Merkel : les Palestiniens doivent accepter Israël en tant qu’Etat juif | The Times of Israël

Merkel : les Palestiniens doivent accepter Israël en tant qu’Etat juif

La chancelière allemande approuve une solution à deux états mais reconnaît que de “nombreux” autres moyens sont possibles et soutien le retrait de l’Iran de la Syrie

La chancelière allemande Angela Merkel pendant une conférence de presse conjointe avec le Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l'hôtel King David de Jérusalem, le 4 octobre 2018 (Crédit :Hadas Parush/Flash90 )

La chancelière allemande Angela Merkel pendant une conférence de presse conjointe avec le Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’hôtel King David de Jérusalem, le 4 octobre 2018 (Crédit :Hadas Parush/Flash90 )

La chancelière allemande Angela Merkel a souligné jeudi sa reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat juif, disant qu’elle soutient le point de vue du Premier ministre Benjamin Netanyahu lorsqu’il affirme que les Palestiniens devront, eux aussi, accepter cette définition dans un éventuel plan de paix.

Lors d’une conférence de presse organisée à Jérusalem, Merkel a expliqué qu’elle prévoyait de téléphoner au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et de lui poser quelques questions sur le processus de paix, et notamment sur ses politiques au sujet de Gaza. Elle a déclaré soutenir la solution à deux états mais elle a également reconnu qu’il y avait « de nombreux autres » moyens de résoudre le conflit.

Merkel a souligné son engagement complet en faveur de la sécurité d’Israël, précisant être d’accord avec Netanyahu sur la nécessité d’empêcher l’Iran d’obtenir des capacités nucléaires. En même temps, elle a noté que Jérusalem et Berlin étaient en désaccord sur la meilleure manière d’atteindre ce but commun.

Répondant à une question du Times of Israel, Merkel a dit qu’elle avait discuté avec Netanyahu de la loi récemment adoptée sur l’Etat juif, s’avouant « quelque peu inquiète » au sujet des droits démocratiques de la minorité non-juive du pays.

« Il y a eu une série de discussions internes en Israël à ce sujet. Il faut reconnaître que ce n’est pas la loi la plus consensuelle qui soit et j’ai donc posé quelques questions », a dit Merkel, s’exprimant en allemand.

« Et pourtant, nous reconnaissons l’Etat juif. Et s’il doit y avoir la paix, une paix durable, entre Israéliens et Palestiniens alors bien sûr, il n’est pas possible que tous les Etats considèrent qu’Israël est un état juif avec des droits démocratiques pour les minorités qui y vivent mais que les Palestiniens, eux, s’y refusent », a-t-elle continué.

« Cela ne peut pas être une base pour la paix. Il faut donc trouver des solutions et nous sommes favorables au fait de travailler pleinement sur ces solutions, comme nous en avons parlé ici », a-t-elle poursuivi.

Merkel a expliqué avoir débattu des « solutions possibles » au conflit israélo-palestinien avec Netanyahu.

« Nous favorisons et nous défendons le projet d’une solution à deux Etats », a-t-elle remarqué. « Il peut y avoir de nombreuses autres solutions, bien sûr, mais je pense encore que la création de deux Etats est la solution la plus sensée. Dans ce contexte, j’ai exprimé au nom de l’Allemagne ma préoccupation face à la politique d’implantation qui rend plus difficile la concrétisation d’une solution à deux Etats ».

La responsable allemande a indiqué que Netanyahu lui avait demandé de « continuer à encourager les Palestiniens à venir à la table des négociations » et elle a promis d’appeler Abbas dans un avenir proche pour « lui poser quelques questions, notamment sur la situation à Gaza ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et la chancelière allemande Angela Merkel pendant une conférence de presse conjointe à l’hôtel King David de Jérusalem, le 4 octobre 2018 (Crédit : AFP Photo/Menahem Kahana)

Merkel a ensuite affirmé qu’elle « convient très fermement » avec Israël de la nécessité d’empêcher l’Iran d’acquérir une arme nucléaire. « Là où nous ne sommes pas toujours d’accord », a-t-elle dit, « est sur le moyen d’atteindre d’atteindre cet objectif. La discussion continue donc ».

Elle a également estimé que la République islamique devait retirer ses soldats de Syrie et réduire son influence sur le pays « à un niveau proche de zéro », même si elle a reconnu que c’était « un projet difficile ».

« Il n’est absolument pas question que la présence des forces iraniennes à proximité du plateau du Golan soit une menace pour Israël », a-t-elle statué.

Merkel a expliqué s’être entretenue à ce sujet avec le président russe Vladimir Poutine.

L’Allemagne agira également pour lutter contre les menaces pesant sur l’Etat juif émanant du Liban, a continué la chancelière.

Israël a averti à de multiples reprises que Jérusalem ne tolérera pas la présence militaire iranienne en Syrie et a frappé de manière répétée des bases iraniennes lors de raids aériens, cherchant à empêcher le transfert d’armes avancées au groupe terroriste libanais du Hezbollah.

Israël a également fait pression sur Washington et Moscou, un autre allié essentiel de la Syrie et de l’Iran, pour garantir que les forces iraniennes et les milices appuyées par Téhéran seront conservées aussi loin que possible des frontières israéliennes.

Netanyahu a salué Merkel pour son engagement en faveur de la sécurité d’Israël et contre l’antisémitisme, reconnaissant toutefois des différences d’opinion.

« Nous sommes d’accord sur la majorité des problèmes, nous sommes en désaccord sur certains… Et alors ? Nous avons une alliance très forte », a-t-il noté.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une conférence de presse conjointe avec la chancelière allemande Angela Merkel à l’hôtel King David de Jérusalem, le 4 octobre 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le Premier ministre a juré de « continuer à bloquer les efforts de l’Iran visant à utiliser la Syrie et le Liban comme bases avant pour attaquer Israël. Et nous continuerons aussi à nous engager auprès de nouveaux partenaires dans notre région ».

La menace émanant de l’Iran a amené Israël et les Etats arabes à se rapprocher « comme cela n’a jamais été le cas auparavant », a dit Netanyahu.

« Et je crois que cette nouvelle relation est un grand espoir pour l’avenir parce que je pense qu’elle ouvre la voie à la paix. Elle ouvre la voie à la paix entre Israël et les états arabes même si cela prendra du temps et que tout se normalisera petit à petit », a-t-il dit.

« Mais je pense qu’en fin de compte, cela nous aidera à concrétiser la paix avec nos voisins palestiniens s’ils se décident à accepter cette dernière au lieu de tenter de bloquer Israël par des conditions impossibles qui ne lui permettront pas de survivre ici ».

Les liens forts entre Berlin et Jérusalem peuvent servir d’exemple au monde en montrant comment d’anciens ennemis peuvent devenir des partenaires proches, a commenté Netanyahu.

« Voilà qui montre comment nous pouvons transformer l’histoire et nous unir pour construire un monde meilleur et plus sûr », a-t-il conclu.

 

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