Mes remerciements au nom d’une femme syrienne

By Haï – Jan 17, 20202346

Au nom d’une femme syrienne, je vous transmets mes remerciements, Noam Shalev

Vendredi soir, petit restaurant au cœur de Stockholm. Je finis de manger et commande l’addition.

La serveuse s’approche et je lui tends ma carte de crédit qui soudain m’échappe et tombe par terre.

Elle se penche tout de suite pour la ramasser et observe ma carte. “D’où viens-tu ?” demande-t-elle. “Israël” ai-je répondu, alors que je la vois me dévisager, bouche bée, tremblante et commençant à pleurer.

Puis l’espace d’un instant elle disparaît, je me dépêche alors de prendre mon manteau et mon chapeau pour trouver la sortie la plus proche, car il me semble clair que je suis perçu comme juif indésirable, dans un environnement hostile.

Mais avant d’avoir pu m’enfuir dans la rue gelée, elle revient avec une autre fille vêtue comme une cuisinière et me pointe du doigt, toujours en pleurant et tremblant.

Je m’apprête à m’échapper à toute vitesse, mais remarque qu’il n’y a aucune animosité de leur part.

La serveuse me demande pardon, et sa sœur m’explique qu’elles n’ont jamais rencontré d’israélien, et que la seule chose qu’elles souhaiteraient… c’est me dire Merci.

Il se trouve qu’elles sont réfugiées syriennes, et qu’il y a quelques années leur mère est tombée très malade, elle était au seuil de la mort.

En pleine nuit, on l’a transportée à la frontière avec Israël, et de là à l’hôpital de Safed pour trois semaines.

Et aujourd’hui la mère est vivante et en pleine santé, et vit avec ses filles dans une banlieue de Stockholm.

La serveuse ne peut se retenir d’appeler sa mère, et je me retrouve en train de parler en arabe mêlé d’anglais et d’allemand avec une femme émue et en pleurs, qui me demande une seule chose : “transmets mes remerciements à tous tes frères d’Israël, parce que grâce à eux mes filles ont toujours une maman”.

Alors voilà, avec tout le cynisme, notre politique politicienne pourrie et l’énervement permanent pour beaucoup de choses dans notre vie en Israël, j’ai du voyager jusqu’à Stockholm pour ressentir les choses autrement.

Et au nom d’une femme syrienne je transmets donc ses remerciements, à nous tous.

Traduction du post de Noam Shalev par Michael Grynszpan

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *