Auteur : rene levy

Agression antisémite de nature antisioniste commise le 9/12/2019 à 7h00 à la station de métro Château d’Eau à Paris.

Le BNVCA dénonce et condamne avec force l’agression antisémite de nature antisioniste commise à 6h55 ce 9 décembre 2019 contre un étudiant israélien en France, dans la rame de métro à la station Château d’Eau à Paris 10e.

Alors que l’étudiant  B. Yogev, âgé d’une trentaine d’années, pénétrait dans la rame de métro à la station Château d’Eau, il  a du répondre en hébreu à son père qui venait juste de l’appeler au téléphone.

A ce moment deux hommes, décrits, grands, 1m90 environ et de couleur, d’origine africaine, se mettent à crier, sur lui, aidés par des passagers qui le menaçaient et le pointaient du doigt,

L’agresseur, décrit par sa victime, recouvert d’u manteau blanc à plumes, reconnaissant la langue Hébreu parlée par l’étudiant, s’est alors acharné sur lui, le frappant violemment sur la tête, sur  le corps et le visage Il s’est même évanoui sur le plancher du wagon.

 L’étudiant israélien a été transporté à l’hôpital Lariboisière à Paris par les secours arrivés sur place, prévenus par son ami qui l’accompagnait.

La victime souffre d’une plaie orbitaire gauche, d’une fracture des OPN avec plaie orbitaire gauche.

L’agresseur s’est enfui et n’a pu être rattrapé.

Cette nouvelle attaque tend à confirmer que l’antisionisme est bien de nature antisémite.

Nous avons recommandé à l’étudiant de déposer plainte auprès de la Police.

Nous demandons aux services de police et de sécurité de la RATP de tout mettre en oeuvre pour identifier l’auteur antijuif antisioniste et l’interpeller.

MÉMOIRE – COMMÉMORATION : SOUVENIRS DE LA RAFLE DES JUIFS DE TUNIS PAR L’ARMÉE NAZIE

Dimanche 8 décembre, à 10h45, une cérémonie commémorative en mémoire de la rafle des Juifs de Tunis par les soldats SS aura lieu au Mémorial de la Shoah. 

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, 90 000 Juifs vivaient en Tunisie. Le 9 novembre 1942, les nazis envahissent le pays. Ils organisent des rafles, dont la plus importante se déroule à Tunis. Au total, près de 5 000 Juifs sont envoyés aux travaux forcés dans 32 camps éparpillés dans le pays. À partir d’avril 1943 commenceront les premières déportations vers les camps en Europe. 

Sur cette photo, des Juifs sont réquisitionnés par l’administration nazie pour le travail forcé, à Tunis. (Tunisie, décembre 1942)

La Société d’Histoire des Juifs de Tunisie (SHJT) et le Mémorial de la Shoah vous prient d’assister à la cérémonie commémorative de la rafle des Juifs de Tunis par les S.S. (9 décembre 1942)

qui se tiendra le Dimanche 8 Décembre 2019 à 10h45

au Mémorial de la Shoah

17 rue Geoffroy l’Asnier – Paris 4ème (Métro Hôtel de Ville)

sous la haute présidence du Grand Rabbin de France, et en présence de différentes personnalités civiles, militaires et religieuses.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site du Mémorial de la Shoah ou de la SHJT

Entrée libre et gratuite

Crédit Photo : © Mémorial de la Shoah/CDJC 

Iran : massacre à Mahshahr

ShareAmerica – 

Des individus masqués (© Vahid Salemi/AP Images)
Les forces de sécurité iraniennes, dont des membres en photo ci-dessus, sont accusées d’avoir tué des manifestants non armés en novembre 2019. (© Vahid Salemi/AP Images)

Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a massacré jusqu’à 100 personnes à Mahshahr dans le sud-ouest de l’Iran, a déclaré Brian Hook, le représentant spécial des États-Unis pour l’Iran, lors d’un point de presse tenu le 5 décembre.

Le mois dernier, le CGRI a ouvert le feu sur des manifestants descendus dans les rues de Mahshahr, tuant plusieurs d’entre eux et forçant de nombreux autres à prendre la fuite pour tenter d’avoir la vie sauve, a-t-il ajouté. Les membres du CGRI se sont lancés à la poursuite des protestataires dans des camions équipés de mitrailleuses et les ont encerclés dans un marécage du coin.

« Ils ont alors ouvert le feu sur les manifestants, a ajouté M. Hook. Entre les salves des mitrailleuses, on entendait les cris des victimes. »

Une foule épaisse de gens assis ou debout dans une rue (© Mostafa Shanechi/ISNA/AP Images)
En Iran, la population a récemment manifesté pour protester contre les politiques du régime. (© Mostafa Shanechi/ISNA/AP Images)

Le massacre à Mahshahr n’est qu’un exemple des violences perpétrées par le régime iranien contre son propre peuple qui ont été révélées par internet une fois que Téhéran a levé son couvre-feu numérique qui avait affecté pratiquement tout le pays.

Le régime a fermé l’accès à internet le 16 novembre pour camoufler sa réponse aux manifestations, organisées au départ pour protester contre une hausse du prix de l’essence. Elles ont évolué pour dénoncer des décennies de répression aux mains du régime et sa mauvaise gestion de l’économie nationale.

Secretary Pompeo@SecPompeo

Last week, I asked the courageous Iranian people to send us evidence documenting the regime’s violent crackdown of #IranProtests. So far, we received nearly 20,000 messages. The U.S. already took action against Iran’s Disinformation Minister. More sanctions are coming.

Embedded video

Face à la censure d’internet, le secrétaire d’État américain, Michael Pompeo, a demandé aux Iraniens de fournir au gouvernement des États-Unis des vidéos des atrocités commises par Téhéran. Selon Amnesty International, les forces de sécurité du régime auraient tué des civils, puis même cherché à obtenir des compensations monétaires auprès des familles des victimes pour leur rendre la dépouille de leurs êtres chers.

Outre le massacre à Mahshahr, a souligné M. Hook, des centaines de manifestants auraient été tués à Téhéran et dans les environs de la capitale, y compris au moins douze enfants, dont certains âgés de 13 ans seulement.

« Nous sommes en train d’en apprendre toujours plus sur la façon dont le régime iranien traite son peuple, a dit M. Hook. Au fur et à mesure que la vérité émerge d’Iran, il semble que le régime aurait pu tuer plus de mille citoyens iraniens depuis le début des manifestations. »

Le régime a également détenu au moins 7 000 manifestants, dont beaucoup dans deux prisons décrites par M. Hook comme étant notoires pour leurs conditions inhumaines et leurs violations flagrantes des droits de l’Homme, notamment leur surpopulation, les infestations de rongeurs et les mauvais traitements, y compris les viols.

« Les États-Unis appellent à la remise en liberté immédiate de tous les manifestants détenus derrière les barreaux ainsi que de tous les prisonniers politiques actuellement placés en détention par le régime, a martelé M. Hook. Il est temps que tous les pays se tiennent aux côtés du peuple iranien, isolent le régime sur le plan diplomatique et prennent des sanctions contre les responsables qui se sont rendus coupables du meurtre d’Iraniens innocents. »

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Policiers : des lettres de menace reçues à leur domicile

Des policiers et des CRS ont reçu des lettres de menace à leur domicile jeudi 5 décembre. Les mots sont très violents et la profession est en émoi.france 2

France 2 – France Télévisions

La lettre est explicite. “Pensez à votre famille que vous laissez seule les week-ends. Pour chaque citoyen blessé, ce sera un membre de famille de FDO (forces de l’ordre) qui subira les mêmes préjudices et sans remords”.Ces mots ont été adressés à des policiers et CRS. Au total, ils sont une dizaine a avoir reçu ce courrier depuis jeudi 5 décembre. “Je n’accepterai jamais que l’on menace ceux qui nous protègent, jusque dans leurs foyers”, a indiqué le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, sur Twitter. Des plaintes ont été déposées et une enquête a été ouverte.

Les syndicats réclament l’anonymat

Pour les syndicats de police, ces lettres illustrent le climat de tension dans lequel vivent les forces de l’ordre, dont les identités peuvent circuler sur internet. “Nous, ce qu’on veut c’est qu’il y ait de la sécurité, qu’on nous accorde l’anonymat pour pouvoir exercer nos fonctions et aussi ne pas mettre en danger nos familles”, réclame Sylvain Durante, du syndicat Alternative Police Île-de-France. La police scientifique a été saisie pour tenter de relever des indices sur les lettres


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Quand des survivants de la Shoah rencontrent les élèves d’un cours de théâtre

Le documentaire ‘Witness Theater’ montre comment des cours de comédie comblent les écarts de communication entre des octogénaires et lycéens et leurs amitiés conséquentes 

Par RICH TENORIO5 Pour The Times Of Israël

Une journée d’automne, une professeure de théâtre apprend à sa classe, formée de 24 élèves, à se promener dans une pièce et à se saluer par le regard seulement. Ce qui est plus inhabituel, c’est que ces acteurs néophytes sont un mélange de lycéens et de survivants de la Shoah.

Ce programme intergénérationnel, appelé Witness Theater, est au cœur d’un nouveau documentaire qui porte le même nom et qui a été réalisé par Oren Rudavsky. « Witness Theater » a été projeté du festival du film juif de Boston le 11 et le 14 novembre.

Le programme Witness Theater est né en Israël et il s’est exporté aux Etats-Unis, notamment à New York, par le biais d’une organisation pour les survivants de la Shoah appelée Selfhelp Community Services.

Le film de Rudavsky a été tourné à la Joel Braverman High School, à la yeshiva de Flatbush à Brooklyn, pendant la mise en oeuvre du programme qui a eu lieu au cours de l’année scolaire 2016-2017.

« L’une des raisons d’être de ce programme, c’est que ces communautés survivantes sont en train de disparaître », explique Rudavsky au Times of Israel. « C’est un projet qui vise à créer une autre génération de personnes qui sera en mesure de raconter leurs histoires ».

Selon le site Selfhelp, il y a approximativement 40 000 survivants dans la ville de New York – ce qui représente plus de la moitié de la population de survivants de tous les Etats-Unis – et leur nombre devrait chuter à 23 000 d’ici 2025 dans la Grande pomme.

Selfhelp fait état de pourcentages significatifs de survivants à New York dans un état de santé médiocre, et presque 50% de la population dont s’occupe l’organisation vit légèrement au-dessous du seuil de pauvreté fédéral américain.

La pauvreté des survivants est un phénomène mondial qui a été notamment mis en avant dans la Déclaration Terezin de la Conférence sur les avoirs liés à l’époque de la Shoah à Prague, le 30 juin 2009, qui disait qu’il « est inacceptable que ceux qui ont tellement souffert au début de leurs vies doivent vivre dans la pauvreté à la fin de leur existence ».

Au commencement du film, huit survivants rencontrent 16 élèves et leur professeure de théâtre, Sally Shatzkes. Certains vivent seuls : c’est le cas de Claudine Barbit, une survivante française âgée de 89 ans. D’autres sont des couples mariés, comme Aron et Cipora Tambor, ou Eazek et Rosa Blum. Aron, qui était âgé de 88 ans au moment du tournage, dit de Cipora dans le film : « cela fait 63 ans et demi que je suis tombé amoureux de ce visage ».

« Ils m’ont enthousiasmé », dit Rudavsky des survivants. « Certains étaient réellement des vedettes-nées. Eazek et Aron étaient des vedettes phénoménales ».

« Et », ajoute-t-il, « j’ai trouvé Claudine merveilleusement irrévérencieuse et charmante. Ces trois-là m’ont charmé dès le début ».

Rudavsky explique que les élèves qui ont rencontré le trio « se sont fortement liés à eux », notant en particulier l’un d’entre eux, Max. Pour Rudavsky, Max a été « quelqu’un de très particulier pendant tout ce processus ».

Il mentionne également Sarali et Mimi, deux autres élèves, expliquant que Mimi lui a confié un « récit poignant » au sujet de ses propres grands-parents survivants.

Oren Rudavsky, réalisateur de ‘Witness Theater.’ (Autorisation)

Le travail exigé par le théâtre permet d’unir le groupe en utilisant des moyens nouveaux – ce qui amène à Aron à plaisanter en comparant cette expérience à « un cours de psychologie ».

Rudavsky se réjouit du fait qu’il y ait beaucoup d’humour dans le documentaire.

Mais il y a aussi les souffrances endurées pendant la Shoah, que les élèves apprennent de la bouche des survivants.

Eazek, 94 ans, revient sur une vie qui avait commencé en Argentine en 1922, un pays dans lequel il était resté jusqu’en 1929. Sa famille était ensuite retournée dans sa Pologne d’origine.

Il évoque l’antisémitisme subi dans son nouveau pays, remarquant qu’il n’avait jamais rencontré ce problème en Argentine. Son père devait refuser une opportunité de partir vers la Palestine en 1936.

« Je ne sais pas pourquoi », dit Eazek.

Pendant la Seconde guerre mondiale, Eazek avait été forcé de travailler dans une usine de fabrication de munitions, dans le ghetto. Dans le film, il évoque la « peur constante » de la déportation à Treblinka, où sont morts de 700 000 à 900 000 Juifs ainsi que 2000 Roms. Un élève note que plus de Juifs sont morts là-bas que dans d’importe quel autre camp, à l’exception d’Auschwitz-Birkenau.

Dans le documentaire, Eazek clame que c’est l’amour qu’il portait à Rosa, qui travaillait également dans l’usine, qui l’avait sauvé de la déportation. Dans l’une des quelques animations présentées dans le film apparaît un wagon destiné à transporter les victimes vers le fameux camp de la mort.

Eazek dit néanmoins que « j’ai été sauvé. Ils m’ont fait descendre ».

Seconde chance : Il avait dit à un officier allemand qu’il voulait être avec la femme qu’il aimait et un gardien avait réuni le couple. Ils devaient finalement se marier et, poursuit Eazek, « cela fait déjà 74 ans que nous sommes ensemble ».

Aron, pour sa part, se souvient de sa captivité à Auschwitz-Birkenau. L’un de ses amis, un garçon de son âge, avait appris que son père était sur le point de se faire fusiller. Aron n’était pas parvenu à le retenir et son camarade s’était précipité pour se mettre à côté de son père, au sol. Les nazis les avaient exécutés tous les deux.

Extrait animé de l’invasion nazie de Paris extraite du film « Witness Theater » (Autorisation : Rudavsky)

Claudine raconte la tragédie du suicide de sa mère « juste avant la guerre » et elle indique que dans la France occupée par les nazis, « ma famille entière a été assassinée, les uns après les autres », amenant Schatzkes à suggérer une pièce écrite en l’honneur de la mère de Claudine.

« Nous sommes à vos côtés, ici, pour vous rendre hommage et rendre hommage à la mémoire de votre mère », dit Schatzkes, qui demande à Claudine de décrire cette dernière en trois mots. Ce sont finalement « très belle, talentueuse et une bonne personne » qui sont choisis – après quoi le groupe se réunit autour de Claudine et l’étreint, un moment, qui, dit Rudavsky, « est d’une certaine manière, à mes yeux, au cœur du film ».

« Pour certains survivants, il y a un processus qu’il faut comprendre, un processus thérapeutique qui intervient », explique-t-il. « Je pense que c’est, d’une certaine façon, symbolisé par ce sentiment qu’a Claudine qu’il est impossible pour qui que ce soit de réellement et pleinement comprendre autrui, en particulier lorsqu’il s’agit de quelque chose d’aussi horrible que la Shoah. C’est impossible – et pourtant c’est bien ce qui est en jeu dans ce processus ».

La survivante de la Shoah Claudine Barbot dans une production interprétée par les les étudiants de la yeshiva du lycée Flatbush Joel Braverma, le 23 avril 2017 dans le film Witness Theater (Crédit : Debbie Egan-Chin/New York Daily News)

Une expérience qui touche les élèves comme les survivants. Alors qu’Aron raconte ce qu’il a vécu à Auschwitz-Birkenau, une adolescente commence à pleurer. Aron lui dit qu’il est désolé, ajoutant : « Je pense que ça suffit pour aujourd’hui ».

« Je pense que les élèves ont leurs propres craintes d’être traumatisés émotionnellement, peut-être, de se laisser envahir par les récits, et qu’il est difficile pour eux d’écouter ces histoires », dit Rudavsky.

Malgré les difficultés, les élèves apprennent à connaître les survivants au niveau personnel. Ils vont les voir et ils apprennent les détails de leurs existences pendant et après la guerre.

Dans son habitation, Claudine montre l’étoile jaune qu’elle devait porter en France et qu’elle a conservé. Elle partage également d’autres aspects de sa vie, notamment les sculptures de feu son époux, un artiste. Et, dit-elle, elle-même a été danseuse de ballet pendant sept ans.

« Finalement, le film devient un documentaire sur la Shoah, sur les survivants de la Shoah », dit Rudavsky. « Je pense – c’est bien plus important – qu’il parle des jeunes et des personnes âgées qui parviennent à partager des choses ensemble – ce qui arrive de moins en moins ».

Rudavsky note qu’aujourd’hui, les gens sont « tous sur leurs téléphones mobiles, ils n’interagissent plus » tandis que le film présente « des interactions sans passer par le téléphone… Oui, nous vivons dans une culture jetable et au-delà de ça, dans une culture où plus personne n’a besoin de se regarder dans les yeux pour parler. Les parents ne parlent pas nécessairement aux enfants. Les enfants ne parlent pas nécessairement à leurs amis. ‘Witness Theater’ remonte à un temps où l’idée de partager quelque chose était différente ».

La survivante de la Shoah Khana Kuperman, à droite, avec Samantha Schabot, à gauche, et Diana Hoffstein, au centre, dans une production du Witness Theater ‘The Spirit of Hope,’ par les étudiants de la yeshiva du lycée Flatbush Joel Braverma, le 23 avril 2017 (Crédit : Debbie Egan-Chin/New York Daily News/ Autorisation : Rudavsky)

Evoquant le programme Witness Theater, le réalisateur indique qu’il « n’est pas surprenant pour moi qu’il soit d’origine israélienne », ajoutant qu’il lui rappelle « les premiers jours du sionisme israélien ».

« Ce sont les premières expériences du kibboutz en collectivité, lorsque les gens comptaient les uns sur les autres de manière unique et qu’ils partageaient une expérience à la fois individuelle mais qui s’appuyait toutefois sur autrui », dit Rudavsky.

« Dans le film, c’est une expérience collective. Toutes les sessions s’achèvent avec les élèves et les survivants qui se tiennent en cercle… Tout commençait et tout se terminait avec un cercle, chacun entrant dans le cercle et partageant avec le reste du groupe… S’ils se rendaient aux domiciles des uns et des autres, qu’ils sortaient ainsi du groupe, c’était le moment de ramener leurs expériences au sein du groupe », ajoute-t-il.

Les élèves incorporent tout ce qui leur a été donné d’apprendre au cours du programme dans une pièce qu’ils interprètent eux-mêmes aux côtés des survivants, qui s’émerveillent face aux lumières, aux étreintes et aux gros plans – ainsi que de la présence des médias de New York. La pièce permet de découvrir des moments glanés au cours de leurs nombreuses interactions, comme la reconstitution du refus de Claudine d’abandonner son étoile juive, qui est jouée en français.

Eazek, pour sa part, évoque sa rencontre avec Rosa, cette « jeune fille belle, gentille, pleine d’abnégation ». Max interprète l’officier allemand qui réunit le couple après qu’Eazek a échappé à la déportation à Treblinka.

Isaac Blum, survivant de la Shoah, dans « The Spirit of Hope », interprété par les les étudiants de la yeshiva du lycée Flatbush Joel Braverma, dans le film Witness Theater, le 23 avril 2017 (Crédit : Debbie Egan-Chin/New York Daily News)

Depuis que le film a été tourné, Eazek, Claudine et Aron sont décédés.

Rudavsky, pour sa part, se concentre sur la projection du film qui aura lieu dans la région de Boston après plusieurs présentations réussies – notamment au festival du film juif d’Atlanta et au festival international du film de Cleveland.

« Mon plus grand espoir, c’est que des enfants voient le documentaire », dit Rudavsky. « Qu’ils voient d’autres élèves comme eux travailler aux côtés de ces personnes âgées, pleurant, créant des liens – c’est vraiment la thématique du film. Puis tous les publics du festival. Vous savez, d’un côté, les gens ont tendance à se dire : ‘Oh, j’ai tout vu en ce qui concerne la Shoah, je sais tout’. Mais ils ne connaissent pas cette histoire ».

Le premier degré fait-il la loi en France?

par Alain Finkielkraut – Pour Causeur

(c) Hannah Assouline

« L’Esprit de l’escalier », l’émission culte d’Alain Finkielkraut et d’Elisabeth Lévy est de retour en exclusivité sur RNR.TV. Au programme d’Alain Finkielkraut ce mois-ci: l’affaire Polanski, la confession du violeur et la manifestation contre l’islamophobie


L’affaire Polanski

Faut-il aller voir J’accuse ? Oui et de toute urgence. De la scène inoubliable de la dégradation de Dreyfus à la réhabilitation finale, Polanski raconte l’Affaire du point de vue du colonel Picquart, l’officier plein d’avenir et de préjugés antisémites qui a mis sa carrière et même sa vie en péril quand il a découvert que le prisonnier de l’île du Diable n’était pas le traître. C’est un film tout ensemble austère et palpitant qui donne beaucoup à penser.

Mais, comme Polanski est accusé de viol par une ancienne actrice, quarante-cinq ans après les faits, les néoféministes appellent au boycott, avec l’agrément du ministre de la Culture en personne. Et la bonne presse, Télérama en tête, nous explique qu’il est temps d’en finir avec le dogme proustien de la distinction entre l’homme et l’artiste. Tzvetan Todorov affirmait déjà, naguère, que « si Shakespeare, miraculeusement revenu au monde, nous apprenait que son passe-temps favori était le viol de petites filles, nous ne devrions pas l’encourager dans cette voie, sous prétexte qu’il pourrait produire un autre Roi Lear. Le monde n’est pas fait pour aboutir à une œuvre d’art ».

Mais admettons un instant que cette hypothèse délirante soit vraie ou que Shakespeare nous cache encore quelque secret honteux. Le Roi Lear n’en resterait pas moins une des pièces les plus profondément humaines du répertoire européen. Preuve éclatante du mystère de la création et qu’on peut confondre dans un même opprobre l’artiste et l’homme. Salaud intégral, Céline a écrit le Voyage au bout de la nuit qui n’est, en aucune manière, l’expression de son ignominie.

Jean Dujardin en colonel Picquart, dans J'accuse, de Roman Polanski (c) Guy Ferrandis / Légendaire - R.P. Productions

Jean Dujardin en colonel Picquart, dans J’accuse, de Roman Polanski (c) Guy Ferrandis / Légendaire – R.P. Productions

Mais nos procureur.e.s. n’en ont cure. Gauguin, Balthus, Woody Allen, Polanski : ils et elles ont mis sur pied un tribunal affranchi des règles du droit qui, pour faire la place aux femmes et aux minorités, n’épargnera bientôt aucun mâle blanc.

La confession du violeur

Sous l’influence de Cyrano de Bergerac (long, mon nez ? Non : immense. « C’est un cap. Que dis-je ? C’est une péninsule »), j’ai toujours pensé que la réaction la plus civilisée à une moquerie ou à une agression verbale était la surenchère ironique. À Caroline de Haas, qui m’accusait, sur le plateau de LCI, de faire l’apologie du viol, j’ai donc répondu par un vibrant coming out : « Je dis aux hommes : “Violez les femmes”, d’ailleurs je viole la mienne tous les jours. » Résultat : le Parti socialiste a saisi le CSA, quatre députés de la France insoumise ont fait un signalement au parquet, une pétition exigeant l’arrêt immédiat de mon émission « Répliques » a été envoyée à Radio France et toute la gauche béarnaise – des radicaux aux communistes – a réclamé la déprogrammation d’une conférence que je devais tenir à Pau le 23 novembre. Les organisateurs n’ayant pas cédé, j’ai bénéficié dès ma descente d’avion d’une protection policière rapprochée. Et deux officiers de sécurité m’ont raccompagné jusqu’à l’aéroport. La gauche qui incarna longtemps, comme le dit Jacques Julliard, l’alliance de la justice et du progrès, est-elle en train de mourir de bêtise ? Le premier degré fait-il la loi en France ? Cette patrie littéraire devient-elle une société littérale ?

Comme les Insoumis n’ont pas, malgré une démagogie effrénée, réussi à séduire les gilets jaunes de la France périphérique, ils tablent sur la France des quartiers, dont la population ne cesse de croître

Toutes les personnes qui me clouent au pilori n’ont pas pris, il est vrai, mon « cri du cœur » au pied de la lettre. Mais, proclament-elles, on ne rigole pas avec ces choses-là.Ah, bon ? Croit-on que lorsque, du fait de mon souci constant d’Israël ou de ma défense de l’identité française, on me traite de raciste voire de nazi, j’évoque, la voix tremblante, l’avant-bras tatoué de mon père ? Non, j’en rajoute et je dis que la déportation des mauvais Français est mon plus cher désir. Plus les accusations portées contre moi sont lourdes et plus ma fureur prend le ton de l’ironie.

Cette indignation ridicule a dissimulé, qui plus est, le vrai scandale qui s’est produit pendant l’émission. La chercheuse militante Maboula Soumahoro développant le thème hélas rebattu du racisme d’État, Francis Szpiner l’a interpellée vivement : « Il y a du racisme en France, mais je ne vous permets pas de dire que la France est un pays raciste. » Réponse de Maboula Soumahoro : « Je suis française comme vous, je fais ce que je veux, je dis ce que je veux. » Je suis alors intervenu : « Vous êtes universitaire, vous n’êtes pas victime de la ségrégation, vous exercez dans ce pays. Ne pourriez-vous pas montrer un peu de gratitude ? » David Pujadas me demandant de m’expliquer, j’ai précisé que j’étais moi-même un enfant de parents immigrés, que j’avais fait mes études à Paris, que j’avais pu enseigner à l’école Polytechnique et que j’étais reconnaissant d’avoir un accès direct, par ma langue maternelle, à une littérature magnifique. Et j’ai demandé à Maboula Soumahoro pourquoi, quels que soient par ailleurs ses griefs, elle se refusait à dire merci. La représentante des écologistes Sandra Regol a pris alors Pujadas à témoin de l’insulte dont je venais de me rendre coupable. Le contraire de la gratitude, c’est le ressentiment, c’est la haine. Et la haine, nous a-t-on appris sur le plateau de LCI, est l’attitude désormais requise par l’antiracisme.

Cette francophobie va triompher, prévient, avec un large sourire, Maboula Soumahoro : « Vous paniquez parce que votre monde est en train de finir. » J’aimerais que cette prédiction soit fausse. Mais vu le train où va l’Histoire, je n’y mettrais pas ma main au feu.

La manifestation contre l’islamophobie

Même s’ils sont beaucoup moins nombreux que les actes antisémites ou antichrétiens, les actes antimusulmans doivent être dénoncés sans relâche et punis sans faiblesse. Mais le concept d’islamophobie est l’alibi de l’islam séparatiste et de l’islam conquérant. Ce concept installe ses utilisateurs dans le seul registre du grief et de la plainte. Peu importe qu’il y ait aujourd’hui 3 000 lieux de culte musulmans contre 900 en 1985, on s’érige en victimes d’une société et d’un État islamophobe comme si, en dépit même de toutes les violences commises au nom de l’islam, la pensée critique et la remise en question de soi devaient rester à jamais une prérogative européenne.

La présence, le 10 novembre, à la manifestation contre l’islamophobie, de nombreux écologistes et des leaders de la France insoumise témoigne de la conjonction inédite entre l’idéalisme compassionnel et le réalisme sordidement calculateur. Nos « progressistes » se portent au secours des humiliés pour mieux flatter un électorat potentiel. À chaque fois qu’il fustige le communautarisme, Jean-Luc Mélenchon vise le CRIF. Aucun risque de sécession de ce côté-là, mais il n’y a que 700 000 juifs en France pour 6 millions de musulmans. Le compte est vite fait. Et comme les Insoumis n’ont pas, malgré une démagogie effrénée, réussi à séduire les gilets jaunes de la France périphérique, ils tablent sur la France des quartiers, dont la population ne cesse de croître. Il y aura donc aux prochaines élections des listes communautaires et des listes clientélistes, c’est-à-dire communautarisées. L’ingratitude a de beaux jours devant elle.

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« Le silence ne doit pas être la seule réponse » face aux crimes nazis, pour Merkel

La chancelière est arrivée ce vendredi matin dans le camp de concentration d’Auschwitz. Une première pour un chef de gouvernement allemand depuis 1995.

Source AFP

C’est une visite historique et un discours fort de la part d’Angela Merkel. Pour la première fois depuis 1995, un chef de gouvernement allemand s’est rendu à Auschwitz. Angela Merkel, la chancelière, est arrivée vendredi dans l’ancien camp nazi, lieu marquant de l’Holocauste, selon les journalistes de l’Agence France-Presse. Ce déplacement intervient alors que l’antisémitisme ressurgit en Europeet que la disparition des témoins complique la transmission de la mémoire.

Selon elle, le souvenir des crimes nazis demeure « inséparable » de l’identité allemande. « Se souvenir des crimes, nommer leurs auteurs et rendre aux victimes un hommage digne, c’est une responsabilité qui ne s’arrête jamais. Ce n’est pas négociable. Et c’est inséparable de notre pays. Être conscient de cette responsabilité est une part de notre identité nationale », a martelé la dirigeante. La voix altérée, après avoir écouté le témoignage d’un rescapé arrivé à 12 ans à Auschwitz, la chancelière a reconnu qu’il était « tout sauf facile » de se présenter dans un lieu où les crimes des Allemands ont « dépassé tout ce qui est imaginable ».

« Le silence ne doit pas être la seule réponse »

Angela Merkel a insisté sur le fait qu’il était « important » de rendre à Auschwitz son « nom complet ». Certes situé dans l’actuelle Pologne, le camp était dans une région « annexée en octobre 1939 par le Reich » et fut « administré par les Allemands ». « Il est important de nommer clairement les criminels. Nous, les Allemands, le devons aux victimes et à nous mêmes », a-t-elle déclaré. Mais, si elle a expliqué avoir « profondément honte » des crimes nazis, « le silence ne doit pas être la seule réponse ». « Le lieu lui-même nous oblige à garder en vie la mémoire » et, face à la montée des actes antisémites, « on doit se lever et dire notre désaccord », a-t-elle exhorté.

Insistant sur le fait que chacune des 1,1 million de personnes tuées à Auschwitz avait « un nom, une dignité inaltérable, une origine, une histoire », elle leur a rendu hommage, tout en évoquant la culpabilité et la douleur des survivants. « Je m’incline profondément » devant chacun d’entre eux, a-t-elle conclu, avant un entretien prévu loin des caméras avec un rescapé d’Auschwitz.

1,1 million de personnes tuées

La chancelière allemande est accompagnée, lors de ce déplacement, par le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, et par un survivant d’Auschwitz, Stanislaw Bartnikowski, 87 ans, ainsi que des représentants de la communauté juive. À la veille de ce déplacement, Angela Merkel a annoncé l’octroi de 60 millions d’euros à la Fondation Auschwitz-Birkenau pour le maintien du site où furent assassinées quelque 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs, entre 1940 et 1945. La majorité d’entre eux étaient tués dès leur arrivée dans ce camp de concentration et d’extermination nazi situé dans la Pologne d’aujourd’hui.

La chancelière, née neuf ans après la Seconde Guerre mondiale, effectue cette visite peu avant les commémorations du 75eanniversaire de la libération d’Auschwitz par l’Armée rouge, le 27 janvier 1945. Elle doit observer une minute de silence devant le mur de la Mort, où furent fusillés des milliers de détenus.

« Une rupture dans la civilisation »

Ensuite, elle se rendra à Birkenau, distant de 3 kilomètres du camp principal, notamment sur la rampe où étaient « sélectionnés » les déportés à leur descente des wagons à bestiaux : les plus jeunes, les plus âgés et les plus fragiles étaient immédiatement envoyés à la mort. La chancelière, pour qui la Shoah est « une rupture dans la civilisation », doit s’exprimer en milieu de journée.

En Allemagne, qui a fait du souvenir de la Shoah le cœur de son identité d’après-guerre, les autorités s’inquiètent d’une hausse très nette des actes antisémites. Jeudi, avant son déplacement, Angela Merkel a d’ailleurs réaffirmé que « la lutte contre l’antisémitisme et contre toute forme de haine » était l’une des priorités de son gouvernement. Elle a aussi insisté sur la « détermination » des autorités à voir une communauté juive, en plein essor, s’épanouir en Allemagne.

En octobre, un attentat finalement avorté contre une synagogue de Halle a suscité un choc dans le pays. Son auteur, qui a tué deux personnes au hasard, est un jeune adepte des thèses négationnistes. Le parti d’extrême droite AfD, qui siège depuis deux ans au Bundestag, prône par ailleurs la fin de la culture du repentir. Le nom d’Auschwitz est devenu le synonyme du Mal absolu. Des Juifs de toute l’Europe, de la Hongrie à la Grèce, y ont été exterminés.

Après Helmut Schmidt et Helmut Kohl

Des détenus, parmi lesquels des enfants, ont été soumis aux expérimentations effroyables du docteur Josef Mengele, l’« ange de la mort ». C’est également dans ce camp, qui comprenait quatre chambres à gaz et quatre crématoriums, qu’a été employé pour la première fois en 1941 le gaz Zyklon B.

Pour le président du Conseil central des Juifs d’Allemagne, Josef Schuster, qui accompagne Angela Merkel, « il n’y a aucun autre lieu de mémoire qui montre avec tant d’acuité ce qui s’est passé avec la Shoah ». « L’assassinat industrialisé de masse » continue 75 ans plus tard de faire « frissonner » le visiteur, ajoute Josef Schuster auprès de l’Agence France-Presse.

Angela Merkel ne sera que la troisième dirigeante de gouvernement allemand à se rendre à Auschwitz, après Helmut Schmidt en 1977 et Helmut Kohl en 1989 et 1995. En 14 ans au pouvoir, la dirigeante a multiplié les gestes forts en se rendant à Ravensbrück, Dachau, Buchenwald, et au Mémorial de l’Holocauste de Yad Vashem à Jérusalem. Surtout, en 2008, elle fut la première cheffe de gouvernement allemand à prononcer un discours à la Knesset, le parlement israélien. Elle avait répété « la honte » qui entache les Allemands.

Depuis 23 ans, le 27 janvier est la Journée du souvenir des victimes du nazisme en Allemagne.

L’ANTISIONISME SYSTÉMATIQUE EST UN ANTISÉMITISME, PAR JOËL MERGUI

Un siècle ne s’est pas encore totalement écoulé, des témoins et des acteurs de l’époque la plus sombre de l’Europe sont encore en vie, des familles conservent toujours la mémoire douloureuse de leur disparus, que déjà resurgissent sur le vieux continent les violences, la haine et les relents antisémites.

En France, lorsque ce n’est pas sur les synagogues, des graffitis souillent les murs d’une faculté de Droit à Strasbourg, des croix gammées vandalisent massivement des cimetières juifs, dont celui, il y a quelques jours de Westhoffen, où s’égrènent sur les tombes profanées des noms de familles juives célèbres, synonymes de grands serviteurs de l’État comme Blum ou Debré.

Les vieilles thèses nazies – que l’on avait espérées bannies à jamais de la conscience collective – reprennent de la vigueur. Elles s’appuient sur toutes sortes d’inepties, à la faveur de la banalisation des théories complotistes, de la superficialité des connaissances, de la floraison bavarde de réseaux sociaux concurrents et de la difficulté politique et sociale à voir se construire un sens commun de l’intérêt général.

Lorsque les forums d’internet confondent liberté d’expression et appels à la haine, lorsqu’en réaction à la peur de l’immigration et à la dissolution des identités, les violences des suprémacistes blancs – nouvelle garde des nazis d’hier- se conjuguent à la terreur des islamistes radicaux, le produit de cette confrontation explosive est comme toujours l’opprobre et la condamnation des juifs et désormais celles d’Israël.

Certains font mine de croire qu’il est juste, moral et pacifique d’appeler aux sanctions, au boycott et de mettre à l’index un seul pays au monde, son économie entière, son peuple sans distinction, tous les pans de sa culture, ses universités, ses sportifs, ses scientifiques, tout autant que ceux qui partagent partout ailleurs le même culte et la même identité de cœur.

Ceux-là ne reconnaissent jamais rien de positif aux israéliens ni aux juifs que ces derniers soient : Prix Nobel, chercheurs, artistes, intellectuels, inventeurs, politiciens, créateurs, hommes ou femmes de bien.

Ils affirment pourtant refuser tout amalgame – un bien joli mot qui bouche les carences de la pensée -, ceux qui refusent la « judéophobie, » créée sur le modèle de « l’islamophobie ». Et pour cause, l’antisémitisme traine un lourd passé de juifs assassinés par millions, toujours sauvagement. Le négationnisme et la révision de l’histoire n’empêchent pas de réviser la réalité d’aujourd’hui et les mots du présent. L’antisémitisme n’a cessé d’évoluer, la sémantique antisémite aussi. Les faits ne mentent pas : c’est bien un nouveau visage de l’antisémitisme qu’abrite l’antisionisme systématique, lequel n’a rien de critique !

Voilà pourquoi, je remercie les 154 députés qui viennent d’adopter la résolution du député Sylvain Maillard de souscrire à la définition de l’organisation intergouvernementale pour la mémoire de la Shoah (IHRA). Celle-ci, qui compte 31 pays membres dont la France, avait adopté, en mai 2016, une définition consensuelle et non contraignante de l’antisémitisme permettant d’inclure cet antisionisme négateur. Leur vote permet enfin à la France de suivre la recommandation du Parlement européen qui, depuis sa validation en juin 2017, appellent ses États membres à en faire de même.

L’Allemagne qui y avait souscrit dès septembre 2017, a connu pour 2018 une augmentation de près de 20% des actes antisémites par rapport à l’année précédente, des actes principalement dus à des néonazis, comme celui qui a tué deux personnes à Halle, après avoir voulu commettre un massacre dans la synagogue, le jour emblématique de Yom Kippour. La même année en 2017, l’Office fédéral pour la protection de la Constitution (BfD) attirait l’attention sur les campagnes de boycott systématique d’Israël accusé de tous les maux et nié dans son droit à l’existence.

Si l’Allemagne dénonce sans fard les rejetons d’une idéologie mortifère antisémite et antidémocratique qu’elle a vu naître et prospérer, pourquoi en France devrions nous avoir des états d’âme et nous effaroucher d’une réalité dont la méconnaissance risque de nous faire perdre de précieuses années dans la lutte contre la haine des juifs et toutes les haines ?

C’est à l’honneur de l’Allemagne démocratique d’aujourd’hui que sa Chancelière madame Angela Merkel,  refuse d’oublier le passé en allant se recueillir à Auschwitz, ce vendredi 6 décembre, pour tenter d’éveiller à la paix les consciences des jeunes générations d’aujourd’hui, pour que ces dernières n’oublient pas combien il est facile de sombrer dans l’horreur absolue, avec au départ simplement la haine de tous les juifs, quels qu’ils soient.

DES ÉTUDIANTS DU TECHNION DÉVELOPPENT UN ALGORITHME POUR FAIRE ATTERRIR UN AVION EN PANNE DE MOTEUR

Un dysfonctionnement du moteur, des fuites de carburant ou un entretien inadéquat peuvent entraîner la mort des pilotes, de leurs équipages et de leurs passagers. Un groupe de recherche de l’ Institut de technologie Technion-Israël, dirigé par le professeur Nahum Shimkin, doyen de la Faculté de génie électrique de Viterbi, a développé un algorithme en ligne pour résoudre ce problème.

« L’algorithme en ligne calcule (et revérifie périodiquement) la trajectoire optimale globale en termes de perte d’altitude minimale, en tenant compte des obstacles de terrain générés par la descente et des estimations intenses dans le plan et dans le vent de travers », écrit le Technion dans un communiqué de presse. L’algorithme aiderait les pilotes en détresse, à l’instar de Chesley Sullenberger , qui a été contraint d’atterrir sur la rivière Hudson en 2009 après que ses deux moteurs aient été compromis.

“Puisque nous visons à aider un pilote soumis à un stress extrême, il est impératif de valider l’algorithme en vol réel”, a déclaré l’équipe à Technion. «Nous avons choisi de tester en vol notre algorithme optimal sur un Cessna 172 – afin de démontrer à la fois le choix optimal de la piste d’atterrissage, la génération de trajectoire et le suivi de cette trajectoire par le pilote en détresse.»

La simulation mise au point par les étudiants pour tester l’algorithme «implique la modélisation du vol, la génération de la trajectoire optimale vers la meilleure piste d’atterrissage et des repères sur un écran – pour que le pilote puisse suivre cette trajectoire. Cet environnement [simulé] a énormément contribué à notre débogage S / W intégré et donc au succès de notre expérience aéroportée », a déclaré l’équipe.

L’algorithme a pu acheminer un vol simulé en panne de moteur à l’ouest du mont Tabor jusqu’à une piste d’atterrissage à l’est de la montagne et lui a donné la trajectoire optimale à suivre par le pilote d’essai.

« Nous avons ainsi validé notre concept en vol, en tant qu’algorithme temps réel permettant de suivre la trajectoire optimale du pilote. Cet algorithme d’optimisation globale en temps réel, développé par l’équipe de recherche Technion, peut être facilement adopté dans les cockpits d’avions GA ainsi que pour les UAV », a déclaré l’équipe Technion.

Source : The Jerusalem Post

Des pays européens accusent l’Iran de développer des «missiles balistiques à capacité nucléaire»

Paris, Berlin et Londres dénoncent dans une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU les activités de l’Iran. Téhéran a condamné un «mensonge désespéré».Par Le Figaro avec ReutersPublié il y a 13 heures, mis à jour il y a 2 heures

L’Iran développe des «missiles balistiques à capacité nucléaire», violant une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies, dénoncent l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France dans une lettre commune au secrétariat général de l’ONU.

Les ambassadeurs de ces pays à l’ONU exhortent le secrétaire général Antonio Guterres à informer le Conseil dans son prochain rapport que l’activité de l’Iran en matière de missiles balistiques est «incompatible» avec une résolution du Conseil approuvant l’accord nucléaire avec l’Iran en 2015. Cette lettre est «un mensonge désespéré pour dissimuler leur misérable incompétence dans l’accomplissement du strict minimum de leurs propres obligations», a réagi sur Twitter Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères. Si les trois pays veulent avoir «un minimum de crédibilité mondiale, ils peuvent commencer par exercer leur souveraineté plutôt que de se plier aux pressions américaines», dénonce-t-il.

Detailed, legal rebuttal of the E3 letter to the UN by Iran’s Ambassador and Permanent Representative:

Voir l'image sur Twitter

Cette résolution des Nations unies, rappellent les trois puissances européennes, prévoit que «l’Iran est tenu de ne mener aucune activité liée aux missiles balistiques conçus pour pouvoir emporter des armes nucléaires, y compris les tirs recourant à la technologie des missiles balistiques». Or, ils «notent avec préoccupation» que l’Iran aurait contrevenu à cette résolution.

«Forte préoccupation»

Ils s’appuient notamment sur des images diffusées sur les «médias sociaux» le 22 avril 2019 montrant un essai d’une nouvelle version de missile balistique à moyenne portée Shahab-3, selon eux capable de transporter une arme nucléaire. Les États-Unis, qui se sont retirés en 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien, accusent l’Iran de tenter de développer des missiles à capacité nucléaire, ce que les Iraniens nient.

Londres, Berlin et Paris citent d’autres preuves de développement de ces missiles balistiques, comme le lancement le 2 août 2019 par les rebelles Houthis au Yémen, soutenus par l’Iran, du Borkan-3, un «missile balistique à propulsion liquide, d’une portée d’environ 1.300 kilomètres». Les trois puissances évoquent aussi le lancement, le 24 juillet 2019, d’un missile balistique qui aurait parcouru plus de 1.000 kilomètres et qui pourrait être «un missile Shahab-3 de moyenne portée».

«Nous avons exprimé à de nombreuses reprises notre forte préoccupation au sujet des activités balistiques de l’Iran qui ne sont pas conformes à ses obligations au titre de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies et constituent une menace pour la sécurité régionale et internationale», a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. «Nous appelons à nouveau l’Iran à respecter l’ensemble de ses obligations», a-t-elle ajouté.

«L’Iran est déterminé à poursuivre résolument ses activités liées aux missiles balistiques et aux lanceurs spatiaux», dit quant à lui l’ambassadeur iranien à l’ONU, Majid Takhte Ravanchi, dans une lettre adressée à Antonio Guterres. La commission conjointe des parties prenantes de l’accord sur le nucléaire iranien doit se réunir vendredi à Vienne, en Autriche.

“Vous ne nous effacerez pas” : à Westhoffen, les paroles fortes du grand Rabbin de Strasbourg

Suite à la profanation de 107 tombes au cimetière israélite de Westhoffen (Bas-Rhin), découverte ce mardi, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner s’est rendu sur place ce mercredi en fin de matinée. Il était notamment accompagné de représentants des cultes, d’élus bas-rhinois et de Jean-Louis Debré.

par Anne-Camille Beckelynck et Céline Rousseau ,

Pour L’ALSACE

Christophe Castaner s'est exprimé vers midi. Photo DNA - Franck Delhomme
Photo DNA - Franck Delhomme
107 tombes ont été couvertes d'inscriptions antisémites. Photo DNA - Franck Delhomme
Photo DNA - Franck Delhomme

12h. “Cette profanation, c’est la profanation, de toute la République”, a déclaré le ministre de l’Intérieur à la suite de sa visite du cimetière. Christophe Castaner a ensuite annoncé la création d’un Office national de lutte contre la haine.

Les enquêteurs sont toujours sur le site.

Attendu ensuite à la préfecture du Haut-Rhin (Colmar) pour une visite du service des étrangers, puis à une inauguration de l’espace France Services installé dans la sous-préfecture d’Altkirch, il a quitté les lieux vers 12h30.

Juste avant le ministre de l’Intérieur, le maire de Westhoffen, Pierre Geist, avait déclaré : “Ce n’est pas ça l’Alsace. C’est une terre de tolérance où catholiques, protestants et juifs ont vécu en harmonie parfaite pendant des siècles. Cette intolérance est inadmissible. Je ne pensais pas que ça arriverait chez nous.”

Harold Abraham Weill, grand rabbin de Strasbourg a a dénoncé un “acte ignoble” et remercié les représentants des autres cultes : “Malheureusement, on s’est trop croisés ces derniers mois….” Puis il a martelé ces paroles fortes : “Ce n’est pas un coup de peinture qui va effacer notre mémoire, ce n’est pas un coup de peinture qui va effacer notre identité, ce n’est pas un coup de peinture qui va effacer notre présence en Alsace depuis des siècles.” Et s’adressant à l’auteur ou aux auteurs des profanations : “Vous ne nous effacerez pas.”

Maurice Dahan, président du Consistoire israélite du Bas-Rhin, a pour sa part assené que “cette violence n’est plus supportable”.

Christophe Castaner✔

Profaner une tombe.
Souiller une sépulture.
Salir la mémoire de nos morts.
Qu’y a-t-il de plus lâche, de plus vil, de plus odieux ?
Ici, à Westhoffen, je le redis : nous nous battrons de toutes nos forces pour que le poison antisémite ne contamine jamais la République.

Voir l'image sur Twitter

11h30. Le ministre de l’Intérieur vient d’arriver à Westhoffen. Jean-Louis Debrė est également présent : sa tombe familiale fait partie des tombes profanées.

Christophe Castaner et Jean-Louis Debré entre les tombes profanées de Westhoffen. Photo DNA - Franck Delhomme
Christophe Castaner et Jean-Louis Debré entre les tombes profanées de Westhoffen. Photo DNA – Franck Delhomme

11h. Le 19 février 2019, le ministre de l’Intérieur était à Quatzenheim, où le cimetière juif venait d’être profané. Ce mercredi, le ministre de l’Intérieur était une nouvelle fois attendu dans le Bas-rhin, à Westhoffen, pour le même motif.

Ce mercredi matin, les enquêteurs sont toujours sur place. Le président de la Région Grand Est Jean Rottner, mais aussi de nombreux élus strasbourgeois, à commencer par le maire de Strasbourg Roland Ries et ses adjoints Alain Fontanel, Pernelle Richardot et Mathieu Cahn, ou encore le conseiller municipal d’opposition Jean-Philippe Vetter.

> Rappel des faits

Des inscriptions antisémites ont été découvertes ce mardi 3 décembre sur 107 tombes du cimetière israélite de Westhoffen, à l’ouest de Strasbourg.

Des croix gammées et le chiffre 14 ont été tracés sur les tombes. 
Le chiffre 14 ferait référence à un slogan suprémaciste blanc, en anglais, composé de 14 mots.

Des tags antisémites ont également été constatés mardi matin dans la commune de Schaffhouse-sur-Zorn. Tracés à l’arrière de la mairie, ils faisaient référence au cimetière de Westhoffen : c’est par cette voie que les gendarmes en sont venus à se rendre sur le lieu des profanations.

De même, des inscriptions à caractère raciste et antisémite découvertes le 26 novembre à Rohr, dans le Kochersberg, faisaient déjà référence à Westhoffen

Appel à témoins

Comme lors des récentes profanations commises à Herrlisheim et à Quatzenheim, c’est la Section de recherches (SR) de Strasbourg qui est chargée de mener les investigations relatives à la profanation du cimetière israélite de Westhoffen. Les gendarmes invitent les éventuels témoins et toutes les personnes susceptibles de fournir des informations utiles à l’enquête à se manifester auprès d’eux en composant le 17.

Antisémitisme: Vote à l’Assenmblee Nationale le 3 décembre 2019 Le BNVCA soutient la résolution qui pénalise l’antisémitisme antisioniste, et fustige les 127 prétendus intellectuels juifs qui s’y opposent .

LE BUREAU NATIONAL DE VIGILANCE CONTRE L’ANTISEMITISME qui se fait le porte-voix des milliers de juifs français victimes depuis 20 ans de l’antisémitisme de nature antisioniste, qui a commencé en même temps que ” l’Intifada ” condamne avec la plus grande sévérité ce collectif de prétendus intellectuels juifs du monde entier qui appellent l’Assemblée Nationale Française à ne pas adopter la résolution 2043 proposée par Sylvain Maillard et déjà co-signée par une centaine de députés.

Nous constatons qu’il aura fallu que ce comité drague dans le monde entier pour que des prétendues personnalités, illustres inconnues, qui ne représentent qu’elles-mêmes publient cet appel autant irresponsable qu’inutile sinon dangereux et insultant pour les victimes.

Leur appel démontre qu’ils sont bornés, qu’ils n’ont rien compris au nouvel antisémitisme qui sévit et se développe, et qu’en fait ils font surtout preuve de détestation d’eux-mêmes.

Parce que tous les recensements effectués depuis 20 ans démontrent que c’est bien l’incitation à la haine d’Israël qui pousse à l’acte antijuif, nous considérons qu’il est urgent de pénaliser non seulement l’antisémitisme mais aussi l’antisémitisme antisioniste.

Dans son communiqué daté du 2/12/2019 nous avons déclaré soutenir fermement cette résolution qui fait de l’antisionisme un délit au même titre que l’antisémitisme.

Le BNVCA confirme que les actes antisémites perpétrés contre les citoyens de confession juive sont motivés par la haine de l’Etat juif propagée par les antisionistes.

Le BNVCA encourage tous les Députés Français à voter ce 3 décembre 2019 cette résolution qui deviendra un outil efficace entre les mains des Préfets et des Procureurs de la République pour combattre les sources du nouvel antisémitisme contemporain.

Le Président

Sammy GHOZLAN 

Liste :
‌- Howard Tzvi Adelman, professeur associé d’Histoire et d’Histoire du Judaïsme, Queen’s
University, Kingston, Ontario.
– Karin Adelman, médecin.
– Ofer Aharony  professeur, faculté de Physique, Institut Weizmann des Sciences.
– Mateo Alaluf, professeur (émérite), Institut de Sociologie, université Libre de Bruxelles.
– Gadi Algazi, professeur d’Histoire médiévale, département d’Histoire, université de Tel Aviv
– Hila Amit , écrivain, chercheur.
– Gil Anidjar, professeur du département d’études Moyen-Orientales, Asiatiques et Africaines, Columbia University.
Seth Anziska, professeur Associé, département d’études de l’Hébreu et du Judaïsme, University College London.

– Yonathan Anson, professeur, département de service social, université Ben-Gurion du Néguev.
– Jean-Christophe Attias, professeur et titulaire de la chaire de pensée juive médiévale, Ecole pratique des hautes études, université PSL, Paris.
– Elsa Auerbach, professeure (émérite), département d’Anglais, université du Massachusetts Boston.
– Joel Beinin, professeur (émérite), Donald J. Mc Lachlan d’Histoire et professeur d’Histoire du Moyen Orient, Université de Stanford.
– Avner Ben-Amos professeur, département d’Histoire, université de Tel Aviv.
– Ayelet Ben-Yishai, professeure Associée, département d’Anglais, université de Haifa.
Andrew Stuart Bergerson, professeur, département d’Histoire, université du Missouri-Kansas City.
– Michael Berkowitz, professeur d’Histoire moderne du judaïsme, University College London.
– Louise Bethlehem, professeure, études Culturelles et d’Anglais, université Hébraïque de Jérusalem.
– David Blanc, professeur, département de Mathématiques, université de Haifa.
Daniel D. Blatman, professeur, Directeur de l’Institut de Recherche Avraham Harman sur le  judaïsme contemporain, université Hébraïque, Jérusalem.
– Hagit Borer, professeure, titulaire de la chaire en Linguistique, SLLF, Queen Mary University of London.
– Daniel Boyarin, professeur Taubman de Culture Talmudique, université de Californie, Berkeley.
– Rony Brauman, professeur à l’université de Manchester.
– Jose Brunner, professeur (émérite), Institut Cohn d’Histoire de la science et des idées et faculté de Droit Buchmann, université de Tel Aviv.
– Judith Butler, professeure Maxine Elliot professeur de littérature compare et de théorie critique, université de Californie, Berkeley.
– Jane Caplan, professeure (émérite) d’Histoire Européenne Moderne, université d’Oxford.
– Nina Caputo, professeure Associée, département d’Histoire, université de Floride.
– Michael Chanan, professeur de Film et Vidéo, université de Roehampton, Londres.
Stephen Clingman, professeur, département d’Anglais, université du Massachusetts, Amherst.
– Eyal Clyne, non-affilié.
– James Cohen, professeur, Institut du monde anglophone, université Sorbonne Nouvelle Paris 3.
 
 – Alon Confino, professeur, titulaire de la chaire Pen Tishkach d’études de l’Holocauste, Directeur de l’Institut d’études de l’holocauste, du génocide et de la mémoire, département d’Histoire, université du Massachusetts.
– Mike Cushman, chargé de recherche, London School of Economics and Political Science.
– Hilla Dayan, chercheure au département de Sociologie, Amsterdam University College.
Sonia Dayan-Herzbrun, professeure (émérite), faculté de sciences sociales, université Paris Diderot Paris 7.
– Sidra DeKoven Ezrahi, professeure de littérature compare, université Hébraïque de Jérusalem.
– Tal Dor, chercheur adjoint, centre de Recherche Experice Paris 8.
– Tommy Dreyfus, professeur (émérite) de Mathématiques, faculté d’éducation, université de Tel Aviv.
– David Enoch, professeur, faculté de Droit et département de philosophie, université Hébraïque de Jérusalem.
– Judith Ferster, professeure (émérite), département d’Anglais, université de Caroline du Nord.
– Cynthia Franklin, département d’Anglais, université d’Hawaï.
– Gideon Freudenthal, professeur (émérite), Institut Cohn Institute d’Histoire de la science et des idées, université de Tel Aviv.
– Chaim Gans, professeur (émérite) faculté de Droit, université de Tel Aviv.
– Tamar Garb , professeure d’histoire de l’art Durning Lawrence, directrice Institute of Advanced Studies in Humanities and Social Sciences, University College London.
– Amos Goldberg, professeur, département d’Histoire du Judaïsme et du judaïsme contemporain, université Hébraïque de Jérusalem.
– Katharina Galor, professeure Associé Invité Hirschfeld, Programme d’études du judaïsme, université Brown.
– Shai Ginsburg, professeur, département d’études Asiatiques et Moyen-Orientales, université Duke.
– Rachel Giora , professeure, département de Linguistique, université de Tel Aviv.
– Steve Golin, professeur (émérite), département d’Histoire, Bloomfield College.
– Neve Gordon, professeur, département de Politique et gouvernement, université Ben-Gurion du  Néguev.
– Joel Gordon, professeur, département d’Histoire, université d’Arkansas Fayetteville.
– Nir Gov, professeur, département de Physique chimique et biologique, Institut – Weizmann des Sciences.
– Yann Guillaud, conférencier à Sciences Po et à l’université Catholique de Paris.
– Gérard Haddad, psychiatre, psychanalyste, écrivain.
– Ilana Hammerman, écrivain lauréate du prix Yeshayahu Leibowitz (2015).
– David Harel, professeur, département de Sciences informatiques et mathématiques appliquées,Institut Weizmann des Sciences.
– Elizabeth Heineman, professeure, département d’Histoire, université de l’Iowa.
– Shir Hever, Sciences Politiques, université libre de Berlin.
– Eva Jablonka, professeure, Institut Cohn Institute d’Histoire de la science et des idées,
université de Tel Aviv.
– Michal Kaiser-Livne, sychanalyste, Institut de Berlin Institute pour l’Analyse de groupe
Amnon Raz-Karkotzkin, professeur, Histoire juive.
– Brian Klug, agrégé supérieur de recherche et enseignant en Philosophie, université d’Oxford.
– Yehoshua Kolodny, professeur (émérite), Institut des Sciences de la terre, université Hébraïque de Jérusalem.
– Hubert Krivine, médecin.
– Pascal Lederer, médecin, directeur de recherche honoraire au CNRS.
– Micah Leshem, professeur (émérite), département de Psychologie, université de Haifa.
Les Levidow, faculté d’Art et de Sciences sociales, The Open University, Royaume-Uni.
– Mark Levene, membre émérite, département d’Histoire, université de Southampton, Royaume- Uni.
– Joseph Levine, professeur de Philosophie, université du Massachusetts, Amherst.
R. Ruth Linden, Président, Tree of Life Health Advocates, San Francisco.
Adi Liraz, artiste interdisciplinaire, formateur sur l’histoire des juifs de Grèce et d’Allemagne.
– Rachel Livne-Freudenthal, Institut Leo Baeck, Jérusalem.

 – Moshé Machover, professeur (émérite) de Philosophie, université de Londres.
– Joëlle Marelli, universitaire indépendante, ancienne directrice de programme du Collège
Internationale de Philosophie, Paris.
– Anat Matar, département de Philosophie, université de Tel Aviv.
 – Yehoshua Mathias, conférencier titulaire, faculté d’Education, université Hébraïque de
Jérusalem.
– David Mednicoff, professeur Associé d’études Moyen-Orientales et de politique publique, université du Massachusetts, Amherst.
– Oded Na’aman, The Martin Buber Society of Fellows, université Hébraïque de Jérusalem.
– Sheryl Nestel, universitaire indépendante.
– Isaac Nevo, professeure associé de philosophie.
– Benita Parry, professeure (émérite), études d’Anglais et de littérature comparée, université de Warwick.
– Hadas Pe’ery, conférencier à l’Ecole de musique Buchmann, université de Tel Aviv.
– Nurit Peled-Elhanan, professeure, faculté d’Education, université Hébraïque de Jérusalem.
– Yael Politi, centre de bio ingénierie moléculaire et cellulaire, Technische Universität Dresden.
– David Ranan, Birkbeck University, Londres.
– Ada Rapoport-Albert, professeure (émérite) d’études Hébraïques et du judaïsme, University College London.
– Ben Ratskoff, université de Californie, Los Angeles.
– Shlomith Rimmon-Kenan, professeure (émérite), département de littérature anglaise et
littérature comparée, université Hébraïque de Jérusalem.
– Noa Roei, professeure adjoint Analyse culturelle et littéraire, université d’Amsterdam.
– Lisa Rofel , professeure (émérite) université de Californie, Santa Cruz.
– Dana Ron, professeur, faculté d’Ingénierie, université de Tel Aviv.
–  Steven Rose, professeur (émérite) de biologie et neurobiologie, The Open University, Royaume-Uni.
– Jonathan Rosenhead, professeur de recherche opérationnelle, département de Management, London School of Economics and Political Science
– David M. Rosenthal, professeur, Cognitive Science Concentration Graduate Center, City University of New York.
– Michael Rothberg, professeur, 1939 Society Samuel Goetz Chair in Holocaust Studies,
département de littérature comparée université de Californie.
– E. Natalie Rothman, département d’études historiques et culturelles, université de Toronto Scarborough.
– Catherine Rottenberg, professeure, département d’études Américaines and Canadiennes, université de Nottingham
– Sara Roy, maître de recherche, centre d’études Moyen Orientales, université d’Harvard.
Hannah Safran, centre de recherche féministe de Haifa.
– Ariel Salzmann, département d’Histoire, Queen’s University, Ontario.
– Catherine Samary, économiste (ret.), université Paris Dauphine.
– Donald Sassoon, professeur (émérite) d’Histoire Européenne comparée, Queen Mary, université de Londres.
-Naomi Scheman, professeure (émérite) Philosophie et Genre, féminines et de la sexualité, université du Minnesota.
– Sir Stephen Sedley, ancien Lord Juge de la Cour d’Appel, Angleterre et Pays de Galle, ancien professeur invité de droit, université d’Oxford.
– Graeme Segal, professeur (émérite),Mathématiques, All Souls College.
– Gershon Shafir, professeur, département de Sociologie, université de Californie, San Diego.
– Alice Shalvi, professeur (émérite), département d’Anglais, université Hébraïque de Jérusalem et université Ben-Gurion du Néguev.
– Dimitry Shevchenko, chercheur postdoctorale, département d’études Asiatiques, université Hébraïque de Jérusalem.
– Avi Shlaim, professeur (émérite), département d’études Politiques et Relations Internationales, St. Antony’s College et université d’Oxford.
– David Shulman, professeur, département d’études Asiatiques, université Hébraïque de
Jérusalem.
– Dmitry Shumsky, département d’Histoire juive et Directeur du centre Cherrick Center pour l’étude du Sionisme, université Hébraïque de Jérusalem.
– Robert Yerachmiel Sniderman, université Simon Fraser.
– Lisa Stampnitzky, conférencier en Politique, département d’études Politiques et relations internationales, université de Sheffield.
– Marc Steinling, professeur, Médecin, Biophysicien.
– Sacha Stern, professeur, Directeur du département d’études Hébraïques et du Judaïsme, University College London.
– Zeev Sternhell, professeur (émérite) Léon Blum, université Hébraïque de Jérusalem.
– Howard Rechavia Taylor, Columbia University.
– Barry Trachtenberg, Michael R. et Deborah K. Rubin Président de la Chaire d’Histoire du judaïsme, département d’Histoire, université Wake Forest.
– Rolf Verleger, professeur (émérite), Psychologue.
– Dominique Vidal, historien et journaliste.
– Roy Wagner, professeur, département de Sciences Humaines, sciences sociales et politiques ETH Zürich.
-Yair Wallach, directeur du centre d’études du judaïsme, département des langues et cultures du   proche et moyen orient, SOAS, université de Londres.
– Joan Wallach Scott, professeure (émérite), Institute for Advanced Study, Princeton.
– Daphna Westerman, Master Beaux-Arts Fine, université Bauhaus, Weimar.
– Diane L. Wolf, professeure, département de Sociologie, université de Californie, Davis.
– Niza Yanay, professeur (émérite) département de Sociologie et Anthropologie, université Ben-Gurion du Néguev.
– Moshe Zimmermann, professeur (émérite), ancien directeur du centre Richard Koebner
Minerva pour l’Histoire allemande, université Hébraïque de Jérusalem.
– Moshe Zuckermann, professeur (émérite), Institut Cohn d’Histoire de la science et des idées,u niversité de Tel Aviv.

Le BNVCA qui réclame justice pour Sarah Halimi torturée et assassinée par son voisin antisémite Traoré, qui devrait être condamné à la réclusion à perpétuité, et surtout pas excusé pour irresponsabilité pénale.

Le BNVCA réclame avec force que justice soit rendue à Sarah Halimi née Attal  assassinée par Kobile Traoré son voisin qui, sachant qu’elle était juive, s’est introduit la nuit par effraction dans son appartement, lui a fait subir des tortures atroces, pendant qu’il récitait des versets du Coran ou criait ce slogan islamo terroriste “AllahAkbar ” avant de la défenestrer  vivante .           

Malgré l’évidence des faits, les Magistrats s’interrogent toujours pour savoir si le criminel était ou non sous “l’effet  d’une bouffée  délirante durant son crime”, ce qui pourrait  le dispenser d’une peine  de prison longue et  ferme.                                                

Non le BNVCA  persiste à penser que le sieur Traoré doit être condamné sévèrement à la prison, voire à la réclusion criminelle à perpétuité. Toute autre décision serait très mal acceptée par l’opinion en général et les citoyens juifs en particulier. 

Aucune circonstance atténuante ne peut lui être accordée, bien au contraire. Comme nous l’avons fait remarquer à plusieurs reprises lorsque un automobiliste en état ivresse commet un accident mortel sa peine est aggravée, son permis de conduire retiré, annulé et il va en prison. Et on voudrait nous faire croire que sous l’effet de la drogue un  assassin échapperait a la peine de prison  à perpétuité. Traoré n’était pas malade mental,. Il ne peut pas, il ne doit pas bénéficier de la circonstance d’irresponsabilité pénale.         

Nous n’accepterons pas le “deux poids deux mesures” qui semblent poindre pour les raisons suivantes. Dès le début de l’enquête le BNVCA s’était plaint à la Garde des Sceaux et au Procureur de la République de Paris de notre  sentiment que l’instruction tournait plutôt  à la décharge de l’assassin. Nous persistons à considérer qu’un individu intoxiqué, soit à l’alcool, soit au cannabis, soit à une autre drogue, doit être sévèrement sanctionné sans qu’aune distinction soit faite entre ces produits qui produisent tous des graves conséquences sur les agissements de ceux qui les ingèrent ou les inhalent.
L’absorption  d’alcool ou la prise de drogue quelle qu’elle soit ayant les mêmes effets sur la volonté d’un individu et sur son  comportement, il sera donc inadmissible et incohérent que l’automobiliste en état d’ébriété  soit gravement condamné et  que l’assassin de surcroît antisémite sous l’effet de la drogue ne le soit pas.  

Selon nous Madame Sarah  HALIMI n’aurait pas du mourir. Nous ne comprenons toujours pas pourquoi et comment les secours et les policiers arrivés 3 minutes après avoir été alertés par des voisins, ainsi que les renforts ne soient pas intervenus, et qu’aucun des 18 policiers présents sur place, ne l’auront ni assistée ni tirée des griffes de son agresseur, alors qu’ils pouvaient agir en état de légitime défense.

Le Président Sammy Ghozlan

La Turquie sème la zizanie au sein de l’OTAN

DÉCRYPTAGE – Les relations entre Paris et Ankara sont au bord de la rupture

Par Isabelle Lasserre

La Turquie va-t-elle faire imploser l’Otan, dont le sommet s’ouvre mardi à Londres? Pendant longtemps, les réunions annuelles de l’organisation ont été l’occasion de réaffirmer l’unité transatlantique. Elles étaient si préparées que le communiqué final était connu de tous avant le début des rencontres, qui laissaient rarement place au hasard et à l’improvisation. Depuis 2017, l’élection de Donald Trump a chamboulé l’ennuyeux train-train des sommets de l’Otan en lui rajoutant suspens et incertitude. L’affirmation autoritaire et stratégique de la Turquie d’Erdogan rajoute cette année un chaos supplémentaire dont l’Alliance, déjà fragilisée par les hésitations trumpiennes, n’avait sans doute pas besoin.

Entre Paris et Ankara, les relations diplomatiques n’avaient pas été aussi dégradées depuis longtemps. Les critiques d’Emmanuel Macron, qui a déploré que la Turquie ait mis ses alliés «devant le fait accompli» en intervenant au nord-est de la Syrie contre les partenaires kurdes de la coalition anti-Daech, ont provoqué une réponse violente de Recep Tayyip Erdogan. Il a multiplié les «insultes» contre son homologue français, faisant monter la tension à la veille du sommet de l’Otan. Macron avait aussi mis en doute la bonne santé de l’Alliance, dont la Turquie est un pilier, dans son interview à The Economist début novembre. Il s’était interrogé sur la pertinence de l’article 5, le cœur de la défense collective, en se demandant s’il serait actionné pour la Turquie, si elle était attaquée par l’armée syrienne.À lire aussi : Au sommet de l’Otan, Macron réclame des clarifications à ses alliés

Les propos du président turc, qui a accusé son homologue français d’être un «amateur»,«inexpérimenté», fanfaron et lui-même «en état de mort cérébrale», ont mené à la convocation de l’ambassadeur turc au Quai d’Orsay. Il avait déjà été appelé à s’expliquer en octobre, juste après le lancement de l’offensive turque contre la milice kurde YPG au nord de la Syrie. La France accuse la Turquie d’avoir agi unilatéralement et de faciliter une «résurgence» de l’État islamique. «De tous les pays de l’Alliance, elle est le pays qui a critiqué le plus ouvertement l’offensive turque en Syrie. Or, pour Erdogan, la rhétorique est plus forte que tout. Il a donc besoin de répondre encore plus fort aux provocations», explique un expert proche du dossier.

Les relations entre les deux capitales se sont envenimées depuis qu’Emmanuel Macron a reçu à Paris des représentants des Forces démocratiques syriennes, dominées par la milice kurde YPG, considérée par Ankara comme une extension de son ennemi, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Mais le lien franco-turc est en mauvais état depuis longtemps. En janvier 2018, Emmanuel Macron avait jeté un froid en affirmant que la situation des droits de l’homme en Turquie excluait «toute avancée» dans les négociations d’adhésion à l’Union européenne. Sous Nicolas Sarkozy, la relation avait déjà subi des secousses à cause de la reconnaissance du génocide arménien.À lire aussi : François d’Orcival: «France, États-Unis, Royaume-Uni, trois alliés proches mais bien séparés»

Le problème turc n’est pas seulement celui de la France, mais aussi celui de l’Otan. L’intervention contre un allié clé de la lutte anti-Daech a allumé un incendie au sein de l’Alliance, où les Européens sont directement visés par la menace djihadiste. Plus récemment, la Turquie a rejeté un plan de défense de l’Otan pour les pays Baltes et la Pologne. Elle menace d’utiliser son veto tant qu’elle n’est pas davantage soutenue par les alliés dans son combat contre les YPG, qu’elle considère comme une organisation terroriste. Elle reproche aux membres de l’Alliance de ne pas tenir suffisamment compte de ses préoccupations sécuritaires, surtout depuis la tentative de coup d’État de l’été 2016.

Mais au sein de l’Otan, les menaces de la Turquie sont considérées comme une manière de faire du «chantage» envers les pays d’Europe de l’Est. Les alliés sont aussi vent debout contre l’achat par Ankara d’un système de défense antiaérienne russe, le S400, incompatible avec celui de l’Otan. Ce geste de défiance a déjà provoqué l’exclusion des Turcs du programme d’avions de chasse F35.À lire aussi : En visant l’Otan, Macron veut rendre à l’Europe une vision stratégique

Malgré l’ampleur de la crise qui oppose la Turquie, seul pays musulman de l’Otan, à ses alliés, nul ne parie aujourd’hui sur un divorce. «Le préjugé contre la France est énorme en Turquie. Mais les deux pays ont besoin l’un de l’autre», poursuit l’expert proche du dossier. La coopération antiterroriste entre Paris et Ankara fonctionne bien. Les pays de l’Union européenne ont besoin que le robinet migratoire soit maintenu fermé par la Turquie.

Et même dans les pires moments de tension avec les États-Unis, les responsables turcs n’ont jamais bloqué la base américaine d’Incirlik, où sont entreposées jusqu’à 50 bombes nucléaires. Macron et Erdogan discuteront de leurs différends syriens lors d’une réunion où seront également présents Angela Merkel et Boris Johnson. Le président français espère une «clarification» de la politique turque. Quant aux États-Unis, ils se sont donnés quelques semaines supplémentaires pour tenter de résoudre la question des S400.

Menace de dislocation

En s’exprimant sans filtre dans The Economist, Emmanuel Macron a renversé la table otanienne. Reste à savoir si les alliés réussiront à recoller les morceaux de l’unité brisée, tout en tirant les leçons du diagnostic fait par le président français. Ou si, au contraire, les désaccords vont s’amplifier et s’étaler sur la place publique, quitte à menacer de dislocation une organisation qui a pourtant su se réformer depuis la fin de la guerre froide et qui demeure, tant que l’Europe n’aura pas pris son destin stratégique en main, la seule défense du Vieux Continent.

Quelles stratégies pour compléter la réponse militaire contre le terrorisme ?

ANALYSE. L’accident qui a coûté la vie à 13 soldats français au Mali le 25 novembre dernier rappelle que d’autres pistes doivent être explorées.

Par Laurence Frank* pour The conversation.com

Pour Le Point

L’hommage national aux 13 soldats morts dans le crash de deux hélicoptères au Mali aura lieu ce lundi 2 décembre, une semaine après l’accident survenu lors d’une opération d’envergure lancée quelques jours plus tôt dans la vallée d’Eranga, située au sud d’Indelimane, dans le Liptako, région du centre-est du Mali où sévit l’organisation État islamique au grand Sahara (EIGS). Cette région dite des « trois frontières » située entre Mali, Burkina et Niger est la zone d’action du groupe EIGS depuis sa création en 2015. Il compte entre 100 et 200 combattants sur ce territoire du centre-nord du pays.

En août 2014, 22 pays se sont unis pour lutter militairement contre Daech, mais maintenant que les frappes de la coalition ont cessé en Syrie, il ne reste plus guère que la France pour combattre la progression des mouvements djihadistes au Sahel. Protéger notre sécurité et nos libertés qui sont nos biens communs, c’est pourtant l’affaire de tous.

Mali : Florence Parly salue « les 13 héros morts pour la France » (ministère des Armées).

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La mort des treize soldats français ne cessera de nous rappeler que l’État islamique et l’instauration du « califat » ne concernent plus seulement la Syrie et l’Irak. Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a proclamé un « califat islamique » dans le nord-est du Nigeria le 24 août 2014. Ce groupe islamiste nigérian lié à Al-Qaïda prend de l’ampleur en essayant de gagner du terrain dans cette zone. Il menace les pays voisins, tout comme l’État islamique le faisait au Moyen-Orient. Le modus operandi de ces deux organisations présente de nombreuses similitudes bien que la spécificité de Boko Haram se situe dans le fait d’utiliser des femmes et de très jeunes filles pour commettre des attentats suicides.

Appréhender le problème autrement

Pour honorer la mémoire des victimes du terrorisme et celle des soldats morts au combat, il faut donc tout mettre en œuvre pour venir à bout de ces hydres malveillantes.

De nouvelles pistes doivent être explorées. La première mènerait vers une compréhension plus pointue de la résilience du mouvement en étudiant l’architecture organisationnelle complexe de Daech qui agrège divers sous-systèmes. Cette structure permet au mouvement de fonctionner même lorsque l’un de ces systèmes est atteint ou affaibli. Le système de filiales et de franchises apporte des éclairages essentiels sur la capacité de Daech à fédérer des mouvements djihadistes dispersés dans le monde qui risquent de former à terme une « méta-organisation Daech 2.0. ».

Dans une méta-organisation, les membres ne sont pas des individus mais des organisations qui partagent un trait d’identité en commun et décident de créer une entité pour les représenter, pour partager l’information, pour agir en commun afin de mieux maîtriser leur environnement. Daech a créé une nouvelle forme organisationnelle rampante, imprévisible, difficile à qualifier, et donc in extenso à combattre.

La réponse militaire reste insuffisante

Considérer que Daech est une organisation militaire relève, comme le souligne le spécialiste du renseignement Jean‑François Gayraud, d’une « persistance rétinienne ». Autrement dit, l’application de modèles connus à des phénomènes sociaux émergents mènerait à préparer la guerre de demain avec des conceptions d’hier.

Dans un article intitulé « La bataille d’Hajin : victoire tactique, défaite stratégique ? » publié dans la Revue Défense nationale de février 2019, François-Régis Legrier, commandant la task force Wagram au Levant d’octobre 2018 à février 2019, écrivait : « Une bataille ne se résume pas à détruire des cibles comme au champ de foire. […] Seule une vue globale du problème aurait permis d’ébaucher une stratégie globale et d’éviter le constat amer de voir Daech resurgir là où on l’a chassé il y a deux ans. »

En Syrie, l’excellente connaissance du territoire (topographie, météo, localisation des ressources) a conféré à Daech le coup d’avance. À cela s’opposerait donc une excellente connaissance de Daech.

Sur le plan financier et matériel, la deuxième piste consisterait à identifier des moyens d’assécher les ressources du mouvement de manière à empêcher les investissements dans de nouvelles actions.

Une surveillance accrue des systèmes financiers internationaux, notamment par des applications de l’intelligence artificielle qui permettent le traitement d’une grande quantité de données et la corrélation de variables que seule la puissance d’une machine peut effectuer. À cela s’ajoute une surveillance accrue des infrastructures de transport qui constituent des bases arrière logistiques et des lieux de transfert de marchandises, de matériel et d’armes.

La surveillance, une arme clé contre les djihadistes. © Michele Cattani/AFP

Enfin, un système de détection d’émergence d’activités djihadistes assurerait un monitoring en temps réel des zones sensibles avec la collaboration des acteurs présents sur le terrain (ONG, entreprises, etc.). Des systèmes de remontée d’information immédiate seraient mis en place pour déceler les modifications dans l’environnement avec des paramètres spécifiques.

Pauvreté et vulnérabilités

Les avis divergent quant à l’espérance de vie du mouvement, mais les zones de prédilection de Daech possèdent des caractéristiques spécifiques : un gouvernement faible, la présence d’une minorité musulmane opprimée, un grand nombre de ressources naturelles et des groupes ethniques qui se déchirent. Ces lieux sont relativement faciles à identifier. L’État islamique se nourrit également du délitement d’États quasi impossibles à réformer. Ces derniers ne peuvent en effet plus représenter l’ensemble de la population et se sont rendus vulnérables par une corruption endémique et une incapacité à assumer leurs responsabilités (par exemple, le paiement des fonctionnaires).

Les mouvements djihadistes en question sont les suivants : Al-Qaïda au Maghreb islamique, Ansar Dine, Mouvement pour l’unicité du Jihad en Afrique de l’Ouest, Al-Morabitoune, Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, État islamique au Grand Sahara, Ansaroul Islam. © DR, Author provided

La pauvreté de certains territoires peut inciter des populations isolées à rejoindre les mouvements djihadistes pour obtenir une source de revenus. Les agences internationales et les bailleurs du fonds de l’aide au développement sont également concernés, car une partie de l’aide versée peut être détournée dans les régions les plus pauvres, soit par l’extorsion, soit par des incitations plus ou moins coercitives à acheter des « services de sécurité ». En témoignent les déboires du cimentier Lafarge en Syrie.

Atouts de l’économie dématérialisée

D’autres éléments favorisent la résilience du mouvement, comme l’impossibilité de réguler Internet pour empêcher son expansion virtuelle. L’usage des outils et des technologies de collaboration du Web 2.0 lui confère une grande agilité. Les adhérents deviennent des acteurs d’un écosystème et rejoignent des communautés de membres et des groupes d’intérêts dispersés dans le monde. Ce sens du collectif permet de réunir des expertises internes et externes, d’évoluer vers une plus grande transversalité et d’exploiter les brèches des systèmes traditionnels dans le secteur financier, par exemple.

Daech joue de la complexité du difficile traçage des comptes pour bâtir et exploiter son propre réseau bancaire et l’inscrire dans un système international. L’ouverture des marchés, le déclin de l’État providence, les privatisations, la déréglementation de la finance et du commerce international tendent à favoriser la croissance des activités illicites, ainsi que l’internationalisation d’une économie criminelle concurrente.

Dans la phase initiale, l’organisation criminelle introduit ses bénéfices illégaux sur les circuits financiers à travers une série de déplacement des fonds, souvent dans des centres financiers off shore, communément appelés « paradis fiscaux », afin de les éloigner de leur source. La seconde phase consiste à réintégrer ces fonds dans des activités économiques légitimes pour leur donner l’apparence d’une origine légale afin de pouvoir les utiliser.

Seule une stratégie à 360 degrés permettra donc de faire converger ces divers champs d’analyse. Le succès de cette démarche découlera en conséquence nécessairement de collaborations disciplinaires, interorganisationnelles et interétatiques.

* Laurence Frank est Professeure de management stratégique au sein du Groupe ESC Clermont. 

La France salue ses soldats morts au Mali

Devant treize cercueils alignés aux Invalides, le chef de l’État a honoré la mémoire des militaires.

Par Nicolas Barotte

Peu avant midi, lundi, les treize corbillards ont traversé la Seine. Sur le pont Alexandre III, en direction des Invalides, militaires et civils sont venus nombreux. Ils sont là, à Paris, pour saluer la mémoire de ces soldats morts il y a une semaine au Mali. À bord de deux hélicoptères, un Cougar et un Tigre, ceux-ci ont été victimes d’un accident au cours d’une opération de combat. La communauté militaire a été choquée par ces pertes, les plus importantes depuis l’attentat contre le Drakkar en 1983 au Liban. L’opinion publique aussi.

Dans la cour des Invalides, les familles endeuillées ont pris place. Un bébé pleure, sans doute à cause de la faim ou du froid. Sa mère tente de le calmer. Dans la foule, on aperçoit d’autres enfants. À côté d’eux, les officiels sont là, majorité et oppositions. Les anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande arrivent ensuite, rejoints par le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta. Le chef de l’État Emmanuel Macron l’a longuement salué et embrassé à son arrivée. Au Sahel, les 4 500 soldats français se battent pour maintenir la sécurité dans une région vaste comme l’Europe et éviter qu’elle ne retombe sous le contrôle des groupes djihadistes.

«La liberté a souvent, hélas, le goût du sang versé»

Les treize cercueils couverts du drapeau tricolore font lentement, et sous les tambours, leur entrée dans la cour. Des détachements de leurs régiments, le 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau, le 4erégiment de chasseurs de Gap, le 93e régiment d’artillerie de montagne de Varces et le 2e régiment étranger de génie de Saint-Christol, se tiennent au garde à vous. L’air est chargé de tristesse et d’honneur. «La liberté a souvent, hélas, le goût du sang versé», commence Emmanuel Macron.

L’hommage du chef de l’État est celui de la nation. Dans son discours, le président retrace les circonstances du drame, raconte la geste de ces militaires, «l’opacité» et le «silence» de la nuit rompu par les explosions des hélicoptères qui touchent le sol. Emmanuel Macron replace le «destin» de ces hommes «hors normes» dans le roman national et la lutte «de tout un pays» pour sa liberté et contre le terrorisme. «Vous étiez treize soldats, treize engagés volontaires, engagés pour une certaine idée de la France qui vaut d’être servie. Un engagement profond, modeste et discret, rendu public par le sacrifice. Volontaire, car chacun avait choisi seul le parcours, le chemin de l’honneur d’être un homme», souligne Emmanuel Macron. Il s’agit de faire d’eux des héros.

La France est fragmentée par les tensions sociales ; le chef de l’État voudrait la ressouder dans la peine. «Les larmes coulent sur les terres où vous avez vécu, sur toute la terre de France. Ces larmes sont mêlées de tristesse et de détermination à faire triompher les valeurs de notre République», dit-il. «Soldats, voyez la nation s’unir [au-delà] des opinions et des croyances», poursuit-il en insistant: «Nous ferons bloc pour cette vie de peuple libre conquis grâce à vous.»L’issue de l’opération « Barkhane » n’est pas à attendre avant des années

Puis vient le temps des hommages individuels. Le chef de l’État dresse un court portrait de ces treize hommes, salue leur courage. Puis il annonce qu’ils sont promus au grade supérieur à titre posthume et qu’ils sont faits chevaliers de la Légion d’honneur. Lentement, le président s’approche des cercueils un à un et épingle l’insigne sur le coussin rouge posé sur le drapeau. Un dernier appui de la main signale l’adieu. La cérémonie s’achève. Leurs frères d’armes s’approchent à nouveau pour porter les cercueils et leur faire quitter la cour des Invalides. Emmanuel Macron et son épouse Brigitte suivent. Puis les familles quittent l’enceinte, le dos courbé, en se tenant par la main, tristement.

Si l’opération «Barkhane» est soutenue par 58 % des Français, selon un sondage Ifop paru lundi, des questionnements émergent sur la stratégie à l’œuvre au Sahel. Les militaires y sont engagés depuis 2013 mais les groupes djihadistes continuent de prospérer sur les défaillances de l’État malien. Dans la région d’Indélimane, où sont tombés les treize soldats, le groupe État islamique au grand Sahara mène des opérations de plus en plus audacieuses qui ont coûté, ces dernières semaines, une centaine de vies aux militaires maliens. L’issue de l’opération «Barkhane» n’est pas à attendre avant des années.

Face aux doutes naissants, Emmanuel Macron a tenu à donner du sens au combat des militaires.

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Proche-Orient: l’Europe peut-elle encore faire entendre sa voix?

DÉCRYPTAGE – Malgré ses divisions, l’UE veut préserver un consensus international de plus en plus menacé par les coups de boutoir de l’Administration Trump.

Par Cyrille Louis

Après le transfert de son ambassade à Jérusalem, la remise en cause de son soutien à l’agence des Nations unies en charge des réfugiés palestiniens (Unrwa) et la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan, l’Administration Trump a franchi une nouvelle étape en estimant, le 18 novembre, que la colonisation juive en Cisjordanie occupée n’enfreint pas «en tant que telle» le droit international. Les Européens, qui assistent depuis deux ans à ces coups de boutoir contre un consensus vieux d’un demi-siècle, ont réagi par la voix de leur haute représentante pour les Affaires étrangères. «Toute activité de colonisation est illégale au regard du droit international et compromet la viabilité de la solution à deux États comme les perspectives d’une paix durable», a déclaré Federica Mogherini. Mais à l’heure où d’autres crises éclipsent le conflit israélo-palestinien, les Européens ont-ils encore les moyens et la volonté de défendre leurs positions?

● Comment l’Europe traite-elle les colonies israéliennes?

Considérant que la présence d’environ 435.000 colons en Cisjordanie sape la possibilité d’y créer un État palestinien viable, les gouvernements européens ont décidé en 2012 d’instaurer une politique de «différenciation» entre Israël et ses implantations situées à l’est de la «ligne verte». Celle-ci s’est d’abord traduite, en 2013, par la publication de «lignes directrices» qui prévoient d’exclure les Territoires occupés de tout futur accord signé par l’UE ou ses États membres avec Israël. Malgré les protestations de l’État hébreu, qui accuse l’Europe de faire le jeu des militants antisionistes, une clause «territoriale» a été intégrée au programme de coopération scientifique Horizon 2020 ainsi qu’à plusieurs textes réglementant l’agriculture biologique et les soins vétérinaires. En 2015, la Commission est allée plus loin en réclamant l’étiquetage des produits fabriqués dans les implantations (lire ci-dessous). «Si on examine les accords bilatéraux, il arrive que l’insistance de certains pays à intégrer une clause de différenciation fasse capoter un projet de partenariat. Mais force est de constater que la grande majorité des accords signés avec Israël continue de bénéficier aux colonies», déplore Hugh Lovatt, chercheur au European Council on Foreign Relations

Les Pays-Bas, qui ont réduit en 2016 le niveau des pensions de retraite versées à leurs ressortissants établis dans des colonies de Cisjordanie, font à cet égard figure d’exception. De même que le Danemark, qui s’est engagé l’an dernier à exclure les colonies de tout futur accord avec Israël. En France, une dizaine d’accords bilatéraux susceptibles d’être rouverts en vue d’y intégrer une clause territoriale ont été identifiés par le ministère des Affaires étrangères. Mais la décision d’engager des négociations sur ce point avec Israël n’a pas été prise.

En République d’Irlande, enfin, un projet de loi visant à interdire l’importation de produits fabriqués dans des colonies par une puissance occupante est en cours d’examen au Parlement, après avoir été approuvé par le Sénat. Le gouvernement de Leo Varadkar estime que son adoption contredirait l’accord de libre-échange signé entre l’UE et Israël, mais il n’a pas le pouvoir de s’y opposer. «Les produits des colonies représentent à peine 1 % du commerce avec Israël, observe-t-on au bureau de la sénatrice Frances Black, à l’origine du texte, mais c’est une question de principe. Si on dit que les colonies sont illégales, il faut les traiter en tant que telles.»

● Qu’a décidé la justice européenne sur l’étiquetage des produits fabriqués dans les colonies?

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), saisie l’an dernier par un vigneron établi dans une colonie proche de Ramallah, a jugé le 12 novembre que les denrées alimentaires produites dans les implantations juives de Cisjordanie devront à l’avenir porter mention explicite de leur origine. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Israel Katz, a déploré une décision «inacceptable à la fois moralement et en principe». Son collègue Yuval Steinitz, en charge de l’Économie, a renvoyé aux heures sombres «durant lesquelles les produits juifs étaient étiquetés en Europe». Quant à Danny Danon, ambassadeur d’Israël à l’ONU, il a estimé que «la discrimination de l’UE contre l’entreprise sioniste fournit une couverture légale à l’antisémitisme».

À l’origine de l’arrêt controversé, une «notice interprétative» publiée en 2015 par la Commission européenne appelle à garantir la libre information des consommateurs sur l’origine des produits fabriqués dans les colonies. Selon une étude menée depuis lors par l’ONG European Middle East Project auprès de 189 magasins européens, seuls 10 % des bouteilles de vin produites dans les implantations de Cisjordanie et du Golan sont convenablement étiquetées. Paradoxalement, la saisine de la CJUE par les colons israéliens va donc contraindre les États membres à mettre en œuvre une réglementation qui n’était jusqu’à présent que peu appliquée. Dénonçant cette politique, les dirigeants israéliens soulignent qu’aucun étiquetage n’est imposé par l’Europe aux puissances impliquées dans des dizaines de conflits territoriaux comparables. «Ils oublient de dire que l’importation de produits fabriqués par la puissance occupante en Crimée ou dans la partie nord de Chypre est tout simplement interdite par l’UE», répond Hugh Lovatt.

● Une reconnaissance groupée de l’État de Palestine est-elle d’actualité?

Comme plus de 130 pays avant elle, dont une dizaine d’États de l’est et du sud de l’Europe qui ont franchi ce pas en 1988, la Suède a reconnu le 30 octobre 2014 l’État de Palestine. L’initiative visait à acter l’enlisement des négociations de paix amorcées à l’époque des accords d’Oslo (1993-1994), au terme desquelles Israéliens et Palestiniens étaient censés conclure une paix juste et durable. Cherchant à créer une dynamique, les Parlements de plusieurs pays européens ont dans la foulée appelé leur gouvernement à faire de même. Pour l’heure sans résultat. En décembre 2017, Emmanuel Macron a estimé qu’une telle reconnaissance unilatérale ne serait pas «efficace». Le président français semblait à l’époque vouloir attendre que Donald Trump présente le plan de paix sur lequel planchait son gendre, Jared Kushner, avant de reprendre éventuellement l’initiative. La Belgique, l’Irlande, le Portugal et le Luxembourg, qui étaient disposés à envisager une reconnaissance collective, ont aussi décidé d’attendre. Le récent revirement américain sur l’illégalité des colonies peut-il changer la donne? Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a estimé le 20 novembre que «l’UE doit reconnaître l’État de Palestine». «La reconnaissance est un fusil à un coup, prévient une source diplomatique. La démarche peut avoir du sens si elle est collective, intervient au bon moment et s’inscrit dans une séquence. Mais la concevoir comme une réponse aux récentes décisions américaines serait la pire chose à faire.»

● Les divisions de l’UE empêchent-elle l’adoption d’une position commune?

L’Europe continue de dépenser chaque année plus de 600 millions d’euros pour soutenir l’Autorité palestinienne et financer l’Unrwa, mais ses États membres ont de plus en plus de mal à trouver un terrain d’entente sur l’issue au conflit. Si les grands pays de l’ouest du continent campent sur leur position traditionnelle (solution dite des deux États avec Jérusalem pour capitale, rejet de la violence et de la colonisation), la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie, la Grèce et d’autres tendent à s’en éloigner. Depuis deux ans, plusieurs de ces pays bloquent chroniquement l’adoption de déclarations condamnant les politiques israéliennes à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Au printemps 2018, Prague et Bucarest ont envisagé d’emboîter le pas aux États-Unis en transférant leur ambassade à Jérusalem – avant de faire marche arrière. La République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie y ont depuis ouvert une représentation commerciale en charge des relations avec Israël.

Les diplomates européens, sur le terrain, décrivent avec minutie l’érosion de la solution des deux États. Dans un rapport diffusé aux États membres en juillet 2018, ils évoquent une situation «d’occupation quasi permanente» et soulignent que «les Palestiniens subissent une discrimination légale en tant qu’individus et sont confrontés à des restrictions de mouvements permanentes et nombreuses». La haute représentante de l’UE, Federica Mogherini, évoque désormais «une réalité à un État avec des droits inégaux», sur fond d’«occupation et de conflits perpétuels».

«Dans ce contexte très difficile, observe la source diplomatique, il faut être lucide sur ce qu’on peut faire. Face aux récentes prises de position de l’Administration Trump, la France réaffirme constamment la primauté du droit international pendant que la Palestine poursuit sa stratégie de rehaussement de son statut diplomatique. Ces efforts ont contribué à protéger l’essentiel du consensus international face à des tentatives répétées de le mettre à mal.» Une façon de «tenir les murs», observe un bon connaisseur du conflit, en attendant des jours meilleurs.

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Islam: l’étrange lettre de la préfecture du Rhône

Dans un courrier envoyé en vue de prochaines assises territoriales, elle invite à «mieux faire connaître l’islam dans la société».

Par Stéphane Kovacs

Est-ce à l’État de «mieux faire connaître l’islam»? De «valoriser des interactions entre l’islam et la société civile»? Dans un courrier à en-tête du préfet du Rhône envoyé notamment à l’université Lyon-II, le sous-préfet demande à sa présidente d’inviter les professeurs et les élèves à prendre part aux assises territoriales de l’islam de France, qui se tiendront le 17 décembre à la préfecture. Alors que nombre de militants laïques crient au «prosélytisme d’État», le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, fustige une «lettre inadmissible» et demande au ministre de l’Intérieur de «s’expliquer rapidement sur l’attitude de la préfecture du Rhône».

C’est l’ancien ministre de l’Intérieur Gérard Collomb qui avait demandé, l’an dernier, à chaque département d’organiser ces assises territoriales de l’islam de France, en continuité des «instances de dialogue» lancées en 2015. Dans sa lettre, qui selon Bruno Retailleau a été envoyée à plusieurs universités, le sous-préfet écrit qu’«elles constitueront l’occasion de réfléchir à la consolidation de la représentativité d’une structure départementale déjà en gestation, afin d’être en mesure d’avancer sur les multiples enjeux auxquels l’islam est confronté dans le département». Et d’énumérer: «mieux faire connaître l’islam dans la société civile, notamment via les médias» ; «mieux lutter contre la radicalisation» ; «travailler sur la formation et le statut des imams» ou encore «permettre une meilleure implication d’une structure de représentation départementale ancrée dans les valeurs de la République». Avant de préciser que «ces échanges ne seront fructueux que s’ils permettent aux représentants des imams et des gestionnaires d’association cultuelle de dialoguer avec des élus, des représentants d’autres cultes, des acteurs professionnels ou associatifs de la société civile».

«Infractions à la laïcité»

Trois jours après un séminaire gouvernemental où Christophe Castaner avait enjoint aux préfets d’«agir contre la radicalisation et le communautarisme», il ne peut pas «rappeler à grands coups de communication les principes qui fondent notre laïcité, s’offusque le sénateur de Vendée, et laisser l’État ignorer ces mêmes principes dans les territoires! L’État a-t-il la prétention de devenir l’attaché de presse d’un culte?». Même émotion pour l’association Esprit Laïque: «Comment l’État peut-il organiser à ce point l’abattage du principe de séparation, de neutralité, et de non-reconnaissance des cultes par les instances régaliennes?», s’indigne-t-elle. «On a franchi une étape supplémentaire dans les infractions à la laïcité, renchérit Laurence Taillade, présidente du Parti républicain solidariste (PRS). Voilà l’État qui organise la promotion du culte musulman, et un concordat qui ne dit pas son nom avec l’islam!» Sur Twitter, la militante laïque Zineb El Rhazoui martèle: «Les médias sont indépendants. La société civile n’est pas le clergé. La préfecture n’est pas une mosquée.»

À la préfecture, on répond qu’«il ne s’agit absolument pas de faire la promotion d’une religion, mais de permettre un espace de dialogue entre les cultes et les autorités au niveau départemental – qui n’existe pas actuellement – pour traiter de tout un tas de problématiques comme la lutte contre le communautarisme et la radicalisation». Pour Bruno Retailleau, «c’est sans doute la faute d’une préfecture, mais pas seulement»«En refusant de faire évoluer la loi sur les signes religieux dans les sorties scolaires ou sur la présence de listes communautaires aux élections, le gouvernement sème le doute sur la réalité de son engagement à lutter contre les menaces que fait peser sur la République l’islam politique, insiste-t-il. Et on attend toujours le grand discours d’Emmanuel Macron sur la laïcité! S’il n’y a pas de cap en haut, cela ouvre à toutes les erreurs…»


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Le BNVCA soutient la résolution 2043 proposée par le député Sylvain Maillard sur l’antisémitisme et invite tous les députés à la voter unanimement ce 3 décembre 2019

Le BNVCA encourage vivement tous les députés à voter le 3 décembre 2019  la résolution 2043 visant à lutter efficacement contre l’antisémitisme. Cette nouvelle résolution proposée par le Député Sylvain Maillard et de nombreux autres députés confirme ce que le BNVCA a maintes fois annoncé et prouvé, à savoir que “l’incitation à la haine d’Israël pousse à l’acte antisémite”. La résolution de Mr Maillard que nous soutenons l’exprime ainsi: le masque de l’antisémitisme nous le connaissons, c’est bien souvent l’antisionisme” ou encore “critiquer l’existence d’un état juif revient donc à exprimer une haine à l’égard de l’ensemble de la communauté juive”. Désormais la critique de l’existence même d’Israël en ce qu’elle constitue une collectivité composée de citoyens juifs reviendra à exprimer une haine à l’égard de la communauté juive dans son ensemble. De même, rendre collectivement responsables les juifs de la politique menée par les autorités politiques israéliennes sera une manifestation d’antisémitisme. De telles dérives font de plus en plus de l’antisionisme “une des formes contemporaines de l’antisémitisme”, pour reprendre les mots du Président de la République Emmanuel Macron, et de tous les Présidents qui l’ont précédé, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François  Hollande ainsi que de tous les Premiers Ministres et Ministres de l’Intérieur ou Ministres de la Justice. Cette notion a été particulièrement soulignée par le Président de l’Assemblée Nationale Mr Claude BARTOLONE lors de la  conférence que nous avions organisée sous sa Présidence le 18 février 2013 au Palais Bourbon, et déjà  intitulée “LES SOURCES CONTEMPORAINES DE L ‘ANTISEMITISME”

Si le vieil antisémitisme français d’extrême droite subsiste, il se manifeste sur internet ou décliné par des auteurs racistes et il n’a commis aucune agression violente à ce jour. 

Mais depuis les années 2000 de nouvelles formes se sont développées.  Depuis l’Intifada déclenchée contre  Israel et soutenue par des islamo gauchistes, les recensements des actes antisémites révèlent qu’en France, porter un nom ou un prénom juif, porter une kippa sur la tête, apposer une “mézouza” au fronton de sa porte, oublier un objet religieux dans sa voiture, fréquenter une école juive etc.. revient à s’exposer à des injures voire à des agressions physiques ou des meurtres qui développent chez nos compatriotes de confession juive un sentiment d’insécurité et de mal-être dans notre République. 

Le BNVCA reste convaincu que l’adoption de cette loi très attendue, contribuera à lutter efficacement contre l’antisémitisme qui ne cesse de se développer.

Elle conduira les Préfets et les Procureurs de la République à faire appliquer plus efficacement l’article 225 du Code Pénal qui prévoit et punit le délit d’appel au Boycott que commettent impunément les activistes du mouvement illégal B D S qui participent de cette incitation à la détestation  d’Israel, à la tentative de délégitimisation de l’Etat juif poussant au crime antisémite.

Ainsi renforcés par cette Loi, les services éducatifs, répressifs et judiciaires auront enfin les moyens de combattre ce fléau qui fracture notre société,  stigmatise et fragilise encore les citoyens juifs de notre pays, dont le malaise et le sentiment d’insécurité s’amplifient  malgré les mesures prises par l’Etat et qui les conduisent à abandonner leurs résidences pour des lieux plus sûrs et plus sereins.

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CI APRES PROJET DE RESOLUTION ET SES PREMIERS SIGNATAIRES

Vu la résolution du Parlement européen du 1er juin 2017 sur la lutte contre l’antisémitisme,

Vu la déclaration du Conseil de l’Union européenne du 6 décembre 2018 sur la lutte contre l’antisémitisme et la mise en place d’une approche commune en matière de sécurité afin de mieux protéger les communautés et institutions juives en Europe ;

Estime que la définition opérationnelle utilisée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste permet de désigner le plus précisément possible ce qu’est l’antisémitisme contemporain ;

Considérant qu’elle constituerait un instrument efficace de lutte contre l’antisémitisme dans sa forme moderne et renouvelée, en ce qu’elle englobe les manifestations de haine à l’égard de l’État d’Israël justifiées par la seule perception de ce dernier comme collectivité juive ;

Approuve la définition opérationnelle de l’antisémitisme utilisée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste, en tant qu’instrument d’orientation utile en matière d’éducation et de formation et afin de soutenir les autorités judiciaires et répressives dans les efforts qu’elles déploient pour détecter et poursuivre les attaques antisémites de manière plus efficiente et plus efficace ;

Invite le Gouvernement, dans un travail de pédagogie, à la diffuser auprès des services éducatifs, répressifs et judiciaires.

Sylvain MAILLARD, Gilles LE GENDRE, Stanislas GUERINI, Brigitte BOURGUIGNON, Roland LESCURE, Yaël BRAUN-PIVET, Françoise DUMAS, Bruno STUDER, Sabine THILLAYE, Damien ABAD, Caroline ABADIE, Jean-Félix ACQUAVIVA, Damien ADAM, Éric ALAUZET, Christophe AREND, Sophie AUCONIE, Laetitia AVIA, Jean-Noël BARROT, Sophie BEAUDOUIN-HUBIÈRE, Justine BENIN, Aurore BERGÉ, Hervé BERVILLE, Grégory BESSON-MOREAU, Barbara BESSOT BALLOT, Bruno BONNELL, Jean-Claude BOUCHET, Florent BOUDIÉ, Jean-Louis BOURLANGES, Bertrand BOUYX, Valérie BOYER, Marine BRENIER, Jean-Jacques BRIDEY, Anne BRUGNERA, Stéphane BUCHOU, Pierre CABARÉ, Jacques CATTIN, Sébastien CAZENOVE, Émilie CHALAS, Guillaume CHICHE, Francis CHOUAT, Paul CHRISTOPHE, Éric CIOTTI, Fabienne COLBOC, Paul-André COLOMBANI, François CORMIER-BOULIGEON, Olivier DAMAISIN, Dominique DA SILVA, Olivier DASSAULT, Dominique DAVID, Marc DELATTE, Stéphanie DO, Nicole DUBRÉ-CHIRAT, Frédérique DUMAS, Jean-François ELIAOU, Catherine FABRE, Jean-Michel FAUVERGUE, Agnès FIRMIN LE BODO, Laurence GAYTE, Annie GENEVARD, Séverine GIPSON, Joël GIRAUD, Olga GIVERNET, Claude GOASGUEN, Philippe GOSSELIN, Guillaume GOUFFIER-CHA, Fabien GOUTTEFARDE, Olivia GREGOIRE, Benjamin GRIVEAUX, Émilie GUEREL, Marie GUÉVENOUX, Meyer HABIB, Michel HERBILLON, Danièle HÉRIN, Antoine HERTH, Philippe HUPPÉ, Monique IBORRA, Catherine KAMOWSKI, Guillaume KASBARIAN, Brigitte KUSTER, Jean-Christophe LAGARDE, Jean-Luc LAGLEIZE, Guillaume LARRIVÉ, Philippe LATOMBE, Marie LEBEC, Constance LE GRIP, Martine LEGUILLE-BALLOY, Geneviève LEVY, Richard LIOGER, Brigitte LISO, Gilles LURTON, Lise MAGNIER, Franck MARLIN, Stéphane MAZARS, Thomas MESNIER, Thierry MICHELS, Patricia MIRALLÈS, Jean-Michel MIS, Adrien MORENAS, Mickaël NOGAL, Claire O’PETIT, Catherine OSSON, Didier PARIS, Bernard PERRUT, Anne-Laurence PETEL, Valérie PETIT, Damien PICHEREAU, Laurent PIETRASZEWSKI, Éric POULLIAT, Natalia POUZYREFF, François PUPPONI, Didier QUENTIN, Bruno QUESTEL, Cathy RACON-BOUZON, Pierre-Alain RAPHAN, Rémy REBEYROTTE, Frédéric REISS, Stéphanie RIST, Laurianne ROSSI, François de RUGY, Pacôme RUPIN, Laetitia SAINT-PAUL, Thierry SOLÈRE, Joachim SON-FORGET, Éric STRAUMANN, Michèle TABAROT, Agnès THILL, Alice THOUROT, Huguette TIEGNA, Élisabeth TOUTUT-PICARD, Laurence TRASTOUR-ISNART, Frédérique TUFFNELL, Alexandra VALETTA ARDISSON, Laurence VANCEUNEBROCK, Michèle de VAUCOULEURS, Guillaume VUILLETET, Jean-Marc ZULESI, députés

Israël : pays du lait, du miel… et du cannabis

L’État hébreu pourrait devenir le leader mondial du cannabis médical. Plus de 46 000 patients traités, des technologies de pointe et une ouverture à l’export pour un marché colossal.

Par Sébastien Leban, en Israël – Le Point.fr 

Vue d'une ferme de cannabis de l'entreprise Israel Medical Cannabis.
Vue d’une ferme de cannabis de l’entreprise Israel Medical Cannabis.© IMC Israel Medical Cannabis

C’est dans un sombre et minuscule bureau de Jérusalem, à l’hiver 1964, que débute l’histoire du cannabis en Israël. Face à son tableau noir, Rafael Mechoulam, jeune et brillant chimiste, achève de dessiner, craie blanche à la main, la structure moléculaire du tétrahydrocannabinol. Plusieurs mois de recherche ont permis cette découverte capitale qui tient en trois lettres : THC. Aujourd’hui encore, sa simple évocation fascine. « Le THC est le principe actif dominant du cannabis, que mon équipe du Weitzman Institute est parvenue à identifier et à isoler », détaille le Pr Mechoulam. Fasciné par la chimie des plantes, il constate à l’époque que le principe actif du cannabis reste méconnu alors que, par exemple, on a isolé la morphine de l’opium dès le XIXe siècle. Cinquante-cinq ans après cette découverte, l’histoire continue de s’écrire en Terre sainte.

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Autorisé depuis une dizaine d’années, le cannabis médical est prescrit à près de 50 000 patients en Israël (soit moins de 1 % de la population). Son efficacité est reconnue en oncologie et dans le traitement d’Alzheimer, de l’épilepsie, de douleurs chroniques ou du stress post-traumatique. Sous la coupe du ministère de la Santé, la IMCA (Israel Medical Cannabis Agency) délivre depuis 2012 les permis de consommation aux patients et régule production et distribution.

Le Professeur Rafael Mechoulam dans son bureau de Jerusalem© SEBASTIEN LEBAN POUR « LE POINT

Depuis, un cercle fermé de huit entreprises autorisées à cultiver la marijuana se partage le marché. Auquel s’ajoute un écosystème de plus de 70 start-up qui proposent des solutions innovantes pour l’agriculture, le conditionnement ou encore les inhalateurs. Le secteur, qui rapporte 234 millions de shekels par an à l’État hébreu, affiche une croissance de 30 % et attire les investisseurs étrangers.

« La Bible décrit Israël comme le pays du lait et du miel »

Ce boom incroyable, Saul Kaye l’a flairé dès 2015, lorsqu’il organise la première conférence CannaTech à Jérusalem et rassemble les rares scientifiques et entrepreneurs du domaine pour deux jours de networking. Expert du marché mondial du cannabis et prolifique entrepreneur, Saul Kaye conseille la Knesset (le parlement israélien) sur le développement de ce nouvel or vert dans le pays. D’un événement confidentiel, la CannaTech s’est muée en grand-messe du cannabis mondial : 300 participants venus de 40 pays et un ticket d’entrée à 1 000 dollars. Posée cette année sur les docks flambant neuf du port de Tel-Aviv, la CannaTech 2019 entamera ensuite une tournée mondiale : Sydney, Panama, Hongkong, Cape Town et même le Forum économique de Davos. Télécommande dans une main, smartphone dans l’autre, c’est sur scène que l’on retrouve le charismatique Saul Kaye, coiffé pour l’occasion de sa kippa siglée d’une feuille de cannabis : « Israël effectue plus de recherches que partout ailleurs dans le monde ! Nous avons réussi à déstigmatiser pour aller vers une approche de médicalisation plutôt que de légalisation du cannabis. Mais il reste du travail, les gouvernements traînent alors que les patients souffrent. »

Saul Kaye et Ehud Barak à la Cannatech© SEBASTIEN LEBAN POUR « LE POINT

Cette année, Kaye s’est offert un invité de marque en la personne d’Ehud Barak pour donner le coup d’envoi de sa conférence. Enserré dans un costume-cravate qui dénote avec l’atmosphère « start-up » décontractée de la CannaTech, Barak lance : « La Bible décrit Israël comme le pays du lait et du miel. Désormais, je peux vous souhaiter la bienvenue dans le pays du lait, du miel… et du cannabis ! » Avant de quitter la scène sous les applaudissements. L’ancien Premier ministre (de 1999 à 2001), qui reste l’une des personnalités politiques les plus respectées du pays, vient d’être nommé à la tête de Canndoc Pharma, firme biomédicale qui domine la production de cannabis en Israël. À l’annonce de sa nomination, « l’effet Barak » fait bondir de 300 % l’action de l’entreprise, cotée à la Bourse de Tel-Aviv. Canndoc a désormais en ligne de mire le marché américain avec son entrée au Nasdaq (deuxième marché d’actions des États-Unis) prévue avant la fin de l’année 2019.

Signe des temps, d’anciens hauts responsables du pays ont suivi le sillon creusé par Barak en s’engageant dans le cannabis médical. On peut citer Ehud Olmert, ancien Premier ministre, Yohanan Danino, ancien chef de la police, ou Haim Ramon, qui fut ministre de l’Intérieur et de la Justice. L’engagement public de ces poids lourds participe à une légitimation à grande vitesse du cannabis, et laisse entrevoir un marché colossal. D’après une étude récente de l’ONU, le marché du cannabis médical devrait représenter annuellement, au niveau mondial, 150 milliards de dollars. Et Israël joue des coudes avec le Canada pour remporter la part du lion, avec dans son viseur l’Europe. Le 27 janvier dernier, la Knesset a donné son feu vert à l’exportation du cannabis. Une décision qui fait entrer la production locale dans une autre dimension mais qui semble laisser de côté les principaux concernés : les patients.

Le business avant la santé des patients ?

Devant l’entrée de la CannaTech, un petit groupe déploie des banderoles sur lesquelles on peut lire, en hébreu et en anglais, « Le cannabis sauve des vies, les réformes du ministère de la Santé nous tuent ». Pour Ofir, 41 ans, « le gouvernement a les yeux tournés vers la manne financière du cannabis médical alors qu’il devrait d’abord s’occuper des patients ». « Aujourd’hui, je paye ma prescription mensuelle de 50 grammes 370 shekels (90 euros), une somme fixe, identique pour tous. Avec les nouvelles réformes qui vont entrer en vigueur, je vais devoir débourser 900 euros chaque mois, c’est impossible ! » explique Ofir. Après un accident de voiture qui lui brise la colonne vertébrale, l’homme reste alité pendant des mois, tétanisé par des douleurs que seul le cannabis parvient à atténuer.

Un employé de Tikun Olam, une entreprsie qui cultive du cannabis forme un patient à l’utilisation d’un vaporisateur© SEBASTIEN LEBAN POUR « LE POINT

Ces réformes, qui accompagnent l’ouverture de l’exportation, ont plusieurs objectifs. Le premier permettra la distribution via le réseau de pharmacies classiques et le second vise à standardiser la qualité des produits : « Le patient a besoin de savoir ce qu’il consomme et de connaître précisément les dosages de THC (psychoactif) et de CBD (tranquillisant). Nous travaillons avec des produits naturels donc instables, mais Israël est à la pointe pour la médicalisation de ces substances », détaille le Dr Michael Dor, médecin en chef de l’Israel Medical Cannabis Agency et caution scientifique du gouvernement.

En cause, également, le permis. En effet, afin d’obtenir le précieux document, chaque patient doit consulter pendant plus d’un an un praticien et tester la gamme des opioïdes traditionnellement indiqués pour sa pathologie avant de se voir prescrire du cannabis. « Une hérésie », pour Erez, 47 ans. « Le problème, c’est qu’en Israël on doit d’abord devenir un junkie avant d’avoir accès à un remède naturel, le cannabis. J’ai vécu un enfer avec les effets secondaires de ces opioïdes : perte d’appétit, nervosité, dépendance. » Le processus décrié par de nombreux médecins va évoluer, selon le Dr Dor : « Nous savons que le chemin est long et contraignant et nous allons le modifier. Un comité de spécialistes devrait statuer d’ici la fin de l’année. »

Erez fume du cannabis avec sa pipe© SEBASTIEN LEBAN POUR « LE POINT

Même s’il avance à tâtons, le ministère de la Santé s’appuie sur des médecins qui assurent le relais avec les patients et font remonter les informations. Pour le Dr Orna de Shalit, clinicienne de la douleur en banlieue de Tel-Aviv, « la recherche du dosage idéal entre THC et CBD est capitale pour mieux s’adapter aux différentes pathologies ». Après plus de cinq ans à prescrire du cannabis médical, elle dresse un bilan positif : « J’ai été moi-même sceptique, mais je dois avouer que ça aide beaucoup de patients et que ça permet de diminuer les doses d’opiacés et de morphiniques. Cela dit, il faut accompagner les patients, notamment les jeunes de moins de 25 ans et les profils fragiles, pour éviter la dépendance ou le décrochage. Mon rôle de thérapeute n’est pas de faire disparaître la douleur, mais de permettre à mes patients de retrouver une vie normale. »

Telegrass ou le dealer 2.0

Si le cannabis médical est autorisé, il est toujours illégal sous sa forme récréative, bien que dépénalisé depuis 2017. Il suffit de flâner autour du Shouk HaCarmel, le grand marché de Tel-Aviv, pour sentir des effluves de chanvre s’échapper çà et là des terrasses. Les 250 shekels (60 euros) d’amende pour consommation en public ne semblent dissuader personne. Shmuel, grand gaillard de 37 ans, assume sa consommation récréative de cannabis : « J’aime fumer de temps en temps pour me détendre ou juste pour bien dormir. » Sans permis en poche, Shmuel se tourne vers le marché noir. Et, là encore, Israël innove… Confortablement installé dans son canapé, Shmuel attrape son smartphone et ouvre l’application Telegram, version russe et encryptée de WhatsApp : « Ici, nous avons Telegrass (contraction de Telegram et de grass, herbe en anglais). C’est un groupe qui me permet de commander de la marijuana 24 heures sur 24 comme je commande une pizza, avec en prime la livraison à domicile en moins d’une heure ! »

La version 2.0 du dealer de quartier a été créée à Tel-Aviv il y a cinq ans par Amos Dov Silver, un ancien religieux reconverti en chantre du cannabis. Le principe : mettre en relation « commerçants » et consommateurs sur une plateforme cryptée censée garantir l’anonymat. Sur la page de Telegrass, il suffit de « scroller » parmi les centaines de messages quotidiens classés par zone géographique et de faire son marché : par exemple, « Koko Lida » propose « un service courtois avec plus de 120 recommandations, une fiabilité du poids livré et de la variété que nous aimons tous : la bluegreen », et affiche les tarifs : 1 gramme pour 100 shekels (25 euros), 3 pour 200. Le 12 mars dernier, une impressionnante opération de police a permis d’arrêter Amos Dov Silver en Ukraine, ainsi que 42 personnes qui géraient Telegrass. La police affichait alors fièrement sur ses réseaux sociaux la fermeture du groupe aux 20 000 abonnés. Avant qu’il ne réapparaisse 48 heures plus tard. Cette ubérisation du deal est totalement illégale et donne des cauchemars à la police israélienne. D’autant plus que l’on estime à 20 % la part de cannabis médical qui se retrouve vendu sur le marché noir via Telegrass.

Quid d’une légalisation prochaine ? Plusieurs partis politiques ont mis le sujet à leur agenda et la société israélienne, aussi protéiforme soit-elle, semble prête à passer le cap. Le Dr Michael Dor estime quant à lui que « si nos sociétés ont accepté de payer le prix social lié à la légalisation du tabac ou de l’alcool, nous sommes largement prêts à légaliser le cannabis ». 

Si Sarah Halimi s’était appelée Malika Ashraoui…

Frédéric Sroussi Pour TRIBUNE JUIVE

La motivation qui a poussé la justice-du-mur-des-cons à  écarter le caractère antisémite, – pourtant avéré d’un point de vue factuel – du meurtre barbare de Mme Sarah Halimi nous laisse à penser que la justice française n’est pas toujours impartiale quand il s’agit des Juifs. Rappelons que les juges français prêtèrent allégeance au Maréchal Pétain et participèrent donc à la spoliation de milliers de Juifs en faisant appliquer les lois antisémites de l’ État français.

Une question aujourd’hui me taraude : que serait-il passé si Sarah Halimi s’était appelée Malika Ashraoui (j’ai choisi ce nom de façon arbitraire) ?

Je dirai, comme le philosophe Pierre Boutang sur un tout autre sujet, : «Pour le savoir, appliquons la méthode des différences; même hypothétique, la différence est souvent révélatrice.»

Imaginons donc (même si cela relève heureusement de la pure science-fiction !) qu’un Juif pratiquant se soit introduit dans l’appartement d’une femme musulmane, l’ait torturée pendant des heures avant de la défenestrer encore vivante – sans que la police, présente sur les lieux, n’intervienne – et qu’ensuite, ce Juif ait récité des prières en hébreu.

Quelle aurait été la réaction de la classe politique, des médias, des juges et de l’opinion publique ?

Nul besoin d’ être extralucide pour deviner que la France serait tout bonnement à feu et à sang et que des pogroms (à Dieu ne plaise) auraient lieu dans tout le pays.

Les banlieues s’enflammeraient et les policiers paieraient le prix fort pour s’être abstenus de sauver une femme musulmane victime d’un crime odieux.

Le concept du «pas-d’-amalgame» ne serait  évidemment pas utilisé à des fins d’ apaisement (les Juifs, ils sont tous solidaires…).

La justice se précipiterait pour qualifier le meurtre d’acte terroriste, etc, etc.  

Mais, Sarah Halimi n’ était pas musulmane car si elle l’avait été, elle serait vivante aujourd’hui…

Comparons maintenant le désintérêt, voire le mépris pour l’affaire Sarah Halimi avec l’hystérie collective qui suivit l’affaire de cette femme voilée présente au Conseil régional Bourgogne-Franche-Comté, et vous comprendrez le principe dont les Juifs et Israël sont toujours les victimes : le deux poids, deux mesures

Les débats au sujet de cette affaire de voile , ô combien essentielle, ne cessèrent pas pendant des jours dans tous les médias. Les innombrables défenseurs de cette femme voilée clouèrent au pilori cette «pathologie française » que serait « la chasse au foulard islamique », dixit les affreux bobos du NouvelObs (14/10/19).

Bah oui, d’un côté on ne parle «que» d’un crime accompagné d’actes de barbarie perpétré par un djihadiste contre une femme juive parce ce que juive, alors que l’autre affaire concerne (c’est pas rien !) la sortie un peu prématurée d’une femme voilée d’un endroit public… Ce dernier cas est quand même bien plus grave et nous devrions comprendre le tollé, les manifestations et les pétitions contre l’«islamophobie» qui suivirent cette, ô combien,  douloureuse histoire…

Remercions tout de même les quelques dizaines d’intellectuels (très majoritairement non Juifs) et les deux journalistes qui se sont levés pour dénoncer le silence complice des medias et les décisions iniques de cette justice-du-mur-des-cons qui a depuis longtemps choisi son camp…

Le coup d’état permanent

Shmuel Trigano

La démocratie israélienne traverse une crise structurelle. Le concept de « coup d’Etat permanent » que François Mitterand avait forgé du temps de l’Etat gaullien pourrait nous aider à décrire la situation qui prévaut en Israël depuis plusieurs années. Un arc de forces s’est créé objectivement entre la Cour Suprême, la police et les médias, en tension avec le pouvoir exécutif et donc aussi le pouvoir législatif, celui du parlement. Si ce dernier pouvoir repose sur une majorité parlementaire de centre-droit, le « coup d’Etat permanent » voit l’autorité judiciaire instrumentaliser le droit en fonction d’un credo politico-idéologique objectif qui s’oppose clairement à la politique voulue par la majorité.

On l’identifie en général à « la gauche » mais cette gauche-là n’a plus rien à voir avec la gauche d’antan, sioniste (face à la scène externe) et attachée au peuple juif (sur la scène interne).

On l’identifie aux « élites » qui, il est vrai, étaient celles de la gauche quand elle était au pouvoir mais qui, aujourd’hui, n’accapare que les étiquettes réputées nobles, comme celle de « gauche », ou celle de « démocratie » et bien sûr celle de « Droit ». Il y a des dizaines de citations qui l’attestent. Un simple exemple : il y a quelques jours quinze ambassadeurs israéliens (dont Elie Barnavi-) ont signé une pétition destinée à soutenir la discrimination économique (l’apartheid ?) d’Israël décrété par la Cour suprême européenne envers les produits commercialisés par les producteurs de Judée Samarie. Bel exemple de « patriotisme », et terrible lumière rétrospective sur la façon dont ces ambassadeurs ont défendu leur pays ces dernières années ! La gauche, qui a perdu depuis longtemps le pouvoir qu’elle avait avec le parti travailliste, un pouvoir pour ainsi dire confondu alors avec l’Etat, s’est en effet barricadée dans le système juridico-médiatique (et académique), à défaut d’avoir la majorité parlementaire.

Le problème n’est malheureusement pas qu’institutionnel et élitiste. Il s’inscrit aussi dans la politique politicienne comme le montre la paralysie du corps électoral résultatnt des exclusions lancées par les laïcistes (Yaïr Lapid et Liberman) envers la participation à une coalition où seraient présents les religieux, mais il s’inscrit aussi dans la détestation personnelle et jalouse de certains leaders envers Natanyahou, sans compter la détestation du corps électoral de droite, mise en œuvre de façon permanente par les élites et répercutée par les médias. Chaque année l’anniversaire de l’assassinat de Rabin est exploité par la famille Rabin et la gauche pour fustiger le fascisme de la droite. Et cette année n’a pas dérogé à ce rite de détestation et de ressentiment qui jette l’opprobre sur une majorité du corps électoral. Bien évidemment, les dimensions socio-économiques et identitaires se greffent sur ce clivage global.

En mettant en examen à tour de bras les hommes politiques de la majorité,en frappant à son cœur, le cercle autour de Natanyahou, la justice paralyse l’exécutif, empêche ses nominations, ruine son autorité, et, surtout, livre à Natanyahou une guérilla médiatique qui dure depuis des mois et des mois. Le moyen d’action est très simple : il suffit aux juges et à la police d’organiser régulièrement des fuites – et donc de trahir le secret de l’instruction – pour que les médias s’en emparent goulument et se livrent à une chasse à l’homme.

Le spectacle des informations télévisées est de ce point de vue devenu un cauchemar : chaque soir depuis des mois et des mois, une flêche est décochée sur Natanyahou, son épouse, ses fils, son entourage… Il n’est question que de mises en examen, de témoins de l’accusation, de procès… C’est devenu le quotidien de la « démocratie » (devenue méconnaissable). Ce qui se passe depuis un an est proprement inimaginable. J’ai fait le tour de toutes les chaines d’information israéliennes que j’ai désertées les unes après les autres au spectacle de cette traque odieuse, ni juridique, ni morale et en infraction avec la Loi, à l’écoute de ce discours judiciaire qui scande désormais la vie collective. Si rire est encore possible, ce spectacle est digne de Molière ! Champagne, cigares et recherche d’influence médiatique sont les pièces à conviction de la corruption de Natanyahou … Un grand avocat américain a déclaré que c’est la première fois dans le monde qu’une telle accusation prévaut contre un chef d’Etat. Quant à Sara Natanyahou, son majordome, qui a organisé chaque semaine pendant des mois une manifestation contre elle, lui reproche d’avoir fait des commandes excessives de victuailles en dehors de la cuisine du premier ministre, d’avoir maltraité une employée de maison, ou, pire, d’avouer une consommation excessive de glace à la pistache… Et tous ces gens, ces journalistes, ces juristes discutent doctement de la corruption du premier ministre…

L’origine de cette crise de régime est très claire. Elle a pour nom « la révolution constitutionnelle », une réforme de la Cour suprême, sous la houlette de son président d’alors, de 1996 à 2006, Aharon Barak, qui a étendu la juridiction de la Cour à des domaines qui n’étaient pas les siens, réservant son droit de retoquer les lois votées par le parlement, d’intervenir dans les domaines régaliens propres au pouvoir exécutif, y compris la sécurité et la guerre. Non plus au nom de la loi du parlement mais de droits « fondamentaux » supérieurs, quasi trancendants, dont la Cour suprême serait la représentante. Sans doute de droit divin ?

Un véritable monstre judiciaire s’est créé. Si l’on pense en termes français, la Cour suprême israélienne – soient 15 juges cooptés à vie, ni élus, ni contrôlés – est à la fois un Sénat, un Conseil d’Etat, une Cour constitutionnelle, une Cour de cassation, et on se demande aujourd’hui si elle pourra être aussi une Haute Cour de justice.

Celà n’a rien à voir évidemment avec l’équilibre des pouvoirs. Je rappelle son schéma classique : le parlement vote la loi, le gouvernement l’applique et l’autorité judiciaire veille à son application conforme. Quant à la Loi et aux principes du droit, en démocratie, ils émanent du parlement. La Loi n’a rien d’absolu. Le Parlement peut la changer. C’’est le peuple constituant qui en décide, sinon nous serions dans une théocratie, fût-elle laïque.

La judiciarisation de la vie collective sera fatale à la société, au sentiment du commun. Le peuple, le demos, a disparu derrière ses juges, alors que les électeurs de droite, majoritaires, sont dépeints artificiellement par les medias sous les traits de la violence, de la vulgarité quand ce n’est pas de l’« imbécilité » (selon un important professeur de droit ).

La judiciarisation qui tente de prendre le dessus dans la politique israélienne risque d’être fatale à un Etat qui, entre autres défis, doit faire face à une menace stratégique considérable et immédiate, c’est ce que tous ces importuns semblent avoir oublié. Un sondage récent montre déjà ses dégats sur le plan militaire. 62% des conscrits pensent que les juristes militaires avec leurs définitions légales de l’usage de la force, interfèrent dans leurs missions et nuisent à leur capacité de défendre le pays, sans compter qu’il pensent que la section légale de l’armée ne les soutiendrait pas s’ils prenaient une décision tactique inadéquate. On se souvient du scandale de l’affaire Elor Azaria, accusé d’avoir éliminé un terroriste (un cas très semblable à celui du Pont de Londres il y a 2 jours (29/11/2019) qui, au fait, n’a donné lieu à aucun scandale chez les hypocrites européens !). On comprend pourquoi les habitants du sud d’Israël, abandonnés aux missiles de Gaza, ont le sentiment que Tsahal a perdu sa volonté de vaincre légendaire.

Aujourd’hui, après l’armée, c’est l’Etat institutionnel qui est secoué sous l’effet du coup d’Etat légal avec une crise politique insoluble et un troisième tour d’élections au résultat incertain. L’administration de l’Etat est abandonnée depuis des mois dans l’impasse à laquelle l’autorité judiciaire assigne toute une société.

La judiciarisation de la Cité et de l’existence ne peut faire que des ravages ! Il faut rendre au parlement sa prééminence et à l’exécutif sa puissance. II n’est pas possible que le pouvoir des juges et de la police soient en roue libre. Ils doivent être sous le contrôle du Souverain, sans lequel ils ne sont rien.

La crise n’est pas uniquement politique et sociale. Elle est aussi spirituelle. L’état des faits actuel rappelle irrésistiblement le début du Livre de Ruth : Vayehi bymei shfot hashoftim : « Il était une fois aux jours du jugement des juges ». Le livre s’ ouvre sur la description d’une ville, Bethléem, ravagée par la pénurie et la famine et que s’apprête à quitter pour survivre la famille d’un juge, Elimelekh, qui part trouver refuge dans le pays de Moab. Le père et ses deux fils mourront laissant Noémi seule avec sa bru moabite, Ruth.

Cette désolation est éclairée par le verset inaugural. Le « jugement des juges », c’est autant une désignation d’un système de gouvernement régi par les juges qu’un jugement des juges eux-mêmes dans l’exercice de leur pouvoir, générateur de pénurie et de famine, de désertion d’une Cité autrefois prospère. La pénurie est le résultat de l’excès de pouvoir des juges, ainsi jugés par les effets qu’ils ont produits. En abusant du jugement, ils se sont jugés eux-mêmes et voué la Cité à la désolation au point d’en chasser les citoyens autant qu’eux-mêmes. L’excès de jugement vise à rendre si « transparente » l’épaisseur de l’existence et de la socialité qu’elles en sont ruinées. Tout n’est pas « jugeable » ! Le Juge Suprême lui même n’endosse pas à temps plein l’habit du jugement…

500 commissariats français seront équipés d’un système israélien…

Le “ kiosque” de l’entreprise israélienne Cellebrite est un système capable d’aspirer et de traiter toutes les données d’un téléphone portable en moins de dix minutes. Cellebrite fabrique des dispositifs d’extraction, de transfert et d’analyse de données cachées dans un dispositif mobile (téléphone, tablette, GPS) aussi bien dans le cadre d’enquête policière que dans d’autres services d’investigation. Le système israélien  sera installé dans 500 commissariats français, il suffira de brancher le téléphone et toutes les données seront extraites en 10 minutes pendant la garde à vue. L’entreprise israélienne qui fête ses 20 ans avait déjà fait beaucoup parler d’elle en 2016 dans l’affaire opposant Apple au FBI…

En février 2016, le FBI avait demandé les services d’Apple pour déverrouiller le smartphone de l’auteur de l’attentat de San Bernardino pour les besoins de son enquête. S’en est suivi un long bras de fer entre les deux et en mars 2016, le FBI a fait savoir qu’il n’avait plus besoin de l’aide d’Apple puisqu’une tierce partie (notamment Cellebrite) avait réussi à le faire. Déjà en 2016, Cellebrite  collaborait avec 15 000 forces de sécurité de par le monde. L’entreprise a par exemple été sollicitée par le gouvernement croate en 2012 dans une affaire de pédophilie. La société affichait un chiffre d’affaires dépassant la barre des 100 millions de dollars. Fort d’un effectif de 400 personnes, Cellebrite dispose de bureaux en Israël, aux États-Unis, au Brésil, en Allemagne, à Singapour et au Royaume-Uni. La startup, a été créée en 1999 à Petah Tikva, en banlieue de Tel-Aviv, par Yossi Carmil et Ro

Actuellement, en France, les téléphones saisis doivent être envoyés dans un des 35 centres spécialisés de la police technique et scientifique, qui sont souvent embouteillés. Avec le système “ kiosque”, qui sera installé dans les commissariats de premier niveau, il suffira de brancher le téléphone et toutes les données seront extraites pendant la garde à vue : SMS, photos géolocalisées…

Le système est en cours de déploiement dans le nord de la France. L’an prochain, cent nouveaux systèmes seront installés en Île-de-France et dans le Sud. En tout, cinq cents systèmes doivent être installés d’ici 2024, pour un coût de quatre millions d’euros. Il a déjà été testé lors du G7, pour traiter les téléphones des personnes gardées à vue, avec des résultats jugés “très positifs”…

Tel-Avivre source – Secours rouge

Le BNVCA reçu par Monsieur Elan S. Carr Envoyé spécial des Etats Unis pour la surveillance et la lutte contre l’antisémitisme dans le monde

En visite officielle en France, Mr Elan S . CARR,  Envoyé spécial des Etats-Unis pour la surveillance et la lutte contre l’antisémitisme dans le monde, a rencontré des représentants de Mr Sammy GHOZLAN, Président du BNVCA, afin d’avoir une meilleure compréhension de la situation de l’antisémitisme en France.

En coordination avec les services de l’ambassade des Etats-Unis à Paris, présents à la réunion, celle-ci  s’est tenue dans les locaux de l’ambassade le 7 novembre à 14 h.

Le BNVCA et son Président étaient représentés par une délégation composée du Vice-Président Richard Odier, du Secrétaire Général René Lévy et de Maître Baccouche, avocat du Bureau.

En préliminaire, Maître Baccouche a lu la lettre que le président Sammy Ghozlan adressait à l’Envoyé spécial des Etats-Unis.

La délégation a présenté à l’Envoyé spécial auprès du Département de l’Etat des Etats-Unis les chiffres 2018/2019 des actes violents antisémites et lui a donné des perspectives.  Elle a souligné l’efficacité de l’observatoire de la lutte contre l’antisémitisme en ligne.

Les échanges ont aussi porté sur la nature et les sources principales du nouvel antisémitisme, ainsi que sur les conséquences sociales et sécuritaires.

Le BNVCA a noté ses efforts contre le mouvement illégal en France BDS, de même que les réactions du BNVCA et celles des autorités de l’Etat français pour endiguer le phénomène d’incitation à la haine d’Israël et à l’antisémitisme qui poussent à l’acte anti-juif et aux assassinats comme ceux des élèves de l’école juive de Toulouse, des deux femmes juives à leur domicile, et de l’attentat terroriste mortel commis contre l’Hypercacher.

L’Envoyé spécial des Etats-Unis s’est engagé à suivre de près l’évolution du fléau de l’antisémitisme et à veiller à le combattre .

Le documentaire qui défait les préjugés sur les juifs et l’argent

Cimetière de charité juif. Capture d’écran.

SOCIÉTÉ

PAR Nicolas Bove –

“Si vous nous piquez, ne saignons-nous pas ? Si vous nous chatouillez, ne rions-nous pas ? Si vous nous empoisonnez, ne mourrons-nous pas? “ Ces vers du Marchand de Venise, de William Shakespeare (acte III, scène 1), écrits en 1596, pourraient résumer les enseignements de ce documentaire. Et le premier d’entre eux est que l’appartenance à la confession juive, sans même parler d’une communauté juive, ne préserve nullement de la misère ou des accidents de la vie.

Une réalité sociale 

Jews Got Money, réalisé en 2012 par Sasha Andreas, entend mettre la lumière sur un préjugé ayant la vie dure et répandu bien au-delà des cercles antisémites, jusque chez certains juifs eux-mêmes : les juifs auraient tous de l’argent et auraient tous réussi dans la société. Le film est consultable en ligne sur le site ReelHouse. À travers l’histoire de l’immigration juive à New York, le documentariste français montre, d’hier à aujourd’hui, à quel point cette assertion est fausse.

Au cours des 40 minutes que dure le documentaire, nous faisons la connaissance de membres éminents de la communauté juive new-yorkaise : Malcolm Hoenlein, PDG de la Confédération des présidents des principales organisations juives américaines, William Rapfogel, PDG du Conseil métropolitain de New York pour la pauvreté juive. Tous deux œuvrent pour que des organisations sociales viennent en aide aux plus démunis, juifs mais pas seulement. Au-delà d’une conception néolibérale de la société et du statut des personnes en son sein, les deux hommes mettent l’accent sur l’existence d’une part importante (20%) des juifs qui à New York vivent sous le seuil de pauvreté et sur la faible conscience qu’en ont les membres plus aisés de la communauté.

À New York, comme ailleurs, 1 juif sur 5 vit dans la pauvreté

D’autres, moins connus mais œuvrant pour cette communauté racontent ces vies difficiles dont ils sont les ultimes témoins. C’est le cas d’Amy Koplow, directrice exécutive de l’association pour l’enterrement hébraïque gratuit (Hebrew Free Burial Association) et Shmuel Plafber, rabbin membre de l’association, officiant à toutes les cérémonies. Les juifs qui, au moment de leur mort, ne peuvent s’offrir même un cercueil, et n’ont pas de proches qui pourraient y remédier, ont vécu dans la marginalité, vis-à-vis de leur famille, de leurs voisins, souvent appartenant à d’autres communautés, et même des autres juifs. Les plus aisés n’ont pas nécessairement conscience de leur existence et eux-mêmes restent discrets sur leur situation, en partie tant ils ont intégré l’idée qu’être juif signifie aussi être riche.

À ces quatre personnalités, sur les interviews desquelles repose le documentaire, s’ajoutent des visages anonymes, apparaissant dans un cadre au format réduit, comme plus lointain, témoignant de leur vie, leur misère et aussi de l’aide qu’ils reçoivent. Les uns sont vieux et faibles, les autres ont tout perdu à la suite d’une catastrophe. Plusieurs parcours sont mis à nu à l’écran, et toujours la même histoire se répète, celui d’un drame, social, familial, économique, politique même (de la Shoah à la chute de l’URSS). Ce que ce documentaire, par ces témoignages de personnes ordinaires, réussit le mieux, c’est de mettre le spectateur au contact de personnes qui pourraient vivre sur le même pallier, arpenter les mêmes rues.

Des individus face aux accidents de la vie

En se concentrant sur des portraits et récits de juifs ayant vécu ou vivant dans la pauvreté, aujourd’hui et hier, ce documentaire fait progressivement passer leur confession au second plan, loin des préjugés et représentations d’une communauté uniforme et aisée. Derrière un titre tapageur, Sasha Andreas dévoile la banalité de la vie de tous les jours des classes moyennes et pauvres de nos sociétés. En somme, la religion ne change rien à l’argent.

Sasha ANDREAS, “Jews Got Money”, 2015, 40 min. Achat 6.20 €. Location 2.70€.

Alain Finkielkraut défend l’ironie contre les «bataillons du premier degré»

GRAND ENTRETIEN – Le philosophe, dont les propos sur le viol ont déclenché un tollé, dissèque une polémique dont il fut le premier surpris et répond point par point à ses détracteurs.Par Eugénie BastiéPublié le 20 novembre 2019 à 20:25, mis à jour le 21 novembre 2019 à 12:12

Accusé de «banaliser» la réalité du viol par une militante féministe sur un plateau de télévision le 13 novembre, l’académicien avait répondu vivement et avec ironie: «Violez, violez, violez! Voilà, je dis aux hommes: violez les femmes! D’ailleurs, je viole la mienne tous les soirs!» Ces propos délibérément sarcastiques relevant de l’antiphrase ont suscité un tollé, certains militants et des députés allant jusqu’à saisir le CSA et le procureur de la République. Le philosophe prend le temps dans nos colonnes de disséquer une polémique dont il fut le premier surpris et répond point par point à ses détracteurs. Se défendant de toute provocation, le penseur déplore que «les bataillons du premier degré envahissent notre monde» et que la conversation française ne soit plus possible. Il critique la notion de «culture du viol» et s’inquiète d’un «tribunal médiatique» qui voit triompher la passion justicière sur l’État de droit et la présomption d’innocence.

LE FIGARO. – Les propos que vous avez tenus mercredi 13 novembre à l’émission «La Grande Confrontation» sur LCI ont suscité un tollé, certains députés ont même saisi le procureur de la République. Comment réagissez-vous?

Alain FINKIELKRAUT. – Sur un plateau de télévision, Caroline de Haas m’a accusé de faire l’apologie du viol. Face à une calomnie aussi monstrueuse, j’avais le choix entre deux attitudes: la protestation outragée ou l’ironie. J’ai opté pour l’ironie et j’ai renchéri sur l’imputation afin d’en faire ressortir le caractère absurde. J’ai dit que j’exhortais, en effet, tout un chacun à s’adonner à cette pratique exquise, et que moi-même je violais quotidiennement ma femme. Et voici que, pour cette boutade, le Parti socialiste saisit le CSA, que quatre députés de La France insoumise font un signalement au procureur de la République, que la porte-parole du gouvernement me cloue au pilori et qu’une pétition exigeant l’arrêt immédiat de mon émission «Répliques» est envoyée à la direction de Radio France.

Dans les manuels de français, on trouvait naguère « De l’esclavage des Nègres », chapitre de « L’Esprit des lois  » de Montesquieu. Un professeur qui ferait aujourd’hui étudier ce texte ironique aurait à répondre d’apologie de crimes contre l’humanitéAlain Finkielkraut

Je reste pantois, je l’avoue, devant ce déferlement de réactions indignées. Les gros bataillons du premier degré envahissent notre monde. Autrefois patrie littéraire, la France devient, pour son plus grand malheur, une société littérale. Dans les manuels de français, on trouvait naguère le texte de Montesquieu De l’esclavage des Nègres «Ceux dont il s’agit sont noirs des pieds jusqu’à la tête, et ils ont le nez si écrasé qu’il est presque impossible de les plaindre. On ne peut se mettre dans l’idée que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme surtout une âme bonne, dans un corps tout noir (…). Il est impossible que nous supposions que ces gens-là sont des hommes, parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens.» Un professeur qui ferait aujourd’hui étudier ce chapitre de L’Esprit des lois s’exposerait aux pires ennuis. Il aurait à répondre d’apologie de crimes contre l’humanité, et certains élèves, particulièrement sensibles à la douleur des opprimés, déchireraient le livre où cette infamie figure.

Dans le climat qui est le nôtre, on ne peut plus dire le contraire de ce qu’on pense sans être aussitôt accusé de penser ce qu’on dit. Adieu Montesquieu. Bienvenue dans la post-France!

Certains vous reprochent de vous rendre dans des émissions télévisées où le clash et la petite phrase l’emportent systématiquement sur la culture du débat. En vous y rendant, ne vous faites-vous pas complice de la grande déculturation et de l’amoindrissement du débat que vous fustigez par ailleurs?

Dans son livre L’Empire du politiquement correct, Mathieu Bock-Côté cite cette phrase lumineuse d’Alfred Sauvy: «Le but de la démocratie n’est pas de s’entendre, mais de savoir se diviser.» À la télévision, à l’université, et dans l’espace public en général, ce savoir se perd sous l’effet de l’extension démente des domaines du racisme, de l’islamophobie, de l’homophobie et du sexisme. L’émission de LCI a révélé la crise, peut-être terminale, de la conversation française. À ce titre, elle a été utile.

Trente ans après la chute du communisme, on persécute la plaisanterie dans un pays démocratique soumis, par ailleurs, au règne des « humoristes », c’est-à-dire au matraquage permanent du ricanement imbécileAlain Finkielkraut

Même si votre réaction était de l’humour, ces sujets ne méritent-ils pas plutôt du sérieux?

Bien conscients que je n’ai pas fait, l’autre soir, moncoming out de violeur impénitent, certains de mes accusateurs me reprochent de banaliser l’horreur par une blague déplacée. Mais si Alain Badiou m’avait dit en face ce qu’il a écrit pour motiver son refus de venir dans mon émission de France Culture, à savoir, qu’avec L’Identité malheureuse, «le concept proprement néonazi d’État ethnique» était devenu central dans ma pensée, croyez-vous que j’aurais crié au scandale en invoquant, les larmes aux yeux, les mânes de ma famille assassinée? Bien sûr que non. Je l’aurais félicité chaudement de m’avoir percé à jour. J’aurais même précisé que mon objectif politique ultime était d’ouvrir des camps d’extermination pour les mauvais Français. Cette réponse profane-t-elle la mémoire des suppliciés? La vérité est tout autre: trente ans après la chute du communisme, on persécute la plaisanterie dans un pays démocratique soumis, par ailleurs, au règne des «humoristes», c’est-à-dire au matraquage permanent du ricanement imbécile.

N’y a-t-il pas chez vous un côté provocateur? Pourquoi défendre à tout prix le cinéaste Roman Polanski, accusé de viol?

Je trouve que la provocation est un comportement puéril. Je dis ce qui me semble vrai, sans me soucier du qu’en-dira-t-on, c’est tout. Et malgré l’appel au boycott validé par le ministre de la Culture et la porte-parole du gouvernement décidément infatigable, je suis allé voir le dernier film de Polanski. Je n’ai pas été déçu: la scène de la dégradation de Dreyfus, notamment, est inoubliable. Mais, m’objectera-t-on, on ne peut séparer l’artiste de l’homme. Au nom de ce grand principe moral, la majorité des biographies de cinéastes, de dramaturges ou de romanciers se donnent maintenant pour mission de déterrer le honteux secret enfoui sous l’œuvre géniale. Kundera, dans son essai Une rencontre, évoque le livre de 800 pages consacré à Bertolt Brecht par un professeur de littérature comparée de l’université du Maryland. Après avoir démontré la bassesse de l’âme de Brecht (homosexualité dissimulée, érotomanie, exploitation des maîtresses qui étaient les vrais auteurs de ses pièces), «il arrive enfin à son corps, notamment à sa très mauvaise odeur», attestée trente ans après sa mort par une collaboratrice du Berliner Ensemble. Les grands auteurs puent et ils ont tous un cadavre dans leur placard: voilà ce que les enquêteurs minutieux nous dévoilent, mettant fin ainsi à l’hégémonie culturelle des «White European Males».

Le débat sur LCI portait sur la «culture du viol». On vous accusait de la promouvoir en tenant des propos relativisant la portée de certains actes. Comment interprétez-vous cette notion de «culture du viol»?

Le viol est une abomination. La «culture du viol» est un concept attrape-tout qui englobe dans une même réprobation la drague lourde, les allusions salaces, les attouchements, et même la galanterie, dont la déconstruction s’impose, nous dit l’historienne Michelle Perrot, «tant elle dissimule l’inégalité sous les fleurs». Ainsi se répand la fiction d’un Occident intégralement et continûment misogyne. Énigmatique puissance de l’imaginaire! Alors même que les femmes accèdent à tous les métiers, qu’elles occupent, dans l’audiovisuel notamment, des postes de pouvoir, et que l’homme est devenu facultatif dans la procréation, les néoféministes s’en prennent, comme si de rien n’était, à l’omnipotence de l’ordre patriarcal. On connaissait les mauvais perdants, elles sont de mauvaises gagnantes, d’autant plus belliqueuses que la domination masculine tombe en désuétude. Et elles font tellement peur que les féministes authentiques, qui n’ont aucune envie d’être traînées dans la boue sur les réseaux sociaux, préfèrent, pour le moment, garder le silence.

Ce discours militant s’appuie sur le continuum qui existerait entre violence physique et violence symbolique, ce qui signifierait que «les mots tuent». N’y a-t-il pas une part de vérité dans ce discours? N’est-il pas juste que les paroles peuvent pousser à l’acte?

On doit à Pierre Bourdieu l’invention du concept de violence symbolique. Il désigne ainsi, dans La Reproduction, le livre qu’il a coécrit avec Jean-Claude Passeron, l’action pédagogique, c’est-à-dire, soyons clairs, la transmission de la culture: «Toute action pédagogique est objectivement une violence symbolique en tant qu’imposition, par un pouvoir arbitraire, d’un arbitraire culturel.» Et quelle est la réponse appropriée à la violence symbolique? La violence tout court. C’est du moins la conclusion à laquelle sont parvenus les étudiants en sciences sociales qui interdisent de parole Sylviane Agacinski, et avec elle les conférenciers qu’ils rangent parmi les dominants. Au procès intenté contre l’historien Georges Bensoussan parce qu’il avait osé dire que dans de nombreuses familles arabes les enfants «tétaient l’antisémitisme avec le lait de leur mère», j’ai entendu le procureur de la République lui reprocher «un passage à l’acte dans le champ lexical». Passer à l’acte, croyait-on, c’était sortir du champ lexical. On se trompait. Le sens commun n’est plus de mise à l’heure de la lutte contre toutes les stigmatisations dont l’Occident hétéronormatif et postcolonial se rend coupable.

Plus largement, on observe de plus en plus de demandes de censure émanant de minorités militantes voulant éradiquer du domaine public tout discours jugé blessant. Cette volonté de restreindre la liberté d’expression vous inquiète-t-elle?

Sur les campus américains, le multiculturalisme fait la loi. Les professeurs enseignent sous la surveillance des étudiantes et des étudiants qui exigent le respect absolu de toutes les minorités. Ce n’est pas que par McDonald’s ou Coca Cola que la France s’américanise, c’est aussi par l’université. Le fanatisme s’installe dans les lieux dédiés à la liberté de l’esprit. Comme il ne s’agit pas d’un emballement rétrograde, mais d’un fanatisme égalitaire et anti-discriminatoire, je crains qu’il n’ait l’avenir devant lui.

La passion justicière s’émancipe du droit car le droit fait des distinctions, le droit confronte les témoignages, le droit cherche les preuves, le droit se refuse à remplacer la présomption d’innocence par la présomption de culpabilitéAlain Finkielkraut

L’État de droit vous semble-t-il menacé par le tribunal médiatique, qui juge avant même que les procès ne se tiennent?

L’affaire Adèle Haenel marque un grand tournant. L’actrice, qui raconte une épreuve extrêmement douloureuse, a choisi de ne pas porter plainte. Elle l’a dit à Mediapart. Et Edwy Plenel, qui l’interrogeait avec une délectation obséquieuse, ne peut que se frotter les mains. Car le modèle du fondateur de Mediapartn’est pas, comme il le prétend, Albert Londres, mais Fouquier-Tinville. Et son rêve se réalise. Il n’a plus besoin d’écrire au procureur, il est le procureur, il est le magistrat du siège, et son studio, le Tribunal révolutionnaire. Pas d’avocats, pas de contradictoire, l’accusé est condamné sans appel à la mort sociale. D’autres journaux suivent le mouvement. Toute une partie de la presse se «médiapartise» et le procès quitte l’enceinte judiciaire pour l’espace médiatique et les réseaux sociaux. Le quatrième pouvoir avale goulûment le troisième. La passion justicière s’émancipe du droit car le droit fait des distinctions, le droit confronte les témoignages, le droit cherche les preuves, le droit se refuse à remplacer la présomption d’innocence par la présomption de culpabilité: autant d’insultes à la souffrance des victimes que les nouveaux prétoires se chargent de réparer. Pour des actes qui ne méritent évidemment pas la moindre indulgence, on est en train de régresser, avec les techniques les plus sophistiquées, au stade du lynchage. Aucune cause, même la plus noble, ne mérite qu’on lui sacrifie la civilisation.

LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU

Il m’arrive parfois d’avoir honte pour la France…

UN AVEU 

Surtout quand j’entends Maboula Soumahoro. Mais pourquoi lui donne-t-on encore la parole ? 

« Notre pays à nous, c’est celui à l’égard duquel nous pouvons éprouver de la honte ». Voilà une belle et très juste définition de l’identité nationale. La formule est d’un des plus grands historiens contemporains, Carlo Ginzburg, juif d’origine russe et passionnément italien.

Des Allemands qui aimaient l’Allemagne ont eu honte pour leur pays, en entendant des centaines de milliers de voix hurler “Heil Hitler”. Des Russes qui aimaient la Russie ont eu honte pour leur pays en voyant les horreurs de la terreur stalinienne. Des Français qui aimaient la France ont eu honte pour leur pays quand celui-ci était sous la coupe du régime ignoble de Vichy.

Moi, j’ai honte pour la France quand j’entends parler Maboula Soumahoro. Elle était à la télévision, conviée parce que Noire, pour porter la réplique à Alain Finkielkraut. Le philosophe expliquait tout ce qu’il devait à la France qui avait accueilli ses parents étrangers et qui lui avait permis de faire des études. Et il concluait par un « merci la France ».

Maboula Soumahoro le cassa aussitôt avec la suffisance des imbéciles assumés. « Ici, c’est chez moi. Je ne dois rien à la France. Et je n’ai pas à lui dire merci ». J’ai honte pour Finkielkraut qui s’est cru obligé de participer à une émission où elle était invitée.

J’ai honte pour les radios et les télévisions qui servent la soupe à cette femme haineuse. J’ai honte pour l’université française qui a accordé un poste de chargé de cours à Maboula Soumahoro. J’ai honte pour la France qui autorise des « camps décoloniaux » interdits aux Blancs et donc parfaitement racistes.

J’ai honte pour la France quand les pouvoirs publics permettent à Marwan Muhammad de venir dédicacer son livre à Magnanville là où deux policiers ont été égorgés aux cris de « Allah Akbar ». J’ai honte pour la France quand des émules des Gardes Rouges maoïstes interdisent (sans réaction aucune) dans leurs universités des livres ou des philosophes qui ne leur plaisent pas. J’ai honte pour la France parce que c’est mon pays et que je l’aime.  

Misérable, totalitaire et islamophobe, la France devient le premier pays d’Europe pour les demandes d’asile

L’ENFER, C’EST NOUS AUTRES

Diffuser le baratin indigéno-gauchiste sur l’enfer français serait sans doute plus efficace – et moins coûteux – que le recrutement de douaniers pour une meilleure maîtrise des flux migratoires. 

J’apprends que la France, censément le pays le plus misérable (on y meurt fréquemment de faim et de maladie dit-on), le moins libre (on y succombe également très souvent sous les coups d’une milice aux ordres) et le plus islamophobe (la plupart des charcutiers refusent de prendre des jeunes filles voilées en apprentissage selon les testings du CCIF) d’Europe, vient de repasser devant l’Allemagne en termes de demandes d’asile

Eh oui ! Aussi incroyable que ça puisse paraître, en ces temps où, Internet oblige, l’information circule à la vitesse de l’éclair, notre vallée de larmes fascistoïde est la destination la plus populaire auprès des réfugiés du monde entier, qu’ils soient forcés de quitter une nation en détresse économique ou un champ de bataille permanent à bord de rafiots plein de trous sur une Méditerranée démontée.

Bobo mondialisé et généreux à bon compte moi-même, ça ne me dérange pas spécialement. Au contraire. J’aime bien la diversité et la cuisine exotique et, surtout, j’apprécie l’idée que mon pays reste fidèle à sa tradition d’accueil (je préférais juste que les demandes de visas soient plus nombreuses chez les chefs cuisiniers que chez les nostalgiques du califat – c’est une petite coquetterie que j’ai).

Mais je me dis que ce gouvernement de crapules ultra-néolibérales racistes, s’il souhaitait réellement réduire ces flux, ferait mieux d’organiser lui-même la propagation des discours indigénistes et mélenchonnistes vers les pays de départ. Ca serait moins coûteux que de recruter des douaniers (et l’on sait bien que Macron déteste recruter des fonctionnaires) et certainement plus efficace.

Après tout, en 42, les juifs français persécutés pat Vichy se réfugiaient rarement en Allemagne..

7% des musulmans ont été agressés en raison de leur religion et 34% des juifs

Entretien avec François Kraus de l’Ifop

parDaoud Boughezala – 

musulmans juifs ifop kraus
Manifestation “anti-islamophobie” du 10 novembre 2019, Paris. SIPA/Patrick Gely. Numéro de reportage : 00931698_000006 

Les organisateurs de la manifestation du 10 novembre le martèlent : les musulmans français seraient massivement montrés du doigt. Or, les enquêtes d’opinion montrent que si la discrimination est réelle, elle ne concerne heureusement qu’une minorité de musulmans, moins agressés en raison de leur religion que ne le sont leurs concitoyens juifs. François Kraus, directeur du pôle Politique/Actualités de l’Ifop, nous donne les détails. Entretien. 


Daoud Boughezala. L’une des dernières études de l’IFOP semble donner raison aux organisateurs de la marche contre l’islamophobie du 10 novembre. En effet, 42% des musulmans de France ont déjà été victimes d’une discrimination liée à leur religion et se révèlent nettement plus discriminés que les non-musulmans…

François Kraus.  Ce n’est pas si simple.Certes, l’ampleur des discriminations religieuses subies par les musulmans de France est nettement plus grande que dans le reste de la population française. Cela transparaît par exemple dans le marché du travail où l’on observe que près d’un musulman actif sur quatre (23%) a été discriminé au cours des cinq dernières années de sa vie professionnelle en raison de sa religion, soit une proportion cinq fois plus élevée que chez l’ensemble des Français (5,9%).ouverture dans 0

Mais au total, les discriminations et agressions religieuses subies par les musulmans vivant en France restent au quotidien un phénomène minoritaire : 42% des musulmans déclarent avoir fait l’objet d’au moins une forme de discrimination liée à leur religion au cours de leur vie. C’est beaucoup mais cela n’est pas un phénomène de masse.

Par ailleurs, ces résultats contredisent aussi l’idée que ces organisateurs de la manifestation ont essayé d’imposer dans le débat à public, à savoir que les musulmans seraient la minorité la plus ostracisée aujourd’hui en France, notamment en raison de « lois liberticides » que constitueraient à leurs yeux les lois de 2004 et de 2010.

Sans vouloir jouer le jeu de la concurrence victimaire chère aux identitaires de tous poils, on est bien forcé de constater que d’autres minorités sont aujourd’hui plus exposées que les musulmans à des agressions en raison de leur religion.

En effet, la comparaison de ces données avec celles observées pour les juifs en 2015 dans le cadre d’une enquête pour la Fondation Jean Jaurès montre que ce n’est pas chez les musulmans que les agressions liées à la religion sont les plus élevées en France. Presque trois fois moins de musulmans (24%) que de juifs (66%) ont déjà été victimes d’une agression verbale liée à leur religion. Et l’écart est encore plus net pour les agressions physiques: 7% des musulmans en ont subi en raison de leur religion contre 34% des juifs. Certes, en raison des différences de mode de collecte avec l’étude auprès des juifs et des légères nuances dans la formulation des questions, la comparaison entre les deux enquêtes est à interpréter avec prudence mais, au regard de l’ampleur des écarts, il est peu probable qu’un protocole identique en aurait changé fondamentalement les enseignements. De même, ces résultats montrent que si des processus discriminatoires affectent indéniablement les musulmans, notamment dans l’accès au logement et à l’emploi, ils n’ont jamais affecté plus de 30% des musulmans ayant déjà vécu une situation potentiellement discriminante. Même la discrimination la plus répandue – celle vécue lors de contrôle des forces de l’ordre est loin du seuil des 50%: 28% en ont été victimes parmi les musulmans ayant déjà été contrôlés, et à peine 13% parmi l’ensemble de la population musulmane. Aussi grave soit-il, le phénomène de « musulmanophobie » est donc heureusement encore loin d’être un phénomène de masse. En cela, ces résultats ne vont pas vraiment dans le sens de ce qu’affirment les organisateurs de la marche contre l’islamophobie du 10 novembre.

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L’ « islamophobie » serait donc largement surestimée par les entrepreneurs communautaires types CCIF ?

Disons que ce n’est pas un mouvement prégnant qui affecterait la majorité des musulmans de France, comme certains collectifs associatifs essaient de le présenter.

L’ampleur de la musulmanophobie – terme plus approprié à mes yeux que « l’islamophobie » pour designer ces formes d’hostilité car il fait référence au rejet des musulmans en tant qu’individus et non à l’opposition à l’Islam qui, comme tout autre système de pensée, peut être critiqué – ne fait pas des musulmans la catégorie de la population la plus victime d’agressions en raison de leur religion. Tout en restant préoccupante, elle est loin d’être massive. Chez les protestants et évangéliques, 17% ont déjà été victimes d’insultes liées à leur confession, ce qui n’est pas si éloigné des musulmans (24%). Dans tous les cas, les juifs restent en France ceux qui subissent le plus d’agressions physiques ou verbales en raison de leur religion. Bref, non seulement le sort des musulmans actuels n’est pas comparable à celui des juifs sous l’Occupation mais il est aussi encore très éloigné de celui des juifs vivant dans la France des années 2010…

Distinguons bien discriminations et agressions. Pour résumer, beaucoup de juifs sont agressés en tant que juifs et une part des musulmans discriminés socialement en raison de leur confession. Dans ce dernier cas, la condition sociale modeste de bien des musulmans de France joue-t-elle en leur défaveur ?

Les musulmans de France forment une population très jeune. Ils ont un niveau de diplôme supérieur à la moyenne des Français, qui comprend beaucoup de personnes âgées ayant arrêté l’école tôt. Notre enquête brise d’ailleurs les idées reçues qui font des musulmans discriminés essentiellement de jeunes hommes vivant en milieu populaire. Or, les plus confrontés aux discriminations au logement ou à l’emploi sont les musulmans qui ont un niveau de diplôme élevé et qui veulent sortir des métiers et des ghettos sociaux qui leur sont assignés. En revanche, l’étude corrobore le lien observé entre visibilité et exposition à des agressions que Jérôme Fourquetavait pu mesurer pour les juifs portant une kippa régulièrement: 83% d’entre eux rapportaient avoir déjà été insultés en raison de leur religion, contre 37% chez les juifs n’en portant jamais… On retrouve en effet ce lien entre visibilité, exposition et discrimination chez les musulmans pour les femmes voilées, lesquelles sont les plus discriminées: 60% l’ont déjà été une fois dans leur vie contre 44% de celles ne se voilant jamais et 38% des hommes.

Ces discriminations contre les musulmans ne croisent-elles pas d’autres critères (ethnie, race)?

Vous avez raison. Il paraît important d’apporter à cette comparaison avec les juifs un point essentiel à l’interprétation des résultats: les violences verbales, physiques ou symboliques qui affectent la plupart des musulmans ne se réduisent pas au rejet de leur confession mais aussi à d’autres facteurs comme le racisme, la xénophobie, l’âgisme ou le classisme. L’enchevêtrement des représentations négatives de l’Islam, notamment autour des enjeux liés au terrorisme, au féminisme et à l’immigration, oblige notamment à prendre en compte la dimension intersectionnelle des phénomènes de rejet dont ces adeptes sont l’objet. En cela, contrairement à ce qu’on observe pour les juifs – où religion et ethnicité sont plus imbriquées dans le rejet dont ils font l’objet – l’ampleur des agressions qui affectent les musulmans vivant en France ne peut se réduire uniquement à celles liées à leur religion. Les réponses à la question visant à évaluer l’expérience d’une forme de racisme (tous motifs confondus) montrent justement que le rejet dont font l’objet les populations musulmanes en France repose autant sur leur appartenance religieuse (16%) que sur leurs origines ethniques (15%).

Par rapport aux années 80, qui furent celles de SOS Racisme, on parle beaucoup moins de racisme anti-arabes. Un supposé racisme anti-musulmans a pris le relais. Est-ce un changement purement sémantique ou la conséquence d’une plus grande visibilité des musulmans ?

Depuis l’affaire de Creil, en 1989, on parle de moins en moins de « maghrébins » et de plus en plus de « musulmans », signe que le référent religieux est de plus en plus présent dans la manière dont ils sont présentés médiatiquement. C’est le résultat d’un double processus: une tendance à réduire les minorités visibles en France à leur religion – réelle ou supposée et à « islamiser » les discriminations dont elles sont victimes. Or, aussi préoccupantes soient-elles, les discriminations religieuses dont souffrent les musulmans doivent être relativisées: par rapport à d’autres groupes comme les juifs mais aussi par rapport à d’autres pays. En effet, si l’on se fie aux données de l’enquête sociale européenne cumulées par Vincent Tournier (ESS, données cumulées 2002-2012) et publiées par la Fondapol en 2016, la proportion de musulmans vivant dans l’hexagone ayant le sentiment d’appartenir à « une catégorie de gens qui subit des discriminations dans [leur] pays » en raison de leur religion » est la plus faible (15%) de l’Union européenne après la Bulgarie.

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Certes, ces résultats mériteraient d’être réactualisés avec des données postérieures à la vague d’attentats de masse amorcée en 2015 en France, laquelle a provoqué une explosion des actes anti-musulmans. Toutefois, ils contredisent la vulgate « plénelienne » selon laquelle la France, avec sa conception spécifique de la laïcité et ses « lois liberticides », serait pour les musulmans le pire des pays européens.

Comment évolue la situation ?

En termes de tendances, on est loin de constater une explosion de la « musulmanophobie » en France. En effet, si elles ne mettent en exergue que la partie immergée de l’iceberg (car elles ne recensent que les plaintes ou les interventions de police et non l’ensemble des agressions envers les musulmans), les dernières données du ministère de l’intérieur (SCRT) tendent à montrer une décrue continue des actes anti-musulmans depuis 2015: 100 en 2018, contre 121 en 2017, 185 en 2016 et 429 en 2015: l’année des attentats constituant le pic de la musulmanophobie en France. Il est toutefois probable que ces chiffres repartent cette année à la hausse au regard de la place prise par la question de l’Islam dans le débat public: les débats ayant suivi les attentats de la préfecture de Police comme ceux ayant récemment porté sur la question des « signaux faibles de radicalisation » ont pu contribuer à renforcer l’amalgame entre musulmans pratiquants et terroristes et plus largement l’hostilité à l’égard de l’ensemble des adeptes du Coran.

Un Genevois achète le haut-de-forme d’Hitler

Des objets ayant appartenu au Führer ont été vendus aux enchères mercredi. Un promoteur genevois en a acquis plusieurs et en fera don à une ONG israélienne.

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Le promoteur a acheté un haut-de-forme du dictateur allemand. (Photo: Keystone/AP)on off i

L’homme d’affaires et promoteur immobilier Abdallah Chatila a acheté mercredi plusieurs objets ayant appartenu à Adolf Hitler lors d’une vente aux enchères controversée. «Il est extrêmement important pour moi que les objets de cette douloureuse époque ne tombent pas entre de mauvaises mains», a expliqué dans un communiqué le businessman d’origine libanaise. Installé en Suisse depuis 1988, il a notamment acheté un haut-de-forme pliable, dont la mise à prix était fixée à 12’500 euros (13’700 francs) et une édition limitée du livre d’Hitler, «Mein Kampf». 

Ces objets seront offerts à l’organisation israélienne à but non lucratif et non politique, Keren Hajessod. Cette dernière aura «la liberté de décider des suites à donner», précise le communiqué. Le Genevois espère qu’ils iront dans un musée sur l’Holocauste. «En ces jours où les tendances nationalistes et antisémites se développent en Europe, je voudrais donner l’exemple avec les moyens dont je dispose», a ajouté le quadragénaire.

Indignation dans la communauté juive

Organisée par la maison d’enchères Hermann Historica, la vente avait suscité l’indignation dans la communauté juive. «Ce n’est pas un appel juridique mais moral», a écrit le rabbin Menachem Margolin, qui dirige l’Association juive européenne, dans un courrier paru jeudi dernier dans le quotidien «Tagesspiegel». «Ce que vous faites n’est pas interdit mais ce n’est pas convenable», a-t-il poursuivi. Le rabbin estime que ces effets personnels n’ont pas de valeur historique et sont avant tout convoités par ceux qui glorifient le Troisième Reich.

«Oui, Hitler fait vendre», a admis le directeur de la maison d’enchères Bernhard Pacher. Mais ces objets sont destinés «avant tout à des clients qui abordent de façon critique» le dictateur nazi, selon des propos reproduits dans le quotidien «Bild». En 2016, un mystérieux acheteur, qui se présentait comme un Argentin, s’était offert l’essentiel des effets personnels nazis (paires de chaussettes, cravates, etc.) mis aux enchères au cours d’une vente controversée, déboursant plus de 600’000 euros, selon les médias.

« Colonies israéliennes » : le Deux Poids-Deux Mesures de la Cour Européenne de Justice

par Soeren Kern
21 novembre 2019

Traduction du texte original: European Court Applies Double Standard against Israeli Product

  • La décision de la Cour de justice d’étendre à l’ensemble de l’Union européenne les normes d’étiquetage très strictes qui prévalent en France, a été fermement condamnée. De nombreux commentateurs y ont vu la réaffirmation du parti pris anti-israélien de l’Union européenne. D’autres ont fait remarquer que, de tous les conflits territoriaux qui hantent la planète – de la Crimée au nord de Chypre, en passant par le Tibet et le Sahara occidental –, seul Israël est soumis à des exigences d’étiquetage particulières.
  • « Plus de 200 conflits territoriaux meurtrissent la planète à l’heure actuelle, mais la CJUE n’a encore rendu aucune décision relative à l’étiquetage de produits originaires de ces territoires. La décision d’aujourd’hui est à la fois politique et discriminatoire à l’égard d’Israël. » – Ministère des affaires étrangères israélien.
  • « Cet arrêt va à l’encontre des normes commerciales internationales établies par l’Organisation mondiale du commerce … Ce sont des pitreries alors que Rome est en flammes. Que la Cour européenne mette Israël à l’index au nom de soi-disant « violations de la législation internationale sur les droits de l’homme » au moment même où le Hamas et ses acolytes bombardent des populations civiles innocentes en Israël est l’une des situations les plus perversement ironiques qu’il m’ait été donné de connaître » – Menahem Margolin, président de l’Association juive européenne, Bruxelles.
La Cour de justice de l’Union européenne a statué que les produits alimentaires fabriqués dans de prétendues colonies juives à Jérusalem-Est, en Cisjordanie et sur les hauteurs du Golan ne pouvaient être étiquetées « Fabriqué en Israël » ; ces produits doivent porter une étiquette spécifique. Cette décision est la conséquence d’un procès intenté par Psagot Winery (photo), qui exploite des vignobles dans un soi-disant territoire palestinien occupé, et par l’Organisation juive européenne. (Source image : iStock)

La Cour de justice de l’Union européenne, la plus haute juridiction de l’UE, a rendu un arrêt qui stipule que les produits alimentaires fabriqués dans les « colonies » juives de Jérusalem-Est, de Cisjordanie et des hauteurs du Golan doivent faire l’objet d’un étiquetage spécifique. Ces marchandises ne sauraient, à en croire les magistrats européens, se contenter de l’étiquette générique « Fabriqué en Israël. »

La protection des consommateurs européens et leur sécurité alimentaire n’est pas au fondement de l’arrêt de la Cour européenne de justice. Cet arrêt qui singularise Israël est en réalité une décision de politique étrangère et, plus particulièrement de politique étrangère anti-israélienne. Cette décision de justice a été vivement critiquée pour son parti pris, son caractère discriminatoire et son antisémitisme.

Cette affaire d’étiquetage repose sur une interprétation du règlement (UE) n°1169/2011 du 25 octobre 2011 portant sur l’information des consommateurs de produits alimentaires. Le règlement d’origine ne permettait pas d’aborder la question de l’étiquetage des produits alimentaires en provenance d’Israël.

Le 12 novembre 2015, dans un souci de clarification, la Commission européenne a publié une « Communication interprétative ». Cette notule règlementaire précise que les produits alimentaires en provenance d’Israël ne pourront pas être étiquetés « Fabriqué en Israël » s’ils ont été produits ou fabriqués en dehors des territoires qui étaient sous contrôle israélien jusqu’à 1967. Le document explique que :

« Conformément au droit international, l’Union européenne ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël sur les territoires qu’il occupe depuis le mois de juin 1967, à savoir le plateau du Golan, la bande de Gaza et la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et ne considère pas que ceux-ci font partie du territoire d’Israël, indépendamment de leur statut juridique en vertu du droit interne israélien. »

Le 24 novembre 2016, le ministère français de l’Économie et des Finances a publié au Journal Officiel un “Avis ministériel” (JORF n°0273, texte n° 81) qui a indiqué aux distributeurs l’interprétation qu’il convenait de donner à la législation de l’UE sur l’étiquetage des produits israéliens. Les exigences françaises, plus strictes que celles de l’UE, stipulent :

« En ce qui concerne les produits issus de Cisjordanie ou du plateau du Golan qui sont originaires de colonies de peuplement, une mention limitée à « produit originaire du plateau du Golan » ou « produit originaire de Cisjordanie » n’est pas acceptable. Bien que ces expressions désignent effectivement la zone ou le territoire au sens large dont le produit est originaire, l’omission de l’information géographique complémentaire selon laquelle le produit est issu de colonies israéliennes est susceptible d’induire le consommateur en erreur quant à la véritable origine du produit. Dans de tels cas, il est nécessaire d’ajouter, entre parenthèses, l’expression « colonie israélienne » ou des termes équivalents. Ainsi, des expressions telles que « produit originaire du plateau du Golan (colonie israélienne) » ou « produit originaire de Cisjordanie (colonie israélienne) » peuvent être utilisées. »

En janvier 2017, Psagot Winery Ltd., une entreprise vinicole israélienne exploitant des vignobles en « territoire palestinien occupé », et une association juive française appelée Organisation juive européenne ont engagé une actionauprès du Conseil de État. Ils ont demandé à la plus haute magistrature française d’annuler l’avis ministériel, au motif que les exigences françaises équivalent à un boycott économique d’Israël.

Le 30 mai 2018, le Conseil d’État a déclaré ne pas être en mesure de statuer et a renvoyé l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne.

Le 12 novembre 2019, la Cour de justice luxembourgeoise s’est prononcée en faveur du gouvernement français:

« Les denrées alimentaires originaires des territoires occupés par l’État d’Israël doivent porter la mention de leur territoire d’origine, accompagnée, lorsque ces denrées proviennent d’une colonie israélienne à l’intérieur de ce territoire, de la mention de cette provenance. »

« l’omission d’une telle mention est susceptible d’induire en erreur les consommateurs, en leur laissant penser que cette denrée alimentaire a un pays d’origine ou un lieu de provenance différent de son pays d’origine ou de son lieu de provenance réel.

« la Cour a précisé que le fait d’apposer, sur des denrées alimentaires, la mention selon laquelle l’État d’Israël est leur « pays d’origine », alors que ces denrées sont en réalité originaires de territoires disposant chacun d’un statut international propre et distinct de celui de cet État, tout en étant occupés par ce dernier et soumis à une juridiction limitée de celui-ci, en tant que puissance occupante au sens du droit international humanitaire, serait de nature à induire les consommateurs en erreur

« la mention du territoire d’origine des denrées alimentaires en cause est obligatoire …, afin d’éviter que les consommateurs ne puissent être induits en erreur quant au fait que l’État d’Israël est présent dans les territoires concernés en tant que puissance occupante et non pas en tant qu’entité souveraine.

« L’omission de cette mention, impliquant que seul le territoire d’origine serait mentionné, est susceptible d’induire les consommateurs en erreur. En effet, ceux-ci ne peuvent pas savoir, en l’absence de toute information de nature à les éclairer à ce sujet, qu’une denrée alimentaire a pour lieu de provenance une localité ou un ensemble de localités constituant une colonie de peuplement installée dans l’un desdits territoires en méconnaissance des règles de droit international humanitaire.

« L’information des consommateurs doit permettre à ces derniers de se décider en toute connaissance de cause et dans le respect non seulement de considérations sanitaires, économiques, écologiques ou sociales, mais également de considérations d’ordre éthique ou ayant trait au respect du droit international.

« La Cour a souligné à cet égard que de telles considérations pouvaient influencer les décisions d’achat des consommateurs. »

La décision de la Cour de justice qui étend à l’ensemble de l’Union européenne les normes d’étiquetage très strictes des français a été fermement condamnée comme la manifestation d’un parti pris anti-israélien. De nombreux commentateurs ont fait remarquer que de tous les conflits territoriaux qui hantent la planète – de la Crimée au nord de Chypre, en passant par le Tibet et le Sahara occidental – l’UE exige que seul Israël soit soumis à des exigences d’étiquetage particulières.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré que cette décision était « inacceptable, tant au plan moral que sur celui des principes ». Dans un communiqué, il a ajouté :

« Israël rejette fermement l’arrêt récent de la Cour de justice européenne (CJUE), qui sert d’instrument à une campagne politique contre Israël. Le seul objectif de cet arrêt est de distinguer notre pays et de lui appliquer un deux poids – deux mesures. Il existe plus de 200 litiges territoriaux par le monde, et la CJUE n’a jamais décidé d’étiqueter les produits originaires de ces territoires. La décision d’aujourd’hui est à la fois politique et discriminatoire à l’égard d’Israël.

« Cet arrêt ne fait que diminuer les chances de parvenir à la paix et contredit les positions de l’Union européenne sur le conflit. Il fait le jeu de l’Autorité palestinienne, qui persiste à refuser d’engager des négociations directes avec Israël et encourage des groupes radicaux anti-israéliens qui appellent au boycott d’Israël et nient son droit à exister ».

L’ambassadeur d’Israël aux Nations Unies, Danny Danon, a déclaré que cette décision était le reflet du climat antisémite qui prévaut en Europe aujourd’hui :

« C’est un autre exemple de la préférence de l’Europe pour les ennemis d’Israël. Les discriminations de l’UE contre le projet sioniste offrent une couverture légale à l’antisémitisme. La décision de la Cour ne fera que réveiller le vieux sectarisme européen et encourager toutes les forces qui tentent de saper et de nuire à l’État juif. Aujourd’hui, une tache sombre a marqué l’action de l’Europe qui ne pourra pas être effacée ».

Le Lawfare project de New York, une association qui finance des actions en justice pour lutter contre l’antisémitisme, a déclaré que l’arrêt de la Cour de justice européenne autorise la discrimination à l’encontre des juifs israéliens et pave le chemin d’un usage politique des étiquettes :

« La décision de la Cour est à l’évidence discriminatoire ; les biens produits par les Juifs et les Musulmans dans la même région auront des étiquettes différentes en raison des choix politiques des responsables européens. Attribuer un caractère ethnique et religieux à l’étiquetage des produits est un précédent dangereux. De plus, la décision est totalement inapplicable dans des régions comme le Golan où il n’y a pas de « colonies » clairement définies et où l’application de l’arrêt nécessiterait une sorte de recensement qui obligerait à faire la différence entre nationalité et appartenance ethnique et/ou religieuse des producteurs afin de déterminer comment les produits doivent être étiquetés. L’illogisme de la décision tient également au fait que les musulmans palestiniens — cette population que la Cour considère comme les habitants légaux de la région et qui font des affaires dans les zones contrôlées par les Israéliens — seront eux-mêmes soumis à un étiquetage désobligeant. Israël est la patrie historique du peuple juif, mais la Cour considère que les juifs qui y vivent sont étrangers sur leur propre sol. Dire que la juste localisation ou l’adresse exacte du fabricant ne sont pas suffisantes, affirmer que l’étiquetage doit aussi comporter l’origine ethnique et/ou la nationalité des producteurs est une claire indication d’une intention de discriminer ».

La directrice exécutive du Lawfare Project, Brooke Goldstein, a déclaré que « la décision d’introduire la discrimination religieuse dans la loi est embarrassante pour l’Europe ». Elle a ajouté :

« Il n’y a aucune raison légitime pour que les produits fabriqués sur un même lieu géographique par les musulmans et par les juifs soient étiquetés différemment. Introduire un traitement distinctif en fonction de la religion correspond à la définition même du fanatisme et nous savons ce qui se produit lorsque l’Europe s’engage sur cette voie. Les musulmans qui résident là sous l’autorité de l’Autorité palestinienne sont des « colons » au même titre que les Juifs – ils sont légalement autorisés à s’établir en fonction du même traité, les Accords d’Oslo. »

L’avocat principal du Lawfare Project, François-Henri Briard, a déclaré que la Cour agissait en fonction de « préjugés politiques ». Il a ajouté :

« Si un tel étiquetage est appliqué aux produits israéliens, il devra évidemment s’appliquer à de nombreux pays dont les agissements peuvent être considérés comme étant en infraction avec le droit international. »

Le conseiller juridique de Psagot Winery, Gabriel Groisman, a déclaré :

« Alors que de nombreux efforts sont déployés pour discriminer et boycotter Israël, les personnes touchées par le boycott doivent continuer à défendre leurs droits devant les tribunaux de toutes les parties du monde. Malgré la décision défavorable de cette Cour, soyez assuré que Psagot ne cessera pas de se battre pour que ses droits soient respectés. »

Le département d’Etat américain a déclaré que les exigences que la Cour en matière d’étiquetage « suggéraient un parti pris anti-israélien ». Le Département d’Etat a ajouté :

« Cette exigence ne fait qu’encourager, faciliter et promouvoir les activités du mouvement Boycott, Désinvestissements, Sanctions (BDS) contre Israël. Les États-Unis s’opposent sans équivoque à toute tentative de BDS ainsi qu’à des pressions économiques, des manœuvres d’isolement ou de délégitimation d’Israël. Le processus de résolution du conflit israélo-palestinien passe par des négociations directes. L’Amérique se tient aux côtés d’Israël et s’oppose à des pressions économiques, ou toute autre tentative qui pourraient conduire à l’isolement ou à la délégitimation d’Israël ».

Eugene Kontorovich, professeur à la faculté de droit Antonin Scalia de l’Université George Mason et directeur du Kohelet Policy Forum, basé à Jérusalem, a déclaré que la Cour européenne « appliquait un nouveau type d’étoile jaune aux produits fabriqués par des juifs ». Il a ajouté :

« À présent, les marchandises produites par des juifs devront, seules, porter des étiquettes spéciales en fonction de leur origine. Cette discrimination flagrante oblige l’administration Trump à prendre le contrepied de Bruxelles et à officialiser cette vieille pratique américaine qui consiste à permettre à ces produits d’être labellisés « Fabriqué en Israël ».

« La décision montre également que ce sont les Juifs qui sont visés. Les Européens ont imposé le même règlement aux hauteurs du Golan, là où il n’y a ni Palestiniens, ni discussion d’un éventuel État palestinien. Le problème n’est pas non plus celui de l’occupation, car cette règle ne s’applique à aucun autre territoire occupé dans le monde ni ailleurs. »

Le président de l’Association juive européenne basée à Bruxelles, Menahem Margolin, a résumé la situation :

« Toute cette politique d’étiquetage est purement discriminatoire et ne vise que le seul État juif. Existe-t-il un autre pays au monde ayant un litige territorial qui soit soumis à une politique aussi unilatérale ? La réponse est non. Cet arrêt va également à l’encontre de la norme internationale des échanges établie par l’Organisation mondiale du commerce.

« Ce qui est particulièrement irritant, c’est le message que cela envoie au public israélien aujourd’hui.

« Alors qu’en Israël, les magasins, les écoles et les entreprises sont obligés de fermer à cause des tirs de roquettes massifs et aveugles en provenance de Gaza, alors que les Israéliens s’abritent et que les villes et villages frontaliers s’attendent au pire, l’Union européenne prend une décision punitive et inutile en matière d’étiquetage qui marque sa distance et son absence de solidarité.

« C’est la pire des chicaneries alors que Rome brûle. Cette Cour européenne qui épingle Israël en raison de ses « violation du droit international humanitaire » au moment même où le Hamas et ses acolytes bombardent des populations civiles innocentes en Israël fait preuve d’une ironie perverse qui demeure pour moi sans exemple à ce jour. »

Une résolution contre l’antisémitisme suscite des remous dans la majorité

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner affirme au Figaroqu’il est «important» que le texte soit voté à l’Assemblée le 3 décembre.Par Arthur Berdah et Mathilde SiraudPublié hier à 17:18, mis à jour hier à 20:42

Sylvain Maillard ne s’attendait pas à de telles difficultés. Le député La République en marche, auteur d’une proposition de résolution – d’apparence consensuelle – visant à lutter contre l’antisémitisme, fait face à une vive hostilité de la part de ses collègues. Ce texte, rédigé en février dernier – au lendemain de l’agression d’Alain Finkielkraut par des «gilets jaunes» – vise à adopter la définition de l’antisémitisme telle qu’elle est présentée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) et donc à reconnaître l’antisionisme comme une forme d’antisémitisme. Le vote symbolique, initialement prévu en mai dernier, a d’abord été repoussé au mois d’octobre. Il vient finalement d’être inscrit à l’ordre du jour du 3 décembre prochain.

Or, plusieurs responsables du groupe LREM, dont Sylvain Maillard, craignent que la proposition de résolution ne soit pas adoptée, ou bien d’une très courte majorité – et ce grâce aux voix des Républicains. «C’est difficile, car tout le monde a un avis tranché sur cette question, explique au Figaro l’élu macroniste de Paris. Je vois les députés un par un pour tenter de lever les fantasmes, d’autant que les lobbys pro-palestiniens mènent une campagne active contre mon texte.» Selon nos informations, seul un tiers des députés LREM seraient prêts à signer la résolution. Ils sont autant à y être farouchement opposés, susceptibles de voter contre ou bien de s’abstenir. Le dernier tiers n’aurait pas exprimé d’avis tranché. «Pour moi, c’est simple: le 3 décembre, j’irai à la pêche, fait savoir un élu réfractaire. Je suis mal à l’aise avec ce texte, qui revient à du clientélisme.»

«Ceux qui s’y opposent sont des pisse-froid», peste un ministre

Les opposants au texte ont eu l’occasion d’exprimer leur désaccord, mardi 12 novembre, au cours d’une réunion de groupe agitée. «La manifestation contre l’islamophobie, deux jours plus tôt, a cristallisé les réticences», décrypte Sylvain Maillard. Des élus, parmi lesquels Fiona Lazaar, ont ainsi évoqué «des réserves sur le calendrier». D’autres émettent des doutes sur la rédaction du texte, y voyant le risque d’instaurer l’interdiction de critiquer l’existence de l’État d’Israël. «J’aurais préféré que la résolution porte sur toutes les discriminations. Or, en l’état, elle apporte des gradations et laisse penser que l’antisémitisme est la plus importante», juge Ludovic Mendès, député LREM de Moselle.«La faiblesse idéologique du groupe le rend très perméable aux arguments extérieurs. Il y a aussi un défaut de coordination qui n’aide pas», regrette une parlementaire. «Si on avait été trop peu nombreux, on aurait reculé», assure une responsable du groupe. Le dernier comptage faisait état d’environ 70 de signataires parmi les élus LREM et MoDem.

Contacté par Le Figaro, le ministre de l’Intérieur lui-même en appelle à l’adoption de ce texte. «Il est important que cette proposition de résolution puisse être votée dans un esprit conforme à ce que porte Sylvain Maillard. À la fois parce qu’elle a été impulsée par le président de la République (il en a pris l’engagement au dernier Dîner du Crif, ndlr). Mais aussi parce qu’aujourd’hui, plus encore qu’hier, il faut pouvoir défendre toutes les religions», exhorte Christophe Castaner. Conscient que la macronie risque d’être entravée par sa propre majorité sur ce texte, l’un de ses collègues du gouvernement s’agace: «Ceux qui s’y opposent sont des pisse-froid! Aujourd’hui, qui attaque Israël? Ce sont bien évidemment des antisémites. Aujourd’hui, dans les quartiers, le juif est devenu un adversaire fantasmé», peste ce ministre. Et de conclure: «La proposition de résolution ne dit pas la loi, elle donne un élément d’interprétation».

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Lionel Messi et son hommage émouvant «à la nation juive»

 Nathalie Sivan Pour COOLAMNEWs

Argentine-Uruguay c’est ce lundi soir et le match amical se joue en Israël. Lionel Messi ne se contente pas de fouler la pelouse, il se rend utile.  Le voici en visite auprès d’enfants du monde entier soignés à l’hôpital Wolfson.

L’hommage de la star du football est beau.  » La nation Juive travaille pour sauver des âmes partout dans le monde. Je suis fier de mener ensemble avec les meilleurs médecins en Israël ce projet extraordinaire de chirurgie cardiaque afin de sauver des vies « , a dit Lionel Messi.

Une petite phrase prononcée à l’hôpital Wolfson situé à Holon près de Tel-Aviv. Messi est l’un des parrains de l’association « sauver le cœur d’un enfant ». Au cours de son séjour en Israël, Lionel Messi a tenu à rendre visite à des enfants venus du monde entier pour une délicate opération du cœur.

A son arrivée à l’hôpital Wolfson et en compagnie de Sylvan Adams, l’initiateur du projet, le joueur argentin  a passé un bon moment avec des enfants africains. La plupart sont originaires de Zanzibar et du Sénégal. Des bambins qui n’en revenaient pas de côtoyer la star. Chacun a souhaité se faire photographier en sa compagnie.

L’un d’eux a eu ce commentaire amusant : « Les Israéliens ont sauvé mon cœur et la venue de Messi a provoqué un vrai coup de cœur ».

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News Release: I boycott

The BNVCA condemns the attitude and approach of a small group of Israelis who not only congratulate the European Union that has decided the mandatory but discriminatory labeling of products from Israel but still want to go further by asking the European Union to ban Israeli products from Jewish-controlled territories. The group of signatories includes some former Israeli Ambassadors, a former Prosecutor, a former Speaker of the Knesset, and a few other writers and so-called intellectuals.

We consider that the new provisions of the European Union encourage the general boycott of Israel. In the 1940s the French, who were seated on the side of the enemy acting against their country, were called traitors. While several countries have banned the boycott, this group of Israel believed to act in the name of a certain outdated political morality is wrong.

The freedom of expression that Israeli supra democracy allows them will undoubtedly reinforce the influence of the illegal BDS movement whose actions to incite hatred of Israel contribute to increase anti-Semitism and push for the anti-Jewish act in Europe in general and in France in particular.

We expect the Israeli government to take stock of the risk to diaspora Jews and to reframe the irresponsible signatories of this unjust and dangerous petition.

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Communiqué : Je boycott

Le BNVCA condamne l’attitude et la démarche d’un petit groupe d’Israéliens qui non seulement félicitent l’Union Européenne qui a décidé de l’étiquetage obligatoire mais discriminatoire des produits en provenance d’Israël mais veulent encore aller plus loin en demandant à l’Union Européenne d’interdire les produits Israéliens en provenance des territoires sous contrôle de l’état juif. Le groupe de signataires comprend quelques anciens Ambassadeurs d’Israël un ancien Procureur un ancien Président de la Knesset et quelques autres écrivains et prétendus intellectuels.

Nous considérons que les nouvelles dispositions de l’Union Européenne encouragent le boycott général d’Israël. Dans les années 40 les Français qui c’étaient rangés au côté de l’ennemi agissant contre leur pays étaient qualifiés de traîtres. Alors que plusieurs pays ont interdit le boycott, ce groupe d israéliens croyant agir au nom d’une certaine morale politique désuète se fourvoie.  

La liberté d’expression que leur permet la supra démocratie Israélienne va sans aucun doute renforcer l’influence du mouvement illégal BDS dont les actions d’incitation à la haine d’Israël contribuent à accroître l’antisémitisme et pousser à l’acte anti juif en Europe en général et en France en particulier.

Nous attendons du gouvernement Israélien qu’il prenne la mesure du risque qui menace les juifs de diaspora et qu’il recadre les signataires irresponsables de cette pétition inique et dangereuse.  

Polémique sur Finkielkraut: «Faudra-t-il désormais un permis de second degré?»

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Invité mercredi soir d’une émission sur LCI, le philosophe a été accusé sur les réseaux sociaux de faire l’apologie du viol. David Desgouilles dénonce la manipulation de militantes féministes qui prennent pour argent comptant une phrase ironique.

Par Marguerite Richelme


David Desgouilles est membre de la rédaction de Causeur. Il a publiéDérapage (éd. du Rocher, 2017). Son dernier roman,

Leurs guerres perdues, vient de paraître aux éditions du Rocher.


FIGAROVOX-. L’académicien a lancé à son interlocutrice, Caroline de Haas: «Je dis aux hommes: violez les femmes. D’ailleurs, je viole la mienne tous les soirs et elle en a marre.». Cette phrase reprise en boucle sur les réseaux sociaux, et les chaînes d’info, est un extrait tronqué de ces propos. Vous qui avez écrit sur les dérives des réseaux sociaux dans Dérapage, comment réagissez-vous au détournement des propos du philosophe?

David DESGOUILLES-. Il s’agit effectivement d’un détournement. Alain Finkielkraut a répondu avec ironie à Caroline De Haas. Comme chacun de nous peut le faire quotidiennement, il a voulu illustrer le côté absurde de ce qu’il venait d’entendre, par une réponse elle-même volontairement absurde. En écoutant la séquence entière, aucune personne de bonne foi ne peut croire que le philosophe viole son épouse chaque soir.

J’ai découvert que le compte Facebook du collectif NousToutes dont Caroline De Haas est l’une des dirigeantes, propageait une vidéo de quelques secondes, découpée afin qu’on n’entende que ce petit extrait et qu’on ne puisse en saisir le contexte et son raisonnement. En usant ainsi malhonnêtement de leur paire de ciseaux, les auteurs de cette vidéo scandaleuse ont en fait signé leur forfait. Si les propos d’Alain Finkielkraut étaient si scandaleux – même dans le contexte – comme on a pu me répondre, pourquoi alors le collectif n’a pas posté la séquence en entier? Évidemment pour lui faire dire autre chose qu’il voulait dire et pis, le contraire de ce qu’il voulait dire. Un cas d’école de procédé honteux.

Au-delà de la polémique, à notre époque, le second degré devient-il impossible?

Cette expérience qui arrive après d’autres, démontre que – au minimum – certaines personnes n’y ont plus droit. Il suffit d’être catalogué dans le «Camp du Mal» par un groupe d’activistes.À l’instar du permis de conduire, il y a donc dorénavant un permis de second degré et d’ironie.

Lorsqu’un humoriste de France Inter a déroulé un sketch dans lequel il expliquait les outrages qu’il ferait subir à une journaliste de Valeurs actuelles «derrière un canapé» (sketch qui d’ailleurs, n’avait pas besoin de la paire de ciseaux de NousToutes), où était Caroline De Haas? Il se trouve qu’on peut très bien admettre que le sketch en question ne révélait en rien les intentions de l’humoriste et qu’il fallait effectivement le prendre au second degré. À l’instar du permis de conduire, il y a donc dorénavant un permis de second degré et d’ironie. Mais je trouve que les inspecteurs chargés de délivrer ledit permis n’ont pas toute l’indépendance requise…

Certaines personnes demandent la démission d’Alain Finkielkraut de France Culture. On peut rapprocher cela du contexte brûlant de la censure dans les universités. L’intolérance totale pour la pensée contradictoire a-t-elle gagné?

Elle est en train de gagner. Sylviane Agacinski, Mohamed Sifaoui et François Hollande en ont été les dernières victimes à l’Université, ce scandale s’accompagnant d’ailleurs d’une faiblesse consternante des pouvoirs publics.L’activiste refuse le débat et le contradictoire.

Dans Dérapage, que vous avez bien voulu citer, je tentais de décrire le phénomène de meutes numériques qui demandent la mort sociale de leur prochain. Pour une remarque graveleuse alors qu’il se croit hors antenne, le héros du roman perd tout: travail, perspective d’en trouver un autre, sa conjointe, et son logement. La mort sociale est proche de se transformer en mort physique. Mais un activiste n’a pis que pendre de ces conséquences triviales. Pour lui, la fin justifie les moyens comme l’illustre le découpage honteux de la séquence concernant Alain Finkielkraut.

L’activiste refuse le débat et le contradictoire. Ces derniers légitiment l’adversaire, alors que l’objectif est de le délégitimer, de le faire disparaître du paysage. Les propos de l’universitaire Maboula Soumahoro sur le même plateau de LCI n’exprimaient pas autre chose: Alain Finkielkraut, c’est un monde révolu: il doit disparaître, il n’est pas légitime.

Un appel a été lancé pour un rassemblement féministe contre les violences sexistes à la suite de cette polémique. Que cela vous inspire-t-il?

Cet appel à rassemblement fait partie des armes habituelles des activistes pour faire passer leur message. Après la vidéo tronquée, le rassemblement. L’important, c’est de faire passer l’adversaire pour un salaud. Que le message imprime, et que tout le monde oublie qu’il n’a pas dit ce qu’on lui fait dire. Qu’on oublie aussi peut-être que Madame De Haas a manifesté dimanche avec des gens qui préconisent qu’on frappe sa femme, et qui légitiment, eux, le viol conjugal. Maître Szpiner qui avait été placé par David Pujadas tout près d’elle semblait regretter ce voisinage et l’a clairement fait savoir en début d’émission. C’est une des rares raisons d’espérer. Tout le monde n’est pas dupe de ce genre d’activisme à géométrie variable.

“L’antisionisme, c’est de l’antisémitisme” (Ex-rédacteur en chef du Figaro)

“Les médias français sont biaisés chaque fois que la question israélienne ou juive est évoquée”

Franz-Olivier Giesbert, journaliste et ancien rédacteur en chef du Figaro,a souligné samedi que l’antisionisme, c’est de l’antisémitisme, rapporte le Jérusalem Post.

Le célèbre écrivain a tenu ces propos lors d’un discours prononcé à la conférence iVision organisée par le département des activités de la diaspora de l’Organisation mondiale des sionistes (WZO), qui a eu lieu à Marseille ce week-end.

Une partie de la conférence était consacrée à la montée de l’antisémitisme ces dernières années en France.

“Il y a la jonction entre antisionisme et antisémitisme, simplement Hitler est passé par là, il a sali le nom, c’est embêtant de se dire “antisémite” donc aujourd’hui les antisémites se disent antisionistes” @

Giesbert a déclaré que l’antisémitisme “est un gros mot et que nous devons donc utiliser le terme antisioniste”, indiquant clairement que les deux termes sont devenus interchangeables.

“Nous devons préserver l’Histoire et la raconter telle qu’elle est, car certains la falsifient”, a-t-il déclaré, faisant allusion aux antisémites et aux négationistes.

L’ancien rédacteur en chef a également affirmé que “les médias français sont biaisés chaque fois que la question israélienne ou juive est évoquée”, ajoutant que c’est quelque chose que “nous devrions prendre en compte.”

En France, les incidents antisémites étaient 76% plus élevés au premier semestre 2019 que lors de la même période en 2018.

Contre toute attente, Netanyahou rétablit sa popularité

Le Premier ministre israélien en difficulté, Benjamin Netanyahu, a inscrit un succès cette semaine, faisant revivre sa popularité politique avec une série de mesures habiles.

Cela commence par l’assassinat ciblé de Baha Abu al-Ata, leader du Jihad Islamique Palestinien, alors que la frappe aérienne israélienne a attaqué son domicile à Gaza le 12 novembre.

En plus d’éliminer l’un des ennemis terroristes les plus implacables d’Israël, Bibi a également défendu ses intérêts dans deux autres domaines. Avoir simultanément réduit à néant les options de son rival Benny Gantz de concocter un gouvernement minoritaire avec le soutien de la liste commune arabe.

Ce n’est pas une mauvaise semaine pour un homme qui risque toujours d’être inculpé de corruption et dont son avenir politique peut-être suspendu.

 Et malgré une bonne semaine, il est toujours suspendu à ce fil.

 Une question de timing

Abu al-Ata était le commandant de la division nord du JIP, à Gaza, et le principal instigateur de la terreur et des attaques contre Israël.

HISTOIRES APPARENTÉES

 La politique israélienne à Gaza : la recette de l’escalade

 Les tensions à Gaza menacent les chances du gouvernement israélien minoritaire

Les attaques à Gaza creusent le fossé entre les partis arabes d’Israël et Gantz dans des négociations de coalition

Le Hamas contre l’escalade du Jihad Islamique en faveur d’un accord avec Israël

Le rapprochement du Hamas avec l’Iran met en danger un accord avec Israël

L’élimination d’un dirigeant du Jihad islamique au service de Netanyahu et du Hamas

 Par Almonitor traduit de l’anglais par le BNVCA

Israël en a eu assez et l’a emmené via une frappe aérienne le 12 novembre. Le Jihad islamique, principal agent d’influence iranienne à Gaza, a lancé un barrage de roquettes sur Israël en réponse. Israël a intercepté la plupart des roquettes et seuls trois Israéliens ont été blessés. Les frappes aériennes israéliennes ont tué 34 personnes, dont 16 civils, dont huit enfants, selon le ministère de la Santé à Gaza.

L’ONU et l’Égypte ont négocié un cessez-le-feu entre Israël et le JIP, le 14 novembre. Le Hamas, le parti palestinien qui dirige Gaza, est resté sur les lignes de côté.

"Abstraction faite de l'analyse coûts-avantages de l'assassinat de terroristes de haut niveau, aussi diaboliques soient-ils, il y a une question de timing", écrit Akiva Eldar. Et par timing, Eldar signifie l'impact des événements sur les efforts de Gantz et de son parti bleu et blanc pour former un gouvernement.
Le plan était que Gantz obtienne le soutien "extérieur" d'au moins quatre à cinq des 13 membres élus des partis arabes pour renverser Bibi et former un gouvernement minoritaire.
 
La Liste commune, comme on le sait, est composée de quatre parties : Hadash, dirigée par Ayman Odeh ; le Mouvement arabe pour le changement, dirigé par Ahmad Tibi ; les islamistes dirigés par Mansour Abbas ; et Balad, à la tête de Mtanes Shehadeh.
Le flirt entre Gantz et les partis arabes allait probablement toujours rester taquin. Même avant le coup sur Abu al-Ata, Gantz a été chahuté pour toute transaction avec "les Arabes". Avigdor Liberman, chef du parti de droite Yisrael Betineu (avec huit sièges à la Knesset) et intermédiaire de force présumé de la prochaine coalition gouvernementale, n'aurait rien à voir avec la liste commune. Les trois membres de Balad, pour leur part, n'ont jamais été à bord.
« Il est impossible d’ignorer la campagne de délégitimassions menée avec succès par Netanyahu contre les citoyens arabes d’Israël, affirmant qu’ils ne devraient pas pouvoir influer sur la formation du gouvernement », écrit Afif Abu Much. "Les mesures considérées comme standard et légitimes dans tous les pays démocratiques, telles que l'adhésion à une coalition, méritent d'être condamnées quand il s'agit des citoyens arabes d'Israël et de leurs représentants."
Mais les parties à la liste commune ne soutiendront pas les assassinats ciblés ou les attaques à Gaza quelles que soient les conditions, même sans aucune affinité avec le Jihad islamique. Bien entendu, Gantz n'avait d'autre choix que de soutenir les grèves. Ce faisant, écrit Daoud Kuttab, « Gantz s'est éloigné de toute coopération potentielle avec la liste commune arabe et l'a contraint à rechercher une solution de coalition avec Avigdor Lieberman ou Netanyahu ». Ou à défaut, un troisième tour des élections.
Une sorte d’alliance Israël-Hamas contre le JIP
Le geste de Bibi contre Abu al-Ata présente également l’avantage étrange de rendre discrètement service à son ennemi de longue date, le Hamas, acronyme arabe du Mouvement de résistance islamique, et peut-être de creuser un fossé dans ses relations avec Téhéran. Le Hamas a cherché à gouverner et à fournir des services simultanément à Gaza tout en maintenant son rôle d'organisation de résistance liée à l'Iran. Abu al-Ata et le JIP, en revanche, sont des mandataires iraniens à part entière avec un soutien populaire limité.
"Al-Ata avait été assez épineux aux côtés des dirigeants du Hamas au cours de l'année écoulée", écrit Shlomi Eldar. Le JIP a « adopté une ligne de plus en plus provocante contre le Hamas, qui ne trouve rien de plus insultant que d'être décrit aux Palestiniens de partout comme ayant abandonné sa guerre sainte pour collaborer avec le« diable ». Al-Ata a frappé le dessous sensible du Hamas : son image. Le Hamas l'aurait depuis longtemps arrêté et emprisonné s'il n'avait pas été commandant en chef d'une organisation soutenue par l'Iran, ce qu'il ne veut pas fâcher maintenant qu'il a rétabli ses liens avec Téhéran à la suite d'une longue interruption de son ancien chef politique Khaled Meshaal. ”
 
Ben Caspit décrit l'intérêt commun entre Israël et le Hamas contre le JIP comme une "sorte d'alliance".
 
"Israël a fait le sale boulot du Hamas et le Hamas espère que le Jihad islamique recevra le message", conclut Shlomi Eldar. "Pour le moment, Israël a toutes les raisons de croire que le Hamas est sérieux et prêt à aller de l'avant avec un accord sur une trêve à long terme et un assouplissement du blocus imposé à Gaza par Israël."
 
Israël envoie-t-il un message à Soleimani ?
 
Le bilan d’Israël en matière d’assassinats ciblés est mitigé. Bien que personne n'ait remplacé le chef d'état-major du Hezbollah, Imad Mughniyeh, tué à Damas en 2008, le dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a été un remplaçant plus que redoutable d'Abbas al-Musawi, tué par Israël en 1992.
 
Mais les assassinats ciblés servent également à alerter les ennemis d’Israël : vous n’êtes jamais en sécurité.
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Les forces de sécurité israéliennes considéraient à la fois Abu al-Ata et Soleimani, « comme des personnalités presque complètement indépendantes », écrit Ben Caspit, « sans aucune entrave de la part de leurs organisations mères. Ils représentent une nouvelle classe de générateurs terroristes indépendants qui ne sont pas nécessairement connectés à une chaîne de commandement politique. Abou al-Ata avait tiré la langue au Hamas, torpillé tous les efforts en vue d’un arrangement entre Israël et le Hamas et tenté d’empiéter sur la souveraineté du Hamas dans la bande de Gaza. De même, selon des sources militaires israéliennes de haut rang, Soleimani mène une politique totalement indépendante dans les espaces libanais, syrien et irakien. Il n'est pas synchronisé avec le président iranien Hassan Rouhani et ne parle qu'avec le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. "
 
Une bonne semaine, mais toujours sur un fil
 
Pour Netanyahu, la semaine a été bonne, mais les gains peuvent être plus tactiques ou temporaires que stratégiques.
 
Premièrement, le meurtre d’Abou al-Ata lui-même est une victoire sans réserve. Même à Gaza, il y a probablement peu de larmes sincères pour lui. Mais l’Iran et le JIP ne peuvent pas considérer le dernier round comme une perte totale. Le JIP affirme avoir accepté de mettre fin aux attaques à la roquette en échange d'Israël mettant fin aux assassinats ciblés et de ne pas tirer sur les manifestants palestiniens à la frontière entre Gaza et Israël. Le Jihad islamique "a consolidé sa position vis-à-vis d'Israël, du Hamas et de l'Égypte", écrit Shlomi Eldar. « L’Iran aussi peut être heureux que son aide inconditionnelle à l’organisation ait permis à son mandataire de ne pas se rendre à Israël ».
 
Deuxièmement, en ce qui concerne Soleimani, il peut probablement rester tranquille pour le moment. Malgré sa rhétorique, Netanyahu n'est pas pressé de faire sauter des choses dans la région. Selon des sources israéliennes, Netanyahu aurait hésité à prendre des mesures contre Soleimani. Bien sûr, tout cela pourrait changer sous Bibi, Gantz, Liberman ou tout futur Premier ministre. Les forces de sécurité israéliennes ont de fortes voix qui appellent à une telle action.
 
Troisièmement, Netanyahu a peut-être enterré l'option de Gantz pour une coalition minoritaire, mais c'était quand même un long plan. La véritable action a été prise lorsque le procureur général Avichai Mandelblit a accusé Netanyahu de corruption avant la date butoir de la mi-décembre, comme le rapporte Caspit. Si cela se produit effectivement en avance sur le calendrier prévu, Bibi pourrait ne pas être politisée par la coalition.

La France participe au Global Day

Par Yaël Scemama Pour Actualité Juive

La plateforme diffusera des cours toute la journée (DR)

Tellement d’actualité au regard des polémiques qui ont divisé la communauté juive inutilement récemment, le thème de la Journée mondiale de l’étude juive dimanche 17 novembre sera « Le poids des mots ».

Avec les Maccabiah World Games, le Global Day est le plus grand événement du monde juif, initié en 2010 par le rabbin Adin Steinsaltz, et aujourd’hui suivi par  500 communautés juives dans 40 pays dont beaucoup en Amérique du Nord et dans les pays russophones ainsi qu’en Amérique du Sud, en Israël, en Tunisie et dans certaines communautés d’Asie. 

Chaque synagogue, centre communautaire ou établissement scolaire qui le souhaite peut s’inscrire auprès du grand rabbin de Paris (qui vient de rencontrer à ce sujet le fils du rabbin Steinsaltz, Menahem Steinsaltz) et choisir la forme de sa participation selon le thème donné. Il recevra ensuite gratuitement de l’équipe du Global Day, du matériel pédagogique et des vidéos. 

« Les Juifs, d’où qu’ils viennent »

Pendant le D-Day, chaque participant doit se filmer en direct sur le site de l’événement theglobalday.org/francais et quiconque, en se connectant, peut aussi suivre les interventions dans tous les pays du monde. « L’objectif du rabbin Steinsaltz est d’encourager les Juifs quels que soient leur milieu et leur tendance religieuse à se retrouver dans la célébration des rites mais aussi dans l’étude de la Torah de façon positive », explique Laurent Murat, le représentant du Global Day en France. 

Le programme est en ligne. Notez déjà les interventions du Pr Armand Abécassis au Centre Alliance Safra auxquelles le public pourra assister à partir de 15h30 sur le thème « L’hébreu, la langue de la sainteté ». Elle aura lieu en présence du Pr Georges Haddad, le président du Panthéon-Sorbonne. Nous avons relevé également l’intervention du rabbin Menahem Akerman, disciple de Manitou et traducteur en français du Kol Ator (rare écrit du Gaon de Vilna) très prochainement édité.

Francis Kalifat : « La France est aujourd’hui fracturée et, en son sein, se trouve une haine particulière, l’antisémitisme »

Par Laëtitia Enriquez Pour Actualité Juive

(DR)

Ce dimanche 17 novembre aura lieu la Xème convention nationale du Crif* au Palais des Congrès de Paris sur le thème « la France fracturée. Peut-on s’unir contre l’antisémitisme ? ». Détails avec le président du Conseil représentatif des institutions juives.

Actualité Juive : La convention nationale du Crif marque son dixième anniversaire cette année. Quid de ce rendez-vous désormais incontournable ? 

Francis Kalifat : La convention nationale du Crif s’est en effet imposée comme un rendez-vous pour tous ceux qui aiment le débat citoyen qui vise à comprendre la société et le monde contemporain. C’est un moment de réflexion et où se posent les questions qui doivent interpeller. 

Un panel important et très diversifié d’écrivains, sociologues, ministres, journalistes et artistes sera présent. Cette convention va, comme les précédentes, être un fort moment d’échanges, d’autant qu’elle intervient dans un contexte particulier : l’approche des élections municipales et la persistance d’une menace terroriste. Quant à l’antisémitisme, loin d’être légué aux livres, il s’avère de plus en plus prégnant dans la société française et demeure d’une brûlante actualité. 

Cette convention va nous donner l’occasion de traiter du communautarisme, du complotisme, de réfléchir sur la relation de la France et de l’Europe avec Israël et de parler du BDS. C’est sur ces nombreuses thématiques que nos invités répondront, à travers toutes les questions qui pourront leur être posées au cours des tables rondes, des déjeuners-débats et des différents ateliers. Deux séances plénières, une en fin de matinée et une autre en fin de journée, accueilleront le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer et le ministre de l’Intérieur. Un échange entre Boris Cyrulnik et Guillaume Durand aura lieu également. Comme les années précédentes, Ce rendez-vous devrait drainer un grand nombre de participants. 

A.J.: L’intitulé de cette convention pose la question de la capacité du pays à s’unir contre l’antisémitisme. Celle-ci existe-t-elle quand on sait qu’au niveau politique, les élus de la majorité rechignent à voter une simple résolution qui assimile l’antisionisme à l’antisémitisme ? 

F.K. : Ce titre fait en effet la synthèse de la situation dans laquelle nous sommes. La France est aujourd’hui fracturée et, en son sein, se trouve une haine particulière, l’antisémitisme, qui à la fois traverse les époques et qui est de plus en plus d’actualité. 

Je considère que la priorité est de trouver les moyens de s’unir pour lutter contre cet antisémitisme qui gangrène  la société française. 

Alors oui, nous avons des difficultés aujourd’hui à ce que la parole du président de la République soit prise en compte par sa majorité à l’Assemblée nationale et nous n’arrivons pas à le comprendre. Le député Sylvain Maillard qui est à l’origine de cette résolution qui découle de la parole présidentielle exprimée au moment du dîner du Crif a bien du mal à la faire adopter. Cela fait partie des incohérences que nous ne comprenons pas. Il sera d’ailleurs l’invité de mon déjeuner-débat et  ce sera l’occasion d’en parler. 

« Chaque haine a des ressorts différents et doit être traitée de façon différenciée »

A.J.: « L’antisémitisme, une haine comme les autres ? », figure parmi les différentes thématiques qui seront abordées à cette convention. Un sujet d’actualité au lendemain de la marche de dimanche dernier…

F.K. : Absolument. Nous l’avons vu avec cet amalgame volontaire et détestable qui a été fait entre le martyre des Juifs sous l’occupation et ce que vivent aujourd’hui les Musulmans en France. 

L’antisémitisme n’est pas une haine comme les autres. C’est une haine particulière dont on a vu les conséquences à travers l’histoire. On ne peut pas mettre au même niveau toutes les haines même si, bien évidemment, toutes les haines sont condamnables et il n’est pas question non plus de les hiérarchiser. Mais pour pouvoir traiter toutes ces haines avec efficacité, il convient de ne pas les traiter toutes de la même manière car chacune d’entre elles répond à des ressorts différents. C’est en agissant ainsi que l’on obtiendra de l’efficacité. Force est de constater que les plans de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’homophobie qui se succèdent depuis plusieurs années n’ont produit que très peu de résultats. Chaque haine doit être traitée de façon différenciée. 

A.J.: Reviendrez-vous avec le ministre de l’Éducation nationale sur la polémique autour du port du voile pour les mères accompagnatrices des sorties scolaires ? 

K.F. : La question sera certainement posée voire évoquée dans son discours.  Je profiterai de l’occasion qui m’est donnée pour saluer l’action du ministre, qui devrait, d’ici une génération, rendre des résultats.  Quant à avoir des résultats immédiats, il faudrait pour cela apporter des réponses à ceux qui souffrent de l’antisémitisme. Ces réponses passent par un renforcement des peines de justice afin qu’elles soient dissuasives. 

Mélenchon fait l’âne et brait contre le CRIF

Pour le député LFI, le CRIF est l’expression “la plus crue du communautarisme”

parAndré Sénik – Pour CAUSEUR

Marche contre “l’islamophobie”. De gauche à droite, Jean-Luc Mélenchon, Farida Amrani et Danièle Simonnet de la France Insoumise © NICOLAS CLEUET / HANS LUCAS / AFP

Critiqué pour sa participation à la marche contre « l’islamophobie », Jean-Luc Mélenchon s’en prend au CRIF pour détourner l’attention…


Englué dans une manif anti-anti-islamiste de soutien au port du voile islamique, pendant laquelle une partie de la foule a entonné le cri religieux « Allahu akbar » – deux mots qui ont souvent été les dernières paroles entendues par des égorgés – Mélenchon a dénoncé… le communautarisme juif.

Rhétorique grotesque

La veille il expliquait pourtant qu’il défendait les musulmans comme il défendait les juifs. Le lendemain, il glisse et dérape. Et il se retrouve dans une rhétorique grotesque, s’efforçant de prouver son hostilité au communautarisme en pourfendant le Conseil Représentatif des Institutions juives de France (dont l’acronyme ne comporte pas le mot juif…): « Le Crif, prétendument représentatif de je ne sais quelle institution, l’expression la plus crue du communautarisme ».

On pardonnera à Mélenchon d’ignorer quelles sont précisément les institutions juives et les adhérents individuels qui composent le CRIF, et on lui reconnaîtra le droit d’en contester certaines décisions, comme il a bien le droit de contester les décisions des organisations qui représentent les diverses « communautés » présentes au sein de la société française. Mais ces « communautés », composées de gens qui ont quelque chose en commun, ne sont communautaristes au sens anti-républicain du terme que si elles placent leur particularisme en opposition et au-dessus de leur appartenance à la nation. Mélenchon serait peut-être sur le point d’admettre qu’une offensive vraiment communautariste et anti-républicaine tend à transformer la France en une société bi-culturelle.

Un conseil représentatif des musulmans serait le bienvenu

Et qui désigne-t-il à la vigilance des Français républicains ? Le communautarisme des Juifs… Mélenchon ne sait pas que l’intégration des Juifs français à la France est un modèle de réussite !

Ne sait-il pas que l’État est en manque d’un interlocuteur musulman, d’une sorte de Conseil Représentatif des musulmans de France, qu’il pourrait reconnaître comme le représentant légitime des institutions et individus musulmans?

Depuis que Jean-Marie a été prié de ravaler ses saillies anti-juives, Mélenchon est en passe de devenir le seul leader politique qui ose jouer sur la fibre anti-juive. Au prétexte qu’il n’est personnellement pas suspect d’antisémitisme.

Quelle débâcle!

LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU

Israël n’a plus le temps d’éviter une troisième élection consécutive

Le chef de l'opposition israélienne, Benny Gantz, a jusqu'à mercredi pour préparer une coalition gouvernementale et éviter une troisième élection sans précédent. Le Président Reuven Rivlin a accepté d'accueillir Gantz chez lui samedi soir pour discuter de l'état actuel des négociations alors qu'un échec persistant n'a pas été trouvé pour parvenir à un accord de partage du pouvoir avec le Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui se classait au deuxième rang derrière le parti bleu et blanc de Gantz aux Élections de septembre et échoué à réunir une coalition majoritaire de       61 sièges le mois dernier. Le Président devrait également rencontrer au début de la semaine prochaine les dirigeants du Shas, du United Torah Judaism, d'HaBayit HaYehudi et de la liste commune, avec les autres chefs de parti qui devraient suivre. Pendant ce temps, l'ancien Ministre de la Défense, Avigdor Liberman, chef du parti nationaliste laïque Yisrael Beitenou un roi potentiel, pourrait rencontrer dimanche Netanyahu après sa rencontre avec Gantz jeudi. Netanyahu refuse les demandes de démission de Rivlin s'il est inculpé de corruption. Le Procureur Général, Avichai Mandelblit, devrait rendre sa décision d'ici lundi prochain, le 25 novembre.   Le Premier Ministre a également mis en garde Gantz contre la formation d'un gouvernement minoritaire de l'extérieur par le parti arabe de la liste commune. Si M. Gantz ne présente pas un nouveau gouvernement avant le 20 novembre, tout membre de la Knesset disposera de trois semaines pour tenter de réunir une majorité de  61 sièges. Si cela échoue, Israël tiendra ses troisièmes élections législatives début avril. Le spectre d'une reprise du conflit avec des militants palestiniens dans la bande de Gaza plane sur la politique intérieure. Les pourparlers de la coalition ont été suspendus pendant deux jours la semaine dernière au milieu d’un barrage d’attaques à la roquette après que Israël ait tué mardi le principal militant du Jihad islamique Baha Abu al-Ata.


Par Al-Monitor Traduction BNVCA
 



















130 débits de boisson fermés pour islamisme depuis 2018, rapporte l’Intérieur

Une quinzaine de quartiers font l'objet d'une "emprise communautaire très forte", selon Laurent Nuñez.

Une quinzaine de quartiers font l’objet d’une “emprise communautaire très forte”, selon Laurent Nuñez. –

Par Louis Nadau pour MARIANNE

Le secrétaire d’Etat Laurent Nunez a indiqué ce vendredi 15 novembre que 130 débits de boisson, douze lieux de culte, quatre écoles hors contrat et neuf associations et établissements culturels ont été fermés depuis février 2018 parce qu’on y entendait “un discours qui faisait passer la loi de Dieu avant les lois de la République”.

Que donne la lutte contre l’islamisme sur le terrain ? Ce vendredi 15 novembre, le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Laurent Nuñez, a fait le point sur le nombre de fermetures administratives prononcées pour des raisons liées à l’islam politique.

Sans en donner la localisation, l’ancien patron de la DGSI a reconnu sur France 2 une “emprise communautaire très forte” dans “une quinzaine de quartiers qui sont particulièrement touchés par les phénomènes d’islam politique“. “Nous avons fermé un peu moins de 130 débits de boisson. Ce sont douze lieux de culte qui ont été fermés, quatre écoles hors contrat, neuf associations et établissements culturels, parce que dans ces endroits-là, on entendait un discours qui faisait passer la loi de Dieu avant les lois de la République et le vivre ensemble“, a-t-il énuméré.

Toutes ces fermetures ont été menées depuis le mois de février 2018 dans le cadre du plan national de la prévention de la radicalisation (PNPR), a précisé le ministère de l’Intérieur. Prudent, le secrétaire d’Etat a invité à ne pas faire “d’amalgame avec les musulmans de France, avec l’islam, qui est une religion qui se déploie dans notre pays de manière tout à fait calme et pacifique“.LIRE AUSSIRetour de djihadistes : 250 personnes déjà concernées par le “protocole Cazeneuve”

INTERDIRE LES LISTES COMMUNAUTAIRES ? “NOUS N’EN SOMMES PAS LÀ”

Laurent Nuñez a par ailleurs fermé la porte à l’hypothèse d’une interdiction des listes communautaires, comme celle de l’Union des démocrates musulmans de France, pour les élections municipales de mars 2020, notamment souhaitée par le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, qui va déposer une proposition de loi en ce sens. “Nous n’en sommes pas là“, a affirmé le secrétaire d’Etat.

La proposition de loi de Bruno Retailleau vise à interdire les listes communautaires. Il faut vraiment expertiser ça parce que la possibilité de se présenter à une élection est une liberté importante. Elle est liée à la liberté d’expression. La laïcité est un autre principe fondamental. Donc, il faut qu’il y ait un équilibre“, a-t-il développé.

“Décryptages” Fac de Jussieu : une conférence sur le terrorisme interdite par des terroristes d’un nouveau genre

COMME LES CHEMISES BRUNES…

Fac de Jussieu : une conférence sur le terrorisme interdite par des terroristes d’un nouveau genre !

En mai 1968, “il était interdit d’interdire”. Pour leurs descendants bâtardisés de 2019 c’est “interdit de ne pas interdire”. 

Avec Benoît Rayski pour ATLANTICO

On connait la fameuse phrase de Max Frisch : “le silence des pantoufles m’effraie plus que le bruit des bottes”. Par cela, il voulait illustrer la passivité des spectateurs qui écoutaient sans mot dire les SA chanter le Horst-Wessel-Lied.

Le silence des pantoufles – celui des lâches donc – est incarné en France par Jean-Luc Mélenchon. Il participe à la manifestation contre l’islamophobie et se tait quand il entend la foule crier “Allah Akbar”. En même temps, c’est-à-dire le jour même, il va déposer une gerbe de fleurs devant le Bataclan là ou tant de jeunes gens ont été assassinés aux cris d'”Allah Akbar”. Cette gerbe est à gerber.

Il y a aussi chez nous d’autres pantoufles qui ne se contentent pas du silence. Elles crient très fort, vocifèrent. Elles sont à l’œuvre dans nos universités rongées par le gauchisme indigéniste. On les combat ? Non ! Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, se couche avec la bonne conscience de ceux qui en ne faisant rien pensent ne rien faire de mal.

Une conférence sur le terrorisme, en présence de Laurent Nunez, devait avoir lieu à Jussieu. Des groupes (l’UNEF ?, Sud ?, Solidaires ?) ont menacé de la perturber. Le président de l’université s’est aussitôt incliné et a annulé la conférence.

Mais Frédérique Vidal, manifestement contente d’elle-même a annoncé avoir trouvé une solution. Elle a “délocalisé” la conférence à l’Ecole militaire ! Pas de problèmes avec les képis. La prochaine aura sans doute lieu à l’Ecole de police… Les pantoufles de Jussieu, pour le coup, font un bruit de bottes.  

Elles ne brûlent pas encore les livres comme le faisaient leurs ancêtres bruns. Pour le moment, elles se contentent d’en interdire les auteurs, comme avec Sylviane Agacinski à Bordeaux. Mais ça viendra certainement. Il nous faudra un jour être brutaux et chausser des bottes pour écraser ces pantoufles là.   

“Israël est notre première ligne de front contre le terrorisme” (Aurore Bergé)

Aurore Bergé le 25 novembre 2017 à Paris
AFP Archives / ludovic MARIN

“La France est et sera toujours aux côtés d’Israël et de sa sécurité”

La députée du parti La République en marche (LREM) Aurore Bergé a apporté son soutien mercredi à l’Etat hébreu sur ses réseaux sociaux, peu après la salve de roquettes tirées sur l’Etat juif depuis Gaza, en déclarant que “la France est et sera toujours aux côtés d’Israël et de sa sécurité”.

Aurore Bergé@auroreberge

Israël est notre première ligne de front contre le terrorisme.
Au nom du groupe d’amitié entre la France et Israël, j’exprime toute notre solidarité et tout notre soutien au peuple israelien.
La France est et sera toujours aux côtés d’Israël et de sa sécurité. https://twitter.com/julienbahloul/status/1194331782113456129 …Julien Bahloul@julienbahloulLa façade de la mairie de #TelAviv ce soir éclairée aux couleurs du drapeau d’#Israel, en soutien aux millions d’habitants sous le feu des centaines de missiles palestiniens tirés depuis #Gaza ce matin.9777:53 AM – Nov 13, 2019Twitter Ads info and privacy751 people are talking about this

“Israël est notre première ligne de front contre le terrorisme. Au nom du groupe d’amitié entre la France et Israël, j’exprime toute notre solidarité et tout notre soutien au peuple israélien”, peut-on lire dans son message.

De nombreux pays ont exprimé leur soutien à l’Etat juif, à l’instar de l’Estonie, la Slovénie, la République tchèque, l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Gaza hostilities:
UK condemns firing of rockets at civilians and calls on all sides to de-escalate the situationhttps://www.gov.uk/government/news/gaza-hostilities-uk-statement …Gaza hostilities: UK statementUK condemns firing of rockets at civilians and calls on all sides to de-escalate the situation.gov.uk567:00 PM – Nov 12, 2019 · IsraelTwitter Ads info and privacy142 people are talking about this

GermanForeignOffice@GermanyDiplo

Federal Foreign Office with regard to the situation in Israel and #Gaza: We condemn the rocket attacks in the strongest terms. There is no justification for violence against innocent civilians. Now, the highest priority must be moderation and efforts to de-escalate.1154:36 PM – Nov 12, 2019Twitter Ads info and privacy82 people are talking about this

En Inde, les internautes ont apporté leur soutien à Israël en utilisant mercredi les trois hashtags #IsraelUnderFire, #IsraelUnderAttack et #IndiaWithIsrael sur Twitter.

Kapil Mishra@KapilMishra_IND

Time to stand strongly with Israel#IsraelUnderFire19.5K6:06 PM – Nov 12, 2019Twitter Ads info and privacy5,098 people are talking about this

Depuis l’élimination du haut commandant du Djihad islamique, Baha Abou Al-Ata, dans la nuit de lundi à mardi, Israël et la bande de Gaza sont en proie à une violente escalade des tensions. Plus de 250 roquettes ont été tirées sur le territoire hébreu depuis la bande côtière.

Terrorisme : la France “est clairement le pays d’Europe le plus touché”

Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l’Innovation, invité de franceinfo

franceinfoRadio France

La Fondation pour l’innovation politique (Fondapol, un laboratoire d’idées français d’inspiration “libérale, progressiste et européen”) a réalisé une étude sur les attentats islamistes commis entre fin 1979 et fin août 2019. Le but était de quantifier et de localiser ces phénomènes pour mieux les comprendre. L’un des constats est que la France “est clairement le pays d’Europe le plus touché”, a expliqué mercredi 13 novembre sur franceinfo Dominique Reynié, le directeur général de la Fondation pour l’Innovation.

franceinfo : Pourquoi avoir fait cette étude ?

Dominique Reynié : C’est une réalité dont on devine l’importance sans être en mesure de la documenter. Il y a des sources éparses, très incomplètes, esquissées pour une année ou un mouvement, mais jamais il n’avait été fait cet effort, et je comprends pourquoi maintenant, de les réunir dans une base commune documentée. C’était pour faire apparaître quelques faits, des vérités historiques et documenter, aussi précisément que possible, ce dont nous pouvons dire que nous sommes sûrs, s’agissant du terrorisme islamiste.

En 40 ans, le terrorisme islamiste représente 33 769 attentats sur la planète, 167 096 morts, dont la majorité des victimes sont des musulmans.

Ce sont très largement des musulmans qui périssent dans ces attentats qui ont lieu pour la plupart dans des pays musulmans. C’est une violence qui a peu à peu progressé, qui s’est installée. Depuis 1979, on a une apparition de ce terrorisme, puis un déploiement. Il atteint une très grande intensité dans la période 2013-2019.

Pourquoi avoir choisi 1979 comme date de début ?

C’est une date retenue par les spécialistes du monde arabo-musulman et du terrorisme parce qu’il y a eu l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS, la révolution iranienne, la prise d’otages à la grande mosquée de La Mecque, les accords de camp David. Il y a toute une série d’évènements qui transforment en profondeur le monde arabo-musulman et font démarrer, à la fois une islamisation des problèmes dans le monde arabo-musulman, et une jihadisation de cette islamisation.

2001 est pour vous une vraie rupture ?

C’est un tournant parce que c’est la série d’attentats la plus dure dans l’histoire du terrorisme connu, plus de 3 000 morts, plus de 16 000 blessés. Il y a à la fois le signal d’une extension et d’une globalisation, et aussi l’incorporation du terrorisme jihadiste dans le réseau numérique. C’est un aspect important de voir comment pour recruter, pour la propagande, pour médiatiser, organiser, le numérique est un des facteurs de globalisation et d’intensification de cette violence.

En Europe, la France est-elle la plus touchée depuis 40 ans ?

Oui, c’est clairement le pays d’Europe le plus touché avec 71 attaques, 42 ont eu lieu entre 2013 et 2019. Pratiquement la moitié de ces attaques en France, depuis 2013, sont le fait de l’État islamique. Bien sûr, au cœur de ce moment-là, on a le 13-Novembre 2015 qui est un moment particulièrement dramatique et violent. Je crois que l’on peut dire que la France paie sa capacité à intervenir dans le monde. Il n’y a pas beaucoup de démocraties qui ont une capacité à intervenir dans le monde pour essayer de dénouer des conflits. Il y aussi un lien compliqué avec l’Histoire française et son passé colonial qui, dans certains pays comme l’Algérie, a pu favoriser un terreau de violence. La France est aussi un pays clé de l’espace européen qui détient aussi une double communauté importante. Une communauté musulmane nombreuse et une communauté juive également nombreuse, d’où une importation du conflit israélo-palestinien.

Emmanuel Macron a appelé à bâtir une société de vigilance pour éradiquer l’hydre islamiste. Est-ce que cela participe à la dérive ?

Cela pose une question très pertinente. Avons-nous la capacité de monter encore le niveau de surveillance policière du point de vue de l’État de droit ? Que serait notre société si nous augmentions encore la surveillance policière, les écoutes téléphoniques, les filatures… ? Est-ce qu’une des solutions n’est pas plus de solidarité entre citoyens pour se prémunir mutuellement d’un danger ? C’est un peu le choix entre la solidarité et l’État policier.

DRAME DES ENFANTS D’OSLO

Beth YossefD

Le Mercredi 20 Novembre à 17 H
(יום רביעי 20 בנובמבר בשעה 17:00) 

Le Maire de Jérusalem, l’Ambassadeur de Norvège, le Président de la Sokhnout, viendront commémorer, sous la Présidence d’honneur du Nassi Rivlin, les 70 ans des « enfants d’Oslo »* à Ohavei Tsion, Jérusalem.

Des monuments existaient un peu partout et c’est la 1ère fois que la capitale sera le centre des commémorations.
Voulant ainsi marquer le souvenir des difficultés des Alyahs d’Afrique du Nord et de Tunisie, nous sommes convaincus de votre large présence sur un sujet qui touche à notre Histoire.=

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10217948270792274&id=1049852572

Vers la fin des années 40, vivaient en Afrique du Nord environ 500.000 juifs, dont 120.000 en Tunisie.
Dès l’indépendance d’Israël, l’Alyat Hanoar a aidé les jeunes juifs, en particuliers ceux d’Afrique du Nord dont les familles étaient pauvres, à s’installer en Israël.

Le 20 novembre 1949, elle a affrété deux vols au départ de Tunis. Avant de partir en Israël, les enfants devaient être temporairement hébergés par la Norvège pour y préparer l’Alyah.
L’un des deux avions s’est écrasé à proximité d’Oslo et trente-quatre personnes, dont vingt-sept enfants, ont péri dans ce terrible accident (un seul enfant a survécu).

Chaque année est commémoré  ce « drame des enfants d’Oslo », comme l’un des épisodes les plus douloureux de l’Alyah des juifs d’Afrique du Nord et de Tunisie. Pour la Norvège, il s’agit aussi d’une grave catastrophe aérienne.
Des monuments à leur mémoire ont été érigés en Tunisie, en Norvège et dans plusieurs villes en Israël, sauf dans sa capitale, Jérusalem.

La communauté Ohavei Tsion, pilier du judaïsme d’Afrique du Nord et de Tunisie, a estimé qu’il était très important que Jérusalem, capitale d’Israël commémore également cet événement. En 2019, la manifestation centrale de cette cérémonie des 70 ans se tiendra donc devant le nouveau monument qu’elle vient d’ériger à Jérusalem.

La présence des plus hautes personnalités à cette manifestation témoigne de l’importance que ce sujet revêt pour elles. N’oublions pas que plus d’un million de juifs en Israël ont des racines en Afrique du Nord, dont plus de 300.000 en Tunisie.   

Invitation au cocktail de départ en l’honneur de Madame Fadela BENRABIA, Préfète Déléguée pour l’Egalité des Chances, vendredi 15 novembre 2019 à 17h00

Mesdames, Messieurs,

Monsieur Georges-François LECLERC, Préfet de la Seine-Saint-Denis, vous convie au cocktail de départ en l’honneur de Madame Fadela BENRABIA, Préfète Déléguée pour l’Egalité des Chances, vendredi 15 novembre prochain à 17h00, au salon d’honneur de la Préfecture.
Nous vous remercions de bien vouloir nous confirmer votre présence par retour de mail.

Dans l’attente de votre réponse.

Bien cordialement,


DES CITOYENS EN COLERE ECRIVENT

   

Nous demandons que la société Civile se lève et s’indigne qu’une enfant porte une étoile jaune, lors de la manifestation du 10 novembre 2019 à Paris

Nous réclamons justice pour les juifs, pour tous les juifs innocents

Nous réclamons justice pour les juifs gazés, assassinés, brûlés, par la brutalité nazie

Nous réclamons justice pour les juifs qui par millions ont vécu l’enfer nazi

Nous réclamons justice pour les juifs de France chaque jour, humiliés, frappés sans raison

Nous réclamons justice pour les juifs :

Qui jamais n’ont tué au nom de leur foi,

Qui jamais n’ont battu quiconque  au nom de leur Dieu

Qui jamais n’ont insulté leur prochain au nom de leur religion

Qui jamais n’ont voulu convertir autrui par la violence

Qui jamais n’ont contraint autrui par la force

Qui ont toujours respecté les lois du pays de leur présence

Qui toujours ont propagé un message de paix

Qui toujours se sont comportés avec fraternité

Qui toujours ont été les victimes de la haine raciste

Nous demandons que les Autorités s’émeuvent du port d’une étoile jaune par une enfant

Nous demandons que les Autorités dénoncent la manifestation du 10 novembre

Nous demandons que les Autorités arrêtent les ennemis de la République

Nous demandons que les Autorités sévissent contre ceux qui vilipendent les juifs

Nous demandons que la légalité républicaine soit restaurée

Nous demandons que les Autorités arrêtent les fauteurs de troubles

Nous demandons que les Autorités poursuivent les lanceurs de cris meurtriers

Nous demandons que les Autorités condamnent les négationnistes de la SHOAH

Nous demandons que les Autorités se mobilisent pour la protection des citoyens

Nous demandons la fin de l’impunité pour les promoteurs de la haine antisémite

Nous demandons que les Autorités appliquent et fassent appliquer l’Ordre public

Nous demandons une Justice sévère pour contrer la peste brune qui gangrène le pays

Nous demandons que la société civile enfin se lève et s’oppose à la brutalité qui monte

Nous demandons la fin des discours fallacieux et des lâchetés du discours politique

Nous demandons que les droits de l’homme soient respectés en France

Nous demandons la fin des amalgames mortifères avec l’horreur de la Shoah

Collectif de citoyens en colère

Le BNVCA craint une recrudescence des actes antisémites suite à la validation par l’Union Européenne de étiquetage des produits en provenance de l’Etat Juif.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le BNVCA apprend avec une grande  inquiétude  les nouvelles mesures discriminatoires décidées par l’Union Européenne à l’encontre d’Israël  En validant  étiquetage des  produits en provenance de  l’État juif  L’UE encourage le boycott et  l’activisme  du mouvement anti-Israélien BDS.  

Non seulement cette mesure n’apporte rien au bien-être des palestiniens mais  de plus elle  ne contribue absolument pas à la paix entre les belligérants.                   

Le BNVCA à maintes fois  prouvé que l’incitation à la haine d’Israël et le dénigrement de ce pays sont la source principale de l’antisémitisme contemporain. 

 Nous restons convaincus que cette décision inique  et inutile   va faire  augmenter   le  nombre d’actes anti juifs.    

Les rédacteurs de ce texte anti-Israélien  en  porteront le  la lourde responsabilité.     

Le BNVCA  continuera de poursuivre en justice les activistes de BDS et leurs comparses  conformément à la loi  du code pénal qui prévoit et poursuit ce délit. 

Notre combat contre le terrorisme islamiste face à l’indifférence européenne

Posted by Freddy Eytan on 11/13/19 • Categorized as Editorial

Au moment où des salves de roquettes tombent sur nos villages et dans des zones urbaines, semant la terreur et paralysant ainsi plus de la moitié de notre pays, il est triste de constater que seuls les Américains sont vraiment solidaires d’Israël.

Comment expliquer ce lâche mutisme à Paris à l’égard de la forte présence française dans notre pays, de ces milliers de franco-israéliens vivant sous la pluie de roquettes ?

Pourquoi cette indifférence de la part de l’Etat le plus touché de l’Union européenne par des attentats terroristes comme ceux du tristement 13 novembre 2015 qui a fait 130 morts à Paris et Saint-Denis, et plus de 400 blessés ?

Le président Macron ne préfère-t-il organiser que des cérémonies du souvenir ? A quoi sert un second Forum international pour la paix quand le terrorisme islamique frappe la France de plein fouet ?

Pathétique, la préoccupation européenne de marquer les produits israéliens en provenance des Territoires. Ridicule, de titrer à la une sur « l’assassinat » d’un leader palestinien quand il s’agit d’un terroriste notoire responsable de centaines d’attentats contre des femmes et des enfants israéliens.

Poster du Djihad islamique en mémoire de Baha Abu al-Ata : “Nous n’avons pas encore commencé”

Il est clair que les hostilités se poursuivront dans la bande de Gaza jusqu’au jour où le Hamas et le Djihad islamique déposeront les armes. Ce n’est sans doute par pour demain, ni pour après-demain. Seule une poignée de pacifistes naïfs et certains leaders politiques irresponsables y croient vraiment. Comment peuvent-ils condamner l’élimination d’un chef du Djihad et l’assimiler à des fins purement politiques tandis que le chef d’état-major et le chef du Shin Beit disent autrement en affirmant que l’opération a été préparée de longue date et qu’il s’agit d’une « décision professionnelle » ?

Nous n’avons pas le choix de poursuive notre combat inlassable contre le terrorisme de tous bords. C’est notre destin collectif, pour le meilleur et pour le pire. Voilà plus d’un siècle que nous combattons le fléau du terrorisme palestinien et, chaque jour, nous déjouons des intentions d’attentats et arrêtons chaque nuit des commanditaires, auteurs et suspects.

Grâce aux informations précieuses du Shin Bet, de nombreuses attaques terroristes ont été déjouées, dont des bombes humaines ; des centaines d’attentats ont été avortés depuis le début de l’année 2019, grâce au renseignement technologique sophistiqué.

Nous remarquons que le Hamas évite à ce jour d’intervenir et laisse faire. Le mouvement islamiste souhaite gagner du temps et du pognon et il est conscient que toute intervention lui coûtera très cher. Il a perdu sa bataille contre les forces de Tsahal dans la bande de Gaza et ne réussit pas à briser le siège et sa quarantaine depuis plus de 20 ans.

Pour renforcer son influence et son prestige au sein du peuple palestinien, le Hamas souhaite transférer la lutte armée vers la Cisjordanie. Son combat est à la fois contre l’Autorité palestinienne et contre « les colons » israéliens.

Quant au vieux Mahmoud Abbas, son apparition en public et ses discours se font rares et il ne maîtrise plus la situation.

Réunion de crise entre le Premier ministre Nétanyahou et le nouveau ministre de la Défense Bennett (photo GPO)

Encouragées, formées et financées par l’Iran, des cellules terroristes du Hamas et du Djihad à Hébron et à Naplouse sont aux ordres des Pasdaran. Les fréquentes visites des dirigeants du Hamas à Téhéran ont pour but de planifier des attentats « stratégiques et spectaculaires ».

Les Ayatollahs profitent de la retenue américaine et du désarroi européen face aux attaques contre les puits de pétrole en Arabie saoudite et la dernière crise dans le golfe Persique pour focaliser l’attention sur la cause palestinienne et contre l’Etat juif.

Les attaques contre les domiciles des chefs du Djihad, à Gaza et Damas, prouvent l’efficacité de nos services de Renseignement. Un message limpide aux Iraniens et leurs milices que rien ne nous échappe et que tous sont bien dans le collimateur de Tsahal.

Le but du Hamas et du Djihad islamique est d’enflammer les Territoires et de renverser Mahmoud Abbas pour prendre le pouvoir à Ramallah.

L’Etat juif est donc en légitime défense et dans le droit absolu de mener un combat, sans pitié et sans merci, contre tous les ennemis de tous bords, contre tous ceux qui veulent nous rayer de la carte qu’ils soient palestiniens ou iraniens.

Aucune leçon de morale, surtout de la part de l’Europe, ni aucune condamnation ne pourront empêcher le gouvernement israélien de poursuive, avec l’appui de Tsahal, du Shin Bet et du Mossad, la lutte inlassable et infinie contre le fléau du terrorisme à Gaza, à Damas, à Beyrouth ou à Téhéran.

Freddy Eytan  LE CAPE JERUSALEM

Laïcité, islam: comment évolue le regard des Français?

INFOGRAPHIES – La priorité accordée aux préceptes religieux est plus forte chez les musulmans de France les plus jeunes

Par Pascal Perrineau et Service Infographie


Pascal Perrineau est professeur des universités à Sciences Po et chercheur au Cevipof.


Le débat de société s’organise depuis des semaines autour de la question de l’islam, de ses dérives et de sa capacité à s’insérer dans la culture de la France laïque. L’attentat du 3 octobre au cœur de la préfecture de police de Paris et l’assassinat de trois fonctionnaires de police et d’un agent administratif par un individu radicalisé, qui était depuis quinze ans employé par la direction du renseignement (DRPP), ont fortement impressionné l’opinion publique et réactivé la nécessité de lutter contre l’islamisme.

Interrogés par l’Ifop à la fin du mois d’octobre, 56 % des Français considèrent que pour les mois à venir, la lutte contre l’islamisme est «tout à fait prioritaire» juste derrière les préoccupations traditionnellement dominantes de la lutte contre le chômage (67 %) ou le relèvement des salaires et du pouvoir d’achat (66 %). 78 % disent que «la laïcité est aujourd’hui en danger en France». Cette crainte entraîne une mutation de la conception de la laïcité. Alors qu’au début des années 2000, celle-ci était conçue avant tout comme le moyen de mettre toutes les religions sur un pied d’égalité et d’assurer ainsi la liberté de conscience, elle est, particulièrement depuis la vague d’attentats de 2015, vécue comme un moyen de faire reculer l’influence des religions dans la société et de les séparer de l’espace public et politique.

● République et islam: une compatibilité discutée

Cette réémergence d’une laïcité de combat contre l’influence religieuse concerne avant tout l’islam comme elle avait pu, au début du XXe siècle, désigner la religion catholique. 80 % des personnes interrogées pensent que «la question de la laïcité se pose aujourd’hui différemment en France s’agissant de la religion musulmane». Certes, cette opinion est partagée par la quasi-unanimité des sympathisants du Rassemblement national et des Républicains, mais 77 % de ceux de La République en marche, 67 % de ceux du Parti socialiste et 71 % de ceux de La France insoumise peuvent y assentir. En effet, pour une majorité de Français, il y a une inquiétude et une interrogation sur la compatibilité de la religion musulmane avec les valeurs de la société française.Seuls 41 % des Français pensent que l’islam est compatible avec ces valeurs alors qu’ils sont 78 % à penser de même pour la religion juive et 89 % pour la religion catholique

Interrogés en août dernier par l’institut Ipsos, seuls 41 % des Français pensent que l’islam est compatible avec ces valeurs alors qu’ils sont 78 % à penser de même pour la religion juive et 89 % pour la religion catholique. Seuls les citoyens proches de La France insoumise, du PCF (64 %) et de LREM (51 %) soutiennent majoritairement la thèse de la compatibilité de la religion musulmane avec les valeurs de la société française. Ils ne sont que 49 % chez les électeurs proches du Parti socialiste, 28 % chez ceux de LR et 17 % chez ceux du Rassemblement national.

Cette inquiétude sur la capacité de l’islam à se fondre dans la société française ne signifie pas un jugement sans nuances sur celui-ci. 54 % des Français considèrent que «l’islam est une religion aussi pacifiste que les autres et que le djihadisme est une perversion de cette religion». Les jeunes et la gauche partagent davantage encore cette opinion mais il reste une préoccupation fortement dominante quant au caractère expansionniste et autoritaire de l’islam. 71 % des Français pensent que «la religion musulmane cherche à imposer son mode de fonctionnement aux autres» et cela quelles que soient la génération et, sauf pour la gauche de la gauche, la famille politique des personnes interrogées.L’opinion publique a le sentiment que les croyants catholiques ou juifs ont fait leur aggiornamento alors que les croyants musulmans resteraient dans une conception plus monopoliste de leur foi

Derrière ce sentiment d’une majorité de Français, il y a la perception d’une religion qui refuse ou ignore la séparation entre l’Église et l’État, la distinction entre le spirituel et le temporel et pose ainsi à la République une question que celle-ci croyait appartenir définitivement au passé. La rigueur de la séparation française entre le croyant et le citoyen est ainsi réactivée dans un pays où non seulement la croyance religieuse s’étiolait mais aussi où la religion – ou ce qu’il en reste – ne s’occupait plus de politique. Dans son ouvrage sur La Religion dans la démocratie (2001) Marcel Gauchet retraçait ce mouvement: «La sortie de la religion, c’est le passage dans un monde où les religions continuent d’exister, mais à l’intérieur d’une forme politique et d’un ordre collectif qu’elles ne déterminent plus.» Cela veut dire que les religions perdent leur pouvoir à «dire la vérité » et que le croyant de ces sociétés post-modernes intègre la légitimité d’autres croyances dans son rapport à sa propre croyance. En termes de perception, l’opinion publique française a le sentiment que les croyants catholiques ou juifs ont fait leur aggiornamento alors que les croyants musulmans resteraient dans une conception plus monopoliste de leur foi.

● Ces musulmans pour qui la charia passe avant la loi

Pour en savoir un peu plus, l’enquête réalisée fin août-début septembre par l’Ifop auprès d’un échantillon représentatif de musulmans résidant en France, offre quelques éléments de réponse. Sur le principe, une forte majorité de musulmans (70 %) a le sentiment que «la laïcité permet aux musulmans de pratiquer librement leur religion», 65 % sont en désaccord avec l’idée qu’en France «la loi islamique, la charia, devrait s’imposer par rapport aux lois de la République».

Cependant, de fortes minorités (de 27 % à 37 %) sont sur des positions dures de prééminence ou d’affirmation de la loi religieuse par rapport à la loi républicaine. Plus d’un musulman sur quatre (27 %) considère que la charia devrait s’imposer par rapport aux lois de la République. Ce pourcentage monte à 33 % chez les musulmans sans diplôme, 41 % chez les musulmans étrangers et à 55 % chez les musulmans d’Afrique orientale. Les partisans d’une adaptation de la laïcité à la française à la religion musulmane sont au nombre de 37 %. C’est presque une majorité qui préconise cette solution chez les jeunes musulmans (49 % des moins de 25 ans), chez ceux qui sont originaires de Tunisie (49 %) ou du Moyen-Orient (45 %).

Enfin, et l’on comprend mieux pourquoi l’affaire du voile polarise le débat autour de l’islam depuis l’affaire de Creil en 1989, ce sont 68 % des musulmans qui considèrent que «les filles devraient avoir le droit de porter le voile au collège et au lycée». En effet, contrairement à la loi de 2004 bannissant «le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, les lycées et les collèges» (que ce soit «le voile islamique quel que soit le nom qu’on lui donne, la kippa ou une croix de dimension manifestement excessive»), une forte majorité de la population musulmane n’accepte pas cette règle républicaine. On voit bien l’évolution dans le temps de la population musulmane dans la mesure où 75 % des jeunes de moins de 25 ans partagent ce refus contre seulement 53 % des 50 ans et plus. Le voile est de plus en plus utilisé dans une stratégie d’affirmation identitaire et religieuse qui n’était pas toujours évidente aux yeux des aînés qui avaient une lecture différente des deux versets du Coran qui mentionnent le voile, la pudeur, mais n’évoquent jamais la chevelure.

● Des demandes d’interdiction en progression

Cette revendication portée au travers du voile, le développement au sein de l’islam de lectures de plus en plus fondamentalistes du Coran, l’épanouissement au plan mondial d’un islam politique conquérant et surtout la triste litanie d’attentats revendiqués par des islamistes extérieurs comme intérieurs ont peu à peu entraîné une crispation de l’opinion publique et un durcissement des positions relatives aux politiques publiques concernant l’encadrement de l’expression religieuse.C’est une majorité de français qui exprime son allergie à des manifestations ostensibles de l’appartenance religieuse dans l’espace public

Entre 72 % et 82 % des Français sont aujourd’hui en faveur de mesures d’interdiction de toute manifestation ou port de signes religieux dans l’espace public ou dans l’espace professionnel. Les prières de rue sont rejetées par 82 % des personnes interrogées (+20 points en huit ans), les ports de signes religieux par les usagers du service public sont condamnés par 75 % (+29 points en quatorze ans), 73 % soutiennent l’interdiction de ports de signes religieux ostensibles par les parents d’élèves accompagnant les enfants lors d’une sortie scolaire (+ 5 points en quatre ans) et enfin, 72 % sont en faveur d’une telle interdiction pour les salariés des entreprises privées (+ 23 points en quatorze ans). Ainsi, quels que soient les générations, les milieux sociaux ou les familles politiques, c’est une majorité de français qui exprime son allergie à des manifestations ostensibles de l’appartenance religieuse dans l’espace public. Cette montée en puissance est particulièrement forte depuis que l’islamisme politique, à partir de la vague d’attentats de 2015, s’est rappelé au souvenir de la population française: Magnanville (juin 2016), Nice et Saint-Étienne-du-Rouvray (juillet 2016), Champs-Élysées (avril 2017), gare Saint-Charles à Marseille (octobre 2017), Trèbes (mars 2018), rue Monsigny à Paris (mai 2018), marché de Noël de Strasbourg (décembre 2018), préfecture de police de Paris (octobre 2019)…

En 1892, les catholiques français étaient appelés à «rallier» la République. Plus d’un siècle plus tard, le défi est le même pour l’islam de France: ne pas laisser l’attachement à la République bafoué par l’extrémisme religieux. La religion musulmane n’a ni Église ni institution fédératrice pour tenir un discours unifié. Mais elle ne manque pas d’hommes et de femmes susceptibles de faire entendre la voix de la tolérance et de la condamnation des brebis galeuses qui discréditent l’islam.

J’aimerais qu’il reste quelque chose, pour ne jamais oublier la Shoah

Soixante-quinze ans après les déportations, la mémoire disparait. le réalisateur Ludovic Cantais a suivi les équipes du Mémorial de la Shoah à Paris.

Par Claire Bommelaer

Jaimerais qu’il reste quelque chose: le titre du documentaire de Ludovic Cantais renvoie à une simple phrase répétée à plusieurs reprises par des survivants de la Shoah – ou par leurs descendants. Soixante-quinze ans après l’Occupation et les déportations, tant la mémoire que les grands témoins disparaissent petit à petit et une course contre la montre de l’oubli s’est engagée.

Le film de Cantais y participe, puisque le réalisateur a suivi les équipes du Mémorial de la Shoah, à Paris, en train de récolter les souvenirs, à tous les sens du terme, de ceux qui ont été frappés par la «catastrophe». Sans voix off, le documentaire laisse la parole à ces hommes et à ces femmes qui, autour d’une photo ou d’un objet, font le récit souvent bouleversant de la séparation avec leurs parents, des derniers mots lancés par leur mère, ou de leur vie «d’avant».

Matière pour de futures recherches et expositions

En 2012, le réalisateur a travaillé pour le Mémorial en tant que documentaliste, sur une exposition autour des enfants dans la Shoah. C’est là qu’il a découvert l’existence d’une «permanence photographique», qui se tient tous les mardis de 14 heures à 17 h 30. Durant ces après-midi, des bénévoles accueillent des familles juives qui souhaitent faire don de leurs archives personnelles. Cantais y assiste, voit les personnes arriver avec leurs photographies ou leurs objets, parfois rangés dans des sacs en plastique. Il comprend qu’il tient là la trame d’un film – qui puise dans les idées de transmission et mémoire. «Ce film est aussi un portrait en creux des bénévoles, des petites mains qui œuvrent à la sauvegarde de cette mémoire», écrit-il.

Parmi les personnes filmées, certaines n’ont pas d’héritier mais sentent que le destin de leur famille appartient à la grande histoire. Comme cette femme qui montre aux bénévoles un brassard juif porté par son père, alors âgé de 15 ans, dans un ghetto polonais – une pièce bouleversante et unique. «Elle mériterait d’être dans un musée», lui suggère la bénévole du Mémorial. Après avoir hésité, la femme laissera l’objet au Mémorial. Un geste pour qu’il «reste quelque chose» de l’histoire de son père.Certaines séances de « récoltes d’archives  » se tiennent en province et on s’étonne de voir autant de monde apporter leurs papiers.

Parfois, les personnes ont du mal à se séparer des biens qui ont survécu au temps. «On peut garder l’original ou le numériser», signale une bénévole à un ancien enfant caché qui hésite à confier le vieil album photo dans lequel figurent ses parents disparus. Certaines séances de «récoltes d’archives» se tiennent en province et on s’étonne de voir autant de monde apporter leurs papiers.

Une fois retournés à Paris, les bénévoles donnent tout ce matériel à des conservateurs, qui le trient et les classent. Les dernières images du documentaire s’attardent sur un habit rayé de déporté, conservé dans du papier de soie, ou un classeur dans lequel le brassard juif polonais rejoint plusieurs étoiles jaunes. Tout cela forme matière indispensable pour de futures expositions ou recherches.

Quand Boualem Sansal déclarait: «Je suis sans doute, ici, ce soir, le seul islamophobe»

Cachez cette islamophobie que je ne saurais voir

Boualem Sansal (droite) auteur algérien lauréat ex æquo pour son ouvrage 2084 la fin du monde .100 eme anniversaire du Grand Prix du Roman de l’Academie Francaise. Numéro de reportage : 00728742_000022 Auteurs : ESTEBAN/SIPA

parJérôme Serri – 


Lauréat du « meilleur livre de l’année » du magazine Lire, Boualem Sansal se souviendra longtemps d’avoir vu son discours abrégé pour atteinte à la bonne pensée!


Le politiquement correct n’est pas seulement un état d’esprit qui confond la réflexion et la répétition grégaire d’une doxa qui ne sait ni ne veut voir le réel en totalité, c’est également une pratique politique qui, pour conforter cette doxa, a une conception sélective de l’information.

Soyez bref je vous prie

Fin novembre 2015, le magazine Lire remettait, comme tous les ans, les prix des « vingt meilleurs livres » de l’année, choisis par la rédaction dans différentes catégories allant de la bande dessinée au roman étranger, en passant par les catégories histoire, roman policier, biographie, livre audio, récit de voyage, sciences, etc.

La cérémonie a lieu tous les ans dans le petit amphithéâtre du Grand Palais. Devant un parterre d’environ deux cents personnes (éditeurs, attachées de presse, journalistes), les membres du comité de rédaction disent à tour de rôle un mot sur l’ouvrage primé dont la couverture s’affiche sur un écran géant situé au-dessus de leurs têtes. Le directeur de la rédaction qui anime la soirée invite alors l’auteur récompensé à le rejoindre, lui donne la parole, lui pose quelques questions et lui remet un cadeau en lui renouvelant ses félicitations. Le dernier lauréat à monter sur scène, celui dont tout le monde attend le nom, celui dont le livre sera en évidence sur les présentoirs des librairies avec la bande rouge au nom du magazine, concourt dans la catégorie enviée du « Meilleur livre de l’année ».

En ce mois de novembre 2015, c’est l’écrivain algérien Boualem Sansal qui obtint le prix pour son roman 2084, la fin du monde. Pour ce même roman, l’auteur venait de recevoir le Grand prix du roman de l’Académie française. Boualem Sansal fut donc le dernier à monter sur scène pour y être consacré. Dès l’annonce du titre du roman et du nom de son auteur, le directeur de la rédaction, micro en main, l’appela au milieu d’une tempête d’applaudissements. Reconnaissable à sa queue de cheval grisonnante, la silhouette de Boualem Sansal se faufila dans l’amphithéâtre, monta les marches et rejoignit sur scène l’équipe du magazine.

Saisissant le micro qu’on lui apportait, il attendit que le silence revînt et, d’une voix sûre et sereine, commença ainsi : « Je suis sans doute, ici, ce soir, le seul islamophobe… ». La salle sembla soudain pétrifiée comme si elle avait été blessée par l’énormité d’un blasphème. Boualem Sansal n’aura pas le temps de développer. Se réfugiant dans quelques propos rapides, il écourta son apparition devant le cadeau qu’on lui tendait comme pour lui signifier la fin de son intervention. Aucune question ne lui fut posée, la cérémonie était terminée. Le public se leva et, dans le brouhaha des conversations, se dirigea vers l’exposition en cours ouverte à son intention. L’heure des mondanités n’est pas celle de la vérité.

Un exemplaire du magazine à paraître en kiosque le lendemain attendait chaque invité à sa sortie du Grand Palais. Chacun y trouverait non seulement l’ensemble du palmarès auquel il venait d’assister mais également une présentation de 2084, la fin du monde et, sur huit pages, un entretien avec l’auteur.

« Il fallait, lit-on dans cette présentation, une sacrée dose d’impertinence – et de courage – pour écrire ce livre. Car Boualem Sansal y dénonce avec force le radicalisme religieux, l’instrumentalisation de la peur, le triomphe de l’ignorance ou les ravages d’une novlangue qui mène « au devoir et à la stricte obéissance » ». Tout cela est fort bien dit et s’accorde avec les adieux du directeur de la rédaction qui, dans son édito (le dernier), rappelle qu’il avait affiché sur la porte de son bureau la fameuse tirade des « Non, merci ! » par laquelle Cyrano brocarde les calculs de l’esprit courtisan et le manque de courage.

Les pages de la discorde

Hélas, manquait dans les huit pages d’entretien avec Boualem Sansal une information qui n’aurait jamais dû être mise sous le boisseau. Le livre, 2084, la fin du monde, était sorti au même moment que celui de Matthias Küntzel, Jihad et Haine des Juifs. Publié en Allemagne en 2002, puis traduit en français en 2009 avec une longue préface de Pierre-André Taguieff, le livre de l’historien et politologue allemand, professeur à Hambourg et chercheur à l’Université hébraïque de Jérusalem, venait d’être réédité. Cette nouvelle édition de septembre 2015 était précédée – là est l’important – d’un avant-propos de Boualem Sansal dont il est légitime de se demander pourquoi il n’en fut fait aucune mention sous forme d’encart dans les pages du grand entretien, alors que cela avait été suggéré à plusieurs reprises au responsable de la rédaction.

Qu’écrit Boualem Sansal, dans cet avant-propos, qui n’eût pu être entendu par le lectorat du magazine ? En voici les premières lignes : « Cher Matthias, voilà longtemps que je voulais vous écrire pour vous dire l’immense intérêt que j’ai eu à lire votre livre Jihad et Haine des Juifs. En, vérité ce livre ne me quitte plus depuis que vous me l’avez envoyé, j’en ai fait un instrument de travail, je le consulte presque chaque jour. Qui veut comprendre l’islamisme, mais pas seulement, le monde arabe et musulman aussi, ainsi que ses relations au monde, doit lire ce livre et le garder à portée de main. »

Que chacun, à commencer par nos responsables politiques, lise ce livre pour connaître dans le détail ce qu’il en fut des connivences entre les Frères musulmans, le mufti de Jérusalem et le régime nazi, et surtout pour ne pas perdre de vue ce qui demeure aujourd’hui encore de leurs convergences idéologiques d’hier !

Le rédacteur en chef de Lire pensait que l’attentat contre Charlie Hebdo s’expliquait par « un bouchon poussé un peu loin ». Il oubliait – c’est un des angles morts du politiquement correct tricolore – l’attentat contre l’Hyper Cacher. « Boualem Sansal était certes courageux mais finirait par venir se mettre à l’abri en France. » Or, les seules agressions qu’il a connues ont eu lieu en France. Il le dit lui-même.

Rien à faire, impossible d’être entendu ! Impossible de se faire le relai de l’inquiétude grandissante des services de renseignement devant la menace islamiste ! Impossible d’obtenir qu’un encart dans les colonnes du grand entretien soit consacré à cet avant-propos et au livre lui-même de Matthias Küntzel.

Quatre jours après cette infructueuse tentative de convaincre un rédacteur en chef assuré de sa justesse de vue et de son bon droit, ce fut l’attentat du Bataclan avec ses 131 morts et ses 413 blessés hospitalisés. Quinze jours plus tard, malgré ce massacre revendiqué par l’organisation terroriste Etat islamique, Boualem Sansal sera bien, dans l’amphithéâtre du Grand Palais, le seul à se définir comme « islamophobe » devant un parterre qui refusait de comprendre ce qu’il venait d’entendre.

Plus de 15.000 enfants de moins de 5 ans décèdent chaque jour dans le monde

DRAME  De 2000 à 2017, 123 millions d’enfants de cette classe d’âge sont morts dans des pays à bas et moyens revenus

Un enfant souffrant de malnutrition au Yemen, le 19 mai 2019.
Un enfant souffrant de malnutrition au Yemen, le 19 mai 2019. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Plus de 15.000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque jour dans le monde, avec d’énormes disparités entre les pays, voire entre les régions, indique une étude publiée ce mercredi dans NatureDe 2000 à 2017, 123 millions d’enfants de 0 à 5 ans sont décédés dans les 99 pays à bas et moyens revenus sur lesquels portent ces travaux. Cela représente plus de 90 % des morts dans le monde pour cette classe d’âge.

Les principales causes des décès varient selon l’âge. Quand le nourrisson a moins d’un an, il s’agit le plus souvent des conséquences d’une naissance prématurée. De deux à quatre ans, ces enfants sont davantage susceptibles de succomber au paludisme, à des maladies diarrhéiques ou à des infections respiratoires comme la pneumonie.

Prof. Simon I. Hay@simonihay

Congratulations to all of the authors on publishing “Mapping 123 million neonatal, infant, and child deaths between 2000 and 2017” today in @Nature! https://www.nature.com/articles/s41586-019-1545-0 …

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Disparités en fonction des pays

Les disparités en fonction des territoires sont grandes. Les risques de mourir pour les enfants de moins de 5 ans sont dix fois plus élevés dans certains pays que d’autres, voire quarante fois si on compare des régions entre elles. Par exemple, en 2017, seuls quatre enfants sur 1.000 mourraient avant cinq ans dans la région de Santa Clara à Cuba. Mais ce taux se montait à 195 sur 1.000 dans la région de Garki, au Nigeria.

Ces travaux fournissent donc une cartographie précise et très fine de la mortalité infantile dans les 99 pays étudiés. « Nos travaux peuvent servir de base aux autorités sanitaires pour améliorer les systèmes de santé de façon ciblée », a estimé l’un des auteurs, Simon Hay, de l’Institut de métrologie et d’évaluation de la santé à l’Université de Washington. Pour la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, « l’accès aux traitements médicaux n’est que l’un des éléments ». « Les facteurs qui contribuent aux décès sont liés à des maux plus vastes : la pauvreté, la discrimination et l’injustice. »

13-Novembre, la France particulièrement ciblée, la prise en charge des victimes … le “8h30 franceinfo” sur les attentats islamistes

Dominique Reynié et Guillaume Denoix de Saint-Marc étaient les invités du “8h30 franceinfo”, mercredi 13 novembre 2019

franceinfoRadio France

Dominique Reynié, politologue, professeur à Sciences Po et directeur général de la Fondation pour l\'innovation politique et Guillaume Denoix de Saint-Marc, fondateur et directeur de l\'Association française des victimes de terrorisme étaient les invités du 8h30 franceinfo le mercredi 13 novembre 2019.
Dominique Reynié, politologue, professeur à Sciences Po et directeur général de la Fondation pour l’innovation politique et Guillaume Denoix de Saint-Marc, fondateur et directeur de l’Association française des victimes de terrorisme étaient les invités du 8h30 franceinfo le mercredi 13 novembre 2019. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Dominique Reynié, politologue, professeur à Sciences Po et directeur général de la Fondation pour l’innovation politique et Guillaume Denoix de Saint-Marc, fondateur et directeur de l’Association française des victimes de terrorisme étaient les invités du “8h30 franceinfo”, mercredi 13 novembre 2019. Ils répondent aux questions de Marc Fauvelle et Renaud Dély.

La France “est clairement le pays d’Europe le plus touché”

“La France a connu 71 attaques depuis 1979, dont 42 entre 2013 et 2019”, explique Dominique Reynié, présentant une étude sur les attentats islamistes publiée par la Fondation pour l’innovation politique. “Il n’y a pas beaucoup de démocraties qui ont une capacité à intervenir dans le monde pour essayer de dénouer des conflits, explique Dominique ReyniéIl y aussi un lien compliqué avec l’histoire française et son passé colonial qui dans certains pays, comme l’Algérie, a pu favoriser un terreau de violence. La France est aussi un pays clé de l’espace européen qui détient aussi une double communauté importante : une communauté musulmane nombreuse et une communauté juive également nombreuse, d’où une importation du conflit israélo-palestinien.”

“Bien sûr, au cœur de ce moment-là, on a le 13-Novembre 2015 qui est un moment particulièrement dramatique et violent”, ajoute le politologue Dominique Reynié. 

“Il y a eu une mise à plat de tout le système d’accompagnement des victimes”

“Le système français, même s’il y a encore des défauts, est celui qui est le plus efficace” pour aider les victimes de terrorisme, assure Guillaume Denoix de Saint Marc, directeur et fondateur de l’Association française des victimes du terrorisme. C’est sans doute à cause des évènements du 13-Novembre qu’il y a eu une mise à plat de tout le système d’accompagnement des victimes du terrorisme, et qui a amené à une vraie politique d’accompagnement des victimes en général.”

“Cela se concrétise par nous, associations de victimes qui connaissons les besoins des victimes, il y a aussi un vrai dispositif d’Etat qui est mis en place. Nous sommes régulièrement invités à l’étranger pour en parler”, indique Guillaume Denoix de Saint Marc.

“Laisser les jihadistes là-bas était une mauvaise solution”

Le retour des jihadistes français dans leur pays fait régulièrement polémique. “Notre association demande depuis le début que ces personnes soient ramenées en France, affirme Guillaume Denoix de Saint Marc. On pensait bien que les laisser là-bas était une mauvaise solution, une solution un peu de déni de réalité. Il faut absolument qu’on les ait sous la main, qu’ils soient judiciarisés et que l’on puisse essayer de contrôler le phénomène.

Retour de djihadistes : 250 personnes déjà concernées par le “protocole Cazeneuve”

Selon le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, 500 personnes sont aujourd'hui incarcérées pour des faits de terrorisme.

Selon le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, 500 personnes sont aujourd’hui incarcérées pour des faits de terrorisme. –

Par Louis Nadau

Combien sont déjà revenus en France ? Alors que la Turquie annonçait lundi le renvoi de onze djihadistes français dans leur pays d’origine, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a indiqué ce mercredi 13 novembre que “250 personnes” ont déjà été concernées par le “protocole Cazeneuve” qui s’applique dans ces cas-là.

Ce que je peux simplement dire, c’est qu’on est dans un processus classique : ça n’est pas la première fois que les autorités turques renvoient un certain nombre de nos ressortissants, qui soit ont été bloqués en Turquie alors qu’ils voulaient se rendre sur zone, soit ont quitté la Syrie ou l’Irak et se sont retrouvés en Turquie“, a développé sur France Inter le bras droit de Christophe Castaner. “On a depuis 2014 un protocole, qui s’appelle le protocole Cazeneuve, et qui fait en sorte que les Turcs nous remettent ces personnes“, a rappelé le secrétaire d’Etat, assurant que ce protocole était “sécurisé” et surtout “judiciarisé“. “C’est-à-dire que ces personnes sont prises en charge immédiatement par la justice à leur arrivée et pour les majeurs, bien évidemment, c’est la case prison” ou “la garde à vue“, a précisé Laurent Nunez. Les enfants de djihadistes sont quant à eux immédiatement placés.

DES POLICIERS FRANÇAIS À L’EMBARQUEMENT

Signé à l’initiative du socialiste Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, le protocole est né d’un défaut de coopération entre la France et la Turquie. Trois membres de Daech en provenance de la Turquie, dont le beau-frère de Mohamed Merah, étaient attendus le 23 septembre 2014 par la police française à l’aéroport d’Orly, mais avaient été mis dans un avion à destination de Marseille par les autorités turques et s’étaient ainsi retrouvés libres à leur arrivée en France. Les trois hommes s’étaient finalement rendus, mais les deux pays avaient ensuite clarifié la marche à suivre. Depuis cet incident, des policiers français accompagnent donc les djihadistes expulsés jusqu’à leur embarquement dans l’avion. La Turquie s’est également engagée à communiquer à Paris la liste des Français détenus dans ses centres de rétention.

Dans la plupart des cas, la justice a déjà ouvert des poursuites avec un mandat d’arrêt international lorsque les djihadistes reviennent en France, de sorte qu’ils sont placés en détention, comme l’a expliqué Laurent Nunez. Après une période d’évaluation, au cours de laquelle “le degré de radicalisation” et la “capacité de prosélytisme” du détenu sont évalués, comme l’a détaillé à La Croix l’administration pénitentiaire, celui-ci est placé soit à l’isolement, soit dans un quartier de prise en charge de la radicalisation (QPR), soit en détention classique mais sous surveillance accrue du service de renseignement pénitentiaire.

UNE “MENACE ENDOGÈNE” ÉLEVÉE

Selon Laurent Nunez, “environ 500 personnes” sont aujourd’hui incarcérées en France pour des faits de terrorisme. “On a mille personnes qui sont des détenus de droit commun et dont on a pu identifier, déceler, détecter une radicalisation pendant leur période d’incarcération“, a ajouté l’ancien patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Parmi les personnes condamnées pour terrorisme, “une trentaine” sort de prison chaque année. “Il y a un suivi qui est organisé par les services de renseignement (…) Vous imaginez bien que des individus qui ont été condamnés pour des faits de terrorisme demeurent suivis pendant très longtemps“, a-t-il rassuré.

Le secrétaire d’Etat assure encore qu’il ne s’agit pas de baisser la garde : “La menace n’a plus la même forme mais son niveau est toujours aussi élevé (…). Maintenant, on est sur une menace endogène d’individus qui n’ont plus forcément de liens avec l’Etat islamique, compte tenu de sa déliquescence sur zone. Il y a moins de contacts directs. C’est cette menace-là qu’on craint le plus, c’est la plus difficile à détecter.

[Edito] Goldnadel – Manif contre l’islamophobie : le bolchislamisme est a la rue

Jean-Luc Mélenchon, Danièle Obono, Alexis Corbière et Clémentine Autin, dimanche lors de la manifestation contre l’islamophobie à Paris. Photo © ISA HARSIN/SIPA

Par  Gilles-William Goldnadel

Chaque semaine, l’avocat Gilles-William Goldnadel livre aux lecteurs de Valeurs actuelles  son regard sur l’actualité.

D’abord et avant tout un peu de vocabulaire dans le cadre d’un agit-prop gramsciste de bon aloi.

J’ai en effet toujours pensé et beaucoup écrit que le combat culturel, la bataille des esprits, la guerre contre la déculturation et même contre une décérébration historique était les clefs de la victoire électorale et politique. Dans ce cadre psychologique belliqueux, le mot est l’arme létale indispensable. Celui d’« extrême-droite » utilisé par l’extrême-gauche est désormais la dernière balle dans son canon liturgique excommuniant. La gauche ayant perdu son magistère intellectuel et moral, il ne lui reste plus en stock que sa capacité de pouvoir encore un peu tenter d’exclure en diabolisant.

Le sachant, j’ai décidé une fois pour toutes de renvoyer le compliment à l’envoyeur. Je préconise ici la recette : évoquer désormais tel journal « d’extrême-gauche » paraissant le soir et tel journaliste d’ « extrême-gauche » travaillant dans une radio de service public émettant des ondes d’« extrême-gauche » le matin. Ils ont la manie de considérer d’extrême-droite tous ceux qui s’opposent extrêmement à l’extrême-gauche : utilisez donc leur vocabulaire extrême avec ce même pouvoir unilatéral de bornage que les bornés utilisés à votre endroit.

Répondre à l’expression de « fachos » utilisée à foison par l’extrême gauche aux manettes

Ces précisions lexicales accomplies, j’en viens donc au terme de « bolchislamisme » qui me paraît correspondre à l’islamogauchisme tout en répondant vertement, avec les mêmes correspondances historiques outrancières, à l’expression de « fachos » utilisée à foison par l’extrême gauche aux manettes.

À dire le vrai, le bolchislamiste est plus bolcho qu’islamique. C’est lui qui pendant des années a empêché toute critique de l’islamisme radical en dévoyant radicalement l’antiracisme.

Il faut reconnaître que dans ce cadre d’intimidation, SOS-Racisme, le MRAP et la Ligue des Droits de l’Homme auront servi d’idiots utiles très idiots et très utiles. Et tant pis pour les femmes que l’on serre derrière des burkas ou les juifs que l’on massacra.

Mais trop c’est trop. Et le Manifeste publié par Libération et Médiapart et la manifestation d’hier 10 novembre auront été le Manifeste et la manifestation manifestement de trop.

La gauche en voie de se “corbyniser”

La belle pantalonnade à laquelle il nous a été donné d’assister aux premières loges : Yannick Jadot qui regrette d’avoir signé parce qu’il n’avait pas lu. Ruffin qui n’a pas bien lu parce qu’il mangeait une gaufre. Mélenchon qui a signé contre l’islamophobie mais qui n’aime pas le concept d’islamophobie. L’ineffable Caroline de Haas qui regrette d’avoir signé parce qu’elle n’avait pas vu qu’elle était la voisine d’un islamiste qui veut enfermer les femmes à double tour… mais qui ira quand même.

L’opinion s’est aperçue que la gauche s’est définitivement perdue dans sa complaisance pour l’islam radical et qu’elle est en voie d’être corbynisée par un long effet de plénelisation des esprits.

Ainsi, et alors que j’aurais passé une bonne partie de ma semaine à le dénoncer, l’« initiateur » attitré des tribunes dans Libéet dans Médiapart n’était autre que Madjid Messaouden dit Messaoud-haine, élu bien connu de la municipalité d’extrême-gauche de Saint-Denis. Celui-ci aura tenté sans succès de faire disparaître les tweets que lui a inspiré le massacre commis par Mohamed Merah à Toulouse contre des soldats français et contre des enfants juifs dans une école juive.

Pot – très – pourri de ses gazouillis : – « Tu fais quoi ce soir ? Suis en mode hommage j’arrête tout on va me dire que je suis pas touché pas ému. Du coup je vais m’entraîner à pleurer. » – « Guéant ne s’est toujours pas indigné du fait que le directeur de l’école juive semble ne pas parler français (NDLR :sale petit mensonge)Tant que c’est pas un imam. » – « Oui le père de Mohamed a perdu un enfant il a le droit lui aussi de pleurer son fils n’en déplaise au président apparemment fasciste. »

Tous ces tweets datent de mars 2012, quelques heures après que Merah avait couru derrière une petite fille de six ans, l’avait attrapée par les cheveux et lui avait logé une balle dans la tête.

Ainsi gazouillait donc l’être humain ayant initié la manifestation antiraciste derrière laquelle la gauche extrême a défilé contre « la stigmatisation ». « Stigmatisation » ? La ficelle de l’escroquerie était décidément trop grosse et indigeste à faire désormais à avaler à une France à qui l’islamisme avait immolé 260 de ses fils sur l’autel de sa haine.

Malgré et pendant cela, Dieu merci, aucun musulman n’a été tué es qualité, car les français sont vaccinés contre le racisme en dépit tout ce qu’on leur a fait.

Le chiffrage des actes commis contre les religions 2018 communiqué par le ministère de l’intérieur donne le coup de grâce à la thèse de la haine « raciste » anti musulmane : actes antichrétiens 1063. Actes antisémites 541 (en hausse) Enfin, et en dépit des différences démographiques : Actes anti-musulmans en baisse : 100. La tentative d’escroquerie intellectuelle et morale est acquise et a été condamnée définitivement par le tribunal de l’opinion française.

Si une grande partie de la gauche française n’avait pas perdu depuis longtemps son âme et son honneur dans le bolchislamisme, elle les aurait perdus un dix novembre.

Barbara Lefebvre: «C’est la stratégie des islamistes de se victimiser»

INTERVIEW – L’enseignante et essayiste travaille depuis des années sur la question antisémite.

Par Alexandre Devecchio

Barbara Lefebvre, qui a publié en 2018 Génération “j’ai le droit” (Albin Michel), étudie les dérives d’un certain antiracisme.

LE FIGARO. – Une étoile jaune a été distribuée lors de la marche contre l’islamophobie à Paris ce dimanche. La photo d’une enfant avec cette étoile a fait polémique. Que signifie ce symbole sur le plan historique?

Barbara LEFEBVRE. – L’étoile jaune était le signe que les Juifs devaient apposer sur leur vêtement dans tous les territoires sous domination nazie, afin d’être identifiés et discriminés. Pour mieux saisir l’infamie de la manœuvre islamiste, il faut remonter le temps. Le Judenstern nazi s’inspirait de la rouelle médiévale imposée aux juifs dans l’Occident chrétien à partir du XIIIe siècle. Or elle s’inspirait elle-même des signes distinctifs imposés aux dhimmis en terre d’islam colonisées par les Arabes à partir du VIIIe siècle. En Tunisie, par exemple, au IXe siècle, les juifs devaient porter une étoffe marquée par l’image d’un singe et les chrétiens par celle d’un porc.À lire aussi : «Voile des accompagnatrices scolaires: sortir de la confusion et de l’émotivité»

La comparaison entre «juifs» d’hier et «musulmans» d’aujourd’hui a-t-elle un sens?

Les musulmans ne sont victimes d’aucune discrimination d’État contrairement aux discours entendus hier. Le voile islamique relève de l’auto-stigmatisation, même Mélenchon le disait en 2010! C’est la stratégie des islamistes que de renverser les responsabilités et se victimiser. La réalité, c’est que les Français juifs, soit moins de 1 % de la population, sont victimes de 50 % des attaques racistes. Depuis deux décennies, ce sont les agressions et assassinats des islamistes ciblant des juifs qui ont contraint un grand nombre de ces derniers à déménager, voire émigrer. Les Français musulmans qui émigrent pour fuir l’insécurité me semblent infiniment moins nombreux.

L’instrumentalisation de l’histoire de l’extermination des Juifs a servi à cette gauche pour masquer son antisémitisme originelBarbara Lefebvre

Pourquoi cette comparaison obsède-t-elle certaines associations communautaristes et même une certaine gauche?

L’instrumentalisation de l’histoire de l’extermination des Juifs a servi à cette gauche pour masquer son antisémitisme originel (le «complot judéo-capitaliste»), puis son antisionisme après 1967. L’inflation mémorielle au détriment de la rigueur historique a soutenu, dès le début des années 1980, l’écriture du conte antiraciste sur le «plus jamais ça» servant à nous menacer, à intervalles réguliers, du «retour de la bête immonde». Cela contribua à édifier le déni relatif à l’antijudaïsme islamique qui prospère tragiquement en France. Le «Juif de la Shoah» est devenu, au fil des décennies, une sorte d’icône autorisant la bien-pensance à ne pas se préoccuper du sort des «juifs vivants» dans ces Territoires perdus de la République. En effet, leurs bourreaux n’étaient pas les enfants «de la bête immonde» que l’antiracisme attendait.

Plus largement, la comparaison entre les années 1930 et l’époque actuelle vous paraît-elle pertinente?

L’antisémitisme des années 1930 est l’aboutissement d’une histoire politico-littéraire nourrie tout au long du XIXe siècle où gauche et droite antisémites ont agi de concert. Cette union s’est poursuivie sous Vichy avec des Vallat, Maurras, Déat, Doriot, etc. Je ne vois rien aujourd’hui qui ressemble à cela, même si je perçois l’utilité électoraliste de faire croire que l’histoire se répète. Quand un historien ose comparer Zemmour à Drumont, on se dit qu’en effet toutes les intoxications idéologiques sont possibles.

L’opinion des Allemands sur une nouvelle Shoah

By Marc – 

L’opinion des Allemands sur une nouvelle Shoah et sur les Néo-Nazis

Manfred Gerstenfeld

Au début des années 1990, j’avais interviewé à Francfort, un membre du bureau de l’une des banques de premier plan en Allemagne. Cette conversation se déroulait dans le cadre de ma préparation pour un livre sur le potentiel politique et économique futur de l’Italie, que je co-rédigeais. J’en étais venu à débattre  des changements en Allemagne, après la réunification des années 1990. L’intérêt de mon interviewé pour notre conversation s’est  élevé d’un cran quand il s’est aperçu que j’étais Israélien. 

Il estimait qu’une autre Shoah pourrait bien survenir. Il disait qu’il y avait vraiment trop peu de choses qui avaient changé en Allemagne. A cette époque, j’ai ensé que c’était une remarque étrange. Pourtant, la récente étude du Congrès Juif Mondial (WJC) sur l’Allemagne a démontré que cette opinion est largement partagée dans le pays[1]. Le sondage prouvait que 25% des Allemands croient qu’une autre Shoah pourrait se produire. Ce pourcentage représente environ 18 millions de citoyens – puisque 71 millions d’Allemands ont plus de 18 ans, l’âge limite pour participer à ce sondage[2].  Une autre frange de 24% n’en était pas sûre. Cela ne laisse que 51% pour croire qu’une autre Shoah ne pourrait pas advenir en Allemagne[3].

L’étude majeure du CJM, dans laquelle 81 questions ont été posées, est essentiellement citée pour les données qu’elle apporte sur l’antisémitisme[4]. Pourtant, on peut en tirer bien plus. Les données quantitatives, conjuguées à des informations qualitatives déjà existantes, nous permettent de tirer des conclusions plus concrètes qu’auparavant.

Il y a encore plus d’Allemands, soit 38%, qui pensent qu’il est possible que quelque chose d’équivalent à la Shoah puisse se produire à l’avenir, dans d’autres pays européens. C’est un chiffre supérieur aux 33% qui pensent que cela ne peut pas se produire. 39% ont déclaré ne pas en être sûrs[5].

Près de 6 millions d’Allemands pensent que les gens devraient être autorisés à employer des slogans et des symboles nazis dans l’Allemagne d’aujourd’hui. 11%, -soit 8 autres millions- n’en sont pas sûrs. Les 54 autres millions disent que ce ne devrait pas être permis[6]. Encore plus de gens, près de 8 millions, soit 11%- pensent qu’il est acceptable qu’un individu ait des opinions néo-nazies. 8 autres millions n’en sont pas certains[7]. On peut en conclure que la “libre parole sans entrave” réclamée par les radicaux rendrait possible le développement d’un discours de haine anti-juive et anti-israélienne encore plus substantiel, dans un pays hanté par un passé aussi horrible que celui de l’Allemagne.

De temps en temps, des néo-nazis défilent à travers les villes d’Allemagne. Ces défilés obtiennent très fréquemment des autorisations. En octobre 2019, de tels manifestants ont défilé chaque lundi à Dortmund. La plus haute chambre administrative de Münster a décidé que les marcheurs avaient l’autorisation légale de faire usage du slogan : “Plus jamais, jamais, jamais Israël”. Le Tribunal a même prétendu que cela ne constituait pas de “l’incitation”. La police avait interdit ce slogan. Les néo-Nazis ont alors fait appel devant la Cour et ont emporté le procès aussi bien lors de la première que de la deuxième instance[8].

Après le massacre raté de Yom Kippour, cette année, à la synagogue de Halle, le gouvernement allemand a décidé que, dorénavant, tous les sites Web et réseaux sociaux devaient informer les services de sécurité et la police sur les contenus de haine[9]. Pourtant, on se demande comment le gouvernement allemand va s’y prendre pour contrôler les sites internet allemands en langue arabe et turque.

Les données ci-dessus nous aident aussi à comprendre le potentiel électoral de la branche ethnique extrémiste de l’AfD de droite populiste. On dit de cette faction qu’elle reste plus petite que le courant principal du parti, plus modéré. Durant les élections d’Octobre, dans l’Etat est-allemand de Thuringe, l’AfD est devenu le second parti avec 23, 4% des scrutins. Son leader dans ce land Bjorn Höcke, est la personnalité la plus réputée de la branche ethnique du parti[10]. Le parti le plus important au cours de cette élection était le parti d’extrême-gauche Linke, avec 31%. Ainsi, ces deux partis extrémistes ont conjointement plus de sièges que tous les partis des courants politiques principaux réunis au parlement de l’Etat.

On peut mentionner ici que quelques aspects de l’étude majeure du CJM. En l’analysant, on peut mettre en lumière plusieurs des réalités problématiques de l’Allemagne contemporaine. Il y a, effectivement, des dizaines de milliers d’Allemands en faveur d’un Etat démocratique qui fonctionnerait correctement. Pourtant, il reste encore plusieurs millions qui n’ont rien appris ou très peu, de l’expérience de la Shoah.

L’étude demande : d’où tirez-vous l’essentiel de vos informations à propos des Juifs? La source dominante était la télévision avec 32%, suivie d’Internet avec 16%, et les journaux avec 12%[11]. Il n’y a guère de raison valable de supposer que les chiffres seraient très différents, concernant Israël proprement dit. Une étude de 2015, émanant de la fondation Bertelsmann, révélait que 41% -soit près de 30 millions de personnes, en chiffres extrapolés – pensent que “Israël agit envers les Palestiniens commeles Nazis avaientagi envers les Juifs[12]“.

Il est raisonnable de supposer que cette opinion est fondamentalement généré par l’humeur qui circule dans les médias du pays. La télévision allemande est principalement détenue par le secteur public. Pour combattre l’antisionisme rampant dans le pays, on devrait entreprendre une étude en profondeur des programmes de la télévision allemande consacrés à Israël. On peut supposer que beaucoup de ses journalistes sont des libéraux de gauche, un segment de de la société où on trouve beaucoup de ceux qui diabolisent Israël.

Il y plusieurs raisons importantes pour expliquer que l’Allemagne est en pleine mutation. La récession économique en est une cause majeure. Le grand déclin des deux principaux partis qui ont dirigé le pays depuis ses premières élections d’après-guerre, les Démocrates Chrétiens (CDU) et les Socialistes (SPD), en est une autre bonne raison. Leurs pourcentages combinés du soutien qu’ils reçoivent dans les derniers sondages, n’est que d’environ 40%. Ce déclin est entièrement lié aux politiques d’immigration bien trop libérales des gouvernements CDU- SPD depuis 2015.

En 2017, la BBC a interviewé Niklas Frank, le fils de Hans Frank, qui était gouverneur-général de Pologne entre 1939 et 1945. Ce dernier a été convaincu de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, lors des procès de Nuremberg et exécuté en 1946[13]. Le fils méprise son père. Il a déclaré, à propos de l’Allemagne contemporaine : “Ne nous croyez pas!”. Les découvertes de l’enquête du CJM semble appuyer cette évaluation.

Par Manfred Gerstenfeld

Le Dr. Manfred Gerstenfeld a présidé pendant 12 ans le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem (2000-2012). Il a publié plus de 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

Adaptation : Marc Brzustowski.

Coignard – Marche contre l’islamophobie : la fable des trois petits singes

CHRONIQUE. Des dérapages ont été signalés dimanche. Mais certains participants à la manifestation semblent n’avoir rien vu, rien entendu…

Par Sophie Coignard

Plusieurs milliers de personnes ont defile dimanche a Paris pour une marche controversee contre l'islamophobie, qui a dechire la gauche.
Plusieurs milliers de personnes ont défilé dimanche à Paris pour une marche controversée contre l’islamophobie, qui a déchiré la gauche.© Karine Pierre / Hans Lucas

Dans la légende, ils sont trois. L’un d’entre eux se couvre les yeux, un second les oreilles, un troisième la bouche. Ils prétendent ainsi éloigner le mal. Ils peuvent aussi représenter l’enfer pavé de bonnes intentions. Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire, comme c’est confortable !

C’est la ligne de conduite adoptée par les politiques qui ont participé, dimanche, à la « Marche contre l’islamophobie » qui s’indignait, entre autres, des lois sur la laïcité, qualifiées de « liberticides ».

La sénatrice EELV Esther Benbassa paradait au centre d’un petit groupe où chacun arborait un autocollant marqué de l’étoile jaune. Chacun, y compris une fillette. L’élue a-t-elle trouvé à redire à cette consternante analogie et à cette impardonnable instrumentalisation d’une enfant ? Que nenni ! Elle a même posté sur Twitter une photo d’elle en leur joyeuse compagnie. « Je n’ai même pas remarqué que ces personnes portaient un autocollant… C’est une photo que j’ai postée parce qu’elle représente mon idéal de société, ces femmes et homme musulmans qui portaient des drapeaux français », affirme-t-elle au micro de Franceinfo. Esther Benbassa a donc préféré se voiler la face.

Esther Benbassa @EstherBenbassa

Alors, cette marche contre l’#islamophobie? Calme, bon enfant, chaleureuse. #Citoyenne, en un mot.

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1 87615:30 – 10 nov. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité1 616 personnes parlent à ce sujet

Audition sélective

Marwan Muhammad, patron du Collectif contre l’islamophobie en France et co-organisateur de la manifestation, fait crier à la foule Allahu Akbar, place de la République, à deux pas du Bataclan. « Allahu Akbar », les dernières paroles entendues par les victimes des attentats terroristes. Jean-Luc Mélenchon incarne à la perfection le petit singe qui se bouche les oreilles pour ne rien entendre. Ceint de son écharpe tricolore, il défilait lui aussi mais n’a pas entendu la foule crier Allahu Akbar. Il salue sur Twitter une « magnifique journée d’unité républicaine conclue par une magnifique Marseillaise ». Voilà ce qu’on pourrait appeler non pas une mémoire mais une audition sélective. Mu par un regrettable réflexe clientéliste envers la frange la plus communautariste de son mouvement, cet intraitable défenseur de la laïcité s’est transformé en complice de l’islam politique.

Jean-Luc Mélenchon@JLMelenchon

Magnifique journée d’unité républicaine conclue par une magnifique Marseillaise. Les diviseurs et les haineux de la République en Marche et du FN sont en échec. La France est notre bien commun.#Marche10Novembre5 35617:48 – 10 nov. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité4 352 personnes parlent à ce sujet

Le troisième singe met la main devant sa bouche pour ne pas s’exprimer. On eût aimé que ce fût le cas de Raquel Garrido. La chroniqueuse Insoumise de la télé-réalité trouve formidable l’instrumentalisation de l’étoile jaune, car, assure-t-elle, « la Shoah ne concerne pas seulement les Juifs ». On est tenté, face à de tels propos, de faire comme les trois petits singes à la fois.

2- Se souvenir de l’étoile jaune est un garde-fou, un réflexe salutaire. Rien ne serait pire que l’oubli de cette étoile. Plus les gens s’en souviennent, s’y réfèrent, mieux c’est. Emmenons les classes voir les films qui parlent de la Shoah, visiter les musées, les camps.

Raquel Garrido@RaquelGarridoFr

3- L’étoile jaune n’est pas un objet privatisable aux fins de polémiques belligènes. Ds crime contre l’Humanité il y a Humanité. La Shoah ne concerne pas seulement les juifs. Elle concerne l’humanité toute entière. Se référer à l’étoile jaune a un sens : « plus jamais ça ».p

Le 11 Novembre. 35 000 Français juifs ont combattu pendant la 1ère Guerre Mondiale.

Par Israelvalley Desk|

Environ 35 000 Français juifs ont combattu avec loyauté pendant la 1ère Guerre Mondiale dont on célèbre aujourd’hui l’armistice. Soit 1/5 de la communauté juive française. Plus de 5000 tomberont au champ d’honneur ce qui n’a pas empêché la France de les livrer aux Nazis vingt-cinq ans plus tard. (Nathalie Sosna-Ofir)

L’armistice de 1918, signé le 11 novembre 1918 à 5 h 15, marque la fin des combats de la Première Guerre mondiale (1914-1918), la victoire des Alliés et la défaite totale de l’Allemagne, mais il ne s’agit pas d’une capitulation au sens propre.

Le cessez-le-feu est effectif à 11 heures, entraînant dans l’ensemble de la France des volées de cloches et des sonneries de clairons, et annonçant la fin d’une guerre qui a fait pour l’ensemble des belligérants plus de 18,6 millions de morts, d’invalides et de mutilés, dont 8 millions de civils. Les représentants allemands et alliés se réunissent dans un wagon-restaurant aménagé provenant du train d’état-major du maréchal Foch, dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne.

Plus tard, le 28 juin 1919, à Versailles, est signé le traité de paix, qui met réellement fin à l’état de guerre.

( Je me permettrai une petite rectification à savoir que prés de 40% d’adultes Juifs ont participé à cette guerre inhumaine )

Le Bnvca en colère condamne vivement tous ceux qui ont arboré l’étoile Jaune lors de la manifestation contre l’islamophobie le 10 novembre à Paris.

Nous considérons qu’il s’agit d’une injure faite aux juifs contraints de porter l’étoile Jaune pour les discriminer.    

C’est une offense faite aux victimes du nazisme et une insulte aux juifs, raflés, arrêtés, déportés, assassines, brûlés parce que juifs.                                                

Nous sommes et nous restons solidaires des musulmans victimes d’agressions mais nous considérons que cet amalgame avec ce qu’ont subi les juifs est obscène.

Les musulmans en France sont libres et respectés, ils peuvent aller et venir, ils bénéficient comme tous les français, de toutes les libertés publiques, liberté d’expression, liberté de penser, liberté de prier, ce dont les Juifs ont été privés pour mieux les déshumaniser.                                                  

Dire que la France est raciste est une insulte faite à notre pays.                             

Nous condamnons tout particulièrement la Sénatrice, bien connue qui s’est allègrement prêtée à cet outrage, qui fait une surenchère morbide de la victimisation et une concurrence victimaire.                                                       

Nous tenons à faire observer que jamais ceux qui ont manifesté ce dimanche contre l’islamophobie ne se sont rassemblés contre l’antisémitisme ou contre l’islamo terrorisme anti juif, qui a assassiné des enfants juifs à Toulouse et deux femmes à leur domicile à Paris.                                           

Le Bnvca attend des autorités dirigeant l’islam de France de prendre toutes les mesures de nature à rétablir la vérité et mettre un terme à ce type de comparaison fausse et insoutenable.

La sénatrice italienne Liliana Segre, survivante de l’holocauste, mise sous protection policière face aux menaces reçues

I.V Pour RTBF

Liliana Segre, survivante de l'holocauste, mise sous protection policière
Liliana Segre, survivante de l’holocauste, mise sous protection policière – © Chaîne Youtube du sénat italien

A compter de ce jeudi, la police du commandement de la province de Milan escortera à vie la sénatrice, Liliana Segre, déportée en janvier 1944 de la plate-forme 21 de la Gare centrale vers le camp d’Auschwitz. Cette mesure de sécurité décidée à l’encontre de cette survivante de l’Holocauste a été décidée hier au sein du Comité pour la sécurité et l’ordre public et sous la supervision de la direction de la police.N

La sénatrice italienne fait, en effet, l’objet d’une augmentation exponentielle de menaces à son encontre, celle-ci avouant recevoir près de 200 messages de haine par jour, via les réseaux sociaux. Ce nombre élevé, conjugué aux participations fréquentes de la sénatrice à des conférences ou débats, a accéléré la prise de cette décision de la mettre sous protection policière. A 89 ans, Liliana Segre ne refuse jamais une invitation à un événement public. Celle-ci a réagi à ses menaces en déclarant que ” chaque minute doit être vécue. Nous devons voir les bonnes choses qui nous entourent et ne pas perdre de temps à écrire à une femme de 90 ans pour lui souhaiter la mort.”

L’origine de cette campagne de messages haineux à l’égard de Liliana Segre date de 2018. Un dossier avait été ouvert par le Procureur général sous la coordination du pôle anti terroriste, mais c’est l’actuelle ministre de l’Intérieur, Luciana Lamorgese, qui a fait de cette mise sous protection policière de la sénatrice, une priorité. Celle-ci sera d’application jusqu’à sa mort.

La sénatrice Liliana Segre avait été fortement applaudie (hormis par l’extrême-droite) ce 31 octobre suite à sa demande (et au vote de celle-ci) pour la création d’une commission extraordinaire contre la haine, le racisme et l’antisémitisme

Juifs et musulmans célèbrent le bicentenaire de « Pourim de Sarajevo »

En 1819, des musulmans se sont soulevés contre un gouverneur ottoman qui menaçait de tuer l’élite de la communauté juive de la ville, une histoire qui rappelle le Pourim biblique

Par AFP

Vue sur la ville de Sarajevo (Crédit : Bjoertvedt/CC BY SA 3.0)

Vue sur la ville de Sarajevo (Crédit : Bjoertvedt/CC BY SA 3.0)

L’histoire est vieille de deux siècles et méconnue à Sarajevo: en 1819, des musulmans se sont soulevés contre un gouverneur ottoman qui avait menacé de tuer l’élite de la communauté juive de la ville.

Pour marquer le bicentenaire de cette « délivrance miraculeuse », les communautés juive et musulmane de Bosnie ont organisé cette semaine une conférence sur ce « Pourim de Sarajevo », à leurs yeux un événement qui s’inscrit dans un « modèle de coexistence » des deux communautés.

Dans la tradition juive, Pourim est une fête qui est célébrée chaque année au mois d’Adar du calendrier hébraïque (fin de l’hiver/début du printemps). Elle commémore la délivrance des juifs menacés d’un massacre sous l’empire perse, selon la Bible.

A Sarajevo, la petite communauté juive fête aussi son propre Pourim, en octobre.

« L’exemple de Sarajevo et de la Bosnie-Herzégovine peut servir de modèle pour une vie normale et commune entre juifs et musulmans », a déclaré lors de la conférence Jakob Finci, président de la communauté juive de Bosnie.

Jakob Finci, chef de la communauté juive de Bosnie-Herzégovine, dans son bureau de Sarajevo (Anne Joseph / The Times of Israel)

Expulsés d’Espagne en 1492, les juifs séfarades avaient trouvé refuge à Sarajevo, sous tutelle ottomane. Avec 12 500 personnes, ils représentaient 15 à 20 % de sa population avant la Seconde guerre mondiale.

Mais la ville fut alors soumise aux exactions des Oustachis croates pronazis, rejoints par de nombreux musulmans de Bosnie. Des juifs déportés, 12 000 ne sont pas revenus des camps de concentration.

Dans une ville d’environ 340 000 habitants, dont plus de 80 % de musulmans, la communauté juive compte aujourd’hui entre 700 et 800 personnes, selon Jakob Finci.

En octobre 1819, le gouverneur ottoman de la Bosnie, Ruzdi-pacha, avait emprisonné l’élite de la communauté juive de Sarajevo, soit 11 personne, dont un rabbin, Rav Mose Danon. Il avait demandé une rançon colossale pour leur libération.

« Des musulmans de Sarajevo se sont soulevés, ils sont allés devant la prison et ont menacé de tout détruire et incendier si Rav Mose Danon et les autres n’étaient pas libérés », raconte Jakob Finci

“Today, when the evils of anti-Semitism and Islamophobia are getting stronger in our region, and around Europe and the world, we need to renew our commitment to one another to be good neighbors and to watch over one another, as we did in the past.” – Mufti Kavazović

Ermin Sinanović@SinanovicErmin

Jakob Finci, President of the BH Jewish community, “This event that took place 200 years ago has equal importance today when Islamophobia threatens diplomatic relations and when the status of Muslims in some countries is simply unacceptable.”

Selon la légende, 3 000 hommes ont participé au soulèvement.

« La communauté avait alors été sauvée. Si les 11 figures de proue de la communauté avaient été tuées, elle aurait probablement disparu », explique l’historien Eli Tauber, auteur d’un livre sur le sujet à paraître bientôt.

Plusieurs personnalités musulmanes ont assisté à la conférence. « Les musulmans et les juifs bosniens sont un corps, nos liens ont été tissés aussi bien dans les périodes d’épreuves que dans les périodes de prospérité », a dit le grand mufti de Bosnie, Husein Kavazovic, dans un message lu par son représentant.

Cohn-Bendit vante la démocratie musulmane : mon “ami”, tu t’es vendu à l’ennemi

Avatar de taoufikbenbrik

Par taoufikbenbrik
Écrivain

LE PLUS. L’écrivain et journaliste tunisien Taoufik Ben Brik considère qu’il a perdu un ami. Depuis le Printemps arabe en Tunisie, il ne supporte plus les prises de position de l’eurodéputé Daniel Cohn-Bendit concernant un islam qui peut aller de pair avec la démocratie. Il s’en explique.

Édité par helenedecommer  

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Daniel Cohn-Bendit à Lisbonne, le 21/06/13 (JEROME MARS/JDD/SIPA)

Daniel Cohn-Bendit à Lisbonne,

Je suis au bord de l’apoplexie. Je n’en reviens pas. Jugez-en par vous même : par les temps qui courent, les gens du nord, nos amis français, allemands, italiens, espagnols, hollandais, suédois… tiennent coûte que coûte à nous vendre une marchandise formatée dans leurs boîtes de renseignements et leurs polices de désinformation : la démocratie musulmane.

Cohn-Bendit débarque et sait mieux que nous

Voilà Daniel Cohen Bendit, la grande gueule de la rive gauche qui s’invite – depuis l’avènement du 14 janvier, la révolution Bouazizi – chez nous sans protocole ni grande pompe, pour prêcher : Il faut que la démocratie musulmane réussisse.

Et gare au bledard qui émet le moindre doute. Vous serez taxé de pauvre gauchiste stupide et obtus si jamais vous lui dites : “Dany, les islamistes sont pire que les fascistes. Ils veulent ériger un régime d’inquisition, anachronique et archaïque. Dany, n’oublie jamais qu’on a commis une révolution, et toute révolution s’impose l’égalité et le progrès. Elle réinvente la liberté, l’espoir, le bonheur. Tes islamistes veulent nous renvoyer à l’âge de pierre de la politique: plus de relais dans la société, plus de partis, plus de syndicat et bien sûr plus de presse. Dany, l’islamisme, c’est un récif d’acier sur lequel, le way of life du Tunisien se fracasse. L’islamisme c’est l’antidote du poison révolutionnaire”.

Là, Daniel, le faux monnayeur que j’aime, lâche sa phrase bidon : “C’est plus compliqué que ça. Tu te goures mon grand Toto. Pourquoi vous n’essayez pas de collaborer, de négocier ou chercher un compromis ?”

Je suis abasourdi : “Dany, mon petit, y a des limites. C’est plus compliqué que ça, dis-tu !? Tu débarques de ton pays froid et brumeux, pays de la pensée ivrogne, dans mon pays, pays de la lumière et de la pensée révoltée, et en un temps lumière, le temps d’un embarquement et d’un débarquement, juste une heure ; et déjà tu comprends ce qui m’est compliqué. Tu m’accuses d’être l’analphabète de mon propre pays ! Normal ? Tu veux m’enseigner la Tunisie ? Tu veux me faire gober ce qui est bon et moins bon, ce qu’il faut et ce qu’il ne faut pas pour le pays qui est le mien ? Tu veux faire la politique à ma place chez moi ? Tu veux me vendre ta pacotille ?

Nos routes se séparent 

Incroyable, tu deviens un blanchisseur des islamistes ? Hier seulement, tu étais mon ami. Je faisais appel à toi chaque fois que je me brouille avec Ben Ali. Tu m’accompagnais à Tunis et tu leur disais : “Ne touchez pas à mon pote”. Tu m’invitais au Parlement européen pour parler de la Tunisie bafouée, humiliée, meurtrie. Tu as préfacé mon livre “Ben Avi la momie”. Tu m’as offert un ordinateur portable pour écrire “Le rire de la baleine”.

Aujourd’hui, tu t’es vendu à l’ennemi. Nos routes se séparent.

Au temps où les hommes tuaient les hommes pour rien, un homme plus intelligent que moi, Albert Camus, disait aux fascistes de tous poils : “J’aime trop mon pays pour être nationaliste”. Au temps, mon temps, le temps des islamistes qui accablent mon pays avec le poids de la terreur, du charlatanisme et des chimères, je dis à Daniel Cohen Bendit : “J’aime trop mon pays pour accepter les islamistes.”

Daniel, j’aime mon  pays, la Tunisie. J’aime le sel de sa terre. J’aime son vent qui poursuit le vent, ses arbres qui marchent la nuit. J’aime son histoire, son bruit, sa fureur. Je ne défends pas mon droit d’y vivre, je défends le droit de mon pays de vivre. Libre. Comme c’est dur de défendre mon pays.

Toulouse : « Une flambée considérable des actes antisémites », sept ans après la tuerie d’Ozar Hatorah

SOCIETE  Sept ans après la tuerie perpétrée à l’école juive Ozar Hatorah, une allée du jardin Michelet était baptisée ce mardi du nom des victimes du terrorisme. Depuis, les actes antisémites ont connu une hausse importante selon les responsables de la communauté

Béatrice Colin pour 20 Minutes Toulouse

Un jeune homme porte une kippa lors d'une manifestation contre l'antisémitisme à Cologne.
Un jeune homme porte une kippa lors d’une manifestation contre l’antisémitisme à Cologne. — Henning Kaiser/AP/SIPA
  • Ce mardi, une allée du jardin Michelet, dans le quartier Bonnefoy de Toulouse, était baptisée des noms des quatre victimes assassinées le 19 mars 2012 à l’école juive d’Ozar Hatorah.
  • Un hommage leur a été rendu en présence de leurs familles, de Nicolas Sarkozy et de Jean-Michel Blanquer.
  • Depuis sept ans, les actes antisémites se sont multipliés dans la Ville rose. Entre mars et juin, le parquet a dénombré plusieurs dizaines de faits.

Sept ans après les tueries perpétrées le 19 mars 2012 à l’école juive Ozar Hatorah de Toulouse, ce mardi matin, l’allée Monsonégo-Sandler était inaugurée au sein du jardin Michelet, en hommage à Myriam, Arié, Gabriel et Jonathan, les quatre victimes du terroriste Mohamed Merah.

« Ce jour-là, j’ai vu de mes yeux ce que les yeux d’aucun homme ne peut accepter de voir. C’est inacceptable, c’est innommable, cela ne doit pas se reproduire. Si cela continue c’est qu’on peut faire mieux », a soutenu Nicolas Sarkozy, président de la République de l’époque, présent aux côtés des familles et de la communauté juive.

Jean-Michel Blanquer@jmblanquer

Nous n’oublions pas!
Et nous agissons pour que la République soit forte face au fanatisme.
À Toulouse, 7 ans après, avec les familles, les élus , les citoyens et @NicolasSarkozy @jlmoudenc pour inaugurer un lieu de commémoration pour Myriam, Arié, Gabriel et Jonathan.

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A Toulouse, cette dernière est depuis plusieurs années la cible d’actes antisémites. « On aurait pu croire qu’en 2012 les choses se seraient figées au regard des événements tragiques qui s’y sont déroulés, rien du tout, nous sommes dans une flambée considérable. Toulouse est aujourd’hui une des places fortes de l’antisémitisme en France », déplore Franck Touboul, le président régional du Conseil représentatif des institutions juives (CRIF).

Crachats, insultes

Régulièrement, il est contraint de reloger des familles, « souvent dans des situations précaires, parce que leur judaïsme est connu de leurs voisins et ils vivent un enfer dans des quartiers ».

« Mes rabbins sont régulièrement insultés, sont obligés de faire des détours pour se rendre à la synagogue parce qu’ils savent que dans telle ou telle rue, ils risquent quelque chose, on leur crache dessus. Je me dis que l’histoire bégaye, les auteurs sont différents, ils ont un nouveau visage mais ils véhiculent la même haine, les mêmes clichés », poursuit ce responsable qui a vu de nombreuses familles émigrer, de nombreux jeunes partir après avoir eu leur bac.

Pour que ces actes ne restent plus lettre morte, depuis quelques mois, un référent judiciaire a été nommé par le Crif pour signaler tous les faits à un magistrat du parquet de Toulouse.

En quatre mois, 84 faits recensés

« Le 1er mars, un groupe local de traitement de la délinquance dédié à la lutte contre toutes les formes de discrimination a été mis en place, il permet d’analyser le phénomène et les types d’infractions. Entre mars et juin, nous avons eu 84 faits recensés, majoritairement des actes antisémites, que ce soit des insultes, des agressions ou du vandalisme. Nous enquêtons systématiquement », indique le procureur de la République de Toulouse, Dominique Alzéari qui enregistre une hausse des faits dénoncés.

Un impératif pour Franck Touboul, qui doit être accompagné selon lui d’un plan Marshall avec des mesures fortes sur ces questions, notamment au sein de l’éducation nationale. « Aujourd’hui je suis président d’une communauté qui est dans une phase de déclin, c’est une disparition programmée sur plusieurs décennies, 20 ans, 30 ans, pas plus. Je ne vois pas comment les choses peuvent changer. Il y a antisémitisme ordinaire, du quotidien qui rend la vie très compliquée. Il ne peut pas y avoir de police derrière tous les juifs, nous ne le souhaitons pas », poursuit Franck Touboul pour qui ce combat ne doit pas être uniquement celui des juifs, mais de tous.

Erdogan réitère ses menaces de faire déferler sur l’Europe les millions de syriens installés en Turquie

Erdogan se fâche/Twitter
Erdogan se fâche/DR

Ce jeudi, lors d’un déplacement en Hongrie, le dictateur islamiste Recep Tayyip Erdogan a réitéré ses menaces de faire déferler sur l’Europe les millions de syriens installés en Turquie, exigeant de la communauté internationale de construire carrément des villes pour les réinstaller en Syrie.

Plus de quatre millions de clandestins, dont quelque 3,6 millions de Syriens ayant fui le conflit depuis 2011. Erdogan a menacé que s’il n’obtenait pas satisfaction “nous n’aurons pas d’autre choix que d’ouvrir les portes” vers l’Europe.

La Turquie est une véritable plaque tournante de l’immigration clandestine à destination de l’Europe, un accord conclu en 2016 entre Ankara et l’UE était sensé régler le problème, mais le dictateur islamiste se livre à un chantage pour exiger plus d’argent des européens.

Erdogan exige donc de la communauté internationale de financer la construction d’une ou plusieurs nouvelles villes dans la zone où Ankara a lancé son opération en Syrie. Le dictateur turc a affirmé que le chef de l’ONU Antonio Guterres, a promis de collaborer pour pour récolter des fonds, lors d’un sommet organisé pour cette occasion.

Source: AFP

Emmanuel Macron a inauguré à Paris le nouveau Centre européen du judaïsme (CEJ), vaste édifice culturel et religieux dans le 17e arrondissement. Barbara Lefebvre analyse le discours du président et dénonce une instrumentalisation qui fait le jeu de sa politique communautariste.

Le 29 octobre 2019 à Paris, le Président Macron échange avec Haïm Korsia, le grand rabbin de France, lors de l’inauguration du CEJ © Ian Langsdon/AP/SIPA Numéro de reportage: AP22393877_00000

Le discours d’Emmanuel Macron lors de l’inauguration du Centre Européen du Judaïsme (CEJ) le 29 octobre dernier aura coché toutes les cases de l’exposé d’un président à « ses braves citoyens juifs ». Il témoigne néanmoins de l’impasse dans laquelle nous sommes collectivement tant ce discours révèle un décalage historique que le président, les élites qu’il incarne – dont notamment les notables juifs présents ce soir-là – ne semblent pas mesurer. Ces paroles sont vides de sens du point de vue politique car la République qui les prononce n’est plus la même : la République n’est plus ni indivisible ni la représentante d’un corps national tel que Renan l’avait défini. Cette République postmoderne et multiculturelle, n’est plus qu’un régime politique, une carcasse institutionnelle encore fonctionnelle (merci Debré, merci de Gaulle), mais la nation est décharnée. La puissance publique postmoderne est une sorte de Léviathan expert-comptable, un gestionnaire et non un stratège. Elle n’a plus de pouvoirs politiques majeurs les ayant, depuis un demi-siècle, un à un délégué à une puissance supranationale, qui à l’Etat maastrichtien, qui à l’OTAN, qui aux marchés financiers (dont nous sommes l’otage du fait de notre niveau d’endettement), qui aux entreprises transnationales dévouées à la civilisation des machines globale. A quoi sert l’Etat républicain sinon à maintenir une illusion d’union nationale à coups de grands discours ?

Macron joue la partition communautaire…

Nos autorités sont dans une forme de dissonance cognitive qui accentue les tensions du corps social. Elles tiennent aujourd’hui un discours républicain hérité du passé à un pays fracturé qui souffre de ne plus se reconnaître comme nation. Elles jouent le jeu de la partition communautaire tout en la dénonçant : pur cynisme politique. Conscient que l’une de ces « communautés », nouvellement implantée, manifeste dans ses marges extrémistes des velléités de sécession et menace l’ensemble d’un édifice social déjà fragilisé, l’Etat a fait le choix assumé depuis la présidence Sarkozy (qui partage avec le président Macron le même tropisme anglosaxon) de saucissonner la nation en parts de marché communautaire. La tyrannie des minorités de toutes engeances est en train d’instaurer un régime autoritaire, et cela commence par la révision du vocabulaire public autorisé et par une écriture falsifiée du réel. Je ne parlerai pas ici de déni comme cela est fait régulièrement car je ne crois pas à un mécanisme inconscient de ce reformatage de nos représentations sociales et culturelles par la doxa diversitaire.

Les Juifs servent à cet égard de parfait outil de falsification du réel : le régime de terreur dans lequel ils vivent depuis vingt ans dans les « territoires perdus de la République » serait exagéré et ceux qui comme les auteurs de l’ouvrage précité le décrivent ne sont au fond que des racistes antimusulmans. Le procès contre Georges Bensoussan aura démontré la haine à l’égard de l’auteur-coordinateur des Territoires perdus de la République et surtout l’historien de Juifs en pays arabes. Le grand déracinement. Ce qu’ont vécu les Français juifs dans les banlieues islamisées et racaillisées n’existerait que sous la forme de regrettables incidents anecdotiques, à l’instar de ce qu’ils vécurent dans les pays arabes en termes de soumission pluriséculaire et d’humiliation institutionnalisée, motivées par un antijudaïsme inscrit au cœur même de la littérature islamique (Coran, hadiths, fatwas etc.). Emmanuel Macron l’a d’ailleurs démontré le 29 octobre : pas un mot sur la nature, le visage de « l’antisémitisme contemporain » (sic) subi par les Français juifs dans « ces quartiers perdus » (sic). Quand il évoque les victimes d’attentats antijuifs d’Ilan Halimi à Mireille Knoll (oubliant au passage Sébastien Sellam), il se garde d’identifier le profil commun des tueurs. A croire que ces douze victimes ont été ciblées et assassinées par des soldats de Dark Vador, mus par des forces obscures. Rappelons-lui de qui il s’agissait : des criminels justifiant leurs actes en invoquant l’islam (dévoyé ou non, ce n’est pas l’affaire de la victime qui y a laissé la vie, ni de ceux qui doivent vivre avec cette absence).

… et la comédie!

Emmanuel Macron a-t-il estimé que parce qu’il s’exprimait devant des juifs il n’était pas utile d’identifier explicitement l’idéologie commune à leurs bourreaux ? On peut en douter puisque quelques minutes plus tard il fut plus explicite sur la vraie menace qui pèserait sur les Français juifs, et là nous n’étions plus dans le déni ou le non-dit, mais dans le mensonge politique. Après avoir salué « l’acte de résistance et de confiance dans la France » (sic) que représentait la construction du CEJ, le président prit un de ces airs graves légèrement surjoué qu’il utilise avant de prononcer une sentence : « l’histoire revient avec son pas lourd, et la bête quaternaire se réavance pour nous menacer ». Nous y revoila, l’acte 2 du quinquennat est aussi la Saison 2 du feuilleton à succès « Le retour de la bête immonde ». Convoquer la peste brune, les heures sombres de notre histoire pour évoquer la menace subie par les juifs vivant en France relève de l’insulte historique, mémorielle, politique. Et le président Macron d’enfoncer le clou en évoquant l’attaque antisémite en Allemagne du 9 octobre pour la comparer à ce qui se passe en France. Quel juif, quelle synagogue, quel magasin casher, quelle école privée juive, ont été ciblés par un terroriste d’extrême-droite en France ? La réponse est simple : aucun. Cela ne signifie pas que l’antisémitisme d’extrême-droite n’existe plus, mais ce qui est certain c’est que ce n’est pas lui qui terrorise, fait déménager voire tue des Français juifs. Au passage, j’aimerais savoir qui dans la salle du CEJ connaissait le roman de Renée Massip La bête quaternaire publié en 1963 auquel fit allusion le président ! Ce livre sur une femme engagée dans la Résistance pendant l’Occupation n’a laissé une trace majeure ni dans la littérature, ni dans la mémoire collective ; mais cela permit au président d’accroitre son champ lexical de « bête immonde ».

Lorsque le président Macron fit une seule allusion à la relation entre juifs et musulmans, il nous transporta à Cordoue au 9ème siècle ! Il eut alors ce raccourci saisissant : « malgré leur statut de dhimmi les juifs ont rayonné ». Ah ces juifs, ils ont de la ressource quand même… Le président nous dit en sous-titre que malgré le statut de sujets soumis et discriminés par leurs maîtres musulmans, cela n’empêcha pas les juifs d’exister et de briller dans les arts, la médecine, la philosophie. Finalement de quoi se plaint-on ? Est-ce là un de ces énièmes anachronismes historiques macroniens pour dire aux Français juifs de 2019 qu’accepter de se soumettre à l’islam politique majoritaire dans tel ou tel quartier, ce n’est finalement pas si terrible au regard du destin juif vu par la grande Histoire ? Mais Emmanuel Macron semble ignorer que seule une infime minorité de juifs proches du pouvoir musulman médiéval était épargnée par les conséquences de l’infamie et put « rayonner » ; d’ailleurs la plupart des grands sages du judaïsme andalou eurent des vies faites d’instabilité, d’exil, de peur. L’immense majorité des juifs n’eut pas l’occasion de « rayonner », elle était enfermée dans un quartier dédié qui inspirera le ghetto italien, portait des signes distinctifs qui inspireront la rouelle dans l’Occident chrétien, payait des impôts supplémentaires. La discrimination institutionnalisée en islam – et la ségrégation de facto qu’elle imposa partout aux minorités religieuses – a été une source d’inspiration pour la Chrétienté médiévale, et non l’inverse. Mais certains mythes sont apparemment impossibles à décrypter tant ils servent à maintenir notre actuel rêverie sur le « vivre ensemble ». Les juifs du monde arabe ne furent pas plus heureux sous le joug de théocraties islamiques successives que sous le joug des monarchies chrétiennes, où les périodes de tranquillité succédaient à celles de persécutions. Les Français juifs qui vivent dans une démocratie dont ils respectent les lois, les valeurs, le destin national, n’ont pas à accepter qu’on minimise la réalité de leur sort actuel en le comparant à celui, mystifié, de leurs lointains ancêtres vivant dans des régimes théocratiques.

L’armée en dernier recours?

Les avanies de l’histoire ont toujours frappé en premier lieu les juifs les plus modestes ; ceux qui n’avaient ni les moyens de fuir, ni ceux de se protéger de la fureur du maître. Une part importante de « la communauté juive » de France a vécu des années 1950 à la fin des années 1990 dans les banlieues ou les quartiers populaires des grandes métropoles, ils étaient des travailleurs de la classe ouvrière et surtout de la petite classe moyenne celle des commerçants et artisans, souvent fraichement débarqués d’Afrique du nord mais aussi descendants d’immigrés d’Europe de l’est, les premiers plus pratiquants que les seconds. En 2019, ce judaïsme de banlieue n’existe plus que sous une forme résiduelle, souvent dans un entre-soi religieux puisque ce type de collectif sert de garantie sécuritaire aux individus. L’esprit du dhimmi a ressurgi, on accepte de vivre enfermés dans des synagogues sous vidéo surveillance en prétendant que tout va bien puisqu’ « ils nous laissent tranquilles tant qu’on reste entre nous ». C’est en effet le rêve des islamistes et l’aubaine des dealers : chacun chez soi, nous gardons le territoire ; nos femmes, nos enfants ne se mélangent pas. Effet d’aubaine aussi pour certaines boutiques juives orthodoxes qui gèrent la paix froide avec les islamistes locaux. Ainsi les écoles privées juives notamment hors contrat ont-elles connu un essor phénoménal sur les deux décennies écoulées, l’Education nationale ayant renoncé à protéger les élèves de la racaille, qui pourrit aussi la vie de la majorité silencieuse qui n’a nulle part où fuir. Nous en avons raconté le quotidien dans Les territoires perdus de la République en 2002, pas un mot n’est à retirer de nos témoignages. Tout cela révélait que la République, la nation était en perdition depuis les années 1990, qu’il fallait agir pour punir, traquer les islamistes et les mafieux de ces territoires quand ils étaient encore assez minoritaires. Aujourd’hui en 2019, tout le monde sait qu’il faudrait a minima l’armée pour que la République y reprenne pieds. Et tout le monde sait que le courage politique n’est pas là pour un tel rétablissement de l’ordre public. On se donne des grands airs de défenseurs de la République en éborgnant des Gilets jaunes tandis qu’on laisse la pire des gangrènes se développer sous nos yeux grands fermés, pour reprendre le titre de l’ouvrage de Michèle Tribalat.

Les Français juifs « d’en bas », ceux du « judaïsme périphérique » comme existe une France périphérique, étaient au front, eux, avec leurs concitoyens condamnés économiquement à demeurer dans ces quartiers en sécession. Les « juifs d’en haut » ont mis du temps à se rendre compte de la calamité. Quand les Juifs, de milieu modeste notamment, quittent ou envisagent de quitter (40% selon une enquête Ifop) leur terre natale – hors temps de guerre – c’est le signe que le pays va mal. A l’image de certains mammifères qui fuient leur zone d’habitat avant une catastrophe naturelle, les juifs ont acquis par l’habitude de l’histoire la capacité à sentir venir le tsunami qui va les emporter, avant de saisir la société toute entière. Il aura en effet fallu le 7 janvier 2015 puis le 13 novembre pour que les Français comprennent qui était leur ennemi : l’islam politique – et son expression en actes, le djihadisme – est la pire menace que la France ait connue depuis quatre-vingts ans. Les Français juifs qui alertent depuis plus de deux décennies ne sont ni des racistes anti-arabes, ni des obsessionnels de la persécution, ce sont des citoyens soucieux de défendre leur pays, la France que leurs aïeuls avaient choisi et leur ont appris à aimer, parfois passionnément. Quand leurs alertes ne sont pas entendues par souci de la bien-pensance, ces juifs-là sont traités de pompiers-pyromanes, accusés de « faire le jeu de ». L’auteur de ces lignes s’est même vu qualifiée par des soi-disant défenseurs de la République « d’agent de la tenaille identitaire ».

Stratagème écœurant

Voici au moins quatre décennies que les Français juifs sont devenus la variable d’ajustement dont abuse le discours étatique pour promouvoir le « vivre ensemble » et se désoler tout à la fois de son échec ! La puissance publique utilise l’argument de l’exemplarité du modèle juif d’intégration pour dissimuler son échec à intégrer des vagues migratoires récentes au nom du multiculturalisme et du droit à la différence. Cette façon de détourner l’attention du problème réel  pour servir un discours politicien est banal en soi. Mais on est en droit d’être écœuré de voir ce stratagème utiliser en s’appuyant sur l’histoire de l’extermination des Juifs d’Europe et la mémoire de ses victimes, qui plus est avec le concours zélés d’institutionnels juifs prétendument représentatifs.

Cette instrumentalisation de l’histoire de la Shoah ne date pas d’hier, la fondation même de SOS Racisme repose sur ce récit universalisant du « martyre juif » qu’on peut utiliser à toutes les sauces antiracistes puisque cette histoire a été au préalable parfaitement dépolitisée, décontextualisée, finalement déjudaïsée. Pas étonnant donc que le CCIF et autres collectifs de « mamans voilées » privées de sorties scolaires, osent se comparer « aux juifs des années 30 » comme en ont témoigné plusieurs dessins infâmes sur les réseaux sociaux ces dernières semaines. Si Emmanuel Macron n’est pas l’inventeur de cette instrumentalisation, il l’a poussée ces trois dernières années à des extrémités insupportables. Quelques exemples significatifs : pendant la campagne sa directrice de la communication Sibeth Ndiaye évoquait le « copyright » des juifs sur le mot crime contre l’humanité, puis surtout le 30 avril 2017 lors de l’entre-deux tours des présidentielles la mise en scène au Mémorial de la Shoah (avec les responsables communautaires en arrière-plan) constitua une véritable instruction du « vote » de la communauté en agitant le spectre lepéniste comme si Hitler était ressuscité. Cérémonial répété en compagnie de Richard Ferrand et Gérard Larcher le 19 février dernier après une série d’actes antisémites (croix gammées apposées dans divers lieux, arbre planté en mémoire d’Ilan Halimi arraché). Et toujours le même discours vague : la hausse des faits antisémites est avérée mais n’est imputable à aucune idéologie sinon, comprend-on à demi-mot, au « repli nationaliste », « aux extrêmes qui nourrissent la peur de l’autre ». L’islamisme n’a rien à voir dans tout cela, c’est « la bête immonde quaternaire » qu’on-vous-dit !

Tout cela se fit avec le soutien inconditionnel d’une majorité des élites et notables juifs, certains à la tête d’institutions, d’autres accompagnant l’ascension et le pouvoir macronien avec dévotion. Ainsi le CRIF ne recula ni devant l’insulte à l’intelligence civique de ses coreligionnaires, ni devant le principe de neutralité politique auquel il devrait s’astreindre, en achetant une pleine page du Figaro le 23 mai 2019 pendant la campagne des Européennes. Une poignée d’individus auto-proclamés représentants de chacun des citoyens Français juifs ont décidé qu’il fallait adresser une consigne de vote, tel Tocqueville emmenant « ses paysans normands » voter en avril 1848 : « Les communautés juives d’Europe ont payé un lourd tribut à ces replis nationalistes et identitaires. Elles ne peuvent pas rester indifférentes à ce qui se jouera dans les urnes. Le 26 mai il faudra écarter les listes extrémistes et populistes (de droite comme de gauche) qui veulent porter atteinte aux droits de l’Homme, aux libertés publiques, à la liberté religieuse et fraient avec le négationnisme, l’antisémitisme ou l’antisionisme. Le 26 mai prochain, votez et faites voter pour les listes qui défendent les valeurs démocratiques et les droits fondamentaux ! ». Quelle est la légitimité du CRIF pour formuler de telles instructions, de telles analyses politiques ? Est-ce le mandat pour lequel ses dirigeants ont été élus ?

Ces juifs « d’en haut » qui desservent la bonne cause

Ces « juifs d’en haut » (voire « très haut ») portent préjudice aux Français juifs et sont les fossoyeurs du judaïsme français depuis plus de trente ans. Ils exploitent une rente morale qui leur permet d’obtenir, conserver, voire transmettre des postes souvent lucratifs sur le dos de la communauté juive dont le nombre va diminuant, dont les ressources tant morales que financières s’épuisent. A cet égard, on peut s’interroger sur l’utilité d’endetter (7 millions d’euros) lourdement les institutions juives pour construire un Centre Européen du Judaïsme à Paris où d’autres lieux existent déjà et suffisent à satisfaire la demande culturelle juive, qui elle aussi va en diminuant tragiquement à l’image de la démographie juive française : le Centre Rachi, le Centre Fleg, le MAHJ, le Centre communautaire La Fayette notamment ne suffisent-ils pas ? A moins que le CEJ n’ait d’intérêt que pour sa synagogue ; pourtant à Paris elles ne sont vraiment pleines qu’une fois par an, à Kippour. Pourquoi en fallait-il encore une nouvelle de 600 places ?

Le CEJ, comme le discours présidentiel qui l’a inauguré, apparaît non pas comme un outil redonnant de l’élan à ce judaïsme français qui fut autrefois intellectuellement brillant, il est au contraire comme un adieu à la France. L’adieu à l’Ecole d’Orsay, aux Colloques organisés à partir de 1957 où les esprits puissants de Léon Ashkenazi, André Neher, Emmanuel Levinas, Vladimir Jankélévitch, Albert Memmi, Raymond Aron, entre autres, se firent entendre pour former cette intelligence collective lumineuse aujourd’hui évanouie dans l’individualisme consumériste et le grand-embourgeoisement d’une poignée de notables sans envergure intellectuelle, ni spirituelle. Quand Ashkenazi-Manitou et Neher cherchaient à éclairer les Français juifs à la lumière des maîtres du judaïsme, les notables cherchent aujourd’hui à briller dans l’ombre du monarque, sous les ors d’une République expirante. Quand Levinas et Benjamin Gross aidaient les Français juifs à mieux comprendre le monde à la lumière de la philosophie et de la pensée juive, le grand rabbin de France aujourd’hui invite le dirigeant wahhabite Mohamed al-Issa de la Ligue islamique mondiale en pèlerinage Auschwitz (que ne l’invite-t-il à prier avec lui sur le Mont du Temple s’il s’agit de dialogue interreligieux ?). Le judaïsme français s’est expatrié en Israël au cours des vingt dernières années, de là-bas les successeurs des maîtres cités ici essaient encore de le faire briller, mais tout le monde a conscience que ce sont ses derniers feux. Ceux des Français juifs qui regardent le réel en face ont  compris que si leur pays, la France, ne prend pas son destin national en main, cette magnifique patrie s’éteindra aussi.

Pascal Bruckner: «Cette gauche qui va défiler aux côtés de tous les extrémistes de l’islam»

ENTRETIEN – Les responsables politiques de gauche qui appellent à manifester le 10 novembre «contre l’islamophobie» commettent une faute très grave, juge le philosophe et romancier.

Par Paul Sugy et Guillaume Perrault


Dernier ouvrage paru: Un racisme imaginaire. La querelle de l’islamophobie (Grasset, 2017).


LE FIGARO. – Le 1er novembre, dans Libération, une cinquantaine de pétitionnaires ont appelé à manifester «contre l’islamophobie» dimanche à Paris. Que pensez-vous des arguments invoqués dans ce texte à l’appui de cette notion discutée?

Pascal BRUCKNER. – Si j’ai bien lu cette tribune, toute espèce de nuance ou de réticence à l’égard de l’islam est assimilée à un acte raciste! La critique de la religion musulmane conduirait de façon inéluctable, selon les signataires, à des attentats contre des musulmans dans notre pays. Ces manifestants réclament pour l’islam un statut d’exception jamais octroyé au christianisme, au judaïsme, à l’hindouisme. Un froncement de sourcil, et vous voilà jeté dans le camp des racistes! Jean-Michel Blanquer serait ainsi «islamophobe» pour avoir dit que le voile n’était pas souhaitable en France. L’humoriste Yassine Belattar lui a déconseillé de se rendre en Seine-Saint-Denis…

Que l’on soit clair: la République doit protéger ses ressortissants musulmans. C’est un devoir qui ne souffre aucune exception pour les mosquées comme pour les synagogues et les églises. Nous ne pourrions pas accepter représailles et vengeances. Ce serait terrible. Mais fort heureusement, nous n’en sommes pas là: la France n’est pas les États-Unis, ni l’Allemagne où des groupes néonazis prospèrent dans un climat social tendu.

Il y a certes en France un sentiment de méfiance à l’égard de l’islam, et qui me paraît légitime. Ce sentiment existe aussi dans les pays musulmans vis-à-vis des extrémismes: au Maroc, en Tunisie ou en Algérie, les pouvoirs politiques sont vent debout contre les groupements islamistes. Je ne crois pas en revanche qu’il y ait en France une réelle hostilité à l’égard des musulmans. La preuve en est que ceux-ci ne quittent pas le territoire national en masse, à la différence de nombreux Français juifs qui partent en Israël ou aux États-Unis car ils ont peur pour leur sécurité. Les musulmans français jouissent de toutes les libertés publiques, disposent de lieux de culte et d’un commerce halal très prospère. Leur situation n’est pas celle d’un apartheid, comme le soutiennent les auteurs de la tribune, qui font référence à des crimes ou des tentatives de meurtre très souvent imaginaires et dont on ne trouve nulle trace ailleurs que dans les tracts du CCIF.

En hurlant à «l’islamophobie», ces pétitionnaires rendent plus difficile l’exercice délicat qui consiste à différencier l’hostilité réelle, condamnable, à l’égard des musulmans, et la critique – légale et légitime – de la religion musulmane.L’apaisement face à l’extrémisme n’a pour effet que de le renforcer

De nombreux responsables politiques de gauche ont annoncé leur présence, même si certains font machine arrière. Qu’en penser?

Pour glaner misérablement quelques voix, la gauche perd son âme et va défiler aux côtés des antisémites, des intégristes, des salafistes et de tous les extrémistes de l’islam. Quelle volte-face, quand on sait qu’après l’attentat contre Charlie Hebdo, Jean-Luc Mélenchon avait déclaré dans un tweet: «Je conteste le terme d’islamophobie quoique je le comprenne. Ce sont les musulmans qui pensent qu’on leur en veut parce qu’ils sont musulmans. Moi, je défends l’idée qu’on a le droit de ne pas aimer l’islam.» Quelle misère! L’opportunisme et le conformisme idéologique de cette gauche lui vaudront d’être rejetée par les Français. Félicitons tout de même le Parti socialiste ainsi que François Ruffin, qui seront parmi les rares courageux à ne pas se joindre à la manifestation.

Par ailleurs, le 2 novembre, lors d’une manifestation hostile à Éric Zemmour devant la rédaction de CNews, un militant véhément, fiché S, vous a insulté ainsi que d’autres personnalités. Comment réagissez-vous?

C’est toujours désagréable à entendre, naturellement. Mais les pires insultes proférées par cet apprenti-terroriste haineux sont à l’encontre de Zineb El Rhazoui, Lydia Guirous, Mohamed Sifaoui et d’autres, qualifiés par lui, avec élégance, de «bougnoules de service» (sic). Je m’étonne que ce monsieur soit toujours en liberté: comment se fait-il que le parquet ne se soit pas saisi pour le mettre face à la responsabilité de ses propos? Ce discours quasi insurrectionnel est empli de haine, et l’on voit bien l’aversion qu’ont les intégristes pour la France. L’apaisement face à l’extrémisme n’a pour effet que de le renforcer.

La polémique sur les accompagnatrices voilées de sorties scolaires frappe par son ampleur et sa durée. Ce sujet est-il pour les Français l’occasion d’exprimer une préoccupation plus globale?

Les Français sont, dans leur très grande majorité, hostiles au symbole que représente le voile, qui exprime le rejet de notre culture. Mais j’ai là-dessus un avis très modéré: je crois que la priorité est de faire appliquer strictement les lois que nous avons votées, concernant l’interdiction du voile à l’école et celle de la burqa dans l’espace public. Nous verrons ensuite si des directives supplémentaires doivent être prises.

Mais enfin, rien ne nous oblige à aimer l’islam, ou les religions en général! Nous n’avons pas le droit de persécuter les musulmans, ce qui est différent. Et nous avons, surtout, le droit de défendre un certain mode de conversation entre hommes et femmes. Montrer ses cheveux est un signe de liberté. Beaucoup de musulmans attendent de la fermeté de notre part, car ils retrouvent parfois en France les mêmes barbus qu’ils fuyaient dans les pays d’où ils viennent. Je regrette que l’on en reste trop souvent au ministère du verbe: plutôt que de bomber le torse sans agir, le gouvernement devrait agir discrètement pour expulser tous les prêcheurs de haine qui n’ont pas leur place dans notre République.La France est seule capable de tenir tête aux islamistes en Europe

Peut-on se satisfaire de la réponse laïque, qui consiste à rendre invisibles les symboles de l’islamisme, sans proposer un récit national concurrent?

Je ne pense pas que l’islam soit une religion conquérante, mais au contraire une religion assiégée, sur la défensive. Et l’effondrement du religieux dans notre société n’est pas nécessairement synonyme de matérialisme: l’Europe est moins individualiste et consumériste que les États-Unis, pourtant restés un pays profondément religieux ; tandis que l’Europe et singulièrement la République française offrent une forme de réponse spirituelle aux défis de notre siècle. La France en effet ne se définit pas d’abord par la laïcité ; elle est un art de vivre, un dialogue ininterrompu entre les époques, une culture littéraire et artistique unique au monde. Si des gens viennent du monde entier pour vivre chez nous, c’est par amour pour notre culture et notre liberté. Toutes proportions gardées, l’affaire Dreyfus avait fait dire au père de Levinas, le rabbin Jehiel Levyne: «Un pays où l’on se déchire à propos du sort d’un petit capitaine juif est un pays où il faut aller» ; et bien, je crois qu’un pays dans lequel on se bat pour ne pas asservir les femmes est un pays qui a de quoi plaire au monde entier. Ce n’est pas le Royaume-Uni multiculturaliste ou l’Allemagne qui gagneront face aux islamistes, la France est seule capable de leur tenir tête en Europe. Nous n’avons pas le droit d’échouer.

Nous devons lutter contre notre propre mauvaise conscience, car nous sommes sans cesse rongés par le doute et n’avons pas confiance en nous-mêmes. Ce n’est pas la foi en Dieu qui nous manque, mais notre foi en nous-même.

Le BNVCA qui lutte contre l’antisémitisme et contre tout autre forme de racisme et de discrimination a décidé de ne pas participer à la manifestation contre l’islamophobie.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Drancy le 7/11/2019

Non seulement parce que le texte qui appelle à cette marche fait référence à des “lois liberticides” qui viseraient les musulmans, met en cause le principe de laicité, mais aussi du moment qu’elle est initiée et organisée par Monsieur Madjid Messaoudene, élu de Saint Denis qui le 2 février 2019, a posté un  tweet discriminatoire suivant, dans lequel à propos du Concert d’Enrico Macias au Maroc il appelle  à boycotter le chanteur français de confession juive en ces termes:

 “J’espère qu’il ne se produira plus jamais dans aucun pays
arabe. Le Maroc ne doit pas le laisser jouer », écrit-il sur le réseau social.
“Enrico Macias est un artiste qui a des positions plus que critiquables pour quelqu’un se dit être un chantre de la culture et de la paix. Il a le droit de soutenir Israël, mais il y a des conséquences », ajoute Madjid Messaoudene.

Le BNVCA rappelle que Messaoudene est coutumier du fait, Il avait déjà été
poursuivi pour injures publiques.

Par ailleurs il avait posté des tweets ambigus lors de l’assassinat des enfants juifs de l’école Juive de Toulouse en mars 2012 par Mohamed Merah.

Si le BNVCA soutient les musulmans victimes d’agressions racistes, il  regrette que l’initiative de cette manifestation ait été prise entre autres par Madjid Messaoudene qui n’est de notre point de vue, certainement pas la
personne la mieux  indiquée pour l’organiser. Bien au contraire il en compromet les buts et les objectifs réels antiracistes légitimes.

Dans un texte que nous publions, le frère de Mohammed Merah dénonce la progression de l’islam politique et lance un appel à défendre les valeurs républicaines.

Abdelghani Merah Le Point.fr 

La Kaaba de la Grande Mosquee de La Mecque en Arabie saoudite.
La Kaaba de la Grande Mosquée de La Mecque en Arabie saoudite.© MAHMUD HAMS / AFP

Abdelghani Merah s’est largement engagé dans un combat contre la violence. En avril dernier, il a témoigné contre sa famille lors du procès contre son frère Abdelkader. Comment ignorer le message de cet homme qui a vu son entourage basculer dans la violence ? Abdelghani Merah explique pourquoi il faut défendre les valeurs républicaines comme rempart contre ceux qu’il nomme « les prédateurs religieux ». Considérant qu’on ne peut être tenu pour responsable de son patronyme, nous lui ouvrons aujourd’hui nos pages.

Je m’appelle Abdelghani Merah et je suis le frère du tristement célèbre Mohammed Merah. Je veux aujourd’hui lancer un appel : notre laïcité et notre cohésion sociale sont menacées par un islam politique et sectaire qui ne parle qu’en son nom, un islam dévoyé qui ne représente pas les musulmans français, qui, on l’oublie parfois, sont si nombreux à aimer et à respecter la République.

Il faudrait être aveugle pour ne pas voir l’évidence : ce problème s’aggrave de jour en jour, quoi qu’en disent les porte-parole autoproclamés. Si je n’ai pas suivi la voie de mon frère, c’est parce qu’il y avait en moi cette croyance : liberté, égalité et fraternité. J’y croyais. Et j’y crois encore. Je crois à une France où la police serait perçue comme une protection et non comme un ennemi à abattre. Une France qui aurait à cœur de protéger sa jeunesse des prédateurs religieux, notamment grâce à une école républicaine fière de ses valeurs. UneFrance qui ne laisserait pas dormir dehors des vieux, des femmes et des enfants.

Certains politiques semblent aujourd’hui inconscients – ou font mine de ne pas le voir – du danger qui plane sur la France, je veux parler de l’islamisme et de tous les obscurantismes qui se font concurrence sur la misère et le dénuement. J’ai voulu marcher pour témoigner, pour que jamais on n’oublie les victimes de Mohammed Merah, ces trois militaires, comme ses insoutenables assassinats perpétrés sur des enfants et un père, parce que juifs. Pendant ce terrible mois de mars 2012, mon frère a semé les graines d’une guerre contre les valeurs de la République. Ces graines ont germé et je suis aujourd’hui saisi d’effroi lorsque je vois de jeunes Français servir les bourreaux de Daech, attaquer leurs propres valeurs, leurs propres amis, au prétexte qu’ils vivraient dans un pays dans lequel ils n’ont jamais pu, ou su, se reconnaître.

Aidons-les à nous aider !

Tant que la devise inscrite au fronton de toutes les mairies ne sera pas celle de tous les enfants de la République, où que l’on habite dans le moindre recoin de ma très chère France, rien ne changera. Il y a dans nos quartiers des sacrifiés du modèle social français pourtant fidèles à la France… Aidons-les à nous aider ! C’est ensemble que nous pourrons gagner ce combat contre les idéologies mortifères. Il faut lutter contre l’islamisme et ceux qui le propagent, des Frères musulmans aux mouvances wahhabo-salafistes.

Cette préoccupation personnelle peut, je le crois sincèrement, être celle de tout un pays sans que le moindre débat tourne à l’affrontement des identités qui s’exacerbent. Simplement, n’oublions jamais que l’islamisme, dans les pays où il a prospéré, n’a apporté que mort et désolation. Les Algériens, qui ont payé le lourd tribut de 200 000 morts savent de quoi il en retourne. Algériens, Tunisiens, Marocains, Français… n’oubliez jamais que ceux qui ont tué les vôtres étaient proches des Frères musulmans et des mouvances wahhabites. N’oubliez pas non plus que la laïcité n’est pas une religion, mais bien un rempart contre l’extrémisme.

Je veux aussi adresser ce message au président Macron : sachez que de nombreux Maghrébins se battent, dans l’ombre, contre ces phénomènes religieux, malgré la peur et le sentiment terrible d’abandon qui peuvent étreindre certains. Notre part de vérité tient dans notre amour pour la France. En dénonçant depuis tant d’années le danger des prédicateurs incontrôlés, nous n’avons eu de cesse d’alerter sur l’action sournoise de ceux qui sont en train de voler le cœur des Français, le cœur de ceux qui sont partis en Syrie combattre leur propre pays, comme le cœur de ceux qui, demain, se tourneront vers des partis xénophobes et populistes qui ne savent que se nourrir de la colère.

Alors, Monsieur le Président de la République, s’il vous plaît, assumez votre rôle et sauvez nos enfants, et faites triompher la devise républicaine et les valeurs républicaines, universalistes, émancipatrices et humanistes. Je pense tout particulièrement aux femmes et aux petites filles qui sont les premières cibles de cet obscurantisme. Car nous pouvons tous encore croire à ces valeurs grâce auxquelles, moi, Abdelghani Merah, j’ai grandi à l’abri de toutes les horreurs qui m’étaient pourtant si proches.

Manifestation contre l’islamophobie : quand la gauche abandonne le drapeau rouge pour le drapeau vert…

Décryptages » Manifestation contre l’islamophobie : quand la gauche abandonne le drapeau rouge pour le drapeau vert…POLITIQUE06 novembre 2019

ATTENTION PEINTURE FRAÎCHE !Les couleurs sont variables. L’une s’est effacée, l’autre s’affiche. 

Avec Benoît Rayski

Le drapeau rouge a un passé qui fut souvent glorieux. On le voyait sur les barricades du XIXe siècle et dans les défilés du Front populaire.  Puis il a perdu de son éclat. Son rouge vif est devenu délavé. Et un peu plus tard le drapeau s’est transformé en guenille.

C’est cette guenille-là qui se traînera le 10 novembre à la manifestation contre l’islamophobie. Ils seront tous là. Mélenchon, Hamon, Chassaigne du Parti communiste, Besancenot, Martinez de la CGT, des élus de la France Insoumise, des députés communistes. Du prolétariat disparu ils ont fait leur deuil. Et ils ont choisi un prophète qui n’a de commun avec Marx que la barbe.

Il faut rajouter à cette liste rouge-verte Yannick Jadot. Mais lui il est encore plus à sa place que les autres car il est Vert. Vert de la couleur des bannières qui flottent en Arabie saoudite au Qatar, au Yémen et en Iran. Ce vert est jeune, lumineux et conquérant. Et les ex-rouges l’ont choisi pour être leur élixir de jouvence.

Ils étaient de tradition laïque, anti-cléricale, athée. Ils étaient… Et avec qui vont-ils défiler ? Avec le CCIF, une officine islamiste affiliée aux Frères musulmans. Avec Marwan Muhammad, disciple de Tariq Ramadan, qui a dit de lui qu’il était « son jeune frère ». Avec Islam Info, Dômes et minarets.

Pour fournir la piétaille des cités, il y aura aussi « Justice pour Adama », « Urgence la police assassine » et différents collectifs baptisés « anti-racistes ». Le tout rameuté avec le puissant soutien du Bondy Blog et d’Oumma.com.

Mélenchon, Martinez, Besancenot, Jadot etc… ne craignent pas les mauvaises fréquentations. Au contraire, ils les sollicitent. Car leurs corps fatigués ont besoin de chair fraîche pour retrouver un peu de force. Et les voix qui entonnent « Allah akbar » sont tellement, tellement vigoureuses et juvéniles…

Par habitude, ils continueront à chantonner l’Internationale. Mais comme ils chevrotent et qu’ils sont effleurés par Alzheimer ils la chantent à l’envers : « nous étions tout, soyons rien ». Une pitoyable et pathétique pantalonnade. Un homme, un seul, a sauvé l’honneur de la gauche en dénonçant ce « renoncement ». Il réside à Barcelone. Et s’appelle Manuel Valls.  

Brésil: l’équipe des Corinthians va rendre hommage aux victimes de la Nuit de Cristal

Écrit par

Fabien Esvan

Afin de rendre hommage aux victimes de la Nuit de Cristal, Corinthians a décidé de broder une étoile jaune au-dessus de son logo pour son prochain match de championnat.

Huit ans plus tard, le logo de Corinthians va retrouver une étoile. Cette dernière n’aura pourtant aucun lien avec les titres de champion remportés par l’équipe du peuple. En effet, l’étoile que porteront les joueurs de Corinthians lors de leur match de championnat contre Fortaleza – prévu ce mercredi – sera un hommage aux victimes juives de la Nuit de Cristal,pogrom orchestré par le régime nazi, en 1938. Cet événement est considéré comme le point de départ des persécutions juives par le Troisième Reich.

Corinthians va rendre hommage aux victimes de la Nuit de Cristal

Copyright Divulgação/Corinthians.

Outre le maillot porté par les joueurs, une exposition sur les survivants de l’Holocauste sera également accessible aux spectateurs de l’Arena Corinthians, avant et après la rencontre. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre le Mémorial de l’Holocauste de São Paulo et l’agence Tech and Soul.

À l’issue du match, les tuniques portées par les joueurs seront mises aux enchères et les recettes seront reversées au Mémorial, situé dans le quartier paulista de Bom Retiro. Par ailleurs, le club a annoncé que les supporters pourront se faire brodé l’étoile sur leur maillot en se rendant dans les boutiques du club.

Ne le laissons pas seul… Pauvre Mélenchon : il est victime d’un complot juif

Il aura besoin de toute notre solidarité contre les nervis sionistes.

Benoît Rayski

Le patron de La France Insoumise est un vrai républicain. C’est pourquoi il est farouchement hostile à tous les communautarismes. Mais pour le moment il n’en a ciblé qu’un seul. Il s’agit du communautarisme du CRIF. “Il est menaçant, pesant, et agressif à mon égard” a-t-il dit. Bigre ! Mélenchon a-t-il demandé une protection policière contre les sbires assassins du CRIF ? Ou alors compte-t-il sur les militants de la France Insoumise qui feront, pour le défendre, barrage de leurs corps ? 

Les rapports entre Mélenchon et le CRIF sont notoirement conflictuels. Il avait voulu faire acte de présence lors de la manifestation qui avait suivi l’assassinat de Sarah Halimi. Ses prises de position pro-palestiniennes et violemment anti-israéliennes ne furent pas du goût des participants. Ils le prièrent fermement de quitter les lieux. 

Mélenchon – être sensible s’il en est – en a gardé une douloureuse blessure qui n’est pas encore cicatrisée. C’est pourquoi c’est ce communautarisme-là qu’il a dénoncé en priorité. Pas un mot en revanche sur le communautarisme du CFCM et du CCIF. Normal : il n’a là-bas que des amis! 

Mais il est quand même soucieux de garder l’équilibre entre les communautarismes. Il a, dans cette logique, déclaré que “99,99% des musulmans, 99,99 % des juifs pratiquaient leur religion de façon pacifique”. On connait le commerce équitable. Mélenchon est un adepte de la pensée équitable… 

Ce 0,01% de fanatiques amène à s’interroger. 0,01% des juifs ont-ils égorgé un prêtre dans son église ? 0,01% des juifs ont-ils assassine des musulmans dans un magasin halal ? 0,01 des juifs se sont-ils livrés à un massacre dans une salle de concert ? Pour ce qui est des 0,01 % des musulmans, reportez-vous à vos journaux habituels. 

Linda Kebbab: « Au Val Fourré, les policiers auraient pu se faire tuer! »

Entretien avec Linda Kebbab d’Unité SGP Police FO (1/2)

parDaoud Boughezala –  Causeur

linda kebbab fo police
Linda Kebbab, déléguée générale USGP police FO

La déléguée nationale du syndicat Unité SGP Police FO Linda Kebbab n’a pas sa langue dans sa poche. Cette jeune femme éprise d’ordre et de justice sociale aborde sans détours les guet-apens antipoliciers, les émeutes urbaines ainsi que les mesures annoncées par la place Beauvau pour apaiser les forces de l’ordre. Entretien (1/2)


Daoud Boughezala. Le 25 octobre, des affrontements urbains ont opposé la police et des jeunes du Val Fourré (Mantes-la-Jolie). Si les syndicats policiers dénoncent un guet-apens, certains témoins démentent leur version des faits, expliquant qu’un de leurs amis y a perdu un œil. Que s’est-il exactement passé ?

Linda Kebbab : D’abord, le mot « affrontement » me gêne car il sous-entend que la police a des comptes à régler avec les jeunes. Cela laisse croire que la police et les jeunes s’affrontent et que cela ne concerne pas le reste de la population alors que les forces de l’ordre sont là pour assurer la sécurité de tous.

Reprenons les faits. Le 25 octobre, une voiture a été incendiée au Val Fourré peu avant 22h. Mes collègues de la BAC se sont alors rendus sur place avant les pompiers, se sont assurés qu’il n’y avait pas de propagation du feu et d’extrême urgence. Ils ont remarqué que la lumière urbaine avait été éteinte. L’enquête dira si c’était une panne ou si c’était prémédité. La BAC a eu pour consigne de rebrousser chemin car le danger était écarté. Nous avons l’habitude que ce genre de situation serve de guet-apens. D’ailleurs, les policiers se sont retrouvés à trois contre quarante jeunes qui les ont empêchés de partir en les caillassant (projectiles, pierres, mortiers…). Mes collègues auraient pu se faire tuer. Ils ont donc appelé des renforts qui ont heureusement fini par arriver car les assaillants ont été rejoints par une centaine de personnes. On ne peut pas croire que ce n’était pas prémédité…

Deux jeunes ont pourtant nié cette version à visage découvert sur BFM…

Ces lâches n’assument même pas ce guet-apens, c’est scandaleux ! Mais nombre de vidéos publiées sur les réseaux sociaux, notamment sur Snapchat, les trahissent. Sur l’une d’elles, on entend « Tuez-les, tuez-les ! » Les policiers se sont bel et bien faits caillasser. Le pantalon d’un de mes collègues a même pris feu.

Y a-t-il vraiment une recrudescence des guet-apens policiers en ce moment en banlieue ? 

Pas spécialement, même si, à la fin de l’année, c’est un peu « la fête ». A Mantes-La-Jolie, cela faisait quelques jours que les bandes s’affrontaient. Des policiers avaient déjà été attaqués dans des villes à côté. La presse a eu connaissance de cette affaire à cause des vidéos publiées sur Snapchat. Très vite, notre syndicat a taché de médiatiser l’affaire. Mais ce genre d’événements survient très régulièrement.A lire aussi: Nous sommes tous des gnous

Craignez-vous de nouvelles émeutes type 2005 ?

Oui et non. En 2005, les émeutes ont éclaté dans un contexte bien particulier, notamment après un accident entre une voiture de police et un scooter. Aujourd’hui, cela pourrait éventuellement arriver. L’incendie de l’école la semaine dernière à Béziers n’a été précédé par aucun événement en rapport avec la police. Les délinquants trouvent des prétextes pour commettre des violences urbaines. La mort de leurs copains, ils s’en fichent. La seule chose qui les intéresse, c’est de pouvoir brûler. On ne ramène pourtant aucun mort en brûlant ! Et que dire des enquêtes qui prouvent qu’il y a eu une erreur de la personne décédée ? Si on prend l’exemple de Villiers-le-Bel, on se retrouve avec un jeune conduisant une moto volée qui refuse de s’arrêter et qui monte sur le trottoir. Il rate sa manœuvre et se tue.  Dans la nuit de jeudi à vendredi derniers, en Île-de-France, il y a eu des dizaines de voitures brûlées, des collègues caillassés et des commissariats attaqués, notamment celui de la Courneuve. Non seulement rien ne justifie de s’en prendre à un commissariat, mais ces attaques n’ont été précédées d’aucun événement particulier.

Dans ces banlieues, des policiers se suicident-ils à force d’être menacés par des voyous ?

Non. Le suicide arrive après des semaines et des mois de souffrance. Quand on est menacé de mort, notre administration nous laisse un peu pour compte, sans réelle prise en charge. Il y a une procédure dans ces cas-là mais c’est la justice qui condamne ou non la personne qui nous menace. Pour autant, une menace ne suffit pas à entraîner un suicide. C’est l’ensemble des mauvaises conditions de travail internes et des difficultés qui acculent certains policiers accablés par des problèmes professionnels et personnels.

Pour encourager les policiers, professeurs ou médecins à s’installer dans le département difficile qu’est la Seine-Saint-Denis, l’Etat prévoit d’offrir 10 000 euros au bout de cinq ans sur passés place. Cette mesure va-t-elle dans le bon sens ? 

Non. Cela n’a aucun intérêt de donner dix mille euros à un jeune diplômé qui partira au bout de cinq ans. En Seine-Saint-Denis, les jeunes ne manquent pas. Par contre, il manque des personnes expérimentées qui sont une véritable plus-value. Une fois leur prime récupérée, qui empêchera les gens de partir ? Ce qui importe, c’est le profil des personnes qu’on veut retenir.A

Afin de donner satisfaction aux policiers, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a également annoncé le paiement de 3,5 millions d’heures supplémentaires d’ici au 31 décembre. Vous en félicitez-vous ?

Non, car ce n’est pas comme ça que cela devait se faire. Le taux horaire est très bas et obsolète, n’ayant jamais été revisité. Les heures supplémentaires sont payées 11 euros net de l’heure : ce chiffre alerte ! On avait demandé à ce que les collègues qui le souhaitent puissent utiliser ces heures non pour être payés mais pour passer plus de temps chez eux, et ce n’est à priori pas possible. Le pire, c’est que le gouvernement a instauré ce cadre-là sans concertation. Une note nous a été communiquée sur la façon dont ces heures allaient être payées et dans quel délai, mais sans aucune concertation avec nous. En réalité, il ne s’agit pas d’heures supplémentaires mais de dépassements de vacation. La direction générale de la police nationale a pris cette initiative conforme aux autres politiques qui s’appliquent partout : casse des acquis sociaux et réformes à l’aveugle sans prise en compte de la pénibilité des métiers.

A ce propos, soutenez-vous les autres mouvements sociaux (SNCF, hôpital…) dans la fonction publique ?

Bien sûr, dès lors que ces mouvements ont pour mission d’améliorer les conditions de travail. Dans les années 1930, les luttes sociales avaient pour objectif d’obtenir plus. Aujourd’hui, nous nous battons simplement pour conserver nos acquis sociaux.


La cathédrale d’Oloron-Sainte-Marie attaquée à la voiture-bélier

EN IMAGES – Lundi, vers 2 heures du matin, un commando a enfoncé la porte de l’édifice classé au patrimoine mondial de l’Unesco, et volé une partie de son trésor. Les pertes sont «considérables», selon le maire.Par Stanislas PoyetPublié hier à 10:51, mis à jour hier à 16:46

Dans la nuit de dimanche à lundi, vers 2 heures du matin, les croix, ostensoirs, et calices qui formaient le trésor de la cathédrale d’Oloron-Sainte-Marie, dans les Pyrénées-Atlantiques, ont été dérobés. Une information confirmée au Figaro par le parquet de Pau.À lire aussi : 

La porte défoncée était une entrée secondaire de la cathédrale. En bois renforcée de métal, elle n’a pas résisté au tronc d’arbre harnaché sur la voiture bélier. Les voleurs ont ensuite scié les barreaux des deux chapelles annexes, et brisé les vitres anti-intrusion derrière lesquelles était enfermé le trésor.

Selon le parquet de Pau, une enquête a été ouverte et la police scientifique de Pau était sur place quelques heures après l’effraction lundi matin.

Un «préjudice considérable»

Pour l’heure, aucune estimation du vol et des dégâts n’a été donnée. «Un inventaire est en cours par les services du patrimoines, explique au Figaro Laurent Paris, directeur général des services de la commune. Il s’agit principalement d’orfèvrerie, comme des calices des croix, des ostensoirs, mais aussi des vêtements liturgiques».

«C’est un préjudice considérable», précise cependant au Figaro le maire de la ville, Hervé Lucbéreilh, qui reconnait qu’une estimation n’avait jamais été réalisée. «Certaines pièces sont uniques, comme l’ostensoir de Saint Grat, et aucune assurance ne les remplacera».

Le Père Jean-Marie Barennes, curé de la paroisse, s’est rendu sur les lieux du vol moins d’une heure après les faits. Au Figaro, il confie son étonnement devant la préparation de l’équipe. «Il s’agissait manifestement de connaisseurs, explique-t-il, parmi les dizaines de chapes, [des capes liturgiques], ils n’ont volé que la plus précieuse qui datait du XVIème siècle». l s’agit d’habits datant du XVIe siècle, qui auraient été donnés à l’évêque par François 1er. On y retrouvait des salamandres, qui sont l’emblème du souverain béarnai. Les voleurs n’ont emporté que les pièces les plus petites, délaissant par exemple une crèche de grande valeur qui datait d’avant la Révolution.

«Au-delà de la valeur marchande, les habitants se retrouvent amputés d’une partie de leur histoire et de leur patrimoine, se désole Hervé Lucbéreilh. Ce qui m’impressionne, c’est le nombre de gens qui sont venu à la cathédrale depuis ce matin. Cet endroit c’est le cœur battant d’Oloron, on a tous été baptisé, on s’est marié, et nos parents y ont été enterré».

Sur Twitter, le ministre de la culture, Franck Riester a condamné le vol et assuré «partager l’émotion des catholiques de France».

Franck Riester@franckriester

Je condamne avec la plus grande fermeté l’attaque perpétrée cette nuit contre la cathédrale d’Oloron-Sainte-Marie et partage l’émotion des catholiques de France légitimement choqués par ce vol et ces dégradations. Les auteurs seront retrouvés et punis. @Prefet64 https://twitter.com/franceinfo/status/1191301561349234689 …franceinfo@franceinfoAttaque de la cathédrale d’Oloron-Sainte-Marie à la voiture-bélier : “Rien ne pouvait laisser penser qu’on pourrait un jour s’attaquer au trésor”, déclare le mairehttps://www.francetvinfo.fr/faits-divers/attaque-de-la-cathedrale-d-oloron-sainte-marie-a-la-voiture-belier-rien-ne-pouvait-laisser-penser-qu-on-pourrait-un-jour-s-attaquer-au-tresor-declare-le-maire_3688041.html …41111:37 – 4 nov. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité229 personnes parlent à ce sujet

“Le sort des Juifs de France est lié à ce qu’on rapporte d’Israël” (Yvan Attal à i24NEWS)

“J’en ai ras le c*l d’entendre tout ce que j’entends tout le temps : qu’Israël est coupable de tous les maux”

“J’aimerais qu’un président de France comprenne que le sort des Juifs de France est lié à ce qu’on rapporte d’Israël,” a déclaré mardi soir l’acteur Yvan Attal dans “Conversations avec Benjamin Petrover.”Le sort des Juifs de France est lié à ce qu’on rapporte d’Israël”Play Video

“J’en ai ras le c*l d’entendre tout ce que j’entends tout le temps : qu’Israël est coupable de tous les maux, et que c’est à Israël de faire toutes les concessions, et que les Israéliens sont des méchants et les Palestiniens des gentils,” a-t-il affirmé.

“Le jour où on pourra mettre les Palestiniens devant leurs responsabilités, il y aura beaucoup moins d’antisémitisme en France”. 

“On a l impression qu’on peut taper sur la gueule des juifs à cause de ce qui se passe en Israël en toute impunité, le jour où on sera plus juste avec ce conflit, il y aura beaucoup moins d’antisémitisme,” a estimé le réalisateur de “mon chien stupide”.

Le BNVCA est heureux de féliciter le Consistoire de France et son Président à l’occasion de l’inauguration par le Président de la République Emmanuel MACRON du nouveau Centre Européen du Judaïsme le 29-10-2019 à Paris 17 °

Nous saluons l’engagement du Président Joel Merguy à l’occasion de l’inauguration le 29 octobre 2019 du nouveau Centre Européen du Judaïsme par Mr Emmanuel Macron Président de la République Française.

Ce Centre est  installé dans le 17 eme art de Paris, devenu le secteur parisien le plus peuplé de membres de la communauté juive Le Pdt du BNVCA Sammy Ghozlan, lui même Vice Président du Consistoire de Paris et membre du Conseil du Consistoire Central salue la grandiose initiative de Mr Joel Merguy qui a oeuvré avec pugnacité et sans jamais faillir, pour aboutir à ce jour à la réalisation d’un Centre magnifique qui va redynamiser plus encore  le judaïsme français. La présence du Président de la République constitue une nouvelle marque de soutien et de reconnaissance à part entière des citoyens français de confession juive dans notre pays.

Mazal Tov et longue vie au Centre Européen du Judaïsme.

Le BNVCA condamne avec fermeté et colère l’attaque raciste et violente commise ce jour 28 octobre 20019 contre la mosquée de Bayonne par un homme de 84 ans.

Il a mis le feu à la porte du lieu de culte , ainsi qu’à un véhicule automobile et a tiré avec une arme à feu blessant deux personnes.

Cette agression violente nous scandalise et démontre que la haine et le racisme se répandent et tendent à se banaliser.

Nous tenons à assurer la communauté musulmane de France et de Bayonne en particulier de tout notre soutien et de toute notre solidarité.

Nous souhaitons un prompt rétablissement aux blessés.

Nous saluons l’action de la police qui a identifié et interpellé l’auteur présumé que la Justice devra sanctionner très sévèrement et de facon dissuasive.

En mai 2018, notre Avocat Charles Baccouche déposé plainte au nom du BNVCA contre Jérôme BOURBON (Rivarol), pour des tweets publiés et une vidéo mise en ligne provoquant à la haine.

Nous avons confié ce dossier à l’OJE avec qui nous sommes en étroite collaboration, menant le même combat. Vu que nous étions ensemble sur trois affaires concernant Jerôme Bourbon en sa qualité de Directeur de du journal d’extrême droite RIVAROL.  

Les avocats de l’OJE : Me Olivia CHAFIR, Stéphanie COHEN, Me Andréa ASSOR DOUKHAN, Me Muriel OUAKNINE MELKI , Me Oudy BLOCH et Me Grégory SIKSKIK représentaient le BNVCA partie civile, dans ces trois dossiers pour Provocations à la haine, Injures raciales, Diffamations publiques et Contestations de crimes contre l’humanité.

Les Avocats de l’OJE ont plaidé devant la 17ème chambre correctionnelle de PARIS (seule chambre compétente pour connaître des infractions de diffamation quant à la diffusion de la haine raciale et antisémite) qu’elle est le dernier rempart avant les passages à l’acte criminels que nous avons malheureusement à connaître depuis plus de 15 ans sur le sol national.

Les Avocats ont appelé le Tribunal à prononcer des peines d’emprisonnement et à des amendes conséquentes.

Le Parquet a requis pour la première fois à l’encontre du prévenu BOURBON une peine d’emprisonnement de 12 mois, et des amendes cumulées de  30 000 euros.

Le délibéré est fixé au 20 janvier 2020.

Nous tenons à souligner l’efficacité de notre collaboration et nous ne pouvons que féliciter la qualité du service juridique de l’OJE

La plainte que le BNVCA a déposée 21 juin 2017 entre les mains du Procureur de la République de Chartres contre le sieur M. Bala M Bala plus connu sous le nom de “Dieudonne” aboutit enfin à l’ouverture d’une audience au T. G. I de Chartres le 28 Octobre 2019.

Ce dossier concerne l’affaire  dite du “Bal des Quenelles” de Saint Lubin de la Haye (Eure et Loire). “Dieudonne” est convoqué à l’audience en  qualité de prévenu pour avoir réédité le 17 juin 2017 le “Bal des Quenelles” au cours duquel il s’est de nouveau rendu coupable d’apologie  du nazisme et aurait tenu des propos antisémites caricaturaux comme « le gang des pyjamas de Cracovie ».  

Le BNVCA sera représenté par son conseil Maître Charles Baccouche qui réclamera une sanction sévère et dissuasive. Nous soulignons que le prévenu  est  un récidiviste plusieurs fois condamné notamment le 29 novembre 2013 par la Cour d’Appel de Paris pour des faits similaires ou assimilés.  

Nous considérons qu’il est temps  pour la Justice de décider d’emprisonner “Dieudonne” pour le  mettre une fois pour toutes hors d’état de nuire. Son influence  entretient la haine  antisémite et anti sioniste. Elle entraine dans son sillage, son persiflage caricatural de ses « fans » prêts à passer l’acte anti juif.                

Si elle était prononcée, une longue peine de prison sera de nature à sanctionner en même temps les comparses et les  admirateurs de M Bala M  Bala et les dissuader de toute intention ou action antisémite. 

FOG – Communisme, islamisme, antisémitisme : toujours fécond, le ventre de la bête

Dans « Le siècle rouge. 1919-1989 », Jean-Christophe Buisson analyse magistralement cette incroyable hallucination collective que fut le communisme.

FOG - Communisme, islamisme, antisemitisme : toujours fecond, le ventre de la bete

Avec ses polémiques sur le voile islamique, ses concours de victimisation et ses grèves surprise à la SNCF, la France est tombée dans une grosse crise de régression. Nous aimons tellement notre passé que nous le ressassons jusqu’au dégoût.

On n’attend plus que le grand retour de Georges Marchais. Il y a dans l’air comme un parfum de formol. Notez, c’est normal : la CGT vient de sortir de son bocal pour lancer avec d’autres centrales des journées d’action dans les services publics. Comme disait l’un des grands sociologues du XXe siècle, « les syndicalistes ont tellement l’habitude de ne rien faire que, lorsqu’ils font grève, ils appellent ça une journée d’action » (Coluche).

Le temps a passé et notre regard sur le communisme a changé. Il n’y a rien à en garder, mais certains célèbrent aujourd’hui ses avancées sociales, comme d’autres vantent les autoroutes de Hitler. Le 9 novembre, il y aura trente ans qu’est tombé le mur de la « honte » séparant les deux Allemagnes autour de Berlin-Ouest (3,50 mètres de hauteur sur 155 kilomètres, bordé de mines antipersonnel), grande « réalisation » du communisme dont la chute précipita l’écroulement du régime soviétique. Faut-il encore éprouver la moindre nostalgie pour ce totalitarisme qui tua plus que le nazisme et qu’une partie de la gauche rêve aujourd’hui de réhabiliter ?

Le nombre des pays à gouvernement communiste s’est réduit comme peau de chagrin, ces dernières années. Ils ne sont plus que cinq (la Chine, Cuba, le Vietnam, le Laos, la Corée du Nord) et ils ont mis, pour les quatre premiers d’entre eux, beaucoup d’eau libérale dans leur rouge marxiste. Mais l’idéologie la plus mortifère du XXe siècle gangrène encore les têtes mal faites qui veulent oublier ses 100 millions de morts.

L’espèce humaine serait-elle une machine à refaire toujours les mêmes bêtises, les mêmes horreurs ? L’impressionnante ignorance historique de nos contemporains permet aujourd’hui de raconter l’Histoire à l’envers. Quasi disparu à l’Est, le communisme tient ainsi de nouvelles places fortes à l’Ouest, notamment dans les universités françaises et américaines, jusque chez certains de nos chers confrères, agenouillés devant saint Alain Badiou, un philosophe qui n’hésite pas à célébrer le maoïsme qui a fait entre 60 et 80 millions de victimes, une paille ! Ils ont envie de remettre ça. Les crétins ne changent jamais, c’est même à ça qu’on les reconnaît.

Pour en finir avec le négationnisme de la gauche, qui cache sous le tapis les crimes du « socialisme », on ne conseillera jamais assez de lire et de faire lire deux classiques : « Le livre noir du communisme », ouvrage collectif dirigé par Stéphane Courtois (Robert Laffont), et la monumentale « Histoire mondiale du communisme », de Thierry Wolton (Grasset), qui a reçu le prix Aujourd’hui. A ceux-là il faut ajouter maintenant « Le siècle rouge », de Jean-Christophe Buisson (Perrin), un grand livre dans tous les sens du mot, précis, puissant, abondamment illustré, qui raconte chronologiquement, sans pathos, l’histoire du communisme, qui se croyait éternel mais qui eut finalement la durée de vie d’un être humain : plus de soixante-dix ans.

Plus de soixante-dix ans de malheur, de crimes, de mensonges. Jean-Christophe Buisson ne juge pas, ne décrypte pas, ne fait pas de la littérature. Il se borne à énumérer les faits bruts. L’effet est saisissant. On se demande par quel mécanisme intellectuel tant de personnes de bonne foi ont pu se laisser abuser par un système qui faisait furieusement le Mal au nom du Bien. C’est, dans l’histoire de l’humanité, le cas le plus extraordinaire d’hypnose planétaire. Une hallucination collective géante. Dans ce domaine, alors que la mondialisation est à son apogée, nous ne sommes, hélas, pas à l’abri de nouveaux délires de ce genre.

« Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde » est une réplique de la pièce de Bertolt Brecht, « La résistible ascension d’Arturo Ui », satire de l’accession au pouvoir de Hitler, écrite en 1941. Elle est plus que jamais d’actualité à l’heure où se pressent les dangers autour de nous, sur fond de nostalgie du communisme : les avancées de l’islamisme politique, champion de la victimisation, les complaisances à son égard des gogos de la macronie. Sans oublier l’antisémitisme devenu si virulent en France que des enfants juifs vont aujourd’hui à l’école sous protection policière et que tout le monde trouve ça normal.

Bonne journée !§

Kamel Daoud – Une photo, un milliard de mots

La récente agression verbale d’une femme voilée par un député du Rassemblement national a fait hurler à l’islamophobie. Encore une fois maladroitement.

par Kamel Daoud | Le Point 

Kamel Daoud - Une photo, un milliard de mots

La France ne sait pas quoi faire de ses musulmans ? On le sait. Mais, surtout, nombre de musulmans de France ne savent que faire d’eux-mêmes. Du coup, ils servent (pas tous) à ces étranges indignations collectives qui, tout en dénonçant des islamophobies réelles, fabriquent de l’islamophobie par un excès de victimisation. Vue de loin, cette folie de la victimisation fascine. Elle remplace, à chaque occasion douloureuse, le travail à faire sur soi, l’obligation de lutter contre l’islamisme montant. 

Ainsi, je vois rarement les miens se mobiliser autant pour « penser l’islam » dans la France que pour les jongleries d’indignés sur les réseaux, les clowneries au nom de la communauté, qu’on oppose à la moindre réforme, même maladroite. On se retrouve à ne rien faire face à l’islamisme et à s’emporter, en rangs serrés, contre l’islamophobie. La seconde vocation est plus facile et moins dangereuse que la première, disent les mauvaises langues. A raison. La seconde sied à la douleur de ne pas être français et pas à l’effort de bâtir une meilleure France pour tous. 

Califat. La France, vue par moi, n’est pas un paradis des justices et des équités. C’est un pays qui a besoin d’être aidé par les siens, d’être défendu contre les siens, parfois. Contre ceux qui veulent en hériter par droit de sang ou ceux qui croient qu’y verser le sang leur donne une cause à mastiquer faute de vocation supérieure. Mais la laïcité de la France, sa séparation entre le délire et le vivre-ensemble, entre la religion et l’Etat, est ce qui aurait pu rendre ma vie meilleure en Algérie, ma foi possible, préserver mes libertés et mes enfants. C’est la force de cette loi qui fait qu’on cherche abri dans ce pays, que les chaloupes vont du sud vers le nord et pas le contraire. Je vois aussi ceux qui sont partis vivre sous sa loi la dénoncer aujourd’hui, confondant leurs désillusions avec leurs engagements. Je lis les tweets d’ami(e)s qui ont fui l’Algérie pour éviter le califat possible et qui aujourd’hui se font les avocats d’un califat d’assouvissement identitaire en France !

Donc je suis en colère et fasciné : voilà que l’on « découvre » que ce pays est ennemi de ses musulmans parce qu’un élu halluciné a agressé verbalement une « voilée » ? L’avenir en France se décide donc entre deux extrêmes ? Je peux comprendre la mobilisation contre l’exclusion et les tribunaux identitaires, mais je ne peux pas, parce que je suis du même bord, ne pas grimacer, sceptique, face à cette soudaine armée qui hurle à l’islamophobie en gommant ses causes. Et si on avait ce même courage pour dénoncer les rentes du halal ? Et si on faisait autant face aux clergés autoproclamés ? Résistance face aux djihadistes et aux communautarismes faciles ? 

Liberté. Je n’aime pas ce mensonge au nom de l’identité que cet incident de la « voilée » dévoile, mais je déteste les sournoiseries au nom de la confession. Et je voudrais défendre ce pays, alors que je n’y vis pas, parce qu’il est ce qui reste face aux effondrements ailleurs, il est cette laïcité que je rêve pour pouvoir chercher un dieu ou en changer et il est ce qui reste d’exemple, maladroit parfois, face aux califats et aux populismes internationaux. La France n’est pas parfaite, il faut l’aider à le devenir pour ses descendants, pas pour y loger frauduleusement des dieux. La laïcité, c’est la religion de la liberté. Ceux qui l’attaquent aujourd’hui, dans la confusion d’un fait, le font parce qu’ils concluent qu’elle est attentatoire et confondent, tragiquement, leurs rancœurs et leurs causes. Forcer ce pays à se justifier sans cesse sur cette loi finira par précipiter sa reddition face au mal. Et, ce jour-là, ceux qui jouent aux victimes de la laïcité vivront, pour de vrai, la pendaison aux poteaux des nouvelles croyances.

Oui, je lutte contre l’islamophobie car elle me confond moi, dans ma chair et mon corps, avec mon bourreau. Mais je n’accepterai pas de jouer à la victime pour plaire à ma haine. Je préfère une laïcité maladroite à une laïcité détruite§

Coignard – Les vrais ennemis de la démocratie

CHRONIQUE. Une conférence annulée sous la menace, un ministre décrété indésirable dans un département… Autant d’atteintes à la liberté d’expression.

Par Sophie Coignard  –  Le Point.fr 

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« Si j’étais lui, j’éviterais de mettre les pieds dans le 93 », a déclaré Yassine Belattar à propos de Jean-Michel Blanquer.© LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

« Non, les conditions de la démocratie normale ne sont plus réunies en France », tempêtait Jean-Luc Mélenchon, mercredi 23 octobre, sur BFM TV. Il faisait allusion au comportement des forces de l’ordre et de la justice à l’égard de certains Gilets jaunes. Quel dommage que le leader de La France insoumise ne se montre pas aussi sourcilleux envers ceux qui veulent museler le débat au pays des Lumières. Cette semaine, ils se sont surpassés.B

Jean-Luc Mélenchon: “Les conditions de la démocratie normale ne sont plus réunies en France”

Vidéo intégrée

Ce jeudi 24 octobre, l’université Bordeaux-Montaigne annonce l’annulation d’une conférence de la philosophe Sylviane Agacinski sur « l’être humain à l’époque de sa reproductibilité technique ». Des groupes de militants radicaux, dont le syndicat Solidaires étudiant-e-s, ont appelé à « mettre tout en œuvre pour que cette conférence n’ait pas lieu », au motif que l’intellectuelle, parce qu’opposée à la GPA, serait « une homophobe notoire ». L’université a cédé par peur des troubles à l’ordre public, mais les organisateurs du cycle de conférences s’indignent de « cette manifestation de censure (…), atteinte excessivement grave et violente à la confrontation des idées ». « Empêcher la discussion au sein d’une communauté participe d’une dérive liberticide », ajoutent-ils. En effet ! Les simplistes, ces simplets qui considèrent le débat avec suspicion et récusent par avance les opinions « non conformes », ont remporté une victoire pathétique.

Menaces contre un ministre

Deux jours plus tôt, au micro de RFI, l’humoriste Yassine Belattar décrète que le ministre de l’Éducation est interdit de séjour dans certains territoires de la République à cause de ses propos sur le voile islamique : « Si j’étais lui, j’éviterais de mettre les pieds dans le 93, puisqu’il insulte toute une frange de professeurs qui, déjà, ont peu de moyens et font en sorte de travailler ensemble dans des lycées précaires ou des collèges précaires, comment peut-on annoncer aujourd’hui à des mères voilées qu’elles ne sont pas les bienvenues sur le territoire français ? » Une telle menace explicite, inacceptable à tous égards, interdit par avance la possibilité d’un débat républicain.

Mais sur ces deux coups de canif dans le contrat démocratique, on n’a pas entendu Jean-Luc Mélenchon. Comme si sa vigilance exaspérée souffrait de regrettables angles morts.

Pépites » Mantes-la-Jolie : des policiers et des pompiers attirés dans un guet-apens FRANCE 25 octobre 2019© PHILIPPE HUGUEN / AFP

PFRANCE25 octobre 2019© PHILIPPE HUGUEN / AFP 

VAL FOURRÉ

Selon des informations du Parisien, une centaine d’individus s’en sont pris aux forces de l’ordre et à des pompiers, jeudi soir, dans le quartier du Val Fourré à Mantes-la-Jolie. AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN312Avec Atlantico Rédaction

Une centaine d’individus s’en sont pris aux forces de l’ordre et aux pompiers, jeudi soir, dans le quartier du Val Fourré à Mantes-la-Jolie dans les Yvelines, selon des informations du Parisien

Les policiers et les pompiers seraient tombés dans un guet-apens. Les faits se sont déroulés jeudi soir, vers 23h. Les pompiers ont été appelés pour éteindre un véhicule en feu dans le quartier du Val Fourré, à Mantes-la-Jolie. Un équipage de policiers a été alors sollicité afin d’assurer leur protection. C’est à ce moment qu’”une centaine d’individus” ont convergé vers eux, d’après une source policière. 

Les pompiers ont été dans l’obligation de repartir sans avoir éteint l’incendie. Les forces de l’ordre ont ensuite été la cible, pendant de longues minutes, de jets de cocktails Molotov et de pierres ainsi que de tirs de mortier. Les policiers ont alors décidé d’appeler des renforts. Ils ont tenté de rétablir l’ordre pendant près d’une heure. Ils auraient fait usage de lanceurs de balles de défense et des grenades lacrymogènes.

Le calme est revenu après minuit. Aucun individu n’a été interpellé. 

Une enquête a été ouverte des chefs de “violences avec guet-apens, arme et en réunion“, “participation à un groupement formé en vue de la commission de violences” et “outrages” sur personne dépositaire de l’autorité publique, selon des précisions du parquet.

Un policier a été blessé à la cuisse par un tir de mortier. Deux jeunes se sont présentés dans la nuit aux urgences. Une vidéo de la blessure de l’un des deux jeunes a été relayée sur les réseaux sociaux. Au moins un des deux jeunes blessés à déjà déposé plainte auprès de l’IGPN.

Les forces de l’ordre, qui dénoncent le piège dont elles ont été victimes, ont prévu de renforcer leur présence ce vendredi soir au Val Fourré à Mantes-la-Jolie. 

D’après Le Parisien, depuis plusieurs jours et en cette première semaine de vacances scolaires, le quarier du Val-Fourré serait confronté à des “épisodes de petite délinquance urbaine : caillassage de voiture de police, jets de pierre…“.

27% DES ALLEMANDS ONT DES OPINIONS ANTISÉMITES


SONDAGE  Par CNEWS – 

Des manifestants néo nazis, le 1er mai 2019 à Plauen (Allemagne).[SEBASTIAN WILLNOW / DPA / AFP]

De quoi réveiller de mauvais souvenirs. Selon un saondage mené par le Congrès juif mondial, 27% des Allemands confient avoir des opinions antisémites, soit près d’un quart de la population du pays.

Et parmi la catégorie de population qualifiée «d’élite» (les diplômés gagnant au moins 100.00 euros par an), ce pourcentage s’élève tout de même à 18%, alors que traditionnelement il s’agit de la catégorie la moins susceptible de cultiver ce genre d’opinion.

Des policiers dans une rue de Halle (Allemagne) proche du site d'une fusillade qui a fait deux morts, le 9 octobre 2019 [Sebastian Willnow / dpa/AFP]

Autre chiffre inquiétant, 41% des Allemands pensent que les Juifs parlent trop de l’Holocauste, alors qu’un sur quatre estime que «quelque chose de similaire à l’Holocauste pourrait se répéter dans l’Allemagne actuelle».

Et cela continue. 28% des 1.300Allemands interrogés pour l’étude estiment que les Juifs ont trop de pouvoir économique, alors que 26% disent penser qu’ils ont trop de pouvoir dans le domaine de la politique. Et 48% pensent que les Juifs d’Allemagne sont plus loyaux envers Israël qu’envers leur pays de résidence. Des opinions intrinsèquement liées à la pensée antisémite.

Mais l’espoir demeure. Face à cette montée de l’antisémitisme, qui se traduit par le succès croissant des partis d’extrême droite – 65% des Allemands font le lien entre les deux phénomènes – une part croissante de la population se dit prête à s’opposer aux phénomène. Un tiers des Allemands seraient ainsi prêts à manifester contre l’antisémitisme, et deux tiers de «l’élite» seraient prêts à signer une pétition. 

«L’Allemagne a une obligation unique de prévenir le retour de l’intolérance et de la haine. Si plus d’un quart de la société s’identifie avec l’antisémitisme, il est temps pour les trois quarts restants de défendre la démocratie et la société de la tolérance», a estimé le président du Congrès juif mondial, Ronald S. Lauder.

CNEWS

La Turquie utilise-t-elle des armes interdites ? Le Point

Calvaire. A l’hôpital de Qamichli, le 13 octobre. L’importance des brûlures infligées aux blessés fait craindre l’emploi par la Turquie de bombes au phosphore blanc.

L’image de Mohammed, 13 ans et un visage d’ange ravagé par la souffrance, est en passe de devenir le portrait de l’invasion du nord de la Syrie par les Turcs. Une image représentative de la tragédie kurde, comme celle d’Aylan Kurdi, gamin de Kobané mort noyé en mer Egée en 2015 alors que lui et sa famille tentaient de rejoindre l’Europe. Originaire de Ras al-Aïn, Mohammed a été brûlé sur tout le corps après que sa maison a été frappée par un bombardement nocturne. 

Il n’est pas le seul à présenter de telles blessures. En convalescence dans un dispensaire de Qamichli, deux combattants arabes des Forces démocratiques syriennes racontent avoir été frappés par un obus à Ras al-Aïn. Ils ont la peau calcinée, noircie du crâne aux orteils. De quoi alimenter les soupçons d’emploi par la Turquie d’armes non conventionnelles, notamment de bombes au phosphore blanc, produit dont l’utilisation est interdite sur les zones peuplées de civils depuis les années 1990, mais qui peut être utilisé comme agent incendiaire ou comme protection par écran de fumée. En 2017, Amnesty International a accusé la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis de s’en être servie au cours de la bataille de Raqqa. 

Les Kurdes dénoncent l’utilisation d’« armes chimiques », catégorie dans laquelle le phosphore blanc n’entre pas. Depuis les années 1980, le PKK en guerre contre la Turquie affirme régulièrement être victime d’armes non conventionnelles. Au début des années 1990, l’armée turque fut soupçonnée d’utiliser du napalm pour déboiser les zones montagneuses où se retranchait la guérilla. Même si les preuves n’ont pas été clairement établies, la Turquie a un passif en la matière. Pour mater la révolte du Dersim, en 1937, elle largua de l’ypérite – le gaz moutarde – sur les Kurdes. Mais en 1997, mettant en application la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, la Turquie a détruit ses stocks. Elle rejette catégoriquement les accusations

GUILLAUME PERRIER (À QAMICHLI) 

Gernelle – Erdogan poursuit « Le Point » pour crime de lèse-majesté

ÉDITO. Le président turc a déposé une plainte contre notre journal à la suite de notre enquête intitulée « L’éradicateur ».

Etienne Gernelle Le Point.fr 

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Le président Erdogan n’a pas apprécié le dossier du « Point »© Mustafa Kamaci / Anadolu Agency

Recep Tayyip Erdogan a décidément un problème avec la liberté. Son avocat a déposé aujourd’hui une plainte contre Le Point, auprès du bureau du procureur général d’Ankara, pour « insulte au chef de l’État », selon l’agence de presse étatique Anadolu. Sont visés nommément le rédacteur en chef « international » du Point, Romain Gubert, et votre serviteur.

En cause ? Notre dernier dossier de couverture, intitulé « L’éradicateur », dans lequel nous détaillons son opération de nettoyage ethnique à l’encontre des Kurdes de Syrie. Notre reportage raconte les exactions, les évictions de populations, la crainte de l’anéantissement. Notre enquête explique également comment le pouvoir turc a pactisé avec d’anciens de Daech et Al-Qaïda, qui se chargent pour lui des sales besognes.

Il est logique que cela ne plaise pas à Erdogan. Bien évidemment, nous ne retirons pas un mot de ce que nous avons écrit.

De « dictateur » à « éradicateur »

Au contraire : le fait qu’il nous attaque pour « insulte au chef de l’État », sorte de crime de lèse-majesté, tend plutôt à confirmer notre précédente couverture à son propos, dont le titre était « Le dictateur ». À l’époque (c’était en mai 2018), il avait publiquement attaqué notre journal. Dans le même temps, en France, des affiches du Point étaient arrachées par ses partisans, et des kiosquiers étaient menacés. Notre journal aussi avait reçu des menaces de mort directes.


Erdogan a fait emprisonner de nombreux journalistes en Turquie et pense peut-être que ses pulsions de censure peuvent s’exercer aussi dans des pays où la presse est libre. L’hubris du maître d’Ankara connaît visiblement peu de limites. Il sera déçu : nous ne lâcherons rien.

Hélé Béji: «Le voile est le symptôme, et non la cause, de l’affaiblissement de la République»

TRIBUNE – Figure majeure de la vie intellectuelle tunisienne, l’écrivain juge que le voile n’est pas «souhaitable», mais que l’interdire ne ferait que le renforcer.

Par Hélé Béji – Le Figaro

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Tous, nous «souhaitons» comme le ministre Jean-Michel Blanquer, que les femmes ne se revoilent pas, nous le souhaitons du plus profond de notre liberté. Et celles qui le souhaitent le plus, c’est celles qui ont vécu le moment historique du dévoilement, ce moment d’intrépidité des femmes traditionnelles à sortir dans la lumière, à la fois fidèles à leur croyance mais libres. Elles n’avaient plus besoin de faire valoir leur religion par des signes vestimentaires frappants. Elles avaient compris que ce n’était pas elles qui étaient cachées au monde sous le voile, mais le monde qui leur était caché derrière leur voile. Leur foi était devenue la force invisible de leur libre arbitre, car elles ne se sentaient plus menacées par le monde moderne. Seule la liberté intérieure peut affronter toutes les autres libertés. La foi qui a besoin d’un accoutrement extérieur s’affaiblit dans le tumulte du spectacle qu’elle provoque et cache une servitude intime. Elle croit se prémunir d’un monde dangereux, comme si le voile n’était pas la barrière illusoire d’un morceau d’étoffe qui ne protège de rien. Oui, j’aurais souhaité que ce revoilement n’eût jamais lieu et que l’histoire marchât dans un seul sens, celui de l’émancipation des années soixante que j’ai connue, l’étape dernière de la «décolonisation» des femmes. Les droits de l’homme avaient vaincu les interdits de la religion. Ils étaient devenus les droits de la femme. Et surtout, les sacrifices et les luttes que le peuple féminin y a consentis étaient ce qu’on devait garder à l’esprit pourne jamais retomber dans les filets de la dépendance. Ils illustraient le prix d’une indépendance sacrée, intouchable.La liberté moderne est devenue une forme de déchéance de la dignité

Mais ce n’est pas ce qui s’est passé. La libération de la femme était un geste d’émancipation du corps, sa liberté est un acte d’émancipation de l’esprit. C’est cette liberté-là qui aujourd’hui est touchée, qui n’atteint pas à sa plénitude. L’intelligence féminine reste en deçà de sa véritable étendue. La femme n’a pas encore pris toute la mesure de son être pensant. Ainsi, elle n’a pas su penser, ni prévoir que l’idée de progrès allait s’épuiser, que la modernité ne serait pas synonyme de bonheur, mais de malheur social, d’inégalité, de violence, de solitude, de misère morale et matérielle, que le féminisme en partie échouerait. La liberté moderne est devenue une forme de déchéance de la dignité. Que la modernité soit vécue comme une nouvelle oppression, qu’elle n’ait plus sa valeur protectrice, sa vertu créatrice, qu’elle plonge l’homme et la femme dans l’égarement d’un monde sans demeure, cela moi-mêmeje ne l’aurais jamais imaginé. Ma culture, fondée sur les humanités, ne m’y a pas préparé. Personne ne pouvait concevoir que la confiance en l’avenir allait disparaître, que la peur de l’avenir nous projetterait dans la grotte du passé.

Et pourtant, le devenir se décline aujourd’hui sous la forme d’un revenir. Le revoilement des femmes traduitle mal-être de la condition humaine, hommes et femmes pris ensemble dans les mailles d’une société de plus en plus inhumaine, que la République ne réussit plus comme jadis à humaniser. Car le voile dit quelque chose sur l’homme en général, et pas seulement sur le musulman. Autant pour les voilées que pour les militantes du mouvement #MeToo, le voile rend visible le rempart puritain qui s’est désormais instauré entre l’homme et la femme, autrefois si joyeusement complices en liberté et en amitié. Le sexe masculin menace l’humanité, disent celles qui se croient ennemies. Mais les tristesses ascétiques du voile font pendant aux nouvelles sentences grondeuses des féministes. Aussi sont-elles plus proches l’une de l’autre qu’elles ne le croient.Si on se contente d’interpréter le voile comme la cause de tout le mal, c’est que l’idéal républicain n’agit plus

En fait, nous voyons émerger des formes d’obscurantisme modernes contre lesquelles la laïcité ne nous protège plus, car elle ne peut se prévaloir comme jadis d’un progrès vertueux où l’avenir serait meilleur que le passé. La modernité enfante des dérèglements inhérents à l’autonomie, qui pousse si loin ses limites que chacun se choisit de nouvelles chaînes de dépendance. On a tellement voulu abolir les attachements qu’on les a ravivés. La permissivité absolue génère les tabous absolus, la liberté absolue l’esclavage absolu, la déliaison absolue la frénésie de liens absolus, etc. Comment légiférer contre le voile sans pénaliser du même coup toutes les exhibitions de soi, les extravagances horrifiques du moi, les déchéances de notre corps dansla société, les représentations dégradantes de la femme, les superstitions abusant la crédulité humaine (la voyance par exemple).

La République doit penser le voile comme un symptôme de son propre affaiblissement, la perte de sa culture humaniste, l’extinction de son inspiration morale et philosophique. Si on se contente d’interpréter le voile comme la cause de tout le mal, c’est que l’idéal républicain n’agit plus. Les raisons profondes de son atonie ne sont pas à chercher dans l’obscurantisme religieux, mais dans la valeur républicaine devenue obscure à soi, inintelligible, privée de sa lumière pédagogique. La République ne doit pas devenir une pratique attentatoire à la dignité humaine, ni se voiler la face devant le paysage dévoyé des libertés en général. Elle n’est pas une arme de conquête, mais un outil de pédagogie. C’est à elle de trouver un nouvel humanisme qui vienne à bout des superstitions d’une religion étrangère.Les réveils archaïques sont des agents consubstantiels à la modernité

Un des principes fondateurs de la laïcité fut de séparer la sphère privée de la sphère publique, afin de mettre notre liberté de conscience (irréligieuse ou religieuse) à l’abri de la puissance étatique. La paix civile fut à ce prix. Mais désormais, cette frontière du public et du privé s’effondre sous le poids des revendications sexuelles, culturelles, religieuses, ethniques qui s’approprient l’espace commun et nous imposentla tyrannie de leurs voyantes gesticulations. Le fétichisme religieux musulman est un des avatars de la liberté qui donnent des pouvoirs exorbitants à nos existentialismes culturels, sous le principe inviolable et sacré de la liberté d’expression.

Le voile ne fait que suivre les nouvelles mœurs où triomphent les prédilections érotiques ou mystiques de chacun exacerbées par les médias. Il se prévaut non d’une tradition sacrée, mais d’une modernité sacrée, celle des droits particuliers dont l’engouement est d’exposer nos rites intimes au voyeurisme de tous. Les réveils archaïques sont des agents consubstantiels à la modernité. Ils sortent de sa fabrique obscure, qui a transformé nos désirs privés en idolâtries, nos libertés en potentats arrogants, et nos déraisons personnelles en raison publique. C’est la tâche de la pensée laïque d’élucider ces nouvelles libertés dépravées, comme dirait Rousseau, mais sans les persécuter.

Voilement des femmes “pas souhaitable” : Blanquer “assume” sa position républicaine Par Louis Nadau

Alors que les polémiques liées au voile islamique se succèdent, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, accusé par certains de participer à une “stigmatisation assumée” des musulmans, a pu clarifier ses positions ce mercredi 16 octobre au micro de France Inter.

Il avait du pain sur la planche… Invité de la matinale de France Inter ce mercredi 16 octobre, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, était attendu sur les thèmes de la laïcité en général et du voile islamique en particulier, sur lesquels les couches de polémique s’empilent à nouveau depuis plusieurs jours. De sorte que le ministre, tenant de la ligne républicaine au sein du gouvernement et qui subit les foudres des communautaristes, a dû se livrer à une clarification de ses positions.

A l’origine de ce que le ministre qualifie de “maelstrom médiatique“, se trouve la vidéo postée sur Twitter vendredi dernier par un élu local du Rassemblement national (RN), Julien Odoul. La séquence, tournée lors d’une séance publique du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, le montre exiger, avec son groupe, qu’une mère voilée accompagnant une sortie scolaire quitte la salle. Déboutés, les élus RN quittent la salle. La scène d’humiliation de cette mère a provoqué de vives condamnations au fil du week-end.open in 3

Julien Odoul@JulienOdoul

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[RT]Au nom de nos principes républicains et laïcs, j’ai demandé à @MarieGuiteDufay de faire enlever le voile islamique d’une accompagnatrice scolaire présente dans l’hémicycle. Après l’assassinat de nos 4 policiers, nous ne pouvons pas tolérer cette provocation communautariste

Vidéo intégrée

Jean-Michel Blanquer a quant à lui été personnellement mis en cause dans une tribune signée ce mardi par 90 personnalités dans Le Monde, pour avoir estimé dimanche sur BFMTV que le voile n’était “pas souhaitable dans notre société“. Les signataires du texte voient dans ces propos “l’illustration même d’une stigmatisation assumée jusqu’au plus haut niveau de l’Etat“.

BLANQUER DÉCRYPTE ET SIGNE

Ce qui est très frappant, remarque le ministre, c’est que j’ai condamné très fermement et très clairement ce qui s’est passé, qui est honteux, parce qu’on ne doit jamais dans ces situations, héler qui que ce soit (…). Le faire devant des enfants, c’est une circonstance plus qu’aggravante, martèle-t-il. Je l’ai condamné mais comme par hasard, dans toutes les reprises que l’on fait, on isole un morceau de phrase, que j’assume parfaitement“. De fait, dès dimanche sur BFMTV, il avait affirmé sans ambiguïté : “C’est une situation absurde, une fois de plus le Rassemblement national joue de façon extrême sur ces questions, c’est bien évidemment à condamner et c’est idiot d’en arriver à ce type de situation”.

Oui, je pense que le voile n’est pas souhaitable, c’est ma vision de l’émancipation de la femme, je suis parfaitement libre de dire cela.Jean-Michel Blanquer

Ceci rappelé, le républicain assumé – et assuré – maintient sa position quant au voilement des femmes : “Oui, je pense que le voile n’est pas souhaitable, c’est ma vision de l’émancipation de la femme, je suis parfaitement libre de dire cela”.Et de rappeler la distinction entre “ne pas souhaiter” et “vouloir interdire”, oblitérée dans les critiques à son endroit : “Dans notre société, il y a plein de choses qui sont autorisées mais qui ne sont pas souhaitables. Regardez, sur un autre sujet de laïcité du quotidien : il y a des hommes, maintenant, qui refusent de serrer la main à des femmes… Est-ce qu’on va faire une loi pour les obliger à serrer la main des femmes ? Non, bien entendu, ce serait absurde. Pour autant, ce n’est pas souhaitable qu’ils le fassent”.LIRE AUSSIMères voilées accompagnant les sorties scolaires : cacophonie au gouvernement

“LE MODÈLE RÉPUBLICAIN FRANÇAIS”

Se revendiquant “héritier de la tradition républicaine“, Jean-Michel Blanquer défend le “modèle français” en la matière : “Aujourd’hui, quand vous allez en Angleterre, vous avez des sociétés juxtaposées“, développe-t-il, adressant au passage une pique aux auteurs de la tribune du Monde : “Ça, ça réunit des gens qui sont soit des partisans du laisser-faire, laisser-aller, qui peuvent avoir leurs villas avec piscines, ce qui compte c’est qu’ils soient bien, ils se fichent de ce qu’il se passe dans le reste du pays, et puis les gens qui sont tout simplement pour la juxtaposition de principes communautaristes“.

A l’opposé, le ministre rappelle le principe universaliste de la République française : “La France s’est battue sur tout à fait autre chose, depuis 1789 et avec les moments très forts de la IIIe République. (…) Je me fiche de savoir que quelqu’un est musulman, juif, bouddhiste, chrétien, athée… Il est citoyen de France”. Le ministre conclut : C’est quand même incroyable que quand vous dites aujourd’hui une phrase comme : ‘Le voile n’est pas souhaitable’, vous avez la Terre entière qui vous traite de réactionnaire, alors que vous êtes juste républicain“.

“Ce sujet de l’accompagnement par des mères voilées n’est pas un sujet très important”

Pour autant, Blanquer précise qu’il ne souhaite pas – non plus – partir en croisade contre les mères voilées : “J’en vois beaucoup, on a souvent des discussions très intéressantes, et il n’y a strictement aucune crispationJe suis parfaitement conscient du fait qu’il faut avoir une politique d’intégration, mais sur le modèle républicain français“. Et d’appeler à dégonfler ce qui est à ses yeux une baudruche médiatique : “Ce sujet de l’accompagnement par des mères voilées n’est pas un sujet très importantJe ne souhaite pas que ce sujet devienne un sujet récurrent, dont on parle en permanence. Je pense qu’il est réglé par la situation juridique actuelle, c’est important qu’on passe à autre chose”. Quitte à mettre sous le tapis les divergences au sein même du gouvernement sur ce dossier ? “Avec Sibeth Ndiaye, on a plutôt des nuances que des divergences, d’ailleurs on en parle très clairement, ce qui est normal“, rectifie le ministre de l’Education, balayant : “Quand vous avez un repas de famille sur ces sujets, vous avez forcément des nuances”.

Quid enfin de son autre déclaration remarquée dimanche, sur le “signalement” de petits garçons refusant de tenir la main aux filles à l’école, qui a également fait bondir une partie de la gauche ? “On confond différents sujets“, reprend-il : “Il y a celui de la lutte contre la radicalisation, et il y a la lutte contre le communautarisme, ce n’est pas la même chose. Bien sûr ils peuvent avoir un lien“. “Ce qu’on constate de plus en plus, et les professeurs d’écoles primaires le savent, c’est qu’ils vivent des phénomènes qui traduisent un impact communautariste, parfois qui peut être un signal de radicalisation dans les écoles, et donc oui nous demandons de le signaler“, soutient Jean-Michel Blanquer.

L’espionne française oubliée qui a dirigé le plus grand réseau de résistance

L’histoire incroyable de Marie-Madeleine Fourcade, qui a mené une opération de renseignements déterminante contre les nazis

Par RICH TENORIO1

Des renforts américains débarquent dans les jours qui ont suivi le jour-J et l'invasion, par les Alliés, de la France occupée par les nazis en Normandie, pendant la Seconde guerre mondiale, en juin 1944 (Crédit :  AP Photo/Bert Brandt, File)

Des renforts américains débarquent dans les jours qui ont suivi le jour-J et l’invasion, par les Alliés, de la France occupée par les nazis en Normandie, pendant la Seconde guerre mondiale, en juin 1944 (Crédit : AP Photo/Bert Brandt, File)

Lorsque les soldats et les responsables politiques s’étaient révélés incapables d’empêcher l’invasion de la France en 1940, une femme fit le choix de se joindre à d’autres citoyens combatifs entrés dans les rangs de la Résistance.

Issue de la classe favorisée et cosmopolite, mère de deux enfants, Marie-Madeleine Fourcade ne s’était pas contentée de rejoindre le mouvement de rébellion contre l’occupant. Elle a pris la tête de sa plus importante cellule de renseignements, Alliance, et a défié à la fois les nazis et le patriarcat français qui étouffait toute avancée des femmes.

C’est son histoire qui est racontée dans un ouvrage écrit par l’auteur de best-sellers Lynne Olson et intitulé Madame Fourcade’s Secret War: The Daring Young Woman Who Led France’s Largest Spy Network Against Hitler(non-traduit en français).

Forte de 3 000 personnes à son apogée, on compte parmi les succès de la cellule Alliance le don d’une carte aux Alliés qui faisait presque 17 mètres et qui représentait les plages de Normandie. Une carte qui devait s’avérer déterminante lors du Jour-J, dont le 75e anniversaire a été célébré cette année.

« Aucun autre réseau d’espionnage allié n’a duré aussi longtemps ni fourni de renseignements aussi cruciaux pendant tout le conflit », dit l’écrivaine, ajoutant que Fourcade a été la seule femme à avoir dirigé une organisation de la résistance française au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Marie-Madeleine Fourcade, à gauche, avec deux co-espions, Ferdinand Rodriguez, au centre, et Paul Bernard, après la guerre. (Crédit : Patrick Rodriguez-Redington)

Parce que les membres d’Alliance utilisaient des noms d’animaux comme pseudonymes, la Gestapo avait baptisé le réseau « Arche de Noé ». Le surnom de Fourcade était « Hérisson » – une créature décrite par l’auteur comme « inoffensive en apparence » mais qui n’en est pas moins un petit animal que, comme l’avait dit l’une des ses amies, « même un lion hésite à mordre ».

« La première fois que j’ai entendu parler de Marie-Madeleine Fourcade, j’ai été sidérée parce que je n’avais jamais entendu parler d’elle dans le passé », explique Olson au Times of Israel. « C’était incroyable – une jeune femme à la tête du réseau d’espionnage le plus important des Alliés et le plus influent de la France occupée. »

L’espionne française Marie-Madeleine Fourcade semblait être la mère innocente de deux enfants mais elle avait dirigé la plus importante opération de collecte de renseignements au cours de la Seconde Guerre mondiale. (Crédit : Chemins de Mémoire)

Constamment en fuite, Fourcade aura souffert de la capture et de l’exécution d’un grand nombre d’agents – notamment celles de son second, Léon Faye, dont elle a eu un enfant pendant la guerre. Elle-même a été arrêtée à deux occasions. Une évasion avait d’ailleurs été particulièrement difficile.

Sa carrière, après-guerre, a été marquée par un passage au Parlement européen. Elle a également apporté de l’aide aux anciens membres de son réseau et aux survivants. À sa mort en 1989, alors qu’elle était âgée de 79 ans, elle a été la première femme à bénéficier de funérailles aux Invalides, là où sont enterrés certains des héros français les plus admirés, et notamment Napoléon.

Olson estime pourtant que l’histoire a été ingrate envers Fourcade, qui, « je le pense vraiment, n’a jamais reçu l’attention qu’elle méritait ».

Olson a appris l’existence de Fourcade alors qu’elle faisait des recherches pour son précédent livre, lui aussi consacré à la guerre, Last Hope Island: Britain, Occupied Europe, and the Brotherhood That Helped Turn the Tide of War. Ancienne correspondante à la Maison-Blanche pour le Baltimore Sun, Olson a écrit plusieurs best-sellers sur les efforts du Royaume-Uni et des Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale. L’histoire de Fourcade a suffisamment intrigué l’auteur pour que cette dernière la place au cœur de son nouvel ouvrage.

Lynne Olson, auteur de ‘Madame Fourcade’s Secret War: The Daring Young Woman Who Led France’s Largest Spy Network Against Hitler’. (Crédit : Tamzin B. Smith)

Olson a lu l’autobiographie écrite en français par Fourcade en 1968 et sa traduction en anglais ainsi que les mémoires de deux de ses anciens lieutenants, Jean Boutron et Ferdinand Rodriguez. Elle a également interviewé la fille de l’espionne, Pénélope Fourcade-Fraissinet, qu’elle avait eue avec son second époux, l’homme d’affaires Hubert Fourcade. Des recherches et des rencontres qui ont aidé Olson à raconter l’histoire d’une femme qui aura vécu une existence incroyable.

Née Marie-Madeleine Bridou à Marseille, la future espionne a passé les premières années de son enfance à Shanghaï, où son père était cadre dans une compagnie maritime. Après la mort de ce dernier, la famille est retournée en France – mais elle a recommencé à voyager après avoir épousé son premier mari, l’officier de l’armée française Édouard-Jean Méric, qu’elle a accompagné au Maroc. Ils ont eu deux enfants, Christian et Béatrice, avant de se séparer en 1933.

Dans le Paris d’avant-guerre, elle a travaillé dans l’industrie de la radio, passé une licence de pilote et pris part à des courses automobiles. Et en 1936, lors d’un rassemblement social en présence notamment de Charles de Gaulle, futur leader de la résistance française, Fourcade a rencontré un agent des renseignements militaires français qui s’appelait Georges Loustaunau-Lacau. Il a alors recruté Fourcade pour une opération privée dont l’objectif était de collecter des informations sur le programme militaire croissant de l’Allemagne.

Les craintes face à l’Allemagne s’étaient avérées justifiées avec le Blitzkrieg et la chute de la France en 1940. Au mois de septembre de cette année-là, Loustaunau-Lacau a fondé Alliance, adoptant le nom de code de Navarre. Dès la création du réseau, Fourcade a eu la responsabilité du recrutement des agents.

‘Madame Fourcade’s Secret War: The Daring Young Woman Who Led France’s Largest Spy Network Against Hitler,’ écrit par l’auteur Lynne Olson. (Autorisation/Random House)

« Il lui a beaucoup appris », dit Olson en évoquant Loustaunau-Lacau. « Mais elle a tiré seule les leçons de ses réussites et de ses échecs. »

Et tandis que la tâche était difficile, ajoute Olson, « elle a appris les choses très rapidement ».

Initialement, « elle recrutait des agents et collectait des renseignements sans savoir où les envoyer. Elle avait très peu d’argent et elle apprenait en improvisant, ce qui était le cas dans la résistance en général à cette période-là », note Olson.

Mais au mois d’avril 1941, Alliance a établi un partenariat avec le M16, agence de renseignements britannique – avec à sa tête notamment le commandant Kenneth Cohen, un Juif originaire de Grande-Bretagne qui dirigeait les opérations de l’institution depuis Vichy.

Fourcade avait demandé à Navarre de ne dévoiler ni son nom, ni son sexe à Cohen quand les deux hommes s’étaient rencontrés à Lisbonne.

Le parrainage britannique d’Alliance a « ouvert les vannes », explique Olson.

« Ils ont envoyé beaucoup d’argent et des transmetteurs radio. Elle a alors été en mesure de faire ce qui était nécessaire pour créer un réseau de résistance et de renseignements viable et important qui pouvait accumuler et collecter les informations et les envoyer en Angleterre de manière à ce que les Britanniques puissent en faire usage. »

Néanmoins, au mois de juillet 1941, Navarre a été capturé après un coup d’Etat raté anti-Vichy en Algérie. C’est alors que Fourcade s’est présentée pour prendre la tête d’Alliance.

« C’était extraordinaire », s’exclame Olson. « Elle a juste pris la décision de le faire. »

Marie-Madeleine Fourcade lors d’une session plénière du gouvernement européen, en 1980. (Crédit : Union européenne)

Elle s’inquiétait pourtant de ne pas être prise au sérieux par le M16 parce que femme.

Ce qui devait la convaincre de dévoiler son identité aux Britanniques avait été une opération de répression du régime de Vichy à l’encontre d’Alliance, qui avait compris l’arrestation de la mère de Fourcade.

L’espionne a alors pris la décision de rencontrer le M16 en Espagne. Boutron, son lieutenant, l’a conduite dans sa Citroën par-delà la frontière cachée dans un sac de courrier postal – une épreuve qui a duré huit heures.

Lorsqu’elle est arrivée à Madrid et après un message envoyé à Cohen dans lequel elle lui révélait son sexe, plusieurs heures ont passé avant que l’espion britannique ne donne son feu vert au prolongement de sa coopération avec Alliance.

« Elle était, à ce moment-là, si précieuse, si importante pour le M16 que les militaires britanniques ont passé outre le fait qu’elle était une femme », explique Olson. « Alliance fournissait des informations de grande valeur. Cette femme était très particulière. »

Olson note que Fourcade savait se faire obéir de la majorité des membres masculins du réseau – un grand nombre d’entre eux étaient d’anciens militaires – ainsi que des presque 20 % de femmes d’Alliance. Les agents de Fourcade devaient réaliser des opérations remarquables.

La fausse carte d’identité de Marie-Madeleine Fourcade au nom de Marie-Suzanne Imbert. (Crédit : Granger)

Détesté par les Français car vu comme un collaborateur, Jacques Stosskopf affichait tant de diligence dans son travail pour l’amiral Karl Donitz à la base des sous-marins allemands à Lorient – la plus importante base de ce type dans le monde – que ses supérieurs ne devaient jamais soupçonner qu’il transmettait des informations à Alliance.

« Les sous-marins allemands décimaient les navires marchands britanniques », explique Olson. « Il a envoyé tant et plus de renseignements sur les lieux où ils se trouvaient de manière à ce que les Britanniques puissent s’en débarrasser. Ce que savait cet homme était extraordinaire. »

Robert Douin, artiste et sculpteur, avait créé une carte de 17 mètres représentant les plages de Normandie et les fortifications allemandes qui devait s’avérer « incroyablement importante » le jour-J, ajoute Olson. « C’était une carte vraiment très grande – il fallait visualiser une carte répertoriant les lieux déterminantes le jour-J. »

Illustration : Une roquette V-1 allemande s’abat sur une ville indéterminée du sud de l’Angleterre, le 22 juillet 1944. (Crédit : AP Photo)

Jeannie Rousseau, une traductrice germanophone âgée d’une vingtaine d’années, avait flirté avec des officiers allemands en tentant de leur faire révéler les plans nourris par Hitler concernant les roquettes de type V-1 et V-2 qui devaient détruire l’Angleterre et empêcher le Jour-J. L’opération de Rousseau avait entraîné le raid des Alliés sur Pennemünde, en Allemagne, le 17 août 1943, qui avait dévasté le centre d’essai et de lancement de missiles qui était alors le plus important du monde.

Rousseau, Douin et Stosskopf ont tous été capturés en 1944 – des centaines d’agents d’Alliance ont été arrêtés durant toute la guerre. Rousseau a été emprisonnée dans plusieurs camps de concentration mais a survécu et s’est finalement éteinte alors qu’elle était presque centenaire.

Pour leur part, Douin et Stosskopf ont été exécutés, comme de nombreux autres et notamment Faye, le second de Fourcade, qui était aussi l’homme qu’elle aimait.

Quand la Gestapo a capturé Faye, au mois de septembre 1943, dit Olson, « elle a perdu l’homme qu’elle adorait. Elle n’a jamais su ce qu’il était devenu ».

Faye et d’autres agents d’Alliance se trouvaient en fait dans les camps de concentration allemands. Faye a été tué au mois de janvier 1945.

« Elle a eu clairement le cœur brisé par la mort de Faye », dit Olson. « Elle ne s’en est jamais réellement remise. »

Fourcade a eu un fils avec Faye, né au mois de juin 1943.

« Elle était en fuite et enceinte, ce qui rend d’autant plus remarquable la manière dont elle est parvenue à faire ce qu’elle a fait », indique Olson. L’enfant avait été caché dans le sud de la France.

Craignant que les Allemands ne capturent ses deux autres enfants, Fourcade les avait envoyés hors de France, en Suisse. Inquiète d’être elle-même arrêtée si elle leur disait au revoir, elle avait observé leur départ, les voyant quitter le bâtiment de Lyon dans lequel elle se cachait.

Marie-Madeleine Fourcade après son évasion de prison, avec des hématomes et des écorchures sur son visage et sur son cou. (Crédit : Granger)

À la frontière, ceux qui les avaient escortés s’étaient enfuis, craignant les Allemands. Mais les enfants étaient parvenus à réussir leur évasion.

« [Fourcade] a découvert les détails de l’histoire après la guerre », note Olson. « Cela a été dur, vraiment très dur pour elle. »

Fourcade aura été amenée, pour sa part, à s’échapper à deux occasions.

La première fois, en 1942, des policiers de Vichy qui étaient secrètement des amis de la résistance étaient venus à son secours. La seconde fois, en 1944, elle s’est faite arrêter par la Gestapo.

Cette dernière « savait qu’elle était une espionne mais elle ignorait qu’elle était Marie-Madeleine Fourcade », raconte Olson. « Elle était terrifiée à l’idée qu’ils ne le découvrent rapidement et qu’ils la torturent. »

« Elle avait même réfléchi à se suicider à l’aide une pilule de poison », ajoute-t-elle.

Olson explique qu’elle a finalement « ôté tous ses vêtements et qu’elle est parvenue à faire passer son corps mince à travers les barreaux de la cellule de sa prison. Elle a sauté – et, autre détail incroyable auquel je pense toujours, elle avait pris sa robe entre ses dents. Elle a rampé dans la rue sur ses mains et sur ses genoux, elle a remis sa robe et elle a fui ».

Olson explique que c’est « seulement un des nombreux exemples » qui sont susceptibles de démontrer pourquoi « cette femme incroyable » aura été « tellement frappante et intéressante ». 

L’auteur espère que le livre réussit ainsi à retransmettre cela. « Les critiques sont toutes très bonnes, extrêmement bonnes », continue Olson. « Leur thématique la plus habituelle est la suivante : Comment cela se fait-il que nous n’ayons jamais entendu parler de cette femme auparavant ? »

« D’autres femmes ont été oubliées en France et ailleurs. Il est grand temps que nous apprenions également à les découvrir », s’exclame-t-elle.

Français de Daech : le scénario redouté…

Hors contrôle. Des épouses de combattants de l’EI, encadrées par une patrouille kurde, sont conduites au camp d’Al-Hol (juillet). A la suite de l’intervention armée d’Ankara, des centaines de prisonniers djihadistes ont pu s’échapper des camps dirigés par les Kurdes.

« Attendez-nous, on arrive ! » Les messages sont tombés lorsque les troupes turques franchissaient la frontière. Sur leurs portables, les femmes de Daech détenues dans les camps reçoivent des nouvelles enthousiastes de leurs maris, incarcérés dans d’autres centres. Dans les tentes, l’optimisme gagne. Les Kurdes, eux, redoutent le chaos.

Depuis le lancement de l’offensive turque, les camps du Kurdistan syrien menacent à tout moment d’ouvrir leurs portes. Parmi eux, trois sites (Al-Hol, Aïn Issa, Roj) regroupant 80 000 réfugiés, dont des femmes et des enfants liés à l’EI, mais aussi sept prisons, où s’entassent 12 000 combattants djihadistes (dont 2 000 étrangers). Cinq hommes ont déjà fui à la faveur d’un bombardement à proximité de leur prison, à Qamichli. A Aïn Issa, 800 femmes et enfants ont fui le camp. Les gardes kurdes affirment avoir été attaqués par des « mercenaires » et des « éléments de Daech » présents dans l’enceinte. Ils auraient été contraints de céder le passage. D’autres sources avancent que les gardes, appelés sur le front, auraient abandonné le camp. 

Guantanamo. Enfin, à Al-Hol, une rébellion a éclaté. Après avoir mis le feu à des tentes, des femmes s’en sont prises au personnel à coups de bâton et de pierres. Une situation explosive devenue la principale préoccupation de l’Elysée : 400 Français de Daech, dont 250 enfants, sont détenus dans le nord-est de la Syrie. Les familles réclament leur rapatriement, mais le gouvernement s’en tient à sa ligne : « Ils doivent être jugés sur place. » Trump lui-même a fustigé l’inaction de Paris et de Berlin : « On ne va tout de même pas les mettre dans nos prisons de Guantanamo », a-t-il lancé. 

Au cours de leur retraite précipitée, les forces américaines ont néanmoins pris soin d’exfiltrer deux figures de l’organisation terroriste : Alexanda Kotey, 35 ans, et El Shafee Elsheikh, 31 ans, deux Britanniques, membres de la cellule « The Beatles » et responsables de la décapitation d’Occidentaux, dont le journaliste américain James Foley. Les deux djihadistes auraient été transférés en Irak avant un éventuel procès aux Etats-Unis. Ceux qui resteront derrière les barreaux verront désormais leur sort réglé par Ankara, ou même par Damas, si les troupes syriennes appelées à la rescousse par les Kurdes parviennent à se déployer jusqu’à la frontière§ MARC NEXON

Erdogan, crimes et impunité 

Syrie. Ankara a attendu le départ des troupes américaines pour envahir la zone contrôlée par les Kurdes. 

De notre envoyé spécial à Fesh Habour, Guillaume Perrier

A l’assaut ! Ras al-Aïn (Syrie), le 14 octobre. Des milliers de mercenaires islamistes syriens se sont joints à l’offensive armée des forces turques dans l’enclave kurde du nord-est de la Syrie.

Un à un, la mort dans l’âme, ils franchissent le pont flottant sur le Tigre, puis traversent le poste-frontière de Fesh Habour, point de passage entre la Syrie et l’Irak. Les camions de marchandises et les voitures de commerce qui forment habituellement de longues files d’attente ont disparu. Dans la foulée des troupes américaines, retirées sur ordre de Donald Trump, tous ceux qui en ont la possibilité quittent le Rojava, région kurde de Syrie, pour éviter le piège tendu par Recep Tayyip Erdogan, le maître de la Turquie qui a juré la perte des Kurdes. 

Ceux qui fuient ne laissent derrière eux que des ruines et des espoirs brisés. En quelques jours, les Kurdes du Rojava ont tout perdu. Les Turcs et leurs supplétifs se sont emparés d’une partie importante de leur territoire. L’armée syrienne s’apprête à reprendre le contrôle des frontières. Le chaos et l’insécurité règnent. Les massacres se multiplient. Erdogan pavoise. Et les Kurdes sont une nouvelle fois les otages de leurs voisins, mais aussi de l’Amérique, qui a abandonné ceux qui ont combattu les djihadistes de Daech pendant six ans. 

L’Occident au pied du mur. Après l’opération Bouclier de l’Euphrate, lancée à l’été 2016, puis l’offensive Rameau d’olivier, pour prendre Afrine, en janvier 2018, le maître d’Ankara a choisi de baptiser, avec cynisme, Source de paix le rouleau compresseur qu’il a envoyé pour anéantir les Kurdes de Syrie. En quelques jours, ses troupes, 6 000 soldats et forces spéciales, et autant de mercenaires islamistes syriens à sa solde, regroupés sous la bannière d’une Armée nationale syrienne (ANS) qui n’en a que le nom, sont entrées en action. Couvertes par l’artillerie et par quelques dizaines de drones armés, elles ont progressé rapidement. Les bombardements sur les villes frontalières où vivent près de 3 millions de Syriens de toutes ethnies ont déjà fait des dizaines de morts parmi les civils et plus de 200 000 déplacés.

Le premier objectif d’Ankara est militaire : le contrôle d’une bande de terre longue d’environ 120 kilomètres entre les villes de Tell Abyad et de Ras al-Aïn, au cœur du territoire contrôlé par les Kurdes, et d’une trentaine de kilomètres de profondeur. Il est aussi politique et vise à tailler en pièces le rêve d’un Kurdistan syrien en coupant les principaux axes de communication et en isolant des autres fiefs kurdes Kobané, la ville-symbole d’où est partie la reconquête contre Daech. 

Otages. Lors des funérailles de combattants et de civils kurdes, à Al-Malikiyah, le 13 octobre. Des milliers de civils sont à nouveau contraints à l’exode.

Erdogan ne cache rien de ses intentions : aller vite pour mettre l’Occident au pied du mur. Le 13 novembre est prévue une rencontre entre Erdogan et Trump à Washington. Le président turc veut arriver au rendez-vous avec le plus de cartes possibles en main face à un président qui, sur le dossier kurde, ne cesse de prendre des décisions contradictoires (il a donné son feu vert à Erdogan avant d’engager des sanctions contre lui). 

Cible. La deuxième phase de l’opération est déjà prête. « Une fois les premières percées effectuées, les brigades qui attendent à l’arrière feront mouvement et traverseront la première ligne pour pénétrer plus loin au sud. Et l’ANS ouvrira un nouveau front dans les environs de Manbidj, vers l’est », selon Metin Gurcan, expert en stratégie militaire. La Turquie prendra donc en tenaille la M4, route stratégique qui file, à l’ouest, vers Aïn Issa et Manbidj, et à l’est vers Hassaké. Un axe vital pour les forces kurdes, qui seront alors sur un territoire morcelé de toutes parts. Une brigade de rebelles pro-turcs extrémistes, Ahrar Al-Charkiya, a déjà coupé la route pendant quelques heures. Officiellement, il s’agissait de « distribuer des gâteaux aux civils ». La réalité est différente. Des exécutions sommaires ont été filmées sur le bord de la route, neuf civils y ont été tués. La politicienne Hevrin Khalaf, dirigeante d’un petit parti kurde, a elle aussi été assassinée par des combattants armés non identifiés. 

Oukase. Recep Tayyip Erdogan et son ministre de la Défense, Hulusi Akar, le 9 octobre. 

La Turquie a un objectif clair, martelé à longueur de discours enflammés, ces derniers mois, par Erdogan : éradiquer l’ennemi national, la guérilla kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), contre laquelle Ankara lutte depuis trente-cinq ans. Et lui reprendre tous les territoires obtenus pendant la guerre en Syrie. 

Le Rojava, proto-Etat révolutionnaire qui s’est constitué à sa frontière depuis 2012, n’est autre que l’émanation du PKK. Dans le Nord syrien, ses branches politique (PYD) et armée (YPG) ont imposé leur mainmise. Les Kurdes et leurs alliés arabes, chrétiens et yézidis, réunis au sein des Forces démocratiques syriennes (FDS), ont peu à peu reçu le soutien des Occidentaux, heureux de s’appuyer sur des combattants au sol alors qu’eux-mêmes ne souhaitaient pas affronter autrement que dans les airs l’Etat islamique (EI). Le bilan est cruel : au moins 11 000 combattants ont perdu la vie dans cette offensive contre le califat de Daech depuis Raqqa, en 2017, jusqu’au dernier souffle de Baghouz, l’hiver dernier. 

Ultimatum. Erdogan avait prévenu. A la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, le 24 septembre, il était même venu avec une carte d’état-major explicite en main. Y figurait la fameuse zone de sécurité, ou corridor de paix, le long des 800 km de sa frontière. « Que l’Occident nous soutienne ou non, nous mettrons notre plan à exécution », disait-il. Cette zone tampon à sa frontière, la Turquie la réclame aux Occidentaux depuis le tout début de la guerre en Syrie. A New York, le « reis » a suggéré de réinstaller 1 à 2 millions de Syriens dans cette zone. Quelques jours plus tard, il a lancé le chiffre de 3 millions. Mais sa proposition n’a pas eu de succès. Erdogan est donc passé à la menace. « Si les Occidentaux ne soutiennent pas la Turquie dans son projet de corridor de la paix, que les choses soient bien claires : nous ouvrirons les portes aux réfugiés », a-t-il déclaré à plusieurs reprises. Il sait que le chantage aux migrants fonctionne avec les Européens. En mars 2016, un accord avait été signé entre la Turquie et l’UE, qui prévoyait le renforcement des frontières turques contre une aide de 6 milliards d’euros. Ce pacte a permis à Erdogan de faire taire les critiques et de faire de la question des réfugiés syriens son meilleur atout face aux Européens. 

Objectif. La ville syrienne de Ras al-Aïn, vue du côté turc, le 14 octobre. Erdogan veut créer, le long de la frontière nord-syrienne, une zone de sécurité afin d’y transférer une partie de ses 3,6 millions de réfugiés syriens.

Pour la Turquie, la mise en œuvre de ce programme de retour massif vers la Syrie est urgent. Son gouvernement islamo-nationaliste estime qu’elle a accueilli 3,6 millions de Syriens depuis 2012, charge qui lui aurait déjà coûté près de 40 milliards de dollars. Dans un contexte de crise économique, l’hostilité envers les Syriens s’est répandue dans tout le pays. Et, face à la montée en puissance de l’opposition depuis la victoire à Istanbul d’Ekrem Imamoglu, en juin, son pouvoir s’essouffle. Erdogan doit passer à l’action. Rien de tel qu’une opération militaire pour faire diversion et ressouder la nation autour de lui. 

Projets secrets. La Turquie est-elle en train de coloniser la région ? Sur le territoire capturé grâce à l’opération Bouclier de l’Euphrate, en 2016, elle a imposé sa loi et son administration, sa police, son armée, ses programmes scolaires, ses bureaux de poste, ses réseaux électriques et même des départements d’université rattachés à la ville turque de Gaziantep. Si le front de l’opération Source de paix se stabilise après la visite à Washington, Erdogan pourra entamer la 3 e phase de son plan : renvoyer les Syriens vers les régions occupées. Tout est déjà prévu. Des dizaines de bourgades de 5 000 à 30 000 habitants doivent sortir de terre le long de la frontière. Des colonies de peuplement avec écoles et mosquées sur le modèle des cités de béton qui s’étendent à la périphérie des villes turques. La construction de ces villes est un enjeu financier majeur pour les compagnies turques du BTP, qui trustent les marchés publics et qui financent l’AKP. Selon le quotidien progouvernemental Sabah, ce marché s’élève à environ 27 milliards de dollars. Une aubaine. 

Le but d’Ankara est surtout de modifier la démographie de la région pour y imposer sa domination et dissoudre les Kurdes dans une majorité arabe, proturque et islamique. Mais de ces projets Erdogan ne parle pas. Il les tient secrets. Pourquoi s’en priverait-il alors que le gendarme du monde a oublié ce qu’il devait aux Kurdes ?§

« Attendez-nous, on arrive ! » Les messages sont tombés lorsque les troupes turques franchissaient la frontière. Sur leurs portables, les femmes de Daech détenues dans les camps reçoivent des nouvelles enthousiastes de leurs maris, incarcérés dans d’autres centres. Dans les tentes, l’optimisme gagne. Les Kurdes, eux, redoutent le chaos.

Le BNVCA fait retirer de la vente en ligne de AMAZON, des articles faisant l’apologie du Nazisme.

Le BNVCA acceuille avec satisfaction la décision du Président de la Société de Vente en  Ligne AMAZON qui répond à notre alerte exprimée le 30/8/19 concernant la vente de plusieurs articles faisant l’apologie du nazisme.

Dans  sa letttre  du 1/10/19 expédiée depuis le Luxembourg, le Président de AMAZON SERVICE EUROPE souligne que “les  vendeurs tiers souhaitant vendre sur la place de marché du site, Amazon Services Europe SARL n’achètent ni ne vendent aucun produit”.

 “Amazon Services Europe SARL est ainsi seule compétente pour répondre aux questions relatives aux vendeurs tiers présents sur la place de marché Amazon”.

Toutefois sur la base des renseignements contenus dans le courrier du BNVCA et sans aucune reconnaissance de responsabilité, Amazon Services Europe SARL a fait retirer les produits suivants de la vente sur la place de marché du site www.amazon.fr:

Adolf Hitler T-Shirt Top Short Sleeve Jersey for Men 100% Soft Cotton Mens Clothing XX-Large (ASIN: B07DNCY6KP)

Adolf Hitler Zipper Hoodie Jumper Pullover for Women 100% Soft Cotton Womens Clothing (ASIN: B07KQF4VJG)

Le BNVCA a eu raison de signaler ces dérives au président du  Site AMAZON.

LE BNVCA  NE CESSE D’ETRE  VIGILANT ET DE VEILLER A TOUTE DERIVE ANTISEMITE NEGATIONNISTE  REVISIONNISTE OU FAISANT L’APOLOGIE DU NAZISME. 

Quand Attali fait le Jacques de mal en pitre

© Redon

Par Gilles-William Goldnadel 

Dans son éditorial hebdomadaire, l’avocat Gilles-William Goldnadel s’agace de la sortie de Jacques Attali à son encontre. Body

Quelques heures seulement avant qu’un islamiste ne massacre quatre policiers dans la préfecture de police, Jacques Attali aura commis l’une de ses plus belles impostures. N’ayant besoin cette fois de contrefaire personne, et profitant du climat hystérique de lynchage de l’affaire Zemmour, l’ancienne éminence grise du pouvoir mitterrandien, reconverti en affairiste, expliqua tranquillement dans l’un de ses poulets que le « souverainisme n’était qu’un antisémitisme ». Il expliquait encore que l’immigration islamique était une aubaine fabuleuse pour la France qu’il ne saurait être question de mettre en question. Et que ses questionneurs n’étaient que des racistes. Il expliqua enfin, cerise sur le ragoût, que les juifs Zemmour, Finkielkraut et Goldnadel étaient donc coupables d’une manière d’antisémitisme. Il fallait donc que les juifs et musulmans, main dans la main, s’unissent fraternellement contre eux.

Ceux qui me connaissent savent que je me soucie comme d’une guigne qu’un histrion veuille me clouer à son petit pilori riquiqui. Mais moi qui ignore toujours le mépris, j’avoue toute honte bue qu’il me faut cette fois lutter contre ce sentiment que je méprise, lorsque c’est la main d’un Attali qui tient les clous.

Passe encore son portrait hollywoodien et paradisiaque d’une immigration islamique que je respecte dans sa majorité et qui aura produit des gens merveilleux et qui sont mes amis. Mais elle aura fabriqué aussi des Mohamed Mehra, des Kouachi frères, des Coulibali, des Fofana et tant d’autres encore qui auront massacré des petits enfants ou des vieilles dames parce qu’ils ou elles étaient juifs ou chrétiens, au nom d’un islam conquérant qui n’a rien de pacifique ou d’ultra-minoritaire. Notons qu’en 2009 , ce génie autoproclamé de la futurologie avait proclamé avec autorité que l’antisémitisme musulman n’existait absolument pas en France et relevait de la pure propagande israélienne (Le Monde 21/10/09). Cette perspicacité quasi-prophétique n’aura, on le voit, aucunement ébréché son humilité. Passe enfin son racialisme écoeurant qui voudrait clouer le bec de Zemmour, celui de Finkielkraut et le mien parce que ce seraient des becs juifs.

Mais venant d’un Attali, devenu commissaire juif aux affaires juives, effectivement la chose est méprisable et m’incite au mépris. Je rappellerai en effet, pour autant que cela soit nécessaire, que ce donneur de leçons ès qualité de juif modèle aura été celui qui aura accepté de servir servilement, en très bon courtisan, ce président qui traita en ami et protégea en frère le sieur Bousquet, homme de gauche mais aussi celui qui participa, trempa les mains, et collabora chaudement avec ces nazis qui planifièrent et organisèrent la déportation des juifs de France. Non par antisémitisme, seulement par carriérisme…

Tout cela, j’en ai l’habitude et le cuir bien tanné.

Mais venant d’un Attali, devenu commissaire juif aux affaires juives, effectivement la chose est méprisable et m’incite au mépris. Je rappellerai en effet, pour autant que cela soit nécessaire, que ce donneur de leçons ès qualité de juif modèle aura été celui qui aura accepté de servir servilement, en très bon courtisan, ce président qui traita en ami et protégea en frère le sieur Bousquet, homme de gauche mais aussi celui qui participa, trempa les mains, et collabora chaudement avec ces nazis qui planifièrent et organisèrent la déportation des juifs de France. Non par antisémitisme, seulement par carriérisme…

Là où certains verraient un juif de Cour honteux, je ne veux voir qu’un pitre bouclant son dernier chapitre.

Rokhaya Diallo estime « que les Juifs n’ont pas été exterminés en tant que groupe » parce que « ce n’est pas leur couleur de peau qui a motivé le génocide ».

Le B N V C A qui poursuit sans relâche, sa lutte contre l’antisémitisme, et le négationnisme, est surpris et indigné des propos diffusés sur Twitter, par Rokhaya Diallo.
Cette personne ignorante, arrogante mais raciste, estime « que les Juifs n’ont pas été exterminés en tant que groupe » parce que « ce n’est pas leur couleur de peau qui a motivé le génocide ».
Elle ajoute que ce n’est pas la couleur de leur peau qui leur a valu l’extermination, donc on peut tout supposer des éventuelles turpitudes commises par ce (non) groupe.

Ces divagations sont reprises par Causeur le 12 septembre 2019.

Ces éléments sont suffisants pour caractériser ses propos de délits de Contestation des Crimes commis contre l’Humanité et Négationnisme de la « SHOAH » selon les prévisions de la loi n°90-615 du 13 juillet 1990 (Dernière modification : 24 février 2004) sur le fondement de laquelle, le BNVCA dépose plainte entre les mains du Parquet de Paris pour que cette personne ignorante que les juifs s’honorent de compter des Noirs, des Africains, nombreux parmi ses membres, et que la couleur de la peau n’est pas un critère qui s’inscrit dans la philosophie du Judaïsme.

Elle a eu la chance d’échapper aux griffes des bourreaux nazis, et que ces derniers ne lui  auraient pas donné l’opportunité de déclamer sa haine d’une communauté qu’elle ne connait pas.

Le BNVCA poursuit les antisémites et les négationnistes par toutes les voies de droit afin que ne restent pas impunis des agissements d’individus qui comme Rokhaya Diallo mettent en danger les Juifs de France et la République.

Le Bnvca condamne l’agression d’un jeune homme juif commise le 10//10/2019 à 00h20 par 5 individus à Paris 11eme.

Le BNVCA condamne avec force la nouvelle agression commise contre un jeune homme de 25 ans de confession juive  identifiable à son habit noir la tête couverte d’une casquette cachant sa kippa et portant une barbe.             La victime rapporte  avoir été abordée par 5 individus décrits d’origine maghrébine. Les faits se sont produits le 10/10/19 vers 00h20  Boulevard Voltaire près de la Mairie du 11eme et de son domicile. Selon la victime les assaillants en voulaient d’abord à son argent mais quand ils ont compris qu’il s’agissait d’un juif  en découvrant les franges de son vêtement religieux et après avoir déchiré son costume, ils se sont acharnés sur lui  le frappant au visage, sur le corps, le mettant  à terre et le menaçant d’une arme blanche. Un couteau à grande lame ressemblant à un couteau de boucher avec lequel l’un des auteurs assis sur le torse de sa victime mise à terre menaçait de le poignarder. La victime a pu réagir et se dégager en surprenant son agresseur. Selon le grand frère de la victime c’est lui  qui entendant les cris, serait venu avec leur père le délivrer à temps, faisant fuir les agresseurs qu’ils ont  poursuivi en vain. La  victime qui a déposé plainte détient un certificat dus UMJ prescrivant une ITT de 8 jours. Le jeune homme est traumatisé il souffre de blessures au visage sur les jambes et sur le corps. L’agression s’est produite devant une dame  qui a consenti à témoigner. La haine anti Juive alimentée par les clichés antisémite ne s’éteint pas. Elle tend à se développer et à sévir partout en Europe comme aux USA. Nous demandons à la police de tout mettre en œuvre pour identifier au moyen des vidéos de surveillance placées dans ce secteur et interpeller les lâches agresseurs anti juifs.

Quand des salafistes s’en prennent à une association de défense de la laïcité

Le ton est monté ce samedi entre des militants de l’observatoire de la laïcité de Saint-Denis (93) et un couple de salafistes. L’association demande des comptes à la mairie.

Par Clément Pétreault

Le Point.fr 

C'est a l'occasion d'un forum des associations, notamment sportives, que s'est deroule l'incident. Image d'illustration.
C’est à l’occasion d’un forum des associations, notamment sportives, que s’est déroulé l’incident. Image d’illustration.© PIERRE ROUANET / MAXPPP / PHOTOPQR/VOIX DU NORD

Que s’est-il passé au forum des associations de Saint-Denis samedi 5 octobre 2019 ? L’observatoire de la laïcité de Saint-Denis évoque une « provocation salafiste » à l’encontre de ses adhérents présents sur les lieux. Un long texte publié ce mercredi détaille les faits. Une demi-heure avant la fin de l’événement, « un homme portant un kamis blanc et une femme entièrement recouverte de la tête aux pieds d’un voile intégral noir  » se sont présentés devant le stand de l’observatoire de la laïcité. Un des adhérents, « surpris puis indigné par la présence d’une personne portant illégalement le voile intégral dans l’espace public, a pris le couple en photo », explique le président de l’observatoire. Cette photo a suscité « une réaction violente » de la part du couple, qui a exigé la destruction immédiate des images. « La personne voilée s’est introduite à l’intérieur du stand et a arraché le téléphone des mains [du militant] », relate le président de l’association. Le téléphone a ensuite été récupéré par un autre adhérent de l’association.L

« On marche sur la tête »

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. « Un quart d’heure plus tard, le couple est revenu, escorté de deux policiers municipaux (…) qui ont accusé le militant ayant pris les photos d’avoir brutalisé le couple. Puis ils l’ont sommé de détruire les clichés », explique l’association.L

André Gomar, qui préside l’observatoire de la laïcité de Saint-Denis, n’en revient toujours pas. « J’aimerais qu’on m’explique à quel titre des agents municipaux ont prêté concours à des gens en infraction ! Par ailleurs, nous avons tous été fouillés avant d’entrer sur le site, mais cette femme est rentrée sans problème. Alors qu’elle était en infraction manifeste avec la loi », s’emporte le président, qui a prévu d’interpeller l’équipe municipale dès ce soir. « On imagine facilement que la consigne est le laxisme sur le voile intégral, mais de là à soutenir les salafistes dans leurs opérations de menace sur des défenseurs de la laïcité, on marche sur la tête… » s’inquiète un militant de l’observatoire de la laïcité de Saint-Denis. L’association a demandé à être reçue d’urgence par le maire de Saint-Denis pour tirer cette affaire au clair.

Contacté par nos soins, le maire de Saint-Denis n’a, pour le moment, pas réagi sur le sujet.

Notre commentaire:

Voila l’occasion de montrer que l’Etat répond énergiquement à ces déviations et réprime sévèrement ces agitateurs et particulièrement ces employés municipaux qui n’appliquent pas la loi. Pratique courante à Saint Denis.

«Le niveau de la menace populiste est historiquement élevé»

INTERVIEW – «De toutes les démocraties, la France est sans doute la plus exposée à une amplification de la protestation électorale», analyse le politologue Dominique Reynié.Par Loris BoichotPublié hier à 20:47, mis à jour hier à 20:47

Professeur des universités à Sciences Po, Dominique Reynié est directeur général de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol).

LE FIGARO. – À lire votre enquête, les électeurs sont majoritairement protestataires, c’est-à-dire tentés par l’abstention, le vote blanc ou le vote antisystème. Est-ce bien nouveau?

Dominique REYNIÉ. – Oui, il y a une très spectaculaire montée des eaux protestataires. La dernière élection présidentielle l’a montré, avec un vote antisystème sans précédent dans notre histoire électorale. Dans ce prolongement du scrutin de 2017 se déploie une fébrilité sociétale inédite, entre les «gilets jaunes», les «zadistes», les animalistes, les écologistes… Sans parti ni représentants, ces formes de militantisme se transformeront nécessairement en puissance électorale en 2022. Plus encore qu’auparavant, c’est la future élection présidentielle, avec ses futurs candidats, qui récupérera cette agitation sociétale fragmentée et cette société en ébullition.

Quelle ampleur la protestation électorale peut-elle prendre lors de ce prochain scrutin national?

Le niveau de la menace populiste est historiquement élevé. D’autant que de toutes les démocraties, la France est sans doute la plus exposée à une amplification de la protestation électorale. Parce que l’élection directe du chef de l’État au suffrage universel semble faite pour les populistes. Et parce que la France, contrairement au Royaume-Uni par exemple, n’a pas une passion pour la démocratie représentative. En 2022, le système sera-t-il en mesure de réguler cette protestation électorale doublée d’une agitation sociétale? Résistera-t-il?À lire aussi : Enquête: les Français tentés par le vote protestataire

Pourquoi parlez-vous de «menace»?

L’élection en France d’un président populiste – par exemple Marine Le Pen – pourrait ouvrir une crise de l’Union européenne (UE), de l’euro, et une paupérisation radicale des Français. Dans le monde d’aujourd’hui, ce serait une aventure! Une élection a pour fonction de faire exister la confrontation dans la pluralité, mais cela ne saurait aller jusqu’à mettre en péril la nation qui l’organise. L’élection présidentielle serait à la fois la conséquence et la cause d’un effondrement historique.

L’alternance entre la droite et la gauche est aujourd’hui épuiséeDominique Reynié

Comment expliquer cette montée de la protestation électorale?

Ce mouvement est mû par les grandes forces de l’histoire. La fin des années 1980, marquée par la chute du communisme, l’entrée dans la globalisation et dans l’ère du numérique, a déstabilisé de façon existentielle la plupart des Français et des Européens. Ce phénomène a été aggravé par la question démographique, c’est-à-dire le vieillissement de la société et l’immigration. Depuis, notre système politique français ne parvient pas à donner le sentiment de reprendre le contrôle du destin des Français – souvenez-vous de «l’État ne peut pas tout» de Lionel Jospin, en 1999. À tel point que l’alternance entre la droite et la gauche est aujourd’hui épuisée. Devant les difficultés, le président socialiste sortant, en 2017, a même décidé de ne pas se représenter.

Avec la chute des deux mastodontes de la Ve République – la droite et la gauche -, Emmanuel Macron est-il devenu le leader du vote non protestataire?

Oui, la situation historique crée ce duel. Les bons vieux partis de gouvernement ont été portés au pouvoir et défaits à diverses reprises. Ils ont raté des rendez-vous, en refusant par exemple de redresser les comptes publics quand c’était encore possible, dans les années 1970 ; en permettant le regroupement familial, en 1974 ; en ouvrant les vannes de la dépense publique en 1981, etc. C’est leur échec qui a conduit au duel Macron-Le Pen, et non Macron-Le Pen qui les ont expulsés du pouvoir. Il ne faut pas inverser l’analyse. Ce qui se traduit dans le clivage entre partis populistes et partis de gouvernement, c’est une crise de la confiance dans les formes modérées de gouvernement et l’avènement d’un soutien à des formes plus radicales et moins conventionnelles.

Parler de «populismes», n’est-ce pas faire fi des différences entre le populisme protestataire de Mélenchon, doublé d’un national-populisme chez Le Pen?

Il n’y a qu’une seule différence entre les deux: la question du rapport à l’étranger. Ce qui fait le succès de Marine Le Pen, c’est son souci d’aborder à la fois la crise du «patrimoine immatériel» (le style de vie) et celle du «patrimoine matériel» (le niveau de vie). C’est ce populisme patrimonial qui triomphe, en France comme en Europe, quand Jean-Luc Mélenchon ne se limite qu’au patrimoine matériel. À la présidentielle de 2017, moins de deux points séparaient le chef de file de La France insoumise (LFI) et la candidate du Front national (FN). Aujourd’hui, le duel des populismes est terminé. Marine Le Pen a pris le leadership de la protestation électorale.

Si, un jour, un président du RN ne s’appelle plus Le Pen, le potentiel de ce parti sera encore plus élevéDominique Reynié

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon n’échappent pourtant pas à l’usure de leur image, alors même qu’ils ne sont pas au pouvoir. Pourquoi?

Ils ont été candidats à deux présidentielles, en 2012 et 2017, et donc très exposés dans les médias. Le nouvel espace public, l’information en continu et les réseaux sociaux précipitent cette usure pour tous les politiques et eux aussi. C’est un phénomène nouveau, dans un cycle de dégagisme qui n’épargne pas les leaders populistes. Cela signifie aussi que leurs opposants doivent se réjouir de les voir demeurer en place. Car si, un jour, un président du Rassemblement national (RN) ne s’appelle plus Le Pen – un nom présent sans discontinuer dans la vie politique depuis 1974 -, le potentiel de ce parti serait encore augmenté. Cette usure des leaders populistes, conjuguée à l’attachement d’une majorité des Français à l’UE et à l’euro, est un frein à la tendance populiste.

Le développement de formes de démocratie participative ou directe est-il une réponse à cette crise de confiance?

Ces outils, pertinents à l’échelle locale, sont une façon d’interroger l’ingénierie institutionnelle. Mais nous ne manquons pas d’instruments pour savoir ce que veulent les Français. Nous manquons de moyens pour accomplir leur préférence. Et peut-être de détermination.

Le BNVCA condamne l’exposition de l’IMA qui raye volontairement Israêl de sa carte. Le BNVCA exige des autorités de tutelle de l’IMA qu’elles obligent cette institution publique à réparer son inexcusable grave faute.

Le BNVCA  furieux apprend par la presse ( Le Figaro .du 8/10/19, article de Madame Claire Bommelaer ) que l’Institut du Monde Arabe:

“raye Israel de sa Carte” et  prétend de surcroit que cette décisions est prise “par souci de clarté“.

Le BNVCA reçoit un grand nombre de protestations émanant de correspondants et de contribuables choqués et scandalisés. 

Comme le souligne l’article de presse l’exposition Al Ula Merveilles d’Arabie qui a ouvert ses portes le 8 octobre, présente une carte géographique de la région qui remplace Israel par “territoires palestiniens”.

Cet institut est financé par le Quai d’Orsay et son  Président est nommé par le Président de la République. 

Nous considérons que cette orgnisation et son Président Jack Lang ancien Ministre, (nommé en 2014 par Mr François Hollande) ne reconnaissent pas l’existence de l’Etat juif d’Israel en infraction avec la politique étrangère de notre pays et toutes les organisations internationales.

Nous saisissons par écrit le Président de la République ainsi que les autorités de tutelle de cet Institution Publique, (Ministre de la Culture Premier Ministre) afin qu’ils exigent du Président de l’IMA la correction de cette faute ou, l’interdiction de cette exposition. 

Nous soutenons que cet Institut porte mal son nom. Ignorant l’histoire des juifs des pays arabes qui vivaient nombreux dans les pays d’Arabie et d’Afrique du Nord, il devrait s’appeler aujourd’hui  INSTITUT DU MONDE MUSULMAN ou encore INSTITUT DU MONDE ISLAMIQUE. 

Par ce processus, l’IMA veut éliminer l’Etat juif comme ont été éliminées les populations juives des pays arabes et musulmans dont ils étaient natifs.

Au moment où notre Président de La République Monsieur Emmanuel Macron, appelle ” La Nation à faire bloc et combattre sans relâche  l’Hydre’ islamiste” nous considérons qu’il faut commencer par surveiller et mettre au pas cette Institution qui tend à dériver.

Nous rappelons que le BNVCA a formulé à plusieurs reprises  et chaque année depuis 2014 la demande d’organiser une conférence sur l’Histoire des Juifs arabes. Toutes nos lettres, tous nos rappels sont restés lettre morte.

Le BNVCA attend  du Président de l’Institut et des autorités de tutelle des mesures immédiates et efficaces.de nature à rétablir la verité historique politique et géographique qui pourraient apasiser la colère de nos mandants.

Le Président – Sammy GHOZLAN

Quand l’Institut du monde arabe raye Israël de sa carte

Dans l’exposition Al Ula, Merveilles d’Arabie, qui a ouvert ses portes mardi, l’État hébreu n’apparaît pas «par souci de clarté», explique l’IMA.

Par CLAIRE BOMMELAER

LE FIGARO CULTURE

Juste à l’entrée de l’exposition Al Ula, Merveilles d’Arabie, qui a ouvert ses portes le 8 octobre à l’Institut du Monde arabe, une grande carte est placardée. Elle vise à montrer aux visiteurs où se trouve la province d’Al Ula, dans le nord de l’Arabie saoudite. Or, au sud du Liban, et à l’ouest de la Jordanie s’étend une bande terre que l’on croyait être Israël.

Sur la carte, ce pays fondé en 1948 et reconnu par la France depuis 1949, prend le nom de Territoires palestiniens. De part et d’autre de ces territoires sont mentionnées la Bande de Gaza et la Cisjordanie. Un point c’est tout.À lire aussi : 

Comment une institution publique, financée par le Quai d’Orsay, a-t-elle pu réécrire la carte du monde contemporain? Il est de notoriété publique que l’Arabie saoudite, en dépit de discrets contacts diplomatiques avec Israël, ne reconnaît pas l’État hébreu. Le pays ayant financé l’exposition Merveilles d’Arabie, l’IMA aurait-il cédé à la vision du monde de son mécène?

Interrogée, l’institution donne pourtant une autre explication. «La carte est celle du monde arabe: comme d’autres cartes présentes à l’IMA, elle fait figurer les frontières de tous les États, mais uniquement le nom de ceux qui sont membres de la Ligue arabe.» Le tout, indique sans ciller le porte-parole de l’IMA, «par souci de clarté pour les visiteurs de l’Institut». Mission ratée.

Le Fol – Tuerie à la préfecture de police : cet islamisme qu’on refuse de voir

ÉDITO. L’attaque marque un tournant en matière de terrorisme islamiste. La complaisance et la lâcheté ont-elles gagné, comme l’écrit Riss ?

Par Sébastien Le Fol

Le Point.fr 

La tuerie a la prefecture de police a fait quatre victimes. L'assaillant a egalement ete tue.
La tuerie à la préfecture de police a fait quatre victimes. L’assaillant a également été tué.© Jair Cabrera Torres /dpa Picture-Alliance/AFP

Ainsi, le terroriste qui a commis l’attentat à la préfecture de police, au sein même des services luttant contre le djihadisme, « n’avait jamais présenté de signe d’alerte ni de difficulté comportementale ». C’est le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, qui l’a affirmé quelques heures après l’attaque. Alors même que la scène de crime témoignait d’au moins un égorgement. Castaner l’a répété quelques jours plus tard d’un ton bonhomme, tout en reconnaissant des « dysfonctionnements d’État ». Le premier flic de France ignorait donc qu’un informaticien (habilité secret-défense) dans une structure ô combien sensible et symbolique, la direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP), s’était réjoui devant ses collègues de l’attentat deCharlie Hebdo, en 2015. Le ministre ne savait pas non plus que cet homme, converti à l’islam depuis une dizaine d’années, ne serrait plus la main de ses collègues femmes et fréquentait une mosquée salafiste du Val-d’Oise dirigée de février à décembre 2017 par un imam fiché pour son « fondamentalisme religieux ». L’enquête dira comment le terroriste a bien pu passer entre les mailles du filet policier. Pourquoi n’a-t-il pas été détecté ? À quelles informations sensibles sa fonction lui a-t-elle donné accès ? En attendant, cet attentat, qui touche l’État français, restera « comme un tournant majeur en matière de terrorisme islamiste », selon la formule de Gilles Kepel. C’est le symbole de l’ordre public dans notre pays qui a été mortellement blessé.Lire aussi Coignard – Le boulet Castaner

Ce n’est pas tout. Lors de cette tragédie, la machine à déni s’est emballée. Une nouvelle fois, on nous a joué le coup du « déséquilibré ». Tout juste nous a-t-on épargné les « couteaux fous », comme on parlait de « camion fou » pour désigner les terroristes de Berlin et de Nice. Mais on a bien pris soin de ne pas utiliser les mots trop sensibles : attentat, terroriste, islamiste… Comme les parents évitent de prononcer des gros mots devant leurs enfants. De quoi donner raison à Riss. Dans son livre Une minute quarante-neuf secondes (Actes Sud/Charlie Hebdo), le directeur de la rédaction de Charlie Hebdodresse un bilan implacable des quatre années qui se sont écoulées depuis l’attentat qui a touché le journal. Beaucoup de gens dans ce pays, journalistes, sociologues, magistrats, politiques…, refusent toujours de se pencher sur les causes du 7 janvier : la publication des caricatures de Mahomet.

« Esprit collabo »

Pour quelles raisons ? « 2015, écrit Riss, me fit comprendre ce qu’avait été la collaboration, car je pus observer à quel point le confort intellectuel copulant avec l’instinct de survie pousse les esprits les plus brillants vers la complaisance et la lâcheté. » Riss emploie une expression saisissante pour désigner le confort intellectuel qui aveugle certains face à l’islamisme : il appelle cela « l’esprit collabo ». À chaque attentat, ses représentants se déclenchent comme des répondeurs automatiques. Les mêmes messages préenregistrés sortent de leur bouche, gloubi-boulga de psychologie de comptoir et de sociologie simpliste. Les plus violents d’entre eux contre Charlie estiment que « critiquer l’islam reviendrait à critiquer les immigrés des classes laborieuses, dont ils pensent qu’ils pratiquent cette religion ».L

Qui écoutera Riss ? Qui veut seulement entendre la force de ses propos ? Dans les émissions de radio et de télé où il est invité, on s’étonne de voir à quel point les animateurs prennent des gants sémantiques. Ils s’adressent à lui comme à un rescapé d’une avalanche dans les Alpes et non à la cible d’un « crime politique ». Ils évoquent la violence qu’il a subie sans en désigner les auteurs et la matrice religieuse. Pour eux, seule la souffrance de Charlie a le droit de s’exprimer. Pas ses idées.

Sur France Inter, Riss n’a pas eu les honneurs de la matinale d’information animée par Léa Salamé et Nicolas Demorand, mais de Boomerang, le programme culturel d’Augustin Trapenard. La page Internet de l’émission présente ainsi son ouvrage : « Dans Une minute quarante-neuf secondes, il (Riss) revient sur un événement qui a changé le visage des médias français. » On a bien lu : l’attentat du 7 janvier 2015 a juste « changé le visage des médias français »…

Gernelle – Debout devant Zemmour, couchés devant Erdogan

Le président islamiste turc menace depuis longtemps les Kurdes syriens, sur lesquels il a déjà testé le nettoyage ethnique. Sans grande indignation jusqu’ici…

Par Étienne Gernelle  Publié le 09/10/2019 à 12:00 |

Le Point 

Gernelle - Debout devant Zemmour, couches devant Erdogan

Le troupeau des médias français ne déçoit pas : on ne peut que constater le gouffre séparant le traitement de ce que l’on appelle l’affaire Zemmour et celui de la menace immédiate d’un massacre doublé d’un nettoyage ethnique des Kurdes de Syrie par le président turc.

Ne cherchez pas pour autant dans ces lignes  une défense et illustration d’Éric Zemmour . Sujet à l’histrionisme, ce collectionneur de contre-vérités historiques, obsédé par « l’étranger », volontiers bileux, à l’occasion idiot utile des islamistes est plutôt facile à contredire. Sauf quand on veut lui couper le sifflet, ce qui est le plus grand service à lui rendre. Le faire taire dispense en outre de se poser des questions lorsqu’il en soulève de bonnes – cela arrive -, et puis, cela occupe. Mais Zemmour est-il un si gros poisson ? Pas vraiment, tant ce personnage sorti du journalisme tout en voulant y rester et sans réellement arriver autre part paraît fuligineux. Voilà pour le cas Zemmour, pas forcément exaltant mais qui suscite beaucoup de grands discours.L

Mesurée en décibels, l’indignation reste toutefois faiblarde en comparaison de la « menace » Zemmour 

En revanche, à propos d’Erdogan, notre petit monde des médias peine à trouver les mots. Il en est certes quelques-uns qui ont alerté régulièrement de la menace existentielle que l’autocrate d’Ankara fait peser sur les Kurdes : Patrice Franceschi, Caroline Fourest – qui sort un film sur le sujet, « Sœurs d’armes », le 9 octobre -, Bernard-Henri Lévy et – modestement – ce journal, ainsi que quelques autres, notamment L’Humanité. Mesurée en décibels, l’indignation est toutefois restée bien faiblarde en comparaison de la « menace » Zemmour.

Pourtant, il y avait de quoi. Erdogan a au moins cette honnêteté, il prévient. Tout est public. Les Kurdes sont pour lui assimilables à des « terroristes », et ce danger doit être supprimé. Galvanisé par la faiblesse de Donald Trump,  Erdogan a donc lancé son offensive contre les Kurdes de Syrie , dont l’objectif proclamé est de « nettoyer » les milices kurdes ou encore de s’en « débarrasser ». Seulement les milices ? Le caractère sélectif de l’opération est douteux, venant d’un homme qui consacre beaucoup d’énergie à nier le génocide arménien et qui a déjà pratiqué lui-même le nettoyage ethnique. C’était en janvier 2018 : les troupes turques envahissaient l’enclave kurde d’Afrine, déclenchant une vaste opération de purification ethnique. Environ 200 000 Kurdes ont été chassés. En vertu de l’accord passé entre Ankara et l’Armée syrienne libre (généreusement qualifiée de « rebelle » par le troupeau journalistique), à laquelle se sont adjoints des anciens de Daech et d’Al-Qaïda, des populations arabes leur ont succédé. Viols, tortures et pillages à l’encontre des Kurdes demeurés sur place sont devenus systématiques.

Autant dire que lorsque Le Monde, par exemple, dans un encadré à sa une, écrivait en début de semaine que « les États-Unis laissent la Turquie agir contre les Kurdes », le mot « agir » était une superbe litote.

Les seuls à résister vraiment au dictateur Erdogan sont peut-être des Turcs 

Les intentions affichées du maître d’Ankara n’ont jusqu’ici pas été suffisantes pour justifier l’utilisation d’un vocabulaire à la hauteur, pas assez nettes pour déclencher pétitions, manifestations et toute l’attention. Moins que pour le grand Éric Zemmour, en tout cas. Pourquoi ? Banale loi du mort-kilomètre, cette cynique règle de l’indifférence à ce qui est éloigné ? Encore que Zemmour n’a jusqu’ici tué personne… Ou alors ont-ils eu peur de critiquer un islamiste, au risque d’être qualifiés d’islamophobes ?

Savent-ils que les Kurdes, de Syrie comme d’ailleurs, sont dans leur immense majorité musulmans ? Ah ! mais, il est vrai, ils pratiquent un islam ouvert et tolérant, respectueux des femmes. Ce doit être suspect.

Il n’y a toutefois pas que les médias. Les dirigeants occidentaux sont depuis longtemps tétanisés par la Turquie, toujours membre de l’Otan, qui piétine tous les principes fondateurs de l’Alliance, achète des missiles russes mais tient en otageune base militaire américaine et des millions de réfugiés qu’elle menace de pousser sur les routes d’Europe. Les Kurdes ont payé le prix du sang pour vaincre l’Etat islamique, mais la gratitude n’est visiblement pas de ce monde.

Le danger s’est rapproché quand Donald Trump a promis de retirer ses troupes de la région, ravivant les pulsions d’Erdogan. Il a ensuite changé d’avis, sous la pression du charismatique sénateur républicain Lindsley Graham, qui a justement averti que cette décision serait « une tache sur l’honneur de l’Amérique ». L’hôte de la Maison-Blanche s’est néanmoins empressé de publier dans la foulée quelques tweets câlins pour la Turquie. Et puis voilà…

Les seuls à résister vraiment au dictateur Erdogan sont peut-être des Turcs, ceux, par exemple, qui lui ont fait perdre l’élection municipale d’Istanbul, en juin. Ils ont dû insister, puisque Ankara avait annulé le premier scrutin. Les gens avaient mal voté… Certains se souviennent que la Turquie a su autrefois se tourner vers l’avenir et la modernité. Que le droit de vote des femmes y a été reconnu, même partiellement, vingt ans plus tôt qu’en France. Pourtant, les Stambouliotes qui ont osé défier Erdogan, ses intimidations, son système judiciaire à sa botte et le reste ont reçu peu de soutien chez nous. Normal, il y a toujours plus important : Zemmour, par exemple §

Terrorisme et dérives communautaristes : ce « pas de vague » qui anéantit au quotidien les discours de rigueur

SOCIÉTÉ DE LA VIGILANCE

Mardi matin, Emmanuel Macron a évoqué dans son hommage aux victimes de l’attentat de la Préfecture de police de Paris, l’hydre islamiste contre laquelle la nation doit lutter. S’il a affiché son soutien aux hommes “du front” (les militaires, médecins, enseignants…), une incohérence demeure : le décalage entre le discours et la réalité des faits. 

Avec Gilles Clavreul, Céline Pina

Atlantico : De manière plus générale, il y a quelques années la critique du déni face des multiples fractures françaises et des tensions qu’elles engendrent (terrorisme, délinquance, incivilités, etc.) était très répandue. Les hommes politiques sont-ils toujours dans le déni sur le plan du discours ? 

Céline Pina : Ils sont toujours dans le déni face au délitement de notre société et encore dans le refus de regarder en face le fait que nous sommes attaqués par un nouveau totalitarisme qui n’a rien à envier au fascisme, l’islamisme (qu’il soit d’obédience wahhabite, salafiste ou frère musulman). Nous avons d’ailleurs eu un exemple frappant ces derniers jours, lors de l’attaque qui s’est déroulée à la Préfecture de police de Paris. Nul n’aurait eu l’idée de reprocher leur prudence aux politiques eu égard à la violence des faits et à leur charge symbolique face à ce dernier massacre, mais ce n’est pas ce qui s’est passé. Alors que tous les éléments qui sortaient au fur et à mesure de la journée faisaient pencher la balance vers l’attentat islamiste (choix de l’arme, égorgement, choix des cibles, conversion à l’islam du meurtrier…) le ministre de l’Intérieur a délibérément choisi de privilégier la piste qui l’arrangeait le plus, celle d’un coup de folie. La porte-parole du gouvernement a même mis en garde contre «les élucubrations sur les réseaux sociaux» en soulignant qu’il n’y avait «pas d’indication sur une éventuelle radicalisation» de l’auteur des faits, alors que nous étions déjà vendredi et que les informations qui étaient arrivée ne laissaient guère de doute.

Ainsi, même lorsque les premiers éléments ont commencé à sortir, éclairant le caractère islamiste de l’attentat, le choix du gouvernement mais aussi de la majeure partie de la presse mainstream a été de renvoyer vers l’extrême droite tous ceux qui suggéraient que le déroulé comme le mode opératoire désignaient probablement un attentat islamiste. Pire même, alors que ce fait ne posait plus aucun doute, Sibeth N’Diaye s’est mise à expliquer doctement que ce n’était pas parce qu’on était musulman que l’on était terroriste, sans que l’on sache très bien à qui elle s’adressait. Aux français, qu’elle suppose raciste et détestant les musulmans ? Parce qu’en l’occurrence, à part elle et ce gouvernement, nul ne pense cela et ne le dit. Une fois de plus, face au réel, alors que des nôtres sont morts, le gouvernement inverse la charge de la peur et ne pense pas à parler aux Français en tant que peuple uni, mais à rassurer d’abord une communauté particulière, les « musulmans ». Ce faisant, il les expose et oublie de combattre l’islamisme sur son sol, trop occupé à craindre que son peuple ne réagisse mal. Ce mépris pour le peuple français, qui pourtant est et reste d’une tenue exemplaire est juste sidérant.

Gilles Clavreul : La fragmentation de la société française n’est plus un fantasme aujourd’hui, c’est une réalité tangible. Cette réalité est de mieux en mieux documentée, à la fois par les résultats électoraux, ou par des enquêtes, que ce soit par celles de Gilles Kepel sur le terrain de l’islamisme, par celles de Jérôme Fourquet sur les fractures territoriales et identitaires, par celles de Laurent Bouvet sur l’insécurité culturelle, ou par celles d’Olivier Galland et Anne Muxel sur la radicalisation des jeunes. Les éléments factuels qui attestent des fractures françaises et notamment des fractures culturelles et identitaires, existent bel et bien. Bien évidemment, cela ne valide en rien les discours extrémistes comme ceux d’Eric Zemmour d’un côté, et de l’autre ceux des islamistes et des indigénistes de l’autre.

Les élites modérées ont eu, pour beaucoup d’entre elles, un terrible retard à l’allumage, en considérant que même si elles pouvaient partager, dans le secret des discussions entre gens de bonne compagnie, le constat que la France allait mal, elles étaient en fait convaincues qu’il ne fallait surtout pas le dire. Ce type d’attitudes a conduit à des choses comme la pétition « Nous sommes unis » de l’Observatoire de la laïcité, où on a demandé à des gens très bien de signer à côté de Médine et de représentants des Frères Musulmans, c’est à dire de les legitimer. On commence à sortir de ce déni même si Emmanuel Macron candidat, et même Emmanuel Macron Président de la République, a été porteur de ce discours « vivre-ensembliste ». Il semble décidé à vouloir en sortir aujourd’hui, dont acte. Mais il est grand temps d’agir

Si le déni s’est atténué au regard des déclarations des homme politiques, en est-il de même dans les faits ? 

Céline Pina : Sincèrement, si vous faites allusion au discours de Macron lors de l’hommage aux policiers assassinés, je trouve que l’on est monté d’un cran supplémentaire dans l’hypocrisie. Non seulement on est toujours en plein déni, mais l’irresponsabilité de ce pouvoir atteint des sommets. Le Président appelle le pays à faire bloc contre l’hydre islamiste et explique que c’est le devoir de tous ? Le problème c’est qu’en réalité, c’est plutôt la nation qui devrait appeler le gouvernement à faire face à l’hydre islamiste tant il s’est montré pusillanime jusqu’à présent. Là il inverse manifestement la charge de la preuve.

On est dans le cadre d’un discours quand même très particulier et d’un rare cynisme. L’attitude d’Emmanuel Macron me rappelle une blague de Chirac : “Quand on est dans la merde, il faut la mettre dans le ventilateur”. C’est juste ce que vient de faire Emmanuel Macron. L’incompétence et la lâcheté de ce gouvernement éclatent aux yeux de tous et c’est nous qui devons agir ? 

Mais nous, Français, n’avons pas failli ; nous dénonçons l’islamisation d’une partie de ce pays et il suffit de suivre les sondages pour voir que la conscience du danger est là. Malgré le refus d’agir de cette majorité et les accusations que subissent ceux qui dénoncent l’aveuglement du pouvoir, jamais les Français n’ont confondu islamistes et musulmans et n’ont eu de réactions violentes alors que la France est un des pays les plus attaqués.

On ne peut en dire autant d’un gouvernement qui a laissé la laïcité être remise en cause et qui est en train de construire un soi-disant Islam de France, déjà en partie dans la main des Frères musulmans. Un pouvoir qui nous a exposé et abandonné nous demande de faire le travail qu’il n’a jamais voulu faire et qui est pourtant sa raison d’être ? Le président ni ses ministres ne prennent pas leurs responsabilités et ils rejettent encore la faute sur le collectif ? Non seulement ce discours est honteux, mais on est là chez Tartarin de Tarascon : le brassage d’air est censé faire oublier l’absence d’action. Le discours était certes en mode martial mais on eut aimé moins de rodomontades et plus d’annonces claires. Par exemple :

– Pour commencer, l’imam islamiste actuel de Gonesse est-il en voie d’expulsion ?

– La petite mosquée radicalisée de Gonesse (non ce ne sont pas de gentils croyants bien sous tous rapports) doit se transformer en en vaste centre islamique, grâce à des financements qui ne proviennent pas de la poche des fidèles, le gouvernement compte-t-il agir ?

– Il parait qu’il y a une quinzaine de fonctionnaires radicalisés suivis à la Préfecture de Police de Paris, il est peut-être temps d’arrêter de “suivre” et de se donner les moyens de les révoquer (On a enchaîné les lois anti-terroristes sans que la question de l’entrisme islamiste au sein des institutions régaliennes ait été abordée avec un souci d’efficacité. On se pince après plus de 250 morts sur notre sol).

On reparle aussi des femmes voilées pour accompagner les sorties scolaires, de l’autorisation du burkini dans les piscines, de la poursuite des subventions étatiques à des associations totalement noyautées (planning familiale, Ligue des droits de l’homme, FCPE…) ? On reparle du maintien en poste à l’observatoire de la laïcité de deux de ses plus roués fossoyeurs, le duo Bianco-Cadène ? On reparle de ces états terroristes qui subventionnent la construction de mosquées sur notre sol ? La liste est longue des domaines où les islamistes installent leurs logiques, leurs représentations et leurs hommes pendant que le gouvernement, pourtant au courant, détourne le regard.

Enfin je rappelle que lorsqu’il a fallu mater les gilets jaunes, on a soudain vu que la justice pouvait être rapide et toucher beaucoup de monde. 3000 interpellations, un millier de condamnations, visiblement quand le président cible un mouvement, il trouve des moyens d’action. Quand il s’agit de lutter contre l’islamisme, là on ne sait plus faire.

Gilles Clavreul : La question qui se pose en effet, c’est celle des actes derrière le discours. Il faut répondre à une difficulté très lourde, qui est devant nous : après avoir laissé livrées à elles-mêmes les premières lignes de la République, c’est-à-dire essentiellement les fonctionnaires, mais aussi les associatifs, les médecins, etc., tous ceux qui sont en somme confrontés à la dureté de la réalité française ? Pendant des années, on les a laissées sans vision d’ensemble, sans soutien, se débrouiller pour toutes les difficultés qu’elles rencontraient.

Il y a donc un grand malaise dans l’Etat, qui vient de l’abandon, par les élites, des fonctionnaires de terrain qui se trouvent devoir gérer une réalité de plus en plus difficile et qui subissent des instructions de plus en plus compliquées, tatillonnes et procédurières. Le constat simple, clair et net des difficultés de terrain telles qu’elles sont n’est pas fait. Plus qu’une question de temps ou de moyens, c’est un problème de vision, de ligne directrice : au fond, on n’en sait rien, et on dit aux fonctionnaires « faites au mieux, mais attention ! Dans la fermeté et l’humanité ! ». Cela ne veut pas dire grand chose pour des gens qui attendent, avant tout, des directives concrètes et pas des balancements circonspects comme dans une copie de sciences po. On est très loin de donner au terrain une grille de lecture sur ce qui se passe, de le mettre en confiance sur les situations qui sont vécues, et de le rassurer sur le bien-fondé de son action. Je l’avais constaté pendant la rédaction de mon rapport sur l’application de la laïcité : il n’y a pas de ligne directrice de la part du gouvernement sur la manière dont on doit faire face aux attaques communautaristes et identitaires contre la République. On ne sait pas les traiter. Par ailleurs, autant on peut être d’une sophistication extreme pojr définir des cahiers des charges et edicter des prescriptions – par exemple en matiere de formation – autant on ne verifie jamais que les dispositifs sont effectivement mos en œuvre.  Cette absence de ligne et cette indifférence à l’exécution sont dommageables pour tous ceux qui concourent aux actions d’intérêt général : fonctionnaires, responsables associatifs, médecins, etc.

L’attentat à la Préfecture de Police de Paris la semaine dernière, mais aussi la vidéo qui tourne ces derniers-jours et qui montre l’agression d’une enseignante à Agde par la grand-mère d’un élève, sont assez révélateurs de ce qui sont vraiment confrontés aux fractures françaises. Les professeurs, les policiers, les pompiers, les chefs d’entreprise, les médecins, sont-ils selon vous assez soutenus ?

Céline Pina : Ils ne sont pas du tout soutenus. On les paye de mots au mieux, mais rien n’est fait pour améliorer la situation. Ces gens, indispensables à notre démocratie, travaillent dans des conditions souvent déplorables, sont mal payés, ont une hiérarchie à qui on fait vite comprendre qu’une carrière réussie est une carrière où on nie les problèmes et même s’ils veulent les saisir à bras-le-corps, l’institution est souvent  archaïque, peu réactive et n’a pas forcément de solutions à proposer même quand les problèmes sont récurents. Cela dure depuis si longtemps qu’il existe aujourd’hui une vraie lassitude dans cette partie de la fonction publique et une rupture qui n’atteint pas celle des citoyens avec leurs représentants mais qui s’en rapproche.

Surtout, ces fonctionnaires-là sont confrontés au réel, là où trop de nos politiques nationaux ne sortent pas des quelques arrondissements huppés qui leur montrent qu’ils ont atteint le sommet de la chaine alimentaire. Professeurs, policiers, pompiers, professionnels de santé, militaires, ils sont en première ligne pour tenter de pallier au délitement de la société. Leur désarroi est connu, mais le quartier général semble blasé et quand le mal-être remonte il se heurte au déni le plus puissant qui soit : celui de l’impuissance. Nous avons tous lu la lettre de la directrice d’école qui s’est suicidée. Elle s’appelait Christine Renon. Nous avons tous été bouleversés, mais vous croyez que c’est le début d’une prise de conscience politique ? D’un changement de système ? D’une autre manière de faire de la politique où on partirait du réel pour changer concrètement les choses ? Aujourd’hui c’est tout le service public qui est en crise dans une forme d’indifférence générale, parce qu’une partie de nos politiques poursuit un rêve : que l’Etat ne soit plus opérateur mais simplement garant. C’est le rêve d’une privatisation tout azimut, offrant de juteux marchés et qui pourrait bien finir par s’imposer. Entre revendication de séparatisme religieux et racial (la guerre des races tend à remplacer à gauche la lutte des classe) et rêve de privatisation de la santé, de l’enseignement, de la sécurité…, un point commun : la nécessaire destruction du pacte social élaboré à la sortie de la deuxième guerre mondiale, de ce programme de la résistance qui fit naître notre sécurité sociale. Pour cela il faut casser l’idée de peuple uni et rassemblé et le remplacer par des communautés fermées, qui se détestent et sont en concurrence pour leurs droits et privilèges. C’est l’évolution que je vois se dessiner et elle est dramatique. 

Gilles Clavreul : J’ai un exemple à vous donner. Quand on a des situations comme la recrudescence de la pratique de l’excision, on doit se poser des questions. Quelles sont les actions contre cette recrudescence ? Personnellement, je n’en vois pas. Cela devrait pourtant être une grande cause nationale !

Je suis en train de faire des formations sur la radicalisation. Ce que me disent les professionnels de terrain, c’est la chose suivante : on a des médiateurs embauchés par les mairies, qui constatent des violences conjugales, de faits très graves, mais qui disent : « non, moi je ne signale pas, je ne suis pas un délateur ». Quand les professionnels de terrain dont je parle alertent sur cette situation, il ne se passe rien ensuite. On peut faire tous les plans qu’on veut, tant qu’on n’a pas répondu à cela, on n’a rien fait.

Dans l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer a eu le grand mérite de dire qu’il fallait sortir de la culture du « pas de vague ». Mais cela crée derrière une obligation de moyens : lorsque des enseignants ont le courage de parler, il faut qu’ils soient écoutés, qu’ils soient le cas échéant soutenus, et qu’il y ait des suites. Là, tous les échelons de la hiérarchie ont une responsabilité : il suffit qu’on invite un directeur d’école ou une enseignante à « ne pas trop en faire » pour que l’effet de l’instruction soit ruiné à l’échelle d’un établissement et au-delà, car les nouvelles circulent vite.

Quelles réponses faut-il pour soutenir ces catégories qui sont en quelques sortes au front des tensions sociales et culturelles ? Ne sont-elles que juridiques ?

Céline Pina : Elles sont bien sûr politiques. Le poisson pourrit toujours par la tête dit le proverbe. C’est vrai. Si le chef n’a pas un discours clair et ne le traduit pas en acte, rien ne bougera et la situation pourrira. Or la crise du service public vient principalement de ce que nos élus en ont oublié la noblesse et le principe qui le fonde : l’intérêt général. Celui-ci implique qu’il soit défini car c’est ce qui permet la légitimité d’action des agents de l’Etat. Mais quand ceux qui doivent incarner notre monde commun sont incapables de le protéger face aux attaques d’une idéologie mortifère, inégalitaire, violente et antidémocratique, quand face aux discours séparatistes, intégristes et racistes des islamistes et de leurs alliés décoloniaux, ils ne savent plus faire valoir l’humanisme, les exigences de l’universalisme et la liberté, alors ce sont les institutions qui vacillent. Or normalement l’institution est là pour pallier la médiocrité potentielle du politique et assurer la continuité du domaine public. Ce que nous voyons aujourd’hui c’est que la constance dans la médiocrité est en train de faire s’écrouler ces bastions qui symbolisent pourtant notre patrimoine commun et nous garantissent une certaine prévisibilité de notre univers. Tant que le gouvernement et les élus ne se laisseront pas pousser le courage, ces catégories resteront exposées en première ligne sans soutien. Car ce n’est pas a posteriori que le soutien doit venir. Il doit être là a priori. Autrement dit, il est aujourd’hui nécessaire que les politiques montent au front et fassent leur boulot. Un exemple ? Quand Blanquer réagit devant l’affiche de la FCPE sur les femmes voilées accompagnatrices de sorties scolaires, il est parfaitement hypocrite. Il se fait une image de courageux mais le vrai courage c’est de trancher une fois pour toute, d’expliquer qu’il s’agit de temps scolaire et que ce signe sexiste n’est pas acceptable. Bref qu’il prenne ses responsabilités et assume sa position au lieu de laisser les directeurs d’école affronter l’orage. 

Enfin, mon grand-père qui était un sage disait toujours que la première reconnaissance, quand on est un travailleur, passe par le salaire et les conditions de travail. Force est de constater que l’Etat aujourd’hui envoie plutôt des signes de mépris à ceux qui sont pourtant ses soutiens et ses piliers.

Gilles Clavreul : Il faudrait donner la priorité à la formation et soutenir l’encadrement intermédiaire, donner des directives plus claires, plus simples, et réguler les exigences de reporting qui se traduisent par une prolifération délirante de tableaux de bord, qui ne rendent compte que du zèle et ne récompensent que le conformisme.

Cessons de créer des nouveaux dispositifs et assurons nous que ce qui a été décidé est effectivement mis en œuvre. Sur le papier, tous les fonctionnaires bénéficient d’une formation à la laïcité ; idem pour les candidats au bafa. Or, dans les faits, la plupart de ces formations sont superficielles, voire carrément déficientes. C’est un travail colossal qu’il faut faire et cela passe par des formations qui n’ont rien à voir avec ce qui a été fait jusqu’à présent. On en est tout juste à un stade des discours mais force est de constater que l’on a perdu un temps précieux .

Bernard Rougier : les territoires conquis de l’islamisme

Une enquête choc de l’universitaire paraîtra en janvier 2020. Son réquisitoire contre les « dénégationnistes » : ceux qui ne veulent pas voir la menace.

Propos recueillis par Thomas Mahler et Clément PétreaultPublié le 09/10/2019 à 12:14 | Le Point 


Bernard Rougier Professeur a la Sorbonne-Nouvelle et directeur du Centre des etudes arabes et orientales (CEAO).
Bernard Rougier Professeur à la Sorbonne-Nouvelle et directeur du Centre des études arabes et orientales (CEAO).

Il est l’un de nos meilleurs spécialistes du djihad et du salafisme. Professeur à la Sorbonne-Nouvelle et directeur du Centre des études arabes et orientales (CEAO), Bernard Rougier publiera à la rentrée une enquête choc, « Les territoires conquis de l’islamisme » (PUF), qui décrypte comment les réseaux islamistes se sont tissés dans des communes de banlieue. En avant-première pour Le Point,l’universitaire évoque les ressorts de cette stratégie de conquête, mais fustige aussi les « dénégationnistes » qui n’ont voulu voir dans la radicalité islamique qu’un phénomène psychologique ou sectaire et non pas une idéologie. Entretien. 

Le Point : Après l’attentat commis par Mickaël Harpon, votre collègue Gilles Kepel a évoqué dans Le Figaro un « tournant majeur », car l’intérieur de la Préfecture était censé être un bastion. Etes-vous du même avis ? 

Bernard Rougier : C’est effectivement un tournant majeur, mais je ne suis pas surpris. Avec Gilles Kepel, nous avions observé au sein des services de sécurité la présence de personnes originaires du Maghreb capables de prononcer des formules religieuses inattendues dans des établissements publics… On observe une porosité des influences religieuses dans leur manière de voir les choses, et parfois même de s’exprimer. Il m’est aussi arrivé d’entendre un fonctionnaire de police prononcer la formule, qu’on appelle l’eulogie, « que le salut et la bénédiction de Dieu soient sur lui », proférée lorsqu’on évoque le prophète de l’islam… comme si un fonctionnaire chrétien évoquait « notre très sainte Eglise » ou « notre très saint Seigneur Jésus-Christ ». Ces fonctionnaires ne sont évidemment pas islamistes, mais on constate des influences locales venues du quartier qui transparaissent inconsciemment dans leur manière de voir ou de faire. A l’inverse, on a aussi le cas de fonctionnaires franco-algériens qui ont été confrontés au problème islamiste dans les années 1990, et qui sont, eux, très lucides sur le phénomène. Il y a donc des fonctionnaires vaccinés par leur fréquentation du phénomène islamiste et qui en veulent aux Français qui, sous le couvert du respect des différences et de l’affirmation de l’identité culturelle, font preuve de tolérance envers l’islamisme. Et d’autres qui, dans leurs catégories de pensée, sont influencés par l’univers du quartier. 

Mais Mickaël Harpon ne correspond à aucun de ces profils, c’était un converti d’origine antillaise. 

Depuis une vingtaine d’années, des entrepreneurs religieux ont pris le pouvoir sur l’islam et tentent d’enrôler dans leur conception les catégories les plus vulnérables de la société. S’il y a un complexe, une frustration liée à la difficulté de l’intégration économique, à la couleur de peau ou à toute fragilité, cela peut faire l’objet d’un travail de resocialisation religieuse. C’est ce qui se passe dans les quartiers et grandes banlieues d’Europe, comme à Gonesse, où habitait Mickaël Harpon. Il y a un ciblage des quartiers, dans des lieux qui sont des friches industrielles où les solidarités anciennes ne jouent plus. Les entrepreneurs religieux, au nom d’une idéologie, vont créer un collectif musulman et penser la relation avec la société française dans un rapport d’hostilité systématique. Tout ce qu’on dira sur cet attentat sera d’ailleurs converti en « ils font l’amalgame » et « ils attaquent l’islam ». C’est tragique. La solution ne pourra venir que de l’intérieur, quand une opposition franche sera faite par des musulmans qui diront : « Tu n’as pas le droit de m’enrôler en ton nom. » Il faut que des penseurs, athées ou non, viennent les affronter sur le terrain en leur disant qu’ils ne se reconnaissent pas dans cette vision. Et pas nécessairement des intellectuels qui publient au Seuil ou chez Gallimard

L’infiltration dans les services de l’Etat est-elle un projet politique ou relève-t-elle de l’opportunisme ? 

Certains sites djihadistes recommandent par exemple aux étudiants de s’inscrire dans des doctorats en sciences sociales, car il faudrait infiltrer l’université. Il s’agit de connaître l’ennemi en entrant dans les lieux de pouvoir institutionnel ou intellectuel. C’est théorisé. Mais un Mickaël Harpon, je pense, relève plus d’un effet d’opportunisme, quelqu’un qui a changé dans son comportement. L’enquête nous le dira. 

Comme après l’attentat commis à Strasbourg par Cherif Chekatt, tout le monde a voulu voir dans le geste de Mickaël Harpon l’acte d’un fou. 

C’est encore une fois le déni. On ne veut pas voir. Il faut pourtant étudier la microhistoire. Chaque fois, il y a une histoire, des réseaux qui agissent localement. Derrière la demande légitime de construction de lieux de culte, par exemple, il y a un projet de reprise en main des populations. Pour une fois, les islamistes sont d’accord avec les gouvernements autoritaires des pays du Sud, qui ne veulent pas que les musulmans s’intègrent réellement. Le risque pour eux est de voir ces musulmans devenir une classe moyenne capable de s’opposer aux régimes non démocratiques. C’est pour cela que ces populations sont enfermées dans l’altérité, invitées à ne pas développer des formes d’islam privatisé et individualiste qui se détournerait des normes. 

Vous dirigez un livre choc, « Les territoires conquis de l’islamisme », qui sortira en janvier aux PUF. « Territoires conquis », vraiment ? 

Nous avons enquêté sur les écosystèmes islamistes. Il y a quatre forces dominantes. Les Frères musulmans, les salafistes, le mouvement tabligh et les djihadistes. Gilles Kepel, Hugo Micheron ou moi insistons sur la dimension collective et sociale du djihadisme. Tous les éléments de cet écosystème islamique ne sont bien sûr pas djihadistes, mais tous les djihadistes sont passés par cet écosystème qui a nourri leur vision du monde, avec notamment l’idée que l’Etat français est intrinsèquement « islamophobe ». Ce système alimente une culture du ressentiment. Une frange minime passe à l’action violente et bascule dans le djihadisme en tirant la conclusion de ce que dit cet écosystème de la société française. Dans la plupart des communes d’Ile-de-France, tout comme au Mirail, à Toulouse, ou à Roubaix, on retrouve les mêmes caractéristiques : la mosquée, la librairie islamique, la sandwicherie halal, la salle de sport… Il y a une mise en résonance de ces lieux emblématiques pour créer une identification collective en rupture avec la société. C’est une sociabilité irriguée par les réseaux religieux qui diffusent des visions du monde : ne pas prendre de douche dénudée dans les vestiaires, ne pas serrer la main aux femmes, ne pas avoir d’ami juif ou chrétien, bref, produire des rappels religieux pour que le quartier reste conforme à la norme religieuse et respecte les catégories du pur et de l’impur. La France, son histoire, ses institutions, sa sociabilité relèvent de l’impur. La laïcité est mauvaise pour eux, parce qu’ils ont décidé de la supprimer. Toutes les variantes de l’écosystème s’entendent pour la dénoncer à longueur de prêche, de rap, de livres… Il y a une imitation des premiers musulmans et des conquêtes des premiers temps de l’islam. On se réfère à des temps imaginaires où l’islam s’assumait comme conquérant. Les djihadistes prolongent ce récit héroïque, transposant le langage en acte et l’imaginaire en réalité. 

« En matière de recherche, on a fait des analyses bidon, en parlant de phénomène “sectaire” ou en privilégiant la psychologie. »

Y a-t-il eu un déni des pouvoirs publics en France ? 

Incontestablement, de la part des politiques, des hauts fonctionnaires et des universitaires. Ce phénomène islamiste n’a pas été étudié en France, alors qu’il a frappé les sociétés moyen-orientales et maghrébines depuis quarante ans. On avait les modèles iranien, algérien ou égyptien, avec des processus comparables : des populations mises en réseaux par des associations qui ont quadrillé et tissé des liens sociaux. La même chose s’est reproduite en Europe depuis vingt ans. C’est curieux d’avoir décrété qu’il y avait une coupure épistémologique entre les deux rives de la Méditerranée. Comme si ce qui s’est passé au Caire ne pouvait pas se passer en France ! Sur le plan de la recherche, on a ainsi fait des analyses bidon, en parlant de phénomène « sectaire » ou en privilégiant la psychologie. On a surreprésenté la part des convertis, qui représentent probablement 10 % des djihadistes. On avait pourtant les moyens de faire des analyses sociologiques et idéologiques, il fallait se pencher sur les réseaux de socialisation transnationaux qui ont implanté dans nos banlieues des manières de voir le monde à la façon du Moyen-Orient. Aujourd’hui, il est un peu tard pour s’en rendre compte… 

Avec Gilles Kepel, vous aviez fustigé il y a quelques mois les « dénégationnistes ». Qui sont-ils ? 

Ceux qui n’ont pas voulu voir la menace et qui ont préféré faire la promotion de la société multiculturelle… Tous ceux qui travaillent sur cette question, qui nous ont poussés dans des ornières idéologiques et nous ont privés des instruments pour penser le phénomène : Farhad Khosrokhavar et Olivier Roy notamment, tous ceux qui ne connaissent pas la langue arabe et qui ne peuvent pas lire les textes. Aujourd’hui, en France, on ne peut plus acheter de livres non salafistes dans des librairies islamiques… Alors que, après le 11 septembre 2001, il y a eu une montée de la demande d’informations sur l’islam. 

Y a-t-il une alliance entre les islamistes et l’extrême droite qui ne voient dans les musulmans qu’une masse homogène ? 

Les milieux identitaires et les milieux islamistes sont d’accord pour dire que l’islamisme, c’est l’islam. Or il faut toujours distinguer l’islam comme religion et l’islam comme idéologie. Dans le cadre de notre étude, on parle d’un islam idéologique. Les salafistes, dans leur travail de diabolisation de la société française, redéfinissent le lien social et justifient un entre-soi radicalisé. Les salafistes produisent une violence symbolique dans la société et, même s’ils récusent la politique institutionnelle, à l’inverse des Frères musulmans, ils produisent malgré tout du politique. Notre système français repose sur une dimension libérale, à savoir la démocratie, et sur une dimension républicaine, le bien commun. Les islamistes utilisent la dimension libérale pour nier la dimension républicaine. Ils opposent à la République un bien commun islamique, qui remplace la fraternité et les formes de solidarité nationale. 

Edouard Philippe a évoqué lundi une « sécession insidieuse » devant le Parlement. 

C’est la première fois que le gouvernement prend la mesure du phénomène. A travers cette expression, Edouard Philippe reconnaît que ce ne sont pas des dérives individuelles, des trajectoires cabossées, mais qu’il y a bien une dimension collective et sociologique. Au moins, c’est une prise de conscience. Mais sera-t-elle durable ?§ 

Un curieux imam, de nombreux fichiers… La police creuse les mystères du tueur de la Préfecture

Enquête Par Laurent Valdiguié Magazine Marianne

Publié le 09/10/2019

L’enquête sur la tuerie de la préfecture de police de Paris se concentre sur d’éventuelles complicités radicales du tueur, Mickaël Harpon. En parallèle, les policiers épluchent des milliers de données informatiques retrouvées dans son bureau. Une course contre la montre s’est engagée, au cas où Mickaël Harpon n’ait pas fini de nuire, même mort…

Après les dysfonctionnements au sein du renseignement de la préfecture de police de Paris (PP), l’enquête va-t-elle mettre au jour des dysfonctionnements dans le Val-d’Oise ? Les investigations sur Mickaël Harpon, l’informaticien modèle de la Préfecture qui a tué quatre de ses collègues le 3 octobre, se concentrent sur ses éventuelles connexions radicalisées à Gonesse. En ligne de mire, Ahmed Hilali, un imam qui y officierait toujours, dans des lieux de culte fréquentés par le terroriste.

Cet imam de 35 ans, d’origine marocaine, semble être passé entre les mailles du filet puisque, malgré une obligation de quitter le territoire signée du préfet du Val-d’Oise en 2015, il aurait finalement bénéficié d’une carte de séjour jusqu’en 2020. Pourquoi un tel changement de l’administration à son égard ? Le fait qu’il se soit marié entretemps, et qu’il soit devenu père d’une fille de nationalité française, l’expliquerait. « C’est quand même très surprenant », s’interroge à haute voix François Pupponi, l’ancien maire socialiste de Sarcelles et actuel député du Val-d’Oise, qui se souvient pour Marianne : « Je l’ai vu arriver en 2015, c’était un jeune qui venait d’une autre commune du département. Au départ, je n’avais rien ni pour, ni contre. Mais il a entrepris de faire venir des jeunes dans la mosquée et il a attiré des délinquants et des jeunes radicalisés. Très vite, cela s’est très mal passé avec les pratiquants traditionnels et sans histoire ».Ouverture dans 0Sponsorisé par JeepJEEP COMPASS BROOKLYN EDITIONLe SUV Jeep® Compass vous accompagnera dans toutes vos escapades.DÉCOUVREZ-LE >

UN CURIEUX IMAM

L’imam se présente une fois à un rendez-vous avec le maire en compagnie de trois jeunes délinquants notoires de Sarcelles, que François Pupponi n’avait pas « du tout prévu de rencontrer »… « Le jeune imam m’a dit qu’il voulait les remettre dans le droit chemin ! Il avait de drôles de prétentions, et je les ai mis dehors », raconte l’élu. Puis, au sein même de la mosquée de Sarcelles, les choses tournent au vinaigre entre les partisans du nouvel imam et les anciens fidèles. « Un jour, les jeunes ont changé la clé de la mosquée et s’est ensuivi une rixe entre les deux camps », poursuit François Pupponi. Le renseignement territorial s’en mêle et une enquête est lancée sur ce curieux imam. L’homme, soupçonné de prêches salafistes par certains habitués de la mosquée, serait alors fiché « radical ».

“Que la mosquée soit fréquentée par un informaticien de la PP, cela aurait pu attirer l’attention des policiers locaux…”

Puis le préfet du Val-d’Oise signe à son encontre une OQTF (obligation de quitter le territoire français). « Mais apparemment, les policiers ne l’ont pas localisé à son adresse pour lui signifier l’arrêté, il aurait été introuvable », croit savoir le maire de Sarcelles, qui se félicite à l’époque de voir l’imam quitter sa ville. Ahmed Hilali serait ensuite passé par une autre commune du département avant d’atterrir à la mosquée de Gonesse, fréquentée depuis 2014 – l’année de son mariage religieux – par Mickael Harpon. Officiellement, Ahmed Hilali en aurait été l’imam en 2017, entre février et novembre mais selon plusieurs sources, il serait toujours présent sur place. L’association musulmane locale, qui a publié sur son site Internet un long texte condamnant la tuerie de la Préfecture, se refuse à tout autre commentaire. « L’association musulmane de Gonesse n’a jamais toléré dans le passé et ne tolérera pas dans le futur un discours qui incite à la haine, à la violence et au rejet de l’autre », dit le texte, qualifiant Mickael Harpon « d’intrus parmi les fidèles ». L’imam Hilali a-t-il joué un rôle dans la radicalisation de l’informaticien ?LIRE AUSSILe tueur de la Préfecture a pu avoir accès à la liste des policiers infiltrés dans les mosquées, révèle le “Canard”

Interrogé par Franceinfo, l’intéressé a démenti « tout radicalisme religieux », assurant aussi « ne pas connaître Mickaël Harpon » : « Il était très discret, je ne connais pas son nom, où il travaille, où il habite. Je n’ai jamais parlé avec lui mais des fois, il m’a serré la main », a-t-il déclaré. L’enquête judiciaire devrait vérifier ces dires. Certains enquêteurs s’interrogent aussi sur le service de renseignement territorial du Val-d’Oise, en charge de la surveillance de la mosquée de Gonesse de l’imam Hilali… « Qu’elle soit fréquentée par un informaticien de la PP, cela aurait pu attirer l’attention des policiers locaux », s’affole un cadre du renseignement. En clair, les agents en charge de la surveillance auraient pu « tilter » en voyant parmi les fidèles un collègue de la préfecture : « Non pas que la seule fréquentation de la mosquée par Mickaël Harpon soit un problème, pondère cette même source, mais savoir que l’informaticien de la DRPP priait dans une mosquée un temps tenue par un imam salafiste, cela aurait pu être signalé à ses chefs… ». Couplé à d’autres indices le concernant, cela aurait pu éveiller les soupçons.

HARPON A TUÉ SES COLLÈGUES DIRECTS

En attendant, les policiers de la brigade criminelle poursuivent leur travail de bénédictins parmi les milliers de fichiers informatiques cryptés découverts dans le bureau du tueur à la Préfecture. « Un volume très important, nous glisse une source porche de l’enquête. Bien au-delà d’une seule clé USB, comme évoqué jusque-là ». Ayant accès à tous les ordinateurs des 800 agents de la direction du renseignement de la Préfecture, Harpon avait potentiellement les clés de toutes les entrailles informatiques du service. Y compris les plus confidentielles, puisque son habilitation au secret défense le lui permettait. « Pour l’instant, on ne sait pas pourquoi il conservait dans son bureau toutes ces données. Soit par conscience professionnelle, il stockait beaucoup de choses, soit il avait cette manie de recopier… », confie un enquêteur. Autre difficulté des policiers, les trois collègues directs du terroriste sont morts de ses mains et ne peuvent pas témoigner.

« Pour un service de renseignement, avoir un agent double en son sein, c’est le pire qui puisse arriver, se désole un ancien de la DGSI. Chez nous, tous nos fonctionnaires font l’objet en permanence de surveillance. Leurs bureaux peuvent être fouillés, leurs ordinateurs épluchés, ils peuvent même être mis sur écoute, voire suivis. Le b-a-ba d’un service d’espionnage moderne est que ses membres ne soient pas vulnérables… En plus, que la taupe soit un informaticien ayant accès à tout, c’est le comble ». Selon cette source, « la seule bonne nouvelle » est que Mickaël Harpon n’ait pas pu avoir accès à l’informatique de la DGSI ni à celui d’autres services de renseignement. « Tout est sécurisé pour être en circuit fermé. Si un bateau coule, les autres non », rassure cet ancien agent. Mais selon lui, le scénario du pire, pour la DRPP, serait que son informaticien ait disposé derrière lui des chevaux de Troie et autres logiciels espions. « On peut imaginer qu’il ait mis en place des systèmes informatiques véreux qui lui survivent… C’est une obligation de tout vérifier aujourd’hui », confie cette source, sans l’ombre d’une plaisanterie. « Si cela était arrivé à la DGSI, tout notre matériel informatique serait bon à passer à la poubelle ». C’est dire l’ampleur du « traumatisme Harpon » chez tous les espions français.

Allemagne : deux personnes abattues près d’une synagogue, l’antiterrorisme saisi.

Par Magazine MariannePublié le 09/10/2019

Une attaque à Halle, dans l’est de l’Allemagne, a visé notamment la communauté juive en ce 9 octobre, jour de célébration de la fête juive Yom Kippour.

Le choc en AllemagneAu moins deux personnes ont été tuées et deux autres blessées ce mercredi 9 octobre en pleine rue à Halle, une ville du Land de Saxe-Anhalt dans l’est du pays, dans une fusillade dont l’auteur présumé a été interpellé. Il s’agit d’un homme de 27 ans, selon les médias allemands. La police ne fait plus état, ce mercredi soir, d’un deuxième suspect comme il en avait été question dans l’après-midi.

L’attaque a visé notamment la communauté juive en ce jour de célébration de la fête juive Yom Kippour. Le parquet antiterroriste a été saisi. Le tireur a tenté de pénétrer dans une synagogue où se trouvaient plusieurs dizaines de personnes mais en a été empêché par les mesures de sécurité, a indiqué le responsable de la communauté juive locale. Ces mesures à l’entrée de l’édifice religieux “ont permis de résister à l’attaque”, a déclaré Max Pivorozki au magazine Der Spiegel, précisant que “70 à 80 personnes” se trouvaient à l’intérieur.Ouverture dans 0Sponsorisé par JeepJEEP COMPASS BROOKLYN EDITIONLe SUV Jeep® Compass vous accompagnera dans toutes vos escapades.DÉCOUVREZ-LE >

“UNE ATTAQUE ANTISÉMITE”

“Dans l’état actuel des choses, nous devons partir du principe qu’il s’agit d’une attaque antisémite”, a déclaré dans un communiqué le ministre de l’Intérieur allemand, Horst Seehofer, ajoutant que la justice suspectait un acte“d’extrême droite”.

UNE VIDÉO MONTRE UN HOMME CASQUÉ EN KAKI

Selon un témoin des faits, les tirs ont également visé un restaurant turc. Sur une vidéo amateur reprise par de nombreux médias et montrant manifestement un extrait de l’assaut, un homme habillé en kaki et casqué, d’apparence calme, tire au fusil d’assaut en pleine rue. Le suspect a par ailleurs filmé ses actes pour les diffuser en direct sur la plateforme Twitch, a indiqué une porte-parole de ce site spécialisé dans le jeu vidéo et l’e-sport. “Nous avons fait au plus vite pour retirer ce contenu, et nous suspendrons tous les comptes qui posteront ou reposteront des images de cet acte abominable”, a-t-elle complété auprès de l’AFP. 

Jean-Luc Testault@jltestault

Une vidéo effrayante d’un tireur des attaques de Halle en Allemagne où deux personnes sont mortes près de la synagogue le jour de la fête juive de Kippour via @MDRAktuell

Embedded video

LES REGARDS TOURNÉS VERS L’EXTRÊME DROITE

Cette attaque intervient quelques mois après l’assassinat, en Hesse (le Land voisin à l’ouest), de Walter Lübcke, un élu pro-migrants du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel (CDU), dont le principal suspect est un membre de la mouvance néonazie. Cette affaire a créé une onde de choc dans le pays où l’extrême droite anti-migrants enchaîne ces derniers temps les succès électoraux, en particulier dans l’est. Dans l’autre Land voisin de la Saxe, à Chemnitz, l’extrême droite défile régulièrement depuis juin 2018contre les migrants. Une atmosphère qui a réveillé outre-Rhin la crainte d’une résurgence d’un terrorisme d’extrême droite, à l’image de celui du groupuscule NSU, responsable de l’assassinat entre 2000 et 2007 d’une dizaine de migrants.LIRE AUSSIAllemagne : l’hydre néonazie derrière le meurtrier du préfet pro-migrants

Ce matin même, une vague d’arrestations a eu lieu dans tout le pays parmi les 12.7000 militants de cette mouvance, jugés dangereux par les autorités. Selon le ministère de l’Intérieur allemand, l’extrême droite radicale se procure en effet de plus en plus d’armes de toutes sortes (armes de poing, fusils, équipements servant à la fabrication d’explosifs, couteaux, etc.), signe d’une propension accrue à recourir à la violence. Les policiers ont ainsi saisi 1.091 armes au total en 2018, contre 676 l’année précédente, dans le cadre d’enquêtes portant sur 563 délits attribués à des extrémistes de droite.

Le BNVCA condamne l’attentat antisémite commis devant la Synagogue de Halle en Allemagne ce 9/10/2019 jour saint de Yom Kippour pour tous les juifs dans le monde.

Le BNVCA choqué et attristé, condamne avec vigueur l’attentat antisémite commis devant la synagogue de Halle en Allemagne, ce jour du Grand Pardon Juif, par un individu qui a tué deux personnes à l’arme automatique et a filmé son acte qu’il a diffusé sur internet.

Selon nos informations l’un des suspect aurait été arrêté, il s’agirait d’un jeune homme de 27 ans, Stéphan B. qui a commenté sa vidéo par des allégations antisémites du genre 

” La racine de tous les problèmes ce sont les juifs “.

Si nous ne comprenons pas pourquoi le site religieux sensible ne faisait pas l’objet de protection policière ce jour particulier où les juifs sont réunis nombreux, nous attendons des autorités Allemandes qu’elles mettent tout en oeuvre pour interpeller les auteurs et mettre hors d’état de nuire les antisémites Allemands qui foisonnent tant sur les sites négationnistes et racistes, que dans des organisations néonazies.

Nous présentons nos condoléances aux familles des victimes, et assurons la communauté juive d’Allemagne de tout notre soutien et notre sympathie durant cette tragique et douloureuse épreuve.

Massacre à la Préfecture de police : quand le déni de réalité alimente l’islamisation des esprits

TERRORISME – Décryptages Massacre à la Préfecture de police : quand le déni de réalité alimente l’islamisation des esprits”    BERTRAND GUAY / AFP 

Si les Français veulent se protéger du terrorisme islamiste, la tuerie de la Préfecture de police de Paris devrait déboucher sur une transformation complète des mentalités. La question posée par l’islamisme n’est pas seulement politique, elle est d’abord et avant tout culturelle. 

Il faut en finir avec le déni de réalité qui consiste à refuser de considérer, dans l’origine des actes terroristes, ce que j’appelle, l’islamisation des esprits.

Tant que l’Etat et les politiques refuseront de s’attaquer au processus de la radicalisation, enclenché par l’islamisation des esprits, notre société continuera à fabriquer des terroristes.

L’islamisme est une idéologie totalitaire parce qu’elle confond le politique et le théologique et peut, de ce fait, conduire au massacre de ceux qui n’y adhèrent pas. L’islamisation est le phénomène qui rend possible l’adhésion à cette idéologie .Elle se manifeste par une radicalisation de la pratique religieuse.

Deux solutions s’offrent à la France, et à tous ceux qui partagent les valeurs de l’Occident, pour en finir avec le terrorisme : adhérer en masse à l’islamisme, selon le scénario de la soumission décrit par le romancier Michel Houellebecq, ou le combattre.

Encore faut-il que nous souhaitions conserver nos moeurs dans un ensemble commun, appelé la France ou l’Europe, et dans une vie commune qui ne se résignerait pas à devenir un univers multiculturel. Tel quue le désigne « le vivre-ensemble », qui sous entend, chacun selon les règles de sa communauté.

Pour combattre efficacement l’islamisme, il faudra s’attaquer aux deux facteurs principaux de sa diffusion dans les esprits.

1) Il s’agira dans un premier temps d’en finihj avec l’idéologie dominante, qui interdit, à gauche comme à droite, d’établir un lien entre la religion islamique et l’islamisme.

Analyser le lien objectif entre islam et islamisme ne veut pas signifier que tous les individus de culture ou de religion musulmane adhèrent à, ou verseront un jour dans, l’idéologie islamiste. Dire que l’islamisme provient d’une radicalisation de la religion musulmane, à laquelle adhèrent de plus en plus de musulmans, et qu’il constitue, dés lors, un danger pour la religion musulmane elle-même, et les pays musulmans (on l’a vu avec Daech en Syrie et en Libye), c’est parler d’une réalité, c’est dire la vérité. C’est le contraire du déni, qui est déraisonnable.

C’est le déni qui est cause du fait que l’on compte deux jours entre le massacre de la Préfecture de Police de Paris, qui débute à 12h53, le jeudi 3 octobre (et dure sept minutes) jusqu’au vendredi soir, pour qu’enfin, le parquet anti-terroriste prenne en charge l’enquête et re-qualifie le drame en attentat terroriste.

Mickaël Harpon, 45 ans, agent de la Préfecture de police depuis 2003, a attaqué 6 personnes, en a tué 4 à lui tout seul, avant d’être abattu. Il avait accès à des informations ultrasensibles, dont celles de la lutte contre l’islam radical. Il était habilité au secret-défense du pays, et pourtant il avait été repéré comme converti à un islam radical en 2015.

Une telle défaillance, au sein même de notre système de sécurité et de protection anti-terroriste, révèle un dysfonctionnement, non seulement de nature politique, mais plus profondément, d’origine culturelle.

D’ailleurs le déroulé de l’attaque aurait dû dès les premières minutes alerter et orienter la prudence en direction de la suspicion, par les autorités, d’un attentat islamiste : le mode opératoire, avec le choix de l’arme, un couteau en céramique de 33cm, la connaissance de la conversion à l’islam et, détail macabre, l’égorgement d’au moins une des victimes. Enfin, le signalement de la radicalisation de Mickaël Harpon, repérée à l’époque des attentats de Charlie Hebdo, qu’il avait ouvertement soutenus.

Au contraire, durant 48heures, la prudence, la précaution, ont été orientés dans un sens inverse à la réalité. On a pu entendre ad nauseam des phrases du type : « la conversion n’implique pas la radicalisation » ce qui n’est pas faux en soit, mais qui, ajouté à la concordance des faits, dans le mode opératoire de la tuerie, aurait dû interroger dans l’autre sens, et obliger la majorité des commentateurs à ne pas tomber dans le courage fuyons.

L’idéologie dominante, issue de la propagande anti-raciste des années 80, transformée aujourd’hui en crainte d’être taxé d’ « islamophobe », ou de passer pour un « raciste anti-musulman », a fait de la dénonciation de la radicalisation un tabou. Et si la radicalisation n’est pas un délit, sommes-nous contraints de nous soumettre à sa loi ?

Les plus hauts personnages de l’Etat, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, et la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, ont eux-mêmes donné l’exemple, en minimisant sciemment la réalité.

Le ministre affirmait, dès les premières heures de l’attentat, que l’auteur du massacre n’avait « jamais présenté de difficulté comportementale » ni « le moindre signe d’alerte ». La porte parole de son côté renchérissait: « Ce n’est pas parce qu’on est musulman qu’on est terroriste (…) Nous n’avons pas d’indication sur une radicalisation éventuelle de l’auteur de ces assassinats ».

La majorité des politiques sont pris dans un déni idéologique de la réalité, qui n’oppose aucun frein à la progression de l’islamisation des esprits. Ceux qui se sont succédés au pouvoir depuis le 11 septembre 2001 n’y font pas exception.

2) Il est par conséquent urgent de déconstruire les raisons culturelles de ce déni.

Marcel Gauchet, l’a montré dans La démocratie contre elle-même (Gallimard, 2002) : « Une démocratie qui n’entend plus la disposition globale de soi (…) qui n’est plus qu’attentive à la coexistence de ses parties (…) est une démocratie qui ne comprend plus non plus les bases sur lesquelles elle repose (…) Elle devient aveugle à ses conditions pratiques d’existence et susceptible, dès lors, de se retourner contre elle-même ». La démocratie fabrique sa propre destruction.

Nous en sommes arrivés là. Voilà l’explication à la crise de nos valeurs existentielles que sont la liberté et l’égalité.

C’est en effet au nom de la liberté que l’islamisme condamne nos moeurs démocratiques comme l’égalité entre hommes et femmes. Nous sommes passés du respect de la différence culturelle à l’auto-destruction de notre propre culture.

Aujourd’hui, des moeurs contraires à nos valeurs de liberté de conscience, de pensée et d’expression, sont admises et respectées au nom de la liberté individuelle.

5 janvier 2019 : « Vous êtes encore là ? » interrogeait en une le magazine Charlie Hebdo, quatre ans après la monstrueuse tuerie que le terroriste de la Préfecture de police approuvait déjà, à l’époque.

Lors d’un entretien accordé à atlantico.fr, le 6 janvier dernier, je m’étonnais « que la banalisation de la multiplication des foulards islamiques (…) ne soulève pas plus d’interrogations sur la montée de l’intégrisme islamique ».

Aujourd’hui je me pose cette question : comment notre démocratie en est-elle venue à accepter que, selon un rapport parlementaire sur la radicalisation au sein des services publiques, sur 150.000 policiers, une trentaine soient effectivement suivis pour radicalisation et par conséquent susceptibles de massacrer un jour leurs collègues?

L’attentat de jeudi, au sein même de la Préfecture de Police, apporte une preuve accablante de notre désarmement intellectuel et moral. Si nous voulons trouver les moyens de lutter contre la monstruosité de l’islamisme, et l’une de ses conséquences les plus horribles, le terrorisme, il y a un préalable obligatoire : comprendre et accepter la réalité de l’islamisation des esprits. Il y va de la survie de nos valeurs, qui sont la condition sine qua non de notre mode de vie, démocratique, libéral et si possible républic

Sur I24 news Mr Araud ancien Ambassadeur de France en Israel blesse les juifs de France quand il les met en cause dans la situation des palestiniens en Cisjordanie qu’il qualifie d’Apartheid.

Le BNVCA reçoit un grand nombre de messages de protestations émanant de compatriotes choqués voire scandalisés par les déclarations du diplomate Gérard Araud, qui met en cause les juifs de France à propos de la situation des palestiniens en Cisjordanie qu’il qualifie “d’apartheid”.  C’est  lors de son intervention le 3 octobre sur I24news TV (dans l’émission Conversations de Anna Cabana) que cet ancien Ambassadeur de France en Israël puis à l’ONU prétend et déclare “qu’il  faut bousculer les juifs de France”.
Si l’ancien ambassadeur d’Israël en France Monsieur Daniel  Shek a su recadrer Monsieur Araud il reste que les accusations proférées contre les juifs de France qui se sentent insultés témoignent du parti pris anti-Israélien de cet ancien Ambassadeur de France en Israël et confirment la partialité pro arabe de la diplomatie française désormais totalement désuète, caduque, et nuisible à la paix dans la région.

L’agression mortelle contre des policiers est bien un attentat islamo terroriste comme le soupçonnait le BNVCA.

Dès que les agressions mortelles ont été commises contre des policiers par l’un des fonctionnaires de la Préfecture de Police de Paris le BNVCA avait immédiatement soupçonné un attentat islamo terroriste et communiqué en ce sens. Le mode opératoire par l’usage d’un couteau, la personnalité de l’auteur sa conversion à l’islam constituaient tous les éléments caractéristiques d’un attentat islamo terroriste. Petit à petit le Procureur de la République dévoile des faits qui confirmèrent nos soupçons  ” L’auteur avait des contacts avec des individus de la mouvance salafiste. Il adherait à une vision radicale de l’islam” .

Nous ne comprenons pas que les autorités n’aient pas pris en compte cela et saisi aussitôt le parquet antiterroriste. Nous considérons qu’ils ont volontairement fait preuve d’un déni de ce qui était pourtant évident.            On nous a dit de l’auteur qu”il avait eu un conflit interne à sons ervice, ou un depit amoureux “. On nous l’a fait “passer comme un employé modèle” qu’il était peut être jusqu’à sa conversion à l’Islam et sa radicalisation. Il appartient aux responsables de la sécurité des citoyens de tout mettre en œuvre pour dire toute la vérité et prendre les mesures de nature à éviter ce type d’attentat au sein des institutions de l’Etat. Celles-ci pouvant être infiltrées par des individus dont l’idéologie ou la religion constituent un danger tant pour leurs collègues que pour la nation.

Le BNVCA condamne avec force les agressions mortelles commises au couteau contre des policiers au sein de la Préfecture de Police de Paris par un employé de cette administration.

DRANCY LE 3 OCTOBRE 2019

Le BNVCA condamne avec force les agressions mortelles commises ce 3 octobre 2019 vers 13 h 30 contre des fonctionnaires de police au sein même de la Préfecture de Police de Paris, par un agent administratif employé  de cette institution.

Le meurtrier a utilisé un couteau pour poignarder ses collègues tuant 4 d’antre eux.

Il aura été abattu par un policier témoin des faits.

Le mode opératoire utilisé par l’assassin, sa personnalité, sa récente conversion et sa possible radicalisation sont de nature à faire  penser que cette attaque s’apparente à un attentat islamo terroriste.

Nous adressons nos condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à toute la corporation des policiers atteints gravement par ce drame affreux.

Nous attendons que toute la lumière soit faite par les enquêteurs afin que tout soit mis en oeuvre pour que ceux qui sont chargés de la défense et de la protection des citoyens ne soient pas infiltrés par des individus qui abusent de leur fonction pour trahir la confiance qui leur est accordée. 

Le chanteur Ziggy Marley honoré par une association anti-BDS à Los Angeles |i24NEWS

“La désinformation est le carburant qui fait avancer le BDS”

Le musicien Ziggy Marley, fils de la star du reggae Bob Marley, figure parmi les artistes récompensés la semaine dernière lors du deuxième événement annuel organisé à Los Angeles par l’organisation Creative Community for Peace (CCFP).

L’organisation, fondée par les directeurs musicaux Steve Schnur et David Renzer en 2012, œuvre pour soutenir les artistes qui se produisent en Israël et pour s’opposer au boycott d’Israël par le BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions).

Adam Milstein @AdamMilstein

Ziggy Marley honored by anti-BDS fighters, Creative Community for Peace. #CCFP works to support artists who perform in Israel and counter the antisemitic BDS movement. CCFP educates people including #RogerWaters and Assoc., who are against going to Israel https://www.jpost.com/BDS-THREAT/Ziggy-Marley-honored-by-BDS-fighters-Creative-Community-for-Peace-603299 …

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56 5:12 PM – Sep 30, 2019Twitter Ads info and privacy 33 people are talking about this

Outre Marley, l’organisation a également récompensé le PDG et co-président de Warner Records, Aaron Bay-Schuck, la présidente de Caroline Music / CMG, Jacqueline Saturn, ou encore le fondateur de Q & A et Atom Factory, Troy Carter.

Plus de 400 dirigeants de l’industrie du divertissement ont assisté au gala, a annoncé Billboard.

Le milliardaire américano-israélien Haim Saban s’est adressé à la réunion, évoquant Roger Waters, considéré comme le “visage anti-israélien du monde du divertissement”.

“Nous devrions faire un effort pour éduquer les gens qui s’opposent à l’idée d’aller en Israël, nous devrions apprendre à éduquer Roger Waters. Aidez-les à voir la lumière. Si nous échouons, nous échouons, mais la désinformation est le carburant qui fait avancer le BDS”, a-t-il déclaré, selon Billboard.

“Je vais en Israël depuis que je suis adolescent… Israël était un lieu de contes pour nous. Nous avons ressenti un lien avec notre père, nos croyances”, a-t-il déclaré. 

“J’y reviens depuis. Nous ne jouons pas en Israël pour des raisons politiques, nous jouons pour que le peuple transmette notre message de justice, d’amour et de paix pour tous les peuples,” a-t-il souligné.

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/ameriques/1569941229-le-chanteur-ziggy-marley-honore-par-une-association-anti-bds-a-los-angeles

Le BNVCA attristé par le décès de Jacques CHiRAC rend hommage à ce Président de la République qui a reconnu la responsabilité de la France dans la Shoah.

Communiqué de Presse 

Le BNVCA apprend avec une grande tristesse la disparition de Monsieur Jacques Chirac ancien Président de la République et ancien Maire de Paris survenue ce 26/09/2019

Le souvenir de Jacques Chirac restera gravé dans notre mémoire personnelle et collective, car il a été ce chef d’Etat courageux, qui à peine élu la tête du pays a reconnu la responsabilité de la France dans la déportation des juifs durant la seconde guerre mondiale. 

Dans son discours prononcé le 16 juillet 1995 lors de la commémoration du 53 éme anniversaire de la Rafle du Vel d’Hiv, Jacques Chirac a rompu avec la tradition gaulliste, suivie avant lui par tous les présidents de la Quatrième République et de la Cinquième République qui rejetaient une telle reconnaissance au motif que le Régime de Vichy, sous la direction duquel ces exactions ont été menées, n’était pas l’autorité politique légitime de la France. 

Monsieur . Jacques Chirac déclare dans son discours : ” La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable”.

Il ajoute ” ils souillent à jamais notre histoire et sont une injure à notre passé. Oui la folie criminelle de l’Occupant a été secondée par des français par l’Etat français “.

Comme le BNVCA, tous ceux qui luttent contre les discriminations en général et l’antisémitisme en particulier lui doivent une reconnaissance éternelle.

Nous n’oublions pas qu’il s’est spontanément rendu au chevet du Grand Rabbin de France Joseph Sitruk alors très gravement malade.

Nous présentons , nos sincères  condoléances à la ,famille de ce haut personnage, ce grand homme d’Etat, ce serviteur exemplaire de la Nation  qui n’a jamais manqué d’être proche de la communauté juive de France victime du nouvel antisémitisme. 

Comme l’a toujours clamé le Bnvca, le meurtre de Mireille Knoll le 23 mars 2018 est bien antisémite et motivé par la haine anti juive.

Le BNVCA apprend sans aucune surprise par la presse (JDD du 22 septembre 2019) que l’assassin de Madame Mireille Knoll est bien un antisémite notoire et que son geste commis le 23 mars 2018 à Paris n’a été commandé que par sa haine viscérale et religieuse des juifs. 

Nous rappelons que le Bnvca a été alerté par une brève information  parue le 24 mars sur “Le Parisien” signalant le crime d’une octogénaire.

Le BNVCA a été le premier dès le 25 mars 2018 à découvrir immédiatement que Mme Knoll était de confession juive et à qualifier ce meurtre d’antisemite. De plus la personnalité de l’auteur principal, la sauvagerie  du meurtre,  la lâcheté et la barbarie des assassins  ainsi que le mode opératoire ne laissaient pour le BNVCA  aucun doute sur le mobile antisémite.                    

Nous saluons le travail des Policiers dont les investigations ont enfin découvert les preuves de ce qui pour nous était l’évidence même.

L’auteur principal aura été radicalisé à l’islam extrémiste durant ses séjours en prison.    

Nous accordons notre entière confiance à Maitre Gilles William Goldnadel et Maitre Charles Baccouche, représentant respectivement la famille Knoll et le BNVCA afin que justice soit rendue.  

Nous attendons de la Justice que des sanctions sévères exemplaires et dissuasives soient prononcées à l’encontre des assassins anti juifs de feu madame Mireille Knoll.     

Communiqué : Le BNVCA plaidera le 25 Septembre 2019 au Tribunal Correctionnel de Paris contre Dieudonné et Noémie Montagne.

Le BNVCA qui a déposé plainte le 13 juillet 2017 contre Dieudonné M’BALA M’BALA sera présent à l’audience du mercredi 25 septembre 2019 devant la 17ème Chambre correctionnelle du TC de Paris qui est appelée à juger Dieudonné et sa compagne Montagne.

Dieudonné est poursuivi pour avoir moqué la Shaoa, en dénigrant le génocide juif qui reste le plus grand massacre de tous les temps organisés par les nazis.

Après enquête du Parquet, sa compagne Noémie MONTAGNE est à son tour, prévenue de s’être rendue complice en consentant à la publication sur YouTube, via son compte « Dieudonné officiel », de la vidéo d’une chanson intitulé « C’est mon choaaa… » le 22 Juin 2017.

Maître Charles BACCOUCHE représentera le BNVCA à l’audience.

Nous espérons que des sanctions sévères leur soient infligées de façon à mettre ses individus hors d’état de nuire pour longtemps.

Gilles-William Goldnadel: «Pourquoi Nétanyahou a marqué, pendant une décennie, la politique de son pays»

Par Gilles William Goldnadel 

TRIBUNE – Les adversaires du premier ministre de l’État hébreu eux-mêmes doivent concéder qu’il a obtenu des résultats remarquables dans bien des domaines, argumente l’avocat et essayiste*.

Dans l’incertitude des conciliabules politiciens en cours, Benyamin Nétanyahou pourrait bien ne plus présider aux destinées de l’État d’Israël. L’électeur israélien semblerait l’avoir décidé ainsi dans le cadre d’une manière de second tour électoral comme l’État juif n’en avait jamais connu. On se souvient en effet qu’aux élections d’avril le champion de la longévité politique l’avait emporté sans pouvoir cependant former un gouvernement. L’homme en difficulté aura dominé non seulement de son expérience, mais encore de sa puissance intellectuelle et de son éloquence le monde politique israélien. Ses pires détracteurs ne peuvent nier les résultats surprenants qu’il aura obtenus tout au long de ces dix années de mandat. Le petit État d’Israël est aujourd’hui une puissance avec laquelle il faut compter. Il le doit non seulement à l’esprit de créativité de son peuple, mais encore à la politique libérale que Nétanyahou a su mener jusqu’à son terme. Il faut cependant reconnaître qu’aujourd’hui l’Israël prospère est une société dure, très inégalitaire, qui connaît des secteurs en misère.»

L’indéniable succès de Nétanyahou se situe également dans le domaine diplomatique. Malgré les aréopages internationaux où la haine de l’État juif relève du sacrifice rituel, malgré un dénigrement idéologique dans la presse européenne convenue, le premier ministre sortant aura réussi l’exploit d’entretenir de bonnes relations avec les mondes américain, africain, russe, chinois et indien. Sans parler d’une percée circonstancielle au sein du monde arabe sunnite, en raison du conflit explosif avec la République islamique.

Choisi sur sa seule habileté à figurer en tête de liste, le membre de la Knesset moyen n’arrive ni intellectuellement ni moralement à la cheville du député français moyen

Sans vouloir diminuer les qualités intrinsèques de l’intéressé, il faut dire que l’offre de personnel politique offerte à l’électeur israélien brille par sa remarquable médiocrité. On ne dira jamais assez le caractère destructeur d’un système de recrutement à la proportionnelle intégrale. Choisi sur sa seule habileté à figurer en tête de liste, le membre de la Knesset moyen n’arrive ni intellectuellement ni moralement à la cheville du député français moyen. Quand bien même celui d’aujourd’hui n’inspirerait pas l’admiration absolue. C’est ce système qui a favorisé le diktat des petits partis, en l’espèce juifs orthodoxes, qui se sont livrés à un chantage légal. C’est sur la base de ce racket exaspérant qu’un homme politique comme Lieberman, à l’esprit plus fin que ne laisserait penser sa carrure d’ex-videur de boîte de nuit, s’est racheté une petite vertu malgré ses anciennes déclarations incendiaires, en incarnant désormais le laïc de droite intransigeant tout en sciant la branche ployant sous les ultrareligieux sur laquelle était assis son ancien mentor Nétanyahou.

Dans ce cadre assez affligeant, on constatera que la gauche israélienne qui autrefois dominait la vie politique est toujours aussi exsangue. On le doit tout autant au «mouvement dextrogyre» (Guillaume Bernard) qui caractérise l’ensemble des démocraties occidentales qui regardent désormais la pensée de gauche avec une admiration mesurée qu’au fait que le peuple israélien est totalement désabusé par la conception irénique d’un règlement pacifique d’une gauche israélienne gauchiste et angélique. Une bonne nouvelle toutefois pour la démocratie israélienne, quasi miraculeuse: la relève possible par un Benny Gantz, ancien chef d’état-major, homme du centre, réfléchi, au style débonnaire, qui, même sans avoir le brio de son rival, a su légitimement rassurer l’électeur avec son parti Bleu et Blanc

Tout premier ministre israélien est contraint chaque jour, pour ne pas chuter, de négocier entre deux portes et à la nuit tombée

On remarquera aussi le succès de la liste arabe unifiée, qui en dit long sur l’énormité d’un fantasmatique «apartheid». Comme les autres citoyens du pays, les Arabes israéliens ont bénéficié de la règle «une voix, un vote». Et ils ont joué massivement le jeu démocratique plutôt que de le bouder. Oublions la lourde épée de justice au-dessus de la tête de Benyamin Nétanyahou. Oublions l’épouse au caractère difficile et sujette aux quolibets d’une presse impitoyable. Oublions même l’usure inévitable d’un pouvoir décennal. Tout premier ministre israélien, en raison du système pervers qui favorise les petits partis charnières, est contraint chaque jour, pour ne pas chuter, de négocier entre deux portes et à la nuit tombée. De promettre à Abraham puis à David tout en trahissant Samuel qui s’en souviendra. À force de compromis, tout homme finit par se compromettre. Benyamin Nétanyahou n’est plus celui qu’il fut.»

Reste pour l’histoire un homme qui n’a pas fait la paix avec les Arabes de Palestine. Ce que ne manquera pas de lui reprocher une presse pavlovienne qui ne se caractérise ni par son aménité pour Israël ni pour son esprit critique à l’égard de ses ennemis irrédentistes, toujours autant fascinés par la violence terroriste et la détestation antisémite islamiste. Connaissant l’homme en possible partance, j’affirme que celui-ci, du moins dans les premières années d’exercice du pouvoir, n’était pas hostile à la solution des deux États, moyennant un arrangement stratégiquement indispensable dans une vallée du Jourdain au demeurant peu peuplée d’Arabes de Palestine. Lui, comme tous ses prédécesseurs de gauche, n’aura jamais eu d’interlocuteurs sincèrement déterminés à négocier.

Citons le plus désespéré, Shimon Peres: «La paix ressemble beaucoup à l’amour… De même qu’on ne peut imposer l’amour, on ne peut imposer la paix.»

Georges Bensoussan relaxé: une victoire pour la liberté d’expression

Par Barbara Lefebvre  enseignante et essayiste, est l’auteur de Génération j’ai le droit, (Albin Michel 2018).

FIGAROVOX/TRIBUNE – La Cour de cassation vient de rejeter les pourvois des parties civiles accusant l’historien Georges Bensoussan d’incitation à la haine, confirmant sa relaxe. L’essayiste Barbara Lefebvre se félicite de cette décision, et pointe du doigt la judiciarisation des débats, obstacle selon elle à la liberté d’expression.


Le 17 septembre, ce n’est pas seulement l’honneur de l’historien Georges Bensoussan que la Cour de cassation a définitivement restauré, c’est notre liberté d’expression à tous qu’elle a raffermie. Les juges ont rendu son honneur à la démocratie. En rejetant les pourvois de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), la Cour de Cassation a confirmé la relaxe prononcée en faveur de Georges Bensoussan en première instance (procès du 25 janvier 2017) et en appel (le 29 mars 2018). C’est la Bérézina pour les ennemis de la liberté d’expression! 

L’affaire aura duré plus de trois ans et révélé les ambiguïtés des professionnels de l’antiracisme. 

Rappelons succinctement les faits: dans l’émission de France Culture Répliques du 10 octobre 2015, lors d’un débat sur le «sens de la République», Georges Bensoussan aborde la question de l’antisémitisme contemporain auquel la France est confrontée. On rappellera le contexte de l’émission: nous étions quelques mois après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper-cacher de Vincennes, et il s’agissait aussi de revenir sur le fait que, depuis le début des années 2000, une dizaine de Français juifs avaient été assassinés par des meurtriers liant explicitement leur crime à la doctrine islamique. Que ces derniers l’aient dévoyée ou non n’est pas le sujet: des innocents ont été ciblés et sont morts parce qu’ils étaient juifs, et pour aucune autre raison. Nous sommes donc face à un antijudaïsme idéologique qui puise ses racines dans une longue histoire, spécifique au monde musulman. Citant de mémoire les propos du sociologue Smaïn Laacher entendus dans un documentaire, Georges Bensoussan disait ainsi au micro de France Culture: «C’est une honte de maintenir ce tabou à savoir que dans les familles arabes en France, l’antisémitisme on le tète avec le lait de la mère». Laacher, dans le film diffusé sur France 3, avait précisément déclaré: «Cet antisémitisme il est déjà proposé dans l’espace domestique et il est quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue. Une des insultes des parents à leurs enfants quand ils veulent les réprimander, il suffit de les traiter de juifs. Toutes les familles arabes le savent. C’est une hypocrisie monumentale que de ne pas voir cet antisémitisme, il est d’abord domestique. Il est comme dans l’air qu’on respire». Ce n’est pas un sociologue français d’origine algérienne qui sera poursuivi pour «provocation publique à la discrimination et à la haine», mais un historien français, d’origines juive et marocaine…»

Cette affaire aura duré plus de trois ans et révélé les ambiguïtés des professionnels de l’antiracisme. Le camp de la bien-pensance antiraciste (LICRA, SOS Racisme, LDH) s’est ainsi accroché à la locomotive du CCIF, association animée par des militants de l’islam politique. La LICRA en sortit profondément divisée, une large part de ses militants contestant la décision de la direction de poursuivre l’historien, décision prise sous l’influence de Mohamed Sifaoui, témoin contre Georges Bensoussan durant le procès qui tint des propos contradictoires que la présidente ne manqua pas de souligner. Quant à SOS Racisme, ils prirent acte de leur défaite en première instance, mais n’ont aucun regret de s’être assis aux côtés du CCIF. Aucune gêne peut-être quand une des témoins pour le CCIF compara Georges Bensoussan à Drumont, ni quand l’avocat de la LDH en appel évoqua «les propos pré-génocidaires» de l’historien. Rappelons que Georges Bensoussan était jusqu’en juin 2018 le directeur de la réputée Revue d’histoire de la Shoah… 

Cette affaire illustre le problème de la judiciarisation croissante du débat d’idées en France.

Cette affaire a également illustré la dérive de certains magistrats idéologues. En effet, le Parquet a non seulement suivi les parties civiles pour initier les poursuites, a relevé appel du jugement de relaxe aux côtés du CCIF et de la LDH, mais il fallait entendre la sidérante plaidoirie en première instance du ministère public, un discours mêlant approximations historiques et anathèmes idéologiques. 

Heureusement, au nom de l’intégrité et de l’intelligence démocratique, les juges du fond ont rappelé le droit et n’ont pas versé dans la morale de café du commerce. Pas une fois, mais à trois reprises, ils ont dit le droit par des attendus d’une clarté qui feront jurisprudence en matière de liberté d’expression. Cette douloureuse expérience pour Georges Bensoussan n’aura donc pas été vaine, même si le coût financier de telles procédures n’est pas anodin. C’est bien un des instruments de ces associations militantes que d’intimider leurs adversaires intellectuels par d’onéreuses procédures.

Cette affaire illustre, enfin et c’est le plus grave, le problème de la judiciarisation croissante du débat d’idées en France, sous l’effet d’une perversion de l’esprit démocratique. La loi ne doit pas être faite pour incriminer l’esprit critique mais pour le protéger. Or, depuis la loi Pleven de 1972 extrapolant sur la loi sur la presse de 1881, des groupes autoproclamés défenseurs de telle ou telle minorité – opprimée par principe – disposent du pouvoir de déclencher seuls l’action pénale. Ceux que Philippe Muray appelait les «groupes d’oppression» prouvent qu’il existe aujourd’hui une privatisation de l’action publique et que, le plus souvent, cela se fait au service de la censure. Il serait temps que le pouvoir politique prenne la mesure du danger démocratique que représente cette inflation de lois visant à réprimer les opinions «déviantes». D’abord parce que cela ne les fait pas disparaître de l’expression publique, ensuite parce qu’une démocratie est précisément ce régime de liberté qui s’oppose à la police de la pensée.

Le Point : Il y a trente ans éclatait l’affaire des foulards à Creil. Est-ce un tournant important dans la société française ?

ENTRETIEN. L’auteur de « L’Archipel français » livre les enseignements de l’enquête Ifop pour « Le Point » et la Fondation Jean-Jaurès sur les musulmans en France.

Propos recueillis par Thomas Mahler– Publié Le Point 


Jerome Fourquet. Politologue, directeur du departement Opinion et strategies d'entreprise de l'institut de sondages Ifop depuis 2011. Il a recu le prix du Livre politique pour  << L'archipel francais. Naissance d'une nation multiple et divisee  data-recalc-dims=> (Seuil).”/>
Jérôme Fourquet. Politologue, directeur du département Opinion et stratégies d’entreprise de l’institut de sondages Ifop depuis 2011. Il a reçu le prix du Livre politique pour « L’archipel français. Naissance d’une nation multiple et divisée » (Seuil).

Le Point : Il y a trente ans éclatait l’affaire des foulards à Creil. Est-ce un tournant important dans la société française ?

Jérôme Fourquet : A partir du début des années 1980, il y a une prise de conscience collective, par la société française, non seulement de la réalité de la présence d’immigrés de culture musulmane sur son territoire, mais aussi du fait que cette immigration a vocation à rester sur place. La première date symbolique, c’est 1983, avec la Marche des beurs et les grèves dans l’automobile. On commence à parler de « la deuxième génération ». 1989 est une autre date clé, avec cette fois-ci une prise de conscience des défis que représente cette immigration musulmane, notamment sur le principe de la laïcité. Les signes religieux dans les établissements publics ne sont alors plus une problématique dans une société française qui est en train de s’apaiser sur la guerre des deux écoles et qui, comme l’écrit Marcel Gauchet en 1985 dans « Le désenchantement du monde », a déjà bien entamé son processus de sortie de la religion. L’affaire de Creil repose subitement la question de la manifestation du religieux dans l’espace public et, comme le montre bien le livre que viennent de publier les éditions de l’Aube et la Fondation Jean-Jaurès, « Les foulards de la discorde. Retours sur l’affaire de Creil. 1989 », ce retour du religieux, mais musulman, est particulièrement problématique pour la gauche française. La laïcité, élément structurant de l’identité de la gauche française, avait toujours été pensée dans le contexte de l’opposition au catholicisme. Là, elle se retrouve confrontée à la religion musulmane, ce qui change énormément de choses.

Plus globalement, l’affaire de Creil va susciter un intense débat dans la société française autour de l’interrogation sur l’acclimatation possible de l’islam à notre modèle républicain. 1989 ouvre en quelque sorte une nouvelle ère et acte médiatiquement et sociologiquement l’existence de l’islam en France. L’Ifop, qui a pour vocation de suivre les évolutions de fond de la société française, a d’ailleurs commencé cette année-là à sonder et interroger la population de confession ou de culture musulmane. Trente ans après cet événement marquant, Le Point et la Fondation Jean-Jaurès ont demandé à notre institut de jeter un nouveau coup de projecteur sur cette population de confession ou de culture musulmane.

Quels sont les principaux enseignements de votre grande enquête ?

Le premier enseignement réside dans la puissance de l’orthopraxie, qui se renforce au fil du temps, notamment auprès des jeunes générations. L’orthopraxie désigne la capacité d’une religion à fixer des règles comportementales concernant la vie quotidienne et le fait que le public de croyants se conforme aux injonctions de la religion à laquelle il est rattaché spirituellement et culturellement. L’islam en comporte un certain nombre et son empreinte sur la vie quotidienne a gagné du terrain. En 1989, beaucoup ont cru à une crise d’adolescence et qu’il suffisait d’être patient. S’opposant à l’exclusion des collégiennes voilées de Creil, SOS Racisme estimait que « le jean finira[it] par l’emporter sur le tchador ». Avec trente ans de recul, et alors que les jeunes qui avaient 15 ans à l’époque en ont aujourd’hui 45, on voit que l’empreinte de la religion sur cette population ne s’est pas effacée, bien au contraire.

Notre enquête montre ainsi que la proportion de personnes (de confession ou de culture musulmane) déclarant participer à la prière du vendredi à la mosquée a plus que doublé, passant de 16 % en 1989 à 38 % aujourd’hui. C’est spectaculaire. Bien sûr, il s’agit de déclaratif, et il faut donc relativiser cette assiduité affichée. Mais le biais déclaratif était le même dans le sondage de 1989. Ce que ces résultats traduisent, c’est que, dans cette population, la norme sociale est beaucoup plus religieuse aujourd’hui qu’il y a trente ans. Quand on regarde dans le détail, on observe que cette pratique est, comme dans les pays musulmans, beaucoup plus importante chez les hommes (55 % des hommes déclarent fréquenter la mosquée le vendredi, contre 20 % chez les femmes). Des écarts importants apparaissent également selon les tranches d’âge. C’est l’inverse du catholicisme, c’est-à-dire que les générations les plus âgées apparaissent moins sous l’influence de cette injonction à la prière (seulement 28 % des plus de 50 ans disent aller à la mosquée le vendredi), alors que 49 % des jeunes disent se conformer à ce commandement. Le respect du jeûne pendant le ramadan est aussi en progression depuis 1989, passant de 60 % à 66 %. La progression s’est surtout faite au début des années 2000, période où s’est produit un réveil identitaire et religieux dans tout le monde musulman.

Troisième manifestation de l’empreinte religieuse sur la vie quotidienne : nous constatons une chute de la proportion de personnes de religion ou culture musulmane déclarant boire de l’alcool, même occasionnellement, passant de 35 % en 1989 à seulement 21 % aujourd’hui. Il y a sans doute, là encore, un biais déclaratif (et nous n’allons pas vérifier dans leur vie quotidienne !), mais, de nouveau, ce biais déclaratif valait aussi en 1989. Manifestement, à l’époque, le conformisme ambiant dans cette population était moins strict en la matière. Quatrième élément : la forte prégnance du halal, qui ne se limite plus à la viande. Parmi les sondés, 57 % disent consommer uniquement de la confiserie halal, mais 47 % achètent aussi des plats cuisinés halal et 48 % affirment systématiquement regarder la composition des produits alimentaires achetés pour s’assurer qu’ils ne contiennent pas de la gélatine animale ou du porc. Comme le poids de cette population musulmane a augmenté et que l’orthopraxie y est plus répandue, des acteurs économiques ont répondu à cette demande, et un marché s’est créé, facilitant et encourageant en retour le respect du halal par le consommateur. Il y a trente ans, lors de l’affaire de Creil, les débats tournaient autour du foulard. Aujourd’hui, dans la sphère scolaire, les tensions se cristallisent autour de la question du halal. Au regard de ces résultats, on constate que l’évolution générale ne va pas dans le sens d’une sécularisation, mais d’une réaffirmation identitaire et religieuse se manifestant notamment dans les comportements quotidiens.

Qu’avez-vous observé concernant le rapport des musulmans à la laïcité ?

On constate que les musulmans, très majoritairement, déclarent (à 70 %) pouvoir pratiquer en toute liberté leur religion en France, un résultat rassurant. Mais pour autant ce diagnostic s’accompagne de fortes demandes pour adapter notre cadre laïque et républicain. Ils ne sont que 41 % à estimer que la pratique de l’islam doit être adaptée et aménagée pour se conformer à la laïcité à la française, contre 37 % qui estiment que c’est au contraire la laïcité française qui doit s’adapter, avec une forte minorité (19 %) qui ne se positionne pas sur cette question. Par rapport à 2011, on constate une progression de 8 points de ceux qui disent que c’est à la laïcité à la française de s’adapter. On observe également une forte progression de l’opposition à la loi de 2010 bannissant le voile intégral dans la rue. Ils sont 59 % à estimer que cette loi est plutôt une mauvaise chose, alors qu’ils n’étaient que 33 % dans ce cas en 2011. Différents événements comme des contrôles policiers qui ont mal tourné (à Trappes ou à Toulouse notamment), ou la perception que cette loi serait une discrimination supplémentaire visant les musulmans, peuvent expliquer ce résultat.

Quand on regarde dans le détail, on voit que les demandes concrètes d’adaptation de la laïcité sont soutenues et parfois très massivement. Ainsi, 82 % des sondés pensent qu’on devrait pouvoir manger halal dans les cantines scolaires et 68 % estiment qu’une jeune fille devrait avoir la possibilité de porter le voile à l’école. L’islam étant une religion assez injonctive dans la vie quotidienne, ces injonctions se heurtent au cadre laïque.

Autre chiffre, 54 % déclarent également qu’on devrait avoir la possibilité d’affirmer son identité religieuse au travail. Après l’école et le halal, la question des signes ostentatoires dans le monde du travail monte depuis plusieurs années. Si 26 % des cadres disent qu’on devrait pouvoir affirmer son identité religieuse au travail, ils sont 38 % parmi les professions intermédiaires et 55 % chez les employés et ouvriers. Cette revendication est plus forte dans les milieux populaires et rappelle les débats qu’il y a eu par exemple à la RATP ou parmi le personnel de Roissy. Les organisations syndicales, historiquement et culturellement de gauche, souvent très laïques, sauf la CFTC, sont confrontées à ces demandes. La CFTC revendique ses racines chrétiennes, mais ne fait pas grève pour exiger la présence d’un crucifix. Dans le monde du travail, là notamment où il y a beaucoup d’employés ou d’ouvriers, comme dans les transports publics, les chantiers ou les plateformes logistiques, ces questions des signes religieux ostentatoires se posent depuis plusieurs années. L’affaire de Creil n’était que le début, pas un prurit momentané, comme certains ont pu le penser. Pour autant, nous n’assistons pas à un assaut généralisé contre le cadre laïque, mais plutôt à de multiples demandes pour qu’on desserre le cadre républicain et laïque.

Parmi les personnes interrogées, 27 % sont d’accord avec l’idée que « la charia devrait s’imposer par rapport aux lois de la République », résultat qui est conforme avec l’étude de l’Institut Montaigne de 2016.

Les musulmans en France ne forment pas un bloc homogène. La grande majorité des musulmans demande des adaptations, mais une minorité se positionne sur un agenda beaucoup plus maximaliste et radical. A ce propos, un différentiel assez important se dessine selon l’ancienneté de la présence en France. Parmi ceux qui sont français de naissance, « seuls » 18 % estiment que la charia devrait s’imposer. Parmi ceux qui sont français par acquisition, ils sont 26 % et parmi les étrangers, c’est 46 %. Cette revendication d’une suprématie de la charia est donc d’abord portée par les nouveaux arrivants qui viennent de pays où l’empreinte de l’islam est très forte. En 1989, avec l’affaire de Creil, beaucoup pensaient qu’avec le temps le processus de sécularisation et de « sortie de la religion » allait aussi concerner la population immigrée. Sauf que, depuis, des centaines de milliers de personnes ont rejoint la France, et le bain culturel des pays d’origine a été entretenu et vivifié par la persistance des flux migratoires, là où le flux des Polonais, par exemple, s’était tari dans les années 1930.

Qu’en est-il du port du voile ?

Aujourd’hui, un petit tiers de femmes d’origine ou de confession musulmane disent porter le voile, contre 24 % en 2003. Et 19 % d’entre elles le portent toujours. Le phénomène s’est renforcé, mais il demeure minoritaire. 68 % des sondées disent ne jamais porter le voile. La réalité, c’est donc que la grande majorité des femmes musulmanes ne sont pas voilées, et 10 % déclarent d’ailleurs l’avoir porté autrefois, mais ne le portent plus, ce qui montre que l’attitude face au voile évolue en fonction de l’âge et de la situation personnelle. Parmi les 15-17 ans, seules 15 % disent porter le voile, ce qui laisse penser que la loi de 2004 sur l’école joue un rôle important. On atteint ensuite un pic de 35 % pour les 18-35 ans. Cela retombe à 25 % auprès des 35 ans et plus. C’est à la sortie de l’adolescence et au début de la vie d’adulte que le voile est le plus porté. Encore une fois, on voit que les musulmans ne sont pas un bloc, mais un public bien hétérogène, notamment dans son rapport à la religion, même si le poids de la matrice musulmane s’est incontestablement renforcé depuis 1989.

Y a-t-il des différences en fonction des origines des sondés ?

Sur une série de sujets, on observe une gradation dans les réponses entre les sondés qui ont des origines familiales en France, ceux qui ont un père issu du Maghreb et ceux qui ont un père originaire d’Afrique subsaharienne. De manière générale, le poids de la matrice religieuse est beaucoup plus prégnant parmi les musulmans originaires d’Afrique subsaharienne, arrivés plus récemment. En 1989, l’islam de France est un islam maghrébin. Trente ans plus tard, la situation s’est considérablement diversifiée, et le paysage socio-culturel est archipelisé. La population issue d’Afrique subsaharienne (Mali, Sénégal, Mauritanie…), provenant souvent de zones rurales, pèse davantage démographiquement. Or celle-ci semble très éloignée du processus de sortie de la religion. Ainsi, 55 % des femmes dont le père est né en Afrique subsaharienne portent le voile, contre 32 % des femmes dont le père est né en France et 31 % pour celles dont le père est né au Maghreb. Concernant la fréquentation de la mosquée, c’est 18 % si le père est né en France, 32 % si celui-ci vient du Maghreb, mais 63 % s’il est issu d’Afrique subsaharienne. Sur ces pratiques, on constate ainsi un écart beaucoup plus important entre des personnes originaires du Maghreb et d’Afrique subsaharienne qu’entre celles issues du Maghreb et les familles d’origine immigrée mais dont les parents sont nés en France.

Les études sociologiques montrent que les diplômés sont moins religieux que ceux qui n’ont pas fait d’études supérieures. Mais, dans cette enquête, c’est parfois le contraire. Parmi les femmes sondées qui ont un niveau bac + 5, 41 % disent par exemple porter le voile, contre 16 % chez celles qui n’ont pas de diplôme.

Ces chiffres s’expliquent en partie par la variable de l’âge, très liée dans cette population au niveau de diplôme. Les générations les plus âgées sont principalement constituées de primo-arrivants, qui ne disposaient que d’un faible bagage éducatif, à l’inverse des générations les plus jeunes (souvent les enfants et les petits-enfants des précédents) qui ont été à l’école de la République et y ont obtenu des diplômes. Le réveil identitaire et religieux a d’abord touché ces générations, alors que les générations plus âgées (et peu diplômées) ont été moins sensibles à ce réveil.

Mais cette variable de l’âge n’explique pas tout. A l’époque de l’affaire de Creil, beaucoup pensaient que l’attachement à la religion allait s’étioler avec l’accès progressif des enfants de l’immigration à des études longues et à l’université. Or on voit que le diplôme n’« immunise » pas, contrairement à ce que pensent les esprits athées, contre la religion. 20 % des personnes bac + 5 de confession ou d’origine musulmane estiment par exemple qu’en France la charia devrait s’imposer aux lois de la République. Le niveau de diplôme n’induit donc pas de manière massive et systématique une prise de distance avec la religion. L’islamologue Olivier Roy voit dans ces manifestations de raidissement identitaire un baroud d’honneur de la religion dans un contexte d’inexorable victoire d’une sécularisation déjà très avancée. Les résultats de cette enquête indiquent que les injonctions de la religion musulmane sont aujourd’hui plus prégnantes que lors de l’affaire de Creil et que cette empreinte est puissante dans la jeunesse et sur certains points, y compris parmi les diplômés. Cela démontre la force et la vigueur de cette matrice religieuse. Pour paraphraser la formule utilisée à l’époque par SOS Racisme : trente ans après, le « tchador » n’a pas encore dit son dernier mot face au « blue jean »§

Alain Soral condamné à 18 mois ferme pour un clip de rap antisémite

Le patron du site Egalité et Réconciliation doit supprimer le clip de son site, sous astreinte de 1 000 euros d’amende par jour de retard

Par AFP

Alain Soral (Crédit : Torpegiggio, Wikimedia commons)

Alain Soral (Crédit : Torpegiggio, Wikimedia commons)

L’essayiste d’extrême droite Alain Soral a été condamné à 24 mois de prison, dont 18 mois ferme, par le tribunal correctionnel de Bobigny pour avoir diffusé en ligne un clip de rap antisémite, a-t-on appris jeudi auprès du parquet.

Alain Bonnet, de son vrai nom, a également été condamné à 45 000 euros d’amende.

Le 15 avril, l’essayiste, déjà condamné maintes fois pour provocation à la haine raciale, avait écopé d’un an ferme pour négationnisme dans une autre affaire. Le tribunal correctionnel de Paris avait alors ordonné un mandat d’arrêt contre lui, que le parquet avait refusé d’exécuter estimant qu’il n’avait pas de base légale.R

Dans l’affaire jugée à Bobigny, le parquet avait requis deux ans de prison ferme contre l’essayiste, qui avait publié sur son site « Egalité et Réconciliation » un clip intitulé « Gilets jaunes » dans lequel une pancarte contenant le nom de Rothschild était jetée au feu. Des photos de Bernard-Henri Lévy, Jacques Attali ou encore Patrick Drahi – tous juifs – étaient aussi envoyées au bûcher.

Dans ce clip, le rappeur appelait à « virer » Rothschild, Attali et BHL, les qualifiant de « parasites ».

Le tribunal a également demandé à Alain Soral de supprimer le clip de son site, sous astreinte de 1 000 euros d’amende par jour de retard.

L’ancien principal de Creil : “J’ai eu affaire à la première brèche dans la laïcité par un islamisme conquérant”

Par Laurent Valdiguié

C’était il y a trente ans jour pour jour. L’histoire retient qu’il est le premier a avoir dit non au voile à l’école. Marianne a retrouvé Ernest Chénière, l’ancien principal du collège Gabriel-Havez de Creil où s’est jouée la première affaire du foulard. A 74 ans, il se souvient comme si c’était hier de ces semaines qui ont changé sa vie.C

Marianne : Quand vous avez été nommé au collège Gabriel Havez en 1987, était-ce un des « pires » collèges du secteur ?

Ernest Chénière : Un des pires de France vous voulez dire ! Et j’en ai la preuve. J’étais à Amiens, à la fin d‘une formation pour devenir principal, lorsqu’est venu le jour où l’on nous faisait part de notre affectation. Quand je suis entré dans la grande salle où devait se révéler les collèges de chacun, mes collègues se sont esclaffés ! Je ne comprenais pas pourquoi ils riaient tant. Ils se gaussaient. « T’es nommé à Gabriel Havez ! » a dit l’un. Moi, je ne connaissais même pas ce collège qui porte le nom d’un ancien maire de Creil… L’inspecteur responsable de notre groupe m’a pris à part, en me tenant par le coude avec un air grave. Il m’a dit deux choses : d’abord qu’il fallait y remettre de l’ordre, ensuite que, selon leur analyse, je présentais le profil requis pour gérer la situation.

Pourquoi avez-vous été choisi d’après vous ?

Pour une série de raisons objectives, je pense. J’avais déjà été instituteur en banlieue, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. J’avais enseigné deux ans au Maroc. Je parlais l’Arabe tout en ayant beaucoup étudié l’Islam. Autre corde à mon arc, je ne cachais pas ma pratique des arts martiaux ! Peut-être aussi que mes origines antillaises et ma couleur de peau ont joué un rôle… Quoiqu’il en soit, l’Éducation nationale m’avait choisi pour aller où personne ne voulait aller.

Vous avez parlé à l’époque de « poubelle sociale » en évoquant le quartier de Creil où vous atterrissez …

Il n’y avait aucun de mépris de ma part à dire cela. Je ne faisais que mettre des mots justes sur une réalité que je constatais et qui était indéniable. J’avais déjà habité dans différents quartiers populaires, à Paris quand j’étais jeune, en banlieue parisienne et au Maroc. Mais là, c’était différent. La mairie socialiste de Creil avait depuis longtemps une stratégie consistant à drainer vers ce quartier du Rouher, sur le plateau, en face du collège, les populations immigrées les plus déshéritées socialement et les moins intégrées. Sur 800 élèves, il y avait 36 nationalités. Ce quartier était à lui tout seul l’expression d’une hypocrisie de la société française, qui se prétend accueillante mais qui pratique une ghettoïsation systématique… Ces gens étaient relégués là. Ils n’avaient aucune chance d’en sortir. Un résident a d’ailleurs défini cette stratégie comme un « parcage ethnique ». Cette expression m’avait fait mal !LIRE AUSSII

Quelle est votre première impression du collège ?

C’était « l’île aux fous ». Le bordel le plus intégral si vous préférez. J’ai rendu deux visites à mon prédécesseur et je m’en souviens comme si c’était hier. C’était un homme terrassé. Abattu. Il était cardiaque, et m’a assuré que ses problèmes de cœur avaient commencé là. Nous nous sommes promenés dans les couloirs et j’ai vu de mes propres yeux des enseignants cracher à ses pieds. Le pauvre homme s’est contenté de hausser les épaules. Il n’avait strictement aucune autorité sur l’équipe d’environ 70 enseignants.

J’ai convoqué le caïd du collège dans mon bureau. Il m’a provoqué et il s’est retrouvé au sol avec une clé de bras. Il gémissait. Je lui ai demandé s’il voulait que j’arrête ou que je continue.

Comment le collège était il dirigé ?

Je m’en suis assez vite rendu compte en 1987 quand je suis arrivé. Il y avait un quarteron d’environ six ou sept professeurs dont deux d’éducation sportive, qui étaient creillois d’origine. Ils étaient en cheville avec la mairie. Politiquement, ils faisaient régner la terreur dans le collège, puisque tout devait passer par eux, avec l’appui de la ville. Cela faisait partie des « anomalies »…

Quelles autres « anomalies » avez vous découvert ?

J’ai aussi mis fin à cette histoire de cagnotte du foyer qui servait à payer des licences sportives pour qu’ensuite des élèves aillent prendre des cours de sport privés dans des gymnases voisins. J’ai expliqué aux enseignants que j’étais chargé d’une mission et que j’allais l’exercer. Tout le monde a compris que je ne serais pas un pion de la mairie, et que je gérerais désormais les tableaux de service en toute transparence et avec impartialité. Un autre exemple me vient à l’esprit : tous les matins et tous les midis, les retardataires entraient et sortaient. Je me suis mis aux grilles, et à l’heure dite, je les ai fermées. Au bout d’une semaine, il n’y avait plus de retardataires. On a monté un ciné club, l’association sportive a été relancée. Le collège, s’est remis à fonctionner selon la règle.

J’ai dû affronter une fronde initiée par les professeurs d’éducation physique proches de la mairie. Je me suis même retrouvé en tête à tête avec l’un deux, ceinture noire de judo, et on s’est fait face.

Vous avez été la cible d’une opposition de la part de certains professeurs dès 1987…

Oui, dès ma prise de fonction. J’ai dû affronter une fronde initiée par les professeurs d’éducation physique proches de la mairie. Je me suis même retrouvé en tête à tête avec l’un deux, ceinture noire de judo, et on s’est fait face. Ma pratique des arts martiaux m’a rendu un grand service ce jour-là. Je suis ceinture noire de Karaté, de Kung Fu et je pratique le sabre… Je crois qu’il a compris. Cela s’est arrêté. Il y avait aussi un début de trafic dans le collège de bandes du quartier qui tenaient sous leur coupe certains collégiens. On parlait déjà de tournantes dans les caves. Là encore, les arts martiaux m’ont été utiles.

Comment ?

J’ai convoqué le caïd du collège dans mon bureau. Il m’a provoqué et il s’est retrouvé au sol avec une clé de bras. Il gémissait. Je lui ai demandé s’il voulait que j’arrête ou que je continue. Il m’a dit « pitié monsieur arrêtez » et j’ai arrêté en lui disant qu’il faudrait désormais me respecter. Qu’il fasse passer le mot. C’était malheureux d’en passer par là, je ne l’ai pas souhaité, mais je pense que c’était une chance pour le collège que les choses rentrent dans l’ordre. Mon katana était toujours posé sur mon bureau, dans son fourreau, sur un support. Non pour menacer quiconque, mais parce qu’il m’imposait ses vertus, celles du Bushido : « Le Katana est l’âme du Samouraï ». Autrement dit, votre conscience doit être Droite lumineuse, pure, et tranchante comme la lame de votre Katana. Chacun savait cela, y compris les élus municipaux qui passaient dans mon bureau, et qui d’ailleurs s’en agaçaient.

Avez-vous souvent joué des coudes ?

J’avais beaucoup voyagé, je venais moi même « de la rue », rien ne m’impressionnait. Une autre fois avec trois jeunes d’origine congolaise, je leur ai proposé de les prendre tous les trois en même temps ! C’était des durs. Ils ont arrêté. Je vous jure, et je jure rarement, que ce collège était une zone de non droit. J’y ai ramené de l’autorité, du droit et de la citoyenneté. Et j’ai remis le collège sur les rails. L’année 88 s’est passée sans heurts.LIRE AUSSIE

Comment débute l’affaire du foulard ?

Quand l’iman Khomeiny lance sa fatwa sur Salman Rushdie et les versets sataniques, début 1989, il y a eu une petite scène d’hystérie dans la cour. J’avais perçu cela comme du cinéma. Puis en avril, un peu plus tard, les trois jeunes filles, arrivent voilées. Moi, je ne m’en rends pas tout de suite compte. Ce sont leurs enseignants qui m’alertent. Le visage des fillettes était en partie masqué et leur attitude était provocante. Leurs professeurs avaient échoué dans toutes leurs tentatives de leur faire enlever ce voile. J’ai convoqué les élèves dans mon bureau à la demande des enseignants qui ne parvenaient pas à se faire entendre.

Que leur dites-vous ?

J’avais vécu deux ans au Maroc, beaucoup étudié les différentes formes d’islams, comme je disais. Et je pensais qu’il suffirait d’avoir un dialogue autorisé « d’adulte de Savoir » avec ces trois élèves de 13 et 14 ans pour que les choses rentrent dans l’ordre. Je leur ai donc parlé, en mêlant le français et l’arabe, en leur expliquant pourquoi ce n’était pas acceptable au collège. Leur attitude restait hostile et cela m’a surpris. Normalement, ces enfants, culturellement, ont une attitude respectueuse avec « l’homme de savoir » comme les maîtres sont appelés dans le Coran. Là, non. Elles étaient braquées. Insensibles à mes admonestations et aux sanctions qu’elles encouraient.

Quand l’iman Khomeiny lance sa fatwa sur Salman Rushdie et les versets sataniques, début 1989, il y a eu une petite scène d’hystérie dans la cour. J’avais perçu cela comme du cinéma. Puis en avril, un peu plus tard, les trois jeunes filles, arrivent voilées.

Et que s’est il passé ?

C’était juste avant les vacances de pâques. Elles sont parties en congé et à leur retour elles n’étaient plus voilées. On a cru que c’était fini.

Aviez-vous déjà entendu parler d’affaires de voile à l’époque, y avait-il des consignes de l’Éducation nationale ?

Non. Rien. Je n’avais jamais entendu parler de cas similaires et il n’en n’avait jamais été question ni avec l’inspecteur d‘académie, ni dans aucune consigne particulière. On n’était pas « préparé » particulièrement à gérer ce genre de problème à l’école. Mais les enseignants ont eu le sentiment, quand ces voiles sont apparus, qu’ils constituaient une provocation. Moi aussi. Pour nous, c’était une évidence…

Et en septembre 1989, à la rentrée, les trois mêmes fillettes reviennent porteuses de foulards…

Exactement. Les deux sœurs Fatima et Leila Achahboun et Samira Saïdani. Leurs professeurs, là encore ont tenté de les dissuader. Là encore en vain. Ils sont venus me voir pour me demander de régler ce qui devenait un problème. J’ai convoqué les fillettes. Même mur hostile. Le 18 septembre, je leur ai donné une lettre d’explication à l’attention de leurs parents. Nous avons décidé de ne plus les accepter en cours avec le foulard, mais de les accueillir au sein du collège, en les installant au Centre de documentation et d’information, le CDI, en espérant que le dialogue avec les familles, à vrai dire avec les pères, porte ses fruits. Voilà ce que nous avons fait.

Vous avez rencontré les parents…

J’ai d’abord vu M. Saïdani, qui était tunisien. Il vendait des bonbons en face de la mosquée. C’était selon moi un intriguant. Il avait été violent avec la mère de Samira. J’ai essayé de le raisonner, de lui expliquer l’intérêt de sa fille, l’école, la laïcité, et très vite je me suis rendu compte qu’il ne voulait rien entendre. Il m’a prévenu que sa fille garderait le foulard, que c’était « notre religion », disait-il. Le père des soeurs Achahboun venait, lui, du Maroc. Il avait descendu l’Atlas pour travailler ici à Creil. Je suis allé manger chez eux, sans jamais y voir la maman d’ailleurs. Je parlais arabe avec lui, et j’ai voulu lui montrer que je n’étais ni un adversaire ni un ennemi de l’islam. C’était quelqu’un de simple, mais très malin. Je suis sorti de là en me demandant pourquoi diable ils étaient si bornés. Il jouait le personnage du Fellah immigré au cœur pur et simple, dépassé par l’évènementiel, mais en réalité, j’ai eu l’occasion de visionner une interview qu’il avait donnée à une chaîne de TV anglaise dans la période, et où il théorise avec une détermination surprenante les positions islamistes. Il ne pensait pas que cette vidéo me serait envoyée de Londres.

Aviez-vous une explication à l’époque ?

Rien n’était encore médiatisé et d’un coup je reçois une demande de rendez-vous d’une journaliste du Courrier Picard. Je la savais très proche de la mairie socialiste. Je l’ai reçue longuement pour lui expliquer les choses. Il faut bien comprendre que jusque-là je ne faisais pas de politique. J’avais été militant dans ma jeunesse, mais pour des causes humanistes où contre le colonialisme et la guerre du Vietnam. Pourtant, pour la mairie de Creil, j’avais la réputation d’être « un homme de droite ». Je ne sais pas bien pourquoi. Cela traduisait simplement le fait que je n’étais pas docile. Sans cette clé, on ne peut pas comprendre ce qui va suivre. La journaliste vient me voir et je comprends en discutant avec elle qu’elle avait déjà « son opinion ». Et que cette « opinion » était celle de la mairie.

Laquelle ?

D’un mot, c’était moi le gêneur. J’étais quasiment responsable de ce qui arrivait. Et la solution eût été que je m’en aille pour que tout rentre dans l’ordre. En partant, je lui ai suggéré de « affaire attention quand même, que la situation me paraissait un peu explosive ». Que le sujet c’était le foulard, pas moi… Elle a fait son article. J’y étais décrit comme « quelqu’un de violent ».

Dans l’article du Courrier Picard j’avais employé le mot « intégristes» et j’ai eu droit à un procès en diffamation, que j’ai d’ailleurs gagné en 1990

Cet article paraît le 8 octobre 1989, la polémique devient nationale, et les choses, à votre niveau, sont hors de contrôle…

Oui, tout le monde a joué avec le feu. Durant l’été, une association de jeunesse musulmans de Creil s’était créée. Et à mon avis, toute cette histoire a été téléguidée de loin. Le Plateau de Creil avait été choisi parce que c’était un lieu idéal et que la passivité complice et aveugle de la mairie allait les y aider. Il y a eu un deal implicite ou explicite… La mairie, son but, c’était simplement de me faire partir. Dans l’article du Courrier Picard j’avais employé le mot « intégristes» et j’ai eu droit à un procès en diffamation, que j’ai d’ailleurs gagné en 1990. Et cela a fait jurisprudence. Mais là encore, le but était de me faire partir.

Etiez-vous soutenu ou isolé au sein du collège ?

J’avais le soutien de la grande majorité des professeurs qui étaient tous contre le voile. Eux aussi avaient bien compris ce qui se jouait et qu’il ne fallait pas lâcher prise. J’ai été reçu par le recteur. Un brave homme qui n’entendait rien à ces questions et savait à peine ce qu’était l’Islam. Personne ne se rendait compte de rien à l’époque. Il y avait aussi cet inspecteur d’académie, un jeune. Il m’a convoqué un jour, c’était un jeudi. J’ai eu droit à une drôle de séance dans une salle mal éclairée de Beauvais, avec deux témoins. Il m’a fait la leçon pour me demander d’accepter en classe les filles avec le voile. « Vous allez laisser entrer ces filles en cours avec leur foulards », hurlait-il. Je l’ai bien regardé. Là encore les arts martiaux qui enseignent avant tout la maitrise de soi m’ont bien aidé. Je lui ai demandé s’il en avait terminé et je lui ai demandé s’il avait une seule bonne raison de laisser ces filles entrer en classe avec leur foulard parce que pour ma part je n’en voyais aucune. Il n’en avait pas. Je lui ai donc demandé un relevé de conclusions écrit. Et qu’il me le signe. Évidemment il a refusé. Lui aussi était grotesque.

En 1989, vous vous attaquez aussi à la petite communauté juive du collège…

Non, grand Dieu, Non, je ne m’y « attaque » pas mais en pleine affaire du voile, on vient me trouver en me disant « vous voyez il y a des collégiens juifs qui ne viennent pas au collège les vendredis après-midi et samedi matin pour cause des shabbat ». C’était normal d’exiger aussi que cela cesse. Je suis allé voir la responsable de l’association juive en charge de l’inscription de ces jeunes dans notre établissement pour lui expliquer la problématique. Elle s’est énervée… Quelques temps plus tard je recevais une lettre avec le sigle de l’ONU, m’accusant tout bonnement d’avoir pris des positions antisémites. Grotesque encore.

L’Education nationale m’a nommé proviseur dans un établissement où j’ai été accueilli comme « un homme de droite ». J’y suis resté un an à subir une forme de lynchage de la part des enseignants locaux qui se revendiquaient « de gauche ».

Avez- vous été surpris par la décision du conseil d‘Etat fin novembre 1989, disant que le voile était compatible avec la laïcité…

Ce n’est que l’illustration du trop fameux « Courage, fuyons ! ». Je savais bien que personne ne comprenait bien ce qui se passait et qu’il y avait en France bien des forces à l’œuvre sur ces questions. Dans cette période, j’ai reçu 3600 lettres de soutien. L’affaire s’est terminée quand le Roi du Maroc Hassan II l’a décidé. On l’a su après, mais l’ambassadeur du Maroc en France avait été convoqué par le ministre de l’Intérieur. Les fillettes et surtout leurs parents ont obéi dans la seconde. Après, dans le collège et dans la ville de Creil, cela a été un grand soulagement. J’ai eu d’innombrables témoignages de reconnaissance. Les trois années suivantes ont été des années normales.

Et en 1993 vous devenez député RPR, battant Jean Anciant, le maire socialiste de la ville… Pourquoi ce choix, vous qui disiez ne pas faire de politique ?

Je suis un homme simple. Mes deux parents étaient instituteurs, des Hussards noirs de la République ! J’aime la France, celle des manuels d’histoire, de Clovis à Clémenceau. Oui, à la rentrée de septembre 1989, j’ai perçu qu’il y avait en France un problème avec la laïcité. Moi, le nègre, je me rendais compte d’un problème dont personne ne réalisait l’énormité, et j’ai pensé que ma voix pouvait porter à l’Assemblée nationale. Moi, le petit martiniquais venu au monde en Martinique, j’ai imaginé que je pourrais avoir une loi qui porterait mon nom sur le sujet…

Vous n’avez guère été entendu…

Mes amis gaullistes m’ont écouté. J’ai rédigé trois propositions de loi sur ces questions, mais, c’est vrai, rien n’a abouti. La dernière était même une proposition de réforme constitutionnelle puisque je proposais que l’on rajoute au triptyque « Liberté égalité fraternité » le mot Laïcité. Tout cela est dans les cartons de l’Assemblée. Ces questions faisaient peur.

J’aime la France, celle des manuels d’histoire, de Clovis à Clémenceau

En 1997, vous êtes battu…

Oui, et là encore, j’ai l’impression d’avoir été victime de règlements de comptes souterrains, d’accointances secrètes entre le RPR et le PS. D’un coté, on aide Eric Woerth à prendre la maire de Chantilly et de l’autre on « rend » au PS la circonscription de Creil, qui avait toujours été à gauche. J’ai été battu dans une triangulaire face au PS et le FN. Il faut préciser que pendant quatre ans je vivais avec ma famille sous la protection de policiers du Service de protection des personnalités. Ma permanence a été saccagée. Une fois ou deux, un bâton à la main, j’ai fait reculer des petits groupes hostiles. Il était pour nous invivable de rester à Creil.

Qu’êtes vous devenu ?

L’Education nationale m’a nommé proviseur dans un établissement où j’ai été accueilli comme « un homme de droite ». J’y suis resté un an à subir une forme de lynchage de la part des enseignants locaux qui se revendiquaient « de gauche ». Puis j’ai rendu les armes, la lutte était impossible dans un contexte marqué par un certain nombre d’incompréhensions. J’ai ensuite été affecté à différentes « missions » jusqu’au à ce qu’on me demande de prendre ma retraite, il y a dix ans.

Pourquoi n’avoir jamais écrit vos mémoires, et longtemps refusé de parler ?

Quand j’ai arrêté de travailler, j’ai passé deux ans à Mayotte et j’ai écrit un livre sur tout cela. Mais je me suis fait voler mon ordinateur et même le disque dur de sauvegarde. Je n’ai jamais eu la force de recommencer. C’est comme cela, je crois au fatum…

Ces trois mois de l’automne 89 ont changé votre vie…

Oui bien sûr. Plus j’avance en âge, plus je suis aujourd’hui intimement convaincu que j’ai été placé là, en 1989, dans le but de faire ce que j’ai fait. De dire “non” en quelque sorte. Je crois même que toute ma vie avant 89, que ce soit mon séjour au Maroc, les arts martiaux, ma naissance dans la rue, mes origines, tout m’avait préparé à cela. A tenir bon durant ces 3 mois qui ont changé ma vie. Je crois dans ces fils invisibles.

Je me suis retrouvé à Creil face à la première tentative d’ouvrir une brèche dans la laïcité par un islamisme conquérant.

L’actuel maire de Creil assure que vous avez monté les choses en épingle…

Je reste écoeuré que l’on puisse oser aujourd’hui encore un bluff aussi immonde, aussi énorme, aussi affligeant ! Que le maire de Creil ose encore tenter de tromper les gens en prétendant une chose pareille, c’est une vilenie de plus.

Quel regard portez- vous sur ces 30 ans ?

Je me suis retrouvé à Creil face à la première tentative d’ouvrir une brèche dans la laïcité par un islamisme conquérant. Je n’étais ni de droite, ni de gauche, ni d’extrême droite ni de droite extrême. J’étais là. Je suis certain que la décision de porter le fer à Creil est venue de loin, et que l’inertie de la mairie, sa complicité aveugle, ont joué leur rôle. Aujourd’hui, trente ans plus tard, il va sans dire que nous sommes face à un phénomène historique. Le système capitaliste financier actuel est une horreur. Les pensées se stérilisent, les pays s’appauvrissent. Les idéaux reculent. Si cela continue à ce rythme, un jour ou l’autre, comme cela a toujours été le cas dans l’histoire, notre pays sera bon à prendre…

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Rokhaya Diallo dans les pas de Jean-Marie Le Pen?

Elle projette un éclairage surprenant sur la plus grande tragédie du siècle dernier

parBenoît Rayski –  Causeur

Rokhaya Diallo © BALTEL/SIPA Numéro de reportage: 00684906_000012

Rokhaya Diallo a une façon très novatrice de raconter Auschwitz 


En son temps, Jean-Marie Le Pen déclara que le génocide juif était « un point de détail » dans l’histoire du XXe siècle. C’était passablement infâme. On en parla beaucoup. Rokhaya Diallo a contourné cet écueil. Et a trouvé un « détail » auquel personne, avant elle, n’avait pensé. Selon la militante, il n’y a pas eu de génocide juif, parce que les Juifs n’ont pas été exterminés « en tant que groupe ». Elle précise, répondant à ses détracteurs, que les Juifs n’ont pas été anéantis, en « raison de la couleur de leur peau ». En effet, les Juifs étaient bêtement blancs ! Que n’ont-ils eu l’idée d’être verts, bleus ou rouge ? Dans ce cas, la charmante Rokhaya Diallo aurait reconnu leur génocide…

Rokhaya Diallo nous ressort presque le point de détail

Alors suivons, ou plutôt essayons de suivre, son raisonnement. S’ils n’ont pas été exterminés en tant que « groupe » c’est qu’il y avait d’autres excellentes raisons pour les massacrer. Certains d’entre eux ont vraisemblablement été tués parce qu’ils descendaient des assassins du Christ. D’autres, parce qu’ils avaient des ancêtres usuriers. Citons pour mémoire ceux qui étaient banquiers, communistes, sionistes. Les tailleurs incompétents et escrocs. Les barbus qui contre-venaient à l’hygiéniste hitlérien. Et tous les autres dont il fallait bien se débarrasser car ils obstruaient méchamment le chemin qui menait vers les chambres à gaz.

Zineb El Rhazoui@ZinebElRhazoui

Nier l’extermination des juifs « en tant que groupe », c’est nier la qualification même de génocide. Les propos négationnistes de @RokhayaDiallo doivent alerter sur les dérives idéologiques graves qui animent la mouvance #racialiste dont elle est la porte-parole. #genocidedenial

Voir l'image sur Twitter

Pour Rokhaya Diallo, quand les blancs assassinent des blancs, il ne peut y avoir génocide. Il ne peut y avoir génocide que quand des blancs tuent des noirs. On ne connaît pas son point de vue sur le génocide arménien. Peut-être pense-t-elle qu’il s’agissait d’une lamentable querelle entre des blancs turcs et des blancs arméniens ? Là où son cheminement de pensée va rencontrer une énorme difficulté, c’est à propos du génocide Rwandais. 500 000 morts, ce n’est pas rien. Des noirs massacrés par des noirs. Comment pourrait-on en parler ? Une tuerie tribale ? Non, ce serait stigmatiser l’Afrique qu’elle aime tant.A

Alors, il lui reste la possibilité de rejeter la faute du crime sur l’ex-colonisateur belge qui aurait chauffé à blanc la haine des Hutus contre les Tutsis. Les noirs sont, comme nul ne peut l’ignorer, de grands enfants que les blancs, sournois et retords, manipulent à souhait. Mais tout ça est beaucoup trop compliqué. Il y a plus simple: les Tutsis n’ont pas été exterminés en raison de la couleur de leur peau, donc il n’y a pas eu génocide. Génial, non ?

P.S : Vous vous demandez sans doute pourquoi on parle si peu du détail Rokhaya Diallo alors qu’on a fait tant de bruit autour du point de « détail » de Jean-Marie Le Pen ? C’est tout simplement parce qu’elle est noire et qu’elle ne peut en aucune manière être raciste.

Marranes: Vers une reconnaissance et un retour au sein du peuple Juif

120 millions de descendants de Marranes et 14 millions de Juifs dans le monde : Vers une reconnaissance et un retour au sein du peuple Juif.

Création à Paris de L’INSTITUT EUROPÉEN D’ETUDES ET DE RECHERCHES MARRANES (Association à but non lucratif loi 1901) Directeur Pierre Mamou

Correspondant de INSTITUTE FOR SEFARADI AND ANOUSIM STUDIES (Université de Netanya)  Directeur Salomon Buzaglo

Ces instituts crées en 2011 à Netanya et en 2019 à Paris ont été fondés pour répondre à l’extraordinaire réveil et au retour à leur héritage Juif des descendants des Marranes (crypto-Juifs ou Bnei Anousim en hébreux) convertis de force et fuyant les persécutions de l’inquisition  il y a cinq siècles.

Reconstruction du peuple juif

Le marranisme est une manifestation inhérente au peuple Juif découlant de sa dispersion et de sa persécution. L’équilibre démographique du peuple Juif a été depuis un siècle affaibli par l’holocauste et la forte assimilation qui découle sur un nombre grandissant de mariages mixtes.

L’identification et la recherche des racines Juives (recherches généalogiques et profils génétiques) constituent le premier pas dans une introspection vers un passé tragique au cours duquel la mémoire Juive a été cultivée et entretenue malgré les persécutions et le déracinement. Ces deux souvenirs, la mémoire Juive et la mémoire du traumatisme des persécutions garantissent le retour à l’identité Juive des Marranes.

Après beaucoup de réticences, le rabbinat en Israël sera contraint à harmoniser et normaliser ses actions de conversions en Israël et aussi en dehors d’Israël.

Les recherches effectuées sur le sujet pendant les trois dernières décennies montrent que les descendants des Marranes d’origine ibérique seraient aujourd’hui plus de 120 millions de personnes répartis en Amérique du sud (Brésil, Mexique, Equateur, Pérou, Panama et république Dominicaine) et dans le sud de l’Europe (Portugal, Espagne, Italie du sud, Sicile et Corse).

Rappel historique 

Le Portugal

Ce pays a servi de refuge aux juifs expulsés en 1492 mais également de terre d’accueil aux marranes d’Espagne, imposera la conversion forcée aux juifs expulsés 5 ans  plus tard. C’est ce qui expliquera dans les années qui suivent a un exil massif de ces populations vers des   contrées plus accueillantes (Amsterdam, Livourne, Salonique, l’empire Ottoman, l’Afrique du nord et aux Amériques).

Dans le nord du Portugal en 1920 un ingénieur Juif Polonais nommé Samuel Schwarz en poste près de Belmonte découvrit dans cette ville l’existence d’une communauté Marrane ayant conservé au fil des siècles un nombre important  de rites Juifs et qui revint progressivement à un judaïsme orthodoxe avec la construction d’une synagogue et l’ouverture d’un hôtel-restaurant strictement cacher. C’est aussi Samuel Schwarz qui découvrit à Tomar une ancienne synagogue du 14ème siècle qu’il acheta et ouvrit un musée qu’il nomma Abraham Zacuto du nom d’un illustre cartographe du 15ème siècle et où l’on peut voir des nombreuses reliques et des plaques tombales très anciennes.

En Espagne

dans plusieurs villes subsistent beaucoup de lieux qui témoignent d’une présence Juive, et aux Baléares les Chuetas descendants de marranes convertis dès 1391 et qui ont choisi de se marier entre eux et qui aujourd’hui renouent pour certains avec leurs racines Juives.

En Sicile

A Palerme, une église désaffectée dans l’ancien quartier Juif est en train de redevenir une synagogue grâce à la bienveillance de l’archevêque de la ville Mgr Orifici.

En Corse

Une longue histoire d’amour et de bienveillance des habitants de l’ile avec les Juifs fera l’objet bientôt à Paris d’une présentation d’un livre par son auteur qui relate l’arrivée des Marranes dans l’ile.

En Afrique du Nord

Au temps des persécutions almohades du 13ème siècle qui obligèrent les communautés Juives à choisir entre la mort ou la conversion, avant de pouvoir revenir ouvertement au judaïsme à l’exception de deux villes à Fès au Maroc et à Sfax en Tunisie où aujourd’hui existent des descendants de crypto Juifs étant officiellement Musulmans.

En Amérique du sud

De nombreux Marranes trouvèrent refuge et des aventures extraordinaires se sont produites. De la culture de la canne à sucre introduite au Brésil par des Marranes de l’Ile de Madère, à la bienveillance de Christophe Colomb et de sa famille qui accueillirent de nombreux Marranes en Jamaïque, et qui pour certains d’entre eux, devenus pirates prirent leur revanche sur les Espagnols en capturant leurs bateaux. Puis plus tard ce sont encore des Marranes qui permirent aux Anglais et aux Hollandais de conquérir le nord du Brésil et certaines îles de l’Amérique centrale et prendre ainsi une revanche sur l’Espagne intolérante et inquisitoriale.

Il y a aujourd’hui des millions de descendants de Marranes qui revendiquent leurs origines et entre autre au Brésil avec la société de généalogie locale un projet géant d’arbres généalogiques des descendants des Anousim a été créé par l’Institut de Recherche du monde Séfarade et du Marranisme au Collège universitaire  de Netanya.

Identification

Nous invitons les personnes intéressées à adhérer à notre institut, à participer à nos recherches, à participer à nos voyages dans les lieux Marranes et à assister à nos conférences à Paris.

Nos instituts proposent aussi leur aide à ceux qui le souhaitent de chercher l’identification et la recherche de leurs racines Juives et pour certains les orienter vers une conversion orthodoxe et leur retour dans le peuple Juif.

Adresse mail : [email protected]

Téléphone et WhatsApp : 33(0)609668491

Tours : 1019 noms de juifs déportés lus lors d’une cérémonie d’hommage aux victimes de la Shoah

Une cérémonie d’hommage a lieu ce dimanche 15 septembre dans le péristyle de l’hôtel de ville de Tours pour rendre hommage aux 1019 juifs déportés entre 1942 et 1944. Seules 38 sont revenus vivants.

La mairie de Tours
La mairie de Tours © Radio France – Manon Derdevet

Tours rend hommage aux juifs déportés pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ils sont 1019, femmes, hommes et enfants de Touraine a avoir été déportés entre 1942 et 1944 vers les camps d’extermination d’Auschwitz ou de Sobibor.

Pour se rappeler de ces victimes de la Shoah, les 1019 noms seront lus aujourd’hui lors d’une cérémonie dans le péristyle de l’hôtel de ville de Tours ce dimanche 15 septembre. Les noms des déportés seront lus par des membres des familles mais aussi par des élus.

38 survivants reviennent de déportation

Un hommage rendu possible notamment grâce au travail de l’association Areshval (Association de recherches et d’études historiques sur la Shoah en Val de Loire). 

Depuis près de 20 ans ses deux fondatrices Marie Paule Fresneau Petigirard et Yvette Ferrand, font de très nombreuses recherches dans les archives de la police, de la justice ou encore des hôpitaux pour retrouver les traces de ces personnes. 

“A Tours, 78 enfants ont envoyé vers les camps de la mort, entre 1942 et 1944 cela représente trois classes d’écoles vidées de ses élèves.” Yvette Ferrand

Selon Yvette Ferrand présidente d’honneur de l’association Areshval, “il faut faire comprendre l’énormité des chiffres et redonner une individualité à chaque personne. 1019 personnes, c’est l’équivalent d’un train de déporté entier. A Tours 78 enfants ont envoyé vers les camps de la mort, entre 1942 et 1944 cela représente trois classes d’écoles vidées de ses élèves. Ce sont nos voisins que l’on est allé chercher !” Seulement 38 parmi tous ces déportés sont revenus vivants. 

“Une pierre tombale orale” Yvette Ferrand

Avec cette hommage, Yvette Ferrand veut offrir à ces victimes de la Shoah “une pierre tombale orale”. “Ils n’ont pas de tombes !” rappelle émue cette ancienne directrice d’école maternelle. “C’est terrible pour faire son deuil !”. 

Selon un sondage Ifop en 2018, 30% des 18-35 ans ne savent pas qu’un génocide des juifs a eu lieu pendant la Seconde Guerre mondiale. Un chiffre qui rend triste la tourangelle qui constate également une hausse de l’antisémitisme en France actuellement. Elle même a déjà été victime d’actes antisémites, bien qu’elle ne soit pas juive

Pour elle, il faut continuer à enseigner les histoires de ses déportés à tous prix.  L’association aimerait qu’une stèle soit installée dans Tours pour rendre hommage à ces 1019 juifs. 

Elle travaille continue parallèlement son travail sur des archives partout dans le département.

Le BNVCA tient l’Etat pour responsable de de sa passivité quant à la perpétuation de la commission d’un délit sanctionné par la loi pénale

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme est alerté par de nombreux correspondants scandalisés par la Campagne du mouvement illégal BDS invité officiellement et publiquement  à exposer sa propagande discriminatoire à la Fête de l’Humanité qui se déroule  du 13 au 15 septembre 2019 au Parc départemental de la Courneuve ’93.

Le BNVCA condamne sévèrement la présence de BDS à cette manifestation qui s’affiche impudemment et impunément .

Le BNVCA rappelle encore une fois, que l’appel au boycott est un délit prévu et réprimé par nos lois inscrites dans le code pénal et qu’il doit être traité comme tout autre délit .

Nous ne pouvons admettre que ce délit dont les conséquences sont néfastes, bénéficie d’une telle indulgence des autorités chargées de sanctionner des délinquants, activistes du boycott d’Israël.

L’appel au boycott participe de cette incitation à la haine d’Israël qui pousse à l’acte antijuif criminel et sanguinaire dans notre pays depuis près de 20 ans causant chez nos concitoyens de confession juive un malaise qui ne cesse de s’accroître. 

BDS constitue la source essentielle de la haine antijuive.

Nous rappelons que le BNVCA poursuit sans relâche, les activistes de BDS. La cour de Cassation a confirmé la condamnation par la Cour d’Appel de Colmar de 14 délinquants BDS

Il est insupportable de constater que non seulement les décisions de justice sont bafouées, mais que des organisations politiques françaises, soutiennent, encouragent le délit, et participent à sa promotion.

Face à ces  provocations, les correspondants du BNVCA nous expriment leur déception, leur écœurement et même leurs doutes quant à la volonté réelle de l’Etat d’éradiquer les sources de l’antisémitisme, dont sont victimes nos concitoyens de confession juive.

Le BNVCA a chargé son conseil Maitre Charles Baccouche, d’envisager de poursuivre pénalement les auteurs et complices du délit d’appel au boycott organisé à la Fête de l’Humanité.


Le Président Sammy GHOZLAN – 01 77 38 49 44

Sondage “surprenant” auprès de la population arabe: qui est le plus apte à être Premier ministre?

 by Shraga BlumSeptember 12, 2019

Le Programme Konrad Adenauer pour une coopération judéo-arabe, dépendant de l’Université de Tel-Aviv, a réalisé une étude d’opinion auprès de la population arabe israélienne à l’occasion des élections. Il montre sans surprise un soutien massif à la Liste arabe, avec 80,5% des voix des citoyens arabes qui disent vouloir se rendre aux urnes. Les intentions de vote en faveur des partis de la gauche israélienne sont en nette diminution.

Quant à la question de savoir qui est le plus apte à être Premier ministre, ô surprise: c’est Binyamin Netanyahou qui arrive en tête avec 23,6% de opinions! Il est suivi de très loin par Ayman Odeh (il n’y a pas photo…) qui recueille 9,9%, puis arrivent Benny Gantz (9,6%), Ehoud Barak (7,7%). Avigdor Lieberman (7,5%) et Ayelet Shaked (7%).

Photo Yonatan Sindel / Flash 90

Sondage 124: la droite sans Lieberman à 58 sièges

 by Shraga BlumSeptember 12/2019

Un sondage réalisé pour Israël Hayom/i24News indique que la droite se rappoche du cap nécessaire mais que c’est toujours Avigdor Lieberman qui tient le rôle d’arbitre. Autres données à noter: Yamina est en légère baisse, Otsma Yehoudit est “dedans” et le Camp Démocratique se rapproche du seuil d’inégibilité:

Likoud: 33

Bleu-Blanc: 31

Liste arabe: 12

Israël Beiteinou: 9

Yamina: 7

Yahadout Hatorah: 7

Shass: 7

Parti travailliste: 6

Otsma Yehoudit: 4

Camp Démocratique: 4

Blocs: Droite 58 / Gauche et Arabes 53 / Avigdor Lieberman 9

Pour le duel Netanyahou-Gantz quant à l’aptitude à être Premier ministre, le résultat est dans appel: 48% pour l’actuel Premier ministre contre 28% à l’ancien chef d’Etat-major.

La Philharmonie de Paris accueille le grand chef indien Zubin MEHTA, pour sa dernière tournée à la tête de l’Orchestre philharmonique d’Israël.

Histoire de l’Orchestre philharmonique d’Israël

Zubin Mehta a notamment contribué à enrichir le rapport particulier qu’entretient le pays avec la mémoire, promouvant de nombreux créateurs israéliens, multipliant les propositions programmatiques, favorisant l’enseignement musical.
Revenons sur l’histoire de l’orchestre qu’il dirige depuis plus de 40 ans.
 
Premières décennie (1936 – 1946)


Le 26 décembre 1936, le Palestine Orchestra était né. Le grand violoniste et musicien juif d’origine polonaise Bronislaw Huberman, qui pressentait la Shoah, a persuadé 75 musiciens juifs des grands orchestres européens d’immigrer en Palestine, créant ce qu’il a appelé la « matérialisation de la culture sioniste dans la patrie » sur les dunes de sable de Tel-Aviv.
Huberman a invité le plus grand chef d’orchestre du moment, Arturo Toscanini, à diriger le concert d’ouverture présenté à la foire du Levant à Tel-Aviv le 26 décembre 1936. Toscanini a abandonné son célèbre orchestre NBC pendant plusieurs semaines « pour prêter un soin paternel au nouveau-né”. Le grand Maestro, qui avait auparavant échappé à l’ascension du fascisme dans son pays d’origine, l’Italie, a déclaré:” Je le fais pour l’humanité … “
La première décennie a été marquée par un travail intensif sur la cristallisation musicale et l’unité de l’orchestre, dont les excellents interprètes ont apporté divers styles. Les principales langues parlées à cette époque étaient l’allemand, le polonais, le hongrois et le russe. Les jeunes membres ont parlé un peu l’hébreu. L’orchestre avait déjà accueilli de grands chefs au cours de sa première décennie, dont Molinari, Steinberg, Dobrowen et Sargent. Ses propres artistes ont également été invités à se produire avec l’orchestre, parmi lesquels les chefs Michael Taube, George Singer, Mark Lavri et Paul Ben-Haim; la soprano Bracha Zefira; le pianiste Pnina Salzman; la violoncelliste Thelma Yellin et d’autres. La tentative de l’orchestre de s’intégrer à la scène du Moyen-Orient a conduit à des tournées en Égypte de 1940 à 1943 (avec Huberman en tant que soliste), dirigées par Toscanini et Molinari.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il apparut lors d’un concert devant les forces alliées dans le désert occidental à l’intention des soldats de la brigade juive, dirigé par le maître de concert de l’époque, Joseph Kaminski.
 
Deuxième décennie (1947 – 1956)

Cette décennie a été l’une des plus grandes et des plus significatives de l’histoire de l’orchestre. L’Etat d’Israël célébrait son Indépendance. L’orchestre a pris le nom d’Orchestre philharmonique d’Israël et est immédiatement devenu une partie intégrante de la vie de la nation juive renaissant sur son ancien territoire. Il était naturel que l’orchestre joue l’« Hatikvah » lors de la cérémonie officielle de la Déclaration d’Indépendance du 14 mai 1948 au musée de Tel Aviv. Le 20 novembre 1948, quelques jours après la libération d’Israël, l’Orchestre philharmonique d’Israël introduisit un concert émouvant sur les dunes de Beer Sheva. Les membres seniors de l’orchestre se souviennent du jeune Leonard Bernstein jouant et dirigeant l’orchestre devant 5 000 soldats, à portée de voix des forces égyptiennes qui se retiraient.
L’orchestre a également voyagé dans des véhicules blindés au cours du siège de Jérusalem pour relever le moral des civils et des soldats. C’est aussi la décennie au cours de laquelle certains des artistes les plus renommés au monde s’identifient à l’État d’Israël par leurs relations avec l’orchestre: les chefs d’orchestre Koussevitzky, Markevitch, Celibidache, Klecki, Paul Paray (directeur musical de 1949-1951). ), Fricsay, Giulini, les violonistes Heifetz, Menuhin, Elman, Milstein, Stern, Francescatti (qui n’ont pas quitté Israël même après le déclenchement de la guerre du Sinaï en octobre 1956); les pianistes Arthur Rubinstein et Claudio Arrau; le violoncelliste Paul Tortellier; les chanteurs Jan Peerce et Jennie Tourel; et tant d’autres. Des œuvres israéliennes furent également présentées et les compositeurs Lavri, Partos, Ben-Haïm, Boskivitch, Avidom et Steinbers furent des invités réguliers de la scène de l’orchestre. Il ne faut pas oublier de mentionner la première tournée de l’orchestre aux États-Unis en décembre 1950, sous la direction de Koussevitzky, Bernstein et Izler Solomon, une tournée qui suscita beaucoup de fierté chez les Juifs américains. Plus tard, l’orchestre effectua une tournée en Europe, ce qui fut également passionnant pour les membres de l’orchestre et le public européen.
L’orchestre publia son premier enregistrement, les symphonies de Mahler, dirigées par Paul Klecki pour Decca.
 
Troisième décennie (1957-1966)
L’événement principal de cette décennie fut l’inauguration de la maison de l’orchestre, l’auditorium Mann. L’initiateur et principal bienfaiteur était l’ami de l’Orchestre philharmonique d’Israël, Frederic R. Mann. L’orchestre, qui jusqu’alors jouait devant des milliers d’abonnés dans la petite salle en lambeaux «Ohel Shem» pouvant accueillir 620 personnes, s’installa dans sa nouvelle salle de 2 800 places. En conséquence, le nombre d’abonnés de l’orchestre s’élèva à plusieurs dizaines de milliers. Ce public merveilleux et fidèle est incomparable et constitue la colonne vertébrale de l’orchestre à ce jour.
La troisième décennie attira également nombre des plus grands artistes du monde. Une fissure dans le rideau de fer russe a permis à des artistes tels que le violoniste David Oistrakh et la violoncelliste Msislav Rostropovich de se joindre à l’orchestre pour la première fois. Des chefs tels que Josef Kripps, Istvan Ketesz, Jean Martinon (directeur musical pendant un an), Solti, Dorati, Celibidach, Ormandy, Mitropulos et d’autres géants enrichirent l’orchestre et le public avec des expériences inoubliables.
C’est également la décennie au cours de laquelle plusieurs artistes jeunes et prometteurs ont fait leurs débuts avec beaucoup de succès: les violonistes Itzhak Perlman et Pinchas Zukerman, le pianiste Daniel Barenboim et le chef d’orchestre Zubin Mehta, qui continua à entretenir des liens étroits avec l’orchestre. Le pianiste Glenn Gould, le violoniste Henryk Szeryng et les artistes israéliens Frank Peleg, Bracha Eden, Alexander Tamir, Yahli Wagman et de nombreux autres artistes firent leur entrée sur le marché. Pendant toute cette décennie, l’orchestre continua à enregistrer avec les chefs George Solti et Lorin Maazel.
 
Quatrième décennie (1967 – 1976


La quatrième décennie fut sans doute l’une des plus héroïques de l’histoire de l’orchestre. À la veille de la guerre des Six jours, alors que les pays voisins menaçaient de les anéantir, un chef d’orchestre renommé cesse de diriger au milieu d’une série de concerts et quitte Israël. Les solistes de cette série, la soprano Roberta Peters et le ténor Richard Tucker, choisissent de ne pas renoncer. La guerre éclata et Zubin Mehta arriva d’Europe à bord d’un avion rempli de munitions. Il fut ensuite rejoint par Daniel Barenboïm et la violoncelliste Jacqueline du Pré, qui se marièrent dans Jérusalem libérée. Leonard Bernstein dirigea la symphonie « Résurrection » de Mahler lors d’un des concerts les plus émouvants, à l’amphithéâtre du Mont Scopus (juillet 1967). Isaac Stern fut le soliste de ce concert auquel assistèrent tous les chefs d’État. L’Orchestre philharmonique d’Israël  exécuta le Requiem de Verdi à Bethléem, dirigé par Mehta, et pour les soldats des Forces de Défense d’Israël à Sharm-el-Sheikh, dirigé par Shalom Ronly-Riklis. Jascha Heifetz et Gregor Platigorsky sont revenus en Israël pour se produire avec l’orchestre et furent reçus avec enthousiasme.
Pour la première fois, en 1971, l’Orchestre philharmonique d’Israël fut invité à participer aux prestigieux festivals européens de Salzbourg, Lucerne et Édimbourg. De vifs arguments  furent avancés pour déterminer si l’orchestre devait ou non jouer à Berlin; enfin, la décision fut prise de jouer. Le public allemand répondit avec enthousiasme à la Symphonie n ° 1 de Mahler et demanda un rappel. Mehta y répondit en faisant jouer l’«Hatikva», et c’est ainsi que  l’hymne national israélien a été joué à 500 mètres du Reichstag, le lieu d’où fut ordonné le massacre du peuple juif. En 1973, la guerre de Kippour a éclaté et l’orchestre a continué à se produire pour les soldats des Forces de Défense d’Israël, des hauteurs du Golan au Sinaï.
Le grand pianiste Arthur Rubinstein, qui avait perdu la vue, réalisa son dernier enregistrement avec l’orchestre, le premier concerto pour piano de Brahms,  dirigé par Zubin Mehta (avril 1976).
 
Cinquième décennie (1977-1986)
Cette décennie fut  riche en événements extraordinaires. En 1982, eut lieu la « Semaine Huberman », qui célébra le centenaire de la naissance du fondateur de l’orchestre et regroupa les plus grands violonistes du monde. En 1986, l’Orchestre Philharmonique d’Israël célébra son jubilé avec un festival exceptionnel mettant en vedette des chefs et des solistes renommés. Leonard Bernstein intitula son travail “Jubilee Games” spécialement pour l’occasion. Peu de temps après, l’orchestre célébra le centenaire de la naissance d’Arthur Rubinstein avec d’éminents pianistes qui se rendirent en Israël pour se produire à la mémoire du grand maestro. Au cours de cette décennie, Zubin Mehta fut nommé directeur musical à vie et déclara avec enthousiasme: « Je resterai aussi longtemps que les joueurs me voudront ».
Ce fut une décennie de visites réussies. L’orchestre a reçu des critiques enthousiastes du « Fidello » de Beethoven et de la cinquième symphonie de Mahler avec Mehta et de la symphonie « Kaddish » de Bernstein à la mémoire des victimes de la Shoah, dirigée par le compositeur à Berlin. Bernstein fit  se produire l’orchestre en Europe, aux États-Unis, au Mexique et au Japon, et Zubin Mehta dirigea un concert émouvant au « Good Fence », à la frontière libanaise, devant un public varié d’Israéliens et de Libanais des deux côtés de la clôture.
L’Orchestre philharmonique d’Israël enregistra de nombreuses œuvres pour de grands labels: Sony, EMI, Deutsche Gramophone, Teldec et autres, sous la direction de Mehta, Bernstein, Walter Weller et Raphael Kubelik.
 
Sixième décennie (1987 – 1996)

Cette décennie fut également couronnée de moments passionnants. L’Orchestre philharmonique d’Israël entama sa première tournée en Pologne et ce fut très symbolique: un orchestre fondé par des musiciens ayant fui les nazis au dernier moment, se produisant dans le pays qui a subi la plus grande perte en Hommes dans les camps de la mort allemands. Cela ressemblait à une proclamation: « Nous sommes ici. Le peuple, la culture et le patrimoine juifs ne peuvent être annihilés ».
Les portes de l’URSS furent également ouvertes à l’orchestre, qui se produisit avec le chef d’orchestre Zubin Mehta et le soliste Itzhak Perlman. Les liens entre l’URSS et Israël étaient immenses. C’était le seul rêve des Juifs de ce pays d’immigrer en Israël. Ce rêve devint réalité et amena de nombreux nouveaux musiciens immigrants à rejoindre les rangs de l’orchestre. L’orchestre effectua également sa première tournée en Chine et en Inde, la patrie de Zubin Mehta.
 
Au cours de la sixième décennie, l’Orchestre philharmonique d’Israël nomma Leonard Bernstein, chef lauréat de l’Orchestre philharmonique d’Israël, pour ses 40 années d’activité au sein de l’orchestre, et le célèbre musicien n’a pu retenir son émotion après avoir reçu le titre honorifique (mai 1988). Le chef d’orchestre, Kurt Masur, fit ses débuts en Israël et, après une réception enthousiaste, effectua une tournée avec l’orchestre aux États-Unis. En 1992, il reçut le titre de chef d’orchestre invité honoraire.

Parmi les autres événements émouvants, citons les premières mondiales, en mai 1987, de «Mehaye Hametim» («La résurrection des morts») de Noam Sheriff, représentant la renaissance du peuple juif, lors de l’inauguration du Musée historique juif d’Amsterdam, en présence de la reine des Pays-Bas et de nombreux premiers ministres européens, et la performance de Spanish Passion du shérif » à Tolède (1991), lors d’un concert dirigé par Zubin Mehta, les musiciens abandonnèrent tout et se précipitèrent pour diriger l’orchestre au milieu des attaques de missiles Scud. 25 membres de l’orchestre ont passé la guerre en tant que réservistes au sein de Tsahal.

James Levine fit ses débuts dans le cadre de concerts festifs et réussis. En avril 1996, l’Orchestre philharmonique d’Israël célébra le 60e anniversaire de Mehta lors d’une tournée excitante et riche en événements aux États-Unis, au cours de laquelle les amis américains de l’Orchestre philharmonique d’Israël prouvèrent une fois de plus leur soutien.
Sous les auspices de la fondation l’Orchestre philharmonique d’Israël, des associations d’amis pour aider l’orchestre furent fondées dans le monde entier. L’orchestre continuait à « changer de forme » avec les membres seniors, les piliers de l’orchestre, prenant leur retraite, et de nouveaux jeunes artistes, beaucoup provenant des rangs du Young Israel Philharmonic.
 C’était également le cas du public : leurs efforts pour attirer de nouveaux abonnés plus jeunes dans leurs salles de concert furent couronnés de succès. Des émissions musicales passionnantes, de nouvelles séries et une activité ciblée pour les jeunes ont conduit l’Orchestre philharmonique d’Israël à sa septième décennie, une décennie supplémentaire d’activité culturelle et musicale.

Septième décennie (1997-2006)

Au cours de la septième décennie, la fortune de l’Orchestre philharmonique d’Israël reflétait l’agitation politique du Moyen-Orient. À l’époque des accords d’Oslo, période d’optimisme sans précédent dans la société israélienne, l’orchestre salua les meilleurs artistes et interprètes israéliens, Moshe Wilensky, Sasha Argov, Naomi Shemer, Nurit Hirsch, Esther Ofarim et Yoni Rechter, lors de concerts spéciaux. Des enregistrements best-sellers mettant en vedette l’orchestre accompagnant les artistes israéliens comme Achinoam Nini, David D’Or et Yehudit Ravitz, apparrent aux côtés d’artistes au son « méditerranéen » comme les grecs Dalares et Glikeria.
Zubin Mehta fut invité à diriger l’Orchestre philharmonique d’Israël lors d’un concert historique réunissant des enfants palestiniens et juifs dans la salle de concert. Les membres de l’orchestre se partagèrent entre Bethléem au sein de l’Autorité palestinienne et Beit Shemesh, une ville typique israélienne, afin de préparer 500 jeunes pour un concert avec orchestre. Trouver un « territoire neutre » pour les enfants de Deheshe, un camp de réfugiés, et de Beit Shemesh n’a fut pas une tâche facile. Zubin Mehta  leva finalement sa baguette pour la Septième Symphonie de Beethoven au YMCA de Jérusalem, où 500 enfants vécurent une expérience inoubliable. Cet événement stimula l’imagination des amis américains de l’Orchestre philharmonique d’Israël et, en quelques mois, fut créé « Keynote », le département de formation de l’orchestre. Grâce à leur soutien, le programme Keynote continua de se développer et accueille 20 000 jeunes chaque année, de la maternelle à l’université.
 
Ces jours heureux allaient bientôt se terminer. Avec le déclenchement de la deuxième intifada, des annulations de dernière minute menaçaient chaque concert. Les artistes étrangers, effrayés par les kamikazes et les informations alarmantes dans la presse, abandonnèrent l’orchestre et le public israélien au moment où leur engagement était le plus nécessaire. Le public de l’Orchestre philharmonique d’Israël réagit en faisant preuve d’une loyauté sans faille et en remplissant chaque soir l’auditorium Mann. De nouveaux amis furent trouvés: Valery Gergiev, Fazil Say, George Pehlivanian, Gustavo Dudamel, Joshua Bell, Maxim Vengerov et Lang Lang. De nombreux artistes chevronnés n’annulèrent jamais leur participation: Kurt Masur, Yoel Levi, Daniel Oren, Rafael Frunbeck de Burgos et, bien sûr, le maestro Mehta. Au début du nouveau millénaire, l’Orchestre philharmonique d’Israël commença à se réinventer. De nouvelles séries furent créées presque chaque saison afin de présenter au public un produit plus attrayant: « Jeans », un concert informel de fin de soirée.
Maestro Mehta, qui pendant cette décennie était également directeur artistique du Bayerische Staatsoper, créa un pont précieux avec l’Université de Tel-Aviv en fondant l’école de musique Buchmann-Mehta, une académie dans laquelle les principaux musiciens du Philharmonique entraînent les musiciens de demain.
 
Huitième décennie (2007 – 2016)

La huitième décennie de l’Orchestre philharmonique d’Israël commença avec les célébrations du 70e anniversaire de l’orchestre: trois semaines de concerts festifs au Heichal Hatarbut à Tel-Aviv, une fête rassemblant un public de 24 000 fans de musique! Des artistes et amis de la fondation de l’Orchestre philharmonique en Israël et dans le monde entier participèrent à des événements post-concert dans le hall supérieur. L’orchestre et le maestro Mehta furent honorés lors de leur visite à la Knesset avant le concert de gala de l’Orchestre philharmonique d’Israël à Jérusalem. Pour rendre un hommage particulier aux fondateurs de l’orchestre, les descendants des 65 premiers membres de l’Orchestre symphonique de la Palestine de Bronislaw Huberman furent invités au Heichal Hatarbut. Parmi les artistes et invités qui prirent part aux célébrations du 70e anniversaire de l’orchestre ainsi que des célébrations du 75e anniversaire figurent Valery Gergiev, Daniel Barenboim, Radu Lupu, Pinchas Zukerman, Gil Shaham, Gustavo Dudamel, Evgeny Kissin, Kurt Masur et son fils Ken-David Mischa Maisky, Christoph von Dohnanyi, Yefim Bronfman, Maxim Vengerov, Murray Perahia et Yuja Wang.
 
La célébration du 60e Jour de l’Indépendance d’Israël fut une autre étape importante de la huitième décennie. Les 40 ans de Zubin Mehta en tant que directeur musical du Philharmonique; ses 50 ans en collaboration avec le Philharmonique et son 75e anniversaire.


 

Le BNVCA se félicite que ses efforts aient abouti au renvoi de David Bellache dit David Abiteboul devant le tribunal correctionnel de Paris.

Le B N V C A sans relâche, dénonce et poursuit les diffuseurs de propos et d’actes antisémites,  ceux qui « déplorent la soumission à la juiverie » ceux qui sont obsédés par le mot « juif» « Youpin » et qui déversent en permanence une haine meurtrière,.

Le BNVCA se félicite que ses efforts aient abouti au renvoi de David Bellache dit David Abiteboul devant le Tribunal Correctionnel de Paris.

Le pseudo même qu’il se donne, soit Abiteboul, imite des noms juifs approchants, mais il les salit par l’allusion graveleuse de cet alias, imprégné de son ignoble antisémitisme.

Le BNVCA a déposé plainte au début et à la fin de l’année 2018 à l’encontre de cet individu dont il semble que l’unique activité consiste à déverser des propos orduriers et racistes sur la Toile.

Cet obsédé antisémite se livre sans vergogne à des insanités menaçante comme par exemple « Débat hystérique avec un youpin. INSUPPORTABLE. Quand est ce qu’on s’énerve ? »…etc

La prévention retient les délits d’injures, de diffamation, de la Provocation à la discrimination nationale raciale religieuse au visa des articles 23 al 1, 29 al et 33 de la loi du 29 juillet 1881) et réprimée par les articles 32 al 2 de la loi du 29 juillet 1881.

Le prévenu est aussi poursuivi pour avoir « provoqué publiquement à la discrimination, la haine, la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes en raison de leur origine, de leur appartenance …. A une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée » Article 23-1 et 27 al 7 de la loi du 29 juillet 1881

Le BNVCA sera représenté à l’audience, par son avocat Maitre Charles BACCOUCHE.

Le BNVCA sollicitera une sévère condamnation de cette personne qui sème le désordre et la violence pour satisfaire ses fantasmes obscènes à l’égard d’une communauté qu’il ne connait pas, et qu’il voudrait « traiter au Lance Flamme »

Le BNVCA poursuit les antisémites et les négationnistes par toutes les voies de droit devant les Tribunaux afin que ne restent pas impunis ces agissements qui nuisent à la concorde nationale et sont la source de désordres et d’atteintes raves et renouvelées à l’Ordre Public.

Actualité  Société

Luc Ferry : « La tentation de la violence écologiste existe depuis des années »

ENTRETIEN. Suprémacistes, les tueurs d’El Paso et de Christchurch avaient aussi des revendications écologistes. Le philosophe analyse cet « éco-fascisme ».

Propos recueillis par Thomas MahlerPublié le 21/08/2019 à 16:00 | Le Point.fr 

Le philosophe et ancien ministre Luc Ferry.
Le philosophe et ancien ministre Luc Ferry.© JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

« Vous êtes tous trop bornés pour changer votre mode de vie. La suite logique est ainsi de diminuer le nombre de personnes aux États-Unisutilisant des ressources. Si nous arrivons à nous débarrasser de suffisamment de personnes, notre mode de vie sera plus soutenable. » Les médias français ont, très justement, souligné que Patrick Crusius, qui a abattu 22 personnes dans un supermarché Walmart à El Paso le 3 août, était un suprémaciste blanc adepte de la théorie du « Grand Remplacement » et ciblant les immigrés mexicains. Mais très peu ont noté que le tireur se revendique aussi de l’environnementalisme et du malthusianisme. Dans le manifeste « Une vérité qui dérange » (comme le documentaire d’Al Gore) qui lui est attribué, le jeune homme, obsédé par la surpopulation, justifie son acte par le fait que « les entreprises œuvrent à la destruction de notre environnement » ou que « notre mode de vie est en train de détruire l’environnement de notre pays ». Patrick Crusius dit s’être inspiré de Brenton Tarrant, le terroriste de Christchurch qui avait ciblé 2 mosquées et tué 51 personnes en mars en Nouvelle-Zélande. Cet Australien avait lui aussi signé un manifeste, dans lequel il écrit que « l’environnement est en train d’être détruit par la surpopulation » ou que « la nature est industrialisée, pulvérisée et marchandisée ». Tarrant se réclame de « l’éco-fascisme » et explique que « l’immigration », « les taux de natalité » et « le réchauffement climatique » relèvent d’un « même problème ». Selon lui, « il n’y a pas de nationalisme sans environnentalisme ». Éco-fascisme ? Le terme prend de l’ampleur aux États-Unis, le Washington Post venant notamment de consacrer un article sur les liens entre l’extrême droite et l’écologie.

Nous avons interrogé le philosophe Luc Ferry, qui, en 1992, avait publié Le Nouvel Ordre écologique (Grasset), essai-choc expliquant que l’écologie profonde « plonge certaines de ses racines dans le nazisme ». L’ex-ministre de l’Éducation nationale, auteur d’un récent Dictionnaire amoureux de la philosophie (Plon), se dit nullement surpris par les discours des deux tueurs.

Le Point : Adeptes de la théorie du Grand Remplacement, les tueurs d’El Paso et de Christchurch se réclament aussi de l’environnementalisme et sont obsédés par la surpopulation. Cela vous surprend-il ?

Luc Ferry : Une remarque préalable avant de vous répondre sur le fond, pour éviter un malentendu fâcheux : ce n’est pas parce que des fascistes, des altermondialistes ou des gauchistes délirants s’emparent de l’écologie que les problèmes environnementaux ne seraient pas légitimes. Il faut bien séparer science et idéologie, bien distinguer les idéologies folles des problèmes réels qui pèsent sur notre monde. Cela étant posé, je ne suis pas surpris une seconde par ces discours, le point commun entre l’extrême droite et le gauchisme étant l’anticapitalisme. Il s’agit moins pour ces gens-là de protéger la planète que de détruire le monde libéral chargé de tous les péchés.L

Le tueur de Christchurch s’est lui-même décrit comme un « éco-fasciste » et le terme prend de l’ampleur aux États-Unis. Les liens entre extrême droite et écologie sont-ils anciens ?

Oui, comme je l’ai montré dans Le Nouvel Ordre écologique, tout commence au XIXe siècle avec les idéologies contre-révolutionnaires, la réaction romantique contre les Lumières et contre la Révolution française. Les trois grandes lois nazies des années trente sur la protection de la nature « Reichsnaturschutzgesetz », la loi sur la protection des animaux et celle sur la chasse sont imprégnées presque à chaque ligne du nationalisme romantique allemand. Je ne peux résister à l’envie de vous traduire un passage de la loi sur la protection de la nature du 26 juin 1935, un texte commandé et signé par Hitler en personne : « Notre campagne nationale a été profondément modifiée par rapport aux temps originels, sa flore a été altérée de multiples façons par l’industrie agricole et forestière ainsi que par un remembrement unilatéral et une monoculture des conifères. En même temps que son habitat naturel se réduisait, une faune diversifiée qui vivifiait les forêts et les champs s’est amenuisée. Cette évolution était souvent due à des nécessités économiques. Aujourd’hui, une conscience claire s’est faite jour des dommages intellectuels, mais aussi économiques d’un tel bouleversement de la campagne allemande. Le gouvernement allemand du Reich considère comme son devoir de garantir à nos compatriotes, même les plus pauvres, leur part de la beauté naturelle… Il a donc édicté la loi du Reich en vue de la protection de la nature. »

La pensée néo-malthusienne, qui fustige une population humaine qui serait trop nombreuse pour les ressources terrestres, est-elle selon vous dangereuse ? Le biologiste Paul Ehrlich, auteur du best-seller La Bombe P (1968), pourtant de gauche, pointait du doigt la démographie et les masses grouillantes de pays comme l’Inde, ce qui n’est pas sans rappeler des passages du Camp des saints de Jean Raspail. En 1972, Ehrlich est allé jusqu’à évoquer la possibilité de mettre des produits stérilisants dans l’eau pour les États où le contrôle des naissances ne fonctionne pas…

Souvenez-vous de l’entretien accordé au Courrier de l’Unesco par le Commandant Cousteau juste avant sa mort. Il y déclarait haut et fort qu’il faut protéger toutes les formes de vies, quelles qu’elles soient. Le journaliste, un peu désarçonné, lui pose alors la question suivante : « Il y a quand même des espèces animales qui constituent des menaces ou des nuisances pour l’homme, comme certains serpents, certains moustiques. Peut-on les éliminer comme on tente d’éliminer les virus responsables de telle ou telle maladie ? » La réponse de Cousteau n’y va pas par quatre chemins : « L’élimination des virus relève d’une idée noble, mais elle pose à son tour d’énormes problèmes. Entre l’an 1 et l’an 1400, la population n’a pratiquement pas changé. À travers les épidémies, la nature compensait les abus de la natalité par des abus de mortalité. Nous voulons éliminer les souffrances, les maladies, l’idée est belle, mais n’est peut-être pas tout à fait bénéfique sur le long terme. Il est à craindre que l’on ne compromette ainsi l’avenir de notre espèce. C’est terrible à dire, il faut que la population mondiale se stabilise et, pour cela, il faudrait éliminer 350 000 hommes par jour… » Certains écologistes américains vont dans le même sens, comme William Aiken, qui se réfère notamment à Lovelock : « Une mortalité humaine massive serait une bonne chose. Il est de notre devoir de la provoquer. C’est le devoir de notre espèce vis-à-vis de notre milieu d’éliminer 90 % de nos effectifs. » Vaste programme, en effet ! Sous cette forme extrême, ces propos paraissent évidemment difficiles à tenir, mais nombre d’écologistes en donnent des versions soft, en disant par exemple qu’il faut cesser de soigner les vieillards, qu’il ne faut plus faire d’enfants, qu’il faut laisser mourir certains malades afin de sauver la planète…

Du côté des écologistes, très majoritairement à gauche, on souligne que cet éco-fascisme n’a rien à voir avec leur mouvement, et que l’extrême droite ne fait en quelque sorte que du « greenwashing », en recouvrant de vert leur racisme…

Il y a pourtant bien un point commun entre le brun et le rouge, à savoir l’anticapitalisme radical, la défense de la nature contre l’Occident libéral, un thème que l’on voit transparaître aussi bien dans un film à succès comme Danse avec les loups que dans la littérature néoromantique ou néomarxiste. Gauchos comme fachos veulent que nous renoncions à nos voitures et à nos avions, à nos climatiseurs et à nos ordinateurs, à nos smartphones, nos usines ou nos hôpitaux hi-tech, voire à nos enfants pour sauver la planète. Cet écologisme mortifère, punitif, à vocation totalitaire, n’est en réalité que le substitut des diverses variantes d’un marxisme-léninisme défunt associé pour l’occasion à quelques relents de religion réactionnaire. Après la chute du communisme, la haine du libéralisme devait absolument trouver une autre voie. Quand les maos ont été obligés de reconnaître que leur idéal sublime avait quand même entraîné la mort de soixante millions d’innocents dans des conditions atroces, il leur a fallu inventer autre chose pour continuer le combat contre la liberté. Miracle ! L’écologisme fit rapidement figure de candidat idéal. Nourri de constats plus ou moins scientifiques, il prit la place du Petit Livre rouge. Du rouge au vert, il n’y avait qu’un pas, bien vite franchi par ceux qui voulaient à tout prix réinventer des mesures coercitives pour continuer la lutte finale contre nos démocraties. De là le fait qu’on les appela des « pastèques » : verts à l’extérieur, rouge à l’intérieur.

En France, on a été prompt, à juste titre, à souligner l’idéologie suprémaciste des tueurs d’El Paso et de Christchurch, mais très peu de médias ont en revanche relevé leurs revendications écologistes. Comment l’expliquez-vous ?

Assez simplement par le fait que l’écologie étant à la fois une mode et une exigence légitime, beaucoup d’observateurs ont peur de discréditer un juste combat pour la protection de la nature en le rapportant à des idéologies funestes comme le fascisme, le nazisme, et j’ajouterai aussi le gauchisme dont on parle en effet moins, mais qui est l’arrière-fond idéologique dominant des Verts.

L’urgence climatique ou l’antispécisme peuvent-ils selon vous entraîner de nouvelles formes d’actions violentes ?

Ce n’est pas une nouveauté, la tentation de la violence écologiste existe depuis des années, mais il est vrai que le contexte politique actuel risque de lui être favorable, attendu que l’écologie sera l’une des clefs de la prochaine élection présidentielle, et ce, pour une raison évidente : la gauche démocratique et la droite républicaine sont dans les choux. Dans ce contexte nouveau, la gauche libérale ira chez Macron et la radicale chez Mélenchon, tandis que la droite libérale ira elle aussi chez Macron et la droite national-souverainiste chez Marine Le Pen. Pour être bien certain de l’emporter face à elle, Macron devra repeindre tous ses projets en vert. La pression des militants verts sera donc à son comble…

Terrorisme : deux banques du Qatar dans le collimateur

Panique. Hamad ben Jassem al-Thani à l’Elysée, en 2012, alors qu’il était Premier ministre du Qatar.

Mais pourquoi cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, membre de la famille princière du Qatar, vend-il depuis quelques semaines ses propriétés à Londres et Paris à « prix modéré » ? Selon un rapport confidentiel de Cornerstone Global, un cabinet britannique de conseil en stratégie, il y a peu de doutes : les articles de presse récents et les soupçons portant sur un possible financement d’organisations terroristes islamiques par plusieurs banques du Qatar auxquelles il est lié expliquent cette précipitation. Pressées par des parlementaires, dont la sénatrice Nathalie Goulet, les autorités des deux pays pourraient demander à certaines banques qatariennes actives sur leur sol, dont Qatar National Bank et Al Rayan Bank, de prouver qu’elles ne facilitent pas le financement d’entités visées par l’Onu. A défaut, elles subiraient des sanctions, jusqu’à la perte de leur licence d’exploitation. Contactées, Al Rayan nie tout rapport avec le terrorisme, QNB n’a pas répondu

HUGO DOMENACH

La vérole est en Occident, les hirondelles au Maghreb

L’ÉDITORIAL DE FRANZ-OLIVIER GIESBERT

L’avenir de l’Occident est-il en train de se jouer en Tunisie et en Algérie ? C’est encore une question taboue, mais ces deux pays sont peut-être en train de sortir pour de bon de l’ornière islamiste dans laquelle les poussent depuis des années, par conformisme, haine de soi ou fatigue intellectuelle, une partie des élites françaises, des médias bien-pensants.

Leur impensé raciste amène ces nouveaux collabos (de gauche) à penser que tous les Arabes sont musulmans et tous les musulmans islamistes. Moyennant quoi l’anti-islamisme devient un néoracisme. A croire ces « maîtres-à-penser-comme-il-faut », il faudrait donc se soumettre à la fatalité islamiste, quitte à jeter par-dessus bord les valeurs européennes de la République.

Ce qui se passe aujourd’hui dans une partie du Maghreb est en train de prouver avec éclat que ces cagots de l’angélisme, obsédés par l’islamophobie, pensent faux, archifaux. Certes, l’hydre islamiste continue de tisser ses toiles sitôt que ses fils se défont, en repoussant toujours plus loin les limites de l’abjection – on peut l’observer dans la guerre fratricide que se livrent aujourd’hui, en Afghanistan, Daech et les talibans.

De même, l’islamisme a sans doute encore quelques « beaux » jours devant lui en Iran et en Turquie, où des pouvoirs pourris jusqu’à la moelle, nostalgiques de leur grandeur passée, s’échinent à exporter leur fondamentalisme à travers le monde. Mais ils n’ont plus le même rayonnement. La « magie » d’antan n’opère plus. Ils ne sont plus que les caricatures d’eux-mêmes.

Plus grave encore pour les islamistes : la « normalisation » (à petits pas) de l’Arabie saoudite, qui a fini de jouer au généreux bienfaiteur de l’intégrisme, voire du terrorisme : ce rôle est désormais dévolu à l’émirat du Qatar, as du dessous-de-table et mille-pattes de l’Orient qui, à force de les mettre partout, risque de se prendre un jour les pieds dans ses jambes et dans le tapis !

Mais la plus mauvaise nouvelle pour les islamistes et leurs épigones français vient, à l’évidence, du Maghreb, dont on disait qu’il finirait par tomber un jour tout cuit dans la nuit islamiste. On en est loin. Il fait de la résistance. Il appelle de ses vœux cette démocratie qui, en Occident, a perdu beaucoup de ses atours sous les coups de boutoir des braillards populistes.

L’Algérie a sorti la tête de l’obscurantisme dans lequel elle était empéguée au temps du FIS et du GIA, promus, voire encensés, par une intelligentsia française en plein délire collectif. Grâce soit rendue aux pôles de résistance à l’islamisme qui, depuis des années, ont toujours tenu, notamment autour de figures charismatiques comme Saïd Sadi ou d’écrivains comme Kamel Daoud, Boualem Sansal, etc. 

L’intégrisme algérien n’est plus ce qu’il était, à en juger par le tour que prend la forte contestation du pouvoir incarné désormais par le général Gaïd Salah, réputé proche du Qatar. Après le 26 e vendredi de manifestations, il apparaît clairement qu’elle n’a toujours pas été gangrenée ni même infiltrée par les fondamentalistes, en voie de marginalisation. C’est une formidable nouvelle. 

Quant à la Tunisie, elle est en train de donner au monde arabe une belle leçon : la démocratisation est toujours en marche ; rien, même les attentats, ne semble pouvoir l’arrêter. De la mouvance islamiste au courant laïque en passant par les nostalgiques de Ben Ali, toutes les sensibilités ou presque seront représentées lors de la présidentielle anticipée du 15 septembre : vingt-six candidats, dont deux femmes et le très populaire Nabil Karoui, magnat des télécoms. Apparemment, malgré les difficultés, tout permet de penser que la jeune démocratie tunisienne survivra à la mort du président Béji Caïd Essebsi, en juillet.

Si vérole il y a, elle est aussi en Occident, où prolifèrent les intégristes et leurs idiots utiles, les islamo-gauchistes, qui, avec leurs épigones indigénistes, font la loi dans certains journaux, parfois dans les universités américaines ou françaises, ce qui mériterait un tome II au prophétique « Soumission », de Michel Houellebecq.

En attendant, puissions-nous méditer, quand il est encore temps, l’avertissement du cheik Abdallah ben Zayed, ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis, il y a deux ans : « Viendra le jour où l’on verra beaucoup plus d’extrémistes radicaux et de terroristes venant d’Europe, à cause du manque d’esprit de décision, de la volonté d’être politiquement correct, du sentiment de mieux connaître le Moyen-Orient et l’islam que nous. »§ILLUSTRATION : DUSAULT POUR « LE POINT »

Driss Ghali – consultant international et contributeur régulier sur Causeur – explique comment la vision de Galula peut répondre aux défis terribles que pose l’islamisme aux Français. Entretien.

Entretien recueilli par Jean-Baptiste Noé – Pour Causeur

David Galula (1919-1967) est peu connu en France, mais très apprécié aux États-Unis, les militaires américains voyant en lui un des stratèges de la contre-insurrection. Au cours de ses différents postes, il a été au contact de plusieurs guerres d’insurrection, notamment en Chine et en Algérie. Comment cela a-t-il contribué à forger sa pensée ? 

Tout a commencé en Chine au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Galula y a été envoyé comme adjoint de l’attaché militaire français à Pékin. Il avait 26 ans. À l’époque, la guerre civile entre communistes et nationalistes battait son plein. Un beau jour en 1947, Galula prend sa jeep et part en vadrouille. Il finit par rentrer en zone communiste, un peu sans s’en rendre compte, et se fait enlever par des insurgés maoïstes. Tout de suite, l’otage Galula (qui parle le mandarin) sympathise avec le chef des guérilleros qui le traite correctement et lui fait faire le tour du propriétaire. Il note la discipline des combattants communistes et l’attention portée à l’endoctrinement des soldats, des cadres, mais aussi des prisonniers. Il remarque aussi que la population obéit sans rechigner et que les routes sont sures, sans banditisme ni coupeurs de chemin, contrairement à la zone nationaliste. Libéré quelques jours plus tard, Galula se plonge dans les écrits de Mao puis dévore tout ce qui se rapporte aux guérillas communistes et indépendantistes (Malaisie, Philippines, Indochine, Grèce entre autres).

Dix ans plus tard, Galula se porte volontaire pour commander une compagnie d’infanterie en Algérie. Il aurait pu rester à l’État-Major à Paris, mais il a insisté (contrariant sa femme) pour aller sur le terrain. Son objectif ultime était de tester sur le terrain les leçons tirées de dix ans d’observation du phénomène insurrectionnel.

En quoi consiste la contre-insurrection prônée par Galula et comment sa théorie s’articule autour de son expérience vécue ? 

Galula prend à revers la stratégie des insurgés. Il comprend qu’ils tirent leur force et leur unique chance de l’emporter de leur relation fusionnelle avec la population. En effet, les insurgés obligent les civils, par la terreur et la persuasion, à leur fournir refuge, nourriture, argent et renseignement (voire des femmes).

Eh bien Galula propose à l’armée de priver l’insurrection de son oxygène c’est-à-dire la population. Il propose une méthodologie pratique et extrêmement claire pour éloigner les civils des insurgés. Il s’agit d’un programme en treize étapes qui combine des actions de choc (tuer ou emprisonner les virulents), du renseignement (recenser la population et identifier les cellules dormantes) et des initiatives d’ordre politique (déléguer des compétences à des élites locales).

Il s’agit d’une approche globale qui va bien au-delà du rôle classique du soldat. Avec Galula, la mission de l’officier acquiert une dimension politico-administrative qui rappelle le rôle d’un préfet. Le seul terrain qui vaille pour Galula est le terrain humain : celui des rapports de force et des croyances qui structurent une population donnée.

Galula a testé et ajusté ses théories in vivo en Algérie entre 1956 et 1958. Lors de ce conflit, il a constaté que l’armée n’avait pas de méthodologie unifiée de pacification, chacun faisait ce qu’il voulait dans son coin. Galula a ainsi formulé une doctrine ancrée dans le réel et qui s’appuie de bout en bout sur le bon sens. C’est ce qui la rend très facile d’accès pour le lecteur profane, cinquante ans plus tard.

Quelle place doivent avoir la répression militaire et la communication auprès des populations dans la contre-insurrection ?  

Elles vont de pair. Pour Galula, chaque soldat est un communicant et chaque contact avec la population est une occasion de communiquer avec elle. Il est hors de question de mal parler aux civils, de draguer leurs femmes ou de se servir chez l’habitant. L’idée de Galula est de combiner fermeté et empathie.  Les forces loyalistes, selon lui, doivent punir quand il le faut, mais d’une manière proportionnelle et prévisible. En Kabylie, il a édité une sorte de code pénal et en a fait une grande publicité auprès de la population. Il a compris que les gens acceptent de collaborer avec un pouvoir dont les réactions sont prévisibles à l’avance : ils détestent les fous furieux qui pour un rien explosent et se vengent sur les civils. Pour Galula, il ne sert à rien de distribuer les bonbons, les vaccins ou les allocations si la population n’a pas commencé à obéir aux forces loyalistes. Ces services doivent être perçus comme une récompense en contrepartie de la coopération avec la force de pacification.

Vous voyez donc que la communication est indissociable du travail militaire de pacification. Elle l’alimente et l’habite en permanence.

Galula est allé plus loin au point de proposer une chaîne de radio destinée aux musulmans et qui émet en arabe et en kabyle. Selon lui, la communication ne doit pas avoir de tabou : il faut parler la langue de la population cible. La radio de Galula aurait couvert l’Algérie, mais aussi la Seine-Saint-Denis, la région lyonnaise et le nord de la France, autant de secteurs à forte immigration algérienne. Vous vous rendez compte ? Il a fait cette proposition en 1962 ! S’il était vivant aujourd’hui, il aurait préconisé à la France de racheter Al Jazeera ou d’en créer une copie qui soit aussi percutante et professionnelle.

Nous avons France 24, de nos jours. Elle parle un arabe châtié que personne ne comprend en banlieue… Elle s’adresse (et elle le fait bien, je crois) aux élites qui vivent au Maghreb, mais elle tourne le dos aux masses musulmanes situées de l’autre côté du « périph ». Celles-ci parlent wolof, kabyle, des dialectes maghrébins et le français. Galula aurait monté une web-TV dans chacune de ses langues et aurait adapté leur ligne éditoriale à l’univers mental des populations cibles.

Galula décède très jeune d’un cancer rapide. Pendant quarante ans, ses thèses sont oubliées et ses écrits restent aux oubliettes. Pourquoi a-t-il ressurgi aux débuts des années 2000 ? 

La réponse porte un nom : la « Baraka » divine.

Plus sérieusement, Galula sort des oubliettes grâce au travail d’une poignée d’officiers américains, extrêmement curieux, et de chercheurs de la RAND Corporation. Ils ont fini par présenter les idées de Galula au général David Petraeus qui, en 2005, venait de prendre le commandement d’un centre d’excellence de l’armée (Fort Leavenworth, Kansas). Il a tout de suite accroché et a décidé d’inclure les écrits de Galula dans la doctrine enseignée aux élèves officiers !

Le fait que les deux livres majeurs de Galula aient été rédigés en anglais a joué un rôle déterminant dans ce renouveau. Par ailleurs, Petraeus est francophile, c’est un ancien parachutiste qui admire Bigeard. Il a trouvé dans Galula un cadre théorique qui lui a permis de coucher par écrit ses intuitions au sujet de la guerre insurrectionnelle. En effet, Petraeus a touché du doigt ce domaine en Bosnie, à Haïti et en Amérique Centrale.

Face au terrorisme islamiste d’aujourd’hui, quelles pourraient être les solutions tirées de la pensée de Galula pour le combattre et le vaincre ? 

Si Galula était vivant, il serait consterné par notre triple déni.

Tout d’abord, nous refusons d’admettre que nous sommes en guerre. Ensuite, nous refusons de nommer l’ennemi. On s’y perd entre salafistes, djihadistes, takfiristes, islamistes et autres wahhabites. Résultat : nous faisons la guerre au terrorisme c’est-à-dire à une méthodologie et non à des ennemis, ce qui est ridicule. Enfin, nous méconnaissons la nature de cette guerre qui est insurrectionnelle. Nous croyons naïvement que nos drones et nos sous-marins vont nous être d’une quelconque utilité face à des Merah, des Abdeslam ou des Mokhtar Bel Mokhtar (alias Marlboro).

La seule chose qui importe est la population, elle détient la clef de la victoire. Le jour venu, elle la donnera aux forces loyalistes (disons la France et ses alliés pour aller vite) ou aux islamistes.

La guerre d’insurrection n’est-elle pas d’abord affaire de volonté des populations et non pas question de moyens techniques ? Volonté des peuples de chasser un occupant ou d’un parti de prendre le pouvoir ? Dans ce cas-là, comment donner la volonté de vaincre l’islamisme aux populations musulmanes qui le subissent ? 

Vous avez raison. Les populations n’aiment pas être occupées et dominées par des étrangers. C’est vieux comme le monde. Or, il s’avère parfois que les étrangers sont meilleurs guerriers que les locaux au point de les soumettre et vivre parmi eux. C’est exactement ce qui s’est produit en Irak entre 2003 et 2008 lorsque les combattants étrangers d’Al Qaeda ont mis sous tutelle les zones tribales sunnites autour de Ramadi et Falloujah. Ils se passent la même chose aujourd’hui lorsque des combattants arabes s’installent au nord du Mali pour faire le djihad. Les gens ne les aiment pas, mais préfèrent se soumettre à eux pour avoir la vie sauve. Rendez-vous compte de la facilité avec laquelle Gao et Tombouctou ont été prises ! Il suffit de cent gars pour dominer une ville et la plonger dans la barbarie.

Galula propose les moyens de délivrer une population de l’emprise des violents, car toute seule elle n’y parviendrait pas.

Vous avez également raison en posant la question de la « volonté » des populations musulmanes de vaincre l’islamisme. En ont-elles vraiment la volonté ? Je veux dire que le djihad fait partie de la grammaire de l’histoire des pays musulmans. C’est notre manière à nous musulmans de renouveler les élites sans avoir à inventer des idéologies sur-mesure. Il s’agit d’un moyen low cost de provoquer le changement. Pas besoin d’inventer les Lumières ou d’attendre Rousseau ou Voltaire pour se mettre en mouvement : le djihad est disponible, sur étagère depuis 1400 ans.

Au Maghreb, à chaque grand cataclysme politique, vous trouverez toujours un appel au djihad pour chasser la dynastie « impie » ou soumettre les voisins « hérétiques ». Même en Afrique noire, le djihad a servi à bouleverser les équilibres politiques (Imamat de Fouta Jalon en Guinée, XVIIIe siècle).

La bonne nouvelle est que le recours au djihad est cyclique. Nous sommes certainement au pic, au maximum de la poussée. Il y aura un reflux. Bien malin est celui qui saura dire quand ce reflux se produira. Malheureusement pour nous, ce pic coïncide avec l’explosion démographique. Le djihad peut compter sur des dizaines de millions de jeunes mécontents et impatients d’en découdre.

Pour les élites des pays musulmans, deux choix se présentent à mon humble avis. Devenir islamistes par opportunisme afin d’éviter que le pouvoir ne tombe entre les mains des extrémistes, ou bien produire une alternative au discours djihadiste. Or, cette alternative n’existe pas, car les élites du sud ont péché par paresse et conformisme depuis les indépendances des années 1950-1960. Elles n’ont rien à opposer au discours djihadiste à part un vague projet néolibéral ou une espèce de nationalisme délavé.

Rares sont les pays musulmans qui ont une chance de s’en sortir. Parmi eux, le Maroc. Je ne le dis pas parce que j’y suis né ou parce que Galula y a grandi, je le crois profondément. La société marocaine a inventé ses propres mécanismes de défense contre le djihadisme. Elle l’a fait spontanément au cours des siècles. Nous avons créé un islam populaire et enraciné dans nos terroirs. Je me réfère à l’islam des marabouts, un islam qui se conjugue au féminin, celui de ma grand-mère qui occupe littéralement le mausolée d’un saint homme pour prier et se recueillir des jours durant. C’est un acte révolutionnaire lorsqu’on sait que les femmes sont admises en catimini dans les mosquées (elles occupent un espace ségrégé, loin de la vue des hommes). L’islam maraboutique est authentique et intense, il se moque du djihadisme et de ses histoires de kamikaze. Il est en danger malheureusement, mais cela est une autre histoire.

Un islam similaire existe certainement au Sénégal, celui des grandes confréries. Il faut absolument l’aider à survivre et à prospérer. C’est la seule et unique ligne de défense contre le djihadisme en Afrique de l’Ouest.

Vous appelez à une coopération entre le nord et le sud. Cette politique est essayée depuis plusieurs décennies et ne semble pas vraiment réussir. Quelles seraient pour vous les conditions à réaliser pour que la coopération soit efficace ? 

De toute façon, l’Europe n’a pas le choix. Elle court réellement le risque d’être entourée par une ceinture de théocraties sur son flanc sud. Si cela se produit, il faudra oublier les vacances à Ibiza ou en Grèce. Demain, les bateaux pneumatiques des passeurs seront remplacés par des go fast blindés qui débarqueront sur les plages européennes pour livrer de la drogue, enlever des femmes et commettre des attentats. Et nos systèmes de détection électronique n’y feront rien. Voyez comment l’Europe (avec tout son argent et sa technologie) peine à détecter les chalutiers déglingués qui quittent la Libye par temps clair et mer calme…

À mon avis, il manque deux choses à cette coopération nord-sud : un peu plus de Sérieux et un peu plus d’Amour.

Le Sérieux est de reconnaître que l’islamisme occupe tous les espaces délaissés par les élites du sud. Il a envahi le champ social (crèches, cliniques) puis les écoles et, aujourd’hui, il prospère au sein des médias et des syndicats professionnels (journalistes, médecins, ingénieurs entre autres). Il ne sert à rien d’organiser des grands colloques à Nice ou à Zurich si les élites du sud ne sont pas préparées pour résister au choc de l’islamisme. Nous n’avons pas besoin d’un équivalent de Ghandi au Maghreb, mais de plusieurs Reagan qui cumulent charisme naturel et volonté de se battre pour des idées. La priorité pour l’Europe est d’armer les élites du sud pour qu’elles soient plus robustes, plus agressives et surtout qu’elles restent sur place. Aujourd’hui, une partie non négligeable de l’intelligence maghrébine et sahélienne vit à Genève, Londres et New York. Ce n’est pas comme ça qu’on va gagner la bataille contre l’islamisme !

Enfin, il faut de l’Amour. On ne cesse de parler de sécurité et d’immigration. Parlons un peu de prospérité. À la pulsion de mort qu’est l’islamisme, opposons une pulsion de vie ! J’appelle de mes vœux à l’ouverture d’un arc de coprospérité qui irait de Dakar à Lisbonne en passant par Alger et Madrid. Un pays comme le Maroc a tout en commun avec le Sénégal ou le Portugal alors qu’il n’a presque rien à dire à l’Estonie ou à la Finlande. Or, l’Union européenne oblige les pays du flanc sud (France, Espagne, Italie, etc.) à se soumettre à des procédures et des politiques qui regardent vers l’est (c’est-à-dire vers l’hinterland allemand). Je pose la question : est-ce que le temps est venu de s’affranchir du carcan de l’UE ? Je crois que oui.  Je ne demande pas à démanteler l’UE, je dis juste qu’il faut redonner aux pays méditerranéens des marges de manœuvre pour approfondir leur collaboration sans avoir à demander, au préalable, l’avis d’un Letton ou d’un Danois.

« Il y a une résistance grandissante face à des concepts scientifiques bien établis »

INTERVIEW. Professeure au Williams College, la biologiste Luana Maroja déplore les sophismes et l’autocensure qui minent la liberté d’expression.

Propos recueillis par Thomas Mahler – Le Point.fr 

« L’autocensure sur les campus est mauvaise pour la science. » Dans un article pour The Atlantic, la biologiste Luana Maroja a alerté fin mai qu’avec la montée des tensions idéologiques, ses étudiants se mettent de plus en plus à contester des faits scientifiques comme le QI, l’héritabilité qui mesure statistiquement la part des facteurs génétiques et environnementaux, ou encore les différences hommes-femmes. « Des idées scientifiques bien établies que j’enseigne depuis des années ont, soudainement, rencontré une résistance idéologique rigide. » La chercheuse, née à Rio de Janeiro, enseigne pourtant l’évolution et la génétique dans le très élitiste Williams College (Massachusetts), souvent classé comme la meilleure université d’arts libéraux des États-Unis. Depuis quelques mois, à l’instar des universitaires Steven Pinker ou Jonathan Haidt, Luana Maroja s’est engagée pour la liberté d’expression sur les campus, expliquant que la raison et l’argumentation sont plus puissantes que les anathèmes. Elle-même explique avoir appris à affûter ses arguments en écoutant ses adversaires, « les créationnistes, climatosceptiques et mêmes certains bigots ». Entretien.

Le Point : Pouvez-vous présenter votre université, le Williams College  ?

Luana Maroja : Le Williams College est, en effectif, une très petite université très sélective. On n’accepte que 500 étudiants par année. Les taux de réussite sont élevés. C’est une université d’arts libéraux, c’est-à-dire que les étudiants ont des cours dans la discipline principale de leur choix, mais aussi dans d’autres, humanités, sciences sociales et sciences.

Vous enseignez là-bas depuis près d’une décennie. Longtemps, dites-vous, les réclamations des étudiants se limitaient aux notes…

Exactement (rires). Vous savez, ici, les étudiants n’aiment pas avoir ne serait-ce qu’un « B » (l’équivalent d’une note de 13 à 15 en France, NDLR). Quand j’en attribue un, je reçois deux heures plus tard un e-mail avec des commentaires comme « je ne comprends pas cette note ». Ça, c’était typique du passé. Mais j’ai commencé à voir des changements importants avec l’élection de Trump. Dans mes cours de biologie, mes étudiants se sont ainsi mis à protester contre la notion d’héritabilité appliquée à l’intelligence humaine. Sans doute ont-ils peur de la « Bell Curve » (« la courbe en cloche » de la répartition de la population par QI, popularisée par le livre controversé The Bell Curvede Richard Herrnstein et Charles Murray, qui évoquait les différences de QI entre groupes ethniques, NDLR). Ils oublient que ce n’est pas parce qu’on mesure des différences entre des groupes que celles-ci sont forcément biologiques. Je leur donne ainsi l’exemple de mon propre pays, le Brésil, où les moyennes de QI sont de 15 à 20 points plus basses qu’aux États-Unis. J’ai demandé à mes étudiants ce qu’ils en pensaient. Jusque-là, cela n’a jamais posé problème. Mais en 2017, un étudiant s’est levé et a expliqué que tout ça était n’importe quoi, car on ne pouvait pas mesurer l’intelligence. Un autre a assuré que le QI a été inventé par les Blancs pour ostraciser des minorités. Seul un petit nombre s’est levé pour protester, mais une majorité des élèves les a approuvés sur une classe d’une centaine d’étudiants. Or le QI peut bel et bien être mesuré, et s’il ne reflète pas le niveau de satisfaction dans une existence, il est en revanche corrélé avec le succès scolaire.

Ces élèves ont ainsi été victimes du sophisme naturaliste, c’est-à-dire le fait de penser qu’une chose est bonne parce qu’elle est naturelle

Comment alors expliquer ces différences de moyennes de QI entre Brésiliens et Américains ?

J’explique à mes élèves que les environnements sont complètement différents. Au Brésil, l’éducation est bien moins développée qu’aux États-Unis, et le budget qui lui est alloué bien plus faible. Il y a ainsi plein de facteurs qui peuvent expliquer ces différences, sans invoquer une supposée supériorité biologique. Il ne fait aucun doute qu’il y a une composante dans l’intelligence qui est héritée, mais l’environnement est aussi un facteur-clé. Si vous vivez dans une population où l’éducation n’est pas un objectif prioritaire, cela aura forcément un impact. Si vous avez les mêmes éléments génétiques mais dans des environnements différents, les résultats ne seront pas les mêmes.

Y a-t-il d’autres sujets dans votre domaine, la biologie évolutive, qui sont devenus polémiques ?

Oui. La sélection de parentèle est l’idée que quand des animaux aident ceux qui leur sont apparentés, c’est indirectement pour perpétuer leurs gènes. Mais ce phénomène biologique, qu’on observe par exemple chez les abeilles, a énervé des étudiants. Un élève a déboulé dans mon bureau après le cours, m’expliquant que je donnais raison à… Trump d’embaucher sa famille à la Maison-Blanche. Je n’avais évidemment jamais dit ça (rires). Ce n’est pas parce que cela arrive dans la nature que ce sont des choses moralement acceptables. Ces élèves ont ainsi été victimes du sophisme naturaliste, c’est-à-dire le fait de penser qu’une chose est bonne parce qu’elle est naturelle. Ce qui est totalement absurde. Je précise que je déteste Trump et que j’espère de tout mon cœur qu’il ne sera pas réélu.

Les différences entre hommes et femmes, dites-vous, sont de plus en plus taboues…

C’est une autre erreur sérieuse que font beaucoup de personnes : ils pensent que l’égalité en droits signifie aussi une similitude biologique. Alors que donner à tous l’opportunité de choisir la voie qu’ils souhaitent ne signifie pas nier les différences existant en moyenne entre hommes et femmes. Les garçons préfèrent généralement les jouets avec des roues et les filles les peluches. De la même façon, il n’est pas surprenant de voir des répartitions différentes entre les sexes selon les disciplines universitaires. Cela ne s’explique pas uniquement par les stéréotypes, le sexisme ou tout autre facteur sociologique. Ce n’est pas la réalité de ce que nous montrent les recherches scientifiques. Il y a ainsi un paradoxe de l’égalité de genres, comme l’a montré l’année dernière une étude publiée dans la revue Psychological Science. Si les stéréotypes et les biais étaient la seule explication au fait qu’il y ait moins de femmes dans les disciplines scientifiques, on s’attendrait à ce que dans les pays égalitaires, leur proportion soit la plus importante. Mais c’est le contraire que l’on observe. Dans les pays inégalitaires, comme l’Algérie, les taux de féminisation dans les filières STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques, NDLR) sont les plus élevées, alors qu’en Suède ou aux États-Unis, ces taux sont bien plus bas. Ce qui signifie que dans les pays où les femmes ne doivent pas uniquement se soucier de l’argent, elles ont la liberté de choisir ce qui les passionne, et c’est en moyenne plutôt des matières non scientifiques. Bien sûr, ce n’est qu’une moyenne, et j’en suis d’ailleurs la preuve (rires). Mais encore une fois, l’existence de ces différences génétiques ne signifie pas qu’on devrait traiter hommes et femmes différemment.

Vous avez aussi expliqué que le terme « femme enceinte » est devenu polémique…

Oui, il vaut mieux maintenant dire « humain enceint ». Un collègue m’a aussi raconté que l’un de ses étudiants, lors d’un exposé, n’utilisait plus le terme « homme », mais « individu sans utérus ». Mon collègue a sursauté (rires).

Des étudiants ont peur d’exprimer leurs opinions face à l’ensemble de leurs condisciples

Pensez-vous que ce sont là des menaces sérieuses pour l’enseignement de la science ou juste un phénomène de mode un peu excessif lié aux p