Catégorie : Lévy

« Colonies israéliennes » : le Deux Poids-Deux Mesures de la Cour Européenne de Justice

par Soeren Kern
21 novembre 2019

Traduction du texte original: European Court Applies Double Standard against Israeli Product

  • La décision de la Cour de justice d’étendre à l’ensemble de l’Union européenne les normes d’étiquetage très strictes qui prévalent en France, a été fermement condamnée. De nombreux commentateurs y ont vu la réaffirmation du parti pris anti-israélien de l’Union européenne. D’autres ont fait remarquer que, de tous les conflits territoriaux qui hantent la planète – de la Crimée au nord de Chypre, en passant par le Tibet et le Sahara occidental –, seul Israël est soumis à des exigences d’étiquetage particulières.
  • « Plus de 200 conflits territoriaux meurtrissent la planète à l’heure actuelle, mais la CJUE n’a encore rendu aucune décision relative à l’étiquetage de produits originaires de ces territoires. La décision d’aujourd’hui est à la fois politique et discriminatoire à l’égard d’Israël. » – Ministère des affaires étrangères israélien.
  • « Cet arrêt va à l’encontre des normes commerciales internationales établies par l’Organisation mondiale du commerce … Ce sont des pitreries alors que Rome est en flammes. Que la Cour européenne mette Israël à l’index au nom de soi-disant « violations de la législation internationale sur les droits de l’homme » au moment même où le Hamas et ses acolytes bombardent des populations civiles innocentes en Israël est l’une des situations les plus perversement ironiques qu’il m’ait été donné de connaître » – Menahem Margolin, président de l’Association juive européenne, Bruxelles.
La Cour de justice de l’Union européenne a statué que les produits alimentaires fabriqués dans de prétendues colonies juives à Jérusalem-Est, en Cisjordanie et sur les hauteurs du Golan ne pouvaient être étiquetées « Fabriqué en Israël » ; ces produits doivent porter une étiquette spécifique. Cette décision est la conséquence d’un procès intenté par Psagot Winery (photo), qui exploite des vignobles dans un soi-disant territoire palestinien occupé, et par l’Organisation juive européenne. (Source image : iStock)

La Cour de justice de l’Union européenne, la plus haute juridiction de l’UE, a rendu un arrêt qui stipule que les produits alimentaires fabriqués dans les « colonies » juives de Jérusalem-Est, de Cisjordanie et des hauteurs du Golan doivent faire l’objet d’un étiquetage spécifique. Ces marchandises ne sauraient, à en croire les magistrats européens, se contenter de l’étiquette générique « Fabriqué en Israël. »

La protection des consommateurs européens et leur sécurité alimentaire n’est pas au fondement de l’arrêt de la Cour européenne de justice. Cet arrêt qui singularise Israël est en réalité une décision de politique étrangère et, plus particulièrement de politique étrangère anti-israélienne. Cette décision de justice a été vivement critiquée pour son parti pris, son caractère discriminatoire et son antisémitisme.

Cette affaire d’étiquetage repose sur une interprétation du règlement (UE) n°1169/2011 du 25 octobre 2011 portant sur l’information des consommateurs de produits alimentaires. Le règlement d’origine ne permettait pas d’aborder la question de l’étiquetage des produits alimentaires en provenance d’Israël.

Le 12 novembre 2015, dans un souci de clarification, la Commission européenne a publié une « Communication interprétative ». Cette notule règlementaire précise que les produits alimentaires en provenance d’Israël ne pourront pas être étiquetés « Fabriqué en Israël » s’ils ont été produits ou fabriqués en dehors des territoires qui étaient sous contrôle israélien jusqu’à 1967. Le document explique que :

« Conformément au droit international, l’Union européenne ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël sur les territoires qu’il occupe depuis le mois de juin 1967, à savoir le plateau du Golan, la bande de Gaza et la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et ne considère pas que ceux-ci font partie du territoire d’Israël, indépendamment de leur statut juridique en vertu du droit interne israélien. »

Le 24 novembre 2016, le ministère français de l’Économie et des Finances a publié au Journal Officiel un “Avis ministériel” (JORF n°0273, texte n° 81) qui a indiqué aux distributeurs l’interprétation qu’il convenait de donner à la législation de l’UE sur l’étiquetage des produits israéliens. Les exigences françaises, plus strictes que celles de l’UE, stipulent :

« En ce qui concerne les produits issus de Cisjordanie ou du plateau du Golan qui sont originaires de colonies de peuplement, une mention limitée à « produit originaire du plateau du Golan » ou « produit originaire de Cisjordanie » n’est pas acceptable. Bien que ces expressions désignent effectivement la zone ou le territoire au sens large dont le produit est originaire, l’omission de l’information géographique complémentaire selon laquelle le produit est issu de colonies israéliennes est susceptible d’induire le consommateur en erreur quant à la véritable origine du produit. Dans de tels cas, il est nécessaire d’ajouter, entre parenthèses, l’expression « colonie israélienne » ou des termes équivalents. Ainsi, des expressions telles que « produit originaire du plateau du Golan (colonie israélienne) » ou « produit originaire de Cisjordanie (colonie israélienne) » peuvent être utilisées. »

En janvier 2017, Psagot Winery Ltd., une entreprise vinicole israélienne exploitant des vignobles en « territoire palestinien occupé », et une association juive française appelée Organisation juive européenne ont engagé une actionauprès du Conseil de État. Ils ont demandé à la plus haute magistrature française d’annuler l’avis ministériel, au motif que les exigences françaises équivalent à un boycott économique d’Israël.

Le 30 mai 2018, le Conseil d’État a déclaré ne pas être en mesure de statuer et a renvoyé l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne.

Le 12 novembre 2019, la Cour de justice luxembourgeoise s’est prononcée en faveur du gouvernement français:

« Les denrées alimentaires originaires des territoires occupés par l’État d’Israël doivent porter la mention de leur territoire d’origine, accompagnée, lorsque ces denrées proviennent d’une colonie israélienne à l’intérieur de ce territoire, de la mention de cette provenance. »

« l’omission d’une telle mention est susceptible d’induire en erreur les consommateurs, en leur laissant penser que cette denrée alimentaire a un pays d’origine ou un lieu de provenance différent de son pays d’origine ou de son lieu de provenance réel.

« la Cour a précisé que le fait d’apposer, sur des denrées alimentaires, la mention selon laquelle l’État d’Israël est leur « pays d’origine », alors que ces denrées sont en réalité originaires de territoires disposant chacun d’un statut international propre et distinct de celui de cet État, tout en étant occupés par ce dernier et soumis à une juridiction limitée de celui-ci, en tant que puissance occupante au sens du droit international humanitaire, serait de nature à induire les consommateurs en erreur

« la mention du territoire d’origine des denrées alimentaires en cause est obligatoire …, afin d’éviter que les consommateurs ne puissent être induits en erreur quant au fait que l’État d’Israël est présent dans les territoires concernés en tant que puissance occupante et non pas en tant qu’entité souveraine.

« L’omission de cette mention, impliquant que seul le territoire d’origine serait mentionné, est susceptible d’induire les consommateurs en erreur. En effet, ceux-ci ne peuvent pas savoir, en l’absence de toute information de nature à les éclairer à ce sujet, qu’une denrée alimentaire a pour lieu de provenance une localité ou un ensemble de localités constituant une colonie de peuplement installée dans l’un desdits territoires en méconnaissance des règles de droit international humanitaire.

« L’information des consommateurs doit permettre à ces derniers de se décider en toute connaissance de cause et dans le respect non seulement de considérations sanitaires, économiques, écologiques ou sociales, mais également de considérations d’ordre éthique ou ayant trait au respect du droit international.

« La Cour a souligné à cet égard que de telles considérations pouvaient influencer les décisions d’achat des consommateurs. »

La décision de la Cour de justice qui étend à l’ensemble de l’Union européenne les normes d’étiquetage très strictes des français a été fermement condamnée comme la manifestation d’un parti pris anti-israélien. De nombreux commentateurs ont fait remarquer que de tous les conflits territoriaux qui hantent la planète – de la Crimée au nord de Chypre, en passant par le Tibet et le Sahara occidental – l’UE exige que seul Israël soit soumis à des exigences d’étiquetage particulières.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré que cette décision était « inacceptable, tant au plan moral que sur celui des principes ». Dans un communiqué, il a ajouté :

« Israël rejette fermement l’arrêt récent de la Cour de justice européenne (CJUE), qui sert d’instrument à une campagne politique contre Israël. Le seul objectif de cet arrêt est de distinguer notre pays et de lui appliquer un deux poids – deux mesures. Il existe plus de 200 litiges territoriaux par le monde, et la CJUE n’a jamais décidé d’étiqueter les produits originaires de ces territoires. La décision d’aujourd’hui est à la fois politique et discriminatoire à l’égard d’Israël.

« Cet arrêt ne fait que diminuer les chances de parvenir à la paix et contredit les positions de l’Union européenne sur le conflit. Il fait le jeu de l’Autorité palestinienne, qui persiste à refuser d’engager des négociations directes avec Israël et encourage des groupes radicaux anti-israéliens qui appellent au boycott d’Israël et nient son droit à exister ».

L’ambassadeur d’Israël aux Nations Unies, Danny Danon, a déclaré que cette décision était le reflet du climat antisémite qui prévaut en Europe aujourd’hui :

« C’est un autre exemple de la préférence de l’Europe pour les ennemis d’Israël. Les discriminations de l’UE contre le projet sioniste offrent une couverture légale à l’antisémitisme. La décision de la Cour ne fera que réveiller le vieux sectarisme européen et encourager toutes les forces qui tentent de saper et de nuire à l’État juif. Aujourd’hui, une tache sombre a marqué l’action de l’Europe qui ne pourra pas être effacée ».

Le Lawfare project de New York, une association qui finance des actions en justice pour lutter contre l’antisémitisme, a déclaré que l’arrêt de la Cour de justice européenne autorise la discrimination à l’encontre des juifs israéliens et pave le chemin d’un usage politique des étiquettes :

« La décision de la Cour est à l’évidence discriminatoire ; les biens produits par les Juifs et les Musulmans dans la même région auront des étiquettes différentes en raison des choix politiques des responsables européens. Attribuer un caractère ethnique et religieux à l’étiquetage des produits est un précédent dangereux. De plus, la décision est totalement inapplicable dans des régions comme le Golan où il n’y a pas de « colonies » clairement définies et où l’application de l’arrêt nécessiterait une sorte de recensement qui obligerait à faire la différence entre nationalité et appartenance ethnique et/ou religieuse des producteurs afin de déterminer comment les produits doivent être étiquetés. L’illogisme de la décision tient également au fait que les musulmans palestiniens — cette population que la Cour considère comme les habitants légaux de la région et qui font des affaires dans les zones contrôlées par les Israéliens — seront eux-mêmes soumis à un étiquetage désobligeant. Israël est la patrie historique du peuple juif, mais la Cour considère que les juifs qui y vivent sont étrangers sur leur propre sol. Dire que la juste localisation ou l’adresse exacte du fabricant ne sont pas suffisantes, affirmer que l’étiquetage doit aussi comporter l’origine ethnique et/ou la nationalité des producteurs est une claire indication d’une intention de discriminer ».

La directrice exécutive du Lawfare Project, Brooke Goldstein, a déclaré que « la décision d’introduire la discrimination religieuse dans la loi est embarrassante pour l’Europe ». Elle a ajouté :

« Il n’y a aucune raison légitime pour que les produits fabriqués sur un même lieu géographique par les musulmans et par les juifs soient étiquetés différemment. Introduire un traitement distinctif en fonction de la religion correspond à la définition même du fanatisme et nous savons ce qui se produit lorsque l’Europe s’engage sur cette voie. Les musulmans qui résident là sous l’autorité de l’Autorité palestinienne sont des « colons » au même titre que les Juifs – ils sont légalement autorisés à s’établir en fonction du même traité, les Accords d’Oslo. »

L’avocat principal du Lawfare Project, François-Henri Briard, a déclaré que la Cour agissait en fonction de « préjugés politiques ». Il a ajouté :

« Si un tel étiquetage est appliqué aux produits israéliens, il devra évidemment s’appliquer à de nombreux pays dont les agissements peuvent être considérés comme étant en infraction avec le droit international. »

Le conseiller juridique de Psagot Winery, Gabriel Groisman, a déclaré :

« Alors que de nombreux efforts sont déployés pour discriminer et boycotter Israël, les personnes touchées par le boycott doivent continuer à défendre leurs droits devant les tribunaux de toutes les parties du monde. Malgré la décision défavorable de cette Cour, soyez assuré que Psagot ne cessera pas de se battre pour que ses droits soient respectés. »

Le département d’Etat américain a déclaré que les exigences que la Cour en matière d’étiquetage « suggéraient un parti pris anti-israélien ». Le Département d’Etat a ajouté :

« Cette exigence ne fait qu’encourager, faciliter et promouvoir les activités du mouvement Boycott, Désinvestissements, Sanctions (BDS) contre Israël. Les États-Unis s’opposent sans équivoque à toute tentative de BDS ainsi qu’à des pressions économiques, des manœuvres d’isolement ou de délégitimation d’Israël. Le processus de résolution du conflit israélo-palestinien passe par des négociations directes. L’Amérique se tient aux côtés d’Israël et s’oppose à des pressions économiques, ou toute autre tentative qui pourraient conduire à l’isolement ou à la délégitimation d’Israël ».

Eugene Kontorovich, professeur à la faculté de droit Antonin Scalia de l’Université George Mason et directeur du Kohelet Policy Forum, basé à Jérusalem, a déclaré que la Cour européenne « appliquait un nouveau type d’étoile jaune aux produits fabriqués par des juifs ». Il a ajouté :

« À présent, les marchandises produites par des juifs devront, seules, porter des étiquettes spéciales en fonction de leur origine. Cette discrimination flagrante oblige l’administration Trump à prendre le contrepied de Bruxelles et à officialiser cette vieille pratique américaine qui consiste à permettre à ces produits d’être labellisés « Fabriqué en Israël ».

« La décision montre également que ce sont les Juifs qui sont visés. Les Européens ont imposé le même règlement aux hauteurs du Golan, là où il n’y a ni Palestiniens, ni discussion d’un éventuel État palestinien. Le problème n’est pas non plus celui de l’occupation, car cette règle ne s’applique à aucun autre territoire occupé dans le monde ni ailleurs. »

Le président de l’Association juive européenne basée à Bruxelles, Menahem Margolin, a résumé la situation :

« Toute cette politique d’étiquetage est purement discriminatoire et ne vise que le seul État juif. Existe-t-il un autre pays au monde ayant un litige territorial qui soit soumis à une politique aussi unilatérale ? La réponse est non. Cet arrêt va également à l’encontre de la norme internationale des échanges établie par l’Organisation mondiale du commerce.

« Ce qui est particulièrement irritant, c’est le message que cela envoie au public israélien aujourd’hui.

« Alors qu’en Israël, les magasins, les écoles et les entreprises sont obligés de fermer à cause des tirs de roquettes massifs et aveugles en provenance de Gaza, alors que les Israéliens s’abritent et que les villes et villages frontaliers s’attendent au pire, l’Union européenne prend une décision punitive et inutile en matière d’étiquetage qui marque sa distance et son absence de solidarité.

« C’est la pire des chicaneries alors que Rome brûle. Cette Cour européenne qui épingle Israël en raison de ses « violation du droit international humanitaire » au moment même où le Hamas et ses acolytes bombardent des populations civiles innocentes en Israël fait preuve d’une ironie perverse qui demeure pour moi sans exemple à ce jour. »

Lionel Messi et son hommage émouvant «à la nation juive»

 Nathalie Sivan Pour COOLAMNEWs

Argentine-Uruguay c’est ce lundi soir et le match amical se joue en Israël. Lionel Messi ne se contente pas de fouler la pelouse, il se rend utile.  Le voici en visite auprès d’enfants du monde entier soignés à l’hôpital Wolfson.

L’hommage de la star du football est beau.  » La nation Juive travaille pour sauver des âmes partout dans le monde. Je suis fier de mener ensemble avec les meilleurs médecins en Israël ce projet extraordinaire de chirurgie cardiaque afin de sauver des vies « , a dit Lionel Messi.

Une petite phrase prononcée à l’hôpital Wolfson situé à Holon près de Tel-Aviv. Messi est l’un des parrains de l’association « sauver le cœur d’un enfant ». Au cours de son séjour en Israël, Lionel Messi a tenu à rendre visite à des enfants venus du monde entier pour une délicate opération du cœur.

A son arrivée à l’hôpital Wolfson et en compagnie de Sylvan Adams, l’initiateur du projet, le joueur argentin  a passé un bon moment avec des enfants africains. La plupart sont originaires de Zanzibar et du Sénégal. Des bambins qui n’en revenaient pas de côtoyer la star. Chacun a souhaité se faire photographier en sa compagnie.

L’un d’eux a eu ce commentaire amusant : « Les Israéliens ont sauvé mon cœur et la venue de Messi a provoqué un vrai coup de cœur ».

LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU

Contre toute attente, Netanyahou rétablit sa popularité

Le Premier ministre israélien en difficulté, Benjamin Netanyahu, a inscrit un succès cette semaine, faisant revivre sa popularité politique avec une série de mesures habiles.

Cela commence par l’assassinat ciblé de Baha Abu al-Ata, leader du Jihad Islamique Palestinien, alors que la frappe aérienne israélienne a attaqué son domicile à Gaza le 12 novembre.

En plus d’éliminer l’un des ennemis terroristes les plus implacables d’Israël, Bibi a également défendu ses intérêts dans deux autres domaines. Avoir simultanément réduit à néant les options de son rival Benny Gantz de concocter un gouvernement minoritaire avec le soutien de la liste commune arabe.

Ce n’est pas une mauvaise semaine pour un homme qui risque toujours d’être inculpé de corruption et dont son avenir politique peut-être suspendu.

 Et malgré une bonne semaine, il est toujours suspendu à ce fil.

 Une question de timing

Abu al-Ata était le commandant de la division nord du JIP, à Gaza, et le principal instigateur de la terreur et des attaques contre Israël.

HISTOIRES APPARENTÉES

 La politique israélienne à Gaza : la recette de l’escalade

 Les tensions à Gaza menacent les chances du gouvernement israélien minoritaire

Les attaques à Gaza creusent le fossé entre les partis arabes d’Israël et Gantz dans des négociations de coalition

Le Hamas contre l’escalade du Jihad Islamique en faveur d’un accord avec Israël

Le rapprochement du Hamas avec l’Iran met en danger un accord avec Israël

L’élimination d’un dirigeant du Jihad islamique au service de Netanyahu et du Hamas

 Par Almonitor traduit de l’anglais par le BNVCA

Israël en a eu assez et l’a emmené via une frappe aérienne le 12 novembre. Le Jihad islamique, principal agent d’influence iranienne à Gaza, a lancé un barrage de roquettes sur Israël en réponse. Israël a intercepté la plupart des roquettes et seuls trois Israéliens ont été blessés. Les frappes aériennes israéliennes ont tué 34 personnes, dont 16 civils, dont huit enfants, selon le ministère de la Santé à Gaza.

L’ONU et l’Égypte ont négocié un cessez-le-feu entre Israël et le JIP, le 14 novembre. Le Hamas, le parti palestinien qui dirige Gaza, est resté sur les lignes de côté.

"Abstraction faite de l'analyse coûts-avantages de l'assassinat de terroristes de haut niveau, aussi diaboliques soient-ils, il y a une question de timing", écrit Akiva Eldar. Et par timing, Eldar signifie l'impact des événements sur les efforts de Gantz et de son parti bleu et blanc pour former un gouvernement.
Le plan était que Gantz obtienne le soutien "extérieur" d'au moins quatre à cinq des 13 membres élus des partis arabes pour renverser Bibi et former un gouvernement minoritaire.
 
La Liste commune, comme on le sait, est composée de quatre parties : Hadash, dirigée par Ayman Odeh ; le Mouvement arabe pour le changement, dirigé par Ahmad Tibi ; les islamistes dirigés par Mansour Abbas ; et Balad, à la tête de Mtanes Shehadeh.
Le flirt entre Gantz et les partis arabes allait probablement toujours rester taquin. Même avant le coup sur Abu al-Ata, Gantz a été chahuté pour toute transaction avec "les Arabes". Avigdor Liberman, chef du parti de droite Yisrael Betineu (avec huit sièges à la Knesset) et intermédiaire de force présumé de la prochaine coalition gouvernementale, n'aurait rien à voir avec la liste commune. Les trois membres de Balad, pour leur part, n'ont jamais été à bord.
« Il est impossible d’ignorer la campagne de délégitimassions menée avec succès par Netanyahu contre les citoyens arabes d’Israël, affirmant qu’ils ne devraient pas pouvoir influer sur la formation du gouvernement », écrit Afif Abu Much. "Les mesures considérées comme standard et légitimes dans tous les pays démocratiques, telles que l'adhésion à une coalition, méritent d'être condamnées quand il s'agit des citoyens arabes d'Israël et de leurs représentants."
Mais les parties à la liste commune ne soutiendront pas les assassinats ciblés ou les attaques à Gaza quelles que soient les conditions, même sans aucune affinité avec le Jihad islamique. Bien entendu, Gantz n'avait d'autre choix que de soutenir les grèves. Ce faisant, écrit Daoud Kuttab, « Gantz s'est éloigné de toute coopération potentielle avec la liste commune arabe et l'a contraint à rechercher une solution de coalition avec Avigdor Lieberman ou Netanyahu ». Ou à défaut, un troisième tour des élections.
Une sorte d’alliance Israël-Hamas contre le JIP
Le geste de Bibi contre Abu al-Ata présente également l’avantage étrange de rendre discrètement service à son ennemi de longue date, le Hamas, acronyme arabe du Mouvement de résistance islamique, et peut-être de creuser un fossé dans ses relations avec Téhéran. Le Hamas a cherché à gouverner et à fournir des services simultanément à Gaza tout en maintenant son rôle d'organisation de résistance liée à l'Iran. Abu al-Ata et le JIP, en revanche, sont des mandataires iraniens à part entière avec un soutien populaire limité.
"Al-Ata avait été assez épineux aux côtés des dirigeants du Hamas au cours de l'année écoulée", écrit Shlomi Eldar. Le JIP a « adopté une ligne de plus en plus provocante contre le Hamas, qui ne trouve rien de plus insultant que d'être décrit aux Palestiniens de partout comme ayant abandonné sa guerre sainte pour collaborer avec le« diable ». Al-Ata a frappé le dessous sensible du Hamas : son image. Le Hamas l'aurait depuis longtemps arrêté et emprisonné s'il n'avait pas été commandant en chef d'une organisation soutenue par l'Iran, ce qu'il ne veut pas fâcher maintenant qu'il a rétabli ses liens avec Téhéran à la suite d'une longue interruption de son ancien chef politique Khaled Meshaal. ”
 
Ben Caspit décrit l'intérêt commun entre Israël et le Hamas contre le JIP comme une "sorte d'alliance".
 
"Israël a fait le sale boulot du Hamas et le Hamas espère que le Jihad islamique recevra le message", conclut Shlomi Eldar. "Pour le moment, Israël a toutes les raisons de croire que le Hamas est sérieux et prêt à aller de l'avant avec un accord sur une trêve à long terme et un assouplissement du blocus imposé à Gaza par Israël."
 
Israël envoie-t-il un message à Soleimani ?
 
Le bilan d’Israël en matière d’assassinats ciblés est mitigé. Bien que personne n'ait remplacé le chef d'état-major du Hezbollah, Imad Mughniyeh, tué à Damas en 2008, le dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a été un remplaçant plus que redoutable d'Abbas al-Musawi, tué par Israël en 1992.
 
Mais les assassinats ciblés servent également à alerter les ennemis d’Israël : vous n’êtes jamais en sécurité.
LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU

Les forces de sécurité israéliennes considéraient à la fois Abu al-Ata et Soleimani, « comme des personnalités presque complètement indépendantes », écrit Ben Caspit, « sans aucune entrave de la part de leurs organisations mères. Ils représentent une nouvelle classe de générateurs terroristes indépendants qui ne sont pas nécessairement connectés à une chaîne de commandement politique. Abou al-Ata avait tiré la langue au Hamas, torpillé tous les efforts en vue d’un arrangement entre Israël et le Hamas et tenté d’empiéter sur la souveraineté du Hamas dans la bande de Gaza. De même, selon des sources militaires israéliennes de haut rang, Soleimani mène une politique totalement indépendante dans les espaces libanais, syrien et irakien. Il n'est pas synchronisé avec le président iranien Hassan Rouhani et ne parle qu'avec le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. "
 
Une bonne semaine, mais toujours sur un fil
 
Pour Netanyahu, la semaine a été bonne, mais les gains peuvent être plus tactiques ou temporaires que stratégiques.
 
Premièrement, le meurtre d’Abou al-Ata lui-même est une victoire sans réserve. Même à Gaza, il y a probablement peu de larmes sincères pour lui. Mais l’Iran et le JIP ne peuvent pas considérer le dernier round comme une perte totale. Le JIP affirme avoir accepté de mettre fin aux attaques à la roquette en échange d'Israël mettant fin aux assassinats ciblés et de ne pas tirer sur les manifestants palestiniens à la frontière entre Gaza et Israël. Le Jihad islamique "a consolidé sa position vis-à-vis d'Israël, du Hamas et de l'Égypte", écrit Shlomi Eldar. « L’Iran aussi peut être heureux que son aide inconditionnelle à l’organisation ait permis à son mandataire de ne pas se rendre à Israël ».
 
Deuxièmement, en ce qui concerne Soleimani, il peut probablement rester tranquille pour le moment. Malgré sa rhétorique, Netanyahu n'est pas pressé de faire sauter des choses dans la région. Selon des sources israéliennes, Netanyahu aurait hésité à prendre des mesures contre Soleimani. Bien sûr, tout cela pourrait changer sous Bibi, Gantz, Liberman ou tout futur Premier ministre. Les forces de sécurité israéliennes ont de fortes voix qui appellent à une telle action.
 
Troisièmement, Netanyahu a peut-être enterré l'option de Gantz pour une coalition minoritaire, mais c'était quand même un long plan. La véritable action a été prise lorsque le procureur général Avichai Mandelblit a accusé Netanyahu de corruption avant la date butoir de la mi-décembre, comme le rapporte Caspit. Si cela se produit effectivement en avance sur le calendrier prévu, Bibi pourrait ne pas être politisée par la coalition.

Israël n’a plus le temps d’éviter une troisième élection consécutive

Le chef de l'opposition israélienne, Benny Gantz, a jusqu'à mercredi pour préparer une coalition gouvernementale et éviter une troisième élection sans précédent. Le Président Reuven Rivlin a accepté d'accueillir Gantz chez lui samedi soir pour discuter de l'état actuel des négociations alors qu'un échec persistant n'a pas été trouvé pour parvenir à un accord de partage du pouvoir avec le Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui se classait au deuxième rang derrière le parti bleu et blanc de Gantz aux Élections de septembre et échoué à réunir une coalition majoritaire de       61 sièges le mois dernier. Le Président devrait également rencontrer au début de la semaine prochaine les dirigeants du Shas, du United Torah Judaism, d'HaBayit HaYehudi et de la liste commune, avec les autres chefs de parti qui devraient suivre. Pendant ce temps, l'ancien Ministre de la Défense, Avigdor Liberman, chef du parti nationaliste laïque Yisrael Beitenou un roi potentiel, pourrait rencontrer dimanche Netanyahu après sa rencontre avec Gantz jeudi. Netanyahu refuse les demandes de démission de Rivlin s'il est inculpé de corruption. Le Procureur Général, Avichai Mandelblit, devrait rendre sa décision d'ici lundi prochain, le 25 novembre.   Le Premier Ministre a également mis en garde Gantz contre la formation d'un gouvernement minoritaire de l'extérieur par le parti arabe de la liste commune. Si M. Gantz ne présente pas un nouveau gouvernement avant le 20 novembre, tout membre de la Knesset disposera de trois semaines pour tenter de réunir une majorité de  61 sièges. Si cela échoue, Israël tiendra ses troisièmes élections législatives début avril. Le spectre d'une reprise du conflit avec des militants palestiniens dans la bande de Gaza plane sur la politique intérieure. Les pourparlers de la coalition ont été suspendus pendant deux jours la semaine dernière au milieu d’un barrage d’attaques à la roquette après que Israël ait tué mardi le principal militant du Jihad islamique Baha Abu al-Ata.


Par Al-Monitor Traduction BNVCA
 



















“Décryptages” Fac de Jussieu : une conférence sur le terrorisme interdite par des terroristes d’un nouveau genre

COMME LES CHEMISES BRUNES…

Fac de Jussieu : une conférence sur le terrorisme interdite par des terroristes d’un nouveau genre !

En mai 1968, “il était interdit d’interdire”. Pour leurs descendants bâtardisés de 2019 c’est “interdit de ne pas interdire”. 

Avec Benoît Rayski pour ATLANTICO

On connait la fameuse phrase de Max Frisch : “le silence des pantoufles m’effraie plus que le bruit des bottes”. Par cela, il voulait illustrer la passivité des spectateurs qui écoutaient sans mot dire les SA chanter le Horst-Wessel-Lied.

Le silence des pantoufles – celui des lâches donc – est incarné en France par Jean-Luc Mélenchon. Il participe à la manifestation contre l’islamophobie et se tait quand il entend la foule crier “Allah Akbar”. En même temps, c’est-à-dire le jour même, il va déposer une gerbe de fleurs devant le Bataclan là ou tant de jeunes gens ont été assassinés aux cris d'”Allah Akbar”. Cette gerbe est à gerber.

Il y a aussi chez nous d’autres pantoufles qui ne se contentent pas du silence. Elles crient très fort, vocifèrent. Elles sont à l’œuvre dans nos universités rongées par le gauchisme indigéniste. On les combat ? Non ! Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, se couche avec la bonne conscience de ceux qui en ne faisant rien pensent ne rien faire de mal.

Une conférence sur le terrorisme, en présence de Laurent Nunez, devait avoir lieu à Jussieu. Des groupes (l’UNEF ?, Sud ?, Solidaires ?) ont menacé de la perturber. Le président de l’université s’est aussitôt incliné et a annulé la conférence.

Mais Frédérique Vidal, manifestement contente d’elle-même a annoncé avoir trouvé une solution. Elle a “délocalisé” la conférence à l’Ecole militaire ! Pas de problèmes avec les képis. La prochaine aura sans doute lieu à l’Ecole de police… Les pantoufles de Jussieu, pour le coup, font un bruit de bottes.  

Elles ne brûlent pas encore les livres comme le faisaient leurs ancêtres bruns. Pour le moment, elles se contentent d’en interdire les auteurs, comme avec Sylviane Agacinski à Bordeaux. Mais ça viendra certainement. Il nous faudra un jour être brutaux et chausser des bottes pour écraser ces pantoufles là.   

Terrorisme : la France “est clairement le pays d’Europe le plus touché”

Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l’Innovation, invité de franceinfo

franceinfoRadio France

La Fondation pour l’innovation politique (Fondapol, un laboratoire d’idées français d’inspiration “libérale, progressiste et européen”) a réalisé une étude sur les attentats islamistes commis entre fin 1979 et fin août 2019. Le but était de quantifier et de localiser ces phénomènes pour mieux les comprendre. L’un des constats est que la France “est clairement le pays d’Europe le plus touché”, a expliqué mercredi 13 novembre sur franceinfo Dominique Reynié, le directeur général de la Fondation pour l’Innovation.

franceinfo : Pourquoi avoir fait cette étude ?

Dominique Reynié : C’est une réalité dont on devine l’importance sans être en mesure de la documenter. Il y a des sources éparses, très incomplètes, esquissées pour une année ou un mouvement, mais jamais il n’avait été fait cet effort, et je comprends pourquoi maintenant, de les réunir dans une base commune documentée. C’était pour faire apparaître quelques faits, des vérités historiques et documenter, aussi précisément que possible, ce dont nous pouvons dire que nous sommes sûrs, s’agissant du terrorisme islamiste.

En 40 ans, le terrorisme islamiste représente 33 769 attentats sur la planète, 167 096 morts, dont la majorité des victimes sont des musulmans.

Ce sont très largement des musulmans qui périssent dans ces attentats qui ont lieu pour la plupart dans des pays musulmans. C’est une violence qui a peu à peu progressé, qui s’est installée. Depuis 1979, on a une apparition de ce terrorisme, puis un déploiement. Il atteint une très grande intensité dans la période 2013-2019.

Pourquoi avoir choisi 1979 comme date de début ?

C’est une date retenue par les spécialistes du monde arabo-musulman et du terrorisme parce qu’il y a eu l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS, la révolution iranienne, la prise d’otages à la grande mosquée de La Mecque, les accords de camp David. Il y a toute une série d’évènements qui transforment en profondeur le monde arabo-musulman et font démarrer, à la fois une islamisation des problèmes dans le monde arabo-musulman, et une jihadisation de cette islamisation.

2001 est pour vous une vraie rupture ?

C’est un tournant parce que c’est la série d’attentats la plus dure dans l’histoire du terrorisme connu, plus de 3 000 morts, plus de 16 000 blessés. Il y a à la fois le signal d’une extension et d’une globalisation, et aussi l’incorporation du terrorisme jihadiste dans le réseau numérique. C’est un aspect important de voir comment pour recruter, pour la propagande, pour médiatiser, organiser, le numérique est un des facteurs de globalisation et d’intensification de cette violence.

En Europe, la France est-elle la plus touchée depuis 40 ans ?

Oui, c’est clairement le pays d’Europe le plus touché avec 71 attaques, 42 ont eu lieu entre 2013 et 2019. Pratiquement la moitié de ces attaques en France, depuis 2013, sont le fait de l’État islamique. Bien sûr, au cœur de ce moment-là, on a le 13-Novembre 2015 qui est un moment particulièrement dramatique et violent. Je crois que l’on peut dire que la France paie sa capacité à intervenir dans le monde. Il n’y a pas beaucoup de démocraties qui ont une capacité à intervenir dans le monde pour essayer de dénouer des conflits. Il y aussi un lien compliqué avec l’Histoire française et son passé colonial qui, dans certains pays comme l’Algérie, a pu favoriser un terreau de violence. La France est aussi un pays clé de l’espace européen qui détient aussi une double communauté importante. Une communauté musulmane nombreuse et une communauté juive également nombreuse, d’où une importation du conflit israélo-palestinien.

Emmanuel Macron a appelé à bâtir une société de vigilance pour éradiquer l’hydre islamiste. Est-ce que cela participe à la dérive ?

Cela pose une question très pertinente. Avons-nous la capacité de monter encore le niveau de surveillance policière du point de vue de l’État de droit ? Que serait notre société si nous augmentions encore la surveillance policière, les écoutes téléphoniques, les filatures… ? Est-ce qu’une des solutions n’est pas plus de solidarité entre citoyens pour se prémunir mutuellement d’un danger ? C’est un peu le choix entre la solidarité et l’État policier.

DRAME DES ENFANTS D’OSLO

Beth YossefD

Le Mercredi 20 Novembre à 17 H
(יום רביעי 20 בנובמבר בשעה 17:00) 

Le Maire de Jérusalem, l’Ambassadeur de Norvège, le Président de la Sokhnout, viendront commémorer, sous la Présidence d’honneur du Nassi Rivlin, les 70 ans des « enfants d’Oslo »* à Ohavei Tsion, Jérusalem.

Des monuments existaient un peu partout et c’est la 1ère fois que la capitale sera le centre des commémorations.
Voulant ainsi marquer le souvenir des difficultés des Alyahs d’Afrique du Nord et de Tunisie, nous sommes convaincus de votre large présence sur un sujet qui touche à notre Histoire.=

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10217948270792274&id=1049852572

Vers la fin des années 40, vivaient en Afrique du Nord environ 500.000 juifs, dont 120.000 en Tunisie.
Dès l’indépendance d’Israël, l’Alyat Hanoar a aidé les jeunes juifs, en particuliers ceux d’Afrique du Nord dont les familles étaient pauvres, à s’installer en Israël.

Le 20 novembre 1949, elle a affrété deux vols au départ de Tunis. Avant de partir en Israël, les enfants devaient être temporairement hébergés par la Norvège pour y préparer l’Alyah.
L’un des deux avions s’est écrasé à proximité d’Oslo et trente-quatre personnes, dont vingt-sept enfants, ont péri dans ce terrible accident (un seul enfant a survécu).

Chaque année est commémoré  ce « drame des enfants d’Oslo », comme l’un des épisodes les plus douloureux de l’Alyah des juifs d’Afrique du Nord et de Tunisie. Pour la Norvège, il s’agit aussi d’une grave catastrophe aérienne.
Des monuments à leur mémoire ont été érigés en Tunisie, en Norvège et dans plusieurs villes en Israël, sauf dans sa capitale, Jérusalem.

La communauté Ohavei Tsion, pilier du judaïsme d’Afrique du Nord et de Tunisie, a estimé qu’il était très important que Jérusalem, capitale d’Israël commémore également cet événement. En 2019, la manifestation centrale de cette cérémonie des 70 ans se tiendra donc devant le nouveau monument qu’elle vient d’ériger à Jérusalem.

La présence des plus hautes personnalités à cette manifestation témoigne de l’importance que ce sujet revêt pour elles. N’oublions pas que plus d’un million de juifs en Israël ont des racines en Afrique du Nord, dont plus de 300.000 en Tunisie.   

Notre combat contre le terrorisme islamiste face à l’indifférence européenne

Posted by Freddy Eytan on 11/13/19 • Categorized as Editorial

Au moment où des salves de roquettes tombent sur nos villages et dans des zones urbaines, semant la terreur et paralysant ainsi plus de la moitié de notre pays, il est triste de constater que seuls les Américains sont vraiment solidaires d’Israël.

Comment expliquer ce lâche mutisme à Paris à l’égard de la forte présence française dans notre pays, de ces milliers de franco-israéliens vivant sous la pluie de roquettes ?

Pourquoi cette indifférence de la part de l’Etat le plus touché de l’Union européenne par des attentats terroristes comme ceux du tristement 13 novembre 2015 qui a fait 130 morts à Paris et Saint-Denis, et plus de 400 blessés ?

Le président Macron ne préfère-t-il organiser que des cérémonies du souvenir ? A quoi sert un second Forum international pour la paix quand le terrorisme islamique frappe la France de plein fouet ?

Pathétique, la préoccupation européenne de marquer les produits israéliens en provenance des Territoires. Ridicule, de titrer à la une sur « l’assassinat » d’un leader palestinien quand il s’agit d’un terroriste notoire responsable de centaines d’attentats contre des femmes et des enfants israéliens.

Poster du Djihad islamique en mémoire de Baha Abu al-Ata : “Nous n’avons pas encore commencé”

Il est clair que les hostilités se poursuivront dans la bande de Gaza jusqu’au jour où le Hamas et le Djihad islamique déposeront les armes. Ce n’est sans doute par pour demain, ni pour après-demain. Seule une poignée de pacifistes naïfs et certains leaders politiques irresponsables y croient vraiment. Comment peuvent-ils condamner l’élimination d’un chef du Djihad et l’assimiler à des fins purement politiques tandis que le chef d’état-major et le chef du Shin Beit disent autrement en affirmant que l’opération a été préparée de longue date et qu’il s’agit d’une « décision professionnelle » ?

Nous n’avons pas le choix de poursuive notre combat inlassable contre le terrorisme de tous bords. C’est notre destin collectif, pour le meilleur et pour le pire. Voilà plus d’un siècle que nous combattons le fléau du terrorisme palestinien et, chaque jour, nous déjouons des intentions d’attentats et arrêtons chaque nuit des commanditaires, auteurs et suspects.

Grâce aux informations précieuses du Shin Bet, de nombreuses attaques terroristes ont été déjouées, dont des bombes humaines ; des centaines d’attentats ont été avortés depuis le début de l’année 2019, grâce au renseignement technologique sophistiqué.

Nous remarquons que le Hamas évite à ce jour d’intervenir et laisse faire. Le mouvement islamiste souhaite gagner du temps et du pognon et il est conscient que toute intervention lui coûtera très cher. Il a perdu sa bataille contre les forces de Tsahal dans la bande de Gaza et ne réussit pas à briser le siège et sa quarantaine depuis plus de 20 ans.

Pour renforcer son influence et son prestige au sein du peuple palestinien, le Hamas souhaite transférer la lutte armée vers la Cisjordanie. Son combat est à la fois contre l’Autorité palestinienne et contre « les colons » israéliens.

Quant au vieux Mahmoud Abbas, son apparition en public et ses discours se font rares et il ne maîtrise plus la situation.

Réunion de crise entre le Premier ministre Nétanyahou et le nouveau ministre de la Défense Bennett (photo GPO)

Encouragées, formées et financées par l’Iran, des cellules terroristes du Hamas et du Djihad à Hébron et à Naplouse sont aux ordres des Pasdaran. Les fréquentes visites des dirigeants du Hamas à Téhéran ont pour but de planifier des attentats « stratégiques et spectaculaires ».

Les Ayatollahs profitent de la retenue américaine et du désarroi européen face aux attaques contre les puits de pétrole en Arabie saoudite et la dernière crise dans le golfe Persique pour focaliser l’attention sur la cause palestinienne et contre l’Etat juif.

Les attaques contre les domiciles des chefs du Djihad, à Gaza et Damas, prouvent l’efficacité de nos services de Renseignement. Un message limpide aux Iraniens et leurs milices que rien ne nous échappe et que tous sont bien dans le collimateur de Tsahal.

Le but du Hamas et du Djihad islamique est d’enflammer les Territoires et de renverser Mahmoud Abbas pour prendre le pouvoir à Ramallah.

L’Etat juif est donc en légitime défense et dans le droit absolu de mener un combat, sans pitié et sans merci, contre tous les ennemis de tous bords, contre tous ceux qui veulent nous rayer de la carte qu’ils soient palestiniens ou iraniens.

Aucune leçon de morale, surtout de la part de l’Europe, ni aucune condamnation ne pourront empêcher le gouvernement israélien de poursuive, avec l’appui de Tsahal, du Shin Bet et du Mossad, la lutte inlassable et infinie contre le fléau du terrorisme à Gaza, à Damas, à Beyrouth ou à Téhéran.

Freddy Eytan  LE CAPE JERUSALEM

Plus de 15.000 enfants de moins de 5 ans décèdent chaque jour dans le monde

DRAME  De 2000 à 2017, 123 millions d’enfants de cette classe d’âge sont morts dans des pays à bas et moyens revenus

Un enfant souffrant de malnutrition au Yemen, le 19 mai 2019.
Un enfant souffrant de malnutrition au Yemen, le 19 mai 2019. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Plus de 15.000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque jour dans le monde, avec d’énormes disparités entre les pays, voire entre les régions, indique une étude publiée ce mercredi dans NatureDe 2000 à 2017, 123 millions d’enfants de 0 à 5 ans sont décédés dans les 99 pays à bas et moyens revenus sur lesquels portent ces travaux. Cela représente plus de 90 % des morts dans le monde pour cette classe d’âge.

Les principales causes des décès varient selon l’âge. Quand le nourrisson a moins d’un an, il s’agit le plus souvent des conséquences d’une naissance prématurée. De deux à quatre ans, ces enfants sont davantage susceptibles de succomber au paludisme, à des maladies diarrhéiques ou à des infections respiratoires comme la pneumonie.

Prof. Simon I. Hay@simonihay

Congratulations to all of the authors on publishing “Mapping 123 million neonatal, infant, and child deaths between 2000 and 2017” today in @Nature! https://www.nature.com/articles/s41586-019-1545-0 …

Voir l'image sur Twitter

Disparités en fonction des pays

Les disparités en fonction des territoires sont grandes. Les risques de mourir pour les enfants de moins de 5 ans sont dix fois plus élevés dans certains pays que d’autres, voire quarante fois si on compare des régions entre elles. Par exemple, en 2017, seuls quatre enfants sur 1.000 mourraient avant cinq ans dans la région de Santa Clara à Cuba. Mais ce taux se montait à 195 sur 1.000 dans la région de Garki, au Nigeria.

Ces travaux fournissent donc une cartographie précise et très fine de la mortalité infantile dans les 99 pays étudiés. « Nos travaux peuvent servir de base aux autorités sanitaires pour améliorer les systèmes de santé de façon ciblée », a estimé l’un des auteurs, Simon Hay, de l’Institut de métrologie et d’évaluation de la santé à l’Université de Washington. Pour la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, « l’accès aux traitements médicaux n’est que l’un des éléments ». « Les facteurs qui contribuent aux décès sont liés à des maux plus vastes : la pauvreté, la discrimination et l’injustice. »

L’opinion des Allemands sur une nouvelle Shoah

By Marc – 

L’opinion des Allemands sur une nouvelle Shoah et sur les Néo-Nazis

Manfred Gerstenfeld

Au début des années 1990, j’avais interviewé à Francfort, un membre du bureau de l’une des banques de premier plan en Allemagne. Cette conversation se déroulait dans le cadre de ma préparation pour un livre sur le potentiel politique et économique futur de l’Italie, que je co-rédigeais. J’en étais venu à débattre  des changements en Allemagne, après la réunification des années 1990. L’intérêt de mon interviewé pour notre conversation s’est  élevé d’un cran quand il s’est aperçu que j’étais Israélien. 

Il estimait qu’une autre Shoah pourrait bien survenir. Il disait qu’il y avait vraiment trop peu de choses qui avaient changé en Allemagne. A cette époque, j’ai ensé que c’était une remarque étrange. Pourtant, la récente étude du Congrès Juif Mondial (WJC) sur l’Allemagne a démontré que cette opinion est largement partagée dans le pays[1]. Le sondage prouvait que 25% des Allemands croient qu’une autre Shoah pourrait se produire. Ce pourcentage représente environ 18 millions de citoyens – puisque 71 millions d’Allemands ont plus de 18 ans, l’âge limite pour participer à ce sondage[2].  Une autre frange de 24% n’en était pas sûre. Cela ne laisse que 51% pour croire qu’une autre Shoah ne pourrait pas advenir en Allemagne[3].

L’étude majeure du CJM, dans laquelle 81 questions ont été posées, est essentiellement citée pour les données qu’elle apporte sur l’antisémitisme[4]. Pourtant, on peut en tirer bien plus. Les données quantitatives, conjuguées à des informations qualitatives déjà existantes, nous permettent de tirer des conclusions plus concrètes qu’auparavant.

Il y a encore plus d’Allemands, soit 38%, qui pensent qu’il est possible que quelque chose d’équivalent à la Shoah puisse se produire à l’avenir, dans d’autres pays européens. C’est un chiffre supérieur aux 33% qui pensent que cela ne peut pas se produire. 39% ont déclaré ne pas en être sûrs[5].

Près de 6 millions d’Allemands pensent que les gens devraient être autorisés à employer des slogans et des symboles nazis dans l’Allemagne d’aujourd’hui. 11%, -soit 8 autres millions- n’en sont pas sûrs. Les 54 autres millions disent que ce ne devrait pas être permis[6]. Encore plus de gens, près de 8 millions, soit 11%- pensent qu’il est acceptable qu’un individu ait des opinions néo-nazies. 8 autres millions n’en sont pas certains[7]. On peut en conclure que la “libre parole sans entrave” réclamée par les radicaux rendrait possible le développement d’un discours de haine anti-juive et anti-israélienne encore plus substantiel, dans un pays hanté par un passé aussi horrible que celui de l’Allemagne.

De temps en temps, des néo-nazis défilent à travers les villes d’Allemagne. Ces défilés obtiennent très fréquemment des autorisations. En octobre 2019, de tels manifestants ont défilé chaque lundi à Dortmund. La plus haute chambre administrative de Münster a décidé que les marcheurs avaient l’autorisation légale de faire usage du slogan : “Plus jamais, jamais, jamais Israël”. Le Tribunal a même prétendu que cela ne constituait pas de “l’incitation”. La police avait interdit ce slogan. Les néo-Nazis ont alors fait appel devant la Cour et ont emporté le procès aussi bien lors de la première que de la deuxième instance[8].

Après le massacre raté de Yom Kippour, cette année, à la synagogue de Halle, le gouvernement allemand a décidé que, dorénavant, tous les sites Web et réseaux sociaux devaient informer les services de sécurité et la police sur les contenus de haine[9]. Pourtant, on se demande comment le gouvernement allemand va s’y prendre pour contrôler les sites internet allemands en langue arabe et turque.

Les données ci-dessus nous aident aussi à comprendre le potentiel électoral de la branche ethnique extrémiste de l’AfD de droite populiste. On dit de cette faction qu’elle reste plus petite que le courant principal du parti, plus modéré. Durant les élections d’Octobre, dans l’Etat est-allemand de Thuringe, l’AfD est devenu le second parti avec 23, 4% des scrutins. Son leader dans ce land Bjorn Höcke, est la personnalité la plus réputée de la branche ethnique du parti[10]. Le parti le plus important au cours de cette élection était le parti d’extrême-gauche Linke, avec 31%. Ainsi, ces deux partis extrémistes ont conjointement plus de sièges que tous les partis des courants politiques principaux réunis au parlement de l’Etat.

On peut mentionner ici que quelques aspects de l’étude majeure du CJM. En l’analysant, on peut mettre en lumière plusieurs des réalités problématiques de l’Allemagne contemporaine. Il y a, effectivement, des dizaines de milliers d’Allemands en faveur d’un Etat démocratique qui fonctionnerait correctement. Pourtant, il reste encore plusieurs millions qui n’ont rien appris ou très peu, de l’expérience de la Shoah.

L’étude demande : d’où tirez-vous l’essentiel de vos informations à propos des Juifs? La source dominante était la télévision avec 32%, suivie d’Internet avec 16%, et les journaux avec 12%[11]. Il n’y a guère de raison valable de supposer que les chiffres seraient très différents, concernant Israël proprement dit. Une étude de 2015, émanant de la fondation Bertelsmann, révélait que 41% -soit près de 30 millions de personnes, en chiffres extrapolés – pensent que “Israël agit envers les Palestiniens commeles Nazis avaientagi envers les Juifs[12]“.

Il est raisonnable de supposer que cette opinion est fondamentalement généré par l’humeur qui circule dans les médias du pays. La télévision allemande est principalement détenue par le secteur public. Pour combattre l’antisionisme rampant dans le pays, on devrait entreprendre une étude en profondeur des programmes de la télévision allemande consacrés à Israël. On peut supposer que beaucoup de ses journalistes sont des libéraux de gauche, un segment de de la société où on trouve beaucoup de ceux qui diabolisent Israël.

Il y plusieurs raisons importantes pour expliquer que l’Allemagne est en pleine mutation. La récession économique en est une cause majeure. Le grand déclin des deux principaux partis qui ont dirigé le pays depuis ses premières élections d’après-guerre, les Démocrates Chrétiens (CDU) et les Socialistes (SPD), en est une autre bonne raison. Leurs pourcentages combinés du soutien qu’ils reçoivent dans les derniers sondages, n’est que d’environ 40%. Ce déclin est entièrement lié aux politiques d’immigration bien trop libérales des gouvernements CDU- SPD depuis 2015.

En 2017, la BBC a interviewé Niklas Frank, le fils de Hans Frank, qui était gouverneur-général de Pologne entre 1939 et 1945. Ce dernier a été convaincu de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, lors des procès de Nuremberg et exécuté en 1946[13]. Le fils méprise son père. Il a déclaré, à propos de l’Allemagne contemporaine : “Ne nous croyez pas!”. Les découvertes de l’enquête du CJM semble appuyer cette évaluation.

Par Manfred Gerstenfeld

Le Dr. Manfred Gerstenfeld a présidé pendant 12 ans le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem (2000-2012). Il a publié plus de 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

Adaptation : Marc Brzustowski.

La sénatrice italienne Liliana Segre, survivante de l’holocauste, mise sous protection policière face aux menaces reçues

I.V Pour RTBF

Liliana Segre, survivante de l'holocauste, mise sous protection policière
Liliana Segre, survivante de l’holocauste, mise sous protection policière – © Chaîne Youtube du sénat italien

A compter de ce jeudi, la police du commandement de la province de Milan escortera à vie la sénatrice, Liliana Segre, déportée en janvier 1944 de la plate-forme 21 de la Gare centrale vers le camp d’Auschwitz. Cette mesure de sécurité décidée à l’encontre de cette survivante de l’Holocauste a été décidée hier au sein du Comité pour la sécurité et l’ordre public et sous la supervision de la direction de la police.N

La sénatrice italienne fait, en effet, l’objet d’une augmentation exponentielle de menaces à son encontre, celle-ci avouant recevoir près de 200 messages de haine par jour, via les réseaux sociaux. Ce nombre élevé, conjugué aux participations fréquentes de la sénatrice à des conférences ou débats, a accéléré la prise de cette décision de la mettre sous protection policière. A 89 ans, Liliana Segre ne refuse jamais une invitation à un événement public. Celle-ci a réagi à ses menaces en déclarant que ” chaque minute doit être vécue. Nous devons voir les bonnes choses qui nous entourent et ne pas perdre de temps à écrire à une femme de 90 ans pour lui souhaiter la mort.”

L’origine de cette campagne de messages haineux à l’égard de Liliana Segre date de 2018. Un dossier avait été ouvert par le Procureur général sous la coordination du pôle anti terroriste, mais c’est l’actuelle ministre de l’Intérieur, Luciana Lamorgese, qui a fait de cette mise sous protection policière de la sénatrice, une priorité. Celle-ci sera d’application jusqu’à sa mort.

La sénatrice Liliana Segre avait été fortement applaudie (hormis par l’extrême-droite) ce 31 octobre suite à sa demande (et au vote de celle-ci) pour la création d’une commission extraordinaire contre la haine, le racisme et l’antisémitisme

Cohn-Bendit vante la démocratie musulmane : mon “ami”, tu t’es vendu à l’ennemi

Avatar de taoufikbenbrik

Par taoufikbenbrik
Écrivain

LE PLUS. L’écrivain et journaliste tunisien Taoufik Ben Brik considère qu’il a perdu un ami. Depuis le Printemps arabe en Tunisie, il ne supporte plus les prises de position de l’eurodéputé Daniel Cohn-Bendit concernant un islam qui peut aller de pair avec la démocratie. Il s’en explique.

Édité par helenedecommer  

Partager sur Twitter
Daniel Cohn-Bendit à Lisbonne, le 21/06/13 (JEROME MARS/JDD/SIPA)

Daniel Cohn-Bendit à Lisbonne,

Je suis au bord de l’apoplexie. Je n’en reviens pas. Jugez-en par vous même : par les temps qui courent, les gens du nord, nos amis français, allemands, italiens, espagnols, hollandais, suédois… tiennent coûte que coûte à nous vendre une marchandise formatée dans leurs boîtes de renseignements et leurs polices de désinformation : la démocratie musulmane.

Cohn-Bendit débarque et sait mieux que nous

Voilà Daniel Cohen Bendit, la grande gueule de la rive gauche qui s’invite – depuis l’avènement du 14 janvier, la révolution Bouazizi – chez nous sans protocole ni grande pompe, pour prêcher : Il faut que la démocratie musulmane réussisse.

Et gare au bledard qui émet le moindre doute. Vous serez taxé de pauvre gauchiste stupide et obtus si jamais vous lui dites : “Dany, les islamistes sont pire que les fascistes. Ils veulent ériger un régime d’inquisition, anachronique et archaïque. Dany, n’oublie jamais qu’on a commis une révolution, et toute révolution s’impose l’égalité et le progrès. Elle réinvente la liberté, l’espoir, le bonheur. Tes islamistes veulent nous renvoyer à l’âge de pierre de la politique: plus de relais dans la société, plus de partis, plus de syndicat et bien sûr plus de presse. Dany, l’islamisme, c’est un récif d’acier sur lequel, le way of life du Tunisien se fracasse. L’islamisme c’est l’antidote du poison révolutionnaire”.

Là, Daniel, le faux monnayeur que j’aime, lâche sa phrase bidon : “C’est plus compliqué que ça. Tu te goures mon grand Toto. Pourquoi vous n’essayez pas de collaborer, de négocier ou chercher un compromis ?”

Je suis abasourdi : “Dany, mon petit, y a des limites. C’est plus compliqué que ça, dis-tu !? Tu débarques de ton pays froid et brumeux, pays de la pensée ivrogne, dans mon pays, pays de la lumière et de la pensée révoltée, et en un temps lumière, le temps d’un embarquement et d’un débarquement, juste une heure ; et déjà tu comprends ce qui m’est compliqué. Tu m’accuses d’être l’analphabète de mon propre pays ! Normal ? Tu veux m’enseigner la Tunisie ? Tu veux me faire gober ce qui est bon et moins bon, ce qu’il faut et ce qu’il ne faut pas pour le pays qui est le mien ? Tu veux faire la politique à ma place chez moi ? Tu veux me vendre ta pacotille ?

Nos routes se séparent 

Incroyable, tu deviens un blanchisseur des islamistes ? Hier seulement, tu étais mon ami. Je faisais appel à toi chaque fois que je me brouille avec Ben Ali. Tu m’accompagnais à Tunis et tu leur disais : “Ne touchez pas à mon pote”. Tu m’invitais au Parlement européen pour parler de la Tunisie bafouée, humiliée, meurtrie. Tu as préfacé mon livre “Ben Avi la momie”. Tu m’as offert un ordinateur portable pour écrire “Le rire de la baleine”.

Aujourd’hui, tu t’es vendu à l’ennemi. Nos routes se séparent.

Au temps où les hommes tuaient les hommes pour rien, un homme plus intelligent que moi, Albert Camus, disait aux fascistes de tous poils : “J’aime trop mon pays pour être nationaliste”. Au temps, mon temps, le temps des islamistes qui accablent mon pays avec le poids de la terreur, du charlatanisme et des chimères, je dis à Daniel Cohen Bendit : “J’aime trop mon pays pour accepter les islamistes.”

Daniel, j’aime mon  pays, la Tunisie. J’aime le sel de sa terre. J’aime son vent qui poursuit le vent, ses arbres qui marchent la nuit. J’aime son histoire, son bruit, sa fureur. Je ne défends pas mon droit d’y vivre, je défends le droit de mon pays de vivre. Libre. Comme c’est dur de défendre mon pays.

Pépites » Mantes-la-Jolie : des policiers et des pompiers attirés dans un guet-apens FRANCE 25 octobre 2019© PHILIPPE HUGUEN / AFP

PFRANCE25 octobre 2019© PHILIPPE HUGUEN / AFP 

VAL FOURRÉ

Selon des informations du Parisien, une centaine d’individus s’en sont pris aux forces de l’ordre et à des pompiers, jeudi soir, dans le quartier du Val Fourré à Mantes-la-Jolie. AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN312Avec Atlantico Rédaction

Une centaine d’individus s’en sont pris aux forces de l’ordre et aux pompiers, jeudi soir, dans le quartier du Val Fourré à Mantes-la-Jolie dans les Yvelines, selon des informations du Parisien

Les policiers et les pompiers seraient tombés dans un guet-apens. Les faits se sont déroulés jeudi soir, vers 23h. Les pompiers ont été appelés pour éteindre un véhicule en feu dans le quartier du Val Fourré, à Mantes-la-Jolie. Un équipage de policiers a été alors sollicité afin d’assurer leur protection. C’est à ce moment qu’”une centaine d’individus” ont convergé vers eux, d’après une source policière. 

Les pompiers ont été dans l’obligation de repartir sans avoir éteint l’incendie. Les forces de l’ordre ont ensuite été la cible, pendant de longues minutes, de jets de cocktails Molotov et de pierres ainsi que de tirs de mortier. Les policiers ont alors décidé d’appeler des renforts. Ils ont tenté de rétablir l’ordre pendant près d’une heure. Ils auraient fait usage de lanceurs de balles de défense et des grenades lacrymogènes.

Le calme est revenu après minuit. Aucun individu n’a été interpellé. 

Une enquête a été ouverte des chefs de “violences avec guet-apens, arme et en réunion“, “participation à un groupement formé en vue de la commission de violences” et “outrages” sur personne dépositaire de l’autorité publique, selon des précisions du parquet.

Un policier a été blessé à la cuisse par un tir de mortier. Deux jeunes se sont présentés dans la nuit aux urgences. Une vidéo de la blessure de l’un des deux jeunes a été relayée sur les réseaux sociaux. Au moins un des deux jeunes blessés à déjà déposé plainte auprès de l’IGPN.

Les forces de l’ordre, qui dénoncent le piège dont elles ont été victimes, ont prévu de renforcer leur présence ce vendredi soir au Val Fourré à Mantes-la-Jolie. 

D’après Le Parisien, depuis plusieurs jours et en cette première semaine de vacances scolaires, le quarier du Val-Fourré serait confronté à des “épisodes de petite délinquance urbaine : caillassage de voiture de police, jets de pierre…“.

27% DES ALLEMANDS ONT DES OPINIONS ANTISÉMITES


SONDAGE  Par CNEWS – 

Des manifestants néo nazis, le 1er mai 2019 à Plauen (Allemagne).[SEBASTIAN WILLNOW / DPA / AFP]

De quoi réveiller de mauvais souvenirs. Selon un saondage mené par le Congrès juif mondial, 27% des Allemands confient avoir des opinions antisémites, soit près d’un quart de la population du pays.

Et parmi la catégorie de population qualifiée «d’élite» (les diplômés gagnant au moins 100.00 euros par an), ce pourcentage s’élève tout de même à 18%, alors que traditionnelement il s’agit de la catégorie la moins susceptible de cultiver ce genre d’opinion.

Des policiers dans une rue de Halle (Allemagne) proche du site d'une fusillade qui a fait deux morts, le 9 octobre 2019 [Sebastian Willnow / dpa/AFP]

Autre chiffre inquiétant, 41% des Allemands pensent que les Juifs parlent trop de l’Holocauste, alors qu’un sur quatre estime que «quelque chose de similaire à l’Holocauste pourrait se répéter dans l’Allemagne actuelle».

Et cela continue. 28% des 1.300Allemands interrogés pour l’étude estiment que les Juifs ont trop de pouvoir économique, alors que 26% disent penser qu’ils ont trop de pouvoir dans le domaine de la politique. Et 48% pensent que les Juifs d’Allemagne sont plus loyaux envers Israël qu’envers leur pays de résidence. Des opinions intrinsèquement liées à la pensée antisémite.

Mais l’espoir demeure. Face à cette montée de l’antisémitisme, qui se traduit par le succès croissant des partis d’extrême droite – 65% des Allemands font le lien entre les deux phénomènes – une part croissante de la population se dit prête à s’opposer aux phénomène. Un tiers des Allemands seraient ainsi prêts à manifester contre l’antisémitisme, et deux tiers de «l’élite» seraient prêts à signer une pétition. 

«L’Allemagne a une obligation unique de prévenir le retour de l’intolérance et de la haine. Si plus d’un quart de la société s’identifie avec l’antisémitisme, il est temps pour les trois quarts restants de défendre la démocratie et la société de la tolérance», a estimé le président du Congrès juif mondial, Ronald S. Lauder.

CNEWS

Gernelle – Erdogan poursuit « Le Point » pour crime de lèse-majesté

ÉDITO. Le président turc a déposé une plainte contre notre journal à la suite de notre enquête intitulée « L’éradicateur ».

Etienne Gernelle Le Point.fr 

Le president Erdogan n'a pas apprecie le dossier du << Point  data-recalc-dims=>”/>
Le président Erdogan n’a pas apprécié le dossier du « Point »© Mustafa Kamaci / Anadolu Agency

Recep Tayyip Erdogan a décidément un problème avec la liberté. Son avocat a déposé aujourd’hui une plainte contre Le Point, auprès du bureau du procureur général d’Ankara, pour « insulte au chef de l’État », selon l’agence de presse étatique Anadolu. Sont visés nommément le rédacteur en chef « international » du Point, Romain Gubert, et votre serviteur.

En cause ? Notre dernier dossier de couverture, intitulé « L’éradicateur », dans lequel nous détaillons son opération de nettoyage ethnique à l’encontre des Kurdes de Syrie. Notre reportage raconte les exactions, les évictions de populations, la crainte de l’anéantissement. Notre enquête explique également comment le pouvoir turc a pactisé avec d’anciens de Daech et Al-Qaïda, qui se chargent pour lui des sales besognes.

Il est logique que cela ne plaise pas à Erdogan. Bien évidemment, nous ne retirons pas un mot de ce que nous avons écrit.

De « dictateur » à « éradicateur »

Au contraire : le fait qu’il nous attaque pour « insulte au chef de l’État », sorte de crime de lèse-majesté, tend plutôt à confirmer notre précédente couverture à son propos, dont le titre était « Le dictateur ». À l’époque (c’était en mai 2018), il avait publiquement attaqué notre journal. Dans le même temps, en France, des affiches du Point étaient arrachées par ses partisans, et des kiosquiers étaient menacés. Notre journal aussi avait reçu des menaces de mort directes.


Erdogan a fait emprisonner de nombreux journalistes en Turquie et pense peut-être que ses pulsions de censure peuvent s’exercer aussi dans des pays où la presse est libre. L’hubris du maître d’Ankara connaît visiblement peu de limites. Il sera déçu : nous ne lâcherons rien.

Quand des salafistes s’en prennent à une association de défense de la laïcité

Le ton est monté ce samedi entre des militants de l’observatoire de la laïcité de Saint-Denis (93) et un couple de salafistes. L’association demande des comptes à la mairie.

Par Clément Pétreault

Le Point.fr 

C'est a l'occasion d'un forum des associations, notamment sportives, que s'est deroule l'incident. Image d'illustration.
C’est à l’occasion d’un forum des associations, notamment sportives, que s’est déroulé l’incident. Image d’illustration.© PIERRE ROUANET / MAXPPP / PHOTOPQR/VOIX DU NORD

Que s’est-il passé au forum des associations de Saint-Denis samedi 5 octobre 2019 ? L’observatoire de la laïcité de Saint-Denis évoque une « provocation salafiste » à l’encontre de ses adhérents présents sur les lieux. Un long texte publié ce mercredi détaille les faits. Une demi-heure avant la fin de l’événement, « un homme portant un kamis blanc et une femme entièrement recouverte de la tête aux pieds d’un voile intégral noir  » se sont présentés devant le stand de l’observatoire de la laïcité. Un des adhérents, « surpris puis indigné par la présence d’une personne portant illégalement le voile intégral dans l’espace public, a pris le couple en photo », explique le président de l’observatoire. Cette photo a suscité « une réaction violente » de la part du couple, qui a exigé la destruction immédiate des images. « La personne voilée s’est introduite à l’intérieur du stand et a arraché le téléphone des mains [du militant] », relate le président de l’association. Le téléphone a ensuite été récupéré par un autre adhérent de l’association.L

« On marche sur la tête »

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. « Un quart d’heure plus tard, le couple est revenu, escorté de deux policiers municipaux (…) qui ont accusé le militant ayant pris les photos d’avoir brutalisé le couple. Puis ils l’ont sommé de détruire les clichés », explique l’association.L

André Gomar, qui préside l’observatoire de la laïcité de Saint-Denis, n’en revient toujours pas. « J’aimerais qu’on m’explique à quel titre des agents municipaux ont prêté concours à des gens en infraction ! Par ailleurs, nous avons tous été fouillés avant d’entrer sur le site, mais cette femme est rentrée sans problème. Alors qu’elle était en infraction manifeste avec la loi », s’emporte le président, qui a prévu d’interpeller l’équipe municipale dès ce soir. « On imagine facilement que la consigne est le laxisme sur le voile intégral, mais de là à soutenir les salafistes dans leurs opérations de menace sur des défenseurs de la laïcité, on marche sur la tête… » s’inquiète un militant de l’observatoire de la laïcité de Saint-Denis. L’association a demandé à être reçue d’urgence par le maire de Saint-Denis pour tirer cette affaire au clair.

Contacté par nos soins, le maire de Saint-Denis n’a, pour le moment, pas réagi sur le sujet.

Notre commentaire:

Voila l’occasion de montrer que l’Etat répond énergiquement à ces déviations et réprime sévèrement ces agitateurs et particulièrement ces employés municipaux qui n’appliquent pas la loi. Pratique courante à Saint Denis.

«Le niveau de la menace populiste est historiquement élevé»

INTERVIEW – «De toutes les démocraties, la France est sans doute la plus exposée à une amplification de la protestation électorale», analyse le politologue Dominique Reynié.Par Loris BoichotPublié hier à 20:47, mis à jour hier à 20:47

Professeur des universités à Sciences Po, Dominique Reynié est directeur général de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol).

LE FIGARO. – À lire votre enquête, les électeurs sont majoritairement protestataires, c’est-à-dire tentés par l’abstention, le vote blanc ou le vote antisystème. Est-ce bien nouveau?

Dominique REYNIÉ. – Oui, il y a une très spectaculaire montée des eaux protestataires. La dernière élection présidentielle l’a montré, avec un vote antisystème sans précédent dans notre histoire électorale. Dans ce prolongement du scrutin de 2017 se déploie une fébrilité sociétale inédite, entre les «gilets jaunes», les «zadistes», les animalistes, les écologistes… Sans parti ni représentants, ces formes de militantisme se transformeront nécessairement en puissance électorale en 2022. Plus encore qu’auparavant, c’est la future élection présidentielle, avec ses futurs candidats, qui récupérera cette agitation sociétale fragmentée et cette société en ébullition.

Quelle ampleur la protestation électorale peut-elle prendre lors de ce prochain scrutin national?

Le niveau de la menace populiste est historiquement élevé. D’autant que de toutes les démocraties, la France est sans doute la plus exposée à une amplification de la protestation électorale. Parce que l’élection directe du chef de l’État au suffrage universel semble faite pour les populistes. Et parce que la France, contrairement au Royaume-Uni par exemple, n’a pas une passion pour la démocratie représentative. En 2022, le système sera-t-il en mesure de réguler cette protestation électorale doublée d’une agitation sociétale? Résistera-t-il?À lire aussi : Enquête: les Français tentés par le vote protestataire

Pourquoi parlez-vous de «menace»?

L’élection en France d’un président populiste – par exemple Marine Le Pen – pourrait ouvrir une crise de l’Union européenne (UE), de l’euro, et une paupérisation radicale des Français. Dans le monde d’aujourd’hui, ce serait une aventure! Une élection a pour fonction de faire exister la confrontation dans la pluralité, mais cela ne saurait aller jusqu’à mettre en péril la nation qui l’organise. L’élection présidentielle serait à la fois la conséquence et la cause d’un effondrement historique.

L’alternance entre la droite et la gauche est aujourd’hui épuiséeDominique Reynié

Comment expliquer cette montée de la protestation électorale?

Ce mouvement est mû par les grandes forces de l’histoire. La fin des années 1980, marquée par la chute du communisme, l’entrée dans la globalisation et dans l’ère du numérique, a déstabilisé de façon existentielle la plupart des Français et des Européens. Ce phénomène a été aggravé par la question démographique, c’est-à-dire le vieillissement de la société et l’immigration. Depuis, notre système politique français ne parvient pas à donner le sentiment de reprendre le contrôle du destin des Français – souvenez-vous de «l’État ne peut pas tout» de Lionel Jospin, en 1999. À tel point que l’alternance entre la droite et la gauche est aujourd’hui épuisée. Devant les difficultés, le président socialiste sortant, en 2017, a même décidé de ne pas se représenter.

Avec la chute des deux mastodontes de la Ve République – la droite et la gauche -, Emmanuel Macron est-il devenu le leader du vote non protestataire?

Oui, la situation historique crée ce duel. Les bons vieux partis de gouvernement ont été portés au pouvoir et défaits à diverses reprises. Ils ont raté des rendez-vous, en refusant par exemple de redresser les comptes publics quand c’était encore possible, dans les années 1970 ; en permettant le regroupement familial, en 1974 ; en ouvrant les vannes de la dépense publique en 1981, etc. C’est leur échec qui a conduit au duel Macron-Le Pen, et non Macron-Le Pen qui les ont expulsés du pouvoir. Il ne faut pas inverser l’analyse. Ce qui se traduit dans le clivage entre partis populistes et partis de gouvernement, c’est une crise de la confiance dans les formes modérées de gouvernement et l’avènement d’un soutien à des formes plus radicales et moins conventionnelles.

Parler de «populismes», n’est-ce pas faire fi des différences entre le populisme protestataire de Mélenchon, doublé d’un national-populisme chez Le Pen?

Il n’y a qu’une seule différence entre les deux: la question du rapport à l’étranger. Ce qui fait le succès de Marine Le Pen, c’est son souci d’aborder à la fois la crise du «patrimoine immatériel» (le style de vie) et celle du «patrimoine matériel» (le niveau de vie). C’est ce populisme patrimonial qui triomphe, en France comme en Europe, quand Jean-Luc Mélenchon ne se limite qu’au patrimoine matériel. À la présidentielle de 2017, moins de deux points séparaient le chef de file de La France insoumise (LFI) et la candidate du Front national (FN). Aujourd’hui, le duel des populismes est terminé. Marine Le Pen a pris le leadership de la protestation électorale.

Si, un jour, un président du RN ne s’appelle plus Le Pen, le potentiel de ce parti sera encore plus élevéDominique Reynié

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon n’échappent pourtant pas à l’usure de leur image, alors même qu’ils ne sont pas au pouvoir. Pourquoi?

Ils ont été candidats à deux présidentielles, en 2012 et 2017, et donc très exposés dans les médias. Le nouvel espace public, l’information en continu et les réseaux sociaux précipitent cette usure pour tous les politiques et eux aussi. C’est un phénomène nouveau, dans un cycle de dégagisme qui n’épargne pas les leaders populistes. Cela signifie aussi que leurs opposants doivent se réjouir de les voir demeurer en place. Car si, un jour, un président du Rassemblement national (RN) ne s’appelle plus Le Pen – un nom présent sans discontinuer dans la vie politique depuis 1974 -, le potentiel de ce parti serait encore augmenté. Cette usure des leaders populistes, conjuguée à l’attachement d’une majorité des Français à l’UE et à l’euro, est un frein à la tendance populiste.

Le développement de formes de démocratie participative ou directe est-il une réponse à cette crise de confiance?

Ces outils, pertinents à l’échelle locale, sont une façon d’interroger l’ingénierie institutionnelle. Mais nous ne manquons pas d’instruments pour savoir ce que veulent les Français. Nous manquons de moyens pour accomplir leur préférence. Et peut-être de détermination.

Le BNVCA condamne l’exposition de l’IMA qui raye volontairement Israêl de sa carte. Le BNVCA exige des autorités de tutelle de l’IMA qu’elles obligent cette institution publique à réparer son inexcusable grave faute.

Le BNVCA  furieux apprend par la presse ( Le Figaro .du 8/10/19, article de Madame Claire Bommelaer ) que l’Institut du Monde Arabe:

“raye Israel de sa Carte” et  prétend de surcroit que cette décisions est prise “par souci de clarté“.

Le BNVCA reçoit un grand nombre de protestations émanant de correspondants et de contribuables choqués et scandalisés. 

Comme le souligne l’article de presse l’exposition Al Ula Merveilles d’Arabie qui a ouvert ses portes le 8 octobre, présente une carte géographique de la région qui remplace Israel par “territoires palestiniens”.

Cet institut est financé par le Quai d’Orsay et son  Président est nommé par le Président de la République. 

Nous considérons que cette orgnisation et son Président Jack Lang ancien Ministre, (nommé en 2014 par Mr François Hollande) ne reconnaissent pas l’existence de l’Etat juif d’Israel en infraction avec la politique étrangère de notre pays et toutes les organisations internationales.

Nous saisissons par écrit le Président de la République ainsi que les autorités de tutelle de cet Institution Publique, (Ministre de la Culture Premier Ministre) afin qu’ils exigent du Président de l’IMA la correction de cette faute ou, l’interdiction de cette exposition. 

Nous soutenons que cet Institut porte mal son nom. Ignorant l’histoire des juifs des pays arabes qui vivaient nombreux dans les pays d’Arabie et d’Afrique du Nord, il devrait s’appeler aujourd’hui  INSTITUT DU MONDE MUSULMAN ou encore INSTITUT DU MONDE ISLAMIQUE. 

Par ce processus, l’IMA veut éliminer l’Etat juif comme ont été éliminées les populations juives des pays arabes et musulmans dont ils étaient natifs.

Au moment où notre Président de La République Monsieur Emmanuel Macron, appelle ” La Nation à faire bloc et combattre sans relâche  l’Hydre’ islamiste” nous considérons qu’il faut commencer par surveiller et mettre au pas cette Institution qui tend à dériver.

Nous rappelons que le BNVCA a formulé à plusieurs reprises  et chaque année depuis 2014 la demande d’organiser une conférence sur l’Histoire des Juifs arabes. Toutes nos lettres, tous nos rappels sont restés lettre morte.

Le BNVCA attend  du Président de l’Institut et des autorités de tutelle des mesures immédiates et efficaces.de nature à rétablir la verité historique politique et géographique qui pourraient apasiser la colère de nos mandants.

Le Président – Sammy GHOZLAN

Quand l’Institut du monde arabe raye Israël de sa carte

Dans l’exposition Al Ula, Merveilles d’Arabie, qui a ouvert ses portes mardi, l’État hébreu n’apparaît pas «par souci de clarté», explique l’IMA.

Par CLAIRE BOMMELAER

LE FIGARO CULTURE

Juste à l’entrée de l’exposition Al Ula, Merveilles d’Arabie, qui a ouvert ses portes le 8 octobre à l’Institut du Monde arabe, une grande carte est placardée. Elle vise à montrer aux visiteurs où se trouve la province d’Al Ula, dans le nord de l’Arabie saoudite. Or, au sud du Liban, et à l’ouest de la Jordanie s’étend une bande terre que l’on croyait être Israël.

Sur la carte, ce pays fondé en 1948 et reconnu par la France depuis 1949, prend le nom de Territoires palestiniens. De part et d’autre de ces territoires sont mentionnées la Bande de Gaza et la Cisjordanie. Un point c’est tout.À lire aussi : 

Comment une institution publique, financée par le Quai d’Orsay, a-t-elle pu réécrire la carte du monde contemporain? Il est de notoriété publique que l’Arabie saoudite, en dépit de discrets contacts diplomatiques avec Israël, ne reconnaît pas l’État hébreu. Le pays ayant financé l’exposition Merveilles d’Arabie, l’IMA aurait-il cédé à la vision du monde de son mécène?

Interrogée, l’institution donne pourtant une autre explication. «La carte est celle du monde arabe: comme d’autres cartes présentes à l’IMA, elle fait figurer les frontières de tous les États, mais uniquement le nom de ceux qui sont membres de la Ligue arabe.» Le tout, indique sans ciller le porte-parole de l’IMA, «par souci de clarté pour les visiteurs de l’Institut». Mission ratée.

Le Fol – Tuerie à la préfecture de police : cet islamisme qu’on refuse de voir

ÉDITO. L’attaque marque un tournant en matière de terrorisme islamiste. La complaisance et la lâcheté ont-elles gagné, comme l’écrit Riss ?

Par Sébastien Le Fol

Le Point.fr 

La tuerie a la prefecture de police a fait quatre victimes. L'assaillant a egalement ete tue.
La tuerie à la préfecture de police a fait quatre victimes. L’assaillant a également été tué.© Jair Cabrera Torres /dpa Picture-Alliance/AFP

Ainsi, le terroriste qui a commis l’attentat à la préfecture de police, au sein même des services luttant contre le djihadisme, « n’avait jamais présenté de signe d’alerte ni de difficulté comportementale ». C’est le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, qui l’a affirmé quelques heures après l’attaque. Alors même que la scène de crime témoignait d’au moins un égorgement. Castaner l’a répété quelques jours plus tard d’un ton bonhomme, tout en reconnaissant des « dysfonctionnements d’État ». Le premier flic de France ignorait donc qu’un informaticien (habilité secret-défense) dans une structure ô combien sensible et symbolique, la direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP), s’était réjoui devant ses collègues de l’attentat deCharlie Hebdo, en 2015. Le ministre ne savait pas non plus que cet homme, converti à l’islam depuis une dizaine d’années, ne serrait plus la main de ses collègues femmes et fréquentait une mosquée salafiste du Val-d’Oise dirigée de février à décembre 2017 par un imam fiché pour son « fondamentalisme religieux ». L’enquête dira comment le terroriste a bien pu passer entre les mailles du filet policier. Pourquoi n’a-t-il pas été détecté ? À quelles informations sensibles sa fonction lui a-t-elle donné accès ? En attendant, cet attentat, qui touche l’État français, restera « comme un tournant majeur en matière de terrorisme islamiste », selon la formule de Gilles Kepel. C’est le symbole de l’ordre public dans notre pays qui a été mortellement blessé.Lire aussi Coignard – Le boulet Castaner

Ce n’est pas tout. Lors de cette tragédie, la machine à déni s’est emballée. Une nouvelle fois, on nous a joué le coup du « déséquilibré ». Tout juste nous a-t-on épargné les « couteaux fous », comme on parlait de « camion fou » pour désigner les terroristes de Berlin et de Nice. Mais on a bien pris soin de ne pas utiliser les mots trop sensibles : attentat, terroriste, islamiste… Comme les parents évitent de prononcer des gros mots devant leurs enfants. De quoi donner raison à Riss. Dans son livre Une minute quarante-neuf secondes (Actes Sud/Charlie Hebdo), le directeur de la rédaction de Charlie Hebdodresse un bilan implacable des quatre années qui se sont écoulées depuis l’attentat qui a touché le journal. Beaucoup de gens dans ce pays, journalistes, sociologues, magistrats, politiques…, refusent toujours de se pencher sur les causes du 7 janvier : la publication des caricatures de Mahomet.

« Esprit collabo »

Pour quelles raisons ? « 2015, écrit Riss, me fit comprendre ce qu’avait été la collaboration, car je pus observer à quel point le confort intellectuel copulant avec l’instinct de survie pousse les esprits les plus brillants vers la complaisance et la lâcheté. » Riss emploie une expression saisissante pour désigner le confort intellectuel qui aveugle certains face à l’islamisme : il appelle cela « l’esprit collabo ». À chaque attentat, ses représentants se déclenchent comme des répondeurs automatiques. Les mêmes messages préenregistrés sortent de leur bouche, gloubi-boulga de psychologie de comptoir et de sociologie simpliste. Les plus violents d’entre eux contre Charlie estiment que « critiquer l’islam reviendrait à critiquer les immigrés des classes laborieuses, dont ils pensent qu’ils pratiquent cette religion ».L

Qui écoutera Riss ? Qui veut seulement entendre la force de ses propos ? Dans les émissions de radio et de télé où il est invité, on s’étonne de voir à quel point les animateurs prennent des gants sémantiques. Ils s’adressent à lui comme à un rescapé d’une avalanche dans les Alpes et non à la cible d’un « crime politique ». Ils évoquent la violence qu’il a subie sans en désigner les auteurs et la matrice religieuse. Pour eux, seule la souffrance de Charlie a le droit de s’exprimer. Pas ses idées.

Sur France Inter, Riss n’a pas eu les honneurs de la matinale d’information animée par Léa Salamé et Nicolas Demorand, mais de Boomerang, le programme culturel d’Augustin Trapenard. La page Internet de l’émission présente ainsi son ouvrage : « Dans Une minute quarante-neuf secondes, il (Riss) revient sur un événement qui a changé le visage des médias français. » On a bien lu : l’attentat du 7 janvier 2015 a juste « changé le visage des médias français »…

Gernelle – Debout devant Zemmour, couchés devant Erdogan

Le président islamiste turc menace depuis longtemps les Kurdes syriens, sur lesquels il a déjà testé le nettoyage ethnique. Sans grande indignation jusqu’ici…

Par Étienne Gernelle  Publié le 09/10/2019 à 12:00 |

Le Point 

Gernelle - Debout devant Zemmour, couches devant Erdogan

Le troupeau des médias français ne déçoit pas : on ne peut que constater le gouffre séparant le traitement de ce que l’on appelle l’affaire Zemmour et celui de la menace immédiate d’un massacre doublé d’un nettoyage ethnique des Kurdes de Syrie par le président turc.

Ne cherchez pas pour autant dans ces lignes  une défense et illustration d’Éric Zemmour . Sujet à l’histrionisme, ce collectionneur de contre-vérités historiques, obsédé par « l’étranger », volontiers bileux, à l’occasion idiot utile des islamistes est plutôt facile à contredire. Sauf quand on veut lui couper le sifflet, ce qui est le plus grand service à lui rendre. Le faire taire dispense en outre de se poser des questions lorsqu’il en soulève de bonnes – cela arrive -, et puis, cela occupe. Mais Zemmour est-il un si gros poisson ? Pas vraiment, tant ce personnage sorti du journalisme tout en voulant y rester et sans réellement arriver autre part paraît fuligineux. Voilà pour le cas Zemmour, pas forcément exaltant mais qui suscite beaucoup de grands discours.L

Mesurée en décibels, l’indignation reste toutefois faiblarde en comparaison de la « menace » Zemmour 

En revanche, à propos d’Erdogan, notre petit monde des médias peine à trouver les mots. Il en est certes quelques-uns qui ont alerté régulièrement de la menace existentielle que l’autocrate d’Ankara fait peser sur les Kurdes : Patrice Franceschi, Caroline Fourest – qui sort un film sur le sujet, « Sœurs d’armes », le 9 octobre -, Bernard-Henri Lévy et – modestement – ce journal, ainsi que quelques autres, notamment L’Humanité. Mesurée en décibels, l’indignation est toutefois restée bien faiblarde en comparaison de la « menace » Zemmour.

Pourtant, il y avait de quoi. Erdogan a au moins cette honnêteté, il prévient. Tout est public. Les Kurdes sont pour lui assimilables à des « terroristes », et ce danger doit être supprimé. Galvanisé par la faiblesse de Donald Trump,  Erdogan a donc lancé son offensive contre les Kurdes de Syrie , dont l’objectif proclamé est de « nettoyer » les milices kurdes ou encore de s’en « débarrasser ». Seulement les milices ? Le caractère sélectif de l’opération est douteux, venant d’un homme qui consacre beaucoup d’énergie à nier le génocide arménien et qui a déjà pratiqué lui-même le nettoyage ethnique. C’était en janvier 2018 : les troupes turques envahissaient l’enclave kurde d’Afrine, déclenchant une vaste opération de purification ethnique. Environ 200 000 Kurdes ont été chassés. En vertu de l’accord passé entre Ankara et l’Armée syrienne libre (généreusement qualifiée de « rebelle » par le troupeau journalistique), à laquelle se sont adjoints des anciens de Daech et d’Al-Qaïda, des populations arabes leur ont succédé. Viols, tortures et pillages à l’encontre des Kurdes demeurés sur place sont devenus systématiques.

Autant dire que lorsque Le Monde, par exemple, dans un encadré à sa une, écrivait en début de semaine que « les États-Unis laissent la Turquie agir contre les Kurdes », le mot « agir » était une superbe litote.

Les seuls à résister vraiment au dictateur Erdogan sont peut-être des Turcs 

Les intentions affichées du maître d’Ankara n’ont jusqu’ici pas été suffisantes pour justifier l’utilisation d’un vocabulaire à la hauteur, pas assez nettes pour déclencher pétitions, manifestations et toute l’attention. Moins que pour le grand Éric Zemmour, en tout cas. Pourquoi ? Banale loi du mort-kilomètre, cette cynique règle de l’indifférence à ce qui est éloigné ? Encore que Zemmour n’a jusqu’ici tué personne… Ou alors ont-ils eu peur de critiquer un islamiste, au risque d’être qualifiés d’islamophobes ?

Savent-ils que les Kurdes, de Syrie comme d’ailleurs, sont dans leur immense majorité musulmans ? Ah ! mais, il est vrai, ils pratiquent un islam ouvert et tolérant, respectueux des femmes. Ce doit être suspect.

Il n’y a toutefois pas que les médias. Les dirigeants occidentaux sont depuis longtemps tétanisés par la Turquie, toujours membre de l’Otan, qui piétine tous les principes fondateurs de l’Alliance, achète des missiles russes mais tient en otageune base militaire américaine et des millions de réfugiés qu’elle menace de pousser sur les routes d’Europe. Les Kurdes ont payé le prix du sang pour vaincre l’Etat islamique, mais la gratitude n’est visiblement pas de ce monde.

Le danger s’est rapproché quand Donald Trump a promis de retirer ses troupes de la région, ravivant les pulsions d’Erdogan. Il a ensuite changé d’avis, sous la pression du charismatique sénateur républicain Lindsley Graham, qui a justement averti que cette décision serait « une tache sur l’honneur de l’Amérique ». L’hôte de la Maison-Blanche s’est néanmoins empressé de publier dans la foulée quelques tweets câlins pour la Turquie. Et puis voilà…

Les seuls à résister vraiment au dictateur Erdogan sont peut-être des Turcs, ceux, par exemple, qui lui ont fait perdre l’élection municipale d’Istanbul, en juin. Ils ont dû insister, puisque Ankara avait annulé le premier scrutin. Les gens avaient mal voté… Certains se souviennent que la Turquie a su autrefois se tourner vers l’avenir et la modernité. Que le droit de vote des femmes y a été reconnu, même partiellement, vingt ans plus tôt qu’en France. Pourtant, les Stambouliotes qui ont osé défier Erdogan, ses intimidations, son système judiciaire à sa botte et le reste ont reçu peu de soutien chez nous. Normal, il y a toujours plus important : Zemmour, par exemple §

Terrorisme et dérives communautaristes : ce « pas de vague » qui anéantit au quotidien les discours de rigueur

SOCIÉTÉ DE LA VIGILANCE

Mardi matin, Emmanuel Macron a évoqué dans son hommage aux victimes de l’attentat de la Préfecture de police de Paris, l’hydre islamiste contre laquelle la nation doit lutter. S’il a affiché son soutien aux hommes “du front” (les militaires, médecins, enseignants…), une incohérence demeure : le décalage entre le discours et la réalité des faits. 

Avec Gilles Clavreul, Céline Pina

Atlantico : De manière plus générale, il y a quelques années la critique du déni face des multiples fractures françaises et des tensions qu’elles engendrent (terrorisme, délinquance, incivilités, etc.) était très répandue. Les hommes politiques sont-ils toujours dans le déni sur le plan du discours ? 

Céline Pina : Ils sont toujours dans le déni face au délitement de notre société et encore dans le refus de regarder en face le fait que nous sommes attaqués par un nouveau totalitarisme qui n’a rien à envier au fascisme, l’islamisme (qu’il soit d’obédience wahhabite, salafiste ou frère musulman). Nous avons d’ailleurs eu un exemple frappant ces derniers jours, lors de l’attaque qui s’est déroulée à la Préfecture de police de Paris. Nul n’aurait eu l’idée de reprocher leur prudence aux politiques eu égard à la violence des faits et à leur charge symbolique face à ce dernier massacre, mais ce n’est pas ce qui s’est passé. Alors que tous les éléments qui sortaient au fur et à mesure de la journée faisaient pencher la balance vers l’attentat islamiste (choix de l’arme, égorgement, choix des cibles, conversion à l’islam du meurtrier…) le ministre de l’Intérieur a délibérément choisi de privilégier la piste qui l’arrangeait le plus, celle d’un coup de folie. La porte-parole du gouvernement a même mis en garde contre «les élucubrations sur les réseaux sociaux» en soulignant qu’il n’y avait «pas d’indication sur une éventuelle radicalisation» de l’auteur des faits, alors que nous étions déjà vendredi et que les informations qui étaient arrivée ne laissaient guère de doute.

Ainsi, même lorsque les premiers éléments ont commencé à sortir, éclairant le caractère islamiste de l’attentat, le choix du gouvernement mais aussi de la majeure partie de la presse mainstream a été de renvoyer vers l’extrême droite tous ceux qui suggéraient que le déroulé comme le mode opératoire désignaient probablement un attentat islamiste. Pire même, alors que ce fait ne posait plus aucun doute, Sibeth N’Diaye s’est mise à expliquer doctement que ce n’était pas parce qu’on était musulman que l’on était terroriste, sans que l’on sache très bien à qui elle s’adressait. Aux français, qu’elle suppose raciste et détestant les musulmans ? Parce qu’en l’occurrence, à part elle et ce gouvernement, nul ne pense cela et ne le dit. Une fois de plus, face au réel, alors que des nôtres sont morts, le gouvernement inverse la charge de la peur et ne pense pas à parler aux Français en tant que peuple uni, mais à rassurer d’abord une communauté particulière, les « musulmans ». Ce faisant, il les expose et oublie de combattre l’islamisme sur son sol, trop occupé à craindre que son peuple ne réagisse mal. Ce mépris pour le peuple français, qui pourtant est et reste d’une tenue exemplaire est juste sidérant.

Gilles Clavreul : La fragmentation de la société française n’est plus un fantasme aujourd’hui, c’est une réalité tangible. Cette réalité est de mieux en mieux documentée, à la fois par les résultats électoraux, ou par des enquêtes, que ce soit par celles de Gilles Kepel sur le terrain de l’islamisme, par celles de Jérôme Fourquet sur les fractures territoriales et identitaires, par celles de Laurent Bouvet sur l’insécurité culturelle, ou par celles d’Olivier Galland et Anne Muxel sur la radicalisation des jeunes. Les éléments factuels qui attestent des fractures françaises et notamment des fractures culturelles et identitaires, existent bel et bien. Bien évidemment, cela ne valide en rien les discours extrémistes comme ceux d’Eric Zemmour d’un côté, et de l’autre ceux des islamistes et des indigénistes de l’autre.

Les élites modérées ont eu, pour beaucoup d’entre elles, un terrible retard à l’allumage, en considérant que même si elles pouvaient partager, dans le secret des discussions entre gens de bonne compagnie, le constat que la France allait mal, elles étaient en fait convaincues qu’il ne fallait surtout pas le dire. Ce type d’attitudes a conduit à des choses comme la pétition « Nous sommes unis » de l’Observatoire de la laïcité, où on a demandé à des gens très bien de signer à côté de Médine et de représentants des Frères Musulmans, c’est à dire de les legitimer. On commence à sortir de ce déni même si Emmanuel Macron candidat, et même Emmanuel Macron Président de la République, a été porteur de ce discours « vivre-ensembliste ». Il semble décidé à vouloir en sortir aujourd’hui, dont acte. Mais il est grand temps d’agir

Si le déni s’est atténué au regard des déclarations des homme politiques, en est-il de même dans les faits ? 

Céline Pina : Sincèrement, si vous faites allusion au discours de Macron lors de l’hommage aux policiers assassinés, je trouve que l’on est monté d’un cran supplémentaire dans l’hypocrisie. Non seulement on est toujours en plein déni, mais l’irresponsabilité de ce pouvoir atteint des sommets. Le Président appelle le pays à faire bloc contre l’hydre islamiste et explique que c’est le devoir de tous ? Le problème c’est qu’en réalité, c’est plutôt la nation qui devrait appeler le gouvernement à faire face à l’hydre islamiste tant il s’est montré pusillanime jusqu’à présent. Là il inverse manifestement la charge de la preuve.

On est dans le cadre d’un discours quand même très particulier et d’un rare cynisme. L’attitude d’Emmanuel Macron me rappelle une blague de Chirac : “Quand on est dans la merde, il faut la mettre dans le ventilateur”. C’est juste ce que vient de faire Emmanuel Macron. L’incompétence et la lâcheté de ce gouvernement éclatent aux yeux de tous et c’est nous qui devons agir ? 

Mais nous, Français, n’avons pas failli ; nous dénonçons l’islamisation d’une partie de ce pays et il suffit de suivre les sondages pour voir que la conscience du danger est là. Malgré le refus d’agir de cette majorité et les accusations que subissent ceux qui dénoncent l’aveuglement du pouvoir, jamais les Français n’ont confondu islamistes et musulmans et n’ont eu de réactions violentes alors que la France est un des pays les plus attaqués.

On ne peut en dire autant d’un gouvernement qui a laissé la laïcité être remise en cause et qui est en train de construire un soi-disant Islam de France, déjà en partie dans la main des Frères musulmans. Un pouvoir qui nous a exposé et abandonné nous demande de faire le travail qu’il n’a jamais voulu faire et qui est pourtant sa raison d’être ? Le président ni ses ministres ne prennent pas leurs responsabilités et ils rejettent encore la faute sur le collectif ? Non seulement ce discours est honteux, mais on est là chez Tartarin de Tarascon : le brassage d’air est censé faire oublier l’absence d’action. Le discours était certes en mode martial mais on eut aimé moins de rodomontades et plus d’annonces claires. Par exemple :

– Pour commencer, l’imam islamiste actuel de Gonesse est-il en voie d’expulsion ?

– La petite mosquée radicalisée de Gonesse (non ce ne sont pas de gentils croyants bien sous tous rapports) doit se transformer en en vaste centre islamique, grâce à des financements qui ne proviennent pas de la poche des fidèles, le gouvernement compte-t-il agir ?

– Il parait qu’il y a une quinzaine de fonctionnaires radicalisés suivis à la Préfecture de Police de Paris, il est peut-être temps d’arrêter de “suivre” et de se donner les moyens de les révoquer (On a enchaîné les lois anti-terroristes sans que la question de l’entrisme islamiste au sein des institutions régaliennes ait été abordée avec un souci d’efficacité. On se pince après plus de 250 morts sur notre sol).

On reparle aussi des femmes voilées pour accompagner les sorties scolaires, de l’autorisation du burkini dans les piscines, de la poursuite des subventions étatiques à des associations totalement noyautées (planning familiale, Ligue des droits de l’homme, FCPE…) ? On reparle du maintien en poste à l’observatoire de la laïcité de deux de ses plus roués fossoyeurs, le duo Bianco-Cadène ? On reparle de ces états terroristes qui subventionnent la construction de mosquées sur notre sol ? La liste est longue des domaines où les islamistes installent leurs logiques, leurs représentations et leurs hommes pendant que le gouvernement, pourtant au courant, détourne le regard.

Enfin je rappelle que lorsqu’il a fallu mater les gilets jaunes, on a soudain vu que la justice pouvait être rapide et toucher beaucoup de monde. 3000 interpellations, un millier de condamnations, visiblement quand le président cible un mouvement, il trouve des moyens d’action. Quand il s’agit de lutter contre l’islamisme, là on ne sait plus faire.

Gilles Clavreul : La question qui se pose en effet, c’est celle des actes derrière le discours. Il faut répondre à une difficulté très lourde, qui est devant nous : après avoir laissé livrées à elles-mêmes les premières lignes de la République, c’est-à-dire essentiellement les fonctionnaires, mais aussi les associatifs, les médecins, etc., tous ceux qui sont en somme confrontés à la dureté de la réalité française ? Pendant des années, on les a laissées sans vision d’ensemble, sans soutien, se débrouiller pour toutes les difficultés qu’elles rencontraient.

Il y a donc un grand malaise dans l’Etat, qui vient de l’abandon, par les élites, des fonctionnaires de terrain qui se trouvent devoir gérer une réalité de plus en plus difficile et qui subissent des instructions de plus en plus compliquées, tatillonnes et procédurières. Le constat simple, clair et net des difficultés de terrain telles qu’elles sont n’est pas fait. Plus qu’une question de temps ou de moyens, c’est un problème de vision, de ligne directrice : au fond, on n’en sait rien, et on dit aux fonctionnaires « faites au mieux, mais attention ! Dans la fermeté et l’humanité ! ». Cela ne veut pas dire grand chose pour des gens qui attendent, avant tout, des directives concrètes et pas des balancements circonspects comme dans une copie de sciences po. On est très loin de donner au terrain une grille de lecture sur ce qui se passe, de le mettre en confiance sur les situations qui sont vécues, et de le rassurer sur le bien-fondé de son action. Je l’avais constaté pendant la rédaction de mon rapport sur l’application de la laïcité : il n’y a pas de ligne directrice de la part du gouvernement sur la manière dont on doit faire face aux attaques communautaristes et identitaires contre la République. On ne sait pas les traiter. Par ailleurs, autant on peut être d’une sophistication extreme pojr définir des cahiers des charges et edicter des prescriptions – par exemple en matiere de formation – autant on ne verifie jamais que les dispositifs sont effectivement mos en œuvre.  Cette absence de ligne et cette indifférence à l’exécution sont dommageables pour tous ceux qui concourent aux actions d’intérêt général : fonctionnaires, responsables associatifs, médecins, etc.

L’attentat à la Préfecture de Police de Paris la semaine dernière, mais aussi la vidéo qui tourne ces derniers-jours et qui montre l’agression d’une enseignante à Agde par la grand-mère d’un élève, sont assez révélateurs de ce qui sont vraiment confrontés aux fractures françaises. Les professeurs, les policiers, les pompiers, les chefs d’entreprise, les médecins, sont-ils selon vous assez soutenus ?

Céline Pina : Ils ne sont pas du tout soutenus. On les paye de mots au mieux, mais rien n’est fait pour améliorer la situation. Ces gens, indispensables à notre démocratie, travaillent dans des conditions souvent déplorables, sont mal payés, ont une hiérarchie à qui on fait vite comprendre qu’une carrière réussie est une carrière où on nie les problèmes et même s’ils veulent les saisir à bras-le-corps, l’institution est souvent  archaïque, peu réactive et n’a pas forcément de solutions à proposer même quand les problèmes sont récurents. Cela dure depuis si longtemps qu’il existe aujourd’hui une vraie lassitude dans cette partie de la fonction publique et une rupture qui n’atteint pas celle des citoyens avec leurs représentants mais qui s’en rapproche.

Surtout, ces fonctionnaires-là sont confrontés au réel, là où trop de nos politiques nationaux ne sortent pas des quelques arrondissements huppés qui leur montrent qu’ils ont atteint le sommet de la chaine alimentaire. Professeurs, policiers, pompiers, professionnels de santé, militaires, ils sont en première ligne pour tenter de pallier au délitement de la société. Leur désarroi est connu, mais le quartier général semble blasé et quand le mal-être remonte il se heurte au déni le plus puissant qui soit : celui de l’impuissance. Nous avons tous lu la lettre de la directrice d’école qui s’est suicidée. Elle s’appelait Christine Renon. Nous avons tous été bouleversés, mais vous croyez que c’est le début d’une prise de conscience politique ? D’un changement de système ? D’une autre manière de faire de la politique où on partirait du réel pour changer concrètement les choses ? Aujourd’hui c’est tout le service public qui est en crise dans une forme d’indifférence générale, parce qu’une partie de nos politiques poursuit un rêve : que l’Etat ne soit plus opérateur mais simplement garant. C’est le rêve d’une privatisation tout azimut, offrant de juteux marchés et qui pourrait bien finir par s’imposer. Entre revendication de séparatisme religieux et racial (la guerre des races tend à remplacer à gauche la lutte des classe) et rêve de privatisation de la santé, de l’enseignement, de la sécurité…, un point commun : la nécessaire destruction du pacte social élaboré à la sortie de la deuxième guerre mondiale, de ce programme de la résistance qui fit naître notre sécurité sociale. Pour cela il faut casser l’idée de peuple uni et rassemblé et le remplacer par des communautés fermées, qui se détestent et sont en concurrence pour leurs droits et privilèges. C’est l’évolution que je vois se dessiner et elle est dramatique. 

Gilles Clavreul : J’ai un exemple à vous donner. Quand on a des situations comme la recrudescence de la pratique de l’excision, on doit se poser des questions. Quelles sont les actions contre cette recrudescence ? Personnellement, je n’en vois pas. Cela devrait pourtant être une grande cause nationale !

Je suis en train de faire des formations sur la radicalisation. Ce que me disent les professionnels de terrain, c’est la chose suivante : on a des médiateurs embauchés par les mairies, qui constatent des violences conjugales, de faits très graves, mais qui disent : « non, moi je ne signale pas, je ne suis pas un délateur ». Quand les professionnels de terrain dont je parle alertent sur cette situation, il ne se passe rien ensuite. On peut faire tous les plans qu’on veut, tant qu’on n’a pas répondu à cela, on n’a rien fait.

Dans l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer a eu le grand mérite de dire qu’il fallait sortir de la culture du « pas de vague ». Mais cela crée derrière une obligation de moyens : lorsque des enseignants ont le courage de parler, il faut qu’ils soient écoutés, qu’ils soient le cas échéant soutenus, et qu’il y ait des suites. Là, tous les échelons de la hiérarchie ont une responsabilité : il suffit qu’on invite un directeur d’école ou une enseignante à « ne pas trop en faire » pour que l’effet de l’instruction soit ruiné à l’échelle d’un établissement et au-delà, car les nouvelles circulent vite.

Quelles réponses faut-il pour soutenir ces catégories qui sont en quelques sortes au front des tensions sociales et culturelles ? Ne sont-elles que juridiques ?

Céline Pina : Elles sont bien sûr politiques. Le poisson pourrit toujours par la tête dit le proverbe. C’est vrai. Si le chef n’a pas un discours clair et ne le traduit pas en acte, rien ne bougera et la situation pourrira. Or la crise du service public vient principalement de ce que nos élus en ont oublié la noblesse et le principe qui le fonde : l’intérêt général. Celui-ci implique qu’il soit défini car c’est ce qui permet la légitimité d’action des agents de l’Etat. Mais quand ceux qui doivent incarner notre monde commun sont incapables de le protéger face aux attaques d’une idéologie mortifère, inégalitaire, violente et antidémocratique, quand face aux discours séparatistes, intégristes et racistes des islamistes et de leurs alliés décoloniaux, ils ne savent plus faire valoir l’humanisme, les exigences de l’universalisme et la liberté, alors ce sont les institutions qui vacillent. Or normalement l’institution est là pour pallier la médiocrité potentielle du politique et assurer la continuité du domaine public. Ce que nous voyons aujourd’hui c’est que la constance dans la médiocrité est en train de faire s’écrouler ces bastions qui symbolisent pourtant notre patrimoine commun et nous garantissent une certaine prévisibilité de notre univers. Tant que le gouvernement et les élus ne se laisseront pas pousser le courage, ces catégories resteront exposées en première ligne sans soutien. Car ce n’est pas a posteriori que le soutien doit venir. Il doit être là a priori. Autrement dit, il est aujourd’hui nécessaire que les politiques montent au front et fassent leur boulot. Un exemple ? Quand Blanquer réagit devant l’affiche de la FCPE sur les femmes voilées accompagnatrices de sorties scolaires, il est parfaitement hypocrite. Il se fait une image de courageux mais le vrai courage c’est de trancher une fois pour toute, d’expliquer qu’il s’agit de temps scolaire et que ce signe sexiste n’est pas acceptable. Bref qu’il prenne ses responsabilités et assume sa position au lieu de laisser les directeurs d’école affronter l’orage. 

Enfin, mon grand-père qui était un sage disait toujours que la première reconnaissance, quand on est un travailleur, passe par le salaire et les conditions de travail. Force est de constater que l’Etat aujourd’hui envoie plutôt des signes de mépris à ceux qui sont pourtant ses soutiens et ses piliers.

Gilles Clavreul : Il faudrait donner la priorité à la formation et soutenir l’encadrement intermédiaire, donner des directives plus claires, plus simples, et réguler les exigences de reporting qui se traduisent par une prolifération délirante de tableaux de bord, qui ne rendent compte que du zèle et ne récompensent que le conformisme.

Cessons de créer des nouveaux dispositifs et assurons nous que ce qui a été décidé est effectivement mis en œuvre. Sur le papier, tous les fonctionnaires bénéficient d’une formation à la laïcité ; idem pour les candidats au bafa. Or, dans les faits, la plupart de ces formations sont superficielles, voire carrément déficientes. C’est un travail colossal qu’il faut faire et cela passe par des formations qui n’ont rien à voir avec ce qui a été fait jusqu’à présent. On en est tout juste à un stade des discours mais force est de constater que l’on a perdu un temps précieux .

Bernard Rougier : les territoires conquis de l’islamisme

Une enquête choc de l’universitaire paraîtra en janvier 2020. Son réquisitoire contre les « dénégationnistes » : ceux qui ne veulent pas voir la menace.

Propos recueillis par Thomas Mahler et Clément PétreaultPublié le 09/10/2019 à 12:14 | Le Point 


Bernard Rougier Professeur a la Sorbonne-Nouvelle et directeur du Centre des etudes arabes et orientales (CEAO).
Bernard Rougier Professeur à la Sorbonne-Nouvelle et directeur du Centre des études arabes et orientales (CEAO).

Il est l’un de nos meilleurs spécialistes du djihad et du salafisme. Professeur à la Sorbonne-Nouvelle et directeur du Centre des études arabes et orientales (CEAO), Bernard Rougier publiera à la rentrée une enquête choc, « Les territoires conquis de l’islamisme » (PUF), qui décrypte comment les réseaux islamistes se sont tissés dans des communes de banlieue. En avant-première pour Le Point,l’universitaire évoque les ressorts de cette stratégie de conquête, mais fustige aussi les « dénégationnistes » qui n’ont voulu voir dans la radicalité islamique qu’un phénomène psychologique ou sectaire et non pas une idéologie. Entretien. 

Le Point : Après l’attentat commis par Mickaël Harpon, votre collègue Gilles Kepel a évoqué dans Le Figaro un « tournant majeur », car l’intérieur de la Préfecture était censé être un bastion. Etes-vous du même avis ? 

Bernard Rougier : C’est effectivement un tournant majeur, mais je ne suis pas surpris. Avec Gilles Kepel, nous avions observé au sein des services de sécurité la présence de personnes originaires du Maghreb capables de prononcer des formules religieuses inattendues dans des établissements publics… On observe une porosité des influences religieuses dans leur manière de voir les choses, et parfois même de s’exprimer. Il m’est aussi arrivé d’entendre un fonctionnaire de police prononcer la formule, qu’on appelle l’eulogie, « que le salut et la bénédiction de Dieu soient sur lui », proférée lorsqu’on évoque le prophète de l’islam… comme si un fonctionnaire chrétien évoquait « notre très sainte Eglise » ou « notre très saint Seigneur Jésus-Christ ». Ces fonctionnaires ne sont évidemment pas islamistes, mais on constate des influences locales venues du quartier qui transparaissent inconsciemment dans leur manière de voir ou de faire. A l’inverse, on a aussi le cas de fonctionnaires franco-algériens qui ont été confrontés au problème islamiste dans les années 1990, et qui sont, eux, très lucides sur le phénomène. Il y a donc des fonctionnaires vaccinés par leur fréquentation du phénomène islamiste et qui en veulent aux Français qui, sous le couvert du respect des différences et de l’affirmation de l’identité culturelle, font preuve de tolérance envers l’islamisme. Et d’autres qui, dans leurs catégories de pensée, sont influencés par l’univers du quartier. 

Mais Mickaël Harpon ne correspond à aucun de ces profils, c’était un converti d’origine antillaise. 

Depuis une vingtaine d’années, des entrepreneurs religieux ont pris le pouvoir sur l’islam et tentent d’enrôler dans leur conception les catégories les plus vulnérables de la société. S’il y a un complexe, une frustration liée à la difficulté de l’intégration économique, à la couleur de peau ou à toute fragilité, cela peut faire l’objet d’un travail de resocialisation religieuse. C’est ce qui se passe dans les quartiers et grandes banlieues d’Europe, comme à Gonesse, où habitait Mickaël Harpon. Il y a un ciblage des quartiers, dans des lieux qui sont des friches industrielles où les solidarités anciennes ne jouent plus. Les entrepreneurs religieux, au nom d’une idéologie, vont créer un collectif musulman et penser la relation avec la société française dans un rapport d’hostilité systématique. Tout ce qu’on dira sur cet attentat sera d’ailleurs converti en « ils font l’amalgame » et « ils attaquent l’islam ». C’est tragique. La solution ne pourra venir que de l’intérieur, quand une opposition franche sera faite par des musulmans qui diront : « Tu n’as pas le droit de m’enrôler en ton nom. » Il faut que des penseurs, athées ou non, viennent les affronter sur le terrain en leur disant qu’ils ne se reconnaissent pas dans cette vision. Et pas nécessairement des intellectuels qui publient au Seuil ou chez Gallimard

L’infiltration dans les services de l’Etat est-elle un projet politique ou relève-t-elle de l’opportunisme ? 

Certains sites djihadistes recommandent par exemple aux étudiants de s’inscrire dans des doctorats en sciences sociales, car il faudrait infiltrer l’université. Il s’agit de connaître l’ennemi en entrant dans les lieux de pouvoir institutionnel ou intellectuel. C’est théorisé. Mais un Mickaël Harpon, je pense, relève plus d’un effet d’opportunisme, quelqu’un qui a changé dans son comportement. L’enquête nous le dira. 

Comme après l’attentat commis à Strasbourg par Cherif Chekatt, tout le monde a voulu voir dans le geste de Mickaël Harpon l’acte d’un fou. 

C’est encore une fois le déni. On ne veut pas voir. Il faut pourtant étudier la microhistoire. Chaque fois, il y a une histoire, des réseaux qui agissent localement. Derrière la demande légitime de construction de lieux de culte, par exemple, il y a un projet de reprise en main des populations. Pour une fois, les islamistes sont d’accord avec les gouvernements autoritaires des pays du Sud, qui ne veulent pas que les musulmans s’intègrent réellement. Le risque pour eux est de voir ces musulmans devenir une classe moyenne capable de s’opposer aux régimes non démocratiques. C’est pour cela que ces populations sont enfermées dans l’altérité, invitées à ne pas développer des formes d’islam privatisé et individualiste qui se détournerait des normes. 

Vous dirigez un livre choc, « Les territoires conquis de l’islamisme », qui sortira en janvier aux PUF. « Territoires conquis », vraiment ? 

Nous avons enquêté sur les écosystèmes islamistes. Il y a quatre forces dominantes. Les Frères musulmans, les salafistes, le mouvement tabligh et les djihadistes. Gilles Kepel, Hugo Micheron ou moi insistons sur la dimension collective et sociale du djihadisme. Tous les éléments de cet écosystème islamique ne sont bien sûr pas djihadistes, mais tous les djihadistes sont passés par cet écosystème qui a nourri leur vision du monde, avec notamment l’idée que l’Etat français est intrinsèquement « islamophobe ». Ce système alimente une culture du ressentiment. Une frange minime passe à l’action violente et bascule dans le djihadisme en tirant la conclusion de ce que dit cet écosystème de la société française. Dans la plupart des communes d’Ile-de-France, tout comme au Mirail, à Toulouse, ou à Roubaix, on retrouve les mêmes caractéristiques : la mosquée, la librairie islamique, la sandwicherie halal, la salle de sport… Il y a une mise en résonance de ces lieux emblématiques pour créer une identification collective en rupture avec la société. C’est une sociabilité irriguée par les réseaux religieux qui diffusent des visions du monde : ne pas prendre de douche dénudée dans les vestiaires, ne pas serrer la main aux femmes, ne pas avoir d’ami juif ou chrétien, bref, produire des rappels religieux pour que le quartier reste conforme à la norme religieuse et respecte les catégories du pur et de l’impur. La France, son histoire, ses institutions, sa sociabilité relèvent de l’impur. La laïcité est mauvaise pour eux, parce qu’ils ont décidé de la supprimer. Toutes les variantes de l’écosystème s’entendent pour la dénoncer à longueur de prêche, de rap, de livres… Il y a une imitation des premiers musulmans et des conquêtes des premiers temps de l’islam. On se réfère à des temps imaginaires où l’islam s’assumait comme conquérant. Les djihadistes prolongent ce récit héroïque, transposant le langage en acte et l’imaginaire en réalité. 

« En matière de recherche, on a fait des analyses bidon, en parlant de phénomène “sectaire” ou en privilégiant la psychologie. »

Y a-t-il eu un déni des pouvoirs publics en France ? 

Incontestablement, de la part des politiques, des hauts fonctionnaires et des universitaires. Ce phénomène islamiste n’a pas été étudié en France, alors qu’il a frappé les sociétés moyen-orientales et maghrébines depuis quarante ans. On avait les modèles iranien, algérien ou égyptien, avec des processus comparables : des populations mises en réseaux par des associations qui ont quadrillé et tissé des liens sociaux. La même chose s’est reproduite en Europe depuis vingt ans. C’est curieux d’avoir décrété qu’il y avait une coupure épistémologique entre les deux rives de la Méditerranée. Comme si ce qui s’est passé au Caire ne pouvait pas se passer en France ! Sur le plan de la recherche, on a ainsi fait des analyses bidon, en parlant de phénomène « sectaire » ou en privilégiant la psychologie. On a surreprésenté la part des convertis, qui représentent probablement 10 % des djihadistes. On avait pourtant les moyens de faire des analyses sociologiques et idéologiques, il fallait se pencher sur les réseaux de socialisation transnationaux qui ont implanté dans nos banlieues des manières de voir le monde à la façon du Moyen-Orient. Aujourd’hui, il est un peu tard pour s’en rendre compte… 

Avec Gilles Kepel, vous aviez fustigé il y a quelques mois les « dénégationnistes ». Qui sont-ils ? 

Ceux qui n’ont pas voulu voir la menace et qui ont préféré faire la promotion de la société multiculturelle… Tous ceux qui travaillent sur cette question, qui nous ont poussés dans des ornières idéologiques et nous ont privés des instruments pour penser le phénomène : Farhad Khosrokhavar et Olivier Roy notamment, tous ceux qui ne connaissent pas la langue arabe et qui ne peuvent pas lire les textes. Aujourd’hui, en France, on ne peut plus acheter de livres non salafistes dans des librairies islamiques… Alors que, après le 11 septembre 2001, il y a eu une montée de la demande d’informations sur l’islam. 

Y a-t-il une alliance entre les islamistes et l’extrême droite qui ne voient dans les musulmans qu’une masse homogène ? 

Les milieux identitaires et les milieux islamistes sont d’accord pour dire que l’islamisme, c’est l’islam. Or il faut toujours distinguer l’islam comme religion et l’islam comme idéologie. Dans le cadre de notre étude, on parle d’un islam idéologique. Les salafistes, dans leur travail de diabolisation de la société française, redéfinissent le lien social et justifient un entre-soi radicalisé. Les salafistes produisent une violence symbolique dans la société et, même s’ils récusent la politique institutionnelle, à l’inverse des Frères musulmans, ils produisent malgré tout du politique. Notre système français repose sur une dimension libérale, à savoir la démocratie, et sur une dimension républicaine, le bien commun. Les islamistes utilisent la dimension libérale pour nier la dimension républicaine. Ils opposent à la République un bien commun islamique, qui remplace la fraternité et les formes de solidarité nationale. 

Edouard Philippe a évoqué lundi une « sécession insidieuse » devant le Parlement. 

C’est la première fois que le gouvernement prend la mesure du phénomène. A travers cette expression, Edouard Philippe reconnaît que ce ne sont pas des dérives individuelles, des trajectoires cabossées, mais qu’il y a bien une dimension collective et sociologique. Au moins, c’est une prise de conscience. Mais sera-t-elle durable ?§ 

Un curieux imam, de nombreux fichiers… La police creuse les mystères du tueur de la Préfecture

Enquête Par Laurent Valdiguié Magazine Marianne

Publié le 09/10/2019

L’enquête sur la tuerie de la préfecture de police de Paris se concentre sur d’éventuelles complicités radicales du tueur, Mickaël Harpon. En parallèle, les policiers épluchent des milliers de données informatiques retrouvées dans son bureau. Une course contre la montre s’est engagée, au cas où Mickaël Harpon n’ait pas fini de nuire, même mort…

Après les dysfonctionnements au sein du renseignement de la préfecture de police de Paris (PP), l’enquête va-t-elle mettre au jour des dysfonctionnements dans le Val-d’Oise ? Les investigations sur Mickaël Harpon, l’informaticien modèle de la Préfecture qui a tué quatre de ses collègues le 3 octobre, se concentrent sur ses éventuelles connexions radicalisées à Gonesse. En ligne de mire, Ahmed Hilali, un imam qui y officierait toujours, dans des lieux de culte fréquentés par le terroriste.

Cet imam de 35 ans, d’origine marocaine, semble être passé entre les mailles du filet puisque, malgré une obligation de quitter le territoire signée du préfet du Val-d’Oise en 2015, il aurait finalement bénéficié d’une carte de séjour jusqu’en 2020. Pourquoi un tel changement de l’administration à son égard ? Le fait qu’il se soit marié entretemps, et qu’il soit devenu père d’une fille de nationalité française, l’expliquerait. « C’est quand même très surprenant », s’interroge à haute voix François Pupponi, l’ancien maire socialiste de Sarcelles et actuel député du Val-d’Oise, qui se souvient pour Marianne : « Je l’ai vu arriver en 2015, c’était un jeune qui venait d’une autre commune du département. Au départ, je n’avais rien ni pour, ni contre. Mais il a entrepris de faire venir des jeunes dans la mosquée et il a attiré des délinquants et des jeunes radicalisés. Très vite, cela s’est très mal passé avec les pratiquants traditionnels et sans histoire ».Ouverture dans 0Sponsorisé par JeepJEEP COMPASS BROOKLYN EDITIONLe SUV Jeep® Compass vous accompagnera dans toutes vos escapades.DÉCOUVREZ-LE >

UN CURIEUX IMAM

L’imam se présente une fois à un rendez-vous avec le maire en compagnie de trois jeunes délinquants notoires de Sarcelles, que François Pupponi n’avait pas « du tout prévu de rencontrer »… « Le jeune imam m’a dit qu’il voulait les remettre dans le droit chemin ! Il avait de drôles de prétentions, et je les ai mis dehors », raconte l’élu. Puis, au sein même de la mosquée de Sarcelles, les choses tournent au vinaigre entre les partisans du nouvel imam et les anciens fidèles. « Un jour, les jeunes ont changé la clé de la mosquée et s’est ensuivi une rixe entre les deux camps », poursuit François Pupponi. Le renseignement territorial s’en mêle et une enquête est lancée sur ce curieux imam. L’homme, soupçonné de prêches salafistes par certains habitués de la mosquée, serait alors fiché « radical ».

“Que la mosquée soit fréquentée par un informaticien de la PP, cela aurait pu attirer l’attention des policiers locaux…”

Puis le préfet du Val-d’Oise signe à son encontre une OQTF (obligation de quitter le territoire français). « Mais apparemment, les policiers ne l’ont pas localisé à son adresse pour lui signifier l’arrêté, il aurait été introuvable », croit savoir le maire de Sarcelles, qui se félicite à l’époque de voir l’imam quitter sa ville. Ahmed Hilali serait ensuite passé par une autre commune du département avant d’atterrir à la mosquée de Gonesse, fréquentée depuis 2014 – l’année de son mariage religieux – par Mickael Harpon. Officiellement, Ahmed Hilali en aurait été l’imam en 2017, entre février et novembre mais selon plusieurs sources, il serait toujours présent sur place. L’association musulmane locale, qui a publié sur son site Internet un long texte condamnant la tuerie de la Préfecture, se refuse à tout autre commentaire. « L’association musulmane de Gonesse n’a jamais toléré dans le passé et ne tolérera pas dans le futur un discours qui incite à la haine, à la violence et au rejet de l’autre », dit le texte, qualifiant Mickael Harpon « d’intrus parmi les fidèles ». L’imam Hilali a-t-il joué un rôle dans la radicalisation de l’informaticien ?LIRE AUSSILe tueur de la Préfecture a pu avoir accès à la liste des policiers infiltrés dans les mosquées, révèle le “Canard”

Interrogé par Franceinfo, l’intéressé a démenti « tout radicalisme religieux », assurant aussi « ne pas connaître Mickaël Harpon » : « Il était très discret, je ne connais pas son nom, où il travaille, où il habite. Je n’ai jamais parlé avec lui mais des fois, il m’a serré la main », a-t-il déclaré. L’enquête judiciaire devrait vérifier ces dires. Certains enquêteurs s’interrogent aussi sur le service de renseignement territorial du Val-d’Oise, en charge de la surveillance de la mosquée de Gonesse de l’imam Hilali… « Qu’elle soit fréquentée par un informaticien de la PP, cela aurait pu attirer l’attention des policiers locaux », s’affole un cadre du renseignement. En clair, les agents en charge de la surveillance auraient pu « tilter » en voyant parmi les fidèles un collègue de la préfecture : « Non pas que la seule fréquentation de la mosquée par Mickaël Harpon soit un problème, pondère cette même source, mais savoir que l’informaticien de la DRPP priait dans une mosquée un temps tenue par un imam salafiste, cela aurait pu être signalé à ses chefs… ». Couplé à d’autres indices le concernant, cela aurait pu éveiller les soupçons.

HARPON A TUÉ SES COLLÈGUES DIRECTS

En attendant, les policiers de la brigade criminelle poursuivent leur travail de bénédictins parmi les milliers de fichiers informatiques cryptés découverts dans le bureau du tueur à la Préfecture. « Un volume très important, nous glisse une source porche de l’enquête. Bien au-delà d’une seule clé USB, comme évoqué jusque-là ». Ayant accès à tous les ordinateurs des 800 agents de la direction du renseignement de la Préfecture, Harpon avait potentiellement les clés de toutes les entrailles informatiques du service. Y compris les plus confidentielles, puisque son habilitation au secret défense le lui permettait. « Pour l’instant, on ne sait pas pourquoi il conservait dans son bureau toutes ces données. Soit par conscience professionnelle, il stockait beaucoup de choses, soit il avait cette manie de recopier… », confie un enquêteur. Autre difficulté des policiers, les trois collègues directs du terroriste sont morts de ses mains et ne peuvent pas témoigner.

« Pour un service de renseignement, avoir un agent double en son sein, c’est le pire qui puisse arriver, se désole un ancien de la DGSI. Chez nous, tous nos fonctionnaires font l’objet en permanence de surveillance. Leurs bureaux peuvent être fouillés, leurs ordinateurs épluchés, ils peuvent même être mis sur écoute, voire suivis. Le b-a-ba d’un service d’espionnage moderne est que ses membres ne soient pas vulnérables… En plus, que la taupe soit un informaticien ayant accès à tout, c’est le comble ». Selon cette source, « la seule bonne nouvelle » est que Mickaël Harpon n’ait pas pu avoir accès à l’informatique de la DGSI ni à celui d’autres services de renseignement. « Tout est sécurisé pour être en circuit fermé. Si un bateau coule, les autres non », rassure cet ancien agent. Mais selon lui, le scénario du pire, pour la DRPP, serait que son informaticien ait disposé derrière lui des chevaux de Troie et autres logiciels espions. « On peut imaginer qu’il ait mis en place des systèmes informatiques véreux qui lui survivent… C’est une obligation de tout vérifier aujourd’hui », confie cette source, sans l’ombre d’une plaisanterie. « Si cela était arrivé à la DGSI, tout notre matériel informatique serait bon à passer à la poubelle ». C’est dire l’ampleur du « traumatisme Harpon » chez tous les espions français.

Allemagne : deux personnes abattues près d’une synagogue, l’antiterrorisme saisi.

Par Magazine MariannePublié le 09/10/2019

Une attaque à Halle, dans l’est de l’Allemagne, a visé notamment la communauté juive en ce 9 octobre, jour de célébration de la fête juive Yom Kippour.

Le choc en AllemagneAu moins deux personnes ont été tuées et deux autres blessées ce mercredi 9 octobre en pleine rue à Halle, une ville du Land de Saxe-Anhalt dans l’est du pays, dans une fusillade dont l’auteur présumé a été interpellé. Il s’agit d’un homme de 27 ans, selon les médias allemands. La police ne fait plus état, ce mercredi soir, d’un deuxième suspect comme il en avait été question dans l’après-midi.

L’attaque a visé notamment la communauté juive en ce jour de célébration de la fête juive Yom Kippour. Le parquet antiterroriste a été saisi. Le tireur a tenté de pénétrer dans une synagogue où se trouvaient plusieurs dizaines de personnes mais en a été empêché par les mesures de sécurité, a indiqué le responsable de la communauté juive locale. Ces mesures à l’entrée de l’édifice religieux “ont permis de résister à l’attaque”, a déclaré Max Pivorozki au magazine Der Spiegel, précisant que “70 à 80 personnes” se trouvaient à l’intérieur.Ouverture dans 0Sponsorisé par JeepJEEP COMPASS BROOKLYN EDITIONLe SUV Jeep® Compass vous accompagnera dans toutes vos escapades.DÉCOUVREZ-LE >

“UNE ATTAQUE ANTISÉMITE”

“Dans l’état actuel des choses, nous devons partir du principe qu’il s’agit d’une attaque antisémite”, a déclaré dans un communiqué le ministre de l’Intérieur allemand, Horst Seehofer, ajoutant que la justice suspectait un acte“d’extrême droite”.

UNE VIDÉO MONTRE UN HOMME CASQUÉ EN KAKI

Selon un témoin des faits, les tirs ont également visé un restaurant turc. Sur une vidéo amateur reprise par de nombreux médias et montrant manifestement un extrait de l’assaut, un homme habillé en kaki et casqué, d’apparence calme, tire au fusil d’assaut en pleine rue. Le suspect a par ailleurs filmé ses actes pour les diffuser en direct sur la plateforme Twitch, a indiqué une porte-parole de ce site spécialisé dans le jeu vidéo et l’e-sport. “Nous avons fait au plus vite pour retirer ce contenu, et nous suspendrons tous les comptes qui posteront ou reposteront des images de cet acte abominable”, a-t-elle complété auprès de l’AFP. 

Jean-Luc Testault@jltestault

Une vidéo effrayante d’un tireur des attaques de Halle en Allemagne où deux personnes sont mortes près de la synagogue le jour de la fête juive de Kippour via @MDRAktuell

Embedded video

LES REGARDS TOURNÉS VERS L’EXTRÊME DROITE

Cette attaque intervient quelques mois après l’assassinat, en Hesse (le Land voisin à l’ouest), de Walter Lübcke, un élu pro-migrants du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel (CDU), dont le principal suspect est un membre de la mouvance néonazie. Cette affaire a créé une onde de choc dans le pays où l’extrême droite anti-migrants enchaîne ces derniers temps les succès électoraux, en particulier dans l’est. Dans l’autre Land voisin de la Saxe, à Chemnitz, l’extrême droite défile régulièrement depuis juin 2018contre les migrants. Une atmosphère qui a réveillé outre-Rhin la crainte d’une résurgence d’un terrorisme d’extrême droite, à l’image de celui du groupuscule NSU, responsable de l’assassinat entre 2000 et 2007 d’une dizaine de migrants.LIRE AUSSIAllemagne : l’hydre néonazie derrière le meurtrier du préfet pro-migrants

Ce matin même, une vague d’arrestations a eu lieu dans tout le pays parmi les 12.7000 militants de cette mouvance, jugés dangereux par les autorités. Selon le ministère de l’Intérieur allemand, l’extrême droite radicale se procure en effet de plus en plus d’armes de toutes sortes (armes de poing, fusils, équipements servant à la fabrication d’explosifs, couteaux, etc.), signe d’une propension accrue à recourir à la violence. Les policiers ont ainsi saisi 1.091 armes au total en 2018, contre 676 l’année précédente, dans le cadre d’enquêtes portant sur 563 délits attribués à des extrémistes de droite.

Le BNVCA condamne l’attentat antisémite commis devant la Synagogue de Halle en Allemagne ce 9/10/2019 jour saint de Yom Kippour pour tous les juifs dans le monde.

Le BNVCA choqué et attristé, condamne avec vigueur l’attentat antisémite commis devant la synagogue de Halle en Allemagne, ce jour du Grand Pardon Juif, par un individu qui a tué deux personnes à l’arme automatique et a filmé son acte qu’il a diffusé sur internet.

Selon nos informations l’un des suspect aurait été arrêté, il s’agirait d’un jeune homme de 27 ans, Stéphan B. qui a commenté sa vidéo par des allégations antisémites du genre 

” La racine de tous les problèmes ce sont les juifs “.

Si nous ne comprenons pas pourquoi le site religieux sensible ne faisait pas l’objet de protection policière ce jour particulier où les juifs sont réunis nombreux, nous attendons des autorités Allemandes qu’elles mettent tout en oeuvre pour interpeller les auteurs et mettre hors d’état de nuire les antisémites Allemands qui foisonnent tant sur les sites négationnistes et racistes, que dans des organisations néonazies.

Nous présentons nos condoléances aux familles des victimes, et assurons la communauté juive d’Allemagne de tout notre soutien et notre sympathie durant cette tragique et douloureuse épreuve.

Appel à Don

Chers amis (es),

Toute l’Equipe du BNVCA vous présente ses meilleurs vœux, que cette nouvelle année 5780 apporte santé bonheur joie et paix à toute la communauté.

Comme vous le constatez malheureusement tous les jours, une vague d’antisémitisme sans précédent depuis la fin de la seconde guerre mondiale ne cesse de sévir en Europe et particulièrement en France.

Nos besoins depuis septembre 2018 ont plus que doublé.

Le BNVCA ne peut œuvrer à aider les membres de la communauté juive qui subissent des actes antisémites et les accompagner tant sur le plan juridique que pour toute autre démarche (sans aucun frais à leur charge), que grâce à la grande générosité que vous manifestez à chaque fois que nous vous sollicitons.

Pour information le BNVCA ne bénéficie d’aucune subvention d’organisme de tutelle, régionale ou nationale.

Les dons collectés permettent au BNVCA de mener des actions essentielles, en matière du droit des personnes et tout particulièrement de les épauler, moralement et juridiquement tout au long des diverses procédures. Tous les frais générés par ces longues et difficiles démarches sont entièrement à la charge du BNVCA.

En vous remerciant de tout cœur de la part des permanents ainsi que des bénévoles.  

 Le Secrétaire Général

René LEVY, pour Sammy GHOZLAN

Veuillez adresser vos dons à : BNVCA  8, BD Saint Simon 93700 Drancy

Vous pouvez également faire un don en ligne  https://www.bnvca.org/faire-un-don/

Un reçu Cerfa vous sera adressé par retour.

Massacre à la Préfecture de police : quand le déni de réalité alimente l’islamisation des esprits

TERRORISME – Décryptages Massacre à la Préfecture de police : quand le déni de réalité alimente l’islamisation des esprits”    BERTRAND GUAY / AFP 

Si les Français veulent se protéger du terrorisme islamiste, la tuerie de la Préfecture de police de Paris devrait déboucher sur une transformation complète des mentalités. La question posée par l’islamisme n’est pas seulement politique, elle est d’abord et avant tout culturelle. 

Il faut en finir avec le déni de réalité qui consiste à refuser de considérer, dans l’origine des actes terroristes, ce que j’appelle, l’islamisation des esprits.

Tant que l’Etat et les politiques refuseront de s’attaquer au processus de la radicalisation, enclenché par l’islamisation des esprits, notre société continuera à fabriquer des terroristes.

L’islamisme est une idéologie totalitaire parce qu’elle confond le politique et le théologique et peut, de ce fait, conduire au massacre de ceux qui n’y adhèrent pas. L’islamisation est le phénomène qui rend possible l’adhésion à cette idéologie .Elle se manifeste par une radicalisation de la pratique religieuse.

Deux solutions s’offrent à la France, et à tous ceux qui partagent les valeurs de l’Occident, pour en finir avec le terrorisme : adhérer en masse à l’islamisme, selon le scénario de la soumission décrit par le romancier Michel Houellebecq, ou le combattre.

Encore faut-il que nous souhaitions conserver nos moeurs dans un ensemble commun, appelé la France ou l’Europe, et dans une vie commune qui ne se résignerait pas à devenir un univers multiculturel. Tel quue le désigne « le vivre-ensemble », qui sous entend, chacun selon les règles de sa communauté.

Pour combattre efficacement l’islamisme, il faudra s’attaquer aux deux facteurs principaux de sa diffusion dans les esprits.

1) Il s’agira dans un premier temps d’en finihj avec l’idéologie dominante, qui interdit, à gauche comme à droite, d’établir un lien entre la religion islamique et l’islamisme.

Analyser le lien objectif entre islam et islamisme ne veut pas signifier que tous les individus de culture ou de religion musulmane adhèrent à, ou verseront un jour dans, l’idéologie islamiste. Dire que l’islamisme provient d’une radicalisation de la religion musulmane, à laquelle adhèrent de plus en plus de musulmans, et qu’il constitue, dés lors, un danger pour la religion musulmane elle-même, et les pays musulmans (on l’a vu avec Daech en Syrie et en Libye), c’est parler d’une réalité, c’est dire la vérité. C’est le contraire du déni, qui est déraisonnable.

C’est le déni qui est cause du fait que l’on compte deux jours entre le massacre de la Préfecture de Police de Paris, qui débute à 12h53, le jeudi 3 octobre (et dure sept minutes) jusqu’au vendredi soir, pour qu’enfin, le parquet anti-terroriste prenne en charge l’enquête et re-qualifie le drame en attentat terroriste.

Mickaël Harpon, 45 ans, agent de la Préfecture de police depuis 2003, a attaqué 6 personnes, en a tué 4 à lui tout seul, avant d’être abattu. Il avait accès à des informations ultrasensibles, dont celles de la lutte contre l’islam radical. Il était habilité au secret-défense du pays, et pourtant il avait été repéré comme converti à un islam radical en 2015.

Une telle défaillance, au sein même de notre système de sécurité et de protection anti-terroriste, révèle un dysfonctionnement, non seulement de nature politique, mais plus profondément, d’origine culturelle.

D’ailleurs le déroulé de l’attaque aurait dû dès les premières minutes alerter et orienter la prudence en direction de la suspicion, par les autorités, d’un attentat islamiste : le mode opératoire, avec le choix de l’arme, un couteau en céramique de 33cm, la connaissance de la conversion à l’islam et, détail macabre, l’égorgement d’au moins une des victimes. Enfin, le signalement de la radicalisation de Mickaël Harpon, repérée à l’époque des attentats de Charlie Hebdo, qu’il avait ouvertement soutenus.

Au contraire, durant 48heures, la prudence, la précaution, ont été orientés dans un sens inverse à la réalité. On a pu entendre ad nauseam des phrases du type : « la conversion n’implique pas la radicalisation » ce qui n’est pas faux en soit, mais qui, ajouté à la concordance des faits, dans le mode opératoire de la tuerie, aurait dû interroger dans l’autre sens, et obliger la majorité des commentateurs à ne pas tomber dans le courage fuyons.

L’idéologie dominante, issue de la propagande anti-raciste des années 80, transformée aujourd’hui en crainte d’être taxé d’ « islamophobe », ou de passer pour un « raciste anti-musulman », a fait de la dénonciation de la radicalisation un tabou. Et si la radicalisation n’est pas un délit, sommes-nous contraints de nous soumettre à sa loi ?

Les plus hauts personnages de l’Etat, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, et la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, ont eux-mêmes donné l’exemple, en minimisant sciemment la réalité.

Le ministre affirmait, dès les premières heures de l’attentat, que l’auteur du massacre n’avait « jamais présenté de difficulté comportementale » ni « le moindre signe d’alerte ». La porte parole de son côté renchérissait: « Ce n’est pas parce qu’on est musulman qu’on est terroriste (…) Nous n’avons pas d’indication sur une radicalisation éventuelle de l’auteur de ces assassinats ».

La majorité des politiques sont pris dans un déni idéologique de la réalité, qui n’oppose aucun frein à la progression de l’islamisation des esprits. Ceux qui se sont succédés au pouvoir depuis le 11 septembre 2001 n’y font pas exception.

2) Il est par conséquent urgent de déconstruire les raisons culturelles de ce déni.

Marcel Gauchet, l’a montré dans La démocratie contre elle-même (Gallimard, 2002) : « Une démocratie qui n’entend plus la disposition globale de soi (…) qui n’est plus qu’attentive à la coexistence de ses parties (…) est une démocratie qui ne comprend plus non plus les bases sur lesquelles elle repose (…) Elle devient aveugle à ses conditions pratiques d’existence et susceptible, dès lors, de se retourner contre elle-même ». La démocratie fabrique sa propre destruction.

Nous en sommes arrivés là. Voilà l’explication à la crise de nos valeurs existentielles que sont la liberté et l’égalité.

C’est en effet au nom de la liberté que l’islamisme condamne nos moeurs démocratiques comme l’égalité entre hommes et femmes. Nous sommes passés du respect de la différence culturelle à l’auto-destruction de notre propre culture.

Aujourd’hui, des moeurs contraires à nos valeurs de liberté de conscience, de pensée et d’expression, sont admises et respectées au nom de la liberté individuelle.

5 janvier 2019 : « Vous êtes encore là ? » interrogeait en une le magazine Charlie Hebdo, quatre ans après la monstrueuse tuerie que le terroriste de la Préfecture de police approuvait déjà, à l’époque.

Lors d’un entretien accordé à atlantico.fr, le 6 janvier dernier, je m’étonnais « que la banalisation de la multiplication des foulards islamiques (…) ne soulève pas plus d’interrogations sur la montée de l’intégrisme islamique ».

Aujourd’hui je me pose cette question : comment notre démocratie en est-elle venue à accepter que, selon un rapport parlementaire sur la radicalisation au sein des services publiques, sur 150.000 policiers, une trentaine soient effectivement suivis pour radicalisation et par conséquent susceptibles de massacrer un jour leurs collègues?

L’attentat de jeudi, au sein même de la Préfecture de Police, apporte une preuve accablante de notre désarmement intellectuel et moral. Si nous voulons trouver les moyens de lutter contre la monstruosité de l’islamisme, et l’une de ses conséquences les plus horribles, le terrorisme, il y a un préalable obligatoire : comprendre et accepter la réalité de l’islamisation des esprits. Il y va de la survie de nos valeurs, qui sont la condition sine qua non de notre mode de vie, démocratique, libéral et si possible républic

Sur I24 news Mr Araud ancien Ambassadeur de France en Israel blesse les juifs de France quand il les met en cause dans la situation des palestiniens en Cisjordanie qu’il qualifie d’Apartheid.

Le BNVCA reçoit un grand nombre de messages de protestations émanant de compatriotes choqués voire scandalisés par les déclarations du diplomate Gérard Araud, qui met en cause les juifs de France à propos de la situation des palestiniens en Cisjordanie qu’il qualifie “d’apartheid”.  C’est  lors de son intervention le 3 octobre sur I24news TV (dans l’émission Conversations de Anna Cabana) que cet ancien Ambassadeur de France en Israël puis à l’ONU prétend et déclare “qu’il  faut bousculer les juifs de France”.
Si l’ancien ambassadeur d’Israël en France Monsieur Daniel  Shek a su recadrer Monsieur Araud il reste que les accusations proférées contre les juifs de France qui se sentent insultés témoignent du parti pris anti-Israélien de cet ancien Ambassadeur de France en Israël et confirment la partialité pro arabe de la diplomatie française désormais totalement désuète, caduque, et nuisible à la paix dans la région.

L’agression mortelle contre des policiers est bien un attentat islamo terroriste comme le soupçonnait le BNVCA.

Dès que les agressions mortelles ont été commises contre des policiers par l’un des fonctionnaires de la Préfecture de Police de Paris le BNVCA avait immédiatement soupçonné un attentat islamo terroriste et communiqué en ce sens. Le mode opératoire par l’usage d’un couteau, la personnalité de l’auteur sa conversion à l’islam constituaient tous les éléments caractéristiques d’un attentat islamo terroriste. Petit à petit le Procureur de la République dévoile des faits qui confirmèrent nos soupçons  ” L’auteur avait des contacts avec des individus de la mouvance salafiste. Il adherait à une vision radicale de l’islam” .

Nous ne comprenons pas que les autorités n’aient pas pris en compte cela et saisi aussitôt le parquet antiterroriste. Nous considérons qu’ils ont volontairement fait preuve d’un déni de ce qui était pourtant évident.            On nous a dit de l’auteur qu”il avait eu un conflit interne à sons ervice, ou un depit amoureux “. On nous l’a fait “passer comme un employé modèle” qu’il était peut être jusqu’à sa conversion à l’Islam et sa radicalisation. Il appartient aux responsables de la sécurité des citoyens de tout mettre en œuvre pour dire toute la vérité et prendre les mesures de nature à éviter ce type d’attentat au sein des institutions de l’Etat. Celles-ci pouvant être infiltrées par des individus dont l’idéologie ou la religion constituent un danger tant pour leurs collègues que pour la nation.

Le BNVCA condamne avec force les agressions mortelles commises au couteau contre des policiers au sein de la Préfecture de Police de Paris par un employé de cette administration.

DRANCY LE 3 OCTOBRE 2019

Le BNVCA condamne avec force les agressions mortelles commises ce 3 octobre 2019 vers 13 h 30 contre des fonctionnaires de police au sein même de la Préfecture de Police de Paris, par un agent administratif employé  de cette institution.

Le meurtrier a utilisé un couteau pour poignarder ses collègues tuant 4 d’antre eux.

Il aura été abattu par un policier témoin des faits.

Le mode opératoire utilisé par l’assassin, sa personnalité, sa récente conversion et sa possible radicalisation sont de nature à faire  penser que cette attaque s’apparente à un attentat islamo terroriste.

Nous adressons nos condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à toute la corporation des policiers atteints gravement par ce drame affreux.

Nous attendons que toute la lumière soit faite par les enquêteurs afin que tout soit mis en oeuvre pour que ceux qui sont chargés de la défense et de la protection des citoyens ne soient pas infiltrés par des individus qui abusent de leur fonction pour trahir la confiance qui leur est accordée. 

Le BNVCA attristé par le décès de Jacques CHiRAC rend hommage à ce Président de la République qui a reconnu la responsabilité de la France dans la Shoah.

Communiqué de Presse 

Le BNVCA apprend avec une grande tristesse la disparition de Monsieur Jacques Chirac ancien Président de la République et ancien Maire de Paris survenue ce 26/09/2019

Le souvenir de Jacques Chirac restera gravé dans notre mémoire personnelle et collective, car il a été ce chef d’Etat courageux, qui à peine élu la tête du pays a reconnu la responsabilité de la France dans la déportation des juifs durant la seconde guerre mondiale. 

Dans son discours prononcé le 16 juillet 1995 lors de la commémoration du 53 éme anniversaire de la Rafle du Vel d’Hiv, Jacques Chirac a rompu avec la tradition gaulliste, suivie avant lui par tous les présidents de la Quatrième République et de la Cinquième République qui rejetaient une telle reconnaissance au motif que le Régime de Vichy, sous la direction duquel ces exactions ont été menées, n’était pas l’autorité politique légitime de la France. 

Monsieur . Jacques Chirac déclare dans son discours : ” La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable”.

Il ajoute ” ils souillent à jamais notre histoire et sont une injure à notre passé. Oui la folie criminelle de l’Occupant a été secondée par des français par l’Etat français “.

Comme le BNVCA, tous ceux qui luttent contre les discriminations en général et l’antisémitisme en particulier lui doivent une reconnaissance éternelle.

Nous n’oublions pas qu’il s’est spontanément rendu au chevet du Grand Rabbin de France Joseph Sitruk alors très gravement malade.

Nous présentons , nos sincères  condoléances à la ,famille de ce haut personnage, ce grand homme d’Etat, ce serviteur exemplaire de la Nation  qui n’a jamais manqué d’être proche de la communauté juive de France victime du nouvel antisémitisme. 

Comme l’a toujours clamé le Bnvca, le meurtre de Mireille Knoll le 23 mars 2018 est bien antisémite et motivé par la haine anti juive.

Le BNVCA apprend sans aucune surprise par la presse (JDD du 22 septembre 2019) que l’assassin de Madame Mireille Knoll est bien un antisémite notoire et que son geste commis le 23 mars 2018 à Paris n’a été commandé que par sa haine viscérale et religieuse des juifs. 

Nous rappelons que le Bnvca a été alerté par une brève information  parue le 24 mars sur “Le Parisien” signalant le crime d’une octogénaire.

Le BNVCA a été le premier dès le 25 mars 2018 à découvrir immédiatement que Mme Knoll était de confession juive et à qualifier ce meurtre d’antisemite. De plus la personnalité de l’auteur principal, la sauvagerie  du meurtre,  la lâcheté et la barbarie des assassins  ainsi que le mode opératoire ne laissaient pour le BNVCA  aucun doute sur le mobile antisémite.                    

Nous saluons le travail des Policiers dont les investigations ont enfin découvert les preuves de ce qui pour nous était l’évidence même.

L’auteur principal aura été radicalisé à l’islam extrémiste durant ses séjours en prison.    

Nous accordons notre entière confiance à Maitre Gilles William Goldnadel et Maitre Charles Baccouche, représentant respectivement la famille Knoll et le BNVCA afin que justice soit rendue.  

Nous attendons de la Justice que des sanctions sévères exemplaires et dissuasives soient prononcées à l’encontre des assassins anti juifs de feu madame Mireille Knoll.     

Communiqué : Le BNVCA plaidera le 25 Septembre 2019 au Tribunal Correctionnel de Paris contre Dieudonné et Noémie Montagne.

Le BNVCA qui a déposé plainte le 13 juillet 2017 contre Dieudonné M’BALA M’BALA sera présent à l’audience du mercredi 25 septembre 2019 devant la 17ème Chambre correctionnelle du TC de Paris qui est appelée à juger Dieudonné et sa compagne Montagne.

Dieudonné est poursuivi pour avoir moqué la Shaoa, en dénigrant le génocide juif qui reste le plus grand massacre de tous les temps organisés par les nazis.

Après enquête du Parquet, sa compagne Noémie MONTAGNE est à son tour, prévenue de s’être rendue complice en consentant à la publication sur YouTube, via son compte « Dieudonné officiel », de la vidéo d’une chanson intitulé « C’est mon choaaa… » le 22 Juin 2017.

Maître Charles BACCOUCHE représentera le BNVCA à l’audience.

Nous espérons que des sanctions sévères leur soient infligées de façon à mettre ses individus hors d’état de nuire pour longtemps.

Gilles-William Goldnadel: «Pourquoi Nétanyahou a marqué, pendant une décennie, la politique de son pays»

Par Gilles William Goldnadel 

TRIBUNE – Les adversaires du premier ministre de l’État hébreu eux-mêmes doivent concéder qu’il a obtenu des résultats remarquables dans bien des domaines, argumente l’avocat et essayiste*.

Dans l’incertitude des conciliabules politiciens en cours, Benyamin Nétanyahou pourrait bien ne plus présider aux destinées de l’État d’Israël. L’électeur israélien semblerait l’avoir décidé ainsi dans le cadre d’une manière de second tour électoral comme l’État juif n’en avait jamais connu. On se souvient en effet qu’aux élections d’avril le champion de la longévité politique l’avait emporté sans pouvoir cependant former un gouvernement. L’homme en difficulté aura dominé non seulement de son expérience, mais encore de sa puissance intellectuelle et de son éloquence le monde politique israélien. Ses pires détracteurs ne peuvent nier les résultats surprenants qu’il aura obtenus tout au long de ces dix années de mandat. Le petit État d’Israël est aujourd’hui une puissance avec laquelle il faut compter. Il le doit non seulement à l’esprit de créativité de son peuple, mais encore à la politique libérale que Nétanyahou a su mener jusqu’à son terme. Il faut cependant reconnaître qu’aujourd’hui l’Israël prospère est une société dure, très inégalitaire, qui connaît des secteurs en misère.»

L’indéniable succès de Nétanyahou se situe également dans le domaine diplomatique. Malgré les aréopages internationaux où la haine de l’État juif relève du sacrifice rituel, malgré un dénigrement idéologique dans la presse européenne convenue, le premier ministre sortant aura réussi l’exploit d’entretenir de bonnes relations avec les mondes américain, africain, russe, chinois et indien. Sans parler d’une percée circonstancielle au sein du monde arabe sunnite, en raison du conflit explosif avec la République islamique.

Choisi sur sa seule habileté à figurer en tête de liste, le membre de la Knesset moyen n’arrive ni intellectuellement ni moralement à la cheville du député français moyen

Sans vouloir diminuer les qualités intrinsèques de l’intéressé, il faut dire que l’offre de personnel politique offerte à l’électeur israélien brille par sa remarquable médiocrité. On ne dira jamais assez le caractère destructeur d’un système de recrutement à la proportionnelle intégrale. Choisi sur sa seule habileté à figurer en tête de liste, le membre de la Knesset moyen n’arrive ni intellectuellement ni moralement à la cheville du député français moyen. Quand bien même celui d’aujourd’hui n’inspirerait pas l’admiration absolue. C’est ce système qui a favorisé le diktat des petits partis, en l’espèce juifs orthodoxes, qui se sont livrés à un chantage légal. C’est sur la base de ce racket exaspérant qu’un homme politique comme Lieberman, à l’esprit plus fin que ne laisserait penser sa carrure d’ex-videur de boîte de nuit, s’est racheté une petite vertu malgré ses anciennes déclarations incendiaires, en incarnant désormais le laïc de droite intransigeant tout en sciant la branche ployant sous les ultrareligieux sur laquelle était assis son ancien mentor Nétanyahou.

Dans ce cadre assez affligeant, on constatera que la gauche israélienne qui autrefois dominait la vie politique est toujours aussi exsangue. On le doit tout autant au «mouvement dextrogyre» (Guillaume Bernard) qui caractérise l’ensemble des démocraties occidentales qui regardent désormais la pensée de gauche avec une admiration mesurée qu’au fait que le peuple israélien est totalement désabusé par la conception irénique d’un règlement pacifique d’une gauche israélienne gauchiste et angélique. Une bonne nouvelle toutefois pour la démocratie israélienne, quasi miraculeuse: la relève possible par un Benny Gantz, ancien chef d’état-major, homme du centre, réfléchi, au style débonnaire, qui, même sans avoir le brio de son rival, a su légitimement rassurer l’électeur avec son parti Bleu et Blanc

Tout premier ministre israélien est contraint chaque jour, pour ne pas chuter, de négocier entre deux portes et à la nuit tombée

On remarquera aussi le succès de la liste arabe unifiée, qui en dit long sur l’énormité d’un fantasmatique «apartheid». Comme les autres citoyens du pays, les Arabes israéliens ont bénéficié de la règle «une voix, un vote». Et ils ont joué massivement le jeu démocratique plutôt que de le bouder. Oublions la lourde épée de justice au-dessus de la tête de Benyamin Nétanyahou. Oublions l’épouse au caractère difficile et sujette aux quolibets d’une presse impitoyable. Oublions même l’usure inévitable d’un pouvoir décennal. Tout premier ministre israélien, en raison du système pervers qui favorise les petits partis charnières, est contraint chaque jour, pour ne pas chuter, de négocier entre deux portes et à la nuit tombée. De promettre à Abraham puis à David tout en trahissant Samuel qui s’en souviendra. À force de compromis, tout homme finit par se compromettre. Benyamin Nétanyahou n’est plus celui qu’il fut.»

Reste pour l’histoire un homme qui n’a pas fait la paix avec les Arabes de Palestine. Ce que ne manquera pas de lui reprocher une presse pavlovienne qui ne se caractérise ni par son aménité pour Israël ni pour son esprit critique à l’égard de ses ennemis irrédentistes, toujours autant fascinés par la violence terroriste et la détestation antisémite islamiste. Connaissant l’homme en possible partance, j’affirme que celui-ci, du moins dans les premières années d’exercice du pouvoir, n’était pas hostile à la solution des deux États, moyennant un arrangement stratégiquement indispensable dans une vallée du Jourdain au demeurant peu peuplée d’Arabes de Palestine. Lui, comme tous ses prédécesseurs de gauche, n’aura jamais eu d’interlocuteurs sincèrement déterminés à négocier.

Citons le plus désespéré, Shimon Peres: «La paix ressemble beaucoup à l’amour… De même qu’on ne peut imposer l’amour, on ne peut imposer la paix.»

Georges Bensoussan relaxé: une victoire pour la liberté d’expression

Par Barbara Lefebvre  enseignante et essayiste, est l’auteur de Génération j’ai le droit, (Albin Michel 2018).

FIGAROVOX/TRIBUNE – La Cour de cassation vient de rejeter les pourvois des parties civiles accusant l’historien Georges Bensoussan d’incitation à la haine, confirmant sa relaxe. L’essayiste Barbara Lefebvre se félicite de cette décision, et pointe du doigt la judiciarisation des débats, obstacle selon elle à la liberté d’expression.


Le 17 septembre, ce n’est pas seulement l’honneur de l’historien Georges Bensoussan que la Cour de cassation a définitivement restauré, c’est notre liberté d’expression à tous qu’elle a raffermie. Les juges ont rendu son honneur à la démocratie. En rejetant les pourvois de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), la Cour de Cassation a confirmé la relaxe prononcée en faveur de Georges Bensoussan en première instance (procès du 25 janvier 2017) et en appel (le 29 mars 2018). C’est la Bérézina pour les ennemis de la liberté d’expression! 

L’affaire aura duré plus de trois ans et révélé les ambiguïtés des professionnels de l’antiracisme. 

Rappelons succinctement les faits: dans l’émission de France Culture Répliques du 10 octobre 2015, lors d’un débat sur le «sens de la République», Georges Bensoussan aborde la question de l’antisémitisme contemporain auquel la France est confrontée. On rappellera le contexte de l’émission: nous étions quelques mois après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper-cacher de Vincennes, et il s’agissait aussi de revenir sur le fait que, depuis le début des années 2000, une dizaine de Français juifs avaient été assassinés par des meurtriers liant explicitement leur crime à la doctrine islamique. Que ces derniers l’aient dévoyée ou non n’est pas le sujet: des innocents ont été ciblés et sont morts parce qu’ils étaient juifs, et pour aucune autre raison. Nous sommes donc face à un antijudaïsme idéologique qui puise ses racines dans une longue histoire, spécifique au monde musulman. Citant de mémoire les propos du sociologue Smaïn Laacher entendus dans un documentaire, Georges Bensoussan disait ainsi au micro de France Culture: «C’est une honte de maintenir ce tabou à savoir que dans les familles arabes en France, l’antisémitisme on le tète avec le lait de la mère». Laacher, dans le film diffusé sur France 3, avait précisément déclaré: «Cet antisémitisme il est déjà proposé dans l’espace domestique et il est quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue. Une des insultes des parents à leurs enfants quand ils veulent les réprimander, il suffit de les traiter de juifs. Toutes les familles arabes le savent. C’est une hypocrisie monumentale que de ne pas voir cet antisémitisme, il est d’abord domestique. Il est comme dans l’air qu’on respire». Ce n’est pas un sociologue français d’origine algérienne qui sera poursuivi pour «provocation publique à la discrimination et à la haine», mais un historien français, d’origines juive et marocaine…»

Cette affaire aura duré plus de trois ans et révélé les ambiguïtés des professionnels de l’antiracisme. Le camp de la bien-pensance antiraciste (LICRA, SOS Racisme, LDH) s’est ainsi accroché à la locomotive du CCIF, association animée par des militants de l’islam politique. La LICRA en sortit profondément divisée, une large part de ses militants contestant la décision de la direction de poursuivre l’historien, décision prise sous l’influence de Mohamed Sifaoui, témoin contre Georges Bensoussan durant le procès qui tint des propos contradictoires que la présidente ne manqua pas de souligner. Quant à SOS Racisme, ils prirent acte de leur défaite en première instance, mais n’ont aucun regret de s’être assis aux côtés du CCIF. Aucune gêne peut-être quand une des témoins pour le CCIF compara Georges Bensoussan à Drumont, ni quand l’avocat de la LDH en appel évoqua «les propos pré-génocidaires» de l’historien. Rappelons que Georges Bensoussan était jusqu’en juin 2018 le directeur de la réputée Revue d’histoire de la Shoah… 

Cette affaire illustre le problème de la judiciarisation croissante du débat d’idées en France.

Cette affaire a également illustré la dérive de certains magistrats idéologues. En effet, le Parquet a non seulement suivi les parties civiles pour initier les poursuites, a relevé appel du jugement de relaxe aux côtés du CCIF et de la LDH, mais il fallait entendre la sidérante plaidoirie en première instance du ministère public, un discours mêlant approximations historiques et anathèmes idéologiques. 

Heureusement, au nom de l’intégrité et de l’intelligence démocratique, les juges du fond ont rappelé le droit et n’ont pas versé dans la morale de café du commerce. Pas une fois, mais à trois reprises, ils ont dit le droit par des attendus d’une clarté qui feront jurisprudence en matière de liberté d’expression. Cette douloureuse expérience pour Georges Bensoussan n’aura donc pas été vaine, même si le coût financier de telles procédures n’est pas anodin. C’est bien un des instruments de ces associations militantes que d’intimider leurs adversaires intellectuels par d’onéreuses procédures.

Cette affaire illustre, enfin et c’est le plus grave, le problème de la judiciarisation croissante du débat d’idées en France, sous l’effet d’une perversion de l’esprit démocratique. La loi ne doit pas être faite pour incriminer l’esprit critique mais pour le protéger. Or, depuis la loi Pleven de 1972 extrapolant sur la loi sur la presse de 1881, des groupes autoproclamés défenseurs de telle ou telle minorité – opprimée par principe – disposent du pouvoir de déclencher seuls l’action pénale. Ceux que Philippe Muray appelait les «groupes d’oppression» prouvent qu’il existe aujourd’hui une privatisation de l’action publique et que, le plus souvent, cela se fait au service de la censure. Il serait temps que le pouvoir politique prenne la mesure du danger démocratique que représente cette inflation de lois visant à réprimer les opinions «déviantes». D’abord parce que cela ne les fait pas disparaître de l’expression publique, ensuite parce qu’une démocratie est précisément ce régime de liberté qui s’oppose à la police de la pensée.

Le Point : Il y a trente ans éclatait l’affaire des foulards à Creil. Est-ce un tournant important dans la société française ?

ENTRETIEN. L’auteur de « L’Archipel français » livre les enseignements de l’enquête Ifop pour « Le Point » et la Fondation Jean-Jaurès sur les musulmans en France.

Propos recueillis par Thomas Mahler– Publié Le Point 


Jerome Fourquet. Politologue, directeur du departement Opinion et strategies d'entreprise de l'institut de sondages Ifop depuis 2011. Il a recu le prix du Livre politique pour  << L'archipel francais. Naissance d'une nation multiple et divisee  data-recalc-dims=> (Seuil).”/>
Jérôme Fourquet. Politologue, directeur du département Opinion et stratégies d’entreprise de l’institut de sondages Ifop depuis 2011. Il a reçu le prix du Livre politique pour « L’archipel français. Naissance d’une nation multiple et divisée » (Seuil).

Le Point : Il y a trente ans éclatait l’affaire des foulards à Creil. Est-ce un tournant important dans la société française ?

Jérôme Fourquet : A partir du début des années 1980, il y a une prise de conscience collective, par la société française, non seulement de la réalité de la présence d’immigrés de culture musulmane sur son territoire, mais aussi du fait que cette immigration a vocation à rester sur place. La première date symbolique, c’est 1983, avec la Marche des beurs et les grèves dans l’automobile. On commence à parler de « la deuxième génération ». 1989 est une autre date clé, avec cette fois-ci une prise de conscience des défis que représente cette immigration musulmane, notamment sur le principe de la laïcité. Les signes religieux dans les établissements publics ne sont alors plus une problématique dans une société française qui est en train de s’apaiser sur la guerre des deux écoles et qui, comme l’écrit Marcel Gauchet en 1985 dans « Le désenchantement du monde », a déjà bien entamé son processus de sortie de la religion. L’affaire de Creil repose subitement la question de la manifestation du religieux dans l’espace public et, comme le montre bien le livre que viennent de publier les éditions de l’Aube et la Fondation Jean-Jaurès, « Les foulards de la discorde. Retours sur l’affaire de Creil. 1989 », ce retour du religieux, mais musulman, est particulièrement problématique pour la gauche française. La laïcité, élément structurant de l’identité de la gauche française, avait toujours été pensée dans le contexte de l’opposition au catholicisme. Là, elle se retrouve confrontée à la religion musulmane, ce qui change énormément de choses.

Plus globalement, l’affaire de Creil va susciter un intense débat dans la société française autour de l’interrogation sur l’acclimatation possible de l’islam à notre modèle républicain. 1989 ouvre en quelque sorte une nouvelle ère et acte médiatiquement et sociologiquement l’existence de l’islam en France. L’Ifop, qui a pour vocation de suivre les évolutions de fond de la société française, a d’ailleurs commencé cette année-là à sonder et interroger la population de confession ou de culture musulmane. Trente ans après cet événement marquant, Le Point et la Fondation Jean-Jaurès ont demandé à notre institut de jeter un nouveau coup de projecteur sur cette population de confession ou de culture musulmane.

Quels sont les principaux enseignements de votre grande enquête ?

Le premier enseignement réside dans la puissance de l’orthopraxie, qui se renforce au fil du temps, notamment auprès des jeunes générations. L’orthopraxie désigne la capacité d’une religion à fixer des règles comportementales concernant la vie quotidienne et le fait que le public de croyants se conforme aux injonctions de la religion à laquelle il est rattaché spirituellement et culturellement. L’islam en comporte un certain nombre et son empreinte sur la vie quotidienne a gagné du terrain. En 1989, beaucoup ont cru à une crise d’adolescence et qu’il suffisait d’être patient. S’opposant à l’exclusion des collégiennes voilées de Creil, SOS Racisme estimait que « le jean finira[it] par l’emporter sur le tchador ». Avec trente ans de recul, et alors que les jeunes qui avaient 15 ans à l’époque en ont aujourd’hui 45, on voit que l’empreinte de la religion sur cette population ne s’est pas effacée, bien au contraire.

Notre enquête montre ainsi que la proportion de personnes (de confession ou de culture musulmane) déclarant participer à la prière du vendredi à la mosquée a plus que doublé, passant de 16 % en 1989 à 38 % aujourd’hui. C’est spectaculaire. Bien sûr, il s’agit de déclaratif, et il faut donc relativiser cette assiduité affichée. Mais le biais déclaratif était le même dans le sondage de 1989. Ce que ces résultats traduisent, c’est que, dans cette population, la norme sociale est beaucoup plus religieuse aujourd’hui qu’il y a trente ans. Quand on regarde dans le détail, on observe que cette pratique est, comme dans les pays musulmans, beaucoup plus importante chez les hommes (55 % des hommes déclarent fréquenter la mosquée le vendredi, contre 20 % chez les femmes). Des écarts importants apparaissent également selon les tranches d’âge. C’est l’inverse du catholicisme, c’est-à-dire que les générations les plus âgées apparaissent moins sous l’influence de cette injonction à la prière (seulement 28 % des plus de 50 ans disent aller à la mosquée le vendredi), alors que 49 % des jeunes disent se conformer à ce commandement. Le respect du jeûne pendant le ramadan est aussi en progression depuis 1989, passant de 60 % à 66 %. La progression s’est surtout faite au début des années 2000, période où s’est produit un réveil identitaire et religieux dans tout le monde musulman.

Troisième manifestation de l’empreinte religieuse sur la vie quotidienne : nous constatons une chute de la proportion de personnes de religion ou culture musulmane déclarant boire de l’alcool, même occasionnellement, passant de 35 % en 1989 à seulement 21 % aujourd’hui. Il y a sans doute, là encore, un biais déclaratif (et nous n’allons pas vérifier dans leur vie quotidienne !), mais, de nouveau, ce biais déclaratif valait aussi en 1989. Manifestement, à l’époque, le conformisme ambiant dans cette population était moins strict en la matière. Quatrième élément : la forte prégnance du halal, qui ne se limite plus à la viande. Parmi les sondés, 57 % disent consommer uniquement de la confiserie halal, mais 47 % achètent aussi des plats cuisinés halal et 48 % affirment systématiquement regarder la composition des produits alimentaires achetés pour s’assurer qu’ils ne contiennent pas de la gélatine animale ou du porc. Comme le poids de cette population musulmane a augmenté et que l’orthopraxie y est plus répandue, des acteurs économiques ont répondu à cette demande, et un marché s’est créé, facilitant et encourageant en retour le respect du halal par le consommateur. Il y a trente ans, lors de l’affaire de Creil, les débats tournaient autour du foulard. Aujourd’hui, dans la sphère scolaire, les tensions se cristallisent autour de la question du halal. Au regard de ces résultats, on constate que l’évolution générale ne va pas dans le sens d’une sécularisation, mais d’une réaffirmation identitaire et religieuse se manifestant notamment dans les comportements quotidiens.

Qu’avez-vous observé concernant le rapport des musulmans à la laïcité ?

On constate que les musulmans, très majoritairement, déclarent (à 70 %) pouvoir pratiquer en toute liberté leur religion en France, un résultat rassurant. Mais pour autant ce diagnostic s’accompagne de fortes demandes pour adapter notre cadre laïque et républicain. Ils ne sont que 41 % à estimer que la pratique de l’islam doit être adaptée et aménagée pour se conformer à la laïcité à la française, contre 37 % qui estiment que c’est au contraire la laïcité française qui doit s’adapter, avec une forte minorité (19 %) qui ne se positionne pas sur cette question. Par rapport à 2011, on constate une progression de 8 points de ceux qui disent que c’est à la laïcité à la française de s’adapter. On observe également une forte progression de l’opposition à la loi de 2010 bannissant le voile intégral dans la rue. Ils sont 59 % à estimer que cette loi est plutôt une mauvaise chose, alors qu’ils n’étaient que 33 % dans ce cas en 2011. Différents événements comme des contrôles policiers qui ont mal tourné (à Trappes ou à Toulouse notamment), ou la perception que cette loi serait une discrimination supplémentaire visant les musulmans, peuvent expliquer ce résultat.

Quand on regarde dans le détail, on voit que les demandes concrètes d’adaptation de la laïcité sont soutenues et parfois très massivement. Ainsi, 82 % des sondés pensent qu’on devrait pouvoir manger halal dans les cantines scolaires et 68 % estiment qu’une jeune fille devrait avoir la possibilité de porter le voile à l’école. L’islam étant une religion assez injonctive dans la vie quotidienne, ces injonctions se heurtent au cadre laïque.

Autre chiffre, 54 % déclarent également qu’on devrait avoir la possibilité d’affirmer son identité religieuse au travail. Après l’école et le halal, la question des signes ostentatoires dans le monde du travail monte depuis plusieurs années. Si 26 % des cadres disent qu’on devrait pouvoir affirmer son identité religieuse au travail, ils sont 38 % parmi les professions intermédiaires et 55 % chez les employés et ouvriers. Cette revendication est plus forte dans les milieux populaires et rappelle les débats qu’il y a eu par exemple à la RATP ou parmi le personnel de Roissy. Les organisations syndicales, historiquement et culturellement de gauche, souvent très laïques, sauf la CFTC, sont confrontées à ces demandes. La CFTC revendique ses racines chrétiennes, mais ne fait pas grève pour exiger la présence d’un crucifix. Dans le monde du travail, là notamment où il y a beaucoup d’employés ou d’ouvriers, comme dans les transports publics, les chantiers ou les plateformes logistiques, ces questions des signes religieux ostentatoires se posent depuis plusieurs années. L’affaire de Creil n’était que le début, pas un prurit momentané, comme certains ont pu le penser. Pour autant, nous n’assistons pas à un assaut généralisé contre le cadre laïque, mais plutôt à de multiples demandes pour qu’on desserre le cadre républicain et laïque.

Parmi les personnes interrogées, 27 % sont d’accord avec l’idée que « la charia devrait s’imposer par rapport aux lois de la République », résultat qui est conforme avec l’étude de l’Institut Montaigne de 2016.

Les musulmans en France ne forment pas un bloc homogène. La grande majorité des musulmans demande des adaptations, mais une minorité se positionne sur un agenda beaucoup plus maximaliste et radical. A ce propos, un différentiel assez important se dessine selon l’ancienneté de la présence en France. Parmi ceux qui sont français de naissance, « seuls » 18 % estiment que la charia devrait s’imposer. Parmi ceux qui sont français par acquisition, ils sont 26 % et parmi les étrangers, c’est 46 %. Cette revendication d’une suprématie de la charia est donc d’abord portée par les nouveaux arrivants qui viennent de pays où l’empreinte de l’islam est très forte. En 1989, avec l’affaire de Creil, beaucoup pensaient qu’avec le temps le processus de sécularisation et de « sortie de la religion » allait aussi concerner la population immigrée. Sauf que, depuis, des centaines de milliers de personnes ont rejoint la France, et le bain culturel des pays d’origine a été entretenu et vivifié par la persistance des flux migratoires, là où le flux des Polonais, par exemple, s’était tari dans les années 1930.

Qu’en est-il du port du voile ?

Aujourd’hui, un petit tiers de femmes d’origine ou de confession musulmane disent porter le voile, contre 24 % en 2003. Et 19 % d’entre elles le portent toujours. Le phénomène s’est renforcé, mais il demeure minoritaire. 68 % des sondées disent ne jamais porter le voile. La réalité, c’est donc que la grande majorité des femmes musulmanes ne sont pas voilées, et 10 % déclarent d’ailleurs l’avoir porté autrefois, mais ne le portent plus, ce qui montre que l’attitude face au voile évolue en fonction de l’âge et de la situation personnelle. Parmi les 15-17 ans, seules 15 % disent porter le voile, ce qui laisse penser que la loi de 2004 sur l’école joue un rôle important. On atteint ensuite un pic de 35 % pour les 18-35 ans. Cela retombe à 25 % auprès des 35 ans et plus. C’est à la sortie de l’adolescence et au début de la vie d’adulte que le voile est le plus porté. Encore une fois, on voit que les musulmans ne sont pas un bloc, mais un public bien hétérogène, notamment dans son rapport à la religion, même si le poids de la matrice musulmane s’est incontestablement renforcé depuis 1989.

Y a-t-il des différences en fonction des origines des sondés ?

Sur une série de sujets, on observe une gradation dans les réponses entre les sondés qui ont des origines familiales en France, ceux qui ont un père issu du Maghreb et ceux qui ont un père originaire d’Afrique subsaharienne. De manière générale, le poids de la matrice religieuse est beaucoup plus prégnant parmi les musulmans originaires d’Afrique subsaharienne, arrivés plus récemment. En 1989, l’islam de France est un islam maghrébin. Trente ans plus tard, la situation s’est considérablement diversifiée, et le paysage socio-culturel est archipelisé. La population issue d’Afrique subsaharienne (Mali, Sénégal, Mauritanie…), provenant souvent de zones rurales, pèse davantage démographiquement. Or celle-ci semble très éloignée du processus de sortie de la religion. Ainsi, 55 % des femmes dont le père est né en Afrique subsaharienne portent le voile, contre 32 % des femmes dont le père est né en France et 31 % pour celles dont le père est né au Maghreb. Concernant la fréquentation de la mosquée, c’est 18 % si le père est né en France, 32 % si celui-ci vient du Maghreb, mais 63 % s’il est issu d’Afrique subsaharienne. Sur ces pratiques, on constate ainsi un écart beaucoup plus important entre des personnes originaires du Maghreb et d’Afrique subsaharienne qu’entre celles issues du Maghreb et les familles d’origine immigrée mais dont les parents sont nés en France.

Les études sociologiques montrent que les diplômés sont moins religieux que ceux qui n’ont pas fait d’études supérieures. Mais, dans cette enquête, c’est parfois le contraire. Parmi les femmes sondées qui ont un niveau bac + 5, 41 % disent par exemple porter le voile, contre 16 % chez celles qui n’ont pas de diplôme.

Ces chiffres s’expliquent en partie par la variable de l’âge, très liée dans cette population au niveau de diplôme. Les générations les plus âgées sont principalement constituées de primo-arrivants, qui ne disposaient que d’un faible bagage éducatif, à l’inverse des générations les plus jeunes (souvent les enfants et les petits-enfants des précédents) qui ont été à l’école de la République et y ont obtenu des diplômes. Le réveil identitaire et religieux a d’abord touché ces générations, alors que les générations plus âgées (et peu diplômées) ont été moins sensibles à ce réveil.

Mais cette variable de l’âge n’explique pas tout. A l’époque de l’affaire de Creil, beaucoup pensaient que l’attachement à la religion allait s’étioler avec l’accès progressif des enfants de l’immigration à des études longues et à l’université. Or on voit que le diplôme n’« immunise » pas, contrairement à ce que pensent les esprits athées, contre la religion. 20 % des personnes bac + 5 de confession ou d’origine musulmane estiment par exemple qu’en France la charia devrait s’imposer aux lois de la République. Le niveau de diplôme n’induit donc pas de manière massive et systématique une prise de distance avec la religion. L’islamologue Olivier Roy voit dans ces manifestations de raidissement identitaire un baroud d’honneur de la religion dans un contexte d’inexorable victoire d’une sécularisation déjà très avancée. Les résultats de cette enquête indiquent que les injonctions de la religion musulmane sont aujourd’hui plus prégnantes que lors de l’affaire de Creil et que cette empreinte est puissante dans la jeunesse et sur certains points, y compris parmi les diplômés. Cela démontre la force et la vigueur de cette matrice religieuse. Pour paraphraser la formule utilisée à l’époque par SOS Racisme : trente ans après, le « tchador » n’a pas encore dit son dernier mot face au « blue jean »§

Alain Soral condamné à 18 mois ferme pour un clip de rap antisémite

Le patron du site Egalité et Réconciliation doit supprimer le clip de son site, sous astreinte de 1 000 euros d’amende par jour de retard

Par AFP

Alain Soral (Crédit : Torpegiggio, Wikimedia commons)

Alain Soral (Crédit : Torpegiggio, Wikimedia commons)

L’essayiste d’extrême droite Alain Soral a été condamné à 24 mois de prison, dont 18 mois ferme, par le tribunal correctionnel de Bobigny pour avoir diffusé en ligne un clip de rap antisémite, a-t-on appris jeudi auprès du parquet.

Alain Bonnet, de son vrai nom, a également été condamné à 45 000 euros d’amende.

Le 15 avril, l’essayiste, déjà condamné maintes fois pour provocation à la haine raciale, avait écopé d’un an ferme pour négationnisme dans une autre affaire. Le tribunal correctionnel de Paris avait alors ordonné un mandat d’arrêt contre lui, que le parquet avait refusé d’exécuter estimant qu’il n’avait pas de base légale.R

Dans l’affaire jugée à Bobigny, le parquet avait requis deux ans de prison ferme contre l’essayiste, qui avait publié sur son site « Egalité et Réconciliation » un clip intitulé « Gilets jaunes » dans lequel une pancarte contenant le nom de Rothschild était jetée au feu. Des photos de Bernard-Henri Lévy, Jacques Attali ou encore Patrick Drahi – tous juifs – étaient aussi envoyées au bûcher.

Dans ce clip, le rappeur appelait à « virer » Rothschild, Attali et BHL, les qualifiant de « parasites ».

Le tribunal a également demandé à Alain Soral de supprimer le clip de son site, sous astreinte de 1 000 euros d’amende par jour de retard.

L’ancien principal de Creil : “J’ai eu affaire à la première brèche dans la laïcité par un islamisme conquérant”

Par Laurent Valdiguié

C’était il y a trente ans jour pour jour. L’histoire retient qu’il est le premier a avoir dit non au voile à l’école. Marianne a retrouvé Ernest Chénière, l’ancien principal du collège Gabriel-Havez de Creil où s’est jouée la première affaire du foulard. A 74 ans, il se souvient comme si c’était hier de ces semaines qui ont changé sa vie.C

Marianne : Quand vous avez été nommé au collège Gabriel Havez en 1987, était-ce un des « pires » collèges du secteur ?

Ernest Chénière : Un des pires de France vous voulez dire ! Et j’en ai la preuve. J’étais à Amiens, à la fin d‘une formation pour devenir principal, lorsqu’est venu le jour où l’on nous faisait part de notre affectation. Quand je suis entré dans la grande salle où devait se révéler les collèges de chacun, mes collègues se sont esclaffés ! Je ne comprenais pas pourquoi ils riaient tant. Ils se gaussaient. « T’es nommé à Gabriel Havez ! » a dit l’un. Moi, je ne connaissais même pas ce collège qui porte le nom d’un ancien maire de Creil… L’inspecteur responsable de notre groupe m’a pris à part, en me tenant par le coude avec un air grave. Il m’a dit deux choses : d’abord qu’il fallait y remettre de l’ordre, ensuite que, selon leur analyse, je présentais le profil requis pour gérer la situation.

Pourquoi avez-vous été choisi d’après vous ?

Pour une série de raisons objectives, je pense. J’avais déjà été instituteur en banlieue, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. J’avais enseigné deux ans au Maroc. Je parlais l’Arabe tout en ayant beaucoup étudié l’Islam. Autre corde à mon arc, je ne cachais pas ma pratique des arts martiaux ! Peut-être aussi que mes origines antillaises et ma couleur de peau ont joué un rôle… Quoiqu’il en soit, l’Éducation nationale m’avait choisi pour aller où personne ne voulait aller.

Vous avez parlé à l’époque de « poubelle sociale » en évoquant le quartier de Creil où vous atterrissez …

Il n’y avait aucun de mépris de ma part à dire cela. Je ne faisais que mettre des mots justes sur une réalité que je constatais et qui était indéniable. J’avais déjà habité dans différents quartiers populaires, à Paris quand j’étais jeune, en banlieue parisienne et au Maroc. Mais là, c’était différent. La mairie socialiste de Creil avait depuis longtemps une stratégie consistant à drainer vers ce quartier du Rouher, sur le plateau, en face du collège, les populations immigrées les plus déshéritées socialement et les moins intégrées. Sur 800 élèves, il y avait 36 nationalités. Ce quartier était à lui tout seul l’expression d’une hypocrisie de la société française, qui se prétend accueillante mais qui pratique une ghettoïsation systématique… Ces gens étaient relégués là. Ils n’avaient aucune chance d’en sortir. Un résident a d’ailleurs défini cette stratégie comme un « parcage ethnique ». Cette expression m’avait fait mal !LIRE AUSSII

Quelle est votre première impression du collège ?

C’était « l’île aux fous ». Le bordel le plus intégral si vous préférez. J’ai rendu deux visites à mon prédécesseur et je m’en souviens comme si c’était hier. C’était un homme terrassé. Abattu. Il était cardiaque, et m’a assuré que ses problèmes de cœur avaient commencé là. Nous nous sommes promenés dans les couloirs et j’ai vu de mes propres yeux des enseignants cracher à ses pieds. Le pauvre homme s’est contenté de hausser les épaules. Il n’avait strictement aucune autorité sur l’équipe d’environ 70 enseignants.

J’ai convoqué le caïd du collège dans mon bureau. Il m’a provoqué et il s’est retrouvé au sol avec une clé de bras. Il gémissait. Je lui ai demandé s’il voulait que j’arrête ou que je continue.

Comment le collège était il dirigé ?

Je m’en suis assez vite rendu compte en 1987 quand je suis arrivé. Il y avait un quarteron d’environ six ou sept professeurs dont deux d’éducation sportive, qui étaient creillois d’origine. Ils étaient en cheville avec la mairie. Politiquement, ils faisaient régner la terreur dans le collège, puisque tout devait passer par eux, avec l’appui de la ville. Cela faisait partie des « anomalies »…

Quelles autres « anomalies » avez vous découvert ?

J’ai aussi mis fin à cette histoire de cagnotte du foyer qui servait à payer des licences sportives pour qu’ensuite des élèves aillent prendre des cours de sport privés dans des gymnases voisins. J’ai expliqué aux enseignants que j’étais chargé d’une mission et que j’allais l’exercer. Tout le monde a compris que je ne serais pas un pion de la mairie, et que je gérerais désormais les tableaux de service en toute transparence et avec impartialité. Un autre exemple me vient à l’esprit : tous les matins et tous les midis, les retardataires entraient et sortaient. Je me suis mis aux grilles, et à l’heure dite, je les ai fermées. Au bout d’une semaine, il n’y avait plus de retardataires. On a monté un ciné club, l’association sportive a été relancée. Le collège, s’est remis à fonctionner selon la règle.

J’ai dû affronter une fronde initiée par les professeurs d’éducation physique proches de la mairie. Je me suis même retrouvé en tête à tête avec l’un deux, ceinture noire de judo, et on s’est fait face.

Vous avez été la cible d’une opposition de la part de certains professeurs dès 1987…

Oui, dès ma prise de fonction. J’ai dû affronter une fronde initiée par les professeurs d’éducation physique proches de la mairie. Je me suis même retrouvé en tête à tête avec l’un deux, ceinture noire de judo, et on s’est fait face. Ma pratique des arts martiaux m’a rendu un grand service ce jour-là. Je suis ceinture noire de Karaté, de Kung Fu et je pratique le sabre… Je crois qu’il a compris. Cela s’est arrêté. Il y avait aussi un début de trafic dans le collège de bandes du quartier qui tenaient sous leur coupe certains collégiens. On parlait déjà de tournantes dans les caves. Là encore, les arts martiaux m’ont été utiles.

Comment ?

J’ai convoqué le caïd du collège dans mon bureau. Il m’a provoqué et il s’est retrouvé au sol avec une clé de bras. Il gémissait. Je lui ai demandé s’il voulait que j’arrête ou que je continue. Il m’a dit « pitié monsieur arrêtez » et j’ai arrêté en lui disant qu’il faudrait désormais me respecter. Qu’il fasse passer le mot. C’était malheureux d’en passer par là, je ne l’ai pas souhaité, mais je pense que c’était une chance pour le collège que les choses rentrent dans l’ordre. Mon katana était toujours posé sur mon bureau, dans son fourreau, sur un support. Non pour menacer quiconque, mais parce qu’il m’imposait ses vertus, celles du Bushido : « Le Katana est l’âme du Samouraï ». Autrement dit, votre conscience doit être Droite lumineuse, pure, et tranchante comme la lame de votre Katana. Chacun savait cela, y compris les élus municipaux qui passaient dans mon bureau, et qui d’ailleurs s’en agaçaient.

Avez-vous souvent joué des coudes ?

J’avais beaucoup voyagé, je venais moi même « de la rue », rien ne m’impressionnait. Une autre fois avec trois jeunes d’origine congolaise, je leur ai proposé de les prendre tous les trois en même temps ! C’était des durs. Ils ont arrêté. Je vous jure, et je jure rarement, que ce collège était une zone de non droit. J’y ai ramené de l’autorité, du droit et de la citoyenneté. Et j’ai remis le collège sur les rails. L’année 88 s’est passée sans heurts.LIRE AUSSIE

Comment débute l’affaire du foulard ?

Quand l’iman Khomeiny lance sa fatwa sur Salman Rushdie et les versets sataniques, début 1989, il y a eu une petite scène d’hystérie dans la cour. J’avais perçu cela comme du cinéma. Puis en avril, un peu plus tard, les trois jeunes filles, arrivent voilées. Moi, je ne m’en rends pas tout de suite compte. Ce sont leurs enseignants qui m’alertent. Le visage des fillettes était en partie masqué et leur attitude était provocante. Leurs professeurs avaient échoué dans toutes leurs tentatives de leur faire enlever ce voile. J’ai convoqué les élèves dans mon bureau à la demande des enseignants qui ne parvenaient pas à se faire entendre.

Que leur dites-vous ?

J’avais vécu deux ans au Maroc, beaucoup étudié les différentes formes d’islams, comme je disais. Et je pensais qu’il suffirait d’avoir un dialogue autorisé « d’adulte de Savoir » avec ces trois élèves de 13 et 14 ans pour que les choses rentrent dans l’ordre. Je leur ai donc parlé, en mêlant le français et l’arabe, en leur expliquant pourquoi ce n’était pas acceptable au collège. Leur attitude restait hostile et cela m’a surpris. Normalement, ces enfants, culturellement, ont une attitude respectueuse avec « l’homme de savoir » comme les maîtres sont appelés dans le Coran. Là, non. Elles étaient braquées. Insensibles à mes admonestations et aux sanctions qu’elles encouraient.

Quand l’iman Khomeiny lance sa fatwa sur Salman Rushdie et les versets sataniques, début 1989, il y a eu une petite scène d’hystérie dans la cour. J’avais perçu cela comme du cinéma. Puis en avril, un peu plus tard, les trois jeunes filles, arrivent voilées.

Et que s’est il passé ?

C’était juste avant les vacances de pâques. Elles sont parties en congé et à leur retour elles n’étaient plus voilées. On a cru que c’était fini.

Aviez-vous déjà entendu parler d’affaires de voile à l’époque, y avait-il des consignes de l’Éducation nationale ?

Non. Rien. Je n’avais jamais entendu parler de cas similaires et il n’en n’avait jamais été question ni avec l’inspecteur d‘académie, ni dans aucune consigne particulière. On n’était pas « préparé » particulièrement à gérer ce genre de problème à l’école. Mais les enseignants ont eu le sentiment, quand ces voiles sont apparus, qu’ils constituaient une provocation. Moi aussi. Pour nous, c’était une évidence…

Et en septembre 1989, à la rentrée, les trois mêmes fillettes reviennent porteuses de foulards…

Exactement. Les deux sœurs Fatima et Leila Achahboun et Samira Saïdani. Leurs professeurs, là encore ont tenté de les dissuader. Là encore en vain. Ils sont venus me voir pour me demander de régler ce qui devenait un problème. J’ai convoqué les fillettes. Même mur hostile. Le 18 septembre, je leur ai donné une lettre d’explication à l’attention de leurs parents. Nous avons décidé de ne plus les accepter en cours avec le foulard, mais de les accueillir au sein du collège, en les installant au Centre de documentation et d’information, le CDI, en espérant que le dialogue avec les familles, à vrai dire avec les pères, porte ses fruits. Voilà ce que nous avons fait.

Vous avez rencontré les parents…

J’ai d’abord vu M. Saïdani, qui était tunisien. Il vendait des bonbons en face de la mosquée. C’était selon moi un intriguant. Il avait été violent avec la mère de Samira. J’ai essayé de le raisonner, de lui expliquer l’intérêt de sa fille, l’école, la laïcité, et très vite je me suis rendu compte qu’il ne voulait rien entendre. Il m’a prévenu que sa fille garderait le foulard, que c’était « notre religion », disait-il. Le père des soeurs Achahboun venait, lui, du Maroc. Il avait descendu l’Atlas pour travailler ici à Creil. Je suis allé manger chez eux, sans jamais y voir la maman d’ailleurs. Je parlais arabe avec lui, et j’ai voulu lui montrer que je n’étais ni un adversaire ni un ennemi de l’islam. C’était quelqu’un de simple, mais très malin. Je suis sorti de là en me demandant pourquoi diable ils étaient si bornés. Il jouait le personnage du Fellah immigré au cœur pur et simple, dépassé par l’évènementiel, mais en réalité, j’ai eu l’occasion de visionner une interview qu’il avait donnée à une chaîne de TV anglaise dans la période, et où il théorise avec une détermination surprenante les positions islamistes. Il ne pensait pas que cette vidéo me serait envoyée de Londres.

Aviez-vous une explication à l’époque ?

Rien n’était encore médiatisé et d’un coup je reçois une demande de rendez-vous d’une journaliste du Courrier Picard. Je la savais très proche de la mairie socialiste. Je l’ai reçue longuement pour lui expliquer les choses. Il faut bien comprendre que jusque-là je ne faisais pas de politique. J’avais été militant dans ma jeunesse, mais pour des causes humanistes où contre le colonialisme et la guerre du Vietnam. Pourtant, pour la mairie de Creil, j’avais la réputation d’être « un homme de droite ». Je ne sais pas bien pourquoi. Cela traduisait simplement le fait que je n’étais pas docile. Sans cette clé, on ne peut pas comprendre ce qui va suivre. La journaliste vient me voir et je comprends en discutant avec elle qu’elle avait déjà « son opinion ». Et que cette « opinion » était celle de la mairie.

Laquelle ?

D’un mot, c’était moi le gêneur. J’étais quasiment responsable de ce qui arrivait. Et la solution eût été que je m’en aille pour que tout rentre dans l’ordre. En partant, je lui ai suggéré de « affaire attention quand même, que la situation me paraissait un peu explosive ». Que le sujet c’était le foulard, pas moi… Elle a fait son article. J’y étais décrit comme « quelqu’un de violent ».

Dans l’article du Courrier Picard j’avais employé le mot « intégristes» et j’ai eu droit à un procès en diffamation, que j’ai d’ailleurs gagné en 1990

Cet article paraît le 8 octobre 1989, la polémique devient nationale, et les choses, à votre niveau, sont hors de contrôle…

Oui, tout le monde a joué avec le feu. Durant l’été, une association de jeunesse musulmans de Creil s’était créée. Et à mon avis, toute cette histoire a été téléguidée de loin. Le Plateau de Creil avait été choisi parce que c’était un lieu idéal et que la passivité complice et aveugle de la mairie allait les y aider. Il y a eu un deal implicite ou explicite… La mairie, son but, c’était simplement de me faire partir. Dans l’article du Courrier Picard j’avais employé le mot « intégristes» et j’ai eu droit à un procès en diffamation, que j’ai d’ailleurs gagné en 1990. Et cela a fait jurisprudence. Mais là encore, le but était de me faire partir.

Etiez-vous soutenu ou isolé au sein du collège ?

J’avais le soutien de la grande majorité des professeurs qui étaient tous contre le voile. Eux aussi avaient bien compris ce qui se jouait et qu’il ne fallait pas lâcher prise. J’ai été reçu par le recteur. Un brave homme qui n’entendait rien à ces questions et savait à peine ce qu’était l’Islam. Personne ne se rendait compte de rien à l’époque. Il y avait aussi cet inspecteur d’académie, un jeune. Il m’a convoqué un jour, c’était un jeudi. J’ai eu droit à une drôle de séance dans une salle mal éclairée de Beauvais, avec deux témoins. Il m’a fait la leçon pour me demander d’accepter en classe les filles avec le voile. « Vous allez laisser entrer ces filles en cours avec leur foulards », hurlait-il. Je l’ai bien regardé. Là encore les arts martiaux qui enseignent avant tout la maitrise de soi m’ont bien aidé. Je lui ai demandé s’il en avait terminé et je lui ai demandé s’il avait une seule bonne raison de laisser ces filles entrer en classe avec leur foulard parce que pour ma part je n’en voyais aucune. Il n’en avait pas. Je lui ai donc demandé un relevé de conclusions écrit. Et qu’il me le signe. Évidemment il a refusé. Lui aussi était grotesque.

En 1989, vous vous attaquez aussi à la petite communauté juive du collège…

Non, grand Dieu, Non, je ne m’y « attaque » pas mais en pleine affaire du voile, on vient me trouver en me disant « vous voyez il y a des collégiens juifs qui ne viennent pas au collège les vendredis après-midi et samedi matin pour cause des shabbat ». C’était normal d’exiger aussi que cela cesse. Je suis allé voir la responsable de l’association juive en charge de l’inscription de ces jeunes dans notre établissement pour lui expliquer la problématique. Elle s’est énervée… Quelques temps plus tard je recevais une lettre avec le sigle de l’ONU, m’accusant tout bonnement d’avoir pris des positions antisémites. Grotesque encore.

L’Education nationale m’a nommé proviseur dans un établissement où j’ai été accueilli comme « un homme de droite ». J’y suis resté un an à subir une forme de lynchage de la part des enseignants locaux qui se revendiquaient « de gauche ».

Avez- vous été surpris par la décision du conseil d‘Etat fin novembre 1989, disant que le voile était compatible avec la laïcité…

Ce n’est que l’illustration du trop fameux « Courage, fuyons ! ». Je savais bien que personne ne comprenait bien ce qui se passait et qu’il y avait en France bien des forces à l’œuvre sur ces questions. Dans cette période, j’ai reçu 3600 lettres de soutien. L’affaire s’est terminée quand le Roi du Maroc Hassan II l’a décidé. On l’a su après, mais l’ambassadeur du Maroc en France avait été convoqué par le ministre de l’Intérieur. Les fillettes et surtout leurs parents ont obéi dans la seconde. Après, dans le collège et dans la ville de Creil, cela a été un grand soulagement. J’ai eu d’innombrables témoignages de reconnaissance. Les trois années suivantes ont été des années normales.

Et en 1993 vous devenez député RPR, battant Jean Anciant, le maire socialiste de la ville… Pourquoi ce choix, vous qui disiez ne pas faire de politique ?

Je suis un homme simple. Mes deux parents étaient instituteurs, des Hussards noirs de la République ! J’aime la France, celle des manuels d’histoire, de Clovis à Clémenceau. Oui, à la rentrée de septembre 1989, j’ai perçu qu’il y avait en France un problème avec la laïcité. Moi, le nègre, je me rendais compte d’un problème dont personne ne réalisait l’énormité, et j’ai pensé que ma voix pouvait porter à l’Assemblée nationale. Moi, le petit martiniquais venu au monde en Martinique, j’ai imaginé que je pourrais avoir une loi qui porterait mon nom sur le sujet…

Vous n’avez guère été entendu…

Mes amis gaullistes m’ont écouté. J’ai rédigé trois propositions de loi sur ces questions, mais, c’est vrai, rien n’a abouti. La dernière était même une proposition de réforme constitutionnelle puisque je proposais que l’on rajoute au triptyque « Liberté égalité fraternité » le mot Laïcité. Tout cela est dans les cartons de l’Assemblée. Ces questions faisaient peur.

J’aime la France, celle des manuels d’histoire, de Clovis à Clémenceau

En 1997, vous êtes battu…

Oui, et là encore, j’ai l’impression d’avoir été victime de règlements de comptes souterrains, d’accointances secrètes entre le RPR et le PS. D’un coté, on aide Eric Woerth à prendre la maire de Chantilly et de l’autre on « rend » au PS la circonscription de Creil, qui avait toujours été à gauche. J’ai été battu dans une triangulaire face au PS et le FN. Il faut préciser que pendant quatre ans je vivais avec ma famille sous la protection de policiers du Service de protection des personnalités. Ma permanence a été saccagée. Une fois ou deux, un bâton à la main, j’ai fait reculer des petits groupes hostiles. Il était pour nous invivable de rester à Creil.

Qu’êtes vous devenu ?

L’Education nationale m’a nommé proviseur dans un établissement où j’ai été accueilli comme « un homme de droite ». J’y suis resté un an à subir une forme de lynchage de la part des enseignants locaux qui se revendiquaient « de gauche ». Puis j’ai rendu les armes, la lutte était impossible dans un contexte marqué par un certain nombre d’incompréhensions. J’ai ensuite été affecté à différentes « missions » jusqu’au à ce qu’on me demande de prendre ma retraite, il y a dix ans.

Pourquoi n’avoir jamais écrit vos mémoires, et longtemps refusé de parler ?

Quand j’ai arrêté de travailler, j’ai passé deux ans à Mayotte et j’ai écrit un livre sur tout cela. Mais je me suis fait voler mon ordinateur et même le disque dur de sauvegarde. Je n’ai jamais eu la force de recommencer. C’est comme cela, je crois au fatum…

Ces trois mois de l’automne 89 ont changé votre vie…

Oui bien sûr. Plus j’avance en âge, plus je suis aujourd’hui intimement convaincu que j’ai été placé là, en 1989, dans le but de faire ce que j’ai fait. De dire “non” en quelque sorte. Je crois même que toute ma vie avant 89, que ce soit mon séjour au Maroc, les arts martiaux, ma naissance dans la rue, mes origines, tout m’avait préparé à cela. A tenir bon durant ces 3 mois qui ont changé ma vie. Je crois dans ces fils invisibles.

Je me suis retrouvé à Creil face à la première tentative d’ouvrir une brèche dans la laïcité par un islamisme conquérant.

L’actuel maire de Creil assure que vous avez monté les choses en épingle…

Je reste écoeuré que l’on puisse oser aujourd’hui encore un bluff aussi immonde, aussi énorme, aussi affligeant ! Que le maire de Creil ose encore tenter de tromper les gens en prétendant une chose pareille, c’est une vilenie de plus.

Quel regard portez- vous sur ces 30 ans ?

Je me suis retrouvé à Creil face à la première tentative d’ouvrir une brèche dans la laïcité par un islamisme conquérant. Je n’étais ni de droite, ni de gauche, ni d’extrême droite ni de droite extrême. J’étais là. Je suis certain que la décision de porter le fer à Creil est venue de loin, et que l’inertie de la mairie, sa complicité aveugle, ont joué leur rôle. Aujourd’hui, trente ans plus tard, il va sans dire que nous sommes face à un phénomène historique. Le système capitaliste financier actuel est une horreur. Les pensées se stérilisent, les pays s’appauvrissent. Les idéaux reculent. Si cela continue à ce rythme, un jour ou l’autre, comme cela a toujours été le cas dans l’histoire, notre pays sera bon à prendre…

·         Publicité À partir de 99€/mois, 1750€ d’apport client, entretien inclus, sous conditions de reprise. Nissan

Rokhaya Diallo dans les pas de Jean-Marie Le Pen?

Elle projette un éclairage surprenant sur la plus grande tragédie du siècle dernier

parBenoît Rayski –  Causeur

Rokhaya Diallo © BALTEL/SIPA Numéro de reportage: 00684906_000012

Rokhaya Diallo a une façon très novatrice de raconter Auschwitz 


En son temps, Jean-Marie Le Pen déclara que le génocide juif était « un point de détail » dans l’histoire du XXe siècle. C’était passablement infâme. On en parla beaucoup. Rokhaya Diallo a contourné cet écueil. Et a trouvé un « détail » auquel personne, avant elle, n’avait pensé. Selon la militante, il n’y a pas eu de génocide juif, parce que les Juifs n’ont pas été exterminés « en tant que groupe ». Elle précise, répondant à ses détracteurs, que les Juifs n’ont pas été anéantis, en « raison de la couleur de leur peau ». En effet, les Juifs étaient bêtement blancs ! Que n’ont-ils eu l’idée d’être verts, bleus ou rouge ? Dans ce cas, la charmante Rokhaya Diallo aurait reconnu leur génocide…

Rokhaya Diallo nous ressort presque le point de détail

Alors suivons, ou plutôt essayons de suivre, son raisonnement. S’ils n’ont pas été exterminés en tant que « groupe » c’est qu’il y avait d’autres excellentes raisons pour les massacrer. Certains d’entre eux ont vraisemblablement été tués parce qu’ils descendaient des assassins du Christ. D’autres, parce qu’ils avaient des ancêtres usuriers. Citons pour mémoire ceux qui étaient banquiers, communistes, sionistes. Les tailleurs incompétents et escrocs. Les barbus qui contre-venaient à l’hygiéniste hitlérien. Et tous les autres dont il fallait bien se débarrasser car ils obstruaient méchamment le chemin qui menait vers les chambres à gaz.

Zineb El Rhazoui@ZinebElRhazoui

Nier l’extermination des juifs « en tant que groupe », c’est nier la qualification même de génocide. Les propos négationnistes de @RokhayaDiallo doivent alerter sur les dérives idéologiques graves qui animent la mouvance #racialiste dont elle est la porte-parole. #genocidedenial

Voir l'image sur Twitter

Pour Rokhaya Diallo, quand les blancs assassinent des blancs, il ne peut y avoir génocide. Il ne peut y avoir génocide que quand des blancs tuent des noirs. On ne connaît pas son point de vue sur le génocide arménien. Peut-être pense-t-elle qu’il s’agissait d’une lamentable querelle entre des blancs turcs et des blancs arméniens ? Là où son cheminement de pensée va rencontrer une énorme difficulté, c’est à propos du génocide Rwandais. 500 000 morts, ce n’est pas rien. Des noirs massacrés par des noirs. Comment pourrait-on en parler ? Une tuerie tribale ? Non, ce serait stigmatiser l’Afrique qu’elle aime tant.A

Alors, il lui reste la possibilité de rejeter la faute du crime sur l’ex-colonisateur belge qui aurait chauffé à blanc la haine des Hutus contre les Tutsis. Les noirs sont, comme nul ne peut l’ignorer, de grands enfants que les blancs, sournois et retords, manipulent à souhait. Mais tout ça est beaucoup trop compliqué. Il y a plus simple: les Tutsis n’ont pas été exterminés en raison de la couleur de leur peau, donc il n’y a pas eu génocide. Génial, non ?

P.S : Vous vous demandez sans doute pourquoi on parle si peu du détail Rokhaya Diallo alors qu’on a fait tant de bruit autour du point de « détail » de Jean-Marie Le Pen ? C’est tout simplement parce qu’elle est noire et qu’elle ne peut en aucune manière être raciste.

Marranes: Vers une reconnaissance et un retour au sein du peuple Juif

120 millions de descendants de Marranes et 14 millions de Juifs dans le monde : Vers une reconnaissance et un retour au sein du peuple Juif.

Création à Paris de L’INSTITUT EUROPÉEN D’ETUDES ET DE RECHERCHES MARRANES (Association à but non lucratif loi 1901) Directeur Pierre Mamou

Correspondant de INSTITUTE FOR SEFARADI AND ANOUSIM STUDIES (Université de Netanya)  Directeur Salomon Buzaglo

Ces instituts crées en 2011 à Netanya et en 2019 à Paris ont été fondés pour répondre à l’extraordinaire réveil et au retour à leur héritage Juif des descendants des Marranes (crypto-Juifs ou Bnei Anousim en hébreux) convertis de force et fuyant les persécutions de l’inquisition  il y a cinq siècles.

Reconstruction du peuple juif

Le marranisme est une manifestation inhérente au peuple Juif découlant de sa dispersion et de sa persécution. L’équilibre démographique du peuple Juif a été depuis un siècle affaibli par l’holocauste et la forte assimilation qui découle sur un nombre grandissant de mariages mixtes.

L’identification et la recherche des racines Juives (recherches généalogiques et profils génétiques) constituent le premier pas dans une introspection vers un passé tragique au cours duquel la mémoire Juive a été cultivée et entretenue malgré les persécutions et le déracinement. Ces deux souvenirs, la mémoire Juive et la mémoire du traumatisme des persécutions garantissent le retour à l’identité Juive des Marranes.

Après beaucoup de réticences, le rabbinat en Israël sera contraint à harmoniser et normaliser ses actions de conversions en Israël et aussi en dehors d’Israël.

Les recherches effectuées sur le sujet pendant les trois dernières décennies montrent que les descendants des Marranes d’origine ibérique seraient aujourd’hui plus de 120 millions de personnes répartis en Amérique du sud (Brésil, Mexique, Equateur, Pérou, Panama et république Dominicaine) et dans le sud de l’Europe (Portugal, Espagne, Italie du sud, Sicile et Corse).

Rappel historique 

Le Portugal

Ce pays a servi de refuge aux juifs expulsés en 1492 mais également de terre d’accueil aux marranes d’Espagne, imposera la conversion forcée aux juifs expulsés 5 ans  plus tard. C’est ce qui expliquera dans les années qui suivent a un exil massif de ces populations vers des   contrées plus accueillantes (Amsterdam, Livourne, Salonique, l’empire Ottoman, l’Afrique du nord et aux Amériques).

Dans le nord du Portugal en 1920 un ingénieur Juif Polonais nommé Samuel Schwarz en poste près de Belmonte découvrit dans cette ville l’existence d’une communauté Marrane ayant conservé au fil des siècles un nombre important  de rites Juifs et qui revint progressivement à un judaïsme orthodoxe avec la construction d’une synagogue et l’ouverture d’un hôtel-restaurant strictement cacher. C’est aussi Samuel Schwarz qui découvrit à Tomar une ancienne synagogue du 14ème siècle qu’il acheta et ouvrit un musée qu’il nomma Abraham Zacuto du nom d’un illustre cartographe du 15ème siècle et où l’on peut voir des nombreuses reliques et des plaques tombales très anciennes.

En Espagne

dans plusieurs villes subsistent beaucoup de lieux qui témoignent d’une présence Juive, et aux Baléares les Chuetas descendants de marranes convertis dès 1391 et qui ont choisi de se marier entre eux et qui aujourd’hui renouent pour certains avec leurs racines Juives.

En Sicile

A Palerme, une église désaffectée dans l’ancien quartier Juif est en train de redevenir une synagogue grâce à la bienveillance de l’archevêque de la ville Mgr Orifici.

En Corse

Une longue histoire d’amour et de bienveillance des habitants de l’ile avec les Juifs fera l’objet bientôt à Paris d’une présentation d’un livre par son auteur qui relate l’arrivée des Marranes dans l’ile.

En Afrique du Nord

Au temps des persécutions almohades du 13ème siècle qui obligèrent les communautés Juives à choisir entre la mort ou la conversion, avant de pouvoir revenir ouvertement au judaïsme à l’exception de deux villes à Fès au Maroc et à Sfax en Tunisie où aujourd’hui existent des descendants de crypto Juifs étant officiellement Musulmans.

En Amérique du sud

De nombreux Marranes trouvèrent refuge et des aventures extraordinaires se sont produites. De la culture de la canne à sucre introduite au Brésil par des Marranes de l’Ile de Madère, à la bienveillance de Christophe Colomb et de sa famille qui accueillirent de nombreux Marranes en Jamaïque, et qui pour certains d’entre eux, devenus pirates prirent leur revanche sur les Espagnols en capturant leurs bateaux. Puis plus tard ce sont encore des Marranes qui permirent aux Anglais et aux Hollandais de conquérir le nord du Brésil et certaines îles de l’Amérique centrale et prendre ainsi une revanche sur l’Espagne intolérante et inquisitoriale.

Il y a aujourd’hui des millions de descendants de Marranes qui revendiquent leurs origines et entre autre au Brésil avec la société de généalogie locale un projet géant d’arbres généalogiques des descendants des Anousim a été créé par l’Institut de Recherche du monde Séfarade et du Marranisme au Collège universitaire  de Netanya.

Identification

Nous invitons les personnes intéressées à adhérer à notre institut, à participer à nos recherches, à participer à nos voyages dans les lieux Marranes et à assister à nos conférences à Paris.

Nos instituts proposent aussi leur aide à ceux qui le souhaitent de chercher l’identification et la recherche de leurs racines Juives et pour certains les orienter vers une conversion orthodoxe et leur retour dans le peuple Juif.

Adresse mail : [email protected]

Téléphone et WhatsApp : 33(0)609668491

Tours : 1019 noms de juifs déportés lus lors d’une cérémonie d’hommage aux victimes de la Shoah

Une cérémonie d’hommage a lieu ce dimanche 15 septembre dans le péristyle de l’hôtel de ville de Tours pour rendre hommage aux 1019 juifs déportés entre 1942 et 1944. Seules 38 sont revenus vivants.

La mairie de Tours
La mairie de Tours © Radio France – Manon Derdevet

Tours rend hommage aux juifs déportés pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ils sont 1019, femmes, hommes et enfants de Touraine a avoir été déportés entre 1942 et 1944 vers les camps d’extermination d’Auschwitz ou de Sobibor.

Pour se rappeler de ces victimes de la Shoah, les 1019 noms seront lus aujourd’hui lors d’une cérémonie dans le péristyle de l’hôtel de ville de Tours ce dimanche 15 septembre. Les noms des déportés seront lus par des membres des familles mais aussi par des élus.

38 survivants reviennent de déportation

Un hommage rendu possible notamment grâce au travail de l’association Areshval (Association de recherches et d’études historiques sur la Shoah en Val de Loire). 

Depuis près de 20 ans ses deux fondatrices Marie Paule Fresneau Petigirard et Yvette Ferrand, font de très nombreuses recherches dans les archives de la police, de la justice ou encore des hôpitaux pour retrouver les traces de ces personnes. 

“A Tours, 78 enfants ont envoyé vers les camps de la mort, entre 1942 et 1944 cela représente trois classes d’écoles vidées de ses élèves.” Yvette Ferrand

Selon Yvette Ferrand présidente d’honneur de l’association Areshval, “il faut faire comprendre l’énormité des chiffres et redonner une individualité à chaque personne. 1019 personnes, c’est l’équivalent d’un train de déporté entier. A Tours 78 enfants ont envoyé vers les camps de la mort, entre 1942 et 1944 cela représente trois classes d’écoles vidées de ses élèves. Ce sont nos voisins que l’on est allé chercher !” Seulement 38 parmi tous ces déportés sont revenus vivants. 

“Une pierre tombale orale” Yvette Ferrand

Avec cette hommage, Yvette Ferrand veut offrir à ces victimes de la Shoah “une pierre tombale orale”. “Ils n’ont pas de tombes !” rappelle émue cette ancienne directrice d’école maternelle. “C’est terrible pour faire son deuil !”. 

Selon un sondage Ifop en 2018, 30% des 18-35 ans ne savent pas qu’un génocide des juifs a eu lieu pendant la Seconde Guerre mondiale. Un chiffre qui rend triste la tourangelle qui constate également une hausse de l’antisémitisme en France actuellement. Elle même a déjà été victime d’actes antisémites, bien qu’elle ne soit pas juive

Pour elle, il faut continuer à enseigner les histoires de ses déportés à tous prix.  L’association aimerait qu’une stèle soit installée dans Tours pour rendre hommage à ces 1019 juifs. 

Elle travaille continue parallèlement son travail sur des archives partout dans le département.

Le BNVCA tient l’Etat pour responsable de de sa passivité quant à la perpétuation de la commission d’un délit sanctionné par la loi pénale

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme est alerté par de nombreux correspondants scandalisés par la Campagne du mouvement illégal BDS invité officiellement et publiquement  à exposer sa propagande discriminatoire à la Fête de l’Humanité qui se déroule  du 13 au 15 septembre 2019 au Parc départemental de la Courneuve ’93.

Le BNVCA condamne sévèrement la présence de BDS à cette manifestation qui s’affiche impudemment et impunément .

Le BNVCA rappelle encore une fois, que l’appel au boycott est un délit prévu et réprimé par nos lois inscrites dans le code pénal et qu’il doit être traité comme tout autre délit .

Nous ne pouvons admettre que ce délit dont les conséquences sont néfastes, bénéficie d’une telle indulgence des autorités chargées de sanctionner des délinquants, activistes du boycott d’Israël.

L’appel au boycott participe de cette incitation à la haine d’Israël qui pousse à l’acte antijuif criminel et sanguinaire dans notre pays depuis près de 20 ans causant chez nos concitoyens de confession juive un malaise qui ne cesse de s’accroître. 

BDS constitue la source essentielle de la haine antijuive.

Nous rappelons que le BNVCA poursuit sans relâche, les activistes de BDS. La cour de Cassation a confirmé la condamnation par la Cour d’Appel de Colmar de 14 délinquants BDS

Il est insupportable de constater que non seulement les décisions de justice sont bafouées, mais que des organisations politiques françaises, soutiennent, encouragent le délit, et participent à sa promotion.

Face à ces  provocations, les correspondants du BNVCA nous expriment leur déception, leur écœurement et même leurs doutes quant à la volonté réelle de l’Etat d’éradiquer les sources de l’antisémitisme, dont sont victimes nos concitoyens de confession juive.

Le BNVCA a chargé son conseil Maitre Charles Baccouche, d’envisager de poursuivre pénalement les auteurs et complices du délit d’appel au boycott organisé à la Fête de l’Humanité.


Le Président Sammy GHOZLAN – 01 77 38 49 44

Sondage “surprenant” auprès de la population arabe: qui est le plus apte à être Premier ministre?

 by Shraga BlumSeptember 12, 2019

Le Programme Konrad Adenauer pour une coopération judéo-arabe, dépendant de l’Université de Tel-Aviv, a réalisé une étude d’opinion auprès de la population arabe israélienne à l’occasion des élections. Il montre sans surprise un soutien massif à la Liste arabe, avec 80,5% des voix des citoyens arabes qui disent vouloir se rendre aux urnes. Les intentions de vote en faveur des partis de la gauche israélienne sont en nette diminution.

Quant à la question de savoir qui est le plus apte à être Premier ministre, ô surprise: c’est Binyamin Netanyahou qui arrive en tête avec 23,6% de opinions! Il est suivi de très loin par Ayman Odeh (il n’y a pas photo…) qui recueille 9,9%, puis arrivent Benny Gantz (9,6%), Ehoud Barak (7,7%). Avigdor Lieberman (7,5%) et Ayelet Shaked (7%).

Photo Yonatan Sindel / Flash 90

Sondage 124: la droite sans Lieberman à 58 sièges

 by Shraga BlumSeptember 12/2019

Un sondage réalisé pour Israël Hayom/i24News indique que la droite se rappoche du cap nécessaire mais que c’est toujours Avigdor Lieberman qui tient le rôle d’arbitre. Autres données à noter: Yamina est en légère baisse, Otsma Yehoudit est “dedans” et le Camp Démocratique se rapproche du seuil d’inégibilité:

Likoud: 33

Bleu-Blanc: 31

Liste arabe: 12

Israël Beiteinou: 9

Yamina: 7

Yahadout Hatorah: 7

Shass: 7

Parti travailliste: 6

Otsma Yehoudit: 4

Camp Démocratique: 4

Blocs: Droite 58 / Gauche et Arabes 53 / Avigdor Lieberman 9

Pour le duel Netanyahou-Gantz quant à l’aptitude à être Premier ministre, le résultat est dans appel: 48% pour l’actuel Premier ministre contre 28% à l’ancien chef d’Etat-major.

La Philharmonie de Paris accueille le grand chef indien Zubin MEHTA, pour sa dernière tournée à la tête de l’Orchestre philharmonique d’Israël.

Histoire de l’Orchestre philharmonique d’Israël

Zubin Mehta a notamment contribué à enrichir le rapport particulier qu’entretient le pays avec la mémoire, promouvant de nombreux créateurs israéliens, multipliant les propositions programmatiques, favorisant l’enseignement musical.
Revenons sur l’histoire de l’orchestre qu’il dirige depuis plus de 40 ans.
 
Premières décennie (1936 – 1946)


Le 26 décembre 1936, le Palestine Orchestra était né. Le grand violoniste et musicien juif d’origine polonaise Bronislaw Huberman, qui pressentait la Shoah, a persuadé 75 musiciens juifs des grands orchestres européens d’immigrer en Palestine, créant ce qu’il a appelé la « matérialisation de la culture sioniste dans la patrie » sur les dunes de sable de Tel-Aviv.
Huberman a invité le plus grand chef d’orchestre du moment, Arturo Toscanini, à diriger le concert d’ouverture présenté à la foire du Levant à Tel-Aviv le 26 décembre 1936. Toscanini a abandonné son célèbre orchestre NBC pendant plusieurs semaines « pour prêter un soin paternel au nouveau-né”. Le grand Maestro, qui avait auparavant échappé à l’ascension du fascisme dans son pays d’origine, l’Italie, a déclaré:” Je le fais pour l’humanité … “
La première décennie a été marquée par un travail intensif sur la cristallisation musicale et l’unité de l’orchestre, dont les excellents interprètes ont apporté divers styles. Les principales langues parlées à cette époque étaient l’allemand, le polonais, le hongrois et le russe. Les jeunes membres ont parlé un peu l’hébreu. L’orchestre avait déjà accueilli de grands chefs au cours de sa première décennie, dont Molinari, Steinberg, Dobrowen et Sargent. Ses propres artistes ont également été invités à se produire avec l’orchestre, parmi lesquels les chefs Michael Taube, George Singer, Mark Lavri et Paul Ben-Haim; la soprano Bracha Zefira; le pianiste Pnina Salzman; la violoncelliste Thelma Yellin et d’autres. La tentative de l’orchestre de s’intégrer à la scène du Moyen-Orient a conduit à des tournées en Égypte de 1940 à 1943 (avec Huberman en tant que soliste), dirigées par Toscanini et Molinari.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il apparut lors d’un concert devant les forces alliées dans le désert occidental à l’intention des soldats de la brigade juive, dirigé par le maître de concert de l’époque, Joseph Kaminski.
 
Deuxième décennie (1947 – 1956)

Cette décennie a été l’une des plus grandes et des plus significatives de l’histoire de l’orchestre. L’Etat d’Israël célébrait son Indépendance. L’orchestre a pris le nom d’Orchestre philharmonique d’Israël et est immédiatement devenu une partie intégrante de la vie de la nation juive renaissant sur son ancien territoire. Il était naturel que l’orchestre joue l’« Hatikvah » lors de la cérémonie officielle de la Déclaration d’Indépendance du 14 mai 1948 au musée de Tel Aviv. Le 20 novembre 1948, quelques jours après la libération d’Israël, l’Orchestre philharmonique d’Israël introduisit un concert émouvant sur les dunes de Beer Sheva. Les membres seniors de l’orchestre se souviennent du jeune Leonard Bernstein jouant et dirigeant l’orchestre devant 5 000 soldats, à portée de voix des forces égyptiennes qui se retiraient.
L’orchestre a également voyagé dans des véhicules blindés au cours du siège de Jérusalem pour relever le moral des civils et des soldats. C’est aussi la décennie au cours de laquelle certains des artistes les plus renommés au monde s’identifient à l’État d’Israël par leurs relations avec l’orchestre: les chefs d’orchestre Koussevitzky, Markevitch, Celibidache, Klecki, Paul Paray (directeur musical de 1949-1951). ), Fricsay, Giulini, les violonistes Heifetz, Menuhin, Elman, Milstein, Stern, Francescatti (qui n’ont pas quitté Israël même après le déclenchement de la guerre du Sinaï en octobre 1956); les pianistes Arthur Rubinstein et Claudio Arrau; le violoncelliste Paul Tortellier; les chanteurs Jan Peerce et Jennie Tourel; et tant d’autres. Des œuvres israéliennes furent également présentées et les compositeurs Lavri, Partos, Ben-Haïm, Boskivitch, Avidom et Steinbers furent des invités réguliers de la scène de l’orchestre. Il ne faut pas oublier de mentionner la première tournée de l’orchestre aux États-Unis en décembre 1950, sous la direction de Koussevitzky, Bernstein et Izler Solomon, une tournée qui suscita beaucoup de fierté chez les Juifs américains. Plus tard, l’orchestre effectua une tournée en Europe, ce qui fut également passionnant pour les membres de l’orchestre et le public européen.
L’orchestre publia son premier enregistrement, les symphonies de Mahler, dirigées par Paul Klecki pour Decca.
 
Troisième décennie (1957-1966)
L’événement principal de cette décennie fut l’inauguration de la maison de l’orchestre, l’auditorium Mann. L’initiateur et principal bienfaiteur était l’ami de l’Orchestre philharmonique d’Israël, Frederic R. Mann. L’orchestre, qui jusqu’alors jouait devant des milliers d’abonnés dans la petite salle en lambeaux «Ohel Shem» pouvant accueillir 620 personnes, s’installa dans sa nouvelle salle de 2 800 places. En conséquence, le nombre d’abonnés de l’orchestre s’élèva à plusieurs dizaines de milliers. Ce public merveilleux et fidèle est incomparable et constitue la colonne vertébrale de l’orchestre à ce jour.
La troisième décennie attira également nombre des plus grands artistes du monde. Une fissure dans le rideau de fer russe a permis à des artistes tels que le violoniste David Oistrakh et la violoncelliste Msislav Rostropovich de se joindre à l’orchestre pour la première fois. Des chefs tels que Josef Kripps, Istvan Ketesz, Jean Martinon (directeur musical pendant un an), Solti, Dorati, Celibidach, Ormandy, Mitropulos et d’autres géants enrichirent l’orchestre et le public avec des expériences inoubliables.
C’est également la décennie au cours de laquelle plusieurs artistes jeunes et prometteurs ont fait leurs débuts avec beaucoup de succès: les violonistes Itzhak Perlman et Pinchas Zukerman, le pianiste Daniel Barenboim et le chef d’orchestre Zubin Mehta, qui continua à entretenir des liens étroits avec l’orchestre. Le pianiste Glenn Gould, le violoniste Henryk Szeryng et les artistes israéliens Frank Peleg, Bracha Eden, Alexander Tamir, Yahli Wagman et de nombreux autres artistes firent leur entrée sur le marché. Pendant toute cette décennie, l’orchestre continua à enregistrer avec les chefs George Solti et Lorin Maazel.
 
Quatrième décennie (1967 – 1976


La quatrième décennie fut sans doute l’une des plus héroïques de l’histoire de l’orchestre. À la veille de la guerre des Six jours, alors que les pays voisins menaçaient de les anéantir, un chef d’orchestre renommé cesse de diriger au milieu d’une série de concerts et quitte Israël. Les solistes de cette série, la soprano Roberta Peters et le ténor Richard Tucker, choisissent de ne pas renoncer. La guerre éclata et Zubin Mehta arriva d’Europe à bord d’un avion rempli de munitions. Il fut ensuite rejoint par Daniel Barenboïm et la violoncelliste Jacqueline du Pré, qui se marièrent dans Jérusalem libérée. Leonard Bernstein dirigea la symphonie « Résurrection » de Mahler lors d’un des concerts les plus émouvants, à l’amphithéâtre du Mont Scopus (juillet 1967). Isaac Stern fut le soliste de ce concert auquel assistèrent tous les chefs d’État. L’Orchestre philharmonique d’Israël  exécuta le Requiem de Verdi à Bethléem, dirigé par Mehta, et pour les soldats des Forces de Défense d’Israël à Sharm-el-Sheikh, dirigé par Shalom Ronly-Riklis. Jascha Heifetz et Gregor Platigorsky sont revenus en Israël pour se produire avec l’orchestre et furent reçus avec enthousiasme.
Pour la première fois, en 1971, l’Orchestre philharmonique d’Israël fut invité à participer aux prestigieux festivals européens de Salzbourg, Lucerne et Édimbourg. De vifs arguments  furent avancés pour déterminer si l’orchestre devait ou non jouer à Berlin; enfin, la décision fut prise de jouer. Le public allemand répondit avec enthousiasme à la Symphonie n ° 1 de Mahler et demanda un rappel. Mehta y répondit en faisant jouer l’«Hatikva», et c’est ainsi que  l’hymne national israélien a été joué à 500 mètres du Reichstag, le lieu d’où fut ordonné le massacre du peuple juif. En 1973, la guerre de Kippour a éclaté et l’orchestre a continué à se produire pour les soldats des Forces de Défense d’Israël, des hauteurs du Golan au Sinaï.
Le grand pianiste Arthur Rubinstein, qui avait perdu la vue, réalisa son dernier enregistrement avec l’orchestre, le premier concerto pour piano de Brahms,  dirigé par Zubin Mehta (avril 1976).
 
Cinquième décennie (1977-1986)
Cette décennie fut  riche en événements extraordinaires. En 1982, eut lieu la « Semaine Huberman », qui célébra le centenaire de la naissance du fondateur de l’orchestre et regroupa les plus grands violonistes du monde. En 1986, l’Orchestre Philharmonique d’Israël célébra son jubilé avec un festival exceptionnel mettant en vedette des chefs et des solistes renommés. Leonard Bernstein intitula son travail “Jubilee Games” spécialement pour l’occasion. Peu de temps après, l’orchestre célébra le centenaire de la naissance d’Arthur Rubinstein avec d’éminents pianistes qui se rendirent en Israël pour se produire à la mémoire du grand maestro. Au cours de cette décennie, Zubin Mehta fut nommé directeur musical à vie et déclara avec enthousiasme: « Je resterai aussi longtemps que les joueurs me voudront ».
Ce fut une décennie de visites réussies. L’orchestre a reçu des critiques enthousiastes du « Fidello » de Beethoven et de la cinquième symphonie de Mahler avec Mehta et de la symphonie « Kaddish » de Bernstein à la mémoire des victimes de la Shoah, dirigée par le compositeur à Berlin. Bernstein fit  se produire l’orchestre en Europe, aux États-Unis, au Mexique et au Japon, et Zubin Mehta dirigea un concert émouvant au « Good Fence », à la frontière libanaise, devant un public varié d’Israéliens et de Libanais des deux côtés de la clôture.
L’Orchestre philharmonique d’Israël enregistra de nombreuses œuvres pour de grands labels: Sony, EMI, Deutsche Gramophone, Teldec et autres, sous la direction de Mehta, Bernstein, Walter Weller et Raphael Kubelik.
 
Sixième décennie (1987 – 1996)

Cette décennie fut également couronnée de moments passionnants. L’Orchestre philharmonique d’Israël entama sa première tournée en Pologne et ce fut très symbolique: un orchestre fondé par des musiciens ayant fui les nazis au dernier moment, se produisant dans le pays qui a subi la plus grande perte en Hommes dans les camps de la mort allemands. Cela ressemblait à une proclamation: « Nous sommes ici. Le peuple, la culture et le patrimoine juifs ne peuvent être annihilés ».
Les portes de l’URSS furent également ouvertes à l’orchestre, qui se produisit avec le chef d’orchestre Zubin Mehta et le soliste Itzhak Perlman. Les liens entre l’URSS et Israël étaient immenses. C’était le seul rêve des Juifs de ce pays d’immigrer en Israël. Ce rêve devint réalité et amena de nombreux nouveaux musiciens immigrants à rejoindre les rangs de l’orchestre. L’orchestre effectua également sa première tournée en Chine et en Inde, la patrie de Zubin Mehta.
 
Au cours de la sixième décennie, l’Orchestre philharmonique d’Israël nomma Leonard Bernstein, chef lauréat de l’Orchestre philharmonique d’Israël, pour ses 40 années d’activité au sein de l’orchestre, et le célèbre musicien n’a pu retenir son émotion après avoir reçu le titre honorifique (mai 1988). Le chef d’orchestre, Kurt Masur, fit ses débuts en Israël et, après une réception enthousiaste, effectua une tournée avec l’orchestre aux États-Unis. En 1992, il reçut le titre de chef d’orchestre invité honoraire.

Parmi les autres événements émouvants, citons les premières mondiales, en mai 1987, de «Mehaye Hametim» («La résurrection des morts») de Noam Sheriff, représentant la renaissance du peuple juif, lors de l’inauguration du Musée historique juif d’Amsterdam, en présence de la reine des Pays-Bas et de nombreux premiers ministres européens, et la performance de Spanish Passion du shérif » à Tolède (1991), lors d’un concert dirigé par Zubin Mehta, les musiciens abandonnèrent tout et se précipitèrent pour diriger l’orchestre au milieu des attaques de missiles Scud. 25 membres de l’orchestre ont passé la guerre en tant que réservistes au sein de Tsahal.

James Levine fit ses débuts dans le cadre de concerts festifs et réussis. En avril 1996, l’Orchestre philharmonique d’Israël célébra le 60e anniversaire de Mehta lors d’une tournée excitante et riche en événements aux États-Unis, au cours de laquelle les amis américains de l’Orchestre philharmonique d’Israël prouvèrent une fois de plus leur soutien.
Sous les auspices de la fondation l’Orchestre philharmonique d’Israël, des associations d’amis pour aider l’orchestre furent fondées dans le monde entier. L’orchestre continuait à « changer de forme » avec les membres seniors, les piliers de l’orchestre, prenant leur retraite, et de nouveaux jeunes artistes, beaucoup provenant des rangs du Young Israel Philharmonic.
 C’était également le cas du public : leurs efforts pour attirer de nouveaux abonnés plus jeunes dans leurs salles de concert furent couronnés de succès. Des émissions musicales passionnantes, de nouvelles séries et une activité ciblée pour les jeunes ont conduit l’Orchestre philharmonique d’Israël à sa septième décennie, une décennie supplémentaire d’activité culturelle et musicale.

Septième décennie (1997-2006)

Au cours de la septième décennie, la fortune de l’Orchestre philharmonique d’Israël reflétait l’agitation politique du Moyen-Orient. À l’époque des accords d’Oslo, période d’optimisme sans précédent dans la société israélienne, l’orchestre salua les meilleurs artistes et interprètes israéliens, Moshe Wilensky, Sasha Argov, Naomi Shemer, Nurit Hirsch, Esther Ofarim et Yoni Rechter, lors de concerts spéciaux. Des enregistrements best-sellers mettant en vedette l’orchestre accompagnant les artistes israéliens comme Achinoam Nini, David D’Or et Yehudit Ravitz, apparrent aux côtés d’artistes au son « méditerranéen » comme les grecs Dalares et Glikeria.
Zubin Mehta fut invité à diriger l’Orchestre philharmonique d’Israël lors d’un concert historique réunissant des enfants palestiniens et juifs dans la salle de concert. Les membres de l’orchestre se partagèrent entre Bethléem au sein de l’Autorité palestinienne et Beit Shemesh, une ville typique israélienne, afin de préparer 500 jeunes pour un concert avec orchestre. Trouver un « territoire neutre » pour les enfants de Deheshe, un camp de réfugiés, et de Beit Shemesh n’a fut pas une tâche facile. Zubin Mehta  leva finalement sa baguette pour la Septième Symphonie de Beethoven au YMCA de Jérusalem, où 500 enfants vécurent une expérience inoubliable. Cet événement stimula l’imagination des amis américains de l’Orchestre philharmonique d’Israël et, en quelques mois, fut créé « Keynote », le département de formation de l’orchestre. Grâce à leur soutien, le programme Keynote continua de se développer et accueille 20 000 jeunes chaque année, de la maternelle à l’université.
 
Ces jours heureux allaient bientôt se terminer. Avec le déclenchement de la deuxième intifada, des annulations de dernière minute menaçaient chaque concert. Les artistes étrangers, effrayés par les kamikazes et les informations alarmantes dans la presse, abandonnèrent l’orchestre et le public israélien au moment où leur engagement était le plus nécessaire. Le public de l’Orchestre philharmonique d’Israël réagit en faisant preuve d’une loyauté sans faille et en remplissant chaque soir l’auditorium Mann. De nouveaux amis furent trouvés: Valery Gergiev, Fazil Say, George Pehlivanian, Gustavo Dudamel, Joshua Bell, Maxim Vengerov et Lang Lang. De nombreux artistes chevronnés n’annulèrent jamais leur participation: Kurt Masur, Yoel Levi, Daniel Oren, Rafael Frunbeck de Burgos et, bien sûr, le maestro Mehta. Au début du nouveau millénaire, l’Orchestre philharmonique d’Israël commença à se réinventer. De nouvelles séries furent créées presque chaque saison afin de présenter au public un produit plus attrayant: « Jeans », un concert informel de fin de soirée.
Maestro Mehta, qui pendant cette décennie était également directeur artistique du Bayerische Staatsoper, créa un pont précieux avec l’Université de Tel-Aviv en fondant l’école de musique Buchmann-Mehta, une académie dans laquelle les principaux musiciens du Philharmonique entraînent les musiciens de demain.
 
Huitième décennie (2007 – 2016)

La huitième décennie de l’Orchestre philharmonique d’Israël commença avec les célébrations du 70e anniversaire de l’orchestre: trois semaines de concerts festifs au Heichal Hatarbut à Tel-Aviv, une fête rassemblant un public de 24 000 fans de musique! Des artistes et amis de la fondation de l’Orchestre philharmonique en Israël et dans le monde entier participèrent à des événements post-concert dans le hall supérieur. L’orchestre et le maestro Mehta furent honorés lors de leur visite à la Knesset avant le concert de gala de l’Orchestre philharmonique d’Israël à Jérusalem. Pour rendre un hommage particulier aux fondateurs de l’orchestre, les descendants des 65 premiers membres de l’Orchestre symphonique de la Palestine de Bronislaw Huberman furent invités au Heichal Hatarbut. Parmi les artistes et invités qui prirent part aux célébrations du 70e anniversaire de l’orchestre ainsi que des célébrations du 75e anniversaire figurent Valery Gergiev, Daniel Barenboim, Radu Lupu, Pinchas Zukerman, Gil Shaham, Gustavo Dudamel, Evgeny Kissin, Kurt Masur et son fils Ken-David Mischa Maisky, Christoph von Dohnanyi, Yefim Bronfman, Maxim Vengerov, Murray Perahia et Yuja Wang.
 
La célébration du 60e Jour de l’Indépendance d’Israël fut une autre étape importante de la huitième décennie. Les 40 ans de Zubin Mehta en tant que directeur musical du Philharmonique; ses 50 ans en collaboration avec le Philharmonique et son 75e anniversaire.


 

Le BNVCA se félicite que ses efforts aient abouti au renvoi de David Bellache dit David Abiteboul devant le tribunal correctionnel de Paris.

Le B N V C A sans relâche, dénonce et poursuit les diffuseurs de propos et d’actes antisémites,  ceux qui « déplorent la soumission à la juiverie » ceux qui sont obsédés par le mot « juif» « Youpin » et qui déversent en permanence une haine meurtrière,.

Le BNVCA se félicite que ses efforts aient abouti au renvoi de David Bellache dit David Abiteboul devant le Tribunal Correctionnel de Paris.

Le pseudo même qu’il se donne, soit Abiteboul, imite des noms juifs approchants, mais il les salit par l’allusion graveleuse de cet alias, imprégné de son ignoble antisémitisme.

Le BNVCA a déposé plainte au début et à la fin de l’année 2018 à l’encontre de cet individu dont il semble que l’unique activité consiste à déverser des propos orduriers et racistes sur la Toile.

Cet obsédé antisémite se livre sans vergogne à des insanités menaçante comme par exemple « Débat hystérique avec un youpin. INSUPPORTABLE. Quand est ce qu’on s’énerve ? »…etc

La prévention retient les délits d’injures, de diffamation, de la Provocation à la discrimination nationale raciale religieuse au visa des articles 23 al 1, 29 al et 33 de la loi du 29 juillet 1881) et réprimée par les articles 32 al 2 de la loi du 29 juillet 1881.

Le prévenu est aussi poursuivi pour avoir « provoqué publiquement à la discrimination, la haine, la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes en raison de leur origine, de leur appartenance …. A une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée » Article 23-1 et 27 al 7 de la loi du 29 juillet 1881

Le BNVCA sera représenté à l’audience, par son avocat Maitre Charles BACCOUCHE.

Le BNVCA sollicitera une sévère condamnation de cette personne qui sème le désordre et la violence pour satisfaire ses fantasmes obscènes à l’égard d’une communauté qu’il ne connait pas, et qu’il voudrait « traiter au Lance Flamme »

Le BNVCA poursuit les antisémites et les négationnistes par toutes les voies de droit devant les Tribunaux afin que ne restent pas impunis ces agissements qui nuisent à la concorde nationale et sont la source de désordres et d’atteintes raves et renouvelées à l’Ordre Public.

Actualité  Société

Luc Ferry : « La tentation de la violence écologiste existe depuis des années »

ENTRETIEN. Suprémacistes, les tueurs d’El Paso et de Christchurch avaient aussi des revendications écologistes. Le philosophe analyse cet « éco-fascisme ».

Propos recueillis par Thomas MahlerPublié le 21/08/2019 à 16:00 | Le Point.fr 

Le philosophe et ancien ministre Luc Ferry.
Le philosophe et ancien ministre Luc Ferry.© JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

« Vous êtes tous trop bornés pour changer votre mode de vie. La suite logique est ainsi de diminuer le nombre de personnes aux États-Unisutilisant des ressources. Si nous arrivons à nous débarrasser de suffisamment de personnes, notre mode de vie sera plus soutenable. » Les médias français ont, très justement, souligné que Patrick Crusius, qui a abattu 22 personnes dans un supermarché Walmart à El Paso le 3 août, était un suprémaciste blanc adepte de la théorie du « Grand Remplacement » et ciblant les immigrés mexicains. Mais très peu ont noté que le tireur se revendique aussi de l’environnementalisme et du malthusianisme. Dans le manifeste « Une vérité qui dérange » (comme le documentaire d’Al Gore) qui lui est attribué, le jeune homme, obsédé par la surpopulation, justifie son acte par le fait que « les entreprises œuvrent à la destruction de notre environnement » ou que « notre mode de vie est en train de détruire l’environnement de notre pays ». Patrick Crusius dit s’être inspiré de Brenton Tarrant, le terroriste de Christchurch qui avait ciblé 2 mosquées et tué 51 personnes en mars en Nouvelle-Zélande. Cet Australien avait lui aussi signé un manifeste, dans lequel il écrit que « l’environnement est en train d’être détruit par la surpopulation » ou que « la nature est industrialisée, pulvérisée et marchandisée ». Tarrant se réclame de « l’éco-fascisme » et explique que « l’immigration », « les taux de natalité » et « le réchauffement climatique » relèvent d’un « même problème ». Selon lui, « il n’y a pas de nationalisme sans environnentalisme ». Éco-fascisme ? Le terme prend de l’ampleur aux États-Unis, le Washington Post venant notamment de consacrer un article sur les liens entre l’extrême droite et l’écologie.

Nous avons interrogé le philosophe Luc Ferry, qui, en 1992, avait publié Le Nouvel Ordre écologique (Grasset), essai-choc expliquant que l’écologie profonde « plonge certaines de ses racines dans le nazisme ». L’ex-ministre de l’Éducation nationale, auteur d’un récent Dictionnaire amoureux de la philosophie (Plon), se dit nullement surpris par les discours des deux tueurs.

Le Point : Adeptes de la théorie du Grand Remplacement, les tueurs d’El Paso et de Christchurch se réclament aussi de l’environnementalisme et sont obsédés par la surpopulation. Cela vous surprend-il ?

Luc Ferry : Une remarque préalable avant de vous répondre sur le fond, pour éviter un malentendu fâcheux : ce n’est pas parce que des fascistes, des altermondialistes ou des gauchistes délirants s’emparent de l’écologie que les problèmes environnementaux ne seraient pas légitimes. Il faut bien séparer science et idéologie, bien distinguer les idéologies folles des problèmes réels qui pèsent sur notre monde. Cela étant posé, je ne suis pas surpris une seconde par ces discours, le point commun entre l’extrême droite et le gauchisme étant l’anticapitalisme. Il s’agit moins pour ces gens-là de protéger la planète que de détruire le monde libéral chargé de tous les péchés.L

Le tueur de Christchurch s’est lui-même décrit comme un « éco-fasciste » et le terme prend de l’ampleur aux États-Unis. Les liens entre extrême droite et écologie sont-ils anciens ?

Oui, comme je l’ai montré dans Le Nouvel Ordre écologique, tout commence au XIXe siècle avec les idéologies contre-révolutionnaires, la réaction romantique contre les Lumières et contre la Révolution française. Les trois grandes lois nazies des années trente sur la protection de la nature « Reichsnaturschutzgesetz », la loi sur la protection des animaux et celle sur la chasse sont imprégnées presque à chaque ligne du nationalisme romantique allemand. Je ne peux résister à l’envie de vous traduire un passage de la loi sur la protection de la nature du 26 juin 1935, un texte commandé et signé par Hitler en personne : « Notre campagne nationale a été profondément modifiée par rapport aux temps originels, sa flore a été altérée de multiples façons par l’industrie agricole et forestière ainsi que par un remembrement unilatéral et une monoculture des conifères. En même temps que son habitat naturel se réduisait, une faune diversifiée qui vivifiait les forêts et les champs s’est amenuisée. Cette évolution était souvent due à des nécessités économiques. Aujourd’hui, une conscience claire s’est faite jour des dommages intellectuels, mais aussi économiques d’un tel bouleversement de la campagne allemande. Le gouvernement allemand du Reich considère comme son devoir de garantir à nos compatriotes, même les plus pauvres, leur part de la beauté naturelle… Il a donc édicté la loi du Reich en vue de la protection de la nature. »

La pensée néo-malthusienne, qui fustige une population humaine qui serait trop nombreuse pour les ressources terrestres, est-elle selon vous dangereuse ? Le biologiste Paul Ehrlich, auteur du best-seller La Bombe P (1968), pourtant de gauche, pointait du doigt la démographie et les masses grouillantes de pays comme l’Inde, ce qui n’est pas sans rappeler des passages du Camp des saints de Jean Raspail. En 1972, Ehrlich est allé jusqu’à évoquer la possibilité de mettre des produits stérilisants dans l’eau pour les États où le contrôle des naissances ne fonctionne pas…

Souvenez-vous de l’entretien accordé au Courrier de l’Unesco par le Commandant Cousteau juste avant sa mort. Il y déclarait haut et fort qu’il faut protéger toutes les formes de vies, quelles qu’elles soient. Le journaliste, un peu désarçonné, lui pose alors la question suivante : « Il y a quand même des espèces animales qui constituent des menaces ou des nuisances pour l’homme, comme certains serpents, certains moustiques. Peut-on les éliminer comme on tente d’éliminer les virus responsables de telle ou telle maladie ? » La réponse de Cousteau n’y va pas par quatre chemins : « L’élimination des virus relève d’une idée noble, mais elle pose à son tour d’énormes problèmes. Entre l’an 1 et l’an 1400, la population n’a pratiquement pas changé. À travers les épidémies, la nature compensait les abus de la natalité par des abus de mortalité. Nous voulons éliminer les souffrances, les maladies, l’idée est belle, mais n’est peut-être pas tout à fait bénéfique sur le long terme. Il est à craindre que l’on ne compromette ainsi l’avenir de notre espèce. C’est terrible à dire, il faut que la population mondiale se stabilise et, pour cela, il faudrait éliminer 350 000 hommes par jour… » Certains écologistes américains vont dans le même sens, comme William Aiken, qui se réfère notamment à Lovelock : « Une mortalité humaine massive serait une bonne chose. Il est de notre devoir de la provoquer. C’est le devoir de notre espèce vis-à-vis de notre milieu d’éliminer 90 % de nos effectifs. » Vaste programme, en effet ! Sous cette forme extrême, ces propos paraissent évidemment difficiles à tenir, mais nombre d’écologistes en donnent des versions soft, en disant par exemple qu’il faut cesser de soigner les vieillards, qu’il ne faut plus faire d’enfants, qu’il faut laisser mourir certains malades afin de sauver la planète…

Du côté des écologistes, très majoritairement à gauche, on souligne que cet éco-fascisme n’a rien à voir avec leur mouvement, et que l’extrême droite ne fait en quelque sorte que du « greenwashing », en recouvrant de vert leur racisme…

Il y a pourtant bien un point commun entre le brun et le rouge, à savoir l’anticapitalisme radical, la défense de la nature contre l’Occident libéral, un thème que l’on voit transparaître aussi bien dans un film à succès comme Danse avec les loups que dans la littérature néoromantique ou néomarxiste. Gauchos comme fachos veulent que nous renoncions à nos voitures et à nos avions, à nos climatiseurs et à nos ordinateurs, à nos smartphones, nos usines ou nos hôpitaux hi-tech, voire à nos enfants pour sauver la planète. Cet écologisme mortifère, punitif, à vocation totalitaire, n’est en réalité que le substitut des diverses variantes d’un marxisme-léninisme défunt associé pour l’occasion à quelques relents de religion réactionnaire. Après la chute du communisme, la haine du libéralisme devait absolument trouver une autre voie. Quand les maos ont été obligés de reconnaître que leur idéal sublime avait quand même entraîné la mort de soixante millions d’innocents dans des conditions atroces, il leur a fallu inventer autre chose pour continuer le combat contre la liberté. Miracle ! L’écologisme fit rapidement figure de candidat idéal. Nourri de constats plus ou moins scientifiques, il prit la place du Petit Livre rouge. Du rouge au vert, il n’y avait qu’un pas, bien vite franchi par ceux qui voulaient à tout prix réinventer des mesures coercitives pour continuer la lutte finale contre nos démocraties. De là le fait qu’on les appela des « pastèques » : verts à l’extérieur, rouge à l’intérieur.

En France, on a été prompt, à juste titre, à souligner l’idéologie suprémaciste des tueurs d’El Paso et de Christchurch, mais très peu de médias ont en revanche relevé leurs revendications écologistes. Comment l’expliquez-vous ?

Assez simplement par le fait que l’écologie étant à la fois une mode et une exigence légitime, beaucoup d’observateurs ont peur de discréditer un juste combat pour la protection de la nature en le rapportant à des idéologies funestes comme le fascisme, le nazisme, et j’ajouterai aussi le gauchisme dont on parle en effet moins, mais qui est l’arrière-fond idéologique dominant des Verts.

L’urgence climatique ou l’antispécisme peuvent-ils selon vous entraîner de nouvelles formes d’actions violentes ?

Ce n’est pas une nouveauté, la tentation de la violence écologiste existe depuis des années, mais il est vrai que le contexte politique actuel risque de lui être favorable, attendu que l’écologie sera l’une des clefs de la prochaine élection présidentielle, et ce, pour une raison évidente : la gauche démocratique et la droite républicaine sont dans les choux. Dans ce contexte nouveau, la gauche libérale ira chez Macron et la radicale chez Mélenchon, tandis que la droite libérale ira elle aussi chez Macron et la droite national-souverainiste chez Marine Le Pen. Pour être bien certain de l’emporter face à elle, Macron devra repeindre tous ses projets en vert. La pression des militants verts sera donc à son comble…

Terrorisme : deux banques du Qatar dans le collimateur

Panique. Hamad ben Jassem al-Thani à l’Elysée, en 2012, alors qu’il était Premier ministre du Qatar.

Mais pourquoi cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, membre de la famille princière du Qatar, vend-il depuis quelques semaines ses propriétés à Londres et Paris à « prix modéré » ? Selon un rapport confidentiel de Cornerstone Global, un cabinet britannique de conseil en stratégie, il y a peu de doutes : les articles de presse récents et les soupçons portant sur un possible financement d’organisations terroristes islamiques par plusieurs banques du Qatar auxquelles il est lié expliquent cette précipitation. Pressées par des parlementaires, dont la sénatrice Nathalie Goulet, les autorités des deux pays pourraient demander à certaines banques qatariennes actives sur leur sol, dont Qatar National Bank et Al Rayan Bank, de prouver qu’elles ne facilitent pas le financement d’entités visées par l’Onu. A défaut, elles subiraient des sanctions, jusqu’à la perte de leur licence d’exploitation. Contactées, Al Rayan nie tout rapport avec le terrorisme, QNB n’a pas répondu

HUGO DOMENACH

La vérole est en Occident, les hirondelles au Maghreb

L’ÉDITORIAL DE FRANZ-OLIVIER GIESBERT

L’avenir de l’Occident est-il en train de se jouer en Tunisie et en Algérie ? C’est encore une question taboue, mais ces deux pays sont peut-être en train de sortir pour de bon de l’ornière islamiste dans laquelle les poussent depuis des années, par conformisme, haine de soi ou fatigue intellectuelle, une partie des élites françaises, des médias bien-pensants.

Leur impensé raciste amène ces nouveaux collabos (de gauche) à penser que tous les Arabes sont musulmans et tous les musulmans islamistes. Moyennant quoi l’anti-islamisme devient un néoracisme. A croire ces « maîtres-à-penser-comme-il-faut », il faudrait donc se soumettre à la fatalité islamiste, quitte à jeter par-dessus bord les valeurs européennes de la République.

Ce qui se passe aujourd’hui dans une partie du Maghreb est en train de prouver avec éclat que ces cagots de l’angélisme, obsédés par l’islamophobie, pensent faux, archifaux. Certes, l’hydre islamiste continue de tisser ses toiles sitôt que ses fils se défont, en repoussant toujours plus loin les limites de l’abjection – on peut l’observer dans la guerre fratricide que se livrent aujourd’hui, en Afghanistan, Daech et les talibans.

De même, l’islamisme a sans doute encore quelques « beaux » jours devant lui en Iran et en Turquie, où des pouvoirs pourris jusqu’à la moelle, nostalgiques de leur grandeur passée, s’échinent à exporter leur fondamentalisme à travers le monde. Mais ils n’ont plus le même rayonnement. La « magie » d’antan n’opère plus. Ils ne sont plus que les caricatures d’eux-mêmes.

Plus grave encore pour les islamistes : la « normalisation » (à petits pas) de l’Arabie saoudite, qui a fini de jouer au généreux bienfaiteur de l’intégrisme, voire du terrorisme : ce rôle est désormais dévolu à l’émirat du Qatar, as du dessous-de-table et mille-pattes de l’Orient qui, à force de les mettre partout, risque de se prendre un jour les pieds dans ses jambes et dans le tapis !

Mais la plus mauvaise nouvelle pour les islamistes et leurs épigones français vient, à l’évidence, du Maghreb, dont on disait qu’il finirait par tomber un jour tout cuit dans la nuit islamiste. On en est loin. Il fait de la résistance. Il appelle de ses vœux cette démocratie qui, en Occident, a perdu beaucoup de ses atours sous les coups de boutoir des braillards populistes.

L’Algérie a sorti la tête de l’obscurantisme dans lequel elle était empéguée au temps du FIS et du GIA, promus, voire encensés, par une intelligentsia française en plein délire collectif. Grâce soit rendue aux pôles de résistance à l’islamisme qui, depuis des années, ont toujours tenu, notamment autour de figures charismatiques comme Saïd Sadi ou d’écrivains comme Kamel Daoud, Boualem Sansal, etc. 

L’intégrisme algérien n’est plus ce qu’il était, à en juger par le tour que prend la forte contestation du pouvoir incarné désormais par le général Gaïd Salah, réputé proche du Qatar. Après le 26 e vendredi de manifestations, il apparaît clairement qu’elle n’a toujours pas été gangrenée ni même infiltrée par les fondamentalistes, en voie de marginalisation. C’est une formidable nouvelle. 

Quant à la Tunisie, elle est en train de donner au monde arabe une belle leçon : la démocratisation est toujours en marche ; rien, même les attentats, ne semble pouvoir l’arrêter. De la mouvance islamiste au courant laïque en passant par les nostalgiques de Ben Ali, toutes les sensibilités ou presque seront représentées lors de la présidentielle anticipée du 15 septembre : vingt-six candidats, dont deux femmes et le très populaire Nabil Karoui, magnat des télécoms. Apparemment, malgré les difficultés, tout permet de penser que la jeune démocratie tunisienne survivra à la mort du président Béji Caïd Essebsi, en juillet.

Si vérole il y a, elle est aussi en Occident, où prolifèrent les intégristes et leurs idiots utiles, les islamo-gauchistes, qui, avec leurs épigones indigénistes, font la loi dans certains journaux, parfois dans les universités américaines ou françaises, ce qui mériterait un tome II au prophétique « Soumission », de Michel Houellebecq.

En attendant, puissions-nous méditer, quand il est encore temps, l’avertissement du cheik Abdallah ben Zayed, ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis, il y a deux ans : « Viendra le jour où l’on verra beaucoup plus d’extrémistes radicaux et de terroristes venant d’Europe, à cause du manque d’esprit de décision, de la volonté d’être politiquement correct, du sentiment de mieux connaître le Moyen-Orient et l’islam que nous. »§ILLUSTRATION : DUSAULT POUR « LE POINT »

« Il y a une résistance grandissante face à des concepts scientifiques bien établis »

INTERVIEW. Professeure au Williams College, la biologiste Luana Maroja déplore les sophismes et l’autocensure qui minent la liberté d’expression.

Propos recueillis par Thomas Mahler – Le Point.fr 

« L’autocensure sur les campus est mauvaise pour la science. » Dans un article pour The Atlantic, la biologiste Luana Maroja a alerté fin mai qu’avec la montée des tensions idéologiques, ses étudiants se mettent de plus en plus à contester des faits scientifiques comme le QI, l’héritabilité qui mesure statistiquement la part des facteurs génétiques et environnementaux, ou encore les différences hommes-femmes. « Des idées scientifiques bien établies que j’enseigne depuis des années ont, soudainement, rencontré une résistance idéologique rigide. » La chercheuse, née à Rio de Janeiro, enseigne pourtant l’évolution et la génétique dans le très élitiste Williams College (Massachusetts), souvent classé comme la meilleure université d’arts libéraux des États-Unis. Depuis quelques mois, à l’instar des universitaires Steven Pinker ou Jonathan Haidt, Luana Maroja s’est engagée pour la liberté d’expression sur les campus, expliquant que la raison et l’argumentation sont plus puissantes que les anathèmes. Elle-même explique avoir appris à affûter ses arguments en écoutant ses adversaires, « les créationnistes, climatosceptiques et mêmes certains bigots ». Entretien.

Le Point : Pouvez-vous présenter votre université, le Williams College  ?

Luana Maroja : Le Williams College est, en effectif, une très petite université très sélective. On n’accepte que 500 étudiants par année. Les taux de réussite sont élevés. C’est une université d’arts libéraux, c’est-à-dire que les étudiants ont des cours dans la discipline principale de leur choix, mais aussi dans d’autres, humanités, sciences sociales et sciences.

Vous enseignez là-bas depuis près d’une décennie. Longtemps, dites-vous, les réclamations des étudiants se limitaient aux notes…

Exactement (rires). Vous savez, ici, les étudiants n’aiment pas avoir ne serait-ce qu’un « B » (l’équivalent d’une note de 13 à 15 en France, NDLR). Quand j’en attribue un, je reçois deux heures plus tard un e-mail avec des commentaires comme « je ne comprends pas cette note ». Ça, c’était typique du passé. Mais j’ai commencé à voir des changements importants avec l’élection de Trump. Dans mes cours de biologie, mes étudiants se sont ainsi mis à protester contre la notion d’héritabilité appliquée à l’intelligence humaine. Sans doute ont-ils peur de la « Bell Curve » (« la courbe en cloche » de la répartition de la population par QI, popularisée par le livre controversé The Bell Curvede Richard Herrnstein et Charles Murray, qui évoquait les différences de QI entre groupes ethniques, NDLR). Ils oublient que ce n’est pas parce qu’on mesure des différences entre des groupes que celles-ci sont forcément biologiques. Je leur donne ainsi l’exemple de mon propre pays, le Brésil, où les moyennes de QI sont de 15 à 20 points plus basses qu’aux États-Unis. J’ai demandé à mes étudiants ce qu’ils en pensaient. Jusque-là, cela n’a jamais posé problème. Mais en 2017, un étudiant s’est levé et a expliqué que tout ça était n’importe quoi, car on ne pouvait pas mesurer l’intelligence. Un autre a assuré que le QI a été inventé par les Blancs pour ostraciser des minorités. Seul un petit nombre s’est levé pour protester, mais une majorité des élèves les a approuvés sur une classe d’une centaine d’étudiants. Or le QI peut bel et bien être mesuré, et s’il ne reflète pas le niveau de satisfaction dans une existence, il est en revanche corrélé avec le succès scolaire.

Ces élèves ont ainsi été victimes du sophisme naturaliste, c’est-à-dire le fait de penser qu’une chose est bonne parce qu’elle est naturelle

Comment alors expliquer ces différences de moyennes de QI entre Brésiliens et Américains ?

J’explique à mes élèves que les environnements sont complètement différents. Au Brésil, l’éducation est bien moins développée qu’aux États-Unis, et le budget qui lui est alloué bien plus faible. Il y a ainsi plein de facteurs qui peuvent expliquer ces différences, sans invoquer une supposée supériorité biologique. Il ne fait aucun doute qu’il y a une composante dans l’intelligence qui est héritée, mais l’environnement est aussi un facteur-clé. Si vous vivez dans une population où l’éducation n’est pas un objectif prioritaire, cela aura forcément un impact. Si vous avez les mêmes éléments génétiques mais dans des environnements différents, les résultats ne seront pas les mêmes.

Y a-t-il d’autres sujets dans votre domaine, la biologie évolutive, qui sont devenus polémiques ?

Oui. La sélection de parentèle est l’idée que quand des animaux aident ceux qui leur sont apparentés, c’est indirectement pour perpétuer leurs gènes. Mais ce phénomène biologique, qu’on observe par exemple chez les abeilles, a énervé des étudiants. Un élève a déboulé dans mon bureau après le cours, m’expliquant que je donnais raison à… Trump d’embaucher sa famille à la Maison-Blanche. Je n’avais évidemment jamais dit ça (rires). Ce n’est pas parce que cela arrive dans la nature que ce sont des choses moralement acceptables. Ces élèves ont ainsi été victimes du sophisme naturaliste, c’est-à-dire le fait de penser qu’une chose est bonne parce qu’elle est naturelle. Ce qui est totalement absurde. Je précise que je déteste Trump et que j’espère de tout mon cœur qu’il ne sera pas réélu.

Les différences entre hommes et femmes, dites-vous, sont de plus en plus taboues…

C’est une autre erreur sérieuse que font beaucoup de personnes : ils pensent que l’égalité en droits signifie aussi une similitude biologique. Alors que donner à tous l’opportunité de choisir la voie qu’ils souhaitent ne signifie pas nier les différences existant en moyenne entre hommes et femmes. Les garçons préfèrent généralement les jouets avec des roues et les filles les peluches. De la même façon, il n’est pas surprenant de voir des répartitions différentes entre les sexes selon les disciplines universitaires. Cela ne s’explique pas uniquement par les stéréotypes, le sexisme ou tout autre facteur sociologique. Ce n’est pas la réalité de ce que nous montrent les recherches scientifiques. Il y a ainsi un paradoxe de l’égalité de genres, comme l’a montré l’année dernière une étude publiée dans la revue Psychological Science. Si les stéréotypes et les biais étaient la seule explication au fait qu’il y ait moins de femmes dans les disciplines scientifiques, on s’attendrait à ce que dans les pays égalitaires, leur proportion soit la plus importante. Mais c’est le contraire que l’on observe. Dans les pays inégalitaires, comme l’Algérie, les taux de féminisation dans les filières STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques, NDLR) sont les plus élevées, alors qu’en Suède ou aux États-Unis, ces taux sont bien plus bas. Ce qui signifie que dans les pays où les femmes ne doivent pas uniquement se soucier de l’argent, elles ont la liberté de choisir ce qui les passionne, et c’est en moyenne plutôt des matières non scientifiques. Bien sûr, ce n’est qu’une moyenne, et j’en suis d’ailleurs la preuve (rires). Mais encore une fois, l’existence de ces différences génétiques ne signifie pas qu’on devrait traiter hommes et femmes différemment.

Vous avez aussi expliqué que le terme « femme enceinte » est devenu polémique…

Oui, il vaut mieux maintenant dire « humain enceint ». Un collègue m’a aussi raconté que l’un de ses étudiants, lors d’un exposé, n’utilisait plus le terme « homme », mais « individu sans utérus ». Mon collègue a sursauté (rires).

Des étudiants ont peur d’exprimer leurs opinions face à l’ensemble de leurs condisciples

Pensez-vous que ce sont là des menaces sérieuses pour l’enseignement de la science ou juste un phénomène de mode un peu excessif lié aux préoccupations pour l’égalité hommes-femmes et la défense des minorités ethniques comme sexuelles ?

Il y a une résistance grandissante face à des concepts scientifiques bien établis. Ces gens souhaitent proscrire tout discours qui offenserait les femmes, les minorités ou toute personne perçue comme une victime des sociétés patriarcales blanches. Mais en faisant cela, aussi bien intentionnés soient-ils, ils font du mal à ceux-là même qu’ils veulent protéger. On empêche les étudiants d’avoir la chance d’apprendre, d’acquérir un pouvoir intellectuel et d’argumenter contre les idées avec lesquelles ils ne sont pas d’accord. On n’apprend pas à débattre en jetant des pierres. Il vaut mieux faire appel à la raison et aux arguments. Et, par ailleurs, l’université sert à voir le monde tel qu’il est.

Vous vous êtes engagée pour la liberté d’expression sur votre campus, en œuvrant avec des collègues pour appliquer au Williams College les récents principes de Chicago, qui ne proscrivent dans les facultés que les opinions contraires à la loi. Pourquoi ?

Je suis née au Brésil dans une dictature et j’ai vu ce qui arrivait quand la liberté d’expression n’est pas garantie. Même aujourd’hui, alors que mon pays est une démocratie, on en paie encore les conséquences parce qu’on a empêché une ou deux générations de s’exprimer. Si vous commencez à bloquer des idées, c’est triste. La liberté d’expression a toujours été l’arme des opprimés et des subalternes. Je suis navrée de la voir devenir l’apanage de Trump et de la droite conservatrice.

Quelle a été la réaction de vos élèves après vos sorties médiatiques, comme le récent article dans The Atlantic dénonçant « une autocensure mauvaise pour la science »  ? 

Ce texte a été publié à la fin du semestre, donc je n’ai pas eu de réactions massives. Mais des étudiants viennent me voir dans mon bureau. Ils ont peur d’exprimer leurs opinions face à l’ensemble de leurs condisciples.

Pourquoi ?

Ils ont peur des critiques. Le degré d’autocensure est vraiment élevé, vous savez. Cette année, au Williams College, des étudiants ont ainsi réclamé à l’administration des logements ségrégués, basées sur la race ou les préférences sexuelles, ce qui pour moi est épouvantable. Ils appellent cela des « logements par affinités ». C’est le contraire de l’inclusion. J’ai des élèves noirs qui sont venus me voir pour me dire leur opposition à ce genre de projet, mais qu’ils ne peuvent pas affirmer publiquement.

Israël n’est pas une extension de l’Europe. Mais beaucoup de gens peinent à l’accepter

Journaliste et auteur israelo-canadien, Matti Friedman revient dans son livre “Espions de nulle part” sur l’identité israélienne, bien plus ancrée au Moyen-Orient que dans la culture européenne.  Avec Matti Friedman

Atlantico : Dans Espions de nulle part, votre dernier livre, vous écrivez que l'”Israël moderne n’a de sens qu’à travers une perspective moyen-orientale”. Qu’est-ce qui nous manque et qui est très important pour comprendre ce pays avec notre prisme occidental ?

Matti Friedman : En Occident, les gens ont tendance à considérer Israël comme une extension de leur propre histoire, l’histoire des Juifs en Europe, les Lumières, l’idée socialiste du kibboutz, l’Holocauste bien sûr. Et les Israéliens ont toujours aimé penser qu’ils faisaient partie de l’histoire européenne – une grande partie du sionisme primitif était en train de devenir, en quelque sorte, européen, après des siècles de rejet en Europe.

Ces histoires ont occulté un fait assez évident au sujet de la société israélienne, à savoir que la moitié de la population juive d’Israël vient du monde islamique et non d’Europe. Il y avait environ un million de Juifs originaires des pays islamiques dans les années 1940. Bagdad, par exemple, était constituée à un tiers de population juive. Casablanca, Alger, Alep : tous ces endroits étaient peuplés d’anciennes communautés juives. Tous les Juifs ont été déplacés à cause de l’hostilité de la majorité de la population musulmane, et la plupart d’entre eux sont venus ici et sont devenus des Israéliens, façonnant tout le pays. Pourtant, ils ont toujours été considérés comme secondaires par rapport à l’histoire du sionisme européen. Je pense que cela doit changer si nous voulons comprendre Israël en 2019. Nous sommes au Moyen-Orient. Un cinquième de nos citoyens sont arabo-musulmans, et notre population juive est en grande partie d’origine moyen-orientale et nord-africaine. Il suffit de se tenir debout dans une rue de Tel-Aviv pour comprendre que nous ne sommes pas en Europe – en fait, il y a une grande chanson pop d’il y a quelques années, “This Isn’t Europe”, qui se moque de cette idée. Mais le discours ambiant ne reflète pas toujours cela.

Comment une histoire d’espions israéliens nés dans le monde arabe vous a-t-elle conduit à cette conclusion ?

C’était l’inverse – j’ai écrit ce livre sur les espions parce que je voulais une façon de parler de cette conclusion. Une histoire de double identité semblait être une bonne façon de parler de l’identité secrète du pays.

Il y a quelques années, dans une banlieue de Tel-Aviv, j’ai rencontré un espion à la retraite qui avait alors presque 90 ans, né à Alep, de langue maternelle arabe. Il m’a raconté une histoire étonnante sur la façon dont lui et ses amis ont vécu la fondation d’Israël en 1948. C’était différent de toutes les histoires que j’avais entendues. Lui et ses camarades étaient tous juifs d’ici : Alep, Damas, Yémen. Aucun d’entre eux n’avait jamais été près de l’Europe. Quand ils sont arrivés ici à l’adolescence, ils n’étaient pas vraiment acceptés dans la société pionnière parce que la plupart des pionniers étaient est-européens, et ces jeunes hommes étaient très arabes dans leur apparence, leurs goûts, leur langue. Ils semblaient être l’ennemi, trop près pour être réconfortés. Mais alors ils ont découvert que cette qualité, leur identité arabe, pouvait aussi être une arme : ils pouvaient être des espions. Et ils l’utilisèrent pour aider à créer un État pour les Juifs, non seulement les Juifs de Pologne ou d’Allemagne, dont la plupart ne pouvaient plus être sauvés, mais les Juifs de Syrie, du Maroc et de Tunisie. Cette petite unité, très amatrice alors, sans équipement ni argent, connue sous le nom de “Section arabe”, est devenue l’une des graines du Mossad.

Cette histoire a fait de la fondation d’Israël une histoire sur le Moyen-Orient, et je pensais que c’est le genre d’histoire dont nous avons besoin en ce moment. Il a beaucoup à nous dire sur le pays dans lequel je vis aujourd’hui. J’adore aussi les histoires d’espions – qui ne les aime pas ?

L’histoire de la création d’Israël semble être un problème parce que ce récit oublie l’identité d’Israël au Moyen-Orient. Pourquoi est-ce vécu comme un péché originel de la part d’Israël ?

Lorsque Theodor Herzl a imaginé l’État juif à la fin des années 1800, il imaginait quelque chose comme une Vienne utopique. L’avant-garde pionnière qui a créé le pays, qui a construit les kibboutzim, qui est mort de la malaria et qui a créé cette nouvelle société hébraïque, était principalement des socialistes d’Europe de l’Est, et ils imaginaient une sorte de république dirigée par le prolétariat qui allait sauver le peuple juif dans le cadre du mouvement mondial des travailleurs. Aucune de ces idées n’avait à voir avec les Juifs de Casablanca, du Yémen ou du Levant.

Ainsi, lorsqu’une vague d’immigration en provenance de ces pays arrive ici littéralement quelques semaines après la création de l’État, les fondateurs ne sont pas certains de ce qu’il faut faire. Les nouveaux arrivants ne sont pas socialistes. Ils ne veulent pas particulièrement abandonner la religion et devenir laïcs. Ils sont profondément engagés envers Israël, mais leur engagement est très différent de celui des fondateurs. La plupart parlent arabe, écoutent de la musique arabe et semblent arabes. Bien que les dirigeants fassent d’immenses efforts pour loger les immigrants et les absorber, ils les traitent aussi avec mépris. Ce sont des communautés anciennes et fières qui s’attendaient à être accueillies ici comme des frères. Au lieu de cela, ils ont été traités comme des citoyens de seconde classe. C’était peut-être la pire erreur de la génération fondatrice. Ce genre d’insulte ne s’oublie pas facilement et résonne encore aujourd’hui.

Quels sont les effets de ce problème dans la société israélienne d’aujourd’hui ? Est-ce seulement un problème démographique et culturel ?

L’arrivée des Juifs d’Islam ici n’est pas un problème : c’est quelque chose qui a enrichi notre société, l’a rendue plus dynamique, hétérogène et excitante, et nous a donné des racines beaucoup plus fermes au Moyen-Orient. Si vous créez un État juif dans le monde islamique, il est bon d’avoir des gens qui vivent en tant que Juifs depuis des siècles dans le monde islamique. Il y a là beaucoup de sagesse utile. Je pense que le départ des Juifs des pays islamiques est avant tout un problème pour ces pays.

Mais les effets des erreurs qui ont été commises lors de leur absorption se font encore sentir. Beaucoup d’Israéliens qui ont des racines dans le monde islamique, par exemple, ne voteront jamais pour le Parti travailliste, le parti de l’ancien establishment. Ils s’identifient davantage au Likoud, qui les traite avec plus de respect et s’aligne davantage sur leur vision du monde. C’est une grande partie du succès du Likoud. Vous voyez encore beaucoup de colère contre les “élites”, les médias, le monde culturel, même le pouvoir judiciaire, pour leur condescendance envers la partie non européenne de la population, et Netanyahou a su puiser dans cette colère. C’est ironique, parce que Netanyahou est un élitiste riche et laïque d’origine européenne. Le parti travailliste, d’autre part, vient d’élire son deuxième leader consécutif qui est d’origine maghrébine.

Si la forme réelle d’Israël est une source de frustration pour les Israéliens, pourquoi ne la changent-ils pas ?

Le pays est en train de changer à cet égard, et dans le bon sens. La société est beaucoup plus à l’écoute des voix qui sont réprimées depuis longtemps. Autrefois, par exemple, la musique pop du Moyen-Orient en hébreu, un genre appelé “Mizrahi”, était quelque chose que l’on n’entendait pas beaucoup à la radio grand public – la musique israélienne signifiait musique occidentale. Depuis une quinzaine d’années, Mizrahi est devenu le genre pop dominant et ce sont les artistes Mizrahi qui remplissent les plus grands espaces de concert. Beaucoup d’Israéliens d’origine européenne, comme moi, sont devenus influencés par un style de religion plus moyen-oriental, dans lequel il n’est pas nécessaire d’être strictement religieux ou laïque, et c’est normal d’être traditionnel, plutôt souple.

Nous avons encore un long chemin à parcourir, évidemment. Une chose dont nous avons encore besoin, c’est de raconter des histoires annexes sur notre histoire qui la valorisent davantage. J’ai pensé qu’une nouvelle histoire de création serait utile, et c’est ce que j’ai essayé d’écrire dans “Espions de Nulle Part”.

Comment répondre à la provocation politique antisioniste?

Nous vivons à l’ère de la provocation, de la bêtise et de la vulgarité amplifiées par les réseaux sociaux. Ce fléau est planétaire, devenu le Mal des sociétés démocratiques. Comment le combattre tout en sauvegardant la liberté d’expression ? Quelles sont les lignes rouges à ne pas franchir ? Quelles sont les lois à appliquer ? Comment rééduquer à la bonne conduite ? Comment faire quand les propos prononcés sont à la limite, racistes et antisémites classiques ?

Toutes ces questions et tant d’autres présentent un véritable casse-tête aux législateurs et aux juristes. Elles sont plus pertinentes et dénotent de la compétence quand il s’agit du peuple juif et d’Israël. Là, tout prend des proportions inégales et les passions se déchaînent. Les préjugés et les préjudices, et surtout l’ignorance des faits historiques et politiques, prévalent sur la réalité du quotidien et du terrain. Certains blogueurs et quelques journalistes avec un agenda politique, qu’on pourrait qualifier tout simplement de « casseurs de mots et de verbes », profitent du charivari pour crier encore plus fort et focaliser les projecteurs sur eux.

Le refus des autorités israéliennes de faire entrer dans le pays deux députées du Congrès américain a suscité un déluge de réactions en Israël et aux Etats-Unis. 

Ilhan Omar et Rashida Tlaib sont des persona non grata. Ces deux membres de l’extrême gauche au sein du parti démocrate américain ne cessent, depuis leur élection au Congrès en novembre 2018, d’insulter l’Etat juif sioniste. Adhérant sans équivoque au boycottage d’Israël, elles traitent, à chaque occasion, notre Etat d’apartheid et de discriminatoire envers les Palestiniens. 

Le voyage de Rashida Tlaib (à g.) et Ilhan Omar ne visait qu’à alimenter la haine de l’Etat juif (photo Congrès)

Plus encore, dans leur demande de visiter Israël, les deux femmes n’avaient pas l’intention de rencontrer une personnalité officielle israélienne ni un membre de l’opposition pour s’instruire et étudier la complexité du conflit, mais voulaient aller directement en… « Palestine, pour mieux la connaître et témoigner sur les souffrances de leurs sœurs et frères palestiniens ». D’ailleurs tous les frais de ce voyage sont payés par une organisation partisane du BDS.

Soulignons que Rashida Tlaib est née en Amérique comme sa collègue Omar, mais sa grand-mère est palestinienne. 24 heures seulement après le refus d’entrée, Tlaib a demandé dans une lettre officielle écrite directement au ministre de l’Intérieur, Arié Derhi, de lui permettre une ultime rencontre familiale avec sa mamie âgée de 90 ans, en s’engageant formellement à ne provoquer personne.

Sans aucune hésitation, les autorités israéliennes lui ont donné leur feu vert sur le champ, bien entendu, sous certaines conditions préalables, et pour des raisons uniquement humanitaires.

Mais voilà que quelques heures plus tard, cette nouvelle députée démocrate change complètement d’avis et annonce sur Twitter qu’elle renonce à rendre visite à sa grand-mère, à cause des « conditions oppressives » imposées, selon elle, par Israël. Elle souligne que son combat se poursuivrait contre « le racisme, l’oppression et l’injustice. »

Comment faire confiance à cette députée ? Comment accorder un visa d’entrée à deux propagandistes et provocatrices dont le but déclaré est de venir salir l’Etat juif, sur son propre sol, dans son fief, devant chaque micro et caméra ?

C’est évidemment inadmissible ! Cela n’a aucun rapport avec la démocratie et la liberté d’expression mais prouve clairement la haine aveugle et la provocation préméditée.

Les relations entre Benjamin Nétanyahou et Donald Trump sont au beau fixe (photo GPO)

La provocation politique est l’arme du faible et de l’ignorant, celui qui souhaite être au-devant de la scène à tout prix, capable de faire à la fois le clown et le grand méchant loup. Prononcer des phrases incohérentes, insulter, outrager, diffamer, tromper et mentir comme il respire, sans jamais rougir de honte. Propager systématiquement des messages haineux et en réalité, tenter de délégitimer notre propre existence. Une ligne de conduite malsaine qui risque d’encourager les extrémistes de tous bords et surtout les terroristes, tels les « loups solitaires » qui surgissent soudainement comme ces derniers jours.

Dans tous les cas et dans tous les domaines, il ne faut jamais donner trop d’attention aux provocateurs car ils n’attendent que ça et se réjouissent cyniquement de la tempête qu’ils sèment à chaque fois.

Dans ce contexte, la presse en général et les réseaux sociaux, en particulier, jouent un grand rôle d’influence, et il est donc déconseillé de tomber dans ce piège.

Dès le départ, cette affaire a pris des proportions exagérées et a donné à deux marginales du Congrès une importance considérable qu’elles ne méritaient pas. Elles ne représentent pas l’ensemble du parti démocrate qui demeure toujours, et dans son écrasante majorité, en faveur de l’Etat d’Israël, et pour preuve : la visite récente de 40 députés de ce parti.

La décision des autorités israéliennes a été étudiée sur plusieurs plans et suite à de nombreuses consultations. Elle n’a pas été facile à prendre. La valse-hésitation du gouvernement témoigne de la sensibilité du dossier, de la controverse, des ambigüités et des dilemmes.

Israël souffre d’une mauvaise image à l’étranger et certains pourront dire que l’interdiction d’entrée à ces deux députées américaines risque d’aggraver encore plus notre image et d’apporter à nos détracteurs de l’eau à leur moulin. Nous devrions faire face avec fermeté aux critiques et aux condamnations non justifiées, sans perdre notre âme.

Les relations avec l’administration Trump sont certes au beau fixe, mais nous devrions éviter de rentrer dans le jeu politique américain entre les deux grands partis, surtout quand, dans chaque pays, la campagne électorale bat son plein.

Il est fort regrettable que le président Trump soit intervenu avant et après dans cette affaire. Certes, ses réactions démontrent une amitié profonde, mais le faire publiquement était inutile.

L’Etat d’Israël est souverain et c’est son plein droit d’autoriser l’entrée ou pas de tel ou tel « touriste », privé ou officiel. Nous refusons aussi de devenir une république bananière…

Benjamin Nétanyahou devant le Congrès américain en 2015 (photo Amos ben Gershom/GPO)

Dans les longues relations israélo-américaines, nous avons connu des hauts et des bas et de fortes divergences, à la fois avec les Démocrates et avec les Républicains une fois au pouvoir, mais toujours nous avons dit tout-haut nos quatre vérités, comme l’a fait justement le Premier ministre Nétanyahou devant le Congrès, dans son fameux discours sur le projet nucléaire de l’Iran. Après coup, nous réussissons toujours à trouver le juste chemin dans l’intérêt de deux pays.

Israël et les Etats-Unis demeurent, sur tous les plans, franchement et solidement, amis contrairement à notre ancienne « amie et alliée », la France.

Cette dernière affaire devrait servir d’épreuve et de leçons car nous n’avons rien à cacher. Ici tout est transparent et la presse dévoile toute défaillance ou faute sans aucune complaisance. Dans le passé, nous avons combattu avec fermeté et efficacement contre les flottilles à Gaza et interdit à des commissions internationales politisées et manipulées, de venir enquêter après chaque opération de Tsahal. C’est notre droit absolu !

Il est fort probable que d’autres provocations sont déjà planifiées. Nous devrions les affronter courageusement, froidement, et sagement.

Mais sans panique, en prenant toujours en considération les conséquences sécuritaires et seulement nos propres intérêts.

Freddy Eytan

Le BNVCA désapprouve la position des associations juives américaines, l’AIPAC et l’AJC

Le BNVCA désapprouve la position des associations juives américaines, l’AIPAC et l’AJC, mais soutient par contre la décision des dirigeants d’Israël de refuser l’entrée de son pays à Rachida Tlaib et Ilhan Omar, deux élues démocrates américaines, activistes de mouvement illégal BDS.

Ces deux élues américaines, musulmanes extrémistes, sont réputées non seulement être pro palestiniennes mais surtout antis israéliennes. Elles utilisent leur position pour relayer la propagande d’appel au Boycott d’Israël.

Le BNVCA qui recense les actes antisémites depuis 20 ans, et lutte en France contre ce fléau, atteste que c’est l’incitation à la haine d’Israël qui est la source principale de nouvel antisémitisme. 

Le BNVCA constate que depuis que les démocrates américains épousent la cause anti israélienne, les actes antijuifs se développent aux USA. 

Nous considérons que l ‘AJC et l’AIPAC commettent une faute grave en critiquant la décision d’Israël de se prémunir et de protéger en même temps les communautés juives dans le monde. 

Nous leur demandons de faire preuve de plus de raison et de plus d’unité avec l’Etat juif qui se bat contre un ennemi redoutable, l’antisémitisme initié par la propagande anti israélienne dont se font les porte parole Ilhan Omar et Tlaib Rashida.

Nous apprenons que pour des raisons « humanitaires » le Ministre Israélien de l’Intérieur vient d’autoriser la venue de Rachida Tlaib Député Démocrate Américaine.

Celle-ci a « promis de ne pas faire avancer la cause du boycott contre Israël durant son séjour »

Dernière minute :

L’élue Démocrate R.Tlaib refuse de se rendre en Israël « dans les conditions imposées par Israël »

LU DANS LA PRESSE “L’aveu de Bonnet prouve la connivence de l’Etat avec le terrorisme palestinien”

Posted by Freddy Eytan on 8/11/19 • Categorized as Editorial,L’événement du Jour

L’aveu de l’ancien chef de la DST, Yves Bonnet, révélé par Le Parisien, est, certes, révoltant et scandaleux, mais il ne peut nous surprendre en analysant la conduite des autorités françaises depuis l’affaire Abou Daoud en passant par la longue liste sinistre des attentats perpétrés en France de 1982 jusqu’à nos jours. 

37 ans après, l’ancien patron de la Direction de la surveillance du territoire (DST) ose dire sans rougir que le « deal verbal » avec Sabri Khalil al-Banna dit Abou Nidal « a marché » puisque, selon lui, « il n’y a plus eu d’attentats à partir de fin 83, en 84 et jusqu’à fin 1985 ». 

Yves Bonnet a aussi perdu la mémoire… Rappelons lui, entre autres, l’attentat contre la banque Léumi, boulevard des Capucines, et celui contre Mark & Spencer, boulevard Haussmann… 

L’ancien chef de la DST justifie la connivence avec les terroristes palestiniens en précisant que les attentats en Italie ou ailleurs ne le regardaient pas tant qu’il n’y avait rien sur le sol français. Belle solidarité européenne !L

Et alors, si Abou Nidal et ses complices avaient commis des dizaines d’attaques terroristes et notamment contre notre ambassadeur à Londres, Shlomo Argov… Un attentat dans un café du centre-ville de Madrid en tuant 18 innocents et blessant 82 autres… Puis le détournement d’un navire italien, Achille Lauro abattant un passager juif américain paraplégique, puis le jetant à la mer avec son fauteuil roulant… Puis des attentats contre les comptoirs d’El Al dans les aéroports de Rome et de Vienne. 18 morts, 140 blessés… Puis un taxi piégé qui explose au port du Pirée en Grèce faisant neuf morts et plus de 100 blessés… sans oublier le Boeing 747 de la Pan Am qui explose au-dessus de Lockerbie, en Écosse…

Dans l’esprit de Bonnet, l’essentiel est que ces attentats ne soient pas commis sur le sol français… Quelle lâcheté ! Ce manque de courage qui porte à l’hypocrisie.

Le pacte secret conclu lors du premier septennat de François Mitterrand avec Abou Nidal, celui qui fut le plus sanguinaire des terroristes qu’a connu l’Europe et le Moyen-Orient, a été suivi par Jacques Chirac avec le Hezbollah et les Iraniens après une nouvelle vague d’attentats à Paris, et à Beyrouth, le 23 octobre 1983, contre le Drakkar. 58 militaires français y avaient trouvé la mort.

Ces accords conclus avec des organisations terroristes prouvent l’incompétence et le désarroi à combattre le fléau. Une ligne de conduite suivie et appliquée par certains hauts-responsables politiques français.

Cette « collaboration » avec des terroristes notoires tels Abou Daoud, Georges Habache, ou Georges Ibrahim Abdallah, n’a pas arrêté les attentats contre la France depuis cette époque jusqu’à nos jours.

Abou Nidal a fomenté l’attentat du Pan Am 103 au-dessus de Lockerbie (photo Air Accident Investigation Branch)

Les patrons de la DST, tel Yves Bonnet, ne peuvent prendre des décisions sans avoir l’aval du Président de la République. Les services secrets français sont connus depuis la guerre d’Algérie comme étant parmi les meilleurs du monde pour la qualité du Renseignement et leur efficacité, mais ils doivent appliquer à la lettre la politique gouvernementale tracée par le chef de l’Etat.

Aujourd’hui, 37 ans après l’attaque terroriste contre le restaurant Goldenberg, qui a fait six morts et 22 blessés, le président Macron devrait nommer un juge d’instruction pour faire toute la lumière concernant l’aveu du patron de la DST.

Il est révoltant et scandaleux que des terroristes palestiniens pouvaient circuler librement en France avec la « permission » de la police et des services secrets.

Comment pouvoir garantir ainsi la sécurité de la communauté juive hier et d’autant plus aujourd’hui ?

Comment pouvoir faire confiance aux promesses des terroristes de ne pas perpétrer des attentats ? Que pourra dire demain le président Macron après un nouvel attentat ?

Freddy Eytan

Pacte secret après l’attentat de la rue des Rosiers : «Cela me semble lâche et immoral»


Elisabeth était serveuse au restaurant Jo Goldenberg à Paris lors de l’attaque. Miraculeusement rescapée, elle raconte la vie d’après et réagit à l’accord passé avec le groupe terroriste.

 L’attaque du bar avait fait six morts et 22 blessés.
L’attaque du bar avait fait six morts et 22 blessés. LP/Thierry Besnier

Par Jérémie Pham-LêL Le Parisien

Pour le 37e anniversaire de l’attentat de la rue des Rosiers, survenu le 9 août 1982, l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT) organise ce vendredi, à 13 heures, un rassemblement pour honorer la mémoire des victimes à Paris. Rescapée de la tuerie, Elisabeth, 74 ans, témoigne, alors que Le Parisien révèle que l’ancien patron du renseignement français a confié aux juges, en janvier, l’existence d’un pacte secret avec les terroristes .

Que faisiez-vous le jour de l’attentat ?

ELISABETH. J’avais 38 ans et j’étais engagée comme serveuse au restaurant Jo Goldenberg côté brasserie. Le 9 août 1982, j’étais rentrée de congé maternité depuis à peine huit jours lorsque l’attentat a eu lieu. Je me souviens que j’étais derrière le comptoir. Devant, il y avait un présentoir à gâteaux et deux tables qui étaient vides. C’est là que la première explosion a eu lieu. J’ai entendu comme un bruit de pétard, pas trop fort non plus. Le carrelage s’est brisé, mais les vitres n’ont pas tremblé. C’était le signal pour que les autres terroristes rentrent et tirent dans la salle.

La caissière a crié : « Sauvez-vous, cachez-vous », et Dieu m’a donné le réflexe de sauter dans la salle de la plonge, à l’arrière. Je me suis cachée sous une planche où était entreposé de la vaisselle sale, près de la poubelle. Un terroriste est rentré et a tiré sur les deux autres employés qui se cachaient avec moi. Ils ont survécu tous les deux, mais l’une est restée paralysée à cause d’une balle. L’autre gémissait terriblement, c’était horrible à entendre. La fusillade m’a paru une éternité. Heureusement, le terroriste ne m’a pas vue. Sinon je pense que je serais morte. J’ai pensé très fort à mon fils.

Comment vivez-vous depuis ?

On vit avec une blessure morale. J’essayais de ne pas trop y penser. J’ai changé de métier pour devenir esthéticienne, mais je suis restée avec à Paris. Aujourd’hui, je suis retraitée. Il faut savoir que c’est seulement en 2016 que je me suis constituée partie civile auprès de la justice. Après avoir discuté avec une autre rescapée dans la même situation, nous nous sommes tournées vers Me Avi Bitton.

J’ai été entendue par la DGSI pour la première fois fin 2018. Auparavant, la police ne m’avait jamais interrogée, même après l’attentat ! Je ne me suis pas non plus présentée spontanément pour passer à autre chose. Je pense que l’enquête a été un peu bâclée au départ. Pourtant, je suis sûre que l’un des clients au comptoir que j’ai servi était un des terroristes. J’ai la conviction que c’est lui qui est entré dans la plonge dès les coups de feu et qu’il a voulu m’éliminer par peur que je le reconnaisse. Mais je ne me souviens plus de son visage.

Selon l’ex-patron de la DST, un accord a été passé entre la France et un groupe terroriste soupçonné d’être impliqué dans l’attentat. Qu’est-ce que cela vous inspire ?Newsletter – L’essentiel de l’actuChaque matin, l’actualité vue par Le ParisienJE M’INSCRISVotre adresse mail est collectée par Le Parisien pour vous permettre de recevoir nos actualités et offres commerciales. En savoir plus

Cela me semble lâche et immoral de la part de la France si un tel accord a été passé. Dans ce dossier, il y a toujours eu des petites magouilles : des témoins n’ont pas été entendus, on a laissé partir des suspects hors de France avant de les retrouver seulement 30 ans plus tard… Qu’on ait pu s’arranger avec des gens aussi sanguinaires, cela me paraît inconcevable. Quel crédit pouvait-on accorder à leurs paroles ? Et pour quels bénéfices vraiment ? Avoir protégé ces malfaiteurs est une insulte à la mémoire des morts et des blessés qui sont décédés depuis.

AFFAIRE D’ETAT APRES L’ATTENTAT RUE DES ROSIERS: « Le Parisien » du 8 aout REVELE LE SCANDALEUX DEAL PASSE ENTRE LE CHEF DE SERVICE DES RENSEIGNEMENTS ET LES TERRORISTES PALESTINIENS.

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme  est consterné par l’information révélée dans le journal Le Parisien du 8 aout 2019 concernant le « deal » passé entre le responsable des renseignements et les terroristes palestiniens. Les journalistes d’investigation Vincent Gautronneau et Jeremie Pham-Le , rapportent que le chef du renseignement de l’époque Yves Bonnet vient d’avouer devant le juge qu’il avait passé un accord avec les terroristes palestiniens lors de l’attentat de la rue  des rosiers le 9 août 1982, qui a visé particulièrement le quartier juif de Paris, le restaurant juif Jo Goldenberg, les boutiques juives  de ce quartier et les passants. 

Yves Bonnet aura déclaré “On a passé une sorte de deal verbal en leur disant : Je ne veux plus d’attentat sur le sol français et en contrepartie, je vous laisse venir en France, je vous garantis qu’il ne vous arrivera rien».

Le président du BNVCA  est d’autant plus choqué qu’il est particulièrement concerné, car le  lendemain de l’attentat  le Premier Ministre Pierre Mauroy et son Directeur de Cabinet Jean Michel Rosenfeld, ont donné directement à cet inspecteur divisionnaire de Police Sammy Ghozlan la mission exceptionnelle d’assister la brigade criminelle de la Police Judiciaire de Paris dirigée par Alain Cances.

C’est  Sammy. Ghozlan qui avait reçu par téléphone la revendication du. Groupe Abou Nidal.     

Nous ne pouvons admettre que la France ait pu protéger les terroristes palestiniens et assurer les auteurs et complices des attentats antijuifs, qu’ils ne risquaient rien à venir en France et à s’y déplacer en tout quiétude.  Nous en déduisons que les citoyens juifs de France ont en fait été l’objet d’un marché de dupes.

Nous considérons que les arrangements et les promesses faites aux terroristes aux dépens des juifs de France n’ont pu se faire sans l’accord des plus hautes autorités de l’Etat, Président de la République, le Premier Ministre, le Ministre de l’Intérieur, le Ministre de  la justice et le Ministre des Affaires Etrangères.

  Nous rappelons que. le terroriste George  . Habache   auteur du détournement  de l’avion d’Air.France sur Entebbe  avait bénéficié de cette protection officielle Il était venu en France en 1992 pour se faire soigner mais suite à des révélations il a dû repartir  sans que le juge Bruguiere ait pu le faire arrêter                                  

Nous demandons que toute la lumière soit faite sur cette lamentable et grave affaire d’Etat qui laisse une grande amertume aux citoyens juifs cibles principales du terrorisme  international.   

Si ce “deal” scandaleux était encore appliqué, nous attendons du  Chef de l’Etat qu’il y mette fin sans délai.

Philippe Val: « Plus personne aujourd’hui ne publierait les caricatures de Mahomet »

parElisabeth Lévy


C’est l’histoire d’une vie réussie jalonnée de combats perdus. Dans Tu finiras clochard, comme ton Zola, Philippe Val raconte une existence qui l’a mené du cabaret au journalisme et des combats libertaires à la lutte contre l’islam radical. De son duo humoristique avec Font à la direction de France Inter en passant par Charlie hebdo, l’essayiste a vu une grande partie de la gauche renoncer à l’universalisme.


Elisabeth Lévy. Vous avez choisi la troisième personne et la forme romanesque pour raconter votre vie, qui est effectivement très romanesque.

Philippe Val. Cela m’a pris du temps. Pour écrire, il faut se libérer de soi-même. Comme je raconte une histoire qui est commune à beaucoup de gens, au moins par certains éléments, j’ai voulu que le personnage qui porte mon nom soit parmi les autres, et pas le narrateur des autres.

Tu finiras clochard comme ton Zola. Votre titre résume la distance qui vous a très vite opposé à votre milieu familial. Vos parents ne sont pas du tout des gens horribles, mais ils sont étrangers à vos émois d’adolescent pour la littérature, pour la beauté… Bref, vous éprouviez une forme de mépris pour leur côté terre à terre, mais peut-être vous a-t-il construit ?

Évidemment, on ne naît pas hors-sol. Je suis de là, de cette famille, de ces gens qui étaient des gens pauvres, probablement alcooliques dans la génération d’avant. Le père de ma mère faisait les trois-huit chez Renault, mon père était apprenti boucher à 12-13 ans… Et ils ont réussi. Après la guerre, mon père a travaillé comme une brute et il a fini par s’enrichir. Je suis donc né en 1952 dans la toute petite bourgeoisie d’après-guerre. Ce n’était pas un monde de l’abstraction, mais un milieu où le réel sautait à la gueule tout le temps…

Où le savoir comptait assez peu ?

Le savoir… C’était important, mais pas le plus important. Le plus important, c’était la force de travail. Se lever, bosser, le soir, avoir gagné sa journée. Un monde parisien, mais terrien. Mes parents coupaient de la viande…

C’est peut-être de là que vient votre rapport à la réalité, qui vous a empêché de suivre nombre de vos amis sur les pistes plus ou moins délirantes ouvertes par toutes les nuances de gauche.

Sans doute. Je le dois aussi au fait que ma formation politique a d’abord consisté à lire Zola et à écouter des chansons de Brassens ou de Ferré, Nougaro, Barbara. Alors bien sûr, en terminale, j’ai lu le Manifeste du parti communiste, mais déjà je n’y croyais pas, je n’aimais pas ça. Le premier philosophe que j’ai lu et aimé, c’était Nietzsche, certainement pas les théoriciens marxistes. Je suis entré dans le monde de la culture comme un animal égaré, sans être guidé par des professeurs ou des parents. J’ai forcé la porte à coups de pied, j’allais m’acheter des livres avec mon argent de poche. Quand on vient d’un milieu comme ça, on se sent con. Et on n’a pas envie de l’être. J’ai mis beaucoup de temps à me sentir un peu libre de penser.

Je me demande si cette fluidité culturelle est encore possible. En tout cas, votre livre retrace une existence personnelle passionnante. Artistes, politiques, médias, vous avez fréquenté des milieux très divers. Mais c’est en même temps le récit de beaucoup de combats perdus ! 

Oui et non. N’oubliez pas que ça se passe dans la seconde moitié du XXe siècle, qui est, avec le XVIe siècle et les guerres de religion, l’un des siècles les plus obscurs de notre histoire. Nous avons connu une véritable Bérézina des Lumières. À cette aune, on peut dire que nous avons accompli quelques trucs  : depuis la Seconde Guerre mondiale, en Europe de l’Ouest, on vit pas mal au niveau des droits, la personne humaine est respectée, les femmes et les hommes ont des droits égaux, sans oublier la contraception, le droit à l’avortement et la dépénalisation de l’homosexualité.

Mais c’est aussi cette logique des droits devenue folle qui est aujourd’hui à l’œuvre dans la fragmentation victimaire de la société et de l’imaginaire collectif.

La grande faillite de l’après-guerre, c’est de ne pas avoir compris les enjeux du savoir et de la culture, et d’avoir laissé la démocratie glisser sur une glace de plus en plus mince. Résultat, aujourd’hui, les gens n’ont pas le bagage nécessaire pour vivre en démocratie. Lorsqu’il donnait son premier cours à l’université de Nice, Clément Rosset, un philosophe que j’aimais beaucoup, disait aux élèves : « Je suis ici pour vous apprendre à penser par vous-même, ça ne sert à rien, vous n’y arriverez jamais. Maintenant on va commencer à travailler. »A

Certes, mais vous avez cheminé pendant trente ans dans une famille qui s’appelait la gauche. Lui appartenez-vous toujours ?

Je ne crois pas avoir beaucoup changé d’idées.
C’est la gauche qui s’est retirée et m’a laissé sur le sable. Après qu’elle a trahi l’Europe, trahi la laïcité, et trahi Israël,elle est devenue infréquentable. A

C’est ce que j’appelais vos combats perdus. En tout cas, vous avez toujours été minoritaire. Ainsi, à partir de Mai 68, vous choisissez la gauche libertaire, quand les gauchistes tiennent le haut du pavé.

Je ne pouvais pas les voir, ils étaient dogmatiques et ennuyeux. Pourtant, à cette époque, ils m’aimaient bien ! Ils pensent – et ça durera jusqu’à Charlie Hebdo – qu’ils peuvent se servir de moi parce que j’ai un peu de notoriété, que je dis parfois des trucs marrants. Je me suis retrouvé dans ce milieu sans opinion politique très structurée. Alors évidemment, comme tout le monde à l’époque, j’étais contre la peine de mort, contre le racisme, pour les femmes, le droit des homos, et je le suis toujours, d’ailleurs… Contre le mal et pour le bien, mais je n’ai jamais cru une seconde qu’ils étaient étrangers l’un à l’autre.

À vous lire, on baigne néanmoins dans la joyeuse atmosphère de cette époque pompidolienne dont les Français ont la nostalgie. C’est aussi l’époque Font et Val.

C’est une époque où, d’abord, on rit beaucoup. Même les vrais gauchistes, disciples de l’Albanie d’Enver Hodja, viennent voir les spectacles de Font et Val. Ils nous considéraient comme des pitres, ce qu’on était, mais des bons pitres, on faisait rire des salles entières ! Et on pouvait se foutre de leur gueule. Je pense que vers 1972 ou 1973, le premier spectacle de gauche, mais brutalement anticommuniste, a été « En ce temps-là, les gens mouraient » de Font et Val. On ne mesure pas aujourd’hui le choc que c’était, pour des gens de gauche, d’entendre des horreurs sur le communisme.

Aujourd’hui, l’humour de gauche est devenu l’humour officiel. Notamment grâce à France Inter.

Autrefois, on disait que l’humour, c’était la politesse du désespoir, aujourd’hui, ce serait plutôt l’insolence de l’inculture…

Le conformisme est passé à gauche, le flicage est passé à gauche, le racialisme même est passé à gauche. N’est-ce pas l’échec de votre génération ?

C’est Waterloo. Imaginez qu’il y a aujourd’hui à l’Assemblée nationale des élus de gauche favorables aux Indigènes de la République. Par inculture, on a transformé les idées en valeurs morales. Elles sont donc indiscutables, sauf à commettre une faute morale, c’est à-dire un péché. Étonnant, comme cette génération qui se croit sans dieu, tombe sans le savoir dans le christianisme le plus étroit.A

N’avez-vous pas vous-même passé une partie de votre vie à vous battre contre des moulins abattus depuis longtemps ?

Oui et non, parce que tout de même, on s’attaquait à des cadres qui étaient encore très forts dans la société, très puissants – la famille, la répression de la sexualité, un conformisme d’expression… On sortait d’une période qui s’enorgueillissait d’être coincée.

Seulement, beaucoup ont continué et continuent encore à ferrailler contre les fantômes du patriarcat.

En effet, il est arrivé un moment où beaucoup de choses étaient réglées. La peine de mort était abolie, ce n’étaient plus les parents qui nous empêchaient de baiser, c’était le sida, et nous jouissions pleinement des droits démocratiques. Mais ils ont continué à se battre contre des puissances à terre et à voir des fascistes partout. Sur ce terrain, avec Font, on a eu des intuitions. Dès qu’on a vu monter les régionalistes, les autonomistes, les identitaires – d’extrême gauche, hein – que bizarrement les anars défendaient, on a commencé à se payer leur tête. On allait en Bretagne, au Pays basque, en Occitanie, comme ils disaient, ça nous faisait beaucoup rire, l’Occitanie, on disait des choses très irrespectueuses, très blasphématoires sur les identités régionales. Et ça passait. Les ayatollahs de la cause se forçaient à sourire, et leur – notre – public se roulait par terre.

Photo prise le 22 novembre 2001 à Paris du rédacteur en chef du journal Charlie Hebdo, Philippe Val. Photo : FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Photo prise le 22 novembre 2001 à Paris du rédacteur en chef du journal Charlie Hebdo, Philippe Val.
Photo : FRANCOIS GUILLOT / AFP)

En même temps, Charlie Hebdo (que vous avez dirigé de 1992 à 2010) a longtemps regardé avec suspicion tout ce qui était tricolore.

Bien sûr, je venais d’une tradition anar, antimilitariste. Dans nos spectacles, avec Font, on était mondialistes, mais au fond de nous, on était aussi très français. J’ai toujours eu un intérêt passionné – et des sentiments partagés – pour la singularité française.

Vous n’en avez pas moins appartenu à cette gauche dite morale, qui a renoncé à faire de la politique pour faire la morale au populo, avec ses rassemblements de people luttant courageusement à Paris 6e contre le fascisme, incarné chez nous par Jean-Marie Le Pen, voire par Nicolas Sarkozy et son ministère de l’Identité nationale…

De fait, ces vingt-cinq ou trente dernières années, la droite a prospéré sur les silences et sur les dénégations de la gauche. Elle traite le réel que la gauche a refusé de voir, elle fait à sa façon, mais elle le fait. On peut détester Trump, mais on ne peut pas contester qu’il s’est fabriqué sur des dénégations de la gauche américaine, sur l’emprise effroyable du politiquement correct, dans les universités, sur le fait qu’un homme et une femme ne peuvent plus prendre l’ascenseur seuls aux États-Unis. Les gens qui bâtissent leur discours politique sur la victimisation sont des cons. J’étais très proche de Marceline Loridan. Elle a survécu à Auschwitz aussi parce qu’elle ne s’est jamais considérée comme une pauvre petite chose qu’on peut broyer, elle se disait tous les jours : « Ils ne m’auront pas. » Sur les murs de la prison d’Avignon, alors qu’elle venait d’être raflée, elle a écrit avec un caillou sur le mur : « C’est presque une joie de savoir qu’on peut être aussi malheureux. » Après cette digression, je reconnais qu’on s’est quand même fait avoir par des gens qui étaient très talentueux, très intelligents, très convaincants : Sartre et tous ses héritiers. On ne pouvait pas ne pas marcher un peu avec eux, d’autant qu’on avait l’impression qu’il n’y avait qu’eux…

De Sartre à Mitterrand…

Bien sûr, de Sartre à Mitterrand. Sans oublier Deleuze, tous les profs de Vincennes. Il fallait être très fort, très construit intellectuellement pour pouvoir contredire ça. On était bluffés par leur aura. Et on trouvait que ceux qui les critiquaient étaient des sales cons ou des salauds. Donc bien sûr, on refusait d’être alertés par ce que remuait l’extrême droite, tout ce qu’elle touchait devenait tabou.

On peut même se demander si, sous la couche de racisme et d’antisémitisme, Le Pen ne disait pas quelques vérités. Il parlait d’immigration de masse, d’identité, d’islam… sujets qui nous préoccupent aujourd’hui. 

Pour ma part, je n’adhérais pas du tout à ce qu’il était et à ses façons de voir, mais j’entendais qu’il parlait de sujets réels, parce que j’ai compris très vite que le retour de Khomeiny en Iran marquait le début de la politisation de l’islam et de ce qu’on n’appelait pas encore radicalisation. À la fin des années 1970, un de mes amis est devenu salafiste. J’ai traversé l’Algérie avec lui, on a passé des heures à s’engueuler dans le désert, et en rentrant en France j’ai compris qu’on était en train de passer à côté d’un phénomène gravissime. Mais j’étais un peu seul…Et je me suis fait très vite pourrir dans les conversations, dans les dîners, et plus tard dans les colonnes des journaux.A

Peut-être, mais dans votre journal on fustigeait le racisme supposé du petit Blanc !

J’ai toujours détesté ça. Je disais à ce copain, prof de fac, qui a viré frère musulman radical : « Eh oh, ce n’est pas moi qui ai colonisé l’Algérie »… 

Et « Mon beauf », ça n’a pas un peu contribué à populariser cette image du franchouillard à rejeter dans les ténèbres de l’extrême droite ?

Absolument pas ! Je peux en parler de façon un peu autorisée. L’archétype de « Mon beauf », pour Cabu, c’était aussi le mec de la CGT.

On s’est rencontrés au cours d’un dîner chez vous, à Joinville, vers 2005. J’étais la seule à voter Sarkozy (et aussi la seule à avoir voté « non » au référendum). Vous, vous étiez très européiste et très anti-Sarkozy ! Aujourd’hui, vous êtes ami avec l’ancien président.

Au début, une relation amicale s’est installée pour une raison quasi familiale, c’est qu’il a épousé Carla, qui était une amie. Ensuite, il y a eu une autre raison, plus politique : Sarkozy a remis en cause un dogme auquel ses prédécesseurs n’avaient pas touché depuis la conférence du général de Gaulle sur Israël en 1967, celui de la politique arabe de la France. Il y avait urgence. Plus tard, j’ai trouvé qu’il gérait la crise des subprimes avec efficacité et courage.

Du coup, qu’est-ce qui vous distingue aujourd’hui de ceux qu’on appelle les « réacs », comme Alain Finkielkraut ?

J’aime beaucoup Alain Finkielkraut, comme tous ces artistes qui écrivent des choses très belles sur ce qui nous arrive. Je suis parfois d’accord et parfois non. Ce qui me distingue d’eux, c’est que, sur les questions sociétales, je suis vraiment libéral. Bien sûr, l’extrémisme de certaines revendications liées aux droits des femmes, des homosexuels et des identités en général a souvent abouti au plus débile des communautarismes, néanmoins je pense qu’à un moment donné, cette lutte était nécessaire. Dans cette perspective, je ne suis pas hostile à la GPA : ça existe, ça viendra, la filiation s’établira autrement, mais elle s’établira. Faisons confiance aux romans que les gens inventent pour pouvoir vivre.

En somme, il ne faut pas être accroché à un modèle anthropologique.

C’est ça. De même, je crois qu’il ne faut pas se crisper sur l’identité nationale. J’aime bien cette phrase : « J’ignore d’où je viens, j’ignore où je vais, j’ignore quand je vais mourir, j’ignore pourquoi je suis si joyeux. » Pour moi, il y a une hiérarchie des appartenances. Je ne nie pas l’importance de l’appartenance à un pays, à une langue, mais je pense qu’il y a une culture européenne depuis très longtemps, donc un peuple européen qui partage cette culture.

Si vous le dites. Il y a une sorte de charnière dans votre vie : vous passez de l’art à la politique. Vous devenez journaliste. Avec le nouveau Charlie, on vous découvre comme un contestataire à l’intérieur de la gauche, notamment contre les délires antiisraéliens, etc.

Vous pouvez vous arrêter là, parce que la guerre a commencé avec la question d’Israël, bien sûr. Me faire pourrir par les gauchistes, je m’y attendais. Que le reste de la gauche attende silencieusement l’issue du combat pour, finalement, choisir l’autre camp, cela m’a halluciné. Ça a commencé avec l’Intifada. À l’exception de quelques personnalités isolées, comme Bertrand Delanoë, Élisabeth Badinter évidemment, la gauche nous a laissés partir en danseuse devant le peloton, et nous a abandonnés ensuite en rase campagne. Je croyais avoir affaire à la gauche de Léon Blum, c’était devenu la gauche Tariq Ramadan.

N’empêche, vos éditos dans Charlie avaient tendance à dénoncer comme ennemis de la démocratie tous ceux qui critiquaient un peu trop l’Europe ou le libéralisme.

C’est que je pense encore qu’à terme, l’avenir fragile de la démocratie – et de la paix – est indissolublement lié à la construction d’une puissance culturelle et politique européenne. Faute de quoi nos économies et nos droits vont s’effondrer d’un même mouvement. Il suffirait d’accepter ce que nous sommes : Shakespeare et Hugo sont des poètes européens, Fellini et Bergman des cinéastes européens, Freud et Darwin des génies européens, Goethe et Cervantès des esprits européens…

Je ne vais pas vous casser le moral avec le déclin de la culture. À France Inter, vous avez affronté à la puissance mille la « résistance » extrême gauchiste. Vous tirez de cette expérience sur cette lointaine planète qu’est la radio publique un chapitre drôlissime. Pourtant, vous n’avez pas dû rigoler tous les jours. 

Bien sûr, j’ai rigolé tous les jours au moins une fois… Pas toujours pour des raisons très charitables, je l’avoue. Mais je comprends qu’avec l’ambiance qui a régné autour de ma nomination, certains collaborateurs pensaient qu’ils n’avaient rien à voir avec un type comme moi. Au contraire, je me reconnaissais en eux, forcément, et j’avais envie de les emmener un peu ailleurs.

Pour votre cinquième ou sixième existence, vous envisageriez la politique en vrai ?

Non, non. Vraiment, je ne suis pas fait pour ça. Je m’intéresse davantage à Chopin et à Proust qu’aux catéchismes politiques. La politique doit rendre possible la liberté des créateurs, le reste suivra.

Le 7 janvier 2015, vos amis et votre compagnon de presque toujours, Cabu, sont assassinés. Vous avez déjà évoqué ici la période qui va du procès des caricatures de 2006 à l’attentat (1). Malgré nos proclamations d’alors, on dirait qu’une partie de la France est prête à sacrifier la laïcité et la liberté d’expression sur l’autel du respect des minorités sensibles. 

Il est certain que plus personne aujourd’hui ne publierait les caricatures de Mahomet. Alors, je continue ma petite aventure avec ceux qui le veulent bien. Quand Tareq Oubrou m’invite à m’exprimer à Bordeaux devant des musulmans, j’y vais et on parle du blasphème, de la nécessité de rire du sacré. Cela dit, dans ces combats là, on est beaucoup moins seuls qu’il y a quinze ans. Une partie de la gauche s’est réveillée. Au Printemps républicain, à la Fondation Jean-Jaurès ou dans le think tank L’Aurore, par exemple, il y a beaucoup de gens qui prennent en considération le réel et les périls, intellectuels et politiques, d’aujourd’hui.

Peut-être, mais au-delà de la question islamiste, la raison est de moins en moins notre monde commun.

C’est une évidence et certains journalistes, qui devraient exprimer le rappel à la raison, participent à la confusion. Sur les plateaux télé, quand il est question de sujets sensibles comme l’incendie de Notre-Dame ou les gilets jaunes, ils laissent parfois passer des choses hallucinantes, soit parce qu’ils ne sont pas outillés pour les contester, soit parce qu’ils ont peur de fâcher leur rédaction ou de contrarier une partie de leur public. Il y a un autre phénomène inquiétant : quelqu’un qui achète Charlie Hebdo ou Causeur sait qu’il peut tomber sur des articles avec lesquels il n’est pas d’accord. Mais de plus en plus de gens, en particulier les jeunes, ne s’informent que par les réseaux sociaux, où ils ne cherchent que l’information qui conforte leurs convictions. Ainsi, ils ne sont plus confrontés à la contradiction. Ça, c’est une catastrophe de civilisation.

Dans les années 1970, il y avait les gauchistes, les communistes et la droite. On ne connaissait pas ce foisonnement médiatique. Et pourtant, on a l’impression que le débat était plus libre.

Oui, il était plus libre. Et de meilleur niveau. Surtout, il pouvait y avoir un débat. J’aime la polémique, mais je n’aime pas le pamphlet, car il exclut l’adversaire intellectuel de l’humanité. Née plutôt à droite au moment de l’affaire Dreyfus, l’humeur pamphlétaire est aujourd’hui passée à gauche. Ruffin, Mélenchon n’ont plus d’autre argument que la diabolisation de leurs adversaires. Et le plus inquiétant, c’est que les romanciers sont atteints par ce sectarisme. Dans Quatre vingt-treize, de Victor Hugo, il y a des héros vendéens. Aujourd’hui, même dans un roman, l’adversaire doit être une ordure. Le résultat, c’est que beaucoup de romanciers sont mauvais. Ce sont des petits sociologues, bornés à une vision bourdieusienne du monde. En effet, depuis que Bourdieu a détrôné Aron, la sociologie française est agonisante, obnubilée par le déterminisme social. Et les comiques font de la sociologie de bazar et partagent le monde entre bons et méchants. Comment voulez-vous qu’ils soient drôles ?

Des membres de l'équipe de Charlie Hebdo dont les dessinateurs Cabu, Charb, Riss, Tignous et Honoré Julien Berjeaut aka Jul and Catherine Meurisse posent devant les bureaux de l'hebdomadaire satirique, le 15 mars 2006 à Paris. Photo: JOEL SAGET / AFP

Des membres de l’équipe de Charlie Hebdo dont les dessinateurs Cabu, Charb, Riss, Tignous et Honoré Julien Berjeaut aka Jul and Catherine Meurisse posent devant les bureaux de l’hebdomadaire satirique, le 15 mars 2006 à Paris.
Photo: JOEL SAGET / AFP

L’humour occupe une grande place dans votre vie d’artiste et d’homme. Ça aussi, c’est en train de disparaître, alors qu’on peut se faire virer pour une mauvaise, voire pour une bonne blague. 

Finalement, l’humour, c’est peut-être une question de style, si le style est l’expression de l’inconscient. Un comique stylé, c’est un comique qui s’englobe dans ce qu’il moque. Il n’y a pas de grâce sans rire, sans imaginer parfois qu’il y a des dieux rieurs derrière les nuages. Alors, il est vrai que le rire est sinistré par les comiques-sociologues que j’ai évoqués. Cela dit, j’ai récemment assisté au spectacle de Jérôme Commandeur, qui m’a bien fait éclater de rire, comme Blanche Gardin, dont le spectacle est étonnant. Il y a seulement cinq ou six ans, des gens comme ça n’existaient pas.

Quatre ans après l’attentat de Charlie Hebdo, vous vivez toujours sous surveillance. Avez-vous peur ? Avez-vous le sentiment d’être abandonné dans votre combat pour la liberté ? Cette journée funeste a-t-elle changé ce que vous êtes ?

Je n’ai pas peur, parce que je me sens bien protégé. Quand on se bat pour ce qu’on aime, il faut absolument avouer qu’on y prend du plaisir. Si je ne croyais pas à certaines choses, ma vie serait moins intense. Donc je suis payé. C’est un mauvais moment pour la liberté. Beaucoup de nouvelles libertés acquises pendant ce demi-siècle sont, en réalité, beaucoup moins bien acceptées qu’on ne le pense, dans une certaine partie de la population. Et ça nourrit une colère qui parle d’autre chose, parce que la cause – le refus de ces libertés – est encore indicible, sauf chez les religieux. Je pense que, par exemple, le mariage homosexuel ou le droit à l’avortement et les droits des femmes en général restent, dans un inconscient collectif, comme des éléments destructeurs d’un ordre fantasmé du monde d’avant. Les attentats nous ont tous changés à des degrés divers. Avant, il semblait dans l’ordre des choses d’avoir des moments de fantaisie, de ressentir de la joie. Après j’ai compris que la fantaisie et la joie étaient une victoire sur moi-même et sur le monde. Ça l’était sans doute déjà avant, mais je ne le savais pas aussi nettement.

Le BNVCA condamne la propagande discriminatoire à risque lancée par la Mairie d’Aubervilliers contre l’État juif Israël

Communiqué :

Le Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme, dénonce et condamne la campagne de propagande

anti-israélienne lancée par la Mairie d’Aubervilliers (93).

Plusieurs administrés de cette commune, surtout de confession juive nous ont fait part de leur inquiétude suscitée par cette publicité hostile à l’État juif à la fois discriminatoire et mensongère. Sur des panneaux, des affiches, des photos sont accrochées tout au long de la clôture du parc urbain à la vue des passants invités à cette haine d’Israël, qui depuis 20 ans pousse à l’acte anti-juif, agressif voire meurtrier. Les juifs d’Aubervilliers ont été les premiers à subir les attaques antisémites de 2000 et 2001 en raison de l´engagement sans discernement de         l´équipe municipale communiste en poste à cette période. Rabbin attaqué dans la rue. Autocars scolaires incendiés. Tirs sur la vitre d’un autobus scolaire. Graffitis anti-juifs menaces injures etc.

Nous considérons que la politique étrangère ne relève pas du domaine d’un conseil municipal, d’autant qu’elle est de nature à dresser les communautés les unes contre les autres et rendre vulnérable les juifs de la ville, de même que les élèves du groupe scolaire « Chne Or », situé à proximité du parc.

Nous demandons à Monsieur le Préfet d’user de son pouvoir pour faire retirer cette propagande à risque qui n’apporte rien au développement des palestiniens et ne contribue en rien à la paix.

Nous demandons au Ministre de l’Intérieur d’exprimer à la Maire d’Aubervilliers, les remontrances, avertissements ou blâme qui s’imposent. Le BNVCA a chargé son conseil de déposer une requête auprès du

Tribunal Administratif.          

           

Les services secrets français priés de modérer leurs critiques sur l’Iran

En juin, lors d’un conseil de défense, il a été demandé aux services secrets français, pour faciliter le dialogue avec Téhéran, de mettre en sourdine leurs inquiétudes sur ce qu’ils qualifient de « terrorisme d’Etat ». 

Par  Jacques Follorou   Publié par Le Monde

Abbas Araghchi, vice-ministre iranien des affaires étrangères, s’exprimant devant la presse après une réunion, à Vienne (Autriche), des pays parties de l’accord sur le nucléaire iranien.  Le 28 juillet 2019.
Abbas Araghchi, vice-ministre iranien des affaires étrangères, s’exprimant devant la presse après une réunion, à Vienne (Autriche), des pays parties de l’accord sur le nucléaire iranien.  Le 28 juillet 2019. ALEX HALADA / AFP

Si les services de renseignement occupent aujourd’hui une place centrale dans les affaires du monde, ils doivent, parfois, taire leurs exigences face au pouvoir politique. Ce fut ainsi le cas, en juin, lors d’un conseil de défense qui réunit, chaque semaine, les principaux acteurs de la sécurité du pays autour du chef de l’Etat, Emmanuel Macron.

Alors que la discussion abordait la question iranienne et le rôle que pouvait jouer la France pour sauver ­l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, il fut demandé aux services secrets français, pour faciliter le dialogue avec Téhéran, de mettre en sourdine leurs inquiétudes sur ce qu’ils qualifient de « terrorisme d’Etat » de Téhéran.

Projet d’attentat avorté à Villepinte

Les services français ont toujours à l’esprit, en effet, le projet d’attentat avorté ayant ciblé, le 30 juin 2018, un rassemblement, à Villepinte, au nord de Paris, des Moudjahidine du peuple, mouvement d’opposition au régime iranien. La tentative avait échoué après l’arrestation en Belgique, le jour même, d’un couple d’origine iranienne. Les enquêteurs avaient trouvé dans leur véhicule 500 grammes d’explosifs de type TATP et un détonateur. A en croire les services de renseignement, ils recevaient leurs ordres d’un diplomate iranien, Assadollah ­Assadi, en poste en Autriche depuis 2014.

Une grande part des informations avaient été fournies aux Français et aux Belges par le Mossad, l’un des services secrets israéliens. « Cetteaffaire est gravissime, elle aurait pu faire un carnage, assure un membre de la communauté du renseignement français, c’est notre Skripal à nous [Sergueï Skripal, un ex-agent russe passé à l’ennemi britannique, fut victime, en mars 2018, d’une tentative d’empoisonnement, dans le sud de l’Angleterre, perpétrée par le renseignement militaire russe], mais il faut faire profil bas. »

USA: B. Sanders prêt à réduire l’aide américaine à Israël pour faire pression sur le gouvernement

i24NEWS 28 juillet 2019 à 06:32 –

Le sénateur Bernie Sanders, candidat démocrate à la présidentielle américaine, le 13 décembre 2018 au Sénat
MANDEL NGAN (AFP/Archives)

“Sous Netanyahou, il y a eu un gouvernement d’extrême droite avec de nombreuses tendances racistes”

Le sénateur américain du Vermont, Bernie Sanders, candidat à la présidence du parti démocrate de 2020, serait “absolument” prêt à envisager des réductions budgétaires de l’aide étrangère américaine à Israël pour faire pression sur le gouvernement et Jérusalem.

Les États-Unis fournissent actuellement une aide militaire de 3.8 milliards de dollars à l’Etat hébreu. 

Interviewé dans l’émission podcast Pod Save America, Bernie Sanders a déclaré qu’il n’hésiterait pas à utiliser cette aide comme moyen de pression sur le gouvernement israélien “afin qu’il agisse différemment avec les Palestiniens.”

Il a par ailleurs affirmé qu’il ne prendrait pas de décisions qui rendraient Israël militairement vulnérable, mais donnerait au gouvernement un chèque en blanc.

“J’ai de la famille en Israël. Je suis Juif. Je ne suis pas anti-Israël”, a-t-il déclaré. “Evidemment je pense que le peuple d’Israël a le droit de vivre en paix et en sécurité mais ces dernières années, sous Netanyahou, il y a eu un gouvernement d’extrême droite avec de nombreuses tendances racistes,” a-t-il précisé.

En avril dernier, Sanders avait accusé le gouvernement Netanyahou d’être “raciste” alors qu’il participait à un événement local organisé par CNN avec des électeurs démocrates.

Celui qui est candidat démocrate à la présidence de 2020 avait appelé à un changement de la politique américaine vis-à-vis d’Israël, affirmant que l’approche du Premier ministre Benyamin Netanyahou à l’égard des Palestiniens était “oppressive”, et avait affirmé que s’il était élu, il afficherait davantage de sympathie envers les préoccupations des Palestiniens.Sanders accuse le gouvernement de Netanyahou de racisme

Contenus SponsorisésAilleurs sur le webUn traducteur instantané surprend tout le pays. L’idée est génialeInstant Voice TranslatorLe coût des implants dentaires dans Paris peut vous surprendreImplants Dentaires I Liens de rechercheby Taboolaozçm

Liaisons étranges entre un élu européen, le BDS et le terrorisme

Début juillet, le Parlement européen a donné la parole à un membre du FPLP, un groupe palestinien reconnu comme terroriste, à l’invitation de Manu Pineda, dit “Manu Abu Carlos”, un député européen communiste (Podemos) membre du BDS, le mouvement de boycott d’Israël.

Le 10 juillet dernier, le Parlement européen accueillait Khaled Barakat, membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), une organisation reconnue comme terroriste par les Etats-Unis, l’Union européenne, le Canada et Israël.

Cette visite a fait l’objet d’une vive controverse dans les milieux européens. Khaled Barakat était venu défendre le mouvement BDS (“boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël”) à l’invitation de Manu Pineda, un député communiste espagnol fraîchement élu au Parlement européen.

Eurodéputé et pro-BDS

Manu Pineda, connu sur Facebook sous le nom de “Manu Abu Carlos”, est un activiste du BDS, qui se présente sur le réseau social en compagnie de combattants des brigades du martyr Abu Ali Mustapha, le bras armé du FPLP, lance-roquettes et fusil-mitrailleur au poing (voir photo). Parmi eux, le leader de la brigade, Abu Jamal. Manu Pineda est aussi connu pour avoir fondé Unadikum, une association soutenant la résistance armée.CONSEIL

Cette visite met en lumière les liens entre le BDS et des groupes reconnus comme terroristes par la communauté internationale. Un lien dont de nombreux sympathisants du BDS, adhérant en bonne foi, ne sont pas informés. Le découvrir nécessite de faire des recherches.

Dans la structure du BDS, on retrouve les groupes terroristes du djihad islamique et du Hamas, aux côtés de plusieurs ONG palestiniennes. Le djihad islamique palestinien, formé militairement par le Hezbollah, prône dans sa charte la destruction de l’État d’Israël pour le remplacer par un État islamique palestinien. Il se concentre sur l’action armée avec ses Brigades Al-Qods.

Entraînements militaires

Peu avant sa visite au Parlement européen, Khaled Barakat venait d’être interdit de prendre la parole en Allemagne en raison de son activisme et de ses liens avec la lutte armée.

Khaled Barakat fait partie de Samidoum, une organisation pro-BDS et liée au FPLP. On y retrouve aussi le Belge Mustapha Awad, arrêté en Israël en juillet 2018 pour participation à un mouvement terroriste, puis relâché début 2019.

D’après un rapport du ministère israélien des Affaires stratégiques, “Khaled Barakat, membre du comité central du FPLP au Liban, a organisé l’entraînement militaire de Mustapha Awad en 2015 au Liban par le Hezbollah”, une autre organisation reconnue comme terroriste. Selon ce même rapport, “Mustapha Awad a transféré des fonds de Liban et de Syrie à Khaled Barakat en Belgique à deux occasions en 2016 et 2017”. D’autres détails interpellent, comme les similitudes entre le site internet de Samidoun et celui du FPLP.

Par ailleurs, sur la version anglaise du site de Samidoun, Khaled Barakat est présenté comme “un écrivain palestinien”, alors que sur la version arabe, il est associé au comité central du FPLP. Sur sa page Facebook, il fait aussi l’apologie d’Ashraf Na’alwa, le meurtrier de deux Israéliens, qu’il qualifie de“héros” qui s’est “sacrifié” pour la Palestine.

Le BDS condamné

Le mouvement BDS est considéré comme antisémite en Allemagne, comme dans d’autres pays. “Le mouvement BDS (…) est inacceptable et doit être fortement condamné. Les modèles et méthodes d’argumentation du BDS sont antisémites (…) et rallument inévitablement la mémoire de l’ère nazie”, dit une résolution du Parlement allemand votée en mai.

Les députés allemands y font la part des choses entre la critique de la politique de l’État d’Israël – relevant de la liberté d’expression – et une critique masquant un antisémitisme évident, comme les étiquettes du BDS collés sur les produits israéliens où l’on lit “N’achetez pas”, rappelant le slogan nazi “N’achetez pas aux Juifs” peint sur les commerces juifs dans les années 30. “Le Bundestag allemand condamne toutes les déclarations et attaques antisémites déguisées en critiques de la politique de l’État d’Israël, mais qui, en réalité, expriment de la haine envers les Juifs et leur religion”, indique la résolution.

Le BDS est également dénoncé par des législations votées dans 27 États américains, où ses comptes bancaires ont été fermés et ses campagnes sur internet interdites.

L’Europe n’a pas encore pris position. Pourtant, selon un autre rapport du ministère israélien des Affaires stratégiques, datant de janvier 2019, 5 millions d’euros iraient à des organisations soutenant le BDS. Le rapport “The Money Trail”, d’une trentaine de pages, décrypte cette chaîne de financement.

Vincent Georis,  JournalisteSource: L’Echo

Dominique Reynié «Le pire a eu lieu»

Pour le directeur général de la Fondation pour l’innovation politique, Dominique Reynié, si l’arrêté a été annulé, «le pire a eu lieu». «Cet arrêté préfectoral a une valeur historique, insiste-t-il. C’est une décision désastreuse car elle acte l’incapacité de la force publique à protéger nos compatriotes juifs. On leur demande de dissimuler leur judaïsme! Et on identifie même les quartiers où on peut se faire agresser si on est juif! C’est une déclaration d’impuissance et de défaite de l’État face à des groupes qu’il sait animés par des idées antisémites et qu’il sait localiser, comme en témoigne le texte. Par cet aveu, il favorise inévitablement l’expression de cet antisémitisme.»

Strasbourg suite: Croix gammées, saluts nazis et écharpes israëliennes brûlées en marge du match Racing – Haïfa

Vendredi 26 juillet, le groupuscule de supporters d’ultradroite Strasbourg Offender s’est affiché sur Facebook en brûlant des écharpes du club israëlien Maccabi Haïfa. Sur une autre photo, ils font le salut nazi et tendent un drapeau, plein de croix gammées. Par Guillaume Krempp publié le 27/07/2019 à 01h246 615 VISITES 6 COMMENTAIRES actualisé le 27/07/2019 à 11h30 

Cagoules, croix gammées et saluts nazis. Vers midi vendredi 26 juillet, les membres du groupuscule de hooligans d’ultradroite Strasbourg Offender font les fiers sur la page Facebook Ouest Casual Officiel. Ils sont parvenus à voler plusieurs écharpes du club de football israëlien Maccabi Haïfa en marge de la rencontre d’Europa League, disputée le 25 juillet dans le stade de la Meinau. Ce petit jeu consiste parfois en des bagarres à 13 contre 13 entre deux groupes. L’humiliation ultime : voler le drapeau du club rival et l’afficher sur les réseaux. Cette rivalité alimente aussi une autre page du réseau social. Sur Gruppaof, les mêmes deux photos de Strasbourg Offender ont été publiées dans la journée. 

La deuxième photo publiée sur Ouest Casual Officiel et Gruppaof. (capture d’écran)

Indignation autour d’un arrêté

Par arrêté préfectoral du 25 juillet dernier, les supporters israëliens étaient interdits de certaines zones à Strasbourg. Ils ne pouvaient non plus arborer des « signes ostentatoires » de leur club. Cette décision a suscité de vives indignations sur Twitter. Les internautes exprimaient leur incompréhension face à cette mesure, pourtant habituelle dans le football français. Régulièrement, les clubs de supporters en déplacement sont encadrés voire interdits de stade.

Des manifestations antisémites strasbourgeoises

Pour justifier cet arrêté, la Préfecture a notamment rappelé la présence supporters antisémites à Strasbourg :

« Des contacts ont été établis entre supporters violents des deux équipes, dont certains de ceux-ci sont politisés ou identifiés comme étant à l’origine de manifestations d’antisémitisme, et que des rencontres sont susceptibles d’être organisées pour en découdre. »

Rue89 Strasbourg a déjà révélé les liens entre hooligans strasbourgeois et l’ultradroite strasbourgeoiseAinsi des membres du Bastion Social ont pu afficher leur proximité avec le groupe Strasbourg Offender. Le groupuscule du Bastion Social a été dissous fin avril suite à l’annonce présidentielle du 20 février 2019.

L’antisémitisme insécurise les jeunes Juifs européens

Les 16-34 ans jugent qu’il a augmenté entre 2013 et 2018, faisant grandir leurs craintes au quotidien et le désir d’émigrer.

JEAN CHICHIZOLA

ANTISÉMITISME Les jeunes Juifs européens sont confrontés à un antisémitisme croissant. Tel est le constat dressé par un rapport sur les « expériences et perceptions de l’antisémitisme » publié en juillet par la Commission européenne et l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne. Le directeur de l’agence, l’avocat irlandais Michael O’Flaherty, déplore à cette occasion que « l’antisémitisme reste une souillure qui refuse de disparaître ». La commissaire européenne pour la Justice, la Tchèque Vera Jourova, souligne, elle, qu’il s’agit d’« une menace pour nos valeurs européennes ».

Cette enquête, qui confirme les événements observés notamment en France ces dernières années, se fonde sur les réponses d’un échantillon représentatif de plus de 2 700 Européens juifs âgés de 16 à 34 ans. Le rapport rappelle en introduction que, si dans la seconde moitié du XIXe siècle, 90 % de la population juive mondiale vivait sur le continent européen (Empire russe compris), ce chiffre n’est plus que de 10 % aujourd’hui. Sur un peu plus d’un million de Juifs aujourd’hui dans l’Union européenne, la grande majorité vit en France (quelque 500 000), au Royaume-Uni et en Allemagne. Et leur inquiétude grandit.

Plus de quatre jeunes interrogés sur cinq jugent ainsi que l’antisémitisme est un problème dans leur pays et qu’il a même augmenté entre 2013 et 2018. Un peu moins de la moitié (44 %) a été victime d’au moins un acte de harcèlement antisémite (agressions verbales, gestes insultants, harcèlement électronique ou téléphonique…) dans les douze mois précédant l’enquête. Et 4 % ont été la cible d’une agression physique antisémite.

Pour ces sondés, l’islam radical est le premier responsable des attaques. 31 % des jeunes harcelés (et plus de la moitié des agressés physiquement) l’ont été par une personne se réclamant « d’un point de vue islamique extrémiste ». 21 % des harceleurs se réclamaient de l’extrême gauche et 14 % de l’extrême droite.

Menaces 

L’élément le plus inquiétant du rapport tient à la description des conséquences de ces menaces persistantes et croissantes dans la vie quotidienne des jeunes juifs européens. Près de la moitié des jeunes faisant le choix de ne pas « revêtir, porter ou afficher en public des signes et objets distinctifs de leur identité juive » déclarent qu’ils agissent non pour des raisons de conviction personnelle mais « par souci de sécurité ».

Plus des deux tiers des jeunes Juifs qui affichent publiquement leur identité évitent de le faire dans certaines circonstances. Plus d’un jeune Juif sur dix a déménagé pour des raisons de sécurité. Et le rapport note notamment que, « en France, beaucoup de Juifs vivent dans des quartiers marqués par une forte mixité judéo-musulmane. Des tensions récentes ont eu un impact négatif sur le sentiment de sécurité de la population juive dans ces quartiers ».

Dans ces conditions, 41 % des jeunes Juifs européens interrogés ont déjà envisagé d’émigrer, en Israël pour la plupart, « parce qu’ils ne se sentaient pas en sécurité en tant que personne juive ». Le rapport revient sur la situation française, notant « qu’entre 1995 et 2012 », 1 750 Juifs ont quitté le pays en moyenne chaque année. Après les attentats islamistes de 2012 et 2015, continue le rapport, ils ont été 2 900 en 2013, puis plus de 6 000 en 2014 et de nouveau plus de 6 000 en 2015. « Si les chiffres ont baissé depuis lors, note l’étude, ils demeurent très au-dessus du niveau moyen observé dans les années 1990 et 2000. » L’étude précise toutefois que ces émigrants ne représentent sur la période 2012-2018, que 5,5 % de la population juive française. Et que ces données sont très inférieures, et stables depuis des années, au Royaume-Uni ou en Allemagne. Comme un signe d’une sinistre « exception française ».

Le Figaro – samedi 27 juillet 2019

Monsieur Castaner refuse d’interdire les rassemblements du mouvement antisémite BDS

Le gouvernement français rejette officiellement les demandes d’interdiction des rassemblements du mouvement antisémite anti-israélien BDS.

Dans un courrier adressé au député Meyer Habib, en pointe dans la lutte contre l’antisionisme, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, soutien notoire des terroristes palestiniens et des extrémistes du BDS, a justifié ce refus en insistant sur la liberté de manifestation.

Meyer Habib Hier, à 08:56 · INTERDIRE LES MANIFESTATIONS BDS : LETTRE AU PRÉFET – RÉPONSE DU MINISTRE DE L’INTÉRIEUR Le 13 mai, j’ai écrit au Préfet de Police de Paris – avec copie au Ministre de l’intérieur – pour mettre fin à ce scandale persistant : chaque semaine depuis dix ans sont organisées à Paris des manifestations du mouvement illégal BDS. L’appel au boycott est totalement illicite en droit français. Pire, ces rassemblements alimentent jour après jour un climat de haine d’Israël et des Français juifs. Hélas, la réponse ci-jointe du Ministre est courtoise mais se borne à rappeler les principes de la liberté de manifestation. Depuis des années, je me bats sans concession contre le BDS et je continuerai de le faire. Le 16 décembre 2015, j’ai interpellé devant toute l’Assemblée nationale l’ancien premier ministre Manuel Valls lors des questions d’actualité dont voici le lien : https://cutt.ly/nX7mbE . Le 4 juillet dernier encore, j’ai défendu un amendement anti-BDS à la proposition de loi Avia visant à lutter contre la haine sur Internet. En vain, il fût rejeté par le gouvernement et sa majorité. Quand il s’agit de boycott d’Israël, la loi reste lettre morte dans l’indifférence générale. Quel contraste avec l’Allemagne, où le Bundestag a voté le 17 mai dernier à la quasi-unanimité une résolution assimilant l’appel au boycott d’Israël à l’antisémitisme ! L’antisionisme militant – notamment du BDS – n’est que le paravent du nouvel antisémitisme politique. Il continue de vociférer sa haine sous le regard indulgent du gouvernement. Cette haine d’Israël et du Juif tue dans notre pays.

“Quand il s’agit de boycott d’Israël, la loi reste lettre morte dans l’indifférence générale. Quel contraste avec l’Allemagne, où le Bundestag a voté le 17 mai dernier à la quasi-unanimité une résolution assimilant l’appel au boycott d’Israël à l’antisémitisme ! L’antisionisme militant – notamment du BDS – n’est que le paravent du nouvel antisémitisme politique. Il continue de vociférer sa haine sous le regard indulgent du gouvernement. Cette haine d’Israël et du Juif tue dans notre pays”, a dénoncé le député dans un communiqué.

Match Maccabi-Strasbourg. Le BNVCA salue le nouvel arrêté du Préfet qui autorise les supporters du Maccabi à arborer leurs couleurs en ville et dans l’enceinte du stade.

Le BNVCA est heureux d’annoncer à tous ses  requérants que le Directeur du Cabinet du Préfet du Bas  Rhin vient  de prévenir le président du BNVCA Mr. Sammy Ghozlan  que l’arrêté Préfectoral perçu comme discriminatoire à l’égard des supporters israéliens de l’équipe du Maccabi a été remplacé par un nouvel  arrêté permettant à ces supporters d’arborer  leurs  couleurs en ville et dans l’enceinte du stade.

Les supporters israéliens ne sont ni des bandits ni des casseurs.  Ils sont désormais autorisés à se déplacer en ville à charge pour les services de police d’assurer leur sécurité. Le Bnvca salue la sage initiative du Prefet du Bas Rhin de revenir sur sa décision initiale et remercie tous ceux qui nous ont alertés ainsi que ceux qui ont contribué à obtenir ces nouvelles dispositions plus rassurantes pour les citoyens juifs et les nombreux amis d’Israel.      

Bas Rhin : Match Haifa / Strasbourg – Le BNVCA indigné par l’arrêté Préfectoral interdisant les supporters Israéliens de circuler dans certains secteurs de la ville.

Le BNVCA est requis par un grand nombre de correspondants choqués et indignés par l’arrêté pris par le préfet de région grand est à l’occasion du match que joue une équipe de Haïfa à Strasbourg ce jeudi 25 juillet 2019.

La Préfecture du Bas-Rhin a émis ce mercredi un arrêté préfectoral pour encadrer la rencontre. Le document interdit “à toute personne se prévalant de la qualité de supporter du Maccabi Haïfa FC, ou se comportant comme tel, de circuler ou stationner sur la voie publique”, dans certains secteurs de Strasbourg (gare et alentours, une partie du centre-ville et abords du stade).

Cet arrêté doit être immédiatement annulé. Il ose interdire la simple vue de maillots de Haïfa ou du drapeau israélien sous prétexte de risques causés à l’ordre public et à la sécurité des personnes ainsi que de risques de terrorisme. Cette décision inique est l’hommage de la vertu au vice ! Les supporters de Haïfa, au nombre estimé de 600 ne posent bien sûr aucun problème et ceux qui sont à craindre sont uniquement les antisémites et antisionistes de toutes obédiences qui peuvent perturber la fête sportive à venir. Il convient donc au contraire comme le veut l’usage Républicain d’assurer la sécurité des victimes potentielles et leur permettre de vivre au grand jour. Cet arrêté c’est comme si on fermait les synagogues parce que leur présence énerve certains. Pour les synagogues pour l’heure c’est la protection et l’ouverture qui est assurée mais la décision du Préfet du Bas Rhin laisse augurer l’abandon officiel de la défense de toute activité liée aux juifs ou à Israël sous des prétextes d’ordre public. Cet arrêté doit être annulé. 

Cet arrêté est d’autant plus incompréhensible qu’il y a quelques jours seulement, à Strasbourg comme dans tout le pays des supporters algériens (et français par dizaine de milliers) ont manifesté leur fidélité à l’Algérie avec tous les sigles et bannières de l’Algérie et causé de nombreux incidents parfois graves sans encourir la moindre interdiction.

Il y a donc pour le Préfet du Bas Rhin 2 poids 2 mesures : les supporters algériens (dizaine de milliers) oui, les israéliens (600 seulement qui ont eu l’autorisation) non.

Cet arrêté est perçu comme discriminatoire à l’égard des supporters qui ne sont ni des bandits ni des casseurs.

Nous avons alerté toutes les autorités competentes.

Joseph Kessel : A Haïfa, j’ai obtenu le visa d’entrée n°1 de l’Etat d’Israël

Joseph Kessel : A Haïfa, j’ai obtenu le visa d’entrée n°1 de l’Etat d’Israël

Hommage à Joseph Kessel (10 février 1898 – 23 juillet 1979), aviateur, journaliste, écrivain, résistant, auteur des paroles avec son neveu Maurice Druon du Chant des Partisans, académicien, amoureux d’Israël.«

« Les six passagers du ’’Petrel’’, petit avion qu’ils avaient loué à Paris pour essayer d’atteindre la Palestine en ces jours difficiles, écoutaient anxieusement leur pilote appeler en plein ciel le poste de contrôle du terrain de Haïfa. A l’horizon, dans la brume de chaleur, on devinait les neiges du mont Hermon et les lignes de la côte.

« Le pilote serra davantage contre ses oreilles le casque d’écoute, puis tourna vers nous son profil d’oiseau.

« ’’Ordre de se poser à Haïfa’’, dit-il.

« Je regardai mes compagnons de route et je les sentis tous liés par la même inquiétude. C’était à Tel-Aviv que nous voulions atterrir. Tel-Aviv appartenait entièrement aux juifs. Dans Haïfa, zone d’embarquement pour les troupes britanniques, que ferait-on de nous, à qui le visa anglais avait été refusé?

« – Insistez pour Tel-Aviv, demandai-je au pilote.

« Il tourna la tête et dit:

– C’est formel: Haïfa et pas ailleurs.

« Un homme brun, tout en nerfs, qui était assis derrière moi, gémit presque:

« – Avoir attendu cela pendant 2.000 ans et peut-être pour rien…

« Quand l’avion cessa de rouler sur la piste cimentée, trois garçons, en chemise et en short kaki, uniforme de tous les pays  chauds, se dirigent vers nous.

« – D’où venez-vous?, demanda brièvement leur chef.

« Il parlait anglais, mais avec un accent.

Alors, l’homme brun tout en nerfs se mit à lui donner des explications, très vite, dans une langue aux syllabes singulières, et le visage de l’autre s’éclaira profondément. Et il répondit dans la même langue. Notre camarade de route, passant de l’hébreu au français, s’écria alors:

« – Ce sont des juifs! Les Anglais leur ont cédé ce matin le contrôle civil de l’aérodrome. Notre avion est le premier à toucher le sol de la Palestine libre, de l’Etat d’Israël, et nous sommes les premiers passagers…

« Les premiers: ces mots, qu’il prononçait avec un frémissement religieux, semblaient inscrits tout autour de nous, sur les visages, dans les yeux, dans l’attitude des gens. Le premier contrôle, la première police, la première douane de l’Etat d’Israël. En uniforme ou en civil, tous ces hommes portaient sur eux une joie grave, l’expression éblouie des grands commencements.

« Leur émotion passa un peu en moi lorsque le garçon, jeune, roux et rude, apposa sur mon passeport, en caractères hébraïques et avec un timide et tendre sourire, le visa d’entrée de l’Etat millénaire qui venait d’être ressuscité, et me dit:

« – Vous en avez de la chance! C’est le visa numéro 1 de notre pays.

« Puis des voitures furent appelées de Haïfa pour nous conduire à Tel-Aviv. (…) » 

Source France-Soirg

La « Mort Lente » des Palestiniens du Liban

par Khaled Abu Toameh
24 juillet 2019
T

P
  • Les mesures prises par les autorités libanaises à l’encontre des Palestiniens mettent à nouveau en lumière les discriminations qui pèsent sur les Palestiniens dans ce pays arabe. Une dépêche d’Associated Press de 2017 affirmait que, « au Liban, les Palestiniens sont discriminés dans presque tous les aspects de la vie quotidienne … ». La loi libanaise empêche les Palestiniens d’accéder à diverses professions, comme le droit, la médecine et les métiers d’ingénieurs. Ils n’ont pas droit aux prestations de sécurité sociale, et en 2001, le parlement libanais a voté une loi qui bloque leur accès à la propriété.
  • Les discriminations et mesures racistes instituées par le Liban à l’encontre des Palestiniens n’émeuvent guère les propalestiniens du monde entier. Ces mouvements ferment les yeux sur la ségrégation des Palestiniens en pays arabe. En revanche, ils scrutent Israël à la loupe pour rechercher des abus imaginaires contre les Palestiniens.
  • Il serait temps que les propalestiniens des campus universitaires des États-Unis, du Canada, de Grande-Bretagne et d’Australie organisent une « Semaine de l’apartheid arabe » au lieu d’accuser Israël de « discrimination » contre les Palestiniens. Il serait également grand temps que les médias internationaux réalisent que les mesures anti-palestiniennes prises au Liban se produisent à un moment où Israël augmente le nombre de travailleurs palestiniens autorisés à travailler en Israël.

Plus de 100 000 Palestiniens de Cisjordanie sont titulaires d’un permis de travail en Israël, affirment de manière concordante des sources palestiniennes et israéliennes. Les mêmes sources confirment que des milliers de Palestiniens entrent, tous les jours, en Israël sans autorisation.

Les mesures discriminatoires et racistes libanaises à l’encontre des Palestiniens ne semblent pas déranger les propalestiniens du monde entier. Ces mouvements ferment les yeux sur l’angoisse des Palestiniens qui vivent dans les pays arabes et focalisent leurs efforts sur les abus imaginaires que les Israéliens ont commis contre les Palestiniens. Photo : Burj Barajneh, un camp de réfugiés palestiniens au Liban administré par l’UNRWA. (Source image : Al Jazeera English / Flickr CC BY-SA 2.0)

Le 15 juillet, selon une estimation du ministère israélien de la Défense, plus de 80 000le travailleurs palestiniens sont entrés en Israël.

Dans le cadre des négociations menées pour aboutir à une trêve avec le Hamas, Israël aurait accepté que le quota de commerçants et de chefs d’entreprises palestiniens autorisés à entrer en Israël en provenance de la bande de Gaza passe de 3 500 à 5 000.

Des fuites dans la presse indiquent que cette ultime concession israélienne a été arrachée par l’Egypte et les Nations Unies afin d’éviter un affrontement militaire à grande échelle entre Israël et le Hamas.

Alors qu’Israël augmente constamment le nombre de permis de travail accordés aux Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, le Liban a au contraire lancé une chasse sans précédent aux travailleurs clandestins, déclenchant ainsi une vague de manifestations parmi les Palestiniens installés au Liban.

Les autorités libanaises expliquent que leur chasse aux clandestins vise principalement les Syriens arrivés au Liban en 2011, après le début de la guerre civile. Cette campagne contre les travailleurs illégaux a abouti à la fermeture de plusieurs entreprises, et de nombreux travailleurs palestiniens et syriens ont perdu leur emploi.

Le ministre libanais du Travail, Kamil Abu Sulieman, s’est défendu d’avoir « comploté » contre les 450 000 Palestiniens qui peuplent son pays. « Le plan de lutte contre le travail illégal a été préparé il y a plusieurs mois et ne vise pas les Palestiniens », a déclaré Abou Sulieman. « Il existe une loi sur le travail au Liban et nous avons décidé de l’appliquer. Nous avons informé les travailleurs clandestins et les entreprises qui les emploient qu’ils allaient devoir se mettre en règle ».

Le ministre libanais a toutefois reconnu que la lutte contre le travail clandestin avait amené un certain nombre d’entreprises palestiniennes à fermer leurs portes.

Les Palestiniens ont contesté les propos du ministre et ont manifesté leur mécontentement dans différentes parties du Liban. Des pneus ont été brûlés à l’entrée de plusieurs camps de réfugiés et des mouvements palestiniens ainsi que des responsables palestiniens, ont demandé aux autorités libanaises de mettre fin à la campagne qu’ils mènent contre les chefs d’entreprise et les travailleurs palestiniens.

« Les nouvelles dispositions libanaises font du tort aux Palestiniens », a déclaréAli Faisal, membre du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP), une organisation membre de l’OLP. Il a vivement conseillé aux autorités libanaises de mettre fin à leurs dispositions anti-palestiniennes et a rappelé que les Palestiniens contribuent à la croissance économique du Liban à hauteur de 11% au moins.

Ce responsable du FDLP a aussi rappelé que la loi libanaise empêche les Palestiniens d’exercer les métiers du droit, de la médecine et de l’ingénierie ; la loi les empêche aussi de percevoir des prestations de sécurité sociale. En 2001, le parlement libanais a aussi adopté une loi excluant les Palestiniens de l’accès à la propriété immobilière.

Certains médias arabes considèrent les manifestations palestiniennes au Liban comme le début d’une “Intifada” [soulèvement]. La colère est d’autant plus grande que les autorités libanaises délivrent les permis de travail avec réticence.

« Le taux de chômage des Palestiniens au Liban est très élevé », a déclarél’homme d’affaires palestinien Ziad Aref, et « nous devons avoir le droit de travailler. La nouvelle campagne des autorités libanaises pousse des milliers de Palestiniens au chômage et aggrave la crise financière. »

Aref situe le taux de chômage des Palestiniens du Liban aux environs de 56%. Il a aussi pris à partie les dirigeants palestiniens coupables à ses yeux d’indifférence envers la détresse des travailleurs et entrepreneurs palestiniens de la région.

Les dirigeants palestiniens de Cisjordanie, de la bande de Gaza et du Liban affirment multiplier les contacts avec les autorités libanaises dans le but de faire cesser le harcèlement économique des Palestiniens et aboutir à un arrangement.

Azzam al-Ahmed, haut responsable de l’OLP en charge du dossier des « Palestiniens du Liban », a exprimé la profonde inquiétude que lui causait la campagne menée contre les travailleurs étrangers illégaux. Il a affirmé avoir tenté, à plusieurs reprises, d’infléchir les responsables libanais.

Le Hamas aussi, a accusé les autorités libanaises d’orchestrer la « mort lente » des Palestiniens du Liban. Un communiqué du Hamas affirme que la campagne libanaise contre les travailleurs et les entreprises illégales relève d’un « complot pour liquider les droits des réfugiés palestiniens. Nous refusons qu’une quelconque menace pèse sur la vie et l’avenir des réfugiés palestiniens au Liban et nous ferons échec à cette politique de mort lente. »

Ces évènements braquent à nouveau le projecteur sur les politiques ouvertement discriminatoires du Liban contre les Palestiniens. Selon une dépêche d’Associated Press de 2017, « les Palestiniens du Liban sont discriminés dans presque tous les aspects de la vie quotidienne … Beaucoup vivent dans des zones de peuplement dites « camps de réfugiés », mais qui sont en réalité d’authentiques ghettos placés sous contrôle militaire et entourés de murs de béton et de barbelés ».

« Les discriminations et la marginalisation [qui frappent les Palestiniens] sont amplifiées par les barrières mises à l’entrée sur le marché du travail, lesquelles génèrent un taux de chômage élevé, des bas salaires et de mauvaises conditions de travail » indique un rapport de l’ONU. « Jusqu’en 2005, plus de 70 professions étaient interdites aux Palestiniens – et 20 branches professionnelles le sont encore. La pauvreté qui en résulte est exacerbée par diverses restrictions qui touchent à l’éducation et aux services sociaux ».

Les mesures discriminatoires et racistes prises à l’encontre des Palestiniens du Liban semblent laisser de marbre les propalestiniens du monde entier. Ces mouvements détournent systématiquement leur regard des tristes conditions de vie faites aux Palestiniens dans les pays arabes ; tous préfèrent scruter interminablement les abus imaginaires commis par les Israéliens contre les Palestiniens.

Il serait temps que les propalestiniens des campus universitaires des États-Unis, du Canada, de Grande-Bretagne et d’Australie organisent une « Semaine de l’apartheid arabe » plutôt que de se consacrer exclusivement aux « discriminations » commises par Israël. Il serait temps également que les médias internationaux comparent les mesures anti-palestiniennes du Liban et la récente augmentation par Israël des visas de travail accordés aux travailleurs palestiniens.

Qui peut répondre à la question suivante : pourquoi l’ONU et les autres institutions internationales gardent-elles le silence quand des Palestiniens sont exclus du monde du travail dans un pays arabe alors que plus de 100 000 Palestiniens franchissent quotidiennement la frontière israélienne pour y travailler ? La Ligue arabe ou le Conseil de sécurité des Nations Unies se réuniront-ils un jour en urgence pour dénoncer l’apartheid et le racisme libanais ? A moins qu’ils ne soient trop occupés à rédiger des résolutions condamnant Israël, un pays qui lui, a largement ouvert ses portes aux travailleurs palestiniens ?

Khaled Abu Toameh, journaliste primé basé à Jérusalem, est Shillman Journalism Fellow au Gatestone Institute.

Goldnadel: «L’étrange indulgence des Européens envers l’Iran»

TRIBUNE – Le Figaro Vox –

L’avocat Gilles-William Goldnadel déplore que la classe médiatique et politique soit plus sévère avec Trump qu’avec les mollahs. Il rappelle que le régime de Téhéran, loin d’être modéré, reste très répressif pour les femmes et les minorités.

Le point de vue qui suit est très minoritaire. C’est même sa raison d’être.

Il soutient que dans le bras de fer entre le président Trump et l’ayatollah Khamenei, la classe politique et médiatique européenne, avec sa supériorité habituelle teintée d’un antioccidentalisme inconscient, fait montre d’une sévérité à l’égard de la partie américaine qui n’a d’égale que son absence totale d’esprit critique à l’égard de la République islamique.

Nous ne considérons pas comme central le débat sur la sortie des Américains de l’accord nucléaire avec l’Iran. Tout a été écrit sur le sujet et assez correctement.

L’accord conclu avait ses faiblesses (durée trop limitée, inspections inopinées prohibées), mais il avait le mérite d’exister. Les Américains d’Obama tenaient à le signer en dépit d’une résistance des Français, qui s’y sont résignés.

«Les esprits supérieurs qui continuent de sévir l’ont vendu aux réticents en édictant le postulat indiscutable que les mollahs radicaux deviendraient des agneaux, une fois le traité signé»Gilles-William Goldnadel 

Sauf que ce qui ne faisait pas partie du deal nucléaire était aussi important que celui-ci. Les esprits supérieurs qui continuent de sévir l’ont vendu aux réticents en édictant le postulat indiscutable que les mollahs radicaux deviendraient des agneaux, une fois le traité signé.

Or c’est très exactement l’inverse de ce à quoi nous avons assisté.

Dans le domaine fondamental des armes balistiques, en violant la résolution 2231 du CSNU, les islamistes iraniens se sont surpassés pour avoir le bras long à l’égard de leurs cibles futures.

L’ONU comme l’Occident sont restés cois.

Sur les droits de l’homme, l’organisation Amnesty International, pourtant peu suspecte de tropismes pro-occidentaux, a baptisé l’année 2018 en Iran «année de la honte». Elle a stigmatisé «une répression effroyable de la dissidence avec plus de 7 000 personnes arrêtées».

Sans aucuns échos internationaux, Amnesty notait que «l’Iran a aussi intensifié sa répression discriminatoire contre des minorités religieuses et ethniques en arrêtant et en emprisonnant arbitrairement des centaines de personnes».

» LIRE AUSSI – Goldnadel: «En Iran, la France préfère avoir tort avec Obama que raison avec Trump» 

Sur les droits des femmes, ma consœur, la merveilleuse Nasrin Sotoudeh, a de nouveau été arrêtée et condamnée le 11 mars 2019 à dix ans d’incarcération supplémentaires et à 148 coups de fouet pour «incitation à la débauche». Tout cela pour avoir défendu des femmes qui refusaient de porter le voile. Il serait excessif de soutenir que les néoféministes occidentales ont fait montre, en la circonstance, de leur ordinaire alacrité lorsqu’il s’agit de fustiger le mâle européen.

«Dans le cadre international, loin de réduire à quia les interventions belliqueuses des mollahs, l’accord nucléaire les aura au contraire galvanisés»Gilles-William Goldnadel 

Dans le cadre international, loin de réduire à quia les interventions belliqueuses des mollahs, l’accord nucléaire les aura au contraire galvanisés: au Yémen, en Irak et surtout en Syrie, ils construisent des bases militaires avec leur supplétif, le Hezbollah, classé officiellement organisation terroriste.

Précisément, dans le domaine du terrorisme international, on constate que le régime de Téhéran n’a rien perdu de son activisme. Pour ne prendre qu’un seul exemple, il y a un an, l’Allemagne a arrêté un diplomate iranien qui avait personnellement remis des explosifs à des terroristes en vue de les utiliser contre le rassemblement annuel des Moudjahidins du peuple iranien à Villepinte.

On ne peut pas dire que la réaction médiatique ou politique française à une tentative d’attentat commis sur le sol français ait été d’une virulence extrême.

Pour terminer, qu’on m’autorise une observation personnelle: j’imagine d’avance certains expliquer notamment ma prise de position en raison d’un soutien à Israël aussi assumé que notoire.

Et ils auront parfaitement raison. Je reconnais bien volontiers que le fait que le régime de Téhéran inscrive sur ses missiles: «Israël sera détruit» ne me persuade pas davantage de ses intentions pacifiques. Et je vois dans l’indifférence européenne à ce sujet crucial une attitude dont j’ai peine à faire le départ entre la lâche démission et l’abandon d’un État juif et d’une démocratie occidentale.

Pour autant que les deux choses ne soient pas complémentaires.

«Je vois dans l’indifférence européenne à ce sujet crucial une attitude dont j’ai peine à faire le départ entre la lâche démission et l’abandon d’un État juif et d’une démocratie occidentale»Gilles-William Goldnadel 

Au-delà de la question israélienne, mais dans un domaine très voisin, je signale à l’opinion décidément assoupie qu’il y a quelques jours, le 18 juillet, l’Argentine du président Macri a désigné le Hezbollah pro-iranien comme responsable de l’attentat contre le centre communautaire juif Amia de Buenos Aires, qui avait fait 85 morts. Un ministre iranien est visé par un mandat d’arrêt international. Le procureur Nisman chargé des poursuites a été assassiné. L’ex-présidente Kirchner, qui a voulu régler amiablement l’affaire avec Téhéran, a été poursuivie en justice. Mais qui s’en soucie?

Lorsque je déplore cette lacune ornithologique de ne voir planer les «faucons» que dans le ciel de Washington et non de Téhéran, cette maladresse linguistique de désigner Trump comme un mégalomane imprévisible mais de qualifier constamment Rohani de président «modéré», cette erreur stratégique de ne réclamer des accommodements qu’au premier mais aucun renoncement au second, est-ce que j’exagère inconsidérément?

Je tiens à conclure en précisant inutilement que je ne confonds en rien le merveilleux peuple persan avec ses dictateurs en turban.

Son dernier ouvrage, «Névroses médiatiques. Le monde est devenu une foule déchaînée», est paru chez Plon.

Gérard Garouste expose à Chambon-sur-Lignon, village de Justes

L’artiste, habitué aux grands musées et galeries à travers le monde, rend ainsi hommage aux Justes de la commune, qui ont sauvé environ 5 000 Juifs pendant la guerre

Par TIMES OF ISRAEL STAFF21 juillet 2019, 18:14  0

L'une des toiles de Gérard Garouste exposées tout l'été au village de Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire. (Crédits photo : Capture d’écran France 3)

L’une des toiles de Gérard Garouste exposées tout l’été au village de Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire. (Crédits photo : Capture d’écran France 3)

Gérard Garouste est parmi les artistes contemporains français les plus cotés. Habitué aux grands musées et galeries à travers le monde, il fait pourtant escale cet été et jusqu’au 29 septembre au Lieu de Mémoire du village de Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire, situé entre Le Puy-en-Velay et Valence.

Les peintures de Garouste, essentiellement figuratives, font souvent référence à la Bible – qu’il a étudiée parallèlement à l’apprentissage de l’hébreu aux côtés des rabbins Marc-Alain Ouaknin et Philippe Haddad – mais également à l’horreur de la Shoah.

L’artiste a réalisé une œuvre à l’occasion de l’exposition, baptisée « Le Sablier ou l’âkédat d’Yitshak ».R

Fils d’Henri Auguste Garouste, antisémite et pétainiste convaincu, coupable de spoliations pendant la guerre, Gérard Garouste a étudié à l’École nationale supérieure des beaux-arts. Il s’est converti au judaïsme. L’artiste a découvert la région du Chambon en septembre dernier et s’est intéressé à « l’école des Prophètes », groupe d’intellectuels juifs français réfugiés ici durant la Seconde Guerre mondiale.

La commune – dont les habitants ont sauvé environ 5 000 Juifs pendant la guerre – a notamment caché le futur mathématicien Alexandre Grothendieck et l’écrivain André Chouraqui. C’est également là qu’est venu Albert Camus en 1942-1943 pour y faire soigner sa tuberculose. Il y a écrit le livre Le Malentendu et travaillé sur La Peste et L’Homme révolté.

Gérard Garouste, en 2018. (Crédits photo : Dezarts / Wikimedia / CC BY-SA 4.0)

Le lieu de mémoire où a lieu l’exposition de Gérard Garouste et commémorant l’acte d’héroïsme des habitants de l’époque a été inauguré en 2013.

Par l’évènement, Gérard Garouste entend faire passer un message, a-t-il expliqué à France Info : « Cette exposition s’adresse à l’Europe. Cette montée de l’extrême droite, ce populisme que l’on revoit partout, est à l’opposé de ce qu’il s’est passé au Chambon. Il faut résister. »

Une plaque commémorative du sauvetage des Juifs dans le village de Chambon-sur-Lignon. (Crédit photo : Wikipédia / CC BY-SA 4.0)

Chambon-sur-Lignon, surnommée la « montagne-refuge » par les historiens, est l’une des deux seules communes à avoir reçu collectivement en 1990 du gouvernement israélien le titre de « Juste parmi les nations » – avec celle de Nieuwlande, aux Pays-Bas. En mai dernier, elle a d’ailleurs accueilli les troisièmes « Journées des Justes », organisées par la LICRA.

Depuis 1990, le mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, rend hommage à la région du Chambon avec un jardin et une stèle.

Depuis 2006, Chambon-sur-Lignon est jumelée avec la commune de Meitar, située au nord-est de Beer Sheva, en Israël.

Le BNVCA salue l’action de la Police du 93 qui a identifié et interpellé l’un des auteurs d’une agression antisémite d’un chauffeur VTC commise à Clichy Sous-Bois.

Le BNVCA salue avec satisfaction l’action de la police de Seine Saint Denis qui a pu identifier et interpeller des auteurs de l’agression antisémite commise à Clichy Sous-Bois dans la nuit du 22 au 23 mai 2019 contre un chauffeur VTC auquel ils ont tendu un

guet-apens puis battu, frappé, grièvement blessé, dépouillé et abandonné sur la voie publique après lui avoir volé son véhicule.

Ils s’étaient acharnés sur lui après avoir découvert son prénom juif « ISRAEL ». 

10 jours d’ITT avaient été prescrits à la victime qui avait déposé plainte 

Le BNVCA s’est constitué partie civile.

Nous attendons que tous les auteurs de cette ignoble attaque, aggravée d’antisémitisme soient identifiés, interpellés et mis à la disposition de la justice pour que leur soient infligées des peines exemplaires et dissuasives, en dépit de leur éventuelle minorité pénale. 

Le BNVCA avait alors dénoncé cette agression et constaté “que le cliché du juif et de l’argent persiste et pollue les mentalités des antisémites infectés par ce virus de la haine du Juif ».

Nous apprenons de surcroît que l’un des adolescents interpellé par la police et placé en détention serait aussi soupçonné d’avoir participé à une extorsion de fonds avec menace d’une arme en février 2019 à l’encontre de trois jeunes filles. Une affaire dans laquelle neuf personnes sont mises en cause.

Le BNVCA a chargé son conseil Maitre Charles Baccouche de réclamer des sanctions pénales et administratives très sévères lors des audiences qui interviendront après les enquêtes de police

Renaud Girard: «Le cancer islamiste s’incruste dans le monde»

Par Renaud Girard 

CHRONIQUE – Depuis 2001, le cancer islamiste a plus progressé que régressé dans le monde. La contre-offensive occidentale a globalement échoué.

Presque une génération a passé depuis les attentats islamistes du 11 septembre 2001 à New York et Washington. À l’époque, du fait d’un nombre comparable de victimes américaines, les analystes du monde entier avaient comparé cette attaque à celle du 7 décembre 1941 à Pearl Harbor. Mais il fallut moins de quatre ans aux États-Unis pour détruire la menace nippone, et quelques années de plus pour transformer l’Archipel en allié stratégique en Asie, ce qu’il demeure aujourd’hui. Contrairement à leurs lointains prédécesseurs japonais, les kamikazes du 11 Septembre n’avaient pas d’État à défendre, seulement une idéologie à répandre. Force est de reconnaître que, malgré les moyens gigantesques mis par l’Amérique de George Bush dans sa contre-offensive, ces djihadistes, pour la plupart saoudiens, n’ont pas échoué dans leur opération de propagande. Depuis 2001, le cancer islamiste a plus progressé que régressé dans le monde. La contre-offensive occidentale a globalement échoué.

En Afghanistan, les Américains cherchent par tous les moyens une sortie «honorable», où le pays serait en fait remis, après un délai de décence, aux mains des talibans. Au Pakistan, pays dont les élites sont souvent formées aux États-Unis, il a fallu neuf ans au système judiciaire pour innocenter la mère de famille chrétienne Asia Bibi, accusée à tort, en 2010, d’avoir «insulté» Mahomet. 

Au Moyen-Orient, région de naissance et d’expansion du christianisme six siècles avant l’islam, les communautés chrétiennes n’ont jamais été autant menacées par l’intolérance musulmane

En Indonésie, le modèle de tolérance religieuse hérité des pères de l’indépendance est en train de s’effondrer. À Sumatra, dans la province d’Aceh, la charia est entrée en application. À Jakarta, l’ascension politique du très populaire Ahok (un chrétien) a été arrêtée net par une condamnation d’offense à l’islam (nullement avérée). Dans tout le pays, le nombre d’attaques contre les lieux de culte chrétiens connaît une croissance exponentielle.

Le cancer islamiste s’est propagé vers l’île de Mindanao, dans le sud de l’archipel des Philippines. Financés par l’Arabie saoudite et formés par les islamistes indonésiens, les islamistes philippins rêvent d’installer un califat sur l’île, avec pour capitale la ville de Marawi, qu’ils ont un moment investie (en 2017), non sans avoir égorgé nombre de civils chrétiens.

Au Moyen-Orient, région de naissance et d’expansion du christianisme six siècles avant l’islam, les communautés chrétiennes n’ont jamais été autant menacées par l’intolérance musulmane. Partout, que ce soit en Irak, en Syrie ou en Égypte, ces communautés rétrécissent (à l’exception notable du Kurdistan irakien, où l’actuelle administration Barzani a réussi à instaurer un vivre-ensemble entre ses différentes communautés religieuses). En mars 2003, le très chrétien George Bush a ordonné l’invasion de l’Irak baasiste, avant de confier sa vision d’un «Grand Moyen-Orient démocratique». Le chaos qui a suivi n’a pas accouché d’une démocratie ; il a seulement incité les chrétiens, victimes d’un nombre croissant d’agressions de leurs voisins musulmans, à fuir en grand nombre.

Le cancer islamiste trouve parfois d’infranchissables obstacles à sa propagation. La montagne libanaise en est un, car chacun sait que les chrétiens maronites n’ont pas peur de se battre pour défendre leur foi et leur liberté. Mais, en Afrique noire, le cancer islamiste progresse à pas de géant, sans que les gouvernements locaux aient trouvé le moyen de l’enrayer. Qui aurait pu imaginer il y a vingt ans que des prêtres burkinabés finiraient assassinés dans leurs églises?

Le cancer islamiste survit à tous les changements de latitude. En Europe, il s’incruste au sein de la jeunesse issue de l’immigration musulmane, alors même qu’elle est passée par un enseignement laïque, obligatoire et gratuit, censé prêcher la tolérance et le doute méthodique. 

L’islam a désespérément besoin d’une réforme, qui rétablisse l’ijtihâd (la faculté d’interpréter les textes sacrés fondateurs) et l’ouverture à la science

Réfugiée en Allemagne, une ex-esclave yazidie de Daech s’est retrouvée, un jour d’août 2018, nez à nez à Stuttgart avec son ancien tortionnaire de Mossoul, qui avait décidé de profiter de la générosité de Mme Merkel pour y faire une demande d’asile. Il n’avait renoncé ni à sa barbe, ni à son idéologie. Loin d’afficher le moindre remords, il jeta à la jeune fille: «Je suis Abou Humam et tu étais avec moi pendant un moment à Mossoul. Et je sais où tu vis, avec qui tu vis et ce que tu fais!» Effrayée par le laxisme migratoire de l’Allemagne, la jeune fille yazidie décida de fuir le pays.

Quelles sont les origines de ce cancer islamiste, dont les premières victimes sont les pays musulmans eux-mêmes? Il y a le mélange explosif entre le wahhabisme saoudien et l’argent du pétrole. Il y a l’ineptie de la politique américaine au Moyen-Orient, depuis le pacte du Quincy (février 1945 entre Roosevelt et Ibn Saoud), jusqu’aux guerres du Golfe (bientôt une quatrième?). Il y a surtout, sur des masses ignorantes et politiquement frustrées, la force d’attraction d’une idéologie simplificatrice et normative. Avec le mouvement des Frères musulmans (né en 1928 en Égypte), l’islam a connu sa réforme. Mais ce fut une réforme régressive, fondée sur le mythe de l’âge d’or des quatre premiers califes «bien guidés» (qui fut en réalité une époque extrêmement violente).

L’islam a désespérément besoin d’une réforme, qui rétablisse l’ijtihâd (la faculté d’interpréter les textes sacrés fondateurs) et l’ouverture à la science. Mais cette réforme ne pourra jamais être imposée de l’extérieur. Elle ne pourra jaillir que des musulmans eux-mêmes.

Zineb El Rahzoui : pourquoi la loi Avia est une faute

Pour la journaliste menacée en permanence, la loi défendue par Laetitia Avia, qui cible les injures et propos haineux, garantit l’impunité à leurs auteurs.

par Zineb el RhazouiPublié le 17/07/2019 à 15:00 | Le Point

Voilà des années que les atteintes à ma vie privée, menaces de mort, de viol, intimidations, diffamations et insultes racistes venant de personnes portant des noms qui ressemblent au mien sont mon lot quotidien. Cyberactiviste depuis 2009, journaliste à Charlie Hebdo depuis 2011, athée prosélyte avant l’avènement d’Internet, défenseuse de la laïcité depuis toujours et condamnée à mort par fatwa depuis 2015, j’ai l’habitude d’être traînée dans la boue dans plusieurs langues, à la chaîne, de façon régulière et cyclique, par des personnes physiques ou des robots-trolls, par Daech, par une petite frappe anonyme derrière son ordinateur ou par des islamistes militants qui voient en moi l’incarnation du mal. 

Peu de temps après les attentats de Charlie Hebdo, deux hashtags en langue arabe, diffusés sur Twitter et Facebook par des profils nommés Justicier du Califat ou encore Lion de Raqqa, ont appelé les « loups solitaires » parisiens à me localiser et à me « tuer pour venger le Prophète ». Partagés plusieurs milliers de fois, ces contenus ont expliqué – textes islamiques à l’appui – pourquoi il était dorénavant obligatoire pour tout musulman de me tuer et ont surtout détaillé la façon de s’y prendre : à défaut d’une balle ou d’une bombe, il fallait me trancher la gorge, m’isoler et me broyer la tête avec de grosses pierres, me brûler ou incendier ma maison. Depuis, je vis sous protection policière, ma vie d’avant, libre et insouciante, a été brisée en mille morceaux, sans doute à jamais. 

Les athées, parents pauvres de la loi Avia. Ce n’est qu’en juillet 2019 qu’une personne, Sami Benkhedim, a répondu pour la première fois d’un acte de menace envers moi devant un juge. C’est dire si j’avais accueilli l’annonce d’une loi contre la cyberhaine avec enthousiasme. Le parcours du combattant pour porter plainte, les sommes avancées en constats d’huissier et en frais d’avocat pour des résultats incertains, l’impunité, tout cela, je l’avais connu et je continue à en pâtir. Mais, à la lecture de la première mouture de la proposition de loi Avia de lutte contre la cyberhaine, panique. De victime je devenais coupable puisque la députée proposait de criminaliser l’« islamophobie », cette même accusation infondée juridiquement et qui a coûté la vie à l’équipe de Charlie Hebdo et à tant d’autres personnes à travers le monde. Quoi de plus normal lorsque l’on sait que l’un des rédacteurs du projet de loi est l’entrepreneur numérique Karim Amellal, qui déclarait en juin 2018 qu’il souhaitait que « toutes les expressions haineuses envers les religions soient punies » ? Loin de lui l’idée d’entendre les apostats de l’islam, catégorie de la population française particulièrement ciblée par la haine islamique, il a plutôt choisi d’auditionner le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), officine communautaire qui livre un combat à grands frais judiciaires pour introduire le délit de blasphème dans la loi française et faire des Français de confession musulmane une catégorie biologique. Si la députée Laetitia Avia est revenue sur le terme « islamophobie » après la levée de boucliers suscitée par la publication de sa proposition de loi pour le remplacer par « haine antimusulmans », elle a tout de même continué à l’utiliser dans une vidéo publiée ultérieurement, faisant de l’islam la seule opinion philosophique protégée par son texte. Défendre l’universalisme, la laïcité, le féminisme ou l’athéisme sur les réseaux sociaux, les identitaires musulmans appellent cela de la « haine ». La députée Laetitia Avia les a malheureusement crus sur parole. 

Militante de la liberté

19 janvier 1982 Naissance à Casablanca. 

2008-2009 Reportrice de guerre à Gaza. 

2009 Milite au Maroc pour les droits des femmes et l’instauration d’un Etat laïque. Elle est ciblée par une première fatwa après avoir organisé un pique-nique en plein mois de jeûne. 

2011 Premiers articles pour Charlie Hebdo.

Au-delà de ce grand malentendu autour de ce qu’est la cyberhaine et de la qualité de ses auteurs, les mesures proposées par la députée dans son texte, malheureusement voté à l’assemblée par 434 voix pour, 33 contre et 69 abstentions, risquent d’aggraver à la fois la censure algorithmique et l’impunité des haters

La mesure phare de la loi Avia, c’est de contraindre les réseaux sociaux ou autres opérateurs de plateformes à fort trafic à supprimer les contenus haineux dans un délai maximal de vingt-quatre heures après notification, sous peine d’amende. Si la suppression urgente des contenus apparaît pertinente dans les cas de divulgation de données personnelles – comme cela a été le cas récemment lorsque le militant LFI Taha Bouhafs a divulgué l’adresse de la chroniqueuse Zohra Bitan dans l’intention de lui nuire–, les dispositions de la loi risquent surtout d’abonder dans le sens des trolls à l’heure où l’effet de meute des signalements abusifs suffit à faire suspendre les comptes d’honnêtes activistes n’ayant commis aucune infraction. Pis encore, les réseaux sociaux qu’aucune loi ne pénalise lorsqu’ils pratiquent la censure abusive – comme Twitter, qui censure la critique de la théorie queer, ou Facebook, qui censure « L’origine du monde », de Gustave Courbet – préféreront faire dans la censure préventive plutôt qu’encourir une amende. La loi Avia propose ainsi de sous-traiter la censure, jusque-là prérogative du pouvoir judiciaire en France, à des entreprises privées, étrangères de surcroît. Privatisation de la censure. 

Privatisation de la censure. Mais le problème majeur de la loi Avia, c’est qu’elle est la meilleure alliée de l’impunité. En effet, si les contenus haineux disparaissent en moins de vingt-quatre heures, comment les victimes pourraient-elles procéder à leur référencement – un travail qui prend parfois plusieurs jours et, surtout, comment la police pourrait-elle remonter à leurs auteurs ? La loi Avia n’est ni plus ni moins que de l’effacement de preuves, de l’« invisibilisation » de la haine. Je ne veux pas que les propos de ceux qui me menacent disparaissent sans laisser de traces, je veux plutôt qu’ils soient retrouvés et jugés. Mais de la seule mesure que nous, victimes de cyberhaine, attendions de cette loi, à savoir la levée de l’anonymat des auteurs de propos haineux sur demande du juge et des sanctions pénales à la hauteur de leurs forfaits, la loi Avia ne dit strictement rien. Philosophiquement discriminatoire, techniquement inapplicable, elle privatise et déshumanise la censure, dépossède les victimes de leur droit d’ester en justice et garantit un océan d’impunité aux auteurs §

STUPEUR ET INDIGNATION AGRESSION FAMILLE PINTO A LIVRY-GARGAN EN 2017


Le BNVCA apprend avec stupeur et indignation que le juge d’instruction après une longue enquête ne retiendrait pas le caractère antisémite de l’odieuse agression dont a été victime en 2017 la famille Pinto à Livry-Gargan.

Il ressort manifestement que la famille Pinto a été rouée de coups pour qu’elle avoue ou serait caché son argent puisque pour les agresseurs il suffit d’être juif pour être riche.

Le BNVCA rappelle que le nombre d’agressions et parfois d’assassinats sont commis par des voyous convaincus de leur impunité pour frapper des personnes juives ou sensées être juives pour les démunir de leur supposée fortune.

Il suffit de rappeler Ilan Halimi torturé et assassiné par des barbares pour extorquer à sa famille des sommes considérables qu’elle n’avait jamais eues.

En dépit des engagements des autorités au plus haut sommet de l’état : le Président de la République, le Premier Ministre, le Ministre de l’Intérieur, Madame la Ministre de la Justice, de réprimer sévèrement les actes antisémites qui se multiplient dans notre pays la situation va en empirant.

Après l’assassinat de Sarah Halimi, c’est l’affaire de l’agression de la famille Pinto.

Encore une fois nous constatons et déplorons que certains magistrats s’efforcent d’éviter de qualifier antisémites les agressions commises contre les juifs

Le BNVCA attend de la chancellerie et des parquets qu’ils instruisent avec la plus grande rigueur les crimes commis en raison de la race de la religion de l’ethnie ou de la nationalité des victimes et retiennent en tant que de besoin le caractère antisémite.

L’histoire marquera d’une pierre noire ces dénis.

Le BNVCA qui salue la prochaine inauguration de la Place Jérusalem le 30/6/10 par la Maire de Paris, demande au Préfet de Police d’interdire et réprimer toute manifestation hostile.

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme, accueille avec joie et une grande satisfaction la décision de Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris et de son Conseil Municipal, de baptiser « JERUSALEM » une esplanade parisienne du 17eme arrondissement de Paris, le 30 juin 2019, en dépit des oppositions des communistes et écologistes toujours “palestinistes» invétérés et sans discernement.

La Maire de Paris, Madame Anne Hidalgo s’y était engagée auprès du Président de l’État d’Israël, Mr Réouven  Rivlin, et de Joël Mergui Président dus Consistoires de France. Elle a honoré sa parole et nous l’en félicitons.

Par contre nous apprenons que des organisations envisagent de contrarier cet évènement exceptionnel, par des manifestations de protestation inspirées d’un antisémitisme viscéral qui s’est déjà manifesté à Paris comme à Sarcelles, Toulouse ou Strasbourg.

Nous rappelons que Jérusalem, capitale du peuple juif depuis plusieurs millénaires fait partie au quotidien de l’ADN de tout juif dans le monde et des français juifs en particulier. Célébrer cela et le reconnaître ainsi n’est que justice et vérité.
Nous demandons au Préfet de Police de Paris d’interdire toute manifestation hostile à cet évènement et le cas échéant disperser et réprimer tout rassemblement sauvage de ce type.

Le BNVCA se réserve le droit de poursuivre en justice les organisations hostiles ainsi que leurs activistes.

L’agression d’une femme Juive à Paris 11 eme n’est pas antisémite

Le Bnvca  est rassuré d’apprendre par l’un de ses correspondants que l’agression commise contre une femme Juive devant le Centre Communautaire  juif du 11 eme art de Paris n’a pas de caractère antisémite.

Selon nos informations un jeune garçon demeurant à l’étage  du 10 rue Moufle à Paris 11 a lancé cette boule de pétanque qui a blessé à la tête la dame de 79 ans.

Les parents de cet enfant  emplis de  confusion en découvrant ces faits  ont appelé  et exprimé leurs excuses aux responsables de la synagogue. 

L’islamiste Rached Ghannouchi reçu par le gouvernement et les députés

Par Hadrien MathouxI

Le fondateur et président du parti islamo-conservateur tunisien Ennahdha a effectué une visite en France mi-mai, lors de laquelle il a rencontré une délégation parlementaire et le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne. Côté français, on assume ces contacts diplomatiques en affirmant que s’afficher avec Ghannouchi ne conduit pas à le légitimer.

Du quai d’Orsay au palais du Luxembourg, de l’hôtel Matignon à l’Assemblée nationale… Rached Ghannouchi a été dignement reçu, courant mai, lors d’une visite de courtoisie en France qui l’a vu dialoguer avec le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, le patron du Sénat, Gérard Larcher, un conseiller du Premier ministre Edouard Philippe ou encore les députés membres du groupe d’amitié France-Tunisie. Dans un premier temps, la rencontre organisée avec Jean-Baptiste Lemoyne est passée inaperçue, bien qu’elle ait été inscrite à l’agenda du secrétaire d’Etat à la date du 15 mai. C’est un tweet de la députée LREM Sira Sylla qui a attiré l’attention sur la tournée française de Ghannouchi, en faisant la promotion publique d’une audition centrée “sur les prochaines élections présidentielle et législatives, la jeunesse, les femmes, la lutte contre le terrorisme…“. L’élue de la 4e circonscription de Seine-Maritime est même allée jusqu’à citer le fondateur d’Ennahdha, en écrivant : “Ainsi que M. Rached Ghannouchi l’a affirmé, la lutte contre le terrorisme passe par le développement“.View image on Twitter

View image on Twitter

Sira SYLLA@sirasylla76

🇫🇷
🇹🇳

Notre groupe d’amitié a accueilli à l’@AssembleeNat M. Rached Ghannouchi, président du parti Ennahdha, ainsi que des députés de son parti. Audition sur les prochaines élections présidentielle et législatives la jeunesse, les femmes, la lutte contre le terrorisme…378:28 PM – May 15, 2019289 people are talking about thisTwitter Ads info and privacy

L’exhumation des tweets de la députée, plus d’un mois après la rencontre au Palais Bourbon, a provoqué de vives réactions chez plusieurs figures laïques, agacées de voir le président du principal parti islamiste tunisien accueilli avec le sourire en France. “[Les membres d’Ennahdha] combattent l’égalité femmes-hommes“, relève l’enseignante Fatiha Boudjahlat, auteure de Combattre le voilement. “Vous les recevez et leur donnez une légitimité qui met en danger les femmes en Tunisie. J’ai le plus grand mépris pour vous, vos actes, vos mensonges. Vos trahisons”. La journaliste et militante laïque Zineb El Rhazoui a également attaqué : “La députée LREM Sira Sylla (…) s’affiche sans complexe avec le fascisme islamique. Est-ce cela représenter le peuple français ?“.

RACHED GHANNOUCHI, UN ISLAMISTE CONTRARIÉ

Nos huiles républicaines ont-elles oublié le pedigree du bonhomme ? Rached Ghannouchi est en effet connu pour être la tête pensante d’Ennahdha, parti politique tunisien islamiste et conservateur. Impliqué dans plusieurs actes de terrorisme dans les années 1980, lorsque le mouvement qu’il a fondé misait sur la violence et la clandestinité pour diffuser l’islamisme face au régime de Ben Ali, Ghannouchi a dû s’exiler de longues années hors de Tunisie. Il y est revenu en grâce en 2011 lors du Printemps arabe, qui a marqué le grand retour des héritiers des Frères musulmans dans le jeu politique tunisien. Par divers écrits et déclarations, le septuagénaire a laissé peu de doutes sur son adhésion à l’idéologie frériste, qui vise à islamiser tous les secteurs de la société… et pas seulement dans son pays. “Notre mission est l’islamisation de l’Occident“, assure ainsi Ghannouchi dans l’ouvrage d’Antoine Sfeir, Les réseaux d’Allah. Concernant les femmes, le leader d’Ennahdha a également des positions tranchées : pour la polygamie, contre l’égalité des héritages, contre la mixité dans les écoles, contre le travail des femmes hors du foyer. Dans une vidéo publiée en 2012, il certifie que les salafistes ne sont “pas une menace pour la sécurité” de la Tunisie, saluant même la “nouvelle culture” qu’ils apportent.

Néanmoins, depuis le passage au pouvoir d’Ennahdha entre 2011 et 2014, le parti s’est considérablement modéré. Ayant accepté le jeu démocratique et renoncé à instaurer un califat islamique avant les premières élections, Ennahdha a même annoncé séparer religion et politique en 2016 en se définissant comme un parti de “musulmans démocrates“. Comment interpréter la position de Rached Ghannouchi aujourd’hui ? “C’est un conservateur qui comprend que le jeu politique ne se fait pas tout seul“, analyse Haoues Seniguer, maître de conférences à l’IEP de Lyon et spécialiste de l’islamisme. “Il est obligé de prendre en compte les aspirations de la société tunisienne, plus sécularisée que dans d’autres pays musulmans, de donner des garanties sur le respect de certaines libertés publiques et de ne pas rompre les relations diplomatiques avec un certain nombre de pays occidentaux, dont la France“.

Quant à Ennahdha, le chercheur le décrit comme un parti “islamo-nationaliste, qui défend la préservation d’une identité tunisienne reliée à une vision conservatrice de la religion musulmane”. N’hésitant pas à qualifier ses membres de “néo-frères musulmans : ils n’ont pas rompu avec l’héritage des Frères, mais ont actualisé certains aspects de cette idéologie face aux circonstances. Il est aujourd’hui impossible pour eux d’afficher leur volonté d’islamiser la société, d’instaurer la charia et un Etat islamique… même s’ils voudraient bien le faire, ils ne peuvent pas l’imposer. Ce sont des minimalistes à marche forcée”.

“Mes idées sont une chose, les relations officielles et diplomatiques en sont une autre”

Sans en faire des complices du djihadisme, l’idéologie portée par Ghannouchi et son parti en font tout de même des adversaires objectifs d’une République laïque. Fallait-il donc leur dérouler le tapis rouge ? Face aux critiques, Sira Sylla s’est justifiée sur Twitter : “Quoi qu’il puisse leur être reproché et jusqu’à preuve du contraire, ils ont été élus légitimement et sont partie prenante du gouvernement dans une coalition avec des destouriens (membre du parti libéral Destour, ndlr) héritiers de Bourguiba“, a rappelé la députée LREM. “A ce titre, il est tout à fait légitime de les recevoir à l’Assemblée nationale (…), ce qui ne veut pas dire que nous sommes d’accord sur tout !“.

Contacté par Marianne, Jérôme Lambert, député rattaché au PS et président du groupe d’amitié France-Tunisie, tient le même langage : “Dans tout mon engagement parlementaire, je ne cesse de rencontrer et discuter, débattre, avec des forces politiques dont je ne partage pas le point de vue… quelquefois aux antipodes de mes idées – y compris en France“, revendique-t-il, expliquant que “la règle lors d’une visite organisée très officiellement dans notre pays par une délégation composée de parlementaires d’un pays ami‘, est de les recevoir. Mes idées sont une chose, les relations officielles et diplomatiques en sont une autre“. En effet, si la France souhaite entretenir des relations diplomatiques avec la Tunisie, il sera difficile de garder les islamistes en dehors de l’équation. De là à les considérer comme des interlocuteurs légitimes pour discuter droits des femmes ou lutte contre le terrorisme, il y a peut-être une marge… Contacté, le cabinet du secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne n’a pour l’heure pas donné suite.

Le BNVCA condamne l’Agression d’une femme juive devant la synagogue Rue Mouffle à Paris 11e.

Le BNVCA  condamne l’agression dont a été victime Mme G. qui sortait de la synagogue libérale sise 10 Rue Moufle à Paris 11 le 18/6/19 vers 18h30. Selon une information parvenue ce matin au BNVCA, la victime a été blessée à la tête par une boule de pétanque tombée à pic sur son crâne. Elle a été soignée à  l’hôpital parisien Lariboisière.

Selon nos renseignements, la veille c’est un seau d’eau qui a été renversé toujours au même endroit et depuis l’un des étages supérieurs.

Nous apportons tout notre soutien aux responsables et fidèles de la synagogue, et nous souhaitons un  prompt rétablissement à la victime
Le BNVCA demande au Préfet de Police de Paris qui doit se rendre sur place ce 19/6/19 à 19h30 , de donner toutes instructions aux services placés sous son autorité, afin que tout soit mis en oeuvre pour identifier le ou les auteurs de           ces actes inqualifiables , les interpeller et  les mettre à la disposition de la Justice .

Le BNVCA se constituera partie civile si le caractère antisémite est avéré.

La Détresse Masquée des Chrétiens Palestiniens

par Raymond Ibrahim
16 juin 2019

Traduction du texte original: The Suppressed Plight of Palestinian Christians

Le christianisme est sur le point de disparaître de son lieu de naissance, y compris Bethléem (photo). Selon Justus Reid Weiner, avocat et universitaire, « les persécutions systématiques des Arabes chrétiens qui vivent dans les zones palestiniennes ne rencontrent aucun écho au sein de la communauté internationale, ni auprès des ONG, des défenseurs des droits de l’homme, des médias… Dans une société où les chrétiens arabes n’ont ni porte-parole, ni protection, il n’est guère surprenant qu’ils finissent par s’en aller ». (Source image : Daniel Case / Wikimedia Commons)
  • « Le Fatah oblige les chrétiens à ne jamais signaler les violences et le vandalisme dont ils sont victimes. Sinon, l’Autorité palestinienne apparaîtrait incapable de protéger la vie et les biens des citoyens de la minorité chrétienne… Cette mauvaise image pourrait aussi avoir des répercussions négatives sur le plan financier. N’oublions pas que l’Autorité Palestinienne est puissamment aidée, notamment par l’Europe. » – Dr. Edy Cohen, Centre d’études stratégiques Begin-Sadat.
  • Le labeur quotidien de l’Autorité palestinienne, de ses partisans, des médias et autres, est d’ériger les Palestiniens en victimes permanentes des agressions et discriminations israéliennes. Ce narratif victimaire serait compromis si la communauté internationale prenait soudain conscience que les Palestiniens persécutent certains de leurs compatriotes – uniquement pour des motifs religieux.
  • « Plutôt que d’arrêter les auteurs de violences contre des édifices chrétiens, l’Autorité palestinienne préfère bloquer l’information. Ce qu’elle réussit parfaitement. A part quelques petits journaux locaux, les grands médias internationaux ont complètement ignoré les faits. » – Dr. Edy Cohen, Israël Today .
  • Comme l’explique Justus Reid Weiner, avocat et universitaire spécialiste de la région, « la persécution systématique des Arabes chrétiens qui vivent dans les zones palestiniennes ne rencontre aucun écho au sein de la communauté internationale, ni auprès des défenseurs des droits de l’homme, des médias et des ONG. Dans une société où les chrétiens arabes n’ont ni porte-parole, ni protection, il ne faut pas s’étonner qu’ils finissent par s’en aller. »

En cette période de persécution des chrétiens au sein du monde musulman, la détresse des chrétiens palestiniens fait l’objet d’une omerta particulière.

Open Doors, une association humanitaire spécialisée dans la défense des droits des chrétiens, positionne les persécutions que les chrétiens palestiniens subissent à un niveau « élevé ». L’origine de cette oppression tient, selon Open Doors, en deux mots, « oppression islamique » :

« Les musulmans convertis au christianisme subissent les pires exactions anti-chrétiennes et la simple adhésion à l’une ou l’autre des églises de la région les met en danger. En Cisjordanie, ils vivent sous la menace et sont soumis à de fortes pressions ; à Gaza, le danger est si grand que la plupart vivent leur foi chrétienne dans le plus grand secret … L’islamisme radical a une telle influence aujourd’hui que les églises historiques doivent adopter une approche quasi diplomatique lorsqu’elles s’adressent à des musulmans. »

Si la persécution des chrétiens qui vivent dans des pays musulmans – Pakistan, Égypte, Nigéria pour ne citer qu’eux…- commence à être sérieusement documentée, les souffrances des chrétiens sous tutelle de l’Autorité palestinienne demeurent masquées.

Ce silence tient-il à un niveau de persécution moindre que dans d’autres pays musulmans ? Ou est-ce l’extrême conflictualité de l’arène politique et médiatique israélo-palestinienne qui place les chrétiens palestiniens dans une situation unique ?

« The Persecution of Christians in the Palestinian Authority » (La persécution des chrétiens sous l’Autorité palestinienne), un récent article du Dr. Edy Cohen, publié le 27 mai, par le Centre d’études stratégiques Begin-Sadate, répond longuement à ces questions.

L’étude du Dr Cohen fait état de trois cas de persécutions récentes de chrétiens, que les soi-disant « grands médias » ont parfaitement ignoré :

« Le 25 avril, les habitants terrifiés du village chrétien de Jifna près de Ramallah … ont été attaqués par des musulmans en armes… L’attaque a eu lieu peu après qu’une femme du village ait porté plainte contre le fils d’un éminent dirigeant du Fatah qui avait agressé sa famille. En représailles, des dizaines d’hommes du Fatah ont fait irruption dans le village, tirant des centaines de balles en l’air, lançant des bidons d’essence enflammés et hurlant des injures. Des équipements publics ont été gravement endommagés. C’est un miracle que personne n’ait été tué ou blessé…

« Le deuxième incident a eu lieu dans la nuit du 13 mai. Des vandales ont brisé la clôture d’une église de la communauté maronite du centre de Bethléem, ont pénétré le bâtiment par effraction, puis l’ont profané avant de se retirer emportant un coûteux matériel, notamment des caméras de sécurité.

« Trois jours plus tard, ce fut le tour de l’église anglicane du village d’Aboud, à l’ouest de Ramallah. Des vandales ont percé la clôture, brisé les fenêtres de l’église et y ont pénétré par effraction. Ils l’ont profanée, ont recherché des objets de valeur et volé beaucoup d’équipement.

« Selon sa page Facebook, l’église maronite de Bethléem a signalé qu’elle était victime pour la sixième fois d’actes de vandalisme et de cambriolages ; en 2015, un incendie criminel a provoqué des dégâts considérables et contraint l’église à fermer pendant une longue période. »

Ces trois attaques qui ont eu lieu en l’espace de trois semaines sont conformes au type de sévices que les chrétiens subissent dans d’autres régions à majorité musulmane. La profanation et le pillage d’églises sont les brutalités les plus répandues, mais il n’est pas rare que la populace musulmanes attaque les minorités chrétiennes chaque fois que celles-ci – perçues comme des « dhimmis » ou des « citoyens » de troisième classe, qui devraient s’estimer heureux d’être tolérés – osent évoquer leurs droits, comme ce fut le cas au village chrétien de Jifna le 25 avril :

“[L] es émeutiers ont réclamé [aux chrétiens] le paiement de la jizya– une taxe par tête qui a été imposée tout au long de de l’histoire aux minorités non musulmanes vivant sous domination islamique. Les victimes les plus récentes de la jizya sont les communautés chrétiennes d’Irak et de Syrie mises en coupe réglée par l’Etat islamique. »

En outre, comme chaque fois quand des musulmans attaquent des chrétiens, la police de l’Autorité palestinienne est resté sourde aux appels à l’aide des habitants [chrétiens] » de Jifna. Aucun suspect n’a été arrêté non plus. Il en a été de même pour les deux autres églises attaquées, « aucun suspect n’a été arrêté ».

En résumé, les chrétiens palestiniens subissent le même schéma de persécution – attaques d’égliseenlèvements et conversions forcées – que leurs coreligionnaires de dizaines d’autres pays musulmans. La différence cependant, est que la persécution des chrétiens palestiniens n’est jamais « couverte par les médias palestiniens ». En fait, explique Cohen, « un bâillon complet a été imposé le plus souvent » :

« La seule chose qui intéresse l’Autorité palestinienne est que ces exactions ne soient jamais divulguées. Le Fatah exerce ainsi de fortes pressions sur les chrétiens pour qu’ils ne dénoncent pas les actes de violence ni le vandalisme dont ils sont fréquemment victimes. Une mauvaise publicité risquerait de porter atteinte à l’image de l’Autorité Palestinienne, celle d’un acteur incapable de protéger la vie et les biens de la minorité chrétienne placée sous son autorité. L’Autorité palestinienne ne souhaite évidemment pas apparaître comme une entité radicalisée qui persécute les minorités religieuses. Une telle image aurait forcément des répercussions négatives sur l’aide internationale massive, d’origine européenne notamment, que l’AP reçoit. »

Il faut aussi garder en mémoire que le gagne-pain quotidien de l’Autorité palestinienne, de ses partisans, des médias et d’autres acteurs de la scène moyen orientale, repose sur la victimisation des Palestiniens. Le narratif du souffre-douleur permanent des agressions et discriminations commises par Israël serait compromis si la communauté internationale apprenait que les Palestiniens eux-mêmes persécutent leurs compatriotes – essentiellement pour des raisons religieuses. Un peuple soi-disant opprimé aurait du mal à susciter la sympathie s’il apparaissait qu’il opprime lui aussi, sans vergogne d’autres minorités.

Les responsables de l’AP sont si sensibles à cette difficulté « qu’ils font pression localement sur les chrétiens pour que jamais, ils ne dénoncent de tels incidents, lesquels aboutiraient à lever le masque. L’Autorité Palestinienne apparaitrait alors comme un régime islamiste de plus au Moyen-Orient », écrit Cohen dans un autre article.

« Plutôt que d’arrêter les agresseurs des lieux de culte chrétiens, l’Autorité palestinienne préfère empêcher les grands médias de rapporter de tels incidents. Et elle y réussit très bien. A part une poignée de journaux locaux qui se donnent la peine d’informer réellement, les grands médias internationaux observent un silence total ».

Une dynamique similaire est à l’œuvre concernant les réfugiés musulmans. Les politiciens et les médias d’Europe occidentale les présentent comme des personnes persécutées et des opprimés en quête d’une main secourable, alors que ces migrants musulmans persécutent et oppriment eux-mêmes souvent les réfugiés chrétiens qui sont parmi eux. Ils les terrorisent dans les centres d’accueil de réfugiés ou bien les noient en Méditerranée.

Dans tous les cas de figure, la triste et simple évidence est que le christianisme est sur le point de disparaître sur les lieux mêmes où il est né, y compris Bethléem. Justus Reid Weiner, avocat et universitaire, expert de la région, explique :

« La communauté internationale, les défenseurs des droits de l’homme, les médias et les ONG observent un silence presque total sur les persécution systématique dont sont victimes les Arabes chrétiens vivant dans les zones palestiniennes … Dans une société où les chrétiens arabes n’ont ni porte-parole, ni protection, il n’est pas surprenant qu’ils s’en aillent. »

Raymond Ibrahim, auteur du livre Sword and Scimitar, Fourteen Centuries of War between Islam and the West, (Le sabre et le cimeterre, quatorze siècles de guerre entre l’islam et l’Occident), est Distinguished Senior Fellow du Gatestone Institute et Fellow du Judith Rosen Friedman du Middle East Forum.

Enfant de djihadiste ET Enfant de victime du terrorisme. Sarah Cattan

Avertissement: pour respecter la demande légitime d’intimité d’une mère et son enfant, nous ne citons pas leur identité et ne publions pas leurs photos.

Alors que l’Etat s’honore à faire revenir des enfants de djihadistes sur le sol français, il est … fort malvenu que, concomitamment, un jeune élève, fils d’un des 3 soldats assassinés par Merah, se voie refuser l’attribution d’une AVS, laquelle a été demandée par le corps enseignant.

PUBLICITÉ

Victimes de Merah

Rappelons que la compagne d’un des 3 soldats était enceinte de 7 mois lorsqu’un terroriste ôta la vie de l’homme qu’elle aimait, du père de l’enfant qu’elle portait.

Chacun imaginera comment se déroula la fin de cette grossesse.

Quand l’enfant eut 5 mois, un nystagmus, perturbation de la coordination des muscles de l’œil, fut diagnostiqué.

Se posa alors la question de l’origine de cette pathologie : la médecine prouva qu’elle n’était pas génétique et les médecins se disputèrent pour affirmer si oui ou non le fœtus avait pu souffrir, par ricochet, de l’extrême déflagration vécue dans le ventre de cette mère.

Doit-on débatte ad nauseam là-dessus ?

Comment prouver l’impact sur un fœtus de 7 mois de ce qu’une femme a ressenti lorsqu’on lui a téléphoné pour lui apprendre que le père de son enfant avait été assassiné.

Comment.

Dolto n’est plus là. Pour nous dire que le fœtus entend et ressent tout. Nos peines. Nos joies. Nos malheurs.

Le futur père le savait qui chantait à l’enfant à venir ce Définitivement de Grand Corps malade…

Beaucoup d’entre nous pencheront à l’évidence sur la très forte probabilité que ce nystagmus ait pu être causé par ce grand malheur.

Mais chacun aussi sait que ça ne se prouve pas.

Je me pose juste une question

Lorsqu’on sait que ces Auxiliaires à la Vie Scolaire sont payées quelque 600€ par mois pour cette aide précieuse apportée à un enfant,

Lorsqu’on sait que cet enfant devra vivre avec cette réalité : que son père lui a été fauché par un terroriste,

Lorsqu’on imagine les tourments à venir, même entouré qu’il est de la plus aimante des mères et de la plus bienveillante des familles,

Lorsqu’on sait comment l’Etat ne compte pas l’argent dans tant de situations,

Lorsqu’enfin, concomitamment, la France va s’honorer à faire rentrer les enfants de djihadistes et à les éduquer,

Il y a quelque chose d’éminemment choquant à répondre négativement, via un imprimé, à l’équipe pédagogique qui a formulé une demande forcément justifiée d’AVS pour cet enfant dont le père fut assassiné avant même sa venue au monde.

Il est question ici de justice. De morale élémentaire. 

Il n’est pas question de faire pleurer Margot en sa chaumière.

Pour info, le père du jeune soldat écrit régulièrement à ce fils que le terrorisme islamiste lui a enlevé. Il lui raconte la France comment elle va. Mais il lui parle aussi de son enfant:

3 décembre 2017, On a vu ton fils hier : ton fils est un beau garçon, grand pour son âge, très espiègle comme toi, 
Sa maman s’en occupe très bien. Il est dans une école catholique et est un enfant très studieux. Tu lui manques !
Mon fils, on va fêter Noël cette année. Ce sera la première fois depuis ta mort qu’on dressera le grand sapin. Tu seras présent par ta lourde et injuste absence.

Lorsqu’enfin on accepte de se souvenir qu’en première instance, l’Etat fut jugé par Le Tribunal administratif de Nîmes en partie responsable de la mort le 15 mars du caporal-chef : si la fiche S n’avait pas été levée, le tueur n’aurait peut-être pas commis les 6 autres crimes. Le tribunal juge que la décision de supprimer toute mesure de surveillance de Mohamed Merah, prise à la fin de l’année 2011 (…) est constitutive d’une faute engageant la responsabilité de l’Etat, nous fut-il dit.

Lorsqu’on sait qu’en appel il fut décidé que Malgré des erreurs d’appréciation et des méprises, l’État n’avait commis aucune faute lourde susceptible d’engager sa responsabilité.

Qu’il s’agissait d’une faute certes, mais simple, et non lourde, des services de renseignement, juste des erreurs d’appréciation de la part des services de renseignement qui les ont conduits à abandonner une surveillance qui aurait dû être maintenue. 

Lorsqu’on repense à cet enfant.

Comment ne pas être éminemment choqué par cette décision et ne pas espérer qu’elle soit reconsidérée.

Sarah Cattan

Sarah Halimi: le parquet demande un procès du suspect pour meurtre antisémite

i24NEWS – AFP

Il revient désormais à la juge d’instruction de décider de la tenue ou non de ce procès

Le parquet de Paris a requis lundi le renvoi aux assises du suspect du meurtre à caractère antisémite de Sarah Halimi, une sexagénaire morte en 2017 après avoir été jetée par dessus son balcon par son voisin.

Il revient désormais à la juge d’instruction de décider de la tenue ou non de ce procès, alors que trois expertises psychiatriques contradictoires font craindre aux parties civiles que le suspect de 29 ans, Kobili Traoré, soit reconnu comme pénalement irresponsable et bénéficie d’un non-lieu.

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017 à Paris, Kobili Traoré, pris d’une “bouffée délirante” selon les experts, s’était introduit chez sa voisine Lucie Attal – aussi appelée Sarah Halimi – au troisième étage d’un immeuble HLM du quartier populaire de Belleville, après avoir traversé l’appartement d’autres voisins qui s’étaient barricadés dans une chambre. 

Aux cris d'”Allah Akbar”, entrecoupés d’insultes et de versets du coran, ce jeune musulman l’avait rouée de coups sur son balcon avant de la précipiter dans la cour.

Trois expertises psychiatriques réalisées au cours de l’enquête concordent pour dire que le jeune homme, sans antécédent psychiatrique, ne souffre pas de maladie mentale mais qu’il a agi lors d’une “bouffée délirante” provoquée par une forte consommation de cannabis. Elles divergent cependant sur la question de l’abolition ou de l’altération du discernement du suspect.Deux ans après le meurtre de Sarah Halimi

Contenus SponsorisésAilleurs sur le webIsolation de votre toiture à partir d’1€Les ECO-IsolateursCe petit traducteur vous permet de parler 43 langues en quelques minutesBlogTestC’est le bon moment pour louer sa propriété. Louez la pour les vacancesBooking.comParis : profitez du programme gratuit d’isolation !Mes combles gratuitsby Taboolaozçm

Helena Rubinstein, impératrice du beau

EXPOSITION Au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, des  œuvres et des archives racontent la vie de cette femme d’affaires, au goût très sûr. À la tête d’un empire de cosmétiques, elle fut aussi une collectionneuse d’art.

CLAIRE BOMMELAER

Helena Rubinstein dans son laboratoire, à Saint-Cloud, dans les années 1930.

Helena Rubinstein, partie de rien, fut à la tête d’un empire au point d’être considérée comme une des femmes les plus riches du monde dans les années 30. Son parcours hors normes, qui démarre dans une famille juive traditionnelle de Pologne, est raconté au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, à Paris. Assez longue, « L’aventure de la beauté » expose le portrait d’une femme indépendante, versée dans les affaires, possédant un goût sûr, y compris pour les œuvres d’art. Grâce aux archives prêtées par L’Oréal, qui détient la marque depuis 1984, la vie d’Helena est racontée comme dans un livre hagiographique. Outre des photos, des œuvres d’art, issues de sa collection, sont exposées.

Un rapide coup d’œil sur les murs permet de comprendre qu’Helena Rubinstein fut un personnage, à tous les sens du terme. Le parcours regorge de portraits où elle pose, toujours élégante avec son sempiternel chignon noir, mais sans jamais sourire. On apprend qu’elle faisait retoucher les photos, à la fin de sa vie, qui fut aussi un exercice de communication. À la fin de l’exposition, une interview radio, réalisée dans les années 60, permet d’entendre sa voix, à l’accent chantant : Helena, que Jean Cocteau nommait « l’impératrice de la beauté », était cosmopolite, déterminée et intelligente.

Née à Cracovie en 1872 dans une modeste famille juive orthodoxe, Chaja fait très tôt montre d’une indépendance extraordinaire pour son milieu. Elle refuse notamment le destin qui lui est proposé, y compris un mariage arrangé. Sa famille l’envoie chez un oncle en Australie, et c’est là-bas que la saga Rubinstein va démarrer. En 1902, elle crée sa marque, qui veut allier sciences et beauté (plus tard, elle prétendra même avoir fait deux ans de médecine). Grâce au bouche-à-oreille, celle qui s’appelle désormais Helena ouvre bientôt trois autres instituts, puis retourne en Europe, à Londres. Sa vie et sa réussite passeront par New York et, bien sûr, Paris.

On est presque étonné d’apprendre qu’elle épouse un certain Edward William Titus, avec qui elle aura deux enfants Royce et Horace. Edward, qui la surnomme Madame, tient un rôle important au sein de l’entreprise de sa femme, puisqu’il assure le volant publicitaire de la maison. L’affaire Rubinstein raconte aussi l’avènement de la réclame, dans les années 1930 à 60. Tandis que les clientes sont incitées à répondre à l’injonction de la beauté (« il n’y a pas de femmes laides, il n’y a que des femmes paresseuses », dira-t-elle), Madame commence une collection d’art premier, ce qui prouve un peu plus son côté avant-gardiste.

Elle plébiscite aussi des artistes comme Picasso ou Braque. Dans une salle du musée, des œuvres de Marc Chagall, Michel Kikoïne, Sarah Lipska, Louis Marcoussis, Élie Nadelman ou Maurice Utrillo, provenant de sa célèbre collection personnelle, font toucher du doigt son goût. De même, les photos très léchées de son appartement du boulevard Raspail, à Paris, valent toutes les démonstrations.

Statue du commandeur 

Ses relations autant que sa prestance lui permettent de poser pour Raoul Dufy, Salvador Dali ou Marie Laurencin. On la voit, statue du commandeur, près d’une table, dans sa « clinique de la beauté », en haut d’un escalier, habillée par les plus grands couturiers, qu’ils se nomment Poiret, Chanel ou Dior. Elle se lie avec Madeleine Vionnet, Jeanne Lanvin, Balenciaga et Yves Saint Laurent, dont elle sera l’une des premières clientes.

L’exposition ne dit pas grand-chose de sa relation au judaïsme, même si un des derniers actes de sa vie y a trait. Sensible à la création de l’État d’Israël, elle va financer le pavillon d’art contemporain du Musée d’art de Tel-Aviv, auquel elle léguera une collection de maisons de poupée.

« L’aventure de la beauté » au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, à Paris (IIIe), jusqu’au 25 août.

2500 années de présence juive en Afrique du Nord, un monde qui s’éteint

Les traces d’une présence juive sur les côtes méditerranéennes de l’Afrique remonte à la haute Antiquité. Elle précède d’au moins neuf siècles la conquête arabe et l’islamisation de l’Afrique. 

Juif originaire de Libye en prière dans une ancienne synagogue de Tripoli, aujourd\'hui à l\'abandon. 38 000 juifs libyens ont été expulsés par le colonel Kadhafi en 1969. La plupart des synagogues du pays ont été détruites ou converties en mosquées.
Juif originaire de Libye en prière dans une ancienne synagogue de Tripoli, aujourd’hui à l’abandon. 38 000 juifs libyens ont été expulsés par le colonel Kadhafi en 1969. La plupart des synagogues du pays ont été détruites ou converties en mosquées. (SUHAIB SALEM / X90014)
avatar

Michel LachkarRédaction AfriqueFrance Télévisions

Mis à jour le 09/06/2019 | 13:02
publié le 09/06/2019 | 11:16PartagerTwitterPartagerEnvoyerLA NEWSLETTER ACTUNous la préparons pour vous chaque matin

On retrouve les premières traces d’une présence juive à Carthage (aujourd’hui la banlieue de Tunis), ville fondée par les Phéniciens au VIIe siècle avant J.-C. Quatre siècles plus tard, cette cité portuaire florissante devient une rivale de Rome en termes de commerce, de richesse et de population. Non loin de Carthage, les juifs de Djerba arrivent au VIe siècle avant J.-C., fuyant la Judée après la destruction du Premier temple par Nabuchodonosor. C’est en 586 avant J.-C. à Djerba, où quelques milliers de juifs trouvent refuge, que commence la construction de la plus vieille synagogue du continent africain (la Ghriba).

Stèle funéraire écrite en grec, épitaphe d\'un rabbin nommé Caecilianos, retrouvée dans les ruines de Volubilis, près de la ville marocaine de Meknès. Ces ruines romaines datent du Ier siècle avant J.-C.
Stèle funéraire écrite en grec, épitaphe d’un rabbin nommé Caecilianos, retrouvée dans les ruines de Volubilis, près de la ville marocaine de Meknès. Ces ruines romaines datent du Ier siècle avant J.-C. (MANUEL COHEN / MANUEL COHEN)

Les juifs arrivent à Carthage avec les Phéniciens… et les Romains

Des mosaïques représentant des chandeliers à 7 branches (symbole du judaïsme) ont également été découvertes dans une villa (lors de travaux de voirie) à 110 km au sud de Tunis. Selon les archéologues, ces vestiges constituent une preuve supplémentaire d’une présence juive dans la région de Cap Bon entre le IVe et le Ve siècle avant J.-C.

Le premier compte-rendu historique évoquant la présence de juifs dans une région à l’ouest de l’Egypte apparaît dans l’œuvre de Flavius Josèphe. L’historiographe romain écrit dans La guerre des juifs qu’au IIIe siècle avant J.-C., 100 000 juifs furent déportés d’Israël en Egypte. De là, ils se rendirent en Cyrénaïque (est de la Libye actuelle) et probablement plus à l’Ouest.

Dans ces régions, ils “côtoyèrent” durant plusieurs siècles les populations berbères, qu’ils ont parfois même judaïsées. Cette population “judéo-berbère” longera l’Atlas saharien pour finalement se fractionner et se fixer au Mzab, au Touat, Tafilalet, Dra’ et Sous (sud algérien et marocain d’aujourd’hui).

A partir du IVe siècle, le christianisme devient religion de l’empire romain. Il relègue dès lors le judaïsme au nord et au sud de la Méditerranée. Cependant, des communautés juives subsistent dans les périphéries de l’empire.

Saint Augustin témoigne de la présence juive au Maghreb

Tertullien, puis Saint Augustin, témoignent à plusieurs reprises de la présence juive au Maghreb, dans de grandes discussions théologiques et liturgiques qui les opposent au judaïsme au sud de la Méditerranée (mais qui les rapprochent aussi face “aux païens”).

Ils évoquent notamment dans leurs écrits “le prosélytisme juif” (de cette époque) envers les Berbères “qu’ils judaïsent en masse”. Ces judéo-berbères et ces chrétiens opposeront par la suite une farouche résistance à l’envahisseur arabe. Ibn Khaldoun, le grand historien arabe du XVe siècle, relate que “lorsque les armées venues d’Arabie ont pénétré en pays berbère, de nombreuses tribus berbères étaient influencées par le judaïsme. (…) Une partie des Berbères pratiquait le judaïsme, religion qu’ils avaient reçue de leur puissants voisins, les israélites de la Syrie. Parmi les Berbères juifs, on distinguait les Djeroua, tribu qui habitait l’Aurès et à laquelle appartenait la Kahina, femme qui fut tuée par les Arabes à l’époque des premières invasions (VIIe siècle).”

Les tout premiers habitants juifs du Touat et Gourra (situées à la frontière algéro-marocaine) seraient arrivés plus tard, au IXe siècle, en provenance de Mésopotamie. La réalisation de foggaras (canalisations d’eau souterraines qui évitent l’évaporation) au Touat en témoigne, selon les archéologues. C’est également par la littérature talmudique, que les historiens peuvent aujourd’hui retracer les différentes communautés juives dispersées autour de la Méditerranée. Les rabbins sont engagés dans des correspondances et des discussions juridiques et religieuses qui traversent l’ensemble du Maghreb. 

Les Almohades détruisent le judaïsme maghrébin

En 1147, les Almohades s’emparent du Maghreb et de l’Andalousie et sont sans pitié envers ceux qui refusent de se convertir à l’islam. Ils ne leur laissent le choix qu’entre la conversion à l’islam et la mort, ce qui, après un siècle de persécutions, entraîne la disparition de nombre de communautés juives. Les grandes villes comme Kairouan sont alors interdites aux juifs, qui se réfugient dans les régions isolées.

Le rabbin Abraham Ibn Ezra (1092-1167) originaire de Cordoue énumère, après une longue traversée de l’Afrique du Nord, l’étendue du désastre qui frappe les juifs de Kairouan, Sfax, Gabès et Meknès, massacrés juste avant ceux de Fès et Marrakech. “Avant la destruction de sa communauté juive par les Almohades vers 1150, Sijilmassa, située dans le Tafilalet au carrefour des caravanes, était un centre important de la civilisation juive. (…) Une cité de sages et d’études talmudiques qui maintenait une correspondance avec les Yéchivas de toute la Méditerranée”, relate le rabbin andalou. Au XIIe siècle, le judaïsme maghrébin manque de disparaître. 

Hassan el-Wazzan, dit Léon l’Africain, de passage dans le “sud algérien”, annonce que l’aventure du petit royaume juif saharien du Touat a été brutalement interrompue en 1492 par un prédicateur musulman venu de Tlemcen, scandalisé de voir à Tamentit des “juifs arrogants” auxquels n’est pas appliqué, comme dans le reste du Maghreb, le statut (infamant) des dhimmis (minorités du Livre soumises aux vexations et à la dîme). Ce prédicateur ordonne la destruction des synagogues de Tamentit et le massacre des juifs, promettant 7 mithqals d’or par tête de juif assassiné. Les rares rescapés se partageront entre une adhésion à l’islam et un exode massif à travers le Sahara, tant vers le Nord que vers le Sud… Certains, chrétiens persécutés compris, se réfugieront en Castille et en Aragon, en Sicile, d’autres sans doute dans la région de Tombouctou (actuel Mali).

Le judaïsme revit en Afrique du Nord grâce à l’arrivée massive des juifs espagnols et portugais, chassés par les persécutions de l’Inquisition, sur les côtes du Maroc et d’Algérie. Ce qui reste des communautés juives du Maghreb sera grossit par ces expulsés d’Espagne et du Portugal, entre les XVe et XVIe siècles. Les familles portant les noms de Toledano, Cordoba, Berdugo témoignent de ces racines ibériques.

Cimetière juif de Tanger (nord du Maroc), où sont enterrés les nombreux juifs expulsés d\'Espagne et du Portugal entre les XVe et XVIe siècles.
Cimetière juif de Tanger (nord du Maroc), où sont enterrés les nombreux juifs expulsés d’Espagne et du Portugal entre les XVe et XVIe siècles. (CREATIVE TOUCH IMAGING LTD / NURPHOTO)

Les juifs expulsés d’Espagne sauvent le judaïsme nord-africain

Cette élite érudite d’éducation andalouse finit par imposer sa suprématie culturelle et économique aux juifs du Maghreb. Parlant plusieurs langues, ces négociants sont en contact avec les autres ports de la Méditerranée. Ces juifs espagnols se distinguent parfois des juifs “indigènes”, comme à Tunis, où ils forment une communauté à part. En Tunisie, on retrouve les familles Lumbroso, Cartoso, Boccara, Valensi venues pour la plupart de Livourne, en Italie.

Des quartiers juifs séparés existent un peu partout au Maghreb, notamment au Maroc (mellah). En passant à la fin du XVIe siècle sous l’administration ottomane de Souleymane le Magnifique, les choses iront alors un peu mieux pour les juifs du Maghreb.

La colonisation française à partir de 1830 finit de détacher les juifs de leurs voisins musulmans. La “France des Lumières et républicaine”, plus protectrice que l’islam, libère les juifs de leur statut inférieur (dhimmis) de servitude. Le décret Crémieux accorde la nationalité française aux juifs d’Algérie en 1870. Désormais français, ils vont combattre durant la guerre de 14-18 aux Dardanelles ou au Chemin des dames.

La fin d’une histoire

Beaucoup quittent le Maroc et la Tunisie en 1948 pour Israël, d’autres préfèrent le Canada ou les Etats-Unis. La plupart des juifs d’Algérie seront “rapatriés” en France métropolitaine où ils n’ont, le plus souvent, jamais mis les pieds. Les derniers contingents seront “chassés” par les indépendances algérienne, marocaine et tunisienne dans les années 60. Moins de 5000 juifs vivent aujourd’hui au Maroc, en Algérie et en Tunisie… Ils étaient encore près de 700 000 dans les années 50.

Ce judaïsme nord-africain a aujourd’hui quasiment disparu. Il survit encore dans la tête de quelques témoins vivants. Comme le disait Paul Valery, “nous savons que les civilisations sont mortelles”. La vieille culture juive du monde arabe est sur le point de s’éteindre définitivement.

« Il faut arrêter de faire des juifs français des faire-valoir du vivre-ensemble »

Par Shmuel Trigano 

FIGAROVOX/TRIBUNE – Shmuel Trigano analyse les causes actuelles de l’antisémitisme en France et en Europe. Selon lui, le meilleur rempart face à ce phénomène se trouve dans la consolidation de l’État-nation et non dans leur dilution.


Professeur émérite des Universités, Shmuel Trigano est philosophe et sociologue, spécialiste de la tradition hébraïque et du judaïsme contemporain.


Le débat qui divise l’Union européenne aujourd’hui, et sans doute pour une longue période à venir, retentit très profondément sur la condition juive en Europe et notamment en France, sans compter qu’il concerne directement l’État d’Israël. Il a été erronément et idéologiquement défini par Macron comme le conflit entre «progressistes» et «nationalistes». 

Quel est l’enjeu?

L’enjeu est clair: l’unification européenne affaiblit les États-nations qui structurent l’Europe depuis le 17 ème siècle et donc les identités nationales qui sont le cadre dans lequel la démocratie s’est développée. Ce processus s’accompagne de deux phénomènes connexes: le flux migratoire en provenance du monde musulman africain dont l’intégration n’est plus possible du fait de l’affaiblissement de l’identité nationale, ce qui provoque nécessairement en retour un repli sur soi des différents secteurs de populations: la communalité se retrouve pulvérisée. Par ailleurs, au-delà de la bureaucratisation qu’a connue l’Union Européenne, aucune identité européenne ne s’est forgée, ce qui se traduit par le fait qu’au sommet de l’Union il n’y a aucun pouvoir personnifié. Le groupe des présidents est au plus une autre commission bureaucratique, et si, à la rigueur, le duo Merkel-Macron (avec une si faible assise électorale dans leurs pays respectifs), donne un visage quelconque à cet entassement d’États, ce dédoublement même souligne la faiblesse du pouvoir en question. En somme, l’Union européenne apparaît comme un empire sans empereur et sans le culte adéquat à un tel régime , un culte de la personnalité capable de maintenir ensemble des territoires aussi contrastés qu’immenses. «Jupiter» n’y suffit pas…

La nature morphologique de l’Union européenne implique en effet un ordre du pouvoir qui n’est plus celui de l’État-nation démocratique sans être pourtant celui de l’empire. D’un côté, la forme empire est à l’œuvre, ce qu’illustrent par exemple la faiblesse et le flou des frontières, les marges trop loin du centre, l’absence de langue commune, la faiblesse du centre conjuguée avec son poids bureaucratique, un régime politique, pourrait-on dire, post-démocratique, c’est-à-dire non démocratique. Aucun ajustement de la réalité aux besoins demandés par l’évolution n’a été fait. Une profonde division sépare les élites européennes, engagées dans le cadre européen, de larges secteurs de la population, dans la quasi-totalité des États membres.

Au-delà de la bureaucratisation qu’a connue l’Union Européenne, aucune identité européenne ne s’est forgée.

Ce qui est en jeu, à travers l’afflux massif de populations étrangères qui forcent les frontières de l’Union, c’est le statut des États et des nations dans une Union incertaine sur le plan de la légitimité et du sens. Ce qui est en jeu, c’est le régime éventuel de l’Union par-delà la démocratie qui, depuis ses origines, s’est développée dans le cadre des Etats-nations. Ce sont des questions très lourdes qui sont posées. Elles ne peuvent être rejetées par des invectives. Un pouvoir de type impérial n’a rien de «progressiste» et l’opinion soucieuse de la nation et de l’identité nationale n’a rien à voir avec le nationalisme. Elle se soucie avant tout de la continuité de la démocratie.

L’impact sur la condition juive

Dans cette évolution du cadre global de la vie en Europe, en France, comment les choses se présentent-elles pour les Juifs? Voyons d’abord les faits. C’est dans le cadre de l’UE qu’est né et s’est développé le «nouvel antisémitisme» qui en est inséparable. Il est inhérent à l’UE, à la fois du fait de ses fondations idéologiques (la mémoire de la Shoah qu’elle a développée (et qui implique un surinvestissement symbolique de l’État d’Israël), en lien avec sa politique musulmane en son sein et en Méditerranée). L’UE trouve sa légitimité dans une mémoire de la Shoah qui assigne les Juifs à la victimitude et voue donc nécessairement l’État d’Israël à une souveraineté conditionnée. 

L’UE trouve sa légitimité dans une mémoire de la Shoah qui assigne les Juifs à la victimitude.

Un lien est fait entre l’Israël souverain, le peuple juif victime et les Palestiniens, «victimes des victimes» (Edward Said). Ce syndrome obsessionnel (l’UE a totalement adopté le narratif de l’OLP et presque celui du Hamas) ouvre la voie à toutes sortes de dérapages et d’abus et retentit sur les Juifs locaux de façon très négative. Il suscite avant tout la fureur des populations musulmanes, encouragées à manifester leur antisionisme très ancien, rendu légitime par un discours journalistique et officiel qui met toujours en cause Israël, au nom des «droits de l’homme» – que l’Union se croit incarner à elle seule (tout en accordant son soutien à l’Iran qui clame chaque matin son projet de détruire Israël!). Cette attitude crée l’ambiance générale d’une inimitié et d’une animosité de principe envers les Juifs, qui offre un lit favorable au développement d’un antisémitisme ambiant, en provenance, dans ses motivations, d’Afrique du Nord et du Moyen Orient.

C’est sur le plan de la condition citoyenne que l’unification européenne met en danger la condition juive, appelée à passer obligatoirement du statut de citoyen national au statut de minorité religieuse transnationale. Sur ce plan-là, les Juifs sont condamnés à subir le même recul de la citoyenneté individuelle que leurs concitoyens, mais avec le caractère aggravant qui fait que le statut juif ne sera plus national mais «religieux». Or, ce statut de «minorité» constitue une terrible régression sur le plan de l’égalité des droits. C’est un ghetto soft qui ressemble à ce que fut la condition des Juifs dans l’empire ottoman. C’est une régression de la liberté des individus et de l’égalité car la société «européenne» fonctionnera sur la base de quotas et non du mérite individuel. Les Juifs jouiront d’une égalité adéquate à leur pourcentage dans la population. sans compter que «le vivre ensemble», sans le liant national, ne sera qu’un entassement de communautés engagées dans des rapports de force inéluctables (petites et grandes minorités…).

l’Union européenne ne manque pas une occasion de manifester son inimitié envers l’État d’Israël

Enfin, un autre signe ne trompe pas: l’Union européenne ne manque pas une occasion de manifester de la façon la plus sournoise son inimitié envers l’État d’Israël dans toutes les arènes internationales, ce que ses votes vérifient. Elle se tient décisivement aux côtés du monde arabe et de l’Iran. Son discours morigène sans cesse Israël et le tance du haut d’une morale qu’elle n’incarne pas dans la réalité de sa politique, dont la vente d’armes à des dictatures n’est pas le moindre des traits.

L’impasse

Le problème du choix entre «progressistes» et «nationalistes» (populistes, fascistes, etc) n’est cependant pas facile pour les Juifs. S’ils choisissent les premiers, par horreur du «fascisme», ils se retrouvent avec des amis douteux sur le plan de la lutte contre l’antisémitisme, notamment islamique et de leur credo politique (prônant la fin de l’État-nation républicain en France). S’ils choisissent les seconds, ils feraient le choix le plus immédiatement efficace pour la condition juive ( l’assurance que l’islamisme politique, principale menace, sera réprimé) mais ils se retrouveraient avec des partis, même rénovés, dont les origines et les fondements restent problématiques sur le plan du rapport aux Juifs. Cela n’a pas empêché par exemple en Allemagne qu’un cercle juif se soit créé dans l’AFD. Mais, de l’autre côté, leur rapprochement avec les «progressistes» les mettra mal à l’aise sur la question d’Israël car les «progressistes» sont pro-palestine et pro-islam: l’islamo-gauchisme est le principal foyer aujourd’hui de l’antisémitisme. Par contre, ils trouveraient plus de soutien d’Israël auprès des «nationalistes» qui ont plus de raisons de comprendre la situation d’Israël face à l’hostilité du monde arabo-musulman. 

L’islamo-gauchisme est le principal foyer aujourd’hui de l’antisémitisme

Il est, à ce propos, fort possible que dans un avenir pas si lointain la droite européenne, dans un mouvement de balancier, se rapproche d’Israël. Nétanyahou l’a bien compris en nouant des rapports plus étroits avec le bloc de pays européens qui s’opposent à la politique des «progressistes» dans l’UE, et notamment l’alliance avec le «Groupe de Wisegrad» qui réunit des pays que les élites européennes de l’ouest qualifient de «fascistes» ou de «populistes» et récemment avec les États des Balkans qui se souviennent de la domination ottomane. 

Une autre dimension est importante, en France notamment et en Grande Bretagne, c’est que l’extrême gauche pose désormais aux Juifs un problème aussi important sinon plus que l’extrême droite car elle est versée dans l’islamo-gauchisme (que l’on pense aux travaillistes de Jeremy Corbin). Deux des trois camps opposés à l’effacement des États dans l’unification européenne, et dans lesquels les Juifs pourraient trouver un appui, s’avèrent ainsi très problématiques pour eux. C’est une impasse majeure, on y va de Charybde en Scylla. Plus généralement, le fait que l’extrême gauche rejoigne l’extrême droite est éminemment inquiétant sur le plan de la menace antisémite. Il y a un précédent: à la fin du XIX° siècle.

Le coup du CRIF est-il encore possible?

La campagne des élections européennes ressuscite, déjà, en France, avant même de commencer, le dilemme qui stérilise la vie politique française depuis 30 ans et maintenant la politique européenne: «X ou Le Pen /AFD, etc?», «tout pour barrer Le Pen!». 

Alors, lutter contre «l’antisémitisme», devenait lutter contre le racisme anti-arabe.

C’est ce dispositif qui a assuré son élection à Macron qui, peu avant son débat avec Marine Le Pen, était allé visiter Oradour et le Mémorial du martyr juif: suivez mon regard… Il n’y a pas meilleure instrumentalisation de la mémoire de la Shoah. Or, les Juifs de France sous le sigle du CRIF, ont été depuis les années 1990 les principaux acteurs et arbitres de ce dilemme. 

Les origines de cet état de faits sont complexes. Je l’ai définie dans quelques livres. Cette posture s’était développée dans la résurrection du «Front antifasciste» d’avant-guerre, imaginé par Mitterrand à la fin des années 1980 pour renforcer le PS et affaiblir la droite. Le CRIF fut alors lourdement instrumentalisé par le Pouvoir pour accréditer la réalité de la menace antisémite émanant du FN – dont Mitterrand avait fait son vis-à-vis exclusif pour réunir ainsi autour du PS déclinant «les républicains», dans l’objectif de conserver le pouvoir. Il fallait, pour ce faire, amplifier la menace du FN, et la faire accréditer par ses victimes électives alors, la communauté juive. L’opération mitterrandienne impliqua la création de la mouvance de SOS Racisme dans laquelle l’UEJF de l’époque joua un très grand rôle sur le plan de l’opinion publique au point de se voir étroitement associée au CRIF dans toutes sortes d’occasions. Elle confirmait la crédibilité de «la lutte contre l’antisémitisme» alors que SOS Racisme avait comme finalité d’embrigader les Beurs, juste au sortir de la «marche des Beurs», premier acte politique de la population immigrée, contre le «racisme anti-immigrés». C’est la première fois qu’on assimilait ce racisme (qui deviendra «l’islamophobie») à l’antisémitisme et donc que l’on mettait en balance l’antisémitisme d’extrême droite et le racisme anti-arabe, la première fois que l’on définissait le problème de l’immigration en termes de racisme plutôt qu’en termes politiques, la première fois que l’on établissait l’équivalence «Juifs-arabes/immigrés» et donc l’interchangeabilité des conditions. 

La lutte contre l’ « islamophobie» cachera la lutte contre l’antisémitisme.

Alors, lutter contre «l’antisémitisme», devenait lutter contre le racisme anti-arabe. 20 ans plus tard, c’est la lutte contre l’»islamophobie» qui cachera ou démobilisera la lutte contre l’antisémitisme qui se manifestait dans la population que défendait SOS Racisme. 

C’est ce qui explique pourquoi le système symbolique mis en place ne permit pas plus tard de rendre compte de ce nouvel antisémitisme qui s’était développé dans le milieu de l’islam politique ou identitaire plutôt que dans le milieu de l’extrême-droite. C’est ce que vérifia l’année 2001 avec les 500 agressions antisémites perpétrées par des ressortissants des milieux de l’immigration, restées objet d’une censure totale de l’État comme de la société et des médias. 

Si Le CRIF avait pour tâche de justifier la stratégie du Front antifasciste, l’UEJF comme acteur de SOS Racisme eut pour tâche de la sanctuariser, de la «judaïser» en transférant la charge symbolique de l’antisémitisme à l’islamophobie. Si le CRIF devenait le gardien de la républicanité, il transférait en fait ainsi à la supposée «communauté de l’immigration» le statut (dans l’ordre des valeurs) de la «communauté juive» d’après-guerre. La stratégie mitterrandienne installa ainsi sur le plan symbolique la» communauté de l’immigration» dans le lieu (symbolique) même de «la communauté juive». Ce ne fut pas simplement un enjeu de prestige et de justification mais aussi un enjeu aux graves conséquences qui explique pourquoi dans les années 2000, on ne voulut pas reconnaître la réalité de l’antisémitisme sauf quand il venait du FN, alors qu’il s’agissait d’un antisémitisme provenant exclusivement des milieux que la lutte contre l’islamophobie défendait, au nom de la lutte contre… l’antisémitisme: le comble de la confusion. La «communauté» et la lutte contre l’antisémitisme disparaissaient derrière la «communauté de l’immigration» et la lutte contre «l’islamophobie», deux développements dont le CRIF et l’UEJF furent les artisans zélés.

La fin du CRIF mitterrandien

Ce modèle arrive aujourd’hui à sa fin, pas seulement du fait de l’évolution de l’Europe mais de l’évolution de la France. Le phénomène central, c’est la nouveauté du paysage d’après la victoire de Macron, marqué par l’effondrement du duo Républicains-Socialistes et surtout la convergence extrême droite-extrême gauche, cette dernière marquée également par l’islamo-gauchisme et donc foyer de l’antisionisme qui est en général au cœur du «nouvel antisémitisme». C’est justement cette convergence qui met un terme à ce que le CRIF était devenu depuis les années 1990.

Le CRIF ne s’est pas rendu compte qu’il y avait quelque chose qui avait changé en France.

La lettre que le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy a envoyée aux organisateurs de la marche blanche en souvenir de Mireille Knoll est passée inaperçue. Elle marque pourtant un tournant dans l’histoire de la communauté juive. Il y critique, sans le nommer, le fait que le CRIF ait exclu certains groupes politiques de l’unanimité nationale démontrée par l’Assemblée nationale dans la dénonciation de l’antisémitisme, à savoir le Front national et la France insoumise qui ne sont pas nommés dans ce reproche, sauf qu’y sont fustigées les «violences verbales» et les «intimidations physiques» dont les représentants, venus malgré les consignes du CRIF à leur encontre, ont été l’objet sur le terrain.

Cette remarque, si on y réfléchit bien, accuse le CRIF d’avoir brisé l’union nationale (dont les extrêmes étaient formellement parties prenantes dans ce cas) dans le rejet de l’antisémitisme, une union nationale qu’il appelait pourtant déclarativement de ses vœux, au point d’apparaître comme un facteur de division de la France «morale» et parlementaire. Le paradoxe veut que ce fut au profit de partis et de leaders – Mélenchon et Marine Le Pen – dont le discours ou l’héritage s’inscrit dans l’atmosphère du «nouvel antisémitisme» de ces 30 dernières années.

Le CRIF ne s’était pas rendu compte qu’il y avait quelque chose qui avait changé en France. Jusqu’alors, en effet, il se voulait incarner la France Républicaine unie contre le Front National, accusé, alors, de casser, du fait de son antisémitisme, l’unité de la nation. Celle-ci, se réunissait ainsi (autour du CRIF et par son entremise), en excluant le FN. Le CRIF était ainsi devenu le garant moral et historique de l’exclusion unanime du FN hors de la communauté nationale républicaine. Et donc un dispositif central de l’avènement au pouvoir de candidats se faisant élire par exclusion, pourrait -on dire. Ce qui fut suprêmement le cas de Macron. Dans la situation que l’élection de ce dernier a créée, le dispositif dans lequel le CRIF s’était inscrit s’est démantelé et dans le cas que je viens d’évoquer, est même devenu, par un retournement mécanique de la donne, l’élément exclu de l’unanimité nationale contre le «fascisme». 

Le deuxième pilier: le Consistoire

Si le CRIF a été instrumentalisé par le parti socialiste au pouvoir au point de devenir le garant systémique d’une configuration qui a volé en éclats avec la montée au pouvoir de Macron, le pilier religieux de l’identité juive française, le Consistoire et le Rabbinat, se sont vus, eux aussi, embrigadés dans une politique gouvernementale profondément défaillante sur le plan de l’État et nocive pour la continuité juive. 

Les élites françaises n’eurent pas le courage de poser d’abord le jalon politique de l’intégration.

Si le CRIF contribuait à retenir la vie politique en suspens sous «la menace Le Pen», le Consistoire devenait le support et le modèle d’une politique de gestion de l’islam en France, une religion nouvelle venue dans le cadre républicain (ébranlé en son fond par l’unification européenne). En effet, là où la question de l’islam devait être traitée «politiquement» (n’est-il pas attaché à une population immigrée, détentrice d’autres nationalités et non autochtone?) – ce qui compliquait bien les choses avec la question de la nation et de l’État, alors affaiblis – elle fut traitée par la «religion» et encore dans une amnésie historique totale de la part d’une élite politique sans grande culture qui avait oublié qu’en France la forme «religieuse» avait été imposée aux religions concordataires (dont le judaïsme) du fait d’un acte et d’une finalité politiques et étatiques. 

Les élites françaises n’eurent pas le courage de poser d’abord le jalon politique de l’intégration (à savoir comment l’islam se réformerait pour être accepté dans l’État et la nation et à quelles conditions cela serait possible: à l’époque de Napoléon ce fut un diktat de l’État sur les Juifs et les Catholiques). Ce jalon est d’autant plus nécessaire que l’islam confond pouvoir religieux et pouvoir politique – ce qui n’est pas le cas du judaïsme – alors que les candidats à la résurgence du Califat, exigeant une obéissance religieuse et politique universelle, sont déjà sur les rangs: je pense surtout à un candidat proche de l’Europe, le président Erdogan.

Les «progressistes» ont trouvé dans le pilier religieux du judaïsme le moyen symbolique et pratique de la gestion du «vivre ensemble», c’est-à-dire du spectacle illusoire de l’intégration de l’islam en France. En n’assumant pas l’exigence d’intégration politique et identitaire propre à la nation, ils ne peuvent en effet que «gérer» la population récemment immigrée par le biais de sa religion (réputée spécificité «culturelle», à «protéger» donc), d’autant que cette dernière n’a jamais connu la modernisation et donc la séparation du politique et du religieux. 

Le «dialogue des religions» est devenu un instrument de gouvernement, promu par l’État «républicain»

Le «dialogue des religions» est ainsi devenu un instrument de gouvernement, promu par l’État «républicain». Il vise à identifier l’islam aux deux religions originelles en France, pour le socialiser et le poser en situation de ressemblance, de façon totalement indue car ces religions se sont déjà réformées et pleinement insérées dans la société républicaine, mais qui, de ce fait, se voient rétrogradées au stade où en est l’islam dans son processus d’insertion. L’institution religieuse juive est cependant bien plus sollicitée que l’Église, car elle est minoritaire et, de surcroît, elle est la référence dans le champ social de la «communauté de l’immigration» . 

On ne peut négliger à ce propos le fait que, composée en majorité de Juifs d’AFN, la plupart (Algérie) français de longue date, son assimilation à la communauté arabo-musulmane ait tenté le pouvoir, comme exemple de réussite à proposer aux nouveaux venus. Les concessions faites au «vivre ensemble» s’autorisent ainsi de ce qui est concédé aux Juifs alors que ces «concessions» sont le résultat de la réforme du Grand Sanhédrin de 1897, réforme loin de toute réalisation chez les musulmans et qui, sans doute, soulèveraient leur fureur tant elles furent exigeantes. Ces mises en équivalence des Juifs «communautaires» et de la «communauté de l’immigration» représentent en fait, de façon rampante, une régression pour ceux qui sont des citoyens français depuis le 19eme siècle à la condition de nouveaux venus. C’est une sorte d’abandon «statique» (sans exclusion) de ces Juifs sur le plan de la légitimité nationale, qui réveille en eux d’autres abandons (1962, 1940…) et qui incite à la jalousie et au ressentiment les nouveaux venus, conviés ainsi à se comparer et se mesurer aux Juifs, ce qui pour nombre d’entre eux est la pire des situations. Les autorités consistoriales et rabbiniques se prêtent en général à cette stratégie sans se rendre compte qu’elles jouent le rôle du cheval de Troie qui accrédite en France un islam qui n’a pas fait sa réforme républicaine et dont elles n’ont pu obtenir aucune condamnation claire et massive de l’antisémitisme qui sévit dans nombre de ses milieux, ce que tous les sondages vérifient. 

Ainsi sur le plan du religieux comme sur le plan du politique ou de la sécurité, l’intérêt de la continuité juive est en 2019 du côté de la République souveraine, de l’État-nation et non de la France des religions, des cultures et des minorités. La situation n’est absolument plus celle des années 1970-1980.

Sur le plateau du Golan, bienvenue à Trump City

INFOGRAPHIE – Benyamin Nétanyahou a lancé un programme immobilier baptisé du nom du président américain. Un geste destiné à le remercier pour son dernier cadeau: la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté d’Israël sur le Golan.

Par Thierry Oberlé

Envoyé spécial sur le plateau du Golan

Benyamin Nétanyahou a lancé un programme immobilier baptisé du nom du président américain. Un geste destiné à le remercier pour son dernier cadeau: la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté d’Israël sur le Golan.

Quelques bicoques, des jardins bucoliques et des bâtiments communautaires en ruine. Bienvenue à Kela Beruchim, cité perdue au bout du plateau du Golan. Au loin, se dessine le mont Hermon et son pic enneigé. La frontière syrienne est à 7 kilomètres, le Liban à 25 kilomètres. C’est ici que le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a prévu de poser au centre d’un terrain de football en friche la première pierre d’un programme immobilier baptisé du nom de son ami Donald Trump. Un geste destiné à remercier le président américain pour son dernier cadeau: la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté d’Israël sur le Golan, un territoire occupé par l’État hébreu depuis 1967 et dont la communauté internationale refuse d’avaliser l’annexion.»

Trump City doit devenir le symbole d’une nouvelle ère pour la région mais le magnat de l’immobilier n’investirait sans doute pas un dollar à titre personnel dans son village éponyme. Kela Beruchim (les bénis en hébreu, NDLR) est un lieu étrange peuplé de gens bizarres. Les volets des maisonnettes sont clos mais du linge pend ici ou là dans les cours. La première personne croisée après avoir fait le tour de l’implantation est un apiculteur bodybuildé. D’origine russe, Denys est affalé dans un fauteuil défoncé en cuir sur le perron d’un bâtiment en déshérence. Il est venu surveiller ses ruches qui lui posent bien du souci. «On m’a demandé du jour au lendemain de les déplacer à l’occasion de la visite surprise de Nétanyahou en avril pendant les vacances de Pâques. Elles étaient installées à l’endroit où ils vont soi-disant commencer à construire», peste-t-il. «Je suis dans ce coin pour mener une vie paisible à la campagne et on raconte maintenant que la population du Golan va doubler. On va être envahi par des religieux qui vont nous imposer leur mode de vie. De toute façon, je ne crois pas que ce projet va marcher. Rien ne marche ici!» dit-il avant de s’éloigner pour retrouver ses abeilles.

«Je suis dans ce coin pour mener une vie paisible à la campagne et on raconte que la population du Golan va doubler. On va être envahi par des religieux qui vont nous imposer leur mode de vie.»Denys, apiculteur

Au détour d’un chemin, une vieille femme ouvre sa porte après des hésitations. «Je ne suis pas présentable avec mon tablier», minaude Nina. Elle et son mari ont quitté l’URSS en 1990 peu avant sa désintégration pour émigrer en Israël et échouer sur le Golan. Trump City l’inquiète, elle aussi, car «on ne sait pas ce qui va se passer et on ne sait pas qui sont ces gens qui vont venir vivre autour de nous». Puis elle fredonne en français, Parole, parole, parole !, la chanson de Dalida.

Les bureaux du centre communautaire se réduisent à une pièce vaguement entretenue. Le reste de la bâtisse n’a plus tous ses murs et peu de plafonds. L’ensemble dégage une telle impression d’apocalypse qu’il a servi de décor à une série télé d’épouvante intitulée Colonnes de fumée. La fiction raconte les péripéties d’une enquête policière dans un kibboutz sectaire du nord d’Israël dont les habitants ont mystérieusement disparu. La vraie histoire de l’implantation est moins effrayante. Elle est juste celle d’un échec. À Kela Beruchim, le nombre de résidents se compte sur les doigts des deux mains. Il faut y ajouter une poignée de jeunes squatters qui ont l’intention de fonder une école de préparation au service militaire. Ils sont convaincus que le Golan est une terre juive depuis les temps de la Bible, mais les précédents habitants du secteur étaient des Arabes syriens chassés par la guerre des Six-Jours. Leur armée s’était retirée de cette hauteur stratégique sans livrer véritablement bataille. 

«Il faut comprendre que lorsque l’on s’installe sur le plateau, surtout dans le nord, on va vivre en périphérie loin des avantages de la société moderne comme le système de santé ou les loisirs.»Mehamem Ender, un retraité de Kela Beruchim

Après l’annexion de 1981, une politique de colonisation s’est mise en place avec ses hauts et ses bas. Puis en 1991, Ariel Sharon, alors ministre du Logement, a peuplé la région de migrants russes fraîchement débarqués en Israël. Une vingtaine de familles s’installèrent à Kela Beruchim. Elles parlaient mal l’hébreu, étaient au chômage, la perspective d’un logement gratuit était, pour elles, une aubaine. Les couples avaient suivi des études universitaires dans leur pays d’origine. Le Golan a été pour ces déclassés un exil dans l’exil. «La greffe n’a pas pris mais d’autres projets engagés aux alentours fonctionnent bien», constate Chaim Rikeach, le président du Conseil régional du Golan dans ses bureaux de Katzrin, la «capitale» du Golan.

«Il faut comprendre que lorsque l’on s’installe sur le plateau, surtout dans le nord, on va vivre en périphérie dans l’éloignement des avantages de la société moderne comme le système de santé ou les loisirs», explique, pour sa part, Mehamem Ender, un retraité de Kela Beruchim. «Je suis venu pour réaliser le rêve sioniste de peupler ce pays qui est le nôtre», ajoute-t-il. Deux de ses fils ont été grièvement blessés au Liban et à Gaza. Ses quatre enfants ont quitté le plateau. «Les jeunes ne restent pas sauf s’ils sont agriculteurs», précise Mehamem Ender.

Sentiment de précarité

L’économie du Golan repose sur ses ranchs de vaches et de bœufs. Environ 40 % de la viande consommée en Israël provient de la région mais aussi 30 % du vin. Le tourisme vert s’y développe malgré les tensions avec la Syrie et l’ennemi juré, le Hezbollah libanais. Reste qu’un sentiment de précarité est toujours présent chez les 18.000 Israéliens qui cohabitent avec 22.000 Druzes dont la plupart ont refusé de prendre la nationalité israélienne. «Une petite crainte d’être expulsé existe toujours alors quand Trump a pris sa décision historique, les doutes se sont levés», dit Chaim Rikeach. «Nous n’avons pas en revanche d’inquiétude sécuritaire. Il y a de temps en temps un tir de missile quand quelqu’un fait une connerie de l’autre côté de la frontière et voici deux ans encore nous avions al-Qaida et Daech comme voisins mais nous maîtrisons la situation», minimise-t-il.

«Il y a de temps en temps un tir de missile quand quelqu’un fait une connerie de l’autre côté de la frontière et voici deux ans encore nous avions al-Qaida et Daech comme voisins mais nous maîtrisons la situation.»Chaim Rikeach

À Katzrin comme à Kela Beruchim, le geste du président américain fait comme il se doit l’unanimité. «C’est fabuleux! L’homme le plus puissant du monde nous a donné un cadeau incroyable. Je sais que Trump est très contesté dans le monde mais un Israélien qui le critique est pour moi un dérangé», s’enthousiasme Mehamem Ender.

Tirant un trait sur des décennies de politique étrangère américaine, Donald Trump a brisé le consensus international sur la question de Golan le 21 mars par un tweet puis a rapidement signé la proclamation de reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le Golan dans le Bureau ovale aux côtés d’un Benyamin Nétanyahou aux anges.

Relancer les implantations juives

Le premier ministre israélien n’a pas non plus perdu de temps pour montrer sa gratitude. Le 23 avril, il publiait une vidéo dans laquelle, debout au milieu des collines ondoyantes du Golan, il annonçait fièrement qu’une ville porterait le nom du président américain. L’idée de fonder une Trump City a dans l’esprit du premier ministre une valeur symbolique mais elle s’inscrit aussi dans une volonté de relancer les implantations juives dans la région après un arrêt total de la colonisation pendant vingt ans. «Nous avons renforcé les sites existants mais ce n’est pas suffisant. Des jeunes sionistes veulent venir construire de nouveaux lieux alors la création de Trump City est pour nous une bénédiction», confirme Chaim Rikeach.»

Les premiers résidents devraient prendre possession de leur logement à la fin de l’année, à l’occasion des fêtes d’Hanouka, mais il est probable que les délais annoncés par le Conseil régional ne seront pas respectés. 25 familles aménageront à Trump City. Elles devraient être ensuite 100 et à terme 400. «Les plans sont prêts. Le quartier comprend des jardins publics pour les enfants, des synagogues. Pour l’instant, 150 personnes se sont adressées à nous. Nous sommes dans le processus de sélection avec pour objectif de créer une communauté mixte de religieux et de laïcs. Nous cherchons des couples jeunes car le Nord qui est beaucoup moins peuplé que le Sud compte surtout des habitants âgés», explique Chaim Rikeach. Il veut croire qu’ils trouveront des emplois dans le tertiaire, l’agriculture géothermique, l’agrotech et le high-tech grâce au développement de pôles d’innovation. Seule ombre au tableau mais elle est de taille: la dissolution du nouveau Parlement qui ne permet pas de valider l’initiative du premier ministre. Benyamin Nétanyahou et un représentant de l’Administration américaine devaient assister sur place le 12 juin à une cérémonie pour célébrer à la fois le 52eanniversaire de la prise du Golan et la reconnaissance américaine, mais ils ne viendront pas.

» LIRE AUSSI – Nétanyahou s’affiche avec ses nouveaux amis du Golfe

«Baptiser notre implantation Trump City, c’est un peu comme donner le rôle de parrain dans une cérémonie de circoncision. On l’honore pour le congratuler», commente Noemi Ish Shalom, une enseignante excentrique installée un peu à l’écart de Kela Beruchim. «J’espère que le projet va permettre de ramener les services de l’État chez nous», ajoute-t-elle. Docteur en biologie, en botanique et en écologie, elle entretient seule un immense jardin organique aux allures de capharnaüm peuplé de poules, de chèvres et de chiens. Sa propriété est un promontoire avec vue sur la Syrie. Entre les deux, la lande est truffée de mines. «Cette implantation a toujours été un rêve quel que soit son nom», sourit-elle. Un rêve qui a pour l’instant des allures de chimère.

Comment l’État mène la lutte contre les mosquées radicales

Par Jean Chichizola et  Christophe Cornevin

ENQUÊTE – Surveillance, constitution de dossiers, fermetures, procédures judiciaires… Dans le Nord, l’Isère ou les Bouches-du-Rhône, les pouvoirs publics mènent un âpre combat de terrain.

Île-de-France, Bouches-du-Rhône, Nord, Isère… À l’ère de «l’imam Google», de la propagande sur Internet et de l’adhésion des terroristes, comme celui de Lyon, aux thèses de Daech «en leur for intérieur», la lutte contre l’islam radical se joue encore dans le monde réel et passe toujours par la fermeture de mosquées ou de centres communautaires tombés aux mains de prédicateurs de la haine.

Un exercice délicat, réclamant vigilance et prudence. Et une procédure complexe, en vertu de la loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme adoptée en novembre 2017, qui doit respecter l’État de droit face à des adversaires qui savent se montrer procéduriers. Ces derniers mois, trois fermetures ont notamment été ordonnées à Grande-SyntheHautmont (Nord) et Grenoble (Isère).

Le Nord est, avec les Bouches-du-Rhône, le Rhône ou l’Île-de-France, un des territoires les plus touchés par la radicalisation islamiste. Pour mieux la prévenir, Michel Lalande, préfet du Nord, a mis en place depuis son arrivée en 2016 un dispositif unique en France, avec, sous son autorité, une déconcentration du signalement et du suivi des cas de radicalisation au niveau de groupes d’évaluation départementaux dans les six arrondissements du département (Lille, Dunkerque, Avesnes-sur-Helpe, Cambrai, Douai, Valenciennes). Chose plutôt inhabituelle, les deux fermetures qu’il a décidées ont visé des extrémistes chiites et sunnites.

» LIRE AUSSI – Sept mosquées radicales ont été fermées en un an

De façon imagée, Michel Lalande explique la méthode: «Identifier le mal, l’observer et le soigner.» Et les conditions nécessaires: une procédure validée par la justice, une stratégie au long cours défendant les valeurs de la République et un dialogue serein avec les autorités religieuses. Le 15 octobre 2018, treize jours après des visites domiciliaires ayant mobilisé près de deux cents policiers, le préfet du Nord annonçait ainsi la fermeture administrative, pour une durée de six mois, du lieu de culte et du siège de l’association Centre Zahra France, d’obédience chiite. Une action engagée après une longue surveillance et des inquiétudes face à de possibles dérives, notamment antisémites. 

La fermeture est validée par le tribunal administratif le 19 octobre puis par le Conseil d’État le 22 novembre 2018. Enfin, le 22 mars dernier, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, propose au chef de l’État de dissoudre les associations Centre Zahra France, Fédération chiite de France, Parti anti sioniste et France Marianne télé. Ces associations sont accusées de légitimer «de façon régulière le djihad armé tant par les prêches dispensés que par les écrits mis à la disposition des fidèles et des internautes» et d’endoctriner «la jeunesse du Centre Zahra dans la perspective de la guerre sainte et d’une apologie constante, notamment via Internet, des actions d’organisation telles que le Hamas, le djihad islamique palestinien et la branche armée du Hezbollah, toutes inscrites sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne».

«Sur la soixantaine de mosquées et salles de prière qui sont répertoriées en Isère, deux ou trois attirent l’attention des services»La préfecture

Quelques mois après le coup porté aux ultras chiites, le préfet Lalande décidait, le 13 décembre 2018, de fermer pour une durée de six mois la salle de prière salafiste As-Sunnah d’Hautmont. Motif invoqué: «Les idées qui y sont diffusées et les activités qui s’y déroulent provoquent à la violence, à la haine et à la discrimination et font l’apologie d’actes de terrorisme.» L’imam saoudien qui y officiait aurait notamment prononcé des prêches ayant «clairement provoqué à la haine et à la violence envers les non-croyants». Des conférences ont par ailleurs été organisées au sein de la salle de prière, ouverte en 2014 dans un ancien café, et des intervenants «ont tenu des propos de même nature». 

L’association Assalem, responsable de la salle, saisit aussitôt le tribunal administratif de Lille qui, le 18 décembre, valide la fermeture. Six mois plus tard, la situation est des plus claires: l’imam est reparti pour l’Arabie saoudite et l’association ne semble plus être en état de poursuivre ses activités. À noter qu’en amont de la décision de fermeture, l’État et la mairie s’étaient déjà inquiétés des questions de sécurité dans un lieu de culte de 97 places accueillant 150 à 200 fidèles. Des risques d’incendie et le non-respect des règles pour les établissements recevant du public avaient entraîné la fermeture d’une partie du bâtiment. Après Grande-Synthe et Haumont, la lutte contre les prêcheurs de la haine a été poursuivie plus au sud en 2019.

À la différence du Nord, l’Isère ne figure pas au nombre des départements les plus touchés par le fléau de l’islam radical. Il n’empêche. «Sur la soixantaine de mosquées et salles de prière qui y sont répertoriées, deux ou trois attirent l’attention des services», confie-t-on en préfecture. 

Mères voilées à l’école : un recul pour la laïcité ? – Regarder sur Figaro Live

Des barnums pour permettre aux fidèles de prier

Le préfet Lionel Beffre a décidé le 4 février dernier de fermer pour une durée de six mois la mosquée al-Kawthar de Grenoble, drainant près de 400 fidèles parmi les plus «rigoristes» de l’agglomération. Fermeture confirmée par le tribunal administratif. Dans son mémoire de défense, observent les magistrats, le préfet de l’Isère a mentionné «des références religieuses qualifiées de radicales» proférées dans la mosquée et reprises à de nombreuses reprises sur la chaîne YouTube «comportant de nombreux passages incitant à la haine et à la violence envers les chrétiens et les juifs, légitimant la discrimination et la charia, et justifiant le djihad armé».

Au total, au moins une «vingtaine d’individus radicalisés» aurait fréquenté al-Kawthar «dont certains ont été interpellés, parfois condamnés pour des faits d’apologie du terrorisme». «Une petite dizaine est partie en 2013 et 2014 pour faire le djihad dans les zones de combat et d’autres en avaient la velléité», confie au Figaro un fonctionnaire de haut rang. Pointé du doigt pour ses virulents discours «antirépublicains, antichrétiens et antijuifs» qui «légitiment la charia, la supériorité du Coran sur la loi des hommes et la discrimination envers les femmes sommées de porter la burqa», l’imam algérien a préféré s’exiler vers son pays d’origine. 

«Très courtois, très habiles, sans jamais un mot qui dépasse, les défenseurs de la mosquée ont mené un travail de lobbying pour plaider leur cause, mais le mal est trop profond» Un haut fonctionnaire

Soucieux de mettre un terme au gel des avoirs, particulièrement pénalisant à l’approche du hajj , le très lucratif pèlerinage à La Mecque en août prochain, des responsables musulmans ont tout tenté pour rouvrir cette mosquée de la discorde. En réponses aux menaces de prières de rue brandies par certains de ses partisans, des «barnums» ont été installés par la mairie afin de permettre aux fidèles de prier sous des tentes à proximité du village olympique de Grenoble.

Avant le ramadan, un nouveau «collectif musulman métropolitain» a plaidé en faveur d’une réouverture au nom du «vivre ensemble». Les responsables de la mosquée sont remontés au créneau pour défendre la mise en place d’une «charte républicaine». Mais cette stratégie de la «main tendue» n’a pas convaincu. Même la proposition d’installations des caméras sur l’édifice, formulée par l’association qui la gère, a été recalée le 23 mai par la commission administrative de vidéoprotection présidée par un magistrat de l’ordre judiciaire. Motif? «Dossier mal ficelé», lâche un expert.

«Très courtois, très habiles, sans jamais un mot qui dépasse, les défenseurs de la mosquée ont mené un travail de lobbying pour plaider leur cause, mais le mal est trop profond pour changer la situation en quelques semaines», juge un haut fonctionnaire, assurant que le «plus grand flou» régnerait encore sur l’identité des futurs imams, que la «composition de l’association gérant le lieu de culte ne s’est guère renouvelée» et qu’aucun «message correctif» n’aurait été envoyé aux fidèles depuis la fermeture administrative. Elle est prévue pour durer jusqu’au mois d’août.

On ne parle pas de la haine des Juifs aux petits lycéens niçois

Mais on peut leur décrire les massacres à la machette au Rwanda

parRenée Fregosi – 5 juin

Renée Frégosi. ©BALTEL/SIPA / 00884429_000041

Invitée à parler de la mémoire des génocides devant des lycéens niçois, j’ai tenté d’évoquer la haine dont sont l’objet les Juifs aujourd’hui. Élèves et professeurs se sont insurgés. 


Il y a quelques semaines, je participai dans un lycée niçois à événement intitulé « La Semaine de la mémoire et de la recherche ». Pendant quatre jours, des lycéens écoutaient des témoignages de victimes de génocides et des universitaires censés les éclairer sur les processus génocidaires et, au-delà, les processus complotistes et négationnistes, l’antisémitisme et le totalitarisme.

Parmi ces lycéens, une classe de 1ère avec cinq de ses enseignantes à l’origine de cette initiative pédagogique, avait travaillé durant l’année scolaire plus spécifiquement sur le génocide rwandais et s’était même rendu sur place lors d’un voyage passionnant et très émouvant.Ouverture dans 0Sponsorisé par Ministère de l’Action et des Comptes publicsDroit à l’erreur !Evitez les erreurs dans toutes vos démarches administratives avec oups.gouv.frEn savoir plus

La victime devient coupable

Contactée par les organisatrices de cette rencontre pour y faire une intervention, j’avais proposé d’aborder la question de la stratégie de victimisation mise en œuvre par les autorités pour persécuter leurs ennemis voire aller jusqu’à leur massacre de masse. Mon exposé étant le dernier de ces journées, je lui donnai une forme un peu conclusive en insistant sur les mécanismes de retournement des termes et l’inversion des charges de la preuve très souvent utilisés par les persécuteurs pour présenter leurs victimes comme des agresseurs.

Évoquant des sujets traités par des orateurs précédents et étudiés par les lycéens, je rappelai donc brièvement que les Turcs massacrant les Arméniens pendant la guerre de 14-18, les présentaient comme des agents de l’ennemi après les avoir exclus de la communauté ottomane et soumis à une ségrégation rigoureuse. Les nazis massacrant les Juifs d’Europe, dénonçaient leur visée dominatrice et les présentaient comme les fauteurs de guerre et les corrupteurs de la race aryenne, justifiant leur exclusion de la nation allemande puis leur relégation dans les ghettos et enfin la « solution finale ». Les massacreurs hutus présentaient les Tutsis comme des privilégiés et des expropriateurs et les déshumanisaient en les qualifiant de cafards à exterminer systématiquement. Les Khmers rouges présentaient leurs victimes comme des exploiteurs occidentalisés à éradiquer jusqu’au dernier, en les traitant de punaises qu’il fallait tuer jusqu’aux œufs (les enfants).

La vérité des lycéens

Puis je me hasardai à aborder la stratégie palestinienne de victimisation et le dit « antisionisme ». Ayant remarqué que l’intervenant qui m’avait précédé avait montré dans son document PowerPoint des photos de victimes françaises récentes d’actes antisémites (Ilan Halimi, les enfants de l’école Ohr Torah, Mireille Knoll, Sébastien Selam, Sarah Halimi) sans indiquer explicitement le lien avec le caractère islamiste de l’antisémitisme de leurs auteurs, je rappelai les différents types de haine des Juifs à travers les âges (antijudaïsmes romain puis chrétien, antisémitismes politiques modernes, antijudaïsme musulman et antisionisme déniant en fait le droit à l’existence de l’Etat d’Israël).

Les réactions de nombreux jeunes dans l’auditoire ne se sont alors pas faites attendre : négation de l’existence de propos anti-Juifs dans le Coran, renvoi dos-à-dos des Israéliens et des Palestiniens revendiquant « la même terre », accusation de manque d’objectivité de mon intervention. Cela, je m’y attendais un peu étant donné la sociologie de ce lycée « périphérique ». Raison de plus à mes yeux pour ne pas édulcorer mon propos.

« Trop jeunes pour entendre de telles choses »

En revanche, ce qui m’a interloquée c’est la réprobation explicite de mon intervention de la part des enseignantes, au motif que ces élèves « étaient trop jeunes pour entendre de telles choses et qu’il ne fallait pas les choquer ». Les récits des horreurs des camps d’extermination nazis, des massacres khmers rouges ou du génocide à la machette au Rwanda ne les auraient pas traumatisés, mais instiller un doute quant au bien-fondé des roquettes et des tirs de mortier sur Israël ou quant au mythe d’al Andalus en leur parlant de la dhimmitude, ou encore révéler l’existence de passages anti-Juifs dans le Coran et les hadiths, cela ne pouvait se faire car il ne fallait pas perturber ces jeunes esprits fragiles.A

Autrement dit, la contradiction des idées reçues constituait non pas un élément fondamental de la pédagogie de l’esprit critique censé être dispensée dans le cadre de l’Education nationale, mais quelque chose d’intolérable, de nocif et d’indécent. Je pris alors conscience que toutes ces recherches en bibliothèque, ces voyages scolaires sur les « lieux de mémoire », tous ces travaux d’élèves et ces débats autour des victimes n’avaient en somme qu’agité du pathos, de la compassion voire de l’identification avec les victimes mais n’avaient nullement contribué à la compréhension de la complexité des phénomènes politiques autoritaires pouvant conduire jusqu’au génocide.

Commémorer pour ne pas comprendre, un nouveau négationnisme

Journées de la mémoire certes, mais la recherche n’était-elle pas restée vaine si la contradiction, le paradoxe et l’ambivalence étaient d’emblée refusés à la formation de ces jeunes esprits ? Les dérives de l’esprit victimaire que je m’étais proposé d’analyser étaient ici-même à l’œuvre : l’individualisation des victimes, avec l’audition de témoignages poignants notamment, conduisaient à ignorer la dimension politique des souffrances subies. Les stratégies, les modes de justification des massacres passés étant ainsi méconnus, on s’interdisait toute analyse comparative, toute réflexion en somme sur d’autres stratégies et discours de légitimation d’actions meurtrières actuelles. Le passé sert ainsi à enfouir le présent sous ses cendres, et les larmes noient l’intelligence des événements d’aujourd’hui.

C’est finalement à un nouveau négationnisme auquel on assiste : l’agression génocidaire en acte ou en projet est masquée par les horreurs du passé qui saturent l’espace mental et médiatique. Ressassant les génocides historiques dans la repentance et la bonne conscience, sans en comprendre les ressorts universels, on dénie au présent son véritable potentiel génocidaire. A dénoncer en boucle les totalitarismes d’hier, on s’aveugle sur ceux en germe aujourd’hui qui n’ont aucune filiation historique avec ceux-là. Paradoxes de notre temps : l’antifascisme occulte le totalitarisme islamiste en action ici et maintenant comme l’antiracisme dénie aux « blancs » leur statut possible de victimes, et le travail mémoriel plein de bonnes intentions entrave celui de l’histoire tentant d’éclairer crûment le présent.

L’ex directeur général adjoint de l’AEIA: « L’Iran est à six mois d’une bombe atomique » ?????

5 juin 2019 | 

Olli Heinonen, l’ancien responsable du suivi de la prolifération nucléaire pour l’Agence internationale de l’énergie atomique, a déclaré sur les ondes de la radio militaire qu’Israël et les États du Golfe « avaient toutes les raisons d’être inquiets des nouvelles capacités nucléaires de l’Iran« …

.

L’homme a souligné que la plupart des Israéliens « n’avaient pas conscience de la gravité de la menace iranienne ». « Les Israéliens se doivent d’être inquiets et les pays du Golfe ont également toutes les raisons de s’inquiéter »  a déclaré Olli Heinonen. Lors de l’interview, qui sera diffusée jeudi matin, Olli Heinonen a déclaré: « Malgré les affirmations de l’AIEA, l’Iran sera en possession d’armes nucléaires d’ici six à huit mois« .P

Selon lui, l’AIEA ignorerait tout de la course à la guerre nucléaire menée par Téhéran et, qui plus est, même la décision de l’administration Trump de laisser tomber le plan d’action global commun (JCPOA) qu’on appelle communément « l’accord iranien », servirait aussi les objectifs de l’Iran.

« Les Ayatollahs gèrent les nouvelles sanctions  à leur guise et  pendant de temps, ils continuent de fabriquer de nouvelles centrifugeuses « , a-t-il conclu.

Peu de gens ont une meilleure connaissance sur le sujet que Olli Heinonen, qui a travaillé 27 ans à l’AIEA dont il a été le directeur général adjoint et le responsable de son Département des contrôles. Il a rédigé sa thèse sur l’analyse des matières nucléaires et a supervisé les efforts de l’AIEA pour surveiller et contrôler le développement nucléaire de l’Iran. L’homme a également  dirigé et participé à des équipes internationales d’inspection de surveillance des installations nucléaires dans de nombreux États comme la Corée du Nord, l’Afrique du Sud, l’Irak, la Syrie, la Libye.

Tel-Avivre – source israelnationalnews

Le BNVCA saisit le CSA suite à la chronique de Mr Pascal Romedenne Télé Matin du 3/6/19 relative à l’affaire des “Faux Le Drian”.

Le BNVCA exprime les protestations de nombreux correspondants émus et scandalisés par la façon discriminatoire voire insultante dont le chroniqueur a relaté l’affaire de l’énorme escroquerie commise par des français installés  en Israel  qui se faisaient passer pour le Ministre des Affaires Etrangères, Monsieur Jean Yves Le Drian afin d’extorquer illégalement des sommes d’argent importantes à des hautes personnalités fortunées, sous prétexte de contribuer à la libération d’otages français

Le journaliste en question Mr Patrice Romedenne  qui présente sa chronique quotidienne sur Télématin le 3 juin 2019 déclare le plus simplement possible “Le chef du gang a été arrêté, c’est un “JUIF tunisien” Il était refugié en Israel etc ...(voir vidéo à 2 mn13).

Nos correspondants font remarquer de façon judicieuse que même lorsque les terroristes revendiquent leur attentat au nom de l’Islam, jamais aucun reporter n’a fait référence à leur religion.

Comme nos requérants, le BNVCA  reproche à Mr Romedenne d’avoir insisté si maladroitement sur la religion de cet escroc et de ce chef de gang  dont la communauté francophone d’Israel s’est toujours désolidarisée.

Nous faisons remarquer au journaliste en question que le Code Pénal français n’a pas été rédigé pour les juifs.

Nous demandons à la rédaction de Télé Matin, d’inviter Mr Romedenne à rectifier  ses propos et à présenter ses excuses .

A la demande de ses requérants,le BNVCA a décidé de saisir  le C S A .

Colis piégé à Lyon : Mohamed Hichem Medjoub est incarcéré

Par  Auteurvaleursactuelles.com /

La police autour du domicile du suspect, à Oullins © Laurent Cipriani/AP/SIPA

L’homme soupçonné d’être l’auteur de l’attaque au colis piégé à Lyon a été mis en examen et écroué après ses aveux.

Mohamed Hichem Medjoub, qui est soupçonné d’avoir planifié l’explosion d’un colis piégé dans le IIe arrondissement de Lyon, a été mis en examen par le juge d’instruction ce vendredi à Paris pour « tentative d’assassinats terroristes », « association de malfaiteurs terroriste criminelle », « fabrication, détention, et transport d’explosifs en relation avec une entreprise terroriste ». Il a été placé en détention provisoire, a annoncé le parquet de Paris, rapporte BFMTV.

Mohamed Hichem Medjoub est passé aux aveux

C’est mercredi 29 mai que le principal suspect est passé aux aveux. Interpellé par les forces de l’ordre lundi 27 mai aux alentours de 10 heures, le présumé responsable de l’attaque au colis piégé vendredi 24 mai, a reconnu avoir posé l’engin explosif, selon les informations du Point. Comme le précise l’hebdomadaire, cet Algérien de 24 ans a détaillé la façon dont il a fabriqué son engin explosif dans sa cuisine. Il assure avoir agi seul. BFMTV indique de son côté que l’ancien étudiant en informatique a effectué des recherches internet sur le djihad, la fabrication de bombes artisanales et le moyen de les déclencher à distance.SUR LE MÊME SUJET Colis piégé à Lyon : l’étonnant témoignage d’un ami du suspect

Jeudi, LCI a indiqué que Mohamed Hichem Medjoub reconnaissait des liens avec Daech, à qui il a prêté allégeance « en son for intérieur », selon le parquet.Durant sa garde à vue, le suspect avait tenu un discours religieux intégriste, mais ne s’était revendiqué d’aucune organisation terroriste. Voir l’image sur Twitter

Voir l'image sur Twitter

Le Parisien@le_Parisien

🔴

Colis piégé à #Lyon : le suspect dit avoir agi au nom de Daech > http://l.leparisien.fr/rKQ 3416:11 – 30 mai 201979 personnes parlent à ce sujetInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité

L’arrestation de Mohamed Hichem Medjoub s’est suivie lundi 27 mai d’une deuxième interpellation par les forces de l’ordre, à savoir celle d’un lycéen majeur, identifié comme étant le frère cadet du suspect numéro un, puis de celle de son père et de sa mère. La garde à vue des parents a été levée jeudi. Le suspect vivait chez ses parents, à Oullins, en proche banlieue, où une perquisition a été menée par une unité du Raid, appuyés d’une service de déminage.

David explique pourquoi il n’est pas un colon et montre les vestiges archéologiques juifs là où il habite à Beïth El en Judée samarie appelée : « Cisjordanie »

138

« Dieu dit à Jacob: «Lève-toi, monte à Beït Hel et installe-toi là-bas. Tu y construiras un autel en l’honneur du Dieu qui t’est apparu lorsque tu fuyais ton frère Esaü.» (Genèse 35.1-15)

Beït Hel est lié dans la Bible au passage des patriarches Abraham et Jacob sur ce lieu : Abraham y construit un autel, tandis que Jacob s’y endort et rêve de l’échelle de Jacob, une échelle parcourue par des anges qui s’élève jusqu’au ciel.

L’Arche d’alliance y réside plus tard à l’époque des Juges d’Israël et Samuel y tient sa cour de justice.

« Avant que Jacob ne le nomme Beït Hel, le lieu s’appelait Louz », dit le texte hébreu (Oulam Louz). Et c’est sous ce nom qu’apparaît en Luc 24:13 dans le codex Bezae, le village vers lequel se dirigeaient les deux compagnons d’Emmaüs qui, selon les Évangiles chrétiens, le soir de la Résurrection quittaient Jérusalem et où Jésus serait apparu pour la première fois après sa résurrection.

Les fouilles archéologiques à Beit El ont révélé une grande concentration de bâtiments datant de l’époque des Patriarches et de la période de la Royauté, ainsi que des statuettes sur le Mont Bethel.

Selon la tradition, Abraham a été le premier à construire un autel à l’est de Beit El. C’est également le lieu où se déroule l’histoire de Saul, lorsqu’il cherchait les ânesses. Samuel lui a dit de faire demi-tour et quand il rencontrerait des hommes qui iront prier Dieu à Béthel.

Ces sources indiquent que l’endroit est sacré, avant même Jéroboam. Le lieu de culte est mentionné plus d’une fois dans les Prophètes, et il y a beaucoup de discussions à son sujet. Josias est celui qui a détruit cet endroit car il servait à l’idolâtrie.

Alors si les juifs sont colons sur cette terre, comment se fait-il que l’archéologie relève leurs traces lors des fouilles? Il est bien évident que nous n’avons rien à prouver, et il est hors de question de se positionner en victimes ou en conquérants… Nous sommes le peuple indigène dans ce pays…

Source https://www.terrepromise.fr 


Le BNVCA condamne la décision de la Cour de Cassation Jordanienne qui refuse l’extradition d’un terroriste palestinien suspecté d’avoir participé à l’attentat de la rue des Rosiers en 1982 à Paris.

Le BNVCA  condamne la décision scandaleuse de la Cour de Cassation Jordanienne qui a rejeté la demande d’extradition vers la France de Nizar Tawfiq Mussa Hamada suspecté d’avoir participé à l’attentat de la Rue des Rosiers contre un restaurant juif à Paris en 1982, qui a fait 6 morts et 22 blessés.

Cette plus haute instance de justice d’Amman a maintenu sa décision de ne pas extrader le suspect au motif que les conditions d’extradition n’étaient pas réunies et l’affaire, remontant à 30 ans, dépassait “le délai de prescription”. Pour le BNVCA ce prétexte insoutenable discrédite la Jordanie qui recèle et protège un terroriste international, et vient nous dire que le temps est dépassé.

L”attentat a été perpétré dans le quartier juif de Paris par un commando terroriste palestinien le 9 août 1982. Une grenade avait été jetée dans le restaurant de Jo Goldenberg, explosant au milieu d’une cinquantaine de clients. Deux tueurs étaient ensuite entrés, ouvrant le feu faisant 6 morts et 22 blessés.

Le BNVCA rappelle que son Président Mr Sammy Ghozlan inspecteur divisionnaire de police  lors de l’attentat, chargé d’une mission exceptionnelle par le premier Ministre Pierre Maurois, dans le but de collaborer avec la Brigade Criminelle sous l’autorité du Commissaire Claude Cancès. avait reçu personnellement par téléphone la revendication d’Abou Nidal.

Nous demandons aux autorités françaises de prendre toutes les dispositions judiciaires, et diplomatiques de nature à faire juger le suspect concerné, âgé aujourd’hui de 57 ans  et ce même après 30 ans. Les victimes de cet attentat terroriste anti-juif méritent que justice soit rendue.

Le Bureau

Dissolution (pour klum) de la Knesset réélue le 17 septembre

By Marc – Mai 30, 20196

La Knesset vote sa dissolution et tiendra de nouvelles élections le 17 septembre
74 députés sur 120 approuvent une motion sans précédent demandant un nouveau vote après que Netanyahu a dépassé le délai pour former une coalition; Au cœur de l’impasse se situe la querelle sur la conscription pour les hommes ultra-orthodoxes -un texte qui, s’il est voté, prendra effet dans… 6 ans ; Le premier ministre avait tenté de convaincre le parti travailliste de former une coalition

Les membres de la Knesset ont voté mercredi soir pour dissoudre le Parlement, à peine un mois après l’assermentation de la nouvelle assemblée, après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas réussi à conclure un accord de coalition avec ses partenaires potentiels.

Dissoudre la Knesset et organiser une nouvelle série d’élections à peine quelques mois après les dernières et sans avoir jamais formé de gouvernement est un événement sans précédent, même dans le paysage politique trépidant d’Israël.

Benjamin Netanyahu à la Knesset pour le vote sur la tenue de nouvelles élections (Photo: Alex Kolomoisky)

Benjamin Netanyahu à la Knesset pour le vote sur la tenue de nouvelles élections (Photo: Alex Kolomoisky)

Sur les 120 députés qui composent la Knesset, 74 ont voté en faveur de la dissolution du parlement et 45 ont voté contre. Au cœur de la tentative infructueuse de Netanyhu de former une coalition après les élections du 9 avril, il y avait une législation visant à intégrer des hommes Haredim à l’armée, qui a vu deux de ses partenaires politiques souhaités se disputer.

Alors qu’il s’apprêtait à voter mercredi soir, le dirigeant de Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a déclaré qu’Israël tenait de nouvelles élections en raison du refus du parti Likoud de voter sur la version originale d’un projet de loi concernant les hommes Haredi, sur lequel il avait insisté, de même que les partis ultra-orthodoxes.

Avigdor Liberman assiste au vote de la Knesset sur l'opportunité de se disperser et d'organiser de nouvelles élections (Photo: Alex Kolomoisky)

Avigdor Liberman assiste au vote de la Knesset sur l’opportunité de se dissoudre et d’organiser de nouvelles élections (Photo: Alex Kolomoisky)

Plus tôt mercredi soir, le Likoud a annoncé que Netanyahu avait tenté d’offrir à Liberman et aux partis ultra-orthodoxes un compromis sur le projet de loi, ce qui aurait ouvert la voie à la formation d’une coalition et empêché la répétition d’élections, mais l’offre a été rejetée par les deux partis.

Chambre de la Knesset

Chambre de la Knesset

Selon l’offre, Netanyahu a proposé que le projet de loi initial soit soumis au vote et que si les Haredim refusaient de soutenir la mesure, la suspension automatique dont bénéficient actuellement les étudiants en yeshiva (séminaire juif)serait dûment annulée, conformément à une décision de la Cour suprême.

Le Likoud a annoncé qu’il avait recueilli le soutien et finalisé les accords de coalition avec 60 membres de la Knesset, ce qui laisserait à Netanyahu à court  d’un législateur pour s’assurer la majorité à la Knesset, forte de 120 membres. Cependant, le parti Kulanu, qui a accepté mardi de rejoindre la liste du Likoud en cas d’élections, a nié avoir signé quoi que ce soit. Le Likoud a répondu que les accords étaient en place dans le cas où Liberman rejoindrait la coalition.

Selon la loi, le Premier ministre avait jusqu’à mercredi à 23h59 pour informer le président de la formation d’une coalition. Dans le cas contraire, la tâche de former un gouvernement pourrait être confiée à un autre député. La détermination de Netanyhu de prévenir une telle situation est à l’origine de la convocation de nouvelles élections.

À 22 heures, les députés montaient vers l’estrade pour présenter leur évaluation de la situation. L’opposition avait l’intention de voter contre la motion visant à disperser la Knesset mais a décidé de retirer ses réserves et de permettre au vote de se dérouler immédiatement.

Benny Gantz, président des Blue and White

Benny Gantz, président des Bleus et Blancs

Faisant face à la perspective de nouvelles élections après avoir échoué à former une coalition, Netanyahu a tenté de persuader le parti travailliste de rejoindre son gouvernement. Le Premier ministre aurait offert le ministère de la Justice à Shelly Yachimovich, ancienne dirigeante du parti travailliste, ainsi qu’un soutien à la candidature à la présidence de l’ancien ministre de la Défense, Amir Peretz.

Avi Gabbay du travail

Avi Gabbay du parti travailliste

Le président du parti travailliste, Avi Gabbay, a convoqué une réunion pour discuter de l’offre, mais les membres du parti l’ont finalement rejetée. Le parti a réitéré son désir de voir Benny Gantz, président du Parti bleu et blanc, s’efforcer de former une coalition après l’échec de Netanyahu.

Les députés du parti travailliste ont déclaré que Netanyahu était très généreux dans son offre et se montrait disposé à s’abstenir de lois lui garantissant l’immunité des poursuites pénales ainsi que de lois visant à restreindre le pouvoir de la Cour suprême, deux questions très controversées.

Shelly Yachimovich

Shelly Yachimovich

Lorsque l’offre a été rendue publique, le député bleu et blanc Yair Lapid a imploré Gabbay de ne pas l’accepter: “Il y a une limite au dégoût que le public peut avaler. Je ne peux pas croire que vous fassiez une telle chose.”

Un peu plus tôt, on a signalé que les membres de la coalition craignent de ne pas recueillir assez de voix pour adopter une motion visant à dissoudre la Knesset. Le sachant, les partis arabes ont reconsidéré leur vote et pouvaient rester à l’écart ou s’abstenir. Ils ont finalement majoritairement voté pour la dissolution.

Shelli Yachimovich et Miki Zohar

Shelli Yachimovich et Miki Zohar

Mercredi après-midi également, Naftali Bennet et Ayelet Shaked se sont rencontrés au bureau de Bennett à Tel Aviv. Il est largement admis que Shaked a l’intention de rejoindre les rangs du Likoud, mais il y a encore une chance qu’elle se présente avec le parti Nouvelle Droite de Bennett.

Benjamin Netanyahu et Avigdor Liberman à la Knesset (Photo: AP)

Benjamin Netanyahu et Avigdor Liberman à la Knesset (Photo: AP)

Des membres du Likoud ont lancé une offensive verbale contre le dirigeant de Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, pour son refus de transiger sur le projet de loi sur les étudiants de Yeshiva et l’accusent d’avoir tenté de “renverser le Premier ministre”. Ils ont souligné que Liberman avait, par le passé, conclu des accords avec des partis Haredi et que, soudainement, “sa soif de pouvoir va entraîner tout le pays aux élections“.

Les membres de l'opposition se rencontrent à la cafétéria de la Knesset

Les membres de l’opposition se rencontrent à la cafétéria de la Knesset (Tibi et Zanberg)

Le président Reuven Rivlin a pris la parole pour expliquer quelles options sont actuellement sur la table. «Mes chers concitoyens, je reçois et lis toutes vos demandes de renseignements concernant la formation du gouvernement. Compte tenu du nombre de demandes de renseignements que nous avons reçues à ce sujet, il est important pour moi d’expliquer quelle est l’autorité légale du président.

“Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait 28 jours pour former un gouvernement. Selon la loi, il disposait de 14 jours supplémentaires, qui se terminent aujourd’hui à minuit.

“Si un gouvernement n’est pas formé avant minuit ce soir, j’ai deux options et je dois en choisir une dans les trois jours. La première option consiste à confier à tout autre membre de la Knesset, à l’exception d’un membre de la Knesset qui en a déjà eu l’occasion, de former le gouvernement.  La seconde option est d’informer le Président de la Knesset qu’il n’ya aucune possibilité de former un gouvernement et qu’il n’y a pas d’autre solution que de convoquer des élections. 

Rivlin donne à Netanyahu le mandat de former une coalition

Rivlin donne à Netanyahu le mandat de former une coalition

“Pour prendre cette décision, j’inviterai à nouveau les représentants des factions à des consultations. Soit dit en passant, vous devez savoir que si j’informe le Président de la Knesset que je ne crois pas qu’un autre membre de la Knesset puisse former un gouvernement, les membres de la Knesset peuvent recueillir 61 signatures et demander que l’un des 120 membres de la Knesset, y compris ceux qui en ont déjà eu la possibilité, soit mandaté pour former un gouvernement.

“Vous vous demandez probablement comment cela se rapporte à ce qui se passe actuellement à la Knesset. Eh bien, ce n’est pas le cas. Parallèlement à mon autorité en tant que président, la Knesset peut promulguer une loi visant à disperser la Knesset. Si la loi passe devant la Knesset ses deuxième et troisième lectures avec une majorité de membres – au moins 61 -, les procédures pour former un gouvernement vont cesser, la Knesset sera dissoute et, malheureusement, nous irons à une autre campagne électorale.

“Pour ma part, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher l’État d’Israël de se lancer dans une nouvelle campagne électorale. Merci de m’avoir écouté”, a déclaré le président dans une vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux.

Yuval Karni, Shahar Hai et Kobi Nachshoni | Dernière mise à jour: 05.29.19, 23:23

ynetnews.com

La prière musulmane récitée dans l’église Saint-Louis-des-Invalides

«

La prière en question est plutôt le Adhan (en arabe: أَذَان), l’ « appel » psalmodié à la prière (salat) islamique par un récitant ou un imam (et qui commence ensuite par la Fatiha) :

« Allah est le plus grand (2 fois). J’atteste qu’il n’y a de dieu qu’Allah (2 fois). J’atteste que Muhammad est le messager de Allah (2 fois). Venez à la prière. Venez à la félicité (2 fois), La prière est meilleure que le sommeil (2 fois). Allah est le plus grand. Allah est le plus grand. Il n’y a de vraie divinité hormis Allah (1 fois). »

De ce qui précède, c’est la négation claire, nette et retentissante du Dieu des chrétiens au sein même de la cathédrale Saint-Louis des Invalides (Diocèse aux armées françaises).

Cet appel à la prière insiste sur la supériorité et l’unicité de Dieu, Allah. Le allah-u akbar, « Allah est le plus grand » est dans la forme comparative, superlative : Dieu, Allah, est le plus grand que tous les autres dieux, plus grand que toute autre personne, notamment le Christ.

Autrement dit, les maîtres des lieux en la cathédrale « attestent » (par bêtise ?) qu’ils sont désormais musulmans, malgré eux, eux et ceux qui le suivent, puisqu’ils permettent « qu’il n’y a de Dieu qu’Allah », le plus grand (de tous), et « que Muhammad est le messager d’Allah », reniant ainsi par la même occasion (par complaisance, zèle et inculture) implicitement la Trinité et Jésus des chrétiens.

Le roi Louis XIV doit se retourner dans sa dernière demeure en la basilique cathédrale de Saint-Denis…

L’Hôtel des Invalides est le monument parisien dont la construction fut ordonnée par le roi Louis XIV (édit royal du 24 février 1670) pour abriter les invalides de ses armées. Aujourd’hui, il accueille toujours des invalides, mais également la cathédrale Saint-Louis des Invalides, plusieurs musées et une nécropole militaire avec notamment le tombeau de Napoléon Ier. C’est aussi le siège de hautes autorités militaires, comme le chef d’état-major de l’armée de Terre ou le gouverneur militaire de Paris, et rassemble beaucoup d’organismes dédiés à la mémoire des anciens combattants ou le soutien aux soldats blessés.

Une certaine Église de France est en train de nous enfoncer de plus en plus dans la dhimmitude de l’islam et dans la perdition.

Et les maître des lieux ne savent-ils pas que l’appel à la prière islamique dans un édifice de culte non musulman (quel que soit la religion) est une prise de possession symbolique, le transformant en potentielle mosquée ?

C’est ainsi, par exemple, que la basilique Sainte-Sophie de Constantinople fut ‟sacralisée” mosquée en 1453 avec l’appel à la prière (le Adhan), ordonné par le sultan Mehmet II le Conquérant. Après le massacre abominable des prêtres et des fidèles (les femmes prises comme butin, candidates au viol ‟halal”), un imam est monté en chaire (comme dans cathédrale Saint-Louis des Invalides) pour l’appel à la prière de la victoire et ‟rebaptiser” l’édifice en mosquée par le Adhan.

Avant d’entrer dans la basilique Sainte-Sophie, Mehmet II a pris lui-même un prisonnier chrétien, mis à genoux, égorgé comme un mouton, le sultan plonge sa main dans la flaque de sang puis apposa sa paume (main de Fatma) à l’un des battants en bronze de la porte de la basilique. C’est le geste symbolique d’un sacrifice à Allah et d’islamisation du lieu en prononçant « bism Allah » (« au nom d’Allah »), avant d’entrer dans les lieux pour la première prière (la Fatiha) dans la nouvelle mosquée.

Aujourd’hui nous n’avons plus besoin de tout cela, on y invite pacifiquement l’islam à prendre possession des lieux saints chrétiens avec beaucoup de zèle. Mais viendra un jour prochain où cette dhimmitude et cet esclavage vont amener forcément à l’effusion de sang.

« Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre » – Winston Churchill

On a l’impression que tout cela relève d’une inculture immense et que nos décideurs – y compris nos prélats – sont nullissimes en histoire, sinon amnésiques… Et celui qui ignore l’histoire ou la perd de vue risque de la voir se répéter.

© François Sweydan pour Dreuz.info.


RECTIFICATIF COMMUNIQUE DE PRESSE AGRESSION CLICHY SOUS BOIS LA VICTIME AGISSAIT EN TANT QUE VTC DE HEETCH ET NON DE UBER

                             

Le BNVCA rectifie son communiqué de Presse du 23 mai 2019, dans lequel par erreur il a été mentionné que Monsieur S.  victime de l’agression à

Clichy Sous Bois a bien été agressé en tant que VTC agissant suivant l’application HEETCH et non UBER.

En effet l’épouse de Monsieur S… ayant subie de plein fouet le choc de cette agression nous a communiqué que son mari avait accepté la course à partir de l’application UBER alors qu’en réalité il s’agissait de l’application HEETCH.

Nous avons eu un appel de la direction de UBER qui s’inquiétait uniquement de la santé de Monsieur S… et qui a très bien compris que vu la situation son épouse ait pu se tromper.

Nous tenons à les en remercier.

Le Bureau

Biélorussie : des centaines de corps de Juifs réinhumés après leur découverte dans un charnier>

Brest (Biélorussie), le 27 février dernier. Des hommes en treillis récoltaient dans des sacs les ossements découverts. AFP/Alexander Grebenkin

Une fosse commune inconnue avait été découverte dans la ville de Brest, ghetto juif pendant le Seconde guerre mondiale, par les ouvriers d’un chantier.

Sur la Shoah, tout n’a pas été encore découvert. Les ossements découverts en février dernier dans une fosse commune inconnue de la ville biélorusse de Brest doivent être réinhumés ce mercredi après-midi dans différents cimetières juifs.

LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU

En février dernier, les ouvriers préparant les fondations d’une résidence d’habitations découvraient des centaines de restes humains, probablement 790 corps d’hommes, de femmes et d’enfants, ensevelis dans une zone de la ville qui bordait l’ancien ghetto juif.

Envahie conjointement par les Allemands et les Russes en 1939, la ville polonaise (NDLR : à l’époque, l’ouest de la république biélorusse était polonaise et l’est soviétique) de Brest-Litovsk, située sur la route qui va de Varsovie à Moscou, est finalement annexée par l’Allemagne le 22 juin 1941, au premier jour de l’opération Barbarossa. Dès lors, l’entreprise d’extermination nazie peut commencer. La ville compte alors 40 000 habitants. 18 000 juifs sont cadenassés dans le ghetto, soumis à un rançonnement méticuleux.

Dix mois plus tard, ils ont tous été exterminés. Dans le quartier de la gare Berioza Kartouskaia, à Brest, et au camp de concentration de Bronnaïa Gora, à 125 km de là, on abat sans distinction de sexe ou d’âge, mais avec une cruauté égale : charriés par wagons entiers, les juifs devaient descendre dans l’une des huit fosses creusées à l’orée des bois. Là, ordre leur était donné de s’allonger sur les personnes tuées avant eux, ventre et visage posé sur le dos des dépouilles. Ainsi les fosses étaient-elles bien ordonnées, faciles à remplir encore et à recouvrir. On estime que 50 000 personnes ont été livrées ainsi à la barbarie, dont tous les juifs de Brest. Vieille de plus de 600 ans, la communauté disposait au XVIe siècle de la plus grande synagogue d’Europe. Le père d’Ariel Sharon y enseignait l’hébreu avant d’émigrer en Palestine en 1920.


Tunisie : une foule cosmopolite converge vers Djerba, pour le pèlerinage juif de la Ghriba

Une foule de fidèles juifs venus des quatre coins du monde, des ministres et des dignitaires ont assisté, le 22 mai 2019, au début du pèlerinage annuel de la Ghriba sur l’île tunisienne de Djerba.

Les pèlerins participent à un pèlerinage juif annuel à la synagogue El Ghriba, le plus ancien monument juif construit en Afrique, sur l\'île tunisienne de Djerba le 22 mai 2018. 
Les pèlerins participent à un pèlerinage juif annuel à la synagogue El Ghriba, le plus ancien monument juif construit en Afrique, sur l’île tunisienne de Djerba le 22 mai 2018.  (YASSINE GAIDI / ANADOLU AGENCY)

franceinfo

Organisé au 33e jour après la Pâque juive, ce pèlerinage coïncide cette année, pour la première fois depuis 1987, avec le mois sacré de jeûne musulman du ramadan. Un repas commun de rupture du jeûne entre musulmans et juifs est prévu le 23 mai 2019 au soir à la Ghriba, la plus ancienne synagogue d’Afrique.

“Cette année, c’est archi-plein, les gens viennent en confiance”

Des centaines de pèlerins ont défilé pour prier, allumer des bougies et inscrire des vœux sur des œufs, placés ensuite dans une cavité de la synagogue. Au milieu des youyous et des chants, certains ont fait bénir fruits secs et boukha, l’alcool de figue local, par les rabbins.

“Ce n’est pas facile d’organiser tout cela, alors que les gens jeûnent ici. Ils sont fatigués, mais on est aussi bien accueillis que d’habitude”, se réjouit Laura Tuil-Journo, venue de Paris, comme chaque année. “Cette année c’est archi plein, les gens viennent maintenant en pleine confiance, d’autant que M. Trabelsi est devenu ministre”.

René Trabelsi, voyagiste et coorganisateur du pèlerinage, fils du responsable de la synagogue de la Ghriba, est devenu en novembre ministre du Tourisme. Il est le premier Tunisien de confession juive à occuper un poste de ministre depuis l’ère de Habib Bourguiba (1957-1987).

La culture de la tolérance et l’ouverture

La Ghriba, construite sur la tombe d’une mystérieuse sainte locale, est un lieu de coexistence pacifique des monothéismes.

“La culture de la tolérance et de l’ouverture garantit la capacité à développer la citoyenneté et la démocratie et le renforcement de la relation sociale entre les individus et les groupes, ainsi que le sentiment de l’appartenance à ce cher pays”, a déclaré le Premier ministre Youssef Chahed, qui s’est rendu sur place, accompagné de deux ministres dont M. Trabelsi.

En 2002, un attentat suicide contre la synagogue avait tué 21 personnes. Plusieurs centaines de policiers et militaires, accompagnés de tanks et d’hélicoptères, sont déployés sur l’île pour protéger les pèlerins, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Le pèlerinage de la Ghriba est au cœur des traditions des Tunisiens de confession juive, qui ne sont plus que 1500, majoritairement installés à Djerba, contre 100 000 avant l’indépendance en 1956.

Plus de 5000 personnes, venues de France, d’Israël, de Russie ou d’Angleterre, sont attendues pour ce pèlerinage de deux jours, dans la petite synagogue couverte de faïences, qui attirait avant 2002 quelque 8000 fidèles chaque année.

LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU

Le chef de la diplomatie britannique : “Boycotter Israël – le seul Etat juif au monde – est antisémite !”


Le chef de la diplomatie britannique, Jeremy Hunt, a exprimé son soutien à la résolution du parlement allemand qualifiant “d’antisémite” le mouvement BDS(Boycott, Désinvestissement et Sanctions), a rapporté mardi le journal britannique Jewish News.

Hunt, possible successeur à Theresa May en tant que Premier ministre, a fait ces remarques sur Twitter après que le Bundestag eut approuvé la résolution vendredi dernier.

“Les secousses, la turbulence et la terreur au Moyen-Orient nous rappellent le besoin urgent de paix: une solution à deux États. Mais les fondements de la paix sont le respect et la coexistence. Le boycott d’Israël – le seul État juif au monde – est antisémite. Je salue l’Allemagne d’avoir pris position”, a-t-il écrit.

La résolution allemande demande au gouvernement de s’abstenir de tout soutien aux organisations impliquées dans des activités de boycott contre Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué la décision du parlement allemand.

La Ligue arabe a appelé le parlement allemand à annuler la résolution condamnant un mouvement de boycott contre Israël comme étant antisémite.

David Stern –

LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU

L’Allemagne désigne le mouvement BDS (boycott contre Israël) comme antisémite

Le parlement allemand a voté vendredi pour condamner comme antisémite un mouvement connu sous le nom de BDS, qui appelle aux pressions économiques contre Israël. 

Sous couvert de « mettre fin à l’occupation des terres palestiniennes, accorder aux citoyens arabes des droits égaux et reconnaître le droit au retour des réfugiés palestiniens », le mouvement, selon les déclarations de son fondateur, milite pour la disparition de l’Etat d’Israël et l’expulsion des juifs du Moyen-Orient.

Dans un geste salué par Israël, la majorité des législateurs du Bundestag ont voté en faveur d’une motion visant à qualifier le mouvement international Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) d’entité qui utilise des tactiques antisémites pour atteindre ses objectifs politiques.

LE BNVCA A BESOIN DE VOUS
THE BNVCA NEEDS YOU

Les schémas et méthodes d’argumentation utilisés par le mouvement BDS sont antisémites », peut-on lire dans la motion présentée par les conservateurs de la Chancelière Angela Merkel, leurs partenaires de la coalition sociale-démocrate ainsi que les Verts et les Démocrates libres.Reuters

Assurer la survie d’Israël est une priorité pour l’Allemagne depuis la défaite de la dictature nazie qui a commis l’Holocauste, au cours duquel environ six millions de Juifs ont été tués.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué la décision du Bundestag.

« J’espère que cette décision entraînera des mesures concrètes et j’appelle les autres pays à adopter une législation similaire », a-t-il déclaré sur Twitter.

BDS a condamné la motion comme étant anti-palestinienne.

La France, dont la loi punit sévèrement le boycott, laisse les groupes de boycott manifester et appeler à la destruction d’Israël dans les rues des principales villes, y compris Paris.

  • PUBLIÉ PAR CHRISTIAN LARNET LE 18 MAI 2019 .

Le BNVCA condamne la profanation de la stèle commémorative de la “Rafle du Vel d’Hiv”. Le BNVCA dépose plainte.

Le BNVCA indigné, condamne avec force la profanation de la stèle commémorative de la rafle du Vel d’Hiv.

Ce monument est situé Rue Nélaton, Paris 15eme à quelques mètres du Ministère de l’Intérieur. Il est érigé en mémoire des enfants juifs victimes de la rafle du 17 juillet 1942, déportés à Auschwitz Birkenau et tués en totalité.

Les vandales antisémites ont souillé cette stèle en effaçant au feutre noir les noms de certains enfants  gravés dans le marbre ainsi que le chiffre de 4115 qui rappelle le nombre de ces petites victimes.innocentes.

Pour le BNVCA ceux qui ont commis ce crime contre la mémoire, contre des enfants, ne sont que des lâches.

Selon nos informations les services de la police scientifique ont été saisis et les tags effacés par les services de la Ville de Paris.

Nous demandons aux autorités que tout soit mis en oeuvre pour identifier et interpeller les auteurs antujuifs. Leur méfait doit être sérieusement punis.

Le BNVCA  qui a décidé de se constituer partie civile a demandé à son conseil Maitre Charles  Baccouche de déposer immédiatement plainte auprès du Procureur de la République de Paris,

UN RAPPORT ALLEMAND MET EN GARDE CONTRE LA MONTRÉE L’ANTISÉMITISME ISLAMIQUE


L’agence de renseignement a décrit cette étude comme un bond en avant, au milieu de préoccupations croissantes sur la montrée de la haine dans le pays

JTA — L’agence de renseignement d’Allemagne a écrit ce qui est défini comme son analyse la plus importante sur la montée de l’antisémitisme par des extrémistes islamistes. Le Bureau fédéral pour la Protection de la Constitution, ou BfV, a décrit sa brochure de 40 pages comme un outil pour les éducateurs, les travailleurs sociaux et les autres personnes qui travaillent étroitement avec les immigrants ou réfugiés musulmans récemment arrivés.

Intitulé « L’antisémitisme dans l’islamisme », le rapport récemment publié représente un bond en avant en terme de focalisation par l’agence sur le sujet, a déclaré la porte-parole Angela Pley au JTA dans un entretien téléphonique. Elle a déclaré que l’agence n’a jamais publié d’analyse aussi large du sujet en se basant sur des données empiriques. « Nous sommes un système d’avertissement précoce », a expliqué Pley. « Les recommandations sur ce qui doit être fait doivent venir de la société et des responsables politiques. » Pley a déclaré qu’il n’y avait eu aucune réaction publique au rapport par des associations musulmanes en Allemagne, et qu’il avait été téléchargé 1 439 fois depuis sa publication.

Il s’agit de l’une des quelques récentes mesures gouvernementales qui témoignent de la préoccupation croissante sur l’antisémitisme en Allemagne.

En 2018, le gouvernement a nommé un émissaire spécial, Felix Klein, pour se pencher sur le sujet. En 2012, une commission du Bundestag a été établie pour faire un rapport sur l’antisémitisme dans le pays et dans toutes les catégories.

« L’antisémitisme dans l’islamisme » se focalise sur la dimension islamiste extrémiste, qui représente une menace qui se profile, a déclaré l’agence, même si relativement peu de crimes antisémites ont été attribués à l’islamisme extrémiste en Allemagne.

Le rapport fait la distinction entre l’islam, la religion, et « l’islamisme », qu’il décrit comme une forme d’extrémisme politique qui « vise à une abolition partielle ou complète de la constitution libérale démocratique de la République fédérale d’Allemagne ». Entre 2010 et 2016, le centre de recherche Pew a annoncé que le nombre de Musulmans vivant en Allemagne a grimpé à près de 5 millions, soit 6% de la population, contre 3,3 millions, ou 4,1 % en 2010.

La vaste majorité des crimes antisémites en Allemagne viennent de l’extrême-droite. En 2018, un total de 755 actes antisémites ont été recensés. 670 ont été attribués à l’extrême droite et 25 à des « étrangers ». Des 707 cas de l’année précédente, 651 ont été attribués à l’extrême-droite et 15 à des étrangers.

Mais le nouveau rapport, qui identifie des organisations et des mouvements islamistes et leur propagande, avertit que la radicalisation et l’incitation à la haine antisémite « forment le terreau pour une escalade violente ».

Le rapport mentionne quelques cas spécifiques de ces dernières années:

    En avril 2016, une femme à Berlin a été approchée par deux hommes d’origine arabe qui lui ont posé des questions sur le pendentif en forme d’Etat d’Israël qu’elle portait. Les hommes ont répondu : « Pu****s de Juifs! Vous êtes les déchets de la terre ».

    En décembre 2017, une lycéenne juive à Berlin a été prise à partie par un camarade de classe arabe qui lui a dit : « Vous êtes des meurtriers d’enfants, vous devriez avoir la tête coupée ».

    Ce même mois, deux agresseurs ont attaqué une synagogue dans l’Etat de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et s’en sont pris au personnel, déclarant qu’ »Al-Quds nous appartient! Partez, fils de p***s! » Al-Quds est le nom arabe pour la ville de Jérusalem

Les croyances antisémites défendues par des groupes et des individus islamistes « représentent déjà un défi considérable pour une coexistence paisible et tolérante en Allemagne », a expliqué le rapport.

Ce n’est pas la première fois que l’agence a étudié l’antisémitisme dans ce contexte : d’anciens rapports annuels sur le crime extrémiste se sont penchés sur l’islamisme et ses composantes antisémites. Une conférence s’est tenue sur le sujet au début des années 2000, a déclaré Pley au JTA.

Juliane Wetzel, chercheuse au Centre de Recherche sur l’Antisémitisme à l’Université technique de Berlin, a qualifié le rapport « d’ »excellente contribution sur le sujet ». « La conclusion est importante : l’antisémitisme islamiste se diffuse en Allemagne », a déclaré Wetzel, membre de la commission des experts sur l’antisémitisme du Bundestag.

Le nouveau rapport est important, même le sujet de l’antisémitisme dans l’islamisme n’a pas été tabou en Allemagne comme certains critiques l’ont affirmé, a déclaré le politologue Clemens Hani, directeur du Centre international de Berlin pour l’Etude de l’Antisémitisme. Entre autres organisations, « l’agence de renseignement en parle depuis des années », a déclaré Hani au JTA.

Dans sa définition de l’antisémitisme, la brochure inclut l’antisionisme, puisqu’il « vise à une élimination complète de l’Etat d’Israël », et définit à tort le conflit du Moyen-Orient « comme une ‘guerre juive d’annihilation’ contre les Palestiniens ». La brochure précise que les antisionistes en Allemagne avancent souvent l’argument qu’ils sont contre Israël, mais pas contre les Juifs. Pourtant, étant donné qu’ »Israël est le seul Etat juif dans le monde et que sa destruction entraînerait inévitablement la mort et l’expulsion de millions de Juifs, cette argumentation est devenu un tour de passe-passe pour cacher le véritable sens de l’anti-sionisme », a conclu le rapport. Entre autres points, la brochure aborde les clichés antisémites repris dans l’islamisme et le rejet de l’Etat d’Israël par des organisations islamistes.

Sa liste de groupes et de mouvement extrémistes islamistes en Allemagne comprend, entre autres, les Frères musulmans et le Hamas.

Même s’il n’y a pas eu de réaction publique de la part d’organisations musulmanes en Allemagne, l’Association libérale islamique a récemment publié son propre apport de 178 pages sur les résultats de son programme de trois ans, Extreme Out: Empowerment, Not Antisemitism. Le projet visait à « mettre en lumière le travail [contre] les attitudes antisémites parmi les jeunes de confession musulmane », et à aider les jeunes à se sentir intégrés dans la société allemande.

Source : timesofisrael.com, 10 mai 2019

Pascal Bruckner – Ce négationnisme qui échappe aux procès

Comme le rappelle Thierry Wolton, chez de nombreux intellectuels perdure un « négationnisme de gauche » qui minimise la barbarie communiste.

Par Pascal Bruckner | Le Point 

Pascal Bruckner - Ce negationnisme qui echappe aux proces

Notre représentation du mal se limite exclusivement à la peste brune. Il ne vient à l’esprit de personne d’inclure la catastrophe du communisme et ses dizaines de millions de morts dans ce bilan. Bien que beaucoup d’intellectuels se battent depuis Hannah ArendtRaymond AronFrançois Furet, pour équilibrer les totalitarismes, le deux poids deux mesures se poursuit. Comme le relève l’historien Thierry Wolton dans un livre (1) à la fois glaçant et mélancolique, il n’y a pas eu de Nuremberg du communisme. L’URSS s’est effondrée sans procès et la Russie n’a pas, comme l’Allemagne postnazie, procédé au moindre travail de mémoire. Rappelant que le système concentrationnaire a commencé dès 1918 sous la direction de Trotski, que Lénine est le véritable inventeur du totalitarisme, que le NKVD (la police politique) utilisait des camions à gaz lors de la grande terreur de 1937-1938 pour liquider les opposants, l’auteur déplore qu’à l’hypermnésie du nazisme corresponde l’amnésie du communisme. Mais ce négationnisme qui minimise les faits ou les déforme ne choque personne lorsqu’il s’agit d’évaluer l’histoire de la Chine, du bloc soviétique ou du Cambodge. Les régimes marxistes sont toujours pardonnés en raison de la pureté de leurs intentions. Qu’importent alors leurs dommages collatéraux, ils gardent le monopole de l’espérance et sont exonérés du simple fait de la noblesse de leur idéal. Pourtant, si le fascisme a tué au nom de la race, le communisme a tué sans relâche au nom de la classe.

Assourdissant silence. Les deux négationnismes se rejoignent dans la synthèse brun-rouge dont témoignent de nos jours tant de nos intellectuels. Serge Thion, militant d’extrême gauche, ardent défenseur, comme le linguiste américain Noam Chomsky, des Khmers rouges, soutient Robert Faurisson sur la négation de la Shoah. Chomsky, lui, préfacera en 1980 un ouvrage du même Faurisson publié à La Vieille Taupe. Il s’agit toujours de minimiser les crimes réels du communisme pour mieux souligner ceux du capitalisme. Le goulag ? « La meilleure source de propagande pour l’Occident », dira Régis Debray en 1979 dans un dialogue avec Noam Chomsky et Jean-Pierre Faye. En 1987, il dénoncera « les imposteurs du Goulag Circus » sans en souffrir dans sa brillante carrière de conseiller du prince et de phare désabusé de l’intelligentsia. Le négationnisme de gauche oscille entre deux positions : soit atténuer les horreurs constatées – « les communistes n’ont pas de sang jusqu’aux coudes », s’exclame Jean-Luc Mélenchon. Ou bien soutenir que le vrai communisme n’a jamais existé, qu’il reste à venir ; ainsi exonère-t-on les régimes qui s’en réclament. Thierry Wolton rappelle avec cruauté que feu Daniel Bensaïd, tête pensante de la Ligue communiste révolutionnaire, refusa de sabler le champagne à la chute du Mur en 1989 et conseilla plutôt à ses amis de prendre un Alka-Seltzer. Les trotskistes, ces staliniens faillis, ont soutenu sans sourciller le Vietnam de Hô Chi Minh, le castrisme, le chavisme, comme ils soutiennent aujourd’hui l’islamisme, par détestation de l’Etat bourgeois.

Mais, dans ce domaine, la part du lion revient au philosophe Alain Badiou. Fondateur et mâle dominant d’une secte autoproclamée qui contrôlait les lectures et la sexualité de ses membres, Alain Badiou regrettera la défaite des Khmers rouges face aux troupes vietnamiennes en 1979 dans un article du Monde, « Kampuchea vaincra ». Il ne reconnaîtra du bout des lèvres son erreur qu’en… 2012, ici même, dans Le Point. Pour Badiou, l’ennemi suprême n’est pas seulement le capitalisme ou l’empire nord-américain, c’est la démocratie, ni plus ni moins. D’où l’adulation qu’il porte à Mao Tsé-toung, ce « seigneur marxiste du désordre », comme le baptise son disciple slovène, Slavoj Zizek. « Le problème des tentatives révolutionnaires à ce jour n’a pas été qu’elles étaient “trop extrêmes”, mais qu’elles n’étaient pas assez radicales », poursuit Zizek, qui vante la liquidation des paysans pratiquée par Mao lors de la famine du « Grand Bond en avant ». Alors que Hitler a commis un « excès irrationnel » en tuant les juifs, Mao savait exactement ce qui se passait en disant : « Il se pourrait que la moitié de la Chine doive mourir. » Résultat : « 38 millions de Chinois furent affamés et réduits en esclavage mortel. » Il ne s’agit plus de nier le crime, mais de le louer pour le bien de la cause. Affamer des millions de paysans est excusable pour construire le communisme ; exterminer des millions de juifs ne répond à aucune logique.

Il est vrai que, sur cette ligne, nos penseurs furent précédés par Sartre, qui expliquait à Michel-Antoine Burnier que « les révolutionnaires de 1793 n’ont probablement pas assez tué ».

L’assourdissant silence qui accompagne le calvaire communiste vient de l’impunité qu’il procure à ses défenseurs. Ni la ruine économique ni la désolation culturelle et écologique ne leur sont imputées. Comment s’étonner alors que Che Guevara, véritable tueur en série, soit devenu une icône christique, que le Venezuela de Maduro soit soutenu par La France insoumise, que même un Claude Lanzmann n’ait vu la Corée du Nord que sous l’angle narcissique d’une idylle avec son accompagnatrice locale ?

Liens consubstantiels. Il n’est pas surprenant que la mort du messianisme communiste ait libéré un espace d’utopie dans lequel le djihad s’est engouffré. Bertrand Russell, dès les années 1920, et le sociologue Jules Monnerot l’avaient établi : l’islam politique et le communisme ont des liens consubstantiels. Une idéologie totalitaire et une religion totalisante qui mobilise des millions d’hommes et prescrit leur vie quotidienne dans ses moindres gestes ont plus d’une analogie. Régis Debray, toujours lui, confessera « une certaine compassion pour les djihadistes de chez nous » et leur trouvera même un romantisme révolutionnaire.

Il était inévitable que les négationnistes finissent par enfourcher le vieux cheval fourbu de l’antisémitisme. Dans la lignée d’un Garaudy passé du stalinisme a la haine des juifs, Zizek, avec de gros sabots, et Badiou, plus subtilement, tonnent de conserve contre la « religion » de l’Holocauste et l’alibi qu’elle fournit à l’Etat colonialiste d’Israël, qui fait des Palestiniens les nouveaux damnés de la Terre. Pour Badiou, les Palestiniens étant aussi des juifs, comme toutes les victimes, font de l’Etat d’Israël qui les opprime un Etat antisémite.

Les jeunes générations, ayant oublié le désastre soviétique et maoïste, ne voient plus désormais que le capitalisme comme source du mal. Dès lors, elles applaudissent de vieux staliniens juchés sur une montagne de cadavres et retrouvent de la séduction aux utopies marxisantes. Les Faurisson rouges peuvent dormir tranquilles : aucune loi Gayssot ne viendra les sanctionner§

1. « Le négationnisme de gauche » (Grasset, 224 p., 18 €).

* Philosophe et romancier. Dernier livre paru : « Un an et un jour » (roman, Grasset, 2018).

Le BNVCA indigné par le comportement de la “Boutique de la Cité des Vins de Bordeaux”

                                                COMMUNIQUE

Le BNVCA, informé par des citoyens indignés que la Boutique de la Cité du Vin de Bordeaux expose dans sa vitrine des vins de différents pays et se permette de désigner des vins d’Israël, produits en Haute Galilée dits-Golan seraient issus de «Colonies israéliennes».

Le BNVCA dénie à des Commerçants dont la profession est d fournir des biens et services à leurs clients, le droit de se substituer au gouvernement pour décider ce que serait ou non une Colonie. La Galilée est un territoire sous souveraineté incontestée d’Israël et la marque

« Golan » est une marque de commerce sans lien avec un quelconque conflit international.

Cette décision de cette Boutique de la Cité du vin… relève de la discrimination interdite par le code pénal qui interdit le boycott en ses articles 225-1 et 225 -2

Le BNVCA exprime son inquiétude devant des initiatives qui s’assimilent plus à des comportements antisémites et racistes sous jacents, car aucune raison légitime ne peut justifier ces traitements discriminatoires et de l’importation d’un conflit étranger à la France.

Le BNVCA dont la vocation est de combattre tous les racismes et toutes les discriminations par les voies de droit, a décidé de saisir le Parquet de Bordeaux et a donné instruction à son avocat M° Charles Baccouche de déposer plainte entre les mains du Procureur de la République de cette ville.

La cellule terroriste voulait s’attaquer à l’Elysée


Attentat déjoué : la cellule terroriste voulait s’attaquer à l’Elysée

Les personnes arrêtées, mardi, envisageaient d’attaquer le palais de l’Élysée à la Kalachnikov. LP/Frédéric Dugit

Selon nos informations, les quatre hommes interpellés en région parisienne vendredi dernier avaient effectué des repérages aux abords de la présidence de la République.

En garde à vue, ils n’ont pas caché leur adhésion à l’islam radical. Ni leur projet d’action violente, déjà à un stade avancé lors de leurs interpellations. Selon des sources concordantes, les quatre suspects, Alexandre B., Karim B., Anis M. et M.C., arrêtés vendredi et mis en examen mardi pour « association de malfaiteurs terroriste et criminelle » et écroués, envisageaient d’attaquer l’Élysée à la Kalachnikov, mais aussi le commissariat d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). C’est ce qui ressort des investigations menées par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), qui a fait usage de techniques de surveillance très intrusives, pour mettre hors d’état de nuire le groupe.

Plusieurs des suspects, âgés de 17 à 39 ans et interpellés à Paris, dans le Val-d’Oise ainsi qu’en Seine-Saint-Denis, ont effectué des repérages rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le VIIIe arrondissement de Paris, où est située la présidence de la République. Des analyses téléphoniques laissent penser qu’ils se trouvaient dans le secteur. Dans leurs discussions, l’un des suspects se serait même vanté de bien connaître l’endroit. L’enquête vise à déterminer s’ils cherchaient à attaquer des policiers en faction ou s’ils envisageaient de rentrer dans le bâtiment pour frapper aveuglément. Fait inquiétant : l’un des terroristes présumés aurait évoqué l’idée de chercher une entrée de service.

Un passage à l’acte pour le ramadan évoqué

Les investigations démontrent aussi que la cellule avait ciblé le commissariat d’Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, département d’où sont originaires deux des suspects. « Je m’en fiche de tirer sur des flics », a expliqué en substance l’un des suspects en garde à vue.

Le groupe, qui échangeait sur des messageries chiffrées et se revendique de Daech, avait collecté 1200 euros pour acquérir un fusil d’assaut Kalachnikov. Des réunions entre les protagonistes ont eu lieu à Chelles (Seine-et-Marne). Un passage à l’acte lors du début du ramadan ce week-end a été évoqué, précipitant le coup de filet des enquêteurs de la DGSI.

L’un des suspects, M.C., le mineur, était fiché S : il avait été condamné pour un projet de départ en Syrie puis placé en centre éducatif fermé. Les trois autres n’étaient connus que pour des délits de droit commun. Le plus âgé, Alexandre B., était fonctionnaire à la mairie de Paris, affecté à un stade du nord de la capitale.Jean-Michel Décugis, Éric Pelletier et Jérémie Pham-Lê02 mai 2019, 13h17 | MAJ : 02 mai 2019, 14h20leparisien.fr/

Dans la poudrière identitaire

Dans la poudrière identitaire – Le Point

Islamistes, identitaires, indigénistes, néo-évangéliques, Gilets jaunes… Trois mois d’enquête au plus près de ces Français au bord de la sécession.

Dossier réalisé par Nadjet Cherigui et Clément Pétreault Modifié le 02/05/2019 à 12:11 – Publié le 02/05/2019 à 11:45 | Le Point

Des militants de Generation identitaire tractent et collent devant la gare de Metz, le 21 mars.
Des militants de Génération identitaire tractent et collent devant la gare de Metz, le 21 mars.
  • Agrandir le texte
  • Réduire le texte
  • Imprimer
  • Commenter
  • Ajouter aux favoris
  • Envoyer par email
  • Ségrégation. Des militants de Génération identitaire tractent et collent devant la gare de Metz, le 21 mars.
  • Religion. Rassemblement de fidèles et religieux musulmans, le 6 avril, devant la basilique pour protester contre la fermeture administrative de mosquées à Saint-Denis.
  • Violence. Heurts avec la police le 16 mars, à Paris, lors de l’acte 18 des gilets jaunes. Casseurs et Black blocs se sont déchaînés sur les Champs-Elysées.
  • Prosélytisme. Messe dominicale du mouvement évangélique à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), le 24 mars.
  • Territoires perdus. Parc Corot, une cité délabrée de Marseille où mafias et religieux prospèrent sur la misèr

Rien, à part peut-être l’imagination, ne semble aujourd’hui capable d’épuiser les nouvelles passions de l’affirmation de soi. Religion, opinion politique, origine géographique, sexualité, couleur de peau, goûts musicaux, niveau de revenu, maladie… N’importe quelle aspérité personnelle peut servir de point d’arrimage à une revendication particulariste, un repli sur une appartenance victimaire. Pas un endroit de France ne semble échapper à ce phénomène, chaque événement de la vie publique peut potentiellement devenir prétexte à une instrumentalisation identitaire, comme n’ont pas manqué de nous le rappeler ceux qui ont fait annuler la représentation des « Suppliantes » d’Eschyle à la Sorbonne le 25 mars. Même le gilet jaune aura été – au début du mouvement tout du moins – le symbole de ralliement d’un mouvement aux motivations identitaires implicites. Ceux qui fréquentent les réseaux sociaux peuvent mesurer à chaque instant combien la période fait fleurir ces identités vindicatives et composites, parfois contradictoires comme ces « antiracistes » qui ne veulent plus se mélanger « aux Blancs », ces féministes plus promptes à défendre le droit des femmes à porter le voile que leur droit à se dévoiler, ou ces exaltés de la « blanchité » qui proposent une citoyenneté conditionnée à des critères pigmentaires.

« L’affirmation identitaire revendique toujours un statut d’exception. Il y a ceux qui ont un statut et les autres. Cela conduit souvent au conflit de normes dans l’espace social », explique Gérald Bronner, sociologue et auteur de « Déchéance de rationalité » (Grasset). L’obsession identitaire, après avoir pris le contrôle des consciences, peut vouloir prendre celui du monde réel, imposant ses codes, ses lois et ses représentations peu portés sur l’altérité et les règles jusqu’ici communément partagées. « Risque-t-on sérieusement de voir des enclaves salafistes, zadistes, identitaires, régionalistes, mafieuses, que sais-je encore, faire sécession sur le sol hexagonal, chacune observant les autres avec méfiance et le doigt sur la gâchette ? Oui, c’est une hypothèse qu’il faut considérer », prévient Eric Delbecque dans son ouvrage « Les ingouvernables » (Grasset). L’expert en intelligence économique et stratégique utilise le terme de « France léopard » pour désigner cette juxtaposition de replis, l’essayiste Jérôme Fourquet y voit un processus d’« archipélisation », quand le géographe Christophe Guilluy décrit un réseau de « fractures françaises »… Tous trois racontent et documentent ce phénomène d’émiettement qui ronge aujourd’hui la société et qui bouleverse profondément les démocraties occidentales.

Notre méthode

Pour réaliser ce dossier, nous avons parcouru la France du nord au sud, en TGV, en voiture, en TER, en RER, à pied… Nous avons discuté avec des militants d’extrême droite, d’extrême gauche, des imams, des évangéliques en mission dans des gares… Nous avons aussi rencontré des migrants déboussolés, des dealers suspicieux, des gilets jaunes en colère, des féministes découragées, des enseignants inquiets, des chefs d’entreprise désemparés. Nous avons passé du temps avec des fonctionnaires, des députés, des maires, des syndicalistes, des universitaires, des responsables associatifs… et d’innombrables inconnus, qui, pour beaucoup d’entre eux, nous ont demandé de préserver leur anonymat. Car la France fracturée est un monde peuplé d’inquiétudes.

Replis et assignations. Sommes-nous condamnés à vivre repliés dans un paysage d’îlots identitaires ? Pour Didier Leschi, président de l’Institut européen en sciences des religions, réveil identitaire et réveil religieux vont nécessairement de pair. « Nous assistons à un réveil des identités premières, rustres et tribales », indique l’ancien chef du bureau central des cultes, qui constate « un retour global du religieux comme identité première ». Les fondamentalismes religieux se révèlent particulièrement actifs dès lors qu’il s’agit d’offrir à leurs convertis le confort d’une identité toute prête. Ainsi peut-on assister dans certains quartiers à une concurrence des prosélytismes, néo-évangéliques contre salafistes, deux cultes dynamiques cherchant à recruter et à sauver les âmes égarées (lire p. 42).

La quête identitaire est aussi portée par des mouvements politiques qui supportent difficilement la nuance. « On voit, du coup, émerger un mouvement de refus de l’autre, une ligne de défense qui passerait par le fait que l’autre représente un obstacle à sa propre existence. Celui qui refuse de rentrer dans le rang est alors désigné comme traître et s’expose à un châtiment », poursuit Didier Leschi. Voilà qui expliquerait la violence qui s’abat régulièrement sur nos concitoyens immigrés, hâtivement qualifiés de « traîtres à leur race » dès lors qu’ils s’écartent des modèles entretenus par les obsédés de l’identité de tout bord. « C’est de l’assignation à résidence identitaire », affirme Amine El-Khatmi, président du Printemps républicain, un mouvement laïque de gauche qui cristallise les obsessions de la gauche particulariste et des islamistes de tout poil. « Lorsque Marine Le Pen dit que l’islam est en conquête, la gauche lui répond “fasciste”, c’est facile. Mais lorsque des gens de gauche qui ont ma tête et mon nom disent que l’islam doit se soumettre aux lois de la République, c’est tout à coup plus compliqué de nous taxer de fascistes », s’amuse-t-il, si souvent confronté aux menaces et aux violences verbales qu’il ne s’en émeut même plus.

Ainsi va l’époque : l’assignation identitaire est devenue l’arme ultime de ceux qui prétendent la combattre. Et gare à celui qui s’écarte de la trame manichéenne proposée par ces bricoleurs de l’identité, inspirés par les mouvements américains de défense de l’organisation communautaire. Quelle que soit l’identité transformée en cause politique, le rattrapage communautaire s’organise en construisant inlassablement l’idée d’un « nous » et d’un « eux » bien étanches, en dressant l’inventaire compulsif de ce qui nous divise plutôt que de ce qui nous rassemble. Avec un seul objectif : augmenter la conflictualité et durcir les débats, faire en sorte que personne ne puisse plus adopter de position raisonnable. La mouvance dite « décoloniale » et le Parti des indigènes de la République sont passés maîtres en la matière : ils s’appuient sur une histoire de France tronquée pour entretenir la victimisation d’un côté et la culpabilité coloniale de l’autre. Assumant pleinement la dimension identitaire de sa réflexion, Houria Bouteldja, fondatrice de ce mouvement racialiste, n’écrit-elle pas : « Le foulard renvoie un message clair à la société blanche : nous ne sommes pas des corps disponibles à la consommation masculine blanche » ?

Cette passion pour les origines et les assignations grossières empêcherait-elle les ambitions collectives ? C’est le risque que souligne le sociologue Gérald Bronner, pour qui « la définition de l’identité par les origines empêche la projection vers un avenir commun. L’héroïsme se tourne alors vers le passé, entraînant dans son repli l’émiettement de l’idée de progrès ». Plus problématique encore, ces constructions identitaires imperméables à l’idée d’un avenir commun peuvent, lorsqu’elles se conjuguent à un récit victimaire, aboutir à des formes d’identité plus radicales. « Djihadisme ou grand remplacement font appel aux mêmes ingrédients : un récit identitaire victimaire, fondé sur l’urgence à agir et l’indignation morale, cet héroïsme à portée de main », explique Bronner.

Question ethnique. Plus optimiste, Malek Boutih juge ces phénomènes de repli exagérés, « le dynamisme de la culture française est hyperpuissant, confie l’ancien député PS. La capacité assimilationniste de la France est telle qu’elle a absorbé des peuples avec lesquels elle était en guerre il y a quarante ans ». La rhétorique de l’indignation permanente agit comme un cordon sanitaire qui interdit de penser le collectif. Y compris chez ceux qui sont censés organiser la vie de la cité. Ainsi Hamid, élu (PS) chargé du logement dans une ville de l’Essonne, raconte comment il fait preuve de prudence quand il tente d’organiser la mixité ethnique dans le parc social de sa commune. « Comme j’ai peur d’être traité de raciste, j’agis en douce, en utilisant par exemple le contingent de la ville pour rétablir un semblant de mixité. En fait, je travaille la question ethnique sans avoir le droit de le faire, tout en ayant à l’esprit qu’il est nécessaire de le faire sans le dire… Bref, c’est intenable », révèle l’élu, qui se montre inquiet : « Lorsque vous assistez à une concentration de femmes voilées, de dealers, de gamins qui ne traînent qu’entre Blacks… ça devient dangereux. Après les “petits Blancs” ne veulent plus venir dans ces logements, car ils considèrent qu’il y a trop de Rebeus et de Blacks et ça devient impossible à gérer. Les gens ne sont pas forcément racistes, mais ils n’ont pas envie d’être en minorité dans leur immeuble ou leur quartier », explique-t-il. 

Pour aller plus loin

« L’archipel français », 

de Jérôme Fourquet (Seuil, 2019).

« Déchéance de rationalité », 

de Gérald Bronner (Grasset, 2019).

« Le temps des passions tristes »,

de François Dubet (Seuil, 2019).

« La dictature des identités », 

de Laurent Dubreuil, (Gallimard, 2019).

« La nouvelle question laïque »,

de Laurent Bouvet (Flammarion, 2019).

« Les ingouvernables »,

d’Eric Delbecque (Grasset, 2019).

« No Society »,

de Christophe Guilluy (Flammarion, 2018).

« L’obsession identitaire »,

de Philippe Forget (Berg International, 2017).

La peur de devoir affronter un torrent de réprobations hante la politique. L’ancien ministre de la Ville Patrick Kanner, aujourd’hui président du groupe socialiste au Sénat, se souvient du tollé général qu’il avait déclenché lorsqu’il avait expliqué qu’une centaine de quartiers en France « présentaient des similitudes potentielles » avec Molenbeek : « C’était 110 à 120 quartiers. Avec des élus débordés qui gèrent la paix sociale à tout prix et des mouvements salafistes structurés qui gèrent une économie liée à la drogue. Nous avions croisé les données des ministères de l’Intérieur, des Sports et de la Ville pour constituer ces analyses. » Et les clubs sportifs tenus par des religieux (lire p. 52) faisaient déjà partie des signaux forts.

Le marché identitaire est infini et se reconfigure en permanence, au gré de l’actualité. « Tout fonctionnait comme si nos valeurs premières se propageaient mécaniquement, comme si l’ouverture nous avait permis de nous affranchir de tout risque de penser. Si nous n’avons pas d’idées, d’autres en ont pour nous, c’est un marché ouvert », avançait Emmanuel Macron lors de son débat avec les intellectuels. L’universalisme est en voie de ringardisation, attaqué par les petits boutiquiers de l’identité, prêts à surfer sur les angoisses pour élargir leur fonds de commerce. S’ils se détestent et s’affrontent en façade, tous ont bien compris, dans un monde sans idéologie et sans repères, que tous les coups sont permis§

Saint-Denis, berceau de l’indigénisme

S’il devait y avoir une capitale de la pensée indigéniste en France, ce serait sans conteste la ville de Saint-Denis. A en croire certains militants laïques, ce serait ici, dans cet ancien faubourg ouvrier à quelques stations de métro au nord de Paris, qu’a été théorisé et mis en pratique un rapprochement entre la mouvance islamiste et les courants d’un communisme déclinant des années 2000. Saint-Denis, berceau de la pensée décoloniale et de l’« islamo-gauchisme » français ? « Oui ! » répond Djemila Benhabib, auteure de « Ma vie à contre-Coran » (H&O). Avec sa famille établie à Saint-Denis pour fuir les islamistes de la décennie noire algérienne, elle a assisté de l’intérieur à ce glissement de la gauche vers ces nouvelles alliances. « La ville de Saint-Denis s’est ghettoïsée et communautarisée, elle a perdu son visage universaliste et le terreau indigéniste a prospéré », déplore-t-elle. C’est effectivement à Saint-Denis que s’est développé le centre Tawhid lié à Tariq Ramadan ; à Saint-Denis toujours que s’est installé le centre de formation d’imams proche des Frères musulmans ; à Saint-Denis encore que des universitaires de Paris-8 étayent les fondations idéologiques de ce mouvement à grand renfort d’études intersectionnelles sur la démultiplication des dominations. Il ne faudrait pas oublier le rôle joué par la Bourse du travail, une salle souvent prêtée aux associations, qui a accueilli le congrès fondateur du Parti des indigènes de la République le 28 février 2010. Depuis, cette salle ne cesse d’accueillir des rassemblements de militants venus renforcer ce courant de la gauche radicale, identitaire, particulariste, décoloniale, proreligieuse et racialiste. On ne compte plus les meetings « contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire », les réunions en « non-mixité racisée » (entendez : Blancs s’abstenir) ou encore les réunions politiques avec un Tariq Ramadan bénéficiant, à l’époque, d’une large audience. Si aujourd’hui la mairie récuse toute proximité avec ces réseaux, certains élus proches du Parti des indigènes de la République, tel Madjid Messaoudene, ne manquent aucune occasion de manifester leurs sympathies avec les religieux. Ces rapprochements politiques mènent parfois à des situations inhabituelles : ainsi, le 6 avril, on a pu voir défiler des conseillers municipaux La France insoumise aux côtés de dirigeants et fidèles de mosquées venus protester contre la fermeture administrative de deux mosquées à Saint-Denis (photo)§ 

Une synagogue attaquée en Californie lors de la Pâque juive : une femme tuée

L’auteur présumé de la fusillade, John Earnest, revendique son antisémitisme et son islamophobie. Le président Donald Trump dénonce « un crime motivé par la haine ».

Par L’Obs avec AFP

Un homme de 19 ans se revendiquant comme antisémite et islamophobe a tiré à l’arme automatique sur une synagogue près de San Diego, au sud de la Californie aux Etats-Unis. Il a tué une femme et fait trois blessés, dont un rabbin.

C’est une femme de 60 ans qui a succombé à ses blessures, tandis que les blessés sont une mineure, le rabbin et un homme de 34 ans, a indiqué le shérif du comté de San Diego, Bill Gore, au cours d’une conférence de presse. Leurs jours ne sont pas en danger.

L’attaque, au dernier jour des festivités de la Pâque juive, a visé la communauté juive de Poway, une ville d’environ 50.000 habitants.

Inspiré par la tuerie de Christchuch

La police locale a annoncé que le tireur présumé, un jeune homme de 19 ans habitant San Diego, avait été arrêté. Il s’appelle John T. Earnest, et n’était pas connu des services de police.

D’après les médias locaux, il avait annoncé publiquement sur internet son intention de tuer des juifs.« Nous avons des copies de ses publications sur les réseaux sociaux et de sa lettre ouverte, et nous les examinerons pour déterminer leur authenticité et savoir ce que cela apporte à l’enquête », a précisé le shérif.

Le texte présenté par les médias comme sur celui du tueur, lu par l’AFP, revendique comme inspiration celui écrit par Brenton Tarrant, un Australien suprémaciste blanc qui a tué 50 personnes dans l’attaque de mosquées le 15 mars à Christchurch (Nouvelle-Zélande).« Tous les Juifs sont responsables du génocide méticuleusement organisé de la race européenne » , a-t-il notament écrit. « Défendez-vous, rappelez vous Robert Bowers, rappelez vous Brenton Tarrant. »

Par ailleurs, il revendique un incendie volontaire contre une mosquée de Californie une semaine après les attaques de Christchurch.

L’arme s’est enrayée

Le shérif a précisé que le jeune homme était entré dans la synagogue Chabad peu après 11h20, à une heure où une centaine de fidèles y étaient rassemblés. Il a ouvert le feu avec une arme qui apparemment s’est enrayée, ce qui explique le faible nombre de victimes.

Il s’agissait d’un fusil d’assaut AR-15, utilisé dans de nombreuses fusillades aux Etats-Unis ces dernières années.

« J’étais devant la maison, je m’apprêtais à faire du jardinage, et j’ai entendu six ou sept détonations », a raconté à la télévision locale NBC7 Christopher Folts, qui habite à proximité de la synagogue.« Il y a eu une pause, une voix d’homme qui criait et six ou sept autres détonations ».

Le tireur s’est enfui en voiture à l’arrivée de la police, mais a ensuite été rattrapé, interpellé et conduit au commissariat de San Diego.

Placé en détention

Un garde-frontière de repos, qui se trouvait sur place, a tiré sur le suspect au moment où il s’enfuyait et il a atteint sa voiture. L’arrestation est l’oeuvre d’une brigade cynophile qui s’est précipité sur les lieux, a précisé le chef de la police de San Diego, David Nisleit.« Lorsque le policier a arrêté l’homme de 19 ans, il a clairement vu un fusil sur le siège passager du véhicule. L’homme a été placé en détention sans autre incident », a-t-il ajouté.

Une veillée d’hommage était prévue dans une église presbytérienne toute proche samedi soir. La police de Los Angeles a indiqué qu’elle renforçait sa surveillance autour des synagogues et autres lieux de culte.

Veillée à la bougie en hommage aux victimes de l’attaque de la synagogue de Poway, ici au sein de la communauté presbytérienne Rancho Bernardo de Poway

Veillée à la bougie en hommage aux victimes de l’attaque de la synagogue de Poway, ici au sein de la communauté presbytérienne Rancho Bernardo de Poway

Le maire de Poway a rendu hommage « aux membres de la congrégation qui se sont opposés au tireur et qui ont évité ainsi un incident beaucoup plus horrible ».

« La Nation tout entière est en deuil »

Le président américain Donald Trump a présenté ses « plus sincères condoléances »« A ce stade il semble qu’il s’agisse d’un crime motivé par la haine », a-t-il déclaré depuis la Maison Blanche.

Puis, arrivé pour une réunion publique à Green Bay (Wisconsin, nord), il a dit que « la Nation tout entière (était) en deuil ».« Nous condamnons avec force les maux de l’antisémitisme et de la haine, qui doivent être vaincus », a-t-il souligné.

Onze personnes avaient été tuées exactement six mois auparavant, le 27 octobre, dans une fusillade dans une synagogue de Pittsburgh, en Pennsylvanie (est des Etats-Unis). Il s’agissait de l’attaque la plus meurtrière contre la communauté juive jamais commise aux Etats-Unis.

LIRE : 11 morts dans une synagogue à Pittsburgh, la pire attaque antisémite aux Etats-Unis

« Il est temps de passer à l’action, de déclarer une guerre déterminée (à l’antisémitisme), et pas de condamner mollement, ce qui permet aux forces de la haine de revivre les heures sombres de l’histoire », a estimé l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon.

« Une attaque sur quelque lieu de culte que ce soit, depuis les églises du Sri Lanka ou de France, en passant par les synagogues de Jérusalem, jusqu’aux mosquées de Christchurch, sont une agression contre la dignité humaine et notre droit en tant que croyants de prier Dieu », a affirmé le centre Simon-Wiesenthal de Los Angeles.

L’Anti-Defamation League, une organisation qui combat l’antisémitisme, avait dénombré un bond de 57% des incidents antisémites aux Etats-Unis en 2017, la hausse la plus brutale depuis les années 1970.

Your Online Choices Logo

Le quotidien The New York Times a présenté ses excuses après la publication d’une caricature du Premier ministre israélien

Le quotidien américain The New York Times a présenté ses excuses après la publication d’une caricature antisémite représentant le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou en chien-guide du Président Trump……Détails……

The New York Times s’est excusé après la publication d’une caricature antisémite représentant le Premier ministre israélien et le Président des États-Unis ayant scandalisé les médias israéliens et les usagers de Twitter.
La caricature, publiée le 25 avril dans l’édition imprimée internationale du journal, montre Benyamin Netanyahou en chien-guide avec une étoile de David sur son collier et qui conduit Donald Trump, lequel porte des lunettes noires et est coiffé d’une kippa.
La caricature était sans légende et n’était liée à aucun des articles de la même page.V

Dans ses excuses publiées sur Twitter et à paraître également dans l’édition de lundi, la section Opinion du New York Times estime que «l’image était offensante, et que c’était une erreur de jugement de la publier».
Plusieurs personnalités ont condamné la caricature pour l’antisémitisme.
«Répugnant. Je n’ai pas de mots pour l’antisémitisme flagrant qui est affiché ici. Imaginez que cela soit dans une autre publication et non pas dans un journal de gauche ? », déplore pour sa part Donald Trump Jr.
«Un chien juif Netanyahou conduisant un Trump aveugle à la recherche de Juifs Dans l’édition internationale du New York Times. 
Combien bas sommes-nous tombés. Méprisable», s’est indigné Mark Dubowitz, directeur exécutif de la Fondation pour la defense des démocraties. 

Source Sputnik NewsV

“Pour être antisémite, il faut être un salaud, mais en plus un imbécile” : l’interview de Robert Badinter dans “Envoyé spécial”

Après la diffusion dans “Envoyé spécial” d’un reportage sur “l’antisémitisme au quotidien”, Elise Lucet reçoit Robert Badinter. L’ancien ministre de la Justice, adolescent pendant la Seconde Guerre, ami de Simone Veil, s’exprime longuement, avec force et émotion, sur la résurgence du “poison pour la société” qu’est l’antisémitisme, manifestation de “cette haineuse connerie : le racisme”. ENVOYE SPECIAL / FRANCE 2

avatar

France 2France Télévisions

Robert Badinter est l’invité d'”Envoyé spécial” après la diffusion d’un reportage sur “l’antisémitisme au quotidien”. Que lui inspire la résurgence des actes antisémites en France (ils ont bondi de 74% en 2018), au point que des Juifs de France redoutent d’habiter dans leur propre pays ? “D’abord une réaction d’indignation à l’égard de ceux qui les menacent, qui se livrent à ces agressions verbales, voire physiques, qui peuvent aller jusqu’au crime. Y compris, ces dernières années, les vieilles femmes qu’on jette par la fenêtre, y compris la petite fille tuée par Mohamed Merah d’une balle dans la tête.” C’est la même chose, souligne-t-il, très ému, qu’“un comportement de SS des Einsatzgruppen dans la forêt ukrainienne, qui abattent les Juifs parce qu’ils sont juifs. C’est d’abord cette résurgence-là qui fait naître chez moi cette rage. Je ne croyais pas que c’était possible”.

Qu’on s’en prenne au portrait de Simone Veil : “quelle profondeur de haine !”

Comment imaginer voir, au XXIe siècle, un portrait de Simone Veil barré d’une croix gammée ? “Du côté des fanatiques que sont par définition les antisémites, tout est toujours possible. Ils s’attaquent au symbole, à quelqu’un qui incarne la condition si cruelle des Juifs au XXe siècle. Il ne faut jamais oublier son parcours si significatif, les camps de concentration, Auschwitz et, dans son cas, sa mère morte dans un  camp, dans ses bras, rappelle celui qui était son ami. Elle a vécu là l’extrême limite de la détresse humaine. Qu’on s’en prenne à ce symbole-là… quelle profondeur de haine, quelle abjection !”

“Les mêmes clichés et affabulations” qu’il y a trois quarts de siècle

Sur la question de la “libération” de la parole antisémite sur les réseaux sociaux, où “tout ce qu’il y a de méprisable s’exprime aisément, et encore plus dès l’instant où c’est l’anonymat”, posant “un problème de droit extrêmement complexe (…), il faut la volonté au moins de la lutte”, juge celui qui a “connu ces événements adolescent, il y a soixante-quinze ans”, et retrouve “les mêmes clichés et affabulations” que devant l’exposition Le Juif et la France au palais Berlitz en 1941 : “L’or juif, le Juif aux doigts crochus, au nez crochu, un mélange bizarre de rabbin et de banquier, et puis cette haine qui se perpétue à travers les siècles… Comment ne pas prendre la mesure de ce que ça signifie ?”

“Qui peut croire sérieusement au complot juif mondial ?”

“Vous savez, j’ai beaucoup réfléchi à l’antisémitisme, poursuit Robert Badinter. Et je vais vous dire le fond de ma pensée. Non seulement, pour être un antisémite, il faut être, comme pour tous les racistes, un salaud, mais en plus il faut être un imbécile. Qui peut croire sérieusement au complot juif mondial, (…) au protocole des Sages de Sion, qui est un faux, fabriqué dans les caves de l’Okhrana, la police tsariste, avant la guerre de 14 pour nourrir l’antisémitisme ? Et que l’on retrouve ensuite chez Goebbels, et un siècle plus tard, sous forme de cassette, traduit en arabe au marché du Caire…”

“On a pensé que la bête était gavée de sang. Pas du tout : elle renaît”

“On a pensé que la bête était gavée de sang, avec les six millions de morts en Europe, femmes, enfants, vieillards, hommes génocidés par Hilter. Pas du tout : elle renaît.” Que faut-il faire ? Se souvenir, d’abord. Eduquer, dire “non, absolument non”. L’Etat fait-il ce qu’il doit ? L’ancien garde des Sceaux s’en dit “convaincu, ce n’est pas de ce côté-là que l’on doit porter la critique. C’est à chacun de faire défense dans l’âme des enfants, et de s’opposer de toutes ses forces à ce poison, cette infamie… et, à bien des égards, une haineuse connerie : le racisme.”

Pourra-t-on dire un jour : “L’antisémitisme, c’est terminé” ? “Je le croyais, mais je me trompais. On a vu renaître, doucement, puis de plus en plus, sous le masque de l’antisionisme, l’antisémitisme de toujours.” L’invité relève tout de même unsigne encourageant dans ce contexte de montée des partis populistes et d’extrême droite : en Ukraine, “pays qui a une très longue tradition d’antisémitisme”, le nouveau président de la République… est juif.

“Disons-le clairement, conclut un homme qui s’est toujours su obsédé par la justice. C’est un combat qui ne peut pas ne pas requérir constamment toute l’attention de chacun. Parmi les grands combats qu’on puisse mener pour un monde plus juste, il y a le combat contre le racisme. C’est une grande et noble cause. Que nos jeunes s’en souviennent et agissent en conséquence.”

Interview diffusée dans “Envoyé spécial” le 25 avril 2019.

Journaliste saoudien : « Allah nous a ordonné d’aimer et de respecter » les juifs – « l’antisémitisme dans le monde arabe est le produit d’une éducation raciste détestable »

Dans son éditorial paru le 3 mars 2019 dans le grand quotidien saoudien publié à Londres Al-Sharq Al-Awsat, le journaliste et homme d’affaires saoudien Hussein Shobakshi a condamné la haine des juifs profondément enracinée dans la culture islamique, dans laquelle le terme « juif » est fortement péjoratif. Shobakshi s’est interrogé sur la raison pour laquelle les musulmans ne font pas de différence entre les sionistes israéliens et les juifs en général, alors même qu’Allah a ordonné aux musulmans d’aimer et de respecter les juifs et les chrétiens, et que le prophète Mohammed lui-même a épousé une juive, a conclu des pactes avec les juifs et a entretenu des relations avec eux. Il a appelé les musulmans à trouver en premier lieu la paix entre eux et avec ceux qui les entourent, et à reconnaître qu’ils sont atteints d’une haine antisémite et d’un racisme profonds, et qu’ils sont néanmoins capables de suivre le commandement d’Allah et de respecter les juifs. Extraits :

Lorsque les extrémistes des organisations de l’islam politique veulent diffamer un dirigeant du monde arabe, ils répètent à l’envi que « sa mère était juive » ou qu’il « a des racines juives ». Souvent, les partisans d’un dirigeant répondent en disant du dirigeant des Frères musulmans que « sa mère était juive ». [1] Cela m’a interpellé sur l’étendue de la haine envers les juifs dans notre culture, et sur notre incapacité à distinguer entre les juifs en tant que Peuple du Livre – qu’Allah nous a ordonné d’aimer et de respecter et nous a permis de commercer avec eux, de partager leur nourriture et de nous marier avec eux – et le projet politique sioniste israélien, qui a instillé [en nous] la schizophrénie [dans notre attitude envers les juifs] et dont nous ne sommes toujours pas sortis.

L’intensité de la haine des juifs diffusée par les médias et par l’art, la littérature et les caricatures politiques [dans le monde arabe] a atteint un degré qui ne peut être ignoré. Personne, bien entendu, ne soutient que la scène juive et israélienne est elle-même exempte de culture de la haine en son sein. Dans les écoles juives religieuses extrémistes, il existe le même takfir [l’accusation d’hérésie, comme chez les musulmans] et la différentiation entre le peuple [juif] et les « gentils » qui ne valent rien et peuvent être volés et tués. De ces écoles ont émergé des terroristes extrémistes notoires, comme Meïr Kahana et Baruch Goldstein.

Toutefois, l’antisémitisme dans le monde arabe est le produit d’une éducation raciste détestable, ancrée dans la mentalité arabe, habituée à étiqueter les gens en fonction de leur affiliation tribale, familiale et raciale, et selon l’école religieuse à laquelle ils appartiennent. C’est cette éducation qui a amené des milliers de juifs citoyens de pays arabes à émigrer après la création de l’Etat d’Israël… [c’est la même mentalité à laquelle sont confrontés les chrétiens de l’Orient arabe et tous les autres courants religieux (non-musulmans) de la région].

Le prophète Mohammed a épousé une juive, il a conclu un accord de coexistence pacifique avec les juifs de Médine, a mis en gage son bouclier au profit de son voisin juif,[2] et il s’est rendu aux funérailles d’un juif, et le Coran dit des gens du Livre qu’ils ne sont pas tous semblables [c’est-à-dire qu’il y a des gens respectables parmi eux].[3] [Toutefois], nous négligeons toutes ces références très positives [aux juifs] et nous présentons des théories, interprétations et motifs qui justifient la haine des juifs et, sur ce fondement, nous avons formulé des opinions pleines de suspicion et de crainte envers eux, qui découlent en vérité de la haine…

Il est inconcevable que [toi, musulman] soutiennes que ta religion t’ordonne de respecter le Peuple du Livre sans toutefois mettre cela en pratique de manière concrète. Mais le [véritable] défi [auquel tu fais face est de répondre aux questions] : La paix avec l’autre est-elle possible, sans avoir au préalable fait la paix avec toi-même et avec ceux qui t’entourent ? Et avons-nous un problème de haine et de racisme envers les juifs ? Une réponse honnête et crédible à ces questions est nécessaire, et  elles pourraient être les premières d’une série de questions embarrassantes, que nous nous abstenons depuis de nombreuses années de traiter et de résoudre.L

NEMRI

Notes :

[1] Ici, Shobakshi fait allusion aux Frères musulmans, qui ont accusé plus d’une fois le président égyptien Al-Sissi d’avoir une mère juive. Pour plus de détails sur ce sujet et sur les contre-accusations selon lesquelles le fondateur des Frères musulmans Hassan Al-Banna était juif, voir MEMRI Special Dispatch No. 5657, Muslim Brotherhood Supporters, Opponents Accuse Each Other Of Being Jewish, 25 février 2014.

[2] Selon un hadith de la troisième épouse de Mohammed, « Quand le Prophète est mortson bouclier était mis en gage, chez un juif, pour trente mesures d’orge. »

[3] Coran 3:113 : « Mais ils ne sont pas tous pareils. Il est, parmi les gens du Livre, une communauté droite qui, aux heures de la nuit, récite les versets d’Allah en se prosternant [dans la prière]. »

« Le BNVCA était partie civile au procès Merah »


4 semaines d’audiences et de combat pour faire reconnaître la complicité d’assassinat contre Abdelkader Merah, la Cour d’Assises a pris acte de la réalité du dossier. Le BNVCA représenté par Me Stéphanie Cohen, Me Muriel Ouaknine Melki et Me Oudy Bloch, Avocats de l’OJE, solidaire de l’ensemble des parties civiles, s’en félicite et continue ” le combat contre l’antisémitisme et la haine anti Juive”. 


Agression à domicile d’un couple de juifs à Aubervilliers le 22 avril à 22 h

Le. Bnvca condamne l’agression violente dont a été victime un couple de confession juive Shalom H. à leur domicile à Aubervilliers (93)  le lundi 22 avril à 22 h. Les 4 auteurs cagoulés ont probablement repéré  leurs victimes à la “mezouza” apposée sur la porte de l’appartement et qui contient des passages écrits en hébreu. Les victimes ont été violentées menacées de mort et dévalisées. Elles sont de surcroît très traumatisées. Nous demandons à la police de tout mettre en œuvre  pour découvrir les agresseurs et les mettre à la disposition de la justice. Encore une fois le mythe du juif et l’argent conduit les malfaiteurs à s’attaquer de préférence à des juifs qui sont  pris pour cible. Le BNVCA qui recense les actes antisémites observe, que depuis près d’un an les juifs sont attaqués au plus proche de leur domicile.

Le BNVCA a décidé d’apporter son aide aux victimes de cette agression tant sur le  plan social qu’administratif et judiciaire. 

Le BNVCA horrifié, condamne avec force la série d’explosions survenue au Sri- Lanka visant des Eglises pendant la messe de Pâques et faisant 310 morts et plus de 500 blessés.

 

Les déflagrations se sont produites dans l’Eglise Saint Anthony de Colombo, l’Eglise Saint Sébastien de Negombo, et l’Eglise de Batticaloa.

Nous sommes scandalisés par ces attentats terroristes qui s’attaquent lâchement à des hommes, des femmes des enfants, en prière et sans défense.

Cette guerre anti-chrétienne s’apparente aujourd’hui à la guerre antijuive. Elles sont menées par des  mouvements religieux, extrémistes, racistes, intolérants, dominateurs et hégémoniques. 

FOG – L’escroquerie du halal

Présentée comme une prescription séculaire, cette fiction récente isole les hommes et inflige des souffrances révoltantes aux animaux.

Publié le 12/04/2019 à 09:01 | Le Point

FOG - L’escroquerie du halal

La halalisation de la France est en marche. Apparemment, rien ne l’arrêtera. Après les boucheries, des commerces de toute sorte se mettent au halal (« licite », en arabe).

Certes, toutes les religions ont ou ont eu des codes alimentaires, et les musulmans ont les leurs comme les enfants d’Israël ont la cacherout, qui, dans la Bible hébraïque, fixe les interdits (porc, fruits de mer, poissons sans écailles ni nageoires, etc.). 

A ceci près : le halal n’est pas un héritage du passé, mais une mode sans fondement qui prétend réglementer aussi l’eau, les dentifrices, les rouges à lèvres, les loisirs, les « vacances éthiques ». Sans rapport avec les traditions musulmanes, la sphère s’étend chaque jour un peu plus. 

Dire cette évidence vous exposera à une campagne de haine sur les réseaux sociaux : c’est qu’en 2019 l’ignorance ne cesse de faire des progrès et que d’incroyables foutaises sont désormais inscrites sur le marbre des stèles de la bien-pensance. Les vessies deviennent des lanternes. 

A force d’être répétés, les mensonges deviennent des vérités. Ainsi, aux yeux de nos contemporains, Israël est une terre arabe que les juifs ont envahie alors que c’est exactement le contraire qui s’est produit, comme le montre l’histoire des trois derniers millénaires si l’on prend la peine de l’étudier. De la même façon, le halal est toujours présenté faussement comme une prescription vieille de plusieurs siècles, alors qu’il s’agit d’une fiction nouvellement créée au cœur du système capitaliste mondialisé. 

L’auteur de ces lignes croyait que le halal remontait aux temps premiers de l’islam jusqu’à ce qu’il tombe, par un pur hasard, sur l’un des livres les plus subversifs et sulfureux de cette décennie, et qui, au train où vont les choses, sera peut-être interdit un jour. Sa publication, en 2017, a au demeurant été accueillie, à la notable exception du quotidien Libération, par un silence assourdissant. « Le marché halal ou l’invention d’une tradition » (1), de Florence Bergeaud-Blackler, fait voler en éclats la ridicule légende urbaine selon laquelle le halal serait consubstantiel à l’islam. A lire d’urgence. 

Florence Bergeaud-Blackler n’est pas une polémiste en quête de buzz, mais une anthropologue très sérieuse, rattachée à l’université de recherche Paris-Sciences-et-Lettres. Elle explique que le halal n’est pas une coutume islamique, mais l’enfant monstrueux des industriels de la viande et des fondamentalistes, Frères musulmans ou mollahs iraniens, qui ont trouvé là, à la fin du siècle dernier, un moyen de creuser le fossé entre les musulmans et l’Occident. 

Jusqu’aux années 1970, les musulmans pouvaient manger comme les chrétiens ou les juifs. La cinquième sourate du Coran le stipule clairement : « Vous est permise la nourriture des gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise. » En 1987 encore, l’ancien recteur de la mosquée de Paris, le cheikh Abbas, considérait que le sacrifice du mouton était une pratique « non obligatoire ».

Qu’est-ce qui a changé depuis ? La vogue halal, fruit de l’appât du gain des industriels de la viande et de la volonté de puissance des intégristes qui ont décidé de retrancher les musulmans des sociétés occidentales, de les empêcher de s’assimiler. Contrairement à ce qui se passe dans le reste de l’Europe, la lâcheté de la France a fait le reste : le « djihad économique » a permis de jeter les bases d’une islamic way of life.

Marginal chez les juifs, qui ne le respectent guère, mais en pleine croissance chez les musulmans, l’abattage rituel, donc sans étourdissement, est un scandale moral tant est grande la souffrance des animaux tués dans ces conditions, leur agonie pouvant durer plus d’un quart d’heure. De nombreux pays refusent cette méthode barbare et imposent que la bête subisse un choc électrique avant d’être saignée. 

Pourquoi ne pas être humains avec les animaux ? Bien qu’elles exportent beaucoup de viande vers des pays musulmans tels que l’Indonésie, la Jordanie ou les Emirats, l’Australie et la Nouvelle-Zélande n’en étourdissent pas moins les animaux avant de les tuer. Comme le rappelle l’association L214 dans « La face cachée de nos assiettes » (2), pour beaucoup d’experts religieux, l’étourdissement par choc électrique est « compatible avec les textes sacrés » puisque la bête n’est pas cliniquement morte au moment de la saignée. 

Dans cette affaire, nous autres Français, nous nous sommes encore couchés devant les islamistes radicaux, au mépris de la souffrance animale. Nous mangeons donc de la viande halal sans le savoir puisque, pour « ne pas stigmatiser », le mode d’abattage ne figure pas sur les étiquettes. En dégustant notre steak, soit dit en passant, nous finançons de surcroît l’islam, dont les autorités reçoivent une taxe proportionnelle aux kilos de bêtes abattues. 

Comment s’étonner si, de démission en démission de ce genre, notre pays devient de plus en plu

Notre Dame en Flammes par MICHEL GURFINKIEL, Special to the Sun

Traduit par nos soins

Sur le plan émotionnel, l’incendie qui a détruit la cathédrale Notre-Dame à Paris peut être décrit comme le 11 septembre de la France. Peu importe ce que la cause puisse révéler. À l’instar de New York, qui, même en temps de guerre, était censé être à l’abri d’attaques étrangères, Paris était censé être épargnée par des catastrophes irrémédiables, civiles ou militaires.

Cela a pris fin pour New York en 2001. La dernière fois que la capitale de la France a été détruite à grande échelle a été la guerre franco-prussienne de 1870 et 1871 et sa suite révolutionnaire, la Commune de Paris, qui a brûlé le palais royal des Tuileries et l’hôtel de ville.

En 1918, dernière année de la Première Guerre mondiale, l’artillerie allemande trouva sa marque à Paris, notamment dans le Marais. Contrairement à Londres, Berlin, Varsovie ou Florence, Paris «n’a pas brûlé» pendant la Seconde Guerre mondiale. Le résultat fut que la plupart des parisiens se sont livrés, tout au long de la seconde moitié du XXe siècle et des deux premières décennies du XXIe siècle, au fait que leur ville était trop belle, trop «historique», et faisait trop partie du patrimoine mondial de l’Unesco pour être frappée.


On a rappelé aux Parisiens que les choses pouvaient aller dans le sens contraire, après tout. Il y a eu des émeutes, des attaques terroristes, des bombardements. Mais Paris elle-même semblait être immortelle. Les gens ont commencé à se réveiller véritablement après la tuerie islamiste de novembre 2015, au théâtre Bataclan et ailleurs. Plus récemment, plusieurs scènes effrayantes se sont succédées à la suite de la récente manifestation des Gilets jaunes: saccage de l’Arc de Triomphe, incendies des boutiques et des restaurants des Champs-Élysées. Et maintenant, Notre-Dame était en flammes. De ma fenêtre, je pouvais voir une colonne de fumée noire et rougeâtre s’élever au-dessus des toits, un hélicoptère tournant au-dessus du feu. La flèche de fer, une addition du XIXe siècle à l’église gothique, s’est effondrée soudainement – révélant des hoquets d’horreur non seulement à Paris mais aussi dans le monde entier. Un peu comme le moment où les tours jumelles du World Trade Center sont tombées soudainement. Aujourd’hui, toute la France et le monde entier tremblaient sous l’effet de l’ampleur de ce qui se passait. Même si l’incendie était accidentel (il a peut-être commencé à un endroit où des travaux de rénovation étaient en cours), il s’est avéré être la coda d’un hiver inquiétant. Et on ne pourrait pas non plus entièrement écarter la possibilité d’un incendie criminel: de nombreux incidents antichrétiens ont été récemment rapportés, notamment le vandalisme d’églises, de cimetières ou de sanctuaires; et des groupes djihadistes ont à plusieurs reprises menacé de faire «quelque chose de grand» à Paris, de préférence contre un bâtiment emblématique. Rien d’étonnant à ce que le président Macron ait reporté le discours télévisé à la nation qu’il était censé prononcer ce soir et que, avec son épouse Brigitte et le Premier ministre Edouard Philippe, M. Macron s’est approché au plus près de la cathédrale. Il n’est pas nécessaire d’être catholique, ni chrétien, ni même religieux pour être dévasté par la destruction de Notre-Dame. La cathédrale, vieille de neuf cents ans, est le cœur de la France: elle se trouve sur l’île de la ville, entre les deux canaux de la Seine, un lieu qu’elle partage avec le Palais de justice (le premier palais royal du Moyen Âge); et tout kilométrage dans le pays commence symboliquement à «kilomètre zéro», juste en face de la cathédrale. Pendant que les rois étaient couronnés à Reims par l’archevêque du lieu, Napoléon se couronna à Notre-Dame, devant le pape Pie VI. Notre-Dame est le premier lieu parisien visité par De Gaulle en 1944, lorsque la capitale fut libérée des Allemands. C’est de Notre-Dame que De Gaulle traversa la ville jusqu’à l’Arc de Triomphe. Il est difficile d’imaginer la France sans Notre Dame. Laissons la reconstruction commencer.

L’appel de 39 intellectuels dans Le Figaro: «L’assassin de Sarah Halimi ne doit pas échapper à un procès»

  1. Vox
  2. Vox Société

Par Tribune Collective 

FIGAROVOX/TRIBUNE – Il y a deux ans, une Française juive était tuée sauvagement à Paris aux cris d’«Allah akbar». La question du discernement du suspect est au cœur de l’instruction. Une troisième contre-expertise a conclu à son irresponsabilité. Trente-neuf intellectuels, parmi lesquels Alain Finkielkraut, Jacques Julliard, Pierre Manent, Pierre Nora, Mona Ozouf et Paul Thibaud, demandent que ce crime soit jugé.

Voici deux ans, dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, à Paris, dans une HLM de Belleville, rue Vaucouleurs, Sarah Attal-Halimi, une retraitée de 65 ans, était tirée de son sommeil à 4h30 par un voisin âgé de 27 ans. Kobili Traoré se déchaîne contre elle, il la frappe pendant plus de vingt minutes. Les cris de douleur de madame Halimi alertent immédiatement les voisins qui entendent aussi les insultes que Traoré lui adresse, les «Allahou Akbar» et autres psalmodies coraniques. Un petit effectif de police est rapidement sur les lieux, mais pensant être en présence d’un terroriste, les policiers n’interviennent pas et attendent des renforts. Tout le monde entend donc le calvaire de Sarah Halimi. Finalement, peu avant 5h00, Kobili Traoré défenestre sa victime, tout en criant à la police postée dans la cour: «attention! Une femme va se suicider», comme pour couvrir ce geste final qui tuera sa victime. Le rapport du médecin légiste est terrible: «la mort de Sarah Halimi est due à un poly-traumatisme par chute d’un lieu élevé», relevant «des lésions d’hémorragie massive pulmonaire, myocardique, méningée, et diverses fractures associées», plus d’une vingtaine sur le corps et le visage. 

Avant son forfait, l’assassin s’était d’abord introduit dans l’appartement mitoyen, celui de la famille Diarra. Il ne cherche pas à les attaquer. Effrayés par la grande nervosité de Kobili Traoré qu’ils connaissent bien, leurs familles venant du même village du Mali, les Diarra se verrouillent dans une pièce et contactent la police, se considérant comme «séquestrés» par Kobili Traoré. En fait, ce dernier avait quitté les lieux pour enjamber le balcon et entrer par effraction chez Sarah Halimi. Il reprendra le même chemin à l’issue du meurtre pour venir terminer ses prières et changer de vêtements chez les Diarra. La police attend toujours sur le palier… Presque une heure après le début des faits, la porte est enfoncée. L’Arrêt du 5 juillet 2018 indique «précisément à 5h35, les effectifs de la BAC du 11èmearrondissement assistés d’effectifs de la BAC 75, présents sur les lieux suite à l’appel d’une des filles de la famille Diarra ayant indiqué que sa famille était victime de séquestration, interpellaient Traoré, en train de réciter des versets du Coran». Kobili Traoré n’oppose aucune résistance à l’interpellation. Mais à son arrivée au commissariat, il est pris d’un soudain accès de violence. Il sera immédiatement transféré en hôpital psychiatrique. Il ne fera pas une minute de garde à vue, ni ne sera interrogé par la police.

Pour mieux étouffer l’affaire, on communautarise le crime.

La sauvagerie de ce crime fit irruption dans une campagne électorale où les sujets de sécurité sont quasi absents. Cet assassinat dérange, le profil de l’assassin sans doute davantage que celui de la victime. D’autant que le caractère antisémite du crime est vite identifiable: Kobili Traoré a ciblé sa victime, il ne s’est pas attaqué à un membre de la famille Diarra chez qui il s’est invité en pleine nuit, il a fait ses prières avant d’aller chez Sarah Halimi, cette voisine qu’il côtoie depuis vingt ans qu’il traitera de «Sheitan» (Satan) tout en la frappant. L’enquête de voisinage montrera que Sarah Halimi et ses proches qui la visitaient, avaient été l’objet d’insultes antijuives de la part de certains membres de la famille Traoré. Dans les heures et jours précédant le crime, la police apprendra qu’il avait fréquenté assidûment la mosquée salafiste défavorablement connue de la rue Jean-Pierre Timbaud. Tout cela est embarrassant en pleine élection présidentielle et les candidats comme les médias généralistes ignorent l’évènement. Pour mieux étouffer l’affaire, on communautarise le crime: «l’émotion dans la communauté juive» est évoquée, comme pour passer à autre chose, comme si Sarah Halimi n’était pas, d’abord, une citoyenne française.

Deux mois après cet assassinat barbare, pour rompre ce silence médiatique, dix-sept d’entre nous avions publié une tribune pour informer l’opinion publique. Deux ans après, rejoints par d’autres signataires, nous venons informer des avancées de l’enquête, de la probabilité d’un non-lieu «psychiatrique» pour le mis en examen. Alors que Kobili Traoré a reconnu les faits d’homicide dès le départ, la juge principale du dossier, Anne Ihuellou, aura paru conduire une instruction à décharge, davantage qu’à charge et à décharge, posture équilibrée de mise au cours d’une instruction. 

Tout d’abord rappelons les épisodes de la procédure judiciaire. Après son interpellation et son accès de violence au commissariat, Kobili Traoré est placé en Unité pour Malades Difficiles (UMD). Il reconnaît les faits, mais assure n’avoir pas été dans son état normal. Le 10 juillet 2017, il est mis en examen pour homicide volontaire. La gravité de l’affaire conduit dès le départ à la nomination d’une seconde juge, Virginie Geyte. Entre le crime et cette mise en examen, l’élection présidentielle et les législatives sont passées ; l’affaire est désormais davantage médiatisée, notamment autour de son caractère antisémite de cet assassinat. 

Kobili Traoré est un délinquant multirécidiviste connu dans son quartier, craint dans son immeuble. Il vend notamment de la drogue, il est lui-même un consommateur compulsif de cannabis. Si son casier est déjà chargé par vingt-deux condamnations pour violences et vols, il n’a en revanche aucun antécédent de troubles psychiatriques. Avant le 3 avril 2017, il a été incarcéré à quatre reprises, dont une peine d’un an qu’il vient d’accomplir. Au cours de ses périodes de prison, Kobili Traoré n’a apparemment pas été identifié par l’administration pénitencière pour des troubles psychologiques quelconques. 

Tout au long de la procédure, les avocats de la partie civile ont été contraints de faire des demandes d’actes pour être tenus informés de l’avancée de l’instruction. 

Le 27 février 2018, a enfin lieu l’interrogatoire du mis en examen devant la juge Ihuellou. Après onze mois, sur insistance du Parquet, la juge finit par retenir la circonstance aggravante d’antisémitisme. En revanche, elle et sa collègue résistent à toute reconstitution, ce qui est pourtant habituel dans les affaires criminelles de ce type. Il serait, en effet, indispensable de clarifier la chronologie des faits en organisant une reconstitution, d’autant que ce crime a pratiquement eu lieu sous les yeux des voisins et de la police, que des témoignages ont été recueillis et doivent être mis en regard des faits tels qu’ils pourront être reconstitués in situ. Pour les avocats des deux parties, il est nécessaire de vérifier l’enchainement des évènements durant ces 70 minutes, entre le moment où Kobili Traoré pénètre chez les Diarra et celui où il est interpelé, de retour chez eux, après l’assassinat de Sarah Halimi. L’avocat du mis en examen lui-même accède à la logique d’une reconstitution, mais la juge Ihuellou s’y oppose, par humanisme à l’égard de Kobili Traoré, voulant «protéger le mis en examen d’une possible décompensation et d’un milieu hostile (…) lui qui ne possède plus que des bribes de souvenirs filmiques» (sic). 

Tout au long de la procédure, les avocats de la partie civile ont été contraints de faire des demandes d’actes pour être tenus informés de l’avancée de l’instruction. Suite à une saisie d’un d’entre eux en janvier 2018, la 6è chambre de l’instruction est réunie le 30 mai. Le 5 juillet 2018, elle annonce suivre l’avis de la juge concernant la non-opportunité de reconstitution. Pas plus que ne sont retenus les actes de torture et de barbarie ainsi que la préméditation que les avocats de la partie civile avaient demandé voir inscrits dans le cadre de l’instruction. Depuis cette date, aucun nouvel acte de procédure n’a été réalisé.

La procédure judiciaire est aussi ponctuée par des rebondissements d’expertises psychiatriques essentielles dans ce dossier puisque les conclusions des experts-psychiatres sur l’état de Kobili Traoré au moment de la commission des faits, contribuent à déterminer le choix des juges d’instruction: le renvoi devant la Cour d’Assises ou le non-lieu pour irresponsabilité pénale.

Une première expertise est ordonnée. La juge désigne un expert-psychiatre reconnu, Daniel Zagury. Au bout de six mois, il conclut que Kobili Traoré a fait une bouffée délirante aiguë (BDA) suite à une consommation massive de stupéfiants (cannabis). Zagury estime qu’il y a eu altération du discernement mais que le mis en examen est responsable. A ce titre, il peut être jugé devant une cour d’Assises. Il indique que l’identification de Sarah Halimi comme juive l’a diabolisée aux yeux de Kobili Traoré: «L’existence avérée d’une bouffée délirante aiguë n’était pas incompatible avec une dimension antisémite. Un crime pouvant être délirant et antisémite». Pour Daniel Zagury, le simple préjugé antijuif se serait transformé en conviction absolue que Sarah Halimi était l’incarnation du Sheitan (Satan) à tuer. Il explique en outre que la lucidité dont a fait preuve l’assassin avant de la défenestrer est compatible avec une BDA.

Est-ce parce que cette expertise déplaît à la juge d’instruction qu’elle en ordonne une seconde? On peut se poser cette question dans la mesure où ce type de requête provient habituellement de l’avocat de la Défense, qui ici n’avait formulé aucune demande en ce sens. Cette fois, Anne Ihuellou nomme trois experts au lieu d’un. Kobili Traoré est entendu le 24 mai pendant deux heures par deux experts- psychiatres, et le 7 juin durant deux heures trente par le troisième. Ils viennent contredire la première expertise et rendent leurs conclusions le 10 juillet 2018: la BDA de Kobili Traoré signifie pour eux abolition du discernement. À leurs yeux, il était irresponsable au moment des faits. La juge pourrait dès lors prononcer un non lieu ; il n’y aurait pas de procès aux Assises. Voici quelques extraits édifiants de ce second rapport d’expertise: «Kobili Traoré souffre d’un trouble psychotique chronique, vraisemblablement de nature schizophrénique, faisant suite à un épisode délirant aigu inaugural. Il souffre par ailleurs d’une addiction ancienne au cannabis. Il dispose encore d’une personnalité pathologique antisociale et d’une propension à la violence. Oui, son discernement était aboli. Kobili Traoré est inaccessible à une sanction pénale. (…) Nous sommes en plein accord avec le diagnostic d’état psychotique aigu et avec l’analyse qui est faite de la dimension antisémite du geste, même si nous ne pensons pas qu’elle a été déterminante dans le processus psychopathologique du passage à l’acte. Nous dirions en résumé que Monsieur Traoré était au moment des faits, du fait de la prégnance du délire, un baril de poudre. Mais que la conscience du judaïsme de Madame Attal a joué le rôle de l’étincelle».

La psychiatrisation serait-elle le nouvel outil du déni de réalité ? 

Outre qu’au cours de sa vie Kobili Traoré – qui a croisé à de nombreuses reprises l’institution judiciaire – n’a jamais été détecté comme porteur de «trouble psychotique chronique» ; outre qu’il est rarissime qu’une pathologie schizophrénique surgisse à 27 ans sans aucun antécédent clinique ; outre que l’apparition brutale de troubles délirants suite à l’usage de stupéfiants est peu probable chez un sujet qui consommait depuis des années de fortes quantités de cannabis… On pourrait penser à lire les dernières lignes que nous avons soulignées, qu’en France, aujourd’hui, être juif serait, en quelque sorte, une incitation au meurtre pour les déséquilibrés psychiatriques. Et puisque les trois experts désignent Traoré comme schizophrène, a-t-on observé une recrudescence de passage à l’acte criminel antijuif chez les centaines de milliers de personnes souffrant de schizophrénie en France? Si c’était le cas, ce serait une nouvelle expression de cette pathologie qui devrait alerter urgemment l’Académie de médecine… À moins qu’il ne s’agisse de proposer à l’opinion une réinterprétation des assassinats de Français juifs depuis 2003 par des islamistes? La psychiatrisation serait-elle le nouvel outil du déni de réalité? 

Devant ces conclusions contraires à la première expertise, les deux juges en commandent une troisième. Quatre experts devaient rendre leur conclusion en octobre 2018, elles ont finalement été reçues mi mars 2019. Interminable attente pour la famille et leurs avocats. Finalement, cette troisième expertise confirme l’avis de la précédente: Kobili Traoré était victime d’une BDA avec abolition du discernement.

Désormais, la balle est dans le camp des deux juges d’instruction. Elles peuvent rendre une ordonnance de non lieu «psychiatrique», avec un renvoi vers la chambre de l’instruction pour juger notamment des mesures de sureté à prendre à l’égard de l’assassin. Dans ce cas, la société tout entière se trouvera exposée car ses médecins affirment que Kobili Traoré va mieux, qu’il ne souffre pas de pathologie mentale chronique. Sa place ne sera donc ni en prison (irresponsabilité pénale pour abolition du discernement lors de la commission des faits), ni en hôpital psychiatrique (absence de pathologie mentale chronique). Il est à parier, que d’ici quelques mois, l’amnésie médiatique aidant, il sortira libre de l’hôpital psychiatrique où il réside actuellement, avec une simple obligation de suivi psychiatrique en ville.

Mais les juges ne sont pas tenues par les expertises judiciaires pour ordonner le non lieu. Elles peuvent aussi décider de rendre une ordonnance de mise en accusation devant la Cour d’Assises. On ne saurait ignorer la possibilité d’un acquittement si les jurés estiment que Kobili Traoré était pénalement irresponsable comme l’affirment deux expertises sur trois. Néanmoins, il y aurait un procès, des débats contradictoires. Existerait au moins un espoir que justice soit rendue à Sarah Halimi, victime d’un assassinat antisémite barbare.

Signataires : Michel Aubouin, ancien préfet ; Élisabeth Badinter, philosophe ; Georges Bensoussan, historien ; Laurent Bouvet, professeur de science politique ; Pascal Bruckner, philosophe ; Philippe d’Iribarne, sociologue ; Élisabeth de Fontenay, philosophe ; Bernard de la Villardère, journaliste ; Jacques de Saint Victor, historien ; Alain Finkielkraut, philosophe ; Martine Gozlan, journaliste ; Noémie Halioua, journaliste ; Jacques Julliard, historien ; Suzanne Julliard, professeur de lettres ; Alexandra Lagnel-Lavastine, philosophe ; Josépha Laroche, politiste ; Michel Laval, avocat ; Marcel Gauchet, philosophe ; Damien Le Guay, philosophe ; Jean-Pierre Le Goff, sociologue ; Barbara Lefebvre, essayiste ; Bérénice Levet, philosophe ; Sonia Mabrouk, journaliste ; Yves Mamou, journaliste ; Pierre Manent, philosophe ; François Margolin, réalisateur ; Lina Murr Nehmé, historienne ; Pierre Nora, historien ; Michel Onfray, philosophe ; Mona Ozouf, historienne ; Céline Pina, essayiste ; Pierre-André Taguieff, historien ; Jacques Tarnero, chercheur ; Paul Thibaud, philosophe ; Michèle Tribalat, démographe ; Monette Vacquin, psychanalyste ; Caroline Valentin, essayiste ; Jean-Pierre Winter, psychanalyste ; Michel-Gad Wolkowicz, psychanalyste.

Au procès du frère Merah, un témoin raconte « l’insoutenable » à l’école juive

Par AFPAujourd’hui, 17:29  0

Jonathan, 17 ans au moment des faits, a raconté la douleur “de ce 19 mars 2012, devant la cour d’assises spéciale de Paris, au procès d’Abdelkader Merah

Par AFP

Des policiers devant l'école Ozar Hatorah, à Toulouse, le 19 mars 2012. (Crédit : AFP/Archives Remy Gabalda)

Des policiers devant l’école Ozar Hatorah, à Toulouse, le 19 mars 2012. (Crédit : AFP/Archives Remy Gabalda)

C’était le moment de la prière des morts (le Kadish) quand Mohamed Merah a surgi et tué un enseignant et trois enfants de l’école Ozar Hatorah de Toulouse : Jonathan, alors 17 ans, a raconté lundi la douleur « insoutenable » de ce 19 mars 2012, devant la cour d’assises spéciale de Paris.

Il ne regarde pas Abdelkader Merah, le frère du tueur, rejugé après avoir été condamné à 20 ans de réclusion en première instance pour association de malfaiteurs terroriste mais acquitté du chef de « complicité ».

Elève avocat, le jeune homme surmonte sa peine pour tâcher d’être précis, relater en détail ces 36 secondes d’horreur et les heures interminables où les élèves restèrent confinés au réfectoire, pendant que les médecins légistes travaillaient dans la cour.!

Ce jour-là, il est dans la synagogue de l’école quand il entend les premiers coups de feu. « Des pétards », pense-t-il. Mohamed Merah vient de tuer Jonathan Sandler, professeur de religion, 30 ans, et ses deux fils, Arié et Gabriel, 5 et 3 ans. Se penchant à la fenêtre, il voit « une personne casquée entrer dans l’école » qu’il imagine être « un coursier ».

Les tirs reprennent. Brian, comme les autres enfants, s’est rué dans l’école pour se mettre à l’abri. Dans la cour, le tueur a fait feu sur Myriam, revenue chercher son cartable. Puis il rattrape Gabriel, qu’il achève d’une balle dans la tête.

Brian peine à prononcer le prénom de Myriam, dit le plus souvent « la fille du directeur ». Il garde de cet instant le souvenir de la douleur et une cicatrice de 30 cm. Tout le reste est plus flou, mais il a tenu à venir : « c’est une étape de mon rétablissement ».

Jonathan Sandler, shot to death Monday in Toulouse, France, pictured with his two slain sons and with his wife (who was not hurt in the attack). (photo credit: via Facebook)

Jonathan Sandler, avec ses deux fils assassinés par Mohammed Merah à Toulouse en mars 2012, et son épouse, qui n’a pas été blessée physiquement dans l’attaque. (Crédit : Facebook)

Les tirs reprennent. Dans la cour, le tueur a fait feu sur Myriam Monsonégo, 8 ans, la fille du directeur d’école, revenue chercher son cartable.

La conseillère pédagogique fait irruption dans la synagogue et crie « Il y a un tireur dans l’école ! » Jonathan répète le message au directeur. « Ses yeux s’écarquillent, il court. Dehors, il tombe sur sa fille ».

Dans cette « toute petite école », 200 élèves de la 6e à la terminale, tout le monde se connaît. Comme une « famille ». Jonathan a déjà gardé Myriam, une gamine discrète, qui se cachait dans sa chambre sauf quand il « se mettait au piano ». Il a aussi gardé Arié et Gabriel, des petits joyeux.

Dans la panique qui croît, les élèves cherchent un réconfort. « J’ai 17 ans, les plus petits viennent vers moi, me prennent les mains, les bras. » Ils vont être conduits au réfectoire, où il seront confinés de 8H00 à 11H00.

« Moment de folie »

Reproduction photo of 8-year-old Miriam Monsonego (Flash90/JTA)

Reproduction photo of 8-year-old Miriam Monsonego (Flash90/JTA)

« Il y a 50 ou 60 gamins qui hurlent, pleurent, tapent du poing contre les murs. Un gamin de 13 ans hurle à se griffer le visage, jusqu’à s’en arracher les vêtements. Il crie ‘Myriam est morte, Myriam est morte !’. C’est quelque chose qu’on n’est pas censé vivre », dit le jeune homme.

« C’est tellement insoutenable que j’ai un moment de folie. C’est trop dur. Je sors, je cours vers la sortie. Je tombe. Il y avait du sang partout, je vois le cartable de Myriam plein de sang. Même les médecins avaient l’air choqués », poursuit-il.

Sept ans plus tard, « la vie reprend ses droits » mais il y pense « tout le temps ». « Il n’y a rien ni personne qui pourrait réparer ça ». Il dit sobrement « la peur » des survivants, ceux qui ne vont plus jamais au cinéma ou en terrasse, ceux qui sont venus témoigner et ceux qui n’ont pas eu la force.

Futur avocat, il a « totalement conscience du droit de la défense à un procès équitable », et il espère que les preuves permettront de « retenir la complicité » d’Abdelkader Merah. « J’ai du mal à vivre avec l’idée que peut-être il est complice et que peut-être il ne sera pas condamné pour ça. »

Les portraits des sept victimes – Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouad, Gabriel Sandler, Aryeh Sandler, Myriam Monsonégo et Jonathan Sandler – de Mohamed Merah pendant une cérémonie de commémoration organisée par le CRIF à Toulouse, le 19 mars 2014. (Crédit : Rémy Gabalda/AFP)

Le matin de ce 19 mars, le jihadiste s’était caché dans une résidence pour tuer deux autres militaires, qu’il n’est pas parvenu à approcher. Furieux, il avait alors tourné en scooter dans les rues et s’était retrouvé devant l’école juive, avait-il lui-même expliqué aux enquêteurs avant d’être abattu par la police.

Sans prononcer le nom d’Abdelkader, Samuel Sandler, qui a perdu un fils et deux petits-enfants, avait peu avant cité Albert Camus : « On ne pense pas mal parce qu’on est meurtrier. On est meurtrier parce qu’on pense mal. C’est ainsi qu’on peut être meurtrier sans jamais tuer apparemment ».

Cette journée du 19 mars clôt la déambulation sanglante de Mohamed Merah, qui avait déjà tué trois militaires – Imad Ibn Ziaten, 30 ans, Abel Chennouf, 25 ans, et Mohamed Legouad, 23 ans – les 11 et 15 mars.

Le verdict est attendu le 18 avril.

“Je voulais tuer un Juif ” : un homme agresse violemment un habitant de Bourdon au couteau

Vendredi 5 avril, un habitant de Bourdon agresse violemment un voisin parec qu'il voulait "tuer un Juif" / © FTV
Vendredi 5 avril, un habitant de Bourdon agresse violemment un voisin parec qu’il voulait “tuer un Juif” / © FTV

Vendredi 5 avril, à Bourdon dans la Somme, un homme a violemment agressé au couteau un habitant de ce village situé entre Abbeville et Amiens. Il a été mis en examen pour tentative de meurtre en raison de la race ou de l’éthnie : il aurait justifié son geste par sa volonté de “tuer un Juif”.

Par Jennifer AlbertsPublié le 08/04/2019 à 12:04
Les faits se sont déroulés vendredi 5 avril à Bourdon dans la Somme, un village situé entre Abbeville et Amiens. Vers 15h, un homme s’introduit chez un de ses voisins. Il se retrouve face à face avec deux personnes dont le propriétaire des lieux. Celui-ci lui demande ce qu’il vient faire chez lui.

8 coups de couteau

L’intrus se jette alors sur lui et le frappe violemment de plusieurs coups de couteau : 8 au total, à l’abdomen et au visage.

La deuxième personne qui se trouvait chez la victime maîtrise alors l’agresseur en le frappant à la tête.

Sur place, les secours découvrent deux blessés. L’agressé, gravement touché au foie et à la face, est transporté en urgence absolue au CHU d’Amiens. Il est opéré dans les heures qui suivent. Le lendemain, son état de santé ne présentait plus d’inquiétudes. Et l’agresseur qui a pris plusieurs coups sur le crâne et sur une de ses mains. Il sera hospitalisé sous le régime de la garde à vue.

Le suspect n’a pas encore été entendu

L’enquête est confiée à la brigade de recherche d’Amiens. Une enquête qui va prendre un tournant inattendu au vu des premiers témoignages recueillis par les policiers. Plusieurs témoins leur auraient confié que l’agresseur aurait justifié son geste en disant qu’il voulait “tuer un Juif”. Un élément suffisamment prégnant dans la procédure pour que le parquet d’Amiens le retienne pour la qualification des faits.

Car le suspect, inconnu des services de justice et de police, n’a pour l’heure pas encore pu être entendu par le juge d’instruction désormais en charge du dossier. Et cela en raison de son état de santé. Il n’a donc pas pu donner sa version des faits ni confirmer ou infirmer le mobile de son geste. “Il était dans un tel état au moment de sa mise en examen qu’il n’a pas pu comprendre les chefs d’accusation retenus, explique Stéphane Diboundje, son avocat. Il n’a même pas pu signer plusieurs documents. Il y a pas mal d’irrégularités de procédure. C’est pour cette raison que je vais saisir la chambre d’instruction et également faire appel de sa détention provisoire.”


Tentative d’évasion

Son client a été écroué à la prison d’Amiens sous un régime médical et sera entendu “quand son état de santé le permettra”, précise le Parquet. Il doit subir une opération à la main ce lundi.

Le jeune homme de 18 ans, sans emploi, est malgré tout mis en examen pour tentative de meurtre en raison de la race ou de l’éthnie. Car d’autres chefs d’accusation vont s’ajouter.

Alors hospitalisé, le suspect aurait essayé de s’évader du CHU et blessé dans sa tentative de fuite deux des gendarmes qui le surveillaient. L’un d’eux a eu une ITT d’une journée. Il est dès lors mis également en examen pour tentative d’évasion et violences volontaires sur gendarmes. Des analyses toxicologiques et d’alcoolémie sont en cours. Une autre, psychiatrique, devrait également être pratiquée.

La victime a été instituteur à la Chaussée-Tirancourt et directeur de l’école primaire de Flixecourt. Toujours hospitalisé, ce père de famille de 58 ans va mieux.

France 3 Hauts de France

Sarah Halimi, un crime sans responsable?

Une nouvelle expertise psychiatrique a conclu à l'”irresponsabilité pénale” du tueur présumé

parOudy Ch. Bloch – Causeur.fr

Rassemblement contre l’antisémitisme à Paris, février 2019. ©LAURE BOYER / HANS LUCAS 

Deux ans après le massacre de Sarah Halimi dans son appartement parisien, la perspective d’un procès s’éloigne. Une troisième expertise psychiatrique du tueur présumé, Kobili Traoré, a conclu à son « irresponsabilité pénale ». 


Deux ans.ADVERTISING

Il y a deux ans, presque jour pour jour, Sarah Halimi mourait sous les coups de poings acharnés de son agresseur, celui-ci alternant insultes, sourates du Coran, cris d’ « Allahou Akbar » et de « Sheitan ».

Sarah Halimi, deux ans de combat

Deux ans de combat. Pour tenter d’obtenir la reconnaissance de la préméditation, des actes de torture et de barbarie, une reconstitution. Vaines tentatives, toutes les demandes d’actes ayant été rejetées par la juge d’instruction.

Il aura fallu attendre dix mois à compter de ces faits ignobles pour que la circonstance aggravante d’antisémitisme soit enfin retenue.A

Deux ans et trois expertises judiciaires dont deux penchent désespérément vers l’abolition du discernement, alors que la première avait seulement estimé qu’il était altéré. Une abolition provoquée, nous dit-on, par l’usage abusif de cannabis. Deux ans après les faits, sur les seules déclarations du tueur présumé Kobili Traoré, deux collèges d’experts concluent à la démence de ce dernier pendant les 20 minutes de torture qu’il a fait subir à Sarah Halimi. Pas de démence avant, pas non plus après.

Qui est irresponsable ?

Peu importe que Kobili Traoré ait eu suffisamment conscience de la présence du chandelier et de la Torah dans l’appartement de Mme Halimi ce qui aurait accentué son agressivité.

Peu importe que Kobili Traoré ait eu suffisamment conscience de la présence des policiers dans la cour de l’immeuble pour leur hurler qu’une femme venait de se suicider après avoir défenestré sa victime encore vivante.A

Peu importe que Kobili Traoré ait vécu plus de vingt ans un étage en dessous de l’appartement de Mme Halimi et savait, comme tous ses voisins, qu’elle était juive pratiquante.

Peu importe que Kobili Traoré ait prétendument décidé de fumer du cannabis toute la journée précédant le meurtre alors qu’il avait parfaitement conscience de l’effet de la drogue sur son organisme – pour en consommer à haute dose depuis l’âge de seize ans. Mais dès lors, eut-il subi une bouffée délirante aigüe causée par une surdose cannabinique intentionnelle, ne reste-t-il pas néanmoins responsable de ses actes pour s’être mis délibérément dans cet état ?

In memoriam Sarah Halimi

Alors que la consommation volontaire d’alcool est une circonstance aggravante dans tous les délits, se pourrait-il que l’intoxication volontaire au cannabis soit désormais considérée comme une circonstance atténuante dans les procès criminels ?

Et les terroristes sous drogue qui commettent des attentats seront-ils considérés comme irresponsables pénalement ?

Dément, Kobili Traoré ne serait pas pénalement responsable. Mais en l’absence de pathologie mentale chronique, il ne serait pas non plus hospitalisable d’office à long terme.A

Deux ans et un procès aux assises qui semble s’éloigner.

Que fera-t-on de Kobili Traoré ?

Que fera-t-on pour la mémoire de Sarah Halimi ?

Que fera-t-on pour que justice soit rendue ?

Le BNVCA vous appelle à venir nombreux pour assister à l’office religieux à la mémoire de Madame Mireille Knoll lâchement assassinée

Chère famille et amis, 

Daniel et Allan Knoll  vous prient d’être à leurs côtés jeudi 11 avril au soir à la synagogue de la place des Vosges à 18:45 pour assister à  l’office religieux qui sera  donné pour leur regrettée maman,  MIREILLE KNOLL .

Le vendredi 12 avril, au cimetière de Bagneux, nous poserons  la pierre tombale.

Les horaires vous seront communiqués.

Nous et nos enfants vous embrassons

Allan et Daniel

Khalkhin-Gol, 1939 : la guerre oubliée qui a fait basculer le monde


Pendant cinq mois, les Russes et les Japonais s’affrontent en Mongolie. Ce sont les Russes qui l’emportent… 

PAR MICHEL GURFINKIEL.

Une « guerre oubliée » s’est déroulée de mai à août 1939 le long du Khalkhin-Gol, une rivière de quelque deux cents kilomètres qui serpente au milieu de la steppe glaciaire d’Extrême-Orient. Non pas entre les Chinois et les Mongols, ennemis héréditaires depuis trois mille ans, mais entre les deux puissances qui les ont supplantés : les Russes, venus d’Europe au XVIIe siècle, et les Japonais, européanisés depuis le XIXe siècle. Ce conflit s’achève au moment précis où commence la Seconde Guerre mondiale. Ce n’est pas un hasard.

Entrés en Sibérie en 1582, les Russes ont atteint l’océan Pacifique en 1647. Quelques années plus tard, ils sont en contact avec Mandchous, un peuple nomade apparenté aux Mongols, qui vient de conquérir la Chine et d’y fonder la dynastie Qing. Le traité de Nertchinsk, en 1689, place la frontière entre les deux Empires au nord du fleuve Amour : dans une sorte de no man’s land. Mais au XIXe siècle, les Russes ont bénéficié, comme tous les Européens, d’une révolution technologique, et donc militaire, tandis que la Chine s’est endormie sur ses traditions. Le traité de Pékin, en 1860, consacre un nouveau rapport de forces : la frontière suivra désormais le lit de l’Amour jusqu’à Khabarovsk, puis descendra jusqu’aux confins de la Corée, six cents kilomètres plus au sud. Les Russes y fondent un port moderne, libre de glaces tout au long de l’année. Ils le baptisent Vladivostok : « Dominateur de l’Orient ».

Le mouvement s’accélère avec l’avènement de Nicolas II, en 1893. La Russie obtient de prolonger le transsibérien par une ligne transmandchourienne, qui relie Tchita à Vladivostok en passant par Harbin, puis par d’autres lignes allant jusqu’à Pékin, Séoul ou encore Port-Arthur, une base navale dont elle a pris le contrôle.

Le Japon somnolait, comme la Chine. Il se réveille brusquement en 1868, avec la « Révolution Meiji », qui construit un pays de type occidental en moins de trente ans. En 1894, le nouveau Japon écrase la Chine. En 1900, il participe, aux côtés des Occidentaux, à l’occupation de Pékin. Mais pourrait-il tenir face à la Russie, si celle-ci s’installait durablement en Mandchourie et même en Corée ? Mieux vaut prendre les devants : en 1904, les Japonais lancent une attaque surprise sur Port-Arthur, assiègent la ville, obtiennent sa reddition ; ils progressent ensuite en Mandchourie, du sud au nord. La Russie décide de contre-attaquer en frappant le Japon lui-même par la mer : la flotte de la Baltique fait le tour de l’Europe, de l’Afrique et de l’Asie, et s’approche enfin de la mer du Japon – pour y être détruite en quelques heures, les 27 et 28 mai 1905, par la flotte japonaise, dans le détroit de Tsushima. Le traité de Portsmouth, fruit d’une médiation américaine, attribue aux Japonais la moitié sud de l’île de Sakhaline, Formose, Port-Arthur, une position dominante en Corée, et contraint les Russes à renoncer à la Mandchourie.

Pendant les trente années suivantes, par delà la conversion de la Russie au communisme, les deux Etats veillent à ne plus entrer en conflit. L’anarchie qui règne en Chine après la chute du pouvoir impérial, en 1911, est fort utile à cet égard : l’ancienne province chinoise de Mongolie-Extérieure, nominalement indépendante, devient un glacis soviétique en 1924, la République populaire de Mongolie ; la Mandchourie, rebaptisée Empire du Mandchoukouo en 1932, un glacis japonais. Mais celui-ci se développe beaucoup plus vite que celle-là. Le Mandchoukouo compte 30 millions d’habitants en 1934, et les Japonais y ont créé d’importantes industries. La Mongolie, avec 700 000 habitants seulement, ne dispose que d’une économie archaïque, mis à part quelques mines exploitées par les Soviétiques.

Certains militaires japonais, notamment ceux de l’armée du Guandong, qui occupe la Mandchourie et la Chine du Nord et a pris l’habitude d’agir sans en référer au gouvernement impérial, commencent à rêver à une conquête de l’Extrême-Orient russe. Un événement imprévu et rocambolesque précipite les choses. Le 13 juin 1938, le chef du NKVD – la police politique soviétique – pour l’Extrême-Orient, le général Genrikh Lioushkov, se réfugie au Mandchoukouo avec une valise emplie de documents secrets. Il a en effet appris qu’il serait bientôt « liquidé ». Le débriefing auquel il se soumet convainc les services secrets japonais que l’URSS a été totalement désorganisée par les purges staliniennes. Et que l’Armée rouge n’est plus opérationnelle.

Quelques semaines plus tard, en août 1938, l’armée du Guandong lance un raid dans une zone frontalière, au sud de Vladivostok, pour éprouver les positions soviétiques. En fait, celles-ci tiennent bon. D’où l’idée d’une autre tentative, dans une direction opposée : le long du Khalkhin-Gol, qui sert de frontière entre la Mongolie et le Mandchoukouo. Une zone quasi désertique, très éloignée de l’URSS proprement dite. Si l’opération réussit, les Japonais pourront s’emparer de la Mongolie et menacer la Sibérie orientale. Si elle échoue, ils prétendront que ce n’est qu’un incident de frontière entre les deux Etats « souverains », et que ni Tokyo, ni Moscou ne sont concernés.

L’armée du Guandong lance son offensive le 14 mai 1939, sans prévenir l’état-major impérial. Mais Staline s’attendait à une opération de ce type. Il a considérablement renforcé l’armée d’Extrême-Orient et nommé à sa tête un général de quarante-trois ans, épargné par les purges : Georgy Joukov, un cavalier, ancien sous-officier de l’armée impériale, qui a gravi tous les échelons sous le nouveau régime. Sa mission n’est pas seulement de repousser les Japonais mais aussi d’expérimenter un nouveau concept stratégique, fondé sur l’emploi massif des forces motorisées et de l’aviation. Elaborées par le maréchal Mikhaïl Toukhatchevski, une victime des purges de 1937, ces méthodes ressemblent beaucoup au Blitzkrieg que prépare la Wehrmacht allemande. Avec une différence majeure : elles attachent autant d’importance à la défensive qu’à l’offensive.

Alors qu’ils progressent en territoire mongol, les Japonais sont soudain confrontés aux forces de Joukov : une armée entièrement motorisée (500 chars et 400 automitrailleuses), appuyée par l’aviation. Ils tentent de réagir en bombardant des positions de l’Armée rouge en URSS : Tokyo s’y oppose. Joukov opère à près de 800 kilomètres de ses bases sibériennes, mais une noria de 2600 camions le ravitaille constamment en matériels et en troupes fraiches. Les unités japonaises, plus proche de leurs propres bases, n’ont pas prévu un ravitaillement analogue. Elles sont laminées.

Le 23 juillet 1939, les Japonais tentent de mener une contre-offensive. Nouvel échec. Début août, Joukov les leurre en leur permettant de repousser successivement trois assauts soviétiques : ses pertes sont élevées, mais il peut reconnaître le dispositif ennemi et surtout persuader les commandants japonais de ne pas battre en retraite. Ce qui lui permet, le 20 août, de donner le coup de grâce, en déployant trois divisions blindées, deux divisions mécanisées, 4000 camions de ravitaillement, 550 avions. Les Japonais sont encerclés le 25 août, anéantis le 31 août.

Première conséquence de cette bataille : le Japon décide de renoncer à toute nouvelle confrontation avec l’URSS, vidant ainsi de toute substance le pacte de défense mutuelle (dit « anti-Komintern ») qu’il avait conclu en 1936 avec l’Allemagne national-socialiste. En avril 1941, il signe même un pacte de non-agression avec son voisin du nord. Les deux parties s’y tiendront scrupuleusement jusqu’en août 1945 : Tokyo n’ouvre pas de second front en juin 1941, quand l’Allemagne envahit la Russie. Ni en décembre 1941, quand Hitler déclare la guerre aux Etats-Unis.

Deuxième conséquence : la défaite du Khalkhin-Gol fait perdre la face à l’armée du Guandong et favorise la Marine, sa principale rivale au sein de l’état-major impérial. A la conquête de la Sibérie, celle-ci préfère l’occupation des colonies occidentales d’Asie du Sud-Est, même au prix d’une guerre avec les Etats-Unis. Le compte à rebours vers Pearl Harbor commence.

Troisième conséquence : la guerre du Khalkhin-Gol se déroule au moment où Staline et Hitler négocient leur propre pacte de non-agression et le partage de l’Europe orientale. Leurs accords sont signés le 23 août, alors que les Japonais s’effondrent. Staline se sent suffisamment fort. Hitler admet que, provisoirement, il ne peut mener une guerre sur deux fronts.

Quatrième et ultime conséquence : le Khalkhin-Gol a servi de laboratoire à une nouvelle Armée rouge. Celle-ci n’est pas encore pleinement déployée en 1941, lors de l’attaque allemande : Staline croyait disposer d’un répit de deux années supplémentaires au moins. Mais ce sont les unités d’élite d’Extrême-Orient qui sauvent Moscou en décembre 1941. Et c’est Joukov, le vainqueur de Mongolie, qui est nommé chef de l’état-major général en 1941, et qui conquiert Berlin en 1945.

© Michel Gurfinkiel & Valeurs Actuelles, 2019

Fondateur et président du Colloquium Jean Bodin, Michel Gurfinkiel est Ginsberg-Ingerman Fellow au Middle East Forum.

Des tags antisémites et racistes ont été découverts sur des commerces à Lyon

Des inscriptions racistes et antisémites ont été taguées sur des commerces à Lyon. Le Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation se trouve dans la même rue.

Lyon croix gammées

Acte antisémite et raciste à Lyon

Ce sont de nouveaux actes antisémites et racistes que connait la France. Une vingtaine d’inscriptions ont été taguées sur des commerces et un cabinet d’infirmier dans le 7ème arrondissement de Lyon. Des croix gammées et des insultes racistes faites à la peinture orange ont été retrouvées dans l’avenue Berthelot. Inscrites dans la nuit de jeudi à vendredi, les autorités ont “unanimement condamné ces actes odieux, d’autant plus dans une ville comme Lyon qui fut le théâtre de la Résistance” , a rapporté le service de presse de la préfecture.

La ministre de la santé Agnès Buzin, en visite à Lyon, s’est rendue sur les lieux ce matin, accompagnée du préfet du Rhône Pascal Mailhos et du maire de la ville Gérard Collomb. Le président de la Métropole David Kimelfeld a posté sur Twitter son dégout en exprimant avoir “de la nausée à la colère” . “La Ville de Lyon et la mairie du 7e arrondissement font le nécessaire pour que ces horreurs soient effacées rapidement. Les coupables devront être traduits devant la justice” , écrit-il. Il insiste également sur le fait que ces inscriptions avaient été taguées sur l’avenue où se trouve le Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation. Ces inscriptions sont d’autant plus prises au sérieux car le Centre commémore demain la rafle des enfants d’Izieu.

Voir l'image sur Twitter
Voir l'image sur Twitter
Voir l'image sur Twitter
Voir l'image sur Twitter

David Kimelfeld@DavidKimelfeld

De la nausée à la colère. Des tags infâmes ont été découverts ce matin avenue Berthelot à #Lyon : SS, croix gammées, “arabes”, “negro”… Avenue qui accueille le centre d’histoire de la résistance et de la déportation.

Un acte odieux

Ces mots ne sont pas anodins, ils s’inscrivent dans un contexte de multiplication des actes et propos racistes” , exprime l’association SOS Racisme dans un communiqué remis au HuffPost. ”Ces tags à Lyon visent à la fois les arabes, les noirs, et font l’apologie du nazisme. SOS Racisme se tient aux côtés des personnes visées, en solidarité des commerçants et habitants indignés qui ont découvert ces inscriptions macabres” , conclut l’association.

Vidéo intégrée

Agnès Buzyn@agnesbuzyn

Arrivée devant les croix gammées et les insultes racistes taguées avenue Berthelot à Lyon, tout près du Centre National d’Histoire de la Résistance et de la Déportation. @CHRDLyon

Révoltant, insupportable. #ÇaSuffit35212:20 – 5 avr. 2019 · Lyon, France

Zineb El Rhazoui : « Si on applique les textes islamiques, cela donne un totalitarisme absolu et liberticide »

GRAND ENTRETIEN 1/2. L’ex-journaliste de « Charlie Hebdo » évoque sa famille, son athéisme, le 7 janvier 2015 et ce qu’elle nomme le « fascisme islamique ».

Propos recueillis par Thomas Mahler | Le Point 


Confessions. << Je me suis revendiquee athee a l'adolescence, vers l'age de 15 ans  data-recalc-dims=>, se souvient Zineb El Rhazoui.”/>
Confessions. « Je me suis revendiquée athée à l’adolescence, vers l’âge de 15 ans », se souvient Zineb El Rhazoui.

Le Point : En décembre, vous avez reçu de nouvelles menaces de mort pour avoir déclaré que « l’islam doit se soumettre à la critique ». Où en êtes-vous côté sécurité ?

Zineb El Rhazoui : C’est cyclique. Ces tempêtes de menaces de mort s’accompagnent aussi d’énormément de messages de soutien, qui proviennent de l’ensemble du spectre politique français, de la gauche, voire de l’extrême gauche (la cellule JR Hébert du 18 e arrondissement, qui se revendiquait comme l’aile laïque de La France insoumise avant d’en être exclue pour les mêmes raisons), à la droite souverainiste. Cela démontre que c’est une question républicaine qui transcende les partis politiques. Ce qui est très difficile à vivre, ce n’est pas tant les menaces que l’impunité. Alors que je peux parfois recevoir des centaines de menaces par jour sur les réseaux sociaux, il faudrait pour chaque menace faire un constat d’huissier à plusieurs centaines d’euros et saisir un avocat. C’est très difficile financièrement de poursuivre ces gens et donc de faire valoir ses droits. J’ai récemment redéposé plainte, mais pour l’instant ça n’a abouti à rien. Est-ce à la police qu’il faut le reprocher ? A la justice ? Aux plateformes comme Facebook ou Twitter, qui rechignent à faire le ménage ? Ou simplement à l’absence de volonté politique de retrouver les auteurs ? L’impunité mène à la banalisation, puis à la normalisation.

Votre première fatwa date de 2009. S’habitue-t-on aux menaces de mort ?

En 2009, la ligue Mohammedia des oulémas du Maroc a, à la suite du pique-nique que nous avions organisé pendant le ramadan avec le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali), fait un communiqué qui me désignait nommément comme chef de file de ce mouvement hérétique et qui dénonçait un acte odieux défiant les enseignements d’Allah et du Prophète, donc méritant un châtiment exemplaire. Vous vous rendez compte ? Parce que nous voulions manger pendant le ramadan ! Pour moi, une fatwa, c’est un galon d’honneur. La première, j’avais envie de l’imprimer et de l’accrocher dans mon salon. Quand les plus hautes juridictions islamiques commencent à vous désigner comme une personne à abattre, cela veut dire que vous avez mis le doigt là où ça fait mal. Mais bien sûr qu’on ne s’habitue jamais aux menaces de mort, comme on ne s’habitue pas à vivre sous surveillance. On l’intègre comme une donnée du quotidien, mais il ne faut pas s’y habituer, car ce serait normaliser quelque chose de fondamentalement inacceptable.

Comme beaucoup d’athées de culture musulmane, vous insistez sur le fait que islam n’est pas « religion de paix et d’amour ». C’est peut-être ce qui choque le plus, même chez les non-musulmans, non ?

Connaissez-vous une religion inventée il y a des dizaines de siècles que l’on peut vraiment présenter comme telle selon nos normes contemporaines ? N’importe quelle société appliquant une religion à la lettre, même le christianisme, ne sera guère exemplaire en matière d’acceptation de l’homosexualité, de contraception, de divorce… Je ne comprends pas pourquoi les musulmans tiennent absolument à ce qu’on considère leur religion comme étant de paix et d’amour, alors qu’ils censurent toute tentative de critique rationnelle de leur dogme. Les textes islamiques sont des textes misogynes. Ils autorisent explicitement la polygamie et l’esclavage, incitent à la barbarie, comme dans la 8e sourate du Coran), verset 12 : « Je jetterai la terreur dans le cœur de ceux qui ont mécru. Vous pouvez les frapper au-dessus du cou et les frapper sur chaque doigt. » Aujourd’hui, ce que l’islam exige de ses ouailles, que ce soit dans les pays où il est religion d’Etat ou à travers la mainmise communautariste de ses représentants autoproclamés en Occident, c’est quand même l’application d’un totalitarisme se considérant comme supérieur aux droits humains. Ce qui ne veut pas dire que l’essentiel des musulmans ne sont pas des gens pacifiques, mais ils le sont parce que leur humanité prévaut sur l’application à la lettre de leurs textes sacrés. Affirmer que l’islam est une « religion de paix et d’amour », c’est mentir, car l’islam s’est largement répandu par le sabre, qui figure sur le drapeau du royaume d’Arabie saoudite, celui de la République islamique d’Iran(verticalement), sur celui des Frères musulmans, celui des Talibans pakistanais ou encore celui du Front Moro philippin. Aujourd’hui encore, dans les théocraties islamiques, la foi n’est pas une option, elle est imposée par la coercition.

Courage. Zineb El Rhazoui, en mars. « Ceux qui se taisent lorsqu’il s’agit de dénoncer une injustice mettent en danger ceux qui parlent. »

Vous refusez aussi la distinction entre islam et islamisme. Pourquoi ?

Je fais déjà une distinction entre Islam et islam. L’islam avec un petit « i », c’est la religion musulmane, les textes coraniques, la sîra, la sunna, l’exégèse… L’Islam avec un grand « i », c’est la civilisation islamique qui recouvre d’autres réalités : le droit coutumier, des cultures poétiques, musicales ou culinaires, une Histoire qui n’est pas forcément islamique mais qui est aussi païenne, juive, chrétienne, zoroastrienne… L’islamisme est le courant politique qui croit que l’islam doit intervenir dans la cité. L’application stricto sensu de l’islam avec un petit « i », c’est bien l’islamisme. Il n’y a pas de séparation entre la spiritualité et la notion d’oumma, la nation islamique. L’islam est d’ailleurs une orthopraxie : le bon musulman, selon l’islam, est celui qui accomplit scrupuleusement les rituels religieux : les cinq prières, le ramadan, le pèlerinage à La Mecque, où certaines sunnas, comme le sacrifice du mouton, ou la omra (pèlerinage facultatif). La foi doit se voir dans la façon de vivre. Si on applique les textes, cela donne un totalitarisme absolu et liberticide. Mais cet islamisme peut bien sûr avoir des degrés divers. Cela va de l’islamisme « fréro-salafiste » de l’UOIF, qui affirme hypocritement être pacifique, voire compatible avec la société moderne, jusqu’à l’islamisme de Daech, qui a la prétention de singer dans les moindres détails la société primitive du Prophète et de ses compagnons, tout en utilisant des kalachnikovs et des smartphones fabriqués par les mécréants.

Mais est-ce vraiment nécessaire, comme vous le faisiez dans votre dernier livre, de parler de « fascisme islamique », lorsque l’on sait que le fascisme est un phénomène historique du XXe siècle ?

Mais l’islamisme est un phénomène du XXe siècle, précisément né dans les années 1930, d’ailleurs ! C’est non seulement nécessaire, mais salutaire d’identifier cette idéologie mortifère comme étant un fascisme, parce qu’elle n’a jamais été autre chose. La quasi-totalité des organisations ou régimes islamistes qui existent aujourd’hui sont sortis de la matrice de la secte des Frères musulmans, cette mouvance créée par Hassan el-Banna, le grand-père de Tariq Ramadan, en Egypte, en 1928, à l’époque où les idéologies fascistes avaient le vent en poupe dans le monde et notamment en Europe. Hassan el-Banna n’a d’ailleurs jamais caché sa grande admiration pour Hitler. Par ailleurs, la simple observation de ce qu’est l’islamisme en 2019 nous permet de constater qu’il ne s’agit pas là d’une spiritualité individuelle, mais plutôt d’un bloc identitaire qui possède nombre des caractéristiques méthodologiques des fascismes. D’abord, il y a la vénération aveugle, la quasi-déification du leader éternel, le prophète Mahomet, qui quinze siècles après sa mort continue à tuer. On a vu ce qu’il est arrivé aux derniers qui ont essayé d’ironiser sur sa figure – ce sont mes collègues de Charlie Hebdo. Comme dans tous les fascismes, l’islamisme possède également des bras armés, des milices qui tuent au nom de cette idéologie. Il y aussi cette aversion profonde pour les intellectuels et les arts : lorsque les partis islamistes comme le Parti de la justice et du développement (PJD) marocain accèdent au pouvoir, ils commencent à parler d’« art propre », avec cette notion d’art pur et impur. Comme dans les fascismes, on constate un sexisme répressif envers les femmes et les homosexuels. L’Etat islamique a jeté les homosexuels des bâtiments les plus hauts et, même dans les théocraties islamiques se disant « light » comme le Maroc, l’homosexualité est punie de prison. Et a-t-on dans l’histoire de l’humanité connu un sexisme plus oppressif que cette idéologie souhaitant quasiment faire disparaître le corps des femmes du paysage public ? Comme les fascismes, qui sont expansionnistes, l’islamisme a clairement une logique impérialiste : par le djihad ou par le prosélytisme politique, il faut étendre cette foi partout. Le monde selon cette idéologie se divise en deux : Dar al-Islam, « la maison de l’islam », et « Dar al-Harb, « la maison de la guerre ». Il y a également un uniforme : pour les hommes, la barbe ou le qamis ; pour les femmes, toutes les gradations du voile. Cet uniforme sert d’outil de marquage visuel pour identifier les adhérents et non-adhérents à l’idéologie, comme cela s’est fait dans d’autres fascismes. Et puis les fascismes, avant l’accession au pouvoir, prétendent apporter des réformes sociales, s’adresser aux plus faibles. Mais une fois au pouvoir, ils appliquent un libéralisme effréné. On voit bien dans des pays comme l’Arabie saoudite ou le Qatar que les droits des travailleurs ne sont absolument pas respectés et qu’il n’y a pas beaucoup de place pour les revendications sociales. Enfin, il y a le sentiment d’appartenance à une communauté persécutée, qui doit se redresser pour accéder à une grandeur fictive perdue. Les fascismes se sont tous fondés sur ce sentiment exacerbé d’un âge d’or. Aujourd’hui, malheureusement, nous avons en France des personnes à gauche qui alimentent ce sentiment victimaire et qui ne comprennent pas qu’elles jouent avec le feu. La seule différence, finalement, avec d’autres fascismes, c’est que l’islamisme a réussi à se draper d’une respectabilité aux yeux de ceux-là mêmes qu’il veut détruire.

Vos parents sont-ils religieux ?

Lorsqu’on naît au Maroc, la question de la religion ne se pose pas. Il y a deux communautés religieuses officielles, l’islam et le judaïsme. Si l’on n’est pas juif, on est considéré comme étant musulman sunnite de rite malékite par défaut. C’est cela, un Etat non laïque. Mon grand-père maternel a toujours eu une aversion pour la bigoterie et l’islam visible. La famille de mon père était, elle, une famille marocaine lambda, avec la foi du charbonnier. Mon père se définit comme musulman, mais avec une pratique très minimaliste, faisant uniquement le jeûne du ramadan par tradition, comme beaucoup de Marocains. Dès l’école primaire, on commence l’apprentissage du Coran. En plus des cours coraniques, il y avait des cours de charia ou des cours de hadiths. Dans ma famille, je voyais ma grand-mère paternelle, tatouée au menton et analphabète, accomplir la prière. Pourtant, cette femme traditionnelle marocaine, qui est toujours vivante, n’était pas voilée. Lorsque je vais la voir, elle qui chaque année fait sa omra à La Mecque me dit qu’elle prie pour moi lorsqu’elle est à la Kaaba, un lieu que je rêve de voir ouvert aux touristes un jour. Et, lorsque je lui rends visite pendant le ramadan, elle se lève pour me préparer son thé à la menthe et un plateau de victuailles. L’islam de ma famille était donc un islam traditionnel, mais pas traditionaliste. La consommation d’alcool et les mariages mixtes ne posaient pas problème. Le voile islamique que l’on voit aujourd’hui en France, et que l’on présente maintenant comme inhérent à l’identité islamique, nous l’avons vu apparaître dans la société marocaine seulement dans les années 1990. Lorsque je me rends dans des villes marocaines non touristiques, dans ce « Maroc inutile », selon Lyautey, un Maroc pauvre et enclavé, je constate avec horreur que quasiment toutes les femmes portent le voile, alors qu’il n’est absolument pas obligatoire dans les textes de loi et qu’il était quasi inexistant dans mon enfance. Les premières qui ont commencé à le porter n’étaient d’ailleurs pas des filles de milieux populaires, mais des étudiantes qui se sont frottées à l’idéologie de l’islam politique dans les universités marocaines dans les années 1980.

Comment votre famille regarde-t-elle vos engagements ?

La famille El Rhazoui, très nombreuse, me soutient de manière indéfectible, y compris ceux parmi eux qui se définissent comme musulmans. Ils estiment que ma liberté est un droit absolu et qu’elle porte la parole d’une partie de la société marocaine qui en est privée. Mon oncle paternel, venu en France à l’âge adulte, a une reconnaissance infinie envers la France de l’avoir accueilli, de lui avoir permis de trouver un travail, de vivre dignement. Lorsqu’il est avec ses amis au bistrot, il est très fier de me voir passer à la télévision. Pour lui, je donne une image plus positive, plus moderne des Arabes ou musulmans. Mes parents me soutiennent, mais, évidemment, ils ont aussi peur. Si je ne réponds pas à un SMS de ma mère dans le quart d’heure, elle s’imagine le pire. Dans ma famille, il y a aussi des gens plus bigots, car malheureusement l’islamisme n’a épargné aucune strate de la société marocaine. J’ai par exemple plusieurs tantes voilées. Mais mes critiques envers le voile n’ont jamais altéré notre lien d’affection. Dans leur sagesse teintée de bon sens, elles comprennent que s’opposer à l’idéologie n’est en aucun cas une attaque personnelle, une haine de l’individu.

A quel moment êtes-vous devenue athée ?

Je me suis revendiquée athée à l’adolescence, vers l’âge de 15 ans. J’ai cessé de pratiquer le ramadan tout en continuant à faire semblant, car, socialement, on ne pouvait pas s’afficher en tant que tel. Mais l’athéisme n’est pas quelque chose qui vient du jour au lendemain. C’est toujours un processus qui prend des années lorsqu’on a reçu une éducation religieuse qui confine au lavage de cerveau, surtout quand on est enfant et qu’on est très malléable. Au lycée, me dire athée m’a procuré un certain confort intellectuel intime, car c’était en adéquation avec la liberté à laquelle j’aspirais et l’aversion que je ressentais pour la religion qui, en tant que femme, ne me réservait que mépris et la perspective de n’être que la moitié d’un homme, une mineure à vie. Le point de départ de mon athéisme était ainsi féministe. Je savais que la religion est un joug dont il faut se débarrasser, mais j’ai continué pendant quelque temps à manquer d’outils intellectuels me permettant de théoriser mon athéisme. J’ai alors entamé une quête intellectuelle. J’ai commencé à lire tout ce qui pouvait me tomber entre les mains, en sachant que les livres sur l’athéisme sont censurés au Maroc. J’ai d’abord lu des romans évoquant d’autres réalités à travers le monde. Puis des livres d’exégèse, en essayant de leur appliquer un esprit critique. Pourquoi le Prophète, qui avait au moins treize femmes officielles, a-t-il limité le nombre à quatre pour les autres ? Pourquoi était-il obsédé par sa sexualité ? En arrivant en France pour mes études, j’ai eu accès à tous les livres. Je me suis plongée dans les penseurs issus de l’islam, mais qui ont émis des critiques, telle la grande féministe égyptienne Nawal el-Saadawi, mais aussi dans des textes sur les Lumières. En 2004, assistante à l’université française au Caire, j’ai découvert à la bibliothèque de l’université Al-Azhar des thèses de doctorat plus débiles et dangereuses les unes que les autres. Je me souviens d’une thèse se demandant si l’on avait le droit d’ouvrir le ventre d’un mort en charia. Si c’est une personne ayant avalé un diamant hors de prix, les quatre écoles de jurisprudence s’accordent pour dire que c’est possible. Mais, si c’est une femme enceinte avec un bébé toujours vivant, on ne peut ouvrir son ventre que si une autre femme est disponible pour l’opération. Même pour sauver une vie, il faut à tout prix éviter qu’un homme puisse ressentir un émoi sexuel devant un cadavre ! Les bigots de l’islam accusent ses apostats d’ignorance, mais c’est le contraire qui est vrai. Il suffit de se plonger dans la doctrine islamique pour en mesurer toute l’absurdité et la fantaisie.

Le 7 janvier 2015, alors que les frères Kouachi abattent vos collègues de Charlie Hebdo, vous êtes à Casablanca…

Avec Charb, on avait un deal. Si je ne venais pas à la réunion, je lui envoyais un mail avec mon sujet avant 10 heures du matin. Cette semaine-là, je lui ai dit que je voulais écrire sur le tract de Daech réglementant la vente et l’achat de femmes yézidies. Quand Charlieavait commencé à parler de djihad sexuel, on s’était fait attaquer par plein de gens nous qualifiant d’islamophobes, et qui prétendaient que cette histoire d’esclaves sexuelles était une infox. Or, dans ce tract, les femmes avaient un prix selon leur âge, les deux tranches les plus chères étaient les femmes qui ont entre 0 et 10 ans, et celles qui ont entre 10 ans et 20 ans. Ce document répondait à des questions juridiques du type : « Si j’achète deux sœurs, ai-je le droit de coucher avec les deux ? » (la réponse est non, on peut coucher avec l’une et garder l’autre pour le ménage, par exemple). J’avais écrit à Charb tôt pour qu’il ne m’engueule pas. J’étais certaine qu’il allait me prendre le sujet. Puis mon téléphone marocain s’est mis à sonner. C’était un ami journaliste, affolé, qui m’a prévenue qu’il y avait une fusillade à Charlie. J’ai appelé Charb, Luz, Luce Lapin… Je me disais que c’était un allumé venu avec une arme de poing et qui a dû casser deux vitres… Luce me répond et me dit qu’elle était planquée dans le bureau de Cécile Thomas, responsable des éditions Les Echappées, avec un autre collègue. « Il y a au moins dix morts, Charb est mort », m’annonce-t-elle. J’avais du mal à y croire, je pensais qu’elle me faisait une blague, comme souvent à Charlie, puis j’ai entendu des hurlements de bête blessée. C’était Patrick Pelloux qui pleurait. Je suis tombée sur les genoux. J’ai rappelé Charb en lui laissant un message : « Allez, mon vieux, ça va le faire. » Je ne voulais pas accepter sa mort. Devant la liste des morts qui s’allongerait, j’ai senti le sol se dérober sous mes pieds, je me suis même demandé si après un tel cataclysme il fallait rentrer en France. Mais, quand j’ai appris que Simon Fieschi, mon grand pote, était entre la vie et la mort, je me suis dit : « Il faut y aller. » J’ai atterri à Paris le 8 janvier par le premier avion.

C’est à l’aéroport que vous découvrez votre premier officier de sécurité et cette prison ambulante qui sera désormais votre vie…

A la porte de l’avion, je suis cueillie par Cyril. J’ai découvert ce qu’était vraiment la protection policière. Je n’avais pas d’appartement à Paris. Je squattais d’habitude chez ma mère, mais de son salon on voyait l’immeuble où habitait l’un des frères Kouachi. Pendant des mois, jusqu’en mai, j’ai été une SDF, passant des canapés d’amis à des hôtels. J’ai rapidement été mise en protection très élevée, du fait de menaces très ciblées à la suite de mes interventions dans des médias arabophones. C’était une période de ma vie où je me ramassais à la petite cuillère. J’avais des crises de larmes très fréquentes, mais les flics étaient là. Ils me disaient qu’il me fallait manger, alors que ce n’est pas leur boulot. Le matin, souvent, je ne voulais pas me lever, j’étais dans un état de marasme absolu. Les policiers du SDLP, qui détestent habituellement les VIP qui les font poireauter, ont compris l’état dans lequel je me trouvais et ont fait preuve d’une grande humanité. Mes flics m’ont littéralement retenue à la vie, car cette protection, si contraignante qu’elle pouvait être, m’obligeait à m’astreindre à un agenda, à honorer mes rendez-vous et à faire bonne figure. En plus, ils étaient là pour éventuellement qu’on meure ensemble. Cela crée un lien extraordinaire de confiance. Ils ont suivi les aléas de ma vie privée, ont vu naître ma fille. Mais cette protection m’a aussi extraite de la société. Je n’ai pas pris le métro depuis décembre 2014. Quand je suis au supermarché et que j’achète du PQ ou des serviettes protectrices, entourée de gentlemen, bonjour l’intimité. Je dis d’ailleurs souvent à mes officiers de sécurité : quel est ce pays où des types surentraînés comme vous, plutôt que d’aller tuer des terroristes, doivent m’accompagner pour faire mes courses ?

Qu’avez-vous pensé de la réaction des Français après les attentats ?

On espérait vraiment qu’après Charlie il y aurait un sursaut, un éveil national. Quand, le 11 janvier, on a marché boulevard Voltaire entourés de millions de personnes, une foule souffrant avec nous, on s’est dit : « Enfin, ils ont compris notre travail. La mort de nos amis n’aura pas servi à rien ! » Mais très rapidement il y a eu ce débat nauséabond, avec toujours les mêmes « je condamne les attentats, mais je ne suis pas Charlie ». Après le 13 novembre 2015, on a entendu des gens dire aux Parisiens affligés : « Il y a eu des attentats à Beyrouth, mais on ne vous a pas entendus vous indigner. » J’avais envie de leur répondre : « Quand tu perds ton frère, ça te fait mal, non ? Pourtant, le même jour, des milliers d’autres personnes meurent sur cette planète. Tu ne leur veux aucun mal, c’est juste que tu souffres plus pour ton frère que pour un inconnu ailleurs. » Les ressorts de ce discours pestilentiel sont nombreux : le négationnisme, qui ne veut y voir aucun lien avec l’islam, le complotisme, qui attribuait les attentats à des forces obscures, ceux qui estimaient que les musulmans sont les premières victimes, ceux qui ont attribué les attentats à la politique étrangère française, voire au racisme supposé du peuple français, etc. Même cette douleur pour les nôtres nous a été reprochée en tant que Français. Après, il y a eu Nice. Un type au volant d’un camion s’est dit qu’il allait tuer des enfants venus admirer les feux d’artifices du 14 Juillet au nom d’Allah. J’en étais si meurtrie que j’ai voulu révoquer ma protection, car tout le monde était désormais menacé. Quel sens a cette protection si des enfants se font tuer dans leur poussette ? Mes amis m’en ont dissuadée, me disant que j’étais ciblée à titre individuel. Peut-être que l’histoire aurait été différente si en 2006 tous les journaux de France et du monde avaient décidé de publier les caricatures de Mahomet. Ceux qui ont alors maquillé leur couardise en un prétendu respect de la religion ont contribué à isoler et à cibler Charlie. Ceux qui se taisent lorsqu’il s’agit de dénoncer une injustice mettent en danger ceux qui parlent.

«Revenants» du djihad: le piège de l’angélisme

LE FIGARO
  1. Actualité
  2. France

Par Isabelle Lasserre et  Adrien Jaulmes

DÉCRYPTAGE – Rapatrier les djihadistes exposerait la France à de nombreux risques.

Sur le sujet ultra-sensible des «revenants», la politique française a fluctué en fonction de l’actualité syrienne ou de la politique intérieure. Ainsi a-t-on vu, au fil des années, la ministre des Armées espérer que les djihadistes français tombent au combat, le chef de la diplomatie désirer qu’ils soient jugés par ceux qu’ils ont combattus, le président prôner des solutions au cas par cas et le ministre de l’Intérieur envisager leur retour. Plus récemment, les tweets de Donald Trump annonçant le retrait américain de Syrie et enjoignant aux Européens de rapatrier leurs combattants ont poussé la garde des Sceaux à considérer leur retour avant de préférer, une fois la certitude acquise que les États-Unis maintiendraient 200 hommes, qu’ils soient jugés sur place. «La politique du gouvernement a été inconstante. Les problèmes étaient prévisibles mais la France a laissé l’abcès se développer», regrette Marc Hecker, spécialiste de l’Ifri, lors d’une rencontre au Conseil européen des relations internationales (ECFR).» LIRE AUSSI – Ces «revenants» du djihad libérables en 2019 qui inquiètent les services antiterroristes

Devenue brûlante depuis l’effondrement du califat, l’épineuse question du retour des djihadistes a trois volets: les hommes, les femmes et les enfants. Des personnalités de gauche ont réclamé, au nom de «nos valeurs» et en signant des pétitions, le retour des «enfants de Daech» qui n’ont pas choisi leur sort. On peut se demander pourquoi, dans le long cortège de malheurs semé par l’organisation djihadiste depuis qu’elle s’est transformée en État au cœur du Moyen-Orient, leur compassion s’adresse en priorité aux enfants de ceux qui ont perpétré ces crimes, avant ceux de leurs victimes, par exemple les orphelins yazidis convertis de force à l’islam par les meurtriers de leurs parents. L’argument selon lequel Paris aurait des devoirs envers les enfants de ceux qui ont choisi de rejoindre une organisation responsable de la mort de centaines de Français peut paraître spécieux. Comme peut être contestable celui qui consiste à affirmer qu’ils sont plus dangereux à l’étranger qu’en France. Les adolescents entraînés par Daech qui se trouvent dans le camp de déplacés d’al-Hol au nord-est de la Syrie sont des combattants plus que des enfants, endoctrinés par une idéologie qui ne laisse pas beaucoup de place à la discussion et aux bons sentiments. C’est l’une des raisons pour lesquelles le gouvernement français, prudent, n’a pour l’instant rapatrié que cinq orphelins, en mars 2019, qui se trouvaient dans une situation «vulnérable».

Risques de récidive

Les nouveau-nés et les enfants en bas âge peuvent sans doute être rapatriés et élevés en dehors de l’idéologie de l’EI, surtout s’ils ont de la famille en France qui peut les accueillir. Mais ils devraient alors revenir avec leurs mères, dont la plupart n’ont pas exprimé de regrets envers leurs victimes et adhèrent à l’idéologie islamiste. Présentées par certaines associations comme des victimes, elles sont pourtant parfois jugées «aussi violentes et dangereuses que les combattants» par les spécialistes.

Certains voudraient que les djihadistes adultes soient jugés en France, où les procédures mises en place depuis le début de la guerre ont déjà permis de «traiter» plus de 300 revenants. Mais la plupart nient avoir combattu au sein de l’EI, se faisant passer pour des cuisiniers ou des brancardiers. Or, les preuves de leur culpabilité manquent souvent. Les spécialistes soulignent en outre les risques de récidive: départ vers une autre terre de djihad, attaques perpétrées en prison, attentats commis après la sortie. Cinq cents terroristes et mille détenus radicalisés peuplent déjà les prisons françaises. «80 % des personnes emprisonnées pour terrorisme seront libérables d’ici 2022», prévient Marc Hecker, le chercheur de l’Ifri. Le camp d’al-Hol, où s’est reconstituée sous les tentes de l’ONU une petite ville peuplée d’environ 65 000 djihadistes, est par ailleurs loin d’être le plus insalubre des camps de réfugiés. L’afflux imprévu de dizaines de milliers de personnes sorties de la poche de Baghouz pendant la dernière bataille contre l’EI a pris de court les Nations unies, mais les conditions matérielles se sont depuis améliorées. Les familles de Daech y sont aussi bien traitées que les autres réfugiés dans la région. Et beaucoup mieux que l’étaient les prisonniers de l’État islamique. 

Approche précautionneuse

Tous les pays européens confrontés au problème mènent des réflexions différentes. Seuls le Danemark et la Grande-Bretagne pratiquent la déchéance de nationalité pour les binationaux. Y compris désormais pour les enfants en ce qui concerne le Danemark. Le Quai d’Orsay a adopté une approche précautionneuse, privilégiant le jugement des combattants sur place. «Les Européens durcissent leur ligne et sont de plus en plus réticents à l’idée du retour des djihadistes», observe Anthony Dworkin, chercheur au Conseil européen des relations internationales (ECFR). Les Kurdes syriens, qui détiennent à al-Hol plus de 9 000  djihadistes et familles de djihadistes étrangers, réclament pour les juger la création d’un tribunal international spécial. La France a émis des réserves vis-à-vis de cette idée très «complexe» à mettre en œuvre: le Rojava, la région autonome des Kurdes de Syrie, n’est pas reconnu internationalement, le territoire reste au regard du droit celui du régime de Damas et la Chine et la Russie ne manqueraient pas de mettre leur veto à la création d’un tribunal onusien. «Les Européens ont tous les mêmes dilemmes. On ne sait que faire des djihadistes de Daech car on ne sait pas quoi penser d’eux. Qui sont-ils? Des combattants ennemis? Ou bien, depuis que le califat est à terre et qu’ils ont perdu la guerre, des criminels ayant violé la loi en rejoignant une organisation terroriste?» interroge Anthony Dworkin.

Selon l’ex-aide de Trump, l’enquête Mueller l’a visé pour ses liens avec Israël

George Papadopoulos a dit à la radio israélienne que l’attention portée aux accords commerciaux avec l’Etat juif révélait une enquête “corrompue” lancée à son encontre

Par TIMES OF ISRAEL STAFFAujourd’hui, 19:25  0

George Papadopoulos, ancien conseiller de campagne de Trump à l'origine de l'enquête sur la Russie, lors de sa première apparition devant les enquêteurs du congrès au Capitole, à Washington, le 25 octobre 2018 (Crédit : AP Photo/Carolyn Kaster)

George Papadopoulos, ancien conseiller de campagne de Trump à l’origine de l’enquête sur la Russie, lors de sa première apparition devant les enquêteurs du congrès au Capitole, à Washington, le 25 octobre 2018 (Crédit : AP Photo/Carolyn Kaster)

George Papadopoulos, ancien conseiller de Donald Trump au cours de sa campagne électorale de 2016, a affirmé dans un entretien accordé à une station de radio israélienne que ses interrogatoires dans le cadre de l’enquête menée par Robert Mueller s’étaient concentrés sur ses liens avec Israël et non avec la Russie.

S’exprimant samedi au micro de la radio militaire, Papadopoulos a clamé que ses accords commerciaux passés avec l’Etat juif avaient été « déterminants » dans son dossier.

« Ce pour quoi j’ai été réellement pris pour cible par l’équipe de Mueller et par ces individus n’avait rien à voir avec la Russie. Cela avait à avoir avec mon travail en Israël et mon travail en tant que lobbyiste dans le secteur de l’énergie », a-t-il dit.R

Papadopoulos, conseiller en politique étrangère de Trump durant sa campagne, a purgé une peine de 14 jours de prison après avoir admis qu’il avait menti au FBI au sujet d’une conversation avec un professeur maltais en 2016, qui lui avait dit que la Russie avait des « saletés » à sortir sur Hillary Clinton – sous la forme de courriels piratés.

Les informations concernant les contacts de Papadopoulos pendant la campagne avaient lancé l’enquête du FBI au sujet de la Russie.

Le président Donald Trump s’adresse aux médias avant de monter à bord de l’Air Force One, pour se rendre à Washington depuis l’aéroport international Palm Beach, le dimanche 24 mars 2019. (Crédit : AP/Carolyn Kaster)

Interrogé pendant l’interview de samedi sur les conclusions de l’enquête Mueller – qui a statué qu’il n’y avait pas eu de collusion entre la campagne de Trump et les responsables russes – Papadopoulos a répondu : « je pense qu’il s’agit d’une légitimation totale de la campagne, l’équipe de transition et de l’administration actuelle. »

Il a ajouté qu’il pensait qu’une nouvelle enquête devait dorénavant être ouverte pour découvrir « ceux qui ont mené cette chasse aux sorcières illégale et injuste, comme l’a qualifiée le président. Je n’ai jamais rencontré un seul responsable russe dans ma vie entière et même pendant la campagne de Trump. Toutes ces personnalités apparues dans mon histoire et qui ont été décrites à tort comme des Russes par le FBI et par Bob Mueller étaient en fait des agents des renseignements occidentaux envoyés pour tenter de saboter la campagne de Trump. »

Alors qu’il lui était demandé s’il pensait que Trump lui rendrait grâce par le biais d’une ordonnance, Papadopoulos a répondu : « Mes avocats pensent qu’il pourrait le faire – je n’ai de toute façon aucune attente particulière. Je pense que le fondement du dossier contre moi était malhonnête, et le président Trump constatera que l’enquête entière de Mueller sur moi a concerné mon travail avec Israël et non avec la Russie. »

Une version rédigée du rapport établi par le conseiller spécial Robert Mueller sera transmise au Congrès américain à la mi-avril et ne sera pas présentée au préalable à la Maison Blanche, a expliqué vendredi le procureur général américain William Barr.

Le calendrier de Barr, inclus dans une lettre adressée aux présidents des commissions judiciaires de la chambre et du sénat, laisse présager une épreuve de force possible avec les parlementaires démocrates qui insistent sur le fait qu’ils souhaitent accéder au rapport dans son intégralité dès cette semaine.

Le procureur spécial américain Robert Mueller après avoir assisté à une messe à Washington, DC, le 24 mars 2019. (Crédit : Tasos Katopodis/Getty Images/AFP)

Dans sa lettre, Barr indiquait partager le désir que le Congrès comme le public puissent lire les conclusions de Mueller, intégrées dans le rapport de presque 400 pages soumis le 22 mars par le procureur spécial. Deux jours après, Barr avait envoyé une lettre de quatre pages au Congrès qui détaillait les « conclusions principales » de Mueller.

Barr a déclaré que Trump avait le droit de ne pas communiquer certaines informations sur le rapport – un privilège présidentiel aux Etats-Unis. Mais il a noté que Trump « a publiquement établi qu’il avait l’intention de s’en remettre à moi, et il n’y a donc aucun projet de soumettre le rapport à la Maison Blanche pour révision ».

Mueller n’a pas pu prouver que Trump s’était coordonné ou qu’il avait conspiré avec la Russie, a écrit Barr, et il n’a pu tirer de conclusion sur une éventuelle obstruction à la justice de la part du président américain. Barr a noté que lui et le procureur général adjoint avaient décidé seuls que les preuves apportées par Mueller étaient insuffisantes pour établir une éventuelle entrave à la justice.

INQUIÉTANTE ALLEMAGNE


Jusqu’à présent, depuis la seconde guerre mondiale l’Allemagne avait toujours agi en amie des Juifs et d’Israël. Quand on parle de l’Allemagne il s’agit évidemment de l’Allemagne de l’ouest, celle de l’est étant alignée sur l’antisémitisme soviétique rebaptisé antisionisme.

L’Allemagne de l’ouest s’est fait un devoir d’indemniser les victimes juives de la politique nazie et Israël avec des dommages de guerre non négligeables.

Elle a également accueilli de façon proactive les Juifs soviétiques qui fuyaient les persécutions communistes et elle a souvent soutenu Israël dans les enceintes internationales. Elle a largement octroyé la nationalité allemande à une immigration juive venant de tous pays.

L’Allemagne a toujours estimé avoir une dette imprescriptible à l’égard d’Israël.

Mais, depuis 2 ou 3 ans cette retenue bienveillante a totalement disparu.

Les incidents antisémites sont en augmentation exponentielle sans qu’une parade véritable soit mise en place par les autorités allemandes.

Le seul restaurant israélien de Berlin fait l’objet de plusieurs agressions hebdomadaires, insultes, outrages, agressions, menaces de mort, jets de projectiles, tout y passe, et les autorités ne bougent pas ni celles de la ville de Berlin ni celles de l’État.

Toujours à Berlin en 2018 un israélien arabe qui avait fait le pari de se promener avec une kippa dans la rue n’a fait que quelques mètres avant de se faire casser la gueule d’importance par un migrant syrien au cri de yahoud, Juif en arabe. Le syrien interpellé n’a eu qu’une peine de principe.

L’Allemagne ne soutient plus du tout Israël au sein de l’Union Européenne et à l’ONU à la différence d’autres pays européens qui restent amis d’Israël.

Mais en donnant l’Ours d’or du festival international de cinéma de Berlin en 2019 au cinéaste israélien Nadav Lapid pour son film intitulé Synonymes, le principal festival allemand a franchi une ligne rouge proprement incroyable, une ligne qui nous ramène indiscutablement à des temps obscurs.
Dans ce film qui reçoit l’équivalent de la palme d’or de Cannes, on entend l’acteur représentant Nadav Lapid dire je le cite « Je suis arrivé en France pour fuir Israël. Fuir cet État méchant, obscène, ignorant, idiot, abominable, sordide, fétide, grossier, odieux, lamentable, répugnant, détestable, abruti, étriqué, bas d’esprit, bas de cœur » fin de citation.
A noter aussi que l’auteur refuse dorénavant de parler l’hébreu, langue à laquelle il voue la même haine.

Voilà donc ce qui a charmé notre grand jury du festival de Berlin.

Convenons qu’on peut faire plus amical et qu’il est étonnant que dans le pays des nazis on ose vilipender ainsi l’État Juif et la langue la plus parlée au monde par les Juifs, l’hébreu. Curieux retour en arrière sauf que là c’est au nom de la culture et du boboisme qui ont bon dos.

Quelle jouissance pour les antisémites de tous poils que de trouver un israélien qui vienne autant satisfaire leurs désirs les plus sombres.

C’est une constante dans le cinéma israélien. Ceux qui veulent trouver une oreille attentive et des spectateurs en Europe doivent dire le plus de mal possible d’Israël et là, la critique unanime s’extasie devant le chef d’œuvre et prime le film anti-israélien.

On peut peut-être penser que ce film est génial mais il n’en est semble-t-il rien.
Il n’y a qu’à voir la bande annonce pour constater qu’il est d’un ennui absolu.

Cas unique dans la presse française trop contente de taper sur Israël par le biais de la culture avec un grand K, le canard enchainé classe ce film en dernière position des sorties de la semaine dans la rubrique la plus négative sous l’intitulé « les films qu’on peut ne pas voir cette semaine ».

Quand l’Allemagne retrouvera-t-elle la raison ?
Imagine-t-on par exemple que serait primé un film parlant ainsi de l’Allemagne ou de la France ? Que dirait-on en France d’un cinéaste qui insulterait ainsi la France et la langue française ?
Qu’un cinéaste israélien le fasse c’est donc la preuve que tout est possible en Israël, une démocratie qui peut en remontrer à beaucoup.

Mais ce manque de clairvoyance et cette haine exprimée via ce grand prix du cinéma de Berlin devraient logiquement provoquer une vague d’indignation en Allemagne et en Europe.

On en est loin et désormais l’Allemagne ne pourra plus s’exonérer de sa grande part de responsabilité dans la renaissance d’un antisémitisme virulent sur son sol. Elle l’adore.

Raphaël NISAND

Chroniqueur le lundi matin 8H30 sur Radio Judaïca.

Magnifique lettre ouverte à Leila Shahid de Patrick Simon

Posté le 30 mars 2019 Tribune Juive

Madame,

Je ne suis ni juif, ni musulman, seulement né chrétien et de philosophie bouddhiste attaché viscéralement aux principes de vie et de liberté de conscience. J’ai des amis en Israël, mais aussi en Palestine, en Égypte, au Liban, en Syrie; comme organisateur, j’ai participé activement aux conférences de Genève et de Lausanne pour la paix au Liban où j’ai eu l’occasion et souvent le plaisir de côtoyer les Gemayel, Chamoun, Michel Aoun, Nabi Berrih et Walid Joumblatt et j’ai toujours eu une empathie profonde pour les persécutés pour lesquels je me suis toujours investi et pour lesquels j’ai prêté mon aide sans distinction de race ou de religion afin de trouver des solutions durables à la paix au Proche-Orient ce, depuis plus de 30 ans.

Leila Shahid

Or, j’ai cru, en lisant l’article dans le Monde, que j’avais une brutale déficience de la vue et que je ne comprenais plus la langue de Molière, tant vos propos sont éloignés de la réalité. Vous transgressez, travestissez, pervertissez, maquillez la vérité, mais ça, vous en avez l’habitude, puisque vous mentez, trompez, volez, exilez et assassinez ceux que vous prétendez défendre ce, dans le seul but de vivre une existence interdite au 99% des gens qui vous font confiance n’ayant pas d’autre choix que l’enfer du Hamas ou du Hezbollah ou la corruption du Fatah !

Singulier paradoxe que vos propos, car la vérité est que cette guerre vous arrange car elle est pour vous synonyme de puissance, de reconnaissance et de richesse, basée sur une corruption permanente et omnipotente présente à tous les niveaux qui a permis au Hezbollah et au Hamas de prendre l’ascendant sur le mouvement duquel vous êtes issue et dont vous êtes la triste représentante auprès de l’Union européenne. Les détournements dont votre mouvement s’est rendu coupable et dont certains ont été révélés au grand jour à la mort de Yasser Arafat avec des milliards de dollars ou d’Euros subtilisés à la collectivité devraient vous faire rougir de honte tout comme l’argent que vous et vos coreligionnaires dilapidez en dépenses fastueuses et dont la presse se fait régulièrement l’écho.

Comme le Hezbollah et le Hamas, vous terrorisez les populations dont vous prétendez être les défenseurs, vous vous camouflez dans les régions hautement densifiées, dans les hôpitaux, les écoles, obligez des enfants de maternelle, auxquels vous volez l’enfance, à se tenir derrière les roquettes que vous lancez sur les territoires israéliens ou à suivre des formations paramilitaires ce, depuis le plus jeune âge, afin de les transformer en robots disciplinés afin de devenir de parfaits petits chahids en se faisant exploser près de femmes et d’enfants, peu vous importe, pourvu qu’ils soient juifs.

Vous voulez faire comparaître Israël et ses militaires devant une juridiction internationale pour crimes de guerre ? J’en serais enchanté si, parallèlement, l’on pouvait faire citer tous les meurtriers et assassins dont votre mouvement est l’un des formateurs confirmés, le seul problème est qu’il faudrait redimensionner la taille des tribunaux et le nombre de prisons eu égard au nombre des futurs inculpés !

Je suis aujourd’hui convaincu, qu’il n’y aura pas de paix possible dans cette région du monde, tant que vos mouvements terroristes alimentés par les monarchies pétrolières et les extrémistes religieux de tous bords, trouveront de quoi jeter une fusée, une grenade ou un caillou contre les juifs et les israéliens. Votre seule volonté est de faire perdurer les avantages que vous vous êtes octroyés par le sang de vos enfants et de gens asservis à une cause perdue, en réduisant ces derniers au désespoir, car votre vie est faite du mépris de celle des autres.

Je ne vous salue pas, Madame !

Patrick Simon

Quand les nazis prétendaient que le Coran annonçait la venue d’Hitler

Alors que, dans « Mein Kampf », Hitler évoque l’infériorité raciale des peuples non européens, pendant la dernière guerre, la propagande allemande en Afrique du Nord tentait de le présenter comme « le protecteur de l’islam ».

Par notre correspondant à Genève, Ian Hamel | Le Point.fr 

Pendant la campagne de Libye en 1942, un jeune autochtone et un soldat allemand.
Pendant la campagne de Libye en 1942, un jeune autochtone et un soldat allemand.© ULLSTEIN

La photo d’Amin al-Husseini, le grand mufti de Jérusalem, en grande conversation avec le Führer à Berlin en 1941 a déjà été publiée des dizaines de milliers de fois. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands s’étaient attaché les services de quelques religieux qui appelaient les musulmans de l’ex-Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et des Balkans à rejoindre le Reich. Le Croissant et la Croix gammée, paru en 1990, montre également le grand mufti en train de passer en revue des Waffen-SS bosniaques, tout en faisant le salut nazi*. Mais de là à imaginer que la propagande allemande à destination du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord était allée jusqu’à promouvoir un Adolf Hitler grand protecteur de l’islam. Et à diffuser sur les ondes une chanson qui scandait « Allah au ciel, Hitler sur terre »… 

« Achever le travail du prophète »

C’est ce que nous révèle David Motadel, professeur d’histoire internationale à la London School of Economics and Political Science, dans l’ouvrage Les Musulmans et la Machine de guerre nazie, qui vient d’être traduit en français**. David Motadel est déjà l’auteur d’Islam and Nazi Germany’s War. Il raconte que Heinrich Himmler, l’un des plus hauts dignitaires du IIIe Reich, donna l’ordre à l’Office central de la sécurité de « trouver quels passages du Coran fournissent aux musulmans un fondement à l’opinion selon laquelle le Führer était déjà prédit dans le Coran et [avait] reçu l’autorisation d’achever le travail du prophète ». Les experts de la section Orient de l’Office central de la sécurité du Reich finissent par lui répondre que Hitler ne pouvait tout de même pas être décrit comme un prophète. En revanche, pourquoi ne pas le présenter en « Issa » (Jésus), dont le retour était « prédit dans le Coran et qui, à l’instar du chevalier George, triomphe du géant Dajjal, roi des juifs, à la fin du monde ».

Radio Berlin appelle à tuer les juifs

Cette propagande est bien évidemment liée à l’arrivée en 1941 de l’Afrika Korps de Rommel en Afrique du Nord, venue à la rescousse des troupes italiennes (qui occupaient un territoire correspondant à l’actuelle Libye), de plus en plus en difficulté face aux Britanniques. Les Allemands se battent en Tunisie, en Libye, passent la frontière égyptienne et arrivent en juillet 1942 dans le désert à 250 kilomètres du Caire. La campagne anti-juive devient virulente. Le présentateur arabe de Radio Berlin affirme que les juifs fuient le pays et déclare : « Nous remercions Dieu de purifier l’Égypte de ces reptiles venimeux. » Il va jusqu’à inciter ses auditeurs à la violence : « Tuez les juifs avant qu’ils ne vous tuent. »

Mohammed V contre les lois anti-juives

Malgré la montée de l’opposition au sionisme dans cette région, liée à l’arrivée massive de juifs en Palestine, David Motadel constate qu’il n’y a pas eu d’émeutes majeures contre les juifs pendant la guerre. De leur côté, les troupes allemandes n’ont pas eu le temps d’organiser l’extermination de la population juive, car, après leurs premiers succès, à partir de 1943, les militaires britanniques reprennent le dessus. Le sultan du Maroc, Mohammed V, s’oppose même aux lois anti-juives promulguées par le gouvernement de Vichy. En Algérie, une partie des dignitaires musulmans « se montra également solidaire de la population juive », lit-on dans Les Musulmans et la Machine de guerre nazie.

Les Frères musulmans financés par l’Axe

Finalement, les tentatives allemandes d’utiliser la religion pour nourrir l’effort de guerre en Afrique du Nord ont échoué. Est-ce très étonnant ? Les Arabes n’étaient-ils pas, aux yeux des nazis, des sémites, au même titre que les juifs ? Hitler, le premier, insistait sur l’infériorité raciale des peuples non européens. En revanche, en Égypte, l’organisation des Frères musulmans exprimait de la sympathie pour l’Axe. Dès les années 1930, « la délégation allemande au Caire avait même soutenu financièrement les Frères musulmans », révèle David Motadel. Certains de ses membres auraient distribué des tracts favorables aux Allemands au moment où les troupes de Rommel marchaient sur Le Caire. Un court instant placé en garde à vue, Hassan el-Banna, le fondateur de la Confrérie, s’en était sorti en déclarant publiquement qu’il faisait « allégeance aux autorités en place ».

Les musulmans et la machine de guerre nazie, David Motadel (Éditions, La Découverte).© La découverte

* Roger Faligot et Rémi Kauffer, Albin Michel.

** Éditions La Découverte, 435 pages.

Pourquoi l’antisionisme est un antisémitisme

Être antisioniste, ce n’est pas contester la politique du gouvernement israélien

parOudy Ch. Bloch – 25 février

Manifestation qui appelle au boycott d’Israël à Lyon, 2016. ©KONRAD K./SIPA / 00759052_000002

Être antisioniste, ce n’est pas contester la politique du gouvernement israélien. Être antisioniste, c’est contester l’existence même de l’Etat israélien, parce qu’il est juif. Une tribune d’Oudy Bloch.


Oui, l’antisionisme est bien la forme réinventée de l’antisémitisme. Et ce n’est pas nouveau.

Écoutons le philosophe Vladimir Jankélévitch en 1978 : « L’antisionisme est la trouvaille miraculeuse, l’aubaine providentielle qui réconcilie la gauche anti-impérialiste et la droite antisémite ; l’antisionisme donne la permission d’être démocratiquement antisémite. » 

Et Martin Luther King encore un peu plus tôt (1967) : « L’antisémitisme, la haine envers le peuple juif, a été et reste une tache sur l’âme de l’humanité. Nous sommes pleinement d’accord sur ce point. Alors sache aussi cela : antisioniste signifie de manière inhérente antisémite, et il en sera toujours ainsi. »

Être antisioniste, c’est refuser aux Juifs la qualité de peuple

Être antisioniste, ce n’est pas contester la politique de tel ou tel gouvernement israélien, ce que les Israéliens font assez bien eux-mêmes sans avoir besoin des leçons de morale indigéno-gauchisantes.

Non. Être antisioniste, c’est refuser aux Juifs la qualité de peuple et son corollaire : le droit à l’auto-détermination et à un État. La finalité de l’antisionisme est la disparition de l’État d’Israël. Or, remettre en cause l’existence même de l’État d’Israël – compte tenu de sa spécificité juive – ne peut s’analyser autrement qu’au travers du prisme de l’antisémitisme.

Derrière les attaques contre l’existence même d’Israël au prétexte d’une prétendue solidarité pro-palestinienne, ce sont les Juifs qui sont visés. Si ce n’était pas le cas, d’autres pays seraient également, et plus encore qu’Israël, visés par ces boycotts incessants : le Liban, la Jordanie, la Syrie, l’Irak, l’Égypte… pour leur traitement véritablement discriminatoire des Palestiniens.

Personne ne condamne l’Arabie saoudite

Nombreuses sont les accusations d’État-apartheid contre Israël. Pourtant tous les citoyens israéliens, quelle que soit leur culture, couleur, religion, idées politiques, orientation sexuelle disposent des mêmes droits. Les musulmans, les druzes, les chrétiens israéliens ont le droit de vote, sont députés, juges, hauts-gradés dans l’armée, acteurs, chanteurs, travaillent en Israël, ont le droit de se marier avec des Israéliens de toutes religions, peuvent s’exprimer librement au point de souhaiter publiquement le bombardement de Tel-Aviv par le Hamas même quand ils sont députés comme Hanin Zoabi. C’est un juge arabe, Salim Joubran, qui a condamné Moshé Katsav, ancien président de l’Etat d’Israël, à une peine de prison. Ce sont des arabes israéliennes qui ont représenté Israël à l’Eurovision et au concours de Miss Monde. Alors de quel « apartheid » parle-t-on ?

A lire aussi: Ce « nouvel antisémitisme » que les médias refusent toujours de nommer

Personne ne condamne la Malaisie ou l’Arabie saoudite qui refusent d’accueillir des sportifs israéliens, ni l’Iran ou le Maroc dont les athlètes ont interdiction de concourir contre des athlètes israéliens, ni l’Autorité palestinienne qui, d’après Mahmoud Abbas, interdira la présence d’israéliens dans un éventuel État palestinien. Alors comment expliquer cette focalisation sur Israël si ce n’est e