Le débat sur la loi polonaise sur la Shoah enflamme les médias antisémites

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Le débat sur la loi polonaise sur la Shoah enflamme les médias antisémites

Un journaliste de l’une des plus grandes radios polonaises déclare la “guerre aux Juifs” au cœur d’un regain d’antisémitisme

TVP, la chaîne de télévision publique polonaise, s'est excusée auprès d'un ambassadeur israélien pour un tweet accusant Israël de motivations inavouées en s'opposant à une nouvelle loi réglementant la manière dont les Polonais peuvent discuter de l'Holocauste. (Flickr Commons/Piotr Drabik/via JTA)

TVP, la chaîne de télévision publique polonaise, s’est excusée auprès d’un ambassadeur israélien pour un tweet accusant Israël de motivations inavouées en s’opposant à une nouvelle loi réglementant la manière dont les Polonais peuvent discuter de l’Holocauste. (Flickr Commons/Piotr Drabik/via JTA)

VARSOVIE, Pologne (JTA) – Le débat sur une loi polonaise qui propose d’interdire la rhétorique accusant la Pologne de crimes nazis a suscité une vague de propos antisémites dans les médias polonais.

RMF, l’une des plus grandes radios commerciales polonaises, a suspendu un journaliste qui parlait de la « guerre avec les Juifs ». La chaîne de télévision publique polonaise s’est excusée auprès de l’ambassadeur israélien pour un tweet prétendant que l’opposition juive à la loi faisait partie d’une tentative de saisie des biens polonais.

En outre, un ancien prêtre a commencé à vendre des T-shirts niant la responsabilité polonaise d’un pogrom contre les Juifs par leurs voisins non juifs pendant l’occupation nazie.

Ces trois événements sont survenus après l’approbation par le Sénat polonais d’un amendement à la loi nationale sur la commémoration qui prévoit une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à trois ans pour ceux qui accusent la nation polonaise des crimes commis par l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Est aussi interdite l’expression « camps de la mort polonais ». Le projet de loi a été signé par le président mardi.

Les historiens spécialistes de l’époque, les organisations juives, le département d’État américain et le gouvernement israélien sont tous critiques à l’égard de la loi, qui, selon eux, pourrait entraver la liberté universitaire et fausser le dossier historique de la Seconde Guerre mondiale.

« Polonais, nous sommes en guerre ! Nous sommes en guerre avec les Juifs ! Ce n’est pas la première fois de notre histoire », a écrit Bogdan Zalewski, journaliste à RMF, sur sa page Facebook la semaine dernière.

« Nous pouvons nous retrouver dans un état d’isolement absolu qui nous épuise complètement jusqu’à l’anéantissement. À mon avis, il faut que les Polonais soient conscients et travaillent au renforcement de l’esprit national. »

Les sénateurs assistent à une séance de nuit au Sénat polonais à Varsovie, le 1er février 2018 (Crédit : PAP / Radek Pietruszka / AFP)

Sa déclaration est parue juste après que le Sénat eut approuvé l’amendement.

Il a ensuite accusé les Juifs pour la « poigne de fer » du pouvoir soviétique en Europe de l’Est, et a dit que les Juifs avaient fait régner la terreur contre les Britanniques et les Arabes en Israël.

« Les autorités américaines étaient pleines de Juifs occupant de nombreux postes clés. Beaucoup de ces Juifs ont été activement engagés dans l’espionnage en faveur des Soviétiques », a-t-il dit.

Un collègue de RMF a dénoncé les propos de Zalewski.

« Je ne peux que condamner ces propos », a déclaré Bogdan Frymorgen, producteur et journaliste. Je ne peux qu’éprouver du mépris pour un homme qui, au 21e siècle, avec la pleine conscience des horreurs du siècle précédent, part en guerre contre les Juifs, même s’il n’est pas une figure publique. Virtuellement, je peux lui cracher au visage. »

La station de radio a suspendu Zalewski, qui s’est excusé et a supprimé son post.

L’ambassadrice d’Israël en Pologne, Anna Azari (à droite) avec le prêtre catholique Tadeusz Rydzyk à l’ambassade, à Varsovie, le 7 septembre 2016. (Crédit : Facebook/Ambassade d’Israël en Pologne)

Le 2 février, l’ambassade d’Israël à Varsovie a condamné un tweet de la chaîne d’information TVP, propriété de l’Etat, affirmant que la réaction d’Israël à la nouvelle loi s’inscrivait dans le cadre d’une tentative de récupération de propriétés en Pologne.

« Il est difficile de trouver un exemple plus éloquent d’une fausse nouvelle antisémite », peut-on lire dans la déclaration de l’ambassade.

La chaîne de télévision publique s’est excusée auprès de l’ambassadrice israélienne Anna Azari, disant que le tweet « était une erreur » et s’est fiée à une source d’information non vérifiée.

« Les conséquences disciplinaires seront tirées contre cette personne », a déclaré la TVP dans un communiqué.

La semaine dernière, un animateur de la TVP et un invité se sont moqués des détracteurs de la loi, suggérant que les Juifs étaient en partie responsables de leur propre massacre pendant l’Holocauste et plaisantant que les camps de la mort devraient être qualifiés de « camps de la mort juifs ». L’hôte s’est excusé, mais l’invité, Rafał Ziemkiewicz, a dit qu’il ne regrettait pas d’utiliser le terme « camps de la mort juifs ».

Michael Schudrich, grand rabbin de Pologne, récite une prière pour les victimes du massacre de Jedwabne au cimetière juif de la ville, le 10 juillet 2016. (Crédit : JTA/Cnaan Liphshiz)

Ziemkiewicz, écrivain et journaliste, a également exigé la poursuite de l’exhumation des restes des victimes à Jedwabne, le lieu du massacre de centaines de Juifs perpétré en 1941 par leurs voisins polonais non juifs. Le plan contesté a été proposé en 2014 dans le but de fournir des preuves médico-légales irréfutables du massacre.

« Puisque nous sommes déjà en guerre, je lance un appel à l’Institut du Souvenir national pour qu’il profite de cette occasion pour enfin faire exhumer à Jedwabne, bloqué en fait il y a plus de 10 ans par la pression des organisations juives », a-t-il écrit sur Facebook.

Ziemkiewicz a dit que l’exhumation pourrait prouver que le crime « a été commis par les Allemands. »

Le chef de l’Agence de presse polonaise, Wojciech Surmacz, a également accusé les Juifs de la mort d’autres Juifs pendant l’Holocauste, partageant sur Twitter une photo de la police juive du ghetto. Il a déclaré que la police était responsable de la mort de « millions de Juifs » en Pologne.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki dépose une couronne en l’honneur des Ulmas, une famille polonaise tuée par les Allemands nazis pour avoir sauvé des Juifs pendant l’Holocauste, devant un musée retraçant leur destin dans le village de Markowa, au sud-est de la Pologne, le 2 janvier 2018,. ((AFP PHOTO / JANEK SKARZYNSKI)

Les nazis forçaient souvent les Juifs à surveiller les ghettos, généralement sous la contrainte de la menace de mort.

Surmacz est l’auteur d’un article de Forbes de 2013 accusant les dirigeants juifs polonais de bénéficier personnellement de la restitution des biens d’avant-guerre. Forbes s’est excusé plus tard.

La semaine dernière également, un ancien prêtre, Jacek Miedlar, a commencé à produire des T-shirts et des sweatshirts portant l’inscription « Je ne suis pas désolé pour Jedwabne. »

Des contre-manifestants ont scandé le slogan lors d’une marche anti-raciste à Bialystock en 2011. Deux ans plus tard, un tribunal déclarait que le chant incitait à la haine et condamnait ces contre-manifestants à des peines d’emprisonnement de six à dix mois avec sursis. Leur avocat a dit que « les recherches montrent que près de 50 % des Polonais ne veulent pas s’excuser pour Jedwabne. »

Miedlar est associé aux nationalistes polonais et l’année dernière, il a été inculpé dans la ville de Wroclaw, dans l’ouest de la Pologne, pour « incitation publique à la haine fondée sur des différences religieuses et nationales ».

En 2016, il prononça un discours dans lequel il appelait à la haine contre les Juifs et les Ukrainiens.

Michał Szczerba, membre du Parlement du parti d’opposition Platforma Obywatelska, a déclaré qu’il allait dénoncer Miedlar au parquet pour avoir vendu les chemises.

« Dans mes pires cauchemars, je ne m’attendais pas à entendre des blagues sur Auschwitz, les Juifs et les chambres à gaz à la télévision publique « , a dit à JTA Piotr Kadlcik, un éminent dirigeant juif de Varsovie.

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