Catégorie : Articles de Médias

LE DROIT DE PARTIR. Décidément, elle ne lâche pas l’affaire…!! L’Australie dit NON. Pour la 2ème fois !

LE DROIT DE PARTIR. Décidément, elle ne lâche pas l’affaire…!!
L’Australie dit NON. Pour la 2ème fois !
Madame La première Ministre Australienne réitère !!
Cette femme devrait être nommée. Prix Nobel du courage.

Jamais des mots n’ont été aussi justement prononcés !

Les répercussions pourraient être phénoménales. Elle n’a pas eu peur de prendre clairement position, sans doute au risque de sa vie.
Les musulmans qui veulent vivre, sous la charia islamique ont été priés de quitter l’Australie.
Le gouvernement a ciblé les radicaux dans le but de parer les attaques terroristes potentielles.

Par ailleurs, Mme Gillard a irrité certains musulmans australiens en déclarant mercredi qu’elle soutenait les agences d’espionnage qui surveillent les mosquées présentes sur le sol de la nation.

Citation :

LES IMMIGRANTS, DOIVENT S’ADAPTER. C’est à prendre ou à laisser.
Je suis fatiguée que cette nation s’inquiète de savoir si nous offensons certains individus ou leur culture…

Notre Culture, s’est développée depuis plus de deux siècles après tant de luttes, d’épreuves et de victoires par des millions d’hommes et de femmes qui ont recherché la liberté.

Nous parlons l’anglais et non pas l’espagnol, le libanais, l’arabe, le chinois, le japonais, le russe ou autre langage.

Donc, si vous voulez faire partie de notre société,  APPRENEZ NOTRE LANGUE !!

La plupart des australiens croient en Dieu. Il n’est pas question ici de “droit chrétien” ou d’une quelconque pression politique, c’est un FAIT parce que les chrétiens hommes et femmes, avec leurs principes Chrétiens ont fondé cette nation. Il est parfaitement approprié de les afficher sur les murs de nos écoles !
Dieu vous offense ?

Je vous suggère alors d’envisager une autre partie du monde pour y vivre,  car Dieu fait partie de notre culture.

Nous acceptons vos croyances sans vous poser de questions Tout ce que nous vous demandons, c’est de respecter les nôtres, de vivre pacifiquement et en harmonie avec nous

Ceci est NOTRE PAYS, NOTRE TERRE, et NOTRE STYLE DE VIE et nous vous donnons l’occasion d’en profiter.

Mais à partir du moment où vous vous mettez à vous plaindre, à gémir et à ronchonner à propos de notre drapeau, notre engagement, nos croyances chrétiennes ou notre style de vie, je vous encourage fortement à profiter d’une autre grande liberté Australien

“LE DROIT DE PARTIR

Si vous n’êtes pas heureux ici et bien partez ! Nous ne vous avons pas forcés à venir ! Vous êtes venus de vous-même, alors acceptez le pays qui vous a acceptés, tel qu’il est !

Yann Moix « On n’est pas couché »  a applaudi la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme étant la capitale d’Israël.

Yann Moix dans « On est pas couché » : « Trump a fait preuve de grandeur et de courage…Jérusalem est la capitale d’Israël »

Dans l’univers médiatique de la pensée unique, le célèbre chroniqueur de l’émission de France 2 « On n’est pas couché »  a applaudi la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme étant la capitale d’Israël.

« Je vais assumer mes propos mais je ne suis pas d’accord,  je pense que là, Trump a fait preuve de grandeur et de courage, il a entériné quelque chose qui est évident depuis des années, n’en déplaise à tous ceux qui m’écoutent, Jérusalem est la capitale d’Israël et des Juifs » a lancé Yann Moix à Ruquier qui ressassait un discours convenu sur les frasques de Donald Trump, le déplacement de l’ambassade américaine qui serait la seule cause » d’un moyen orient à feu et à sang ».

A l’intervention de Ruquier qui lui oppose le fameux : « Est-ce que c’était le moment? » Moix répond ; »Il n’y a jamais de bon moment, il n’y a pas eu de bon moment depuis des décennies, il le fait c’est un acte de courage….c’est un acte fort à un moment délicat, plus tard cela aurait été peut-être impossible, Trump a été grand« .

Après Pascal Boniface, Pierre Rehov massacre Laurent Joffrin, le directeur de Libé, sur i24News PUBLIÉ PAR PIOTR STAMMERS LE 17 MAI 2018 Pierre Rehov était invité sur le plateau d’I24News face à Laurent Joffrin, le directeur du quotidien controversé Libération, pour parler de la situation à Gaza. Le réalisateur Pierre Rehov, bille en tête, a accusé Laurent Joffrin d’être « complice » du mouvement terroriste du Hamas, et a fustigé le traitement médiatique de l’escalade de la violence à Gaza. Dreuz a besoin de votre soutien financier. Cliquez sur : Paypal.Dreuz, et indiquez le montant de votre contribution. Israël a fait l’objet d’un lynchage médiatique dans le monde entier après les événements de lundi où 62 Palestiniens ont été tués lors d’affrontements avec l’armée israélienne à Gaza. Les médias n’ont pas attendu d’avoir les faits pour accuser Israël : la présomption d’innocence, les journalistes ne lui accordent de l’importance que lorsque leurs amis sont mis en cause. Et maintenant que l’AFP vient de déclarer que les victimes n’étaient pas innocentes mais étaient des terroristes, les médias font silence. Et Joffrin s’est fait massacrer sur I24 News : Coïncidence, le même jour, Rehov démontait par l’image les mensonges de Pascal Boniface : Ne ratez aucun des articles de Dreuz, inscrivez-vous gratuitement à notre Newsletter. Deux islamo-gauchistes le même jour, un bon score pour Rehov !

Après Pascal Boniface, Pierre Rehov remet à leur placeLaurent Joffrin, le directeur de Libé, sur i24News

PUBLIÉ PAR PIOTR STAMMERS LE 17 MAI 2018

Pierre Rehov était invité sur le plateau d’I24News face à Laurent Joffrin, le directeur du quotidien controversé Libération, pour parler de la situation à Gaza.

Le réalisateur Pierre Rehov, bille en tête, a accusé Laurent Joffrin d’être « complice » du mouvement terroriste du Hamas, et a fustigé le traitement médiatique de l’escalade de la violence à Gaza.

Israël a fait l’objet d’un lynchage médiatique dans le monde entier après les événements de lundi où 62 Palestiniens ont été tués lors d’affrontements avec l’armée israélienne à Gaza.

Les médias n’ont pas attendu d’avoir les faits pour accuser Israël : la présomption d’innocence, les journalistes ne lui accordent de l’importance que lorsque leurs amis sont mis en cause.

Et maintenant que l’AFP vient de déclarer que les victimes n’étaient pas innocentes mais étaient des terroristes, les médias font silence.

Et Joffrin s’est fait massacrer sur I24 News :

Coïncidence, le même jour, Rehov démontait par l’image les mensonges de Pascal Boniface :

Deux islamo-gauchistes le même jour, un bon score pour Rehov !

“Cette résistance n’est pas pacifique, elle est soutenue par nos armes”

Mahmoud Al-Zahhar, haut responsable du Hamas, au sujet des manifestations à Gaza : “Cette résistance n’est pas pacifique, elle est soutenue par nos armes”

Mahmoud Al-Zahhar, haut responsable du Hamas, a déclaré que son mouvement emploie « une résistance pacifique soutenue par une force militaire et par des services de sécurité, qui bénéficie d’un immense soutien populaire ».

S’exprimant sur Al-Jazeera le 13 mai 2018, Al-Zahhar, ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement du Hamas, a déclaré que l’option de la lutte armée n’a pas faibli. « Au contraire, elle croît et se développe », a-t-il déclaré. Extraits : 

Journaliste : M. Mahmoud Abbas a affirmé qu’après toutes ces années, le Hamas emploie la même résistance pacifique préconisée par le Fatah dès le premier jour et depuis de nombreuses années. Ainsi, pourquoi le Fatah et le Hamas ne s’accordent-ils pas sur une plateforme unifiée ? 

Mahmoud Al-Zahhar : Il s’agit d’une tromperie terminologique manifeste. Lorsque vous êtes en possession d’armes qui ont pu résister à l’occupation lors des guerres de 2006, 2008, 2012 et 2014… Lorsque vous avez des armes brandies par des hommes qui ont réussi à empêcher l’armée la plus puissante de la région d’entrer dans la bande de Gaza pendant 51 jours, et ont été capables de capturer ou de tuer des soldats de cette armée, s’agit-il vraiment d’une « résistance pacifique » ? Ce n’est pas une résistance pacifique. L’option [de la lutte armée] a-t-elle faibli ? Non. Au contraire, elle croît et se développe. C’est évident. Ainsi, lorsqu’on parle de « résistance pacifique », cela trompe le public. Il s’agit d’une résistance pacifique soutenue par une force militaire et par des services de sécurité, et bénéficiant d’un immense soutien populaire. Quant à la « résistance pacifique » [du Fatah], elle consiste en des rassemblements, des manifestations, des protestations, des plaidoyers et des requêtes, destinés à améliorer les termes des négociations, ou à permettre des pourparlers avec l’ennemi israélien. Cette tromperie ne dupe pas le public palestinien.

Hamon sur RTL : “Hélas, Les morts ne sont que d’un seul côté”

INVITÉ RTL – L’ancien candidat socialiste à la présidentielle a fermement condamné l’attitude et le rôle du président américain dans les affrontements à la frontière entre Gaza et Israël lundi 14 mai.

américain dans les affrontements à la frontière entre Gaza et Israël lundi 14 mai.

Les soldats israéliens ont tué 59 Palestiniens et blessé 2.400 autres lundi 14 mai lors d’affrontements à la frontière entre la bande de Gaza et l’État hébreu. Benoit Hamon, invité de RTL au lendemain de ces dramatiques événements, a estimé que “Donald Trump (était) directement responsable d’un bain de sang avec le gouvernement de Benyamin Nétanyahou”.

À l’occasion du 70e anniversaire de la création d’Israël, célébré ce 14 mai, les États-Unis ont inauguré le déplacement de leur ambassade de Tel Aviv à Jérusalem. Une promesse de campagne de Donald Trump à l’origine de violents affrontements entre l’armée israélienne et des Palestiniens de la bande de Gaza.

“Les morts ne sont que d’un seul côté”, déplore Benoît Hamon qui veut une condamnation ferme de la part de la diplomatie française. “Donald Trump traite tout cela avec une légèreté qui est insupportable, adressant des félicitations sur Twitter à Israël pour le déménagement”, condamne l’ancien socialiste, qui estime qu’Emmanuel Macron devrait changer d’attitude vis-à-vis de son homologue d’outre Atlantique. 

“On peut parler et éviter les embrassades”, a-t-il taclé en faisant référence à la visite du président français aux États-Unis. Il “s’est comporté en manquant de sobriété”, poursuit Benoît Hamon qui plaide pour des prises de positions fortes de la France et l’Union européenne.

“Je pense aujourd’hui que la France et l’Europe doivent reconnaître l’État de Palestine”, a lancé l’ancien candidat à la présidentielle. En décembre dernier, lors d’une conférence de presse avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, Emmanuel Macron avait fermé la porte à une reconnaissance unilatérale de l’État de Palestine.

Un député britannique donne une leçon à Macron et aux députés français

Un député britannique donne une leçon à Macron et aux députés français : “J’ai accusé à tort Israël, Israël a le droit absolu de se défendre”

Un député britannique a présenté mercredi ses excuses à Israël après avoir pris connaissance que 50 des 62 Palestiniens tués dimanche dans les affrontements avec l’armée israélienne appartenaient au groupe terroriste islamiste Hamas.

“Hier, j’ai critiqué le traitement israélien des protestations à la frontière de Gaza. Je n’aurais pas dû être si prompt à juger. Nous apprenons maintenant que les 50 tués étaient des terroristes du Hamas. Israël avait le droit absolu de se défendre contre de telles attaques, a reconnu sur Twitter le député Nick Boles.

Un haut responsable du Hamas a affirmé mercredi que la très grande majorité des Palestiniens tués cette semaine lors des heurts avec l’armée israélienne dans la bande de Gaza appartenaient au groupe terroriste islamiste, qui dirige l’enclave.

“Soixante-deux personnes ont été tuées” lundi et mardi, a dit Salah al-Bardaouil, interrogé sur les critiques selon lesquelles le Hamas tirait profit de la mobilisation. “Cinquante des martyrs (des morts) étaient du Hamas. Comment le Hamas pourrait-il récolter les fruits (du mouvement) alors qu’il a payé un prix aussi élevé”, a-t-il demandé.

Katty Scott – 

 

 

Arno Klarsfeld clashe Macron

Arno Klarsfeld clashe Macron : “La France ne veut même pas reprendre ses nationaux gangrenés par Daesh et on voudrait qu’Israël laisse entrer des dizaines de milliers de fanatiques assoiffés de sang israéliens”

 

“Si la manif avait été pacifique, limitée à Gaza il n’y aurait pas eu de tirs de la part des Israéliens. Ou l’armée ne tire pas et la barrière est détruite ou l’armée tire et il y a des morts. Le Hamas est criminel, une organisation terroriste payée par l’Iran, vouée à la destruction d’Israël”, a-t-il poursuivi.

“Quel pays laisserait passer de tels individus ? La France ne veut même pas reprendre ses nationaux gangrenés par Daesh et on voudrait qu’Israël laisse entrer des dizaines de milliers de fanatiques assoiffés de sang israéliens”, a-t-il conclu.

Le réalisateur polonais du film sur la Shoah ‘Ida’, « sur liste noire » en Pologne

Le réalisateur polonais du film sur la Shoah ‘Ida’, « sur liste noire » en Pologne

Pawel Pawlikowski a fait savoir que son film oscarisé est dorénavant interdit en vertu de la loi interdisant d’incriminer les Polonais dans les crimes nazis

Le réalisateur polonais Pawel Pawlikowski pose pour une photo à l'occasion du film "Cold War" lors de la 71ème édition du festival du film de Cannes, en France, le 11 mai 2018 (Crédit : AFP Photo/Valery Hache)

Le réalisateur polonais Pawel Pawlikowski pose pour une photo à l’occasion du film “Cold War” lors de la 71ème édition du festival du film de Cannes, en France, le 11 mai 2018 (Crédit : AFP Photo/Valery Hache)

CANNES, France (AFP) — Le réalisateur polonais Pawel Pawlikowski a déclaré vendredi que son film « Ida », couronné par un Oscar en 2015, figure dorénavant sur « une liste noire » établie par le gouvernement populiste de droite de son pays et il a comparé la censure exercée actuellement aux journées les plus noires du communisme.

L’homme de soixante ans, couronné par l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2015 pour « Ida », a déclaré à l’AFP que son oeuvre était interdite de diffusion à la télévision ou dans « les instituts culturels » polonais à l’étranger.

« Le film est sur une liste noire… Il y a une liste noire de quels livres, quels metteurs en scène, quels auteurs il ne faut pas soutenir », a-t-il expliqué.

« J’ai l’honneur d’être sur cette liste », a indiqué le cinéaste, dont le nouveau film « Cold War » a été présenté jeudi soir en compétition au festival de Cannes.

« Avec le nouveau gouvernement, qui a totalement pris le contrôle de la chaîne principale publique, c’est devenu comme pendant la période communiste maintenant. La propagande est incroyable à la télévision, » a-t-il ajouté.

Agata Trzebuchowska (à droite) et Agata Kulesza dans le film polonais intitulé « Ida » (Crédit : autorisation via JTA)

Son dernier film, « Ida », était devenu la cible d’attaques et d’une plainte du ministre de la Culture Piotr Glinski, qui était alors dans l’opposition, lorsqu’il avait été nominé aux Oscars.

Il avait accusé Pawlikowski de ternir la réputation du pays.

Le film qui raconte l’histoire d’une religieuse catholique qui découvre qu’elle est une orpheline de l’Holocauste se penche sur les assassinats des Juifs, durant l’occupation nazie, par les Polonais chez lesquels ils avaient trouvé refuge – un fait resté tabou durant des décennies.

La loi sur l’Holocauste

Il s’intéressait également au rôle des communistes juifs dans les services de sécurité polonais de l’après-guerre et à celui tenu par le système judiciaire dans l’élimination des opposants du régime.

Au mois de mars, le gouvernement de Glinski a adopté une « loi sur l’Holocauste » controversée qui rend illégale l’attribution des crimes nazis à la Pologne.

Pawlikowski, 60 ans, qui a passé la majorité de son existence en exil au Royaume-Uni, a indiqué ne pas avoir voulu donner une leçon d’histoire.

« Je ne fais pas de films politiques et je n’aime pas les regarder. Je préfère raconter des histoires sur des personnages qui ont des relations compliquées mais dans un monde où l’histoire a un poids sur eux, qui devient politique », a-t-il confié à l’AFP.

Il a précisé craindre que les conservateurs au pouvoir en Pologne – qui ont été accusés par l’UE de tenter de faire reculer les droits comme l’Etat de droit – ne transforment « Cold War » – histoire d’un amour tourmenté en pleine Guerre froide – en un autre scandale politique « pour ne pas avoir suffisamment insisté sur les horreurs du communisme ».

Piotr Glinski, le ministre de la Culture de la Pologne, le 12 novembre 2015, (Crédit : CC-BY-2.0/Wikimedia Commons)

« Cold War » est l’histoire de deux amants maudits – inspirés vaguement des propres parents de Pawlikowski – qui passent dangereusement d’un côté et de l’autre du Rideau de fer jusqu’à ce que l’un d’eux soit jeté dans un camp de travail communiste.

Qualifiée « d’insupportablement adorable » par le Hollywood Reporter, Joanna Kulig est déjà favorite pour le prix de la meilleure actrice au festival et a été comparée à feu la légende du cinéma français Jeanne Moreau par certains critiques.

« Un film qui ne simplifie pas la réalité a des problèmes aujourd’hui [en Pologne], a affirmé Pawlikowski.

« Actuellement, il y a un moment très idéologique en Pologne, avec le nouveau gouvernement de droite qui réinterprète tout en fonction de critères très simples: avant, c’était le mal pur, maintenant c’est génial, on est un peuple noble, il y avait des terribles communistes qui n’étaient pas nous… », a-t-il souligné.

« Ce n’est pas un moment pour les nuances », a-t-il conclu.

L’extrême gauche, ADN des semeurs de troubles

L’extrême gauche, ADN des semeurs de troubles

MARIE-ESTELLE PECH

QUI SONT ces quelque deux cents individus venus empêcher les étudiants de passer leurs examens, vendredi à Arcueil ? Toujours les mêmes, depuis le début du conflit avec le gouvernement il y a près de deux mois. Majoritairement des étudiants politisés à l’extrême gauche, la gauche radicale ou des sympathisants de ces mouvements. Lorsqu’on les questionne, ils se disent souvent adhérents au Nouveau Parti anticapitaliste, aux Jeunesses communistes ou aux Insoumis. Le député Éric Coquerel, de La France insoumise, qui fait la tournée des universités depuis le début du mouvement, était d’ailleurs présent à Arcueil vendredi matin, officiellement pour « protester contre la délocalisation des examens » des étudiants. Déjà le jour de l’évacuation du site de Tolbiac, il soutenait les étudiants délogés et avait auparavant pris la parole au sein d’une assemblée générale pour raconter tout le mal qu’il pensait de la politique d’Emmanuel Macron.

Casseurs du 1er Mai

Les députés de La France insoumise ont investi ce mouvement en multipliant les déplacements dans les établissements bloqués, partout en France, de Lille à Rennes. Ils s’appuient sur le réseau des comités de soutien créés dans les universités lors de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. À tel point que certains étudiants estiment que La France insoumise cherche à récupérer le mouvement. Mais ces jeunes opposés à la loi ORE peuvent aussi militer à SUD ou à la CGT, chez les anarchistes. L’Unef, syndicat étudiant proche du Parti socialiste, est également proche de ce mouvement… Parmi les 800 à 1 200 bloqueurs recensés dans toute la France par le ministère de l’Intérieur, certains sont aussi des professionnels de la contestation et ne sont plus étudiants depuis longtemps. Des casseurs du cortège du 1er Mai, qui avaient été interpellés, faisaient état d’études universitaires inachevées ou indéfinissables… Certains étant parfois passés par le service civique, d’autres gravitant dans le milieu associatif. Seule une petite partie d’entre eux avaient eu jusqu’ici affaire à la justice puisque environ 80 % des gardés à vue avaient encore un casier vierge. Ils comptaient dans leurs rangs un tiers d’étudiants, selon des informations du Figaro publiées le 4 mai. Issus notamment de Tolbiac, ils avaient été arrêtés aux côtés de huit étrangers, parmi lesquels figuraient un Algérien, un Belge, un Colombien, un Marocain, un Polonais, un Suisse ou encore un Syrien. M.-E. P.

Sciences-Po se rapproche de l’Université de Tel-Aviv

Sciences-Po se rapproche de l’Université de Tel-Aviv

De g. à d., François Heilbronn, Dominique Perben, Sharon Hannes, Jeremy Perelman et Ishai Blank (DR)

L’école de droit de l’IEP et la faculté de droit de l’Université de Tel-Aviv ont signé le 2 mai un accord de partenariat. Une nouvelle étape dans la coopération entre les deux établissements.

Entre l’Université de Tel-Aviv et Sciences-Po Paris, le dialogue ne date pas d’hier. En fait, il a débuté en 2005 par des organisations de colloques et des échanges de professeurs et d’étudiants. La coopération s’est développée et s’est étendue aux disciplines juridiques, conduisant donc à l’accord de partenariat qui a été formalisé au début du mois.

Aux termes de l’accord, la faculté de droit de l’Université de Tel-Aviv et l’école de droit de Sciences-Po Paris vont renforcer leurs échanges d’enseignants et d’étudiants, mais aussi créer des ateliers doctoraux, permettant aux étudiants de travailler ensemble sur des sujets communs. Le Pr. François Heilbronn, qui préside l’Association des Amis Français de l’Université de Tel-Aviv a annoncé la création d’une association des Amis des deux facultés, qui participera au financement de bourses d’études, de conférences et de cliniques juridiques où étudiants français et israéliens plancheront de concert sur des sujets pratiques.

Pour marquer l’événement, l’ancien Garde des Sceaux Dominique Perben était l’hôte de l’Université de Tel Aviv, où il a participé à un colloque sur l’indépendance de la justice. Un sujet actuellement au cœur du débat public en Israël, avec la réforme annoncée sur les compétences de la Cour Suprême. Le Professeur Yishaï Blank, de la faculté de droit de Tel-Aviv a abordé l’aspect israélien de la problématique. Les Amis de l’Université de Tel-Aviv et Dominique Perben ont été également conviés à visiter la Cour Suprême d’Israël et à une rencontre avec la juge Dafna Barak-Erez, à qui Sciences-Po Paris a décerné en décembre dernier un doctorat honoris causa.

Le BNVCA condamne le nouvel attentat islamo terroriste commis ce 13/5/18 rue Montsigny à Paris faisant un mort et plusieurs blessés parmi les passants.

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme condamne avec la plus grande vigueur le nouvel attentat islamo terroriste commis vers 21 h ce 13 mai 2018 à Paris rue de Montsigny dans le 2eme arrondissement de Paris. L’agresseur, un individu âgé d’une vingtaine d’années, de type nord africain, portant une barbe, cheveux longs, vêtu de noir, a commis son crime aux cris d'”ALLAH AOUAKHBAR” poignardé et  tué un passant et blessé plusieurs autres

Comme la plupart des attentats commis en France, il semble que l’auteur de cette attaque a imité et utilisé encore une fois le mode opératoire inventé par les terroristes palestiniens.
Le BNVCA salue l’action de la Police qui a rapidement neutralisé l’agresseur, évitant ainsi qu’il y ait d’autres victimes.
Le BNVCA exprime ses condoléances à la famille de la personne décédée et souhaite un prompt rétablissement aux blessés.
Le BNVCA reste attentif aux suites de l’enquête confiée à la DGSI et la Section antiterroriste
Le Président                                                   
Sammy GHOZLAN

La Corée du Nord démantèlera son site d’essais nucléaires dans 10 jours

La Corée du Nord démantèlera son site d’essais nucléaires dans 10 jours

La Corée du Nord «prend des mesures techniques» pour démanteler son site d’essais atomiques et invitera la presse étrangère à une cérémonie de lancement du processus entre les 23 et 25 mai, a annoncé aujourd’hui l’agence d’Etat KCNA.

«Une cérémonie de démantèlement du site d’essais atomiques est maintenant prévue entre les 23 et 25 mai, en fonction des conditions météorologiques», a indiqué l’agence, qui cite un communiqué du ministère nord-coréen des Affaires étrangères. La République populaire démocratique de Corée entend procéder en faisant exploser les tunnels servant aux tests nucléaires. Les accès à ces tunnels seront en outre totalement obstrués et toutes les structures d’observation ainsi que les instituts de recherches seront détruits.

A l’occasion d’un sommet intercoréen historique le 27 avril, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un avait proposé à Séoul de fermer en mai son seul site connu d’essais nucléaires, Punggye-ri, une installation secrète près de la frontière avec la Chine. Ce site souterrain a été le théâtre des six essais nucléaires menés par Pyongyang dont le dernier en date remonte à septembre.

Certains experts ont estimé qu’il s’agissait d’une concession de façade car le site pourrait être déjà inutilisable en raison du «syndrome de la montagne fatiguée». Selon des sismologues chinois cités en avril sur le site de l’Université de science et technologie de Chine, le dernier essai a provoqué un effondrement de roches à l’intérieur de la montagne.

Hier, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, avait cependant promis «un avenir de paix et de prospérité» à la Corée du Nord, si elle acceptait de renoncer rapidement à ses armes nucléaires.

«Si la Corée du Nord prend des mesures énergiques pour dénucléariser rapidement, les Etats-Unis sont prêts à travailler avec la Corée du Nord pour qu’elle atteigne la prospérité de nos amis sud-coréens», avait déclaré Mike Pompeo lors d’une conférence de presse avec son homologue sud-coréen à Washington.

Trois Américains libérés

Mike Pompeo, qui est rentré de Pyongyang cette semaine avec trois Américains qui étaient détenus en Corée du Nord, a déclaré que la libération des hommes avait aidé à établir les conditions d’une rencontre réussie entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un à Singapour le 12 juin.

Bilal Safa, le «justicier» de la trash TV irakienne

Bilal Safa, le «justicier» de la trash TV irakienne

REPORTAGE – Terroristes de Daech, égorgeurs d’enfants et tueurs en série : alors qu’une décrue de la violence semble enfin s’amorcer dans le pays, son émission «Ligne rouge» continue à le plonger chaque semaine dans le gouffre de la noirceur humaine.

Envoyé spécial à Bagdad

Son émission de téléréalité est le miroir de la brutalité de la société irakienne. On y voit défiler des égorgeurs d’enfants et des kidnappeurs maniant la scie à métaux, des crapules et des assassins en série, ainsi qu’une palanquée de terroristes de Daech, qu’ils soient simples poseurs de bombe ou grand argentier de l’organisation djihadiste.

Depuis six ans, «Ligne rouge» peut réunir plus de huit millions de téléspectateurs le mardi à 21 h 30, sur la chaîne privée al-Sumaria. Bilal Safa est – avec Ahmed Hassan, le présentateur d’un programme concurrent intitulé «Dans les griffes de la loi» – la star de la trash TV, un mode de programme en vogue sur les rives du Tigre.

Sa vie est une enquête sans fin sur le crime et le terrorisme, les deux fléaux qui s’entremêlent pour charrier un fleuve de sang, dans l’un des pays les plus violents de monde. Selon Iraq Body Count, un collectif de chercheurs et d’analystes installé au Royaume-Uni, plus de 288.000 personnes sont mortes en Irak par armes ou explosions depuis la chute du régime de Saddam Hussein en avril 2003. Et environ 10.000 personnes ont été tuées lors de la bataille pour la reprise de Mossoul à l’État islamique (EI). Alors qu’une décrue de la violence semble enfin s’amorcer, Bilal Safa continue à plonger dans le gouffre abyssal de la noirceur humaine.

Interrogatoires musclés

À 36 ans, l’animateur vedette a gardé des traits presque poupins. Costume noir serré à la taille et mocassins vernis, il se définit comme un «justicier» solitaire. Son générique claque comme un coup de feu: il montre une balle filmée au ralenti et en gros plan frapper le cœur d’une cible. Images et témoignages chocs, scènes de reconstitutions dramatiques interprétées par les criminels menottés et interrogatoires musclés sont les ingrédients de la recette de son succès. Les extraits défilent sur son téléphone portable.

«Un jour, un suspect a préféré signer des aveux plutôt que d’être “invité” dans “Ligne rouge”»

Un commerçant de Mossoul raconte qu’il a vu une femme être marquée au fer rouge sur le sein par un forgeron de Daech pour avoir allaité son bébé publiquement. Un prisonnier, ancien gouverneur d’une région de l’EI, est interrogé sur le plateau par un militaire du contre-terrorisme. Bilal Safa prend le relais pour durcir le ton lorsque les réponses lui déplaisent. Facétieux, il peut aussi feindre une sieste dans son divan s’il juge qu’un accusé le mène en bateau. «J’ai questionné un bourreau de Daech qui a tué 180 personnes de sa main. Un jour, un suspect a préféré signer des aveux plutôt que d’être “invité” dans “Ligne rouge”. Certains ont reconnu des crimes dans mon émission», se félicite l’animateur.

Bilal Safa ne se contente pas de reprendre les dossiers judiciaires, il mène ses propres enquêtes pour livrer des révélations fracassantes. L’animateur est convaincu de connaître le fonctionnement de l’EI bien mieux que bon nombre de ses cadres. «C’est à la base un groupe mafieux», commente-t-il. Son robinet à scoops est alimenté par des posts publiés par son public sur sa page Facebook.

Il rentre à peine de Bassora, une ville du sud de l’Irak qu’il a fuie à la fin d’un tournage en changeant quatre fois de voiture afin d’échapper à la mafia iranienne du cristal, une drogue de synthèse aux effets dévastateurs. «Là-bas, un toxicomane a tué son père pour 40 dollars. Les pèlerins iraniens qui visitent les lieux saints chiites de Nadjaf et de Karbala transportent la marchandise dans leurs bagages. J’ai osé dénoncer l’implication de l’État iranien dans le trafic», dit-il.

Menacé de mort

Menacé de mort, Bilal Safa a été blessé à son domicile dans un attentat à la grenade. Son oncle et son frère ont été victimes de rapt, la première cause d’insécurité dans la capitale irakienne. Son père, un ancien militaire, s’est fait couper un doigt par ses ravisseurs. Des inconnus rêvent de le «découper en morceaux». La direction de Daech a proposé un poste de haute responsabilité à celui qui lui ramènerait sa tête.

Bilal Safa doit se méfier de ses ennemis mais aussi prendre garde à la justice irakienne qui voit d’un mauvais œil ce vengeur piétiner ses plates-bandes. «Elle ne reconnaît pas mon travail, se plaint-il. Mon but est de défendre les victimes et les opprimés en dévoilant des réalités cachées. J’ai le soutien du peuple. J’ai pensé à faire de la politique et à me présenter aux élections législatives, mais j’ai renoncé à mon projet pour pouvoir continuer mon émission.» Flanqué d’un garde du corps, il s’attend «toujours au pire» et avoue un «stress permanent» mais veut continuer à faire passer son «message» et dire «aux gens»: «gardez espoir, les criminels finiront par être démasqués!»

Jean-Luc Godard annonce son soutien au mouvement de boycott du cinéma israélien

Jean-Luc Godard annonce son soutien au mouvement de boycott du cinéma israélien et se met hors la loi

Selon la pétition signée par le cinéaste et d’autres professionnels, la saison France-Israël de l’Institut français représente une tentative de redorer le blason d’Israël

Par JTA 9 mai 2018, 00:27

Le réalisateur Jean-Luc Godard assiste à un débat au cinéma des Cinéastes à Paris, le 19 juin 2010 (PHOTO AFP / Miguel MEDINA)

Le cinéaste français Jean-Luc Godard a rejoint des dizaines d’autres professionnels de l’industrie cinématographique française qui ont promis de boycotter un événement célébrant le cinéma israélien.

Godard, pionnier du cinéma de la Nouvelle Vague des années 1960 et marxiste avoué qui a déjà combattu des accusations d’antisémitisme, a ajouté son nom à une pétition du 4 mai appelant à un boycott de la saison France-Israël organisée par l’Institut français.

L’organisation gérée par l’Etat qui vise à promouvoir la culture française à l’étranger a programmé l’événement, qui aura lieu le mois prochain, en coopération avec des responsables du gouvernement israélien.

« Sous couvert de promouvoir le dialogue et l’échange », lit-on dans la pétition, « cette initiative est en réalité l’un des moyens mis en œuvre par le gouvernement israélien pour redorer le blason de l’Etat d’Israël, passablement terni par sa politique chaque jour plus dure à l’encontre des Palestiniens et son statut de start-up nation du sécuritaire ».

Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme a accusé mardi les cosignataires « de tenter de discriminer le seul Etat démocratique juif » tout en « restant aveugles, sourds et muets quand il s’agit de la culture antisémite palestinienne transmise par des théâtres, des cinémas, de la musique et qui est utilisée pour propager cette haine dans les écoles » en Cisjordanie et à Gaza.

En plus de Godard, réalisateur de « A bout de souffle », la pétition a également été signée par Eyal Sivan, réalisateur né en Israël qui, en 2001, alors que la France connaissait une vague d’agressions antisémites, a déclaré que « les agents de l’Agence juive ont un moyen pour augmenter les chiffres de l’alyah : les incendies de synagogues. »

Il a également déclaré que les Juifs de France payaient le prix de « la situation coloniale et meurtrière qui prévaut depuis plus de cinquante ans en Israël et Palestine ».

Le philosophe Alain Finkielkraut a défini Sivan comme un « juif antisémite », ce qui a amené le réalisateur à poursuivre Finkielkraut pour diffamation. Sivan a perdu son procès.

En 2013, Eyal a déclaré que « le sionisme dirigeait la France ».

Godard a déjà été accusé d’antisémitisme en France. Il avait alors nié ces allégations, déclarant que son père était antisémite mais que lui était simplement anti-sioniste.

Godard a travaillé en 1970 sur un film intitulé « Jusqu’à la victoire », dépeignant la « lutte palestinienne pour l’indépendance », partiellement financé par la Ligue arabe. Le projet n’a jamais abouti. Il présentait des images alternées de l’ancienne Premier ministre israélienne Golda Meir et d’Adolf Hitler.

Dans une biographie de Godard publiée en 2008, Richard Brody écrivait que « l’obsession de Godard pour l’histoire vivante […] a apporté un ensemble troublant d’idées fixes, notamment concernant les Juifs et les Etats-Unis ».

IRAN : LES MOLLAHS NE SONT PAS DÉFENDABLES PAR IVAN RIOUFOL

Iran : les mollahs ne sont pas défendables par Ivan Rioufol

Toujours se méfier de l’unanimisme médiatique : ses tambours et grosses-caisses empêchent d’entendre d’autres partitions. Contre Donald Trump, qui a confirmé mardi soir sa décision de rompre l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, l’affaire est entendue : voilà le président des Etats-Unis intronisé, ce mercredi, “déstabilisateur de la planète”. Sa décision est “un coup grave porté à la sécurité internationale, et même gravissime”, a expliqué Laurent Fabius, ce matin sur RTL.C’est lui qui, ministre des Affaires étrangères, avait cosigné le document porté par Barack Obama. Dès la ratification du texte, j’en avais dénoncé les “failles” (lire ici), tandis que la majorité de commentateurs n’y trouvait rien à redire. Aujourd’hui, ceux-là admettent des “lacunes” dans ce traité : de fait, il a permis à l’Iran des mollahs de multiplier les essais balistiques et de déstabiliser encore davantage le Yemen, la Syrie, le Liban. Il est donc loisible de constater, à ce premier stade, la légitimité des mises en garde de ceux qui s’inquiétaient de l’angélisme d’Obama et de la duplicité d’une dictature islamiste revendiquant vouloir la mort des Etats-Unis et d’Israël. Au risque d’aggraver mon cas, je trouve ces jours-ci comme un air de famille entre les munichois des années 30 et ceux qui viennent au secours de cette théocratie totalitaire, corrompue, oppressante. Ces beaux esprits se rassurent en se persuadant de la sottise de Trump. Ils devraient plutôt s’interroger, par exemple, sur l’idéal de liberté qui motive ces admirables iraniennes qui provoquent le pouvoir en ôtant publiquement leur voile. Le peuple vaut bien mieux que ses geôliers.

Il est de bon ton, dans les médias, de persifler sur les forfanteries de Trump, en réduisant son intérêt aux accusations portées par une actrice porno ou aux soupçons d’influences russes sur son élection. Pour ma part, c’est chez Emmanuel Macron que j’observe avec le plus d’évidence les symptômes d’une surpuissance immature et irréfléchie. C’est bien le président français qui, en effet, s’était initialement présenté aux yeux du monde comme celui qui, seul, pourrait influer sur les décisions du président américain, tant à propos de l’accord de Paris sur le climat que sur l’accord avec l’Iran. En réalité, sur ces deux dossiers, l’échec diplomatique de la France est patent. Ceux qui répètent paresseusement que Trump est imprévisible et influençable ne semblent pas vouloir remarquer qu’il tient ses engagements et suit une doctrine construite sur le rapport de force. Cette stratégie lui a réussi avec l’Arabie saoudite, qui l’appuie dans son offensive contre Téhéran. Elle pourrait également porter ses fruits prochainement avec la Corée du Nord, qui s’est ouverte à la négociation sur sa dénucléarisation. Son bras de fer avec l’Iran n’est évidemment pas sans risque. Mais ce régime, régulièrement contesté par la population, reste une construction fragilisée. Quand Trump s’adresse aux Iraniens en leur disant, mardi soir : “Le peuple américain se tient à vos côtés”, il sait que le peuple iranien, dans sa majorité, aspire à la liberté et au mode de vie occidental. Trump est sans doute mieux entendu de lui que ceux qui se lamentent de ses mauvaises manières faites aux barbus au pouvoir.

Ivan Rioufol

Enfin un documentaire sur (tous) les esclavages!

Enfin un documentaire sur (tous) les esclavages!

Arte diffuse une série documentaire remarquable sans oubli ni culpabilité


Loin des demandes de repentance et de l’esprit de la (première) loi Taubira, Artediffuse en ce moment une série documentaire sur l’esclavage qui n’oublie pas les traites que d’autres ont occultées… 


Regarder Arte est fréquemment une épreuve. À 20 heures lorsque qu’on s’affale devant la télé, il y a la pire émission du paf les « 28 minutes » d’Élisabeth Quin. Sa vision vous expose à l’absorption d’une dose létale de doxa nécessitant une mise immédiate à l’abri. Heureusement, il y a ce que l’on appelle le « replay » dont il faut aller de temps en temps consulter les programmes. On y trouve des pépites comme la récente série de quatre documentaires intitulée Les routes de l’esclavage.

Superbes séquences filmées, animations particulièrement réussies, interviews d’universitaires érudits, les quatre documentaires bénéficient aussi d’une construction chronologique qui en accentue la clarté. Le premier épisode s’attache à décrire ce que fut la traite arabo-musulmane, les trois autres détaillent l’émergence, la maturité et le déclin de la « traite atlantique » nommée comme telle, car les routes étaient essentiellement celles de l’Atlantique pour alimenter le Nouveau Monde en esclaves. Intéressé par le sujet, j’avais déjà lu un certain nombre d’ouvrages et en particulier ceux d’Olivier Pétré-Grenouilleau et celui de Tidiane N’diaye, Le Génocide voilé.

Taubira ne va pas aimer

J’étais un peu méfiant compte tenu des polémiques qui avaient accompagné la publication de ces livres et les insultes et les procès d’intention ou carrément judiciaires dont avaient été victimes les auteurs. Et surtout, à cause du battage communautariste qui avait suivi l’adoption de la loi de 2001 dont Christiane Taubira était rapporteur. La concurrence mémorielle faisait florès, malheur à ceux qui voyaient une différence de nature entre la Shoah-génocide et la traite-crime contre l’humanité. Jamais en retard d’une mauvaise action, Christiane Taubira, insista pour que la traite arabo-musulmane échappe à l’opprobre. À ceux qui l’interrogeaient sur cette absence, elle avait répondu par cette formule stupéfiante : « Il ne faut pas que les jeunes Arabes portent sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes ». En revanche, les jeunes blancs, ils ont des dos plus solides, c’est ça ? Mes craintes étaient infondées, même s’il y a des sujets de débat, des approches peut être discutables, l’ensemble est d’une grande honnêteté.

Après un rapide rappel de l’esclavage dans l’Antiquité, le premier chapitre porte donc sur la traite arabo-musulmane, sa longueur (1300 ans), ses spécificités, sa violence et les conséquences terribles sur les sociétés africaines. Et l’on comprend mieux que le monde arabe soit encore aujourd’hui le lieu des pires exploitations et de fréquentes résurgences de la violence esclavagiste. Les trois épisodes suivants examinent les causes et les modalités de l’installation et du développement de la traite atlantique. S’articulent alors causalités et corrélations, dans un enchevêtrement structuré par la colonne vertébrale de l’émergence du développement économique capitaliste occidental à partir du XVe siècle. Les débuts du deuxième millénaire de notre ère ont été marqués en Méditerranée par l’affrontement entre le monde arabo-musulman et le monde chrétien. En 1453, la prise de Constantinople par les Turcs ferme les routes du commerce européen vers l’Asie et pousse les nations de marins vers l’Atlantique, en direction de l’Afrique et du Nouveau Monde. À la recherche de l’or, ils y trouveront de la chair humaine. Remarquablement documentés et réalisés, ces épisodes nous donnent à voir comment dans un processus effrayant de réification, l’homme est devenu un outil. Et c’est là que se situe la différence avec la traite arabo-musulmane. Qui prive certes l’esclave de son humanité, mais lui en laisse quelques bribes. La violence se manifeste de diverses façons et elle nous apparaît aujourd’hui proprement intolérable, mais elle ne pousse pas jusqu’au bout certaines logiques de négation absolue, qui seront celles de la traite européenne.

Qui est né en premier: l’esclavage ou le capitalisme ?

Plusieurs civilisations avaient acquis au XIVe siècle les bases matérielles du passage au capitalisme et en particulier le monde arabe et la Chine. Pour des raisons sur lesquelles les débats entre spécialistes font rage, c’est l’Europe de l’Ouest qui a enclenché le processus. Pourquoi, comment ? Ce sont des discussions sans fin sur la poule et l’œuf. Pour savoir si c’est l’esclavage qui a permis comme on dit chez les marxistes, l’accumulation primitive de richesse et la création des structures de crédit et d’assurance indispensables à l’essor du capitalisme et à la révolution industrielle. Ou si c’est l’essor du capitalisme qui a permis l’instauration de la traite atlantique. Indiscutablement, la série penche pour la première hypothèse. On peut retenir la seconde, c’est mon cas.

Aldo Schiavone, professeur de droit romain et grand spécialiste de l’Antiquité a avancé, dans un ouvrage intitulé L’Histoire brisée, la Rome antique et l’Occident moderne, une hypothèse pour expliquer la chute de l’empire romain. Pour lui, c’est l’incapacité à accomplir le saut que nécessitait l’abandon du mode de production esclavagiste qui est à l’origine de l’effondrement. Et que la Renaissance, après la convalescence du Moyen Âge, n’est que la reprise d’une continuité enracinée dans l’antiquité romaine. Schiavone identifie trois obstacles au passage de Rome à un autre mode de production : le manque d’investissement, les limites de l’exploitation des forces de travail serviles et l’absence d’innovation. Ce qu’il formule de la façon suivante : « La disponibilité des capitaux (publics ou privés) et les possibilités technologiques ne se rencontrèrent jamais… à ceci s’ajouta un trait antimatérialiste qui allait conditionner toute la civilisation antique ».

C’est l’Occident qui a aboli l’esclavage

Les historiens interrogés dans les documentaires en question nous montrent justement qu’à partir du XVe siècle, les possibilités technologiques et les capitaux vont se rencontrer, et l’essor de la bourgeoisie européenne va faire sauter le verrou culturel. C’est l’entrée de l’Occident dans les eaux glacées du calcul égoïste. Car ce que montre de façon parfois terrifiante ces films, c’est le caractère implacable de ce calcul économique appliqué à l’esclavage. On a besoin de bras, on va déshumaniser par principe les hommes libres raflés ou achetés, et organiser leur servitude à partir des seuls critères de rentabilité et de profit. Au regard des acteurs de cette immense tragédie, les esclaves ne sont que des marchandises qui circulent puis des outils qui travaillent. Et rien d’autre. Cette déshumanisation des victimes de la traite, s’accompagne de celle de ceux qui l’exploitent, abandonnant tous les sentiments humains d’altruisme, de morale et de compassion. De façon dialectique, ce commerce va générer très tôt un malaise grandissant dans les sociétés européennes. Il apparaît très tôt face à cette terrible violence, on lui opposera des constructions idéologiques qui deviennent intenables les unes après les autres, et nous horrifient aujourd’hui. Avec son : « Périssent les colonies plutôt qu’un principe ! », Robespierre obtiendra le 16 pluviôse an II (4 février 1794), que l’esclavage soit aboli pour la première fois dans le monde. Car le paradoxe de cette traite atlantique c’est que le constat de son caractère inacceptable et la lutte pour son abolition sont venus des sociétés européennes elles-mêmes. Au travers de luttes parfois acharnées, motivées par l’humanisme mais aussi par la volonté de ces sociétés de se prétendre plus civilisées parce qu’ayant renoncé à cette barbarie. Constatons que le monde arabe n’a jamais effectué ce travail.

On achève bien les chevaux…

Il est difficile de ressortir de la vision de ces quatre épisodes sans un certain trouble. Car ils nous montrent tout ce qui a marqué la civilisation occidentale et y laisse aujourd’hui des blessures encore vives. Mais il n’est pas question de repentance, et je refuse cette prétention à de quelconques réparations financières. Il faut cependant regarder en face ce qui apparaît au travers de cette histoire de la traite atlantique : la violence intrinsèque du capitalisme dont l’Europe de l’Ouest a imposé le modèle au monde. Au XIXe siècle, parallèlement à la poursuite de l’esclavage dans les colonies, il y a eu l’accouchement de la révolution industrielle. D’une très grande violence à l’égard de populations rurales massivement et durement prolétarisées, ou forcées à émigrer, pour être ensuite jetées dans des guerres mondiales elles-mêmes industrielles. On n’oubliera pas les colonisations elles aussi marquées par la violence. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, on a pu voir un peuple civilisé et cultivé basculer dans une barbarie insensée. Avec un rétablissement massif de l’esclavage par le travail forcé des populations considérées comme inférieures et la déshumanisation absolue des juifs dans un génocide rationnel et industriel. La grande bourgeoisie allemande a non seulement porté Hitler au pouvoir mais, sachant tout, n’a eu aucun état d’âme à en profiter et à soutenir la pire des aventures criminelles.

Évidemment, la violence humaine n’est pas propre au capitalisme, le prétendre serait absurde. Mais dans ce domaine, ce mode de production n’a guère d’état d’âme. L’histoire de la traite atlantique en est une terrible démonstration.

Evènement au Grand Palais. La Saison Croisée France Israël et les 70 ans d’Israël.

A l’occasion du lancement de la Saison Croisée France Israël et des 70 ans d’Israël , en collaboration avec l’Ambassade d’Israël en France, la Chambre de Commerce France Israël organise, du 5 au 8 juin, dans le Salon d’Honneur du Grand Palais une exposition présentant 70 ans d’innovations israéliennes.

Cette exposition sera inaugurée le 5 juin par le Président de la République Française et par le Premier Ministre Israélien

Pendant longtemps, Israël n’a été perçu que dans le cadre politique des conflits qui agitent le Moyen Orient depuis des décennies. Or de tout temps, quand on va en Israël on se rend compte qu’il n’y a aucun rapport entre cette perception de crise et la réalité, celle d’un pays qui vit normalement et où l’on ne voit pas plus de képis et où on se sent autant en sécurité qu’en France ou en Europe.

Depuis la sortie du livre The Start Up Nation, l’image d’Israël s’est rapprochée de la réalité, ce livre a mis en évidence qu’Israël est non seulement un pays normal, mais mieux encore, un pays particulièrement dynamique où l’innovation est reine et qui concurrence la Silicon Valley. Du coup, Israël intéresse beaucoup plus qu’avant les entrepreneurs de tous les pays. Ils s’y rendent bien plus souvent et reviennent avec une image plus fidèle de ce pays. Cette prise de conscience de ce qu’est Israël présente un intérêt supplémentaire important pour tous les responsables économiques et politiques: ce dynamisme et ce pragmatisme économique expliquent que la R&D civile israélienne représente 4,5% du Produit Interieur Brut contre une moyenne de 2% pour l’UE, d’où une croissance moyenne de 3 à 4%, un taux de chômage de 4% et un PIB par habitant comparable au nôtre.

Le fait qu’Israël soit l’un des leaders mondiaux en matière de recherche fondamentale et appliquée n’a pas mis fin aux accusations absurdes d’apartheid.

Il nous a donc paru très opportun, à l’occasion de la Saison Croisée France Israël, de revenir sur nombre d’innovations israéliennes qui ont très sensiblement amélioré les conditions de vie bien au delà des frontières d’Israël. En vous rendant au Grand Palais vous comprendrez très concrètement pourquoi, au lieu d’être le mouton noir d’un certain nombre de commissions de l’ONU et de l’UNESCO, Israel doit être considéré comme une référence pour faire avancer le monde, qu’il s’agisse de l’irrigation goutte à goutte qui, en zone aride, a permis d’augmenter les productions agricoles, des systèmes anti collision automobile de Mobileye qui sauve des vies, de l’aide à la navigation automobile de Waze qui réduit les encombrements et donc la consommation de carburant, des interventions en cas de catastrophe où les sauveteurs israéliens arrivent souvent parmi les premiers.

Nous espérons donc vous voir très nombreux au Grand Palais du 5 au 8 juin et favoriser ainsi de nouvelles JV entre entrepreneurs français et israéliens.

Vous pouvez dès à présent vous inscrire et visionner le programme (exposants et intervenants ) via le lien ci-dessous

Henri Cukierman

Président

Chambre de Commerce France Israël

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Déclarons la lutte contre l’antisémitisme grande cause nationale.

Au marché d’Argenteuil, la haine des « sionistes » a pignon sur rue

Déclarons la lutte contre l’antisémitisme grande cause nationale.

 

« Le procès injuste et délirant d’antisémitisme fait aux citoyens français de confession musulmane et à l’islam de France à travers cette tribune présente le risque patent de dresser les communautés religieuses entre elles », a écrit le recteur de la mosquée de Paris Dalil Boubakeur, pour répondre au manifeste des 300 contre l’antisémitisme publié dans Le Parisien.

Il me semble que face aux débats stériles, et aux discours de déni, il convient d’opposer des faits. Rien de tel que la réalité, pour nourrir avec pertinence le débat public. Et c’est bien un fait que je m’apprête à relater ici.

Il est beau mon burkini, il est beau

Nous sommes le dimanche 6 mai, et il est 12h20, à Argenteuil, commune la plus peuplée du Val d’Oise (110 000 habitants). Je viens de rentrer du marché Héloïse qui se situe dans le centre-ville, mais où il n’y a aucune mixité ethnique, sociale ou culturelle. La majorité des personnes qui sont en train de faire leurs courses ici, sont comme moi issues de l’immigration maghrébine. La moitié des femmes au moins est voilée, et le vendeur de maillots de bains, ne tarit pas d’éloges au sujet du burkini dont il fait la promotion sous mes yeux.

A l’entrée du marché, je suis passée devant un stand avec des gadgets à vendre aux couleurs du drapeau palestinien. T- shirts, mugs, stylos, tous portant le slogan « Free Palestine ».

L’orateur crache un discours de haine absolument insupportable à l’égard d’Israël. « Tueurs d’enfants ! Les sionistes chassent les gens de leurs propres terres ! Israël assassin ! Israël terroriste ! Aidez-nous à sauver les enfants palestiniens de l’entité sioniste ! » Sa voix était emplie de colère, le ton martial et l’antisémitisme sortant de chaque pore de sa peau. Il était rouge, le visage dégoulinant de sueur, exalté. Cet appel à la haine ne dérangeait apparemment personne. Le stand attirait même des clients.

« Nous ne sommes pas antisémites, Madame ! »

Mon sang n’a fait qu’un tour. Je suis allée voir les personnes qui tenaient ce stand, et j’ai crié pour tenter de recouvrir la voix du prêcheur : « Nos enfants tuent des Juifs en France ! Vous êtes moralement responsables de ces meurtres ! Cessez d’inciter les gamins à la haine ! »

La rage avait mis des larmes dans ma voix. Une femme derrière le stand, chargée de vendre les t-shirts de cette association, me dit : « Nous ne sommes pas antisémites, Madame ! » Celui qui distribuait des tracts a tenté l’apaisement, calmement il s’est approché de moi et m’a dit à voix basse: « Est-ce qu’on peut discuter des enfants tués par les Israéliens ? »

J’ai fait un véritable scandale. Des passants interloqués, se retournaient, ne comprenaient pas tout à fait ce qui se passait. J’étais si fébrile que j’avoue avoir fini par proférer des insultes en arabe. J’ai lancé des malédictions également en arabe vers ces faiseurs de haine: « na’alatou allah ‘alikoum almoujrimin ! Rabbi inezzel ‘alikoum lghadab dial denya ou din ! » (que Dieu vous maudisse bande de criminels ! Qu’Il abatte sur vous son mécontentement jusqu’au jour du jugement dernier !). Je n’ai pas su dialoguer, essayer de convaincre et c’est un échec pour moi, que d’avoir cédé à l’indignation.

Touche pas à mon élève !

Professeur dans un lycée difficile de la banlieue parisienne, je n’ai comme circonstance atténuante que mon souci constant de protéger la jeunesse de notre pays, des idéologies de haine. Mon métier est un sacerdoce, ma mission noble et mon devoir républicain sacré. En trois mots : je suis passionnée. Touche pas à mon élève !

J’ai été seule à cet instant, devant le stand de cette association. Je me suis sentie bien seule dans un marché bondé.

Personne n’était dérangé par ce discours antisémite débridé. C’est une chanson douce à laquelle trop de concitoyens sont habitués. Et il est possible que M. Boubakeur lui-même y soit trop habitué, ou encore ignorant de la réalité du terrain. Ils en sont arrivés à un stade où ils ne comprennent même pas où est le problème.

Il est temps que la France déclare la lutte contre l’antisémitisme grande cause nationale.

par

À qui profite le crime ? « Aux sionistes » répond Qaradhawi

À qui profite le crime ? « Aux sionistes » répond Qaradhawi

Alors que le débat fait rage autour du manifeste contre le nouvel antisémitisme initié par Philippe Val et publié le 22 avril dernier dans Le Parisien, l’historien des idées Pierre-André Taguieff, auteur d’une œuvre foisonnante sur le racisme et le conspirationnisme, publie ce jour Judéophobie, la dernière vague chez Fayard. Seize ans après La Nouvelle judéophobie (Mille et Une Nuits, 2002), Taguieff dresse le bilan de la configuration antijuive qui s’est mise en place depuis le début des années 2000. En exclusivité, Conspiracy Watch en publie les bonnes feuilles* (1/2).

La dimension jihadiste de la forme dominante de la judéophobie contemporaine, centrée sur l’antisionisme, est le produit d’un héritage politico-religieux complexe. Depuis la fin des années 1960, on observe une islamisation progressive de la judéophobie, à travers la place toujours croissante occupée par la « cause palestinienne » dans le nouvel imaginaire antijuif transnational partagé désormais par les musulmans et les non-musulmans qui se disent « antisionistes ». L’engagement jihadiste en faveur de la « cause palestinienne » n’est pas une conséquence de la création de l’État d’Israël. Il n’est pas non plus une réaction à la « politique d’Israël », qui serait « colonialiste », « impérialiste » ou « raciste ». Il est le produit d’une intense activité de propagande commencée au début des années 1920, conduite par des idéologues mêlant le panarabisme et le panislamisme.

La jihadisation du nationalisme palestinien est contemporaine de la fabrication de ce dernier, en tant que mouvement politique et religieux au cours des années 1920 et 1930, par l’un des principaux idéologues du national-islamisme arabe : le « Grand Mufti » (al-Mufti al-Akbar) de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini. Le rapprochement de ce dernier avec l’Allemagne nazie est attesté dès le 31 mars 1933, la veille de l’opération de boycottage lancée par les nazis contre les Juifs allemands. La nazification du national-islamisme palestinien s’est poursuivie jusqu’à la collaboration active, à partir de la fin 1941, du « Grand Mufti » avec le Troisième Reich. Dans la construction d’un antisionisme islamiste à vocation internationale, en cela non réductible au nationalisme arabe, les Frères musulmans, sous la direction de Hassan al-Banna (1906-1949), ont joué un rôle important, tout comme l’antijuif fanatique qu’était le nazi Johann von Leers (1902-1965), converti à l’islam en 1956 dans l’Égypte de Nasser où il participait  à la propagande « antisioniste » du régime. L’islamisation du nazisme et la nazification de l’islam, ces deux processus simultanés qui sont à l’origine de l’antisionisme radical, peuvent être symbolisés par les noms de Leers (« Omar Amin ») et de al-Husseini.

Dans les années 1950,  l’idéologue islamiste égyptien Sayyid Qutb, membre des Frères musulmans, a pris la relève, en désignant clairement l’ennemi : « les Juifs », sans l’habiller du vocabulaire antisioniste ou anti-impérialiste. Les Juifs étant dénoncés comme les plus anciens et les plus redoutables des ennemis de l’Islam, le lien est fait entre l’antijudaïsme musulman traditionnel et l’antisionisme radical contemporain. Le Hamas a recueilli explicitement cet héritage politico-religieux, qui continue de nourrir le nationalisme palestinien, dont l’horizon reste jihadiste.

Tariq Ramadan a fait connaître à ses propres admirateurs français le célèbre idéologue islamiste Yusuf (ou Youssef) al-Qaradhawi (né en 1926), prédicateur sunnite d’origine égyptienne, exilé au Qatar depuis 1970. Ce membre éminent des Frères musulmans, téléprédicateur-vedette d’Al-Jazira, a présidé à Londres le Conseil européen de la fatwa et de la recherche, reconnu en France par l’UOIF.  Le Conseil européen de la fatwa et de la recherche n’a pas hésité, en juillet 2003, à délivrer une fatwa justifiant les « attentats-suicides » contre les Israéliens, y compris ceux qui visent des civils, dans le cadre d’un jihad visant à reconquérir la « terre d’islam » palestinienne. Le 17 juin 2004, le « savant » admiré par Tariq Ramadan déclarait : « Il n’y a pas de dialogue entre nous et les Juifs, hormis par le sabre et le fusil. » Lors d’un sermon du vendredi diffusé sur Qatar TV le 14 janvier 2005, dans lequel il célébrait les jihadistes combattant les Juifs et « leurs alliés », Qaradhawi invoquait ainsi Allah : « Allah, viens en aide spirituellement aux combattants du jihad et assiste-les de tes nombreux soldats … Allah, [fais mal] à tes ennemis, les ennemis de l’Islam. Allah, [fais mal] aux Juifs déloyaux et agressifs. Allah, [fais mal] à leurs alliés qui les soutiennent et nous oppressent. Allah, [fais mal] aux ennemis de l’Islam et des musulmans. » Le « global mufti », président de l’Union internationale des savants musulmans (UISM), a été condamné par contumace, le 18 janvier 2018, à la prison à perpétuité par un tribunal militaire égyptien. Les sermons du cheikh Qaradhawi restent des morceaux d’anthologie en matière d’incitation à la haine et à la violence contre « les sionistes » et les autres « ennemis de l’Islam ». Mais ils illustrent aussi les « théories du complot » qui circulent dans le monde musulman. Dans un prêche du vendredi diffusé le 4 avril 2003 par Al-Jazira, il exposait sans fard son interprétation conspirationniste des méfaits supposés d’Israël et des « sionistes » partout dans le monde :

« Il y a une tyrannie sioniste, cette tyrannie qui n’a pas de limite. […] Quant à ces sionistes, ils prennent plaisir à tuer des humains, à répandre le sang […]. Les bêtes sont meilleures que les sionistes. […] Ce qui se passe en Irak ne sert en réalité que le sionisme et Israël. Le premier à profiter de tous ces événements est Israël. L’affaiblissement de l’Irak est un renforcement d’Israël, la destruction des armes de l’Irak sert les intérêts d’Israël. Tout ce qui se passe sert les intérêts d’Israël. Cherchez Israël, cherchez le sionisme derrière tous les événements et vous verrez que leur main invisible intervient dans grand nombre d’affaires. »

Face à tout événement perturbant, à la question « À qui profite le crime ? », la méthode Qaradhawi consiste à répondre « aux sionistes et à Israël ».

 

* Les notes de bas de page de la version originale n’ont pas été reproduites ici afin de faciliter la lecture.

Ap

Appel contre l’antisémitisme : un ministre turc compare les Français signataires à Daech

Le ministre turc des Affaires européennes s’est emporté dimanche contre le “manifeste des 300 contre le nouvel antisémitisme” appelant à modifier des versets du Coran. Des “barbares” dignes de Daech, a accusé Ömer Çelik.

L’appel remonte à deux semaines mais c’est ce dimanche que le ministre turc des Affaires européennes, en charge des négociations avec l’UE dans le processus d’adhésion, y a répondu ouvertement. Ömer Çelik, membre du parti islamiste du président Recep Tayyip Erdogan, l’AKP, a publié une série de tweets dans lesquels il accuse les signataires d’un manifeste “contre le nouvel antisémitisme” d’avoir une “idéologie barbare”, dressant un parallèle avec les combattants du groupe terroriste Etat islamique.

Ce “manifeste des 300”, publié par Le Parisien le 22 avril, dénonçait une “épuration ethnique à bas bruit” en France et relevaient que des juifs ont ces dernières années été “assassinés – et certains torturés – parce que juifs par des islamistes radicaux”. Les signataires réclamaient notamment “que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés de caducité par les autorités théologiques” de l’islam. Ce texte, à l’initiative de l’ancien directeur de Charlie Hebdo Philippe Val, avait été signé par des personnalités de premier plan comme l’ex-Président Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni-Sarkozy, les anciens Premiers ministres Manuel Valls, Jean-Pierre Raffarin et Bernard Cazeneuve, des personnalités politiques comme Laurent Wauquiez et Christian Estrosi mais aussi des artistes et intellectuels comme Charles Aznavour, Gérard Depardieu, Bernard-Henri Lévy ou Alain Finkielkraut.

Une “affinité idéologique avec Daech”

Mais pour le ministre turc, cet appel est “l’exemple le plus frappant de la violence intellectuelle et de la barbarie” qui peut sévir de la part d’intellectuels et politiques “au coeur de l’Europe”. “Ces gens”, en “première ligne dans le sectarisme”, n’auraient pas pu “montrer plus ouvertement leur affinité idéologique avec Daech”, a poursuivi Ömer Çelik.  “Il est facile d’identifier des liens directs avec Daech. Mais ceux qui se parent d’un tel déguisement intellectuel et politique sont les plus dangereux”, a-t-il insisté dans six tweets successifs au moment du lancement de la campagne électorale en Turquie, pour les élections présidentielle et législatives anticipées du 24 juin.

L’appel en question a été loin de faire l’unanimité en France. De nombreux représentants de l’islam en France se sont élevés contre ce texte évoquant un “antisémitisme musulman”. Et une autre tribune signée par 120 premiers signataires – dont le président de SOS Racisme Dominique Sopo et l’historien Benjamin Stora – et publiée dans Le Monde reprochait également une focalisation “sur le seul antisémitisme des islamistes”. “Non seulement nous ne stigmatisons pas, mais nous avons un certain nombre d’imams qui ont signé avec nous et qui sont eux-mêmes horrifiés par ce qui se passe”, s’était défendu à l’inverse sur France Inter l’essayiste Pascal Bruckner, signataire du premier manifeste.

 

Source : lejdd.fr, 8 mai 2018

N’en déplaise aux adeptes du politiquement correct, oui, la pauvreté recule dans le monde, non, la Palestine n’est pas historiquement une terre arabe…

FOG – Quand les mensonges deviennent des « vérités »

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PAR

Le Point
Le peuple kurde, grand oublié de l'Histoire. Image d'illustration.
Le peuple kurde, grand oublié de l’Histoire. Image d’illustration.

© Hans Lucas/ Alexandre Resende

“Alya à Metz”: les réactions fusent!

“Alya à Metz”: les réactions fusent!

Après le débat sur l’Alyah à Metz, la reflexion de Shalom Wach 

Savoir tirer les leçons de l’Histoire

 

Le “Poulmous”, la polémique autour du projet d’Alyah à Metz, largement débattue dans LPH ainsi que sur les réseaux sociaux, m’a rappelé un autre “Poulmous”, connu dans la hassidout de Belz, dont mes parents zal sont originaires, mais très peu connu à l’extérieur du monde hassidique: le “Poulmous Hadrasha” le débat autour d’une célèbre Dracha prononcée en janvier 1944 à Budapest par le Rabbi de Beltz 

J’ai donc pensé que dans le contexte actuel, alors que des Juifs sans aucun doute sincères, vantent la sérénité de leur ville, afin de persuader d’autres Juifs de venir s’y installer,  il serait bon et utile de rappeler cet épisode  douloureux…afin que nous soyons capable de tirer les leçons de l’Histoire, en particulier en cette période de l’Omer:

 

Pour débuter, un rappel historique: nous sommes au cœur de la Shoah, en Pologne.

Depuis le début de la Guerre, le rabbi de Belz, rav Aaron Rokah, 4ème Rabbi de la dynastie et son frère  rav Mordehaï surnommé aussi le rabbi de  Bilgoria,n’ont cessé de fuir.  De Belz, leur ville-bastion, d’abord; puis de Parmichlan où le Rabbi perd un fils et de nombreux membres de sa famille dans l’incendie du Bet Knesset local par les Nazis. Sa tête est mise à prix par les Allemands. Grace à un vaste réseau de contacts et à des moyens financiers importants, le Rabbi parvient à arriver à Cracovie . Après avoir passé plusieurs mois dans le ghetto de Cracovie, le Rabbi et son frère parviennent à s’enfuir de Pologne lors d’une opération  complexe et dangereuse et ce grâce à un officier polonais qui servait dans les services de renseignements hongrois. Ils arrivent en mai 1943 à Budapest. A cette époque la Hongrie est dirigée par le régent Miklos Horty qui, tout en étant un ultra nationaliste, allié d’Hitler, refuse de livrer les Juifs de son pays aux Nazis.  En arrivant à Budapest qui n’est donc pas encore occupée par les Nazis, le Rabbi de Belz est  assigné à résidence par les autorités hongroises. Mais la nouvelle de sa venue se répand comme une trainée de poudre et de nombreux hassidim de Belz et d’autres cours hassidiques se pressent à son domicile pour recevoir sa Bénédiction. De Budapest, le rabbi œuvre pour venir en aide à ses hassidim restés en Pologne , dans ce qu’il appelait lui-même, le “charnier”.  Parallèlement, et après avoir appris que la Gestapo le réclamait auprès des Hongrois, il entreprend des démarches auprès des autorités suisses, britanniques et américaines, afin de recevoir un “certificat” pour monter en Eretz Israel. Il convient ici de préciser qu’avant-guerre, le Rabbi s’était clairement positionné contre le mouvement sioniste. Preuve en est: la très puissante  hassidout de Belz n’était pas représentée au sein de la Agoudat Israel, entre autre parce que la Agouda était membre des instances politiques de l’Organisation Sioniste. Pourtant, cela n’a pas empêché le Rabbi et son frère d’entreprendre des démarches auprès des responsables de l’Agence Juive afin d’obtenir le “certificat” leur permettant de monter en Eretz Israel. Ces efforts aboutiront et c’est en septembre 1943 que le Rabbi et son frère reçoivent les documents nécessaires pour monter en Eret Israel.

Il faut également préciser que , durant son passage à Budapest, le rabbi de Belz aura un très vif débat idéologique avec celui qui fut l’un de ses proches disciples, le rav Issahar Dov Teichtel, l’une des plus grandes figures du judaïsme ‘harédi hongrois qui, face aux horreurs de la Shoah, a radicalement modifié son positionnement antisioniste et  a considèré, en fin 1943 dans un livre intitulé “Em Habanim Semé’ha” en substance que la Shoah était une punition divine consécutive  au rejet de la notion d’alya en Eretz Israel par le monde orthodoxe d’Europe Centrale. Le rav Teichtel n’a pas survécu à la Shoah des Juifs hongrois. …

Le Rabbi de Belz exprimera clairement sa position dans une Dracha, un sermon célèbre que son frère rabbi Mordehaï prononcera en son nom le 16 janvier 1944, à la veille de leur départ vers Eretz Israel.

Le Rabbi consacre une partie importante de ce sermon à une question clé qui interpelle de nombreux Juifs croyants et pratiquants en cette période de persécutions sans précédent: “Pourquoi les rabbanim, les leaders du judaïsme religieux n’ont pas vu venir la catastrophe? Pourquoi n’ont-ils pas prévenu leurs fidèles, leurs disciples de l’imminence de la Shoah qui allait s’abattre sur eux? Et pourquoi n’ont-ils pas appelé leurs communautés à monter en Erets Israel lorsqu’il était encore temps.?

Le Rabbi, en ce milieu du mois de janvier 1944, et alors que le l’Europe est à feu et à sang, répond à cette question, via son frère, en affirmant, dans son sermon, que ceux qui la posent sont “faibles dans leur foi en D.” Il qualifie les responsables du mouvement sioniste de “faux prophètes…. Selon lui: “La Shoah est une épreuve que D. nous envoie afin de voir si nous allons être tentés par des faux prophètes”

Le Rabbi affirme que cette période douloureuse est celle de l’engendrement du Machiah et que le rôle des hassidim est avant tout de faire Techouva afin d’accélérer la Guéoula.

Le Rabbi appelle , dans ce sermon, ses disciples qui en ont les moyens à venir en aide à ceux qui sont dans le besoin,  et qui vivent en particulier dans les camps de réfugiés installés dans la proximité de Budapest.

Mais la partie la plus problématique de ce sermon et celle qui a provoqué le “poulmous” le plus vif débat, est la suivante:

Le Rabbi explique alors à ses disciples, très inquiets, qu’il a décidé de les quitter pour rejoindre Eretz Israel, et que c’est la son désir de longue date, uniquement pour des motivations spirituelles. Voici les termes que son frère , Rabbi Mordehaï utilise:

“Une chose encore: je voudrais éclairer vos yeux  et réveiller votre cœur après avoir entendu que nombre d’entre vous étaient effrayés par notre départ; que vous étiez préoccupés par l’avenir et que vous vous disiez : quel danger va-t-il planer sur nous et sur ce pays? Apres avoir entendu dire: Le Rabbi s’en va en Erez Israel  parce que la bas il  trouvera le calme et alors qui nous protègera?

 Alors permettez-moi de vous dire que celui qui connait mon grand frère(Le Rabbi) sait qu’il ne s’enfuit pas dans la précipitation et que son départ est mu par son aspiration à s’installer en Terre Sainte , une terre bénie par 10 saintetés. Cela fait très longtemps qu’il aspire à aller vers la ville de l’Eternel(Jérusalem) afin qu’il puisse de là-bas intercéder auprès du Tout Puissant pour qu’il mette fin à nos souffrances et que nous puissions survivre.

Et je puis dire que le Rabbi voit que dans ce pays (la Hongrie) règnera la paix et la sérénité  et que seul le Bien et uniquement le Bien, le Tov poursuivra nos frères juifs dans ce pays”…..

                                                         ———–

Le lendemain, le Rabbi de Belz et son frère quittaient la Hongrie.. Deux mois après ce sermon “d’apaisement”, les Nazis occupaient la Pologne et durant le printemps 44, en particulier durant les 7 semaines de la période de l’Omer, 440.000 Juifs hongrois et réfugiés de Pologne dont des milliers de hassidim de Belz étaient déportés et exterminés à Auschwitz-Birkenau.

On comprend mieux maintenant le Poulmous , le débat provoqué par ce sermon du 4ème Admour de Belz.

Et effectivement au lendemain de la Shoah cette Dracha, a fait l’objet de nombreux commentaires : certains ont pointé un doigt accusateur en direction du Rabbi affirmant que celui-ci avait fait montre de bien peu de leadership en abandonnant ses disciples aux griffes des Nazis. Ceux là ont mis en avant des témoignages de déportés qui peu avant d’entrer dans les chambres à gaz d’Auschwitz ont accusé le Rabbi de Belz mais plus généralement les Admourim qui avaient fui, d’avoir provoqué par leur comportement une véritable profanation du nom divin (‘Hiloul Achem”)

D’autres, au contraire, prendront la défense du Rabbi de Belz en insistant sur le fait que durant toute la guerre, il avait été activement recherché par les Nazis, que sa tête était mise à prix et que la fuite était pour lui, bien plus que pour d’autres, l’occasion d’échapper à une mort certaine. Ces mêmes  historiens, proches de la mouvance orthodoxe, ont également précisé que si le Rabbi avait quitté la Hongrie c’était avant tout à la demande de ses plus fidèles disciples afin qu’il puisse rejoindre la Terre d’Israël et y restaurer la hassidout, si durement touchée. Quant à la prophétie du Rabbi qui ne s’est pas concrétisée, ces historiens du monde hassidique l’interprètent comme le reflet de l’état d’esprit qui dominait en janvier 44 à Budapest, selon lequel jamais les Nazis n’occuperaient la Hongrie.  

Toujours est-il qu’en 1961 , lors de la réédition du texte intégral de la Dracha du 16 janvier 1944, les hassidim de Belz, ont pris soin de retirer la partie du texte dans lequel le Rabbi rassure ses ouailles et leur affirme qu’ils seront en sécurité en Hongrie. Certains hassidim  diront que ces lignes ont été retirées afin de ne pas “mettre le Rabbi dans l’embarras”….

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Y a-t-il une comparaison à faire entre ce discours du rabbi de Belz en janvier 44 et l’appel de la communauté de Metz? Certains diront qu’elle est exagérée. Peut-être.

Ce qui est certain, c’est que notre devoir est de savoir toujours tirer les leçons de l’Histoire afin que celle-ci ne se répète pas…..

Shalom Wach, fondateur du Projet d’Alya de groupe.

Nucléaire iranien : Trump annoncera sa décision mardi

Nucléaire iranien : Trump annoncera sa décision mardi

Nucléaire iranien : Trump annoncera sa décision mardi
Donald Trump lors de la convention annuelle de la NRA à Dallas. (Sue Ogrocki/AP/SIPA)

Lors de sa campagne présidentielle, Trump avait promis de “démanteler” l’accord signé par Téhéran et les grandes puissances.

Par L’Obs

 Donald Trump va annoncer mardi sa décision sur l’accord conclu en 2015 pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, dont les Etats-Unis menacent de se retirer au risque d’ouvrir une période de fortes turbulences.

Après avoir tergiversé depuis son arrivée à la Maison Blanche début 2017, le président américain devrait cette fois, de l’avis d’un grand nombre d’observateurs, faire un choix qui lui permette de tenir sa promesse électorale: “démanteler” l’accord signé par Téhéran avec les grandes puissances (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne).

“J’annoncerai ma décision sur l’accord iranien demain depuis la Maison Blanche à 14H00” (20 heures à Paris ), a tweeté Donald Trump.

“Lacunes” d’un texte “désastreux”

Concrètement, il doit dire s’il rétablit ou non les sanctions américaines levées en contrepartie des engagements iraniens — un arbitrage qui lui permet de nombreuses options plus ou moins drastiques. Mais même si les inspecteurs internationaux ont régulièrement certifié que l’Iran respectait les termes de l’accord, les Européens, en particulier le président français Emmanuel Macron après sa visite à Washington fin avril, n’ont pas caché leur pessimisme.

Londres, Paris et Berlin ont donc fait lundi un ultime effort pour tenter de préserver le compromis en vigueur, alors que Donald Trump leur avait donné jusqu’au 12 mai pour proposer des solutions afin de le “durcir” et pallier aux “lacunes” d’un texte qu’il juge “désastreux”. Le président américain lui reproche des clauses qui prévoient la fin progressive de certaines restrictions au programme nucléaire iranien à partir de 2025, mais aussi le fait qu’il ne s’attaque pas directement aux essais balistiques de Téhéran et à ses activités jugées “déstabilisatrices” au Moyen-Orient.

Demandes “légitimes”

“Le président a raison d’y voir des lacunes” et “d’attirer l’attention là-dessus”, a déclaré lundi à Washington le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, venu à Washington pour rencontrer son homologue américain Mike Pompeo puis le vice-président Mike Pence. Les inquiétudes de Donald Trump sont “légitimes”, “il a lancé un défi au monde”, a-t-il renchéri, en s’exprimant sur Fox News, la chaîne télévisée préférée du milliardaire républicain.

Mais “nous pensons qu’on peut être plus dur sur l’Iran, répondre aux inquiétudes du président sans jeter le bébé avec l’eau du bain”, a-t-il aussi insisté. “Le plan B ne me semble pas particulièrement avancé à ce stade”, a ajouté le ministre britannique.A la Maison Blanche il y a deux semaines, Emmanuel Macron avait déjà tenté de persuader son homologue américain de ne pas dénoncer le texte, tout en proposant de négocier avec l’Iran un “nouvel accord”, qui prenne en compte ses inquiétudes et aille au-delà de l’actuel. La chancelière allemande Angela Merkel a appuyé ce plaidoyer quelques jours plus tard.

En “ce moment délicat, ce serait une erreur de s’éloigner de l’accord nucléaire et de lever les contraintes qu’il fait peser sur l’Iran”, a aussi estimé Boris Johnson dans une tribune dans le New York Times. Il a souligné que les inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) prévues par ce texte augmentent “la possibilité de détection de toute tentative de fabriquer une arme”.

“Maintenant que ces menottes sont en place, je ne vois pas d’avantage éventuel à les mettre de côté”, a-t-il écrit, “la meilleure ligne à suivre serait d’améliorer les menottes plutôt que de les rompre”.En parallèle à Berlin, ses homologues français et allemand, Jean-Yves Le Drian et Heiko Maas, ont aussi plaidé en faveur de l’accord, meilleur moyen à leurs yeux pour “éviter que l’Iran n’accède à l’arme nucléaire”.

“Nous sommes tout à fait déterminés à sauver cet accord parce que cet accord nous préserve de la prolifération nucléaire”, a déclaré le chef de la diplomatie française. Le ministre allemand a lui estimé que “le monde sera moins sûr” sans l’accord, redoutant “qu’un échec conduise à une escalade” au Moyen-Orient.Tous deux ont assuré vouloir coûte que coûte maintenir le cadre existant négocié avec Téhéran. “Nous avons l’intention de nous y maintenir, quelle que soit la décision américaine”, a dit Jean-Yves Le Drian.

Que va faire l’Iran ?

Reste à savoir ce que ferait l’Iran en pareil cas.

Les ultraconservateurs du pays maintiennent une ligne très dure. Jeudi, un conseiller de l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien, a affirmé que l’Iran quitterait l’accord si Washington mettait sa menace à exécution. Mais le président Hassan Rohani souffle le chaud et le froid, assurant lundi que Téhéran pourrait y rester, à condition que les Européens garantissent les attentes iraniennes, après avoir prévenu la veille que les Etats-Unis regretteraient “comme jamais” un éventuel retrait.

(avec AFP)

Le “djihad judiciaire”, un suicide français

Zemmour condamné: la France, le pays des droits de l’homme qui se tait?

Le “djihad judiciaire”, un suicide français


Eric Zemmour a été condamné, le 3 mai, par la Cour d’appel de Paris, pour provocation à la haine religieuse. En 2016, dans l’émission « C à vous », le journaliste avait notamment dit que la France vivait « depuis trente ans une invasion » et qu’ « une lutte pour islamiser un territoire » se déroulait « dans les innombrables banlieues françaises où de nombreuses jeunes filles sont voilées ».


Habitué des procès en sorcellerie politique et morale, l’essayiste et polémiste Eric Zemmour a été condamné en appel après avoir tenu au sujet de l’islam des propos apparemment insupportables pour l’esprit ambiant de censure et ses bras armés judiciaires.

Il importe peu de savoir si l’on est d’accord ou pas avec la vision non politiquement correcte et manifestement blasphématoire défendue par l’auteur du Suicide français. La vraie question posée par cet énième procès d’opinion est l’état de la liberté d’expression dans un pays qui, pour s’en vanter abondamment, semble toutefois profondément sinistré dans ce domaine, à un point préoccupant pour la démocratie et les libertés fondamentales.

La France, le pays des droits de l’homme qui se tait

« Il est interdit d’interdire », scandait-on en mai 1968. Pourtant, et tandis qu’on s’efforce de célébrer ad nauseam le souvenir de cette épopée fondatrice d’un gauchisme culturel devenu depuis l’outil idéologique de domination dans la plupart des instances – dont le Syndicat de la magistrature et son tristement célèbre « mur des cons » est un bon exemple -, 50 ans plus tard il semble qu’il soit plutôt bien inspiré de se taire si l’on souhaite éviter les bûchers pour pensée non conforme et non conformiste.

Comme Georges Bensoussan, comme Charlie Hebdo, comme Nicolas Dupont-Aignan, comme Pascal Bruckner, comme Mohamed Louizi et tant d’autres harcelés célèbres ou anonymes en raison de leurs opinions, Eric Zemmour fait à son tour les frais de ce que l’on nomme désormais un véritable « djihad judiciaire », – ici lancé par l’association EuroPalestine qui peut entre autres s’enorgueillir d’avoir porté en 2004 la candidature de Dieudonné aux élections européennes -, tendant à faire interdire toute critique de l’islam. L’autre versant majeur de la censure actuelle consiste à verrouiller la pensée sitôt qu’il s’agit d’aborder les questions migratoires sous un jour critique.

L’islamophobie, un blasphème imaginaire

Le moyen soulevé est celui de l’incitation à la haine ou à la discrimination, dont le maniement systématique, voire systémique, ouvre doucement mais sûrement la voie à la reconnaissance d’un délit de blasphème et d’ « islamophobie ». Cette dernière appellation a été abondamment reprise et sans le moindre discernement ni recul critique par les principaux médias après l’énoncé du jugement, du Figaro au Monde en passant par L’Express, alors même qu’on sait désormais combien ce « concept » constitue une ineptie démocratique et intellectuelle, et l’on ne saurait dire si la presse mainstream a agi ainsi par inculture, par bêtise ou par lâche entérinement idéologique de l’inacceptable. L’autre conséquence de cette judiciarisation outrancière de l’opinion publique est la généralisation américanisée et paranoïde du concept de l’ « offense » où chacun se sentira bientôt victime des propos de tous et inversement.

Est-il encore possible de critiquer l’islam ou certaines pratiques liées à l’islam sans être pendu en place de Grève par les maîtres censeurs d’une pensée unique qui n’a de pensée que le nom tant elle répugne à toute forme de dialectique et de contradiction ? A-t-on encore le droit de ne pas apprécier une idéologie ou une religion sans pour autant être psychiatrisé (dans un but de disqualification intellectuelle) en mode prétendument « phobique » ? Peut-on encore véritablement débattre ?

La France pensée mécanique

La police de l’opinion se porte au mieux en France, dans un cadre législatif qui, pour tous les spécialistes de ce domaine, constitue un véritable maquis de censures et d’interdictions, sous couvert de « liberté de la presse » : le régime de la liberté d’expression est en effet réglé par la loi du 29 juillet 1881 dont le nom paraît bien trompeur tant il ne fait en réalité qu’énoncer depuis ses innombrables ajouts et empilements législatifs successifs toutes les restrictions et limitations apportées à ladite liberté.

La judiciarisation du champ contemporain de l’expression (et donc, de facto, de l’opinion) traduit une montée sans précédent du niveau de censure. Les outils privilégiés en sont certes les atteintes à la vie privée, les questions de diffamation et d’injure, mais surtout les allégations d’incitation à la haine qui servent principalement la censure idéologique actuelle.

Facebook, le réseau qui vous la ferme

Dans ce cadre législatif très contraint dont les activistes idéologues ont bien compris tout le bénéfice qu’ils pouvaient en retirer, à travers des actions judiciaires structurées et méthodiques à des fins d’intimidation, la pensée de gauche française, historiquement anti-libérale et liberticide, considérant qu’après tout, il n’y a « pas de liberté pour les ennemis de la liberté », se déploie comme un poisson dans l’eau de la censure. Le gauchisme libertaire des années 1960-70 n’aura quant à lui pas longtemps accepté de tolérer l’expression de ce qui peut le contredire, à travers tout ce qui ose formuler une opinion différente de la sienne sur les questions sociétales dans lesquelles il s’est barricadé, et dont le combat antiraciste des années 1980 est à la fois le paradigme et le corset, en lieu et place de toute pensée politique construite.

Et comme si tout ce maquis d’interdits ne suffisait pas, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une loi à venir sur les fake news, sorte de superstructure mondiale de la censure, et qui aura pour principal effet de faire interdire les expressions d’opinions déclarées fausses par des magistrats érigés en nouveaux experts ès vérités, ès dogmes, en l’occurrence le juge des référés qui pourra statuer en urgence en période électorale et faire ainsi interdire certains contenus : cette disposition extrêmement inquiétante, dans un pays qui a vu la fermeture massive de plusieurs dizaines de milliers de comptes Facebook entre les deux tours de la dernière élection présidentielle, ou qui vient de voir la suppression du compte Facebook de Génération identitaire, en dehors d’ailleurs de toute action judiciaire, par l’entreprise d’un Mark Zuckerberg devenu pourvoyeur mondial de moraline, laisse entrevoir un rétrécissement encore plus spectaculaire de la liberté d’expression à l’avenir, réduite peu à peu à peau de chagrin, prise entre le marteau religieux, l’enclume politique et l’embastillement moral.

Pourquoi ils ne supportent pas les Juifs

Pourquoi ils ne supportent pas les Juifs

Ce qui rend fou l’antisémite, c’est l’incompréhensible persistance du fait juif dans l’histoire


Si les attentats que subit la France, et en particulier les meurtres antisémites, ont réveillé un sentiment chez moi, c’est bien celui d’une forme de culpabilité à ne pas avoir pris la parole plus tôt…


Pendant longtemps, en tant que Français juif, je voulais croire aux idéaux du contrat républicain, uniques dans le monde, permettant de nous protéger tous contre les assauts dans l’espace public d’un pouvoir excessif des religions et de leurs fanatismes. Mais force est de constater que les carnages se multipliant, les juifs ne sont plus en sécurité dans notre République. Bien que toujours habité par l’esprit de nos pères fondateurs, je suis en colère d’être acculé au cynisme. Je me suis surpris à ressentir une gêne à repenser à mon comportement passé, consistant à participer passivement à la dissimulation. J’avais certainement peur, mais la simulation ne peut que retarder le retour du réel en pleine face. La coupe est pleine, et un des grands bienfaits de la fameuse tribune des 300 aura été, peut-être, comme notre époque aime si bien à le dire de « libérer la parole ». Alors, écoutez bien la mienne, et considérez que son aigreur vient de l’indigestion de votre déni.

La tartufferie « antiraciste »

« Je ne vois pas pourquoi il faudrait privilégier un racisme par rapport à un autre, a-t-on pu entendre ici ou là chez les égo-grégaires, on doit les combattre tous, en bloc ! » Outre le rire provoqué par la métaphore guerrière lancée par un commissaire de plateau, et la vision géologique que ces vertueux se font des phénomènes de haine, il faut avouer que ces sorties tonitruantes ont de quoi irriter. Comme si combattre tous les racismes signifiait combattre l’idée en général de racisme, proposition aussi inopérante que lâche, étant donné les déterminations à chaque fois tout à fait spécifiques desdits phénomènes. Car c’est bien ce que cela signifie combattre en bloc, c’est passer du particulier au général, effacer toute spécificité historique, culturelle et religieuse aux phénomènes et donc les rabattre les uns sur les autres, dans un joli millefeuille dégoulinant de miel indifférenciant, qui finira, oui, par se figer en bloc, par enfermer toute dialectique sur elle-même dans la roche, et pour enfin crier sans n’avoir pas fait avancer d’un iota une quelconque cause, si ce n’est la sienne et son confort : « Je suis contre tous les racismes », affirmation vide à laquelle on ne peut rien opposer sous peine de passer pour le fils spirituel de Pétain.

Qualifier un phénomène, c’est «mettre de l’huile sur le feu»?

Je lisais dans la même veine récemment un tweet d’un amiral dopé à la grenadine: « L’antisémitisme n’est ni de gauche ni de droite, ni catholique ni musulman, ni urbain ni rural, ni ancien ni nouveau… Il est une aberration protéiforme que nous devons combattre en bloc. Qualifier l’antisémitisme, c’est attiser ce qui le nourrit et affaiblir ce qui le combat. »

Indifférenciation puissance 1000, pour Xavier Alberti, qualifier un phénomène, c’est « mettre de l’huile sur le feu », autre mantra répété partout, oubliant ce faisant que si on peut mettre de l’huile sur un feu, c’est qu’il y a déjà du feu qui brûle, quelque part, si l’on veut bien laisser place au réel. Bref, probablement auréolé de tant de témérité virtuelle, Monsieur Alberti nous a inventé l’antisémitisme version En Marche, ni de gauche ni de droite, ni rien du tout en fait, une essence flottante a-signifiante, un antisémitisme anhistorique dont l’ennemi juré n’est pas l’antisémite mais ceux qui veulent le penser dans l’histoire, précisément, enfin pour ce qu’il en reste.

S’ensuivit l’intervention du 26 avril 2018 sur LCI d’une syndicaliste, répondant à Barbara Lefebvre rappelant les chiffres honteux de l’exil intérieur de nombreuses familles juives d’Ile-de-France. Pour notre CGTiste, d’ailleurs en symbiose totale avec le député En Marche, jouant le rôle du robot-janissaire, présent également sur le plateau, ne sachant débiter que des appels à l’unité, si ces familles s’en vont des quartiers, c’est parce que, lorsqu’on est plus aisé, on aspire à déménager. Terrible prouesse niant l’antisémitisme en exhibant LE cliché antisémite par excellence. Vu les proportions des départs de familles juives, madame pense que les juifs des quartiers sont donc forcément riches. Next.

Il est plus confortable de revivre des affaires déjà résolues

Je passe bien sûr outre les différents textes révélant la même contorsion interne à feindre de ne pas comprendre la différence entre obsolescence et suppression de versets, je zappe les appels à ne pas oublier l’antisémitisme d’extrême droite (ils ont raison, mais l’on rétorquera que personne n’est soudainement frappé d’amnésie et que bien sûr l’on comprend bien qu’il est plus confortable de revivre des affaires déjà résolues), je tente d’oublier l’inénarrable Poutou sur BFM TV, le procès en fascisation du Printemps Républicain. Pour en arriver enfin à un tweet glaçant de notre sénescent et compromis Edgar Morin, qui avec la même verve que les coachs en développement très personnel, nous a gratifiés de : « La judéophobie aggrave l’islamophobie, qui aggrave la judéophobie qui aggrave l’islamophobie dans un cercle vicieux infernal », tweet aussi tétanisant d’idiotie que le communiqué de presse de l’ambiguë Grande Mosquée de Paris dénonçant un « procès délirant fait à l’islam ». Non Dalil, c’est un procès fait à l’islamisme donc à une certaine lecture du texte et à une réalité culturelle documentée au sein de nombreuses familles arabo-musulmanes. Et Non Edgar, judéophobie n’est pas antisémitisme qui n’aggrave rien à l’islamophobie qui n’est pas racisme anti-arabo-musulmans mais un concept postmoderne comme on les aime permettant la confusion entre la haine d’une religion et la haine des individus s’en réclamant.

Israël, le grand Satan des altermondialistes

Last but not least, dans cette parade quasi-hallucinatoire, il fallait bien entendu en venir à l’Etat d’Israël, le grand Satan des altermondialistes, Israël, l’incarnation-même du racisme. Voilà, l’inversion générale consommée. Quel destin notre époque réserve-t-elle au Mal ? Elle le fait habiter à Tel-Aviv. Quand nos débatteurs professionnels en ont eu fini de leurs appels à prêcher pour une réalité où l’antisémitisme serait une hallucination de méchants réactionnaires néo-fachos, conscients que quelque chose (le réel) dans ce Manifeste résistait profondément à leur catéchisme consolatoire ; alors, heureusement, il y a encore Israël ! Confondant à dessein de la dérobade la critique légitime de la politique du gouvernement israélien, comme de n’importe quel autre gouvernement du monde, avec la haine du projet national juif, qui caractérise l’antisionisme, ont-ils vu que dans la bouche de nombreux de nos compatriotes, il faille faire payer aux Français Juifs les actions d’Israël, car Israël (donc les juifs) s’en prend à des frères palestiniens. L’Oumma des fanatiques est touchée en son cœur.

Je sais, c’est agaçant, le fait juif persiste, et il a, ce gredin, sale voyou de l’histoire, petit fossile vivant des temps antiques, l’outrecuidance, en plus de s’intégrer à toutes les Républiques, de persister dans toute sa variété en déployant infatigablement toutes ses dimensions. Ce qui rend fou l’antisémite et déstabilise nos post-hégéliens, c’est l’incompréhensible persistance du fait juif dans l’histoire, et l’incompressible multitude de vies humaines qui n’en finissent pas d’avoir l’intention d’être juives. C’est que c’est profondément réactionnaire ! Les néo-humains qui me servent de contemporains détestent l’histoire et n’ont que faire des témoins de toute forme d’historicité. Qu’ils meurent en silence de ce nouvel antisémitisme, l’équilibre de notre simulacre de société en dépend.

Le BNVCA condamne les prétendus artistes et intellectuels signataires d’un appel à boycotter la LA SAISON FRANCO ISRAELIENNE DE LA CULTURE

Le BNVCA condamne la pétition discriminatoire signée par 80 français qui refusent de participer à la Saison Franco Israélienne qui va s’ouvrir en France au mois de Juin à l’initiative de l’Institut Français .

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/040518/contre-la-saison-france-israel

Cette rencontre  officielle comporte un grand nombres d’événements artistiques, culturels, cinématographiques, avec des expositions, des représentations théâtrales, des lectures.

Au faux prétexte de manifester leur solidarité avec les palestiniens, les signataires de cette pétition, personnalités insignifiantes au demeurant, se qualifient d’artistes, écrivains, réalisateurs et appellent de façon indigne à boycotter cette célébration de la Culture. En agissant ainsi ils offensent la  science ou la discipline dont ils se revendiquent. Il se mettent en marge de la Culture.

Nous constatons que les mêmes, si prompts à discriminer l’état juif démocratique, sont sourds, aveugles et muets face à la culture palestinienne antisémite, notamment quand les théâtres, le cinéma, la musique, véhiculent cette haine anti-juive enseignée aux enfants dans les écoles  de Gaza comme de l’AP.

Le BNVCA salue la Saison Franco Israélienne et félicite tous les partenaires, tous les intellectuels, artistes, auteurs, réalisateurs qui y participenthttp://www.institutfrancais.com/fr/saisons/france-israel-2018

Le BNVCA est convaincu que cet événement  contribuera à éclairer l’opinion de nos compatriotes sur les réalités d’Israel et restaurer l’image de ce pays auprès des Français trompés par des campagnes malveillantes et mensongères.

Le Président                                                      
Sammy GHOZLAN

Israel pays “d’Apartheid” vient de nommer un Druze Israelien au titre de Géneral en tant que nouveau responsable de la liaison militaire israélienne avec les Palestiniens

Des défis « plus complexes que jamais », selon le nouveau chef du COGAT

Kamil Abu Rokon remplace “l’atout national” qu’était le major-général Yoav Mordechai et affirme que les défis sont plus complexes que jamais

Yoav Mordechai (à droite), coordinateur sortant des activités gouvernementales dans les Territoires, son successeur Kamil Abu Rokon (à gauche) et le chef d'état-major Gadi Eisenkot (au centre), lors d'une cérémonie de prestation de serment en Cisjordanie, le 1er mai 2018 (Jacob Magid / Times of Israël)

Yoav Mordechai (à droite), coordinateur sortant des activités gouvernementales dans les Territoires, son successeur Kamil Abu Rokon (à gauche) et le chef d’état-major Gadi Eisenkot (au centre), lors d’une cérémonie de prestation de serment en Cisjordanie, le 1er mai 2018

NABI SAMUEL, Cisjordanie – Le général de division Kamil Abu Rokon a prêté serment en tant que nouveau responsable de la liaison militaire israélienne avec les Palestiniens dimanche dernier, affirmant que l’armée se trouvait confrontée à des défis « plus complexes que jamais ».

Abu Rokon a remplacé le major-général Yoav « Poli » Mordechai, qui occupait ce poste officiellement connu sous le nom de coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) depuis quatre ans et trois mois.

Lors de sa cérémonie d’investiture, Abu Rokon a déclaré : « Les défis auxquels nous sommes confrontés sont plus complexes que jamais. Notre objectif est clair. Le COGAT fait partie du système de l’armée afin de renforcer la sécurité d’Israël. »

« Si nous regardons vers le sud, il semble que Gaza représente un véritable défi. Nous comprenons l’importance de la détérioration humanitaire dans la bande de Gaza. Nous protégerons notre frontière et protégerons les citoyens d’Israël », a-t-il ajouté.

Le major-général Kamil Abu Rokon (Crédit : autorisation)

Abu Rokon a déclaré « qu’il n’y aura aucun changement dans la politique israélienne envers Gaza » jusqu’à ce que les corps de Hadar Goldin et Oron Shaul, deux soldats israéliens tués dans la guerre de 2014 contre le groupe terroriste du Hamas qui dirige l’encave, ne soient rendus.

« Le Hamas comprend qu’il doit détourner la frustration des Gazaouis vers la frontière avec Israël, sinon il se retrouvera en difficulté après une décennie de destruction et face à son incapacité à subvenir aux besoins de la bande de Gaza et de ses habitants », a-t-il affirmé, faisant référence aux récentes manifestations organisées le long de la frontière de Gaza.

Abu Rokon, qui dirigeait auparavant l’Autorité des frontières du ministère de la Défense, est le deuxième coordonnateur de la liaison militaire avec les Palestiniens d’origine druze et le deuxième général druze de Tsahal – le premier étant Yousef Mishleb, qui a occupé le même poste de 2003 à 2008.

Kamil Abu Rokon, au centre, nouveau responsable de la liaison entre Israël et les Palestiniens, reçoit le grade de général de la part de son épouse et de Gadi Eisenkot, chef d’état-major de l’armée, lors d’une cérémonie au siège de l’armée à Tel Aviv, le 29 mars 2018 (Forces de défense israéliennes)

Résident de la ville d’Isfiya en Galilée, Abu Rokon était depuis longtemps en lice pour diriger l’unité COGAT du ministère de la Défense. Il a été commandant adjoint de l’unité en 2001 et son nom aurait déjà été considéré par le chef d’état-major de l’armée, Gabi Ashkenazi, pour occuper le poste en 2011 – qui a finalement été proposé au général Eitan Dangot.

Mordechai met fin à sa carrière de 36 ans dans les forces de sécurité israéliennes, après avoir également servi dans les services de renseignement et comme porte-parole de l’armée. Il a pris la tête du COGAT en janvier 2014.

« La vie des Palestiniens est étroitement liée à celle des Israéliens », a déclaré Mordechai lors de la cérémonie de mardi, ajoutant que « la dépendance était énorme et que nous pouvions même être définis comme des jumeaux siamois ».

« Je suis reconnaissant pour tous les postes que j’ai occupés, partout, en Israël et ailleurs. Mais plus que tout, je suis plein de respect pour les gens que j’ai rencontrés en cours de route. »

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman (à droite), le chef d’état-major Gadi Eisenkot (deuxième à droite), le coordinateur sortant des activités gouvernementales dans les territoires Yoav Mordechai (3e à droite), et son successeur Kamil Abu Rokon (à gauche), lors d’une cérémonie en Cisjordanie, le 1er mai 2018 (Jacob Magid / Times of Israël)

Sous Mordechai, le rôle du COGAT s’est étendu à la collaboration avec la communauté internationale sur les questions palestiniennes et à la coopération avec les Palestiniens sur des questions allant au-delà de la coordination militaire.

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a salué Mordechai mardi « non seulement pour son poste au COGAT, mais aussi en tant que conseiller diplomatique et ambassadeur. Un tel atout national ne peut être abandonné et nous aurons besoin de vous pour de nouvelles missions et de nouveaux défis. »

Le chef d’état-major Gadi Eisenkot, a également salué et remercié Mordechai pour ses efforts à son dernier poste et pour ses décennies de travail dans l’armée, affirmant : « Vous avez beaucoup contribué à l’accomplissement de l’armée, montrant une compréhension profonde et implacable et une détermination à promouvoir la sécurité de l’Etat d’Israël. »

S’adressant à Abu Rokon, Eisenkot a déclaré que sa responsabilité était grande, « mais je ne doute pas que vous serez capable de gérer cela avec succès ».

Mieux vaut une confrontation avec l’Iran maintenant que plus tard, estime Netanyahu

Mieux vaut une confrontation avec l’Iran maintenant que plus tard, estime Netanyahu

Le Premier ministre a dit qu’Israël fera tout son possible pour empêcher l’enracinement de l’Iran en Syrie et il a souligné l’importance de sa prochaine rencontre avec Poutine

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adresse à la presse à la Kirya, le quartier général de Tsahal à Tel Aviv le 30 avril 2018 (Miriam Alster/Flash90).

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adresse à la presse à la Kirya, le quartier général de Tsahal à Tel Aviv le 30 avril 2018 (Miriam Alster/Flash90).

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche que bien que l’Etat juif ne soit pas intéressé par une escalade militaire avec l’Iran, il préférerait toutefois, qu’un éventuel conflit survienne maintenant plutôt que dans le futur.

Ces propos ont été tenus dans un contexte de tensions croissantes entre Jérusalem et Téhéran alors que la République islamique tente d’élargir sa présence dans la Syrie voisine, ce qui fait craindre que l’Iran n’utilise ses bases pour attaquer Israël.

« Nous sommes déterminés à combattre l’enracinement iranien, même au prix d’une confrontation », a indiqué Netanyahu au début de la réunion hebdomadaire de cabinet de son gouvernement. « Nous ne voulons pas d’escalade, mais nous sommes préparés à tous les scénarios. Nous ne voulons pas la confrontation mais s’il doit y avoir une, il vaudrait mieux qu’elle survienne maintenant plutôt que plus tard ».

Ces propos interviennent une semaine après la frappe d’une base iranienne en Syrie qui a été attribuée à Israël et qui aurait détruit des centaines de missiles sol-sol et tué plus de 30 personnes, notamment de nombreux responsables militaires iraniens. L’Iran a démenti la mort de ses soldats dans l’attaque et affirmé qu’aucune de ses bases n’avait été prise pour cible.

Netanyahu a également souligné l’importance de sa prochaine rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, prévue mercredi.

La Russie est un appui essentiel du président syrien Bashar Assad, ainsi que l’Iran, et a soulevé certaines inquiétudes après que plusieurs frappes aériennes israéliennes ont eu lieu en Syrie. Moscou a signalé qu’il pourrait vendre à Damas des systèmes de défense aérienne avancés en réponse.

« Mes entretiens avec le président russe sont toujours importants pour l’armée israélienne et le pays mais cette rencontre, cette semaine, est tout particulièrement importante au vu des tentatives de l’Iran de s’établir en Syrie », a dit Netanyahu.

Les deux leaders s’étaient déjà entretenus au mois d’avril, Poutine recommandant vivement à Netanyahu de ne pas entreprendre de démarche susceptible d’augmenter l’instabilité en Syrie.

Ces discussions se tiendront également quelques jours seulement avant la date-butoir, le 12 mai, à laquelle le président américain Donald Trump décidera de son éventuel maintien dans l’accord sur le nucléaire iranien. La Russie, signataire du pacte, a demandé sa conservation tandis que Netanyahu a demandé son annulation ou de nouvelles négociations.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu présente les dossiers obtenus par Israël, qui prouvent que l’Iran a menti sur son programme nucléaire, au ministère de la Défense à Tel Aviv, le 30 avril 2018. (Miriam Alster/Flash90)

Netanyahu devait donner une conférence de presse, plus tard dans la journée de dimanche, aux médias étrangers au sujet d’environ 100 000 dossiers et documents iraniens décrivant les initiatives prises par l’Iran dans le passé pour développer des armes atomiques.

Netanyahu a révélé la semaine dernière le contenu de ces documents, sortis du territoire iranien par des espions israéliens et qui, a-t-il dit à ce moment-là, apportent la preuve des mensonges des dirigeants iraniens au sujet des ambitions nucléaires de leur pays.

Netanyahu s’est fréquemment entretenu avec Poutine alors qu’Israël cherche à faire en sorte que Moscou utilise son influence pour stopper les tentatives de l’Iran de s’ancrer en Syrie et au Liban, sur la frontière nord de l’Etat juif. Leur dernier entretien remonte au mois de janvier.

Le président russe Vladimir Poutine, à gauche, saluant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Moscou, le 21 septembre 2015 (Crédit : ambassade d’Israël en Russie / Flash90 / via JTA)

Téhéran a envoyé environ 80 000 combattants appuyés par l’Iran pour soutenir les forces du président syrien Bashar Assad dans la guerre civile qui déchire le pays depuis sept ans, a indiqué l’ambassadeur aux Nations unies d’Israël Danny Danon la semaine dernière.

Israël a expliqué que l’enracinement militaire iranien en Syrie était inacceptable, craignant que Téhéran n’utilise le pays comme tremplin pour d’éventuelles attaques contre l’Etat juif.

Les responsables américains et israéliens contrôlent la situation alors que l’Iran a accru le nombre d’avions de transport envoyés depuis l’aéroport Mehrabad de Téhéran vers la Syrie. Les responsables des deux pays craignent que les avions ne soient chargés de munitions avancées qui pourraient être potentiellement utilisées contre l’Etat juif.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a juré de manière répétée qu’Israël oeuvrerait à empêcher cela de survenir, « peu en importe le coût ».

Une explosion sur une base militaire iranienne présumée, en périphérie de la ville de Hama, en Syrie, le 29 avril 2018. (Crédit : capture d’écran Facebook)

La base située au sud de la ville de Hama, au nord-ouest de la Syrie, qui a été bombardée la semaine dernière lors de la frappe aérienne, appartenait à la 47ème brigade de l’armée syrienne mais aurait été utilisée comme siège des soldats iraniens depuis plusieurs années.

Cette récente attaque est arrivée dans un contexte de tensions croissantes entre l’Iran et Israël suite au bombardement, le mois dernier, de la base aérienne T4 en Syrie, localisée dans la province de Homs, dans le centre du pays, qui a fait sept morts chez les soldats iraniens. Téhéran a juré de riposter. La Syrie, l’Iran et la Russie ont attribué la responsabilité de cette frappe à Israël qui ne l’a ni confirmée, ni démentie.

Le fondateur du géant chinois Alibaba en visite en Israël

Le fondateur du géant chinois Alibaba en visite en Israël

Le fondateur du groupe de commerce en ligne Alibaba, Jack Ma, à Davos, le 18 janvier 2017
FABRICE COFFRINI (AFP)
Il rencontrera Netanyahou et recevra un doctorat honorifique de l’Université de Tel-Aviv

Le fondateur du géant du commerce en ligne Alibaba, Jack Ma, rencontrera cette semaine le Premier ministre Benyamin Netanyahou et donnera une conférence aux étudiants de l’Université de Tel-Aviv jeudi, a rapporté dimanche le site économique israélien Globes.

Il recevra un doctorat honorifique de l’Université et rencontrera également des chercheurs dans les domaines de l’intelligence artificielle, l’ingénierie et l’informatique.

M. Ma a atterri en Israël lundi matin avec une délégation de 35 personnes et a commencé son voyage par une visite à la Mer Morte.

Mercredi, la délégation se rendra également au Musée d’Israël à Jérusalem pour une visite et un déjeûner. Ils rencontreront également les responsables du fonds de capital-risque Jerusalem Venture Partners (JVP), avec qui la firme chinoise s’est associée pour investir dans les startups technologiques israéliennes.

M. Ma devrait également rencontrer mercredi le ministre de l’Économie et de l’Industrie, Eli Cohen.

Il s’agit de la première visite de l’homme d’affaires en Israël, bien qu’il ait déjà rencontré M. Netanyahou en mars 2017 lorsque le Premier ministre s’est rendu en Chine.

Les deux hommes se sont également rencontrés à Davos en 2016.

En plus de son acquisition de Visualead (une start-up israélienne, basée à Hertzlyah, spécialisée dans les QR Code et les services O2O) , Alibaba a investi dans plusieurs start-ups israéliennes, dont 5,3 millions de dollars destinés à Twiggle, qui a développé un moteur de recherche de commerce en ligne.

Alibaba collabore également avec la startup israélienne SQream, qui développe une technologie de gestion de banque de données.

L’entreprise a également annoncé en octobre dernier son intention de créer un bureau à Tel-Avivdans le cadre d’un programme mondial à hauteur de 15 milliards de dollars.

aaron tam (AFP/File)Alibaba is an Internet giant and founder Jack Ma is among the topmost ranks of China’s super-rich
aaron tam (AFP/File)

La Chine, le pays le plus peuplé du monde et la deuxième plus grande économie, est encore un “acteur relativement mineur” dans l’économie israélienne, a indiqué en février un rapport du Centre de recherche IVC qui suit l’industrie des hautes-technologies.

Les investissements directs chinois, les fusions et acquisitions et les rachats représentent au maximum 5% de l’activité totale en Israël, selon le rapport.

“Je me sens en exil dans mon pays” (E. Abécassis à i24NEWS)

“Je me sens en exil dans mon pays” (E. Abécassis à i24NEWS)

L’écrivaine Eliette Abecassis dans “Conversations avec Anna Cabana” le 01.05.2018
i24NEWS
Il est “frappant de penser que l’antisémitisme se réinvente à chaque fois sous un nouveau visage”

“Je me sens en exil dans mon pays,” a déclaré l’écrivaine Éliette Abécassis dans “Conversations avec Anna Cabana” sur les actes antisémites en France.

“C’est tout à fait effrayant, c’est désespérant, quand on vit en France et qu’on voit cette situation et qu’on est Français, qu’on écrit dans cette langue et bien on est très déchiré,” a-t-elle confié sur i24NEWS.

Selon l’auteure du “maître du Talmud’, il est “frappant de penser que l’antisémitisme se réinvente à chaque fois sous un nouveau visage.”

“Il a pris le visage de l’Inquisition et du christianisme, celui du nazisme, aujourd’hui c’est celui de l’islamisme radical. C’est le même fond d’antisémitisme qui va toujours projeter une haine sur ce Juif imaginaire qu’il faut absolument chasser,” a-t-elle souligné.

Éliette Abécassis fait partie des 300 signataires du manifeste paru le dimanche 22 avril dans le quotidien Le Parisien “contre le nouvel antisémitisme” en France marqué par la “radicalisation islamiste”, en dénonçant un “silence médiatique” et une “épuration ethnique à bas bruit” dans certains quartiers.

Ciblant principalement ce “nouvel antisémitisme” qui sévit dans les quartiers populaires sous l’effet d’un islam identitaire voire radical, les signataires demandant “que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés de caducité par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémitisme catholique aboli par (le concile) Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime”.

Les actes antisémites ont été pointés en repli en 2017 (-7%) pour la troisième année consécutive, selon les données du ministère de l’Intérieur. Mais cette baisse globale masque l’augmentation des faits les plus graves (+26% des violences, incendies, dégradations, tentatives d’homicide…). La communauté juive, qui représente environ 0,7% de la population, est la cible d’un tiers des faits de haine recensés.

Dans son dernier rapport, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) notait une “persistance des préjugés antisémites traditionnels liant les juifs à l’argent, au pouvoir et leur reprochant leur communautarisme”.

Le comité de rédaction du New York Times a condamné Mahmoud Abbas pour ses propos antisémites lors du discours à Ramallah

Le comité de rédaction du New York Times a condamné Mahmoud Abbas pour ses propos antisémites lors du discours à Ramallah, au cours duquel il a déclaré que l’Holocauste était le résultat du comportement social des juifs. « Les tendances antisémites d’Abbas ne sont pas nouvelles  » a indiqué un article intitulé « Let Abbas’ vile words be his last as Palestinian leader » précisant que le président de l’Autorité palestinienne  remettait aussi en question le nombre de morts (six millions de Juifs) pendant l’Holocauste.

nyt.

« M. Abbas, qui supervise un gouvernement infesté par la corruption et les dysfonctionnements, a perdu le soutien du peuple palestinien » indique le journaliste en précisant que le leader palestinien « avait affaibli les institutions gouvernementales essentielles à un futur Etat« .

En outre, l’article stipule  qu’Abbas avait « perdu toute crédibilité comme partenaire digne de confiance pour de nouvelles négociations de paix« .

« En refusant de déclencher de nouvelles élections, Abbas avait  empêché les jeunes leaders d’émerger » et avait « échoué à unifier les Palestiniens », écrit aussi le Times.

Le New York Times conclu  qu’en  » succombant à de tels instincts corrosifs et sombres, Abbas a montré qu’il était temps pour lui de quitter ses fonctions » et que « les Palestiniens avaient besoin d’un leader énergique, intègre avec une vision pour parvenir à l’indépendance palestinienne et permettre aux deux peuples de vivre en paix« .

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2 Responses to Le New York Times: Abbas doit partir

  1. Abbas laisse tomber le voile
    Voilà l homme dès chancellerie et dès embrassade de moguerini de la Francr un
    révisionniste notoire
    Pas étonnant qu il a toujours refusé la main tendue
    Après lui c est Mohamed dahlan qui prendra la presidence et s il est capable de gestionnner gaza ça ira mieux ou il faudra aider Sissi à rentrer faire le ménage à Gaza pas nos enfants

  2. Claude David

Presse arabe : débat sur la supériorité présumée d’Israël face aux pays arabes

Presse arabe : débat sur la supériorité présumée d’Israël face aux pays arabes

Au cours des derniers mois, plusieurs auteurs arabes ont signé des articles de presse discutant des raisons pour lesquelles Israël serait supérieur aux pays arabes. Les raisons, selon eux, tiennent au système judiciaire israélien, solide et efficace, qui lutte contre la corruption en enquêtant et poursuivant les dirigeants et haut-fonctionnaires qui commettent des infractions, alors que dans les pays arabes, la corruption est répandue et que les dirigeants font taire ceux qui appellent à instaurer l’intégrité, jugent-ils. Les autres raisons invoquées sont le fait qu’Israël est une démocratie respectant la volonté de ses citoyens et électeurs, et qu’au fil des ans, il aurait investi beaucoup dans l’éducation, la science, la santé et la technologie.

Ces auteurs appellent donc leurs dirigeants à tirer quelques leçons du modèle israélien, notamment à développer leurs systèmes judiciaires et une forme de gouvernement démocratique, à cesser de réprimer leurs citoyens et à investir dans l’éducation. S’ils ne le font pas, estiment-ils, les pays arabes resteront à la traîne. Extraits :

Un ancien fonctionnaire égyptien : Israël a progressé du fait de ses investissements dans l’éducation, la science et l’industrie ; les Arabes sont à la traîne

Reda Abd Al-Salam, ancien gouverneur de la province d’Al-Sharqiya en Egypte, aujourd’hui maître de conférence à l’université de Mansoura, écrit qu’Israël surpasse les pays arabes dans de nombreux secteurs, parce qu’il a investi au fil des ans dans l’éducation, la santé, la science et la technologie, et dans l’édification de la démocratie, alors que les Arabes seraient restés à la traîne, embourbés dans des conceptions primitives et la tyrannie. Il appelle l’Egypte à ne pas imputer l’écart entre elle et Israël à l’aide octroyée par Etats-Unis à ce dernier, et à ne pas attendre que les supplications à Allah prononcées au cours des prières du vendredi lui permettent de vaincre Israël, mais à investir plutôt dans l’éducation et les universités, afin d’extraire le pays de l’ignorance et de l’obscurantisme pour l’amener dans la lumière de la science et de l’industrie. Il écrit :

“’Allah, punis les fils des singes et des porcs, pour qu’ils ne t’échappent pas ; Allah, chasse-les ; Allah, montre-moi les miracles de Ta puissance [en les punissant…]’. Nos ancêtres sont nés, et nous sommes nés et avons grandi et sommes devenus vieux et grisonnants, et nous continuons de répéter cette supplication à Allah au cours des sermons du vendredi, en versant des larmes… Mais qu’avons-nous accompli [avec cela] ? Allah a-t-il répondu à nos millions de prières ? Avons-nous vu la miraculeuse puissance d’Allah appliquer son jugement contre les fils de Sion et les fils des singes et des porcs, comme nous le demandons sans cesse dans nos prières ? Non, pas du tout : le résultat a été une grande déception et une grande honte pour les dirigeants arabes, car c’est le contraire qui s’est produit ! Allah a fait tout le contraire [de ce que nous lui demandons] : ce sont les Arabes et les musulmans qui ont été mis en pièces et expulsés, et par le biais desquels Allah a révélé ses signes.

Oui, Israël devient plus fort, de plus en plus moderne et uni, et étend son territoire chaque jour, entouré qu’il est de bédouins décrépits qui se battent entre eux et mènent une fébrile course vers le bas et vers l’atrophie dans tous les domaines – et [entouré qu’il est] de peuples et de régimes embourbés dans des conceptions primitives, la maladie et la dictature…

Pourquoi Israël a-t-il progressé et les Arabes et les musulmans sont-ils dépassés ? Combien de temps garderons-nous la tête dans le sable et nous boucherons-nous les oreilles, n’écoutant que les sorciers, les idiots au pouvoir et les porte-parole [des régimes] de l’hypocrisie, [comme nous le faisons] depuis des décennies ? Combien de temps ?! Pour le dire crûment, laissons les chiffres parler d’eux-mêmes : ils sont la meilleure expression du progrès et du retard, et grâce à eux nous comprendrons pourquoi Allah n’a pas répondu aux prières de millions d’Arabes et de musulmans en 60 ans, mais a fait le contraire [de ce que nous avons demandé] : les sionistes ont progressé et les Arabes et les musulmans ont été distancés…

Les peuples arabes et musulmans vivent sous des régimes qui, pendant des décennies, ne se sont pas consacrés à développer leurs peuples et à faire progresser l’économie, la société, la science et la démocratie, mais ont plutôt assis leur propre pouvoir… Pendant ce temps, ceux que nous appelons les ‘fils des singes et des porcs’ se sont engagés dans la construction véritable. Ils se sont focalisés sur l’éducation, la santé, l’économie et la technologie, et bien entendu sur le processus démocratique. Nous entendons si souvent parler d’un président ou d’un Premier ministre incarcéré en Israël… Quels sommets les fils des singes et des porcs ont-ils atteints, et où est embourbée l’Egypte, le plus grand pays arabe ?… La question vaut aussi pour les autres pays arabes…

Israël, que nous maudissons nuit et jour, fait partie des 20 pays en tête de peloton selon tous les critères du développement global – alors que l’Egypte… se trouve en dessous de la 100e place dans la plupart de ces classements – par exemple pour la qualité de l’éducation, la compétitivité, la corruption, les investissements, les services publics en ligne, la propriété intellectuelle, la créativité, le développement humain, etc…

Avons-nous des structures éducatives, des services de santé, ou une justice sociale ? Si seulement nous cessions de nous mentir à nous-mêmes… parce qu’Israël se réjouit de ses succès dans la science et l’industrie, pendant que nous sommes trempés de sueur au milieu des conducteurs de touk-touk [rickshaw à moteur] dont le nombre dépasse deux millions en Egypte. Et ne dites pas que cela [est dû] à l’aide américaine à Israël, parce qu’au cours des dernières décennies, l’Egypte a reçu une aide considérable, de plusieurs milliards de dollars, de ses frères arabes et des institutions internationales, sous forme de subventions pour développer l’éducation, les routes, etc. Où est allé [cet argent] et dans quelles poches ?

Les sionistes n’ont jamais été plus intelligents que nous ; c’est la gestion de leur Etat, leur rêve et leur loyauté envers leur patrie [qu’il faut considérer]. En conséquence, j’insiste sur le fait qu’après deux révolutions, et après des années de destruction, d’épuisement et de vandalisme… l’écart entre nous et ceux que nous appelons les fils des singes et des porcs est devenu considérable… et ce sont eux qui nous tournent en ridicule… Toutefois avec une volonté authentique, claire et déterminée, nous changerons le visage de l’Egypte – oui, nous le pouvons…

L’éducation, l’éducation et encore l’éducation est notre problème majeur… [Ce dont nous avons besoin], c’est de développer les institutions officielles et d’éliminer les organisations qui dirigent le pays, comme les Frères musulmans et les autres entités du même genre, car la nation n’a pas besoin de ces organisations pour acquérir la connaissance des matières religieuses, mais elle a besoin d’universités pour répandre l’entendement, nous tirer de l’ignorance et de l’obscurantisme vers la lumière de la science et de l’industrie… Les prières à Allah depuis les tribunes des prédicateurs [pour qu’Il punisse Israël] ne suffisent pas, car si elles avaient suffi, Israël aurait disparu de la surface de la terre après un sermon du vendredi…

[Le fait est qu’] Israël a progressé et que nous [Arabes] resterons à la traîne – sauf si nous craignons Allah dans notre pays et notre nation et proposons un modèle qui nous permettra de lever la tête parmi les nations”.[1]

Abbas : le comportement des Juifs a entraîné la Shoah, pas l’antisémitisme

Abbas : le comportement des Juifs a entraîné la Shoah, pas l’antisémitisme

Dans un discours décousu, le président de l’AP a donné une “leçon d’histoire” dans laquelle il nie le lien des Juifs à Israël et accusé les sionistes d’avoir coopéré avec Hitler

Le président palestinien Mahmud Abbas, à gauche, durant une rencontre du conseil national palestinien à Ramallah, le 30 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Le président palestinien Mahmud Abbas, à gauche, durant une rencontre du conseil national palestinien à Ramallah, le 30 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a déclaré lundi que l’Holocauste n’avait pas été causé par l’antisémitisme mais par le « comportement social » des Juifs, notamment les prêts financiers.

Dans un discours long et décousu prononcé à Ramallah lors d’une session exceptionnelle du Conseil national palestinien (CNP), Abbas a eu recours à un certain nombre de théories conspirationnistes antisémites durant une « leçon d’histoire », selon ses propres termes, au cours de laquelle il a tenté de prouver que le lien ancien de 3000 ans des Juifs avec Israël était mensonger.

Abbas a expliqué que son récit était soutenu par trois points établis par des auteurs et historiens juifs, le premier étant la théorie souvent étiquetée d’antisémite selon laquelle les Juifs ashkénazes ne seraient pas des descendants des Israélites de l’antiquité.

Evoquant le livre écrit par Arthur Kessler, La Treizième tribu, qui affirme que les Juifs ashkénazes descendent des Khazars, Abbas a estimé que les Juifs européens n’avaient donc « aucun lien historique » avec la terre d’Israël.

Il a clamé que la Shoah n’était pas le résultat de l’antisémitisme mais plutôt du « comportement social, de [l’imposition] d’intérêts et d’affaires financières ».

Abbas a également affirmé qu’Israël avait été depuis le début un projet européen, expliquant que des responsables européens tels que le britannique Lord Arthur Balfour avaient restreint l’immigration des Juifs dans leurs pays tout en faisant simultanément la promotion de l’immigration des Juifs sur la terre d’Israël.

La déclaration Balfour, qui date de 1917, soutenait l’idée d’un Etat juif sur la terre d’Israël.

Lord Arthur James Balfour, secrétaire aux Affaires étrangères du Royaume-Uni en 1917, et le texte de la déclaration qui porte son nom et soutient l’établissement d’un foyer national juif en Palestine. (Crédit : Domaine public/Wikipédia)

« Ceux qui voulaient un Etat juif n’étaient pas Juifs », a-t-il dit, répétant une affirmation qu’il avait déjà faite au mois de janvier lorsqu’il avait déclaré que l’Etat d’Israël avait été un « projet colonial qui n’avait rien à voir avec le judaïsme » et ne visait qu’à sauvegarder les intérêts européens.

Dans ce discours du mois de janvier, il avait indiqué que les Juifs européens avaient choisi, durant la Shoah, de subir « la mort et les massacres » plutôt que d’émigrer dans la Palestine sous mandat britannique.

Néanmoins, lundi, Abbas a déclaré qu’Adolf Hitler, dont le régime nazi a été responsable de la mort de 6 millions de Juifs durant l’Holocauste, avait facilité l’immigration des Juifs vers Israël en passant un accord avec la Anglo-Palestine Bank (aujourd’hui la banque Leumi) sous les termes duquel les Juifs ayant émigré en Palestine sous mandat britannique pourraient y transférer, via l’établissement bancaire, tous leurs avoirs.

Hitler accueille le Grand Mufti Haj Amin al-Husseini en 1941 en Allemagne (Crédit : Heinrich Hoffmann Collection/Wikipedia)

Le leader palestinien a de longs antécédents de négationnisme. Sa thèse de doctorat était intitulée « De l’autre côté : La relation secrète entre le nazisme et le sionisme » et il a été accusé dans le passé de nier l’ampleur de la Shoah. La thèse aurait prétendu que le chiffre de six millions de victimes de l’Holocauste aurait été largement exagéré et que les leaders sionistes auraient coopéré avec les nazis.

Abbas, dans son discours de lundi, n’a fait aucune mention de la présence historique et des périodes de souveraineté en terre sainte des Juifs. Israël est le seul territoire où les Juifs ont été souverains ou où ils ont cherché à avoir la souveraineté.

Nous n’accepterons pas les Etats-Unis

Abbas a également évoqué longuement le processus de paix manqué, disant que l’enquête de corruption qui avait abattu l’ancien Premier ministre Ehud Olmert avait pour objectif de l’empêcher de souscrire un accord de paix. Olmert a lancé des accusations similaires.

Abbas avait déclaré avoir rejeté l’offre de paix soumise à Abbas, il y a une décennie. La proposition d’Olmert prévoyait un retrait israélien presque total de la Cisjordanie et des quartiers arabes de Jérusalem-Est et aurait placé la Vieille Ville – où se trouvent les lieux saints les plus sensibles de Jérusalem – sous contrôle international.

Abbas a également rejeté de manière anticipée le plan de paix sur lequel travaille actuellement l’administration Trump dans un contexte de rupture profonde et continue avec les Etats-Unis.

Abbas a indiqué au CNP qu’il prévoyait de prendre rapidement des « mesures dures » contre Israël et les Etats-Unis dont il n’a pas précisé la nature.

Abbas a dit aux centaines de délégués présents qu’il s’en tenait à son rejet des propositions américaines en vue d’un accord de paix israélo-palestinien suite à la reconnaissance par l’administration Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël au mois de décembre et à la décision d’y transférer l’ambassade américaine à la mi-mai.

« C’est complètement inacceptable », a-t-il dit durant le discours inaugural d’une réunion de quatre jours organisée en Cisjordanie. « Nous n’accepterons pas cet accord et nous n’accepterons pas les Etats-Unis comme seuls intermédiaires ».

Le président américain Donald Trump, à gauche, et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Abbas a paru écarter les informations transmises via les médias citant le puissant prince héritier saoudien, Mohammed bin Salmane, qui aurait déclaré que les Palestiniens devaient cesser de se plaindre et accepter ce qui était offert par l’administration Trump.

Abbas n’a pas fait spécifiquement référence à ces informations mais a indiqué avoir été assuré que l’Arabie saoudite continuait à offrir son soutien aux Palestiniens. « On entend beaucoup de rumeurs », a-t-il déclaré aux délégués. « Ne leur offrez pas de crédibilité ».

Abbas, âgé maintenant de 82 ans, a averti qu’il pourrait « prendre des mesures dures dans un futur proche en ce qui concerne nos relations avec nos voisins (Israël) et les Américains ». Il n’a pas donné de détails mais affirmé qu’elles seraient importantes et de grande envergure.

Le Hamas et Gaza

Cette rencontre du Conseil national palestinien survient à un moment de profonde division entre Abbas et son rival, le groupe terroriste du Hamas qui contrôle la bande de Gaza.

Le Hamas a accru sa visibilité ces dernières semaines en organisant des mouvements de protestation massifs sur la frontière que partage l’enclave côtière avec Israël. Lors de ces manifestations hebdomadaires, des milliers de Palestiniens se sont réunis aux abords de la clôture frontalière, de plus petits groupes s’en approchant, jetant des pierres ou des grenades artisanales et brûlant des pneus.

Plus de 40 manifestants ont été tués et plus de 1700 ont été blessés par des tirs de l’armée israélienne au cours du mois qui vient de s’écouler, selon le ministère de la Santé de Gaza dirigé par le Hamas. Israël, de plus en plus critiqué à l’international pour son usage de la force létale contre les manifestants, affirme avoir le droit de défendre sa frontière. L’Etat juif accuse le Hamas d’utiliser le mouvement de protestation comme couverture pour commettre des attentats et a montré les images de groupes tentant d’ouvrir des brèches à la frontière. Le Hamas a reconnu que cinq des personnes tuées le premier vendredi des émeutes appartenaient à son groupe, et a depuis gardé le silence sur le nom d’éventuelles victimes qui seraient membres de son organisation.

L’Etat juif fait valoir que 6 000 résidents des communautés israéliennes voisines seraient menacés de mort si les Palestiniens dirigés par le Hamas parvenaient à traverser la frontière.

Les Palestiniens participent à des manifestations aux abords de la frontière avec Israël, à l’est de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza, le 30 mars 2018 (Crédit : AFP/Mohammed Abed)

Abbas a salué ses « frères du Hamas » pour avoir adopté sur le tard ce qu’il a qualifié de « résistance pacifique ».

« Grâce à Dieu, il (le Hamas) a finalement accepté et c’est efficace », a-t-il déclaré tout en recommandant vivement aux organisateurs de conserver leurs enfants à l’écart des manifestations le long de la frontière, mettant en garde contre une génération « handicapée ».

« Tenez les jeunes éloignés de la frontière, faites partir les enfants, nous ne voulons pas devenir des handicapés », a-t-il dit.

Les responsables du Hamas ont déclaré que les manifestations avaient pour objectif d’effacer la frontière et de libérer la Palestine et certains ont suggéré qu’il pourrait y avoir une rupture massive de la frontière.

Malgré cet éloge rare de ses rivaux, Abbas a établi des conditions rigoureuses pour que prenne fin le clivage interne entre l’AP et le groupe terroriste qui était apparu en 2007 lorsque le Hamas avait écarté de Gaza les forces loyales à Abbas, un an après avoir remporté les élections parlementaires. Depuis la prise du contrôle du Hamas, Israël et l’Egypte ont imposé un blocus frontalier sur Gaza qui a pour objectif de stopper l’afflux de roquettes et d’armes.

Les membres de la brigade Al-Qassam, participant au défilé marquant les 27ème de la création du mouvement islamiste le 14 décembre à Gaza (Crédit : AFP/Mahmud Hams)

Les médiateurs égyptiens ont proposé qu’Abbas assume les responsabilités gouvernementales à Gaza pour mettre un terme au blocus. Abbas a noté lundi qu’il ne le ferait que si le Hamas renonçait à toute son autorité – une perspective improbable dans la mesure où le groupe terroriste refuse d’abandonner le contrôle sur ses armes.

« Soit ils nous donnent tout, soit ils prennent tout », a précisé Abbas en évoquant le Hamas.

Un nouveau leadership

A la fin de la semaine, le Conseil national palestinien doit élire un nouveau comité exécutif de l’OLP, un groupe de direction fort de 18 membres qui a servi, ces dernières années, à entériner les décisions prises par Abbas.

Le scrutin, étroitement contrôlé par Abbas, devrait permettre d’installer un nouveau groupe de loyalistes au sein du comité.

Le président palestinien Mahmud Abbas, à gauche, durant une rencontre du conseil national palestinien à Ramallah, le 30 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Universités : la non-mixité ou les habits neufs du racisme

Universités : la non-mixité ou les habits neufs du racisme

Quand un « camp d’été décolonial » (sic) interdit aux Blancs a ouvert ses portes, certains ont considéré qu’il s’agissait d’une foucade d’illuminés. Quand des initiatives du même acabit ont été testées à la fac de Saint-Denis, ils y ont vu la trace emblématique d’un avant-poste du différentialisme. Quand le mouvement Nuit debout a validé cette pratique, reprise ensuite à son compte par le syndicat SUD de Saint-Denis, ils ont commencé à s’interroger. Vu ce qui se passe dans certaines facs, il est temps de tirer la sonnette d’alarme.

Une dérive identitaire et néoraciste, venue de l’autre côté de l’Atlantique, est en train de gagner le monde universitaire, avec la complicité de personnalités se réclamant de l’antiracisme et de l’extrême gauche. A Tolbiac, à Nantes et ailleurs, se sont tenues des réunions en « non-mixité », réservées à des personnes ayant la couleur de peau idoine. A Sciences-Po Paris, on a brodé sur le racisme de l’Etat français, comme si on était à Alger pendant l’époque coloniale. A chaque fois, on retrouve l’obsession de la prétendue domination blanche, la mise en scène d’un néocolonialisme fantasmatique, la dénonciation d’une France pratiquant le racisme institutionnel.

Certes, nul ne peut nier la nécessité de combattre le racisme et les inégalités sociales qui frappent en premier lieu les enfants d’immigrés. Ce n’est pas une raison pour encourager la dérive ethnodifférentialiste d’une partie de la gauche ayant rompu avec l’utopie universaliste pour voir dans le Blanc l’ennemi absolu. D’ordinaire, les membres de cette cohorte se revendiquent du combat antifasciste, au point parfois de déceler la « bête immonde » à chaque coin de rue. En général, ils traquent le « dérapage » verbal comme d’autres le sanglier. Ils soupèsent le moindre mot de Marine Le Pen pour y déceler le signe avant-coureur de la nuit des longs couteaux.

Or ces veilleurs de la démocratie cautionnent une dérive identitaire comparable à celle des identitaires chassant le migrant dans les Alpes, sauf qu’elle est à front renversé. A leurs yeux, la parole raciste est recevable dès lors qu’elle est portée par des voix se réclamant des présumés opprimés d’hier, d’aujourd’hui et de demain. De même qu’il y a le bon et le mauvais cholestérol, il y a le bon et le mauvais racisme.

En effet, la non-mixité des « racisés » n’est qu’une forme de diabolisation de tous les Blancs, quel que soit leur statut social. Finie, la lutte des classes, oubliée, l’opposition entre l’élite et le peuple, enterrée, la domination du capital. La nouvelle ligne de démarcation sépare ceux qui ne sont pas blancs, classés d’office dans le lot des victimes, et ceux qui le sont, suspects d’exploitation ou de complicité.

Si des esprits tordus prétendaient organiser une réunion interdite aux Noirs, on crierait au déni des droits humains, à la lepénisation des esprits, au mépris affiché. On invoquerait l’esprit de Voltaire, le combat de Nelson Mandela ou la mémoire de Rosa Parks osant s’asseoir dans un bus « interdit aux Noirs » dans l’Amérique ségrégationniste des années 50. En l’espèce, rien de tel.

De bonnes âmes expliquent que la non-mixité n’est pas une discrimination dès lors qu’elle est l’expression de la lutte « des opprimés pour les opprimés », se réclamant des Etats-Unis et de la naissance du mouvement pour les droits civiques, à l’époque du racisme légalisé. D’où l’on en conclura qu’à leurs yeux Emmanuel Macron est le clone de Pieter W. Botha, l’ex-président d’Afrique du Sud au temps de l’apartheid. Les identitaires en gants blancs (pardon : noirs) ont le sens de la nuance, le souci de la réalité et le goût de la dialectique.

En vertu d’un raisonnement tribal, les têtes pensantes de cette mouvance classent les Noirs avec les Noirs, les Arabes avec les Arabes, les musulmans avec les musulmans, les homos avec les homos, les juifs avec les juifs et les femmes avec les femmes. On est défini non par ce que l’on est, mais par ses origines – ethniques, raciales ou religieuses -, considérées comme des invariants structurels prédestinant le devenir de chacun. Chacun dans sa communauté. Exit la mixité. Adieu, l’approche universaliste qui veut que les êtres humains, forts de leurs différences, soient égaux entre eux.

Régis Debray a écrit : « Le citoyen, c’est l’homme sans étiquette. » Vivement le jour où l’on oubliera les étiquettes pour redécouvrir les citoyens.

Ensemble, contre la grêle antisémite

Ensemble, contre la grêle antisémite

Le « Manifeste contre le nouvel antisémitisme » publié par le Parisien, et signé par plus de 300 personnalités et plusieurs milliers de citoyens, est salutaire, utile, et parfois maladroit. Salutaire parce qu’il a le mérite de mettre enfin des mots sur un mal immuable, dont les auteurs et les manifestations peuvent changer, mais dont la nature intolérable perdure. Oui, la France est devenue le théâtre d’un antisémitisme qui a déjà assassiné depuis douze ans 11 juifs parce que juifs, et cet antisémitisme n’est pas l’affaire des seuls juifs mais de tous les Français. Marianne n’a cessé d’alerter contre la sanglante résurgence de ce fléau et d’oser dire, comme les auteurs du manifeste, que ce « nouvel antisémitisme » est bien l’œuvre d’islamistes qui ont baigné dans une certaine interprétation de l’islam.

Pointer ce danger ne signifie pas que l’antisémitisme serait devenu la chasse gardée de musulmans radicalisés – hélas, des pans entiers de la société française, à commencer par l’extrême droite, continuent de patauger dans cette fange -, ni, bien entendu, que tous les musulmans seraient antisémites. Il est temps de s’alarmer aussi de la cécité conjointe d’une partie de la gauche radicale et d’une poignée d’élus qui, par électoralisme, ferment les yeux sur une réalité dérangeante.

Il nous faut applaudir ce courage qui enterre cette billevesée répétée par quelques faux naïfs selon laquelle le terrorisme n’aurait “rien à voir avec l’islam”

Ce texte est utile parce qu’il porte le débat sur un aspect lui aussi depuis trop longtemps tabou, l’interprétation belliqueuse de certains versets du Coran par quelques imams radicaux. Deux jours plus tard, la publication dans le Monde d’un autre appeld’un autre appel, signé celui-là par 30 imams soucieux de « servir la République française », est venue valider cette alerte. Soucieux de combattre l’antisémitisme et le terrorisme, ces religieux s’alarment des « lectures et des pratiques subversives de l’islam » qui « sévissent dans la communauté musulmane […], [d’] une situation cancéreuse à laquelle certains imams ont malheureusement contribué ». « Le courage nous oblige à le reconnaître », écrivent les auteurs de cette tribune, et il nous faut applaudir ce courage qui enterre cette billevesée répétée par quelques faux naïfs selon laquelle le terrorisme n’aurait « rien à voir avec l’islam ». Bien sûr que si, et ce sont des imams qui le disent ! Non, l’islam n’est pas, par nature, antisémite et terroriste, mais, oui, cette religion est, comme l’écrivent ces 30 imams républicains, menacée de « confiscation par des criminels » qui tentent d’enrôler une « jeunesse ignorante, perturbée et désœuvrée .

Pour repousser ce péril qui les menace, il appartient aux musulmans de se mobiliser, aux côtés de tous les autres citoyens français. C’est pourquoi on peut regretter l’usage de certaines formules provocatrices qui écornent la bonne volonté des auteurs du « Manifeste contre le nouvel antisémitisme ». Comparer le niveau de menaces qui pèsent sur les juifs de France à celui qui concerne les musulmans ou recourir à l’expression déplacée d’« épuration à bas bruit » pour évoquer le déménagement, hélas réel, de près de 50 000 juifs d’Ile-de-France, sont des fautes d’autant plus regrettables qu’elles ont donné des armes aux tartuffes. Plutôt que de célébrer l’essentiel, à savoir l’appel à la mobilisation de tous les Français, pour faire de la lutte contre l’antisémitisme une « cause nationale », ceux-là se sont acharnés sur l’accessoire en disséquant quelques expressions regrettables. Ainsi, indignés de ces « effets pervers », nos confrères de Libération ont brandi la protestation de Dalil Boubakeur pour élever le recteur de la Grande Mosquée de Paris au panthéon des « responsables musulmans les plus pacifiques, les plus ouverts et les plus tolérants » . Hélas, ils ont oublié de rappeler que le même Dalil Boubakeur est si « tolérant » … qu’il avait porté plainte en 2006 contre Charlie Hebdo parce qu’il jugeait blasphématoire la publication des caricatures du prophète Mahomet.

Est-il besoin de rappeler que c’est cet acte de défense de la liberté d’expression qui fut à l’origine, neuf ans plus tard, du massacre de nos amis ? D’autres ont fantasmé une « logique dévastatrice » qui viserait à expulser les musulmans de la communauté nationale alors que le manifeste vise, à l’inverse, à les y intégrer en les débarrassant de la gangrène islamiste. Mais qu’importe ces pudeurs de gazelle. Quand à Berlin, au lendemain d’une violente agression antisémite, le président du Conseil central des juifs d’Allemagne se résout à « déconseiller » à ses coreligionnaires de porter la kippa dans la rue, l’essentiel est qu’à Paris les yeux se dessillent enfin. L’orage antisémite gronde. L’urgence est à la mobilisation de tous, sans exception, tant, comme l’écrivait Aragon, quand les blés sont sous la grêle, fou qui fait le délicat, fou qui songe à ses querelles, au cœur du commun combat.

La France: bientôt sans Juifs? par Guy Millière 30 avril 2018

Les leçons d’Entebbe, par Raphaël Nisand

Les leçons d’Entebbe, par Raphaël Nisand

Cette fois-ci, une fois n’est pas coutume , je me raccroche à l’actualité cinématographique.Un film intitulé Entebbe sort en salles à partir de mercredi.

Il raconte l’histoire véridique de cet avion d’Air France qui devait relier Tel Aviv à Paris le 27 juin 1976 avec plus de 200 passagers à bord.

Cet avion fut détourné par un commando terroriste pro-palestinien comprenant 7 pirates de l’air , 5 membres du FPLP front populaire de libération de la Palestine encore aujourd’hui membres de l’OLP de Yasser Arafat et de Mahmoud Abbas et 2 membres du groupe Baader-Meinhof encore appelé Rote armee fraktion, un groupe d’extrême gauche qui a disparu depuis.

Les pirates de l’air armés ont détourné l’avion vers l’aéroport ougandais d’Entebbe où l’avion fut autorisé à atterrir.

Il se passa ensuite des choses tout à fait extraordinaires dont les leçons méritent d’être retenues.

Loin d’être inquiétés les pirates de l’air ont été reçus avec de grands honneurs par le dictateur Idi Amine Dada.

L’armée ougandaise vint à la rescousse des pirates de l’air pour garder les otages et les pirates purent bénéficier de hangars sur l’aéroport pour y entreposer leurs otages.

On vit cette chose hallucinante : les otages firent l’objet d’un tri, fait d’ailleurs, ironie de l’histoire, en partie par les allemands, un tri donc mettant à part les passagers israéliens et juifs, voués à une mort certaine et les passagers non juifs qui eux furent libérés sans négociation.

Il faut noter que l’équipage d’Air France à qui la liberté fut offerte puisque non juif a refusé ce déshonneur avec une grandeur d’âme qui force l’admiration.

Une fois les passagers juifs « sélectionnés » et parqués dans un hangar de l’aéroport les négociations ont commencé avec Israël. Les israéliens n’ont  jamais vraiment négocié avec aucun preneur d’otages.

4 ans après le massacre perpétré par septembre noir, une autre organisation terroriste palestinienne, elle aussi filiale de l’OLP,  lors des jeux olympiques de Munich, les israéliens savaient qu’ils ne pouvaient compter que sur eux-mêmes.

A Munich tous les otages israéliens ont été assassinés de sang froid par les preneurs d’otages palestiniens au mépris de la trêve olympique et du droit de la guerre. Une opération d’une complexité et d’une audace incroyables a donc été improvisée en quelques jours et l’armée Israélienne a transporté à 4000 kilomètres d’Israël en territoire hostile un commando d’élite destiné à tenter de libérer les otages.

Cette opération fut un succès quasi total c’est à dire que les prisonniers du hangar au nombre de 102 furent presque tous libérés sans blessure et que les membres du commando ont pu presque tous revenir en Israël avec les otages libérés. Au passage le commando israélien a détruit les 8 migs ougandais, avions de chasse de fabrication russe ( tiens tiens, toujours la Russie ) afin qu’ils n’attaquent pas l’avion ramenant les otages.

Yoni Netanyahou

Cette formidable  opération suscite bien sûr une admiration sans mélange pour le courage et l’humanisme de ces soldats d’élite qui ont su sauver tant de vies avec une telle abnégation. Nos pensées vont aussi bien sûr à 2 personnes qui elles ne sont pas revenues vivantes : Yoni Netanyahou le commandant du groupe d’élite est mort au combat, que son souvenir soit béni. C’était un héros et par parenthèse c’était le frère ainé de l’actuel premier ministre israélien Benyamin Netanyahou .

L’autre personne qui n’est pas revenue c’est une vieille dame âgée de 73 ans Dora Bloch si souffrante qu’il avait fallu l’hospitaliser dans la capitale ougandaise Kampala et qui n’était donc pas présente lors de l’opération israélienne. Le dictateur Idi Amine Dada fraîchement converti à l’islam la fit assassiner dans son lit d’hôpital après le départ victorieux des Israéliens.

Idi Amine Dada qui avait été reçu en chef d’Etat par Georges Pompidou perdit le pouvoir peu de temps après l’affaire d’Entebbe et trouva un refuge très plaisant en Arabie Saoudite où il coula des jours luxueux et paisibles à l’invitation du roi .

Quelles leçons tirer d’Entebbe ?

La première c’est que le terrorisme palestinien ne change pas de nature, il pourchasse toujours juifs et israéliens sans aucune discrimination dans l’antisémitisme faisant ainsi la preuve qu’antisionisme et antisémitisme sont les 2 facettes d’une même pièce de monnaie.

La deuxième leçon c’est que le terrorisme palestinien est toujours aidé par les mêmes idiots utiles de l’extrême gauche .

La troisième c’est qu’heureusement qu’Israël ne laisse pas faire ..

Raphaël Nisand
Chroniqueur hebdomadaire sur Radio Judaïca Strasbourg
Avocat du BNVCA

Netanyahu : « l’Iran a menti, et sacrément ! »

Netanyahu : « l’Iran a menti, et sacrément ! »

Le Premier ministre a exposé des “preuves concluantes” d’un programme secret iranien pour se doter de l’arme nucléaire.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé lundi que son pays disposait de nouvelles « preuves concluantes » d’un programme secret iranien pour se doter de l’arme nucléaire.

Depuis le ministère de la Défense à Tel Aviv, le Premier ministre israélien, virulent détracteur de l’accord international sur les activités nucléaires de l’Iran, a présenté à la presse à Tel-Aviv, en anglais et en direct devant les télévisions israéliennes ce qu’il a décrit comme « les copies exactes » de dizaines de milliers de documents originaux iraniens obtenus il y a quelques semaines au prix d’une « formidable réussite dans le domaine du renseignement ».

Ces documents contenus sur papier ou sur CD, exposés sur l’estrade sur laquelle il se tenait, constituent des « preuves nouvelles et concluantes du programme d’armes nucléaires que l’Iran a dissimulé pendant des années aux yeux de la communauté internationale dans ses archives atomiques secrètes », a-t-il dit.

Ces documents montrent que, malgré les assurances des dirigeants iraniens affirmant n’avoir jamais cherché à avoir l’arme nucléaire, « l’Iran a menti, et sacrément ! », a-t-il déclaré.

M. Netanyahu s’exprimait à l’approche de la date butoir du 12 mai fixée par le président américain Donald Trump pour décider ou non de dénoncer l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 par six grandes puissances, dont les Etats-Unis, avec la République islamique.

« Après avoir signé le JCPOA en 2015, l’Iran a multiplié ses efforts pour dissimuler les dossiers sur le nucléaire », a-t-il déclaré pendant la conférence de presse.

Benjamin Netanyahu dévoile des détails du programme nucléaire iranien, durant une conférence de presse à Tel Aviv, le 30 avril 2018. (Crédit : capture d’écran)

« En 2017, l’Iran a déplacé ses fichiers nucléaires vers un endroit secret en Iran », a-t-il dit en désignant une image d’archives en Iran.

Netanyahu a ajouté que les documents iraniens montraient que le programme nucléaire iranien consistait en des « essais » et incluait la « construction d’armes nucléaires ».

« Ces documents montrent que l’Iran ment effrontément quand elle dit ne pas avoir de programme nucléaire. Ces dossiers le prouvent. »

Il a ajouté que les États-Unis se sont portés garants de l’authenticité des archives qu’Israël s’est procuré, et que les documents seront mis à la disposition de l’agence atomique de l’ONU et à d’autres pays.

Netanyahu a expliqué que bien que l’Iran ait renoncé son programme nucléaire intitulé Amad, en 2013, il n’a pas pour autant renoncé à ses ambitions nucléaires.

« L’Iran avait prévu de continuer à travailler sur l’arme nucléaire sous couverture, avec le même personnel », a affirmé le Premier ministre.
Netanyahu a ensuite déclaré que l’Iran continue d’augmenter la capacité de ses missiles nucléaires.

« Ils peuvent atteindre Ryad, Tel Aviv, Moscou, mais ils travaillent sur des portées encore plus importantes. »

Il a fustigé le JCPOA, qu’il a qualifié de « terrible » et a accusé Téhéran de continuellement mentir sur ses ambitions nucléaires.

« Voilà le fond des choses : l’Iran continue à mentir », a-t-il dit, montrant une vidéo du ministre des Affaires étrangères iranien affirmant la semaine dernière que l’Iran n’avait jamais cherché à obtenir l’arme nucléaire.

« Si, vous l’aviez cherché », a lancé Netanyahu à la fin de la vidéo.
Il a ajouté que l’accord de 2015 laisse à l’Iran « le champ libre » pour obtenir l’arme nucléaire, « échoue complètement » dans la restriction du programme balistique et du programme nucléaire secret.

« C’est un très mauvais accord. Il n’aurait jamais dû être conclu », a affirmé Netanyahu.

Le Premier ministre est assuré que Trump fera « ce qu’il faut faire » quant à sa décision de se retirer ou non du JCPOA. Il a ajouté que sortir de l’accord sera une bonne chose pour les États-Unis et Israël.

« Je suis sûr qu’il fera ce qu’il faut », a conclu Netanyahu. « Ce qu’il faut pour les États-Unis. Ce qu’il faut pour Israël. Et ce qu’il faut pour la paix dans le monde. »

Zineb : “Cachez cet antisémitisme musulman que je ne saurais voir”

Zineb : “Cachez cet antisémitisme musulman que je ne saurais voir”

Zineb El Rhazoui, en 2016 (Joël SAGET / AFP)

TRIBUNE. La journaliste et militante Zineb El Rhazoui réagit au “manifeste contre le nouvel antisémitisme”.

Par ZinebElRhazoui

 

Zineb El Rhazoui, également connu sous le nom de plume Zineb, est la femme la plus protégée de France. Cette ex-journaliste à “Charlie Hebdo” est aujourd’hui militante des droits de l’homme et théologienne. En exclusivité pour “l’Obs”, elle réagit à la publication du “manifeste contre le nouvel antisémitisme”.

Lorsque j’ai entendu le mot “Yhoudi” (juif) pour la première fois, il y a plus de 30 ans au Maroc, il sonnait comme une insulte.  C’était dans un large rassemblement familial, le genre de réunions où les adultes profitant des retrouvailles s’irritent de leur marmaille qui court dans tous les sens. Quelqu’un venait de traiter son enfant de “Yhoudi ould lyhoud (juif fils de juifs) pour lui dire qu’il était un vilain garnement. J’allais avoir l’occasion d’entendre cette “insulte” sous différentes formes au cours de ma vie au Maroc, un pays dont j’ai pourtant appris plus tard qu’il était le moins antisémite du monde arabe.

“Hachak” (sauf votre respect) est un mot que les Marocains, très soucieux de la politesse verbale, accolent à tout terme infamant. Ainsi, un Marocain dira “la poubelle hachak” ou “l’âne hachak”. Mais plus étonnant encore, beaucoup de Marocains diraient “une femme sauf votre respect” ou “un juif sauf votre respect”. D’ailleurs, la légende ne raconte-t-elle pas qu’avant l’extinction des lions de l’Atlas, en des temps immémoriaux, le voyageur qui craignait une attaque des fauves devait s’entourer de Juifs, un gibier si vil que le roi des animaux ne s’abaisserait pas à le chasser ?

Un peu plus tard à l’école primaire Al-Amani à Casablanca où j’apprenais des rudiments d’arabe, de français, et beaucoup de cours religieux, il se murmura dans la cour que la maison mitoyenne était habitée par des Juifs. Nous-nous crûmes alors autorisés, nous autres petits écoliers d’un établissement privé plutôt bourgeois, à balancer des insultes et des détritus depuis les fenêtres de nos classes. La propriétaire s’en plaignit au directeur, un lauréat de l’université théologique d’Al Azhar au Caire et docteur en littérature arabe, qui, furieux, nous administra une punition exemplaire. Pour la première fois, les antisémites en herbe que nous étions venaient d’apprendre que haïr les Juifs était quelque chose de mal. Ironie du sort, c’était M. Fahmi Shanti, un brillant intellectuel palestinien réfugié au Maroc où il avait fondé notre école, qui nous l’a appris.

Cette leçon, je n’allais jamais l’oublier. J’en retins que l’antisémitisme -n’en déplaise aux détracteurs de George Bensoussan- est bel et bien un atavisme que l’on a de fortes chances de téter du sein de sa mère pour peu que l’on reçoive une éducation islamique standard. Un atavisme, certes, mais pas une fatalité. J’en retins également que la cause palestinienne ne peut être prétexte à l’antisémitisme, même pour ceux qui ont en personnellement fait les frais comme M. Shanti. J’en retins surtout que tout théologien d’Al Azhar qu’il était, le directeur de l’école tenait avant tout à avoir des relations de bon voisinage. Si lui parvenait à vivre ensemble avec ses voisins juifs, pourquoi en France nous n’y parviendrions pas ?

L’antisémitisme musulman, le mot est lancé

Dans un “Manifeste contre le nouvel antisémitisme” publié dimanche 22 avril dans “Le Parisien”, 300 personnalités politiques, médiatiques et du monde des arts tirent la sonnette d’alarme quant à l’inquiétante recrudescence des crimes antisémites commis en France par des islamistes. Pour ceux qui les perpètrent, ces actes ont un nom : le Jihad. Afin de faire cesser ces ordalies au rabais qui envoient tout droit leurs auteurs auprès des Houries de l’Eden et qui contraignent les Juifs de France à migrer plus prosaïquement vers des cieux ou des quartiers plus sûrs, les signataires du manifeste exhortent les autorités théologiques islamiques de France à frapper du seau de l’obsolescence les versets du coran appelant au meurtre des Juifs, des Chrétiens et des incroyants.

D’aucuns ont d’abord réagi au texte en pointant sa partialité, car le fait même d’évoquer un antisémitisme islamique serait “stigmatisant” pour toute une “communauté”. Les auteurs du manifeste se sont ainsi vus sommés de mentionner tous les antisémitismes ; celui de la fachosphère française et celui qui sévit eu Europe de l’Est, sous peine de se voir accuser de façon à peine voilée d'”islamophobie”. Cette même dialectique de l’intimidation enjoint à toute personne qui s’exprime sur l’intégrisme islamique de valider d’abord “qu’il y a des intégristes dans toutes les religions”. L’argument en apparence équilibré n’est qu’une technique de réfutation qui permet de diluer le propos sans jamais en discuter le fond.

Toutefois, ce sont les principaux intéressés eux-mêmes qui mettent fin à ce début de polémique stérile pour amorcer le seul véritable débat qui compte : la part de responsabilité des textes islamiques dans ces crimes antisémites et l’opportunité de procéder à un toilettage du texte coranique pour l’expurger de ses versets violents. “Des Imams au service de la République française”, publié dans “Le Monde” du 25 avril, est rédigé par Tareq Oubrou, le recteur de la mosquée de Bordeaux, et signé par 30 imams qui dénoncent “le terrorisme et les crimes antisémites” et les qualifient de “situation intenable”. Si la démarche a le mérite d’entériner à demi-mot l’existence d’un antisémitisme musulman, les imams républicains ne vont pourtant pas jusqu’à accéder à la requête qui leur est faite de revoir leur copie du coran.

L'”imam modéré” ? Un mythe médiatique

L’expression est à la mode. Ou comment un oxymore se ferait presque passer pour un pléonasme. Lors de la polémique sur le burkini qui a empoisonné le débat estival en 2016, les imams français dits modérés ont magistralement raté l’occasion de prouver que “modérés”, ils l’étaient vraiment. Quasiment tous ont défendu la “liberté” de ces anti-Mariannes des plages à s’afficher en tenue wahhabite, déplorant pour la plupart cette “islamophobie” si française, à une heure où la France n’avait pas encore fini d’enterrer les victimes des attentats de Nice. S’il y avait, certes, matière à débattre du bienfondé des décrets préfectoraux interdisant le burkini, il aurait suffi qu’un seul de ces imams lève le petit doigt pour dire que l’on peut parfaitement être musulmane et porter le maillot de bain pour qu’il mérite authentiquement son étiquette de “modéré”. Aucun ne l’a fait.

Le traditionnel ballet des “condamnations” de ces imams fait maintenant partie du décorum post-attentats. Pourtant, il y aurait lieu de se questionner sur l’opportunité de plébisciter des théologiens qui se contentent de condamner des crimes qui le sont déjà par la loi au lieu de condamner les textes qu’ils prêchent dans leurs mosquées et qui justifient ces mêmes crimes.

Dans le cas précis des attentats visant les citoyens de confession juive, il aura fallu des années depuis le forfait de Merah pour que les imams lâchent le mot “antisémitisme”. Mieux vaut tard que jamais. Toutefois la noblesse de l’intention affichée masque à peine l’affront ressenti par les imams face à ces 300 illustres profanes qui les somment d’amender leur livre saint. Demander à un musulman croyant, imam de surcroit, de changer l’emplacement d’une virgule dans le coran, c’est comme demander au Louvre de repeindre la gorge de la Joconde en noir parce que les islamistes trouvent son décolleté trop affriolant.

Maladroite, certes, et même “ignare” comme l’a sous-entendu Tareq Oubrou, l’injonction faite aux responsables musulmans de se justifier sur les versets criminogènes contenus dans le coran a tout de même le mérite de sonner le glas d’une mystification. D’abord, à travers ce manifeste, 300 signataires d’horizons très divers affirment ne pas être dupes. Sauf à faire preuve d’une extrême mauvaise foi, plus personne ne croit à l’antienne répétée en chœur par les Imams de France et de Navarre face au fléau terroriste. Non, la succession des crimes idéologiques perpétrés à coups d'”Allah Akbar” n’est ni l’œuvre hasardeuse de détraqués mentaux mystérieusement inspirés par le même génie profane, ni le fruit amère d’une civilisation occidentale intrinsèquement raciste et oppressive pour “une communauté musulmane” dont la jeunesse désoeuvrée exprimerait ainsi de façon ultime son extrême désespoir. Si tel avait été le cas, on ne compterait pas les victimes du terrorisme islamique par milliers sous les cieux où règne l’Islam.

Ensuite, la proposition faite par les Imams signataires de l’appel des 30 de remédier au fondamentalisme en enseignant le “bon”  islam –le leur- ne résiste pas non plus à l’analyse. En refusant encore une fois toute critique de fond des textes islamiques, parce que l’Islam serait foncièrement vertueux et mal interprété, Tareq Oubrou qui s’est fait connaître pour son projet très louable de régénérer l’islam de France, un islam qui selon lui doit être nourri de l’esprit des Lumières, semble ne pas se donner les moyens de ses ambitions. Comment réformer l’islam sans le critiquer, sans le pousser dans ses retranchements, sans le questionner sur la nature du coran, crée ou incrée, et sur la question du Salut dans la foi musulmane ? En effet, l’imam et ses comparses usent et abusent du postulat éculé de “l’islam religion de paix et d’amour” victime à la fois de “stigmatisation” de l’Occident et de mauvaise interprétation de la part de ceux de plus en plus nombreux qui commettent des crimes de masse en son nom.

“Citoyens aussi, nous voulons proposer notre expertise théologique aux différents acteurs qui sont confrontés aux phénomènes de la radicalisation dans les prisons, dans les établissements publics, fermés et ouverts, afin de répondre à des aberrations religieuses par un éclairage théologique lorsque les arguments avancés par ces jeunes sont d’ordre religieux. Une expertise que seuls les imams peuvent apporter”, écrivent-ils. Autrement dit, à chaque fois que le texte coranique leur est opposé, et bien qu’il soit d’une très grande clarté quant au sort des Juifs, des chrétiens, des incroyants et des femmes, les imams éluderont en évoquant des complexités exégétiques qui ne sont en réalité qu’un écran de fumée. Ils renverront leur interlocuteur à son ignorance supposée du contexte, de la langue arabe ou des subtilités exégétiques pour s’affirmer comme seuls à pouvoir comprendre l’Islam. Les seuls donc à pouvoir sauver la France et le monde d’une menace idéologique pourtant contenue dans la foi qu’ils prêchent. Le tour de passe-passe est remarquable.

En réalité, s’adjuger le monopole de la compréhension du coran revient à mettre à l’index le corpus textuel islamique pour n’en distiller au public que ce qui en lustre l’image et paraît convenable pour les oreilles de la République. Les imams s’instaurent ainsi en clergé ad hoc, mais ils refuseront de se reconnaître comme tels à chaque fois qu’ils seront sommés de réformer leur dogme. En effet, comment toucher aux textes saints lorsque chacun sait qu’en Islam, il n’y a pas de clergé ?

L’antisémitisme, une science islamique ?

Si les imams reconnaissent à demi-mot l’existence d’un antisémitisme musulman, ils le décrivent volontiers comme une regrettable conséquence de l’ignorance de certains musulmans. Ces “ignares” qui n’ont pas pu profiter des Lumières des imams “modérés” de France se seraient ainsi formés à l’antisémitisme auprès de sombres réseaux anonymes sur Internet. Encore une mystification, pour ne pas dire un pur mensonge. Si n’importe quel personne sachant lire l’arabe comme moi peut accéder à une riche bibliographie antisémite en effectuant une simple recherche sur Internet ou dans n’importe quelle bibliothèque du monde musulman, nos imams éclairés de France ne peuvent ignorer l’existence de tels “travaux”. Contrairement à ce que prétendent ces imams plus soucieux de lustrer leur image que de dire la vérité, les écrits antisémites ne sont pas toujours l’œuvre des prédicateurs autoproclamés des sous-sols. Citons quelques exemples !

Abdul Rahim Shareef, Doyen de la faculté de Charia à l’Université de Zarqa en Jordanie, titulaire –entre autres- d’un doctorat en exégèse coranique à l’Université de Damas en 2006, est l’auteur d’une recherche intitulée “Les caractéristiques des Juifs dans le coran”. En s’appuyant sur plus de 13 versets coraniques que sa qualité de docteur en exégèse habilite parfaitement à interpréter, il en sort que les juifs présentent huit caractères majeurs : le non partage de la sagesse, l’avarice, la cupidité, la couardise, la trahison, le mensonge, le vandalisme et le crime (ils assassinent les prophètes).

Voilà donc à quoi ressemble un travail académique en sciences islamiques dans un pays comme la Jordanie.

Les imams de France ne peuvent l’ignorer, l’étude des juifs semble même obséder les “savants” de l’Islam. Un autre universitaire, Abdullah Ben Radi Al Shamri, docteur en Charia mention Fiqh, professeur de théologie à l’Université de Hail en Arabie Saoudite, écrit sur le sujet : “Nous ne pourrons comprendre les Juifs que grâce à la description que Dieu en fait dans le coran. La raison de notre faiblesse face à eux, de l’humiliation qu’ils nous infligent et de notre sang qu’ils font couler, c’est que nous nous sommes éloignés des enseignements coraniques sur notre combat face à eux et que nous les avons substitués par une législation internationale et des considérations politiques (….) Les Juifs que nous voyons aujourd’hui sont les mêmes que Dieu a maudits depuis le septième ciel, ils ne sont pas différents de leurs ancêtres. Ils combattent même l’islam avec des moyens encore plus pervers (…)”. L’auteur de ces lignes compte à son actif plusieurs conférences en Europe, dont une en France, une à la faculté islamique de Bruxelles, une à Barcelone, et d’autres au Canada et ailleurs dans le monde.

Pour finir, l’auteure libanaise Salam Al Haj, diplômée en communication et en démographie à l’Université libanaise, ancienne journaliste du quotidien Al-Safîr, dénombre 24 caractéristiques des Juifs dans son étude “Qui sont les Juifs et quelles sont leurs caractéristiques dans le coran ?”. Selon elle, aux huit tares citées plus haut, les Juifs se caractériseraient en outre et non exhaustivement par leur cruauté, leur insolence, et par leur idolâtrie de l’argent. Les “études” comme celles-ci sont légion dans les universités islamiques. Nier leur existence soulève la question de la sincérité des Imams de France lorsqu’ils proposent de promouvoir un islam des Lumières, compatible avec les valeurs républicaines.

De la contextualisation sélective 

La seule posture acceptable de la part de Tareq Oubrou et de ses cosignataires, c’est non seulement la condamnation la plus ferme de ce type de travaux produits par leurs condisciples, mais surtout la réfutation absolue de ces thèses sur le plan intellectuel et théologique. Ils pourraient le faire, si seulement ils sortaient de leur posture identitaire. Non, Messieurs les Imams, vous n’êtes pas des ambassadeurs de l’Islam, vous n’avez pas un rôle de représentation, vous n’êtes pas la voix des musulmans de France, car ces derniers –ne vous en déplaise- ne sont pas une communauté, mais des individus. Des individus qui ne vous ont jamais élus.

L’Islam en France est-il à ce point devenu l’otage du paradigme identitaire qu’il en est devenu impensable d’en discuter le fond ? Qui oserait parler d’un catholicisme des Lumières devant un concert de rock irlandais, une exposition d’un artiste italien ou un défilé de mode d’un créateur français, simplement parce que les protagonistes sont nés dans des familles catholiques ? Pourquoi leurs congénères nés d’origines tunisienne, algérienne ou marocaine seraient-ils condamnés à être qualifiés et évalués par le spectre d’une identité religieuse monolithique aussi chimérique que dangereuse ?

Ceux parmi les musulmans éclairés qui s’évertuent à nous expliquer que les Musulmans peuvent être des personnes fréquentables ne nous apprennent rien. Nous autres Français de toutes origines avons suffisamment de sagesse politique et de valeurs humanistes pour nous permettre de critiquer ce fascisme qui se développe au sein de l’Islam sans en faire porter la responsabilité à tout individu né musulman, qu’il soit croyant ou pas, qu’il pratique la religion de ses pères ou qu’il ait choisi de s’y convertir. Ceux qui, par le déni de l’évidence, tentent de nous faire croire que l’Islam ne souffre aucun soupçon d’antisémitisme nous mentent. Nous n’avons pas besoin de leur discours infantilisant pour puiser en la civilisation islamique ce qui nous permettra de vivre avec nos concitoyens juifs. Pour ma part, je n’ai jamais oublié la leçon de Fahmi Shanti, et je n’oublie pas non plus qu’il fut un temps où les cieux musulmans de l’Empire ottoman étaient bien plus cléments pour les Juifs que n’importe quel pays chrétien. Et pendant les temps les plus sombres en Europe, il valait bien mieux être juif à Alger, Fès ou Alexandrie qu’à Paris ou Berlin.

Expurger le coran n’est pas une hérésie, mais un contresens

Faut-il pour autant faire l’ablation de tout ce qui dans le coran ne correspond pas aux valeurs de la République ? Sans craindre d’offenser les musulmans, je suis en droit de me demander s’il en resterait alors grand-chose. Faire de l’archéologie coranique est nécessaire, mais vouloir l’expurger de ses versets barbares pour le rendre plus adapté à notre époque revient à en reconnaître le caractère législatif. Or, c’est bien parce que le coran est vu comme une constitution par une large partie de musulmans qu’il pose problème. Pas moins de 8 versets coraniques affirment que la terre est plate. La science a-t-elle attendu pour autant que M. Oubrou et ses comparses les frappent d’obsolescence pour établir l’évidence ?

Au pays de Voltaire, à l’épreuve de la raison, l’Islam sacré des prédécesseurs arrive à péremption. Comme le catholicisme avant lui, il faudra que l’inconscient collectif français le désacralise pour le remettre à la seule place que devrait allouer une démocratie moderne en 2018 à un corpus législatif rédigé il y a 15 siècles en Arabie préislamique. Nul besoin d’expurger le coran que la tradition nous a transmis aujourd’hui s’il est tenu pour ce qu’il devrait : un livre ancien renfermant à la fois la sagesse et la barbarie des temps où il fut rédigé.  L’Islam peinera à se renouveler tant que ses théologiens et ses fidèles défendront l’idée que Dieu est éternel, et que le coran est sa parole incrée. L’édifice intellectuel islamique continuera inexorablement à se fissurer jusqu’à effondrement total, tant que les questions fondamentales autour du coran, ses auteurs, sa chronologie, sa fabrication en tant que livre saint, seront soigneusement éludées par les imams.

Ce qui se joue à travers cette bataille des pétitions, c’est que l’omerta qui a entouré le dogme islamique pendant des siècles, usant de coercition et de violence contre tous les esprits éclairés qui ont osé induire le doute, est en train de céder à l’esprit critique et anticlérical français. Ce qui a été protégé à coup de lois anti blasphématoires ailleurs ne saura résister longtemps à la liberté du débat en France. Les crimes antisémites ou les attentats de “Charlie Hebdo” doivent être compris pour ce qu’il sont : une ultime tentative de semer la terreur pour masquer la faillite intellectuel du dogme islamique tel que défendu par ses imams aujourd’hui.

Zineb El Rhazoui

Procès G. Bensoussan : relent d’affaire Dreyfus et enjeu du Manifeste

Procès G. Bensoussan : relent d’affaire Dreyfus et enjeu du Manifeste

Le mauvais sort qui est joué à l’ami Georges Bensoussan, par la France des félons de la LICRA et de la LDH, depuis qu’il est traîné et vilipendé de procédure en procédurite, est aussi l’enjeu principal au cœur de la pétition des 300, lancée contre le Nouvel antisémitisme : mettre le doigt là où le bât blesse véritablement, au-delà des dénis en tous genres : où va se nicher l’antisémitisme musulman, dans le cadre d’une pseudo-“éducation” qui débouche sur la délinquance à grande échelle, le mépris du pays dans lequel vivent ces populations et les dérives faciles que sont l’antisémitisme, le sexisme et toutes les tares de l’importation de ce qui mine totalement le monde arabe, l’une des régions les plus attardées qui soient à cette heure ; zone de tous les conflits à risque d’implosion mondiale et de tous les crimes contre l’humanité. Les remèdes existent et les pionniers rénovateurs sont en voie de révélation, à travers des personnalités comme MbS ou Sissi. Encore faudrait-il que des pays comme la France ne nient pas, en le frappant d’anathème, le juste diagnostic. 

Sarah Cattan rencontre Georges Bensoussan avant le procès de la honte

 

Le premier qui dit la vérité, Il sera exécuté, dit la chanson. Lui, on l’accusa un beau matin de tous les maux. Pour un mot. Il avait commis la saloperie de généraliser, écrivit ce journaliste « coreligionnaire ».

Il avait essentialisé. Commis un discours digne d’un Drumont. Dénoncé l’antisémitisme en faisant usage d’armes de destruction racistes. Un procès se tint pour savoir s’il serait pendouillé ou brûlé.

Nous nous étions rencontrés le 6 mars 2017, veille du jugement. Après le court instant de respiration offert par l’annonce de la relaxe, très vite l’accablement : le Parquet interjetait !

Le Parquet. Que la LDH et le MRAP suivirent, se rangeant une nouvelle fois aux côtés du CCIF.

Le procès en appel devait se tenir le 29 mars, cette fois devant la chambre 2 pôle 7 de la Cour d’appel de Paris. Une fois encore, nous nous rencontrâmes juste avant. 

La Licra, Georges Bensoussan. Sa présence aux côtés des plaignants. Son absence en appel. N’est-il pas de ces réveils à jamais tardifs…

Je ne souhaite pas faire de commentaire sur la Licra, elle a déjà fort à faire avec la crise interne qui l’a secouée, marquée par de nombreux départs et démissions qui ont suivi la plainte contre moi. Il sera temps, un jour, d’analyser les ressorts politiques de cette attitude où l’on ne peut négliger non plus le rôle de l’étroitesse de jugement.  Mais puisque vous m’interrogez à ce sujet, je voudrais rendre hommage à ceux qui de l’intérieur de la LICRA, m’ont soutenu en en payant parfois le prix. Car comme à l’époque des officines staliniennes,  ils ont été évincés de leur poste. Tous n’ont pas eu leur courage et tout en désapprouvant tacitement le trio accusateur, ils sont restés prudemment silencieux.

Comment l’avez-vous vécu, Georges Bensoussan, cette folle parenthèse entre la mise en examen et aujourd’hui ? Vous m’aviez dit récemment votre fatigue. L’arrêt de l’écriture. Concluant : ils ont gagné… 

C’est précisément le but de la stratégie du harcèlement judiciaire, faire perdre du temps, distraire de l’essentiel et casser l’effort intellectuel. Empêcher de penser et de travailler.  Faire taire ceux qui parlent et intimider ceux qui seraient tentés de le faire. Globalement, elle y réussit bien. A fortiori au moyen de la terreur sanglante. A t-on remarqué qu’en dépit de la manifestation unanimiste du 11 janvier 2015 qui suivit le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo (trois ans déjà), on n’a plus vu une seule caricature du prophète dans la presse française.

Georges Bensoussan, il y eut ceux qui se positionnèrent résolument à vos côtés. Ceux qui se révélèrent adversaires. Et puis la grande masse de tous ceux qui s’abstinrent. Assurément on perd aussi des illusions en chemin Georges Bensoussan ? Le détestable oui, mais… de nos amis Frédéric Haziza, Laurent Bouvet, Cindy Leoni, Patrick Klugman, Caroline Fourest, Rudy Reichstadt… 

Aucun commentaire à faire sur les gens que vous citez. Je veux rendre hommage en revanche, et manifester ma reconnaissance à ces soutiens de la première heure, d’Yves Ternon à Jacques Tarnero,  de Pierre-André Taguieff à Michèle Tribalat, de Pierre Nora à Alain Finkielkraut, d’Élisabeth de Fontenay à Élisabeth Badinter en passant par Boualem Sansal, Pascal Bruckner, Philippe Val et tant d’autres qui furent à mes côtés dès octobre 2015. Comme aussi à tant de citoyens, connus ou non, solidaires via le comité de soutien  (plus de 2500 personnes)  animé par Barbara Lefebvre. Le reste, on le laisse à l’écume de l’histoire.

Georges Bensoussan, vous aviez interrogé le Tribunal : Est-ce moi qui dois me trouver devant ce tribunal aujourd’hui ? N’est-ce pas l’antisémitisme qui nous a conduits à la situation actuelle qui devrait être jugé ? Et Finkielkraut vous faisait écho en dénonçant cet antiracisme dévoyé qui demandait à la Justice de criminaliser une inquiétude, au lieu de combattre ce qui la fondait. Deux ans après ce 25 janvier, l’atmosphère n’a-t-elle pas empiré ? Onze mois pour reconnaître presque en se pinçant le nez la dimension antisémite de l’assassinat de Sarah Halimi…

L’atmosphère est rigoureusement la même : elle n’a d’ailleurs aucune raison d’avoir changé. Car si l’on comprend le sens profond de la « crise juive de la société française », on entendra qu’il s’agit d’abord d’une crise de la nation française qui dépasse, et de loin, le sort de la  communauté juive. Même si c’est elle qui en paie aujourd’hui le prix le plus lourd.

Plusieurs causes profondes sont à l’œuvre qui signent le départ programmé des Juifs de France. Par « départ », il ne faut pas entendre le seul franchissement des frontières vers d’autres destinations (dont l’État d’Israël évidemment). Il s’agit, plus souvent, d’un exil intérieur qui prend la forme d’une « marranisation » des consciences et des comportements. Mais qui s’incarne aussi dans cet exode interne qui, ces vingt dernières années, a vu la Seine-Saint-Denis, par exemple, perdre la plus grande partie de ses communautés juives.

Penser que telle ou telle déclaration d’un responsable politique, martiale, déterminée et généreuse parviendrait à endiguer cette dérive, c’est faire preuve d’une candeur touchante. Comme aussi estimer qu’y concourra la mise en place d’un nouveau comité, ou d’un énième pôle de vigilance contre l’antisémitisme.  Ou juger aussi que l’éducation à la « tolérance », à l’« accueil de l’Autre » et à la promotion du « vivre ensemble », renforcée évidemment  par un  surcroit d’enseignement de l’histoire de la Shoah,  viendra à bout du fléau qui mine la société juive de France, c’est faire preuve d’une naïveté sociologique surprenante.

Si l’on veut comprendre ce qui nous a mené là, il vaut mieux lire Jacques Julliard, Jean-Pierre Le Goff, Christophe Guilluy, Louis Chauvel et quelques autres dont Michèle Tribalat et Christopher Caldwell pour le versant démographie. On comprendra alors mieux de quoi il s’agit. Et qu’en conséquence, au-delà des déclarations de bonnes intentions, tout laisse à penser que l’abandon des Juifs de France est en marche. Parce qu’il épouse aussi, et surtout, la logique de fragmentation sociale et géographique qui conduit à l’abandon des classes populaires par une partie des élites de ce pays. Et d’abord par la gauche institutionnelle comme l’ont tôt montré Eric Conan (dès 2004…) et Jacques Julliard.

Pour l’heure, avec l’abandon progressif des Juifs (voyez les tergiversations auxquelles ont donné lieu la laborieuse reconnaissance de la nature antisémite de certains crimes, à commencer bien sûr par celui de Sarah Halimi), et en dépit des bonnes intentions exprimées et réitérées au sommet de l’Etat, qu’il soit de droite ou de gauche d’ailleurs, certains espèrent acheter la paix sociale. Ou au moins obtenir un répit pour entretenir, un temps encore, cette illusion dans l’entre soi médiatique et géographique qui est le leur.  Espérons simplement pour eux que cela ne s’effondre pas trop vite sous le poids des réalités sociologiques et démographiques du pays.  Or, ces réalités, vous ne les entendrez guère analysées dans le discours médiatique dominant qui caractérise cet entre soi bourgeois que j’évoquai plus haut, marqué par cette posture morale qui se donne à elle même l’image flatteuse de l’« ouverture d’esprit » et de l’ « amour de l’Autre ». Reléguant tout contradicteur à son « simplisme », à sa « bêtise » et à sa « sécheresse d’âme et de cœur ». Autrement dit, moins à l’erreur qu’au camp du mal qui vous campe en retour,  vous, en figure du bien et de la vertu.

C’est là répondre d’ailleurs à la question que vous me posiez en début d’entretien sur ma présence dans les médias. Ce sera rapide : ma présence est quasi nulle, à quelques exceptions près dont la votre, Marianne et Le Figaro. Tel est d’ailleurs le but de ce vacarme procédurier, me décréter infréquentable sous le poids de l’accusation de racisme et faire en sorte qu’on se détourne de moi. La grégarité médiatique et l’absence de courage font le reste. Je n’ai, par exemple, plus jamais été invité à France Culture, pourtant la station de l’« esprit d’ouverture ». Je fais partie de ces présences « sulfureuses » qu’on qualifie généralement de « clivantes » lorsque l’on veut les écarter. Cela participe de cette instrumentalisation de l’antiracisme,  analysée depuis plus de vingt ans déjà par Paul Yonnet et Pierre-André Taguieff. Un antiracisme dévoyé qui finit par verser dans ces accusations diabolisantes qui résonnent comme l’écho lointain des procès en sorcellerie du XVII° siècle.

On fabrique un monstre moral pour mieux l’ostraciser, c’est à dire pour le faire taire. Ce qui rejoint aussi, il est vrai, cette tendance de fond des sociétés démocratiques que Tocqueville nommait la tyrannie de la majorité. Je voudrais vous rappeler ces lignes  vieilles de près de deux siècles, tirées de De la démocratie en Amérique   (1835) : « Avant de publier ses opinions, il croyait avoir des partisans ; il lui semble qu’il n’en a plus, maintenant qu’il s’est découvert à tous ; car ceux qui le blâment s’expriment hautement, et ceux qui pensent comme lui, sans avoir son courage, se taisent et s’éloignent. Il cède, il plie enfin sous l’effort de chaque jour, et rentre dans le silence, comme s’il éprouvait des remords d’avoir  dit vrai. »

Les Juifs de France se sentent abandonnés ? Vous dites que la paix sociale, en France, est en train de s’acheter sur le dos des Juifs. Préserver la paix civile au détriment, comme d’habitude, des avanies imposées aux Juifs. Et que cet abandon est allé de pair avec celui des classes les plus populaires… 

Au Maghreb colonial, lors d’exactions antisémites  perpétrées par la population arabe, l’administration française demandait discrètement à la justice de ne pas avoir la main « trop » lourde en matière de verdict. Moins par antisémitisme que par crainte d’avoir à affronter la « rue arabe ».  Nous vivons présentement, en France, une forme de transposition de ce schéma colonial. Il ne s’agit pas de « post colonialisme » comme le prétendent ceux qui espèrent réactiver au cœur de l’Hexagone les combats anticolonialistes de jadis. En feignant de voir à l’œuvre en France, au mépris de toute réalité, un « Etat raciste ». Il s’agit d’autre chose : les schémas antisémites venus du Maghreb colonial et précolonial ont été importés par la vague migratoire des quarante dernières années. Nier cette réalité et la force de ces stéréotypes antijuifs, c’est seulement démontrer qu’on ignore l’histoire du Maghreb à laquelle on préfère une légende tissée de bons sentiments sur fond de « vivre ensemble », une belle histoire qu’en 1948, hélas, la création de l ‘Etat juif aurait brisée.

En France, ces stéréotypes antijuifs ont été réactivés à la deuxième, voire à la troisième génération, nourris par le ressentiment et la jalousie sociale vis-à-vis d’une communauté juive traditionnellement méprisée au Maghreb (« yahoudi hashak ! ») mais ici bien intégrée et généralement de haut niveau socioculturel A  l’époque de la rédaction des Territoires perdus de la République, en 2002 déjà, nous avions compris qu’il fallait déconnecter cet antijudaïsme culturel du conflit israélo-arabe. Au risque, sinon, de ne pas voir  l’aspect endogène de cette situation. On le voit plus clairement aujourd’hui où même quand l’actualité de ce conflit parait plus calme, le fond de l’air, dans de nombreux quartiers, demeure marqué par l’antisémitisme. Et pour peu que ce conflit soit réactivé demain, comme ce fut le cas en 2014, on pourrait craindre un retour de la violence. Nombre de Franco-Israéliens rencontrés récemment m’ont d’ailleurs dit combien les violences de juillet 2014 avaient pesé dans la décision de leur départ.  Avec au cœur le sentiment d’une République qui ne les protégeait plus (alors même que le gouvernement dirigé par Manuel Valls était l’un des plus vigilants en la matière).   Nombre d’entre eux me l’ont dit sur le ton du chagrin, ils avaient le sentiment, qui perdure jusqu’aujourd’hui, que ce pays qu’ils aimaient (et aiment encore souvent) de toute leur âme était en train de les abandonner. On a à peine commencé à écrire l’histoire de ce divorce tragique.

Georges Bensoussan, alors que le BNVCA parla, vous concernant, d’un procès en sorcellerie et Boualem Sansal d’un contre-sens intellectuel, accusant ceux qui vous avaient assigné de culture de la confusion pour avoir ainsi prêté la main au CCIF, je me demandais où étaient le CRIF et le Consistoire. 

Il s’agit moins de distribuer des bons ou des mauvais points que de comprendre les logiques d’appareil qui ont conduit certains à déserter. Par intérêt institutionnel, par intérêt de classe aussi comme par frilosité et absence de vision, avec la même « intelligence politique » dont avaient preuve dans le passé, de l’Affaire Dreyfus à 1940, une partie des élites juives de France. C’est en ce sens qu’on peut dire qu’il n’y a pas de  « communauté juive », mais une société juive traversée de conflits et tissée, elle aussi, de cette cascade de mépris qui fait les hiérarchies sociales. On a honte de proférer une telle banalité, mais il le faut tant la négation des rapports sociaux habitent généralement les logorrhées moralisatrices d’aujourd’hui : on ne perçoit pas la réalité de la même façon selon qu’on appartient à des milieux plus ou moins bien dotés culturellement, économiquement et socialement. Et qui nous font sentir notre existence plus ou moins légitime. Cela dit, je rends hommage ici au Consistoire central, à Joël Mergui, comme au Grand rabbin de France, Haïm Korsia, soutien des premiers jours.

Georges Bensoussan, face à un Mohammed Sifaoui et son biberon empli d’un lait fabriqué en Israël, ou une Nacira Gjuénif , leur El Youd, hachek dit expression figée, il existe des Boualem Sansal qui corroborent vos emprunts à Smaïn Laacher et ont affirmé que dire que l’antisémitisme relevait de la culture, c’était simplement répéter ce qui était écrit dans le Coran et enseigné à la mosquée, des Saïd Ghallab qui écrivirent[1], sous le titre Les Juifs vont en enfer, que la pire insulte qu’un Marocain pouvait faire à un autre, c’était de le traiter de Juif, ajoutant : c’est avec ce lait haineux que nous avons grandi…

Marc Weitzmann, dans Une famille française, se basant sur les conversations de parloir entre Zoulijha et le frère de Mohamed Merah[2], parle d’un clan drogué à la violence et à l’antisémitisme. D’une rencontre entre l’Histoire et la pathologie. De l’ultra réalisme d’une violence irréelle. D’un long délire toxique où la réalité sociale se dissout. Cette conversation, elle ne fait qu’illustrer ce qui vous a conduit au Tribunal ?

Ces vérités sont aveuglantes au sens premier du terme. Elles sont si terribles qu’elles empêchent de voir et qu’en effet elles ne sont pas vues. Sans en référer aux études savantes, innombrables, sur le sujet (surtout en anglais), et sans même reprendre mon propre travail Juifs en pays arabesLe grand déracinement, 1850-1975 ( Tallandier, 2012), et qui est d’ailleurs, pour partie, à l’origine de cette cabale judiciaire, je voudrais rappeler les paroles prononcées le 8 novembre 2017, lors d’une émission animée par David Pujadas sur LCI, par Amine El Khatmi, président de l’association « Printemps républicain » : « Il y a un antisémitisme historique qui se transmet dans un certain nombre de familles arabes ou musulmanes dans nos quartiers, déclarait-il, et vous avez des générations d’enfants (…) où l’on élève des enfants en leur expliquant que le yahoudi, c’est-à-dire le juif en arabe, est l’ennemi numéro un, sur fond aussi d’importation du conflit israélo-palestinien. Quand vous avez des générations de gamins qui sont élevés dans ces schémas là, qui considèrent que ce schéma est le seul normal puisque c’est le seul qu’on leur instruit et fait passer, on leur explique que le Juif est la figure honnie numéro un, comment voulez-vous ensuite que ces enfants ne se construisent pas et ne s’élèvent pas dans la détestation à la fois d’Israël mais aussi du Juif. »

La veille, dans le journal Le Monde (7 novembre 2017), le producteur de cinéma franco-tunisien Saïd Ben Saïd écrivait : « La lecture littérale du Coran, dépourvue de tout contexte historique, donne lieu depuis un siècle et demi environ à des propos délirants sur les Juifs. Le Coran comporte un grand nombre de versets concernant les Juifs dont certains leur sont très hostiles. Enfants, nous les apprenions par cœur à l’école. Les Juifs étaient pour nous perfides, falsificateurs, immoraux, diaboliques etc. »

Un mois plus tôt, à Paris, au procès d’ Abdelkader Merah, on avait entendu Abdelghani, l’un des trois frères, déclarer : « J’ai grandi dans une famille qui cultivait la haine du Juif, la haine de la France.  (…) « Ma mère m’a dit : regarde ce que font les Juifs aux enfants palestiniens. On en tuera autant qu’ils en ont tué. Les Arabes sont nés pour détester les Juifs ». Elle disait aussi : « les Juifs détiennent le monde et prennent le travail des autres.»

Qu’après de tels constats, je sois traduit en justice il y a là quelque chose  d’irréel, voire de délirant comme le signe d’une société engluée dans un schéma orwellien de servitude et de peur. Et de l’entrée dans une ère du soupçon généralisé. C’est ainsi que ce second procès est perçu en France et surtout à l’étranger.

Doit-on se résoudre à étudier l’antisémitisme nazi, stalinien, communiste, et à se taire devant l’antisémitisme issu du monde arabo-musulman, tabou majeur au nom des fameux Pas d’amalgame et reproches d’islamophobie? Doit-on accepter que les plaques commémoratives rendant hommage aux victimes du terrorisme islamiste ne qualifient pas le dit terrorisme. Serge Hajdenberg dit bien qu’il n’est pas de victimes sans bourreau. 

En deux mots, je vous rappellerai ce propos du président de la République, M. Emmanuel Macron, au dîner du CRIF le 7 mars dernier : « Il ne saurait y avoir de lutte efficace contre l’antisémitisme sans nommer le mal ».

[1] In Les Temps modernes. 1965.

[2] Le Nouveau Magazine Littéraire, N°1, Janvier 2018.

tribunejuive.info

L’ambassadrice US à l’ONU clashe la France :

L’ambassadrice US à l’ONU clashe la France : “Tous ceux qui se préoccupent sérieusement des enfants à Gaza devraient exiger du Hamas qu’il arrête de les utiliser comme chair à canon”

L’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley a accusé aujourd’hui le groupe terroriste islamiste palestinien Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, d’utiliser les enfants comme “chair à canon”.

“Tous ceux qui se préoccupent sérieusement des enfants à Gaza devraient exiger du Hamas qu’il arrête immédiatement leur utilisation comme chair à canon dans son conflit avec Israël”, a dit Mme Haley lors d’une réunion du Conseil de sécurité, en dénonçant “le recours aux enfants innocents, aux femmes et aux hommes” comme boucliers humains.

“Il est difficile de penser à un acte plus lâche – même pour un terroriste – que de se cacher derrière des civils innocents”, a-t-elle dit.

La France s’était émue lundi du sort des émeutiers palestiniens tués à la frontière entre la Bande de Gaza et Israël, “en particulier des mineurs”.

Katty Scott – 

Dirigeants juifs : La réunion avec Corbyn a été une « occasion manquée décevante »

Dirigeants juifs : La réunion avec Corbyn a été une « occasion manquée décevante »

Le dirigeant travailliste affirme que les pourparlers ont été “positifs et constructifs”, mais pas le Conseil des députés des Juifs britanniques

Le chef du Parti travailliste de l'opposition britannique Jeremy Corbyn prend la parole lors de la commémoration du 25e anniversaire du meurtre de Stephen Lawrence à Trafalgar Square à Londres, le 23 avril 2018. (AFP PHOTO / POOL / Victoria Jones)

Le chef du Parti travailliste de l’opposition britannique Jeremy Corbyn prend la parole lors de la commémoration du 25e anniversaire du meurtre de Stephen Lawrence à Trafalgar Square à Londres, le 23 avril 2018. (AFP PHOTO / POOL / Victoria Jones)

Les dirigeants juifs britanniques ont exprimé leur déception après avoir rencontré le chef du Parti travailliste Jeremy Corbyn mardi soir pour discuter de son incapacité à éradiquer l’antisémitisme au sein de son parti.

M. Corbyn a toutefois qualifié la réunion de « positive et constructive » et s’est engagé à prendre d’autres mesures pour combattre le phénomène.

Le Conseil des députés des Juifs britanniques (Board of Deputies of British Jews), principale organisation représentative des juifs britanniques, et le Jewish Leadership Council ont écrit dans un communiqué après la réunion que, tout en se félicitant de l’implication personnelle de Corbyn dans la discussion, il n’a pas étayé ses déclarations par des actes.

« Notre rencontre avec Jeremy Corbyn aujourd’hui a été une occasion manquée décevante concernant le problème de l’antisémitisme au sein du parti travailliste », ont déclaré les dirigeants juifs du Royaume-Uni dans un communiqué.

Corbyn, chef du principal parti d’opposition britannique, « n’a accepté aucune des actions concrètes que nous lui avons demandées dans notre lettre du 28 mars », ont-ils dit, ajoutant que les « propositions du chef travailliste n’étaient pas à la hauteur du niveau minimum d’action » qu’on attendait de lui.

Le président du parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn (à droite), avec le président du Board of Deputies of British Jews, Jonathan Arkush (au centre) et sa directrice Gillian Merron (à gauche), le 9 février 2016. (Autorisation)

« Notre seul objectif lors de cette réunion était de rétablir la confiance avec M. Corbyn, mais cela ne sera possible que lorsque lui et le parti transformeront leurs nombreuses paroles fortes contre l’antisémitisme en actions tout aussi fortes, afin de provoquer un profond changement culturel dans l’attitude de ses partisans envers les Juifs », ont-ils précisé.

Le mois dernier, les dirigeants juifs ont envoyé une lettre à M. Corbyn décrivant les six mesures que lui et son parti pourraient prendre pour lutter contre l’antisémitisme. Ils ont écrit que ces étapes représentaient le « niveau d’action minimum auquel la communauté s’attendait après plus de deux ans d’inactivité ».

Les six domaines d’action qu’ils exigeaient étaient : « Qu’il devrait y avoir un calendrier fixe pour traiter les cas d’antisémitisme ; qu’ils devraient accélérer le traitement des cas de longue date impliquant Ken Livingstone et Jackie Walker ; qu’aucun député ne devrait partager une tribune avec quelqu’un expulsé ou suspendu pour antisémitisme ; qu’ils adoptent la définition complète de l’antisémitisme de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA) avec tous ses exemples et clauses ; qu’il devrait y avoir une surveillance transparente de leur processus disciplinaire ».

Ils ont indiqué que Corbyn n’a accepté aucune de leurs propositions au cours de la réunion de mardi.

En revanche, Corbyn a salué les pourparlers avec les dirigeants juifs britanniques, affirmant qu’il était « absolument déterminé à éradiquer l’antisémitisme de notre parti et de notre société ».

« Lorsque les membres des communautés juives expriment de véritables angoisses, nous devons les reconnaître comme n’importe quelle autre communauté », a écrit le chef de l’opposition sur Facebook. « Leurs préoccupations ne sont pas des ‘détails’. Les Juifs appartiennent au Parti travailliste et nous sommes résolus à en faire un endroit sûr et accueillant pour eux ».

Il a également souligné que le parti prendrait d’autres mesures pour faire en sorte de ne pas « décevoir nos frères et sœurs juifs ».

Les allégations d’antisémitisme du Parti travailliste se sont multipliées depuis que Corbyn, un socialiste pro-palestinien, a été élu chef du principal parti d’opposition britannique en 2015.

M. Corbyn a été accusé de ne pas en faire assez pour régler ce qui est perçu comme un grave problème d’antisémitisme au sein de son parti. Il a lui-même été confronté à des critiques au sujet de ses propres liens avec des antisémites connus, des commentaires passés sur Israël et des liens avec des personnalités fortement anti-israéliennes.

M. Corbyn a récemment été membre d’un groupe privé sur Facebook pendant deux ans, jusqu’en 2015, qui comportait de nombreuses déclarations antisémites. Il a dit qu’il n’avait lu aucune de ces déclarations.

Des membres de la communauté juive manifestent contre le chef du parti travailliste britannique d’opposition Jeremy Corbyn et l’antisémitisme au sein du Labour, devant le Parlement dans le centre de Londres, le 26 mars 2018. (Crédit : AFP PHOTO / Tolga AKMEN)

Corbyn a qualifié le Hezbollah et le Hamas d’amis en 2009 et a déclaré que c’était un honneur d’accueillir des représentants de ces groupes terroristes au Parlement. En 2016, il a dit qu’il regrette d’avoir dit cela. Il a juré de mettre à la porte tout membre travailliste surpris en train de faire des déclarations racistes ou antisémites. Des dizaines de personnes ont été expulsées, mais de nombreuses autres personnes accusées de ces actes ont été autorisées à rester ou ont été réadmises.

Les Juifs britanniques et une commission d’enquête interparlementaire ont rejeté comme insatisfaisant un audit interne du Parti travailliste qui a largement disculpé le parti des allégations d’antisémitisme.

Le 26 mars, environ 1 500 manifestants se sont rassemblés devant le Parlement britannique lors d’une manifestation sans précédent organisée par les dirigeants juifs britanniques, généralement peu enclins à la publicité. Lors de l’appel à la manifestation, une lettre ouverte du Conseil des députés et du Conseil des dirigeants juifs accusait Corbyn de se ranger du côté des antisémites « encore et encore ».

Une contre-manifestation concernant le chef du parti travailliste britannique d’opposition Jeremy Corbyn et l’antisémitisme au sein du Labour, devant le Parlement dans le centre de Londres, le 26 mars 2018. (Crédit : AFP PHOTO / Tolga AKMEN)

La lettre dit que le dirigeant travailliste a été « vu à plusieurs reprises aux côtés de personnes ayant des opinions manifestement antisémites », mais « prétend ne jamais les entendre ou les lire ».

Dans un communiqué publié le jour de la manifestation, M. Corbyn s’est engagé à être « un opposant militant de l’antisémitisme », déclarant à la communauté juive : « Dans ce combat, je suis votre allié et je le serai toujours. »

Quelques jours plus tard, il a assisté à un repas de Pessah organisé par une organisation juive d’extrême gauche qui a rejeté les allégations d’antisémitisme au sein du parti travailliste comme une « calomnie » et a appelé à « se débarrasser d’Israël ». Corbyn a indiqué qu’il avait « beaucoup appris » lors de l’événement.

De nombreux détracteurs du parti travailliste attribuent le problème de l’antisémitisme à des milliers de membres qui viennent du groupe d’extrême gauche de Corbyn, Momentum.

Les agences ont contribué à cet article.

EN SAVOIR PLUS SUR :

Merkel dénonce « le nouvel antisémitisme »

Merkel dénonce « le nouvel antisémitisme »

La chancelière a dénoncé l’attitude de certains « réfugiés arabes », qui s’ajoute aux incidents d’extrême droite.

NICOLAS BAROTTE
Angela Merkel face aux élus de l’AfD au Bundestag, à Berlin, le 14 mars.

ALLEMAGNE Les mots ressemblent à un aveu : « Nous avons maintenant aussi de nouveaux phénomènes : nous avons des réfugiés ou des personnes d’origine arabe qui introduisent une autre forme d’antisémitisme dans le pays. » Dans une interview à la chaîne de télévision israélienne Channel 10 News, accordée à l’occasion des 70 ans de l’État d’Israël, Angela Merkel a nommé le problème par son nom. Cette prise de position sans ambiguïté, par celle qui a incarné l’ouverture des frontières du pays, était devenue indispensable.

La haine contre les Juifs existait « malheureusement » avant la vague migratoire, a-t-elle complété, alors que le pays est aussi confronté à la poussée de l’extrême droite. Mais « qu’aucun jardin d’enfants, aucune école, aucune synagogue ne puisse être sans protection policière, cela nous inquiète », a-t-elle insisté. « Il faut remporter cette bataille », avait-elle déclaré quelques jours auparavant.

En Allemagne comme partout en Europe, l’antisémitisme a ressurgi au quotidien et avec violence. « C’est devenu pire, soupire Sigmund Königsberg, chargé de la lutte contre l’antisémitisme pour la communauté juive à Berlin. Je ne recommande à personne de se promener dans la rue avec une kippa. Le danger n’est pas immédiat, mais je ne suis pas sûr que rien ne se passe », confiait-il au début du mois. Effectivement. Quelques jours plus tard une vidéo choquait le pays : on y voit, dans le quartier bourgeois-bohème de Prenzlauer Berg, à Berlin, un jeune homme agresser un passant à coups de ceinture en criant : « Juif ! » La victime a filmé la scène avec son téléphone por­table. « Je ne suis pas juif, a expliqué celui-ci par la suite. Mais j’ai voulu porter une kippa dans la rue pour faire l’expérience. » Son agresseur, un réfugié syrien de 19 ans, s’est ensuite livré à la police. Les détails de l’agression ne sont pas connus. Mais plusieurs affaires récentes dans des écoles ont souligné la recrudescence de l’antisémitisme parmi la population d’origine arabe.

Ce n’est pas la seule polémique qui agite le pays. Mi-avril, le prix musical Echo, décerné à deux rappeurs, Kollegah et Farid Bang, a suscité une vague de défiance et d’incompréhension. Il récompensait le succès de l’album Jeune, brutal et beau gosse 3, vendu à 200 000 exemplaires. Dans un de leurs textes, les deux artistes, qui nient tout antisémitisme, se comparent aux victimes de la Shoah : « Mon corps est plus “fitté” que celui des détenus d’Auschwitz », lancent-ils par exemple.

Si le jury du prix n’a pas sursauté en écoutant la chanson, les protestations politiques et artistiques ont été immédiates ensuite : « Les provocations antisémites ne méritent pas de récompense », a critiqué le ministre de l’Intérieur, Heiko Maas. Et plusieurs artistes de renom ont commencé à rendre les trophées des années passées : les textes de ces rappeurs sont « clairement antisémites, misogynes, homophobes et d’une manière générale méprisants pour la dignité humaine », a dénoncé par exemple le célèbre chef d’orchestre Daniel Barenboïm. « Les intérêts commerciaux ne doivent pas supplanter la décence et l’humanité », a-t-il ajouté. Kollegah et Farid Bang ne sont pas les seuls rappeurs à véhiculer des stéréotypes ou à banaliser la Shoah : Bushido, Fard ou Haftbefehl ont aussi été épinglés pour leurs propos.

L’antisémitisme arabe n’est pas le seul en cause dans la résurgence de ce phénomène. L’extrême droite reste à l’origine de la plupart des actes dénombrés. Dans son dernier rapport, l’association Report­Antisemitism, qui recense les actes antisémites à Berlin via un site Internet, fait état de 947 agressions en 2017, contre 590 en 2016. « Dans les faits et quand on regarde les chiffres, il n’y a pas forcément de “nouvel” antisémitisme : il y a toujours eu des problèmes, nuance une élue berlinoise. Mais peu importe : si les Juifs ne se sentent pas en sécurité en Allemagne, c’est inacceptable, notamment compte tenu de notre histoire », poursuit-elle. Le gouvernement a réagi en nommant pour la première fois un commissaire à la lutte contre l’antisémitisme. C’est le diplomate Felix Klein qui a été désigné. Son travail ne fait que commencer.

Le Figaro – mardi 24 avril 2018

Clash entre Françoise Laborde et une élue communiste sur le manifeste contre “Le Nouvel Antisémitisme”

Clash entre Françoise Laborde et une élue communiste sur le manifeste contre “Le Nouvel Antisémitisme” : «Votre parti s’est allié dans les mairies pour s’attacher le vote des musulmans !-

 

Clash entre la journaliste Françoise Laborde et Elsa Faucillon (députée PCF) sur le manifeste contre “Le Nouvel Antisémitisme” : «Votre parti s’est allié dans toutes les mairies pour s’attacher le vote des musulmans. C’est pas nouveau. On le sait très bien.»
– LCI, 23 avril 2018, 10h25
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GUNTHER JIKELI : “L’ANTISÉMITISME PARMI LES MUSULMANS SE MANIFESTE AU-DELÀ DES ISLAMISTES RADICAUX”

GUNTHER JIKELI : “L’ANTISÉMITISME PARMI LES MUSULMANS SE MANIFESTE AU-DELÀ DES ISLAMISTES RADICAUX”

La haine des juifs n’est pas propre aux musulmans, mais elle est particulièrement répandue chez les Français de cette confession, explique l’universitaire Gunther Jikeli en s’appuyant sur plusieurs études, dans une tribune au Monde.

Publié le 24 avril 2018 dans Le Monde

[Fin mars, Mireille Knoll, 85 ans, qui avait échappé à la rafle du Vél’d’Hiv, a été retrouvée assassinée dans son appartement à Paris. Deux hommes ont été mis en examen pour « homicide volontaire » à caractère antisémite et « vol aggravé ». Cette affaire a relancé le débat sur le rôle de l’islam dans la propagation d’une nouvelle haine des juifs. Le 22 avril, Le Parisien publiait une tribune signée par plusieurs centaines de personnalités inquiètes de la montée d’un « antisémitisme musulman », qui provoquerait « une épuration ethnique à bas bruit » dans certains endroits d’Ile-de-France. Les auteurs demandent que « soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques » musulmanes « les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants ». Le manifeste, rédigé par Philippe Val, compte notamment parmi les signataires Nicolas Sarkozy, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, Boualem Sansal, Antoine Compagnon, Charles Aznavour et Gérard Depardieu.]

Tribune. Le malaise grandit face à la montée de l’antisémitisme et notamment de l’antisémitisme musulman. Le terme même d’antisémitisme musulman est contesté en dépit du fait que depuis plusieurs années il existe des indications claires que la haine antijuive est particulièrement répandue en France – et ailleurs – parmi les musulmans. Cela ne signifie pas que tous les musulmans sont antisémites ou que les incidents antisémites soient le fait des seuls musulmans, ce qui serait loin de la vérité. L’antisémitisme reste répandu parmi l’important électorat du Front national et dans l’extrême gauche « anti-impérialiste ». Il existe en outre quelques complotistes tordus tels que Dieudonné qui ont construit leur popularité en tant qu’antisémites professionnels.

Mais le fait que l’antisémitisme soit particulièrement répandu parmi les musulmans n’en reste pas moins une évidence écrasante. Ce fait est étayé par de nombreuses études, enquêtes et statistiques. En France, depuis le début du XXIe siècle, les actes antisémites les plus violents, à savoir les meurtres de juifs, ont tous été commis par des musulmans. Mireille Knoll [assassinée dans son appartement parisien, le 23 mars] a été la dernière victime d’une agression mortelle perpétrée aux cris de « Allahou akbar » (« Dieu est grand »).

Ces assassins ne sont certainement pas représentatifs de la majorité des musulmans de France. Ce sont des individus marginalisés qui finiront enfermés dans une prison ou internés dans un asile. Mais ils ne sont pas non plus tout à fait isolés et font clairement référence à l’islam ou, plutôt, à leur interprétation de l’islam.

Menaces et actes violents

Quelles sont les données disponibles sur les incidents antisémites ? La Commission nationale consultative des droits de l’homme publie chaque année les statistiques des incidents racistes, antimusulmans, xénophobes et antisémites. Entre 1994 et 2011, les données publiées comprennent une catégorie indiquant les auteurs « arabo-musulmans » de tels incidents. Cette catégorie est devenue chaque année, à partir de 2000 et jusqu’en 2011, le groupe le plus important d’auteurs identifiés de violences antisémites, dépassant en nombre les auteurs issus de l’extrême droite.

Que disent les victimes elles-mêmes sur l’identité des responsables de ces actes ? Une étude menée en 2013 par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne a demandé à 5 847 citoyens belges, français, allemands, hongrois, italiens, lettons, suédois et britanniques s’identifiant comme juifs de parler de leur expérience de l’antisémitisme. 33 % d’entre eux déclaraient avoir subi une forme de harcèlement antisémite au cours des cinq années précédentes et 7 % avoir été victimes d’un incident antisémite violent ou avoir reçu des menaces parce qu’ils étaient juifs. Dans ces huit pays européens, les plus nombreux parmi les auteurs présumés de tels actes étaient des musulmans selon les victimes : ils étaient à l’origine de 40 % des menaces et actes de violence, et de 27 % des cas de harcèlement.

L’étude n’indique pas le pourcentage respectif pour chaque pays mais il serait surprenant que la proportion de musulmans parmi les auteurs d’actes antisémites en France soit inférieure à, disons, celle de la Lettonie. L’enquête pilotée par Chantal Bordes-Benayoun et Dominique Schnapper et conduite par Ipsos en 2015 pour le compte de la Fondation du judaïsme français est parvenue à des résultats similaires. 42 % des participants juifs disent avoir personnellement « rencontré des problèmes (comportements agressifs, insultes, agression, etc.) » avec des personnes de confession musulmane.

Sur ces attitudes, que disent les études incluant des musulmans ? Au cours des douze dernières années ont été publiées, sur les attitudes antisémites dans différents pays européens, seize études faisant la distinction entre musulmans et non-musulmans. En tout, 49 000 personnes, dont 15 000 musulmans, ont été interrogées. Beaucoup de ces enquêtes comportent sans doute des défauts méthodologiques, ne sont représentatives que de certaines régions ou sous-groupes, et les pourcentages exprimés doivent être tempérés par une marge d’erreur souvent importante.

Au-delà des islamistes radicaux

Toujours est-il que toutes ces études s’accordent sur un point, à savoir que l’antisémitisme est significativement plus élevé parmi les musulmans que parmi les non-musulmans. Un des chiffres les plus récents concernant la France provient d’une enquête internationale menée en 2015 par l’Anti-Defamation League. 49 % des musulmans français interrogés étaient d’accord avec au moins six des onze déclarations antisémites qui leur étaient présentées, alors que le pourcentage est de 17 % dans l’ensemble de la population. Chantal Bordes-Benayoun et Dominique Schnapper ont constaté que 51 % de leurs sondés musulmans approuvaient cinq stéréotypes antisémites sur huit, contre 36 % dans la population totale.

La comparaison entre musulmans et non-musulmans est, pour des raisons méthodologiques, plus compliquée à établir dans une étude publiée en 2014 par le cercle de réflexion Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), mais on peut affirmer que les différences d’attitudes entre musulmans et non-musulmans sont aussi marquées dans cette étude.

D’autres enquêtes ne comportaient qu’une seule question sur les juifs, comme dans celle effectuée par le Pew Research Center en 2006, d’où il ressortait que 28 % de la population musulmane française avait une opinion « défavorable » sur les juifs, contre 13 % dans l’ensemble de la population. Ruud Koopmans, de l’institut de recherche en sciences sociales Wissenschaftszentrum de Berlin, a analysé les résultats d’études menées en 2008 et 2009.

Elles montraient que 7,1 % de l’échantillon de Français chrétiens et 43,4 % de Français musulmans d’origine turque et marocaine estimaient qu’« on ne peut pas faire confiance aux juifs ». Selon les critères sociologiques, tous ces éléments traduisent une évidence indiscutable. L’antisémitisme parmi les musulmans se manifeste au-delà des islamistes radicaux.

La question dès lors n’est plus de savoir si l’antisémitisme est répandu parmi les musulmans, mais pour quelle raison il l’est. Certaines études comme celle de Fondapol, celle de Koopmans, ou encore celle menée sur les musulmans en Allemagne par Katrin Brettfeld et Peter Wetzels (2007), se sont penchées sur les corrélations de l’antisémitisme avec la religiosité et ont établi que le niveau d’antisémitisme s’accroît de façon significative avec le niveau de religiosité et/ou avec les interprétations autoritaires de l’islam. D’autres études ont cherché à déceler un lien avec le niveau d’éducation ou avec les expériences de discrimination, mais aucune corrélation n’a pu être mise en évidence.

Interprétations autoritaires de l’islam

Qu’en disent les musulmans « ordinaires » ? Dans une étude que j’ai menée entre 2005 et 2007 en m’entretenant avec 117 jeunes hommes musulmans à Paris, Londres et Berlin, ceux-ci ont justifié de différentes façons leur opinion négative des juifs (« European Muslim Antisemitism. Why young urban males say they don’t like Jews », 2015). Beaucoup de ces justifications, tels les stéréotypes sur la richesse des juifs, les fantasmes complotistes ou la diabolisation d’Israël, n’étaient pas spécifiquement liées à leur situation ou à leur identité. Ces stéréotypes se retrouvent chez de nombreux non-musulmans.

En revanche, environ le tiers de ces jeunes musulmans justifiaient leur hostilité envers les juifs par des interprétations très particulières de l’islam. La haine antijuive peut même devenir partie intégrante de l’identité d’un musulman quand celui-ci fait sienne la conviction populaire selon laquelle « les musulmans » et « les juifs » sont des ennemis éternels.

D’autres accusaient les juifs d’avoir falsifié les Saintes Ecritures (la Torah étant à leurs yeux une falsification du Coran, véritable parole de Dieu), ou d’avoir tenté d’empoisonner Mahomet, et d’être les ennemis jurés de l’islam. On peut trouver ces trois accusations dans le Coran et dans les hadiths [propos que l’on met dans la bouche du Prophète], et je les ai à nouveau entendues à l’occasion d’un récent projet pour lequel j’ai interrogé 153 réfugiés syriens et irakiens en Allemagne.

Il devrait être possible d’avoir une discussion critique et de procéder à une contextualisation des textes islamiques problématiques, mais un trop grand nombre de musulmans considérerait cela comme une hérésie et, à ce jour, aucune grande organisation islamique française n’a encouragé une telle approche dans la lecture des textes sacrés.

Dans le même temps des prêcheurs islamistes tels que Mohammed Hammami (expulsé de France en 2012) incitent à une interprétation rigoriste de l’islam, proclament leur mépris des athées, des apostats, des femmes, des chrétiens et des juifs, tandis que des organisations comme Musulmans de France (MF, anciennement UOIF) restent étroitement liées aux Frères musulmans, un groupe islamiste profondément antisémite.

Il n’est donc pas surprenant de trouver chez de nombreux musulmans des niveaux élevés d’attitudes antidémocratiques et antisémites, attitudes confortées par le nationalisme arabe et l’antisémitisme traditionnel sévissant dans les pays arabes.

En dépit de tout le déni qui l’entoure, la vérité est qu’il existe une forme spécifique d’antisémitisme musulman – tout comme il existe une forme spécifique d’antisémitisme chrétien. Et que tant que ce phénomène ne sera pas reconnu, il sera impossible de le combattre.

(Traduit de l’anglais par Gilles Berton)

Gunther Jikeli est membre associé du Groupe sociétés, religions, laïcités au CNRS.

Georges Bensoussan  : «L’antisémitisme se pare désormais des oripeaux d’un antiracisme dévoyé»

Georges Bensoussan  : «L’antisémitisme se pare désormais des oripeaux d’un antiracisme dévoyé»

GRAND ENTRETIEN – La Seine-Saint-Denis a perdu 80 % de sa population juive en quinze ans, rappelle l’historien.

LE FIGARO. – En 2002, vous dirigiez Les Territoires perdus de la République , essai qui décrivait notamment l’apparition d’un antisémitisme culturel dans certains quartiers en France. Seize ans plus tard, vous avez signé la «tribune contre le nouvel antisémitisme» publiée par Le Parisien et vous participez au livre publié par Albin Michel sur le sujet. Diriez-vous que le temps du déni est révolu?

Georges BENSOUSSAN. – On aimerait le penser. Pourtant, même s’il est indéniable que quelque chose a bougé depuis plusieurs mois, je crois que les forces du déni demeurent puissantes. Elles tiennent à cette partie de la gauche sociétale qui domine encore largement l’opinion par le biais d’un grand nombre de médias au discours formaté. De ce côté-là, il faudra s’attendre à de nombreuses contorsions. Tout en déplorant l’antisémitisme («plus jamais ça»), on continuera à ne pas nommer la source du péril.

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La notion de vivre ensemble n’a cessé d’être invoquée tandis que, dans les faits, les communautés n’ont cessé de se séparer. Comment expliquer ce paradoxe?

La notion de «vivre ensemble» dit, comme un sous-texte, un lent processus d’éclatement de la nation

Dans une société où, pour le pire, le libéralisme économique épouse le libéralisme sociétal, il me semble que ce paradoxe n’est qu’apparent. On invoque d’autant plus le vivre ensemble que nous ne vivons pas ensemble mais à côté les uns des autres. La notion de «vivre ensemble» dit, comme un sous-texte, un lent processus d’éclatement de la nation. Qui nourrit une insécurité culturelle dont les premières victimes sont les classes populaires et les classes moyennes pour lesquelles la nation demeure ce bien commun, cette forme d’harmonie collective qui leur semble aujourd’hui menacée.

Dans sa doctrine, ses ressorts, ses représentations, en quoi cet antisémitisme est-il nouveau?

L’antisémitisme qui tue aujourd’hui ne vient pas de l’extrême droite même si celui-ci demeure une réalité. Évoquer la France comme un «pays antisémite» était jusqu’à maintenant aberrant tant les préjugés antiJuifs n’avaient cessé de reculer depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. C’est évidemment moins vrai à l’heure actuelle. Dans ce domaine comme en d’autres, la régression française est patente.

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L’antisémitisme d’aujourd’hui est nouveau par la source et par le mode opératoire. Par la source d’abord. Cet antisémitisme violent est issu d’une nouvelle frange de la population française. Il puise aux sources coraniques comme à l’histoire moderne des Juifs du Maghreb, une histoire méconnue en France où de nombreux idéologues accréditent la thèse d’une histoire apaisée que le sionisme et la création de l’État d’Israël seraient venus briser. Qu’il y eut des moments heureux, de convivialité et d’amitié, c’est certain. Que ces Juifs du Maghreb furent longtemps des Juifs de culture arabe, c’est certain aussi. Il n’est pas nécessaire, pour autant, d’idéologiser ce passé ni de confondre l’histoire d’une bourgeoisie juive qui avait peu à faire avec la «rue arabe», avec l’histoire des Juifs de condition populaire, largement majoritaires, qui eux, et eux seuls, eurent à subir une vie marquée au quotidien par l’arbitraire et une forme de précarité sur fond de crainte diffuse. Arrivé en France, cet antisémitisme traditionnel s’y est aggravé tout en se modifiant, nourri par le ressentiment né d’une intégration plus ou moins réussie, comme par le conflit israélo-arabe.

Cet antisémitisme est également nouveau par le mode opératoire: il tue (15  personnes depuis 2006 en y incluant les victimes du Musée juif de Bruxelles assassinées par un Français).

Diriez-vous qu’un antiracisme dévoyé peut nourrir l’antisémitisme?

Ce dévoiement de l’antiracisme va plus loin encore quand il crée un discours normatif qui fait de toute opinion dissidente un écart à la règle passible du tribunal

L’antisémitisme ne parle plus le langage du racisme d’avant guerre. Il parle au contraire la langue d’une idéologie victimaire et communautariste qui se pare des oripeaux de l’antiracisme. Mais il s’agit en effet d’un antiracisme dévoyé. Une partie de cet antisémitisme prétend s’exprimer au nom de l’«ouverture à l’Autre» (même si, en réalité, nombre de violences verbales antijuives dans les «quartiers» relèvent encore du basique «sale race»), voire prend appui sur la mémoire de la Shoah pour affirmer que l’État d’Israël «fait aux Arabes ce que les Allemands firent jadis aux Juifs» (sic).

Ce dévoiement de l’antiracisme va plus loin encore quand il crée un discours normatif qui fait de toute opinion dissidente un écart à la règle passible du tribunal. Ce faisant, il nourrit la judiciarisation du débat intellectuel et à terme son rétrécissement. Ce dévoiement est inséparable, à cet égard, d’une judiciarisation de la société qui, loin de signifier une extension des droits de chacun, traduit au contraire le règne, encore feutré, de la guerre de tous contre tous.

La vie impossible des Français juifs dans les «territoires perdus» témoigne-t-elle d’un processus de séparation qui menace à terme toute la communauté nationale?

L’exode intérieur de nombreux Français juifs (la Seine-Saint-Denis a perdu 80 % de sa population juive en quinze ans) doit être corrélé au départ des 52.000 Juifs qui ont gagné l’État d’Israël ces seize dernières années. Sans compter le nombre, inconnu, de ceux qui sont partis ailleurs.

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En dépit des proclamations, probablement sincères, qui se multiplient, il y a fort à parier que les Français juifs (et d’abord, sinon exclusivement, le judaïsme populaire) seront abandonnés à leur sort tout comme la «France périphérique» (Christophe Guilluy), qui relève de la même logique d’abandon, demeurera cantonnée à… la périphérie de la vie nationale. Taraudée par l’amertume de sa marginalisation et le sentiment de son déclin social, cette France-là, majoritaire en nombre, et qui se sent étouffer sous le poids d’un discours moutonnier («ce qu’il faut dire»), ne trouve plus guère de langage commun avec des élites culturelles et sociales de plus en plus souvent hors sol et pour lesquelles les mots «identité» et «nation» paraissent vides de sens.

– Crédits photo : Albin Michel

Que doivent faire en priorité les pouvoirs publics?

Être des «pouvoirs publics». Exercer l’autorité, diriger, commander et faire respecter la loi. En commençant par avoir le courage des mots, la première des digues contre le retour en force de la barbarie. La liberté a un prix, c’est celui du combat. Que les pouvoirs publics l’assument.

Mais aussi qu’ils gardent en mémoire les diagnostics de Marc Bloch et de Georges Bernanos dressés tous les deux en 1940-1941, L’Étrange Défaite de l’un, la Lettre aux Anglais de l’autre. Qu’ils n’oublient pas leurs mots sévères sur la trahison d’une partie des élites et sur la lâcheté du grand nombre. Et qu’ils s’évertuent à ce que ces textes demeurent de grands textes littéraires de combat, mais qu’ils n’aient pas pour nous de valeur prémonitoire.

Le Parlement européen condamne le Hamas

Le Parlement européen condamne le Hamas

L’Union européenne commence-t-elle à ouvrir les yeux? Ou à adopter une attitude un peu plus morale dans le conflit israélo-palestinien?

Après la résolution réduisant l’aide financière de l’UE à l’Autorité Palestinienne à cause de l’incitation dans les programmes scolaires, le Parlement européen a condamné à une large majorité le Hamas comme étant l’unique responsable des affrontements de ces dernières semaines à la frontière entre Israël et la bande de Gaza. Lors du vote, 534 députés ont voté en faveur du texte, seuls 30 s’y sont opposés et 92 se sont abstenus.

Pour une fois, on ne trouve pas dans le texte la traditionnelle équivalence immorale attribuant une responsabilité commune aux agresseurs et aux agressés. La résolution va même plus loin: elle stipule que  “Gaza est un nid d’organisations terroristes internationaux connus”, elle exige l’arrêt des tirs de roquettes et les tentatives d’incursion terroristes, la cessation du forage de tunnels souterrains ainsi que la restitution à leurs familles des dépouilles de Hadar Goldin hy”d et Oron Shaoul hy”d ainsi que des civils vivants détenus par le Hamas.

Mais il y a encore du chemin à faire. Le Parlement n’a pu s’empêcher, tout en reconnaissant le droit d’Israël à défendre ses frontières, de demander à Tsahal de ne pas tirer sur des manifestants désarmés.

La formulation relativement favorable à Israël et condamnant formellement le Hamas a été rendue possible grâce à l’action du groupe des Conservateurs et Réformistes européens très favorable à Israël. A l’opposé, les groupes de gauche et d’extrême gauche réclamaient une condamnation unilatérale d’Israël.

Ce vote constitue une victoire pour Israël car il est rare qu’une organisation internationale condamne ainsi unilatéralement le Hamas et recense les multiples crimes commis par cette organisation terroriste.

Photo Wikipedia

Nathalie aurait dù méditer et relire ce qui suit: Quand Israël sera Hors de danger, je choisirai parmi les juifs et mes voisins Arabes, ceux qui me sont frères par les idées. Aujourd’hui, je me dois d’être solidaire avec tous les miens, même ceux que je déteste, au nom de cet ennemi insurmontable l’antisémitisme: (+de 30 ans ce texte de Herbert Pagani)

Natalie Portman refuse de venir en Israël et provoque le scandale

L’actrice israélo-américaine Natalie Portman a annoncé qu’elle ne se rendra pas en Israël pour y recevoir la “Prix Genesis” qui récompense des personnalités qui ont particulièrement contribué au peuple juif ou  aux valeurs juives. Elle a expliqué que sa venue en Israël et sa présence à la cérémonie lors de laquelle s’exprimera notamment Binyamin Netanyahou pourrait être vue comme un soutien au Premier ministre, ce qu’elle ne veut à aucun prix. Elle a indiqué dénoncer la politique de Binyamin Netanyahou envers les immigrants clandestins.

Avec un certain toupet, surtout sachant que ses propos sont largement relayés elle a rajouté: “Les mauvais traitements de ceux qui souffrent des atrocités d’aujourd’hui n’est simplement pas en accord avec mes valeurs juives. Parce qu’Israël m’est cher, je dois m’opposer à la violence, à la corruption, aux inégalités et à l’abus de pouvoir”.

Natalie Portman a assuré que sa décision n’a rien à voir avec les BDS et qu’elle s’oppose même à ce mouvement, ce dernier a vu ce retrait et l’annulation de la cérémonie comme une grande victoire. Le fondateur du BDS Omar Barghouti a déclaré au New York Times: “Cette étape, après la décision d’une superstar israélo-américaine est une nouvelle preuve que la marque ‘Israël’ est devenue toxique, même dans les cercles d’Hollywood (…) Après des décennies de violations des droits de l’homme contre les Palestiniens, même les bases d’une culture israélo-américaine refuse de légitimer les crimes israéliens et les politiques d’apartheid”. De nombreux partisans du BDS ont adressé des messages de félicitations et de soutien à l’actrice.

En Israël, le Likoud a fermement réagi à cette décision qui est vue à juste titre comme un soutien à la délégitimation de l’Etat d’Israël. Dans un communiqué, le parti dirigé par Binyamin Netanyahou écrit: “Quelle hypocrisie! Natalie Portman parle de démocratie mais elle oublie qu’elle avait soutenu le groupe V-15, financé par des Etats étrangers, et qui voulait faire perdre Binyamin Netanyahou lors des dernières élections. Natalie Portman parle des droits de l’homme mais elle se rend sans problème dans des pays dont le respect des droits de l’homme est loin d’être ce lui qui règne en Israël. Aucune explication n’aidera. Natalie Portman refuse d’accepter le verdict démocratique en Israël”.

Les ministres likoud Miri Reguev et Guilad Erdan ont également réagi, ainsi que le député Oren Hazan qui a déclaré que l’attribution de ce prix à Natalie Portman fut une “grossière erreur”.

Quant à Betzalel Smotrich (Habayit Hayehoudi) il a déclaré: “Natalie Portman fait désormais partie de la machine de propagande arabe anti-israélienne et antisémite dans laquelle il n’y a pas la moindre once de vérité (…) Face au mensonge, il ne faut ni réfléchir ni céder (…) La vérité finira par l’emporter”.

Pourquoi les actes antisémites augmentent en France depuis 20 ans

Pourquoi les actes antisémites augmentent en France depuis 20 ans

Le “manifeste contre le nouvel antisémitisme” publié le 22 avril par plus de 250 personnalités dénonce l’angoisse de la communauté juive. En France, les actes antisémites sont les seuls faits racistes en augmentation.

Mireille Knoll, survivante de la Shoah, a été assassinée le 23 mars dans son appartement du 11e arrondissement de Paris.
Mireille Knoll, survivante de la Shoah, a été assassinée le 23 mars dans son appartement du 11e arrondissement de Paris. (Reuters)
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En 2017, 97 actions violentes à caractère antisémite ont été perpétrées, soit 20 de plus que l’année précédente. Alors que les actes racistes tendent à diminuer, les agressions antisémites sont en nette augmentation selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. A Sarcelles le 29 janvier dernier, un jeune garçon de 8 ans, dont la confession juive était identifiable à la kippa qu’il portait, a été attaqué dans la rue par des adolescents. Le 23 mars, Mireille Knoll, rescapée de la Shoah, a été assassinée chez elle dans le 11e arrondissement de Paris. Ces actes ne sont pas une résurgence de la judéophobie française historique, mais bien un nouvel antisémitisme, explique Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et stratégies d’entreprise de l’Ifop, et co-auteur avec Sylvain Manternach de L’an prochain à Jérusalem? Les juifs de France face à l’antisémitisme.

“C’est un phénomène que l’on constate depuis maintenant près de 20 ans, témoigne Jérôme Fourquet, joint par le JDD. Le début de la deuxième intifada, en 2000, s’est traduit presque instantanément par une explosion de la délinquance antisémite en France, notamment dans certains quartiers populaires comme en Seine-Saint-Denis.” Les statistiques du ministère de l’Intérieur sont explicites : les actes et menaces antisémites ont presque décuplé, passant de 82 en 1999 à 743 en 2000.

L’importation du conflit israélo-palestinien à l’origine de l’implantation du nouvel antisémitisme

Si “l’antisémitisme traditionnel n’a pas disparu en France”, Jérôme Fourquet identifie aujourd’hui un “nouveau visage de l’antisémitisme” qui sévit. “Le profil de l’auteur de l’acte a changé.” Dans les années 1990, 80% des faits antisémites étaient imputables à l’extrême droite selon la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH). “La population d’origine arabo-musulmane n’est pas détentrice de l’antisémitisme en France aujourd’hui, mais la majorité des passages à l’acte sont le fait de personnes issues de cette population”, analyse Jérôme Fourquet.

Avec l’importation du conflit israélo-palestinien en France, “l’antisémitisme a prospéré, s’est enraciné dans certains quartiers populaires, et aujourd’hui on n’a plus besoin de tensions au Proche-Orient pour qu’il s’exprime”. D’autres moteurs entrent en ligne de compte. Si les rapports de la CNCDH dévoilent une progression continue de la tolérance, deux stéréotypes persistent : l’idée que les juifs seraient forcément riches – qui a présidé à l’enlèvement, la torture et l’assassinat d’Ilan Halimi en 2006 – et auraient du pouvoir.

Le déni politique par peur de stigmatiser : une double peine pour la communauté juive

“Au début des années 2000, il y a eu blackout total de la part des médias et des autorités politiques sur la question. Pour ne pas jeter de l’huile sur le feu, on tait ou on minimise cette réalité sociologique”, analyse Jérôme Fourquet. Une peur de la stigmatisation qu’il croit en baisse, mais toujours présente. Le 4 avril 2017, Sarah Halimi, une femme juive de 65 ans, a été rouée de coups puis défenestrée. “A l’époque, il n’y a eu aucun écho dans la presse nationale. L’affaire n’existait pas.”

La communauté juive s’est sentie abandonnée par la sphère politique, livrée à elle-même

Explosion de violence et déni des autorités, notamment de gauche : une “double peine” pour la communauté juive, “qui s’est sentie abandonnée, livrée à elle-même”, selon l’analyste. Dans leur livre, Jérôme Fourquet et Sylvain Manternach recensent tous les effets sociologiques de la situation. D’abord, un réalignement électoral des juifs devant le silence particulièrement marqué de la gauche : “Cet électorat historiquement divers, avec un penchant à gauche, s’est droitisé”, explique Jérôme Fourquet.

Après l’affaire Merah, le nombre d’alyah a explosé

Le très fort sentiment d’insécurité pousse les juifs français à placer leurs enfants dans des écoles confessionnelles juives ou catholiques, “pour les mettre à l’abri”. Ils sont aussi toujours plus nombreux à choisir de changer de quartier voire de ville. Le manifeste “contre le nouvel antisémitisme” paru dimanche 22 avril dans Le Parisien fait état de 50.000 personnes juives forcées de déménager en Ile-de-France. Un chiffre qui rejoint les 60.000 personnes dont parle le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, qui n’en avance pas les causes.

A un moment, la France est devenue le plus grand pays de départ pour l’alyah, devant les Etats-Unis

En 2017, un peu plus de 3.000 juifs français ont choisi de quitter la France pour rejoindre l’Etat d’Israël, ce qu’on appelle l’alyah. L’affaire Mohammed Merah a marqué un point de basculement. Avant 2012, 1.500 à 2.000 personnes par an partaient en Israël. Ce phénomène a connu un pic en 2014-2015 avec 8.000 départs, selon les statistiques de l’Etat Hébreu, avant de retomber les années suivantes. Des chiffres que l’on peut pratiquement doubler, selon Jérôme Fourquet, en y ajoutant le nombre de juifs qui s’expatrient ailleurs qu’en Israël. “A un moment, la France est devenue le plus grand pays de départ devant les Etats-Unis, où la communauté juive est pourtant beaucoup plus importante qu’ici!”

Les meurtres de Mireille Knoll et de Sarah Halimi risquent de pousser les juifs à l’alyah

L’attentat de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes a quant à lui eu un “effet paradoxal”, raconte Jérôme Fourquet. “D’un côté, un palier a clairement été franchi dans la violence antisémite. Mais en même temps, la réaction des autorités a été très forte, tant sur un plan symbolique avec le discours de Manuel Valls, que concret par la présence militaire devant les synagogues, par exemple. La communauté juive s’est enfin sentie réintégrée et protégée par la République.”

Ce regain de confiance s’est alors traduit par une décrue relative de l’alyah. Mais cette baisse “risque fort d’être contrebattue” par les récentes affaires des meurtres de Sarah Halimi et de Mireille Knoll, craint Jérôme Fourquet. L’un des fils de cette dernière a déjà annoncé qu’il songeait désormais à quitter la France.

Pierre Rehov : un autre regard sur Gaza

FIGAROVOX/TRIBUNE – Le reporter Pierre Rehov s’attaque, dans une tribune, à la grille de lecture dominante dans les médias français des événements actuels à Gaza. Selon lui, la réponse d’Israël est proportionnée à la menace terroriste que représentent les agissements du Hamas.


Pierre Rehov est reporter, écrivain et réalisateur de documentaires, dont le dernier, «Unveiling Jérusalem», retrace l’histoire de la ville trois fois sainte.


Les organisations islamistes qui s’attaquent à Israël ont toujours eu le sens du vocabulaire dans leur communication avec l’Occident. Convaincus à juste titre que peu parmi nous sont capables, ou même intéressés, de décrypter leurs discours d’origine révélateur de leurs véritables intentions, ils nous arrosent depuis des décennies de concepts erronés, tout en puisant à la source de notre propre histoire les termes qui nous feront réagir dans le sens qui leur sera favorable. C’est ainsi que sont nés, au fil des ans, des terminologies acceptées par tous, y compris, il faut le dire, en Israël même.

Prenons par exemple le mot «occupation». Le Hamas, organisation terroriste qui règne sur la bande de Gaza depuis qu’Israël a retiré ses troupes et déraciné plus de 10 000 Juifs tout en laissant les infrastructures qui auraient permis aux Gazaouites de développer une véritable économie indépendante, continue à se lamenter du «fait» que l’État Juif occupe des terres appartenant «de toute éternité au Peuple Palestinien». Il s’agit là, évidemment, d’un faux car les droits éventuels des Palestiniens ne sauraient être réalisés en niant ceux des Juifs sur leur terre ancestrale.

Le terme «occupation» étant associé de triste mémoire à l’Histoire européenne, lorsqu’un lecteur, mal informé, se le voit asséner à longueur d’année par les médias les ONG et les politiciens, la première image qui lui vient est évidemment celle de la botte allemande martelant au pas de l’oie le pavé parisien ou bruxellois.

Cette répétition infligée tout autant qu’acceptée d’un terme erroné a pour but d’occulter un fait essentiel, gravé dans l’Histoire: selon la loi internationale, ces territoires dits «occupés» ne sont que «disputés». Car, afin d’occuper une terre, encore eût-il fallu qu’elle appartînt à un pays reconnu au moment de sa conquête. La «Palestine», renommée ainsi par l’Empereur Hadrien en 127 pour humilier les Juifs après leur seconde révolte contre l’empire romain, n’était qu’une région de l’empire Ottoman jusqu’à la défaite des Turcs en 1917. Ce sont les pays Arabes dans leur globalité qui, en rejetant le plan de partition de l’ONU en 1947, ont empêché la naissance d’une «nation palestinienne» dont on ne retrouve aucune trace dans l’histoire jusqu’à sa mise au goût du jour, en 1964, par Nasser et le KGB.

Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire « pacifiste ».

Lorsqu’à l’issue d’une guerre défensive, Israël a «pris» la Cisjordanie et Gaza en 1967, ces deux territoires avaient déjà été conquis par la Jordanie et l’Égypte. Ce qui nous conduit à remettre en question une autre révision sémantique. Pourquoi des terres qui, pendant des siècles, se sont appelées Judée-Samarie deviendraient-elles, tout à coup, Cisjordanie ou Rive Occidentale, de par la seule volonté du pays qui les a envahies en 1948 avant d’en expulser tous les Juifs dans l’indifférence générale? Serait-ce pour effacer le simple fait que la Judée… est le berceau du judaïsme?

Mais revenons à Gaza.

Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire «pacifiste». Une fois de plus, le détournement du vocabulaire est habile car ces manifestations à plusieurs couches – l’une pacifique et bon enfant, servant de couverture aux multiples tentatives de destruction de la barrière de séparation entre Gaza et Israël, d’enlèvement de soldats, et d’attentats terroristes heureusement avortés – voudraient promouvoir un «droit au retour» à l’intérieur d’Israël des descendants de descendants de «réfugiés».

J’ai déjà abondamment écrit, y compris dans ces pages, sur cette aberration tragique perpétuée au profit de l’UNWRA, une agence onusienne empêchant, dans sa forme actuelle, l’établissement et le développement des Arabes de Palestine sur leurs terres d’accueil. Je n’y reviendrai que par une phrase. Pourquoi un enfant, né à côté de Ramallah ou à Gaza, de parents nés au même endroit, ou pire encore, né à Brooklyn ou à Stockholm de parents immigrés, serait-il considéré comme «réfugié» – comme c’est le cas dans les statistiques de l’UNRWA – si un enfant Juif né à Tel Aviv, de parents nés à Bagdad, Damas ou Tripoli, et chassés entre 1948 et 1974 n’a jamais bénéficié du même statut?

Mais voici que des bus affrétés par le Hamas et la Jihad Islamique, et décorés de clés géantes et de noms enluminés de villages disparus censés symboliser ce «droit au retour» au sein d’un pays honni, viennent cueillir chaque vendredi devant les mosquées et les écoles de Gaza une population manipulée, prête aux derniers sacrifices afin de répondre à des mots d’ordre cyniques ou désuets.

Voici que des milliers de civils, hommes, femmes, enfants, se massent à proximité des zones tampons établies en bordure de la barrière de sécurité israélienne, dans une ambiance de kermesse destinée à nous faire croire qu’il s’agit là de manifestations au sens démocratique du terme.

Voici, également, que des milliers de pneus sont enflammés, dégageant une fumée noirâtre visible depuis les satellites, dans le but d’aveugler les forces de sécurité israéliennes qui ont pourtant prévenu: aucun franchissement sauvage de la barrière-frontière ne sera toléré. Toute tentative sera stoppée par des tirs à balle réelle – ce qui, n’en déplaise à beaucoup, est absolument légal dans toute buffer zone entre entités ennemies.

À cette annonce, les dirigeants du Hamas ont dû jubiler! Eux qui jouent gagnant-gagnant dans une stratégie impliquant l’utilisation de leurs civils comme boucliers humains, puisqu’il s’agit surtout d’une guerre d’influence, n’en espéraient pas autant. Dès lors ils allaient enfin pouvoir de nouveau compter leurs morts comme autant de victoires médiatiques. Et cela – au grand dam des Israéliens – s’est déroulé exactement comme prévu. Au moment où paraissent ces lignes, Gaza pleure plus de trente morts et les hôpitaux sont débordés par le nombre de blessés – même si les chiffres sont sujets à caution puisque seulement fournis par le Hamas.

En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire.

Pour une fois, cependant, le Hamas s’est piégé lui-même, en publiant avec fierté l’identité de la majorité des victimes qui, de toute évidence appartiennent à ses troupes. C’est le cas du journaliste Yasser Mourtaja dont le double rôle de correspondant de presse et d’officier salarié du Hamas a également été dévoilé .

Mais aurait-il été possible pour Israël d’avoir recours à d’autres moyens? L’alignement de snipers parallèlement à l’utilisation de procédés antiémeutes, était-il vraiment indispensable?

Imaginons, un instant, que, dans les semaines à venir, comme annoncé par le dirigeant de l’organisation terroriste, Yahya Sinwar, la «marche du retour» permette à ses militants de détruire les barrières, tandis que des milliers de manifestants, femmes et enfants poussés en première ligne, se ruent à l’intérieur d’Israël, bravant non plus les tirs ciblés des soldats entraînés mais la riposte massive d’un peuple paniqué?

En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, et en tenant cet engagement, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire dont les dirigeants du Hamas, acculés économiquement et politiquement, pourraient se régaler.

Contrairement aux images promues par d’autres abus du vocabulaire, Gaza n’est pas une «prison à ciel ouvert» mais une bande de 360 km² relativement surpeuplée, où vivent également nombre de millionnaires dans des villas fastueuses côtoyant des quartiers miséreux.

Chaque jour, environ 1 500 à 2 500 tonnes d’aide humanitaire et de biens de consommation sont autorisés à passer la frontière par le gouvernement israélien. Plusieurs programmes permettent aux habitants de Gaza de se faire soigner dans les hôpitaux de Tel Aviv et de Haïfa.

Un projet d’île portuaire sécurisée est à l’étude à Jérusalem, et des tonnes de fruits et légumes sont régulièrement achetés aux paysans gazaouis par les réseaux de distribution alimentaires israéliens.

L’Égypte contrôle toute la partie sud et fait souvent montre de beaucoup plus de rigueur qu’Israël pour protéger sa frontière, sachant que le Hamas est issu des Frères Musulmans, organisation interdite par le gouvernement de Abdel Fatah Al Sissi.

Mais Gaza souffre, en effet, et même terriblement!

Gaza souffre du fait que le Hamas détourne la majorité des fonds destinés à sa population pour creuser des tunnels et se construire une armée dont le seul but, ouvertement déclaré dans sa charte, est d’oblitérer Israël et d’exterminer ses habitants.

Gaza souffre des promesses d’aide financière non tenues par les pays Arabes et qui se chiffrent en milliards de dollars.

Gaza souffre de n’avoir que trois heures d’électricité par jour, car les terroristes du Hamas ont envoyé une roquette sur la principale centrale pendant le dernier conflit et l’Autorité Palestinienne, de son côté, refuse de payer les factures correspondant à son alimentation, espérant de la sorte provoquer une crise qui conduira à la perte de pouvoir de son concurrent.

Gaza souffre d’un taux de chômage de plus de 50 %, après que ses habitants, dans l’euphorie du départ des Juifs, aient saccagé et détruit les serres à légumes et les manufactures construites par Israël et donc jugées «impures» selon les théories islamistes qui les ont conduits, ne l’oublions pas non plus, à voter massivement pour le Hamas.

Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition.

Gaza souffre enfin de ces détournements du vocabulaire, de ces concepts esthétiques manichéens conçus au détriment des êtres, qui empêchent les hommes de conscience de comprendre le cœur du problème et sont forcés de penser qu’Israël est l’unique cause du malheur de ses habitants.

C’est pour cela qu’il faut, une fois de plus, clamer quelques faits incontournables.

Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition.

Les habitants de Gaza seraient libres de circuler et de se construire un avenir à l’instant même où ils renonceraient à la disparition de leur voisin.

Le Hamas et autres organisations terroristes savent qu’ils peuvent compter sur la sympathie des Nations unies et de nombre d’ONG à prétention humanitaire et ne se privent donc pas d’exploiter la population qu’ils détiennent en otage puisqu’ils savent qu’Israël sera systématiquement condamné à leur place.

J’en veux, pour exemple, une anecdote affligeante.

En septembre 2017, une organisation regroupant des femmes arabes et israéliennes a organisé une marche en Cisjordanie (Judée-Samarie). Aucun parent n’aurait pu être indifférent aux images de ces mères juives et arabes qui avouent leur quête d’un avenir meilleur pour leurs enfants. Durant la marche, aucun pneu brûlé, pas de lancement de pierres ou de cocktails Molotov, aucune tentative d’envahir Israël, aucun propos haineux. Tout le contraire. C’était une authentique manifestation pacifique.

Seulement, le Hamas a immédiatement condamné la marche en déclarant que «la normalisation est une arme israélienne».

L’ONU, de son côté, n’a pas cru bon promouvoir l’initiative. Pourquoi l’aurait-elle fait?

Il est davantage dans sa tradition, et certainement plus politiquement correct de condamner Israël pour ses «excès» en matière défensive tandis que le Moyen Orient, faute d’une vision honnête, bascule progressivement dans un conflit généralisé.

Pierre Rehov

Charles Aznavour: “Les Juifs ont été les premiers à m’accepter”

Charles Aznavour: “Les Juifs ont été les premiers à m’accepter”

Le chanteur franco-arménien Charles Aznavour a remercié lundi les Juifs pour avoir été les premiers à l’accepter en tant qu’artiste au tout début de sa carrière.

“Je vais avoir 94 ans et ça ne me fait rien du tout. La question, c’est plutôt de savoir encore combien. Je crois que je vivrais assez vieux (sic). Je dis souvent jusqu’à 120 ans [l’âge de Moïse, Ndlr] pour faire plaisir à ma première clientèle, car les Juifs ont été les premiers à m’accepter. Sans exception. Ma deuxième clientèle, étant Marseille”, a-t-il déclaré dans un entretien accordé à Nice Matin.

En 2017, le chanteur franco-arménien avait reçu des mains du président israélien Reuven Rivlin la médaille Raoul Wallenberg, célébrant l’aide apportée par sa famille à des juifs et des Arméniens pendant la Seconde Guerre mondiale.

L’artiste, 93 ans, vivait avec ses parents, Knar et Mischa Aznavour, et sa soeur, Aida, à Paris pendant l’occupation allemande. C’est durant cette période que la famille arménienne a accueilli des juifs et des arméniens dans leur maison afin que ces derniers puissent y trouver refuge.

La famille Aznavourian, très proche du résistant Missak Manouchian avait ainsi collaboré avec le groupe de “l’Affiche Rouge” pour sauver des Juifs au péril de leur vie. Ces éléments furent transmis à la Fondation Raoul Wallenberg par le professeur Yair Auron.

La remise des médailles se déroula le 26 octobre 2017 à la résidence présidentielle du chef de l’Etat d’Israël en présence du célèbre chanteur et chansonnier Français d’origine arménienne.  Ces éléments furent transmis à la Fondation Raoul Wallenberg par le professeur Yair Auron.

Le rôle de la Fondation internationale Raoul Wallenberg est de retrouver des témoignages d’hommes et de femmes qui sont venus en aide auprès des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

David Stern 

 

Aznavour honoré en Israël pour l’aide apportée par sa famille à des juifs ( octobre 2017)

image: https://img.aws.la-croix.com/2017/10/26/1300887458/celebre-artiste-francais-Charles-Aznavour-honore-26-octobre-Jerusaleml-apportee-famille-juifs-Armeniensla-Seconde-Guerre-mondiale_0_729_486.jpg

Le célébre artiste français Charles Aznavour a été honoré le 26 octobre à Jérusalem pour l'aide apportée par sa famille à des juifs et des Arméniens pendant la Seconde Guerre mondiale/AFP 

Le célébre artiste français Charles Aznavour a été honoré le 26 octobre à Jérusalem pour l’aide apportée par sa famille à des juifs et des Arméniens pendant la Seconde Guerre mondiale / AFP

Charles Aznavour, légende de la chanson française croulant sous les honneurs, en a reçu de nouveaux jeudi à Jérusalem, célébrant l’aide apportée par sa famille à des juifs et des Arméniens pendant la Seconde Guerre mondiale.

L’auteur de la Bohème a reçu à 93 ans des mains du président israélien Reuven Rivlin la médaille Raoul Wallenberg, décernée par le comité du même nom basé à New York.

Pendant trois ans, les Aznavour ont au péril de leur vie dissimulé des juifs et des Arméniens dans leur modeste appartement parisien, selon le comité, qui tient son nom d’un diplomate suédois célébré pour avoir aidé des dizaines de milliers de juifs à fuir la Hongrie pendant l’Holocauste.

“On peut lire dans le Talmud (texte central du judaïsme) que quiconque sauve une seule vie sauve tout un monde”, a dit le président Rivlin, “vous et votre famille, cher Charles, avez sauvé beaucoup, beaucoup de monde pendant les jours très sombres de la Seconde Guerre mondiale dans la France occupée par les Nazis”.

M. Rivlin n’a pas dissimulé le bonheur particulier de recevoir Charles Aznavour, parmi toutes les visites qui font son quotidien. “Moi et ma femme nous nous sommes connus sur les chansons, les magnifiques chansons de Charles Aznavour”, a-t-il dit assis au côté de l’artiste, tout de noir vêtu, de larges lunettes noires sur le visage.

“La Bohème était notre chanson”, a-t-il ajouté.

“J’en ai une autre pour vous, très spéciale”, l’a interrompu l’auteur des Plaisirs démodés, provoquant les éclats de rire.

“Nous recevons beaucoup de gens ici”, a poursuivi le président, “mais aujourd’hui c’est vraiment une joie”.

“C’est ce qu’il m’a dit ce matin, en se réveillant”, l’a plaisamment coupé sa femme à son tour.

“Nous avons tant de choses en commun, les juifs et les Arméniens, dans le malheur, dans le bonheur, dans le travail, dans la musique, dans les arts”, a dit l’artiste, “j’ai un petit peu l’impression que je viens dans un coin de ma famille à moi parce que nous avons la même manière, aussi, de vivre et de manger et de boire”.

Charles Aznavour, en concert samedi à Tel-Aviv, a choisi de recevoir son prix en Israël en raison de ses “relations fortes avec le pays et avec le peuple juif”, selon la présidence israélienne.

www.la-croix.com

Manifeste «contre le nouvel antisémitisme»

Manifeste «contre le nouvel antisémitisme»

Le 28 mars dernier, la marche blanche en hommage à Mireille Knoll avait réuni des milliers de personnes à Paris. LP/Guillaume Georges

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Ce manifeste, rédigé par Philippe Val et que publie « Le Parisien-Aujourd’hui en France Dimanche », réunit plus de 250 signataires. Parmi eux, trois anciens Premiers ministres, des élus, des intellectuels, des artistes…

Dans un livre à paraître mercredi chez Albin Michel*, quinze intellectuels prennent la plume pour dénoncer le poison de l’antisémitisme. L’ouvrage, préfacé par la philosophe Elisabeth de Fontenay, est écrit avec l’énergie de la colère. Une colère qui prend aujourd’hui la forme d’un manifeste qu’« Aujourd’hui en France Dimanche » a décidé de publier. Elle grandit depuis la mort de Sarah Halimi, Parisienne de 65 ans défenestrée après avoir été rouée de coups le 4 avril 2017. La justice a mis plus de dix mois à reconnaître la circonstance aggravante de l’antisémitisme. Le 23 mars, moins d’un an plus tard, dans le même arrondissement, au cœur de la capitale, l’assassinat de Mireille Knoll, 85 ans, ravivait l’émotion et l’indignation nées de l’affaire Halimi. L’enquête est en cours.

Plus de 250 signataires ont répondu à l’appel rédigé par un collectif, dont Philippe Val, l’ancien directeur de « Charlie Hebdo ». Parmi eux, trois anciens Premiers ministres, des élus de tous bords, des représentants des différentes religions, des intellectuels, des artistes…

« Cette terreur se répand »

« L’antisémitisme n’est pas l’affaire des Juifs, c’est l’affaire de tous. Les Français, dont on a mesuré la maturité démocratique après chaque attentat islamiste, vivent un paradoxe tragique. Leur pays est devenu le théâtre d’un antisémitisme meurtrier. Cette terreur se répand, provoquant à la fois la condamnation populaire et un silence médiatique que la récente marche blanche a contribué à rompre.

Lorsqu’un Premier ministre à la tribune de l’Assemblée nationale déclare, sous les applaudissements de tout le pays, que la France sans les Juifs, ce n’est plus la France, il ne s’agit pas d’une belle phrase consolatrice mais d’un avertissement solennel : notre histoire européenne, et singulièrement française, pour des raisons géographiques, religieuses, philosophiques, juridiques, est profondément liée à des cultures diverses parmi lesquelles la pensée juive est déterminante. Dans notre histoire récente, onze Juifs viennent d’être assassinés – et certains torturés – parce que Juifs, par des islamistes radicaux.

« Une épuration ethnique à bas bruit »

Pourtant, la dénonciation de l’islamophobie – qui n’est pas le racisme anti-Arabe à combattre – dissimule les chiffres du ministère de l’Intérieur : les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être agressés que leurs concitoyens musulmans. 10 % des citoyens juifs d’Ile-de-France – c’est-à-dire environ 50 000 personnes – ont récemment été contraints de déménager parce qu’ils n’étaient plus en sécurité dans certaines cités et parce que leurs enfants ne pouvaient plus fréquenter l’école de la République. Il s’agit d’une épuration ethnique à bas bruit au pays d’Émile Zola et de Clemenceau.

Pourquoi ce silence ? Parce que la radicalisation islamiste – et l’antisémitisme qu’il véhicule – est considérée exclusivement par une partie des élites françaises comme l’expression d’une révolte sociale, alors que le même phénomène s’observe dans des sociétés aussi différentes que le Danemark, l’Afghanistan, le Mali ou l’Allemagne… Parce qu’au vieil antisémitisme de l’extrême droite, s’ajoute l’antisémitisme d’une partie de la gauche radicale qui a trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux des Juifs en victimes de la société. Parce que la bassesse électorale calcule que le vote musulman est dix fois supérieur au vote juif.

« Nous attendons de l’islam de France qu’il ouvre la voie »

Or à la marche blanche pour Mireille Knoll, il y avait des imams conscients que l’antisémitisme musulman est la plus grande menace qui pèse sur l’islam du XXIème siècle et sur le monde de paix et de liberté dans lequel ils ont choisi de vivre. Ils sont, pour la plupart, sous protection policière, ce qui en dit long sur la terreur que font régner les islamistes sur les musulmans de France.

En conséquence, nous demandons que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémite catholique aboli par Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime.

Nous attendons de l’islam de France qu’il ouvre la voie. Nous demandons que la lutte contre cette faillite démocratique qu’est l’antisémitisme devienne cause nationale avant qu’il ne soit trop tard. Avant que la France ne soit plus la France. »

* « Le Nouvel Antisémitisme en France », Ed. Albin Michel, 213 p., 15 euros.

La liste des signataires Charles Aznavour ; Françoise Hardy ; Pierre Arditi ; Elisabeth Badinter ; Michel Drucker ; Sibyle Veil ; François Pinault ; Eric-Emmanuel Schmitt ; Marceline Loridan-Ivens ; Radu Mihaileanu ; Elisabeth de Fontenay ; Nicolas Sarkozy ; Pascal Bruckner ; Laure Adler ; Bertrand Delanoë ; Manuel Valls ; Michel Jonasz ; Xavier Niel ; Jean-Pierre Raffarin ; Gérard Depardieu ; Renaud ; Pierre Lescure ; Francis Esménard ; Mgr Joseph Doré ; Grand Rabbin Haïm Korsia ; Imam Hassen Chalghoumi ; Carla Bruni ; Boualem Sansal ; Imam Aliou Gassama ; Annette Wieviorka ; Gérard Darmon ; Antoine Compagnon ; Mofti Mohamed ali Kacim ; Bernard Cazeneuve ; Bernard-Henri Lévy ; Philippe Val ; Zabou Breitman ; Waleed al-Husseini ; Yann Moix ; Xavier De Gaulle ; Joann Sfar ; Julia Kristeva ; François Berléand ; Olivier Guez ; Jeannette Bougrab ; Marc-Olivier Fogiel ; Luc Ferry ; Laurent Wauquiez ; Dominique Schnapper ; Daniel Mesguich ; Laurent Bouvet ; Pierre-André Taguieff ; Jacques Vendroux ; Georges Bensoussan ; Christian Estrosi ; Brice Couturier ; Imam Bouna Diakhaby ; Eric Ciotti ; Jean Glavany ; Maurice Lévy ; Jean-Claude Casanova ; Jean-Robert Pitte ; Jean-Luc Hees ; Alain Finkielkraut ; Père Patrick Desbois ; Aurore Bergé ; François Heilbronn ; Eliette Abécassis ; Bernard de la Villardière ; Richard Ducousset ; Juliette Méadel ; Daniel Leconte ; Jean Birenbaum ; Richard Malka ; Aldo Naouri ; Guillaume Dervieux ; Maurice Bartelemy ; Ilana Cicurel ; Yoann Lemaire ; Michel Gad Wolkowicz ; Olivier Rolin ; Dominique Perben ; Christine Jordis ; David Khayat ; Alexandre Devecchio ; Gilles Clavreul ; Jean-Paul Scarpitta ; Monette Vacquin ; Christine Orban ; Habib Meyer ; Chantal Delsol ; Vadim Sher ; Françoise Bernard ; Frédéric Encel ; Christiane Rancé ; Noémie Halioua ; Jean-Pierre Winter ; Jean-Paul Brighelli ; Marc-Alain Ouaknin ; Stephane Barsacq ; Pascal Fioretto ; Olivier Orban ; Stéphane Simon ; Laurent Munnich ; Ivan Rioufol ; Fabrice d’Almeida ; Dany Jucaud ; Olivia Grégoire ; Elise Fagjeles ; Brigitte-Fanny Cohen ; Yaël Mellul ; Lise Bouvet ; Frédéric Dumoulin ; Muriel Beyer ; André Bercoff ; Aliza Jabes ; Jean-Claude Zylberstein ; Natacha Vitrat ; Paul Aidana ; Imam Karim ; Alexandra Laignel-Lavastine ; Lydia Guirous ; Rivon Krygier ; Muriel Attal ; Serge Hefez ; Céline Pina ; Alain Kleinmann ; Marie Ibn Arabi-Blondel ; Michael Prazan ; Jean-François Rabain ; Ruth Aboulkheir ; Daniel Brun ; Paul Aidane ; Marielle David ; Catherine Kintzler ; Michèle Anahory ; Lionel Naccache ; François Ardeven ; Thibault Moreau ; Marianne Rabain-Lebovici ; Nadège Puljak ; Régine Waintrater ; Michèle Anahory ; Aude Weill-Raynal ; André Aboulkheir ; Elsa Chaudun ; Patrick Bantman ; Ruben Rabinovicth ; Claire Brière-Blanchet ; Ghislaine Guerry ; Jean-Jacques Moscovitz ; André Zagury ; François Ardeven ; Estelle Kulich ; Annette Becker ; Lilianne Lamantowicz ; Ruth Aboulkheir ; Christine Loterman ; Adrien Barrot ; Talila Guteville ; Florence Ben Sadoun ; Michèle Anahory ; Paul Zawadzki ; Serge Perrot ; Patrick Guyomard ; Marc Nacht ; André Aboulkheir ; Laurence Bantman ; Josiane Sberro ; Anne-Sophie Nogaret ; Lucile Gellman ; Alain Bentolila ; Janine Atlounian ; Claude Birman ; Danielle Cohen-Levinas ; Laurence Picard ; Sabrina Volcot-Freeman ; Gérard Bensussan ; Françoise-Anne Menager ; Yann Padova ; Evelyne Chauvet ; Yves Mamou ; Naem Bestandji ; Marc Knobel ; Nidra Poller ; Brigitte-Fanny Cohen ; Joelle Blumberg ; Catherine Rozenberg ; André Aboulkheir ; Caroline Bray-Goyon ; Michel Tauber ; André Zagury ; Laura Bruhl ; Eliane Dagane ; Paul Zawadzki ; Michel Bouleau ; Marc Zerbib ; Catherine Chalier ; Jasmine Getz ; Marie-Laure Dimon ; Marion Blumen ; Simone Wiener ; François Cahen ; Richard Metz ; Daniel Draï ; Jacqueline Costa-Lascoux ; Stéphane Lévy ; Arthur Joffe ; Antoine Molleron ; Liliane Kandel ; Stéphane Dugowson ; David Duquesne ; Marc Cohen ; Michèle Lévy-Soussan ; Frédéric Haziza ; Martine Dugowson ; Jonathan Cohen ; Damien Le Guay ; Patrick Loterman ; Mohamed Guerroumi ; Wladi Mamane ; William de Carvalho ; Brigitte Paszt ; Séverine Camus ; Solange Repleski ; André Perrin ; Sylvie Mehaudel ; Jean-Pierre Obin ; Yael Mellul ; Sophie Nizard ; Richard Prasquier ; Patricia Sitruk ; Renée Fregosi ; Jean-Jacques Rassial ; Karina Obadia ; Jean-Louis Repelski ; Edith Ochs ; Jacob Rogozinski ; Roger Fajnzylberg ; Marie-Helène Routisseau ; Philippe Ruszniewski ; André Senik ; Jean-François Solal ; Paule Steiner ; Jean-Benjamin Stora ; Anne Szulmajster ; Maud Tabachnik ; Daniel Tchenio ; Julien Trokiner ; Fatiha Boyer ; Cosimo Trono ; Henri Vacquin ; Caroline Valentin ; Alain Zaksas ; Slim Moussa ; Jacques Wrobel ; Roland Gori ; Nader Alami ; Céline Zins ; Richard Dell’Agnola ; Patrick Beaudouin ; Barbara Lefebvre ; Jacques Tarnéro ; Georges-Elia Sarfat ; Lise Boëll ; Jacques Wrobel ; Bernard Golse ; Céline Boulay-Esperonnier ; Anne Brandy ; Imam Karim ; Sammy Ghozlan.

Le cri “sioniste” de Franz-Olivier Giesbert. BRAVO MONSIEUR

Le cri “sioniste” de Franz-Olivier Giesbert

Samedi soir, lors de l’émission hebdomadaire “On n’est pas couché” sur France 2, l’un des hauts-lieux du politiquement correct médiatique français, le journaliste et éditorialiste Franz-Olivier Giesbert a tenu des propos rarement entendus et à contre-courant de ce qui est généralement entendu dans ce microcosme de la bien-pensance. Il était invité pour présenter son dernier livre “Belle d’amour”. Ce roman se situe à l’époque des Croisades et du roi Louis IX (dit Saint Louis).

L’auteur a expliqué vouloir jeter un regard différent sur les guerres de religion entre Chrétienté et Islam à cette époque. Sans minimiser les horribles massacres perpétrés par les Croisés, Franz-Olivier Giesbert a dit “vouloir rétablir la vérité sur les Croisades car c’est une fausse histoire qui est racontée depuis le début avec des Croisés qui furent les méchants et les Arabes les gentils”. Il expliquait que le saccage du St Sépulcre ne fut que l’une des causes des Croisades, mais une autre cause furent les “invasions permanentes des Arabes même après la fameuse histoire de Charles Martel”. Faisant un lien avec l’actualité, l’auteur rappelle que les Croisades ont commencé suite aux invasions musulmanes, à la création d’un immense empire, et que même lors des Croisades, ces conquêtes musulmanes se sont poursuivies.

“Il y a des choses qui ne sont pas dites mais moi j’ai voulu les dire”, s’emportait le journaliste, qui continua de manière surprenante: “C’est la même chose pour la Palestine! La Palestine est une terre juive! Elle est juive! Il faut le dire, ça aussi! On m’a prévenu de faire attention à ce que je vais dire, mais je le dis : les Juifs ont habité la Palestine pendant 12 siècles avant que ne vinrent des envahisseurs perses, romains, arabes, turcs etc. Mais au départ c’était une terre juive et cela reste une terre juive”.

Après cette profession de foi courageuse, Franz-Olivier Giesbert a rajouté ne pas craindre le flot de réactions sur les réseaux sociaux, ni les attaques dont il est souvent l’objet de la part de confrères, citant Bruno Masure, ancien présentateur sur France 2, connu pour ses positions anti-israéliennes.

Bravo Frantz-Olivier!

Comment un “festival néonazi célébrant l’anniversaire d’Hitler” peut encore être organisé en Allemagne?

Comment un “festival néonazi célébrant l’anniversaire d’Hitler” peut encore être organisé en Allemagne?

L’événement ne se revendique pas officiellement comme tel et joue justement sur les limites de la loi pour passer entre les mailles du filet.

AFP/GETTY IMAGES
Comment un festival néonazi célébrant l’anniversaire d’Hitler peut encore être organisé en Allemagne?

ALLEMAGNE – Un festival de musique aux initiales douteuses, une date éloquente, un organisateur controversé et des participants très “patriotes”. La tension monte à Ostritz, en Allemagne à la frontière avec la Pologne. Ce vendredi 20 avril et pendant deux jours, cette petite ville va accueillir un festival particulièrement décrié dans tout le pays: le rassemblement de centaines de personnes se revendiquant “nationalistes”, “patriotes” ou d’extrême droite pour écouter de la musique. Le tout, organisé -tout à fait “fortuitement”- le jour de l’anniversaire de la naissance d’Adolf Hitler.

Plus de 800 personnes, venues d’Allemagne mais aussi de Pologne et de République tchèque, sont attendues pour le festival “Shield and Sword” (le bouclier et l’épée), “SS” en abrégé. Un regroupement de “néonazis”, dans le but de “célébrer l’anniversaire d’Hitler”, selon les médias allemands. L’événement est organisé sur un terrain privé appartenant à l’un des membres du NPD, le parti d’extrême droite allemand. Au programme: spectacles d’arts martiaux, concerts et discours politiques des membres du parti, dont son ancien président Udo Voigt, explique Welt.

À l’annonce de la programmation, une quarantaine de maires de la région s’est battue pour l’annulation de l’événement. “Nous ne voulons et nous n’avons pas besoin d’un festival d’extrême droite ici! Ni à Ostritz, ni ailleurs! Ceux qui remettent en question les Droits de l’Homme, qui luttent contre la démocratie et le pluralisme ne sont pas les bienvenus ici”, ont-il argué dans un communiqué relayé par les médias. En vain.

Hélène Miard-Delacroix et Valérie Dubslaff professeures en études germaniques, ont expliqué au HuffPost comment un tel événement pouvait avoir lieu aujourd’hui en Allemagne.

“La faille de la démocratie”

“C’est la faille de la démocratie. Avant que l’événement ait lieu, on ne peut rien faire car l’Allemagne est un État de droit et les citoyens ont le droit de manifester, de se réunir comme ils le veulent”, nous explique Hélène Miard-Delacroix, professeur des universités à la Sorbonne, spécialiste de l’Allemagne contemporaine.

En effet, les organisateurs et ses participants ne se revendiquent pas officiellement comme “néonazis” ou ne présentent pas leur festival comme l’occasion de fêter la naissance d’Hitler, car, comme en France, l’incitation à la haine raciale et l’apologie de crime contre l’humanité sont punis par la loi. “Ils se disent ‘patriotes’ ou ‘nationalistes’, ils jouent sur les mots pour échapper à la loi et passer entre les mailles du filet”, explique pour sa part au HuffPost Valérie Dubslaff, professeur en études germaniques à l’université de Caen.

De plus, nous précise-t-elle, “le festival se déroule sur une propriété privé, dans un complexe hôtelier. Impossible pour les autorités d’intervenir sur place et de s’assurer que des pratiques illicites ont bien été réalisées”.

Ce n’est qu’une fois le festival passé que la justice allemande pourra enquêter et constater si pendant l’événement, des gestes prohibés, comme le salut nazi, ou des paroles faisant l’apologie du régime nazi ont été prononcées.

En juillet 2017, à Themar, un festival de rock d’extrême droite, qui devait initialement accueillir quelques centaines de personnes, a regroupé près de 6000 personnes. S’il n’a pu être annulé par la mairie, l’événement et ses organisateurs sont aujourd’hui sous le coup d’une enquête pour déterminer le réel contenu de la manifestation. En effet, plusieurs vidéos montrant la foule faire le salut hitlérien ont déclenché une enquête (voir photo ci-dessus).

Même si au regard de la loi cet événement n’est pas condamnable, aux yeux des Allemands, il n’est pas question de laisser passer le festival sans se battre. En effet, près d’un millier de contre-manifestants sont attendus dans la région et cinq contre-événements ont été créés pour l’occasion, dont un “festival printanier” organisé par la commune d’Ostriz. Selon le média Welt, les forces de l’ordre se préparent à “l’une des plus grandes opérations de police de la Saxe orientale de ces dernières années”, pour empêcher les heurts contre festivaliers d’extrême droite et manifestants.

Sur Twitter, la police de Saxe renseigne les riverains sur l’opération à venir.

289 événements rien que cette année

“Ce genre de regroupement existe depuis les années 80. Ce n’est que depuis ces dernières années que la tendance s’accentue, nous explique Valérie Dubslaff. Pour preuve, en 2017, de janvier à juin, il y en a eu 134. Cette année, simplement de janvier à avril, il y en a eu 289”. “D’ailleurs, la région de la Saxe, là où se déroule le festival, est le fief de l’extrême droite allemande. Ils n’ont pas choisi l’endroit au hasard”, souligne-t-elle.

Une analyse corroborée par Der Spiegel: le nombre d’événements organisés par l’extrême droite a largement augmenté depuis plusieurs années. Il est même “à son plus haut niveau depuis 2005”, assure le média. D’après le Berliner Zeitung, en 2017, le nombre de concerts d’extrême droite dans la seule région de la Saxe a doublé pour atteindre au moins 46 par rapport à l’année 2016. Une grande partie a eu lieu dans le district de Görlitz, là où a lieu le “Shield and Sword”.

Pour Welt, si ce festival n’est finalement pas épinglé par les autorités, “il devrait être le prélude à toute une série d’événements de ce type”. Les organisateurs ont d’ailleurs déjà annoncé une deuxième date pour novembre cette année.

“Ces concerts sont un bon moyen pour l’extrême droite de fidéliser les jeunes, explique au HuffPost Valérie Dubslaff. Grâce à ces événements, les ados créent des liens et ont l’impression de faire partie d’un tout. Ce phénomène s’est amplifié avec la crise des réfugiés en 2015, l’apparition du mouvement Pegidaet l’arrivée au Parlement européen du NPD. L’extrême droite se sent pousser des ailes et ça se traduit par la propagation de ces événements controversés”.

Un vélo contre la barbarie nazie, le destin de Gino Bartali

Un vélo contre la barbarie nazie, le destin de Gino Bartali

Le 18 Avril 2018 doit paraître « Un vélo contre la barbarie nazie » par Alberto Toscano et Marek Halter.

Titre plus percutant et moins poétique que « Un champion sauveur d’étoiles » par Ahmed Kalouaz ou « Gino le juste » par Vespini. Deux ouvrages traitant du même sujet : le secret bien gardé du très discret Gino Bartali.


A l’époque vers 1948, il y avait deux « campionissimi » rivaux Gino Bartali et Fausto Coppi. Quand on croisait un cycliste, il était de bon ton de crier « Vas-y Coppi ou vas-y Bartali » selon ses inclinations. A l’heure sacrée de la sieste, on ne tolérait aucun bruit dans la maison. Les hommes, l’oreille rivée au poste de radio, écoutaient l’arrivée du TOUR. Victoire au champion du sprint ou celui de la montée ? Ensuite les commentaires étaient passionnés et duraient jusqu’au lendemain.image: http://www.tribunejuive.info/wp-content/uploads/2018/04/vc3a9lo-2.jpg

Après l’épisode nostalgie, revenons à Gino Bartali notre vedette.

Il est né en Juillet 1914 dans un village proche de Florence. Vainqueur du Tour d’Italie en 1936, 1937 et 1946, du Tour de France en 1938 et 1948, quatre victoires au Milan-San Remo, et trois victoires au tour de Lombardie, des classements remarquables au Tour de Suisse, du Pays Basque et de Romandie. Un grand coureur !

Mussolini n’a pas manqué de récupérer les succès de Bartali, mais Gino n’a jamais caché son rejet du fascisme et du nazisme. Son engagement, efficace et discret contre l’ennemi ne faiblira pas.

En 1936, le décès de son frère le rapproche de la religion et de l’archevêque de Florence le Cardinal Elio, Angelo della Costa qui le conduit vers le réseau de la résistance clandestine de Giorgio Nissim auquel appartient aussi le Rabbin de Florence Nathan Cassuto.

Notre champion s’entraîne beaucoup, naturellement. Il doit rester à un très haut niveau ; il sillonne la région autour de Florence, et les Abruzzes aussi.

Dans sa selle et son guidon, il transporte des faux documents ; il va jusqu’à faire 350 kilomètres pour livrer sa dangereuse cargaison. Le rabbin lui confie des photos qu’il emporte jusqu’aux lieux de fabrication, puis il retourne chercher les faux papiers qu’il rapporte le plus souvent dans des couvents. Il aurait aidé environ 800 juifs en leur fournissant différents documents. Tout cela, dans la plus grande discrétion, sous couvert d’entraînement sportif.

Pourtant on intercepte une lettre de remerciements adressée par le Pape Pie XI. Il est convoqué à « la villa triste » de Florence ; le major Mario Carita l’interroge longuement ; il est sauvé par deux jeunes fascistes admirateurs qui citent les compliments du Duce. Il a frôlé la catastrophe.

Ses missions secrètes ont été bien gardées. Le champion était la discrétion faite homme. Jamais, il ne s’est vanté de quoi que ce soit même après l’armistice.

En 2012, à titre posthume, Yad Vashem le fait « Juste parmi les nations » car il a « sciemment risqué sa vie pour sauver des juifs ».

Eva Naccache  

 

Quelle leçon de dignité: Vive opposition communautaire albanaise contre des rappeurs antisémites

Vive opposition communautaire albanaise contre des rappeurs antisémites

Un festival appelé ” Albanien Festival ” qui aura lieu les 5 et 6 mai 2018 à Schaffhouse a suscité une polémique dans les médias suisses et allemands en raison d’un scandale risquant de provoquer un séisme politique.

En fait, deux rappeurs d’Allemagne figurent dans le programme de ce festival, alors qu’ils sont, ces derniers jours, la cible de fortes critiques du public allemand. Il est question des rappeurs « Kollegah » et « Bang », lesquels, avec leur chanson ont durement agressé les victimes de l’Holocauste. Plus spécifiquement, dans leur chanson « 0815 », les rappeurs parlent de leur corps en affirmant qu’ils sont  « plus définis que ceux des prisonniers d’Auschwitz », tandis que dans un autre texte ils chantent « Je fais un autre holocauste Molotov » .

Il est étonnant de constater que ces deux rappeurs viennent de recevoir, il y a quelques jours à peine, le prix principal décerné en Allemagne pour la musique populaire « Echo ». L’attribution de ce prix a suscité une indignation des musiciens et des médias en Allemagne et au-delà. La controverse est allée si loin que certains des lauréats, ont, en signe de protestation, rejeté leur prix.

Ambassadeur Gjoni: Dommages importants à l’image des Albanais

Le fait que le festival porte l’épithète «albanais» a suscité la réaction immédiate et féroce de l’Ambassade albanaise à Berne. Dans une missive adressée à l’organisateur, pour l’Ambassadeur Ilir Gjoni,« cet événement, organisé sous le nom de ‘Festival albanais’ pour l’Ambassade de la République d’Albanie est inacceptable car deux des invités, à travers leur musique, font de la propagande antisémite en transmettant un message répréhensible. Leur participation à cette activité que vous avez appelé « Festival Albanais» viole gravement l’image de l’Albanie et des Albanais et est donc totalement inacceptable », peut-on lire dans la lettre de l’ambassadeur. « Cela est inacceptable à la fois pour la République d’Albanie et pour l’ensemble du peuple albanais qui est connu et fait partie des rares peuples à avoir protégé et abrité les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale », lit-on dans ce même courrier. I. Gjoni s’est adressé aux organisateurs en leur demandant « de revoir la décision d’inviter les deux chateurs précités et de changer l’appellation du festival ». Aussi M. Gjoni a confirmé à albinfo.ch, qu’avec l’ambassade de la République du Kosovo, un communiqué conjoint serait publié pour condamner cette organisation.

Xhemaili: C’est inadmissible pour la communauté albanaise Mustafa Xhemaili, actuellement ambassadeur par intérim de la République du Kosovo à Berne, a confirmé pour albinfo.ch que le communiqué conjoint sera bientôt publié. Il a également, au nom de l’ambassade, condamné sévèrement l’action des organisateurs du festival. « Il est inacceptable que, au nom de la communauté albanaise de la Suisse, ces derniers invitent de tels chanteurs qui, à travers les paroles de leurs chansons, véhiculent une haine antisémite », a déclaré Xhemaili.

L’Assemblée des Albanais de Suisse condamne fermement la participation des rappeurs antisémites

Contre cette action des organisateurs de ce dit festival, l’Assemblée des Albanais de Suisse s’est également exprimée dans une déclaration pour albinfo.ch. « L’Assemblée des Albanais de Suisse (AAS) prend clairement ses distances et juge l’invitation de ces deux interprètes d’un caractère raciste et antisémite. Les Albanais ont eux-mêmes été victimes de la haine et de discriminations raciales, ils sont donc sensibles à ces sujets. Nous avons, bien que dans des proportions incomparables, un passé analogue au peuple juif. Nous avons aussi été la cible de projets d’extermination qui, heureusement, n’ont pas été pleinement réalisés, et ce grâce à l’intervention du monde occidental, et où un rôle déterminant a été joué par de nombreuses personnalités politiques mondiales issues de populations juives ».

« Les racines de l’amitié avec la population juive ont été plantées par nos pères et mères qui, au risque de la vie, ont tout fait pour sauver les familles juives innocentes victimes du fascisme féroce lors de la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, l’idéologie nazie et antisémite est en conflit avec la tradition et l’honneur, la philosophie de vie et surtout avec les intérêts nationaux des Albanais. En tant que tel, nous résistons fortement et nous nous distançons de tels événements. Quant aux organisateurs, nous leur demandons d’annuler l’invitation des deux rappeurs en question et de laisser le public albanais en Suisse apprécier les valeurs culturelles des bons artistes », a déclaré le membre de l’Assemblée parlementaire suisse, Nazmi Jakurti. Il souligne également la coopération exemplaire dont l’AAS a fait preuve, il y a deux ans, avec la communauté juive de Suisse dans l’organisation de l’exposition itinérante « Besa ».

Mehaz Alija, UCIAS: Sont inadmissibles toutes les tendances antihumaines

Mehaz Alija, Président de l’Union des Communautés Islamiques Albanaises en Suisse (UCIAS),  s’est également exprimé pour albinfo.ch. « Nos principes tels que la compréhension mutuelle, la tolérance et la coexistence sociale sont connus, et sont inacceptables pour nous toutes les tendances qui sont inhumaines, racistes, antisémites, anti-antichrétiennes ou anti-islamiques. Pour nous, il est très important de préserver les valeurs civiques positives de cette société où nous vivons et versons la sueur de nos efforts. Dans cet Etat, nous apprécions hautement les valeurs fondamentales de l’humanité, comme l’harmonie multiculturelle, multiconfessionnelle et multinationale, qui demeurent éternellement comme valeur de base et sublime de l’Etat helvétique» a déclaré Mehaz Alija, Président de l’Union Communauté islamique albanaise en Suisse.

Fehim Abazi, BSHIZ: Contre le langage/discours xénophobe et antisémite

Pour Fehim Abazi, Président fraichement élu de la Communauté islamique albanaise de Suisse, « en tant que membre de la société helvétique, laquelle, pour tous les citoyens, sans distinction d’ethnicité et de race, se distinguent par des valeurs démocratiques et humaines élevées, nous avons toujours exprimé et exprimons notre préoccupation vis-à-vis toute rhétorique anathématique, xénophobe et antisémite. Nous sommes inquiets, à l’instar de la réaction de nombreux acteurs publics en Suisse et au-delà, lorsqu’on voit s’organiser un concert dans lequel, outre d’autres artistes, deux interprètes aux opinions et au langage antisémite, soient invités. Cela est d’autant plus préoccupant pour nous pour car l’organisateur de ce concert est issu de la communauté albanaise, alors que tout le monde sait qu’en tant que nation et peuple pendant la Seconde Guerre mondiale, nous nous sommes distingués pour la préservation et la protection des Juifs persécutés.

Durant toute la journée, albinfo.ch a vainement essayé d’entrer en contact avec les organisateurs du « Albanien festival », dont M.B en est l’organisateur. L’organisateur de l’événement « Festival albanais » propriétaire d’une école de conduite Suisse. Suite aux pressions toutes azimutés de la communauté, fin de journée, l’organisateur a informé albinfo.ch que demain ils allons considérer l’éventualité d’annuler l’invitation des deux sulfureux rappeurs qui tiennent des propos antisémites.

 

Source : albinfo.ch, 19 avril 2018

 

Le gouvernement allemand s’inquiète du regain d’antisémitisme après une agression à Berlin

Le gouvernement allemand s’inquiète du regain d’antisémitisme après une agression à Berlin

Un assaillant a frappé un jeune avec sa ceinture, répétant à plusieurs reprises le mot arabe pour juif, « Yahudi ». L’une des victimes a filmé la scène.

Le Monde.fr avec AFP et AP |

 

Angela Merkel a décidé de créer un poste de commissaire à l’antisémitisme à la suite de l’émoi suscité par des images de drapeaux israéliens brûlés au cours d’une manifestation à Berlin.

Une porte-parole de la chancelière allemande, Angela Merkel, ainsi que la ministre de la justice, Katarina Barley, ont dénoncé, mercredi 18 avril, l’agression de deux juifs de 21 et 24 ans, qui a été filmée par l’une des victimes à Berlin.

Dans la vidéo, un assaillant frappe à plusieurs reprises un jeune identifié comme Adam avec sa ceinture, répétant à plusieurs reprises le mot arabe pour juif, « Yahudi ». Adam répond à son assaillant : « Je vous filme. » En arrière-plan, les deux compagnons de l’assaillant le repoussent, tandis qu’une femme dit en anglais : « J’appelle la police. »

« L’antisémitisme ne doit plus jamais retrouver une place en Allemagne », a réagi Mme Barley sur Twitter, tandis que le chef de la diplomatie, Heiko Maas, dénonçait, lui, sur le réseau social une attaque « insupportable », rappelant « la responsabilité » particulière de l’Allemagne à l’égard des juifs.

Le chef du Conseil central des musulmans d’Allemagne, Aiman Mazyek, a exigé la condamnation des auteurs : « Cela me met en colère de voir une telle violence pleine de haine », a-t-il écrit. Le maire de Berlin, Michael Müller, a également condamné l’attaque, affirmant que l’antisémitisme n’avait « aucune place dans le Berlin dans lequel nous voulons vivre ».

Résurgence de la haine à l’égard des juifs

Dans un entretien accordé au site Internet du journal Bild, Adam détaille les circonstances de son agression et dénonce la passivité des passants. Selon lui, le principal agresseur parlait « un dialecte syrien ». « Je suis content qu’on ait pu faire quelque chose avec cette vidéo, j’espère qu’ils vont bientôt trouver les agresseurs. La police s’est montrée très attentionnée », a-t-il encore dit. « J’ai un peu peur désormais, et je suis un peu déçu » que cela arrive en Allemagne, a admis la victime.

La lutte contre l’antisémitisme a une importance particulière pour le gouvernement allemand, toujours hanté par le passé nazi. Ces derniers mois, du fait de l’essor de l’extrême droite et des inquiétudes dues à l’afflux de réfugiés arabes, un débat s’est fait jour sur la résurgence en Allemagne de la haine à l’égard des juifs. Plusieurs responsables du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) ont ainsi tenu des propos haineux sur la Shoah et le devoir de mémoire allemand.

La chancelière a par ailleurs décidé de créer un poste de commissaire à l’antisémitisme à la suite de l’émoi suscité par des images de drapeaux israéliens brûlés au cours d’une manifestation à Berlin contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem capitale de l’Etat hébreu. Enfin, depuis plusieurs jours une controverse agite le monde politique et culturel national après que deux rappeurs ont reçu un prix musical malgré des textes accusés de contenir des « provocations antisémites ».

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/europe/article/2018/04/18/le-gouvernement-allemand-s-inquiete-du-regain-d-antisemitisme-apres-une-agression-a-berlin_5287232_3214.html#eiqkzMWuL5g3tG71.99

Edwy Plenel, promoteur des Frères musulmans

Comment Edwy Plenel et Mediapart sont devenus un instrument de propagande des Frères musulmans

Dans son dernier ouvrage, « La Stratégie de l’intimidation » (L’Artilleur, 2018), Alexandre Del Valle décrypte les ressorts du terrorisme comme guerre mentale et propagande par l’action violente. Aujourd’hui, le « capo dei capi » de l’islamogauchisme, Edwy Plenel.

« La complaisance de Plenel vis-à-vis de tous ceux qui en veulent comme lui à l’Occident va parfois très loin. A titre d’illustration, l’affaire du fameux bloggeur Mehdi Meklat, que Le Monde avait baptisé «la voix des discriminés», mérite l’attention. Rappelons que ce furent le dessinateur Joann Sfar et la journaliste Eugénie Bastié qui révélèrent, en février 2017, le scandale concernant les milliers de messages injurieux, menaçants, homophobes, judéophobes, anti-flics, misogynes, pro-islamistes et même pro-terroristes tweetés par Meklat pendant des années.

Malgré cela, Meklat fut défendu par Edwy Plenel, Christiane Taubira et l’ensemble de la gauche tiersmondiste. Véritable vedette de la sphère médiatique, «enfant gâté du gauchisme culturel», l’homme d’une rare violence raciste et outrancière à faire passer l’extrême-droite française pour des antiracistes, fut longtemps présenté comme «le héraut de la culture de banlieue». Sous le pseudonyme Marcelin Deschamps, que personne n’ignorait parmi ses soutiens –, Meklat appela notamment à tuer Charb et la rédaction de Charlie Hebdo, considérés comme des ordures «islamophobes»… Malgré tout cela, Edwy Plenel soutint carrément Meklat et le remercia, ainsi que le Bondy Blog, dans un tweet affectueux, pour ces «moments de fraternité et l’exemple que vous donnez ». Rappelons que le Bondy Blog qui permit à Meklat de devenir une vedette de la sphère médiatique – officiellement pour relayer «la voix des oubliés, des discriminés, des sans-parole» – lui servit de tribune-défouloir pour déverser sa haine sur plus de 50 000 tweets incitant même aux meurtres et au terrorisme. Malgré cela, «Medhi Meklat fut encensé par tous les journalistes et médias de gauche France Inter, Arte, les Inrocks, Libération, Télérama, Le Monde, France 5, Mediapart».

Pour Edwy Plenel, Mehdi Meklat et Le Bondy Blog exerçaient une «influence positive sur les jeunes musulmans». Ce soutien n’est pas un hasard car, comme le rappelle Pascal Bruckner, «la gauche extrême qui a tout perdu, l’Union soviétique, le tiers-monde, la classe ouvrière, voit dans l’islam radical un prolétariat de substitution à mobiliser contre les forces de marché».

Au-delà de cette affaire peu élevée intellectuellement, les liens entre Tariq Ramadan et Edwy Plenel d’une part, puis le soutien systématique de Mediapart aux Frères musulmans, de l’autre, ont été si loin qu’ils ont provoqué des scissions au sein de Mediapart. Cette alliance rouge-verte explosive a en effet poussé Mohamed Louizi, ex-membre des Frères musulmans «repenti», à suspendre son blog sur la revue online, en février 2016, pour dénoncer la complaisance de Plenel avec l’islamisme, les Frères musulmans et Tariq Ramadan. D’après Louizi, Mediapart serait ainsi devenu «un instrument de propagande frérosalafiste antilaïcité et anti république (…), la ligne éditoriale, plus que complaisante envers l’islamisme et particulièrement envers les Frères Musulmans, que défend notamment Edwy Plenel, […], pose d’énormes problèmes déontologiques». Au sein de «Mediapart, déplore Louizi,«l’idéologique se mélange au journalistique (…), en entretenant des proximités avec des composantes islamistes». L’ex-collaborateur de la revue juge «inadmissible et insoutenable (…) que Mediapart devienne, par le fait d’une minorité dirigeante un instrument de cette propagande frérosalafiste antilaïcité et anti-République», «car lorsque l’on reprend les éléments de langage des ‘frères musulmans’ (islamophobie) pour empêcher tout débat serein, l’on est plutôt au service des ‘frères’ contre les intérêts communs de la communauté nationale et aussi des citoyens de foi et/ou de culture musulmane».

Pour le philosophe Pascal Brukner, Edwy Plenel ferait partie « de plein droit» de «l’islamosphère», une mouvance qui, depuis mai 1968, saperait méthodiquement les fondements de la France et de l’Occident en imposant une inversion permanente des valeurs, une immigration sans limites et un changement de civilisation. Plenel en serait même «le capo dei capi», suivi de près par le sociologue du CNRS Vincent Geisser, auteur d’un pamphlet La Nouvelle islamophobie, ou encore par l’islamologue François Burgat.

Cet extrait est tiré du dernier livre d’Alexandre Del Valle, « La Stratégie de l’intimidation » (L’Artilleur, 2018).

 

image: http://www.atlantico.fr/sites/atlantico.fr/files/styles/page-profil/public/fiches/2016/12/del_valle.jpg?itok=BaGcwyYB

Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France SoirIl Liberal, etc.), il intervient à l’Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est chercheur associé au Cpfa (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l’islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment l’auteur des livres Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, L’Artilleur, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd’hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d’Ankara (éditions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (éditions du Toucan), Les vrais ennemis de l’Occident : du rejet de la Russie à l’islamisation de nos sociétés ouvertes (Editions du Toucan)

Son dernier ouvrage, La statégie de l’intimidation (Editions de l’Artilleur) est paru en mars 2018

Par Alexandre del Valle

 

14 interpellations pour l’agression de deux policiers au Nouvel An

14 interpellations pour l’agression de deux policiers au Nouvel An

L'agression avait relancé la grogne des policiers qui dénonçaient la «haine anti-flics».

Quatorze individus ont été placés en garde à vue pour violences en réunion sur personnes dépositaires de l’autorité publique, non-assistance à personne en danger et enregistrement ou diffusion d’images de violences. Gérard Collomb assure que «tous les auteurs» de l’agression de 2 policiers au Nouvel An ont été arrêtés.

Les images d’une policière rouée de coups avaient fait le tour des réseaux sociaux. Au moins 14 personnes ont été interpellées ce mardi dans l’enquête sur l’agression de deux gardiens de la paix le soir du Nouvel An à Champigny-sur-Marne (94). Ils ont été arrêtés dans le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine, les Yvelines, le Val-d’Oise, en Seine-et-Marne et dans l’Eure puis placés en garde à vue.

Il s’agissait de sa première affectation. Âgée de 25 ans, la jeune policière était de permanence avec son capitaine, chef du service de sécurité publique de Chennevières-sur-Marne, la circonscription voisine de Champigny. Le soir de la Saint Sylvestre, ils sont appelés dans un quartier à proximité de la zone industrielle pour une soirée organisée dans un hangar sans l’autorisation de la préfecture ni de la mairie. Arrivés sur place, les deux policiers tombent sur 300 individus en colère de ne pas avoir pu entrer dans la soirée. Dès qu’ils sortent de leur véhicule, ils sont pris à partie, isolés puis violemment agressés.

La vidéo de la policière à terre, encerclée et rouée de coups de pied est largement diffusée. Frappée au visage, au ventre et aux jambes, elle se voit attribuer sept jours d’interruption totale de travail (ITT). Le capitaine, 48 ans, a, lui, le nez fracturé et 10 jours d’ITT.

Vêtements et grenade de désencerclement retrouvés

Trois mois plus tard, c’est donc 12 hommes et 2 femmes, soupçonnés d’avoir porté des coups ou d’avoir filmé la scène, qui ont été interpellés. Ils ont été placés en garde à vue pour violences en réunion sur personnes dépositaires de l’autorité publique, non-assistance à personne en danger et enregistrement ou diffusion d’images de violences.

Les perquisitions au domicile des suspects ont notamment permis de «retrouver les tenues vestimentaires portées par certains au moment des faits» et une grenade de désencerclement probablement dérobée lors de l’agression, a détaillé une source proche de l’enquête à l’AFP. Parmi les interpellés, certains étaient connus des services de police.

Contacté par Le Figaro, le secrétaire général adjoint d’Alliance Police Nationale, Frédéric Lagache, salue le travail effectué par ses collègues: «Il s’agissait d’une affaire complexe, avec une multiplicité d’auteurs. Mes collègues ont volontairement pris tout le temps nécessaire afin que l’enquête n’ait pas la moindre faille.» Il espère que les individus ne seront pas relâchés à l’issue de leur garde à vue, en cas de mise en examen: «Ce serait inconcevable de les voir libres. Il faut un mandat de dépôt.»

«On finit toujours par la loi»

L’agression avait immédiatement suscité l’indignation générale. Le président Emmanuel Macron avait condamné un «lynchage lâche et criminel», en promettant que les coupables seraient «retrouvés et punis». L’agression avait également relancé la grogne des policiers, de nouveau rassemblés dans plusieurs villes de France pour dénoncer la «haine anti-flics».

Interrogé sur l’affaire ce mardi sur LCI, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a confirmé que «tous les auteurs ont été arrêtés ce matin». Il a également déclaré: «La France avait été émue, les policiers scandalisés. On s’aperçoit que dans notre pays, on finit toujours par la loi. Cela prend un peu de temps, les enquêtes sont minutieuses mais les auteurs sont arrêtés et demain ils seront châtiés.»

Dans la nuit de la Saint Sylvestre, huit policiers et trois militaires avaient été blessés sur tout le territoire, tandis que 1031 véhicules avaient été incendiés et 510 personnes arrêtées.

Enquête sur le meurtre de Mireille Knoll: la mère d’un des accusés, mise, elle aussi, en examen

Enquête sur le meurtre de Mireille Knoll: la mère d’un des accusés, mise, elle aussi, en examen

L’enquête dont le parquet a retenu le caractère antisémite, progresse. La mère d’un des deux suspects du meurtre de Mireille Knoll, a  été mise en examen, a-t-on appris mardi 10 avril par les médias français. Elle est poursuivie  pour « destruction ou modification des preuves d’un crime », précisément du couteau susceptible d’avoir servi à commettre le meurtre…..

Selon BFMTV, la mère de Yacine M, l’un des deux suspects dans l’enquête et aussi résidente de l’immeuble où habitait la victime octogénaire, a été mise en examen et placée sous contrôle judiciaire vendredi 6 avril pour destruction de preuves d’un crime.

Le 23 mars dernier, Mireille Knoll âgée de 85 ans a été retrouvée morte à son domicile du XIe arrondissement de Paris, où un début d’incendie s’était déclaré. Son corps présentait onze coups de couteaux. Le parquet a retenu le caractère antisémite du meurtre de cette femme de confession juive. Les deux suspects s’accusent mutuellement du meurtre de l’octogénaire. Ils ont été mis en examen pour homicide volontaire.

Le Qatar s’y met aussi : “Israël a le droit de vivre en paix sur sa terre”

Le Qatar s’y met aussi : “Israël a le droit de vivre en paix sur sa terre”

L’ancien Premier ministre et ex-chef de la diplomatie qatarie, Hamad bin al-Jassem al Thani, a déclaré mercredi qu’Israël a le droit de vivre en paix sur sa terre.

“Les Israéliens ont le droit de vivre en paix et en sécurité sur leur terre, tout comme les Palestiniens”, a-t-il déclaré sur Twitter. “C’est ma conviction. Une conviction que j’ai depuis de longues années, et je l’ai toujours”, a-t-il insisté.

En 2017 déjà, l’ex-chef de la diplomatie qatarie avait révélé des liens diplomatiques officieux entre son pays et l’Etat juif. “Pour se rapprocher de l’Amérique, il était important d’avoir des relations avec Israël, car Israël peut vous ouvrir beaucoup de portes en Amérique”, avait-il déclaré dans un entretien accordé à la chaîne Qatar TV.

Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed bin Salman, a estimé lundi qu’Israël avait le droit de vivre en paix sur son territoire, dans ce qui constitue une nouvelle affirmation publique des relations entre le royaume saoudien et l’Etat juif qui n’entretiennent aucune relation diplomatique officielle.

Mohammed bin Salman était interrogé pour savoir s’il estimait qu’Israël avait le droit de disposer d’un Etat au moins en partie sur les terres dont il revendique la propriété historique.

“Je pense que les Palestiniens et les Israéliens ont droit à leur propre terre. Mais nous devons obtenir un accord de paix pour garantir la stabilité de chacun et entretenir des relations normales”, a expliqué le prince héritier dans le magazine américain The Atlantic.

“Nous avons des inquiétudes religieuses concernant la mosquée sacrée à Jérusalem et concernant le droit des Palestiniens. Nous n’avons d’objection contre aucun autre peuple”, a-t-il ajouté.

L’accroissement des tensions entre l’Iran et l’Arabie saoudite ont alimenté les spéculations sur un possible rapprochement entre les Saoudiens et les Israéliens qui considèrent les uns et les autres les Iraniens comme une menace immédiate.

Le mois dernier, l’Arabie saoudite a ouvert pour la première fois son espace commercial aérien à des vols israéliens, une décision qui a demandé deux années de négociations.

Faouzi Ahmed – 

Martin Luther King, le racisme, l’antisémitisme et l’antisionisme

Tel Moïse. Il ne sera point Josué foulant de la plante de ses pieds la terre promise, non ; tel Moïse, contemplant la terre de Canaan, il ne passera pas le Jourdain. Tel Moshé, il sera de ceux qui de leur lumière, de leur sagesse, de leur esprit, de leur offrande aident les autres à exister, à sortir de l’Egypte, à sortir du néant, tendus vers la terre promise et qui, le moment de quitter le désert venu, ne voient jamais de leur corps vivant la terre promise.
Le regard par-dessus l’épaule du destin, la veille de son dernier jour, la parole, le rythme, le souffle de son âme était puissamment prophétique, mystique, prémonitoire : «Eh bien, je ne sais pas ce qui va arriver maintenant. Mais peu m’importe ce qui va m’arriver maintenant, car je suis allé jusqu’au sommet de la montagne. Comme tout le monde, je voudrais vivre longtemps. Mais je ne m’en soucie guère maintenant. Je veux simplement que la volonté de Dieu soit faite. Et il m’a permis d’atteindre le sommet de la montagne. J’ai regardé autour de moi. Et j’ai vu la Terre promise. Il se peut que je n’y pénètre pas avec vous. Mais je veux vous faire savoir, ce soir, que notre peuple atteindra la Terre promise. Ainsi je suis heureux, ce soir. Je ne m’inquiète de rien. Je ne crains aucun homme. »
Le lendemain, King tombait à l’orée de la Terre promise. C’est ainsi : les prophètes, la mission à accomplir à peine accomplie, meurent souvent en exil. Là est l’augure ultime de leur majesté, là est l’annonce de leur immortalité.
Le regard ne confondant jamais le jour et la nuit, les prophètes voient le monde et ce qu’il contient avec d’autres yeux. Martin Luther King avait vu ce qui est : c’est avec puissance, marchant avec la foi et la vue, ranimant les esprits humiliés et les corps blessés, qu’il nommait la nuit : c’est un abîme l’ordre de la ségrégation ; c’est un abîme, le racisme, cette laideur qui agresse, infériorise, offense, blesse, humilie et expulse hors monde ses victimes ; c’est une calamité ténébreuse, le racisme, lorsque proposé en rationalité nationale, lorsqu’érigé en religion du salut national. Et que les consciences, captives de l’obscurité, tanguent, coulent lentement comme une embarcation qui sombre, et cette abomination deviendra pouvoir au-delà de toute mesure que nul ne pourra plus situer.
Martin Luther King avait vu, su voir les choses les yeux clairs et reconnaître ce qui est : l’antisionisme est le nouvel habit, l’apparat moderne de l’antisémitisme. Qu’on soulève l’écorce de l’antisionisme, clamait King, et on verrait non une quelconque moralité mais une infection, une purulence nauséabonde vociférant et reproduisant la haine archaïque, tenace contre les juifs. Car quelle autre teneur derrière cette haine funèbre, sélective, cette volonté de coucher Israël cadavre hors humanité, sinon la fureur anti-juive, sinon l’antisémitisme, sinon l’ignominie ?
Que dit, en effet, l’antisémite ? Que les Juifs sont étrangers ici ! Et que raconte l’antisioniste ? Que les Juifs sont étrangers là-bas ! L’un dit : je n’aime pas les Juifs ; et l’autre dit : je n’ai aucune haine envers les Juifs mais… je n’aime pas Israël. L’antisémite dit : le monde serait mieux sans les Juifs ; l’antisioniste dit : le monde serait mieux sans Israël. L’antisioniste dit les Juifs sont des persécuteurs là-bas, ils ont donc, entendez bien, mérité leur sort ici. De faction de pensée, de même front, l’antisémite et l’antisioniste assignent le Juif à l’inhumanité et rêvent, de plaisir, de cruauté et parfois de bonne conscience, de très bonne conscience, de le biffer, de l’évaporer, de le dissoudre en cette heure, ici et là-bas.
King, Martin Luther King, le quatre avril, couché. C’était, il y a un demi-siècle. C’était en mille neuf cent soixante-huit. Nous sommes entrés depuis dans le monde où le King n’a pas vécu. Mais son absence fait toujours peine. La blessure ne s’est toujours pas cautérisée. Et parfois la voix de l’homme au rêve de fraternité traversant les frontières, de nous interpeller, au carrefour de nos mémoires à bout de souffle : point d’autre sagesse qui puisse nous aider à trouver notre tenue dans le labyrinthe du monde qui vient si ce n’est notre engagement vertical affirmant l’éthique de la sortie de l’Egypte, l’éthique de l’égalité et de la fraternité.

MBS: « Palestiniens et Israéliens ont le droit d’avoir leur propre territoire »

MBS: « Palestiniens et Israéliens ont le droit d’avoir leur propre territoire »

Le prince héritier saoudien a déclaré à The Atlantic que l’ayatollah iranien Khamenei était “l’Hitler du Moyen Orient”

Le prince héritier Mohammed bin Salman lors d'une réunion aux Nations unies le 27 mars 2018 à New York. (Crédit : AFP PHOTO / Bryan R. Smith)

Le prince héritier Mohammed bin Salman lors d’une réunion aux Nations unies le 27 mars 2018 à New York. (Crédit : AFP PHOTO / Bryan R. Smith)

Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane a reconnu le droit à l’existence d’Israël dans une interview publiée lundi. Il a également évoqué la perspective de futures relations diplomatiques entre son royaume et l’Etat juif.

Dans une interview-fleuve accordée à Jeffrey Goldberg de The Atlantic, le prince a fait part de sa vision de l’avenir au Moyen-Orient et notamment de la possibilité d’une coopération avec Israël.

A la question de savoir si « le peuple juif a le droit de bénéficier d’un état-nation sur au moins une partie du foyer de ses ancêtres », il a répondu : « Je crois que chaque peuple, partout, a le droit de vivre dans une nation pacifique. Je crois que les Palestiniens et les Israéliens ont le droit d’avoir leur propre territoire ».

Toutefois, et conformément aux termes de la proposition de paix régionale soumise par son royaume, le prince héritier saoudien a ajouté qu’un accord avec les Palestiniens était une condition préalable à l’établissement de relations officielles.

« Mais nous devons souscrire à un accord de paix pour garantir la stabilité à tous et avoir des relations normales », a-t-il dit.

Alors que Goldberg lui demandait : « Avez-vous des objections non-religieuses à l’existence d’Israël ? », le prince héritier a répondu : « Nous avons des inquiétudes religieuses sur le sort qui sera réservé à la sainte mosquée de Jérusalem et concernant les droits des Palestiniens. Ce sont les inquiétudes que nous nourrissons. Nous n’avons aucune objection contre qui que ce soit d’autre ».

Interrogé sur l’antisémitisme en Arabie saoudite, il a dit : « Notre pays n’a pas de problème avec les Juifs. Notre prophète Mahomet avait épousé une juive. Ce n’était pas seulement une amie – il l’avait épousée. Notre prophète, ses voisins étaient des Juifs. Vous trouverez beaucoup de Juifs en Arabie saoudite qui viennent des Etats-Unis, qui viennent de l’Europe. Il n’y a pas de problèmes entre les chrétiens, les musulmans et les juifs. Nous avons des problèmes tels que ceux que vous trouveriez partout dans le monde, parmi certaines personnes. Mais des problèmes dits normaux ».

Israël et l’Arabie saoudite n’entretiennent pas de relations officielles et le royaume ne reconnaît pas l’Etat juif. Israël a insinué qu’il existait des liens clandestins avec le royaume au cours de ces dernières années, en soulignant l’intérêt partagé des deux pays dans la nécessité de contrer l’Iran. Les rumeurs de relations couvertes ont été démenties par des responsables saoudiens.

Et pourtant, un général saoudien s’est rendu à Jérusalem en 2016 et s’est entretenu avec des législateurs israéliens et des responsables saoudiens ont rencontré leurs homologues israéliens publiquement, à des occasions diverses. L’Arabie saoudite a également autorisé le mois dernier Air India à traverser son espace aérien pour ses vols vers et en provenance de Tel Aviv.

Alors qu’il évoquait le fait que la préoccupation partagée face à l’Iran avaient rapproché Israël et l’Arabie saoudite, il a indiqué : « Israël est une économie importante si on la compare à la taille du pays et c’est une économie croissante, et il y a bien entendu de nombreux intérêts que nous partageons avec Israël et s’il y a la paix, alors il y aurait un grand nombre d’intérêts à traiter entre Israël et les pays du conseil de coopération du Golfe, et d’autres pays comme l’Egypte et la Jordanie ».

L’ayatollah Ali Khamenei, le 28 décembre 2017. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Salmane a également parlé de la menace que, selon lui, l’Iran fait peser sur le Moyen-Orient, disant même que l’ayatollah Ali Khamenei, chef suprême de la république islamique, « ferait même passer Hitler pour quelqu’un de bon ».

« Hitler n’a pas fait ce que tente de faire le chef suprême. Hitler a essayé de conquérir l’Europe, c’est mal », a-t-il expliqué. « Mais le chef suprême veut conquérir le monde. Il pense que le monde entier lui appartient. Ils sont des hommes mauvais, tous les deux. Lui est l’Hitler du Moyen-Orient. Dans les années 1920 et 1930, personne ne pensait qu’Hitler était un danger. Seulement quelques-uns le voyaient. Jusqu’à ce que ce soit arrivé. Nous ne voulons pas voir ce qu’il s’est passé en Europe survenir au Moyen-Orient. Nous voulons mettre un terme à cela via des initiatives politiques, des initiatives économiques, des initiatives de renseignement. Nous voulons éviter la guerre ».

Interrogé sur les différences entre la gestion de la menace iranienne par l’ancien président américain Barack Obama et son successeur, Donald Trump, Salmane a déclaré que même si l’accord sur le nucléaire passé en 2015 avec Téhéran avait pour objectif de réduire le fanatisme de la république islamique, il comprenait des risques que son pays n’était pas en mesure de prendre.

« Le président Obama a cru que s’il offrait à l’Iran des opportunités de s’ouvrir, le pays changerait », a expliqué Salmane. « Mais avec un régime basé sur cette idéologie, il n’est pas prêt de s’ouvrir. Soixante pour cent de l’économie iranienne sont contrôlés par les Gardiens de la Révolution. Les bénéfices économiques de l’accord sur le nucléaire iranien ne reviennent pas à la population ».

« Ils ont pris 150 milliards de dollars après l’accord – pouvez-vous, je vous prie, me donner le nom d’un seul projet de logement construit avec cet argent ? D’un parc ? D’une zone industrielle ? Pouvez-vous me dire le nom d’une autoroute qui aurait été construite ? Je leur donne un conseil – Veuillez nous montrer quelque chose qui indiquerait que vous êtes en train de construire une autoroute avec 150 milliards de dollars », a-t-il poursuivi.

« Pour l’Arabie saoudite, il y a 0,1 % de chances que cet accord permettra de changer le pays. Pour le président Obama, c’était un pourcentage de 50 %. Mais même s’il y a une chance de 50 % que cela fonctionne, on ne peut pas prendre un tel risque. Les 50 autres pour cent, c’est la guerre. Nous devons nous diriger vers un scénario où il n’y a pas la guerre ».

Lors d’un événement majeur survenu l’année dernière en Arabie saoudite, le prince Mohammed a écarté son cousin, plus âgé et plus expérimenté, dans la succession au trône de son père, se positionnant à la tête de la politique saoudienne pour les décennies à venir.

Les Saoudiens oeuvrent avec force pour changer les perceptions à leur encontre. Ils se définissent dorénavant comme des partenaires essentiels contre les groupes extrémistes islamistes, en particulier depuis la voyage inaugural de Trump à l’étranger, l’année dernière. Ils vantent leurs achats fastueux de produits high-tech auprès d’entreprises américaines créatrices d’emploi. Au Yémen, le royaume explique améliorer son ciblage militaire, ouvrir des ports et a promis 1,5 milliard de dollars en aides nouvelles.

Après la publication de l’interview, le roi Salmane d’Arabie saoudite a tenu à souligner son soutien aux Palestiniens au lendemain des propos tenus par le prince héritier.

Le monarque saoudien a souligné la « position ferme du royaume sur la question palestinienne et les droits légitimes du peuple palestinien à un état indépendant avec Jérusalem comme capitale », a expliqué l’agence d’information d’Etat SPA, selon Reuters. Le média officiel saoudien n’a pas repris le discours sur l’Etat juif du prince héritier.

Meurtre de Mireille Knoll, la barbarie et le symbole

Meurtre de Mireille Knoll, la barbarie et le symbole

VIDÉOS. Le meurtre de cette octogénaire qui a échappé à la rafle du Vél’ d’Hiv en 1942 revêt un caractère à la fois tragique et symbolique.

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Le post Facebook publié par la petite-fille de Mireille Knoll.
Le post Facebook publié par la petite-fille de Mireille Knoll.

Dans le XIe arrondissement de Paris, les craintes de la communauté juive

Dans le XIe arrondissement de Paris, les craintes de la communauté juive

REPORTAGE – Alors que une marche était organisée à Paris, en mémoire de l’octogénaire Mireille Knoll, le sentiment d’insécurité gagne la population juive dans cet arrondissement devenu trop dangereux à ses yeux.

«Bien sûr», elle a ôté la mezouzah, cet objet de culte juif fixé à la porte de son appartement. «Bien sûr», elle a cessé d’écouter de la pop israélienne dans son salon. Et «cela fait longtemps» qu’elle a retiré ses filles de l’école publique… Aujourd’hui, tout ce qu’Avigaël* souhaite, c’est quitter son logement social près du métro Charonne: «Pour nous, c’est fini le XIe!, lâche cette mère de famille. En deux ans, il y a eu le meurtre de Sarah Halimi, puis celui de Mireille Knoll. Ça va être nous le troisième?» Une semaine après la découverte du corps de cette rescapée de la Shoah, lardé de onze coups de couteau, dans sa HLM incendiée, l’émotion est vive dans le quartier de l’Est parisien, où vivent quelque 17.000 personnes de confession juive.

C’est boulevard Voltaire que travaillait Ilan Halimi, assassiné en 2006. C’est encore dans le XIe qu’étaient situés les bureaux de Charlie Hebdo, juste à côté du Bataclan… et qu’en avril 2017, Sarah Halimi était défenestrée par un voisin. Le Crif y a recensé 14 actes antisémites en 2015, 7 en 2016. «Quand quelqu’un se fait agresser, cela provoque des réactions en chaîne, affirme son directeur des études, Marc Knobel. Ce sentiment d’insécurité a dû conduire certains à déménager…» C’est en tout cas ce que veut faire Avigaël, qui vit seule avec ses deux filles. Elle a déposé plusieurs plaintes contre ses voisins, «des chrétiens convertis à l’islam». Des crachats, des menaces, aux insultes antisémites, ils sont passés aux coups. «Ma cadette, 11 ans, a reçu deux grosses gifles, et ma mère, des coups dans le ventre, aux cris de “sales Juifs!”, raconte Avigaël. Désormais, je tremble à chaque fois que mes filles vont chercher le pain.»

«C’est quand même inadmissible qu’on en soit là, qu’on doive toujours craindre de croiser un fou antisémite»

Un habitant du quartier

En cette veille de Pessah, la Pâque juive, les boucheries et traiteurs casher sont débordés. Chez Franck et Julien, bd Voltaire, Patrick déguste un poulet au comptoir: «J’ai pas peur du tout!, lance-t-il. Mais je ne mets pas de kippa non plus ; faut pas attiser la haine!» Émile, lui, porte la kippa, mais «sous la casquette»: «C’est quand même inadmissible qu’on en soit là, qu’on doive toujours craindre de croiser un fou antisémite…» À la caisse, on reconnaît que «ça a changé: la clientèle a plus peur de venir». Un peu plus loin, le patron d’une boutique confie: «Depuis quelques jours, on nous demande de retourner nos sacs plastique, de manière à ce qu’on ne puisse plus lire “sous le contrôle du Beth Din de Paris”…»

Au Franprix, David fait une collecte pour les familles juives nécessiteuses: «Et dire qu’ils pensent que les Juifs sont forcément riches!, soupire-t-il. Récemment, je me suis fait agresser deux fois par des Maghrébins. Avant, je répondais! Maintenant, je baisse la tête et je ravale ma fierté.» Pour Serge Benhaïm, président de la Communauté Don Isaac Abravanel, «le climat est plus anxiogène que la réalité». Mais il admet que «l’on prend des précautions pour être moins visible». À la synagogue de la rue de la Roquette, où Mireille Knoll venait jouer aux cartes le mardi, «on engage des vigiles dès qu’on organise une activité où on est nombreux». Les graffitis, les bouteilles jetées par-dessus la grille, on n’y fait même plus attention… «Depuis 2005, Cieux, notre association interreligieuse, favorise le vivre ensemble dans le quartier, souligne Serge Benhaïm. Je sens toutefois notre communauté très anxieuse: on a l’impression que toute l’activité terroriste se concentre ici, alors que la vie au quotidien ne reflète pas ces événements dramatiques. Mercredi, l’imam de la mosquée Omar, rue Jean-Pierre-Timbaud, a tenu à venir à la marche blanche. Mais on attend tous la grande marche des musulmans, avec ou sans les juifs.»

«C’est facile de défiler, mais nous, on veut des actes, maintenant»

Alain, un commerçant

Le XIe, «c’est l’anti-ghetto!, clame le maire (PS) François Vauglin. Cette intégration réussie, ce bien vivre ensemble, pour des islamistes, c’est un chiffon rouge! Depuis l’automne, on a engagé un travail de fond avec les associations, les services sociaux, l’Éducation nationale, le parquet et la police. Mais c’est une tâche de longue haleine…». En attendant, «on ne veut pas qu’on nous change la France, ni notre quartier», martèle Serge Benhaïm. «C’est facile de défiler, mais nous, on veut des actes, maintenant!, renchérit Alain, commerçant. Pour paraphraser l’ancien premier ministre israélien Golda Meir, “Nous voulons des condamnations, pas des condoléances”.»

Mireille Knoll / Trèbes: le franc-parler de Boutih, la langue de bois de Castaner

Mireille Knoll / Trèbes: le franc-parler de Boutih, la langue de bois de Castaner

Lucidité et déni se sont succédé sur France Inter


Le socialiste Malek Boutih et l’homme en marche Christophe Castaner se sont succédé dans la matinale de France Inter, mardi 27 mars. Mais tous deux n’ont pas eu le même discours face à l’assassinat de Mireille Knoll et aux attentats de l’Aude…


Après un vendredi 23 mars sanglant, Malek Boutih (PS) et Christophe Castaner (ex-PS) étaient amenés à réagir sur France Inter ce matin.

A Trèbes, une prise d’otages sanglante d’un islamiste réclamant la libération de Salah Abdeslam s’est soldée par 4 morts (dont l’héroïque lieutenant-colonel Beltrame, qui aura droit à un hommage national mérité demain). A Paris, le même jour, une femme de confession juive de 85 ans (Mireille Knoll) était tuée de 11 coups de couteaux avant que son appartement ne soit incendié. Ces deux drames sont venus rappeler aux Français la persistance du niveau rouge écarlate de la menace djihadiste et antisémite dans leur pays.

« Les juifs ne sont pas en sécurité en France » (Malek Boutih)

Au sein d’une gauche bien souvent gangrenée par l’islamo-gauchisme, le socialiste Malek Boutih, qui a dirigé SOS Racisme, tient depuis quelque temps un discours fort dissonant dans sa famille politique. « Pas d’amalgame », effroi de circonstance face à la « stigmatisation » dont pourraient pâtir les Français musulmans dans la France post-2015, lutte contre l’ « islamophobie », ce ne sont pas (ou plus) ses combats ! Il a tenu, sur France Inter ce matin, un discours de vérité. Qui tranchait avec le politiquement correct d’un Christophe Castaner, délégué général de La République En Marche (LREM), passé derrière le micro juste après lui sur la même radio publique.

Concernant Madame Knoll, Malek Boutih l’a clairement dit : en 2018, on meurt encore en France parce qu’on est juif. « Les juifs ne sont pas en sécurité en France », a-t-il affirmé. Selon l’ancien député, il y a un problème de « très grande ampleur » qui pousse les Français juifs à se cacher.

« Est-ce que Macron en fait assez sur le sujet ? », a demandé Léa Salamé. Sans jamais accabler le président, Monsieur Boutih a regretté qu’il y ait en France « beaucoup de débats, beaucoup de blabla » et une action « trop hésitante ». A l’école notamment, on gagnerait pourtant à « appeler un chat un chat » et à « prendre le taureau par les cornes ». On n’aurait pas dit mieux !

Manuel Valls propose d’interdire le salafisme en France ? Malek Boutih est plutôt d’accord, et regrette en fait de voir réapparaitre les mêmes débats que ceux qui avaient suivi les premiers attentats en 2015. Proche de lui, il abonde dans le sens de l’ancien Premier ministre : « il faut arrêter les subtilités entre celui qui est quiétiste ou pas quiétiste», tonne-t-il. Il ajoute : « on a face à nous une idéologie moderne, très pertinente, efficace et installée sur le long terme ». Il y a urgence à agir. Trèbes l’a montré : même la France rurale est touchée, alors qu’elle pensait être à l’abri. Cette France qui vit dans une insécurité culturelle historique et qui « voit le voile se multiplier autour d’elle et les mosquées apparaitre » pourrait partir en vrille si rien de concret n’est fait par Macron et son gouvernement.

Christophe Castaner, le vivre-ensemble d’abord

Face à la lucidité de Malek Boutih, le protégé d’Emmanuel Macron (qui a parlé, fin décembre, de « radicalisation de la laïcité »), Christophe Castaner, a tenu un discours beaucoup moins offensif. Le patron de LREM voit bien en France une « banalisation de l’antisémitisme », mais le glissement du vieil antisémitisme de la droite nationale vers un nouvel antisémistime musulman, ça en revanche… Défendant la « diversité » et la laïcité de façon très creuse, c’est contre l’opposition de droite qu’il avait préparé ses arguments, opposition de droite qui reproche au gouvernement une « coupable naïveté » face aux attentats islamistes. Pour lui, les préconisations de Laurent Wauquiez ou Marine Le Pen, en matière de terrorisme, relèvent de la bêtise. Face à ce qu’il considère être une vulgaire « course à l’échalote », Christophe Castaner refuse de mettre en place de nouvelles mesures ou de revenir à l’état d’urgence. Pas de nouvelle loi antiterroriste « de circonstance » ! Les « lois émotionnelles » ce n’est « jamais la bonne façon de travailler ». Peut-être devrait-il le souffler à son Emmanuel Macron et à son projet de loi sur les « fake news ».

Pour Christophe Castaner, le « vivre-ensemble » passe avant tout. Mais la liberté d’un salafiste est-elle plus importante que la mort d’un innocent ? On aurait aimé lui poser la question.

Madame Knoll a pourtant, semble-t-il, bien été assassinée parce qu’elle était juive, pas pour qu’on la vole. Ce n’est pas un crime crapuleux, le Parquet de Paris a retenu la piste de l’assassinat antisémite. Motif aggravant. L’émotion est grande, et pas seulement dans la « communauté » juive. C’est bien la communauté nationale tout entière qui est touchée. Si les juifs sont prioritairement visés, Trèbes a aussi montré que tous les Français peuvent être touchés.

En guise d’apaisement, Christophe Castaner a invité toutes « celles et ceux » qui sont adhérents à En Marche à participer à la marche blanche organisée en hommage à Mireille Knoll aux côtés de la communauté juive. Chaque citoyen français s’honorerait en fait à rejoindre ce mouvement ! Après les attentats de Merah à Toulouse où une majorité de Français, certes effrayée, ne s’est pas toujours sentie directement concernée, laisser une nouvelle fois les Français de confession juive seuls serait une erreur majeure.

Alors que l’islamisme ensanglante la France plus que tout autre pays occidental, Malek Boutih sauve par ses propos l’honneur de toute une gauche antiraciste qui s’est trop souvent égarée ces dernières années. Malek Boutih fait un revirement salutaire au sein d’une gauche antiraciste à la dérive. De son côté, Christophe Castaner apparaît lui comme un patron de parti qui ne nomme pas vraiment les maux de la société française et noie un peu le poisson. Malheureusement, de ces deux invités matinaux de France Inter, lequel des deux à l’oreille attentive de l’exécutif selon vous ?

 

Malek Boutih : «Les juifs ne sont pas en sécurité en France»n

Malek Boutih : «Les juifs ne sont pas en sécurité en France»n

LE SCAN POLITIQUE/VIDÉO – L’ancien député PS, proche de Manuel Valls, s’est indigné mardi sur France inter du meurtre à caractère antisémite d’une octogénaire à Paris. Il a appelle le gouvernement à l’action en misant notamment sur l’éducation.

«Il y a beaucoup de paroles en France, beaucoup de bla-bla. Mais le passage à l’action est très dur.» L’ancien député PS Malek Boutih est arrivé très remonté mardi matin au micro de France inter. L’ex-président de SOS Racisme, proche de Manuel Valls, a voulu souligner «le problème de très grande ampleur» de l’antisémitisme en France après la mort de Mireille Knol. Une octogénaire, de confession juive, qui a échappé à la rafle du Vel d’Hiv’ en juillet 1942, a été retrouvée brûlée vendredi soir dans son appartement du 11ème arrondissement de Paris. Deux suspects ont été mis en examen pour «homicide volontaire» à caractère antisémite et écroués mardi.

«Aujourd’hui, vous êtes juifs, il faut vous cacher»

«Les juifs ne sont pas en sécurité en France. C’est le constat qu’il faut faire», a déploré Malek Boutih. «Aujourd’hui vous êtes juifs, il faut vous cacher. Vous ne pouvez pas mettre une mezouza (objet de culte que les juifs accrochent à leurs portes, ndlr) à l’extérieur de votre porte dans certains départements, dans certaines zones. Vos enfants ne peuvent pas se promener. Vous [devez] faire attention», a regretté le vallsiste.

Selon Malek Boutih, l’antisémitisme qui persiste en France est «complètement le fruit d’une idéologie volontaire de groupes islamistes». «Il n’existe pas de djihadistes qui ne soient pas antisémites, ça n’existe pas. C’est une des conditions sine qua non du djihadisme», a-t-il souligné. «C’est d’ailleurs pour ça que le combat contre l’antisémitisme n’est pas un combat pour les juifs mais pour la France.»

Pour lutter contre, le socialiste implore le gouvernement de «prendre le taureau par les cornes». «Je pense qu’on est trop hésitant dans le secteur éducatif», a par exemple estimé Malek Boutih. «Président de SOS Racisme, j’avais une formule: “les enfants répètent ce que les parents disent à table”. À un moment, l’école républicaine éduque les enfants pour qu’à table, dans la famille, on ne supporte plus l’antisémitisme», a-t-il martelé.

«Il n’y a pas de fatalité au terrorisme»

Malek Boutih est également revenu sur les attentats dans l’Aude qui ont fait quatre morts et une dizaine de blessés, selon un bilan provisoire. Selon le socialiste, ces nouvelles attaques se démarquent des précédentes puisqu’elles ont «touché la France profonde»: celle qui, selon lui, «voit le voile se multiplier autour d’elle, qui voit les mosquées apparaître». «On arrive à un tel stade de tensions que les djihadistes vont obtenir ce qu’ils veulent. C’est-à-dire mettre à feu et à sang la société française», a-t-il poursuivi.

Selon l’ancien député de l’Essonne, ces attaques terroristes représentent «un type de guerre nouveau» dans lequel il faut «utiliser toutes les armes. La culture, l’économie, l’éducation, l’encadrement, des services de renseignement plus infiltrés…» Malgré tout, Malek Boutih a voulu faire preuve d’optimisme mardi. «J’ai confiance. On est un grand pays, on est des grandes démocraties. On a les moyens […] de contrer encore ce type d’attaques.» «Il faut avoir un esprit conquérant, croire en la République, et avoir confiance en son pays», a-t-il souligné.

 

Retour sur l’entrevue publique entre Le Drian et Netanyahu

Retour sur l’entrevue publique entre Le Drian et Netanyahu

Mireille Knoll, Arnaud Beltrame, l’Iran, tout autant de sujets abordés entre les chefs de la diplomatie israélienne et française

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a fait part de son émotion lundi à Jérusalem après le meurtre d’une octogénaire survivante de la Shoah à Paris, évoqué la forte amitié franco-israélienne et la place de l’Iran dans la région.

Netanyahu a commencé son entrevue publique en français, en s’excusant d’avoir oublié son français. Le Drian l’a ensuite complimenté en lui disant que « c’était déjà bien, un bon début ».

Jean-Yves Le Drian à gauche et Benjamin Netanyahu à droite, le 26 mars 2018 (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le Premier ministre a ensuite adressé ses condoléances après la mort du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, « un héros de l’humanité » vendredi lors d’un attentat terroriste revendiqué par l’État islamique dans l’Aude, à l’intérieur d’un magasin Super U à Trèbes faisant en tout quatre morts.

« Nous pleurons avec vous la perte de vies françaises innocentes et d’un vrai héros, un héros de l’humanité, et pas seulement d’un héros de la France », a-t-il dit, en référence au lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, qui avait pris la place d’un otage et a été tué par l’assaillant.

« Nous comprenons cela très bien. Monsieur le ministre (en français), je le comprends parfaitement. Et je comprends la souffrance toute particulière que cette perte implique. Nous devons nous tenir ensemble contre ce terrorisme qui touche le monde entier. Nous devons combattre les terroristes peu importe où ils se trouvent, et nous devons combattre les régimes sponsors du terrorisme peu importe où ils se trouvent. »

« Le premier régime sponsor du terroriste dans le monde, dans notre région et au-delà, est l’Iran. Nous devons mettre un terme à son agressivité. C’est une vaste mission et nous devons nous assurer que l’Iran ne parviendra pas à bénéficier de l’arme nucléaire. Il s’agit selon moi du défi le plus important auquel fera face la communauté internationale dans les prochains mois et prochaines années. Je suis ravi d’avoir l’opportunité de discuter avec vous de cela et de d’autres intérêts communs. Il y a une profonde et longue amitié entre la France et Israël qui s’est exprimée de nombreuses façons. J’envoie mes meilleures amitiés au président Macron. J’espère avoir avec vous une conversation aussi riche que celle que j’ai eue avec lui, et je suis sûr que nous en aurons également dans les jours futurs. Bienvenue. »

Arnaud Beltrame (Crédit : Hommage à Arnaud Beltrame/Facebook)

Tué en « héros » après s’être substitué à une otage, un hommage aura lieu mercredi à partir de 11H30 aux Invalides. Le président Emmanuel Macron prononcera à la cour des Invalides un éloge funèbre de l’officier de gendarmerie qui a succombé samedi matin à ses blessures infligées la veille par l’assaillant de l’attaque revendiquée par l’Etat islamique.

« Merci monsieur le Premier ministre, » a répondu Jean-Yves Le Drian. « Je voudrais tout d’abord vous faire part des salutations et de la considération du président Macron. Nous sommes dans une année très particulière pour la relation entre Israël et la France puisqu’il va y avoir les saisons croisées, qui vont nous permettre [de voir l’organisation de] près de 200 grandes manifestations culturelles à la fois en Israël et en France. Le Premier ministre français viendra ici pour le lancement, à la fin du mois de mai. J’aurai le plaisir de l’accompagner. Puis vous viendrez en France, puis le président Macron viendra en Israël, puis le président d’Israël viendra en France. Donc nous avons… » « Beaucoup de visites, » a répondu Netanyahu en français.

« …une période intense de relations, » a poursuivi Le Drian. C’est le signe d’une profonde amitié. C’est le signe d’une volonté d’action commune. C’est le signe aussi que nos combats fondamentaux sont les mêmes, à la fois le combat contre le terrorisme, à la fois le combat contre l’antisémitisme et à la fois le combat pour la sécurité de la région. Et tout à l’heure, j’ai eu un moment d’émotion quand je quittais la visite très émouvante de Yad Vashem (mémorial de la Shoah à Jérusalem, ndlr) et j’ai appris qu’une rescapée de la Shoah avait été assassinée à Paris ».

« On ne peut pas dire à cette heure les raisons qui ont provoqué cet assassinat, mais l’hypothèse d’un crime antisémite est plausible. Cela nous rappelle le caractère fondamental et permanent (du) combat » contre l’antisémitisme, a-t-il ajouté.

« Je vous remercie tout particulièrement pour votre message en l’honneur du colonel Beltrame qui a payé de sa vie son combat contre le terrorisme. Et nous avons ce combat en commun ; la base de tout, c’est la sécurité. Votre message nous est particulièrement sensible. Et nous avons beaucoup de sujets à évoquer ensemble, parce qu’on ne peut pas dire que la région soit très calme. » (« Vous êtes un vrai diplomate, » a répondu Netanyahu en français).

« Nous allons évoquer l’ensemble de ces questions dans l’esprit de confiance et de franchise qui a toujours été l’esprit des relations entre nous. Je suis très ravi d’être présent ici auprès de vous aujourd’hui, » a-t-il ajouté, qui a dénoncé aussi « l’hégémonisme » de l’Iran et les dérives potentielles de son programme balistique.

Peu de temps après, le parquet avait retenu le caractère antisémite.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a enfin souhaité ajouté : « Et je voudrais ajouter que nous admirons la position des divers gouvernements français et des présidents successifs et du président Macron actuellement contre l’antisémitisme. C’est un combat terrible. C’est bien clair, c’est bien net et c’est très juste. Merci. »

Le gouvernement français a récemment lancé un nouveau plan de lutte contre la haine, l’antisémitisme et le racisme en ciblant surtout la « cyber-haine ». Le Crif avait alors indiqué qu’il aurait préféré qu’il s’inspire davantage de l’exemple plus ferme de l’Allemagne.

Honneur au sacrifice d’un officier français

Honneur au sacrifice d’un officier français

Ce soldat d’exception nous lave de nos médiocrités et nous engage à nous ressaisir, explique le professeur de philosophie*.

FRANÇOIS-XAVIER BELLAMY

Les actions humaines ne sont pas des événements aléatoires. Un phénomène physique peut s’expliquer par ses circonstances immédiates ; mais pour comprendre le choix d’un homme, il faut le relier à une histoire, dont aucun geste n’est détachable. Ce n’est pas sur le champ de bataille, dit Aristote, que l’on devient courageux : nos actes sont toujours le résultat d’une disposition cultivée peu à peu. Dans la décision la plus spontanée, s’exprime en fait une intention – à travers elle un projet, une certaine idée de la vie, et la conception du monde dans laquelle elle a pu mûrir ; et par là, toute une culture, au sein de laquelle s’est formée peu à peu la vie intérieure dont notre action n’est finalement que l’émanation visible.

Ce vendredi matin, le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame est parti prendre son poste, comme il le faisait chaque jour depuis sa première mission, vingt ans plus tôt. Il ne pouvait se douter qu’il partait pour la dernière fois. Mais le don de soi ne s’improvise pas ; et c’est la somme de générosité cultivée dans les jours ordinaires qui s’est soudain condensée, face au danger, dans cette initiative inouïe. Sans même connaître le détail des faits, il est certain que l’officier n’a pas dû réfléchir longtemps : un tel choix, dans le feu de l’action, ne peut être que simple, aussi simple qu’il semble humainement impossible ; comme le geste virtuose d’un grand sportif, d’un grand artiste, paraissent simples, parce qu’ils sont en fait l’expression d’une habitude longtemps travaillée. Arnaud Beltrame, lui, avait choisi pour métier de servir : il s’était formé, entraîné et exercé pour cela. Sans avoir eu la chance de le connaître, il suffit de lire les quelques lignes qui racontent son geste pour comprendre que cet homme, en dépassant son devoir d’officier, a simplement été au bout de ce choix qu’il avait fait – et qui l’avait fait. Un tel acte ne naît pas par hasard, il ne s’invente pas sur le coup. Et il ne serait jamais arrivé, s’il n’avait pas été préparé par l’effort de toute une vie ; par l’esprit de tout un corps, celui de la Gendarmerie nationale, de la communauté militaire ; et finalement, par l’âme de tout un peuple.

C’est sans doute pour cette raison qu’instinctivement, toute la France se sent touchée à travers lui. Un esprit froid pourrait trouver cela étrange. Il y a eu d’autres victimes, à Carcassonne et à Trèbes, qui ne méritent pas moins notre deuil. Et puis, pour un siècle marqué par l’impératif de la rentabilité et par l’obsession numérique, l’acte de cet officier n’enlève rien à la défaite, puisque le terroriste a tué : Arnaud Beltrame a donné sa vie pour une autre. C’est une vie pour une vie. À la fin, le compte est le même : en termes de big data, l’événement est invisible. Pour l’éthique utilitariste qui prévaut si souvent aujourd’hui, son geste n’a servi à rien ; et j’ai même pu lire que certains finissaient par le critiquer : après tout, il y aura d’autres terroristes demain, et un gendarme bien formé serait plus utile vivant.

Mais voilà, nous avons le sentiment inexprimable que cet homme nous a sauvés. Tous. Pas seulement cette femme innocente arrachée à la violence, mais nous tous, à travers elle. Et je crois qu’en effet malgré les apparences, Arnaud Beltrame a, par le don de sa vie, remporté une victoire absolue contre la haine islamiste – et contre ce qui, dans nos affaissements intérieurs, avait permis à cette haine de se tracer un passage.

Victoire contre le terroriste : son but était d’arracher des vies pour créer la peur, et la soumission qu’elle prépare. Mais on ne prend rien à celui qui donne tout… Collectivement, à travers cet officier, notre peuple tout entier n’est plus une victime passive ; il nous rend l’initiative. Mourir n’est pas subir, dès lors qu’on sait pour quoi on meurt. Après tout, les djihadistes n’admirent rien tant que les martyrs.

Mais nos martyrs, eux, servent la vie. Et en nous le rappelant, Arnaud Beltrame, comme ses frères d’armes qui se sont risqués avec lui, nous sauve aussi de nous-mêmes, et de nos propres oublis… Nous avions fini par construire un monde où ce don était impensable : une société atomisée, faite de particules élémentaires entrant en contact ou en concurrence au gré de leurs calculs ; une société de consommateurs préoccupés de leur seul bien-être, composée de castes et de communautés d’intérêts plus que de citoyens conscients du commun essentiel qui les lie ; une société où la politique même pouvait se dissoudre dans le projet terminal de « l’émancipation de l’individu ». Mais dans cette société obsédée par la revendication des droits, le sacrifice d’Arnaud Beltrame deviendrait bientôt impossible ; car pour qu’un tel abandon advienne, il nous faut d’abord savoir que le sens de la vie humaine se trouve dans le don que chacun fait de lui-même. Non dans le contrat et l’échange bien calculés, qui enferment chaque homme dans sa solitude, mais dans ce que nous apportons à des œuvres qui nous dépassent. Non dans l’émancipation de tout lien, mais dans la force des engagements qui nous relient, et qui entraînent tout de nos vies.

La maison est plus que les matériaux qui la composent, écrit Saint-Exupéry dans la Lettre au général X. Un peuple est plus qu’une juxtaposition d’individus qui « vivent ensemble ». Cela, nous l’avons appris, comme d’autres, par ce que notre civilisation a cultivé de singulier ; pour faire un Arnaud Beltrame, il a fallu des siècles de civilité, de littérature, de philosophie, de science et de foi… En désertant cet héritage, nous traversons ensemble, au beau milieu de notre prospérité matérielle, un véritable « désert de l’homme ». Et la soif qu’il a fait naître, notamment chez les plus jeunes auxquels nous n’avons pas su transmettre, laisse proliférer la source empoisonnée de l’islamisme – ce succédané morbide de transcendance, dont le délire va jusqu’à faire d’un meurtrier un martyr. Face à son bourreau, un gendarme désarmé nous sauve tous, en nous rappelant qui nous sommes : de ceux qui sont prêts à mourir, non pour tuer, mais pour sauver.

Bien sûr, il nous reste encore beaucoup de chemin à faire avant que soient vaincus tous les avatars de cette haine qui veut nous détruire. Beaucoup, même, avant que nous soyons enfin tous capables de dénoncer notre adversaire, l’islamisme, dans sa violence terroriste comme dans ses tentatives politiques. Il nous faudra bien plus d’exigence, de vigilance, de lucidité, que la somme des lâchetés publiques qui ont permis ces méfaits. Mais, mon Colonel, avec ceux qui vous épaulaient et qui prennent votre relève, vous nous avez déjà montré comment atteindre la victoire que nous vous devons maintenant, parce qu’à travers votre engagement, nous reconnaissons simplement ce qu’il nous faut redevenir ; et de cela, simplement, nous vous serons, pour toujours, infiniment reconnaissants.

* Ancien élève de l’École normale supérieure. Agrégé de philosophie.

FRANÇOIS-XAVIER BELLAMY

Le Figaro –

Attaques terroristes dans l’Aude: Un hommage national sera rendu au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame

Attaques terroristes dans l’Aude: Un hommage national sera rendu au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame

HOMMAGE Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame est décédé dans la nuit de vendredi à samedi. Le gendarme s’est substitué à une otage dans le supermarché de Trèbes lors des attaques terroristes dans l’Aude…

Floréal Hernandez

Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame.
Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame. — LA GAZETTE DE LA MANCHE / AFP

L’Elysée a annoncé ce samedi soir qu’un hommage national allait être rendu au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame. Le gendarme n’a pas hésité et s’était proposé comme otage auprès du djihadiste auteur  des attaques dans l’Aude, vendredi. Le gendarme est mort des suites de ses blessures, dans la nuit de vendredi à samedi.

« Une immense tristesse pour la perte d’un camarade, d’un soldat, d’un héros », a déclaré le directeur de la gendarmerie nationale le général Richard Lizurey, samedi sur BFM TV.

Convocation des préfets

Le n°1 de la gendarmerie a également affirmé que le nom d’Arnaud Beltrame va « être donné à une promotion d’officiers, c’est quelque chose de naturel car il incarne les valeurs de générosité, d’engagement, de détermination, de sacrifice. »

Après que le Conseil a « salué la mémoire » du lieutenant-colonel, Emmanuel Macron « s’est assuré de la bonne prise en charge médicale et psychologique des personnes blessées et de leurs proches impliquées dans cet attentat », en souhaitant un suivi « individuel et personnalisé ».

Le président de la République a par ailleurs « demandé la convocation cette semaine par les préfets de l’ensemble des groupes d’évaluation départementale suivant les individus ayant fait l’objet de signalements pour radicalisation », ajoute l’Elysée dans un communiqué diffusé à l’issue d’un Conseil restreint de défense.

Attaques terroristes dans l’Aude: Un hommage national sera rendu au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame

HOMMAGE Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame est décédé dans la nuit de vendredi à samedi. Le gendarme s’est substitué à une otage dans le supermarché de Trèbes lors des attaques terroristes dans l’Aude…

Floréal Hernandez

Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame.
Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame. — LA GAZETTE DE LA MANCHE / AFP

L’Elysée a annoncé ce samedi soir qu’un hommage national allait être rendu au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame. Le gendarme n’a pas hésité et s’était proposé comme otage auprès du djihadiste auteur  des attaques dans l’Aude, vendredi. Le gendarme est mort des suites de ses blessures, dans la nuit de vendredi à samedi.

« Une immense tristesse pour la perte d’un camarade, d’un soldat, d’un héros », a déclaré le directeur de la gendarmerie nationale le général Richard Lizurey, samedi sur BFM TV.

Convocation des préfets

Le n°1 de la gendarmerie a également affirmé que le nom d’Arnaud Beltrame va « être donné à une promotion d’officiers, c’est quelque chose de naturel car il incarne les valeurs de générosité, d’engagement, de détermination, de sacrifice. »

Après que le Conseil a « salué la mémoire » du lieutenant-colonel, Emmanuel Macron « s’est assuré de la bonne prise en charge médicale et psychologique des personnes blessées et de leurs proches impliquées dans cet attentat », en souhaitant un suivi « individuel et personnalisé ».

Le président de la République a par ailleurs « demandé la convocation cette semaine par les préfets de l’ensemble des groupes d’évaluation départementale suivant les individus ayant fait l’objet de signalements pour radicalisation », ajoute l’Elysée dans un communiqué diffusé à l’issue d’un Conseil restreint de défense.

Islamisation, délinquance, trafics : ce qui se passe vraiment dans les banlieues

Islamisation, délinquance, trafics : ce qui se passe vraiment dans les banlieues

La prière du vendredi rassemble tous les habitants de ce quartier de Seine-Saint-Denis. Y compris la jeune génération, qui pratique davantage que la précédente et cherche à vivre «plus près de Dieu».

EXCLUSIF – Pendant un an, Manon Quérouil-Bruneel, grand reporter, est allée à la rencontre des habitants d’une cité de Seine-Saint-Denis. Religion, drogue, prostitution, petits trafics et grand banditisme : son livre choc, La Part du ghetto, raconte le quotidien méconnu d’une France en marge de la République. Récit de son enquête et extraits exclusifs.

«Il suffit de passer le pont, c’est tout de suite l’aventure!» chantait Brassens. Ça marche aussi avec le périphérique. A moins d’une dizaine de kilomètres de la capitale se trouve un autre monde, à la fois proche et lointain. Avec ses codes, ses règles et ses valeurs. Pendant un an, j’ai tenté d’en comprendre le fonctionnement en m’immergeant dans une cité de Seine-Saint-Denis. Pour pousser des portes qui me seraient restées closes, je me suis appuyée sur l’un de ses habitants, Malek Dehoune, que je connais depuis une dizaine d’années. Ensemble, nous avons eu envie de raconter cette vie de l’autre côté du périph, loin des clichés. Grâce à sa solide réputation dans la cité, la méfiance qu’inspirent généralement les journalistes s’est progressivement estompée. Au fil des mois, j’ai obtenu les confidences de dealers, de mères de famille, de prostituées, de retraités, de grands voyous, de commerçants, de musulmans laïcs et de salafistes. Je les ai écoutés en m’appliquant à ne jamais les juger.

Ces tranches de vie racontent un quotidien très éloigné de celui que peignait La Haine – film culte sur le malaise des banlieues françaises et de cette deuxième génération d’immigrés, née en France dans les années 1970, qui a grandi la rage au ventre en ne se trouvant nulle part à sa place. En plongeant dans la cité, je pensais naïvement côtoyer leurs dignes héritiers. Mais vingt ans après, les choses ont bien changé. Les jeunes ne brûlent plus de voitures, ils font du fric sans esclandre, conscients que les émeutes nuisent au business. Pragmatiques, avant tout. «On est des bourgeois, pas des révolutionnaires, comme le résume l’un d’entre eux, surnommé «Chocolat», en référence au shit qu’il vend. On sait qu’on fait pas longtemps dans ce métier. On mène une vie normale, comme un type qui travaille dans un bureau, quoi.»

Le trafic de cannabis reste un grand classique en cité.
Le trafic de cannabis reste un grand classique en cité. – Crédits photo : Veronique de Viguerie

En l’occurrence, plutôt comme un patron d’une petite PME. A 22 ans, «Chocolat» est le gérant de ce qu’on appelle un «terrain», c’est-à-dire un territoire de deal, qui se vend et s’achète comme un bien immobilier: entre 100.000 et 2 millions d’euros – selon la taille et la localisation. Mais ce n’est pas qu’une question d’argent: un terrain se mérite et se gagne aussi à la réputation. Quand les «anciens» décident qu’ils n’ont plus l’âge de dealer au pied des tours, ils choisissent avec soin ceux à qui ils passent la main. «Choco» a été désigné à 19 ans. Son terrain se trouve à côté de celui de football, dans le parc pelé au cœur de la cité. Avant midi, il est généralement désert. Les «petits», comme les surnomment les «anciens», vivent la nuit et se lèvent tard. Sur son terrain, «Chocolat» écoule en moyenne 350 grammes de cannabis par jour. Un emplacement «moyen», comparé à d’autres, comme celui de Bagnolet, qui débite un kilo par jour. Mais il lui permet de gagner «un smic tous les deux jours», et de s’offrir les services d’un vendeur et de deux «choufs» – des guetteurs chargés de donner l’alerte en cas de descente policière. «Chocolat» se contente de passer quelques heures, pour vérifier que tout va bien et verser les salaires de ses employés, payés 50 euros par jour. Le reste du temps, il s’occupe de l’approvisionnement, la clé d’un business prospère.

«Nous, on vend pas la mort. Le shit, c’est naturel. Ça sort de la terre, comme un légume. »

«Chocolat», dealer de shit

Le shit, c’est comme le cours de l’or: le prix au kilo peut varier de plus ou moins 1000 euros sur un an. Comme un trader, un bon trafiquant doit anticiper les variations, avoir du stock en réserve et être placé au plus proche de la source, pour avoir le meilleur tarif possible et dégager un maximum de bénéfices. La pièce d’un kilo de cannabis «se touche» autour de 1200 euros au Maroc ; elle passe à 2300 euros en Espagne et peut être revendue jusqu’à 3500 euros en France. Entre chaque pays, il y a des intermédiaires, des «apporteurs d’affaires», qui se rémunèrent au pourcentage en fonction du volume de la transaction. J’ai découvert avec surprise que, dans ce monde de truands, la marchandise s’achète presque toujours à crédit. Une chaîne de crédits, même, qui court du Maroc jusqu’au 93 et qui débouche sur des règlements de comptes sanglants, quand la drogue est saisie et que l’acheteur se retrouve dans l’incapacité de rembourser. Ou qu’il décide finalement de ne pas payer et de disparaître dans la nature… Pour se prémunir de ce genre de déconvenues, de plus en plus fréquentes selon mes interlocuteurs dans la cité, les fournisseurs exigent de leurs clients d’être recommandés par des amis communs ou de fournir l’adresse de leurs parents afin d’avoir un moyen de pression. C’est également pour cette raison qu’ils préfèrent vendre au propriétaire d’un terrain: comme dans un commerce, il y a toujours du cash en circulation.

Dans la cité où j’ai mené mon immersion, il n’y a pas de terrain de cocaïne ou d’héroïne. «Pas notre culture, explique «Chocolat». Nous, on vend pas la mort. Le shit, c’est naturel. Ça sort de la terre, comme un légume.» Ceux qui se lancent dans la blanche le font loin du quartier, à bord d’une «coke-mobile» qui livre les clients à domicile. Il arrive que le véhicule en question fasse également VTC.

La cité est un monde d'hommes. Les aînés font respecter leur loi et veillent sur la tranquillité des habitants comme une police de proximité parallèle.
La cité est un monde d’hommes. Les aînés font respecter leur loi et veillent sur la tranquillité des habitants comme une police de proximité parallèle. – Crédits photo : Veronique de Viguerie

La double casquette chauffeur Uber/dealer de coke fonctionne bien, les courses offrant une bonne couverture aux livraisons. Il y a quelques années, un jeune a tenté d’enfreindre cette loi tacite, qui proscrit la vente de drogue dure dans l’enceinte de la cité. Il a ouvert un terrain de crack au pied des tours. Le parc s’est retrouvé envahi de zombies, qui se shootaient au milieu des enfants. Les policiers ont multiplié les descentes, mais ce sont finalement les «anciens» qui l’ont délogé. Ce sont eux qui se chargent de maintenir l’ordre et de veiller à la tranquillité des habitants, comme une police de quartier parallèle.

C’est parce qu’ils se sentent investis de cette même mission de protection que les jeunes livrent aujourd’hui une guerre sans merci à ceux qu’ils appellent les «Lampédouz» – les clandestins maghrébins arrivés en masse ces dernières années dans la foulée des printemps arabes. Alors que les guerres entre bandes rivales sont devenues plus rares, se réglant le plus souvent par les réseaux sociaux, la nouvelle violence qui agite régulièrement la cité est celle qui oppose ces jeunes issus de l’immigration aux nouveaux arrivants: souvent des hommes seuls, qui dorment dans des squats à l’ombre des barres HLM ou s’entassent dans des appartements insalubres loués par des marchands de sommeil. Ils vivotent en travaillant au black sur des chantiers, en vendant des cigarettes à la sauvette, en arrachant des sacs et des portables, aussi. Les vols commis dans la cité déclenchent systématiquement des représailles, à coups de batte de baseball et de barre de fer. Les jeunes débarquent alors en bande et tabassent tous les migrants qui se trouvent sur leur passage. Les comportements «inappropriés» sont également sévèrement sanctionnés. Un jour, un «Lampédouz» aviné s’est déshabillé dans la rue. Il s’est retrouvé à l’hôpital, le crâne fracassé par la bouteille qu’il venait d’écluser…

Cette violence à l’encontre de nouveaux immigrés ne choque pas les habitants «historiques» du quartier. Ils considèrent que cette vague de clandestins a accéléré leur descente dans les abîmes de la ghettoïsation. Malek le résume ainsi: «On est déjà tous en galère, on peut pas accueillir toute la misère du monde.»

«On est déjà tous en galère, on peut pas accueillir toute la misère du monde.»

Malek, habitant du quartier
Ceux que les habitants de la cité appellent les «Lampédouz»   les clandestins maghrébins arrivés en masse dans la foulée des printemps arabes   survivent dans des squats insalubres au pied des tours.
Ceux que les habitants de la cité appellent les «Lampédouz» les clandestins maghrébins arrivés en masse dans la foulée des printemps arabes survivent dans des squats insalubres au pied des tours. – Crédits photo : Veronique de Viguerie

Dans la cité, tout le monde est unanime: le quartier a beaucoup changé ces dernières années. En mal. Il ne brûle plus, mais il se consume à petit feu. Les voyants sont au rouge, mais le reste du pays s’obstine à regarder ailleurs – d’autant plus facilement que les scènes de guérilla urbaine sont devenues plus rares au JT. Un sentiment d’abandon prédomine, particulièrement au sein de la première génération arrivée dans les années 1970. Omar, le père de Malek débarqué d’Algérie pour travailler comme couvreur à l’âge de 19 ans, se souvient avec nostalgie de la mixité d’antan, «des boulangeries traditionnelles, des boucheries chevalines, des filles en minijupe dans les rues». Il m’explique que, à l’époque, personne ne se souciait de manger halal ou de porter le voile. «On était là pour bosser dur. Moi, mon identité, c’était pas Français ou Algérien, c’était ouvrier.» Omar voulait s’intégrer avant tout. Il a toujours refusé de parler arabe ou kabyle à ses fils, mangeait des rillettes au petit déjeuner, a fait la guerre à sa femme qui s’accrochait à sa djellaba quand il l’emmenait à la plage. «Je lui ai dit: soit tu mets un maillot comme tout le monde, soit tu te casses. La religion, c’est privé, ça s’affiche pas.»

Et puis, il y a eu un tournant dans les années 1990. Le mythe du bon immigré a fait long feu. La religion est progressivement devenue un étendard, une cuirasse identitaire qui a fait voler en éclats le «vivre-ensemble» auquel beaucoup sont pourtant attachés. Dans le salon de coiffure où je me suis souvent rendue pour prendre la température du quartier, les conversations tournent beaucoup autour de ce repli communautaire. «La dernière fois, raconte l’un des clients, j’ai livré un barbu. Le type, il enferme sa femme à clé. Mais rentre au bled, frère! On est où, là? Sarko, il avait raison: si t’es pas content, casse-toi. Le quartier est perdu, ce n’est plus la France, ici. Forcément que les Blancs, ils sont partis. Qui veut vivre avec des burqas, des gosses qui dealent en bas de l’immeuble et des clandos qui volent des sacs? Les bobos peuvent bien hurler, c’est pas eux qui vivent dans ce merdier!»

Le communautarisme s'est renforcé depuis les années 1990. Dans le quartier, beaucoup regrettent cependant le repli sur soi et dénoncent un abandon des services publics.
Le communautarisme s’est renforcé depuis les années 1990. Dans le quartier, beaucoup regrettent cependant le repli sur soi et dénoncent un abandon des services publics. – Crédits photo : Veronique de Viguerie

Les burqas et les kamis, qui n’existaient pas il y a une vingtaine d’années, ont essaimé dans la cité. Manger «halal» est devenu une préoccupation pour la nouvelle génération, qui revendique de vivre «plus près de Dieu que ses aînés». Plutôt qu’un mariage à la mairie, les jeunes préfèrent désormais sceller leur union devant l’imam, selon la tradition musulmane.

Autre manifestation de la religion devenue une ressource culturelle: le succès de la médecine prophétique, qui consiste à soigner les maux qui résistent à la médecine traditionnelle par des méthodes inspirées du temps du Prophète, comme la «hijama» (un traitement à base de saignées) ou la «roqya» (une séance de désenvoûtement par le Coran). La «omra», le «petit pèlerinage» à La Mecque effectué hors saison, rencontre également un franc succès dans les quartiers, notamment parmi les jeunes. D’abord pour d’évidentes raisons financières, puisque le voyage, organisé par des tour-opérateurs, est accessible à partir de 900 euros, contre 4000 minimum en période officielle de hadj. Mais cet engouement pour la omra est également révélateur d’une certaine mentalité, de cette génération du «tout, tout de suite». «Avant, explique Abdel, on attendait des années pour pouvoir se payer le hadj. C’est un pilier de l’islam qui se mérite. Après, tu es censé avoir un comportement exemplaire à vie. Ne plus dealer, ne plus tiser (boire de l’alcool, Ndlr). La omra, c’est moins engageant. Souvent, elle est même financée avec l’argent de la drogue. L’hypocrisie va jusque-là.»

Dans une même tour, des prostituées et des salafistes

On joue beaucoup en cité. La pauvreté pousse à tenter sa chance. Ici, une partie de poker clandestine organisée dans un appartement vide.
On joue beaucoup en cité. La pauvreté pousse à tenter sa chance. Ici, une partie de poker clandestine organisée dans un appartement vide. – Crédits photo : Veronique de Viguerie

Je l’ai souvent constaté au cours de mon immersion: la vie en cité pousse ses habitants à une certaine forme de schizophrénie. Il y a d’un côté le poids du regard des autres, l’injonction tacite à se conformer aux attentes de la communauté. Et de l’autre, l’envie de vivre sa vie comme on l’entend. Un assemblage compliqué, qui donne parfois naissance à de surprenants phénomènes de société. Comme le boom de la prostitution parmi les jeunes filles de banlieue, dans un environnement où on les enjoint pourtant plus qu’ailleurs à la «décence». Des «wannabe Zahia», la Pretty Woman des cités, qui voient dans l’escorting un moyen rapide de s’affranchir du ghetto, de s’offrir un joli sac ou de partir en vacances. Karima, l’une des jeunes femmes que j’ai rencontrées, dans le secteur depuis quelques années déjà, le résume ainsi: «Tout commence quand tu découvres que tu peux monnayer un rapport.»

De leur côté, les garçons ont vite flairé le bon filon, proposant leurs services contre la moitié des gains. Il s’agit souvent d’anciens dealers reconvertis dans le proxénétisme – moins risqué et parfois plus lucratif que le stup -, qui se chargent de mettre en ligne une annonce sur des sites spécialisés, louent un appartement pour recevoir les clients et assurent la sécurité des filles. L’un d’entre eux, Ryan, m’a confié gagner jusqu’à «1500 euros les bons jours», en faisant travailler trois filles qui enchaînent une dizaine de clients chacune…

Au cours de mon reportage au long cours, j’ai rencontré dans une même tour d’immeuble des prostituées et des convertis au salafisme ; des jeunes femmes qui gagnent plus d’argent que leur père, mais doivent faire un halal pour avoir le droit de quitter le domicile familial ; des jeunes qui partent s’encanailler à Pattaya et font des selfies à La Mecque le mois suivant. La cité est un monde d’équilibristes, où se cache derrière chaque paradoxe apparent une ambition cohérente: parvenir, coûte que coûte, à arracher sa part du ghetto.

Une cité de Seine-Saint-Denis.
Une cité de Seine-Saint-Denis. – Crédits photo : Veronique de Viguerie

EXTRAITS

«L’arnaque des open»

– Crédits photo : _CYR

Il y a quelques années, l’aristocratie de la voyouterie, c’était le braquage. Sauf qu’il y a de moins en moins de liquide dans les banques. L’avenir, c’est le virtuel. Avec le darknet (le cryptage sur internet où l’anonymat est garanti, ndlr), le piratage de carte Bleue est devenu un jeu d’enfant, tout comme l’usurpation d’identité ou la création de faux comptes bancaires. Elias s’est livré à une étude de marché attentive de la délinquance financière: «Si je t’explique tout, t’as mal à la tête», plaisante-t-il un soir, alors que nous sommes installés à notre table habituelle du café. Il vient de sortir de cours, sa sacoche sous le bras: «En fait, j’exploite les failles du système. Et il y en a plein.»

Sa spécialité, ce sont les «open», les ouvertures de comptes avec des cartes d’identité volées, puis «flashées»: «Pour 1000 euros, y a des types qui te mettent la gueule de qui tu veux dessus. Moi, je choisis un petit qui présente bien, qui a un casier vierge et qui va travailler la conseillère à la banque avec un beau dossier tout bidon. En dix jours, t’as un compte. Et la beauté du truc, c’est que, avec une même identité, tu peux ouvrir dix comptes dans dix banques différentes. Ensuite, il n’y a plus qu’à enfoncer (endosser, ndlr) des chèques. Soit j’achète tout un carnet sous le manteau, soit j’en fais laver un.» Laver, c’est-à-dire effacer le nom du bénéficiaire d’origine pour le remplacer.

Un travail d’orfèvre, le boulot des «Zaïrois», comme les appelle Madoff – «De vrais magiciens! Si je savais comment ils font, je serais millionnaire!» Elias commence par enfoncer un «petit chèque, genre 1500 euros. Dès qu’il passe, j’en enfonce un max, tous les deux jours, jusqu’à ce que ça bloque.» Bon, le système a ses limites, me dit-il. Il y a de la déperdition, des comptes qui ne sortent pas, des chèques qui ne passent pas. «C’est parfois beaucoup de boulot pour rien.» Le mieux, c’est encore d’enfoncer des chèques lavés d’un gros montant sur un compte existant. Le propriétaire (du compte, ndlr) prend 30 % de la somme, par conséquent, m’assure Elias, il se moque d’être convoqué par sa banque pour rembourser la somme encaissée. «Le gars se barre au bled pendant cinq ans, le temps que dure l’interdiction à la Banque de France. Puis il revient, ouvre un nouveau compte, et recommence. C’est ballot, hein?»

Faire profil bas

Alice a une trentaine d’années, deux enfants en bas âge, et crée des bijoux fantaisie qu’elle vend en ligne. Avant, avec son compagnon, ils vivaient dans le XIe arrondissement. En 2011, ils décident d’acheter. Avec leurs petits salaires d’autoentrepreneurs, ils se tournent logiquement vers la proche banlieue et font l’acquisition d’un 90 mètres carrés à 375.000 euros, dans ce quartier qu’on annonce comme un futur Brooklyn dès qu’une fromagerie, preuve irréfutable de gentrification, ouvre miraculeusement de l’autre côté du pont…

«Le jour de l’emménagement, me raconte Alice, on est allés à la boulangerie en bas de chez nous. J’ai demandé un jambon-beurre, le mec m’a regardée comme si j’étais une extraterrestre.» […] Elle a, aussi, dû se plier à l’injonction tacite d’un vestiaire «spécial 93». «Dès que je mettais une jupe, je me faisais emmerder. On me demandait: “C’est combien?”, “Tu me fais un petit truc?” J’ai rangé jupe, rouge à lèvres, et décolleté. Oui, ça fait chier de se conformer à un ordre moral. Mais c’est le prix de la tranquillité.» […]

Cette année, le ramadan s’est bien passé. «Les premières fois, on ne dormait pas. Les gens étaient dehors toute la nuit, ils jouaient aux cartes dans la rue, se bastonnaient, faisaient des roues arrière sur des quads… On passait notre temps à appeler les flics» – qui ne venaient pas. «De façon générale, remarque Alice, la présence policière ici, c’est service minimum. On se demande même si ce n’est pas fait exprès. Ils laissent le trafic proliférer, comme ça le réseau est identifié et contenu, et ne s’étend pas de l’autre côté du pont [où le quartier est en cours de réfection]. La municipalité a mis un spot devant l’école, il a tenu quinze jours. La plupart des rues du quartier sont plongées dans le noir. Dès que la nuit tombe, les mecs peuvent faire leur petit business tranquille.»

A un moment, avec son mari, ils ont failli plier bagage. Abdiquer. «Je ne peux pas me mettre seule à une terrasse de café. Il y a peu de parcs, peu de commerces. A la sortie du métro, il faut se cramponner à son sac à cause des vols à l’arraché.» […] En attendant, Alice s’est fait une raison. Au fil des ans, elle a arrêté d’écrire au maire pour faire remplacer les éclairages publics, ou demander l’installation de brumisateurs pour que les gosses arrêtent de s’arroser avec les extincteurs en été. Elle fait un détour pour éviter les coins où ça trafique – les «no-go zones» – et ne se balade jamais dans le quartier. Elle va d’un point A à un point B, se fait la plus discrète possible. «La règle est simple, me dit-elle: c’est nous, les étrangers ici.» L’entraide et la solidarité, ce sentiment d’appartenir à une grande famille que décrivent les habitants historiques de la cité, semblent hors de sa portée.

Norane revendique son appartenance à une double culture. Elle prie, porte des talons hauts, et s'est mariée religieusement pour faire plaisir à ses parents.
Norane revendique son appartenance à une double culture. Elle prie, porte des talons hauts, et s’est mariée religieusement pour faire plaisir à ses parents. – Crédits photo : Veronique de Viguerie

Islamisation

Quelque chose a ripé au sein de cette génération bercée dans le giron français, qu’on espérait laïque, comme un dédommagement ou une reconnaissance envers la République qui avait accueilli leurs parents, mais qui s’est révélée plus pratiquante que la précédente.

Selon Abdel, les premières secousses remontent au milieu des années 1990, avec ce qu’on appelle dans les banlieues, non sans humour, la BAC – «la Brigade anti-sheitan» (diable, ndlr). Des tablighis, des prédicateurs fondamentalistes, ont commencé à tourner dans le quartier pour porter la bonne parole auprès des jeunes: «Ils venaient nous faire chier pendant qu’on jouait au foot aux heures de la prière pour nous envoyer à la mosquée, me raconte Abdel. Ensuite, la BAC a été remplacée par les salafistes et les Frères muz’. Rien de nouveau: juste, aujourd’hui, ils ont un public.»

Selon lui, le jilbab (voile long qui couvre l’intégralité du corps mais pas le visage), la barbe longue, le kamis, ce n’est pas de la conviction, mais de l’ostentation. Un bras d’honneur à la société française. A la fois un étendard et une cuirasse identitaire. «Aujourd’hui, les jeunes ne savent même pas écrire leur prénom en arabe, ils ne connaissent aucun verset du Coran, mais se disent musulmans plutôt que Français. Ils vont à la mosquée à la salat de 14 heures pour se montrer, mais tu peux y aller: à celle de 5 heures du matin, y a personne. Ils font des mariages halal pour niquer dans la religion mais dealent leur saloperie sans se poser de questions. C’est des petits cons qui n’ont jamais écouté Brassens, qui ne connaissent que Booba et Scarface. Ils veulent aller à La Mecque parce que ça fait bien, et que ça rachète une virginité au passage. Hop, un petit selfie devant la pierre sacrée, et retour à leur vie d’embrouilles.»

Prostitution de banlieue

Depuis deux ans, la prostitution explose en banlieue. Karima loue ses services sur des sites spécialisés et gagne jusqu'à 8 000 € les bons mois.
Depuis deux ans, la prostitution explose en banlieue. Karima loue ses services sur des sites spécialisés et gagne jusqu’à 8 000 € les bons mois. – Crédits photo : Veronique de Viguerie

Avec le temps, Karima s’est forgé la conviction selon laquelle il n’y aurait au pied des barres que deux chemins de vie possibles: se marier ou se prostituer. Elle a commencé par la première option. Il fallait se «faire valider», comme elle dit. Marcher dans les rangs, faire ce que sa famille et sa «culture» lui commandaient. A 18 ans, elle se marie donc avec son premier amour. Mais l’homme se révèle violent. La validation est une seconde prison. «Dans notre communauté, refuser de se faire sucer par une meuf, c’est une preuve de respect. Lui parler comme à une merde, par contre, ça pose pas de problème. C’est le grand n’importe quoi. Le mien, il voulait que je me teigne en blonde et que je foute le voile dessus. C’est ça, le paradoxe des mecs de banlieue. Ils sont “matrixés”. Ils veulent à la fois une chienne et une fille bien.» Je lui dis que, en y réfléchissant, c’est une variante orientale de la maman et de la putain: un fantasme masculin universel, qui dépasse largement le périphérique. Elle m’objecte que si, dans la culture occidentale, c’est idéalement la même femme qui est censée endosser ce double rôle en alternance, pour les Arabes, il faut en réalité au moins deux femmes. Une pour chaque fonction: une fille «respectable», avec laquelle ils entretiennent une relation sérieuse et qu’ils finissent en général par épouser, et une ou plusieurs filles «inavouables», denrées à la fois périssables et interchangeables, dont ils montrent les photos dénudées aux copains en gloussant.

Karima a divorcé deux ans après s’être mariée, sans parvenir à rompre complètement le lien. Habituée, finalement, à ce type de relation qu’elle a intégré comme la norme. «Matrixée», elle aussi. De ces réconciliations épisodiques est né il y a quatre ans un fils, qu’elle élève seule, comme elle peut, aménageant ses rendez-vous clients en fonction des horaires d’école et des vacances scolaires. Le gosse est un garde-fou, qui la préserve de l’abattage et l’oblige à travailler avec méthode. Karima a mis son annonce sur deux sites – Wannonce et Allo-escorte – et paie 400 euros tous les mois pour qu’elle reste bien référencée. Elle reçoit plus de 150 appels par jour sur ses trois téléphones – un pour chaque site, plus un perso. «La Maghrébine avec des formes, c’est à la mode, y a une mouvance depuis Zahia.»

Ça marche tellement bien qu’elle monnaie ses prestations dans toute la France. «En été, je fais des tournées sur la Côte d’Azur. Je modifie ma localisation sur mon profil, je me pose trois jours à l’hôtel, et ça défile. Mais j’ai des limites. Faut que ça reste humain. Trois clients maxi par jour, à 300 euros de l’heure. Ça écrème. Plus t’es chère, plus t’as des clients classe.» Ses préférés, ce sont les «babtous», des «petits Blancs» traders, dans l’immobilier ou dans le cinéma. Depuis qu’elle a commencé, Karima gagne environ 4000 euros par mois «en étant feignante», 8000 quand elle s’«arrache». Plus la CAF.

La Part du ghetto, de Manon Quérouil-Bruneel et Malek Dehoune, Fayard, 218 p., 17 € .


Pascal Bruckner : « Le terrorisme islamiste reste, et pour longtemps, la menace majeure pour notre sécurité »

Pascal Bruckner : « Le terrorisme islamiste reste, et pour longtemps, la menace majeure pour notre sécurité »

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Le philosophe et essayiste réagit à l’attentat de Carcassonne et de Trèbes. Il y voit la persistance d’une menace islamiste sur notre territoire.

LE FIGARO. – Vendredi matin, un terroriste islamiste a tué deux personnes lors d’une prise d’otages dans un supermarché de Trèbes. Plus tôt, il avait tué un homme et blessé un policier à Carcassonne…

Pascal BRUCKNER. – Daech n’est pas mort. C’est une grenade à fragmentation qui continue à frapper longtemps après le décès prononcé. Certes, il a perdu Raqqa et Mossoul, mais reste vivant dans le cœur et l’esprit de très nombreux radicaux. Il est possible que nous connaissions encore pendant dix ou 20 ans des attentats commis en son nom. Le fait que l’attaque se soit déroulée près de Carcassonne prouve qu’il n’y a pas une parcelle du territoire à l’abri du terrorisme. Les djihadistes ne sont pas des jacobins, ce sont des opportunistes qui tuent partout où ils le peuvent. Et même dans un supermarché de l’Aude. Leur but reste de désorganiser la société en semant la panique dans la population. L’ouvrage La Gestion de la barbarie, le «Mein Kampf» des djihadistes, publié en 2004 sur Internet, détaille cette stratégie de la terreur. Il faut aussi noter que le djihadiste a visé un boucher à l’intérieur du supermarché. Est-ce le hasard ou la volonté de frapper des infidèles qui ne mangent pas halal? On peut toujours le supposer sans en avoir la certitude.

«Les “revenants” sont des bombes vivantes chargées de haine qui vont essayer de faire payer aux citoyens français l’échec de leur guerre en Syrie et en Irak»

L’homme de 26 ans était franco-marocain, connu des services de police pour trafic de stupéfiants, condamné pour port d’arme.

C’est consternant. On se souvient que toute une partie de la classe politique avait hurlé quand l’État d’urgence avait été instauré par Hollande puis pérennisé par Macron en disant que c’était un sacrifice de nos libertés. Il faut croire que dans les deux cas nous ne sommes pas allés assez loin. Il est anormal et épouvantable que cet homme ait pu continuer à se promener sur le territoire alors qu’il avait été condamné et qu’il était surveillé. Il va falloir que la justice réponde de ce manquement inquiétant. Il faudra peut-être envisager un volet législatif avec notamment le rétablissement de la double peine. Au-delà de ce cas, la France ne peut pas garder sur son sol des étrangers condamnés. Cela pose aussi le problème des «revenants». Ce sont des bombes vivantes chargées de haine qui vont essayer de faire payer aux citoyens français l’échec de leur guerre en Syrie et en Irak. On ne peut pas se le permettre. À ce sujet, l’une des phrases les plus pertinentes que j’aie entendues est celle de Florence Parly, notre ministre de la Défense: «Il serait préférable qu’ils périssent sur le terrain.»

Après l’assassinat de deux jeunes filles à Marseille l’année dernière, c’est le deuxième attentat majeur depuis l’élection d’Emmanuel Macron. La lutte sera-t-elle longue?

Le terrorisme islamiste n’est pas derrière nous, il reste, et pour longtemps, la menace majeure pour notre sécurité. Derrière Daech, il y a toujours al-Qaida et ses différentes nébuleuses, et Daech, telle une multinationale du crime, essaime en Afghanistan, en Indonésie, dans le Sinaï (Égypte)et dans beaucoup d’autres pays. L’islamisme ne peut pas mourir. La seule chose qui pourrait l’assécher, c’est une réforme théologique de l’islam qui tarde à venir, si elle arrive jamais. Le problème n’est pas seulement économique, politique ou militaire, il est d’abord culturel. Nous ne pouvons pas réformer l’islam à la place des musulmans. Jusqu’à ce que cette transformation éventuelle ait lieu, il faudra continuer à vivre sous la protection de la police, de l’armée. La menace terroriste restera une épée de Damoclès suspendue au-dessus de toutes les générations du XXIe siècle.

«Le terrorisme et l’intégrisme sont des frères jumeaux qui s’épaulent et agissent par des moyens différents»

Vous avez cosigné avec une centaine d’intellectuels, il y a quelques jours, une tribune publiée par Le Figaro pour mettre en garde contre le séparatisme islamiste. Faites-vous un lien entre ce séparatisme et la violence terroriste?

Aussi bien les salafistes que les Frères musulmans ont compris que la conquête religieuse devait se faire par la prédication et le prêche plutôt que par les bombes. Cependant, le terrorisme et l’intégrisme sont des frères jumeaux qui s’épaulent et agissent par des moyens différents. Les terroristes tuent et font jurisprudence. Ils permettent aux intégristes de dire, «vous voyez si vous n’obéissez pas à nos demandes, abolition des lois sur le voile, statut séparé pour les femmes, cantines halal à l’école, vous aurez des attentats.» Il y a une forme de porosité et de continuité entre les uns et les autres. Il sera aussi intéressant de voir comment des organisations comme l’UOIF (l’Union des organisations islamiques de France) et le CCIF (Comité contre l’islamophobie en France), qui dénoncent «le racisme d’État», vont réagir à cet attentat. Est-ce qu’ils vont expliquer qu’on montre l’islam du doigt? Vont-ils utiliser ce raisonnement tout à fait révisionniste qui sous-entend qu’il n’y a aucun lien entre l’islam et l’islamisme? Les terroristes se revendiquent pourtant bien de l’islam et du Coran. Il ne faut pas oublier qu’al-Azhar, qui est la «Sorbonne» de l’islam sunnite, a attendu la fin de l’année 2014 pour condamner Daech…

L’islam de France est pluriel, l’État doit résolument éviter de choisir les organisations les plus opposées aux valeurs de la République. À cet égard, j’espère que la langue de Benjamin Griveaux a fourché lorsqu’il a jugé notre tribune stigmatisante. Car nous ne confondons pas les musulmans de France avec les organisations séparatistes qui prétendent les représenter. Griveaux a peut-être mal lu la tribune. Il faudrait lui renvoyer pour qu’il comprenne que notre action et celle de son gouvernement sont parallèles, pas antagonistes

Les manuels scolaires de l’Autorité palestinienne 2017-2018 : endoctrinement accru au djihad et au martyre

Les manuels scolaires de l’Autorité palestinienne 2017-2018 : endoctrinement accru au djihad et au martyre

Par B. Chernitsky*

En juillet 2017, les manuels scolaires de l’Autorité palestinienne (AP) pour l’année scolaire 2017-18 ont été publiés. Certains de ces manuels sont nouveaux et d’autres sont restés inchangés. Un examen des manuels d’éducation islamique pour le collège, dont certains ont été remplacés, montre une augmentation significative de la focalisation sur les principes islamiques fondateurs de shahada (martyre), fidaa (autosacrifice) et tadhiya (sacrifice) dans le cadre du djihad pour Allah, et leurs manifestations modernes dans le cadre de la lutte palestinienne contre Israël.

Les manuels présentent le contexte historique de ces principes, décrivant le djihad, la shahada, la fidaa et la tadhiya comme des actes ayant permis aux musulmans de triompher de leurs ennemis aux débuts de l’islam.[1] Les textes incluent des descriptions des récompenses dans le monde futur, promises par Allah aux musulmans qui accomplissent ces actes. A cette fin, les manuels citent des versets du Coran et des traditions tirées de recueils de hadiths évoquant ces récompenses. Les conclusions des chapitres abordant la fidaa et la tadhiya demandent aux élèves de donner des exemples de l’époque du prophète Mohammed et de l’époque contemporaine dans le combat contre Israël.

En sus de glorifier le sacrifice de sa vie, les manuels mentionnent d’autres types de sacrifice, comme celui de ses biens, de son temps et de ses efforts. A quelques endroits, ils évoquent également les aspects de la tolérance religieuse dans la tradition musulmane.

Il est souligné dans les manuels que le ministre de l’Education de l’AP, Sabri Saidam, dirige le comité de planification des programmes scolaires de l’AP, et que le ministre du Waqf, Youssouf Idais, approuve leur contenu.

Le présent rapport examine les valeurs du djihad, de la fidaa et de la tadhiya, et les aspects de tolérance religieuse dans l’islam, tels qu’ils apparaissent dans les nouveaux manuels palestiniens d’éducation islamique destinés aux classes du collège.[2]

Encourager le djihad et la shahada en présentant les récompenses promises au shahid (martyr) dans le monde futur par le Coran et les hadiths

Les manuels d’éducation islamique pour les collèges de l’AP mettent un accent essentiel sur la shahada (martyre) et sur les récompenses promises à ceux qui l’accomplissent, (les shahids), citant des versets du Coran et des hadiths concernant les guerres musulmanes aux débuts de l’islam, et présentant la shahada comme une valeur suprême et un acte noble de sacrifice dont les récompenses sont immédiates.

Le prophète Mohammed encourage les musulmans à mener le djihad pour atteindre le Paradis

Texte sur le Prophète appelant les croyants à combattre et à atteindre le Paradis
Texte sur le Prophète appelant les croyants à combattre et à atteindre le Paradis.

Le manuel d’éducation islamique pour la Cinquième (1ere partie) décrit la victoire des musulmans contre leurs ennemis, la tribu des Qoraychites, lors de la bataille de Badr (624),[3] évoquée dans la tradition musulmane comme la bataille du petit nombre contre le grand nombre (300 musulmans contre 900 combattants ennemis non-musulmans). Le manuel souligne que les musulmans ont gagné grâce à leur détermination d’accomplir le martyre (istishhad) : « Lorsque les combats sont devenus acharnés… le Messager d’Allah [le prophète Mohammed] encouragea les musulmans à combattre en leur disant : ‘Levez-vous [et combattez afin d’atteindre] le Paradis, qui est aussi étendu que le ciel et la terre’.[4] Les musulmans attaquèrent l’armée polythéiste de plein fouet, car leur foi intense et leur désir honnête les incitaient à sacrifier leurs âmes. En conséquence, les polythéistes furent vaincus, et les musulmans obtinrent une immense victoire… » [5]

Coran 47 (Sourate Mohammed) : La guerre contre les infidèles, les récompenses du shahid

Le manuel d’éducation islamique de Troisième (1ere partie) porte essentiellement sur le djihad et la shahada pour Allah. Une section consacrée à la 47e sourate du Coran (Sourate Mohammed) présente la sourate dans son intégralité et se focalise particulièrement sur le traitement distinct réservé par Allah aux « croyants » et aux « infidèles ». Dans la sourate, Allah tue les infidèles et exhorte les croyants à les combattre. Ceux qui deviennent des martyrs pour Sa Cause sont récompensés par le Paradis, tout comme « les Justes ». L’on peut lire dans l’introduction à la sourate qu’elle est également nommée la « Sourate du Combat », car elle décrit « la guerre contre les infidèles ». Il est également mentionné : « Le sujet principal de cette sourate est le djihad pour Allah et […] ses versets promettent à ceux qui suivent le Prophète, ainsi qu’à ceux qui mènent le djihad pour [Allah] et défendent Sa religion, toutes les récompenses dans ce monde, et la vie éternelle dans le monde futur. » [6]

Les récompenses du shahid selon le hadith

Dans la section suivante du manuel, on peut lire qu’ « Allah le Tout-Puissant souhaite prendre des shahids parmi les croyants afin de les honorer en leur accordant le martyre, de pardonner leurs péchés et de les exalter au Paradis ». Il cite ensuite le hadith énumérant six récompenses du martyr : « Allah récompense le shahid par six récompenses : par la première goutte de son sang, ses péchés sont pardonnés ; il contemple sa place au Paradis ; les tourments du tombeau lui sont épargnés ; l’horreur du Jour du Jugement lui est épargnée ; il est couronné de la couronne de gloire, dont les pierres précieuses valent plus que tout au monde ; il épouse 72 femmes aux yeux noirs ; il est garant de 70 membres de sa famille [qui seront acceptés au Paradis]. » [7]

Le hadith sur les six récompenses du shahid.

Allah récompense celui qui sacrifie sa vie pour Lui

Le même manuel raconte l’histoire du compagnon du Prophète, Jafar bin Abi Talib, l’un des premiers convertis à l’islam et le frère du quatrième Calife, Ali bin Abi Talib. Cette histoire souligne son empressement à combattre malgré ses blessures, mû par son désir d’atteindre le Paradis. Citant des hadiths du Sahih Bukhari, le texte note que Jafar bin Abi Talib mena la Bataille de Mutah contre les Byzantins (en 629). Au plus fort de la bataille, il descendit de son cheval et appela les musulmans à intensifier leurs combats, leur promettant que le Paradis les attendait, et disant : « Comme le Paradis est merveilleux lorsqu’il se rapproche ! Comme sa boisson est plaisante et fraîche ! La punition pour les Byzantins n’est pas loin ! Je dois les combattre lorsque je les rencontre ! »

Les paroles d’encouragement de Jafar bin Abi Talib à ses combattants.

L’on apprend plus loin que Jafar a continué de mener la bataille même lorsque les ennemis lui eurent coupé les deux bras, jusqu’à ce qu’il obtienne la shahada. En outre, « Allah l’a récompensé et l’a honoré pour son courage et son sacrifice. Il lui a donné des ailes pour qu’il puisse voler jusqu’au Paradis. C’est pourquoi il est connu sous le nom de « l’Ailé ». Le manuel souligne le fait que cette histoire démontre « qu’Allah honore ceux qui se sacrifient pour Lui ».[8]

Les valeurs de la tadhiya et de la fidaa

En sus de la valeur de la shahada, les manuels scolaires de l’AP mettent en lumière celles de la tadhiya (sacrifice) et de la fidaa (autosacrifice). Les manuels énumèrent plusieurs types de sacrifice – celui de sa vie, de ses biens, de son temps et de ses efforts – notant que « le sacrifice de la vie » est le type « le plus noble », comme mentionné dans le manuel de Cinquième.[9] Pour établir que la tadhiya et la fidaa ne sont pas seulement des valeurs historiques mais sont toujours pertinentes aujourd’hui, il est demandé aux élèves de donner des exemples datant aussi bien des débuts de l’ère islamique que de l’époque contemporaine, concernant les Palestiniens.

Le chapitre sur la tadhiya et la fidaa dans le manuel de Cinquième

Le manuel d’éducation islamique pour la classe de Cinquième (1ere partie) consacre un chapitre entier [10] au sujet de la tadhiya et de la fidaa, citant les versets du Coran pertinents et leurs interprétations, soulignant qu’elles apportent l’honneur à la nation musulmane, et présentant des exemples variés de sacrifices des compagnons du Prophète. La première page du chapitre cite un verset du Coran qui promet le Paradis à ceux qui combattent pour Allah : « Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah : ils tuent, et ils se font tuer. » (Coran, 9:111). [11] Cette page présente également les objectifs du chapitre : « [Les élèves] apprendront le concept de tadhiya et de fidaa », « comprendront son statut », « tireront des conclusions concernant son importance » et « en apprécieront la valeur ».

La page suivante explique que « l’islam encourage le sacrifice [tadhiya] de tout ce qui est précieux pour Allah et encourage la fidaa [pour Lui] ». Elle clarifie le fait que les termes de « tadhiya » et de « fidaa » signifient « donner son âme, ses biens, son temps ou ses efforts pour Allah. » [12]

« Une nation dont les fils ne se sacrifient pour sa liberté et sa puissance est une nation faible et humiliée »

Sous le titre « Le statut de la tadhiya et de la fidaa dans l’islam », le chapitre explique : « Allah a promis à ses croyants fidèles, qui se sacrifient pour Lui, la victoire et la puissance dans ce monde et le Paradis dans le monde à venir ». Cette déclaration est suivie de versets coraniques qui l’illustrent : « Ô vous qui avez cru ! Vous indiquerai-je un commerce qui vous sauvera d’un châtiment douloureux ? Vous croyez en Allah et en Son messager et vous combattez avec vos biens et vos personnes dans le chemin d’Allah, et cela vous est bien meilleur, si vous saviez ! Il vous pardonnera vos péchés et vous fera entrer dans des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, et dans des demeures agréables dans les jardins d’Eden. Voilà l’énorme succès et Il vous accordera d’autres choses encore que vous aimez bien: un secours [venant] d’Allah et une victoire prochaine. Et annonce la bonne nouvelle aux croyants. » (Coran 61:10-13).

S’ensuit une explication associant le concept de sacrifice [tadhiya] aux valeurs générales d’honneur, de liberté et de puissance : « Le sacrifice est le moyen par lequel les nations atteignent l’honneur, la puissance et la liberté. Une nation dont les fils ne se sacrifient pas au nom de sa liberté et de sa puissance est une nation faible et humiliée. C’est pourquoi l’islam nous a ordonné de nous sacrifier pour Allah, afin de repousser l’agression contre les terres musulmanes. Un musulman doit se sacrifier et endurer des souffrances pour Allah. C’est la [clé] d’une vie honorable et d’une mort honorable. » [13]

Le statut de la tadhiya et de la fidaa dans l’islam.

Les derniers exercices du chapitre visent à encourager l’engagement émotionnel envers les valeurs de tadhiya et de fidaa, en établissant un lien entre ces valeurs à l’époque du Prophète et à l’époque moderne concernant les Palestiniens. Dans l’exercice 1, il est demandé à l’élève de « discuter de l’un des raids [les batailles] du Prophète et d’écrire sur un acte de tadhiya et de fidaa ayant eu un impact sur lui [l’élève] ». Dans l’exercice 2, il est demandé aux élèves de décrire « des actes de tadhiya et de fidaa menés par le peuple palestinien ».[14]

Exercices 1 et 2, demandant aux élèves de discuter d’actes de tadhiya et fidaa de l’époque du Prophète et des Palestiniens.

Glorifier les actes de sacrifice des femmes

Le manuel d’éducation islamique pour la Quatrième (1ere partie) consacre plusieurs sections au sacrifice consenti par des femmes. Le chapitre sur les compagnonnes du Prophète glorifie les femmes qui combattaient à ses côtés, qu’il présente comme la preuve que « l’islam exalte le statut des femmes et les estime plus que toute autre religion », et observant que les femmes sont « les sœurs des hommes dans le sacrifice et dans l’amour d’autrui ». Le chapitre présente deux femmes comme modèles : Oumm Amara et Oumm Salim. La première est décrite comme « un modèle d’émulation de sacrifice et d’amour du Prophète » ainsi que de patience, car son fils a été tué lors d’une mission accomplie pour le Prophète. Il est également observé qu’elle a combattu aux côtés du Prophète lors de la bataille de Uhud (625) et a même été blessée, et que « son désir intense de [se battre pour Allah] n’a jamais faibli, même après avoir été blessée onze fois dans la Bataille de Yamama (632) et après la mort de son époux [dans cette bataille] ». Au sujet d’Oumm Salim, l’on apprend qu’elle a combattu aux côtés du Prophète lors de la bataille de Uhud et de celle de Hunayn (632). La dernière partie du chapitre établit de nouveau un lien entre la période des débuts de l’islam et la situation actuelle des Palestiniens, affirmant que « les femmes palestiniennes sont devenus des parangons de tadhiya et de fidaa » et demandant aux élèves de nommer plusieurs de ces femmes. Un autre exercice leur demande de résumer le rôle d’Oumm Amara et de ses deux fils dans la bataille de Yamama. [15]

Exercice de groupe : nommez plusieurs femmes palestiniennes ayant été des modèles de tadhiya et de fidaa ; résumez le rôle d’Oumm Amara et de ses deux fils dans la Bataille de Yamama.

* B. Chernitsky est chargée de recherche à MEMRI

La Macédoine considère la haine d’Israël étant de l’antisémitisme.

 

La Macédoine considère la haine d’Israël étant de l’antisémitisme.

Après le Royaume-Uni, la Roumanie et la Bulgarie, c’est au tour de la Macédoine d’adopter une définition de l’antisémitisme qui inclut la diabolisation d’Israël. Le pays des Balkans commémore cette semaine le 75ème anniversaire de la déportation des juifs du pays pendant la Shoah. C’est à cette occasion que le Congrès Juif Mondial nous apprend sur son site que le pays a adopté la définition de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste.

Un Centre de la mémoire de l’Holocauste pour les Juifs de Macédoine sera inauguré le mois prochain et racontera l’histoire de la communauté juive du pays de ses prémisses il y a deux millénaires, en passant par son expansion en tant que pays refuge au moment de l’Inquisition espagnole, jusqu’à la Macédoine post-Holocauste. L’édifice a été conçu par Berenbaum Jacobs Associates.

La quasi totalité des juifs de Macédoine, soit plus de 10 000 personnes, ont été assassinées pendant la Seconde Guerre Mondiale, à Treblinka, un camp allemand en Pologne occupée. Les forces bulgares, qui dirigeaient la Macédoine avec la bénédiction de l’Allemagne nazie, les ont déportés.

Ces deux dernières années, plusieurs pays européens, au même titre que le Parlement européen lui-même, ont adopté la définition de l’antisémitisme proposée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste. Cette définition date de 2016 et était consécutive à la suppression du site de l’organe de l’Union européenne chargée de lutter contre l’antisémitisme d’une définition technique de l’antisémitisme qui incluait des exemples de discours pleins de haine à l’égard d’Israël.

Cette suppression résultait de pressions venues de militants pro-palestiniens. Un porte-parole de l’Union Européenne avait déclaré en 2013 que la définition n’avait jamais été officielle. Israël, à l’époque, avait protesté contre son retrait.

Selon la nouvelle définition, l’antisémitisme « pourrait inclure le fait de prendre pour cible l’Etat d’Israël, en tant que collectivité juive, même si « les critiques à l’égard d’Israël semblables à celles formulées contre tout autre pays ne puissent être considérées comme antisémites. »

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Claude Goasguen : « La France n’a pas de leçons à donner à Israël »

Claude Goasguen : « La France n’a pas de leçons à donner à Israël

PUBLIÉ PAR CHRISTIAN LARNET LE 12 MARS 2018

Puissante intervention de Claude Goasguen à l’Assemblée nationale, en réponse aux propos d’un communiste à propos de l’accord entre l’UE et Israël sur les services aériens :

Les communistes, toujours à l’avant scène pour défendre les dirigeants politiques qui font le plus souffrir leur peuple, avaient réclamé une séance spéciale pour évoquer l’accord entre l’Union européenne et Israël dans le domaine des services aériens. Jean-Paul Lecoq, député communiste s’est farouchement opposé à ce que cet accord puisse s’appliquer à Israël.

Goasguen l’a vertement renvoyé à ses leçons de géopolitique.

 

Enquête: des associations antirépublicaines subventionnées par l’Etat

Enquête: des associations antirépublicaines subventionnées par l’Etat

Associations de bienfaiteurs


Aux quatre coins de l’Hexagone, des islamistes militants propagent leur idéologie dans des associations aux missions a priori louables (sport, culture, soutien scolaire) avec la fréquente complicité des collectivités locales. Enquête.


« Comme la fonction d’adjoint au maire en charge du logement, celle de délégué à la vie associative est un poste déterminant dans les villes. Les risques de clientélisme se révèlent particulièrement élevés. » Marie-Laure Brossier en sait quelque chose. Cette élue (LREM) de l’opposition à Bagnolet observe depuis plusieurs années les dérives sur le terrain. Et en banlieue parisienne, elles ne manquent pas. « Ces mouvements viennent s’installer où les territoires sont accueillants car ils ne s’y heurtent à aucune résistance, au contraire, ils sont souvent accueillis officiellement par les élus », ajoute-t-elle. Elle vise en l’occurrence deux collectifs tous deux dirigés par Fatima Ouassak. Cette plume des Indigènes de la République, « politologue », a fondé Ensemble pour les enfants de Bagnolet (EEB) puis le Front de mères, association bien plus politisée que sa cadette. Les combats d’EEB tournent autour des dangers des écrans pour les plus jeunes ainsi que de la mise en place de menus « sans viande » dans les cantines scolaires. À ceux qui seraient tentés de voir l’enjeu du hallal dans cette bataille pour des menus végétariens, l’association oppose un discours bien plus universaliste centré sur la santé publique.

Contre la France « raciste »

Il faut cependant préciser que l’école inquiète beaucoup Fatima Ouassak et les membres de Front de mères qui pensent que le système scolaire français est par nature raciste. Dans une tribune publiée il y a un an pour le lancement de l’organisation, la militante apostrophait les « parents noirs, arabes et musulmans, habitant les quartiers populaires » : « Êtes-vous sereins quand vous confiez vos enfants à l’école le matin ? »On pouvait lire que l’école apprend aux enfants « à avoir honte de ce qu’ils sont », « à ne pas respecter les valeurs que nous essayons de leur transmettre » sans oublier de leur inculquer « la hiérarchisation raciale ». La chanson bien connue des Indigènes de la République…

« Une association anodine consacrée aux écrans et à la malbouffe comme EEB a en réalité pour objectif de recruter des militants que l’on pourra diriger vers le collectif politique, Front de mères, afin de pouvoir ensuite peser aux prochaines élections municipales », explique Marie-Laure Brossier. Celle-ci a signalé aux élus de Bagnolet les prises de position de Fatima Ouassak et celles de Youcef Brakni, militant indigéniste, porte-parole de la famille Traoré, qui affirme tranquillement que la police, en France, « tue des Noirs et des Arabes dans les quartiers populaires ». Pas de quoi émouvoir la majorité à Bagnolet.

Associations de déscolarisation

Véritables paravents, certaines associations peuvent même abriter en leur sein des écoles coraniques clandestines. En 2016, l’association Tous ensemble, à Évry (Essonne), qui prétendait proposer du « soutien scolaire, l’apprentissage des langues, l’alphabétisation pour étrangers » a été fermée sur ordre de la mairie et de la préfecture. L’association était en réalité une école coranique clandestine et prodiguait des cours de Coran et de sciences religieuses à des enfants âgés de trois à six ans. À en croire certains élus locaux, ce type d’enseignement est en forte recrudescence. « Pour éviter tout problème avec les autorités, des parents scolarisent leurs enfants à domicile via le CNED, observe un maire sous couvert d’anonymat. Mais les enfants ne suivent pas les cours par correspondance. Les parents les emmènent dans des centres communautaires, voire des écoles coraniques clandestines. » Alors que le pays compte plus d’un million d’associations, le nombre d’enfants instruits à domicile a doublé entre 2008 et 2015, passant de 13 500 à près de 25 000. Difficile dans ces conditions d’assurer un contrôle rigoureux… Pour le centenaire de la loi de 1901, un rapport du Conseil d’État publié en 1999 pointait du doigt « les dérives ou abus de certaines associations », tout en souhaitant éviter de modifier la loi. Près de 20 ans plus tard, des associations fabriquent sur notre sol des petits musulmans plus à l’aise à la Mecque qu’en France.

Certains maires, soucieux de limiter les esclandres, préfèrent jouer la discrétion et évitent d’accorder des subventions aux organisations sulfureuses. L’aide se transforme alors en prêt de locaux municipaux ou en soutien ponctuel à l’association lors de manifestations. Pour l’organisation de sa conférence en février dernier, « La viande, la fin d’un mythe », Fatima Ouassak a bénéficié d’une salle de la ville de Bagnolet. Étaient présents à la conférence le maire de Fontenay-sous-Bois, qui a déclaré souhaiter « une cuisine inclusive », des anciens élus de la majorité communiste, des élus insoumis, un militant d’Act Up, l’élu (FG) de Saint-Denis Madjid Messaoudene, qui trouve islamophobe l’interdiction de la burka : c’était en somme l’intersectionnalité des luttes incarnée.

Sous couvert de missions d’intérêt général, des associations véhiculent une idéologie contraire aux valeurs républicaines

Du reste, quand ce ne sont pas les associations qui propagent la bonne parole et les revendications islamo-gauchistes, les élus s’en chargent directement. Alors qu’il avait pris ses fonctions depuis peu, Merouan Hakem, adjoint au maire de Bagnolet en charge de la vie associative, s’est rapproché de la seule association féministe, à l’époque, Femmes solidaires. Michelle Barte, présidente de l’association, se souvient de la conversation : « Il a évoqué l’idée de mettre en place des horaires de piscine réservés aux femmes. Évoquant les complexes qu’elles pouvaient avoir, il expliquait qu’il pouvait être difficile de se mettre en maillot de bain devant des hommes. » Un discours contraire aux principes de cette militante féministe, ancienne communiste. L’affaire remonte jusqu’au conseil municipal. Interrogé sur son projet, Merouan Hakem rétorque qu’il s’agissait… d’une plaisanterie. Contacté, le maire de Bagnolet n’a pas donné suite à nos sollicitations. Quant à Merouam Hakem, il nous a assuré au téléphone qu’il avait « beaucoup de choses à dire sur le clientélisme », avant de raccrocher et d’oublier de nous rappeler.

La problématique n’est pas propre à la banlieue parisienne. Ailleurs sur le territoire français, des associations propagent sous couvert de missions d’intérêt général une idéologie contraire aux valeurs républicaines. Même la ville de Robert Ménard n’y échappe pas. À Béziers, Mehdi Roland, musulman converti de 39 ans qui se présente comme un « communicant », s’est lancé dans un bras de fer avec la municipalité. Membre de plusieurs associations, il est devenu une figure emblématique du militantisme islamique biterrois, notamment dans les deux zones prioritaires de la politique de la ville que sont le centre et le quartier de la Devèze. C’est dans ce quartier difficile que se situe son association culturelle Esprit libre depuis une dizaine d’années. Objectif affiché : « L’épanouissement intellectuel, interculturel et la cohésion entre les habitants de la ville de Béziers. » Dans les faits, l’association promeut le boycott des produits israéliens, compare les musulmans biterrois aux juifs des années 1930, met en place des soupes populaires hallal, et fait chanter de jeunes enfants, garçons en qamis et fillettes voilées, lors de la fête du quartier.

Buste de Marianne décapitée

Sur les réseaux sociaux, Mehdi Roland, qui arbore aussi la casquette de porte-parole local du CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France), n’avance pas masqué. En 2013, il publiait la photo d’un buste de Marianne décapitée. À la place de la tête, un Coran. Il a, depuis, effacé le post. Pas de quoi lui fermer les portes des réceptions officielles… Le 4 septembre 2016, lors de la cérémonie pour l’anniversaire de la IIIe République, Mehdi Roland est convié au discours du sous-préfet. Le maire de Béziers, Robert Ménard, également présent, s’en offusque et quitte le lieu.

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À Lunel aussi, la mairie a décidé de réagir. Dans cette ville surnommée un temps « Djihad City » pour sa vingtaine de jeunes partis rejoindre les rangs de Daech, le club de football était devenu une association sportive islamique. Prières dans les vestiaires, équipe féminine entraînée par une femme voilée… L’US Lunel était appelé « l’US Barbus ». « Ça partait dans tous les sens, la ville en pâtissait », commente Philippe Moissonnier, élu socialiste. L’année dernière, le conseil municipal décide de sévir. Un règlement est adopté à l’unanimité ; les pratiques religieuses sont désormais interdites au sein du club.

C’est ainsi que certaines municipalités font le choix d’accommodements peu raisonnables qui leur permettent de nouer se constituer dans le tissu associatif de la ville des liens une réserve de voix susceptible de faire la différence lors des élections. Ainsi l’islamisme progresse-t-il tranquillement grâce au clientélisme ordinaire.

Quand Tariq Ramadan voulait venir chez Alain Juppé

Quand Tariq Ramadan voulait venir chez Alain Juppé

Dans un livre, Virginie Calmels raconte comment la venue à Bordeaux de l’islamologue révèle « la vision molle » des équipes de Juppé dans le combat identitaire.

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Publié le | Le Point.fr
Alain Juppe et Tariq Ramadan
Alain Juppé et Tariq Ramadan © Jacques Witt (SIPA) / Mehdi Fedouach (AFP)

La Macédoine se souvient de l’extermination des Juifs du pays

La Macédoine se souvient de l’extermination des Juifs du pays

Des centaines d’habitants de Skopje se sont rassemblés pour le 75e anniversaire de la déportation des Juifs de Macédoine à Treblinka

Le camp d'extermination de Treblinka avec l'expression "Plus jamais ça" en différentes langues (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Le camp d’extermination de Treblinka avec l’expression “Plus jamais ça” en différentes langues (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Des centaines d’habitants de Skopje ont marché lundi aux côtés de leur Premier ministre Zoran Zaev et de son homologue bulgare Boïko Borissov pour le 75e anniversaire de la déportation à Treblinka des Juifs de Macédoine.

En mars 1943, 7 144 Juifs de Skopje, Bitola et Stip, soit la quasi totalité la communauté juive de Macédoine, ont été réunis dans les entrepôts d’une usine de tabac locale, avant d’être envoyés en trois convois dans le camp d’extermination en Pologne. Cette usine était à l’époque sous responsabilité bulgare, Sofia étant alors alliée des nazis.

Le cortège s’est rendu lundi du centre de Skopje à cette usine. Ont également défilé Jacek Czaputowicz, ministre polonais des Affaires étrangères, et Denis Zvizdic, Premier ministre bosnien.

« Cet espace a été le théâtre d’un grand crime contre nos citoyens » dont « le seul crime était leur existence, leur culture, leur tradition, leur communauté », a déclaré Zoran Zaev.

« Nous avons le devoir de nous souvenir de la tragédie des victimes de l’Holocauste et faire en sorte que de tels événements ne se reproduisent plus », a dit Boïko Borissov.

Des marches similaires ont eu lieu à Bitola (sud-ouest) et Stip (centre), les deux autres villes de Macédoine où vivaient les Juifs.

Environ 200 Juifs vivent encore en Macédoine, ex-république yougoslave d’environ 2 millions d’habitants.

Raphaël Enthoven dénonce des attaques antisémites contre son fils Aurélien

Raphaël Enthoven dénonce des attaques antisémites contre son fils Aurélien

Aurélien Enthoven, jeune youtubeur, a réalisé une vidéo contre le racisme.

Dans un message publié sur Facebook, Raphaël Enthoven publie une capture d’écran d’un site se présentant comme “le plus engagé contre les Français de papiers”. Le chroniqueur radio accompagne l’image d’un court texte, indiquant que son fils, connu sur les réseaux sociaux sous le nom de Gigantoraptor, “fait l’objet d’innombrables attaques antisémites d’une violence absolue”.

“Leurs auteurs, tous leurs auteurs, s’en repentiront”, termine-t-il.

Avec plus de 35.000 abonnés, la chaîne d’Aurélien, renommé Giganto, et son compère Julien, évoque “la théorie de l’évolution, la zoologie, la paléontologie et le scepticisme”. “Nous faisons également des critiques scientifiques (…) ou autres débunkages. Une véritable croisade contre l’anti-évolutionnisme, la désinformation et le complotisme”, indiquent aussi les deux youtubeurs dans la description de leur chaîne.

Dans une vidéo publiée le 6 mars, Aurélien Enthoven et Julien expliquent notamment la différence entre racialisme et racisme, détaillent les différents racismes “institutionnel”, “culturel” et “individuel”, puis démontent les arguments utilisés par justifier le racisme et le racialisme, biologie et génétique à l’appui.

C’est cette vidéo qui a valu à Aurélien Enthoven d’être la cible d’un site radical, dans un billet utilisant le vocable de l’antisémitisme et maniant les insultes.

Sur son compte Facebook, Gigantoraptor a posté un message avec plusieurs captures d’écran de commentaires antisémites, recueillis dans les commentaires laissés sous sa vidéo. “On verra ça au tribunal”, annonce-t-il.

Le jeune homme a reçu de nombreux messages de soutien, dont celui de la Secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.

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Allemagne : l’Antisémitisme musulman et d’extrême-droite sur Internet© 

Allemagne : l’Antisémitisme musulman et d’extrême-droite sur Internet© 

Le Bureau de la Sécurité de l’Etat fédéral de Hesse  en Allemagne, a publié un rapport sur l’antisémitisme sur les réseaux internet allemands, rédigé par Ann-Christin Wegener[1]. L’étude se focalise sur les manifestations et l’arrière-fond idéologique de l’agitation antisémite sur les réseaux sociaux, en Allemagne.

Wegener écrit que les autorités allemandes ont pour habitude de prétendre que 90% des incidents antisémites seraient provoqués par l’extrême-droite. Elle suggère que cela résulte de la façon dont la police relate les incidents antisémites[2].

Tant qu’on ne sait rien  sur la motivation des auteurs, ces incidents sont identifies comme motives par une orientation politique d’extrême-droite. Les crimes de haine commis en langue arabe ou en turque débouchent sur encore moins de plaints que ceux perpétrés en allemande[3].

On doit aussi prendre en compte le fait que beaucoup d’incidents antisémites ne sont pas mentionnés ou qu’ils ne se traduisent pas automatiquement par le dépôt de plaintes. On estime que moins d’un quart des victimes juives de l’antisémitisme porte plainte à la police ou auprès de la communauté juive[4].

L’auteur remarque que’on ne porte que très peu d’attention aux crimes et aux attitudes antisémites des Musulmans en Allemagne. Elle fait aussi référence à certains incidents qui ont un peu plus attiré l’attention du public. L’un des plus choquant a été le passage à tabac d’un rabbin à Berlin en 2012. Deux ans plus tard, des manifestants antisionistes ont crié : “Hamas, Hamas, les Juifs au gaz” dans plusieurs villes d’Allemagne.

Un autre incident, qui a fait l’objet d’une certaine médiatisation, s’est déroulé à l’été 2017, quand un enfant juif a quitté son école de Berlin après y avoir été gravement harcelé par des élèves musulmans. Wegener écrit : “Tout ceci en dit encore trop eu sur la comparaison quantitative entre l’antisémitisme musulman et celui de l’extrême-droite[5]“.

L’antisémitisme musulman en Europe reste grandement sous-étudié. De nombreuses instances ont tenté d’établir des données statistiques et de recueillir d’autres types d’information sur les attitudes antisémites par les migrants musulmans et leurs descendants à l’écart des projecteurs.

Cela s’est passé ainsi, malgré le fait que tous les meurtres résolus de Juifs en Europe occidentale, au cours de la dernière décennie, ont été commis par des Musulmans. La même chose est largement vraie dans le cas d’autres incidents antisémites d’une gravité extrême. Parmi ceux-ci on trouve des agressions graves contre des synagogues en France.

Un exemple classique parmi tant d’autres de ces dissimulations de l’information est apparu en 2003. Le Centre de Recherche sur l’Antisémitisme de l’Université Technique de Berlin (CRA) a terminé son étude sur l’antisémitisme européen. Il avait été chargé de préparer ce rapport par le Centre Européen d’Observation du Racisme et de la Xénophobie (EUMC). -Cette organisation a été remplacée par l’Agence de l’Union Européenne pour les Droits Fondamentaux, le FRA en 2007.-

Le CRA avait identifié que c’étaient les jeunes Musulmans d’origine arabe qui étaient les pires auteurs d’attaques physiques contre les Juifs et de profanations et de destructions de synagogues. Du coup, l’EUMC a choisi de ne pas publier ce rapport. Le CRA déclarait que la raison pour laquelle le document n’avait pas été publié est qu’il exposait les trop nombreux auteurs d’actes antisémites comme étant fréquemment musulmans. Les chercheurs ont aussi mentionné que l’EUMC a fait pression sur eux pour qu’ls maquillent leurs résultats. A la fin 2003, le Congrès Juif Mondial a décidé de publier le projet de rapport du CRA sur Internet, en révélant ainsi les tentatives de manipulation de l’EUMC[6].

Dans ce cadre et de diverses autres manipulations de la vérité, l’étude de Wegener est particulièrement importante. L’auteur enquête sur l’antisémitisme sur internet. Elle a sélectionné plusieurs sources fondamentales. Elles comprennent les comptes Facebook du principal quotidien allemand, Bild et de Focus, l’un des trois  principaux hebdomadaires. Elle a aussi fait des recherches sur les réseaux YouTube, qui ont une plus grande audience que Twitter.

Wegener en vient à la conclusion qu’en ce qui concerne Israël et le conflit au Moyen-Orient, le site internet du Spiegel TV [7] est le principal organe à contenus antisémites. Elle a pu découvrir qu’Israël et le conflit du Moyen-Orient prévalent de manière incomparable, sur ces sites internet, plutôt que le thème des Juifs d’Allemagne.

Wegener a utilisé un certain nombre de mots-clés dans sa recherche, qui s’énoncent comme suit : Juifs, Judaïsme, juif, Israël et antisémitisme[8]. Son étude détaillée, qui n’est disponible qu’en allemand, parvient à un certain nombre de conclusions importantes. Concernant les commentaires sur les Juifs et le Judaïsme, ceux qui sont d’origine musulmane et ceux qui sont d’extrême-droite sont en nombre égal[9]. Wegener a aussi découvert que le discours public à la fois sur le Judaïsme et Israël, sur les réseaux sociaux allemands, contient une quantité importante d’antisémitisme[10].

Wegener en conclut que les commentaires antisémites ont gravement augmenté en 2014. Elle observe que le conflit à Gaza et les manifestations antisionistes qui lui ont fait suite ont préparé le terrain à cette augmentation.

Concernant Israël et le conflit au Moyen-Orient, environ la moitié des commentaires antisémites sont proférés par des gens de culture et d’origine musulmane. Il n’y a que 10% d’entre eux qui provient de la droite de la droite. On na pas pu identifier la provenance dans 40% des cas. Entre 2010 et 2013, cependant, 37% des commentaires antisémites, provenaient de la droite et 16% venaient de gens de milieu musulman[11]. Weneger conclut que la haine d’Israël ne fait qu”augmenter parmi la communauté musulmane allemande.

En ce qui concerne l’antisémitisme et la Shoah, presque tous ceux qu’on cite comme coupables de négation de la Shoah, l’extrême-droite est largement dominante et les Musulmans bien moins nombreux.

Il y a néanmoins une considération qui doit guider le lecteur vers une conclusion quelque peu différente. Aucun site en arabe ou en turc n’a fait l’objet d’une enquête. Sur ceux-ci, presque toutes les remarques antisémites proviennent nécessairement de Musulmans. Ainsi, l’antisémitisme musulman sur l’internet allemand dépasse largement celui de l’extrême-droite.

La conclusion fondamentale de Wegener est que la société, les hommes politiques et les services de renseignement doivent explorer l’antisémitisme parmi les Musulmans sans négliger l’antisémitisme de l’extrême-droite. Une telle observation reste impopulaire parmi des segments substantiels des courants d’opinions dominants en Allemagne et d’autant plus dans la gauche de ce pays.

Par Manfred Gerstenfeld