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COURAGEUX MAIS PAS TÉMÉRAIRES

© CHRISTOPHE SIMON / AFP 

Ils ont été des milliers à manifester pour Adama Traoré ! Mais combien d’entre eux seraient prêts à faire quelque chose pour le Mali, dont leurs familles sont issues et où meurent des soldats français ? 

Il est en effet plus agréable d’affronter la police française, raciste et colonialiste, que les djihadistes. 

Avec Benoît Rayski Pour ATLANTICO

Il y a environ 120.000 Maliens en France. Rien qu’à Montreuil, première ville malienne d’Europe, ils sont environ 30.000. Très pauvres pour la majorité d’entre eux. Travailleurs et pacifiques pour la plupart.

Un certain nombre de ces Maliens – mais seulement un certain nombre – clament leur haine de la France. Ils disent vouloir venger Adama Traoré. Ils se livrent à des émeutes et à des pillages supposés exprimer leur douleur.

Le Mali est un grand pays : 19 millions d’habitants. Un des plus pauvres du monde. Plus de 90% de sa population est de confession musulmane et pratique un islam rigoriste. Insuffisamment rigoriste aux yeux des djihadistes qui combattent pour l’application entière et stricte de la charia.

Contre les fanatiques islamistes, l’armée malienne n’est pas de taille. Face aux djihadistes qui sont des guerriers du désert, elle capitule ou se débande. C’est pourquoi la France a été obligée d’envoyer des troupes là-bas. Sans leur présence, le Mali serait devenu depuis longtemps un émirat islamique.

Lors des opérations Serval et Barkhane, 46 soldats français ont trouvé la mort. Ils avaient l’âge d’Adama Traoré dont il est tant, et si bruyamment, question. Ils sont morts pour protéger les familles, restées au pays, de ceux qui hurlent contre la police française.

Ce sont eux, pas l’armée malienne, qui ont libéré Tombouctou. Ce sont eux qui aident l’Etat malien chancelant à se tenir à peu près debout. Et c’est la France qui paie les soldes des militaires maliens et qui, en annulant régulièrement la dette de ce pays, renfloue le budget du Mali.

Mais il paraît – les manifestants enflammés par Assa Traoré en sont convaincus – que nous pillons l’Afrique. Au Mali, pas d’or, pas de diamants, pas de pétrole, pas d’uranium, pas de gaz. Là-bas, il n’y a rien à piller.

Alors pourquoi y sommes-nous ? Parce que le Mali, indépendant depuis 60 ans, a été une colonie française. De cette période coloniale, nous avons hérité de l’obligation d’aider ceux que nous avons jadis opprimés. Un fardeau, pas un cadeau.

Les manifestants qui crient « la police assassine » ne connaissent pas les noms des 46 Français morts pour protéger les leurs. Pour ceux  d’entre eux – délinquants, émeutiers et pilleurs – qui seraient condamnés par la justice une punition devrait s’imposer : recopier des centaines de fois les 46 noms de nos soldats qui sont tombés à leur place. Oui à leur place ! Car s’ils aimaient réellement leur patrie, ils prendraient l’avion pour s’enrôler dans l’armée malienne.  

Ps : Le maire communiste de Stains vient d’inaugurer une fresque en hommage à Adama Traoré. Y figure cette inscription : « contre le racisme et les violences policières ». Aucune mention n’est faite, et c’est regrettable, du lourd casier judiciaire du frère d’Assa Traoré. Question : il y a combien d’électeurs noirs à Stains ?  

Ce syndrome Camélia Jordana qui affaiblit la démocratie française

DANGER PUBLIC

Les propos de la chanteuse Camélia Jordana sur la police ont été repris par le député Aurélien Taché. N’y-a-t-il par une contradiction, pour des discours considérés comme “progressistes”, à condamner l’ensemble du corps policier pour les actes de quelques-uns ? 

Avec Éric Verhaeghe, Céline Pina – Pour ATLANTICO

Atlantico.fr : Les propos de la  chanteuse Camélia Jordana ont été repris par le député, désormais ex-LREM, Aurélien Taché. N’y-a-t-il par un paradoxe, pour des discours dit “progressistes”, à condamner l’ensemble du corps policier pour les actes de quelques-uns ? 

Eric Verhaeghe : Paradoxalement, pour vous paraphraser, je dirais que ce genre de généralisation est inhérent au progressisme lui-même. Le progressisme se fonde implicitement sur une philosophie de l’histoire qui fonctionne à coup de généralités : les forces de l’obscurité reculent à chaque étape pour faire place aux forces du progrès. C’est une vision du monde par grands blocs ou par grandes entités. Dans cet ensemble, les forces de l’ordre incarnent forcément l’obscurantisme, qui empêchent un monde fait d’amour et de bienveillance d’émerger. Car, pour les progressistes, le destin de l’humanité est d’avancer vers une grande entité faite de bienveillance, une sorte de monde candide où le mal n’existerait plus. On peut même dire que ce qu’on appelle aujourd’hui le camp du bien est la résurgence tardive, l’espèce d’excroissance maniériste de ce que fut le progressisme à ses grandes heures. Beaucoup ont acté que la dictature du prolétariat non seulement n’aurait pas lieu mais ne serait pas souhaitable, mais ils en conservent la finalité profonde : le royaume de l’amour entre les hommes, l’amour selon leurs critères bien entendu. 

Dans cet ensemble, les forces de l’ordre sont forcément le symbole du mal, de la violence, de l’interdit, du fait qu’il faut punir ou sévir pour que les règles soient respectées. Et, dans l’imaginaire progressiste d’un Aurélien Tâché, la police, c’est la matraque entre les mains des méchants capitalistes pour faire obéir le prolétariat, dont le visage le plus familier est, dans la France d’aujourd’hui, celui d’un Maghrébin barbu en djellabah. Dans la pratique du progressisme version 2020, le Musulman est devenu le synonyme du prolétaire déifié par Marx. Et donc toute parole prononcée par un Musulman ou une Musulmane pour dénoncer la discrimination dont l’Islam et ses adeptes feraient l’objet prend valeur de parole prophétique qu’il serait blasphématoire de critiquer. Ce que les progressistes jouent en permanence n’est évidemment pas la recherche d’une délibération démocratique, mais plutôt la récitation en boucle d’un grand poème homérique où les forces du bien combattent les forces du mal. Dans leur chapitre contemporain, les progressistes soutiennent évidemment tout ce que la banlieue compte comme racailles, car celles-ci sont, dans leur esprit, autant de Jean Valjean persécutés par les Javert en képi de la Police Nationale. 

Et c’est sans doute ce qu’il faut retenir du progressisme, particulièrement dans sa phase actuelle qu’on pourrait qualifier de manériste : il ne diffuse pas une parole opératoire, réaliste. Il se projette dans un monde symbolique manichéen grâce auquel il retrouve des repères que la chute du mur de Berlin a complètement brouillés. 

Céline Pina : Les propos de cette jeune femme sont abjects et dangereux, qu’un député les reprenne montre à quel point notre personnel politique manque de discernement. Mais surtout on se demande bien comment il est possible de mentir ainsi sans avoir à rendre des comptes. La jeune chanteuse ne parle pas de discriminations, de tensions, elle parle de massacres (“[les] hommes et [les] femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue et qui se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau”) et elle en accuse les policiers. Les mots ont un sens, un massacre signifie une tuerie de masse. Ce n’est pas rien, d’autant qu’elle persiste et signe.

Le problème c’est qu’il y a eu de vrais massacres en France ces dernières années. Les victimes y étaient diverses et la couleur de la peau ne protégeait personne, mais les assassins, eux, venaient souvent de ces quartiers difficiles et portaient en bandoulière leur islamisme radical. Des « massacres » autres, il n’y en a pas eu. Si la jeune femme voulait parler de racisme, le moins que l’on puisse dire c’est que son outrance rend son discours absolument inaudible voire contreproductif..1

De la même façon, elle nous demande de considérer les personnes vivant dans les quartiers populaires comme des victimes de violences policières. En revanche, elle ne s’interroge pas sur le fait que dans certains quartiers les pompiers, les médecins ne viennent plus car ils se font agresser et caillasser,. Or cela dit quelque chose d’une violence endémique et revendiquée au sein même de ces quartiers. Les soignants, par exemple, ne pratiquent pas de contrôles, ils viennent aider. Et bien ils subissent quand-même des violences. Selon la logique que Camélia Jordana applique à tous les policiers, nous devrions donc considérer tous les jeunes de cités comme des voyous agresseurs d’infirmières, de médecins et de pompiers ? On le voit tout de suite, le raisonnement est stupide et insultant pour les habitants. Il est exact que les jeunes en banlieue peuvent être des victimes, mais leur principal prédateur n’est pas le policier, ce sont bien souvent d’autres jeunes de banlieue hélas. Elue et travaillant dans des villes populaires, j’ai souvent vu des décès ou des agressions dûs à des affrontements entre bande, à des règlements de compte entre dealers, à des questions « d’honneur » ou à des conduites dangereuses, en revanche aucun lié à une bavure policière.

Or le problème de cette affirmation fausse sur le fond et dangereuse sur la forme, c’est qu’aujourd’hui les policiers se font agresser parce qu’il existe des idéologies, celle des islamistes et des décoloniaux, qui les désigne comme des cibles et des assassins. Quand il existe des collectifs appelés « Urgence la police assassine » et que l’on parle plus du moindre dérapage oral d’un policier que des attaques de commissariats en banlieue, forcément la réalité est biaisée. Cela provoque beaucoup de passage à l’acte. Après les policiers ne sont pas parfaits. Il y a des brebis galeuse partout, mais outre qu’il y a des enquêtes et des condamnations quand les faits sont avérés, souvent même lorsque les policiers ne sont pas en cause, on invente une injustice pour le plaisir de déclencher des émeutes. L’histoire de Villeneuve-la-Garenne est instructive : 3 jours d’émeutes pour un voyou qui s’est blessé tout seul parce que dans la tête de certains jeunes, la police ne peut être que coupable. Le problème c’est que la fausseté de ces représentations, importées des USA, où pour le coup on peut être abattu simplement parce que l’on a la peau noire, n’est pas combattue par ceux qui le devraient. La gauche en premier lieu. Faire croire à un gamin que parce qu’il vit dans un quartier, ou parce qu’il a des origines étrangères, il ne sera jamais accepté et sera toujours exploité, l’empêche de trouver sa place dans la société. A quoi bon se lever le matin si on nous dit tout jeune que l’on n’a pas d’avenir. C’est vouer les personnes à l’échec. Or Camélia Jordana est la preuve même que les origines comptent peu. Elle est la démonstration que l’on peut aller très haut et que la couleur de la peau n’empêche rien. Au lieu d’en faire un tremplin pour montrer par l’exemple que la réussite est possible, elle préfère tenir des discours que ne renierait pas une Houria Bouteldja et présente la France comme un endroit où l’on massacre à cause de la couleur de la peau. Elle est tout bonnement pathétique mais montre aussi à quel point le discours victimaire et belliqueux de Décoloniser les Arts, discours qui réduit l’individu à la couleur de sa peau, commence à imprégner le monde de la culture. Et c’est bien plus inquiétant que le dérapage d’une jeune femme immature et gâtée.

En quoi ce paradoxe va-t-il l’encontre de l’esprit républicain ? 

Eric Verhaeghe : Bien évidemment, quand un Tâché prend la défense d’interventions où l’ordre républicain est remis en cause par ses ennemis, il se range mécaniquement du côté des ennemis de la République. Et il ne faut pas entendre dans les propos de Camélia Jordana autre chose qu’une contestation de la République, c’est-à-dire d’un régime politique fondé sur l’égalité de tous devant la loi. Comme beaucoup de partisans de la tolérance vis-à-vis de l’Islam, Jordan suggère implicitement, en effet, que nous devrions aller très loin dans le respect des minorités pour éviter tout soupçon de “racisme” : idéalement, tout ce petit monde considère que la France fonctionnerait mieux si elle était morcelée en une multitude de communautés bénéficiant chacune de sa loi et de sa propre police. Il est sûr que Jordana ne soutiendrait pas que la police lui fait peur si la peur était communautaire. Ce qui la gêne, ce qui l’effraie, c’est que des Français de souche en uniforme contrôlent des enfants issus de l’immigration. Et Taché est d’accord avec cela. 

On regrettera ici que de nombreux élus très étrangers au communautarisme soient prisonniers ou dupes de ces arguments qui sont toujours présentés de façon cachée ou acceptable. Cette duperie, il faut le reconnaître, est souvent aidée par le comportement imprévisible ou capricieux de nos forces de l’ordre vis-à-vis du citoyen, quelle que soit son origine ou sa couleur de peau. 

Mais dans le cas d’un Aurélien Tâché, la logique est encore différente. Elle est celle des élus de la République qui font alliance avec les islamistes pour obtenir des voix. Le calcul repose sans doute sur une part de sincérité, mais il rejoint toutes les basses compromissions que des élus comme ceux de la France Insoumise (mais pas que…) font en Seine-Saint-Denis pour gagner facilement leur réélection. Dans cette alliance contre nature entre les bouffeurs de curé et les porteurs de djellabah, la rhétorique est bien connue : la question sociale ne doit pas être occultée par la question religieuse, qui est une invention des nationalistes. Autrement dit, qu’un Musulman crache sur la République n’est pas un problème. S’il le fait, c’est parce qu’il est victime du capitalisme et de la colonisation. Donc il doit être sanctuarisé. Ce mensonge en bande organisée cimente la trahison que les élus de gauche (et parfois de droite, on connaît quelques exemples célèbres) commettent au jour le jour pour aller à la gamelle. Et s’appuyer sur le communautarisme pour être élu, c’est évidemment trahir l’esprit républicain. 

Céline Pina : Quand un député cautionne l’idée que la police en France est raciste et “massacre” des personnes à raison de leur couleur de peau, il commet un acte grave. D’abord en lançant une accusation gratuite,  et non étayée envers toute une profession, ensuite parce qu’il délégitime toute action de cette police. En accréditant le discours de la chanteuse faisant passer la police pour une milice constituée de brutes sanguinaires, il appelle les jeunes de banlieue à refuser ses interventions et à considérer les forces de police comme des forces d’agression. Or toute la logique démocratique vise à sortir la violence de la société pour ne réserver son exercice qu’à un pouvoir légitime, là au contraire il s’agit de justifier la violence commise envers les policiers en en faisant une sorte de légitime défense. Nombre de médias jouent un rôle négatif dans ces histoires, le nombre croissant de meurtres et d’agression de policiers voire de commissariats par certains habitants des quartiers difficiles est souvent passé sous silence, alors que la moindre parole raciste d’un policier est mise en une, même si le policier est condamné par sa hiérarchie et sanctionné. Que les policiers soient sanctionnés est tout à fait normal dans ce cadre mais il serait temps aussi d’arrêter la complaisance envers les voyous, adeptes de rodéos urbains, et de mettre en accusation systématiquement l’intervention de la police. Quand on est élue, on se retrouve soudain dans la situation cocasse d’avoir la majorité des habitants des quartiers qui passent leur temps à se plaindre des rodéos urbains et reprochent à la police de ne jamais intervenir contre cette nuisance, et souvent en face la police qui refuse d’intervenir par crainte des conséquences et parce qu’elle sait qu’en cas d’ennui, le premier à les lâcher sera probablement le maire qui a tant insisté pour qu’ils interviennent…. Il y a dans ce deux poids, deux mesures, quelque chose de dangereux car elles faussent les représentations et oublient surtout que le policier qui dérape est sanctionnable et sanctionné parce qu’il intervient dans le cadre d’un état de droit et qu’il intervient au nom de quelque chose qui le dépasse et nous unit: la loi. Contre les caïds qui mettent les quartiers sous coupe réglée, il n’y a pas de recours et pas d’autres lois que leurs caprices. D’ailleurs ceux qui vivent dans ces quartiers n’aspirent qu’à en partir et ce n’est pas l’urbanisme le problème mais bien le voisinage et les mentalités. 

En République, c’est l’Etat qui a le monopole de l’exercice de la violence physique légitime selon Max Weber. La violence fait même partie de ses prérogatives régaliennes dans la mesure où les hommes font société en abandonnant une part de leur souveraineté au nom de leur sécurité mutuelle. C’est donc afin de garantir ce contrat social que l’état peut faire usage de la violence contre tout individu qui mettrait en cause cette sécurité collective. Mais si la police est présentée comme un outil destiné à tuer des citoyens à raison de la couleur de leur peau, alors elle perd toute légitimité et n’est plus qu’une force d’oppression contre laquelle il est nécessaire de se battre. Cela signifie aussi que notre démocratie n’est plus représentative et que la République n’est plus. Dans ce cas de figure nous ne sommes plus un peuple partageant un imaginaire commun, une histoire riche et un projet d’avenir mais des factions constituées et rivales dont le seul objectif est de savoir quel groupe ethnique sera au sommet de la chaîne alimentaire. Derrière l’outrance et le ridicule du discours véhiculé par la chanteuse, il y a l’adhésion à l’idée qu’il y aurait en France deux peuples dont l’un serait victime l’autre à raison de la couleur de sa peau. cette représentation est porté par le mouvement des indigènes de la république et toute la mouvance dite “décoloniale”, elle importe sur notre sol les représentations raciales américaines et les logiques multiculturalistes alors que notre tradition politique n’a rien à voir. Pour les Français, les questions de couleur de peau importent peu, la France est une histoire, un imaginaire, un état et un projet, il suffit d’adhérer à cette idée de Nation pour pouvoir y trouver sa place. Vouloir y importer une guerre des races qui n’existe que dans la tête de ceux qui la dénoncent est dangereux et sans retour. Une fois que l’on n’est plus que le porte-drapeau de son groupe ethnique, et plus un individu libre de ses choix, on sort de la société démocratique pour appartenir à une tribu. C’est une régression terrible.

Comment résoudre les tensions entre une partie de la population et les forces de l’ordre et ainsi éviter une fracture du pays dangereuse pour sa sécurité intérieure ? 

Eric Verhaeghe : La peur n’évite pas le danger. Il existe une croyance naïve dans nos élites, qui consiste à obéir à la peur de l’affrontement. Par peur, on renonce à faire appliquer les règles dans les minorités visibles, en s’imaginant qu’on gagnera ainsi la paix sociale. Ce faisant, le pouvoir politique laisse se créer des zones de non-droit sans retour. Les membres de ces minorités visibles grandissent loin de nos lois, loin de l’idée qu’ils y sont soumis, et plus le temps passe, plus le rappel éventuel à la loi est vécu comme une preuve de discrimination ou d’hostilité. Dans les quartiers sensibles, il n’est plus possible de demander à un jeune Maghrébin de respecter des règles élémentaires de politesse sans être accusé de racisme. 

La passivité de la communauté nationale vis-à-vis de ces déviances est fondée sur une erreur de calcul. On croit que laisser faire évitera l’affrontement. Au contraire, la passivité, la résignation, la peur, ne feront que rendre l’affrontement inéluctable et très violent. Car la tumeur grossit en notre sein et devient de plus en plus agressive. 

La meilleure façon d’éviter un dérapage incontrôlé est de traiter le mal dès maintenant. Il faut le traiter comme un cancer. En urgence, il faut neutraliser les chefs en les retirant de la communauté nationale. Cela signifie qu’il faut expulser massivement tous les imams et tous les barbus qui nourrissent la haine de la France. Cette mesure doit être prise sans état d’âme. Il faut aussi des séances de chimiothérapie pour nécroser la tumeur. La France doit valider un Coran et une doctrine coranique compatible avec ses valeurs, et réglementer clairement l’enseignement de cette religion pour qu’elle s’intègre à la communauté nationale. L’Ancien Régime l’a abondamment pratiqué avec le christianisme, Napoléon l’a fait avec le judaïsme. Il n’y a aucune raison pour que l’Islam ne subisse pas le même traitement que les autres religions monothéistes. Rappelons par ailleurs que nos bonnes vieilles religions païennes, notamment les cultes celtiques ont été interdits pendant des siècles sans qu’aucun Tâché ne vienne aujourd’hui déplorer le racisme dont l’héritage gaulois a été victime. Enfin, il faut se donner les moyens d’expliquer clairement aux jeunes issus de l’immigration qu’ils appartiennent à la communauté nationale et que cette appartenance est créatrice d’obligations. Sur ce point, le retour à une formule de service militaire long ne serait pas absurde, même si ce service d’un an ne serait pas militaire mais civique.  

Céline Pina : En arrêtant d’être complaisant et d’accepter des lectures fausses de ce qui se passe dans les quartiers. On est ici dans une bataille de territoire. La victimisation permanente cherche surtout à masquer la prédation réelle qui sévit dans ces espaces. La véritable question est celle du contrôle. Les caïds de banlieue fonctionnent selon une logique tribale où on se taille des fiefs et où il faut inspirer la peur et engendrer la soumission. Ils veulent être l’autorité sur leur domaine et l’exercent en faisant baisser les yeux de leurs voisins. Ils se sentent respectés quand ils inspirent la peur. Les choses sont simples. C’est à une volonté de partition du territoire que l’on assiste. Sur le territoire soustrait à l’autorité nationale, ce sont d’autres règles qui fleurissent et d’autres autorités qui s’exercent. 

La fermeté est encore possible car si les habitants des quartiers sont ambigus, c’est parce que le pouvoir qu’ils connaissent et subissent est celui des voyous. Ils n’ont d’autres choix que de les soutenir, sauf à s’attirer des ennuis, les quartiers étant livrés à eux-mêmes. Leur quotidien, ce sont des espaces contrôlés par les voyous, non par les policiers. Si l’état était ferme, il y aurait certes des tensions, mais il y aurait à terme un basculement : les habitants des quartiers veulent une vie meilleure. Ils subissent la loi des caïds mais préféreront l’état de droit s’il devient une réalité pour eux. Pour cela il va falloir peut-être accepter la tension, au lieu de laisser des pans de territoires entiers aux voyous pour acheter la paix sociale en sacrifiant une partie des habitants des quartiers.

De l’inquiétant au dramatique : ces réalités diverses qui se cachent derrière le chiffre global de la hausse des actes racistes et xénophobes

© REUTERS/Gonzalo Fuentes 

Illustrations

Les actes racistes et xénophobes ont augmenté de +130 % en France, selon le bilan du ministre de l’intérieur en 2019. Qu’est ce qui se cache vraiment derrière cette réalité dramatique ? 

Selon un bilan du ministère de l’Intérieur, les actes racistes et xénophobes ont augmenté de 130% en 2019. Les actes antisémites ont quant à eux augmenté de 27%. 

Atlantico : Les actes racistes, xénophobes et antisémites sont certes en hausse, mais de quoi parle-t-on réellement ? De la violence physique ? D’insultes ? De menaces ? Qu’est-ce que ces chiffres expliquent ?

Guylain Chevrier : Les données communiquées, dimanche 26 janvier, par le ministère de l’intérieur recensent, comme de coutume, deux types de faits : les « actions » (atteintes aux personnes et aux biens comme les violences physiques, les dégradations…) et les « menaces » (propos, gestes, inscriptions…). Le nombre de faits racistes et xénophobes, a très fortement augmenté en 2019, avec une hausse de plus de 130% selon le bilan annuel du ministère de l’Intérieur. Après un repli sur les deux dernières années, on arrive à 1142 faits comptabilisés en 2019 contre 496 en 2018. « Pour l’essentiel, ces faits relèvent de la catégorie des ‘menaces’ (977) », recense la place Beauvau.  Les faits antireligieux augmentent sensiblement en 2019. 687 faits à caractère antisémite ont été constatés (soit une hausse de 27% par rapport à 2018) : 151 faits sont des actions (dégradations, violences physiques, etc.), 536 relèvent de la catégorie “menace”. 1052 faits antichrétiens ont été recensés : 996 dans la catégorie “action” (atteintes aux biens religieux), 56 dans la catégorie “menace”. Le chiffre est stable par rapport à 2018. 154 faits antimusulmans ont été recensés contre 100 en 2018 (soit une hausse de 54%) : 63 dans la catégorie “action”, 91 dans la catégorie “menace”.  Premier élément de bilan, selon Frédéric Potier délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, « ce sont quasi exclusivement les menaces qui augmentent, tandis que les actions sont en baisse. C’est peut-être le signe que les menaces ne sont plus banalisées, que les victimes portent davantage plainte et que leur plainte est sérieusement prise en compte ».

Atlantico : Si l’on ne se préoccupe que des faits – et sans minimiser la réalité de ces chiffres – y a-t-il vraiment une aggravation ? Qui est le plus touché par ces agissements ?

Guylain Chevrier : Des causes sont évoquées à cette évolution. Concernant l’augmentation importante des faits racistes et xénophobes, essentiellement constitués de menaces, cela traduit selon Frédéric Potier « une montée des extrémismes identitaires, un climat de tension anxiogène. » Un argument nouveau qui rend compte d’une problématique pour les pouvoirs publics qui reste à creuser, qui actualise l’enjeu autour la publication annuelle de ces chiffres. Et d’ajouter « Le combat doit être tout aussi résolu contre la xénophobie et contre l’antisémitisme. » Toute proportion gardée, puisque l’on ne peut que constater concernant les actes antisémites qu’ils continuent d’être marqués par « des actions » impliquant fréquemment des violences qui cochent toutes les cases, même si elles sont en recul pour 2019, avec certaines qui frappent régulièrement l’actualité dans toute leur horreur comme pour Sarah Halimi assassinée en 2017 ou encore Mireille Knoll en 2018, aux cris d’« Allah Akbar ». L’augmentation des menaces qui caractérise l’augmentation des actes antisémites reste dans ce climat inquiétant. Si la hausse est aussi sensible pour les faits antimusulmans (+ 54 %), leur nombre demeure « relativement faible » (154), souligne le ministère de l’intérieur. Parmi les 63 « actions », hormis les deux qui ont consisté en des fusillades devant deux mosquées, à Brest en juin 2019 et à Bayonne en octobre 2019, qui ont fait plusieurs blessés, dont un imam, il s’agit pour l’essentiel de dégradations. Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, considère que l’écart entre la proportion d’actions et de menaces, qui est peu important concernant les faits antimusulmans, présente un bilan décalé au regard de la tendance qui domine les autres secteurs maqués par l’augmentation des menaces, et avance que c’est peut-être le fait que les personnes de confession musulmane ne portent pas toujours plainte pour des menaces. Par ailleurs, contrairement à l’impression qu’a pu laisser une série de profanations d’églises en 2019, les actes antichrétiens demeurent stables ces dernières années, 1 052 en 2019 et 1 063 en 2018. 

Atlantico : La situation peut-elle empirer en 2020 ? Que peuvent faire les pouvoirs publics, concrètement, face à ces agissements ? 

Guylain Chevrier : S’il y a une nouveauté, c’est la grille d’analyse qui est faite de cette situation, pour dire sa gravité. Telle que l’augmentation très forte des menaces pour les faits racistes et xénophobes, analysée par Frédéric Potier comme étant la manifestation d’une « montée d’extrémismes identitaires ». Faut-il encore en tirer toutes les conséquences si on ne veut pas voir cela empirer. Si les préjugés jouent un rôle prépondérant dans la dynamique discriminatoire, pointant par exemple des groupes de personnes abusivement « catégorisées » comme le voit la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, qui rend un rapport annuel sur le sujet, ce n’est pas le seul angle de ce combat. L’organisation en minorités de droit que recherchent certains groupes identitaires agressifs, n’est pas sans incidence sur les tensions qui traversent la société française. La montée des affirmations identitaires avec son corollaire, la mise en concurrence des groupes identitaires, voire le communautarisme, constitue aussi un puissant facteur de rejet des autres, qui est largement oublié derrière l’idée un peu courte de préjugés à combattre, qui est sans doute valable pour un racisme et un antisémitisme considérés comme résiduels s’inscrivant dans un courant traditionnellement classé à l’extrême droite, mais pas pour comprendre l’évolution actuelle. Sinon, on ne s’expliquerait pas que le baromètre de Sciences-po auquel se réfère la CNCDH, présente un indice de tolérance des Français à l’altérité qui n’ait jamais été aussi bon, pendant que les faits racistes et xénophobes progressent. La montée des affirmations identitaires impacte cette situation de façon significative aujourd’hui, avec une extrême droite qui peut aussi par réaction en tirer profit. On retrouve ce phénomène « extrême » sous différentes formes. Du courant indigéniste (Indigènes de la République) au discours d’une Rokhaya Diallo qui crie en permanence au racisme d’Etat en se posant en défenderesse de ce qu’elle considère comme des minorités opprimées issues de l’immigration, qui justifient des réunions interdites aux blancs considérés comme héritiers d’un passé colonial qui en feraient par prédestination potentiellement des racistes. Un discours essentialiste extrêmement dangereux, qui n’est pas sans contenir les graines d’un encouragement à la haine de l’autre. Dans ce prolongement, indigénistes et autres racisés expliquent que le racisme ne peut exister qu’en raison de s’être historiquement constitué sur une idéologie visant une catégorie particulière de population et dans un rapport de domination, pour justifier de dire que le racisme antiblancs ne peut pas exister, puisqu’il n’y aurait jamais eu de théorie raciale tournée contre les blancs dominants. Mais n’est-ce pas précisément là initier une nouvelle théorie raciale justifiant un nouveau racisme ? Le combat universel contre le racisme est ici directement attaqué. Dans la même veine, le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) et la Ligue de défense noire africaine (LDNA) ou encore la Brigade anti-négrophobie, mouvement controversés et communautaristes, qui pratiquent l’interdiction de manifestations culturelles/débats lorsqu’elles ne leurs conviennent pas, se sont opposés physiquement à la représentation de la pièce d’Eschyle « Les Suppliantes » à la Sorbonne en mars 2019, parce que les visages des comédiens étaient grimés en noir, comme dans l’antiquité, ceci étant assimilé par  ces censeurs à un « Blackface » et donc à du racisme. S’ils se sont couverts de ridicule, ils ont porté en toute impunité gravement atteinte à des libertés fondamentales. Une action soutenue par Rokhaya Diallo sur fond de dénonciation de propagande coloniale… Doit-on là laisser faire côté pouvoirs publiques ? Mieux encore, la LDNA a manifesté devant l’ambassade d’Afrique du sud à Paris le 6 septembre 2019, dans le contexte des violences racistes qui s’y déroulaient entre noirs nationaux et noirs étrangers accusés de venir prendre le travail des premiers. L’association disant vouloir contrer cette xénophobie, par l’entremise de l’un de ses intervenants, s’est exprimer comme suit : « Si vous voulez être xénophobe, d’accord. Commencez par tuer les Blancs, commencez par tuer les Chinois, commencez par tuer les Indiens. Ne tuez pas vos frères […] nous avons la même couleur [de peau].” Un discours applaudi par les sympathisants de la LDNA présents sur place. Encore là, que font les pouvoirs publics ? Une telle organisation ne devrait-elle pas être purement et simplement interdite en raison du trouble à l’ordre public qu’elle constitue ? Des associations pro-migrants ou/et communautaires, largement subventionnés par l’Etat, la CAF, les collectivités territoriales, développent un discours ayant pour moteur la dénonciation d’un racisme d’Etat, parce qu’il fait respecter la loi en n’acceptant pas le principe d’un accueil inconditionnel. Une autre dimension de cet extrémisme, qui galvaude le sens du racisme en le dévoyant au nom de la défense d’une grande cause qui autorise tous les excès.  Par ailleurs, le président de la République profite des vœux aux cultes pour faire des annonces sur la radicalisation et la laïcité, au lieu de les faire aux partis politiques ou/et aux associations laïques, et le gouvernement continue de considérer comme naturel que le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, puisse affirmer que « La laïcité, c’est accompagner la pratique d’une religion » en demandant aux préfets de favoriser l’émergence de structures départementales des acteurs du culte musulman, soufflant ainsi sur la logique communautaire sinon le communautarisme. L’Etat ne donne pas, à tout le moins, le bon exemple. Ce pouvoir donné à un culte de s’installer en bénéficiant de moyens divers émanant de l’Etat ou des collectivités territoriales, alors que se développe un communautarisme islamique et qu’une radicalisation religieuse est pointée au milieu de celui-ci par différentes études, avec des risques d’attentats, n’est pas fait pour calmer les esprits. La volonté de l’Etat de créer de toute pièce un « islam de France » quitte à contourner voire amender la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, qui est le socle de la laïcité républicaine, n’est sans doute pas la bonne voie pour faire baisser les tensions envers le culte musulman. Quoi que le niveau des faits relevé soit considéré comme assez faible au regard des 5 à 6 millions de concitoyens de confession musulmane. Pour finir, le président de la République, le 23 janvier dernier, dans l’avion qui le ramenait d’Israël où il venait de participer aux commémorations de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, a estimé devant plusieurs journalistes que la France “avait peut-être un travail à faire” sur la mémoire de la guerre d’Algérie (1954-1962) afin de mettre un terme au “conflit mémoriel”, tout en faisant le parallèle avec la reconnaissance par Jacques Chirac en 1995 de la responsabilité de l’Etat Français dans la déportation des juifs pendant la Seconde guerre mondiale. Si faire ce parallèle c’est banaliser la Shoah, c’est aussi comme attester en quelque sorte d’un inconscient post-colonial français dont la dette serait à régler, soupçonné de racisme. Rien qui n’améliore le rapport extrême à la question identitaire qui monte dans notre pays ni ne clarifie les enjeux de la lutte contre l’antisémitisme. Concernant les faits antisémites qui augmentent encore, ce qui doit inquiéter, rapportés aux quelques moins de 1% de la population que les juifs en France représentent (600.000 personnes), ils demeurent sans commune mesure avec les atteintes enregistrées pour les autres populations. Selon une étude Ifop parue le 21 janvier, un tiers des Français (34%) de confession ou de culture juive déclare se sentir régulièrement menacé.

Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNCVA), une association communautaire, estime qu’en dix ans, 60.000 Juifs d’Île-de-France ont déménagé.

Jérôme Fourquet, de l’Ifop, auteur d’un livre-enquête sur l’antisémitisme en France, y voit un “mouvement de fond lié à cette montée de l’insécurité”. ” Une situation des plus préoccupante, qui n’a connu aucune involution, pas plus que d’initiatives majeures des représentants de l’Etat pour l’infléchir. « Bien des choses se sont fracturées depuis la marche de 2015 (Pour Charlie hebdo), estime le rabbin Delphine Horvilleur, sur le plateau de France 2 le 26 janvier dernier. J’ai l’impression de faire partie d’une génération qui a fait de la lutte contre le racisme et contre l’antisémitisme des luttes conjointes, inséparables”, pour dire déplorer qu'”on assiste malheureusement à une fracturation de ces combats”…

Il m’arrive parfois d’avoir honte pour la France…

UN AVEU 

Surtout quand j’entends Maboula Soumahoro. Mais pourquoi lui donne-t-on encore la parole ? 

« Notre pays à nous, c’est celui à l’égard duquel nous pouvons éprouver de la honte ». Voilà une belle et très juste définition de l’identité nationale. La formule est d’un des plus grands historiens contemporains, Carlo Ginzburg, juif d’origine russe et passionnément italien.

Des Allemands qui aimaient l’Allemagne ont eu honte pour leur pays, en entendant des centaines de milliers de voix hurler “Heil Hitler”. Des Russes qui aimaient la Russie ont eu honte pour leur pays en voyant les horreurs de la terreur stalinienne. Des Français qui aimaient la France ont eu honte pour leur pays quand celui-ci était sous la coupe du régime ignoble de Vichy.

Moi, j’ai honte pour la France quand j’entends parler Maboula Soumahoro. Elle était à la télévision, conviée parce que Noire, pour porter la réplique à Alain Finkielkraut. Le philosophe expliquait tout ce qu’il devait à la France qui avait accueilli ses parents étrangers et qui lui avait permis de faire des études. Et il concluait par un « merci la France ».

Maboula Soumahoro le cassa aussitôt avec la suffisance des imbéciles assumés. « Ici, c’est chez moi. Je ne dois rien à la France. Et je n’ai pas à lui dire merci ». J’ai honte pour Finkielkraut qui s’est cru obligé de participer à une émission où elle était invitée.

J’ai honte pour les radios et les télévisions qui servent la soupe à cette femme haineuse. J’ai honte pour l’université française qui a accordé un poste de chargé de cours à Maboula Soumahoro. J’ai honte pour la France qui autorise des « camps décoloniaux » interdits aux Blancs et donc parfaitement racistes.

J’ai honte pour la France quand les pouvoirs publics permettent à Marwan Muhammad de venir dédicacer son livre à Magnanville là où deux policiers ont été égorgés aux cris de « Allah Akbar ». J’ai honte pour la France quand des émules des Gardes Rouges maoïstes interdisent (sans réaction aucune) dans leurs universités des livres ou des philosophes qui ne leur plaisent pas. J’ai honte pour la France parce que c’est mon pays et que je l’aime.  

Misérable, totalitaire et islamophobe, la France devient le premier pays d’Europe pour les demandes d’asile

L’ENFER, C’EST NOUS AUTRES

Diffuser le baratin indigéno-gauchiste sur l’enfer français serait sans doute plus efficace – et moins coûteux – que le recrutement de douaniers pour une meilleure maîtrise des flux migratoires. 

J’apprends que la France, censément le pays le plus misérable (on y meurt fréquemment de faim et de maladie dit-on), le moins libre (on y succombe également très souvent sous les coups d’une milice aux ordres) et le plus islamophobe (la plupart des charcutiers refusent de prendre des jeunes filles voilées en apprentissage selon les testings du CCIF) d’Europe, vient de repasser devant l’Allemagne en termes de demandes d’asile

Eh oui ! Aussi incroyable que ça puisse paraître, en ces temps où, Internet oblige, l’information circule à la vitesse de l’éclair, notre vallée de larmes fascistoïde est la destination la plus populaire auprès des réfugiés du monde entier, qu’ils soient forcés de quitter une nation en détresse économique ou un champ de bataille permanent à bord de rafiots plein de trous sur une Méditerranée démontée.

Bobo mondialisé et généreux à bon compte moi-même, ça ne me dérange pas spécialement. Au contraire. J’aime bien la diversité et la cuisine exotique et, surtout, j’apprécie l’idée que mon pays reste fidèle à sa tradition d’accueil (je préférais juste que les demandes de visas soient plus nombreuses chez les chefs cuisiniers que chez les nostalgiques du califat – c’est une petite coquetterie que j’ai).

Mais je me dis que ce gouvernement de crapules ultra-néolibérales racistes, s’il souhaitait réellement réduire ces flux, ferait mieux d’organiser lui-même la propagation des discours indigénistes et mélenchonnistes vers les pays de départ. Ca serait moins coûteux que de recruter des douaniers (et l’on sait bien que Macron déteste recruter des fonctionnaires) et certainement plus efficace.

Après tout, en 42, les juifs français persécutés pat Vichy se réfugiaient rarement en Allemagne..

Manifestation contre l’islamophobie : quand la gauche abandonne le drapeau rouge pour le drapeau vert…

Décryptages » Manifestation contre l’islamophobie : quand la gauche abandonne le drapeau rouge pour le drapeau vert…POLITIQUE06 novembre 2019

ATTENTION PEINTURE FRAÎCHE !Les couleurs sont variables. L’une s’est effacée, l’autre s’affiche. 

Avec Benoît Rayski

Le drapeau rouge a un passé qui fut souvent glorieux. On le voyait sur les barricades du XIXe siècle et dans les défilés du Front populaire.  Puis il a perdu de son éclat. Son rouge vif est devenu délavé. Et un peu plus tard le drapeau s’est transformé en guenille.

C’est cette guenille-là qui se traînera le 10 novembre à la manifestation contre l’islamophobie. Ils seront tous là. Mélenchon, Hamon, Chassaigne du Parti communiste, Besancenot, Martinez de la CGT, des élus de la France Insoumise, des députés communistes. Du prolétariat disparu ils ont fait leur deuil. Et ils ont choisi un prophète qui n’a de commun avec Marx que la barbe.

Il faut rajouter à cette liste rouge-verte Yannick Jadot. Mais lui il est encore plus à sa place que les autres car il est Vert. Vert de la couleur des bannières qui flottent en Arabie saoudite au Qatar, au Yémen et en Iran. Ce vert est jeune, lumineux et conquérant. Et les ex-rouges l’ont choisi pour être leur élixir de jouvence.

Ils étaient de tradition laïque, anti-cléricale, athée. Ils étaient… Et avec qui vont-ils défiler ? Avec le CCIF, une officine islamiste affiliée aux Frères musulmans. Avec Marwan Muhammad, disciple de Tariq Ramadan, qui a dit de lui qu’il était « son jeune frère ». Avec Islam Info, Dômes et minarets.

Pour fournir la piétaille des cités, il y aura aussi « Justice pour Adama », « Urgence la police assassine » et différents collectifs baptisés « anti-racistes ». Le tout rameuté avec le puissant soutien du Bondy Blog et d’Oumma.com.

Mélenchon, Martinez, Besancenot, Jadot etc… ne craignent pas les mauvaises fréquentations. Au contraire, ils les sollicitent. Car leurs corps fatigués ont besoin de chair fraîche pour retrouver un peu de force. Et les voix qui entonnent « Allah akbar » sont tellement, tellement vigoureuses et juvéniles…

Par habitude, ils continueront à chantonner l’Internationale. Mais comme ils chevrotent et qu’ils sont effleurés par Alzheimer ils la chantent à l’envers : « nous étions tout, soyons rien ». Une pitoyable et pathétique pantalonnade. Un homme, un seul, a sauvé l’honneur de la gauche en dénonçant ce « renoncement ». Il réside à Barcelone. Et s’appelle Manuel Valls.  

Ne le laissons pas seul… Pauvre Mélenchon : il est victime d’un complot juif

Il aura besoin de toute notre solidarité contre les nervis sionistes.

Benoît Rayski

Le patron de La France Insoumise est un vrai républicain. C’est pourquoi il est farouchement hostile à tous les communautarismes. Mais pour le moment il n’en a ciblé qu’un seul. Il s’agit du communautarisme du CRIF. “Il est menaçant, pesant, et agressif à mon égard” a-t-il dit. Bigre ! Mélenchon a-t-il demandé une protection policière contre les sbires assassins du CRIF ? Ou alors compte-t-il sur les militants de la France Insoumise qui feront, pour le défendre, barrage de leurs corps ? 

Les rapports entre Mélenchon et le CRIF sont notoirement conflictuels. Il avait voulu faire acte de présence lors de la manifestation qui avait suivi l’assassinat de Sarah Halimi. Ses prises de position pro-palestiniennes et violemment anti-israéliennes ne furent pas du goût des participants. Ils le prièrent fermement de quitter les lieux. 

Mélenchon – être sensible s’il en est – en a gardé une douloureuse blessure qui n’est pas encore cicatrisée. C’est pourquoi c’est ce communautarisme-là qu’il a dénoncé en priorité. Pas un mot en revanche sur le communautarisme du CFCM et du CCIF. Normal : il n’a là-bas que des amis! 

Mais il est quand même soucieux de garder l’équilibre entre les communautarismes. Il a, dans cette logique, déclaré que “99,99% des musulmans, 99,99 % des juifs pratiquaient leur religion de façon pacifique”. On connait le commerce équitable. Mélenchon est un adepte de la pensée équitable… 

Ce 0,01% de fanatiques amène à s’interroger. 0,01% des juifs ont-ils égorgé un prêtre dans son église ? 0,01% des juifs ont-ils assassine des musulmans dans un magasin halal ? 0,01 des juifs se sont-ils livrés à un massacre dans une salle de concert ? Pour ce qui est des 0,01 % des musulmans, reportez-vous à vos journaux habituels.