DILCRAH: ” On assiste aussi à la résurgence d’un antisémitisme d’extrême droite “

DILCRAH : « On assiste aussi à la résurgence d’un antisémitisme d’extrême droite »

La hausse des actes antisémites en France ne semblent pour une fois pas liée à l’actualité du conflit israélo-palestinien

Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-Lgbt (Dilcrah) a réagi à l’annonce de la hausse des actes antisémites en France faite en début de mois par le Premier ministre français Edouard Philippe.

Il avait annoncé une croissance de 69 % des actes antisémites sur les 9 premiers mois de l’année 2018.

« Chaque agression perpétrée contre un de nos concitoyens parce qu’il est juif résonne comme un nouveau bris de cristal », affirmait le chef du gouvernement dans cette tribune publiée exactement 80 ans après la funeste nuit de Cristal et ses exactions nazies contre les Juifs en Allemagne, le 9 novembre 1938.

« Pourquoi rappeler, en 2018, un aussi pénible souvenir ? Parce que nous sommes très loin d’en avoir fini avec l’antisémitisme », écrivait M. Philippe, évoquant les chiffres « implacables » des actes antisémites en France sur la partie écoulée de 2018.

Si ce chiffre a été rendu pubic, son détail reste pour l’instant inconnu : la déclaration faite par Edouard Philippe via son Facebook se contentait de l’annoncer sans dévoiler la part de paroles antisémites, de menaces verbales, de dégradations de biens ou d’actes physiques, ni leur localisation.

Frédéric Potier s’en explique au micro de RTL : « il s’agit d’un chiffre provisoire et qui recoupe les mois de janvier à septembre 2018. D’habitude, le ministère de l’Intérieur attend une communication annuelle, mais le Premier ministre a choisi de révéler ce chiffre et de ne pas se taire à l’occasion de l’anniversaire de la Nuit de Cristal, le premier pogrom nazi, pour éveiller les consciences, sonner l’alarme et montrer que l’antisémitisme progresse ».

« Les causes [de cette hausse] sont multiples et nous sommes en train de les analyser, avance Potier. Le contexte international pèse traditionnellement sur ces actes là : cette année il y a eu le déménagement de l’ambassade américaine à Jerusalem et la résurgence d’un antisémitisme d’extrême droite. Cela s’est traduit aux Etats Unis par la tuerie de Pittsburgh et en France par des affaires heureusement moins graves, comme des tags antisémites comme dans des zones rurales dans le sud-ouest ou des tags à l’encontre de préfet comme Alsace récemment ».

Dans la nuit du samedi 3 au dimanche 4 octobre dernier, une série de graffitis antisémites ont été inscrits en noir dans deux communes des Pyrénées.

Les habitants ont pu lire à leur réveil des hommages au négationniste Robert Faurisson, mort le 21 octobre dernier.

Sur l’Ehpad de Salies, a été inscrit « Faurisson résistance », tout comme sur la place du Temple de la même ville, où l’on pouvait également lire « Shoah escroquerie ».

A Escos, les mêmes messages ont été retrouvés sur les murs de la mairie.

Selon le journal La République des Pyrénées, ses actes ont été « vivement dénoncés par le maire, Claude Serres-Cousiné », qui a déposé plainte.

« C’est affreux. Je suis choqué. On n’a jamais eu ça à Escos. On est un petit village très calme. Je me sens complètement dépourvu, désolé », se désolait le maire Daniel Vigneau cité par le même journal.

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