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De l’inquiétant au dramatique : ces réalités diverses qui se cachent derrière le chiffre global de la hausse des actes racistes et xénophobes

© REUTERS/Gonzalo Fuentes 

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Les actes racistes et xénophobes ont augmenté de +130 % en France, selon le bilan du ministre de l’intérieur en 2019. Qu’est ce qui se cache vraiment derrière cette réalité dramatique ? 

Selon un bilan du ministère de l’Intérieur, les actes racistes et xénophobes ont augmenté de 130% en 2019. Les actes antisémites ont quant à eux augmenté de 27%. 

Atlantico : Les actes racistes, xénophobes et antisémites sont certes en hausse, mais de quoi parle-t-on réellement ? De la violence physique ? D’insultes ? De menaces ? Qu’est-ce que ces chiffres expliquent ?

Guylain Chevrier : Les données communiquées, dimanche 26 janvier, par le ministère de l’intérieur recensent, comme de coutume, deux types de faits : les « actions » (atteintes aux personnes et aux biens comme les violences physiques, les dégradations…) et les « menaces » (propos, gestes, inscriptions…). Le nombre de faits racistes et xénophobes, a très fortement augmenté en 2019, avec une hausse de plus de 130% selon le bilan annuel du ministère de l’Intérieur. Après un repli sur les deux dernières années, on arrive à 1142 faits comptabilisés en 2019 contre 496 en 2018. « Pour l’essentiel, ces faits relèvent de la catégorie des ‘menaces’ (977) », recense la place Beauvau.  Les faits antireligieux augmentent sensiblement en 2019. 687 faits à caractère antisémite ont été constatés (soit une hausse de 27% par rapport à 2018) : 151 faits sont des actions (dégradations, violences physiques, etc.), 536 relèvent de la catégorie “menace”. 1052 faits antichrétiens ont été recensés : 996 dans la catégorie “action” (atteintes aux biens religieux), 56 dans la catégorie “menace”. Le chiffre est stable par rapport à 2018. 154 faits antimusulmans ont été recensés contre 100 en 2018 (soit une hausse de 54%) : 63 dans la catégorie “action”, 91 dans la catégorie “menace”.  Premier élément de bilan, selon Frédéric Potier délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, « ce sont quasi exclusivement les menaces qui augmentent, tandis que les actions sont en baisse. C’est peut-être le signe que les menaces ne sont plus banalisées, que les victimes portent davantage plainte et que leur plainte est sérieusement prise en compte ».

Atlantico : Si l’on ne se préoccupe que des faits – et sans minimiser la réalité de ces chiffres – y a-t-il vraiment une aggravation ? Qui est le plus touché par ces agissements ?

Guylain Chevrier : Des causes sont évoquées à cette évolution. Concernant l’augmentation importante des faits racistes et xénophobes, essentiellement constitués de menaces, cela traduit selon Frédéric Potier « une montée des extrémismes identitaires, un climat de tension anxiogène. » Un argument nouveau qui rend compte d’une problématique pour les pouvoirs publics qui reste à creuser, qui actualise l’enjeu autour la publication annuelle de ces chiffres. Et d’ajouter « Le combat doit être tout aussi résolu contre la xénophobie et contre l’antisémitisme. » Toute proportion gardée, puisque l’on ne peut que constater concernant les actes antisémites qu’ils continuent d’être marqués par « des actions » impliquant fréquemment des violences qui cochent toutes les cases, même si elles sont en recul pour 2019, avec certaines qui frappent régulièrement l’actualité dans toute leur horreur comme pour Sarah Halimi assassinée en 2017 ou encore Mireille Knoll en 2018, aux cris d’« Allah Akbar ». L’augmentation des menaces qui caractérise l’augmentation des actes antisémites reste dans ce climat inquiétant. Si la hausse est aussi sensible pour les faits antimusulmans (+ 54 %), leur nombre demeure « relativement faible » (154), souligne le ministère de l’intérieur. Parmi les 63 « actions », hormis les deux qui ont consisté en des fusillades devant deux mosquées, à Brest en juin 2019 et à Bayonne en octobre 2019, qui ont fait plusieurs blessés, dont un imam, il s’agit pour l’essentiel de dégradations. Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, considère que l’écart entre la proportion d’actions et de menaces, qui est peu important concernant les faits antimusulmans, présente un bilan décalé au regard de la tendance qui domine les autres secteurs maqués par l’augmentation des menaces, et avance que c’est peut-être le fait que les personnes de confession musulmane ne portent pas toujours plainte pour des menaces. Par ailleurs, contrairement à l’impression qu’a pu laisser une série de profanations d’églises en 2019, les actes antichrétiens demeurent stables ces dernières années, 1 052 en 2019 et 1 063 en 2018. 

Atlantico : La situation peut-elle empirer en 2020 ? Que peuvent faire les pouvoirs publics, concrètement, face à ces agissements ? 

Guylain Chevrier : S’il y a une nouveauté, c’est la grille d’analyse qui est faite de cette situation, pour dire sa gravité. Telle que l’augmentation très forte des menaces pour les faits racistes et xénophobes, analysée par Frédéric Potier comme étant la manifestation d’une « montée d’extrémismes identitaires ». Faut-il encore en tirer toutes les conséquences si on ne veut pas voir cela empirer. Si les préjugés jouent un rôle prépondérant dans la dynamique discriminatoire, pointant par exemple des groupes de personnes abusivement « catégorisées » comme le voit la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, qui rend un rapport annuel sur le sujet, ce n’est pas le seul angle de ce combat. L’organisation en minorités de droit que recherchent certains groupes identitaires agressifs, n’est pas sans incidence sur les tensions qui traversent la société française. La montée des affirmations identitaires avec son corollaire, la mise en concurrence des groupes identitaires, voire le communautarisme, constitue aussi un puissant facteur de rejet des autres, qui est largement oublié derrière l’idée un peu courte de préjugés à combattre, qui est sans doute valable pour un racisme et un antisémitisme considérés comme résiduels s’inscrivant dans un courant traditionnellement classé à l’extrême droite, mais pas pour comprendre l’évolution actuelle. Sinon, on ne s’expliquerait pas que le baromètre de Sciences-po auquel se réfère la CNCDH, présente un indice de tolérance des Français à l’altérité qui n’ait jamais été aussi bon, pendant que les faits racistes et xénophobes progressent. La montée des affirmations identitaires impacte cette situation de façon significative aujourd’hui, avec une extrême droite qui peut aussi par réaction en tirer profit. On retrouve ce phénomène « extrême » sous différentes formes. Du courant indigéniste (Indigènes de la République) au discours d’une Rokhaya Diallo qui crie en permanence au racisme d’Etat en se posant en défenderesse de ce qu’elle considère comme des minorités opprimées issues de l’immigration, qui justifient des réunions interdites aux blancs considérés comme héritiers d’un passé colonial qui en feraient par prédestination potentiellement des racistes. Un discours essentialiste extrêmement dangereux, qui n’est pas sans contenir les graines d’un encouragement à la haine de l’autre. Dans ce prolongement, indigénistes et autres racisés expliquent que le racisme ne peut exister qu’en raison de s’être historiquement constitué sur une idéologie visant une catégorie particulière de population et dans un rapport de domination, pour justifier de dire que le racisme antiblancs ne peut pas exister, puisqu’il n’y aurait jamais eu de théorie raciale tournée contre les blancs dominants. Mais n’est-ce pas précisément là initier une nouvelle théorie raciale justifiant un nouveau racisme ? Le combat universel contre le racisme est ici directement attaqué. Dans la même veine, le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) et la Ligue de défense noire africaine (LDNA) ou encore la Brigade anti-négrophobie, mouvement controversés et communautaristes, qui pratiquent l’interdiction de manifestations culturelles/débats lorsqu’elles ne leurs conviennent pas, se sont opposés physiquement à la représentation de la pièce d’Eschyle « Les Suppliantes » à la Sorbonne en mars 2019, parce que les visages des comédiens étaient grimés en noir, comme dans l’antiquité, ceci étant assimilé par  ces censeurs à un « Blackface » et donc à du racisme. S’ils se sont couverts de ridicule, ils ont porté en toute impunité gravement atteinte à des libertés fondamentales. Une action soutenue par Rokhaya Diallo sur fond de dénonciation de propagande coloniale… Doit-on là laisser faire côté pouvoirs publiques ? Mieux encore, la LDNA a manifesté devant l’ambassade d’Afrique du sud à Paris le 6 septembre 2019, dans le contexte des violences racistes qui s’y déroulaient entre noirs nationaux et noirs étrangers accusés de venir prendre le travail des premiers. L’association disant vouloir contrer cette xénophobie, par l’entremise de l’un de ses intervenants, s’est exprimer comme suit : « Si vous voulez être xénophobe, d’accord. Commencez par tuer les Blancs, commencez par tuer les Chinois, commencez par tuer les Indiens. Ne tuez pas vos frères […] nous avons la même couleur [de peau].” Un discours applaudi par les sympathisants de la LDNA présents sur place. Encore là, que font les pouvoirs publics ? Une telle organisation ne devrait-elle pas être purement et simplement interdite en raison du trouble à l’ordre public qu’elle constitue ? Des associations pro-migrants ou/et communautaires, largement subventionnés par l’Etat, la CAF, les collectivités territoriales, développent un discours ayant pour moteur la dénonciation d’un racisme d’Etat, parce qu’il fait respecter la loi en n’acceptant pas le principe d’un accueil inconditionnel. Une autre dimension de cet extrémisme, qui galvaude le sens du racisme en le dévoyant au nom de la défense d’une grande cause qui autorise tous les excès.  Par ailleurs, le président de la République profite des vœux aux cultes pour faire des annonces sur la radicalisation et la laïcité, au lieu de les faire aux partis politiques ou/et aux associations laïques, et le gouvernement continue de considérer comme naturel que le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, puisse affirmer que « La laïcité, c’est accompagner la pratique d’une religion » en demandant aux préfets de favoriser l’émergence de structures départementales des acteurs du culte musulman, soufflant ainsi sur la logique communautaire sinon le communautarisme. L’Etat ne donne pas, à tout le moins, le bon exemple. Ce pouvoir donné à un culte de s’installer en bénéficiant de moyens divers émanant de l’Etat ou des collectivités territoriales, alors que se développe un communautarisme islamique et qu’une radicalisation religieuse est pointée au milieu de celui-ci par différentes études, avec des risques d’attentats, n’est pas fait pour calmer les esprits. La volonté de l’Etat de créer de toute pièce un « islam de France » quitte à contourner voire amender la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, qui est le socle de la laïcité républicaine, n’est sans doute pas la bonne voie pour faire baisser les tensions envers le culte musulman. Quoi que le niveau des faits relevé soit considéré comme assez faible au regard des 5 à 6 millions de concitoyens de confession musulmane. Pour finir, le président de la République, le 23 janvier dernier, dans l’avion qui le ramenait d’Israël où il venait de participer aux commémorations de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, a estimé devant plusieurs journalistes que la France “avait peut-être un travail à faire” sur la mémoire de la guerre d’Algérie (1954-1962) afin de mettre un terme au “conflit mémoriel”, tout en faisant le parallèle avec la reconnaissance par Jacques Chirac en 1995 de la responsabilité de l’Etat Français dans la déportation des juifs pendant la Seconde guerre mondiale. Si faire ce parallèle c’est banaliser la Shoah, c’est aussi comme attester en quelque sorte d’un inconscient post-colonial français dont la dette serait à régler, soupçonné de racisme. Rien qui n’améliore le rapport extrême à la question identitaire qui monte dans notre pays ni ne clarifie les enjeux de la lutte contre l’antisémitisme. Concernant les faits antisémites qui augmentent encore, ce qui doit inquiéter, rapportés aux quelques moins de 1% de la population que les juifs en France représentent (600.000 personnes), ils demeurent sans commune mesure avec les atteintes enregistrées pour les autres populations. Selon une étude Ifop parue le 21 janvier, un tiers des Français (34%) de confession ou de culture juive déclare se sentir régulièrement menacé.

Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNCVA), une association communautaire, estime qu’en dix ans, 60.000 Juifs d’Île-de-France ont déménagé.

Jérôme Fourquet, de l’Ifop, auteur d’un livre-enquête sur l’antisémitisme en France, y voit un “mouvement de fond lié à cette montée de l’insécurité”. ” Une situation des plus préoccupante, qui n’a connu aucune involution, pas plus que d’initiatives majeures des représentants de l’Etat pour l’infléchir. « Bien des choses se sont fracturées depuis la marche de 2015 (Pour Charlie hebdo), estime le rabbin Delphine Horvilleur, sur le plateau de France 2 le 26 janvier dernier. J’ai l’impression de faire partie d’une génération qui a fait de la lutte contre le racisme et contre l’antisémitisme des luttes conjointes, inséparables”, pour dire déplorer qu'”on assiste malheureusement à une fracturation de ces combats”…

Il m’arrive parfois d’avoir honte pour la France…

UN AVEU 

Surtout quand j’entends Maboula Soumahoro. Mais pourquoi lui donne-t-on encore la parole ? 

« Notre pays à nous, c’est celui à l’égard duquel nous pouvons éprouver de la honte ». Voilà une belle et très juste définition de l’identité nationale. La formule est d’un des plus grands historiens contemporains, Carlo Ginzburg, juif d’origine russe et passionnément italien.

Des Allemands qui aimaient l’Allemagne ont eu honte pour leur pays, en entendant des centaines de milliers de voix hurler “Heil Hitler”. Des Russes qui aimaient la Russie ont eu honte pour leur pays en voyant les horreurs de la terreur stalinienne. Des Français qui aimaient la France ont eu honte pour leur pays quand celui-ci était sous la coupe du régime ignoble de Vichy.

Moi, j’ai honte pour la France quand j’entends parler Maboula Soumahoro. Elle était à la télévision, conviée parce que Noire, pour porter la réplique à Alain Finkielkraut. Le philosophe expliquait tout ce qu’il devait à la France qui avait accueilli ses parents étrangers et qui lui avait permis de faire des études. Et il concluait par un « merci la France ».

Maboula Soumahoro le cassa aussitôt avec la suffisance des imbéciles assumés. « Ici, c’est chez moi. Je ne dois rien à la France. Et je n’ai pas à lui dire merci ». J’ai honte pour Finkielkraut qui s’est cru obligé de participer à une émission où elle était invitée.

J’ai honte pour les radios et les télévisions qui servent la soupe à cette femme haineuse. J’ai honte pour l’université française qui a accordé un poste de chargé de cours à Maboula Soumahoro. J’ai honte pour la France qui autorise des « camps décoloniaux » interdits aux Blancs et donc parfaitement racistes.

J’ai honte pour la France quand les pouvoirs publics permettent à Marwan Muhammad de venir dédicacer son livre à Magnanville là où deux policiers ont été égorgés aux cris de « Allah Akbar ». J’ai honte pour la France quand des émules des Gardes Rouges maoïstes interdisent (sans réaction aucune) dans leurs universités des livres ou des philosophes qui ne leur plaisent pas. J’ai honte pour la France parce que c’est mon pays et que je l’aime.  

Misérable, totalitaire et islamophobe, la France devient le premier pays d’Europe pour les demandes d’asile

L’ENFER, C’EST NOUS AUTRES

Diffuser le baratin indigéno-gauchiste sur l’enfer français serait sans doute plus efficace – et moins coûteux – que le recrutement de douaniers pour une meilleure maîtrise des flux migratoires. 

J’apprends que la France, censément le pays le plus misérable (on y meurt fréquemment de faim et de maladie dit-on), le moins libre (on y succombe également très souvent sous les coups d’une milice aux ordres) et le plus islamophobe (la plupart des charcutiers refusent de prendre des jeunes filles voilées en apprentissage selon les testings du CCIF) d’Europe, vient de repasser devant l’Allemagne en termes de demandes d’asile

Eh oui ! Aussi incroyable que ça puisse paraître, en ces temps où, Internet oblige, l’information circule à la vitesse de l’éclair, notre vallée de larmes fascistoïde est la destination la plus populaire auprès des réfugiés du monde entier, qu’ils soient forcés de quitter une nation en détresse économique ou un champ de bataille permanent à bord de rafiots plein de trous sur une Méditerranée démontée.

Bobo mondialisé et généreux à bon compte moi-même, ça ne me dérange pas spécialement. Au contraire. J’aime bien la diversité et la cuisine exotique et, surtout, j’apprécie l’idée que mon pays reste fidèle à sa tradition d’accueil (je préférais juste que les demandes de visas soient plus nombreuses chez les chefs cuisiniers que chez les nostalgiques du califat – c’est une petite coquetterie que j’ai).

Mais je me dis que ce gouvernement de crapules ultra-néolibérales racistes, s’il souhaitait réellement réduire ces flux, ferait mieux d’organiser lui-même la propagation des discours indigénistes et mélenchonnistes vers les pays de départ. Ca serait moins coûteux que de recruter des douaniers (et l’on sait bien que Macron déteste recruter des fonctionnaires) et certainement plus efficace.

Après tout, en 42, les juifs français persécutés pat Vichy se réfugiaient rarement en Allemagne..

Manifestation contre l’islamophobie : quand la gauche abandonne le drapeau rouge pour le drapeau vert…

Décryptages » Manifestation contre l’islamophobie : quand la gauche abandonne le drapeau rouge pour le drapeau vert…POLITIQUE06 novembre 2019

ATTENTION PEINTURE FRAÎCHE !Les couleurs sont variables. L’une s’est effacée, l’autre s’affiche. 

Avec Benoît Rayski

Le drapeau rouge a un passé qui fut souvent glorieux. On le voyait sur les barricades du XIXe siècle et dans les défilés du Front populaire.  Puis il a perdu de son éclat. Son rouge vif est devenu délavé. Et un peu plus tard le drapeau s’est transformé en guenille.

C’est cette guenille-là qui se traînera le 10 novembre à la manifestation contre l’islamophobie. Ils seront tous là. Mélenchon, Hamon, Chassaigne du Parti communiste, Besancenot, Martinez de la CGT, des élus de la France Insoumise, des députés communistes. Du prolétariat disparu ils ont fait leur deuil. Et ils ont choisi un prophète qui n’a de commun avec Marx que la barbe.

Il faut rajouter à cette liste rouge-verte Yannick Jadot. Mais lui il est encore plus à sa place que les autres car il est Vert. Vert de la couleur des bannières qui flottent en Arabie saoudite au Qatar, au Yémen et en Iran. Ce vert est jeune, lumineux et conquérant. Et les ex-rouges l’ont choisi pour être leur élixir de jouvence.

Ils étaient de tradition laïque, anti-cléricale, athée. Ils étaient… Et avec qui vont-ils défiler ? Avec le CCIF, une officine islamiste affiliée aux Frères musulmans. Avec Marwan Muhammad, disciple de Tariq Ramadan, qui a dit de lui qu’il était « son jeune frère ». Avec Islam Info, Dômes et minarets.

Pour fournir la piétaille des cités, il y aura aussi « Justice pour Adama », « Urgence la police assassine » et différents collectifs baptisés « anti-racistes ». Le tout rameuté avec le puissant soutien du Bondy Blog et d’Oumma.com.

Mélenchon, Martinez, Besancenot, Jadot etc… ne craignent pas les mauvaises fréquentations. Au contraire, ils les sollicitent. Car leurs corps fatigués ont besoin de chair fraîche pour retrouver un peu de force. Et les voix qui entonnent « Allah akbar » sont tellement, tellement vigoureuses et juvéniles…

Par habitude, ils continueront à chantonner l’Internationale. Mais comme ils chevrotent et qu’ils sont effleurés par Alzheimer ils la chantent à l’envers : « nous étions tout, soyons rien ». Une pitoyable et pathétique pantalonnade. Un homme, un seul, a sauvé l’honneur de la gauche en dénonçant ce « renoncement ». Il réside à Barcelone. Et s’appelle Manuel Valls.  

Ne le laissons pas seul… Pauvre Mélenchon : il est victime d’un complot juif

Il aura besoin de toute notre solidarité contre les nervis sionistes.

Benoît Rayski

Le patron de La France Insoumise est un vrai républicain. C’est pourquoi il est farouchement hostile à tous les communautarismes. Mais pour le moment il n’en a ciblé qu’un seul. Il s’agit du communautarisme du CRIF. “Il est menaçant, pesant, et agressif à mon égard” a-t-il dit. Bigre ! Mélenchon a-t-il demandé une protection policière contre les sbires assassins du CRIF ? Ou alors compte-t-il sur les militants de la France Insoumise qui feront, pour le défendre, barrage de leurs corps ? 

Les rapports entre Mélenchon et le CRIF sont notoirement conflictuels. Il avait voulu faire acte de présence lors de la manifestation qui avait suivi l’assassinat de Sarah Halimi. Ses prises de position pro-palestiniennes et violemment anti-israéliennes ne furent pas du goût des participants. Ils le prièrent fermement de quitter les lieux. 

Mélenchon – être sensible s’il en est – en a gardé une douloureuse blessure qui n’est pas encore cicatrisée. C’est pourquoi c’est ce communautarisme-là qu’il a dénoncé en priorité. Pas un mot en revanche sur le communautarisme du CFCM et du CCIF. Normal : il n’a là-bas que des amis! 

Mais il est quand même soucieux de garder l’équilibre entre les communautarismes. Il a, dans cette logique, déclaré que “99,99% des musulmans, 99,99 % des juifs pratiquaient leur religion de façon pacifique”. On connait le commerce équitable. Mélenchon est un adepte de la pensée équitable… 

Ce 0,01% de fanatiques amène à s’interroger. 0,01% des juifs ont-ils égorgé un prêtre dans son église ? 0,01% des juifs ont-ils assassine des musulmans dans un magasin halal ? 0,01 des juifs se sont-ils livrés à un massacre dans une salle de concert ? Pour ce qui est des 0,01 % des musulmans, reportez-vous à vos journaux habituels.