Golnadel : « Qui enquêtera sur la violence de l’extrême-gauche ?

»PUBLIÉ PAR  GILLES WILLIAM GOLDNADEL LE 28 JANVIER 2019

Gilles-William Golnadel déplore la bienveillance de nombreux médias à l’égard de la violence des groupuscules d’extrême-gauche, alors que celle de l’extrême-droite fait désormais l’objet d’une commission d’enquête parlementaire.

Je soutiens depuis trop longtemps qu’en raison notamment de l’absence de tout procès en règle du totalitarisme communiste de Staline à Mao, d’équivalent de Nuremberg pour le nazisme, il existe à l’égard de l’extrême gauche une extrême indulgence dont ne bénéficie certainement le pôle radical opposé situé sur le planisphère politique, et qui mobilise au contraire fantasmatiquement le fantôme d’Hitler.

Il n’est que de voir les larmes versées sur le sort de l’Humanité en dépôt de bilan et sous protection des juges du tribunal de commerce, journal sans lecteurs d’un parti sans électeurs mais sous perfusion d’argent public, pour constater que le sort des défunts journaux nationalistes n’avait pas éveillé autant de publique compassion dans le milieu des défenseurs acharnés d’une presse pluraliste.

L’auteur du présent article, tout autant partisan de ce pluralisme invoqué rituellement, mais n’ayant oublié ni la publication des exemplaires faisant bon accueil à l’occupant allemand et invectivant «juif Mandel» ou «juif Moch», ni l’approbation du procès des blouses blanches, ni l’entrée des troupes soviétiques dans Budapest, ni dernièrement l’indulgence envers Chavez, prendra sur lui.

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Mais si l’on veut mesurer encore davantage l’hémiplégie intellectuelle et morale de traitement entre extrêmes, la création d’une commission d’enquête parlementaire uniquement consacrée aux violences de l’extrême droite en apporte une énième fois la consternante démonstration.

Initiée par la France Insoumise, cette commission investiguera certainement utilement sur ces groupuscules de l’ultra-droite aussi violents que, pardon pour le pléonasme, conspirationnistes et antisémites.

Mais il relève du déni, de la cécité, à moins qu’il ne s’agisse que du cynisme, de laisser dans l’ombre une extrême gauche toute aussi violente mais infiniment plus nombreuse.

Dans l’ombre, les Blacks Blocs, en dépit notamment de la manifestation du 1er mai 2018, quand 1 200 cagoulés, tous de noirs vêtus et armés de cocktails Molotov ou de pavés, descendirent dans la rue pour s’en prendre aux policiers.

Dans l’ombre les zadistes, qui, avant de voir leur violence récompensée, avaient laissé pour mort un malheureux vigile à Notre-Dame des Landes.

Dans l’ombre les Antifas, ces soi-disant «antifascistes» tels que repris sans ironie trop souvent par une presse en bonne disposition, qui ont expédié le maire de Béziers Robert Ménard à l’hôpital pour avoir eu le front, sans doute trop national, de vouloir participer à un débat public près de Bordeaux sans que cela n’émeuve aucun député ou journaliste prétendument démocrate ou opposé à la violence politique, et qui font régner la terreur dans les facultés aujourd’hui minées par le racialisme anti-blanc et l’indigénisme le plus indigent.

En passant, on remarquera sans trop s’étonner de l’habituelle et perverse contradiction, que cette France Insoumise qui condamne les violences policières et d’extrême droite à Paris, absout les violences policières et d’extrême gauche à Caracas.

Et à l’intérieur de ce déni de la réalité violente, habite la pure folie. On apprend en effet que cette commission censée vouloir étudier la violence politique a accepté en son sein la désignation du député anciennement de la République En Marche M’jid El Guerrab dont la principale contribution aura été d’avoir agressé en août 2018 son collègue socialiste Boris Faure à coups de casque de motards à la suite d’une réflexion. Le malheureux parlementaire avait vu son crâne fracassé et un pronostic vital engagé pendant qu’il était dirigé pour quatre jours au service de réanimation…

Certains soutiennent encore assez niaisement que ce qui séparerait extrême gauche et droite extrême serait la question du racisme et de l’antisémitisme.N

À titre indicatif, je signale la parution du palmarès de l’antisémitisme 2018 publié par le Centre Simon Wiesenthal. Celui-ci place le Ku Klux Klan en première position, le leader noir musulman Louis Farrakhan en second, les campus universitaires dominés par l’extrême gauche en troisième et Jeremy Corbyn chef du parti travailliste du Royaume-Uni en quatrième position.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro Vox.

La situation en France n’a rien de très différent, sauf que le Klan n’existe pas.

Voilà qui ne devrait donc pas justifier cette flagrante différence dans le traitement de la radicalité la plus violente qui encourage la plus épargnée à redoubler d’activité.

Encore faudrait-il que ce débat se situe dans la rationalité et que la gauche médiatique issue de «CRS SS» ne tienne pas encore le haut du pavé.

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