Comment répondre à la provocation politique antisioniste?

Nous vivons à l’ère de la provocation, de la bêtise et de la vulgarité amplifiées par les réseaux sociaux. Ce fléau est planétaire, devenu le Mal des sociétés démocratiques. Comment le combattre tout en sauvegardant la liberté d’expression ? Quelles sont les lignes rouges à ne pas franchir ? Quelles sont les lois à appliquer ? Comment rééduquer à la bonne conduite ? Comment faire quand les propos prononcés sont à la limite, racistes et antisémites classiques ?

Toutes ces questions et tant d’autres présentent un véritable casse-tête aux législateurs et aux juristes. Elles sont plus pertinentes et dénotent de la compétence quand il s’agit du peuple juif et d’Israël. Là, tout prend des proportions inégales et les passions se déchaînent. Les préjugés et les préjudices, et surtout l’ignorance des faits historiques et politiques, prévalent sur la réalité du quotidien et du terrain. Certains blogueurs et quelques journalistes avec un agenda politique, qu’on pourrait qualifier tout simplement de « casseurs de mots et de verbes », profitent du charivari pour crier encore plus fort et focaliser les projecteurs sur eux.

Le refus des autorités israéliennes de faire entrer dans le pays deux députées du Congrès américain a suscité un déluge de réactions en Israël et aux Etats-Unis. 

Ilhan Omar et Rashida Tlaib sont des persona non grata. Ces deux membres de l’extrême gauche au sein du parti démocrate américain ne cessent, depuis leur élection au Congrès en novembre 2018, d’insulter l’Etat juif sioniste. Adhérant sans équivoque au boycottage d’Israël, elles traitent, à chaque occasion, notre Etat d’apartheid et de discriminatoire envers les Palestiniens. 

Le voyage de Rashida Tlaib (à g.) et Ilhan Omar ne visait qu’à alimenter la haine de l’Etat juif (photo Congrès)

Plus encore, dans leur demande de visiter Israël, les deux femmes n’avaient pas l’intention de rencontrer une personnalité officielle israélienne ni un membre de l’opposition pour s’instruire et étudier la complexité du conflit, mais voulaient aller directement en… « Palestine, pour mieux la connaître et témoigner sur les souffrances de leurs sœurs et frères palestiniens ». D’ailleurs tous les frais de ce voyage sont payés par une organisation partisane du BDS.

Soulignons que Rashida Tlaib est née en Amérique comme sa collègue Omar, mais sa grand-mère est palestinienne. 24 heures seulement après le refus d’entrée, Tlaib a demandé dans une lettre officielle écrite directement au ministre de l’Intérieur, Arié Derhi, de lui permettre une ultime rencontre familiale avec sa mamie âgée de 90 ans, en s’engageant formellement à ne provoquer personne.

Sans aucune hésitation, les autorités israéliennes lui ont donné leur feu vert sur le champ, bien entendu, sous certaines conditions préalables, et pour des raisons uniquement humanitaires.

Mais voilà que quelques heures plus tard, cette nouvelle députée démocrate change complètement d’avis et annonce sur Twitter qu’elle renonce à rendre visite à sa grand-mère, à cause des « conditions oppressives » imposées, selon elle, par Israël. Elle souligne que son combat se poursuivrait contre « le racisme, l’oppression et l’injustice. »

Comment faire confiance à cette députée ? Comment accorder un visa d’entrée à deux propagandistes et provocatrices dont le but déclaré est de venir salir l’Etat juif, sur son propre sol, dans son fief, devant chaque micro et caméra ?

C’est évidemment inadmissible ! Cela n’a aucun rapport avec la démocratie et la liberté d’expression mais prouve clairement la haine aveugle et la provocation préméditée.

Les relations entre Benjamin Nétanyahou et Donald Trump sont au beau fixe (photo GPO)

La provocation politique est l’arme du faible et de l’ignorant, celui qui souhaite être au-devant de la scène à tout prix, capable de faire à la fois le clown et le grand méchant loup. Prononcer des phrases incohérentes, insulter, outrager, diffamer, tromper et mentir comme il respire, sans jamais rougir de honte. Propager systématiquement des messages haineux et en réalité, tenter de délégitimer notre propre existence. Une ligne de conduite malsaine qui risque d’encourager les extrémistes de tous bords et surtout les terroristes, tels les « loups solitaires » qui surgissent soudainement comme ces derniers jours.

Dans tous les cas et dans tous les domaines, il ne faut jamais donner trop d’attention aux provocateurs car ils n’attendent que ça et se réjouissent cyniquement de la tempête qu’ils sèment à chaque fois.

Dans ce contexte, la presse en général et les réseaux sociaux, en particulier, jouent un grand rôle d’influence, et il est donc déconseillé de tomber dans ce piège.

Dès le départ, cette affaire a pris des proportions exagérées et a donné à deux marginales du Congrès une importance considérable qu’elles ne méritaient pas. Elles ne représentent pas l’ensemble du parti démocrate qui demeure toujours, et dans son écrasante majorité, en faveur de l’Etat d’Israël, et pour preuve : la visite récente de 40 députés de ce parti.

La décision des autorités israéliennes a été étudiée sur plusieurs plans et suite à de nombreuses consultations. Elle n’a pas été facile à prendre. La valse-hésitation du gouvernement témoigne de la sensibilité du dossier, de la controverse, des ambigüités et des dilemmes.

Israël souffre d’une mauvaise image à l’étranger et certains pourront dire que l’interdiction d’entrée à ces deux députées américaines risque d’aggraver encore plus notre image et d’apporter à nos détracteurs de l’eau à leur moulin. Nous devrions faire face avec fermeté aux critiques et aux condamnations non justifiées, sans perdre notre âme.

Les relations avec l’administration Trump sont certes au beau fixe, mais nous devrions éviter de rentrer dans le jeu politique américain entre les deux grands partis, surtout quand, dans chaque pays, la campagne électorale bat son plein.

Il est fort regrettable que le président Trump soit intervenu avant et après dans cette affaire. Certes, ses réactions démontrent une amitié profonde, mais le faire publiquement était inutile.

L’Etat d’Israël est souverain et c’est son plein droit d’autoriser l’entrée ou pas de tel ou tel « touriste », privé ou officiel. Nous refusons aussi de devenir une république bananière…

Benjamin Nétanyahou devant le Congrès américain en 2015 (photo Amos ben Gershom/GPO)

Dans les longues relations israélo-américaines, nous avons connu des hauts et des bas et de fortes divergences, à la fois avec les Démocrates et avec les Républicains une fois au pouvoir, mais toujours nous avons dit tout-haut nos quatre vérités, comme l’a fait justement le Premier ministre Nétanyahou devant le Congrès, dans son fameux discours sur le projet nucléaire de l’Iran. Après coup, nous réussissons toujours à trouver le juste chemin dans l’intérêt de deux pays.

Israël et les Etats-Unis demeurent, sur tous les plans, franchement et solidement, amis contrairement à notre ancienne « amie et alliée », la France.

Cette dernière affaire devrait servir d’épreuve et de leçons car nous n’avons rien à cacher. Ici tout est transparent et la presse dévoile toute défaillance ou faute sans aucune complaisance. Dans le passé, nous avons combattu avec fermeté et efficacement contre les flottilles à Gaza et interdit à des commissions internationales politisées et manipulées, de venir enquêter après chaque opération de Tsahal. C’est notre droit absolu !

Il est fort probable que d’autres provocations sont déjà planifiées. Nous devrions les affronter courageusement, froidement, et sagement.

Mais sans panique, en prenant toujours en considération les conséquences sécuritaires et seulement nos propres intérêts.

Freddy Eytan

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