Biélorussie : des centaines de corps de Juifs réinhumés après leur découverte dans un charnier>

Brest (Biélorussie), le 27 février dernier. Des hommes en treillis récoltaient dans des sacs les ossements découverts. AFP/Alexander Grebenkin

Une fosse commune inconnue avait été découverte dans la ville de Brest, ghetto juif pendant le Seconde guerre mondiale, par les ouvriers d’un chantier.

Sur la Shoah, tout n’a pas été encore découvert. Les ossements découverts en février dernier dans une fosse commune inconnue de la ville biélorusse de Brest doivent être réinhumés ce mercredi après-midi dans différents cimetières juifs.

En février dernier, les ouvriers préparant les fondations d’une résidence d’habitations découvraient des centaines de restes humains, probablement 790 corps d’hommes, de femmes et d’enfants, ensevelis dans une zone de la ville qui bordait l’ancien ghetto juif.

Envahie conjointement par les Allemands et les Russes en 1939, la ville polonaise (NDLR : à l’époque, l’ouest de la république biélorusse était polonaise et l’est soviétique) de Brest-Litovsk, située sur la route qui va de Varsovie à Moscou, est finalement annexée par l’Allemagne le 22 juin 1941, au premier jour de l’opération Barbarossa. Dès lors, l’entreprise d’extermination nazie peut commencer. La ville compte alors 40 000 habitants. 18 000 juifs sont cadenassés dans le ghetto, soumis à un rançonnement méticuleux.

Dix mois plus tard, ils ont tous été exterminés. Dans le quartier de la gare Berioza Kartouskaia, à Brest, et au camp de concentration de Bronnaïa Gora, à 125 km de là, on abat sans distinction de sexe ou d’âge, mais avec une cruauté égale : charriés par wagons entiers, les juifs devaient descendre dans l’une des huit fosses creusées à l’orée des bois. Là, ordre leur était donné de s’allonger sur les personnes tuées avant eux, ventre et visage posé sur le dos des dépouilles. Ainsi les fosses étaient-elles bien ordonnées, faciles à remplir encore et à recouvrir. On estime que 50 000 personnes ont été livrées ainsi à la barbarie, dont tous les juifs de Brest. Vieille de plus de 600 ans, la communauté disposait au XVIe siècle de la plus grande synagogue d’Europe. Le père d’Ariel Sharon y enseignait l’hébreu avant d’émigrer en Palestine en 1920.


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