CONSTANTINE CITE DU VERTIGE

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CONSTANTINE CITE DU VERTIGE
De la Place de la Brèche à la rue Caraman, de la rue de France à la rue Antoine Zevaco, Constantine fut juive en tous lieux par ses coutumes, ses synagogues, ses rabbins, ses parfums sa cuisine juive dont les arômes se répandaient jusqu’aux cieux infinis.
La plus grande communauté juive de l’Est algérien est reconnaissable par ses langues en français, en arabe, en judéo-arabe, elle s’identifie par ses musiques : Le Maalouf,
le El Haouzi, le Chaarbi, le Sahli, par ses musiciens et ses compositeurs, Constantine qui a donné Raymond Leyris à la culture musicale de tout les Maghreb «Cheikh Raymond» le maitre incontesté du maalouf, «el andalous », Raymond, dont la guitare chantait dès qu’il la regardait,
Lui, le fils improbable d’une rencontre de jeunes gens qu’un destin funeste a séparé, reste le représentant incontesté de la culture juive de chez nous.

Le 22 juin 1961, une balle l’a tué qui a sonné la fuite massive des 30 000 juifs de la belle cité vers une France incertaine.

Constantine cette ville est surprenante, perchée sur ses rochers surplombant le torrent impétueux, se reliait à elle-même par ses deux ponts l’un, Sidi M’Cid et l’autre, El Kantara défient la gravité par leur longueurs et de leur hauteurs vertigineuses, Ils passent ces ponts improbables sur l’impétueux Rhummel qui roulent ses eaux sombres vers des cieux lointains.

Elle fut une fière citadelle, cette ville devenue juive puis vidée de ses juifs par les vents mauvais de la guerre, hautaine semble cette cité, mais il n’y a pas de castels imprenables ni de châteaux invaincus, le général Valée avec ses soldats et son artillerie, ouvrit une brèche d’où le nom Place de la Brèche, et conquit la ville.

Nombreuses sont les villes de l’Algérie d’avant, qui avaient une rue Valée.

Constantine fut Cirta par sa forme circulaire selon les Romains avant que Constantin Empereur de la puissante Rome antique qui déjà entamait son déclin, ne lui donne son nom.
Les juifs sont à Constantine depuis l’exil de Babylone, on retrouve leurs traces de Carthage aux ruines de Rome, de Constantine à Tipaza et à Sétif.
Ces communautés viennent de l’Israël antique et des tribus berbères judaïsées, elles ont mêlé leurs coutumes aux usages des numides et des berbères, ensemble ces identités ont fait les richesses de l’Algérie avant qu’elle ne soit un pays et malgré la conversion forcée par les envahisseurs musulmans de 666 à 708 de notre ère
Ils ont réussi à sauvegarder leur personnalité en acceptant de force le « Pacte d’Omar » c’est-à-dire le statut de dhimmi, dans l’oppression musulmane qui parfois a rejoint ses coutumes et ses chants, enrichis par l’arrivée des exilés d’Espagne en 1391 puis en 1492.

Les Ottomans les parquèrent dans un ghetto (Kakh Chaara) que les plus pauvres, aux temps modernes, ont continué à habiter. L’oppression ottomane n’a rien à envier à la cruauté des almohades, si bien que l’arrivée des français fut vécue comme une grande libération.

L’accession à la nationalité française a permis l’essor de toutes les communautés juives d’Algérie en dépit de l’antisémitisme endémique des « européens » et l’antijudaïsme renfrognée des musulmans, leur collusion fut évidente lors des émeutes musulmanes contre les juifs constantinois et des environs sous le regard indifférent des troupes françaises.

Ils ont conservé malgré tout, leur amour de la France grande et généreuse, même lorsque leurs droits, leur dignité et leur nationalité a été abolie par Vichy et ils ont massivement rejoint la cause puis la terre de France entre 1954 et 1962.

Il faut cependant, éviter les jugements tranchés car la cohabitation entre juifs et musulmans en Algérie et à Constantine en particulier fut pacifique voire fraternelle dans des circonstances tragiques de la nuit barbare dont les nazis ont recouvert le Monde, alors que les « Pieds noirs » admiraient Pétain et sa collaboration avec l’horreur nazie.

Il faut citer José Aboulker, un leader juif à Jean Laloum, le 13 janvier 1986: ” Les Arabes n’ont pas pris parti dans la guerre. Ce n’était pas leur guerre. Avec les Juifs ils ont été parfaits. Non seulement ils ont refusé la propagande et les actes antijuifs auxquels les Allemands et Vichy les poussaient, mais ils n’ont pas cédé à la tentation des bénéfices. Alors que les Pieds-Noirs se disputaient les biens juifs, pas un Arabe n’en acheté. La consigne en fut donnée dans les mosquées: les Juifs sont dans le malheur, ils sont nos frères. ”
Hélas ils ne le sont pas restés.

Constantine a donné à la France éternelle, de la liberté des droits de l’Homme
(qu’elle se garde de délaisser), de grands noms et parmi eux: Le grand Rabbin Halimi, Pierre Draï qui de petit juge, se hissa à la présidence de la Cour de Cassation,

Raphaël Draï, juif de là bas, de Constantine, fut doyen de la faculté de droit d’Amiens et d’Aix en Provence, il cumula jusqu’au bout de sa vie, les statuts de professeur de science politique, d’écrivain, d’érudit des humanités françaises et juives et fut un ardent défenseur de l’identité juive et de l’Etat d’Israël.

Si la France a été généreuse avec les juifs d’Algérie, ceux-ci lui ont donné de grandes voix, ils l’ont ainsi dotée de richesses matérielles et culturelles incomparables.

28 aout 2017

Charles BACCOUCHE

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