Notre Dame en Flammes par MICHEL GURFINKIEL, Special to the Sun

Traduit par nos soins

Sur le plan émotionnel, l’incendie qui a détruit la cathédrale Notre-Dame à Paris peut être décrit comme le 11 septembre de la France. Peu importe ce que la cause puisse révéler. À l’instar de New York, qui, même en temps de guerre, était censé être à l’abri d’attaques étrangères, Paris était censé être épargnée par des catastrophes irrémédiables, civiles ou militaires.

Cela a pris fin pour New York en 2001. La dernière fois que la capitale de la France a été détruite à grande échelle a été la guerre franco-prussienne de 1870 et 1871 et sa suite révolutionnaire, la Commune de Paris, qui a brûlé le palais royal des Tuileries et l’hôtel de ville.

En 1918, dernière année de la Première Guerre mondiale, l’artillerie allemande trouva sa marque à Paris, notamment dans le Marais. Contrairement à Londres, Berlin, Varsovie ou Florence, Paris «n’a pas brûlé» pendant la Seconde Guerre mondiale. Le résultat fut que la plupart des parisiens se sont livrés, tout au long de la seconde moitié du XXe siècle et des deux premières décennies du XXIe siècle, au fait que leur ville était trop belle, trop «historique», et faisait trop partie du patrimoine mondial de l’Unesco pour être frappée.


On a rappelé aux Parisiens que les choses pouvaient aller dans le sens contraire, après tout. Il y a eu des émeutes, des attaques terroristes, des bombardements. Mais Paris elle-même semblait être immortelle. Les gens ont commencé à se réveiller véritablement après la tuerie islamiste de novembre 2015, au théâtre Bataclan et ailleurs. Plus récemment, plusieurs scènes effrayantes se sont succédées à la suite de la récente manifestation des Gilets jaunes: saccage de l’Arc de Triomphe, incendies des boutiques et des restaurants des Champs-Élysées. Et maintenant, Notre-Dame était en flammes. De ma fenêtre, je pouvais voir une colonne de fumée noire et rougeâtre s’élever au-dessus des toits, un hélicoptère tournant au-dessus du feu. La flèche de fer, une addition du XIXe siècle à l’église gothique, s’est effondrée soudainement – révélant des hoquets d’horreur non seulement à Paris mais aussi dans le monde entier. Un peu comme le moment où les tours jumelles du World Trade Center sont tombées soudainement. Aujourd’hui, toute la France et le monde entier tremblaient sous l’effet de l’ampleur de ce qui se passait. Même si l’incendie était accidentel (il a peut-être commencé à un endroit où des travaux de rénovation étaient en cours), il s’est avéré être la coda d’un hiver inquiétant. Et on ne pourrait pas non plus entièrement écarter la possibilité d’un incendie criminel: de nombreux incidents antichrétiens ont été récemment rapportés, notamment le vandalisme d’églises, de cimetières ou de sanctuaires; et des groupes djihadistes ont à plusieurs reprises menacé de faire «quelque chose de grand» à Paris, de préférence contre un bâtiment emblématique. Rien d’étonnant à ce que le président Macron ait reporté le discours télévisé à la nation qu’il était censé prononcer ce soir et que, avec son épouse Brigitte et le Premier ministre Edouard Philippe, M. Macron s’est approché au plus près de la cathédrale. Il n’est pas nécessaire d’être catholique, ni chrétien, ni même religieux pour être dévasté par la destruction de Notre-Dame. La cathédrale, vieille de neuf cents ans, est le cœur de la France: elle se trouve sur l’île de la ville, entre les deux canaux de la Seine, un lieu qu’elle partage avec le Palais de justice (le premier palais royal du Moyen Âge); et tout kilométrage dans le pays commence symboliquement à «kilomètre zéro», juste en face de la cathédrale. Pendant que les rois étaient couronnés à Reims par l’archevêque du lieu, Napoléon se couronna à Notre-Dame, devant le pape Pie VI. Notre-Dame est le premier lieu parisien visité par De Gaulle en 1944, lorsque la capitale fut libérée des Allemands. C’est de Notre-Dame que De Gaulle traversa la ville jusqu’à l’Arc de Triomphe. Il est difficile d’imaginer la France sans Notre Dame. Laissons la reconstruction commencer.

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