Catégorie : Lévy

Gilles-William Goldnadel: «Pourquoi Nétanyahou a marqué, pendant une décennie, la politique de son pays»

Par Gilles William Goldnadel 

TRIBUNE – Les adversaires du premier ministre de l’État hébreu eux-mêmes doivent concéder qu’il a obtenu des résultats remarquables dans bien des domaines, argumente l’avocat et essayiste*.

Dans l’incertitude des conciliabules politiciens en cours, Benyamin Nétanyahou pourrait bien ne plus présider aux destinées de l’État d’Israël. L’électeur israélien semblerait l’avoir décidé ainsi dans le cadre d’une manière de second tour électoral comme l’État juif n’en avait jamais connu. On se souvient en effet qu’aux élections d’avril le champion de la longévité politique l’avait emporté sans pouvoir cependant former un gouvernement. L’homme en difficulté aura dominé non seulement de son expérience, mais encore de sa puissance intellectuelle et de son éloquence le monde politique israélien. Ses pires détracteurs ne peuvent nier les résultats surprenants qu’il aura obtenus tout au long de ces dix années de mandat. Le petit État d’Israël est aujourd’hui une puissance avec laquelle il faut compter. Il le doit non seulement à l’esprit de créativité de son peuple, mais encore à la politique libérale que Nétanyahou a su mener jusqu’à son terme. Il faut cependant reconnaître qu’aujourd’hui l’Israël prospère est une société dure, très inégalitaire, qui connaît des secteurs en misère.»

L’indéniable succès de Nétanyahou se situe également dans le domaine diplomatique. Malgré les aréopages internationaux où la haine de l’État juif relève du sacrifice rituel, malgré un dénigrement idéologique dans la presse européenne convenue, le premier ministre sortant aura réussi l’exploit d’entretenir de bonnes relations avec les mondes américain, africain, russe, chinois et indien. Sans parler d’une percée circonstancielle au sein du monde arabe sunnite, en raison du conflit explosif avec la République islamique.

Choisi sur sa seule habileté à figurer en tête de liste, le membre de la Knesset moyen n’arrive ni intellectuellement ni moralement à la cheville du député français moyen

Sans vouloir diminuer les qualités intrinsèques de l’intéressé, il faut dire que l’offre de personnel politique offerte à l’électeur israélien brille par sa remarquable médiocrité. On ne dira jamais assez le caractère destructeur d’un système de recrutement à la proportionnelle intégrale. Choisi sur sa seule habileté à figurer en tête de liste, le membre de la Knesset moyen n’arrive ni intellectuellement ni moralement à la cheville du député français moyen. Quand bien même celui d’aujourd’hui n’inspirerait pas l’admiration absolue. C’est ce système qui a favorisé le diktat des petits partis, en l’espèce juifs orthodoxes, qui se sont livrés à un chantage légal. C’est sur la base de ce racket exaspérant qu’un homme politique comme Lieberman, à l’esprit plus fin que ne laisserait penser sa carrure d’ex-videur de boîte de nuit, s’est racheté une petite vertu malgré ses anciennes déclarations incendiaires, en incarnant désormais le laïc de droite intransigeant tout en sciant la branche ployant sous les ultrareligieux sur laquelle était assis son ancien mentor Nétanyahou.

Dans ce cadre assez affligeant, on constatera que la gauche israélienne qui autrefois dominait la vie politique est toujours aussi exsangue. On le doit tout autant au «mouvement dextrogyre» (Guillaume Bernard) qui caractérise l’ensemble des démocraties occidentales qui regardent désormais la pensée de gauche avec une admiration mesurée qu’au fait que le peuple israélien est totalement désabusé par la conception irénique d’un règlement pacifique d’une gauche israélienne gauchiste et angélique. Une bonne nouvelle toutefois pour la démocratie israélienne, quasi miraculeuse: la relève possible par un Benny Gantz, ancien chef d’état-major, homme du centre, réfléchi, au style débonnaire, qui, même sans avoir le brio de son rival, a su légitimement rassurer l’électeur avec son parti Bleu et Blanc

Tout premier ministre israélien est contraint chaque jour, pour ne pas chuter, de négocier entre deux portes et à la nuit tombée

On remarquera aussi le succès de la liste arabe unifiée, qui en dit long sur l’énormité d’un fantasmatique «apartheid». Comme les autres citoyens du pays, les Arabes israéliens ont bénéficié de la règle «une voix, un vote». Et ils ont joué massivement le jeu démocratique plutôt que de le bouder. Oublions la lourde épée de justice au-dessus de la tête de Benyamin Nétanyahou. Oublions l’épouse au caractère difficile et sujette aux quolibets d’une presse impitoyable. Oublions même l’usure inévitable d’un pouvoir décennal. Tout premier ministre israélien, en raison du système pervers qui favorise les petits partis charnières, est contraint chaque jour, pour ne pas chuter, de négocier entre deux portes et à la nuit tombée. De promettre à Abraham puis à David tout en trahissant Samuel qui s’en souviendra. À force de compromis, tout homme finit par se compromettre. Benyamin Nétanyahou n’est plus celui qu’il fut.»

Reste pour l’histoire un homme qui n’a pas fait la paix avec les Arabes de Palestine. Ce que ne manquera pas de lui reprocher une presse pavlovienne qui ne se caractérise ni par son aménité pour Israël ni pour son esprit critique à l’égard de ses ennemis irrédentistes, toujours autant fascinés par la violence terroriste et la détestation antisémite islamiste. Connaissant l’homme en possible partance, j’affirme que celui-ci, du moins dans les premières années d’exercice du pouvoir, n’était pas hostile à la solution des deux États, moyennant un arrangement stratégiquement indispensable dans une vallée du Jourdain au demeurant peu peuplée d’Arabes de Palestine. Lui, comme tous ses prédécesseurs de gauche, n’aura jamais eu d’interlocuteurs sincèrement déterminés à négocier.

Citons le plus désespéré, Shimon Peres: «La paix ressemble beaucoup à l’amour… De même qu’on ne peut imposer l’amour, on ne peut imposer la paix.»

Georges Bensoussan relaxé: une victoire pour la liberté d’expression

Par Barbara Lefebvre  enseignante et essayiste, est l’auteur de Génération j’ai le droit, (Albin Michel 2018).

FIGAROVOX/TRIBUNE – La Cour de cassation vient de rejeter les pourvois des parties civiles accusant l’historien Georges Bensoussan d’incitation à la haine, confirmant sa relaxe. L’essayiste Barbara Lefebvre se félicite de cette décision, et pointe du doigt la judiciarisation des débats, obstacle selon elle à la liberté d’expression.


Le 17 septembre, ce n’est pas seulement l’honneur de l’historien Georges Bensoussan que la Cour de cassation a définitivement restauré, c’est notre liberté d’expression à tous qu’elle a raffermie. Les juges ont rendu son honneur à la démocratie. En rejetant les pourvois de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), la Cour de Cassation a confirmé la relaxe prononcée en faveur de Georges Bensoussan en première instance (procès du 25 janvier 2017) et en appel (le 29 mars 2018). C’est la Bérézina pour les ennemis de la liberté d’expression! 

L’affaire aura duré plus de trois ans et révélé les ambiguïtés des professionnels de l’antiracisme. 

Rappelons succinctement les faits: dans l’émission de France Culture Répliques du 10 octobre 2015, lors d’un débat sur le «sens de la République», Georges Bensoussan aborde la question de l’antisémitisme contemporain auquel la France est confrontée. On rappellera le contexte de l’émission: nous étions quelques mois après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper-cacher de Vincennes, et il s’agissait aussi de revenir sur le fait que, depuis le début des années 2000, une dizaine de Français juifs avaient été assassinés par des meurtriers liant explicitement leur crime à la doctrine islamique. Que ces derniers l’aient dévoyée ou non n’est pas le sujet: des innocents ont été ciblés et sont morts parce qu’ils étaient juifs, et pour aucune autre raison. Nous sommes donc face à un antijudaïsme idéologique qui puise ses racines dans une longue histoire, spécifique au monde musulman. Citant de mémoire les propos du sociologue Smaïn Laacher entendus dans un documentaire, Georges Bensoussan disait ainsi au micro de France Culture: «C’est une honte de maintenir ce tabou à savoir que dans les familles arabes en France, l’antisémitisme on le tète avec le lait de la mère». Laacher, dans le film diffusé sur France 3, avait précisément déclaré: «Cet antisémitisme il est déjà proposé dans l’espace domestique et il est quasi naturellement déposé sur la langue, déposé dans la langue. Une des insultes des parents à leurs enfants quand ils veulent les réprimander, il suffit de les traiter de juifs. Toutes les familles arabes le savent. C’est une hypocrisie monumentale que de ne pas voir cet antisémitisme, il est d’abord domestique. Il est comme dans l’air qu’on respire». Ce n’est pas un sociologue français d’origine algérienne qui sera poursuivi pour «provocation publique à la discrimination et à la haine», mais un historien français, d’origines juive et marocaine…»

Cette affaire aura duré plus de trois ans et révélé les ambiguïtés des professionnels de l’antiracisme. Le camp de la bien-pensance antiraciste (LICRA, SOS Racisme, LDH) s’est ainsi accroché à la locomotive du CCIF, association animée par des militants de l’islam politique. La LICRA en sortit profondément divisée, une large part de ses militants contestant la décision de la direction de poursuivre l’historien, décision prise sous l’influence de Mohamed Sifaoui, témoin contre Georges Bensoussan durant le procès qui tint des propos contradictoires que la présidente ne manqua pas de souligner. Quant à SOS Racisme, ils prirent acte de leur défaite en première instance, mais n’ont aucun regret de s’être assis aux côtés du CCIF. Aucune gêne peut-être quand une des témoins pour le CCIF compara Georges Bensoussan à Drumont, ni quand l’avocat de la LDH en appel évoqua «les propos pré-génocidaires» de l’historien. Rappelons que Georges Bensoussan était jusqu’en juin 2018 le directeur de la réputée Revue d’histoire de la Shoah… 

Cette affaire illustre le problème de la judiciarisation croissante du débat d’idées en France.

Cette affaire a également illustré la dérive de certains magistrats idéologues. En effet, le Parquet a non seulement suivi les parties civiles pour initier les poursuites, a relevé appel du jugement de relaxe aux côtés du CCIF et de la LDH, mais il fallait entendre la sidérante plaidoirie en première instance du ministère public, un discours mêlant approximations historiques et anathèmes idéologiques. 

Heureusement, au nom de l’intégrité et de l’intelligence démocratique, les juges du fond ont rappelé le droit et n’ont pas versé dans la morale de café du commerce. Pas une fois, mais à trois reprises, ils ont dit le droit par des attendus d’une clarté qui feront jurisprudence en matière de liberté d’expression. Cette douloureuse expérience pour Georges Bensoussan n’aura donc pas été vaine, même si le coût financier de telles procédures n’est pas anodin. C’est bien un des instruments de ces associations militantes que d’intimider leurs adversaires intellectuels par d’onéreuses procédures.

Cette affaire illustre, enfin et c’est le plus grave, le problème de la judiciarisation croissante du débat d’idées en France, sous l’effet d’une perversion de l’esprit démocratique. La loi ne doit pas être faite pour incriminer l’esprit critique mais pour le protéger. Or, depuis la loi Pleven de 1972 extrapolant sur la loi sur la presse de 1881, des groupes autoproclamés défenseurs de telle ou telle minorité – opprimée par principe – disposent du pouvoir de déclencher seuls l’action pénale. Ceux que Philippe Muray appelait les «groupes d’oppression» prouvent qu’il existe aujourd’hui une privatisation de l’action publique et que, le plus souvent, cela se fait au service de la censure. Il serait temps que le pouvoir politique prenne la mesure du danger démocratique que représente cette inflation de lois visant à réprimer les opinions «déviantes». D’abord parce que cela ne les fait pas disparaître de l’expression publique, ensuite parce qu’une démocratie est précisément ce régime de liberté qui s’oppose à la police de la pensée.

Le Point : Il y a trente ans éclatait l’affaire des foulards à Creil. Est-ce un tournant important dans la société française ?

ENTRETIEN. L’auteur de « L’Archipel français » livre les enseignements de l’enquête Ifop pour « Le Point » et la Fondation Jean-Jaurès sur les musulmans en France.

Propos recueillis par Thomas Mahler– Publié Le Point 


Jerome Fourquet. Politologue, directeur du departement Opinion et strategies d'entreprise de l'institut de sondages Ifop depuis 2011. Il a recu le prix du Livre politique pour  << L'archipel francais. Naissance d'une nation multiple et divisee  data-recalc-dims=> (Seuil).”/>
Jérôme Fourquet. Politologue, directeur du département Opinion et stratégies d’entreprise de l’institut de sondages Ifop depuis 2011. Il a reçu le prix du Livre politique pour « L’archipel français. Naissance d’une nation multiple et divisée » (Seuil).

Le Point : Il y a trente ans éclatait l’affaire des foulards à Creil. Est-ce un tournant important dans la société française ?

Jérôme Fourquet : A partir du début des années 1980, il y a une prise de conscience collective, par la société française, non seulement de la réalité de la présence d’immigrés de culture musulmane sur son territoire, mais aussi du fait que cette immigration a vocation à rester sur place. La première date symbolique, c’est 1983, avec la Marche des beurs et les grèves dans l’automobile. On commence à parler de « la deuxième génération ». 1989 est une autre date clé, avec cette fois-ci une prise de conscience des défis que représente cette immigration musulmane, notamment sur le principe de la laïcité. Les signes religieux dans les établissements publics ne sont alors plus une problématique dans une société française qui est en train de s’apaiser sur la guerre des deux écoles et qui, comme l’écrit Marcel Gauchet en 1985 dans « Le désenchantement du monde », a déjà bien entamé son processus de sortie de la religion. L’affaire de Creil repose subitement la question de la manifestation du religieux dans l’espace public et, comme le montre bien le livre que viennent de publier les éditions de l’Aube et la Fondation Jean-Jaurès, « Les foulards de la discorde. Retours sur l’affaire de Creil. 1989 », ce retour du religieux, mais musulman, est particulièrement problématique pour la gauche française. La laïcité, élément structurant de l’identité de la gauche française, avait toujours été pensée dans le contexte de l’opposition au catholicisme. Là, elle se retrouve confrontée à la religion musulmane, ce qui change énormément de choses.

Plus globalement, l’affaire de Creil va susciter un intense débat dans la société française autour de l’interrogation sur l’acclimatation possible de l’islam à notre modèle républicain. 1989 ouvre en quelque sorte une nouvelle ère et acte médiatiquement et sociologiquement l’existence de l’islam en France. L’Ifop, qui a pour vocation de suivre les évolutions de fond de la société française, a d’ailleurs commencé cette année-là à sonder et interroger la population de confession ou de culture musulmane. Trente ans après cet événement marquant, Le Point et la Fondation Jean-Jaurès ont demandé à notre institut de jeter un nouveau coup de projecteur sur cette population de confession ou de culture musulmane.

Quels sont les principaux enseignements de votre grande enquête ?

Le premier enseignement réside dans la puissance de l’orthopraxie, qui se renforce au fil du temps, notamment auprès des jeunes générations. L’orthopraxie désigne la capacité d’une religion à fixer des règles comportementales concernant la vie quotidienne et le fait que le public de croyants se conforme aux injonctions de la religion à laquelle il est rattaché spirituellement et culturellement. L’islam en comporte un certain nombre et son empreinte sur la vie quotidienne a gagné du terrain. En 1989, beaucoup ont cru à une crise d’adolescence et qu’il suffisait d’être patient. S’opposant à l’exclusion des collégiennes voilées de Creil, SOS Racisme estimait que « le jean finira[it] par l’emporter sur le tchador ». Avec trente ans de recul, et alors que les jeunes qui avaient 15 ans à l’époque en ont aujourd’hui 45, on voit que l’empreinte de la religion sur cette population ne s’est pas effacée, bien au contraire.

Notre enquête montre ainsi que la proportion de personnes (de confession ou de culture musulmane) déclarant participer à la prière du vendredi à la mosquée a plus que doublé, passant de 16 % en 1989 à 38 % aujourd’hui. C’est spectaculaire. Bien sûr, il s’agit de déclaratif, et il faut donc relativiser cette assiduité affichée. Mais le biais déclaratif était le même dans le sondage de 1989. Ce que ces résultats traduisent, c’est que, dans cette population, la norme sociale est beaucoup plus religieuse aujourd’hui qu’il y a trente ans. Quand on regarde dans le détail, on observe que cette pratique est, comme dans les pays musulmans, beaucoup plus importante chez les hommes (55 % des hommes déclarent fréquenter la mosquée le vendredi, contre 20 % chez les femmes). Des écarts importants apparaissent également selon les tranches d’âge. C’est l’inverse du catholicisme, c’est-à-dire que les générations les plus âgées apparaissent moins sous l’influence de cette injonction à la prière (seulement 28 % des plus de 50 ans disent aller à la mosquée le vendredi), alors que 49 % des jeunes disent se conformer à ce commandement. Le respect du jeûne pendant le ramadan est aussi en progression depuis 1989, passant de 60 % à 66 %. La progression s’est surtout faite au début des années 2000, période où s’est produit un réveil identitaire et religieux dans tout le monde musulman.

Troisième manifestation de l’empreinte religieuse sur la vie quotidienne : nous constatons une chute de la proportion de personnes de religion ou culture musulmane déclarant boire de l’alcool, même occasionnellement, passant de 35 % en 1989 à seulement 21 % aujourd’hui. Il y a sans doute, là encore, un biais déclaratif (et nous n’allons pas vérifier dans leur vie quotidienne !), mais, de nouveau, ce biais déclaratif valait aussi en 1989. Manifestement, à l’époque, le conformisme ambiant dans cette population était moins strict en la matière. Quatrième élément : la forte prégnance du halal, qui ne se limite plus à la viande. Parmi les sondés, 57 % disent consommer uniquement de la confiserie halal, mais 47 % achètent aussi des plats cuisinés halal et 48 % affirment systématiquement regarder la composition des produits alimentaires achetés pour s’assurer qu’ils ne contiennent pas de la gélatine animale ou du porc. Comme le poids de cette population musulmane a augmenté et que l’orthopraxie y est plus répandue, des acteurs économiques ont répondu à cette demande, et un marché s’est créé, facilitant et encourageant en retour le respect du halal par le consommateur. Il y a trente ans, lors de l’affaire de Creil, les débats tournaient autour du foulard. Aujourd’hui, dans la sphère scolaire, les tensions se cristallisent autour de la question du halal. Au regard de ces résultats, on constate que l’évolution générale ne va pas dans le sens d’une sécularisation, mais d’une réaffirmation identitaire et religieuse se manifestant notamment dans les comportements quotidiens.

Qu’avez-vous observé concernant le rapport des musulmans à la laïcité ?

On constate que les musulmans, très majoritairement, déclarent (à 70 %) pouvoir pratiquer en toute liberté leur religion en France, un résultat rassurant. Mais pour autant ce diagnostic s’accompagne de fortes demandes pour adapter notre cadre laïque et républicain. Ils ne sont que 41 % à estimer que la pratique de l’islam doit être adaptée et aménagée pour se conformer à la laïcité à la française, contre 37 % qui estiment que c’est au contraire la laïcité française qui doit s’adapter, avec une forte minorité (19 %) qui ne se positionne pas sur cette question. Par rapport à 2011, on constate une progression de 8 points de ceux qui disent que c’est à la laïcité à la française de s’adapter. On observe également une forte progression de l’opposition à la loi de 2010 bannissant le voile intégral dans la rue. Ils sont 59 % à estimer que cette loi est plutôt une mauvaise chose, alors qu’ils n’étaient que 33 % dans ce cas en 2011. Différents événements comme des contrôles policiers qui ont mal tourné (à Trappes ou à Toulouse notamment), ou la perception que cette loi serait une discrimination supplémentaire visant les musulmans, peuvent expliquer ce résultat.

Quand on regarde dans le détail, on voit que les demandes concrètes d’adaptation de la laïcité sont soutenues et parfois très massivement. Ainsi, 82 % des sondés pensent qu’on devrait pouvoir manger halal dans les cantines scolaires et 68 % estiment qu’une jeune fille devrait avoir la possibilité de porter le voile à l’école. L’islam étant une religion assez injonctive dans la vie quotidienne, ces injonctions se heurtent au cadre laïque.

Autre chiffre, 54 % déclarent également qu’on devrait avoir la possibilité d’affirmer son identité religieuse au travail. Après l’école et le halal, la question des signes ostentatoires dans le monde du travail monte depuis plusieurs années. Si 26 % des cadres disent qu’on devrait pouvoir affirmer son identité religieuse au travail, ils sont 38 % parmi les professions intermédiaires et 55 % chez les employés et ouvriers. Cette revendication est plus forte dans les milieux populaires et rappelle les débats qu’il y a eu par exemple à la RATP ou parmi le personnel de Roissy. Les organisations syndicales, historiquement et culturellement de gauche, souvent très laïques, sauf la CFTC, sont confrontées à ces demandes. La CFTC revendique ses racines chrétiennes, mais ne fait pas grève pour exiger la présence d’un crucifix. Dans le monde du travail, là notamment où il y a beaucoup d’employés ou d’ouvriers, comme dans les transports publics, les chantiers ou les plateformes logistiques, ces questions des signes religieux ostentatoires se posent depuis plusieurs années. L’affaire de Creil n’était que le début, pas un prurit momentané, comme certains ont pu le penser. Pour autant, nous n’assistons pas à un assaut généralisé contre le cadre laïque, mais plutôt à de multiples demandes pour qu’on desserre le cadre républicain et laïque.

Parmi les personnes interrogées, 27 % sont d’accord avec l’idée que « la charia devrait s’imposer par rapport aux lois de la République », résultat qui est conforme avec l’étude de l’Institut Montaigne de 2016.

Les musulmans en France ne forment pas un bloc homogène. La grande majorité des musulmans demande des adaptations, mais une minorité se positionne sur un agenda beaucoup plus maximaliste et radical. A ce propos, un différentiel assez important se dessine selon l’ancienneté de la présence en France. Parmi ceux qui sont français de naissance, « seuls » 18 % estiment que la charia devrait s’imposer. Parmi ceux qui sont français par acquisition, ils sont 26 % et parmi les étrangers, c’est 46 %. Cette revendication d’une suprématie de la charia est donc d’abord portée par les nouveaux arrivants qui viennent de pays où l’empreinte de l’islam est très forte. En 1989, avec l’affaire de Creil, beaucoup pensaient qu’avec le temps le processus de sécularisation et de « sortie de la religion » allait aussi concerner la population immigrée. Sauf que, depuis, des centaines de milliers de personnes ont rejoint la France, et le bain culturel des pays d’origine a été entretenu et vivifié par la persistance des flux migratoires, là où le flux des Polonais, par exemple, s’était tari dans les années 1930.

Qu’en est-il du port du voile ?

Aujourd’hui, un petit tiers de femmes d’origine ou de confession musulmane disent porter le voile, contre 24 % en 2003. Et 19 % d’entre elles le portent toujours. Le phénomène s’est renforcé, mais il demeure minoritaire. 68 % des sondées disent ne jamais porter le voile. La réalité, c’est donc que la grande majorité des femmes musulmanes ne sont pas voilées, et 10 % déclarent d’ailleurs l’avoir porté autrefois, mais ne le portent plus, ce qui montre que l’attitude face au voile évolue en fonction de l’âge et de la situation personnelle. Parmi les 15-17 ans, seules 15 % disent porter le voile, ce qui laisse penser que la loi de 2004 sur l’école joue un rôle important. On atteint ensuite un pic de 35 % pour les 18-35 ans. Cela retombe à 25 % auprès des 35 ans et plus. C’est à la sortie de l’adolescence et au début de la vie d’adulte que le voile est le plus porté. Encore une fois, on voit que les musulmans ne sont pas un bloc, mais un public bien hétérogène, notamment dans son rapport à la religion, même si le poids de la matrice musulmane s’est incontestablement renforcé depuis 1989.

Y a-t-il des différences en fonction des origines des sondés ?

Sur une série de sujets, on observe une gradation dans les réponses entre les sondés qui ont des origines familiales en France, ceux qui ont un père issu du Maghreb et ceux qui ont un père originaire d’Afrique subsaharienne. De manière générale, le poids de la matrice religieuse est beaucoup plus prégnant parmi les musulmans originaires d’Afrique subsaharienne, arrivés plus récemment. En 1989, l’islam de France est un islam maghrébin. Trente ans plus tard, la situation s’est considérablement diversifiée, et le paysage socio-culturel est archipelisé. La population issue d’Afrique subsaharienne (Mali, Sénégal, Mauritanie…), provenant souvent de zones rurales, pèse davantage démographiquement. Or celle-ci semble très éloignée du processus de sortie de la religion. Ainsi, 55 % des femmes dont le père est né en Afrique subsaharienne portent le voile, contre 32 % des femmes dont le père est né en France et 31 % pour celles dont le père est né au Maghreb. Concernant la fréquentation de la mosquée, c’est 18 % si le père est né en France, 32 % si celui-ci vient du Maghreb, mais 63 % s’il est issu d’Afrique subsaharienne. Sur ces pratiques, on constate ainsi un écart beaucoup plus important entre des personnes originaires du Maghreb et d’Afrique subsaharienne qu’entre celles issues du Maghreb et les familles d’origine immigrée mais dont les parents sont nés en France.

Les études sociologiques montrent que les diplômés sont moins religieux que ceux qui n’ont pas fait d’études supérieures. Mais, dans cette enquête, c’est parfois le contraire. Parmi les femmes sondées qui ont un niveau bac + 5, 41 % disent par exemple porter le voile, contre 16 % chez celles qui n’ont pas de diplôme.

Ces chiffres s’expliquent en partie par la variable de l’âge, très liée dans cette population au niveau de diplôme. Les générations les plus âgées sont principalement constituées de primo-arrivants, qui ne disposaient que d’un faible bagage éducatif, à l’inverse des générations les plus jeunes (souvent les enfants et les petits-enfants des précédents) qui ont été à l’école de la République et y ont obtenu des diplômes. Le réveil identitaire et religieux a d’abord touché ces générations, alors que les générations plus âgées (et peu diplômées) ont été moins sensibles à ce réveil.

Mais cette variable de l’âge n’explique pas tout. A l’époque de l’affaire de Creil, beaucoup pensaient que l’attachement à la religion allait s’étioler avec l’accès progressif des enfants de l’immigration à des études longues et à l’université. Or on voit que le diplôme n’« immunise » pas, contrairement à ce que pensent les esprits athées, contre la religion. 20 % des personnes bac + 5 de confession ou d’origine musulmane estiment par exemple qu’en France la charia devrait s’imposer aux lois de la République. Le niveau de diplôme n’induit donc pas de manière massive et systématique une prise de distance avec la religion. L’islamologue Olivier Roy voit dans ces manifestations de raidissement identitaire un baroud d’honneur de la religion dans un contexte d’inexorable victoire d’une sécularisation déjà très avancée. Les résultats de cette enquête indiquent que les injonctions de la religion musulmane sont aujourd’hui plus prégnantes que lors de l’affaire de Creil et que cette empreinte est puissante dans la jeunesse et sur certains points, y compris parmi les diplômés. Cela démontre la force et la vigueur de cette matrice religieuse. Pour paraphraser la formule utilisée à l’époque par SOS Racisme : trente ans après, le « tchador » n’a pas encore dit son dernier mot face au « blue jean »§

Alain Soral condamné à 18 mois ferme pour un clip de rap antisémite

Le patron du site Egalité et Réconciliation doit supprimer le clip de son site, sous astreinte de 1 000 euros d’amende par jour de retard

Par AFP

Alain Soral (Crédit : Torpegiggio, Wikimedia commons)

Alain Soral (Crédit : Torpegiggio, Wikimedia commons)

L’essayiste d’extrême droite Alain Soral a été condamné à 24 mois de prison, dont 18 mois ferme, par le tribunal correctionnel de Bobigny pour avoir diffusé en ligne un clip de rap antisémite, a-t-on appris jeudi auprès du parquet.

Alain Bonnet, de son vrai nom, a également été condamné à 45 000 euros d’amende.

Le 15 avril, l’essayiste, déjà condamné maintes fois pour provocation à la haine raciale, avait écopé d’un an ferme pour négationnisme dans une autre affaire. Le tribunal correctionnel de Paris avait alors ordonné un mandat d’arrêt contre lui, que le parquet avait refusé d’exécuter estimant qu’il n’avait pas de base légale.R

Dans l’affaire jugée à Bobigny, le parquet avait requis deux ans de prison ferme contre l’essayiste, qui avait publié sur son site « Egalité et Réconciliation » un clip intitulé « Gilets jaunes » dans lequel une pancarte contenant le nom de Rothschild était jetée au feu. Des photos de Bernard-Henri Lévy, Jacques Attali ou encore Patrick Drahi – tous juifs – étaient aussi envoyées au bûcher.

Dans ce clip, le rappeur appelait à « virer » Rothschild, Attali et BHL, les qualifiant de « parasites ».

Le tribunal a également demandé à Alain Soral de supprimer le clip de son site, sous astreinte de 1 000 euros d’amende par jour de retard.

L’ancien principal de Creil : “J’ai eu affaire à la première brèche dans la laïcité par un islamisme conquérant”

Par Laurent Valdiguié

C’était il y a trente ans jour pour jour. L’histoire retient qu’il est le premier a avoir dit non au voile à l’école. Marianne a retrouvé Ernest Chénière, l’ancien principal du collège Gabriel-Havez de Creil où s’est jouée la première affaire du foulard. A 74 ans, il se souvient comme si c’était hier de ces semaines qui ont changé sa vie.C

Marianne : Quand vous avez été nommé au collège Gabriel Havez en 1987, était-ce un des « pires » collèges du secteur ?

Ernest Chénière : Un des pires de France vous voulez dire ! Et j’en ai la preuve. J’étais à Amiens, à la fin d‘une formation pour devenir principal, lorsqu’est venu le jour où l’on nous faisait part de notre affectation. Quand je suis entré dans la grande salle où devait se révéler les collèges de chacun, mes collègues se sont esclaffés ! Je ne comprenais pas pourquoi ils riaient tant. Ils se gaussaient. « T’es nommé à Gabriel Havez ! » a dit l’un. Moi, je ne connaissais même pas ce collège qui porte le nom d’un ancien maire de Creil… L’inspecteur responsable de notre groupe m’a pris à part, en me tenant par le coude avec un air grave. Il m’a dit deux choses : d’abord qu’il fallait y remettre de l’ordre, ensuite que, selon leur analyse, je présentais le profil requis pour gérer la situation.

Pourquoi avez-vous été choisi d’après vous ?

Pour une série de raisons objectives, je pense. J’avais déjà été instituteur en banlieue, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. J’avais enseigné deux ans au Maroc. Je parlais l’Arabe tout en ayant beaucoup étudié l’Islam. Autre corde à mon arc, je ne cachais pas ma pratique des arts martiaux ! Peut-être aussi que mes origines antillaises et ma couleur de peau ont joué un rôle… Quoiqu’il en soit, l’Éducation nationale m’avait choisi pour aller où personne ne voulait aller.

Vous avez parlé à l’époque de « poubelle sociale » en évoquant le quartier de Creil où vous atterrissez …

Il n’y avait aucun de mépris de ma part à dire cela. Je ne faisais que mettre des mots justes sur une réalité que je constatais et qui était indéniable. J’avais déjà habité dans différents quartiers populaires, à Paris quand j’étais jeune, en banlieue parisienne et au Maroc. Mais là, c’était différent. La mairie socialiste de Creil avait depuis longtemps une stratégie consistant à drainer vers ce quartier du Rouher, sur le plateau, en face du collège, les populations immigrées les plus déshéritées socialement et les moins intégrées. Sur 800 élèves, il y avait 36 nationalités. Ce quartier était à lui tout seul l’expression d’une hypocrisie de la société française, qui se prétend accueillante mais qui pratique une ghettoïsation systématique… Ces gens étaient relégués là. Ils n’avaient aucune chance d’en sortir. Un résident a d’ailleurs défini cette stratégie comme un « parcage ethnique ». Cette expression m’avait fait mal !LIRE AUSSII

Quelle est votre première impression du collège ?

C’était « l’île aux fous ». Le bordel le plus intégral si vous préférez. J’ai rendu deux visites à mon prédécesseur et je m’en souviens comme si c’était hier. C’était un homme terrassé. Abattu. Il était cardiaque, et m’a assuré que ses problèmes de cœur avaient commencé là. Nous nous sommes promenés dans les couloirs et j’ai vu de mes propres yeux des enseignants cracher à ses pieds. Le pauvre homme s’est contenté de hausser les épaules. Il n’avait strictement aucune autorité sur l’équipe d’environ 70 enseignants.

J’ai convoqué le caïd du collège dans mon bureau. Il m’a provoqué et il s’est retrouvé au sol avec une clé de bras. Il gémissait. Je lui ai demandé s’il voulait que j’arrête ou que je continue.

Comment le collège était il dirigé ?

Je m’en suis assez vite rendu compte en 1987 quand je suis arrivé. Il y avait un quarteron d’environ six ou sept professeurs dont deux d’éducation sportive, qui étaient creillois d’origine. Ils étaient en cheville avec la mairie. Politiquement, ils faisaient régner la terreur dans le collège, puisque tout devait passer par eux, avec l’appui de la ville. Cela faisait partie des « anomalies »…

Quelles autres « anomalies » avez vous découvert ?

J’ai aussi mis fin à cette histoire de cagnotte du foyer qui servait à payer des licences sportives pour qu’ensuite des élèves aillent prendre des cours de sport privés dans des gymnases voisins. J’ai expliqué aux enseignants que j’étais chargé d’une mission et que j’allais l’exercer. Tout le monde a compris que je ne serais pas un pion de la mairie, et que je gérerais désormais les tableaux de service en toute transparence et avec impartialité. Un autre exemple me vient à l’esprit : tous les matins et tous les midis, les retardataires entraient et sortaient. Je me suis mis aux grilles, et à l’heure dite, je les ai fermées. Au bout d’une semaine, il n’y avait plus de retardataires. On a monté un ciné club, l’association sportive a été relancée. Le collège, s’est remis à fonctionner selon la règle.

J’ai dû affronter une fronde initiée par les professeurs d’éducation physique proches de la mairie. Je me suis même retrouvé en tête à tête avec l’un deux, ceinture noire de judo, et on s’est fait face.

Vous avez été la cible d’une opposition de la part de certains professeurs dès 1987…

Oui, dès ma prise de fonction. J’ai dû affronter une fronde initiée par les professeurs d’éducation physique proches de la mairie. Je me suis même retrouvé en tête à tête avec l’un deux, ceinture noire de judo, et on s’est fait face. Ma pratique des arts martiaux m’a rendu un grand service ce jour-là. Je suis ceinture noire de Karaté, de Kung Fu et je pratique le sabre… Je crois qu’il a compris. Cela s’est arrêté. Il y avait aussi un début de trafic dans le collège de bandes du quartier qui tenaient sous leur coupe certains collégiens. On parlait déjà de tournantes dans les caves. Là encore, les arts martiaux m’ont été utiles.

Comment ?

J’ai convoqué le caïd du collège dans mon bureau. Il m’a provoqué et il s’est retrouvé au sol avec une clé de bras. Il gémissait. Je lui ai demandé s’il voulait que j’arrête ou que je continue. Il m’a dit « pitié monsieur arrêtez » et j’ai arrêté en lui disant qu’il faudrait désormais me respecter. Qu’il fasse passer le mot. C’était malheureux d’en passer par là, je ne l’ai pas souhaité, mais je pense que c’était une chance pour le collège que les choses rentrent dans l’ordre. Mon katana était toujours posé sur mon bureau, dans son fourreau, sur un support. Non pour menacer quiconque, mais parce qu’il m’imposait ses vertus, celles du Bushido : « Le Katana est l’âme du Samouraï ». Autrement dit, votre conscience doit être Droite lumineuse, pure, et tranchante comme la lame de votre Katana. Chacun savait cela, y compris les élus municipaux qui passaient dans mon bureau, et qui d’ailleurs s’en agaçaient.

Avez-vous souvent joué des coudes ?

J’avais beaucoup voyagé, je venais moi même « de la rue », rien ne m’impressionnait. Une autre fois avec trois jeunes d’origine congolaise, je leur ai proposé de les prendre tous les trois en même temps ! C’était des durs. Ils ont arrêté. Je vous jure, et je jure rarement, que ce collège était une zone de non droit. J’y ai ramené de l’autorité, du droit et de la citoyenneté. Et j’ai remis le collège sur les rails. L’année 88 s’est passée sans heurts.LIRE AUSSIE

Comment débute l’affaire du foulard ?

Quand l’iman Khomeiny lance sa fatwa sur Salman Rushdie et les versets sataniques, début 1989, il y a eu une petite scène d’hystérie dans la cour. J’avais perçu cela comme du cinéma. Puis en avril, un peu plus tard, les trois jeunes filles, arrivent voilées. Moi, je ne m’en rends pas tout de suite compte. Ce sont leurs enseignants qui m’alertent. Le visage des fillettes était en partie masqué et leur attitude était provocante. Leurs professeurs avaient échoué dans toutes leurs tentatives de leur faire enlever ce voile. J’ai convoqué les élèves dans mon bureau à la demande des enseignants qui ne parvenaient pas à se faire entendre.

Que leur dites-vous ?

J’avais vécu deux ans au Maroc, beaucoup étudié les différentes formes d’islams, comme je disais. Et je pensais qu’il suffirait d’avoir un dialogue autorisé « d’adulte de Savoir » avec ces trois élèves de 13 et 14 ans pour que les choses rentrent dans l’ordre. Je leur ai donc parlé, en mêlant le français et l’arabe, en leur expliquant pourquoi ce n’était pas acceptable au collège. Leur attitude restait hostile et cela m’a surpris. Normalement, ces enfants, culturellement, ont une attitude respectueuse avec « l’homme de savoir » comme les maîtres sont appelés dans le Coran. Là, non. Elles étaient braquées. Insensibles à mes admonestations et aux sanctions qu’elles encouraient.

Quand l’iman Khomeiny lance sa fatwa sur Salman Rushdie et les versets sataniques, début 1989, il y a eu une petite scène d’hystérie dans la cour. J’avais perçu cela comme du cinéma. Puis en avril, un peu plus tard, les trois jeunes filles, arrivent voilées.

Et que s’est il passé ?

C’était juste avant les vacances de pâques. Elles sont parties en congé et à leur retour elles n’étaient plus voilées. On a cru que c’était fini.

Aviez-vous déjà entendu parler d’affaires de voile à l’époque, y avait-il des consignes de l’Éducation nationale ?

Non. Rien. Je n’avais jamais entendu parler de cas similaires et il n’en n’avait jamais été question ni avec l’inspecteur d‘académie, ni dans aucune consigne particulière. On n’était pas « préparé » particulièrement à gérer ce genre de problème à l’école. Mais les enseignants ont eu le sentiment, quand ces voiles sont apparus, qu’ils constituaient une provocation. Moi aussi. Pour nous, c’était une évidence…

Et en septembre 1989, à la rentrée, les trois mêmes fillettes reviennent porteuses de foulards…

Exactement. Les deux sœurs Fatima et Leila Achahboun et Samira Saïdani. Leurs professeurs, là encore ont tenté de les dissuader. Là encore en vain. Ils sont venus me voir pour me demander de régler ce qui devenait un problème. J’ai convoqué les fillettes. Même mur hostile. Le 18 septembre, je leur ai donné une lettre d’explication à l’attention de leurs parents. Nous avons décidé de ne plus les accepter en cours avec le foulard, mais de les accueillir au sein du collège, en les installant au Centre de documentation et d’information, le CDI, en espérant que le dialogue avec les familles, à vrai dire avec les pères, porte ses fruits. Voilà ce que nous avons fait.

Vous avez rencontré les parents…

J’ai d’abord vu M. Saïdani, qui était tunisien. Il vendait des bonbons en face de la mosquée. C’était selon moi un intriguant. Il avait été violent avec la mère de Samira. J’ai essayé de le raisonner, de lui expliquer l’intérêt de sa fille, l’école, la laïcité, et très vite je me suis rendu compte qu’il ne voulait rien entendre. Il m’a prévenu que sa fille garderait le foulard, que c’était « notre religion », disait-il. Le père des soeurs Achahboun venait, lui, du Maroc. Il avait descendu l’Atlas pour travailler ici à Creil. Je suis allé manger chez eux, sans jamais y voir la maman d’ailleurs. Je parlais arabe avec lui, et j’ai voulu lui montrer que je n’étais ni un adversaire ni un ennemi de l’islam. C’était quelqu’un de simple, mais très malin. Je suis sorti de là en me demandant pourquoi diable ils étaient si bornés. Il jouait le personnage du Fellah immigré au cœur pur et simple, dépassé par l’évènementiel, mais en réalité, j’ai eu l’occasion de visionner une interview qu’il avait donnée à une chaîne de TV anglaise dans la période, et où il théorise avec une détermination surprenante les positions islamistes. Il ne pensait pas que cette vidéo me serait envoyée de Londres.

Aviez-vous une explication à l’époque ?

Rien n’était encore médiatisé et d’un coup je reçois une demande de rendez-vous d’une journaliste du Courrier Picard. Je la savais très proche de la mairie socialiste. Je l’ai reçue longuement pour lui expliquer les choses. Il faut bien comprendre que jusque-là je ne faisais pas de politique. J’avais été militant dans ma jeunesse, mais pour des causes humanistes où contre le colonialisme et la guerre du Vietnam. Pourtant, pour la mairie de Creil, j’avais la réputation d’être « un homme de droite ». Je ne sais pas bien pourquoi. Cela traduisait simplement le fait que je n’étais pas docile. Sans cette clé, on ne peut pas comprendre ce qui va suivre. La journaliste vient me voir et je comprends en discutant avec elle qu’elle avait déjà « son opinion ». Et que cette « opinion » était celle de la mairie.

Laquelle ?

D’un mot, c’était moi le gêneur. J’étais quasiment responsable de ce qui arrivait. Et la solution eût été que je m’en aille pour que tout rentre dans l’ordre. En partant, je lui ai suggéré de « affaire attention quand même, que la situation me paraissait un peu explosive ». Que le sujet c’était le foulard, pas moi… Elle a fait son article. J’y étais décrit comme « quelqu’un de violent ».

Dans l’article du Courrier Picard j’avais employé le mot « intégristes» et j’ai eu droit à un procès en diffamation, que j’ai d’ailleurs gagné en 1990

Cet article paraît le 8 octobre 1989, la polémique devient nationale, et les choses, à votre niveau, sont hors de contrôle…

Oui, tout le monde a joué avec le feu. Durant l’été, une association de jeunesse musulmans de Creil s’était créée. Et à mon avis, toute cette histoire a été téléguidée de loin. Le Plateau de Creil avait été choisi parce que c’était un lieu idéal et que la passivité complice et aveugle de la mairie allait les y aider. Il y a eu un deal implicite ou explicite… La mairie, son but, c’était simplement de me faire partir. Dans l’article du Courrier Picard j’avais employé le mot « intégristes» et j’ai eu droit à un procès en diffamation, que j’ai d’ailleurs gagné en 1990. Et cela a fait jurisprudence. Mais là encore, le but était de me faire partir.

Etiez-vous soutenu ou isolé au sein du collège ?

J’avais le soutien de la grande majorité des professeurs qui étaient tous contre le voile. Eux aussi avaient bien compris ce qui se jouait et qu’il ne fallait pas lâcher prise. J’ai été reçu par le recteur. Un brave homme qui n’entendait rien à ces questions et savait à peine ce qu’était l’Islam. Personne ne se rendait compte de rien à l’époque. Il y avait aussi cet inspecteur d’académie, un jeune. Il m’a convoqué un jour, c’était un jeudi. J’ai eu droit à une drôle de séance dans une salle mal éclairée de Beauvais, avec deux témoins. Il m’a fait la leçon pour me demander d’accepter en classe les filles avec le voile. « Vous allez laisser entrer ces filles en cours avec leur foulards », hurlait-il. Je l’ai bien regardé. Là encore les arts martiaux qui enseignent avant tout la maitrise de soi m’ont bien aidé. Je lui ai demandé s’il en avait terminé et je lui ai demandé s’il avait une seule bonne raison de laisser ces filles entrer en classe avec leur foulard parce que pour ma part je n’en voyais aucune. Il n’en avait pas. Je lui ai donc demandé un relevé de conclusions écrit. Et qu’il me le signe. Évidemment il a refusé. Lui aussi était grotesque.

En 1989, vous vous attaquez aussi à la petite communauté juive du collège…

Non, grand Dieu, Non, je ne m’y « attaque » pas mais en pleine affaire du voile, on vient me trouver en me disant « vous voyez il y a des collégiens juifs qui ne viennent pas au collège les vendredis après-midi et samedi matin pour cause des shabbat ». C’était normal d’exiger aussi que cela cesse. Je suis allé voir la responsable de l’association juive en charge de l’inscription de ces jeunes dans notre établissement pour lui expliquer la problématique. Elle s’est énervée… Quelques temps plus tard je recevais une lettre avec le sigle de l’ONU, m’accusant tout bonnement d’avoir pris des positions antisémites. Grotesque encore.

L’Education nationale m’a nommé proviseur dans un établissement où j’ai été accueilli comme « un homme de droite ». J’y suis resté un an à subir une forme de lynchage de la part des enseignants locaux qui se revendiquaient « de gauche ».

Avez- vous été surpris par la décision du conseil d‘Etat fin novembre 1989, disant que le voile était compatible avec la laïcité…

Ce n’est que l’illustration du trop fameux « Courage, fuyons ! ». Je savais bien que personne ne comprenait bien ce qui se passait et qu’il y avait en France bien des forces à l’œuvre sur ces questions. Dans cette période, j’ai reçu 3600 lettres de soutien. L’affaire s’est terminée quand le Roi du Maroc Hassan II l’a décidé. On l’a su après, mais l’ambassadeur du Maroc en France avait été convoqué par le ministre de l’Intérieur. Les fillettes et surtout leurs parents ont obéi dans la seconde. Après, dans le collège et dans la ville de Creil, cela a été un grand soulagement. J’ai eu d’innombrables témoignages de reconnaissance. Les trois années suivantes ont été des années normales.

Et en 1993 vous devenez député RPR, battant Jean Anciant, le maire socialiste de la ville… Pourquoi ce choix, vous qui disiez ne pas faire de politique ?

Je suis un homme simple. Mes deux parents étaient instituteurs, des Hussards noirs de la République ! J’aime la France, celle des manuels d’histoire, de Clovis à Clémenceau. Oui, à la rentrée de septembre 1989, j’ai perçu qu’il y avait en France un problème avec la laïcité. Moi, le nègre, je me rendais compte d’un problème dont personne ne réalisait l’énormité, et j’ai pensé que ma voix pouvait porter à l’Assemblée nationale. Moi, le petit martiniquais venu au monde en Martinique, j’ai imaginé que je pourrais avoir une loi qui porterait mon nom sur le sujet…

Vous n’avez guère été entendu…

Mes amis gaullistes m’ont écouté. J’ai rédigé trois propositions de loi sur ces questions, mais, c’est vrai, rien n’a abouti. La dernière était même une proposition de réforme constitutionnelle puisque je proposais que l’on rajoute au triptyque « Liberté égalité fraternité » le mot Laïcité. Tout cela est dans les cartons de l’Assemblée. Ces questions faisaient peur.

J’aime la France, celle des manuels d’histoire, de Clovis à Clémenceau

En 1997, vous êtes battu…

Oui, et là encore, j’ai l’impression d’avoir été victime de règlements de comptes souterrains, d’accointances secrètes entre le RPR et le PS. D’un coté, on aide Eric Woerth à prendre la maire de Chantilly et de l’autre on « rend » au PS la circonscription de Creil, qui avait toujours été à gauche. J’ai été battu dans une triangulaire face au PS et le FN. Il faut préciser que pendant quatre ans je vivais avec ma famille sous la protection de policiers du Service de protection des personnalités. Ma permanence a été saccagée. Une fois ou deux, un bâton à la main, j’ai fait reculer des petits groupes hostiles. Il était pour nous invivable de rester à Creil.

Qu’êtes vous devenu ?

L’Education nationale m’a nommé proviseur dans un établissement où j’ai été accueilli comme « un homme de droite ». J’y suis resté un an à subir une forme de lynchage de la part des enseignants locaux qui se revendiquaient « de gauche ». Puis j’ai rendu les armes, la lutte était impossible dans un contexte marqué par un certain nombre d’incompréhensions. J’ai ensuite été affecté à différentes « missions » jusqu’au à ce qu’on me demande de prendre ma retraite, il y a dix ans.

Pourquoi n’avoir jamais écrit vos mémoires, et longtemps refusé de parler ?

Quand j’ai arrêté de travailler, j’ai passé deux ans à Mayotte et j’ai écrit un livre sur tout cela. Mais je me suis fait voler mon ordinateur et même le disque dur de sauvegarde. Je n’ai jamais eu la force de recommencer. C’est comme cela, je crois au fatum…

Ces trois mois de l’automne 89 ont changé votre vie…

Oui bien sûr. Plus j’avance en âge, plus je suis aujourd’hui intimement convaincu que j’ai été placé là, en 1989, dans le but de faire ce que j’ai fait. De dire “non” en quelque sorte. Je crois même que toute ma vie avant 89, que ce soit mon séjour au Maroc, les arts martiaux, ma naissance dans la rue, mes origines, tout m’avait préparé à cela. A tenir bon durant ces 3 mois qui ont changé ma vie. Je crois dans ces fils invisibles.

Je me suis retrouvé à Creil face à la première tentative d’ouvrir une brèche dans la laïcité par un islamisme conquérant.

L’actuel maire de Creil assure que vous avez monté les choses en épingle…

Je reste écoeuré que l’on puisse oser aujourd’hui encore un bluff aussi immonde, aussi énorme, aussi affligeant ! Que le maire de Creil ose encore tenter de tromper les gens en prétendant une chose pareille, c’est une vilenie de plus.

Quel regard portez- vous sur ces 30 ans ?

Je me suis retrouvé à Creil face à la première tentative d’ouvrir une brèche dans la laïcité par un islamisme conquérant. Je n’étais ni de droite, ni de gauche, ni d’extrême droite ni de droite extrême. J’étais là. Je suis certain que la décision de porter le fer à Creil est venue de loin, et que l’inertie de la mairie, sa complicité aveugle, ont joué leur rôle. Aujourd’hui, trente ans plus tard, il va sans dire que nous sommes face à un phénomène historique. Le système capitaliste financier actuel est une horreur. Les pensées se stérilisent, les pays s’appauvrissent. Les idéaux reculent. Si cela continue à ce rythme, un jour ou l’autre, comme cela a toujours été le cas dans l’histoire, notre pays sera bon à prendre…

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Rokhaya Diallo dans les pas de Jean-Marie Le Pen?

Elle projette un éclairage surprenant sur la plus grande tragédie du siècle dernier

parBenoît Rayski –  Causeur

Rokhaya Diallo © BALTEL/SIPA Numéro de reportage: 00684906_000012

Rokhaya Diallo a une façon très novatrice de raconter Auschwitz 


En son temps, Jean-Marie Le Pen déclara que le génocide juif était « un point de détail » dans l’histoire du XXe siècle. C’était passablement infâme. On en parla beaucoup. Rokhaya Diallo a contourné cet écueil. Et a trouvé un « détail » auquel personne, avant elle, n’avait pensé. Selon la militante, il n’y a pas eu de génocide juif, parce que les Juifs n’ont pas été exterminés « en tant que groupe ». Elle précise, répondant à ses détracteurs, que les Juifs n’ont pas été anéantis, en « raison de la couleur de leur peau ». En effet, les Juifs étaient bêtement blancs ! Que n’ont-ils eu l’idée d’être verts, bleus ou rouge ? Dans ce cas, la charmante Rokhaya Diallo aurait reconnu leur génocide…

Rokhaya Diallo nous ressort presque le point de détail

Alors suivons, ou plutôt essayons de suivre, son raisonnement. S’ils n’ont pas été exterminés en tant que « groupe » c’est qu’il y avait d’autres excellentes raisons pour les massacrer. Certains d’entre eux ont vraisemblablement été tués parce qu’ils descendaient des assassins du Christ. D’autres, parce qu’ils avaient des ancêtres usuriers. Citons pour mémoire ceux qui étaient banquiers, communistes, sionistes. Les tailleurs incompétents et escrocs. Les barbus qui contre-venaient à l’hygiéniste hitlérien. Et tous les autres dont il fallait bien se débarrasser car ils obstruaient méchamment le chemin qui menait vers les chambres à gaz.

Zineb El Rhazoui@ZinebElRhazoui

Nier l’extermination des juifs « en tant que groupe », c’est nier la qualification même de génocide. Les propos négationnistes de @RokhayaDiallo doivent alerter sur les dérives idéologiques graves qui animent la mouvance #racialiste dont elle est la porte-parole. #genocidedenial

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Pour Rokhaya Diallo, quand les blancs assassinent des blancs, il ne peut y avoir génocide. Il ne peut y avoir génocide que quand des blancs tuent des noirs. On ne connaît pas son point de vue sur le génocide arménien. Peut-être pense-t-elle qu’il s’agissait d’une lamentable querelle entre des blancs turcs et des blancs arméniens ? Là où son cheminement de pensée va rencontrer une énorme difficulté, c’est à propos du génocide Rwandais. 500 000 morts, ce n’est pas rien. Des noirs massacrés par des noirs. Comment pourrait-on en parler ? Une tuerie tribale ? Non, ce serait stigmatiser l’Afrique qu’elle aime tant.A

Alors, il lui reste la possibilité de rejeter la faute du crime sur l’ex-colonisateur belge qui aurait chauffé à blanc la haine des Hutus contre les Tutsis. Les noirs sont, comme nul ne peut l’ignorer, de grands enfants que les blancs, sournois et retords, manipulent à souhait. Mais tout ça est beaucoup trop compliqué. Il y a plus simple: les Tutsis n’ont pas été exterminés en raison de la couleur de leur peau, donc il n’y a pas eu génocide. Génial, non ?

P.S : Vous vous demandez sans doute pourquoi on parle si peu du détail Rokhaya Diallo alors qu’on a fait tant de bruit autour du point de « détail » de Jean-Marie Le Pen ? C’est tout simplement parce qu’elle est noire et qu’elle ne peut en aucune manière être raciste.

Marranes: Vers une reconnaissance et un retour au sein du peuple Juif

120 millions de descendants de Marranes et 14 millions de Juifs dans le monde : Vers une reconnaissance et un retour au sein du peuple Juif.

Création à Paris de L’INSTITUT EUROPÉEN D’ETUDES ET DE RECHERCHES MARRANES (Association à but non lucratif loi 1901) Directeur Pierre Mamou

Correspondant de INSTITUTE FOR SEFARADI AND ANOUSIM STUDIES (Université de Netanya)  Directeur Salomon Buzaglo

Ces instituts crées en 2011 à Netanya et en 2019 à Paris ont été fondés pour répondre à l’extraordinaire réveil et au retour à leur héritage Juif des descendants des Marranes (crypto-Juifs ou Bnei Anousim en hébreux) convertis de force et fuyant les persécutions de l’inquisition  il y a cinq siècles.

Reconstruction du peuple juif

Le marranisme est une manifestation inhérente au peuple Juif découlant de sa dispersion et de sa persécution. L’équilibre démographique du peuple Juif a été depuis un siècle affaibli par l’holocauste et la forte assimilation qui découle sur un nombre grandissant de mariages mixtes.

L’identification et la recherche des racines Juives (recherches généalogiques et profils génétiques) constituent le premier pas dans une introspection vers un passé tragique au cours duquel la mémoire Juive a été cultivée et entretenue malgré les persécutions et le déracinement. Ces deux souvenirs, la mémoire Juive et la mémoire du traumatisme des persécutions garantissent le retour à l’identité Juive des Marranes.

Après beaucoup de réticences, le rabbinat en Israël sera contraint à harmoniser et normaliser ses actions de conversions en Israël et aussi en dehors d’Israël.

Les recherches effectuées sur le sujet pendant les trois dernières décennies montrent que les descendants des Marranes d’origine ibérique seraient aujourd’hui plus de 120 millions de personnes répartis en Amérique du sud (Brésil, Mexique, Equateur, Pérou, Panama et république Dominicaine) et dans le sud de l’Europe (Portugal, Espagne, Italie du sud, Sicile et Corse).

Rappel historique 

Le Portugal

Ce pays a servi de refuge aux juifs expulsés en 1492 mais également de terre d’accueil aux marranes d’Espagne, imposera la conversion forcée aux juifs expulsés 5 ans  plus tard. C’est ce qui expliquera dans les années qui suivent a un exil massif de ces populations vers des   contrées plus accueillantes (Amsterdam, Livourne, Salonique, l’empire Ottoman, l’Afrique du nord et aux Amériques).

Dans le nord du Portugal en 1920 un ingénieur Juif Polonais nommé Samuel Schwarz en poste près de Belmonte découvrit dans cette ville l’existence d’une communauté Marrane ayant conservé au fil des siècles un nombre important  de rites Juifs et qui revint progressivement à un judaïsme orthodoxe avec la construction d’une synagogue et l’ouverture d’un hôtel-restaurant strictement cacher. C’est aussi Samuel Schwarz qui découvrit à Tomar une ancienne synagogue du 14ème siècle qu’il acheta et ouvrit un musée qu’il nomma Abraham Zacuto du nom d’un illustre cartographe du 15ème siècle et où l’on peut voir des nombreuses reliques et des plaques tombales très anciennes.

En Espagne

dans plusieurs villes subsistent beaucoup de lieux qui témoignent d’une présence Juive, et aux Baléares les Chuetas descendants de marranes convertis dès 1391 et qui ont choisi de se marier entre eux et qui aujourd’hui renouent pour certains avec leurs racines Juives.

En Sicile

A Palerme, une église désaffectée dans l’ancien quartier Juif est en train de redevenir une synagogue grâce à la bienveillance de l’archevêque de la ville Mgr Orifici.

En Corse

Une longue histoire d’amour et de bienveillance des habitants de l’ile avec les Juifs fera l’objet bientôt à Paris d’une présentation d’un livre par son auteur qui relate l’arrivée des Marranes dans l’ile.

En Afrique du Nord

Au temps des persécutions almohades du 13ème siècle qui obligèrent les communautés Juives à choisir entre la mort ou la conversion, avant de pouvoir revenir ouvertement au judaïsme à l’exception de deux villes à Fès au Maroc et à Sfax en Tunisie où aujourd’hui existent des descendants de crypto Juifs étant officiellement Musulmans.

En Amérique du sud

De nombreux Marranes trouvèrent refuge et des aventures extraordinaires se sont produites. De la culture de la canne à sucre introduite au Brésil par des Marranes de l’Ile de Madère, à la bienveillance de Christophe Colomb et de sa famille qui accueillirent de nombreux Marranes en Jamaïque, et qui pour certains d’entre eux, devenus pirates prirent leur revanche sur les Espagnols en capturant leurs bateaux. Puis plus tard ce sont encore des Marranes qui permirent aux Anglais et aux Hollandais de conquérir le nord du Brésil et certaines îles de l’Amérique centrale et prendre ainsi une revanche sur l’Espagne intolérante et inquisitoriale.

Il y a aujourd’hui des millions de descendants de Marranes qui revendiquent leurs origines et entre autre au Brésil avec la société de généalogie locale un projet géant d’arbres généalogiques des descendants des Anousim a été créé par l’Institut de Recherche du monde Séfarade et du Marranisme au Collège universitaire  de Netanya.

Identification

Nous invitons les personnes intéressées à adhérer à notre institut, à participer à nos recherches, à participer à nos voyages dans les lieux Marranes et à assister à nos conférences à Paris.

Nos instituts proposent aussi leur aide à ceux qui le souhaitent de chercher l’identification et la recherche de leurs racines Juives et pour certains les orienter vers une conversion orthodoxe et leur retour dans le peuple Juif.

Adresse mail : [email protected]

Téléphone et WhatsApp : 33(0)609668491

Tours : 1019 noms de juifs déportés lus lors d’une cérémonie d’hommage aux victimes de la Shoah

Une cérémonie d’hommage a lieu ce dimanche 15 septembre dans le péristyle de l’hôtel de ville de Tours pour rendre hommage aux 1019 juifs déportés entre 1942 et 1944. Seules 38 sont revenus vivants.

La mairie de Tours
La mairie de Tours © Radio France – Manon Derdevet

Tours rend hommage aux juifs déportés pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ils sont 1019, femmes, hommes et enfants de Touraine a avoir été déportés entre 1942 et 1944 vers les camps d’extermination d’Auschwitz ou de Sobibor.

Pour se rappeler de ces victimes de la Shoah, les 1019 noms seront lus aujourd’hui lors d’une cérémonie dans le péristyle de l’hôtel de ville de Tours ce dimanche 15 septembre. Les noms des déportés seront lus par des membres des familles mais aussi par des élus.

38 survivants reviennent de déportation

Un hommage rendu possible notamment grâce au travail de l’association Areshval (Association de recherches et d’études historiques sur la Shoah en Val de Loire). 

Depuis près de 20 ans ses deux fondatrices Marie Paule Fresneau Petigirard et Yvette Ferrand, font de très nombreuses recherches dans les archives de la police, de la justice ou encore des hôpitaux pour retrouver les traces de ces personnes. 

“A Tours, 78 enfants ont envoyé vers les camps de la mort, entre 1942 et 1944 cela représente trois classes d’écoles vidées de ses élèves.” Yvette Ferrand

Selon Yvette Ferrand présidente d’honneur de l’association Areshval, “il faut faire comprendre l’énormité des chiffres et redonner une individualité à chaque personne. 1019 personnes, c’est l’équivalent d’un train de déporté entier. A Tours 78 enfants ont envoyé vers les camps de la mort, entre 1942 et 1944 cela représente trois classes d’écoles vidées de ses élèves. Ce sont nos voisins que l’on est allé chercher !” Seulement 38 parmi tous ces déportés sont revenus vivants. 

“Une pierre tombale orale” Yvette Ferrand

Avec cette hommage, Yvette Ferrand veut offrir à ces victimes de la Shoah “une pierre tombale orale”. “Ils n’ont pas de tombes !” rappelle émue cette ancienne directrice d’école maternelle. “C’est terrible pour faire son deuil !”. 

Selon un sondage Ifop en 2018, 30% des 18-35 ans ne savent pas qu’un génocide des juifs a eu lieu pendant la Seconde Guerre mondiale. Un chiffre qui rend triste la tourangelle qui constate également une hausse de l’antisémitisme en France actuellement. Elle même a déjà été victime d’actes antisémites, bien qu’elle ne soit pas juive

Pour elle, il faut continuer à enseigner les histoires de ses déportés à tous prix.  L’association aimerait qu’une stèle soit installée dans Tours pour rendre hommage à ces 1019 juifs. 

Elle travaille continue parallèlement son travail sur des archives partout dans le département.

Le BNVCA tient l’Etat pour responsable de de sa passivité quant à la perpétuation de la commission d’un délit sanctionné par la loi pénale

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme est alerté par de nombreux correspondants scandalisés par la Campagne du mouvement illégal BDS invité officiellement et publiquement  à exposer sa propagande discriminatoire à la Fête de l’Humanité qui se déroule  du 13 au 15 septembre 2019 au Parc départemental de la Courneuve ’93.

Le BNVCA condamne sévèrement la présence de BDS à cette manifestation qui s’affiche impudemment et impunément .

Le BNVCA rappelle encore une fois, que l’appel au boycott est un délit prévu et réprimé par nos lois inscrites dans le code pénal et qu’il doit être traité comme tout autre délit .

Nous ne pouvons admettre que ce délit dont les conséquences sont néfastes, bénéficie d’une telle indulgence des autorités chargées de sanctionner des délinquants, activistes du boycott d’Israël.

L’appel au boycott participe de cette incitation à la haine d’Israël qui pousse à l’acte antijuif criminel et sanguinaire dans notre pays depuis près de 20 ans causant chez nos concitoyens de confession juive un malaise qui ne cesse de s’accroître. 

BDS constitue la source essentielle de la haine antijuive.

Nous rappelons que le BNVCA poursuit sans relâche, les activistes de BDS. La cour de Cassation a confirmé la condamnation par la Cour d’Appel de Colmar de 14 délinquants BDS

Il est insupportable de constater que non seulement les décisions de justice sont bafouées, mais que des organisations politiques françaises, soutiennent, encouragent le délit, et participent à sa promotion.

Face à ces  provocations, les correspondants du BNVCA nous expriment leur déception, leur écœurement et même leurs doutes quant à la volonté réelle de l’Etat d’éradiquer les sources de l’antisémitisme, dont sont victimes nos concitoyens de confession juive.

Le BNVCA a chargé son conseil Maitre Charles Baccouche, d’envisager de poursuivre pénalement les auteurs et complices du délit d’appel au boycott organisé à la Fête de l’Humanité.


Le Président Sammy GHOZLAN – 01 77 38 49 44

Sondage “surprenant” auprès de la population arabe: qui est le plus apte à être Premier ministre?

 by Shraga BlumSeptember 12, 2019

Le Programme Konrad Adenauer pour une coopération judéo-arabe, dépendant de l’Université de Tel-Aviv, a réalisé une étude d’opinion auprès de la population arabe israélienne à l’occasion des élections. Il montre sans surprise un soutien massif à la Liste arabe, avec 80,5% des voix des citoyens arabes qui disent vouloir se rendre aux urnes. Les intentions de vote en faveur des partis de la gauche israélienne sont en nette diminution.

Quant à la question de savoir qui est le plus apte à être Premier ministre, ô surprise: c’est Binyamin Netanyahou qui arrive en tête avec 23,6% de opinions! Il est suivi de très loin par Ayman Odeh (il n’y a pas photo…) qui recueille 9,9%, puis arrivent Benny Gantz (9,6%), Ehoud Barak (7,7%). Avigdor Lieberman (7,5%) et Ayelet Shaked (7%).

Photo Yonatan Sindel / Flash 90

Sondage 124: la droite sans Lieberman à 58 sièges

 by Shraga BlumSeptember 12/2019

Un sondage réalisé pour Israël Hayom/i24News indique que la droite se rappoche du cap nécessaire mais que c’est toujours Avigdor Lieberman qui tient le rôle d’arbitre. Autres données à noter: Yamina est en légère baisse, Otsma Yehoudit est “dedans” et le Camp Démocratique se rapproche du seuil d’inégibilité:

Likoud: 33

Bleu-Blanc: 31

Liste arabe: 12

Israël Beiteinou: 9

Yamina: 7

Yahadout Hatorah: 7

Shass: 7

Parti travailliste: 6

Otsma Yehoudit: 4

Camp Démocratique: 4

Blocs: Droite 58 / Gauche et Arabes 53 / Avigdor Lieberman 9

Pour le duel Netanyahou-Gantz quant à l’aptitude à être Premier ministre, le résultat est dans appel: 48% pour l’actuel Premier ministre contre 28% à l’ancien chef d’Etat-major.

La Philharmonie de Paris accueille le grand chef indien Zubin MEHTA, pour sa dernière tournée à la tête de l’Orchestre philharmonique d’Israël.

Histoire de l’Orchestre philharmonique d’Israël

Zubin Mehta a notamment contribué à enrichir le rapport particulier qu’entretient le pays avec la mémoire, promouvant de nombreux créateurs israéliens, multipliant les propositions programmatiques, favorisant l’enseignement musical.
Revenons sur l’histoire de l’orchestre qu’il dirige depuis plus de 40 ans.
 
Premières décennie (1936 – 1946)


Le 26 décembre 1936, le Palestine Orchestra était né. Le grand violoniste et musicien juif d’origine polonaise Bronislaw Huberman, qui pressentait la Shoah, a persuadé 75 musiciens juifs des grands orchestres européens d’immigrer en Palestine, créant ce qu’il a appelé la « matérialisation de la culture sioniste dans la patrie » sur les dunes de sable de Tel-Aviv.
Huberman a invité le plus grand chef d’orchestre du moment, Arturo Toscanini, à diriger le concert d’ouverture présenté à la foire du Levant à Tel-Aviv le 26 décembre 1936. Toscanini a abandonné son célèbre orchestre NBC pendant plusieurs semaines « pour prêter un soin paternel au nouveau-né”. Le grand Maestro, qui avait auparavant échappé à l’ascension du fascisme dans son pays d’origine, l’Italie, a déclaré:” Je le fais pour l’humanité … “
La première décennie a été marquée par un travail intensif sur la cristallisation musicale et l’unité de l’orchestre, dont les excellents interprètes ont apporté divers styles. Les principales langues parlées à cette époque étaient l’allemand, le polonais, le hongrois et le russe. Les jeunes membres ont parlé un peu l’hébreu. L’orchestre avait déjà accueilli de grands chefs au cours de sa première décennie, dont Molinari, Steinberg, Dobrowen et Sargent. Ses propres artistes ont également été invités à se produire avec l’orchestre, parmi lesquels les chefs Michael Taube, George Singer, Mark Lavri et Paul Ben-Haim; la soprano Bracha Zefira; le pianiste Pnina Salzman; la violoncelliste Thelma Yellin et d’autres. La tentative de l’orchestre de s’intégrer à la scène du Moyen-Orient a conduit à des tournées en Égypte de 1940 à 1943 (avec Huberman en tant que soliste), dirigées par Toscanini et Molinari.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il apparut lors d’un concert devant les forces alliées dans le désert occidental à l’intention des soldats de la brigade juive, dirigé par le maître de concert de l’époque, Joseph Kaminski.
 
Deuxième décennie (1947 – 1956)

Cette décennie a été l’une des plus grandes et des plus significatives de l’histoire de l’orchestre. L’Etat d’Israël célébrait son Indépendance. L’orchestre a pris le nom d’Orchestre philharmonique d’Israël et est immédiatement devenu une partie intégrante de la vie de la nation juive renaissant sur son ancien territoire. Il était naturel que l’orchestre joue l’« Hatikvah » lors de la cérémonie officielle de la Déclaration d’Indépendance du 14 mai 1948 au musée de Tel Aviv. Le 20 novembre 1948, quelques jours après la libération d’Israël, l’Orchestre philharmonique d’Israël introduisit un concert émouvant sur les dunes de Beer Sheva. Les membres seniors de l’orchestre se souviennent du jeune Leonard Bernstein jouant et dirigeant l’orchestre devant 5 000 soldats, à portée de voix des forces égyptiennes qui se retiraient.
L’orchestre a également voyagé dans des véhicules blindés au cours du siège de Jérusalem pour relever le moral des civils et des soldats. C’est aussi la décennie au cours de laquelle certains des artistes les plus renommés au monde s’identifient à l’État d’Israël par leurs relations avec l’orchestre: les chefs d’orchestre Koussevitzky, Markevitch, Celibidache, Klecki, Paul Paray (directeur musical de 1949-1951). ), Fricsay, Giulini, les violonistes Heifetz, Menuhin, Elman, Milstein, Stern, Francescatti (qui n’ont pas quitté Israël même après le déclenchement de la guerre du Sinaï en octobre 1956); les pianistes Arthur Rubinstein et Claudio Arrau; le violoncelliste Paul Tortellier; les chanteurs Jan Peerce et Jennie Tourel; et tant d’autres. Des œuvres israéliennes furent également présentées et les compositeurs Lavri, Partos, Ben-Haïm, Boskivitch, Avidom et Steinbers furent des invités réguliers de la scène de l’orchestre. Il ne faut pas oublier de mentionner la première tournée de l’orchestre aux États-Unis en décembre 1950, sous la direction de Koussevitzky, Bernstein et Izler Solomon, une tournée qui suscita beaucoup de fierté chez les Juifs américains. Plus tard, l’orchestre effectua une tournée en Europe, ce qui fut également passionnant pour les membres de l’orchestre et le public européen.
L’orchestre publia son premier enregistrement, les symphonies de Mahler, dirigées par Paul Klecki pour Decca.
 
Troisième décennie (1957-1966)
L’événement principal de cette décennie fut l’inauguration de la maison de l’orchestre, l’auditorium Mann. L’initiateur et principal bienfaiteur était l’ami de l’Orchestre philharmonique d’Israël, Frederic R. Mann. L’orchestre, qui jusqu’alors jouait devant des milliers d’abonnés dans la petite salle en lambeaux «Ohel Shem» pouvant accueillir 620 personnes, s’installa dans sa nouvelle salle de 2 800 places. En conséquence, le nombre d’abonnés de l’orchestre s’élèva à plusieurs dizaines de milliers. Ce public merveilleux et fidèle est incomparable et constitue la colonne vertébrale de l’orchestre à ce jour.
La troisième décennie attira également nombre des plus grands artistes du monde. Une fissure dans le rideau de fer russe a permis à des artistes tels que le violoniste David Oistrakh et la violoncelliste Msislav Rostropovich de se joindre à l’orchestre pour la première fois. Des chefs tels que Josef Kripps, Istvan Ketesz, Jean Martinon (directeur musical pendant un an), Solti, Dorati, Celibidach, Ormandy, Mitropulos et d’autres géants enrichirent l’orchestre et le public avec des expériences inoubliables.
C’est également la décennie au cours de laquelle plusieurs artistes jeunes et prometteurs ont fait leurs débuts avec beaucoup de succès: les violonistes Itzhak Perlman et Pinchas Zukerman, le pianiste Daniel Barenboim et le chef d’orchestre Zubin Mehta, qui continua à entretenir des liens étroits avec l’orchestre. Le pianiste Glenn Gould, le violoniste Henryk Szeryng et les artistes israéliens Frank Peleg, Bracha Eden, Alexander Tamir, Yahli Wagman et de nombreux autres artistes firent leur entrée sur le marché. Pendant toute cette décennie, l’orchestre continua à enregistrer avec les chefs George Solti et Lorin Maazel.
 
Quatrième décennie (1967 – 1976


La quatrième décennie fut sans doute l’une des plus héroïques de l’histoire de l’orchestre. À la veille de la guerre des Six jours, alors que les pays voisins menaçaient de les anéantir, un chef d’orchestre renommé cesse de diriger au milieu d’une série de concerts et quitte Israël. Les solistes de cette série, la soprano Roberta Peters et le ténor Richard Tucker, choisissent de ne pas renoncer. La guerre éclata et Zubin Mehta arriva d’Europe à bord d’un avion rempli de munitions. Il fut ensuite rejoint par Daniel Barenboïm et la violoncelliste Jacqueline du Pré, qui se marièrent dans Jérusalem libérée. Leonard Bernstein dirigea la symphonie « Résurrection » de Mahler lors d’un des concerts les plus émouvants, à l’amphithéâtre du Mont Scopus (juillet 1967). Isaac Stern fut le soliste de ce concert auquel assistèrent tous les chefs d’État. L’Orchestre philharmonique d’Israël  exécuta le Requiem de Verdi à Bethléem, dirigé par Mehta, et pour les soldats des Forces de Défense d’Israël à Sharm-el-Sheikh, dirigé par Shalom Ronly-Riklis. Jascha Heifetz et Gregor Platigorsky sont revenus en Israël pour se produire avec l’orchestre et furent reçus avec enthousiasme.
Pour la première fois, en 1971, l’Orchestre philharmonique d’Israël fut invité à participer aux prestigieux festivals européens de Salzbourg, Lucerne et Édimbourg. De vifs arguments  furent avancés pour déterminer si l’orchestre devait ou non jouer à Berlin; enfin, la décision fut prise de jouer. Le public allemand répondit avec enthousiasme à la Symphonie n ° 1 de Mahler et demanda un rappel. Mehta y répondit en faisant jouer l’«Hatikva», et c’est ainsi que  l’hymne national israélien a été joué à 500 mètres du Reichstag, le lieu d’où fut ordonné le massacre du peuple juif. En 1973, la guerre de Kippour a éclaté et l’orchestre a continué à se produire pour les soldats des Forces de Défense d’Israël, des hauteurs du Golan au Sinaï.
Le grand pianiste Arthur Rubinstein, qui avait perdu la vue, réalisa son dernier enregistrement avec l’orchestre, le premier concerto pour piano de Brahms,  dirigé par Zubin Mehta (avril 1976).
 
Cinquième décennie (1977-1986)
Cette décennie fut  riche en événements extraordinaires. En 1982, eut lieu la « Semaine Huberman », qui célébra le centenaire de la naissance du fondateur de l’orchestre et regroupa les plus grands violonistes du monde. En 1986, l’Orchestre Philharmonique d’Israël célébra son jubilé avec un festival exceptionnel mettant en vedette des chefs et des solistes renommés. Leonard Bernstein intitula son travail “Jubilee Games” spécialement pour l’occasion. Peu de temps après, l’orchestre célébra le centenaire de la naissance d’Arthur Rubinstein avec d’éminents pianistes qui se rendirent en Israël pour se produire à la mémoire du grand maestro. Au cours de cette décennie, Zubin Mehta fut nommé directeur musical à vie et déclara avec enthousiasme: « Je resterai aussi longtemps que les joueurs me voudront ».
Ce fut une décennie de visites réussies. L’orchestre a reçu des critiques enthousiastes du « Fidello » de Beethoven et de la cinquième symphonie de Mahler avec Mehta et de la symphonie « Kaddish » de Bernstein à la mémoire des victimes de la Shoah, dirigée par le compositeur à Berlin. Bernstein fit  se produire l’orchestre en Europe, aux États-Unis, au Mexique et au Japon, et Zubin Mehta dirigea un concert émouvant au « Good Fence », à la frontière libanaise, devant un public varié d’Israéliens et de Libanais des deux côtés de la clôture.
L’Orchestre philharmonique d’Israël enregistra de nombreuses œuvres pour de grands labels: Sony, EMI, Deutsche Gramophone, Teldec et autres, sous la direction de Mehta, Bernstein, Walter Weller et Raphael Kubelik.
 
Sixième décennie (1987 – 1996)

Cette décennie fut également couronnée de moments passionnants. L’Orchestre philharmonique d’Israël entama sa première tournée en Pologne et ce fut très symbolique: un orchestre fondé par des musiciens ayant fui les nazis au dernier moment, se produisant dans le pays qui a subi la plus grande perte en Hommes dans les camps de la mort allemands. Cela ressemblait à une proclamation: « Nous sommes ici. Le peuple, la culture et le patrimoine juifs ne peuvent être annihilés ».
Les portes de l’URSS furent également ouvertes à l’orchestre, qui se produisit avec le chef d’orchestre Zubin Mehta et le soliste Itzhak Perlman. Les liens entre l’URSS et Israël étaient immenses. C’était le seul rêve des Juifs de ce pays d’immigrer en Israël. Ce rêve devint réalité et amena de nombreux nouveaux musiciens immigrants à rejoindre les rangs de l’orchestre. L’orchestre effectua également sa première tournée en Chine et en Inde, la patrie de Zubin Mehta.
 
Au cours de la sixième décennie, l’Orchestre philharmonique d’Israël nomma Leonard Bernstein, chef lauréat de l’Orchestre philharmonique d’Israël, pour ses 40 années d’activité au sein de l’orchestre, et le célèbre musicien n’a pu retenir son émotion après avoir reçu le titre honorifique (mai 1988). Le chef d’orchestre, Kurt Masur, fit ses débuts en Israël et, après une réception enthousiaste, effectua une tournée avec l’orchestre aux États-Unis. En 1992, il reçut le titre de chef d’orchestre invité honoraire.

Parmi les autres événements émouvants, citons les premières mondiales, en mai 1987, de «Mehaye Hametim» («La résurrection des morts») de Noam Sheriff, représentant la renaissance du peuple juif, lors de l’inauguration du Musée historique juif d’Amsterdam, en présence de la reine des Pays-Bas et de nombreux premiers ministres européens, et la performance de Spanish Passion du shérif » à Tolède (1991), lors d’un concert dirigé par Zubin Mehta, les musiciens abandonnèrent tout et se précipitèrent pour diriger l’orchestre au milieu des attaques de missiles Scud. 25 membres de l’orchestre ont passé la guerre en tant que réservistes au sein de Tsahal.

James Levine fit ses débuts dans le cadre de concerts festifs et réussis. En avril 1996, l’Orchestre philharmonique d’Israël célébra le 60e anniversaire de Mehta lors d’une tournée excitante et riche en événements aux États-Unis, au cours de laquelle les amis américains de l’Orchestre philharmonique d’Israël prouvèrent une fois de plus leur soutien.
Sous les auspices de la fondation l’Orchestre philharmonique d’Israël, des associations d’amis pour aider l’orchestre furent fondées dans le monde entier. L’orchestre continuait à « changer de forme » avec les membres seniors, les piliers de l’orchestre, prenant leur retraite, et de nouveaux jeunes artistes, beaucoup provenant des rangs du Young Israel Philharmonic.
 C’était également le cas du public : leurs efforts pour attirer de nouveaux abonnés plus jeunes dans leurs salles de concert furent couronnés de succès. Des émissions musicales passionnantes, de nouvelles séries et une activité ciblée pour les jeunes ont conduit l’Orchestre philharmonique d’Israël à sa septième décennie, une décennie supplémentaire d’activité culturelle et musicale.

Septième décennie (1997-2006)

Au cours de la septième décennie, la fortune de l’Orchestre philharmonique d’Israël reflétait l’agitation politique du Moyen-Orient. À l’époque des accords d’Oslo, période d’optimisme sans précédent dans la société israélienne, l’orchestre salua les meilleurs artistes et interprètes israéliens, Moshe Wilensky, Sasha Argov, Naomi Shemer, Nurit Hirsch, Esther Ofarim et Yoni Rechter, lors de concerts spéciaux. Des enregistrements best-sellers mettant en vedette l’orchestre accompagnant les artistes israéliens comme Achinoam Nini, David D’Or et Yehudit Ravitz, apparrent aux côtés d’artistes au son « méditerranéen » comme les grecs Dalares et Glikeria.
Zubin Mehta fut invité à diriger l’Orchestre philharmonique d’Israël lors d’un concert historique réunissant des enfants palestiniens et juifs dans la salle de concert. Les membres de l’orchestre se partagèrent entre Bethléem au sein de l’Autorité palestinienne et Beit Shemesh, une ville typique israélienne, afin de préparer 500 jeunes pour un concert avec orchestre. Trouver un « territoire neutre » pour les enfants de Deheshe, un camp de réfugiés, et de Beit Shemesh n’a fut pas une tâche facile. Zubin Mehta  leva finalement sa baguette pour la Septième Symphonie de Beethoven au YMCA de Jérusalem, où 500 enfants vécurent une expérience inoubliable. Cet événement stimula l’imagination des amis américains de l’Orchestre philharmonique d’Israël et, en quelques mois, fut créé « Keynote », le département de formation de l’orchestre. Grâce à leur soutien, le programme Keynote continua de se développer et accueille 20 000 jeunes chaque année, de la maternelle à l’université.
 
Ces jours heureux allaient bientôt se terminer. Avec le déclenchement de la deuxième intifada, des annulations de dernière minute menaçaient chaque concert. Les artistes étrangers, effrayés par les kamikazes et les informations alarmantes dans la presse, abandonnèrent l’orchestre et le public israélien au moment où leur engagement était le plus nécessaire. Le public de l’Orchestre philharmonique d’Israël réagit en faisant preuve d’une loyauté sans faille et en remplissant chaque soir l’auditorium Mann. De nouveaux amis furent trouvés: Valery Gergiev, Fazil Say, George Pehlivanian, Gustavo Dudamel, Joshua Bell, Maxim Vengerov et Lang Lang. De nombreux artistes chevronnés n’annulèrent jamais leur participation: Kurt Masur, Yoel Levi, Daniel Oren, Rafael Frunbeck de Burgos et, bien sûr, le maestro Mehta. Au début du nouveau millénaire, l’Orchestre philharmonique d’Israël commença à se réinventer. De nouvelles séries furent créées presque chaque saison afin de présenter au public un produit plus attrayant: « Jeans », un concert informel de fin de soirée.
Maestro Mehta, qui pendant cette décennie était également directeur artistique du Bayerische Staatsoper, créa un pont précieux avec l’Université de Tel-Aviv en fondant l’école de musique Buchmann-Mehta, une académie dans laquelle les principaux musiciens du Philharmonique entraînent les musiciens de demain.
 
Huitième décennie (2007 – 2016)

La huitième décennie de l’Orchestre philharmonique d’Israël commença avec les célébrations du 70e anniversaire de l’orchestre: trois semaines de concerts festifs au Heichal Hatarbut à Tel-Aviv, une fête rassemblant un public de 24 000 fans de musique! Des artistes et amis de la fondation de l’Orchestre philharmonique en Israël et dans le monde entier participèrent à des événements post-concert dans le hall supérieur. L’orchestre et le maestro Mehta furent honorés lors de leur visite à la Knesset avant le concert de gala de l’Orchestre philharmonique d’Israël à Jérusalem. Pour rendre un hommage particulier aux fondateurs de l’orchestre, les descendants des 65 premiers membres de l’Orchestre symphonique de la Palestine de Bronislaw Huberman furent invités au Heichal Hatarbut. Parmi les artistes et invités qui prirent part aux célébrations du 70e anniversaire de l’orchestre ainsi que des célébrations du 75e anniversaire figurent Valery Gergiev, Daniel Barenboim, Radu Lupu, Pinchas Zukerman, Gil Shaham, Gustavo Dudamel, Evgeny Kissin, Kurt Masur et son fils Ken-David Mischa Maisky, Christoph von Dohnanyi, Yefim Bronfman, Maxim Vengerov, Murray Perahia et Yuja Wang.
 
La célébration du 60e Jour de l’Indépendance d’Israël fut une autre étape importante de la huitième décennie. Les 40 ans de Zubin Mehta en tant que directeur musical du Philharmonique; ses 50 ans en collaboration avec le Philharmonique et son 75e anniversaire.


 

PDG Amazon : Mise en vente produits valorisant le nazisme dont des tee shirts avec “portrait d’Hitler” et tee shirt “Victime de l’holocauste”.

Grâce à son “Observatoire de l’Antisémitisme Sur Internet” le BNVCA alerté par des internautes clients d’Amazon découvre horrifié que le site de cette entreprise propose des articles valorisant le nazisme et cette période noire de l’histoire de l’Europe : Tee shirt à l’effigie d’Hitler, tee shirt Sérigraphie « Victime de l’Holocauste », représentant un nazi pointant son pistolet sur la tête d’un juif pour le tuer à bout touchant.

 Le Président du BNVCA a exigé par courrier recommandé destiné au P D G d’Amazon Mr JEFF BEZOS de retirer sans délai ces objets funestes.

 Nous ne comprenons pas cette fascination pour de tels articles qui rappellent la haine, la violence, la mort et la folie anti Juive d’un tyran et d’une nation toute entière.

Le BNVCA demande instamment au Ministre de l’Intérieur et au Ministre de l’Economie de mettre en demeure Amazon de retirer ces objets de la vente en ligne et de surveiller à l’avenir les produits proposés, au risque de voir leur site interdit.

 Le BNVCA se réserve le droit de poursuivre en justice l’entreprise Amazon en cas de maintien sur le site, de ces objets illicites et incitatifs à la haine.

Le Président – Sammy GHOZLAN

Le BNVCA se félicite que ses efforts aient abouti au renvoi de David Bellache dit David Abiteboul devant le tribunal correctionnel de Paris.

Le B N V C A sans relâche, dénonce et poursuit les diffuseurs de propos et d’actes antisémites,  ceux qui « déplorent la soumission à la juiverie » ceux qui sont obsédés par le mot « juif» « Youpin » et qui déversent en permanence une haine meurtrière,.

Le BNVCA se félicite que ses efforts aient abouti au renvoi de David Bellache dit David Abiteboul devant le Tribunal Correctionnel de Paris.

Le pseudo même qu’il se donne, soit Abiteboul, imite des noms juifs approchants, mais il les salit par l’allusion graveleuse de cet alias, imprégné de son ignoble antisémitisme.

Le BNVCA a déposé plainte au début et à la fin de l’année 2018 à l’encontre de cet individu dont il semble que l’unique activité consiste à déverser des propos orduriers et racistes sur la Toile.

Cet obsédé antisémite se livre sans vergogne à des insanités menaçante comme par exemple « Débat hystérique avec un youpin. INSUPPORTABLE. Quand est ce qu’on s’énerve ? »…etc

La prévention retient les délits d’injures, de diffamation, de la Provocation à la discrimination nationale raciale religieuse au visa des articles 23 al 1, 29 al et 33 de la loi du 29 juillet 1881) et réprimée par les articles 32 al 2 de la loi du 29 juillet 1881.

Le prévenu est aussi poursuivi pour avoir « provoqué publiquement à la discrimination, la haine, la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes en raison de leur origine, de leur appartenance …. A une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée » Article 23-1 et 27 al 7 de la loi du 29 juillet 1881

Le BNVCA sera représenté à l’audience, par son avocat Maitre Charles BACCOUCHE.

Le BNVCA sollicitera une sévère condamnation de cette personne qui sème le désordre et la violence pour satisfaire ses fantasmes obscènes à l’égard d’une communauté qu’il ne connait pas, et qu’il voudrait « traiter au Lance Flamme »

Le BNVCA poursuit les antisémites et les négationnistes par toutes les voies de droit devant les Tribunaux afin que ne restent pas impunis ces agissements qui nuisent à la concorde nationale et sont la source de désordres et d’atteintes raves et renouvelées à l’Ordre Public.

Actualité  Société

Luc Ferry : « La tentation de la violence écologiste existe depuis des années »

ENTRETIEN. Suprémacistes, les tueurs d’El Paso et de Christchurch avaient aussi des revendications écologistes. Le philosophe analyse cet « éco-fascisme ».

Propos recueillis par Thomas MahlerPublié le 21/08/2019 à 16:00 | Le Point.fr 

Le philosophe et ancien ministre Luc Ferry.
Le philosophe et ancien ministre Luc Ferry.© JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

« Vous êtes tous trop bornés pour changer votre mode de vie. La suite logique est ainsi de diminuer le nombre de personnes aux États-Unisutilisant des ressources. Si nous arrivons à nous débarrasser de suffisamment de personnes, notre mode de vie sera plus soutenable. » Les médias français ont, très justement, souligné que Patrick Crusius, qui a abattu 22 personnes dans un supermarché Walmart à El Paso le 3 août, était un suprémaciste blanc adepte de la théorie du « Grand Remplacement » et ciblant les immigrés mexicains. Mais très peu ont noté que le tireur se revendique aussi de l’environnementalisme et du malthusianisme. Dans le manifeste « Une vérité qui dérange » (comme le documentaire d’Al Gore) qui lui est attribué, le jeune homme, obsédé par la surpopulation, justifie son acte par le fait que « les entreprises œuvrent à la destruction de notre environnement » ou que « notre mode de vie est en train de détruire l’environnement de notre pays ». Patrick Crusius dit s’être inspiré de Brenton Tarrant, le terroriste de Christchurch qui avait ciblé 2 mosquées et tué 51 personnes en mars en Nouvelle-Zélande. Cet Australien avait lui aussi signé un manifeste, dans lequel il écrit que « l’environnement est en train d’être détruit par la surpopulation » ou que « la nature est industrialisée, pulvérisée et marchandisée ». Tarrant se réclame de « l’éco-fascisme » et explique que « l’immigration », « les taux de natalité » et « le réchauffement climatique » relèvent d’un « même problème ». Selon lui, « il n’y a pas de nationalisme sans environnentalisme ». Éco-fascisme ? Le terme prend de l’ampleur aux États-Unis, le Washington Post venant notamment de consacrer un article sur les liens entre l’extrême droite et l’écologie.

Nous avons interrogé le philosophe Luc Ferry, qui, en 1992, avait publié Le Nouvel Ordre écologique (Grasset), essai-choc expliquant que l’écologie profonde « plonge certaines de ses racines dans le nazisme ». L’ex-ministre de l’Éducation nationale, auteur d’un récent Dictionnaire amoureux de la philosophie (Plon), se dit nullement surpris par les discours des deux tueurs.

Le Point : Adeptes de la théorie du Grand Remplacement, les tueurs d’El Paso et de Christchurch se réclament aussi de l’environnementalisme et sont obsédés par la surpopulation. Cela vous surprend-il ?

Luc Ferry : Une remarque préalable avant de vous répondre sur le fond, pour éviter un malentendu fâcheux : ce n’est pas parce que des fascistes, des altermondialistes ou des gauchistes délirants s’emparent de l’écologie que les problèmes environnementaux ne seraient pas légitimes. Il faut bien séparer science et idéologie, bien distinguer les idéologies folles des problèmes réels qui pèsent sur notre monde. Cela étant posé, je ne suis pas surpris une seconde par ces discours, le point commun entre l’extrême droite et le gauchisme étant l’anticapitalisme. Il s’agit moins pour ces gens-là de protéger la planète que de détruire le monde libéral chargé de tous les péchés.L

Le tueur de Christchurch s’est lui-même décrit comme un « éco-fasciste » et le terme prend de l’ampleur aux États-Unis. Les liens entre extrême droite et écologie sont-ils anciens ?

Oui, comme je l’ai montré dans Le Nouvel Ordre écologique, tout commence au XIXe siècle avec les idéologies contre-révolutionnaires, la réaction romantique contre les Lumières et contre la Révolution française. Les trois grandes lois nazies des années trente sur la protection de la nature « Reichsnaturschutzgesetz », la loi sur la protection des animaux et celle sur la chasse sont imprégnées presque à chaque ligne du nationalisme romantique allemand. Je ne peux résister à l’envie de vous traduire un passage de la loi sur la protection de la nature du 26 juin 1935, un texte commandé et signé par Hitler en personne : « Notre campagne nationale a été profondément modifiée par rapport aux temps originels, sa flore a été altérée de multiples façons par l’industrie agricole et forestière ainsi que par un remembrement unilatéral et une monoculture des conifères. En même temps que son habitat naturel se réduisait, une faune diversifiée qui vivifiait les forêts et les champs s’est amenuisée. Cette évolution était souvent due à des nécessités économiques. Aujourd’hui, une conscience claire s’est faite jour des dommages intellectuels, mais aussi économiques d’un tel bouleversement de la campagne allemande. Le gouvernement allemand du Reich considère comme son devoir de garantir à nos compatriotes, même les plus pauvres, leur part de la beauté naturelle… Il a donc édicté la loi du Reich en vue de la protection de la nature. »

La pensée néo-malthusienne, qui fustige une population humaine qui serait trop nombreuse pour les ressources terrestres, est-elle selon vous dangereuse ? Le biologiste Paul Ehrlich, auteur du best-seller La Bombe P (1968), pourtant de gauche, pointait du doigt la démographie et les masses grouillantes de pays comme l’Inde, ce qui n’est pas sans rappeler des passages du Camp des saints de Jean Raspail. En 1972, Ehrlich est allé jusqu’à évoquer la possibilité de mettre des produits stérilisants dans l’eau pour les États où le contrôle des naissances ne fonctionne pas…

Souvenez-vous de l’entretien accordé au Courrier de l’Unesco par le Commandant Cousteau juste avant sa mort. Il y déclarait haut et fort qu’il faut protéger toutes les formes de vies, quelles qu’elles soient. Le journaliste, un peu désarçonné, lui pose alors la question suivante : « Il y a quand même des espèces animales qui constituent des menaces ou des nuisances pour l’homme, comme certains serpents, certains moustiques. Peut-on les éliminer comme on tente d’éliminer les virus responsables de telle ou telle maladie ? » La réponse de Cousteau n’y va pas par quatre chemins : « L’élimination des virus relève d’une idée noble, mais elle pose à son tour d’énormes problèmes. Entre l’an 1 et l’an 1400, la population n’a pratiquement pas changé. À travers les épidémies, la nature compensait les abus de la natalité par des abus de mortalité. Nous voulons éliminer les souffrances, les maladies, l’idée est belle, mais n’est peut-être pas tout à fait bénéfique sur le long terme. Il est à craindre que l’on ne compromette ainsi l’avenir de notre espèce. C’est terrible à dire, il faut que la population mondiale se stabilise et, pour cela, il faudrait éliminer 350 000 hommes par jour… » Certains écologistes américains vont dans le même sens, comme William Aiken, qui se réfère notamment à Lovelock : « Une mortalité humaine massive serait une bonne chose. Il est de notre devoir de la provoquer. C’est le devoir de notre espèce vis-à-vis de notre milieu d’éliminer 90 % de nos effectifs. » Vaste programme, en effet ! Sous cette forme extrême, ces propos paraissent évidemment difficiles à tenir, mais nombre d’écologistes en donnent des versions soft, en disant par exemple qu’il faut cesser de soigner les vieillards, qu’il ne faut plus faire d’enfants, qu’il faut laisser mourir certains malades afin de sauver la planète…

Du côté des écologistes, très majoritairement à gauche, on souligne que cet éco-fascisme n’a rien à voir avec leur mouvement, et que l’extrême droite ne fait en quelque sorte que du « greenwashing », en recouvrant de vert leur racisme…

Il y a pourtant bien un point commun entre le brun et le rouge, à savoir l’anticapitalisme radical, la défense de la nature contre l’Occident libéral, un thème que l’on voit transparaître aussi bien dans un film à succès comme Danse avec les loups que dans la littérature néoromantique ou néomarxiste. Gauchos comme fachos veulent que nous renoncions à nos voitures et à nos avions, à nos climatiseurs et à nos ordinateurs, à nos smartphones, nos usines ou nos hôpitaux hi-tech, voire à nos enfants pour sauver la planète. Cet écologisme mortifère, punitif, à vocation totalitaire, n’est en réalité que le substitut des diverses variantes d’un marxisme-léninisme défunt associé pour l’occasion à quelques relents de religion réactionnaire. Après la chute du communisme, la haine du libéralisme devait absolument trouver une autre voie. Quand les maos ont été obligés de reconnaître que leur idéal sublime avait quand même entraîné la mort de soixante millions d’innocents dans des conditions atroces, il leur a fallu inventer autre chose pour continuer le combat contre la liberté. Miracle ! L’écologisme fit rapidement figure de candidat idéal. Nourri de constats plus ou moins scientifiques, il prit la place du Petit Livre rouge. Du rouge au vert, il n’y avait qu’un pas, bien vite franchi par ceux qui voulaient à tout prix réinventer des mesures coercitives pour continuer la lutte finale contre nos démocraties. De là le fait qu’on les appela des « pastèques » : verts à l’extérieur, rouge à l’intérieur.

En France, on a été prompt, à juste titre, à souligner l’idéologie suprémaciste des tueurs d’El Paso et de Christchurch, mais très peu de médias ont en revanche relevé leurs revendications écologistes. Comment l’expliquez-vous ?

Assez simplement par le fait que l’écologie étant à la fois une mode et une exigence légitime, beaucoup d’observateurs ont peur de discréditer un juste combat pour la protection de la nature en le rapportant à des idéologies funestes comme le fascisme, le nazisme, et j’ajouterai aussi le gauchisme dont on parle en effet moins, mais qui est l’arrière-fond idéologique dominant des Verts.

L’urgence climatique ou l’antispécisme peuvent-ils selon vous entraîner de nouvelles formes d’actions violentes ?

Ce n’est pas une nouveauté, la tentation de la violence écologiste existe depuis des années, mais il est vrai que le contexte politique actuel risque de lui être favorable, attendu que l’écologie sera l’une des clefs de la prochaine élection présidentielle, et ce, pour une raison évidente : la gauche démocratique et la droite républicaine sont dans les choux. Dans ce contexte nouveau, la gauche libérale ira chez Macron et la radicale chez Mélenchon, tandis que la droite libérale ira elle aussi chez Macron et la droite national-souverainiste chez Marine Le Pen. Pour être bien certain de l’emporter face à elle, Macron devra repeindre tous ses projets en vert. La pression des militants verts sera donc à son comble…

Terrorisme : deux banques du Qatar dans le collimateur

Panique. Hamad ben Jassem al-Thani à l’Elysée, en 2012, alors qu’il était Premier ministre du Qatar.

Mais pourquoi cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, membre de la famille princière du Qatar, vend-il depuis quelques semaines ses propriétés à Londres et Paris à « prix modéré » ? Selon un rapport confidentiel de Cornerstone Global, un cabinet britannique de conseil en stratégie, il y a peu de doutes : les articles de presse récents et les soupçons portant sur un possible financement d’organisations terroristes islamiques par plusieurs banques du Qatar auxquelles il est lié expliquent cette précipitation. Pressées par des parlementaires, dont la sénatrice Nathalie Goulet, les autorités des deux pays pourraient demander à certaines banques qatariennes actives sur leur sol, dont Qatar National Bank et Al Rayan Bank, de prouver qu’elles ne facilitent pas le financement d’entités visées par l’Onu. A défaut, elles subiraient des sanctions, jusqu’à la perte de leur licence d’exploitation. Contactées, Al Rayan nie tout rapport avec le terrorisme, QNB n’a pas répondu

HUGO DOMENACH

La vérole est en Occident, les hirondelles au Maghreb

L’ÉDITORIAL DE FRANZ-OLIVIER GIESBERT

L’avenir de l’Occident est-il en train de se jouer en Tunisie et en Algérie ? C’est encore une question taboue, mais ces deux pays sont peut-être en train de sortir pour de bon de l’ornière islamiste dans laquelle les poussent depuis des années, par conformisme, haine de soi ou fatigue intellectuelle, une partie des élites françaises, des médias bien-pensants.

Leur impensé raciste amène ces nouveaux collabos (de gauche) à penser que tous les Arabes sont musulmans et tous les musulmans islamistes. Moyennant quoi l’anti-islamisme devient un néoracisme. A croire ces « maîtres-à-penser-comme-il-faut », il faudrait donc se soumettre à la fatalité islamiste, quitte à jeter par-dessus bord les valeurs européennes de la République.

Ce qui se passe aujourd’hui dans une partie du Maghreb est en train de prouver avec éclat que ces cagots de l’angélisme, obsédés par l’islamophobie, pensent faux, archifaux. Certes, l’hydre islamiste continue de tisser ses toiles sitôt que ses fils se défont, en repoussant toujours plus loin les limites de l’abjection – on peut l’observer dans la guerre fratricide que se livrent aujourd’hui, en Afghanistan, Daech et les talibans.

De même, l’islamisme a sans doute encore quelques « beaux » jours devant lui en Iran et en Turquie, où des pouvoirs pourris jusqu’à la moelle, nostalgiques de leur grandeur passée, s’échinent à exporter leur fondamentalisme à travers le monde. Mais ils n’ont plus le même rayonnement. La « magie » d’antan n’opère plus. Ils ne sont plus que les caricatures d’eux-mêmes.

Plus grave encore pour les islamistes : la « normalisation » (à petits pas) de l’Arabie saoudite, qui a fini de jouer au généreux bienfaiteur de l’intégrisme, voire du terrorisme : ce rôle est désormais dévolu à l’émirat du Qatar, as du dessous-de-table et mille-pattes de l’Orient qui, à force de les mettre partout, risque de se prendre un jour les pieds dans ses jambes et dans le tapis !

Mais la plus mauvaise nouvelle pour les islamistes et leurs épigones français vient, à l’évidence, du Maghreb, dont on disait qu’il finirait par tomber un jour tout cuit dans la nuit islamiste. On en est loin. Il fait de la résistance. Il appelle de ses vœux cette démocratie qui, en Occident, a perdu beaucoup de ses atours sous les coups de boutoir des braillards populistes.

L’Algérie a sorti la tête de l’obscurantisme dans lequel elle était empéguée au temps du FIS et du GIA, promus, voire encensés, par une intelligentsia française en plein délire collectif. Grâce soit rendue aux pôles de résistance à l’islamisme qui, depuis des années, ont toujours tenu, notamment autour de figures charismatiques comme Saïd Sadi ou d’écrivains comme Kamel Daoud, Boualem Sansal, etc. 

L’intégrisme algérien n’est plus ce qu’il était, à en juger par le tour que prend la forte contestation du pouvoir incarné désormais par le général Gaïd Salah, réputé proche du Qatar. Après le 26 e vendredi de manifestations, il apparaît clairement qu’elle n’a toujours pas été gangrenée ni même infiltrée par les fondamentalistes, en voie de marginalisation. C’est une formidable nouvelle. 

Quant à la Tunisie, elle est en train de donner au monde arabe une belle leçon : la démocratisation est toujours en marche ; rien, même les attentats, ne semble pouvoir l’arrêter. De la mouvance islamiste au courant laïque en passant par les nostalgiques de Ben Ali, toutes les sensibilités ou presque seront représentées lors de la présidentielle anticipée du 15 septembre : vingt-six candidats, dont deux femmes et le très populaire Nabil Karoui, magnat des télécoms. Apparemment, malgré les difficultés, tout permet de penser que la jeune démocratie tunisienne survivra à la mort du président Béji Caïd Essebsi, en juillet.

Si vérole il y a, elle est aussi en Occident, où prolifèrent les intégristes et leurs idiots utiles, les islamo-gauchistes, qui, avec leurs épigones indigénistes, font la loi dans certains journaux, parfois dans les universités américaines ou françaises, ce qui mériterait un tome II au prophétique « Soumission », de Michel Houellebecq.

En attendant, puissions-nous méditer, quand il est encore temps, l’avertissement du cheik Abdallah ben Zayed, ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis, il y a deux ans : « Viendra le jour où l’on verra beaucoup plus d’extrémistes radicaux et de terroristes venant d’Europe, à cause du manque d’esprit de décision, de la volonté d’être politiquement correct, du sentiment de mieux connaître le Moyen-Orient et l’islam que nous. »§ILLUSTRATION : DUSAULT POUR « LE POINT »

« Il y a une résistance grandissante face à des concepts scientifiques bien établis »

INTERVIEW. Professeure au Williams College, la biologiste Luana Maroja déplore les sophismes et l’autocensure qui minent la liberté d’expression.

Propos recueillis par Thomas Mahler – Le Point.fr 

« L’autocensure sur les campus est mauvaise pour la science. » Dans un article pour The Atlantic, la biologiste Luana Maroja a alerté fin mai qu’avec la montée des tensions idéologiques, ses étudiants se mettent de plus en plus à contester des faits scientifiques comme le QI, l’héritabilité qui mesure statistiquement la part des facteurs génétiques et environnementaux, ou encore les différences hommes-femmes. « Des idées scientifiques bien établies que j’enseigne depuis des années ont, soudainement, rencontré une résistance idéologique rigide. » La chercheuse, née à Rio de Janeiro, enseigne pourtant l’évolution et la génétique dans le très élitiste Williams College (Massachusetts), souvent classé comme la meilleure université d’arts libéraux des États-Unis. Depuis quelques mois, à l’instar des universitaires Steven Pinker ou Jonathan Haidt, Luana Maroja s’est engagée pour la liberté d’expression sur les campus, expliquant que la raison et l’argumentation sont plus puissantes que les anathèmes. Elle-même explique avoir appris à affûter ses arguments en écoutant ses adversaires, « les créationnistes, climatosceptiques et mêmes certains bigots ». Entretien.

Le Point : Pouvez-vous présenter votre université, le Williams College  ?

Luana Maroja : Le Williams College est, en effectif, une très petite université très sélective. On n’accepte que 500 étudiants par année. Les taux de réussite sont élevés. C’est une université d’arts libéraux, c’est-à-dire que les étudiants ont des cours dans la discipline principale de leur choix, mais aussi dans d’autres, humanités, sciences sociales et sciences.

Vous enseignez là-bas depuis près d’une décennie. Longtemps, dites-vous, les réclamations des étudiants se limitaient aux notes…

Exactement (rires). Vous savez, ici, les étudiants n’aiment pas avoir ne serait-ce qu’un « B » (l’équivalent d’une note de 13 à 15 en France, NDLR). Quand j’en attribue un, je reçois deux heures plus tard un e-mail avec des commentaires comme « je ne comprends pas cette note ». Ça, c’était typique du passé. Mais j’ai commencé à voir des changements importants avec l’élection de Trump. Dans mes cours de biologie, mes étudiants se sont ainsi mis à protester contre la notion d’héritabilité appliquée à l’intelligence humaine. Sans doute ont-ils peur de la « Bell Curve » (« la courbe en cloche » de la répartition de la population par QI, popularisée par le livre controversé The Bell Curvede Richard Herrnstein et Charles Murray, qui évoquait les différences de QI entre groupes ethniques, NDLR). Ils oublient que ce n’est pas parce qu’on mesure des différences entre des groupes que celles-ci sont forcément biologiques. Je leur donne ainsi l’exemple de mon propre pays, le Brésil, où les moyennes de QI sont de 15 à 20 points plus basses qu’aux États-Unis. J’ai demandé à mes étudiants ce qu’ils en pensaient. Jusque-là, cela n’a jamais posé problème. Mais en 2017, un étudiant s’est levé et a expliqué que tout ça était n’importe quoi, car on ne pouvait pas mesurer l’intelligence. Un autre a assuré que le QI a été inventé par les Blancs pour ostraciser des minorités. Seul un petit nombre s’est levé pour protester, mais une majorité des élèves les a approuvés sur une classe d’une centaine d’étudiants. Or le QI peut bel et bien être mesuré, et s’il ne reflète pas le niveau de satisfaction dans une existence, il est en revanche corrélé avec le succès scolaire.

Ces élèves ont ainsi été victimes du sophisme naturaliste, c’est-à-dire le fait de penser qu’une chose est bonne parce qu’elle est naturelle

Comment alors expliquer ces différences de moyennes de QI entre Brésiliens et Américains ?

J’explique à mes élèves que les environnements sont complètement différents. Au Brésil, l’éducation est bien moins développée qu’aux États-Unis, et le budget qui lui est alloué bien plus faible. Il y a ainsi plein de facteurs qui peuvent expliquer ces différences, sans invoquer une supposée supériorité biologique. Il ne fait aucun doute qu’il y a une composante dans l’intelligence qui est héritée, mais l’environnement est aussi un facteur-clé. Si vous vivez dans une population où l’éducation n’est pas un objectif prioritaire, cela aura forcément un impact. Si vous avez les mêmes éléments génétiques mais dans des environnements différents, les résultats ne seront pas les mêmes.

Y a-t-il d’autres sujets dans votre domaine, la biologie évolutive, qui sont devenus polémiques ?

Oui. La sélection de parentèle est l’idée que quand des animaux aident ceux qui leur sont apparentés, c’est indirectement pour perpétuer leurs gènes. Mais ce phénomène biologique, qu’on observe par exemple chez les abeilles, a énervé des étudiants. Un élève a déboulé dans mon bureau après le cours, m’expliquant que je donnais raison à… Trump d’embaucher sa famille à la Maison-Blanche. Je n’avais évidemment jamais dit ça (rires). Ce n’est pas parce que cela arrive dans la nature que ce sont des choses moralement acceptables. Ces élèves ont ainsi été victimes du sophisme naturaliste, c’est-à-dire le fait de penser qu’une chose est bonne parce qu’elle est naturelle. Ce qui est totalement absurde. Je précise que je déteste Trump et que j’espère de tout mon cœur qu’il ne sera pas réélu.

Les différences entre hommes et femmes, dites-vous, sont de plus en plus taboues…

C’est une autre erreur sérieuse que font beaucoup de personnes : ils pensent que l’égalité en droits signifie aussi une similitude biologique. Alors que donner à tous l’opportunité de choisir la voie qu’ils souhaitent ne signifie pas nier les différences existant en moyenne entre hommes et femmes. Les garçons préfèrent généralement les jouets avec des roues et les filles les peluches. De la même façon, il n’est pas surprenant de voir des répartitions différentes entre les sexes selon les disciplines universitaires. Cela ne s’explique pas uniquement par les stéréotypes, le sexisme ou tout autre facteur sociologique. Ce n’est pas la réalité de ce que nous montrent les recherches scientifiques. Il y a ainsi un paradoxe de l’égalité de genres, comme l’a montré l’année dernière une étude publiée dans la revue Psychological Science. Si les stéréotypes et les biais étaient la seule explication au fait qu’il y ait moins de femmes dans les disciplines scientifiques, on s’attendrait à ce que dans les pays égalitaires, leur proportion soit la plus importante. Mais c’est le contraire que l’on observe. Dans les pays inégalitaires, comme l’Algérie, les taux de féminisation dans les filières STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques, NDLR) sont les plus élevées, alors qu’en Suède ou aux États-Unis, ces taux sont bien plus bas. Ce qui signifie que dans les pays où les femmes ne doivent pas uniquement se soucier de l’argent, elles ont la liberté de choisir ce qui les passionne, et c’est en moyenne plutôt des matières non scientifiques. Bien sûr, ce n’est qu’une moyenne, et j’en suis d’ailleurs la preuve (rires). Mais encore une fois, l’existence de ces différences génétiques ne signifie pas qu’on devrait traiter hommes et femmes différemment.

Vous avez aussi expliqué que le terme « femme enceinte » est devenu polémique…

Oui, il vaut mieux maintenant dire « humain enceint ». Un collègue m’a aussi raconté que l’un de ses étudiants, lors d’un exposé, n’utilisait plus le terme « homme », mais « individu sans utérus ». Mon collègue a sursauté (rires).

Des étudiants ont peur d’exprimer leurs opinions face à l’ensemble de leurs condisciples

Pensez-vous que ce sont là des menaces sérieuses pour l’enseignement de la science ou juste un phénomène de mode un peu excessif lié aux préoccupations pour l’égalité hommes-femmes et la défense des minorités ethniques comme sexuelles ?

Il y a une résistance grandissante face à des concepts scientifiques bien établis. Ces gens souhaitent proscrire tout discours qui offenserait les femmes, les minorités ou toute personne perçue comme une victime des sociétés patriarcales blanches. Mais en faisant cela, aussi bien intentionnés soient-ils, ils font du mal à ceux-là même qu’ils veulent protéger. On empêche les étudiants d’avoir la chance d’apprendre, d’acquérir un pouvoir intellectuel et d’argumenter contre les idées avec lesquelles ils ne sont pas d’accord. On n’apprend pas à débattre en jetant des pierres. Il vaut mieux faire appel à la raison et aux arguments. Et, par ailleurs, l’université sert à voir le monde tel qu’il est.

Vous vous êtes engagée pour la liberté d’expression sur votre campus, en œuvrant avec des collègues pour appliquer au Williams College les récents principes de Chicago, qui ne proscrivent dans les facultés que les opinions contraires à la loi. Pourquoi ?

Je suis née au Brésil dans une dictature et j’ai vu ce qui arrivait quand la liberté d’expression n’est pas garantie. Même aujourd’hui, alors que mon pays est une démocratie, on en paie encore les conséquences parce qu’on a empêché une ou deux générations de s’exprimer. Si vous commencez à bloquer des idées, c’est triste. La liberté d’expression a toujours été l’arme des opprimés et des subalternes. Je suis navrée de la voir devenir l’apanage de Trump et de la droite conservatrice.

Quelle a été la réaction de vos élèves après vos sorties médiatiques, comme le récent article dans The Atlantic dénonçant « une autocensure mauvaise pour la science »  ? 

Ce texte a été publié à la fin du semestre, donc je n’ai pas eu de réactions massives. Mais des étudiants viennent me voir dans mon bureau. Ils ont peur d’exprimer leurs opinions face à l’ensemble de leurs condisciples.

Pourquoi ?

Ils ont peur des critiques. Le degré d’autocensure est vraiment élevé, vous savez. Cette année, au Williams College, des étudiants ont ainsi réclamé à l’administration des logements ségrégués, basées sur la race ou les préférences sexuelles, ce qui pour moi est épouvantable. Ils appellent cela des « logements par affinités ». C’est le contraire de l’inclusion. J’ai des élèves noirs qui sont venus me voir pour me dire leur opposition à ce genre de projet, mais qu’ils ne peuvent pas affirmer publiquement.

Israël n’est pas une extension de l’Europe. Mais beaucoup de gens peinent à l’accepter

Journaliste et auteur israelo-canadien, Matti Friedman revient dans son livre “Espions de nulle part” sur l’identité israélienne, bien plus ancrée au Moyen-Orient que dans la culture européenne.  Avec Matti Friedman

Atlantico : Dans Espions de nulle part, votre dernier livre, vous écrivez que l'”Israël moderne n’a de sens qu’à travers une perspective moyen-orientale”. Qu’est-ce qui nous manque et qui est très important pour comprendre ce pays avec notre prisme occidental ?

Matti Friedman : En Occident, les gens ont tendance à considérer Israël comme une extension de leur propre histoire, l’histoire des Juifs en Europe, les Lumières, l’idée socialiste du kibboutz, l’Holocauste bien sûr. Et les Israéliens ont toujours aimé penser qu’ils faisaient partie de l’histoire européenne – une grande partie du sionisme primitif était en train de devenir, en quelque sorte, européen, après des siècles de rejet en Europe.

Ces histoires ont occulté un fait assez évident au sujet de la société israélienne, à savoir que la moitié de la population juive d’Israël vient du monde islamique et non d’Europe. Il y avait environ un million de Juifs originaires des pays islamiques dans les années 1940. Bagdad, par exemple, était constituée à un tiers de population juive. Casablanca, Alger, Alep : tous ces endroits étaient peuplés d’anciennes communautés juives. Tous les Juifs ont été déplacés à cause de l’hostilité de la majorité de la population musulmane, et la plupart d’entre eux sont venus ici et sont devenus des Israéliens, façonnant tout le pays. Pourtant, ils ont toujours été considérés comme secondaires par rapport à l’histoire du sionisme européen. Je pense que cela doit changer si nous voulons comprendre Israël en 2019. Nous sommes au Moyen-Orient. Un cinquième de nos citoyens sont arabo-musulmans, et notre population juive est en grande partie d’origine moyen-orientale et nord-africaine. Il suffit de se tenir debout dans une rue de Tel-Aviv pour comprendre que nous ne sommes pas en Europe – en fait, il y a une grande chanson pop d’il y a quelques années, “This Isn’t Europe”, qui se moque de cette idée. Mais le discours ambiant ne reflète pas toujours cela.

Comment une histoire d’espions israéliens nés dans le monde arabe vous a-t-elle conduit à cette conclusion ?

C’était l’inverse – j’ai écrit ce livre sur les espions parce que je voulais une façon de parler de cette conclusion. Une histoire de double identité semblait être une bonne façon de parler de l’identité secrète du pays.

Il y a quelques années, dans une banlieue de Tel-Aviv, j’ai rencontré un espion à la retraite qui avait alors presque 90 ans, né à Alep, de langue maternelle arabe. Il m’a raconté une histoire étonnante sur la façon dont lui et ses amis ont vécu la fondation d’Israël en 1948. C’était différent de toutes les histoires que j’avais entendues. Lui et ses camarades étaient tous juifs d’ici : Alep, Damas, Yémen. Aucun d’entre eux n’avait jamais été près de l’Europe. Quand ils sont arrivés ici à l’adolescence, ils n’étaient pas vraiment acceptés dans la société pionnière parce que la plupart des pionniers étaient est-européens, et ces jeunes hommes étaient très arabes dans leur apparence, leurs goûts, leur langue. Ils semblaient être l’ennemi, trop près pour être réconfortés. Mais alors ils ont découvert que cette qualité, leur identité arabe, pouvait aussi être une arme : ils pouvaient être des espions. Et ils l’utilisèrent pour aider à créer un État pour les Juifs, non seulement les Juifs de Pologne ou d’Allemagne, dont la plupart ne pouvaient plus être sauvés, mais les Juifs de Syrie, du Maroc et de Tunisie. Cette petite unité, très amatrice alors, sans équipement ni argent, connue sous le nom de “Section arabe”, est devenue l’une des graines du Mossad.

Cette histoire a fait de la fondation d’Israël une histoire sur le Moyen-Orient, et je pensais que c’est le genre d’histoire dont nous avons besoin en ce moment. Il a beaucoup à nous dire sur le pays dans lequel je vis aujourd’hui. J’adore aussi les histoires d’espions – qui ne les aime pas ?

L’histoire de la création d’Israël semble être un problème parce que ce récit oublie l’identité d’Israël au Moyen-Orient. Pourquoi est-ce vécu comme un péché originel de la part d’Israël ?

Lorsque Theodor Herzl a imaginé l’État juif à la fin des années 1800, il imaginait quelque chose comme une Vienne utopique. L’avant-garde pionnière qui a créé le pays, qui a construit les kibboutzim, qui est mort de la malaria et qui a créé cette nouvelle société hébraïque, était principalement des socialistes d’Europe de l’Est, et ils imaginaient une sorte de république dirigée par le prolétariat qui allait sauver le peuple juif dans le cadre du mouvement mondial des travailleurs. Aucune de ces idées n’avait à voir avec les Juifs de Casablanca, du Yémen ou du Levant.

Ainsi, lorsqu’une vague d’immigration en provenance de ces pays arrive ici littéralement quelques semaines après la création de l’État, les fondateurs ne sont pas certains de ce qu’il faut faire. Les nouveaux arrivants ne sont pas socialistes. Ils ne veulent pas particulièrement abandonner la religion et devenir laïcs. Ils sont profondément engagés envers Israël, mais leur engagement est très différent de celui des fondateurs. La plupart parlent arabe, écoutent de la musique arabe et semblent arabes. Bien que les dirigeants fassent d’immenses efforts pour loger les immigrants et les absorber, ils les traitent aussi avec mépris. Ce sont des communautés anciennes et fières qui s’attendaient à être accueillies ici comme des frères. Au lieu de cela, ils ont été traités comme des citoyens de seconde classe. C’était peut-être la pire erreur de la génération fondatrice. Ce genre d’insulte ne s’oublie pas facilement et résonne encore aujourd’hui.

Quels sont les effets de ce problème dans la société israélienne d’aujourd’hui ? Est-ce seulement un problème démographique et culturel ?

L’arrivée des Juifs d’Islam ici n’est pas un problème : c’est quelque chose qui a enrichi notre société, l’a rendue plus dynamique, hétérogène et excitante, et nous a donné des racines beaucoup plus fermes au Moyen-Orient. Si vous créez un État juif dans le monde islamique, il est bon d’avoir des gens qui vivent en tant que Juifs depuis des siècles dans le monde islamique. Il y a là beaucoup de sagesse utile. Je pense que le départ des Juifs des pays islamiques est avant tout un problème pour ces pays.

Mais les effets des erreurs qui ont été commises lors de leur absorption se font encore sentir. Beaucoup d’Israéliens qui ont des racines dans le monde islamique, par exemple, ne voteront jamais pour le Parti travailliste, le parti de l’ancien establishment. Ils s’identifient davantage au Likoud, qui les traite avec plus de respect et s’aligne davantage sur leur vision du monde. C’est une grande partie du succès du Likoud. Vous voyez encore beaucoup de colère contre les “élites”, les médias, le monde culturel, même le pouvoir judiciaire, pour leur condescendance envers la partie non européenne de la population, et Netanyahou a su puiser dans cette colère. C’est ironique, parce que Netanyahou est un élitiste riche et laïque d’origine européenne. Le parti travailliste, d’autre part, vient d’élire son deuxième leader consécutif qui est d’origine maghrébine.

Si la forme réelle d’Israël est une source de frustration pour les Israéliens, pourquoi ne la changent-ils pas ?

Le pays est en train de changer à cet égard, et dans le bon sens. La société est beaucoup plus à l’écoute des voix qui sont réprimées depuis longtemps. Autrefois, par exemple, la musique pop du Moyen-Orient en hébreu, un genre appelé “Mizrahi”, était quelque chose que l’on n’entendait pas beaucoup à la radio grand public – la musique israélienne signifiait musique occidentale. Depuis une quinzaine d’années, Mizrahi est devenu le genre pop dominant et ce sont les artistes Mizrahi qui remplissent les plus grands espaces de concert. Beaucoup d’Israéliens d’origine européenne, comme moi, sont devenus influencés par un style de religion plus moyen-oriental, dans lequel il n’est pas nécessaire d’être strictement religieux ou laïque, et c’est normal d’être traditionnel, plutôt souple.

Nous avons encore un long chemin à parcourir, évidemment. Une chose dont nous avons encore besoin, c’est de raconter des histoires annexes sur notre histoire qui la valorisent davantage. J’ai pensé qu’une nouvelle histoire de création serait utile, et c’est ce que j’ai essayé d’écrire dans “Espions de Nulle Part”.

Comment répondre à la provocation politique antisioniste?

Nous vivons à l’ère de la provocation, de la bêtise et de la vulgarité amplifiées par les réseaux sociaux. Ce fléau est planétaire, devenu le Mal des sociétés démocratiques. Comment le combattre tout en sauvegardant la liberté d’expression ? Quelles sont les lignes rouges à ne pas franchir ? Quelles sont les lois à appliquer ? Comment rééduquer à la bonne conduite ? Comment faire quand les propos prononcés sont à la limite, racistes et antisémites classiques ?

Toutes ces questions et tant d’autres présentent un véritable casse-tête aux législateurs et aux juristes. Elles sont plus pertinentes et dénotent de la compétence quand il s’agit du peuple juif et d’Israël. Là, tout prend des proportions inégales et les passions se déchaînent. Les préjugés et les préjudices, et surtout l’ignorance des faits historiques et politiques, prévalent sur la réalité du quotidien et du terrain. Certains blogueurs et quelques journalistes avec un agenda politique, qu’on pourrait qualifier tout simplement de « casseurs de mots et de verbes », profitent du charivari pour crier encore plus fort et focaliser les projecteurs sur eux.

Le refus des autorités israéliennes de faire entrer dans le pays deux députées du Congrès américain a suscité un déluge de réactions en Israël et aux Etats-Unis. 

Ilhan Omar et Rashida Tlaib sont des persona non grata. Ces deux membres de l’extrême gauche au sein du parti démocrate américain ne cessent, depuis leur élection au Congrès en novembre 2018, d’insulter l’Etat juif sioniste. Adhérant sans équivoque au boycottage d’Israël, elles traitent, à chaque occasion, notre Etat d’apartheid et de discriminatoire envers les Palestiniens. 

Le voyage de Rashida Tlaib (à g.) et Ilhan Omar ne visait qu’à alimenter la haine de l’Etat juif (photo Congrès)

Plus encore, dans leur demande de visiter Israël, les deux femmes n’avaient pas l’intention de rencontrer une personnalité officielle israélienne ni un membre de l’opposition pour s’instruire et étudier la complexité du conflit, mais voulaient aller directement en… « Palestine, pour mieux la connaître et témoigner sur les souffrances de leurs sœurs et frères palestiniens ». D’ailleurs tous les frais de ce voyage sont payés par une organisation partisane du BDS.

Soulignons que Rashida Tlaib est née en Amérique comme sa collègue Omar, mais sa grand-mère est palestinienne. 24 heures seulement après le refus d’entrée, Tlaib a demandé dans une lettre officielle écrite directement au ministre de l’Intérieur, Arié Derhi, de lui permettre une ultime rencontre familiale avec sa mamie âgée de 90 ans, en s’engageant formellement à ne provoquer personne.

Sans aucune hésitation, les autorités israéliennes lui ont donné leur feu vert sur le champ, bien entendu, sous certaines conditions préalables, et pour des raisons uniquement humanitaires.

Mais voilà que quelques heures plus tard, cette nouvelle députée démocrate change complètement d’avis et annonce sur Twitter qu’elle renonce à rendre visite à sa grand-mère, à cause des « conditions oppressives » imposées, selon elle, par Israël. Elle souligne que son combat se poursuivrait contre « le racisme, l’oppression et l’injustice. »

Comment faire confiance à cette députée ? Comment accorder un visa d’entrée à deux propagandistes et provocatrices dont le but déclaré est de venir salir l’Etat juif, sur son propre sol, dans son fief, devant chaque micro et caméra ?

C’est évidemment inadmissible ! Cela n’a aucun rapport avec la démocratie et la liberté d’expression mais prouve clairement la haine aveugle et la provocation préméditée.

Les relations entre Benjamin Nétanyahou et Donald Trump sont au beau fixe (photo GPO)

La provocation politique est l’arme du faible et de l’ignorant, celui qui souhaite être au-devant de la scène à tout prix, capable de faire à la fois le clown et le grand méchant loup. Prononcer des phrases incohérentes, insulter, outrager, diffamer, tromper et mentir comme il respire, sans jamais rougir de honte. Propager systématiquement des messages haineux et en réalité, tenter de délégitimer notre propre existence. Une ligne de conduite malsaine qui risque d’encourager les extrémistes de tous bords et surtout les terroristes, tels les « loups solitaires » qui surgissent soudainement comme ces derniers jours.

Dans tous les cas et dans tous les domaines, il ne faut jamais donner trop d’attention aux provocateurs car ils n’attendent que ça et se réjouissent cyniquement de la tempête qu’ils sèment à chaque fois.

Dans ce contexte, la presse en général et les réseaux sociaux, en particulier, jouent un grand rôle d’influence, et il est donc déconseillé de tomber dans ce piège.

Dès le départ, cette affaire a pris des proportions exagérées et a donné à deux marginales du Congrès une importance considérable qu’elles ne méritaient pas. Elles ne représentent pas l’ensemble du parti démocrate qui demeure toujours, et dans son écrasante majorité, en faveur de l’Etat d’Israël, et pour preuve : la visite récente de 40 députés de ce parti.

La décision des autorités israéliennes a été étudiée sur plusieurs plans et suite à de nombreuses consultations. Elle n’a pas été facile à prendre. La valse-hésitation du gouvernement témoigne de la sensibilité du dossier, de la controverse, des ambigüités et des dilemmes.

Israël souffre d’une mauvaise image à l’étranger et certains pourront dire que l’interdiction d’entrée à ces deux députées américaines risque d’aggraver encore plus notre image et d’apporter à nos détracteurs de l’eau à leur moulin. Nous devrions faire face avec fermeté aux critiques et aux condamnations non justifiées, sans perdre notre âme.

Les relations avec l’administration Trump sont certes au beau fixe, mais nous devrions éviter de rentrer dans le jeu politique américain entre les deux grands partis, surtout quand, dans chaque pays, la campagne électorale bat son plein.

Il est fort regrettable que le président Trump soit intervenu avant et après dans cette affaire. Certes, ses réactions démontrent une amitié profonde, mais le faire publiquement était inutile.

L’Etat d’Israël est souverain et c’est son plein droit d’autoriser l’entrée ou pas de tel ou tel « touriste », privé ou officiel. Nous refusons aussi de devenir une république bananière…

Benjamin Nétanyahou devant le Congrès américain en 2015 (photo Amos ben Gershom/GPO)

Dans les longues relations israélo-américaines, nous avons connu des hauts et des bas et de fortes divergences, à la fois avec les Démocrates et avec les Républicains une fois au pouvoir, mais toujours nous avons dit tout-haut nos quatre vérités, comme l’a fait justement le Premier ministre Nétanyahou devant le Congrès, dans son fameux discours sur le projet nucléaire de l’Iran. Après coup, nous réussissons toujours à trouver le juste chemin dans l’intérêt de deux pays.

Israël et les Etats-Unis demeurent, sur tous les plans, franchement et solidement, amis contrairement à notre ancienne « amie et alliée », la France.

Cette dernière affaire devrait servir d’épreuve et de leçons car nous n’avons rien à cacher. Ici tout est transparent et la presse dévoile toute défaillance ou faute sans aucune complaisance. Dans le passé, nous avons combattu avec fermeté et efficacement contre les flottilles à Gaza et interdit à des commissions internationales politisées et manipulées, de venir enquêter après chaque opération de Tsahal. C’est notre droit absolu !

Il est fort probable que d’autres provocations sont déjà planifiées. Nous devrions les affronter courageusement, froidement, et sagement.

Mais sans panique, en prenant toujours en considération les conséquences sécuritaires et seulement nos propres intérêts.

Freddy Eytan

Le BNVCA désapprouve la position des associations juives américaines, l’AIPAC et l’AJC

Le BNVCA désapprouve la position des associations juives américaines, l’AIPAC et l’AJC, mais soutient par contre la décision des dirigeants d’Israël de refuser l’entrée de son pays à Rachida Tlaib et Ilhan Omar, deux élues démocrates américaines, activistes de mouvement illégal BDS.

Ces deux élues américaines, musulmanes extrémistes, sont réputées non seulement être pro palestiniennes mais surtout antis israéliennes. Elles utilisent leur position pour relayer la propagande d’appel au Boycott d’Israël.

Le BNVCA qui recense les actes antisémites depuis 20 ans, et lutte en France contre ce fléau, atteste que c’est l’incitation à la haine d’Israël qui est la source principale de nouvel antisémitisme. 

Le BNVCA constate que depuis que les démocrates américains épousent la cause anti israélienne, les actes antijuifs se développent aux USA. 

Nous considérons que l ‘AJC et l’AIPAC commettent une faute grave en critiquant la décision d’Israël de se prémunir et de protéger en même temps les communautés juives dans le monde. 

Nous leur demandons de faire preuve de plus de raison et de plus d’unité avec l’Etat juif qui se bat contre un ennemi redoutable, l’antisémitisme initié par la propagande anti israélienne dont se font les porte parole Ilhan Omar et Tlaib Rashida.

Nous apprenons que pour des raisons « humanitaires » le Ministre Israélien de l’Intérieur vient d’autoriser la venue de Rachida Tlaib Député Démocrate Américaine.

Celle-ci a « promis de ne pas faire avancer la cause du boycott contre Israël durant son séjour »

Dernière minute :

L’élue Démocrate R.Tlaib refuse de se rendre en Israël « dans les conditions imposées par Israël »

LU DANS LA PRESSE “L’aveu de Bonnet prouve la connivence de l’Etat avec le terrorisme palestinien”

Posted by Freddy Eytan on 8/11/19 • Categorized as Editorial,L’événement du Jour

L’aveu de l’ancien chef de la DST, Yves Bonnet, révélé par Le Parisien, est, certes, révoltant et scandaleux, mais il ne peut nous surprendre en analysant la conduite des autorités françaises depuis l’affaire Abou Daoud en passant par la longue liste sinistre des attentats perpétrés en France de 1982 jusqu’à nos jours. 

37 ans après, l’ancien patron de la Direction de la surveillance du territoire (DST) ose dire sans rougir que le « deal verbal » avec Sabri Khalil al-Banna dit Abou Nidal « a marché » puisque, selon lui, « il n’y a plus eu d’attentats à partir de fin 83, en 84 et jusqu’à fin 1985 ». 

Yves Bonnet a aussi perdu la mémoire… Rappelons lui, entre autres, l’attentat contre la banque Léumi, boulevard des Capucines, et celui contre Mark & Spencer, boulevard Haussmann… 

L’ancien chef de la DST justifie la connivence avec les terroristes palestiniens en précisant que les attentats en Italie ou ailleurs ne le regardaient pas tant qu’il n’y avait rien sur le sol français. Belle solidarité européenne !L

Et alors, si Abou Nidal et ses complices avaient commis des dizaines d’attaques terroristes et notamment contre notre ambassadeur à Londres, Shlomo Argov… Un attentat dans un café du centre-ville de Madrid en tuant 18 innocents et blessant 82 autres… Puis le détournement d’un navire italien, Achille Lauro abattant un passager juif américain paraplégique, puis le jetant à la mer avec son fauteuil roulant… Puis des attentats contre les comptoirs d’El Al dans les aéroports de Rome et de Vienne. 18 morts, 140 blessés… Puis un taxi piégé qui explose au port du Pirée en Grèce faisant neuf morts et plus de 100 blessés… sans oublier le Boeing 747 de la Pan Am qui explose au-dessus de Lockerbie, en Écosse…

Dans l’esprit de Bonnet, l’essentiel est que ces attentats ne soient pas commis sur le sol français… Quelle lâcheté ! Ce manque de courage qui porte à l’hypocrisie.

Le pacte secret conclu lors du premier septennat de François Mitterrand avec Abou Nidal, celui qui fut le plus sanguinaire des terroristes qu’a connu l’Europe et le Moyen-Orient, a été suivi par Jacques Chirac avec le Hezbollah et les Iraniens après une nouvelle vague d’attentats à Paris, et à Beyrouth, le 23 octobre 1983, contre le Drakkar. 58 militaires français y avaient trouvé la mort.

Ces accords conclus avec des organisations terroristes prouvent l’incompétence et le désarroi à combattre le fléau. Une ligne de conduite suivie et appliquée par certains hauts-responsables politiques français.

Cette « collaboration » avec des terroristes notoires tels Abou Daoud, Georges Habache, ou Georges Ibrahim Abdallah, n’a pas arrêté les attentats contre la France depuis cette époque jusqu’à nos jours.

Abou Nidal a fomenté l’attentat du Pan Am 103 au-dessus de Lockerbie (photo Air Accident Investigation Branch)

Les patrons de la DST, tel Yves Bonnet, ne peuvent prendre des décisions sans avoir l’aval du Président de la République. Les services secrets français sont connus depuis la guerre d’Algérie comme étant parmi les meilleurs du monde pour la qualité du Renseignement et leur efficacité, mais ils doivent appliquer à la lettre la politique gouvernementale tracée par le chef de l’Etat.

Aujourd’hui, 37 ans après l’attaque terroriste contre le restaurant Goldenberg, qui a fait six morts et 22 blessés, le président Macron devrait nommer un juge d’instruction pour faire toute la lumière concernant l’aveu du patron de la DST.

Il est révoltant et scandaleux que des terroristes palestiniens pouvaient circuler librement en France avec la « permission » de la police et des services secrets.

Comment pouvoir garantir ainsi la sécurité de la communauté juive hier et d’autant plus aujourd’hui ?

Comment pouvoir faire confiance aux promesses des terroristes de ne pas perpétrer des attentats ? Que pourra dire demain le président Macron après un nouvel attentat ?

Freddy Eytan

Pacte secret après l’attentat de la rue des Rosiers : «Cela me semble lâche et immoral»


Elisabeth était serveuse au restaurant Jo Goldenberg à Paris lors de l’attaque. Miraculeusement rescapée, elle raconte la vie d’après et réagit à l’accord passé avec le groupe terroriste.

 L’attaque du bar avait fait six morts et 22 blessés.
L’attaque du bar avait fait six morts et 22 blessés. LP/Thierry Besnier

Par Jérémie Pham-LêL Le Parisien

Pour le 37e anniversaire de l’attentat de la rue des Rosiers, survenu le 9 août 1982, l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT) organise ce vendredi, à 13 heures, un rassemblement pour honorer la mémoire des victimes à Paris. Rescapée de la tuerie, Elisabeth, 74 ans, témoigne, alors que Le Parisien révèle que l’ancien patron du renseignement français a confié aux juges, en janvier, l’existence d’un pacte secret avec les terroristes .

Que faisiez-vous le jour de l’attentat ?

ELISABETH. J’avais 38 ans et j’étais engagée comme serveuse au restaurant Jo Goldenberg côté brasserie. Le 9 août 1982, j’étais rentrée de congé maternité depuis à peine huit jours lorsque l’attentat a eu lieu. Je me souviens que j’étais derrière le comptoir. Devant, il y avait un présentoir à gâteaux et deux tables qui étaient vides. C’est là que la première explosion a eu lieu. J’ai entendu comme un bruit de pétard, pas trop fort non plus. Le carrelage s’est brisé, mais les vitres n’ont pas tremblé. C’était le signal pour que les autres terroristes rentrent et tirent dans la salle.

La caissière a crié : « Sauvez-vous, cachez-vous », et Dieu m’a donné le réflexe de sauter dans la salle de la plonge, à l’arrière. Je me suis cachée sous une planche où était entreposé de la vaisselle sale, près de la poubelle. Un terroriste est rentré et a tiré sur les deux autres employés qui se cachaient avec moi. Ils ont survécu tous les deux, mais l’une est restée paralysée à cause d’une balle. L’autre gémissait terriblement, c’était horrible à entendre. La fusillade m’a paru une éternité. Heureusement, le terroriste ne m’a pas vue. Sinon je pense que je serais morte. J’ai pensé très fort à mon fils.

Comment vivez-vous depuis ?

On vit avec une blessure morale. J’essayais de ne pas trop y penser. J’ai changé de métier pour devenir esthéticienne, mais je suis restée avec à Paris. Aujourd’hui, je suis retraitée. Il faut savoir que c’est seulement en 2016 que je me suis constituée partie civile auprès de la justice. Après avoir discuté avec une autre rescapée dans la même situation, nous nous sommes tournées vers Me Avi Bitton.

J’ai été entendue par la DGSI pour la première fois fin 2018. Auparavant, la police ne m’avait jamais interrogée, même après l’attentat ! Je ne me suis pas non plus présentée spontanément pour passer à autre chose. Je pense que l’enquête a été un peu bâclée au départ. Pourtant, je suis sûre que l’un des clients au comptoir que j’ai servi était un des terroristes. J’ai la conviction que c’est lui qui est entré dans la plonge dès les coups de feu et qu’il a voulu m’éliminer par peur que je le reconnaisse. Mais je ne me souviens plus de son visage.

Selon l’ex-patron de la DST, un accord a été passé entre la France et un groupe terroriste soupçonné d’être impliqué dans l’attentat. Qu’est-ce que cela vous inspire ?Newsletter – L’essentiel de l’actuChaque matin, l’actualité vue par Le ParisienJE M’INSCRISVotre adresse mail est collectée par Le Parisien pour vous permettre de recevoir nos actualités et offres commerciales. En savoir plus

Cela me semble lâche et immoral de la part de la France si un tel accord a été passé. Dans ce dossier, il y a toujours eu des petites magouilles : des témoins n’ont pas été entendus, on a laissé partir des suspects hors de France avant de les retrouver seulement 30 ans plus tard… Qu’on ait pu s’arranger avec des gens aussi sanguinaires, cela me paraît inconcevable. Quel crédit pouvait-on accorder à leurs paroles ? Et pour quels bénéfices vraiment ? Avoir protégé ces malfaiteurs est une insulte à la mémoire des morts et des blessés qui sont décédés depuis.

AFFAIRE D’ETAT APRES L’ATTENTAT RUE DES ROSIERS: « Le Parisien » du 8 aout REVELE LE SCANDALEUX DEAL PASSE ENTRE LE CHEF DE SERVICE DES RENSEIGNEMENTS ET LES TERRORISTES PALESTINIENS.

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme  est consterné par l’information révélée dans le journal Le Parisien du 8 aout 2019 concernant le « deal » passé entre le responsable des renseignements et les terroristes palestiniens. Les journalistes d’investigation Vincent Gautronneau et Jeremie Pham-Le , rapportent que le chef du renseignement de l’époque Yves Bonnet vient d’avouer devant le juge qu’il avait passé un accord avec les terroristes palestiniens lors de l’attentat de la rue  des rosiers le 9 août 1982, qui a visé particulièrement le quartier juif de Paris, le restaurant juif Jo Goldenberg, les boutiques juives  de ce quartier et les passants. 

Yves Bonnet aura déclaré “On a passé une sorte de deal verbal en leur disant : Je ne veux plus d’attentat sur le sol français et en contrepartie, je vous laisse venir en France, je vous garantis qu’il ne vous arrivera rien».

Le président du BNVCA  est d’autant plus choqué qu’il est particulièrement concerné, car le  lendemain de l’attentat  le Premier Ministre Pierre Mauroy et son Directeur de Cabinet Jean Michel Rosenfeld, ont donné directement à cet inspecteur divisionnaire de Police Sammy Ghozlan la mission exceptionnelle d’assister la brigade criminelle de la Police Judiciaire de Paris dirigée par Alain Cances.

C’est  Sammy. Ghozlan qui avait reçu par téléphone la revendication du. Groupe Abou Nidal.     

Nous ne pouvons admettre que la France ait pu protéger les terroristes palestiniens et assurer les auteurs et complices des attentats antijuifs, qu’ils ne risquaient rien à venir en France et à s’y déplacer en tout quiétude.  Nous en déduisons que les citoyens juifs de France ont en fait été l’objet d’un marché de dupes.

Nous considérons que les arrangements et les promesses faites aux terroristes aux dépens des juifs de France n’ont pu se faire sans l’accord des plus hautes autorités de l’Etat, Président de la République, le Premier Ministre, le Ministre de l’Intérieur, le Ministre de  la justice et le Ministre des Affaires Etrangères.

  Nous rappelons que. le terroriste George  . Habache   auteur du détournement  de l’avion d’Air.France sur Entebbe  avait bénéficié de cette protection officielle Il était venu en France en 1992 pour se faire soigner mais suite à des révélations il a dû repartir  sans que le juge Bruguiere ait pu le faire arrêter                                  

Nous demandons que toute la lumière soit faite sur cette lamentable et grave affaire d’Etat qui laisse une grande amertume aux citoyens juifs cibles principales du terrorisme  international.   

Si ce “deal” scandaleux était encore appliqué, nous attendons du  Chef de l’Etat qu’il y mette fin sans délai.

Philippe Val: « Plus personne aujourd’hui ne publierait les caricatures de Mahomet »

parElisabeth Lévy


C’est l’histoire d’une vie réussie jalonnée de combats perdus. Dans Tu finiras clochard, comme ton Zola, Philippe Val raconte une existence qui l’a mené du cabaret au journalisme et des combats libertaires à la lutte contre l’islam radical. De son duo humoristique avec Font à la direction de France Inter en passant par Charlie hebdo, l’essayiste a vu une grande partie de la gauche renoncer à l’universalisme.


Elisabeth Lévy. Vous avez choisi la troisième personne et la forme romanesque pour raconter votre vie, qui est effectivement très romanesque.

Philippe Val. Cela m’a pris du temps. Pour écrire, il faut se libérer de soi-même. Comme je raconte une histoire qui est commune à beaucoup de gens, au moins par certains éléments, j’ai voulu que le personnage qui porte mon nom soit parmi les autres, et pas le narrateur des autres.

Tu finiras clochard comme ton Zola. Votre titre résume la distance qui vous a très vite opposé à votre milieu familial. Vos parents ne sont pas du tout des gens horribles, mais ils sont étrangers à vos émois d’adolescent pour la littérature, pour la beauté… Bref, vous éprouviez une forme de mépris pour leur côté terre à terre, mais peut-être vous a-t-il construit ?

Évidemment, on ne naît pas hors-sol. Je suis de là, de cette famille, de ces gens qui étaient des gens pauvres, probablement alcooliques dans la génération d’avant. Le père de ma mère faisait les trois-huit chez Renault, mon père était apprenti boucher à 12-13 ans… Et ils ont réussi. Après la guerre, mon père a travaillé comme une brute et il a fini par s’enrichir. Je suis donc né en 1952 dans la toute petite bourgeoisie d’après-guerre. Ce n’était pas un monde de l’abstraction, mais un milieu où le réel sautait à la gueule tout le temps…

Où le savoir comptait assez peu ?

Le savoir… C’était important, mais pas le plus important. Le plus important, c’était la force de travail. Se lever, bosser, le soir, avoir gagné sa journée. Un monde parisien, mais terrien. Mes parents coupaient de la viande…

C’est peut-être de là que vient votre rapport à la réalité, qui vous a empêché de suivre nombre de vos amis sur les pistes plus ou moins délirantes ouvertes par toutes les nuances de gauche.

Sans doute. Je le dois aussi au fait que ma formation politique a d’abord consisté à lire Zola et à écouter des chansons de Brassens ou de Ferré, Nougaro, Barbara. Alors bien sûr, en terminale, j’ai lu le Manifeste du parti communiste, mais déjà je n’y croyais pas, je n’aimais pas ça. Le premier philosophe que j’ai lu et aimé, c’était Nietzsche, certainement pas les théoriciens marxistes. Je suis entré dans le monde de la culture comme un animal égaré, sans être guidé par des professeurs ou des parents. J’ai forcé la porte à coups de pied, j’allais m’acheter des livres avec mon argent de poche. Quand on vient d’un milieu comme ça, on se sent con. Et on n’a pas envie de l’être. J’ai mis beaucoup de temps à me sentir un peu libre de penser.

Je me demande si cette fluidité culturelle est encore possible. En tout cas, votre livre retrace une existence personnelle passionnante. Artistes, politiques, médias, vous avez fréquenté des milieux très divers. Mais c’est en même temps le récit de beaucoup de combats perdus ! 

Oui et non. N’oubliez pas que ça se passe dans la seconde moitié du XXe siècle, qui est, avec le XVIe siècle et les guerres de religion, l’un des siècles les plus obscurs de notre histoire. Nous avons connu une véritable Bérézina des Lumières. À cette aune, on peut dire que nous avons accompli quelques trucs  : depuis la Seconde Guerre mondiale, en Europe de l’Ouest, on vit pas mal au niveau des droits, la personne humaine est respectée, les femmes et les hommes ont des droits égaux, sans oublier la contraception, le droit à l’avortement et la dépénalisation de l’homosexualité.

Mais c’est aussi cette logique des droits devenue folle qui est aujourd’hui à l’œuvre dans la fragmentation victimaire de la société et de l’imaginaire collectif.

La grande faillite de l’après-guerre, c’est de ne pas avoir compris les enjeux du savoir et de la culture, et d’avoir laissé la démocratie glisser sur une glace de plus en plus mince. Résultat, aujourd’hui, les gens n’ont pas le bagage nécessaire pour vivre en démocratie. Lorsqu’il donnait son premier cours à l’université de Nice, Clément Rosset, un philosophe que j’aimais beaucoup, disait aux élèves : « Je suis ici pour vous apprendre à penser par vous-même, ça ne sert à rien, vous n’y arriverez jamais. Maintenant on va commencer à travailler. »A

Certes, mais vous avez cheminé pendant trente ans dans une famille qui s’appelait la gauche. Lui appartenez-vous toujours ?

Je ne crois pas avoir beaucoup changé d’idées.
C’est la gauche qui s’est retirée et m’a laissé sur le sable. Après qu’elle a trahi l’Europe, trahi la laïcité, et trahi Israël,elle est devenue infréquentable. A

C’est ce que j’appelais vos combats perdus. En tout cas, vous avez toujours été minoritaire. Ainsi, à partir de Mai 68, vous choisissez la gauche libertaire, quand les gauchistes tiennent le haut du pavé.

Je ne pouvais pas les voir, ils étaient dogmatiques et ennuyeux. Pourtant, à cette époque, ils m’aimaient bien ! Ils pensent – et ça durera jusqu’à Charlie Hebdo – qu’ils peuvent se servir de moi parce que j’ai un peu de notoriété, que je dis parfois des trucs marrants. Je me suis retrouvé dans ce milieu sans opinion politique très structurée. Alors évidemment, comme tout le monde à l’époque, j’étais contre la peine de mort, contre le racisme, pour les femmes, le droit des homos, et je le suis toujours, d’ailleurs… Contre le mal et pour le bien, mais je n’ai jamais cru une seconde qu’ils étaient étrangers l’un à l’autre.

À vous lire, on baigne néanmoins dans la joyeuse atmosphère de cette époque pompidolienne dont les Français ont la nostalgie. C’est aussi l’époque Font et Val.

C’est une époque où, d’abord, on rit beaucoup. Même les vrais gauchistes, disciples de l’Albanie d’Enver Hodja, viennent voir les spectacles de Font et Val. Ils nous considéraient comme des pitres, ce qu’on était, mais des bons pitres, on faisait rire des salles entières ! Et on pouvait se foutre de leur gueule. Je pense que vers 1972 ou 1973, le premier spectacle de gauche, mais brutalement anticommuniste, a été « En ce temps-là, les gens mouraient » de Font et Val. On ne mesure pas aujourd’hui le choc que c’était, pour des gens de gauche, d’entendre des horreurs sur le communisme.

Aujourd’hui, l’humour de gauche est devenu l’humour officiel. Notamment grâce à France Inter.

Autrefois, on disait que l’humour, c’était la politesse du désespoir, aujourd’hui, ce serait plutôt l’insolence de l’inculture…

Le conformisme est passé à gauche, le flicage est passé à gauche, le racialisme même est passé à gauche. N’est-ce pas l’échec de votre génération ?

C’est Waterloo. Imaginez qu’il y a aujourd’hui à l’Assemblée nationale des élus de gauche favorables aux Indigènes de la République. Par inculture, on a transformé les idées en valeurs morales. Elles sont donc indiscutables, sauf à commettre une faute morale, c’est à-dire un péché. Étonnant, comme cette génération qui se croit sans dieu, tombe sans le savoir dans le christianisme le plus étroit.A

N’avez-vous pas vous-même passé une partie de votre vie à vous battre contre des moulins abattus depuis longtemps ?

Oui et non, parce que tout de même, on s’attaquait à des cadres qui étaient encore très forts dans la société, très puissants – la famille, la répression de la sexualité, un conformisme d’expression… On sortait d’une période qui s’enorgueillissait d’être coincée.

Seulement, beaucoup ont continué et continuent encore à ferrailler contre les fantômes du patriarcat.

En effet, il est arrivé un moment où beaucoup de choses étaient réglées. La peine de mort était abolie, ce n’étaient plus les parents qui nous empêchaient de baiser, c’était le sida, et nous jouissions pleinement des droits démocratiques. Mais ils ont continué à se battre contre des puissances à terre et à voir des fascistes partout. Sur ce terrain, avec Font, on a eu des intuitions. Dès qu’on a vu monter les régionalistes, les autonomistes, les identitaires – d’extrême gauche, hein – que bizarrement les anars défendaient, on a commencé à se payer leur tête. On allait en Bretagne, au Pays basque, en Occitanie, comme ils disaient, ça nous faisait beaucoup rire, l’Occitanie, on disait des choses très irrespectueuses, très blasphématoires sur les identités régionales. Et ça passait. Les ayatollahs de la cause se forçaient à sourire, et leur – notre – public se roulait par terre.

Photo prise le 22 novembre 2001 à Paris du rédacteur en chef du journal Charlie Hebdo, Philippe Val. Photo : FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Photo prise le 22 novembre 2001 à Paris du rédacteur en chef du journal Charlie Hebdo, Philippe Val.
Photo : FRANCOIS GUILLOT / AFP)

En même temps, Charlie Hebdo (que vous avez dirigé de 1992 à 2010) a longtemps regardé avec suspicion tout ce qui était tricolore.

Bien sûr, je venais d’une tradition anar, antimilitariste. Dans nos spectacles, avec Font, on était mondialistes, mais au fond de nous, on était aussi très français. J’ai toujours eu un intérêt passionné – et des sentiments partagés – pour la singularité française.

Vous n’en avez pas moins appartenu à cette gauche dite morale, qui a renoncé à faire de la politique pour faire la morale au populo, avec ses rassemblements de people luttant courageusement à Paris 6e contre le fascisme, incarné chez nous par Jean-Marie Le Pen, voire par Nicolas Sarkozy et son ministère de l’Identité nationale…

De fait, ces vingt-cinq ou trente dernières années, la droite a prospéré sur les silences et sur les dénégations de la gauche. Elle traite le réel que la gauche a refusé de voir, elle fait à sa façon, mais elle le fait. On peut détester Trump, mais on ne peut pas contester qu’il s’est fabriqué sur des dénégations de la gauche américaine, sur l’emprise effroyable du politiquement correct, dans les universités, sur le fait qu’un homme et une femme ne peuvent plus prendre l’ascenseur seuls aux États-Unis. Les gens qui bâtissent leur discours politique sur la victimisation sont des cons. J’étais très proche de Marceline Loridan. Elle a survécu à Auschwitz aussi parce qu’elle ne s’est jamais considérée comme une pauvre petite chose qu’on peut broyer, elle se disait tous les jours : « Ils ne m’auront pas. » Sur les murs de la prison d’Avignon, alors qu’elle venait d’être raflée, elle a écrit avec un caillou sur le mur : « C’est presque une joie de savoir qu’on peut être aussi malheureux. » Après cette digression, je reconnais qu’on s’est quand même fait avoir par des gens qui étaient très talentueux, très intelligents, très convaincants : Sartre et tous ses héritiers. On ne pouvait pas ne pas marcher un peu avec eux, d’autant qu’on avait l’impression qu’il n’y avait qu’eux…

De Sartre à Mitterrand…

Bien sûr, de Sartre à Mitterrand. Sans oublier Deleuze, tous les profs de Vincennes. Il fallait être très fort, très construit intellectuellement pour pouvoir contredire ça. On était bluffés par leur aura. Et on trouvait que ceux qui les critiquaient étaient des sales cons ou des salauds. Donc bien sûr, on refusait d’être alertés par ce que remuait l’extrême droite, tout ce qu’elle touchait devenait tabou.

On peut même se demander si, sous la couche de racisme et d’antisémitisme, Le Pen ne disait pas quelques vérités. Il parlait d’immigration de masse, d’identité, d’islam… sujets qui nous préoccupent aujourd’hui. 

Pour ma part, je n’adhérais pas du tout à ce qu’il était et à ses façons de voir, mais j’entendais qu’il parlait de sujets réels, parce que j’ai compris très vite que le retour de Khomeiny en Iran marquait le début de la politisation de l’islam et de ce qu’on n’appelait pas encore radicalisation. À la fin des années 1970, un de mes amis est devenu salafiste. J’ai traversé l’Algérie avec lui, on a passé des heures à s’engueuler dans le désert, et en rentrant en France j’ai compris qu’on était en train de passer à côté d’un phénomène gravissime. Mais j’étais un peu seul…Et je me suis fait très vite pourrir dans les conversations, dans les dîners, et plus tard dans les colonnes des journaux.A

Peut-être, mais dans votre journal on fustigeait le racisme supposé du petit Blanc !

J’ai toujours détesté ça. Je disais à ce copain, prof de fac, qui a viré frère musulman radical : « Eh oh, ce n’est pas moi qui ai colonisé l’Algérie »… 

Et « Mon beauf », ça n’a pas un peu contribué à populariser cette image du franchouillard à rejeter dans les ténèbres de l’extrême droite ?

Absolument pas ! Je peux en parler de façon un peu autorisée. L’archétype de « Mon beauf », pour Cabu, c’était aussi le mec de la CGT.

On s’est rencontrés au cours d’un dîner chez vous, à Joinville, vers 2005. J’étais la seule à voter Sarkozy (et aussi la seule à avoir voté « non » au référendum). Vous, vous étiez très européiste et très anti-Sarkozy ! Aujourd’hui, vous êtes ami avec l’ancien président.

Au début, une relation amicale s’est installée pour une raison quasi familiale, c’est qu’il a épousé Carla, qui était une amie. Ensuite, il y a eu une autre raison, plus politique : Sarkozy a remis en cause un dogme auquel ses prédécesseurs n’avaient pas touché depuis la conférence du général de Gaulle sur Israël en 1967, celui de la politique arabe de la France. Il y avait urgence. Plus tard, j’ai trouvé qu’il gérait la crise des subprimes avec efficacité et courage.

Du coup, qu’est-ce qui vous distingue aujourd’hui de ceux qu’on appelle les « réacs », comme Alain Finkielkraut ?

J’aime beaucoup Alain Finkielkraut, comme tous ces artistes qui écrivent des choses très belles sur ce qui nous arrive. Je suis parfois d’accord et parfois non. Ce qui me distingue d’eux, c’est que, sur les questions sociétales, je suis vraiment libéral. Bien sûr, l’extrémisme de certaines revendications liées aux droits des femmes, des homosexuels et des identités en général a souvent abouti au plus débile des communautarismes, néanmoins je pense qu’à un moment donné, cette lutte était nécessaire. Dans cette perspective, je ne suis pas hostile à la GPA : ça existe, ça viendra, la filiation s’établira autrement, mais elle s’établira. Faisons confiance aux romans que les gens inventent pour pouvoir vivre.

En somme, il ne faut pas être accroché à un modèle anthropologique.

C’est ça. De même, je crois qu’il ne faut pas se crisper sur l’identité nationale. J’aime bien cette phrase : « J’ignore d’où je viens, j’ignore où je vais, j’ignore quand je vais mourir, j’ignore pourquoi je suis si joyeux. » Pour moi, il y a une hiérarchie des appartenances. Je ne nie pas l’importance de l’appartenance à un pays, à une langue, mais je pense qu’il y a une culture européenne depuis très longtemps, donc un peuple européen qui partage cette culture.

Si vous le dites. Il y a une sorte de charnière dans votre vie : vous passez de l’art à la politique. Vous devenez journaliste. Avec le nouveau Charlie, on vous découvre comme un contestataire à l’intérieur de la gauche, notamment contre les délires antiisraéliens, etc.

Vous pouvez vous arrêter là, parce que la guerre a commencé avec la question d’Israël, bien sûr. Me faire pourrir par les gauchistes, je m’y attendais. Que le reste de la gauche attende silencieusement l’issue du combat pour, finalement, choisir l’autre camp, cela m’a halluciné. Ça a commencé avec l’Intifada. À l’exception de quelques personnalités isolées, comme Bertrand Delanoë, Élisabeth Badinter évidemment, la gauche nous a laissés partir en danseuse devant le peloton, et nous a abandonnés ensuite en rase campagne. Je croyais avoir affaire à la gauche de Léon Blum, c’était devenu la gauche Tariq Ramadan.

N’empêche, vos éditos dans Charlie avaient tendance à dénoncer comme ennemis de la démocratie tous ceux qui critiquaient un peu trop l’Europe ou le libéralisme.

C’est que je pense encore qu’à terme, l’avenir fragile de la démocratie – et de la paix – est indissolublement lié à la construction d’une puissance culturelle et politique européenne. Faute de quoi nos économies et nos droits vont s’effondrer d’un même mouvement. Il suffirait d’accepter ce que nous sommes : Shakespeare et Hugo sont des poètes européens, Fellini et Bergman des cinéastes européens, Freud et Darwin des génies européens, Goethe et Cervantès des esprits européens…

Je ne vais pas vous casser le moral avec le déclin de la culture. À France Inter, vous avez affronté à la puissance mille la « résistance » extrême gauchiste. Vous tirez de cette expérience sur cette lointaine planète qu’est la radio publique un chapitre drôlissime. Pourtant, vous n’avez pas dû rigoler tous les jours. 

Bien sûr, j’ai rigolé tous les jours au moins une fois… Pas toujours pour des raisons très charitables, je l’avoue. Mais je comprends qu’avec l’ambiance qui a régné autour de ma nomination, certains collaborateurs pensaient qu’ils n’avaient rien à voir avec un type comme moi. Au contraire, je me reconnaissais en eux, forcément, et j’avais envie de les emmener un peu ailleurs.

Pour votre cinquième ou sixième existence, vous envisageriez la politique en vrai ?

Non, non. Vraiment, je ne suis pas fait pour ça. Je m’intéresse davantage à Chopin et à Proust qu’aux catéchismes politiques. La politique doit rendre possible la liberté des créateurs, le reste suivra.

Le 7 janvier 2015, vos amis et votre compagnon de presque toujours, Cabu, sont assassinés. Vous avez déjà évoqué ici la période qui va du procès des caricatures de 2006 à l’attentat (1). Malgré nos proclamations d’alors, on dirait qu’une partie de la France est prête à sacrifier la laïcité et la liberté d’expression sur l’autel du respect des minorités sensibles. 

Il est certain que plus personne aujourd’hui ne publierait les caricatures de Mahomet. Alors, je continue ma petite aventure avec ceux qui le veulent bien. Quand Tareq Oubrou m’invite à m’exprimer à Bordeaux devant des musulmans, j’y vais et on parle du blasphème, de la nécessité de rire du sacré. Cela dit, dans ces combats là, on est beaucoup moins seuls qu’il y a quinze ans. Une partie de la gauche s’est réveillée. Au Printemps républicain, à la Fondation Jean-Jaurès ou dans le think tank L’Aurore, par exemple, il y a beaucoup de gens qui prennent en considération le réel et les périls, intellectuels et politiques, d’aujourd’hui.

Peut-être, mais au-delà de la question islamiste, la raison est de moins en moins notre monde commun.

C’est une évidence et certains journalistes, qui devraient exprimer le rappel à la raison, participent à la confusion. Sur les plateaux télé, quand il est question de sujets sensibles comme l’incendie de Notre-Dame ou les gilets jaunes, ils laissent parfois passer des choses hallucinantes, soit parce qu’ils ne sont pas outillés pour les contester, soit parce qu’ils ont peur de fâcher leur rédaction ou de contrarier une partie de leur public. Il y a un autre phénomène inquiétant : quelqu’un qui achète Charlie Hebdo ou Causeur sait qu’il peut tomber sur des articles avec lesquels il n’est pas d’accord. Mais de plus en plus de gens, en particulier les jeunes, ne s’informent que par les réseaux sociaux, où ils ne cherchent que l’information qui conforte leurs convictions. Ainsi, ils ne sont plus confrontés à la contradiction. Ça, c’est une catastrophe de civilisation.

Dans les années 1970, il y avait les gauchistes, les communistes et la droite. On ne connaissait pas ce foisonnement médiatique. Et pourtant, on a l’impression que le débat était plus libre.

Oui, il était plus libre. Et de meilleur niveau. Surtout, il pouvait y avoir un débat. J’aime la polémique, mais je n’aime pas le pamphlet, car il exclut l’adversaire intellectuel de l’humanité. Née plutôt à droite au moment de l’affaire Dreyfus, l’humeur pamphlétaire est aujourd’hui passée à gauche. Ruffin, Mélenchon n’ont plus d’autre argument que la diabolisation de leurs adversaires. Et le plus inquiétant, c’est que les romanciers sont atteints par ce sectarisme. Dans Quatre vingt-treize, de Victor Hugo, il y a des héros vendéens. Aujourd’hui, même dans un roman, l’adversaire doit être une ordure. Le résultat, c’est que beaucoup de romanciers sont mauvais. Ce sont des petits sociologues, bornés à une vision bourdieusienne du monde. En effet, depuis que Bourdieu a détrôné Aron, la sociologie française est agonisante, obnubilée par le déterminisme social. Et les comiques font de la sociologie de bazar et partagent le monde entre bons et méchants. Comment voulez-vous qu’ils soient drôles ?

Des membres de l'équipe de Charlie Hebdo dont les dessinateurs Cabu, Charb, Riss, Tignous et Honoré Julien Berjeaut aka Jul and Catherine Meurisse posent devant les bureaux de l'hebdomadaire satirique, le 15 mars 2006 à Paris. Photo: JOEL SAGET / AFP

Des membres de l’équipe de Charlie Hebdo dont les dessinateurs Cabu, Charb, Riss, Tignous et Honoré Julien Berjeaut aka Jul and Catherine Meurisse posent devant les bureaux de l’hebdomadaire satirique, le 15 mars 2006 à Paris.
Photo: JOEL SAGET / AFP

L’humour occupe une grande place dans votre vie d’artiste et d’homme. Ça aussi, c’est en train de disparaître, alors qu’on peut se faire virer pour une mauvaise, voire pour une bonne blague. 

Finalement, l’humour, c’est peut-être une question de style, si le style est l’expression de l’inconscient. Un comique stylé, c’est un comique qui s’englobe dans ce qu’il moque. Il n’y a pas de grâce sans rire, sans imaginer parfois qu’il y a des dieux rieurs derrière les nuages. Alors, il est vrai que le rire est sinistré par les comiques-sociologues que j’ai évoqués. Cela dit, j’ai récemment assisté au spectacle de Jérôme Commandeur, qui m’a bien fait éclater de rire, comme Blanche Gardin, dont le spectacle est étonnant. Il y a seulement cinq ou six ans, des gens comme ça n’existaient pas.

Quatre ans après l’attentat de Charlie Hebdo, vous vivez toujours sous surveillance. Avez-vous peur ? Avez-vous le sentiment d’être abandonné dans votre combat pour la liberté ? Cette journée funeste a-t-elle changé ce que vous êtes ?

Je n’ai pas peur, parce que je me sens bien protégé. Quand on se bat pour ce qu’on aime, il faut absolument avouer qu’on y prend du plaisir. Si je ne croyais pas à certaines choses, ma vie serait moins intense. Donc je suis payé. C’est un mauvais moment pour la liberté. Beaucoup de nouvelles libertés acquises pendant ce demi-siècle sont, en réalité, beaucoup moins bien acceptées qu’on ne le pense, dans une certaine partie de la population. Et ça nourrit une colère qui parle d’autre chose, parce que la cause – le refus de ces libertés – est encore indicible, sauf chez les religieux. Je pense que, par exemple, le mariage homosexuel ou le droit à l’avortement et les droits des femmes en général restent, dans un inconscient collectif, comme des éléments destructeurs d’un ordre fantasmé du monde d’avant. Les attentats nous ont tous changés à des degrés divers. Avant, il semblait dans l’ordre des choses d’avoir des moments de fantaisie, de ressentir de la joie. Après j’ai compris que la fantaisie et la joie étaient une victoire sur moi-même et sur le monde. Ça l’était sans doute déjà avant, mais je ne le savais pas aussi nettement.

Le BNVCA condamne la propagande discriminatoire à risque lancée par la Mairie d’Aubervilliers contre l’État juif Israël

Communiqué :

Le Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme, dénonce et condamne la campagne de propagande

anti-israélienne lancée par la Mairie d’Aubervilliers (93).

Plusieurs administrés de cette commune, surtout de confession juive nous ont fait part de leur inquiétude suscitée par cette publicité hostile à l’État juif à la fois discriminatoire et mensongère. Sur des panneaux, des affiches, des photos sont accrochées tout au long de la clôture du parc urbain à la vue des passants invités à cette haine d’Israël, qui depuis 20 ans pousse à l’acte anti-juif, agressif voire meurtrier. Les juifs d’Aubervilliers ont été les premiers à subir les attaques antisémites de 2000 et 2001 en raison de l´engagement sans discernement de         l´équipe municipale communiste en poste à cette période. Rabbin attaqué dans la rue. Autocars scolaires incendiés. Tirs sur la vitre d’un autobus scolaire. Graffitis anti-juifs menaces injures etc.

Nous considérons que la politique étrangère ne relève pas du domaine d’un conseil municipal, d’autant qu’elle est de nature à dresser les communautés les unes contre les autres et rendre vulnérable les juifs de la ville, de même que les élèves du groupe scolaire « Chne Or », situé à proximité du parc.

Nous demandons à Monsieur le Préfet d’user de son pouvoir pour faire retirer cette propagande à risque qui n’apporte rien au développement des palestiniens et ne contribue en rien à la paix.

Nous demandons au Ministre de l’Intérieur d’exprimer à la Maire d’Aubervilliers, les remontrances, avertissements ou blâme qui s’imposent. Le BNVCA a chargé son conseil de déposer une requête auprès du

Tribunal Administratif.          

           

Les services secrets français priés de modérer leurs critiques sur l’Iran

En juin, lors d’un conseil de défense, il a été demandé aux services secrets français, pour faciliter le dialogue avec Téhéran, de mettre en sourdine leurs inquiétudes sur ce qu’ils qualifient de « terrorisme d’Etat ». 

Par  Jacques Follorou   Publié par Le Monde

Abbas Araghchi, vice-ministre iranien des affaires étrangères, s’exprimant devant la presse après une réunion, à Vienne (Autriche), des pays parties de l’accord sur le nucléaire iranien.  Le 28 juillet 2019.
Abbas Araghchi, vice-ministre iranien des affaires étrangères, s’exprimant devant la presse après une réunion, à Vienne (Autriche), des pays parties de l’accord sur le nucléaire iranien.  Le 28 juillet 2019. ALEX HALADA / AFP

Si les services de renseignement occupent aujourd’hui une place centrale dans les affaires du monde, ils doivent, parfois, taire leurs exigences face au pouvoir politique. Ce fut ainsi le cas, en juin, lors d’un conseil de défense qui réunit, chaque semaine, les principaux acteurs de la sécurité du pays autour du chef de l’Etat, Emmanuel Macron.

Alors que la discussion abordait la question iranienne et le rôle que pouvait jouer la France pour sauver ­l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, il fut demandé aux services secrets français, pour faciliter le dialogue avec Téhéran, de mettre en sourdine leurs inquiétudes sur ce qu’ils qualifient de « terrorisme d’Etat » de Téhéran.

Projet d’attentat avorté à Villepinte

Les services français ont toujours à l’esprit, en effet, le projet d’attentat avorté ayant ciblé, le 30 juin 2018, un rassemblement, à Villepinte, au nord de Paris, des Moudjahidine du peuple, mouvement d’opposition au régime iranien. La tentative avait échoué après l’arrestation en Belgique, le jour même, d’un couple d’origine iranienne. Les enquêteurs avaient trouvé dans leur véhicule 500 grammes d’explosifs de type TATP et un détonateur. A en croire les services de renseignement, ils recevaient leurs ordres d’un diplomate iranien, Assadollah ­Assadi, en poste en Autriche depuis 2014.

Une grande part des informations avaient été fournies aux Français et aux Belges par le Mossad, l’un des services secrets israéliens. « Cetteaffaire est gravissime, elle aurait pu faire un carnage, assure un membre de la communauté du renseignement français, c’est notre Skripal à nous [Sergueï Skripal, un ex-agent russe passé à l’ennemi britannique, fut victime, en mars 2018, d’une tentative d’empoisonnement, dans le sud de l’Angleterre, perpétrée par le renseignement militaire russe], mais il faut faire profil bas. »

USA: B. Sanders prêt à réduire l’aide américaine à Israël pour faire pression sur le gouvernement

i24NEWS 28 juillet 2019 à 06:32 –

Le sénateur Bernie Sanders, candidat démocrate à la présidentielle américaine, le 13 décembre 2018 au Sénat
MANDEL NGAN (AFP/Archives)

“Sous Netanyahou, il y a eu un gouvernement d’extrême droite avec de nombreuses tendances racistes”

Le sénateur américain du Vermont, Bernie Sanders, candidat à la présidence du parti démocrate de 2020, serait “absolument” prêt à envisager des réductions budgétaires de l’aide étrangère américaine à Israël pour faire pression sur le gouvernement et Jérusalem.

Les États-Unis fournissent actuellement une aide militaire de 3.8 milliards de dollars à l’Etat hébreu. 

Interviewé dans l’émission podcast Pod Save America, Bernie Sanders a déclaré qu’il n’hésiterait pas à utiliser cette aide comme moyen de pression sur le gouvernement israélien “afin qu’il agisse différemment avec les Palestiniens.”

Il a par ailleurs affirmé qu’il ne prendrait pas de décisions qui rendraient Israël militairement vulnérable, mais donnerait au gouvernement un chèque en blanc.

“J’ai de la famille en Israël. Je suis Juif. Je ne suis pas anti-Israël”, a-t-il déclaré. “Evidemment je pense que le peuple d’Israël a le droit de vivre en paix et en sécurité mais ces dernières années, sous Netanyahou, il y a eu un gouvernement d’extrême droite avec de nombreuses tendances racistes,” a-t-il précisé.

En avril dernier, Sanders avait accusé le gouvernement Netanyahou d’être “raciste” alors qu’il participait à un événement local organisé par CNN avec des électeurs démocrates.

Celui qui est candidat démocrate à la présidence de 2020 avait appelé à un changement de la politique américaine vis-à-vis d’Israël, affirmant que l’approche du Premier ministre Benyamin Netanyahou à l’égard des Palestiniens était “oppressive”, et avait affirmé que s’il était élu, il afficherait davantage de sympathie envers les préoccupations des Palestiniens.Sanders accuse le gouvernement de Netanyahou de racisme

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Liaisons étranges entre un élu européen, le BDS et le terrorisme

Début juillet, le Parlement européen a donné la parole à un membre du FPLP, un groupe palestinien reconnu comme terroriste, à l’invitation de Manu Pineda, dit “Manu Abu Carlos”, un député européen communiste (Podemos) membre du BDS, le mouvement de boycott d’Israël.

Le 10 juillet dernier, le Parlement européen accueillait Khaled Barakat, membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), une organisation reconnue comme terroriste par les Etats-Unis, l’Union européenne, le Canada et Israël.

Cette visite a fait l’objet d’une vive controverse dans les milieux européens. Khaled Barakat était venu défendre le mouvement BDS (“boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël”) à l’invitation de Manu Pineda, un député communiste espagnol fraîchement élu au Parlement européen.

Eurodéputé et pro-BDS

Manu Pineda, connu sur Facebook sous le nom de “Manu Abu Carlos”, est un activiste du BDS, qui se présente sur le réseau social en compagnie de combattants des brigades du martyr Abu Ali Mustapha, le bras armé du FPLP, lance-roquettes et fusil-mitrailleur au poing (voir photo). Parmi eux, le leader de la brigade, Abu Jamal. Manu Pineda est aussi connu pour avoir fondé Unadikum, une association soutenant la résistance armée.CONSEIL

Cette visite met en lumière les liens entre le BDS et des groupes reconnus comme terroristes par la communauté internationale. Un lien dont de nombreux sympathisants du BDS, adhérant en bonne foi, ne sont pas informés. Le découvrir nécessite de faire des recherches.

Dans la structure du BDS, on retrouve les groupes terroristes du djihad islamique et du Hamas, aux côtés de plusieurs ONG palestiniennes. Le djihad islamique palestinien, formé militairement par le Hezbollah, prône dans sa charte la destruction de l’État d’Israël pour le remplacer par un État islamique palestinien. Il se concentre sur l’action armée avec ses Brigades Al-Qods.

Entraînements militaires

Peu avant sa visite au Parlement européen, Khaled Barakat venait d’être interdit de prendre la parole en Allemagne en raison de son activisme et de ses liens avec la lutte armée.

Khaled Barakat fait partie de Samidoum, une organisation pro-BDS et liée au FPLP. On y retrouve aussi le Belge Mustapha Awad, arrêté en Israël en juillet 2018 pour participation à un mouvement terroriste, puis relâché début 2019.

D’après un rapport du ministère israélien des Affaires stratégiques, “Khaled Barakat, membre du comité central du FPLP au Liban, a organisé l’entraînement militaire de Mustapha Awad en 2015 au Liban par le Hezbollah”, une autre organisation reconnue comme terroriste. Selon ce même rapport, “Mustapha Awad a transféré des fonds de Liban et de Syrie à Khaled Barakat en Belgique à deux occasions en 2016 et 2017”. D’autres détails interpellent, comme les similitudes entre le site internet de Samidoun et celui du FPLP.

Par ailleurs, sur la version anglaise du site de Samidoun, Khaled Barakat est présenté comme “un écrivain palestinien”, alors que sur la version arabe, il est associé au comité central du FPLP. Sur sa page Facebook, il fait aussi l’apologie d’Ashraf Na’alwa, le meurtrier de deux Israéliens, qu’il qualifie de“héros” qui s’est “sacrifié” pour la Palestine.

Le BDS condamné

Le mouvement BDS est considéré comme antisémite en Allemagne, comme dans d’autres pays. “Le mouvement BDS (…) est inacceptable et doit être fortement condamné. Les modèles et méthodes d’argumentation du BDS sont antisémites (…) et rallument inévitablement la mémoire de l’ère nazie”, dit une résolution du Parlement allemand votée en mai.

Les députés allemands y font la part des choses entre la critique de la politique de l’État d’Israël – relevant de la liberté d’expression – et une critique masquant un antisémitisme évident, comme les étiquettes du BDS collés sur les produits israéliens où l’on lit “N’achetez pas”, rappelant le slogan nazi “N’achetez pas aux Juifs” peint sur les commerces juifs dans les années 30. “Le Bundestag allemand condamne toutes les déclarations et attaques antisémites déguisées en critiques de la politique de l’État d’Israël, mais qui, en réalité, expriment de la haine envers les Juifs et leur religion”, indique la résolution.

Le BDS est également dénoncé par des législations votées dans 27 États américains, où ses comptes bancaires ont été fermés et ses campagnes sur internet interdites.

L’Europe n’a pas encore pris position. Pourtant, selon un autre rapport du ministère israélien des Affaires stratégiques, datant de janvier 2019, 5 millions d’euros iraient à des organisations soutenant le BDS. Le rapport “The Money Trail”, d’une trentaine de pages, décrypte cette chaîne de financement.

Vincent Georis,  JournalisteSource: L’Echo

Dominique Reynié «Le pire a eu lieu»

Pour le directeur général de la Fondation pour l’innovation politique, Dominique Reynié, si l’arrêté a été annulé, «le pire a eu lieu». «Cet arrêté préfectoral a une valeur historique, insiste-t-il. C’est une décision désastreuse car elle acte l’incapacité de la force publique à protéger nos compatriotes juifs. On leur demande de dissimuler leur judaïsme! Et on identifie même les quartiers où on peut se faire agresser si on est juif! C’est une déclaration d’impuissance et de défaite de l’État face à des groupes qu’il sait animés par des idées antisémites et qu’il sait localiser, comme en témoigne le texte. Par cet aveu, il favorise inévitablement l’expression de cet antisémitisme.»

Strasbourg suite: Croix gammées, saluts nazis et écharpes israëliennes brûlées en marge du match Racing – Haïfa

Vendredi 26 juillet, le groupuscule de supporters d’ultradroite Strasbourg Offender s’est affiché sur Facebook en brûlant des écharpes du club israëlien Maccabi Haïfa. Sur une autre photo, ils font le salut nazi et tendent un drapeau, plein de croix gammées. Par Guillaume Krempp publié le 27/07/2019 à 01h246 615 VISITES 6 COMMENTAIRES actualisé le 27/07/2019 à 11h30 

Cagoules, croix gammées et saluts nazis. Vers midi vendredi 26 juillet, les membres du groupuscule de hooligans d’ultradroite Strasbourg Offender font les fiers sur la page Facebook Ouest Casual Officiel. Ils sont parvenus à voler plusieurs écharpes du club de football israëlien Maccabi Haïfa en marge de la rencontre d’Europa League, disputée le 25 juillet dans le stade de la Meinau. Ce petit jeu consiste parfois en des bagarres à 13 contre 13 entre deux groupes. L’humiliation ultime : voler le drapeau du club rival et l’afficher sur les réseaux. Cette rivalité alimente aussi une autre page du réseau social. Sur Gruppaof, les mêmes deux photos de Strasbourg Offender ont été publiées dans la journée. 

La deuxième photo publiée sur Ouest Casual Officiel et Gruppaof. (capture d’écran)

Indignation autour d’un arrêté

Par arrêté préfectoral du 25 juillet dernier, les supporters israëliens étaient interdits de certaines zones à Strasbourg. Ils ne pouvaient non plus arborer des « signes ostentatoires » de leur club. Cette décision a suscité de vives indignations sur Twitter. Les internautes exprimaient leur incompréhension face à cette mesure, pourtant habituelle dans le football français. Régulièrement, les clubs de supporters en déplacement sont encadrés voire interdits de stade.

Des manifestations antisémites strasbourgeoises

Pour justifier cet arrêté, la Préfecture a notamment rappelé la présence supporters antisémites à Strasbourg :

« Des contacts ont été établis entre supporters violents des deux équipes, dont certains de ceux-ci sont politisés ou identifiés comme étant à l’origine de manifestations d’antisémitisme, et que des rencontres sont susceptibles d’être organisées pour en découdre. »

Rue89 Strasbourg a déjà révélé les liens entre hooligans strasbourgeois et l’ultradroite strasbourgeoiseAinsi des membres du Bastion Social ont pu afficher leur proximité avec le groupe Strasbourg Offender. Le groupuscule du Bastion Social a été dissous fin avril suite à l’annonce présidentielle du 20 février 2019.

L’antisémitisme insécurise les jeunes Juifs européens

Les 16-34 ans jugent qu’il a augmenté entre 2013 et 2018, faisant grandir leurs craintes au quotidien et le désir d’émigrer.

JEAN CHICHIZOLA

ANTISÉMITISME Les jeunes Juifs européens sont confrontés à un antisémitisme croissant. Tel est le constat dressé par un rapport sur les « expériences et perceptions de l’antisémitisme » publié en juillet par la Commission européenne et l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne. Le directeur de l’agence, l’avocat irlandais Michael O’Flaherty, déplore à cette occasion que « l’antisémitisme reste une souillure qui refuse de disparaître ». La commissaire européenne pour la Justice, la Tchèque Vera Jourova, souligne, elle, qu’il s’agit d’« une menace pour nos valeurs européennes ».

Cette enquête, qui confirme les événements observés notamment en France ces dernières années, se fonde sur les réponses d’un échantillon représentatif de plus de 2 700 Européens juifs âgés de 16 à 34 ans. Le rapport rappelle en introduction que, si dans la seconde moitié du XIXe siècle, 90 % de la population juive mondiale vivait sur le continent européen (Empire russe compris), ce chiffre n’est plus que de 10 % aujourd’hui. Sur un peu plus d’un million de Juifs aujourd’hui dans l’Union européenne, la grande majorité vit en France (quelque 500 000), au Royaume-Uni et en Allemagne. Et leur inquiétude grandit.

Plus de quatre jeunes interrogés sur cinq jugent ainsi que l’antisémitisme est un problème dans leur pays et qu’il a même augmenté entre 2013 et 2018. Un peu moins de la moitié (44 %) a été victime d’au moins un acte de harcèlement antisémite (agressions verbales, gestes insultants, harcèlement électronique ou téléphonique…) dans les douze mois précédant l’enquête. Et 4 % ont été la cible d’une agression physique antisémite.

Pour ces sondés, l’islam radical est le premier responsable des attaques. 31 % des jeunes harcelés (et plus de la moitié des agressés physiquement) l’ont été par une personne se réclamant « d’un point de vue islamique extrémiste ». 21 % des harceleurs se réclamaient de l’extrême gauche et 14 % de l’extrême droite.

Menaces 

L’élément le plus inquiétant du rapport tient à la description des conséquences de ces menaces persistantes et croissantes dans la vie quotidienne des jeunes juifs européens. Près de la moitié des jeunes faisant le choix de ne pas « revêtir, porter ou afficher en public des signes et objets distinctifs de leur identité juive » déclarent qu’ils agissent non pour des raisons de conviction personnelle mais « par souci de sécurité ».

Plus des deux tiers des jeunes Juifs qui affichent publiquement leur identité évitent de le faire dans certaines circonstances. Plus d’un jeune Juif sur dix a déménagé pour des raisons de sécurité. Et le rapport note notamment que, « en France, beaucoup de Juifs vivent dans des quartiers marqués par une forte mixité judéo-musulmane. Des tensions récentes ont eu un impact négatif sur le sentiment de sécurité de la population juive dans ces quartiers ».

Dans ces conditions, 41 % des jeunes Juifs européens interrogés ont déjà envisagé d’émigrer, en Israël pour la plupart, « parce qu’ils ne se sentaient pas en sécurité en tant que personne juive ». Le rapport revient sur la situation française, notant « qu’entre 1995 et 2012 », 1 750 Juifs ont quitté le pays en moyenne chaque année. Après les attentats islamistes de 2012 et 2015, continue le rapport, ils ont été 2 900 en 2013, puis plus de 6 000 en 2014 et de nouveau plus de 6 000 en 2015. « Si les chiffres ont baissé depuis lors, note l’étude, ils demeurent très au-dessus du niveau moyen observé dans les années 1990 et 2000. » L’étude précise toutefois que ces émigrants ne représentent sur la période 2012-2018, que 5,5 % de la population juive française. Et que ces données sont très inférieures, et stables depuis des années, au Royaume-Uni ou en Allemagne. Comme un signe d’une sinistre « exception française ».

Le Figaro – samedi 27 juillet 2019

Monsieur Castaner refuse d’interdire les rassemblements du mouvement antisémite BDS

Le gouvernement français rejette officiellement les demandes d’interdiction des rassemblements du mouvement antisémite anti-israélien BDS.

Dans un courrier adressé au député Meyer Habib, en pointe dans la lutte contre l’antisionisme, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, soutien notoire des terroristes palestiniens et des extrémistes du BDS, a justifié ce refus en insistant sur la liberté de manifestation.

Meyer Habib Hier, à 08:56 · INTERDIRE LES MANIFESTATIONS BDS : LETTRE AU PRÉFET – RÉPONSE DU MINISTRE DE L’INTÉRIEUR Le 13 mai, j’ai écrit au Préfet de Police de Paris – avec copie au Ministre de l’intérieur – pour mettre fin à ce scandale persistant : chaque semaine depuis dix ans sont organisées à Paris des manifestations du mouvement illégal BDS. L’appel au boycott est totalement illicite en droit français. Pire, ces rassemblements alimentent jour après jour un climat de haine d’Israël et des Français juifs. Hélas, la réponse ci-jointe du Ministre est courtoise mais se borne à rappeler les principes de la liberté de manifestation. Depuis des années, je me bats sans concession contre le BDS et je continuerai de le faire. Le 16 décembre 2015, j’ai interpellé devant toute l’Assemblée nationale l’ancien premier ministre Manuel Valls lors des questions d’actualité dont voici le lien : https://cutt.ly/nX7mbE . Le 4 juillet dernier encore, j’ai défendu un amendement anti-BDS à la proposition de loi Avia visant à lutter contre la haine sur Internet. En vain, il fût rejeté par le gouvernement et sa majorité. Quand il s’agit de boycott d’Israël, la loi reste lettre morte dans l’indifférence générale. Quel contraste avec l’Allemagne, où le Bundestag a voté le 17 mai dernier à la quasi-unanimité une résolution assimilant l’appel au boycott d’Israël à l’antisémitisme ! L’antisionisme militant – notamment du BDS – n’est que le paravent du nouvel antisémitisme politique. Il continue de vociférer sa haine sous le regard indulgent du gouvernement. Cette haine d’Israël et du Juif tue dans notre pays.

“Quand il s’agit de boycott d’Israël, la loi reste lettre morte dans l’indifférence générale. Quel contraste avec l’Allemagne, où le Bundestag a voté le 17 mai dernier à la quasi-unanimité une résolution assimilant l’appel au boycott d’Israël à l’antisémitisme ! L’antisionisme militant – notamment du BDS – n’est que le paravent du nouvel antisémitisme politique. Il continue de vociférer sa haine sous le regard indulgent du gouvernement. Cette haine d’Israël et du Juif tue dans notre pays”, a dénoncé le député dans un communiqué.

Match Maccabi-Strasbourg. Le BNVCA salue le nouvel arrêté du Préfet qui autorise les supporters du Maccabi à arborer leurs couleurs en ville et dans l’enceinte du stade.

Le BNVCA est heureux d’annoncer à tous ses  requérants que le Directeur du Cabinet du Préfet du Bas  Rhin vient  de prévenir le président du BNVCA Mr. Sammy Ghozlan  que l’arrêté Préfectoral perçu comme discriminatoire à l’égard des supporters israéliens de l’équipe du Maccabi a été remplacé par un nouvel  arrêté permettant à ces supporters d’arborer  leurs  couleurs en ville et dans l’enceinte du stade.

Les supporters israéliens ne sont ni des bandits ni des casseurs.  Ils sont désormais autorisés à se déplacer en ville à charge pour les services de police d’assurer leur sécurité. Le Bnvca salue la sage initiative du Prefet du Bas Rhin de revenir sur sa décision initiale et remercie tous ceux qui nous ont alertés ainsi que ceux qui ont contribué à obtenir ces nouvelles dispositions plus rassurantes pour les citoyens juifs et les nombreux amis d’Israel.      

Bas Rhin : Match Haifa / Strasbourg – Le BNVCA indigné par l’arrêté Préfectoral interdisant les supporters Israéliens de circuler dans certains secteurs de la ville.

Le BNVCA est requis par un grand nombre de correspondants choqués et indignés par l’arrêté pris par le préfet de région grand est à l’occasion du match que joue une équipe de Haïfa à Strasbourg ce jeudi 25 juillet 2019.

La Préfecture du Bas-Rhin a émis ce mercredi un arrêté préfectoral pour encadrer la rencontre. Le document interdit “à toute personne se prévalant de la qualité de supporter du Maccabi Haïfa FC, ou se comportant comme tel, de circuler ou stationner sur la voie publique”, dans certains secteurs de Strasbourg (gare et alentours, une partie du centre-ville et abords du stade).

Cet arrêté doit être immédiatement annulé. Il ose interdire la simple vue de maillots de Haïfa ou du drapeau israélien sous prétexte de risques causés à l’ordre public et à la sécurité des personnes ainsi que de risques de terrorisme. Cette décision inique est l’hommage de la vertu au vice ! Les supporters de Haïfa, au nombre estimé de 600 ne posent bien sûr aucun problème et ceux qui sont à craindre sont uniquement les antisémites et antisionistes de toutes obédiences qui peuvent perturber la fête sportive à venir. Il convient donc au contraire comme le veut l’usage Républicain d’assurer la sécurité des victimes potentielles et leur permettre de vivre au grand jour. Cet arrêté c’est comme si on fermait les synagogues parce que leur présence énerve certains. Pour les synagogues pour l’heure c’est la protection et l’ouverture qui est assurée mais la décision du Préfet du Bas Rhin laisse augurer l’abandon officiel de la défense de toute activité liée aux juifs ou à Israël sous des prétextes d’ordre public. Cet arrêté doit être annulé. 

Cet arrêté est d’autant plus incompréhensible qu’il y a quelques jours seulement, à Strasbourg comme dans tout le pays des supporters algériens (et français par dizaine de milliers) ont manifesté leur fidélité à l’Algérie avec tous les sigles et bannières de l’Algérie et causé de nombreux incidents parfois graves sans encourir la moindre interdiction.

Il y a donc pour le Préfet du Bas Rhin 2 poids 2 mesures : les supporters algériens (dizaine de milliers) oui, les israéliens (600 seulement qui ont eu l’autorisation) non.

Cet arrêté est perçu comme discriminatoire à l’égard des supporters qui ne sont ni des bandits ni des casseurs.

Nous avons alerté toutes les autorités competentes.

Joseph Kessel : A Haïfa, j’ai obtenu le visa d’entrée n°1 de l’Etat d’Israël

Joseph Kessel : A Haïfa, j’ai obtenu le visa d’entrée n°1 de l’Etat d’Israël

Hommage à Joseph Kessel (10 février 1898 – 23 juillet 1979), aviateur, journaliste, écrivain, résistant, auteur des paroles avec son neveu Maurice Druon du Chant des Partisans, académicien, amoureux d’Israël.«

« Les six passagers du ’’Petrel’’, petit avion qu’ils avaient loué à Paris pour essayer d’atteindre la Palestine en ces jours difficiles, écoutaient anxieusement leur pilote appeler en plein ciel le poste de contrôle du terrain de Haïfa. A l’horizon, dans la brume de chaleur, on devinait les neiges du mont Hermon et les lignes de la côte.

« Le pilote serra davantage contre ses oreilles le casque d’écoute, puis tourna vers nous son profil d’oiseau.

« ’’Ordre de se poser à Haïfa’’, dit-il.

« Je regardai mes compagnons de route et je les sentis tous liés par la même inquiétude. C’était à Tel-Aviv que nous voulions atterrir. Tel-Aviv appartenait entièrement aux juifs. Dans Haïfa, zone d’embarquement pour les troupes britanniques, que ferait-on de nous, à qui le visa anglais avait été refusé?

« – Insistez pour Tel-Aviv, demandai-je au pilote.

« Il tourna la tête et dit:

– C’est formel: Haïfa et pas ailleurs.

« Un homme brun, tout en nerfs, qui était assis derrière moi, gémit presque:

« – Avoir attendu cela pendant 2.000 ans et peut-être pour rien…

« Quand l’avion cessa de rouler sur la piste cimentée, trois garçons, en chemise et en short kaki, uniforme de tous les pays  chauds, se dirigent vers nous.

« – D’où venez-vous?, demanda brièvement leur chef.

« Il parlait anglais, mais avec un accent.

Alors, l’homme brun tout en nerfs se mit à lui donner des explications, très vite, dans une langue aux syllabes singulières, et le visage de l’autre s’éclaira profondément. Et il répondit dans la même langue. Notre camarade de route, passant de l’hébreu au français, s’écria alors:

« – Ce sont des juifs! Les Anglais leur ont cédé ce matin le contrôle civil de l’aérodrome. Notre avion est le premier à toucher le sol de la Palestine libre, de l’Etat d’Israël, et nous sommes les premiers passagers…

« Les premiers: ces mots, qu’il prononçait avec un frémissement religieux, semblaient inscrits tout autour de nous, sur les visages, dans les yeux, dans l’attitude des gens. Le premier contrôle, la première police, la première douane de l’Etat d’Israël. En uniforme ou en civil, tous ces hommes portaient sur eux une joie grave, l’expression éblouie des grands commencements.

« Leur émotion passa un peu en moi lorsque le garçon, jeune, roux et rude, apposa sur mon passeport, en caractères hébraïques et avec un timide et tendre sourire, le visa d’entrée de l’Etat millénaire qui venait d’être ressuscité, et me dit:

« – Vous en avez de la chance! C’est le visa numéro 1 de notre pays.

« Puis des voitures furent appelées de Haïfa pour nous conduire à Tel-Aviv. (…) » 

Source France-Soirg

La « Mort Lente » des Palestiniens du Liban

par Khaled Abu Toameh
24 juillet 2019
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  • Les mesures prises par les autorités libanaises à l’encontre des Palestiniens mettent à nouveau en lumière les discriminations qui pèsent sur les Palestiniens dans ce pays arabe. Une dépêche d’Associated Press de 2017 affirmait que, « au Liban, les Palestiniens sont discriminés dans presque tous les aspects de la vie quotidienne … ». La loi libanaise empêche les Palestiniens d’accéder à diverses professions, comme le droit, la médecine et les métiers d’ingénieurs. Ils n’ont pas droit aux prestations de sécurité sociale, et en 2001, le parlement libanais a voté une loi qui bloque leur accès à la propriété.
  • Les discriminations et mesures racistes instituées par le Liban à l’encontre des Palestiniens n’émeuvent guère les propalestiniens du monde entier. Ces mouvements ferment les yeux sur la ségrégation des Palestiniens en pays arabe. En revanche, ils scrutent Israël à la loupe pour rechercher des abus imaginaires contre les Palestiniens.
  • Il serait temps que les propalestiniens des campus universitaires des États-Unis, du Canada, de Grande-Bretagne et d’Australie organisent une « Semaine de l’apartheid arabe » au lieu d’accuser Israël de « discrimination » contre les Palestiniens. Il serait également grand temps que les médias internationaux réalisent que les mesures anti-palestiniennes prises au Liban se produisent à un moment où Israël augmente le nombre de travailleurs palestiniens autorisés à travailler en Israël.

Plus de 100 000 Palestiniens de Cisjordanie sont titulaires d’un permis de travail en Israël, affirment de manière concordante des sources palestiniennes et israéliennes. Les mêmes sources confirment que des milliers de Palestiniens entrent, tous les jours, en Israël sans autorisation.

Les mesures discriminatoires et racistes libanaises à l’encontre des Palestiniens ne semblent pas déranger les propalestiniens du monde entier. Ces mouvements ferment les yeux sur l’angoisse des Palestiniens qui vivent dans les pays arabes et focalisent leurs efforts sur les abus imaginaires que les Israéliens ont commis contre les Palestiniens. Photo : Burj Barajneh, un camp de réfugiés palestiniens au Liban administré par l’UNRWA. (Source image : Al Jazeera English / Flickr CC BY-SA 2.0)

Le 15 juillet, selon une estimation du ministère israélien de la Défense, plus de 80 000le travailleurs palestiniens sont entrés en Israël.

Dans le cadre des négociations menées pour aboutir à une trêve avec le Hamas, Israël aurait accepté que le quota de commerçants et de chefs d’entreprises palestiniens autorisés à entrer en Israël en provenance de la bande de Gaza passe de 3 500 à 5 000.

Des fuites dans la presse indiquent que cette ultime concession israélienne a été arrachée par l’Egypte et les Nations Unies afin d’éviter un affrontement militaire à grande échelle entre Israël et le Hamas.

Alors qu’Israël augmente constamment le nombre de permis de travail accordés aux Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, le Liban a au contraire lancé une chasse sans précédent aux travailleurs clandestins, déclenchant ainsi une vague de manifestations parmi les Palestiniens installés au Liban.

Les autorités libanaises expliquent que leur chasse aux clandestins vise principalement les Syriens arrivés au Liban en 2011, après le début de la guerre civile. Cette campagne contre les travailleurs illégaux a abouti à la fermeture de plusieurs entreprises, et de nombreux travailleurs palestiniens et syriens ont perdu leur emploi.

Le ministre libanais du Travail, Kamil Abu Sulieman, s’est défendu d’avoir « comploté » contre les 450 000 Palestiniens qui peuplent son pays. « Le plan de lutte contre le travail illégal a été préparé il y a plusieurs mois et ne vise pas les Palestiniens », a déclaré Abou Sulieman. « Il existe une loi sur le travail au Liban et nous avons décidé de l’appliquer. Nous avons informé les travailleurs clandestins et les entreprises qui les emploient qu’ils allaient devoir se mettre en règle ».

Le ministre libanais a toutefois reconnu que la lutte contre le travail clandestin avait amené un certain nombre d’entreprises palestiniennes à fermer leurs portes.

Les Palestiniens ont contesté les propos du ministre et ont manifesté leur mécontentement dans différentes parties du Liban. Des pneus ont été brûlés à l’entrée de plusieurs camps de réfugiés et des mouvements palestiniens ainsi que des responsables palestiniens, ont demandé aux autorités libanaises de mettre fin à la campagne qu’ils mènent contre les chefs d’entreprise et les travailleurs palestiniens.

« Les nouvelles dispositions libanaises font du tort aux Palestiniens », a déclaréAli Faisal, membre du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP), une organisation membre de l’OLP. Il a vivement conseillé aux autorités libanaises de mettre fin à leurs dispositions anti-palestiniennes et a rappelé que les Palestiniens contribuent à la croissance économique du Liban à hauteur de 11% au moins.

Ce responsable du FDLP a aussi rappelé que la loi libanaise empêche les Palestiniens d’exercer les métiers du droit, de la médecine et de l’ingénierie ; la loi les empêche aussi de percevoir des prestations de sécurité sociale. En 2001, le parlement libanais a aussi adopté une loi excluant les Palestiniens de l’accès à la propriété immobilière.

Certains médias arabes considèrent les manifestations palestiniennes au Liban comme le début d’une “Intifada” [soulèvement]. La colère est d’autant plus grande que les autorités libanaises délivrent les permis de travail avec réticence.

« Le taux de chômage des Palestiniens au Liban est très élevé », a déclarél’homme d’affaires palestinien Ziad Aref, et « nous devons avoir le droit de travailler. La nouvelle campagne des autorités libanaises pousse des milliers de Palestiniens au chômage et aggrave la crise financière. »

Aref situe le taux de chômage des Palestiniens du Liban aux environs de 56%. Il a aussi pris à partie les dirigeants palestiniens coupables à ses yeux d’indifférence envers la détresse des travailleurs et entrepreneurs palestiniens de la région.

Les dirigeants palestiniens de Cisjordanie, de la bande de Gaza et du Liban affirment multiplier les contacts avec les autorités libanaises dans le but de faire cesser le harcèlement économique des Palestiniens et aboutir à un arrangement.

Azzam al-Ahmed, haut responsable de l’OLP en charge du dossier des « Palestiniens du Liban », a exprimé la profonde inquiétude que lui causait la campagne menée contre les travailleurs étrangers illégaux. Il a affirmé avoir tenté, à plusieurs reprises, d’infléchir les responsables libanais.

Le Hamas aussi, a accusé les autorités libanaises d’orchestrer la « mort lente » des Palestiniens du Liban. Un communiqué du Hamas affirme que la campagne libanaise contre les travailleurs et les entreprises illégales relève d’un « complot pour liquider les droits des réfugiés palestiniens. Nous refusons qu’une quelconque menace pèse sur la vie et l’avenir des réfugiés palestiniens au Liban et nous ferons échec à cette politique de mort lente. »

Ces évènements braquent à nouveau le projecteur sur les politiques ouvertement discriminatoires du Liban contre les Palestiniens. Selon une dépêche d’Associated Press de 2017, « les Palestiniens du Liban sont discriminés dans presque tous les aspects de la vie quotidienne … Beaucoup vivent dans des zones de peuplement dites « camps de réfugiés », mais qui sont en réalité d’authentiques ghettos placés sous contrôle militaire et entourés de murs de béton et de barbelés ».

« Les discriminations et la marginalisation [qui frappent les Palestiniens] sont amplifiées par les barrières mises à l’entrée sur le marché du travail, lesquelles génèrent un taux de chômage élevé, des bas salaires et de mauvaises conditions de travail » indique un rapport de l’ONU. « Jusqu’en 2005, plus de 70 professions étaient interdites aux Palestiniens – et 20 branches professionnelles le sont encore. La pauvreté qui en résulte est exacerbée par diverses restrictions qui touchent à l’éducation et aux services sociaux ».

Les mesures discriminatoires et racistes prises à l’encontre des Palestiniens du Liban semblent laisser de marbre les propalestiniens du monde entier. Ces mouvements détournent systématiquement leur regard des tristes conditions de vie faites aux Palestiniens dans les pays arabes ; tous préfèrent scruter interminablement les abus imaginaires commis par les Israéliens contre les Palestiniens.

Il serait temps que les propalestiniens des campus universitaires des États-Unis, du Canada, de Grande-Bretagne et d’Australie organisent une « Semaine de l’apartheid arabe » plutôt que de se consacrer exclusivement aux « discriminations » commises par Israël. Il serait temps également que les médias internationaux comparent les mesures anti-palestiniennes du Liban et la récente augmentation par Israël des visas de travail accordés aux travailleurs palestiniens.

Qui peut répondre à la question suivante : pourquoi l’ONU et les autres institutions internationales gardent-elles le silence quand des Palestiniens sont exclus du monde du travail dans un pays arabe alors que plus de 100 000 Palestiniens franchissent quotidiennement la frontière israélienne pour y travailler ? La Ligue arabe ou le Conseil de sécurité des Nations Unies se réuniront-ils un jour en urgence pour dénoncer l’apartheid et le racisme libanais ? A moins qu’ils ne soient trop occupés à rédiger des résolutions condamnant Israël, un pays qui lui, a largement ouvert ses portes aux travailleurs palestiniens ?

Khaled Abu Toameh, journaliste primé basé à Jérusalem, est Shillman Journalism Fellow au Gatestone Institute.

Goldnadel: «L’étrange indulgence des Européens envers l’Iran»

TRIBUNE – Le Figaro Vox –

L’avocat Gilles-William Goldnadel déplore que la classe médiatique et politique soit plus sévère avec Trump qu’avec les mollahs. Il rappelle que le régime de Téhéran, loin d’être modéré, reste très répressif pour les femmes et les minorités.

Le point de vue qui suit est très minoritaire. C’est même sa raison d’être.

Il soutient que dans le bras de fer entre le président Trump et l’ayatollah Khamenei, la classe politique et médiatique européenne, avec sa supériorité habituelle teintée d’un antioccidentalisme inconscient, fait montre d’une sévérité à l’égard de la partie américaine qui n’a d’égale que son absence totale d’esprit critique à l’égard de la République islamique.

Nous ne considérons pas comme central le débat sur la sortie des Américains de l’accord nucléaire avec l’Iran. Tout a été écrit sur le sujet et assez correctement.

L’accord conclu avait ses faiblesses (durée trop limitée, inspections inopinées prohibées), mais il avait le mérite d’exister. Les Américains d’Obama tenaient à le signer en dépit d’une résistance des Français, qui s’y sont résignés.

«Les esprits supérieurs qui continuent de sévir l’ont vendu aux réticents en édictant le postulat indiscutable que les mollahs radicaux deviendraient des agneaux, une fois le traité signé»Gilles-William Goldnadel 

Sauf que ce qui ne faisait pas partie du deal nucléaire était aussi important que celui-ci. Les esprits supérieurs qui continuent de sévir l’ont vendu aux réticents en édictant le postulat indiscutable que les mollahs radicaux deviendraient des agneaux, une fois le traité signé.

Or c’est très exactement l’inverse de ce à quoi nous avons assisté.

Dans le domaine fondamental des armes balistiques, en violant la résolution 2231 du CSNU, les islamistes iraniens se sont surpassés pour avoir le bras long à l’égard de leurs cibles futures.

L’ONU comme l’Occident sont restés cois.

Sur les droits de l’homme, l’organisation Amnesty International, pourtant peu suspecte de tropismes pro-occidentaux, a baptisé l’année 2018 en Iran «année de la honte». Elle a stigmatisé «une répression effroyable de la dissidence avec plus de 7 000 personnes arrêtées».

Sans aucuns échos internationaux, Amnesty notait que «l’Iran a aussi intensifié sa répression discriminatoire contre des minorités religieuses et ethniques en arrêtant et en emprisonnant arbitrairement des centaines de personnes».

» LIRE AUSSI – Goldnadel: «En Iran, la France préfère avoir tort avec Obama que raison avec Trump» 

Sur les droits des femmes, ma consœur, la merveilleuse Nasrin Sotoudeh, a de nouveau été arrêtée et condamnée le 11 mars 2019 à dix ans d’incarcération supplémentaires et à 148 coups de fouet pour «incitation à la débauche». Tout cela pour avoir défendu des femmes qui refusaient de porter le voile. Il serait excessif de soutenir que les néoféministes occidentales ont fait montre, en la circonstance, de leur ordinaire alacrité lorsqu’il s’agit de fustiger le mâle européen.

«Dans le cadre international, loin de réduire à quia les interventions belliqueuses des mollahs, l’accord nucléaire les aura au contraire galvanisés»Gilles-William Goldnadel 

Dans le cadre international, loin de réduire à quia les interventions belliqueuses des mollahs, l’accord nucléaire les aura au contraire galvanisés: au Yémen, en Irak et surtout en Syrie, ils construisent des bases militaires avec leur supplétif, le Hezbollah, classé officiellement organisation terroriste.

Précisément, dans le domaine du terrorisme international, on constate que le régime de Téhéran n’a rien perdu de son activisme. Pour ne prendre qu’un seul exemple, il y a un an, l’Allemagne a arrêté un diplomate iranien qui avait personnellement remis des explosifs à des terroristes en vue de les utiliser contre le rassemblement annuel des Moudjahidins du peuple iranien à Villepinte.

On ne peut pas dire que la réaction médiatique ou politique française à une tentative d’attentat commis sur le sol français ait été d’une virulence extrême.

Pour terminer, qu’on m’autorise une observation personnelle: j’imagine d’avance certains expliquer notamment ma prise de position en raison d’un soutien à Israël aussi assumé que notoire.

Et ils auront parfaitement raison. Je reconnais bien volontiers que le fait que le régime de Téhéran inscrive sur ses missiles: «Israël sera détruit» ne me persuade pas davantage de ses intentions pacifiques. Et je vois dans l’indifférence européenne à ce sujet crucial une attitude dont j’ai peine à faire le départ entre la lâche démission et l’abandon d’un État juif et d’une démocratie occidentale.

Pour autant que les deux choses ne soient pas complémentaires.

«Je vois dans l’indifférence européenne à ce sujet crucial une attitude dont j’ai peine à faire le départ entre la lâche démission et l’abandon d’un État juif et d’une démocratie occidentale»Gilles-William Goldnadel 

Au-delà de la question israélienne, mais dans un domaine très voisin, je signale à l’opinion décidément assoupie qu’il y a quelques jours, le 18 juillet, l’Argentine du président Macri a désigné le Hezbollah pro-iranien comme responsable de l’attentat contre le centre communautaire juif Amia de Buenos Aires, qui avait fait 85 morts. Un ministre iranien est visé par un mandat d’arrêt international. Le procureur Nisman chargé des poursuites a été assassiné. L’ex-présidente Kirchner, qui a voulu régler amiablement l’affaire avec Téhéran, a été poursuivie en justice. Mais qui s’en soucie?

Lorsque je déplore cette lacune ornithologique de ne voir planer les «faucons» que dans le ciel de Washington et non de Téhéran, cette maladresse linguistique de désigner Trump comme un mégalomane imprévisible mais de qualifier constamment Rohani de président «modéré», cette erreur stratégique de ne réclamer des accommodements qu’au premier mais aucun renoncement au second, est-ce que j’exagère inconsidérément?

Je tiens à conclure en précisant inutilement que je ne confonds en rien le merveilleux peuple persan avec ses dictateurs en turban.

Son dernier ouvrage, «Névroses médiatiques. Le monde est devenu une foule déchaînée», est paru chez Plon.

Gérard Garouste expose à Chambon-sur-Lignon, village de Justes

L’artiste, habitué aux grands musées et galeries à travers le monde, rend ainsi hommage aux Justes de la commune, qui ont sauvé environ 5 000 Juifs pendant la guerre

Par TIMES OF ISRAEL STAFF21 juillet 2019, 18:14  0

L'une des toiles de Gérard Garouste exposées tout l'été au village de Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire. (Crédits photo : Capture d’écran France 3)

L’une des toiles de Gérard Garouste exposées tout l’été au village de Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire. (Crédits photo : Capture d’écran France 3)

Gérard Garouste est parmi les artistes contemporains français les plus cotés. Habitué aux grands musées et galeries à travers le monde, il fait pourtant escale cet été et jusqu’au 29 septembre au Lieu de Mémoire du village de Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire, situé entre Le Puy-en-Velay et Valence.

Les peintures de Garouste, essentiellement figuratives, font souvent référence à la Bible – qu’il a étudiée parallèlement à l’apprentissage de l’hébreu aux côtés des rabbins Marc-Alain Ouaknin et Philippe Haddad – mais également à l’horreur de la Shoah.

L’artiste a réalisé une œuvre à l’occasion de l’exposition, baptisée « Le Sablier ou l’âkédat d’Yitshak ».R

Fils d’Henri Auguste Garouste, antisémite et pétainiste convaincu, coupable de spoliations pendant la guerre, Gérard Garouste a étudié à l’École nationale supérieure des beaux-arts. Il s’est converti au judaïsme. L’artiste a découvert la région du Chambon en septembre dernier et s’est intéressé à « l’école des Prophètes », groupe d’intellectuels juifs français réfugiés ici durant la Seconde Guerre mondiale.

La commune – dont les habitants ont sauvé environ 5 000 Juifs pendant la guerre – a notamment caché le futur mathématicien Alexandre Grothendieck et l’écrivain André Chouraqui. C’est également là qu’est venu Albert Camus en 1942-1943 pour y faire soigner sa tuberculose. Il y a écrit le livre Le Malentendu et travaillé sur La Peste et L’Homme révolté.

Gérard Garouste, en 2018. (Crédits photo : Dezarts / Wikimedia / CC BY-SA 4.0)

Le lieu de mémoire où a lieu l’exposition de Gérard Garouste et commémorant l’acte d’héroïsme des habitants de l’époque a été inauguré en 2013.

Par l’évènement, Gérard Garouste entend faire passer un message, a-t-il expliqué à France Info : « Cette exposition s’adresse à l’Europe. Cette montée de l’extrême droite, ce populisme que l’on revoit partout, est à l’opposé de ce qu’il s’est passé au Chambon. Il faut résister. »

Une plaque commémorative du sauvetage des Juifs dans le village de Chambon-sur-Lignon. (Crédit photo : Wikipédia / CC BY-SA 4.0)

Chambon-sur-Lignon, surnommée la « montagne-refuge » par les historiens, est l’une des deux seules communes à avoir reçu collectivement en 1990 du gouvernement israélien le titre de « Juste parmi les nations » – avec celle de Nieuwlande, aux Pays-Bas. En mai dernier, elle a d’ailleurs accueilli les troisièmes « Journées des Justes », organisées par la LICRA.

Depuis 1990, le mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, rend hommage à la région du Chambon avec un jardin et une stèle.

Depuis 2006, Chambon-sur-Lignon est jumelée avec la commune de Meitar, située au nord-est de Beer Sheva, en Israël.

Le BNVCA salue l’action de la Police du 93 qui a identifié et interpellé l’un des auteurs d’une agression antisémite d’un chauffeur VTC commise à Clichy Sous-Bois.

Le BNVCA salue avec satisfaction l’action de la police de Seine Saint Denis qui a pu identifier et interpeller des auteurs de l’agression antisémite commise à Clichy Sous-Bois dans la nuit du 22 au 23 mai 2019 contre un chauffeur VTC auquel ils ont tendu un

guet-apens puis battu, frappé, grièvement blessé, dépouillé et abandonné sur la voie publique après lui avoir volé son véhicule.

Ils s’étaient acharnés sur lui après avoir découvert son prénom juif « ISRAEL ». 

10 jours d’ITT avaient été prescrits à la victime qui avait déposé plainte 

Le BNVCA s’est constitué partie civile.

Nous attendons que tous les auteurs de cette ignoble attaque, aggravée d’antisémitisme soient identifiés, interpellés et mis à la disposition de la justice pour que leur soient infligées des peines exemplaires et dissuasives, en dépit de leur éventuelle minorité pénale. 

Le BNVCA avait alors dénoncé cette agression et constaté “que le cliché du juif et de l’argent persiste et pollue les mentalités des antisémites infectés par ce virus de la haine du Juif ».

Nous apprenons de surcroît que l’un des adolescents interpellé par la police et placé en détention serait aussi soupçonné d’avoir participé à une extorsion de fonds avec menace d’une arme en février 2019 à l’encontre de trois jeunes filles. Une affaire dans laquelle neuf personnes sont mises en cause.

Le BNVCA a chargé son conseil Maitre Charles Baccouche de réclamer des sanctions pénales et administratives très sévères lors des audiences qui interviendront après les enquêtes de police

Renaud Girard: «Le cancer islamiste s’incruste dans le monde»

Par Renaud Girard 

CHRONIQUE – Depuis 2001, le cancer islamiste a plus progressé que régressé dans le monde. La contre-offensive occidentale a globalement échoué.

Presque une génération a passé depuis les attentats islamistes du 11 septembre 2001 à New York et Washington. À l’époque, du fait d’un nombre comparable de victimes américaines, les analystes du monde entier avaient comparé cette attaque à celle du 7 décembre 1941 à Pearl Harbor. Mais il fallut moins de quatre ans aux États-Unis pour détruire la menace nippone, et quelques années de plus pour transformer l’Archipel en allié stratégique en Asie, ce qu’il demeure aujourd’hui. Contrairement à leurs lointains prédécesseurs japonais, les kamikazes du 11 Septembre n’avaient pas d’État à défendre, seulement une idéologie à répandre. Force est de reconnaître que, malgré les moyens gigantesques mis par l’Amérique de George Bush dans sa contre-offensive, ces djihadistes, pour la plupart saoudiens, n’ont pas échoué dans leur opération de propagande. Depuis 2001, le cancer islamiste a plus progressé que régressé dans le monde. La contre-offensive occidentale a globalement échoué.

En Afghanistan, les Américains cherchent par tous les moyens une sortie «honorable», où le pays serait en fait remis, après un délai de décence, aux mains des talibans. Au Pakistan, pays dont les élites sont souvent formées aux États-Unis, il a fallu neuf ans au système judiciaire pour innocenter la mère de famille chrétienne Asia Bibi, accusée à tort, en 2010, d’avoir «insulté» Mahomet. 

Au Moyen-Orient, région de naissance et d’expansion du christianisme six siècles avant l’islam, les communautés chrétiennes n’ont jamais été autant menacées par l’intolérance musulmane

En Indonésie, le modèle de tolérance religieuse hérité des pères de l’indépendance est en train de s’effondrer. À Sumatra, dans la province d’Aceh, la charia est entrée en application. À Jakarta, l’ascension politique du très populaire Ahok (un chrétien) a été arrêtée net par une condamnation d’offense à l’islam (nullement avérée). Dans tout le pays, le nombre d’attaques contre les lieux de culte chrétiens connaît une croissance exponentielle.

Le cancer islamiste s’est propagé vers l’île de Mindanao, dans le sud de l’archipel des Philippines. Financés par l’Arabie saoudite et formés par les islamistes indonésiens, les islamistes philippins rêvent d’installer un califat sur l’île, avec pour capitale la ville de Marawi, qu’ils ont un moment investie (en 2017), non sans avoir égorgé nombre de civils chrétiens.

Au Moyen-Orient, région de naissance et d’expansion du christianisme six siècles avant l’islam, les communautés chrétiennes n’ont jamais été autant menacées par l’intolérance musulmane. Partout, que ce soit en Irak, en Syrie ou en Égypte, ces communautés rétrécissent (à l’exception notable du Kurdistan irakien, où l’actuelle administration Barzani a réussi à instaurer un vivre-ensemble entre ses différentes communautés religieuses). En mars 2003, le très chrétien George Bush a ordonné l’invasion de l’Irak baasiste, avant de confier sa vision d’un «Grand Moyen-Orient démocratique». Le chaos qui a suivi n’a pas accouché d’une démocratie ; il a seulement incité les chrétiens, victimes d’un nombre croissant d’agressions de leurs voisins musulmans, à fuir en grand nombre.

Le cancer islamiste trouve parfois d’infranchissables obstacles à sa propagation. La montagne libanaise en est un, car chacun sait que les chrétiens maronites n’ont pas peur de se battre pour défendre leur foi et leur liberté. Mais, en Afrique noire, le cancer islamiste progresse à pas de géant, sans que les gouvernements locaux aient trouvé le moyen de l’enrayer. Qui aurait pu imaginer il y a vingt ans que des prêtres burkinabés finiraient assassinés dans leurs églises?

Le cancer islamiste survit à tous les changements de latitude. En Europe, il s’incruste au sein de la jeunesse issue de l’immigration musulmane, alors même qu’elle est passée par un enseignement laïque, obligatoire et gratuit, censé prêcher la tolérance et le doute méthodique. 

L’islam a désespérément besoin d’une réforme, qui rétablisse l’ijtihâd (la faculté d’interpréter les textes sacrés fondateurs) et l’ouverture à la science

Réfugiée en Allemagne, une ex-esclave yazidie de Daech s’est retrouvée, un jour d’août 2018, nez à nez à Stuttgart avec son ancien tortionnaire de Mossoul, qui avait décidé de profiter de la générosité de Mme Merkel pour y faire une demande d’asile. Il n’avait renoncé ni à sa barbe, ni à son idéologie. Loin d’afficher le moindre remords, il jeta à la jeune fille: «Je suis Abou Humam et tu étais avec moi pendant un moment à Mossoul. Et je sais où tu vis, avec qui tu vis et ce que tu fais!» Effrayée par le laxisme migratoire de l’Allemagne, la jeune fille yazidie décida de fuir le pays.

Quelles sont les origines de ce cancer islamiste, dont les premières victimes sont les pays musulmans eux-mêmes? Il y a le mélange explosif entre le wahhabisme saoudien et l’argent du pétrole. Il y a l’ineptie de la politique américaine au Moyen-Orient, depuis le pacte du Quincy (février 1945 entre Roosevelt et Ibn Saoud), jusqu’aux guerres du Golfe (bientôt une quatrième?). Il y a surtout, sur des masses ignorantes et politiquement frustrées, la force d’attraction d’une idéologie simplificatrice et normative. Avec le mouvement des Frères musulmans (né en 1928 en Égypte), l’islam a connu sa réforme. Mais ce fut une réforme régressive, fondée sur le mythe de l’âge d’or des quatre premiers califes «bien guidés» (qui fut en réalité une époque extrêmement violente).

L’islam a désespérément besoin d’une réforme, qui rétablisse l’ijtihâd (la faculté d’interpréter les textes sacrés fondateurs) et l’ouverture à la science. Mais cette réforme ne pourra jamais être imposée de l’extérieur. Elle ne pourra jaillir que des musulmans eux-mêmes.

Zineb El Rahzoui : pourquoi la loi Avia est une faute

Pour la journaliste menacée en permanence, la loi défendue par Laetitia Avia, qui cible les injures et propos haineux, garantit l’impunité à leurs auteurs.

par Zineb el RhazouiPublié le 17/07/2019 à 15:00 | Le Point

Voilà des années que les atteintes à ma vie privée, menaces de mort, de viol, intimidations, diffamations et insultes racistes venant de personnes portant des noms qui ressemblent au mien sont mon lot quotidien. Cyberactiviste depuis 2009, journaliste à Charlie Hebdo depuis 2011, athée prosélyte avant l’avènement d’Internet, défenseuse de la laïcité depuis toujours et condamnée à mort par fatwa depuis 2015, j’ai l’habitude d’être traînée dans la boue dans plusieurs langues, à la chaîne, de façon régulière et cyclique, par des personnes physiques ou des robots-trolls, par Daech, par une petite frappe anonyme derrière son ordinateur ou par des islamistes militants qui voient en moi l’incarnation du mal. 

Peu de temps après les attentats de Charlie Hebdo, deux hashtags en langue arabe, diffusés sur Twitter et Facebook par des profils nommés Justicier du Califat ou encore Lion de Raqqa, ont appelé les « loups solitaires » parisiens à me localiser et à me « tuer pour venger le Prophète ». Partagés plusieurs milliers de fois, ces contenus ont expliqué – textes islamiques à l’appui – pourquoi il était dorénavant obligatoire pour tout musulman de me tuer et ont surtout détaillé la façon de s’y prendre : à défaut d’une balle ou d’une bombe, il fallait me trancher la gorge, m’isoler et me broyer la tête avec de grosses pierres, me brûler ou incendier ma maison. Depuis, je vis sous protection policière, ma vie d’avant, libre et insouciante, a été brisée en mille morceaux, sans doute à jamais. 

Les athées, parents pauvres de la loi Avia. Ce n’est qu’en juillet 2019 qu’une personne, Sami Benkhedim, a répondu pour la première fois d’un acte de menace envers moi devant un juge. C’est dire si j’avais accueilli l’annonce d’une loi contre la cyberhaine avec enthousiasme. Le parcours du combattant pour porter plainte, les sommes avancées en constats d’huissier et en frais d’avocat pour des résultats incertains, l’impunité, tout cela, je l’avais connu et je continue à en pâtir. Mais, à la lecture de la première mouture de la proposition de loi Avia de lutte contre la cyberhaine, panique. De victime je devenais coupable puisque la députée proposait de criminaliser l’« islamophobie », cette même accusation infondée juridiquement et qui a coûté la vie à l’équipe de Charlie Hebdo et à tant d’autres personnes à travers le monde. Quoi de plus normal lorsque l’on sait que l’un des rédacteurs du projet de loi est l’entrepreneur numérique Karim Amellal, qui déclarait en juin 2018 qu’il souhaitait que « toutes les expressions haineuses envers les religions soient punies » ? Loin de lui l’idée d’entendre les apostats de l’islam, catégorie de la population française particulièrement ciblée par la haine islamique, il a plutôt choisi d’auditionner le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), officine communautaire qui livre un combat à grands frais judiciaires pour introduire le délit de blasphème dans la loi française et faire des Français de confession musulmane une catégorie biologique. Si la députée Laetitia Avia est revenue sur le terme « islamophobie » après la levée de boucliers suscitée par la publication de sa proposition de loi pour le remplacer par « haine antimusulmans », elle a tout de même continué à l’utiliser dans une vidéo publiée ultérieurement, faisant de l’islam la seule opinion philosophique protégée par son texte. Défendre l’universalisme, la laïcité, le féminisme ou l’athéisme sur les réseaux sociaux, les identitaires musulmans appellent cela de la « haine ». La députée Laetitia Avia les a malheureusement crus sur parole. 

Militante de la liberté

19 janvier 1982 Naissance à Casablanca. 

2008-2009 Reportrice de guerre à Gaza. 

2009 Milite au Maroc pour les droits des femmes et l’instauration d’un Etat laïque. Elle est ciblée par une première fatwa après avoir organisé un pique-nique en plein mois de jeûne. 

2011 Premiers articles pour Charlie Hebdo.

Au-delà de ce grand malentendu autour de ce qu’est la cyberhaine et de la qualité de ses auteurs, les mesures proposées par la députée dans son texte, malheureusement voté à l’assemblée par 434 voix pour, 33 contre et 69 abstentions, risquent d’aggraver à la fois la censure algorithmique et l’impunité des haters

La mesure phare de la loi Avia, c’est de contraindre les réseaux sociaux ou autres opérateurs de plateformes à fort trafic à supprimer les contenus haineux dans un délai maximal de vingt-quatre heures après notification, sous peine d’amende. Si la suppression urgente des contenus apparaît pertinente dans les cas de divulgation de données personnelles – comme cela a été le cas récemment lorsque le militant LFI Taha Bouhafs a divulgué l’adresse de la chroniqueuse Zohra Bitan dans l’intention de lui nuire–, les dispositions de la loi risquent surtout d’abonder dans le sens des trolls à l’heure où l’effet de meute des signalements abusifs suffit à faire suspendre les comptes d’honnêtes activistes n’ayant commis aucune infraction. Pis encore, les réseaux sociaux qu’aucune loi ne pénalise lorsqu’ils pratiquent la censure abusive – comme Twitter, qui censure la critique de la théorie queer, ou Facebook, qui censure « L’origine du monde », de Gustave Courbet – préféreront faire dans la censure préventive plutôt qu’encourir une amende. La loi Avia propose ainsi de sous-traiter la censure, jusque-là prérogative du pouvoir judiciaire en France, à des entreprises privées, étrangères de surcroît. Privatisation de la censure. 

Privatisation de la censure. Mais le problème majeur de la loi Avia, c’est qu’elle est la meilleure alliée de l’impunité. En effet, si les contenus haineux disparaissent en moins de vingt-quatre heures, comment les victimes pourraient-elles procéder à leur référencement – un travail qui prend parfois plusieurs jours et, surtout, comment la police pourrait-elle remonter à leurs auteurs ? La loi Avia n’est ni plus ni moins que de l’effacement de preuves, de l’« invisibilisation » de la haine. Je ne veux pas que les propos de ceux qui me menacent disparaissent sans laisser de traces, je veux plutôt qu’ils soient retrouvés et jugés. Mais de la seule mesure que nous, victimes de cyberhaine, attendions de cette loi, à savoir la levée de l’anonymat des auteurs de propos haineux sur demande du juge et des sanctions pénales à la hauteur de leurs forfaits, la loi Avia ne dit strictement rien. Philosophiquement discriminatoire, techniquement inapplicable, elle privatise et déshumanise la censure, dépossède les victimes de leur droit d’ester en justice et garantit un océan d’impunité aux auteurs §

STUPEUR ET INDIGNATION AGRESSION FAMILLE PINTO A LIVRY-GARGAN EN 2017


Le BNVCA apprend avec stupeur et indignation que le juge d’instruction après une longue enquête ne retiendrait pas le caractère antisémite de l’odieuse agression dont a été victime en 2017 la famille Pinto à Livry-Gargan.

Il ressort manifestement que la famille Pinto a été rouée de coups pour qu’elle avoue ou serait caché son argent puisque pour les agresseurs il suffit d’être juif pour être riche.

Le BNVCA rappelle que le nombre d’agressions et parfois d’assassinats sont commis par des voyous convaincus de leur impunité pour frapper des personnes juives ou sensées être juives pour les démunir de leur supposée fortune.

Il suffit de rappeler Ilan Halimi torturé et assassiné par des barbares pour extorquer à sa famille des sommes considérables qu’elle n’avait jamais eues.

En dépit des engagements des autorités au plus haut sommet de l’état : le Président de la République, le Premier Ministre, le Ministre de l’Intérieur, Madame la Ministre de la Justice, de réprimer sévèrement les actes antisémites qui se multiplient dans notre pays la situation va en empirant.

Après l’assassinat de Sarah Halimi, c’est l’affaire de l’agression de la famille Pinto.

Encore une fois nous constatons et déplorons que certains magistrats s’efforcent d’éviter de qualifier antisémites les agressions commises contre les juifs

Le BNVCA attend de la chancellerie et des parquets qu’ils instruisent avec la plus grande rigueur les crimes commis en raison de la race de la religion de l’ethnie ou de la nationalité des victimes et retiennent en tant que de besoin le caractère antisémite.

L’histoire marquera d’une pierre noire ces dénis.

Le BNVCA qui salue la prochaine inauguration de la Place Jérusalem le 30/6/10 par la Maire de Paris, demande au Préfet de Police d’interdire et réprimer toute manifestation hostile.

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme, accueille avec joie et une grande satisfaction la décision de Madame Anne Hidalgo, Maire de Paris et de son Conseil Municipal, de baptiser « JERUSALEM » une esplanade parisienne du 17eme arrondissement de Paris, le 30 juin 2019, en dépit des oppositions des communistes et écologistes toujours “palestinistes» invétérés et sans discernement.

La Maire de Paris, Madame Anne Hidalgo s’y était engagée auprès du Président de l’État d’Israël, Mr Réouven  Rivlin, et de Joël Mergui Président dus Consistoires de France. Elle a honoré sa parole et nous l’en félicitons.

Par contre nous apprenons que des organisations envisagent de contrarier cet évènement exceptionnel, par des manifestations de protestation inspirées d’un antisémitisme viscéral qui s’est déjà manifesté à Paris comme à Sarcelles, Toulouse ou Strasbourg.

Nous rappelons que Jérusalem, capitale du peuple juif depuis plusieurs millénaires fait partie au quotidien de l’ADN de tout juif dans le monde et des français juifs en particulier. Célébrer cela et le reconnaître ainsi n’est que justice et vérité.
Nous demandons au Préfet de Police de Paris d’interdire toute manifestation hostile à cet évènement et le cas échéant disperser et réprimer tout rassemblement sauvage de ce type.

Le BNVCA se réserve le droit de poursuivre en justice les organisations hostiles ainsi que leurs activistes.

L’agression d’une femme Juive à Paris 11 eme n’est pas antisémite

Le Bnvca  est rassuré d’apprendre par l’un de ses correspondants que l’agression commise contre une femme Juive devant le Centre Communautaire  juif du 11 eme art de Paris n’a pas de caractère antisémite.

Selon nos informations un jeune garçon demeurant à l’étage  du 10 rue Moufle à Paris 11 a lancé cette boule de pétanque qui a blessé à la tête la dame de 79 ans.

Les parents de cet enfant  emplis de  confusion en découvrant ces faits  ont appelé  et exprimé leurs excuses aux responsables de la synagogue. 

L’islamiste Rached Ghannouchi reçu par le gouvernement et les députés

Par Hadrien MathouxI

Le fondateur et président du parti islamo-conservateur tunisien Ennahdha a effectué une visite en France mi-mai, lors de laquelle il a rencontré une délégation parlementaire et le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne. Côté français, on assume ces contacts diplomatiques en affirmant que s’afficher avec Ghannouchi ne conduit pas à le légitimer.

Du quai d’Orsay au palais du Luxembourg, de l’hôtel Matignon à l’Assemblée nationale… Rached Ghannouchi a été dignement reçu, courant mai, lors d’une visite de courtoisie en France qui l’a vu dialoguer avec le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, le patron du Sénat, Gérard Larcher, un conseiller du Premier ministre Edouard Philippe ou encore les députés membres du groupe d’amitié France-Tunisie. Dans un premier temps, la rencontre organisée avec Jean-Baptiste Lemoyne est passée inaperçue, bien qu’elle ait été inscrite à l’agenda du secrétaire d’Etat à la date du 15 mai. C’est un tweet de la députée LREM Sira Sylla qui a attiré l’attention sur la tournée française de Ghannouchi, en faisant la promotion publique d’une audition centrée “sur les prochaines élections présidentielle et législatives, la jeunesse, les femmes, la lutte contre le terrorisme…“. L’élue de la 4e circonscription de Seine-Maritime est même allée jusqu’à citer le fondateur d’Ennahdha, en écrivant : “Ainsi que M. Rached Ghannouchi l’a affirmé, la lutte contre le terrorisme passe par le développement“.View image on Twitter

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Sira SYLLA@sirasylla76

🇫🇷
🇹🇳

Notre groupe d’amitié a accueilli à l’@AssembleeNat M. Rached Ghannouchi, président du parti Ennahdha, ainsi que des députés de son parti. Audition sur les prochaines élections présidentielle et législatives la jeunesse, les femmes, la lutte contre le terrorisme…378:28 PM – May 15, 2019289 people are talking about thisTwitter Ads info and privacy

L’exhumation des tweets de la députée, plus d’un mois après la rencontre au Palais Bourbon, a provoqué de vives réactions chez plusieurs figures laïques, agacées de voir le président du principal parti islamiste tunisien accueilli avec le sourire en France. “[Les membres d’Ennahdha] combattent l’égalité femmes-hommes“, relève l’enseignante Fatiha Boudjahlat, auteure de Combattre le voilement. “Vous les recevez et leur donnez une légitimité qui met en danger les femmes en Tunisie. J’ai le plus grand mépris pour vous, vos actes, vos mensonges. Vos trahisons”. La journaliste et militante laïque Zineb El Rhazoui a également attaqué : “La députée LREM Sira Sylla (…) s’affiche sans complexe avec le fascisme islamique. Est-ce cela représenter le peuple français ?“.

RACHED GHANNOUCHI, UN ISLAMISTE CONTRARIÉ

Nos huiles républicaines ont-elles oublié le pedigree du bonhomme ? Rached Ghannouchi est en effet connu pour être la tête pensante d’Ennahdha, parti politique tunisien islamiste et conservateur. Impliqué dans plusieurs actes de terrorisme dans les années 1980, lorsque le mouvement qu’il a fondé misait sur la violence et la clandestinité pour diffuser l’islamisme face au régime de Ben Ali, Ghannouchi a dû s’exiler de longues années hors de Tunisie. Il y est revenu en grâce en 2011 lors du Printemps arabe, qui a marqué le grand retour des héritiers des Frères musulmans dans le jeu politique tunisien. Par divers écrits et déclarations, le septuagénaire a laissé peu de doutes sur son adhésion à l’idéologie frériste, qui vise à islamiser tous les secteurs de la société… et pas seulement dans son pays. “Notre mission est l’islamisation de l’Occident“, assure ainsi Ghannouchi dans l’ouvrage d’Antoine Sfeir, Les réseaux d’Allah. Concernant les femmes, le leader d’Ennahdha a également des positions tranchées : pour la polygamie, contre l’égalité des héritages, contre la mixité dans les écoles, contre le travail des femmes hors du foyer. Dans une vidéo publiée en 2012, il certifie que les salafistes ne sont “pas une menace pour la sécurité” de la Tunisie, saluant même la “nouvelle culture” qu’ils apportent.

Néanmoins, depuis le passage au pouvoir d’Ennahdha entre 2011 et 2014, le parti s’est considérablement modéré. Ayant accepté le jeu démocratique et renoncé à instaurer un califat islamique avant les premières élections, Ennahdha a même annoncé séparer religion et politique en 2016 en se définissant comme un parti de “musulmans démocrates“. Comment interpréter la position de Rached Ghannouchi aujourd’hui ? “C’est un conservateur qui comprend que le jeu politique ne se fait pas tout seul“, analyse Haoues Seniguer, maître de conférences à l’IEP de Lyon et spécialiste de l’islamisme. “Il est obligé de prendre en compte les aspirations de la société tunisienne, plus sécularisée que dans d’autres pays musulmans, de donner des garanties sur le respect de certaines libertés publiques et de ne pas rompre les relations diplomatiques avec un certain nombre de pays occidentaux, dont la France“.

Quant à Ennahdha, le chercheur le décrit comme un parti “islamo-nationaliste, qui défend la préservation d’une identité tunisienne reliée à une vision conservatrice de la religion musulmane”. N’hésitant pas à qualifier ses membres de “néo-frères musulmans : ils n’ont pas rompu avec l’héritage des Frères, mais ont actualisé certains aspects de cette idéologie face aux circonstances. Il est aujourd’hui impossible pour eux d’afficher leur volonté d’islamiser la société, d’instaurer la charia et un Etat islamique… même s’ils voudraient bien le faire, ils ne peuvent pas l’imposer. Ce sont des minimalistes à marche forcée”.

“Mes idées sont une chose, les relations officielles et diplomatiques en sont une autre”

Sans en faire des complices du djihadisme, l’idéologie portée par Ghannouchi et son parti en font tout de même des adversaires objectifs d’une République laïque. Fallait-il donc leur dérouler le tapis rouge ? Face aux critiques, Sira Sylla s’est justifiée sur Twitter : “Quoi qu’il puisse leur être reproché et jusqu’à preuve du contraire, ils ont été élus légitimement et sont partie prenante du gouvernement dans une coalition avec des destouriens (membre du parti libéral Destour, ndlr) héritiers de Bourguiba“, a rappelé la députée LREM. “A ce titre, il est tout à fait légitime de les recevoir à l’Assemblée nationale (…), ce qui ne veut pas dire que nous sommes d’accord sur tout !“.

Contacté par Marianne, Jérôme Lambert, député rattaché au PS et président du groupe d’amitié France-Tunisie, tient le même langage : “Dans tout mon engagement parlementaire, je ne cesse de rencontrer et discuter, débattre, avec des forces politiques dont je ne partage pas le point de vue… quelquefois aux antipodes de mes idées – y compris en France“, revendique-t-il, expliquant que “la règle lors d’une visite organisée très officiellement dans notre pays par une délégation composée de parlementaires d’un pays ami‘, est de les recevoir. Mes idées sont une chose, les relations officielles et diplomatiques en sont une autre“. En effet, si la France souhaite entretenir des relations diplomatiques avec la Tunisie, il sera difficile de garder les islamistes en dehors de l’équation. De là à les considérer comme des interlocuteurs légitimes pour discuter droits des femmes ou lutte contre le terrorisme, il y a peut-être une marge… Contacté, le cabinet du secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne n’a pour l’heure pas donné suite.

Le BNVCA condamne l’Agression d’une femme juive devant la synagogue Rue Mouffle à Paris 11e.

Le BNVCA  condamne l’agression dont a été victime Mme G. qui sortait de la synagogue libérale sise 10 Rue Moufle à Paris 11 le 18/6/19 vers 18h30. Selon une information parvenue ce matin au BNVCA, la victime a été blessée à la tête par une boule de pétanque tombée à pic sur son crâne. Elle a été soignée à  l’hôpital parisien Lariboisière.

Selon nos renseignements, la veille c’est un seau d’eau qui a été renversé toujours au même endroit et depuis l’un des étages supérieurs.

Nous apportons tout notre soutien aux responsables et fidèles de la synagogue, et nous souhaitons un  prompt rétablissement à la victime
Le BNVCA demande au Préfet de Police de Paris qui doit se rendre sur place ce 19/6/19 à 19h30 , de donner toutes instructions aux services placés sous son autorité, afin que tout soit mis en oeuvre pour identifier le ou les auteurs de           ces actes inqualifiables , les interpeller et  les mettre à la disposition de la Justice .

Le BNVCA se constituera partie civile si le caractère antisémite est avéré.

La Détresse Masquée des Chrétiens Palestiniens

par Raymond Ibrahim
16 juin 2019

Traduction du texte original: The Suppressed Plight of Palestinian Christians

Le christianisme est sur le point de disparaître de son lieu de naissance, y compris Bethléem (photo). Selon Justus Reid Weiner, avocat et universitaire, « les persécutions systématiques des Arabes chrétiens qui vivent dans les zones palestiniennes ne rencontrent aucun écho au sein de la communauté internationale, ni auprès des ONG, des défenseurs des droits de l’homme, des médias… Dans une société où les chrétiens arabes n’ont ni porte-parole, ni protection, il n’est guère surprenant qu’ils finissent par s’en aller ». (Source image : Daniel Case / Wikimedia Commons)
  • « Le Fatah oblige les chrétiens à ne jamais signaler les violences et le vandalisme dont ils sont victimes. Sinon, l’Autorité palestinienne apparaîtrait incapable de protéger la vie et les biens des citoyens de la minorité chrétienne… Cette mauvaise image pourrait aussi avoir des répercussions négatives sur le plan financier. N’oublions pas que l’Autorité Palestinienne est puissamment aidée, notamment par l’Europe. » – Dr. Edy Cohen, Centre d’études stratégiques Begin-Sadat.
  • Le labeur quotidien de l’Autorité palestinienne, de ses partisans, des médias et autres, est d’ériger les Palestiniens en victimes permanentes des agressions et discriminations israéliennes. Ce narratif victimaire serait compromis si la communauté internationale prenait soudain conscience que les Palestiniens persécutent certains de leurs compatriotes – uniquement pour des motifs religieux.
  • « Plutôt que d’arrêter les auteurs de violences contre des édifices chrétiens, l’Autorité palestinienne préfère bloquer l’information. Ce qu’elle réussit parfaitement. A part quelques petits journaux locaux, les grands médias internationaux ont complètement ignoré les faits. » – Dr. Edy Cohen, Israël Today .
  • Comme l’explique Justus Reid Weiner, avocat et universitaire spécialiste de la région, « la persécution systématique des Arabes chrétiens qui vivent dans les zones palestiniennes ne rencontre aucun écho au sein de la communauté internationale, ni auprès des défenseurs des droits de l’homme, des médias et des ONG. Dans une société où les chrétiens arabes n’ont ni porte-parole, ni protection, il ne faut pas s’étonner qu’ils finissent par s’en aller. »

En cette période de persécution des chrétiens au sein du monde musulman, la détresse des chrétiens palestiniens fait l’objet d’une omerta particulière.

Open Doors, une association humanitaire spécialisée dans la défense des droits des chrétiens, positionne les persécutions que les chrétiens palestiniens subissent à un niveau « élevé ». L’origine de cette oppression tient, selon Open Doors, en deux mots, « oppression islamique » :

« Les musulmans convertis au christianisme subissent les pires exactions anti-chrétiennes et la simple adhésion à l’une ou l’autre des églises de la région les met en danger. En Cisjordanie, ils vivent sous la menace et sont soumis à de fortes pressions ; à Gaza, le danger est si grand que la plupart vivent leur foi chrétienne dans le plus grand secret … L’islamisme radical a une telle influence aujourd’hui que les églises historiques doivent adopter une approche quasi diplomatique lorsqu’elles s’adressent à des musulmans. »

Si la persécution des chrétiens qui vivent dans des pays musulmans – Pakistan, Égypte, Nigéria pour ne citer qu’eux…- commence à être sérieusement documentée, les souffrances des chrétiens sous tutelle de l’Autorité palestinienne demeurent masquées.

Ce silence tient-il à un niveau de persécution moindre que dans d’autres pays musulmans ? Ou est-ce l’extrême conflictualité de l’arène politique et médiatique israélo-palestinienne qui place les chrétiens palestiniens dans une situation unique ?

« The Persecution of Christians in the Palestinian Authority » (La persécution des chrétiens sous l’Autorité palestinienne), un récent article du Dr. Edy Cohen, publié le 27 mai, par le Centre d’études stratégiques Begin-Sadate, répond longuement à ces questions.

L’étude du Dr Cohen fait état de trois cas de persécutions récentes de chrétiens, que les soi-disant « grands médias » ont parfaitement ignoré :

« Le 25 avril, les habitants terrifiés du village chrétien de Jifna près de Ramallah … ont été attaqués par des musulmans en armes… L’attaque a eu lieu peu après qu’une femme du village ait porté plainte contre le fils d’un éminent dirigeant du Fatah qui avait agressé sa famille. En représailles, des dizaines d’hommes du Fatah ont fait irruption dans le village, tirant des centaines de balles en l’air, lançant des bidons d’essence enflammés et hurlant des injures. Des équipements publics ont été gravement endommagés. C’est un miracle que personne n’ait été tué ou blessé…

« Le deuxième incident a eu lieu dans la nuit du 13 mai. Des vandales ont brisé la clôture d’une église de la communauté maronite du centre de Bethléem, ont pénétré le bâtiment par effraction, puis l’ont profané avant de se retirer emportant un coûteux matériel, notamment des caméras de sécurité.

« Trois jours plus tard, ce fut le tour de l’église anglicane du village d’Aboud, à l’ouest de Ramallah. Des vandales ont percé la clôture, brisé les fenêtres de l’église et y ont pénétré par effraction. Ils l’ont profanée, ont recherché des objets de valeur et volé beaucoup d’équipement.

« Selon sa page Facebook, l’église maronite de Bethléem a signalé qu’elle était victime pour la sixième fois d’actes de vandalisme et de cambriolages ; en 2015, un incendie criminel a provoqué des dégâts considérables et contraint l’église à fermer pendant une longue période. »

Ces trois attaques qui ont eu lieu en l’espace de trois semaines sont conformes au type de sévices que les chrétiens subissent dans d’autres régions à majorité musulmane. La profanation et le pillage d’églises sont les brutalités les plus répandues, mais il n’est pas rare que la populace musulmanes attaque les minorités chrétiennes chaque fois que celles-ci – perçues comme des « dhimmis » ou des « citoyens » de troisième classe, qui devraient s’estimer heureux d’être tolérés – osent évoquer leurs droits, comme ce fut le cas au village chrétien de Jifna le 25 avril :

“[L] es émeutiers ont réclamé [aux chrétiens] le paiement de la jizya– une taxe par tête qui a été imposée tout au long de de l’histoire aux minorités non musulmanes vivant sous domination islamique. Les victimes les plus récentes de la jizya sont les communautés chrétiennes d’Irak et de Syrie mises en coupe réglée par l’Etat islamique. »

En outre, comme chaque fois quand des musulmans attaquent des chrétiens, la police de l’Autorité palestinienne est resté sourde aux appels à l’aide des habitants [chrétiens] » de Jifna. Aucun suspect n’a été arrêté non plus. Il en a été de même pour les deux autres églises attaquées, « aucun suspect n’a été arrêté ».

En résumé, les chrétiens palestiniens subissent le même schéma de persécution – attaques d’égliseenlèvements et conversions forcées – que leurs coreligionnaires de dizaines d’autres pays musulmans. La différence cependant, est que la persécution des chrétiens palestiniens n’est jamais « couverte par les médias palestiniens ». En fait, explique Cohen, « un bâillon complet a été imposé le plus souvent » :

« La seule chose qui intéresse l’Autorité palestinienne est que ces exactions ne soient jamais divulguées. Le Fatah exerce ainsi de fortes pressions sur les chrétiens pour qu’ils ne dénoncent pas les actes de violence ni le vandalisme dont ils sont fréquemment victimes. Une mauvaise publicité risquerait de porter atteinte à l’image de l’Autorité Palestinienne, celle d’un acteur incapable de protéger la vie et les biens de la minorité chrétienne placée sous son autorité. L’Autorité palestinienne ne souhaite évidemment pas apparaître comme une entité radicalisée qui persécute les minorités religieuses. Une telle image aurait forcément des répercussions négatives sur l’aide internationale massive, d’origine européenne notamment, que l’AP reçoit. »

Il faut aussi garder en mémoire que le gagne-pain quotidien de l’Autorité palestinienne, de ses partisans, des médias et d’autres acteurs de la scène moyen orientale, repose sur la victimisation des Palestiniens. Le narratif du souffre-douleur permanent des agressions et discriminations commises par Israël serait compromis si la communauté internationale apprenait que les Palestiniens eux-mêmes persécutent leurs compatriotes – essentiellement pour des raisons religieuses. Un peuple soi-disant opprimé aurait du mal à susciter la sympathie s’il apparaissait qu’il opprime lui aussi, sans vergogne d’autres minorités.

Les responsables de l’AP sont si sensibles à cette difficulté « qu’ils font pression localement sur les chrétiens pour que jamais, ils ne dénoncent de tels incidents, lesquels aboutiraient à lever le masque. L’Autorité Palestinienne apparaitrait alors comme un régime islamiste de plus au Moyen-Orient », écrit Cohen dans un autre article.

« Plutôt que d’arrêter les agresseurs des lieux de culte chrétiens, l’Autorité palestinienne préfère empêcher les grands médias de rapporter de tels incidents. Et elle y réussit très bien. A part une poignée de journaux locaux qui se donnent la peine d’informer réellement, les grands médias internationaux observent un silence total ».

Une dynamique similaire est à l’œuvre concernant les réfugiés musulmans. Les politiciens et les médias d’Europe occidentale les présentent comme des personnes persécutées et des opprimés en quête d’une main secourable, alors que ces migrants musulmans persécutent et oppriment eux-mêmes souvent les réfugiés chrétiens qui sont parmi eux. Ils les terrorisent dans les centres d’accueil de réfugiés ou bien les noient en Méditerranée.

Dans tous les cas de figure, la triste et simple évidence est que le christianisme est sur le point de disparaître sur les lieux mêmes où il est né, y compris Bethléem. Justus Reid Weiner, avocat et universitaire, expert de la région, explique :

« La communauté internationale, les défenseurs des droits de l’homme, les médias et les ONG observent un silence presque total sur les persécution systématique dont sont victimes les Arabes chrétiens vivant dans les zones palestiniennes … Dans une société où les chrétiens arabes n’ont ni porte-parole, ni protection, il n’est pas surprenant qu’ils s’en aillent. »

Raymond Ibrahim, auteur du livre Sword and Scimitar, Fourteen Centuries of War between Islam and the West, (Le sabre et le cimeterre, quatorze siècles de guerre entre l’islam et l’Occident), est Distinguished Senior Fellow du Gatestone Institute et Fellow du Judith Rosen Friedman du Middle East Forum.

Enfant de djihadiste ET Enfant de victime du terrorisme. Sarah Cattan

Avertissement: pour respecter la demande légitime d’intimité d’une mère et son enfant, nous ne citons pas leur identité et ne publions pas leurs photos.

Alors que l’Etat s’honore à faire revenir des enfants de djihadistes sur le sol français, il est … fort malvenu que, concomitamment, un jeune élève, fils d’un des 3 soldats assassinés par Merah, se voie refuser l’attribution d’une AVS, laquelle a été demandée par le corps enseignant.

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Victimes de Merah

Rappelons que la compagne d’un des 3 soldats était enceinte de 7 mois lorsqu’un terroriste ôta la vie de l’homme qu’elle aimait, du père de l’enfant qu’elle portait.

Chacun imaginera comment se déroula la fin de cette grossesse.

Quand l’enfant eut 5 mois, un nystagmus, perturbation de la coordination des muscles de l’œil, fut diagnostiqué.

Se posa alors la question de l’origine de cette pathologie : la médecine prouva qu’elle n’était pas génétique et les médecins se disputèrent pour affirmer si oui ou non le fœtus avait pu souffrir, par ricochet, de l’extrême déflagration vécue dans le ventre de cette mère.

Doit-on débatte ad nauseam là-dessus ?

Comment prouver l’impact sur un fœtus de 7 mois de ce qu’une femme a ressenti lorsqu’on lui a téléphoné pour lui apprendre que le père de son enfant avait été assassiné.

Comment.

Dolto n’est plus là. Pour nous dire que le fœtus entend et ressent tout. Nos peines. Nos joies. Nos malheurs.

Le futur père le savait qui chantait à l’enfant à venir ce Définitivement de Grand Corps malade…

Beaucoup d’entre nous pencheront à l’évidence sur la très forte probabilité que ce nystagmus ait pu être causé par ce grand malheur.

Mais chacun aussi sait que ça ne se prouve pas.

Je me pose juste une question

Lorsqu’on sait que ces Auxiliaires à la Vie Scolaire sont payées quelque 600€ par mois pour cette aide précieuse apportée à un enfant,

Lorsqu’on sait que cet enfant devra vivre avec cette réalité : que son père lui a été fauché par un terroriste,

Lorsqu’on imagine les tourments à venir, même entouré qu’il est de la plus aimante des mères et de la plus bienveillante des familles,

Lorsqu’on sait comment l’Etat ne compte pas l’argent dans tant de situations,

Lorsqu’enfin, concomitamment, la France va s’honorer à faire rentrer les enfants de djihadistes et à les éduquer,

Il y a quelque chose d’éminemment choquant à répondre négativement, via un imprimé, à l’équipe pédagogique qui a formulé une demande forcément justifiée d’AVS pour cet enfant dont le père fut assassiné avant même sa venue au monde.

Il est question ici de justice. De morale élémentaire. 

Il n’est pas question de faire pleurer Margot en sa chaumière.

Pour info, le père du jeune soldat écrit régulièrement à ce fils que le terrorisme islamiste lui a enlevé. Il lui raconte la France comment elle va. Mais il lui parle aussi de son enfant:

3 décembre 2017, On a vu ton fils hier : ton fils est un beau garçon, grand pour son âge, très espiègle comme toi, 
Sa maman s’en occupe très bien. Il est dans une école catholique et est un enfant très studieux. Tu lui manques !
Mon fils, on va fêter Noël cette année. Ce sera la première fois depuis ta mort qu’on dressera le grand sapin. Tu seras présent par ta lourde et injuste absence.

Lorsqu’enfin on accepte de se souvenir qu’en première instance, l’Etat fut jugé par Le Tribunal administratif de Nîmes en partie responsable de la mort le 15 mars du caporal-chef : si la fiche S n’avait pas été levée, le tueur n’aurait peut-être pas commis les 6 autres crimes. Le tribunal juge que la décision de supprimer toute mesure de surveillance de Mohamed Merah, prise à la fin de l’année 2011 (…) est constitutive d’une faute engageant la responsabilité de l’Etat, nous fut-il dit.

Lorsqu’on sait qu’en appel il fut décidé que Malgré des erreurs d’appréciation et des méprises, l’État n’avait commis aucune faute lourde susceptible d’engager sa responsabilité.

Qu’il s’agissait d’une faute certes, mais simple, et non lourde, des services de renseignement, juste des erreurs d’appréciation de la part des services de renseignement qui les ont conduits à abandonner une surveillance qui aurait dû être maintenue. 

Lorsqu’on repense à cet enfant.

Comment ne pas être éminemment choqué par cette décision et ne pas espérer qu’elle soit reconsidérée.

Sarah Cattan

Sarah Halimi: le parquet demande un procès du suspect pour meurtre antisémite

i24NEWS – AFP

Il revient désormais à la juge d’instruction de décider de la tenue ou non de ce procès

Le parquet de Paris a requis lundi le renvoi aux assises du suspect du meurtre à caractère antisémite de Sarah Halimi, une sexagénaire morte en 2017 après avoir été jetée par dessus son balcon par son voisin.

Il revient désormais à la juge d’instruction de décider de la tenue ou non de ce procès, alors que trois expertises psychiatriques contradictoires font craindre aux parties civiles que le suspect de 29 ans, Kobili Traoré, soit reconnu comme pénalement irresponsable et bénéficie d’un non-lieu.

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017 à Paris, Kobili Traoré, pris d’une “bouffée délirante” selon les experts, s’était introduit chez sa voisine Lucie Attal – aussi appelée Sarah Halimi – au troisième étage d’un immeuble HLM du quartier populaire de Belleville, après avoir traversé l’appartement d’autres voisins qui s’étaient barricadés dans une chambre. 

Aux cris d'”Allah Akbar”, entrecoupés d’insultes et de versets du coran, ce jeune musulman l’avait rouée de coups sur son balcon avant de la précipiter dans la cour.

Trois expertises psychiatriques réalisées au cours de l’enquête concordent pour dire que le jeune homme, sans antécédent psychiatrique, ne souffre pas de maladie mentale mais qu’il a agi lors d’une “bouffée délirante” provoquée par une forte consommation de cannabis. Elles divergent cependant sur la question de l’abolition ou de l’altération du discernement du suspect.Deux ans après le meurtre de Sarah Halimi

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Helena Rubinstein, impératrice du beau

EXPOSITION Au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, des  œuvres et des archives racontent la vie de cette femme d’affaires, au goût très sûr. À la tête d’un empire de cosmétiques, elle fut aussi une collectionneuse d’art.

CLAIRE BOMMELAER

Helena Rubinstein dans son laboratoire, à Saint-Cloud, dans les années 1930.

Helena Rubinstein, partie de rien, fut à la tête d’un empire au point d’être considérée comme une des femmes les plus riches du monde dans les années 30. Son parcours hors normes, qui démarre dans une famille juive traditionnelle de Pologne, est raconté au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, à Paris. Assez longue, « L’aventure de la beauté » expose le portrait d’une femme indépendante, versée dans les affaires, possédant un goût sûr, y compris pour les œuvres d’art. Grâce aux archives prêtées par L’Oréal, qui détient la marque depuis 1984, la vie d’Helena est racontée comme dans un livre hagiographique. Outre des photos, des œuvres d’art, issues de sa collection, sont exposées.

Un rapide coup d’œil sur les murs permet de comprendre qu’Helena Rubinstein fut un personnage, à tous les sens du terme. Le parcours regorge de portraits où elle pose, toujours élégante avec son sempiternel chignon noir, mais sans jamais sourire. On apprend qu’elle faisait retoucher les photos, à la fin de sa vie, qui fut aussi un exercice de communication. À la fin de l’exposition, une interview radio, réalisée dans les années 60, permet d’entendre sa voix, à l’accent chantant : Helena, que Jean Cocteau nommait « l’impératrice de la beauté », était cosmopolite, déterminée et intelligente.

Née à Cracovie en 1872 dans une modeste famille juive orthodoxe, Chaja fait très tôt montre d’une indépendance extraordinaire pour son milieu. Elle refuse notamment le destin qui lui est proposé, y compris un mariage arrangé. Sa famille l’envoie chez un oncle en Australie, et c’est là-bas que la saga Rubinstein va démarrer. En 1902, elle crée sa marque, qui veut allier sciences et beauté (plus tard, elle prétendra même avoir fait deux ans de médecine). Grâce au bouche-à-oreille, celle qui s’appelle désormais Helena ouvre bientôt trois autres instituts, puis retourne en Europe, à Londres. Sa vie et sa réussite passeront par New York et, bien sûr, Paris.

On est presque étonné d’apprendre qu’elle épouse un certain Edward William Titus, avec qui elle aura deux enfants Royce et Horace. Edward, qui la surnomme Madame, tient un rôle important au sein de l’entreprise de sa femme, puisqu’il assure le volant publicitaire de la maison. L’affaire Rubinstein raconte aussi l’avènement de la réclame, dans les années 1930 à 60. Tandis que les clientes sont incitées à répondre à l’injonction de la beauté (« il n’y a pas de femmes laides, il n’y a que des femmes paresseuses », dira-t-elle), Madame commence une collection d’art premier, ce qui prouve un peu plus son côté avant-gardiste.

Elle plébiscite aussi des artistes comme Picasso ou Braque. Dans une salle du musée, des œuvres de Marc Chagall, Michel Kikoïne, Sarah Lipska, Louis Marcoussis, Élie Nadelman ou Maurice Utrillo, provenant de sa célèbre collection personnelle, font toucher du doigt son goût. De même, les photos très léchées de son appartement du boulevard Raspail, à Paris, valent toutes les démonstrations.

Statue du commandeur 

Ses relations autant que sa prestance lui permettent de poser pour Raoul Dufy, Salvador Dali ou Marie Laurencin. On la voit, statue du commandeur, près d’une table, dans sa « clinique de la beauté », en haut d’un escalier, habillée par les plus grands couturiers, qu’ils se nomment Poiret, Chanel ou Dior. Elle se lie avec Madeleine Vionnet, Jeanne Lanvin, Balenciaga et Yves Saint Laurent, dont elle sera l’une des premières clientes.

L’exposition ne dit pas grand-chose de sa relation au judaïsme, même si un des derniers actes de sa vie y a trait. Sensible à la création de l’État d’Israël, elle va financer le pavillon d’art contemporain du Musée d’art de Tel-Aviv, auquel elle léguera une collection de maisons de poupée.

« L’aventure de la beauté » au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, à Paris (IIIe), jusqu’au 25 août.

2500 années de présence juive en Afrique du Nord, un monde qui s’éteint

Les traces d’une présence juive sur les côtes méditerranéennes de l’Afrique remonte à la haute Antiquité. Elle précède d’au moins neuf siècles la conquête arabe et l’islamisation de l’Afrique. 

Juif originaire de Libye en prière dans une ancienne synagogue de Tripoli, aujourd\'hui à l\'abandon. 38 000 juifs libyens ont été expulsés par le colonel Kadhafi en 1969. La plupart des synagogues du pays ont été détruites ou converties en mosquées.
Juif originaire de Libye en prière dans une ancienne synagogue de Tripoli, aujourd’hui à l’abandon. 38 000 juifs libyens ont été expulsés par le colonel Kadhafi en 1969. La plupart des synagogues du pays ont été détruites ou converties en mosquées. (SUHAIB SALEM / X90014)
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Michel LachkarRédaction AfriqueFrance Télévisions

Mis à jour le 09/06/2019 | 13:02
publié le 09/06/2019 | 11:16PartagerTwitterPartagerEnvoyerLA NEWSLETTER ACTUNous la préparons pour vous chaque matin

On retrouve les premières traces d’une présence juive à Carthage (aujourd’hui la banlieue de Tunis), ville fondée par les Phéniciens au VIIe siècle avant J.-C. Quatre siècles plus tard, cette cité portuaire florissante devient une rivale de Rome en termes de commerce, de richesse et de population. Non loin de Carthage, les juifs de Djerba arrivent au VIe siècle avant J.-C., fuyant la Judée après la destruction du Premier temple par Nabuchodonosor. C’est en 586 avant J.-C. à Djerba, où quelques milliers de juifs trouvent refuge, que commence la construction de la plus vieille synagogue du continent africain (la Ghriba).

Stèle funéraire écrite en grec, épitaphe d\'un rabbin nommé Caecilianos, retrouvée dans les ruines de Volubilis, près de la ville marocaine de Meknès. Ces ruines romaines datent du Ier siècle avant J.-C.
Stèle funéraire écrite en grec, épitaphe d’un rabbin nommé Caecilianos, retrouvée dans les ruines de Volubilis, près de la ville marocaine de Meknès. Ces ruines romaines datent du Ier siècle avant J.-C. (MANUEL COHEN / MANUEL COHEN)

Les juifs arrivent à Carthage avec les Phéniciens… et les Romains

Des mosaïques représentant des chandeliers à 7 branches (symbole du judaïsme) ont également été découvertes dans une villa (lors de travaux de voirie) à 110 km au sud de Tunis. Selon les archéologues, ces vestiges constituent une preuve supplémentaire d’une présence juive dans la région de Cap Bon entre le IVe et le Ve siècle avant J.-C.

Le premier compte-rendu historique évoquant la présence de juifs dans une région à l’ouest de l’Egypte apparaît dans l’œuvre de Flavius Josèphe. L’historiographe romain écrit dans La guerre des juifs qu’au IIIe siècle avant J.-C., 100 000 juifs furent déportés d’Israël en Egypte. De là, ils se rendirent en Cyrénaïque (est de la Libye actuelle) et probablement plus à l’Ouest.

Dans ces régions, ils “côtoyèrent” durant plusieurs siècles les populations berbères, qu’ils ont parfois même judaïsées. Cette population “judéo-berbère” longera l’Atlas saharien pour finalement se fractionner et se fixer au Mzab, au Touat, Tafilalet, Dra’ et Sous (sud algérien et marocain d’aujourd’hui).

A partir du IVe siècle, le christianisme devient religion de l’empire romain. Il relègue dès lors le judaïsme au nord et au sud de la Méditerranée. Cependant, des communautés juives subsistent dans les périphéries de l’empire.

Saint Augustin témoigne de la présence juive au Maghreb

Tertullien, puis Saint Augustin, témoignent à plusieurs reprises de la présence juive au Maghreb, dans de grandes discussions théologiques et liturgiques qui les opposent au judaïsme au sud de la Méditerranée (mais qui les rapprochent aussi face “aux païens”).

Ils évoquent notamment dans leurs écrits “le prosélytisme juif” (de cette époque) envers les Berbères “qu’ils judaïsent en masse”. Ces judéo-berbères et ces chrétiens opposeront par la suite une farouche résistance à l’envahisseur arabe. Ibn Khaldoun, le grand historien arabe du XVe siècle, relate que “lorsque les armées venues d’Arabie ont pénétré en pays berbère, de nombreuses tribus berbères étaient influencées par le judaïsme. (…) Une partie des Berbères pratiquait le judaïsme, religion qu’ils avaient reçue de leur puissants voisins, les israélites de la Syrie. Parmi les Berbères juifs, on distinguait les Djeroua, tribu qui habitait l’Aurès et à laquelle appartenait la Kahina, femme qui fut tuée par les Arabes à l’époque des premières invasions (VIIe siècle).”

Les tout premiers habitants juifs du Touat et Gourra (situées à la frontière algéro-marocaine) seraient arrivés plus tard, au IXe siècle, en provenance de Mésopotamie. La réalisation de foggaras (canalisations d’eau souterraines qui évitent l’évaporation) au Touat en témoigne, selon les archéologues. C’est également par la littérature talmudique, que les historiens peuvent aujourd’hui retracer les différentes communautés juives dispersées autour de la Méditerranée. Les rabbins sont engagés dans des correspondances et des discussions juridiques et religieuses qui traversent l’ensemble du Maghreb. 

Les Almohades détruisent le judaïsme maghrébin

En 1147, les Almohades s’emparent du Maghreb et de l’Andalousie et sont sans pitié envers ceux qui refusent de se convertir à l’islam. Ils ne leur laissent le choix qu’entre la conversion à l’islam et la mort, ce qui, après un siècle de persécutions, entraîne la disparition de nombre de communautés juives. Les grandes villes comme Kairouan sont alors interdites aux juifs, qui se réfugient dans les régions isolées.

Le rabbin Abraham Ibn Ezra (1092-1167) originaire de Cordoue énumère, après une longue traversée de l’Afrique du Nord, l’étendue du désastre qui frappe les juifs de Kairouan, Sfax, Gabès et Meknès, massacrés juste avant ceux de Fès et Marrakech. “Avant la destruction de sa communauté juive par les Almohades vers 1150, Sijilmassa, située dans le Tafilalet au carrefour des caravanes, était un centre important de la civilisation juive. (…) Une cité de sages et d’études talmudiques qui maintenait une correspondance avec les Yéchivas de toute la Méditerranée”, relate le rabbin andalou. Au XIIe siècle, le judaïsme maghrébin manque de disparaître. 

Hassan el-Wazzan, dit Léon l’Africain, de passage dans le “sud algérien”, annonce que l’aventure du petit royaume juif saharien du Touat a été brutalement interrompue en 1492 par un prédicateur musulman venu de Tlemcen, scandalisé de voir à Tamentit des “juifs arrogants” auxquels n’est pas appliqué, comme dans le reste du Maghreb, le statut (infamant) des dhimmis (minorités du Livre soumises aux vexations et à la dîme). Ce prédicateur ordonne la destruction des synagogues de Tamentit et le massacre des juifs, promettant 7 mithqals d’or par tête de juif assassiné. Les rares rescapés se partageront entre une adhésion à l’islam et un exode massif à travers le Sahara, tant vers le Nord que vers le Sud… Certains, chrétiens persécutés compris, se réfugieront en Castille et en Aragon, en Sicile, d’autres sans doute dans la région de Tombouctou (actuel Mali).

Le judaïsme revit en Afrique du Nord grâce à l’arrivée massive des juifs espagnols et portugais, chassés par les persécutions de l’Inquisition, sur les côtes du Maroc et d’Algérie. Ce qui reste des communautés juives du Maghreb sera grossit par ces expulsés d’Espagne et du Portugal, entre les XVe et XVIe siècles. Les familles portant les noms de Toledano, Cordoba, Berdugo témoignent de ces racines ibériques.

Cimetière juif de Tanger (nord du Maroc), où sont enterrés les nombreux juifs expulsés d\'Espagne et du Portugal entre les XVe et XVIe siècles.
Cimetière juif de Tanger (nord du Maroc), où sont enterrés les nombreux juifs expulsés d’Espagne et du Portugal entre les XVe et XVIe siècles. (CREATIVE TOUCH IMAGING LTD / NURPHOTO)

Les juifs expulsés d’Espagne sauvent le judaïsme nord-africain

Cette élite érudite d’éducation andalouse finit par imposer sa suprématie culturelle et économique aux juifs du Maghreb. Parlant plusieurs langues, ces négociants sont en contact avec les autres ports de la Méditerranée. Ces juifs espagnols se distinguent parfois des juifs “indigènes”, comme à Tunis, où ils forment une communauté à part. En Tunisie, on retrouve les familles Lumbroso, Cartoso, Boccara, Valensi venues pour la plupart de Livourne, en Italie.

Des quartiers juifs séparés existent un peu partout au Maghreb, notamment au Maroc (mellah). En passant à la fin du XVIe siècle sous l’administration ottomane de Souleymane le Magnifique, les choses iront alors un peu mieux pour les juifs du Maghreb.

La colonisation française à partir de 1830 finit de détacher les juifs de leurs voisins musulmans. La “France des Lumières et républicaine”, plus protectrice que l’islam, libère les juifs de leur statut inférieur (dhimmis) de servitude. Le décret Crémieux accorde la nationalité française aux juifs d’Algérie en 1870. Désormais français, ils vont combattre durant la guerre de 14-18 aux Dardanelles ou au Chemin des dames.

La fin d’une histoire

Beaucoup quittent le Maroc et la Tunisie en 1948 pour Israël, d’autres préfèrent le Canada ou les Etats-Unis. La plupart des juifs d’Algérie seront “rapatriés” en France métropolitaine où ils n’ont, le plus souvent, jamais mis les pieds. Les derniers contingents seront “chassés” par les indépendances algérienne, marocaine et tunisienne dans les années 60. Moins de 5000 juifs vivent aujourd’hui au Maroc, en Algérie et en Tunisie… Ils étaient encore près de 700 000 dans les années 50.

Ce judaïsme nord-africain a aujourd’hui quasiment disparu. Il survit encore dans la tête de quelques témoins vivants. Comme le disait Paul Valery, “nous savons que les civilisations sont mortelles”. La vieille culture juive du monde arabe est sur le point de s’éteindre définitivement.

« Il faut arrêter de faire des juifs français des faire-valoir du vivre-ensemble »

Par Shmuel Trigano 

FIGAROVOX/TRIBUNE – Shmuel Trigano analyse les causes actuelles de l’antisémitisme en France et en Europe. Selon lui, le meilleur rempart face à ce phénomène se trouve dans la consolidation de l’État-nation et non dans leur dilution.


Professeur émérite des Universités, Shmuel Trigano est philosophe et sociologue, spécialiste de la tradition hébraïque et du judaïsme contemporain.


Le débat qui divise l’Union européenne aujourd’hui, et sans doute pour une longue période à venir, retentit très profondément sur la condition juive en Europe et notamment en France, sans compter qu’il concerne directement l’État d’Israël. Il a été erronément et idéologiquement défini par Macron comme le conflit entre «progressistes» et «nationalistes». 

Quel est l’enjeu?

L’enjeu est clair: l’unification européenne affaiblit les États-nations qui structurent l’Europe depuis le 17 ème siècle et donc les identités nationales qui sont le cadre dans lequel la démocratie s’est développée. Ce processus s’accompagne de deux phénomènes connexes: le flux migratoire en provenance du monde musulman africain dont l’intégration n’est plus possible du fait de l’affaiblissement de l’identité nationale, ce qui provoque nécessairement en retour un repli sur soi des différents secteurs de populations: la communalité se retrouve pulvérisée. Par ailleurs, au-delà de la bureaucratisation qu’a connue l’Union Européenne, aucune identité européenne ne s’est forgée, ce qui se traduit par le fait qu’au sommet de l’Union il n’y a aucun pouvoir personnifié. Le groupe des présidents est au plus une autre commission bureaucratique, et si, à la rigueur, le duo Merkel-Macron (avec une si faible assise électorale dans leurs pays respectifs), donne un visage quelconque à cet entassement d’États, ce dédoublement même souligne la faiblesse du pouvoir en question. En somme, l’Union européenne apparaît comme un empire sans empereur et sans le culte adéquat à un tel régime , un culte de la personnalité capable de maintenir ensemble des territoires aussi contrastés qu’immenses. «Jupiter» n’y suffit pas…

La nature morphologique de l’Union européenne implique en effet un ordre du pouvoir qui n’est plus celui de l’État-nation démocratique sans être pourtant celui de l’empire. D’un côté, la forme empire est à l’œuvre, ce qu’illustrent par exemple la faiblesse et le flou des frontières, les marges trop loin du centre, l’absence de langue commune, la faiblesse du centre conjuguée avec son poids bureaucratique, un régime politique, pourrait-on dire, post-démocratique, c’est-à-dire non démocratique. Aucun ajustement de la réalité aux besoins demandés par l’évolution n’a été fait. Une profonde division sépare les élites européennes, engagées dans le cadre européen, de larges secteurs de la population, dans la quasi-totalité des États membres.

Au-delà de la bureaucratisation qu’a connue l’Union Européenne, aucune identité européenne ne s’est forgée.

Ce qui est en jeu, à travers l’afflux massif de populations étrangères qui forcent les frontières de l’Union, c’est le statut des États et des nations dans une Union incertaine sur le plan de la légitimité et du sens. Ce qui est en jeu, c’est le régime éventuel de l’Union par-delà la démocratie qui, depuis ses origines, s’est développée dans le cadre des Etats-nations. Ce sont des questions très lourdes qui sont posées. Elles ne peuvent être rejetées par des invectives. Un pouvoir de type impérial n’a rien de «progressiste» et l’opinion soucieuse de la nation et de l’identité nationale n’a rien à voir avec le nationalisme. Elle se soucie avant tout de la continuité de la démocratie.

L’impact sur la condition juive

Dans cette évolution du cadre global de la vie en Europe, en France, comment les choses se présentent-elles pour les Juifs? Voyons d’abord les faits. C’est dans le cadre de l’UE qu’est né et s’est développé le «nouvel antisémitisme» qui en est inséparable. Il est inhérent à l’UE, à la fois du fait de ses fondations idéologiques (la mémoire de la Shoah qu’elle a développée (et qui implique un surinvestissement symbolique de l’État d’Israël), en lien avec sa politique musulmane en son sein et en Méditerranée). L’UE trouve sa légitimité dans une mémoire de la Shoah qui assigne les Juifs à la victimitude et voue donc nécessairement l’État d’Israël à une souveraineté conditionnée. 

L’UE trouve sa légitimité dans une mémoire de la Shoah qui assigne les Juifs à la victimitude.

Un lien est fait entre l’Israël souverain, le peuple juif victime et les Palestiniens, «victimes des victimes» (Edward Said). Ce syndrome obsessionnel (l’UE a totalement adopté le narratif de l’OLP et presque celui du Hamas) ouvre la voie à toutes sortes de dérapages et d’abus et retentit sur les Juifs locaux de façon très négative. Il suscite avant tout la fureur des populations musulmanes, encouragées à manifester leur antisionisme très ancien, rendu légitime par un discours journalistique et officiel qui met toujours en cause Israël, au nom des «droits de l’homme» – que l’Union se croit incarner à elle seule (tout en accordant son soutien à l’Iran qui clame chaque matin son projet de détruire Israël!). Cette attitude crée l’ambiance générale d’une inimitié et d’une animosité de principe envers les Juifs, qui offre un lit favorable au développement d’un antisémitisme ambiant, en provenance, dans ses motivations, d’Afrique du Nord et du Moyen Orient.

C’est sur le plan de la condition citoyenne que l’unification européenne met en danger la condition juive, appelée à passer obligatoirement du statut de citoyen national au statut de minorité religieuse transnationale. Sur ce plan-là, les Juifs sont condamnés à subir le même recul de la citoyenneté individuelle que leurs concitoyens, mais avec le caractère aggravant qui fait que le statut juif ne sera plus national mais «religieux». Or, ce statut de «minorité» constitue une terrible régression sur le plan de l’égalité des droits. C’est un ghetto soft qui ressemble à ce que fut la condition des Juifs dans l’empire ottoman. C’est une régression de la liberté des individus et de l’égalité car la société «européenne» fonctionnera sur la base de quotas et non du mérite individuel. Les Juifs jouiront d’une égalité adéquate à leur pourcentage dans la population. sans compter que «le vivre ensemble», sans le liant national, ne sera qu’un entassement de communautés engagées dans des rapports de force inéluctables (petites et grandes minorités…).

l’Union européenne ne manque pas une occasion de manifester son inimitié envers l’État d’Israël

Enfin, un autre signe ne trompe pas: l’Union européenne ne manque pas une occasion de manifester de la façon la plus sournoise son inimitié envers l’État d’Israël dans toutes les arènes internationales, ce que ses votes vérifient. Elle se tient décisivement aux côtés du monde arabe et de l’Iran. Son discours morigène sans cesse Israël et le tance du haut d’une morale qu’elle n’incarne pas dans la réalité de sa politique, dont la vente d’armes à des dictatures n’est pas le moindre des traits.

L’impasse

Le problème du choix entre «progressistes» et «nationalistes» (populistes, fascistes, etc) n’est cependant pas facile pour les Juifs. S’ils choisissent les premiers, par horreur du «fascisme», ils se retrouvent avec des amis douteux sur le plan de la lutte contre l’antisémitisme, notamment islamique et de leur credo politique (prônant la fin de l’État-nation républicain en France). S’ils choisissent les seconds, ils feraient le choix le plus immédiatement efficace pour la condition juive ( l’assurance que l’islamisme politique, principale menace, sera réprimé) mais ils se retrouveraient avec des partis, même rénovés, dont les origines et les fondements restent problématiques sur le plan du rapport aux Juifs. Cela n’a pas empêché par exemple en Allemagne qu’un cercle juif se soit créé dans l’AFD. Mais, de l’autre côté, leur rapprochement avec les «progressistes» les mettra mal à l’aise sur la question d’Israël car les «progressistes» sont pro-palestine et pro-islam: l’islamo-gauchisme est le principal foyer aujourd’hui de l’antisémitisme. Par contre, ils trouveraient plus de soutien d’Israël auprès des «nationalistes» qui ont plus de raisons de comprendre la situation d’Israël face à l’hostilité du monde arabo-musulman. 

L’islamo-gauchisme est le principal foyer aujourd’hui de l’antisémitisme

Il est, à ce propos, fort possible que dans un avenir pas si lointain la droite européenne, dans un mouvement de balancier, se rapproche d’Israël. Nétanyahou l’a bien compris en nouant des rapports plus étroits avec le bloc de pays européens qui s’opposent à la politique des «progressistes» dans l’UE, et notamment l’alliance avec le «Groupe de Wisegrad» qui réunit des pays que les élites européennes de l’ouest qualifient de «fascistes» ou de «populistes» et récemment avec les États des Balkans qui se souviennent de la domination ottomane. 

Une autre dimension est importante, en France notamment et en Grande Bretagne, c’est que l’extrême gauche pose désormais aux Juifs un problème aussi important sinon plus que l’extrême droite car elle est versée dans l’islamo-gauchisme (que l’on pense aux travaillistes de Jeremy Corbin). Deux des trois camps opposés à l’effacement des États dans l’unification européenne, et dans lesquels les Juifs pourraient trouver un appui, s’avèrent ainsi très problématiques pour eux. C’est une impasse majeure, on y va de Charybde en Scylla. Plus généralement, le fait que l’extrême gauche rejoigne l’extrême droite est éminemment inquiétant sur le plan de la menace antisémite. Il y a un précédent: à la fin du XIX° siècle.

Le coup du CRIF est-il encore possible?

La campagne des élections européennes ressuscite, déjà, en France, avant même de commencer, le dilemme qui stérilise la vie politique française depuis 30 ans et maintenant la politique européenne: «X ou Le Pen /AFD, etc?», «tout pour barrer Le Pen!». 

Alors, lutter contre «l’antisémitisme», devenait lutter contre le racisme anti-arabe.

C’est ce dispositif qui a assuré son élection à Macron qui, peu avant son débat avec Marine Le Pen, était allé visiter Oradour et le Mémorial du martyr juif: suivez mon regard… Il n’y a pas meilleure instrumentalisation de la mémoire de la Shoah. Or, les Juifs de France sous le sigle du CRIF, ont été depuis les années 1990 les principaux acteurs et arbitres de ce dilemme. 

Les origines de cet état de faits sont complexes. Je l’ai définie dans quelques livres. Cette posture s’était développée dans la résurrection du «Front antifasciste» d’avant-guerre, imaginé par Mitterrand à la fin des années 1980 pour renforcer le PS et affaiblir la droite. Le CRIF fut alors lourdement instrumentalisé par le Pouvoir pour accréditer la réalité de la menace antisémite émanant du FN – dont Mitterrand avait fait son vis-à-vis exclusif pour réunir ainsi autour du PS déclinant «les républicains», dans l’objectif de conserver le pouvoir. Il fallait, pour ce faire, amplifier la menace du FN, et la faire accréditer par ses victimes électives alors, la communauté juive. L’opération mitterrandienne impliqua la création de la mouvance de SOS Racisme dans laquelle l’UEJF de l’époque joua un très grand rôle sur le plan de l’opinion publique au point de se voir étroitement associée au CRIF dans toutes sortes d’occasions. Elle confirmait la crédibilité de «la lutte contre l’antisémitisme» alors que SOS Racisme avait comme finalité d’embrigader les Beurs, juste au sortir de la «marche des Beurs», premier acte politique de la population immigrée, contre le «racisme anti-immigrés». C’est la première fois qu’on assimilait ce racisme (qui deviendra «l’islamophobie») à l’antisémitisme et donc que l’on mettait en balance l’antisémitisme d’extrême droite et le racisme anti-arabe, la première fois que l’on définissait le problème de l’immigration en termes de racisme plutôt qu’en termes politiques, la première fois que l’on établissait l’équivalence «Juifs-arabes/immigrés» et donc l’interchangeabilité des conditions. 

La lutte contre l’ « islamophobie» cachera la lutte contre l’antisémitisme.

Alors, lutter contre «l’antisémitisme», devenait lutter contre le racisme anti-arabe. 20 ans plus tard, c’est la lutte contre l’»islamophobie» qui cachera ou démobilisera la lutte contre l’antisémitisme qui se manifestait dans la population que défendait SOS Racisme. 

C’est ce qui explique pourquoi le système symbolique mis en place ne permit pas plus tard de rendre compte de ce nouvel antisémitisme qui s’était développé dans le milieu de l’islam politique ou identitaire plutôt que dans le milieu de l’extrême-droite. C’est ce que vérifia l’année 2001 avec les 500 agressions antisémites perpétrées par des ressortissants des milieux de l’immigration, restées objet d’une censure totale de l’État comme de la société et des médias. 

Si Le CRIF avait pour tâche de justifier la stratégie du Front antifasciste, l’UEJF comme acteur de SOS Racisme eut pour tâche de la sanctuariser, de la «judaïser» en transférant la charge symbolique de l’antisémitisme à l’islamophobie. Si le CRIF devenait le gardien de la républicanité, il transférait en fait ainsi à la supposée «communauté de l’immigration» le statut (dans l’ordre des valeurs) de la «communauté juive» d’après-guerre. La stratégie mitterrandienne installa ainsi sur le plan symbolique la» communauté de l’immigration» dans le lieu (symbolique) même de «la communauté juive». Ce ne fut pas simplement un enjeu de prestige et de justification mais aussi un enjeu aux graves conséquences qui explique pourquoi dans les années 2000, on ne voulut pas reconnaître la réalité de l’antisémitisme sauf quand il venait du FN, alors qu’il s’agissait d’un antisémitisme provenant exclusivement des milieux que la lutte contre l’islamophobie défendait, au nom de la lutte contre… l’antisémitisme: le comble de la confusion. La «communauté» et la lutte contre l’antisémitisme disparaissaient derrière la «communauté de l’immigration» et la lutte contre «l’islamophobie», deux développements dont le CRIF et l’UEJF furent les artisans zélés.

La fin du CRIF mitterrandien

Ce modèle arrive aujourd’hui à sa fin, pas seulement du fait de l’évolution de l’Europe mais de l’évolution de la France. Le phénomène central, c’est la nouveauté du paysage d’après la victoire de Macron, marqué par l’effondrement du duo Républicains-Socialistes et surtout la convergence extrême droite-extrême gauche, cette dernière marquée également par l’islamo-gauchisme et donc foyer de l’antisionisme qui est en général au cœur du «nouvel antisémitisme». C’est justement cette convergence qui met un terme à ce que le CRIF était devenu depuis les années 1990.

Le CRIF ne s’est pas rendu compte qu’il y avait quelque chose qui avait changé en France.

La lettre que le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy a envoyée aux organisateurs de la marche blanche en souvenir de Mireille Knoll est passée inaperçue. Elle marque pourtant un tournant dans l’histoire de la communauté juive. Il y critique, sans le nommer, le fait que le CRIF ait exclu certains groupes politiques de l’unanimité nationale démontrée par l’Assemblée nationale dans la dénonciation de l’antisémitisme, à savoir le Front national et la France insoumise qui ne sont pas nommés dans ce reproche, sauf qu’y sont fustigées les «violences verbales» et les «intimidations physiques» dont les représentants, venus malgré les consignes du CRIF à leur encontre, ont été l’objet sur le terrain.

Cette remarque, si on y réfléchit bien, accuse le CRIF d’avoir brisé l’union nationale (dont les extrêmes étaient formellement parties prenantes dans ce cas) dans le rejet de l’antisémitisme, une union nationale qu’il appelait pourtant déclarativement de ses vœux, au point d’apparaître comme un facteur de division de la France «morale» et parlementaire. Le paradoxe veut que ce fut au profit de partis et de leaders – Mélenchon et Marine Le Pen – dont le discours ou l’héritage s’inscrit dans l’atmosphère du «nouvel antisémitisme» de ces 30 dernières années.

Le CRIF ne s’était pas rendu compte qu’il y avait quelque chose qui avait changé en France. Jusqu’alors, en effet, il se voulait incarner la France Républicaine unie contre le Front National, accusé, alors, de casser, du fait de son antisémitisme, l’unité de la nation. Celle-ci, se réunissait ainsi (autour du CRIF et par son entremise), en excluant le FN. Le CRIF était ainsi devenu le garant moral et historique de l’exclusion unanime du FN hors de la communauté nationale républicaine. Et donc un dispositif central de l’avènement au pouvoir de candidats se faisant élire par exclusion, pourrait -on dire. Ce qui fut suprêmement le cas de Macron. Dans la situation que l’élection de ce dernier a créée, le dispositif dans lequel le CRIF s’était inscrit s’est démantelé et dans le cas que je viens d’évoquer, est même devenu, par un retournement mécanique de la donne, l’élément exclu de l’unanimité nationale contre le «fascisme». 

Le deuxième pilier: le Consistoire

Si le CRIF a été instrumentalisé par le parti socialiste au pouvoir au point de devenir le garant systémique d’une configuration qui a volé en éclats avec la montée au pouvoir de Macron, le pilier religieux de l’identité juive française, le Consistoire et le Rabbinat, se sont vus, eux aussi, embrigadés dans une politique gouvernementale profondément défaillante sur le plan de l’État et nocive pour la continuité juive. 

Les élites françaises n’eurent pas le courage de poser d’abord le jalon politique de l’intégration.

Si le CRIF contribuait à retenir la vie politique en suspens sous «la menace Le Pen», le Consistoire devenait le support et le modèle d’une politique de gestion de l’islam en France, une religion nouvelle venue dans le cadre républicain (ébranlé en son fond par l’unification européenne). En effet, là où la question de l’islam devait être traitée «politiquement» (n’est-il pas attaché à une population immigrée, détentrice d’autres nationalités et non autochtone?) – ce qui compliquait bien les choses avec la question de la nation et de l’État, alors affaiblis – elle fut traitée par la «religion» et encore dans une amnésie historique totale de la part d’une élite politique sans grande culture qui avait oublié qu’en France la forme «religieuse» avait été imposée aux religions concordataires (dont le judaïsme) du fait d’un acte et d’une finalité politiques et étatiques. 

Les élites françaises n’eurent pas le courage de poser d’abord le jalon politique de l’intégration (à savoir comment l’islam se réformerait pour être accepté dans l’État et la nation et à quelles conditions cela serait possible: à l’époque de Napoléon ce fut un diktat de l’État sur les Juifs et les Catholiques). Ce jalon est d’autant plus nécessaire que l’islam confond pouvoir religieux et pouvoir politique – ce qui n’est pas le cas du judaïsme – alors que les candidats à la résurgence du Califat, exigeant une obéissance religieuse et politique universelle, sont déjà sur les rangs: je pense surtout à un candidat proche de l’Europe, le président Erdogan.

Les «progressistes» ont trouvé dans le pilier religieux du judaïsme le moyen symbolique et pratique de la gestion du «vivre ensemble», c’est-à-dire du spectacle illusoire de l’intégration de l’islam en France. En n’assumant pas l’exigence d’intégration politique et identitaire propre à la nation, ils ne peuvent en effet que «gérer» la population récemment immigrée par le biais de sa religion (réputée spécificité «culturelle», à «protéger» donc), d’autant que cette dernière n’a jamais connu la modernisation et donc la séparation du politique et du religieux. 

Le «dialogue des religions» est devenu un instrument de gouvernement, promu par l’État «républicain»

Le «dialogue des religions» est ainsi devenu un instrument de gouvernement, promu par l’État «républicain». Il vise à identifier l’islam aux deux religions originelles en France, pour le socialiser et le poser en situation de ressemblance, de façon totalement indue car ces religions se sont déjà réformées et pleinement insérées dans la société républicaine, mais qui, de ce fait, se voient rétrogradées au stade où en est l’islam dans son processus d’insertion. L’institution religieuse juive est cependant bien plus sollicitée que l’Église, car elle est minoritaire et, de surcroît, elle est la référence dans le champ social de la «communauté de l’immigration» . 

On ne peut négliger à ce propos le fait que, composée en majorité de Juifs d’AFN, la plupart (Algérie) français de longue date, son assimilation à la communauté arabo-musulmane ait tenté le pouvoir, comme exemple de réussite à proposer aux nouveaux venus. Les concessions faites au «vivre ensemble» s’autorisent ainsi de ce qui est concédé aux Juifs alors que ces «concessions» sont le résultat de la réforme du Grand Sanhédrin de 1897, réforme loin de toute réalisation chez les musulmans et qui, sans doute, soulèveraient leur fureur tant elles furent exigeantes. Ces mises en équivalence des Juifs «communautaires» et de la «communauté de l’immigration» représentent en fait, de façon rampante, une régression pour ceux qui sont des citoyens français depuis le 19eme siècle à la condition de nouveaux venus. C’est une sorte d’abandon «statique» (sans exclusion) de ces Juifs sur le plan de la légitimité nationale, qui réveille en eux d’autres abandons (1962, 1940…) et qui incite à la jalousie et au ressentiment les nouveaux venus, conviés ainsi à se comparer et se mesurer aux Juifs, ce qui pour nombre d’entre eux est la pire des situations. Les autorités consistoriales et rabbiniques se prêtent en général à cette stratégie sans se rendre compte qu’elles jouent le rôle du cheval de Troie qui accrédite en France un islam qui n’a pas fait sa réforme républicaine et dont elles n’ont pu obtenir aucune condamnation claire et massive de l’antisémitisme qui sévit dans nombre de ses milieux, ce que tous les sondages vérifient. 

Ainsi sur le plan du religieux comme sur le plan du politique ou de la sécurité, l’intérêt de la continuité juive est en 2019 du côté de la République souveraine, de l’État-nation et non de la France des religions, des cultures et des minorités. La situation n’est absolument plus celle des années 1970-1980.

Sur le plateau du Golan, bienvenue à Trump City

INFOGRAPHIE – Benyamin Nétanyahou a lancé un programme immobilier baptisé du nom du président américain. Un geste destiné à le remercier pour son dernier cadeau: la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté d’Israël sur le Golan.

Par Thierry Oberlé

Envoyé spécial sur le plateau du Golan

Benyamin Nétanyahou a lancé un programme immobilier baptisé du nom du président américain. Un geste destiné à le remercier pour son dernier cadeau: la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté d’Israël sur le Golan.

Quelques bicoques, des jardins bucoliques et des bâtiments communautaires en ruine. Bienvenue à Kela Beruchim, cité perdue au bout du plateau du Golan. Au loin, se dessine le mont Hermon et son pic enneigé. La frontière syrienne est à 7 kilomètres, le Liban à 25 kilomètres. C’est ici que le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a prévu de poser au centre d’un terrain de football en friche la première pierre d’un programme immobilier baptisé du nom de son ami Donald Trump. Un geste destiné à remercier le président américain pour son dernier cadeau: la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté d’Israël sur le Golan, un territoire occupé par l’État hébreu depuis 1967 et dont la communauté internationale refuse d’avaliser l’annexion.»

Trump City doit devenir le symbole d’une nouvelle ère pour la région mais le magnat de l’immobilier n’investirait sans doute pas un dollar à titre personnel dans son village éponyme. Kela Beruchim (les bénis en hébreu, NDLR) est un lieu étrange peuplé de gens bizarres. Les volets des maisonnettes sont clos mais du linge pend ici ou là dans les cours. La première personne croisée après avoir fait le tour de l’implantation est un apiculteur bodybuildé. D’origine russe, Denys est affalé dans un fauteuil défoncé en cuir sur le perron d’un bâtiment en déshérence. Il est venu surveiller ses ruches qui lui posent bien du souci. «On m’a demandé du jour au lendemain de les déplacer à l’occasion de la visite surprise de Nétanyahou en avril pendant les vacances de Pâques. Elles étaient installées à l’endroit où ils vont soi-disant commencer à construire», peste-t-il. «Je suis dans ce coin pour mener une vie paisible à la campagne et on raconte maintenant que la population du Golan va doubler. On va être envahi par des religieux qui vont nous imposer leur mode de vie. De toute façon, je ne crois pas que ce projet va marcher. Rien ne marche ici!» dit-il avant de s’éloigner pour retrouver ses abeilles.

«Je suis dans ce coin pour mener une vie paisible à la campagne et on raconte que la population du Golan va doubler. On va être envahi par des religieux qui vont nous imposer leur mode de vie.»Denys, apiculteur

Au détour d’un chemin, une vieille femme ouvre sa porte après des hésitations. «Je ne suis pas présentable avec mon tablier», minaude Nina. Elle et son mari ont quitté l’URSS en 1990 peu avant sa désintégration pour émigrer en Israël et échouer sur le Golan. Trump City l’inquiète, elle aussi, car «on ne sait pas ce qui va se passer et on ne sait pas qui sont ces gens qui vont venir vivre autour de nous». Puis elle fredonne en français, Parole, parole, parole !, la chanson de Dalida.

Les bureaux du centre communautaire se réduisent à une pièce vaguement entretenue. Le reste de la bâtisse n’a plus tous ses murs et peu de plafonds. L’ensemble dégage une telle impression d’apocalypse qu’il a servi de décor à une série télé d’épouvante intitulée Colonnes de fumée. La fiction raconte les péripéties d’une enquête policière dans un kibboutz sectaire du nord d’Israël dont les habitants ont mystérieusement disparu. La vraie histoire de l’implantation est moins effrayante. Elle est juste celle d’un échec. À Kela Beruchim, le nombre de résidents se compte sur les doigts des deux mains. Il faut y ajouter une poignée de jeunes squatters qui ont l’intention de fonder une école de préparation au service militaire. Ils sont convaincus que le Golan est une terre juive depuis les temps de la Bible, mais les précédents habitants du secteur étaient des Arabes syriens chassés par la guerre des Six-Jours. Leur armée s’était retirée de cette hauteur stratégique sans livrer véritablement bataille. 

«Il faut comprendre que lorsque l’on s’installe sur le plateau, surtout dans le nord, on va vivre en périphérie loin des avantages de la société moderne comme le système de santé ou les loisirs.»Mehamem Ender, un retraité de Kela Beruchim

Après l’annexion de 1981, une politique de colonisation s’est mise en place avec ses hauts et ses bas. Puis en 1991, Ariel Sharon, alors ministre du Logement, a peuplé la région de migrants russes fraîchement débarqués en Israël. Une vingtaine de familles s’installèrent à Kela Beruchim. Elles parlaient mal l’hébreu, étaient au chômage, la perspective d’un logement gratuit était, pour elles, une aubaine. Les couples avaient suivi des études universitaires dans leur pays d’origine. Le Golan a été pour ces déclassés un exil dans l’exil. «La greffe n’a pas pris mais d’autres projets engagés aux alentours fonctionnent bien», constate Chaim Rikeach, le président du Conseil régional du Golan dans ses bureaux de Katzrin, la «capitale» du Golan.

«Il faut comprendre que lorsque l’on s’installe sur le plateau, surtout dans le nord, on va vivre en périphérie dans l’éloignement des avantages de la société moderne comme le système de santé ou les loisirs», explique, pour sa part, Mehamem Ender, un retraité de Kela Beruchim. «Je suis venu pour réaliser le rêve sioniste de peupler ce pays qui est le nôtre», ajoute-t-il. Deux de ses fils ont été grièvement blessés au Liban et à Gaza. Ses quatre enfants ont quitté le plateau. «Les jeunes ne restent pas sauf s’ils sont agriculteurs», précise Mehamem Ender.

Sentiment de précarité

L’économie du Golan repose sur ses ranchs de vaches et de bœufs. Environ 40 % de la viande consommée en Israël provient de la région mais aussi 30 % du vin. Le tourisme vert s’y développe malgré les tensions avec la Syrie et l’ennemi juré, le Hezbollah libanais. Reste qu’un sentiment de précarité est toujours présent chez les 18.000 Israéliens qui cohabitent avec 22.000 Druzes dont la plupart ont refusé de prendre la nationalité israélienne. «Une petite crainte d’être expulsé existe toujours alors quand Trump a pris sa décision historique, les doutes se sont levés», dit Chaim Rikeach. «Nous n’avons pas en revanche d’inquiétude sécuritaire. Il y a de temps en temps un tir de missile quand quelqu’un fait une connerie de l’autre côté de la frontière et voici deux ans encore nous avions al-Qaida et Daech comme voisins mais nous maîtrisons la situation», minimise-t-il.

«Il y a de temps en temps un tir de missile quand quelqu’un fait une connerie de l’autre côté de la frontière et voici deux ans encore nous avions al-Qaida et Daech comme voisins mais nous maîtrisons la situation.»Chaim Rikeach

À Katzrin comme à Kela Beruchim, le geste du président américain fait comme il se doit l’unanimité. «C’est fabuleux! L’homme le plus puissant du monde nous a donné un cadeau incroyable. Je sais que Trump est très contesté dans le monde mais un Israélien qui le critique est pour moi un dérangé», s’enthousiasme Mehamem Ender.

Tirant un trait sur des décennies de politique étrangère américaine, Donald Trump a brisé le consensus international sur la question de Golan le 21 mars par un tweet puis a rapidement signé la proclamation de reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le Golan dans le Bureau ovale aux côtés d’un Benyamin Nétanyahou aux anges.

Relancer les implantations juives

Le premier ministre israélien n’a pas non plus perdu de temps pour montrer sa gratitude. Le 23 avril, il publiait une vidéo dans laquelle, debout au milieu des collines ondoyantes du Golan, il annonçait fièrement qu’une ville porterait le nom du président américain. L’idée de fonder une Trump City a dans l’esprit du premier ministre une valeur symbolique mais elle s’inscrit aussi dans une volonté de relancer les implantations juives dans la région après un arrêt total de la colonisation pendant vingt ans. «Nous avons renforcé les sites existants mais ce n’est pas suffisant. Des jeunes sionistes veulent venir construire de nouveaux lieux alors la création de Trump City est pour nous une bénédiction», confirme Chaim Rikeach.»

Les premiers résidents devraient prendre possession de leur logement à la fin de l’année, à l’occasion des fêtes d’Hanouka, mais il est probable que les délais annoncés par le Conseil régional ne seront pas respectés. 25 familles aménageront à Trump City. Elles devraient être ensuite 100 et à terme 400. «Les plans sont prêts. Le quartier comprend des jardins publics pour les enfants, des synagogues. Pour l’instant, 150 personnes se sont adressées à nous. Nous sommes dans le processus de sélection avec pour objectif de créer une communauté mixte de religieux et de laïcs. Nous cherchons des couples jeunes car le Nord qui est beaucoup moins peuplé que le Sud compte surtout des habitants âgés», explique Chaim Rikeach. Il veut croire qu’ils trouveront des emplois dans le tertiaire, l’agriculture géothermique, l’agrotech et le high-tech grâce au développement de pôles d’innovation. Seule ombre au tableau mais elle est de taille: la dissolution du nouveau Parlement qui ne permet pas de valider l’initiative du premier ministre. Benyamin Nétanyahou et un représentant de l’Administration américaine devaient assister sur place le 12 juin à une cérémonie pour célébrer à la fois le 52eanniversaire de la prise du Golan et la reconnaissance américaine, mais ils ne viendront pas.

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«Baptiser notre implantation Trump City, c’est un peu comme donner le rôle de parrain dans une cérémonie de circoncision. On l’honore pour le congratuler», commente Noemi Ish Shalom, une enseignante excentrique installée un peu à l’écart de Kela Beruchim. «J’espère que le projet va permettre de ramener les services de l’État chez nous», ajoute-t-elle. Docteur en biologie, en botanique et en écologie, elle entretient seule un immense jardin organique aux allures de capharnaüm peuplé de poules, de chèvres et de chiens. Sa propriété est un promontoire avec vue sur la Syrie. Entre les deux, la lande est truffée de mines. «Cette implantation a toujours été un rêve quel que soit son nom», sourit-elle. Un rêve qui a pour l’instant des allures de chimère.

Comment l’État mène la lutte contre les mosquées radicales

Par Jean Chichizola et  Christophe Cornevin

ENQUÊTE – Surveillance, constitution de dossiers, fermetures, procédures judiciaires… Dans le Nord, l’Isère ou les Bouches-du-Rhône, les pouvoirs publics mènent un âpre combat de terrain.

Île-de-France, Bouches-du-Rhône, Nord, Isère… À l’ère de «l’imam Google», de la propagande sur Internet et de l’adhésion des terroristes, comme celui de Lyon, aux thèses de Daech «en leur for intérieur», la lutte contre l’islam radical se joue encore dans le monde réel et passe toujours par la fermeture de mosquées ou de centres communautaires tombés aux mains de prédicateurs de la haine.

Un exercice délicat, réclamant vigilance et prudence. Et une procédure complexe, en vertu de la loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme adoptée en novembre 2017, qui doit respecter l’État de droit face à des adversaires qui savent se montrer procéduriers. Ces derniers mois, trois fermetures ont notamment été ordonnées à Grande-SyntheHautmont (Nord) et Grenoble (Isère).

Le Nord est, avec les Bouches-du-Rhône, le Rhône ou l’Île-de-France, un des territoires les plus touchés par la radicalisation islamiste. Pour mieux la prévenir, Michel Lalande, préfet du Nord, a mis en place depuis son arrivée en 2016 un dispositif unique en France, avec, sous son autorité, une déconcentration du signalement et du suivi des cas de radicalisation au niveau de groupes d’évaluation départementaux dans les six arrondissements du département (Lille, Dunkerque, Avesnes-sur-Helpe, Cambrai, Douai, Valenciennes). Chose plutôt inhabituelle, les deux fermetures qu’il a décidées ont visé des extrémistes chiites et sunnites.

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De façon imagée, Michel Lalande explique la méthode: «Identifier le mal, l’observer et le soigner.» Et les conditions nécessaires: une procédure validée par la justice, une stratégie au long cours défendant les valeurs de la République et un dialogue serein avec les autorités religieuses. Le 15 octobre 2018, treize jours après des visites domiciliaires ayant mobilisé près de deux cents policiers, le préfet du Nord annonçait ainsi la fermeture administrative, pour une durée de six mois, du lieu de culte et du siège de l’association Centre Zahra France, d’obédience chiite. Une action engagée après une longue surveillance et des inquiétudes face à de possibles dérives, notamment antisémites. 

La fermeture est validée par le tribunal administratif le 19 octobre puis par le Conseil d’État le 22 novembre 2018. Enfin, le 22 mars dernier, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, propose au chef de l’État de dissoudre les associations Centre Zahra France, Fédération chiite de France, Parti anti sioniste et France Marianne télé. Ces associations sont accusées de légitimer «de façon régulière le djihad armé tant par les prêches dispensés que par les écrits mis à la disposition des fidèles et des internautes» et d’endoctriner «la jeunesse du Centre Zahra dans la perspective de la guerre sainte et d’une apologie constante, notamment via Internet, des actions d’organisation telles que le Hamas, le djihad islamique palestinien et la branche armée du Hezbollah, toutes inscrites sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne».

«Sur la soixantaine de mosquées et salles de prière qui sont répertoriées en Isère, deux ou trois attirent l’attention des services»La préfecture

Quelques mois après le coup porté aux ultras chiites, le préfet Lalande décidait, le 13 décembre 2018, de fermer pour une durée de six mois la salle de prière salafiste As-Sunnah d’Hautmont. Motif invoqué: «Les idées qui y sont diffusées et les activités qui s’y déroulent provoquent à la violence, à la haine et à la discrimination et font l’apologie d’actes de terrorisme.» L’imam saoudien qui y officiait aurait notamment prononcé des prêches ayant «clairement provoqué à la haine et à la violence envers les non-croyants». Des conférences ont par ailleurs été organisées au sein de la salle de prière, ouverte en 2014 dans un ancien café, et des intervenants «ont tenu des propos de même nature». 

L’association Assalem, responsable de la salle, saisit aussitôt le tribunal administratif de Lille qui, le 18 décembre, valide la fermeture. Six mois plus tard, la situation est des plus claires: l’imam est reparti pour l’Arabie saoudite et l’association ne semble plus être en état de poursuivre ses activités. À noter qu’en amont de la décision de fermeture, l’État et la mairie s’étaient déjà inquiétés des questions de sécurité dans un lieu de culte de 97 places accueillant 150 à 200 fidèles. Des risques d’incendie et le non-respect des règles pour les établissements recevant du public avaient entraîné la fermeture d’une partie du bâtiment. Après Grande-Synthe et Haumont, la lutte contre les prêcheurs de la haine a été poursuivie plus au sud en 2019.

À la différence du Nord, l’Isère ne figure pas au nombre des départements les plus touchés par le fléau de l’islam radical. Il n’empêche. «Sur la soixantaine de mosquées et salles de prière qui y sont répertoriées, deux ou trois attirent l’attention des services», confie-t-on en préfecture. 

Mères voilées à l’école : un recul pour la laïcité ? – Regarder sur Figaro Live

Des barnums pour permettre aux fidèles de prier

Le préfet Lionel Beffre a décidé le 4 février dernier de fermer pour une durée de six mois la mosquée al-Kawthar de Grenoble, drainant près de 400 fidèles parmi les plus «rigoristes» de l’agglomération. Fermeture confirmée par le tribunal administratif. Dans son mémoire de défense, observent les magistrats, le préfet de l’Isère a mentionné «des références religieuses qualifiées de radicales» proférées dans la mosquée et reprises à de nombreuses reprises sur la chaîne YouTube «comportant de nombreux passages incitant à la haine et à la violence envers les chrétiens et les juifs, légitimant la discrimination et la charia, et justifiant le djihad armé».

Au total, au moins une «vingtaine d’individus radicalisés» aurait fréquenté al-Kawthar «dont certains ont été interpellés, parfois condamnés pour des faits d’apologie du terrorisme». «Une petite dizaine est partie en 2013 et 2014 pour faire le djihad dans les zones de combat et d’autres en avaient la velléité», confie au Figaro un fonctionnaire de haut rang. Pointé du doigt pour ses virulents discours «antirépublicains, antichrétiens et antijuifs» qui «légitiment la charia, la supériorité du Coran sur la loi des hommes et la discrimination envers les femmes sommées de porter la burqa», l’imam algérien a préféré s’exiler vers son pays d’origine. 

«Très courtois, très habiles, sans jamais un mot qui dépasse, les défenseurs de la mosquée ont mené un travail de lobbying pour plaider leur cause, mais le mal est trop profond» Un haut fonctionnaire

Soucieux de mettre un terme au gel des avoirs, particulièrement pénalisant à l’approche du hajj , le très lucratif pèlerinage à La Mecque en août prochain, des responsables musulmans ont tout tenté pour rouvrir cette mosquée de la discorde. En réponses aux menaces de prières de rue brandies par certains de ses partisans, des «barnums» ont été installés par la mairie afin de permettre aux fidèles de prier sous des tentes à proximité du village olympique de Grenoble.

Avant le ramadan, un nouveau «collectif musulman métropolitain» a plaidé en faveur d’une réouverture au nom du «vivre ensemble». Les responsables de la mosquée sont remontés au créneau pour défendre la mise en place d’une «charte républicaine». Mais cette stratégie de la «main tendue» n’a pas convaincu. Même la proposition d’installations des caméras sur l’édifice, formulée par l’association qui la gère, a été recalée le 23 mai par la commission administrative de vidéoprotection présidée par un magistrat de l’ordre judiciaire. Motif? «Dossier mal ficelé», lâche un expert.

«Très courtois, très habiles, sans jamais un mot qui dépasse, les défenseurs de la mosquée ont mené un travail de lobbying pour plaider leur cause, mais le mal est trop profond pour changer la situation en quelques semaines», juge un haut fonctionnaire, assurant que le «plus grand flou» régnerait encore sur l’identité des futurs imams, que la «composition de l’association gérant le lieu de culte ne s’est guère renouvelée» et qu’aucun «message correctif» n’aurait été envoyé aux fidèles depuis la fermeture administrative. Elle est prévue pour durer jusqu’au mois d’août.

On ne parle pas de la haine des Juifs aux petits lycéens niçois

Mais on peut leur décrire les massacres à la machette au Rwanda

parRenée Fregosi – 5 juin

Renée Frégosi. ©BALTEL/SIPA / 00884429_000041

Invitée à parler de la mémoire des génocides devant des lycéens niçois, j’ai tenté d’évoquer la haine dont sont l’objet les Juifs aujourd’hui. Élèves et professeurs se sont insurgés. 


Il y a quelques semaines, je participai dans un lycée niçois à événement intitulé « La Semaine de la mémoire et de la recherche ». Pendant quatre jours, des lycéens écoutaient des témoignages de victimes de génocides et des universitaires censés les éclairer sur les processus génocidaires et, au-delà, les processus complotistes et négationnistes, l’antisémitisme et le totalitarisme.

Parmi ces lycéens, une classe de 1ère avec cinq de ses enseignantes à l’origine de cette initiative pédagogique, avait travaillé durant l’année scolaire plus spécifiquement sur le génocide rwandais et s’était même rendu sur place lors d’un voyage passionnant et très émouvant.Ouverture dans 0Sponsorisé par Ministère de l’Action et des Comptes publicsDroit à l’erreur !Evitez les erreurs dans toutes vos démarches administratives avec oups.gouv.frEn savoir plus

La victime devient coupable

Contactée par les organisatrices de cette rencontre pour y faire une intervention, j’avais proposé d’aborder la question de la stratégie de victimisation mise en œuvre par les autorités pour persécuter leurs ennemis voire aller jusqu’à leur massacre de masse. Mon exposé étant le dernier de ces journées, je lui donnai une forme un peu conclusive en insistant sur les mécanismes de retournement des termes et l’inversion des charges de la preuve très souvent utilisés par les persécuteurs pour présenter leurs victimes comme des agresseurs.

Évoquant des sujets traités par des orateurs précédents et étudiés par les lycéens, je rappelai donc brièvement que les Turcs massacrant les Arméniens pendant la guerre de 14-18, les présentaient comme des agents de l’ennemi après les avoir exclus de la communauté ottomane et soumis à une ségrégation rigoureuse. Les nazis massacrant les Juifs d’Europe, dénonçaient leur visée dominatrice et les présentaient comme les fauteurs de guerre et les corrupteurs de la race aryenne, justifiant leur exclusion de la nation allemande puis leur relégation dans les ghettos et enfin la « solution finale ». Les massacreurs hutus présentaient les Tutsis comme des privilégiés et des expropriateurs et les déshumanisaient en les qualifiant de cafards à exterminer systématiquement. Les Khmers rouges présentaient leurs victimes comme des exploiteurs occidentalisés à éradiquer jusqu’au dernier, en les traitant de punaises qu’il fallait tuer jusqu’aux œufs (les enfants).

La vérité des lycéens

Puis je me hasardai à aborder la stratégie palestinienne de victimisation et le dit « antisionisme ». Ayant remarqué que l’intervenant qui m’avait précédé avait montré dans son document PowerPoint des photos de victimes françaises récentes d’actes antisémites (Ilan Halimi, les enfants de l’école Ohr Torah, Mireille Knoll, Sébastien Selam, Sarah Halimi) sans indiquer explicitement le lien avec le caractère islamiste de l’antisémitisme de leurs auteurs, je rappelai les différents types de haine des Juifs à travers les âges (antijudaïsmes romain puis chrétien, antisémitismes politiques modernes, antijudaïsme musulman et antisionisme déniant en fait le droit à l’existence de l’Etat d’Israël).

Les réactions de nombreux jeunes dans l’auditoire ne se sont alors pas faites attendre : négation de l’existence de propos anti-Juifs dans le Coran, renvoi dos-à-dos des Israéliens et des Palestiniens revendiquant « la même terre », accusation de manque d’objectivité de mon intervention. Cela, je m’y attendais un peu étant donné la sociologie de ce lycée « périphérique ». Raison de plus à mes yeux pour ne pas édulcorer mon propos.

« Trop jeunes pour entendre de telles choses »

En revanche, ce qui m’a interloquée c’est la réprobation explicite de mon intervention de la part des enseignantes, au motif que ces élèves « étaient trop jeunes pour entendre de telles choses et qu’il ne fallait pas les choquer ». Les récits des horreurs des camps d’extermination nazis, des massacres khmers rouges ou du génocide à la machette au Rwanda ne les auraient pas traumatisés, mais instiller un doute quant au bien-fondé des roquettes et des tirs de mortier sur Israël ou quant au mythe d’al Andalus en leur parlant de la dhimmitude, ou encore révéler l’existence de passages anti-Juifs dans le Coran et les hadiths, cela ne pouvait se faire car il ne fallait pas perturber ces jeunes esprits fragiles.A

Autrement dit, la contradiction des idées reçues constituait non pas un élément fondamental de la pédagogie de l’esprit critique censé être dispensée dans le cadre de l’Education nationale, mais quelque chose d’intolérable, de nocif et d’indécent. Je pris alors conscience que toutes ces recherches en bibliothèque, ces voyages scolaires sur les « lieux de mémoire », tous ces travaux d’élèves et ces débats autour des victimes n’avaient en somme qu’agité du pathos, de la compassion voire de l’identification avec les victimes mais n’avaient nullement contribué à la compréhension de la complexité des phénomènes politiques autoritaires pouvant conduire jusqu’au génocide.

Commémorer pour ne pas comprendre, un nouveau négationnisme

Journées de la mémoire certes, mais la recherche n’était-elle pas restée vaine si la contradiction, le paradoxe et l’ambivalence étaient d’emblée refusés à la formation de ces jeunes esprits ? Les dérives de l’esprit victimaire que je m’étais proposé d’analyser étaient ici-même à l’œuvre : l’individualisation des victimes, avec l’audition de témoignages poignants notamment, conduisaient à ignorer la dimension politique des souffrances subies. Les stratégies, les modes de justification des massacres passés étant ainsi méconnus, on s’interdisait toute analyse comparative, toute réflexion en somme sur d’autres stratégies et discours de légitimation d’actions meurtrières actuelles. Le passé sert ainsi à enfouir le présent sous ses cendres, et les larmes noient l’intelligence des événements d’aujourd’hui.

C’est finalement à un nouveau négationnisme auquel on assiste : l’agression génocidaire en acte ou en projet est masquée par les horreurs du passé qui saturent l’espace mental et médiatique. Ressassant les génocides historiques dans la repentance et la bonne conscience, sans en comprendre les ressorts universels, on dénie au présent son véritable potentiel génocidaire. A dénoncer en boucle les totalitarismes d’hier, on s’aveugle sur ceux en germe aujourd’hui qui n’ont aucune filiation historique avec ceux-là. Paradoxes de notre temps : l’antifascisme occulte le totalitarisme islamiste en action ici et maintenant comme l’antiracisme dénie aux « blancs » leur statut possible de victimes, et le travail mémoriel plein de bonnes intentions entrave celui de l’histoire tentant d’éclairer crûment le présent.

L’ex directeur général adjoint de l’AEIA: « L’Iran est à six mois d’une bombe atomique » ?????

5 juin 2019 | 

Olli Heinonen, l’ancien responsable du suivi de la prolifération nucléaire pour l’Agence internationale de l’énergie atomique, a déclaré sur les ondes de la radio militaire qu’Israël et les États du Golfe « avaient toutes les raisons d’être inquiets des nouvelles capacités nucléaires de l’Iran« …

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L’homme a souligné que la plupart des Israéliens « n’avaient pas conscience de la gravité de la menace iranienne ». « Les Israéliens se doivent d’être inquiets et les pays du Golfe ont également toutes les raisons de s’inquiéter »  a déclaré Olli Heinonen. Lors de l’interview, qui sera diffusée jeudi matin, Olli Heinonen a déclaré: « Malgré les affirmations de l’AIEA, l’Iran sera en possession d’armes nucléaires d’ici six à huit mois« .P

Selon lui, l’AIEA ignorerait tout de la course à la guerre nucléaire menée par Téhéran et, qui plus est, même la décision de l’administration Trump de laisser tomber le plan d’action global commun (JCPOA) qu’on appelle communément « l’accord iranien », servirait aussi les objectifs de l’Iran.

« Les Ayatollahs gèrent les nouvelles sanctions  à leur guise et  pendant de temps, ils continuent de fabriquer de nouvelles centrifugeuses « , a-t-il conclu.

Peu de gens ont une meilleure connaissance sur le sujet que Olli Heinonen, qui a travaillé 27 ans à l’AIEA dont il a été le directeur général adjoint et le responsable de son Département des contrôles. Il a rédigé sa thèse sur l’analyse des matières nucléaires et a supervisé les efforts de l’AIEA pour surveiller et contrôler le développement nucléaire de l’Iran. L’homme a également  dirigé et participé à des équipes internationales d’inspection de surveillance des installations nucléaires dans de nombreux États comme la Corée du Nord, l’Afrique du Sud, l’Irak, la Syrie, la Libye.

Tel-Avivre – source israelnationalnews

Le BNVCA saisit le CSA suite à la chronique de Mr Pascal Romedenne Télé Matin du 3/6/19 relative à l’affaire des “Faux Le Drian”.

Le BNVCA exprime les protestations de nombreux correspondants émus et scandalisés par la façon discriminatoire voire insultante dont le chroniqueur a relaté l’affaire de l’énorme escroquerie commise par des français installés  en Israel  qui se faisaient passer pour le Ministre des Affaires Etrangères, Monsieur Jean Yves Le Drian afin d’extorquer illégalement des sommes d’argent importantes à des hautes personnalités fortunées, sous prétexte de contribuer à la libération d’otages français

Le journaliste en question Mr Patrice Romedenne  qui présente sa chronique quotidienne sur Télématin le 3 juin 2019 déclare le plus simplement possible “Le chef du gang a été arrêté, c’est un “JUIF tunisien” Il était refugié en Israel etc ...(voir vidéo à 2 mn13).

Nos correspondants font remarquer de façon judicieuse que même lorsque les terroristes revendiquent leur attentat au nom de l’Islam, jamais aucun reporter n’a fait référence à leur religion.

Comme nos requérants, le BNVCA  reproche à Mr Romedenne d’avoir insisté si maladroitement sur la religion de cet escroc et de ce chef de gang  dont la communauté francophone d’Israel s’est toujours désolidarisée.

Nous faisons remarquer au journaliste en question que le Code Pénal français n’a pas été rédigé pour les juifs.

Nous demandons à la rédaction de Télé Matin, d’inviter Mr Romedenne à rectifier  ses propos et à présenter ses excuses .

A la demande de ses requérants,le BNVCA a décidé de saisir  le C S A .

Colis piégé à Lyon : Mohamed Hichem Medjoub est incarcéré

Par  Auteurvaleursactuelles.com /

La police autour du domicile du suspect, à Oullins © Laurent Cipriani/AP/SIPA

L’homme soupçonné d’être l’auteur de l’attaque au colis piégé à Lyon a été mis en examen et écroué après ses aveux.

Mohamed Hichem Medjoub, qui est soupçonné d’avoir planifié l’explosion d’un colis piégé dans le IIe arrondissement de Lyon, a été mis en examen par le juge d’instruction ce vendredi à Paris pour « tentative d’assassinats terroristes », « association de malfaiteurs terroriste criminelle », « fabrication, détention, et transport d’explosifs en relation avec une entreprise terroriste ». Il a été placé en détention provisoire, a annoncé le parquet de Paris, rapporte BFMTV.

Mohamed Hichem Medjoub est passé aux aveux

C’est mercredi 29 mai que le principal suspect est passé aux aveux. Interpellé par les forces de l’ordre lundi 27 mai aux alentours de 10 heures, le présumé responsable de l’attaque au colis piégé vendredi 24 mai, a reconnu avoir posé l’engin explosif, selon les informations du Point. Comme le précise l’hebdomadaire, cet Algérien de 24 ans a détaillé la façon dont il a fabriqué son engin explosif dans sa cuisine. Il assure avoir agi seul. BFMTV indique de son côté que l’ancien étudiant en informatique a effectué des recherches internet sur le djihad, la fabrication de bombes artisanales et le moyen de les déclencher à distance.SUR LE MÊME SUJET Colis piégé à Lyon : l’étonnant témoignage d’un ami du suspect

Jeudi, LCI a indiqué que Mohamed Hichem Medjoub reconnaissait des liens avec Daech, à qui il a prêté allégeance « en son for intérieur », selon le parquet.Durant sa garde à vue, le suspect avait tenu un discours religieux intégriste, mais ne s’était revendiqué d’aucune organisation terroriste. Voir l’image sur Twitter

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Le Parisien@le_Parisien

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Colis piégé à #Lyon : le suspect dit avoir agi au nom de Daech > http://l.leparisien.fr/rKQ 3416:11 – 30 mai 201979 personnes parlent à ce sujetInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité

L’arrestation de Mohamed Hichem Medjoub s’est suivie lundi 27 mai d’une deuxième interpellation par les forces de l’ordre, à savoir celle d’un lycéen majeur, identifié comme étant le frère cadet du suspect numéro un, puis de celle de son père et de sa mère. La garde à vue des parents a été levée jeudi. Le suspect vivait chez ses parents, à Oullins, en proche banlieue, où une perquisition a été menée par une unité du Raid, appuyés d’une service de déminage.

David explique pourquoi il n’est pas un colon et montre les vestiges archéologiques juifs là où il habite à Beïth El en Judée samarie appelée : « Cisjordanie »

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« Dieu dit à Jacob: «Lève-toi, monte à Beït Hel et installe-toi là-bas. Tu y construiras un autel en l’honneur du Dieu qui t’est apparu lorsque tu fuyais ton frère Esaü.» (Genèse 35.1-15)

Beït Hel est lié dans la Bible au passage des patriarches Abraham et Jacob sur ce lieu : Abraham y construit un autel, tandis que Jacob s’y endort et rêve de l’échelle de Jacob, une échelle parcourue par des anges qui s’élève jusqu’au ciel.

L’Arche d’alliance y réside plus tard à l’époque des Juges d’Israël et Samuel y tient sa cour de justice.

« Avant que Jacob ne le nomme Beït Hel, le lieu s’appelait Louz », dit le texte hébreu (Oulam Louz). Et c’est sous ce nom qu’apparaît en Luc 24:13 dans le codex Bezae, le village vers lequel se dirigeaient les deux compagnons d’Emmaüs qui, selon les Évangiles chrétiens, le soir de la Résurrection quittaient Jérusalem et où Jésus serait apparu pour la première fois après sa résurrection.

Les fouilles archéologiques à Beit El ont révélé une grande concentration de bâtiments datant de l’époque des Patriarches et de la période de la Royauté, ainsi que des statuettes sur le Mont Bethel.

Selon la tradition, Abraham a été le premier à construire un autel à l’est de Beit El. C’est également le lieu où se déroule l’histoire de Saul, lorsqu’il cherchait les ânesses. Samuel lui a dit de faire demi-tour et quand il rencontrerait des hommes qui iront prier Dieu à Béthel.

Ces sources indiquent que l’endroit est sacré, avant même Jéroboam. Le lieu de culte est mentionné plus d’une fois dans les Prophètes, et il y a beaucoup de discussions à son sujet. Josias est celui qui a détruit cet endroit car il servait à l’idolâtrie.

Alors si les juifs sont colons sur cette terre, comment se fait-il que l’archéologie relève leurs traces lors des fouilles? Il est bien évident que nous n’avons rien à prouver, et il est hors de question de se positionner en victimes ou en conquérants… Nous sommes le peuple indigène dans ce pays…

Source https://www.terrepromise.fr 


Le BNVCA condamne la décision de la Cour de Cassation Jordanienne qui refuse l’extradition d’un terroriste palestinien suspecté d’avoir participé à l’attentat de la rue des Rosiers en 1982 à Paris.

Le BNVCA  condamne la décision scandaleuse de la Cour de Cassation Jordanienne qui a rejeté la demande d’extradition vers la France de Nizar Tawfiq Mussa Hamada suspecté d’avoir participé à l’attentat de la Rue des Rosiers contre un restaurant juif à Paris en 1982, qui a fait 6 morts et 22 blessés.

Cette plus haute instance de justice d’Amman a maintenu sa décision de ne pas extrader le suspect au motif que les conditions d’extradition n’étaient pas réunies et l’affaire, remontant à 30 ans, dépassait “le délai de prescription”. Pour le BNVCA ce prétexte insoutenable discrédite la Jordanie qui recèle et protège un terroriste international, et vient nous dire que le temps est dépassé.

L”attentat a été perpétré dans le quartier juif de Paris par un commando terroriste palestinien le 9 août 1982. Une grenade avait été jetée dans le restaurant de Jo Goldenberg, explosant au milieu d’une cinquantaine de clients. Deux tueurs étaient ensuite entrés, ouvrant le feu faisant 6 morts et 22 blessés.

Le BNVCA rappelle que son Président Mr Sammy Ghozlan inspecteur divisionnaire de police  lors de l’attentat, chargé d’une mission exceptionnelle par le premier Ministre Pierre Maurois, dans le but de collaborer avec la Brigade Criminelle sous l’autorité du Commissaire Claude Cancès. avait reçu personnellement par téléphone la revendication d’Abou Nidal.

Nous demandons aux autorités françaises de prendre toutes les dispositions judiciaires, et diplomatiques de nature à faire juger le suspect concerné, âgé aujourd’hui de 57 ans  et ce même après 30 ans. Les victimes de cet attentat terroriste anti-juif méritent que justice soit rendue.

Le Bureau

Dissolution (pour klum) de la Knesset réélue le 17 septembre

By Marc – Mai 30, 20196

La Knesset vote sa dissolution et tiendra de nouvelles élections le 17 septembre
74 députés sur 120 approuvent une motion sans précédent demandant un nouveau vote après que Netanyahu a dépassé le délai pour former une coalition; Au cœur de l’impasse se situe la querelle sur la conscription pour les hommes ultra-orthodoxes -un texte qui, s’il est voté, prendra effet dans… 6 ans ; Le premier ministre avait tenté de convaincre le parti travailliste de former une coalition

Les membres de la Knesset ont voté mercredi soir pour dissoudre le Parlement, à peine un mois après l’assermentation de la nouvelle assemblée, après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas réussi à conclure un accord de coalition avec ses partenaires potentiels.

Dissoudre la Knesset et organiser une nouvelle série d’élections à peine quelques mois après les dernières et sans avoir jamais formé de gouvernement est un événement sans précédent, même dans le paysage politique trépidant d’Israël.

Benjamin Netanyahu à la Knesset pour le vote sur la tenue de nouvelles élections (Photo: Alex Kolomoisky)

Benjamin Netanyahu à la Knesset pour le vote sur la tenue de nouvelles élections (Photo: Alex Kolomoisky)

Sur les 120 députés qui composent la Knesset, 74 ont voté en faveur de la dissolution du parlement et 45 ont voté contre. Au cœur de la tentative infructueuse de Netanyhu de former une coalition après les élections du 9 avril, il y avait une législation visant à intégrer des hommes Haredim à l’armée, qui a vu deux de ses partenaires politiques souhaités se disputer.

Alors qu’il s’apprêtait à voter mercredi soir, le dirigeant de Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a déclaré qu’Israël tenait de nouvelles élections en raison du refus du parti Likoud de voter sur la version originale d’un projet de loi concernant les hommes Haredi, sur lequel il avait insisté, de même que les partis ultra-orthodoxes.

Avigdor Liberman assiste au vote de la Knesset sur l'opportunité de se disperser et d'organiser de nouvelles élections (Photo: Alex Kolomoisky)

Avigdor Liberman assiste au vote de la Knesset sur l’opportunité de se dissoudre et d’organiser de nouvelles élections (Photo: Alex Kolomoisky)

Plus tôt mercredi soir, le Likoud a annoncé que Netanyahu avait tenté d’offrir à Liberman et aux partis ultra-orthodoxes un compromis sur le projet de loi, ce qui aurait ouvert la voie à la formation d’une coalition et empêché la répétition d’élections, mais l’offre a été rejetée par les deux partis.

Chambre de la Knesset

Chambre de la Knesset

Selon l’offre, Netanyahu a proposé que le projet de loi initial soit soumis au vote et que si les Haredim refusaient de soutenir la mesure, la suspension automatique dont bénéficient actuellement les étudiants en yeshiva (séminaire juif)serait dûment annulée, conformément à une décision de la Cour suprême.

Le Likoud a annoncé qu’il avait recueilli le soutien et finalisé les accords de coalition avec 60 membres de la Knesset, ce qui laisserait à Netanyahu à court  d’un législateur pour s’assurer la majorité à la Knesset, forte de 120 membres. Cependant, le parti Kulanu, qui a accepté mardi de rejoindre la liste du Likoud en cas d’élections, a nié avoir signé quoi que ce soit. Le Likoud a répondu que les accords étaient en place dans le cas où Liberman rejoindrait la coalition.

Selon la loi, le Premier ministre avait jusqu’à mercredi à 23h59 pour informer le président de la formation d’une coalition. Dans le cas contraire, la tâche de former un gouvernement pourrait être confiée à un autre député. La détermination de Netanyhu de prévenir une telle situation est à l’origine de la convocation de nouvelles élections.

À 22 heures, les députés montaient vers l’estrade pour présenter leur évaluation de la situation. L’opposition avait l’intention de voter contre la motion visant à disperser la Knesset mais a décidé de retirer ses réserves et de permettre au vote de se dérouler immédiatement.

Benny Gantz, président des Blue and White

Benny Gantz, président des Bleus et Blancs

Faisant face à la perspective de nouvelles élections après avoir échoué à former une coalition, Netanyahu a tenté de persuader le parti travailliste de rejoindre son gouvernement. Le Premier ministre aurait offert le ministère de la Justice à Shelly Yachimovich, ancienne dirigeante du parti travailliste, ainsi qu’un soutien à la candidature à la présidence de l’ancien ministre de la Défense, Amir Peretz.

Avi Gabbay du travail

Avi Gabbay du parti travailliste

Le président du parti travailliste, Avi Gabbay, a convoqué une réunion pour discuter de l’offre, mais les membres du parti l’ont finalement rejetée. Le parti a réitéré son désir de voir Benny Gantz, président du Parti bleu et blanc, s’efforcer de former une coalition après l’échec de Netanyahu.

Les députés du parti travailliste ont déclaré que Netanyahu était très généreux dans son offre et se montrait disposé à s’abstenir de lois lui garantissant l’immunité des poursuites pénales ainsi que de lois visant à restreindre le pouvoir de la Cour suprême, deux questions très controversées.

Shelly Yachimovich

Shelly Yachimovich

Lorsque l’offre a été rendue publique, le député bleu et blanc Yair Lapid a imploré Gabbay de ne pas l’accepter: “Il y a une limite au dégoût que le public peut avaler. Je ne peux pas croire que vous fassiez une telle chose.”

Un peu plus tôt, on a signalé que les membres de la coalition craignent de ne pas recueillir assez de voix pour adopter une motion visant à dissoudre la Knesset. Le sachant, les partis arabes ont reconsidéré leur vote et pouvaient rester à l’écart ou s’abstenir. Ils ont finalement majoritairement voté pour la dissolution.

Shelli Yachimovich et Miki Zohar

Shelli Yachimovich et Miki Zohar

Mercredi après-midi également, Naftali Bennet et Ayelet Shaked se sont rencontrés au bureau de Bennett à Tel Aviv. Il est largement admis que Shaked a l’intention de rejoindre les rangs du Likoud, mais il y a encore une chance qu’elle se présente avec le parti Nouvelle Droite de Bennett.

Benjamin Netanyahu et Avigdor Liberman à la Knesset (Photo: AP)

Benjamin Netanyahu et Avigdor Liberman à la Knesset (Photo: AP)

Des membres du Likoud ont lancé une offensive verbale contre le dirigeant de Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, pour son refus de transiger sur le projet de loi sur les étudiants de Yeshiva et l’accusent d’avoir tenté de “renverser le Premier ministre”. Ils ont souligné que Liberman avait, par le passé, conclu des accords avec des partis Haredi et que, soudainement, “sa soif de pouvoir va entraîner tout le pays aux élections“.

Les membres de l'opposition se rencontrent à la cafétéria de la Knesset

Les membres de l’opposition se rencontrent à la cafétéria de la Knesset (Tibi et Zanberg)

Le président Reuven Rivlin a pris la parole pour expliquer quelles options sont actuellement sur la table. «Mes chers concitoyens, je reçois et lis toutes vos demandes de renseignements concernant la formation du gouvernement. Compte tenu du nombre de demandes de renseignements que nous avons reçues à ce sujet, il est important pour moi d’expliquer quelle est l’autorité légale du président.

“Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait 28 jours pour former un gouvernement. Selon la loi, il disposait de 14 jours supplémentaires, qui se terminent aujourd’hui à minuit.

“Si un gouvernement n’est pas formé avant minuit ce soir, j’ai deux options et je dois en choisir une dans les trois jours. La première option consiste à confier à tout autre membre de la Knesset, à l’exception d’un membre de la Knesset qui en a déjà eu l’occasion, de former le gouvernement.  La seconde option est d’informer le Président de la Knesset qu’il n’ya aucune possibilité de former un gouvernement et qu’il n’y a pas d’autre solution que de convoquer des élections. 

Rivlin donne à Netanyahu le mandat de former une coalition

Rivlin donne à Netanyahu le mandat de former une coalition

“Pour prendre cette décision, j’inviterai à nouveau les représentants des factions à des consultations. Soit dit en passant, vous devez savoir que si j’informe le Président de la Knesset que je ne crois pas qu’un autre membre de la Knesset puisse former un gouvernement, les membres de la Knesset peuvent recueillir 61 signatures et demander que l’un des 120 membres de la Knesset, y compris ceux qui en ont déjà eu la possibilité, soit mandaté pour former un gouvernement.

“Vous vous demandez probablement comment cela se rapporte à ce qui se passe actuellement à la Knesset. Eh bien, ce n’est pas le cas. Parallèlement à mon autorité en tant que président, la Knesset peut promulguer une loi visant à disperser la Knesset. Si la loi passe devant la Knesset ses deuxième et troisième lectures avec une majorité de membres – au moins 61 -, les procédures pour former un gouvernement vont cesser, la Knesset sera dissoute et, malheureusement, nous irons à une autre campagne électorale.

“Pour ma part, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher l’État d’Israël de se lancer dans une nouvelle campagne électorale. Merci de m’avoir écouté”, a déclaré le président dans une vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux.

Yuval Karni, Shahar Hai et Kobi Nachshoni | Dernière mise à jour: 05.29.19, 23:23

ynetnews.com

La prière musulmane récitée dans l’église Saint-Louis-des-Invalides

«

La prière en question est plutôt le Adhan (en arabe: أَذَان), l’ « appel » psalmodié à la prière (salat) islamique par un récitant ou un imam (et qui commence ensuite par la Fatiha) :

« Allah est le plus grand (2 fois). J’atteste qu’il n’y a de dieu qu’Allah (2 fois). J’atteste que Muhammad est le messager de Allah (2 fois). Venez à la prière. Venez à la félicité (2 fois), La prière est meilleure que le sommeil (2 fois). Allah est le plus grand. Allah est le plus grand. Il n’y a de vraie divinité hormis Allah (1 fois). »

De ce qui précède, c’est la négation claire, nette et retentissante du Dieu des chrétiens au sein même de la cathédrale Saint-Louis des Invalides (Diocèse aux armées françaises).

Cet appel à la prière insiste sur la supériorité et l’unicité de Dieu, Allah. Le allah-u akbar, « Allah est le plus grand » est dans la forme comparative, superlative : Dieu, Allah, est le plus grand que tous les autres dieux, plus grand que toute autre personne, notamment le Christ.

Autrement dit, les maîtres des lieux en la cathédrale « attestent » (par bêtise ?) qu’ils sont désormais musulmans, malgré eux, eux et ceux qui le suivent, puisqu’ils permettent « qu’il n’y a de Dieu qu’Allah », le plus grand (de tous), et « que Muhammad est le messager d’Allah », reniant ainsi par la même occasion (par complaisance, zèle et inculture) implicitement la Trinité et Jésus des chrétiens.

Le roi Louis XIV doit se retourner dans sa dernière demeure en la basilique cathédrale de Saint-Denis…

L’Hôtel des Invalides est le monument parisien dont la construction fut ordonnée par le roi Louis XIV (édit royal du 24 février 1670) pour abriter les invalides de ses armées. Aujourd’hui, il accueille toujours des invalides, mais également la cathédrale Saint-Louis des Invalides, plusieurs musées et une nécropole militaire avec notamment le tombeau de Napoléon Ier. C’est aussi le siège de hautes autorités militaires, comme le chef d’état-major de l’armée de Terre ou le gouverneur militaire de Paris, et rassemble beaucoup d’organismes dédiés à la mémoire des anciens combattants ou le soutien aux soldats blessés.

Une certaine Église de France est en train de nous enfoncer de plus en plus dans la dhimmitude de l’islam et dans la perdition.

Et les maître des lieux ne savent-ils pas que l’appel à la prière islamique dans un édifice de culte non musulman (quel que soit la religion) est une prise de possession symbolique, le transformant en potentielle mosquée ?

C’est ainsi, par exemple, que la basilique Sainte-Sophie de Constantinople fut ‟sacralisée” mosquée en 1453 avec l’appel à la prière (le Adhan), ordonné par le sultan Mehmet II le Conquérant. Après le massacre abominable des prêtres et des fidèles (les femmes prises comme butin, candidates au viol ‟halal”), un imam est monté en chaire (comme dans cathédrale Saint-Louis des Invalides) pour l’appel à la prière de la victoire et ‟rebaptiser” l’édifice en mosquée par le Adhan.

Avant d’entrer dans la basilique Sainte-Sophie, Mehmet II a pris lui-même un prisonnier chrétien, mis à genoux, égorgé comme un mouton, le sultan plonge sa main dans la flaque de sang puis apposa sa paume (main de Fatma) à l’un des battants en bronze de la porte de la basilique. C’est le geste symbolique d’un sacrifice à Allah et d’islamisation du lieu en prononçant « bism Allah » (« au nom d’Allah »), avant d’entrer dans les lieux pour la première prière (la Fatiha) dans la nouvelle mosquée.

Aujourd’hui nous n’avons plus besoin de tout cela, on y invite pacifiquement l’islam à prendre possession des lieux saints chrétiens avec beaucoup de zèle. Mais viendra un jour prochain où cette dhimmitude et cet esclavage vont amener forcément à l’effusion de sang.

« Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre » – Winston Churchill

On a l’impression que tout cela relève d’une inculture immense et que nos décideurs – y compris nos prélats – sont nullissimes en histoire, sinon amnésiques… Et celui qui ignore l’histoire ou la perd de vue risque de la voir se répéter.

© François Sweydan pour Dreuz.info.


RECTIFICATIF COMMUNIQUE DE PRESSE AGRESSION CLICHY SOUS BOIS LA VICTIME AGISSAIT EN TANT QUE VTC DE HEETCH ET NON DE UBER

                             

Le BNVCA rectifie son communiqué de Presse du 23 mai 2019, dans lequel par erreur il a été mentionné que Monsieur S.  victime de l’agression à

Clichy Sous Bois a bien été agressé en tant que VTC agissant suivant l’application HEETCH et non UBER.

En effet l’épouse de Monsieur S… ayant subie de plein fouet le choc de cette agression nous a communiqué que son mari avait accepté la course à partir de l’application UBER alors qu’en réalité il s’agissait de l’application HEETCH.

Nous avons eu un appel de la direction de UBER qui s’inquiétait uniquement de la santé de Monsieur S… et qui a très bien compris que vu la situation son épouse ait pu se tromper.

Nous tenons à les en remercier.

Le Bureau

Biélorussie : des centaines de corps de Juifs réinhumés après leur découverte dans un charnier>

Brest (Biélorussie), le 27 février dernier. Des hommes en treillis récoltaient dans des sacs les ossements découverts. AFP/Alexander Grebenkin

Une fosse commune inconnue avait été découverte dans la ville de Brest, ghetto juif pendant le Seconde guerre mondiale, par les ouvriers d’un chantier.

Sur la Shoah, tout n’a pas été encore découvert. Les ossements découverts en février dernier dans une fosse commune inconnue de la ville biélorusse de Brest doivent être réinhumés ce mercredi après-midi dans différents cimetières juifs.

En février dernier, les ouvriers préparant les fondations d’une résidence d’habitations découvraient des centaines de restes humains, probablement 790 corps d’hommes, de femmes et d’enfants, ensevelis dans une zone de la ville qui bordait l’ancien ghetto juif.

Envahie conjointement par les Allemands et les Russes en 1939, la ville polonaise (NDLR : à l’époque, l’ouest de la république biélorusse était polonaise et l’est soviétique) de Brest-Litovsk, située sur la route qui va de Varsovie à Moscou, est finalement annexée par l’Allemagne le 22 juin 1941, au premier jour de l’opération Barbarossa. Dès lors, l’entreprise d’extermination nazie peut commencer. La ville compte alors 40 000 habitants. 18 000 juifs sont cadenassés dans le ghetto, soumis à un rançonnement méticuleux.

Dix mois plus tard, ils ont tous été exterminés. Dans le quartier de la gare Berioza Kartouskaia, à Brest, et au camp de concentration de Bronnaïa Gora, à 125 km de là, on abat sans distinction de sexe ou d’âge, mais avec une cruauté égale : charriés par wagons entiers, les juifs devaient descendre dans l’une des huit fosses creusées à l’orée des bois. Là, ordre leur était donné de s’allonger sur les personnes tuées avant eux, ventre et visage posé sur le dos des dépouilles. Ainsi les fosses étaient-elles bien ordonnées, faciles à remplir encore et à recouvrir. On estime que 50 000 personnes ont été livrées ainsi à la barbarie, dont tous les juifs de Brest. Vieille de plus de 600 ans, la communauté disposait au XVIe siècle de la plus grande synagogue d’Europe. Le père d’Ariel Sharon y enseignait l’hébreu avant d’émigrer en Palestine en 1920.


Tunisie : une foule cosmopolite converge vers Djerba, pour le pèlerinage juif de la Ghriba

Une foule de fidèles juifs venus des quatre coins du monde, des ministres et des dignitaires ont assisté, le 22 mai 2019, au début du pèlerinage annuel de la Ghriba sur l’île tunisienne de Djerba.

Les pèlerins participent à un pèlerinage juif annuel à la synagogue El Ghriba, le plus ancien monument juif construit en Afrique, sur l\'île tunisienne de Djerba le 22 mai 2018. 
Les pèlerins participent à un pèlerinage juif annuel à la synagogue El Ghriba, le plus ancien monument juif construit en Afrique, sur l’île tunisienne de Djerba le 22 mai 2018.  (YASSINE GAIDI / ANADOLU AGENCY)

franceinfo

Organisé au 33e jour après la Pâque juive, ce pèlerinage coïncide cette année, pour la première fois depuis 1987, avec le mois sacré de jeûne musulman du ramadan. Un repas commun de rupture du jeûne entre musulmans et juifs est prévu le 23 mai 2019 au soir à la Ghriba, la plus ancienne synagogue d’Afrique.

“Cette année, c’est archi-plein, les gens viennent en confiance”

Des centaines de pèlerins ont défilé pour prier, allumer des bougies et inscrire des vœux sur des œufs, placés ensuite dans une cavité de la synagogue. Au milieu des youyous et des chants, certains ont fait bénir fruits secs et boukha, l’alcool de figue local, par les rabbins.

“Ce n’est pas facile d’organiser tout cela, alors que les gens jeûnent ici. Ils sont fatigués, mais on est aussi bien accueillis que d’habitude”, se réjouit Laura Tuil-Journo, venue de Paris, comme chaque année. “Cette année c’est archi plein, les gens viennent maintenant en pleine confiance, d’autant que M. Trabelsi est devenu ministre”.

René Trabelsi, voyagiste et coorganisateur du pèlerinage, fils du responsable de la synagogue de la Ghriba, est devenu en novembre ministre du Tourisme. Il est le premier Tunisien de confession juive à occuper un poste de ministre depuis l’ère de Habib Bourguiba (1957-1987).

La culture de la tolérance et l’ouverture

La Ghriba, construite sur la tombe d’une mystérieuse sainte locale, est un lieu de coexistence pacifique des monothéismes.

“La culture de la tolérance et de l’ouverture garantit la capacité à développer la citoyenneté et la démocratie et le renforcement de la relation sociale entre les individus et les groupes, ainsi que le sentiment de l’appartenance à ce cher pays”, a déclaré le Premier ministre Youssef Chahed, qui s’est rendu sur place, accompagné de deux ministres dont M. Trabelsi.

En 2002, un attentat suicide contre la synagogue avait tué 21 personnes. Plusieurs centaines de policiers et militaires, accompagnés de tanks et d’hélicoptères, sont déployés sur l’île pour protéger les pèlerins, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Le pèlerinage de la Ghriba est au cœur des traditions des Tunisiens de confession juive, qui ne sont plus que 1500, majoritairement installés à Djerba, contre 100 000 avant l’indépendance en 1956.

Plus de 5000 personnes, venues de France, d’Israël, de Russie ou d’Angleterre, sont attendues pour ce pèlerinage de deux jours, dans la petite synagogue couverte de faïences, qui attirait avant 2002 quelque 8000 fidèles chaque année.

Le chef de la diplomatie britannique : “Boycotter Israël – le seul Etat juif au monde – est antisémite !”


Le chef de la diplomatie britannique, Jeremy Hunt, a exprimé son soutien à la résolution du parlement allemand qualifiant “d’antisémite” le mouvement BDS(Boycott, Désinvestissement et Sanctions), a rapporté mardi le journal britannique Jewish News.

Hunt, possible successeur à Theresa May en tant que Premier ministre, a fait ces remarques sur Twitter après que le Bundestag eut approuvé la résolution vendredi dernier.

“Les secousses, la turbulence et la terreur au Moyen-Orient nous rappellent le besoin urgent de paix: une solution à deux États. Mais les fondements de la paix sont le respect et la coexistence. Le boycott d’Israël – le seul État juif au monde – est antisémite. Je salue l’Allemagne d’avoir pris position”, a-t-il écrit.

La résolution allemande demande au gouvernement de s’abstenir de tout soutien aux organisations impliquées dans des activités de boycott contre Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué la décision du parlement allemand.

La Ligue arabe a appelé le parlement allemand à annuler la résolution condamnant un mouvement de boycott contre Israël comme étant antisémite.

David Stern –

L’Allemagne désigne le mouvement BDS (boycott contre Israël) comme antisémite

Le parlement allemand a voté vendredi pour condamner comme antisémite un mouvement connu sous le nom de BDS, qui appelle aux pressions économiques contre Israël. 

Sous couvert de « mettre fin à l’occupation des terres palestiniennes, accorder aux citoyens arabes des droits égaux et reconnaître le droit au retour des réfugiés palestiniens », le mouvement, selon les déclarations de son fondateur, milite pour la disparition de l’Etat d’Israël et l’expulsion des juifs du Moyen-Orient.

Dans un geste salué par Israël, la majorité des législateurs du Bundestag ont voté en faveur d’une motion visant à qualifier le mouvement international Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) d’entité qui utilise des tactiques antisémites pour atteindre ses objectifs politiques.

Les schémas et méthodes d’argumentation utilisés par le mouvement BDS sont antisémites », peut-on lire dans la motion présentée par les conservateurs de la Chancelière Angela Merkel, leurs partenaires de la coalition sociale-démocrate ainsi que les Verts et les Démocrates libres.Reuters

Assurer la survie d’Israël est une priorité pour l’Allemagne depuis la défaite de la dictature nazie qui a commis l’Holocauste, au cours duquel environ six millions de Juifs ont été tués.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué la décision du Bundestag.

« J’espère que cette décision entraînera des mesures concrètes et j’appelle les autres pays à adopter une législation similaire », a-t-il déclaré sur Twitter.

BDS a condamné la motion comme étant anti-palestinienne.

La France, dont la loi punit sévèrement le boycott, laisse les groupes de boycott manifester et appeler à la destruction d’Israël dans les rues des principales villes, y compris Paris.

  • PUBLIÉ PAR CHRISTIAN LARNET LE 18 MAI 2019 .

Le BNVCA condamne la profanation de la stèle commémorative de la “Rafle du Vel d’Hiv”. Le BNVCA dépose plainte.

Le BNVCA indigné, condamne avec force la profanation de la stèle commémorative de la rafle du Vel d’Hiv.

Ce monument est situé Rue Nélaton, Paris 15eme à quelques mètres du Ministère de l’Intérieur. Il est érigé en mémoire des enfants juifs victimes de la rafle du 17 juillet 1942, déportés à Auschwitz Birkenau et tués en totalité.

Les vandales antisémites ont souillé cette stèle en effaçant au feutre noir les noms de certains enfants  gravés dans le marbre ainsi que le chiffre de 4115 qui rappelle le nombre de ces petites victimes.innocentes.

Pour le BNVCA ceux qui ont commis ce crime contre la mémoire, contre des enfants, ne sont que des lâches.

Selon nos informations les services de la police scientifique ont été saisis et les tags effacés par les services de la Ville de Paris.

Nous demandons aux autorités que tout soit mis en oeuvre pour identifier et interpeller les auteurs antujuifs. Leur méfait doit être sérieusement punis.

Le BNVCA  qui a décidé de se constituer partie civile a demandé à son conseil Maitre Charles  Baccouche de déposer immédiatement plainte auprès du Procureur de la République de Paris,

UN RAPPORT ALLEMAND MET EN GARDE CONTRE LA MONTRÉE L’ANTISÉMITISME ISLAMIQUE


L’agence de renseignement a décrit cette étude comme un bond en avant, au milieu de préoccupations croissantes sur la montrée de la haine dans le pays

JTA — L’agence de renseignement d’Allemagne a écrit ce qui est défini comme son analyse la plus importante sur la montée de l’antisémitisme par des extrémistes islamistes. Le Bureau fédéral pour la Protection de la Constitution, ou BfV, a décrit sa brochure de 40 pages comme un outil pour les éducateurs, les travailleurs sociaux et les autres personnes qui travaillent étroitement avec les immigrants ou réfugiés musulmans récemment arrivés.

Intitulé « L’antisémitisme dans l’islamisme », le rapport récemment publié représente un bond en avant en terme de focalisation par l’agence sur le sujet, a déclaré la porte-parole Angela Pley au JTA dans un entretien téléphonique. Elle a déclaré que l’agence n’a jamais publié d’analyse aussi large du sujet en se basant sur des données empiriques. « Nous sommes un système d’avertissement précoce », a expliqué Pley. « Les recommandations sur ce qui doit être fait doivent venir de la société et des responsables politiques. » Pley a déclaré qu’il n’y avait eu aucune réaction publique au rapport par des associations musulmanes en Allemagne, et qu’il avait été téléchargé 1 439 fois depuis sa publication.

Il s’agit de l’une des quelques récentes mesures gouvernementales qui témoignent de la préoccupation croissante sur l’antisémitisme en Allemagne.

En 2018, le gouvernement a nommé un émissaire spécial, Felix Klein, pour se pencher sur le sujet. En 2012, une commission du Bundestag a été établie pour faire un rapport sur l’antisémitisme dans le pays et dans toutes les catégories.

« L’antisémitisme dans l’islamisme » se focalise sur la dimension islamiste extrémiste, qui représente une menace qui se profile, a déclaré l’agence, même si relativement peu de crimes antisémites ont été attribués à l’islamisme extrémiste en Allemagne.

Le rapport fait la distinction entre l’islam, la religion, et « l’islamisme », qu’il décrit comme une forme d’extrémisme politique qui « vise à une abolition partielle ou complète de la constitution libérale démocratique de la République fédérale d’Allemagne ». Entre 2010 et 2016, le centre de recherche Pew a annoncé que le nombre de Musulmans vivant en Allemagne a grimpé à près de 5 millions, soit 6% de la population, contre 3,3 millions, ou 4,1 % en 2010.

La vaste majorité des crimes antisémites en Allemagne viennent de l’extrême-droite. En 2018, un total de 755 actes antisémites ont été recensés. 670 ont été attribués à l’extrême droite et 25 à des « étrangers ». Des 707 cas de l’année précédente, 651 ont été attribués à l’extrême-droite et 15 à des étrangers.

Mais le nouveau rapport, qui identifie des organisations et des mouvements islamistes et leur propagande, avertit que la radicalisation et l’incitation à la haine antisémite « forment le terreau pour une escalade violente ».

Le rapport mentionne quelques cas spécifiques de ces dernières années:

    En avril 2016, une femme à Berlin a été approchée par deux hommes d’origine arabe qui lui ont posé des questions sur le pendentif en forme d’Etat d’Israël qu’elle portait. Les hommes ont répondu : « Pu****s de Juifs! Vous êtes les déchets de la terre ».

    En décembre 2017, une lycéenne juive à Berlin a été prise à partie par un camarade de classe arabe qui lui a dit : « Vous êtes des meurtriers d’enfants, vous devriez avoir la tête coupée ».

    Ce même mois, deux agresseurs ont attaqué une synagogue dans l’Etat de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et s’en sont pris au personnel, déclarant qu’ »Al-Quds nous appartient! Partez, fils de p***s! » Al-Quds est le nom arabe pour la ville de Jérusalem

Les croyances antisémites défendues par des groupes et des individus islamistes « représentent déjà un défi considérable pour une coexistence paisible et tolérante en Allemagne », a expliqué le rapport.

Ce n’est pas la première fois que l’agence a étudié l’antisémitisme dans ce contexte : d’anciens rapports annuels sur le crime extrémiste se sont penchés sur l’islamisme et ses composantes antisémites. Une conférence s’est tenue sur le sujet au début des années 2000, a déclaré Pley au JTA.

Juliane Wetzel, chercheuse au Centre de Recherche sur l’Antisémitisme à l’Université technique de Berlin, a qualifié le rapport « d’ »excellente contribution sur le sujet ». « La conclusion est importante : l’antisémitisme islamiste se diffuse en Allemagne », a déclaré Wetzel, membre de la commission des experts sur l’antisémitisme du Bundestag.

Le nouveau rapport est important, même le sujet de l’antisémitisme dans l’islamisme n’a pas été tabou en Allemagne comme certains critiques l’ont affirmé, a déclaré le politologue Clemens Hani, directeur du Centre international de Berlin pour l’Etude de l’Antisémitisme. Entre autres organisations, « l’agence de renseignement en parle depuis des années », a déclaré Hani au JTA.

Dans sa définition de l’antisémitisme, la brochure inclut l’antisionisme, puisqu’il « vise à une élimination complète de l’Etat d’Israël », et définit à tort le conflit du Moyen-Orient « comme une ‘guerre juive d’annihilation’ contre les Palestiniens ». La brochure précise que les antisionistes en Allemagne avancent souvent l’argument qu’ils sont contre Israël, mais pas contre les Juifs. Pourtant, étant donné qu’ »Israël est le seul Etat juif dans le monde et que sa destruction entraînerait inévitablement la mort et l’expulsion de millions de Juifs, cette argumentation est devenu un tour de passe-passe pour cacher le véritable sens de l’anti-sionisme », a conclu le rapport. Entre autres points, la brochure aborde les clichés antisémites repris dans l’islamisme et le rejet de l’Etat d’Israël par des organisations islamistes.

Sa liste de groupes et de mouvement extrémistes islamistes en Allemagne comprend, entre autres, les Frères musulmans et le Hamas.

Même s’il n’y a pas eu de réaction publique de la part d’organisations musulmanes en Allemagne, l’Association libérale islamique a récemment publié son propre apport de 178 pages sur les résultats de son programme de trois ans, Extreme Out: Empowerment, Not Antisemitism. Le projet visait à « mettre en lumière le travail [contre] les attitudes antisémites parmi les jeunes de confession musulmane », et à aider les jeunes à se sentir intégrés dans la société allemande.

Source : timesofisrael.com, 10 mai 2019

Pascal Bruckner – Ce négationnisme qui échappe aux procès

Comme le rappelle Thierry Wolton, chez de nombreux intellectuels perdure un « négationnisme de gauche » qui minimise la barbarie communiste.

Par Pascal Bruckner | Le Point 

Pascal Bruckner - Ce negationnisme qui echappe aux proces

Notre représentation du mal se limite exclusivement à la peste brune. Il ne vient à l’esprit de personne d’inclure la catastrophe du communisme et ses dizaines de millions de morts dans ce bilan. Bien que beaucoup d’intellectuels se battent depuis Hannah ArendtRaymond AronFrançois Furet, pour équilibrer les totalitarismes, le deux poids deux mesures se poursuit. Comme le relève l’historien Thierry Wolton dans un livre (1) à la fois glaçant et mélancolique, il n’y a pas eu de Nuremberg du communisme. L’URSS s’est effondrée sans procès et la Russie n’a pas, comme l’Allemagne postnazie, procédé au moindre travail de mémoire. Rappelant que le système concentrationnaire a commencé dès 1918 sous la direction de Trotski, que Lénine est le véritable inventeur du totalitarisme, que le NKVD (la police politique) utilisait des camions à gaz lors de la grande terreur de 1937-1938 pour liquider les opposants, l’auteur déplore qu’à l’hypermnésie du nazisme corresponde l’amnésie du communisme. Mais ce négationnisme qui minimise les faits ou les déforme ne choque personne lorsqu’il s’agit d’évaluer l’histoire de la Chine, du bloc soviétique ou du Cambodge. Les régimes marxistes sont toujours pardonnés en raison de la pureté de leurs intentions. Qu’importent alors leurs dommages collatéraux, ils gardent le monopole de l’espérance et sont exonérés du simple fait de la noblesse de leur idéal. Pourtant, si le fascisme a tué au nom de la race, le communisme a tué sans relâche au nom de la classe.

Assourdissant silence. Les deux négationnismes se rejoignent dans la synthèse brun-rouge dont témoignent de nos jours tant de nos intellectuels. Serge Thion, militant d’extrême gauche, ardent défenseur, comme le linguiste américain Noam Chomsky, des Khmers rouges, soutient Robert Faurisson sur la négation de la Shoah. Chomsky, lui, préfacera en 1980 un ouvrage du même Faurisson publié à La Vieille Taupe. Il s’agit toujours de minimiser les crimes réels du communisme pour mieux souligner ceux du capitalisme. Le goulag ? « La meilleure source de propagande pour l’Occident », dira Régis Debray en 1979 dans un dialogue avec Noam Chomsky et Jean-Pierre Faye. En 1987, il dénoncera « les imposteurs du Goulag Circus » sans en souffrir dans sa brillante carrière de conseiller du prince et de phare désabusé de l’intelligentsia. Le négationnisme de gauche oscille entre deux positions : soit atténuer les horreurs constatées – « les communistes n’ont pas de sang jusqu’aux coudes », s’exclame Jean-Luc Mélenchon. Ou bien soutenir que le vrai communisme n’a jamais existé, qu’il reste à venir ; ainsi exonère-t-on les régimes qui s’en réclament. Thierry Wolton rappelle avec cruauté que feu Daniel Bensaïd, tête pensante de la Ligue communiste révolutionnaire, refusa de sabler le champagne à la chute du Mur en 1989 et conseilla plutôt à ses amis de prendre un Alka-Seltzer. Les trotskistes, ces staliniens faillis, ont soutenu sans sourciller le Vietnam de Hô Chi Minh, le castrisme, le chavisme, comme ils soutiennent aujourd’hui l’islamisme, par détestation de l’Etat bourgeois.

Mais, dans ce domaine, la part du lion revient au philosophe Alain Badiou. Fondateur et mâle dominant d’une secte autoproclamée qui contrôlait les lectures et la sexualité de ses membres, Alain Badiou regrettera la défaite des Khmers rouges face aux troupes vietnamiennes en 1979 dans un article du Monde, « Kampuchea vaincra ». Il ne reconnaîtra du bout des lèvres son erreur qu’en… 2012, ici même, dans Le Point. Pour Badiou, l’ennemi suprême n’est pas seulement le capitalisme ou l’empire nord-américain, c’est la démocratie, ni plus ni moins. D’où l’adulation qu’il porte à Mao Tsé-toung, ce « seigneur marxiste du désordre », comme le baptise son disciple slovène, Slavoj Zizek. « Le problème des tentatives révolutionnaires à ce jour n’a pas été qu’elles étaient “trop extrêmes”, mais qu’elles n’étaient pas assez radicales », poursuit Zizek, qui vante la liquidation des paysans pratiquée par Mao lors de la famine du « Grand Bond en avant ». Alors que Hitler a commis un « excès irrationnel » en tuant les juifs, Mao savait exactement ce qui se passait en disant : « Il se pourrait que la moitié de la Chine doive mourir. » Résultat : « 38 millions de Chinois furent affamés et réduits en esclavage mortel. » Il ne s’agit plus de nier le crime, mais de le louer pour le bien de la cause. Affamer des millions de paysans est excusable pour construire le communisme ; exterminer des millions de juifs ne répond à aucune logique.

Il est vrai que, sur cette ligne, nos penseurs furent précédés par Sartre, qui expliquait à Michel-Antoine Burnier que « les révolutionnaires de 1793 n’ont probablement pas assez tué ».

L’assourdissant silence qui accompagne le calvaire communiste vient de l’impunité qu’il procure à ses défenseurs. Ni la ruine économique ni la désolation culturelle et écologique ne leur sont imputées. Comment s’étonner alors que Che Guevara, véritable tueur en série, soit devenu une icône christique, que le Venezuela de Maduro soit soutenu par La France insoumise, que même un Claude Lanzmann n’ait vu la Corée du Nord que sous l’angle narcissique d’une idylle avec son accompagnatrice locale ?

Liens consubstantiels. Il n’est pas surprenant que la mort du messianisme communiste ait libéré un espace d’utopie dans lequel le djihad s’est engouffré. Bertrand Russell, dès les années 1920, et le sociologue Jules Monnerot l’avaient établi : l’islam politique et le communisme ont des liens consubstantiels. Une idéologie totalitaire et une religion totalisante qui mobilise des millions d’hommes et prescrit leur vie quotidienne dans ses moindres gestes ont plus d’une analogie. Régis Debray, toujours lui, confessera « une certaine compassion pour les djihadistes de chez nous » et leur trouvera même un romantisme révolutionnaire.

Il était inévitable que les négationnistes finissent par enfourcher le vieux cheval fourbu de l’antisémitisme. Dans la lignée d’un Garaudy passé du stalinisme a la haine des juifs, Zizek, avec de gros sabots, et Badiou, plus subtilement, tonnent de conserve contre la « religion » de l’Holocauste et l’alibi qu’elle fournit à l’Etat colonialiste d’Israël, qui fait des Palestiniens les nouveaux damnés de la Terre. Pour Badiou, les Palestiniens étant aussi des juifs, comme toutes les victimes, font de l’Etat d’Israël qui les opprime un Etat antisémite.

Les jeunes générations, ayant oublié le désastre soviétique et maoïste, ne voient plus désormais que le capitalisme comme source du mal. Dès lors, elles applaudissent de vieux staliniens juchés sur une montagne de cadavres et retrouvent de la séduction aux utopies marxisantes. Les Faurisson rouges peuvent dormir tranquilles : aucune loi Gayssot ne viendra les sanctionner§

1. « Le négationnisme de gauche » (Grasset, 224 p., 18 €).

* Philosophe et romancier. Dernier livre paru : « Un an et un jour » (roman, Grasset, 2018).

Le BNVCA indigné par le comportement de la “Boutique de la Cité des Vins de Bordeaux”

                                                COMMUNIQUE

Le BNVCA, informé par des citoyens indignés que la Boutique de la Cité du Vin de Bordeaux expose dans sa vitrine des vins de différents pays et se permette de désigner des vins d’Israël, produits en Haute Galilée dits-Golan seraient issus de «Colonies israéliennes».

Le BNVCA dénie à des Commerçants dont la profession est d fournir des biens et services à leurs clients, le droit de se substituer au gouvernement pour décider ce que serait ou non une Colonie. La Galilée est un territoire sous souveraineté incontestée d’Israël et la marque

« Golan » est une marque de commerce sans lien avec un quelconque conflit international.

Cette décision de cette Boutique de la Cité du vin… relève de la discrimination interdite par le code pénal qui interdit le boycott en ses articles 225-1 et 225 -2

Le BNVCA exprime son inquiétude devant des initiatives qui s’assimilent plus à des comportements antisémites et racistes sous jacents, car aucune raison légitime ne peut justifier ces traitements discriminatoires et de l’importation d’un conflit étranger à la France.

Le BNVCA dont la vocation est de combattre tous les racismes et toutes les discriminations par les voies de droit, a décidé de saisir le Parquet de Bordeaux et a donné instruction à son avocat M° Charles Baccouche de déposer plainte entre les mains du Procureur de la République de cette ville.

Appel à DON IFI 2019 IR 2019

Chers Amis,

La date limite pour l’IFI approche. Si vous même ou votre entourage êtes soumis à l’IFI ou à l’IR, Faites-en bénéficier le BNVCA, Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme qui combat inlassablement ce fléau.

Vu l’excellence de nos relations que nous entretenons avec le Consistoire, vous avez la possibilité dans le cadre de votre imposition à l’IFI, d’établir un chèque à l’ordre de « FONDATION DU PATRIMOINE JUIF DE France », dont l’une des missions est de « Sécuriser les Bâtiments de notre Communauté.

Ou dans le cadre de « l’Impôt sur le Revenu » au nom du BNVCA.

75 % du montant de votre don au BNVCA pourra être déduit de votre impôt.

Dans les 2 cas ils seront à envoyer à l’adresse suivante :

BNVCA – 19 Rue Saint Georges – 75009 Paris

Un reçu Cerfa vous sera délivré dès réception.

Veuillez, pour toute information complémentaire, contacter Monsieur Ghozlan 01 77 38 49 44 ou

Monsieur Levy 06 08 27 14 18.

Nous vous en remercions par avance.

Recevez nos très sincères salutations.

René Lévy – Secrétaire Général

La cellule terroriste voulait s’attaquer à l’Elysée


Attentat déjoué : la cellule terroriste voulait s’attaquer à l’Elysée

Les personnes arrêtées, mardi, envisageaient d’attaquer le palais de l’Élysée à la Kalachnikov. LP/Frédéric Dugit

Selon nos informations, les quatre hommes interpellés en région parisienne vendredi dernier avaient effectué des repérages aux abords de la présidence de la République.

En garde à vue, ils n’ont pas caché leur adhésion à l’islam radical. Ni leur projet d’action violente, déjà à un stade avancé lors de leurs interpellations. Selon des sources concordantes, les quatre suspects, Alexandre B., Karim B., Anis M. et M.C., arrêtés vendredi et mis en examen mardi pour « association de malfaiteurs terroriste et criminelle » et écroués, envisageaient d’attaquer l’Élysée à la Kalachnikov, mais aussi le commissariat d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). C’est ce qui ressort des investigations menées par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), qui a fait usage de techniques de surveillance très intrusives, pour mettre hors d’état de nuire le groupe.

Plusieurs des suspects, âgés de 17 à 39 ans et interpellés à Paris, dans le Val-d’Oise ainsi qu’en Seine-Saint-Denis, ont effectué des repérages rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le VIIIe arrondissement de Paris, où est située la présidence de la République. Des analyses téléphoniques laissent penser qu’ils se trouvaient dans le secteur. Dans leurs discussions, l’un des suspects se serait même vanté de bien connaître l’endroit. L’enquête vise à déterminer s’ils cherchaient à attaquer des policiers en faction ou s’ils envisageaient de rentrer dans le bâtiment pour frapper aveuglément. Fait inquiétant : l’un des terroristes présumés aurait évoqué l’idée de chercher une entrée de service.

Un passage à l’acte pour le ramadan évoqué

Les investigations démontrent aussi que la cellule avait ciblé le commissariat d’Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis, département d’où sont originaires deux des suspects. « Je m’en fiche de tirer sur des flics », a expliqué en substance l’un des suspects en garde à vue.

Le groupe, qui échangeait sur des messageries chiffrées et se revendique de Daech, avait collecté 1200 euros pour acquérir un fusil d’assaut Kalachnikov. Des réunions entre les protagonistes ont eu lieu à Chelles (Seine-et-Marne). Un passage à l’acte lors du début du ramadan ce week-end a été évoqué, précipitant le coup de filet des enquêteurs de la DGSI.

L’un des suspects, M.C., le mineur, était fiché S : il avait été condamné pour un projet de départ en Syrie puis placé en centre éducatif fermé. Les trois autres n’étaient connus que pour des délits de droit commun. Le plus âgé, Alexandre B., était fonctionnaire à la mairie de Paris, affecté à un stade du nord de la capitale.Jean-Michel Décugis, Éric Pelletier et Jérémie Pham-Lê02 mai 2019, 13h17 | MAJ : 02 mai 2019, 14h20leparisien.fr/

Dans la poudrière identitaire

Dans la poudrière identitaire – Le Point

Islamistes, identitaires, indigénistes, néo-évangéliques, Gilets jaunes… Trois mois d’enquête au plus près de ces Français au bord de la sécession.

Dossier réalisé par Nadjet Cherigui et Clément Pétreault Modifié le 02/05/2019 à 12:11 – Publié le 02/05/2019 à 11:45 | Le Point

Des militants de Generation identitaire tractent et collent devant la gare de Metz, le 21 mars.
Des militants de Génération identitaire tractent et collent devant la gare de Metz, le 21 mars.
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  • Ségrégation. Des militants de Génération identitaire tractent et collent devant la gare de Metz, le 21 mars.
  • Religion. Rassemblement de fidèles et religieux musulmans, le 6 avril, devant la basilique pour protester contre la fermeture administrative de mosquées à Saint-Denis.
  • Violence. Heurts avec la police le 16 mars, à Paris, lors de l’acte 18 des gilets jaunes. Casseurs et Black blocs se sont déchaînés sur les Champs-Elysées.
  • Prosélytisme. Messe dominicale du mouvement évangélique à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), le 24 mars.
  • Territoires perdus. Parc Corot, une cité délabrée de Marseille où mafias et religieux prospèrent sur la misèr

Rien, à part peut-être l’imagination, ne semble aujourd’hui capable d’épuiser les nouvelles passions de l’affirmation de soi. Religion, opinion politique, origine géographique, sexualité, couleur de peau, goûts musicaux, niveau de revenu, maladie… N’importe quelle aspérité personnelle peut servir de point d’arrimage à une revendication particulariste, un repli sur une appartenance victimaire. Pas un endroit de France ne semble échapper à ce phénomène, chaque événement de la vie publique peut potentiellement devenir prétexte à une instrumentalisation identitaire, comme n’ont pas manqué de nous le rappeler ceux qui ont fait annuler la représentation des « Suppliantes » d’Eschyle à la Sorbonne le 25 mars. Même le gilet jaune aura été – au début du mouvement tout du moins – le symbole de ralliement d’un mouvement aux motivations identitaires implicites. Ceux qui fréquentent les réseaux sociaux peuvent mesurer à chaque instant combien la période fait fleurir ces identités vindicatives et composites, parfois contradictoires comme ces « antiracistes » qui ne veulent plus se mélanger « aux Blancs », ces féministes plus promptes à défendre le droit des femmes à porter le voile que leur droit à se dévoiler, ou ces exaltés de la « blanchité » qui proposent une citoyenneté conditionnée à des critères pigmentaires.

« L’affirmation identitaire revendique toujours un statut d’exception. Il y a ceux qui ont un statut et les autres. Cela conduit souvent au conflit de normes dans l’espace social », explique Gérald Bronner, sociologue et auteur de « Déchéance de rationalité » (Grasset). L’obsession identitaire, après avoir pris le contrôle des consciences, peut vouloir prendre celui du monde réel, imposant ses codes, ses lois et ses représentations peu portés sur l’altérité et les règles jusqu’ici communément partagées. « Risque-t-on sérieusement de voir des enclaves salafistes, zadistes, identitaires, régionalistes, mafieuses, que sais-je encore, faire sécession sur le sol hexagonal, chacune observant les autres avec méfiance et le doigt sur la gâchette ? Oui, c’est une hypothèse qu’il faut considérer », prévient Eric Delbecque dans son ouvrage « Les ingouvernables » (Grasset). L’expert en intelligence économique et stratégique utilise le terme de « France léopard » pour désigner cette juxtaposition de replis, l’essayiste Jérôme Fourquet y voit un processus d’« archipélisation », quand le géographe Christophe Guilluy décrit un réseau de « fractures françaises »… Tous trois racontent et documentent ce phénomène d’émiettement qui ronge aujourd’hui la société et qui bouleverse profondément les démocraties occidentales.

Notre méthode

Pour réaliser ce dossier, nous avons parcouru la France du nord au sud, en TGV, en voiture, en TER, en RER, à pied… Nous avons discuté avec des militants d’extrême droite, d’extrême gauche, des imams, des évangéliques en mission dans des gares… Nous avons aussi rencontré des migrants déboussolés, des dealers suspicieux, des gilets jaunes en colère, des féministes découragées, des enseignants inquiets, des chefs d’entreprise désemparés. Nous avons passé du temps avec des fonctionnaires, des députés, des maires, des syndicalistes, des universitaires, des responsables associatifs… et d’innombrables inconnus, qui, pour beaucoup d’entre eux, nous ont demandé de préserver leur anonymat. Car la France fracturée est un monde peuplé d’inquiétudes.

Replis et assignations. Sommes-nous condamnés à vivre repliés dans un paysage d’îlots identitaires ? Pour Didier Leschi, président de l’Institut européen en sciences des religions, réveil identitaire et réveil religieux vont nécessairement de pair. « Nous assistons à un réveil des identités premières, rustres et tribales », indique l’ancien chef du bureau central des cultes, qui constate « un retour global du religieux comme identité première ». Les fondamentalismes religieux se révèlent particulièrement actifs dès lors qu’il s’agit d’offrir à leurs convertis le confort d’une identité toute prête. Ainsi peut-on assister dans certains quartiers à une concurrence des prosélytismes, néo-évangéliques contre salafistes, deux cultes dynamiques cherchant à recruter et à sauver les âmes égarées (lire p. 42).

La quête identitaire est aussi portée par des mouvements politiques qui supportent difficilement la nuance. « On voit, du coup, émerger un mouvement de refus de l’autre, une ligne de défense qui passerait par le fait que l’autre représente un obstacle à sa propre existence. Celui qui refuse de rentrer dans le rang est alors désigné comme traître et s’expose à un châtiment », poursuit Didier Leschi. Voilà qui expliquerait la violence qui s’abat régulièrement sur nos concitoyens immigrés, hâtivement qualifiés de « traîtres à leur race » dès lors qu’ils s’écartent des modèles entretenus par les obsédés de l’identité de tout bord. « C’est de l’assignation à résidence identitaire », affirme Amine El-Khatmi, président du Printemps républicain, un mouvement laïque de gauche qui cristallise les obsessions de la gauche particulariste et des islamistes de tout poil. « Lorsque Marine Le Pen dit que l’islam est en conquête, la gauche lui répond “fasciste”, c’est facile. Mais lorsque des gens de gauche qui ont ma tête et mon nom disent que l’islam doit se soumettre aux lois de la République, c’est tout à coup plus compliqué de nous taxer de fascistes », s’amuse-t-il, si souvent confronté aux menaces et aux violences verbales qu’il ne s’en émeut même plus.

Ainsi va l’époque : l’assignation identitaire est devenue l’arme ultime de ceux qui prétendent la combattre. Et gare à celui qui s’écarte de la trame manichéenne proposée par ces bricoleurs de l’identité, inspirés par les mouvements américains de défense de l’organisation communautaire. Quelle que soit l’identité transformée en cause politique, le rattrapage communautaire s’organise en construisant inlassablement l’idée d’un « nous » et d’un « eux » bien étanches, en dressant l’inventaire compulsif de ce qui nous divise plutôt que de ce qui nous rassemble. Avec un seul objectif : augmenter la conflictualité et durcir les débats, faire en sorte que personne ne puisse plus adopter de position raisonnable. La mouvance dite « décoloniale » et le Parti des indigènes de la République sont passés maîtres en la matière : ils s’appuient sur une histoire de France tronquée pour entretenir la victimisation d’un côté et la culpabilité coloniale de l’autre. Assumant pleinement la dimension identitaire de sa réflexion, Houria Bouteldja, fondatrice de ce mouvement racialiste, n’écrit-elle pas : « Le foulard renvoie un message clair à la société blanche : nous ne sommes pas des corps disponibles à la consommation masculine blanche » ?

Cette passion pour les origines et les assignations grossières empêcherait-elle les ambitions collectives ? C’est le risque que souligne le sociologue Gérald Bronner, pour qui « la définition de l’identité par les origines empêche la projection vers un avenir commun. L’héroïsme se tourne alors vers le passé, entraînant dans son repli l’émiettement de l’idée de progrès ». Plus problématique encore, ces constructions identitaires imperméables à l’idée d’un avenir commun peuvent, lorsqu’elles se conjuguent à un récit victimaire, aboutir à des formes d’identité plus radicales. « Djihadisme ou grand remplacement font appel aux mêmes ingrédients : un récit identitaire victimaire, fondé sur l’urgence à agir et l’indignation morale, cet héroïsme à portée de main », explique Bronner.

Question ethnique. Plus optimiste, Malek Boutih juge ces phénomènes de repli exagérés, « le dynamisme de la culture française est hyperpuissant, confie l’ancien député PS. La capacité assimilationniste de la France est telle qu’elle a absorbé des peuples avec lesquels elle était en guerre il y a quarante ans ». La rhétorique de l’indignation permanente agit comme un cordon sanitaire qui interdit de penser le collectif. Y compris chez ceux qui sont censés organiser la vie de la cité. Ainsi Hamid, élu (PS) chargé du logement dans une ville de l’Essonne, raconte comment il fait preuve de prudence quand il tente d’organiser la mixité ethnique dans le parc social de sa commune. « Comme j’ai peur d’être traité de raciste, j’agis en douce, en utilisant par exemple le contingent de la ville pour rétablir un semblant de mixité. En fait, je travaille la question ethnique sans avoir le droit de le faire, tout en ayant à l’esprit qu’il est nécessaire de le faire sans le dire… Bref, c’est intenable », révèle l’élu, qui se montre inquiet : « Lorsque vous assistez à une concentration de femmes voilées, de dealers, de gamins qui ne traînent qu’entre Blacks… ça devient dangereux. Après les “petits Blancs” ne veulent plus venir dans ces logements, car ils considèrent qu’il y a trop de Rebeus et de Blacks et ça devient impossible à gérer. Les gens ne sont pas forcément racistes, mais ils n’ont pas envie d’être en minorité dans leur immeuble ou leur quartier », explique-t-il. 

Pour aller plus loin

« L’archipel français », 

de Jérôme Fourquet (Seuil, 2019).

« Déchéance de rationalité », 

de Gérald Bronner (Grasset, 2019).

« Le temps des passions tristes »,

de François Dubet (Seuil, 2019).

« La dictature des identités », 

de Laurent Dubreuil, (Gallimard, 2019).

« La nouvelle question laïque »,

de Laurent Bouvet (Flammarion, 2019).

« Les ingouvernables »,

d’Eric Delbecque (Grasset, 2019).

« No Society »,

de Christophe Guilluy (Flammarion, 2018).

« L’obsession identitaire »,

de Philippe Forget (Berg International, 2017).

La peur de devoir affronter un torrent de réprobations hante la politique. L’ancien ministre de la Ville Patrick Kanner, aujourd’hui président du groupe socialiste au Sénat, se souvient du tollé général qu’il avait déclenché lorsqu’il avait expliqué qu’une centaine de quartiers en France « présentaient des similitudes potentielles » avec Molenbeek : « C’était 110 à 120 quartiers. Avec des élus débordés qui gèrent la paix sociale à tout prix et des mouvements salafistes structurés qui gèrent une économie liée à la drogue. Nous avions croisé les données des ministères de l’Intérieur, des Sports et de la Ville pour constituer ces analyses. » Et les clubs sportifs tenus par des religieux (lire p. 52) faisaient déjà partie des signaux forts.

Le marché identitaire est infini et se reconfigure en permanence, au gré de l’actualité. « Tout fonctionnait comme si nos valeurs premières se propageaient mécaniquement, comme si l’ouverture nous avait permis de nous affranchir de tout risque de penser. Si nous n’avons pas d’idées, d’autres en ont pour nous, c’est un marché ouvert », avançait Emmanuel Macron lors de son débat avec les intellectuels. L’universalisme est en voie de ringardisation, attaqué par les petits boutiquiers de l’identité, prêts à surfer sur les angoisses pour élargir leur fonds de commerce. S’ils se détestent et s’affrontent en façade, tous ont bien compris, dans un monde sans idéologie et sans repères, que tous les coups sont permis§

Saint-Denis, berceau de l’indigénisme

S’il devait y avoir une capitale de la pensée indigéniste en France, ce serait sans conteste la ville de Saint-Denis. A en croire certains militants laïques, ce serait ici, dans cet ancien faubourg ouvrier à quelques stations de métro au nord de Paris, qu’a été théorisé et mis en pratique un rapprochement entre la mouvance islamiste et les courants d’un communisme déclinant des années 2000. Saint-Denis, berceau de la pensée décoloniale et de l’« islamo-gauchisme » français ? « Oui ! » répond Djemila Benhabib, auteure de « Ma vie à contre-Coran » (H&O). Avec sa famille établie à Saint-Denis pour fuir les islamistes de la décennie noire algérienne, elle a assisté de l’intérieur à ce glissement de la gauche vers ces nouvelles alliances. « La ville de Saint-Denis s’est ghettoïsée et communautarisée, elle a perdu son visage universaliste et le terreau indigéniste a prospéré », déplore-t-elle. C’est effectivement à Saint-Denis que s’est développé le centre Tawhid lié à Tariq Ramadan ; à Saint-Denis toujours que s’est installé le centre de formation d’imams proche des Frères musulmans ; à Saint-Denis encore que des universitaires de Paris-8 étayent les fondations idéologiques de ce mouvement à grand renfort d’études intersectionnelles sur la démultiplication des dominations. Il ne faudrait pas oublier le rôle joué par la Bourse du travail, une salle souvent prêtée aux associations, qui a accueilli le congrès fondateur du Parti des indigènes de la République le 28 février 2010. Depuis, cette salle ne cesse d’accueillir des rassemblements de militants venus renforcer ce courant de la gauche radicale, identitaire, particulariste, décoloniale, proreligieuse et racialiste. On ne compte plus les meetings « contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire », les réunions en « non-mixité racisée » (entendez : Blancs s’abstenir) ou encore les réunions politiques avec un Tariq Ramadan bénéficiant, à l’époque, d’une large audience. Si aujourd’hui la mairie récuse toute proximité avec ces réseaux, certains élus proches du Parti des indigènes de la République, tel Madjid Messaoudene, ne manquent aucune occasion de manifester leurs sympathies avec les religieux. Ces rapprochements politiques mènent parfois à des situations inhabituelles : ainsi, le 6 avril, on a pu voir défiler des conseillers municipaux La France insoumise aux côtés de dirigeants et fidèles de mosquées venus protester contre la fermeture administrative de deux mosquées à Saint-Denis (photo)§ 

Une synagogue attaquée en Californie lors de la Pâque juive : une femme tuée

L’auteur présumé de la fusillade, John Earnest, revendique son antisémitisme et son islamophobie. Le président Donald Trump dénonce « un crime motivé par la haine ».

Par L’Obs avec AFP

Un homme de 19 ans se revendiquant comme antisémite et islamophobe a tiré à l’arme automatique sur une synagogue près de San Diego, au sud de la Californie aux Etats-Unis. Il a tué une femme et fait trois blessés, dont un rabbin.

C’est une femme de 60 ans qui a succombé à ses blessures, tandis que les blessés sont une mineure, le rabbin et un homme de 34 ans, a indiqué le shérif du comté de San Diego, Bill Gore, au cours d’une conférence de presse. Leurs jours ne sont pas en danger.

L’attaque, au dernier jour des festivités de la Pâque juive, a visé la communauté juive de Poway, une ville d’environ 50.000 habitants.

Inspiré par la tuerie de Christchuch

La police locale a annoncé que le tireur présumé, un jeune homme de 19 ans habitant San Diego, avait été arrêté. Il s’appelle John T. Earnest, et n’était pas connu des services de police.

D’après les médias locaux, il avait annoncé publiquement sur internet son intention de tuer des juifs.« Nous avons des copies de ses publications sur les réseaux sociaux et de sa lettre ouverte, et nous les examinerons pour déterminer leur authenticité et savoir ce que cela apporte à l’enquête », a précisé le shérif.

Le texte présenté par les médias comme sur celui du tueur, lu par l’AFP, revendique comme inspiration celui écrit par Brenton Tarrant, un Australien suprémaciste blanc qui a tué 50 personnes dans l’attaque de mosquées le 15 mars à Christchurch (Nouvelle-Zélande).« Tous les Juifs sont responsables du génocide méticuleusement organisé de la race européenne » , a-t-il notament écrit. « Défendez-vous, rappelez vous Robert Bowers, rappelez vous Brenton Tarrant. »

Par ailleurs, il revendique un incendie volontaire contre une mosquée de Californie une semaine après les attaques de Christchurch.

L’arme s’est enrayée

Le shérif a précisé que le jeune homme était entré dans la synagogue Chabad peu après 11h20, à une heure où une centaine de fidèles y étaient rassemblés. Il a ouvert le feu avec une arme qui apparemment s’est enrayée, ce qui explique le faible nombre de victimes.

Il s’agissait d’un fusil d’assaut AR-15, utilisé dans de nombreuses fusillades aux Etats-Unis ces dernières années.

« J’étais devant la maison, je m’apprêtais à faire du jardinage, et j’ai entendu six ou sept détonations », a raconté à la télévision locale NBC7 Christopher Folts, qui habite à proximité de la synagogue.« Il y a eu une pause, une voix d’homme qui criait et six ou sept autres détonations ».

Le tireur s’est enfui en voiture à l’arrivée de la police, mais a ensuite été rattrapé, interpellé et conduit au commissariat de San Diego.

Placé en détention

Un garde-frontière de repos, qui se trouvait sur place, a tiré sur le suspect au moment où il s’enfuyait et il a atteint sa voiture. L’arrestation est l’oeuvre d’une brigade cynophile qui s’est précipité sur les lieux, a précisé le chef de la police de San Diego, David Nisleit.« Lorsque le policier a arrêté l’homme de 19 ans, il a clairement vu un fusil sur le siège passager du véhicule. L’homme a été placé en détention sans autre incident », a-t-il ajouté.

Une veillée d’hommage était prévue dans une église presbytérienne toute proche samedi soir. La police de Los Angeles a indiqué qu’elle renforçait sa surveillance autour des synagogues et autres lieux de culte.

Veillée à la bougie en hommage aux victimes de l’attaque de la synagogue de Poway, ici au sein de la communauté presbytérienne Rancho Bernardo de Poway

Veillée à la bougie en hommage aux victimes de l’attaque de la synagogue de Poway, ici au sein de la communauté presbytérienne Rancho Bernardo de Poway

Le maire de Poway a rendu hommage « aux membres de la congrégation qui se sont opposés au tireur et qui ont évité ainsi un incident beaucoup plus horrible ».

« La Nation tout entière est en deuil »

Le président américain Donald Trump a présenté ses « plus sincères condoléances »« A ce stade il semble qu’il s’agisse d’un crime motivé par la haine », a-t-il déclaré depuis la Maison Blanche.

Puis, arrivé pour une réunion publique à Green Bay (Wisconsin, nord), il a dit que « la Nation tout entière (était) en deuil ».« Nous condamnons avec force les maux de l’antisémitisme et de la haine, qui doivent être vaincus », a-t-il souligné.

Onze personnes avaient été tuées exactement six mois auparavant, le 27 octobre, dans une fusillade dans une synagogue de Pittsburgh, en Pennsylvanie (est des Etats-Unis). Il s’agissait de l’attaque la plus meurtrière contre la communauté juive jamais commise aux Etats-Unis.

LIRE : 11 morts dans une synagogue à Pittsburgh, la pire attaque antisémite aux Etats-Unis

« Il est temps de passer à l’action, de déclarer une guerre déterminée (à l’antisémitisme), et pas de condamner mollement, ce qui permet aux forces de la haine de revivre les heures sombres de l’histoire », a estimé l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon.

« Une attaque sur quelque lieu de culte que ce soit, depuis les églises du Sri Lanka ou de France, en passant par les synagogues de Jérusalem, jusqu’aux mosquées de Christchurch, sont une agression contre la dignité humaine et notre droit en tant que croyants de prier Dieu », a affirmé le centre Simon-Wiesenthal de Los Angeles.

L’Anti-Defamation League, une organisation qui combat l’antisémitisme, avait dénombré un bond de 57% des incidents antisémites aux Etats-Unis en 2017, la hausse la plus brutale depuis les années 1970.

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Le quotidien The New York Times a présenté ses excuses après la publication d’une caricature du Premier ministre israélien

Le quotidien américain The New York Times a présenté ses excuses après la publication d’une caricature antisémite représentant le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou en chien-guide du Président Trump……Détails……

The New York Times s’est excusé après la publication d’une caricature antisémite représentant le Premier ministre israélien et le Président des États-Unis ayant scandalisé les médias israéliens et les usagers de Twitter.
La caricature, publiée le 25 avril dans l’édition imprimée internationale du journal, montre Benyamin Netanyahou en chien-guide avec une étoile de David sur son collier et qui conduit Donald Trump, lequel porte des lunettes noires et est coiffé d’une kippa.
La caricature était sans légende et n’était liée à aucun des articles de la même page.V

Dans ses excuses publiées sur Twitter et à paraître également dans l’édition de lundi, la section Opinion du New York Times estime que «l’image était offensante, et que c’était une erreur de jugement de la publier».
Plusieurs personnalités ont condamné la caricature pour l’antisémitisme.
«Répugnant. Je n’ai pas de mots pour l’antisémitisme flagrant qui est affiché ici. Imaginez que cela soit dans une autre publication et non pas dans un journal de gauche ? », déplore pour sa part Donald Trump Jr.
«Un chien juif Netanyahou conduisant un Trump aveugle à la recherche de Juifs Dans l’édition internationale du New York Times. 
Combien bas sommes-nous tombés. Méprisable», s’est indigné Mark Dubowitz, directeur exécutif de la Fondation pour la defense des démocraties. 

Source Sputnik NewsV

“Pour être antisémite, il faut être un salaud, mais en plus un imbécile” : l’interview de Robert Badinter dans “Envoyé spécial”

Après la diffusion dans “Envoyé spécial” d’un reportage sur “l’antisémitisme au quotidien”, Elise Lucet reçoit Robert Badinter. L’ancien ministre de la Justice, adolescent pendant la Seconde Guerre, ami de Simone Veil, s’exprime longuement, avec force et émotion, sur la résurgence du “poison pour la société” qu’est l’antisémitisme, manifestation de “cette haineuse connerie : le racisme”. ENVOYE SPECIAL / FRANCE 2

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France 2France Télévisions

Robert Badinter est l’invité d'”Envoyé spécial” après la diffusion d’un reportage sur “l’antisémitisme au quotidien”. Que lui inspire la résurgence des actes antisémites en France (ils ont bondi de 74% en 2018), au point que des Juifs de France redoutent d’habiter dans leur propre pays ? “D’abord une réaction d’indignation à l’égard de ceux qui les menacent, qui se livrent à ces agressions verbales, voire physiques, qui peuvent aller jusqu’au crime. Y compris, ces dernières années, les vieilles femmes qu’on jette par la fenêtre, y compris la petite fille tuée par Mohamed Merah d’une balle dans la tête.” C’est la même chose, souligne-t-il, très ému, qu’“un comportement de SS des Einsatzgruppen dans la forêt ukrainienne, qui abattent les Juifs parce qu’ils sont juifs. C’est d’abord cette résurgence-là qui fait naître chez moi cette rage. Je ne croyais pas que c’était possible”.

Qu’on s’en prenne au portrait de Simone Veil : “quelle profondeur de haine !”

Comment imaginer voir, au XXIe siècle, un portrait de Simone Veil barré d’une croix gammée ? “Du côté des fanatiques que sont par définition les antisémites, tout est toujours possible. Ils s’attaquent au symbole, à quelqu’un qui incarne la condition si cruelle des Juifs au XXe siècle. Il ne faut jamais oublier son parcours si significatif, les camps de concentration, Auschwitz et, dans son cas, sa mère morte dans un  camp, dans ses bras, rappelle celui qui était son ami. Elle a vécu là l’extrême limite de la détresse humaine. Qu’on s’en prenne à ce symbole-là… quelle profondeur de haine, quelle abjection !”

“Les mêmes clichés et affabulations” qu’il y a trois quarts de siècle

Sur la question de la “libération” de la parole antisémite sur les réseaux sociaux, où “tout ce qu’il y a de méprisable s’exprime aisément, et encore plus dès l’instant où c’est l’anonymat”, posant “un problème de droit extrêmement complexe (…), il faut la volonté au moins de la lutte”, juge celui qui a “connu ces événements adolescent, il y a soixante-quinze ans”, et retrouve “les mêmes clichés et affabulations” que devant l’exposition Le Juif et la France au palais Berlitz en 1941 : “L’or juif, le Juif aux doigts crochus, au nez crochu, un mélange bizarre de rabbin et de banquier, et puis cette haine qui se perpétue à travers les siècles… Comment ne pas prendre la mesure de ce que ça signifie ?”

“Qui peut croire sérieusement au complot juif mondial ?”

“Vous savez, j’ai beaucoup réfléchi à l’antisémitisme, poursuit Robert Badinter. Et je vais vous dire le fond de ma pensée. Non seulement, pour être un antisémite, il faut être, comme pour tous les racistes, un salaud, mais en plus il faut être un imbécile. Qui peut croire sérieusement au complot juif mondial, (…) au protocole des Sages de Sion, qui est un faux, fabriqué dans les caves de l’Okhrana, la police tsariste, avant la guerre de 14 pour nourrir l’antisémitisme ? Et que l’on retrouve ensuite chez Goebbels, et un siècle plus tard, sous forme de cassette, traduit en arabe au marché du Caire…”

“On a pensé que la bête était gavée de sang. Pas du tout : elle renaît”

“On a pensé que la bête était gavée de sang, avec les six millions de morts en Europe, femmes, enfants, vieillards, hommes génocidés par Hilter. Pas du tout : elle renaît.” Que faut-il faire ? Se souvenir, d’abord. Eduquer, dire “non, absolument non”. L’Etat fait-il ce qu’il doit ? L’ancien garde des Sceaux s’en dit “convaincu, ce n’est pas de ce côté-là que l’on doit porter la critique. C’est à chacun de faire défense dans l’âme des enfants, et de s’opposer de toutes ses forces à ce poison, cette infamie… et, à bien des égards, une haineuse connerie : le racisme.”

Pourra-t-on dire un jour : “L’antisémitisme, c’est terminé” ? “Je le croyais, mais je me trompais. On a vu renaître, doucement, puis de plus en plus, sous le masque de l’antisionisme, l’antisémitisme de toujours.” L’invité relève tout de même unsigne encourageant dans ce contexte de montée des partis populistes et d’extrême droite : en Ukraine, “pays qui a une très longue tradition d’antisémitisme”, le nouveau président de la République… est juif.

“Disons-le clairement, conclut un homme qui s’est toujours su obsédé par la justice. C’est un combat qui ne peut pas ne pas requérir constamment toute l’attention de chacun. Parmi les grands combats qu’on puisse mener pour un monde plus juste, il y a le combat contre le racisme. C’est une grande et noble cause. Que nos jeunes s’en souviennent et agissent en conséquence.”

Interview diffusée dans “Envoyé spécial” le 25 avril 2019.

Journaliste saoudien : « Allah nous a ordonné d’aimer et de respecter » les juifs – « l’antisémitisme dans le monde arabe est le produit d’une éducation raciste détestable »

Dans son éditorial paru le 3 mars 2019 dans le grand quotidien saoudien publié à Londres Al-Sharq Al-Awsat, le journaliste et homme d’affaires saoudien Hussein Shobakshi a condamné la haine des juifs profondément enracinée dans la culture islamique, dans laquelle le terme « juif » est fortement péjoratif. Shobakshi s’est interrogé sur la raison pour laquelle les musulmans ne font pas de différence entre les sionistes israéliens et les juifs en général, alors même qu’Allah a ordonné aux musulmans d’aimer et de respecter les juifs et les chrétiens, et que le prophète Mohammed lui-même a épousé une juive, a conclu des pactes avec les juifs et a entretenu des relations avec eux. Il a appelé les musulmans à trouver en premier lieu la paix entre eux et avec ceux qui les entourent, et à reconnaître qu’ils sont atteints d’une haine antisémite et d’un racisme profonds, et qu’ils sont néanmoins capables de suivre le commandement d’Allah et de respecter les juifs. Extraits :

Lorsque les extrémistes des organisations de l’islam politique veulent diffamer un dirigeant du monde arabe, ils répètent à l’envi que « sa mère était juive » ou qu’il « a des racines juives ». Souvent, les partisans d’un dirigeant répondent en disant du dirigeant des Frères musulmans que « sa mère était juive ». [1] Cela m’a interpellé sur l’étendue de la haine envers les juifs dans notre culture, et sur notre incapacité à distinguer entre les juifs en tant que Peuple du Livre – qu’Allah nous a ordonné d’aimer et de respecter et nous a permis de commercer avec eux, de partager leur nourriture et de nous marier avec eux – et le projet politique sioniste israélien, qui a instillé [en nous] la schizophrénie [dans notre attitude envers les juifs] et dont nous ne sommes toujours pas sortis.

L’intensité de la haine des juifs diffusée par les médias et par l’art, la littérature et les caricatures politiques [dans le monde arabe] a atteint un degré qui ne peut être ignoré. Personne, bien entendu, ne soutient que la scène juive et israélienne est elle-même exempte de culture de la haine en son sein. Dans les écoles juives religieuses extrémistes, il existe le même takfir [l’accusation d’hérésie, comme chez les musulmans] et la différentiation entre le peuple [juif] et les « gentils » qui ne valent rien et peuvent être volés et tués. De ces écoles ont émergé des terroristes extrémistes notoires, comme Meïr Kahana et Baruch Goldstein.

Toutefois, l’antisémitisme dans le monde arabe est le produit d’une éducation raciste détestable, ancrée dans la mentalité arabe, habituée à étiqueter les gens en fonction de leur affiliation tribale, familiale et raciale, et selon l’école religieuse à laquelle ils appartiennent. C’est cette éducation qui a amené des milliers de juifs citoyens de pays arabes à émigrer après la création de l’Etat d’Israël… [c’est la même mentalité à laquelle sont confrontés les chrétiens de l’Orient arabe et tous les autres courants religieux (non-musulmans) de la région].

Le prophète Mohammed a épousé une juive, il a conclu un accord de coexistence pacifique avec les juifs de Médine, a mis en gage son bouclier au profit de son voisin juif,[2] et il s’est rendu aux funérailles d’un juif, et le Coran dit des gens du Livre qu’ils ne sont pas tous semblables [c’est-à-dire qu’il y a des gens respectables parmi eux].[3] [Toutefois], nous négligeons toutes ces références très positives [aux juifs] et nous présentons des théories, interprétations et motifs qui justifient la haine des juifs et, sur ce fondement, nous avons formulé des opinions pleines de suspicion et de crainte envers eux, qui découlent en vérité de la haine…

Il est inconcevable que [toi, musulman] soutiennes que ta religion t’ordonne de respecter le Peuple du Livre sans toutefois mettre cela en pratique de manière concrète. Mais le [véritable] défi [auquel tu fais face est de répondre aux questions] : La paix avec l’autre est-elle possible, sans avoir au préalable fait la paix avec toi-même et avec ceux qui t’entourent ? Et avons-nous un problème de haine et de racisme envers les juifs ? Une réponse honnête et crédible à ces questions est nécessaire, et  elles pourraient être les premières d’une série de questions embarrassantes, que nous nous abstenons depuis de nombreuses années de traiter et de résoudre.L

NEMRI

Notes :

[1] Ici, Shobakshi fait allusion aux Frères musulmans, qui ont accusé plus d’une fois le président égyptien Al-Sissi d’avoir une mère juive. Pour plus de détails sur ce sujet et sur les contre-accusations selon lesquelles le fondateur des Frères musulmans Hassan Al-Banna était juif, voir MEMRI Special Dispatch No. 5657, Muslim Brotherhood Supporters, Opponents Accuse Each Other Of Being Jewish, 25 février 2014.

[2] Selon un hadith de la troisième épouse de Mohammed, « Quand le Prophète est mortson bouclier était mis en gage, chez un juif, pour trente mesures d’orge. »

[3] Coran 3:113 : « Mais ils ne sont pas tous pareils. Il est, parmi les gens du Livre, une communauté droite qui, aux heures de la nuit, récite les versets d’Allah en se prosternant [dans la prière]. »

« Le BNVCA était partie civile au procès Merah »


4 semaines d’audiences et de combat pour faire reconnaître la complicité d’assassinat contre Abdelkader Merah, la Cour d’Assises a pris acte de la réalité du dossier. Le BNVCA représenté par Me Stéphanie Cohen, Me Muriel Ouaknine Melki et Me Oudy Bloch, Avocats de l’OJE, solidaire de l’ensemble des parties civiles, s’en félicite et continue ” le combat contre l’antisémitisme et la haine anti Juive”. 


Agression à domicile d’un couple de juifs à Aubervilliers le 22 avril à 22 h

Le. Bnvca condamne l’agression violente dont a été victime un couple de confession juive Shalom H. à leur domicile à Aubervilliers (93)  le lundi 22 avril à 22 h. Les 4 auteurs cagoulés ont probablement repéré  leurs victimes à la “mezouza” apposée sur la porte de l’appartement et qui contient des passages écrits en hébreu. Les victimes ont été violentées menacées de mort et dévalisées. Elles sont de surcroît très traumatisées. Nous demandons à la police de tout mettre en œuvre  pour découvrir les agresseurs et les mettre à la disposition de la justice. Encore une fois le mythe du juif et l’argent conduit les malfaiteurs à s’attaquer de préférence à des juifs qui sont  pris pour cible. Le BNVCA qui recense les actes antisémites observe, que depuis près d’un an les juifs sont attaqués au plus proche de leur domicile.

Le BNVCA a décidé d’apporter son aide aux victimes de cette agression tant sur le  plan social qu’administratif et judiciaire. 

Le BNVCA horrifié, condamne avec force la série d’explosions survenue au Sri- Lanka visant des Eglises pendant la messe de Pâques et faisant 310 morts et plus de 500 blessés.

 

Les déflagrations se sont produites dans l’Eglise Saint Anthony de Colombo, l’Eglise Saint Sébastien de Negombo, et l’Eglise de Batticaloa.

Nous sommes scandalisés par ces attentats terroristes qui s’attaquent lâchement à des hommes, des femmes des enfants, en prière et sans défense.

Cette guerre anti-chrétienne s’apparente aujourd’hui à la guerre antijuive. Elles sont menées par des  mouvements religieux, extrémistes, racistes, intolérants, dominateurs et hégémoniques. 

FOG – L’escroquerie du halal

Présentée comme une prescription séculaire, cette fiction récente isole les hommes et inflige des souffrances révoltantes aux animaux.

Publié le 12/04/2019 à 09:01 | Le Point

FOG - L’escroquerie du halal

La halalisation de la France est en marche. Apparemment, rien ne l’arrêtera. Après les boucheries, des commerces de toute sorte se mettent au halal (« licite », en arabe).

Certes, toutes les religions ont ou ont eu des codes alimentaires, et les musulmans ont les leurs comme les enfants d’Israël ont la cacherout, qui, dans la Bible hébraïque, fixe les interdits (porc, fruits de mer, poissons sans écailles ni nageoires, etc.). 

A ceci près : le halal n’est pas un héritage du passé, mais une mode sans fondement qui prétend réglementer aussi l’eau, les dentifrices, les rouges à lèvres, les loisirs, les « vacances éthiques ». Sans rapport avec les traditions musulmanes, la sphère s’étend chaque jour un peu plus. 

Dire cette évidence vous exposera à une campagne de haine sur les réseaux sociaux : c’est qu’en 2019 l’ignorance ne cesse de faire des progrès et que d’incroyables foutaises sont désormais inscrites sur le marbre des stèles de la bien-pensance. Les vessies deviennent des lanternes. 

A force d’être répétés, les mensonges deviennent des vérités. Ainsi, aux yeux de nos contemporains, Israël est une terre arabe que les juifs ont envahie alors que c’est exactement le contraire qui s’est produit, comme le montre l’histoire des trois derniers millénaires si l’on prend la peine de l’étudier. De la même façon, le halal est toujours présenté faussement comme une prescription vieille de plusieurs siècles, alors qu’il s’agit d’une fiction nouvellement créée au cœur du système capitaliste mondialisé. 

L’auteur de ces lignes croyait que le halal remontait aux temps premiers de l’islam jusqu’à ce qu’il tombe, par un pur hasard, sur l’un des livres les plus subversifs et sulfureux de cette décennie, et qui, au train où vont les choses, sera peut-être interdit un jour. Sa publication, en 2017, a au demeurant été accueillie, à la notable exception du quotidien Libération, par un silence assourdissant. « Le marché halal ou l’invention d’une tradition » (1), de Florence Bergeaud-Blackler, fait voler en éclats la ridicule légende urbaine selon laquelle le halal serait consubstantiel à l’islam. A lire d’urgence. 

Florence Bergeaud-Blackler n’est pas une polémiste en quête de buzz, mais une anthropologue très sérieuse, rattachée à l’université de recherche Paris-Sciences-et-Lettres. Elle explique que le halal n’est pas une coutume islamique, mais l’enfant monstrueux des industriels de la viande et des fondamentalistes, Frères musulmans ou mollahs iraniens, qui ont trouvé là, à la fin du siècle dernier, un moyen de creuser le fossé entre les musulmans et l’Occident. 

Jusqu’aux années 1970, les musulmans pouvaient manger comme les chrétiens ou les juifs. La cinquième sourate du Coran le stipule clairement : « Vous est permise la nourriture des gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise. » En 1987 encore, l’ancien recteur de la mosquée de Paris, le cheikh Abbas, considérait que le sacrifice du mouton était une pratique « non obligatoire ».

Qu’est-ce qui a changé depuis ? La vogue halal, fruit de l’appât du gain des industriels de la viande et de la volonté de puissance des intégristes qui ont décidé de retrancher les musulmans des sociétés occidentales, de les empêcher de s’assimiler. Contrairement à ce qui se passe dans le reste de l’Europe, la lâcheté de la France a fait le reste : le « djihad économique » a permis de jeter les bases d’une islamic way of life.

Marginal chez les juifs, qui ne le respectent guère, mais en pleine croissance chez les musulmans, l’abattage rituel, donc sans étourdissement, est un scandale moral tant est grande la souffrance des animaux tués dans ces conditions, leur agonie pouvant durer plus d’un quart d’heure. De nombreux pays refusent cette méthode barbare et imposent que la bête subisse un choc électrique avant d’être saignée. 

Pourquoi ne pas être humains avec les animaux ? Bien qu’elles exportent beaucoup de viande vers des pays musulmans tels que l’Indonésie, la Jordanie ou les Emirats, l’Australie et la Nouvelle-Zélande n’en étourdissent pas moins les animaux avant de les tuer. Comme le rappelle l’association L214 dans « La face cachée de nos assiettes » (2), pour beaucoup d’experts religieux, l’étourdissement par choc électrique est « compatible avec les textes sacrés » puisque la bête n’est pas cliniquement morte au moment de la saignée. 

Dans cette affaire, nous autres Français, nous nous sommes encore couchés devant les islamistes radicaux, au mépris de la souffrance animale. Nous mangeons donc de la viande halal sans le savoir puisque, pour « ne pas stigmatiser », le mode d’abattage ne figure pas sur les étiquettes. En dégustant notre steak, soit dit en passant, nous finançons de surcroît l’islam, dont les autorités reçoivent une taxe proportionnelle aux kilos de bêtes abattues. 

Comment s’étonner si, de démission en démission de ce genre, notre pays devient de plus en plu

Notre Dame en Flammes par MICHEL GURFINKIEL, Special to the Sun

Traduit par nos soins

Sur le plan émotionnel, l’incendie qui a détruit la cathédrale Notre-Dame à Paris peut être décrit comme le 11 septembre de la France. Peu importe ce que la cause puisse révéler. À l’instar de New York, qui, même en temps de guerre, était censé être à l’abri d’attaques étrangères, Paris était censé être épargnée par des catastrophes irrémédiables, civiles ou militaires.

Cela a pris fin pour New York en 2001. La dernière fois que la capitale de la France a été détruite à grande échelle a été la guerre franco-prussienne de 1870 et 1871 et sa suite révolutionnaire, la Commune de Paris, qui a brûlé le palais royal des Tuileries et l’hôtel de ville.

En 1918, dernière année de la Première Guerre mondiale, l’artillerie allemande trouva sa marque à Paris, notamment dans le Marais. Contrairement à Londres, Berlin, Varsovie ou Florence, Paris «n’a pas brûlé» pendant la Seconde Guerre mondiale. Le résultat fut que la plupart des parisiens se sont livrés, tout au long de la seconde moitié du XXe siècle et des deux premières décennies du XXIe siècle, au fait que leur ville était trop belle, trop «historique», et faisait trop partie du patrimoine mondial de l’Unesco pour être frappée.


On a rappelé aux Parisiens que les choses pouvaient aller dans le sens contraire, après tout. Il y a eu des émeutes, des attaques terroristes, des bombardements. Mais Paris elle-même semblait être immortelle. Les gens ont commencé à se réveiller véritablement après la tuerie islamiste de novembre 2015, au théâtre Bataclan et ailleurs. Plus récemment, plusieurs scènes effrayantes se sont succédées à la suite de la récente manifestation des Gilets jaunes: saccage de l’Arc de Triomphe, incendies des boutiques et des restaurants des Champs-Élysées. Et maintenant, Notre-Dame était en flammes. De ma fenêtre, je pouvais voir une colonne de fumée noire et rougeâtre s’élever au-dessus des toits, un hélicoptère tournant au-dessus du feu. La flèche de fer, une addition du XIXe siècle à l’église gothique, s’est effondrée soudainement – révélant des hoquets d’horreur non seulement à Paris mais aussi dans le monde entier. Un peu comme le moment où les tours jumelles du World Trade Center sont tombées soudainement. Aujourd’hui, toute la France et le monde entier tremblaient sous l’effet de l’ampleur de ce qui se passait. Même si l’incendie était accidentel (il a peut-être commencé à un endroit où des travaux de rénovation étaient en cours), il s’est avéré être la coda d’un hiver inquiétant. Et on ne pourrait pas non plus entièrement écarter la possibilité d’un incendie criminel: de nombreux incidents antichrétiens ont été récemment rapportés, notamment le vandalisme d’églises, de cimetières ou de sanctuaires; et des groupes djihadistes ont à plusieurs reprises menacé de faire «quelque chose de grand» à Paris, de préférence contre un bâtiment emblématique. Rien d’étonnant à ce que le président Macron ait reporté le discours télévisé à la nation qu’il était censé prononcer ce soir et que, avec son épouse Brigitte et le Premier ministre Edouard Philippe, M. Macron s’est approché au plus près de la cathédrale. Il n’est pas nécessaire d’être catholique, ni chrétien, ni même religieux pour être dévasté par la destruction de Notre-Dame. La cathédrale, vieille de neuf cents ans, est le cœur de la France: elle se trouve sur l’île de la ville, entre les deux canaux de la Seine, un lieu qu’elle partage avec le Palais de justice (le premier palais royal du Moyen Âge); et tout kilométrage dans le pays commence symboliquement à «kilomètre zéro», juste en face de la cathédrale. Pendant que les rois étaient couronnés à Reims par l’archevêque du lieu, Napoléon se couronna à Notre-Dame, devant le pape Pie VI. Notre-Dame est le premier lieu parisien visité par De Gaulle en 1944, lorsque la capitale fut libérée des Allemands. C’est de Notre-Dame que De Gaulle traversa la ville jusqu’à l’Arc de Triomphe. Il est difficile d’imaginer la France sans Notre Dame. Laissons la reconstruction commencer.

L’appel de 39 intellectuels dans Le Figaro: «L’assassin de Sarah Halimi ne doit pas échapper à un procès»

  1. Vox
  2. Vox Société

Par Tribune Collective 

FIGAROVOX/TRIBUNE – Il y a deux ans, une Française juive était tuée sauvagement à Paris aux cris d’«Allah akbar». La question du discernement du suspect est au cœur de l’instruction. Une troisième contre-expertise a conclu à son irresponsabilité. Trente-neuf intellectuels, parmi lesquels Alain Finkielkraut, Jacques Julliard, Pierre Manent, Pierre Nora, Mona Ozouf et Paul Thibaud, demandent que ce crime soit jugé.

Voici deux ans, dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, à Paris, dans une HLM de Belleville, rue Vaucouleurs, Sarah Attal-Halimi, une retraitée de 65 ans, était tirée de son sommeil à 4h30 par un voisin âgé de 27 ans. Kobili Traoré se déchaîne contre elle, il la frappe pendant plus de vingt minutes. Les cris de douleur de madame Halimi alertent immédiatement les voisins qui entendent aussi les insultes que Traoré lui adresse, les «Allahou Akbar» et autres psalmodies coraniques. Un petit effectif de police est rapidement sur les lieux, mais pensant être en présence d’un terroriste, les policiers n’interviennent pas et attendent des renforts. Tout le monde entend donc le calvaire de Sarah Halimi. Finalement, peu avant 5h00, Kobili Traoré défenestre sa victime, tout en criant à la police postée dans la cour: «attention! Une femme va se suicider», comme pour couvrir ce geste final qui tuera sa victime. Le rapport du médecin légiste est terrible: «la mort de Sarah Halimi est due à un poly-traumatisme par chute d’un lieu élevé», relevant «des lésions d’hémorragie massive pulmonaire, myocardique, méningée, et diverses fractures associées», plus d’une vingtaine sur le corps et le visage. 

Avant son forfait, l’assassin s’était d’abord introduit dans l’appartement mitoyen, celui de la famille Diarra. Il ne cherche pas à les attaquer. Effrayés par la grande nervosité de Kobili Traoré qu’ils connaissent bien, leurs familles venant du même village du Mali, les Diarra se verrouillent dans une pièce et contactent la police, se considérant comme «séquestrés» par Kobili Traoré. En fait, ce dernier avait quitté les lieux pour enjamber le balcon et entrer par effraction chez Sarah Halimi. Il reprendra le même chemin à l’issue du meurtre pour venir terminer ses prières et changer de vêtements chez les Diarra. La police attend toujours sur le palier… Presque une heure après le début des faits, la porte est enfoncée. L’Arrêt du 5 juillet 2018 indique «précisément à 5h35, les effectifs de la BAC du 11èmearrondissement assistés d’effectifs de la BAC 75, présents sur les lieux suite à l’appel d’une des filles de la famille Diarra ayant indiqué que sa famille était victime de séquestration, interpellaient Traoré, en train de réciter des versets du Coran». Kobili Traoré n’oppose aucune résistance à l’interpellation. Mais à son arrivée au commissariat, il est pris d’un soudain accès de violence. Il sera immédiatement transféré en hôpital psychiatrique. Il ne fera pas une minute de garde à vue, ni ne sera interrogé par la police.

Pour mieux étouffer l’affaire, on communautarise le crime.

La sauvagerie de ce crime fit irruption dans une campagne électorale où les sujets de sécurité sont quasi absents. Cet assassinat dérange, le profil de l’assassin sans doute davantage que celui de la victime. D’autant que le caractère antisémite du crime est vite identifiable: Kobili Traoré a ciblé sa victime, il ne s’est pas attaqué à un membre de la famille Diarra chez qui il s’est invité en pleine nuit, il a fait ses prières avant d’aller chez Sarah Halimi, cette voisine qu’il côtoie depuis vingt ans qu’il traitera de «Sheitan» (Satan) tout en la frappant. L’enquête de voisinage montrera que Sarah Halimi et ses proches qui la visitaient, avaient été l’objet d’insultes antijuives de la part de certains membres de la famille Traoré. Dans les heures et jours précédant le crime, la police apprendra qu’il avait fréquenté assidûment la mosquée salafiste défavorablement connue de la rue Jean-Pierre Timbaud. Tout cela est embarrassant en pleine élection présidentielle et les candidats comme les médias généralistes ignorent l’évènement. Pour mieux étouffer l’affaire, on communautarise le crime: «l’émotion dans la communauté juive» est évoquée, comme pour passer à autre chose, comme si Sarah Halimi n’était pas, d’abord, une citoyenne française.

Deux mois après cet assassinat barbare, pour rompre ce silence médiatique, dix-sept d’entre nous avions publié une tribune pour informer l’opinion publique. Deux ans après, rejoints par d’autres signataires, nous venons informer des avancées de l’enquête, de la probabilité d’un non-lieu «psychiatrique» pour le mis en examen. Alors que Kobili Traoré a reconnu les faits d’homicide dès le départ, la juge principale du dossier, Anne Ihuellou, aura paru conduire une instruction à décharge, davantage qu’à charge et à décharge, posture équilibrée de mise au cours d’une instruction. 

Tout d’abord rappelons les épisodes de la procédure judiciaire. Après son interpellation et son accès de violence au commissariat, Kobili Traoré est placé en Unité pour Malades Difficiles (UMD). Il reconnaît les faits, mais assure n’avoir pas été dans son état normal. Le 10 juillet 2017, il est mis en examen pour homicide volontaire. La gravité de l’affaire conduit dès le départ à la nomination d’une seconde juge, Virginie Geyte. Entre le crime et cette mise en examen, l’élection présidentielle et les législatives sont passées ; l’affaire est désormais davantage médiatisée, notamment autour de son caractère antisémite de cet assassinat. 

Kobili Traoré est un délinquant multirécidiviste connu dans son quartier, craint dans son immeuble. Il vend notamment de la drogue, il est lui-même un consommateur compulsif de cannabis. Si son casier est déjà chargé par vingt-deux condamnations pour violences et vols, il n’a en revanche aucun antécédent de troubles psychiatriques. Avant le 3 avril 2017, il a été incarcéré à quatre reprises, dont une peine d’un an qu’il vient d’accomplir. Au cours de ses périodes de prison, Kobili Traoré n’a apparemment pas été identifié par l’administration pénitencière pour des troubles psychologiques quelconques. 

Tout au long de la procédure, les avocats de la partie civile ont été contraints de faire des demandes d’actes pour être tenus informés de l’avancée de l’instruction. 

Le 27 février 2018, a enfin lieu l’interrogatoire du mis en examen devant la juge Ihuellou. Après onze mois, sur insistance du Parquet, la juge finit par retenir la circonstance aggravante d’antisémitisme. En revanche, elle et sa collègue résistent à toute reconstitution, ce qui est pourtant habituel dans les affaires criminelles de ce type. Il serait, en effet, indispensable de clarifier la chronologie des faits en organisant une reconstitution, d’autant que ce crime a pratiquement eu lieu sous les yeux des voisins et de la police, que des témoignages ont été recueillis et doivent être mis en regard des faits tels qu’ils pourront être reconstitués in situ. Pour les avocats des deux parties, il est nécessaire de vérifier l’enchainement des évènements durant ces 70 minutes, entre le moment où Kobili Traoré pénètre chez les Diarra et celui où il est interpelé, de retour chez eux, après l’assassinat de Sarah Halimi. L’avocat du mis en examen lui-même accède à la logique d’une reconstitution, mais la juge Ihuellou s’y oppose, par humanisme à l’égard de Kobili Traoré, voulant «protéger le mis en examen d’une possible décompensation et d’un milieu hostile (…) lui qui ne possède plus que des bribes de souvenirs filmiques» (sic). 

Tout au long de la procédure, les avocats de la partie civile ont été contraints de faire des demandes d’actes pour être tenus informés de l’avancée de l’instruction. Suite à une saisie d’un d’entre eux en janvier 2018, la 6è chambre de l’instruction est réunie le 30 mai. Le 5 juillet 2018, elle annonce suivre l’avis de la juge concernant la non-opportunité de reconstitution. Pas plus que ne sont retenus les actes de torture et de barbarie ainsi que la préméditation que les avocats de la partie civile avaient demandé voir inscrits dans le cadre de l’instruction. Depuis cette date, aucun nouvel acte de procédure n’a été réalisé.

La procédure judiciaire est aussi ponctuée par des rebondissements d’expertises psychiatriques essentielles dans ce dossier puisque les conclusions des experts-psychiatres sur l’état de Kobili Traoré au moment de la commission des faits, contribuent à déterminer le choix des juges d’instruction: le renvoi devant la Cour d’Assises ou le non-lieu pour irresponsabilité pénale.

Une première expertise est ordonnée. La juge désigne un expert-psychiatre reconnu, Daniel Zagury. Au bout de six mois, il conclut que Kobili Traoré a fait une bouffée délirante aiguë (BDA) suite à une consommation massive de stupéfiants (cannabis). Zagury estime qu’il y a eu altération du discernement mais que le mis en examen est responsable. A ce titre, il peut être jugé devant une cour d’Assises. Il indique que l’identification de Sarah Halimi comme juive l’a diabolisée aux yeux de Kobili Traoré: «L’existence avérée d’une bouffée délirante aiguë n’était pas incompatible avec une dimension antisémite. Un crime pouvant être délirant et antisémite». Pour Daniel Zagury, le simple préjugé antijuif se serait transformé en conviction absolue que Sarah Halimi était l’incarnation du Sheitan (Satan) à tuer. Il explique en outre que la lucidité dont a fait preuve l’assassin avant de la défenestrer est compatible avec une BDA.

Est-ce parce que cette expertise déplaît à la juge d’instruction qu’elle en ordonne une seconde? On peut se poser cette question dans la mesure où ce type de requête provient habituellement de l’avocat de la Défense, qui ici n’avait formulé aucune demande en ce sens. Cette fois, Anne Ihuellou nomme trois experts au lieu d’un. Kobili Traoré est entendu le 24 mai pendant deux heures par deux experts- psychiatres, et le 7 juin durant deux heures trente par le troisième. Ils viennent contredire la première expertise et rendent leurs conclusions le 10 juillet 2018: la BDA de Kobili Traoré signifie pour eux abolition du discernement. À leurs yeux, il était irresponsable au moment des faits. La juge pourrait dès lors prononcer un non lieu ; il n’y aurait pas de procès aux Assises. Voici quelques extraits édifiants de ce second rapport d’expertise: «Kobili Traoré souffre d’un trouble psychotique chronique, vraisemblablement de nature schizophrénique, faisant suite à un épisode délirant aigu inaugural. Il souffre par ailleurs d’une addiction ancienne au cannabis. Il dispose encore d’une personnalité pathologique antisociale et d’une propension à la violence. Oui, son discernement était aboli. Kobili Traoré est inaccessible à une sanction pénale. (…) Nous sommes en plein accord avec le diagnostic d’état psychotique aigu et avec l’analyse qui est faite de la dimension antisémite du geste, même si nous ne pensons pas qu’elle a été déterminante dans le processus psychopathologique du passage à l’acte. Nous dirions en résumé que Monsieur Traoré était au moment des faits, du fait de la prégnance du délire, un baril de poudre. Mais que la conscience du judaïsme de Madame Attal a joué le rôle de l’étincelle».

La psychiatrisation serait-elle le nouvel outil du déni de réalité ? 

Outre qu’au cours de sa vie Kobili Traoré – qui a croisé à de nombreuses reprises l’institution judiciaire – n’a jamais été détecté comme porteur de «trouble psychotique chronique» ; outre qu’il est rarissime qu’une pathologie schizophrénique surgisse à 27 ans sans aucun antécédent clinique ; outre que l’apparition brutale de troubles délirants suite à l’usage de stupéfiants est peu probable chez un sujet qui consommait depuis des années de fortes quantités de cannabis… On pourrait penser à lire les dernières lignes que nous avons soulignées, qu’en France, aujourd’hui, être juif serait, en quelque sorte, une incitation au meurtre pour les déséquilibrés psychiatriques. Et puisque les trois experts désignent Traoré comme schizophrène, a-t-on observé une recrudescence de passage à l’acte criminel antijuif chez les centaines de milliers de personnes souffrant de schizophrénie en France? Si c’était le cas, ce serait une nouvelle expression de cette pathologie qui devrait alerter urgemment l’Académie de médecine… À moins qu’il ne s’agisse de proposer à l’opinion une réinterprétation des assassinats de Français juifs depuis 2003 par des islamistes? La psychiatrisation serait-elle le nouvel outil du déni de réalité? 

Devant ces conclusions contraires à la première expertise, les deux juges en commandent une troisième. Quatre experts devaient rendre leur conclusion en octobre 2018, elles ont finalement été reçues mi mars 2019. Interminable attente pour la famille et leurs avocats. Finalement, cette troisième expertise confirme l’avis de la précédente: Kobili Traoré était victime d’une BDA avec abolition du discernement.

Désormais, la balle est dans le camp des deux juges d’instruction. Elles peuvent rendre une ordonnance de non lieu «psychiatrique», avec un renvoi vers la chambre de l’instruction pour juger notamment des mesures de sureté à prendre à l’égard de l’assassin. Dans ce cas, la société tout entière se trouvera exposée car ses médecins affirment que Kobili Traoré va mieux, qu’il ne souffre pas de pathologie mentale chronique. Sa place ne sera donc ni en prison (irresponsabilité pénale pour abolition du discernement lors de la commission des faits), ni en hôpital psychiatrique (absence de pathologie mentale chronique). Il est à parier, que d’ici quelques mois, l’amnésie médiatique aidant, il sortira libre de l’hôpital psychiatrique où il réside actuellement, avec une simple obligation de suivi psychiatrique en ville.

Mais les juges ne sont pas tenues par les expertises judiciaires pour ordonner le non lieu. Elles peuvent aussi décider de rendre une ordonnance de mise en accusation devant la Cour d’Assises. On ne saurait ignorer la possibilité d’un acquittement si les jurés estiment que Kobili Traoré était pénalement irresponsable comme l’affirment deux expertises sur trois. Néanmoins, il y aurait un procès, des débats contradictoires. Existerait au moins un espoir que justice soit rendue à Sarah Halimi, victime d’un assassinat antisémite barbare.

Signataires : Michel Aubouin, ancien préfet ; Élisabeth Badinter, philosophe ; Georges Bensoussan, historien ; Laurent Bouvet, professeur de science politique ; Pascal Bruckner, philosophe ; Philippe d’Iribarne, sociologue ; Élisabeth de Fontenay, philosophe ; Bernard de la Villardère, journaliste ; Jacques de Saint Victor, historien ; Alain Finkielkraut, philosophe ; Martine Gozlan, journaliste ; Noémie Halioua, journaliste ; Jacques Julliard, historien ; Suzanne Julliard, professeur de lettres ; Alexandra Lagnel-Lavastine, philosophe ; Josépha Laroche, politiste ; Michel Laval, avocat ; Marcel Gauchet, philosophe ; Damien Le Guay, philosophe ; Jean-Pierre Le Goff, sociologue ; Barbara Lefebvre, essayiste ; Bérénice Levet, philosophe ; Sonia Mabrouk, journaliste ; Yves Mamou, journaliste ; Pierre Manent, philosophe ; François Margolin, réalisateur ; Lina Murr Nehmé, historienne ; Pierre Nora, historien ; Michel Onfray, philosophe ; Mona Ozouf, historienne ; Céline Pina, essayiste ; Pierre-André Taguieff, historien ; Jacques Tarnero, chercheur ; Paul Thibaud, philosophe ; Michèle Tribalat, démographe ; Monette Vacquin, psychanalyste ; Caroline Valentin, essayiste ; Jean-Pierre Winter, psychanalyste ; Michel-Gad Wolkowicz, psychanalyste.

Au procès du frère Merah, un témoin raconte « l’insoutenable » à l’école juive

Par AFPAujourd’hui, 17:29  0

Jonathan, 17 ans au moment des faits, a raconté la douleur “de ce 19 mars 2012, devant la cour d’assises spéciale de Paris, au procès d’Abdelkader Merah

Par AFP

Des policiers devant l'école Ozar Hatorah, à Toulouse, le 19 mars 2012. (Crédit : AFP/Archives Remy Gabalda)

Des policiers devant l’école Ozar Hatorah, à Toulouse, le 19 mars 2012. (Crédit : AFP/Archives Remy Gabalda)

C’était le moment de la prière des morts (le Kadish) quand Mohamed Merah a surgi et tué un enseignant et trois enfants de l’école Ozar Hatorah de Toulouse : Jonathan, alors 17 ans, a raconté lundi la douleur « insoutenable » de ce 19 mars 2012, devant la cour d’assises spéciale de Paris.

Il ne regarde pas Abdelkader Merah, le frère du tueur, rejugé après avoir été condamné à 20 ans de réclusion en première instance pour association de malfaiteurs terroriste mais acquitté du chef de « complicité ».

Elève avocat, le jeune homme surmonte sa peine pour tâcher d’être précis, relater en détail ces 36 secondes d’horreur et les heures interminables où les élèves restèrent confinés au réfectoire, pendant que les médecins légistes travaillaient dans la cour.!

Ce jour-là, il est dans la synagogue de l’école quand il entend les premiers coups de feu. « Des pétards », pense-t-il. Mohamed Merah vient de tuer Jonathan Sandler, professeur de religion, 30 ans, et ses deux fils, Arié et Gabriel, 5 et 3 ans. Se penchant à la fenêtre, il voit « une personne casquée entrer dans l’école » qu’il imagine être « un coursier ».

Les tirs reprennent. Brian, comme les autres enfants, s’est rué dans l’école pour se mettre à l’abri. Dans la cour, le tueur a fait feu sur Myriam, revenue chercher son cartable. Puis il rattrape Gabriel, qu’il achève d’une balle dans la tête.

Brian peine à prononcer le prénom de Myriam, dit le plus souvent « la fille du directeur ». Il garde de cet instant le souvenir de la douleur et une cicatrice de 30 cm. Tout le reste est plus flou, mais il a tenu à venir : « c’est une étape de mon rétablissement ».

Jonathan Sandler, shot to death Monday in Toulouse, France, pictured with his two slain sons and with his wife (who was not hurt in the attack). (photo credit: via Facebook)

Jonathan Sandler, avec ses deux fils assassinés par Mohammed Merah à Toulouse en mars 2012, et son épouse, qui n’a pas été blessée physiquement dans l’attaque. (Crédit : Facebook)

Les tirs reprennent. Dans la cour, le tueur a fait feu sur Myriam Monsonégo, 8 ans, la fille du directeur d’école, revenue chercher son cartable.

La conseillère pédagogique fait irruption dans la synagogue et crie « Il y a un tireur dans l’école ! » Jonathan répète le message au directeur. « Ses yeux s’écarquillent, il court. Dehors, il tombe sur sa fille ».

Dans cette « toute petite école », 200 élèves de la 6e à la terminale, tout le monde se connaît. Comme une « famille ». Jonathan a déjà gardé Myriam, une gamine discrète, qui se cachait dans sa chambre sauf quand il « se mettait au piano ». Il a aussi gardé Arié et Gabriel, des petits joyeux.

Dans la panique qui croît, les élèves cherchent un réconfort. « J’ai 17 ans, les plus petits viennent vers moi, me prennent les mains, les bras. » Ils vont être conduits au réfectoire, où il seront confinés de 8H00 à 11H00.

« Moment de folie »

Reproduction photo of 8-year-old Miriam Monsonego (Flash90/JTA)

Reproduction photo of 8-year-old Miriam Monsonego (Flash90/JTA)

« Il y a 50 ou 60 gamins qui hurlent, pleurent, tapent du poing contre les murs. Un gamin de 13 ans hurle à se griffer le visage, jusqu’à s’en arracher les vêtements. Il crie ‘Myriam est morte, Myriam est morte !’. C’est quelque chose qu’on n’est pas censé vivre », dit le jeune homme.

« C’est tellement insoutenable que j’ai un moment de folie. C’est trop dur. Je sors, je cours vers la sortie. Je tombe. Il y avait du sang partout, je vois le cartable de Myriam plein de sang. Même les médecins avaient l’air choqués », poursuit-il.

Sept ans plus tard, « la vie reprend ses droits » mais il y pense « tout le temps ». « Il n’y a rien ni personne qui pourrait réparer ça ». Il dit sobrement « la peur » des survivants, ceux qui ne vont plus jamais au cinéma ou en terrasse, ceux qui sont venus témoigner et ceux qui n’ont pas eu la force.

Futur avocat, il a « totalement conscience du droit de la défense à un procès équitable », et il espère que les preuves permettront de « retenir la complicité » d’Abdelkader Merah. « J’ai du mal à vivre avec l’idée que peut-être il est complice et que peut-être il ne sera pas condamné pour ça. »

Les portraits des sept victimes – Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouad, Gabriel Sandler, Aryeh Sandler, Myriam Monsonégo et Jonathan Sandler – de Mohamed Merah pendant une cérémonie de commémoration organisée par le CRIF à Toulouse, le 19 mars 2014. (Crédit : Rémy Gabalda/AFP)

Le matin de ce 19 mars, le jihadiste s’était caché dans une résidence pour tuer deux autres militaires, qu’il n’est pas parvenu à approcher. Furieux, il avait alors tourné en scooter dans les rues et s’était retrouvé devant l’école juive, avait-il lui-même expliqué aux enquêteurs avant d’être abattu par la police.

Sans prononcer le nom d’Abdelkader, Samuel Sandler, qui a perdu un fils et deux petits-enfants, avait peu avant cité Albert Camus : « On ne pense pas mal parce qu’on est meurtrier. On est meurtrier parce qu’on pense mal. C’est ainsi qu’on peut être meurtrier sans jamais tuer apparemment ».

Cette journée du 19 mars clôt la déambulation sanglante de Mohamed Merah, qui avait déjà tué trois militaires – Imad Ibn Ziaten, 30 ans, Abel Chennouf, 25 ans, et Mohamed Legouad, 23 ans – les 11 et 15 mars.

Le verdict est attendu le 18 avril.

“Je voulais tuer un Juif ” : un homme agresse violemment un habitant de Bourdon au couteau

Vendredi 5 avril, un habitant de Bourdon agresse violemment un voisin parec qu'il voulait "tuer un Juif" / © FTV
Vendredi 5 avril, un habitant de Bourdon agresse violemment un voisin parec qu’il voulait “tuer un Juif” / © FTV

Vendredi 5 avril, à Bourdon dans la Somme, un homme a violemment agressé au couteau un habitant de ce village situé entre Abbeville et Amiens. Il a été mis en examen pour tentative de meurtre en raison de la race ou de l’éthnie : il aurait justifié son geste par sa volonté de “tuer un Juif”.

Par Jennifer AlbertsPublié le 08/04/2019 à 12:04
Les faits se sont déroulés vendredi 5 avril à Bourdon dans la Somme, un village situé entre Abbeville et Amiens. Vers 15h, un homme s’introduit chez un de ses voisins. Il se retrouve face à face avec deux personnes dont le propriétaire des lieux. Celui-ci lui demande ce qu’il vient faire chez lui.

8 coups de couteau

L’intrus se jette alors sur lui et le frappe violemment de plusieurs coups de couteau : 8 au total, à l’abdomen et au visage.

La deuxième personne qui se trouvait chez la victime maîtrise alors l’agresseur en le frappant à la tête.

Sur place, les secours découvrent deux blessés. L’agressé, gravement touché au foie et à la face, est transporté en urgence absolue au CHU d’Amiens. Il est opéré dans les heures qui suivent. Le lendemain, son état de santé ne présentait plus d’inquiétudes. Et l’agresseur qui a pris plusieurs coups sur le crâne et sur une de ses mains. Il sera hospitalisé sous le régime de la garde à vue.

Le suspect n’a pas encore été entendu

L’enquête est confiée à la brigade de recherche d’Amiens. Une enquête qui va prendre un tournant inattendu au vu des premiers témoignages recueillis par les policiers. Plusieurs témoins leur auraient confié que l’agresseur aurait justifié son geste en disant qu’il voulait “tuer un Juif”. Un élément suffisamment prégnant dans la procédure pour que le parquet d’Amiens le retienne pour la qualification des faits.

Car le suspect, inconnu des services de justice et de police, n’a pour l’heure pas encore pu être entendu par le juge d’instruction désormais en charge du dossier. Et cela en raison de son état de santé. Il n’a donc pas pu donner sa version des faits ni confirmer ou infirmer le mobile de son geste. “Il était dans un tel état au moment de sa mise en examen qu’il n’a pas pu comprendre les chefs d’accusation retenus, explique Stéphane Diboundje, son avocat. Il n’a même pas pu signer plusieurs documents. Il y a pas mal d’irrégularités de procédure. C’est pour cette raison que je vais saisir la chambre d’instruction et également faire appel de sa détention provisoire.”


Tentative d’évasion

Son client a été écroué à la prison d’Amiens sous un régime médical et sera entendu “quand son état de santé le permettra”, précise le Parquet. Il doit subir une opération à la main ce lundi.

Le jeune homme de 18 ans, sans emploi, est malgré tout mis en examen pour tentative de meurtre en raison de la race ou de l’éthnie. Car d’autres chefs d’accusation vont s’ajouter.

Alors hospitalisé, le suspect aurait essayé de s’évader du CHU et blessé dans sa tentative de fuite deux des gendarmes qui le surveillaient. L’un d’eux a eu une ITT d’une journée. Il est dès lors mis également en examen pour tentative d’évasion et violences volontaires sur gendarmes. Des analyses toxicologiques et d’alcoolémie sont en cours. Une autre, psychiatrique, devrait également être pratiquée.

La victime a été instituteur à la Chaussée-Tirancourt et directeur de l’école primaire de Flixecourt. Toujours hospitalisé, ce père de famille de 58 ans va mieux.

France 3 Hauts de France

Sarah Halimi, un crime sans responsable?

Une nouvelle expertise psychiatrique a conclu à l'”irresponsabilité pénale” du tueur présumé

parOudy Ch. Bloch – Causeur.fr

Rassemblement contre l’antisémitisme à Paris, février 2019. ©LAURE BOYER / HANS LUCAS 

Deux ans après le massacre de Sarah Halimi dans son appartement parisien, la perspective d’un procès s’éloigne. Une troisième expertise psychiatrique du tueur présumé, Kobili Traoré, a conclu à son « irresponsabilité pénale ». 


Deux ans.ADVERTISING

Il y a deux ans, presque jour pour jour, Sarah Halimi mourait sous les coups de poings acharnés de son agresseur, celui-ci alternant insultes, sourates du Coran, cris d’ « Allahou Akbar » et de « Sheitan ».

Sarah Halimi, deux ans de combat

Deux ans de combat. Pour tenter d’obtenir la reconnaissance de la préméditation, des actes de torture et de barbarie, une reconstitution. Vaines tentatives, toutes les demandes d’actes ayant été rejetées par la juge d’instruction.

Il aura fallu attendre dix mois à compter de ces faits ignobles pour que la circonstance aggravante d’antisémitisme soit enfin retenue.A

Deux ans et trois expertises judiciaires dont deux penchent désespérément vers l’abolition du discernement, alors que la première avait seulement estimé qu’il était altéré. Une abolition provoquée, nous dit-on, par l’usage abusif de cannabis. Deux ans après les faits, sur les seules déclarations du tueur présumé Kobili Traoré, deux collèges d’experts concluent à la démence de ce dernier pendant les 20 minutes de torture qu’il a fait subir à Sarah Halimi. Pas de démence avant, pas non plus après.

Qui est irresponsable ?

Peu importe que Kobili Traoré ait eu suffisamment conscience de la présence du chandelier et de la Torah dans l’appartement de Mme Halimi ce qui aurait accentué son agressivité.

Peu importe que Kobili Traoré ait eu suffisamment conscience de la présence des policiers dans la cour de l’immeuble pour leur hurler qu’une femme venait de se suicider après avoir défenestré sa victime encore vivante.A

Peu importe que Kobili Traoré ait vécu plus de vingt ans un étage en dessous de l’appartement de Mme Halimi et savait, comme tous ses voisins, qu’elle était juive pratiquante.

Peu importe que Kobili Traoré ait prétendument décidé de fumer du cannabis toute la journée précédant le meurtre alors qu’il avait parfaitement conscience de l’effet de la drogue sur son organisme – pour en consommer à haute dose depuis l’âge de seize ans. Mais dès lors, eut-il subi une bouffée délirante aigüe causée par une surdose cannabinique intentionnelle, ne reste-t-il pas néanmoins responsable de ses actes pour s’être mis délibérément dans cet état ?

In memoriam Sarah Halimi

Alors que la consommation volontaire d’alcool est une circonstance aggravante dans tous les délits, se pourrait-il que l’intoxication volontaire au cannabis soit désormais considérée comme une circonstance atténuante dans les procès criminels ?

Et les terroristes sous drogue qui commettent des attentats seront-ils considérés comme irresponsables pénalement ?

Dément, Kobili Traoré ne serait pas pénalement responsable. Mais en l’absence de pathologie mentale chronique, il ne serait pas non plus hospitalisable d’office à long terme.A

Deux ans et un procès aux assises qui semble s’éloigner.

Que fera-t-on de Kobili Traoré ?

Que fera-t-on pour la mémoire de Sarah Halimi ?

Que fera-t-on pour que justice soit rendue ?

Le BNVCA vous appelle à venir nombreux pour assister à l’office religieux à la mémoire de Madame Mireille Knoll lâchement assassinée

Chère famille et amis, 

Daniel et Allan Knoll  vous prient d’être à leurs côtés jeudi 11 avril au soir à la synagogue de la place des Vosges à 18:45 pour assister à  l’office religieux qui sera  donné pour leur regrettée maman,  MIREILLE KNOLL .

Le vendredi 12 avril, au cimetière de Bagneux, nous poserons  la pierre tombale.

Les horaires vous seront communiqués.

Nous et nos enfants vous embrassons

Allan et Daniel

Khalkhin-Gol, 1939 : la guerre oubliée qui a fait basculer le monde


Pendant cinq mois, les Russes et les Japonais s’affrontent en Mongolie. Ce sont les Russes qui l’emportent… 

PAR MICHEL GURFINKIEL.

Une « guerre oubliée » s’est déroulée de mai à août 1939 le long du Khalkhin-Gol, une rivière de quelque deux cents kilomètres qui serpente au milieu de la steppe glaciaire d’Extrême-Orient. Non pas entre les Chinois et les Mongols, ennemis héréditaires depuis trois mille ans, mais entre les deux puissances qui les ont supplantés : les Russes, venus d’Europe au XVIIe siècle, et les Japonais, européanisés depuis le XIXe siècle. Ce conflit s’achève au moment précis où commence la Seconde Guerre mondiale. Ce n’est pas un hasard.

Entrés en Sibérie en 1582, les Russes ont atteint l’océan Pacifique en 1647. Quelques années plus tard, ils sont en contact avec Mandchous, un peuple nomade apparenté aux Mongols, qui vient de conquérir la Chine et d’y fonder la dynastie Qing. Le traité de Nertchinsk, en 1689, place la frontière entre les deux Empires au nord du fleuve Amour : dans une sorte de no man’s land. Mais au XIXe siècle, les Russes ont bénéficié, comme tous les Européens, d’une révolution technologique, et donc militaire, tandis que la Chine s’est endormie sur ses traditions. Le traité de Pékin, en 1860, consacre un nouveau rapport de forces : la frontière suivra désormais le lit de l’Amour jusqu’à Khabarovsk, puis descendra jusqu’aux confins de la Corée, six cents kilomètres plus au sud. Les Russes y fondent un port moderne, libre de glaces tout au long de l’année. Ils le baptisent Vladivostok : « Dominateur de l’Orient ».

Le mouvement s’accélère avec l’avènement de Nicolas II, en 1893. La Russie obtient de prolonger le transsibérien par une ligne transmandchourienne, qui relie Tchita à Vladivostok en passant par Harbin, puis par d’autres lignes allant jusqu’à Pékin, Séoul ou encore Port-Arthur, une base navale dont elle a pris le contrôle.

Le Japon somnolait, comme la Chine. Il se réveille brusquement en 1868, avec la « Révolution Meiji », qui construit un pays de type occidental en moins de trente ans. En 1894, le nouveau Japon écrase la Chine. En 1900, il participe, aux côtés des Occidentaux, à l’occupation de Pékin. Mais pourrait-il tenir face à la Russie, si celle-ci s’installait durablement en Mandchourie et même en Corée ? Mieux vaut prendre les devants : en 1904, les Japonais lancent une attaque surprise sur Port-Arthur, assiègent la ville, obtiennent sa reddition ; ils progressent ensuite en Mandchourie, du sud au nord. La Russie décide de contre-attaquer en frappant le Japon lui-même par la mer : la flotte de la Baltique fait le tour de l’Europe, de l’Afrique et de l’Asie, et s’approche enfin de la mer du Japon – pour y être détruite en quelques heures, les 27 et 28 mai 1905, par la flotte japonaise, dans le détroit de Tsushima. Le traité de Portsmouth, fruit d’une médiation américaine, attribue aux Japonais la moitié sud de l’île de Sakhaline, Formose, Port-Arthur, une position dominante en Corée, et contraint les Russes à renoncer à la Mandchourie.

Pendant les trente années suivantes, par delà la conversion de la Russie au communisme, les deux Etats veillent à ne plus entrer en conflit. L’anarchie qui règne en Chine après la chute du pouvoir impérial, en 1911, est fort utile à cet égard : l’ancienne province chinoise de Mongolie-Extérieure, nominalement indépendante, devient un glacis soviétique en 1924, la République populaire de Mongolie ; la Mandchourie, rebaptisée Empire du Mandchoukouo en 1932, un glacis japonais. Mais celui-ci se développe beaucoup plus vite que celle-là. Le Mandchoukouo compte 30 millions d’habitants en 1934, et les Japonais y ont créé d’importantes industries. La Mongolie, avec 700 000 habitants seulement, ne dispose que d’une économie archaïque, mis à part quelques mines exploitées par les Soviétiques.

Certains militaires japonais, notamment ceux de l’armée du Guandong, qui occupe la Mandchourie et la Chine du Nord et a pris l’habitude d’agir sans en référer au gouvernement impérial, commencent à rêver à une conquête de l’Extrême-Orient russe. Un événement imprévu et rocambolesque précipite les choses. Le 13 juin 1938, le chef du NKVD – la police politique soviétique – pour l’Extrême-Orient, le général Genrikh Lioushkov, se réfugie au Mandchoukouo avec une valise emplie de documents secrets. Il a en effet appris qu’il serait bientôt « liquidé ». Le débriefing auquel il se soumet convainc les services secrets japonais que l’URSS a été totalement désorganisée par les purges staliniennes. Et que l’Armée rouge n’est plus opérationnelle.

Quelques semaines plus tard, en août 1938, l’armée du Guandong lance un raid dans une zone frontalière, au sud de Vladivostok, pour éprouver les positions soviétiques. En fait, celles-ci tiennent bon. D’où l’idée d’une autre tentative, dans une direction opposée : le long du Khalkhin-Gol, qui sert de frontière entre la Mongolie et le Mandchoukouo. Une zone quasi désertique, très éloignée de l’URSS proprement dite. Si l’opération réussit, les Japonais pourront s’emparer de la Mongolie et menacer la Sibérie orientale. Si elle échoue, ils prétendront que ce n’est qu’un incident de frontière entre les deux Etats « souverains », et que ni Tokyo, ni Moscou ne sont concernés.

L’armée du Guandong lance son offensive le 14 mai 1939, sans prévenir l’état-major impérial. Mais Staline s’attendait à une opération de ce type. Il a considérablement renforcé l’armée d’Extrême-Orient et nommé à sa tête un général de quarante-trois ans, épargné par les purges : Georgy Joukov, un cavalier, ancien sous-officier de l’armée impériale, qui a gravi tous les échelons sous le nouveau régime. Sa mission n’est pas seulement de repousser les Japonais mais aussi d’expérimenter un nouveau concept stratégique, fondé sur l’emploi massif des forces motorisées et de l’aviation. Elaborées par le maréchal Mikhaïl Toukhatchevski, une victime des purges de 1937, ces méthodes ressemblent beaucoup au Blitzkrieg que prépare la Wehrmacht allemande. Avec une différence majeure : elles attachent autant d’importance à la défensive qu’à l’offensive.

Alors qu’ils progressent en territoire mongol, les Japonais sont soudain confrontés aux forces de Joukov : une armée entièrement motorisée (500 chars et 400 automitrailleuses), appuyée par l’aviation. Ils tentent de réagir en bombardant des positions de l’Armée rouge en URSS : Tokyo s’y oppose. Joukov opère à près de 800 kilomètres de ses bases sibériennes, mais une noria de 2600 camions le ravitaille constamment en matériels et en troupes fraiches. Les unités japonaises, plus proche de leurs propres bases, n’ont pas prévu un ravitaillement analogue. Elles sont laminées.

Le 23 juillet 1939, les Japonais tentent de mener une contre-offensive. Nouvel échec. Début août, Joukov les leurre en leur permettant de repousser successivement trois assauts soviétiques : ses pertes sont élevées, mais il peut reconnaître le dispositif ennemi et surtout persuader les commandants japonais de ne pas battre en retraite. Ce qui lui permet, le 20 août, de donner le coup de grâce, en déployant trois divisions blindées, deux divisions mécanisées, 4000 camions de ravitaillement, 550 avions. Les Japonais sont encerclés le 25 août, anéantis le 31 août.

Première conséquence de cette bataille : le Japon décide de renoncer à toute nouvelle confrontation avec l’URSS, vidant ainsi de toute substance le pacte de défense mutuelle (dit « anti-Komintern ») qu’il avait conclu en 1936 avec l’Allemagne national-socialiste. En avril 1941, il signe même un pacte de non-agression avec son voisin du nord. Les deux parties s’y tiendront scrupuleusement jusqu’en août 1945 : Tokyo n’ouvre pas de second front en juin 1941, quand l’Allemagne envahit la Russie. Ni en décembre 1941, quand Hitler déclare la guerre aux Etats-Unis.

Deuxième conséquence : la défaite du Khalkhin-Gol fait perdre la face à l’armée du Guandong et favorise la Marine, sa principale rivale au sein de l’état-major impérial. A la conquête de la Sibérie, celle-ci préfère l’occupation des colonies occidentales d’Asie du Sud-Est, même au prix d’une guerre avec les Etats-Unis. Le compte à rebours vers Pearl Harbor commence.

Troisième conséquence : la guerre du Khalkhin-Gol se déroule au moment où Staline et Hitler négocient leur propre pacte de non-agression et le partage de l’Europe orientale. Leurs accords sont signés le 23 août, alors que les Japonais s’effondrent. Staline se sent suffisamment fort. Hitler admet que, provisoirement, il ne peut mener une guerre sur deux fronts.

Quatrième et ultime conséquence : le Khalkhin-Gol a servi de laboratoire à une nouvelle Armée rouge. Celle-ci n’est pas encore pleinement déployée en 1941, lors de l’attaque allemande : Staline croyait disposer d’un répit de deux années supplémentaires au moins. Mais ce sont les unités d’élite d’Extrême-Orient qui sauvent Moscou en décembre 1941. Et c’est Joukov, le vainqueur de Mongolie, qui est nommé chef de l’état-major général en 1941, et qui conquiert Berlin en 1945.

© Michel Gurfinkiel & Valeurs Actuelles, 2019

Fondateur et président du Colloquium Jean Bodin, Michel Gurfinkiel est Ginsberg-Ingerman Fellow au Middle East Forum.

Des tags antisémites et racistes ont été découverts sur des commerces à Lyon

Des inscriptions racistes et antisémites ont été taguées sur des commerces à Lyon. Le Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation se trouve dans la même rue.

Lyon croix gammées

Acte antisémite et raciste à Lyon

Ce sont de nouveaux actes antisémites et racistes que connait la France. Une vingtaine d’inscriptions ont été taguées sur des commerces et un cabinet d’infirmier dans le 7ème arrondissement de Lyon. Des croix gammées et des insultes racistes faites à la peinture orange ont été retrouvées dans l’avenue Berthelot. Inscrites dans la nuit de jeudi à vendredi, les autorités ont “unanimement condamné ces actes odieux, d’autant plus dans une ville comme Lyon qui fut le théâtre de la Résistance” , a rapporté le service de presse de la préfecture.

La ministre de la santé Agnès Buzin, en visite à Lyon, s’est rendue sur les lieux ce matin, accompagnée du préfet du Rhône Pascal Mailhos et du maire de la ville Gérard Collomb. Le président de la Métropole David Kimelfeld a posté sur Twitter son dégout en exprimant avoir “de la nausée à la colère” . “La Ville de Lyon et la mairie du 7e arrondissement font le nécessaire pour que ces horreurs soient effacées rapidement. Les coupables devront être traduits devant la justice” , écrit-il. Il insiste également sur le fait que ces inscriptions avaient été taguées sur l’avenue où se trouve le Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation. Ces inscriptions sont d’autant plus prises au sérieux car le Centre commémore demain la rafle des enfants d’Izieu.

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David Kimelfeld@DavidKimelfeld

De la nausée à la colère. Des tags infâmes ont été découverts ce matin avenue Berthelot à #Lyon : SS, croix gammées, “arabes”, “negro”… Avenue qui accueille le centre d’histoire de la résistance et de la déportation.

Un acte odieux

Ces mots ne sont pas anodins, ils s’inscrivent dans un contexte de multiplication des actes et propos racistes” , exprime l’association SOS Racisme dans un communiqué remis au HuffPost. ”Ces tags à Lyon visent à la fois les arabes, les noirs, et font l’apologie du nazisme. SOS Racisme se tient aux côtés des personnes visées, en solidarité des commerçants et habitants indignés qui ont découvert ces inscriptions macabres” , conclut l’association.

Vidéo intégrée

Agnès Buzyn@agnesbuzyn

Arrivée devant les croix gammées et les insultes racistes taguées avenue Berthelot à Lyon, tout près du Centre National d’Histoire de la Résistance et de la Déportation. @CHRDLyon

Révoltant, insupportable. #ÇaSuffit35212:20 – 5 avr. 2019 · Lyon, France

Zineb El Rhazoui : « Si on applique les textes islamiques, cela donne un totalitarisme absolu et liberticide »

GRAND ENTRETIEN 1/2. L’ex-journaliste de « Charlie Hebdo » évoque sa famille, son athéisme, le 7 janvier 2015 et ce qu’elle nomme le « fascisme islamique ».

Propos recueillis par Thomas Mahler | Le Point 


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Confessions. « Je me suis revendiquée athée à l’adolescence, vers l’âge de 15 ans », se souvient Zineb El Rhazoui.

Le Point : En décembre, vous avez reçu de nouvelles menaces de mort pour avoir déclaré que « l’islam doit se soumettre à la critique ». Où en êtes-vous côté sécurité ?

Zineb El Rhazoui : C’est cyclique. Ces tempêtes de menaces de mort s’accompagnent aussi d’énormément de messages de soutien, qui proviennent de l’ensemble du spectre politique français, de la gauche, voire de l’extrême gauche (la cellule JR Hébert du 18 e arrondissement, qui se revendiquait comme l’aile laïque de La France insoumise avant d’en être exclue pour les mêmes raisons), à la droite souverainiste. Cela démontre que c’est une question républicaine qui transcende les partis politiques. Ce qui est très difficile à vivre, ce n’est pas tant les menaces que l’impunité. Alors que je peux parfois recevoir des centaines de menaces par jour sur les réseaux sociaux, il faudrait pour chaque menace faire un constat d’huissier à plusieurs centaines d’euros et saisir un avocat. C’est très difficile financièrement de poursuivre ces gens et donc de faire valoir ses droits. J’ai récemment redéposé plainte, mais pour l’instant ça n’a abouti à rien. Est-ce à la police qu’il faut le reprocher ? A la justice ? Aux plateformes comme Facebook ou Twitter, qui rechignent à faire le ménage ? Ou simplement à l’absence de volonté politique de retrouver les auteurs ? L’impunité mène à la banalisation, puis à la normalisation.

Votre première fatwa date de 2009. S’habitue-t-on aux menaces de mort ?

En 2009, la ligue Mohammedia des oulémas du Maroc a, à la suite du pique-nique que nous avions organisé pendant le ramadan avec le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali), fait un communiqué qui me désignait nommément comme chef de file de ce mouvement hérétique et qui dénonçait un acte odieux défiant les enseignements d’Allah et du Prophète, donc méritant un châtiment exemplaire. Vous vous rendez compte ? Parce que nous voulions manger pendant le ramadan ! Pour moi, une fatwa, c’est un galon d’honneur. La première, j’avais envie de l’imprimer et de l’accrocher dans mon salon. Quand les plus hautes juridictions islamiques commencent à vous désigner comme une personne à abattre, cela veut dire que vous avez mis le doigt là où ça fait mal. Mais bien sûr qu’on ne s’habitue jamais aux menaces de mort, comme on ne s’habitue pas à vivre sous surveillance. On l’intègre comme une donnée du quotidien, mais il ne faut pas s’y habituer, car ce serait normaliser quelque chose de fondamentalement inacceptable.

Comme beaucoup d’athées de culture musulmane, vous insistez sur le fait que islam n’est pas « religion de paix et d’amour ». C’est peut-être ce qui choque le plus, même chez les non-musulmans, non ?

Connaissez-vous une religion inventée il y a des dizaines de siècles que l’on peut vraiment présenter comme telle selon nos normes contemporaines ? N’importe quelle société appliquant une religion à la lettre, même le christianisme, ne sera guère exemplaire en matière d’acceptation de l’homosexualité, de contraception, de divorce… Je ne comprends pas pourquoi les musulmans tiennent absolument à ce qu’on considère leur religion comme étant de paix et d’amour, alors qu’ils censurent toute tentative de critique rationnelle de leur dogme. Les textes islamiques sont des textes misogynes. Ils autorisent explicitement la polygamie et l’esclavage, incitent à la barbarie, comme dans la 8e sourate du Coran), verset 12 : « Je jetterai la terreur dans le cœur de ceux qui ont mécru. Vous pouvez les frapper au-dessus du cou et les frapper sur chaque doigt. » Aujourd’hui, ce que l’islam exige de ses ouailles, que ce soit dans les pays où il est religion d’Etat ou à travers la mainmise communautariste de ses représentants autoproclamés en Occident, c’est quand même l’application d’un totalitarisme se considérant comme supérieur aux droits humains. Ce qui ne veut pas dire que l’essentiel des musulmans ne sont pas des gens pacifiques, mais ils le sont parce que leur humanité prévaut sur l’application à la lettre de leurs textes sacrés. Affirmer que l’islam est une « religion de paix et d’amour », c’est mentir, car l’islam s’est largement répandu par le sabre, qui figure sur le drapeau du royaume d’Arabie saoudite, celui de la République islamique d’Iran(verticalement), sur celui des Frères musulmans, celui des Talibans pakistanais ou encore celui du Front Moro philippin. Aujourd’hui encore, dans les théocraties islamiques, la foi n’est pas une option, elle est imposée par la coercition.

Courage. Zineb El Rhazoui, en mars. « Ceux qui se taisent lorsqu’il s’agit de dénoncer une injustice mettent en danger ceux qui parlent. »

Vous refusez aussi la distinction entre islam et islamisme. Pourquoi ?

Je fais déjà une distinction entre Islam et islam. L’islam avec un petit « i », c’est la religion musulmane, les textes coraniques, la sîra, la sunna, l’exégèse… L’Islam avec un grand « i », c’est la civilisation islamique qui recouvre d’autres réalités : le droit coutumier, des cultures poétiques, musicales ou culinaires, une Histoire qui n’est pas forcément islamique mais qui est aussi païenne, juive, chrétienne, zoroastrienne… L’islamisme est le courant politique qui croit que l’islam doit intervenir dans la cité. L’application stricto sensu de l’islam avec un petit « i », c’est bien l’islamisme. Il n’y a pas de séparation entre la spiritualité et la notion d’oumma, la nation islamique. L’islam est d’ailleurs une orthopraxie : le bon musulman, selon l’islam, est celui qui accomplit scrupuleusement les rituels religieux : les cinq prières, le ramadan, le pèlerinage à La Mecque, où certaines sunnas, comme le sacrifice du mouton, ou la omra (pèlerinage facultatif). La foi doit se voir dans la façon de vivre. Si on applique les textes, cela donne un totalitarisme absolu et liberticide. Mais cet islamisme peut bien sûr avoir des degrés divers. Cela va de l’islamisme « fréro-salafiste » de l’UOIF, qui affirme hypocritement être pacifique, voire compatible avec la société moderne, jusqu’à l’islamisme de Daech, qui a la prétention de singer dans les moindres détails la société primitive du Prophète et de ses compagnons, tout en utilisant des kalachnikovs et des smartphones fabriqués par les mécréants.

Mais est-ce vraiment nécessaire, comme vous le faisiez dans votre dernier livre, de parler de « fascisme islamique », lorsque l’on sait que le fascisme est un phénomène historique du XXe siècle ?

Mais l’islamisme est un phénomène du XXe siècle, précisément né dans les années 1930, d’ailleurs ! C’est non seulement nécessaire, mais salutaire d’identifier cette idéologie mortifère comme étant un fascisme, parce qu’elle n’a jamais été autre chose. La quasi-totalité des organisations ou régimes islamistes qui existent aujourd’hui sont sortis de la matrice de la secte des Frères musulmans, cette mouvance créée par Hassan el-Banna, le grand-père de Tariq Ramadan, en Egypte, en 1928, à l’époque où les idéologies fascistes avaient le vent en poupe dans le monde et notamment en Europe. Hassan el-Banna n’a d’ailleurs jamais caché sa grande admiration pour Hitler. Par ailleurs, la simple observation de ce qu’est l’islamisme en 2019 nous permet de constater qu’il ne s’agit pas là d’une spiritualité individuelle, mais plutôt d’un bloc identitaire qui possède nombre des caractéristiques méthodologiques des fascismes. D’abord, il y a la vénération aveugle, la quasi-déification du leader éternel, le prophète Mahomet, qui quinze siècles après sa mort continue à tuer. On a vu ce qu’il est arrivé aux derniers qui ont essayé d’ironiser sur sa figure – ce sont mes collègues de Charlie Hebdo. Comme dans tous les fascismes, l’islamisme possède également des bras armés, des milices qui tuent au nom de cette idéologie. Il y aussi cette aversion profonde pour les intellectuels et les arts : lorsque les partis islamistes comme le Parti de la justice et du développement (PJD) marocain accèdent au pouvoir, ils commencent à parler d’« art propre », avec cette notion d’art pur et impur. Comme dans les fascismes, on constate un sexisme répressif envers les femmes et les homosexuels. L’Etat islamique a jeté les homosexuels des bâtiments les plus hauts et, même dans les théocraties islamiques se disant « light » comme le Maroc, l’homosexualité est punie de prison. Et a-t-on dans l’histoire de l’humanité connu un sexisme plus oppressif que cette idéologie souhaitant quasiment faire disparaître le corps des femmes du paysage public ? Comme les fascismes, qui sont expansionnistes, l’islamisme a clairement une logique impérialiste : par le djihad ou par le prosélytisme politique, il faut étendre cette foi partout. Le monde selon cette idéologie se divise en deux : Dar al-Islam, « la maison de l’islam », et « Dar al-Harb, « la maison de la guerre ». Il y a également un uniforme : pour les hommes, la barbe ou le qamis ; pour les femmes, toutes les gradations du voile. Cet uniforme sert d’outil de marquage visuel pour identifier les adhérents et non-adhérents à l’idéologie, comme cela s’est fait dans d’autres fascismes. Et puis les fascismes, avant l’accession au pouvoir, prétendent apporter des réformes sociales, s’adresser aux plus faibles. Mais une fois au pouvoir, ils appliquent un libéralisme effréné. On voit bien dans des pays comme l’Arabie saoudite ou le Qatar que les droits des travailleurs ne sont absolument pas respectés et qu’il n’y a pas beaucoup de place pour les revendications sociales. Enfin, il y a le sentiment d’appartenance à une communauté persécutée, qui doit se redresser pour accéder à une grandeur fictive perdue. Les fascismes se sont tous fondés sur ce sentiment exacerbé d’un âge d’or. Aujourd’hui, malheureusement, nous avons en France des personnes à gauche qui alimentent ce sentiment victimaire et qui ne comprennent pas qu’elles jouent avec le feu. La seule différence, finalement, avec d’autres fascismes, c’est que l’islamisme a réussi à se draper d’une respectabilité aux yeux de ceux-là mêmes qu’il veut détruire.

Vos parents sont-ils religieux ?

Lorsqu’on naît au Maroc, la question de la religion ne se pose pas. Il y a deux communautés religieuses officielles, l’islam et le judaïsme. Si l’on n’est pas juif, on est considéré comme étant musulman sunnite de rite malékite par défaut. C’est cela, un Etat non laïque. Mon grand-père maternel a toujours eu une aversion pour la bigoterie et l’islam visible. La famille de mon père était, elle, une famille marocaine lambda, avec la foi du charbonnier. Mon père se définit comme musulman, mais avec une pratique très minimaliste, faisant uniquement le jeûne du ramadan par tradition, comme beaucoup de Marocains. Dès l’école primaire, on commence l’apprentissage du Coran. En plus des cours coraniques, il y avait des cours de charia ou des cours de hadiths. Dans ma famille, je voyais ma grand-mère paternelle, tatouée au menton et analphabète, accomplir la prière. Pourtant, cette femme traditionnelle marocaine, qui est toujours vivante, n’était pas voilée. Lorsque je vais la voir, elle qui chaque année fait sa omra à La Mecque me dit qu’elle prie pour moi lorsqu’elle est à la Kaaba, un lieu que je rêve de voir ouvert aux touristes un jour. Et, lorsque je lui rends visite pendant le ramadan, elle se lève pour me préparer son thé à la menthe et un plateau de victuailles. L’islam de ma famille était donc un islam traditionnel, mais pas traditionaliste. La consommation d’alcool et les mariages mixtes ne posaient pas problème. Le voile islamique que l’on voit aujourd’hui en France, et que l’on présente maintenant comme inhérent à l’identité islamique, nous l’avons vu apparaître dans la société marocaine seulement dans les années 1990. Lorsque je me rends dans des villes marocaines non touristiques, dans ce « Maroc inutile », selon Lyautey, un Maroc pauvre et enclavé, je constate avec horreur que quasiment toutes les femmes portent le voile, alors qu’il n’est absolument pas obligatoire dans les textes de loi et qu’il était quasi inexistant dans mon enfance. Les premières qui ont commencé à le porter n’étaient d’ailleurs pas des filles de milieux populaires, mais des étudiantes qui se sont frottées à l’idéologie de l’islam politique dans les universités marocaines dans les années 1980.

Comment votre famille regarde-t-elle vos engagements ?

La famille El Rhazoui, très nombreuse, me soutient de manière indéfectible, y compris ceux parmi eux qui se définissent comme musulmans. Ils estiment que ma liberté est un droit absolu et qu’elle porte la parole d’une partie de la société marocaine qui en est privée. Mon oncle paternel, venu en France à l’âge adulte, a une reconnaissance infinie envers la France de l’avoir accueilli, de lui avoir permis de trouver un travail, de vivre dignement. Lorsqu’il est avec ses amis au bistrot, il est très fier de me voir passer à la télévision. Pour lui, je donne une image plus positive, plus moderne des Arabes ou musulmans. Mes parents me soutiennent, mais, évidemment, ils ont aussi peur. Si je ne réponds pas à un SMS de ma mère dans le quart d’heure, elle s’imagine le pire. Dans ma famille, il y a aussi des gens plus bigots, car malheureusement l’islamisme n’a épargné aucune strate de la société marocaine. J’ai par exemple plusieurs tantes voilées. Mais mes critiques envers le voile n’ont jamais altéré notre lien d’affection. Dans leur sagesse teintée de bon sens, elles comprennent que s’opposer à l’idéologie n’est en aucun cas une attaque personnelle, une haine de l’individu.

A quel moment êtes-vous devenue athée ?

Je me suis revendiquée athée à l’adolescence, vers l’âge de 15 ans. J’ai cessé de pratiquer le ramadan tout en continuant à faire semblant, car, socialement, on ne pouvait pas s’afficher en tant que tel. Mais l’athéisme n’est pas quelque chose qui vient du jour au lendemain. C’est toujours un processus qui prend des années lorsqu’on a reçu une éducation religieuse qui confine au lavage de cerveau, surtout quand on est enfant et qu’on est très malléable. Au lycée, me dire athée m’a procuré un certain confort intellectuel intime, car c’était en adéquation avec la liberté à laquelle j’aspirais et l’aversion que je ressentais pour la religion qui, en tant que femme, ne me réservait que mépris et la perspective de n’être que la moitié d’un homme, une mineure à vie. Le point de départ de mon athéisme était ainsi féministe. Je savais que la religion est un joug dont il faut se débarrasser, mais j’ai continué pendant quelque temps à manquer d’outils intellectuels me permettant de théoriser mon athéisme. J’ai alors entamé une quête intellectuelle. J’ai commencé à lire tout ce qui pouvait me tomber entre les mains, en sachant que les livres sur l’athéisme sont censurés au Maroc. J’ai d’abord lu des romans évoquant d’autres réalités à travers le monde. Puis des livres d’exégèse, en essayant de leur appliquer un esprit critique. Pourquoi le Prophète, qui avait au moins treize femmes officielles, a-t-il limité le nombre à quatre pour les autres ? Pourquoi était-il obsédé par sa sexualité ? En arrivant en France pour mes études, j’ai eu accès à tous les livres. Je me suis plongée dans les penseurs issus de l’islam, mais qui ont émis des critiques, telle la grande féministe égyptienne Nawal el-Saadawi, mais aussi dans des textes sur les Lumières. En 2004, assistante à l’université française au Caire, j’ai découvert à la bibliothèque de l’université Al-Azhar des thèses de doctorat plus débiles et dangereuses les unes que les autres. Je me souviens d’une thèse se demandant si l’on avait le droit d’ouvrir le ventre d’un mort en charia. Si c’est une personne ayant avalé un diamant hors de prix, les quatre écoles de jurisprudence s’accordent pour dire que c’est possible. Mais, si c’est une femme enceinte avec un bébé toujours vivant, on ne peut ouvrir son ventre que si une autre femme est disponible pour l’opération. Même pour sauver une vie, il faut à tout prix éviter qu’un homme puisse ressentir un émoi sexuel devant un cadavre ! Les bigots de l’islam accusent ses apostats d’ignorance, mais c’est le contraire qui est vrai. Il suffit de se plonger dans la doctrine islamique pour en mesurer toute l’absurdité et la fantaisie.

Le 7 janvier 2015, alors que les frères Kouachi abattent vos collègues de Charlie Hebdo, vous êtes à Casablanca…

Avec Charb, on avait un deal. Si je ne venais pas à la réunion, je lui envoyais un mail avec mon sujet avant 10 heures du matin. Cette semaine-là, je lui ai dit que je voulais écrire sur le tract de Daech réglementant la vente et l’achat de femmes yézidies. Quand Charlieavait commencé à parler de djihad sexuel, on s’était fait attaquer par plein de gens nous qualifiant d’islamophobes, et qui prétendaient que cette histoire d’esclaves sexuelles était une infox. Or, dans ce tract, les femmes avaient un prix selon leur âge, les deux tranches les plus chères étaient les femmes qui ont entre 0 et 10 ans, et celles qui ont entre 10 ans et 20 ans. Ce document répondait à des questions juridiques du type : « Si j’achète deux sœurs, ai-je le droit de coucher avec les deux ? » (la réponse est non, on peut coucher avec l’une et garder l’autre pour le ménage, par exemple). J’avais écrit à Charb tôt pour qu’il ne m’engueule pas. J’étais certaine qu’il allait me prendre le sujet. Puis mon téléphone marocain s’est mis à sonner. C’était un ami journaliste, affolé, qui m’a prévenue qu’il y avait une fusillade à Charlie. J’ai appelé Charb, Luz, Luce Lapin… Je me disais que c’était un allumé venu avec une arme de poing et qui a dû casser deux vitres… Luce me répond et me dit qu’elle était planquée dans le bureau de Cécile Thomas, responsable des éditions Les Echappées, avec un autre collègue. « Il y a au moins dix morts, Charb est mort », m’annonce-t-elle. J’avais du mal à y croire, je pensais qu’elle me faisait une blague, comme souvent à Charlie, puis j’ai entendu des hurlements de bête blessée. C’était Patrick Pelloux qui pleurait. Je suis tombée sur les genoux. J’ai rappelé Charb en lui laissant un message : « Allez, mon vieux, ça va le faire. » Je ne voulais pas accepter sa mort. Devant la liste des morts qui s’allongerait, j’ai senti le sol se dérober sous mes pieds, je me suis même demandé si après un tel cataclysme il fallait rentrer en France. Mais, quand j’ai appris que Simon Fieschi, mon grand pote, était entre la vie et la mort, je me suis dit : « Il faut y aller. » J’ai atterri à Paris le 8 janvier par le premier avion.

C’est à l’aéroport que vous découvrez votre premier officier de sécurité et cette prison ambulante qui sera désormais votre vie…

A la porte de l’avion, je suis cueillie par Cyril. J’ai découvert ce qu’était vraiment la protection policière. Je n’avais pas d’appartement à Paris. Je squattais d’habitude chez ma mère, mais de son salon on voyait l’immeuble où habitait l’un des frères Kouachi. Pendant des mois, jusqu’en mai, j’ai été une SDF, passant des canapés d’amis à des hôtels. J’ai rapidement été mise en protection très élevée, du fait de menaces très ciblées à la suite de mes interventions dans des médias arabophones. C’était une période de ma vie où je me ramassais à la petite cuillère. J’avais des crises de larmes très fréquentes, mais les flics étaient là. Ils me disaient qu’il me fallait manger, alors que ce n’est pas leur boulot. Le matin, souvent, je ne voulais pas me lever, j’étais dans un état de marasme absolu. Les policiers du SDLP, qui détestent habituellement les VIP qui les font poireauter, ont compris l’état dans lequel je me trouvais et ont fait preuve d’une grande humanité. Mes flics m’ont littéralement retenue à la vie, car cette protection, si contraignante qu’elle pouvait être, m’obligeait à m’astreindre à un agenda, à honorer mes rendez-vous et à faire bonne figure. En plus, ils étaient là pour éventuellement qu’on meure ensemble. Cela crée un lien extraordinaire de confiance. Ils ont suivi les aléas de ma vie privée, ont vu naître ma fille. Mais cette protection m’a aussi extraite de la société. Je n’ai pas pris le métro depuis décembre 2014. Quand je suis au supermarché et que j’achète du PQ ou des serviettes protectrices, entourée de gentlemen, bonjour l’intimité. Je dis d’ailleurs souvent à mes officiers de sécurité : quel est ce pays où des types surentraînés comme vous, plutôt que d’aller tuer des terroristes, doivent m’accompagner pour faire mes courses ?

Qu’avez-vous pensé de la réaction des Français après les attentats ?

On espérait vraiment qu’après Charlie il y aurait un sursaut, un éveil national. Quand, le 11 janvier, on a marché boulevard Voltaire entourés de millions de personnes, une foule souffrant avec nous, on s’est dit : « Enfin, ils ont compris notre travail. La mort de nos amis n’aura pas servi à rien ! » Mais très rapidement il y a eu ce débat nauséabond, avec toujours les mêmes « je condamne les attentats, mais je ne suis pas Charlie ». Après le 13 novembre 2015, on a entendu des gens dire aux Parisiens affligés : « Il y a eu des attentats à Beyrouth, mais on ne vous a pas entendus vous indigner. » J’avais envie de leur répondre : « Quand tu perds ton frère, ça te fait mal, non ? Pourtant, le même jour, des milliers d’autres personnes meurent sur cette planète. Tu ne leur veux aucun mal, c’est juste que tu souffres plus pour ton frère que pour un inconnu ailleurs. » Les ressorts de ce discours pestilentiel sont nombreux : le négationnisme, qui ne veut y voir aucun lien avec l’islam, le complotisme, qui attribuait les attentats à des forces obscures, ceux qui estimaient que les musulmans sont les premières victimes, ceux qui ont attribué les attentats à la politique étrangère française, voire au racisme supposé du peuple français, etc. Même cette douleur pour les nôtres nous a été reprochée en tant que Français. Après, il y a eu Nice. Un type au volant d’un camion s’est dit qu’il allait tuer des enfants venus admirer les feux d’artifices du 14 Juillet au nom d’Allah. J’en étais si meurtrie que j’ai voulu révoquer ma protection, car tout le monde était désormais menacé. Quel sens a cette protection si des enfants se font tuer dans leur poussette ? Mes amis m’en ont dissuadée, me disant que j’étais ciblée à titre individuel. Peut-être que l’histoire aurait été différente si en 2006 tous les journaux de France et du monde avaient décidé de publier les caricatures de Mahomet. Ceux qui ont alors maquillé leur couardise en un prétendu respect de la religion ont contribué à isoler et à cibler Charlie. Ceux qui se taisent lorsqu’il s’agit de dénoncer une injustice mettent en danger ceux qui parlent.

«Revenants» du djihad: le piège de l’angélisme

LE FIGARO
  1. Actualité
  2. France

Par Isabelle Lasserre et  Adrien Jaulmes

DÉCRYPTAGE – Rapatrier les djihadistes exposerait la France à de nombreux risques.

Sur le sujet ultra-sensible des «revenants», la politique française a fluctué en fonction de l’actualité syrienne ou de la politique intérieure. Ainsi a-t-on vu, au fil des années, la ministre des Armées espérer que les djihadistes français tombent au combat, le chef de la diplomatie désirer qu’ils soient jugés par ceux qu’ils ont combattus, le président prôner des solutions au cas par cas et le ministre de l’Intérieur envisager leur retour. Plus récemment, les tweets de Donald Trump annonçant le retrait américain de Syrie et enjoignant aux Européens de rapatrier leurs combattants ont poussé la garde des Sceaux à considérer leur retour avant de préférer, une fois la certitude acquise que les États-Unis maintiendraient 200 hommes, qu’ils soient jugés sur place. «La politique du gouvernement a été inconstante. Les problèmes étaient prévisibles mais la France a laissé l’abcès se développer», regrette Marc Hecker, spécialiste de l’Ifri, lors d’une rencontre au Conseil européen des relations internationales (ECFR).» LIRE AUSSI – Ces «revenants» du djihad libérables en 2019 qui inquiètent les services antiterroristes

Devenue brûlante depuis l’effondrement du califat, l’épineuse question du retour des djihadistes a trois volets: les hommes, les femmes et les enfants. Des personnalités de gauche ont réclamé, au nom de «nos valeurs» et en signant des pétitions, le retour des «enfants de Daech» qui n’ont pas choisi leur sort. On peut se demander pourquoi, dans le long cortège de malheurs semé par l’organisation djihadiste depuis qu’elle s’est transformée en État au cœur du Moyen-Orient, leur compassion s’adresse en priorité aux enfants de ceux qui ont perpétré ces crimes, avant ceux de leurs victimes, par exemple les orphelins yazidis convertis de force à l’islam par les meurtriers de leurs parents. L’argument selon lequel Paris aurait des devoirs envers les enfants de ceux qui ont choisi de rejoindre une organisation responsable de la mort de centaines de Français peut paraître spécieux. Comme peut être contestable celui qui consiste à affirmer qu’ils sont plus dangereux à l’étranger qu’en France. Les adolescents entraînés par Daech qui se trouvent dans le camp de déplacés d’al-Hol au nord-est de la Syrie sont des combattants plus que des enfants, endoctrinés par une idéologie qui ne laisse pas beaucoup de place à la discussion et aux bons sentiments. C’est l’une des raisons pour lesquelles le gouvernement français, prudent, n’a pour l’instant rapatrié que cinq orphelins, en mars 2019, qui se trouvaient dans une situation «vulnérable».

Risques de récidive

Les nouveau-nés et les enfants en bas âge peuvent sans doute être rapatriés et élevés en dehors de l’idéologie de l’EI, surtout s’ils ont de la famille en France qui peut les accueillir. Mais ils devraient alors revenir avec leurs mères, dont la plupart n’ont pas exprimé de regrets envers leurs victimes et adhèrent à l’idéologie islamiste. Présentées par certaines associations comme des victimes, elles sont pourtant parfois jugées «aussi violentes et dangereuses que les combattants» par les spécialistes.

Certains voudraient que les djihadistes adultes soient jugés en France, où les procédures mises en place depuis le début de la guerre ont déjà permis de «traiter» plus de 300 revenants. Mais la plupart nient avoir combattu au sein de l’EI, se faisant passer pour des cuisiniers ou des brancardiers. Or, les preuves de leur culpabilité manquent souvent. Les spécialistes soulignent en outre les risques de récidive: départ vers une autre terre de djihad, attaques perpétrées en prison, attentats commis après la sortie. Cinq cents terroristes et mille détenus radicalisés peuplent déjà les prisons françaises. «80 % des personnes emprisonnées pour terrorisme seront libérables d’ici 2022», prévient Marc Hecker, le chercheur de l’Ifri. Le camp d’al-Hol, où s’est reconstituée sous les tentes de l’ONU une petite ville peuplée d’environ 65 000 djihadistes, est par ailleurs loin d’être le plus insalubre des camps de réfugiés. L’afflux imprévu de dizaines de milliers de personnes sorties de la poche de Baghouz pendant la dernière bataille contre l’EI a pris de court les Nations unies, mais les conditions matérielles se sont depuis améliorées. Les familles de Daech y sont aussi bien traitées que les autres réfugiés dans la région. Et beaucoup mieux que l’étaient les prisonniers de l’État islamique. 

Approche précautionneuse

Tous les pays européens confrontés au problème mènent des réflexions différentes. Seuls le Danemark et la Grande-Bretagne pratiquent la déchéance de nationalité pour les binationaux. Y compris désormais pour les enfants en ce qui concerne le Danemark. Le Quai d’Orsay a adopté une approche précautionneuse, privilégiant le jugement des combattants sur place. «Les Européens durcissent leur ligne et sont de plus en plus réticents à l’idée du retour des djihadistes», observe Anthony Dworkin, chercheur au Conseil européen des relations internationales (ECFR). Les Kurdes syriens, qui détiennent à al-Hol plus de 9 000  djihadistes et familles de djihadistes étrangers, réclament pour les juger la création d’un tribunal international spécial. La France a émis des réserves vis-à-vis de cette idée très «complexe» à mettre en œuvre: le Rojava, la région autonome des Kurdes de Syrie, n’est pas reconnu internationalement, le territoire reste au regard du droit celui du régime de Damas et la Chine et la Russie ne manqueraient pas de mettre leur veto à la création d’un tribunal onusien. «Les Européens ont tous les mêmes dilemmes. On ne sait que faire des djihadistes de Daech car on ne sait pas quoi penser d’eux. Qui sont-ils? Des combattants ennemis? Ou bien, depuis que le califat est à terre et qu’ils ont perdu la guerre, des criminels ayant violé la loi en rejoignant une organisation terroriste?» interroge Anthony Dworkin.

Selon l’ex-aide de Trump, l’enquête Mueller l’a visé pour ses liens avec Israël

George Papadopoulos a dit à la radio israélienne que l’attention portée aux accords commerciaux avec l’Etat juif révélait une enquête “corrompue” lancée à son encontre

Par TIMES OF ISRAEL STAFFAujourd’hui, 19:25  0

George Papadopoulos, ancien conseiller de campagne de Trump à l'origine de l'enquête sur la Russie, lors de sa première apparition devant les enquêteurs du congrès au Capitole, à Washington, le 25 octobre 2018 (Crédit : AP Photo/Carolyn Kaster)

George Papadopoulos, ancien conseiller de campagne de Trump à l’origine de l’enquête sur la Russie, lors de sa première apparition devant les enquêteurs du congrès au Capitole, à Washington, le 25 octobre 2018 (Crédit : AP Photo/Carolyn Kaster)

George Papadopoulos, ancien conseiller de Donald Trump au cours de sa campagne électorale de 2016, a affirmé dans un entretien accordé à une station de radio israélienne que ses interrogatoires dans le cadre de l’enquête menée par Robert Mueller s’étaient concentrés sur ses liens avec Israël et non avec la Russie.

S’exprimant samedi au micro de la radio militaire, Papadopoulos a clamé que ses accords commerciaux passés avec l’Etat juif avaient été « déterminants » dans son dossier.

« Ce pour quoi j’ai été réellement pris pour cible par l’équipe de Mueller et par ces individus n’avait rien à voir avec la Russie. Cela avait à avoir avec mon travail en Israël et mon travail en tant que lobbyiste dans le secteur de l’énergie », a-t-il dit.R

Papadopoulos, conseiller en politique étrangère de Trump durant sa campagne, a purgé une peine de 14 jours de prison après avoir admis qu’il avait menti au FBI au sujet d’une conversation avec un professeur maltais en 2016, qui lui avait dit que la Russie avait des « saletés » à sortir sur Hillary Clinton – sous la forme de courriels piratés.

Les informations concernant les contacts de Papadopoulos pendant la campagne avaient lancé l’enquête du FBI au sujet de la Russie.

Le président Donald Trump s’adresse aux médias avant de monter à bord de l’Air Force One, pour se rendre à Washington depuis l’aéroport international Palm Beach, le dimanche 24 mars 2019. (Crédit : AP/Carolyn Kaster)

Interrogé pendant l’interview de samedi sur les conclusions de l’enquête Mueller – qui a statué qu’il n’y avait pas eu de collusion entre la campagne de Trump et les responsables russes – Papadopoulos a répondu : « je pense qu’il s’agit d’une légitimation totale de la campagne, l’équipe de transition et de l’administration actuelle. »

Il a ajouté qu’il pensait qu’une nouvelle enquête devait dorénavant être ouverte pour découvrir « ceux qui ont mené cette chasse aux sorcières illégale et injuste, comme l’a qualifiée le président. Je n’ai jamais rencontré un seul responsable russe dans ma vie entière et même pendant la campagne de Trump. Toutes ces personnalités apparues dans mon histoire et qui ont été décrites à tort comme des Russes par le FBI et par Bob Mueller étaient en fait des agents des renseignements occidentaux envoyés pour tenter de saboter la campagne de Trump. »

Alors qu’il lui était demandé s’il pensait que Trump lui rendrait grâce par le biais d’une ordonnance, Papadopoulos a répondu : « Mes avocats pensent qu’il pourrait le faire – je n’ai de toute façon aucune attente particulière. Je pense que le fondement du dossier contre moi était malhonnête, et le président Trump constatera que l’enquête entière de Mueller sur moi a concerné mon travail avec Israël et non avec la Russie. »

Une version rédigée du rapport établi par le conseiller spécial Robert Mueller sera transmise au Congrès américain à la mi-avril et ne sera pas présentée au préalable à la Maison Blanche, a expliqué vendredi le procureur général américain William Barr.

Le calendrier de Barr, inclus dans une lettre adressée aux présidents des commissions judiciaires de la chambre et du sénat, laisse présager une épreuve de force possible avec les parlementaires démocrates qui insistent sur le fait qu’ils souhaitent accéder au rapport dans son intégralité dès cette semaine.

Le procureur spécial américain Robert Mueller après avoir assisté à une messe à Washington, DC, le 24 mars 2019. (Crédit : Tasos Katopodis/Getty Images/AFP)

Dans sa lettre, Barr indiquait partager le désir que le Congrès comme le public puissent lire les conclusions de Mueller, intégrées dans le rapport de presque 400 pages soumis le 22 mars par le procureur spécial. Deux jours après, Barr avait envoyé une lettre de quatre pages au Congrès qui détaillait les « conclusions principales » de Mueller.

Barr a déclaré que Trump avait le droit de ne pas communiquer certaines informations sur le rapport – un privilège présidentiel aux Etats-Unis. Mais il a noté que Trump « a publiquement établi qu’il avait l’intention de s’en remettre à moi, et il n’y a donc aucun projet de soumettre le rapport à la Maison Blanche pour révision ».

Mueller n’a pas pu prouver que Trump s’était coordonné ou qu’il avait conspiré avec la Russie, a écrit Barr, et il n’a pu tirer de conclusion sur une éventuelle obstruction à la justice de la part du président américain. Barr a noté que lui et le procureur général adjoint avaient décidé seuls que les preuves apportées par Mueller étaient insuffisantes pour établir une éventuelle entrave à la justice.

INQUIÉTANTE ALLEMAGNE


Jusqu’à présent, depuis la seconde guerre mondiale l’Allemagne avait toujours agi en amie des Juifs et d’Israël. Quand on parle de l’Allemagne il s’agit évidemment de l’Allemagne de l’ouest, celle de l’est étant alignée sur l’antisémitisme soviétique rebaptisé antisionisme.

L’Allemagne de l’ouest s’est fait un devoir d’indemniser les victimes juives de la politique nazie et Israël avec des dommages de guerre non négligeables.

Elle a également accueilli de façon proactive les Juifs soviétiques qui fuyaient les persécutions communistes et elle a souvent soutenu Israël dans les enceintes internationales. Elle a largement octroyé la nationalité allemande à une immigration juive venant de tous pays.

L’Allemagne a toujours estimé avoir une dette imprescriptible à l’égard d’Israël.

Mais, depuis 2 ou 3 ans cette retenue bienveillante a totalement disparu.

Les incidents antisémites sont en augmentation exponentielle sans qu’une parade véritable soit mise en place par les autorités allemandes.

Le seul restaurant israélien de Berlin fait l’objet de plusieurs agressions hebdomadaires, insultes, outrages, agressions, menaces de mort, jets de projectiles, tout y passe, et les autorités ne bougent pas ni celles de la ville de Berlin ni celles de l’État.

Toujours à Berlin en 2018 un israélien arabe qui avait fait le pari de se promener avec une kippa dans la rue n’a fait que quelques mètres avant de se faire casser la gueule d’importance par un migrant syrien au cri de yahoud, Juif en arabe. Le syrien interpellé n’a eu qu’une peine de principe.

L’Allemagne ne soutient plus du tout Israël au sein de l’Union Européenne et à l’ONU à la différence d’autres pays européens qui restent amis d’Israël.

Mais en donnant l’Ours d’or du festival international de cinéma de Berlin en 2019 au cinéaste israélien Nadav Lapid pour son film intitulé Synonymes, le principal festival allemand a franchi une ligne rouge proprement incroyable, une ligne qui nous ramène indiscutablement à des temps obscurs.
Dans ce film qui reçoit l’équivalent de la palme d’or de Cannes, on entend l’acteur représentant Nadav Lapid dire je le cite « Je suis arrivé en France pour fuir Israël. Fuir cet État méchant, obscène, ignorant, idiot, abominable, sordide, fétide, grossier, odieux, lamentable, répugnant, détestable, abruti, étriqué, bas d’esprit, bas de cœur » fin de citation.
A noter aussi que l’auteur refuse dorénavant de parler l’hébreu, langue à laquelle il voue la même haine.

Voilà donc ce qui a charmé notre grand jury du festival de Berlin.

Convenons qu’on peut faire plus amical et qu’il est étonnant que dans le pays des nazis on ose vilipender ainsi l’État Juif et la langue la plus parlée au monde par les Juifs, l’hébreu. Curieux retour en arrière sauf que là c’est au nom de la culture et du boboisme qui ont bon dos.

Quelle jouissance pour les antisémites de tous poils que de trouver un israélien qui vienne autant satisfaire leurs désirs les plus sombres.

C’est une constante dans le cinéma israélien. Ceux qui veulent trouver une oreille attentive et des spectateurs en Europe doivent dire le plus de mal possible d’Israël et là, la critique unanime s’extasie devant le chef d’œuvre et prime le film anti-israélien.

On peut peut-être penser que ce film est génial mais il n’en est semble-t-il rien.
Il n’y a qu’à voir la bande annonce pour constater qu’il est d’un ennui absolu.

Cas unique dans la presse française trop contente de taper sur Israël par le biais de la culture avec un grand K, le canard enchainé classe ce film en dernière position des sorties de la semaine dans la rubrique la plus négative sous l’intitulé « les films qu’on peut ne pas voir cette semaine ».

Quand l’Allemagne retrouvera-t-elle la raison ?
Imagine-t-on par exemple que serait primé un film parlant ainsi de l’Allemagne ou de la France ? Que dirait-on en France d’un cinéaste qui insulterait ainsi la France et la langue française ?
Qu’un cinéaste israélien le fasse c’est donc la preuve que tout est possible en Israël, une démocratie qui peut en remontrer à beaucoup.

Mais ce manque de clairvoyance et cette haine exprimée via ce grand prix du cinéma de Berlin devraient logiquement provoquer une vague d’indignation en Allemagne et en Europe.

On en est loin et désormais l’Allemagne ne pourra plus s’exonérer de sa grande part de responsabilité dans la renaissance d’un antisémitisme virulent sur son sol. Elle l’adore.

Raphaël NISAND

Chroniqueur le lundi matin 8H30 sur Radio Judaïca.

Magnifique lettre ouverte à Leila Shahid de Patrick Simon

Posté le 30 mars 2019 Tribune Juive

Madame,

Je ne suis ni juif, ni musulman, seulement né chrétien et de philosophie bouddhiste attaché viscéralement aux principes de vie et de liberté de conscience. J’ai des amis en Israël, mais aussi en Palestine, en Égypte, au Liban, en Syrie; comme organisateur, j’ai participé activement aux conférences de Genève et de Lausanne pour la paix au Liban où j’ai eu l’occasion et souvent le plaisir de côtoyer les Gemayel, Chamoun, Michel Aoun, Nabi Berrih et Walid Joumblatt et j’ai toujours eu une empathie profonde pour les persécutés pour lesquels je me suis toujours investi et pour lesquels j’ai prêté mon aide sans distinction de race ou de religion afin de trouver des solutions durables à la paix au Proche-Orient ce, depuis plus de 30 ans.

Leila Shahid

Or, j’ai cru, en lisant l’article dans le Monde, que j’avais une brutale déficience de la vue et que je ne comprenais plus la langue de Molière, tant vos propos sont éloignés de la réalité. Vous transgressez, travestissez, pervertissez, maquillez la vérité, mais ça, vous en avez l’habitude, puisque vous mentez, trompez, volez, exilez et assassinez ceux que vous prétendez défendre ce, dans le seul but de vivre une existence interdite au 99% des gens qui vous font confiance n’ayant pas d’autre choix que l’enfer du Hamas ou du Hezbollah ou la corruption du Fatah !

Singulier paradoxe que vos propos, car la vérité est que cette guerre vous arrange car elle est pour vous synonyme de puissance, de reconnaissance et de richesse, basée sur une corruption permanente et omnipotente présente à tous les niveaux qui a permis au Hezbollah et au Hamas de prendre l’ascendant sur le mouvement duquel vous êtes issue et dont vous êtes la triste représentante auprès de l’Union européenne. Les détournements dont votre mouvement s’est rendu coupable et dont certains ont été révélés au grand jour à la mort de Yasser Arafat avec des milliards de dollars ou d’Euros subtilisés à la collectivité devraient vous faire rougir de honte tout comme l’argent que vous et vos coreligionnaires dilapidez en dépenses fastueuses et dont la presse se fait régulièrement l’écho.

Comme le Hezbollah et le Hamas, vous terrorisez les populations dont vous prétendez être les défenseurs, vous vous camouflez dans les régions hautement densifiées, dans les hôpitaux, les écoles, obligez des enfants de maternelle, auxquels vous volez l’enfance, à se tenir derrière les roquettes que vous lancez sur les territoires israéliens ou à suivre des formations paramilitaires ce, depuis le plus jeune âge, afin de les transformer en robots disciplinés afin de devenir de parfaits petits chahids en se faisant exploser près de femmes et d’enfants, peu vous importe, pourvu qu’ils soient juifs.

Vous voulez faire comparaître Israël et ses militaires devant une juridiction internationale pour crimes de guerre ? J’en serais enchanté si, parallèlement, l’on pouvait faire citer tous les meurtriers et assassins dont votre mouvement est l’un des formateurs confirmés, le seul problème est qu’il faudrait redimensionner la taille des tribunaux et le nombre de prisons eu égard au nombre des futurs inculpés !

Je suis aujourd’hui convaincu, qu’il n’y aura pas de paix possible dans cette région du monde, tant que vos mouvements terroristes alimentés par les monarchies pétrolières et les extrémistes religieux de tous bords, trouveront de quoi jeter une fusée, une grenade ou un caillou contre les juifs et les israéliens. Votre seule volonté est de faire perdurer les avantages que vous vous êtes octroyés par le sang de vos enfants et de gens asservis à une cause perdue, en réduisant ces derniers au désespoir, car votre vie est faite du mépris de celle des autres.

Je ne vous salue pas, Madame !

Patrick Simon

Quand les nazis prétendaient que le Coran annonçait la venue d’Hitler

Alors que, dans « Mein Kampf », Hitler évoque l’infériorité raciale des peuples non européens, pendant la dernière guerre, la propagande allemande en Afrique du Nord tentait de le présenter comme « le protecteur de l’islam ».

Par notre correspondant à Genève, Ian Hamel | Le Point.fr 

Pendant la campagne de Libye en 1942, un jeune autochtone et un soldat allemand.
Pendant la campagne de Libye en 1942, un jeune autochtone et un soldat allemand.© ULLSTEIN

La photo d’Amin al-Husseini, le grand mufti de Jérusalem, en grande conversation avec le Führer à Berlin en 1941 a déjà été publiée des dizaines de milliers de fois. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands s’étaient attaché les services de quelques religieux qui appelaient les musulmans de l’ex-Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et des Balkans à rejoindre le Reich. Le Croissant et la Croix gammée, paru en 1990, montre également le grand mufti en train de passer en revue des Waffen-SS bosniaques, tout en faisant le salut nazi*. Mais de là à imaginer que la propagande allemande à destination du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord était allée jusqu’à promouvoir un Adolf Hitler grand protecteur de l’islam. Et à diffuser sur les ondes une chanson qui scandait « Allah au ciel, Hitler sur terre »… 

« Achever le travail du prophète »

C’est ce que nous révèle David Motadel, professeur d’histoire internationale à la London School of Economics and Political Science, dans l’ouvrage Les Musulmans et la Machine de guerre nazie, qui vient d’être traduit en français**. David Motadel est déjà l’auteur d’Islam and Nazi Germany’s War. Il raconte que Heinrich Himmler, l’un des plus hauts dignitaires du IIIe Reich, donna l’ordre à l’Office central de la sécurité de « trouver quels passages du Coran fournissent aux musulmans un fondement à l’opinion selon laquelle le Führer était déjà prédit dans le Coran et [avait] reçu l’autorisation d’achever le travail du prophète ». Les experts de la section Orient de l’Office central de la sécurité du Reich finissent par lui répondre que Hitler ne pouvait tout de même pas être décrit comme un prophète. En revanche, pourquoi ne pas le présenter en « Issa » (Jésus), dont le retour était « prédit dans le Coran et qui, à l’instar du chevalier George, triomphe du géant Dajjal, roi des juifs, à la fin du monde ».

Radio Berlin appelle à tuer les juifs

Cette propagande est bien évidemment liée à l’arrivée en 1941 de l’Afrika Korps de Rommel en Afrique du Nord, venue à la rescousse des troupes italiennes (qui occupaient un territoire correspondant à l’actuelle Libye), de plus en plus en difficulté face aux Britanniques. Les Allemands se battent en Tunisie, en Libye, passent la frontière égyptienne et arrivent en juillet 1942 dans le désert à 250 kilomètres du Caire. La campagne anti-juive devient virulente. Le présentateur arabe de Radio Berlin affirme que les juifs fuient le pays et déclare : « Nous remercions Dieu de purifier l’Égypte de ces reptiles venimeux. » Il va jusqu’à inciter ses auditeurs à la violence : « Tuez les juifs avant qu’ils ne vous tuent. »

Mohammed V contre les lois anti-juives

Malgré la montée de l’opposition au sionisme dans cette région, liée à l’arrivée massive de juifs en Palestine, David Motadel constate qu’il n’y a pas eu d’émeutes majeures contre les juifs pendant la guerre. De leur côté, les troupes allemandes n’ont pas eu le temps d’organiser l’extermination de la population juive, car, après leurs premiers succès, à partir de 1943, les militaires britanniques reprennent le dessus. Le sultan du Maroc, Mohammed V, s’oppose même aux lois anti-juives promulguées par le gouvernement de Vichy. En Algérie, une partie des dignitaires musulmans « se montra également solidaire de la population juive », lit-on dans Les Musulmans et la Machine de guerre nazie.

Les Frères musulmans financés par l’Axe

Finalement, les tentatives allemandes d’utiliser la religion pour nourrir l’effort de guerre en Afrique du Nord ont échoué. Est-ce très étonnant ? Les Arabes n’étaient-ils pas, aux yeux des nazis, des sémites, au même titre que les juifs ? Hitler, le premier, insistait sur l’infériorité raciale des peuples non européens. En revanche, en Égypte, l’organisation des Frères musulmans exprimait de la sympathie pour l’Axe. Dès les années 1930, « la délégation allemande au Caire avait même soutenu financièrement les Frères musulmans », révèle David Motadel. Certains de ses membres auraient distribué des tracts favorables aux Allemands au moment où les troupes de Rommel marchaient sur Le Caire. Un court instant placé en garde à vue, Hassan el-Banna, le fondateur de la Confrérie, s’en était sorti en déclarant publiquement qu’il faisait « allégeance aux autorités en place ».

Les musulmans et la machine de guerre nazie, David Motadel (Éditions, La Découverte).© La découverte

* Roger Faligot et Rémi Kauffer, Albin Michel.

** Éditions La Découverte, 435 pages.

Pourquoi l’antisionisme est un antisémitisme

Être antisioniste, ce n’est pas contester la politique du gouvernement israélien

parOudy Ch. Bloch – 25 février

Manifestation qui appelle au boycott d’Israël à Lyon, 2016. ©KONRAD K./SIPA / 00759052_000002

Être antisioniste, ce n’est pas contester la politique du gouvernement israélien. Être antisioniste, c’est contester l’existence même de l’Etat israélien, parce qu’il est juif. Une tribune d’Oudy Bloch.


Oui, l’antisionisme est bien la forme réinventée de l’antisémitisme. Et ce n’est pas nouveau.

Écoutons le philosophe Vladimir Jankélévitch en 1978 : « L’antisionisme est la trouvaille miraculeuse, l’aubaine providentielle qui réconcilie la gauche anti-impérialiste et la droite antisémite ; l’antisionisme donne la permission d’être démocratiquement antisémite. » 

Et Martin Luther King encore un peu plus tôt (1967) : « L’antisémitisme, la haine envers le peuple juif, a été et reste une tache sur l’âme de l’humanité. Nous sommes pleinement d’accord sur ce point. Alors sache aussi cela : antisioniste signifie de manière inhérente antisémite, et il en sera toujours ainsi. »

Être antisioniste, c’est refuser aux Juifs la qualité de peuple

Être antisioniste, ce n’est pas contester la politique de tel ou tel gouvernement israélien, ce que les Israéliens font assez bien eux-mêmes sans avoir besoin des leçons de morale indigéno-gauchisantes.

Non. Être antisioniste, c’est refuser aux Juifs la qualité de peuple et son corollaire : le droit à l’auto-détermination et à un État. La finalité de l’antisionisme est la disparition de l’État d’Israël. Or, remettre en cause l’existence même de l’État d’Israël – compte tenu de sa spécificité juive – ne peut s’analyser autrement qu’au travers du prisme de l’antisémitisme.

Derrière les attaques contre l’existence même d’Israël au prétexte d’une prétendue solidarité pro-palestinienne, ce sont les Juifs qui sont visés. Si ce n’était pas le cas, d’autres pays seraient également, et plus encore qu’Israël, visés par ces boycotts incessants : le Liban, la Jordanie, la Syrie, l’Irak, l’Égypte… pour leur traitement véritablement discriminatoire des Palestiniens.

Personne ne condamne l’Arabie saoudite

Nombreuses sont les accusations d’État-apartheid contre Israël. Pourtant tous les citoyens israéliens, quelle que soit leur culture, couleur, religion, idées politiques, orientation sexuelle disposent des mêmes droits. Les musulmans, les druzes, les chrétiens israéliens ont le droit de vote, sont députés, juges, hauts-gradés dans l’armée, acteurs, chanteurs, travaillent en Israël, ont le droit de se marier avec des Israéliens de toutes religions, peuvent s’exprimer librement au point de souhaiter publiquement le bombardement de Tel-Aviv par le Hamas même quand ils sont députés comme Hanin Zoabi. C’est un juge arabe, Salim Joubran, qui a condamné Moshé Katsav, ancien président de l’Etat d’Israël, à une peine de prison. Ce sont des arabes israéliennes qui ont représenté Israël à l’Eurovision et au concours de Miss Monde. Alors de quel « apartheid » parle-t-on ?

A lire aussi: Ce « nouvel antisémitisme » que les médias refusent toujours de nommer

Personne ne condamne la Malaisie ou l’Arabie saoudite qui refusent d’accueillir des sportifs israéliens, ni l’Iran ou le Maroc dont les athlètes ont interdiction de concourir contre des athlètes israéliens, ni l’Autorité palestinienne qui, d’après Mahmoud Abbas, interdira la présence d’israéliens dans un éventuel État palestinien. Alors comment expliquer cette focalisation sur Israël si ce n’est en raison de sa spécificité juive ?

Personne ne reproche aux 57 pays de l’Organisation de la coopération islamique d’être officiellement musulmans ni au Vatican d’être catholique ? Pourquoi en serait-il différemment avec Israël ?

L’antisionisme est dirigé contre les Juifs

Qui voudrait encore nous faire croire qu’un Etat binational, comme le souhaitent BDS et consorts, avec une population qui serait vite majoritairement palestinienne et musulmane serait un lieu de coexistence pacifique ? Tous les jours, les Palestiniens de Gaza comme de Cisjordanie sont soumis à une violente propagande anti-juive.

Les prêches et des discours officiels promouvant les « Protocoles des Sages de Sion », les livres scolaires palestiniens qui enseignent depuis des décennies à haïr les Juifs, les programmes télévisés pour la jeunesse dans lesquels de jeunes enfants ânonnent que les Juifs sont les descendants des singes et des porcs et qu’ils souhaiteraient mourir en martyrs en en tuant le plus possible, l’interdiction légale de vendre des terres à des Juifs sous peine de mort, autant d’exemples qui illustrent la volonté des dirigeants palestiniens, qu’ils soient islamistes ou à tendance nationaliste, de ne jamais accepter les Juifs à leur côté.

L’antisionisme ou l’éloge du Juif errant

Alors, refuser aux Juifs l’État d’Israël, c’est les condamner à fuir comme ils ont dû fuir les pays arabes après la création à partir de 1948, non sans avoir auparavant été privés de leurs biens, de leurs commerces, de leur argent. 800 000 Juifs chassés d’Irak, de Syrie, d’Égypte, du Yémen, d’Algérie, du Liban, du Maroc dont personne ne se soucie du retour ni de l’indemnisation.

Les Juifs devront fuir, mais pour aller où ? En France où la foule pogromiste tente d’incendier des synagogues et crie « mort aux Juifs » dans les rues, où les croix gammées fleurissent sur les murs, où les cimetières sont profanés, où les tags antisémites du plus ordurier au plus sinistre « Juden ! » sont désormais quasiment quotidiens, où l’on agonit d’injures un philosophe dont personne n’ignore qu’il est Juif en le traitant de « sale race », « sale sioniste » – comment ne pas faire le lien – ? En Russie où l’on prétend que la guerre en Ukraine est un complot juif ? En Afrique où l’islamisation à l’œuvre dans de nombreux pays laisse libre cours à une propagande antisémite ?

Israël est devenu le prétexte commode à la détestation des Juifs.

Il n’y a pas si longtemps, sur les quais de Seine, des partisans de BDS déclaraient que les Juifs devaient quitter la Palestine pour retourner « chez eux », c’est-à-dire nulle part précisément. Le Juif errant, voilà le seul juif supportable pour les antisionistes.

C’est aussi en tout cela que l’antisionisme confine à l’antisémitisme. C’est aussi pour cela qu’il faut le condamner.

Souleimane – Suis-je juif ?

CHRONIQUE. Le jeune écrivain syrien installé en France raconte son expérience de l’antisémitisme dans le métro parisien il y a quelques années.

Par Omar Youssef Souleimane Le Point.fr 

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« Je suis juif quand il s’agit de l’Holocauste ou lorsque les islamistes invitent à anéantir les juifs. »

Minuit dans le métro parisien. Il tend le bras et palpe doucement la poche de l’homme assis juste derrière lui. Le pickpocket est en face de moi et personne ne remarque son manège. D’un clin d’œil, il me signifie de ne rien dire et je le regarde à mon tour avec insistance. Il ne trouve rien à voler dans la poche de son voisin et échange quelques mots dans un dialecte du Maghreb avec son camarade. Je détourne le regard jusqu’à l’arrivée à la station Robespierre.

Le pickpocket se lève, s’approche de moi et me demande un mouchoir. Je ne réponds pas. Il me demande alors comment je m’appelle. Je n’ouvre pas la bouche. «  Je hais les juifs, vous êtes des tueurs, des animaux, vous détestez les musulmans. Je vais te casser la gueule, je vais te tuer  », me dit-il en français. Il pose ses mains autour de mon cou et m’étrangle presque. Je prends ses mains et le repousse vivement. Il recule d’un pas, s’arrête devant la porte de la rame qui vient de s’ouvrir. Il sort alors un couteau de sa poche et hurle : «  Sale juif, espèce de connard ! Descends et tu vas voir ce que je vais faire de toi !  » Un des voyageurs se lève et lui donne un coup de pied qui le fait tomber sur le quai où son copain le suit. Je dis alors aux voyageurs : «  D’habitude je ne suis pas juif, mais aujourd’hui je le suis.  » Le signal de départ retentit et les portes se referment. Depuis le quai, le pickpocket fait glisser une vitre du wagon et me crache dessus ainsi que sur l’homme qui l’a frappé. Le métro repart. Une jeune fille se met à pleurer, elle veut retourner à la station Robespierre histoire de lui apprendre la politesse. Son ami la calme et, arrivés au terminus, tout le monde descend.

«  Vous, les Souleimane, vous êtes bien des juifs. Pas étonnant que vous fassiez autant de mal autour de vous !  »

Chaque fois que ma grand-mère se disputait avec mon grand-père, elle lui disait : «  Vous, les Souleimane, vous êtes bien des juifs. Pas étonnant que vous fassiez autant de mal autour de vous !  » Je me demandais alors pourquoi ma grand-mère répétait à l’envi ces paroles. Une fois, j’ai osé poser la question à mon oncle. Il m’a répondu qu’à l’époque ottomane, un de nos ancêtres, appelé Souleimane, était un commerçant juif de Damas. Quelques années plus tard, j’ai étudié l’arbre généalogique de la famille et tout ce que j’ai trouvé, c’est que le père de mon grand-père s’appelait Younès. Il s’était établi à Quotayfa, à cinquante kilomètres au nord de Damas, comme beaucoup d’autres familles ayant quitté la capitale lors du mandat français.

Notre origine juive est toujours restée confuse et secrète. Dans notre village, comme dans tous les pays arabes, le mot «  juif  » est synonyme de bassesse, d’avarice, de haine et de perfidie. Dans mon enfance, je n’avais pas besoin de demander pourquoi nous détestions les juifs. Les aînés nous mettaient en garde de ne jamais rester seuls avec un juif, le prophète Mahomet ayant dit un jour : «  Un juif ne reste pas avec un musulman sans songer à le tuer. » Mon grand-père possédait un modeste magasin de chaussures à Quotayfa et chaque semaine se rendait à Damas s’approvisionner auprès d’un commerçant juif. Parfois, lorsqu’il rentrait tard le soir, ma grand-mère lui demandait s’il avait faim et lorsqu’il lui répondait qu’il avait mangé chez son collègue juif, elle lui rétorquait que c’était «  haram  » et que les gens du Livre ne doivent pas être pris comme amis.

Des «  racines  » juives, réelles ou fictives

Pendant les congés d’été, nous allions à la mosquée pour y apprendre le Coran et le cheikh nous répétait ce verset : «  Tu constateras que les plus agressifs vis-à-vis des croyants sont les juifs et les polythéistes  » (Coran, sourate 5, La table dressée, verset 82). Il nous racontait l’histoire de la bataille contre la tribu juive des Banu Quorayza pendant laquelle le prophète aurait fait égorger 40 hommes, 300 d’après certaines sources. Après quoi il s’empara de leurs terres, de leurs biens, de leurs femmes et de leurs enfants pour avoir collaboré avec les Quoreychites lors de la bataille du Fossé. Après tous ces récits et ces textes pleins de haine, je ne m’étonnais plus que ma grand-mère utilise le mot juif à chaque fois qu’elle voulait insulter mon grand-père.

L’incident du pickpocket a précédé de deux mois le massacre de l’équipe de Charlie Hebdo et des clients juifs de l’Hyper Cacher. Un pickpocket arabe a agressé un autre Arabe issu d’une famille musulmane pensant qu’il était juif du fait de son apparence physique. Je me dois de le remercier pour m’avoir rappelé les «  racines  » juives de ma famille, qu’elles soient réelles ou fictives. Si elles étaient prouvées, cela ne changerait rien à ma façon de voir le monde. Quoi qu’il en soit, je suis juif quand il s’agit de l’Holocauste ou lorsque les islamistes invitent à anéantir les juifs. Je suis juif et je suis fier d’avoir combattu les régimes qui persécutent les juifs tout en condamnant, dans le même temps, la politique de l’État d’Israël à l’égard des civils palestiniens.

Antisémitisme | Le Figaro.fr – BNVCA

La France dit non à l’antisémitisme |
Par  Loris Boichot  Stéphane Kovacs

Après la profanation du cimetière juif de Quatzenheim, en Alsace, anonymes et politiques se sont rassemblés mardi en grand nombre, partout dans le pays, pour protester contre la recrudescence des actes antisémites.

La place de la République a retrouvé ses couleurs tricolores. Ceints de leur écharpe bleu-blanc-rouge, des centaines d’élus de tous bords entonnent une Marseillaise avec le chanteur Abd Al Malik, à la tribune. Nicolas Sarkozy est venu demander «une fermeté extrême» face à la recrudescence des actes antisémites (+74% en 2018).

Son successeur, François Hollande, exprime son «indignation». «Ça suffit les croix gammées, les insultes! On a besoin d’actes», a insisté un peu plus tôt le président du parti Les Républicains (LR), Laurent Wauquiez, avant de se ranger parmi les élus, silencieux. Le premier ministre Édouard Philippe est arrivé avec ses ministres. «Vive la France unie et débarrassée de toutes ses peurs!», lance une voix au micro, avant que des collégiens récitent des poèmes devant la foule.

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Politiques, représentants des cultes ou anonymes, quelque 20.000 personnes se sont rassemblées mardi soir, au pied de la colossale Marianne de bronze, à Paris, comme dans une soixantaine de villes françaises. De Marseille, où le député La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon a dénoncé «les actes racistes et antisémites», jusqu’à Saint-Denis de la Réunion. Arborant parfois des pancartes «Ça suffit!», ces Français répondaient à l’appel de 54 formations – 22 partis politiques et 32 associations et syndicats -, lancé à l’initiative du Parti socialiste (PS). Avec un mot d’ordre: «Non, l’antisémitisme, ce n’est pas la France!».

Des milliers de personnes manifestent contre l’antisémitisme à Paris – Regarder sur Figaro Live

«Un sursaut républicain»

Durant de longues minutes de silence, des représentants des cultes se recueillent. Juifs, catholiques, protestants, orthodoxes, musulmans, bouddhistes, ils ont appelé, dans une déclaration commune rendue publique un peu plus tôt, à «une ambition, à la fois civique, spirituelle et humaniste, de partager et poursuivre, ensemble, notre destin commun». «C’est un sursaut républicain», salue le grand rabbin Haïm Korsia, avec qui le numéro un du PS, Olivier Faure, en première ligne du rassemblement, a discuté avant de lancer son appel à la mobilisation.

«Enfin un rassemblement organisé par les représentants de la nation, et non par les institutions communautaires juives!, se félicite Sammy Ghozlan, président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA). J’aimerais aussi attirer l’attention des partis de gauche sur le fait que leurs actions de soutien aux organisations propalestiniennes incitent à la haine d’Israël, qui elle-même pousse à l’acte anti-Juifs». Pour témoigner d’«un soutien sans faille à la communauté juive», Mgr Thibault Verny, évêque auxiliaire de Paris, et Mgr Olivier Ribadeau Dumas, secrétaire général et porte-parole de la Conférence des évêques de France (CEF) ont souhaité se joindre à la manifestation parisienne.

Happening de l’UEJF lors d’un cours d’Elie Hatem, anti-sioniste et monarchiste

Mégaphone au poing, le président de l’UEJF a confronté le professeur de droit et ex-conseiller de Jean Marie Le Pen à quelques-unes de ses déclarations passées

Par TIMES OF ISRAEL STAFF6 février 2019, 14:06  1

Elie Hatem sur la chaîne de télévision Al Arabiya le 12 février 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube/MEMRI)

Elie Hatem sur la chaîne de télévision Al Arabiya le 12 février 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube/MEMRI)

« Vous faîtes partie d’un mouvement antisémite, un mouvement qui soutient Charles Maurras. Est-ce que vous êtes proche d’Alain Soral, de Serge Ayoub, de Fréderic Chatillon ? »

Des militants de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) sont allés perturber un cours de droit donné par l’avocat Elie Hatem, cadre de l’Action française (AF) à l’université de Bobigny le 31 janvier 2019.

Mégaphone au poing et face à l’amphithéâtre, Sacha Ghozlan, président de l’UEJF a confronté Elie Hatem à quelques-unes de ses déclarations et de ses fréquentations :

A cette liste de figures à l’antisémitisme éprouvé, et parfois condamné par la justice, Elie Hatem, sarcastique, ajoute : « Et de Jean-Marie Le Pen! » .

En effet, Elie Hatem a été le conseiller politique de l’ancien président du Front national (aujourd’hui Rassemblement national) Jean-Marie Le Pen. Il est cependant très hostile à sa fille Marine Le Pen qui lui a succédé à la tête du mouvement.

Il en donne les raisons : « Nous savons que Marine Le Pen se rapproche de certains mouvements qui contrôlent l’opinion publique en France, a déclaré Hatem, chrétien maronite d’origine libanaise, sur Al Arabiya TV en février 2016. Une transcription de cet entretien a été traduite depuis l’arabe par le site de veille sur les médias arabes et orientaux MEMRI.

« Elle a agi ainsi afin de blanchir le Front national. Ces mouvements comprennent les mouvements sionistes et la franc-maçonnerie qui contrôlent la presse et le gouvernement en France », avait alors déclaré Hatem.

Plus récemment, Elie Hatem a également été annoncé à une réunion de personnalités de l’extrême droite antisémite et complotiste, qui tente de récupérer une partie du mouvement de protestation des gilets jaunes.

Ils s’étaient donnés rendez-vous à Paris pour participer à une « grande réunion publique » le 19 janvier dernier autour du thème « Gilets jaunes ou la révolution qui vient ».

On y retrouvait Yvan Benedetti, ancien président du groupe ultranationaliste et pétainiste ‘L’œuvre française’, dissout en 2013 après la mort de Clément Méric, mais aussi Jérôme Bourbon. Directeur de l’hebdomadaire d’extreme-droite Rivarol, Bourbon appelle régulièrement à la réhabilitation d’Adolf Hitler. Il y a un an, la Licra se plaignait auprès de Twitter que le compte de Jérôme Bourbon soit toujours actif.

Alain Soral d’Egalité et Réconciliation et Hervé Ryssen étaient également présents à cette réunion « publique » dont le lieu confidentiel n’est dévoilé que via téléphone.

Le militant d’extrême droite Hervé Lalin, dit Ryssen, a été condamné en juin dernier à Paris à un an de prison, la peine maximale encourue, pour des messages antisémites dans une vidéo diffusée sur la plate-forme YouTube.

Aujourd’hui, l’UEJF demande publiquement « au président de l’Université, Jean-Pierre Astruc, d’exclure Elie Hatem de ses fonctions de professeur ».o

L’engouement pour l’étude du Talmud conquiert la Corée du Sud

Certains pensent que la clé de la réussite scolaire réside dans les approches juives de l’éducation, et ont conduit à la création de dizaines d’institutions basées sur la “havruta”

Par TIM ALPER6 février 2019, 12:211

SEOUL, Corée du Sud (JTA) – En 2014, Kim Hye-kyung s’est retrouvée dans un abîme éducatif.

Cette mère de deux enfants vit en Corée du Sud, un pays passionné par les études, où les parents versent chaque année plus de 17 milliards de dollars en soutien scolaire privé. Les enfants commencent tôt – 83 % des enfants de 5 ans reçoivent une éducation privée – et le rythme ne cesse de s’accélérer jusqu’à ce que, à 18 ans, les élèves passent le redoutable examen d’entrée de huit heures à l’université de Suneung. Si vous échouez au concours de Suneung, vos perspectives d’emploi pourraient s’effondrer. Si vous réussissez avec brio, vous pourrez décrocher une place convoitée dans une université de premier ordre.

« J’ai détesté l’idée d’envoyer mes enfants dans des écoles privées, où les enseignants amoncèlent l’information dans la tête des jeunes sans penser à nourrir la créativité », a déclaré Kim Hye-kyung. « Quand mes enfants étaient plus jeunes, je leur lisais des livres ou je les sortais au lieu de les envoyer à l’école. Mais en grandissant, j’ai commencé à m’inquiéter de ce que leurs résultats scolaires pâtissent de mes décisions. »R

Kim Hye-kyung se trouvait dans ce dilemme lorsque, par hasard, elle est tombée sur un livre d’un auteur coréen sur ce qui était pour elle une nouvelle méthode d’étude. C’était la havruta, une méthode utilisée par les érudits du Talmud dans laquelle des binômes d’étudiants débattent et se posent des questions basées sur des textes rabbiniques anciens.

« Quand j’ai lu un article sur la havruta, j’ai tout de suite senti un lien émotionnel », a dit Kim Hye-kyung. « C’était le chemin éducatif dont j’avais rêvé. J’ai cru que mon cœur allait éclater de joie. »

La plupart des Sud-Coréens n’ont jamais rencontré de juif. A part un petit centre Habad dans cette capitale et quelques groupes informels d’expatriés juifs (pour la plupart laïcs), la communauté juive de Corée du Sud est pratiquement inexistante. Ainsi, les Sud-Coréens ne savent pratiquement rien sur la façon dont les Juifs vivent, ce qu’ils mangent (et ne mangent pas) ou ce en quoi ils croient.

Une Sud-Coréenne et son enfant lisent des livres sur le Talmud dans une librairie de Séoul. (Tim Alper via JTA)

Cependant, il y a un point concernant les Juifs que presque tous les Sud-Coréens peuvent raconter.

« Les Juifs ne représentent que 0,2 % de la population mondiale, mais 23 % des lauréats du prix Nobel sont des Juifs », a déclaré Choi Jae-young, étudiant à Séoul. « Et malgré tout le temps et l’argent que nous consacrons à l’éducation, un seul Coréen a déjà reçu un prix Nobel. Cela irrite beaucoup de Coréens. Ça nous donne envie d’apprendre les secrets des Juifs. »

Certains Sud-Coréens pensent que la clé pour percer ces « secrets » se trouve dans les approches juives de l’éducation.

« Les Coréens n’ont pas besoin d’imiter les systèmes de croyances juives, a déclaré le chercheur en éducation Seol Dong-ju, mais nous devons copier la façon dont les Juifs enseignent à leurs enfants.

Il en résulte des douzaines d’écoles privées sur le thème de la chavruta, avec des succursales très fréquentées dans les grandes villes du pays, s’adressant à tous, des tout-petits aux adultes. Certains utilisent des textes talmudiques en coréen, tandis que d’autres suivent des programmes entièrement laïcs.

Kim Jung-wan, qui dirige l’une de ces institutions – la Havruta Culture Association – explique que la quête d’éducation juive en Corée du Sud a plus de 40 ans. Tout a commencé au milieu des années 1970, lorsque les traductions coréennes d’histoires inspirées du Talmud de Rabbi Marvin Tokayer, aumônier militaire américain en poste au Japon, ont fait leur apparition dans des librairies de Séoul.

Les histoires de Tokayer ont rencontré un vif succès. Le Talmud, le vaste recueil hébreu et araméen des lois et coutumes du premier millénaire, est effectivement devenu viral en Corée du Sud : Au cours des décennies qui ont suivi, des centaines de versions coréennes du Talmud ont été publiées, la plupart provenant de traductions et de commentaires en anglais. Il peut s’agir de livres d’images pour enfants ou de volumes plus épais et plus lourds pour les adultes.

Mais la fièvre sud-coréenne pour le Talmud a également suscité une grande fascination pour le savoir juif – une fascination qui a donné naissance à toutes sortes de publications remarquables, dont une traduction en coréen de la Haggadah, le livre que les Juifs lisent lors du Seder de Pessah.

Traduction en coréen de la Haggadah, le livre que les Juifs lisent au Seder de Pessah. (Tim Alper via JTA)

Et, comme l’explique Kim Jung-wan, l’intérêt pour le Talmud a fini par amener les universitaires coréens à étudier comment les Juifs étudient les textes religieux. Ils ont commencé à apprendre à connaître les yeshiva, des académies qui se consacrent à l’étude du Talmud. Des consultants sud-coréens se sont rendus dans certains des centres d’études du Talmud les plus fréquentés d’Israël.

Ce qu’ils y ont découvert les a subjugué : de vastes salles qui résonnaient de la clameur des discussions animées des élèves, sans que les voix des enseignants puissent se faire entendre. Des binômes d’étudiants du Talmud – havruta vient d’une racine hébraïque signifiant « ami » ou « compagnon » – étaient plongés dans un débat animé sur les textes, analysant leur logique et débattant une série de questions écrites posées par des rabbins.

Pour de nombreux penseurs sud-coréens, c’était le « secret » qu’ils recherchaient depuis les années 1970 : une méthodologie d’apprentissage qui ajoutait du dynamisme à l’apprentissage basé sur le livre et supprimait l’enseignant en tant que point focal des leçons.

Le long chemin de Kim Jung-wan en havruta a commencé en 2001, lorsqu’une connaissance universitaire lui a suggéré d’utiliser le Talmud comme outil d’enseignement pour son fils, alors âgé d’à peine un an.

« J’ai continué à explorer le sujet. J’étais fasciné », dit-il.

Kim Jung-wan a ensuite étudié l’hébreu au Israel Culture Center, une filiale de l’ambassade d’Israël à Séoul.

« Finalement, j’ai commencé à essayer de traduire en coréen certaines parties du texte original du Talmud en utilisant la traduction anglaise de Schottenstein comme référence », dit-il. « Ce mois-ci, je vais me rendre dans une yeshiva en Israël, où je vais étudier pendant un mois. Ce n’était pas facile pour un non-juif comme moi d’être admis, mais j’ai réussi. »

En fait, la plupart des yeshivot orthodoxes ont pour politique de dissuader avec tact les non-juifs de poursuivre l’étude du Talmud. Les universitaires sud-coréens, cependant, ne semblent pas découragés.

Photo illustrative d’une yeshiva ultra-orthodoxe de Jérusalem, 16 août 2018. (Aharon Krohn/Flash90)

Les sceptiques appellent à la prudence, notant que les modes éducatifs sud-coréens ont tendance à aller et venir, en particulier dans le monde ultra-compétitif des institutions universitaires privées. Les critiques mettent en garde contre le fait que même si les partisans chantent actuellement les louanges de la havruta dans les talk-shows télévisés, le phénomène pourrait s’avérer être éphémère.

Mais les faits suggèrent le contraire.

La méthodologie est de mieux en mieux acceptée par le grand public, passant des écoles privées aux salles de classe publiques classiques. En décembre, l’un des plus grands syndicats d’enseignants du pays, la Fédération coréenne des associations d’enseignants [Korean Federation of Teachers’ Associations – KFTA], a conclu un protocole d’accord avec la Havruta Culture Association. Le partenariat qui en résultera verra des dizaines d’enseignants traditionnels apprendre à initier des sessions d’apprentissage de type havruta.

« Beaucoup de nouvelles tendances en matière d’éducation sont apparues et ont disparu ici », a déclaré Lee Hyo-sang des fédérations des enseignants. « La plupart tombent en désuétude après environ cinq ans après avoir manqué aux promesses de leurs promoteurs. Mais pour la havruta c’est différent. Son histoire remonte à des siècles.

« Les experts de la KFTA ont visité de nombreuses écoles de havruta et ont constaté que, plutôt que d’être trop calmes comme la plupart des salles de classe coréennes typiques, elles étaient toutes animées de discussions et de débats bruyants. C’est une percée dans la culture scolaire coréenne. Il pourrait trouver des applications dans les écoles, les ménages et même les entreprises. »

Même les enfants d’âge préscolaire participent à cette initiative.

Yoojung Kindergarten, une école maternelle du nord de Séoul, a récemment ajouté des modules de havruta à son programme. Les enfants écoutent les histoires du Talmud, puis se lancent dans des discussions en binômes de type havruta.

Des parents prient pour que leurs enfants réussissent le test d’aptitude scolaire au temple Jogye à Séoul, Corée du Sud, le 15 novembre 2017 (AP Photo/Ahn Young-joon).

« Nous voulions trouver une activité amusante et vivante en classe qui encouragerait la créativité, mais aussi l’éducation morale », a déclaré le directeur Jung Geum-sook. « La havruta semble cocher toutes ces cases. »

Les parents croient aussi qu’ils peuvent jouer un rôle. Alors qu’elle se documentait sur la façon dont les étudiants juifs pratiquent la havruta dans les yeshivot, Kim Hye-kyung a commencé à réfléchir à des moyens d’adapter la même méthodologie à la maison.

Elle a commencé par des lectures familiales de livres d’histoires illustrées, encourageant son mari et ses enfants à se poser des questions dans le style de la havruta, à chaque étape du processus.

« Cela a ouvert tout un monde de pensées et de sentiments inexprimés », dit-elle. « Nous avons découvert que les questions que nous avons posées n’avaient pas de bonnes ou de mauvaises réponses. Tout le processus est devenu à la fois instructif et amusant. »

Kim Hye-kyung a ensuite appliqué sa méthodologie de la havruta à la maison à un éventail de matières laïques, y compris les mathématiques, les langues et les sciences, et a fini par écrire deux livres populaires de style manuel décrivant ses méthodes.

« L’apprentissage basé sur la discussion en havruta est même efficace pour les enfants qui se préparent aux examens », dit-elle. « Ça les aide à s’attacher émotionnellement à du matériel d’étude impersonnel qui, autrement, les ennuierait à en pleurer. »

Maître Nisand avocat du BNVCA à Strasbourg

Raphaël Nisand: Le retour des djihadistes en France, un risque inconsidéré


Qu’est-ce qu’un djihadiste ?

Pour moi c’est quelqu’un, homme ou femme, qui en toute connaissance de cause a décidé d’entrer en guerre contre toutes les personnes et institutions qui n’adhèrent pas à la charia, la loi islamique fondamentaliste.

Ces gens ont pris les armes afin de terroriser l’humanité entière vouée à devenir un grand califat où s’appliquerait une loi moyenâgeuse. Les djihadistes français ont quitté la France pour mener cette guerre contre le monde entier et d’abord contre leur propre pays qu’ils affrontent les armes à la main. Les djihadistes ont donc sciemment trahi la France qui les a vus grandir et ils sont partis en terre de djihad afin d’y commettre les pires crimes. Là-bas ils ont décapité, forcé des enfants à exécuter des prisonniers devant les caméras, ils ont réduit des populations en esclavage, violé et contraint au mariage forcé les femmes yézidies, ils ont fait creuser des fosses communes par des prisonniers qu’ils exécutaient ensuite, bref ils se sont comportés en barbares et ont fait régner une terreur comme rarement il y en eut.

Le nombre de djihadistes qui pourraient revenir en France atteint le nombre de 700. Photo d’illustration. MaxPPP/PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE

Ceux d’entre eux qui sont revenus en France après entraînement ont déjà commis les pires attentats terroristes comme par exemple ceux commis à Toulouse, au Bataclan ou encore au musée Juif de Bruxelles.

Le terroriste de Bruxelles auparavant tortionnaire de journalistes français otages en Syrie n’hésite pas quant à lui à faire plaider que les vieux israéliens assassinés par lui ont été en fait tués par le Mossad.

Ces gens ne renoncent en rien à leur idéologie mortifère et ils ne respectent rien. Alors on nous explique aujourd’hui qu’au fur et à mesure des pertes territoriales de l’état islamique, des islamistes étrangers de plus en plus nombreux tombent entre les mains des forces kurdes et que les kurdes menaceraient de les relâcher dans la nature si la France ne les récupère pas.

On nous explique aussi qu’il serait donc dans l’intérêt de la France de rapatrier les djihadistes avec leurs femmes, plusieurs par homme puisque c’est la polygamie qui prévaut, ainsi que des centaines d’enfants dont certains déjà endoctrinés.

Tout ceci est très problématique. D’abord on fait semblant d’oublier que pour qu’un système carcéral fonctionne, il faut que les détenus soient d’accord pour purger leur peine. Dans le cas contraire le personnel des prisons est confronté à des fauves ingérables ce qui est déjà le cas avec de nombreuses tentatives d’égorgement qui transforment en enfer le travail des surveillants de prison.

Rajouter à cette actuelle problématique déjà existante des centaines d’individus forcenés et qui ont par nature accompagné l’état islamique jusqu’au bout, c’est faire courir un risque considérable au personnel pénitentiaire bien sûr mais aussi à tout le pays.

De combien d’attentats la France sera-t-elle victime suite à ces retours ?

Que deviendront les Juifs, cible première comme l’ont montré Merah et Nemmouche ?
Que deviendra l’ordre public dans notre pays lorsqu’on admettra des centaines de familles polygames qui auront parfaitement droit aux allocations familiales et donneront un signal exécrable dans tout le pays alors que la polygamie est un interdit absolu en France.

En bref on le voit, le prix à payer pour ce rapatriement est beaucoup trop élevé et ceci pour complaire à des principes dépourvus de réalité en ce qui concerne ces gens.

Alors évidemment il n’y a pas de solution toute faite et il faudrait poser tous les termes de ce débat. Dire que ces gens seront jugés à leur retour n’a pas de sens. La justice française ne pourra pas connaitre l’étendue des crimes commis par chaque individu dans ces contrées lointaines où aucun témoin non acquis à la cause islamiste ne pouvait survivre et où les rares journalistes qui y sont allés ont été tués ou pris comme otages. La justice française a besoin de preuves et il n’y en aura pas et ce seront donc de faibles peines de principe qui, à défaut de preuves seront prononcées.

Les djihadistes avec leurs familles seront donc nos voisins de demain, ce qui donne à penser.
François HOLLANDE avait imaginé la déchéance de nationalité mais il n’a pas réussi à faire passer cette idée qui l’a même empêché de se représenter.

Les américains ont Guantanamo, prison spéciale très décriée située hors des Etats-Unis dont personne ne s’est jamais évadé pour commettre un attentat, mais une telle solution est-elle possible pour la France ? Non bien sûr en raison notamment des engagements internationaux de la France et de la convention européenne des droits de l’homme.

Les américains toujours eux avaient interné les familles japonaises dont ils se méfiaient pour des raisons de sécurité intérieure après Pearl Harbour. Autre temps autres mœurs ces solutions là ne semblent ni possibles ni souhaitables mais il faut trouver des solutions sécuritaires qui préservent tous les français d’un éventuel retour de ces terroristes sur le sol français.

Raphaël Nisand 
Chroniqueur le lundi matin 8H30 sur Radio Judaïca.

Posté le 3 février 2019 par admin — 1 commentaire ↓

Holocauste: Comment Une Série Télévisée Américaine A Changé L’Allemagne


DivertissementBy Sameh On Jan 30, 2019

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Toujours de la série télévisée sur l'Holocauste
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La mini-série a dramatisé le génocide des nazis à travers l’histoire fictive de la famille Weiss

C’était un gros budget pour la télévision américaine avec Meryl Streep. Et en 1979, la mini-série L’Holocauste a changé la façon dont les Allemands ont perçu leur propre histoire. 

Il introduisit l’horreur des crimes nazis dans les salons des gens et fit du mot “Holocauste” un terme couramment utilisé en allemand. 

Ce mois-ci, le drame a de nouveau été diffusé à la télévision allemande – et il est toujours aussi d’actualité. 

Un tiers de la population ouest-allemande, soit environ 20 millions de personnes, a vu en 1979 au moins une partie de la série en quatre parties. 

L’Holocauste raconte l’histoire d’une famille juive fictive – Karl Weiss, médecin réputé à Berlin, et de sa femme et de ses enfants – qui documente leur parcours tragique allant de la prospérité bourgeoise aux chambres à gaz. 

Une histoire parallèle se concentre sur Erik Dorf, un avocat au chômage qui, au départ, était apolitique mais trouve un travail avec la SS de Hitler et devient partie intégrante de la machine à tuer nazie. 

Les effets sociaux des victimes des nazis

La série a déclenché un débat national. Les sondages montrent que 86% des téléspectateurs ont discuté de l’Holocauste après le programme avec des amis ou la famille. 

Dix mille Allemands ont appelé la station de radio WDR, beaucoup en larmes pour exprimer leur choc et leur honte. Dans certains cas, d’anciens soldats se sont manifestés pour confirmer les détails des crimes nazis.

C’était la première fois qu’un grand drame grand public décrivait la vie des victimes de Hitler.

À cette époque, un documentaire sérieux traitait de faits et de chiffres et, dans les années 1960, le débat était principalement axé sur les auteurs, dont certains avaient été déclenchés par les procès d’Auschwitz à Francfort entre 1963 et 1965. 

“Les survivants sont venus aux procès d’Auschwitz, et les journalistes ne les ont même pas interviewés, et personne ne s’est intéressé aux victimes, ce qui a changé avec l’Holocauste (la série télévisée)”, explique le professeur Prof. Frank Bösch, historien.

Il a écrit un livre sur les événements majeurs de 1979 qui ont changé le monde. Il pense que ce drame télévisé fait partie de ceux-ci aux côtés de la révolution iranienne et de l’élection de Margaret Thatcher. 

La mini-série sur l’Holocauste raconte des histoires personnelles émotionnelles de gens ordinaires – faciles à identifier pour les téléspectateurs et accessibles à la société ordinaire. 

De manière inhabituelle, les auteurs ne sont pas diabolisés comme des sadiques fous diaboliques, mais paraissent comme de simples Allemands, cogs de la machine nazie qui ont contribué à l’Holocauste par le biais de petites atrocités quotidiennes ou de la lâcheté. 

La série était controversée et ne venait presque jamais en Allemagne. Il a été produit par la chaîne de télévision américaine NBC et observé en 1978 par 120 millions d’Américains. 

Les commentateurs allemands, cependant, ont salué la série comme étant un feuilleton mélodramatique au fromage qui banalise la Shoah (l’Holocauste). 

Les néo-nazis ont même bombardé deux chaînes de télévision pour arrêter des émissions en Allemagne. 

Les gauchers ont accusé les chaînes de télévision américaines d’exploiter cyniquement le crime nazi pour obtenir des subventions à la télévision. Les nationalistes de droite se sont plaints que les victimes de guerre allemandes aient été oubliées. 

La série a été critiquée à ce jour: certains survivants de l’Holocauste ont déclaré que le drame avait été réaménagé et simple. Mais cela a changé la manière dont l’Allemagne gère son passé nazi. 

Et le débat national a conduit à une soif de connaissances. Dans les années 1980, les écoles réclamaient davantage de matériel pédagogique, les historiens allemands se concentraient de plus en plus sur l’Holocauste et les camps de concentration ouvraient les premières grandes expositions et monuments.

Certains responsables allemands ont d’abord craint que la série ne conduise à une attitude anti-allemande à l’étranger, explique le professeur Bösch. Cependant, les recherches nationales sur l’âme suscitées par le drame ont conduit l’Allemagne à faire face à son crime par le passé. 

Un rappel opportun pour les Allemands

Maintenant que la minisérie touche à sa fin à la télévision, l’Allemagne a réévalué la façon dont le drame a changé le pays il ya 40 ans. 

Le souvenir de l’Holocauste et les mots “plus jamais” sont devenus des principes clés de l’identité politique de l’Allemagne moderne. 

Cependant, l’alternative d’extrême droite pour l’Allemagne (AfD) stipule que les Allemands devraient maintenant passer à autre chose et tracer une ligne dans cette culture du souvenir. 

Le chef de l’AfD, Alexander Gauland, a décrit le régime nazi l’année dernière comme “un simple excrément d’oiseau dans plus de 1 000 ans de réussite de l’histoire allemande”.

Et moins de la moitié des étudiants allemands savent ce qu’était Auschwitz, selon une enquête de la Fondation Körber.

Quarante ans après la première diffusion de l’Holocauste en Allemagne, des drames accessibles sont toujours nécessaires pour mettre en lumière les crimes nazis.

Quelques mois après la diffusion de la série, l’Allemagne a levé la période prescrite pour le meurtre afin de permettre aux nazis d’être jugés pour leur participation à l’Holocauste. 






Alfred Nakache, le «nageur d’Auschwitz», bientôt au Panthéon mondial de la natation


MEMOIRE  Champion de natation à la vie brisée par la Seconde Guerre mondiale, Alfred Nakache (1915-1983) intégrera au mois de mai le Swimming Hall of Fame de Fort Lauderdale, aux Etats-Unis…

Nicolas Stival

Le nageur Alfred Nakache en 1946.
Le nageur Alfred Nakache en 1946. — AFP
  • Né dans une famille juive en Algérie, le nageur Alfred Nakache s’est bâti un impressionnant palmarès à Paris puis à Toulouse.
  • Rescapé du camp d’extermination d’Auschwitz, il y a perdu sa femme et sa petite fille.
  • Brisé par la déportation, cet homme exceptionnel est parvenu à retrouver le haut niveau et à participer aux Jeux olympiques de Londres, en 1948.

En engloutissant les JO de 1940 et 1944, au zénith de sa carrière, l’Histoire l’a sans doute privé de médaille olympique. Alfred Nakache (1915-1983) sera pourtant intronisé le week-end du 18-19 mai au Swimming Hall Of Fame de Fort Lauderdale, en Floride. Ce panthéon mondial de la natation s’apprête à accueillir le « nageur d’Auschwitz », rescapé des camps de la mort, dont sa femme Paule et leur petite Annie, deux ans, ne sont pas revenues.

Deuxième d’une fratrie juive de onze enfants, Alfred Nakache a vu le jour à Constantine, en Algérie. Il s’est éteint sur une plage des Pyrénées-Orientales, à Cerbère, des suites d’un malaise cardiaque survenu lors de son kilomètre de natation habituel. Entre ces deux bornes, près de 68 ans d’une vie exceptionnelle et tragique, dont la famille du nageur, sa nièce Yvette Benayoun-Nakache en tête, entretient le souvenir.

Un grand sportif rattrapé par l’Histoire

15 titres de champion de France, deux records du monde, trois d’Europe et neuf de France. Le puissant Alfred Nakache est un modèle de polyvalence : quatrième du relais 4×200 m nage libre aux Jeux olympiques de Berlin, en 1936, il participera douze ans plus tard, à Londres, au 200 m brasse papillon (deux disciplines alors jumelées) et… au tournoi de water-polo.

« Enfant, il n’aimait pourtant pas l’eau, assure Yvette Benayoun-Nakache, ancienne députée de la Haute-Garonne, de 1997 à 2002. C’est son père David qui un jour l’y a poussé. Il ne l’a plus quittée. » Parti de son Algérie natale en 1933, à 18 ans, Alfred rejoint Paris, son prestigieux lycée Janson-de-Sailly et le Racing Club de France. Il y devient professeur d’éducation physique, comme son épouse Paule.

Fin 1940, l’abrogation du décret Crémieux par le régime de Vichy le prive de sa nationalité française. Il fuit la capitale pour la zone libre.

A Toulouse, Artem (son surnom) intègre les Dauphins du TOEC où il tissera des relations pour la vie, notamment avec son entraîneur Alban Minville et la famille du nageur Alex Jany. Le Constantinois se rapproche aussi des réseaux de résistance juifs, dont il entraîne les recrues, dans le gymnase qu’il gère avec sa femme. Dénoncée, la famille est arrêtée le 20 novembre 1943, déportée vers Drancy puis Auschwitz. A l’arrivée dans le camp d’extermination, Alfred y sera immédiatement séparé de Paule et d’Annie. Il ne les reverra plus.

L’horreur et la reconstruction

« Alfred se rendait à la gare Matabiau où arrivaient les convois des déportés, pour voir si sa femme et sa fille revenaient, raconte-t-elle. Jusqu’au jour où le responsable d’un convoi lui a tendu un billet, qui disait qu’elles avaient été gazées dès leur arrivée à Auschwitz. »

Avril 1945 : Alfred Nakache ne pèse plus qu’une quarantaine de kilos, la moitié de son poids normal, lorsqu’il est libéré de Buchenwald. Il avait rallié ce camp depuis Auschwitz au cours des marches de la mort organisées par les nazis devant la progression des Soviétiques. A son retour à Toulouse, il est recueilli par son frère Prosper, le père d’Yvette Benayoun-Nakache.

Une postérité gravée dans la pierre

Brisé, l’athlète se reconstruira, en redevenant champion de France puis en battant le record du monde du 3X100 mètres trois nages dès 1946. Il se remariera avec Marie, originaire de Sète où l’ancien nageur terminera sa vie, après un passage par La Réunion. Sur sa tombe du cimetière Le Py, à quelques mètres de celle de Georges Brassens, deux autres prénoms sont couchés : ceux de Paule et d’Annie.

Paris, Montpellier, Nancy, Sète… Le « nageur d’Auschwitz » a donné son nom à de nombreuses installations sportives. Dix ans après sa mort, l’Etat d’Israël lui a décerné en 1993 le trophée du grand exemple au Musée du sport juif international. A Toulouse, un espace nautique a été baptisé en juin 2018. Mais dès 1944, le maire de l’époque Raymond Badiou avait inauguré la piscine d’hiver Alfred-Nakache, près du Stadium.

Beaucoup plus tard, elle découvrira une autre facette de sa personnalité, bien plus enjouée. « A Sète, il nous recevait dans sa maison de pêcheur sur la corniche, au mois d’août. Toute la famille était là. Il sortait ses médailles, et il les distribuait. » Dans un peu moins de quatre mois, c’est Alfred Nakache qui sera honoré en Floride, au côté des plus grands nageurs de l’Histoire.Société

« Mon oncle avait été déporté et on pensait alors qu’on ne le reverrait pas vivant », explique Yvette Benayoun-Nakache. Enfant, l’ancienne députée se souvient d’un homme qui l’« impressionnait par sa voix, sa carrure et ses sourcils ». « Il ne parlait pas beaucoup de la déportation. »

Source 20 Minutes

Kurdes: Donald Trump lance un sévère avertissement à la Turquie

Ceux qui affirmaient que l’annonce du départ des troupes américaines de Syrie constituait une trahison des alliés kurdes auront été un peu trop rapides. Après les avertissements du conseiller à la Sécurité nationale américaine John Bolton, c’est le président Donald Trump lui-même qui a menacé Ankara.

 par Shraga Blumjanvier

Avec son style direct et sans détours, le président américain a tweeté: “Si les Turcs s’attaquent aux Kurdes après le retrait des troupes américaines de Syrie, les Etats-Unis détruiront l’économie turque”. Le président américain a également demandé aux Kurdes de ne pas provoquer inutilement la Turquie.

La colère de Donald Trump provient aussi de l’affront fait la semaine dernière par le président turc Recep Tayyip Erdogan à John Bolton, en refusant de le recevoir alors qu’il se trouvait déjà à Ankara pour le rencontrer. Le président turc avait précédemment refusé la demande américaine exprimée en Israël par le conseiller à la Sécurité nationale de ne pas s’attaquer aux groupes kurdes de Syrie du Nord, la qualifiant de “grave erreur”.

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu a rapidement répondu en déclarant: “Les Etats-Unis n’obtiendront rien en menaçant l’économie turque. Les tweets du président américain ne sont destinés qu’à éa politique intérieure américaine et la coopération stratégique entre les Etats-Unis et la Turquie ne doit pas se faire par le biais des réseaux sociaux”.

Les dirigants turcs feraient bien d’être un peu moins arrogants et sûrs d’eux. Lors de la dernière crise entre Washington et Ankara sur fond de refus turc de libérer le pasteur américain Andrew Bruson, les mesures de rétorsion économiques avaient fait plonger la livre turque et chanceler l’économie du pays.

L’Union européenne n’a jamais cessé de financer le boycott anti-israélien



23 janvier 2019 |

Un rapport publié mercredi par le ministère des Affaires stratégiques (MSA) a révélé que, contrairement à la politique déclarée de l’Union européenne notamment par la voix de sa ministre des Affaires étrangères, Federica Mogherini, celle-ci finance toujours et n’a jamais cessé de financer des ONG qui encouragent le boycott d’Israël. L’UE aurait transféré des millions d’euros  à ces  organisations en 2017 et en 2018…

Ce rapport fait suite à une étude approfondie publiée en mai 2018 par le ministère des Affaires stratégiques sur le financement accordé par l’UE aux organisations de boycott d’Israël en 2016. À cette époque, le ministre des Affaires stratégiques, Gilad Erdan, exhortait Mogherini à cesser immédiatement le transfert de fonds à ces organisations. En réponse, la ministre des Affaires étrangères de l’UE a répondu que des procédures strictes de surveillance et de vérification étaient en place, assurant le ministre Gilad Erdan qu’aucun fonds de l’Union européenne n’était utilisé pour promouvoir le boycott d’Israël.P

Gilad Erdan a demandé à son ministère d’élargir son examen des données de l’UE publiées entre 2017 et 2018 et a constaté que, malgré les déclarations de Federica Mogherini et contrairement à la politique officielle de l’Union européenne en matière de lutte contre le boycott, un financement de plus de 5 millions d’euros avait été transféré à dix organisations promouvant le boycott  contre l’Etat d’Israël.

À la lumière des conclusions du rapport actualisé du MSA, le ministre Erdan a adressé une lettre au ministre des Affaires étrangères, Mogherini, soulignant la nécessité de mettre fin à  la politique schizophrénique de l’UE qui, d’une part, s’oppose officiellement aux boycotts contre l’État d’Israël mais d’autre part, soutient des organisations de boycott.

Le rapport de la MSA a également révélé que deux des plus importantes organisations de boycott d’Israël, Al-Haq et Al-Mezan, avaient reçu une subvention pluriannuelle de plus de 750 000 euros de l’UE, qui aurait apparemment débuté en 2018. Ces conclusions concordent avec celles d’un récent rapport de la Cour des comptes européenne, l’organe de contrôle financier de l’Union Européenne, qui pointait d’importantes lacunes dans la capacité de l’UE à contrôler les fonds transférés aux nombreuses organisations recevant son aide. La CCE a averti que l’Union européenne manquait d’informations et de transparence quant à la manière dont ces fonds étaient distribués ou utilisés.

En décembre 2018, la Cour des comptes européenne a appelé à « mettre immédiatement fin au financement des ONG qui encouragent activement le boycott d’Israël » en expliquant que le Conseil européen ne disposait pas d’informations suffisantes et suffisamment détaillées sur la manière dont ces ONG utilisaient ces fonds.

Tel-Avivre – source Aroutz7

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Le BNVCA dénonce et condamne les menaces antisémites anonymes découvertes le 18 Janvier 2019 dans les boites aux lettres de certaines familles juives, demeurant quai Gallieni à Champigny Sur Marne.

Ces courriers anonymes introduits dans les boites aux lettres représentent les dessins d’une valise et d’un cercueil . Le message envoyé est clair et peut se traduire par “vous devez partir ou nous vous tuons”.

Le BNVCA a recommandé aux victimes de déposer plainte auprès des services de Police.

Nous demandons aux Autorités de Police et de Justice du Val de Marne de tout mettre en œuvre pour identifier et interpeller les auteurs de ces menaces antijuives.

Nous rappelons que déjà, dans cette même commune, des faits à caractère antisémite se sont produits le 4 février 2012 à l’intérieur de la Salle de Cinéma « 66 », au cours de la projection du film « LA VERITE SI JE MENS 3 », des individus ont crié et répété « à Mort Les Juifs » perturbant la séance, obligeant la Direction à suspendre la projection du film.

L’atmosphère nauséabonde qui se dégage encore aujourd’hui dans notre pays, notamment avec l’antisémitisme que manifestent des groupes de “GILETS JAUNES” qui le font renaître depuis le 1711/18, provoque un malaise qui s’accroît progressivement et inquiète nos concitoyens confession Juive.

Trump en croisade contre l’antisémitisme en Europe

Donald Trump a promulgué une loi mettant en exergue la nécessité de combattre l’antisémitisme sur le Vieux Continent et d’assurer la sécurité des communautés juives européennes. Le chef d’Etat américain a signé lundi (photo ci-dessus) une loi sur la lutte contre l’antisémitisme en Europe, annonce un communiqué de la Maison-Blanche…….Détails……..

Selon le texte de la loi, approuvé en 2017 par la Chambre des représentants, il est «dans l’intérêt national des États-Unis de combattre l’antisémitisme sur le sol américain et à l’étranger». 
Il met notamment l’accent sur la nécessité d’assurer la sécurité des communautés juives d’Europe, «des synagogues, des écoles et des cimetières».
«Les États-Unis devraient continuer à mettre en exergue l’importance de la lutte contre l’antisémitisme dans les institutions internationales», dont l’Onu, l’Union européenne et l’OSCE, indique le texte de loi.
Il oblige le Département d’État à rendre compte des efforts déployés par les États-Unis pour former un partenariat avec les forces de l’ordre européennes et des groupes de la société civile pour lutter contre les incidents antisémites.
Cette loi serait une réponse à la croissance du nombre d’incidents antisémites en Europe, où les Juifs sont visés par des persécutions verbales ou physiques, voire même par des attaques terroristes.
Le texte apporte des amendements à la loi de 1998 sur la liberté religieuse (International Religious Freedom Act). 
Il est désormais prévu que le rapport annuel du Département d’État sur la liberté de religion comporte une description des défis sécuritaires et besoins des communautés juives européennes, pour chaque pays européen touché par l’antisémitisme.

Source Sputnik News

Une Israélienne atteinte de paralysie cérébrale diplômée en médecine au Technion

Hodaya Oliel, 27 ans, qui a réalisé son rêve de devenir médecin, veut se spécialiser en neuropédiatrie

Par TIMES OF ISRAEL STAFF

Dr. Hodaya Odiel (Capture d'écran : Hadashot TV)

Dr. Hodaya Odiel (Capture d’écran : Hadashot TV)

Hodaya Oliel, une jeune femme de 27 ans atteinte de paralysie cérébrale, a réalisé son rêve de devenir médecin après avoir obtenu son diplôme au Technion – Israel Institute of Technology.

« J’en ai rêvé toute ma vie », a déclaré Oliel à la chaîne d’information Hadashot samedi dernier.

Oliel est née trois mois avant terme et ne pesait que 930 grammes à la naissance, après quoi elle est descendue à seulement 760 grammes.

Enfant, Odiel a été hospitalisée dans le service orthopédique, mais « l’autre moitié [du service] était le service de neuropédiatrie, et cela m’a toujours intéressée ».

« Pendant tout ce temps, je me disais, entre mes propres [opérations], que je voulais être médecin et que je voulais me spécialiser en neuropédiatrie ».

Hodaya Oliel entre dans le bâtiment de l’école de médecine au Technion à Haïfa. (Capture d’écran Hadashot TV)

Ses parents étaient inflexibles sur le fait que Hodaya, atteinte de paralysie cérébrale, grandirait aussi normalement que possible.

Hadas Odiel, sa mère, a dit qu’elle ne laisserait personne les convaincre que leur fille avait besoin d’une éducation spéciale.

« La jeune fille parle et comprend parfaitement, pourquoi la placer dans un jardin d’enfants pour enfants en difficulté », a-t-elle raconté, rappelant qu’elle et son mari ne voulaient pas que le mot « handicapés » sorte de leur bouche.

« Ce n’est pas de la sémantique, c’est un mode de vie », et ils l’ont toujours traitée comme une personne ordinaire, a ajouté son père, Michael Oliel.

Après avoir subi cinq opérations avant d’entrer au lycée, Oliel a obtenu son diplôme avec les meilleures notes et a servi pendant un an dans le programme de service national israélien pour les filles religieuses qui choisissent de ne pas rejoindre l’armée.

En poursuivant ses études de médecine, Oliel a trouvé que le bâtiment de l’école était un défi, sans ascenseur ni rampe dans les escaliers. Elle a aussi choisi de vivre seule dans un appartement, confiant à la chaîne de télévision qu’elle faisait de son mieux pour ne pas penser aux études intensives qui l’attendaient et aux défis physiques quotidiens.

Le professeur Ido Fefferkorn, de l’hôpital Carmel de Haïfa, s’est dit impressionné par la réaction de ses patients face à la « petite étudiante en médecine au grand cœur ».

« Je pense qu’en fin de compte, le patient se moque de savoir si le médecin a des béquilles, des lunettes ou un appareil auditif », dit Fefferkorn. « Ils veulent un professionnel qui connaît la médecine. »

Avec une partie de son internat passée dans un service pour prématurés, Oliel a déclaré : « C’est émouvant parce que je sais que certains d’entre eux vont sortir d’ici dans une situation semblable à la mienne ».

Bien qu’elle soit diagnostiquée comme souffrant de paralysie cérébrale « légère », elle a ajouté : « La question est de savoir ce que signifie légère et pour qui elle l’est exactement ? Je ne sens pas vraiment que ce soit léger pour moi parce que je dois me lever tous les matins et accomplir mes tâches ».

Le chef du service des prématurés, le professeur Ofer Lavi, a salué la force de la jeune médecin.

« Avec ce que vous projetez et ce que vous avez traversé, avec votre expérience et la façon dont vous vous exprimez, nous avons beaucoup à apprendre à la jeune génération (de médecins) », a dit Lavi. « Vos actions, le fait que vous soyez tellement meilleurs que tant d’autres, nous aident à aiguiser ces sensibilités. Vous avez une force que personne d’autre n’a. »

Kurdes: Donald Trump lance un sévère avertissement à la Turquie

 par Shraga Blumj

Ceux qui affirmaient que l’annonce du départ des troupes américaines de Syrie constituait une trahison des alliés kurdes auront été un peu trop rapides. Après les avertissements du conseiller à la Sécurité nationale américaine John Bolton, c’est le président Donald Trump lui-même qui a menacé Ankara.

Avec son style direct et sans détours, le président américain a tweeté: “Si les Turcs s’attaquent aux Kurdes après le retrait des troupes américaines de Syrie, les Etats-Unis détruiront l’économie turque”. Le président américain a également demandé aux Kurdes de ne pas provoquer inutilement la Turquie.

La colère de Donald Trump provient aussi de l’affront fait la semaine dernière par le président turc Recep Tayyip Erdogan à John Bolton, en refusant de le recevoir alors qu’il se trouvait déjà à Ankara pour le rencontrer. Le président turc avait précédemment refusé la demande américaine exprimée en Israël par le conseiller à la Sécurité nationale de ne pas s’attaquer aux groupes kurdes de Syrie du Nord, la qualifiant de “grave erreur”.

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu a rapidement répondu en déclarant: “Les Etats-Unis n’obtiendront rien en menaçant l’économie turque. Les tweets du président américain ne sont destinés qu’à éa politique intérieure américaine et la coopération stratégique entre les Etats-Unis et la Turquie ne doit pas se faire par le biais des réseaux sociaux”.

Les dirigants turcs feraient bien d’être un peu moins arrogants et sûrs d’eux. Lors de la dernière crise entre Washington et Ankara sur fond de refus turc de libérer le pasteur américain Andrew Bruson, les mesures de rétorsion économiques avaient fait plonger la livre turque et chanceler l’économie du pays.

Le BNVCA exprime son étonnement et sa déception suscités par la légère sanction (rappel à la loi) décidée conte l’auteur d’injures antisémites violentes.

Le BNVCA exprime son étonnement et sa forte déception suscités par la trop légère sanction infligée le 10 décembre 2018 par le tribunal d’Alençon au sieur Ph POULAIN qui en septembre 2016, à Saint Sur Risle, avait  déversé des flots d’insanités et propos antisémites sur les réseaux sociaux 

Le rappel à la loi décidé par ce Tribunal nous paraît très insuffisant, ni dissuasif, ni exemplaire au regard du déchaînement antijuif de cet individu qui a proféré des injures telles que: « le rôle important des juifs dans l’esclavagisme et la souffrance de l’humanité » (page 1)

Citant à sa façon le « Lévitique » : « Les esclaves doivent rester un héritage et qu’il est permis de les traiter avec cruauté » «  Les rabbins qui ont vendu aux Romains Jésus de Galilée…. »

 «  si Dieu existe il en a fait (les juifs) des animaux, égoïstes….. »

 « Les juifs ont une idéologie raciste, communautariste, expansionniste, criminel ….. » c

Et dans « le vrai talmud » Les juifs déverseraient « des immondices (sic) sur les chrétiens et les musulmans » en bref ce sont «  des monstres » (page 4)

 « les attentats du 11 septembre ont été bénéfiques pour Israël »

Des qu’il en a été alerté le BNVCA avait déposé plainte espérant une peine sévère contre le prévenu. Nous considérons que cette forme d’indulgence décidée par le Tribunal d’Alençon n’est pas de nature à nous aider dans le combat incessant mené contre l’antisémitisme

Le BNVCA vous appelle à venir nombreux pour rendre Hommage aux victimes Yohav Hattab, Yohan Cohan, Philippe Braham et François Michel Saada, lâchement assassinés.

CRIF/HYPERCACHER – MERCREDI 9 JANVIER 2019 : LE CRIF VOUS INVITE À LA CÉRÉMONIE D’HOMMAGE AUX VICTIMES DE L’ATTENTAT DE L’HYPER CACHER

Mercredi 9 janvier 2019 aura lieu la cérémonie d’hommage aux victimes de l’attentat de l’Hyper Cacher de janvier 2015.
Nous ne les oublierons jamais
En hommage aux victimes de l’attentat de l’Hyper Cacher, le Crif vous invite à la cérémonie d’hommage
Mercredi 9 janvier 2019, à 19h30
devant l’Hyper Cacher – 23, avenue de la Porte de Vincennes, à Paris

Les Karaïtes, une communauté juive méconnue

Peu connus et parfois considérés comme faisant partie d’une secte, “les Karaïtes ont pris leurs racines en Irak, en Crimée, ainsi qu’en Palestine. Plus tard, ils sont arrivés en Egypte”, raconte l’historienne Levana Zamir à i24NEWS.

Les Juifs karaïtes “ne suivent que ce qui est écrit dans la Torah”, poursuit-elle. En effet, la particularité de cette petite communauté est de vivre selon les écritures hébraïques, sans addition ou soustraction au texte initial.

“On peut tout à fait voir le judaïsme karaïte comme le judaïsme originel, qui conserve les premières traditions du peuple d’Israël depuis toujours et ce jusqu’à aujourd’hui. C’est en fait le diamant qui se trouve au sein de la couronne”, explique Shlomo Gaver, président de l’Association du judaïsme karaïte à i24NEWS.

Alors que de nombreux Juifs célèbrent actuellement la fête de Hanoukka, les Karaïtes, eux, ne commémorent pas la victoire militaire des Maccabées sur la dynastie grecque des Séleucide en allumant le chandelier à neuf branches, car cette fête rabbinique n’est mentionnée à aucun moment dans l’Ancien Testament.

“Il est indiqué dans la Torah ‘tu ne mangeras pas le chevreau dans le lait de sa mère’, les rabbins ont interprété cela, indiquant qu’il était interdit de mélanger le lait avec la viande mais pour les Karaïtes c’est le fait de cuisiner la viande, dans le lait, qui est interdit”, rien de plus, explique l’historienne.

Ce fossé entre un judaïsme ‘interprété’ par les rabbins et un autre, littéral, a créé un fossé important entre les Karaïtes et les autres Juifs. “En Egypte, les Karaïtes ne pouvaient pas prier dans les synagogues rabbiniques ou se marier avec des Juifs traditionnels. Ils ne voulaient d’ailleurs pas ‘s’assimiler’ à ces communautés”, précise Levana Zamir.

La communauté karaïte aurait représenté jusqu’à 40% de la population juive mondiale jusqu’au Xème siècle de notre ère. A partir de cette période, les rabbins traditionnels, qui considéraient les Karaïtes comme des hérétiques, ont tenté à plusieurs reprises de les exclure de la communauté israélite.

“Les rabbins nous sont très hostiles, jusqu’à aujourd’hui”, confie Shlomo Gaver à i24NEWS.

“Il s’agit d’une hostilité historique, dans la tradition karaïte, les rabbins ne sont que des messagers et interprètent la Torah au sens propre. Ils font l’intermédiaire entre les fidèles et la Torah. Alors que dans le judaïsme rabbinique, les rabbins ont le pouvoir d’interpréter la Torah et de décider de nouvelles lois, ce qui ne correspond pas au dogme karaïte”, explique-t-il. “Pour les Juifs karaïtes, la compréhension de la Tora dépend de l’individu, et non de son rabbin”, ajoute Shlomo Gaver.

Les pratiques des Karaïtes “peuvent ressembler à celles de l’Islam, mais elles n’ont pas de rapport”, explique Levana Zamir.

Alors que les Juifs de la communauté karaïte ôtent leurs chaussures pour prier et qu’ils s’agenouillent ou se prosternent, l’historienne rappelle qu'”à l’époque, on priait au temple de Jérusalem sans sandales”.

“Aux alentours de l’an 700 après Jésus-Christ, pour se différencier de l’islam, le judaïsme rabbinique a décidé de ne pas continuer à prier comme les Musulmans et que la prière se ferait donc assise et plus en se prosternant”, explique de son côté Yossi Yefet, président adjoint de l’Association du judaïsme karaïte mondial.

De nos jours, le courant karaïte se compose de quelque dizaines de milliers de fidèles seulement, dont la majorité se trouve en Israël et sont répartis dans une dizaine de communautés.

Le judaïsme karaïte est reconnu par l’Etat hébreu mais pas par le tribunal rabbinique israélien.

Source : i24News

On peut être un grand footballeur mais encore un plus grand imbécile Monsieur Salah, honte à vous.

Le chantage de Muhamad Salah du FC Liverpool

Ceux qui ont suivi le dernier Mondial de football ont pu admirer les prouesses de l’ailier droit Muhamad Salah, magicien du ballon. Mais ce magicien qui joue actuellement dans le club anglais du FC Liverpool aimerait apparemment faire disparaître l’Etat d’Israël d’un coup de baguette magique.

Muhamad Salah a menacé de quitter son club si celui-ci engage le joueur israélien Moanes Dabour qui évolue actuellement dans le club autrichien du Red Bull Salzbourg mais qui porte aussi le maillot de l’équipe nationale d’Israël. La haine que voue Muhamad Salah à Israël est telle qu’il met de côté que Moanes Dabur est lui-même arabe et musulman comme lui. Un site sportif égyptien est allé jusqu’à titrer: “Moanes Dabour va-t-il supprimer le gagne-pain de Salah?”.

Moanes Dabour

Ce dernier a été acquis en 2017 par le FC Liverpool à l’AS Roma pour la coquette somme de 42 millions d’euros et perçoit un salaire de 200.000 livres sterling par…semaine, soit environ 10 millions d’euros pour la saison!

Muhamad Salah n’en est pas à sa première. Lorsqu’il évoluait au FC Bâle entre 2012 et 2014, il avait refusé de serrer la main aux joueurs du Maccabi Tel-Aviv avant et après la rencontre.

Par le passé, trois joueurs israéliens ont joué dans l’équipe du FC Liverpool, Avi Cohen z.l., Rony Rosenthal et Yossi Benayoun et d’autres israéliens ont évolué et évoluent encore dans des clubs européens. Mais aucun d’entre eux ne s’est jamais prêté à une telle attitude anti-sportive et déshonorante envers des joueurs d’origine arabe.

Pologne : l’Allemagne contribue à la création d’un mémorial à Sobibor

Malgré le nombre important des victimes juives massacrées par les Nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, entre les années 1942 et 1943, dans le camp de concentration de Sobibor, en Pologne, aucun monument n’a été érigé sur place pour rappeler leur sort tragique et personne n’a jamais pris l’initiative jusqu’à ce jour d’y construire un musée pour raconter leur terrible histoire.

A présent, on apprend par les médias que le site va être transformé en lieu de commémoration. Un bâtiment dressé sur place abritera une exposition permanente qui ouvrira ses portes dans deux ans. Ce projet sera soutenu par le gouvernement allemand qui offrira 1 million d’euros. Ces fonds devraient être déposés dans un premier temps à la ‘Auschwitz-Birkenau Foundation’ avant d’être transférés aux responsables de la construction du nouveau musée.

Il faut rappeler que plus de 170 000 Juifs ont été assassinés par les autorités allemandes dans ce camp qui, comme celui de Belzec et celui de Treblinka, a été ouvert dans le cadre de l’opération Reinhard. Parmi eux se trouvaient 34 000 enfants.

Le camp a été détruit par les Nazis après la révolte des prisonniers juifs en 1943. Afin de cacher leurs crimes, les Allemands en avaient effacé toute trace. Mais c’était sans compter sur les témoignages des survivants

En 2007, des archéologues polonais et israéliens ont entamé des fouilles à l’emplacement de l’ancien camp de la mort. En 2014, ils ont retrouvé des restes de chambres à gaz ainsi que des milliers d’objets personnels qui avaient été volés aux victimes.

Le président de la fondation, Piotr Mateusz Andzej Cywinski, qui dirige également, depuis 12 ans, le Musée d’Etat d’Auschwitz Birkenau, a déclaré que ‘se souvenir de Sobibor était important’. Il a ajouté : « Ici, des détenus se sont soulevés contre les gardiens du camp et cela s’est produit dans deux autres endroits : à Auschwitz et à Treblinka ».

De son côté, l’ambassadeur d’Allemagne en Pologne, Rolf Nikel, a estimé que ‘la contribution financière de son pays permettrait d’assurer que le mémorial rappelant les crimes commis par les Allemands, au nom de l’Allemagne, serait maintenu’.

Claire Dana-Picard

Centre Wiesenthal: “Paris brûle-t-il” ?

Centre Wiesenthal : « Paris brûle et les Juifs sont les dommages collatéraux »

Shimon Samuels a exprimé auprès du ministre de l’Intérieur français son indignation devant les dérives antisémites des manifestations “Gilets jaunes” menées à travers l’Hexagone

Des manifestants se rassemblent autour d'une voiture en feu lors d'une manifestation des Gilets jaunes contre la hausse du prix du pétrole et du coût de la vie, le 1er décembre 2018 à Paris. (Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP)

Des manifestants se rassemblent autour d’une voiture en feu lors d’une manifestation des Gilets jaunes contre la hausse du prix du pétrole et du coût de la vie, le 1er décembre 2018 à Paris. (Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP)

Dans une lettre adressée au ministre français de l’Intérieur, Christophe Castaner, le directeur du Centre Simon Wiesenthal pour les relations internationales, Shimon Samuels, a exprimé son indignation devant les dérives antisémites des manifestations « Gilets jaunes » menées à travers la France.

Samuels a rappelé que « Hitler, lors de sa visite unique à Paris, a été tellement impressionné qu’il a créé le prix ‘Fur Alle ein Mahl in Paris’ (Un séjour à Paris pour chaque soldat de la Wehrmacht) en guise de récompense. Pendant l’évacuation nazie de 1944, il a téléphoné au gouverneur allemand pour vérifier si son ordre avait été respecté, et a crié ‘Paris brûle-t-il ?’ ».

« Les manifestations/émeutes de samedi dernier auraient plu à Hitler, les Juifs devenant leurs victimes collatérales », a-t-il poursuivi.

« Ce qui a commencé il y a quatre semaines par des marches ciblées contre les taxes sur l’essence a été infiltré et détourné par des vandales d’extrême droite et d’extrême gauche, des anarchistes et des staliniens radicaux soucieux de vol, d’incendie volontaire et de chaos… Leur point commun est la théorie du complot et la haine des Juifs, » a fait valoir le Centre.

« Cela deviendra une menace mortelle avec le retour d’un groupe de plus de 2 000 combattants terroristes français survivants du Califat en ruines [État islamique]. Les entrainements de l’Etat islamique commencent dès l’âge de dix ans pour l’utilisation des armes à feu, la décapitation des otages et le lavage de cerveau pour haïr les Juifs ».

La lettre ajoutait : « Samedi dernier, le centre de Paris était verrouillé. Les rues étaient désertes, alors qu’elles sont normalement bondées d’acheteurs [en cette période] de Noël qui ont réagi en s’imposant un ‘couvre-feu’. Les synagogues du secteur, jamais fermées le jour du Shabbat, étaient fermées pour leur propre sécurité. »

« Habituellement bloquées par la circulation, les rues autour de notre maison étaient interdites de 6h du matin jusqu’au soir. C’était comme une zone de guerre, ornée de graffitis nazis et d’affiches du président sur lesquelles on pouvait lire ‘Macron, la pute des Juifs !’. »

Monsieur le ministre, « la semaine dernière, la France s’est jointe aux 27 autres membres de l’Union européenne pour signer un manifeste historique contre l’antisémitisme. Cela doit maintenant être appliqué en imposant des mandats d’arrêt et des ordonnances de détention pour incitation à la haine et à la violence contre les Juifs, dans ce qui est devenu une ‘Intifada de Paris’ », a conclu Samuels.

L’Australie va décider de l’installation de son Ambassade à JERUSALEM

L’Australie met en garde ses citoyens avant une décision sur Jérusalem

Le Premier ministre Scott Morrison va vraisemblablement annoncer samedi la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël

Le Premier ministre Scott Morrison, à gauche, s'exprime devant les médias aux côtés de la ministre des Affaires étrangères Marise Payne au parlement de Canberra, le 16 octobre 2018 (Crédit : Mick Tsikas/AAP Image via AP)

Le Premier ministre Scott Morrison, à gauche, s’exprime devant les médias aux côtés de la ministre des Affaires étrangères Marise Payne au parlement de Canberra, le 16 octobre 2018 (Crédit : Mick Tsikas/AAP Image via AP)

Le gouvernement australien, qui se prépare à reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, a appelé vendredi à la vigilance ses citoyens voyageant dans le pays voisin d’Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde, par crainte de représailles.

« Des manifestations ont eu lieu ces dernières semaines autour de l’ambassade d’Australie à Jakarta et du consulat général d’Australie à Surabaya », la deuxième ville d’Indonésie, a prévenu le ministère des Affaires étrangères dans un avis public.

« Elles risquent de se poursuivre. Faites preuve de la plus grande prudence », a-t-il insisté.

Le Premier ministre Scott Morrison va vraisemblablement annoncer samedi la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, suivant l’exemple du président américain Donald Trump, ont indiqué à l’AFP des responsables australiens, tout en précisant que le projet pouvait encore être modifié.

M. Morrison devrait cependant s’abstenir de déplacer l’ambassade d’Australie à Jérusalem, devant les implications en termes de coût et de sécurité.

Le chef du gouvernement australien, qui redoute un revers électoral l’an prochain, espère séduire l’électorat juif et chrétien conservateur et s’attirer les bonnes grâces de la Maison Blanche.

Cette décision risque cependant d’alimenter les tensions. Si elle se confirme, le gouvernement palestinien appellera les pays arabes et musulmans à « retirer leurs ambassadeurs » et à « prendre des mesures de boycott économique », a averti l’ambassadeur palestinien en Australie, Izzat Abdulhadi, interrogé par l’AFP.

Le gouvernement indonésien avait déjà exprimé sa colère plus tôt cette année, suspendant un vaste projet d’accord commercial entre les deux pays.

Le BNVCA demande l’annulation de la réunion palestiniste à risque organisée le 5/12/18 à Sevran par la Députée Clémentine Autain, avec le Député Jean Paul Lecoq.

Le BNVCA demande au Préfet de la Seine Saint Denis l’annulation de la réunion prévue le 5 décembre à Sevran à  l’initiative de la députée LFI Clémentine Autain, en soutien à la Palestine, plus précisément consacrée à ce qu’elle appelle “la justice pour la paix et la solidarité avec le peuple palestinien”.
Si le soutien au peuple palestinien ne souffre d’aucune objection, nous craignons que cette réunion ne tourne en une attaque d’Israel et à cette incitation à la haine de l’Etat juif, qui pousse immanquablement à l’acte anti-juif.
L’invitation à intervenir faite au Député Communiste Jean Paul Lecoq est de nature à provoquer cette haine. Ce député est réputé pour avoir déjà exprimé son soutien aux terroristes palestiniens Salah Hamouri et Marwan Barghouti. Ce dernier, chef des Tanzim est l’auteur de nombreux attentats terroristes sanglants.
Nous rappelons que Salah Hamouri est membre de l’organisation terroriste FPLP qui a revendiqué plusieurs actions terroristes, dont le détournement de l’avion d’Air France sur Entebbé, (Ouganda) en 1976 et la prise d’otages de passagers dont de nombreux français.
Déjà en mai 2018 Jean Paul Lecoq qualifiait Israel ” d’Etat terroriste”. De plus refusant à Israel le droit de défendre sa population, il tend à justifier les agressions anti israéliennes, en ayant déclaré “si j’étais Gazaoui je n’aurais qu’une envie, c’est me trouver avec ceux qui sont face aux soldats israéliens”.
Le BNVCA attire l’attention des autorités sur l’exode imposé aux citoyens juifs du 93, notamment en raison du ” palestinisme”, sans discernement des édiles Communistes du Département. La commune de Sevran qui n’est pas épargnée par ce mouvement risque de voir sa situation aggravée à la suite de cette réunion.

Le Président
Sammy GHOZLAN
Ancien Conseiller Municipal de Sevran

 

Paris : Mike Brant donne son nom à une place du XVIe arrondissement

Paris : Mike Brant donne son nom à une place du XVIe arrondissement


Paris rend hommage à l’israélien Mike Brant, l’un des chanteurs vedettes des années 1970. Le conseil d’arrondissement du XVIe arrondissement examinera ce lundi un vœu pour donner le nom de l’idole à la place située à l’intersection des rues Dufrenoy, Benjamin Godard et Spontini et de I’avenue Victor-Hugo…….Détails……..

L’inauguration aura lieu dans les prochaines semaines.
Le Conseil de Paris de décembre dernier avait adopté un vœu porté par Pierre Auriacombe, Président du groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants (PPCI) souhaitant donner le nom de l’idole à une place ou une rue dans le XVIe.
« Au-delà de sa personnalité, le chanteur d’origine Israélienne a beaucoup œuvré pour la paix entre Israël et la Palestine », avait souligné l’élu du XVIe. L’interprète de « Laisse-moi t’aimer » et de « Qui saura » a, par ailleurs, vécut plusieurs années Victor Hugo avant de se suicider le 25 avril 1975, à 28 ans, en se jetant du 6e étage d’un immeuble de la rue Erlanger.

VIDEO | Colère de Michel Boujenah : “L’antisionisme c’est bien la négation de notre pays et de notre peuple”

VIDEO | Colère de Michel Boujenah : “L’antisionisme c’est bien la négation de notre pays et de notre peuple”

L’humoriste Michel Boujenah a fustigé vendredi les indignés sélectifs qui ne manifestent que contre Israël et non en défense des Chrétiens de Syrie ou du Tibet occupé par la Chine.

“Toutes les réactions négatives que j’ai eues, c’est à propos d’Israël. C’est-à-dire que tous les messages de haine que j’ai reçus c’est Regardez ce que fait Israël, et après vous vous étonnez qu’on vous déteste. C’était ça ! C’est fascinant quand même !”, a-t-il dit à nos confrères d’I24News, dans le cadre de l’émission “Le Grand Live Week-end”.

“Moi, je n’ai pas vu un mec défiler à Paris pour les Chrétiens de Syrie qui se font massacrer. Je n’ai pas vu un mec dans la rue, ou très peu de gens descendre pour le Tibet. La montée de l’antisémitisme et l’antisionisme c’est pareil aujourd’hui. Faut arrêter avec ces conneries, c’est pareil”, a-t-il insisté.

“L’antisionisme c’est les gens qui ne veulent pas que l’Etat d’Israël existe. J’ai beaucoup d’amis en Israël, il y a des gens qui ne sont pas forcément d’accord avec la politique de Netanyahu. Israël est une démocratie. Ne pas être d’accord avec tel ou tel gouvernement cela ne veut pas dire qu’on veut que le pays en question disparaisse. Il y a des gens qui n’aiment pas Trump, ça ne veut pas dire qu’ils n’aiment pas Tennessee Williams ou Julia Roberts. C’est délirant quand même. Je n’entends jamais dire un mec qu’il faut rayer les Etats-Unis de la carte parce qu’il n’aime pas Trump ! Donc, l’antisionisme c’est bien la négation de notre pays et de notre peuple”, a-t-il conclu.

Michel Boujenah sera en tournée en Israël du 30 décembre 2018 au 3 janvier 2019.

Une fresque de Dieudonné fait tache à Sélestat – France 3 Grand Est

Une fresque de Dieudonné fait tache à Sélestat

Un Dieudonné grimaçant et le doigt levé orne un mur au nord de la ville / © Carine Feix / France 3 Alsace
Un Dieudonné grimaçant et le doigt levé orne un mur au nord de la ville / © Carine Feix / France 3 Alsace

Par Sabine Pfeiffer 

La fresque n’est pas récente. Le visage grimaçant de Dieudonné s’affiche depuis près de deux ans dans le quartier de la Filature, sur un petit bâtiment de trois mètres de haut, bien visible depuis la route de Strasbourg. Mais elle fait parler d’elle suite à l’article paru ce mercredi 17 octobre dans le Canard Enchaîné sous le titre “Dieudonné glorifié à Sélestat”.

© Carine Feix / France 3 Alsace
© Carine Feix / France 3 Alsace

Singer un rabbin

Dans cet article, notre confrère explique que l’humoriste est montré “effectuant un de ses gestes fétiches : le doigt levé pour dire ‘au-dessus, c’est le soleil’, en référence au caractère ‘sacré’ de la Shoah, avec un rictus censé singer le faciès caricatural d’un rabbin…”

Peu de réactions dans la cité humaniste

Les gens du quartier ne semblent pas gênés par le portrait. Beaucoup  n’y reconnaissent pas Dieudonné, ou ne savent pas qui c’est. “Je pense que c’est un révolutionnaire” a confié cet habitant à notre équipe. Une autre habitante, elle, admet qu’elle “adore” ce graff, au nom de la “liberté d’expression”.

La conseillère municipale écologiste Caroline Reys s’indigne depuis longtemps de cette effigie de l’humoriste, dont l’auteur, un enfant du quartier, est connu sous le pseudonyme de Story. Elle a fustigé cette fresque dans une tribune publiée par le journal municipal en juin 2017, et aurait alerté le service jeunesse de la communauté de communes.

A quelques mètres du cimetière israélite

Le petit bâtiment orné du portrait de Dieudonné se trouve à quelques dizaines de mètres seulement du cimetière israélite de Sélestat. Une situation particulièrement choquante, selon Caroline Reys, car fin avril, les personnes qui participent aux cérémonies de commémoration des victimes de la Shoah sont obligées de passer devant cette fresque qui représente “une personne connue et condamnée pour ses propos antisémites”. L’élue écologiste estime qu’il y a “quelque chose de cynique de laisser ce visage les regarder, les narguer, au moment où ils rendent cet hommage.” Mais la municipalité, elle, n’a pas encore répondu aux sollicitations de France 3 Alsace.

Le 13 novembre, la Bibliothèque Humaniste de Sélestat rénovée sera inaugurée par le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. Elle vient de ré-ouvrir après des travaux d’un montant de 15 millions d’euros, permettant de mieux valoriser l’inestimable collection de livres anciens de l’humaniste de la Renaissance Beatus Rhenanus. Un humaniste dont Dieudonné semble loin d’être un digne descendant.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/bas-rhin/selestat/fresque-dieudonne-selestat-1560150.html

Un bébé palestinien s’accroche après une greffe du coeur d’un enfant israélien | The Times of Israël

Musa, originaire de Ramallah et âgé d’un an, a reçu le coeur, la semaine dernière, d’un nouveau-né juif décédé d’une maladie chronique

Musa, un bébé palestinien de Cisjordanie, s’accroche à la vie au centre médical Sheba de Tel Aviv après avoir reçu un nouveau coeur, donné par un enfant israélien (Crédit : Centre médical Sheba)

Un bébé palestinien se trouvait dimanche dans un état grave, luttant pour sa vie, dans un hôpital de Tel Aviv après une greffe cardiaque – un organe prélevé sur un petit enfant juif israélien.

Cette transplantation réalisée la semaine dernière est la toute première à avoir permis à un bébé palestinien de recevoir une greffe d’un enfant israélien, a expliqué dans une déclaration le docteur David Mishaly, chirurgien en chef de l’unité de chirurgie cardiaque pédiatrique et congénitale de l’hôpital Sheba.

Le donneur, un petit enfant juif âgé d’un an, est mort des suites d’une maladie chronique dans ce centre médical, situé à Tel Aviv.

Le bébé palestinien, Musa, avait été envoyé par les médecins d’un hôpital local de Ramallah en Cisjordanie à l’hôpital Safra pour enfants de Sheba à plusieurs occasions pour tenter de le soigner et de stabiliser son état.

Le docteur David Mishaly (Crédit : Centre médical Sheba)

« Il y a eu plusieurs miracles qui se sont associés à cette intervention compliquée », a dit Mishaly. « Il n’existe pas, au sein de l’Autorité palestinienne, de ‘donneurs d’organe ou de liste d’attente de don d’organes’.

Tandis que les donneurs d’organes et ces listes existent en Israël, il n’y avait pas de bébé israélien qui figurait sur cette liste d’attente quand le petit Palestinien, qui s’appelle Musa, a été amené à Sheba dans un état très grave ».

« Par un coup du sort, un miracle, Musa a pu recevoir ce nouveau coeur de l’enfant juif, que les parents avaient accepté quelques heures auparavant de donner », a-t-il ajouté.

Tandis que Musa a survécu à l’intervention, il se trouve encore entre la vie et la mort. Très malade à son arrivée, son état a connu de nombreuses complications, a expliqué Mishaly.

Mishaly a salué l’hôpital, un symbole de coexistence, le qualifiant « d’île, d’oasis de paix, où la guérison est la priorité et où tout le monde, indépendamment de ce qu’il est, est traité à égalité, avec dignité et avec respect ».

La grand-mère de Musa a déclaré que sa famille « aimerait rencontrer la famille de l’enfant juif dans un proche avenir et qu’elle la remercie pour sa générosité ».

15 octobre 2018, 14:15 timesofisrael

DES HABITANTS DE GAZA FUSTIGENT LE HAMAS DANS UNE VIDEO | i24NEWS

Le coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires, le général Kamil Abu Rokun, a publié lundi une vidéo sur la page Facebook de COGAT en arabe dans laquelle des habitants de Gaza témoignent que l’organisation terroriste du Hamas reste la principale cause de la situation dans l’enclave.

“Nous ne pouvons pas continuer. Nous avons suffoqué. Les gens sont morts”, pleurent des habitants.

VISIONNEZ LA VIDÉO EN CLIQUANT ICI

“Pendant des mois, les dirigeants du Hamas ont exigé que vous veniez chaque vendredi dans la zone de la barrière de sécurité, mettant votre vie en danger pour de violentes émeutes et des manifestations inutiles. Blessé et ayant besoin d’aide, le Hamas vous abandonne et ne prend même pas la peine de vous fournir un traitement comme vous le témoignez vous-même dans la vidéo suivante,” a écrit le major-général Abu Rokun aux habitants de Gaza.

“Si vous recherchez les responsables de votre situation difficile dans la bande de Gaza, la réponse est très claire”, a ajouté le coordinateur des activités gouvernementales.

Depuis le 30 mars, 179 émeutiers palestiniens, incluant de nombreux membres d’organisations terroristes, sont morts lors d’affrontements avec l’armée israélienne à la frontière.

Israël accuse le Hamas, le mouvement terroriste islamiste qui contrôle la bande de Gaza, d’orchestrer les manifestations et soutient que les soldats ne font que protéger la frontière pour éviter des infiltrations de Palestiniens.

Source : i24NEWS

LA VÉRITÉ SUR AHED TAMIMI « L’ICONE PALESTINIENNE » | Infoequitable

Le mythe Ahed Tamimi : trois faits peu connus sur « l’icône palestinienne »

On ne présente plus Ahed Tamimi. Et pourtant, on devrait… Invitée vedette de la Fête de l’Humanité du parti communiste puis attendue à plusieurs manifestations à travers la France, elle a été largement décrite par la presse comme une jeune fille qui aurait été envoyée en prison pour une simple gifle, sans gravité et quasiment justifiée puisque donnée aux soldats d’un pays qui opprimerait le sien. La réalité est différente et les faits suivants gagnent à être connus et partagés auprès du plus grand nombre.

 

1. Le rêve d’Ahed Tamimi n’est pas d’obtenir un Etat palestinien aux côtés d’Israël, mais de détruire l’Etat juif pour le remplacer par un unique 100% Etat arabe.

 

Le monde doit reconnaître la cause palestinienne. L’occupation n’est pas seulement le vol de terres. Nous nous opposons au racisme, au sionisme, à tout le système d’occupation et pas seulement aux colonies.

 

Lors d’un précédent voyage à Bruxelles, où le Parlement européen lui avait ouvert ses portes là aussi à l’initiative d’alliés d’extrême gauche, la jeune mais déjà chevronnée activiste avait bien expliqué que sa lutte « contre l’occupation et la colonisation » n’était pas uniquement contre la présence de Juifs israéliens en Cisjordanie (Judée Samarie). Ca, c’est ce que les occidentaux candides croient comprendre. C’est au sionisme lui-même qu’Ahed et ses soutiens s’opposent : c’est-à-dire au droit à l’autodétermination du peuple juif.

Son père, qui travaille de concert avec elle, l’a confirmé le jour où il a déclaré qu’« Israël est une grande colonie ». En clair, pour les Tamimi, un Juif habitant à Tel Aviv ou à Eilat est un « colon ». Le but des Tamimi est de mettre les Juifs dehors, par tous les moyens y compris les plus violents. Quand les journalistes prônent la « solution à deux Etats » et font dans le même temps l’éloge d’Ahed qui, elle, milite pour que tout le territoire soit arabisé, le lecteur doit se poser la question de leur cohérence.

 

AHED TAMIMI AU PARLEMENT EUROPÉEN AUX CÔTÉS DE LEILA KHALED, ANCIENNE TERRORISTE PALESTINIENNE IMPLIQUÉE DANS PLUSIEURS DÉTOURNEMENTS D’AVIONS DANS LES ANNÉES 1960 (FACEBOOK)

 

Notons au passage que le village où habitent les Tamimi, Nabi Saleh, ne peut être décrit comme « occupé » si l’on considère que la Cisjordanie / Judée Samarie est gérée, tant qu’un autre arrangement n’est pas trouvé, selon les termes des Accords d’Oslo signés par Israël et par les Palestiniens. Nabi Saleh se trouve dans la zone B prévue par ces Accords : l’administration civile y est confiée à l’Autorité palestinienne et Israël gère la sécurité. Ce qui fait que la présence de soldats israéliens, qu’elle plaise ou non, y est parfaitement légitime.

 

2. La famille d’Ahed Tamimi, qui met en scène sa « lutte » contre les soldats israéliens, est composée de meurtiers.

On ne choisit pas sa famille. Mais l’esprit de « révolte » d’Ahed Tamimi est bel et bien celui de sa famille. Ses parents n’ont pas hésité à l’instrumentaliser dès son plus jeune âge. Sciemment habillée à la mode occidentale par un père impresario, tout est fait pour que la jeunesse puisse s’identifier à Ahed Tamimi qui avait déjà connu la « gloire » en 2012, alors pré-adolescente, pour une autre mise en scène dans laquelle elle levait son poing face à des soldats israéliens.

Or cette famille est violente – et pas seulement dans le langage. Des proches d’Ahed Tamimi ont du sang sur les mains. Sa tante Ahlam Tamimi est le cerveau d’un attentat commis en 2001 dans la pizzeria Sbarro de Jérusalem qui fit 15 morts, dont 7 enfants et une femme enceinte, et 130 blessés. Ahlam, dont il faut écouter le témoignage glaçant sur sa volonté de faire le plus grand nombre de morts possibles, ne s’est jamais repentie, bien au contraire. Le mari d’Ahlam est Nizar, un cousin, qui avait lui été condamné en 1993 avec un autre cousin, Saïd, pour le meurtre d’un Israélien brûlé vif, Haïm Mizrahi.

En 2012, Ahed et ses parents étaient présents au mariage de leurs cousins assassins, Ahlam et Nizar… Encore enfant, Ahed a été filmée au mariage en train de taper joyeusement dans ses mains (vidéo, passage à 1mn).

 

 

SOURCE: THETOWER.ORG

 

On compte par ailleurs d’innombrables preuves de la haine anti-juive des Tamimi dans leurs posts sur les réseaux sociaux.

 

3. Condamnée pour une simple gifle ? Faux : Ahed Tamimi prône ouvertement la violence et les journalistes le savent mais ils vous le cachent.

Passons outre le fait qu’Ahed Tamimi a donné toute une série de coups (coups de poing, coups de pied…) aux soldats et qu’elle y était encouragée par sa mère (quelle genre de mère met ainsi son enfant en danger ?) aux cris de “utrodo” (“اطرد”) – « expulse-les », « jette-les dehors ».

La condamnation d’Ahed Tamimi ne visait pas seulement cet incident, mais aussi les mots d’une extrême violence qu’elle a eus :

 

(…) que ce soient des attaques au couteau, des opérations de martyrs (c’est à dire des attentats-suicides à la bombe), des jets de pierres, tout le monde doit agir pour que nous puissions ainsi nous unir et permettre de faire passer notre message comme il convient, et atteindre l’objectif qui est la libération de la Palestine, si Allah le veut.

 

Ahed Tamimi a lancé cet appel à tuer les Juifs devant une caméra tenue par sa mère juste après l’incident (à partir de la 38e seconde dans la vidéo). L’incitation à la violence faisait partie des chefs d’inculpation de l’activiste, qui n’a pas été envoyée en prison juste pour une modeste gifle.

 

 

Les médias cachent systématiquement cette vidéo qui démolit complètement le narratif de la « non-violence ». InfoEquitable a démontré que BFMTV, comme d’autres organes de presse, le faisait en connaissance de cause.

Les médias n’ont pas non plus parlé du soutien qu’elle à affiché en août 2018 au chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui partage avec elle l’objectif de détruire Israël : « Nous le soutenons tous et sommes fiers de lui », a-t-elle dit après avoir elle-même reçu le soutien du chef terroriste (vidéodont le mouvement a par le passé commis des attentats jusqu’en France (7 morts et 57 blessés à la rue de Rennes à Paris en 1986…).

 

Conclusion

Tous ces éléments parfaitement vérifiables sont connus de tout journaliste sérieux qui travaille sur le sujet. Ils sont aussi connus du Parti communiste français et des autres supporters de « l’icône de la résistance palestinienne ». Il ne faut pas perdre de vue que lorsque Ahed parle devant un public français à la Fête de l’Huma ou que les journaux lui tressent des louanges, le message de haine des Juifs parti de Nabi Saleh résonne à des milliers de kilomètres de là, en France où des Juifs ont déjà été tués pour « venger les enfants de Palestine » (le motif donné par Mohammed Merah pour son massacre à Toulouse). C’est un message dangereux qui peut susciter d’autres vocations similaires. Il est donc important de partager les éléments énoncés dans cet article auprès du plus grand nombre pour déconstruire le mythe érigé autour d’Ahed Tamimi.

Source: InfoEquitable

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Auteur : InfoEquitable. Si vous souhaitez reproduire cet article, merci de demander ici une autorisation écrite préalable.

Image : capture d’écran YouTube – journal L’Humanité


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le BNVCA condamne l’agression antisémite violente commise le 2/9/2018 à Paris, contre un jeune homme juif

8 Boulevard Saint Simon 93700 Drancy

Le Président

Sammy Ghozlan

0177384944

Drancy le 2 Septembre 2018

Le BNVCA condamne l’agression antisémite commise à Paris au préjudice d’un jeune homme juif, le 2/9/18 vers 3 heures du matin. Selon la victime Mr S.L., alors qu’il se promenait sur le Pont Alexandre III, il a été pris à partie par des individus arrivés en moto qui lui ont arraché son collier en or.

Lorsque les auteurs ont découvert qu’il s’agissait d’une médaille juive, représentant l’Etoile de David, ils sont revenus vers lui, l’un d’eux a crié “C’est un sale juif” et ils ont proféré d’autres injures antisémites, l’ont frappé et l’ont dépossédé de son portefeuille, ses papiers, ses cartes bancaires etc, avant de s’enfuir.

La victime, qui souffre de contusions sur le corps, les bras, les jambes et le torse, est profondément choquée. Mr S. L., qui décrit ses attaquants comme d’origine nord africaine, a déposé plainte au Commissariat de Police du 19e art de Paris et se rendra aux UMJ le 5/9/18. Le BNVCA demande que tout soit mis en oeuvre pour identifier et interpeller les agresseurs probablement repérés par la vidéo surveillance de la Ville. La victime nous a confié qu’elle s’est plainte par écrit auprès de l’IGPN et du Procureur de la République, du fait que les policiers du Commissariat du 8eme arrondissement de Paris où elle s’est immédiatement rendue, ont refusé de l’assister et d’enregistrer sa plainte.

Antisémitisme à Pôle Emploi à Noisy le grand : Croix gammée dessinée sur la porte du bureau personnel d’un responsable. La victime dépose plainte.

8 Boulevard Saint Simon 93700 Drancy

Le Président

Sammy Ghozlan

0177384944

Drancy le 3 Septembre 2018

Le BNVCA dénonce et condamne l’acte de nature antisémite qui a visé un homme de confession juive, qui occupe au sein de Pôle Emploi de Noisy le Grand (93) la fonction de Directeur de la Plateforme de Contrôle de la Recherche d’Emploi de Pôle Emploi Île de France. La victime, qui a déposé plainte, nous a signalé avoir découvert le 21/8/18 vers midi qu’une croix gammée a été dessinée sur le côté intérieur de la porte de son bureau, qui lui est affecté personnellement et nominativement.

Le BNVCA, qui a saisi le Préfet de Seine saint Denis et la hiérarchie de Pôle Emploi, demande que tout soit mis en oeuvre pour découvrir et interpeller les auteurs de cet acte, d’autant que selon la victime, Il faut être muni d’un badge pour accéder et entrer à l’intérieur des bureaux de l’établissement.

Le BNVCA condamne les tags visant le Président Lévy de l’Université de Grenoble

8 Boulevard Saint Simon 93700 Drancy

Le Président

Sammy Ghozlan

0177384944

Drancy le 3 Septembre  2018

Le BNVCA condamne les tags antisémites découverts dans la matinée du 3 septembre 2018,  et qui ont personnellement visé Mr Patrick Lévy, le Président de l’Université Grenoble Alpes. Parmi ces inscriptions ignobles on pouvait lire “Effacez les mails de Lévy” et “la rentrée ça gaze(ra)”.

Ces faits ont été condamnés par la Ministre de l’Enseignement supérieur Mme Frédérique Vidal.

Pour le BNVCA, le caractère antisémite ne fait aucun doute. Nous mettons en cause des nombreuses manifestations hostiles à Israël qui se déroulent à Grenoble à l’initiative de l’organisation illégale BDS, de même que les conférences organisées dans l’Université par les activistes de BDS qui veulent présenter Israël comme “un état apartheid”. Le BNVCA est convaincu que tant que ces opérations anti israéliennes ne sont pas interdites, et réprimées comme le prévoit et le punit le code pénal, l’antisémitisme va encore se développer dangereusement.  Le BNVCA demande que tout soit mis en oeuvre pour identifier les auteurs antijuifs et les interpeller.

CRÉTEIL : VICTIME D’UNE AGRESSION ANTISÉMITE, 4 ANS APRÈS LE PROCÈS

Le procès des agresseurs présumés d’un jeune homme juif et de sa compagne dans un appartement de Créteil, mardi 26/06/18 devant les assises du Val-de-Marne.

 

 

Visualiser le Grand JT des faits Divers : cnews

L’affaire, très médiatisée à l’époque, remonte à décembre 2014. Il ne s’agit pas d’un «simple fait divers», avait déclaré le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bernard Cazeneuve, dans un discours à Créteil, quelques jours après les faits.

«Derrière ce crime, il y a un mal qui ronge la République et que nous devons combattre à tout prix», avait-il dit, annonçant que le gouvernement ferait de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme une «cause nationale».

Le verdict est attendu le 6 juillet.

 

Tollé après la provocation antisémite du Maire de Bezons – Haguesher

 

Tollé après la provocation antisémite du maire de Bezons

DOMINIQUE LESPARRE A INAUGURÉ UNE « ALLÉE DE LA NAKBA » POUR RENDRE HOMMAGE AUX « VICTIMES DU CRIMINEL DE GUERRE BEN GOURION ». LE PRÉFET A ORDONNÉ L’ANNULATION DE LA MESURE MAIS LE MAL ÉTAIT FAIT : UN NOUVEAU CAP A ÉTÉ FRANCHI DANS L’INCITATION À LA HAINE.

Le maire de Bezons, au nord-ouest de Paris, est un communiste et un anti-israélien fanatique. A telle enseigne que la quasi-totalité de nos coreligionnaires ont fui la commune, nous indique René Taïeb, président de l’Union des collectivités juives du Val-d’Oise (UCJ-95).
Cette fois, Dominique Lesparre a dépassé toutes les bornes de la décence et de la morale publiques. Sans demander l’avis de son conseil municipal, il a fait apposer le 11 juin une plaque sur une rue adjacente à l’Hôtel de Ville pour la renommer « allée de la Nakba » (en référence à l’intitulé « Catastrophe » qu’utilisent les militants palestiniens pour désigner le jour de l’Indépendance d’Israël). Plus encore : sur la même plaque, rédigée en français et en… arabe, on pouvait lire que David Ben Gourion zal n’était autre qu’un « criminel de guerre » ayant « expulsé » des centaines de milliers de personnes. Le maire a inauguré lui-même cet affichage honteux lors d’une cérémonie où il a condamné « les massacres particulièrement effroyables perpétrés par l’armée israélienne à la frontière de la bande de Gaza. Nous sommes fiers de défendre, à travers cette initiative, le droit au retour des Palestiniens », a-t-il martelé.
Dès le lendemain matin, René Taïeb a averti le préfet du département, Jean-Yves Latournerie, lui demandant de mettre un terme à cette mesure illégale à double titre : non validée par le conseil municipal et surtout contraire aux principes diplomatiques interdisant à des élus locaux de se substituer aux prérogatives du gouvernement et de prendre position sur un conflit international. Le préfet a immédiatement donné raison au responsable communautaire, précisant que ce genre de provocation risquait en outre de susciter de « graves troubles à l’ordre public ». Tandis qu’à Jérusalem, un cadre du ministère des Affaires étrangères saluait ironiquement, sur Internet, la naissance de la « première mairie Hamas de France », Dominique Lesparre a dû retirer la plaque dans les heures suivantes sur injonction du représentant de l’Etat. Entre-temps, l’ambassadrice d’Israël, Aliza Bin-Noun, avait communiqué sa colère à la presse face à cette incitation à la haine.
Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) a constaté qu’une fois encore, un maire communiste poussait à « l’acte criminel antijuif » et a exigé sa démission. Le président de l’association, Sammy Ghozlan, dont le sang n’a fait qu’un tour, a écrit personnellement à Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, pour lui dire que « la situation s’aggrave et perturbe nos compatriotes juifs qui se sentent agressés, outragés, harcelés, insultés, menacés, mis au ban de la nation par des élus qui détiennent une parcelle de pouvoir et en abusent(…) en encourageant les islamo-terroristes qui sévissent dans notre pays. Mon Bureau reçoit de nombreuses plaintes et doléances de requérants qui nous déclarent : ‘Trop c’est trop, nous n’en pouvons plus, faites quelque chose. Que fait le gouvernement ?’ Monsieur le ministre, usez de votre pouvoir et adressez des remontrances officielles aux élus concernés », a conclu Sammy Ghozlan.
Cette lamentable affaire a provoqué des remous à Bezons. Des groupes d’individus se sont précipités pour photographier la plaque avant sa disparition. Le maire a été menacé par des appels anonymes. Quant à son fils Fabien, ses opinions sont claires : c’est un antisémite pur et dur, ancienne manière. Après les menaces en question, il a réagi par voie numérique en insultant les Juifs dans leur ensemble, utilisant les termes orduriers en vigueur sous l’Occupation.

Axel Gantz

Lettre à Benoit Hamon, du BNVCA, suite à ses propos concernant la situation à Gaza, le 15 mai 2018, dans l’émission LA MATINALE en sa qualité d’Invité RTL

Le Président
Sammy Ghozlan
01 77 38 49 44
Réf : SG/ MU/N°18-27

Monsieur Benoit Hamon
Président Fondateur de GENERATION-S
Ancien Ministre
51 bis Avenue de la République
75011 Paris

Paris, le 18 Mai 2018

Monsieur le Ministre, Mon Bureau a reçu un très grand nombre de protestations émanant d’auditeurs de RTL et d’internautes, profondément choqués par les propos que vous avez tenus lors de votre intervention le 15 mai 2018, dans l’émission LA MATINALE en votre qualité d’Invité RTL. A la question de la journaliste Elisabeth Martichaux “La Maison Blanche renvoie la responsabilité des 59 morts sur les palestiniens le Hamas. Israël se bat 10 ans après pour sa sécurité, 70 ans après sa création” vous répondez « HELAS LES MORTS NE SONT QUE D’UN COTE». Par ce lapsus révélateur, par ce mot “Hélas” que vous avez prononcé, vous semblez regretter qu’il n’y ait pas de morts juifs israéliens. Aucun mot n’a été assez dur contre la réponse d’Israël à la tentative d’invasion de son territoire souverain « usage disproportionné de la force, massacre, génocide crimes odieux, bain de sang », et j’en passe. Contrairement à toutes les allégations, ces manifestations ne découlaient en rien de la décision des USA d’installer leur ambassade à Jérusalem. Elles sont programmées depuis plus d’un an. Monsieur le Ministre vous n’ignorez pas que le peuple juif a la culture de la vie, contrairement à ses adversaires qui magnifient la mort. Monsieur le Ministre je ne parviens pas à comprendre qu’un homme d’état comme vous ait pu se laisser abuser par la désinformation propagée par des médias qui exprimaient leur état d’âme, mais ni la vérité, ni la réalité des faits. En effet, il ressort aujourd’hui que la prétendue “marche du retour” n’était pas une manifestation pacifique. Commandée par l’organisation terroriste Hamas, elle avait pour objectif d’utiliser des jeunes, des femmes et des enfants dans le but de violer la frontière, et comme l’avoue publiquement un gazaoui, permettre aux terroristes de tuer, et capturer des juifs israéliens pour en faire des otages. Pouvez-vous nous éclairer, Monsieur le Ministre sur la nature du “retour” invoqué par ces palestiniens. Pensez-vous possible que les juifs chassés des pays arabes, le million de français d’Algérie, puissent prétendre à un retour dans leur pays natal.
Il serait temps que les dirigeants des nations éclairées comme la France fassent admettre à la
partie palestinienne, d’abandonner son rêve de “retour” illusoire et impossible.
La famille du bébé déclaré mort asphyxié par les gaz lacrymogènes a reconnu avoir été
soudoyée par le Hamas pour présenter devant les caméras la fillette de 8 mois, déjà morte en
raison de sa maladie cardiaque.
Quant au nombre de victimes palestiniennes, c’est encore le chef du Hamas Bardaoui qui déclare
publiquement que sur les 59 personnes tuées, plus de 50 sont des combattants armés du
Hamas.
La mémoire du peuple juif, qui a déjà gravé les propos du Général de Gaulle « Peuple juif sûr
de lui et dominateur », du Premier Ministre Raymond Barre, « un attentat odieux qui voulait
frapper les Juifs se trouvant dans cette synagogue et qui a frappé des Français innocents
qui traversaient la rue Copernic », se souviendra encore longtemps de votre exclamation
comme des propos du Président Macron qui a qualifié de « Crimes odieux » l’élimination de
terroristes.
Monsieur le Ministre, nous déplorons la mort de tout être humain, pour autant, et si nous
reconnaissons à notre pays qu’il défende ses citoyens en bombardant nos ennemis situés à
10.000 Km de nos frontières, nous attendons de nos hommes politiques qu’ils soient animés de
plus de lucidité, qu’ils aient moins de préjugés négatifs sur Israël, notamment quand ce
pays protège ses habitants, menacés, à 100 mètres de leur maison, par des fanatiques, islamo
terroristes.
Pour votre information, en réponse aux agressions des gazaouis qui ont envoyé des cerfsvolants
qui ont enflammés les cultures, les israéliens frontaliers de Gaza ont renvoyés des cerfsvolants
avec des messages de paix et d’amour.
Monsieur le Ministre, l’intérêt que vous éprouvez pour le camp palestinien vous a conduit à tenter
de faire reconnaître prématurément la Palestine par un vote à l’Assemblée nationale.
Cette mesure n’a rien rapporté au PS qui a perdu les élections présidentielles. Les quartiers
sensibles et les banlieues ne sont toujours pas apaisées, et les attentats n’ont pas été empêchés.
Si nous ne considérons pas que les opposants à Israël soient tous antisémites, nous observons
que l’incitation à la haine d’Israël reste la source principale du nouvel antisémitisme.
Parce que comme vous, comme les israéliens, nous sommes épris de paix, nous sommes
convaincus que la Paix viendra entre les belligérants, que l’état de Palestine indépendant sera
établi, dès que les Palestiniens reconnaîtront l’existence de l’Etat juif d’Israël, de sa capitale
éternelle Jérusalem.
Dans l’attente de votre réponse que je ne manquerai pas de communiquer à tous nos requérants,
je vous prie de croire Monsieur le Ministre à l’expression de ma parfaite considération.
Monsieur Ghozlan

Propos intéressants du chef de la diplomatie suisse sur l’Unrwa

Propos intéressants du chef de la diplomatie suisse sur l’Unrwa

Israël mène depuis des années une campagne active contre les activités et l’existence même de l’Unrwa, cette institution de l’ONU créée exclusivement pour s’occuper des “réfugiés” arabes palestiniens. Cette agence existe depuis sept décennies et elle se caractérise par deux anomalies: la perpétuation du statut de “réfugié” de père en fils, avec toutes les conséquences financières que cela implique pour l’ONU, et également l’enseignement de la haine antisémite et du négationnisme qui sont prodigués dans les écoles sous contrôle de l’Unrwa.

Les nombreux documents, photos, brochures, enregistrements et films réalisés  (souvent en caméra cachée) –  sur le fonctionnement de l’Unrwa commencent à faire leur chemin dans les chancelleries occidentales. La question obtient de plus en plus d’attention depuis l’arrivée de la nouvelle Administration américaine, beaucoup plus volontariste que la précédente.

C’est ainsi que des propos inédits ont été prononcés par le conseiller fédéral suisse en charge des Affaires étrangères Ignazio Cassis. De retour d’un voyage en Jordanie, il a déclaré que l’Unrwa “est un obstacle à la paix au Proche-Orient car elle entretient le conflit en ne développant pas assez l’intégration des réfugiés dans les pays concernés. Et tant que les réfugiés Palestiniens vivront dans ces camps, ils caresseront le rêve de rentrer un jour dans leur patrie”. Le chef de la diplomatie suisse a également reproché à l’Unrwa d’entretenir l’illusion

Il s’agit d’une vérité triviale mais qui fait plaisir à entendre pour la première fois de la bouche d’un dirigeant occidental. Le conseiller fédéral a également évoqué les incidents de Gaza et le conflit israélo-palestinien, en exprimant une voix différente et bienvenue par rapport à la chorale  internationale: “Tant que les Arabes ne sont pas prêts à accorder à Israël le droit d’exister, Israël se sent menacé dans son existence et se défendra”.

L’Unrwa avait été créée pour solutionner la question des ‘réfugiés’ arabes, mais dès 1948, les pays arabes avaient compris que le maintien de leurs frères dans des camps de misère permettrait de créer et de maintenir un foyer de haine aux portes d’Israël. Et aussi d’attirer la pitié de la communauté internationale qui faisait semblant d’oublier que ce ne sont pas les Israéliens qui ont parqué ces population dans des camps, mais bel et bien les pays arabes “frères” sur leurs propres territoires, leur refusant même la citoyenneté.

Ignazio Cassis, qui en a discuté avec le Commissaire-général de l’ONU, Pierre Krähenbühl – suisse lui-aussi – est en faveur d’une intégration de réfugiés de longue date dans les pays où ils résident. “Plutôt que de soutenir des écoles et hôpitaux de l’UNRWA, la Suisse pourrait aider les institutions jordaniennes à encourager leur intégration”, estime le ministre.

S’il s’agit d’une avancée sur le plan théorique, rien ne devrait changer dans les prochains temps dans la politique de la Confédération helvétique. Ce pays va continuer à contribuer au financement de l’Unrwa. “Si tous les Etats stoppaient leur contribution à cette agence de l’ONU, c’est tout un système qui s’écroulerait, alors qu’il contribue à une certaine stabilité”, reconnaît Ignazio Cassis, qui rajoute: “La communauté internationale ne peut pas se permettre des manifestations de colère des Palestiniens”! La Suisse, malgré sa petite taille, est le 8e plus gros donateur de l’Unrwa, avec une contribution en 2018 qui s’élèvera à 21,2 millions de francs suisses soit 18 millions d’euros.

Inutile de dire que les propos d’Ignazio Cassis ont provoqué quelques remous dans son pays parmi les tenants de la doxa officielle sur le conflit israélo-palestinien.

Dans le Vieux continent imprégné de préjugés anti-israéliens, il n’est pas bon de dire certaines vérités.

Le BNVCA dépose plainte contre l’auteur du tweet antisémite présumé posté par Jérôme Bourbon

Le BNVCA, qui observe depuis plusieurs années l’antisémitisme qui se développe sur internet, reçoit de nombreuses protestations d’internautes indignés par le message ANTIJUIF tweeté le 15 mai par Jérôme Bourbon, directeur du journal d’extrême droite RIVAROL, qui résulte des informations fausses et mensongères concernant les événements à Gaza, déversées abondamment par les médias et certains responsables politiques.
Le 15 mai 2018 Bourbon écrit “FINALEMENT QUAND ON VOIT CE QUI SE PASSE EN PALESTINE OCCUPÉE UN DÉFUNT CHANCELIER AURAIT IL EU COMPLÈTEMENT TORT DANS SON ANALYSE DE LA QUESTION JUIVE LA QUESTION MÉRITE D’ÊTRE POSÉE”
Dans ce tweet, BOURBON affirme soutenir le chancelier défunt” sous entendu Hitler, et son analyse de la question juive, comprenez la Shoa.
Nous en déduisons que non seulement l’antisionisme c’est l’antisémitisme, mais que le “palestinisme” rapproche l’extrême droite, et l’islamo-gauchisme qui soutiennent ensemble le terrorisme islamiste, du moment qu’il est anti-israélien et anti-juif.
Comme nous le craignions ces mensonges ont contribué à cultiver l’antisémitisme.
Le lien suivant présente les discussions haineuses suscitées par ce tweet
https://twitter.com/JeromeBourbon/status/996350734902972416.
Le BNVCA tient à corriger ci dessous les “fake news” mises en cause, les plus répandues par les journalistes, reporters et hommes politiques. Ceux ci les prenant pour argent comptant, contribuent à déclencher cette haine d’Israël qui pousse à l’acte anti-juif sur notre sol, depuis 18 ans.
1- Le territoire de Gaza n’est pas occupé par Israel mais gouverné par le mouvement terroriste Hamas.
2- Un dirigeant du Hamas Bardaoui avoue que les gazaouis tués ne son pas des civils mais des “combattants” du Hamas.
3- Un autre dirigeant qui témoigne devant les caméras confirme que les femmes et les enfants sont envoyés en première ligne et que l’objectif est d’envahir le territoire israélien pour tuer les habitants juifs de ce pays.
4- La famille du bébé mort avoue que leur fillette de 8 mois a succombé à sa maladie de cœur, et non suite à l’inhalation de gaz lacrymogènes. Elle ajoute avoir été soudoyée par le Hamas pour mentir devant la presse internationale.
Le BNVCA demandera au Gouvernement et au Parlement d’ouvrir une enquête, et désigner une Commission Parlementaire pour examiner les manquements à la déontologie de la Presse.
Le BNVCA saisit le CSA à propos des informations et reportages diffusés sans avoir été vérifiées au préalable.
Le BNVCA a chargé son conseil Maitre Charles Baccouche de déposer plainte contre l’auteur du tweet antisémite.

Berlin juge « assez extrêmes » les effets de l’antisémitisme en France

Berlin juge « assez extrêmes » les effets de l’antisémitisme en France

La crainte d’une résurgence de l’antisémitisme en Europe rencontre un écho particulier en France et en Allemagne

Felix Klein, premier émissaire spécial du gouvernement allemand auprès de la communauté juive. (Crédit : ministère de l'Intérieur allemand)

Felix Klein, premier émissaire spécial du gouvernement allemand auprès de la communauté juive. (Crédit : ministère de l’Intérieur allemand)

L’antisémitisme et ses effets en France sont « assez extrêmes » et plus importants qu’en Allemagne, a estimé fin avril le nouveau responsable de ce dossier au sein du gouvernement de la chancelière Angela Merkel.

« La situation est assez extrême en France, l’exode des juifs français vers Israël, – l’Alyah -, est un signe alarmant, c’est quelque chose que nous n’avons pas encore en Allemagne », a estimé lors d’une conférence de presse Felix Klein, qui occupe la fonction nouvellement créée de délégué gouvernemental pour la lutte contre l’antisémitisme.

« Par chance, il n’y a pas beaucoup de juifs qui quittent l’Allemagne, comme c’est par exemple le cas en France », a ajouté M. Klein.

La crainte d’une résurgence de l’antisémitisme en Europe rencontre un écho particulier en France et en Allemagne. Une agression antisémite récemment commise à Berlin par un jeune Syrien a suscité une vive émotion dans un pays toujours hanté par les crimes nazis.

Suite à cette agression, des rassemblements en soutien à la communauté juive allemande ont eu lieu dans plusieurs villes du pays.

De même, l’industrie nationale du disque vient de supprimer le principal prix musical annuel, les « ECHOs », après la remise d’une récompense à deux rappeurs aux textes pourtant accusés d’antisémitisme.

En France, où vivent les plus importantes communautés juive et musulmane de l’Union européenne, la question de l’antisémitisme resurgit régulièrement, notamment depuis les attentats djihadistes de 2015. Et la situation est encore plus tendue depuis le meurtre en mars de l’octogénaire juive Mireille Knoll, pour lequel la justice française a retenu un motif antisémite.

« Qu’une survivante de l’Holocauste soit assassinée en France simplement parce qu’elle est juive, c’est impensable », a estimé M. Klein.

Pour mieux cerner et combattre l’antisémitisme en Allemagne, il veut créer une banque de données centralisant les actes anti-juifs, afin de mettre en évidence « les cas sous la limite des poursuites pénales », comme certaines injures ou clichés.

Pour l’heure, « nous n’avons que les statistiques générales de la police », selon lesquelles « 90 % des délits antisémites » sont commis par l’extrême droite, a-t-il expliqué.

Or, les juifs d’Allemagne « racontent tout autre chose, ils ressentent l’antisémitisme musulman comme beaucoup plus dangereux », a poursuivi M. Klein.

« Nous sommes confrontés à de l’antisémitisme parmi les Allemands et aussi parmi les gens provenant du monde arabophone », a souligné récemment la chancelière Angela Merkel.