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Gaza: l’interview vérité du patron de la Croix-Rouge en Israël | Infoequitable

Jacques de Maio vient de donner une interview au Monde qui tranche avec les mensonges anti-israéliens repris le plus souvent par les médias français.

Une fois n’est pas coutume, nous avons trouvé un article honnête dans Le Monde, concernant Israël.

Tout n’est pas rose bien sûr, dans cette interview. Le chef de la Croix-Rouge en Israël et dans les Territoires palestiniens formule aussi des critiques à l’encontre des Israéliens, certaines mesurées, d’autres qui nous semblent moins fondées.

Mais son analyse – qui s’appuie sur les faits dont il a été témoin dans le cadre de sa mission – tranche avec ce qu’on a l’habitude de lire et d’entendre en général sur Israël dans la presse française.

Jacques de Maio confie son expérience de responsable de la Croix-Rouge alors qu’il arrive au terme de ses cinq ans de mandat sur le terrain.

Il aborde en premier lieu la question des prisonniers palestiniens :

« Après trente ans d’expérience en Afghanistan, au Yémen ou en Somalie, je veux dire que l’accès humanitaire, en Israël, est assez remarquable. Il n’y a pas un seul prisonnier palestinien perdu, disparu. Le système a une histoire et des mécanismes de transparence.

A certains égards, Israël respecte mieux la IVe convention de Genève que beaucoup d’Etats. Nous avons un dialogue très riche avec les Israéliens sur les dossiers que nous suivons, des détenus au comportement des forces armées. »

Voila une mise au point qui fait litière des accusations infondées de mauvais traitements ou de tortures de prisonniers palestiniens qui foisonnent pêle-mêle sur les sites pro-palestiniens.

Ces accusations sont également reprises et propagées par les grands médias de la presse française, comme cet article publié en février 2016 par France Info :

Cet article était basé sur les assertions jamais étayées d’organisations israéliennes d’extrême-gauche comme B’Tselem ou Hamoked.

Ces ONG (qui n’ont de « non gouvernementales » que le nom, puisqu’elles sont copieusement subventionnées par les gouvernements européens) affirment sans l’ombre d’une preuve que la « torture » serait largement pratiquée dans les prisons israéliennes.

Eh bien, non ! Le patron de la Croix-Rouge en Israël et ceux qui travaillent avec lui ont un accès permanent à chacun de ces prisonniers.

Jacques De Maio ne signale pas le moindre cas de mauvais traitement chez les prisonniers palestiniens.

(C’est en revanche dans les prisons de l’Autorité palestinienne et du Hamas que la torture est une pratique généralisée, comme un récent rapport l’a révélé.)

Jacques de Maio aborde le cas de « personnes disparues »
Il n’y a aucun Palestinien disparu dans les prisons israéliennes.

En revanche, de nombreux Israéliens – civils ou militaires – sont aux mains du Hamas ou de groupuscules islamistes.

Le patron de la Croix-Rouge en Israël fait le point sur ce dossier :

« Les « missing » sont des gens sur le sort desquels la famille n’a pas de certitude formelle, vivants ou morts. On ne fait pas de distinction entre civils et militaires. Ils sont environ 45. Il y a deux civils israéliens, peut-être trois, qui sont présumés vivants à Gaza et qui sont notre priorité absolue. On est en « clash » avec le Hamas sur ce sujet. »

Sans donner plus de précisions sur leurs identités, Jacques de Maio rappelle une terrible réalité : les disparus, les personnes détenues au secret sans raisons, se trouvent dans les prisons palestiniennes.

La presse française n’est guère prolixe sur le sort de ces captifs israéliens aux mains du Hamas.

A noter, toutefois, cette dépêche de l’AFP de septembre 2018 (reprise ici sur le site de L’Express) signalant le cas de deux civils israéliens (dont un handicapé mental) détenus depuis des années par le Hamas à Gaza et dont on est sans nouvelles.

 

Les ripostes de Tsahal sont-elles « disproportionnées » ?
Enfin, le patron de la Croix-Rouge en Israël apporte la grande question de « l‘usage de la force » armée par l’armée israélienne dont les détracteurs de l’Etat juif l’accuse de le faire de manière « disproportionnée ».

Tout en estimant qu’il « y a eu trop de victimes civiles en 2014 » à Gaza, Jacques de Maio confie :

« En 2014, nous avons eu des mois de discussion avec l’armée israélienne sur les leçons à retenir de la guerre à Gaza, cet été-là. C’est la même discussion que nous avons avec les Américains, les Français ou les Saoudiens : sur la distinction civils/militaires, la proportionnalité, etc. On a mené un travail confidentiel avec eux, comme avec les Brigades Al-Qassam [branche armée du Hamas]. »

A noter, ce passage contient une information en filigrane qui a peut-être échappé au lecteur.

L’armée israélienne, lorsqu’elle opère à Gaza, n’agit pas de manière différente que les armées françaises et américaines lorsqu’elles bombardent Raqqa, Mossoul, Tripoli ou… Zagreb.

Des civils sont malheureusement tués – ceux que l’on appelle pudiquement les « dommages collatéraux » – et Tsahal ne réagit pas de manière plus « disproportionnée » que les armées des démocraties occidentales.

A cet égard, Jacques de Maio souligne la complexité du problème et fait preuve d’humilité.

Face aux organisations terroristes qui utilisent leurs propres populations comme boucliers humains, il n’existe pas de réponse idéale.

« Dans une guerre, les soldats ont le droit de tuer des menaces réelles ; on ne défend pas le droit à la vie dans toutes circonstances. L’équation entre la proportionnalité stratégique et les obligations humanitaires, c’est une immense question qui renvoie même à l’utilisation de l’arme atomique à Hiroshima. Elle interroge sur la pertinence du droit de la guerre dans le contexte de l’après 11 septembre 2001, avec l’organisation Etat islamique (EI), avec la guerre asymétrique contre des mouvements armés plus ou moins terroristes qui se cachent derrière la population.

Nous, nous opérons à un niveau inférieur : l’analyse empirique de la conduite des opérations, et les victimes civiles. Pour cela, nous avons différents angles de vue : les précautions prises, l’utilisation d’artillerie en milieu urbain, la définition des cibles. Le cuisinier du Hezbollah en est-il une ? J’ai bossé pas mal en Afghanistan avec les troupes de l’Otan. Ces questions secouent le monde entier. »

Les tirs israéliens face aux émeutes de Gaza
Le patron de la Croix-Rouge en Israël se dit « hyperpréoccupé » par ce qu’il considère être « un usage excessif des balles réelles » dans la répression des émeutes de Gaza et le « coût humain disproportionné ».

Mais avec lucidité, il ajoute :

« Les manifestations près de la clôture sont régies par le paradigme du maintien de l’ordre. Mais il est clair qu’on n’est ni à Berlin ni à Gênes [sommet du G8 en 2001]. Dans ces manifestations de civils se greffent en filigrane des opérations militaires qui justifient l’utilisation d’armes létales (…) Les Palestiniens, eux, sont dans une logique de poussée. Plus ils s’approchent de la clôture, plus ils sont en danger, quoi qu’on pense de leurs motivations. Ce mouvement est voulu, planifié, avec une logistique. On discute avec le Jihad islamique palestinien (JIP) ou le Hamas pour minimiser l’exposition des plus vulnérables, des enfants de 7 à 12 ans qui font des concours d’héroïsme. »

Conclusion
Tout est dit, ou presque. Il faut décrypter ces terribles paroles de Jacques de Maio et prendre la mesure de son impuissance.

La Croix-Rouge qui n’a aucun pouvoir coercitif pour peser sur les belligérants en est réduite à « discuter » avec les organisations terroristes palestiniennes – non pas pour empêcher l’utilisation d’enfants de 7 ans dans les combats – mais juste pour « minimiser (leur) exposition ».

Le mérite de cette interview publiée par Le Monde aura été de permettre au lecteur de bonne foi de prendre connaissance de la réalité des affrontements qui ont eu lieu à Gaza ces derniers mois.

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