussi évidemment par les pèlerinages qui sont un enjeu commercial et idéologique. La défense d’un islam salafiste va donner aux agences de pèlerinage la possibilité d’obtenir des visas pour aller de plus en plus souvent à La Mecque et à Médine. Le passage dans les lieux saints, c’est l’immersion dans un univers de sens – avec ses cheikhs, ses maisons d’éditions, ses sites internet – qui rétroagit ensuite dans les banlieues françaises pour diffuser le «véritable» islam. Il y a une sorte de concordance des sources de validation de celui-ci: Google, la librairie islamique de quartier, le prédicateur de la mosquée, celui du bled diffusent la même interprétation de l’islam. Cela rend donc très difficile la possibilité de sortir de cette définition de l’islam qui est validée par toutes ces sources d’autorité.

X. L. – Lorsque les pouvoirs publics ont maintenu une forte et exigeante présence, y compris dans la confrontation, on observe également la convergence de tous ces signaux extérieurs mais les pouvoirs publics ont aussi contribué à maintenir certaines personnes dans une forme de liberté quant à la manière dont ils entendent pratiquer. En dépit de certains signes extérieurs qui semblent appartenir à cette codification générale, ce sont des personnes qui savent parfaitement se démarquer d’un certain nombre de codes ou d’usages imposés. Ils parviennent à conserver une certaine liberté, grâce à un rapport constant et fréquent avec la République. En revanche, dès lors qu’il y a rupture avec la société française, alors nous entrons parfaitement dans le schéma indiqué dans Les Territoires conquis de l’islamisme. Il est important, par une cohabitation bienveillante, exigeante parfois, que les institutions maintiennent et intensifient leur présence pour établir un contrepoint à cette convergence de signaux qui existe.

Pour autant, les récentes réformes sociétales (théorie du genre à l’école, loi Taubira, lois de bioéthiques, PMA, peut-être GPA à l’avenir) constituent un repoussoir absolu parfaitement instrumentalisé par ceux qui veulent couper les musulmans de l’influence de la culture française.

L’emprise islamiste se nourrit-elle de la détresse sociale?

X. L. – Elle est beaucoup plus prégnante, déterminée, durable et intelligente, auprès de cette nouvelle classe moyenne supérieure, évoquée plus haut, que dans les quartiers populaires où il y a une interaction plus forte avec la République. Pour peu qu’une présence affirmée permette d’agir. Il n’y a donc aucune corrélation automatique entre la détresse sociale et l’emprise islamiste.

B. R. – Chez les Frères Musulmans, le discours est porté par des ingénieurs, des professeurs, des universitaires, des cadres. Il y a clairement une partie de la classe moyenne diplômée qui veut imposer cette conception au reste de la population musulmane. On le voit dans l’histoire et la sociologie de l’islamisme. Le djihadisme, type Al-Qaïda, a été dirigé par des personnalités issues des Frères Musulmans, venus pour Ben Laden et Zawahiri de milieux très aisés. En revanche, dans le salafisme dijahdisme, on trouve des profils plus variés où l’excellence sociale repose sur la connaissance religieuse de l’arabe et des textes sacrés. Ils mettent d’ailleurs en cause les Frères, en dénonçant les positions de pouvoir qu’ils occupent dans la sphère profane grâce à leurs diplômes. Chez les sympathisants francophones d’Al-Qaïda, on voit apparaitre l’idée que l’on peut faire des thèses à l’Université et acquérir des positions d’influence dans la société. Chez les salafistes, on survalorise exclusivement la dimension religieuse. Il y a presque une forme de clivage de classe entre les Frères et les salafistes.

Les élus doivent prendre conscience des risques de « l’orientalisation  » des pratiques politiques. L’individu n’est pas vu comme individu mais comme membre du collectifBernard Rougier

Quelle est la part de responsabilité de l’État et des élus locaux?

X. L. – J’accepte qu’il puisse y avoir plusieurs pratiques de l’islam pour autant la version prônée par les frères musulmans n’est en rien une nouveauté, au regard de l’histoire de l’islam. J’ai toujours été surpris de la part des hommes politiques et de la part de la haute administration de leur méconnaissance des ressorts fondamentaux de l’islam qui sont à mon sens, pour certains d’entre eux, incompatibles avec les piliers sur lesquels notre société européenne, judéo-chrétienne est bâtie. Je vois trois sujets majeurs, la question de la laïcité, la question de l’égale dignité de l’homme et de la femme et la question de la liberté de conscience.

Ce sont bien plus que des divergences qui existent là. Peut-il vraiment alors y avoir durablement cohabitation pacifique de principes si antagonistes?

Il convient donc aux pouvoirs publics dans ses actions en direction de nos populations d’avoir bien présent à l’esprit la nécessité de faire connaître, d’expliquer et le cas échéant de défendre ces principes communs sans quoi nous assisterions à de graves dérèglements de notre vie sociale. Ces politiques voulues, déterminées et soutenues au niveau national sont mises en œuvre avec bienveillance et persévérance au niveau local. Il doit y avoir «unité de vue» et de «commandement».

Ces actions sont indispensables pour venir aider les personnes qui prises sous la contrainte de la communauté veulent s’en émanciper et poser librement les actes de leur vie personnelle, familiale, professionnelle, … La nature a horreur du vide et il est urgent de reprendre pied.

B. R. – Il y a risque pour le fonctionnaire «de souche» de bonne foi ou l’élu local de croire que des revendications islamistes sont légitimes sur le plan culturel et religieux. C’est par méconnaissance de l’islam et de la distinction islam/islamisme que l’on donne une solennité culturelle à ce qui est en réalité un projet idéologique et un discours orienté. Il y a eu un manque de vigilance dans les autorisations données à certaines associations sur la nature de leurs représentants, la nature de leurs discours et leurs liens avec l’extérieur. Il y a eu la mise en place d’une islamisation sous couvert de revendications culturelles. Ce qui a été dit, fait et diffusé notamment dans certaines mosquées, a brisé le lien républicain. C’est à la fois l’appareil d’Etat et les systèmes politiques locaux qui ont manqué de vigilance ou qui ont fait preuve de naïveté. C’est pour cela qu’il est indispensable de conserver cette distinction entre islam et islamisme. Sur les 20 dernières années, on observe la création d’un groupe de pression qui va vendre «les voix des musulmans» en échange de la satisfaction des revendications spécifiques sur les écoles confessionnelles, sur l’obtention de postes stratégiques dans les mairies , l’accès au logement social etc. . Dans certaines communes d’île -de-France, on voit que localement certains habitants ont abdiqué leur citoyenneté et considèrent qu’il faut passer par l’association religieuse pour obtenir des ressources publiques. C’est déjà un exemple de désintégration républicaine relayée – ce qui est choquant – par une partie du tissu républicain local. Il y a une responsabilité des élus.

Je me refuse fermement à la politique des grands frères, forme déguisée de sous-traitance politico-culturelle. C’est le seul moyen de ne pas être pris en otageXavier Lemoine

La tentation est-elle importante pour les élus locaux de consentir à des «accommodements raisonnables» avec les islamistes dans l’espoir de pacifier la délinquance?

X. L. – Malgré la réapparition dans nos villes de drogues dures, ces dernières ont été combattues il y a quinze ou vingt ans par certains religieux. C’est une réalité. Concernant par ailleurs des accommodements qui ont pu être passés, à certains endroits, ils peuvent perdurer encore aujourd’hui. Je me refuse fermement à la politique des «grands frères» qui est une forme déguisée de sous-traitance politico-culturelle. La République doit s’adresser à tous les citoyens, le discours n’est pas légitimé par l’origine, la religion ou la qualité de celui qui l’exprime. Cela peut sembler coûteux de ne pas sous-traiter la paix sociale mais c’est le seul moyen de ne pas être pris en otage. Pour cela, il faut savoir dépasser quelques manifestations hostiles qui ont pour but de vous faire céder. Il faut rester très vigilant, à tous les niveaux, y compris dans ses propres services municipaux.

B. R. – Nous avons interrogé, dans nos recherches, des anciens employés de la mairie d’Argenteuil. Selon eux, sous l’ancien mandat municipal, des médiateurs urbains ont été recrutés en échange de l’appui électoral du réseau salafiste local. Il a été rapporté que sur une quinzaine de médiateurs urbains, la moitié était salafiste et refusait de serrer la main des femmes. À l’échelle locale, la République se détruit elle-même, au nom d’un calcul électoral à courte vue et de l’achat d’une paix sociale forte de tensions futures bien plus grandes. En certains cas, la proximité entre la mosquée et l’école peut être préoccupante, puisque la première diffusera différents types d’interdits dans l’espace scolaire dès la maternelle. Il faut que les élus prennent conscience des risques de «l’orientalisation» des pratiques politiques. (Dans les lieux que nous avons étudiés), l’individu n’est pas vu comme individu mais comme membre du collectif. Cela ressemble à l’Empire ottoman, ou au Liban communautaire. Jérôme Fourquet a montré, à travers les listes électorales, que les jeunes femmes quittaient ces quartiers pour aller dans des zones où la pression islamiste était plus relâchée. Il y a une stratégie de sortie des jeunes femmes quand elles en ont les moyens.

Vous subissez, Xavier Lemoine, des pressions, j’en subis aussi. Nous entrons dans une société très compliquée puisque les réseaux sociaux et l’exigence de transparence font que toute critique de ces acteurs est considérée, par eux, comme des attaques. Les acteurs ne veulent pas être mis au jour et pour cela brandissent l’accusation d’«islamophobie». Quand les politiques, voire des universitaires, relaient ces accusations, le champ de la recherche se ferme. Si nous n’avons pas une connaissance claire, dépassionnée et documentée de ces phénomènes, nous irons vers la constitution homogène de territoires dont on ne saura rien. C’est précisément ce que l’on veut éviter. L’école est le prolongement de l’Etat, le lieu où celui-ci affirme son autorité et sa promesse d’émancipation. On a perdu beaucoup de temps sur le voile, il faut garantir la qualité de sanctuaire à l’école et d’instrument d’émancipation.

Existe-t-il une majorité silencieuse qui aspire à l’émancipation?

X. L. – Il y a une majorité de personnes, dans une très grande diversité de pratiques, qui veulent pouvoir garder la maîtrise personnelle de leur mode et choix de vie. Pour consolider cet état de fait, voire l’encourager, il importe que la République soit crédible pour protéger ces personnes des pressions subies. Si elles sentent un fléchissement des institutions, elles fléchiront aussi puis basculeront de l’autre côté.

Que pensez-vous des listes communautaires?

B. R. – Dans la réalité, il y a des listes communautaires «invisibles» qui se mêlent à des listes politiques dites normales. L’exemple d’Aubervilliers est frappant: un membre de l’Association des musulmans d’Aubervilliers, très marqué par le salafo-frérisme, est en position éligible sur une liste proche de La France Insoumise. En réalité, il s’agit donc d’une liste «mixte». Soulever la question des listes communautaires est intéressant pour créer la vigilance mais les interdire ne fonctionne pas véritablement. Cela s’est produit dans certains pays musulmans et les partis religieux ont pris d’autres noms pour prétendre à l’ouverture et à la représentativité. Le vrai problème réside chez les partis qui placent des candidats communautaires en position éligibles. Il me semble qu’une partie des violences contre les élus émanent de promesses d’«accommodements» non tenues après les élections. La manifestation contre «l’islamophobie» du 10 novembre 2019 est une réponse d’une partie de la gauche face à cette problématique, consistant à accepter ces listes et ce communautarisme. La France Insoumise a abandonné une partie de ses convictions républicaines en prenant part à cette manifestation. Le 10 novembre, un pacte s’est noué entre les islamistes et une partie de la gauche.

X. L. – Les listes communautaires pures existent, elles sont rares cependant. Elles permettent à la communauté de se rassembler, de se compter et de commencer un rapport de force. Une autre stratégie, celle du coucou, consiste à emprunter la notoriété d’un parti politique localement en déshérence qui, à son score résiduel, ajoute le score de la communauté. Le résultat électoral peut en être ainsi nettement amélioré et permettre d’obtenir quelques élus. On peut noter la part très active de certaines mosquées dans ces campagnes électorales. Enfin, à ces deux procédés assez visibles se rajoute, de plus en plus souvent, ces fameuses listes communautaires «invisibles» telles que décrites à l’instant par Bernard Rougier. C’est une stratégie d’influence et de noyautage.

Quelle réponse les pouvoirs nationaux et locaux peuvent-ils apporter à cette islamisation des territoires?

X. L. – Je suis maire depuis 18 ans. J’arrive à la fin de mon troisième mandat. J’ai pu, lors des deux premiers mandats mesurer les effets des politiques menées localement.

Mais durant ce troisième mandat, obtenir des résultats dans le domaine éducatif, culturel, citoyen est beaucoup plus aléatoire. En effet, les politiques publiques se trouvent en concurrence directe avec les réseaux sociaux, avec les associations qui, en marge de notre société, œuvrent dans le domaine éducatif, culturel, social, sportif… L’écosystème s’est mis en place et a densifié son offre.

Si au regard des enjeux qui nous concernent, une politique générale n’est pas portée de manière claire et forte au niveau national, les politiques menées localement seront inopérantes. Nous avons besoin au plan national d’une vision non négociable pour être efficient au niveau local. Je continue mais je sais que mon action est fragilisée pour n’être pas, sur certains sujets, relayée à l’échelle nationale.

Ce basculement est lié à la faiblesse de l’Etat. Est-il aussi lié à des phénomènes de basculement démographique ou d’immigration?

B. R. – Il y a eu une prise de conscience de la part du gouvernement, avec la circulaire sur l’islamisme et la réunion des préfets. L’idée qu’il ne faut plus seulement se focaliser sur le sécuritaire et empêcher les attentats mais aussi que le volet sociétal est fondamental et commence à s’imposer. Il y a une vraie prise de conscience de la part de ministres de la nécessité de nommer les choses, pour obtenir un consensus plus large sur la lutte contre l’islamisme. Contre ce phénomène, il faut recréer du collectif. Il faut des agents de l’Etat qui prennent des risques, en allant sur le terrain pour s’imposer. Il faut s’appuyer sur des personnes qui connaissent bien le terrain. Il faut reconstituer le renseignement territorial, connaître l’histoire du tissu local pour agir efficacement. L’enjeu est de recréer la République au niveau local, chose qui demande des personnalités hors du commun.

X. L. – La démographie a toujours commandé l’Histoire. Nos politiques, pour des raisons incompréhensibles, n’en ont jamais tenu compte.

Néanmoins, il est incontestable que la France vit une mutation démographique sans précédant dans son histoire. Aux enjeux strictement démographiques s’ajoutent également de sérieux enjeux culturels.Sujets

De l’inquiétant au dramatique : ces réalités diverses qui se cachent derrière le chiffre global de la hausse des actes racistes et xénophobes

© REUTERS/Gonzalo Fuentes 

Illustrations

Les actes racistes et xénophobes ont augmenté de +130 % en France, selon le bilan du ministre de l’intérieur en 2019. Qu’est ce qui se cache vraiment derrière cette réalité dramatique ? 

Selon un bilan du ministère de l’Intérieur, les actes racistes et xénophobes ont augmenté de 130% en 2019. Les actes antisémites ont quant à eux augmenté de 27%. 

Atlantico : Les actes racistes, xénophobes et antisémites sont certes en hausse, mais de quoi parle-t-on réellement ? De la violence physique ? D’insultes ? De menaces ? Qu’est-ce que ces chiffres expliquent ?

Guylain Chevrier : Les données communiquées, dimanche 26 janvier, par le ministère de l’intérieur recensent, comme de coutume, deux types de faits : les « actions » (atteintes aux personnes et aux biens comme les violences physiques, les dégradations…) et les « menaces » (propos, gestes, inscriptions…). Le nombre de faits racistes et xénophobes, a très fortement augmenté en 2019, avec une hausse de plus de 130% selon le bilan annuel du ministère de l’Intérieur. Après un repli sur les deux dernières années, on arrive à 1142 faits comptabilisés en 2019 contre 496 en 2018. « Pour l’essentiel, ces faits relèvent de la catégorie des ‘menaces’ (977) », recense la place Beauvau.  Les faits antireligieux augmentent sensiblement en 2019. 687 faits à caractère antisémite ont été constatés (soit une hausse de 27% par rapport à 2018) : 151 faits sont des actions (dégradations, violences physiques, etc.), 536 relèvent de la catégorie “menace”. 1052 faits antichrétiens ont été recensés : 996 dans la catégorie “action” (atteintes aux biens religieux), 56 dans la catégorie “menace”. Le chiffre est stable par rapport à 2018. 154 faits antimusulmans ont été recensés contre 100 en 2018 (soit une hausse de 54%) : 63 dans la catégorie “action”, 91 dans la catégorie “menace”.  Premier élément de bilan, selon Frédéric Potier délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, « ce sont quasi exclusivement les menaces qui augmentent, tandis que les actions sont en baisse. C’est peut-être le signe que les menaces ne sont plus banalisées, que les victimes portent davantage plainte et que leur plainte est sérieusement prise en compte ».

Atlantico : Si l’on ne se préoccupe que des faits – et sans minimiser la réalité de ces chiffres – y a-t-il vraiment une aggravation ? Qui est le plus touché par ces agissements ?

Guylain Chevrier : Des causes sont évoquées à cette évolution. Concernant l’augmentation importante des faits racistes et xénophobes, essentiellement constitués de menaces, cela traduit selon Frédéric Potier « une montée des extrémismes identitaires, un climat de tension anxiogène. » Un argument nouveau qui rend compte d’une problématique pour les pouvoirs publics qui reste à creuser, qui actualise l’enjeu autour la publication annuelle de ces chiffres. Et d’ajouter « Le combat doit être tout aussi résolu contre la xénophobie et contre l’antisémitisme. » Toute proportion gardée, puisque l’on ne peut que constater concernant les actes antisémites qu’ils continuent d’être marqués par « des actions » impliquant fréquemment des violences qui cochent toutes les cases, même si elles sont en recul pour 2019, avec certaines qui frappent régulièrement l’actualité dans toute leur horreur comme pour Sarah Halimi assassinée en 2017 ou encore Mireille Knoll en 2018, aux cris d’« Allah Akbar ». L’augmentation des menaces qui caractérise l’augmentation des actes antisémites reste dans ce climat inquiétant. Si la hausse est aussi sensible pour les faits antimusulmans (+ 54 %), leur nombre demeure « relativement faible » (154), souligne le ministère de l’intérieur. Parmi les 63 « actions », hormis les deux qui ont consisté en des fusillades devant deux mosquées, à Brest en juin 2019 et à Bayonne en octobre 2019, qui ont fait plusieurs blessés, dont un imam, il s’agit pour l’essentiel de dégradations. Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, considère que l’écart entre la proportion d’actions et de menaces, qui est peu important concernant les faits antimusulmans, présente un bilan décalé au regard de la tendance qui domine les autres secteurs maqués par l’augmentation des menaces, et avance que c’est peut-être le fait que les personnes de confession musulmane ne portent pas toujours plainte pour des menaces. Par ailleurs, contrairement à l’impression qu’a pu laisser une série de profanations d’églises en 2019, les actes antichrétiens demeurent stables ces dernières années, 1 052 en 2019 et 1 063 en 2018. 

Atlantico : La situation peut-elle empirer en 2020 ? Que peuvent faire les pouvoirs publics, concrètement, face à ces agissements ? 

Guylain Chevrier : S’il y a une nouveauté, c’est la grille d’analyse qui est faite de cette situation, pour dire sa gravité. Telle que l’augmentation très forte des menaces pour les faits racistes et xénophobes, analysée par Frédéric Potier comme étant la manifestation d’une « montée d’extrémismes identitaires ». Faut-il encore en tirer toutes les conséquences si on ne veut pas voir cela empirer. Si les préjugés jouent un rôle prépondérant dans la dynamique discriminatoire, pointant par exemple des groupes de personnes abusivement « catégorisées » comme le voit la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, qui rend un rapport annuel sur le sujet, ce n’est pas le seul angle de ce combat. L’organisation en minorités de droit que recherchent certains groupes identitaires agressifs, n’est pas sans incidence sur les tensions qui traversent la société française. La montée des affirmations identitaires avec son corollaire, la mise en concurrence des groupes identitaires, voire le communautarisme, constitue aussi un puissant facteur de rejet des autres, qui est largement oublié derrière l’idée un peu courte de préjugés à combattre, qui est sans doute valable pour un racisme et un antisémitisme considérés comme résiduels s’inscrivant dans un courant traditionnellement classé à l’extrême droite, mais pas pour comprendre l’évolution actuelle. Sinon, on ne s’expliquerait pas que le baromètre de Sciences-po auquel se réfère la CNCDH, présente un indice de tolérance des Français à l’altérité qui n’ait jamais été aussi bon, pendant que les faits racistes et xénophobes progressent. La montée des affirmations identitaires impacte cette situation de façon significative aujourd’hui, avec une extrême droite qui peut aussi par réaction en tirer profit. On retrouve ce phénomène « extrême » sous différentes formes. Du courant indigéniste (Indigènes de la République) au discours d’une Rokhaya Diallo qui crie en permanence au racisme d’Etat en se posant en défenderesse de ce qu’elle considère comme des minorités opprimées issues de l’immigration, qui justifient des réunions interdites aux blancs considérés comme héritiers d’un passé colonial qui en feraient par prédestination potentiellement des racistes. Un discours essentialiste extrêmement dangereux, qui n’est pas sans contenir les graines d’un encouragement à la haine de l’autre. Dans ce prolongement, indigénistes et autres racisés expliquent que le racisme ne peut exister qu’en raison de s’être historiquement constitué sur une idéologie visant une catégorie particulière de population et dans un rapport de domination, pour justifier de dire que le racisme antiblancs ne peut pas exister, puisqu’il n’y aurait jamais eu de théorie raciale tournée contre les blancs dominants. Mais n’est-ce pas précisément là initier une nouvelle théorie raciale justifiant un nouveau racisme ? Le combat universel contre le racisme est ici directement attaqué. Dans la même veine, le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) et la Ligue de défense noire africaine (LDNA) ou encore la Brigade anti-négrophobie, mouvement controversés et communautaristes, qui pratiquent l’interdiction de manifestations culturelles/débats lorsqu’elles ne leurs conviennent pas, se sont opposés physiquement à la représentation de la pièce d’Eschyle « Les Suppliantes » à la Sorbonne en mars 2019, parce que les visages des comédiens étaient grimés en noir, comme dans l’antiquité, ceci étant assimilé par  ces censeurs à un « Blackface » et donc à du racisme. S’ils se sont couverts de ridicule, ils ont porté en toute impunité gravement atteinte à des libertés fondamentales. Une action soutenue par Rokhaya Diallo sur fond de dénonciation de propagande coloniale… Doit-on là laisser faire côté pouvoirs publiques ? Mieux encore, la LDNA a manifesté devant l’ambassade d’Afrique du sud à Paris le 6 septembre 2019, dans le contexte des violences racistes qui s’y déroulaient entre noirs nationaux et noirs étrangers accusés de venir prendre le travail des premiers. L’association disant vouloir contrer cette xénophobie, par l’entremise de l’un de ses intervenants, s’est exprimer comme suit : « Si vous voulez être xénophobe, d’accord. Commencez par tuer les Blancs, commencez par tuer les Chinois, commencez par tuer les Indiens. Ne tuez pas vos frères […] nous avons la même couleur [de peau].” Un discours applaudi par les sympathisants de la LDNA présents sur place. Encore là, que font les pouvoirs publics ? Une telle organisation ne devrait-elle pas être purement et simplement interdite en raison du trouble à l’ordre public qu’elle constitue ? Des associations pro-migrants ou/et communautaires, largement subventionnés par l’Etat, la CAF, les collectivités territoriales, développent un discours ayant pour moteur la dénonciation d’un racisme d’Etat, parce qu’il fait respecter la loi en n’acceptant pas le principe d’un accueil inconditionnel. Une autre dimension de cet extrémisme, qui galvaude le sens du racisme en le dévoyant au nom de la défense d’une grande cause qui autorise tous les excès.  Par ailleurs, le président de la République profite des vœux aux cultes pour faire des annonces sur la radicalisation et la laïcité, au lieu de les faire aux partis politiques ou/et aux associations laïques, et le gouvernement continue de considérer comme naturel que le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, puisse affirmer que « La laïcité, c’est accompagner la pratique d’une religion » en demandant aux préfets de favoriser l’émergence de structures départementales des acteurs du culte musulman, soufflant ainsi sur la logique communautaire sinon le communautarisme. L’Etat ne donne pas, à tout le moins, le bon exemple. Ce pouvoir donné à un culte de s’installer en bénéficiant de moyens divers émanant de l’Etat ou des collectivités territoriales, alors que se développe un communautarisme islamique et qu’une radicalisation religieuse est pointée au milieu de celui-ci par différentes études, avec des risques d’attentats, n’est pas fait pour calmer les esprits. La volonté de l’Etat de créer de toute pièce un « islam de France » quitte à contourner voire amender la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, qui est le socle de la laïcité républicaine, n’est sans doute pas la bonne voie pour faire baisser les tensions envers le culte musulman. Quoi que le niveau des faits relevé soit considéré comme assez faible au regard des 5 à 6 millions de concitoyens de confession musulmane. Pour finir, le président de la République, le 23 janvier dernier, dans l’avion qui le ramenait d’Israël où il venait de participer aux commémorations de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, a estimé devant plusieurs journalistes que la France “avait peut-être un travail à faire” sur la mémoire de la guerre d’Algérie (1954-1962) afin de mettre un terme au “conflit mémoriel”, tout en faisant le parallèle avec la reconnaissance par Jacques Chirac en 1995 de la responsabilité de l’Etat Français dans la déportation des juifs pendant la Seconde guerre mondiale. Si faire ce parallèle c’est banaliser la Shoah, c’est aussi comme attester en quelque sorte d’un inconscient post-colonial français dont la dette serait à régler, soupçonné de racisme. Rien qui n’améliore le rapport extrême à la question identitaire qui monte dans notre pays ni ne clarifie les enjeux de la lutte contre l’antisémitisme. Concernant les faits antisémites qui augmentent encore, ce qui doit inquiéter, rapportés aux quelques moins de 1% de la population que les juifs en France représentent (600.000 personnes), ils demeurent sans commune mesure avec les atteintes enregistrées pour les autres populations. Selon une étude Ifop parue le 21 janvier, un tiers des Français (34%) de confession ou de culture juive déclare se sentir régulièrement menacé.

Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNCVA), une association communautaire, estime qu’en dix ans, 60.000 Juifs d’Île-de-France ont déménagé.

Jérôme Fourquet, de l’Ifop, auteur d’un livre-enquête sur l’antisémitisme en France, y voit un “mouvement de fond lié à cette montée de l’insécurité”. ” Une situation des plus préoccupante, qui n’a connu aucune involution, pas plus que d’initiatives majeures des représentants de l’Etat pour l’infléchir. « Bien des choses se sont fracturées depuis la marche de 2015 (Pour Charlie hebdo), estime le rabbin Delphine Horvilleur, sur le plateau de France 2 le 26 janvier dernier. J’ai l’impression de faire partie d’une génération qui a fait de la lutte contre le racisme et contre l’antisémitisme des luttes conjointes, inséparables”, pour dire déplorer qu'”on assiste malheureusement à une fracturation de ces combats”…

« La haine d’Israël sert de masque à l’antisémitisme »


INTERVIEW. Comme chaque année, le ministère de l’Intérieur dresse le bilan des actes de haine racistes, antisémites, antichrétiens et antimusulmans.

Propos recueillis par Valentine Arama

Frédéric Potier, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), revient pour le Point sur les chiffres concernant les actes racistes en France. Le bilan dressé par le ministère de l’Intérieur  fait état d’une hausse importante des actes racistes et antisémites . Les données – communiquées dimanche 26 janvier – recensent, comme de coutume, deux types de faits : les « actions » (atteintes aux personnes et aux biens, comme les violences physiques, les dégradations…) et les « menaces » (propos, gestes, inscriptions…).

Le Point : Selon les données communiquées par le ministère de l’Intérieur, les faits antisémites sont de nouveau en hausse (+ 27 %), après le bond de + 74 % enregistré en 2018. Pas moins de 687 faits ont été comptabilisés par les services de police. Comment expliquer cette poussée ?

Frédéric Potier : Ce qu’on peut noter par rapport à l’an dernier, c’est qu’il y a une hausse qui est mesurée. Elle s’explique en partie par une augmentation des menaces (+ 50 % en un an) et des discours de haine, plus que par des atteintes aux personnes ou des dégradations de biens. Sur ces actions, les statistiques sont en nette diminution. Face à ces tendances inquiétantes, il y a tout de même une petite note d’espoir qu’il ne faut pas occulter, puisque les faits les plus graves reculent (les atteintes aux personnes ont reculé de 44 % par rapport à 2018, NDLR).

Toutefois, cette progression de l’antisémitisme se traduit par une montée des extrémismes identitaires, un climat de tension anxiogène général. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les actes racistes montent en même temps que les actes antisémites ou antimusulmans. Il y a une forme de matrice de la haine, qui est le rejet de l’autre, le rejet de la tolérance.

Quelles sont, selon vous, les causes exactes de cette poussée de l’antisémitisme ?

Je distingue trois sources. Il existe évidemment un islamisme radical, qui se traduit par des actes striés, et des formes de communautarismes qui sont très présents et qui ont été clairement dénoncés par les plus hautes autorités de l’État. Il y a aussi la résurgence de l’extrême droite, de groupuscules qui ont réalisé un certain nombre de dégradations, comme on l’a vu notamment dans les cimetières juifs alsaciens . Je dirais donc que le nouvel antisémitisme n’a pas fait disparaître l’ancien… La dernière source d’antisémitisme, c’est évidemment la haine d’Israël, qui sert de masque à l’antisémitisme.

Ces trois problèmes ne datent pas d’hier, ils ont été identifiés et dénoncés depuis longtemps. Dès lors, comment lutter contre ces différentes formes d’antisémitisme ?

Ces sources-là ne disparaissent pas d’un coup de baguette magique. Ce qu’on essaye de privilégier, ce ne sont pas de grands discours moralisateurs, mais des actions très concrètes. Sur les discours de haine, il y a notamment la proposition de loi de Laetitia Avia, qui doit permettre de supprimer en 24 heures les contenus de haine sur Internet.

S’agissant des faits antichrétiens, leur nombre est assez stable sur l’année 2019 (1 052 faits recensés), et le nombre d’actes antimusulmans, quant à lui, demeure assez faible (154 faits). Si l’on ne peut que s’en féliciter, comment expliquer la forte différence avec les chiffres concernant l’antisémitisme ?

Il y a une difficulté qui est inhérente à ces chiffres-là : il y a quand même une explosion des actes racistes (qui ont augmenté en 2019, avec 1 142 faits comptabilisés, contre 496 en 2018, NDLR). Quand une personne se fait insulter de « sale Arabe » dans la rue, ça ne va pas figurer dans la liste des actes antimusulmans, mais dans celle des actes racistes. Il y a donc une difficulté à saisir tous ces chiffres-là.

Si je prends le côté vraiment religieux concernant les méfaits antichrétiens, ça vise surtout les cimetières. Là aussi, c’est parfois assez difficile de savoir ce qui dépend d’une profanation avec motivation idéologique ou d’un acte de pur vandalisme.

Vous parliez plus haut de la profanation des cimetières juifs en Alsace, la région est-elle aux prises à l’antisémitisme ?

Je ne dirais pas qu’il y a un antisémitisme alsacien, mais il y a effectivement des groupuscules très actifs, avec des signes de reconnaissance très directs, comme l’utilisation des chiffres 1-8, qui correspondent aux initiales d’Adolf Hitler. On a affaire à ce type de groupuscules, ils ne sont pas très nombreux, mais, hélas, ils sévissent beaucoup. C’est la raison pour laquelle le ministre de l’Intérieur a annoncé la création d’un « office national de lutte contre la haine » au sein de la gendarmerie.

Schiappa qualifie de « criminelles » les déclarations d’un responsable du CFCM sur l’affaire Mila

Abdallah Zekri, délégué du général du CFCM, avait réagi à propos de l’affaire Mila, l’adolescente menacée de mort pour avoir critiqué l’islam, en estimant qu’elle l’avait « cherché ».

Par L’Obs avec AFP

L’affaire Mila continue de faire réagir, jusqu’au gouvernement. Ce mardi 28 janvier, sur France-Inter, la secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a qualifié de « criminelles » les déclarations du délégué général du Conseil français du Culte musulman (CFCM), Abdallah Zekri, contre la jeune Mila, une lycéenne qui avait tenu des propos hostiles à l’islam dans une vidéo.

Le responsable de l’institution représentative des mosquées, tout en se disant « contre » le fait que cette adolescente de l’Isère ait été menacée de mort sur les réseaux sociaux, avait estimé vendredi : « Qui sème le vent récolte la tempête. »

« Elle l’a cherché, elle assume. Les propos qu’elle a tenus, les insultes qu’elle a tenues, je ne peux pas les accepter », avait-il dit sur Sud Radio.

Ces mots sont « indignes d’un responsable, qui est un leader d’opinion et qui a une parole dans le débat public », a déclaré Marléne Shiappa sur l’antenne de France-Inter, rappelant que « s’adonner à du cyberharcèlement en meute » constitue « un délit ».Affaire Mila : où sont les voix de gauche ?

Ouverture de deux enquêtes

Dans un message diffusé sur Twitter après les propos d’Abdallah Zekri, le nouveau président du CFCM, Mohammed Moussaoui, avait pour sa part souligné que « rien ne saurait justifier les menaces de mort à l’égard d’une personne ».

« C’est la justice qui doit prononcer les sanctions prévues par la loi s’il y a provocation et incitation à la haine », avait-il ajouté.

Le parquet de Vienne (Isère) a ouvert deux enquêtes dans l’affaire de la jeune Mila, qui a dû être déscolarisée après un déferlement de menaces de mort.

L’une, « ouverte du chef de provocation à la haine raciale », a pour but « de vérifier si les propos tenus sur la vidéo diffusée » par la jeune fille « sont de nature à recouvrir une qualification pénale ou s’inscrivent dans la liberté d’expression reconnue à chacun ».

L’autre, « ouverte du chef de menaces de mort, menace de commettre un crime, harcèlement » notamment, s’attache à retrouver et poursuivre les auteurs de ces faits « gravement attentatoires à l’intégrité » de l’adolescente, selon le parquet.

Le BNVCA tient à saluer la forte prise de position du Chef de l’Etat, à bord de l’avion Présidentiel, lors de son retour de Jérusalem.

● Affaire Sarah Halimi: «On ne peut pas, sur ces sujets, décider de s’en remettre uniquement à la justice»

«Je vais être très précis, parce que c’est un sujet compliqué». Après avoir relevé, depuis Jérusalem, le «besoin d’un procès » dans l’affaire de l’assassinat de Sarah Halimi, Emmanuel Macron clarifie sa position jeudi soir. Évoquant d’abord la reconnaissance du caractère antisémite du crime, il déclare: «Je crois qu’on ne peut pas, sur ces sujets, décider de nous en remettre uniquement à la justice. Il faut parfois assumer cette caractérisation, dont on estime qu’elle correspond au pays, et que la politique a sa part». Puis il a soulevé «la question de savoir s’il est possible de juger des fous», et il a dit n’être «pas pour qu’on aille dans une judiciarisation de la folie, parce que ça nous amènerait à des choses qui sont, à (son) avis, extraordinairement non-souhaitables». Il dit cependant vouloir «faire évoluer ou clarifier» – sans forcément passer par la loi – «l’idée que le rapport de l’expert ne (puisse) pas préempter la décision finale du juge, même sur ce sujet».

Le BNVCA tient à féliciter le Centre Simon Wiesenthal et tout particulièrement Monsieur Shimon Samuels pour l’accord conclu avec la Principauté de Monaco

Le ministre d’État de Monaco accorde au Centre Wiesenthal un accès complet aux archives liées à l’Holocauste
 
 «Nous avons commis l’irréparable … Des femmes, des hommes et des enfants ont fui vers nous … Nous ne les avons pas protégés comme c’était notre responsabilité … ils étaient venus chez nous chercher refuge, pensant qu’ils avaient trouvé un accueil neutre … Dire cela aujourd’hui, c’est reconnaître un fait. Le dire aujourd’hui, ici et devant vous, c’est demander pardon. »
 
Jérusalem, 24 janvier
 
En marge du «5e Forum mondial de l’Holocauste» à Jérusalem, auquel ont participé des représentants de 49 États, le Centre Simon Wiesenthal et la Principauté de Monaco se sont rencontrés pour discuter de coopération.
 
Le directeur des relations internationales du Centre, le Dr Shimon Samuels, a noté «sa campagne pour accéder aux archives liées à l’Holocauste et indemniser tardivement les survivants et les familles des victimes, expulsés de Monaco».
 
Lors de leur réunion, le ministre d’État de Monaco, Serge Telle, a montré une politique de porte ouverte en offrant un accès aux domaines de préoccupation du Centre, notamment:
– Saisie d’objets de valeur;
– Comptes bancaires et coffres bloqués;
– Vol d’objets d’art, collections de livres, instruments de musique, etc .;
– Ventes aux enchères d’actifs et de biens juifs;
– Indemnisation pour spoliation et «aryanisation» des entreprises.
Le ministre d’État Telle a encouragé le Centre Wiesenthal “à nommer un chercheur professionnel pour commencer, espérons-le en mars 2020, l’identification des matériaux connexes”, a déclaré Samuels.
 
Le Centre a souligné que «ce projet contribuera à fournir une fermeture tant attendue aux familles des victimes et à Monte Carlo de rendre sa dette morale à l’histoire».
 
Le ministre d’État a déclaré: «Nous avons commis l’irréparable … Des femmes, des hommes et des enfants ont fui vers nous … Nous ne les avons pas protégés comme c’était notre responsabilité … ils étaient venus nous chercher refuge, pensant qu’ils avaient trouvé un accueil neutre … Dire cela aujourd’hui, c’est reconnaître un fait. Le dire aujourd’hui, ici et devant vous, c’est demander pardon. »
 
  Le ministre d’État de Monaco accorde au Centre Wiesenthal un accès complet aux archives liées à l’Holocauste  «Nous avons commis l’irréparable … Des femmes, des hommes et des enfants ont fui vers nous … Nous ne les avons pas protégés comme c’était notre responsabilité … ils étaient venus nous chercher refuge, pensant qu’ils avaient trouvé un accueil neutre … Dire cela aujourd’hui, c’est reconnaître un fait. Le dire aujourd’hui, ici et devant vous, c’est demander pardon. » Jérusalem, 24 janvier En marge du «5e Forum mondial de l’Holocauste» à Jérusalem, auquel ont participé des représentants de 49 États, le Centre Simon Wiesenthal et la Principauté de Monaco se sont rencontrés pour discuter de coopération.   Le directeur des relations internationales du Centre, le Dr Shimon Samuels, a noté «sa campagne pour accéder aux archives liées à l’Holocauste et indemniser tardivement les survivants et les familles des victimes, expulsés de Monaco».   Lors de leur réunion, le ministre d’État de Monaco, Serge Telle, a montré une politique de porte ouverte en offrant un accès aux domaines de préoccupation du Centre, notamment: – Saisie d’objets de valeur; – Comptes bancaires et coffres bloqués; – Vol d’objets d’art, collections de livres, instruments de musique, etc .; – Ventes aux enchères d’actifs et de biens juifs; – Indemnisation pour spoliation et «aryanisation» des entreprises …   image.jpeg Shimon Samuels avec Serge Telle Le ministre d’État Telle a encouragé le Centre Wiesenthal “à nommer un chercheur professionnel pour commencer, espérons-le en mars 2020, l’identification des matériaux connexes”, a déclaré Samuels.   Le Centre a souligné que «ce projet contribuera à fournir une fermeture tant attendue aux familles des victimes et à Monte Carlo de rendre sa dette morale à l’histoire».   Le ministre d’État a déclaré: «Nous avons commis l’irréparable … Des femmes, des hommes et des enfants ont fui vers nous … Nous ne les avons pas protégés comme c’était notre responsabilité … ils étaient venus nous chercher refuge, pensant qu’ils avaient trouvé un accueil neutre … Dire cela aujourd’hui, c’est reconnaître un fait. Le dire aujourd’hui, ici et devant vous, c’est demander pardon. » Pour plus d’informations, contactez Shimon Samuels à [email protected] ou visitez www.wiesenthal-europe.com

Monaco State Minister Grants Wiesenthal Centre Full Access to Holocaust Related Archives

Jerusalem, 24 January

 “We have committed the irreparable… Women, men and children fled to us… We did not protect them as was our responsibility… they had come to us seeking refuge, thinking they had found a neutral welcome… To say this today is to recognize a fact. To say it today, at this place and in front of you, is to request a pardon.”

On the sidelines of the “5th World Holocaust Forum” in Jerusalem, attended by representatives of 49 states, the Simon Wiesenthal Centre and the Principality of Monaco met to discuss cooperation.

The Centre’s Director for International Relations, Dr. Shimon Samuels, noted “its campaign to gain access to the Holocaust-related archives and belated indemnification to survivors and families of the victims, deported from Monaco.”

At their meeting, State Minister of Monaco, Serge Telle, showed an open door policy in offering access relating to the Centre’s areas of concern, including:

– Seizure of valuables;

– Blocked bank accounts and deposit boxes;

– Theft of art objects, book collections, musical instruments, etc.;

– Auction sales of Jewish assets and properties;

– Indemnification for spoliation and “aryanization” of businesses…

State Minister Telle encouraged the Wiesenthal Centre “to appoint a professional researcher to begin, hopefully in March 2020, the identification of related materials,” stated Samuels.

The Centre emphasized that “this project will help to provide a long awaited closure for the families of victims and for Monte Carlo to render its moral debt to history.”

The State Minister declared: “We have committed the irreperable… Women, men and children fled to us… We did not protect them as was our responsibility… they had come to us seeking refuge, thinking they had found a neutral welcome… To say this today is to recognize a fact. To say it today, at this place and in front of you, is to request pardon.”

or visit www.wiesenthal-europe.com

Soixante-quinze ans de la Shoah : « L’antisémitisme est avant tout une histoire – et une pensée – européenne »

IIl y a soixante-quinze ans, le camp d’extermination d’Auschwitz était libéré. Pourtant, l’antisémitisme encore très présent en Europe. Tal Bruttmann, historien, revient pour « 20 Minutes » sur les liens entre le Vieux continent et la discrimination des juifs

Propos recueillis par Jean-Loup Delmas

  • Alors que les dirigeants mondiaux rendent hommage aux soixante-quinze ans de la libération d’Auschwitz, 20 Minutes se demande si l’Europe aura un jour terminé son travail sur elle-même, pour en finir avec antisémitisme.
  • Comment expliquer qu’une telle discrimination perdure à ce point dans le temps sur le Vieux continent ?
  • Pour Tal Bruttmann, historien et spécialiste de la Shoah, revient pour 20 Minutessur l’histoire de l’antisémitisme en Europe.

Il y a soixante-quinze ans, le camp d’extermination et de concentration d’Auschwitzétait libéré par l’armée soviétique. A l’occasion de cet anniversaire particulier, quarante dirigeants, dont Emmanuel Macron, se rendent cette semaine en Israël pour rendre hommage aux victimes de la Shoah.

Au-delà des commémorations et du devoir de mémoire sur le passé se pose la question d’un antisémitisme encore actuel, particulièrement en Europe. Un sondage Ifop, révélé par Le Parisien ce mardi, indiquait que 34 % des juifs en France se sentaient menacés. Tal Bruttmann est historien spécialiste de la Shoah et de l’antisémitisme. Il revient pour 20 Minutes sur les liens entre l’Europe et la discrimination des juifs.

Soixante-quinze ans après la Shoah, peut-on encore parler d’une Europe antisémite ?

Non. L’antisémitisme est combattu et rejeté par l’immense majorité des Etats, et la majorité des opinions publiques. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas présent en Europe, ni qu’en ce moment il ne connaît pas un net regain.

Comment l’expression de l’antisémitisme a-t-elle évolué en Europe depuis la Shoah ?

Avant la guerre, l’antisémitisme, comme le racisme, était considéré comme une simple « opinion », sans même évoquer qu’il y avait avant-guerre et pendant la guerre de nombreuses politiques d’Etat dans un certain nombre de pays. La Shoah a disqualifié l’antisémitisme, en premier lieu celui venant de l’extrême droite. Après la guerre, l’expression de l’antisémitisme est très largement bannie de la sphère publique, et ne trouve plus à s’exprimer que dans des cercles restreints, même s’il ressurgit cependant régulièrement sur le devant de la scène.

On parle beaucoup du sentiment d’insécurité ressenti par les juifs en France. Notre pays est-il l’un des plus touchés du continent européen par l’antisémitisme ?

La France se range parmi les pays les plus touchés, en raison du nombre d’actes antisémites mais aussi du nombre d’assassinats qui ont visé des juifs depuis le début des années 2000. Le phénomène a longtemps été nié et négligé – aucune mobilisation après les attentats de Merah par exemple et l’assassinat d’enfants.

Depuis la fin des années 1990, on assiste à un retour de l’antisémitisme en France, porté aussi bien par l’extrême droite incarnée depuis plus d’une décennie par des Soral et Dieudonné, qui constitue une forme de jonction avec des pans de l’extrême gauche qui n’ont pas de problème avec l’antisémitisme. A cela s’ajoute l’antisémitisme émanent de l’islamisme radical.

On voit néanmoins qu’en Allemagne (avec l’attentat de Halle par exemple) la violence se manifeste également, tandis qu’aux Etats-Unis, l’antisémitisme devient violent et meurtrier, dans des proportions largement inédites.

L’occupation soviétique de l’Europe de l’Est a-t-elle empêché une introspection des pays du bloc soviétique à laquelle a pu se livrer la France notamment ?

Officiellement, l’antisémitisme n’existait pas à l’Est. Mais dès la fin de la guerre, Staline déclenche des politiques antisémites, la plupart du temps sous couvert « d’antisionisme » visant les « cosmopolites sans racines » comme le disait la terminologie soviétique. On assiste à des vagues d’arrestations et d’exécutions. En 1968, la Pologne déclenchera elle aussi une politique antisémite sous ce couvert, expulsant des administrations et des universités les juifs et chassant du pays des milliers d’entre eux. Alors que l’antisémitisme d’extrême droite était disqualifié, celui à gauche, notamment dans le bloc de l’Est, a largement continué a existé y compris officiellement, sous couvert « d’antisionisme ».

D’autre part dans le bloc de l’Est, la Shoah n’était pas reconnue, le discours officiel parlant de citoyens soviétiques (ou autres) victimes des fascistes, à Babi Yar, en Ukraine, où 33.771 juifs ont été exécutés fin septembre 1941 par exemple. Mais cela vaut pour l’ensemble des lieux, le mot juif ne figure pas sur le monument érigé après guerre.

Quelques pays ont mené une introspection après la chute du communisme, en premier lieu la Pologne, où une part importante de la société s’est penchée sur ce sujet, et une école historiographique de premier plan est apparue au début des années 2000. Mais avec le pouvoir nationaliste du PIS depuis plusieurs années, on assiste à une résurgence de l’antisémitisme, sous diverse forme. Officiellement, ce sont les nazis qui ont tué les juifs, jetant dans l’ombre les responsabilités de certaines parties de la population où l’antisémitisme était vivace.

L’antisémitisme est-il similaire à l’Ouest et à l’Est ?

Le terreau est le même, de même que les ressorts. On note cependant des différences au gré des pays. En Pologne, le « crime de sang » (accusation qui remonte au Moyen-Age, selon laquelle les juifs enlèvent des enfants pour les tuer et utiliser leur sang…) reste particulièrement prégnant – alors qu’en France ce type d’accusation a totalement disparu depuis le Moyen-age.

La principale différence réside dans la manière dont les Etats à l’Est se sont constitués, non pas sur le modèle que l’on connaît en France, où depuis la Révolution la citoyenneté se confond avec la nationalité. A l’Est les Etats, en particuliers avec la Seconde Guerre mondiale, étaient multinationaux (un citoyen soviétique était de nationalité russe, ukrainienne, tatar ou juive par exemple). Les Juifs constituent une nationalité, ce qui n’est plus le cas en Europe de l’Ouest depuis en particulier la révolution française, qui a rendu le fait juif uniquement religieux, tandis qu’à l’Est il est demeuré national. Ce qui permet donc d’une certaine manière de considérer que les Juifs étaient une nation étrangère, que leur sort ne concerne pas l’histoire nationale de tel ou tel pays…

Y a-t-il quelque chose d’antisémite propre au continent européen qui n’existe pas ailleurs ?

L’antisémitisme est avant tout une histoire – et une pensée – européenne, qui s’est diffusée depuis l’Europe, à partir du XIXe siècle. La quasi-totalité des penseurs et théoriciens de l’antisémitisme sont européens, ou occidentaux. Reste que l’antisémitisme a aussi été largement instrumentalisé au Moyen Orient, par les régimes au pouvoir, dans le cadre de la lutte contre Israël. Mein Kampf, les protocoles des Sages de Sion etc ont été largement distribués à partir des années 1950 par exemple, et certains Etats (Iran, Arabie saoudite) ont financé, voire continue à financer, l’antisémitisme à l’international.

Antisémitisme en France : “On n’a pas la même vie” si on est juif, alerte un spécialiste

INVITÉ RTL – Dominique Reynié, professeur à Sciences Po, revient sur une enquête qui indique que 70% des juifs français ont déjà été exposés à un acte antisémite. 

https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/antisemitisme-en-france-on-n-a-pas-la-meme-vie-si-on-est-juif-alerte-un-specialiste-7799935090

Calvi-245x300

Ainsi, 34% d’entre eux se sentent menacés au quotidien. “Nous ne menons pas la même vie en France. Nous ne menons pas la même existence“, explique sur RTL Dominique Reynié, professeur à Sciences Po et et directeur de la Fondaton pour l’innovation politique. 

On commémore cette semaine les 75 ans de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz. À cet effet, Emmanuel Macron doit se rendre à Jérusalem pour l’un des plus grands rassemblement de chefs d’État jamais vu. Mais ce mardi 21 janvier, une étude Ifop pour l’American Jewish Committee montre un réel malaise chez les juifs de France

“Une jeune femme de 22 ans, de religion juive, me disait récemment que son père avait passé durant le weekend deux heures à effacer un tag antisémite sur le palier de leur appartement“, illustre-t-il. “Je ne suis pas juif, je ne suis pas du tout confronté à ça. On n’a pas du tout la même vie”, martèle le politologue. 

25% des agressions ont lieu dans les écoles

Ce dernier a rappelé que les questions de l’étude avaient été posées à un échantillon de juifs de France, mais aussi à un échantillon de non juifs. Les réponses illustrent une forte différences dans la vie au quotidien. “70% des juifs que nous avons interrogés ont connu un acte antisémite. 84% des 18-24 ans ont connu un acte antisémite”, révèle Dominique Reynié. 

Les personnes interrogées témoignent ainsi d’une augmentation des actes antisémites, qu’il s’agisse d’agressions ou de dégradations. “Ces agressions se déroulent dans la rue, dans nos écoles. 25% des agressions antisémites se déroulent dans nos écoles. 25% de nos compatriotes juifs n’osent pas dire, sur leur lieu de travail, qu’ils sont juifs”, explique-t-il. 

Dominique Reynié insiste sur le fait que “nous n’avons pas cette vie quand on n’est pas juif”. Un antisémitisme qui a trouvé dans en internet le “carrefour de toutes les expressions de l’antisémitisme”. Par ailleurs, l’islamisme est la première cause de l’antisémitisme, selon les juifs de France. 

Un haut dignitaire religieux saoudien se rend à Auschwitz

Le prince Mohammed al-Issa, d’autres chefs religieux musulmans et des responsables de l’AJC doivent visiter un musée juif et une mosquée à Varsovie, et partager un repas de Shabbat

Par ADAM RASGO

Mohammed al-Issa, le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, s'exprimant le 25 avril 2018 au Musée du patrimoine juif - Un mémorial vivant de la Shoah. (Capture d'écran : American Sephardi Federation)

Mohammed al-Issa, le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, s’exprimant le 25 avril 2018 au Musée du patrimoine juif – Un mémorial vivant de la Shoah. (Capture d’écran : American Sephardi Federation)

Un haut responsable religieux saoudien doit visiter le camp de la mort d’Auschwitz en Pologne jeudi, avant le 75e anniversaire de sa libération par l’Armée rouge soviétique.

Mohammed al-Issa, secrétaire général de la Ligue islamique mondiale (LIM) basée à La Mecque et ancien ministre de la Justice saoudien, doit arriver à Auschwitz aux côtés de chefs religieux musulmans de plus de 24 pays et d’une délégation de responsables de l’American Jewish Committee (AJC).

Le président de l’AJC, David Harris, a déclaré que ce voyage représentait « la plus haute délégation de chefs religieux musulmans à avoir jamais visité Auschwitz ».

Issa, les religieux musulmans et les responsables de l’AJC visiteront le musée de l’Histoire des Juifs polonais à Varsovie vendredi, ainsi que la synagogue Nozyk dans la capitale polonaise et une mosquée locale, a déclaré Kenneth Bandler, un porte-parole de l’AJC, ajoutant que le groupe partagera également un repas de Shabbat interconfessionnel.

Ils prévoient également de rencontrer des survivants de la Shoah vendredi à la synagogue, selon une personne qui connaît les détails du voyage et qui a demandé à ne pas être nommée.

La visite prévue d’Issa à Auschwitz intervient après qu’il eut visité le US Holocaust Memorial Museum à Washington, DC, en mai 2018 et écrit un article d’opinion dans le Washington Post en janvier 2019 condamnant les « crimes odieux » des nazis. Il a également déclaré que « les musulmans du monde entier ont la responsabilité d’apprendre » les leçons de la Shoah.

La voie ferrée d’où des centaines de milliers de personnes ont été dirigées vers les chambres à gaz pour être assassinées, à l’intérieur de l’ancien camp de la mort nazi d’Auschwitz Birkenau ou Auschwitz II, à Oswiecim, en Pologne, le 7 décembre 2019. (Markus Schreiber/AP)

« J’exhorte tous les musulmans à apprendre l’histoire de la Shoah, à visiter les mémoriaux et les musées de cet horrible événement et à en enseigner la leçon à leurs enfants », avait alors écrit Issa, qui est considéré comme un allié du prince héritier saoudien Mohammed bin Salman.

De 1940 à 1945, les nazis ont tué environ 1,1 million de personnes, principalement des Juifs européens, à Auschwitz. Ils ont assassiné la plupart des victimes dans des chambres à gaz.

M. Harris de l’AJC a qualifié la visite prévue d’Issa à Auschwitz de très importante, soulignant qu’il pense qu’elle permettra aux musulmans de mieux comprendre la Shoah.

« Ce voyage sera révolutionnaire. Ce n’est pas exagéré », a-t-il déclaré au téléphone.

Pawel Sawicki, un fonctionnaire du bureau de presse du Mémorial d’Auschwitz, a déclaré dans un courriel que si des ecclésiastiques, des dirigeants et des militants arabes et musulmans ont déjà visité le camp, il semble qu’Issa soit le plus haut responsable religieux à le faire.

En mai 2019, l’AJC et la LIM ont signé un protocole d’accord, dans lequel ils ont convenu de participer ensemble à un voyage à Auschwitz cette semaine.

Depuis 2016, Issa est à la tête de la Ligue islamique mondiale, qui mène une action missionnaire islamique dans le monde entier.

Robert Satloff@robsatloff

Honored to join Director #SaraBloomfield in escorting @MWLOrg_en sec-gen Dr. Mohammed #Alissa on comprehensive tour of @HolocaustMuseum. In January, he talked the talk on recognizing calamity/enormity of #Holocaust; today, he walked the walk.

Voir l'image sur Twitter

Robert Satloff, le directeur exécutif du Washington Institute for Near East Policy, a déclaré que l’organisation a historiquement propagé « une souche virulente d’écrits, de pensées et de prédications anti-Israël et antisémites », mais que, sous Issa, elle a radicalement changé d’approche, repoussant les partisans de la ligne dure et intensifiant l’ouverture aux autres confessions.

La LIM, qui a été fondée en 1962, est subventionnée par le gouvernement saoudien ; elle soutient également les mosquées et les centres islamiques dans le monde entier.

Satloff, qui a accompagné la directrice du US Holocaust Memorial Museum, Sara Bloomfield, dans sa visite du musée de Washington, a également déclaré qu’il pensait que la visite attendue du chef religieux saoudien à Auschwitz avait « une signification particulière ».

« Le fait que le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, qui représentait autrefois le pire visage du leadership musulman sur les questions liées aux Juifs et à l’histoire juive, se rende à Auschwitz – normalisant la discussion sur la Shoah et marginalisant les négationnistes – est quelque chose de remarquable », a-t-il déclaré.

Abdel Wahab al-Shahari, le directeur de la communication de la LIM, a déclaré qu’il vérifiait si Issa serait disponible pour une interview, mais n’a finalement pas dit s’il serait en mesure de le faire ou de répondre aux messages de suivi.

Mohammed al-Issa, le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, aux côtés de hauts fonctionnaires saoudiens, dont le ministre adjoint de la Défense Khalid bin Salman, lors d’une rencontre entre une délégation de chrétiens évangéliques et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, le 10 septembre 2019 à Djeddah. (Délégation Joel C. Rosenberg)

Joel Rosenberg, un chrétien évangélique et un auteur américano-israélien qui a rencontré Issa à deux reprises en Arabie Saoudite, a déclaré qu’il pensait que le chef religieux saoudien avait le soutien des dirigeants de Ryad pour effectuer le voyage à Auschwitz.

« Il ne ferait certainement pas cette visite si le prince héritier ne voulait pas qu’il le fasse », a déclaré M. Rosenberg lors d’un appel téléphonique, faisant référence à Issa comme étant dans le cercle rapproché du prince Mohammed.

L’Arabie saoudite a entrepris un certain nombre de réformes sociales et économiques ces dernières années et a fait preuve d’une plus grande ouverture à l’égard d’Israël, mais a également fait l’objet de vives critiques à la suite du meurtre du chroniqueur du Washington Post Jamal Khashoggi, qui, selon la CIA, a été ordonné par le prince Mohammed.

La semaine prochaine, Issa devrait également se rendre à Srebrenica, en Bosnie-Herzégovine, où plus de 8 000 musulmans ont été tués en juillet 1995 par les forces serbes bosniaques.

Islamisme : Emmanuel Macron cherche un plan

Le gouvernement doit présenter son plan de lutte avant les municipales. Mais entre la flambée du phénomène, l’impréparation et le cloisonnement des administrations et le risque de stigmatisation des musulmans, la tâche s’avère délicate.

Que faire? Alors qu’Emmanuel Macron estimait en octobre, après l’attentat de la préfecture de police, que le combat contre le communautarisme constituait “une lutte essentielle”, l’exécutif recherche activement un dispositif pour contrer ce phénomène. L’ampleur du chantier est énorme – les signaux d’alerte se multiplient sur la montée de l’influence islamiste dans de nombreux quartiers, mais aussi dans des secteurs comme l’éducation, le sport ou la santé. Face à cela, les administrations semblent désarmées.Et le risque de stigmatiser les musulmans de France complique la tâche. “Le plan n’est pas ficelé, mais il sera prêt avant les élections municipales”, promet-on à l’Élysée, sans craindre d’être accusé d’électoralisme.

Lire aussi – Enquête, l’association qui veut éduquer les ­enfants à la ­laïcité

Mais un ministre se montre dubitatif : “Macron veut avancer, c’est certain. Mais le problème, c’est qu’on avance dans le flou…” Le sujet, quoi qu’il en soit, est “au cœur de l’acte II”, selon l’Élysée. Il a déjà occupé la partie D – consacrée aux débats – du Conseil des ministres, en décembre et encore le 6 janvier. Deux réunions des membres du gouvernement concernés (Intérieur, Justice, Éducation nationale, Santé, Collectivités locales, Jeunesse…) se sont tenues les 5 et 16 décembre, à l’Élysée. Les mêmes devraient se retrouver dans les prochains jours. “Les ministres sont sous la pression de Macron, qui leur a demandé de faire des propositions fortes”, souligne un connaisseur du dossier.

La DGSI a listé 150 quartiers sous l’emprise de l’islam radical

Le 5 janvier, après l’attentat de Villejuif, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a adressé un télégramme aux préfets pour leur demander de réunir les GED (groupes d’évaluation départementaux). La DGSI vient de cartographier les quelque 150 quartiers “tenus” selon elle par les islamistes : un document classé secret-défense, qui n’a pas été divulgué, à l’exception de l’Intérieur, même aux ministres intéressés.Lesquels se voient présenter le document oralement par un fonctionnaire assermenté, tant le sujet est sensible…

Outre les banlieues de Paris, Lyon et Marseille, depuis longtemps touchées par le phénomène, y figurent plusieurs cités du Nord : entre autres Maubeuge, où l’Union des démocrates musulmans français (UDMF) a atteint 40% dans un bureau de vote et où “la situation est alarmante” ; l’agglomération de Denin ; ou encore Roubaix, où, “bien qu’historique, la situation prend des proportions inquiétantes”, selon un préfet. Mais aussi des zones plus inattendues, comme en Haute-­Savoie ou dans l’Ain, à Annemasse, Bourg-en-Bresse, Oyonnax ou Bourgoin-Jallieu. Encore plus surprenante, “l’apparition de microterritoires qui se salafisent dans des zones improbables”, poursuit ce préfet, comme Nogent-le-Rotrou, en Eure-et-Loir.

Christophe Castaner a publié fin novembre une circulaire sur le communautarisme 

Le 27 novembre, Castaner a adressé aux préfets une circulaire édictant que “la lutte contre l’islamisme et le repli communautaire constitue un nouvel axe de [leur] action”. Le ministre exhorte les services de l’État à insister sur le “suivi de la déscolarisation” et le “respect des réglementations” en matière “d’hygiène”, “d’activités sportives”, d'”accueil des mineurs”, de “fraudes” et de “blanchiment”. L’Intérieur a d’ailleurs demandé aux services de Gérald Darmanin, à Bercy, de fournir outils et experts pour procéder aux contrôles financiers de certaines associations.

De même, la circulaire Castaner incite à la “mise en place d’une cellule départementale des services de l’État” sur le sujet. Mais également à “l’association des élus au travail de détection”, ces derniers étant par définition les mieux informés quant aux “revendications sur les horaires de piscine” non mixtes, les “services communautaires” et les “déscolarisations”.

Ceci afin de répondre à ce sombre diagnostic d’un haut fonctionnaire : “Quel niveau d’information partagée entre les services de l’État? Zéro. Y compris entre l’État et la commune, et même au sein d’une préfecture, c’est rare qu’ils se parlent. Les préfets et les flics ont des infos qu’ils ne partagent pas avec l’Éducation nationale. Les élus en savent aussi beaucoup. Le décloisonnement, c’est l’enjeu crucial de ce combat.”Un ministre confirme : “Castaner peut faire son show avec ses petits bras musclés mais si nous n’avons pas le soutien des collectivités locales, nous allons dans le mur.”

Le risque de stigmatisation n’est jamais loin

Dans la continuité, c’est la ministre de la Justice, Nicole ­Belloubet, qui a signé, le 10 janvier, une “circulaire relative à la protection de la laïcité et à la lutte contre la radicalisation et le communautarisme”, accompagnée d’une fiche pratique récapitulant la palette des qualifications pénales que les magistrats peuvent utiliser. Parmi les angles d’attaque, “l’égalité entre les femmes et les hommes”: “Il importe que la politique pénale sanctionne les infractions d’outrage sexiste observées dans certains quartiers dans lesquels certains prétendent dicter aux femmes la façon dont elles devraient se comporter et s’habiller”, recommande la garde des Sceaux. Encore faut-il que ces cas de discrimination visant les femmes, ou les femmes non voilées, soient transmis à la justice…

Elle attire aussi l’attention des procureurs sur les “phénomènes dits d’évitement scolaire, à la faveur du fonctionnement d’écoles hors contrat ou d’enseignements en ligne, susceptibles de constituer autant de vecteurs alimentant les fractures communautaristes”. En cas d’enseignement non conforme à l’instruction obligatoire, “la fermeture de l’établissement scolaire en infraction apparaît tout à fait opportune”, est-il recommandé

Mais dans le domaine scolaire, où le ministre Jean-Michel ­Blanquer campe sur une laïcité ferme, le risque de stigmatisation n’est jamais loin. Maryvonne Caillibotte, procureure de Versailles, résume : “Il nous faut savoir faire la part des choses entre une contestation des valeurs républicaines, avec la mise en place d’une contre-­société basée sur un texte religieux, et l’exercice libre et respectable d’une religion.” Avec un écueil juridique : “En réalité, quand on parle de communautarisme, on ne parle pas des religions, mais de l’islamisme, note un responsable policier. Et en droit français, ce n’est pas possible de traiter uniquement de l’islamisme.”

Faut-il un nouveau projet de loi spécifique?

Faut-il alors un nouveau projet de loi spécifique? Les ministres en débattent actuellement. Ni l’Élysée, ni l’Intérieur n’en sont convaincus, qui considèrent que cette politique doit se mener à “droit constant”. Un haut responsable place Beauvau plaide pour “une stratégie d’entrave, où l’on utilise le droit commun”. “Avec la loi Silt, dit-il, on a pu fermer sept mosquées radicales ; avec le droit commun, une trentaine!” Reflet de cette nouvelle stratégie visant à taper au portefeuille, sur le plan de l’hygiène ou de règlements sans rapport avec la religion, l’État a fermé fin novembre l’Institut européen des sciences humaines, une université musulmane de Saint-Denis, en invoquant un défaut de “sécurité des personnes”.

La lutte contre le communautarisme, un casse-tête politique. D’autant que Macron refuse de la lier au sujet de l’organisation de l’islam de France. Au JDD, il annonçait il y a deux ans qu’il s’exprimerait au premier semestre 2018 sur sa structuration. Il ne l’a toujours pas fait. À l’Élysée, on assure que le dispositif anticommunautarisme sera cette fois dévoilé rapidement et que “le Président considère que cet engagement doit être tenu”. Certains affirment que c’est lui qui portera le dossier. D’autres pensent le contraire. Un point d’interrogation de plus. “À l’automne, je me suis dit que Macron commençait à comprendre, soupire un haut fonctionnaire. Mais je ne vois rien arriver…” Or le temps joue pour les communautaristes. Un ministre s’inquiète : “La vraie question : est-ce qu’il n’est pas déjà trop tard?” 

Un nouveau président pour le CFCM

Sauf surprise, Mohammed Moussaoui devrait être élu aujourd’hui président du Conseil français du culte musulman (CFCM), le principal interlocuteur des pouvoirs publics sur ce qui a trait à cette religion. Ce Franco-Marocain de 55 ans, qui a déjà présidé l’instance de 2008 à 2013, reste en effet le seul candidat en lice après le retrait de son concurrent, Chems-eddine Hafiz, tout nouveau recteur de la Grande Mosquée de Paris. Cet homme, qui est aussi à la tête de l’Union des mosquées de France, devrait occuper la fonction pour une période de dix-huit mois à deux ans. L’institution, créée en 2003, est très attendue sur le renforcement de la lutte contre la radicalisation. Emmanuel Macron attend notamment une “parole forte sur la place du voile, les femmes, l’école”. Mais seulement 40 % des 2 500 mosquées et salles de prières ont participé à ce scrutin visant à désigner les représentants régionaux, qui votent aujourd’hui pour élire le président. 

Paris: une mannequin israélienne refoulée d’un défilé à cause de sa nationalité

i24NEWS

Illustration - Des mannequins défilant lors du défilé Louis Vuitton à Paris, le 1er octobre 2019.
Thomas SAMSON / AFP

“Le client est libanais et n’a pas accepté que je défile car je viens d’Israël”

La mannequin israélienne Arbel Kynan a été refoulée d’un défilé de mode à Paris en raison de sa nationalité, a rapporté mardi le magazine israélien de mode MakoFashion Forward.

“Le client libanais n’a pas accepté que je défile car je viens d’Israël”, s’est-elle désolée sur les réseaux sociaux.

“L’autre jour, je suis arrivée à Paris pour être photographiée par une entreprise de mode très réputée qui participe également à la semaine de la mode Haute Couture”, a-t-elle expliqué.

“Ils m’ont dit qu’ils seraient ravis que je participe au défilé également. Je suis arrivée le jour J avec beaucoup d’énergie, j’ai travaillé si dur !”, a poursuivi la mannequin.

“Ils ont demandé aux mannequins d’où nous venons, et j’ai répondu avec un grand sourire que je viens de Tel-Aviv”, a poursuivi Kynan.

“Quelques jours se sont écoulés, et j’ai reçu un e-mail de mon agence m’indiquant que le client était libanais et qu’il ne voulait pas que je participe parce que j’habite à Tel-Aviv en Israël”, a-t-elle affirmé.

“J’écris tout cela pour transmettre un message : au final, nous sommes tous humains, quelle que soit notre origine, la couleur de notre peau, la race ou quoi que ce soit. Soyez humains ! C’est la chose la plus importante”, a conclu la mannequin.

De nombreux abonnés ont demandé à Arbel Kynan de révéler le nom du créateur mais elle a refusé de le faire.

Mes remerciements au nom d’une femme syrienne

By Haï – Jan 17, 20202346

Au nom d’une femme syrienne, je vous transmets mes remerciements, Noam Shalev

Vendredi soir, petit restaurant au cœur de Stockholm. Je finis de manger et commande l’addition.

La serveuse s’approche et je lui tends ma carte de crédit qui soudain m’échappe et tombe par terre.

Elle se penche tout de suite pour la ramasser et observe ma carte. “D’où viens-tu ?” demande-t-elle. “Israël” ai-je répondu, alors que je la vois me dévisager, bouche bée, tremblante et commençant à pleurer.

Puis l’espace d’un instant elle disparaît, je me dépêche alors de prendre mon manteau et mon chapeau pour trouver la sortie la plus proche, car il me semble clair que je suis perçu comme juif indésirable, dans un environnement hostile.

Mais avant d’avoir pu m’enfuir dans la rue gelée, elle revient avec une autre fille vêtue comme une cuisinière et me pointe du doigt, toujours en pleurant et tremblant.

Je m’apprête à m’échapper à toute vitesse, mais remarque qu’il n’y a aucune animosité de leur part.

La serveuse me demande pardon, et sa sœur m’explique qu’elles n’ont jamais rencontré d’israélien, et que la seule chose qu’elles souhaiteraient… c’est me dire Merci.

Il se trouve qu’elles sont réfugiées syriennes, et qu’il y a quelques années leur mère est tombée très malade, elle était au seuil de la mort.

En pleine nuit, on l’a transportée à la frontière avec Israël, et de là à l’hôpital de Safed pour trois semaines.

Et aujourd’hui la mère est vivante et en pleine santé, et vit avec ses filles dans une banlieue de Stockholm.

La serveuse ne peut se retenir d’appeler sa mère, et je me retrouve en train de parler en arabe mêlé d’anglais et d’allemand avec une femme émue et en pleurs, qui me demande une seule chose : “transmets mes remerciements à tous tes frères d’Israël, parce que grâce à eux mes filles ont toujours une maman”.

Alors voilà, avec tout le cynisme, notre politique politicienne pourrie et l’énervement permanent pour beaucoup de choses dans notre vie en Israël, j’ai du voyager jusqu’à Stockholm pour ressentir les choses autrement.

Et au nom d’une femme syrienne je transmets donc ses remerciements, à nous tous.

Traduction du post de Noam Shalev par Michael Grynszpan

Sarajevo et l’histoire du sionisme

 par  Zehra Sikias  

Depuis 2018 une rue de Zemun, près de Belgrade, porte le nom de Theodor Herzl, le père de l’Israel, dont les parents sont originaires d’ici. Toutefois, au delà de ce lien familial, l’importance de Zemun est plus grande encore pour l’Israel car la petite communauté juive de l’ancienne Semlin autrichienne semble avoir joué un rôle crucial dans l’émergence de la pensée sioniste. La clef de cette énigme qui restera depuis toutes ces années méconnue s’appelle Yehuda ben Salomon Hay Alkalay, un érudit respecté né à Sarajevo en 1798 dont les idées sionistes ont précédé de 57 ans celles de Theodor Herzl et qui l’ont fortement influencé.

Officiant en tant qu’instituteur puis en tant que rabbin des deux communautés séfarade et ashkénaze de Zemun, Yehuda Alkalay a fréquenté la famille Herzl pendant près de 49 ans et sur deux générations : par le biais de Simon, le grand père de Theodor Herzl, et Jacob, fils de Simon et futur père de Theodor, qui comptera parmi ses élèves durant toute son enfance et son adolescence.

Qui est le rabbin Alkalay ?

Sous l’empire ottomane, la famille de Yehuda Alkalay, chassée d’Espagne en 1492, s’installe à Sarajevo vers 1521, amenée par le père Shlomo Haï Ben Moshe Alkalay de Salonique, appelée en ce temps la Jérusalem des Balkans. Né donc à Sarajevo, Yehuda Alkalay s’installe très jeune à Jérusalem en Palestine ottomane où il étudie mais en 1825, à l’âge de 27 ans, il retourne à Zemun où il restera jusqu’en 1874.


PNG - 555.9 ko

Yehuda Alkalay

Le rabbin Alkalay commence très tôt à s’intéresser à la condition du peuple juif. En 1834, il publie son premier livre à Belgrade, Ecoute O Israël dans lequel il lance un premier appel à retourner en Palestine afin d’y regrouper tous les Juifs du monde. Toutefois, c’est en 1840 que sa pensée sioniste se forge, dans la foulée de l’affaire de Damas qui lui fait réaliser le danger de l’antisémitisme et lui fait comprendre l’importance de créer un mouvement d’émancipation juive qui réunirait les Juifs d’Orient et d’Occident pour un retour en Israel. Dans les années qui suivent, Yehuda Alkalay publie plusieurs livres : La Paix de JérusalemLes Chemins plaisants et en 1843, L’offrande de Juda préconisant le rassemblement des exilés en Israël, un Retour positif et constructif pour mettre fin à l’exil. Dans ce livre, il parle aussi de l’idée de constituer une assemblée nationale pour faciliter les conditions diplomatiques et politiques du Retour des Juifs et de la création d’un futur État pour protéger son peuple d’un déferlement antisémite comme dans l’affaire de Damas.


JPEG - 84.6 ko

Yehuda et Esther Alkalay à Vienne

Pour essayer de faire avancer son projet sioniste, le rabbin Alkalay parcourt l’Europe dont la Grande-Bretagne mais il ne rencontre qu’un succès limité auprès des communautés juives. Son projet, il le développe encore en 1857 dans le livre intitulé Désigné pour Dieu publié à Vienne dans lequel il préconise également la renaissance de la langue hébraïque, la création d’une société par actions à laquelle chaque Juif pourrait participer et le rachat par les Juifs qui souhaitent s’y implanter des terres en Palestine ottomane en accord avec le Sultan de Constantinople. Une idée qui se réalisera en 1901 avec la mise en place du futur Fond National Juif (Keren Kayemeth LeIsrael – KKL), suite à la conférence de Katowice en 1884 et le premier Congrès sioniste de Bâle de 1897.

En 1874, le rabbin Alkalay quitte Zemun et retourne à Jerusalem. Lui qui écrivait en ladino se consacre désormais à écrire en hébreu afin de sensibiliser les Juifs occidentaux à son projet sioniste. Quatre ans plus tard, il mourra dans la ville sainte à l’âge de 80 ans et sera enterré au Cimetière juif du mont des Oliviers avec son épouse Esther. En son souvenir, la ville de Or Yehuda, proche de Tel-Aviv, construite en 1950, porte son nom.

Influence de sa pensée sur Theodor Herzl

A l’âge de 13 ans, le père de Theodor Herzl quitte lui aussi Zemun pour s’installer en Autriche-Hongrie. En 1860, Theodor Herzl naît à Pest, non encore relié à Buda. Il y restera jusqu’en 1878 lorsque sa famille quitte Budapest pour Vienne, la capitale de l’empire double.

Élevé dans son enfance dans la tradition juive pratiquante, Theodor est initié aux idées sionistes par son père qui connaît bien le projet du rabbin Alkalay. Mais ce qui le pousse à l’action sioniste qui marquera sa vie, c’est surtout l’affaire Dreyfus qu’il couvre en 1894 en tant que journaliste pour la Neue freie Presse à Paris. Pour Theodor Herzl, l’affaire Dreyfus est ce que l’affaire de Damas fut pour Yehuda Alkalay 50 ans plus tôt, soit une véritable prise de conscience du danger antisémite et donc de l’importance de la création d’une nation pour les Juifs.

Deux ans après l’affaire Dreyfus, en 1894, Herzl publie à Vienne L’État juif. Laïc, assimilé à la modernité viennoise et inspiré des idées de lumières, Theodor Herzl devient un ardent sioniste qui ne cessera de se battre pour diffuser son projet, un projet qui s’inspire largement des idées du rabbin Alkalay.

Comme lui, Herzl motive l’origine du sionisme du fait de la persécution des Juifs, précise lui aussi le caractère collectif du Retour et l’action diplomatique auprès du Sultan pour y parvenir et devant les sionistes britanniques, il fait lui aussi une proposition de création d’un Fond National. Par ailleurs, dans son roman Altneuland (Pays ancien, Pays nouveau), celui qui est chargé d’acheter des terres en Palestine est un certain Alladino qui n’est pas sans rappeler notre rabbin : « La première chose que je fis, ce fut d’envoyer Alladino en Palestine pour acheter autant de terres que possible. C’était un juif séfarade, parlant l’arabe et le grec, un homme intelligent et sûr, appartenant à l’une de ces familles distinguées dont l’arbre généalogique remonte à l’expulsion d’Espagne ». Et pourtant, s’il reprend les principales idées du sionisme d’Alkalay, Herzl ne fera jamais pour autant référence à lui.


JPEG - 159.8 ko

Premier congrès sioniste à Bâle

En 1897, à Bâle, au premier congrès sioniste, la création d’une banque nationale juive est votée. Le mouvement sioniste est officiellement né. Theodor Herz meurt cinq ans plus tard, en 1902. Quarante-quatre après sa mort, Ben Gourion déclare l’Indépendance d’Israël le 12 mai 1948 sous le portrait de Theodor Herzl trônant au-dessus de la tribune officiel. Les cendres de Theodor Herzl ont été ramenées en Israël le 16 août 1949 et des obsèques nationales ont eu lieu le lendemain. Le titre de son roman Altneuland sera traduit en hébreu comme Tel-Aviv, la colline du printemps, et sera à l’origine du nom de la ville de Tel-Aviv.

par Zehra Sikias

Des manifestants Iraniens refusent de marcher sur des drapeaux Américains et Israéliens.

Traduit de l’Anglais – JERUSALEM POST

Quelques personnes qui ont franchi les drapeaux ont été sifflées par des manifestants dans la région avec des chants de « Honte à vous ». Selon certaines informations, les manifestants ont scandé « Notre ennemi est en Iran, pas en Amérique ».       

Des étudiants manifestants à l’Université Beheshti de Téhéran s’efforcent d’éviter de piétiner des drapeaux américains et israéliens sur la passerelle

Alors que les manifestations anti-gouvernementales ont balayé l’Iran au lendemain de la chute d’un avion ukrainien, les étudiants de Téhéran ont évité de marcher sur des drapeaux américains et israéliens massifs placés sur la route devant eux.

Hillel Neuer, le directeur exécutif de l'ONG UN Watch, a tweeté en réponse "ces courageux étudiants iraniens qui refusent de fouler aux pieds les drapeaux américain et israélien représentent l'espoir d'un meilleur Moyen-Orient".
Les protestations se sont répandues dans tout Téhéran et dans plusieurs autres villes iraniennes après que le Corps des gardiens de la révolution iranien (CGR) a pris la responsabilité samedi de la destruction d'un avion de ligne civil ukrainien mercredi, tuant toutes les personnes à bord.
Les familles des victimes iraniennes de l'avion ukrainien auraient été averties de ne pas parler aux médias étrangers au risque de ne pas recevoir les corps de leurs proches, selon Al-Arabiya.      Des menaces similaires de retenir les corps de leurs proches ont été utilisées lors des manifestations antigouvernementales de novembre.
L'ambassadeur britannique à Téhéran, Robert Macaire, a été arrêté par les forces de sécurité au milieu des manifestants à Téhéran, mais a été libéré après quelques heures, selon Radio Farda. L'ambassadeur "a commencé à provoquer et à organiser les manifestants et a été arrêté dans un magasin après que les forces de sécurité se sont méfiées de lui", selon l'agence de presse iranienne Tasnim. Il aurait filmé les manifestations.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a déclaré samedi que l'arrestation de Macaire "sans motif ni explication constituait une violation flagrante du droit international".
"Le gouvernement iranien est à la croisée des chemins. Il peut poursuivre sa marche vers le statut de paria avec tout l'isolement politique et économique qui en découle, ou prendre des mesures pour apaiser les tensions et s'engager sur la voie diplomatique", a ajouté Raab.
Des sources informées ont déclaré à « Iran International » que des vols civils ont été autorisés dans la nuit de l'attaque au missile du CGRI contre des bases américaines en Irak comme "mesure de bouclier humain".
Des vidéos des manifestations ont montré des manifestants criant des cris contre le chef suprême, l'ayatollah Ali Khamenei et le régime en général. Les forces de sécurité sont présentes et ont utilisé certaines mesures anti-émeutes telles que le gaz lacrymogène, mais jusqu'à présent aucune victime n'a été signalée. Internet a peut-être été fermé dans certaines parties de Téhéran. Selon certaines informations, des manifestants à Téhéran auraient déchiré des photos de l'ancien commandant de la Force Quds des CGR, Qasem Soleimani.
L'ancien président du Parlement iranien Mehdi Karroubi a déclaré à Khamenei dans une lettre que "sans aucun doute, vous n'êtes pas qualifié pour la direction comme l'exige la Constitution", selon Radio Farda.
Karroubi a également blâmé Khamenei pour la répression et le meurtre de manifestants en novembre, le truquage des élections aux élections présidentielles de 2009 et les assassinats à la  chaine de personnalités politiques de 1988 à 1998. 

Karroubi est assigné à résidence depuis 2011.
LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU




Chelsea FC: “Non à l’antisémitisme”

By Haï – 

Chelsea FC “Non à l’antisémitisme”

Nathalie Sosna-Ofir 

Chelsea se souvient. Une fresque murale sera dévoilée au stade de football Stamford Bridge, le 27 janvier, Jour du souvenir de la Shoah.

Elle représentera 3 joueurs de football juifs et prisonniers de guerre britanniques envoyés dans des camps nazis.

Une initiative qui s’inscrit dans la campagne menée par le Chelsea FC “Non à l’antisémitisme” financée par le propriétaire du club Roman Abramovich.

“En partageant les images de ces 3 joueurs nous espérons inspirer les générations futures à toujours lutter contre l’antisémitisme, la discrimination et le racisme”.

La fresque rendra hommage à Julius Hirsch, premier joueur juif à représenter l’équipe nationale allemande et qui a disputé 7 matches internationaux pour l’Allemagne entre 1911 et 1913. Il prend sa retraite en 1923 et est déporté à Auschwitz le 1er mars 1943 d’où il ne reviendra pas. A Árpád Weisz joueur et entraîneur de football juif hongrois qui a joué pour Törekvés SE et fut membre de l’équipe hongroise aux Jeux olympiques d’été de 1924 à Paris.

Après avoir pris sa retraite en tant que joueur en 1926, Weisz s’intalle en Italie et devient entraîneur adjoint du club d’Allesandria avant de rejoindre F.C. Internazionale de Milan. A la montée du nazisme, Weisz et sa famille sont contraints de fuir l’Italie et trouvent refuge aux Pays-Bas où Weisz devient entraîneur du FC Dordrecht.

En 1942, lui et sa famille sont déportés à Auschwitz où ils seront exterminés. Et à Ron Jones, prisonnier de guerre britannique envoyé à Auschwitz en 1942 où il fait partie de la Ligue de football du camp. En 1945 il est forcé de participer à la marche de la mort à travers l’Europe.

Des centaines de kilomètres de la Pologne en Autriche où les 80 survivants sont libérés par les Américains. Après la guerre Jones retourne en Angleterre où pendant plus de 30 ans, jusqu’à son décès en 2019 à 102 ans, il est volontaire pour le Poppy Appeal, la Campagne du Coquelicot, un appel aux dons lancé chaque année au bénéfice des familles des soldats morts ou blessés au combat.

On en parle dans ma correspondance depuis Jérusalem dans le journal de Judaïques 94.8fm.
#chelseafc
#notoantisemitism

“Une dérive antisémite” : Cyril Hanouna outré par des propos de Raquel Garrido, il la recadre sèchement

Cyril Hanouna recadre très violemment Raquel Garrido et l’accuse d’antisémitisme : “Votre petite phrase est inadmissible”

Ce jeudi 9 janvier 2020, Cyril Hanouna était aux commandes de l’émission Balance ton Post sur C8. Encore une fois, la tension est montée sur le plateau… et encore plus lors d’un débat sur Charlie Hebdo. Face aux tensions, Cyril est monté au créneau pour recadrer Raquel Garrido…

En plus d’animer Touche pas à mon poste tous les soirs sur C8, Cyril Hanouna est également aux commandes de l’émission Balance ton post chaque jeudi soir. Dans le programme très suivi par les fans du trublion de la 8, plusieurs sujets d’actualité parfois houleux, sont abordés sur le plateau. Plateau sur lequel plusieurs intervenants et éditorialistes se relayent. Ce jeudi 9 janvier, Cyril Hanouna a comme toujours rebondi sur l’actualité et a proposé à ses chroniqueurs de revenir sur leur perception de Charlie Hebdo cinq ans après les attentats perpétrés dans les locaux du journal satirique.

La présence de Yassine Belattar fait réagir

Parmi les invités, Geneviève de Fontenay, qui a toujours affirmé ne pas être Charlie. La venue de Yassine Belattar a également fait réagir vivement les internautes. En effet, l’humoriste fait plutôt dans la controverse ces dernières années, comme lorsqu’il avait été placé en garde à vue après différentes plaintes de Bruno Gaccio, ou après un tweet qui appellerait à la violence contre Zineb El Rhazoui, selon certains. Mais sur C8, Laurence Sailliet ou Eric Naulleau lui ont plutôt reproché sa proximité avec le président Macron. Il avait en effet présidé le Conseil présidentiel des villes avant d’en démissionner en octobre dernier suite aux propos de Jean-Michel Blanquer sur le port du voile, “pas souhaitable dans notre société” selon le ministre. Et c’est précisément sur ce point que l’ex-porte-parole des Républicains l’a attaqué.

“Ce que vous dites, c’est de l’antisémitisme !”

Accusant Yassine Belattar de défendre le port du voile, Laurence Sailliet l’a interpellé : “Si il avait dit ‘pas de kippa en sortie scolaire’, est-ce que vous auriez démissionné ?“, a-t-elle cherché à savoir. Et Raquel Garrido de les interrompre : “Si il avait dit ça, il ne serait plus ministre“. Une sortie déplacée qui a fait réagir Cyril Hanouna en la recadrant violemment. “Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? Raquel Garrido, ce que vous venez de dire là ça rejoint les propos de Jean-Luc Mélenchon qu’il a eu il y a quelque temps, j’ai l’impression il y a une dérive antisémite des Insoumis. Ce que vous êtes en train de dire insidieusement, c’est qu’il aurait été sorti du gouvernement parce qu’il y a un lobby… C’est extrêmement grave ce que vous venez de dire, vous rejoignez Jean-Luc Mélenchon et ce qu’il a dit sur le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France, ndlr), c’est extrêmement grave. Raquel ne vous enfoncez pas, votre petite phrase elle est inadmissible. Vous êtes insupportable. Ce que vous dites, c’est de l’antisémitisme !”, a conclu l’animateur.

Vingt siècles de judaïsme à Paris

Les synagogues se cachaient dans des rues secondaires. Cette discrétion s’est prolongée jusqu’à nos jours. Surprise, l’ouverture du Centre européen du judaïsme…

Par Michel Gurfinkiel.

Une présence juive est attestée en Gaule et à Paris dès l’époque romaine. Au IIIe siècle, quand Lutèce était l’une des capitales impériales, une communauté juive s’était constituée sur la rive gauche, près de l’actuel musée de Cluny. Au Moyen-Age, de nouveaux quartiers juifs se créèrent : d’abord dans la Cité, sur l’emplacement de l’actuel Quai des Orfèvres et du boulevard du Palais (correspondant à une « rue de Jérusalem » jusqu’en 1862), puis dans le Marais (avec une « rue des Juifs » renommée Ferdinand Duval en 1900). 5 à 10 % de la population de la capitale professe alors la foi mosaïque. Ces habitants ne se dotent pas de synagogues, au sens actuel du mot, mais d’« écoles »Scholae en latin, Batei-Midrash en hébreu -, des lieux consacrés à l’étude de la Torah, et accessoirement seulement aux offices.

On connaît mieux ces lieux depuis quelques décennies, avec l’essor d’une nouvelle discipline historique, « l’archéologie du judaïsme », qui sait réinterpréter et réattribuer de nombreux vestiges médiévaux. La découverte fortuite en 1976 de l’ancienne Schola Rhotomagi du XIIe siècle, enfouie sous le Palais de Justice de Rouen, permet de mieux représenter ce que pouvaient être les « écoles » parisiennes de la même époque : des bâtiments fonctionnels de grande taille, assez semblables aux « collèges » de l’Université de Paris, qui venait d’être créée. La bibliothèque pouvait contenir trois cents codex ; celle du roi était alors à peine mieux fournie.

Plusieurs édits de bannissement, en particulier un édit « définitif » pris en 1394, pendant la guerre de Cent Ans, frappent ensuite les juifs français : bon nombre d’entre eux émigrent en Allemagne puis en Pologne, où ils fondent le judaïsme dit « ashkénaze ». Cela n’empêche pas quelques petits groupes de se maintenir à Paris, par dérogation, notamment dans le Marais. A partir du roi Henri II, les juifs sont à nouveau acceptés de manière officielle et permanente au sein du royaume : en Lorraine, en Alsace, dans les ports de l’Atlantique (Bayonne, Bordeaux, Nantes), et enfin dans la capitale.

Les nouvelles communautés renouent le plus souvent avec le modèle de l’« école », mais sur un plan infiniment plus modeste : dans des appartements ou des arrière-cours. L’un de ces oratoires, créé vers 1750, subsiste à Paris, rue des Rosiers.

Emancipés par la Constituante en 1790 et 1791 – les décrets sont encore promulgués au nom de Louis XVI –, les juifs français ne voient leur culte reconnu et réorganisé que près de vingt ans plus tard, sous Napoléon. Ils se dotent alors, dans un double souci d’intégration et de respectabilité bourgeoise, d’édifices plus vastes et plus élégants. La construction du premier « temple » israélite parisien, rue Notre-Dame de Nazareth, dans le IIIe, est autorisée en 1819 par Louis XVIII. Rebâti en 1852, il peut accueillir mille deux cents fidèles assis.

Mais la population juive parisienne croît si rapidement sous le Second Empire que le baron Haussmann lance deux nouveaux chantiers, pris en charge pour moitié par l’Etat : cette fois, il s’agira de « cathédrales », susceptibles d’accueillir plus de deux mille fidèles assis.

La Grande Synagogue, rue de la Victoire, inaugurée sous la IIIe République, en 1875, est l’œuvre d’Alfred-Philibert Aldrophe, l’architecte attitré des Rothschild : elle a tout d’une basilique romane. Celle des Tournelles, dans le Marais, inaugurée un an plus tard, est beaucoup plus originale : Marcellin-Emmanuel Varcollier, disciple de Victor Baltard, a mis en valeur la charpente et les colonnes métalliques, mises au point par Gustave Eiffel aux ateliers de Normandie.

D’autres synagogues, un peu plus petites, seront bâties à la fin du XIXe siècle et au XXe siècle, avant et après la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. Dans tous les styles : éclectique (rue Buffault), alsacien (rue Chasseloup-Laubat, rue des Abondances à Boulogne), Art Nouveau (rue Pavée), Arts Déco (rue Sainte-Isaure), néo-classique (rue de Montevideo)…

Curieusement, ces monuments, en dépit de leur intérêt urbanistique, semblent toujours se cacher dans des rues secondaires. Reflet d’un statut, officiel ou officieux, de culte « minoritaire » ? La Grande Synagogue avait été bâtie sur un terrain offert personnellement par Napoléon III : mais il fut rapidement admis, tant par Haussmann que par les dirigeants du Consistoire, qu’elle ne pouvait entrer en concurrence avec l’église catholique Notre-Dame de Lorette, sa voisine, ni « dominer » la rue La Fayette,  percée en 1823, puis prolongée en 1862.

Les habitudes de discrétion  (qui n’ont pas eu nécessairement d’équivalent en province ou dans d’autres pays européens) ont persisté jusqu’à nos jours : peut-être, en ce qui concerne la fin du XXe siècle, pour des préoccupations nouvelles de « laïcité » ou d’effacement du religieux. La synagogue du Mouvement juif libéral de France, construite en 1980, est pour ainsi dire ensevelie au milieu des tours du Front de Seine. Et celle du XIXe arrondissement, ouverte en 1993, lovée dans une impasse.

En 1939, près de 1,5 million de juifs vivent dans l’espace géopolitique français : en France métropolitaine (350 000), dans les possessions d’Afrique du Nord et du Levant (400 000), mais aussi dans des pays pénétrés par des influences françaises indirectes, comme l’Egypte, la Turquie, la Grèce, l’Iran ou la Roumanie. Nombre de ces juifs français ou francisés périssent pendant la Seconde Guerre mondiale. Près de 700 000 sont ensuite chassés des pays musulmans entre 1948 et 1989.

Au terme de ces bouleversements, survivants, rapatriés et réfugiés constituent une nouvelle communauté, forte de 700 000 âmes au moins. Elle réinvestit les anciennes synagogues, ou en crée de nouvelles, notamment dans les banlieues parisiennes. Retour de balancier : l’« école », qualifiée de « centre communautaire », reprend l’avantage sur le « temple », et le fonctionnel sur l’esthétique.

Mais déjà une nouvelle crise se profile à partir des années 2000. C’est dans ce contexte que la « visibilité » du nouveau Centre européen du judaïsme (CEJ) prend tout son sens. Cet ensemble de trois bâtiments, dont une synagogue de cinq cents places aux larges baies vitrées, répond sans doute à l’afflux de juifs parisiens dans l’Ouest de l’agglomération, réputé plus sûr, ainsi qu’à « l’aliyah intérieure », un regain général de participation à la vie communautaire et religieuse. Tout comme de nombreux oratoires et deux autres synagogues en construction dans le XVIe arrondissement. Mais en acceptant désormais la pleine lumière, le judaïsme parisien semble aussi prendre position pour une France qui n’aurait pas peur d’elle-même.

Inauguré le 29 octobre dernier par le président de la République et par le président du Consistoire israélite de France, Joël Mergui, le CEJ se situe à l’angle de deux grandes artères du XVIIe arrondissement de Paris, la rue de Courcelles et le boulevard de Reims. Il donne sur un espace public que la maire de la capitale, Anne Hidalgo, a baptisé « place de Jérusalem ». Et il porte, sur l’une de ses façades, une étoile de David dorée.

Il y a là une sorte de défi. Joël Mergui a rappelé que lorsque le projet a été lancé, voici trente ans, « la question de la sécurité quotidienne ne se posait quasiment pas : on n’avait pas besoin de penser à des caméras, à des sas d’entrée, à des gardes statiques, à des rondes… » La situation est devenue bien différente : « Des territoires entiers de la République ont été perdus, conquis par des extrémistes islamistes qui ont semé la mort. » Conséquence inévitable : « Des milliers de juifs ont choisi de quitter certains quartiers, certaines banlieues, certains pays d’Europe, inquiets de voir l’histoire se répéter… »

Fallait-il donc que le judaïsme se replie sur lui-même, ou qu’il s’inscrive, plus nettement que dans le passé, dans le paysage urbain ? « Le doute nous a sans cesse poursuivis », reconnaît Mergui. Mais en définitive, le Consistoire – qui fédère la quasi-totalité des synagogues françaises – l’a surmonté. Le Centre européen du judaïsme est le symbole d’un pari sur l’avenir.

© Michel Gurfinkiel et Valeurs Actuelles, 2020

Charles Baccouche. SHOAH


« Jamais je n’oublierai cette nuit, la première nuit au camp qui a fait de ma vie une nuit longue et sept fois verrouillée.

Jamais je n’oublierai cette fumée.

Jamais je n’oublierai les petits visages des enfants dont j’avais vu les corps se transformer en volutes sous un azur muet.

Jamais je n’oublierai ces flammes qui consumèrent pour toujours ma Foi.

Jamais je n’oublierai ce silence nocturne qui ma privé pour l’éternité du désir de vivre.

Jamais je n’oublierai ces instants qui assassinèrent mon Dieu et mon âme, et mes rêves qui prirent le visage du désert.

Jamais je n’oublierai cela, même si j’étais condamné à vivre aussi longtemps que Dieu lui même.

JAMAIS

Elie Wiesel »

Ils étaient des millions qui animaient l’Europe de leur humour, de la gaité de leurs musiques klezmers, des shabats des cours de Rabbins hassidiques et de la ferveur de leurs talmidé yéshiva se balançant face à face pour s’enseigner mutuellement les règles de la vie juive, ce qui est permis et ce qui le ne l’est pas, ou pour approfondir la pensée de tel Sage opposée à celle de tel autre Hakham (Sage), dans un tourbillon qui monte à l’infini, car tous deux ont raison devant les Instances du ciel (Chamaïm) et on écoute leurs débats là haut pour que les Anges s’en inspirent, tellement la sagesse humaine est supérieure à la leur, les Anges du service (Malakhé hacharet)

Ils étaient si nombreux dans leurs shétteles, que les synagogues devaient miraculeusement élargir leurs murs pour contenir les hommes aux offices du matin, de l’après midi et du soir, elles s’ouvraient de plus en plus avec l’affluence des femmes et des enfants les Shabats et pour les fêtes qui scandent depuis des millénaires la vie des juifs, se souvenant, commémorant les « Exploits d’Achem » les miracles de la sortie d’Egypte qui signent la découverte de la liberté par un peuple opprimé depuis 210 ans, Peuple qui reçut la LOI et la Responsabilité qui en procède, Peuple des cabanes du désert (Souccot) qui rappelle la précarité de l’existence et la main du Tout Puissant qui bénit son peuple.

Que dire des nappes blanches tendues pour les repas de Shabbat! 

Que dire du taleth couvrant les épaules lors de l’office du matin  jusqu’au repas du Shabat 

Que dire du juif, roi en son village un jour par semaine et gueux le reste du temps!

Que dire de ces Princes découvrant les rouleaux de la Loi !

Que dire, sinon qu’ils étaient pauvres parmi les pauvres, mais surs que la Présence d’Hachem  par sa Shékhina (la Providence), protégeait la communauté de tout mal et que la bénédiction des Cohen leur apporterait l’abondance, la santé, et la paix, surtout la paix.

Leurs métiers n’assuraient que la survie, mais l’étude de la Thora et les enseignements des Maitres siégeaient dans le cœur de chaque homme et de chaque femme, les uns pour apprendre et  transmettre, les autres pour entretenir la maison, préparer les halot et le repas de la famille, familles serrées dans de tout petits logements, battus par les vents et les froidures des plaines orientales

Chaque Shabat (une fois tous les sept jours) c’était fête au shtettel, les hassidim dansaient, les violonistes enchantaient leurs violons pour réjouir le cœur du peuple fidèle, les enfants courraient insouciants mais déjà imprégnés de la joie du Shabat, 

Les hazzanims psalmodiaient les psaumes et décollaient en les déroulant, les Paroles de la Thora de leurs rouleaux au moment de la lecture de la Sidra,

Les villages juifs de la Mittle-Europa, de la Pologne à la Bessarabie, de la Germanie à l’immense Russie, ruisselaient de la joie et de la foi des juifs qui n’oubliaient pas de redouter les monstres les environnant, qui sans cesse, les menaçaient et souvent s’abreuvaient de leurs sangs dans d’ignobles massacres.

Mais eux de l’espérance, comme dit Edmond Fleg, reprenaient le cours de l’existence juive, remontaient leur masures, retournaient dans leurs Synagogues et Maisons d’étude avec l’innocence de ne pas imaginer le prochain massacre (Pogrom) 

Ainsi allait la vie des juifs en Europe centrale et Orientale, communautés pressurées de taxes, rejetées et ou accueillies selon l’humeur des princes et des rois, leurs maitres en somme. 

Ils étaient si nombreux les juifs d’Europe, mais ils résistaient aux vicissitudes de la faim, de la menace permanente des populations chrétiennes et paysannes de leurs environs.

Ils n’avaient pas les droits élémentaires : Pas le droit de travailler la terre, pas le droit d’occuper des fonctions administratives, pas le droit de porter l’épée, pas le droit d’exercer des professions nobles, pas le droit pas le droit… Mais  le droit de prêter sur gage et même d’usure (Le prêt à intérêt est de l’usure pour un bon chrétien), leur était ouvert, le droit de servir les Puissants, d’exercer de petits métiers, de colporteur, de porteur d’eau, de ferblantier, de matelassier…. Enfin des métiers qui permettaient de ne pas mourir de faim.

Mais ils étaient si nombreux que même les pogroms les plus efficaces ne parvenaient pas à réduire leur nombre, tandis qu’ils disaient : (Lo yanoum vé lo Ychan shomer Israël)

« Il ne dort ni ne sommeille le Gardien d’Israël » que la Providence veillait.

Ils se mettaient sous la protection du Très Haut qui devait les protéger de tout mal.

Mais qui peut savoir comment le Maitre du Monde protège son peuple ? 

Ils se savaient être un peuple «à la nuque raide » qui renâcle à obéir à la Grande Voix du Sinaï, qui se révolte contre Moïse, humble Serviteur de l’Eternel.

Mais la « Nuque raide » (Qché oref) a aussi une autre acception, car oref signifie aussi horizon en hébreu, cette langue exceptionnelle,

Les Sages d’Israël ont compris qu’à l’horizon de l’Histoire, ce peuple têtu est un peuple fidèle à l’alliance avec son Père qui est aux cieux, fidèle à son Roi qui le gouverne en silence, fidèle aux commandements divins, fidèle à la parole dure de Moshé et à la voix douce d’Aaron, un peuple qui ne renonce pas à la révélation du Sinaï, un peuple qui reste lui-même dans les pires tribulations que les Nations lui ont infligé, d’exils en massacres tout aux long de deux mille ans de calvaire.

C’est ce peuple à la nuque raide que le Maitre du monde bénit et protège, mais nous n’avons probablement pas compris en quoi consiste cette protection.

Les Nations non plus d’ailleurs, qui ont usé de cette ignorance pour ne jamais cesser leurs persécutions. En effet, dans un affolant renversement du chant de Pessah « cela ne leur a pas suffit » aux Nations. La Nuit ténébreuse est descendue et a enseveli par millions, ces gens simples et pacifiques, emportant leurs familles leurs ainés, leurs enfants, leurs bébés dans une horreur sans nom. 

Ils attendaient la guéoula-la rédemption, le Mashiah, le retour à Sion, transportés sur 

« Les ailes de l’aigle ». Tout le temps, ils chantaient et priaient « l’an prochain à Jérusalem »

Ce n’est pas ce que la réalité du monde profane, le monde réel, leur réservait.

Un vent diabolique, monstrueux s’est levé sur l’Europe pour souffler les juifs de leurs provinces, pour qu’ils disparaissent de la Communauté des hommes, pour qu’un jour, leurs tortionnaires créent un Musée qui «  Rappelle un peuple disparu » 

Ils devaient disparaitre par tous les moyens modernes entre les mains de l’Etat de barbares assis au centre de l’Europe.

Mais les massacreurs n’étaient pas des anges mauvais ou des extraterrestres démoniaques ou des créatures sorties des entrailles de la terre ou des robots sans âme créés pour terroriser les humains. C’était des Hommes et des femmes, des habitants de la Terre qui se sont livrés aux délices de leurs plus bas et sales instincts, en avilissant leurs semblables dans des océans d’humiliations, pour se faire croire qu’ils étaient supérieurs. 

Supérieurs à ces torturés par les poux, par la faim, par le froid, par le travail forcé et inutile, par les ruses imbéciles ou on demande aux mères de désigner celui de ses enfants qui sera envoyé aux flammes, ou de vénérables vieillards sont forcés sous le fouet à danser devant des brutes avinées, ou de vieilles femmes obligées de relever la tête, le knout sous le menton,

Les enfants brutalisés, sans soins et abandonnés sans nourriture et promis aux flammes des crématoires.

Les Lagers infestés par la vermine et le typhus, les appels dégradants sous le regard mort des pendus du jour, la course infâme des corps nus dans la neige jusqu’aux chambres de la mort, et la déshumanisation par tous les moyens disponibles, 

C’est ce qui attendait les juifs au milieu du siècle de la science et du progrès: La mort massive et programmée de tout ce peuple qui croyait au Ciel, alors qu’il était abandonné du Monde, car personne n’est venu les secourir, ni les guerriers d’Occident ni la Puissance d’outre atlantique ne leur ont porté aide ou assistance, au contraire ils ont fermé leurs ports et rejeté les réprouvés dans les griffes des barbares.

Même ceux qui tentaient de rejoindre leurs frères en lutte entre le Jourdain et la mer orientale, ont été empêchés de débarquer par un grand pays. 

Leur ciel était de plomb et leur terre était de fer.

C’est cet immense malheur que l’Humanité toute entière devrait pleurer, parce que c’est elle qui a été tuée dans chaque juif massacré et brulé. 

Cette ignominie, contre toute prévision, sous des noms nouveaux, renait de son sommeil (Le ventre de la bête immonde….) le cauchemar recommenceau nom d’un humanitarisme dévoyé, qui par un renversement inouï des valeurs, transforme les victimes en bourreaux et les bourreaux en victimes.

Voici que de nouveau, comme en ces temps maudits, les juifs sont vilipendés, accusés de turpitudes inventées par leurs ennemis qui sont leurs propres ennemis, mais qui se risquerait à le dire ou les en accuser, tant il est confortable de se tenir à l’écart, indifférent et coi devant l’âtre de la douce demeure. 

Voilà que même le nom hébreu de cette catastrophe est désormais galvaudé, utilisé par des voyous qui le retournent contre les juifs.

Ce qui a emporté l’Europe naguère, la menace de nouveau, car elle n’a rien appris et rien transmis des malheurs du temps.

Quant aux juifs, Ils inscrivent le nom des millions de victimes dans leur mémoire et, chaque année rappellent les noms de ceux qui avaient même été dépossédés de leur identité.

Les Juifs à la fidélité infinie, se relèvent et renaissent aux pays de leurs pères. 

Le Pays que le Tout puissant a juré de leur donner tant que le Ciel sera tiré au dessus de la Terre.

                                                                       Charles BACCOUCHE

Frédéric Sroussi livre à TJ une interview exclusive de l’ancien Chef du Mossad en Iran: Eliezer ( Gueizi ) Tsafrir

J’ai interviewé  aujourd’hui, en exclusivité pour Tribune Juive, l’ancien haut responsable du Mossad, Eliezer (Gueizi) Tsafrir qui fut le chef des légendaires services de renseignements israéliens en Iran (en 1979, en pleine Révolution islamique), au Kurdistan irakien du temps de Saddam Hussein et au Liban. Il fut aussi le conseiller spécial pour les affaires de terrorisme d’un Premier ministre israélien. Eliezer (Gueizi) Tsafrir fut un combattant de l’ombre qui sauva la vie de centaines de personnes en contrecarrant les tentatives d’attentats des groupes et mouvements terroristes les plus redoutables, et ce aux quatre coins du monde. 

TJ : Tous les gens qui s’intéressent au conflit avec l’Iran connaissaient plus ou moins la terrible réputation du Général iranien Qassem Soleimani qui vient d’être neutralisé par une frappe américaine en Irak . Mais quelle était réellement sa fonction ? 

 Eliezer (Gueizi) Tsafrir : D’abord, je veux commencer par une belle citation issue de notre Torah : «Quand ton ennemi tombe, ne te réjouis pas». Ceci dit, c’était la chose à faire. Félicitations et merci aux États-Unis, au Président Trump et à l’aviation américaine pour avoir fait ce travail. 

Cet homme (Soleimani) avait comme fonction d’organiser des actions terroristes dans le monde entier et de créer un axe chiite pro-iranien allant de Téhéran , en passant par Bagdad jusqu’ à Damas et le Liban (avec l’aide du Hezbollah), sans oublier le Yémen. Il faut savoir que la force Quods qui veut dire  »Jérusalem »   en Arabe et en Parsi  dirigée par Soleimani  est active également en Afrique et en Amérique du Sud. Rappelons que cette unité (Quods) par le biais du Hezbollah ou directement est responsable des attentats perpétrés en Argentine (N.D.A attentat contre l’ambassade d’ Israël à Buenos Aires en 1992 qui coûta la vie à 30 personnes et l’attentat perpétré contre le centre communautaire juif de Buenos Aires en 1994 qui fit 85 morts).

Rappelons que le Djihad Islamique Palestinien (DIP) qui est sunnite a été influencé par la Révolution Islamique iranienne chiite et qu’il est financé par l’Iran. 

I’Iran veut imposer le chiisme partout et n’oublions pas que l’Iran croit, selon la tradition chiite, en l ’arrivée du Maadi (N.D.A le Messie). 

TJ : Vous qui êtes un spécialiste du monde arabo-musulman, cette vision eschatologique, cette arrivée du  »dernier imam », y-croient-ils vraiment ?

EGT : Oui, ils y croient. C’est un régime d’ extrémistes irrationnels. 

Il faut dire surtout que l’Iran poursuit un programme nucléaire en vue d’obtenir la bombe atomique. Et croyez-moi, l’arme atomique dans les mains de fous pareils sera une immense menace pour le monde entier. Ils ont vraiment l’intention de faire disparaître Israël de la carte. Ils n’auront aucun problème moral pour lancer l’arme atomique contre Israël ! 

TJ : Que pensez-vous de ceux qui disent que L’Iran aura la bombe atomique, qu’ Israël l’a, et qu’il existera alors un équilibre de la terreur et de ce fait tout ira bien ?  

EGT : Pardon, mais même si les Iraniens savent qu’en frappant Israël, ils seront frappés à leur tour par une seconde frappe venant de nous, nous n’avons pas le luxe de permettre qu’une seule bombe atomique explose sur Israël . Vraiment pas !

Il y a une ligne rouge qu’il faut leur interdire de dépasser. Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre de savoir exactement quand ils auront franchi cette ligne rouge…

TJ : De plus l’ État d’Israël est un petit pays qui ne peut pas se permettre de recevoir une seule frappe nucléaire !

EGT : Oui, évidemment. 

Pour en revenir à Qassem Soleimani, même si ce n’ était pas officiel, il était le numéro deux du régime après l’Ayatollah Khameinei. Son agressivité , son expérience faisaient de lui un homme très dangereux. Son élimination est donc une bonne chose et il faudra en faire de même avec les autres…

Les Iraniens s’imposent en Irak, au Liban, en Syrie et c’est très dangereux pour nous. C’est surtout pour éviter l’implantation des iraniens en Syrie d’où ils pourront nous attaquer encore plus facilement que Benjamin Netanyahou a donné l’ordre à notre aviation de frapper les bases iraniennes en Syrie. 

TJ :OK , mais même malgré toutes nos opérations aériennes, les iraniens sont quand même implantés en Syrie. 

EGT : Exact

TJ : Il y a aussi ce «jeu» avec la Russie qui se trouve en Syrie et qui nous empêche d’agir à notre guise contre Téhéran. 

EGT : En effet.

TJ : Alors, pensez-vous que l’ élimination du général Soleimani va changer quelque peu la donne ? 

EGT : Je ne pense pas qu’il y aura une différence car son remplaçant, Esmail Qaani, sera peut-être moins «talentueux» mais il continuera la même politique. C’est vraiment,vraiment dommage que la Russie offre une sorte de protection aux iraniens pour qu’ils continuent leur politique agressive envers nous, même s’ il existe, malgré tout, des désaccords entre l’Iran et la Russie. 

Tsahal doit donc continuer à les empêcher de réaliser ce qu’ils veulent tant en Syrie qu’ au Liban où le Hezbollah a 140 000 missiles qui peuvent devenir de plus en plus précis et ceci représente un très grave danger pour nous en Israël. 

TJ : Ne pensez-vous pas que même si nous nous attaquons à la présence iranienne en Syrie et même en Irak où notre aviation exécute des missions périlleuses, il faudra bien un jour frapper l’ Iran en Iran même…? 

EGT : C’est ce que je disais. Si l’Iran est prêt à dépasser la ligne rouge (par l’acquisition de l’arme atomique) et que la grande Amérique n’agit pas, alors il nous faudra frapper le territoire iranien. Il n’y a aucun doute sur ce point. 

Eliezer ( Gueizi ) Tsafrir, ancien Chef du Mossad en Iran

TJ : Mais pensez-vous que nos dirigeants politiques et l’état-major de Tsahal pensent comme vous? Qu’ils sont prêts à le faire ? 

EGT : J ’espère que oui, j’espère qu’il existe bien une préparation dans le cas où il faudra intervenir directement contre l’Iran. Il y a quelques années, Benjamin Netanyahou et Ehud Barak (alors ministre de la défense) avaient demandé de se préparer à cette éventualité mais hélas le Mossad (N.D.A dirigé alors par Meir Dagan) s’y était opposé, ce qui fit avorter l’ opération. Peut-être qu’ à cette époque c’ était trop tôt. 

TJ : Oui mais, il n’y avait pas que Meir Dagan qui était contre une telle opération. Il y avait aussi le chef du Shabak (le service de sécurité intérieure), Youval Diskin et surtout le chef d’état-major de l’époque, Gaby Ashkenazi.   

EGT : Il n’y a pas de doute qu’il y a eu des disputes concernant une attaque contre l’Iran mais peut-être qu’à l’époque c’était trop prématuré de l’envisager. Mais je répète que nous ne devons pas permettre à l’Iran d’obtenir l’arme atomique. Nous devrons donc agir; si ce ne sont pas les États-Unis, alors ce sera nous ! 

TJ : Mais Israël a-t-il les capacités de réaliser une attaque contre l’Iran afin d’ empêcher le régime des ayatollahs d’obtenir la bombe ? 

EGT : Ce ne sera pas une tâche facile, mais nous réussirons à faire le principal.

TJ : Pensez-vous que l’Iran pourra réellement se «venger» des États-Unis ? Et que penser – même si nous avons malheureusement l’habitude d’entendre cela  – des menaces de l’ ancien chef des Pasdarans Moshzen Rezai, annonçant que Tel-Aviv et Haifa seront frappées ?  

EGT : Les iraniens ont des options partout où se trouvent des troupes américaines dans la région et ailleurs. Même s’il existe une différence entre menacer et agir, il faut prendre au sérieux les iraniens. 

TJ : Ils ont la possibilité de frapper les troupes américaines avec des missiles ou faire des attentats aux États-Unis même , mais ne pensez-vous pas que ce serait alors la fin pour le régime des ayatollahs s’ils osent attaquer l’Amérique ? 

EGT : Je pense en effet que si Téhéran lance une attaque sérieuse contre les États-Unis , alors Donald Trump fera ce qu’il a dit , c’est-à-dire frapper 52 cibles en Iran, en «souvenir» des 52 otages de l’ambassade américaine de Téhéran. 

TJ : Pour terminer, quels sont les risques encourus par Israël après la neutralisation de Soleimani ? 

EGT : Cela empirera tant que nous n’aurons pas agi afin d’ empêcher l’Iran d’obtenir l’arme atomique. 

TJ: Eliezer (Gueizi) Tsafrir, merci beaucoup. 

Interview réalisée et traduite de l’hébreu par Frédéric Sroussi en exclusivité pour Tribune Juive. 

Frédéric Sroussi, Essayiste, journaliste

Contrairement à tous les commentateurs de la Presse écrite et parlée: Iran : Macron dit à Trump son «entière solidarité»

Par Le Figaro avec Reuters

Emmanuel Macron s’est entretenu dimanche avec Donald Trump au sujet des tensions au Moyen-Orient au surlendemain d’une frappe américaine en Irak ayant tué le général iranien Qassem Soleimani, a annoncé l’Élysée.

Au cours de cet entretien avec son homologue américain, le président français a dit son «entière solidarité» avec les alliés de la France et a souligné que la priorité «devait aller à la poursuite de l’action de la coalition internationale contre Daech, dans le plein respect de la souveraineté de l’Irak»«Le président de la République a souligné son entière solidarité avec nos alliés face aux attaques perpétrées ces dernières semaines contre les emprises de la coalition en Irak», est-il écrit dans un communiqué de l’Élysée.

«Il a exprimé sa préoccupation concernant les activités déstabilisatrices de la force Al Qods sous l’autorité du général Qassem Soleimani, rappelé la nécessité que l’Iran y mette maintenant un terme et s’abstienne de toute mesure d’escalade militaire susceptible d’aggraver encore l’instabilité régionale», ajoute la présidence française. «Il a marqué la détermination de la France à travailler aux côtés de ses partenaires régionaux et internationaux à l’apaisement des tensions.»

par Taboola

Depuis Charlie Hebdo, cinq ans de reculades

Par Ivan Rioufol  – Le Figaro

Les Cassandre ont changé de camp. A la veille de 1914, les sonneurs de tocsin mettaient en garde avec raison contre la montée du bellicisme et les “phraseurs de guerre” dénoncés par Stefan Zweig (1). Aujourd’hui, ils alertent en vain contre la généralisation de la complaisance et de la lâcheté face à la montée du totalitarisme islamiste et de ses méthodes terroristes. Cinq ans après la tuerie à Charlie Hebdo,le 7 janvier 2015, il faut bien constater que la culture djihadiste a fait des émules en France et ailleurs. Le sursaut d’indignation du peuple français, rassemblé à Paris pour une manifestation monstre le 11 janvier 2015, n’a pas suffi à réveiller l’esprit de résistance des dirigeants et des médias face à l’islamo-fascisme et à ses collaborateurs. Le 10 novembre 2019, la gauche perdue a manifesté avec des musulmans fanatiques qui ont incité la foule à hurler “Allah Akbar !” à quelques encablures de Charlie Hebdo et du Bataclan, ces scènes affreuses de la barbarie importée. Or cette infecte trahison n’a guère suscitée de remous chez ceux qui font habituellement profession de distribuer des bons points et de dire la morale. Aujourd’hui, le premier réflexe des autorités confrontées à un islamiste qui tue au nom du Coran, est de le présenter comme un “déséquilibré”, potentiellement irresponsable de ses actes. Samedi, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à Paris et à Marseille pour protester contre la décision de la cour d’appel de Paris qui a déclaré pénalement irresponsable l’assassin de Sarah Halimi, Kobili Traoré, au prétexte que le tueur avait consommé du cannabis. Traoré avait défenestré la victime en lui reprochant d’être juive et en proférant des “Allah Akbar !”.

L’”esprit Charlie”, cet élan contre un obscurantisme, n’a pas survécu au massacre d’une rédaction qui avait été désignée comme islamophobe par les censeurs et leurs sicaires. “C’est la publication des caricatures de Mahomet en 2006 qui fut à l’origine de cet attentat”, rappelle Riss, un des rares survivants de la tragédie (2). Le soir même de l’attentat, une capitulation des esprits m’était déjà apparue à l’occasion d’un débat sur RTL dans l’émission On refait le monde. J’y avais repris un argument de mon blog du jour (lire ici) invitant les musulmans à se désolidariser de ceux qui tuent en leur nom. Or l’activiste Rokhaya Diallo, soutenue par les autres intervenants, avait voulu voir dans mon propos une stigmatisation des musulmans et s’était même mise à pleurer. A ce moment de tension, je n’avais pas eu la présence d’esprit de lui rappeler un texte glacial du 5 novembre 2011 que la militante avait cosigné avec Houria Bouteldja, égérie anti-Souchiens, après l’incendie criminel des locaux de Charlie. “Il n’y a pas lieu de d’apitoyer sur les journalistes de Charlie Hebdo (…)”, soutenaient notamment les jeunes femmes. Elles accusaient la rédaction, qui allait être décimée quatre ans plus tard, de participer à une “vision raciste du monde”. Depuis, cette dialectique victimaire des islamistes, qui se comparent aux juifs persécutés sous Vichy tout en laissant voir leur judéophobie, a pris le pas sur la mesure du danger islamiste. Quand Donald Trump décide d’éliminer, vendredi en Irak, le terroriste iranien Qassem Soleimani, les capitulards s’empressent d’accabler le président américain et de se lamenter sur les mauvaises manières faites aux tyrans iraniens. A Troie, c’est Cassandre qui avait raison.

(1) Le monde d’hier, souvenirs d’un Européen, Livre de poche

(2) Une minute quarnate-neuf secondes, Actes Sud

Je participerai, ce lundi, à L’heure des pros 2 sur CNews (20h-21h)

Tags:

Le BNVCA condamne l’attentat islamo-terrorise commis le 3/1/2020 à Villejuif faisant un mort et plusieurs blessés. Entre radicalisation et folie meurtrière il n’y a pas de frontière.

Le BNVCA condamne sévèrement l’attentat islamo-terroriste commis le 3/1/2020 par un individu converti à l’islam qui a fait un mort et plusieurs blessés dans le Parc des Hautes Bruyères à Villejuif (Val de marne).

L’auteur âgé de 22 ans a été neutralisé par les Policiers qui ont réagi en situation de Légitime Défense.

Le criminel a toutefois épargné une victime parce cette personne de confession musulmane comme lui  a récité une prière du Coran à sa demande. 

Ce crime nous rappelle que KOBILI TRAORE l’assassin islamiste de Sarah Halimi avait lui aussi épargné les Diara, ses voisins Maliens et musulmans comme lui, pour s’attaquer à sa voisine de confession juive        « Sarah Halimi » qu’il a torturée, violentée, et défenestrée sans que personne ne le “neutralise “.

Comme cela s’est produit dans la Préfecture de Police de Paris, ces comportements, ces crimes commis aux cris « d’Allah Akhbar » par des individus musulmans ou convertis à l’islam, et qui se répètent sont de nature à nous inquiéter très sérieusement.

Pour le BNVCA entre Radicalisation et folie meurtrière, il n’y a pas de frontière.

Nous demandons aux autorités de Police et de Justice, compétentes, de prendre sans délai toutes les mesures préventives de nature à mettre hors d’état de nuire ceux qui fichés S ou pas, peuvent passer à l’acte à tout moment.

Le BNVCA apprécie que le Parquet Anti-Terroriste se soit finalement saisi de l’enquête. Pour le BNVCA il était évident que cette agression mortelle était de nature Terroriste.

Georges Bensoussan: «Le vrai tabou n’est pas l’antisémitisme, mais qui sont les antisémites»

GRAND ENTRETIEN – La cour d’appel de Paris vient de prononcer l’irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi, une retraitée de confession juive. Pour l’historien Georges Bensoussan, un procès aurait permis d’éclairer une affaire révélatrice des fractures françaises.

Par Alexandre Devecchio

LE FIGARO MAGAZINE. – Le caractère antisémite du meurtre de Sarah Halimi a été reconnu. Mais la cour d’appel de Paris a jugé que la surconsommation de cannabis abolissait le discernement du meurtrier. Kobili Traoré ne sera pas jugé. Que vous inspire cette décision?

Georges BENSOUSSAN. – Sur le plan des faits, cette décision paraît étrange. Cette nuit-là, en effet, Traoré avait assez de discernement pour pénétrer chez les Diarra, ses voisins maliens, sans leur faire aucun mal et avec le seul souci de passer par le balcon de leur appartement mitoyen de celui de Sarah Halimi. En proie à une bouffée délirante due à sa consommation de cannabis, il pouvait agresser n’importe quel voisin. Ce qu’il ne fait pas. Il s’en prend à cette femme spécifiquement, qu’il va massacrer en la qualifiant de «sheitan» (diable en arabe) après avoir passé une partie de la journée à la mosquée voisine connue pour son «radicalisme religieux», comme on dit en novlangue. S’en prendre à une personne précise (et pourquoi celle-ci?) et non au premier venu croisé sur sa route invalide la thèse d’une abolition totale du discernement. Pourquoi cette femme plutôt que ses voisins immédiats? La maladie mentale épouse les codes sociaux et culturels de son temps. La grande scène d’hystérie des mardis de Charcot à la Salpêtrière a massivement disparu: le désordre mental a pris d’autres visages. Avec Traoré, la bouffée délirante prend la forme (tout aussi délirante) de la propagande islamiste dont il s’imprègne continûment. Le crime qu’il commet est un marqueur social, c’est en cela qu’il est paradoxalement, et en même temps, structuré par la raison: il bat à mort une femme que les codes culturels de son environnement présentent comme le diable sur la terre: le «Juif», celui dont Youssef al-Qaradawi, le prédicateur le plus suivi dans les milieux Frères musulmans, en France et ailleurs, estime que le génocide qui l’a frappé était un châtiment divin, et que si Dieu le veut, le prochain massacre sera exécuté par la main des musulmans eux-mêmes.

Deuxième paradoxe: l’évocation d’une bouffée délirante sous l’emprise du cannabis comme circonstance atténuante, alors qu’en d’autres circonstances, la prise de drogue ou d’alcool est un facteur aggravant. Par ailleurs, dès lors qu’un épisode épouse les codes culturels en usage, refuser le procès, c’est s’interdire de questionner cet environnement pathogène. In fine, c’est le dédouaner. Cette décision laisse donc dans l’ombre ces zones du territoire contrôlées par les propagandistes salafistes. Elle illustre ce que l’historien Pierre Vermeren nomme Déni français (Albin Michel). Un déni qui a un prix, le sang d’une femme battue à mort et défenestrée au vu des voisins et des policiers qui n’interviennent pas faute d’ordre adéquat.

Qu’est-ce qu’un débat contradictoire aurait pu nous apprendre de plus sur cette affaire?

Précisément ceci: qui a fabriqué un tel environnement? Qu’est-ce que cette affaire dit d’une immigration qui n’a pas toujours été bien intégrée? Voire qui, dans certains cas aujourd’hui, se désassimile sous l’effet d’un processus récent de réislamisation? Un procès aurait éclairé ce délitement de la nation, il aurait questionné la frilosité des autorités qui n’ont pas donné à temps l’ordre d’intervenir, alors que le calvaire de cette femme a duré près d’une heure. Il aurait interrogé le silence des médias dans les jours qui ont suivi, et qui renvoyait les Juifs à leur solitude ancienne, celle qui fait de l’antisémitisme (plus de la moitié des actes racistes pour 0,7 % de la population) une «affaire juive», une solitude qu’en 2016 déjà, dans Marianne, Éric Conan évoquait avec justesse en titrant «Extension du domaine de la solitude juive».

Vous avez été l’un des premiers à mettre en lumière la question du nouvel antisémitisme dans Les Territoires perdus de la République, en 2002. Cette affaire illustre-t-elle cette dérive que vous décrivez dans cet essai? Pourquoi, presque vingt ans après, s’agit-il toujours d’un tabou?

L’antisémitisme est aujourd’hui si criant qu’il serait difficile de le cacher sans sombrer dans le ridicule. Ce qui est tabou, ce sont les antisémites. On dénoncera le mal en laissant dans l’ombre ses auteurs, ce qu’on résume en français par l’expression: «Parler pour ne rien dire.» Le tout accompagné d’exaltation au «plus jamais ça», d’une visite obligée au Mémorial et d’une certaine forme de commémoration qui honore les Juifs morts pour mieux oublier les vivants. Cette affaire offre le spectacle pathétique d’une défaite annoncée quand se marient déni, démission et lâcheté.

Cette affaire signe un double abandon, celui du ­judaïsme populaire sacrifié sur l’autel d’une hypothétique paix civile, et de manière plus générale, l’abandon des classes populaires. Georges Bensoussan

Au-delà de la question du nouvel antisémitisme, que révèle cette affaire de la société française? Iriez-vous jusqu’à dire qu’il s’agit d’un précipité des fractures françaises?

On a vu avec quelle célérité, parfois aussi avec quelle sévérité la justice avait sanctionné les «gilets jaunes» auteurs de violences. On sait aussi avec quel empressement elle relaie les plaintes pour incitation à la haine raciale, à la discrimination et autres attaques contre le genre humain. Ici, en revanche, il fallut des mois de discussion pour reconnaître le caractère antisémite de l’agression, et pour conclure, deux ans plus tard, par ce dénouement d’autant plus étrange que tous les experts médicaux s’accordent à reconnaître que Kobili Traoré est sain d’esprit, qu’il l’était d’ailleurs tout autant avant la nuit du meurtre. Qu’en d’autres termes, il n’a pas sa place dans un hôpital psychiatrique. Loin de nous l’idée de jeter le doute sur la justice française. On la sait indépendante et courageuse, ce qu’elle a montré tout au long du siècle dernier. Loin de nous également la supposition de quelque pression politique. Ce serait oublier que la France est le pays des droits de l’homme, que le monde entier regarde avec admiration et envie. Même si, à part soi, on a parfois le sentiment de balancer entre Kundera et Orwell.

Cette affaire est révélatrice des fractures françaises en ceci qu’elle signe un double abandon, celui du judaïsme populaire (dont Sarah Halimi était emblématique) sacrifié sur l’autel d’une hypothétique paix civile, et de manière plus générale, l’abandon des classes populaires. C’est pourquoi la mise à l’écart des Juifs ne doit pas être lue au prisme de l’antisémitisme (il n’y a pas de dimension antisémite dans cette décision, et c’est peut-être le plus inquiétant), elle doit être lue comme une illustration de la déchirure du tissu social français.

L’affaire a été longtemps ignorée par les médias et les politiques – et aujourd’hui, elle ne sera pas jugée. Illustre-t-elle également un certain nombre de dysfonctionnements et de lâchetés?

Quand l’affaire a éclaté, début avril 2017, nous étions en pleine campagne présidentielle: il ne fallait pas ébrécher le dogme du «vivre ensemble» quand ce meurtre montrait, au contraire, la faillite de cette mythologie. En quittant son poste, l’ancien ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, déclarait: «Il faut une vision d’ensemble car on vit côte à côte, et je le dis: moi, je crains que demain, on vive face à face. Nous sommes en face de problèmes immenses.» Juger le meurtrier de Sarah Halimi aurait pu éclairer, à cet égard, le déni des élites françaises, un déni dont elles ne paieront pas le prix, puisqu’elles pratiquent, on le sait, un entre-soi résidentiel, culturel et scolaire. Elles n’auront pas non plus à payer (du moins dans l’immédiat) l’échec de l’intégration d’une partie de cette immigration qui a affecté les classes populaires. Qui se souvient, à ce propos, de l’argumentaire du PCF en 1981? Les conséquences de ces bouleversements seront acquittées par ceux qui n’ont pas les moyens d’ériger la frontière invisible de l’entre-soi social. Et par les Juifs dont beaucoup, en particulier venus des quartiers populaires, ont déjà quitté le pays. Cette décision laisse l’impression qu’en haut lieu, on est prêt à sacrifier les plus fragiles pour sauver un semblant de paix sociale. Aux Juifs, elle indique la direction de la sortie. Et aux complotistes, qui fantasment nuit et jour sur le «pouvoir juif», elle dit le vide dudit pouvoir. A fortiori dans un pays où 62 % de leurs compatriotes se disent «indifférents» à leur départ…

Chacun sait les aberrations juridiques dont profitent les ennemis proclamés de la démocratie et de la nation, qui voient l’Occident, la France en particulier, comme des États faibles, sans énergie. Georges Bensoussan

Cinq ans presque jour pour jour après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher de Vincennes, quelles leçons ont été tirées de ces événements?

La menace islamiste est prise au sérieux, et le renseignement français a fait d’incontestables progrès, à preuve les attentats déjoués grâce à ce travail en amont, même si l’on sait qu’il n’existe pas de bouclier imparable. Cela dit, la modification de la loi s’impose dans de nombreux domaines. Chacun sait les aberrations juridiques dont profitent les ennemis proclamés de la démocratie et de la nation, qui voient l’Occident, la France en particulier, comme des États faibles, sans énergie, des «terres de conquête». Il suffit de lire leurs textes et de les prendre au sérieux, tout y est dit en termes clairs.

Et sur le plan de la liberté d’expression?

Après janvier 2015, la situation a continué à se dégrader pour les Juifs, premiers signaux d’alerte comme chaque fois que l’État s’affaiblit. Si 4 millions de personnes «étaient Charlie», le 11 janvier 2015, cinq ans plus tard, on constate qu’aucune caricature du «Prophète» n’a été publiée dans la presse occidentale. Les menaces de représailles et l’atmosphère de terrorisme intellectuel alimentée par un gauchisme culturel suicidaire ont porté leurs fruits. Quatre ans après le Bataclan, loin de s’épanouir, la liberté d’expression s’est réduite. La France n’est pas seulement le pays du déni, c’est aussi le pays de la crainte, celui où les procès d’opinion se multiplient et où, sur le qui-vive, comme s’il s’agissait de rejouer la guerre d’Espagne, une armée de bien-pensants «antifascistes» se tient en embuscade en quête des «dérapages» des malpensants. De là que les véritables débats se font rares, qu’il faut parler en langage codé et par métaphores. Nous sommes revenus à une forme d’autocensure qui prévalait dans la seconde moitié du XVIIIesiècle. Comment écrire Le Neveu de Rameau en évitant la Bastille, ou son équivalent contemporain, la mise à l’index médiatique et social? En ne le publiant pas. De là cet entre-soi poli entre gens qui pensent correctement, se montrent hostiles à «toutes les discriminations»comme aux normes genrées, et favorables à la «diversité», au multiculturalisme, au vivre ensemble et à l’écriture inclusive. Et, s’il le faut, à une relecture de la culture qui implique d’épurer bibliothèques et cinémathèques.

Comment expliquez-vous cette dérive?

C’est qu’en premier lieu, à l’inverse de la croyance commune, comme Jacques Julliard l’avait magistralement analysé dans vos colonnes il y a quelques mois, les intellectuels ne sont pas forcément amoureux de la liberté, et certains d’entre eux, au moins, sont fascinés par le pouvoir et la violence. Il faudrait faire l’historique des errements de certains intellectuels du siècle dernier en matière de déni et de caution apportée aux entreprises totalitaires. On comprendrait mieux alors la défiance que montrait George Orwell à leur endroit à la fin de sa vie. En second lieu, ce glissement vers la soumission interroge une sourde aspiration au totalitarisme, à ce rêve archaïque d’un monde sans conflit d’où l’angoisse première aurait disparu.

Depuis plusieurs années déjà, l’alarme a été donnée, de nombreux livres ont été publiés, fréquemment étouffés il est vrai par une chape de silence. Ainsi, suffit-il d’évoquer tel ou tel titre de presse, tel ou tel éditeur pour qu’une petite, mais puissante et grégaire coterie médiatique hurle à l’«extrême droite». Aujourd’hui, tel un combat à fronts renversés, ce chantage apparaît comme le meilleur moyen de bâillonner la colère des classes populaires.

Dans le même temps, le démantèlement des cadres de référence nés du christianisme, véritable bouleversement anthropologique en moins d’un siècle, laisse sans voix cette gauche sociétale qui domine les grands médias et les écoles de journalisme et se focalise sur les «discriminations» en laissant de côté à la fois cette fracture de civilisation et la lutte des classes (des mots qui paraissent d’un autre âge), la grande oubliée de ces trente dernières années. Les mêmes qui subissent la discrimination sociale, l’exploitation et le mépris, la précarisation comme l’absence de perspectives – les «sans dents», en un mot – sont aussi ceux qui vivent au jour le jour l’insécurité culturelle et identitaire avec le sentiment de devenir étrangers dans leur propre pays, et d’y vivre un exil intérieur plus incompréhensible et plus douloureux peut-être encore que l’éloignement physique de la patrie.

Gernelle – Cinq ans après « Charlie » et l’Hyper Cacher : Rhinocéros II

Face à l’islamisme et à l’antisémitisme, sommes-nous devenus faibles, aveugles et lâches comme les personnages de la pièce de Ionesco ? Triste anniversaire.

par Étienne GernelleModifié | Le Point 

Comment « l’anormal » devient-il la norme ? Dans sa pièce « Rhinocéros », Eugène Ionesco raconte la contagion mentale par laquelle les hommes se changent peu à peu en pachydermes. La « rhinocérite » évoque la montée du fascisme en Roumanie dans les années 1930, mais aussi la tentation du communisme dans la Francedes années 1950.

Ce phénomène d’accoutumance à l’anormal est particulièrement bien incarné dans la pièce par un personnage nommé Dudard : éduqué, courtois et soucieux d’être toujours dans le bon camp. Florilège des répliques de ce Dudard : « Peut-on savoir où est le mal, où est le bien ? » ; « II faut toujours essayer de comprendre » ; « Laissez-les donc tranquilles ! En quoi vous gênent-ils ? Vraiment, ils vous obsèdent. Ce n’est pas bien » ; « Vous n’avez qu’à éviter de vous mettre sur leur passage » ; « Ils ne vous attaquent pas. Si on les laisse tranquilles ils vous ignorent »… Cela vous rappelle quelque chose ?

Pour ceux qui étaient dans la rue le 11 janvier 2015, après l’attentat de Charlie Hebdo, après celui de l’Hyper Cacher, il y avait de la peine, de la colère, mais aussi le sentiment revigorant qu’une nation entière s’était levée. Il est difficile aujourd’hui de ne pas voir qu’une partie du pays s’est peu à peu couchée. Il en est des trahisons comme des poisons : la lenteur les rend plus redoutables encore.

Charlie d’abord, puisque c’est le carnage qui a ouvert, le 7 janvier, cette atroce année 2015. Le bilan a été dressé par le patron de l’hebdo satirique, Riss, dans ce livre puissant et bouleversant sorti il y a quelques mois : « Une minute quarante-neuf secondes ». Il y faisait le compte des lâchages, des lâchetés, des compromissions. « Si on publiait à nouveau les caricatures, on serait à nouveau seuls », nous avait-il alors confié.

Entre-temps, le travail de sape des marchands de « l’islamophobie » a payé. Ce terme ambigu, qui peut renvoyer tant à la haine des musulmans – à combattre – qu’à la critique de l’islam – qui est libre -, s’est assez largement imposé. Le délit de blasphème revient par la fenêtre. On a vu aussi le retour des « mais ». Des dessins de Charliejugés inconvenants : « C’est leur liberté, mais… » Comme si seuls les morts de 2015 retenaient les irrités de céder aux pulsions de censure ambiantes.

A l’unisson. Le 11 janvier 2015, à Marseille.

Il est frappant de voir que le livre de Riss – l’un des plus importants de ces dernières années – n’a reçu qu’un écho modéré. Sympathique, mais gêné. À entendre certaines belles âmes françaises, Riss serait un survivant traumatisé donc excessif. On l’écoute poliment et on passe à autre chose. En attendant, lui et ses amis sont toujours condamnés à mort par les islamistes. Ils sont obligés de se cacher, alors que les militants d’un islam radical et politique, eux, déploient leur influence, comme le montre l’impressionnante enquête de Bernard Rougier  « Les territoires conquis de l’islamisme »,  éditée aux PUF.

L’Hyper Cacher, ensuite. Le 9 janvier 2015, le meurtre antisémite revenait sur le devant de la scène. Sans doute les crimes de Merah, trois ans plus tôt, n’avaient-ils pas été saisis dans toute leur dimension. Le réveil fut brutal. « Je suis juif », lisait-on sur les pancartes lors de la manifestation du 11 janvier, au côté des « Je suis Charlie ». De même que les « Charlie » se font plus discrets, on est de moins en moins « juif » aujourd’hui. Les profanations de cimetières juifs indignent encore, mais l’habitude émousse les chocs. En, février 2019, Alain Finkielkraut était poursuivi boulevard du Montparnasse, à Paris, par plusieurs individus : « Sale sioniste », « Rentre chez toi en Israël »,hurlaient-ils. Est-on en France ? Que nous arrive-t-il ? Alors Finkielkraut a certes été soutenu. Avec, souvent, des « mais ». « Ce n’est pas acceptable mais je ne partage pas ses opinions. » « C’est honteux, même si… » En décembre 2019, Jean-Luc Mélenchon commente la défaite de son ami Jeremy Corbyn aux élections outre-Manche en pointant la prise de position défiante du grand rabbin britannique à l’égard du leader travailliste. Pourtant, le problème de l’antisémitisme au Labour est documenté, y compris de l’intérieur. Mais Mélenchon insiste, et ajoute ce curieux parallèle avec la France : « Génuflexion devant les oukases arrogante (sic) des communautaristes du CRIF : c’est non. »

Stupéfiant ! Que venait faire le CRIF ici ? Certes, ceux qui le connaissent bien disent que Mélenchon n’est pas antisémite. C’est sûrement vrai, mais on s’en fiche : un homme politique français de premier plan, ayant obtenu près de 20 % des voix à la présidentielle de 2017, a désigné gratuitement une institution juive comme un adversaire. Mélenchon est évidemment dûment interrogé sur le sujet, à la radio et la télévision. Mais cela finit par s’arrêter. Finalement, il s’en est remis très vite. Les mouvements indigénistes, si prompts à brandir leur « antisionisme » (et si étrangement muets sur le cas des Ouïgours en Chine, tous les musulmans ne se valent pas pour eux), peuvent être contents, leur rengaine contre leur cible favorite vient de recevoir une onction inespérée.

Dans « Rhinocéros », Béranger, le personnage principal de la pièce, finit par dire à Dudard que sa « tolérance excessive » est de la « faiblesse », de « l’aveuglement ». Dudard se transformera en pachyderme cornu. Et Béranger restera seul §

Les territoires conquis de l’islamisme

Dans un livre choc, l’universitaire Bernard Rougier décrit la prise de contrôle de l’islam de France et de certains quartiers par les islamistes.

Par Thomas Mahler et Clément Pétreault  –Le Point 

Bernard Rougier est un homme stressé. Dans quelques jours paraîtront « Les territoires conquis de l’islamisme » (PUF), une enquête universitaire implacable sur la manière dont des « écosystèmes islamistes » se sont développés à l’intérieur des quartiers populaires, succédant au communisme de l’après-guerre. Le chercheur sait que son ouvrage risque d’entraîner des réactions courroucées. Pour ce spécialiste de l’idéologie salafo-djihadiste en France et au Moyen-Orient, il aura été paradoxalement plus facile de travailler au cœur des camps de réfugiés palestiniens il y a vingt ans que dans la France actuelle où, déplore-t-il, fleurissent les « sensibilités exacerbées ». 

Le livre raconte les étapes d’une « prise de contrôle » par une frange littéraliste et minoritaire de l’islam, du développement des idéologies émanant d’oulémas de la péninsule arabique jusqu’aux combines électorales dans la banlieue parisienne. Par le biais des mosquées, écoles confessionnelles, associations sportives religieuses ou commerces halal, un islam salafo-frériste a imposé sa norme à l’islam en France, tout en encourageant la constitution de « territoires d’islam ». Que ce soit par ignorance ou par intérêt clientéliste, des élus ont accompagné ce hold-up religieux. « Ce livre documente l’islamisme au niveau local et démontre comment des dynamiques locales ont conduit 1 500 Français dans les filières syriennes », explique le chercheur Hugo Micheron, qui signe un des chapitres. Rougier a collaboré avec des universitaires, mais il a surtout bénéficié des contributions de ses étudiants au Centre des études arabes et orientales de Paris III-Sorbonne nouvelle. Souvent d’origine maghrébine ou subsaharienne, ceux-ci ont discrètement enquêté dans les mosquées, d’Aubervilliers à Champigny, ou ont fait des tournées avec les tablighis à Sevran. « Nous démontrons le double discours islamiste, la rupture culturelle avec la société française, l’antisémitisme larvé, les ambiguïtés avec le djihadisme… Tout cela, les islamistes, aidés des décoloniaux, ne le supporteront pas. Je m’attends à être accusé d’islamophobie pour m’empêcher de poursuivre mes recherches », assure Bernard Rougier.

Un expert du monde arabe

1966 Naissance de Bernard Rougier.

2002 Soutient sa thèse sur le djihadisme dans les camps de réfugiés palestiniens.

2004 « Jihad au quotidien » (PUF).

2005 Maître de conférences à l’université de Clermont-Ferrand.

2008 Enseignant à la chaire Moyen-Orient Méditerranée de Sciences po. Dirige l’ouvrage collectif « Qu’est-ce que le salafisme ? » (PUF).

2011 « L’oumma en fragments » (PUF). Directeur du Cedej, au Caire.

2015 Professeur à la Sorbonne nouvelle.

2017 Membre senior de l’Institut universitaire de France. Dirige le domaine d’intérêt majeur (DIM) « Islam en Ile-de-France ».

L’un de nos meilleurs spécialistes du monde arabe taxé d’« islamophobie » ? Même ses plus féroces contradicteurs de l’université n’oseraient s’aventurer sur ce terrain. Diplômé de Sciences po, Bernard Rougier s’orientait vers les concours administratifs quand un voyage au Liban, au début des années 1990, lui a donné envie d’apprendre l’arabe, sésame indispensable pour comprendre les tensions géopolitiques de la région. « Avec la littérature classique arabe ou la poésie, un univers a surgi. » En troisième cycle en « analyse arabe du monde contemporain », il a pour professeurs Ghassan Salamé et Gilles Kepel, qui lui donnent le goût de la recherche. Après avoir enseigné en Jordanie et au Liban, il trouve son sujet de thèse dans le camp de réfugiés palestiniens Ain al-Hilweh, au Liban sud. Il mesure alors l’essor d’une idéologie religieuse salafo-djihadiste qui ronge de l’intérieur la construction d’une identité nationale menée par l’OLP et le Fatah : filles et garçons sont subitement séparés dans les écoles, le grand poète Mahmoud Darwich devient le symbole de la dépravation des mœurs… Le chercheur se demande s’il n’est pas un salaud en écrivant sur cette population déjà privée de tout et que la sociologie de gauche considère comme l’archétype des dominés. C’est un réfugié, Salam, ancien militant du Fatah, qui le libère de ses scrupules : « Il m’a dit : “On subit la violence de ces djihadistes… Si toi qui peux partir, tu ne le racontes pas, personne le fera.” »

Mentor. Bernard Rougier et Gilles Kepel, professeur à Sciences po. Les deux fustigent les « dénégationnistes du djihad » et défendent un lien entre salafisme et djihadisme.

Le « complot » du 11 Septembre. Directeur du Centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociales (Cedej) au Caire, Bernard Rougier revient à Paris en 2015 comme professeur à Paris III. Des étudiants lui expliquent que le 11 septembre 2001 a été un complot. « Je ne savais pas si je devais rester en cours ou démissionner. J’ai un public des banlieues qui me fait dire que ce que j’avais vu il y a vingt ans dans les camps palestiniens est devenu en partie la réalité de notre société. La boucle était bouclée, ce qui m’a plongé dans un état quasi dépressif. » Les attentats du 13 novembre 2015 n’arrangeront rien au moral de l’universitaire.

Comme Gilles Kepel, Bernard Rougier pense que les phénomènes de radicalisation en France s’inscrivent dans le prolongement logique d’une « révolution salafiste » qui a eu lieu dans les pays musulmans et qui a réactivé le patrimoine sunnite le plus conservateur et littéraliste. En établissant un « continuum » entre salafisme et djihadiste, les deux universitaires  s’opposent à des confrères comme Olivier Roy . Pour Rougier, c’est toute la manière d’étudier le phénomène qu’il faut changer : « L’islam de France était un champ universitaire à part. Il y avait d’un côté les spécialistes du Moyen-Orient qui parlaient arabe, et de l’autre ceux de l’Europe qui ne parlaient pas arabe. Celui qui a fait le lien, c’est Gilles Kepel, qui a fait sa thèse sur les mouvements islamistes en Egypte, avant de travailler sur les banlieues françaises. Il est impossible de comprendre cet islamisme en France sans avoir une connaissance pointue du Moyen-Orient et du Maghreb. Parce que tout se fait dans l’interaction entre les deux rives de la Méditerranée ! »

Rupture avec la société. Le chercheur fustige aussi « l’idéologie dominante »au sein des sciences humaines, largement inspirée par un marxisme crépusculaire : « On remplace la figure de l’ouvrier par celle de l’immigré, on survalorise les facteurs sociaux et les discriminations territoriales… Kepel ou moi ne nions pas le facteur social, mais il y a une rencontre entre les logiques sociales européennes et les logiques idéologiques moyen-orientales qui doit être étudiée. L’investissement religieux des quartiers est fait de manière stratégique et pensée. Hélas, par démagogie ou par volonté d’avoir des postes aux Etats-Unis, des intellectuels français se plient aux normes de la “political correctness”… » 

Pour Rougier, les quatre forces principales de l’islamisme- tablighis, Frères musulmans, salafistes et djihadistes – sont différentes, mais toutes encouragent une rupture avec la société française. Mais il ne faut pas se tromper : cette « conquête » est avant tout celle de l’islamisme sur l’islam. Une étude menée par des chercheurs strasbourgeois documente une « salafisation » des livres confessionnels : un tiers des ouvrages étudiés (31 %) offrent un discours de nature normative et juridique, tandis que d’autres présentent l’islam comme « la vraie religion » face à un Occident décadent et agresseur. C’est ainsi, rappelle Rougier, qu’idéologues intégristes et identitaires d’extrême droite sont finalement les meilleurs alliés du monde : tous essaient de nous faire croire que l’islamisme, c’est l’islam. Depuis quelques années, ils peuvent compter sur la complicité d’une partie croissante de la gauche décoloniale, pour qui la critique de l’islamisme relève de l’islamophobie, apportant une caution inespérée aux fous de pureté de toute sorte…§

Albert Camus, le toujours juste

RÉCIT – Le 4 janvier 1960, l’écrivain mourait dans un accident de la route. Soixante ans après, son aura est intacte, son œuvre est très lue et ses idées restent plus que jamais d’actualité.Par Mohammed AïssaouiPublié le 1 janvier 2020 à 17:51, mis à jour le 1 janvier 2020 à 18:53

Le lundi 4 janvier 1960, vers 14 heures, sur une route de l’Yonne, une voiture s’écrase contre un platane au lieu-dit Petit-Villeblevin, près de Sens. À l’intérieur se trouvent Michel Gallimard, sa femme et la fille de cette dernière, ainsi qu’Albert Camus qui sera tué sur le coup – l’éditeur Michel Gallimard ne survivra que quelques jours à ses blessures.

Le lendemain, dans son édition de 5 heures, Le Figaro, comme la plupart des quotidiens, traite l’information en une, sur plusieurs pages, et le journal lui consacre son éditorial: «Un homme juste». Soixante ans après sa mort, un constat: Camus est toujours vivant.

1960-2020: rarement un écrivain aura eu une vie posthume aussi riche. C’est qu’il continue de nous parler, aux anciens comme aux jeunes. On le lit plus que jamais. Ses succès de librairie ne faiblissent pas. Lors d’un sondage que nous avions réalisé avec GfK sur les classiques les plus lus, Camus figure à la 4e place, juste derrière Maupassant, Molière et Zola! Son nom est l’un des plus célébrés sur le fronton de nos écoles.

” Plutôt mourir debout que de vivre à genouxAlbert Camus dans «L’Homme révolté»

L’histoire l’a largement réhabilité. Dans le combat intellectuel qui l’a opposé à Sartre et ses affidés, la victoire a changé de camp. Rappel des faits. En octobre 1951 paraît L’Homme révolté. Cet essai est un pavé étincelant lancé dans la mare de la philosophie existentialiste et plus largement des nihilistes – entre autres, il met dans le même sac nazisme et communisme, et fustige les idéologues. C’est dans ce texte que Camus reprend la citation «Plutôt mourir debout que de vivre à genoux». La réaction est violente. La revue Les Temps modernes, dirigée par Sartre, riposte sous la plume de Francis Jeanson: «C’est d’abord un grand livre manqué.» Jeanson parle de «morale de Croix-Rouge». Pour discréditer Camus, il s’agit pour le réseau Sartre de lui refuser le statut de philosophe – c’est aussi un mépris de classe dont on trouvera l’écho dans les mémoires de Simone de Beauvoir: Camus, l’ami, s’éloignant de Sartre devient tout à coup négligeable.

L’écrivain est touché. L’attribution du prix Nobel de littérature en 1957, loin d’être un moment de joie, ne fait que raviver les rancœurs. Sartre, à l’annonce de la proclamation, aurait dit: «C’est bien fait!» Le critique des Temps modernes Bernard Frank n’y va pas de main morte: «C’est le style d’un timide, d’un homme du peuple qui, les gants à la main, le chapeau encore sur la tête, entre pour la première fois dans un salon. Les autres invités se détournent, ils savent à qui ils ont affaire. Quand Camus pense, il met son beau style. Les résultats ne sont pas très bons.»

Camus écrivain emprunté, penseur simpliste, cette réputation aura la vie dure. En 1957, on se contente de dire que son œuvre intellectuelle est derrière lui: le Nobel en est la preuve: n’a-t-il pas vocation à couronner une œuvre achevée?Les “événements” d’Algérie font entrer Camus dans un silence assourdissant

C’est le théâtre qui le maintient en vie: il crée, adapte, monte des pièces. Il est même question que Malraux, ministre des Affaires culturelles, lui confie la direction d’une scène parisienne – dix-sept ans plus tôt, il avait déjà appuyé la parution de L’Étranger chez Gallimard. Les «événements» d’Algérie le font entrer dans un silence assourdissant. La peur du malentendu. Lui qui rêve de «trêve civile» sait sa position intenable face aux radicalismes qui s’expriment de part et d’autre.

Après sa mort, la postérité de Camus est loin d’être avantageuse. Sartre, vivant, règne en maître sur les esprits. L’université regarde de loin les œuvres de cet homme largement autodidacte. Camus n’est qu’un «philosophe pour classes terminales», comme l’écrit avec culot le journaliste Jean-Jacques Brochier dans un pamphlet paru en 1970.

Le renversement de tendance surviendra dans les années 1990. D’abord avec le succès inentamé de ses livres, L’Étranger, La Peste. Son style éblouissant renforce chaque jour son œuvre. Les adaptations en bande dessinée de Jacques Ferrandez montrent ce qu’elle doit aux saveurs, aux couleurs de l’Algérie. La publication de son roman inachevé Le Premier Homme fut un événement. Il y travaillait au moment de sa mort. À lire ce grand récit familial, son humanité saute aux yeux.

Albert Camus soigne le désespoir par le sentiment qu’il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendreRaphaël Enthoven

Un nouveau regard sur Camus s’installe avec la chute du mur de Berlin et, partant, l’écroulement de l’idéologie communiste. Sa clairvoyance, sa mesure sont reconnues. Par effet de contraste, l’aveuglement de ses adversaires, les Sartre, Merleau-Ponty, Jeanson, est accablant.

Aujourd’hui, on ne peut lire ou voir une représentation des Justes sans songer aux problématiques posées par le terrorisme contemporain. Dans le superbe volume «Quarto» qui rassemble dix-sept textes de Camus, Raphaël Enthoven, explique bien ce que nous ressentons en compagnie de l’écrivain: «À ceux qui cherchent un sens à la vie, Camus répond qu’on ne sort pas du ciel qui nous contient. À ceux qui se désolent de l’absurde, Camus raconte que le monde est beau et que cela suffit à remplir le cœur d’un homme. À ceux qui souhaitent la tyrannie parce que l’Homme n’est pas à la hauteur du bien qu’on lui veut, Camus dit qu’il faut aimer les hommes avant les idées. Aux partisans de la haine, il décrit la gratitude. (…) Albert Camus soigne le désespoir par le sentiment qu’il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre.»

En 2009, il fut sérieusement envisagé par le président Sarkozy de le faire entrer au Panthéon. Ses enfants, Catherine et Jean, ont décliné l’offre, préférant le laisser là où il repose, au cimetière de Lourmarin, dans le Vaucluse qui lui renvoyait des parfums de son pays natal.


Bio express

1913 Le 7 novembre, naissance à la ferme Saint-Jean, près de Mondovi, en Algérie.

1914 Mort de son père, enterré dans le carré militaire du cimetière de Saint-Brieuc.

1937 et 1939 Les éditions Charlot publient L’Envers et l’Endroit, puis Noces, recueil de quatre essais dont Noces à Tipasa.

1940 Épouse Francine Faure, en secondes noces.

1942 Publication chez Gallimard de L’Étranger et du Mythe de Sisyphe.

1944 Camus devient rédacteur en chef de Combat.

1945 Naissance de ses jumeaux Catherine et Jean. Première de Caligula, avec Gérard Philipe.

1947 Parution de La Peste.

1951 Publication de L’Homme révolté, rupture avec Sartre.

1957 Reçoit le prix Nobel de littérature.

1960 Mort d’Albert Camus, le 4 janvier.

1994 Publication chez Gallimard du Premier Homme, son roman inachevé.

Les cheminots ne se battent pas pour la classe ouvrière, ils défendent leurs avantages

parAlain Finkielkraut – 

Photo: Hannah Assouline

Dans l’Esprit de l’Escalier, Alain Finkielkraut commente une fois par mois l’actualité face à Elisabeth Lévy. Un rythme qui permet, dit-il, de s’arracher au magma ou flux des humeurs. Retrouvez dans Causeur ses réflexions sur:

– Le désaveu de Jeremy Corbyn en Grande-Bretagne
– Quand le travail n’est plus aimé (la réforme des retraites)


Jeremy Corbyn et Jean-Luc Mélenchon

Ce que je retiens d’abord des élections législatives en Grande-Bretagne, c’est la déroute historique du Parti travailliste. Jeremy Corbyn a été massivement désavoué par les Anglais, de droite comme de gauche. Ils n’ont pas voulu payer du prix de l’antisémitisme la transformation peut-être inéluctable de leur nation en société multiculturelle. Les accointances de Jeremy Corbyn et de nombre de caciques ou de militants du Labour avec tous ceux qui pensent qu’un bon Israélien est un Israélien mort ont été sanctionnées. On ne peut pas dire, comme Ken Livingstone, l’ancien maire de Londres, qu’Hitler était sioniste et prétendre au pouvoir dans le pays qui a mené une guerre victorieuse contre le nazisme.

Il reste à souhaiter que le peuple français réagira avec la même dignité que le peuple anglais et punira dans les urnes ce Corbyn en pire qu’est devenu Jean-Luc Mélenchon

Et en France ? Commentant le revers électoral de Corbyn, Jean-Luc Mélenchon a écrit que celui-ci, au lieu de riposter, a composé : « Il a dû subir sans secours la grossière accusation d’antisémitisme à travers le grand rabbin d’Angleterre et les divers réseaux d’influence du Likoud (parti d’extrême droite de Netanyahou en Israël). » Et le leader de la France insoumise prévient : lui, il ne se laissera pas faire. Il ne cédera pas. Il ne pliera pas le genou « devant les oukases arrogants des communautaristes du CRIF ». Mélenchon a défilé, en revanche, contre l’islamophobie en France et manifesté ainsi son soutien au seul communautarisme vivant et inquiétant aujourd’hui en France.

Voilà où conduit l’alliance de la fureur anti-israélienne et du comptage des voix. Comme il a été dit dans le manifeste « contre le nouvel antisémitisme » publié en avril 2018 : « La bassesse électorale calcule que le vote musulman est dix fois supérieur au vote juif. » Il reste à souhaiter que le peuple français réagira avec la même dignité que le peuple anglais et punira dans les urnes ce Corbyn en pire qu’est devenu Jean-Luc Mélenchon.

Quand le travail n’est plus aimé

« Que le gouvernement retire son projet de réforme des retraites et nous interromprons la grève des transports », disent, en substance, les porte-parole de la CGT et de Sud-Rail. Michel Rocard, autrement dit, avait mille fois raison : « On ne traite pas, en France, le compromis avec la noblesse qu’il mérite. Il est, en fait, la vraie alternative à la guerre. On blague sur le flou de la distinction entre compromis et compromission alors qu’il y a entre eux une différence éthique majeure. On plaint ou on plaisante le gouvernement qui n’a à son actif que des compromis, et l’ensemble des activistes, des militants de toutes les forces politiques connues, n’aspirent qu’à la victoire. »

Repousser l’âge de départ à la retraite fait l’unanimité syndicale contre lui

Il y a, certes, aussi une noblesse de la lutte de classes. Mais, sauf à se payer de mots, on ne peut pas dire que le bras de fer entre les cheminots et le gouvernement relève de ce type de confrontation. Les cheminots ne se battent pas pour la classe ouvrière, ils défendent leurs avantages. Et comme les cotisations ne suffisent pas à payer les pensions des retraités du rail, c’est la collectivité, donc les autres travailleurs, qui comble le manque.

Comme l’a dit le Premier ministre, il y avait quatre actifs pour financer un retraité en 1950, il y en a 1,7 aujourd’hui. Trois options s’offrent donc à nous pour maintenir à flot le système français de retraite par répartition. La première a été énoncée par Jean-Paul Delevoye quand il était encore au gouvernement : accueillir en Europe dans les décennies à venir 50 millions de travailleurs étrangers. Ainsi, lui et d’autres adversaires résolus de ce qu’ils appellent « la théorie complotiste du Grand Remplacement » militent activement pour le changement de peuple. Si l’on pense avec Christopher Caldwell que l’Europe ne peut rester la même si sa population change, il faut refuser cette solution.

On peut aussi augmenter les cotisations, mais cela ferait baisser le niveau de vie de ceux qui travaillent. Reste la troisième possibilité : repousser l’âge du départ à la retraite. Cette option fait l’unanimité syndicale contre elle, alors même que, d’ici peu, les femmes vivront en moyenne 93 ans et les hommes 90. Cela signifie que, pour une majorité de Français, le travail n’est pas un accomplissement, mais une corvée et même une malédiction. On en vient même à écrire que travailler plus, ou plus longtemps, ne ferait qu’aggraver les crises écologique et climatique en cours. D’où la popularité d’un salaire indépendant de toute activité : le revenu universel. Cette proposition est sans doute encore utopique, mais très révélatrice, comme l’a écrit Pierre Manent, « d’une tendance profonde de notre sentiment social ». À cause peut-être de ce qu’il est devenu dans le monde moderne, le travail n’est plus aimé. Et, en même temps, comme le montrait Hannah Arendt, dès les années soixante du vingtième siècle, dans la société de travailleurs qu’est la nôtre, « il ne reste plus de classes, plus d’aristocratie politique ou spirituelle, qui puisse provoquer une restauration des autres facultés de l’homme. Même les présidents, les rois, les Premiers ministres voient dans leur fonction des emplois nécessaires à la vie de la société, et parmi les intellectuels il ne reste que quelques solitaires pour considérer ce qu’ils font comme des œuvres et non comme des moyens de gagner leur vie. Ce que nous avons devant nous, c’est la perspective d’une société de travailleurs sans travail, c’est-à-dire privés de la seule activité qui leur reste. On ne peut rien imaginer de pire ».

Robert Badinter, une voix contre l’antisémitisme

LE NOËL DU POSTILLON. Alors que le pays est frappé par une hausse des actes antisémites, l’ancien ministre était sorti en mars du silence.

Propos recueillis par Saïd Mahrane

Robert Badinter, une voix contre l'antisemitisme

Durant les fêtes de fin d’année, nous vous proposons les meilleurs entretiens parus dans la rubrique Postillon. Cet article a été mis en ligne initialement le 31 mars 2019.

Son émotivité est toujours là, intense, la colère étant sa première manifestation. Du murmure aux grondements, sa voix semble jaillir des profondeurs, où se rassemblent les souvenirs d’un vieux monsieur qui, enfant, a connu l’Occupation et vu de près ses horreurs. Il ne change pas, Robert Badinter, car il est des combats qui jamais ne cessent, et celui contre l’antisémitisme est de ceux-là. Aucune loi ne viendra à bout de la haine. L’ancien ministre de la Justice ne s’imaginait pas, en 2019, devoir évoquer le drame de Français juifs assassinés, d’autres contraints de quitter leur quartier, ou devoir commenter des caricatures visibles sur les réseaux sociaux et les « Rothschild » scandés lors de manifestations… Nous en sommes encore là. L’auteur d’« Idiss »*, un livre dédié à sa grand-mère, a tonné, ses yeux par moments se sont mouillés. Il ne se fait pas d’illusions. C’est pourquoi son message, il veut l’adresser aux jeunes générations.

Le Point : Que vous inspirent les récents actes antisémites que nous avons connus en France, en augmentation de 74 % en 2018 ?

Robert Badinter : L’augmentation des attaques verbales ou physiques contre les juifs ou les édifices juifs témoigne de l’agressivité accrue à leur encontre et dans une partie de l’Union européenne. S’agit-il seulement de la libération d’une inimitié permanente longtemps refoulée par l’horreur de la Shoah ou d’un nouvel antisémitisme, lié à l’hostilité, voire à la haine, que certains éprouvent contre les juifs de France, considérés par eux comme des militants de la cause « sioniste » ? Les deux sources se rejoignent dans la réapparition de l’antisémitisme en France. Pour moi, les choses sont simples : l’antisémitisme comme le racisme sont des fléaux qu’une société démocratique, qui se réclame des droits de l’homme, doit combattre avec fermeté par toutes les voies légales. S’agissant des juifs en France, pour les générations de juifs qui se sont succédé depuis la guerre, c’est la Shoah qui leur a fait prendre conscience de leur singularité. On ne massacre pas 6 millions de juifs européens, hommes, femmes, enfants, sans que les survivants et leurs descendants s’interrogent : pourquoi les a-t-on persécutés et tués ? Et la seule réponse est : parce qu’ils étaient juifs, même quand ils étaient baptisés chrétiens. Les survivants ont ressenti cette spécificité tragique : si les nazis et leurs alliés l’avaient emporté, que serait-il advenu des miens et de moi ? Auschwitz demeure ainsi symboliquement ancré dans la conscience des juifs, particulièrement en Europe. D’où leur hypersensibilité à toute expression de l’antisémitisme. Ce n’est en rien comparable à ce qu’il fut pendant l’Occupation et le régime de Vichy. Mais l’angoisse et la douleur n’ont pas disparu, même si le temps en a effacé l’intensité. Et on ne comprend la sensibilité des juifs d’aujourd’hui que si on prend la mesure de ce que la Shoah signifie encore pour eux.

Est-ce la raison pour laquelle, après tant d’années, vous avez écrit « Idiss », l’histoire de votre grand-mère, née dans le Yiddishland, cette zone frontalière de l’Empire russe avant 1914 où les juifs subissaient le mépris, les lois d’exception et parfois les violences allant jusqu’au massacre, les pogroms ?

Idiss et sa famille sont venus de Russie avant la Première Guerre mondiale en France, où les juifs bénéficiaient d’une pleine égalité de droits. Mais elle sera rattrapée après la défaite de 1940 par un antisémitisme pire encore que celui de la Russie tsariste. Et elle meurt à Paris, en 1943, en pleine Occupation nazie. Ajoutez à la tragédie de cette vie d’une juive européenne l’amour du petit garçon pour sa grand-mère. Et vous comprenez pourquoi j’ai écrit « Idiss ».

Vous dites que le monde juif d’où venait Idiss est un monde mort. Pourquoi ?

Le génocide des juifs, décidé par Hitler et réalisé par les nazis et leurs alliés ou complices en Europe, a détruit physiquement et culturellement le judaïsme ashkénaze, surtout en Europe centrale et orientale. Les sources vivantes du judaïsme européen ont été taries par ce génocide. J’ajoute que c’est un monde mort avec sa culture et sa langue. Le yiddish n’est plus une langue vivante comme il l’était en Europe centrale avant la guerre. Paradoxalement, après la Shoah, dans la sphère communiste, l’antisémitisme avait subsisté, mais sans juifs. Tout cela a créé un traumatisme profond chez les survivants et leurs enfants.

Alors à quoi assiste-t-on aujourd’hui ?

A la résurgence des vieux mythes antisémites. On voit réapparaître le thème du contrôle de la finance internationale par les banquiers juifs et en particulier les Rothschild. La dernière fois que je suis allé en Egypte, à un colloque de juristes, je me suis rendu au marché du Caire et là, j’ai vu des exemplaires des « Protocoles des sages de Sion », ce faux fabriqué par la police tsariste en 1894 ! Le conspirationnisme prolifère toujours. En 1941, j’avais 13 ans quand je suis allé voir dans Paris occupé, avec mon frère, et en dépit de l’interdiction parentale, l’exposition « Le juif et la France » au palais Berlitz. Franchement, on s’est « marrés », mon frère et moi, pas publiquement, mais à la sortie devant ces caricatures de juifs au nez crochu, tenant le monde dans leurs griffes, avec un mélange bizarre de châles de prière et de pièces d’or. Ce complotisme, on le retrouve aujourd’hui.

Que faut-il entendre par « nouvel » antisémitisme ?

C’est l’antisémitisme de toujours, de surcroît avec l’antisionisme, lié à la création de l’Etat d’Israël et à l’humiliation permanente que cela représente pour une partie du monde arabe.

Faut-il revoir la définition de l’antisémitisme en y incluant l’antisionisme ?

Juridiquement non. Certes, c’est un des aspects communément utilisés aujourd’hui par les antisémites, mais il n’est pas besoin d’en faire une incrimination en soi. La justice sait bien retrouver la haine antisémite derrière l’antisionisme. Le sionisme est un phénomène historique. Il a des acteurs, des partisans et des antisionistes, y compris parmi les juifs.

Il est de bon ton d’affirmer que la culture est un antidote à l’antisémitisme. Vous n’y croyez pas trop…

L’Allemagne était en 1933 un pays de haute culture, dans lequel le nombre de Prix Nobel était important, y compris des juifs. On comptait de grandes universités, à Berlin, à Heidelberg… L’Allemagne a donné à l’Europe des philosophes parmi les plus grands. L’amour de l’art, et spécialement de la musique, y a été élevé au plus haut niveau. Et pourtant, c’est ce peuple cultivé qui a porté au pouvoir Hitler et sa haine des juifs. L’entreprise génocidaire s’est poursuivie pendant la guerre avec l’aide de fonctionnaires, des gens ordinaires, y compris dans des unités d’extermination en Russie. Ce n’étaient pas tous des SS emportés par la haine. On les a transformés en tueurs d’enfants. On reste confondu. Comment ces hommes ont-ils pu descendre à ce niveau de barbarie ? Après la guerre et leurs crimes, ils sont retournés à leurs vies paisibles et, le week-end, allaient au cinéma en famille…

Qu’est-ce qui peut nous prémunir de la haine, si l’éducation ne suffit pas ?

L’éducation est nécessaire, mais n’est pas suffisante. A l’école, il y a des élèves qui écoutent et d’autres qui n’écoutent pas, ceux qui croient l’enseignant et ceux qui refusent ses propos. Alors quand Mohammed Merah tue des enfants dans une école juive de Toulouse, on se demande où est la différence avec les tueurs nazis dans les villages russes. Merah court après une fillette de 8 ans, l’attrape par les cheveux et lui tire une balle dans la tête à bout portant. Une enfant ! C’est l’acte le plus atroce qui soit. Il faut imaginer le geste. Ce fanatisme porte un nom, c’est l’antisémitisme à son degré ultime. Certes, il faut toujours se souvenir que 80 % des victimes du terrorisme dans le monde sont des musulmans. Mais il existe chez certains fanatiques une haine des juifs qui fait horreur.

N’y a-t-il pas un vide juridique ?

Il existe déjà de nombreuses dispositions législatives qui permettent de poursuivre et de sanctionner les actes ou les propos racistes ou antisémites. Mais la question aujourd’hui est celle de l’évolution des techniques. Le triomphe du numérique et l’essor des réseaux sociaux, grands vecteurs de haine, posent des problèmes nouveaux aux sociétés démocratiques.

Et qu’en est-il des populismes qui montent en Europe ?

Le populisme charrie toujours des relents antisémites et xénophobes. On retrouve, là aussi, la fonction traditionnelle du bouc émissaire que les juifs ont assumée en Europe et ailleurs. Le changement technologique accentue cette tendance avec les brèches qu’il ouvre dans les défenses légales. La liberté d’expression garantie par la Constitution des Etats-Unis ouvre la voie à des propagandes racistes, antisémites, sans risque de poursuites, car les plateformes sont domiciliées dans des Etats qui ignorent l’injure ou la diffamation raciale. Les juristes courent derrière cette maîtrise du temps et de l’espace par les nouvelles technologies et les problèmes qu’elle pose.

Vous croyez beaucoup dans l’exemplarité…

En Savoie, où nous étions réfugiés ma mère, mon frère et moi durant les années 1943 et 1944, nous demeurions dans un village, Cognin, près de Chambéry. Nous y avons vécu jusqu’à la Libération avec des cartes d’identité sur lesquelles ne figuraient plus le mot juif. Nous nous faisions passer pour une famille de réfugiés bretons de Saint-Nazaire, car la ville avait été détruite par les bombardements, y compris les bureaux de l’état civil. En allant au lycée, je passais tous les jours devant les locaux de la Milice, dirigée par Touvier. Il aurait suffi d’une dénonciation pour que nous soyons arrêtés. Les habitants du village ne pouvaient ignorer que cette famille sans père, ne recevant jamais de courrier ni de visites, était à l’évidence une famille juive cachée. Le silence complice du village entier nous a sauvés. Au moment du procès Touvier, je présidais le Conseil constitutionnel. J’ai appelé le maire de Cognin et je lui ai dit : « Je souhaiterais que vous réunissiez les enfants des écoles, je viendrai leur décrire la réalité de 1944. Il faut qu’ils sachent que leurs parents étaient des gens bien. » Je crois dans l’exemplarité. Il est important à mes yeux que les enfants devenus adultes puissent penser : « Mes parents étaient des gens bien ». C’est une puissante inspiration dans la vie.

Malgré tout, êtes-vous optimiste ? Qu’est-ce qui peut nous donner de l’espoir ?

Je m’efforce d’être lucide. Mais les voies de l’action sont claires : tous ceux qui ont foi dans la démocratie et les droits de l’homme doivent lutter ensemble pour combattre le fanatisme, le racisme et l’antisémitisme. C’est une exigence morale de premier rang. Quant aux modalités de la lutte, je fais confiance aux nouvelles générations pour les définir et les mettre en œuvre. Mes vœux les accompagnent§

« Idiss », de Robert Badinter (Fayard, 236 p., 20 €).

Shalom Lévy, blessé au couteau en 2016 à Strasbourg, est décédé

Son assaillant a été reconnu pénalement irresponsable le 19 décembre, alors qu’il avait déjà attaqué un Juif en 2010

Par TIMES OF ISRAEL STAFF

Shalom Lévy, Juif loubavitch de Strasbourg qui a été grièvement blessé au couteau le 19 août 2016 dans une attaque antisémite. (Crédit : famille Lévy)

Shalom Lévy, Juif Loubavitch de Strasbourg qui a été grièvement blessé au couteau le 19 août 2016 dans une attaque antisémite. (Crédit : famille Lévy)

Shalom Lévy, Juif loubavitch de Strasbourg qui a été grièvement blessé au couteau le 19 août 2016 dans une attaque antisémite, est décédé ce dimanche à âge de 65 ans, a rapporté le journal Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Il laisse derrière lui douze enfants.

Son assaillant, un musulman âgé de 45 ans au moment des faits et qui a crié « Allah Akbar » durant l’attaque selon des témoins, a été reconnu pénalement irresponsable le 19 décembre car atteint de troubles psychiatriques. Il ne sera ainsi pas jugé et a été libéré après 18 mois en détention provisoire.

La lame de 30 centimètres avait touché Shalom Lévy au rein et au foie. La victime avait néanmoins réussi à prendre la fuite.

« Il ne s’en est jamais bien remis, ni physiquement, ni psychologiquement. C’était pourtant un homme solide, boucher de profession, qui venait tout juste de prendre sa retraite », a rapporté son avocat, Maître Raphaël Nisand, au journal alsacien.

L’assaillant avait déjà attaqué un quadragénaire juif à Strasbourg en 2010, et avait été également reconnu irresponsable dans cette affaire. Il avait ensuite passé deux ans en hôpital psychiatrique.

Évoquant l’assassin, l’avocat Raphaël Nisand ajoute : « Voilà un homme qui en est à son deuxième Juif poignardé à Strasbourg. Qu’est-ce que la justice a à nous dire par rapport à ça ? », qui explique « qu’on perd toute traçabilité de l’individu à partir du moment où il est déclaré irresponsable pénalement et qu’il sort de détention ».

L’avocat a ainsi réclamé un changement de la loi afin que « l’irresponsabilité pénale ne puisse pas jouer pour quelqu’un qui allègue des motifs terroristes ou racistes. Le terroriste qui agresse, il sait ce qu’il fait. Même s’il a un petit vélo dans la tête ».

« Ces jours-ci, il est facile de déclarer quelqu’un fou », avait déclaré peu après l’attaque Moyal, fille de Shalom Lévy, au site The Algemeiner. Elle réagissait au fait que la police n’avait pas reconnu la dimension antisémite et terroriste de l’attaque. « Tout d’abord, c’est vrai, il faut être fou pour vouloir tuer quelqu’un. Donc le gars est fou. Mais quand vous voyez mon père, c’est évident qu’il est Juif. Il a une barbe et porte une kippa. »

L’affaire évoque celle de Sarah Halimi, sexagénaire juive assassinée à Paris en avril 2017 après avoir été défenestrée. Son meurtrier, Kobili Traoré, en proie à une bouffée délirante au moment des faits, a lui aussi été déclaré irresponsable pénalement le 19 décembre par la cour d’appel de Paris.

Des graffitis antisémites tagués sur la Synagogue de Londres pendant Hanouka

La police enquête sur un « crime de haine à caractère antisémite» après la découverte pendant la fête juive de Hanouka, de  graffitis tagués sur le mur d’une synagogue de Londres et sur les vitrines de plusieurs boutiques du nord de la capitale britannique…

.

Une étoile de David  et le chiffre 911 ont été peints à la bombe sur une synagogue et sur les vitrines de boutique à Hampstead (dont Oddbins et Esclot) et à Belsize Park samedi soir, le chiffre 911 fait référence à une théorie du complot antisémite qui suggère que les Juifs sont responsables de l’attentat du 11 septembre 2001.

« C’est un lieu de paix et de prière, profané par la plus ancienne haine du monde« , a twitté le conseiller conservateur de Hampstead, Oliver Cooper. Il s’est dit  «écœuré» et choqué après avoir découvert les graffitis dans neuf endroits différents du quartier. « Ma première réaction a été un choc et une horreur« , a-t-il commenté.

Oliver Cooper@OliverCooper

Sickened by the anti-Semitic graffiti on walls all over Hampstead and Belsize Park this morning. All decent people across Britain stand with our Jewish community – and we must move heaven and earth to eradicate this racist hatred, which was unimaginable just a few years ago.

View image on Twitter
View image on Twitter
View image on Twitter
View image on Twitter
LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU

Lettre du Dr Bloch . Lettre ouverte à Madame Nicole Belloubet, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice.

Madame La Ministre,

Je m’appelle Claude Bloch, je suis de nationalité française, psychiatre de profession depuis 40 ans et de religion juive.

Il va sans dire que je me suis interrogé sur l’intérêt et l’utilité d’ajouter ma voix aux nombreuses réactions d’incompréhension et d’indignation concernant ce qu’il faut bien appeler à présent « l’Affaire Sarah Halimi ». Mais, dans la mesure où je n’arrive pas à laisser cela de côté et à continuer à vaquer à mes occupations quotidiennes, dans la mesure où je me sens triplement atteint, dans ma qualité de citoyen français, dans ma profession de psychiatre et en tant que Juif, je me suis décidé à vous écrire. Je suis révolté en tant que français, consterné en tant que psychiatre et profondément blessé en tant que Juif.

Si je me permets de vous écrire aujourd’hui, sortant ainsi du « colloque singulier » et du secret professionnel qui sied d’ordinaire à ma pratique, c’est que j’ai le sentiment persistant, depuis le 19 décembre pour être précis, que quelque chose ne va plus du tout dans la Justice de notre pays et qu’une perte de confiance en cette même Justice est en train de s’installer chez un grand nombre de français Juifs et même chez un certain nombre de français non juifs comme je le constate chaque jour d’avantage.

Ce 19 décembre, comme nous en informait le (seul) quotidien Le Figaro, « Le meurtrier présumé de Sarah Halimi ne sera pas jugé ». La cour d’appel de Paris avait conclut à l’irresponsabilité pénale de Kabili Traoré. Toujours selon ce journal, trois expertises psychiatriques concordaient pour affirmer que le suspect avait agit lors d’une « bouffée délirante » liée à une forte consommation de cannabis. Toutefois, ces expertises divergeaient sur la question de l’abolition ou de l’altération de son discernement. La chambre de l’instruction a tranché et a conclu à l’abolition du discernement au moment des faits.

Or, qu’entend-on par ce terme « discernement » ? Le dictionnaire Le petit Robert le définit, dans l’usage courant, comme la disposition de l’esprit à juger clairement et sainement des choses.

Dans le manuel « Criminologie et psychiatrie », ouvrage collectif sous la direction de Thierry Albernhe, ce dernier écrit : « ….Il convient donc pour que l’irresponsabilité puisse être déclarée ou tout au moins reconnue, et ce à quelque stade que ce soit de la procédure, que les troubles de nature psychiques soient suffisamment importants pour anéantir le discernement, c’est à dire la capacité même de comprendre et de vouloir…. ».

Dans l’ouvrage intitulé « Expertise psychiatrique pénale » sous la direction de Jean-Louis Senon, Jean-Charles Pascal et Gérard Rossinelli (Ed. John Libbey, 2007) au chapitre concernant l’appréciation du discernement, Marc Schweitzer écrit ce qui suit : « Terme non médical utilisé dans le champ juridique, le discernement ne figure ni dans les dictionnaires de médecine, ni dans les dictionnaires de psychologie clinique » et plus loin « Des recherches effectuées, il ressort que très peu d’auteurs contemporains se sont exprimés sur leur conception du discernement et sur la complexité que représente son évaluation » (c’est moi qui souligne).

Plus loin encore Marc Schweitzer ajoute: « ….le discernement renvoie au fonctionnement psychique individuel et apparait comme une composante de l’activité de pensée (cognition-affective-émotionnelle) et aussi de la personnalité (…). Son évaluation recèle d’ailleurs bien des difficultés dans la mesure où il s’agit de tracer une « ligne de démarcation » entre les divers niveaux de discernement et les secteurs sur lesquels il s’exerce, elle pourrait alors s’appuyer sur une codification des critères, ce à quoi les recherches menées dans notre équipe s’attachent ».

Monsieur Traoré ne comprenait-il pas qu’il allait s’introduire dans l’appartement de sa voisine Sarah Halimi, ne comprenait-il plus que c’est précisément chez cette femme là qu’il avait décidé de s’introduire en enjambant le balcon du troisième étage (quelle habileté pour quelqu’un supposé avoir perdu le contrôle de ses actes) et non pas chez sa voisine ou son voisin du deuxième étage ou du quatrième ? Voulait-il aller frapper un voisin quelconque de son immeuble ou avait-il plutôt choisi sa future victime?

Concernant cette bouffée délirante, et comme nombre des collègues de ma génération, bien avant l’arrivée du DSM IV, j’ai étudié la psychiatrie et préparé l’Internat de Psychiatrie dans le Manuel de Psychiatrie de Henry Ey, Paul Bernard et Charles Brisset, « le Henry Ey », comme nous l’appelions à époque. Dans la sixième édition de ce fameux Manuel, la « bouffée délirante aiguë » fait partie des psychoses délirantes aiguës.

Le tableau clinique indique que le délire éclate avec une brusquerie étonnante: « il jaillit violemment avec l’instantanéité d’une inspiration »….. « Dès son apparition, le délire est constitué, armé de toutes pièces, de pied en cap, enveloppé dès sa naissance de son cortège de troubles sensoriels, c’est un délire d’emblée ».

Nos maîtres et les collègues plus anciens qui nous préparaient à l’Internat de psychiatrie avaient coutume de dire, comme un aide-mémoire, que la bouffée délirante s’apparente à « un coup de tonnerre dans un ciel serein »…..

Or, le ciel surplombant Kabili Traoré était-il serein ? Non! Loin s’en faut, et tous ses antécédents nous prouvent le contraire. Son casier judiciaire est bien rempli. Il a été condamné vingt-deux fois, incarcéré quatre fois dont une fois pour une durée d’un an pour des délits tels que vol, tentative de vol, refus d’obtempérer, conduite sans permis, violences, usage et détention de stupéfiants. M. Traoré était un consommateur régulier et de très longue date de cannabis.Tout le monde sait, et M.Traoré ne pouvait l’ignorer, que les stupéfiants ont des effets dangereux sur le psychisme d’un individu.

Vouloir nous faire croire qu’il l’ignorait c’est nous considérer, au mieux, comme des personnes naïves, ou pire, comme des imbéciles. Et ce serait nier les troubles, dont l’irritabilité, reconnus par Traoré lui-même ou les crises de rages incontrôlées rapportées par sa mère.

Comme l’a souligné Me.Oudy Bloch, avocat de la famille de Sarah Halimi, si le discernement de M. Traoré était aboli au moment des faits, cela signifie qu’il n’avait absolument conscience de rien. Et cela est contradictoire avec l’oppression qu’il a ressenti en voyant un livre de prière en hébreu ou un chandelier à sept branches. Contradictoire avec le fait d’avoir voulu faire passer le meurtre de Sarah Halimi pour un prétendu suicide. Contradictoire également avec la conscience de vouloir fuir la scène du crime mais de ne pouvoir le faire à cause des trois étages.

Le Dr. Zagury, dans son expertise réalisée le 4 septembre 2017 conclut à une bouffée délirante aiguë au moment des faits et il attribue ces troubles à l’augmentation de la consommation de cannabis. Le Dr. Zagury souligne dans son rapport qu’en dépit du caractère indiscutable du trouble mental aliénant, le discernement de Traoré ne peut être considéré comme ayant été aboli. La symptomatologie qu’il présente est celle de « troubles psychotiques induits par des toxiques ». Le Dr. Zagury indique que, une fois soigné, Traoré est accessible à une sanction pénale, autrement dit à un procès devant une cour d’assise.

Une deuxième expertise psychiatrique est réalisée en mai et juin 2018 par le Dr. Bensussan et ses collègues. Cette expertise conclut à « un trouble psychotique chronique, vraisemblablement de nature schizophrénique », ainsi qu’à une addiction ancienne au cannabis, le tout sur fond de personnalité pathologique de type antisocial .

Le rapport de cette deuxième expertise conclut à l’abolition du discernement de Traoré. Il mentionne que c’est « le seul point de désaccord  avec le Dr. Zagury », alors que ce dernier n’a jamais fait mention d’une pathologie mentale préexistante.

Ce rapport nous explique également que Traoré, comme tous les patients addicts, n’était pas aussi libre de consommer de manière délibérée et ce rapport insiste sur le fait que Traoré était inconscient des effets inducteurs (de sa prise de cannabis) sur la survenue d’un délire. Le rapport précise encore que Traoré, du fait de sa pathologie mentale, est dangereux est que, en conséquence, on ne peut pas envisager une « détention ordinaire ».

Finalement le rapport conclut que Traoré est inaccessible à une sanction pénale : il est réadaptable, mais les soins seront longs et difficiles.

A la lecture de ces conclusions je m’interroge. Si je ne suis pas conscient (ou prétend ne pas l’être) de toutes les conséquences possibles d’un de mes actes, alors je peux être exonéré de ma responsabilité quant aux conséquences de ces actes, quelles que soient ces conséquences, y compris l’assassinat de ma voisine Juive et le fait de la défenestrer du troisième étage.

Or, toute personne qui consomme des stupéfiants, sait très bien que ceux-ci sont illicites, dangereux pour la santé et qu’ils vont altérer le psychisme et l’état de conscience de celui qui en consomme. C’est d’ailleurs la raison même de leur prise de ces stupéfiants. Vous me pardonnerez, j’espère, ce langage familier, Madame la Ministre, mais vous connaissez comme moi ces expressions, très couramment employées comme « se torcher », dans le cas de l’abus d’alcool ou « se défoncer » dans le cas de la prise de stupéfiants et que cet état altéré de conscience est précisément le but recherché par les consommateurs.

Qui nous fera croire que Traoré n’était pas conscient que son psychisme serait altéré du fait de cette consommation de cannabis ? Qu’il n’ait pas expressément voulu que cette consommation excessive aboutisse à l’éclosion d’une bouffée délirante aigüe, c’est plus que probable, mais il a consciemment et volontairement pris le risque que ce trouble psychotique aigu survienne. Pourquoi la consommation, la détention et le trafic de stupéfiants sont ils, jusqu’à présent, illicites et sanctionnés pas la Loi ? Parce que l’on sait, depuis très longtemps déjà, que leur consommation risque d’avoir des conséquences dramatiques sur la santé et sur la vie elle-même.

Un sujet « accroc » à l’héroïne qui se fait son injection quotidienne recherche l’état altéré du psychisme que va lui procurer ce « shoot ». Il sait, bien entendu, que la détention et la consommation de ce stupéfiant sont illicites. Si il est dépendant de l’héroïne depuis longtemps, il a sûrement connu des relations ou des amis qui ont fait des overdoses, dont certains ont pu réchapper et dont d’autres sont morts.

Dans le cas du meurtre de Sarah Halimi, l’accent est mis sur l’irresponsabilité éventuelle de Traoré, liée à sa bouffée délirante aigüe, consécutive à sa consommation de cannabis en grande quantité, alors que l’accent devrait être mis, en amont, sur la responsabilité de Traoré de s’être mis de manière délibérée et consciente dans cet état-là, que sa consommation de cannabis ait entrainé une bouffée délirante aiguë ou n’importe quel autre état psychique.

Dans le même ouvrage précité, au chapitre concernant l’abolition du discernement (p.84), Marc Schweitzer pose la question de savoir quel trouble peut abolir « c’est à dire annuler ou anéantir une capacité tel le discernement ou le contrôle de l’action ». Après avoir commencé à répondre à cette question, il écrit : « En ce qui concerne les conduites addictives, nous relevons que la jurisprudence se refuse généralement à voir dans l’ivresse une exemption de peine. L’argument avancé, maintenant repris concernant les addictions toxiques ou médicamenteuses, porte sur le fait que l’information étant de nos jours largement connue. La personne manifeste son intention de parvenir graduellement à un état source de jouissance pour elle-même mais entraînant une excitation psychique, donc une absence de contrôle des actes ».

Nous assistons ici la à un déplacement très grave et préjudiciable du lieu où réside la question même de la responsabilité de Traoré.

Faut-il être absolument conscient de toutes les conséquences possibles de ses actes, sur soi-même ou sur les autres, pour être considéré comme responsable des conséquences tragiques que l’acte initial, commis, en conscience et volontairement, aura entraîné ?

Une troisième expertise a lieu en août et septembre 2018. celle-ci confirme la bouffée délirante aiguë d’origine exotique mais infirme toute pathologie mentale chronique. Elle relève la dangerosité de Traoré mais conclut que au moment des faits son libre arbitre était nul. En conséquence de quoi il n’est pas accessible à une sanction pénale.

Il est à noter, car ce n’est pas rien, que ce troisième rapport conclut que « la distinction entre altération et abolition est difficile ».

Nous pouvons donc constater que les trois expertises divergent quant à cette question de l’altération ou de l’abolition du discernement de Traoré.

Me.William Goldnadel, avocat de la soeur de Sarah Halimi, nous informe qu’il a fourni à la cour d’appel un récent arrêt de la Cour de cassation précisant qu’en cas de contradiction entre plusieurs expertises, comme c’est le cas ici, il revient à la Cour d’assise d’arbitrer. Il ajoute « J’attends donc de la Cour de cassation qu’elle se conforme à sa propre jurisprudence ».

Tous les psychiatres qui se sont trouvés face à une personne souffrant d’une bouffée délirante aigüe ont pu constaté que la conscience de ladite personne était souvent « en dents de scie », faisant alterner des périodes de lucidité avec des périodes de black out.

Ainsi, et comme le souligne Me Francis Szpiner, une jurisprudence Sarah Halimi vient d’être créée par la chambre d’instruction de la cour d’appel. Ces conclusions, si elles étaient confirmées constitueraient un véritable « permis de tuer » des Juifs, en toute impunité, à la condition de s’être mis, au préalable et volontairement dans un état suffisamment altéré de conscience en consommant de grosses quantités d’alcool, de stupéfiants, ou mieux encore, d’un mélange des deux.

Si cette jurisprudence venait à s’installer, il deviendrait alors très facile à n’importe quel individu éprouvant une haine farouche envers les Juifs de les assassiner..

Mais, au-delà de l’affaire Sarah Halimi et des Juifs, c’est toute la justice de notre pays et l’ordre public qui se verraient bouleversés par cette décision si elle se voyait confirmée en cassation.

En effet, désormais n’importe quel individu pourrait consommer chez lui, chez des amis ou dans un bar cinq ou six whiskys et « sniffer » un ou deux rails de cocaïne, puis quitter ce lieu, se mettre au volant de sa berline rapide, et une fois sur la route, provoquer un accident tuant une famille entière. Mais, compte tenu de son discernement manifestement aboli (il faut bien être un peu fou pour prendre le volant dans de telles conditions, non ?), cet individu se verrait dégagé de sa responsabilité pénale dans l’accident mortel qu’il aura causé du fait qu’il ne savait pas que ce mélange alcool-cocaïne allait lui faire avoir des hallucinations visuelles, entendre des voix et lui faire perdre le contrôle de sa voiture à cent quatre vingt kilomètres heure.

Un homme, régulièrement violent avec sa compagne ou sa femme pourrait, dans les mêmes conditions, un de ces mauvais jours, où il aurait fumé plus de joints, (ou pris un autre stupéfiant) ou bu plus d’alcool que d’habitude, décompenser sur le mode d’une bouffée délirante aigüe et, dans cet accès de folie meurtrière passager, tuer cette femme, et se voir exonéré de sa responsabilité car il aurait perdu le contrôle de ses actes au moment des faits, à savoir le meurtre de cette femme. Après expertise, le diagnostic d’abolition du discernement au moment des faits pourrait être posé et cet individu, déclaré irresponsable pénalement serait donc non accessible à un procès ni à une sanction pénale telle que l’incarcération.

Un autre individu, ayant lui aussi consommé des stupéfiants en quantité, et s’imaginant soudain que la foule sur cette place du centre-ville lui en veut pour telle ou telle raison et qu’il doit impérativement se défendre en lançant son camion sur cette foule, bénéficierait-il lui aussi de la même impunité de la part de nos juges qui le dégageraient de sa responsabilité lui aussi ?

Je suis à peu près convaincu, Madame la Ministre, que ces trois scénarios heurtent à la fois votre bon sens et votre sens de la justice. Mais peut-être seriez-vous tentée de me répondre: « oui mais là, ce n’est pas pareil »…..

Madame la Ministre, ne percevez-vous pas cette vague d’incompréhension, de consternation et d’indignation qui agite une grande partie des francais Juifs et, au-delà de cette communauté, d’un nombre de plus en plus grand de français non Juifs épris de justice?

Chaque jour, des messages de plus en plus nombreux sur les réseaux sociaux réclament cette justice pour Sarah Halimi. Des pétitions sont initiées, dont une a recueilli jusqu’à présent quarante mille signatures.

Je vous demande, Madame la Ministre, en mon nom propre, et au nom de toutes celles et ceux qui adhèreront au contenu de cette Lettre ouverte, de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour rendre justice à Sarah Halimi et à sa famille et d’agir de façon à ce que M. Kabili Traoré soit jugé devant une Cour d’assise.

Le grand rabbin de France, Haïm Korsia qui, comme il l’écrit lui-même, n’a pas pour habitude de commenter les décisions de justice, vous a interpelée dans une tribune, parue dans le quotidien « Le Figaro, daté du 26 décembre. Il déplore, je le cite, « la décision tragique et ubuesque de ne pas juger l’assassin présumé de Lucie Attal Halimi ». Plus loin il vous demande « Comment ne pas s’indigner, non pas de la décision, qui est de la responsabilité des magistrats, mais que l’on empêche le procès ? (…) mais juste que vous fassiez en sorte que ces guerres d’experts ne se déroulent pas devant la chambre d’instruction, mais au cours d’un véritable procès, mais avec toute sa charge symbolique portée par le tribunal et le jury populaire. Comment envisager que le suspect puisse échapper à la justice ? ».

Madame la Ministre, ne laissez pas s’installer ce poison du doute et de la méfiance qui inciterait une partie de la population française à croire qu’il y a désormais en France deux sortes de justice, l’une pour les criminels lambda, pour lesquels la détention et la consommation de stupéfiants ayant altéré leur discernement seront considérées comme des circonstances aggravantes et une autre justice, celle pour les tueurs de Juifs, pour lesquels la consommation de stupéfiants, pris consciemment et volontairement leur vaudra d’être dégagé de toute responsabilité et d’échapper à un procès en Cour d’assise.

En privant la famille de Mme. Halimi d’un tel procès, on confisque à ses proches et à la société entière la possibilité que toutes les parties prenantes puissent s’exprimer et être entendues à savoir : les voisins, la police, les juges, les experts- psychiatres, la famille de Kabili Traoré et Traoré lui-même. On escamote l’unique possibilité de voir la réalité des faits avoir une chance d’être établie.

Si, par malheur, la décision de la chambre d’instruction n’était pas annulée en Cassation, nul doute qu’un de nos intellectuels ou écrivains de grande notoriété, non juif de préférence, se sente à son tour interpellé par cette « Affaire Sarah Halimi » et qu’il se voit offrir la première page d’un grand quotidien national afin d’y publier le « J’accuse » de ce début de vingt et unième siècle, que cette Affaire Sarah Halimi mérite amplement.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, en mes sentiments les plus respectueux.

Docteur Claude Bloch.

Et il continue, encore et encore

Par mon Ami Alain KAMINSKI

Dans les colonnes de Libération du 17 décembre 2019, Jean-Luc Mélenchon persiste et signe. Sans vergogne, il s’en prend à nouveau au Président du CRIF Francis Kalifat en le traitant de manipulateur.
De qui se moque-t-on ? Qui est le manipulateur ? Mélenchon s’évertue à chercher une paille dans l’œil de son voisin sans voir la poutre qui est dans le sien et cette référence aux Evangiles dont je ne suis certes guère coutumier m’autorise à penser qu’en matière de manipulation, le leader de la France Insoumise mérite le titre de meilleur ouvrier de France.
Manipulateur étoilé, il n’hésite plus à alimenter son fond de commerce électoral sur la haine d’Israël, sur une théorie du complot et sur une existence de milices du CRIF qui seraient chargées d’exfiltrer des personnes indésirables lors de certaines manifestations comme celle à la mémoire de Mireille Knoll.
Francis Kalifat aurait au cours de cette manifestation « lâché sa milice » sur les élus de la France Insoumise, s’insurge-t-il, dans ces mêmes colonnes.
Dans la dialectique de nos jeunes d’aujourd’hui, on appelle cela du grand n’importe quoi.
Jean-Luc Mélenchon, réputé lettré, en a même perdu son latin pour user du mot milice. Une honte, un irrespect total pour nos coreligionnaires, âgés aujourd’hui, qui ont vraiment connu des milices lesquelles les ont vraiment exfiltrés non pas d’une manifestation mais du monde des humains.
Cracher son venin sur le CRIF en le qualifiant de “secte” ne lui suffisait plus, il lui fallait désormais l’attaque ad hominem.
Mais en constatant le naufrage intellectuel du Député des Bouches-du-Rhône, Francis Kalifat a clairement démontré que l’idéologie doriotiste avait droit de citer au sein de la France Insoumise, cette formation politique qui, dans un autre registre, reste la seule à ne pas s’être offusquée à l’annonce de la « clôture judiciaire » du meurtre de Sarah Halimi.
Dans ces mêmes colonnes, l’élu ose dire que tout le monde sait qu’il a de nombreuses raisons de ne pas être antisémite. C’est qui tout le monde ? Et de s’en justifier pose déjà problème et puis, après tout, qu’il nous les liste toutes ces raisons et on jugera sur pièces.
En attendant, tout cela me rappelle ce juste « point de vue » que me livra Roger Cukierman lors d’un dîner annuel du CRIF et que je prenais pour une galéjade : “Un antisémite c’est quelqu’un qui n’aime pas les juifs, plus que nécessaire.”
Cette vérité semble plus que jamais d’actualité.

Alain Kaminski
Rueil-Malmaison

Comite de Soutien ” VERITE ET JUSTICE POUR Sarah Halimi “

Affaire Sarah Halimi: Lettre ouverte au Président de la République !

P

Affaire Sarah Halimi: Lettre ouverte au Président de la République !

Monsieur le Président de la République,

Nous, les soussignés, nous nous adressons à vous afin d’attirer votre attention sur les conséquences du crime abominable de Madame Sarah Halimi auquel vous avez été sensible et auquel vous avez fait de multiples références lors de vos prises de paroles publiques.

Nous sommes totalement conscients de l’indépendance de la Justice et de la séparation des pouvoirs dans notre République mais nous savons également que le Président de la République est le 1er magistrat de notre pays, qu’il est le garant de notre Constitution et de nos libertés fondamentales. Il est de surcroît le garant de la cohésion nationale.

Le sujet est suffisamment grave pour que nous prenions notre plume pour nous adresser à vous sur les conséquences de cette affaire qui dépasse largement le cas d’espèce.

Voici deux ans, dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, à Paris, dans un HLM de Belleville, rue Vaucouleurs, Sarah Attal-Halimi, une retraitée de 65 ans, était tirée de son sommeil à 4h30 par un voisin âgé de 27 ans. Celui-ci, dénommé Kobili Traoré, se déchaîne contre elle, il la frappe pendant plus de vingt minutes. Les cris de douleur de madame Halimi alertent immédiatement les voisins qui entendent aussi les insultes que Traoré lui adresse, les « Allahou Akbar » et autres versets coraniques.

Alors que Kobili Traoré a reconnu les faits d’homicide dès le départ, la juge principale du dossier, Anne Ihuellou, semble avoir conduit une instruction uniquement à décharge au grand dam des parties civiles

Il aura fallu onze mois de combat des parties civiles pour que, finalement, le Parquet requière une mise en examen supplétive avec la circonstance aggravante d’antisémitisme et que la juge d’instruction finisse par fléchir et retenir la nature antisémite du crime…visiblement à contre cœur puisque, depuis, elle n’a cessé de tenter de démontrer l’irresponsabilité de l’assassin !

Et, ce, alors même qu’il a été établi que Kobili Traoré est un délinquant multirécidiviste connu de son quartier et  craint dans son immeuble, alors même qu’il est établi qu’il était un dealer de drogue et qu’il est lui-même un consommateur compulsif de cannabis, alors même qu’il a été condamné vingt-deux fois pour violences et vols, alors même que lors de tous ses procès les autorités n’ont jamais évoqué de quelconques troubles psychiatriqueset alors même qu’avant le 3 avril 2017, il a été incarcéré à quatre reprises, dont une peine d’un an qu’il venait d’accomplir sans que jamais il ne soit évoqué un quelconque trouble psychiatrique.

Nous ne reviendrons pas sur toutes les incohérences de l’instruction qui ont été si justement listées dans l’appel de 39 intellectuels paru dans Le Figaro du 8 avril 2019.

Cependant, nous ne pouvons rester silencieux face à une instruction qui a été ponctuée par de multiples rebondissements, souvent incompréhensibles, au gré de mesures initiées par le juge d’instruction et qui ne semblent avoir eu qu’un seul but, celui d’obtenir l’irresponsabilité de Kobili Traoré au moment de la commission des faits, et ainsi d’éviter son renvoi devant la Cour d’Assises.

Comme cela semblait prévisible depuis le début de l’instruction, la Juge a conclu à l’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental en application de l’article 122-1 du Code Pénal.

Au vu du tollé prévisible lié à cette décision, la juge d’instruction a choisi de transmettre le dossier de la procédure à la chambre de l’instruction, d’autant plus que le Procureur de la République de Paris, insatisfait, avait fait appel de cette décision et avait demandé le renvoi de Traoré Kobili devant les assises pour assassinat avec circonstance aggravante d’antisémitisme.

Mais, lors de l’audience devant la Chambre d’Instruction, quelle ne fut pas notre surprise de constater que le Parquet Général avait pris des réquisitions en contre-pied de celle du procureur de Paris et, en opposition avec l’objet même de son appel, requiert que soit prononcé l’irresponsabilité pénale du prévenu.

Cette incohérence du Ministère public laisse pantois !

La Chambre d’Instruction a suivi, comme cela était prévisible, les réquisitions du Ministère public.

Or, il est paradoxal que la circonstance d’antisémitisme ait été retenue alors même que le discernement du criminel aurait été aboli au moment des faits.

Il est également significatif que les sept experts psychiatriques ont tous été désignés par la Juge et UNIQUEMENT par elle.

Un procès équitable a pour but de permettre aux victimes de faire leur deuil, d’apaiser leur souffrance et de comprendre les motivations de leur agresseur, et cela indépendamment de la présomption d’irresponsabilité pénale.

Nous tenons à rappeler qu’à la suite des décisions de la Juge d’Instruction en charge de l’Affaire Halimi, la Ministre de la Justice a été saisie par nos soins afin de permettre à la Cour d’Assises de statuer sur l’irresponsabilité pénale et, ainsi, faire valoir ce