MBS: « Palestiniens et Israéliens ont le droit d’avoir leur propre territoire »

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MBS: « Palestiniens et Israéliens ont le droit d’avoir leur propre territoire »

Le prince héritier saoudien a déclaré à The Atlantic que l’ayatollah iranien Khamenei était “l’Hitler du Moyen Orient”

Le prince héritier Mohammed bin Salman lors d'une réunion aux Nations unies le 27 mars 2018 à New York. (Crédit : AFP PHOTO / Bryan R. Smith)

Le prince héritier Mohammed bin Salman lors d’une réunion aux Nations unies le 27 mars 2018 à New York. (Crédit : AFP PHOTO / Bryan R. Smith)

Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane a reconnu le droit à l’existence d’Israël dans une interview publiée lundi. Il a également évoqué la perspective de futures relations diplomatiques entre son royaume et l’Etat juif.

Dans une interview-fleuve accordée à Jeffrey Goldberg de The Atlantic, le prince a fait part de sa vision de l’avenir au Moyen-Orient et notamment de la possibilité d’une coopération avec Israël.

A la question de savoir si « le peuple juif a le droit de bénéficier d’un état-nation sur au moins une partie du foyer de ses ancêtres », il a répondu : « Je crois que chaque peuple, partout, a le droit de vivre dans une nation pacifique. Je crois que les Palestiniens et les Israéliens ont le droit d’avoir leur propre territoire ».

Toutefois, et conformément aux termes de la proposition de paix régionale soumise par son royaume, le prince héritier saoudien a ajouté qu’un accord avec les Palestiniens était une condition préalable à l’établissement de relations officielles.

« Mais nous devons souscrire à un accord de paix pour garantir la stabilité à tous et avoir des relations normales », a-t-il dit.

Alors que Goldberg lui demandait : « Avez-vous des objections non-religieuses à l’existence d’Israël ? », le prince héritier a répondu : « Nous avons des inquiétudes religieuses sur le sort qui sera réservé à la sainte mosquée de Jérusalem et concernant les droits des Palestiniens. Ce sont les inquiétudes que nous nourrissons. Nous n’avons aucune objection contre qui que ce soit d’autre ».

Interrogé sur l’antisémitisme en Arabie saoudite, il a dit : « Notre pays n’a pas de problème avec les Juifs. Notre prophète Mahomet avait épousé une juive. Ce n’était pas seulement une amie – il l’avait épousée. Notre prophète, ses voisins étaient des Juifs. Vous trouverez beaucoup de Juifs en Arabie saoudite qui viennent des Etats-Unis, qui viennent de l’Europe. Il n’y a pas de problèmes entre les chrétiens, les musulmans et les juifs. Nous avons des problèmes tels que ceux que vous trouveriez partout dans le monde, parmi certaines personnes. Mais des problèmes dits normaux ».

Israël et l’Arabie saoudite n’entretiennent pas de relations officielles et le royaume ne reconnaît pas l’Etat juif. Israël a insinué qu’il existait des liens clandestins avec le royaume au cours de ces dernières années, en soulignant l’intérêt partagé des deux pays dans la nécessité de contrer l’Iran. Les rumeurs de relations couvertes ont été démenties par des responsables saoudiens.

Et pourtant, un général saoudien s’est rendu à Jérusalem en 2016 et s’est entretenu avec des législateurs israéliens et des responsables saoudiens ont rencontré leurs homologues israéliens publiquement, à des occasions diverses. L’Arabie saoudite a également autorisé le mois dernier Air India à traverser son espace aérien pour ses vols vers et en provenance de Tel Aviv.

Alors qu’il évoquait le fait que la préoccupation partagée face à l’Iran avaient rapproché Israël et l’Arabie saoudite, il a indiqué : « Israël est une économie importante si on la compare à la taille du pays et c’est une économie croissante, et il y a bien entendu de nombreux intérêts que nous partageons avec Israël et s’il y a la paix, alors il y aurait un grand nombre d’intérêts à traiter entre Israël et les pays du conseil de coopération du Golfe, et d’autres pays comme l’Egypte et la Jordanie ».

L’ayatollah Ali Khamenei, le 28 décembre 2017. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Salmane a également parlé de la menace que, selon lui, l’Iran fait peser sur le Moyen-Orient, disant même que l’ayatollah Ali Khamenei, chef suprême de la république islamique, « ferait même passer Hitler pour quelqu’un de bon ».

« Hitler n’a pas fait ce que tente de faire le chef suprême. Hitler a essayé de conquérir l’Europe, c’est mal », a-t-il expliqué. « Mais le chef suprême veut conquérir le monde. Il pense que le monde entier lui appartient. Ils sont des hommes mauvais, tous les deux. Lui est l’Hitler du Moyen-Orient. Dans les années 1920 et 1930, personne ne pensait qu’Hitler était un danger. Seulement quelques-uns le voyaient. Jusqu’à ce que ce soit arrivé. Nous ne voulons pas voir ce qu’il s’est passé en Europe survenir au Moyen-Orient. Nous voulons mettre un terme à cela via des initiatives politiques, des initiatives économiques, des initiatives de renseignement. Nous voulons éviter la guerre ».

Interrogé sur les différences entre la gestion de la menace iranienne par l’ancien président américain Barack Obama et son successeur, Donald Trump, Salmane a déclaré que même si l’accord sur le nucléaire passé en 2015 avec Téhéran avait pour objectif de réduire le fanatisme de la république islamique, il comprenait des risques que son pays n’était pas en mesure de prendre.

« Le président Obama a cru que s’il offrait à l’Iran des opportunités de s’ouvrir, le pays changerait », a expliqué Salmane. « Mais avec un régime basé sur cette idéologie, il n’est pas prêt de s’ouvrir. Soixante pour cent de l’économie iranienne sont contrôlés par les Gardiens de la Révolution. Les bénéfices économiques de l’accord sur le nucléaire iranien ne reviennent pas à la population ».

« Ils ont pris 150 milliards de dollars après l’accord – pouvez-vous, je vous prie, me donner le nom d’un seul projet de logement construit avec cet argent ? D’un parc ? D’une zone industrielle ? Pouvez-vous me dire le nom d’une autoroute qui aurait été construite ? Je leur donne un conseil – Veuillez nous montrer quelque chose qui indiquerait que vous êtes en train de construire une autoroute avec 150 milliards de dollars », a-t-il poursuivi.

« Pour l’Arabie saoudite, il y a 0,1 % de chances que cet accord permettra de changer le pays. Pour le président Obama, c’était un pourcentage de 50 %. Mais même s’il y a une chance de 50 % que cela fonctionne, on ne peut pas prendre un tel risque. Les 50 autres pour cent, c’est la guerre. Nous devons nous diriger vers un scénario où il n’y a pas la guerre ».

Lors d’un événement majeur survenu l’année dernière en Arabie saoudite, le prince Mohammed a écarté son cousin, plus âgé et plus expérimenté, dans la succession au trône de son père, se positionnant à la tête de la politique saoudienne pour les décennies à venir.

Les Saoudiens oeuvrent avec force pour changer les perceptions à leur encontre. Ils se définissent dorénavant comme des partenaires essentiels contre les groupes extrémistes islamistes, en particulier depuis la voyage inaugural de Trump à l’étranger, l’année dernière. Ils vantent leurs achats fastueux de produits high-tech auprès d’entreprises américaines créatrices d’emploi. Au Yémen, le royaume explique améliorer son ciblage militaire, ouvrir des ports et a promis 1,5 milliard de dollars en aides nouvelles.

Après la publication de l’interview, le roi Salmane d’Arabie saoudite a tenu à souligner son soutien aux Palestiniens au lendemain des propos tenus par le prince héritier.

Le monarque saoudien a souligné la « position ferme du royaume sur la question palestinienne et les droits légitimes du peuple palestinien à un état indépendant avec Jérusalem comme capitale », a expliqué l’agence d’information d’Etat SPA, selon Reuters. Le média officiel saoudien n’a pas repris le discours sur l’Etat juif du prince héritier.

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