LE BNVCA ATTRISTÉ PAR LA MORT DE CLAUDE LANZMANN.

Le journaliste et cinéaste Claude Lanzmann est mort.

 

Défenseur acharné de la cause d’Israël, il était notamment l’auteur du documentaire « Shoah », consacré à l’extermination des juifs pendant la seconde guerre mondiale.

Claude Lanzmann, à Paris en septembre 2013.

Le cinéaste et journaliste Claude Lanzmann est mort à Paris, jeudi 5 juillet, à l’âge de 92 ans. Il était né le 27 novembre 1925 à Bois-Colombes dans une famille d’origine juive d’Europe de l’Est, immigrée en France à la fin du XIXsiècle.

En 1934, à la suite du divorce de ses parents, Claude, son frère cadet Jacques (écrivain, scénariste et parolier) et sa sœur Evelyne (Evelyne Rey, actrice de théâtre), emmenés par leur père, vont vivre à Brioude, en Haute-Loire. Ils y restent jusqu’en septembre 1938. Quand la famille retourne à Paris, Claude poursuit ses études au lycée Condorcet, où il découvre l’antisémitisme lorsqu’il assiste au quasi-lynchage d’un élève juif nommé Lévy, sans oser intervenir. Il subit lui-même des remarques antisémites.

Pendant la guerre, il s’engage dans les Jeunesses communistes et dans la Résistance à Clermont-Ferrand, où il est interne au lycée Blaise-Pascal. En janvier 1945, il est admis en hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand, à Paris. Il y rencontre Jean Cau, secrétaire de Jean-Paul Sartre (de 1946 à 1957), avec qui il noue une grande amitié. Il suit des études de philosophie à la Sorbonne puis à l’université Eberhard Karl de Tübingen, en Allemagne. Il enseigne à Berlin en 1948-1949.

 Claude Lanzmann, un portraitiste hors pair

La parution des Réflexions sur la question juive, de Sartre, en 1947, est pour lui un événement majeur. L’ouvrage devient le socle d’un séminaire sur l’antisémitisme que Lanzmann organise en Allemagne à la demande de ses étudiants. Voulant dénoncer la faiblesse de la dénazification au sein de l’université, il publie en 1949 deux articles dans le Berliner Zeitung, journal de la République démocratique allemande (RDA), ce qui lui vaut de quitter ses fonctions d’enseignant. De retour en France, il se lance dans une carrière de journaliste. Il devient pigiste en 1951 pour France Dimanche et part en reportage en Allemagne de l’Est. Ses articles ne sont pas retenus par son journal et c’est Le Monde qui les publie.

Engagement anticolonialiste

Il rencontre en 1952 Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, qui lui proposent de participer au comité de rédaction des Temps modernes, fondé en 1945. Il devient le compagnon de Simone de Beauvoir, une relation qui durera sept ans. En avril 1952, il publie son premier article dans Les Temps modernes, « La Presse de la liberté », puis part pour la première fois en Israël. « Numéro après numéro, dossier après dossier, la revue n’a pas cessé de s’approfondir et de s’améliorer, délimitant et marquant de plus en plus clairement le territoire unique qu’elle occupe dans la politique et la culture de gauche en France »souligne Claude Lanzmann.

Claude Lanzmann (à gauche), Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre visitent les pyramides de Gizeh, en Egypte, le 4 mars 1967.

En mai 1958, le journaliste Lanzmann se rend en Corée du Nord. Puis, le 27 avril 1959, il publie un long article sur la fuite du dalaï-lama du Tibet, cette fois-ci dans Elle. Son engagement anticolonialiste s’affirme. Il fait notamment partie des dix inculpés, parmi les signataires du « Manifeste des 121 », qui dénoncent la répression en Algérie en 1960.

En 1967, il prend une grande part à l’élaboration du fameux numéro des Temps modernes intitulé « Le Conflit israélo-arabe ». L’édition paraît en mai, à la veille de la guerre des Six-Jours, lui conférant une exceptionnelle actualité. Un article de 80 pages intitulé « Israël, fait colonial ? », signé du sociologue et historien Maxime Rodinson, a constitué à lui seul un corpus historique et théorique qui a fondé l’engagement politique de toute une génération en faveur des droits des Palestiniens. Jusqu’en 1970, Claude Lanzmann partage ses activités entre Les Temps modernes et diverses collaborations journalistiques. Il écrit de nombreux articles et reportages. En 1986, après la mort de Simone de Beauvoir, il deviendra le directeur de la revue.

Source : lemonde

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